Les Misérables リーディング

Les Misérables Tome IV : Livre sixième—Le petit Gavroche

Chapitre I Méchante espièglerie du vent

 

Depuis 1823, tandis que la gargote de Montfermeil sombrait et s'engloutissait peu à peu, non dans l'abîme d'une banqueroute, mais dans le cloaque des petites dettes, les mariés Thénardier avaient eu deux autres enfants, mâles tous deux. Cela faisait cinq; deux filles et trois garçons. C'était beaucoup.

La Thénardier s'était débarrassée des deux derniers, encore en bas âge et tout petits, avec un bonheur singulier.

Débarrassée est le mot. Il n'y avait chez cette femme qu'un fragment de nature. Phénomène dont il y a du reste plus d'un exemple. Comme la maréchale de La Mothe-Houdancourt, la Thénardier n'était mère que jusqu'à ses filles. Sa maternité finissait là. Sa haine du genre humain commençait à ses garçons. Du côté de ses fils sa méchanceté était à pic, et son cœur avait à cet endroit un lugubre escarpement. Comme on l'a vu, elle détestait l'aîné; elle exécrait les deux autres. Pourquoi? Parce que. Le plus terrible des motifs et la plus indiscutable des réponses: Parce que.—Je n'ai pas besoin d'une tiaulée d'enfants, disait cette mère.

Expliquons comment les Thénardier étaient parvenus à s'exonérer de leurs deux derniers enfants, et même à en tirer profit.

Cette fille Magnon, dont il a été question quelques pages plus haut, était la même qui avait réussi à faire renter par le bonhomme Gillenormand les deux enfants qu'elle avait. Elle demeurait quai des Célestins, à l'angle de cette antique rue du Petit-Musc qui a fait ce qu'elle a pu pour changer en bonne odeur sa mauvaise renommée. On se souvient de la grande épidémie de croup qui désola, il y a trente-cinq ans, les quartiers riverains de la Seine à Paris, et dont la science profita pour expérimenter sur une large échelle l'efficacité des insufflations d'alun, si utilement remplacées aujourd'hui par la teinture externe d'iode. Dans cette épidémie, la Magnon perdit, le même jour, l'un le matin, l'autre le soir, ses deux garçons, encore en très bas âge. Ce fut un coup. Ces enfants étaient précieux à leur mère; ils représentaient quatre-vingts francs par mois. Ces quatre-vingts francs étaient fort exactement soldés, au nom de M. Gillenormand, par son receveur de rentes, M. Barge, huissier retiré, rue du Roi-de-Sicile. Les enfants morts, la rente était enterrée. La Magnon chercha un expédient. Dans cette ténébreuse maçonnerie du mal dont elle faisait partie, on sait tout, on se garde le secret, et l'on s'entr'aide. Il fallait deux enfants à la Magnon; la Thénardier en avait deux. Même sexe, même âge. Bon arrangement pour l'une, bon placement pour l'autre. Les petits Thénardier devinrent les petits Magnon. La Magnon quitta le quai des Célestins et alla demeurer rue Clocheperce. À Paris, l'identité qui lie un individu à lui-même se rompt d'une rue à l'autre.

L'état civil, n'étant averti de rien, ne réclama pas, et la substitution se fit le plus simplement du monde. Seulement le Thénardier exigea, pour ce prêt d'enfants, dix francs par mois que la Magnon promit, et même paya. Il va sans dire que M. Gillenormand continua de s'exécuter. Il venait tous les six mois voir les petits. Il ne s'aperçut pas du changement.—Monsieur, lui disait la Magnon, comme ils vous ressemblent!

Thénardier, à qui les avatars étaient aisés, saisit cette occasion de devenir Jondrette. Ses deux filles et Gavroche avaient à peine eu le temps de s'apercevoir qu'ils avaient deux petits frères. À un certain degré de misère, on est gagné par une sorte d'indifférence spectrale, et l'on voit les êtres comme des larves. Vos plus proches ne sont souvent pour vous que de vagues formes de l'ombre, à peine distinctes du fond nébuleux de la vie et facilement remêlées à l'invisible.

Le soir du jour où elle avait fait livraison de ses deux petits à la Magnon, avec la volonté bien expresse d'y renoncer à jamais, la Thénardier avait eu, ou fait semblant d'avoir, un scrupule. Elle avait dit à son mari:—Mais c'est abandonner ses enfants, cela! Thénardier, magistral et flegmatique, cautérisa le scrupule avec ce mot: Jean-Jacques Rousseau a fait mieux! Du scrupule la mère avait passé à l'inquiétude:—Mais si la police allait nous tourmenter? Ce que nous avons fait là, monsieur Thénardier, dis donc, est-ce que c'est permis?—Thénardier répondit:—Tout est permis. Personne n'y verra que de l'azur. D'ailleurs, dans des enfants qui n'ont pas le sou, nul n'a intérêt à y regarder de près.

La Magnon était une sorte d'élégante du crime. Elle faisait de la toilette. Elle partageait son logis, meublé d'une façon maniérée et misérable, avec une savante voleuse anglaise francisée. Cette Anglaise naturalisée parisienne, recommandable par des relations fort riches, intimement liée avec les médailles de la bibliothèque et les diamants de Mlle Mars, fut plus tard célèbre dans les sommiers judiciaires. On l'appelait mamselle Miss.

Les deux petits échus à la Magnon n'eurent pas à se plaindre. Recommandés par les quatre-vingts francs, ils étaient ménagés, comme tout ce qui est exploité; point mal vêtus, point mal nourris, traités presque comme «de petits messieurs», mieux avec la fausse mère qu'avec la vraie. La Magnon faisait la dame et ne parlait pas argot devant eux.

Ils passèrent ainsi quelques années. Le Thénardier en augurait bien. Il lui arriva un jour de dire à la Magnon qui lui remettait ses dix francs mensuels:—Il faudra que «le père» leur donne de l'éducation.

Tout à coup, ces deux pauvres enfants, jusque-là assez protégés, même par leur mauvais sort, furent brusquement jetés dans la vie, et forcés de la commencer.

Une arrestation en masse de malfaiteurs comme celle du galetas Jondrette, nécessairement compliquée de perquisitions et d'incarcérations ultérieures, est un véritable désastre pour cette hideuse contre-société occulte qui vit sous la société publique; une aventure de ce genre entraîne toutes sortes d'écroulements dans ce monde sombre. La catastrophe des Thénardier produisit la catastrophe de la Magnon.

Un jour, peu de temps après que la Magnon eut remis à Éponine le billet relatif à la rue Plumet, il se fit rue Clocheperce une subite descente de police; la Magnon fut saisie, ainsi que mamselle Miss, et toute la maisonnée, qui était suspecte, passa dans le coup de filet. Les deux petits garçons jouaient pendant ce temps-là dans une arrière-cour et ne virent rien de la razzia. Quand ils voulurent rentrer, ils trouvèrent la porte fermée et la maison vide. Un savetier d'une échoppe en face les appela et leur remit un papier que «leur mère» avait laissé pour eux. Sur le papier il y avait une adresse: M. Barge, receveur de rentes, rue du Roi-de-Sicile, nº 8. L'homme de l'échoppe leur dit:—Vous ne demeurez plus ici. Allez là. C'est tout près. La première rue à gauche. Demandez votre chemin avec ce papier-ci.

Les enfants partirent, l'aîné menant le cadet, et tenant à la main le papier qui devait les guider. Il avait froid, et ses petits doigts engourdis serraient peu et tenaient mal ce papier. Au détour de la rue Clocheperce, un coup de vent le lui arracha, et, comme la nuit tombait, l'enfant ne put le retrouver.

Ils se mirent à errer au hasard dans les rues.

一八二三年以来、モンフェルメイュの宿屋はしだいに非運に傾いて、破産の淵ふちへというほどではないが、多くの小さな負債の泥水どろみずの中に沈んでいった。その頃テナルディエ夫婦の間には別にふたりの子供ができていた。ふたりとも男だった。それでつまり五人の子供になるわけで、ふたりは女の児で三人は男の子だった。そして五人とは少し多すぎた。
テナルディエの女房は、末のふたりの児を、まだ年もゆかぬごく小さな時分に、妙な好機会で厄介払やっかいばらいをしてしまった。
厄介払いとはそれにちょうど適当な言葉である。この女のうちにははんぱな天性しかなかった。そういう現象の実例はいくらもある。ラ・モート・ウーダンクール元帥夫人のように、テナルディエの女房はただその女の児に対してだけ母親だった。彼女の母性はそこ限りだった。人類に対する彼女の憎悪ぞうおは、まず自分の男の児から始まっていた。男の児に対する悪意はすこぶる峻烈しゅんれつで、彼女の心はそこに恐ろしい断崖だんがいを作っていた。読者が前に見たとおり、彼女は既に長男を憎んでいたが、他のふたりをもまたのろっていた。なぜかと言えば、ただきらいだからだった。最も恐るべき動機であり、最もどうにもできない理由だった、すなわちただきらいだから。「ぎゃあぎゃあ泣き立てる子供の厄介物やっかいものなんかはごめんだ、」とこの母親は言っていた。
テナルディエ夫婦が、末のふたりの児をどうして厄介払いしたか、しかもどうしてそれから利益まで得たか、それをちょっと説明しておこう。
前に一度出てきたあのマニョンという女は、自分のふたりの子供を種にうまくジルノルマン老人から金を引き出していたあのマニョンと同一人だった。彼女はセレスタン河岸の古いプティー・ムュスク街の角かどに住んでいて、その場所がらのために悪い評判をうまくごまかしていた。人の知るとおり、今から三十五年前に、クルプ性喉頭炎こうとうえんが非常に流行して、パリーのセーヌ川付近を荒したことがあった。明礬みょうばん吸入の効果が大規模に実験されたのもその時のことであって、今日ではそれに代えて、有効なヨードチンキが外用されるようになったのである。ところでその流行病のおりに、マニョンは同じ日の朝と晩に、まだごく幼いふたりの男の児を亡なくした。それは少なからぬ打撃だった。ふたりの子供はその母親にとっては大事なもので、毎月八十フランになるものだった。その八十フランは、ジルノルマン氏の名前で、ロア・ド・シシル街にいる退職執達吏で彼の執事をしてるバルジュ氏から、いつも正確に払われていた。しかるに子供がふたりとも死んだので、その収入も消えたわけだった。でマニョンは工夫を凝らした。ちょうど彼女が関係していた暗やみの悪人どもの間では、あらゆることがわかっていて、互いに秘密を守り合い、互いに助力し合っていた。マニョンにふたりの子供が必要だったが、テナルディエの上さんにふたりの子供があった。同じく男の児で、年齢も同じだった。一方では好都合であり、一方では厄介払いだった。そこでテナルディエのふたりの児はマニョンの児となった。マニョンはセレスタン河岸を去って、クロシュペルス街に移り住んだ。パリーでは住んでる町を変えさえすれば、まったく別人のようにわからなくなる。
戸籍係りの方には何にもわからないで、少しの抗議もなく、替玉かえだまはきわめて容易に行なわれた。ただテナルディエは子供を貸し与えたについて月に十フランを請求したが、マニョンもそれは承知して、実際毎月支払った。ジルノルマン氏がなお続けて仕送りをしたことは無論である。彼は六カ月ごとに子供を見にやってきた。しかし子供が変わっていることには気づかなかった。「旦那様だんなさま、」とマニョンは彼に言った、「まあふたりともほんとによく旦那様に似ていますこと!」
容易に姿を変え得るテナルディエは、その機会に乗じてジョンドレットとなりすました。ふたりの娘とガヴローシュとは、ふたりの小さな弟がいたことにはほとんど気づく暇もなかった。ある程度の悲惨に陥ると、人は奇怪な無関心の状態になって、人間をも幽霊のように思えてくる。最も親しい身内の者でも、ただぼんやりした影の形にすぎなくなって、人生の朦々もうもうとした奥の方に辛うじて認められるだけで、それもすぐに見分けのつかない靄もやの中に消えうせてしまう。
永久に見捨てるつもりでふたりの子供をマニョンに渡した日の夕方、テナルディエの女房はそれでもある懸念を感じた、あるいは感じたらしい様子をした。彼女は亭主に言った、「これではまるで子供をうっちゃるようなものだね。」さすがしっかりした冷淡なテナルディエは、それを一言で押さえつけた、「ジャン・ジャック・ルーソーだってこれ以上のことをしている!」女房の懸念は不安の念に変わった。「でも警察で何とか言い出したらどうしようね。あんなことをして、お前さん、まあいいだろうかね。」テナルディエは答えた。「何をしたっていいやね。だれにもわかるもんか。その上一文なしの餓鬼どものことだ、だれも気をつける者はありゃあしねえ。」
マニョンは悪党どもの間ではちょっと品のいい女だった。服装も整えていた。彼女はすっかりフランスふうになりきってるある利口な手癖の悪いイギリスの女と、同じ家に住んでいたが、その室へやは気取った卑しい飾りつけがしてあった。このパリーふうになりすましたイギリスの女は、富豪らとの関係を保ち、図書館のメダルやマルス嬢の金剛石などと親しい交渉を持っていて、後に罰金帳簿の上に名を著わした者である。普通にミス嬢と呼ばれていた。
マニョンの手に落ちたふたりの子供は、不平を言うどころではなかった。八十フランついてるので、すべて金になるものが大事にされるとおり、ごく大切にされていた。着物も食物もいいものをあてがわれ、ほとんど「小紳士」のような待遇を受けて、実の母親のもとにいるよりも養母のもとにいる方が仕合わせだった。マニョンはりっぱな夫人らしい様子を作って、彼らの前では変な言葉は少しも使わなかった。
かくて幾年か過ぎた。テナルディエは幸先さいさきがいいと思っていた。ある日マニョンがその月分の十フランを持ってきた時、彼はふとこんなことを言った、「そろそろ父親から教育もしてもらわなくちゃならん。」
ところが突然、そのふたりのあわれな子供は、その悪い運命のゆえからでもとにかくそれまでは無事に育てられていたが、急に世の中に投げ出されて、自分で生活を始めなければならなくなった。
あのジョンドレットの巣窟そうくつでなされたように多数の悪漢が一度に捕縛さるる場合には、必ずそれに引き続いて多くの捜索と監禁とが起こってくるもので、公の社会の下に住んでる隠密おんみつな嫌悪けんおすべき反社会の一団に対して大災害をきたすものである。その種の事件はこの陰惨な世界にあらゆる転覆を導き込むものである。テナルディエ一家の破滅はやがてマニョンの破滅ともなった。
ある日、マニョンがプリューメ街に関する手紙をエポニーヌに渡した少し後のことだったが、突然クロシュペルス街に警察の手が下された。マニョンはミス嬢とともに捕えられ、怪しいと見られたその家全部の者が皆一網にされてしまった。そういうことの行なわれてる間、ふたりの小さな男の児は裏の中庭で遊んでいて、その捕縛を少しも知らなかった。彼らが家にはいろうとすると、戸は閉ざされ家は空からになっていた。ふたりは向こう側の店の靴職人くつしょくにんのひとりに呼ばれて、「母親」が彼らのために書き残していった紙片を渡された。紙片の上にはあて名がついていた、ロア・ド・シシル街八番地執事バルジュ殿。店の男はふたりに言った。「お前たちはもうここにはいられねえ。その番地の所へ行きな。すぐ近くだ。左手のすぐの街路まちだ。この書き付けを持って道をきくがいい。」
ふたりの子供は出かけていった。兄は弟の方を連れながら、ふたりを導くべき紙片を手にしていた。寒い日で、彼の痺しびれた小さな指には力がなく、その紙片をしっかと握っていることができなかった。クロシュペルス街の曲がり角かどの所で、一陣の風が彼の手から紙片を吹き飛ばしてしまった。もう夜になりかかった頃で、子供はそれをさがし出すことができなかった。
ふたりはあてもなく往来をさまよい始めた。

 

 

Chapitre II Où le petit Gavroche tire parti de Napoléon le Grand

 

Le printemps à Paris est assez souvent traversé par des bises aigres et dures dont on est, non pas précisément glacé, mais gelé; ces bises, qui attristent les plus belles journées, font exactement l'effet de ces souffles d'air froid qui entrent dans une chambre chaude par les fentes d'une fenêtre ou d'une porte mal fermée. Il semble que la sombre porte de l'hiver soit restée entrebâillée et qu'il vienne du vent par là. Au printemps de 1832, époque où éclata la première grande épidémie de ce siècle en Europe, ces bises étaient plus âpres et plus poignantes que jamais. C'était une porte plus glaciale encore que celle de l'hiver qui était entr'ouverte. C'était la porte du sépulcre. On sentait dans ces bises le souffle du choléra.

Au point de vue météorologique, ces vents froids avaient cela de particulier qu'ils n'excluaient point une forte tension électrique. De fréquents orages, accompagnés d'éclairs et de tonnerres, éclatèrent à cette époque.

Un soir que ces bises soufflaient rudement, au point que janvier semblait revenu et que les bourgeois avaient repris les manteaux, le petit Gavroche, toujours grelottant gaîment sous ses loques, se tenait debout et comme en extase devant la boutique d'un perruquier des environs de l'Orme-Saint-Gervais. Il était orné d'un châle de femme en laine, cueilli on ne sait où, dont il s'était fait un cache-nez. Le petit Gavroche avait l'air d'admirer profondément une mariée en cire, décolletée et coiffée de fleurs d'oranger, qui tournait derrière la vitre, montrant, entre deux quinquets, son sourire aux passants; mais en réalité il observait la boutique afin de voir s'il ne pourrait pas «chiper» dans la devanture un pain de savon, qu'il irait ensuite revendre un sou à un «coiffeur» de la banlieue. Il lui arrivait souvent de déjeuner d'un de ces pains-là. Il appelait ce genre de travail, pour lequel il avait du talent, «faire la barbe aux barbiers».

Tout en contemplant la mariée et tout en lorgnant le pain de savon, il grommelait entre ces dents ceci:—Mardi.—Ce n'est pas mardi.—Est-ce mardi?—C'est peut-être mardi.—Oui, c'est mardi.

On n'a jamais su à quoi avait trait ce monologue.

Si, par hasard, ce monologue se rapportait à la dernière fois où il avait dîné, il y avait trois jours, car on était au vendredi.

Le barbier, dans sa boutique chauffée d'un bon poêle, rasait une pratique et jetait de temps en temps un regard de côté à cet ennemi, à ce gamin gelé et effronté qui avait les deux mains dans ses poches, mais l'esprit évidemment hors du fourreau.

Pendant que Gavroche examinait la mariée, le vitrage et les Windsor-soaps, deux enfants de taille inégale, assez proprement vêtus, et encore plus petits que lui, paraissant l'un sept ans, l'autre cinq, tournèrent timidement le bec-de-cane et entrèrent dans la boutique en demandant on ne sait quoi, la charité peut-être, dans un murmure plaintif et qui ressemblait plutôt à un gémissement qu'à une prière. Ils parlaient tous deux à la fois, et leurs paroles étaient inintelligibles parce que les sanglots coupaient la voix du plus jeune et que le froid faisait claquer les dents de l'aîné. Le barbier se tourna avec un visage furieux, et sans quitter son rasoir, refoulant l'aîné de la main gauche et le petit du genou, les poussa tous deux dans la rue, et referma sa porte en disant:

—Venir refroidir le monde pour rien!

Les deux enfants se remirent en marche en pleurant. Cependant une nuée était venue; il commençait à pleuvoir.

Le petit Gavroche courut après eux et les aborda:

—Qu'est-ce que vous avez donc, moutards?

—Nous ne savons pas où coucher, répondit l'aîné.

—C'est ça? dit Gavroche. Voilà grand'chose. Est-ce qu'on pleure pour ça? Sont-ils serins donc!

Et prenant, à travers sa supériorité un peu goguenarde, un accent d'autorité attendrie et de protection douce:

—Momacques, venez avec moi.

—Oui, monsieur, fit l'aîné.

Et les deux enfants le suivirent comme ils auraient suivi un archevêque. Ils avaient cessé de pleurer.

Gavroche leur fit monter la rue Saint-Antoine dans la direction de la Bastille.

Gavroche, tout en cheminant, jeta un coup d'œil indigné et rétrospectif à la boutique du barbier.

—Ça n'a pas de cœur, ce merlan-là, grommela-t-il. C'est un angliche.

Une fille, les voyant marcher à la file tous les trois, Gavroche en tête, partit d'un rire bruyant. Ce rire manquait de respect au groupe.

—Bonjour, mamselle Omnibus, lui dit Gavroche.

Un instant après, le perruquier lui revenant, il ajouta:

—Je me trompe de bête; ce n'est pas un merlan, c'est un serpent. Perruquier, j'irai chercher un serrurier, et je te ferai mettre une sonnette à la queue.

Ce perruquier l'avait rendu agressif. Il apostropha, en enjambant un ruisseau, une portière barbue et digne de rencontrer Faust sur le Brocken, laquelle avait son balai à la main.

—Madame, lui dit-il, vous sortez donc avec votre cheval?

Et sur ce, il éclaboussa les bottes vernies d'un passant.

—Drôle! cria le passant furieux.

Gavroche leva le nez par-dessus son châle.

—Monsieur se plaint?

—De toi! fit le passant.

—Le bureau est fermé, dit Gavroche, je ne reçois plus de plaintes.

