Il avait fallu céder. Malgré l'obstination d'une résistance héroïque, les coups avaient eu raison de sa mauvaise volonté. Tous les matins, trois heures, et trois heures, tous les soirs, Christophe était placé devant l'instrument de torture. Crispé d'attention et d'ennui, de grosses larmes coulant le long de ses joues et de son nez, il remuait sur les touches blanches et noires ses petites mains rouges, souvent gourdes de froid, sous la menace de la règle qui s'abattait à chaque fausse note, et des vociférations de son maître, qui lui étaient plus odieuses que les coups. Il pensait qu'il haïssait la musique. Il s'appliquait pourtant avec un acharnement, que la peur de Melchior ne suffisait pas à expliquer. Certains mots du grand-père avaient fait impression sur lui. Le vieux, voyant pleurer son petit-fils, lui avait dit avec gravité qu'il valait bien la peine de souffrir un peu pour le plus bel art et le plus noble qui fût donné aux hommes, pour leur consolation et pour leur gloire. Et Christophe, qui était reconnaissant à grand-père de ce qu'il lui parlait comme à un homme, avait été secrètement touché par cette naïve parole, qui s'accordait avec son stoïcisme enfantin et son orgueil naissant.
Mais, plus que tous les arguments, le souvenir profond de certaines émotions musicales l'attacha malgré lui, l'asservit, pour la vie, à cet art détesté, contre lequel il tentait en vain de se révolter.
Il y avait dans la ville, comme c'est l'habitude en Allemagne, un théâtre qui jouait l'opéra, l'opéra-comique, l'opérette, le drame, la comédie, le vaudeville, et tout ce qui pouvait se jouer, de tous les genres et de tous les styles. Le représentations avaient lieu trois fois par semaine, de six à neuf heures du soir. Le vieux Jean-Michel n'en manquait pas une, et témoignait à toutes un intérêt égal. Il emmena une fois avec lui son petit-fils. Plusieurs jours à l'avance, il lui avait raconté longuement le sujet de la pièce. Christophe n'y avait rien compris; mais il avait retenu qu'il se passerait des choses terribles; et, tout en brûlant du désir de les voir, il en avait grand'peur. Il savait qu'il y aurait un orage, et il craignait d'être foudroyé. Il savait qu'il y aurait une bataille, et il n'était pas sûr de ne pas être tué. La veille, dans son lit, il en avait une véritable angoisse; et, le jour de la représentation, il souhaitait presque que grand-père fût empêché de venir. Mais l'heure approchant et grand-père ne venant pas, il commençait à se désoler et regardait à tout instant par la fenêtre. Enfin le vieux parut et ils partirent ensemble. Le cœur lui sautait dans la poitrine. Il avait la langue sèche, il ne pouvait articuler une syllabe.
Ils arrivèrent à cet édifice mystérieux, dont il était souvent question dans les entretiens de la maison. À la porte, Jean-Michel rencontra des gens de connaissance; et le petit, qui lui serrait la main très fort, tant il avait peur de le perdre, ne comprenait pas comment ils pouvaient causer tranquillement et rire, en cet instant.
Grand-père s'installa à sa place habituelle, au premier rang, derrière l'orchestre. Il s'appuyait sur la balustrade, et commençait aussitôt avec la contre-basse une interminable conversation. Il se trouvait là dans son milieu; là, on l'écoutait parler, à cause de son autorité musicale; et il en profitait: on peut même dire qu'il en abusait. Christophe était incapable de rien entendre. Il était écrasé par l'attente du spectacle, par l'aspect de la salle qui lui paraissait magnifique, par l'affluence du public qui l'intimidait horriblement. Il n'osait tourner la tête, croyant que tous les regards étaient fixés sur lui. Il serrait convulsivement entre ses genoux sa petite casquette; et il fixait le rideau magique avec des yeux ronds.
Enfin on frappa les trois coups. Grand-père se moucha, tira de sa poche le libretto, qu'il ne manquait jamais de suivre scrupuleusement, au point de négliger parfois ce qui se passait sur la scène; et l'orchestre commença de jouer. Dès les premiers accords, Christophe se sentit tranquillisé. Dans ce monde des sons, il était chez lui; et, à partir de ce moment, quelque extravagant que fût le spectacle, tout lui parut naturel.
Le rideau s'était levé, découvrant des arbres en carton et des êtres qui n'étaient pas beaucoup plus réels. Le petit regardait, béant d'admiration; mais il n'était pas surpris. Cependant, la pièce se passait dans un Orient de fantaisie, dont il ne pouvait avoir aucune idée. Le poème était un tissu d'inepties, où il était impossible de se reconnaître. Christophe n'y voyait goutte; il confondait tout, prenait un personnage pour un autre, tirait son grand-père par la manche, pour lui poser des questions saugrenues, qui prouvaient qu'il n'avait rien compris. Et non seulement il ne s'ennuyait pas, mais il était passionnément intéressé. Sur l'imbécile libretto, il bâtissait un roman de son invention, qui n'avait aucun rapport avec ce que l'on jouait; à tout instant les événements le démentaient, et il fallait le remanier, mais cela ne troublait pas l'enfant. Il avait fait son choix parmi les êtres qui évoluaient sur la scène, avec des cris variés; et il suivait, palpitant, les destinées de ceux à qui il avait accordé ses sympathies. Surtout il était troublé par une belle personne, entre deux âges, qui avait de longs cheveux blond ardent, des yeux d'une largeur exagérée, et qui marchait pieds nus. Les invraisemblances monstrueuses de la mise en scène ne le choquaient point. Ses yeux aigus d'enfant ne remarquaient pas la laideur grotesque des acteurs, énormes et charnus, les choristes difformes de toutes les dimensions, alignés sur deux rangs, la niaiserie des gestes, les faces congestionnées par les hurlements, les perruques touffues, les hauts talons du ténor, et le fard de sa belle amie, au visage tatoué de coups de crayon multicolores. Il était dans l'état d'un amoureux, à qui sa passion ne permet plus de voir, comme il est, l'objet aimé. Le merveilleux pouvoir d'illusion, qui est le propre des enfants, arrêtait au passage les sensations déplaisantes et les transformait à mesure.
La musique opérait ces miracles. Elle baignait les objets d'une atmosphère vaporeuse, où tout devenait beau, noble et désirable. Elle communiquait à l'âme un besoin dévorant d'aimer; et en même temps, elle lui offrait des fantômes d'amour, pour remplir le vide qu'elle-même avait creusé. Le petit Christophe était éperdu d'émotion. Il y avait des mots, des gestes, des phrases musicales, qui le mettaient mal à l'aise; il n'osait plus lever les yeux, il ne savait pas si c'était mal ou bien, il rougissait et pâlissait tour à tour; il en avait des gouttes de sueur au front; et il tremblait que les gens qui étaient là ne s'aperçussent de son trouble. Quand arrivèrent les catastrophes inévitables qui fondent sur les amants, au quatrième acte des opéras, afin de fournir au ténor et à la prima donna l'occasion de faire valoir leurs cris les plus aigus, l'enfant crut qu'il allait étouffer; il avait la gorge douloureuse, comme quand il avait pris froid; il se serrait le cou avec ses mains, il ne pouvait plus avaler sa salive; il était gonflé de larmes. Heureusement que grand-père n'était pas beaucoup moins ému. Il jouissait du théâtre avec une naïveté d'enfant. Aux passages dramatiques, il toussotait d'un air indifférent, pour cacher son trouble; mais Christophe le voyait; et cela lui faisait plaisir. Il avait horriblement chaud, il tombait de sommeil, et il avait très mal où il était assis. Mais il pensait uniquement: «Y en a-t-il encore pour longtemps? Pourvu que ce ne soit pas fini!...»
Et brusquement, tout fut fini, sans qu'il comprit pourquoi. Le rideau tomba, tout le monde se leva, l'enchantement était rompu.
Ils revinrent dans la nuit, les deux enfants ensemble, le vieux et le petit. Quelle belle nuit! Quel calme clair de lune! Ils se taisaient tous deux, ruminant leurs souvenirs. Enfin le vieux lui dit:
—Es-tu content?
Christophe ne pouvait pas répondre; il était encore intimidé par son émotion, et il ne voulait pas parler, de peur de briser le charme; il dut faire un effort, pour murmurer tout bas, avec un gros soupir:
—Oh! oui!
Le vieux sourit. Après un temps, il reprit:
—Vois-tu quelle chose admirable est le métier de musicien? Créer ces spectacles merveilleux, y a-t-il rien de plus glorieux? C'est être Dieu sur terre.
Le petit fut saisi. Quoi! c'était un homme qui avait créé cela! Il n'y avait pas songé. Il lui semblait presque que cela s'était fait tout seul, que c'était l'œuvre de la nature... Un homme, un musicien, comme il serait un jour! Oh! être cela un jour, un seul jour! Et puis après... Après, tout ce qu'on voudra! mourir, s'il faut! Il demanda:
—Qui est-ce, grand-père, celui qui a fait cela?
Grand-père lui parla de François-Marie Hassler, un jeune artiste allemand, qui habitait Berlin, et qu'il avait connu jadis. Christophe écoutait, tout oreilles. Brusquement, il dit:
—Et toi, grand-père?
Le vieux eut un tressaillement.
—Quoi? demanda-t-il.
—Est-ce que tu en as fait, toi aussi, de ces choses?
—Certainement, fit le vieux, d'une voix fâchée.
Il se tut; et après quelques pas, il soupira profondément. C'était une des douleurs de sa vie. Il avait toujours désiré écrire pour le théâtre, et l'inspiration l'avait toujours trahi. Il avait bien dans ses cartons un ou deux actes de sa façon; mais il conservait si peu d'illusion sur leur valeur qu'il n'avait jamais osé les soumettre au jugement de personne.
Ils ne se dirent plus un mot, jusqu'à ce qu'ils fussent rentrés. Ils ne dormirent ni l'un ni l'autre. Le vieux avait de la peine. Il avait pris sa Bible pour se consoler. Christophe repassait dans son lit les événements de la soirée; il se rappelait les moindres détails, et la fille aux pieds nus lui réapparaissait. Quand il allait s'assoupir, une phrase de musique résonnait à son oreille, aussi distinctement que si l'orchestre était là; il tressautait; il se soulevait sur son oreiller, la tête ivre, et il pensait: «Un jour, j'en écrirai aussi, moi. Oh! est-ce que je pourrai jamais?»
À partir de ce moment, il n'eut plus qu'un désir: retourner au théâtre; et il se remit au travail avec d'autant plus d'ardeur qu'on lui fit du théâtre la récompense de son travail. Il ne songeait plus qu'à cela: pendant la moitié de la semaine, il pensait au spectacle passé; et il pensait au spectacle prochain, pendant l'autre moitié. Il tremblait de tomber malade pour la représentation; et sa crainte lui faisait éprouver souvent les symptômes de trois ou quatre maladies. Le jour venu, il ne dînait pas, il s'agitait comme une âme en peine, il allait regarder cinquante fois l'horloge, il croyait que le soir n'arriverait jamais; enfin, n'y tenant plus, il partait de la maison une heure avant l'ouverture des bureaux, dans la peur de ne pas trouver de place; et, comme il était le premier dans la salle déserte, il commençait à s'inquiéter. Son grand-père lui avait raconté que, deux ou trois fois, le public n'étant pas assez nombreux, les comédiens avaient préféré ne pas jouer et rendre le prix des places. Il guettait les arrivants, il les comptait, il pensait: «Vingt-trois, vingt-quatre, vingt-cinq... oh! ce n'est pas assez... jamais ce ne sera assez!» Et quand il voyait entrer au balcon ou à l'orchestre quelque personnage d'importance, il avait le cœur plus léger; il se disait: «Celui-là, ils n'oseront pas le renvoyer. Sûrement, ils joueront pour lui.»—Mais il n'était pas convaincu; il ne se rassurait que quand les musiciens s'installaient. Encore craignait-il jusqu'au dernier moment que le rideau se levât, et que l'on annonçât, comme l'on fit un soir, un changement de spectacle. Il regardait de ses petits yeux de lynx sur le pupitre de la contrebasse si le titre inscrit sur le cahier était celui de la pièce attendue. Et quand il avait bien vu, deux minutes après, il regardait de nouveau pour s'assurer qu'il ne s'était pas trompé... Le chef d'orchestre n'était pas encore là. Sûrement il était malade... On s'agitait derrière le rideau, on entendait un bruit de voix et de pas précipités. C'était un accident, un malheur imprévu?... Le silence se rétablissait. Le chef d'orchestre était à son poste. Tout semblait enfin prêt... On ne commençait pas! Mais que se passait-il donc?... Il bouillait d'impatience.—Enfin, le signal retentissait. Il avait des battements de cœur. L'orchestre préludait; et, pendant quelques heures, Christophe nageait dans une félicité, que troublait seulement l'idée qu'elle finirait.
À quelque temp de là, un événement musical surexcitas les pensées de Christophe. François-Marie Hassler, l'auteur du premier opéra qui l'avait bouleversé, allait venir. Il devait diriger un concert de ses œuvres. La ville fut en émoi. Le jeune maître était violemment discuté en Allemagne; et, pendant quinze jours, on ne parla que de lui. Ce fut bien autre chose, quand il fut arrivé. Les amis de Melchior et ceux du vieux Jean-Michel venaient constamment aux nouvelles; et ils en apportaient d'extravagantes sur les habitudes du musicien et ses excentricités. L'enfant suivait ces récits avec une attention passionnée. L'idée que le grand homme était là, dans sa ville, qu'il respirait le même air, qu'il foulait les mêmes pavés, le jetait dans un état d'exaltation muette. Il ne vivait plus que dans l'espérance de le voir.
Hassler était descendu au palais, où le grand-duc lui avait offert l'hospitalité. Il ne sortait guère que pour aller au théâtre diriger les répétitions, où Christophe n'était pas admis; et comme il était fort indolent, il allait et revenait toujours dans la voiture du prince. Christophe avait donc peu d'occasions de le contempler; il ne réussit qu'une fois à apercevoir au passage, au fond de la voiture, son manteau de fourrure, bien qu'il perdît des heures à l'attendre dans la rue, donnant de forts coups de poing à droite, à gauche, pour conquérir et maintenir sa place au premier rang des badauds. Il se consolait, en passant la moitié de ses journées à guetter les fenêtres du palais qu'on lui avait désignées comme étant celles du maître. Le plus souvent, il ne voyait que les volets: car Hassler se levait tard, et les fenêtres restaient fermées presque toute la matinée. C'est ce qui avait fait dire aux gens bien informés que Hassler ne pouvait supporter le jour, et qu'il vivait dans une nuit perpétuelle.
Enfin Christophe fut admis à approcher son héros. C'était le jour du concert. Toute la ville était là. Le grand-duc et sa cour occupaient la grande loge princière, surmontée d'une couronne, que tenaient dans les airs, avec des ronds de jambes, deux chérubins joufflus. Le théâtre avait un aspect de gala. La scène était ornée de branches de chêne et de lauriers fleuris. Tous les musiciens de quelque valeur s'étaient fait honneur de tenir leur partie dans l'orchestre. Melchior était à son poste, et Jean-Michel dirigeait les chœurs.
Lorsque Hassler parut, une acclamation monta de toutes parts, et les dames se levaient afin de mieux le voir. Christophe le dévorait des yeux. Hassler avait une figure jeune et fine, mais déjà un peu bouffie et fatiguée; les tempes étaient dégarnies; une calvitie précoce se montrait au sommet du crâne, parmi les cheveux blonds qui frisaient. Ses yeux bleus avaient un regard vague. Sous la petite moustache blonde, la bouche ironique restait rarement en repos, contractée par mille mouvements imperceptibles. Il était grand, et se tenait mal, non par gêne, mais par fatigue ou par ennui. Il dirigeait avec une souplesse capricieuse, de tout son grand corps dégingandé qui ondulait, comme sa musique, avec des gestes tour à tour caressants et cassants. On voyait qu'il était prodigieusement nerveux; et sa musique était son reflet. Cette vie trépidante et saccadée pénétrait l'apathie ordinaire de l'orchestre. Christophe haletait; malgré sa crainte d'attirer sur lui les regards, il ne pouvait rester immobile à sa place; il s'agitait, il se levait, et la musique lui causait de si violentes secousses, et si inattendues, qu'il était contraint de remuer la tête, les bras, les jambes, au grand dommage de ses voisins, qui se garaient comme ils pouvaient de ses ruades. Au reste, tout le public était dans l'enthousiasme, fasciné par le succès, bien plus que par les œuvres. À la fin, il y eut un orage d'applaudissements et de cris, où les trompettes de l'orchestre, selon la mode allemande, mêlèrent leurs clameurs triomphales, pour saluer le vainqueur. Christophe tressaillait d'orgueil, comme si ces honneurs étaient pour lui. Il jouissait de voir le visage de Hassler s'illuminer d'un contentement enfantin. Les dames jetaient des fleurs, les hommes agitaient leurs chapeaux; et ce fut une ruée du public vers l'estrade. Chacun voulait serrer la main du maître. Christophe vit une enthousiaste porter cette main à ses lèvres, et une autre dérober le mouchoir que Hassler avait laissé sur le coin de son pupitre. Il voulut, lui aussi, arriver à l'estrade, bien qu'il ne sût pas du tout pourquoi; car, s'il s'était trouvé en ce moment près de Hassler, il se serait enfui aussitôt, d'émotion. Mais il donnait des coups de tête, comme un bélier, dans les robes et les jambes qui le séparaient de Hassler.—Il était trop petit. Il ne put arriver.
Heureusement, grand-père vint le prendre à la sortie du concert, pour l'emmener à une sérénade qu'on donnait à Hassler. C'était la nuit, on avait allumé des torches. Tous les musiciens de l'orchestre étaient là. On ne s'entretenait que des œuvres merveilleuses que l'on venait d'entendre. On arriva devant le palais, et on se disposa sans bruit sous les fenêtres du maître. On affectait des airs mystérieux, bien que tout le monde fût au courant, et Hassler comme les autres, de ce qu'on allait faire. Dans le beau silence de la nuit, on commença de jouer des pages célèbres de Hassler. Il parut à la fenêtre avec le prince, et on hurla en leur honneur. Ils saluaient, tous les deux. Un domestique vint, de la part du prince, inviter les musiciens à entrer au palais. Ils traversèrent des salles dont les murs étaient badigeonnés de peintures, qui représentaient des hommes nus avec des casques: ils étaient de couleur rougeâtre, et faisaient des gestes de défi. Le ciel était couvert de gros nuages, pareils à des éponges. Il y avait aussi des hommes et des femmes en marbre, vêtus de pagnes en tôle. On marchait sur des tapis si doux qu'on n'entendait point ses pas; et on pénétra dans une salle, où il faisait clair comme en plein jour, et où des tables étaient chargées de boissons et de choses excellentes.
