Jean-Christophe

ジャン・クリストフ 第3巻 青年 L'Adolescent 第2部 Sabine

Dans une aile de la maison, de l'autre côté de la cour, logeait au rez-de-chaussée une jeune femme de vingt ans, veuve depuis quelques mois, avec une petite fille. Madame Sabine Froehlich était aussi locataire du vieux Euler. Elle occupait la boutique qui donnait sur la rue, et elle avait de plus deux chambres sur la cour, avec jouissance d'un petit carré de jardin, séparé de celui des Euler par une simple clôture de fil de fer, où s'enroulait du lierre. On l'y voyait rarement; l'enfant s'y amusait seule, du matin au soir, à tripoter la terre; et le jardin poussait comme il voulait, au grand mécontentement du vieux Justus, qui aimait les allées ratissées et le bel ordre dans la nature. Il avait essayé de faire à sa locataire quelques observations à ce sujet; mais c'était probablement pour cela qu'elle ne se montrait plus; et le jardin n'en allait pas mieux.

Madame Froehlich tenait une petite mercerie, qui aurait pu être assez achalandée, grâce à la situation dans une rue commerçante, au cœur de la ville; mais elle ne s'en occupait pas beaucoup plus que du jardin. Au lieu de faire son ménage elle-même, comme il convenait, selon madame Vogel, à une femme qui se respecte,—surtout quand elle n'est pas dans une situation de fortune qui permette, sinon excuse l'oisiveté,—elle avait pris une petite servante, une fille de quinze ans, qui venait quelques heures, le matin, pour faire les chambres et garder le magasin, pendant que la jeune femme s'attardait paresseusement dans son lit, ou à sa toilette.

Christophe l'apercevait parfois, à travers ses carreaux, circulant dans sa chambre, pieds nus, en sa longue chemise, ou assise pendant des heures en face de son miroir; car elle était si insouciante qu'elle oubliait de fermer ses rideaux; et, quand elle s'en apercevait, elle était si indolente qu'elle ne prenait pas la peine d'aller les baisser. Christophe, plus pudique, s'écartait de sa fenêtre, pour ne pas la gêner: mais la tentation était forte. En rougissant un peu, il jetait un regard de côté sur les bras nus, un peu maigres, languissamment levés autour des cheveux défaits, les mains jointes derrière la nuque, s'oubliant dans cette pose, jusqu'à ce qu'ils fussent engourdis, et qu'elle les laissât retomber. Christophe se persuadait que c'était par mégarde qu'il voyait en passant cet agréable spectacle, et qu'il n'en était pas troublé dans ses méditations musicales; mais il y prenait goût, et il finit par perdre autant de temps à regarder madame Sabine qu'elle en perdait à faire sa toilette. Non pas qu'elle fût coquette: elle était plutôt négligée, à l'ordinaire, et n'apportait pas à sa mise le soin méticuleux qu'y mettaient Amalia ou Rosa. Si elle s'éternisait devant son miroir, c'était pure paresse; à chaque épingle qu'elle enfonçait, il lui fallait se reposer de ce grand effort, en se faisant dans la glace de petites mines dolentes. Elle n'était pas encore tout à fait habillée, à la fin de la journée.

Souvent, la bonne sortait, avant que Sabine fût prête; et un client sonnait à la porte du magasin. Elle le laissait sonner et appeler une ou deux fois, avant de se décider à se lever de sa chaise. Elle arrivait, souriante, sans se presser,—sans se presser, cherchait l'article qu'on lui demandait,—et, si elle ne le trouvait pas après quelques recherches, ou même (cela arrivait) s'il fallait, pour l'atteindre, se donner trop de peine, transporter par exemple l'échelle d'un bout de la pièce à l'autre,—elle disait tranquillement qu'elle n'avait plus l'objet; et comme elle ne s'inquiétait pas de mettre un peu d'ordre chez elle, ou de renouveler les articles qui manquaient, les clients se lassaient ou s'adressaient ailleurs. Sans rancune, du reste. Le moyen de se fâcher avec cette aimable personne, qui parlait d'une voix douce, et ne s'émouvait de rien! Tout ce qu'on pouvait lui dire lui était indifférent; et on le sentait si bien que ceux qui commençaient à se plaindre n'avaient même pas le courage de continuer: ils partaient, répondant par un sourire à son charmant sourire; mais ils ne revenaient plus. Elle ne s'en troublait point. Elle souriait toujours.

Elle semblait une jeune figure florentine. Les sourcils levés, bien dessinés, les yeux gris à demi ouverts, sous le rideau des cils. La paupière intérieure un peu gonflée, avec un léger pli creusé dessous. Le mignon petit nez se relevait vers le bout par une courbe légère. Une autre petite courbe le séparait de la lèvre supérieure, qui se retroussait au-dessus de la bouche entr'ouverte, avec une moue de lassitude souriante. La lèvre inférieure était un peu grosse; le bas de la figure, rond, avait le sérieux enfantin des vierges de Filippo Lippi. Le teint était un peu brouillé, les cheveux brun clair, des boucles en désordre, et un chignon à la diable. Elle avait un corps menu, aux os délicats, aux mouvements paresseux. Mise sans beaucoup de soin,—une jaquette qui bâillait, des boutons qui manquaient, de vilains souliers usés, l'air un peu souillonnette,—elle charmait par sa grâce juvénile, sa douceur, sa chatterie instinctive. Quand elle venait prendre l'air à la porte de la boutique, les jeunes gens qui passaient la regardaient avec plaisir; et bien qu'elle ne se souciât pas d'eux, elle ne manquait pas de le remarquer. Son regard prenait alors cette expression reconnaissante et joyeuse, qu'ont les yeux de toute femme qui se sent regardée avec sympathie. Il semblait dire:

—Merci!... Encore! Encore! Regardez-moi!...

中庭の向こう側、家の片翼の一階に、二十歳の若い女が住んでいた。ザビーネ・フレーリッヒという名前で、数か月前から寡婦になり、一人の小さな娘をもっていたが、やはりオイレル老人の借家人だった。街路に面した店をもっていて、なおその上に、中庭に面した二つの室を有し、四角な狭い庭までついていた。その庭は、蔦つたのからんだ針金作りのちょっとした垣根かきねで、オイレル一家の庭と区別されていた。彼女の姿は滅多に庭に見えなかったが、子供は朝から晩まで、土いじりをしてそこで一人遊んでいた。庭には草木が思うままはびこっていたので、手入れの届いた径みちと整然たる自然とを好んでいたユスツス老人は、それが非常に不満だった。そのことについて、借家人に少し注意を与えたこともあった。しかしおそらくそのために、彼女はもう庭に出て来なくなったのであろう。そして庭は少しもよくなりはしなかった。

フレーリッヒ夫人は小さな小間物店を出していた。町の目抜きの繁華な街路に位していたので、かなり客足がつくはずだった。しかし彼女はこの商売にも、庭にたいすると同様にあまり気を入れていなかった。フォーゲル夫人の説に従えば、自尊心のある婦人にとっては――ことに、怠惰を許されないまでも怠惰でいてやってゆけるくらいの財産がない時には――自分で世帯の仕事をするのが至当であるそうだが、フレーリッヒ夫人はそうしないで、十五歳の小娘を一人雇っていた。この小娘が朝のうち幾時間かやって来て、若いお上さんが寝床の中にぐずついたり、呑気のんきにお化粧をしたりする間、室を片付けたり店番をしたりしていた。
クリストフは時々、彼女が長い肌着はだぎをつけ素足のままで室の中をうろうろしたり、長い間鏡の前にすわっていたりするのを、窓ガラス越しに見かけることがあった。彼女は窓掛をおろすのを忘れるほど無頓着むとんじゃくだった。そして気がついても、無精のあまりわざわざ窓掛をおろしに行こうともしなかった。クリストフは彼女よりずっと初心うぶだったから、向うをきまり悪がらせまいと思って窓から離れた。しかし誘惑は強かった。少し顔を赤めながらも、彼女の両腕を横目で見やった。その腕は心持痩やせていて、解いて髪のまわりに懶ものうげに上げられ、頸くびの後ろで手先を組み合していたが、しまいにしびれてきてまたがっくりおろされるまで、そのままぼんやりしていた。クリストフはその快い光景をただ通りがかりにうっかり見たばかりであって、そのために音楽上の瞑想めいそうが少しも邪魔されはしなかったのだと、思い込んでいた。しかし彼はそれに興味を覚えてるのだった。そしてザビーネが化粧に費やしたのと同じだけの時間を、彼女をながめて空費するようになった。彼女は決して嬌飾家めかしやではなかった。平素はむしろ構わない方だった。アマリアやローザほどにも、自分の服装みなりに細かな注意を払ってはいなかった。お化粧台の前にいつまでもじっとしていたのも、単なる怠惰からであった。留針を一本さすにも、そのあとで大儀そうな顰しかめ顔をちょっと鏡に映しながら、その大した努力の骨休めをしなければならなかった。日暮れになりかけても、まだすっかり身仕舞を済ましていなかった。

ザビーネの仕度したくがととのわないうちに、小婢こおんなが帰ってしまうこともたびたびだった。すると客は、店の入口の鈴ベルを鳴らした。一、二度鈴を鳴らさせ呼ばせておいてから、彼女はようやく椅子いすから立上る決心をするのだった。そして笑顔をしながら、ゆっくり出て来た――ゆっくり、客の求むる品物を捜した――そして少し捜しても見付からない時には、あるいは(実際あったことだが)それを取出すのにあまり骨の折れる時には、たとえば室の隅すみから他の隅へ梯子はしごをもって行かなければならないような時には、平気で品切れだと言った。それに、店を少しも片付けようともせず、また実際きれてる品物を取寄せようともしなかったので、客の方で根負けがしたり、他の店へ行ったりした。しかしだれも彼女を憎む者はなかった。やさしい声で口をきき何事にも平気でいるこの愛敬者を相手には、腹のたてようがなかった。どんなことを言われても彼女は無頓着むとんじゃくだった。そしてだれもよくそのことを感じたので、不平を言い始める者も、それをつづけるだけの勇気がなかった。彼女のあでやかな微笑に笑顔で答えて帰っていった。しかしもう二度と買いに来なかった。彼女はそれを少しも苦にしなかった。そしていつも微笑ほほえんでいた。

彼女はフロレンスの若い女のような顔つきをしていた。くっきりした高い眉毛まゆげ、睫毛まつげの幕の下に半ば開いている灰色の眼。少し脹はれた下眼瞼まぶた、その下に寄ってる軽い皺しわ。かわいい小さな鼻は、軽やかな曲線を描いて先の方で高まっていた。も一つの小さな曲線が、鼻と上唇うわくちびるとを隔て、その上唇は開きかかってる口の上にまき上って、にこやかな懶ものうさに唇をとがらした様子になっていた。下唇は少し厚かった。顔の下部は円形まるがたで、フィリッポ・リッピの描いた処女のような、仇気あどけない真面目まじめさをそなえていた。顔色は少し曇っていた。髪はうすい栗くり色で、ごたごたに束ねてあり、後ろの方はもじゃもじゃしていた。身体はきゃしゃで、骨組が細く、動作が手ぬるかった。服装みなりには大して気をつけていなかった――胸の開いた上着、不足がちなボタン、すり切れた汚ない靴くつ、おさんどんじみた様子――けれど、その若々しい優美さ、物やさしさ、本能的な愛敬、などで人の心をひいていた。店の表に出て涼んでいると、通りかかりの若者らはそれに見とれた。そして彼女は、彼らを少しも気にかけてはいなかったが、見られてることに気付かずにはいなかった。すると彼女の眼は、心寄せて見られてるのを感ずるあらゆる女の眼がするように、感謝と喜びとの色を浮かべた。そしてこう言ってるようだった。
「ありがとうよ!……もっと、もっと、見てちょうだい!……」

Mais quelque plaisir qu'elle eût à plaire, jamais sa nonchalance n'eût fait le moindre effort pour plaire.

Elle était un objet de scandale pour les Euler-Vogel. Tout en elle les blessait: son indolence, le désordre de sa maison, la négligence de sa toilette, son indifférence polie à leurs observations, son éternel sourire, la sérénité impertinente avec laquelle elle avait accepté la mort de son mari, les indispositions de son enfant, ses mauvaises affaires, les ennuis gros et menus de la vie quotidienne, sans que rien changeât rien à ses chères habitudes, à ses flâneries éternelles,—tout en elle les blessait: et le pire de tout, qu'ainsi faite, elle plaisait. Madame Vogel ne pouvait le lui pardonner. On eût dit que Sabine le fît exprès pour infliger par sa conduite un démenti ironique aux fortes traditions, aux vrais principes, au devoir insipide, au travail sans plaisir, à l'agitation, au bruit, aux querelles, aux lamentations, au pessimisme sain, qui était la raison d'être de la famille Euler, comme de tous les honnêtes gens, et faisait de leur vie un purgatoire anticipé. Qu'une femme qui ne faisait rien et se donnait du bon temps, toute la sainte journée, se permît de les narguer de son calme insolent, tandis qu'ils se tuaient à la peine comme des galériens,—et que, par-dessus le marché, le monde lui donnât raison,—cela passait les bornes, c'était h décourager d'être honnête!... Heureusement, Dieu merci! il y avait encore quelques gens de bon sens sur terre. Madame Vogel se consolait avec eux. On échangeait les observations du jour sur la petite veuve, qu'on épiait à travers ses persiennes. Ces commérages faisaient la joie de la famille, le soir, quand on était réunis à table. Christophe écoutait, d'une oreille distraite. Il était si habitué à entendre les Vogel se faire les censeurs de la conduite de leurs voisins qu'il n'y prêtait plus aucune attention. D'ailleurs, il ne connaissait encore de madame Sabine que sa nuque et ses bras nus, qui, bien qu'assez plaisants, ne lui permettaient pas de se faire une opinion définitive sur sa personne. Il se sentait pourtant plein d'indulgence pour elle; et, par esprit de contradiction, il lui savait gré surtout de ne point plaire à madame Vogel.

Le soir, après dîner, quand il faisait très chaud, on ne pouvait rester dans la cour étouffante, où le soleil donnait, toute l'après-midi. Le seul endroit de la maison où l'on respirât un peu était le côté de la rue. Euler et son gendre allaient quelquefois s'asseoir sur le pas de leur porte, avec Louisa. Madame Vogel et Rosa n'apparaissaient qu'un instant: elles étaient retenues par les soins du ménage; madame Vogel mettait son amour-propre à bien montrer qu'elle n'avait pas le temps de flâner; et elle disait, assez haut pour qu'on l'entendît, que tous ces gens qui étaient là, à bâiller sur leurs portes, sans faire œuvre de leurs dix doigts, lui donnaient sur les nerfs. Ne pouvant—(elle le regrettait)—les forcer à s'occuper, elle prenait le parti de ne pas les voir, et elle rentrait travailler rageusement. Rosa se croyait obligée de l'imiter. Euler et Vogel trouvaient des courants d'air partout, ils craignaient de se refroidir, et remontaient chez eux; ils se couchaient fort tôt, et n'auraient, pour un empire, changé la moindre chose à leurs habitudes. À partir de neuf heures, il ne restait plus que Louisa et Christophe. Louisa passait ses journées dans sa chambre; et, le soir, Christophe s'obligeait, quand il le pouvait, à lui tenir compagnie, pour la forcer à prendre un peu l'air. Seule, elle ne fût point sortie: le bruit de la rue l'effarait. Les enfants se poursuivaient avec des cris aigus. Tous les chiens du quartier y répondaient avec leurs aboiements. On entendait des sons de piano, une clarinette un peu plus loin, et, dans une rue voisine, un cornet à piston. Des voix s'interpellaient. Les gens allaient et venaient par groupes, devant leurs maisons. Louisa se serait crue perdue, si on l'eût laissée seule au milieu de ce tohu-bohu. Mais auprès de son fils, elle y trouvait presque plaisir. Le bruit s'apaisait graduellement. Les enfants et les chiens se couchaient les premiers. Les groupes s'égrenaient. L'air devenait plus pur. Le silence descendait. Louisa racontait de sa voix fluette les petites nouvelles que lui avaient apprises Amalia ou Rosa. Elle n'y trouvait pas un très grand intérêt. Mais elle ne savait de quoi causer avec son fils, et elle éprouvait le besoin de se rapprocher de lui, de dire quelque chose. Christophe, qui le sentait, feignait de s'intéresser à ce qu'elle racontait; mais il n'écoutait pas. Il s'engourdissait vaguement, et repassait les événements de sa journée.

Un soir qu'ils étaient ainsi,—pendant que sa mère parlait, il vit s'ouvrir la porte de la mercerie voisine. Une forme féminine sortit silencieusement, et s'assit dans la rue. Quelques pas séparaient sa chaise de Louisa. Elle s'était placée dans l'ombre la plus épaisse. Christophe ne pouvait voir son visage; mais il la reconnaissait. Sa torpeur s'effaça. L'air lui parut plus doux. Louisa ne s'était pas aperçue de la présence de Sabine, et continuait à mi-voix son tranquille bavardage. Christophe l'écoutait mieux, et il éprouvait le besoin d'y mêler ses réflexions, de parler, d'être entendu peut-être. La mince silhouette demeurait sans bouger, un peu affaissée, les jambes légèrement croisées, les mains l'une sur l'autre posées à plat sur ses genoux. Elle regardait devant elle, elle ne semblait rien entendre. Louisa s'assoupissait. Elle rentra. Christophe dit qu'il voulait rester encore un peu.

Il était près de dix heures. La rue s'était vidée. Les derniers voisins rentraient l'un après l'autre. On entendait le bruit des boutiques qui se fermaient. Les vitres éclairées clignaient de l'œil, s'éteignaient. Une ou deux s'attardaient encore: elles moururent. Silence... Ils étaient seuls, ils ne se regardaient pas, ils retenaient leur souffle, ils semblaient ignorer qu'ils étaient l'un près de l'autre. Des champs lointains venaient le parfum des prairies fauchées, et, d'un balcon voisin, l'odeur d'un pot de giroflées. L'air était immobile. La Voie lactée coulait. Au-dessus d'une cheminée, le Chariot de David inclinait ses essieux; dans le pâle ciel vert, ses étoiles fleurissaient comme des marguerites. À l'église de la paroisse, onze heures sonnèrent, répétées tout autour par les autres églises, aux voix claires ou rouillées, et, dans l'intérieur des maisons, par les timbres assourdis des pendules, ou par les coucous enroués.

Ils s'éveillèrent de leur songerie, et se levèrent en même temps. Et, comme ils allaient rentrer, chacun de son côté, tous deux ils se saluèrent de la tête, sans parler. Christophe remonta dans sa chambre. Il alluma sa bougie, s'assit devant sa table, la tête dans ses mains, et resta longtemps sans penser. Puis il soupira, et se coucha.

Le lendemain, en se levant, il s'approcha machinalement de la fenêtre, et regarda du côté de la chambre de Sabine. Mais les rideaux étaient clos. Ils le furent, toute la matinée. Ils le furent toujours depuis.

Christophe proposa à sa mère, le soir suivant, d'aller de nouveau s'asseoir devant la porte de la maison. Il en prit l'habitude. Louisa s'en réjouit: elle s'inquiétait de le voir s'enfermer dans sa chambre, aussitôt après dîner, fenêtre close, volets clos.—La petite ombre muette ne manqua pas non plus de revenir s'asseoir à sa place accoutumée. Ils se saluaient d'un rapide signe de tête, sans que Louisa s'en aperçût. Christophe causait avec sa mère. Sabine souriait à sa petite fille, qui jouait dans la rue; vers neuf heures, elle allait la coucher, puis revenait sans bruit. Quand elle tardait un peu, Christophe commençait à craindre qu'elle ne revînt plus. Il guettait les bruits de la maison, les rires de la fillette qui ne voulait pas dormir; il distinguait le frôlement de la robe de Sabine, avant qu'elle eût paru sur le seuil de la boutique. Alors il détournait les yeux, et parlait à sa mère d'une voix plus animée. Il avait le sentiment parfois que Sabine le regardait. Il jetait de son côté des regards furtifs. Mais jamais leurs yeux ne se rencontraient.

L'enfant servit de lien entre eux. Elle courait dans la rue avec d'autres petits. Ils s'amusaient ensemble à exciter un brave chien débonnaire, qui sommeillait, le museau allongé entre les pattes; il entr'ouvrait un œil rouge, et poussait à la fin un grognement ennuyé: alors ils se dispersaient, en piaillant d'effroi et de bonheur. La fillette poussait des cris perçants, et regardait derrière elle, comme si elle était poursuivie: elle allait se jeter dans les jambes de Louisa, qui riait affectueusement. Louisa retenait l'enfant, elle la questionnait; et l'entretien s'engageait avec Sabine. Christophe n'y prenait point part. Il ne parlait pas à Sabine. Sabine ne lui parlait pas. Par une convention tacite, ils feignaient de s'ignorer. Mais il ne perdait pas un mot des propos échangés par-dessus sa tête. Son silence paraissait hostile à Louisa. Sabine ne le jugeait pas ainsi; mais il l'intimidait, et elle se troublait un peu dans ses réponses. Alors elle trouvait une raison pour rentrer.

Pendant toute une semaine, Louisa enrhumée garda la chambre. Christophe et Sabine se trouvèrent seuls. La première fois, ils en furent effrayés. Sabine, pour se donner une contenance, tenait la petite sur ses genoux, et la mangeait de baisers. Christophe gêné ne savait pas s'il devait continuer d'ignorer ce qui se passait auprès de lui. Cela devenait difficile: bien qu'ils ne se fussent pas encore adressé la parole, la connaissance était faite, grâce à Louisa. Il essaya de sortir une ou deux phrases de sa gorge; mais les sons s'arrêtaient en route. La fillette, une fois de plus, les tira d'embarras. En jouant à cache-cache, elle tournait autour de la chaise de Christophe, qui l'attrapa au passage et l'embrassa. Il n'aimait pas beaucoup les enfants; mais il éprouvait une douceur singulière à embrasser celle-ci. La petite se débattait, tout occupée de son jeu. Christophe la taquina, elle lui mordit les mains; il la laissa glisser à terre. Sabine riait. Ils échangèrent, en la regardant, des mots insignifiants. Puis Christophe essaya—(il s'y crut obligé)—de lier conversation; mais il n'avait pas grandes ressources de parole; et Sabine ne lui facilitait pas la tâche: elle se contentait de répéter ce qu'il venait de dire:

 しかし、人に好かれることがうれしかったにせよ、彼女は本来の無精から、少しも好かれようとつとめたことはなかった。

オイレルにフォーゲルの一家にとっては、彼女はいつも悪口の種であった。彼女のことは万事彼らの気色を害した。彼女の怠惰、家の中の乱雑、服装みなりのだらしなさ、彼らの注意にたいする馬鹿ていねいな冷淡さ、たえざる笑顔、夫の死に接しても乱されない晴やかさ、娘の病身、店の不景気、または、いかなることがあっても、その慣れきった習慣を、いつもののらくらさを、少しも変えないでやってゆく日々の生活の、細大ともどもの退屈さ加減――彼女の万事が、彼らの気色を害した。そして最もいけないのは、彼女がそんなふうでいて人に好かれることだった。フォーゲル夫人はそれを彼女に許してやることができなかった。すべて正直な人たちはそうだが、オイレル一家の者が存在の理由としてるところのもの、そしておのれの生活を早くもこの世からの煉獄れんごくとなしてるところのもの、すなわち強力な伝統、真正な主義、無味乾燥な義務、面白みのない労働、燥急、喧騒けんそう、口論、悲嘆、健全な悲観主義、そういうものの上に、実際の行為によって皮肉な拒否を投げかけんがために、ザビーネはことさらにそうしてるのだとでもいうような調子だった。神聖な一日じゅう、何にもせず、勝手なことに多くの時間をつぶし、人が懲役人のように身を粉にして苦労してるのに、横柄にも落着き払ってそれを馬鹿にするとは――おまけに、世間の者までが彼女を至当だとするとは――それはあんまりのことだった。正直に暮そうとする勇気をくじくものだった!……が幸いにも、神はよくしたものだ! この世にまだ分別をそなえた者が数人あった。フォーゲル夫人はそれらの人々といっしょにみずから慰めていた。若い寡婦について、鎧戸よろいどの間からのぞき得た一日のことを皆で言い合った。それらの悪口は、晩に食卓へ皆集った時、一家の者の喜びとなった。クリストフは心を他処よそにして聞いていた。フォーゲル一家の者たちが隣人の行いを非難するのを、彼はあまりに聞き慣れていたので、もうそれになんらの注意も払わなかった。そのうえ彼はまだザビーネ夫人については、その露あらわな頸くび筋と両腕とをしか知らなかった。それらのものはかなり気に入るものではあったが、それだけでは、彼女の一身に決定的な断案を下すわけにはゆかなかった。けれども彼は、彼女にたいして十分の寛容を心に感じていた。そして施毛曲つむじまがりの気質から、彼女がフォーゲル夫人の気に入っていないことがことにありがたかった。

ごく暑い時には、夕食後、午後じゅう日の当っていた息苦しい中庭に残ってることはできなかった。家じゅうで少し息のつける場所といっては、ただ往来のそばだけだった。オイレルとその婿とは、ルイザといっしょに、時々入口へ行ってその段に腰をおろした。フォーゲル夫人とローザとは、ちょっと姿を見せるきりだった。家庭の仕事に引止められていた。フォーゲル夫人は、ぶらぶらする隙ひまがないことを示すのを誇りとしていた。手いっぱいに仕事をしないで家の入口で欠伸あくびばかりしてるようなそんな人たちを見ると、気が苛いら苛らしてくるなどというようなことを、聞えよがしに高い声で言っていた。彼らを働かせることができない――(彼女はそれを口惜くやしがっていた)――ので、その姿を見まいと決心して、家にはいって癇癪かんしゃくまぎれに働いた。ローザは彼女を真似まねなければならないと思っていた。オイレルとフォーゲルとは、どこにいても風が強すぎるような気がし、身体が冷えるのを恐れて、室へ上って行った。彼等は早くから寝た。そしてどんなことがあっても、少しも平素の習慣を変えたがらなかった。九時過ぎには、もはやルイザとクリストフとしか表には残っていなかった。ルイザは終日室の中で過していたから、晩になるとクリストフは、彼女に少し外の空気を吸わせるために、できるだけ誘い出すようにしていた。彼女は一人ではなかなか外に出なかった。往来の喧騒けんそうをきらっていた。子供らが鋭い叫びをたてて追駆け合っていた。近所の犬がそれに答えて吠ほえたてていた。ピアノの音が聞え、少し遠くにはクラリネットの音が、隣の街路にはコルネットの音が聞えていた。種々の声が呼びかわしていた。人々がそれぞれ家の前を連れだって行き来していた。ルイザはそういう混雑の中に一人放り出されたら、もうどうにもしようがないと思ったろう。しかし息子むすこのそばにいると、かえってそれが面白く思われるほどだった。物音は次第に静まっていった。子供や犬などがまっ先に寝にいった。人々の群が小さくなっていった。空気はいっそう清らかになった。静寂が落ちてきた。ルイザは細い声で、アマリアやローザから聞いた世間話をした。彼女はそんな話を大して面白がってるのではなかった。しかし彼女は息子むすこを相手に何を話していいかわからなかった。しかも息子に近寄って何か言ってみたかったのである。クリストフはその気持を感じて、彼女の話を面白く思ってるらしいふうを装った。しかし耳は傾けていなかった。彼はぼんやりした気分に浸り込んでいって、その日の出来事を思い起こしていた。

