Les Misérables リーディング

Les Misérables Tome IV : Livre dixième—Le 5 juin 1832

Chapitre  Ia surface de la question

 

De quoi se compose l'émeute? De rien et de tout. D'une électricité dégagée peu à peu, d'une flamme subitement jaillie, d'une force qui erre, d'un souffle qui passe. Ce souffle rencontre des têtes qui parlent, des cerveaux qui rêvent, des âmes qui souffrent, des passions qui brûlent, des misères qui hurlent, et les emporte.

Où?

Au hasard. À travers l'État, à travers les lois, à travers la prospérité et l'insolence des autres.

Les convictions irritées, les enthousiasmes aigris, les indignations émues, les instincts de guerre comprimés, les jeunes courages exaltés, les aveuglements généreux; la curiosité, le goût du changement, la soif de l'inattendu, le sentiment qui fait qu'on se plaît à lire l'affiche d'un nouveau spectacle et qu'on aime au théâtre le coup de sifflet du machiniste; les haines vagues, les rancunes, les désappointements, toute vanité qui croit que la destinée lui a fait faillite; les malaises, les songes creux, les ambitions entourées d'escarpements; quiconque espère d'un écroulement une issue; enfin, au plus bas, la tourbe, cette boue qui prend feu, tels sont les éléments de l'émeute.

Ce qu'il y a de plus grand et ce qu'il y a de plus infime; les êtres qui rôdent en dehors de tout, attendant une occasion, bohèmes, gens sans aveu, vagabonds de carrefours, ceux qui dorment la nuit dans un désert de maisons sans autre toit que les froides nuées du ciel, ceux qui demandent chaque jour leur pain au hasard et non au travail, les inconnus de la misère et du néant, les bras nus, les pieds nus, appartiennent à l'émeute.

Quiconque a dans l'âme une révolte secrète contre un fait quelconque de l'État, de la vie ou du sort, confine à l'émeute, et, dès qu'elle paraît, commence à frissonner et à se sentir soulevé par le tourbillon.

L'émeute est une sorte de trombe de l'atmosphère sociale qui se forme brusquement dans de certaines conditions de température, et qui, dans son tournoiement, monte, court, tonne, arrache, rase, écrase, démolit, déracine, entraînant avec elle les grandes natures et les chétives, l'homme fort et l'esprit faible, le tronc d'arbre et le brin de paille.

Malheur à celui qu'elle emporte comme à celui qu'elle vient heurter! Elle les brise l'un contre l'autre.

Elle communique à ceux qu'elle saisit on ne sait quelle puissance extraordinaire. Elle emplit le premier venu de la force des événements; elle fait de tout des projectiles. Elle fait d'un moellon un boulet et d'un portefaix un général.

Si l'on en croit de certains oracles de la politique sournoise, au point de vue du pouvoir, un peu d'émeute est souhaitable. Système: l'émeute raffermit les gouvernements qu'elle ne renverse pas. Elle éprouve l'armée; elle concentre la bourgeoisie; elle étire les muscles de la police; elle constate la force de l'ossature sociale. C'est une gymnastique; c'est presque de l'hygiène. Le pouvoir se porte mieux après une émeute comme l'homme après une friction.

L'émeute, il y a trente ans, était envisagée à d'autres points de vue encore.

Il y a pour toute chose une théorie qui se proclame elle-même «le bon sens»; Philinte contre Alceste; médiation offerte entre le vrai et le faux; explication, admonition, atténuation un peu hautaine qui, parce qu'elle est mélangée de blâme et d'excuse, se croit la sagesse et n'est souvent que la pédanterie. Toute une école politique, appelée juste milieu, est sortie de là. Entre l'eau froide et l'eau chaude, c'est le parti de l'eau tiède. Cette école, avec sa fausse profondeur, toute de surface, qui dissèque les effets sans remonter aux causes, gourmande, du haut d'une demi-science, les agitations de la place publique.

À entendre cette école: «Les émeutes qui compliquèrent le fait de 1830 ôtèrent à ce grand événement une partie de sa pureté. La révolution de Juillet avait été un beau coup de vent populaire, brusquement suivi du ciel bleu. Elles firent reparaître le ciel nébuleux. Elles firent dégénérer en querelle cette révolution d'abord si remarquable par l'unanimité. Dans la révolution de Juillet, comme dans tout progrès par saccades, il y avait eu des fractures secrètes; l'émeute les rendit sensibles. On put dire: Ah! ceci est cassé. Après la révolution de Juillet, on ne sentait que la délivrance; après les émeutes, on sentit la catastrophe.

«Toute émeute ferme les boutiques, déprime le fonds, consterne la bourse, suspend le commerce, entrave les affaires, précipite les faillites; plus d'argent; les fortunes privées inquiètes, le crédit public ébranlé, l'industrie déconcertée, les capitaux reculant, le travail au rabais, partout la peur; des contre-coups dans toutes les villes. De là des gouffres. On a calculé que le premier jour d'émeute coûte à la France vingt millions, le deuxième quarante, le troisième soixante. Une émeute de trois jours coûte cent vingt millions, c'est-à-dire, à ne voir que le résultat financier, équivaut à un désastre, naufrage ou bataille perdue, qui anéantirait une flotte de soixante vaisseaux de ligne.

«Sans doute, historiquement, les émeutes eurent leur beauté; la guerre des pavés n'est pas moins grandiose et pas moins pathétique que la guerre des buissons; dans l'une il y a l'âme des forêts, dans l'autre le cœur des villes; l'une a Jean Chouan, l'autre a Jeanne. Les émeutes éclairèrent en rouge, mais splendidement, toutes les saillies les plus originales du caractère parisien, la générosité, le dévouement, la gaîté orageuse, les étudiants prouvant que la bravoure fait partie de l'intelligence, la garde nationale inébranlable, des bivouacs de boutiquiers, des forteresses de gamins, le mépris de la mort chez des passants. Écoles et légions se heurtaient. Après tout, entre les combattants, il n'y avait qu'une différence d'âge; c'est la même race; ce sont les mêmes hommes stoïques qui meurent à vingt ans pour leurs idées, à quarante ans pour leurs familles. L'armée, toujours triste dans les guerres civiles, opposait la prudence à l'audace. Les émeutes, en même temps qu'elles manifestèrent l'intrépidité populaire, firent l'éducation du courage bourgeois.

«C'est bien. Mais tout cela vaut-il le sang versé? Et au sang versé ajoutez l'avenir assombri, le progrès compromis, l'inquiétude parmi les meilleurs, les libéraux honnêtes désespérant, l'absolutisme étranger heureux de ces blessures faites à la révolution par elle-même, les vaincus de 1830 triomphant, et disant: Nous l'avions bien dit! Ajoutez Paris grandi peut-être, mais à coup sûr la France diminuée. Ajoutez, car il faut tout dire, les massacres qui déshonoraient trop souvent la victoire de l'ordre devenu féroce sur la liberté devenue folle. Somme toute, les émeutes ont été funestes.»

Ainsi parle cet à peu près de sagesse dont la bourgeoisie, cet à peu près de peuple, se contente si volontiers.

Quant à nous, nous rejetons ce mot trop large et par conséquent trop commode: les émeutes. Entre un mouvement populaire et un mouvement populaire, nous distinguons. Nous ne nous demandons pas si une émeute coûte autant qu'une bataille. D'abord pourquoi une bataille? Ici la question de la guerre surgit. La guerre est-elle moins fléau que l'émeute n'est calamité? Et puis, toutes les émeutes sont-elles calamités? Et quand le 14 juillet coûterait cent vingt millions? L'établissement de Philippe V en Espagne a coûté à la France deux milliards. Même à prix égal, nous préférerions le 14 juillet. D'ailleurs nous repoussons ces chiffres, qui semblent des raisons et qui ne sont que des mots. Une émeute étant donnée, nous l'examinons en elle-même. Dans tout ce que dit l'objection doctrinaire exposée plus haut, il n'est question que de l'effet, nous cherchons la cause.

Nous précisons.

暴動の要素は何であるか? 何もないとも言えるし、あらゆるものだとも言える。しだいに発してくる電気、突然ほとばしり出る炎、彷徨ほうこうしてる力、過ぎゆく息吹いぶき、などからである。この息吹は、思索する頭、夢想する脳、苦しむ魂、燃え立つ熱情、喚わめき立てる悲惨、などに出会って、それらを運び去る。
どこへ?
どこへというあてはない。国家や法律や他人の繁栄と横暴などをよぎって、どこともなく。
いら立った確信、たけり立った熱誠、いきり立った憤怒、抑圧されたる戦闘的本能、奮激してる若々しい勇気、勇ましい盲動、好奇心、変化好き、意外好み、新しい芝居の広告を見たがり劇場で舞台裏の柝きの音を喜ぶような感情、また漠然ばくぜんたる憎悪ぞうお、怨恨えんこん、落胆、すべて失敗を運命の罪に帰せんとする虚栄、また不快、空想、四方絶壁のうちに閉ざされたる野心、また崩壊によって何かの結果を望む者、なお最下層にあっては、火に燃えやすい泥炭でいたんともいうべき下層の群集、それらがすなわち暴動の要素である。
最も偉大なるものおよび最も下等なるもの、あらゆるものの外部に彷徨ほうこうしながら機会をねらってる者、浮浪人、無頼漢ぶらいかん、街頭の放浪者、空に漂う寒い雲のみを屋根として都会の砂漠さばくに夜眠る者、仕事によらずして行きあたりばったりに日々のパンを求むる者、悲惨と微賤びせんのうちに沈淪ちんりんしてる名もなき者、腕をあらわにしてる者、跣足はだしのままの者、それらが暴動にくみする人々である。
国家や人生や境涯の何らかの事実に対して、ひそかな反抗心をいだいている者は皆、暴動に隣せる者であって、一度暴動が現わるるや、身震いを始め、旋風に巻き上げらるるような心地を感じ始める。
暴動は社会の大気中の一種の竜巻たつまきであって、ある気温の状態によってにわかに起こり、渦巻うずまきながら、上り、翔かけり、とどろき、つかみ取り、こわし、つぶし、砕き、根こぎにし、自然の偉大なるものをも脆弱ぜいじゃくなるものをも、強き人をも弱き人をも、樹木の幹をも一筋の藁わらをも、あらゆるものを巻き込んでゆく。
それに運ばるる者もそれに衝突する者も、共に災いなるかなである。両者とも相次いで打ち砕かれる。
それはおのれがとらえた者らに異常な力を伝える。あらゆる者に事変が有する力を充満させる。すべてのものを爆弾となす。一魂の石をも弾丸となし、一介の人夫をも将軍となす。
狡猾こうかつなる政略家らの言明するところによれば、政府の権力の立場より見れば多少の暴動はかえって望むところである。その立論は下のとおりである。曰いわく、暴動は政府を転覆せずしてかえって政府を強固ならしむる。暴動は軍隊を試練し、中流民を結合し、警察の筋力を伸張させ、社会の骨格の力を確かめる。それは一つの体操であり、ほとんど衛生的でさえある。身体摩擦の後に人が丈夫になるように、政府の権力は暴動の後に更に強大になる。
また今より三十年前には、暴動はなお他の見地からも考察されていた。
あらゆる事柄には、「良識ボン・サンス」と自称する一つの理論がある。それはアルセストに対するフィラントのごときものである(訳者注 モリエール作「世間ぎらい」中の人物――一徹なるアルセスト、妥協的なるフィラント)。真実と虚偽との間に持ち出される仲裁である。説明であり、忠告であり、多少横柄な斟酌しんしゃくであって、非難と容赦とを交じえているので自ら英知であると信じてはいるが、多くは半可通にすぎないものである。中正派と称せらるる政治上の一派は、まったくそれから出てきたものである。冷水と熱湯との中間のもので、微温湯のたぐいである。深遠さを装い、実は皮相にのみ止まり、原因にさかのぼることなく結果をのみ考察するこの一派は、半可通の学説の高みから、街頭の騒擾そうじょうを叱責しっせきする。
この一派は言う。「一八三〇年の事実を紛糾さした諸暴動は、この大事変にその純潔さの一部を失わせてしまった。七月革命は一陣の民衆の風であって、その後には直ちに澄み渡った青空が現われた。しかるに暴動は、再びその空に雲を漂わした。初め世論の一致が特色だったこの革命を、争論に堕落さした。あらゆる急激な進歩に見らるるとおり、七月革命のうちにも目立たぬ挫折ざせつの個所がいくらもあった。しかるに暴動はそれらの挫折を感づかせた。あゝここが砕けている、と人に叫ばした。七月革命の後には、人々はただ救われたと感じていた。しかるに暴動の後には、人々は災いだと感じた。
「暴動はすべて、商店を閉ざし、資本を萎靡いびさせ、相場に恐慌をきたさせ、取り引きを停とめ、事業を遅滞させ、破産を招致する。金融は止まる。個人の財産は不安になり、信用は乱れ、工業は脅かされ、資本は回収され、賃金は下落し、至る所恐怖あるのみである。あらゆる都市は皆その打撃を受ける。かくて破滅の淵ふちが生ずる。計算すれば、暴動の第一日はフランスに二千万フランの損害をきたし、第二日は四千万、第三日は六千万の損害をきたすという。三日間の暴動は一億二千万フランの損害となる。すなわち経済上の結果のみを見ても、難破か敗戦のごとき災害によって六十隻の一艦隊が全滅するに等しいのである。
「歴史的に言えば、もちろんいずれの暴動にもその美があった。舗石しきいしの戦いくさは叢林そうりんの戦に劣らず壮烈であり悲壮である。後者には森林の魂が籠こもっており、前者には都市の魂が籠っている。一方にはジャン・シューアンがおり、一方にはジャンヌがいる(訳者注 前者は大革命の初期に蜂起せる王党農民の首領、後者は後に出てくる暴動の一首領)。従来の暴動は、パリー市固有のきわめて顕著なあらゆる特質、すなわち、豪侠ごうきょう、献身、騒暴なる快活、勇気は知力の一部たることを示す学生、不撓ふとう不屈なる国民兵、商人の露営、浮浪少年の要塞ようさい、通行人らの死を恐れざる心、などをまっかにしかも燦然さんぜんと照らし出した。学校と連隊とが戦った。そして要するに、戦士らの間にはただ年齢の差があるのみだった。皆同じ人種であった。主義のために二十歳にして死ぬ者も、家族のため四十歳にして死ぬ者も、皆同じ堅忍な人であった。内乱において常に悲しい運命にある軍隊は、慎重な態度をもって豪胆な態度に対抗した。暴動は民衆の勇敢さを示すとともに、中流民に勇気を教え込んだ。
「それはよろしい。しかしすべてそれらのことは流血に値するものであろうか? しかも流血に加うるに、未来を暗くし、進歩を妨げ、りっぱな人々には不安を与え、正直なる自由主義の人々には絶望せしめ、他国の専制政治には革命が自ら手傷を被ったことを喜ばせ、一八三〇年に敗れたる者らにかえって勝利を得さして、われわれが言ったとおりではないか! と叫ばしたのである。パリーはおそらく生長したであろうが、しかし一方フランスは確かに萎靡いびしたのである。なおすべてを言う必要があるから付け加えるが、その間になされた殺戮さつりくは、たけり立った秩序が血迷った自由に対して得た勝利を、多くは汚すものである。要するに、暴動は痛嘆すべきものであった。」
いわゆる民衆たる中流民が喜ぶところのいわゆる英知は、実に右のごとく説くのである。
吾人をして言わすれば、暴動というあまりに意味の広い、従ってあまりに便利なその言葉を排斥したい。民衆の甲の運動と乙の運動との間に区別を設けたい。一つの暴動は一つの海戦に等しい損害をきたすか否かを問いたくない。第一何ゆえに戦争などを持ち出すのか。ここに戦役の問題が起こってくる。暴動が国難であるとすれば戦役は人類に下された天罰ではないか。それにまたあらゆる暴動は皆国難であるか。七月十四日(一七八九年)一日に一億二千万フランの損害があろうともそれが何であるか。スペインにおけるフィリップ五世の擁立は二十億フランの損害をフランスにかけた。もしこれと同じ損害があろうとも吾人は七月十四日を取りたい。また元来吾人はそれらの計算を排斥したい。それは一見理由らしく見えるけれど実はただ口実にすぎない。ここに一つの暴動が存する時、吾人は暴動そのものを研究したいのである。上に述べた正理論ドクトリナリスム的な非難のうちには、ただ結果のみしか問題となっていない。しかし吾人は原因を探求したいのである。
この点を次に明らかにしてみよう。