Le grand-duc était là; mais Christophe ne le vit pas: il n'avait d'yeux que pour Hassler. Hassler s'avança vers les musiciens, il les remercia; il cherchait ses mots, s'embarrassa dans une phrase, et s'en tira par une saillie burlesque qui fit rire tout le monde. On se mit à manger. Hassler prit à part quatre ou cinq artistes. Il distingua grand-père et lui dit quelques mots très flatteurs; il se rappelait que Jean-Michel avait été un des premiers à faire exécuter ses œuvres; et il dit qu'il avait souvent entendu parler de son mérite par un ami, qui avait été l'élève de grand-père. Grand-père se confondit en remerciements; il riposta par des louanges si énormes que, malgré son adoration pour Hassler, le petit en eut honte. Mais Hassler semblait les trouver très agréables et naturelles. Enfin grand-père, qui s'était perdu dans son amphigouri, tira Christophe par la main et le présenta à Hassler. Hassler sourit à Christophe, lui caressa négligemment la tête; et quand il sut que le petit aimait sa musique et qu'il ne dormait plus depuis plusieurs nuits, dans l'attente de le voir, il le prit dans ses bras et le questionna amicalement. Christophe, rouge de plaisir et muet de saisissement, n'osait pas le regarder. Hassler lui prit le menton, le força à lever le nez. Christophe se hasarda: les yeux de Hassler étaient bons et rieurs; il se mit à rire aussi. Puis il se sentit si heureux, si admirablement heureux dans les bras de son cher grand homme qu'il fondit en larmes. Hassler fut touché par cet amour naïf; il se fit plus affectueux encore, il embrassa le petit, et lui parla avec une tendresse maternelle. En même temps, il disait des mots drôles, et il le chatouillait pour le faire rire; et Christophe ne pouvait s'empêcher de rire au milieu de ses larmes. Bientôt il fut familiarisé tout à fait, il répondit à Hassler sans aucune gêne; et, de lui-même, il se mit à lui raconter à l'oreille tous ses petits projets, comme si Hassler et lui étaient de vieux amis: comment il voulait être musicien comme Hassler, faire de belles choses comme Hassler, devenir un grand homme. Lui, qui avait toujours honte, il parlait avec une entière confiance, il ne savait ce qu'il disait, il était dans une extase. Hassler riait de son babillage. Il dit:
我意を折らなければならなかった。痛烈な反抗心を執拗に押し通してはみたが、ついに彼の悪意は打擲にうち負けてしまった。毎日朝と晩に三時間ずつ、クリストフは責道具の前に引据えられた。注意と不愉快とにたまらなくなり、頬や鼻に大粒の涙を流しながら、彼は白や黒の鍵の上に小さな赤い手を動かした。音符を間違えることに打ちおろされる定規の下に、またその打擲よりいっそう忌わしい師の喚き声の下に、彼の手は寒さに凍えてることがしばしばだった。音楽は嫌いだと彼は考えていた。それでも熱心に努めていた。その熱心さは、メルキオルを恐がってるというせいばかりでもなかった。祖父のある言葉が彼に深い印象を与えていた。祖父は孫が泣くのを見て、重々しい調子で言ってきかした、人間の慰謝と光栄とのために与えられている最高最美の芸術のためになら、多少の苦しみは忍ぶに甲斐のあることだと。クリストフは[#「クリストフは」は底本では「クリストスは」]祖父から大人並に話しかけられるのを感謝していて、その質朴な言葉に内心動かされた。彼の子供らしい堅忍と生まれながらの傲慢とは、その言葉をよく受けいれた。
しかしいかなる議論よりも、ある音楽的な情緒についての深い記憶の方がより強く、彼がいたずらに反抗せんと試みていたその厭な芸術に、一生涯彼を知らず知らずのうちに結びつけ、彼を奉仕せしめた。
ドイツの風習として、この町にも一つの劇場があって、歌劇、喜歌劇、軽歌劇、正劇、喜劇、俗謡劇、その他およそ上演できるものならいかなる種類のものもいかなる体裁のものも皆演ぜられていた。開演は一週に三度で、晩の六時から九時までだった。ジャン・ミシェル老人は一度も見物を欠かしたことがなく、どの出物にたいしても同じ興味を示していた。一度孫をいっしょに連れてってやった。数日前から彼にその劇の内容を長々と語ってきかした。クリストフにはそれが少しも了解できなかった。しかし恐ろしいことが起こるということを感じた。そして見たくてたまらなくなりながらも、たいへん恐がっていた。暴風雨が起こることを知っていて、雷に打たれはしないかを恐れていた。戦があることを知っていて、自分も殺されはすまいかとびくびくしていた。前日、寝床の中で、彼はほんとうに苦しんだ。開演の日になると、祖父が何かさしつかえで来られなくなればいいがと願いたいくらいだった。しかし時間が迫ってくるのに祖父がやって来ないと、非常に悲しくなりだして、たえず窓から覗いた。ついに老人はやって来、二人はいっしょに出かけた。彼は胸がどきどきした。舌が乾ききって、一言も物をいうことができなかった。
彼らは家でしばしば話の種になってるその不思議な殿堂に到着した。入口でジャン・ミシェルはいく人もの知人に出会った。子供は彼にはぐれるのを非常に恐れて、強くその手にすがりついていた。そしてこんな場合にどうして皆が平然と話したり笑ったりしていられるか、少しもわからなかった。
祖父は管弦楽の後ろの第一列の定席についた。彼は手摺によりかかって、すぐにバスひきとのべつに話をやり出した。そこは彼の得意の壇場だった。彼は音楽の権威だったから人々から謹聴された。彼はそれに乗じていた。図に乗ってるともいえるほどだった。クリストフの方は何にも聞くことができなかった。彼は芝居が待ち遠しくてたまらなかったし、宮殿のように思われる広間の光景に威圧され、恐ろしいほど込み合ってる看客に威圧されていた。皆の視線が自分に向けられてるように思って、後ろをふり返るだけの勇気もなかった。小さな帽子を膝の間にはさんでびくびくしながら、眼を丸くして不思議な幕を見つめていた。
ついに柝の音が三つ響いた。祖父は鼻をかんで、ポケットから台本を取出した。彼はいつもその台本を丹念にたどることを欠かさないで、時としては舞台で演ぜられてることを忘れるくらいだったのである。管弦楽が始まった。最初の和音を聞くや否や、クリストフは心が落着くのを感じた。その音響の世界では、自分の家のような気がした。それから先はもう、舞台にどんな不思議なことが起ころうと、すべて自然であるように思われた。
幕が上がって、厚紙の樹木やほんとうらしくない人物などが現われた。子供は感心して口をぼんやり開きながら眺めた。しかしびっくりしてはいなかった。それでも劇は、彼が思いもつかない夢のような近東の事柄だった。劇詩の筋は荒唐無稽で、まったく訳がわからなかった。クリストフは何にも見分けることができなかった。彼はすべてを混同し、人物を取り違え、祖父の袖を引張っては、何も理解していないことがわかるような馬鹿げた質問をやたらにした。しかも彼は退屈してないばかりでなく、夢中になって面白がっていた。つまらない台本にもとづいて、みずから一つの小説を作り上げていたが、それは演ぜられてることとまったく無関係なものだった。舞台の出来事はたえずその小説と背馳するので、また新たに筋を立て直さなければならなかった。しかし彼はそれに困らされはしなかった。舞台の上で種々な声を出して進展してゆく人物のうちから、自分の気に入る者を選んで、それに同情を寄せながら、その運命がどうなりゆくかと胸を震わして見守っていた。とくに彼の心を悩ましたのは、中年の美しい女であって、輝いた長い金髪をもち、眼が馬鹿に大きくて、素足で歩いていた。演出の驚くべき不自然さも、彼の気を少しもそこなわなかった。大きくでぶでぶ太ってる俳優らの醜怪な様子、二列に並んでるどこから見ても無格好な合唱団、所作の幼稚さ、喚いて充血してる顔付、毛の乱れてる鬘、テナー歌手の高い靴の踵、種々な顔料で顔を彩色してるその恋女の粉飾、そういうものをも、子供の鋭い眼は見落としていた。彼はちょうど、情熱のために相手の真相が眼につかない恋人のような状態になっていた。子供に特有な驚くべき幻想の力は、不快な感覚を中途で引止めて、それを適宜に変形さしていった。
音楽がそういう奇跡を行なっていた。音楽はすべてのものを薄靄の大気に包み込んで、すべてを美しく気高く快くなした。人の心に激しい愛の欲求を伝えた。と同時に、そういう心の空虚を満さしてやるために、愛の幻をさしつけてくれた。小さなクリストフは激しい情緒に駆られていた。音楽の種々な言葉や身振や文句は、彼の心を落着かせなかった。彼はもう眼をあげる元気もなかった。よいのか悪いのかもわからなかった。赤くなったり蒼くなったりした。そして額には玉の汗が出てきた。まわりの人たちから自分の悩みが気づかれはすまいかとびくびくしていた。歌劇の四幕目になって、テナー歌手と主役女優にその最も鋭い声を発揮させる機会を与えんために、免れがたい破局が恋人らの上に落ちかかってきた時、彼は息がつまるような気がした。風邪をひいた時のように喉が痛くなった。両手で首をかかえて、唾をのみ込むこともできなくなった。涙があふれてきた。幸いなことには、祖父も大して劣らないくらいに感動していた。彼は子供のような無邪気さで芝居に見とれていた。劇的場面になると、心の動揺を隠すために何気ない様子で咳をした。しかしクリストフにはよくわかった。彼はそれが嬉しかった。おそろしく暑かった。眠気がさしてきた。たいへんすわり心地が悪かった。しかし彼はこんなことばかり考えていた。
「もっと長くつづくかしら。おしまいにならなければいいが!」
そして突然、すべてが片づいた。なぜだか彼にはわからなかった。幕が降りた。皆立ち上がった。感興は中断された。
二人の赤ん坊たる老人と子供とは、いっしょに夜のうちを帰途についた。なんという麗わしい夜だろう! なんという静かな月の光だろう! 二人とも頭の中にあることを味わいながら、黙っていた。ついに老人は言った[#「言った」は底本では「言つた」]。
「どうだ、面白かったかい。」
クリストフは返辞をすることができなかった。彼はまだ激しい情緒に打たれていたし、その魅惑を破ることを恐れて口をききたくなかった。ようやく元気を出して、大きい溜息をつきながら低くつぶやいた。
「ええ、ええ!」
老人は微笑んだ。程へて彼はまた言った。
「音楽家の職業がどんなにりっぱなものであるかわかったかい。あんなりっぱな光景を創り出すのは、この上もなく名誉なことではないか。それはこの世で神様になることだ。」
子供はびっくりした。まあ、あれを創り出したのは人間だったのか! 彼は夢にもそうだとは知らなかった。彼にはほとんど、ああいうものは独りでにできあがったかのように思われ、自然の手になったもののように思われるのだった。……それが、いつか自分がなりたいと思ってるような、一個の人間、音楽家の手で! おう一日でも、ただ一日でもいいから、そうなりたいもんだ! そしたら……その後はどうなったってかまわない、死ぬなら死んでもいい! 彼は尋ねた。
「お祖父さん、あれをこしらえたのはなんという人なの?」
祖父はフランソア・マリー・ハスレルのことを話してきかした。ドイツの若い芸術家で、ベルリンに住んでいて、昔祖父と知り合いだった。クリストフは耳を澄してきいていた。突然彼は言った。
「そしてお祖父さんは?」
老人は身を震わした。
「なんだい?」と彼は尋ねた。
「お祖父さんもまた、あんなものをこしらえたことがあるの?」
「あるともさ。」と老人は気むずかしい声で言った。
そして彼は口をつぐんだ。五、六歩してから深い溜息をもらした。それこそ生涯の悲しみの一つだった。彼は常に芝居のために書きたいと望んでいたが、いつも霊感に裏切られたのだった。紙挾みにはたえず、自己流の一幕物か二幕物がはいっていた。しかしその価値についてはあまり自信がなくて、かつて判断に供するの勇気がなかった。
彼らはそのままもう一言も口をきかないで、家に帰りついた。二人とも眠れなかった。老人は悲しんでいた。みずから慰めるために聖書を取上げた。――クリストフは寝床の中で、その晩の出来事をくり返してみた。些細なことまで思い出した。素足の娘がまた眼の前に現われた。うとうとしかけると、音楽の一節が耳に響いて、管弦楽がそこに奏されてるかと思うほどはっきり聞えてきた。彼はぞっと身を震わした。頭が酔わされて、枕の上に起き上がった。そして考えた。
「僕もいつかああいうものを書いてやろう。ああ、いつになったらそれができるかしら。」
その時以来、彼はもはや一つの願いしかもたなかった。また芝居に行くことだった。そして勉強の褒美に芝居へ行かしてやると言われたので、いっそう熱心に勉強を始めた。彼はもう芝居のことしか考えていなかった。一週間の半分はこの前の芝居のことを考え、他の半分は次の芝居のことを考えた。病気になって芝居へ行けなくなりはすまいかとびくびくしていた。心配のあまり三、四の病気の徴候を感ずることもしばしばだった。その日になると、食事もろくろくできず、心配ごとでもあるかのようにいらいらして、何十遍となく時計を見に行き、いつまでも日が暮れそうにないような気がし、ついには、もう我慢がしきれなくなり、席がなくなるかもしれないと気遣って、開場の一時間も前から出かけていった。そしてがらんとしてる広間へ一番にはいって行ったので、気が揉めだした。観客が十分はいらないので、役者たちは芝居をよして席料を返すことにしたことも、二、三度あったと、彼は祖父から聞いていた。彼は客がやって来るのを待受けて、その数を数え、一人で考えていた。「二十三、二十四、二十五……ああ、まだ十分でない……いつまでも十分そろわないのではないかしら?」そして桟敷や奏楽席にある著名な人がはいって来るのを見ると、心がいくらか軽くなった。彼は考えた。「あんな人なら追い返しはすまい。きっとあの人のために芝居をやるだろう。」――しかしそれが確かかどうかはわからなかった。ようやくほっと安心するのは、楽手たちが席についてからであった。それでもまだ彼は、幕が上がって、ある晩のように、出物を変えると述べられはすまいかと、最後の瞬間まで心配していた。小さな眼をきょろつかして、バスひきの譜面台を覗き込んでは、楽譜の表題が待ち受けてる曲のそれであるかどうか見ようとした。よく見た後でも、一、二分たつとまた、見違いをしたのではないか確かめるために覗いた……。楽長がまだ席についていなかった。きっと病気かもしれなかった……。幕の向うで人々が動き回っていた。話声や忙しい足音が聞えていた。何か起こったのではないかしら、思わぬ不幸がわいてきたのではないかしら……。また静かになった。楽長が自分の位置についた。すっかり準備が整ったらしかった……。でもまだ始まらない! いったいどうしたんだろう。――彼は待遠しくてじりじりしていた。――ついに合図の柝の音が響いた。彼は胸がどきどきした。管弦楽は序曲を奏しだした。そしてクリストフは数時間の間、深い幸福のうちに浸った。その幸福を煩わすものはただ、もうおしまいになりはすまいかという考えばかりだった。
それからしばらくして、音楽上の一事件がクリストフの考えを刺激した。彼を驚嘆せしめた最初の歌劇の作者たるフランソア・マリー・ハスレルが、やって来ることになった。そして自作の音楽会を指揮することになった。町じゅうの者が興奮した。この若い楽匠は、ドイツで激しい議論の種となっていた。そして半月ほどの間は、町じゅう彼の噂でもちきった。いよいよ彼が到着するとまた特別だった。メルキオルの友人やジャン・ミシェル老人の友人らは、たえず消息をもたらしてきた。この音楽家の習慣や風変わりの点について、彼らは種々な馬鹿げた噂を伝えていった。子供は熱心な注意を傾けてそれらの話を一々聞いていた。えらい人がやって来ている、この町にいる、自分と同じ空気を呼吸している。同じ舗石を踏んでいる、とそういう考えが、彼を無言の感激のうちに投げ込んでしまった。彼はもはや、その人に会いたいという希望ばかりに生きていた。
ハスレルは大公爵から歓待を申出られて、その宮邸に足を止めていた。彼は稽古の指図をするために劇場へ行くほか、ほとんど外出しなかった。クリストフはその劇場へはいることを許されなかった。またハスレルはごく無精だったので、いつも大公爵の馬車で往来していた。でクリストフには、彼をよくみる機会がなかなかなかった。ただ一度通り道で、馬車の奥にその毛皮の外套を見かけることができたばかりだった。しかしそれだけのことにも、街路を待ち受けていて野次馬の中の第一列を占め、そこから押し出されないようにと、左右に激しく拳固を振り回しながら、数時間費したのだった。また彼は、楽匠の室だと教えられた宮邸の窓を窺いながら半日を過ごして、ようやく自分を慰めていた。たいていは雨戸ばかりしか見えなかった。ハスレルは朝寝坊で、窓はたいてい午前中閉められたままだった。そのために、ハスレルは日の光にたえられないで常に暗闇の中で生活してるのだと、物知り顔の人々は言っていた。
ついにクリストフは、その偉人に近づくことができた。それは公演の日だった。町じゅうの人が集まっていた。大公爵と廷臣らは、大きな貴賓席を占めていた。その桟敷の上には、豊頬の天使が二人、足を踊らして、王冠を宙にささげていた。劇場のありさまはあたかも祭典のようだった。舞台は樫の枝や花咲いた月桂樹で飾られていた。多少手腕のある音楽家は皆、管弦楽団に加わるのを名誉としてた。メルキオルは自分の位置につき、ジャン・ミシェルは合唱団を指揮していた。
ハスレルが現われると、四方から喝采が起こった。婦人たちは彼の姿をよく見るために立上がった。クリストフはじっと見つめた。ハスレルは若いすっきりした顔をしていたが、それもすでに多少ふくれて疲れていた。顳
のあたりは毛が薄くなっていた。縮れた金髪の間から、頭の頂上に早老の禿が見えていた。青い眼は眼差がぼんやりしていた。小さな赤い口髯の下に、皮肉そうな口が、眼に止まらないくらいの種々な動きにひきつって、じっとしてることは滅多になかった。背は高かった。そして、窮屈な気持のせいではないが、疲労のせいかあるいは退屈のせいかで、姿勢がしっかりしてはいなかった。ふらふらした大きな身体を、あるいはしとやかなあるいは荒っぽい身振りとともに、ちょうどその音楽のように波動させながら、自由気ままな軽快さで指揮していた。非常な神経質であることが見てもわかった。そしてその音楽は、彼自身の反映であった。躍りたった急激な彼の生命が、通例は無味平静な管弦楽の中にまではいり込んでいた。クリストフは息をはずませた。人の注目を受けはすまいかと恐れながらも、席にじっとしてることができなかった。身体を動かしたり、立上がったりした。音楽からいかにも激しいまた意外な振動を受けて、彼は頭や腕や足を動かすのを押えることができなかった。近くの人々は非常に迷惑して、できるだけ彼の乱暴な態度を避けようとした。それにまた全聴衆は、作品そのものよりもむしろその成功の方により多く魅せられて、感激しきっていた。終りに、拍手喝采の嵐が起こって、それとともにトロンペットは、ドイツの習慣として、勝利者に敬意を表するためその揚々たる響きをたてた。クリストフはそれらの名誉が自分に向けられたかのように、得意の念に躍り上がった。ハスレルの顔が子供らしい満足の色に輝いているのを、彼は見て楽しんだ。女は花を投げ、男は帽子を振った。聴衆は群り立って舞台の方へ押し寄せた。皆楽匠と握手をしたがっていた。感激した一人の婦人が彼の手を唇にもってゆくのを、また他の婦人が楽譜台の隅に置かれてる彼のハンケチを盗んでるのを、クリストフは眼に止めた。クリストフ自身もまた、楽壇に上ってゆきたかった。しかしそれがなぜであるかはまったくわからなかった。というのは、もしその時ハスレルのそばにいたら、彼は感動のあまりすぐに逃げ出したであろうから。でも彼は自分とハスレルとを隔てる人々の着物や足の間に、自分の頭を梃のようにつき込んでいた。――彼はあまり小さすぎた。舞台まで行くことができなかった。
幸いにも、音楽会がすむと、ハスレルのために催される夜曲へ連れてゆくために、祖父が彼を探しに来てくれた。夜になっていた。炬火がつけられていた。管弦楽団の人々はみなそこに集まっていた。話は先刻聴いた霊妙な作品のことばかりだった。宮邸の前に着くと、人々は楽匠の窓下で静かに準備をした。ハスレルも他の人々も皆、これからやろうとすることをよく承知していたくせに、妙に取り澄ました様子を装っていた。夜の麗わしい沈黙のうちに、ハスレルのある名高い曲が奏し出された。ハスレルは大公爵とともに窓に現われた。人々は彼らの名誉のために歓声を揚げた。彼らは二人とも敬礼を返した。大公爵から遣わされた一人の従僕がやって来て、楽員たちを宮邸の中へ案内した。彼らはいくつかの広間を通っていった。広間には壁画が描かれていて、兜をかぶった裸体の男が現わしてあった。皆赤い色をして、挑戦的な身振りをしていた。空は海綿に以た大きな雲で覆われていた。また、鉄板の腰衣をまとった男女の大理石像もあった。人々は足音も聞えないほど柔かな絨緞の上を歩いていった。そしてある一つの広間にはいると、そこは真昼間のように明るくて、りっぱな飲食物ののっている食卓が並んでいた。
大公爵はそこにいた。しかしクリストフには見えなかった。ハスレルしか彼の眼にははいらなかった。ハスレルは楽員たちの方へ進んでき、彼らに礼を述べた。彼は適当な言葉を考え、ある文句につまり、滑稽な機知でそれを切りぬけて、皆の者を笑わした。人々は食事を始めた。ハスレルは四、五人の音楽家をわきに呼んだ。彼クリストフの祖父を見つけて、少しお世辞を言った。ジャン・ミシェルは彼の作品を実演してくれた最初の人々の一人だったことを、彼は覚えていたのである。そして、祖父の弟子であった一人の友人から、技倆のほどはしばしば聞いていたと、彼は言った。祖父は感謝の言葉を夢中に述べたてていた。あまりおおげさな賛辞で応答しているので、クリストフはいくらハスレルを崇拝しているとはいえ、そばで聞いていると恥ずかしくなるくらいだった。しかしハスレルは、そういう賛辞をごく快いまた自然なことだと思ってるらしかった。ついに祖父は、めちゃくちゃな言葉に迷い込んでしまって、クリストフの手を引張って、ハスレルに紹介した。ハスレルはクリストフに微笑みかけ、何気なく彼の頭をなでてやった。それから、この子供が彼の音楽を好いてることを知り、彼に会うのを待ち焦れて数日来一晩も眠らなかったことを知ると、彼は子供を両腕にかかえて、やさしく種々なことを尋ねた。クリストフは嬉しさのあまり真赤になり、感動のあまり口がきけなくて、彼の顔を見上げるだけの勇気もなかった。ハスレルはその頤をつかまえて、無理に顔を上げさした。クリストフは思いきって眺めた。ハスレルの眼はやさしくて笑っていた。で彼も笑い出した。それから彼は、慕しい偉人の腕に抱かれてる身を非常に幸福に感じて、この上もなく幸福に感じて、はらはらと涙をこぼした。ハスレルはその率直な愛情に心を打たれた。彼はなお情深い様子をし、子供を抱きしめ、母親のようなやさしさで話しかけた。とともにまた、おかしな言葉をいったり、笑わせようとしてくすぐったりした。そしてクリストフは、涙を流しながらも笑わずにはおられなかった。間もなく彼はすっかり慣れきって、遠慮なくハスレルに答えた。自分から進んで、年来の友人同士であるかのように、あらゆるかわいい抱負を彼の耳にささやきだした。どんなにかハスレルのように音楽家になりたいこと、ハスレルのようにりっぱなものを作りたいこと、偉い人になりたいこと。平素恥ずかしがりやだった彼も、今は心からうち解けて話した。しかも何を言ってるのか自分でもわからないで、ただ恍惚としていた。ハスレルはその饒舌を笑っていた。彼は言った。
—Quand tu seras grand, quand tu seras devenu un brave musicien, tu viendras me voir à Berlin. Je ferai quelque chose de toi.