パリーの春には、しばしば鋭いきびしい北風が吹いて、ただに凍えるばかりでなく、実際身体まで氷結してしまうほどである。最も麗しい春の日をそこなうそれらの北風は、ちょうど建て付けの悪い窓や戸のすき間から暖い室へやの中に吹き込んでくる冷たいすき間風のようなものである。あたかも冬の薄暗い扉とびらが半ば開いたままになっていて、そこから風が吹いて来るかとも思われる。一八三二年の春は、十九世紀最初の大疫病がヨーロッパに発生した時だったが、この北風が例年にも増して荒く鋭かった。冬の扉よりももっと冷たい氷の扉が口を開いていた。墳墓の扉だった。その北風の中にはコレラの息吹いぶきが感ぜられた。
気象学上から言えば、この寒風の特質は高圧の電気を少しもはばまないことだった。電光と雷鳴とを伴った驟雨しゅううがその頃しばしば起こった。
ある晩、この北風が激しく吹いて、正月がまた戻ってきたかと思われ、市民はまたマントを引っ掛けていた時、少年ガヴローシュは相変わらずぼろの下にふるえながら暢気のんきで、オルム・サン・ジェルヴェーの付近にある、ある理髪屋の店先に立って、我を忘れてるがようだった。どこから拾ってきたかわからないが、毛織りの女の肩掛けをして、それに顔を半分埋めていた。ちょうど蝋細工ろうざいくの新婦の人形があって、首筋をあらわにし橙オレンジの花を頭につけ、窓ガラスの中で二つのランプの間にぐるぐる回りながら、通行人に笑顔えがおを見せていた。少年ガヴローシュはそれに深く見とれてるようなふうをしていた。しかし実際は、店の中をうかがっているのであって、店先にある石鹸せっけんの一片でも「ごまかし」て、場末の「床屋」に一スーばかりにでも買ってもらおう、というくらいのつもりだった。彼は何度もそういう一片で朝飯にありついたことがあった。彼はそういう仕事に得意で、そのことを「床屋の髯ひげをそる」と称していた。
人形を見、また一片の石鹸を偸見ぬすみみしながら、彼は口の中でこうつぶやいた。「火曜日。――火曜日じゃない。――火曜日かな。――火曜日かも知れん。――そうだ、火曜日だ。」
その独語は何のことだか人にはわからなかった。
あるいはもしかすると、その独語は三日前に得たこの前の食事に関することだったかも知れない。なぜならちょうどその日は金曜だったから。
理髪師は盛んな火のはいってるストーブで暖められた店の中で、客の顔をそりながら、時々じろりと敵の方へ目をやっていた。敵というのはその凍えた厚かましい浮浪少年で、彼は両手をポケットにつっ込んではいたが、その精神は明らかに鞘さやを払って一仕事しようとしていた。
ガヴローシュが人形や窓ガラスやウィンゾール石鹸などをのぞいてる間に、彼より小さなかなりの服装をしたふたりの子供が、それも背たけが異なってひとりは七歳くらいでひとりは五歳くらいだったが、おずおずと戸のとっ手を回して、店にはいってゆき、おそらく慈悲か何かを願いながら、懇願というよりもむしろうめきに似た声でぶつぶつつぶやいた。ふたりは同時に口をきいたが、年下の方の声は嗚咽おえつに妨げられ、年上の方の声は寒さに震える歯の音に妨げられて、言葉は聞き取れなかった。理髪師は恐ろしい顔をしてふり向き、剃刀かみそりを手にしたまま、左手で年上の方を押し返し、膝頭ひざがしらで年下の方を押しのけ、ふたりを往来につき出して、戸をしめながら言った。
「つまらないことにはいってきやがって、室へやが冷えっちまうじゃないか」
ふたりの子供は泣きながらまた歩き出した。そのうちに雲が空を通って、雨が降り始めた。
少年ガヴローシュはふたりのあとに駆けていって、それに追いついた。
「おい、お前たちはどうしたんだい。」
「寝る所がないんだもの。」と年上の方が答えた。
「そんなことか。」とガヴローシュは言った。「なんだつまらねえ。それぐらいのことに泣いてるのか。カナリヤみたいだな。」
そして年長者らしい嘲弄ちょうろう半分の気持から、少しかわいそうに見下すようなまたやさしくいたわるような調子で言った。
「まあ俺おれといっしょにこいよ。」
「ええ。」と年上の方が言った。
そしてふたりの子供は、大司教のあとにでもついてゆくようにして彼のあとに従った。もう泣くのをやめていた。
ガヴローシュは彼らを連れて、サン・タントアーヌ街をバスティーユの方へ進んでいった。
彼は歩きながら、ふり返って理髪屋の店をじろりとにらんだ。
「不人情な奴やつだ、あの床屋め。」と彼はつぶやいた。「ひどい野郎だ。」
ガヴローシュを先頭に三人が一列になって歩くのを見て、ひとりの女が大声に笑い出した。三人に敬意を欠いた笑い方だった。
「こんちは、共同便所お嬢さん。」とガヴローシュはその女に言った。
それからすぐにまた、理髪師のことが頭に浮かんできて、彼はつけ加えた。
「俺おれは畜生を見違えちゃった。あいつは床屋じゃねえ、蛇へびだ。ようし、錠前屋を呼んできて、今にしっぽに鈴をつけさしてやらあ。」
理髪師は彼の気をいら立たしていた。ブロッケン山(訳者注 ワルプルギスの魔女らの会合地と思われていた所)でファウストに現われて来るにもふさわしいようなある髯ひげのある門番の女が、手に箒ほうきを持って立っていると、彼は溝どぶをまたぎながら呼びかけた。
「お前さんは馬に乗って出て来るといいや。」
その時、彼は一通行人のみがき立ての靴くつに泥をはねかけた。
「ばか野郎!」と通行人はどなった。
ガヴローシュは肩掛けの上に顔を出した。
「苦情ですか。」
「貴様にだ!」と通行人は言った。
「役所はひけましたよ、」とガヴローシュは言った、「もう訴えは受け付けません。」

 

 

 

 

Cependant, en continuant de monter la rue, il avisa, toute glacée sous une porte cochère, une mendiante de treize ou quatorze ans, si court-vêtue qu'on voyait ses genoux. La petite commençait à être trop grande fille pour cela. La croissance vous joue de ces tours. La jupe devient courte au moment où la nudité devient indécente.

—Pauvre fille! dit Gavroche. Ça n'a même pas de culotte. Tiens, prends toujours ça.

Et, défaisant toute cette bonne laine qu'il avait autour du cou, il la jeta sur les épaules maigres et violettes de la mendiante, où le cache-nez redevint châle.

La petite le considéra d'un air étonné et reçut le châle en silence. À un certain degré de détresse, le pauvre, dans sa stupeur, ne gémit plus du mal et ne remercie plus du bien.

Cela fait:

—Brrr! dit Gavroche, plus frissonnant que saint Martin, qui, lui du moins, avait gardé la moitié de son manteau.

Sur ce brrr! l'averse, redoublant d'humeur, fit rage. Ces mauvais ciels-là punissent les bonnes actions.

—Ah çà! s'écria Gavroche, qu'est-ce que cela signifie? Il repleut! Bon Dieu, si cela continue, je me désabonne.

Et il se remit en marche.

—C'est égal, reprit-il en jetant un coup d'œil à la mendiante qui se pelotonnait sous le châle, en voilà une qui a une fameuse pelure.

Et, regardant la nuée, il cria:

—Attrapé!

Les deux enfants emboîtaient le pas derrière lui.

Comme ils passaient devant un de ces épais treillis grillés qui indiquent la boutique d'un boulanger, car on met le pain comme l'or derrière des grillages de fer, Gavroche se tourna:

—Ah çà, mômes, avons-nous dîné?

—Monsieur, répondit l'aîné, nous n'avons pas mangé depuis tantôt ce matin.

—Vous êtes donc sans père ni mère? reprit majestueusement Gavroche.

—Faites excuse, monsieur, nous avons papa et maman, mais nous ne savons pas où ils sont.

—Des fois, cela vaut mieux que de le savoir, dit Gavroche qui était un penseur.

—Voilà, continua l'aîné, deux heures que nous marchons, nous avons cherché des choses au coin des bornes, mais nous ne trouvons rien.

—Je sais, fit Gavroche. C'est les chiens qui mangent tout.

Il reprit après un silence:

—Ah! nous avons perdu nos auteurs. Nous ne savons plus ce que nous en avons fait. Ça ne se doit pas, gamins. C'est bête d'égarer comme ça des gens d'âge. Ah çà! il faut licher pourtant.

Du reste il ne leur fit pas de questions. Être sans domicile, quoi de plus simple?

L'aîné des deux mômes, presque entièrement revenu à la prompte insouciance de l'enfance, fit cette exclamation:

—C'est drôle tout de même. Maman qui avait dit qu'elle nous mènerait chercher du buis bénit le dimanche des rameaux.

—Neurs, répondit Gavroche.

—Maman, reprit l'aîné, est une dame qui demeure avec mamselle Miss.

—Tanflûte, repartit Gavroche.

Cependant il s'était arrêté, et depuis quelques minutes il tâtait et fouillait toutes sortes de recoins qu'il avait dans ses haillons.

Enfin il releva la tête d'un air qui ne voulait qu'être satisfait, mais qui était en réalité triomphant.

—Calmons-nous, les momignards. Voici de quoi souper pour trois.

Et il tira d'une de ses poches un sou.

Sans laisser aux deux petits le temps de s'ébahir, il les poussa tous deux devant lui dans la boutique du boulanger, et mit son sou sur le comptoir en criant:

—Garçon! cinque centimes de pain.

Le boulanger, qui était le maître en personne, prit un pain et un couteau.

—En trois morceaux, garçon! reprit Gavroche, et il ajouta avec dignité:

—Nous sommes trois.

Et voyant que le boulanger, après avoir examiné les trois soupeurs, avait pris un pain bis, il plongea profondément son doigt dans son nez avec une aspiration aussi impérieuse que s'il eût eu au bout du pouce la prise de tabac du grand Frédéric, et jeta au boulanger en plein visage cette apostrophe indignée:

—Keksekça?

Ceux de nos lecteurs qui seraient tentés de voir dans cette interpellation de Gavroche au boulanger un mot russe ou polonais, ou l'un de ces cris sauvages que les Yoways et les Botocudos se lancent du bord d'un fleuve à l'autre à travers les solitudes, sont prévenus que c'est un mot qu'ils disent tous les jours (eux nos lecteurs) et qui tient lieu de cette phrase: qu'est-ce que c'est que cela? Le boulanger comprit parfaitement et répondit:

—Eh mais! c'est du pain, du très bon pain de deuxième qualité.

—Vous voulez dire du larton brutal, reprit Gavroche, calme et froidement dédaigneux. Du pain blanc, garçon! du larton savonné! je régale.

Le boulanger ne put s'empêcher de sourire, et tout en coupant le pain blanc, il les considérait d'une façon compatissante qui choqua Gavroche.

—Ah çà, mitron! dit-il, qu'est-ce que vous avez donc à nous toiser comme ça?

Mis tous trois bout à bout, ils auraient fait à peine une toise.

Quand le pain fut coupé, le boulanger encaissa le sou, et Gavroche dit aux deux enfants:

—Morfilez.

Les petits garçons le regardèrent interdits.

Gavroche se mit à rire:

—Ah! tiens, c'est vrai, ça ne sait pas encore, c'est si petit.

Et il reprit:

—Mangez.

En même temps, il leur tendait à chacun un morceau de pain.

その街路をなお進みながらやがて彼は、十三、四歳の乞食娘こじきむすめが、膝ひざまで見えるような短い着物を着て、ある門の下に凍えて立ってるのを見た。小さな娘は着のみ着のままであまり大きくなり始めてるのだった。生長はそういう悪戯いたずらをすることがある。裸体がふしだらとなる頃には、衣裳いしょうは短かすぎるようになる。
「かわいそうだな!」とガヴローシュは言った。「裾着すそぎもないんだな。さあ、これでもまあ着るがいい。」
そして首に巻いていた暖かい毛織りの肩掛けをはずし、それを乞食娘こじきむすめのやせた紫色の肩の上に投げてやった。それで首巻きはまた再び肩掛けに戻ったわけである。
娘はびっくりしたようなふうで彼をながめ、黙ったまま肩掛けを受け取った。ある程度までの困苦に達すると、人は呆然ぼうぜんとしてしまって、もはや虐待を訴えもしなければ、親切を謝しもしなくなるものである。
それからガヴローシュは「ぶるる!」と脣くちびるでうなって、聖マルティヌス(訳者注 中古の聖者)よりもいっそうひどく震え上がった。聖マルティヌスは少なくとも、自分のマントの半分は残して身につけていたのである。
その「ぶるる!」という震え声に、驟雨は一段ときげんを損じて激しくなってきた。この悪者の空はかえって善行を罰する。
「ああ何てことだ。」とガヴローシュは叫んだ。「またひどく降り出してきたな。このまま降り続こうもんなら、もう神様なんてものも御免だ。」
そして彼はまた歩き出した。
「なあにいいや。」と彼は言いながら、肩掛けの下に身を縮めてる乞食娘の方に一瞥いちべつをなげた。「あすこにだってすてきな着物を着てる女が一匹いらあ。」
そしてこんどは雲をながめて叫んだ。
「やられた!」
ふたりの子供は彼のあとに並んで歩いていた。
人は通常パンを黄金のように鉄格子の中に置くものであって、密な鉄格子はパン屋の店を示すものであるが、彼らがそういう一つの窓の前を通りかかった時、ガヴローシュは後ろをふり向いた。
「おい、みんな飯を食ったか。」
「朝から何にも食べません。」と年上の子供が答えた。
「じゃあ親父おやじも親母おふくろもないのか。」とガヴローシュはおごそかに言った。
「いいえ、どっちもありますが、どこにいるかわからないんです。」
「それはわかってるよりわからない方がいいこともある。」と思想家であるガヴローシュは言った。
「もう二時間も歩き回ってるんです。」と年上の方は言い続けた。「町角まちかどでさがし物をしてたけれど、わからないんです。」
「あたりまえさ、犬がみんな食ってしまうんだ。」とガヴローシュは言った。
そしてちょっと口をつぐんだ後、彼はまた言った。
「ああ俺たちは産んでくれた者を失ってしまったんだ。それをどうしたのかもうわからないんだ。こんなことになるべきもんじゃあねえや。こんなふうに大人おとなを見失うなあばかげてる。だがまあのみこんじまうさ。」
彼はその上彼らに何も尋ねなかった。宿がない、そんなことはあたりまえのことである。
ふたりの中の年上の方は、子供の常としてすぐにほとんど平気になって、こんなことを言い出した。
「でも変ですよ。お母さんは、枝の日曜日(復活祭前の日曜)には黄楊つげの枝をもらいに連れてってくれると言っていたんだもの。」
「ふーむ。」とガヴローシュは答えた。
「お母さんはね、」と年上のは言った、「ミス嬢といっしょに住んでるんですよ。」
「へえー。」とガヴローシュは言った。
そのうちに彼は立ち止まって、しばらくそのぼろ着物のすみずみを隈くまなく手を当ててさがし回った。
ついに彼はただ満足して頭を上げたが、しかし実は昂然こうぜんたる様子になった。
「安心しろよ。三人分の食事ができた。」
そして彼は一つのポケットから一スー銅貸を引き出した。
ふたりが驚いて口を開く間もなく、彼はふたりをすぐ前のパン屋の店に押し込み、帳場に銅貨を置きながら叫んだ。
「おい、パンを一スー。」
主人と小僧とを兼ねてるそのパン屋は、パンの切れとナイフとを取り上げた。
「三片みきれにしてくれ。」とガヴローシュは言った。そしてしかつめらしくつけ加えた。
「三人だからな。」
そしてパン屋が三人の客の様子をうかがって黒パンを取り上げたのを見て、彼は鼻の穴に深く指をつっ込み、あたかも拇指おやゆびの先に一摘まみのフレデリック大王の嗅煙草かぎたばこでも持ってるようにおごそかに息を吸い込んで、それからパン屋にまっ正面から次の激語を浴びせかけた。
「そりゃんだ?」
読者はガヴローシュがパン屋に浴びせかけたその一語を、ロシアかポーランドあたりの言葉だろうと思ったり、あるいは曠野こうやのうちに大河の一方から他方へ呼びかわすアメリカ土人の粗野な叫びだろうと思うかもしれないが、実は読者自身が日常使ってる言葉で、「それはなんだ?」という句の代わりになるものだった。パン屋はそれをよく理解して答えた。
「なにこれはパンで、中等のうちで一番いい品だよ。」
「すすけたやつとでも言うんだろう。」とガヴローシュは落ち着いて冷然と言った。「白いパンがいるんだ。洗い立てのようなやつだ。俺おれがごちそうするんだからな。」
パン屋は思わず微笑して、それから白パンを切りながら、三人をあわれむようにながめた。ガヴローシュはそれがしゃくにさわった。
「おい丁稚でっち、」と彼は言った、「なんだってそうじろじろ見てるんだ。」
だが三人をつぎ合わしても、やっと一尋ひとひろくらいなものだったろう。
パンが切られると、パン屋は一スー銅貨を引き出しに投げ込み、ガヴローシュはふたりの子供に言った。
「やれよ。」
子供はぼんやりして彼をながめた。
ガヴローシュは笑い出した。
「あはあ、なるほど、まだわからないんだな。小ちっちゃいからな。」
そして彼は言い直した。
「食えよ。」
同時に彼は、ふたりにパンを一切れずつ差し出した。

 

 

Et, pensant que l'aîné, qui lui paraissait plus digne de sa conversation, méritait quelque encouragement spécial et devait être débarrassé de toute hésitation à satisfaire son appétit, il ajouta en lui donnant la plus grosse part:

—Colle-toi ça dans le fusil.

Il y avait un morceau plus petit que les deux autres; il le prit pour lui.

Les pauvres enfants étaient affamés, y compris Gavroche. Tout en arrachant leur pain à belles dents, ils encombraient la boutique du boulanger qui, maintenant qu'il était payé, les regardait avec humeur.

—Rentrons dans la rue, dit Gavroche.

Ils reprirent la direction de la Bastille.

De temps en temps, quand ils passaient devant les devantures de boutiques éclairées, le plus petit s'arrêtait pour regarder l'heure à une montre en plomb suspendue à son cou par une ficelle.

—Voilà décidément un fort serin, disait Gavroche.

Puis, pensif, il grommelait entre ses dents:

—C'est égal, si j'avais des mômes, je les serrerais mieux que ça.

Comme ils achevaient leur morceau de pain et atteignaient l'angle de cette morose rue des Ballets au fond de laquelle on aperçoit le guichet bas et hostile de la Force:

—Tiens, c'est toi, Gavroche? dit quelqu'un.

—Tiens, c'est toi, Montparnasse? dit Gavroche.

そして、年上の方はいくらか話せるやつらしいので、少し勇気をつけてやって、遠慮なく腹を満たすようにしてやるがいいと彼は思って、一番大きな切れを与えながら言い添えた。
「これをつめ込むがいい。」
一切れは一番小さかったので、彼はそれを自分のにした。
あわれな子供らは、ガヴローシュもいっしょにして、非常に腹がすいていた。で三人はその店先に並んで、パンをがつがつかじり出した。パン屋はもう金をもらってしまったので、しかめっ面つらをして彼らをながめていた。
「往来に戻っていこう。」とガヴローシュは言った。
彼らはまたバスティーユの方へ歩き出した。
時々、明るい店の前を通る時、年下の方は立ち止まって、紐ひもで首にかけてる鉛の時計を出して時間を見た。
「なるほどまだ嘴くちばしが黄色いんだな。」とガヴローシュは言った。
それからふと考え込んで、口の中でつぶやいた。
「だが、俺にもし子供がきでもあったら、もっと大事にするかも知れねえ。」
彼らがパンの切れを食い終わって、向こうにフォルス監獄の低いいかめしい潜門くぐりもんが見える陰鬱いんうつなバレー街の角かどまで達した時、だれかが声をかけた。
「やあ、ガヴローシュか。」
「やあ、モンパルナスか。」とガヴローシュは言った。

 

 

 

 

C'était un homme qui venait d'aborder le gamin, et cet homme n'était autre que Montparnasse déguisé, avec des besicles bleues, mais reconnaissable pour Gavroche.

—Mâtin, poursuivit Gavroche, tu as une pelure couleur cataplasme de graine de lin et des lunettes bleues comme un médecin. Tu as du style, parole de vieux!

—Chut, fit Montparnasse, pas si haut!

Et il entraîna vivement Gavroche hors de la lumière des boutiques.

Les deux petits suivaient machinalement en se tenant par la main.

Quand ils furent sous l'archivolte noire d'une porte cochère, à l'abri des regards et de la pluie:

—Sais-tu où je vas? demanda Montparnasse.

—À l'abbaye de Monte-à-Regret, dit Gavroche.

—Farceur!

Et Montparnasse reprit:

—Je vas retrouver Babet.

—Ah! fit Gavroche, elle s'appelle Babet.

Montparnasse baissa la voix.

—Pas elle, lui.

—Ah! Babet!

—Oui, Babet.

—Je le croyais bouclé.

—Il a défait la boucle, répondit Montparnasse.

Et il conta rapidement au gamin que, le matin de ce même jour où ils étaient, Babet, ayant été transféré à la Conciergerie, s'était évadé en prenant à gauche au lieu de prendre à droite dans «le corridor de l'instruction».

Gavroche admira l'habileté.

—Quel dentiste! dit-il.

Montparnasse ajouta quelques détails sur l'évasion de Babet, et termina par:

—Oh! ce n'est pas tout.

Gavroche, tout en écoutant, s'était saisi d'une canne que Montparnasse tenait à la main; il en avait machinalement tiré la partie supérieure, et la lame d'un poignard avait apparu.

—Ah! fit-il en repoussant vivement le poignard, tu as emmené ton gendarme déguisé en bourgeois.

Montparnasse cligna de l'œil.

—Fichtre! reprit Gavroche, tu vas donc te colleter avec les cognes?

—On ne sait pas, répondit Montparnasse d'un air indifférent. Il est toujours bon d'avoir une épingle sur soi.

Gavroche insista:

—Qu'est-ce que tu vas donc faire cette nuit?

Montparnasse prit de nouveau la corde grave et dit en mangeant les syllabes:

—Des choses.