 

 

Chapitre II Le fond de la question

 

Il y a l'émeute, et il y a l'insurrection; ce sont deux colères; l'une a tort, l'autre a droit. Dans les états démocratiques, les seuls fondés en justice, il arrive quelquefois que la fraction usurpe; alors le tout se lève, et la nécessaire revendication de son droit peut aller jusqu'à la prise d'armes. Dans toutes les questions qui ressortissent à la souveraineté collective, la guerre du tout contre la fraction est insurrection, l'attaque de la fraction contre le tout est émeute; selon que les Tuileries contiennent le roi ou contiennent la Convention, elles sont justement ou injustement attaquées. Le même canon braqué contre la foule a tort le 10 août et raison le 14 vendémiaire. Apparence semblable, fond différent; les Suisses défendent le faux, Bonaparte défend le vrai. Ce que le suffrage universel a fait dans sa liberté et dans sa souveraineté, ne peut être défait par la rue. De même dans les choses de pure civilisation; l'instinct des masses, hier clairvoyant, peut demain être trouble. La même furie est légitime contre Terray et absurde contre Turgot. Les bris de machines, les pillages d'entrepôts, les ruptures de rails, les démolitions de docks, les fausses routes des multitudes, les dénis de justice du peuple au progrès, Ramus assassiné par les écoliers, Rousseau chassé de Suisse à coups de pierre, c'est l'émeute. Israël contre Moïse, Athènes contre Phocion, Rome contre Scipion, c'est l'émeute; Paris contre la Bastille, c'est l'insurrection. Les soldats contre Alexandre, les matelots contre Christophe Colomb, c'est la même révolte; révolte impie; pourquoi? C'est qu'Alexandre fait pour l'Asie avec l'épée ce que Christophe Colomb fait pour l'Amérique avec la boussole; Alexandre, comme Colomb, trouve un monde. Ces dons d'un monde à la civilisation sont de tels accroissements de lumière que toute résistance, là, est coupable. Quelquefois le peuple se fausse fidélité à lui-même. La foule est traître au peuple. Est-il, par exemple, rien de plus étrange que cette longue et sanglante protestation des faux saulniers, légitime révolte chronique, qui, au moment décisif, au jour du salut, à l'heure de la victoire populaire, épouse le trône, tourne chouannerie, et d'insurrection contre se fait émeute pour! Sombres chefs-d'œuvre de l'ignorance! Le faux saulnier échappe aux potences royales, et, un reste de corde au cou, arbore la cocarde blanche. Mort aux gabelles accouche de Vive le roi. Tueurs de la Saint-Barthélemy, égorgeurs de Septembre, massacreurs d'Avignon, assassins de Coligny, assassins de madame de Lamballe, assassins de Brune, miquelets, verdets, cadenettes, compagnons de Jéhu, chevaliers du brassard, voilà l'émeute. La Vendée est une grande émeute catholique. Le bruit du droit en mouvement se reconnaît, il ne sort pas toujours du tremblement des masses bouleversées; il y a des rages folles, il y a des cloches fêlées; tous les tocsins ne sonnent pas le son du bronze. Le branle des passions et des ignorances est autre que la secousse du progrès. Levez-vous, soit, mais pour grandir. Montrez-moi de quel côté vous allez. Il n'y a d'insurrection qu'en avant. Toute autre levée est mauvaise. Tout pas violent en arrière est émeute; reculer est une voie de fait contre le genre humain. L'insurrection est l'accès de fureur de la vérité; les pavés que l'insurrection remue jettent l'étincelle du droit. Ces pavés ne laissent à l'émeute que leur boue. Danton contre Louis XVI, c'est l'insurrection; Hébert contre Danton, c'est l'émeute.

De là vient que, si l'insurrection, dans des cas donnés, peut être, comme a dit Lafayette, le plus saint des devoirs, l'émeute peut être le plus fatal des attentats.

Il y a aussi quelque différence dans l'intensité de calorique; l'insurrection est souvent volcan, l'émeute est souvent feu de paille.

La révolte, nous l'avons dit, est quelquefois dans le pouvoir. Polignac est un émeutier; Camille Desmoulins est un gouvernant.

Parfois, insurrection, c'est résurrection.

La solution de tout par le suffrage universel étant un fait absolument moderne, et toute l'histoire antérieure à ce fait étant, depuis quatre mille ans, remplie du droit violé et de la souffrance des peuples, chaque époque de l'histoire apporte avec elle la protestation qui lui est possible. Sous les Césars, il n'y avait pas d'insurrection, mais il y avait Juvénal.

Le facit indignatio remplace les Gracques.

Sous les Césars il y a l'exilé de Syène; il y a aussi l'homme des Annales.

Nous ne parlons pas de l'immense exilé de Pathmos qui, lui aussi, accable le monde réel d'une protestation au nom du monde idéal, fait de la vision une satire énorme, et jette sur Rome-Ninive, sur Rome-Babylone, sur Rome-Sodome, la flamboyante réverbération de l'Apocalypse.

Jean sur son rocher, c'est le sphinx sur son piédestal; on peut ne pas le comprendre; c'est un juif, et c'est de l'hébreu; mais l'homme qui écrit les Annales est un latin; disons mieux, c'est un romain.

Comme les Nérons règnent à la manière noire, ils doivent être peints de même. Le travail au burin tout seul serait pâle; il faut verser dans l'entaille une prose concentrée qui morde.

Les despotes sont pour quelque chose dans les penseurs. Parole enchaînée, c'est parole terrible. L'écrivain double et triple son style quand le silence est imposé par un maître au peuple. Il sort de ce silence une certaine plénitude mystérieuse qui filtre et se fige en airain dans la pensée. La compression dans l'histoire produit la concision dans l'historien. La solidité granitique de telle prose célèbre n'est autre chose qu'un tassement fait par le tyran.

La tyrannie contraint l'écrivain à des rétrécissements de diamètre qui sont des accroissements de force. La période cicéronienne, à peine suffisante sur Verrès, s'émousserait sur Caligula. Moins d'envergure dans la phrase, plus d'intensité dans le coup. Tacite pense à bras raccourci.

L'honnêteté d'un grand cœur, condensée en justice et en vérité, foudroie.

Soit dit en passant, il est à remarquer que Tacite n'est pas historiquement superposé à César. Les Tibères lui sont réservés. César et Tacite sont deux phénomènes successifs dont la rencontre semble mystérieusement évitée par celui qui, dans la mise en scène des siècles, règle les entrées et les sorties. César est grand, Tacite est grand; Dieu épargne ces deux grandeurs en ne les heurtant pas l'une contre l'autre. Le justicier, frappant César, pourrait frapper trop, et être injuste. Dieu ne veut pas. Les grandes guerres d'Afrique et d'Espagne, les pirates de Cilicie détruits, la civilisation introduite en Gaule, en Bretagne, en Germanie, toute cette gloire couvre le Rubicon. Il y a là une sorte de délicatesse de la justice divine, hésitant à lâcher sur l'usurpateur illustre l'historien formidable, faisant à César grâce de Tacite, et accordant les circonstances atténuantes au génie.

Certes, le despotisme reste le despotisme, même sous le despote de génie. Il y a corruption sous les tyrans illustres, mais la peste morale est plus hideuse encore sous les tyrans infâmes. Dans Ces règnes-là rien ne voile la honte; et les faiseurs d'exemples, Tacite comme Juvénal, soufflettent plus utilement, en présence du genre humain, cette ignominie sans réplique.

Rome sent plus mauvais sous Vitellius que sous Sylla. Sous Claude et sous Domitien, il y a une difformité de bassesse correspondante à la laideur du tyran. La vilenie des esclaves est un produit direct du despote; un miasme s'exhale de ces consciences croupies où se reflète le maître; les pouvoirs publics sont immondes; les cœurs sont petits, les consciences sont plates, les âmes sont punaises; cela est ainsi sous Caracalla, cela est ainsi sous Commode, cela est ainsi sous Héliogabale, tandis qu'il ne sort du sénat romain sous César que l'odeur de fiente propre aux aires d'aigle.

De là la venue, en apparence tardive, des Tacite et des Juvénal; c'est à l'heure de l'évidence que le démonstrateur paraît.

Mais Juvénal et Tacite, de même qu'Isaïe aux temps bibliques, de même que Dante au moyen âge, c'est l'homme; l'émeute et l'insurrection, c'est la multitude, qui tantôt a tort, tantôt a raison.

Dans les cas les plus généraux, l'émeute sort d'un fait matériel; l'insurrection est toujours un phénomène moral. L'émeute, c'est Masaniello; l'insurrection, c'est Spartacus. L'insurrection confine à l'esprit, l'émeute à l'estomac. Gaster s'irrite; mais Gaster, certes, n'a pas toujours tort. Dans les questions de famine, l'émeute, Buzançais, par exemple, a un point de départ vrai, pathétique et juste. Pourtant elle reste émeute. Pourquoi? c'est qu'ayant raison au fond, elle a eu tort dans la forme. Farouche, quoique ayant droit, violente, quoique forte, elle a frappé au hasard; elle a marché comme l'éléphant aveugle, en écrasant; elle a laissé derrière elle des cadavres de vieillards, de femmes et d'enfants; elle a versé, sans savoir pourquoi, le sang des inoffensifs et des innocents. Nourrir le peuple est un bon but, le massacrer est un mauvais moyen.

Toutes les protestations armées, même les plus légitimes, même le 10 août, même le 14 juillet, débutent par le même trouble. Avant que le droit se dégage, il y a tumulte et écume. Au commencement l'insurrection est émeute, de même que le fleuve est torrent. Ordinairement elle aboutit à cet océan: révolution. Quelquefois pourtant, venue de ces hautes montagnes qui dominent l'horizon moral, la justice, la sagesse, la raison, le droit, faite de la plus pure neige de l'idéal, après une longue chute de roche en roche, après avoir reflété le ciel dans sa transparence et s'être grossie de cent affluents dans la majestueuse allure du triomphe, l'insurrection se perd tout à coup dans quelque fondrière bourgeoise, comme le Rhin dans un marais.

Tout ceci est du passé, l'avenir est autre. Le suffrage universel a cela d'admirable qu'il dissout l'émeute dans son principe, et qu'en donnant le vote à l'insurrection, il lui ôte l'arme. L'évanouissement des guerres, de la guerre des rues comme de la guerre des frontières, tel est l'inévitable progrès. Quel que soit aujourd'hui, la paix, c'est Demain.

