IX
Il y a toujours après la mort de quelqu'un comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire. Mais quand il s'aperçut de son immobilité, Charles se jeta sur elle en criant:—Adieu! adieu! Homais et Canivet l'entraînèrent hors de la chambre.
—Modérez-vous!
—Oui, disait-il en se débattant, je serai raisonnable, je ne ferai pas de mal. Mais laissez-moi! je veux la voir! c'est ma femme!
Et il pleurait.
—Pleurez, reprit le pharmacien, donnez cours à la nature, cela vous soulagera.
Devenu plus faible qu'un enfant, Charles se laissa conduire en bas, dans la salle, et M. Homais bientôt s'en retourna chez lui.
Il fut sur la Place accosté par l'aveugle, qui, s'étant traîné jusqu'à Yonville dans l'espoir de la pommade antiphlogistique, demandait à chaque passant où demeurait l'apothicaire.
—Allons, bon! comme si je n'avais pas d'autres chiens à fouetter! Ah! tant pis, reviens plus tard.
Et il entra précipitamment dans la pharmacie.
Il avait à écrire deux lettres, à faire une potion calmante pour Bovary, à trouver un mensonge qui pût 445cacher l'empoisonnement et à le rédiger en article pour le Fanal, sans compter les personnes qui l'attendaient, afin d'avoir des informations; et quand les Yonvillais eurent tous entendu son histoire d'arsenic qu'elle avait pris pour du sucre, en faisant une crème à la vanille, Homais, encore une fois, retourna chez Bovary.
Il le trouva seul (M. Canivet venait de partir), assis dans le fauteuil, près de la fenêtre, et contemplant d'un regard idiot les pavés de la salle.
—Il faudrait à présent, dit le pharmacien, fixer vous-même l'heure de la cérémonie?
—Pourquoi? quelle cérémonie?
Puis, d'une voix balbutiante et effrayée:
—Oh non! n'est-ce pas? non, je veux la garder.
Homais, par contenance, prit une carafe sur l'étagère, pour arroser les géraniums.
—Ah! merci, dit Charles, vous êtes bon.
Et il n'acheva pas, suffoquant sous une abondance de souvenirs que ce geste du pharmacien lui rappelait.
Alors, pour le distraire, Homais jugea convenable de causer un peu horticulture; les plantes avaient besoin d'humidité. Charles baissa la tête en signe d'approbation.
—Du reste, les beaux jours maintenant vont revenir.
—Ah! fit Bovary.
L'apothicaire, à bout d'idées, se mit à écarter doucement les petits rideaux du vitrage.
—Tiens! voilà M. Tuvache qui passe.
Charles répéta comme une machine:
—M. Tuvache qui passe.
Homais n'osa lui reparler de dispositions funèbres, et ce fut l'ecclésiastique qui parvint à l'y résoudre.
Il s'enferma dans son cabinet, prit une plume, et après avoir sangloté quelque temps, il écrivit:
Je veux qu'on l'enterre dans sa robe de noces, avec des souliers blancs, une couronne. On lui étalera les cheveux sur les épaules; trois cercueils, un de chêne, un d'acajou, un de plomb. Qu'on ne me dise rien, j'aurai de la force. On lui mettra par-dessus tout une grande pièce de velours vert. Je le veux. Faites-le.
Ces messieurs s'étonnèrent beaucoup des idées romanesques de Bovary, et aussitôt le pharmacien alla lui dire:
—Ce velours me paraît une superfétation. La dépense, d'ailleurs...
—Est-ce que cela vous regarde? s'écria Charles. Laissez-moi! vous ne l'aimiez pas! Allez-vous-en!
L'ecclésiastique le prit par-dessous le bras pour lui faire faire un tour de promenade dans le jardin. Il discourait sur la vanité des choses terrestres. Dieu était bien grand, bien bon; on devait sans murmure se soumettre à ses décrets, même le remercier.
Charles éclata en blasphèmes:
—Je l'exècre, votre Dieu!
—L'esprit de révolte est encore en vous, soupira l'ecclésiastique.
Bovary était loin. Il marchait à grands pas, le long du mur, près de l'espalier, et il grinçait des dents, il 447levait au ciel des regards de malédiction; mais pas une feuille seulement n'en bougea.
