目 次
Chapitre I De la rue Plumet au quartier Saint-Denis

Cette voix qui à travers le crépuscule avait appelé Marius à la barricade de la rue de la Chanvrerie lui avait fait l'effet de la voix de la destinée. Il voulait mourir, l'occasion s'offrait; il frappait à la porte du tombeau, une main dans l'ombre lui en tendait la clef. Ces lugubres ouvertures qui se font dans les ténèbres devant le désespoir sont tentantes, Marius écarta la grille qui l'avait tant de fois laissé passer, sortit du jardin et dit: allons!
Fou de douleur, ne se sentant plus rien de fixe et de solide dans le cerveau, incapable de rien accepter désormais du sort après ces deux mois passés dans les enivrements de la jeunesse et de l'amour, accablé à la fois par toutes les rêveries du désespoir, il n'avait plus qu'un désir, en finir bien vite.
Il se mit à marcher rapidement. Il se trouvait précisément qu'il était armé, ayant sur lui les pistolets de Javert.
Le jeune homme qu'il avait cru apercevoir s'était perdu à ses yeux dans les rues.
Marius, qui était sorti de la rue Plumet par le boulevard, traversa l'esplanade et le pont des Invalides, les Champs-Élysées, la place Louis XV, et gagna la rue de Rivoli. Les magasins y étaient ouverts, le gaz y brûlait sous les arcades, les femmes achetaient dans les boutiques, on prenait des glaces au café Laiter, on mangeait des petits gâteaux à la pâtisserie anglaise. Seulement quelques chaises de poste partaient au galop de l'hôtel des Princes et de l'hôtel Meurice.
Marius entra par le passage Delorme dans la rue Saint-Honoré. Les boutiques y étaient fermées, les marchands causaient devant leurs portes entr'ouvertes, les passants circulaient, les réverbères étaient allumés, à partir du premier étage toutes les croisées étaient éclairées comme à l'ordinaire. Il y avait de la cavalerie sur la place du Palais-Royal.
Marius suivit la rue Saint-Honoré. À mesure qu'il s'éloignait du Palais-Royal, il y avait moins de fenêtres éclairées; les boutiques étaient tout à fait closes, personne ne causait sur les seuils, la rue s'assombrissait et en même temps la foule s'épaississait. Car les passants maintenant étaient une foule. On ne voyait personne parler dans cette foule, et pourtant il en sortait un bourdonnement sourd et profond.
Vers la fontaine de l'Arbre-Sec, il y avait «des rassemblements», espèces de groupes immobiles et sombres qui étaient parmi les allants et venants comme des pierres au milieu d'une eau courante.
À l'entrée de la rue des Prouvaires, la foule ne marchait plus. C'était un bloc résistant, massif, solide, compact, presque impénétrable, de gens entassés qui s'entretenaient tout bas. Il n'y avait là presque plus d'habits noirs ni de chapeaux ronds. Des sarraus, des blouses, des casquettes, des têtes hérissées et terreuses. Cette multitude ondulait confusément dans la brume nocturne. Son chuchotement avait l'accent rauque d'un frémissement. Quoique pas un ne marchât, on entendait un piétinement dans la boue. Au-delà de cette épaisseur de foule, dans la rue du Roule, dans la rue des Prouvaires, et dans le prolongement de la rue Saint-Honoré, il n'y avait plus une seule vitre où brillât une chandelle. On voyait s'enfoncer dans ces rues les files solitaires et décroissantes des lanternes. Les lanternes de ce temps-là ressemblaient à de grosses étoiles rouges pendues à des cordes et jetaient sur le pavé une ombre qui avait la forme d'une grande araignée. Ces rues n'étaient pas désertes. On y distinguait des fusils en faisceaux, des bayonnettes remuées et des troupes bivouaquant. Aucun curieux ne dépassait cette limite. Là cessait la circulation. Là finissait la foule et commençait l'armée.
Marius voulait avec la volonté de l'homme qui n'espère plus. On l'avait appelé, il fallait qu'il allât. Il trouva le moyen de traverser la foule et de traverser le bivouac des troupes, il se déroba aux patrouilles, il évita les sentinelles. Il fit un détour, gagna la rue de Béthisy, et se dirigea vers les halles. Au coin de la rue des Bourdonnais il n'y avait plus de lanternes.
Après avoir franchi la zone de la foule, il avait dépassé la lisière des troupes; il se trouvait dans quelque chose d'effrayant. Plus un passant, plus un soldat, plus une lumière; personne. La solitude, le silence, la nuit; je ne sais quel froid qui saisissait. Entrer dans une rue, c'était entrer dans une cave.
Il continua d'avancer.
Il fit quelques pas. Quelqu'un passa près de lui en courant. Était-ce un homme? une femme? étaient-ils plusieurs? Il n'eût pu le dire. Cela avait passé et s'était évanoui.
De circuit en circuit, il arriva dans une ruelle qu'il jugea être la rue de la Poterie; vers le milieu de cette ruelle il se heurta à un obstacle. Il étendit les mains. C'était une charrette renversée; son pied reconnut des flaques d'eau, des fondrières, des pavés épars et amoncelés. Il y avait là une barricade ébauchée et abandonnée. Il escalada les pavés et se trouva de l'autre côté du barrage. Il marchait très près des bornes et se guidait sur le mur des maisons. Un peu au delà de la barricade, il lui sembla entrevoir devant lui quelque chose de blanc. Il approcha, cela prit une forme. C'étaient deux chevaux blancs; les chevaux de l'omnibus dételé le matin par Bossuet, qui avaient erré au hasard de rue en rue toute la journée et avaient fini par s'arrêter là, avec cette patience accablée des brutes qui ne comprennent pas plus les actions de l'homme que l'homme ne comprend les actions de la providence.
Marius laissa les chevaux derrière lui. Comme il abordait une rue qui lui faisait l'effet d'être la rue du Contrat-Social, un coup de fusil, venu on ne sait d'où et qui traversait l'obscurité au hasard, siffla tout près de lui, et la balle perça au-dessus de sa tête un plat à barbe de cuivre suspendu à la boutique d'un coiffeur. On voyait encore, en 1846, rue du Contrat-Social, au coin des piliers des halles, ce plat à barbe troué.
Ce coup de fusil, c'était encore de la vie. À partir de cet instant, il ne rencontra plus rien.
Tout cet itinéraire ressemblait à une descente de marches noires.
Marius n'en alla pas moins en avant.