Du reste, insurrection, émeute, en quoi la première diffère de la seconde, le bourgeois, proprement dit, connaît peu ces nuances. Pour lui tout est sédition, rébellion pure et simple, révolte du dogue contre le maître, essai de morsure qu'il faut punir de la chaîne et de la niche, aboiement, jappement; jusqu'au jour où la tête du chien, grossie tout à coup, s'ébauche vaguement dans l'ombre en face de lion.

Alors le bourgeois crie: Vive le peuple!

Cette explication donnée, qu'est-ce pour l'histoire que le mouvement de juin 1832? est-ce une émeute? est-ce une insurrection?

C'est une insurrection.

Il pourra nous arriver, dans cette mise en scène d'un événement redoutable, de dire parfois l'émeute, mais seulement pour qualifier les faits de surface, et en maintenant toujours la distinction entre la forme émeute et le fond insurrection.

Ce mouvement de 1832 a eu, dans son explosion rapide et dans son extinction lugubre, tant de grandeur que ceux-là mêmes qui n'y voient qu'une émeute n'en parlent pas sans respect. Pour eux, c'est comme un reste de 1830. Les imaginations émues, disent-ils, ne se calment pas en un jour. Une révolution ne se coupe pas à pic. Elle a toujours nécessairement quelques ondulations avant de revenir à l'état de paix comme une montagne en redescendant vers la plaine. Il n'y a point d'Alpes sans Jura, ni de Pyrénées sans Asturies.

Cette crise pathétique de l'histoire contemporaine que la mémoire des Parisiens appelle l'époque des émeutes, est à coup sûr une heure caractéristique parmi les heures orageuses de ce siècle.

Un dernier mot avant d'entrer dans le récit.

Les faits qui vont être racontés appartiennent à cette réalité dramatique et vivante que l'histoire néglige quelquefois, faute de temps et d'espace. Là pourtant, nous y insistons, là est la vie, la palpitation, le frémissement humain. Les petits détails, nous croyons l'avoir dit, sont, pour ainsi parler, le feuillage des grands événements et se perdent dans les lointains de l'histoire. L'époque dite des émeutes abonde en détails de ce genre. Les instructions judiciaires, par d'autres raisons que l'histoire, n'ont pas tout révélé, ni peut-être tout approfondi. Nous allons donc mettre en lumière, parmi les particularités connues et publiées, des choses qu'on n'a point sues, des faits sur lesquels a passé l'oubli des uns, la mort des autres. La plupart des acteurs de ces scènes gigantesques ont disparu; dès le lendemain ils se taisaient; mais ce que nous raconterons, nous pouvons dire: nous l'avons vu. Nous changerons quelques noms, car l'histoire raconte et ne dénonce pas, mais nous peindrons des choses vraies. Dans les conditions du livre que nous écrivons, nous ne montrerons qu'un côté et qu'un épisode, et à coup sûr le moins connu, des journées des 5 et 6 juin 1832; mais nous ferons en sorte que le lecteur entrevoie, sous le sombre voile que nous allons soulever, la figure réelle de cette effrayante aventure publique.

世には暴動があり、また反乱がある。それは二つの憤怒であって、一つは不正であり、一つは正しい。正義を基礎とする唯一のものたる民主国においても、時として一部が権力を壟断ろうだんすることがある。その時全部が崛起くっきし、権利回復の必要上武器を取るに至る。集団の大権に属するあらゆる問題において、一部に対する全部の宣戦は反乱であり、全部に対する一部の攻撃は暴動である。テュイルリー宮殿が王を入れているかあるいは国約議会を入れているかに従って、その宮殿を攻撃することがあるいは正となりあるいは不正となる。群集に向けられる砲門も、八月十日(一七九二年)には不正となり、共和檣月しょうげつ十四日(一七九五年十月五日)には正当となる。外観は同じでも根底は異なる。傭兵らは誤れるものを防護し、ボナパルトは正当なるものを防護した。普通選挙がその自由と主権とをもってなしたところのものは、街頭の群集によってくつがえされることはない。まったく文化に関する事柄においても同様である。群集の本能は、昨日は清澄であっても明日は混濁することがある。同じ憤激も、テレーに対しては合理でありテュルゴーに対しては不合理である(訳者注 前者はルイ十五世の大蔵卿にして不正政略を行ないし人、後者はルイ十六世の大蔵大臣にして大改革を施さんとせし人)。機械を破砕し、倉庫を略奪し、レールを切断し、船渠せんきょを破壊し、群集が誤れる道をたどり、民衆が進歩の裁きを拒み、学生らがラミューを殺害し、ルーソーが石を投ぜられてスウィスより追われる、などは皆暴動である。イスラエルがモーゼに反抗し、アテネがフォキオンに反抗し、ローマがスキピオに反抗する、などは皆暴動である。パリーがバスティーユの牢獄ろうごくに反抗する、これこそは反乱である。兵士らがアレクサンデルに反抗し、水夫らがクリストフ・コロンブスに反抗する、などは皆暴動であり、不真実なる謀叛むほんである。なぜかなれば、コロンブスが羅針盤らしんばんをもってアメリカに対してなすところを、アレクサンデルは剣をもってアジアに対してなすからである。コロンブスのごとく、アレクサンデルは新世界を発見する。かく新世界を文化にもたらすことは、光明を増加する所以ゆえんであって、それに対するあらゆる抵抗は皆罪あるものとなる。時として民衆は誤って自己に不実となることがある。烏合うごうの衆は民衆に対する裏切り者である。たとえばあの塩密売者らの長い間にわたる血に塗られた抗議、慢性的に起こった正当な反抗は、いよいよ最後の瞬間に、救済の日に、人民の勝利の時に当たって、王位に味方し、シューアヌリー(訳者注 大革命の初期に蜂起せる王党農民の暴動)と変じ、敵せんがための反乱をして味方せんがための暴動たらしめたのであるが、これ以上奇妙な事があろうか。無知の暗い傑作ではないか。この塩密売者らは、王室の絞首台をのがれ、しかも首に絞首繩こうしゅじょうの一片を残したまま、白の帽章(訳者注 白は王党のしるしである)をつける。「塩税を廃せよ」の叫びから、「国王万歳」の叫びを産み出すのである。またサン・バルテルミーにおける虐殺・九月(一七九二年)の斬殺ざんさつ、アヴィニョンにおける殺戮さつりく、コリニーの殺害、ランバル夫人の殺害、ブリュヌの殺害(訳者注 後の三人は皆それぞれ前の三つの虐殺のおりの犠牲者である)ミクレー山賊の難、青リボン党の難、弁髪党の難、ゼユの仲間の難、腕章騎士の難などは皆暴動である。ヴァンデの乱はカトリック派の大暴動である。
権利が行動してる音は、おのずからそれと見分けられるものであり、混乱せる群集の震えより常に出いずるものではない。世には狂愚なる憤怒があり、破鐘がある。あらゆる警鐘は皆青銅の音を出すものではない。熱情と無知との動揺は進歩の振動とは異なる。蜂起ほうきするもよし、しかし生長せんがためのものであれ。いずれの方向へ行かんとするかを自ら指示せよ。反乱は皆前方へ向かって進むものに限る。その他の蜂起ほうきは悪である。暴力的なあらゆる後退は皆暴動である。後退は人類に対する暴行である。反乱は真理の発作的激怒である。反乱が動かす舗石しきいしは権利のひらめきをほとばしらす。しかしそれらの舗石は暴動に向かっては泥どろをしか与えない。ダントンがルイ十六世に反抗するのは反乱であり、エベールがダントンに反抗するのは暴動である。
それゆえに、ラファイエットの言ったごとく、反乱は至当の場合には最も神聖なる義務となり得るが、暴動は最も痛むべき不法行為となり得る。
また両者の間には、熱の強度の差も存する。反乱は多く噴火山であり、暴動は多く藁火わらびである。
前に言ったごとく、謀叛むほんは時として政府の権力のうちにある。ポリニャックはひとりの暴動家であり、カミーユ・デムーランはひとりの統御者である。
時として反乱は復活である。
普通選挙による万事の解決はまったく近代の事実であり、この事実より以前の全歴史は、四千年の昔より、権利の侵害と民衆の苦しみとに満たされているがゆえに、歴史の各時代には皆当然出るべき抗議がある。ローマ諸皇帝の下には、反乱は存しなかったがしかしユヴェナリスがいた。
憤怒は作る(訳者注 憤怒は詩を作る――ユヴェナリスの言葉)がグラックス兄弟のあとを継ぐ。
諸皇帝の下には、シエナの亡命者(ユヴェナリス)がおり、またローマ年代記の作者(タキツス)がいる。
パトモス島の広大なる亡命者(ヨハネ)のことはここに言うまでもない。彼もまた、現実の世界に向かって理想の世界の名による抗議を浴びせかけ、幻覚をもって巨大なる風刺となし、一種のローマたるニニヴェやバビロンやソドムなどの上に、黙示録の燃え立つ光を投げかけている。
厳いわおの上のヨハネは、断崖だんがいの上のスフィンクスである。われわれはその言葉を解くことを得ない。それはユダヤの人であり、ヘブライの言葉である。しかしローマ年代記を書いた者は、ひとりのラテン人であり、なお詳しく言えばひとりのローマ人である。
ネロのごとき皇帝らが暗黒なる政治を行なう時、彼らはあるがままに描写せられなければならない。筋を刻むだけでは影薄いであろう。その刀痕とうこんのうちには痛烈なる散文の精髄を交じえなければならない。
専制君主らも思想家にとっては何かの役に立つ。鎖につながれたる言葉こそは恐るべき言葉である。君主が民衆に沈黙をしいる時、筆を執る者はその文体を二重にも三重にも変える。かかる沈黙からはある神秘な充実さが生まれてき、やがては思想のうちによどみ凝集して青銅の鐘となる。歴史の圧縮は歴史家の文章に簡潔さを与える。ある有名なる散文の花崗岩的堅牢かこうがんてきけんろうさは、暴君によってなされたる圧搾にほかならない。
暴政は筆を執る者にその執筆の範囲を縮めさせる。しかしそれはかえって力を増させるものである。キケロ的な章句は、ようやくヴェルレスに関してのみ十分であって、カリグラに関しては刃が鈍いであろう。執筆の範囲が狭くなるほど、打撃の強さは大となる。タキツスは腕を縮めて思索する。
偉大なる心の正直さは、正義と真理とに凝り固まる時、物を撃破する。
ついでに一言するが、タキツスが年代的にシーザーの上に重ねられていないことは注意すべきである。彼にはチベリウスらが与えられている。シーザーとタキツスとは相次いで起こる二つの現象であって、各時代の舞台へ出入りする人物を規定する神は、両者の会合をひそかに避けてるがようである。シーザーは偉大であり、タキツスは偉大である。神はこの二つの偉大を惜しんで、互いに衝突させない。この批判者(タキツス)もシーザーを攻撃する時にはあまりに過ぎたる攻撃となり不正となるかも知れない。神はそれを欲しない。アフリカおよびスペインの大戦役、シシリアの海賊の討滅、ゴールやブルターニュやゲルマニーなどへの文化の輸入、それらの光栄はルビコンの男(シーザー)をおおうている。赫々かっかくたる簒奪者さんだつしゃの上に恐るべき歴史家を解き放すことを躊躇ちゅうちょし、シーザーをしてタキツスを免れしめ、天才に酌量すべき情状を与える、そこに天の審判の微妙な思いやりが存するのである。
天才的な専制君主の下もとにあっても、確かに専制はやはり専制である。傑出したる圧制者の下にも腐敗はある。しかし道徳上の悪疫は破廉恥なる圧制者の下において更に嫌悪けんおすべきものとなる。かかる治世には汚辱をおおい隠すものは何もない。そしてタキツスやユヴェナリスのごとく範例をたれんとする者らが人類の面前において、答弁の余地のないその破廉恥を攻撃するのは、いっそう有益となる。
ローマはシルラの下もとよりヴィテリウスの下においていっそう悪い匂においを放つ。更にクラディウスやドミチアヌスの下においては、暴君の醜悪に相当する奇形な下等さがある。奴隷の卑劣さは専制君主から直接に生まれ出たものである。主人の姿を反映するそれらの腐敗した良心からは一種の毒気が立ち上り、公衆の権威は汚れ、人の心は小さく、良心は凡庸ぼんようで、魂は臭い。カラカラの下においてもそうであり、コンモヅスの下においてもそうであり、ヘリオガバルスの下においてもそうである。しかるにシーザーの下にあるローマの元老院においては、発する糞尿ふんにょうの匂いも鷲わしの巣のそれである。
かくてタキツスやユヴェナリスのごとき者らが現われる。それは一見遅きに失するようであるが、およそ摘発者が出現するのは、まさしくそれと明らかになった時においてである。
しかしながらユヴェナリスやタキツスは、旧約時代のイザヤと同じく、中世のダンテと同じく、共に人間である。されど暴動や反乱は群集であって、あるいは不正となり、あるいは正当となる。
最も普通の場合には暴動は物質的な事実より発する。しかるに反乱は常に精神的な現象である。マサニエロのごときは暴動であり、スパルタクスのごときは反乱である(訳者注 前者は十七世紀ナポリ乱徒の首領、後者は前一世紀反抗奴隷の首領)。反乱は精神に訴え、暴動は胃袋に訴える。ガステル(訳者注 胃袋を意味する人物)は奮激する。しかしガステルとても常に不正なるものではない。飢餓の問題においては暴動も、たとえばブュザンセーのそれのごとく、真実と悲壮と正義とから出発する。けれどもそれはやはり暴動である。なぜであるか? 根底には理由を持ちながら形式のうちに不正を有したからである。権利を持っているが残忍であり、力強くはあるが暴戻であって、何らの見境もなく打ち回った。他を踏みつぶしながら盲目の象のように進んでいった。後ろには老人や婦人や子供の死骸しがいを残した。自ら何のゆえかを知らないで、無害なる者や無辜むこなる者の血を流したのである。民衆に食を与えんとするは善よき目的である、虐殺は悪あしき方法である。
すべて武器を取ってなす抗議は、最も正当なものでさえも八月十日(一七九二年)でさえも、七月十四(一七八九年)でさえも、皆初めは同じ混乱に陥る。権利が解放さるる前に、騒擾そうじょうと泡沫ほうまつとがある。大河の初めは急湍きゅうたんであるごとく、反乱の初めは暴動である。そして普通は革命の大洋に到達するものである。けれども時としては、精神的地平の上にそびゆる高山、すなわち正義と英知と道理と権利などから発し、理想の最も純なる雪で作られ、岩より岩へと長い間の転落を経て、その清澄のうちに青空を反映し、堂々たる勝利の歩を運びつつ、無数の支流を集めて大きくなった後、あたかもライン川が沼沢のうちに入り込むごとく、反乱もある中流民的泥濘でいねいのうちに突然姿を没することがある。
しかし、すべてそれらは過去のことである。未来はそれと異なる。普通選挙は驚嘆すべき特質を有していて、暴動をその原則に引き戻し、また反乱せんとする者に投票権を与えながらその武器を奪う。市街戦と国境戦とを問わずすべて戦役の消滅、それこそ必然の進歩である。今日はどうであろうとも、平和は「明日のもの」である。
なおまた、反乱と暴動と、両者を区別する前述のごとき色合いろあいを、いわゆる中流民は知るところはなはだ少ない。中流民にとっては、すべて皆、謀叛むほんであり、単純なる反逆であり、主人に対する番犬の反抗であり、鎖と檻おりとをもって罰すべき咬かみつかんとの試みであり、吠ほえ声であり、叫び声である。ただしそれも、犬の頭がにわかに大きくなり、獅子ししの面貌めんぼうとなって影のうちにおぼろに浮き出してくる、その日までのことである。
その日になって中流民は叫ぶ、「民衆万歳!」
以上の説明を施した後、さて歴史にとって、一八三二年六月の騒動は何であるか? 一つの暴動であるか、または一つの反乱であるか?
それは一つの反乱である。
しかしこの恐るべき事変の叙述に当たって、時として吾人は暴動だと言うこともあるであろう、ただしそれも、事実を表面的に形容するために過ぎないので、暴動的形式と反乱的根蔕こんたいとの間に常に区別を設けてのことである。
一八三二年のこの騒動は、その急激な爆発とその悲しい終滅とのうちに、多くの壮大さを持つがゆえに、そこに暴動をしか認めない者らでさえも、それを語るには尊敬の念を禁じ得ないであろう。彼らにとっては、それは一八三〇年(七月革命)のなごりのようなものである。彼らは言う。想念の動揺は一日にして静まるものではない。一つの革命は一挙にして断ち切らるるものではない。平和の状態に戻る前には必然に多少の波瀾はらんが常にあるもので、あたかも山岳から平野におりてゆくようなものである。アルプスの山脈には常にジュラの小脈がついており、ピレネー山脈には常にアステュリーの小脈がついている。
パリー人の脳裏で暴動の時期と称するところの、現代史中のこの壮烈なる危機は、十九世紀の幾多の騒擾そうじょうの時期のうちにおいても、たしかに独特の性質を有する一時期である。
物語にはいる前になお一言つけ加えたい。
次に語ろうとする事柄は、劇的な生きたる現実に属するものであるが、時間と場所とが不足なので往々歴史家から等閑に付せられている。けれどもそこには、吾人は主張したい、そこには、人間の生命のあえぎと戦慄せんりつとがある。前に一度述べたと思うが、小さな個々の事柄は、言わば大なる事変の枝葉のごときものであって、歴史の遠方に見えなくなっている。いわゆる暴動の時期には、この種の些事さじが無数にある。裁判上の調査も、歴史とはまた異なった理由から、すべてを発表しておらず、またおそらくすべてを深く穿鑿せんさくしてもいない。ゆえに吾人は、世に知られ公にされてる特殊な事のうちから、特に人のかつて知らなかった事柄を、また知っていた者もあるいは忘れあるいは死んで、そのために隠れてる事実を、明るみに持ち出すつもりである。この壮大な舞台に実際立った人々の多くは、既に姿を消している。その翌日より早くも彼らはいっさい口をつぐんでいる。しかし吾人がこれから語ろうとすることは、自ら目撃したことであるとも言い得るものである。吾人はある人物の名前を変えるであろう、なぜなら歴史は物語るものであって摘発するものではないから。しかし吾人は真実の事柄を描くであろう。また本書の性質よりして、吾人が示すところのものはただ、一八三二年六月五日および六日の両日の、確かに世に知らるること最も少ない一方面のみであり一※(「插」でつくりの縦棒が下に突き抜けている、第4水準2-13-28)話そうわのみであろう。しかしその上げられたる暗いヴェールの下に、この恐るべき民衆の暴挙の真相が瞥見べっけんされるように、したいものである。