Christophe était trop ravi pour répondre. Hassler le taquina.
—Tu ne veux pas?
Christophe hocha la tête avec énergie, cinq à six fois, pour affirmer que si.
—Alors, c'est convenu?
Christophe recommença sa mimique.
—Embrasse-moi, au moins!
Christophe jeta ses bras autour du cou de Hassler et le serra de toutes ses forces.
—Allons, diable, tu me mouilles! laisse-moi! veux-tu bien te moucher!
Hassler riait, et il moucha lui-même l'enfant honteux et heureux. Il le déposa à terre, puis le prit par la main, le mena à une table, bourra ses poches de gâteaux, et le laissa en lui disant:
—Au revoir! Souviens-toi de ce que tu m'as promis.
Christophe nageait dans le bonheur. Le reste du monde n'existait plus. Il suivait avec amour tous les jeux de physionomie et les gestes de Hassler. Un mot de lui le frappa. Hassler tenait un verre; il parlait, et son visage s'était subitement contracté; il disait:
—La joie de telles journées ne doit pas nous faire oublier nos ennemis. On ne doit jamais oublier ses ennemis. Il n'a pas dépendu d'eux que nous ne fussions écrasés. Il ne dépendra pas de nous qu'ils ne soient écrasés. C'est pourquoi mon toast sera qu'il y a des gens à la santé desquels... nous ne buvons pas!
Tout le monde avait applaudi, et ri de ce toast original; Hassler avait ri avec les autres et repris son air de bonne humeur. Mais Christophe était gêné. Bien qu'il ne se permît pas de discuter les actes de son héros, il lui déplaisait que celui-ci eût pensé à des choses laides, quand il ne devait y avoir, ce soir-là, que des figures et des pensées lumineuses. Mais son impression était confuse; elle fut vite chassée par l'excès de sa joie et par le petit doigt de champagne qu'il but dans la coupe de grand-père.
Au retour, grand-père ne cessait de parler tout seul: les éloges qu'il avait reçus de Hassler le transportaient; il s'écriait que Hassler était un génie, comme on n'en voit qu'un par siècle. Christophe se taisait, renfermant dans son cœur son ivresse amoureuse: Il l'avait embrassé, Il l'avait tenu dans ses bras! Qu'il était bon! Qu'il était grand!
—Ah! pensait-il, dans son petit lit, en embrassant passionnément son oreiller, je voudrais mourir, mourir pour lui!
Le brillant météore, qui avait passé un soir dans le ciel de la petite ville, eut une influence décisive sur l'esprit de Christophe. Pendant toute son enfance, ce fut le modèle vivant, sur lequel il eut les yeux fixés; et c'est à son exemple que le petit homme de six ans décida, lui aussi, qu'il écrirait de la musique. À vrai dire, il y avait longtemps déjà qu'il en faisait sans s'en douter; il n'avait pas attendu, pour composer, de savoir qu'il composait.
Tout est musique pour un cœur musicien. Tout ce qui vibre, et s'agite, et palpite, les jours d'été ensoleillés, les nuits où le vent siffle, la lumière qui coule, le scintillement des astres, les orages, les chants d'oiseaux, les bourdonnements d'insectes, les frémissements des arbres, les voix aimées ou détestées, les bruits familiers du foyer, de la porte qui grince, du sang qui gonfle les artères dans le silence de la nuit,—tout ce qui est, est musique: il ne s'agit que de l'entendre. Toute cette musique des êtres résonnait en Christophe. Tout ce qu'il voyait, tout ce qu'il sentait, se muait en musique. Il était comme une ruche bourdonnante d'abeilles. Mais nul ne le remarquait. Lui, moins que personne.
Comme tous les enfants, il chantonnait sans cesse. À toute heure du jour, quelque chose qu'il fît:—qu'il se promenât dans la rue, en sautillant sur un pied;—ou que, vautré sur le plancher de grand-père, et la tête dans ses mains, il fût plongé dans les images d'un livre;—ou qu'assis sur sa petite chaise, dans le coin le plus obscur de la cuisine, il rêvassât sans penser, tandis que la nuit tombait;—toujours on entendait le murmure monotone de sa petite trompette, bouche close, et les joues gonflées, en s'ébrouant des lèvres. Cela durait des heures, sans qu'il s'en lassât. Sa mère n'y faisait pas attention; puis, brusquement, elle en criait d'impatience.
Quand il était las de cet état de demi-somnolence, il était pris d'un besoin de se remuer et de faire du bruit. Alors, il inventait des musiques, qu'il chantait à tue-tête. Il en avait fabriqué pour toutes les occasions de sa vie. Il en avait pour quand il barbotait dans sa cuvette, le matin, comme un petit canard. Il en avait pour quand il montait au tabouret de piano, devant l'instrument détesté,—et surtout quand il en descendait (celle-ci était bien plus brillante que l'autre). Il en avait pour quand maman apportait la soupe sur la table:—il la précédait alors, en sonnant des fanfares.—Il se jouait à lui-même des marches triomphales, pour se rendre solennellement de la salle à manger à sa chambre à coucher. Parfois, à cette occasion, il organisait des cortèges, avec ses deux petits frères: tous trois défilaient gravement, à la suite l'un de l'autre; et chacun avait sa marche. Mais Christophe se réservait, comme de juste, la plus belle. Chacune de ces musiques était affectée rigoureusement à une occasion spéciale; et Christophe n'aurait jamais eu l'idée de les confondre. Tout autre s'y serait trompé; mais il y distinguait des nuances d'une précision lumineuse.
Un jour que, chez grand-père, il tournait autour de la chambre, en tapant des talons, la tête en arrière et le ventre en avant, il tournait, tournait indéfiniment, à se rendre malade, en exécutant une de ses compositions,—le vieux, qui se faisait la barbe, s'arrêta de se raser, et, la figure toute barbouillée de savon, il le regarda et dit:
—Qu'est-ce que tu chantes donc, gamin?
Christophe répondit qu'il ne savait pas.
—Recommence! dit Jean-Michel.
Christophe essaya: il ne put jamais retrouver l'air. Fier de l'attention de grand-père, il voulut faire admirer sa belle voix, en chantant à sa façon un grand air d'opéra; mais ce n'était pas là ce que demandait le vieux. Jean-Michel se tut et parut ne plus s'occuper de lui. Mais il laissa la porte de sa chambre entrouverte, tandis que le petit s'amusait seul dans la pièce à côté.
Quelques jours après, dans un cercle de chaises disposées autour de lui, Christophe était en train de jouer une comédie musicale, qu'il s'était fabriquée avec les bribes de ses souvenirs de théâtre; très sérieux, il exécutait sur un air de menuet, comme il avait vu faire, des pas et des révérences qu'il adressait au portrait de Beethoven, suspendu au-dessus de la table. En se retournant pour une pirouette, il vit, par la porte entre-bâillée, la tête de grand-père, qui le regardait. Il pensa que le vieux se moquait de lui: il eut bien honte, il s'arrêta net; et, courant à la fenêtre, il écrasa sa figure contre les carreaux, comme s'il était absorbé dans une contemplation du plus haut intérêt, Mais le vieux ne dit rien: il vint vers lui, il l'embrassa; et Christophe vit bien qu'il était content. Son petit amour-propre ne manqua pas de travailler sur ces données; il était assez fin pour juger qu'on l'avait apprécié; mais il ne savait pas au juste ce que grand-père avait le plus admiré en lui: si c'étaient ses talents d'auteur dramatique, de musicien, de chanteur, ou de danseur. Il penchait pour ces derniers; car il en faisait cas.
Une semaine plus tard, quand il avait tout oublié, grand-père lui dit d'un air mystérieux qu'il avait quelque chose à lui montrer. Il ouvrit son secrétaire, en tira un cahier de musique, le mit sur le pupitre du piano, et dit à l'enfant de jouer. Christophe, très intrigué, déchiffra tant bien que mal. Le cahier était écrit à la main, de la grosse écriture du vieux, qui s'était spécialement appliqué. Les en-tête étaient ornés de boucles et de paraphes.—Après un moment, grand-père, qui était assis à côté de Christophe et lui tournait les pages, lui demanda quelle était cette musique. Christophe, trop absorbé par son jeu pour distinguer ce qu'il jouait, répondit qu'il n'en savait rien.
—Fais attention. Tu ne connais pas cela?
Oui, il croyait bien le connaître; mais il ne savait pas où il l'avait entendu... Grand-père riait:
—Cherche.
Christophe secouait la tête:
—Je ne sais pas.
À vrai dire, des lueurs lui traversaient l'esprit; il lui semblait que ces airs... Mais non! il n'osait pas... Il ne voulait pas reconnaître...
—Grand-père, je ne sais pas.
Il rougissait.
—Allons, petit sot, tu ne vois pas que ce sont tes airs?
Il en était sûr; mais de l'entendre dire lui fit un coup au cœur:
—Oh! grand-père!...
Le vieux, rayonnant, lui expliqua le cahier:
—Voilà: Aria. C'est ce que tu chantais mardi, quand tu étais vautré par terre.—Marche. C'est ce que je t'ai demandé de recommencer, l'autre semaine, et que tu n'as jamais pu retrouver.—Menuet. C'est ce que tu dansais devant mon fauteuil... Regarde.
Sur la couverture était écrit, en gothiques admirables:
LES PLAISIRS DU JEUNE AGE: ARIA, MINUETTO, WALZER, e MARCIA, op. I de JEAN-CHRISTOPPHE KRAFFT.
Christophe fut ébloui. Voir son nom, ce beau titre, ce gros cahier, son œuvre!... Il continuait de balbutier:
—Oh! grand-père! grand-père!...
「大きくなったら、りっぱな音楽家になったら、ベルリンへ私を訪ねておいでよ。力になってあげるから。」
クリストフはあまり嬉しくて答えができなかった。ハスレルは彼をからかった。
「いやなの?」
クリストフは厭じゃないとうなずくために、五、六度強く頭を動かした。
「では約束したね?」
クリストフはまた無言の首肯を始めた。
「せめて私に抱きついておくれ。」
クリストフはハスレルの首のまわりに両腕を投げかけ、力いっぱいにしめつけた。
「やあ、着物が濡れるじゃないか。もう放してくれ。鼻をかんだらどうだね。」
ハスレルは笑っていた。そして手ずから、恥ずかしがりながらも嬉しがってる子供の鼻をかんでやった。彼は子供を下に降ろし、それから手を取って、食卓のところへ連れてゆき、そのポケットにいっぱい菓子をつめ込んでやり、放しながら言った。
「さよなら! 約束を覚えておいでよ。」
クリストフは幸福の中に浸っていた。もはや他の世界は存在しなかった。彼はハスレルのあらゆる顔付や身振りをなつかしげに見守っていた。そして彼の一言に胸を打たれた。ハスレルは杯を手にして、何か口をきいていたが、その顔がにわかにひきつった、そして言った。
「今日のような愉快な日の喜びにも、われわれは敵を忘れてはいけません。人は決しておのれの敵を忘れてはいけません。われわれが蹂躙されなかったとしても、それは敵のせいではなかったのです。敵が蹂躙されないとしても、それはわれわれのせいではないでしょう。それゆえに今私は、乾杯の辞として、われわれが……その健康を祝したくない人々も世にはあるということを申したいのです。」
人々は皆、その独特な乾杯の辞を喝采し興がった。ハスレルも皆といっしょに笑い出して、上機嫌な様子に返った。しかしクリストフは当惑していた。自分の偉人の行動を論議することをみずから肯じなかったとはいえ、その晩、晴れやかな顔付と輝かしい考えしか存すべからざる時に、氏がそういう厭なことに思いを走せたのは、彼の気に入らなかった。けれども彼の印象は雑然たるものであった。極度の喜びと、祖父の杯で飲んだわずかなシャンパンのために、その印象はすぐに追い払われてしまった。
帰る途中、祖父は独語をやめなかった。ハスレルから受けた賛辞に有頂天になっていた。ハスレルこそは一世紀に一人くらいしか見られないほどの天才だと叫んでいた。クリストフは黙り込んで、なつかしい陶酔の情を心に秘めていた。彼が自分を接吻してくれた。彼が自分を両腕に抱いてくれた、彼はなんといういい人だろう! 彼はなんという偉い人だろう!
「ああ!」と彼は小さな寝床の中で、ひしと枕をかき抱きながら考えた、「私は死んでもいい、あの人のためになら死んでもいい!」
一夜、その小都会の空を過ぎていった輝いた流星は、クリストフの精神に決定的な影響を与えたのであった。幼年時代の間、それは生きた手本となって、その上に彼は眼を据えていた。わずか六歳の少年が、自分もまた音楽を書いてみようと決心したのは、この手本に基づいてであった。ほんとうのことをいえば、彼はすでに久しい以前から、みずから知らないで作曲していた。彼は作曲するためには、作曲してるとみずから知るまで待っていなかった。
音楽家の心にとっては、すべてが音楽である。震え揺ぎはためくすべてのもの、照りわたった夏の日、風の吹く夜、流れる光、星の閃めき、暴風雨、小鳥の歌、虫の羽音、樹々の戦ぎ、好ましいあるいは厭らしい声、平素聞きなれてる、炉の音、戸の軋る音、夜の静寂の中に動脈をふくらす血液の音――すべて存在するものは皆音楽である。問題はそれを聞くということのみに存する。存在するもののかかる音楽は、ことごとくクリストフのうちに鳴り響いていた。彼が見るものはすべて、彼が感ずるものはすべて、音楽に変わっていた。彼はあたかも騒々しい蜂の巣のようであった。しかしだれもそれに気づかなかった。彼自身も気づかなかった。
あらゆる子供のように、彼もたえず小声に歌っていた。いかなる時でも、いかなることをしている時でも――片足で飛びながら、往来を歩き回ってる時でも――祖父の家の床板の上に転がり、両手で頭をかかえて、書物の插絵に見入ってる時でも――台所のいちばん薄暗い片隅で、自分の小さな椅子にすわりながら、夜になりかかってるのに、何を考えるともなくぼんやり夢想してる時でも――常に、口を閉じ、頬をふくらし、唇を震わして、始終つぶやいてる単調な音が、聞こえていた。いく時間たっても彼は倦きなかった。母はそれを気にも止めなかった。けれどやがて、彼女はたまらなくなって突然怒鳴りつけるのだった。
彼はその半ば夢心地の状態に倦きてくると、動き出して音をたてたい欲求に駆られた。すると、音楽を作り出して、それをあらんかぎりの声で歌った。彼はおのが生活のいかなる場合のための音楽をも皆こしらえ出していた。朝、家鴨の子のように、盥の中をかき回す時のためにも、音楽をもっていた。厭なピアノの前の腰掛に上る時のためにも、音楽をもっていた――そしてとくにそれから降りる時のためにも(この方の音楽はいっそう精彩あるものだった)。また、母親が食卓にスープを運ぶ時のためにも、音楽をもっていた――その時彼は、ファンファーレを鳴らして急きたてた。――食堂から寝室へ厳かにやって行くためには、揚々たる行進曲をみずから奏した。その場合時には、二人の弟とともに行列を組立てた。三人とも順々に並んで、堂々とねって歩き、各自に自分の行進曲をもっていた。しかしクリストフは、最もりっぱな曲を当然自分のものとしていた。右の多くの音楽のおのおのは、厳密にそれぞれの場合にあてはめられていた。クリストフは決してそれらをたがいに混同しようとはしなかった。他の者ならだれでもそれを取違えるかもしれなかった。しかし彼は明確にその音色を区別していた。
ある日彼は、祖父の家で、頭をそり返し腹を前につき出して、踵で調子をとりながら、室の中をぐるぐる回っていた。自作の曲の一つをやってみながら、心持が悪くなるほどいつまでもぐるぐる回っていた。――老人は髯を剃っていたが、その手を止めて、石鹸だらけな顔をつき出し、彼の方を眺めて言った。
「何を歌ってるんだい。」
クリストフは知らないと答えた。
「も一度やってごらん。」とジャン・ミシェルは言った。
クリストフはやってみた。どうしても先刻の節が思い出せなかった。でも祖父から注意されてるのに得意になって、自分の美しい声をほめてもらいたく思いながら、歌劇のむずかしい歌を自己流に歌った。しかし老人が求めてるのはそんなものではなかった。ジャン・ミシェルは口をつぐんで、もう彼に取り合わない様子をした。それでも、子供が隣りの室で一人で遊んでる間、室の扉を半ば開け放したままにしておいた。
数日後、クリストフは自分のまわりに椅子を丸く並べて、芝居の断片的な記憶でこしらえ上げた音楽劇を演じていた。真面目くさった様子で、芝居で見たとおりにメヌエットの節に合して、テーブルの上に掛かってるベートーヴェンの肖像へ向い、足取りや敬礼をやっていた。そして足先で回転をしてふり向くと、こちらを眺めてる祖父の頭が、半開きの扉から見えた。彼は祖父に笑われてると思った。たいへん極り悪くなって、ぴたりとよした。そして窓のところへ走って行き、窓ガラスに顔を押しつけて、何か夢中に眺めてるようなふうを装った。しかし老人はなんとも言わなかった。彼の方へやって来て抱擁してくれた。クリストフは老人が満足しているのをよく見てとった。彼の小さな自尊心は、そういう好意を受けると動かないではおれなかった。彼はかなり機敏だったので、自分がほめられたのをさとった。しかし、祖父は自分のうちの何をいちばんほめたのか、それがよくわからなかった。戯曲家としての才か、音楽家としての才か、歌手としての才か、あるいは舞踏者としての才か。彼は最後のものと思いたかった、なぜならそれを尊重していたから。
それから一週間たって、彼がすっかり忘れてしまった時になって、祖父は彼に見せるものがあると変な様子で言った。そして机をあけて、中から一冊の楽譜を取出し、それをピアノの譜面台にのせ、弾いてごらんと子供に言った。クリストフはたいへん困ったが、どうかこうか読み解いた。その帳面は、老人の太い字体でとくに注意して書かれたものだった。冒頭は輪や花形で飾ってあった。――やがて、クリストフのそばにすわってページをめくってやってた祖父は、それがなんの音楽であるか尋ねた。クリストフは演奏にあまり夢中になっていて、何をひいてるやらわからなかったので、知らないと答えた。
「気をつけてごらん。それがわからないかね。」
そうだ、確かに知ってると彼は思った。しかしどこで聞いたのかわからなかった。……祖父は笑っていた。
「考えてごらん。」
クリストフは頭を振った。
「わからないよ。」
ほんとうをいえば思い当たることがあった。どうもその節は……という気がした。だが躊躇された……そうだと言いたくなかった。
「お祖父さん、わからないよ。」
彼は顔を赤くしていた。
「馬鹿な子だね。自分のだということがわからないのかい。」
彼は確かにそうだとは思っていた。しかしそうはっきり言われるのを聞くとはっとした。
「ああ、お祖父さん!……」
老人は顔を輝かしながら、彼にその音譜を説明してやった。
「それは詠唱曲だ。火曜日にお前が床の上に転がって歌っていたものだ。――行進曲。先週、も一度やってごらんと言ってもお前が思い出せなかったものだ。――メヌエット。肱掛椅子の前で踊っていたものだ。……ご覧。」
表紙には、みごとなゴジック字体で書いてあった。
。クリストフは眩しかった。自分の名、そのりっぱな表題、その大きな帳面、自分の作品、今それを見ようとは!……彼はまだ口ごもっていた。
「ああ、お祖父さん! お祖父さん!……」
Le vieux l'attira à lui. Christophe se jeta sur ses genoux, et cacha sa tête dans la poitrine de Jean-Michel. Il rougissait de bonheur. Le vieux, encore plus heureux que lui, reprit d'un ton qu'il tâchait de rendre indifférent,—car il sentait qu'il allait s'émouvoir:
—Naturellement, j'ai ajouté l'accompagnement, et les harmonies dans le caractère du chant. Et puis...—(il toussa)—et puis, j'ai aussi ajouté un trio au menuet, parce que... parce que c'est l'habitude...; et puis... enfin, je crois qu'il ne fait pas mal.
Il le joua.—Christophe était très fier de collaborer avec grand-père:
—Mais alors, grand-père, il faut que tu mettes aussi ton nom.
—Cela n'en vaut pas la peine. Il est inutile que d'autres que toi le sachent. Seulement...—(ici, sa voix trembla)—seulement, plus tard, quand je n'y serai plus, cela te rappellera ton vieux grand-père, n'est-ce pas? Tu ne l'oublieras pas?
Le pauvre vieux ne disait pas tout: il n'avait pu résister au plaisir, bien innocent, d'introduire un de ses malheureux airs dans l'œuvre de son petit-fils, qu'il pressentait devoir lui survivre; mais son désir de participer à cette gloire imaginaire était bien humble et bien touchant, puisqu'il lui suffisait de transmettre, anonyme, une parcelle de sa pensée, afin de ne pas mourir tout entier.—Christophe, très touché, lui couvrait la figure de baisers. Le vieux, qui se laissait attendrir de plus en plus, lui embrassait les cheveux.