Et, changeant brusquement de conversation:

—À propos!

—Quoi?

—Une histoire de l'autre jour. Figure-toi. Je rencontre un bourgeois. Il me fait cadeau d'un sermon et de sa bourse. Je mets ça dans ma poche. Une minute après, je fouille dans ma poche. Il n'y avait plus rien.

—Que le sermon, fit Gavroche.

—Mais toi, reprit Montparnasse, où vas-tu donc maintenant?

Gavroche montra ses deux protégés et dit:

—Je vas coucher ces enfants-là.

—Où ça, coucher?

—Chez moi.

—Où ça chez toi?

—Chez moi.

—Tu loges donc?

—Oui, je loge.

—Et où loges-tu?

—Dans l'éléphant, dit Gavroche.

Montparnasse, quoique de sa nature peu étonné, ne put retenir une exclamation:

—Dans l'éléphant!

—Eh bien oui, dans l'éléphant! repartit Gavroche. Kekçaa?

Ceci est encore un mot de la langue que personne n'écrit et que tout le monde parle. Kekçaa signifie: qu'est-ce que cela a?

L'observation profonde du gamin ramena Montparnasse au calme et au bon sens. Il parut revenir à de meilleurs sentiments pour le logis de Gavroche.

—Au fait! dit-il, oui, l'éléphant. Y est-on bien?

—Très bien, fit Gavroche. Là, vrai, chenûment. Il n'y a pas de vents coulis comme sous les ponts.

—Comment y entres-tu?

—J'entre.

—E y a donc un trou? demanda Montparnasse.

—Parbleu! Mais il ne faut pas le dire. C'est entre les jambes de devant. Les coqueurs ne l'ont pas vu.

—Et tu grimpes? Oui, je comprends.

—Un tour de main, cric, crac, c'est fait, plus personne.

Après un silence, Gavroche ajouta:

—Pour ces petits j'aurai une échelle.

Montparnasse se mit à rire.

—Où diable as-tu pris ces mômes-là?

Gavroche répondit avec simplicité:

—C'est des momichards dont un perruquier m'a fait cadeau.

Cependant Montparnasse était devenu pensif.

—Tu m'as reconnu bien aisément, murmura-t-il.

Il prit dans sa poche deux petits objets qui n'étaient autre chose que deux tuyaux de plume enveloppés de coton et s'en introduisit un dans chaque narine. Ceci lui faisait un autre nez.

—Ça te change, dit Gavroche, tu es moins laid, tu devrais garder toujours ça.

Montparnasse était joli garçon, mais Gavroche était railleur.

—Sans rire, demanda Montparnasse, comment me trouves-tu?

C'était aussi un autre son de voix. En un clin d'œil, Montparnasse était devenu méconnaissable.

—Oh! fais-nous Porrichinelle! s'écria Gavroche.

Les deux petits, qui n'avaient rien écouté jusque-là, occupés qu'ils étaient eux-mêmes à fourrer leurs doigts dans leur nez, s'approchèrent à ce nom et regardèrent Montparnasse avec un commencement de joie et d'admiration.

Malheureusement Montparnasse était soucieux.

Il posa la main sur l'épaule de Gavroche et lui dit en appuyant sur les mots:

—Écoute ce que je te dis, garçon, si j'étais sur la place, avec mon dogue, ma dague et ma digue, et si vous me prodiguiez dix gros sous, je ne refuserais pas d'y goupiner, mais nous ne sommes pas le mardi gras.

Cette phrase bizarre produisit sur le gamin un effet singulier. Il se tourna vivement, promena avec une attention profonde ses petits yeux brillants autour de lui, et aperçut, à quelques pas, un sergent de ville qui leur tournait le dos. Gavroche laissa échapper un: ah, bon! qu'il réprima sur-le-champ, et, secouant la main de Montparnasse:

—Eh bien, bonsoir, fit-il, je m'en vas à mon éléphant avec mes mômes. Une supposition que tu aurais besoin de moi une nuit, tu viendrais me trouver là. Je loge à l'entresol. Il n'y a pas de portier. Tu demanderais monsieur Gavroche.

—C'est bon, dit Montparnasse.

浮浪少年に言葉をかけた男は、モンパルナスが変装してるのにほかならなかった。青眼鏡あおめがねをかけて姿を変えてはいたが、ガヴローシュにはすぐにわかった。
「畜生、」とガヴローシュは言い続けた、「唐辛とうがらしの膏薬こうやくみたいなものを着て青眼鏡をかけてるところは、ちょっとお医者様だ。なるほどいいスタイルだ。」
「シッ、」とモンパルナスは言った、「高い声をするな。」
そして彼は、すぐに店並みの光が届かない所にガヴローシュを連れ込んだ。
ふたりの子供は手をつなぎ合って機械的にそのあとについていった。
彼らがある大きな門の人目と雨とを避けた暗い迫持せりもちの下にはいった時、モンパルナスは尋ねた。
「俺が今どこへ行くのか知ってるか。」
「お陀仏堂だぶつどう(絞首台)へでも行くんだろう。」とガヴローシュは言った。
「ばか言うな。」
そしてモンパルナスは言った。
「バベに会いに行くんだ。」
「ああ、」とガヴローシュは言った、「女の名はバベって言うのか。」
モンパルナスは声を低めた。
「女じゃねえ、男だ。」
「うむ、バベか。」
「そうだ、あのバベだ。」
「あいつは上げられてると思ったが。」
「うまくはずしたんだ。」とモンパルナスは答えた。
そして彼はこの浮浪少年に、バベはちょうどその日の朝、付属監獄へ護送されて、「審理場の廊下」で右に行く所を左に行ってうまく脱走したことを、かいつまんで話した。
ガヴローシュはその巧みなやり口に感心した。
「上手なやつだな!」と彼は言った。
モンパルナスはバベの脱走について二、三の詳しいことをなお言い添えて、最後に言った。
「ところがまだそればかりじゃあねえんだ。」
ガヴローシュは話を聞きながら、モンパルナスが手に持ってたステッキを取り、そして何とはなしにその上の方を引っ張ってみた。すると刀身が現われた。
「ああ、」と彼はすぐに刀身を納めながら言った、「豪えらいやつを隠してるな。」
モンパルナスは目をまたたいてみせた。
「なるほど、」とガヴローシュは言った、「いぬをやっつけるつもりだね。」
「そんなことあわかるもんか。」とモンパルナスは事もなげに答えた。「とにかく一つ持ってる方がいいからな。」
ガヴローシュはしつこく言った。
「今晩いったい何をするつもりなんだい?」
モンパルナスはまたまじめな問題に立ち返って、一語一語のみ込むように言った。
「いろんなことだ。」
そして彼はにわかに話題を変えた。
「時にね。」
「何だ?」
「この間妙なことがあったよ。まあ俺おれがある市民に会ったと思うがいい。するとその男が俺にお説教と財布とをくれた。俺はそれをポケットに入れた。ところがすぐあとでポケットを探ると、もう何にもねえんだ。」
「お説教だけ残ったんだな。」とガヴローシュは言った。
「だがお前は、」とモンパルナスは言った、「これからどこへ行くんだ。」
ガヴローシュは引き連れたふたりの子供をさして言った。
「この子供どもを寝かしに行くんだ。」
「どこだ、寝かすのは。」
「俺の家うちだ。」
「お前の家って、どこだ。」
「俺の家だ。」
「では家があるのか。」
「うむ、ある。」
「そしてそりゃあどこだ。」
「象の中だ。」とガヴローシュは言った。
モンパルナスは生来あまり驚かない方ではあったが、声を上げざるを得なかった。
「象の中!」
「そうだ、象の中だ。」とガヴローシュは言った。「せがどった?」
この終わりの一語もまた、だれもそう書きはしないが、だれでも話してる言葉である。「せがどった」というのは、「それがどうした?」という意味である。
浮浪少年のその深い見解は、ついにモンパルナスを落ち着けまじめになした。彼はガヴローシュの住居に賛成しだしたようだった。
「なるほど、」と彼は言った、「あの象か。中はどんな気持ちだ?」
「いいね、」とガヴローシュは言った、「まったくすてきだ。橋の下のように風はこないしね。」
「どうしてはいるんだ。」
「そりゃあはいれるさ。」
「穴でもあるのか。」とモンパルナスは尋ねた。
「うむ。だが人に言っちゃあいけねえよ。前足の間にあるんだ。いぬどもも気がついていないんだ。」
「でお前はそこから上ってゆくのか。なるほどな。」
「かさこそっとやればもう大丈夫、だれの目にもつかねえ。」
そしてちょっと言葉を切って、ガヴローシュはまた言い添えた。
「この子供には、梯子はしごをかけてやろう。」
モンパルナスは笑い出した。
「いったいどこからその餓鬼どもを拾ってきたんだ。」
ガヴローシュは事もなげに答えた。
「理髪屋が俺おれにくれたんだ。」
そのうちにモンパルナスは考え込んだ。
「お前にはすぐに俺がわかったんだな。」と彼はつぶやいた。
彼はポケットから何か二つの小さな物を取り出したが、それは綿にくるんだ二つの羽軸に外ならなかった。彼はそれを両方の鼻の穴に差し込んだ。すると鼻の形がまったく異なってしまった。
「すっかり変わったよ、」とガヴローシュは言った、「その方が男っぷりがいいや、いつもそうしてる方がいいね。」
モンパルナスは好男子であったが、ガヴローシュはひやかしたのだった。
「冗談はぬきにして、」とモンパルナスは尋ねた、「これでどうだろう。」
彼は声まで変わっていた。一瞬間のうちにモンパルナスは別人になってしまった。
「まったくポリシネル(道化者)だ。」とガヴローシュは叫んだ。
ふたりの子供はそれまで彼らの言葉に耳も傾けないで、指先で鼻の穴をほじくっていたが、ポリシネルという言葉を聞いて近寄ってき、始めておもしろがり感心しだしてモンパルナスをながめた。
ただ不幸にもモンパルナスは安心していなかった。
彼はガヴローシュの肩に手を置き、一語一語力を入れて言った。
「いいかね。俺がもし番犬と短剣と一件とを組んで広場んでもいるんなら、そしてお前が十スーばかんふんばってでもくれるんなら、少し手を貸さんもんでもねえんだがね、今はぼんやりふんぞってもおれんからな。」
その変な言葉を聞いて、浮浪少年は妙な態度をとった。彼は急いでふり返り、深く注意をこめてその小さな輝いた目であたりを見回し、そして数歩向こうに、こちらに背を向けて立ってるひとりの巡査を見つけた。ガヴローシュは思わず「なるほど」と言いかけたが、すぐにその言葉をのみ込んでしまって、それからモンパルナスの手を握って打ち振りながら言った。
「じゃ失敬。俺おれは餓鬼どもをつれて象の所へ行こう。もし晩に用でもあったら、あすこへこいよ。中二階に住んでるから。門番もいやしねえ。ガヴローシュ君と尋ねて来りゃあすぐわかるよ。」
「よし。」とモンパルナスは言った。

 

 

 

 

Et ils se séparèrent, Montparnasse cheminant vers la Grève et Gavroche vers la Bastille. Le petit de cinq ans, traîné par son frère que traînait Gavroche, tourna plusieurs fois la tête en arrière pour voir s'en aller «Porrichinelle».

La phrase amphigourique par laquelle Montparnasse avait averti Gavroche de la présence du sergent de ville ne contenait pas d'autre talisman que l'assonance dig répétée cinq ou six fois sous des formes variées. Cette syllabe dig, non prononcée isolément, mais artistement mêlée aux mots d'une phrase, veut dire:—Prenons garde, on ne peut pas parler librement.—Il y avait en outre dans la phrase de Montparnasse une beauté littéraire qui échappa à Gavroche, c'est mon dogue, ma dague et, ma digue, locution de l'argot du Temple qui signifie, mon chien, mon couteau et ma femme, fort usité parmi les pitres et les queues-rouges du grand siècle où Molière écrivait et où Callot dessinait.

Il y a vingt ans, on voyait encore dans l'angle sud-est de la place de la Bastille près de la gare du canal creusée dans l'ancien fossé de la prison-citadelle, un monument bizarre qui s'est effacé déjà de la mémoire des Parisiens, et qui méritait d'y laisser quelque trace, car c'était une pensée du «membre de l'Institut, général en chef de l'armée d'Égypte».

Nous disons monument, quoique ce ne fût qu'une maquette. Mais cette maquette elle-même, ébauche prodigieuse, cadavre grandiose d'une idée de Napoléon que deux ou trois coups de vent successifs avaient emportée et jetée à chaque fois plus loin de nous, était devenue historique, et avait pris je ne sais quoi de définitif qui contrastait avec son aspect provisoire. C'était un éléphant de quarante pieds de haut, construit en charpente et en maçonnerie, portant sur son dos sa tour qui ressemblait à une maison, jadis peint en vert par un badigeonneur quelconque, maintenant peint en noir par le ciel, la pluie et le temps. Dans cet angle désert et découvert de la place, le large front du colosse, sa trompe, ses défenses, sa tour, sa croupe énorme, ses quatre pieds pareils à des colonnes faisaient, la nuit, sur le ciel étoilé, une silhouette surprenante et terrible. On ne savait ce que cela voulait dire. C'était une sorte de symbole de la force populaire. C'était sombre, énigmatique et immense. C'était on ne sait quel fantôme puissant, visible et debout à côté du spectre invisible de la Bastille.

Peu d'étrangers visitaient cet édifice, aucun passant ne le regardait. Il tombait en ruine; à chaque saison, des plâtras qui se détachaient de ses flancs lui faisaient des plaies hideuses. Les «édiles», comme on dit en patois élégant, l'avaient oublié depuis 1814. Il était là dans son coin, morne, malade, croulant, entouré d'une palissade pourrie, souillée à chaque instant par des cochers ivres; des crevasses lui lézardaient le ventre, une latte lui sortait de la queue, les hautes herbes lui poussaient entre les jambes; et comme le niveau de la place s'élevait depuis trente ans tout autour par ce mouvement lent et continu qui exhausse insensiblement le sol des grandes villes, il était dans un creux et il semblait que la terre s'enfonçât sous lui. Il était immonde, méprisé, repoussant et superbe, laid aux yeux du bourgeois, mélancolique aux yeux du penseur. Il avait quelque chose d'une ordure qu'on va balayer et quelque chose d'une majesté qu'on va décapiter.

Comme nous l'avons dit, la nuit l'aspect changeait. La nuit est le véritable milieu de tout ce qui est ombre. Dès que tombait le crépuscule, le vieil éléphant se transfigurait; il prenait une figure tranquille et redoutable dans la formidable sérénité des ténèbres. Étant du passé, il était de la nuit; et cette obscurité allait à sa grandeur.

Ce monument, rude, trapu, pesant, âpre, austère, presque difforme, mais à coup sûr majestueux et empreint d'une sorte de gravité magnifique et sauvage, a disparu pour laisser régner en paix l'espèce de poêle gigantesque, orné de son tuyau, qui a remplacé la sombre forteresse à neuf tours, à peu près comme la bourgeoisie remplace la féodalité. Il est tout simple qu'un poêle soit le symbole d'une époque dont une marmite contient la puissance. Cette époque passera, elle passe déjà; on commence à comprendre que, s'il peut y avoir de la force dans une chaudière, il ne peut y avoir de puissance que dans un cerveau; en d'autres termes, que ce qui mène et entraîne le monde, ce ne sont pas les locomotives, ce sont les idées. Attelez les locomotives aux idées, c'est bien; mais ne prenez pas le cheval pour le cavalier.

Quoi qu'il en soit, pour revenir à la place de la Bastille, l'architecte de l'éléphant avec du plâtre était parvenu à faire du grand; l'architecte du tuyau de poêle a réussi à faire du petit avec du bronze.

Ce tuyau de poêle, qu'on a baptisé d'un nom sonore et nommé la colonne de Juillet, ce monument manqué d'une révolution avortée, était encore enveloppé en 1832 d'une immense chemise en charpente que nous regrettons pour notre part, et d'un vaste enclos en planches, qui achevait d'isoler l'éléphant.

Ce fut vers ce coin de la place, à peine éclairé du reflet d'un réverbère éloigné, que le gamin dirigea les deux «mômes».

Qu'on nous permette de nous interrompre ici et de rappeler que nous sommes dans la simple réalité, et qu'il y a vingt ans les tribunaux correctionnels eurent à juger, sous prévention de vagabondage et de bris d'un monument public, un enfant qui avait été surpris couché dans l'intérieur même de l'éléphant de la Bastille.

Ce fait constaté, nous continuons.

En arrivant près du colosse, Gavroche comprit l'effet que l'infiniment grand peut produire sur l'infiniment petit, et dit:

—Moutards! n'ayez pas peur.

Puis il entra par une lacune de la palissade dans l'enceinte de l'éléphant et aida les mômes à enjamber la brèche. Les deux enfants, un peu effrayés, suivaient sans dire mot Gavroche et se confiaient à cette petite providence en guenilles qui leur avait donné du pain et leur avait promis un gîte.

Il y avait là, couchée le long de la palissade, une échelle qui servait le jour aux ouvriers du chantier voisin. Gavroche la souleva avec une singulière vigueur, et l'appliqua contre une des jambes de devant de l'éléphant. Vers le point où l'échelle allait aboutir, on distinguait une espèce de trou noir dans le ventre du colosse.

Gavroche montra l'échelle et le trou à ses hôtes et leur dit:

—Montez et entrez.

Les deux petits garçons se regardèrent terrifiés.

—Vous avez peur, mômes! s'écria Gavroche.

Et il ajouta:

—Vous allez voir.

Il étreignit le pied rugueux de l'éléphant, et en un clin d'œil, sans daigner se servir de l'échelle, il arriva à la crevasse. Il y entra comme une couleuvre qui se glisse dans une fente, il s'y enfonça, et un moment après les deux enfants virent vaguement apparaître, comme une forme blanchâtre et blafarde, sa tête pâle au bord du trou plein de ténèbres.

—Eh bien, cria-t-il, montez donc, les momignards! vous allez voir comme on est bien!—Monte, toi! dit-il à l'aîné, je te tends la main.

Les petits se poussèrent de l'épaule, le gamin leur faisait peur et les rassurait à la fois, et puis il pleuvait bien fort. L'aîné se risqua. Le plus jeune, en voyant monter son frère et lui resté tout seul entre les pattes de cette grosse bête, avait bien envie de pleurer, mais il n'osait.

L'aîné gravissait, tout en chancelant, les barreaux de l'échelle; Gavroche, chemin faisant, l'encourageait par des exclamations de maître d'armes à ses écoliers ou de muletier à ses mules:

—Aye pas peur!

—C'est ça!

—Va toujours!

—Mets ton pied là!

—Ta main ici.

—Hardi!

Et quand il fut à sa portée, il l'empoigna brusquement et vigoureusement par le bras et le tira à lui.

—Gobé! dit-il.

Le môme avait franchi la crevasse.

—Maintenant, fit Gavroche, attends-moi. Monsieur, prenez la peine de vous asseoir.

Et, sortant de la crevasse comme il y était entré, il se laissa glisser avec l'agilité d'un ouistiti le long de la jambe de l'éléphant, il tomba debout sur ses pieds dans l'herbe, saisit le petit de cinq ans à bras-le-corps et le planta au beau milieu de l'échelle, puis il se mit à monter derrière lui en criant à l'aîné:

—Je vas le pousser, tu vas le tirer.

En un instant le petit fut monté, poussé, traîné, tiré, bourré, fourré dans le trou sans avoir eu le temps de se reconnaître, et Gavroche, entrant après lui, repoussant d'un coup de talon l'échelle qui tomba sur le gazon, se mit à battre des mains et cria:

—Nous y v'là! Vive le général Lafayette!

Cette explosion passée, il ajouta:

—Les mioches, vous êtes chez moi.

Gavroche était en effet chez lui.

Ô utilité inattendue de l'inutile! charité des grandes choses! bonté des géants! Ce monument démesuré qui avait contenu une pensée de l'Empereur était devenu la boîte d'un gamin. Le môme avait été accepté et abrité par le colosse. Les bourgeois endimanchés qui passaient devant l'éléphant de la Bastille disaient volontiers en le toisant d'un air de mépris avec leurs yeux à fleur de tête:—À quoi cela sert-il?—Cela servait à sauver du froid, du givre, de la grêle, de la pluie, à garantir du vent d'hiver, à préserver du sommeil dans la boue qui donne la fièvre et du sommeil dans la neige qui donne la mort, un petit être sans père ni mère, sans pain, sans vêtements, sans asile. Cela servait à recueillir l'innocent que la société repoussait. Cela servait à diminuer la faute publique. C'était une tanière ouverte à celui auquel toutes les portes étaient fermées. Il semblait que le vieux mastodonte misérable, envahi par la vermine et par l'oubli, couvert de verrues, de moisissures et d'ulcères, chancelant, vermoulu, abandonné, condamné, espèce de mendiant colossal demandant en vain l'aumône d'un regard bienveillant au milieu du carrefour, avait eu pitié, lui, de cet autre mendiant, du pauvre pygmée qui s'en allait sans souliers aux pieds, sans plafond sur la tête, soufflant dans ses doigts, vêtu de chiffons, nourri de ce qu'on jette. Voilà à quoi servait l'éléphant de la Bastille. Cette idée de Napoléon, dédaignée par les hommes, avait été reprise par Dieu. Ce qui n'eût été qu'illustre était devenu auguste. Il eût fallu à l'Empereur, pour réaliser ce qu'il méditait, le porphyre, l'airain, le fer, l'or, le marbre; à Dieu le vieil assemblage de planches, de solives et de plâtras suffisait. L'Empereur avait eu un rêve de génie; dans cet éléphant titanique, armé, prodigieux, dressant sa trompe, portant sa tour, et faisant jaillir de toutes parts autour de lui des eaux joyeuses et vivifiantes, il voulait incarner le peuple; Dieu en avait fait une chose plus grande, il y logeait un enfant.