 

 

Chapitre III Un enterrement: occasion de renaître

Au printemps de 1832, quoique depuis trois mois le choléra eût glacé les esprits et jeté sur leur agitation je ne sais quel morne apaisement, Paris était dès longtemps prêt pour une commotion. Ainsi que nous l'avons dit, la grande ville ressemble à une pièce de canon; quand elle est chargée, il suffit d'une étincelle qui tombe, le coup part. En juin 1832, l'étincelle fut la mort du général Lamarque.

Lamarque était un homme de renommée et d'action. Il avait eu successivement, sous l'Empire et sous la Restauration, les deux bravoures nécessaires aux deux époques, la bravoure des champs de bataille et la bravoure de la tribune. Il était éloquent comme il avait été vaillant; on sentait une épée dans sa parole. Comme Foy, son devancier, après avoir tenu haut le commandement, il tenait haut la liberté. Il siégeait entre la gauche et l'extrême gauche, aimé du peuple parce qu'il acceptait les chances de l'avenir, aimé de la foule parce qu'il avait bien servi l'Empereur. Il était, avec les comtes Gérard et Drouet, un des maréchaux in petto de Napoléon. Les traités de 1815 le soulevaient comme une offense personnelle. Il baissait Wellington d'une haine directe qui plaisait à la multitude; et depuis dix-sept ans, à peine attentif aux événements intermédiaires, il avait majestueusement gardé la tristesse de Waterloo. Dans son agonie, à sa dernière heure, il avait serré contre sa poitrine une épée que lui avaient décernée les officiers des Cent-Jours. Napoléon était mort en prononçant le mot armée, Lamarque en prononçant le mot patrie.

Sa mort, prévue, était redoutée du peuple comme une perte et du gouvernement comme une occasion. Cette mort fut un deuil. Comme tout ce qui est amer, le deuil peut se tourner en révolte. C'est ce qui arriva.

La veille et le matin du 5 juin, jour fixé pour l'enterrement de Lamarque, le faubourg Saint-Antoine, que le convoi devait venir toucher, prit un aspect redoutable. Ce tumultueux réseau de rues s'emplit de rumeurs. On s'y armait comme on pouvait. Des menuisiers emportaient le valet de leur établi «pour enfoncer les portes». Un d'eux s'était fait un poignard d'un crochet de chaussonnier en cassant le crochet et en aiguisant le tronçon. Un autre, dans la fièvre «d'attaquer», couchait depuis trois jours tout habillé. Un charpentier nommé Lombier rencontrait un camarade qui lui demandait: Où vas-tu?—Eh bien! je n'ai pas d'armes.—Et puis? Je vais à mon chantier chercher mon compas.—Pour quoi faire?—Je ne sais pas, disait Lombier. Un nommé Jacqueline, homme d'expédition, abordait les ouvriers quelconques qui passaient:—Viens, toi!—Il payait dix sous de vin, et disait:—As-tu de l'ouvrage?—Non.—Va chez Filspierre, entre la barrière Montreuil et la barrière Charonne, tu trouveras de l'ouvrage. On trouvait chez Filspierre des cartouches et des armes. Certains chefs connus faisaient la poste, c'est-à-dire couraient chez l'un et chez l'autre pour rassembler leur monde. Chez Barthélemy, près la barrière du Trône, chez Capel, au Petit-Chapeau, les buveurs s'accostaient d'un air grave. On les entendait se dire:—Où as-tu ton pistolet?—Sous ma blouse. Et toi?—Sous ma chemise, Rue Traversière, devant l'atelier Roland, et cour de la Maison-Brûlée devant l'atelier de l'outilleur Bernier, des groupes chuchotaient. On y remarquait, comme le plus ardent, un certain Mavot, qui ne faisait jamais plus d'une semaine dans un atelier, les maîtres le renvoyant «parce qu'il fallait tous les jours se disputer avec lui». Mavot fut tué le lendemain dans la barricade de la rue Ménilmontant. Pretot, qui devait mourir aussi dans la lutte, secondait Mavot, et à cette question: Quel est ton but? répondait:—L'insurrection. Des ouvriers rassemblés au coin de la rue de Bercy attendaient un nommé Lemarin, agent révolutionnaire pour le faubourg Saint-Marceau. Des mots d'ordre s'échangeaient presque publiquement.

Le 5 juin donc, par une journée mêlée de pluie et de soleil, le convoi du général Lamarque traversa Paris avec la pompe militaire officielle, un peu accrue par les précautions. Deux bataillons, tambours drapés, fusils renversés, dix mille gardes nationaux, le sabre au côté, les batteries de l'artillerie de la garde nationale, escortaient le cercueil. Le corbillard était traîné par des jeunes gens. Les officiers des Invalides le suivaient immédiatement, portant des branches de laurier. Puis venait une multitude innombrable, agitée, étrange, les sectionnaires des Amis du Peuple, l'École de droit, l'École de médecine, les réfugiés de toutes les nations, drapeaux espagnols, italiens, allemands, polonais, drapeaux tricolores horizontaux, toutes les bannières possibles, des enfants agitant des branches vertes, des tailleurs de pierre et des charpentiers qui faisaient grève en ce moment-là même, des imprimeurs reconnaissables à leurs bonnets de papier, marchant deux par deux, trois par trois, poussant des cris, agitant presque tous des bâtons, quelques-uns des sabres, sans ordre et pourtant avec une seule âme, tantôt une cohue, tantôt une colonne. Des pelotons se choisissaient des chefs; un homme, armé d'une paire de pistolets parfaitement visible, semblait en passer d'autres en revue dont les files s'écartaient devant lui. Sur les contre-allées des boulevards, dans les branches des arbres, aux balcons, aux fenêtres, sur les toits, les têtes fourmillaient, hommes, femmes, enfants; les yeux étaient pleins d'anxiété. Une foule armée passait, une foule effarée regardait.

De son côté le gouvernement observait. Il observait, la main sur la poignée de l'épée. On pouvait voir, tout prêts à marcher, gibernes pleines, fusils et mousquetons chargés, place Louis XV, quatre escadrons de carabiniers, en selle et clairons en tête, dans le pays latin et au Jardin des plantes, la garde municipale, échelonnée de rue en rue, à la Halle-aux-vins un escadron de dragons, à la Grève une moitié du 12ème léger, l'autre moitié à la Bastille, le 6ème dragons aux Célestins, de l'artillerie plein la cour du Louvre. Le reste des troupes était consigné dans les casernes, sans compter les régiments des environs de Paris. Le pouvoir inquiet tenait suspendus sur la multitude menaçante vingt-quatre mille soldats dans la ville et trente mille dans la banlieue.

Divers bruits circulaient dans le cortège. On parlait de menées légitimistes; on parlait du duc de Reichstadt, que Dieu marquait pour la mort à cette minute même où la foule le désignait pour l'empire. Un personnage resté inconnu annonçait qu'à l'heure dite deux contremaîtres gagnés ouvriraient au peuple les portes d'une fabrique d'armes. Ce qui dominait sur les fronts découverts de la plupart des assistants, c'était un enthousiasme mêlé d'accablement. On voyait aussi çà et là, dans cette multitude en proie à tant d'émotions violentes, mais nobles, de vrais visages de malfaiteurs et des bouches ignobles qui disaient: pillons! Il y a de certaines agitations qui remuent le fond des marais et qui font monter dans l'eau des nuages de boue. Phénomène auquel ne sont point étrangères les polices «bien faites».

Le cortège chemina, avec une lenteur fébrile, de la maison mortuaire par les boulevards jusqu'à la Bastille. Il pleuvait de temps en temps; la pluie ne faisait rien à cette foule. Plusieurs incidents, le cercueil promené autour de la colonne Vendôme, des pierres jetées au duc de Fitz-James aperçu à un balcon le chapeau sur la tête, le coq gaulois arraché d'un drapeau populaire et traîné dans la boue, un sergent de ville blessé d'un coup d'épée à la Porte Saint-Martin, un officier du 12ème léger disant tout haut: Je suis républicain, l'École polytechnique survenant après sa consigne forcée, les cris: vive l'École polytechnique! vive la République! marquèrent le trajet du convoi. À la Bastille, les longues files de curieux redoutables qui descendaient du faubourg Saint-Antoine firent leur jonction avec le cortège et un certain bouillonnement terrible commença à soulever la foule.