シャンヴルリー街の防寨へマリユスを呼んだ薄暗がりの中の声は、彼にはあたかも宿命の声かと思われた。彼は死を望んでいたが、その機会が今与えられたのである。彼は墳墓の扉をたたいていたが、闇の中の手が今や彼にその鍵を与えたのである。絶望の前に暗黒のうちに開かれる痛ましい戸口は、常に人の心を誘う。マリユスは幾度となく自分を通してくれた鉄門の棒をはずし、庭から出て、そして言った、「行こう!」
悲しみのために心乱され、もはや脳裏には何ら一定の確乎たるものをも感ぜず、青春と愛と歓喜とのうちに二カ月を過ごした後今や運命を少しも受け入れることを得ず、絶望からくる夢想に一時に圧倒されて、彼はもうただ一つの望みしか持っていなかった、すなわち、すみやかにいっさいを終えること。
彼は足早に歩き出した。ジャヴェルが与えた二つのピストルを持っていたので、おりよく武装していたわけである。
ちらと目に見えた若者は、街路のうちに彼の目からのがれてしまっていた。
マリユスはブリューメ街を大通りへぬけてゆき、エスプラナードとアンヴァリード橋とを過ぎ、シャン・ゼリゼーとルイ十五世広場とを通り、リヴォリ街にはいった。そこではまだ、商店は開いており、拱廊の下にはガス灯がともってい、女らは店で買い物をし、レーテル珈琲店では[#「レーテル珈琲店では」は底本では「レーテル珈琲店では」]客が氷菓子を食べ、イギリス菓子屋では人々が小さな菓子を食っていた。ただ四、五の駅馬車がプランス旅館やムーリス旅館から大駆けで出発していた。
マリユスはドゥロルム通路からサン・トノレ街へはいった。そこでは、商店は閉ざされ、商人らは半ば開いた扉の前で話し合ってい、人通りはまず絶えず、街灯はともり、二階から上の窓はすべて平素のとおり光がさしていた。パレー・ロアイヤルの広場には騎兵がいた。
マリユスはサン・トノレ街をたどっていった。パレー・ロアイヤルから遠ざかるに従って、光のさす窓は少なくなり、商店はすっかり閉ざされ、入り口に立って話をしてる者もなく、街路はしだいに暗くなり、同時に群集はしだいに密集していた。というのは、通行人らはもう一つの群集だったからである。群集の中にはだれも口をきいてる者は見当たらなかったが、しかも漠然たる深いどよめきが発していた。
アルブル・セックの噴水のほとりには、幾つもの「集団」ができていた。それは一種陰惨な不動の群れであって、水の流れの中にある石のようにして行ききする人々の間に佇立していた。
プルーヴェール街の入り口では、群集はもう動いていなかった。皆ごく小声で語り合っていて、抵抗力のある太い堅固な緻密なほとんど貫き難い塊となっていた。そのうちにはもうほとんど黒服も丸帽子も見えなかった。仕事着、労働服、庇帽、剛い毛のあるよごれた顔、などばかりだった。その群集は夜の靄のうちに漠然と動揺していた。そのささやきには、身震いをしてるような荒々しい調子があった。ひとりも歩いてる者はなかったが、地の上を踏む足音が聞こえていた。その密集した群れの向こう、ルール街やブルーヴェール街やサン・トノレ街の先の方などには、もう蝋燭の光のさしてる窓ガラスは一つもなかった。街路には街灯の列が向こうまで寂しく続いていてしかもしだいに数が少なくなっていた。当時の街灯は綱にぶら下がってる赤い大きな星みたいなありさまで、大きな蜘蛛のような形の影を舗石の上に投じていた。それらの街路にはまったく人影がないでもなかった。叉銃や、動いてる銃剣や、駐屯している軍隊などが、そこに見えていた。しかし野次馬は一人もそれから先に出ていなかった。そこで交通がとだえていた。そこから群集が終わって、軍隊となっていた。
マリユスはもはや何らの希望も持たぬ意力をもってつき進んだ。ただ、呼ばれたので行かなければならなかったのである。彼はようやくにして、群集の中を通りぬけ、軍隊の露営地を横ぎり、巡邏の目をかすめ、哨兵の目を避けた。一つ回り道をして、ベティジー街にはいり、それから市場町の方へ進んでいった。ブールドンネー街の角まで行くと、もう街灯は一つもついていなかった。
群集の地帯を越した後、軍隊の境域を通りすぎたのだった。そして彼はある恐るべきものの中に陥ったような気がした。通行人もなく、兵士もなく、光もない。だれひとりいない。ただ寂寥と沈黙と暗夜とのみである。言い知れぬ戦慄が彼を襲った。一つの街路にはいり込むことは、一つの窖にはいり込むがようだった。
彼はなお続けて進んでいった。
数歩行くと、だれかが彼のそばを駆けぬけた。男であったか、女であったか、または数名の者であったか、彼にはわからなかった。ただそのものは、彼のそばを通りぬけて消えうせてしまった。
ぐるぐる回ってるうちに、彼はポトリー街と思われるある小路のうちに出た。その小路の中ほどで一つの障害物に出会った。手を差し伸ばしてみると、ひっくり返ってる一つの荷車だった。足先で探ると、水たまりや泥濘や投げ散らされ積み上げられた舗石などが、感ぜられた。築きかけたまま見捨てられた防寨だった。彼はその舗石をまたぎ越して、防寨の向こうに出た。それから標石とすれすれに歩き、人家の壁伝いに進んでいった。防寨から少し先に行った時、前方に何か白い物があるような気がした。近づくと一つの形になった。二頭の白馬だった。午前にボシュエが解き放した乗り合い馬車の馬で、終日街路から街路へとあてもなくさまよい、ついにそこに立ち止まり、人間が天のなすことを了解し得ないように、人間のなすことを了解し得ないで、疲れ切って気長に待っていたのである。
マリユスはその二頭の馬をあとに残して進んだ。コントラ・ソシアル街らしい一つの街路に達した時、一発の銃弾が、どこからともなくやみを貫いてき、そばをかすめ過ぎ、すぐ頭の上で、ある理髪屋の店に下がっていた銅の髯剃り皿に穴をあけた。一八四六年にはなお、コントラ・ソシアル街の市場町の刑柱の角に、この穴のあいた髯剃り皿が見えていた。
その銃火はなお人のいるしるしだった。しかしそれからはもう、彼は何物にも出会わなかった。
その道程は、あたかも一段一段と暗黒の階段をおりてゆくがようなものだった。
それでもマリユスはなお前進を続けた。
Chapitre II Paris à vol de hibou
Un être qui eût plané sur Paris en ce moment avec l'aile de la chauve-souris ou de la chouette eût eu sous les yeux un spectacle morne.