Le trou par où Gavroche était entré était une brèche à peine visible du dehors, cachée qu'elle était, nous l'avons dit, sous le ventre de l'éléphant, et si étroite qu'il n'y avait guère que des chats et des mômes qui pussent y passer.

—Commençons, dit Gavroche, par dire au portier que nous n'y sommes pas.

Et plongeant dans l'obscurité avec certitude comme quelqu'un qui connaît son appartement, il prit une planche et en boucha le trou.

Gavroche replongea dans l'obscurité. Les enfants entendirent le reniflement de l'allumette enfoncée dans la bouteille phosphorique. L'allumette chimique n'existait pas encore; le briquet Fumade représentait à cette époque le progrès.

Une clarté subite leur fit cligner les yeux; Gavroche venait d'allumer un de ces bouts de ficelle trempés dans la résine qu'on appelle rats de cave. Le rat de cave, qui fumait plus qu'il n'éclairait, rendait confusément visible le dedans de l'éléphant.

Les deux hôtes de Gavroche regardèrent autour d'eux et éprouvèrent quelque chose de pareil à ce qu'éprouverait quelqu'un qui serait enfermé dans la grosse tonne de Heidelberg, ou mieux encore à ce que dut éprouver Jonas dans le ventre biblique de la baleine. Tout un squelette gigantesque leur apparaissait et les enveloppait. En haut, une longue poutre brune d'où partaient de distance en distance de massives membrures cintrées figurait la colonne vertébrale avec les côtes, des stalactites de plâtre y pendaient comme des viscères, et d'un côté à l'autre de vastes toiles d'araignée faisaient des diaphragmes poudreux. On voyait çà et là dans les coins de grosses taches noirâtres qui avaient l'air de vivre et qui se déplaçaient rapidement avec un mouvement brusque et effaré.

Les débris tombés du dos de l'éléphant sur son ventre en avaient comblé la concavité, de sorte qu'on pouvait y marcher comme sur un plancher.

Le plus petit se rencogna contre son frère et dit à demi-voix:

—C'est noir.

Ce mot fit exclamer Gavroche. L'air pétrifié des deux mômes rendait une secousse nécessaire.

—Qu'est-ce que vous me fichez? s'écria-t-il. Blaguons-nous? faisons-nous les dégoûtés? vous faut-il pas les Tuileries? Seriez-vous des brutes? Dites-le. Je vous préviens que je ne suis pas du régiment des godiches. Ah çà, est-ce que vous êtes les moutards du moutardier du pape?

Un peu de rudoiement est bon dans l'épouvante. Cela rassure. Les deux enfants se rapprochèrent de Gavroche.

Gavroche, paternellement attendri de cette confiance, passa «du grave au doux» et s'adressant au plus petit:

—Bêta, lui dit-il en accentuant l'injure d'une nuance caressante, c'est dehors que c'est noir. Dehors il pleut, ici il ne pleut pas; dehors il fait froid, ici il n'y a pas une miette de vent; dehors il y a des tas de monde, ici il n'y a personne; dehors il n'y a pas même la lune, ici il y a ma chandelle, nom d'unch!

Les deux enfants commençaient à regarder l'appartement avec moins d'effroi; mais Gavroche ne leur laissa pas plus longtemps le loisir de la contemplation.

—Vite, dit-il.

そして彼らは別れて、モンパルナスはグレーヴの方へ、ガヴローシュはバスティーユの方へ向かった。五歳の子供は兄に連れられ、兄はガヴローシュに連れられて、何度もふり返っては、「ポリシネル」が立ち去るのをながめた。
巡査がいることをモンパルナスがガヴローシュに伝えた変な言葉には、種々の形の下に十何回となくくり返されたんという音の合い図を含んでいるのだった。この別々に発音されないで巧みに文句のうちに交じえられたんという音は、こういう意味だった、「注意しろ、うっかりしたことは言えねえ。」その上モンパルナスの言葉のうちには、ガヴローシュの気づかない文学的美点があった。それは、番犬と短剣と一件という言葉で、タンプル付近で普通に隠語として使われ、犬とナイフと女という意味であって、モリエールが喜劇を書きカローが絵を書いていたあの大世紀の道化者や手品師などの間に使い古されたものであった。
今から二十年前までは、バスティーユの広場の南東のすみ、監獄の城砦じょうさいの昔の濠ほりに通ぜられた掘り割りにある停船場の近くに、一つの不思議な記念物が残っていた。それは今ではもうパリー人の記憶にも止まってはいないが、少しは覚えていてもいいものである、なぜなら、「学士会員エジプト軍総指揮官」(ナポレオン)の考えになったものであるから。
もっとも記念物とは言っても、一つの粗末な作り物にすぎなかった。しかしこの作り物は、ナポレオンの考えを示す驚くべき草案であり偉大な形骸けいがいであって、相次いで起こった二、三の風雲のためにしだいにわれわれから遠くへ吹き去られこわされてしまったものではあるけれども、それ自身は歴史的価値を有するに至ったもので、一時作りのものであったにかかわらずある永久性をそなうるに至ったものである。それは木材と漆喰しっくいとで作られた高さ四十尺ばかりの象の姿で、背中の上には家のような塔が立っていて、昔はペンキ屋の手で青く塗られていたが、当時はもう長い間の風雨に黒ずんでしまっていた。そして広場の寂しい露天の一隅いちぐうで、その巨大な額、鼻、牙きば、背中の塔、大きな臀しり、大円柱のような四本の足などは、夜分星の輝いた空の上に、恐ろしい姿で高くそびえて浮き出していた。何とも言えない感じを人に与えた。民衆の力の象徴とも言えるものだった。謎なぞのような巨大な黒い影だった。バスティーユの牢獄の目に見えない幽鬼のそばに立っている、目に見える巨大な一種の幽鬼であった。
外国人でその建造物を見舞う者はほとんどなく、通行人でその建造物をながめる者はひとりもいなかった。そしてしだいに荒廃に帰し、時とともに漆喰が取れて横腹に醜い傷をこしらえた。上流の流行語でいわゆる「奉行ぶぎょう」らも、一八一四年以来それを顧みなかった。でその片すみに立ったまま、陰鬱いんうつに病みこわれ、絶えず酔っ払いの馬方どもがよごしてゆく朽ちた板囲いがあり、腹部には縦横に亀裂きれつができ、尾には木の軸が見え、長い草が足の間にははえていた。そして大都会の地面を絶えず徐々に高めてゆく変化につれて、その広場の地面も三十年来高まっていったので、象は窪地くぼちの中に立っていて、ちょうど地面がその重みの下にへこんでいるかのようだった。もうきたなくなって、だれにも顧みられず、いやな姿で傲然ごうぜんと控えていて、市民の目には醜く、思索家の目には陰鬱いんうつに見えていた。当然取り除かるべき不潔さをそなえ、当然打ち倒さるべき壮大さをそなえていた。
しかし前に言ったとおり、夜になると違ったありさまになった。夜はまったく影のものの世界である。薄暗くなり始めると、その古い象も姿が変わった。深く朗らかなやみの中に、落ち着いた恐ろしい姿になった。過去のものであるがゆえに、また夜のものであった。夜の暗さはその偉大さにふさわしいものだった。
その記念物は、荒々しく、太々しく、重々しく、粗雑で、いかめしく、ほとんどぶかっこうであったが、しかし確かに堂々たるもので、一種壮大野蛮な威厳をそなえていた。がついに消えうせてしまって、九つの塔を持った陰惨な牢獄ろうごくの城砦じょうさいの跡に立った、煙筒のついた大きなストーブみたいな記念碑を、平和にそびえさした。それはあたかも、封建制度の後に中流階級がやってきたようなものである。勢力は鍋なべの中に存するという一時代の象徴がストーブであることは、至って自然なことである。しかしそういう時代もやがて過ぎ去るだろう。否既に過ぎ去りつつある。強力は釜かまの中にあるとしても、勢力は頭脳の中にあるのほかはないということが、既に了解され始めている。言葉を換えて言えば、世界を導いてゆくものは、機関車ではなくて思想であるということが。機関車を思想につなぐはいい、しかし馬を騎士と誤ってはいけない。
それはとにかく、バスティーユの広場に戻って言うならば、象の建造者は漆喰しっくいをもって偉大を作り上げることができ、ストーブの煙筒の建造者は青銅をもって卑小を作り上げることができたのである。
このストーブの煙筒は、七月記念塔といういかめしい名前を冠せられたものであり、流産した革命(七月革命)のはんぱな記念碑であるが、一八三二年にはまだ、惜しいことには、大きな足場構えでおおわれていて、その上象を孤立さしてしまった広い板囲いでとりまかれていた。
今浮浪少年がふたりの「餓鬼」を連れて行ったのは、遠い街灯の光が届くか届かないくらいのその広場の片すみの方へであった。
余事ではあるがここに一言ことわっておくのを許してもらいたい。われわれはただありのままの事実を話しているのである。そして、軽罪裁判所で、浮浪ならびに公共建築物破壊の名の下に、バスティーユの象の中に寝てるところを押さえられたひとりの子供が裁かれたのは、今から二十年前のことであった。
これだけの事実を述べておいて、話を先に進めよう。
大きな象の方へ近づきながらガヴローシュは、ごく大きなものがごく小さなものの上に与える感じを察して、こう言った。
「お前たち、こわがることはないんだぜ。」
それから彼は板囲いの破れ目から象の囲いの中にはいり、ふたりの子供を助けてその入り口をまたがした。ふたりは少し驚いて、一言も口をきかずにガヴローシュのあとに従い、自分たちにパンをくれ宿所を約束してくれたそのぼろを着た小さな天の使いに万事を任した。
そこには、そばの建築材置き場で職人らが昼間使ってる一つのはしごが、板囲いの根本に横たえてあった。ガヴローシュは非常な力を出してそれを持ち上げ、象の前足の一つにそれを立て掛けた。梯子はしごの先が届いてる所に、象の腹にあいてる暗い穴が見えていた。
ガヴローシュはその梯子と穴とをふたりの客人にさし示して言った。
「上っていってはいるんだ。」
ふたりの小さな子供は恐れて互いに顔を見合った。
「こわいんだね。」とガヴローシュは叫んだ。
そして彼は言い添えた。
「やって見せよう。」
彼は象の皺しわのある足に手をかけ、梯子を使おうともせず、ひらりと穴の所へ飛び上がった。そして蛇が穴にはい込むようにその中にはいって、見えなくなった。けれど間もなく、青白いぼんやりした幽霊のように、まっくらな穴の縁に彼の顔がぼーっと浮かび出してくるのを、ふたりの子供は見た。
「さあお前たちも上ってこい、」と彼は叫んだ、「ごくいい気持ちだぜ。」それから年上の方に言った。「お前上れ、手を引っ張ってやるから。」
ふたりは互いに肩をつき合って先を譲った。しかし浮浪少年は彼らをこわがらせると同時にまた安心さしていた。その上雨もひどく降っていた。で年上の方がまずやってみた。年下の方は兄が上ってゆくのを見、自分ひとり大きな動物の足の間に取り残されたのを見て、泣き出したいような心地になったが、それをじっとおさえた。
年上の方は梯子を一段一段とよろめきながら上っていった。ガヴローシュはその間、撃剣の先生が生徒を励ますように、また馬方が騾馬らばを励ますように、声をかけて力づけてやった。
「こわくはない。」
「そうだ。」
「そのとおりやるんだ。」
「そこに足をかけて。」
「こっちにつかまって。」
「しっかり。」
そして子供が手の届く所まで来ると、彼はいきなり強くその腕をつかんで引き上げた。
「よし。」と彼は言った。
子供は穴の縁を越した。
「ちょっと待っておれ。」とガヴローシュは言った。「どうぞ席におつき下さいだ。」
そして、はいったのと同じようにして穴からいで、猿のようにすばしこく象の足をすべりおり、草の上にすっくと飛びおりて、五歳の子供を鷲づかみにし、はしごの中ほどにそれを据え、その後から上りながら、年上の方に叫んだ。
「俺が押すから、お前は引っ張るんだぞ。」
たちまちのうちに子供は、上げられ、押され、引きずられ、引っ張られ、知らない間に穴の中へ押し込まれてしまった。ガヴローシュはそのあとからはいってきながら、踵かかとで一蹴してはしごを草の上に投げ倒し、手をたたいて叫んだ。
「さあよし。ラファイエット将軍万歳!」(訳者注 常に革命に味方せる当時の将軍)
その感興が静まると、彼はつけ加えて言った。
「お前たちは俺おれの家にきたんだぜ。」
ガヴローシュは実際自分の家に落ち着いたのだった。
実に廃物の意外なる利用である。偉大なる事物の恵み、巨人の好意である。皇帝の思想を含有するこの大なる記念物は、一浮浪少年を入るる箱となった。小僧はその巨像から迎えられて庇護ひごされた。日曜日の晴れ着をつけてバスティーユの象の前を通る市民らは、軽蔑けいべつの様子で目を見張ってながめながら好んで言った、「あんなものが何の役に立とう?」しかしそれは、父も母もなくパンも着物も住居もない一少年を、寒気や霜や霰あられや雨などから救い、冬の朔風きたかぜからまもり、熱を起こさせる泥中でいちゅうの睡眠から防ぎ、死を招く雪中の睡眠から防ぐの用に立った。社会から拒まれた罪なき者を収容するの用に立った。公衆の罪過を減ずるの用に立った。それはすべての扉とびらからしめ出された者に向かって開かれた洞窟どうくつであった。虫に食われ世に忘れられ、疣いぼや黴かびや吹き出物などが一面に生じ、よろめき、腐蝕され、見捨てられ、永久に救われない、そのみじめな年老いた巨獣、四つ辻つじのまんなかに立って好意の一瞥いちべつをいたずらに求めてるその一種の巨大なる乞食こじきは、これもひとりの乞食、足には靴くつもなく、頭の上には屋根もなく、凍えた指に息を吐きかけ、ぼろをまとい、人の投げ与える物で飢えをしのいでるあわれな小人に、憐愍れんびんの情を寄せてるかのようだった。バスティーユの象はそういう役に立ったのである。ナポレオンのその考案は、人間に軽蔑されたが、神によって受け入れられた。単に有名にすぎなかった物も、尊厳の趣を得るにいたった。皇帝にとっては、その考案したところを実現せんがためには、雲斑石うんぱんせきや青銅や鉄や金や大理石などが必要だったろうけれども、神にとっては、板と角材と漆喰しっくいとの古い構造で足りたのである。皇帝は天才的夢想をいだいていた。鼻を立て、塔を負い、勇ましい生命の水を四方に噴出する、この武装せる驚くばかりの巨大なる象のうちに、民衆を具現せんと欲した。しかし神はそれをいっそう偉大なるものたらしめた、すなわちその中にひとりの少年を住まわしたのである。
ガヴローシュがはいり込んだ入り口の穴は、前に言ったとおり象の腹の下に隠れていて、その上猫ねこか子供のほかは通れないくらいに狭かったので、外からはほとんど見えなかった。
「まず初めに、」とガヴローシュは言った、「皆不在だと門番に言っておこう。」
そしてよく案内を知った自分の部屋にでもはいるように平気で暗闇くらやみの中を進んでいって、一枚の板を取り、それで入り口の穴をふさいだ。
ガヴローシュはまた闇の中にはいり込んだ。ふたりの子供は、燐りんの壜びんの中に差し込んだ付け木に火をつける音を聞いた。化学的のマッチはまだできていなかった。フュマードの発火器も当時では進歩した方のものだった。
突然光がきたので、子供らは目をまたたいた。ガヴローシュは樹脂の中に浸した麻糸でいわゆる窖あなぐらの鼠なるものの端に火をつけたのだった。光よりもむしろ煙の方を多く出すその窖の鼠は、象の内部をぼんやり明るくなした。
ガヴローシュのふたりの客人は、まわりをながめて、一種異様な感に打たれた。ハイデルベルヒ城の大樽たるの中に閉じこめられでもしたような心地であり、またなおよく言えば、聖書にある鯨の腹の中にはいったというヨナが感じでもしたような心地だった。巨大な骸骨がいこつが彼らの目に見えてきて、彼らを丸のみにしていた。上には、穹窿形きゅうりゅうけいの大きな肋骨材ろっこつざいが所々に出ている薄黒い長い梁はりが一本あって、肋骨をそなえた背骨のありさまを呈し、多くの漆喰しっくいの乳房が内臓のようにそこから下がっており、一面に張りつめた広い蜘蛛くもの巣は、塵ちりをかぶった横隔膜のようだった。方々のすみには黒ずんだ大きな汚点が見えていて、ちょうど生きてるようで、にわかに騒ぎ立って早く動き回った。
象の背中から落ちた破片は、腹部の凹所おうしょを満たしていたので、歩いてもちょうど床ゆかの上のような具合だった。
小さい方は兄に身を寄せて、半ば口の中で言った。
「暗いんだね。」
その言葉はガヴローシュの激語を招いた。ふたりの子供の狼狽ろうばいしてる様子を見ると、少し押っかぶせてやる必要があった。
「何をぐずぐずぬかすんだ?」と彼は叫んだ。「おかしいというのか。いやだと言うのか。お前らはテュイルリーの御殿にでも行きてえのか。ばかになりてえのか。言ってみろ。覚えておれ、俺おれはたわけ者じゃねえんだぞ。お前らはいったい、法皇の小姓みてえな奴やつなのか。」
少し手荒い言葉もこわがってる時には効果がある。それは心を落ち着かせる。ふたりの子供はガヴローシュの方へ近寄っていった。
ガヴローシュはその信頼の様子に年長者らしく心を動かされて、「厳父から慈母に」変わり、年下の方に言葉をかけてやった。
「ばかだな。」と彼は甘やかすような調子に小言こごとを包んで言った。「暗いのは外だぜ。外には雨が降ってるが、ここには降っていない。外は寒いが、ここには少しの風もない。外には大勢人がいるが、ここにはだれもいない。外には月も照っていないが、ここには俺の蝋燭ろうそくがあるんだ。」
ふたりの子供は前ほどこわがらないで部屋へやの中を見回し始めた。しかしガヴローシュは彼らに長く見回してる暇を与えなかった。
「早くしろよ。」と彼は言った。

 

 

 

 

Et il les poussa vers ce que nous sommes très heureux de pouvoir appeler le fond de la chambre.

Là était son lit.

Le lit de Gavroche était complet. C'est-à-dire qu'il y avait un matelas, une couverture et une alcôve avec rideaux.

Le matelas était une natte de paille, la couverture un assez vaste pagne de grosse laine grise fort chaud et presque neuf. Voici ce que c'était que l'alcôve:

Trois échalas assez longs enfoncés et consolidés dans les gravois du sol, c'est-à-dire du ventre de l'éléphant, deux en avant, un en arrière, et réunis par une corde à leur sommet, de manière à former un faisceau pyramidal. Ce faisceau supportait un treillage de fil de laiton qui était simplement posé dessus, mais artistement appliqué et maintenu par des attaches de fil de fer, de sorte qu'il enveloppait entièrement les trois échalas. Un cordon de grosses pierres fixait tout autour ce treillage sur le sol, de manière à ne rien laisser passer. Ce treillage n'était autre chose qu'un morceau de ces grillages de cuivre dont on revêt les volières dans les ménageries. Le lit de Gavroche était sous ce grillage comme dans une cage. L'ensemble ressemblait à une tente d'Esquimau.

C'est ce grillage qui tenait lieu de rideaux.

Gavroche dérangea un peu les pierres qui assujettissaient le grillage par devant; les deux pans du treillage qui retombaient l'un sur l'autre s'écartèrent.

—Mômes, à quatre pattes! dit Gavroche.

Il fit entrer avec précaution ses hôtes dans la cage, puis il y entra après eux, en rampant, rapprocha les pierres et referma hermétiquement l'ouverture.

Ils s'étaient étendus tous trois sur la natte.

Si petits qu'ils fussent, aucun d'eux n'eût pu se tenir debout dans l'alcôve. Gavroche avait toujours le rat de cave à sa main.

—Maintenant, dit-il, pioncez! Je vas supprimer le candélabre.

—Monsieur, demanda l'aîné des deux frères à Gavroche en montrant le grillage, qu'est-ce que c'est donc que ça?

—Ça, dit Gavroche gravement, c'est pour les rats.—Pioncez!

Cependant il se crut obligé d'ajouter quelques paroles pour l'instruction de ces êtres en bas âge, et il continua:

—C'est des choses du Jardin des plantes. Ça sert aux animaux féroces. Gniena (il y en a) plein un magasin. Gnia (il n'y a) qu'à monter par-dessus un mur, qu'à grimper par une fenêtre et qu'à passer sous une porte. On en a tant qu'on veut.

Tout en parlant, il enveloppait d'un pan de la couverture le tout petit qui murmura:

—Oh! c'est bon! c'est chaud!

Gavroche fixa un œil satisfait sur la couverture.

—C'est encore du Jardin des plantes, dit-il. J'ai pris ça aux singes.

Et montrant à l'aîné la natte sur laquelle il était couché, natte fort épaisse et admirablement travaillée, il ajouta:

—Ça, c'était à la girafe.

Après une pause, il poursuivit:

—Les bêtes avaient tout ça. Je le leur ai pris. Ça ne les a pas fâchées. Je leur ai dit: C'est pour l'éléphant.

Il fit encore un silence et reprit:

—On passe par-dessus les murs et on se fiche du gouvernement. V'là.

Les deux enfants considéraient avec un respect craintif et stupéfait cet être intrépide et inventif, vagabond comme eux, isolé comme eux, chétif comme eux, qui avait quelque chose d'admirable et de tout-puissant, qui leur semblait surnaturel, et dont la physionomie se composait de toutes les grimaces d'un vieux saltimbanque mêlées au plus naïf et au plus charmant sourire.