—N'est-ce pas, tu te souviendras? Plus tard, quand tu seras devenu un bon musicien, un grand artiste, qui fera honneur à sa famille, à son art, et à la patrie, quand tu seras célèbre, tu te souviendras que c'est ton vieux grand-père qui t'a le premier deviné, qui a prédit ce que tu serais?
Il avait les larmes aux yeux, de s'entendre parler. Il ne voulut pas laisser voir cette marque de faiblesse. Il eut une quinte de toux, prit un air bourru, et renvoya le petit, en serrant précieusement le manuscrit.
Christophe revint chez lui, étourdi de joie. Les pierres dansaient autour de lui. L'accueil qu'il reçut des siens le dégrisa un peu. Comme il se hâtait naturellement de leur raconter, tout glorieux, son exploit musical, ils jetèrent les hauts cris. Sa mère se moqua de lui. Melchior déclara que le vieux était fou et qu'il ferait beaucoup mieux de se soigner que de tourner la tête au petit; quant à Christophe, il lui ferait le plaisir de ne plus s'occuper de ces niaiseries, de se mettre illico à son piano, et de jouer des exercices pendant quatre heures. Qu'il tâche d'abord d'apprendre à jouer proprement: pour la composition, il avait le temps de s'en occuper plus tard, quand il n'aurait rien de mieux à faire.
Ce n'est pas, comme ces sages paroles auraient pu le faire croire, que Melchior se préoccupât de défendre l'enfant contre l'exaltation dangereuse d'un orgueil prématuré. Il devait se charger de démontrer promptement le contraire. Mais, n'ayant jamais eu lui-même aucune idée à exprimer en musique, ni le moindre besoin d'en exprimer aucune, il en était arrivé, dans son infatuation de virtuose, à considérer la composition comme une chose secondaire, à laquelle l'art de l'exécutant donnait seul tout son prix. Il n'était certes pas insensible aux enthousiasmes suscités par les grands compositeurs, comme Hassler; il avait pour ces ovations le respect qu'il éprouvait toujours pour le succès,—mêlé secrètement d'un peu de jalousie, car il lui semblait que ces applaudissements lui étaient dérobés. Mais il savait par expérience que les succès des grands virtuoses ne sont pas moins bruyants, qu'ils sont même plus personnels et plus fertiles en conséquences agréables et flatteuses. Il affectait de rendre un profond hommage au génie des maîtres musiciens; mais il avait plaisir à raconter d'eux des anecdotes ridicules, qui donnaient de leur intelligence et de leurs mœurs une triste opinion. Il plaçait le virtuose au sommet de l'échelle artistique: car, disait-il, il est bien connu que la langue est la plus noble partie du corps; et que serait la pensée sans la parole? que serait la musique sans l'exécutant?
Quelle que fût d'ailleurs la raison de la semonce qu'il administra à Christophe, cette semonce n'était pas inutile pour rendre au petit l'équilibre, que les louanges du grand-père risquaient fort de lui faire perdre. Elle ne suffisait même pas. Christophe ne manqua point de juger que son grand-père était beaucoup plus intelligent que son père; et, s'il se mit au piano sans rechigner, ce fut bien moins pour obéir que pour pouvoir rêver à son aise, ainsi qu'il avait coutume, tandis que ses doigts couraient machinalement sur le clavier. Tout en exécutant ses interminables exercices, il entendait une voix orgueilleuse qui répétait en lui: «Je suis un compositeur, un grand compositeur.»
À partir de ce jour, puisqu'il était un compositeur, il se mit à composer. Avant de savoir à peine écrire ses lettres, il s'évertua à griffonner des noires et des croches sur des lambeaux de papier, qu'il arrachait aux cahiers de comptes du ménage. Mais la peine qu'il se donnait pour savoir ce qu'il pensait, et pour le fixer par écrit, faisait qu'il ne pensait plus rien, sinon qu'il voulait penser quelque chose. Il ne s'en obstinait pas moins à construire des phrases musicales; et comme il était naturellement musicien, il y arrivait tant bien que mal, encore qu'elles ne signifiassent rien. Alors il s'en allait les porter, triomphant, à grand-père, qui en pleurait de joie,—il pleurait facilement maintenant qu'il vieillissait,—et qui proclamait que c'était admirable.
Il y avait de quoi le gâter tout à fait. Heureusement, son bon sens naturel le sauva, aidé par l'influence d'un homme, qui ne prétendait pourtant exercer aucune influence sur qui que ce fût, et qui ne donnait aux yeux du monde rien moins que l'exemple du bon sens.—C'était le frère de Louisa.
Il était petit comme elle, mince, chétif, un peu voûté. On ne savait au juste son âge; il ne devait pas avoir passé la quarantaine; mais il semblait avoir cinquante ans, et plus. Il avait une petite figure ridée, rosée, avec de bons yeux bleus très pâles, comme des myosotis un peu fanés. Quand il enlevait sa casquette, qu'il gardait frileusement partout, de crainte des courants d'air, il montrait un petit crâne tout nu, rose, et de forme conique, qui faisait la joie de Christophe et de ses frères. Ils ne se lassaient pas de le taquiner à ce sujet, lui demandant ce qu'il avait fait de ses cheveux, et menaçant de le fouetter, excités par les grosses plaisanteries de Melchior. Il en riait le premier et se laissait faire avec patience. Il était petit marchand ambulant; il allait de village en village, portant sur son dos un gros ballot, où il y avait de tout: de l'épicerie, de la papeterie, de la confiserie, des mouchoirs, des fichus, des chaussures, des boîtes de conserve, des almanachs, des chansons et des drogues. Plusieurs fois, on avait tenté de le fixer quelque part, de lui acheter un petit fonds, un bazar, une mercerie. Mais il ne pouvait s'y faire: une nuit il se levait, mettait la clef sous la porte, et repartait avec son ballot. On restait des mois sans le voir. Puis il reparaissait: un soir, on entendait gratter à l'entrée; la porte s'entre-bâillait, et la petite tête chauve, poliment découverte, se montrait avec ses bons yeux et son sourire timide. Il disait: «Bonsoir à toute la compagnie», prenait soin d'essuyer ses souliers avant d'entrer, saluait chacun, en commençant par le plus âgé, et allait s'asseoir dans le coin le plus modeste de la chambre. Là, il allumait sa pipe, et il baissait le dos, attendant tranquillement que la grêle habituelle de quolibets fût passée. Les deux Krafft, le grand-père et le père, avaient pour lui un mépris goguenard. Cet avorton leur paraissait ridicule; et leur orgueil était blessé de l'infime condition du marchand ambulant. Ils le lui faisaient sentir; mais il ne semblait pas s'en apercevoir, et il leur témoignait un respect profond, qui les désarmait, surtout le vieux, très sensible aux égards qu'on avait pour lui. Ils se contentaient de l'écraser de lourdes plaisanteries qui faisaient monter le rouge au visage de Louisa. Celle-ci, habituée à s'incliner sans discussion devant la supériorité des Krafft, ne doutait pas que son mari et son beau-père n'eussent raison; mais elle aimait tendrement son frère, et son frère avait pour elle une adoration muette. Ils étaient tous deux seuls de leur famille, et tous deux humbles, effacés, écrasés par la vie; un lien de mutuelle pitié et de souffrances communes, secrètement supportées, les attachait ensemble avec une triste douceur. Au milieu des Krafft, robustes, bruyants, brutaux, solidement bâtis pour vivre, et vivre joyeusement, ces deux êtres faibles et bons, qui semblaient en dehors ou à côté de la vie, se comprenaient et se plaignaient, sans se le dire jamais.
Christophe, avec la légèreté cruelle de l'enfance, partageait le dédain de son père et de son grand-père pour le petit marchand. Il s'en divertissait comme d'un objet comique; il le harcelait de taquineries stupides, que l'autre supportait avec son inaltérable tranquillité. Christophe l'aimait cependant, sans bien s'en rendre compte. Il l'aimait d'abord comme un jouet docile, dont on fait ce qu'on veut. Il l'aimait aussi parce qu'il y avait toujours quelque chose de bon à attendre de lui: une friandise, une image, une invention amusante. Le retour du petit homme était une joie pour les enfants; car il leur faisait toujours quelque surprise. Si pauvre qu'il fût, il trouvait moyen d'apporter un souvenir à chacun; et il n'oubliait la fête d'aucun de la famille. On le voyait arriver ponctuellement aux dates solennelles; et il tirait de sa poche quelque gentil cadeau, choisi avec cœur. On y était si habitué qu'on songeait à peine à le remercier: il paraissait suffisamment payé par le plaisir qu'il avait à l'offrir. Mais Christophe, qui ne dormait pas très bien, et qui, pendant la nuit, ressassait dans son cerveau les événements de la journée, réfléchissait parfois que son oncle était très bon; il lui venait pour le pauvre homme des effusions de reconnaissance, dont il ne lui montrait rien, une fois le jour venu, parce qu'alors il ne pensait plus qu'à se moquer. Il était d'ailleurs trop petit encore pour attacher à la bonté tout son prix: dans le langage des enfants, bon et bête sont presque synonymes; et l'onde Gottfried en semblait la preuve vivante.
Un soir que Melchior dînait en ville, Gottfried, resté seul dans la salle du bas, tandis que Louisa couchait les deux petits, sortit, et alla s'asseoir à quelques pas de la maison, au bord du fleuve. Christophe l'y suivit par désœuvrement; et, comme d'habitude, il le persécuta de ses agaceries de jeune chien, jusqu'à ce qu'il fût essoufflé et se laissât rouler sur l'herbe à ses pieds. Couché sur le ventre, il s'enfonça le nez dans le gazon. Quand il eut repris haleine, il chercha quelque nouvelle sottise à dire; et, l'ayant trouvée, il la cria, en se tordant de rire, la figure toujours enfouie en terre. Rien ne lui répondit. Étonné de ce silence, il leva la tête, et s'apprêta à redire son bon mot. Son regard rencontra le visage de Gottfried, éclairé par les dernières lueurs du jour qui s'éteignait, dans des vapeurs dorées. Sa phrase lui resta dans la gorge. Gottfried souriait, les yeux à demi fermés, la bouche entr'ouverte; et sa figure souffreteuse était d'un sérieux indicible. Christophe, appuyé sur les coudes, se mit à l'observer. La nuit venait; la figure de Gottfried s'effaçait peu à peu. Le silence régnait. Christophe fut pris à son tour par les impressions mystérieuses qui se reflétaient sur le visage de Gottfried. La terre était dans l'ombre, et le ciel était clair: les étoiles naissaient. Les petites vagues du fleuve clapotaient sur la rive. L'enfant s'engourdissait; il mâchait, sans les voir, de petites tiges d'herbes. Un grillon criait près de lui. Il lui semblait qu'il allait s'endormir.... Brusquement, dans l'obscurité, Gottfried chanta. Il chantait d'une voix faible, voilée, comme intérieure; on n'aurait pu l'entendre à vingt pas. Mais elle avait une sincérité émouvante; on eût dit qu'il pensait tout haut, et qu'au travers de cette musique, comme d'une eau transparente, on pût lire jusqu'au fond de son cœur. Jamais Christophe n'avait entendu chanter ainsi. Et jamais il n'avait entendu une pareille chanson. Lente, simple, enfantine, elle allait d'un pas grave, triste, un peu monotone, sans se presser jamais,—avec de longs silences,—puis se remettait en route, insoucieuse d'arriver, et se perdait dans la nuit. Elle semblait venir de très loin, et allait on ne sait où. Sa sérénité était pleine de trouble; et, sous sa paix apparente, dormait une angoisse séculaire. Christophe ne respirait plus, il n'osait faire un mouvement, il était tout froid d'émotion. Quand ce fut fini, il se traîna vers Gottfried, et, la gorge serrée:
—Oncle!... demanda-t-il.
Gottfried ne répondit pas.
—Oncle! répéta l'enfant, en posant ses mains et son menton sur les genoux de Gottfried.
老人は彼を引寄せた。クリストフはその膝の上に身を投げ、その胸の中に顔を隠した。彼は嬉しさに真赤になっていた。老人は、彼よりもなおいっそう嬉しかったが、わざと平気を装った調子で――感動しかかってることにみずから気づいていたから――言った。
「もちろん私が伴奏を加えたし、また歌のキャラクテールに和声を入れておいた。それから……(彼は咳をした)……それから、メヌエットにトリオを加えた。なぜなら……なぜなら、それが習慣だから……それに……とにかく、悪くなったとは思わないよ。」
彼はその曲をひいた。――クリストフは祖父と共作したことがたいへん得意だった。
「では、お祖父さん、あなたの名前も入れなけりゃいけないよ。」
「それには及ばないさ。お前より他の人に知らせる必要はない。ただ……(ここで彼の声は震えた)……ただ、後になって、私がもういなくなった時、お前はこれを見て、お前の年取ったお祖父さんを思い出してくれるだろう、ねえ! お祖父さんを忘れやしないね。」
あわれな老人はすっかり言いきれなかった。彼は自分より長い生命があるに違いないと感じた孫の作品中に、自分の拙い一節を插入するという、きわめて罪ない楽しみを、制することができなかったのである。けれども、今から想像してるその光栄に与りたいという彼の願望は、いたって謙譲な哀れ深いものだった。なぜなら、彼はまったく死滅してしまわないために、おのれの思想の一片を無名で残しておけば、それで満足していたから。――クリストフはいたく感動して、彼の顔にやたらに接吻した。老人はますます心を動かされて、彼の頭を抱きしめた。
「ねえ、思い出してくれるだろうね。今後、お前が立派な音楽家となり、偉い芸術家となって、一家の光栄となり、芸術の光栄となり、祖国の光栄となった時に、有名になった時に、お前を最初に見現わし、お前の将来を予言したのは、この年とったお祖父さんだったということを、思い出してくれるだろうね。」
彼は自分の言葉を聞きながら、眼に涙をたたえていた。しかし彼はそういう気弱い様子を見せたくなかった。激しく咳払いをし、気むずかしい様子をし、原稿を大事そうにしまいながら、子供を帰した。
クリストフは嬉しさに我を忘れて家へ帰っていった。小石は彼のまわりに踊っていた。ところが家の者から受けた待遇は、彼の酔を少しさましてしまった。彼がすっかり得意になって、自然に急きこんで音楽上の手柄話を始めると、頭から両親に怒鳴りつけられた。母は彼をひやかした。メルキオルは、あの老人は気違いで、子供のことにおせっかいを出すより自分の身に注意する方がいい、と言い放った。またクリストフの方では、そんな児戯に類したことには取合わずに、すぐさまピアノに向かって、四時間の練習をし、父親を喜ばすのがほんとうだそうだった。まず第一に、早く弾き方を覚ゆることに努むべきであって、作曲などということは、もうこれ以上することがないという時になって、それから取りかかっても遅くはないそうだった。
それらの賢い言葉から考えると、メルキオルは、子供のうちに早熟な高慢心が増長するの危険を、あらかじめ防いでやるつもりでいるらしくも思われるのだったが、実はそうではなかった。むしろその反対であるのをすぐに示すことになった。しかし彼は、音楽に表現すべきなんらの観念をもかつてみずからもったことがなかったし、また表現しようという少しの欲求をももったことがなかったので、演奏の技倆に自惚れたあまりついには、作曲は第二義的のものであると考え、演奏者の手腕のみが作曲にすべての価値を与えるものだと考えるようになっていた。もちろん彼とて、ハスレルのような大作曲家によつて惹起こされる感激に、無感覚ではなかった。世人の歓迎にたいしては、いつも成功ということにたいして感ずる尊敬の念をいだいた――人知れず多少の嫉妬を交えた尊敬の念を。なぜなら、それらの喝采を横取りされたような気がしていたから。しかしまた、偉い名手の成功も、それに劣らずはなばなしいものであって、快い媚惑的な結果からいえば、さらに個人的なさらに豊かなものであるということを、経験上知っていた。彼は楽匠らの才能に深い敬意を表するふうを装っていたが、しかし彼らの知力と品行とに悪評を与えるようなおかしな逸話は、いつも喜んでしゃべり回っていた。彼は演奏技倆を芸術の最高点においていた。なぜなら、彼自身の言によると、舌は人体の最も高尚な部分であるということは明らかな事実で、言葉を伴わない思想はなんの役にもたたないし、演奏を伴わない音楽はなんの役にもたたないということも、知れわたった事実であった。
がとにかく、彼がクリストフに与えた訓戒の理由はどうであったにせよ、その訓戒は、祖父の賛辞に危く失いかけていた平衡を、子供に取りもどさせるのに無益ではなかった。否それでも足りないくらいだった。クリストフはやはり、祖父の方が父よりもはるかに知力がすぐれてると判断していた。そして厭な顔をせずにピアノに向かうのも、父の言葉に従うためであるというよりむしろ、機械的に指を鍵盤の上に走らせながら、いつものとおり勝手に夢想に耽らんがためであった。いつまでも終ることのない練習をなしながら、彼は高慢な声が自分のうちでくり返すのを聞いていた。「おれは作曲家だ、偉い作曲家だ。」
その日以来彼は、作曲家であったから、作曲にとりかかった。字を書くこともろくに知らないうちから、家計簿の紙をもぎ取り、四分音符や八分音符を一生懸命に書きちらした。しかし、自分の考えてることを知るために、またそれをはっきり書き現わすために、非常に骨折っていたので、ついには、何かを考えようとする時以外には、もう何も考えなくなってしまった。それでも彼はやはり楽句を組立てようと力んでいた。そして彼はもとより音楽家だったから、まだなんの意味をもなさないものではあったがともかくも楽句をこしらえ出した。すると彼は揚々としてそれを祖父のもとへもって行った。祖父は嬉し涙を流した――彼はもう年を取ったので涙もろかった――そして素敵なものだと言ってくれた。
彼はまったく甘やかされて駄目になるところだった。しかし幸いにも、生まれつき聡明な性質は、ある一人の男の影響に助けられて、彼を救い上げた。その男の方では、だれかに影響を与えようなどとはみずから思ってもいなかったし、だれの眼から見ても着実の見本にしかすぎないのであった。――それはルイザの兄であった。
彼はルイザと同じく小柄で、痩せて、ひ弱で、少し猫背だった。年齢はよくわからなかった。四十歳を越してるはずはなかったが、見たところでは五十歳かその上にも思われた。皺寄った赤味がかった小さな顔をして、人のよさそうな青い眼は、やや色褪せた瑠璃草のようにごく蒼白かった。隙間風が当たるのを恐れてどこででも寒そうに帽子をかぶっていたが、その帽子をぬぐと、円錐形の赤い小さな禿頭が現われた。クリストフと弟たちはそれを面白がった。髪の毛をどうしたかと尋ねたり、メルキオルの露骨な戯言に乗せられて禿をたたくぞとおどかしたりしながら、彼らはいつもそのことで彼をからかって倦きなかった。すると彼はまっ先に笑い出して、されるままになって少しも怒らなかった。彼は小さな行商人であった。村から村へと渡り歩いていた。背にかついでる大きな梱の中には、あらゆる物がはいっていた、香料品、紙類、糖菓類、ハンケチ、襟巻、履物、罐詰、暦、小唄集、薬品など。家の人たちは幾度も、ちょっとした店の株を、雑貨屋や小間物屋を買い与えて、そこに落着くように勧めたことがあった。しかし彼は腰を据えることができなかった。夜中に起き上がって、戸の下に鍵を置き、梱をかついで出かけてしまった。いく月もつづいて姿を見せなかった。それからまたもどって来た。夕方、だれかが戸にさわる音がした。扉が少し開いた。そして、丁寧に帽子をぬいだ小さな禿頭が、人のいい眼付とおずおずした微笑といっしょに、そこに現われた。
「皆さん今晩は、」と彼は言った。はいる前によく靴を拭き、皆に一人一人年長順に挨拶をし、室のいちばん末席に行ってすわった。そこで彼はパイプに火をつけ、背をかがめて、例の悪洒落の嵐が過ぎ去るのを静かに待った。二人のクラフト、祖父と父とは、彼にたいして嘲弄的な軽蔑をいだいていた。その矮小な男が彼らにはおかしく思われた、そして行商人という賤しい身分に自尊心を傷つけられていた。彼らはそのことをあからさまに見せつけていた。しかし彼は気づかないらしかった。彼らに深い敬意を示していた。そのために彼らはいくらか和らげられた。とくに老人の方は、他人が示してくれる尊敬にいたく感じやすくて、気分を和げられた。彼らはルイザがそばで顔を真赤にするほどひどい戯言を浴せかけて、それで満足していた。ルイザはクラフト家の人たちのすぐれてることを議論なしにいつも承認していたから、夫と舅との方が不当だとは夢にも思っていなかった。しかし彼女は兄をやさしく愛していたし、兄も彼女に無言の敬愛をいだいていた。彼らは二人きりで他に身寄りの者もなく、二人とも生活に虐げられさいなまれて惨めな姿になっていた。人知れず忍んできた同じ辛苦とたがいの憐憫との絆が、悲しいやさしみをもって二人をいっしょに結びつけていた。生きるために、愉快に生きるために堅固にできあがってる、頑丈な騒々しい荒っぽいクラフト家の人たちの間にあって、いわば人生の外部か傍かに捨てられたこの弱い善良な二人は、かつて一言も口には出さなかったが、たがいに理解したがいに憐れみ合っていた。
クリストフは幼年の残酷な軽佻さで、父と祖父とに倣ってこの小商人を軽蔑していた。おかしな玩具かなんぞのように彼を面白がっていた。馬鹿げた意地悪さで彼をからかっていた。それを彼は泰然と落着き払って我慢していた。けれどもクリストフは、みずから知らず知らずに彼を好んでいた。まず第一に、思うままになる柔順な玩具として彼を好きだった。それからまた、菓子か絵か面白い新案物か、待ち甲斐のある何かいいことがいつもあったので、彼を好きだった。その小男がもどって来るのは子供たちの喜びだった、いつも思いがけない余得があったから。彼はいかにも貧乏ではあったが、どうにか工面をして一人一人に土産物をもってきてくれた。そして家の人々の祝い日をそれぞれ忘れたことがなかった。祝日にはきまって姿を見せた。そしてポケットから、心をこめて選んだかわいい贈物を取出した。だれも礼をいうことさえ忘れるほどそれに慣れきっていた。そして彼は贈物をするという楽しみで十分報われてるらしかった。しかしクリストフは、いつもよく眠れなかったし、夜の間に昼間の出来事を頭の中で反覆させるのが常だったので、時々、叔父はたいへん親切だと考えることがあった。そしてその憐れな男にたいして感謝の念がこみ上げてきた。しかし昼になると、もう愚弄することしか考えないで、少しもその様子を示さなかった。その上クリストフはまだあまり小さかったので、善良さの価値が十分にわからなかった。子供の言葉においては、善良と馬鹿とはほとんど同意義語である。叔父ゴットフリートはその生きた証拠らしかった。
ある晩、メルキオルが夕食をしに町に出かけた時、ゴットフリートは下の広間に一人残っていたが、ルイザが二人の子供を寝かしてる間に、外に出て、数歩先の河岸に行き、そこにすわった。クリストフはひまだったのでその後について行った。そしていつものとおり、子犬のようにじゃれついて彼をいじめたあげく、ついに息を切らして、彼の足下の草の上に身を転がした。腹這いになって顔を芝生に埋めた。息切れが止まると、また何か悪口を言ってやろうと考えた。そして悪口が見つかったので、やはり顔を地面に埋めたまま、笑いこけながらそれを大声に言ってやった。なんの返辞もなかった。その沈黙にびっくりして、彼は頭をあげ、その面白い戯言をふたたび言ってやろうとした。すると彼の眼はゴットフリートの顔に出会った。その顔は、金色の靄の中に消えてゆく太陽の名残りの光りに照らされていた。クリストフの言葉は喉元につかえた。ゴットフリートは眼を半ば閉じ、口を少し開いて、ぼんやり微笑んでいた。彼の痛ましい顔はなんともいえぬ誠実さを帯びていた。クリストフは頬杖をついて彼を見守り始めた。夜になりかかっていた。ゴットフリートの顔は少しずつ消えていった。あたりはひっそりとしていた。ゴットフリートの顔に反映してる神秘的な印象に、クリストフも巻きこまれていった。地面は影に包まれ、空は明るかった。星が見えだしていた。河の小波が岸にひたひたと音をたてていた。子供は気がぼんやりしてきた。眼にも見ないで草の小さな茎を噛んでいた。蟋蟀が一匹そばで鳴いていた。彼は眠りかかるような気持[#「気持」は底本では「気待」]になった。……と突然暗い中で、ゴットフリートが歌いだした。胸の中で響くような朧ろな弱い声で歌った。少し離れると聞こえないくらいの声だった。しかしそれには心惹かるる誠がこもっていた。声高に考えてるともいえるほどだった。あたかも透明な水を通してのように、その音楽を通して、彼の心の奥底まで読み取られる、ともいえるほどだった。クリストフはかつてそんなふうに歌われるのを聞いたことがなかった。またかつてそんな歌を聞いたことがなかった。ゆるやかな簡単な幼稚な歌であって、重々しい寂しい多少単調な足どりで、決して急ぐことなく進んでいった――長い沈黙を伴って――それからまた行方もかまわず進みだし、夜のうちに消えていった。ごく遠くからやって来るようで、どこへ行くのかわからなかった。その朗らかさの中には惑乱が満ちていた。平和な表面の下には、長い年月の苦悶が眠っていた。クリストフはもう息もつかず、身を動かすこともできないで、感動のあまり冷たくなっていた。歌が終ると、ゴットフリートの方へはい寄った。そして喉をかすらして尋ねた。
「叔父さん!……」
ゴットフリートは答えなかった。
「叔父さん!」と子供はくり返して、彼の膝に両手と頤とをのせた。
La voix affectueuse de Gottfried dit:
—Mon petit...