ある晩、二人がそうしていると――母が話をしてる間に、彼は隣の小間物屋の入口が開あくのを見た。女の姿が黙って出て来て、往来に腰をおろした。その椅子いすはルイザから数歩の所にあった。女は最も濃い暗がりの中にすわっていた。クリストフはその顔を見ることができなかった。しかしだれであるかはわかった。彼の茫然ぼうぜんたる気持は消え失うせた。空気がいっそうやさしくなったように思われた。ルイザはザビーネがいるのに気もつかないで、その静かなおしゃべりを低い声でつづけていた。クリストフは前よりもよく耳を傾けた。そしてそれに自分の意見も交えたくなり、口をききたくなり、またおそらく言葉を向うの女に聞かせたくなった。彼女の痩やせた姿は、じっと身動きもせず、少しがっかりしたような様子で、足を軽く組み、両手を膝ひざの上に平たく重ねていた。前方をまっすぐに向いて、何にも耳にしていないらしかった。ルイザはうとうとしていた。そして家にはいった。クリストフはも少し残っていたいと言った。

もう十時になりかけていた。通りはひっそりしていた。しまいまで残っていた近所の人たちも、順々に家へはいっていった。店の戸の閉しまる音が聞えた。燈火のさしていたガラス戸がまたたいて見えなくなっていった。まだ一つ二つ残っていたが、それもすぐに暗くなった。しいんとした。……彼らは二人きりだった。たがいに顔を見合わしもせず、息を凝らして、おたがいにそばにいるのも知らないような様子だった。遠い野から、草の刈られた牧場の香かおりが漂ってき、隣の露台バルコニーから、一鉢はちの丁字の花の匂においがしてきた。空気はよどんでいた。天の川が流れていた。一本の煙筒の真上に、北斗星が傾いていた。青白い空に星が菊のように花を開いていた。教区の会堂で十一時が鳴ると、その響きに合わして、他の会堂で澄んだ響きや錆さびた響きがくり返され、また家の中で、掛時計の重い音や鳴時計の嗄しゃがれた声がくり返された。

二人は夢想から覚さめて、同時に立上った。そして家にはいりかける時、二人ともそれぞれ、無言のまま頭で会釈をした。クリストフは室にもどった。蝋燭ろうそくをともし、テーブルの前にすわり、両手で頭をかかえ、何にも考えもせずに長い間じっとしていた。それから溜息ためいきをついて、寝床にはいった。
翌日、彼は起き上ると、機械的に窓へ近寄って、ザビーネの室の方をながめた。しかし窓掛は降りていた。午前中降りていた。その後はいつも降りていた。

翌晩クリストフは、また家の前へ出ようと母に言い出した。それが習慣になった。ルイザは喜んだ。彼が夕食を済ますとすぐに、窓を閉め雨戸を閉めて室に閉じこもってしまうのを見ると、彼女は心配になるのであった。――小さな無言の人影もまた、いつもの場所にすわりに来ることを欠かさなかった。彼らはルイザの気づかぬまに素早く頭で会釈をかわした。クリストフは母と話をした。ザビーネは往来で遊んでる自分の娘に微笑ほほえみかけていた。九時ごろに彼女は娘を寝かしに行き、それからまた音もなくもどってきた。彼女が少し手間どると、クリストフは彼女がもうもどって来ないのではないかと気をもみ始めた。家の中の物音や、眠ろうとしない小娘の笑声などを、彼は窺うかがった。ザビーネが店の入口に現われない前から、その衣きぬずれの音を聞き分けた。彼女が出て来ると、彼は眼をそらして、いっそう元気な声で母に話しかけた。時とすると、ザビーネからながめられてる気がした。彼の方でもまたそっと流し目に見やった。しかしかつて二人の眼は出会わなかった。

子供が仲介の役を勤めた。彼女は他の子供らとともに往来を走り回った。足の間に顔をつき込んで眠ってるおとなしい犬を、皆でからかっては面白がっていた。犬は赤い眼を少し開いて、しまいには気を悪くしたらしい唸うなり声を発した。すると子供らは、怖こわさと面白さとに声をたてながら四方へ逃げ散った。娘は金切声を出して、あたかも追っかけられてるように後ろを見い見い、やさしく笑っていたルイザの膝ひざへ駆け寄ってすがりついた。ルイザは娘を引止めて種々尋ねだした。それからザビーネとの間に話が始った。クリストフは少しも口を出さなかった。彼はザビーネに話しかけなかった。ザビーネも彼に話しかけなかった。暗黙の習慣から、二人はたがいに知らないふうをした。しかし彼は自分を通りこしてかわされてる話の一語をも聞きもらさなかった。ルイザには彼のその無言が反感を含んでるもののように思われた。ザビーネの方はそうは判断しなかった。しかし彼女は彼に気がひけて、多少返辞にまごついた。すると家の中へはいる口実を見つけるのであった。

一週間の間、ルイザは風邪かぜをひいて室にこもった。クリストフとザビーネとは二人きりだった。最初の晩は、二人とも恐こわがっていた。ザビーネはてれ隠しに、娘を膝に抱き上げて、やたらに接吻せっぷんしつづけた。クリストフは困って、向うの様子を知らないふうをつづけたものかどうか迷った。変なぐあいになってきた。二人はまだ言葉をかわしたことはなかったが、ルイザのおかげですっかり知り合いになっていた。彼は一、二の文句を喉のどから出そうとした。しかしその声は中途でつかえてしまった。すると娘が、こんどもまた二人を当惑から救ってくれた。娘は隠れん坊をしながら、クリストフの椅子いすのまわりを回った。クリストフはその途中をとらえて、抱いてやった。彼は元来あまり子供好きでなかったが、その娘を抱きしめると、不思議な快さを感じた。娘は遊びに気をとられて、身をもがいた。クリストフは少しからかってやった。手に噛かみつかれた。それで地面に降ろしてやった。ザビーネは笑っていた。二人は子供を見ながら、なんでもない言葉をかわした。それからクリストフは、話の糸口を結ぼうと――(そうしなければならないと思って)――つとめた。しかし言葉の種が豊富でなかった。それにザビーネは、その仕事を少しもやさしくしてくれなかった。彼女は彼が言うことをただくり返すだけで満足した。

 

—Il faisait bon, ce soir.

—Oui, ce soir était excellent.

—On ne respirait pas dans la cour.

—Oui, la cour était étouffante.

L'entretien devenait pénible. Sabine profita de ce qu'il était l'heure de faire rentrer la petite, pour rentrer avec elle; et elle ne se montra plus.

Christophe craignit qu'elle ne fît de même, les soirs suivants, et qu'elle évitât de se trouver avec lui, tant que Louisa ne serait pas là. Mais ce fut tout le contraire; et, le lendemain, Sabine essaya de reprendre l'entretien. Elle le faisait par volonté plutôt que par plaisir; on sentait qu'elle se donnait beaucoup de mal pour trouver des sujets de conversation, et qu'elle s'ennuyait elle-même des questions qu'elle posait: demandes et réponses tombaient au milieu de silences navrants. Christophe se rappelait les premiers tête-à-tête avec Otto; mais avec Sabine, les sujets étaient plus restreints encore, et elle n'avait pas la patience d'Otto. Quand elle vit le peu de succès de ses tentatives, elle n'insista pas: il fallait se donner trop de mal, cela ne l'intéressait plus. Elle se tut, et il l'imita.

Aussitôt, tout redevint très doux. La nuit reprit son calme, et le cœur ses pensées. Sabine se balançait lentement sur sa chaise, en rêvant. Christophe rêvait, à ses côtés. Ils ne se disaient rien. Au bout d'une demi-heure, Christophe, se parlant à lui-même, s'extasia à mi-voix sur les effluves grisants apportés par le vent tiède, qui venait de passer sur une charrette de fraises. Sabine répondit deux ou trois mots. Ils se turent de nouveau. Ils savouraient le charme de ces silences indéfinis, de ces mots indifférents. Ils subissaient le même rêve; ils étaient pleins d'une seule pensée; ils ne savaient point laquelle, ils ne se l'avouaient pas à eux-mêmes. Quand onze heures sonnèrent, ils se quittèrent en souriant.

Le jour d'après, ils ne tentèrent même plus de renouer conversation: ils reprirent leur cher silence. De loin en loin, quelques monosyllabes leur servaient à reconnaître qu'ils pensaient aux mêmes choses.

Sabine se mit à rire:

—Comme c'est mieux, dit-elle, de ne pas se forcer à parler! On s'y croit obligé, et c'est si ennuyeux!

—Ah! fit Christophe, d'un ton pénétré, si tout le monde était de votre avis!

Ils rirent tous deux. Ils pensaient à madame Vogel.

—La pauvre femme! dit Sabine, comme elle est fatigante!

—Elle ne se fatigue jamais, reprit Christophe, d'un air navré.

Sabine s'égaya de son air et de son mot.

—Vous trouvez cela plaisant? dit-il. Cela vous est bien aisé, à vous. Vous êtes à l'abri.

—Je crois bien, dit Sabine. Je m'enferme à clef chez moi.

Elle avait un petit rire doux, presque silencieux. Christophe l'écoutait, ravi, dans le calme de la nuit. Il aspira l'air frais, avec délices.

—Ah! que c'est bon de se taire! fit-il en s'étirant.

—Et que c'est inutile de parler! dit-elle.

—Oui, dit Christophe, on se comprend si bien!

Ils retombèrent dans leur silence. La nuit les empêchait de se voir. Ils souriaient tous deux.

Pourtant, s'ils sentaient de même, quand ils étaient ensemble,—ou s'ils se l'imaginaient,—ils ne savaient rien l'un de l'autre. Sabine ne s'en inquiétait aucunement. Christophe était plus curieux. Un soir, il lui demanda:

—Aimez-vous la musique?

—Non, dit-elle simplement. Elle m'ennuie. Je n'y comprends rien du tout.

Cette franchise le charma. Il était excédé par les mensonges des gens qui se disaient fous de musique et qui mouraient d'ennui, quand ils en entendaient: ce lui semblait presque une vertu de ne pas l'aimer et de le dire. Il s'informa si Sabine lisait.

—Non. D'abord, elle n'avait pas de livres.

Il lui offrit les siens.

—Des livres sérieux? demanda-t-elle, inquiète.

—Pas de livres sérieux, si elle ne voulait pas. Des poésies.

—Mais ce sont des livres sérieux!

—Des romans, alors.

Elle fit la moue.

—Cela ne l'intéressait pas?

—Si, cela l'intéressait; mais c'était toujours trop long; jamais elle n'avait la patience d'aller jusqu'au bout. Elle oubliait le commencement, elle sautait des chapitres, et elle ne comprenait plus rien. Alors elle jetait le livre.

—Belle preuve d'intérêt!

Bah! c'était bien assez pour une histoire pas vraie. Elle réservait son intérêt pour autre chose que pour des livres.

—Pour le théâtre peut-être?

—Ah! bien, non!

—Est-ce qu'elle n'y allait pas?

—Non. Il faisait trop chaud. Il v avait trop de monde. On est bien mieux chez soi. Les lumières font mal aux yeux. Et les acteurs sont si laids!

Là-dessus, il était d'accord avec elle. Mais il y avait encore autre chose au théâtre: les pièces.

—Oui, fit-elle distraitement. Mais je n'ai pas le temps.

—Que pouvez-vous faire, du matin jusqu'au soir?

Elle souriait:

—Il y a tant à faire!

—C'est vrai, dit-il, vous avez votre magasin.

—Oh! fit-elle tranquillement, cela ne m'occupe pas beaucoup.

—C'est votre fillette alors qui vous prend tout votre temps?

—Oh! non, la ‘pauvre petite! elle est bien sage, elle s'amuse toute seule.

—Alors?

Il s'excusa de son indiscrétion. Mais elle s'en amusait.

—Il y avait tant, tant de choses!

—Quelles?

—Elle ne pouvait pas dire. Il y en avait de toutes sortes. Quand ce ne serait que se lever, faire sa toilette, penser au dîner, faire le dîner, manger le dîner, penser au souper, ranger un peu sa chambre... La journée était déjà finie... Et il fallait bien pourtant avoir aussi un peu de temps pour ne rien faire!...

—Et vous ne vous ennuyez pas?

—Jamais.

—Même quand vous ne faîtes rien?

—Surtout quand je ne fais rien. C'est bien plutôt de faire quelque chose, qui m'ennuie.

Ils se regardèrent en riant.

—Que vous êtes heureuse! dit Christophe. Moi, je ne sais pas ne rien faire.

—Il me semble que vous savez très bien.

—J'apprends depuis quelques jours.

—Eh bien, vous arriverez.

「いい晩ですね。」

「ええ、ほんとにいい晩ですわ。」

「中庭では息もつけません。」

「ええ、中庭は息苦しゅうございますね。」

話は困難になってきた。ザビーネは娘を連れもどす時刻なのをよい機会にして、娘といっしょに家にはいった。そしてもう出て来なかった。

クリストフは、彼女がその後毎晩同じようにして、ルイザが来ない間は二人きりになるのを避けはすまいかと気づかった。しかしそれは反対だった。翌日は、ザビーネが話を始めようとした。彼女は気が向いてるからというよりもむしろつとめてそうした。話の種を見つけるのにたいそう骨折ってることが、言い出した問いに自分でも困ってることが、よく感じられた。問いと答えとが、苛立いらだたしい沈黙の間にぽつりぽつりと落ちた。クリストフはオットーと二人きりの初めのころのことを思い出した。しかしザビーネに対しては、話題の範囲はさらに狭かった。それに彼女はオットーほどの気長さをもたなかった。つとめてもあまりうまくゆかないことを見てとると、もうつづけて気を入れなかった。あまりに骨を折らなければならなかったので、もう面白くなくなった。彼女は口をつぐんだ。そして彼もそれに倣ならった。

間もなく、すべてはきわめて穏かになった。夜はまた静かになり、二人の心はまた考えにふけった。ザビーネは夢想しながら、椅子いすの上にゆるやかに身を揺すっていた。クリストフはそのそばで夢想していた。二人はたがいに何にも言わなかった。三十分もたつと、ある苺いちご車の上から生暖かい風が吹き送ってくる酔わすような匂いに、クリストフはうっとりとなって、小声に独語ひとりごとを言った。ザビーネはそれに二、三言答えた。それから二人はまた黙った。そのなんとも言えない沈黙とその無関心な数言との魅力を味わった。二人は同じ夢想にふけり、ただ一つの考えでいっぱいになっていた。彼らはそれがどういう考えであるか少しも知らず、みずからそれをはっきりさせなかった。十一時が鳴ると、微笑ほほえみながら別れた。
次の日には、二人はもう話を交えようとも試みなかった。親しい沈黙を事とした。時々二、三の片言を口にすると、二人とも同じことを考えてるのがわかった。

ザビーネは笑いだした。

「むりに話さない方がどんなにかよござんすね!」と彼女は言った。「話さなければならないと思うと、厭いやになってしまいますわ!」

「ええ、世間の者が皆、」とクリストフはしんみりした調子で言った、「あなたと同じ意見だったら!」

二人とも笑った。彼らはフォーゲル夫人のことを考えていた。

「かわいそうな人ね、」とザビーネは言った、「ほんとに飽き飽きしますわ。」

「自分ではちっとも倦きないんですからね。」とクリストフは悲しい様子で言った。

ザビーネはその様子と言葉とを面白がった。

「あなたには面白いんでしょう。」と彼は言った。「あなたは楽ですよ、隠れておられるから。」

「そうですわね。」とザビーネは言った。「私は室にはいって鍵かぎをかっておきますのよ。」

彼女はほとんど沈黙にも等しいかすかなやさしい笑いをもらしていた。クリストフは夜の静寂の中に、恍惚こうこつとして耳を傾けていた。彼はさわやかな空気を心地よく吸い込んだ。

「ああ、黙ってるのはほんとにいいことだ!」と彼は身体を伸ばしながら言った。

「そしてしゃべるのはほんとに無駄むだなことですわ!」と彼女は言った。

「そうです、」とクリストフは言った、「おたがいによくわかり合えるんだから。」

二人はまた沈黙に陥った。暗いのでたがいに顔を見ることはできなかった。二人とも微笑ほほえんでいた。

けれども、いっしょにいると同じことを感じていたとはいえ――もしくはそうみずから想像していたとはいえ――二人はたがいに相手のことを少しも知ってはいなかった。ザビーネはそれを別に気にかけてはいなかった。クリストフはそれほど無関心ではなかった。ある晩、彼は彼女に尋ねた。

「あなたは音楽が好きですか。」

「いいえ。」と彼女は事もなげに答えた。「退屈しますの。私にはちっともわかりません。」

その淡泊さが彼の心を喜ばした。音楽が大好きだと言いながら音楽を聞くと退屈の色を示す人々の虚偽に、彼は飽き飽きしていた。音楽を好まないでかつ好まないと口に言うことは、ほとんど一つの美徳のようにさえ彼には思えた。彼はまたザビーネに、書物を読むかどうか尋ねた。

――読まなかった。第一書物をもっていなかった。

彼は自分の書物を貸してやろうと言った。

「真面目まじめな御本でしょう?」と彼女は不安そうに尋ねた。

――厭いやなら、真面目な書物でないのを。詩集を。

――でも詩集なら真面目な書物である。

――では小説を。

彼女は口をとがらした。

――小説には興味がなかったのか?

――否。興味はあった。しかしそれはいつも長すぎた。かつて終りまで読み通す根気がなかった。初めの方を忘れるし、章を飛ばして読むし、もう少しもわからなくなった。すると書物を投げ出してしまうのだった。

――なるほど興味を感じてるりっぱな証拠だった!

――なあに、嘘うその話はそれくらいの読み方で沢山たくさんだった。書物より他のことに興味を取っておいたのだった。

――おそらく芝居へか?

――否々。

――芝居へは行かなかったのか?

――行かなかった。芝居は暑すぎた。あまり人が多すぎた。家にいる方がよかった。光が眼に毒だし、役者がいかにも醜い!

その点については彼も同意見だった。しかし芝居にはまだ他のものがあった、すなわち脚本が。

「ええ。」と彼女は気のりしないような調子で言った。「でも私には隙ひまがありませんもの。」
「朝から晩まで何をすることがあるんですか。」
彼女は微笑ほほえんでいた。
「沢山たくさんすることがありますのよ。」

「なるほど、」と彼は言った、「店がありましたね。」

「あら、店なんか、」と彼女は平気で言った、「たいして忙しくはありません。」

「ではお嬢さんのために隙がないんですか。」
「いいえ、娘なんか! たいへんおとなしくって、一人で遊んでいます。」
「では?」

彼はそういう不謹慎な追及を詫わびた。しかし彼女は面白がっていた。
――沢山たくさんのことが、それは沢山のことがあった。
――何が?
――一々言うことができないほどだった。あらゆる仕事があった。起き上り、身じまいをし、昼食のことを考え、昼食をこしらえ、昼食を食べ、夜食のことを考え、少し室を片付け……そんなことばかりでも、もう昼は暮れてしまった……。それにまた、何にもしない時間も少しはなければならなかった……。

「退屈ではありませんか?」
「いいえ、少しも。」
「何にもなさらない時でも?」
「何にもしない時がいちばん退屈しませんわ。かえって何かする時の方が退屈しますわ。」
二人は笑いながら顔を見合った。
「あなたはほんとに幸福ですね!」とクリストフは言った。「私は何にもしないということをまだ知りません。」
「よく御存じだと私は思っていますのに。」
「四、五日前からようやくわかりかけたんです。」
「では今によくおわかりになりますわ。」

 

Il avait le cœur paisible et reposé, quand il venait de causer avec elle. Il lui suffisait de la voir. Il se détendait de ses inquiétudes, de ses irritations, de cette angoisse nerveuse qui lui contractait le cœur. Nul trouble quand il lui parlait. Nul trouble quand il songeait à elle. Il n'osait se l'avouer; mais, dès qu'il était près d'elle, il se sentait pénétré par une torpeur délicieuse, il s'assoupissait presque. Les nuits, il dormait comme il n'avait jamais dormi.

En revenant de son travail, il jetait un coup d'œil dans l'intérieur de la boutique. Il était rare qu'il ne vît pas Sabine. Ils se saluaient en souriant. Parfois, elle était sur le seuil, et ils échangeaient quelques mots; ou bien il entr'ouvrait la porte, il appelait la petite, et lui glissait dans la main un cornet de bonbons.

Un jour, il se décida à entrer. Il prétendit avoir besoin de boutons pour son veston. Elle se mit à en chercher; mais elle ne les trouva pas. Tous les boutons étaient mêlés: impossible de s'y reconnaître. Elle était un peu ennuyée qu'il vît ce désordre. Lui s'en divertissait, et se penchait curieusement pour mieux voir.

—Non! fit-elle, en tâchant de cacher le tiroir avec ses mains. Ne regardez pas! C'est un fouillis...

Elle se remit à chercher. Mais Christophe la gênait. Elle se dépita, et repoussant le tiroir:

—Je ne trouve pas, dit-elle. Allez donc chez Lisi, dans la rue à côté. Elle en a sûrement. Elle a tout ce qu'on veut.

Il rit de cette façon de faire des affaires.

—Est-ce que vous lui envoyez ainsi tous vos clients?

—Ce n'est pas la première fois, répondit-elle gaiement.

Elle avait pourtant un peu honte.

—C'est trop ennuyeux de ranger, reprit-elle. Je remets de jour en jour pour le faire... Mais je le ferai sûrement demain.

—Voulez-vous que je vous aide? dit Christophe.

Elle refusa. Elle eût bien voulu accepter; mais elle n'osait pas, à cause des commérages. Et puis, cela l'humiliait.

Ils continuèrent à causer.

—Et vos boutons? dit-elle à Christophe, après un moment. Vous n'allez pas chez Lisi?

—Jamais de la vie, dit Christophe. J'attendrai que vous ayez rangé.

—Oh! dit Sabine, qui avait déjà oublié ce qu'elle venait de dire, n'attendez pas si longtemps!

Ce cri du cœur les mit en joie.

Christophe s'approcha du tiroir qu'elle avait repoussé:

—Laissez-moi chercher, voulez-vous?

Elle courut à lui pour l'empêcher:

—Non, non, je vous en prie, je suis sûre que je n'ai pas...

—Je parie que vous l'avez.

Du premier coup, il ramena, triomphant, le bouton qu'il voulait. Il lui en fallait d'autres. Il voulut continuer de fouiller; mais elle lui arracha la boîte des mains, et, se piquant d'amour-propre, elle-même elle chercha.

Le jour baissait. Elle s'approcha de la fenêtre. Christophe s'assit à quelques pas; la fillette grimpa sur ses genoux. Il feignait d'écouter son verbiage, et y répondait distraitement. Il regardait Sabine, qui se savait regardée. Elle se penchait sur la boîte. Il apercevait sa nuque et un peu de sa joue.—Et tandis qu'il la regardait, il vit qu'elle rougissait. Et il rougit aussi.

L'enfant parlait toujours. Personne ne lui répondait. Sabine ne bougeait plus. Christophe ne voyait pas ce qu'elle faisait: il était sûr qu'elle ne faisait rien, elle ne regardait même pas la boîte qu'elle tenait. Le silence se prolongeait. La petite fille inquiète se laissa glisser des genoux de Christophe:

—Pourquoi vous ne dites plus rien?

Sabine se retourna brusquement, et la serra dans ses bras. La boîte se répandit par terre; la petite poussa des cris de joie, elle courut à quatre pattes à la poursuite des boutons qui roulaient sous les meubles. Sabine revint près de la fenêtre, et appuya son visage contre les carreaux. Elle semblait s'absorber dans la vue du dehors.

—Adieu, dit Christophe, troublé.

Elle ne bougea point la tête, et dit tout bas:

—Adieu.

L'après-midi, le dimanche, la maison restait vide. Toute la famille se rendait à l'église et entendait les vêpres. Sabine n'y allait point. Christophe, en plaisantant, lui en fit des reproches, une fois qu'il l'aperçut assise devant sa porte, dans le petit jardin, tandis que les belles cloches s'égosillaient à l'appeler. Elle répondit sur le même ton que la messe seule était obligatoire; les vêpres ne l'étaient pas: il était donc inutile, et même un peu indiscret, de faire excès de zèle; et elle aimait à penser qu'au lieu de lui en vouloir. Dieu lui en saurait gré.

—Vous faites Dieu à votre image, dit Christophe.

—Cela m'ennuierait tant, à sa place! fit-elle d'un ton convaincu.

—Vous ne vous occuperiez pas souvent du monde, si vous étiez à sa place.

—Tout ce que je lui demanderais, c'est qu'il ne s'occupât pas de moi.

—Cela n'en irait peut-être pas plus mal, dit Christophe.

—Chut! s'écria Sabine, nous disons des impiétés!

—Je ne vois pas l'impiété qu'il y a à dire que Dieu vous ressemble. Je suis sûr qu'il est flatté.

—Voulez-vous vous taire! dit Sabine, moitié riant, moitié fâchée. Elle commençait à craindre que Dieu ne se scandalisât. Elle se hâta de détourner la conversation.