Tout ce vieux quartier des halles, qui est comme une ville dans la ville, que traversent les rues Saint-Denis et Saint-Martin, où se croisent mille ruelles et dont les insurgés avaient fait leur redoute et leur place d'armes, lui eût apparu comme un énorme trou sombre creusé au centre de Paris. Là le regard tombait dans un abîme. Grâce aux réverbères brisés, grâce aux fenêtres fermées, là cessait tout rayonnement, toute vie, toute rumeur, tout mouvement. L'invisible police de l'émeute veillait partout, et maintenait l'ordre, c'est-à-dire la nuit. Noyer le petit nombre dans une vaste obscurité, multiplier chaque combattant par les possibilités que cette obscurité contient, c'est la tactique nécessaire de l'insurrection. À la chute du jour, toute croisée où une chandelle s'allumait avait reçu une balle. La lumière était éteinte, quelquefois l'habitant tué. Aussi rien ne bougeait. Il n'y avait rien là que l'effroi, le deuil, la stupeur dans les maisons; dans les rues une sorte d'horreur sacrée. On n'y apercevait même pas les longues rangées de fenêtres et d'étages, les dentelures des cheminées et des toits, les reflets vagues qui luisent sur le pavé boueux et mouillé. L'œil qui eût regardé d'en haut dans cet amas d'ombre eût entrevu peut-être çà et là, de distance en distance, des clartés indistinctes faisant saillir des lignes brisées et bizarres, des profils de constructions singulières, quelque chose de pareil à des lueurs allant et venant dans des ruines; c'est là qu'étaient les barricades. Le reste était un lac d'obscurité, brumeux, pesant, funèbre, au-dessus duquel se dressaient, silhouettes immobiles et lugubres, la tour Saint-Jacques, l'église Saint-Merry, et deux ou trois autres de ces grands édifices dont l'homme fait des géants et dont la nuit fait des fantômes.
Tout autour de ce labyrinthe désert et inquiétant, dans les quartiers où la circulation parisienne n'était pas anéantie et où quelques rares réverbères brillaient, l'observateur aérien eût pu distinguer la scintillation métallique des sabres et des bayonnettes, le roulement sourd de l'artillerie, et le fourmillement des bataillons silencieux grossissant de minute en minute; ceinture formidable qui se serrait et se fermait lentement autour de l'émeute.
Le quartier investi n'était plus qu'une sorte de monstrueuse caverne; tout y paraissait endormi ou immobile, et, comme on vient de le voir, chacune des rues où l'on pouvait arriver n'offrait rien que de l'ombre.
Ombre farouche, pleine de pièges, pleine de chocs inconnus et redoutables, où il était effrayant de pénétrer et épouvantable de séjourner, où ceux qui entraient frissonnaient devant ceux qui les attendaient, où ceux qui attendaient tressaillaient devant ceux qui allaient venir. Des combattants invisibles retranchés à chaque coin de rue; les embûches du sépulcre cachées dans les épaisseurs de la nuit. C'était fini. Plus d'autre clarté à espérer là désormais que l'éclair des fusils, plus d'autre rencontre que l'apparition brusque et rapide de la mort. Où? comment? quand? On ne savait, mais c'était certain et inévitable. Là, dans ce lieu marqué pour la lutte, le gouvernement et l'insurrection, la garde nationale et les sociétés populaires, la bourgeoisie et l'émeute, allaient s'aborder à tâtons. Pour les uns comme pour les autres, la nécessité était la même. Sortir de là tués ou vainqueurs, seule issue possible désormais. Situation tellement extrême, obscurité tellement puissante, que les plus timides s'y sentaient pris de résolution et les plus hardis de terreur.
Du reste, des deux côtés, furie, acharnement, détermination égale. Pour les uns, avancer, c'était mourir, et personne ne songeait à reculer; pour les autres, rester, c'était mourir, et personne ne songeait à fuir.
Il était nécessaire que le lendemain tout fût terminé, que le triomphe fût ici ou là, que l'insurrection fût une révolution ou une échauffourée. Le gouvernement le comprenait comme les partis; le moindre bourgeois le sentait. De là une pensée d'angoisse qui se mêlait à l'ombre impénétrable de ce quartier où tout allait se décider; de là un redoublement d'anxiété autour de ce silence d'où allait sortir une catastrophe. On n'y entendait qu'un seul bruit, bruit déchirant comme un râle, menaçant comme une malédiction, le tocsin de Saint-Merry. Rien n'était glaçant comme la clameur de cette cloche éperdue et désespérée se lamentant dans les ténèbres.
Comme il arrive souvent, la nature semblait s'être mise d'accord avec ce que les hommes allaient faire. Rien ne dérangeait les funestes harmonies de cet ensemble. Les étoiles avaient disparu; des nuages lourds emplissaient tout l'horizon de leurs plis mélancoliques. Il y avait un ciel noir sur ces rues mortes, comme si un immense linceul se déployait sur cet immense tombeau.
Tandis qu'une bataille encore toute politique se préparait dans ce même emplacement qui avait vu déjà tant d'événements révolutionnaires, tandis que la jeunesse, les associations secrètes, les écoles, au nom des principes, et la classe moyenne, au nom des intérêts, s'approchaient pour se heurter, s'étreindre et se terrasser, tandis que chacun hâtait et appelait l'heure dernière et décisive de la crise, au loin et en dehors de ce quartier fatal, au plus profond des cavités insondables de ce vieux Paris misérable qui disparaît sous la splendeur du Paris heureux et opulent, on entendait gronder sourdement la sombre voix du peuple.
Voix effrayante et sacrée qui se compose du rugissement de la brute et de la parole de Dieu, qui terrifie les faibles et qui avertit les sages, qui vient tout à la fois d'en bas comme la voix du lion et d'en haut comme la voix du tonnerre.