On entendit un homme qui disait à un autre:—Tu vois bien celui-là avec sa barbiche rouge, c'est lui qui dira quand il faudra tirer. Il paraît que cette même barbiche rouge s'est retrouvée plus tard avec la même fonction dans une autre émeute, l'affaire Quénisset.

Le corbillard dépassa la Bastille, suivit le canal, traversa le petit pont et atteignit l'esplanade du pont d'Austerlitz. Là il s'arrêta. En ce moment cette foule vue à vol d'oiseau eût offert l'aspect d'une comète dont la tête était à l'esplanade et dont la queue développée sur le quai Bourdon couvrait la Bastille et se prolongeait sur le boulevard jusqu'à la porte Saint-Martin. Un cercle se traça autour du corbillard. La vaste cohue fit silence. Lafayette parla et dit adieu à Lamarque. Ce fut un instant touchant et auguste, toutes les têtes se découvrirent, tous les cœurs battaient. Tout à coup un homme à cheval, vêtu de noir, parut au milieu du groupe avec un drapeau rouge, d'autres disent avec une pique surmontée d'un bonnet rouge. Lafayette détourna la tête. Excelmans quitta le cortège.

Ce drapeau rouge souleva un orage et y disparut. Du boulevard Bourdon au pont d'Austerlitz une de ces clameurs qui ressemblent à des houles remua la multitude. Deux cris prodigieux s'élevèrent:—Lamarque au Panthéon!—Lafayette à l'hôtel de ville!—Des jeunes gens, aux acclamations de la foule, s'attelèrent et se mirent à traîner Lamarque dans le corbillard par le pont d'Austerlitz et Lafayette dans un fiacre par le quai Morland.

Dans la foule qui entourait et acclamait Lafayette, on remarquait et l'on se montrait un Allemand nommé Ludwig Snyder, mort centenaire depuis, qui avait fait lui aussi la guerre de 1776, et qui avait combattu à Trenton sous Washington, et sous Lafayette à Brandywine.

Cependant sur la rive gauche la cavalerie municipale s'ébranlait et venait barrer le pont, sur la rive droite les dragons sortaient des Célestins et se déployaient le long du quai Morland. Le peuple qui traînait Lafayette les aperçut brusquement au coude du quai et cria: les dragons! les dragons! Les dragons s'avançaient au pas, en silence, pistolets dans les fontes, sabres aux fourreaux, Mousquetons aux porte-crosse, avec un air d'attente sombre.

À deux cents pas du petit pont, ils firent halte. Le fiacre où était Lafayette chemina jusqu'à eux, ils ouvrirent les rangs, le laissèrent passer, et se refermèrent sur lui. En ce moment les dragons et la foule se touchaient. Les femmes s'enfuyaient avec terreur.

Que se passa-t-il dans cette minute fatale? personne ne saurait le dire. C'est le moment ténébreux où deux nuées se mêlent. Les uns racontent qu'une fanfare sonnant la charge fut entendue du côté de l'Arsenal, les autres qu'un coup de poignard fut donné par un enfant à un dragon. Le fait est que trois coups de feu partirent subitement, le premier tua le chef d'escadron Cholet, le second tua une vieille sourde qui fermait sa fenêtre rue Contrescarpe, le troisième brûla l'épaulette d'un officier; une femme cria: On commence trop tôt! et tout à coup on vit du côté opposé au quai Morland un escadron de dragons qui était resté dans la caserne déboucher au galop, le sabre nu, par la rue Bassompierre et le boulevard Bourdon, et balayer tout devant lui.

Alors tout est dit, la tempête se déchaîne, les pierres pleuvent, la fusillade éclate, beaucoup se précipitent au bas de la berge et passent le petit bras de la Seine aujourd'hui comblé; les chantiers de l'île Louviers, cette vaste citadelle toute faite, se hérissent de combattants; on arrache des pieux, on tire des coups de pistolet, une barricade s'ébauche, les jeunes gens refoulés passent le pont d'Austerlitz avec le corbillard au pas de course et chargent la garde municipale, les carabiniers accourent, les dragons sabrent, la foule se disperse dans tous les sens, une rumeur de guerre vole aux quatre coins de Paris, on crie: aux armes! on court, on culbute, on fuit, on résiste. La colère emporte l'émeute comme le vent emporte le feu.

一八三二年の春、コレラ病は三カ月以来人心を寒からしめ、従来の動揺にある陰鬱いんうつな沈静さを投じてはいたけれども、パリーは既にずっと前からまさに爆発せんとしていたのである。前に述べたように、大都市は一門の砲のごときものである。弾丸がこめられている時には、火花が一つ落ちかかりさえすれば直ちに発射する。一八三二年六月には、その火花はラマルク将軍の死であった。
ラマルクは名声の高い活動的な人物だった。彼は帝政と王政復古との下において、両時代に必要なる二つの勇気を相次いで示した、すなわち戦場の勇気と演壇の勇気を。勇敢であるとともにまた雄弁であった。その言論のうちには剣の刃が感ぜられた。先輩たるフォアのように、指揮権を高くかざした後に自由を高くふりかざした。左党と極左党との間に席を占め、未来の吉凶を顧慮しないので民衆から愛せられ、かつて皇帝によく仕えたので群集から愛せられていた。ジェラール伯およびドルーエ伯とともに、ナポレオン胸中の元帥のひとりであった。一八一五年の条約には、自身親しく侮辱を受けたかのように激昂げっこうした。直接の憎悪ぞうおをウェリントンに向けた。その憎悪は群集の気に入るものだった。その後十七年間、彼はその間に起こった事変にはほとんど注意も払わず、ワーテルローを痛むの念をおごそかに守っていた。最期の時には、臨終の苦悶くもんのうちに、百日(訳者注 ナポレオン再挙の百日間)の将校らから贈られた一本の剣を胸に抱きしめていた。ナポレオンは軍隊という一語を発して死んだが、ラマルクは祖国という一語を発して死んだ。
彼の死は予期されていたが、民衆からは一つの損失として恐れられ、政府からは何かの機会として恐れられていた。その死は一般の喪となった。しかしすべて悲痛なるものと同様に、喪も騒乱となることがある。それが今まさしく起こったのである。
ラマルクの葬式の定日たる六月六日の前日とその朝、サン・タントアーヌ郭外は、葬式の行列がすぐそばを通るというので、恐るべき光景を呈した。網の目のように入り乱れたその騒々しい小路は、流言蜚語ひごで満たされた。人々はできるだけの武装をした。ある指物師さしものしらは、「戸を破るため」に仕事台の鉤金かきがねを持ち出した。また編み針の先を折りその棒をとがらして短剣とした靴職人くつしょくにんもあった。また「攻撃」の熱に浮かされて三日間着物を着たまま寝た者もあった。ロンビエというひとりの大工は、道で仲間のひとりに会って尋ねられた。「どこへ行くんだ。」「俺おれには武器がねえ。」「それで?」「仕事場にコンパスを取りに行くんだ。」「何のためだ?」「何のためだか俺にもわからねえ、」とロンビエは言った。ジャクリーヌという手回しのいい男は、労働者が通りかかるとだれかまわずに近寄って行った。「いっしょにこい。」そして葡萄酒ぶどうしゅを十スーおごって言った。「お前は仕事があるか。」「いいえ。」「じゃあフィスピエールの家に行け。モントルイュ市門とシャロンヌ市門との間だ。仕事がある。」フィスピエールの家に行くと、弾薬と武器とがあった。有名なある首領らは郵便脚夫をやっていた、すなわち人を呼び集めるために方々の家に走り回っていた。トローヌ市門のそばのバルテルミーの家や、プティー・シャポーのカペルの家では、酒飲みたちがまじめな様子で寄り集まっていた。彼らが互いに語り合う言葉が聞かれた。「ピストルはどこに持ってるんだ。」「上衣の下だ。そしてお前は?」「シャツの下だ。」ローランの工場の前のトラヴェルシエール街や、機械屋ベルニエの工場の前のメーゾン・ブリューレの中庭には、大勢の人が集まってひそひそ話をしていた。その中でマヴォーという男は最も熱心だった。「あいつとは毎日口論しなけりゃならないから」と言っていつも主人から解雇され、同じ工場に一週間と続けていたことのない男である。その翌日マヴォーは、メニルモンタン街の防寨ぼうさいで死んだ。プルトーという男は、同様に戦死したのであるが、その時マヴォーを助けていた。そして「お前の目的は何だ」と問われたのに対して答えた、「反乱だ。」ベルシー街のすみに集まってる労働者らは、サン・マルソー郭外を受け持ってる革命委員たるルマランという男が帰ってくるのを待っていた。暗号はほとんど公然と言い交わされていた。
六月五日は晴雨定めない日だったが、ラマルク将軍の葬式の行列は、用心のためいっそういかめしくされた陸軍の公式盛儀をもってパリーを横ぎっていった。太鼓に喪紗もしゃをつけ小銃を逆さにした二大隊の兵士、帯剣した一万の国民兵、国民軍の砲兵隊、などが柩ひつぎを護衛していた。棺車は青年らに引かれていた。廃兵院の将校らが、月桂樹げっけいじゅの枝を持ってすぐ棺車の後ろに従った。その次には動揺せる異様な無数の群集がやってきた、「人民の友」の各区隊、法律学校の生徒、医学校の生徒、各国からの亡命客、スペインやイタリーやドイツやポーランドの旗、横の三色旗、その他ありとあらゆる旗、生木なまきの枝を打ち振ってる子供、その時ちょうど罷工ひこうしていた石工や大工、紙の帽子でそれと見分けられる印刷職工、そういう者らが三々五々打ち連れ立って、喊声かんせいを上げ、たいてい皆杖を振り回し、ある者はサーベルを振り回し、秩序はなかったが一つの魂となって、あるいは群がりあるいは縦列をなして進んだ。各一群はそれぞれ隊長を選んでいた。公然とピストルを二梃にちょう身につけてる男が、あたかも閲兵でもするようなふうで駆け回り、各列はその前に道を開いた。大通りに交差してる横丁や、並み木の枝の間や、露台や窓や屋根の上には、男や女や子供の頭が重なり合い、その目には不安の色が満ちていた。通ってゆくのは武装した群集であり、ながめているのは慴おびえた群集であった。
政府の方では目を配っていた。剣の※(「木+覊」の「馬」に代えて「月」、第4水準2-15-85)つかに手をかけて目を配っていた。ルイ十五世広場には、馬にまたがりラッパを先頭にした四個中隊の重騎兵が、弾薬盒だんやくごうをふくらし小銃や短銃に弾丸をこめ、今にも出動せんとしてるのが見られた。ラタン街区や動植物園の付近には、市の守備兵が街路ごとに並んでいた。葡萄酒市場ぶどうしゅいちばには竜騎兵の一個中隊、グレーヴには軽騎兵第十二大隊の半数、バスティーユに他の半数、セレスタンに竜騎兵第六大隊、ルーヴルの中庭には砲兵がいっぱいになっていた。その他の軍隊は各兵営のうちに駐屯ちゅうとんしており、その上パリー近郊の各連隊が控えていた。不安な政府は、恐ろしい群集に対して、市中に二万四千の兵士と市外に三万の兵士とを配っていた。
種々の風説が行列のうちには流布されていた。正統派の陰謀があるとも言われていた。帝国の上にいただかんと群集が指名した時に神より死を定められたライヒシュタット公(ナポレオン二世)のことも語られていた。だれだったか今に不明なあるひとりの男は、買収されたふたりの監督が約束の時にある兵器廠へいきしょうの門を人民に開いてくれることになっている、と言いふらしていた。多くの人々のあらわな額の上には、重苦しそうな興奮の色が漂っていた。また、激烈なしかし貴とうとい情熱にとらわれているその群集の中には、まったく悪人らしい顔つきや「略奪しろ」と叫ぶ卑しい口つきの者も、あちらこちらに見えていた。沼の底をかき乱して水中に泥の濁りを立てるような、ある種の動揺も世にはある。「りっぱな」警官らにはよくわかっている現象である。
行列はもどかしいほどゆっくりと、死者の家から各大通りを通って、バスティーユまで進んでいった。時々雨が降ったが、群集はいっこう平気だった。その間にはいろんなできごとが起こった。柩ひつぎはヴァンドームの円塔(大陸軍記念塔)のまわりを引き回された。帽子をかぶったまま露台にいたフィツ・ゼームス公に多くの石が投げられた。ゴールの鶏(訳者注 フランス国民の一標章)がある民衆の旗から裂き取られて泥の下に踏みにじられた。サン・マルタン市門で一人の巡査が剣で突かれた。軽騎兵第十二大隊の一将校は「僕は共和党だ」と声高に言った。理工科学校の生徒らが禁足の令を破って突然現われた。「理工科学校万歳! 共和万歳!」の叫びがいっせいに起こった。かくてバスティーユまでくると、恐るべき野次馬の長い列が、サン・タントアーヌの郭外から現われてきて行列に加わった。群集はある恐ろしい沸騰をきたし始めた。
ひとりの男が傍かたわらの男にこう言ってるのが聞かれた。「あすこに赤髯あかひげの男がいるだろう。いよいよやっつける時にはあの男が合い図をするんだぜ。」その赤髯の男は、後にケニセー事件の暴動の時にも現われて、同じ役目を帯びていたらしい。
棺車はバスティーユを過ぎ、掘り割りに沿い、小さな橋を渡り、オーステルリッツ橋の前の広場に達し、そこで止まった。その時群集を上から見おろしたら、彗星すいせいのような形になっていたに違いない。その頭は橋の広場にあり、その尾はブールドン河岸の上にひろがって、バスティーユをおおい、大通りの上をサン・マルタン市門まで伸びていた。棺車のまわりには人垣ができていた。広汎こうはんな群集はひっそりと静まっていた。ラファイエットがラマルクに別れの弔辞を述べた。悲痛森厳な瞬間で、人々は皆帽をぬぎ胸をおどらした。とたちまち黒衣をまとった馬上の男が、赤旗――あるいは赤帽をかぶせた槍やりだという者もあるが――を持って群集のまんなかに現われた。ラファイエットは向き返った。エグゼルマンスは棺側を去った。
赤旗は群集のうちに暴風を巻き起こしてその中に姿を没した。ブールドン大通りからオーステルリッツ橋まで、海嘯つなみのような響きが起こって群集を沸き立たした。激しい二つの叫びが起こった。「ラマルクをパンテオンへ!」「ラファイエットを市庁へ!」青年らは群集の喝采かっさいのうちに、自ら馬の代わりとなって、棺車の中のラマルクをオーステルリッツ橋の上に引き始め、ラファイエットを辻馬車つじばしゃに乗せてモルラン河岸に引き始めた。
ラファイエットを取り巻き喝采してる群集の中に、ルドウィヒ・シュニーデルというひとりのドイツ人がいるのを見て人々は注意し合った。この男はその後百歳近くまで生きながらえたが、以前一七七六年の戦争(アメリカ独立戦争)にはいって、トレントンではワシントンの下に戦いブランディーワインではラファイエットの下に戦ったことがあった。
そのうちに、川の左岸には市の守備騎兵が動き出して橋をさえぎり、右岸には竜騎兵がセレスタンから現われてきてモルラン河岸に沿って展開した。ラファイエットの馬車を引いていた者らは、河岸の曲がり角かどで突然それに気づいて、「竜騎兵だ、竜騎兵だ!」と叫んだ。竜騎兵らはピストルを皮の袋に入れ、サーベルを鞘さやに納め、短銃を鞍くら側につけたまま、陰鬱いんうつに期待するところあるかのように、黙々として馬を並み足に進ましてきた。
小さな橋から二百歩の所で彼らは止まった。ラファイエットの馬車がそこまで行くと、彼らは列を開いて馬車を通し、そのあとからまた列を閉じた。その時竜騎兵らと群集とは相接した。女たちは恐れて逃げ出した。
その危急な瞬間に何が起こったか? だれもそれを言うことはできないであろう。それは二つの黒雲が相交わる暗澹あんたんたる瞬間である。襲撃のラッパが造兵廠ぞうへいしょうの方に聞こえた、とある者は言い、ひとりの少年が竜騎兵を短剣で刺した、とある者は言う。事実を言えば、突然小銃が三発発射されたのであって、第一発は中隊長ショーレを殺し、第二発はコントレスカルプ街で窓を閉じていた聾つんぼの婆さんを殺し、第三発は一将校の肩章にあたった。ひとりの女は叫んだ、「おや、もう始まった!」その時突然、兵営の中に駐屯していた一個中隊の竜騎兵が、抜剣で馬をおどらして現われ、バソンピエール街からブールドン大通りを通って前にあるものを追い払いながらやってくるのが、モルラン河岸の向こう側に見えた。
その時事は定った。暴風は荒れ出し、石は雨と降り、小銃は火蓋ひぶたを切った。多くの者は河岸の下に飛びおり、セーヌ川の小さな支流を渡った。その小川は今日では埋まってしまっている。ルーヴィエ島の建築材置き場は、でき合いの大きな要塞ようさいとなって、戦士らが群がった。石は引き抜かれ、ピストルは発射され、防寨ぼうさいは急造され、追いまくられた青年らは棺車を引きオーステルリッツ橋を駆けぬけて市の守備兵を襲い、重騎兵は駆けつけ竜騎兵は薙なぎ立て、群集は四方に散乱し、戦の風説はパリーのすみずみまでひろがり、人々は「武器を取れ!」と叫び、走り、つまずき、逃げ、あるいは抵抗した。風が火を散らすように、憤激の念は暴動を八方にひろげていった。