—Et puis, dit-elle, c'est le seul moment de la semaine, où l'on peut jouir en paix du jardin.

—Oui, dit Christophe. Ils ne sont pas là.

Ils se regardèrent.

—Quel silence! fit Sabine. On n'est pas habitué... On ne sait plus où on est...

Oh! cria brusquement Christophe avec colère, il y a des jours où j'ai envie de l'étrangler!

Il n'était pas besoin d'expliquer de qui il voulait parler.

—Et les autres? demanda Sabine gaiement.

—C'est vrai, dit Christophe, découragé. Il y a Rosa.

—Pauvre petite! dit Sabine.

Ils se turent.

—Si c'était toujours comme c'est maintenant!... soupira Christophe.

Elle leva vers lui ses yeux riants, puis les baissa de nouveau. Il s'aperçut qu'elle travaillait.

—Que faites-vous là? demanda-t-il.

(Il était séparé d'elle par le rideau de lierre tendu entre les deux jardins).

—Vous voyez bien, dit-elle, en levant une écuelle qu'elle tenait sur ses genoux; j'écosse des petits pois.

Elle poussa up gros soupir.

—Mais ce n'est pas désagréable! dit-il en riant.

—Oh! répondit-elle, c'est mourant, d'avoir à s'occuper toujours de son dîner!

—Je parie, dit-il, que si c'était possible, vous vous passeriez de dîner, plutôt que d'avoir l'ennui de le préparer.

—Bien sûr! s'écria-t-elle.

—Attendez! Je vais vous aider.

彼女と話をすると、彼は心が和やわらぎ休らうのを感じた。ただ彼女と会うだけでも十分だった。不安だの、焦燥だの、心をしめつける苛いら苛らした懊悩おうのうから、解放された。彼女と話してる時には、なんらの惑いもなかった。彼女のことを想おもってる時には、なんらの惑いもなかった。彼はみずからそうだとは認めかねた。しかし彼女のそばにゆくとすぐに、快いしみじみとした安楽を覚え、ほとんどうつらうつらとしてきた。夜は、今までになくよく眠れた。

仕事の帰りがけに、彼はよく店の中をちらりとのぞき込んだ。ザビーネを見かけないことはめったになかった。二人は微笑ほほえみで会釈をした。時とすると、彼女は入口にいたので、数話をかわすこともあった。あるいはまた、彼は戸を少し開いて、娘を呼び、ボンボンの小箱をその手に握らしてやった。

ある日、彼は思い切って中にはいった。チョッキのボタンがいると言った。彼女はそれを捜し始めた。しかし見つからなかった。あらゆるボタンがごっちゃになっていた、一々見分けることができないほど。彼女はその乱雑さを見られるのを少し当惑した。彼はそれを面白がって、なおよく見るために珍しそうにのぞき込んだ。

「厭ですよ!」と彼女は言いながら、両手で引き出しを隠そうとした。「のぞいちゃいけません。ごちゃごちゃですもの……。」

彼女は捜し始めた。しかしクリストフは彼女をじらした。彼女は癇癪かんしゃくを起して、引き出しをしめてしまった。

「見つからないわ。」と彼女は言った。「次の街路まちのリージさんのところへいらっしゃいな。きっとありますわ。あすこならなんでもありますよ。」

彼はその商売ぶりを笑った。

「あなたはそんなふうに、客をみんな向うへやってしまうんですか。」

「ええ、これが初めてのことじゃありませんわ。」と彼女は快活に答えた。

しかし彼女は多少きまりが悪かった。
「片付けるのはほんとに厭ですもの。」と彼女は言った。「一日一日と片付けるのを延ばして……でも明日あしたはきっとしますわ。」

「手伝ってあげましょうか。」とクリストフは言った。

彼女は断った。承知したくはあったが、人から悪口を言われそうなので承知しかねた。それにまた、面目なかった。
二人は話しつづけた。

「そしてボタンは?」と彼女はやがてクリストフに言った。「リージさんのところへいらっしゃらないんですか。」
「行くもんですか。」とクリストフは言った。「あなたが片付けるのを待っています。」

「あら、」とザビーネは今言ったことをもう忘れて言った、「そんなにいつまでも待っちゃいけません!」

その心からの叫びが、二人を快活になした。
クリストフは彼女がしめた引き出しに近づいた。

「僕に捜さしてください。」

彼女はそれを止とめようとして、駆け寄った。

「いえ、いえ、どうぞ。確かにありませんのよ……。」

「ありますとも、きっと。」

すぐに彼は、得意然としてほしいボタンを引き出した。なお他にも要いるボタンがあった。彼はつづけて捜そうとした。しかし彼女はその手から箱をひったくって、自負心から自分で捜し始めた。
日は傾いていた。彼女は窓に近寄った。クリストフは数歩離れて腰をおろした。娘がその膝ひざに上ってきた。彼は娘のおしゃべりを聞いてるふうをし、気のない返辞をしながら、ザビーネをながめていた。彼女も見られてるのを知っていた。彼女は箱の上にかがみ込んでいた。その頸くび筋と頬ほおが少し彼の眼にはいった。――そして彼女をながめているうちに、彼女が赤くなってるのに気づいた。彼も赤くなった。

子供はしきりにしゃべっていた。だれもそれに答えなかった。ザビーネはもう身動きもしなかった。クリストフは彼女が何をしてるかを見なかった。彼には、彼女が何にもしていないことが、手にもってる箱をもながめていないことが、よくわかっていた。沈黙が長くつづいた。小娘は心配になって、クリストフの膝からすべりおりた。

「なぜ何にも言わないの?」

ザビーネはにわかにふりむいて、娘を両腕に抱きしめた。箱は下に落ちた。娘は喜びの声をあげて、家具の下にころがってゆくボタンを、四つばいになって追っかけた。ザビーネは窓のそばにもどって、窓ガラスに顔を押しあてた。外の景色に見とれてるふうをした。

「さよなら。」とクリストフは途方にくれて言った。
彼女は頭も動かさなかった。そしてごく低く言った。
「さよなら。」

日曜の午後は、家の中ががらんとしていた。皆が教会堂へ行って、晩課を聞いていた。ザビーネは少しも行かなかった。ある時、美しい鐘の音がしきりに呼びたてるのに、彼女は小さな庭の戸の前にすわっていたが、それを見つけたクリストフは、冗談に彼女を責めてやった。彼女は同じ冗談の調子で、ミサだけが義務的なものであると答えた。晩課はそうではなかった。それであまり熱心になりすぎるのは無駄なことだし、不謹慎なことでさえあった。そして神は自分を恨むどころかかえってありがたがっていられるだろうと、彼女は好んで考えていた。

「あなたは自分にかたどって神をこしらえてるんです。」とクリストフは言った。
「神様になったら、私はさぞ退屈するでしょう。」と彼女は思い込んだ調子で言った。

「あなたが神になったら、あまり世間のことにはかかわらないでしょうね。」
「私が神様にお願いしたいことは、私を構ってくださらないようにということだけですわ。」
「そんならいくら願ったって悪いことになりようはないでしょう。」とクリストフは言った。
「しッ!」とザビーネは叫んだ、「不信心なことを言っていますわ。」
「神があなたに似ていると言っても、それが不信心なことだとは私は思いません。神はきっと喜ばれるに違いありません。」
「もうよしてくださいよ!」とザビーネは言った。半ば笑い半ば気にしていた。神様が怒りはすまいかと気づかい始めていた。彼女は急いで話題を変えた。
「それに、」と彼女は言った、「気楽に庭をながめることができるのも、一週間のうちに今だけですわ。」
「そうです。」とクリストフは言った。「あの人たちがいませんから。」
二人は顔を見合った。
「ほんとに静かですこと!」とザビーネは言った。「めったにないことですわ……なんだか変な気分がしますわ……。」
「ああ、」とにわかにクリストフは憤然と叫んだ、「あいつを絞め殺してやりたいと幾度思ったかしれない!」
だれのことを言ってるのか説明するに及ばなかった。
「そして他の人は?」とザビーネは快活に尋ねた。
「なるほど、」とクリストフはがっかりして言った、「ローザもいる。」
「かわいそうな娘さんだこと!」とザビーネは言った。
二人は黙った。
「ああ、いつも今のようだったら!……」とクリストフは溜息ためいきをついた。
彼女はにこやかな眼で彼の方を見上げたが、また眼を伏せた。彼は彼女が仕事をしてるのに気づいた。
「何をしているんです?」と彼は尋ねた。
(二人は、両方の庭の間に張られた蔦つたの帷とばりで隔てられていた。)
「おわかりでしょう。」と彼女は言いながら、膝の上の皿さらをもち上げた。「豌豆えんどうの莢さやをむいていますの。」
彼女は大きな溜息をもらした。
「でもそれは厭な仕事じゃありません!」と彼は笑いながら言った。
「あらたまりませんわ、」と彼女は答えた、「いつも食べ物のことにかかりあってるのは!」
「きっとあなたは、」彼は言った、「もしできることなら、厭な思いをして食べ物をこしらえるより、食べないですます方の人ですね。」
「ほんとにそうですわ!」と彼女は叫んだ。
「お待ちなさい。手伝ってあげます。」

 

Il enjamba la clôture, et vint près d'elle.

Elle était assise sur une chaise, à l'entrée de sa maison. Il s'assit sur une marche, à ses pieds. Dans les plis de sa robe ramassés sur son ventre, il puisait des poignées de gousses vertes; et il versait les petites balles rondes dans l'écuelle posée entre les genoux de Sabine. Il regardait à terre. Il voyait les bas noirs de Sabine, qui moulaient ses chevilles et ses pieds. Il n'osait lever les yeux vers elle.

L'air était lourd. Le ciel très blanc, très bas, sans un souffle. Aucune feuille ne bougeait. Le jardin était clos de grands murs: le monde finissait là.

L'enfant était sortie avec une voisine. Ils étaient seuls. Ils ne disaient rien. Ils ne pouvaient plus rien dire. Sans voir, il prenait sur les genoux de Sabine d'autres poignées de petits pois; ses doigts tremblaient en la touchant: ils rencontrèrent, au milieu des gousses fraîches et lisses, les doigts de Sabine qui tremblaient. Ils ne purent plus continuer. Ils restèrent immobiles, ne se regardant pas: elle, renversée sur sa chaise, la bouche entrouverte, les bras pendants; lui, assis b ses pieds, adossé contre elle; il sentait le long de son épaule et de son bras la tiédeur de la jambe de Sabine. Ils étaient haletants. Christophe appuyait ses mains contre la pierre, pour les rafraîchir: une de ses mains frôla le pied de Sabine, sorti de son soulier, et resta posée sur lui, ne put se détacher. Un frisson les parcourut. Ils étaient près du vertige. La main de Christophe serrait les doigts menus du petit pied de Sabine. Sabine, moite et glacée, se penchait vers Christophe...

Des voix connues les arrachèrent à cette ivresse. Ils tressaillirent. Christophe se releva d'un bond, et repassa la barrière. Sabine ramassa les épluchures dans sa robe, et regagna la maison. De la cour, il se retourna. Elle était sur le seuil. Ils se regardèrent. Des gouttelettes de pluie commençaient à faire sonner les feuilles des arbres... Elle referma sa porte. Madame Vogel et Rosa rentraient... Il remonta chez lui...

Comme le jour jaunâtre s'éteignait, noyé dans des torrents de pluie, il se leva de sa table, mû par une impulsion irrésistible; il courut à sa fenêtre fermée, et il tendit les bras vers la fenêtre d'en face. Au même moment, à la fenêtre d'en face, derrière les vitres closes, dans la demi-ombre de la chambre, il vit—il crut voir—Sabine qui lui tendait les bras.

Il se précipita hors de chez lui. Il descendit l'escalier. Il courut à la barrière du jardin. Au risque d'être vu, il allait la franchir. Mais, comme il regardait la fenêtre où elle lui était apparue, il vit que tous les volets étaient fermés. La maison semblait dormir. Il hésita à continuer. Le vieux Euler, qui allait à sa cave, l'aperçut et l'appela. Il revint sur ses pas. Il crut avoir rêvé.

Rosa ne fut pas longtemps sans s'apercevoir de ce qui se passait. Elle était sans défiance, elle ne savait pas encore ce que c'était qu'un sentiment jaloux. Elle était prête à tout donner, et ne demandait rien en échange. Mais si elle se résignait mélancoliquement à ce que Christophe ne l'aimât point, elle n'avait jamais envisagé la possibilité que Christophe aimât une autre.

Un soir, après dîner, elle venait de terminer une ennuyeuse tapisserie, à laquelle elle travaillait depuis des mois. Elle se sentit heureuse, et elle eut envie de s'émanciper un peu, pour une fois, d'aller causer avec Christophe. Elle profita de ce que sa mère avait le dos tourné, pour s'esquiver de la chambre. Elle se glissa hors de la maison, comme un écolier en faute. Elle se réjouissait de confondre Christophe, qui avait affirmé dédaigneusement qu'elle ne finirait jamais son travail. La pauvre petite avait beau connaître les sentiments de Christophe à son égard; elle était toujours disposée à juger du plaisir que les autres devaient avoir à la rencontrer, d'après celui qu'elle éprouvait en les voyant.

Elle sortit. Devant la maison, Christophe et Sabine étaient assis. Le cœur de Rosa se serra. Pourtant elle ne s'arrêta pas à cette impression irraisonnée; et gaiement, elle interpella Christophe. Le bruit de sa voix aiguë, dans le silence de la nuit, produisit sur Christophe l'effet d'une fausse note. Il tressaillit sur sa chaise, et grimaça de colère. Rosa lui agitait triomphalement sa tapisserie sous le nez. Christophe la repoussa avec impatience.

—Elle est finie, finie! insistait Rosa.

—Eh bien, allez en commencer une autre! dit sèchement Christophe.

Rosa fut consternée. Toute sa joie était tombée.

Christophe continua méchamment:

—Et quand vous en aurez fait trente, quand vous serez bien vieille, vous pourrez au moins vous dire que vous n'avez pas perdu votre vie!

Rosa avait envie de pleurer:

—Mon Dieu! comme vous êtes méchant, Christophe! dit-elle.

Christophe eut honte, et lui dit quelques mots d'amitié. Elle se contentait de si peu qu'elle retrouva, aussitôt sa confiance; et elle repartit de plus belle dans son bruyant bavardage: elle ne pouvait parler bas, elle criait à tue-tête, suivant l'habitude de la maison. Malgré tous ses efforts, Christophe ne put cacher sa mauvaise humeur. Il répondit d'abord quelques monosyllabes irrités; puis il ne répondit rien, il tourna le dos, et s'agitait sur sa chaise, en grinçant des dents, à ses notes de crécelle. Rosa voyait qu'elle l'impatientait, elle savait qu'elle devait se taire; mais elle n'en continuait que plus fort. Sabine, silencieuse, dans l'ombre, à quelques pas, assistait à la scène avec une impassibilité ironique. Puis, lassée, et sentant que la soirée était perdue, elle se leva et rentra, Christophe ne s'aperçut de son départ que quand elle n'était plus là. Il se leva aussitôt et, sans même s'excuser, il disparut de son côté, avec un sec bonsoir.

Rosa, restée seule dans la rue, regardait, atterrée, la porte par où il venait de rentrer. Les larmes la gagnaient. Elle revint précipitamment, remonta chez elle, sans faire de bruit, pour ne pas avoir à parler à sa mère, se déshabilla en toute hâte, et, une fois dans son lit, enfoncée sous ses draps, elle sanglota. Elle ne cherchait pas à réfléchir sur ce qui s'était passé; elle ne se demandait pas si Christophe aimait Sabine, si Christophe et Sabine ne pouvaient la souffrir; elle savait que tout était perdu, que la vie n'avait plus de sens, qu'il ne lui restait qu'à mourir.

Le lendemain matin, la réflexion lui revint avec l'éternel et décevant espoir. En repassant les événements de la veille, elle se persuada qu'elle avait eu tort de leur attribuer cette importance. Sans doute, Christophe ne l'aimait pas; elle s'y résignait, gardant au fond du cœur la pensée inavouée qu'elle finirait par se faire aimer, à force de l'aimer. Mais où avait-elle pris qu'il y eût quelque chose entre Sabine et lui? Comment aurait-il pu aimer, intelligent comme il était, une petite personne, dont l'insignifiance et la médiocrité frappaient les yeux de tous? Elle se sentit rassurée,—et n'en commença pas moins à surveiller Christophe. Elle ne vit rien, de tout le jour, puisqu'il n'y avait rien à voir; mais Christophe, qui la vit en revanche rôder tout le jour autour de lui, sans s'expliquer pourquoi, en conçut une irritation singulière. Elle y mit le comble, le soir, quand elle reparut et s'installa décidément à côté d'eux, dons la rue. Ce fut une réédition de la scène de la veille: Rosa seule parla. Mais Sabine n'attendit pas aussi longtemps, pour retourner chez elle; et Christophe l'imita. Rosa ne pouvait plus se dissimuler que sa présence était importune; mais la malheureuse fille tachait de se duper. Elle ne voyait pas qu'elle ne pouvait rien faire de pis que de chercher à s'imposer; et, avec sa maladresse habituelle, elle continua, les jours suivants.

Le lendemain, Christophe, flanqué de Rosa, attendit vainement que Sabine parût.

Le surlendemain, Rosa se trouva seule. Ils avaient renoncé à lutter. Mais elle n'y gagnait rien, que la rancune de Christophe, furieux d'être privé de ses chères soirées, son unique bonheur. Il lui pardonnait d'autant moins qu'absorbé par ses propres sentiments, il ne se fût jamais avisé de deviner ceux de Rosa.

Il y avait beau temps que Sabine les connaissait: elle savait que Rosa était jalouse, avant même de savoir si elle-même était amoureuse; mais elle n'en disait rien; et, avec la cruauté naturelle de toute jolie femme, qui se sait sûre de la victoire, elle assistait, silencieuse et narquoise, aux efforts inutiles de sa maladroite rivale.

Rosa, restée maîtresse du champ de bataille, contemplait piteusement le résultat de sa tactique. Le mieux était pour elle de ne pas s'obstiner, et de laisser en paix Christophe, au moins pour le moment: ce fut donc ce qu'elle ne fit pas; et comme le pis qu'elle pût faire, c'était de lui parler de Sabine, ce fut justement ce qu'elle fit.

Le cœur battant, elle lui dit timidement, pour connaître sa pensée, que Sabine était jolie. Christophe répliqua sèchement qu'elle était très jolie. Et bien que Rosa eût prévu la réponse qu'elle s'attirait, elle en reçut un coup au cœur. Elle savait bien que Sabine était jolie; mais jamais elle n'y avait pris garde; elle la voyait pour la première fois, par les yeux de Christophe; elle voyait ses traits fins, son petit nez, sa bouche menue, son corps mignon, ses mouvements gracieux... Ah! quelle douleur!... Que n'eût-elle pas donné pour être dans ce corps! Elle ne s'expliquait que trop qu'on le préférât au sien!... Le sien!... Qu'avait-elle fait pour l'avoir? Qu'il lui pesait! Qu'il lui paraissait laid! Il lui était odieux. Et penser qu'il n'y avait que la mort qui l'en délivrerait!... Elle était trop fière et trop humble à la fois pour se plaindre de n'être pas aimée: elle n'y avait aucun droit; et elle cherchait à s'humilier encore davantage. Mais son instinct se révoltait... Non, ce n'était pas juste!... Pourquoi ce corps, à elle, à elle, et non à Sabine?... Et pourquoi aimait-on Sabine? Qu'avait-elle fait pour l'être?... Rosa la voyait sans indulgence, paresseuse, négligente, égoïste, indifférente à tous, ne s'occupant ni de sa maison, ni de son enfant, ni de qui que ce fût, n'aimant qu'elle, ne vivant que pour dormir, flâner, et ne rien faire... Et c'était cela qui plaisait... qui plaisait à Christophe,... à Christophe, qui était si sévère, à Christophe qu'elle estimait et qu'elle admirait par-dessus tout! Ah! c'était trop injuste! C'était trop bête aussi!... Comment Christophe ne le voyait-il pas?—Elle ne pouvait s'empêcher de lui glisser, de temps en temps, une remarque désobligeante pour Sabine. Elle ne le voulait pas; mais c'était plus fort qu'elle. Toujours elle le regrettait, parce qu'elle était bonne et n'aimait à dire du mal de personne. Mais elle le regrettait encore plus, parce qu'elle s'attirait ainsi de cruelles réponses qui lui montraient combien Christophe était épris. Blessé dans son affection, il cherchait à blesser: il y réussissait. Rosa ne répliquait pas, et s'en allait, tête basse, serrant les lèvres, pour ne pas pleurer. Elle pensait que c'était sa faute à elle, qu'elle n'avait que ce qu'elle méritait, pour avoir fait de la peine à Christophe, en attaquant ce qu'il aimait.

Sa mère fut moins patiente. Madame Vogel, qui voyait tout, n'avait pas tardé à remarquer, ainsi que le vieux Euler, les entretiens de Christophe avec sa jeune voisine: il n'était pas difficile de deviner le roman. Les projets qu'ils avaient formés en secret de marier quelque jour Rosa avec Christophe, en étaient contrariés; et cela leur semblait de la part de Christophe une offense personnelle, bien qu'il ne fût pas tenu de savoir qu'on avait disposé de lui, sans l'avoir consulté. Mais le despotisme d'Amalia n'admettait pas qu'on pensât autrement qu'elle; et il lui paraissait scandaleux que Christophe eût passé outre à l'opinion méprisante, qu'elle avait, maintes fois, exprimée sur Sabine.

彼は垣根かきねをまたぎ越して、彼女のそばに来た。

彼女は家の入口のところで椅子いすに腰かけていた。彼は彼女の足下の踏段にすわった。腹のところにたくねてある彼女の長衣の皺しわの中から、彼は青い豌豆の莢さやをつかみ取った。そして彼女の膝にはさまれてる皿の中に、丸い小さな豆を入れた。彼は下を見つめていた。ザビーネの黒い靴くつ下が見えていて、踝くるぶしや足先の形を示していた。彼は彼女を見上げられなかった。

空気は重かった。空は白ばんでごく低くたれ、そよとの風もなかった。一枚の木の葉も動かなかった。庭は大きな壁で仕切られ、世界はそこで終っていた。

子供は隣の女と出かけていた。二人きりだった。二人は物を言わなかった。もう何にも言うことができなかった。眼をあげないで彼は、ザビーネの膝から、なお豌豆をつかみ取った。その指先は彼女に触れると震えた。瑞々みずみずしいなめらかな莢の中で、ザビーネの指先に出会った。彼女の指も震えていた。二人はもうつづけることができなかった。たがいに眼をそらしてじっとしていた。彼女は椅子に身をそらし、口を半ば開き、両腕をたれていた。彼はその足下にすわり、彼女に背をもたしていた。肩と腕とに沿って、ザビーネの膝の温ぬくみを感じた。二人とも息をはずましていた。クリストフは手のほてりを冷すために石に押しあてた。その片方の手が、靴から出てるザビーネの足先に触れた。そして引離すことができなくてその上を押えた。二人ともぞっと身を震わした。茫ぼうとして気を失いかけた。クリストフの片手はザビーネの小さな足の細い指先を握りしめていた。ザビーネは汗ばみまた冷たくなって、クリストフの方へ身をかがめてきた……。

聞き慣れた人声が、その陶酔から二人を呼びさました。二人は震え上った。クリストフは一挙に飛び立ち、また垣根かきねを越えた。ザビーネは長衣の中に莢を拾い集めて、家へはいった。中庭から彼はふり向いた。彼女は戸口に立っていた。二人は顔を見合った、雨の細かな粒が木の葉に音をたて始めていた……。彼女は戸を閉ざした。フォーゲル夫人とローザとがもどってきた……。彼は自分の室にはいった……。

黄色っぽい昼の光が、激しい雨におぼれて消えかかったころ、彼は抗しがたい衝動に駆られてテーブルから立上った。しまってる窓のところへかけつけて、向うの窓の方へ両腕を差出した。同時に、向うの窓に、しまってる窓ガラスの後ろに、室の薄暗がりの中に、両腕をこちらに差出してるザビーネの姿を、彼は見た――見たと思った。

彼は室から駆け出した。階段を降りて行った。庭の垣根かきねに駆け寄った。人に見られるのも構わずに、それを乗り越そうとした。しかし、彼女の姿が見えた窓をながめると、雨戸がすっかりしめ切ってあった。家の中は寝静まってるかと思われた。彼は行くのを躊躇ちゅうちょした。窖あなぐらへ行こうとしていたオイレル老人が、彼を見て呼びかけた。彼は足を返した。夢をみたような気がした。

ローザはどういうことが起こってるか、長く気づかないではいなかった。元来彼女には狐疑こぎ心がなかったし、嫉妬しっとの感情とはどんなものだかまだ知らなかった。彼女はすべてを与えるつもりでい、また代わりに何かを求めようとはしなかった。しかし、クリストフから少しも愛してもらえないことを悲しげにあきらめてはいたものの、クリストフが他の女を愛するようなことがあろうとは、かつて思ってもみなかった。

ある晩、食事のあとに、彼女は数か月来のめんどうな刺繍ししゅうをなし終えた。うれしい心地がした。一度クリストフと話をしに行って、いくらか心を晴らしたかった。母が背を向けてるのに乗じて、室からぬけ出した。悪戯いたずらをする小学生徒のように、家の外に忍び出た。いつまでたってもその仕事が終えるものかと軽蔑けいべつ的な口をきいたクリストフを、少しやりこめてやるのが楽しみだった。この憐あわれな娘は、自分にたいするクリストフの感情がどんなものだか、いたずらに知ってるばかりだった。自分で人に会うのがうれしいものだから、他人も自分に会えばうれしいものだといつも考えがちであった。

彼女は表に出た。家の前にはクリストフとザビーネとが腰かけていた。ローザの心は悲しくなった。けれども彼女は、その不穏当な印象を受けてもやめなかった。彼女は快活にクリストフを呼びかけた。その鋭い声音を静かな夜の中に聞いて、クリストフは誤った音符を聞いたような気がした。彼は椅子いすの上でぞっとし、怒りに顔をしかめた。ローザは彼の鼻の先に、得意然として刺繍ししゅうを振ってみせた。クリストフは苛立いらだってそれを押しのけた。