その晩、蝙蝠かまたは梟の翼をもってパリーの上を飛んだならば、眼下に沈痛な光景が見られたであろう。
市場町の古い一郭は、市中において更に一市をなしてるかの観があって、サン・ドゥニ街とサン・マルタン街とがそこを横ぎり、また無数の小路が錯綜し、それを暴徒らは要塞となし兵営となしていて、上から見おろす時には、パリーのまんなかにあけられてる大きな暗い穴のように見えるのだった。それをのぞき込めば、あたかも深淵の中を見るがようだった。街灯はこわされ窓は閉ざされているので、あらゆる光と生命と響きと動きとはなくなってしまっていた。暴動の目に見えない警戒が至る所を見張って、秩序すなわち暗夜を維持していた。暗黒のうちに小勢を包み込み、その暗黒のうちに含まってる可能性を利用して各戦士を多数に見せかけること、それが反乱の必要な戦術である。日が暮れるや、蝋燭の光がさしてる窓は皆銃弾を受けた。灯火は消され、時としては住民まで殺された。かくて何物も動いてるものはなくなった。そこにあるものはただ、人家のうちにおいては恐怖と哀悼と喪心のみであり、街路においては一種神聖な戦慄のみであった。窓や軒の長い列も、煙筒も屋根の高低も、泥にまみれ雨にぬれてる舗石の上の漠然たる光の反映も、すべて認められなかった。そして上からその重畳した闇の中をのぞけば、所々に間をへだてて、断ち切れた妙な線や異様な構造物の輪郭などを浮き出さしてるおぼろな明るみが、廃墟の中を行ききする光に似た何かが、たぶんかすかに見られただろう。それがすなわち防寨のある場所だった。その他は靄深い重々しい痛ましい茫漠たる闇で、その上に高く、サン・ジャックの塔や、サン・メーリーの会堂や、また人工のために巨人となり更に夜のために妖怪となってる二、三の広壮な堂宇が、気味悪い不動の姿をしてそびえていた。
寂然たる恐ろしいその迷宮の周囲、人の行ききはまだ絶えていず、わずかな街灯がまだともってる町々には、サーベルや銃剣の金属性の光や、砲車の重い響きや、刻々に大きくなってゆく黙々たる軍隊の蝟集など、すべて暴動の周囲を徐々にとり囲み引き締めてゆく恐るべき帯が、上からはっきり見て取られただろう。
攻囲された一郭は、もはや一種の恐ろしい洞窟にすぎなかった。そこではすべてが眠っているかあるいは身動きもしないでいるように思えた。そして今述べたとおり、どの街路も皆ただ闇の中に包まれていた。
それこそ獰猛な闇であって、至る所に罠があり、至る所に何とも知れぬ恐るべき障害物があり、そこにはいりこむのは恐ろしく、そこに止まるのは更に恐怖すべきことであって、はいってゆく者らは待ち受けてる者らの前におののき、待ち受けてる者らはまさにきたらんとする者らの前に震えていた。目に見えない戦士らが街路のすみずみに潜んでいた。墳墓の口が暗夜の深みに隠れていた。万事は終わったのである。今やそこで期待さるるひらめきと言えば、ただ銃火のみであり、そこで期待さるる遭遇と言えば、ただ突然の急速な死の出現のみだった。いずこにて、いかにして、いつの時にか? それはだれにもわからなかったが、しかし確実であり避くべからざることであった。そこで、争闘のために闇でおおわれたその場所で、政府と反乱とは、国民兵と下層社会とは、市民と暴民とは、手探りに互いに接近しつつあった。いずれにとっても、同じ必然の運命があった。殺されて出ずるかもしくは勝利者となって出ずるか、そればかりが今は唯一の出口だった。事実はきわめて切迫し、暗黒はきわめて力強く、最も臆病な者らも決意を感じ、最も勇敢な者らも恐れを感じていた。
また双方とも、憤激と熱中と決心とを同等に持っていた。一方にとっては、進むことは死でありながら、だれも退くことを思わなかった。他の一方にとっては、止まっていることは死でありながら、だれも逃げることを思わなかった。
必ずや翌日までにはすべてが決定し、勝利はいずれかの手に帰し、反乱は革命となるかあるいは暴挙に終わるかのほかはなかった。政府も一揆も共にそれを了解し、一介の市民までもそれを感じていた。それゆえ、すべてが決せんとするその一郭の見通すべからざる暗黒のうちには、心痛の念が漂っていた。またそれゆえ、まさに覆滅が生ぜんとするこの沈黙の周囲には、いっそうの懸念が漂っていた。そしてそこに聞こゆるものは、ただ一つの響き、瀕死の喘ぎに似た痛ましい響き、呪詛の声に似た恐ろしい響き、すなわちサン・メーリーの警鐘の音のみだった。暗黒のうちに慟哭する狂乱し絶望せるその鐘の響きこそ、世に最も人を慄然たらしむるものであった。
しばしば見らるるとおり、今や自然も人間がまさになさんとすることと調子を合わしてるようだった。その痛ましい両者の調和を何者も乱すものはなかった。星は姿を隠し、重々しい雲は陰鬱な層をなして空の四方をおおっていた。死のごときその一郭の街路の上には暗い空がかぶさっていて、あたかもその広い墳墓の上に広大な喪布をひろげたようだった。
まだまったく政治的のみなる戦いが、既に多くの革命の事変を見たその一郭のうちに、しだいに準備されつつある間に、青春と秘密結社と学校とが主義の名において、また中流市民階級が利害の名において、互いに衝突し駆逐し争闘せんとして接近し合ってる間に、各人が足を早めて、危機の最後の決定的瞬間を喚び起こしてる間に、一方、その致命的なる一郭の外遠くに、幸福栄耀なるパリーの光耀の下に隠れてるその古いみじめなるパリーの底知れぬ洞窟の深みに、民衆の陰惨なる声の重々しくうなるのが聞こえていた。
それこそ恐るべきしかも聖なる声であって、獣の咆哮と神の言葉とから成り、弱者をおびえさし賢者を戒め、獅子の声のごとく地から来るとともに雷電のごとく天から来るものであった。
Chapitre III L'extrême bord
Marius était arrivé aux halles.
Là tout était plus calme, plus obscur et plus immobile encore que dans les rues voisines. On eût dit que la paix glaciale du sépulcre était sortie de terre et s'était répandue sous le ciel.
Une rougeur pourtant découpait sur ce fond noir la haute toiture des maisons qui barraient la rue de la Chanvrerie du côté de Saint-Eustache. C'était le reflet de la torche qui brûlait dans la barricade de Corinthe. Marius s'était dirigé sur cette rougeur. Elle l'avait amené au Marché-aux-Poirées, et il entrevoyait l'embouchure ténébreuse de la rue des Prêcheurs. Il y entra. La vedette des insurgés qui guettait à l'autre bout ne l'aperçut pas. Il se sentait tout près de ce qu'il était venu chercher, et il marchait sur la pointe du pied. Il arriva ainsi au coude de ce court tronçon de la ruelle Mondétour qui était, on s'en souvient, la seule communication conservée par Enjolras avec le dehors. Au coin de la dernière maison, à sa gauche, il avança la tête, et regarda dans le tronçon Mondétour.
Un peu au delà de l'angle noir de la ruelle et de la rue de la Chanvrerie qui jetait une large nappe d'ombre où il était lui-même enseveli, il aperçut quelque lueur sur les pavés, un peu du cabaret, et, derrière, un lampion clignotant dans une espèce de muraille informe, et des hommes accroupis ayant des fusils sur leurs genoux. Tout cela était à dix toises de lui. C'était l'intérieur de la barricade.
Les maisons qui bordaient la ruelle à droite lui cachaient le reste du cabaret, la grande barricade et le drapeau.
Marius n'avait plus qu'un pas à faire.
Alors le malheureux jeune homme s'assit sur une borne, croisa les bras, et songea à son père.