—Qu'est-ce que c'est, oncle? Dis! Qu'est-ce que tu as chanté?
—Je ne sais pas.
—Dis ce que c'est!
—Je ne sais pas. C'est une chanson.
—C'est une chanson de toi?
—Non, pas de moi! quelle idée!... C'est une vieille chanson.
—Qui l'a faite?
—On ne sait pas...
—Quand?
—On ne sait pas...
—Quand tu étais petit?
—Avant que je fusse au monde, avant qu'y fût mon père, et le père de mon père, et le père du père de mon père... Cela a toujours été.
—Comme c'est étrange! Personne ne m'en a jamais parlé.
Il réfléchit un moment:
—Oncle, est-ce que tu en sais d'autres?
—Oui.
—Chante une autre, veux-tu?
—Pourquoi chanter une autre? Une suffit. On chante, quand on a besoin de chanter, quand il faut qu'on chante. Il ne faut pas chanter pour s'amuser.
—Mais pourtant, quand on fait de la musique?
—Ce n'est pas de la musique.
Le petit resta pensif. Il ne comprenait pas très bien. Cependant, il ne demanda pas d'explications: c'est vrai, ce n'était pas de la musique, de la musique comme les autres. Il reprit:
—Oncle, est-ce que toi, tu en as fait?
—Quoi donc?
—Des chansons!
—Des chansons? oh! comment est-ce que j'en ferais? Cela ne se fait pas.
L'enfant insistait avec sa logique habituelle:
—Mais, oncle, cela a été fait pourtant une fois...
Gottfried secouait la tête avec obstination:
—Cela a toujours été.
L'enfant revenait à la charge:
—Mais, oncle, est-ce qu'on ne peut pas en faire d'autres, de nouvelles?
—Pourquoi en faire? Il y en a pour tout. Il y en a pour quand tu es triste, et pour quand tu es gai; pour quand tu es fatigué, et que tu penses à la maison qui est loin; pour quand tu te méprises, parce que tu as été un vil pécheur, un ver de terre; pour quand tu as envie de pleurer, parce que les gens n'ont pas été bons avec toi; et pour quand tu as le cœur joyeux, parce qu'il fait beau et que tu vois le ciel de Dieu, qui, lui, est toujours bon, et qui a l'air de te rire... Il y en a pour tout, pour tout. Pourquoi est-ce que j'en ferais?
—Pour être un grand homme! dit le petit, tout plein des leçons de son grand-père et de ses rêves naïfs.
Gottfried eut un petit rire doux. Christophe, un peu vexé, demanda:
—Pourquoi ris-tu?
Gottfried dit:
—Oh! moi, je ne suis rien.
Et, caressant la tête de l'enfant, il demanda:
—Tu veux donc être un grand homme, toi?
—Oui, répondit fièrement Christophe.
Il croyait que Gottfried allait l'admirer. Mais Gottfried répondit:
—Pourquoi faire?
Christophe fut interloqué. Après avoir cherché, il dit:
—Pour faire de belles chansons!
Gottfried rit de nouveau, et dit:
—Tu veux faire des chansons, pour être un grand homme; et tu veux être un grand homme, pour faire des chansons. Tu es comme un chien qui tourne après sa queue.
Christophe fut très froissé. À tout autre moment, il n'eut pas supporté que son oncle, dont il avait l'habitude de se moquer, se moquât de lui à son tour. Et, en même temps, il n'eût jamais pensé que Gottfried pût être assez intelligent pour l'embarrasser par un raisonnement. Il chercha un argument, ou une impertinence à lui répondre, et ne trouva rien. Gottfried continuait:
—Quand tu serais grand, comme d'ici à Coblentz, jamais tu ne feras une seule chanson.
Christophe se révolta:
—Et si je veux en faire!...
—Plus tu veux, moins tu peux. Pour en faire, il faut être comme eux. Écoute...
La lune s'était levée, ronde et brillante, derrière les champs. Une brume d'argent flottait au ras de terre, et sur les eaux miroitantes. Les grenouilles causaient, et l'on entendait dans les prés la flûte mélodieuse des crapauds. Le trémolo aigu des grillons semblait répondre au tremblement des étoiles. Le vent froissait doucement les branches des aulnes. Des collines au-dessus du fleuve, descendait le chant fragile d'un rossignol.
—Qu'est-ce que tu as besoin de chanter? soupira Gottfried, après un long silence.—(On ne savait s'il se parlait à lui-même, ou à Christophe.)—Est-ce qu'ils ne chantent pas mieux que tout ce que tu pourras faire?
Christophe avait bien des fois entendu tous ces bruits de la nuit. Mais jamais il ne les avait entendus ainsi. C'est vrai: qu'est-ce qu'on avait besoin de chanter?... Il se sentait le cœur gonflé de tendresse et de chagrin. Il aurait voulu embrasser les prés, le fleuve, le ciel, les chères étoiles. Et il était pénétré d'amour pour l'oncle Gottfried, qui lui semblait maintenant le meilleur, le plus intelligent, le plus beau de tous. Il pensait combien il l'avait mal jugé; et il pensait que l'oncle était triste, parce que Christophe le jugeait mal. Il était plein de remords. Il éprouvait le besoin de lui crier: «Oncle, ne sois plus triste, je ne serai plus méchant! Pardonne-moi, je t'aime bien!» Mais il n'osait pas.—Et tout d'un coup, il se jeta dans les bras de Gottfried; mais sa phrase ne voulait pas sortir; il répétait seulement: «Je t'aime bien!» et il l'embrassait passionnément. Gottfried, surpris et ému, répétait: «Et quoi? Et quoi?» et il l'embrassait aussi.—Puis il se leva, lui prit la main, et dit: «Il faut rentrer.» Christophe revenait triste que l'oncle n'eût pas compris. Mais, comme ils arrivaient à la maison, Gottfried lui dit: «D'autres soirs, si tu veux, nous irons encore entendre la musique du bon Dieu, et je te chanterai d'autres chansons.» Et quand Christophe l'embrassa, plein de reconnaissance, en lui disant bonsoir, il vit bien que l'oncle avait compris.
Depuis lors, ils allaient souvent se promener ensemble, le soir; et ils marchaient sans causer, le long du fleuve, ou à travers les champs. Gottfried fumait sa pipe lentement, et Christophe lui donnait la main, un peu intimidé par l'ombre. Ils s'asseyaient dans l'herbe; et, après quelques instants de silence, Gottfried lui parlait des étoiles et des nuages; il lui apprenait à distinguer les souffles de la terre et de l'air et de l'eau, les chants, les cris, les bruits du petit monde voletant, rampant, sautant ou nageant, qui grouille dans les ténèbres, et les signes précurseurs de la pluie, et du beau temps, et les instruments innombrables de la symphonie de la nuit. Parfois Gottfried chantait des airs tristes ou gais, mais toujours de la même sorte; et toujours Christophe retrouvait à l'entendre le même trouble. Jamais il ne chantait plus d'une chanson par soir; et Christophe avait remarqué qu'il ne chantait pas volontiers, quand on le lui demandait; il fallait que cela vînt de lui-même, quand il en avait envie. On devait souvent attendre longtemps, sans parler; et c'était au moment où Christophe pensait: «Voilà! il ne chantera pas ce soir...», que Gottfried se décidait.
Un soir que Gottfried ne chantait décidément pas, Christophe eut ridée de lui soumettre une de ses petites compositions, qui lui donnaient à faire tant de peine et d'orgueil. Il voulait lui montrer quel artiste il était. Gottfried l'écouta tranquillement; puis il dit:
—Comme c'est laid, mon pauvre Christophe!
Christophe en fut si mortifié qu'il ne trouva rien à répondre. Gottfried reprit, avec commisération:
—Pourquoi as-tu fait cela? C'est si laid! Personne ne t'obligeait à le faire.
Christophe protesta, rouge de colère:
—Grand-père trouve ma musique très bien, cria-t-il.
—Ah! fit Gottfried, sans se troubler. Il a raison sans doute. C'est un homme bien savant. Il se connaît en musique. Moi, je ne m'y connais pas...
Et, après un moment:
—Mais je trouve cela très laid.
Il regarda paisiblement Christophe, vit son visage dépité, sourit, et dit:
—As-tu fait d'autres airs? Peut-être j'aimerai mieux les autres que celui-ci.
Christophe pensa qu'en effet ses autres airs effaceraient l'impression du premier; et il les chanta tous. Gottfried ne disait rien; il attendait que ce fût fini. Puis, il secoua la tête, et dit avec une conviction profonde:
—C'est encore plus laid.
Christophe serra les lèvres; et son menton tremblait: il avait envie de pleurer. Gottfried, comme consterné lui-même, insistait:
—Comme c'est laid!
Christophe, la voix pleine de larmes, s'écria:
—Mais enfin, pourquoi est-ce que tu dis que c'est laid?
Gottfried le regarda avec ses yeux honnêtes:
—Pourquoi?... Je ne sais pas... Attends... C'est laid,... d'abord, parce que c'est bête... Oui, c'est cela... C'est bête, cela ne veut rien dire... Voilà. Quand tu as écrit cela, tu n'avais rien à dire. Pourquoi as-tu écrit cela?
—Je ne sais pas, dit Christophe d'une voix lamentable. Je voulais écrire un joli morceau.
—Voilà! Tu as écrit pour écrire. Tu as écrit pour être un grand musicien, pour qu'on t'admirât. Tu as été orgueilleux, tu as menti: tu as été puni... Voilà! On est toujours puni, lorsqu'on est orgueilleux et qu'on ment, en musique. La musique veut être modeste et sincère. Autrement, qu'est-ce qu'elle est? Une impiété, un blasphème contre le Seigneur, qui nous a fait présent du beau chant pour dire des choses vraies et honnêtes.
Il s'aperçut du chagrin du petit et voulut l'embrasser. Mais Christophe se détourna avec colère: et plusieurs jours, il le bouda. Il haïssait Gottfried.—Mais il avait beau se répéter: «C'est un âne! Il ne sait rien, rien! Grand-père, qui est bien plus intelligent, trouve que ma musique est très bien»;—au fond de lui-même, il savait que c'était son oncle qui avait raison; et les paroles de Gottfried se gravaient en lui: il avait honte d'avoir menti.
Aussi, malgré sa rancune tenace, pensait-il toujours à l'oncle maintenant, quand il écrivait de la musique; et souvent il déchirait ce qu'il avait écrit, par honte de ce que Gottfried en aurait pu penser. Quand il passait outre et écrivait un air, qu'il savait ne pas être tout à fait sincère, il le lui cachait soigneusement; il tremblait devant son jugement; et il était tout heureux, quand Gottfried disait simplement d'un de ses morceaux: «Ce n'est pas trop laid... J'aime...»
Parfois aussi, pour se venger, sournoisement il lui jouait le tour de lui présenter, comme siens, des airs de grands artistes; et il était dans la jubilation, quand Gottfried, par hasard, les trouvait détestables. Mais Gottfried ne se troublait pas. Il riait de bon cœur, en voyant Christophe battre des mains, et gambader de joie autour de lui; et il revenait toujours à son argument ordinaire: «C'est peut-être bien écrit, mais cela ne dit rien.»—Jamais il ne voulut assister à un des petits concerts qu'on donnait à la maison. Si beau que fût le morceau, il commençait à bailler et prenait un air hébété d'ennui. Bientôt il n'y tenait plus, et s'esquivait sans bruit. Il disait:
—Vois-tu, petit: tout ce que tu écris dans la maison, ce n'est pas de la musique. La musique dans la maison, c'est le soleil en chambre. La musique est dehors, quand tu respires le cher petit air du bon Dieu.
Il parlait toujours du bon Dieu: car il était très pieux, à la différence des deux Krafft, père et fils, qui faisaient les esprits forts, tout en se gardant bien de manger gras le vendredi.
Soudain, sans que l'on sût pourquoi, Melchior changea d'avis. Non seulement il approuva que grand-père eût recueilli les inspirations de Christophe; mais, à la grande surprise de ce dernier, il passa plusieurs soirs à faire de son manuscrit deux ou trois copies. À toutes les questions qu'on lui adressait à ce sujet, il répondait d'un air important qu'«on verrait...»; ou bien il se frottait les mains en riant, frictionnait à tour de bras la tête du petit, par manière de plaisanterie, ou lui administrait joyeusement des claques sur les fesses. Christophe détestait ces familiarités; mais il voyait que son père était content, et il ne savait pourquoi.
Il y eut entre Melchior et le grand-père des conciliabules mystérieux. Et, un soir, Christophe, très étonné, apprit qu'il avait, lui, Christophe, dédié à S. A. S. le grand-duc Léopold les Plaisirs du Jeune Age, Melchior avait fait pressentir les intentions du prince, qui s'était montré gracieusement disposé à accepter l'hommage. Là-dessus, Melchior triomphant déclara qu'il fallait, sans perdre un moment: primo, rédiger la demande officielle au prince;—secundo, publier l'œuvre;—tertio, organiser un concert afin de la faire entendre.
Melchior et Jean-Michel eurent encore de longues conférences. Pendant deux ou trois soirs, ils discutèrent avec animation. Il était défendu de venir les troubler. Melchior écrivait, raturait, raturait, écrivait. Le vieux parlait tout haut, comme s'il disait des vers. Parfois, ils se fâchaient, ou tapaient sur la table, parce qu'ils ne trouvaient pas un mot.
Puis, on appela Christophe, on l'installa devant la table, une plume entre les doigts, flanqué de son père à droite, à gauche de son grand père; et ce dernier commença à lui faire une dictée, à laquelle il ne comprit rien, parce qu'il avait une peine considérable à écrire chaque mot, parce que Melchior lui criait dans l'oreille, et parce que le vieux déclamait d'un ton si emphatique que Christophe, troublé par le son des paroles, ne pensait même plus à en écouter le sens. Le vieux n'était pas moins ému. Il n'avait pu rester assis; il se promenait à travers la chambre, en mimant les expressions de son texte; mais à tout instant, il venait regarder sur la page du petit; et Christophe, intimidé par les deux grosses têtes, penchées sur son dos, tirait la langue, ne pouvait plus tenir sa plume, avait les yeux troubles, faisait des jambages de trop, ou brouillait tout ce qu'il avait écrit;—et Melchior hurlait; et Jean-Michel tempêtait;—et il fallait recommencer, et encore recommencer; et, quand on se croyait enfin arrivé au bout, sur la page irréprochable tombait un superbe pâté:—alors on lui tirait les oreilles, et il fondait en larmes; mais on lui défendait de pleurer, parce qu'il tachait le papier;—et on reprenait la dictée, depuis la première ligne; et il croyait que cela durerait ainsi jusqu'à la fin de sa vie.