—Monsieur, fit timidement l'aîné, vous n'avez donc pas peur des sergents de ville?

Gavroche se borna à répondre:

—Môme! on ne dit pas les sergents de ville, on dit les cognes.

Le tout petit avait les yeux ouverts, mais il ne disait rien. Comme il était au bord de la natte, l'aîné étant au milieu, Gavroche lui borda la couverture comme eût fait une mère et exhaussa la natte sous sa tête avec de vieux chiffons de manière à faire au môme un oreiller. Puis il se tourna vers l'aîné.

—Hein? on est joliment bien, ici!

—Ah oui! répondit l'aîné en regardant Gavroche avec une expression d'ange sauvé.

Les deux pauvres petits enfants tout mouillés commençaient à se réchauffer.

—Ah çà, continua Gavroche, pourquoi donc est-ce que vous pleuriez?

Et montrant le petit à son frère:

—Un mioche comme ça, je ne dis pas; mais un grand comme toi, pleurer, c'est crétin; on a l'air d'un veau.

—Dame, fit l'enfant, nous n'avions plus du tout de logement où aller.

—Moutard! reprit Gavroche, on ne dit pas un logement, on dit une piolle.

—Et puis nous avions peur d'être tout seuls comme ça la nuit.

—On ne dit pas la nuit, on dit la sorgue.

—Merci, monsieur, dit l'enfant.

—Écoute, repartit Gavroche, il ne faut plus geindre jamais pour rien. J'aurai soin de vous. Tu verras comme on s'amuse. L'été, nous irons à la Glacière avec Navet, un camarade à moi, nous nous baignerons à la Gare, nous courrons tout nus sur les trains devant le pont d'Austerlitz, ça fait rager les blanchisseuses. Elles crient, elles bisquent, si tu savais comme elles sont farces! Nous irons voir l'homme squelette. Il est en vie. Aux Champs-Élysées. Il est maigre comme tout, ce paroissien-là. Et puis je vous conduirai au spectacle. Je vous mènerai à Frédérick-Lemaître. J'ai des billets, je connais des acteurs, j'ai même joué une fois dans une pièce. Nous étions des mômes comme ça, on courait sous une toile, ça faisait la mer. Je vous ferai engager à mon théâtre. Nous irons voir les sauvages. Ce n'est pas vrai, ces sauvages-là. Ils ont des maillots roses qui font des plis, et on leur voit aux coudes des reprises en fil blanc. Après ça, nous irons à l'Opéra. Nous entrerons avec les claqueurs. La claque à l'Opéra est très bien composée. Je n'irais pas avec la claque sur les boulevards. À l'Opéra, figure-toi, il y en a qui payent vingt sous, mais c'est des bêtas. On les appelle des lavettes.—Et puis nous irons voir guillotiner. Je vous ferai voir le bourreau. Il demeure rue des Marais. Monsieur Sanson. Il y a une boîte aux lettres à la porte. Ah! on s'amuse fameusement!

En ce moment, une goutte de cire tomba sur le doigt de Gavroche et le rappela aux réalités de la vie.

—Bigre! dit-il, v'là la mèche qui s'use. Attention! je ne peux pas mettre plus d'un sou par mois à mon éclairage. Quand on se couche, il faut dormir. Nous n'avons pas le temps de lire des romans de monsieur Paul de Kock. Avec ça que la lumière pourrait passer par les fentes de la porte cochère, et les cognes n'auraient qu'à voir.

—Et puis, observa timidement l'aîné qui seul osait causer avec Gavroche et lui donner la réplique, un fumeron pourrait tomber dans la paille, il faut prendre garde de brûler la maison.

—On ne dit pas brûler la maison, fit Gavroche, on dit riffauder le bocard.

L'orage redoublait. On entendait, à travers des roulements de tonnerre, l'averse battre le dos du colosse.

—Enfoncé, la pluie! dit Gavroche. Ça m'amuse d'entendre couler la carafe le long des jambes de la maison. L'hiver est une bête; il perd sa marchandise, il perd sa peine, il ne peut pas nous mouiller, et ça le fait bougonner, ce vieux porteur d'eau-là.

Cette allusion au tonnerre, dont Gavroche, en sa qualité de philosophe du dix-neuvième siècle, acceptait toutes les conséquences, fut suivie d'un large éclair, si éblouissant que quelque chose en entra par la crevasse dans le ventre de l'éléphant. Presque en même temps la foudre gronda, et très furieusement. Les deux petits poussèrent un cri, et se soulevèrent si vivement que le treillage en fut presque écarté; mais Gavroche tourna vers eux sa face hardie et profita du coup de tonnerre pour éclater de rire.

—Du calme, enfants. Ne bousculons pas l'édifice. Voilà du beau tonnerre, à la bonne heure! Ce n'est pas là de la gnognotte d'éclair. Bravo le bon Dieu! nom d'unch! c'est presque aussi bien qu'à l'Ambigu.

Cela dit, il refit l'ordre dans le treillage, poussa doucement les deux enfants sur le chevet du lit, pressa leurs genoux pour les bien étendre tout de leur long et s'écria:

—Puisque le bon Dieu allume sa chandelle, je peux souffler la mienne. Les enfants, il faut dormir, mes jeunes humains. C'est très mauvais de ne pas dormir. Ça vous ferait schlinguer du couloir, ou, comme on dit dans le grand monde, puer de la gueule. Entortillez-vous bien de la pelure! je vas éteindre. Y êtes-vous?

—Oui, murmura l'aîné, je suis bien. J'ai comme de la plume sous la tête.

—On ne dit pas la tête, cria Gavroche, on dit la tronche.

Les deux enfants se serrèrent l'un contre l'autre. Gavroche acheva de les arranger sur la natte et leur monta la couverture jusqu'aux oreilles, puis répéta pour la troisième fois l'injonction en langue hiératique:

—Pioncez!

Et il souffla le lumignon.

À peine la lumière était-elle éteinte qu'un tremblement singulier commença à ébranler le treillage sous lequel les trois enfants étaient couchés. C'était une multitude de frottements sourds qui rendaient un son métallique, comme si des griffes et des dents grinçaient sur le fil de cuivre. Cela était accompagné de toutes sortes de petits cris aigus.

Le petit garçon de cinq ans, entendant ce vacarme au-dessus de sa tête et glacé d'épouvante, poussa du coude son frère aîné, mais le frère aîné «pionçait» déjà, comme Gavroche le lui avait ordonné. Alors le petit, n'en pouvant plus de peur, osa interpeller Gavroche, mais tout bas, en retenant son haleine:

—Monsieur?

—Hein? fit Gavroche qui venait de fermer les paupières.

—Qu'est-ce que c'est donc que ça?

—C'est les rats, répondit Gavroche.

Et il remit sa tête sur la natte.

Les rats en effet, qui pullulaient par milliers dans la carcasse de l'éléphant et qui étaient ces taches noires vivantes dont nous avons parlé, avaient été tenus en respect par la flamme de la bougie tant qu'elle avait brillé, mais dès que cette caverne, qui était comme leur cité, avait été rendue à la nuit, sentant là ce que le bon conteur Perrault appelle «de la chair fraîche», ils s'étaient rués en foule sur la tente de Gavroche, avaient grimpé jusqu'au sommet, et en mordaient les mailles comme s'ils cherchaient à percer cette zinzelière d'un nouveau genre.

Cependant le petit ne s'endormait pas.

—Monsieur! reprit-il.

—Hein? fit Gavroche.

—Qu'est-ce que c'est donc que les rats?

—C'est des souris.

Cette explication rassura un peu l'enfant. Il avait vu dans sa vie des souris blanches et il n'en avait pas eu peur. Pourtant il éleva encore la voix:

—Monsieur?

—Hein? refit Gavroche.

—Pourquoi n'avez-vous pas un chat?

—J'en ai eu un, répondit Gavroche, j'en ai apporté un, mais ils me l'ont mangé.

Cette seconde explication défit l'œuvre de la première, et le petit recommença à trembler. Le dialogue entre lui et Gavroche reprit pour la quatrième fois.

—Monsieur!

—Hein?

—Qui ça qui a été mangé?

—Le chat.

—Qui ça qui a mangé le chat?

—Les rats.

—Les souris?

—Oui, les rats.

L'enfant, consterné de ces souris qui mangent les chats, poursuivit:

—Monsieur, est-ce qu'elles nous mangeraient, ces souris-là?

—Pardi! fit Gavroche.

La terreur de l'enfant était au comble. Mais Gavroche ajouta:

—N'eïlle pas peur! ils ne peuvent pas entrer. Et puis je suis là! Tiens, prends ma main. Tais-toi, et pionce!

Gavroche en même temps prit la main du petit par-dessus son frère. L'enfant serra cette main contre lui et se sentit rassuré. Le courage et la force ont de ces communications mystérieuses. Le silence s'était refait autour d'eux, le bruit des voix avait effrayé et éloigné les rats; au bout de quelques minutes ils eurent beau revenir et faire rage, les trois mômes, plongés dans le sommeil, n'entendaient plus rien.

Les heures de la nuit s'écoulèrent. L'ombre couvrait l'immense place de la Bastille, un vent d'hiver qui se mêlait à la pluie soufflait par bouffées, les patrouilles furetaient les portes, les allées, les enclos, les coins obscurs, et, cherchant les vagabonds nocturnes, passaient silencieusement devant l'éléphant; le monstre, debout, immobile, les yeux ouverts dans les ténèbres, avait l'air de rêver comme satisfait de sa bonne action, et abritait du ciel et des hommes les trois pauvres enfants endormis.

Pour comprendre ce qui va suivre, il faut se souvenir qu'à cette époque le corps de garde de la Bastille était situé à l'autre extrémité de la place, et que ce qui se passait près de l'éléphant ne pouvait être ni aperçu, ni entendu par la sentinelle.

Vers la fin de cette heure qui précède immédiatement le point du jour, un homme déboucha de la rue Saint-Antoine en courant, traversa la place, tourna le grand enclos de la colonne de Juillet, et se glissa entre les palissades jusque sous le ventre de l'éléphant. Si une lumière quelconque eût éclairé cet homme, à la manière profonde dont il était mouillé, on eût deviné qu'il avait passé la nuit sous la pluie. Arrivé sous l'éléphant, il fit entendre un cri bizarre qui n'appartient à aucune langue humaine et qu'une perruche seule pourrait reproduire. Il répéta deux fois ce cri dont l'orthographe que voici donne à peine quelque idée:

—Kirikikiou!

Au second cri, une voix claire, gaie et jeune, répondit du ventre de l'éléphant:

—Oui.

Presque immédiatement, la planche qui fermait le trou se dérangea et donna passage à un enfant qui descendit le long du pied de l'éléphant et vint lestement tomber près de l'homme. C'était Gavroche. L'homme était Montparnasse.

Quant à ce cri, kirikikiou, c'était là sans doute ce que l'enfant voulait dire par: Tu demanderas monsieur Gavroche.

En l'entendant, il s'était réveillé en sursaut, avait rampé hors de son «alcôve», en écartant un peu le grillage qu'il avait ensuite refermé soigneusement, puis il avait ouvert la trappe et était descendu.

L'homme et l'enfant se reconnurent silencieusement dans la nuit; Montparnasse se borna à dire:

—Nous avons besoin de toi. Viens nous donner un coup de main.

Le gamin ne demanda pas d'autre éclaircissement.

—Me v'là, dit-il.

Et tous deux se dirigèrent vers la rue Saint-Antoine, d'où sortait Montparnasse, serpentant rapidement à travers la longue file des charrettes de maraîchers qui descendent à cette heure-là vers la halle.

Les maraîchers accroupis dans leurs voitures parmi les salades et les légumes, à demi assoupis, enfouis jusqu'aux yeux dans leurs roulières à cause de la pluie battante, ne regardaient même pas ces étranges passants.

そして彼はふたりをちょうど室へやの奥とでも言える方へ押しやった。
そこに彼の寝床があった。
ガヴローシュの寝床はすっかり整っていた。すなわち、敷き蒲団ぶとんと掛け蒲団とまた帷とばりのついた寝所とをそなえていた。
敷き蒲団は藁わらの蓆むしろであったが、掛け蒲団は灰色のかなり広い毛布の切れで、ごくあたたかくまたほとんど新しかった。そして寝所というのは次のようなものだった。
かなり長い三本の柱が、漆喰しっくいの屑くずが落ち散った地面に、すなわち象の腹に、前方に二本後ろに一本、堅くつき立ててあって、その上の方を繩なわで結わえられ、ちょうどピラミッド形の叉銃さじゅうのようになっていた。叉銃の上には金網がのっていて、それはただ上からかぶせられたばかりではあるが、巧みに押しつけて針金で結わえられていたので、三本の柱をすっかり包んでいた。網の裾すそは地面にずらりと並べた大きな石で押さえられて、何物もそれをくぐることができないようになっていた。その金網は動物園の大きな鳥籠とりかごに用うるものの一片だった。ガヴローシュの寝床は金網の下にあって、ちょうど籠の中にあるようなものだった。その全体はエスキモー人のテントに似寄っていた。
金網が帷とばりの代わりになっていたのである。
ガヴローシュは金網を押さえてる前の方の石を少しよけた。すると重なり合っていた金網の二つの襞ひだが左右にあいた。
「さあ、四よつんばいになるんだ。」とガヴローシュは言った。
彼はふたりの客を注意して籠かごの中に入れ、それから自分も後に続いてはい込み、石を並べ、元のとおり堅くその口を閉ざした。
三人は蓆むしろの上に横になった。
皆まだ小さくはあったが、だれもその寝所の中では頭がつかえて立っておれなかった。ガヴローシュはなお「窖あなぐらの鼠ねずみ」を手に持っていた。
「さあねくたばれ。」と彼は言った。「灯あかりを消すぞ。」
「これは何ですか。」と年上の方は金網をさしながらガヴローシュに尋ねた。
「それはね、」とガヴローシュはおごそかに言った、「鼠よけだ。もうねくたばれ。」
けれども彼は、年のゆかないふたりに少し教え込んで置くがいいように思って、続けて言った。
「それは動植物園のものだぜ。荒い獣に使うやつなんだ。倉いっぱいある。壁を乗り越え、窓にはい上り、扉とびらをあけさえすりゃあいいんだ。いくらでも取れる。」
そう言いながら彼は、毛布の切れを年下の方にすっかり着せてやった。すると子供はつぶやいた。
「ああこれはいい、あたたかい。」
ガヴローシュは満足そうな目で毛布をながめた。
「それも動植物園のものだ。」と彼は言った。「猿さるのを取ってきたんだ。」
そして年上の方に、下に敷いてるごく厚いみごとに編まれた蓆をさし示しながら、彼は言い添えた。
「それはキリンのだぜ。」
しばらくして彼はまた言った。
「獣は皆そんなものを持ってる。俺おれはそれを取ってきてやったんだ。取ったって奴やつら怒りゃしない。これは象にやるんだ、と俺は言ってやった。」
彼はまたちょっと黙ったが、再び言った。
「壁を乗り越えるんだ、政府なんかへとも思わない。それだけだ。」
ふたりの子供は惘然ぼうぜんとした畏敬の念でその知謀ある大胆な少年をながめた。少年は彼らと同じく宿もなく、同じく世に孤立の身であり、同じ弱年ではあったが、何かすばらしい万能なものを持っており、あたかも超自然的な者のようであって、その顔つきには老手品師のような渋面と最も無邪気なかわいい微笑とがいっしょに浮かんでいた。
「それでは、」と年上の方は恐る恐る言った、「巡査おまわりさんもこわくないんですか。」
ガヴローシュはただこう答えた。
「巡査おわまりさんなんて言うやつがあるか、いぬと言うんだ。」
年下の方は目を見張っていたが、何とも口はきかなかった。兄の方がまんなかにいて彼は蓆むしろの端になっていたので、ガヴローシュは母親のように彼に毛布をくるんでやり、古いぼろ布を敷いて頭の下の蓆を高めて枕になるようにしてやった。それから彼は年上の方へ向いた。
「どうだ、いい具合だろう。」
「ええ。」と年上の方は救われた天使のような表情をしてガヴローシュを見ながら答えた。
ずぶぬれになっていたふたりのあわれな子供も、少し身体があたたまってきた。
「だが、」とガヴローシュは続けて言った、「どうしてお前たちは泣いていたんだ。」
そして弟の方を兄にさし示した。
「こんな小さいんならかまわねえが、お前のように大きいのが泣くなあ、ばかげてるぜ。牛の子じゃあるめえし。」
「でも、」と子供は言った、「住居すまいがどこにもなかったんだもの。」
「何だい、」とガヴローシュは言った、「住居なんて言うんじゃねえ、小屋というんだ。」
「そして、夜にふたりっきりでいるのがこわかったんだもの。」
「夜じゃねえ、黒んぼというんだ。」
「そうですか。」と子供は言った。
「よく聞いておけ、」とガヴローシュは言った、「もうこれから泣くんじゃねえぞ。俺おれが世話してやる。おもしろいことばかりあるんだ。夏になるとね、俺の仲間のナヴェというやつといっしょにグラシエールに行って、船着き場で泳ぎ回り、オーステルリッツ橋の前でまっ裸で筏いかだの上を駆け回り、洗濯女せんだくおんならをからかってやるんだ。あいつらは、わめいたり怒ったりして、そりゃあおもしろいぜ。骸骨がいこつの男も見に行こう。生きてるんだぜ。シャン・ゼリゼーにいる。びっくりするほどやせっぽちだ。それから芝居にも連れてってやろう。フレデリック・ルメートルを見せてやろう。俺は切符も持ってるし、役者も知ってる。一度は舞台に出たこともあるんだ。俺たちはこれぐらいの小僧だったが、幕の下を駆け回って、それで海になったんだ。お前たちをあすこに雇わしてやろう。また野蛮人も見に行こう。だが本物じゃないんだ。襞ひだのある桃色の襦袢じゅばんを着て、肱ひじには白糸が縫い込んである。それからオペラ座にも行こう。雇いの拍手人らといっしょにはいるんだ。オペラ座の喝采組かっさいぐみはうまくできてるぜ。だが俺おれはあいつらと大向こうには行かねえ。オペラ座には二十スーも出してはいるやつがあるが、それはばかげてる。そいつらのことをお百姓というんだ。それからまた、首切りも見に行こう。首切り人に会わしてやろうか。マレー街に住んでる。サンソンていうやつだ。門に郵便箱をつけてやがる。ああ、ほんとにおもしろいんだぜ。」
その時、一滴の蝋ろうがガヴローシュの指の上に落ちて、彼を現実の世界に引き戻した。
「畜生、」と彼は言った、「芯しんが減ってきた。待てよ、月に一スー以上は灯火あかりにかけられねえ。横になったら眠るが一番だ。もうポール・ド・コック(訳者注 当時の物語作者)の話を読む暇もねえ。それに、門のすき間から光がもれていぬにめっかるかも知れないからな。」
「そしてまた、」と年上の方はおずおず言った。ガヴローシュと話をし口をきけるのは彼だけだった。「火の粉が藁わらの上に落ちるかも知れないや。家を焼かないように用心しよう。」
「家を焼くと言っちゃいけねえ、」とガヴローシュは言った、「殻を燃すというんだ。」
暴風雨はますます激しくなっていた。雷鳴の間々に驟雨しゅううが巨象の背に打ちかかる音が聞こえていた。
「降れ降れ。」とガヴローシュは言った。「家の足にざあざあ水をあけるのを聞くなあおもしろいや。冬ってばかな野郎だな。大事を品物をなくし、骨折りをむだにして、それで俺たちをぬらすこともできねえで、ただ怒ってばかりいやがる、老耄おいぼれの水商人みずあきんどめが。」
ガヴローシュが十九世紀の哲学者として平然と何事も受け入れて揶揄やゆしたその雷は、大きな電光を一つもたらして、象の腹のすき間から何かがはいってきたかと思われるばかりにひらめいた。それとほとんど同時に激しい雷鳴がとどろき渡った。ふたりの子供は声を立てて、金網がはずれかけたほど急に飛び上がった。しかしガヴローシュはきつい顔を彼らの方へ向け、雷鳴とともに笑い出した。
「静かにしろ。お堂を引っくり返しちゃいけねえ。なるほどいい雷だ。花火線香のような奴やつとは違ってらあ。上できだぞ! アンビギュ座にも負けないできだ。」
そう言って彼は金網をなおし、静かにふたりの子供を寝床の上に押しやり、すっかり長くなるようにその膝ひざを押さえて伸ばしてやり、そして叫んだ。
「神様が蝋燭ろうそくをつけてくれるから、俺は自分のを消そう。さあお前たち、眠るんだぞ。眠らないのはごく悪いや。眠らないと門がねばるぜ、上等の言葉で言やあ、口が臭くなる。よく毛布けっとにくるまれよ。消すぞ。いいか。」
「ええ、」と年上の方がつぶやいた、「いいよ。頭の下に羽でも敷いたようなの。」
「頭と言うんじゃねえ、」とガヴローシュは叫んだ、「雁首がんくびと言うんだ。」
ふたりの子供は互いに抱き合った。ガヴローシュはその位置を蓆むしろの上によくなおしてやり、毛布を耳の所までかぶせてやり、それから伝統的な言葉で三度命令をくり返した。
「ねくたばれ。」
そして彼は灯火あかりを吹き消した。
光がなくなるとすぐに、寝てる三人の子供の上をおおうている金網が妙に震えはじめた。かすかに物のすれ合う音が無数にして、爪つめか歯かで針金を引っかいてるような金属性の音がした。それとともに種々な小さな鋭い叫び声も聞こえた。
五歳の子供は頭の上にその騒ぎを聞き、恐ろしさにぞっとして、兄を肱ひじでつっついた。しかし兄はガヴローシュが命じたとおりにもう「ねくたばって」いた。で小さい方は恐ろしさにたまらなくなって、息をつめながら低くガヴローシュに声をかけてみた。
「おじさん。」
「何だ?」と眼瞼まぶたを閉じたばかりのガヴローシュは言った。
「あれはなに?」
「鼠ねずみだ。」とガヴローシュは答えた。
そして彼はまた頭を蓆むしろにつけてしまった。
実際その象の身体の中には、無数の鼠が住んでいて、前に述べた生きた黒い汚点はそれで、蝋燭ろうそくの光がさしてる間は差し控えていたが、自分らの都であるその洞穴どうけつがまっくらになるや否や、巧みな小噺作者こばなしさくしゃのペローが「生肉なまにく」と呼んだところのものがそこにあるのを感じて、ガヴローシュのテントをめがけて群れをなして襲いかかり、その頂上にはい上り、その新式の蚊帳かやに穴をでもあけるつもりか、金網の目をかじり始めたのだった。
小さな方はまだ眠れなかった。
「おじさん。」と彼はまた言った。
「何だ?」とガヴローシュは言った。
「鼠ってどんなの?」
「ちゅうちゅってやつさ。」
その説明に多少子供は安心した。彼は前にかつてまっ白な二十日鼠はつかねずみを見たことがあったが、少しもこわくはなかった。けれども彼はまだ口をつぐまなかった。
「おじさん。」
「何だ?」とガヴローシュは言った。
「なぜ猫ねこを飼わないの。」
「一匹飼ったことがある。」とガヴローシュは答えた。
「一匹連れてきたことがある。だが向こうでそいつを食ってしまったんだ。」
この第二の説明は第一の説明の効果をうちこわしてしまった。子供はまた震え出した。彼とガヴローシュとの対話はまた四度始まった。
「おじさん。」
「何だ?」
「食われたのはなに?」
「猫よ。」
「猫を食ったのはなに?」
「鼠ねずみだ。」
「ちゅうちゅが?」
「うむ、鼠だ。」
子供は猫を食うというそのちゅうちゅにびっくりして、なお尋ね出した。
「おじさん、私たちまで食べますか、そのちゅうちゅは。」
「あたりまえさ。」とガヴローシュは言った。
子供の恐怖は極度になった。しかしガヴローシュは言い添えた。
「こわがるこたあねえ。はいれやしないんだ。その上俺おれがついてる。さあ俺の手を握っておれ。そして黙ってねくたばるんだ。」
ガヴローシュはすぐに、兄の上から手を伸ばして子供の手を握ってやった。子供はその手をしっかと抱きしめてようやく安心した。勇気と力とはそういうふうに不思議に伝わってゆくものである。あたりはまたしいんとなった。人の声に驚いて鼠ねずみも遠くに逃げていた。しばらくたって、鼠はまた戻ってきて騒ぎ出したが、三人の子供はもう眠っていて、何にも聞かなかった。
夜は更ふけていった。広いバスティーユの広場は闇やみにおおわれていた。雨を交じえた冬の風は息をついては吹き荒すさんでいた。見回りの警官らは、戸口や路地や垣根や薄暗いすみずみなどを窺って、夜間にのさばり歩いてる奴やつらをさがし回っていたが、象の前は黙って通りすぎて行った。その大怪物はじっと直立して、闇の中に目を見開き、自分の善行を満足げに考えふけってるらしい様子をして、眠ってるあわれな三人の子供を荒天と社会とから庇護ひごしていた。
さてこれから起こることを了解せんがためには、次のことを記憶しておく必要がある。すなわち、当時バスティーユの風紀衛兵の宿舎は広場の向こうの端にあって、象の近くで起こることは、その歩哨ほしょうに見えも聞こえもしなかったのである。
夜が明けかかるすぐ前の頃に、ひとりの男が、サン・タントアーヌ街の方から駆けてき、広場を横ぎり、七月記念塔の大きな板囲いをまわり、そのすき間から中にはいり込み、象の腹の下までやってきた。もし何かの灯火に照らされたら、そのずぶぬれになってる様子から、その男は一晩雨の中で過ごしたものであることが察せられたろう。象の下まで来ると、男は変な叫び声を出した。それはとうてい人間の言葉ではなく、ただインコだけがまね得るものだった。男は二度その叫び声をくり返した。次のようにでも書いたらおおよその声が察せられるだろう。
「きりききゅう!」
二度目の叫びに、はっきりした快活な若い声が象の腹の中から答えた。
「はーい。」
それからほとんどすぐに、穴をふさいであった板がよけられ、そこからひとりの少年が出てきて、象の足をすべりおり、たちまち男のそばに飛びおりた。それはガヴローシュだった。男はモンパルナスだった。
このきりききゅうという叫びは、少年に言わすれば、「ガヴローシュ君に用がある、」というほどの意味に違いなかった。
その声を聞いて、彼はふいに目をさまし、「寝所」の外にはい出し、金網の少し開いた所をまたていねいにしめ、それから揚戸あげどを開いて、おりてきたのであった。
男と少年とは、無言のまま暗夜のうちに互いに相手を見分けた。モンパルナスはただこれだけ言った。
「お前にきてもらいたいんだ。ちょっと手を貸してくれ。」
浮浪少年は別に何も尋ねなかった。
「よし。」と彼は言った。
そしてふたりは、モンパルナスがやってきたサン・タントアーヌ街の方へ向かって、その時分市場の方へ行く青物屋の長い車の列の間を右左にぬけて、急いで進んでいった。
青物商らは、馬車の中のサラダや種々な野菜の間にうずくまり、激しい雨のために目の所まで上衣にくるまって、うつらうつらしていたので、その怪しいふたりの通行人には目も止めなかった。