 

 

Chapitre IV Les bouillonnements d'autrefois

 

Rien n'est plus extraordinaire que le premier fourmillement d'une émeute. Tout éclate partout à la fois. Était-ce prévu? oui. Était-ce préparé? non. D'où cela sort-il? des pavés. D'où cela tombe-t-il? des nues. Ici l'insurrection a le caractère d'un complot; là d'une improvisation. Le premier venu s'empare d'un courant de la foule et le mène où il veut. Début plein d'épouvante où se mêle une sorte de gaîté formidable. Ce sont d'abord des clameurs, les magasins se ferment, les étalages des marchands disparaissent; puis des coups de feu isolés; des gens s'enfuient; des coups de crosse heurtent les portes cochères; on entend les servantes rire dans les cours des maisons et dire: Il va y avoir du train!

Un quart d'heure n'était pas écoulé, voici ce qui se passait presque en même temps sur vingt points de Paris différents.

Rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, une vingtaine de jeunes gens, à barbes et à cheveux longs, entraient dans un estaminet et en ressortaient un moment après, portant un drapeau tricolore horizontal couvert d'un crêpe et ayant à leur tête trois hommes armés, l'un d'un sabre, l'autre d'un fusil, le troisième d'une pique.

Rue des Nonaindières, un bourgeois bien vêtu, qui avait du ventre, la voix sonore, le crâne chauve, le front élevé, la barbe noire et une de ces moustaches rudes qui ne peuvent se rabattre, offrait publiquement des cartouches aux passants.

Rue Saint-Pierre-Montmartre, des hommes aux bras nus promenaient un drapeau noir où on lisait ces mots en lettres blanches: République ou la mort. Rue des Jeûneurs, rue du Cadran, rue Montorgueil, rue Mandar, apparaissaient des groupes agitant des drapeaux sur lesquels on distinguait des lettres d'or, le mot section avec un numéro. Un de ces drapeaux était rouge et bleu avec un imperceptible entre-deux blanc.

On pillait une fabrique d'armes, boulevard Saint-Martin, et trois boutiques d'armuriers, la première rue Beaubourg, la deuxième rue Michel-le-Comte, l'autre, rue du Temple. En quelques minutes les mille mains de la foule saisissaient et emportaient deux cent trente fusils, presque tous à deux coups, soixante-quatre sabres, quatre-vingt-trois pistolets. Afin d'armer plus de monde, l'un prenait le fusil, l'autre la bayonnette.

Vis-à-vis le quai de la Grève, des jeunes gens armés de mousquets, s'installaient chez des femmes pour tirer. L'un d'eux avait un mousquet à rouet. Ils sonnaient, entraient, et se mettaient à faire des cartouches. Une de ces femmes a raconté: Je ne savais pas ce que c'était que des cartouches, c'est mon mari qui me l'a dit.

Un rassemblement enfonçait une boutique de curiosités rue des Vieilles-Haudriettes et y prenait des yatagans et des armes turques.

Le cadavre d'un maçon tué d'un coup de fusil gisait rue de la Perle.

Et puis, rive droite, rive gauche, sur les quais, sur les boulevards, dans le pays latin, dans le quartier des halles, des hommes haletants, ouvriers, étudiants, sectionnaires, lisaient des proclamations, criaient: aux armes! brisaient les réverbères, dételaient les voitures, dépavaient les rues, enfonçaient les portes des maisons, déracinaient les arbres, fouillaient les caves, roulaient des tonneaux, entassaient pavés, moellons, meubles, planches, faisaient des barricades.

On forçait les bourgeois d'y aider. On entrait chez les femmes, on leur faisait donner le sabre et le fusil des maris absents, et l'on écrivait avec du blanc d'Espagne sur la porte: les armes sont livrées. Quelques-uns signaient «de leurs noms» des reçus du fusil et du sabre, et disaient: envoyez-les chercher demain à la mairie. On désarmait dans les rues les sentinelles isolées et les gardes nationaux allant à leur municipalité. On arrachait les épaulettes aux officiers. Rue du Cimetière-Saint-Nicolas, un officier de la garde nationale, poursuivi par une troupe armée de bâtons et de fleurets, se réfugia à grand'peine dans une maison d'où il ne put sortir qu'à la nuit, et déguisé.

Dans le quartier Saint-Jacques, les étudiants sortaient par essaims de leurs hôtels, et montaient rue Saint-Hyacinthe au café du Progrès ou descendaient au café des Sept-Billards, rue des Mathurins. Là, devant les portes, des jeunes gens debout sur des bornes distribuaient des armes. On pillait le chantier de la rue Transnonain pour faire des barricades. Sur un seul point, les habitants résistaient, à l'angle des rues Sainte-Avoye et Simon-le-Franc où ils détruisaient eux-mêmes la barricade. Sur un seul point, les insurgés pliaient; ils abandonnaient une barricade commencée rue du Temple après avoir fait feu sur un détachement de garde nationale, et s'enfuyaient par la rue de la Corderie. Le détachement ramassa dans la barricade un drapeau rouge, un paquet de cartouches et trois cents balles de pistolet. Les gardes nationaux déchirèrent le drapeau et en remportèrent les lambeaux à la pointe de leurs bayonnettes.

Tout ce que nous racontons ici lentement et successivement se faisait à la fois sur tous les points de la ville au milieu d'un vaste tumulte, comme une foule d'éclairs dans un seul roulement de tonnerre.

En moins d'une heure, vingt-sept barricades sortirent de terre dans le seul quartier des halles. Au centre était cette fameuse maison nº 50, qui fut la forteresse de Jeanne et de ses cent six compagnons, et qui, flanquée d'un côté par une barricade à Saint-Merry et de l'autre par une barricade à la rue Maubuée, commandait trois rues, la rue des Arcis, la rue Saint-Martin, et la rue Aubry-le-Boucher qu'elle prenait de front. Deux barricades en équerre se repliaient l'une de la rue Montorgueil sur la Grande-Truanderie, l'autre de la rue Geoffroy-Langevin sur la rue Sainte-Avoye. Sans compter d'innombrables barricades dans vingt autres quartiers de Paris, au Marais, à la montagne Sainte-Geneviève; une, rue Ménilmontant, où l'on voyait une porte cochère arrachée de ses gonds; une autre près du petit pont de l'Hôtel-Dieu faite avec une écossaise dételée et renversée, à trois cents pas de la préfecture de police.

À la barricade de la rue des Ménétriers, un homme bien mis distribuait de l'argent aux travailleurs. À la barricade de la rue Greneta, un cavalier parut et remit à celui qui paraissait le chef de la barricade un rouleau qui avait l'air d'un rouleau d'argent.—Voilà, dit-il, pour payer les dépenses, le vin, et coetera. Un jeune homme blond, sans cravate, allait d'une barricade à l'autre portant des mots d'ordre. Un autre, le sabre nu, un bonnet de police bleu sur la tête, posait des sentinelles. Dans l'intérieur, en deçà barricades, les cabarets et les loges de portiers étaient convertis en corps de garde. Du reste l'émeute se comportait selon la plus savante tactique militaire. Les rues étroites, inégales, sinueuses, pleines d'angles et de tournants, étaient admirablement choisies; les environs des halles en particulier, réseau de rues plus embrouillé qu'une forêt. La société des Amis du Peuple avait, disait-on, pris la direction de l'insurrection dans le quartier Sainte-Avoye. Un homme tué rue du Ponceau qu'on fouilla avait sur lui un plan de Paris.

Ce qui avait réellement pris la direction de l'émeute, c'était une sorte d'impétuosité inconnue qui était dans l'air. L'insurrection, brusquement, avait bâti les barricades d'une main et de l'autre saisi presque tous les postes de la garnison. En moins de trois heures, comme une traînée de poudre qui s'allume, les insurgés avaient envahi et occupé, sur la rive droite, l'Arsenal, la mairie de la place Royale, tout le Marais, la fabrique d'armes Popincourt, la Galiote, le Château-d'Eau, toutes les rues près des halles; sur la rive gauche, la caserne des Vétérans, Sainte-Pélagie, la place Maubert, la poudrière des Deux-Moulins, toutes les barrières. À cinq heures du soir ils étaient maîtres de la Bastille, de la Lingerie, des Blancs-Manteaux; leurs éclaireurs touchaient la place des Victoires, et menaçaient la Banque, la caserne des Petits-Pères, l'hôtel des Postes. Le tiers de Paris était à l'émeute.

Sur tous les points la lutte était gigantesquement engagée; et, des désarmements, des visites domiciliaires, des boutiques d'armuriers vivement envahies, il résultait ceci que le combat commencé à coups de pierres continuait à coups de fusil.

Vers six heures du soir, le passage du Saumon devenait champ de bataille. L'émeute était à un bout, la troupe au bout opposé. On se fusillait d'une grille à l'autre. Un observateur, un rêveur, l'auteur de ce livre, qui était allé voir le volcan de près, se trouva dans le passage pris entre les deux feux. Il n'avait pour se garantir des balles que le renflement des demi-colonnes qui séparent les boutiques; il fut près d'une demi-heure dans cette situation délicate.

Cependant le rappel battait, les gardes nationaux s'habillaient et s'armaient en hâte, les légions sortaient des mairies, les régiments sortaient des casernes. Vis-à-vis le passage de l'Ancre un tambour recevait un coup de poignard. Un autre, rue du Cygne, était assailli par une trentaine de jeunes gens qui lui crevaient sa caisse et lui prenaient son sabre. Un autre était tué rue Grenier-Saint-Lazare. Rue Michel-le-Comte, trois officiers tombaient morts l'un après l'autre. Plusieurs gardes municipaux, blessés rue des Lombards, rétrogradaient.