Enfin, on en vint à bout; et Jean-Michel, adossé à la cheminée, relut l'œuvre d'une voix qui tremblait de plaisir, tandis que Melchior, renversé sur sa chaise, regardait le plafond, et, hochant le menton, dégustait en fin connaisseur le style de l'épître qui suit;
ゴットフリートのやさしい声が言った。
「坊や……。」
「それはなんなの、叔父さん! 教えておくれよ。叔父さんが歌ったのはなんなの?」
「知らないよ。」
「なんだか言っておくれよ。」
「知らないよ。歌だよ。」
「叔父さんの歌かい。」
「おれんなもんか、馬鹿な!……古い歌だよ。」
「だれが作ったの?」
「わからないね……。」
「いつできたの?」
「わからないよ……。」
「叔父さんが小さい時分にかい?」
「おれが生まれる前だ、おれのお父さんが生まれる前、お父さんのお父さんが生まれる前、お父さんのお父さんのまたお父さんが生まれる前……。この歌はいつでもあったんだ。」
「変だね! だれもそんなことを言ってくれなかったよ。」
彼はちょっと考えた。
「叔父さん、まだ他のを知ってるかい?」
「ああ。」
「も一つ歌ってくれない?」
「なぜも一つ歌うんだ? 一つでたくさんだよ。歌いたい時に、歌わなけりゃならない時に、歌うものだ。面白半分に歌っちゃいけない。」
「だって、音楽をこしらえる時には?」
「これは音楽じゃないよ。」
子供は考えこんだ。よくわからなかった。でも彼は説明を求めはしなかった。なるほどそれは、音楽では、他の歌みたいに音楽ではなかった。彼は言った。
「叔父さん、叔父さんはこしらえたことがあるかい?」
「何をさ?」
「歌を。」
「歌? なあにどうしておれにできるもんか。それはこしらえられるもんじゃないよ。」
子供はいつもの論法で言い張った。
「でも、叔父さん、一度はこしらえたに違いないよ。」
ゴットフリートは頑として頭を振った。
「いつでもあったんだ。」
子供は言い進んだ。
「だって、叔父さん、他のを、新しいのを、こしらえることはできないのかい?」
「なぜこしらえるんだ? もうどんなんでもあるんだ。悲しい時のもあれば、嬉しい時のもある。疲れた時のもあれば、遠い家のことを思う時のもある。自分が賤しい罪人だったから、虫けらみたいなつまらない者だったからといって、自分の身が厭になった時のもある。他人が親切にしてくれなかったからといって、泣きたくなったときのもある。天気がいいからといって、そしていつも親切で笑いかけてくださるような神様の大空が見えるからといって、心が楽しくなった時のもある。……どんなんでも、どんなんでもあるんだよ。なんで他のをこしらえる必要があるもんか。」
「偉い人になるためにさ!」と子供は言った。彼は祖父の教訓とあどけない夢想とに頭が満されていた。
ゴットフリートは穏かな笑いをちょっと見せた。クリストフは少しむっとして尋ねた。
「なぜ笑うんだい!」
ゴットフリートは言った。
「ああおれは、おれはつまらない者さ。」
そして子供の頭をやさしくなでながら尋ねた。
「じゃあお前は偉い人になりたいんだな。」
「そうだよ。」とクリストフは得意げに答えた。
彼はゴットフリートからほめられることと信じていた。しかしゴットフリートはこう答え返した。
「なんのために?」
クリストフはまごついた。考えてから言った。
「りっぱな歌をこしらえるためだよ!」
ゴットフリートはまた笑った。そして言った。
「偉い人になるために歌をこしらえたいんだね、そして歌をこしらえるために偉い人になりたいんだね。お前は、尻尾を追っかけてぐるぐる回ってる犬みたいだ。」
クリストフはひどく癪にさわった。他の時なら、いつも嘲弄している叔父からあべこべに嘲弄されるのに、我慢ができなかったかもしれない。そしてまた同時に、理屈で自分を困らすほどゴットフリートが利口であろうとは、かつて思いも寄らないことだった。彼はやり返してやるべき議論か悪口かを考えたが、何も見当たらなかった。ゴットフリートはつづけて言った。
「おまえがもし、ここからコブレンツまでもあるほど偉大な人になったにしろ、たった一つの歌もとうていできやすまい。」
クリストフはむっとした。
「もしこしらえたいと思ったら!……」
「思えば思うほどできないもんだ。歌をこしらえるには、あのとおりでなけりゃいけない。お聴きよ……。」
月は、野の向うに、丸く輝いてのぼっていた。銀色の靄が、地面に低く、また鏡のような水の上に、漂っていた。蛙が語り合っていた。牧場の中には、蟇の鳴く笛の音の旋律が聞こえていた。蟋蟀の鋭い顫音は、星の閃きに答えてるかと思われた。風は静かに、榛の木の枝を戦がしていた。河の上方の丘から、鶯のか弱い歌がおりてきた。
「何を歌う必要があるのか?」とゴットフリートは長い沈黙の後にほっと息をして言った――(自分自身に向かって言ってるのかクリストフに向かって言ってるのかわからなかった)――「お前がどんなものをこしらえようと、あれらの方がいっそうりっぱに歌ってるじゃないか。」
クリストフは幾度もそれら夜の音を聞いていた。しかしかつてこんなふうに聞いたことはなかった。ほんとうだ、何を人は歌う必要があるのか?……彼は心がやさしみと悲しみとでいっぱいになってくるのを感じた。牧場を、河を、空を、親しい星を、胸にかき抱きたかった。そして彼は叔父ゴットフリートにたいする愛情に浸された。今は皆のうちで、ゴットフリートがいちばんよく、いちばん賢く、いちばんりっぱに思われた。いかに彼を見誤っていたかを考えた。自分に見誤られたために叔父は悲しんでいると考えた。彼は後悔の念でいっぱいになった。こう叫びたい気がした。「叔父さん、もう悲しんではいやだ! もう意地悪はしないよ。許しておくれよ。僕は叔父さんが大好きだ!」しかし彼はあえて言い得なかった。――そしていきなり、彼はゴットフリートの腕に身を投げた。しかし文句が出なかった。彼はただくり返した。「ぼくは叔父さんが大好きだ!」そして心こめてひしと抱きしめた。ゴットフリートは驚きまた感動して、「なんだ? なんだ?」とくり返し、同じく彼を抱きしめた。――それから、彼は立ち上がり、子供の手を取り、そして言った、「帰らなけりゃならない。」クリストフは叔父から理解されなかったのではないかしらと、また悲しい気持になった。しかし二人が家に着いた時、ゴットフリートは彼に言った。「もしよかったら、また晩に、神様の音楽をききにいっしょに行こう。また他の歌も歌ってあげよう。」そしてクリストフは、感謝の念にいっぱいになって、別れの挨拶をしながら彼を抱擁した時、叔父が理解してくれてることをよく見てとった。
それ以来、二人は夕方、しばしばいっしょに散歩に出かけた。彼らは河に沿ったり野を横切ったりして、黙って歩いた。ゴットフリートはゆるやかにパイプをくゆらしていた。クリストフは少し影におびえて、彼に手を引かれていた。彼らは草の中にすわった。しばらく沈黙の後、ゴットフリートは星や雲のことを話してくれた。土や空気や水の息吹き、また飛んだり這ったり跳ねたり泳いだりしてる、暗闇の中でうよめく小世界の生物の、歌や叫びや音、また雨や天気の前兆、また夜の交響曲の無数の楽器、それらのものを一々聞き分けることを教えてくれた。時とすると、悲しい節や楽しい節を歌ってくれた。しかしそれはいつも同じ種類のものであった。クリストフはそれをきいていつも同じ切なさを感じた。ゴットフリートは決して一晩に一つの歌きり歌わなかった。頼まれても快く歌わないことを、クリストフは知っていた。歌いたい時自然に出てくるのでなければならなかった。黙って長い間待っていなければならないことが多かった。そして「もう今晩は歌わないんだろう……」とクリストフが考えてる時に、ゴットフリートは歌い出すのだった。
ある晩、ゴットフリートが確かに歌ってくれそうもない時、クリストフは自作の小曲を一つ彼に示そうと思いついた。作るのにたいへん骨折ったものであり、得意になってるものであった。自分がいかに芸術家であるかを見せつけたかった。ゴットフリートは静かに耳を傾けた。それから言った。
「実にまずいね、気の毒だが。」
クリストフは面目を失って、答うべき言葉も見出さなかった。ゴットフリートは憐れむように言った。
「どうしてそんなものをこしらえたんだい。いかにもまずい。だれもそんなものをこしらえろとは言わなかったろうにね。」
クリストフは憤りのあまり真赤になって言い逆った。
「お祖父さんはぼくの音楽をたいへんいいと思ってるよ。」と彼は叫んだ。
「ああ!」とゴットフリートは平気で言った、「そりゃ道理に違いない。あの人はたいへん学者だ。音楽に通じてる。ところがおれは音楽をよく知らないんだ。」
そしてちょっと間をおいて言った。
「だがおれは、たいへんまずいと思う。」
彼は穏かにクリストフを眺め、その不機嫌な顔を見、微笑んで言った。
「他にもこしらえた節があるかい。今のより他のものの方がおれには気に入るかもしれない。」
クリストフは他の節が最初のものの印象を実際消してくれるかもしれないと考えた。そしてあるたけ歌った。ゴットフリートはなんとも言わなかった。彼はおしまいになるのを待っていた。それから、頭を振って、深い自信ある調子で言った。
「なおまずい。」
クリストフは唇をくいしめた。頤が震えていた。泣き出したくなっていた。ゴットフリートは自分でもまごついてるように言い張った。
「実にまずい!」
クリストフは涙声で叫んだ。
「では、どうしてまずいというんだい?」
ゴットフリートは正直な眼付で彼を眺めた。
「どうしてって?……おれにはわからない……お待ちよ……実際まずい……第一、馬鹿げてるから……そうだ、そのとおりだ……馬鹿げてる、なんの意味もなさない……そこだ。それを書いた時、お前は何もいうべきことをもっていなかったんだ。なぜそんなものを書いたんだい?」
「知らないよ。」とクリストフは悲しい声で言った。「美しい楽曲を書きたかったんだよ。」
「それだ。お前は書くために書いたんだ。偉い音楽家になるために、人からほめられたいために、書いたんだ。お前は高慢だった、お前は嘘をついた、それで罰を受けたんだ……そこだ! 音楽では、高慢になって嘘をつけば、いつでも罰を受ける。音楽は謙遜で誠実であることを望む。もしそうでなかったら、音楽はなんだろう? 神様にたいする不信だ、冒涜だ、正直な真実なことをいうために美しい歌をわれわれに贈ってくだすった神様にたいしてね。」
彼は子供の悲しみに気がついて、抱擁してやろうとした。しかしクリストフは怒って横を向いた。そしていく日も不機嫌な顔を見せた。彼はゴットフリートを憎んでいた。――しかし、「あいつは馬鹿だ、何を知るもんか! ずっと賢いお祖父さんが、僕の音楽を素敵だと言ってるんだ」といくらみずからくり返しても甲斐がなかった。――心の底では、叔父の方が道理だと彼は知っていた。そしてゴットフリートの言葉は彼のうちに刻み込まれていた。彼は嘘をついたのが恥ずかしかった。
それで、彼はしつこく恨みを含んでいたものの、音楽を書く時には、今やいつでも叔父のことを考えていた。そしてしばしば、ゴットフリートにどう思われるだろうかと考えると恥ずかしくなって、書いてしまったものを引裂くこともあった。そういう気持を押しきって、全然誠実ではないとわかってるある節を書く時には、注意深く叔父に隠していた。彼は叔父の判断をびくびくしていた。そしてゴットフリートが、「さほどまずくはない……気に入った……」と、ただそれだけ楽曲の一つについて言ってくれると、彼は嬉しくてたまらなかった。
また時には、意趣返しに、大音楽家の曲調を自分のだと偽って、たちの悪い悪戯をやることもあった。そしてゴットフリートがたまたまそれをけなすと、彼は小躍りして喜んだ。しかしゴットフリートはまごつかなかった。クリストフが手をたたいてまわりを喜んではね回るのを見ながら、彼は人のよさそうに笑っていた。そしていつも例の持論に立ちもどった。「それはよく書いてあるかもしれない、しかしなんの意味ももってはいない。」――かつて彼は家で催される小演奏会に臨席するのを好まなかった。楽曲がいかほどりっぱであろうと、彼は欠伸をやりだして、退屈でぼんやりしたふうをしていた。やがて辛抱できないで、こっそり逃げ出した。彼はいつも言っていた。
「ねえ、坊や、お前が家の中で書くものは、みんな音楽じゃない。家の中の音楽は、室内の太陽と同じだ。音楽は家の外にあるのだ、神様のさわやかな貴い空気を少しお前が呼吸する時にね。」
彼はいつも神様のことを口にのぼせていた。彼は二人のクラフトと違って、きわめて信仰深かった。二人のクラフト、父と子とは、金曜日の斎日に肉食することを注意して避けながらも、神を恐れない者だと自任していたのである。
突然メルキオルは、なぜだかわからないが、意見を変えた。祖父がクリストフの逸品を集めてることに賛成したばかりでなく、クリストフが非常にびっくりしたことには、その原稿から二、三の写しをいく晩もかかってこしらえ上げた。それについて人から尋ねられると、彼は勿体ぶった様子をして、「今にわかるよ」と答えるきりだった。あるいはまた、笑いながら手をこすったり、戯れらしいふうで子供の頭を強くなでたり、彼の尻をたたいたりした。クリストフはそういうなれなれしさを非常に嫌った。しかし父が満足してることはわかっていた。そしてその理由はわからなかった。
それから、メルキオルと祖父との間に秘密な相談が行なわれた。そしてある晩クリストフは、クリストフみずから少年の快楽を大公爵レオポルト殿下にささげたということを聞いて、非常に驚いた。メルキオルは、その敬意を嘉納せられる思召しが大公爵にあるということを、前から匂わしていた。そこで、得意然たるメルキオルは、一刻も猶予なく次のことをしなければならないと宣言した。第一、大公爵に公の申請をすること――第二、作品を発表すること――第三、その作品を聞かせるために音楽会を催すこと。
メルキオルとジャン・ミシェルとは、なお長い相談をし合った。二晩三晩の間、彼らは勢い込んで論じ合った。だれも邪魔しに来ることを止められた。メルキオルは書いたり削ったり、削ったり書いたりしていた。老人は詩でも読むかのように、大声で話していた。時には二人で怒り出したり、言葉が見つからないでテーブルをたたいたりしていた。
それから、クリストフが呼ばれた。右には父が控え、左には祖父が控えて、彼をテーブルの前にすわらし、指にペンを握らした。祖父は彼に文句を書き取らせ始めた。彼は少しも理解できなかった。一語一語を書くのに非常に骨が折れたし、メルキオルが耳もとで怒鳴っていたし、また、祖父があまり強い調子で朗読するので、言葉の響きに驚かされて、その意味に耳を傾けることを考えもしなかったのである。老人の方も劣らず興奮していた。じっとすわっておれなかった。原文の意味を身振であらわしながら、室の中を歩き回っていた。しかし絶えず、子供の書いてる紙面を見にやって来た。クリストフは背中から覗き込んでる二つの大きな頭におびえて、長く舌を出し、もうペンを持つこともできず、眼が曇ってき、あまり字画を引張りすぎたり、あるいはごちゃこちゃに書きちらしたりした――メルキオルは喚きたて、ジャン・ミシェルは猛りたっていた――そして彼は書き直し、またさらに書き直さなければならなかった。ついに紙の終りまで書いたかと思うと、無瑕な紙面に大きなインキの雫が落ちかかった。――すると彼は耳を引張られた。わっと泣き出した。しかし紙に汚点がつくので泣くことも許されなかった。――そして、第一行から書取をやり直させられた。一生涯そんなことがつづくのかと思われた。
ついにはおしまいになった。ジャン・ミシェルは暖炉によりかかって、喜びのあまり震え声で、でき上がったものを読み返した。その間メルキオルは、椅子の上に反り返り、天井を眺めて、頤をゆすぶりながら、物知り顔に次の捧呈文の文体を吟味していた。
«Hautement Digne, Très sublime Altesse!
«Depuis ma quatrième année, la Musique commença d'être la première de mes occupations juvéniles. Aussitôt que j'eus lié commerce avec la noble Muse, qui incitait mon âme à de pures harmonies, je l'aimai; et, à ce qu'il me sembla, elle me paya de retour. Maintenant, j'ai atteint le sixième de mes ans; et, depuis quelque temps, ma Muse, souventefois, dans les heures d'inspiration, me chuchotait à l'oreille: «Ose! Ose! Écris les harmonies de ton âme!»—«Six années! pensais-je; et comment oserais-je? Que diraient de moi les hommes savants dans l'art?» J'hésitais. Je tremblais. Mais ma Muse le voulut... J'obéis. J'écrivis.
«Et maintenant, aurai-je,
ô Très Sublime Altesse!
aurai-je la téméraire audace de déposer sur les degrés de Ton Trône les prémices de mes jeunes travaux?... Aurai-je la hardiesse d'espérer que Tu laisseras tomber sur eux l'auguste approbation de Ton regard paternel?...
« Oh! oui! car les Sciences et les Arts ont toujours trouvé en Toi leur sage Mécène, leur champion magnanime; et le talent fleurit sous l'égide de Ta sainte protection.
«Plein de cette foi profonde et assurée, j'ose donc m'approcher de Toi avec ces essais puérils. Reçois-les comme une pure offrande de ma vénération, et daigne, avec bonté,
ô Très Sublime Altesse!
jeter les yeux sur eux et sur leur jeune auteur, qui s'incline à Tes pieds, dans un profond abaissement!
De Sa Hautement Digne, Très Sublime Altesse,
le parfaitement soumis,
fidèlement, très obéissant serviteur,
Jean-Christophe Krafft.»
Christophe n'entendit rien: il était trop heureux d'en être quitte; et, dans la crainte qu'on ne le fît recommencer encore, il se sauva dans les champs. Il n'avait nulle idée de ce qu'il avait écrit, et il ne s'en souciait point. Mais le vieux, après avoir terminé sa lecture, la reprit encore une fois, pour la mieux savourer; et quand ce fut fini, Melchior et lui déclarèrent que c'était un maître morceau. Ce fut aussi l'avis du grand-duc, à qui la lettre fut présentée, avec une copie de l'œuvre musicale. Il eut la bonté de faire dire que l'une et l'autre étaient d'un style charmant. Il autorisa le concert, ordonna de mettre à la disposition de Melchior la salle de son Académie de musique, et daigna promettre qu'il se ferait présenter le jeune artiste, le jour de son audition.
Melchior s'occupa donc d'organiser au plus vite le concert. Il s'assura le concours du Hof Musik Verein; et, comme le succès de ses premières démarches avait exalté ses idées de grandeur, il entreprit en même temps de faire paraître une édition magnifique des Plaisirs du Jeune Age. Il eût voulu faire graver sur la couverture le portrait de Christophe au piano, avec lui-même, Melchior, debout auprès de lui, son violon à la main. Il fallut y renoncer, non à cause du prix,—Melchior ne reculait devant aucune dépense,—mais du manque de temps. Il se rabattit sur une composition allégorique, qui représentait un berceau, une trompette, un tambour, un cheval de bois, entourant une lyre d'où jaillissaient des rayons de soleil. Le titre portait, avec une longue dédicace, où le nom du prince se détachait en caractères énormes, l'indication que «Monsieur Jean-Christophe Krafft était âgé de six ans». (Il en avait, à vrai dire, sept et demi.) La gravure du morceau coûta fort cher; il fallut, pour la payer, que son grand-père vendit un vieux bahut du dix-huitième siècle, avec des figures sculptées, dont il n'avait jamais voulu se défaire malgré les offres réitérées de Wormser le brocanteur. Mais Melchior ne doutait pas que les souscriptions ne couvrissent, et au delà, les dépenses du morceau.
Une autre question le préoccupait: celle du costume que Christophe porterait, le jour du concert. Il y eut à ce sujet un conseil de famille. Melchior eût souhaité que le petit pût se présenter en robe courte, et les mollets nus, comme un enfant de quatre ans. Mais Christophe était très robuste pour son âge; et chacun le connaissait: on ne pouvait se flatter de faire illusion à personne. Melchior eut alors une idée triomphale. Il décida que l'enfant serait mis en frac, avec une cravate blanche. En vain, la bonne Louisa protestait qu'on voulait rendre ridicule son pauvre garçon. Melchior escomptait justement le succès de douce gaieté, produite par cette apparition imprévue. Il en fut fait ainsi, et le tailleur vint prendre mesure pour l'habit du petit homme. Il fallut aussi du linge fin et des escarpins vernis, et tout cela encore coûta les yeux de la tête. Christophe était fort gêné dans ses nouveaux vêtements. Pour l'y accoutumer, on lui fit répéter, plusieurs fois, ses morceaux en costume. Depuis un mois, il ne quittait plus le tabouret de piano. On lui apprenait aussi à saluer. Il n'avait plus un instant de liberté. Il enrageait, mais n'osait se révolter: car il pensait qu'il allait accomplir un acte éclatant; et il en avait orgueil et peur. On le choyait d'ailleurs; on saignait qu'il n'eût froid; on lui serrait le cou dans des foulards; on chauffait ses chaussures, de peur qu'elles ne fussent mouillées; et, à table, il avait les meilleurs morceaux.
Enfin, le grand jour arriva. Le coiffeur vint présider à la toilette et friser la chevelure rebelle de Christophe; il ne la laissa point, qu'il n'en eût fait une toison de mouton. Toute la famille défila devant Christophe, et déclara qu'il était superbe. Melchior, après l'avoir dévisagé et retourné sur toutes les faces, se frappa le front, et alla chercher une large fleur, qu'il fixa à la boutonnière du petit. Mais Louisa, en l'apercevant, leva les bras au ciel et s'écria avec chagrin qu'il avait l'air d'un singe: ce qui le mortifia cruellement. Lui-même ne savait pas s'il devait être fier ou honteux de son accoutrement. D'instinct, il était humilié. Il le fut bien davantage au concert: ce devait être pour lui le sentiment dominant de cette mémorable journée.
Le concert allait commencer. La moitié de la salle était vide. Le grand-duc n'était pas venu. Un ami aimable et bien informé, comme il en est toujours, n'avait pas manqué d'apporter la nouvelle qu'il y avait réunion du Conseil au palais et que le grand-duc ne viendrait pas: il le savait de source sûre. Melchior, atterré, s'agitait, faisait les cent pas, se penchait à la fenêtre. Le vieux Jean-Michel se tourmentait aussi; mais c'était au sujet de son petit-fils: il l'obsédait de recommandations. Christophe était gagné par la fièvre des siens; il n'avait aucune inquiétude pour ses morceaux; mais la pensée des saluts qu'il devait faire au public le troublait; et à force d'y songer, cela devenait une angoisse.