「できあがったわ、できあがったわ!」と彼女は言い張っていた。

「ではも一つ始めたらいいでしょう。」とクリストフは冷淡に言った。

ローザはまごついた。喜びはすべて消えてしまった。

クリストフは意地悪く言いつづけた。

「そしてあなたがそれを三十もこしらえたら、すっかりお婆ばあさんにでもなったら、生涯しょうがいを無駄むだにはしなかったと自分で考えることぐらいはできるでしょう。」
ローザは泣きたくなっていた。

「まあ意地悪だこと!」と彼女は言った。

クリストフは恥ずかしくなった。そして二、三言親切な言葉をかけてやった。彼女はごくわずかなことにも満足しがちだったので、すぐにまた信頼してしまった。そして盛んに騒々しいおしゃべりをやりだした。家の中での習慣のために、低い声で話すことができずに、大声にわめきたてた。クリストフはいくら我慢をしても、不機嫌ふきげんさを隠すことができなかった。初めは苛立った簡単な言葉を返してやったが、次にはもうなんとも返辞をせず、背中を向けて、彼女のがらがらしたおしゃべりのままに歯ぎしりをしながら椅子いすの上にやきもきした。ローザは彼がじりじりしてるのを見、黙らなければいけないことを知っていた。それでもなお激しくしゃべりつづけるばかりだった。ザビーネは数歩先の暗がりの中で黙って、皮肉な平静さでその光景を見ていた。それから飽きてきて、その晩はもう駄目になったと感じながら、立上って家にはいった。クリストフは彼女がいなくなってからようやく、彼女の立去ったことに気づいた。そして自分もすぐ立上り、言い訳もしないで、冷やかな挨拶あいさつを言い捨てて、ふいと行ってしまった。

ローザは街路に一人残って、彼がはいって行った戸をがっかりしながらながめていた。涙が出て来た。彼女は急いで家にはいり、母と口をきかないで済むようにと、足音をたてないで自分の室に上ってゆき、大急ぎで着物をぬぎ、一度寝床にはいって蒲団ふとんをかぶると、そのまますすり泣き始めた。彼女は今起こったことを考えてみようとはしなかった。クリストフがザビーネを愛してるかどうか、クリストフとザビーネとが自分を辛抱することができないかどうか、それをみずから尋ねてみなかった。彼女は知っていた、万事終ったことを、もはや生活には意義がなくなったことを、ただ死ぬより外はないことを。

翌朝になると、また考慮の力が永久のいたずらな希望を伴って彼女に帰ってきた。前夜の出来事を一々思い起しながら、それをあれほど重大に考えたのは間違いだったと思い込んだ。もちろんクリストフは彼女を愛していなかった。がそれは、こちらから愛してるのでついには向うからも愛されるだろうという、ひそかな考えを心の底に秘めて、あきらめていた。しかしザビーネと彼との間に何かあるということを、どの点で見て取られたのか。あんなに賢い人が、だれの目にも下らなく平凡に見える女などを、どうして愛することができようか。彼女は安心を覚えた。――がやはり、クリストフを監視し始めた。その日は何にも眼に止らなかった、なぜなら、眼に止るようなことが何にもなかったから。しかしクリストフの方では、彼女が終日自分のまわりをうろうろしてるのを見て、なぜとなく妙な苛立いらだちを覚えた。晩に彼女がまた往来へ出て来て、思い切って、二人の横に腰をおろすと、彼の苛立ちはさらに激しくなった。それは前夜の光景の反復であった。ローザが一人でしゃべった。しかしザビーネは前夜ほど長く待たないで、間もなく家へはいった。クリストフもそれに倣ならった。ローザはもはや、自分のいるのが邪魔になってることを、みずから隠すわけにゆかなかった。しかしこの不幸な娘は自分を欺こうとつとめた。自分の心をごまかそうとするのは、最もいけないことだとは気づかなかった。そしていつもの頓馬とんまさで、その後毎日同じことをやった。

翌日クリストフは、ローザを傍かたわらに控えながら、ザビーネが出て来るのをむなしく待った。

その次の日には、ローザ一人きりだった。二人は彼女と争うのをやめていた。しかし彼女がかち得たものは、クリストフの恨みだけだった。クリストフは唯一の幸福たる大事な晩の楽しみを奪われたのを、非常に憤った。自分の感情にばかりふけって、かつてローザの感情を察してやろうともしなかっただけに、彼女をいっそう許しがたく思った。
かなり以前からザビーネは、ローザの意中を知っていた、自分の方で愛してるかどうかを知る前に、すでに彼女はローザが嫉妬しっとを感じてるのを知っていた。しかし彼女はそれについてなんとも言わなかった。そして勝利を確信してる美しい女にありがちの残忍さをもって、彼女は黙って嘲弄ちょうろう半分に、拙劣な敵の徒労をながめていた。

ローザは戦場を自分の手に収めながらも、自分の戦術の結果を憐れにもうちながめた。彼女にとって最善の策は、強情を張り通さないことであり、クリストフを平穏にさしておくことであった、少なくとも当分のうちは。ところが彼女はそうしなかった。そして最悪の策は彼にザビーネのことを話すことだったが、彼女はまさしくそれをした。

彼女は胸を踊らせながら、彼の意中を知ろうとして、ザビーネはきれいだとこわごわ言ってみた。非常にきれいだとクリストフは冷やかに答え返した。ローザはみずから求めたその答えを予期していたものの、それを耳にきくと心に打撃を受けた。ザビーネがきれいであることを彼女はよく知っていた。しかしかつてそれを気に止めなかった。ところが今初めて、クリストフの眼を通して彼女をながめていた。そして見て取ったのは、彼女のすっきりした顔だち、小さな鼻、かわいい口、ほっそりした身体、優美な動作……。ああどんなにか切ないことだった!……そういう身体になれるならば、何物に換えても惜しいとは思わなかった。自分の身体よりあの身体の方を人が好む訳は、あまりによくわかった。……自分の身体は!……こんな身体に生まれるとはなんの因果だったろう。なんという重々しい身体だろう。なんと醜く見えることだろう。なんと厭らしいことだろう。そして、それから解放されるには死より外に道はないと考えると!……彼女はきわめて傲慢ごうまんであり同時に謙譲だったから、愛されないことに苦情を言いはしなかった。苦情を言うなんらの権利もなかった。そしてなおいっそう自分を卑下しようとつとめた。しかし彼女の本能はそれに反抗した。……否、それは不正だ!……なぜこんな醜い身体は自分にだけあって、ザビーネにはないのか。……なぜ人はザビーネを愛するのか。ザビーネは人に愛されるだけのことを何をしたか。……ローザの容赦ない眼に映じたザビーネは、怠惰で、やりっぱなしで、利己的で、だれにも構わず、家のことも子供のこともまた何にも気を止めず、自分の身だけをかわいがり、生きてるのもただ、眠ったりぶらついたりなんにもしないでいるためばかりだった。……そしてそんなことで、人に好かれてるのだ……クリストフに好かれてるのだ……あれほど厳格なクリストフに、何よりもローザが尊重し感服してるクリストフに! それはあまりに不正なことだった。またあまりに馬鹿げたことだった。……どうしてクリストフはそれに気づかなかったのか?――彼女は時々、ザビーネにとってはあまりありがたくない意見を、クリストフの耳に入れざるを得なかった。彼女はそうしたくはなかったが、自分で控えることができなかった。そしてはいつもみずから後悔した。なぜなら、彼女はきわめて善良で、だれの悪口をも言うことを好まなかったから。それになおいっそう後悔したわけは、クリストフがいかに夢中になってるかを示す残酷な答えを、いつもそれから招き出した。クリストフは自分の愛情を傷つけられると、相手を傷つけることばかり求めた。そしていつもうまくいった。ローザはなんとも答え返さないで、泣くまいと我慢しながら唇くちびるをきっと結び、頭をたれて去っていった。彼女は自分が悪かったのだと考えた。クリストフにその愛する者の悪口を言って心を痛めさしたから、これも当然の報いだと考えた。

ローザの母の方は、それほど我慢強くなかった。何にでもよく眼が届くフォーゲル夫人は、オイレル老人とともに、クリストフがよく隣の若い女と話をしてることに、間もなく気づいた。恋物語を推察するにかたくはなかった。他日ローザとクリストフとを結婚させようという彼らのひそかな計量は、そのために障害を受けた。相談もせずに勝手にきめたことだし、クリストフにもわかってるはずだとは言えなかったけれど、それでも彼らにとっては、右のことはクリストフから仕向けられた直接の侮辱のように考えられた。アマリアの専制的な心は、人が自分と異った考えをもつことを許せなかった。幾度となくザビーネについて吐いた冷評を、クリストフからないがしろにされたのが、いかにも忌々いまいましく思われるのであった。

 

Elle ne se gêna point pour la lui répéter. Chaque fois qu'il était là, elle trouvait un prétexte pour parler de la voisine; elle cherchait les choses les plus blessantes à dire, celles qui pouvaient être le plus sensibles à Christophe; avec sa crudité de vue et de langage, elle n'avait pas de peine à les trouver. L'instinct féroce de la femme, si supérieur à celui de l'homme dans l'art de faire du mal, comme de faire du bien, la faisait insister moins sur la paresse de Sabine et ses défauts moraux que sur sa malpropreté. Son œil indiscret et fureteur en avait été chercher des preuves, à travers les carreaux, jusqu'au fond de la maison, dans les secrets de toilette de Sabine; et elle les étalait avec une complaisance grossière. Quand elle ne pouvait tout dire, par décence, elle laissait entendre davantage.

Christophe pâlissait de honte et de colère; il devenait blanc comme un linge, et ses lèvres tremblaient. Rosa, qui prévoyait ce qui allait se passer, suppliait sa mère de finir; elle tâchait même de défendre Sabine. Mais elle ne faisait que rendre Amalia plus agressive.

Et brusquement, Christophe bondissait de sa chaise. Il tapait sur la table, et criait que c'était une indignité de parler ainsi d'une femme, de l'épier chez elle, d'étaler ses misères; il fallait être bien méchant, pour s'acharner contre un être bon, charmant, paisible, qui vivait à l'écart, qui ne faisait de mal à personne, qui ne disait de mal de personne. Mais où se trompait fort, si on croyait lui faire tort ainsi: on ne faisait que la rendre plus sympathique et faire ressortir sa bonté.

Amalia sentait qu'elle était allée trop loin; mais elle était blessée de la leçon; et, portant la dispute sur un autre terrain, elle disait qu'il était trop facile de parler de bonté: avec ce mot, on excusait tout. Parbleu! il était bien commode de passer pour bon, en ne s'occupant jamais de rien, ni de personne, en ne faisant pas son devoir!

À quoi Christophe ripostait que le premier devoir était de rendre la vie aimable aux autres, mais qu'il y avait des gens, pour qui le devoir était uniquement ce qui est laid, ce qui est maussade, ce qui ennuie, ce qui gêne la liberté des autres, ce qui vexe, ce qui blesse le voisin, les domestiques, sa famille, et soi-même. Dieu nous garde de ces gens et de ce devoir, comme de la peste!...

La dispute s'envenimait. Amalia devenait fort aigre. Christophe ne lui cédait en rien.—Et le résultat le plus clair, c'était que, désormais, Christophe affectait de se montrer constamment avec Sabine. Il allait frapper à sa porte. Il causait joyeusement et riait avec elle. Il choisissait pour cela les moments où Amalia et Rosa pouvaient le voir. Amalia se vengeait par des paroles rageuses. Mais l'innocente Rosa avait le cœur déchiré par ce raffinement de cruauté; elle sentait qu'il les détestait, qu'il voulait se venger; et elle pleurait amèrement.

Ainsi, Christophe, qui avait tant de fois souffert de l'injustice, apprit à faire souffrir injustement.

À quelque temps de là, le frère de Sabine, meunier à Landegg, un petit bourg à quelques lieues de la ville, célébra le baptême d'un garçon. Sabine était marraine. Elle fit inviter Christophe. Il n'aimait pas ces fêtes; mais pour la satisfaction d'ennuyer les Vogel et d'être avec Sabine, il accepta avec empressement.

Sabine se donna le malin plaisir d'inviter aussi Amalia et Rosa, sûre qu'elles refuseraient. Elles n'y manquèrent point. Rosa mourait d'envie d'accepter. Elle ne détestait pas Sabine, elle se sentait même parfois le cœur plein de tendresse pour elle, parce que Christophe l'aimait; elle avait envie de le lui dire, de se jeter à son cou. Mais sa mère était là, et l'exemple de sa mère. Elle se raidit dans son orgueil, et refusa. Puis, lorsqu'ils furent partis, et qu'elle pensa qu'ils étaient ensemble, qu'ils étaient heureux ensemble, qu'ils se promenaient en ce moment dans la campagne, par cette belle journée de juillet, tandis qu'elle restait enfermée dans sa chambre, avec une pile de linge à raccommoder, auprès de sa mère qui grondait, il lui sembla qu'elle étouffait; et elle maudit son amour-propre. Ah! s'il avait été encore temps!... S'il avait été encore temps, hélas! elle eût fait de même...

Le meunier avait envoyé son char à bancs chercher Christophe et Sabine. Ils prirent en passant quelques invités sur le chemin. Le temps était frais et sec. Le clair soleil faisait reluire les rouges grappes des cerisiers dans les champs. Sabine souriait. Sa figure pâlotte était rosée par l'air vif. Christophe tenait sur ses genoux la petite fille. Ils ne cherchaient pas à se parler, ils parlaient à leurs voisins, peu importait à qui, et de quoi: ils étaient contents d'entendre la voix l'un de l'autre, ils étaient contents d'être emportés dans la même voiture. Ils échangeaient des regards de joie enfantine, en se montrant une maison, un arbre, un passant. Sabine aimait la campagne; mais elle, n'y allait presque jamais: son incurable paresse lui interdisait toute promenade; il y avait près d'un an qu'elle n'était sortie de la ville: aussi jouissait-elle des moindres choses qu'elle voyait. Elles n'étaient point nouvelles pour Christophe; mais il aimait Sabine; et comme tous ceux qui aiment, il voyait tout au travers d'elle, il sentait chacun de ses tressaillements de plaisir, il exaltait encore les émotions qu'elle éprouvait: car en se confondant avec l'aimée, il lui prêtait son être.

Arrivés au moulin, ils trouvèrent dans la cour les gens de la ferme et les autres invités, qui les reçurent avec un vacarme assourdissant. Les poules, les canards et les chiens faisaient chorus. Le meunier Bertold, un gaillard au poil blond, carré de la tête et des épaules, aussi gros et grand que Sabine était frêle, enleva sa petite sœur dans ses bras, et la posa délicatement à terre, comme s'il avait peur de la casser. Christophe ne tarda pas à s'apercevoir que la petite sœur faisait, selon l'habitude, ce qu'elle voulait du colosse, et que, tout en se moquant lourdement de ses caprices, de sa paresse, et de ses mille et un défauts, il la servait à pieds baisés. Elle y était habituée, et le trouvait naturel. Elle trouvait tout naturel, et ne s'étonnait de rien. Elle ne faisait rien pour être aimée: il lui semblait tout simple qu'elle le fut; et si elle ne l'était point, elle n'en avait souci: c'est pourquoi chacun l'aimait.

Christophe fit une autre découverte, qui lui causa moins de plaisir. C'est qu'un baptême suppose non seulement une marraine, mais un parrain, et que celui-ci a sur celle-là des droits, auxquels il se garde de renoncer, quand la marraine est jeune et jolie. Il s'en avisa, quand il vit un fermier, aux cheveux blonds frisottants, avec des anneaux dans les oreilles, s'approcher de Sabine en riant et l'embrasser sur les deux joues. Au lieu de se dire qu'il était un sot de l'avoir oublié, et un sot plus sot encore de s'en formaliser, il en voulut à Sabine, comme si elle avait fait exprès de l'attirer dans ce guet-apens. Sa mauvaise humeur augmenta, quand il se trouva séparé d'elle, dans la suite de la cérémonie. De temps en temps, Sabine se retournait, dans le cortège qui serpentait à travers les prairies, et elle lui jetait un regard amical. Il affectait de ne pas la voir. Elle sentait qu'il était fâché, elle devinait pourquoi; mais cela ne l'inquiétait guère: elle s'en amusait. Aurait-elle eu une brouille avec quelqu'un qu'elle aimait, malgré la peine qu'elle en eût ressentie, elle n'eût jamais fait le moindre effort pour dissiper le malentendu: il fallait se donner trop de mal. Tout finirait bien par s'arranger tout seul...

 彼女は憚はばかりもなくその冷評を彼にくり返し聞かした。彼が傍らにいるたびごとに、彼女は何か口実を設けて隣の女の噂うわさをした。最も侮辱的な事柄を、最もクリストフの気にさわるような事柄を、わざわざ捜し求めた。そして彼女の生々なまなましい眼と言葉とをもってすれば、それを見出すのは訳もなかった。善を施すとともにまた害悪をなす術においても、男よりずっとすぐれている女特有の残忍な本能から、彼女はザビーネの怠惰や道徳的弱点よりもむしろ、その不潔なことを多く言いたてた。彼女の厚かましい穿鑿せんさく的な眼は、窓ガラス越しに、家の奥まではいり込み、ザビーネの粉飾ふんしょくの秘密まで見通して、不潔な証拠を探り出し、彼女はそれをずうずうしい満足さで並べたてた。礼儀上すっかり言い尽されない場合には、口で言うよりいっそうほのめかした。

クリストフは恥辱と憤怒とに顔色を変え、布のように蒼白あおじろくなり、唇くちびるを震わした。ローザはどういうことになるかわからない気がして、止めてくれと母に願った。ザビーネを弁護しようとさえ試みた。しかしそれはますますアマリアの攻勢を激しくさせるばかりだった。

そして突然、クリストフは椅子いすから飛び上った。彼はテーブルをたたきながら怒鳴りだした。そういうふうに一婦人のことを噂し、その居間をのぞき込み、その浅間しい事柄を並べたてるのは、卑劣きわまることだ。一人離れて暮してゆき、だれにも害をなさずだれの悪口もいわない、善良な美しい穏かな人、それにたいして憤慨する者は、きわめて意地悪な奴やつに違いない。しかし、それで向うの人を傷つけたと思うのは、大した間違いだ。それはただ、向うの人にますます同情を集めさせ、その善良さをますます目だたせるばかりだ。

アマリアはあまり言いすぎたと感じていた。しかし彼女はクリストフの訓戒が癪しゃくにさわった。そして論鋒ろんぽうを転じて言った。善良さを云々うんぬんするのは訳もないことだ。善良という言葉をもってすれば、なんでも許される。なるほど、決して何にも手をつけず、だれにも構わず、自分の義務を尽さないで、それで善良だとされるのだから、至って便利なものだ!

それにたいしてクリストフは答え返した。第一の義務は、他人にたいして生活を楽しくなしてやることだ。しかしながら、醜いこと、無愛想なこと、人をいやがらせること、他人の自由を妨げること、人を苦しめること、隣人や召使や家族や自分自身をそこなうこと、それを唯一の義務と心得てるような奴やつが、世には沢山ある。そういう者どもやそういう義務は、疫病と共に、御免こうむりたいものだ!……

争論は激烈になっていった。アマリアはきわめて苛棘かきょくになった。クリストフは一歩も譲らなかった。――そして最も明らかな結果としては、その後クリストフが、たえずザビーネといっしょのところを見せつけようとすることだった。彼は彼女を訪れて戸をたたいた。彼女と快活に談笑した。そのためには、アマリアやローザに見られるような時を選んだ。アマリアは激烈な言葉でそれに報いた。しかし正直なローザは、そういう残忍な妙計に胸をしぼらるる思いがした。彼が自分たちをさげすんでることを、彼が復讐しようとしてることを、彼女は感じた。そして苦にがい涙を流した。

かくて、幾度となく不正の苦しみを受けたことのあるクリストフは、今や他人に不正の苦しみを与えることを覚えた。

それからしばらくたったころ、この町から数里隔たったランデックという小さな町で粉屋をやってるザビーネの兄が、息子の洗礼式を挙げた。ザビーネは教母だった。彼女はクリストフを招待した。彼はそういう祝いごとを好まなかったが、フォーゲル一家の者をいやがらせかつザビーネといっしょにいられるという満足のために、さっそく承知をした。

ザビーネは、断られることはわかっていながら、わざわざアマリアとローザとを招待して、意地悪な楽しみを味わった。はたして彼女らは断った。ローザは承諾したくてたまらなかった。彼女はザビーネをきらってはいなかった。クリストフが愛してるので、時には愛情でいっぱいになる気持がすることもあった。ザビーネにそのことを言って、頸くびに飛びつきたかった。しかし母が控えていたし、母の実例があった。彼女は傲然と心を引きしめて、招待を断った。それから、彼ら二人が出発してしまった時、二人がいっしょにいて、いっしょに楽しくしていて、この七月の麗わしい日に、ちょうど今ごろは野を散歩してるだろうと思うと、しかも自分は、口やかましい母の傍らに、山のように堆うずたかい繕つくろい物とともに、室の中に閉じこもってるのに、と思うと、彼女は息がつまるような気がした。そして自分の自尊心をのろった。ああ、もしまだ間に合うなら?……だが間に合ったとしても、やはり彼女は同じことだったろう……。

粉屋は自分の腰掛馬車をやって、クリストフとザビーネとを迎えさした。二人は途中で、数人の招待客を乗せてやった。天気はさわやかでかわいていた。野の中の桜の実の赤い房が、うららかな太陽に輝いていた。ザビーネは微笑ほほえんでいた。その蒼ざめた顔は、清新な空気のため薔薇ばら色になっていた。クリストフは膝ひざの上に女の子をのせていた。二人はたがいに話そうとしなかった。だれ構わず隣の者に、そして何事にかかわらず、ただ話しかけた。そしてたがいの声を聞いて満足し、同じ馬車で運ばれてるのに満足した。人家や樹木や通行人などをたがいにさし示しては、子供らしい喜びの眼つきをかわした。ザビーネは田舎いなかが好きであった。しかしほとんど行ったことがなかった。不治の怠惰な性質のために、少しも散歩を試みなかった。もう満一年近くも町から出たことがなかった。それでちょっとした物を見ても面白がった。そんな物は、クリストフにとっては少しも目新しくなかった。しかし彼はザビーネを愛していた。そして愛する者の常として、彼女を通してすべてを見ていた。彼女の喜びの戦おののきを一々感じ、さらに彼女の情緒を高まらしていた。彼は恋人と一つに溶け合いながら、自分の一身を挙げて彼女に与えきっていたのである。

水車場へ着くと、農家の人たちや他の招待客が中庭に集まっていて、非常な大騒ぎで二人を迎えた。鶏や家鴨あひるや犬などが声を合わしていた。粉屋のベルトルトは、金色の髪で、頭も肩も四角張り、ザビーネが小柄なのと同じ程度に肥大で、快活な男だった。彼は小さな妹を両腕に抱き取り、こわれやしないか気づかってるかのようにそっと地面に降ろした。小さな妹は例のとおり、その大男を勝手に取扱い、しかも大男の兄は、彼女のむら気や無精や沢山の欠点を、口重々しく嘲あざけりながらも、足に接吻せっぷんせんばかりに恭うやうやしく仕えていることを、クリストフは間もなく見て取った。彼女はそういうことに慣れていて、当然のことだと思っていた。当然のことだと思っていて、どんなことにも驚かなかった。彼女は愛されるためにもなんにもしなかった。彼女にとっては愛されるのがまったく自然のことらしかった。もし愛されなくとも彼女は平気だった。そのゆえにまただれでも彼女を愛した。

クリストフはなおも一つ発見した。それは前のほど愉快なものではなかった。洗礼式はただに教母を仮定するばかりではなく、また教父をも仮定するものである。そして教父は教母にたいしてある権利をもってるもので、教母が年若くてきれいである時には、教父はたいていその権利を捨てるものではない。ところで、金髪の縮れた耳輪をつけた一人の百姓が、笑いながらザビーネに近寄って、その両の頬ほおに接吻した時、クリストフはそれを見て、にわかに気がついた。そういうことを今まで忘れていたのは馬鹿であるし、それを気にかけるのはさらに馬鹿であると、彼は考えるどころかかえって、あたかもザビーネがその闇討やみうちにわざわざ自分を陥れたもののように、彼女を恨んだ。式のつづく間、彼女と別々になってると、彼の不機嫌ふきげんさはなお募ってきた。牧場の間をうねってゆく行列の中で、ザビーネは時々ふり向いて、彼の方にやさしい眼つきを送った。彼は見ないふりをしていた。彼女は彼が怒ってるのを感じ、その訳も察していた。しかしそれでも彼女はほとんど平気だった。かえって面白がっていた。もし愛する男とほんとうに仲違いをしても、たといそれに心痛を感じようとも、彼女は決してその誤解をとこうとは露ほどもつとめなかったろう。それはたいへん骨の折れることに相違なかった。どんなことでもついにはひとりでによくなってゆくものである……。

 

À table, placé entre la meunière et une grosse fille aux joues rouges, qu'il avait escortée à la messe, sans daigner faire attention à elle, Christophe eut l'idée de regarder sa voisine; et, l'ayant trouvée passable, il lui fit, pour se venger, une cour bruyante qui attirât l'attention de Sabine. Il y réussit; mais Sabine n'était pas femme à être jalouse de rien, ni de personne: pourvu qu'elle fût aimée, il lui était indifférent qu'on aimât d'autres; et, au lieu de s'en piquer, elle fut ravie de voir que Christophe s'amusait. De l'autre bout de la table, elle lui adressa son plus charmant sourire. Christophe fut décontenancé; il ne douta plus de l'indifférence de Sabine; et il retomba dans son mutisme boudeur, dont rien ne put le tirer, ni les agaceries, ni les rasades. À la fin, comme il s'assoupissait, se demandant rageusement ce qu'il était venu faire au milieu de cette interminable mangeaille, il n'entendit pas le meunier proposer une promenade en bateau, pour reconduire à leurs fermes certains des invités. Il ne vit pas Sabine qui lui faisait signe de venir de son côté, pour prendre la même barque. Quand il y pensa, il n'y avait plus de place pour lui; et il dut monter dans un autre bateau. Cette nouvelle déconvenue ne l'eût pas rendu plus aimable, s'il n'avait bientôt découvert qu'il allait semer en route presque tous ses compagnons. Alors il se dérida, et leur fit bon visage. D'ailleurs, cette belle après-midi sur l'eau, le plaisir de ramer, la gaieté de ces braves gens, finirent par dissiper toute sa mauvaise humeur. Sabine n'étant plus là, il ne se surveilla plus, et n'eut plus de scrupules à s'amuser franchement, comme les autres.