Une petite pluie tombait. Charles, qui avait la poitrine nue, finit par grelotter; il rentra s'asseoir dans la cuisine.
A six heures, on entendit un bruit de ferraille sur la place: c'était l'Hirondelle qui arrivait; et il resta, le front contre les carreaux, à voir descendre l'un après l'autre tous les voyageurs. Félicité lui étendit un matelas dans le salon; il se jeta dessus et s'endormit.
Bien que philosophe, M. Homais respectait les morts. Aussi, sans garder rancune au pauvre Charles, il revint le soir pour faire la veillée du cadavre, apportant avec lui trois volumes et un portefeuille, afin de prendre des notes.
M. Bournisien s'y trouvait, et deux grands cierges brûlaient au chevet du lit, que l'on avait tiré hors de l'alcôve.
L'apothicaire, à qui le silence pesait, ne tarda pas à formuler quelques plaintes sur cette «infortunée jeune femme»; et le prêtre répondit qu'il ne restait plus maintenant qu'à prier pour elle.
—Cependant, reprit Homais, de deux choses l'une: ou elle est morte en état de grâce (comme s'exprime l'Église), et alors elle n'a plus besoin de nos prières, ou bien elle est décédée impénitente (c'est, je crois, l'expression ecclésiastique), et alors...
Bournisien l'interrompit, répliquant d'un ton bourru qu'il n'en fallait pas moins prier.
—Mais, objecta le pharmacien, puisque Dieu connaissait 448tous nos besoins, à quoi pouvait servir la prière?
—Comment! fit l'ecclésiastique. La prière! vous n'êtes donc pas chrétien?
—Pardonnez! dit Homais. J'admire le christianisme. Il a d'abord affranchi les esclaves, introduit dans le monde une morale...
—Il ne s'agit pas de cela! Tous les textes...
—Oh! oh! quant aux textes, ouvrez l'histoire. On sait qu'ils ont été falsifiés par les Jésuites.
Charles entra, et, s'avançant vers le lit, il tira lentement les rideaux.
Emma avait la tête penchée sur l'épaule droite. Le coin de sa bouche, qui se tenait ouverte, faisait comme un trou noir au bas de son visage; les deux pouces restaient infléchis dans la paume des mains; une sorte de poussière blanche lui parsemait les cils, et ses yeux commençaient à disparaître dans une pâleur visqueuse qui ressemblait à une toile mince, comme si des araignées avaient filé dessus. Le drap se creusait depuis ses seins jusqu'à ses genoux, se relevant ensuite à la pointe des orteils; et il semblait à Charles que des masses infinies, qu'un poids énorme pesait sur elle.
L'horloge de l'église sonna deux heures. On entendait le gros murmure de la rivière, qui coulait dans les ténèbres, au pied de la terrasse.
M. Bournisien, de temps à autre, se mouchait bruyamment, et Homais faisait grincer sa plume sur le papier.
—Allons! mon bon ami, dit-il, retirez-vous, ce spectacle vous déchire!
Charles une fois parti, le pharmacien et le curé recommencèrent leurs discussions.
—Lisez Voltaire, disait l'un; lisez d'Holbach, lisez l'Encyclopédie!
—Lisez les Lettres de quelques juifs portugais, disait l'autre; lisez la Raison du christianisme, par Nicolas, ancien magistrat.
Ils s'échauffaient, ils étaient rouges, ils parlaient à la fois sans s'écouter; Bournisien se scandalisait d'une telle audace, Homais s'émerveillait d'une telle bêtise; et ils n'étaient pas loin de s'adresser des injures, quand Charles, tout à coup, reparut. Une fascination l'attirait. Il remontait continuellement l'escalier.
Il se posait en face d'elle, pour la mieux voir, et il se perdait en cette contemplation, qui n'était plus douloureuse à force d'être profonde.
Il se rappelait des histoires de catalepsie, les miracles du magnétisme; et il se disait qu'en le voulant extrêmement, il parviendrait peut-être à la ressusciter. Une fois même, il se pencha vers elle, et il cria tout bas: «Emma! Emma!» Son haleine, fortement poussée, fit trembler la flamme des cierges contre le mur.
Au petit jour, Mme Bovary mère arriva, et Charles, en l'embrassant, eut un nouveau débordement de pleurs.