Cependant, il fallait commencer: le public s'impatientait. L'orchestre duHof Musik Verein entama l'Ouverture de Coriolan. L'enfant ne connaissait ni Coriolan, ni Beethoven: car s'il avait souvent entendu des pages de celui-ci, c'était sans le savoir; jamais il ne s'inquiétait du nom des œuvres qu'il entendait; il les appelait de noms de son invention, forgeant à leur sujet de petites histoires, ou de petits paysages; il les classait d'ordinaire en trois catégories: le feu, la terre et l'eau, avec mille nuances diverses. Mozart appartenait à l'eau: il était une prairie au bord d'une rivière, une brume transparente qui flotte sur le fleuve, une petite pluie de printemps, ou bien un arc-en-ciel. Beethoven était le feu: tantôt un brasier aux flammes gigantesques et aux fumées énormes, tantôt une forêt incendiée, une nuée lourde et terrible, d'où la foudre jaillit, tantôt un grand ciel plein de lumières palpitantes, d'où l'on voit, avec un battement de cœur, une étoile qui se détache, glisse et meurt doucement, par une belle nuit de septembre. Cette fois encore, les ardeurs impérieuses de cette âme héroïque le brûlèrent. Il fut saisi par le torrent de flammes. Tout le reste disparut: que lui faisait tout le reste? Melchior consterné, Jean-Michel angoissé, tout ce monde affairé, le public, le grand-duc, le petit Christophe, qu'avait-il à faire de ces gens? Il était dans cette volonté furieuse qui l'emportait. Il la suivait haletant, les larmes aux yeux, les jambes engourdies, crispé de la paume des mains à la plante des pieds; son sang battait la charge; et il tremblait...—Et, tandis qu'il écoutait ainsi, l'oreille tendue, caché derrière un portant, il eut un heurt violent au cœur: l'orchestre s'était arrêté net, au milieu d'une mesure; et, après un instant de silence, il entonna à grand fracas de cuivres et de timbales un air militaire, d'une emphase officielle. Le passage d'une musique à l'autre était si brutal que Christophe en grinça des dents et tapa du pied avec colère, montrant le poing au mur. Mais Melchior exultait: c'était le prince qui entrait, et que l'orchestre saluait de l'hymne national. Et Jean-Michel faisait, d'une voix tremblante, ses dernières recommandations à son petit-fils.
L'ouverture recommença et finit, cette fois. C'était au tour de Christophe, Melchior avait ingénieusement combiné le programme, de manière à mettre en valeur à la fois la virtuosité du fils et celle du père: ils devaient jouer ensemble une sonate de Mozart pour piano et violon. Afin de graduer les effets, il avait été décidé que Christophe entrerait seul d'abord. On le mena à l'entrée de la scène, on lui montra le piano sur le devant de l'estrade, on lui expliqua une dernière fois tout ce qu'il avait a faire, et on le poussa hors des coulisses.
Il n'avait pas trop peur, étant depuis longtemps habitué aux salles de théâtre; mais quand il se trouva seul sur l'estrade, en présence de centaines d'yeux, il fut brusquement si intimidé qu'il eut un mouvement instinctif de recul; il se retourna même vers la coulisse pour y rentrer: il aperçut son père, qui lui faisait des gestes et des yeux furibonds. Il fallait continuer. D'ailleurs, on l'avait aperçu dans la salle. À mesure qu'il avançait, montait un brouhaha de curiosité, bientôt suivi de rires, qui gagnèrent de proche en proche. Melchior ne s'était pas trompé, et l'accoutrement du petit produisit tout l'effet qu'on en pouvait attendre. La salle s'esclaffait à l'apparition du bambin aux longs cheveux, au teint de petit tzigane, trottinant avec timidité dans le costume de soirée d'un gentleman correct. On se levait pour mieux le voir; ce fut bientôt une hilarité générale, qui n'avait rien de malveillant, mais qui eût fait perdre la tête au virtuose le plus résolu. Christophe, terrifié par le bruit, les regards, les lorgnettes braquées, n'eut plus qu'une idée: arriver au plus vite au piano, qui lui apparaissait comme un îlot au milieu de la mer. Tête baissée, sans regarder ni à droite ni à gauche, il défila au pas accéléré le long de la rampe; et, arrivé au milieu de la scène, au lieu de saluer le public, comme c'était convenu, il lui tourna le dos et fonça droit sur le piano. La chaise était trop élevée pour qu'il pût s'y asseoir sans le secours de son père: au lieu d'attendre, dans son trouble, il la gravit sur les genoux. Cela ajouta à la gaieté de la salle. Mais maintenant, Christophe était sauvé: en face de son instrument, il ne craignait plus personne.
Melchior arriva enfin; il bénéficia de la bonne humeur du public, qui l'accueillit par des applaudissements assez chauds. La sonate commença. Le petit homme la joua avec une sûreté imperturbable, la bouche serrée d'attention, les yeux fixés sur les touches, ses petites jambes pendantes le long de sa chaise. À mesure que les notes se déroulaient, il se sentait plus à l'aise; il était connue au milieu d'amis qu'il connaissait. Un murmure d'approbation arrivait jusqu'à lui; il lui montait à la tête des bouffées de satisfaction orgueilleuse, en pensant que tout ce monde se taisait pour l'entendre et l'admirait. Mais à peine eût-il fini, que la peur le reprit; et les acclamations qui le saluèrent lui firent plus de honte que de plaisir. Cette honte redoubla, quand Melchior, le prenant par la main, s'avança avec lui sur le bord de la rampe et lui fit saluer le public. Il obéit, et salua très bas, avec une gaucherie amusante; mais il était humilié, il rougissait de ce qu'il faisait, comme d'une chose ridicule et vilaine.
On le rassit devant le piano; et il joua seul les Plaisirs du Jeune Age. Ce fut alors du délire. Après chaque morceau, on se récriait d'enthousiasme; on voulait qu'il recommençât; et il était fier d'avoir du succès et presque blessé en même temps par ces approbations qui étaient des ordres. À la fin, toute la salle se leva pour l'acclamer; le grand-duc donnait le signal des applaudissements. Mais comme Christophe était seul cette fois sur la scène, il n'osait plus bouger de sa chaise. Les acclamations redoublaient. Il baissait la tête de plus en plus, tout rouge et l'air penaud; et il regardait obstinément du côté opposé à la salle. Melchior vint le prendre; il le porta dans ses bras et lui dit d'envoyer des baisers: il lui indiquait la loge du grand-duc. Christophe fit la sourde oreille. Melchior lui prit le bras et le menaça à voix basse. Alors il exécuta les gestes passivement; mais il ne regardait personne, il ne levait pas les yeux, il continuait de détourner la tête, et il était malheureux: il souffrait, il ne savait pas de quoi; il souffrait dans son amour-propre, il n'aimait pas du tout les gens qui étaient là. Ils avaient beau l'applaudir, il ne leur pardonnait pas de rire et de s'amuser de son humiliation, il ne leur pardonnait pas de le voir dans cette posture ridicule, suspendu en l'air et envoyant des baisers; il leur en voulait presque de l'applaudir. Et quand Melchior enfin le posa à terre, il détala vers la coulisse. Une dame lui lança au passage un petit bouquet de violettes, qui lui frôla le visage. Il fut pris de panique et courut à toutes jambes, renversant une chaise qui se trouvait sur son chemin. Plus il courait, plus on riait; et plus on riait, plus il courait.
Enfin il arriva à la sortie de la scène, encombrée par les gens qui regardaient, se fraya un passage au travers, à coups de tête, et courut se cacher tout au fond du foyer. Grand-père exultait, et le couvrait de bénédictions. Les musiciens de l'orchestre éclataient de rire, et félicitaient le petit, qui refusait de les regarder et de leur donner la main. Melchior, l'oreille aux aguets, évaluait les acclamations qui ne s'arrêtaient point, et voulait ramener Christophe sur la scène. Mais l'enfant s'y refusa avec rage, s'accrochant à la redingote de grand-père, et lançant des coups de pieds à tous ceux qui l'approchaient. Il finit par avoir une crise de larmes, et on dut le laisser.
Juste à ce moment, un officier venait dire que le grand-duc demandait les artistes dans sa loge. Comment montrer l'enfant dans un état pareil? Melchior sacrait de colère; et son emportement ne faisait que redoubler les pleurs de Christophe. Pour mettre fin au déluge, grand-père promit une livre de chocolat, si Christophe se taisait; et Christophe, qui était gourmand, s'arrêta net, ravala ses larmes, et se laissa emporter; mais il fallut lui jurer d'abord de la façon la plus solennelle qu'on ne le mènerait pas, par surprise, sur la scène.
Dans le salon de la loge princière, il fut mis en présence d'un monsieur en veston, à figure de doguin, avec des moustaches hérissées, une barbe courte et pointue, petit, rouge, un peu obèse, qui l'apostropha avec une familiarité goguenarde, lui tapota les joues avec ses mains grasses, et l'appela: «Mozart redivivus!» C'était le grand-duc.—Ensuite, il passa par les mains de la grande-duchesse, de sa fille, et de leur suite. Mais comme il n'osait pas lever les yeux, le seul souvenir qu'il garda de cette brillante assistance, fut celui d'une collection de robes et d'uniformes, vus de la ceinture aux pieds. Assis sur les genoux de la jeune princesse, il n'osait ni remuer, ni souffler. Elle lui posait des questions, auxquelles Melchior répondait, d'une voix obséquieuse, avec des formules d'un respect aplati; mais elle n'écoutait pas Melchior et taquinait le petit. Il se sentait rougir de plus en plus; et pensant que chacun remarquait sa rougeur, il voulut l'expliquer, et dit, avec un gros soupir:
—Je suis rouge, j'ai chaud.
Ce qui fit pousser des éclats de rire à la jeune fille. Mais Christophe ne lui en voulut pas, comme il en voulait au public de tout à l'heure; car ce rire était agréable; et elle l'embrassa: ce qui ne lui déplut point.
À ce moment, il aperçut dans le corridor, à l'entrée de la loge, grand-père, rayonnant et honteux, qui aurait bien voulu se montrer et dire aussi son mot, mais qui n'osait, parce qu'on ne lui avait pas adressé la parole: il jouissait de loin de la gloire de son petit-fils. Christophe eut un élan de tendresse, un besoin irrésistible qu'on rendît aussi justice au pauvre vieux, qu'on sût ce qu'il valait. Sa langue se délia; il se haussa à l'oreille de sa nouvelle amie, et lui chuchota:
—Je veux vous dire un secret.
いと畏き、いと崇高き殿下!
四歳のころからして、音楽は私の幼い仕事の第一のものとなり始めました。私の魂を純なる和声へ鼓舞してくださる貴いミューズの神と、いったん交わりを結びますると、すぐさま私はミューズの神を愛するようになりました。そしてミューズの神も、私の愛情に報いてくだされたように思われまする。今私は六歳に達しております。そして先ごろから私のミューズの神は、霊感のさなかに幾度となく、私の耳へささやいてくだされました。「あえてせよ、あえてせよ! 汝の魂の和声を書けよ!」――私は考えました。「六歳で、どうして私はあえてなされよう! 芸術の識者たちになんと言われるであろう?」――私はためらいました。私は震えました。けれども私のミューズの神は望んでいられます。……私は従いました。私は書きました。
そして今私は、
いと崇高き殿下よ!
玉座の階段におこがましくも、私の幼い仕事の処女作を、ささげたいのでありまする。畏き御推賛の情け深き御瞳を、この処女作の上にくだしたまわらんことを、厚かましくも希いたいのでありまする。
それと申しまするのも、学問と芸術は常に、賢明なるメセーナとして、寛大なる擁護者として、殿下を御仰ぎ奉ったのでありますから。そして才能は、聖き御保護の楯の下に、花を咲かせるのでありまするから。
右の深く確かな信念をいだいておりまする私は、この幼き試作をささげましてあえてお側へ進みまする。なにとぞ私の尊敬の念の清い捧物としてお受けくださりませ。そしてお恵みをもちまして、
いと崇高き殿下よ!
この作品の上に御眼を垂れたまい、また恭しく御足下に伏し奉る幼き作者の上に、御眼を垂れてくださりませ!
いと畏きいと崇高き殿下の
全き謙譲忠実柔順なる僕、
クリストフの耳には何にもはいらなかった。彼はなし終えたので夢中に喜んでいた。そしてまた書き直させられはすまいかと恐れて、野の中へ逃げ出した。何を書いたのか少しもわからなかったし、またちっとも気にしてはいなかった。しかし老人は、読み終った後、なおよく玩味するためにも一度読み直した。それが済むと、メルキオルも老人もともに、まったくりっぱな出来だと断言した。楽譜の写本といっしょにその手紙をささげられた大公爵も、同じ意見であった。彼は両方ともみごとな技功だと言ってくれた。彼は音楽会を許可し、音楽院の広間をメルキオルの勝手に使用させるよう命じ、またみずから演奏に臨む日には、その少年音楽家に会ってやると約束した。
でメルキオルは、音楽会をできるだけ早く催すことに取りかかった。彼は宮廷音楽団の協力を確かめた。そして第一策の成功のためにますます増長していたので、少年の快楽の豪奢な出版を同時に企てた。ピアノについてるクリストフとヴァイオリンを手にしてそのそばに立ってる自分メルキオルとの肖像を、本の表紙に刷り込みたかった。しかしこれは諦めなければならなかった。費用のためではないが――メルキオルは入費なんかに辟易する男ではなかった――それだけの時日がなかったからである。彼は比喩的な絵に取代えた。揺籃、ラッパ、太鼓、木馬などが、光線のほとばしり出てる竪琴を取巻いてる絵だった。表題には、大公爵の名前が太い字で浮出してる長い捧呈文が添えてあって、「ジャン・クリストフ・クラフト氏は六歳なりき」という説明もついていた。(実をいえば彼は七歳半だった。)楽譜の版刻にたいそう金がかかった。それを払うためには、模様彫刻のある十八世紀の古い戸棚を祖父が売らなければならなかった。道具屋のウォルムゼルが再三申込んでも決して手離そうとしなかった品である。しかしメルキオルは、書物の売高でその償いは取れてあまりあるものだと、少しも疑わなかった。
なおも一つの問題が彼の気にかかっていた。演奏会当日のクリストフの服装問題だった。それについて家族の会議が開かれた。四歳くらいの子供みたいに、短い上着をつけ脛を露わにして舞台に出ることを、メルキオルは望んでいた。しかしクリストフは年齢のわりにはごく頑丈だった。だれもそれを知っていた。ごまかすことができようとは思いもよらなかった。するとメルキオルはうまい考えを思いついた。燕尾服をきせて白い襟飾をつけさせようときめた。やさしいルイザは、かわいい子供を人の笑い草にするつもりかと言い逆らったが、なんの役にもたたなかった。そういう意外な姿で出ると、そのために面白みが増して成功するに違いないと、メルキオルはあらかじめ嬉しがっていた。そうきまると、この小さな大人の服装のために仕立屋が寸法を取りに来た。また上等のシャツや塗靴も必要だった。それらのものもまた眼の玉が飛び出るほど高価だった。クリストフはその新しい衣裳をつけるとたいへんぎごちなかった。それに慣らすために、何度も衣裳をつけて楽曲を稽古させられた。一月も前から、彼はもうピアノの腰掛を離れなかった。また挨拶のしかたも教えられた。自由になる時は一瞬もなかった。彼は苛ら立っていたが、しかしあえて逆らいはしなかった。晴れの業をやるんだと考えていたから。そして得意でもあったが心配でもあった。そのうえ、皆から大事にされていた。風邪をひきはしないかと気遣われた。絹ハンカチで首を巻いてもらった。湿らないように靴をあたためてもらった。食卓ではいちばんいい物を食べさせられた。
ついに晴れの日がやってきた。理髪師は身支度の指図にやって来て、クリストフの硬い髪を縮らしてくれた。羊のような巻毛をこしらえないうちは彼を放さなかった。家じゅうの者がクリストフの前に並んで、りっぱになったと言った。メルキオルは彼の顔を見調べ、方々から眺めた後、額をたたいて、大きな花を捜しに行き、それを彼のボタンの穴にさしてくれた。しかしルイザは、彼の姿を見ながら、両腕を天の方へ差上げて、猿のようだと悲しげに叫んだ。その言葉はひどく彼をがっかりさした。彼自身もその服装を誇っていいか恥じていいかわからなかった。本能的に彼は屈辱を感じた。音楽会ではなおさらであった。彼にとってはそういう屈辱の感が、この記念すべき一日のおもな感情であることになった。
音楽会はこれから始まるところであった。坐席の半ばは空いていた。大公爵はまだ来ていなかった。こういう場合にはいつもあるとおり、一人の親切な物知りの友人がやはりいて、宮邸には評議会があるので大公爵は来られまいという消息をもたらしてきた。確かな筋から出た消息だそうだった。メルキオルは落胆し、気をもみ、行ったり来たりし、窓から覗き出した。ジャン・ミシェル老人の方も心痛していた。しかしそれは孫のことについてであった。彼はやたらに世話をやいていた。クリストフは家の者たちの熱心さにかぶれていた。自分の楽曲についてはなんらの不安も感じなかった。ただ公衆に向かってなすべき挨拶のことを考えては、心を乱していた。そしてあまり考えてばかりいたので、それが苦悶の種とまでなった。
そのうちに、いよいよ始めなければならなくなった。聴衆は待ちかねていた。宮廷音楽団の管弦楽は、コリオランの序曲を奏し出した。子供はコリオランもベートーヴェンも知らなかった。彼はベートーヴェンの曲をしばしば聞いたことがあったが、それと知らないで聞いていたのだった。かつて彼は聞いてる作品の名前を気にかけたことがなかった。自分で勝手な名前をこしらえ出してそれに名づけ、その主題に、小さな物語やあるいは小さな景色をあてはめていた。彼は作品を普通三種に分類していた。火と土と水とであった。そしてそのおのおのにまた無数のいろんな細かい差異があった。モーツァルトは水に属していた。川端の牧場や、河上に漂う透きわたった靄や、春の小雨や、あるいは虹であった。ベートーヴェンは火であった。ある時は、巨大な炎と広大な煙とをたてる烈火であった。ある時は、燃えてる森であり、電光のほとばしり出る恐ろしい重い雲であった。ある時は、燦爛たる光に満ちた大空であって、九月の麗わしい夜に、一つ離れて滑り落ち静かに消えてゆく、見ても胸踊るばかりの星が一つ、そこに見えていた。この音楽会の時もまた、その勇ましい魂の熱火がクリストフを焼いた。彼は炎の急湍に巻き込まれた。その他はすべて消え去った。その他はすべて彼にたいしてなんであったか? 狼狽してるメルキオル、心痛してるジャン・ミシェル、忙しそうな皆の者、聴衆、大公爵、小さなクリストフ自身、それらのものに彼はなんの用があったか? 彼は自分をさらってゆく恐ろしい意力の手中にあった。彼はその後に従ってゆきながら、息をあえぎ、眼に涙を浮べ、足をすくめ、掌から蹠にいたるまでぞっとしていた。血潮は襲撃の譜を鳴らしていた。そして彼は震えていた。……かくて、飾り框の後ろに隠れ、耳をそばだて、じっと聴いているうちに、彼は心の底ではっとした。管弦楽はある小節の真中でぴたりと止っていた。そしてちょっと休んだ後、銅鑼やティムパニの大きな音で、公の威勢をもって軍歌を奏し出した。その二つの音楽の移り変わりがあまりに粗暴だったので、クリストフは憤って、歯をきしらせ足を踏み鳴らして、壁に拳固をつきつけた。しかしメルキオルは雀躍していた。大公爵がはいって来て、管弦楽団が国歌を奏して敬意を表したのだった。ジャン・ミシェルは震え声で、孫に最後の世話をやいていた。