Ils étaient dans trois barques. Elles se suivaient de près, cherchant à se dépasser. Ils s'adressaient de l'une à l'autre des injures joyeuses. Quand les barques se frôlaient, Christophe voyait le regard souriant de Sabine; et il ne pouvait s'empêcher de lui sourire aussi: la paix était faite. C'est qu'il savait que tout à l'heure ils reviendraient ensemble.

On se mit à chanter des chansons à quatre voix. Chaque groupe, à tour de rôle, disait un des couplets; le refrain était repris en chœur. Les barques, espacées, se répondaient en écho. Les sons glissaient sur l'eau, comme des oiseaux. De temps en temps, un bateau accostait à la rive: un ou deux paysans descendaient; ils restaient sur le bord, et faisaient des signaux aux barques qui s'éloignaient. La petite troupe s'égrenait. Les voix se détachaient une à une du concert. À la fin, ils furent seuls, Christophe, Sabine et le meunier.

Ils revinrent dans la même barque, redescendant le fil de l'eau. Christophe et Bertold tenaient les rames, mais ils ne ramaient pas. Sabine, assise à l'arrière, en face de Christophe, causait avec son frère, et regardait Christophe. Ce dialogue leur permettait de se contempler en paix. Jamais ils n'eussent pu le faire, si les paroles menteuses s'étaient tues. Les paroles semblaient dire: «Ce n'est pas vous que je vois.» Mais les regards se disaient: «Qui es-tu? toi que j'aime!... toi que j'aime, qui que tu sois!...»

Le ciel se couvrait, les brouillards s'élevaient des prairies, la rivière fumait, le soleil s'éteignit au milieu des vapeurs. Sabine s'enveloppa les épaules et la tête, en frissonnant, de son petit châle noir. Elle semblait fatiguée. Comme le bateau, longeant la rive, glissait sous les branches étendues des saules, elle ferma les yeux: sa figure toute menue était blême; ses lèvres avaient un pli douloureux; elle ne bougeait plus, elle paraissait souffrir,—avoir souffert,—être morte. Christophe eut le cœur serré. Il se pencha vers elle. Elle rouvrit les yeux, elle vit les yeux inquiets de Christophe qui l'interrogeaient, et elle leur sourit. Ce fut pour lui comme un rayon de soleil. Il demanda à mi-voix:

—Vous êtes malade?

Elle lui fit signe que non, et dit:

—J'ai froid.

Les deux hommes étendirent sur elle leurs manteaux; ils enveloppèrent ses pieds, ses jambes et ses genoux, comme un enfant qu'on borde dans son lit. Elle se laissait faire, et les remerciait du regard. Une pluie fine et glacée commençait à tomber. Ils reprirent les rames, et se hâtèrent de revenir. De lourdes nuées éteignaient le ciel. La rivière roulait des flots d'encre. Des lumières s'allumaient aux fenêtres des maisons, de-ci de-là, dans les champs. Quand ils arrivèrent au moulin, la pluie tombait à flots, et Sabine était transie.

On alluma un grand feu dans la cuisine, et on attendit que l'averse fut passée. Mais elle ne fit que redoubler, et le vent se mit de la partie. Ils avaient trois lieues à faire en voiture, pour revenir à la ville. Le meunier déclara qu'il ne laisserait pas partir Sabine par un temps pareil; il leur proposa à tous deux de passer la nuit à la ferme. Christophe hésitait à accepter; il chercha conseil dans les yeux de Sabine; mais les yeux de Sabine fixaient obstinément les flammes du foyer: on eut dit qu'ils craignaient d'influer sur la décision de Christophe. Mais quand Christophe eut dit oui, elle tourna vers lui sa figure rougissante—(était-ce du reflet du feu?)—et il vit qu'elle était contente.

Chère soirée... La pluie faisait rage au dehors. Le feu lançait dans la noire cheminée des essaims d'étincelles dorées. Ils faisaient cercle autour. Leurs silhouettes fantasques s'agitaient sur le mur. Le meunier montrait à la fillette de Sabine comment on fait des ombres avec les mains. L'enfant riait et n'était pas tout à fait rassurée. Sabine, penchée sur le feu, l'attisait machinalement avec une lourde pincette; elle était un peu lasse, et rêvassait en souriant, tandis que, sans écouter, elle hochait la tête aux bavardages de sa belle-sœur, qui lui contait ses affaires domestiques. Christophe, assis dans l'ombre, à côté du meunier, tirait doucement les cheveux de l'enfant, et regardait le sourire de Sabine. Elle savait qu'il la regardait. Il savait qu'elle lui souriait. Ils n'eurent pas occasion de se parler une seule fois de la soirée, ni de se regarder en face: ils ne le cherchaient point.

Ils se séparèrent de bonne heure. Leurs chambres étaient voisines. Une porte intérieure menait de l'une à l'autre. Christophe vérifia machinalement que le verrou était mis du côté de Sabine. Il se coucha et s'efforça de dormir. La pluie cinglait les vitres. Le vent hululait dans la cheminée. Une porte battait à l'étage au-dessus. Un peuplier battu par l'ouragan craquait devant la fenêtre. Christophe ne pouvait fermer les yeux. Il pensait qu'il était sous le même toit, auprès d'elle. Un mur l'en séparait. Il n'entendait aucun bruit dans la chambre de Sabine. Mais il croyait la voir. Soulevé sur son lit, il l'appelait à voix basse, à travers la muraille, il lui disait des mots tendres et passionnés. Et il lui semblait entendre la voix aimée qui lui répondait, qui redisait ses paroles, qui l'appelait tout bas; il ne savait pas si c'était lui qui faisait les demandes et les réponses, ou si vraiment elle parlait. À un appel plus fort, il ne put résister: il se jeta hors du lit; à tâtons dans la nuit, il s'approcha de la porte; il ne voulait pas l'ouvrir, il se sentait rassuré par cette porte fermée. Et comme il touchait de nouveau à la poignée, il vit que la porte s'ouvrait...

Il fut saisi. Il la referma doucement, il la rouvrit, il la referma encore. N'était-elle pas fermée tout à l'heure? Oui, il en était sur. Qui donc l'avait ouverte?... Les battements de son cœur l'étouffaient. Il s'appuya sur son lit, il s'assit pour respirer. Il était terrassé par la passion. Elle lui enlevait la faculté de faire aucun mouvement: tout son corps fut pris d'un tremblement. Il avait la terreur de cette joie inconnue, qu'il appelait depuis des mois, et qui était là, près de lui, dont rien ne le séparait plus. Ce garçon violent et possédé d'amour, brusquement, ne sentait plus qu'effroi et répugnance devant ses désirs réalisés. Il avait honte d'eux, honte de ce qu'il allait faire. Il aimait trop pour oser jouir de ce qu'il aimait, il le redoutait plutôt: il eût tout fait pour éviter d'être heureux. Aimer, aimer, n'est-ce donc possible qu'au prix de profaner ce qu'on aime?...

食卓でクリストフは、粉屋の妻君と頬の赤い太った娘との間にすわった。彼はその娘に従ってミサに列して、その時は別に気にも止めなかったが、今少し見てやろうと思いついた。そして相当の容貌ようぼうだと思ったので、腹癒はらいせのために、わざとザビーネの注意をひくように、大声にちやほやした。彼はうまくザビーネの注意をひき得た。しかしザビーネは、どんなことにもまただれにも、嫉妬しっとを感ずるような女ではなかった。自分が愛されてさえおれば、その人がなお他の者を愛しようと、そんなことには無関心だった。腹をたてるどころか、クリストフが楽しんでるのをうれしがった。食卓の向う端から、最もあでやかな笑みを彼に送った。クリストフはまごついた。もうザビーネの冷淡さは疑えなかった。そして彼はまた黙々たる脹ふくれ顔に返った。揶揄やゆされようと、杯に酒を盛られようと、何をされても機嫌がなおらなかった。ついに彼は、その尽きることなき飲食の間に何をしに来たのかと、腹だたしくみずから尋ねながら、うとうとするような心地になってしまったので、招待客の幾人かをその農家へ送りかたがた舟を乗り回そうと粉屋が言い出したのも、耳に止めなかった。またザビーネが、同じ舟へ乗るためにこちらへ来いと相図してるのも、彼の眼にはいらなかった。そうしようと思った時には、もう彼の席はなくなっていた。そして他の舟に乗らなければならなかった。その新たな不運は彼をますます不機嫌ふきげんになしたが、幸いにも、同乗者を途中でたいてい降ろしてゆくことがすぐにわかった。すると彼は気分を和らげ、それらの人々に晴やかな顔を見せた。その上に、水上の麗かな午後、舟を漕こぐ楽しさ、質朴しつぼくな人々の快活さなどは、ついに彼の不機嫌さをすっかり消散さしてしまった。ザビーネがそばにいなかったので、彼はもう少しも気を引きしめず、他人と同じくなんらの懸念もなしに磊落らいらくに遊び楽しんだ。

皆は三艘そうの舟にのっていた。三艘ともたがいに追い抜こうとして間近につづいていた。人々は舟から舟へ、快活な冗談を言い合った。舟がすれ合った時、クリストフはザビーネの笑みを含んだ眼つきを見た。そして彼もまた微笑ほほえみ返さないではおれなかった。仲直りができた。やがて二人でいっしょに帰ってゆかれることを彼は知っていたのである。

人々は四部合唱を歌い始めた。おのおのの群れが順次に歌の一句を言い、反覆部はみなで合唱した。間を隔てた舟が、たがいに反響を返し合った。歌声は小鳥のように水面をすべっていった。時々どの舟かが岸に着けられた。一、二人の百姓が降りていった。降りた者は岸に立って、遠ざかってゆく舟に相図をした。元からあまり多くない仲間は次第に減っていった。声は合唱から一つ一つ離れていった。しまいには、クリストフとザビーネと粉屋との三人だけになった。

三人は同じ舟に乗り、流れを下って帰っていった。クリストフとベルトルトとは櫂かいを手にしていたが、漕いではいなかった。ザビーネはクリストフの正面に艫ともの方にすわって、兄と話をし、クリストフをながめていた。兄との対話のために、二人は安らかに見かわすことができた。もし言葉が途切れたら二人は見かわすことができなかったろう。その嘘うその言葉は、こう言うようだった、「私が見てるのはあなたではありません。」しかし眼つきはたがいにこう言っていた、「あなたはどういう人? 私が愛してるあなたは!……どういう人だろうと、私が愛してるあなた!……」

空は曇ってきた。霧が牧場から立ちのぼり、川は水蒸気をたて、太陽は靄もやの中に消えていった。ザビーネは震えながら、小さな黒い肩掛で肩と頭とを包んだ。彼女は疲れてるらしかった。舟が岸に沿うて、枝をさし伸べた柳の下にすべってゆく時には、彼女は眼を閉じた。ほっそりした顔が蒼ざめていた。唇には苦しそうな皺しわが寄っていた。彼女はもう身動きもしなかった。苦しんでる――たいへん苦しんだ――死んでる、ようだった。クリストフは心がしめつけられた。彼は彼女の方に身をかがめた。彼女は眼を開き、クリストフの不安な眼が問いかけてるのを見、それに微笑ほほえみ返してやった。それは彼にとって一条の日の光にも等しかった。彼は小声で尋ねた。

「加減が悪いんじゃありませんか。」

彼女は否という身振をして言った。

「寒いんですの。」

二人の男は自分たちの外套がいとうを彼女にかけてやった。あたかも子供を夜具の中にくるんでやるように、その足先や脛すねや膝ひざを包んでやった。彼女はされるままになって、眼つきで礼を言った。細かな冷たい雨が落ち始めた。二人は櫂を取って、帰りを急いだ。重々しい雲が空を隠していた。川はインキのような波をたてていた。野の中にはあちらこちらに、人家の窓に火がともった。水車場へ着いた時には、雨が激しく降りしきっていた。ザビーネは凍えていた。

台所で盛んに火を焚たいて、驟雨しゅううの過ぎるのを待った。しかし雨は降り募るばかりで、風まで加わった。町へ帰るには馬車で三里ほど行かなければならなかった。粉屋は、こんな天気にはザビーネを帰らせられないと言った。そして彼ら二人に、その農家で一夜を明かしてくれと言い出した。クリストフは承諾するのに躊躇ちゅうちょした。彼はザビーネの眼つきに相談しかけた。しかしザビーネの眼は炉の炎をじっと見つめていた。クリストフの決断に影響するのを恐れてるもののようだった。しかしクリストフが承諾の一言を言った時、彼女は彼の方へ赤い――(それは火の反射だったろうか?)――顔を向けた。彼は彼女が満足してるのを見てとった。

楽しい一晩……。外には雨があばれていた。火は黒い暖炉の中で、金色の火花を無数に散らしていた。皆はそのまわりに丸く集まっていた。彼らの奇怪な影が壁の上に揺いでいた。粉屋はザビーネの娘に、手で種々な影を作る仕方を見せていた。子供は笑っていた。それでもすっかり安心しきってはいなかった。ザビーネは火の上にかがみ込んで、重い火箸ひばしで機械的に火をかきたてていた。彼女は少しぐったりしていた。家庭のことを述べたてる嫂あによめのおしゃべりに、耳も傾けずただうなずきながら、微笑ほほえんで夢想にふけっていた。クリストフは粉屋と並んで影の中にすわり、子供の髪を静かに引っ張っていた。そしてザビーネの微笑をながめていた。彼女は彼から見られてることを知っていた。彼は彼女から微笑ほほえみかけられてることを知っていた。二人にはその晩じゅうただの一度も、たがいに話し合う機会もなく、正面に顔を見かわす機会もなかった。また二人はそうしようとも求めなかった。

二人は晩早く別れた。彼らの寝室は隣合っていた。内部に扉とびらが一つあって通じ合っていた。クリストフは我知らず、ザビーネの室の方に※(「金+饌のつくり」、第4水準2-91-37)かけがねがおろしてあることを確かめた。彼は床にはいって、眠ろうとつとめた。雨が窓ガラスを打っていた。風が煙筒の中でうなっていた。階下したの扉とびらが一つばたばた動いていた。一本の白楊樹はくようじゅが嵐あらしに打たれて、窓の前でみりみり音していた。クリストフは眼を閉じることができなかった。彼女のそばに同じ屋根の下にいることを考えた。彼女とは壁一重越しであった。ザビーネの室にはなんの音も聞えなかった、しかし彼女の姿が見えるように思われた。寝床の上に起き上って、壁越しに小声で彼女を呼び、愛のこもった熱烈な言葉を言い送った。そして、なつかしい声が自分に答えてくれ、自分の言った文句をくり返し、低く自分の名を呼んでるのが、聞こえるような気がした。自分一人で問うたり答えたりしてるのか、あるいは彼女が実際口をきいてるのか、彼にはわからなかった。少し高い呼び声をきくと、じっとしてることができなかった。彼は寝台から飛び出した。暗夜の中を手探りで、扉に近寄った。彼はそれを開きたくなかった。その扉がしまってるので安心を覚えていた。そしてふたたびそのハンドルに触れると、扉の開くのが眼についた……。

彼ははっとした……。また静かに扉をしめ、また開き、も一度しめた。先刻扉は締まっていたではないか。そうだ、彼はそれを確かに知っていた。では誰が開いたのか。彼は胸がとどろいて息がつけなかった。寝台によりかかった。腰をおろして息をついた。彼は情熱に圧倒された。そして身動きができなくなった。身体じゅうが震えた。彼はその未知の歓喜を、数か月来呼び求めてはいたが、それが今自分のそばにそこにあって、もう何も間を隔てる物がない時になって、恐怖の念をいだいた。恋にとらわれてる激越なこの青年は、その欲求が実現されかかるとにわかに、恐怖と嫌悪けんおとを感ずるのみだった。彼はその欲望を恥じ、自分が将まさにせんとしてることを恥じた。彼はあまりに愛していたので、愛するものをあえて享楽することができず、むしろそれを恐れた。悦よろこびを避けるためには、何事でもなしたかも知れなかった。愛することは、ああ愛することは、愛するものを涜けがすことによってしか可能ではないのか?……

 

Il était retourné près de la porte; et, tremblant d'amour et de crainte, la main sur la serrure, il ne pouvait se décider à ouvrir.

Et de l'autre côté de la porte, ses pieds nus sur le carreau, grelottante de froid, Sabine était debout.

Ainsi, ils hésitèrent,... combien de temps? Des minutes? Des heures?... Ils ne savaient pas qu'ils étaient là; et pourtant ils le savaient. Ils se tendaient les bras,—lui, écrasé par un amour si fort qu'il n'avait pas le courage d'entrer,—elle, l'appelant, l'attendant, et tremblant qu'il n'entrât... Et quand il se décida enfin à entrer, elle venait de se décider à repousser le verrou.

Alors il se traita de fou. Il pesa sur la porte, de toute sa force. Sa bouche collée sur la serrure, il supplia:

—Ouvrez!

Il appelait Sabine, tout bas; elle pouvait entendre son souffle haletant. Elle restait près de la porte, immobile, glacée, claquant des dents, sans force ni pour ouvrir, ni pour se recoucher...

L'ouragan continuait à faire craquer les arbres et battre les portes de la maison... Ils retournèrent, chacun vers son lit, le corps brisé, le cœur plein de tristesse. Les coqs chantaient d'une voix enrouée. Les premières lueurs de l'aube parurent à travers les carreaux couverts de buée. Une aube lamentable, blafarde, noyée dans l'opiniâtre pluie...

Christophe se leva, dès qu'il put; il descendit dans la cuisine, il causa avec les gens. Il avait hâte d'être parti, et il craignait de se retrouver seul en présence de Sabine. Ce lui fut presque un soulagement, quand la fermière vint dire que Sabine était souffrante, qu'elle avait pris froid dans la promenade d'hier, et qu'elle ne partirait pas, ce matin.

Le trajet de retour fut lugubre. Il avait refusé la voiture, et revenait à pied, par les campagnes mouillées, dans le brouillard jaunâtre qui enveloppait la terre, les arbres, les maisons, d'un linceul. Ainsi que la lumière, la vie semblait éteinte. Tout avait l'air de spectres. Lui-même était comme un spectre.

À la maison, il trouva des visages irrités. Tous étaient scandalisés qu'il eût passé la nuit, Dieu savait où, avec Sabine. Il s'enferma dans sa chambre et se mit à travailler. Sabine revint le lendemain, et s'enferma de son côté. Ils prirent garde de ne pas se rencontrer. Le temps était toujours pluvieux et froid; ni l'un ni l'autre ne sortait. Ils se voyaient derrière leurs vitres closes. Sabine était enveloppée, au coin du feu, et songeait, Christophe était enfoui dans ses papiers. Ils se saluaient d'une fenêtre à l'autre, avec réserve. Ils ne se rendaient pas compte exactement de ce qu'ils sentaient: ils s'en voulaient l'un à l'autre, ils s'en voulaient à eux-mêmes, ils en voulaient aux choses. La nuit de la ferme était écartée de leur pensée: ils en rougissaient, et ils ne savaient pas s'ils rougissaient davantage de leur folie, ou de n'y avoir pas cédé. Il leur était pénible de se voir: car cette vue leur rappelait des souvenirs qu'ils voulaient fuir; et, d'un commun accord, ils se retirèrent l'un et l'autre au fond de leurs chambres, pour s'oublier tout à fait. Mais cela n'était pas possible, et ils souffraient de cette hostilité secrète. Christophe était poursuivi par l'expression de sourde rancune, qu'il avait pu lire une fois sur le visage glacé de Sabine, Elle n'était pas moins malheureuse de ces pensées; elle avait beau les combattre, les nier même; elle ne pouvait pas s'en défaire. Il s'y joignait la honte que Christophe eût deviné ce qui se passait en elle;—et la honte de s'être offerte... la honte de s'être offerte et de ne s'être pas donnée.

Christophe accepta avec empressement l'occasion qui s'offrit d'aller pour quelques concerts à Cologne et à Düsseldorf. Il était bien aise de passer deux ou trois semaines loin de la maison. La préparation de ces concerts et la composition d'une œuvre nouvelle qu'il voulait y jouer l'occupèrent tout entier, et il finit par oublier les souvenirs importuns. Ils s'effaçaient aussi de l'esprit de Sabine, reprise par la torpeur de sa vie habituelle. Ils en vinrent à penser l'un à l'autre avec indifférence. S'étaient-ils vraiment aimés? Ils en doutaient. Christophe fut sur le point de partir pour Cologne, sans avoir dit adieu à Sabine.

La veille de son départ, un je ne sais quoi les rapprocha. C'était une de ces après-midi de dimanche, où tous étaient à l'église. Christophe aussi était sorti, pour terminer ses préparatifs de voyage. Sabine, assise dans son minuscule jardin, se chauffait aux derniers rayons du soleil. Christophe rentra: il était pressé, son premier mouvement en la voyant fut de saluer et de passer. Mais quelque chose le retint, au moment où il passait: fut-ce la pâleur de Sabine, ou quelque sentiment indéfinissable: remords, crainte, tendresse?... Il s'arrêta, se retourna vers Sabine, et, appuyé sur la clôture du jardin, il lui souhaita le bonsoir. Sans répondre, elle lui tendit la main. Son sourire était plein de bonté,—d'une bonté qu'il ne lui avait jamais vue. Son geste voulait dire: «Paix entre nous...» Il saisit sa main par-dessus la barrière, il se pencha sur elle, et la baisa. Elle n'essaya point de la retirer. Il avait envie de se jeter à genoux, de lui dire: «Je vous aime»... Ils se regardèrent en silence. Mais ils ne s'expliquèrent point. Après un moment, elle dégagea sa main, elle détourna la tête. Il se détourna aussi, afin de cacher son trouble. Puis ils se regardèrent de nouveau avec des yeux rassérénés. Le soleil se couchait. Des nuances subtiles, violet, orange et mauve, couraient dans le ciel froid et clair. Elle resserra frileusement son châle sur ses épaules, d'un geste qui lui était familier. Il demanda:

—Comment allez-vous?

Elle fit une petite moue, comme si cela ne valait pas la peine de répondre. Ils continuaient de se regarder, heureux. Il leur semblait qu'ils s'étaient perdus, et qu'ils venaient de se retrouver...

Il rompit enfin le silence, et dit:

—Je pars demain.

La figure de Sabine s'effara:

—Vous partez? répéta-t-elle.

Il se hâta d'ajouter:

—Oh! seulement pour deux ou trois semaines.

—Deux ou trois semaines! dit-elle, d'un air consterné.

Il expliqua qu'il s'était engagé pour des concerts, mais qu'une fois de retour, il ne bougerait plus de tout l'hiver.

—L'hiver, dit-elle, c'est loin...

—Mais non, fit-il, ce sera bientôt arrivé.

Elle hochait la tête, sans le regarder.

—Quand nous reverrons-nous? dit-elle, après un instant.

Il ne comprit pas bien cette question: il y avait déjà répondu.

—Aussitôt que je serai revenu: dans quinze jours, vingt au plus.

Elle gardait son air atterré. Il essaya de plaisanter:

—Le temps ne vous durera pas, dit-il. Vous dormirez.

—Oui, dit Sabine.

Elle essayait de sourire: mais sa lèvre tremblait.

—Christophe!... dit-elle tout à coup, en se redressant vers lui.

Il y avait dans sa voix un accent de détresse. Elle semblait dire:

—Restez! Ne partez pas!...