Elle essaya, comme avait tenté le pharmacien, de lui faire quelques observations sur les dépenses de l'enterrement. Il s'emporta si fort qu'elle se tut; et même il la chargea de se rendre immédiatement à la ville, pour acheter ce qu'il fallait. Charles resta seul toute 450l'après-midi; on avait conduit Berthe chez Mme Homais; Félicité se tenait en haut, dans la chambre, avec la mère Lefrançois.
Le soir, il reçut des visites; il se levait, vous serrait les mains sans pouvoir parler, puis l'on s'asseyait auprès des autres, qui faisaient devant la cheminée un grand demi-cercle. La figure basse et le jarret sur le genou, ils dandinaient leur jambe, tout en poussant par intervalles un gros soupir; et chacun s'ennuyait d'une façon démesurée; c'était pourtant à qui ne partirait pas.
Homais, quand il revint à neuf heures (on ne voyait que lui sur la Place depuis deux jours), était chargé d'une provision de camphre, de benjoin et d'herbes aromatiques. Il portait aussi un vase plein de chlore, pour bannir les miasmes. A ce moment, la domestique, Mme Lefrançois et la mère Bovary tournaient autour d'Emma, en achevant de l'habiller, et elles abaissèrent le long voile roide, qui la recouvrit jusqu'à ses souliers de satin.
Félicité sanglotait:—Ah! ma pauvre maîtresse! ma pauvre maîtresse!
—Regardez-la! disait en soupirant l'aubergiste, comme elle est mignonne encore. Si on ne jurerait pas qu'elle va se lever tout à l'heure.
Puis elles se penchèrent pour lui mettre sa couronne. Mais il fallut soulever un peu la tête, et alors un flot de liquides noirs sortit, comme un vomissement de sa bouche.
—Ah! mon Dieu! la robe, prenez garde, s'écria Mme Lefrançois. Aidez-nous donc! disait-elle au pharmacien. 451Est-ce que vous avez peur, par hasard?
—Moi, peur? reprit-il en haussant les épaules, ah bien, oui! J'en ai vu d'autres à l'Hôtel-Dieu, quand j'étudiais la pharmacie! Nous faisions du punch dans l'amphithéâtre aux dissections! Le néant n'épouvante pas un philosophe; et même, je le dis souvent, j'ai l'intention de léguer mon corps aux hôpitaux, afin de servir plus tard à la science.
En arrivant, le curé demanda comment se portait Monsieur; et, sur la réponse de l'apothicaire:
—Le coup, vous comprenez, est encore trop récent.
Homais le félicita de n'être pas exposé comme tout le monde à perdre une compagne chérie; d'où s'ensuivit une discussion sur le célibat des prêtres.
—Car, disait le pharmacien, il n'est pas naturel qu'un homme se passe de femmes! On a vu des crimes...
—Mais, sabre de bois! s'écria l'ecclésiastique, comment voulez-vous qu'un individu pris dans le mariage puisse garder, par exemple, le secret de la confession?
Alors Homais attaqua la confession. Bournisien la défendit; il s'étendait sur les restitutions qu'elle faisait opérer. Il cita différentes anecdotes de voleurs devenus honnêtes tout à coup. Des militaires s'étant approchés du tribunal de la pénitence avaient senti les écailles leur tomber des yeux. Il y avait à Fribourg un ministre...
Son compagnon dormait. Puis, comme il étouffait un peu dans l'atmosphère trop lourde de la chambre, il ouvrit la fenêtre, ce qui réveilla le pharmacien.
—Allons, une prise! lui dit-il. Acceptez; cela dissipe.
Cependant des aboiements continus se traînaient au loin, quelque part.
—Entendez-vous un chien qui hurle? dit le pharmacien.
—On prétend qu'ils sentent les morts, reprit l'ecclésiastique. C'est comme les abeilles. Elles s'envolent de la ruche au décès des personnes. Homais ne releva pas ce préjugé, car il s'était rendormi.
M. Bournisien, plus robuste, continua quelque temps à remuer tout bas les lèvres; puis, insensiblement, il baissa le menton, lâcha son gros livre noir et se mit à ronfler.
Ils étaient en face l'un de l'autre, le ventre en avant, la figure bouffie, l'air renfrogné, après tant de désaccord se rencontrant enfin dans la même faiblesse humaine; et ils ne bougeaient pas plus que le cadavre à côté d'eux, qui avait l'air de dormir.