Il songea à cet héroïque colonel Pontmercy qui avait été un si fier soldat, qui avait gardé sous la République la frontière de France et touché sous l'empereur la frontière d'Asie, qui avait vu Gênes, Alexandrie, Milan, Turin, Madrid, Vienne, Dresde, Berlin, Moscou, qui avait laissé sur tous les champs de victoire de l'Europe des gouttes de ce même sang que lui Marius avait dans les veines, qui avait blanchi avant l'âge dans la discipline et le commandement, qui avait vécu le ceinturon bouclé, les épaulettes tombant sur la poitrine, la cocarde noircie par la poudre, le front plissé par le casque, sous la baraque, au camp, au bivouac, aux ambulances, et qui au bout de vingt ans était revenu des grandes guerres la joue balafrée, le visage souriant, simple, tranquille, admirable, pur comme un enfant, ayant tout fait pour la France et rien contre elle.
Il se dit que son jour à lui était venu aussi, que son heure avait enfin sonné, qu'après son père il allait, lui aussi, être brave, intrépide, hardi, courir au-devant des balles, offrir sa poitrine aux bayonnettes, verser son sang, chercher l'ennemi, chercher la mort, qu'il allait faire la guerre à son tour et descendre sur le champ de bataille, et que ce champ de bataille où il allait descendre, c'était la rue, et que cette guerre qu'il allait faire, c'était la guerre civile!
Il vit la guerre civile ouverte comme un gouffre devant lui et que c'était là qu'il allait tomber.
Alors il frissonna.
Il songea à cette épée de son père que son aïeul avait vendue à un brocanteur, et qu'il avait, lui, si douloureusement regrettée. Il se dit qu'elle avait bien fait, cette vaillante et chaste épée, de lui échapper et de s'en aller irritée dans les ténèbres; que si elle s'était enfuie ainsi, c'est qu'elle était intelligente et qu'elle prévoyait l'avenir; c'est qu'elle pressentait l'émeute, la guerre des ruisseaux, la guerre des pavés, les fusillades par les soupiraux des caves, les coups donnés et reçus par derrière; c'est que, venant de Marengo et de Friedland, elle ne voulait pas aller rue de la Chanvrerie, c'est qu'après ce qu'elle avait fait avec le père, elle ne voulait pas faire cela avec le fils! Il se dit que si cette épée était là, si, l'ayant recueillie au chevet de son père mort, il avait osé la prendre et l'emporter pour ce combat de nuit entre Français dans un carrefour, à coup sûr elle lui brûlerait les mains et se mettrait à flamboyer devant lui comme l'épée de l'ange! Il se dit qu'il était heureux qu'elle n'y fût pas et qu'elle eût disparu, que cela était bien, que cela était juste, que son aïeul avait été le vrai gardien de la gloire de son père, et qu'il valait mieux que l'épée du colonel eût été criée à l'encan, vendue au fripier, jetée aux ferrailles, que de faire aujourd'hui saigner le flanc de la patrie.
Et puis il se mit à pleurer amèrement.
Cela était horrible. Mais que faire? Vivre sans Cosette, il ne le pouvait. Puisqu'elle était partie, il fallait bien qu'il mourût. Ne lui avait-il pas donné sa parole d'honneur qu'il mourrait? Elle était partie sachant cela; c'est qu'il lui plaisait que Marius mourût. Et puis il était clair qu'elle ne l'aimait plus, puisqu'elle s'en était allée ainsi, sans l'avertir, sans un mot, sans une lettre, et elle savait son adresse! À quoi bon vivre et pourquoi vivre à présent? Et puis, quoi! être venu jusque-là et reculer! s'être approché du danger, et s'enfuir! être venu regarder dans la barricade, et s'esquiver! s'esquiver tout tremblant en disant: au fait, j'en ai assez comme cela, j'ai vu, cela suffit, c'est la guerre civile, je m'en vais! Abandonner ses amis qui l'attendaient! qui avaient peut-être besoin de lui! qui étaient une poignée contre une armée! Manquer à tout à la fois, à l'amour, à l'amitié, à sa parole! Donner à sa poltronnerie le prétexte du patriotisme! Mais cela était impossible, et si le fantôme de son père était là dans l'ombre et le voyait reculer, il lui fouetterait les reins du plat de son épée et lui crierait: Marche donc, lâche!
En proie au va-et-vient de ses pensées, il baissait la tête.
Tout à coup il la redressa. Une sorte de rectification splendide venait de se faire dans son esprit. Il y a une dilatation de pensée propre au voisinage de la tombe; être près de la mort, cela fait voir vrai. La vision de l'action dans laquelle il se sentait peut-être sur le point d'entrer lui apparut, non plus lamentable, mais superbe. La guerre de la rue se transfigura subitement, par on ne sait quel travail d'âme intérieur, devant l'œil de sa pensée. Tous les tumultueux points d'interrogation de la rêverie lui revinrent en foule, mais sans le troubler. Il n'en laissa aucun sans réponse.
Voyons, pourquoi son père s'indignerait-il? est-ce qu'il n'y a point des cas où l'insurrection monte à la dignité de devoir? qu'y aurait-il donc de diminuant pour le fils du colonel Pontmercy dans le combat qui s'engage? Ce n'est plus Montmirail ni Champaubert; c'est autre chose. Il ne s'agit plus d'un territoire sacré, mais d'une idée sainte. La patrie se plaint, soit; mais l'humanité applaudit. Est-il vrai d'ailleurs que la patrie se plaigne? La France saigne, mais la liberté sourit; et devant le sourire de la liberté, la France oublie sa plaie. Et puis, à voir les choses de plus haut encore, que viendrait-on parler de guerre civile?