 彼は扉のそばにまたやって来ていた。そして、愛欲と懸念とに震えながら、錠前に手をかけながら、開こうと決心することができなかった。

そして扉の向う側では、床石に素足をつけ、寒さに震えながら、ザビーネが立っていた。

かくて二人は躊躇ちゅうちょした……幾何いくばくの間かを……幾分間かを、幾時間かを。……二人はたがいにそこにいることを知らなかった、しかもまた知っていた。二人はたがいに腕を差出していた――彼は激しい愛欲に押しつぶされてはいる勇気もなく――彼女は、彼を呼び、彼を待ち、彼がはいって来はすまいかとうち震えながら……。そしてついに彼がはいろうと意を決したのは、彼女が思い切って※(「金+饌のつくり」、第4水準2-91-37)かけがねをしてしまった時であった。

すると彼は自分を狂人だとした。彼は全力をこめて扉にのしかかった。口を錠前に押しあてて願った。

「あけて!」

彼はごく低くザビーネを呼んだ。彼女は彼のあえぐ息を聞き得た。彼女は扉のそばに釘くぎ付けになって、身動きもせず、凍えきり、歯をうち合して震え、扉を開く力もなく、床につく力もなかった……。

暴風雨はなおつづいて、樹木を鳴らし、家の戸をきしらしていた……。二人はおのおの、身体は疲れ果て、心は悲しみに満ちて、自分の寝床へもどった。鶏が嗄しわがれた声で鳴いた。曙あけぼのの最初の光が、一面に濛もうと曇った窓ガラスを通して現われた。降りしきる雨におぼれた、悲しい蒼白あおじろい曙であった。

クリストフはできるだけ早く起き上った。彼は台所へ降りてゆき、人々と話をした。彼は出発を急ぎ、ザビーネと二人きりになるのを恐れた。お上さんが出て来て、ザビーネの気分の悪いことを告げ、昨日の散歩に風邪かぜをひいて、その朝出発しがたいことを言った時、彼はほとんど安堵あんどの思いをした。

帰りの道中は痛ましかった。彼は馬車を断った。そして、地面や樹木や人家を喪布もぬののように包んでる黄色い霧の中を、ぬれた野を通って、徒歩で帰っていった。光と同じく、生命も消え失うせてるかと思われた。すべてが幽鬼のようなありさまをしていた。彼自身も幽鬼のようであった。

家へ帰ってみると、皆怒おこった顔をしていた。彼がザビーネといっしょに、どこでだか分ったものじゃない、一夜を過したことを皆いまいましく思っていた。彼は自分の室にとじこもって、仕事にかかった。ザビーネは翌日帰って来たが、やはり室に閉じこもった。二人はたがいに会わないように用心した。それに天気が雨がちで寒かった。どちらも外へ出かけなかった。二人はしめ切った窓ガラスの影から見合った。ザビーネは沢山着込んで暖炉の隅すみにうずくまり、考えに沈んでいた。クリストフは書き物の中に埋っていた。二人は遠慮気味に窓から窓へ会釈をかわした。二人とも自分が何を感じてるか明確に知ってはいなかった。彼らはたがいに恨み、自分自身を恨み、事物を恨んでいた。農家の一夜は考えの外におかれていた。彼らはそれに顔を赤くした。そして自分たちの熱狂を多く恥じてるのか、熱狂に打ち負けなかったことを多く恥じてるのか、自分でもわからなかった。たがいに顔を合せるのがつらかった。なぜなら、顔を見合すと避けたく思ってる記憶が浮かんできたから。そしてたがいに同じ思いで、どちらも室の奥に引込んで、すっかりおのれを忘れてしまおうとした。しかしそれはできなかった。そして彼らはたがいのひそかな敵意を苦しんだ。クリストフはある時、ザビーネの冷たい顔の上に、隠れた怨恨えんこんの表情を読み取り得て、それが長く頭から離れなかった。彼女もやはり同じように、そういう考えに苦しんでいた。いくらそれとたたかい、それを打消してみても、それから免れることはできなかった。自分の心のうちに起こったことをクリストフに推察されたという恥ずかしさが、それに加わっていた――そして身を提供した恥ずかしさが……身を提供しながら与えなかった恥ずかしさが。

クリストフは音楽会のために、ケルンやデュッセルドルフへ行く機会を進んでとらえた。家を遠く離れて二、三週間過すのは、きわめて愉快なことだった。それらの音楽会の準備と、そこで演奏しようと思ってる新曲の創作とに、彼はすっかり没頭して、ついに煩わしい思い出を忘れてしまった。ザビーネもまた例のぼんやりした生活を始めて、思い出は頭から消え失せた。二人はたがいのことを平気で考えるようになった。ほんとに愛し合っていたのであろうか? 彼らはそれを疑ってみた。クリストフはザビーネに別れも告げないでケルンへ出発しようとした。

彼の出発の前日、どうしたのか二人はまた近づいた。皆が教会堂へ行ってる例の日曜の午後であった。クリストフも旅行の仕度を済ますために出かけていた。ザビーネは小さな庭に腰をおろして、夕日に当っていた。クリストフが帰ってきた。彼は急いでいた。初めは、彼女の姿を見ながら、会釈をしたまま通りすぎようとした。しかしその瞬間に、彼は何かに引止められた。それはザビーネの蒼白あおじろい顔色であったか、あるいは、悔恨とか懸念とか情愛とかの、何か言いがたい感情であったか?……とにかく彼は立止って、ザビーネの方をふり向いた。そして庭の垣根かきねによりかかって、晩の挨拶あいさつをした。彼女はなんとも答えないで、手を差出した。彼女の笑顔には温良さが満ち充みちていた――彼がかつて彼女に見受けなかったほどの温良さが。彼女の身振には「仲直り……」という意味が見えていた。彼は垣根越しにその手をとらえ、身をかがめてそれに接吻せっぷんした。彼女は少しも手を引込めようとはしなかった。彼はそこにひざまずいて、「私は愛してる」と言いたかった。……二人は黙って顔を見合った。しかし少しも意中を明かさなかった。やがて彼女は手を離し、顔をそむけた。彼も胸騒ぎを隠すために横を向いた。それから二人はまた、晴やかな眼で見合った。太陽は沈みかけていた。菫すみれ色、橙だいだい色、葵あおい色、いろんな美妙な色合が、清い寒い空に流れていた。彼女は彼の見慣れた手つきで、寒そうに肩の肩掛を合した。彼は尋ねた。

「身体はどうですか。」

彼女は答えるに及ばないとでもいうように、ちょっと口をとがらした。二人はうれしそうにじっと見かわしつづけた。たがいに見失っていたのがまためぐり会ったかのようだった……。
彼はついに沈黙を破って言った。

「明日発たちます。」

ザビーネは駭然がいぜんとした顔つきになった。
「発つんですって?」と彼女はくり返した。

彼は急いでつけ加えた
。
「なに、たった二、三週間です」

「二、三週間!」と彼女は狼狽ろうばいの様子で言った。

彼は説明した、音楽会に約束したこと、しかしいったん帰って来れば、もう冬じゅうどこへも行かないと。
「冬、」と彼女は言った、「それまでにはまだなかなか……。」

「いいえ、」と彼は言った、「じきに冬になります。」

彼女は彼の方を見ないで首を振っていた。

「いつまた会えるでしょうかしら?」と彼女はややあって言った。
彼にはその問いの意味がよくわからなかった。もうそれは答えられてたはずだった。

「帰ってくればすぐに会えます、十五日か、おそくも二十日たったら。」
彼女は落胆しきった様子をつづけていた。彼は冗談を言ってみた。
「あなたにはそれくらいの時間なんか長くはないでしょう。」と彼は言った。「眠っていらっしゃいよ。」
「そうね。」とザビーネは言った。
彼女は微笑ほほえもうとした。しかし唇くちびるが震えていた。
「クリストフさん!……」彼女は突然言いながら、彼の方へ身を起こした。
その声のうちには悲嘆の調子がこもっていた。こう言ってるらしかった。

「行かないでくださいな! 発たっては厭いや!……」

 

Il lui saisit la main, il la regarda, il ne comprenait pas l'importance qu'elle attachait à ce voyage de quinze jours; mais il n'attendait qu'un mot d'elle, pour lui dire:

—Je reste...

Au moment où elle allait parler, la porte de la rue s'ouvrit, et Rosa parut. Sabine retira sa main de la main de Christophe, et rentra précipitamment chez elle. Sur le seuil, elle le regarda une fois encore,—et disparut.

Christophe pensait la revoir dans la soirée. Mais, surveillé par les Vogel, suivi partout par sa mère, en retard comme toujours dans ses préparatifs de voyage, il ne put trouver un instant pour s'échapper hors de chez lui.

Le lendemain, il partit de très bonne heure. En passant devant la porte de Sabine, il eut envie d'entrer, de frapper à la fenêtre: il lui était pénible de la quitter sans lui avoir dit au revoir;—car il avait été interrompu par Rosa, avant d'avoir eu le temps de le faire. Mais il pensa qu'elle dormait, et qu'elle lui saurait mauvais gré de l'avoir réveillée. Puis, que lui dirait-il? Il était maintenant trop tard pour renoncer au voyage; et si elle le lui demandait?... Enfin il ne s'avouait pas qu'il n'était pas fâché d'essayer son pouvoir sur elle,—au besoin, de lui faire un peu de peine... Il ne prenait pas au sérieux le chagrin que son départ causait à Sabine; et il pensait que cette courte absence augmenterait la tendresse que, peut-être, elle avait pour lui.

Il courut à la gare. Malgré tout, il avait quelques remords. Mais, dès que le train se mit en marche, tout fut oublié. Il se sentait le cœur plein de jeunesse. Il salua gaiement la vieille ville, dont le soleil rosissait les toits et le sommet des tours; et, avec l'insouciance de ceux qui partent, il dit adieu à ceux qui restaient, et il n'y pensa plus.

Pendant tout le temps qu'il fut à Düsseldorf et à Cologne, Sabine ne lui revint pas un jour à l'esprit. Absorbé du matin au soir par les répétitions et les concerts, par les dîners et les conversations, occupé de mille objets nouveaux et de la satisfaction orgueilleuse de ses succès, il n'eut pas le temps de se souvenir. Une seule fois, la cinquième nuit après son départ, se réveillant brusquement, après un cauchemar, il s'aperçut qu'il pensait à elle en dormant, et que c'était cette pensée qui l'avait réveillé; mais il lui fut impossible de se rappeler comment il pensait à elle. Il était angoissé et agité. Ce n'était pas surprenant: il avait joué, le soir, dans un concert, et, au sortir de la salle, il s'était laissé entraîner à un souper, où il avait bu quelques verres de champagne. Ne pouvant dormir, il se leva. Une pensée musicale l'obsédait. Il se dit que c'était cela qui le tourmentait en dormant, et il l'écrivit. En la relisant, il fut frappé de voir combien elle était triste. Il n'avait aucune tristesse, en l'écrivant: du moins, il lui semblait ainsi. Mais il se souvint que d'autres fois, quand il était triste, il ne pouvait écrire que des musiques joyeuses, dont la gaieté le blessait. Il ne s'y arrêta pas davantage. Il était habitué, sans les comprendre, aux surprises de son monde intérieur. Il se rendormit aussitôt après, et ne se rappelait plus rien, le lendemain matin.

Il prolongea son voyage, de trois ou quatre jours. Il s'amusait à le prolonger, sachant qu'il lui suffisait de vouloir, pour revenir aussitôt: il n'était pas pressé. Ce ne fut que dans le wagon, sur le chemin du retour, que la pensée de Sabine le reprit. Il ne lui avait pas écrit. Il était même si insouciant qu'il n'avait pas pris la peine de réclamer b la poste les lettres qu'on aurait pu lui adresser. Il trouvait une jouissance secrète à ce silence, il savait que là-bas on l'attendait, et qu'on l'aimait... Qu'on l'aimait? Jamais elle ne le lui avait dit encore, jamais il ne le lui avait dit. Sans doute, ils le savaient, sans avoir besoin de le dire. Pourtant, rien ne valait la sûreté de l'aveu. Pourquoi avaient-ils tant attendu pour le faire? Quand ils étaient près de parler, quelque chose, toujours,—un hasard, une gêne,—les en avait empêchés. Pourquoi? Pourquoi? Que de temps ils avaient perdu!... Il brûlait d'entendre les chères paroles sortir de la bouche aimée. Il brûlait de les lui dire, il les disait tout haut, dans son compartiment vide. À mesure qu'il approchait, l'impatience l'étreignait, une sorte d'angoisse... Plus vite! Plus vite donc! Oh! penser que dans une heure il allait la revoir!...

Il était six heures et demie du matin, quand il rentra dans la maison. Personne n'était encore levé. Les fenêtres de Sabine étaient fermées. Il passa dans la cour, sur la pointe des pieds, pour qu'elle ne l'entendît pas. Il riait de la surprendre. Il monta chez lui. Sa mère dormait. Il fit sa toilette, sans bruit. Il avait faim; mais il craignit d'éveiller Louisa, en cherchant dans le buffet. Dans la cour, il entendit des pas; il ouvrit doucement sa fenêtre, et vit Rosa, qui, la première levée, comme d'habitude, commençait à balayer. Il l'appela à mi-voix. Elle eut un mouvement de surprise joyeuse, en le voyant; puis elle prit un air sévère. Il pensa qu'elle lui en voulait encore; mais il était d'excellente humeur. Il descendit auprès d'elle.

—Rosa, Rosa, dit-il d'une voix joyeuse, donne-moi à manger, ou je te mange! je meurs de faim!

Rosa sourit, et l'emmena dans la cuisine du rez-de-chaussée. En lui versant une jatte de lait, elle ne pouvait s'empêcher de lui poser une kyrielle de questions sur son voyage et sur ses concerts. Mais bien qu'il fût disposé à y répondre,—(dans le bonheur d'être revenu, il était presque heureux de retrouver le bavardage de Rosa),—Rosa s'arrêtait brusquement, au milieu de ses interrogations, sa figure s'allongeait, elle détournait les yeux, elle était soucieuse. Puis le bavardage reprenait; mais il semblait qu'elle se le reprochât, et, de nouveau, elle s'arrêtait court. Il finit par le remarquer, et dit:

—Mais qu'est-ce que tu as donc, Rosa? Est-ce que tu me boudes?

Elle secoua énergiquement la tête, pour dire que non; et, se tournant vers lui, avec sa brusquerie habituelle, des deux mains elle lui prit le bras:

—Oh! Christophe!... dit-elle.

Il fut saisi. Il laissa tomber le morceau de pain qu'il tenait.

—Quoi! Qu'est-ce qu'il y a? fit-il.

Elle répétait:

—Oh! Christophe!... Il est arrivé un tel malheur!...

Il repoussa la table. Il bégaya:

—Ici?

Elle montra la maison, de l'autre côté de la cour.

Il cria:

—Sabine!

Elle pleura:

—Elle est morte.

Christophe ne vit plus rien. Il se leva, il se sentit tomber, il s'accrocha à la table, il renversa ce qui était dessus, il voulut crier. Il souffrait de douleurs atroces. Il fut pris de vomissements.

Rosa, épouvantée, s'empressait auprès de lui; elle lui tenait la tête, pleurait.

Aussitôt qu'il put parler, il dit:

—Ce n'est pas vrai!

Il savait que c'était vrai. Mais il voulait le nier, il voulait que ce qui était ne fut pas. Quand il vit le visage de Rosa tout ruisselant de larmes, il ne douta plus, et il sanglota.

Rosa releva la tête:

—Christophe! dit-elle.

Étendu sur la table, il se cachait la figure. Elle se pencha vers lui:

—Christophe!... Maman vient!...

Christophe se redressa:

—Non, non, dit-il, je ne veux pas qu'elle me voie.

Elle lui prit la main, elle le guida, chancelant, aveuglé par ses pleurs, jusqu'à un petit bûcher, qui donnait sur la cour. Elle referma la porte. Ils se trouvèrent dans la nuit. Il s'assit au hasard sur un billot qui servait à fendre le bois. Elle, sur des fagots. Les bruits da dehors arrivaient amortis. Là, il pouvait crier, sans crainte d'être entendu. Il s'abandonna à ses sanglots avec fureur. Rosa ne l'avait jamais vu pleurer; elle ne pensait même pas qu'il pût pleurer; elle ne connaissait que ses larmes de petite fille, et ce désespoir d'homme la remplissait d'effroi et de pitié. Elle était pénétrée pour Christophe d'un amour passionné. Cet amour n'avait rien d'égoïste: c'était un immense besoin de sacrifice, une soif de souffrir pour lui, de lui prendre tout son mal. Elle l'entoura de ses bras, maternellement:

—Cher Christophe, dit-elle, ne pleure pas!

Christophe se détourna:

—Je veux mourir!

Rosa joignit les mains:

—Ne dis pas cela, Christophe!

—Je veux mourir. Je ne peux plus... je ne peux plus vivre... À quoi sert-il de vivre?

Christophe, mon petit Christophe! Tu n'es pas seul. On t'aime...

—Qu'est-ce que cela me fait? Je n'aime plus rien. Tout le reste peut bien vivre ou mourir. Je n'aime rien, je n'aimais qu'elle, je n'aimais qu'elle!

Il sanglota plus fort, la tête cachée dans ses mains. Rosa ne pouvait plus rien dire. L'égoïsme de la passion de Christophe la poignardait. À l'instant où elle croyait être le plus près de lui, elle se sentait plus isolée et plus misérable que jamais. La douleur, au lieu de les rapprocher, les séparait encore. Elle pleura amèrement.

Après quelque temps, Christophe s'interrompit de pleurer, et demanda:

—Mais comment? comment?...

Rosa comprit:

—Elle a pris l'influenza, le soir de ton départ. Tout de suite, elle a été emportée...

Il gémissait:

—Mon Dieu!... Pourquoi ne m'a-t-on pas écrit?

Elle dit:

—J'ai écrit. Je ne savais pas ton adresse: tu ne nous avais rien dit. J'ai été demander au théâtre. Personne ne la savait.

Il savait qu'elle était timide, et que cette démarche avait dû lui coûter. Il demanda:

—Est-ce qu'elle... est-ce qu'elle t'avait dit de le faire? Elle secoua la tête:

—Non. Mais j'ai pensé...

Il la remercia du regard. Le cœur de Rosa se fondit.

—Mon pauvre... pauvre Christophe! dit-elle.

Elle se jeta à son cou, en pleurant. Christophe sentit le prix de cette pure tendresse. Il avait tant besoin d'être consolé! Il l'embrassa:

—Tu es bonne, dit-il, tu l'aimais donc, toi?

Elle se détacha de lui, elle lui jeta un regard passionné, ne répondit pas, et se remit à pleurer.

Ce regard fut une illumination pour lui. Ce regard voulait dire:

—Ce n'était pas elle que j'aimais...

Christophe vit enfin ce qu'il n'avait pas su—ce qu'il n'avait pas voulu voir depuis des mois. Il vit qu'elle l'aimait.

—Chut! dit-elle, on m'appelle.

On entendait la voix d'Amalia.

Rosa demanda:

—Veux-tu rentrer chez toi?

Il dit:

—Non, je ne pourrais pas encore, je ne pourrais pas causer avec ma mère... Plus tard...

Elle dit:

—Reste. Je reviendrai tout à l'heure.

彼は彼女の手を取った。その顔をながめた。彼女がその二週間の旅を重大視してる訳がわからなかった。しかし、彼女が一言言いさえすれば、こう言ってやったであろう。

――行きません……。

彼女が口を開こうとした時に、表の戸があいて、ローザが現われた。ザビーネはクリストフの手から自分の手を引込めた。そして急いで家へはいった。入口で、彼女はも一度彼をながめた――そして姿が消えた。

クリストフはその晩も一度彼女に会おうと考えていた。しかし、フォーゲル一家の者からは監視され、どこへ行くにも母からついて来られ、例によって旅の仕度は遅れがちだし、家から逃げ出せる隙ひまは一瞬間もなかった。

翌日、彼はごく早朝に出発した。ザビーネの門口を通ると、中にはいりたくなり、その窓をたたきたかった。彼女に別れるのが非常につらかった、しかも別辞もかわさないで別れるのが――別れを告げる隙ひまもないほど早くから、ローザに妨げられたのであった。しかし彼は、彼女は眠ってるだろうと考え、起こしたら恨まれるだろうと考えた。それに、何を言うべき言葉があったろうか? 今となっては、旅をやめるにはあまりに時過ぎていた。そしてもし彼女が止めてくれと願ったら!……とにかく彼は、自分の力を彼女にためしてみることをも――場合によっては彼女に少し心配をかけることをも、あえて辞せないとはみずから認めかねた……。自分の出発のためにザビーネが受ける苦しみを、彼は真面目まじめには考えていなかった。そしてそのわずかな間の不在は、おそらく彼女がいだいてる愛情を募らせるだろうと、彼は思っていた。

彼は停車場へかけつけた。やはり多少の心残りを感じた。しかし汽車が動き出すとすべてを忘れてしまった。心が青春の気に満ちてるような気がした。屋根や塔の頂が太陽から薔薇ばら色に染められてる古い町に向って、快活に挨拶あいさつをした。そして出発する者のこだわりない気持をもって、残ってる人たちに別れを告げ、もはやそのことを考えなかった。

デュッセルドルフやケルンにいる間、彼は一日もザビーネのことを頭に浮べなかった。朝から晩まで、音楽会の試演や公演に没頭し、会食や談話に夢中になり、沢山の新奇な事物や成功の驕慢きょうまんな満足に気を奪われて、思い出す隙がなかった。ただ一度、出発後五日目の夜に、悪夢のあと急に眼を覚さました時、眠りながら彼女のことを考えていて、その考えのために眼が覚めたことを、彼は気づいた。しかし、どうして彼女のことを考えたかは思い出せなかった。悩ましくて胸騒ぎがしていた。それは別に不思議でもなかった。その晩彼は、音楽会で演奏し、会場を出ると、夜食の宴に引張り込まれ、そこで数杯のシャンペンを飲んだのだった。彼は眠ることができないので起き上った。ある楽想がくそうが頭につきまとっていた。睡眠中に自分を苦しめたのはこれだなと彼は思った。そしてそれを書いてみた。読み返してみると、たいへん悲しいものであるのを見てびっくりした。書く時にはなんらの悲しみも感じてはいなかった、少なくともそうらしかった。しかしながら、いつかも、悲しんでる時に、癪しゃくにさわるほど快活な音楽しか書けなかったことがあるのを、思い出した。でそのことは、それ以上考えつめなかった。自分の内部の世界の不思議さには、訳はわからないながらも慣れきっていた。彼はそれからすぐにまた眠って、翌朝になると、もう何にも思い出さなかった。

彼は三、四日旅を長引かした。帰ろうと思えばすぐ帰れることがわかっていたので、旅を長引かすのが面白かった。急いで帰る必要もなかった。そして帰途の汽車の中で、彼は初めてザビーネのことを考えた。手紙も書き送らないでいた。もらってるかもしれない手紙を郵便局へ受取りに出かけて行くこともしなかったほど、呑気のんきであった。彼はそうして沈黙してることに、ひそかな楽しみを見出していた。かなたには自分を待ってる人がいること、自分を愛してる人がいることが、わかっていた。……愛してる? 彼女はまだかつてそれを彼に言わなかった。彼はかつてそれを彼女に言わなかった。しかしもとより口に言うまでもなく、二人はそれを知っていた。とは言え、最も貴重なのは確実な告白であった。なぜ二人は、それをするのにあれほど長く待ったのであろうか。告白を口に出そうとすると、いつも何かが――ある偶然事が、ある邪魔物が――それを妨げたのだった。なぜか? なぜなのか? いかに多くの時を二人は失ったことだろう! 彼は恋しい人の口からその大事な言葉が出るのを聞きたくてたまらなくなった。彼はその言葉を彼女に言いたくてたまらなくなった。そして人のいない車室の中で、それを声高く言ってみた。近くなるに従って、焦燥の念で胸が迫ってきた、一種の苦悶くもんで……。もっと早く走れ! さあもっと早く! ああ、一時間たてば彼女に会えるのだと考えると!……

彼が家へ戻ったのは朝の六時半だった。だれもまだ起きていなかった。ザビーネの部屋の窓はしまっていた。彼は彼女に足音を聞かれまいとして、爪先つまさきで中庭を通りすぎた。彼女をふいに驚かしてやろうと楽しんでいた。彼は自分の部屋へ上っていった。母は眠っていた。彼は音をたてずに服装みなりをととのえた。腹がすいていた。しかし戸棚とだなを捜したらルイザが眼覚めはすまいかと恐れた。中庭に足音が聞えた。そっと窓を開いて見ると、例のとおりローザがまっ先に起き上って、掃除を始めてるのであった。彼は小声で呼んだ。彼女は彼の姿を見て、うれしい驚きの身振りをした。それからいかめしい様子をした。彼はまだ彼女から恨まれてるなと考えた。しかし非常に気が晴々していた。彼女のそばへ降りて行った。

「ローザさん、ローザさん、」と彼は快活な声で言った、「何か食べる物をくださいよ。くれなけりゃあなたを食っちまう。腹がすいてたまらない!」

ローザは微笑ほほえんだ。そして彼を一階の台所へ連れていった。彼に牛乳を一碗わんついでやりながら、旅や音楽会などのことをしきりに尋ねないではおかなかった。しかし彼が快くそれに答えているのに――(帰ってきた喜びのために彼は、ローザの饒舌じょうぜつに出会ってもかえってうれしいくらいだった)――ローザはにわかに、問いの中途で口をつぐんだ。彼女は悲しげな顔をし、眼をそらし、何かが心にかかるらしかった。それからまたしゃべりだした。しかし彼女はそれをみずからとがめるらしく、またぴたりと言葉を途切らした。彼もついにそれに気がついて言った。

「いったいどうしたんです。僕に不平なんですか?」

彼女は否と言うために、強く頭を振った。そして例のとおりだしぬけに、彼の方を向きながら両手でその腕をとらえた。

「おう、クリストフさん!……」と彼女は言った。

彼ははっとした。手にもっていたパンを取り落とした。

「え、なんです?」と彼は言った。

彼女はくり返した。

「おう、クリストフさん!……たいへん悲しいことが起こったの……。」

彼はテーブルを押しやった。そして口ごもった。

「ここで!」

彼女は中庭の向う側の家をさし示した。

彼は叫んだ。

「ザビーネさんが!」

彼女は泣いた。

「死にました。」

クリストフはもう何にも眼にはいらなかった。彼は立上った。倒れるような気がした。テーブルにつかまった。上にのってた物を皆ひっくり返した。大声にわめきたかった。ひどい苦痛をなめた。※(「口+区」、第4水準2-3-68)吐おうとを催した。

ローザは駭然がいぜんとして、彼の傍かたわらに駆け寄った。彼の頭をかかえて泣いた。
口がきけるようになると彼は言った。
「ほんとうなもんか!」
彼はほんとうだと知っていた。しかしそれを否定したかった。あったことをないものにしたかった。けれど涙の流れてるローザの顔を見た時、もう疑えなかった。彼はすすり泣いた。
ローザは顔をあげた。
「クリストフさん!」と彼女は言った。
彼はテーブルの上に身を伸ばして、顔を隠していた、彼女はその上に身をかがめた。
「クリストフさん!……お母さんが来ますよ……。」
クリストフは立上った。
「いやだ、」と彼は言った、「見られたくない。」
彼女は彼の手を取り、涙で見えなくなってよろめいてる彼を、中庭に面してる小さな薪まき部屋まで連れていった。彼女は戸をしめた。真暗まっくらになった。彼は手当り次第に、薪割台の上に腰をおろした。彼女は薪束の上に腰かけた。外部の物音はかすかにしか聞こえなかった。そこで彼は人に聞かれる恐れなしに泣くことができた。彼は我を投げ出して激しくむせび泣いた。ローザは彼が泣くのをかつて見たことがなかった。彼に泣くことができようとさえも思っていなかった。彼女は自分の少女の涙しか知らなかった。そしてこういう男子の絶望を見ると、恐怖と憐憫れんびんとが胸いっぱいになった。彼女はクリストフにたいして熱烈な愛情を覚えていた。その愛には少しも利己的な点がなかった。それは犠牲になりたい無限の欲求、彼のために苦しみたい渇望、彼のあらゆる苦しみを身に引受けてやりたい渇望であった。彼女は母親のように彼を両腕で抱いてやった。

「クリストフさん、」と彼女は言った、「泣いてはいけないわよ!」
クリストフは横を向いた。
「死んでしまいたい!」

ローザは両手を握り合した。

「そんなことを言っちゃいや、クリストフさん。」

「僕は死んでしまいたい。もうできない……もう生きておれない……生きてたってなんの役にたつもんか。」

「クリストフさん、ねえクリストフさん、あなたは一人ぽっちじゃないわ。あなたを愛してる人もあってよ……。」

「それがなんになるもんか。もう何もかも厭いやだ。他のものは生きようと死のうと勝手だ。何もかも厭だ。あの女ひとだけを愛してたのに、あの女だけしか愛していなかったのに!」