Charles, en entrant, ne les réveilla point. C'était la dernière fois. Il venait lui faire ses adieux.
Les herbes aromatiques fumaient encore, et des tourbillons de vapeur bleuâtre se confondaient, au bord de la croisée, avec le brouillard qui entrait. Il y avait quelques étoiles et la nuit était douce.
La cire des cierges tombait par grosses larmes sur les draps du lit. Charles les regardait brûler, fatiguant ses yeux contre le rayonnement de leur flamme jaune.
Des moires frissonnaient sur la robe de satin, blanche comme un clair de lune. Emma disparaissait dessous; 453et il lui semblait que, s'épandant au dehors d'elle-même, elle se perdait confusément dans l'entourage des choses, dans le silence, dans la nuit, dans le vent qui passait, dans les senteurs humides qui montaient.
Puis, tout à coup, il la voyait dans le jardin de Tostes, sur le banc, contre la haie d'épines, ou bien à Rouen dans les rues, sur le seuil de leur maison, dans la cour des Bertaux. Il entendait encore le rire des garçons en gaieté qui dansaient sous les pommiers; la chambre était pleine du parfum de sa chevelure, et sa robe lui frissonnait dans les bras avec un bruit d'étincelles. C'était la même, celle-là!
Et il fut longtemps à se rappeler ainsi toutes les félicités disparues, ses attitudes, ses gestes, le timbre de sa voix. Après un désespoir, il en venait un autre, et toujours intarissablement, comme les flots d'une marée qui déborde.
Il eut alors une curiosité terrible: lentement, du bout des doigts, en palpitant, il releva son voile. Mais il poussa un cri d'horreur qui réveilla les deux autres. Ils l'entraînèrent en bas, dans la salle.
Puis, Félicité vint dire qu'il demandait des cheveux.
—Coupez-en! répliqua l'apothicaire; et comme elle n'osait, il s'avança lui-même, les ciseaux à la main.
Il tremblait si fort qu'il piqua la peau des tempes en plusieurs places. Enfin, se raidissant contre l'émotion, Homais donna deux ou trois grands coups tout au hasard, ce qui fit des marques blanches dans cette belle chevelure noire.
Le pharmacien et le curé se replongèrent dans leurs 454occupations, non sans dormir de temps à autre, ce dont ils s'accusaient réciproquement à chaque réveil nouveau. Alors M. Bournisien aspergeait la chambre d'eau bénite et Homais jetait un peu de chlore par terre.
Félicité avait eu soin de mettre pour eux, sur la commode, une bouteille d'eau-de-vie, un fromage et une grosse brioche. Aussi l'apothicaire, qui n'en pouvait plus, soupira vers quatre heures du matin:
—Ma foi, je me sustenterais avec plaisir!—Et l'ecclésiastique ne se fit point prier; il sortit pour aller dire sa messe, revint; puis ils mangèrent et même ils trinquèrent, tout en ricanant un peu, sans savoir pourquoi, excités par cette gaieté vague qui vous prend après des séances de tristesse.
Ils rencontrèrent en bas, dans le vestibule, les ouvriers qui arrivaient.
Alors Charles, pendant deux heures, eut à subir le supplice du marteau qui résonnait sur les planches. Puis on la descendit dans son cercueil de chêne que l'on emboîta dans les deux autres; comme la bière était trop large, il fallut boucher les interstices avec la laine d'un matelas. Enfin, quand les trois couvercles furent rabotés, cloués, soudés, on l'exposa devant la porte; on ouvrit toute grande la maison, et les gens d'Yonville commencèrent à affluer.
Le père Rouault arriva. Il s'évanouit sur la Place en apercevant le drap noir.