 

 

Chapitre III Les péripéties de l'évasion

 

Voici ce qui avait eu lieu cette même nuit à la Force:

Une évasion avait été concertée entre Babet, Brujon, Gueulemer et Thénardier, quoique Thénardier fût au secret. Babet avait fait l'affaire pour son compte, le jour même, comme on a vu d'après le récit de Montparnasse à Gavroche. Montparnasse devait les aider du dehors.

Brujon, ayant passé un mois dans une chambre de punition, avait eu le temps, premièrement, d'y tresser une corde, deuxièmement, d'y mûrir un plan. Autrefois ces lieux sévères où la discipline de la prison livre le condamné à lui-même, se composaient de quatre murs de pierre, d'un plafond de pierre, d'un pavé de dalles, d'un lit de camp, d'une lucarne grillée, d'une porte doublée de fer, et s'appelaient cachots; mais le cachot a été jugé trop horrible; maintenant cela se compose d'une porte de fer, d'une lucarne grillée, d'un lit de camp, d'un pavé de dalles, d'un plafond de pierre, de quatre murs de pierre, et cela s'appelle chambre de punition. Il y fait un peu jour vers midi. L'inconvénient de ces chambres qui, comme on voit, ne sont pas des cachots, c'est de laisser songer des êtres qu'il faudrait faire travailler.

Brujon donc avait songé, et il était sorti de la chambre de punition avec une corde. Comme on le réputait fort dangereux dans la cour Charlemagne, on le mit dans le Bâtiment-Neuf. La première chose qu'il trouva dans le Bâtiment-Neuf, ce fut Gueulemer, la seconde, ce fut un clou; Gueulemer, c'est-à-dire le crime, un clou, c'est-à-dire la liberté.

Brujon, dont il est temps de se faire une idée complète, était, avec une apparence de complexion délicate et une langueur profondément préméditée, un gaillard poli, intelligent et voleur qui avait le regard caressant et le sourire atroce. Son regard résultait de sa volonté et son sourire résultait de sa nature. Ses premières études dans son art s'étaient dirigées vers les toits; il avait fait faire de grands progrès à l'industrie des arracheurs de plomb qui dépouillent les toitures et dépiautent les gouttières par le procédé dit au gras-double.

Ce qui achevait de rendre l'instant favorable pour une tentative d'évasion, c'est que les couvreurs remaniaient et rejointoyaient, en ce moment-là même, une partie des ardoises de la prison. La cour Saint-Bernard n'était plus absolument isolée de la cour Charlemagne et de la cour Saint-Louis. Il y avait par là-haut des échafaudages et des échelles; en d'autres termes, des ponts et des escaliers du côté de la délivrance.

Le Bâtiment-Neuf, qui était tout ce qu'on pouvait voir au monde de plus lézardé et de plus décrépit, était le point faible de la prison. Les murs en étaient à ce point rongés par le salpêtre qu'on avait été obligé de revêtir d'un parement de bois les voûtes des dortoirs, parce qu'il s'en détachait des pierres qui tombaient sur les prisonniers dans leurs lits. Malgré cette vétusté, on faisait la faute d'enfermer dans le Bâtiment-Neuf les accusés les plus inquiétants, d'y mettre «les fortes causes», comme on dit en langage de prison.

Le Bâtiment-Neuf contenait quatre dortoirs superposés et un comble qu'on appelait le Bel-Air. Un large tuyau de cheminée, probablement de quelque ancienne cuisine des ducs de La Force, partait du rez-de-chaussée, traversait les quatre étages, coupait en deux tous les dortoirs où il figurait une façon de pilier aplati, et allait trouer le toit.

Gueulemer et Brujon étaient dans le même dortoir. On les avait mis par précaution dans l'étage d'en bas. Le hasard faisait que la tête de leurs lits s'appuyait au tuyau de la cheminée.

Thénardier se trouvait précisément au-dessus de leur tête dans ce comble qualifié le Bel-Air.

Le passant qui s'arrête rue Culture-Sainte-Catherine, après la caserne des pompiers, devant la porte cochère de la maison des Bains, voit une cour pleine de fleurs et d'arbustes en caisses, au fond de laquelle se développe, avec deux ailes, une petite rotonde blanche égayée par des contrevents verts, le rêve bucolique de Jean-Jacques. Il n'y a pas plus de dix ans, au-dessus de cette rotonde s'élevait un mur noir, énorme, affreux, nu, auquel elle était adossée. C'était le mur du chemin de ronde de la Force.

Ce mur derrière cette rotonde, c'était Milton entrevu derrière Berquin.

Si haut qu'il fût, ce mur était dépassé par un toit plus noir encore qu'on apercevait au delà. C'était le toit du Bâtiment-Neuf. On y remarquait quatre lucarnes-mansardes armées de barreaux, c'étaient les fenêtres du Bel-Air. Une cheminée perçait ce toit; c'était la cheminée qui traversait les dortoirs.

Le Bel-Air, ce comble du Bâtiment-Neuf, était une espèce de grande halle mansardée, fermée de triples grilles et de portes doublées de tôle que constellaient des clous démesurés. Quand on y entrait par l'extrémité nord, on avait à sa gauche les quatre lucarnes, et à sa droite, faisant face aux lucarnes, quatre cages carrées assez vastes, espacées, séparées par des couloirs étroits, construites jusqu'à hauteur d'appui en maçonnerie et le reste jusqu'au toit en barreaux de fer.

Thénardier était au secret dans une de ces cages, depuis la nuit du 3 février. On n'a jamais pu découvrir comment, et par quelle connivence, il avait réussi à s'y procurer et à y cacher une bouteille de ce vin inventé, dit-on, par Desrues, auquel se mêle un narcotique et que la bande des Endormeurs a rendu célèbre.

Il y a dans beaucoup de prisons des employés traîtres, mi-partis geôliers et voleurs, qui aident aux évasions, qui vendent à la police une domesticité infidèle, et qui font danser l'anse du panier à salade.

Dans cette même nuit donc, où le petit Gavroche avait recueilli les deux enfants errants, Brujon et Gueulemer, qui savaient que Babet, évadé le matin même, les attendait dans la rue ainsi que Montparnasse, se levèrent doucement et se mirent à percer avec le clou que Brujon avait trouvé le tuyau de cheminée auquel leurs lits touchaient. Les gravois tombaient sur le lit de Brujon, de sorte qu'on ne les entendait pas. Les giboulées mêlées de tonnerre ébranlaient les portes sur leurs gonds et faisaient dans la prison un vacarme affreux et utile. Ceux des prisonniers qui se réveillèrent firent semblant de se rendormir et laissèrent faire Gueulemer et Brujon. Brujon était adroit; Gueulemer était vigoureux. Avant qu'aucun bruit fût parvenu au surveillant couché dans la cellule grillée qui avait jour sur le dortoir, le mur était percé, la cheminée escaladée, le treillis de fer qui fermait l'orifice supérieur du tuyau forcé, et les deux redoutables bandits sur le toit. La pluie et le vent redoublaient, le toit glissait.

—Quelle bonne sorgue pour une crampe! dit Brujon.

Un abîme de six pieds de large et de quatre-vingts pieds de profondeur les séparait du mur de ronde. Au fond de cet abîme ils voyaient reluire dans l'obscurité le fusil d'un factionnaire. Ils attachèrent par un bout aux tronçons des barreaux de la cheminée qu'ils venaient de tordre la corde que Brujon avait filée dans son cachot, lancèrent l'autre bout par-dessus le mur de ronde, franchirent d'un bond l'abîme, se cramponnèrent au chevron du mur, l'enjambèrent, se laissèrent glisser l'un après l'autre le long de la corde sur un petit toit qui touche à la maison des Bains, ramenèrent leur corde à eux, sautèrent dans la cour des Bains, la traversèrent, poussèrent le vasistas du portier, auprès duquel pendait son cordon, tirèrent le cordon, ouvrirent la porte cochère, et se trouvèrent dans la rue.

Il n'y avait pas trois quarts d'heure qu'ils s'étaient levés debout sur leurs lits dans les ténèbres, leur clou à la main, leur projet dans la tête.

Quelques instants après, ils avaient rejoint Babet et Montparnasse qui rôdaient dans les environs.

En tirant leur corde à eux, ils l'avaient cassée, et il en était resté un morceau attaché à la cheminée sur le toit. Ils n'avaient du reste d'autre avarie que de s'être à peu près entièrement enlevé la peau des mains.

Cette nuit-là, Thénardier était prévenu, sans qu'on ait pu éclaircir de quelle façon, et ne dormait pas.

Vers une heure du matin, la nuit étant très noire, il vit passer sur le toit, dans la pluie et dans la bourrasque, devant la lucarne qui était vis-à-vis de sa cage, deux ombres. L'une s'arrêta à la lucarne le temps d'un regard. C'était Brujon. Thénardier le reconnut, et comprit. Cela lui suffit.

Thénardier, signalé comme escarpe et détenu sous prévention de guet-apens nocturne à main armée, était gardé à vue. Un factionnaire, qu'on relevait de deux heures en deux heures, se promenait le fusil chargé devant sa cage. Le Bel-Air était éclairé par une applique. Le prisonnier avait aux pieds une paire de fers du poids de cinquante livres. Tous les jours à quatre heures de l'après-midi, un gardien escorté de deux dogues,—cela se faisait encore ainsi à cette époque,—entrait dans sa cage, déposait près de son lit un pain noir de deux livres, une cruche d'eau et une écuelle pleine d'un bouillon assez maigre où nageaient quelques gourganes, visitait ses fers et frappait sur les barreaux. Cet homme avec ses dogues revenait deux fois dans la nuit.

Thénardier avait obtenu la permission de conserver une espèce de cheville en fer dont il se servait pour clouer son pain dans une fente de la muraille, «afin, disait-il, de le préserver des rats». Comme on gardait Thénardier à vue, on n'avait point trouvé d'inconvénient à cette cheville. Cependant on se souvint plus tard qu'un gardien avait dit:—Il vaudrait mieux ne lui laisser qu'une cheville en bois.

À deux heures du matin on vint changer le factionnaire qui était un vieux soldat, et on le remplaça par un conscrit. Quelques instants après, l'homme aux chiens fit sa visite, et s'en alla sans avoir rien remarqué, si ce n'est la trop grande jeunesse et «l'air paysan» du «tourlourou». Deux heures après, à quatre heures, quand on vint relever le conscrit, on le trouva endormi et tombé à terre comme un bloc près de la cage de Thénardier. Quant à Thénardier, il n'y était plus. Ses fers brisés étaient sur le carreau. Il y avait un trou au plafond de sa cage, et, au-dessus, un autre trou dans le toit. Une planche de son lit avait été arrachée et sans doute emportée, car on ne la retrouva point. On saisit aussi dans la cellule une bouteille à moitié vidée qui contenait le reste du vin stupéfiant avec lequel le soldat avait été endormi. La bayonnette du soldat avait disparu.

Au moment où ceci fut découvert, on crut Thénardier hors de toute atteinte. La réalité est qu'il n'était plus dans le Bâtiment-Neuf, mais qu'il était encore fort en danger. Son évasion n'était point consommée.

Thénardier, en arrivant sur le toit du Bâtiment-Neuf, avait trouvé le reste de la corde de Brujon qui pendait aux barreaux de la trappe supérieure de la cheminée, mais ce bout cassé étant beaucoup trop court, il n'avait pu s'évader par-dessus le chemin de ronde comme avaient fait Brujon et Gueulemer.

Quand on détourne de la rue des Ballets dans la rue du Roi-de-Sicile, on rencontre presque tout de suite à droite un enfoncement sordide. Il y avait là au siècle dernier une maison dont il ne reste plus que le mur de fond, véritable mur de masure qui s'élève à la hauteur d'un troisième étage entre les bâtiments voisins. Cette ruine est reconnaissable à deux grandes fenêtres carrées qu'on y voit encore; celle du milieu, la plus proche du pignon de droite, est barrée d'une solive vermoulue ajustée en chevron d'étai. À travers ces fenêtres on distinguait autrefois une haute muraille lugubre qui était un morceau de l'enceinte du chemin de ronde de la Force.

Le vide que la maison démolie a laissé sur la rue est à moitié rempli par une palissade en planches pourries contrebutée de cinq bornes de pierre. Dans cette clôture se cache une petite baraque appuyée à la ruine restée debout. La palissade a une porte qui, il y a quelques années, n'était fermée que d'un loquet.

C'est sur la crête de cette ruine que Thénardier était parvenu un peu après trois heures du matin.

Comment était-il arrivé là? C'est ce qu'on n'a jamais pu expliquer ni comprendre. Les éclairs avaient dû tout ensemble le gêner et l'aider. S'était-il servi des échelles et des échafaudages des couvreurs pour gagner de toit en toit, de clôture en clôture, de compartiment en compartiment, les bâtiments de la cour Charlemagne, puis les bâtiments de la cour Saint-Louis, le mur de ronde, et de là la masure sur la rue du Roi-de-Sicile? Mais il y avait dans ce trajet des solutions de continuité qui semblaient le rendre impossible. Avait-il posé la planche de son lit comme un pont du toit du Bel-Air au mur du chemin de ronde, et s'était-il mis à ramper à plat ventre sur le chevron du mur de ronde tout autour de la prison jusqu'à la masure? Mais le mur du chemin de ronde de la Force dessinait une ligne crénelée et inégale, il montait et descendait, il s'abaissait à la caserne des pompiers, il se relevait à la maison des Bains, il était coupé par des constructions, il n'avait pas la même hauteur sur l'hôtel Lamoignon que sur la rue Pavée, il avait partout des chutes et des angles droits; et puis les sentinelles auraient dû voir la sombre silhouette du fugitif; de cette façon encore le chemin fait par Thénardier reste à peu près inexplicable. Des deux manières, fuite impossible. Thénardier, illuminé par cette effrayante soif de la liberté qui change les précipices en fossés, les grilles de fer en claies d'osier, un cul-de-jatte en athlète, un podagre en oiseau, la stupidité en instinct, l'instinct en intelligence et l'intelligence en génie, Thénardier avait-il inventé et improvisé une troisième manière? On ne l'a jamais su.

On ne peut pas toujours se rendre compte des merveilles de l'évasion. L'homme qui s'échappe, répétons-le, est un inspiré; il y a de l'étoile et de l'éclair dans la mystérieuse lueur de la fuite; l'effort vers la délivrance n'est pas moins surprenant que le coup d'aile vers le sublime; et l'on dit d'un voleur évadé: Comment a-t-il fait pour escalader ce toit? de même qu'on dit de Corneille: Où a-t-il trouvé Qu'il mourût?

Quoi qu'il en soit, ruisselant de sueur, trempé par la pluie, les vêtements en lambeaux, les mains écorchées, les coudes en sang, les genoux déchirés, Thénardier était arrivé sur ce que les enfants, dans leur langue figurée, appellent le coupant du mur de la ruine, il s'y était couché tout de son long, et là, la force lui avait manqué. Un escarpement à pic de la hauteur d'un troisième étage le séparait du pavé de la rue.

La corde qu'il avait était trop courte.

Il attendait là, pâle, épuisé, désespéré de tout l'espoir qu'il avait eu, encore couvert par la nuit, mais se disant que le jour allait venir, épouvanté de l'idée d'entendre avant quelques instants sonner à l'horloge voisine de Saint-Paul quatre heures, heure où l'on viendrait relever la sentinelle et où on la trouverait endormie sous le toit percé, regardant avec stupeur, à une profondeur terrible, à la lueur des réverbères, le pavé mouillé et noir, ce pavé désiré et effroyable qui était la mort et qui était la liberté.

Il se demandait si ses trois complices d'évasion avaient réussi, s'ils l'avaient attendu, et s'ils viendraient à son aide. Il écoutait. Excepté une patrouille, personne n'avait passé dans la rue depuis qu'il était là. Presque toute la descente des maraîchers de Montreuil, de Charonne, de Vincennes et de Bercy à la halle se fait par la rue Saint-Antoine.