Devant la Cour-Batave, un détachement de gardes nationaux trouvait un drapeau rouge portant cette inscription: Révolution républicaine, nº 127. Était-ce une révolution en effet?

L'insurrection s'était fait du centre de Paris une sorte de citadelle inextricable, tortueuse, colossale.

Là était le foyer, là était évidemment la question. Tout le reste n'était qu'escarmouches. Ce qui prouvait que tout se déciderait là, c'est qu'on ne s'y battait pas encore.

Dans quelques régiments, les soldats étaient incertains, ce qui ajoutait à l'obscurité effrayante de la crise. Ils se rappelaient l'ovation populaire qui avait accueilli en juillet 1830 la neutralité du 53ème de ligne. Deux hommes intrépides et éprouvés par les grandes guerres, le maréchal de Lobau et le général Bugeaud, commandaient, Bugeaud sous Lobau. D'énormes patrouilles, composées de bataillons de la ligne enfermés dans des compagnies entières de garde nationale, et précédées d'un commissaire de police en écharpe, allaient reconnaître les rues insurgées. De leur côté, les insurgés posaient des vedettes au coin des carrefours et envoyaient audacieusement des patrouilles hors des barricades. On s'observait des deux parts. Le gouvernement, avec une armée dans la main, hésitait; la nuit allait venir et l'on commençait à entendre le tocsin de Saint-Merry. Le ministre de la guerre d'alors, le maréchal Soult, qui avait vu Austerlitz, regardait cela d'un air sombre.

Ces vieux matelots-là, habitués à la manœuvre correcte et n'ayant pour ressource et pour guide que la tactique, cette boussole des batailles, sont tout désorientés en présence de cette immense écume qu'on appelle la colère publique. Le vent des révolutions n'est pas maniable.

Les gardes nationales de la banlieue accouraient en hâte et en désordre. Un bataillon du 12ème léger venait au pas de course de Saint-Denis, le 14ème de ligne arrivait de Courbevoie, les batteries de l'école militaire avaient pris position au Carrousel; des canons descendaient de Vincennes.

La solitude se faisait aux Tuileries, Louis-Philippe était plein de sérénité.

およそ暴動の最初の蜂起ほうきほど異常なものはない。すべてが各所で同時に破裂する。それは予期されていたことであるか? しかり。それは前もって準備されていたことであるか? 否。それはどこから起こってくるか? 街路の舗石しきいしからである。それはどこから落ちてくるか? 雲からである。ある所では反乱はあらかじめ計画された性質を帯び、ある所ではとっさに起こった性質を帯びる。だれということなくそこに居合わした男が、群集の流れを我が物にして望みどおりにそれを導く。その発端は、一種の恐るべき快活さが交じった驚駭きょうがいのみである。初めはただ騒擾そうじょうであり、商店は閉ざされ、商品の陳列棚は姿を消す。次には時々銃声が聞こえ、人々は逃げ出し、家の正門は銃床尾で乱打される。人家の中庭では女中らがおもしろがって、「騒動がもち上がるのよ!」という声が聞こえる。
十四、五分とたたないうちに、パリーの各所でほとんど同時に起こったことは、おおよそ次のようなものだった。
サント・クロア・ド・ラ・ブルトンヌリー街では、髯ひげをはやし髪の毛を長くした二十人ばかりの青年が、ある喫煙珈琲店エスタミネにはいり込み、やがて間もなく出てきたところを見ると、喪紗もしゃのついた横の三色旗を一つ押し立て、その先頭には武装した三人の男が、ひとりはサーベルを持ちひとりは小銃を持ちひとりは槍やりを持って進んでいた。
ノナン・ディエール街では、腹がでっぷりして、声が朗らかで、頭が禿はげ、額が高く、黒い頤鬚あごひげをはやし、なでつけることのできない荒い口髭くちひげをはやしてる、相当な服装をしたひとりの市民が、通行人に公然と弾薬を配っていた。
サン・ピエール・モンマルトル街では、腕をあらわにした数名の男が黒い旗を持ち回っていた。その上には白い文字が読まれた、「共和かしからずんば死。」ジューヌール街、ガドラン街、モントルグイュ街、マンダル街などには、旗を打ち振ってる群れが現われた。旗には金文字で数字づきの区隊という語が見えていた。それらの旗の一つは、ほとんど赤と青ばかりで、白はその間に小さく見えないくらいにはいってるだけだった(訳者注 三色旗の白は王家の章、赤と青はパリー市の章)。
サン・マルタン大通りの兵器廠へいきしょうは略奪され、次にボーブール街とミシェル・ル・コント街とタンプル街とで三軒の武器商店が略奪された。数分間のうちに、たいてい皆二連発の二百三十の小銃と、六十四のサーベルと、八十三のピストルを、無数の群集が奪って持ち出した。なるべく多くの者に武装させるため、ある者は銃だけを取り、ある者は銃の剣だけを取った。
グレーヴ河岸と向かい合った所では、火繩銃ひなわじゅうを持った青年らが、女ばかりの家に陣取って発火した。そのひとりは燧金銃ひうちがねじゅうを持っていた。彼らは呼鈴ベルを鳴らし、家の中にはいり、それから弾薬を作りはじめた。女らの一人はこう話した。「私は弾薬とはどんなものだか知らなかったのですが、夫がそれを教えてくれました。」
ヴィエイユ・オードリエット街では、一群の者がある古物商の店に闖入ちんにゅうし、トルコの刃や武器を奪った。
銃殺された石工の死体が、ペルル街に横たわっていた。
それからまた、セーヌの右岸左岸、河岸通り、大通り、ラタン街区、市場いちば町などには、労働者や学生や区隊の者など息を切らしてる人々が、宣言書を読み、「武器を取れ!」と叫び、街燈をこわし、馬車の馬を解き放し、街路の舗石しきいしをめくり、人家の戸を打ち破り、樹木を根こぎにし、窖あなぐらの中をさがし回り、樽たるをころがし舗石や漆喰しっくいや家具や板などを積み重ねて、防寨ぼうさいを作っていた。
人々は市民にも助力を強請した。また女ばかりの家にはいり込み、不在の夫のサーベルや銃を奪い、白墨でその戸口に、「武器徴発済」と書きつけた。ある者は銃とサーベルの受領証に「名前」を署名し、「明日区役所に取りにこい」と言いおいた。また往来で、孤立してる兵や区役所に行く国民兵らの武器を奪った。将校の肩章をもぎ取った。シムティエール・サン・ニコラ街では、国民兵の一将校が、棒や竹刀を持った群集に追っかけられ、ようやくにしてある人家に逃げ込んだ。しかし彼はそこから、夜になって変装してでなければ出ることができなかった。
サン・ジャック街区では、学生らが群れをなして宿から出てきて、サン・ティヤサント街へ行ってプログレー珈琲コーヒー店にはいり込み、あるいはマテュラン街へ行ってセー・ビヤール珈琲店にはいり込んだ。どちらも入り口には、標石の上に若い男らがつっ立って武器を配っていた。トランスノナン街の建築材置き場は、防寨を作るために略奪された。ただサント・アヴォア街とシモン・ル・フラン街の交差点だけでは、住民らが抵抗して自ら防寨を破った。ただ一つの場所では暴徒の方が後退した、すなわち彼らは、国民兵の一支隊に銃火を浴びせた後、タンプル街に作り始めた防寨を捨てて、コルドリー街の方面へ敗走した。支隊はその防寨の中に、一本の赤旗と一包みの弾薬と三百のピストルの弾丸とを拾った。国民兵らはその旗を引き裂き、破片を剣の先につけて持ち去った。
われわれがここに相次いで徐々に述べてる事柄は皆、あたかもただ一つの雷鳴の中にひらめく多くの電光のように、広い騒擾そうじょうのうちに市中の各所で同時に起こったのである。
一時間足らずのうちに、市場町の中だけでも二十七の防寨ぼうさいが地面にできた。その中央には有名な五十番地の家があった。それはジャンヌとその百六人の仲間の要塞ようさいであって、一方にはサン・メーリーの防寨を控え、一方にはモーブュエ街の防寨を控え、アルシ街とサン・マルタン街と正面のオーブリー・ル・ブーシェ街と、三つの街路を指揮していた。また直角をなしてる二つの防寨は、一つはモントルグイュ街からグランド・トリュアンドリーの方へ折れ曲がっており、一つはジョフロア・ランジュヴァン街からサント・アヴォア街の方へ折れ曲がっていた。その他パリーの二十の街区やマレーやサント・ジュヌヴィエーヴの山などに、無数の防寨ができた。メニルモンタン街にあった防寨には、肱金ひじがねからもぎ取られた大きな門扉もんぴが見えていた。オテル・ディユーの小橋のそばにあった防寨は、馬を解き放してひっくり返した大馬車でできていて、警視庁から三百歩の所にあった。
メネトリエ街の防寨では、りっぱな服装をした一人の男が働いてる者らに金を分配していた。グルネタ街の防寨では、騎馬の男がひとり現われて、防寨の首領らしく思える者に金包みらしいものを手渡しした。「これは入費や酒やその他の代だ」と彼は言った。襟飾えりかざりをつけていない金髪の青年が、各防寨の間を駆け回って命令を伝えていた。剣を抜き青い警官帽をかぶったもひとりの男は、方々に哨兵しょうへいを出していた。各防寨の内側では、居酒屋や門番小屋などが衛舎に変わっていた。その上この暴動は、きわめて巧妙な戦術によって按配あんばいされていた。狭くて不規則で曲がりくねって入り組んでる街路がみごとに選まれていた。ことに市場付近はそうであって、各小路は入り乱れて森の中よりも更に紛糾した網の目を作っていた。「人民の友」の仲間がサント・アヴォア街区で反乱の指揮を執ってるという噂うわさもあった。ポンソー街で殺されたひとりの男の死体をさがすと、パリーの図面がポケットから出てきた。
しかし実際この暴動の指揮を執っていたものは、空中に漂ってる言い知れぬ一種の精悍せいかんな気であった。反乱はにわかに一方の手で防寨ぼうさいを築き、一方の手でほとんどすべての要所をつかんでしまった。三時間足らずのうちに、燃えひろがる導火線のように、暴徒は各所を襲って占領した。セーヌ右岸では、造兵廠ぞうへいしょう、ロアイヤル広場の区役所、マレーの全部、ポパンクール兵器廠、ガリオト、シャトー・ドー、市場付近の全市街、またセーヌ左岸では、ヴェテランの兵営、サント・ペラジー、モーベール広場、ドゥー・ムーランの火薬庫、市門の全部。午後の五時には、バスティーユやランジュリーやブラン・マントーも暴徒の手に帰した。その偵察兵ていさつへいはヴィクトアール広場に達し、フランス銀行やプティー・ペール兵営や中央郵便局などを脅かしていた。パリーの三分の一は暴動の中にあった。
各方面で戦闘は猛烈に行なわれていた。そして敵の武器を奪い、人家の中を捜索し、武器商の店に直ちに侵入したために、戦いくさは投石に始まったが次いでは銃火をもってするに至った。
晩の六時ごろ、ソーモンの通路は戦場と化した。暴徒はその一端におり、軍隊は他端にいた。彼らは鉄柵てつさくから鉄柵へ銃を打ち合った。ひとりの傍観者、ひとりの夢想家、すなわち本書の著者は、その火山を間近く見物に行き、この通路の中で銃火にはさまれた。銃弾から身をまもるものとしては、商店の間々に少し出ている半円柱しか何もなかった。彼はその危うい位置に約三十分近くも身を置いていた。
そのうちに召集の太鼓は鳴り、国民兵らはあわただしく服をつけ武器を取り、各隊は区役所から繰り出し、各連隊は兵営から現われてきた。アンクルの通路の向こうでは、ひとりの鼓手が短剣で刺された。またひとりの鼓手はシーニュ街で約三十名の青年に襲われて、太鼓の胴は破られ、剣は奪われた。またひとりはグルニエ・サン・ラザール街で殺された。ミシェル・コント街では、三人の将校が相次いでたおれた。多くの市民兵は、ロンバール街で負傷して退却した。
クール・バターヴの前で、国民兵の一支隊は一本の赤旗を発見した。それには、「共和革命、第百二十七」としるしてあった。果たしてそれは革命であったろうか?
反乱はパリーの中央をもって、錯雑し曲がりくねった巨大な一種の城砦じょうさいとなしていた。
そこにこそ焦点があり、明らかに問題があったのである。その他は単なる小競合こぜりあいにすぎなかった。そこですべてが決する証拠には、そこではまだ戦いが始まっていなかった。
ある連隊では兵士らの態度が曖昧あいまいだった。そのためにいっそう危機の恐ろしい不安定さを加えた。一八三〇年七月に歩兵第五十三連隊の中立がいかに一般から賞賛されたかを、兵士らは思い起こしていた。幾多の大戦役に鍛えられた勇敢なふたりの男、ロボー元帥とブュジョー将軍とが、ブュジョーはロボーの下に属して共に指揮を取っていた。多勢の斥候隊は、国民兵の各隊の中にある戦列隊で編成され、飾り帯をつけたひとりの警部を先に立てて、反乱してる街路を偵察ていさつに行った。暴徒の方では、四辻よつつじの角かどに騎哨きしょうを置き、また防寨の外に大胆にも斥候を出した。かくて互いに両方から観測し合っていた。政府は手に軍隊を提げながら躊躇ちゅうちょしていた。夜はまさにきたらんとして、サン・メーリーの警鐘の音が聞こえ出した。かつてはアウステルリッツの戦に臨んだ今の陸軍大臣スールト元帥は、それらの光景を陰鬱いんうつな様子でながめていた。
正規の用兵に熟達し、戦の羅針盤らしんばんたる戦術をのみ手段とし案内としている、それらの老水夫も、民衆の憤怒という広大なる白波に面しては、まったく当惑するのほかはない。革命の風はいかんともし難いものである。
市外の国民兵は、列を乱してあわただしく駆けつけてきた。軽騎兵第十二大隊の一隊はサン・ドゥニから馬を駆けさしてきた。歩兵第十四連隊はクールブヴォアから到着した。士官学校の砲兵隊はカルーゼル広場に陣取った。大砲はヴァンセンヌからやってきた。
テュイルリー宮殿は静まり返っていた。ルイ・フィリップは平然と構えていた。

 

 

Chapitre V Originalité de Paris

 

Depuis deux ans, nous l'avons dit, Paris avait vu plus d'une insurrection. Hors des quartiers insurgés, rien n'est d'ordinaire plus étrangement calme que la physionomie de Paris pendant une émeute. Paris s'accoutume très vite à tout,—ce n'est qu'une émeute,—et Paris a tant d'affaires qu'il ne se dérange pas pour si peu. Ces villes colossales peuvent seules donner de tels spectacles. Ces enceintes immenses peuvent seules contenir en même temps la guerre civile et on ne sait quelle bizarre tranquillité. D'habitude, quand l'insurrection commence, quand on entend le tambour, le rappel, la générale, le boutiquier se borne à dire:

—Il paraît qu'il y a du grabuge rue Saint-Martin.