彼は両手に顔を隠しながら、さらに激しくむせび泣いた。ローザはもうなんとも言うことができなかった。クリストフの情熱の利己主義に、彼女は胸を刺し通された。最も彼に近づいてると思っていた瞬間に、かつてなかったほど孤独な惨みじめな自分を感じたのであった。苦しみは、二人を近づけるどころか、ますます二人を引離していた。彼女は苦にがい涙を流した。

ややあってクリストフは泣くのをやめた、そして尋ねた。

「でもどうして、どうして?……」

ローザはその意味がわかった。

「あなたが発たった晩に、インフルエンザにかかったのよ、そしてすぐに亡なくなって……。」

彼はうなった。

「ああ!……なぜ僕に知らしてくれなかったんだろう?」

彼女は言った。

「私は手紙を書いたのよ。でもあなたのお所がわからなかったの、なんとも言い置いてくださらなかったんですもの。芝居へも聞きに行ったけれど、だれも知っていなかったの。」

彼は彼女の恥ずかしがりなことを知っていたし、その奔走にはたいへん骨折れたろうと察した。彼は尋ねた。

「あの女ひとが……あの女がそうしてくれと言ったんですか?」
彼女は頭を振った。
「いいえ、私が思いついて……。」
彼は眼つきで彼女に感謝した。ローザの心は解けた。
「かわいそうに……クリストフさん!」と彼女は言った。
彼女は泣きながら彼の首に飛びついた。クリストフはその純な愛情の貴とうとさを感じた。彼はどんなにか慰めてもらいたかった。彼は彼女を抱擁した。
「ありがとう。」と彼は言った。「ではあなたもあの女を愛していたんだね?」
彼女は彼から身を離し、熱烈な眼つきで彼を見やり、なんとも答えず、また泣きだした。
その眼つきは彼にとっては一の光明であった。それはこう言ってるがようだった。
――私が愛していたのは、あの女ではない……。
クリストフはついに見てとった、まだ知らなかったことを――幾月も前から見ようと欲しなかったことを。彼は彼女から愛されていたことを見てとった。
「しッ!」と彼女は言った、「私を呼んでるのよ。」
アマリアの声が聞こえていた。
ローザは尋ねた。
「家へ行きますか?」
彼は言った。
「いや、まだ駄目だ、母と話をすることなんかできない……。あとで……。」
彼女は言った。
「ここにいらっしゃいな。じきにもどってくるから。」

Il resta dans le bûcher obscur, où un filet de jour tombait d'un étroit soupirail, vêtu de toiles d'araignée. On entendait le cri d'une marchande dans la rue; contre le mur, dans une écurie voisine, un cheval s'ébrouait et frappait du sabot. La révélation, que Christophe venait d'avoir, ne lui faisait aucun plaisir; mais elle l'occupait, un instant. Il s'expliquait maintenant des choses qu'il n'avait pas comprises. Une foule de petits faits, auxquels il n'avait pas prêté attention, lui revenaient à l'esprit et s'éclairaient. Il s'étonnait d'y penser, il s'indignait de se laisser distraire, une seule minute, de sa misère. Mais cette misère était si atroce que l'instinct de conservation, plus fort que son amour, l'obligeait à en détourner les yeux, se jetait sur cette nouvelle pensée, comme le désespéré qui se noie saisit, malgré lui, le premier objet qui peut l'aider à se soutenir un moment encore au-dessus de l'eau. D'ailleurs, parce qu'il souffrait, il sentait à présent ce qu'une autre souffrait—souffrait par lui. Il comprenait les larmes qu'il venait de faire répandre. Il avait pitié de Rosa. Il pensait qu'il avait été cruel pour elle,—qu'il serait cruel encore. Car il ne l'aimait pas. À quoi servait-il qu'elle l'aimât? Pauvre petite!... Il avait beau se dire qu'elle était bonne (elle venait de le lui prouver). Que lui faisait sa bonté? Que lui faisait sa vie?... Il pensa:

—Pourquoi n'est-ce pas elle qui est morte, et l'autre qui est vivante?

Il pensa:

—Elle vit, elle m'aime, elle peut me le dire aujourd'hui, demain, toute ma vie;—et l'autre, la seule que j'aime, elle est morte sans m'avoir dit qu'elle m'aimait, je ne lui ai pas dit que je l'aimais, jamais je ne le lui entendrai dire, jamais elle ne le saura...

Et le souvenir lui revint de la dernière soirée: il se rappela qu'ils allaient se parler, quand l'arrivée de Rosa les en avait empêchés. Et il haït Rosa...

La porte du bûcher se rouvrit. Rosa appela Christophe à voix basse, le chercha à tâtons. Elle lui prit la main. Il éprouvait une aversion au contact de sa main: il se le reprochait vainement, c'était plus fort que lui.

Rosa se taisait: la profondeur de sa compassion lui avait appris le silence. Christophe lui sut gré de ne point troubler son chagrin par des paroles inutiles. Pourtant il voulait savoir... elle était la seule qui pût lui parler d'elle. Il demanda tout bas:

—Quand est-elle...?

(Il n'osait dire: morte.)

Elle répondit:

—Il y a eu samedi huit jours.

Un souvenir lui traversa l'esprit. Il dit:

—Dans la nuit.

Rosa le regarda, étonnée, et dit:

—Oui, la nuit, entre deux et trois heures.

La mélodie funèbre lui réapparut.

Il demanda, en tremblant:

—A-t-elle beaucoup souffert?

—Non, non, grâce au ciel, cher Christophe, elle n'a presque pas souffert. Elle était si faible! Elle n'a fait aucune résistance. Tout de suite, on a vu qu'elle était perdue.

—Et elle, est-ce qu'elle l'a vu?

—Je ne sais pas. Je crois...

—Elle a dit quelque chose?

—Non, rien. Elle se plaignait, comme un petit enfant.

—Tu étais là?

—Oui, les deux premiers jours, j'étais là toute seule, avant que son frère ne vînt.

Il lui serra la main, dans un élan de reconnaissance.

—Merci.

Elle sentit le sang lui refluer au cœur.

Après un silence, il dit, il balbutia la question qui l'étouffait:

—Elle n'a rien dit... pour moi?

Rosa secoua la tête tristement. Elle eût donné beaucoup pour pouvoir lui faire la réponse qu'il attendait; elle se reprochait de ne pas savoir mentir. Elle tâcha de le consoler:

—Elle n'avait plus conscience.

—Elle parlait?

—On ne comprenait pas bien. Elle parlait tout bas.

—Où est la petite fille?

—Le frère l'a emmenée chez lui, dans son pays.

—Et elle?

—Elle est aussi là-bas. Lundi de la semaine passée, elle est partie d'ici.

Ils se remirent à pleurer.

La voix de madame Vogel rappela encore Rosa. Christophe, de nouveau seul, revivait ces journées de mort. Huit jours! il y avait huit jours déjà... Ô Dieu! qu'était-elle devenue? Comme il avait plu, cette semaine, sur la terre!... Et lui, pendant ce temps, il riait, il était heureux.

Il sentit dans sa poche un paquet enveloppé dans du papier de soie: c'étaient des boucles d'argent qu'il lui rapportait pour ses souliers. Il se souvint du soir où sa main s'était posée sur le petit pied déchaussé. Ses petits pieds, où étaient-ils maintenant? Comme ils devaient avoir froid!... Il pensa que le souvenir de ce tiède contact était le seul qu'il eût de ce corps bien aimé. Jamais il n'avait osé le toucher, le prendre dans ses bras. Elle s'en était allée, tout entière inconnue. Il ne savait rien d'elle, ni de son âme, ni de sa chair. Il n'avait pas un souvenir de sa forme, de sa vie, de son amour... Son amour?... quelle preuve en avait-il? Pas une lettre, pas une relique,—rien. Où la saisir, où la chercher, en lui-même, hors de lui!... Ô néant! Il ne lui restait rien d'elle que l'amour qu'il avait pour elle, il ne lui restait que lui...—Et malgré tout, son désir enragé de l'arracher à la destruction, son besoin de nier la mort, faisait qu'il s'attachait à cette dernière épave, dans un acte de foi forcené:

... Ne son gia morto; e ben c'albergo cangi,
resto in te vivo, c'or mi vedi e piangi,
se l'un nell'altro amante si trasforma...

«... Je ne suis pas morte, j'ai changé de demeure; vivante je reste en toi, qui me vois et qui pleures. En l'âme de l'amant se transforme l'aimée.»

Il n'avait jamais lu ces sublimes paroles; mais elles étaient en lui. Chacun remonte à son tour le calvaire des siècles. Chacun retrouve les peines, chacun retrouve l'espoir désespéré des siècles. Chacun remet ses pas dans les pas de ceux qui furent, qui luttèrent avant lui contre la mort, nièrent la mort,—sont morts.

Il se mura chez lui. Ses volets restaient dos, tout le jour, pour ne pas voir les fenêtres de la maison d'en face. Il fuyait les Vogel: ils lui étaient odieux, Il n'avait rien à leur reprocher: c'étaient de trop braves gens et trop pieux pour n'avoir pas fait taire leurs sentiments devant la mort. Ils savaient la peine de Christophe, et ils la respectaient, quoi qu'ils pussent en penser; ils évitaient de prononcer devant lui le nom de Sabine, Mais ils avaient été ses ennemis, quand elle vivait: c'était assez pour qu'il fût le leur, maintenant qu'elle ne vivait plus.

D'ailleurs, ils n'avaient rien changé à leurs façons bruyantes; et malgré la pitié sincère, mais passagère, qu'ils avaient éprouvée, il était évident que ce malheur ne les touchait guère—(c'était trop naturel); peut-être même en éprouvaient-ils un secret débarras. Christophe l'imaginait du moins. Maintenant que les intentions des Vogel à son égard lui devenaient claires, il était porté à les exagérer. En réalité, ils tenaient peu à lui; et il s'attribuait une trop grande importance. Mais il ne doutait pas que la mort de Sabine, en écartant le principal obstacle aux projets de ses hôtes, ne leur parût laisser le champ libre à Rosa, Aussi, il la détesta. Que l'on eût—(les Vogel, Louisa, Rosa même)—disposé de lui tacitement, cela seul eut suffi, dans n'importe quel cas, pour l'éloigner de celle qu'on voulait qu'il aimât, Il se cabrait, chaque fois qu'on lui semblait toucher à son ombrageuse liberté. Mais, ici, il n'était pas seul en cause. Les droits qu'on s'arrogeait sur lui ne portaient pas seulement atteinte à ses droits, mais à ceux de la morte à qui son cœur s'était donné. Aussi les défendait-il âprement, bien que personne ne les attaquât. Il suspectait la bonté de Rosa, qui souffrait de le voir souffrir et venait souvent frapper à sa porte, pour le consoler et lui parler de l'autre. Il ne la repoussait pas: il avait besoin de causer de Sabine avec quelqu'un qui l'eût connue; il voulait savoir les plus petits détails de ce qui s'était passé pendant la maladie. Mais il n'en était pas reconnaissant à Rosa, il prêtait à son cœur des mobiles intéressés. Ne voyait-il pas que la famille, qu'Amalia même permettait ces longues causeries, que jamais elle n'eût autorisées, si elle n'y avait trouvé son compte? Rosa n'était-elle pas d'accord avec les siens? Il ne pouvait croire que sa compassion fût tout à fait sincère et dénuée de pensées personnelles.

Et sans doute, elle ne l'était pas. Rosa plaignait Christophe de tout son cœur. Elle faisait effort pour voir Sabine avec les yeux de Christophe, pour l'aimer au travers de lui; elle se reprochait sévèrement les mauvais sentiments qu'elle avait pu avoir contre elle, et lui en demandait pardon, le soir, dans ses prières. Mais pouvait-elle oublier qu'elle, elle était vivante, qu'elle voyait Christophe à toute heure du jour, qu'elle l'aimait, qu'elle n'avait plus à craindre l'autre, que l'autre s'effaçait, que son souvenir même s'effacerait, qu'elle restait seule, qu'un jour peut-être...? Pouvait-elle réprimer, au milieu de sa douleur, de la douleur de son ami, qui était sienne,—pouvait-elle réprimer un brusque mouvement de joie, un espoir irraisonné? Elle se le reprochait ensuite. Ce n'était qu'un éclair. C'était assez. Il l'avait vu. Il lui jetait un regard qui lui glaçait le cœur: elle y lisait des pensées haineuses; il lui en voulait de vivre, quand l'autre était morte.

Le meunier, avec sa voiture, vint chercher le petit mobilier de Sabine. En rentrant d'une leçon, Christophe vit étalés, devant la porte, dans la rue, le lit, l'armoire, les matelas, le linge, tout ce qui avait été à elle, tout ce qui restait d'elle. Ce lui fut un spectacle odieux. Il passa précipitamment. Sous le porche, il se heurta à Bertold qui l'arrêta:

—Ah! mon cher monsieur, disait-il en lui serrant la main avec effusion, hein! qui eût dit cela quand nous étions ensemble? Comme nous étions contents, alors! C'est pourtant depuis ce jour-là, depuis cette sacrée promenade sur l'eau, qu'elle a commencé à aller mal. Enfin! cela ne sert à rien de se plaindre! Elle est morte. Après elle, ça sera notre tour. C'est la vie... Et vous, comment allez-vous? Moi, très bien, Dieu merci!

Il était rouge, suant, sentait le vin. L'idée que c'était son frère, qu'il avait des droits sur son souvenir, blessait Christophe. Il souffrait d'entendre cet homme parler de celle qu'il aimait. Le meunier, au contraire, était heureux de trouver un ami avec qui causer de Sabine; il ne comprenait pas la froideur de Christophe. Il ne se doutait pas de tout ce que sa présence, l'évocation subite de la journée à la ferme, les souvenirs heureux qu'il rappelait lourdement, les pauvres reliques de Sabine qui jonchaient le sol et qu'il poussait du pied, en causant, remuaient de souffrance dans l'âme de Christophe. Le seul nom de Sabine, quand il revenait dans sa bouche, déchirait Christophe. Il cherchait un prétexte pour faire taire Bertold. Il gagna l'escalier; mais l'autre s'attachait à lui, l'arrêtait sur les marches, continuait son récit. Enfin, comme le meunier lui racontait la maladie de Sabine, avec le plaisir étrange que trouvent certaines gens, surtout des gens du peuple, à parler de maladies, avec un luxe de détails pénibles, Christophe n'y tint plus: (il se raidissait, pour ne pas crier de douleur). Il l'interrompit net:

—Pardon, dit-il, avec une sécheresse glaciale, il faut que je vous quitte.

Il le quitta, sans autre adieu.

Cette insensibilité révolta le meunier. Il n'avait pas été sans deviner la secrète affection de sa sœur et de Christophe. Que celui-ci témoignât d'une telle indifférence, lui parut monstrueux: il jugea que Christophe n'avait point de cœur.

Christophe avait fui dans sa chambre: il suffoquait. Tant que dura le déménagement, il ne sortit plus de chez lui. Il s'était juré de ne pas regarder par la fenêtre, mais il ne pouvait s'empêcher de le faire; et, caché dans un coin, derrière ses rideaux, il suivait le départ des hardes aimées. En les voyant disparaître, il était sur le point de courir dans la rue, de crier: «Non! non! laissez-les-moi! Ne me les emportez pas!» Il voulait supplier qu'on lui donnât au moins un objet, un seul objet, qu'on ne la lui prît pas tout entière. Mais comment eût-il osé le demander au meunier? Il n'était rien pour lui. Son amour, elle-même ne l'avait pas su: comment aurait-il osé le dévoiler a un autre? Puis, s'il avait essayé de dire un mot, il eût éclaté en sanglots... Non, non, il fallait se taire, il fallait assister à cette disparition totale, sans pouvoir rien pour sauver un débris du naufrage...

Et quand tout fut fini, quand la maison fut vide, quand la porte cochère se fut refermée sur le meunier, quand les roues du chariot se furent éloignées, en ébranlant les vitres, quand leur bruit s'effaça, il se jeta par terre, n'ayant plus une larme, plus une pensée pour souffrir ou pour lutter, glacé, comme mort lui-même.

On frappa à la porte. Il resta immobile. On frappa de nouveau. Il avait oublié de s'enfermer a clef. Rosa entra. Elle eut une exclamation, en le voyant étendu sur le plancher, et s'arrêta, effrayée. Il souleva la tête, avec colère:

—Quoi? Que veux-tu? Laisse-moi!

Elle ne s'en allait pas, elle restait, hésitante, adossée à la porte, elle répétait:

—Christophe...

Il se releva en silence; il était honteux qu'elle l'eût vu ainsi. En s'époussetant de la main, il demanda durement:

—Eh bien, qu'est-ce que tu veux?

Rosa, intimidée, dit:

—Pardon... Christophe... je suis entrée... je t'apportais...

Il vit qu'elle tenait un objet à la main.

—Voilà, dit-elle, en le lui tendant. J'ai demandé à Bertold qu'il me donnât un souvenir d'elle. J'ai pensé que cela te ferait plaisir...

C'était une petite glace d'argent, le miroir de poche, où elle se regardait, pendant des heures, moins par coquetterie que par désœuvrement. Christophe le saisit, saisit la main qui le lui tendait:

—Oh! Resi!... fit-il.

Il était pénétré par sa bonté et par le sentiment de sa propre injustice. D'un mouvement passionné, il s'agenouilla devant elle et lui baisa la main:

—Pardon... pardon... dit-il.

Rosa ne comprit pas d'abord; puis, elle comprit trop bien; elle rougit, elle se mit à pleurer. Elle comprit qu'il voulait dire:

«Pardon si je suis injuste... pardon si je ne t'aime pas... pardon si je ne puis pas... si je ne puis pas t'aimer, si je ne t'aimerai jamais!...»

Elle ne lui retirait pas sa main: elle savait que ce n'était pas elle qu'il embrassait. Et, la joue appuyée sur la main de Rosa, il pleurait à chaudes larmes, sachant qu'elle lisait en lui: il avait une amère tristesse à ne pouvoir l'aimer, à la faire souffrir.

Ils restèrent ainsi, pleurant tous deux, dans le crépuscule de la chambre.

Enfin, elle dégagea sa main. Il continuait de murmurer:

—Pardon!...

Elle lui posa sa main doucement sur la tête. Il se releva. Ils s'embrassèrent en silence, ils sentirent sur leurs lèvres l'âcre goût de leurs larmes.

—Nous serons toujours amis, dit-il tout bas.

Elle hocha la tête, et le quitta, trop triste pour parler.

Ils pensaient que le monde est mal fait. Qui aime n'est pas aimé. Qui est aimé n'aime point. Qui aime et est aimé est un jour, tôt ou tard, séparé de son amour... On souffre. On fait souffrir. Et le plus malheureux n'est pas toujours celui qui souffre.

Christophe recommença à fuir la maison. Il n'y pouvait plus vivre. Il ne pouvait voir en face les fenêtres sans rideaux, appartement vide.

Il connut une pire douleur. Le vieux Euler se hâta de relouer le rez-de-chaussée. Un jour, Christophe vit dans la chambre de Sabine des figures étrangères. De nouvelles vies effaçaient les dernières traces de la vie disparue.

Il lui devint impossible de rester au logis. Il passa des journées entières au dehors; il ne revenait qu'à la nuit, quand il ne pouvait plus rien voir. De nouveau, il reprit ses courses dans la campagne. Elles le ramenaient invinciblement à la ferme de Bertold. Mais il n'y entrait pas, il n'osait approcher, il faisait le tour, de loin. Il avait découvert un point, sur une colline, d'où l'on dominait la ferme, la plaine et la rivière: ce fut son but de promenade habituel. De là, il suivait des yeux les méandres de l'eau, jusqu'aux bouquets de saules, sous lesquels il avait vu passer l'ombre de la mort sur les traits de Sabine. De là, il distinguait les deux fenêtres des chambres où ils avaient veillé, côte à côte, si près, si loin, séparés par une porte,—la porte de l'éternité. De là, il planait au-dessus du cimetière. Il n'avait pu se résoudre à y entrer: il avait depuis l'enfance l'horreur de ces champs pourris, auxquels il se refusait à attacher l'image des êtres qu'il aimait. Mais d'en haut et de loin, le petit champ des morts n'avait rien de sinistre; il était calme, il dormait au soleil... Dormir!... Elle aimait dormir! Rien ne la dérangerait là. Les chants des coqs se répondaient à travers la plaine. De la ferme montaient le bourdonnement du moulin, les piaillements de la basse-cour, les cris des enfants qui jouaient. Il apercevait la petite fille de Sabine, il la voyait courir, il distinguait son rire. Une fois, il la guetta, près de la porte de la ferme, dans un repli du chemin creux qui faisait le tour des murs; il la saisit au passage, il l'embrassa furieusement. La petite eut peur, et se mit à pleurer. Elle l'avait presque oublié déjà. Il lui demanda:

—Es-tu contente ici?

—Oui, je m'amuse...

—Tu ne veux pas revenir?

—Non!

Il l'avait lâchée. Cette indifférence d'enfant le désolait. Pauvre Sabine!... C'était elle pourtant, un peu d'elle... Si peu! L'enfant ne ressemblait pas à sa mère: il avait passé en elle, mais à peine avait-il gardé de ce mystérieux séjour un parfum très léger de l'être disparu: des inflexions de voix, un petit froncement de lèvres, une façon de ployer la tête. Le reste de la personne était un autre être; et cet être mêlé à celui de Sabine répugnait à Christophe, sans qu'il se l'avouât.

Ce n'était qu'en lui-même que Christophe retrouvait Sabine. Partout elle le suivait; mais il ne se sentait véritablement avec elle que quand il était seul. Nulle part, elle n'était plus près de lui que dans ce refuge, sur la colline, loin des regards, au milieu de ce pays, plein de son souvenir. Il faisait des lieues pour y venir, il y montait en courant, le cœur battant, comme à un rendez-vous: c'en était un, en effet. Dès qu'il était arrivé, il se couchait à terre,—cette terre, où son corps était couché;—il fermait les yeux: et elle l'envahissait. Il ne voyait pas ses traits, il n'entendait pas sa voix: il n'en avait pas besoin; elle entrait en lui, elle le prenait, il la possédait. Dans cet état d'hallucination passionnée, il n'avait plus conscience de rien, sinon qu'il était avec elle.

Cet état dura peu.—À dire vrai, il ne fut tout à fait sincère qu'une seule fois. Dès le lendemain, la volonté y avait part. Et depuis, vainement Christophe tâcha de le faire revivre. Ce fut alors seulement qu'il pensa à évoquer la forme précise de Sabine: jusque-là, il n'y songeait point. Il y réussit, par éclairs, et il en était illuminé. Mais c'était au prix d'heures d'attente et de nuit.

—Pauvre Sabine! pensait-il, ils t'oublient tous, il n'y a que moi qui t'aime, qui te garde pour toujours, ô mon trésor! Je t'ai, je te tiens, je ne te laisserai pas échapper!...

Il parlait ainsi, parce que déjà elle lui échappait: elle fuyait de sa pensée, comme l'eau entre les doigts. Il revenait toujours, fidèle au rendez-vous. Il voulait penser à elle, et il fermait les yeux. Mais il lui arrivait, après une demi-heure, une heure, deux heures parfois, de s'apercevoir qu'il n'avait pensé à rien. Les bruits de la vallée, le bouillonnement des écluses, les clochettes de deux chèvres qui broutaient sur la colline, le bruit du vent dans les petits arbres grêles, au pied desquels il était étendu, imbibaient sa pensée poreuse et molle, comme une éponge. Il s'indignait contre sa pensée: elle s'efforçait de lui obéir et de fixer l'image disparue; mais elle retombait, lasse et endolorie, et de nouveau se livrait, avec un soupir de soulagement, au flot paresseux des sensations.

Il secoua sa torpeur. Il parcourut la campagne, à la recherche de Sabine. Il la cherchait dans le miroir, où son sourire avait passé. Il la cherchait au bord de la rivière, où ses mains s'étaient trempées. Mais le miroir et l'eau ne lui renvoyaient que son propre reflet. L'excitation de la marche, l'air frais, son sang vigoureux qui battait, réveillèrent des musiques en lui. Il voulut se donner le change:

—Ô Sabine!... soupirait-il.

Il lui dédia ces chants, il entreprit d'y faire revivre son amour et sa peine... Il avait beau faire: amour et peine revivaient bien; mais la pauvre Sabine n'y trouvait pas son compte. Amour et peine regardaient vers l'avenir, et non vers le passé. Christophe ne pouvait rien contre sa jeunesse. La sève remontait en lui avec une impétuosité nouvelle. Son chagrin, ses regrets, son chaste et brûlant amour, ses désirs refoulés, exaspéraient sa fièvre. En dépit de son deuil, son cœur battait des rythmes allègres et violents; des chants emportés bondissaient sur des mètres ivres; tout célébrait la vie; la tristesse même prenait un caractère de fête. Christophe était trop franc pour persister à se faire illusion; et il se méprisait. Mais la vie remportait; et triste, l'âme pleine de mort et le corps plein de vie, il s'abandonna à sa force renaissante, à la joie délirante et absurde de vivre, que la douleur, la pitié, le désespoir, la blessure déchirante d'une perte irréparable, tous les tourments de la mort, ne font qu'aiguillonner et raviver chez les forts, en labourant leurs flancs d'un éperon furieux.

Christophe savait d'ailleurs qu'il gardait, dans les retraites souveraines de l'âme, un asile inaccessible, inviolable, où l'ombre de Sabine était close. Le torrent de la vie ne saurait l'emporter. Chacun porte au fond de lui comme un petit cimetière de ceux qu'il a aimés. Ils y dorment, des années, sans que rien les réveille. Mais un jour vient,—on le sait,—où la fosse se rouvre. Les morts sortent de leur tombe, et sourient de leurs lèvres décolorées à l'amant, à l'aimé, dans le sein duquel leur souvenir repose, comme l'enfant qui dort dans les entrailles maternelles.