それと同じ晩にフォルス監獄で次のようなことが起こった。
バベとブリュジョンとグールメルとテナルディエとの間に、テナルディエは密室に監禁されてはいたが、脱走の計画が相談されていた。ただバベだけはその日のうちにひとりでやってのけた。これはモンパルナスがガヴローシュに話したことで読者の既に知るとおりである。
ところでモンパルナスは外部から彼らの脱走を助けることになっていた。
ブリュジョンは懲治監房に一カ月はいっていたので、その間を利用して、第一に綱を一本こしらえ、第二に計画を組み立てたのである。監獄の懲戒規定によって囚人を勝手に放置しておくそれらの厳重な場所は、昔、石造の四壁と、石の天井と、切り石の床ゆかと、一つのたたみ寝台と、鉄格子てつごうしをはめた一つの軒窓と、一つの鉄の二重扉にじゅうとびらとでできていて、地牢と呼ばれていた。しかし地牢ろうはあまりひどすぎるということになって、今日では、一つの鉄の扉と、鉄格子をはめた一つの軒窓と、一つのたたみ寝台と、切り石の床と、石の天井と、石の四壁とでできていて、結局同じではあるが、懲治監房と呼ばれている。そこでは昼ごろに少し明りがさすきりである。右のとおり地牢でなくなったそれら監房の弊害は、苦役させなければならない者らを夢想させることにある。
かくてブリュジョンは夢想した、そして一本の綱を携えて懲治監房から出てきた。シャールマーニュの庭では至って危険な人物だとの評判だったので、彼は新館の方に移された。新館で彼が見いだした第一のものは、グールメルであって、第二は一本の釘であった。グールメルはすなわち罪悪であり、釘くぎはすなわち自由であった。
今ちょうどブリュジョンについて完全な概念を得ておくべき時であるから一言するが、彼はやさしい気質を持ってるらしい容貌ようぼうをそなえ、深い下心のあるしおれ方をしているが、磨みがきをかけた怜悧れいりな快男子で、甘える目つきと残忍な微笑とを持ってる盗賊だった。その目つきは意志からきたものであり、その微笑は性質からきたものだった。彼の職業上の最初の研究は、屋根の方へ向けられていた。そして鉛を引きぬく仕事、すなわち鉛板職と称する方法で屋根をめくり樋といをはがす仕事に、大なる進歩をもたらした。
脱走計画に好機を与えたのは、ちょうどその時、屋根職人らが監獄の屋根の一部を作りかえ漆喰しっくいをぬりかえてることだった。サン・ベルナールの庭は、シャールマーニュの庭やサン・ルイの庭から絶対に行けないことはなかった。上の方に足場やはしごがかけてあった。言い換えれば脱走を導く橋や階段がついていた。
新館は最も裂け目があり、最もこわれかかった建物であって、監獄の弱点となっていた。その壁ははなはだしく風雨にいたんで、寝室の丸天井には木の覆おおいを着せなければならなかった。石がはずれて寝床にいる囚人らの上に落ちてきたからである。かく老朽しているにもかかわらず新館のうちに、最も不安な囚人らを入れたのは、監獄の言葉に従えば「重罪事件」を置いたのは、大なる誤ちであった。
新館には順々に重なった四つの寝室があって、更にその上には望楼と呼ばれる一室があった。たぶん昔フォルス公爵の料理場の煙筒だったものであろうが、暖炉の大きな煙筒が、一階から五階まで通っていて、各寝室をすべて二つに区切り、平たい柱のようにしつらえてあって、それから屋根までつきぬけていた。
グールメルとブリュジョンとは同じ寝室にはいっていた。そして用心のため下の寝室に入れられていた。ところが偶然にも、彼らの寝台の頭部は暖炉の煙筒に接していた。
テナルディエはちょうど、望楼と言われた上層のうちにいて、彼らの頭の上になっていた。
キュルテュール・サント・カトリーヌ街に足を止める通行人には、消防夫屯所とんしょの向こう、湯屋の表門の前に、花卉かきや盆栽がいっぱい並べてある中庭が見える。その中庭の奥には、緑の窓の戸で風致を添えた白い小さな丸屋根の家が両翼をひろげて、ちょうどジャン・ジャック・ルーソーの田園の夢想を実現したように建っている。しかし今から十年前までは、その丸屋根の家の上に高く、黒い大きな恐ろしい裸壁が立っていて、家はそれによりかかったようになっていた。それはフォルス監獄の外回りの路地の壁だった。
丸屋根の背後の壁はちょうど、ベルカン(訳者注 フランスのやさしい叙情詩人)の向こうに見ゆるミルトンのごときものであった。
その壁はごく高かったが、上には更にいっそうまっ黒な屋根が一つ見えていた。新館の屋根だった。それには鉄格子てつごうしをはめた四つの屋根裏の窓が見えていて、それが望楼の窓だった。屋根をつきぬけている一つの煙筒は、各寝室を通ってる暖炉の煙筒だった。
新館の上層たる望楼は、屋根裏の一種の大広間で、三重の鉄格子てつごうしがはめてあり、大鋲びょうをうちつけた二重鉄板の扉とびらでしめ切ってあった。北の端からはいってゆくと、左手に四つの軒窓があり、右手にその軒窓と向かい合って、四つのかなり広い大きな四角な檻おりがあって、狭い廊下でそれぞれへだてられ、人の背たけくらいまでは泥どろで作られ、それから上は屋根までずっと鉄格子で作られていた。
テナルディエは二月三日の晩以来、その檻の一つに秘密監禁にされていた。デリューの発明になったといわるる葡萄酒ぶどうしゅで、麻酔剤が少しはいっており、アンドルムール(催眠剤を用うる盗賊)の仲間が名高くした葡萄酒があるが、テナルディエはその一瓶ひとびんをそこで手に入れて隠していた。どうしてそれができたか、まただれの手助けによってだったかは、ついに明らかにされることができなかった。
たいていの監獄には、裏切りの属吏がいるもので、彼らは獄丁と盗賊とを兼ね、囚人の脱走を助け、不実な役目を警察に売りつけ、給金をしぼり取るのである。
さて、ガヴローシュが往来にさ迷っていたふたりの子供を拾い取ったその夜、ブリュジョンとグールメルとは、その朝脱走したバベがモンパルナスとともに往来に待ち受けているのを知って、静かに起き上がり、ブリュジョンが見つけた一本の釘くぎで、寝台に接した暖炉の煙筒を破り始めた。破片はブリュジョンの寝台の上に落ちて、音を出さなかった。驟雨しゅううは雷鳴に交じって、扉を肱金ひじがねの上に揺すぶり、監獄の中は好都合な恐ろしい響きに満ちていた。目をさました囚人らはまた眠ったふうをして、グールメルとブリュジョンとをなすままにさしておいた。ブリュジョンは器用であり、グールメルは力があった。寝室の中が見通せる鉄格子のついた分房に眠ってる監視人の耳に、その物音がはいらないうちに、ふたりはもう煙筒の壁に穴をあけ、その中をよじ上り、上の口をふさいでる金網をつき破った。そしてふたりの恐るべき盗賊は屋根の上に出た。風雨はますます激しくなって、屋根の上ではすべり落ちそうだった。
「足ぬき(脱走)にはもってこいの黒んぼ(夜)だ!」とブリュジョンは言った。
距離六尺深さ八十尺の淵ふちが、囲いの壁から彼らをへだてていた。その淵の底には、番兵の銃が闇やみの中に光っていた。彼らは今ねじまげた煙筒の金網の一端に、ブリュジョンが地牢ちろうの中でよった綱を結びつけ、囲いの壁越しに他の端を投げやり、一躍して淵を飛び越え、壁の屋根木につかまり、壁をまたぎ越し、ひとりずつ綱にすがってすべりおり、湯屋の隣の小さな屋根の上に達し、綱を引きおろし、湯屋の中庭に飛びおり、庭をぬけ、門番の引き戸を押し開き、そのそばにたれ下がってる門の綱を引き、大門を開き、そして往来に出てしまった。
彼らが釘くぎを手にし、頭に計画を立てて、暗い中に寝床の上に起きあがってから、それまで四、五十分もたってはいなかった。
それからすぐに彼らは、その辺をうろついてたバベとモンパルナスとにいっしょになった。
彼らが綱を引きおろす時、綱は中途から切れて、一片は屋根の上の煙筒に結ばれたまま残っていた。その他の損害とては、ただ手の皮をほとんどすっかりすりむいただけだった。
その夜テナルディエは、いかにしてかだれにもわからなかった方法で前もって知らせられて、眠らずにいた。
午前の一時ごろ、暗夜ではあったが、雨と台風との中の屋根を伝って、彼の檻おりと向かい合ってる軒窓の前を、二つの影が通るのが見えた。その一つは、それと見て取れるだけの間軒窓の所に足を止めた。ブリュジョンだった。テナルディエはそれを認めていっさいを了解した。それだけで彼には充分だった。
テナルディエは強盗だとされ、武器を用意して夜間の待ち伏せをしたという名義で収監され、特に注意を払われていた。二時間ごとに交代の番兵が、銃に弾たまをこめて彼の檻おりの前を歩き回っていた。望楼は壁に取り付けの灯火で照らされていた。そしてこの囚人は、各五十斤の重さの鉄を両足につけられていた。毎日午後四時に、当時まだ残っていた習慣として、二頭の番犬をつれた看守が、彼の檻にはいってき、二斤の黒パンと、一瓶ひとびんの水と、数粒の豆が浮いてる貧しい一皿の汁しるとを、寝台のそばに置き、彼の鉄枷てつかせを調べ、鉄格子てつごうしをたたいて検査した。番犬をつれたその男は夜は二回見回ってきた。
テナルディエは一種の鉄の楔くさびを持つことを許されていた。それで彼は壁の割れ目にパンをおし込んでいたが、自ら言うところによれば、「鼠ねずみに取られないようにするため」だった。見張りをしてる間は、彼がその鉄の楔を持ってても別に不都合らしくは思えなかった。けれども後になってひとりの看守の言葉が思い合わされた。「木の楔を持たした方がいいだろう。」
さてその夜、午前二時に、番兵が交代になって、老兵士だったのが新兵に代わった。それから間もなく、犬を連れた男が見回ってきたが、番兵がごく年少で「徒歩兵」特有の「田舎者いなかものらしい様子」をしてることのほか、何ら異常を認めないで立ち去った。そして二時間後、四時に、交代の時になると、その新兵はぐっすり眠っていて、テナルディエの檻のそばに丸太のようにころがっていた。テナルディエの方はもうそこにいなかった。こわれた鉄の枷が床石の上に落ちていた。檻の天井には穴があいており、更に上には屋根にも穴があいていた。寝台の板が一枚はがれていたが、どこにもない所を見ると、持って行ったものであろう。また檻の中に一本の瓶が見いだされた。半ば空からになっていて、兵士が眠らされた麻酔剤混入の葡萄酒ぶどうしゅがまだ残っていた。兵士の剣はなくなっていた。
それだけのことが発見された時、テナルディエはもはや手のおよばない所へ逃げてるものと断定された。しかし実際は、彼はもう新館の中にはいなかったが、まだごく危険な所にいた。彼の脱走は成就していなかった。
テナルディエは新館の屋根に上って、煙筒の口の金網に下がってるブリュジョンの綱の残りを見いだしたが、その切れはじがあまり短かかったので、ブリュジョンとグールメルとがなしたように、まわりの路地を越えて逃げることはできなかった。
バレー街からロア・ド・シシル街へ曲がり込むと、ほとんどすぐ右手に、奥に入り込んだきたない場所がある。十八世紀まではそこに一軒の家があって、今は奥の壁だけしか残っていない。その壁はまったくその破家に属するもので、両方の建物にはさまれて四階の高さまでそびえている。破家の跡はそこにまだ見えている二つの四角な大窓でわかる。右手の切り妻壁に近い中央の窓は、支柱のようなふうにはめ込んだ腐食した角材でふさいである。しかし昔はその窓越しに、いかめしい高い壁がはっきり見えていた。フォルス監獄のまわりの路地の壁の一部だった。
こわれた家のため街路に残った空地は、五本の標石でささえられてる朽くさった板塀いたべいで半ば占められている。板塀の中には、まだ倒れないでいる廃屋によせかけて作った小さな板小屋が隠れている。板塀には一つの戸があって、数年前まではただ※(「金+饌のつくり」、第4水準2-91-37)かけがねで閉ざされてるだけだった。
テナルディエが午前三時少しすぎにようやく逃げのびてきたのは、その廃屋の頂上へであった。
どうして彼がそこまできたかは、ついに説明することも考えおよぶこともできなかった。ただ電光は彼を妨げるとともにまた助けたに相違ない。そして屋根から屋根へと伝わり、囲壁から囲壁へと飛び移り、区画から区画へと通りぬけて、シャールマーニュの庭の建物、次にサン・ルイの庭の建物、次にまわりの路地、それからロア・ド・シシル街の破家の上までやって来るのに、彼は屋根職人の梯子はしごや足場を使ったのであろうか? しかしその道筋のうちにはほとんど越ゆることのできそうもないへだたりがあった。あるいはまた、望楼の屋根からまわりの路地の壁の上へ、寝台の板を橋のように渡して、それから囲壁の屋根の上を腹ばいになり監獄を一周して、その破家まできたものであろうか? しかしフォルス監獄のまわりの路地の壁は、歯車形の不規則な線を描いていて、あるいは上り、あるいは下り、消防夫屯所とんしょの所では低くなり、湯屋の所では高くなり、種々な建物で中断され、ラモアニョン旅館の上とバヴェー街の上とは高さが異なり、至る所に坂や直角があった。その上逃走者の暗い影は番兵らの目についたはずである。だからこの方面においても、テナルディエの道筋はほとんど説明がつかなかった。で結局二つの方法のうちどちらも、その遁走とんそうは不可能であった。けれども自由に対する命がけの渇望は、深淵しんえんをも浅い溝みぞとなし、鉄の格子こうしをも柳の枝の簀子すのことなし、跛者はしゃをも壮者となし、足なえをも鳥となし、愚鈍を本能となし、本能を知力となし、知力を天才となすものであって、その渇望の念に啓発されたテナルディエは、あるいは第三の方法を即座に発明したのかも知れなかった。しかしそれはついに不可解に終わった。
神変をきわむる脱走の跡を明らかに調べ上げることは、常にできるものではない。繰り返して言うが、遁走する男は一つの霊感を得た者である。遁走の神秘な輝きのうちには、星があり電光がある。解放の方へ向かってなさるる努力は、崇高なるものの方へ向かってなさるる羽ばたきに劣らず驚嘆すべきものである。そして人は脱走囚徒について、「あの屋根をいかにして彼は越したか?」という。それはあたかもコルネイユについて、「彼が死したらんことをどこから彼は見いだしたか?」というに同じである(訳者注 コルネイユの戯曲オラース。生き残った一人の子が三人の敵の前から逃げ出した報知を聞いて憤った老オラースの悲壮な言葉、むしろ彼が死したらんことを)。
それはとにかく、汗を流し、雨にぬれ、着物は裂け、手の皮はすりむけ、肱ひじは血にまみれ、膝ひざは傷つきながら、子供の比喩ひゆの言葉でいわゆる廃屋の壁の刃の上まで、テナルディエはたどりつき、そこに身を横たえたが、それでもう力がつきてしまった。四階の高さに直立した断崖だんがいが、彼を街路の舗石しきいしからへだてていた。
彼が持っていた綱はあまり短くて用をなさなかった。
彼はそこにただ待ちながら、色青ざめ、疲れきり、前にいだいていたすべての望みをも失い、まだ夜の闇やみにおおわれていたが、やがては夜も明けるであろうと考え、もうまもなく例のサン・ポールの大時計が四時を打つだろうと思ってはおびえた。四時と言えば、番兵が交代する時間であって、穴のあいてる屋根の下に番兵が眠ってるのも見いだされるだろう。そして彼ははるか恐ろしいほど下の方に、街灯の光にすかして、雨にぬれてるまっ黒な街路の舗石を、惘然ぼうぜんとうちながめた。その待ちに待ったしかも恐ろしい舗石は、今や一歩の差であるいは死となり、あるいは自由となるものであった。
三人の仲間がうまく逃げ終えたか、彼らは自分を待っていてくれたか、自分を助けにまたきてくれるだろうかと、彼は自ら尋ねてみた。そして耳を傾けていた。しかしそこにきて以来、ひとりの巡邏じゅんらを除くほかだれも街路を通る者はなかった。モントルイュやシャロンヌやヴァンセンヌやベルシーなどから市場にやって行く青物商らは、たいてい皆サン・タントアーヌ街の方へぬけて行くのである。

 

 

 

 

Quatre heures sonnèrent. Thénardier tressaillit, peu d'instants après, cette rumeur effarée et confuse qui suit une évasion découverte éclata dans la prison. Le bruit des portes qu'on ouvre et qu'on ferme, le grincement des grilles sur leurs gonds, le tumulte du corps de garde, les appels rauques des guichetiers, le choc des crosses de fusil sur le pavé des cours, arrivaient jusqu'à lui. Des lumières montaient et descendaient aux fenêtres grillées des dortoirs, une torche courait sur le comble du Bâtiment-Neuf, les pompiers de la caserne d'à côté avaient été appelés. Leurs casques, que la torche éclairait dans la pluie, allaient et venaient le long des toits. En même temps Thénardier voyait du côté de la Bastille une nuance blafarde blanchir lugubrement le bas du ciel.

 

四時が鳴った。テナルディエは慄然りつぜんとした。しばらくすると、脱走が発見された後に起こる狼狽ろうばいし混雑した騒ぎが監獄のうちに起こってきた。開いたりしめたりする扉とびらの音、肱金ひじがねの上にきしる鉄門の響き、衛兵らの騒ぎ、門監らの嗄かれた叫び声、中庭の舗石しきいしの上に当たる銃の床尾の音、それらのものが彼の所まで聞こえてきた。各寝室の鉄格子てつごうしの窓には灯火が上下し、新館の上層には一本の炬火たいまつが走り動き、傍かたわらの屯所とんしょにいる消防夫らは呼び集められていた。雨の中に炬火の光で照らされた彼らの兜帽かぶとぼうは、屋根の上を行ききしていた。同時にテナルディエは、バスティーユの方に当たって、低い東の空がほのかな青白い色に痛ましく白んでくるのを見た。

 

Lui était sur le haut d'un mur de dix pouces de large, étendu sous l'averse, avec deux gouffres à droite et à gauche, ne pouvant bouger, en proie au vertige d'une chute possible et à l'horreur d'une arrestation certaine, et sa pensée, comme le battant d'une cloche, allait de l'une de ces idées à l'autre:—Mort si je tombe, pris si je reste.

Dans cette angoisse, il vit tout à coup, la rue étant encore tout à fait obscure, un homme qui se glissait le long des murailles et qui venait du côté de la rue Pavée s'arrêter dans le renfoncement au-dessus duquel Thénardier était comme suspendu. Cet homme fût rejoint par un second qui marchait avec la même précaution, puis par un troisième, puis par un quatrième. Quand ces hommes furent réunis, l'un d'eux souleva le loquet de la porte de la palissade, et ils entrèrent tous quatre dans l'enceinte où est la baraque. Ils se trouvaient précisément au-dessous de Thénardier. Ces hommes avaient évidemment choisi ce renfoncement pour pouvoir causer sans être vus des passants ni de la sentinelle qui garde le guichet de la Force à quelques pas de là. Il faut dire aussi que la pluie tenait cette sentinelle bloquée dans sa guérite. Thénardier, ne pouvant distinguer leurs visages, prêta l'oreille à leurs paroles avec l'attention désespérée d'un misérable qui se sent perdu.

Thénardier vit passer devant ses yeux quelque chose qui ressemblait à l'espérance, ces hommes parlaient argot.

Le premier disait, bas, mais distinctement:

—Décarrons. Qu'est-ce que nous maquillons icigo?

Le second répondit:

—Allons nous en. Qu'est-ce que nous faisons ici?

—Il lansquine à éteindre le riffe du rabouin. Et puis les coqueurs vont passer, il y a là un grivier qui porte gaffe, nous allons nous faire emballer icicaille.

Ces deux mots, icigo et icicaille, qui tous deux veulent dire ici, et qui appartiennent, le premier à l'argot des barrières, le second à l'argot du Temple, furent des traits de lumière pour Thénardier. À icigo il reconnut Brujon, qui était rôdeur de barrières, et à icicaille Babet, qui, parmi tous ses métiers, avait été revendeur au Temple.

L'antique argot du grand siècle ne se parle plus qu'au Temple, et Babet était le seul même qui le parlât bien purement. Sans icicaille, Thénardier ne l'aurait point reconnu, car il avait tout à fait dénaturé sa voix.

Cependant le troisième était intervenu:

—Rien ne presse encore, attendons un peu. Qu'est-ce qui nous dit qu'il n'a pas besoin de nous?

À ceci, qui n'était que du français, Thénardier reconnut Montparnasse, lequel mettait son élégance à entendre tous les argots et à n'en parler aucun.

Quant au quatrième, il se taisait, mais ses vastes épaules le dénonçaient. Thénardier n'hésita pas. C'était Gueulemer.

Brujon répliqua presque impétueusement, mais toujours à voix basse:

—Qu'est-ce que tu nous bonis là? Le tapissier n'aura pas pu tirer sa crampe. Il ne sait pas le truc, quoi! Bouliner sa limace et faucher ses empaffes pour maquiller une tortouse, caler des boulins aux lourdes, braser des faffes, maquiller des caroubles, faucher les durs, balancer sa tortouse dehors, se planquer, se camoufler, il faut être mariol! Le vieux n'aura pas pu, il ne sait pas goupiner!

Babet ajouta, toujours dans ce sage argot classique que parlaient Poulailler et Cartouche, et qui est à l'argot hardi, nouveau, coloré et risqué dont usait Brujon ce que la langue de Racine est à la langue d'André Chénier:

—Ton orgue tapissier aura été fait marron dans l'escalier. Il faut être arcasien. C'est un galifard. Il se sera laissé jouer l'harnache par un roussin, peut-être même par un roussi, qui lui aura battu comtois. Prête l'oche, Montparnasse, entends-tu ces criblements dans le collège? Tu as vu toutes ces camoufles. Il est tombé, va! Il en sera quitte pour tirer ses vingt longes. Je n'ai pas taf, je ne suis pas un taffeur, c'est colombé, mais il n'y a plus qu'à faire les lézards, ou autrement on nous la fera gambiller. Ne renaude pas, viens avec nousiergue, allons picter une rouillarde encible.