La guerre civile? qu'est-ce à dire? Est-ce qu'il y a une guerre étrangère? Est-ce que toute guerre entre hommes n'est pas la guerre entre frères? La guerre ne se qualifie que par son but. Il n'y a ni guerre étrangère, ni guerre civile; il n'y a que la guerre injuste et la guerre juste. Jusqu'au jour où le grand concordat humain sera conclu, la guerre, celle du moins qui est l'effort de l'avenir qui se hâte contre le passé qui s'attarde, peut être nécessaire. Qu'a-t-on à reprocher à cette guerre-là? La guerre ne devient honte, l'épée ne devient poignard que lorsqu'elle assassine le droit, le progrès, la raison, la civilisation, la vérité. Alors, guerre civile ou guerre étrangère, elle est inique; elle s'appelle le crime. En dehors de cette chose sainte, la justice, de quel droit une forme de la guerre en mépriserait-elle une autre? de quel droit l'épée de Washington renierait-elle la pique de Camille Desmoulins? Léonidas contre l'étranger, Timoléon contre le tyran, lequel est le plus grand? l'un est le défenseur, l'autre est le libérateur. Flétrira-t-on, sans s'inquiéter du but, toute prise d'armes dans l'intérieur de la cité? alors notez d'infamie Brutus, Marcel, Arnould de Blankenheim, Coligny. Guerre de buissons? guerre de rues? Pourquoi pas? c'était la guerre d'Ambiorix, d'Artevelde, de Marnix, de Pélage. Mais Ambiorix luttait contre Rome, Artevelde contre la France, Marnix contre l'Espagne, Pélage contre les Maures; tous contre l'étranger. Eh bien, la monarchie, c'est l'étranger; l'oppression, c'est l'étranger; le droit divin, c'est l'étranger. Le despotisme viole la frontière morale, comme l'invasion viole la frontière géographique. Chasser le tyran ou chasser l'anglais, c'est, dans les deux cas, reprendre son territoire. Il vient une heure où protester ne suffit plus; après la philosophie il faut l'action; la vive force achève ce que l'idée a ébauché; Prométhée enchaîné commence, Aristogiton finit; l'Encyclopédie éclaire les âmes, le 10 août les électrise. Après Eschyle, Thrasybule; après Diderot, Danton. Les multitudes ont une tendance à accepter le maître. Leur masse dépose de l'apathie. Une foule se totalise aisément en obéissance. Il faut les remuer, les pousser, rudoyer les hommes par le bienfait même de leur délivrance, leur blesser les yeux par le vrai, leur jeter la lumière à poignées terribles. Il faut qu'ils soient eux-mêmes un peu foudroyés par leur propre salut; cet éblouissement les réveille. De là la nécessité des tocsins et des guerres. Il faut que de grands combattants se lèvent, illuminent les nations par l'audace, et secouent cette triste humanité que couvrent d'ombre le droit divin, la gloire césarienne, la force, le fanatisme, le pouvoir irresponsable et les majestés absolues; cohue stupidement occupée à contempler, dans leur splendeur crépusculaire, ces sombres triomphes de la nuit. À bas le tyran! Mais quoi? de qui parlez-vous? appelez-vous Louis-Philippe tyran? Non; pas plus que Louis XVI. Ils sont tous deux ce que l'histoire a coutume de nommer de bons rois; mais les principes ne se morcellent pas, la logique du vrai est rectiligne, le propre de la vérité c'est de manquer de complaisance; pas de concession donc; tout empiétement sur l'homme doit être réprimé; il y a le droit divin dans Louis XVI, il y a le parce que Bourbon dans Louis-Philippe; tous deux représentent dans une certaine mesure la confiscation du droit, et pour déblayer l'usurpation universelle, il faut les combattre; il le faut, la France étant toujours ce qui commence. Quand le maître tombe en France, il tombe partout. En somme, rétablir la vérité sociale, rendre son trône à la liberté, rendre le peuple au peuple, rendre à l'homme la souveraineté, replacer la pourpre sur la tête de la France, restaurer dans leur plénitude la raison et l'équité, supprimer tout germe d'antagonisme en restituant chacun à lui-même, anéantir l'obstacle que la royauté fait à l'immense concorde universelle, remettre le genre humain de niveau avec le droit, quelle cause plus juste, et, par conséquent, quelle guerre plus grande? Ces guerres-là construisent la paix. Une énorme forteresse de préjugés, de privilèges, de superstitions, de mensonges, d'exactions, d'abus, de violences, d'iniquités, de ténèbres, est encore debout sur le monde avec ses tours de haine. Il faut la jeter bas. Il faut faire crouler cette masse monstrueuse. Vaincre à Austerlitz, c'est grand, prendre la Bastille, c'est immense.
Il n'est personne qui ne l'ait remarqué sur soi-même, l'âme, et c'est là la merveille de son unité compliquée d'ubiquité, a cette aptitude étrange de raisonner presque froidement dans les extrémités les plus violentes, et il arrive souvent que la passion désolée et le profond désespoir, dans l'agonie même de leurs monologues les plus noirs, traitent des sujets et discutent des thèses. La logique se mêle à la convulsion, et le fil du syllogisme flotte sans se casser dans l'orage lugubre de la pensée. C'était là la situation d'esprit de Marius.
Tout en songeant ainsi, accablé, mais résolu, hésitant pourtant, et, en somme, frémissant devant ce qu'il allait faire, son regard errait dans l'intérieur de la barricade. Les insurgés y causaient à demi-voix, sans remuer, et l'on y sentait ce quasi-silence qui marque la dernière phase de l'attente. Au-dessus d'eux, à une lucarne d'un troisième étage, Marius distinguait une espèce de spectateur ou de témoin qui lui semblait singulièrement attentif. C'était le portier tué par Le Cabuc. D'en bas, à la réverbération de la torche enfouie dans les pavés, on apercevait cette tête vaguement. Rien n'était plus étrange, à cette clarté sombre et incertaine, que cette face livide, immobile, étonnée, avec ses cheveux hérissés, ses yeux ouverts et fixes et sa bouche béante, penchée sur la rue dans une attitude de curiosité.
On eût dit que celui qui était mort considérait ceux qui allaient mourir. Une longue traînée de sang qui avait coulé de cette tête descendait en filets rougeâtres de la lucarne jusqu'à la hauteur du premier étage où elle s'arrêtait.