序曲がまた始まって、こんどは終りまでやられた。いよいよクリストフの番となった。メルキオルは巧妙に曲目を立てて、息子の妙技と父の妙技とを同時に発揮されるようにしておいた。ピアノとヴァイオリンのための、モーツァルトの奏鳴曲を、二人で合奏することになっていた。効果を増すために、まずクリストフが一人で舞台へ出ることにきまっていた。人々は彼を舞台の入口に連れてゆき、楽壇の前方にあるピアノを指し示し、なすべきことを最後にも一度言ってきかせ、そして袖道具の外へ押し出した。
彼は長い前から芝居の広間へは来つけていたから、たいしてびくついてはいなかった。しかし幾百人の眼の前で、舞台の上にただ一人立った時、にわかに気後れがして、本能的に後へ退ろうとした。袖道具の方へふり向いてそこへはいろうとまでした。けれども、そこには父の姿が控えていて、怒った身振りや眼付をしていた。彼はつづけて進み出なければならなかった。そのうえ、もう聴衆から姿を見られていた。彼が進み出るにしたがって、好奇の叫びが起こり、ついで笑い声が起こり、それが次に広まっていった。メルキオルの見当ははずれなかった。子供の服装は望むとおりの効果を現わした。長い髪をし、ジプシーの少年のような色をし、りっぱな紳士のような夜会裳をして、小跨におずおず歩いてる小僧が出て来たのを見て、聴衆席では大騒ぎだった。人々はなおよく見るために立上がった。やがて満堂の歓喜となった。それには少しも悪意はこもってはいなかったけれど、ごく気丈な名手をも惘然たらしむるほどのものだった。クリストフは、騒音や眼や自分に向けられてる双眼鏡などにおびえきって、できるだけ早くピアノのところへ行こうという考えきりもたなかった。そのピアノは海中の小島のように彼には思われた。頭を下げ、側目もふらず、脚燈に沿うて、急き込んだ足取りで歩いていった。舞台の真中まで行くと、約束どおり聴衆に挨拶することもしないで、かえって背中を向け、ピアノに向かってまっすぐに進んでいった。椅子があまり高すぎたので、それにすわるには父の助けを待たなければならなかった。しかし彼は狼狽のあまり父を待たないで、膝をかけて椅子によじ上った。そのために聴衆の歓びはさらに増した。しかしもうクリストフは大丈夫だった。楽器の前に向えば、もはやだれも恐るべきものはなかった。
メルキオルがついに出て来た。彼は聴衆の上機嫌に得をして、かなり熱烈な喝采で迎えられた。奏鳴曲が始まった。少年は一心になって口をきっと結び、鍵の上に眼を据え、小さな足を椅子から垂れて、一糸乱れない確実さをもって演奏した。楽曲が展開してゆくにつれて、彼はますます落着いてきた。あたかもよく知ってる友人らの間にいるような気がした。賞賛のささやきが一つ彼のところまで聞えてきた。すべての人々が黙って聞きとれ感心してると考えながら、高慢な満足の念がむらむらと頭に上ってきた。しかし演奏を終えるや否や、また不安の念にとらえられた。喝采をもって迎えられると、嬉しいよりもむしろ恥しかった。メルキオルから手を取られて、脚燈の縁までいっしょに進んでゆき、聴衆に挨拶をさせられた時に、その恥ずかしさはさらに大きくなった。彼はメルキオルの言葉に従って、おかしいほど無格好にごく低くお辞儀をした。しかし彼は屈辱を感じていた。何か滑稽な卑しいことでもしてるかのように、自分から真赤になっていた。
彼はまたピアノの前にすわらせられた。そして少年の快楽をひいた。すると狂うがような歓喜が起こった。各楽曲の後に、聴衆は感激の叫びをあげた。も一度彼にやらせたがった。そして彼は成功に得意になり、また同時に、命令に等しいそれらの賞賛にほとんど気を悪くした。最後に、場内総立になって喝采した。大公爵は拍手喝采の合図をくだしていた。しかしこんどは、クリストフは舞台に一人きりだったので、もう椅子から身を動かす勇気もなかった。喝采はさらに激しくなった。彼は顔を真赤にして当惑の様子で、ますます低く頭を垂れ、聴衆席と反対の方ばかり見つめていた。メルキオルが彼をとらえに出て来た。彼を両腕に抱き取り、接吻を送れと言って、大公爵の座席をさし示した。クリストフは聞えないふうをした。メルキオルはその腕をとらえ、低い声でおどした。すると彼は厭々ながら言われたとおりの身振りをした。しかしだれの方をも見ず、眼を伏せ、やはり顔をそむけていた。彼は悲しかった。苦しんでいた。何を苦しんでるかはわからなかったが、自尊心が傷つけられていた。そこにいる人々が少しも好ましくなかった。いくら喝采されても駄目だった。彼らが笑ったのが、自分の屈辱を面白がったのが、許せなかった。宙にぶら下って接吻を送ってるおかしな姿勢を見られたのが、許せなかった。喝采されたのがかえって恨めしいほどだった。そして、ついにメルキオルが腕から降ろしてくれると、彼は袖道具の方へ逃げていった。一人の婦人が菫の小さな花束をその通り道に投げた。それが彼の顔をかすめた。彼はすっかり狼狽しきって、道にある一つの椅子を引っくり返しながら、足に任して駆け出した。走れば走るほど人々は笑った。人々が笑えば笑うほど彼はなお走った。
ついに舞台の出口まで行くと、そこは彼の姿を見ようとする人でいっぱいになっていた。彼は頭で突き進んで、その間に道を開く、楽屋の奥に駆け込んで隠れた。祖父は大喜びをして盛んにいたわってくれた。管弦楽の楽員たちはどっと笑い出し、また彼を祝ってくれた。しかし彼はそちらを向くことも握手することも承知しなかった。メルキオルは耳を澄して、まだやまないでいる喝采を値踏みしていた。そしてクリストフをも一度舞台に連れ出そうとした。しかし子供は猛然とそれを拒み、祖父の上着にしがみついて、近寄る者を足で蹴飛した。しまいには涙にむせんだ。彼をそのままにしておかなければならなかった。
ちょうどその時、一人の官員がやって来て、大公爵が音楽家らを桟敷に呼んでいられると告げた。子供をこんなありさまでどうしてお目にかけられよう? メルキオルは憤ってののしった。そして彼の怒りは、ますますクリストフを泣かせるばかりだった。その涙を止めさせるために祖父は、泣きやんだらチョコレートを一斤やろうと約束した。食いしんぼうのクリストフはぴたりと泣きやんで、涙をのみ込み、連れてゆかれるままになった。しかし不意に舞台へ連れ出しはしないということを、まず堅く誓ってやらなければならなかった。
貴賓席にはいると、クリストフは短上衣を着た人の前にすわらせられた。それは、子犬のような顔をし、逆立った口髯を生やし、とがった短い頤髯を生やし、背の低い、赤ら顔の、小太りの人であったが、横柄ななれなれしさでクリストフに呼びかけ、脂ぎった両手で彼の頬をたたき、「モーツァルトの再生」と彼を呼んだ。それが大公爵であった――それから彼は、大公爵夫人、その令嬢、随行員などの手に、順々に渡された。しかし彼は眼をあげて見ることもできなかったので、その光り輝いた一座のうちから心に止め得た唯一の記憶は、帯から足先までを見た長衣や盛装の一群であった。若い令嬢の膝の上にすわると、身動きをすることも息をつくこともできなかった。彼女は種々尋ねた。するとメルキオルが、媚びへつらいの声で、平身低頭した敬語を使いながら答えた。しかし彼女はメルキオルの言葉に耳をかさないで、子供をからかってばかりいた。彼はますます真赤になってくるのを感じた。そして自分の真赤なのがだれの眼にもついてることと考え、その理由を説明したくなって、太い溜息をつきながら言った。
「私は真赤になっています、熱いんです。」
それを聞いて若い令嬢は放笑した。しかしクリストフは、先刻聴衆が笑ったのを恨んだようには、その笑いを恨まなかった。その笑いは快かったから。それに彼女は彼を抱擁してくれた。それは少しも彼の気を悪くはしなかった。
その時彼は、桟敷の入口の廊下に、祖父が立ってるのを見つけた。祖父は嬉しいような恥ずかしいような様子をしていた。自分もそこにはいって来て何か言いたかったのだろうが、だれも言葉をかけてくれる者がないので、あえてなしかねていた。そしてただ遠くから、孫の光栄を眺めて喜んでいた。クリストフはにわかに燃え立ってくる愛情を感じた。皆にあわれな老人を正当に判断してもらいたかったし、皆にその価値を知られてもらいたかった。彼の舌はほどけてきた。彼は新しい友となった令嬢の耳もとに伸び上がってささやいた。
「内密のことをきかしてあげましょう。」
Elle rit, et demanda:
—Lequel?
—Vous savez, continua-t-il, le joli trio qu'il y a dans mon minuetto, le minuetto que j'ai joué?... Vous savez bien?...—(Il le chantonna tout bas.)—... Eh bien! c'est grand-père qui l'a fait, ce n'est pas moi. Tous les autres airs sont de moi. Mais celui-là, il est le plus joli. Il est de grand-père. Grand-père ne veut pas qu'on le dise. Vous ne le répéterez pas?...—(Et, montrant le vieux:)—Voilà grand-père. Je l'aime bien. Il est très bon pour moi.
Là-dessus, la jeune princesse rit de plus belle, cria qu'il était un mignon, le couvrit de baisers, et à la consternation de Christophe et de grand-père, elle raconta la chose à tous. Tous s'associèrent à son rire; et le grand-duc félicita le vieux, tout confus, qui essayait vainement de s'expliquer, et balbutiait comme un coupable. Mais Christophe ne dit plus un mot à la jeune fille; malgré ses agaceries, il resta muet et raide: il la méprisait, pour avoir manqué à sa parole. L'idée qu'il se faisait des princes subit une profonde atteinte, du fait de cette déloyauté. Il était si indigné qu'il n'entendit plus rien de ce que l'on disait, ni que le prince le nommait en riant son pianiste ordinaire, son Hof Musicus.
Il sortit avec les siens, et il se trouva entouré, dans les couloirs du théâtre, et jusque dans la rue, de gens qui le complimentaient, ou qui l'embrassaient, à son grand mécontentement: car il n'aimait pas à être embrassé, et il n'admettait point qu'on disposât de lui, sans lui demander la permission.
Enfin, ils arrivèrent à la maison, où, la porte à peine fermée, Melchior commença par l'appeler «petit idiot», parce qu'il avait raconté que le trio n'était pas de lui. Comme l'enfant se rendait très bien compte qu'il avait fait là une belle action, qui méritait des éloges, et non des reproches, il se révolta et dit des impertinences. Melchior se fâcha et dit qu'il le calotterait, si ses morceaux n'avaient pas été joués assez proprement, mais qu'avec son imbécillité tout l'effet du concert était manqué. Christophe avait un profond sentiment de la justice: il alla bouder dans un coin; il associait dans son mépris son père, la princesse, le monde entier. Il fut blessé aussi de ce que les voisins venaient féliciter ses parents et rire avec eux, comme si c'étaient ses parents qui avaient joué les morceaux, et comme s'il était leur chose, à tous.
Sur ces entrefaites, un domestique de la cour apporta de la part du grand-duc une belle montre en or, et de la part de la jeune princesse une boîte d'excellents bonbons. L'un et l'autre cadeau faisaient grand plaisir à Christophe; il ne savait trop lequel lui en faisait le plus; mais il était de si méchante humeur qu'il n'en voulait pas convenir; et il continuait de bouder, louchant vers les bonbons, et se demandant s'il conviendrait d'accepter les dons d'une personne qui avait trahi sa confiance. Comme il était sur le point de céder, son père voulut qu'il se mît sur-le-champ à la table de travail, et qu'il écrivît sous sa dictée une lettre de remerciements. C'était trop, à la fin! Soit énervement de la journée, soit honte instinctive de commencer sa lettre, comme le voulait Melchior, par ces mots:
«Le petit valet et musicien,—Knecht und Musicus,—de Votre Altesse...»,
il fondit en larmes, et l'on n'en put rien tirer. Le domestique attendait, goguenard. Melchior dut écrire la lettre. Cela ne le rendit pas plus indulgent pour Christophe. Pour comble de malheur, l'enfant laissa tomber sa montre, qui se brisa. Une grêle d'injures s'abattit sur lui. Melchior cria qu'il serait privé de dessert. Christophe dit rageusement que c'était ce qu'il voulait. Pour le punir, Louisa annonça qu'elle commençait par lui confisquer ses bonbons. Christophe, exaspéré, dit qu'elle n'en avait pas le droit, que le sac était à lui, à lui, et à personne autre: personne ne le prendrait! Il reçut une gifle, eut un accès de fureur, et, arrachant le sac des mains de sa mère, il le jeta par terre en trépignant dessus. Il fut fouetté, emporté dans sa chambre, déshabillé, et mis au lit.
Le soir, il entendit ses parents manger avec des amis le diner magnifique, préparé depuis huit jours, en l'honneur du concert. Il faillit mourir de rage sur son oreiller, d'une telle injustice. Les autres riaient très haut et choquaient leurs verres. On avait dit aux invités que le petit était fatigué; et nul ne s'inquiéta de lui. Seulement, après dîner, alors que les convives allaient se séparer, un pas traînant se glissa dans sa chambre, et le vieux Jean-Michel se pencha sur son lit, l'embrassa avec émotion, en lui disant: «Mon bon petit Christophe!...» Puis, comme s'il avait honte, il s'esquiva, sans rien dire de plus, après lui avoir glissé quelques friandises qu'il cachait dans sa poche.
Cela fut doux à Christophe. Mais il était si las de toutes les émotions de la journée qu'il n'eut même pas la force de toucher aux bonnes choses que grand-père lui avait données. Il était brisé de fatigue, et s'endormit presque aussitôt.
Son sommeil était saccadé. Il avait de brusques détentes nerveuses, comme des décharges électriques, qui lui secouaient le corps. Une musique sauvage le poursuivait en rêve. Dans la nuit, il s'éveilla. L'ouverture de Beethoven entendue au concert grondait à son oreille. Elle remplissait la chambre de son souffle haletant. Il se souleva sur son lit et se frotta les yeux, se demandant s'il dormait... Non, il ne dormait pas. Il la reconnaissait. Il reconnaissait ces hurlements de colère, ces aboiements enragés, il entendait les battements de ce cœur forcené qui saute dans la poitrine, ce sang tumultueux, il sentait sur sa face ces coups de vent frénétiques, qui cinglent et qui broient, et qui s'arrêtent soudain, brisés par une volonté d'Hercule. Cette âme gigantesque entrait en lui, distendait ses membres et son âme, et leur donnait des proportions colossales. Il marchait sur le monde. Il était une montagne, des orages soufflaient en lui. Des orages de fureur! Des orages de douleur!... Ah! quelle douleur!... Mais cela ne faisait rien! Il se sentait si fort!... Souffrir! souffrir encore!... Ah! que c'est bon d'être fort! Que c'est bon de souffrir, quand on est fort!...
Il rit. Son rire résonna dans le silence de la nuit. Son père se réveilla, et cria:
—Qui est là?
La mère chuchota:
—Chut! c'est l'enfant qui rêve!
Ils se turent tous trois. Tout se tut autour d'eux. La musique disparut. Et l'on n'entendit plus que le souffle égal des êtres endormis dans la chambre, compagnons de misère, attachés côte à côte sur la barque fragile, qu'une force vertigineuse emporte dans la Nuit.
彼女は笑って尋ねた。
「なんなの?」
「ご存じでしょう、」と彼はつづけた、「私のメヌエットの中、私のひいたメヌエットの中に、りっぱなトリオがありましたのを。……ご存じでしょう。……(彼はごく低い声でそれを歌った)……あれはね、お祖父さんがこしらえたんですよ、私じゃないんです。ほかの節は皆私のです。けれどあれは、いちばんいいんですよ。お祖父さんです。お祖父さんはそれを人に言われたがっていません。だれにもおっしゃらないでください。……(そして老人の方を指しながら)……そら、あすこにお祖父さんが。私は大好きです。私にたいへんやさしいんです。」
そこで、若い令嬢はままます笑って、かわいい子だと言い、やたらに接吻してくれた。ところが彼女はそのことを皆に話してしまったので、クリストフと祖父とはすっかりまごついた。皆が令嬢といっしょに笑い出した。大公爵は老人にお祝いを言った。老人はまったく当惑して、申しわけをしようとしても言葉が出ないで、あたかも罪人のように口ごもっていた。クリストフはもう若い令嬢に一言も口をきかなかった。種々からかわれても、黙り込んで堅くなっていた。約束を破ったので彼女を軽蔑していた。高貴の人々にたいする彼の考えは、この不信実によって深く害された。彼は非常に憤慨していたので、人々の言うことも、また大公爵が笑いながら彼を、常任ピアニストに、宮廷音楽員に任命したことも、もう少しも耳にはいらなかった。
彼は家の者といっしょに出て行った。そして劇場の歩廊や、また街路でまで、人々に取囲まれて、お祝いを言われたり、抱擁されて困ったりした。なぜなら彼は、抱擁されることが嫌いだったし、許しも求めないで人を勝手に取扱うことが容認できなかったのである。
ついに彼らは家に着いた。戸を締めるやいなや、メルキオルは彼を「馬鹿小僧」と呼びだした。トリオは自分のでないと話したからであった。子供は、それを話したのは賞賛にこそ価すれ、非難をされるいわれのないりっぱな行ないであると、みずからよく知っていたので、むっとして粗暴な言葉を言い返した。メルキオルは腹をたてて、あれらの楽曲が相当によく演奏されてなかったら殴りつけるべきだが、しかしそのよくできた音楽会の効果も彼の馬鹿な一言のために台なしになったと言った。クリストフは正義にたいする深い感じをもっていた。彼は隅に引込んでふくれ顔をした。父も大公爵令嬢もすべての人を、軽蔑の中に一くるめにした。また近所の人たちがやって来て、家の者にお祝いを言いいっしょに談笑したのも、癪にさわった。あたかも、楽曲を弾奏したのは家の者たちであり、彼自身は彼ら皆の玩具のような調子だった。
そのうちに、宮廷から一人の使いが来て、大公爵からの美しい金の時計と、若い令嬢からの上等なボンボン一箱とを、もって来た。どちらの贈物も、クリストフをたいへん喜ばした。どちらが余計嬉しいかもわからなかった。しかし彼は嬉しさを自認したくなかったほどひどく機嫌を損じていた。横目でボンボンの方をにらみながら、やはりふくれ顔をしていた。自分の信任を裏切った人から進物を受けていいかどうか迷っていた。そしてついに我を折りかけた時、父は即座に彼を机につかして、口移しにお礼の手紙を書き取らせようとした。それまでするとはあまりのことだった。その一日の興奮のせいか、あるいはまた、メルキオルの望みどおりに、「殿下の小さき僕にして音楽家……」という語で手紙を始めることを、本能的に恥しく思ったせいか、彼はぼろぼろ涙を流して、どうにも仕方がなかった。使の者はぶつぶつ言いながら待っていた。メルキオルが手紙を書かなければならなかった。しかしクリストフを勘弁してやったわけではなかった。さらに悪いことには、子供は時計を落して壊した。小言の嵐が降りかかった。メルキオルは彼に食後の菓子をやらないと叫んだ。クリストフは腹だちまぎれに、それは望むところだと言った。彼を罰するためにルイザは、まずボンボンを取上げてしまうと言い出した。クリストフは猛りたって、彼女にその権利はないと言い、その箱は自分一人のものでだれのでもないと言い、取上げさせるものかと言った。彼は平手で打たれ、かっとなって、母の手から箱をもぎ取り、それを床にたたきつけ、上から踏みにじった。彼は鞭打たれ、寝室に連れ込まれ、着物をぬがせられ、寝床に寝かされてしまった。
その晩彼は、家の者が友人らといっしょにりっぱな晩餐をしてる音を聞いた。それは音楽会のために一週間も前から用意されたものだった。彼は枕の上で、そういう不正な仕打にたいして腹だたしくてたまらなかった。他の人たちは声高に談笑して、杯を突き合していた。子供は疲れてるのだと客には披露されたので、だれも彼のことを気にかけてくれる者はなかった。ただ、食事の後に、客が散りかけた時、引きずるような足音が彼の室に忍び込んできた。そしてジャン・ミシェル老人が、彼の寝床を覗き込み、彼を感きわまって抱擁しながら、「かわいいクリストフ!……」と言ってくれた。それから彼は、ポケットに忍ばしておいたいくつかの菓子をそっとくれた後、恥ずかしい思いをしたかのように、もう一言もいわないでひそかに逃げていった。
それがクリストフには嬉しかった。しかし彼は一日の種々な激情にがっかりしていたので、祖父からもらったうまい物に手をつけるだけの元気もなかった。彼はすっかり疲れぬいていた。ほとんどすぐに眠ってしまった。
彼の眠りは不整だった。電気を放つように神経がにわかにゆるんで、身体が震えた。荒々しい音楽が夢の中までつきまとってきた。夜中に眼をさました。音楽会で聞いたベートーヴェンの序楽が、耳に鳴り響いていた。序曲のあえぐような息使いで、室の中がいっぱいになってきた。彼は寝床の上に起き上がり、眼をこすりながら、自分はまだ眠ってるのかどうか考えた。……いや、眠ってるのではなかった。彼はその序曲をはっきり聞き分けた。憤怒の喚きを、猛りたった吠声を、はっきり聞き分けた。胸の中に躍りたつ心臓の鼓動を、騒がしい血液の音を、耳に聞いた。荒れ狂う風の打撃を、顔に感じた。その狂風は、あるいは吹きつのって吠えたて、あるいは強大な意力にくじかれて突然やんだ。その巨大な魂は、彼のうちにはいり込み、彼の四肢や魂を伸長させて、非常な大きさになした。彼は世界の上を歩いていた。彼は大きな山であって、身内には暴風が荒れていた。憤激の嵐! 苦悩の嵐!……ああなんという苦悩ぞ! しかしそれはなんでもなかった。彼はいかにも強い心地がしていた。……苦しめ! もっと苦しめ!……ああ、強いことはなんといいことだろう! 強くて苦しむことは、なんといいことだろう!……
彼は笑った。その笑声は夜の静寂のうちに響きわたった。父は眼をさまして叫んだ。
「だれだ?」
母はささやいた。
「しッ! 子供が夢を見てるんです。」
三人とも黙った。彼らの周囲のすべても黙った。音楽は消えた。そして聞こえるものは、室の中に眠ってる人々の平らな寝息ばかりだった。それは皆、眩むばかりの力で「闇夜」の中を運ばれてゆく脆い小舟の上に、相並んで結びつけられてる悲惨の仲間であった。
[#改ページ]
[#左右中央]
いかなる日もクリストフの顔を眺めよ、
その日汝は悪しき死を死せざるべし。
合計ビュー 841 , 今日のビュー 10