彼は暗い薪まき部屋に残った。一条の光が、蜘蛛くもの巣の張りつめた狭い軒窓から落ちていた。往来には物売女の呼び声が聞えていた。隣の厩うまやで一頭の馬が、壁に息を吐きかけ蹄ひづめで蹴けっていた。クリストフは先刻悟った事柄について、なんらの喜びをも感じなかった。しかし一時はそれが気にかかった。今までわからなかった多くのことが、ようやく了解されてきた。今まで注意も払わなかった数多あまたの細かな事実が、頭に浮かんできて明瞭めいりょうになった。彼はそんなことを考えたのにみずから驚き、一瞬間といえども自分の悲しみから気を転じたのにみずから憤った。しかしその悲しみは、きわめて残虐なものだったので、愛欲よりもずっと強い自己保存の本能に強しいられて、彼はそれから眼をそらし、あたかも水におぼれた絶望者が、なお一瞬間水面に浮かぶ助けとなる物なら、何物にでも本意ならずもすがりつくがように、この新らしい考えに取りついたのであった。そのうえ、彼はみずから苦しんでいたので、他人が苦しんでる――しかも自分のために苦しんでるゆえんを、今感じたのであった。彼は先刻さっき流さした涙を理解した。ローザがかわいそうになった。彼女にたいして自分が残酷であったことを――なおこれからも残酷であるだろうことを、彼は考えた。なぜなら彼は彼女を愛していなかったから。彼女が彼を愛してもなんの役にたとう? 憐あわれな娘よ!……彼女は親切だ(それを彼女は先刻証明した)ということを、彼はいたずらに思うばかりだった。
彼女の親切さが彼に何になったろう?……彼女の生が彼に何になったろう?……彼は考えた。

「なぜ彼女の方が死ななかったのか、なぜあの女ひとの方が生きていないのか?」
彼はまた考えた。
「彼女は生きている。私を愛している。今日か、明日か、生涯のうちには、それを私に言うことができる。――そしてあの女ひと、私が愛するただ一人の女、彼女は愛してることを私に告げずに死んでしまった。私の方でも愛してることを彼女に言わなかった。永久に私は彼女がそれを言うのを聞くことがないだろう。永久に彼女は言うことができないだろう……。」
そして最後の夕の思い出が浮かんできた。たがいにうち明けようとしてると、ローザがやって来て二人を妨げたことを、彼は思い出した。そして彼はローザを憎んだ……。
薪まき部屋の戸がまた開かれた。ローザは低い声でクリストフを呼び、手さぐりで捜した。彼女は彼の手を取った。彼はその手に触れて反発心を覚えた。みずからそれを心にとがめたが、どうにもできなかった。
ローザは黙っていた。深い同情の念から口をつぐんでいたのである。クリストフは無駄むだ口で苦しみを乱されないのを感謝した。けれども彼は知りたかった。……あの女のことを話してくれる者は彼女一人だった。彼は低く尋ねた。
「いつあの女ひとは……?」
(死んだか、とは言い得なかった。)
彼女は答えた。
「一週間前の土曜日に。」
一つの思い出が彼の頭を過よぎった。彼は言った。
「夜中ですね。」
ローザはびっくりして彼をながめた。そして言った。
「ええ、夜中よ、二時と三時との間に。」
あの悲しみのメロディーがまた彼に現われた。
彼は震えながら尋ねた。
「たいへん苦しみましたか。」
「いいえ、仕合せと、別にお苦しみなさらなかったの。あんなにお弱かったんですもの。ちっとも逆らいなさらなかったの。すぐに、駄目だめだということがわかったのよ。」
「そしてあの女ひとは、前からそれと知っていましたか。」
「さあどうですか。でもなんだか……。」
「何か言いましたか。」
「いいえ、何にも。赤ん坊のようにむずがっていらしてよ。」
「あなたはそばにいたんですか。」
「ええ、初めの二日間、兄さんがいらっしゃるまで、一人でついていたの。」
彼は感謝の念に駆られて彼女の手を握りしめた。
「ありがとう。」
彼女は血が心臓にこみ上げてくるような気がした。
ちょっと黙ってた後に、彼は言った、息がつまるような問いをつぶやいた。
「あの女ひとは何にも言わなかったんですか……僕にたいして。」
ローザは悲しげに頭を振った。彼が待ってる返事をしてやることができたら、何を投げ出しても惜しく思わなかったであろう。嘘うそを言うことができないのが心苦しかった。彼女は彼を慰めようとつとめた。
「もう本心を失っていらしたんですもの。」
「口をききましたか。」
「意味がよくわからなかったの。ごく低い声でした。」
「娘さんはどこにいます?」
「兄さんが田舎の家へ連れていったの。」
「そして、あの女は?」
「やはり向うに。前週の月曜日に、ここから発たたれたの。」
二人はまた泣き出した。
フォーゲル夫人の声がまたローザを呼んだ。クリストフはふたたび一人残って、逝去せいきょのその日々に立ちもどってみた。一週間、もう一週間になっていた……。嗚呼ああ、あの女ひとはどうなったのだろう。その週間は、なんと雨が多いことだったろう、地上では!……そして彼は、その間じゅう笑い楽しんでいたではないか!
彼はポケットの中に、絹紙に包んだ物を感じた。彼女の靴くつにつけてやるためにもって来た銀の留金とめがねであった。靴から出てる小さな足先に手を押し当てた夕のことを、彼は思い出した。その小さな足も、今はどこにあるのか。どんなにか冷えきってることだろう!……その生あたたかい接触の思い出だけが、あの愛する身体から得た唯一のものであることを、彼は考えた。彼はかつてその身体に触れ得なかった、それを両腕に抱き取り得なかった。彼女はまったく識しられないままで去っていった。彼女については、魂も肉体も、彼は少しも知るところがなかった。彼女の形態や生命や愛について、彼は一つの思い出も持っていなかった。……彼女の愛?……その証拠さえあったのであろうか。……手紙も、形見の品も――なんにも彼はもたなかった。自分の中にか、自分の外にか、どこに彼女をとらえ彼女を捜したらいいか?……ただ虚無! 彼女について彼に残ってるものは、彼女にたいする彼の愛ばかりであった。彼に残ってるものは彼自身ばかりであった……。――それでもなお、壊滅の手から彼女をもぎ取らんとする激しい欲望と死を否定せんとする欲求のために、彼はその最後の遺品に執着して、狂信的な一句の中に没入した。

妾わらわは死にたるに非ず、住居すまいを変えたるなり。
泣きつつ妾を見給う君のうちに、妾は生きて残れり。
愛せられし魂は姿を変うるも、恋人の魂の外には出でじ。

彼はそれらの崇高な言葉を読んだことはかつてなかった。しかしそれは彼のうちにあったのである。人は皆順次に、幾世紀となく十字架に上ってゆく。各自に苦悶を見出し、幾世紀となき絶望的な希望を見出す。かつて生存した人々、かつて死とたたかい、死を否定し――そして死んだ人々、彼らの足跡をそのまま、各自にたどってゆく。

彼は家に閉じこもった。向うの家の窓を見ないために、終日雨戸を閉ざしておいた。彼はフォーゲル一家の者を避けた。彼らが厭でたまらなかった。彼は彼らを責むべきものは持っていなかった。皆ごく善良な人々でごく敬虔けいけんであって、死にたいしては私の感情を抑制していた。クリストフの苦しみを知っていて、どう考えたにしろとにかくそれを尊重していた。彼の前でザビーネの名前を口にすることを避けた。しかし彼らは、彼女の生前には彼の敵であった。それだけの事実で彼はもう十分に、彼女がいなくなった今でも彼らに敵意を含むことができた。
そのうえ、彼らは騒々しい振舞を少しも変えなかった。一時的であるがとにかく真面目まじめな憐憫れんびんの情を感じはしたが、その不幸に無関心なことは――(それは当然すぎることだったが)――明白であった。おそらく彼らは、心ひそかに厄介払いをした気持さえ感じたであろう。少なくともクリストフはそう想像した。彼にたいするフォーゲル一家の意向が明らかにわかってる今では、彼はややもすればそれを誇張して考えがちだった。実際においては、彼らはあまり彼を眼中においてはいなかった。そして彼は自分を重大視すぎていた。ザビーネの死は、家主一家の計画から主要な障害を取り除いて、ローザに自由の地を与えるものだと彼らに思わせただろうということを、彼は疑わなかった。それでなお彼はローザをきらった。人が――(フォーゲル一家の者でも、ルイザでも、ローザ自身でも)――彼の一身を相談もなくひそかに処置するならば、もはやそれだけの事実で、いかなる場合においても、愛してもらいたいという女から彼を遠ざけるには十分だった。彼は自分がたいせつにしてる自由に手を触れられると思うたびごとに、猛然と反抗した。しかしこんどの場合は、彼一人だけの問題ではなかった。彼にたいする人々の越権な振舞は、ただに彼の権利を侵害するばかりではなく、彼が心をささげていた死者の権利をも侵害するものであった。それで彼は、だれからも攻撃されはしなかったのに、猛然と権利を防護しようとした。彼はローザの善良さをも疑った。ローザは彼が苦しむのを見て自分も苦しみ、しばしば訪れて来ては、彼を慰めようとし、彼にあの女ひとの話をしようとした。彼はそれをしりぞけなかった。彼はザビーネが生前知り合いだっただれかとその話をしたかった。病中の些細ささいな出来事をも知りたかった。しかし彼はローザのそういう親切を感謝しなかった。彼女の心に打算的な動機があると見なしていた。何かの当てがない以上は彼女が決して許されそうもないそれらの訪問や長い談話を、一家の者は、またアマリアさえ、明らかに許可していたではないか。ローザも家の者らと同意見ではなかったであろうか。ローザの同情がまったく誠実なもので私念のこもったものではないということを、彼は信ずることができなかった。
しかるに、ローザはもとよりそういう心ではなかった。彼女はクリストフを心から気の毒がっていた。クリストフを通じてザビーネを愛せんがために、彼の眼で彼女を見ようとつとめていた。以前彼女にたいしていだいていた悪い感情をきびしくみずからとがめて、晩に祈りをするおりに彼女の許しを願っていた。しかしローザは、忘れることができたであろうか、自分が生きてることを、始終クリストフに会ってることを、彼を愛してることを、もはやも一人の女を恐れるに及ばないことを、も一人の女は消え失せてしまったことを、その思い出さえもやはり消え失せるだろうということを、自分一人残ってるということを、そしていつかは……ということを。自分の悲しみの最中に、自分の悲しみとなる愛する人の悲しみの最中に、突然の喜ばしい挙動を、不条理な希望を、押えることができたであろうか。ローザはあとでそれをみずからとがめた。それは一閃せんにすぎなかった。それでも十分だった。彼はそれを見てとった。彼は彼女がぞっとするような眼つきを注いだ。彼女はその中に憎悪ぞうおの気持を読みとった。あの女ひとが死んだのに彼女が生きてることを、彼は恨んでいた。
粉屋はその馬車を連れて、ザビーネのわずかな道具を取りに来た。クリストフが出稽古でげいこからもどって来て見ると、寝台、箪笥たんす、蒲団ふとん、衣類、すべて彼女の所有であったものが、すべて彼女のあとに残ってたものが、家の前の街路に並べられていた。彼には見るに堪えない光景であった。彼は急いで通りすぎた。玄関でベルトルトに出会った。ベルトルトは彼を引止めた。
「ああ、あなた。」と彼は言いながらクリストフの手を心こめて握りしめた。「ごいっしょだったあのころには、こんなことになろうとはだれも思いもしませんでしたね。あの時は愉快でした。それでもあの日から、水の上を漕こぎ回ったあの時から、悪くなりだしたんですよ。だが結局、愚痴をこぼしたってなんの役にもたちません。死んでしまったんです。この次はわれわれの番でしょう。世の中はそうしたもんです。……そしてあなたは、いかがです? 私はまあおかげさまで、至って丈夫です。」
彼は赤い顔色をし、汗をかき、酒の匂いをさしていた。この男が彼女の兄であり、彼女の思い出に権利をもってるかと思うと、クリストフの心は傷つけられた。愛する者のことをその男の口から聞くのが苦しかった。これに反して粉屋の方は、ザビーネの話ができる知人を見出したのがうれしかった。彼はクリストフの冷淡の訳がわからなかった。自分がそこにいること、あの農家の一日のことを突然もち出したこと、重々しく呼び起こしてる楽しい思い出、地面に散らかっていて話の間に足で押しやられてるザビーネの憐れな遺品、そういうものがクリストフの心の中の苦しみをかきまわそうとは、彼は夢にも思わなかったのである。しかしザビーネの名前がちょっと彼の口に上ってさえ、クリストフは胸裂ける思いをした。彼はベルトルトを黙らせる口実を捜した。彼は階段を上りかけた。しかし相手は彼にくっついて来、階段の途中で彼を引止め、話をつづけた。そしてついに、ある種の人々が、ことに下層の人々が、病気のことを話すおりに見出す不思議な楽しみをもって、聞きづらい細かな事柄をもやたらにもち出して、ザビーネの病気を語り出した時、クリストフはもう我慢ができなかった。(彼は切ない声をたてまいとしてじっと身を堅くしていた。)彼はきっぱりと相手の言葉をさえぎった。
「御免ください。」と彼は氷のような冷淡さで言った。「これで失礼します。」
彼はその外の挨拶あいさつもせずに別れた。
そういう無情な態度に、粉屋は反感を覚えた。彼は妹とクリストフとの間のひそかな愛情を察していないではなかった。そして今クリストフがそういう無関心さを示したのが、彼には奇怪なことに思われた。クリストフは少しも人情のない奴やつだと彼は判断した。
クリストフは居室に逃げ込んだ。胸苦しかった。引越騒ぎのつづいてる間、もう外に出なかった。彼は窓からのぞくまいとみずから誓った。しかしのぞかないではおられなかった。窓掛の後ろの片隅かたすみに隠れて、なつかしい衣類がもち出されるのを見送った。それらがなくなってゆくのを見ると、彼は往来に駆け出そうとし、「いえいえ、私に残していってください、もっていってはいけません」と叫ぼうとした。彼は彼女を全部奪われないために、少くとも一品を、たった一品でも、自分に与えてくれと願いたかった。しかしどうして粉屋にそれを願われよう? 彼にとっては粉屋は赤の他人であった。彼の恋は彼女でさえも知ってはいなかった。それをどうして今他の人に示されよう? それにまた、もし一言言いかけたら、すぐに泣き出すかもしれなかった。……否々、黙っていなければならない、全部の消滅をただじっとうちながめていなければならない、その難破から名残なごりの一片を救い出すためには、何にもなすことができずに……。
そしてすべてが済んだ時、家が空からになった時、粉屋の後ろに表門がしめられた時、荷車の車輪の響きが窓ガラスを震わしながら遠ざかった時、その響きが消えてしまった時、彼は床ゆかに倒れ伏して、もはや一滴の涙もなく、苦しもうとのあるいはたたかおうとの考えもなく、冷えきってしまい、彼自身死んだようになった。
扉とびらをたたく者があった。彼はじっとしていた。また扉がたたかれた。彼は鍵かぎをかけて閉じこもることを忘れていた。ローザがはいってきた。床の上に横たわっている彼を見て、彼女は声をたて、恐れて立止った。彼は憤然と頭をもたげた。
「何? なんの用です? 構わないでください。」
彼女は出て行かなかった。扉によりかかって躊躇ちゅうちょしながらたたずんでいた。くり返して言った。
「クリストフさん……。」
彼は黙って立上った。そういう所を彼女に見られたのが恥ずかしかった。手で埃ほこりを払いながら、きびしい調子で尋ねた。
「いったいなんの用です?」
ローザは気をくじかれて言った。
「御免なさい……クリストフさん……はいって来たのは……もってきてあげたのよ……。」
彼は彼女が手に一品をもってるのを見た。
「これなの。」と彼女は言いながらそれを彼に差出した。「ベルトルトさんに願って、形見の品をもらったのよ。あなたがお喜びなさるだろうと思って……。」
それは小さな銀の鏡であった。あの女ひとが幾時間も、おめかしをするというよりもむしろなまけて、顔を映すのを常としていた、懐中鏡であった。クリストフはその鏡を取った、それを差出している手を取った。
「おう、ローザ!……」と彼は言った。
彼はひしと彼女の親切さを感じ、自分の不正さを感じた。情に激した様子で、彼女の前にひざまずき、その手に唇くちびるをつけた。
「許しておくれ……許しておくれ……。」と彼は言った。
ローザには、初めはわからなかった、それから、よくわかりすぎた。彼女は真赤まっかになり、泣きだした。彼の言う意味はこうであることがわかった。
「僕が悪くとも許しておくれ……あなたを愛さなくとも許しておくれ……僕にできなくとも許しておくれ……あなたを愛することができなくとも、いつまでもあなたを愛することがなかろうとも!……」
彼女は手を引込めなかった。彼が接吻せっぷんしてるのは自分ではないことを、彼女は知っていた。そして彼は、ローザの手に頬ほおを押しあてたまま、彼女に意中を読み取られてることを知りながら、熱い涙を流した。彼女を愛することができないのに、彼女を苦しめるのに、苦にがい悲しみを感じていた。
二人は室内の薄ら明りの中に、二人とも泣きながら、そのままじっとしていた。
ついに彼女は手を放した。彼はなおつぶやいていた。
「許しておくれ!……」
彼女はやさしく彼の頭に手をのせた。彼は立上った。二人は黙って接吻し合った。たがいに唇の上に涙の辛い味を感じた。
「長く友だちになりましょう。」と彼は低く言った。
彼女はうなずいた。そしてあまりの悲しさに口もきけないで、彼と別れた。
世の中は悪くできてるものだと彼らは考えた。愛する者は愛されない。愛される者は少しも愛しない。愛し愛される者は、いつかは早晩、愛から引離される……。人はみずから苦しむ。人は他人を苦しませる。そして最も不幸なのは、かならずしもみずから苦しんでる者ではない。

クリストフはまた家から逃げ出し始めた。もはや家で暮すことができなかった。窓掛のない窓やむなしい部屋を、正面に見ることができなかった。
彼はさらにひどい苦しみを知った。オイレル老人はすぐに、その一階を人に貸した。ある日クリストフは、ザビーネの室に見知らぬ人々の顔を見た。新しい生活が、消え失せた生活の最後の痕跡こんせきをも消滅さしてしまった。
家にとどまってることが彼にはできなくなった。彼は終日外で過した。夜になって何にも見えなくなるころに、ようやく帰って来た。ふたたび彼は野の逍遙しょうようを始めた。そして不可抗の力でベルトルトの農家の方へ引きつけられた。しかし中へははいらなかった。近寄ることもしかねた。遠くからその周囲を回った。農家や平野や川を見おろせる丘の上の一地点を見出していた。それがいつも散歩の目的地であった。そこから彼は、屈折して流れてる水を見送り、柳の茂みの下で死の影がザビーネの顔をかすめるのを見たことのある、あの場所まで見渡した。そこから彼は、二人が一つの扉に――永遠の扉に隔てられ、あれほど近くしかも遠く相並んで夜を明したことのある、あの室の二つの窓を見分けた。そこから彼は、墓地の上へ翔かけっていった。彼はまだ墓地へはいろうと決心することができないでいた。彼は幼い時からその腐爛ふらんの畑地に嫌悪けんおを感じていて、愛する人々の面影をそこに結びつけることが嫌だった。しかし、高くから遠くから見ると、小さな死の畑地には少しも陰惨な気がなかった。それは静かだった、太陽の光に眠っていた。……眠り!……彼女は眠るのが好きだった! 今その土地では、何物も彼女の眠りを防げないだろう。鶏の声が、平野を横切って答え合っていた。農家からは、水車の音や、家禽かきんの鳴声や、子供らの※(「口+喜」、第3水準1-15-18)戯きぎの声が響いていた。彼はザビーネの小さな娘を見つけ、その走るのを見、その笑声を聞き分けた。一度彼は、農家の門口で、壁をとり巻いてる凹路くぼみちの影で、彼女を待ち受けた。そして彼女が通るのをとらえ、激しく抱きしめた。娘は恐こわがって泣き出した。彼女はもうほとんど彼を忘れていた。彼は尋ねた。
「ここにいるのがいいの?」
「ええ、面白いわ……。」
「帰りたくはない?」
「いやよ!」
彼は放してやった。子供のそういう無関心さが、彼には切なかった。憐あわれなザビーネよ!……でもその子供は、彼女であった、彼女の小部分であった……ごくわずかな小部分! 子供は母親に似ていなかった。彼女の中でしばらく過して来たのではあったが、その神秘な滞在からは、故人のごくかすかな香かおりをようやく得てきてるのみだった。声の抑揚、唇くちびるのちょっとしたゆがめ方、頭の傾かしげ方、などばかりだった。その他の全身は、まったく他人であった。そしてザビーネの存在に交渉のあるこの存在にたいして、クリストフはみずから認めはしなかったが、ある嫌悪けんおを感じていた。
クリストフがザビーネの面影を見出したのは、自分自身のうちにだけだった。その面影は至る所へ彼について来た。けれども彼が真に彼女といっしょにいると感ずるのは、一人きりの時だった。とくに、彼女の思い出に満ちたその土地のまん中の、人目の遠い、丘の上の、その隠れ場所にいる時くらい、彼女をすぐそばに感ずることはなかった。彼は数里の道を歩いてやって来、あたかもある密会へおもむくかのように胸をどきつかせながらそこへ駆け上った。それは実際一つの密会だった。そこへ着くと、彼は地面に――彼女の身体が横たわってるその同じ地面に――身を横たえた。彼は眼をつぶった。彼女が彼のうちに沁しみ込んできた。彼は彼女の顔だちを見なかった、声を聞かなかった。がその必要はなかった。彼女は彼のうちにはいり込み、彼女は彼をとらえ、彼は彼女を自分のものにした。そういう熱烈な幻覚状態のうちにあっては、彼は彼女といっしょにいるということ以外には、もう何事も意識しなかった。
その状態は長くはつづかなかった。――実を言えば、彼がまったく真実だったのはただ一回だけだった。翌日からは、早くも意志が加わった。そしてそれ以来、クリストフはその状態を復活させようといたずらにつとめた。その時になって彼は初めて、ザビーネのはっきりした姿を心に描き出そうと考えた。それまでは、そんなことは思いもしなかったのである。彼は閃光せんこう的にそれを描き出すことができ、それにすっかり光被された。しかしそれも、長い期待と暗黒とをもってして初めて得られるのであった。
「憐あわれなザビーネよ!」と彼は考えた、「彼らは皆お前を忘れている。お前を愛し、永久にお前を心にとどめているのは、私だけだ、おう私の貴い宝よ! 私はお前をもっている、お前をとらえている。決してお前をのがすまい!……」
彼はそういうふうに言っていた。なぜならすでに彼女は彼からのがれかかっていたから。あたかも水が指の間から漏るように、彼女は彼の考えから逃げ出しかかっていた。彼はいつも忠実に密会にやって来た。彼は彼女のことを考えようとして、眼をつぶった。しかし往々にして彼は、三十分の後に、一時間の後に、時には二時間の後に、自分が何にも考えていなかったことに気づいた。低地の物音、水門に水の奔騰する音、丘の上に草を食はんでる二匹の山羊やぎの鈴の音、彼が寝ころがってるすぐそばの細い小さな木立を過ぎる風の音、そういうものが、海綿のように粗あらい柔軟な彼の考えを浸していた。彼は自分の考えに憤った。その考えは彼の望みに従おうとつとめ、故人の面影を固定させようとつとめた。しかし飽き疲れうっとりしてまた力を失い、安堵あんどの溜息ためいきをつきながら、種々の感覚の怠惰な波動にふたたび身を任すのであった。
彼は自分の遅鈍な気分を振いたたした。ザビーネを求めて田舎いなかを歩き回った。その笑顔が宿ったことのある鏡の中に彼女を求めた。その手が水に浸ったことのある川縁に彼女を求めた。しかし鏡も水も、彼自身の反映をしかもたらさなかった。歩行の刺激、新鮮な空気、脈打つ強健な血潮、それらは彼のうちに音楽を呼び覚さました。彼は自分を欺こうとした。
「ああザビーネ!……」と彼は嘆いた。
彼はそれらの歌を彼女にささげた。自分の愛と苦しみとを、頭のうちに蘇よみがえらせようと企てた。……しかしいかにしても甲斐かいがなかった。愛と苦しみとはよく蘇った。しかし憐あわれなザビーネはそれにかかわりをもっていなかった。愛と苦しみとは未来の方をながめていて、過去の方をながめてはいなかった。クリストフはおのれの青春にたいしてはなんらの手向いもできなかった。活気は新たな激しさをもって彼のうちに湧わき上ってきた。彼の悲痛、愛惜、清浄な燃えたつ愛、抑圧された欲望は、彼の熱を高進さしていった。喪の悲しみにもかかわらず、彼の心臓は快い激しい律動で鼓動していた。いきり立った歌が酔い狂った音律で踊っていた。すべてが生命を祝頌しゅくしょうし、悲しみさえも祝いの性質を帯びていた。クリストフはきわめて率直だったから、みずから幻を描きつづけることができなかった。そして彼はおのれを蔑さげすんだ。しかし生命は彼に打ち勝った。死に満ちた魂と生命に満ちた身体とを持って、彼は悲しみながら、復活の力に身を任せ、狂妄きょうもうな生の喜びに身を任した。強者にあっては、苦悶くもんも、憐憫れんびんも、絶望も、回復できない亡失の痛切な負傷いたでも、死のあらゆる苦痛も、猛烈な拍車で彼らの脇腹わきばらをこすりながら、この生の喜びを刺激し煽動せんどうするばかりである。
かつまたクリストフは、ザビーネの影が閉じ込められてる近づきがたい侵しがたい奥殿を、自分の魂の底の深みにもっているということを、よく知っていた。生命の急流もこの奥殿を流し去ることはできないだろう。人は皆おのおの、おのが心の奥底に、愛した人たちの小さな墓場のごときものをもっている。彼らは何物にも覚さまされずに、幾年月かをそこに眠る。しかし他日その墓窟はかあなの開ける日が――人の知るごとく――めぐって来る。死者はその墓を出でて、母の胎内に眠ってる子供のように、彼らの思い出が息やすらっている胸を持つ愛人へ、愛する者へ、色褪あせた唇くちびるで頬笑ほほえみかける。

第3巻 青年 第3部へ続く

合計ビュー 861 , 今日のビュー 10 

-Jean-Christophe