人の死んだあとには必ず茫然自失ともいうべき状態がやってくる。思いもかけぬ虚無のこの訪れを理解し、諦観することはそれほどにむつかしい。ところで、エンマがじっと動かないことに気づいたとき、シャルルはさすがにエンマの上に身を投げ出して叫んだ。
「お別れだ! お別れだ!」
オメーとカニヴェは彼を部屋のそとへ引っ張り出した。
「落ち着きなさい!」
「落ち着きます」とシャルルはもがきながら言った。「おとなしくします、無茶はしません。が、構わないでください、わたしはあれが見たいんです! あれはわたしの妻なんです!」
そしてシャルルは泣き出した。
「お泣きなさい」と薬剤師は続けて、「自然の情にまかせなさい、そうすりゃ胸も晴れますよ!」
子供よりも他愛なくなってしまったシャルルは、おとなしく階下の広間へ連れて行かれた。オメーはまもなく家へ帰った。
オメー氏は広場で例の盲人に言葉をかけられた。盲人は消炎軟膏に望みをかけてヨンヴィルへ辿たどりつき、通る人をつかまえては、薬屋の家を尋ねていたのである。
「さて、弱ったなあ、ほかにたくさんすることがあるのに! あいにくだ、出直してくれ!」
こう言って彼はあたふたと店へ駆け込んだ。
手紙を二通書かねばならない。ボヴァリーには鎮静剤を調合してやらねばならない。毒薬自殺の真相をごまかす嘘は考えねばならず、『燈火ともしび』紙のためにこの事件を記事にしなければならない。これだけすることがあるのに、まだおまけに、いろいろ聞こうとして大勢待ち構えているのだ。で、オメーは、ボヴァリー夫人はヴァニラ入りクリームを拵こしらえるときに砒素を砂糖と間違えたのだという話を、ヨンヴィル中の人間に聞かせておいて、それからもう一度ボヴァリーの家へ引き返した。
見るとボヴァリーはただ一人(カニヴェ氏は今しがた帰ったので)、窓際の肘掛け椅子に座って、広間の石畳をぼんやり眺めている。
「いよいよ式の時刻をお決めになる必要がありますな」と薬剤師は言った。
「なぜです? なんの式です?」
それから、口ごもったような、怯え声で、
「いや、そんなことはいらん、そうでしょう? いいや、わたしはあれを家に置いておきます」
オメーは、おかしいのを抑えて、棚の上から水差しをとって、ゼラニウムの花に水をやった。
「ああ、どうもありがとう!……」とシャルルは言った。
が、薬剤師のこの動作から、いろんなことが思い出されて胸がつまり、先を続けることができなかった。そこでオメーは、彼の気を紛らすために、園芸の話でもしたらよかろうと思い、植物には水分が要るという話をした。シャルルは賛成のしるしに頭を下げた。
「それに、もうすぐ春ですからな」
「そう!」とボヴァリーは言った。
薬屋は、思案も尽きはて、窓の小さなカーテンをそっと開けてみた。
「おや、テュヴァシュさんが通る」
シャルルは機械のように繰り返した。
「テュヴァシュさんが通る。」
オメーは、重ねて葬式の準備の話をする気にはなれなかった。それをやっとのことで、シャルルに納得させたのは司祭だった。
シャルルは診察室に引き籠もり、ペンをとり、しばらくすすり泣いてから、次のように書いた。
『婚礼の衣装を着せ、白靴を穿かせ、花かづらをつけたし。髪は肩の上に広げて垂らすこと。棺ひつぎは三重とし、一つは樫、一つはマホガニー、一つは鉛のこと。気をしっかり持ちますゆえ、小生には一切口をおきき下さるまじきこと。一番上から緑色の大きな天鵞絨びろうどを掛けること。以上、よろしくとり計われたし。』
オメーとブールニジアンの二人は、ボヴァリーのこの小説めいた考えに少からずびっくりした。薬剤師はさっそく出かけてきて行って、
「この天鵞絨びろうどとあるのは贅物ですな。それに費用が……」
「あなたの知ったことじゃない。うっちゃっといて下さい! あなたはあれを愛してはいなかったんだ! あっちへ行って下さい!」
司祭はシャルルの腕を抱えて庭の中をぐるっと散歩させた。司祭はこの世のはかないことを説いた。神はまことに偉大なもの、御恵み深いものである。人間は不平を言わずに、神の御旨みむねに従わねばならぬ、いやに感謝しなければならぬ。