Ou:

—Faubourg Saint-Antoine.

Souvent il ajoute avec insouciance:

—Quelque part par là.

Plus tard, quand on distingue le vacarme déchirant et lugubre de la mousqueterie et des feux de peloton, le boutiquier dit:

—Ça chauffe donc? Tiens, ça chauffe?

Un moment après, si l'émeute approche et gagne, il ferme précipitamment sa boutique et endosse rapidement son uniforme, c'est-à-dire met ses marchandises en sûreté et risque sa personne.

On se fusille dans un carrefour, dans un passage, dans un cul-de-sac; on prend, perd et reprend des barricades; le sang coule, la mitraille crible les façades des maisons, les balles tuent les gens dans leur alcôve, les cadavres encombrent le pavé. À quelques rues de là, on entend le choc des billes de billard dans les cafés.

Les curieux causent et rient à deux pas de ces rues pleines de guerre; les théâtres ouvrent leurs portes et jouent des vaudevilles. Les fiacres cheminent; les passants vont dîner en ville. Quelquefois dans le quartier même où l'on se bat. En 1831, une fusillade s'interrompit pour laisser passer une noce.

Lors de l'insurrection du 12 mai 1839, rue Saint-Martin, un petit vieux homme infirme traînant une charrette à bras surmontée d'un chiffon tricolore dans laquelle il y avait des carafes emplies d'un liquide quelconque, allait et venait de la barricade à la troupe et de la troupe à la barricade, offrant impartialement des verres de coco—tantôt au gouvernement, tantôt à l'anarchie.

Rien n'est plus étrange; et c'est là le caractère propre des émeutes de Paris qui ne se retrouve dans aucune autre capitale. Il faut pour cela deux choses, la grandeur de Paris, et sa gaîté. Il faut la ville de Voltaire et de Napoléon.

Cette fois cependant, dans la prise d'armes du 5 juin 1832, la grande ville sentit quelque chose qui était peut-être plus fort qu'elle. Elle eut peur. On vit partout, dans les quartiers les plus lointains et les plus «désintéressés», les portes, les fenêtres et les volets fermés en plein jour. Les courageux s'armèrent, les poltrons se cachèrent. Le passant insouciant et affairé disparut. Beaucoup de ces rues étaient vides comme à quatre heures du matin. On colportait des détails alarmants, on répandait des nouvelles fatales.—Qu'ils étaient maîtres de la Banque;—que, rien qu'au cloître de Saint-Merry, ils étaient six cents, retranchés et crénelés dans l'église;—que la ligne n'était pas sûre;—qu'Armand Carrel avait été voir le maréchal Clausel, et que le maréchal avait dit: Ayez d'abord un régiment;—que Lafayette était malade, mais qu'il leur avait dit pourtant: Je suis à vous. Je vous suivrai partout où il y aura place pour une chaise;—qu'il fallait se tenir sur ses gardes; qu'à la nuit il y aurait des gens qui pilleraient les maisons isolées dans les coins déserts de Paris (ici on reconnaissait l'imagination de la police, cette Anne Radcliffe mêlée au gouvernement);—qu'une batterie avait été établie rue Aubry-le-Boucher;—que Lobau et Bugeaud se concertaient et qu'à minuit, ou au point du jour au plus tard, quatre colonnes marcheraient à la fois sur le centre de l'émeute, la première venant de la Bastille, la deuxième de la porte Saint-Martin, la troisième de la Grève, la quatrième des halles;—que peut-être aussi les troupes évacueraient Paris et se retireraient au Champ de Mars;—qu'on ne savait ce qui arriverait, mais qu'à coup sûr, cette fois, c'était grave.—On se préoccupait des hésitations du maréchal Soult.—Pourquoi n'attaquait-il pas tout de suite?—Il est certain qu'il était profondément absorbé. Le vieux lion semblait flairer dans cette ombre un monstre inconnu.

Le soir vint, les théâtres n'ouvrirent pas; les patrouilles circulaient d'un air irrité; on fouillait les passants; on arrêtait les suspects. Il y avait à neuf heures plus de huit cents personnes arrêtées; la préfecture de police était encombrée, la Conciergerie encombrée, la Force encombrée. À la Conciergerie, en particulier, le long souterrain qu'on nomme la rue de Paris était jonché de bottes de paille sur lesquelles gisait un entassement de prisonniers, que l'homme de Lyon, Lagrange, haranguait avec vaillance. Toute cette paille, remuée par tous ces hommes, faisait le bruit d'une averse. Ailleurs les prisonniers couchaient en plein air dans les préaux les uns sur les autres. L'anxiété était partout, et un certain tremblement, peu habituel à Paris.

On se barricadait dans les maisons; les femmes et les mères s'inquiétaient; on n'entendait que ceci: Ah mon Dieu! il n'est pas rentré! Il y avait à peine au loin quelques rares roulements de voitures. On écoutait, sur le pas des portes, les rumeurs, les cris, les tumultes, les bruits sourds et indistincts, des choses dont on disait: C'est la cavalerie, ou: Ce sont des caissons qui galopent, les clairons, les tambours, la fusillade, et surtout ce lamentable tocsin de Saint-Merry. On attendait le premier coup de canon. Des hommes armés surgissaient au coin des rues et disparaissaient en criant: Rentrez chez vous! Et l'on se hâtait de verrouiller les portes. On disait: Comment cela finira-t-il? D'instant en instant, à mesure que la nuit tombait, Paris semblait se colorer plus lugubrement du flamboiement formidable de l'émeute.

 

前に述べたとおり、既に二年の間にパリーは幾つも反乱を見ていた。しかし反乱中のパリーの姿ほど、暴徒の手に帰した町々を除いては、妙に平静なものは普通あまり見られない。パリーは何事にもすぐになれてしまう。「わずか一つの暴動ではないか。」そしてパリーはそれくらいのことに頭をわずらわすにはあまりに多くの仕事を持っている。実にこの巨大な都市のみがかかる光景を呈し得るのである。この広大な囲郭のみが、内乱とある妙な静穏さとを同時に含み得るのである。通常、反乱が始まる時、太鼓の音、集合の譜、非常召集の譜、などが聞こえる時、商人はただこう言うだけである。
「サン・マルタン街に何か騒ぎがあるらしい。」
あるいは言う。
「サン・タントアーヌ郭外かな。」
そしてしばしば平気で言い添える。
「何でもそっちの方だ。」
やがて、一斉射撃や分隊の銃火などの鋭いすさまじい響きが聞き分けられるようになると、商人は言う。
「いよいよ本物かな? いやこれは本物だ!」
それから間もなく、暴徒が追ってきて街路を占領すると、彼はあわてて店を閉じ、すばしこく正服を引っかける、すなわち商品は安全な場所に隠し身の危険は顧みない。
四辻よつつじや通路や袋町で銃火がかわされる。防寨ぼうさいは幾度も奪われ奪い返される。血は流れ、霰弾さんだんは人家の正面に蜂はちの巣のように穴をあけ、銃弾は寝所の人々をも殺し、死体は往来をふさぐ。しかもそこから少し先の街路には珈琲コーヒー店の中に撞球たまつきの音が聞こえている。
野次馬らは戦い最中の街路から数歩先の所で、語り合い笑い合っている。劇場は扉とびらを開いて喜劇を演じている。辻馬車は通り、通行人は町に料理を食いに行く。時とすると戦いが行なわれてる同じ町でそうである。一八三一年には、結婚の列を通すために銃戦が一時止められたこともある。
一八三九年五月十二日の反乱の時には、サン・マルタン街で、老いぼれた一人の小さな爺じいさんが、手車に三色の布をかぶせ、変てこな飲料がはいってる壜びんを下に積み、それを引いて防寨と軍隊との間を往復し、下等なブランデーの杯を、あるいは政府に、あるいは無政府に平気で提供した。
およそこれほど不思議なありさまは世にあるまい。そしてそこにこそ他のいかなる都会にも見いだされないパリーの暴動の個性がある。それには二つのことが必要なのである。パリーの偉大さとパリーの快活さと。実にナポレオンの町であり、またヴォルテールの町でなければならないのである。
けれどもこんどは、一八三二年六月五日の戦いには、この大都市もおそらく自分の力に余る何かを感じたのであった。パリーは恐怖をいだいた。至るところに、最も遠い最も「利害関係のない」街区にもまっ昼間から閉ざされた門や窓や雨戸が見られた。勇気ある者らは武装し、臆病おくびょうな者らは身を潜めた。用のある平気な通行人の姿も見えなかった。多くの街路は午前四時ごろのように人影もなかった。憂慮すべき事柄が言い触らされ、心痛すべき消息が広められた。「彼らはフランス銀行を占領している。――サン・メーリー修道院だけでも六百の人数がいて、会堂の中に立てこもり銃眼をあけている。――歩兵らには安心ができない。――アルマン・カレル(訳者注 有名な新聞記者)はクローゼル元帥を訪問した。『まず一連隊集めることだ』と元帥は言った。――ラファイエットは病気である。しかし彼はなお彼らに言った。『予は汝らのものである。一個の椅子を据える余地さえあれば、どこにでも汝らのあとに従うであろう。』――各自に身をまもらなければいけない。夜になったら、パリーの寂しいすみずみにある離れ家を略奪する者が出てくるに違いない。(これはどう見ても警察が考え出したことである。アン・ラードクリフ(訳者注 イギリスの怪奇物語作者)と政府とがいっしょになったものである。)――オーブリー・ル・ブーシェ街には砲座が設けられている。――ロボーとブュジョーとは相談をした。ま夜中に、あるいは遅くとも夜明けに、四つの縦隊が同時に暴動の中心を衝つくだろう、一つはバスティーユからき、一つはサン・マルタン市門からき、一つはグレーヴからき、一つは市場から来るだろう。――またたぶん軍隊はパリーから撤退し、シャン・ド・マルス練兵場に退却するだろう。――何が起こるかわからない。しかし確かにこんどのことは重大である。」人々は特にスールト元帥が躊躇ちゅうちょしてることを頭に置いていた。「なぜ彼はすぐに攻撃を始めないのか?」彼が深く考え込んでいたことは確かである。老獅子ろうししはこの影の中に、未知の怪物をかぎつけてるらしかった。
夜になった。劇場は開かれなかった。斥候はいら立った様子で巡回していた。通行人らは調べられた。怪しい者らは捕縛された。九時までに捕えられた者が、八百人以上に上った。警視庁はいっぱいになり、コンシエルジュリー監獄とフォルス監獄もいっぱいになった。特にコンシエルジュリー監獄では、パリー街と呼ばれてる長い地下室に藁束わらたばがまき散らされ、その上に囚人らは積み重ねられたが、リヨン生まれのラグランジュという男は、彼らに向かって元気な言葉をしゃべりちらしていた。それらの藁は、囚人らに動かされて、驟雨しゅううのような音を立てた。他の所では、囚人らは露天の中庭に重なり合って寝た。至るところに不安があり、パリーにあまり知られないある戦慄せんりつがあった。
人々は家の中に閉じこもっていた。人妻や母親らは心痛していた。聞こゆるのはこういう声だけだった、「ああ、彼あれは帰ってこないが!」ただ時々遠くに馬車の音がするきりだった。戸口の所で耳を澄ますと、喧騒けんそう、叫声、騒擾そうじょう、聞き分け難い鈍い物音、などが聞こえ、人々は言った、「あれは騎兵だ、」あるいは、「あれは弾薬車が走って行くのだ。」また、ラッパの音、太鼓の音、小銃の音、そして特にサン・メーリーの痛ましい警鐘の響きが聞こえた。人々は大砲の音がするのを今か今かと待っていた。武装した男らが各街路の端に突然現われてき、「家にはいれ!」と叫びながらどこへか行ってしまった。人々は急いで戸をしめ切った。そして言った、「おしまいにはどうなるだろう?」刻一刻に、夜が暗くなるに従って、暴動の恐ろしい炎のためにパリーはますますものすごい色に染められてゆくようだった。

 

Livre onzième(第11編)に続く

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-Les Misérables, リーディング