マリユスは市場町に達していた。
そこは近傍の街路よりも、いっそう静かで暗くひっそりしていた。あたかも氷のごとき墳墓の静けさが、地からいでて空の下にひろがってるかと思われた。
けれども一条の赤い明るみが、シャンヴルリー街のサン・テュスターシュの方をふさいでる人家の高い屋根を、そのまっ暗な奥に浮き出さしていた。それはコラント亭の防寨の中に燃えてる炬火の反映だった。マリユスはその赤い光の方へ進んでいった。そして野菜市場までゆくと、プレーシュール街の暗い入り口が見えた。彼はそこにはいって行った。向こうの端に立っていた暴徒の見張りは、彼の姿を見つけなかった。彼は今まで、さがし求めていたもののすぐそばにきたことを感じ、爪先で歩き出した。かくてモンデトゥール小路の短い街路の曲がり角まで達した。読者の記憶するとおり、それはアンジョーラが開いて置いた外部との唯一の交通路であった。最後の人家の角から左へ頭を出して、彼はモンデトゥール街の中をのぞき込んだ。
彼自身をも包む広い闇を投じてるシャンヴルリー街とその小路との暗い角から少し先に、舗石の上のかすかな明るみと居酒屋の小部分と、その向こうには一種変な形の壁の中にちらついてる豆ランプと、銃を膝にのせてうずくまってる数名の男とを、彼は認めた。すべてそれらは彼から十間ばかりの所にあった。それは防寨の内部だった。
小路の右手に立ち並んだ人家は、居酒屋の他の部屋と、大きい方の防寨と赤旗とを、彼の目からさえぎっていた。
マリユスにはもはや一歩残ってるのみだった。
その時この不幸な青年は、ある標石の上に腰をおろし、腕を組み、そして父のことを思った。
彼は自分の父である勇壮なポンメルシー大佐のことを思った。大佐こそは、いかにも高邁な兵士であって、共和政府の下にあってはフランスの国境を守り、皇帝の下にあってはアジアの境にまで進みゆき、ゼノア、アレキサンドリア、ミラノ、トリノ、マドリッド、ウインナ、ドレスデン、ベルリン、モスコー、などの都市を見、ヨーロッパのあらゆる優勝戦場に、マリユス自身の血管の中にある同じ血潮の数滴を残し、規律と指揮との中に年齢にもまして白髪となり、常に剣帯をしめ、肩章は胸の上にたれ、帽章は火薬に黒ずみ、額には軍帽のために筋がつき、廠舎に陣営に露営にまた野戦病院に夜を明かし、かくて二十年の出征の後に、頬には傷痕を留め、顔はほほえみ、素朴で、平静で、崇高で、小児のごとく純潔で、フランスのためにすべてを尽し、何らフランスに反することをなさないで、大戦役から戻ってきたのであった。
彼は自ら言った。自分の日もまた到来したのである。自分の時も、ついに鳴らされたのである。父のあとに自分もまたこれから、毅然として勇敢に大胆に、弾丸の前を行ききし、銃剣に胸を差し出し、おのれの血を流し、敵をさがし、死をさがさんとするのである。今度は自分が戦いをなし、戦場におり立たんとするのである。しかも今、その戦場は街路であり、なさんとする戦いは内乱なのである!
彼は内乱が自分の前に深淵のごとく口を開いているのを見、そこに陥ってゆく自身を顧みた。
その時彼は身を震わした。
彼は祖父がある古物商に売り払ってしまった非常に惜しい父の剣のことを思った。彼は自ら言った。しかしその勇ましい潔い剣が、暗黒のうちにいら立って自分の所をのがれ去ってしまったのは、かえってよかったのである。そのように逃げ去ってしまったのも、賢くて未来を予見したからである。暴動を、溝の戦いを、舗石の戦いを、窖の風窓からの銃火を、背後から与え合う剣撃を、予感したからである。マレンゴーやフリートラントの戦いを経て、シャンヴルリー街に行くことを欲しなかったからである。父とともにあれだけのことをなした後、その子の自分とともになすべきことを欲しなかったからである! 彼はまた自ら言った。もしその剣が今手もとにあったならば、もしその剣を死せる父の枕辺から手に取って、街路におけるフランス人同志の夜戦のために、あえて持ち出していたならば、確かにそれは自分の手を焼きつくし、天使の剣のごとく、自分の前に炎を発し始めたであろう! また彼は自ら言った。その剣が今手もとになく行方知れずになったのは、仕合わせなことである。至当なことであり正当なことである。祖父こそかえって、父の光栄を真に守ってくれた人である。大佐の剣は、今日祖国の横腹を刳るよりも、競売に付せられ、古物商に売られ、鉄屑の中に投げ込まれる方が、かえってよいでははないか。
そしてマリユスは苦い涙を流し始めた。
それは実にたまらないことであった。しかしどうしたらいいのか。コゼットなしに生きることは、彼にはとうていできなかった。彼女が出発した今となっては、彼はもう死ぬよりほかはなかったのである。自分は死ぬであろうと彼女に明言したではないか。彼女はそれを知りつつ出発した。それはマリユスが死ぬのを好んだからに違いない。そしてまた、彼女がもう彼を愛していないことは明らかだった。なぜならば、彼の住所を知りながら、ことわりもなく、一言の言葉もなく、一つの手紙も贈らず、そのまま出発したからである。今や、生も何の役に立つか、また何ゆえの生であるか! しかもここまでやってきながらまた後ろにさがろうとするのか、危険に近づきながら逃げようとするのか、防寨の中をのぞき込みながら身を隠そうとするのか。「要するに、もうそういうことはたくさんだ、はっきり見た、それで十分だ、単に内乱ではないか、足を返すべきである、」と言いながら、震えてのがれ隠れようとするのか。自分を待ってる友人らを見捨てようとするのか。彼らはおそらく自分の助力をも必要としてるだろう、一握りの人数をもって多数の軍隊に対抗せんとしているだろう! 愛にも、友情にも、誓いにも、すべてに同時に裏切ろうとするのか。自分の卑怯さを愛国心の美名で装おうとするのか! 否それはでき難いことであった。そしてもし父の霊がそこに影の中にいて、彼が退こうとするのを見たならば、彼の腰に剣の平打ちを食わして叫んだであろう、「進み行け、卑怯者めが!」
種々の考えが入り乱れて、彼は頭をたれていた。
しかるに突然、彼はまた頭を上げた。一種の燦然たる信念が彼の脳裏に浮かんだのである。墳墓の間近においては特に思想の明確をきたすものである。死のそばにあっては真の目が開けてくるものである。まさに参加せんとするその行動の幻が彼に現われた。それはもはや悲しむべきものではなく、壮大なものであった。市街戦は、ある内心の働きを受けて、彼の思想の目の前ににわかに姿を変えた。夢想のあらゆる疑問の群れは、騒然として彼の頭に浮かんできたが、彼は少しもそれに乱されはしなかった。彼はそれに一々答弁を与えた。
およそ、父は何ゆえに憤ることがあろうぞ。反乱も貴い義務とまで高まりゆく場合がないであろうか。目前の戦いに身を投じても、ポンメルシー大佐の子として恥ずべき点がどこにあろう。もとよりそれはモンミライュやシャンポーベール(訳者注 ナポレオンがプロシャ及びロシヤの軍を敗りし所)ではない、それは他の一事である。それは神聖なる祖国の土地の問題ではないが、聖なる思想の問題である。祖国はおそらく嘆くであろう、しかし人類は賛美するであろう。それにまた、真に祖国は嘆くであろうか。フランスは血を流す、しかし自由はほほえむのである。そして自由の微笑の前には、フランスはおのれの傷を忘れるものである。また、更に高い見地よりこれを見る時には、内乱を何と言うべきであろうか。