シャルルは大声に神を罵ののしった。
「大嫌いです、そんな神様なんて!」
「あなたにはまだ反抗心がお有りじゃな」と坊様は嘆息した。
ボヴァリーはずっと向こうへ行っていて、塀沿いに果樹の垣根のそばを大股に歩いていた。そうして、歯ぎしりをしたり、天に向かって呪いの眼をあげたりした。が、そのために、木の葉一枚動いたわけではない。
小雨が降っていた。シャルルは胸をはだけていたので、しまいには寒くて震え出した。台所に引き返して、腰をかけた。
六時に、広場で鉄物かなものを叩きつけるような音がした。『つばめ』が着いたのである。シャルルは窓ガラスに額をあてて、乗客がみんなぞろぞろ降りるのを見ていた。フェリシテが客間に布団を敷いてくれた。シャルルはそこへ飛びこんで、眠った。
ひとかどの科学者であるオメー氏も、さすがに死者には敬意を払っていた。それで、気の毒なシャルルの言ったことは水に流して、本を三冊と、覚えをとるために書類挟みとを抱えて、その晩、お通夜にやってきた。
ブールニジアン師も来ていた。寝間アルコーヴから引き出されたベッドの枕もとには、二本の大ロウソクが燃えていた。
薬屋は、沈黙を持てあまして、やがてこの『薄命の若夫人』を悼む言葉を述べだした。司祭は、今となっては冥福を祈ってあげるほかはないと答えた。
「しかし、」とオメーは言葉をついで、「事実は二つに一つですな。もしこの方かたが(教会の言い草じゃないが)聖寵を受けて亡くなったとすれば、なにも祈ってあげることはない。たとえまた、悔い改めずに死なれたとすれば(たしかお宗旨の方ではそう言いますな)、そうすれば……」
ブールニジアンは遮って、それでもやはり祈らねばならぬのだとぶっきらぼうに答えた。
「だが」と薬剤師は反対して、「神様がわれわれの欲求をことごとく知っておられるとすれば、祈りはなんの役に立つのですか?」
「なに、お祈りがだと! いったい、あなたは信者ではないのですか?」
「いや、」とオメーは言った。「わたしはキリスト教は賛美しています。まずキリスト教は奴隷を解放し、世界に一つの道をもたらしました……」
「そんなことを言っているのではありませんぞ! 聖書の句はすべて……」
「いや、いや、聖書のことなら、歴史を繙ひもといてごらんなさい。聖書がジェスイット派の手によって改竄かいざんされたことは周知の事実ですよ。(明らかにオメーの時代錯誤である。
ジェスイット派の創設は一五三四年)」
シャルルが入ってきた。そしてベッドの方へ進み寄って、静かに垂れ幕を引いた。
エンマは頭を右肩へ傾かしげていた。開いたままの口もとは、顔の下の方に暗い穴があいているように見える。両手の親指は手のひらへ折れている。白い埃ほこりのようなものがまつ毛にかかっている。そして眼は、まるで蜘蛛が上から巣でもかけたように、薄い網のような、おぼついて見える青白さの中へ消え入ろうとしている。掛布は乳房のあたりから膝がしらにかけてくぼみ、足指の先でまた高くなっている。シャルルには無限に大きな塊かたまりが、恐ろしい重みがエンマの上にのしかかっているように思われた。
教会堂の鐘が二時を打った。庭の露台の裾の、闇の中を流れている川の瀬音せおとが大きく聞こえている。ブールニジアン師は時どき騒々しく洟はなをかみ、オメーは紙の上でペンの音をたてている。
「さあ、あなたはお引きとりなさい、これを見ていちゃ参りますよ」とオメーは言った。
シャルルが行ってしまうと、薬剤師と司祭はまた議論を始めた。
「ヴォルテールをお読みなさい! ドルバッグをお読みなさい! 『百科全書』をお読みなさい!」と一方が言えば、
「『ユダヤ系ポルトガル人の書簡集』をお読みなさい。前司法官ニコラの『キリスト教の意義』をお読みなさい!」と相手は答えた。
二人は熱中して、真っ赤にのぼせ、相手の言うことも聞かずに一時にしゃべりあった。ブールニジアンがそんな乱暴はないと憤慨すれば、オメーはオメーで、そんな馬鹿げたことはないとあきれ返る。そして二人が危く罵り合いを始めようとしたとき、突然シャルルがまた姿を現わした。シャルルはある幻想に憑つかれて、絶えず階段を上ってくるのだった。