—On ne laisse pas les amis dans l'embarras, grommela Montparnasse.

—Je te bonis qu'il est malade, reprit Brujon. À l'heure qui toque, le tapissier ne vaut pas une broque! Nous n'y pouvons rien. Décarrons. Je crois à tout moment qu'un cogne me ceintre en pogne!

Montparnasse ne résistait plus que faiblement; le fait est que ces quatre hommes, avec cette fidélité qu'ont les bandits de ne jamais s'abandonner entre eux, avaient rôdé toute la nuit autour de la Force, quel que fût le péril, dans l'espérance de voir surgir au haut de quelque muraille Thénardier. Mais la nuit qui devenait vraiment trop belle, c'était une averse à rendre toutes les rues désertes, le froid qui les gagnait, leurs vêtements trempés, leurs chaussures percées, le bruit inquiétant qui venait d'éclater dans la prison, les heures écoulées, les patrouilles rencontrées, l'espoir qui s'en allait, la peur qui revenait, tout cela les poussait à la retraite. Montparnasse lui-même, qui était peut-être un peu le gendre de Thénardier, cédait. Un moment de plus, ils étaient partis. Thénardier haletait sur son mur comme les naufragés de la Méduse sur leur radeau en voyant le navire apparu s'évanouir à l'horizon.

Il n'osait les appeler, un cri entendu pouvait tout perdre, il eut une idée, une dernière, une lueur; il prit dans sa poche le bout de la corde de Brujon qu'il avait détaché de la cheminée du Bâtiment-Neuf, et le jeta dans l'enceinte de la palissade.

Cette corde tomba à leurs pieds.

—Une veuve, dit Babet.

—Ma tortouse! dit Brujon.

—L'aubergiste est là, dit Montparnasse.

Ils levèrent les yeux. Thénardier avança un peu la tête.

—Vite! dit Montparnasse, as-tu l'autre bout de la corde, Brujon?

—Oui.

—Noue les deux bouts ensemble, nous lui jetterons la corde, il la fixera au mur, il en aura assez pour descendre.

Thénardier se risqua à élever la voix.

—Je suis transi.

—On te réchauffera.

—Je ne puis plus bouger.

—Tu te laisseras glisser, nous te recevrons.

—J'ai les mains gourdes.

—Noue seulement la corde au mur.

—Je ne pourrai pas.

—Il faut que l'un de nous monte, dit Montparnasse.

—Trois étages! fit Brujon.

Un ancien conduit en plâtre, lequel avait servi à un poêle qu'on allumait jadis dans la baraque, rampait le long du mur et montait presque jusqu'à l'endroit où l'on apercevait Thénardier. Ce tuyau, alors fort lézardé et tout crevassé, est tombé depuis, mais on en voit encore les traces. Il était fort étroit.

—On pourrait monter par là, fit Montparnasse.

—Par ce tuyau? s'écria Babet, un orgue! jamais! il faudrait un mion.

—Il faudrait un môme, reprit Brujon.

—Où trouver un moucheron? dit Gueulemer.

—Attendez, dit Montparnasse. J'ai l'affaire.

Il entr'ouvrit doucement la porte de la palissade, s'assura qu'aucun passant ne traversait la rue, sortit avec précaution, referma la porte derrière lui, et partit en courant dans la direction de la Bastille.

彼は幅一尺ばかりの壁の上に、驟雨しゅううの中に身を横たえていた。左右には二つの深淵しんえんがあって、身を動かすこともできず、あるいは目がくらんで墜落しそうになり、あるいは捕縛さるるに違いないという恐怖に駆られ、考えは絶えず時計の振り子のように二つの思いの間を往来した、「落ちれば死ぬ、このままではつかまる。」
そういう苦悶くもんにとらえられているうち、まだまっ暗な街路に、彼は突然人影を認めた。その男はバヴェー街の方から壁に沿って忍んでき、ぶら下がったようになってるテナルディエの下の方の奥まった所に立ち止まった。するとまた第二の男が同じように注意して忍んでき、第一の男といっしょになり、次に第三の男がき、次に第四の男がきた。四人がいっしょになると、そのひとりは板塀についてる戸の※(「金+饌のつくり」、第4水準2-91-37)かけがねをはずし、板小屋のある囲いのうちに四人ともはいってしまった。そして彼らはちょうどテナルディエのま下になった。彼らは明らかに何か相談せんためにその奥まった所を選んだのである。そこは通行人の目にもつかず、また数歩先にあるフォルス監獄、潜門くぐりもんを番してる歩哨ほしょうから見られもしなかった。それからまた、歩哨は雨のため哨舎の中に閉じ込められていたことも言っておかなければならない。テナルディエは四人の男の顔を見分けることができなかったので、身の破滅を感じてる悲惨な絶望的な注意をもって彼らの言葉に耳を傾けた。
テナルディエは希望の光に似たものが目の前に現われたような気がした。それらの男は盗賊の隠語を使っていたのである(訳者注 以下の会話は隠語にてなされ、そのままの翻訳はほとんど不可能なるがゆえに、さしつかえなきかぎり普通の言葉に訳出した)。
第一の男は低くしかしはっきりと言った。
「引き上げよう。ここらでどうするんだ。」
第二の男は答えた。
「土砂降どしゃぶりに降ってる。おまけにいぬらが通りかかる。番兵も向こうに立ってる。こっちゃにいりゃあつかまるばかりだ。」
そのここらとこっちゃという二つの言葉は、どちらもここという意味で、第一のは市門近くで言われてるものであり、第二のはタンプル付近で言われてるものであって、テナルディエにとってはまさしく一条の光明だった。ここらという言葉で彼は、場末の浮浪人であるブリュジョンを見て取り、こっちゃという言葉で彼は、種々な仕事のうちでもことにタンプルの古物商をしてたことのあるバベを見て取った。
大世紀時代の古い隠語は、もうタンプルでしか使われていなくて、バベはそれを純粋に話し得るただひとりだった。こっちゃという言葉がなかったら、テナルディエも彼を見て取り得なかったろう、なぜなら彼はすっかりその声を変えていたから。
そのうちに第三の男が口を入れた。
「だが何も急ぐことはねえ。少し待ってみよう。あいつ俺おれたちの手を借りてえのかも知れんからな。」
これは普通の言葉使いであって、テナルディエにはそれがモンパルナスだとわかった。モンパルナスはあらゆる隠語に通じながらそれを少しも使わないことを、自ら上品だとしていた。
第四の男は黙っていたが、その広い肩幅でだれだか明らかだった。テナルディエは惑わなかった。それはグールメルだった。
ブリュジョンは勢い込んでしかしなお低い声で答え返した。
「何を言うんだ。宿屋の亭主が逃げ出せるもんか。あいつはまだ新参だ。シャツを裂き敷き布を破って綱を作り、戸に穴をあけ、合い札を作り、合い鍵かぎを作り、鉄枷てつかせを切り、外に綱を下げ、身を隠し、様子を変えるなんか、よほどの腕達者でなけりゃできねえ。あの老耄おいぼれにできるもんか、何にも知らねえからな。」
それにまたバベが次のように言い添えた。それはやはり昔プーライエやカルトゥーシュなどの凶賊が使っていた古典的な賢明な隠語であった。ブリュジョンが使ってる無謀な新しい気取った危険な隠語にそれを対照すると、ちょうどアンドレ・シェニエの言葉にラシーヌの言葉を対照するようなものだった。
「あの宿屋の亭主め、仕事中に押さえられたのかも知れねえ。よほど腕達者でなけりゃだめだが、奴やつはまだ見習いだからな。回し者かぐるの奴やっこさんに、一杯くわせられたのかも知れねえ。そら、モンパルナス、監獄の中であのとおり騒いでるのが聞こえるじゃねえか。あの蝋燭ろうそくの光を見ろ。またつかまったんだ。なに二十年延びるだけだ。俺おれは何も恐がるわけじゃねえし、臆病風おくびょうかぜに誘われたわけでもねえが、こうなっちゃもう仕方がねえ、うっかりするとこちらまで穴にはまるだけだ。いきりたつなよ。俺たちといっしょにこい。うまい酒やつを一本いっしょにやろうじゃねえか。」
「仲間が困ってるのをすてちゃおけねえ。」とモンパルナスはつぶやいた。
「なあに、奴やつは確かにつかまったんだ。」とブリュジョンは言った。「今となっちゃあ、宿屋の亭主なんか一文の値打ちもねえ。もう仕方がねえや。さあ行こう。今にもいぬにやられそうな気がしてならねえ。」
モンパルナスももうしいて逆らいはしなかった。事実を言えば、互いに見捨てないという盗賊仲間の義理から、四人の者はテナルディエがどこかの壁の上に出て来るだろうと思って、危険もかまわずに、フォルス監獄のまわりを終夜うろついていたのである。しかし夜はあまり好都合になりすぎてまっくらであり、驟雨しゅううは人も通れないくらいに降りしきり、身体は冷え、着物はずぶぬれになり、靴くつには水がはいり、監獄の中には不安な物音が起こってき、時間はすぎ、巡邏じゅんらには出会い、望みはなくなり、恐怖は襲ってきて、ついに退却のやむなきに至った。テナルディエの婿と言ってもまあさしつかえないモンパルナスでさえ、もう思い切った。そして彼らは今や立ち去ろうとした。板筏いたいかだにのってるメデューズ号の難破者らが、遠くに現われてきた船がまた水平線に没し去るのを見るような心地を、テナルディエは壁の上にあえぎながら感じた。
彼はあえて声をかけるわけにはいかなかった。もし呼び声でも一つ他に聞かれたらそれで万事終わりだった。その時、ある考えが、最後の一策が、一つの光明が、彼に浮かんだ。彼はポケットの中から、新館の煙筒から取ってきたブリュジョンの綱の切れを引き出して、それを板塀いたべいの囲いの中に投げおろした。
その綱は四人の足下に落ちた。
「綱!」とバベは言った。
「俺おれのだ!」とブリュジョンは言った。
「宿屋の亭主に違いねえ。」とモンパルナスは言った。
彼らは目をあげた。テナルディエは頭を少し差し出した。
「早く!」とモンパルナスは言った、「ブリュジョン、お前は綱のも一方を持ってるか。」
「うむ。」
「いっしょにつぎ合わして、奴やつに投げてやろう。壁にかけたら、おりられるくらいにはなるだろう。」
テナルディエは危険をかまわず口をきいた。
「俺は凍えてる。」
「あたためてやるよ。」
「もう動けねえ。」
「すべりおりろ、受け留めてやるから。」
「手がしびれてる。」
「綱を壁に結びつけるだけだ。」
「できねえ。」
「じゃあ俺おれたちがだれか上ってゆかなけりゃならねえ。」とモンパルナスは言った。
「四階の高さだぞ。」とブリュジョンが言った。
昔板小屋の中でたくストーブの用をなしていた古い石膏せっこうの管が壁についていて、テナルディエの姿が見えるあたりまで上っていた。その管は当時既にはなはだしく亀裂きれつや割れ目がはいっていて、その後くずれ落ちてしまったが、今日でもなお跡が見えている。それはごく狭い管だった。
「あれから上れるだろう。」とモンパルナスは言った。
「あの管から?」とバベは叫んだ。「大人おとなじゃだめだ、小僧でなけりゃあ。」
「そうだ、子供がきでなけりゃあ。」とブリュジョンも言った。
「そんな小僧っ児がめっかるもんか。」とグールメルは言った。
「待て、」とモンパルナスは言った、「いいことがある。」
彼は静かに板塀いたべいの戸を少し開いて、街路にはだれもいないのを見定め、用心してぬけ出し、後ろに戸を引きしめ、バスティーユの方へ駆けて行った。

 

 

 

 

Sept ou huit minutes s'écoulèrent, huit mille siècles pour Thénardier; Babet, Brujon et Gueulemer ne desserraient pas les dents; la porte se rouvrit enfin, et Montparnasse parut, essoufflé, et amenant Gavroche. La pluie continuait de faire la rue complètement déserte.

Le petit Gavroche entra dans l'enceinte et regarda ces figures de bandits d'un air tranquille. L'eau lui dégouttait des cheveux. Gueulemer lui adressa la parole:

—Mioche, es-tu un homme?

Gavroche haussa les épaules et répondit:

—Un môme comme mézig est un orgue, et des orgues comme vousailles sont des mômes.

—Comme le mion joue du crachoir! s'écria Babet.

—Le môme pantinois n'est pas maquillé de fertille lansquinée, ajouta Brujon.

—Qu'est-ce qu'il vous faut? dit Gavroche.

Montparnasse répondit:

—Grimper par ce tuyau.

—Avec cette veuve, fît Babet.

—Et ligoter la tortouse, continua Brujon.

—Au monté du montant, reprit Babet.

—Au pieu de la vanterne, ajouta Brujon.

—Et puis? dit Gavroche.

—Voilà! dit Gueulemer.

Le gamin examina la corde, le tuyau, le mur, les fenêtres, et fit cet inexprimable et dédaigneux bruit des lèvres qui signifie:

—Que ça!

—Il y a un homme là-haut que tu sauveras, reprit Montparnasse.

—Veux-tu? reprit Brujon.

—Serin! répondit l'enfant comme si la question lui paraissait inouïe; et il ôta ses souliers.

Gueulemer saisit Gavroche d'un bras, le posa sur le toit de la baraque, dont les planches vermoulues pliaient sous le poids de l'enfant, et lui remit la corde que Brujon avait renouée pendant l'absence de Montparnasse. Le gamin se dirigea vers le tuyau où il était facile d'entrer grâce à une large crevasse qui touchait au toit. Au moment où il allait monter, Thénardier, qui voyait le salut et la vie s'approcher, se pencha au bord du mur; la première lueur du jour blanchissait son front inondé de sueur, ses pommettes livides, son nez effilé et sauvage, sa barbe grise toute hérissée, et Gavroche le reconnut.

—Tiens! dit-il, c'est mon père!... Oh! cela n'empêche pas.

Et prenant la corde dans ses dents, il commença résolûment l'escalade.

Il parvint au haut de la masure, enfourcha le vieux mur comme un cheval, et noua solidement la corde à la traverse supérieure de la fenêtre.

Un moment après, Thénardier était dans la rue.

Dès qu'il eut touché le pavé, dès qu'il se sentit hors de danger, il ne fut plus ni fatigué, ni transi, ni tremblant; les choses terribles dont il sortait s'évanouirent comme une fumée, toute cette étrange et féroce intelligence se réveilla, et se trouva debout et libre, prête à marcher devant elle. Voici quel fut le premier mot de cet homme:

—Maintenant, qui allons-nous manger?

Il est inutile d'expliquer le sens de ce mot affreusement transparent qui signifie tout à la fois tuer, assassiner et dévaliser. Manger, sens vrai: dévorer.

—Rencognons-nous bien, dit Brujon. Finissons en trois mots, et nous nous séparerons tout de suite. Il y avait une affaire qui avait l'air bonne rue Plumet, une rue déserte, une maison isolée, une vieille grille pourrie sur un jardin, des femmes seules.

—Eh bien! pourquoi pas? demanda Thénardier.

—Ta fée, Éponine, a été voir la chose, répondit Babet.

—Et elle a apporté un biscuit à Magnon, ajouta Gueulemer. Rien à maquiller là.

—La fée n'est pas loffe, fit Thénardier. Pourtant il faudra voir.

—Oui, oui, dit Brujon, il faudra voir.

Cependant aucun de ces hommes n'avait plus l'air de voir Gavroche qui, pendant ce colloque, s'était assis sur une des bornes de la palissade; il attendit quelques instants, peut-être que son père se tournât vers lui, puis il remit ses souliers, et dit:

—C'est fini? Vous n'avez plus besoin de moi, les hommes? vous voilà tirés d'affaire. Je m'en vas. Il faut que j'aille lever mes mômes.

Et il s'en alla.

Les cinq hommes sortirent l'un après l'autre de la palissade.

Quand Gavroche eut disparu au tournant de la rue des Ballets, Babet prit Thénardier à part:

—As-tu regardé ce mion? lui demanda-t-il.

—Quel mion?

—Le mion qui a grimpé au mur et t'a porté la corde.

—Pas trop.

—Eh bien, je ne sais pas, mais il me semble que c'est ton fils.

—Bah! dit Thénardier, crois-tu?

Et il s'en alla.

七、八分過ぎた。テナルディエにとっては八千世紀がほどにも思われた。バベとブリュジョンとグールメルとは口もきかなかった。がついに戸はまた開かれて、ガヴローシュを連れたモンパルナスが息を切らしながら現われた。雨のために街路にはやはり人影もなかった。
少年ガヴローシュは囲いの中にはいってき、平気で盗賊らの顔をながめた。水は髪の毛からしたたっていた。グールメルが彼に言葉をかけた。
「小僧、貴様は一人前か。」
ガヴローシュは肩をそびやかして答えた。
「俺おれのような子供がきは一人前だが、お前たちのような大人おとなはまだ赤児ねんねえだ。」
「こいつ、よく舌が回りやがる。」とバベは叫んだ。
「パリーの子供がきは藁人形わらにんぎょうじゃねえ。」とブリュジョンは言葉を添えた。
「何の用なんだい。」とガヴローシュは言った。
モンパルナスが答えた。
「あの管から上るんだ。」
「この綱を持って。」とバベが言った。
「そしてそれを結びつけるんだ。」とブリュジョンがあとをついだ。
「壁の上にな。」とバベがまた言った。
「あの窓の横木にだ。」とブリュジョンが言い添えた。
「それから?」とガヴローシュは言った。
「それだけだ。」とグールメルが言った。
浮浪少年は綱と管と壁と窓とを見調べ、そして軽蔑するような何とも言えぬ音を脣くちびるから出した。その意味はこうだった。
「それだけか!」
「上に人がいる、それをお前は救うんだ。」とモンパルナスは言った。
「やるか?」とブリュジョンが言った。
「なーんだい!」と少年は、そんな問いをかける奴やつがあるかとでもいうように答え返した。そして靴くつをぬいだ。
グールメルはガヴローシュの片腕をつかんで、彼を板小屋の屋根にのせた。虫食ったその屋根板は子供の重みにしなった。それからグールメルは、モンパルナスのいない間にブリュジョンがつなぎ合わせた綱を彼に渡した。浮浪少年は管の方へ進んだ。ちょうど屋根に接して大きな割れ目が一つあって、それから中にはいるのは容易だった。そこから彼が上って行こうとした時、テナルディエは救済と生命とが近づくのを見て、壁の端からのぞき出した。彼の汗にまみれた額、青ざめた頬骨ほおぼね、猛悪な鋭い鼻、逆立った灰色の髭ひげ、などが暁の初光にほの白く浮き出して、ガヴローシュはそれがだれであるかを見て取った。
「やあ、」と彼は言った、「親父おやじだな。……なにかまうこたあねえ。」
そして綱を口にくわえ、思い切って上り始めた。
彼は廃屋の頂上に上りつき、その古い壁にまたがり、窓の一番上の横木に綱をしっかりと結びつけた。
それから間もなく、テナルディエは街路に出ていた。
街路の舗石しきいしに足を触るるや、危険の外に脱したのを感ずるや、彼はもう疲れても凍えても震えてもいなかった。ようやく脱のがれてきた恐ろしいことどもは煙のように消えてしまって、異常な獰猛どうもうな知力がよみがえり、自由にすっくと立ち上がって前に進もうとしていた。そして彼が発した最初の言葉はこうだった。
「ところで何奴どいつを食ってやろうかね。」
その言葉の意味は明らかに、殺し屠ほふりはぎ取るというのをいっしょにしたものであることは、説明するまでもない。食うの真の意味は呑噬どんぜいするというのである。
「うまく身を隠そうじゃねえか。」とブリュジョンは言った。「手早く話をきめて、すぐに別れるとしよう。プリューメ街にうまそうな仕事が一つあったがね。寂しい通りで、近所から離れた家で、庭の古い鉄門は腐っており、女ばかりだ。」
「なるほど。それがどうしていけねえんだ?」とテナルディエは尋ねた。
「お前の娘のエポニーヌが調べに行ったんだ。」とバベが答えた。
「ところがマニョンの所にビスケットを持ってきたんだ。」とブリュジョンは言い添えた。
「あれはとうていだめだ。」
「あの娘はばかじゃねえ。」とテナルディエは言った。「だが一応調べてやろう。」
「そうだ、そうだ、」とブリュジョンは言った、「一応調べるがいい。」
その間、彼らはだれもガヴローシュをもう気にも止めていなかった。ガヴローシュは彼らの話の間、板塀いたべいの標石の一つに腰掛けて、しばらくじっとしていた。おそらく親父おやじがふり向いてくれるのを待っていたのであろう。それから彼は靴くつをはいて言った。
「すんだのかい、もう用はねえのかい、おい大人おとなたち。どうにかきりぬけたってわけだな。じゃあ俺おれは行くよ。子供がきどもを起こしに行ってやるかな。」
そして彼は立ち去った。
五人の男はひとりひとり板塀から出た。
ガヴローシュがバレー街の曲がり角かどに見えなくなると、バベはテナルディエをわきに呼んだ。
「お前はあの小僧をよく見たか。」と彼は尋ねた。
「どの小僧?」
「壁に上ってお前に綱を渡したあの小僧だ。」
「よかあ見ねえ。」
「俺おれにもよくわからねえが、何だかお前の息子らしかったぜ。」
「ほう、」とテナルディエは言った、「そうかね。」
そして彼は向こうへ立ち去っていった。

 

 

Livre septième(第7編)に続く

合計ビュー 652 , 今日のビュー 8 

-Les Misérables, リーディング