内乱? それはいったい何の意味であるか。外乱というものが存在するか。すべて人間間のあらゆる戦争は、皆同胞間の戦いではないか。戦いはただその目的によってのみ区別さるべきである。世には外乱もなく内乱もない。ただ不正の戦いと正義の戦いとがあるのみである。人類全体の大協約が締結さるる日までは、戦争は、少なくともおくれたる過去に対抗する進んだる未来の努力たる戦争は、おそらく必要であろう。この戦いに何の難ずべき点があるか。戦いが恥ずべきものとなり、剣が匕首となるのは、ただ、権利と進歩と道理と文明と真理とを刺す時においてのみである。その時こそ、内乱もしくは外乱は不正なものとなり、罪悪と呼ばるべきものとなる。けれども正義という聖なる一事を外にしては、いかなる権利をもって、戦いの一形式が他の形式を軽侮することができるか。いかなる権利をもって、ワシントンの剣はカミーユ・デムーラン(訳者注 バスティーユ牢獄の攻撃を指揮せし人)の槍を否認することができるか。外敵に対抗したレオニダスと暴君に対抗したチモレオンと、いずれがより偉大であるか。ひとりは防御者であり、ひとりは救済者である。都市の中において武器を取ってたつ者を皆、その目的のいかんに関せず侮辱することができるか。ブルツス、マルセル、ブランケンハイムのアルノルト、コリニーなどに、みな恥辱の烙印を押すことができるか。叢林の戦い、街路の戦い、それが何ゆえにいけないか。それはアンビオリックスやアルトヴェルドやマルニックスやペラーヨなどがなした戦いであった。しかも、アンビオリックスはローマに対抗し、アルトヴェルドはフランスに対抗し、マルニックスはスペインに対抗し、ペラーヨはモール人に対抗して、皆外敵と戦ったのである。しかるに、王政は外敵であり、圧制は外敵であり、神聖なる権利(訳者注 専制君主の所謂)は外敵である。専制が人の精神的国境を侵すのは、あたかも外寇が地理上の国境を侵すと同じである。暴君を追うもイギリス人を追うも、共におのれの領土を回復することである。抗議のみでは足りない時も到来する。哲理の後には実行を要する。はつらつたる力は思想が草案したところのものを完成する。縛られたるプロメシュース(訳者注 アイスキロスの戯曲、火を盗みてジュピテルより岩に縛られし所を取り扱えるもの)は事を始め、アリストゲイトン(訳者注 ハルモディオスと共にヒッパルコスをくつがえせし者)は事を終える。百科辞典(ディドローらの)は人の魂を照らし、八月十日(一七九二年)はそれに電気を与える。アイスキロスのあとにはトラジプロスがいで、ディドローのあとにはダントンが出る。およそ群集は首領をいただきたがる傾向を持っている。その集団は無感覚を産む。一群集は容易に一塊となって服従する。ゆえに彼らを振るい立たせ、つき進め、解放の恵みをもって刺激し、真理をもってその目を打ち、激しく光明を投げ与えなければならない。彼らは自ら多少おのれの救済によって雷撃されなければならない。その眩惑は彼らの目をさまさしむるものである。ゆえに警鐘が必要となり、戦いが必要となる。偉大なる戦士が立ち上がり、その勇壮さをもって諸国民を照らし、いわゆる神聖なる権利、シーザー式の光栄、武力、盲信、責任を知らざる主権、絶対的権威、などのために闇でおおわれてるこのあわれなる人類を、揺り動かしてやらなければならないのである。人類は実に、暗黒の影暗い勝利を、その偽りの光輝のうちに、ただ茫然とうちながめてばかりいる烏合の衆にすぎない。暴君を打ち倒せ! しかしそれはだれのことを言うのか。ルイ・フィリップを暴君というのか。否、彼はルイ十六世と同じく別に暴君ではない。彼らはいずれも、歴史が普通に善良なる国王と呼ぶところのものである。しかしながら、主義は細断することを得ないものである、真実なるものの論理は直線的なものである、真理の特性は追従を知らない所にある。ゆえに譲歩はすべて不可である。人間に関する侵害はすべて廃さなければならない。ルイ十六世のうちにはいわゆる神聖なる権利があり、ルイ・フィリップのうちにはブールボン家なるがゆえにが(家がらの特権が)ある。両者は共にある程度まで、権利の簒奪を代表している。そしてあらゆる簒奪を掃蕩せんがためには、彼らをも打ち倒さなければならない。フランスは常に先頭に立つものであるから、それが必要である。フランスにおいて主君が倒れる時には、至る所において、それが倒れるであろう。要するに、社会的真理を打ち立て、玉座を自由の手に還し、民衆を本来の民衆たらしめ、大権を人間に戻し、緋衣を再びフランスの頭にきせ、道理と公正とをその円満なる状態に返し、各人を本来の地位に復せしめながらあらゆる頡頏の萌芽を根絶し、世界の広大なる一致に王位がもたらす障害を除き、人類を正当なる権利の水準に引き戻すこと、これ以上に正しい主旨があろうか、また従って、これ以上に偉大な戦いがあろうか。かかる戦いは平和を確立するところのものである。偏見、特権、憶説、虚偽、強請、濫用、暴行、不正、暗黒、などの巨大な城砦は、なおその憎悪の塔を聳やかして社会の上に立っている。それを打ち倒さなければならない。その奇怪なる塊りを破壊しなければならない。アウステルリッツにて勝利を得るのは偉大なることである、バスティーユの牢獄を占領するのは広大なることである。
だれでも自身に親しく感ずることではあるが、魂こそは、普遍性と統一性とをともに有する驚くべきものであって、最も危急なる極端にあっても、ほとんど冷然と推理し得る不思議な能力を有するものである。そして慟哭せる感情と深い絶望とは、その最も悲痛な独語の苦悩のうちにあってもしばしば、問題を取り扱い論議するものである。論理は痙攣と相交わり、論法の緒は思想の痛ましい動乱のうちにも切れることなく浮かんでくる。マリユスの精神状態はちょうどそういうところにあった。
かく推理し、圧倒せられ、しかも意を決し、しかもなお躊躇しながら、一言にして言えば、まさになさんとすることの前に戦慄しながら、彼は防寨の中を見回した。暴徒らは身動きもせずに小声で語り合っており、期待の最後の局面を示す沈黙と騒擾との中間の気が漂っていた。彼らの上方、四階のある軒窓には、妙に注意を澄ましてるような傍観者とも立ち会い人ともつかない男の姿が見えていた。それはル・カブュクに射殺された門番であった。舗石のうちに囲まれた炬火の反映で、下からその頭がぼんやり認められた。色を失い、身動きもせず、物に驚いたらしい様子で、頭髪を逆立て、開いた目を見据え、口をぼんやりうち開き、好奇心に駆られたような様子で街路の上にのり出して、炬火の陰惨なおぼろな光に照らされてるその顔ほど、世に異様なものはなかった。あたかも既に死んだ者がまさに死なんとする人々を見守ってるかのようだった。その頭から流れた長い血のしたたりが、赤い糸のようになって軒窓から二階の所までたれ、そこで止まっていた。
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