シャルルは、はっきり見るために、エンマの正面に立った。あまりに深い悲しさに、今は悲しささえも忘れ果てたように茫然と眺め入った。
シャルルは、全身硬直症カタレプシーの話や動物磁気の奇跡を思い出した。もしも一心に思いつめたら、エンマを蘇生させることができるかもしれないと考えた。あるときなどは、エンマの方へ身を屈めて、ごく低く『エンマ! エンマ!』と呼んでみた。激しく吐く彼の息が、ロウソクの炎を壁の方へ震わせた。
夜明けにボヴァリー老夫人が着いた。シャルルは母親を抱いて、またさめざめと泣いた。母親は薬剤師がやったと同じように、葬式の費用をシャルルに注意してみた。しかしシャルルがあんまり怒るので口をつぐんだ。シャルルはそのうえ、入り用のものを買い整えるため、すぐ町へ行ってくれとさえ母親に頼んだ。
シャルルは昼中ひとりでいた。ベルトはオメー夫人のところへやってあった。フェリシテはルフランソワのおかみと一緒に二階の部屋にいた。
晩にシャルルは弔問客を受けた。シャルルは立ち上って、ものを言う力もなく、相手の手を握る。やがてお客は、暖炉をまるく囲んでいる連中に加わって腰を掛ける。みんな顔を伏せ、脚を組んで、時どき大きな溜息をつきながら上の方の脚をぶらぶら振る。みんな恐ろしく退屈していた。けれども誰が一番よく頑張るか、意地くらべだった。
九時に戻って来たとき、オメーは(二日来彼はひとりで広場を駆け回っていた)、樟脳しようのうや安息香や香草を一杯抱え込んでいた。また、毒気を払うためにクロール水を詰めた壺も持っていた。ちょうどそのとき、女中と、ルフランソワのおかみとボヴァリーの母親とが、エンマに衣裳を着せ終わろうとして、まわりを忙しく立ち回っていた。硬こわい丈長の被いをおろすと、それがエンマの体を繻子しゆすの靴のところまで隠した。
フェリシテはすすり上げていた。
「ああ! お気の毒な奥様! お気の毒な奥様!」
「ちょっと見てごらん」と宿屋のおかみは溜息をつきながら言った。「ほんとにまだお美しい! 今にも起き上がりそうじゃないか」
それから女たちは花かづらをつけさせるために、身をかがめた。
頭をすこし持ち上げねばならなかった。と、黒い液体が、嘔吐のように、口からごぼっと流れ出した。
「あっ! 大変! 着物がよごれる、気をつけて!」とルフランソワのおかみが声を立てた。「ちょっと手を貸して?」と薬剤師に向かって、「そら、恐こわいんでしょう?」
「わしが恐いて?」とオメーは肩をそびやかしながら答えた。「ふん、そう、恐いのだ! わしは薬学を勉強していた時分、市立病院でそんなのは厭というほど見たわい! わしらは解剖室でポンスをこしらえて飲んだもんだ! 哲人は死を恐れぬ。よく言うことだが、わしが死んだら学問のために、死体を病院へ寄付しようとまで思っているのだ」
司祭は来るなり、主人の安否を尋ねた。そして薬屋の返事を聞くと、
「打撃がまだ生々しいですからな」と言った。
するとオメーは、司祭に向かって、あなたは世間の人のように愛妻を失う心配がないから結構だと言った。そして、これがきっかけとなって、僧侶の独身問題でひと議論持ち上がった。薬剤師は言った。
「実際、男が女なしに生活するのは不自然ですよ! 現にいろんな犯罪が……」
「なにを馬鹿な!」と坊様は大声をあげ、「結婚生活に煩わされた人間に、たとえば懺悔ざんげの秘密がどうして守れると思いなさる?」
オメーは懺悔自体を非難した。ブールニジアンは弁護した。懺悔が人間を本心に立ち返らせることに説き及んで、泥棒がたちまち真人間になったいろんな話を引き合いに出した。懺悔室に近づいて、いまさら眼が覚めた軍人もある。またフライブルグに一人の大臣がいて……
ところが相手は居眠りしていた。部屋の重苦しい空気に、いささか息苦しくなったので、司祭がやがて窓を開くと、その音で薬剤師は眼をさました。
「どうです、一服!」と司祭は言った。「お取りなさい、せいせいしますよ」
どこかで犬の遠吠えが、続けて長く尾を曳いた。
「犬の鳴いてるのが聞こえますか?」と薬剤師は言った。
「犬は死にびとを嗅ぎつけると言いますな」と坊様は答えた。「ちょうど蜜蜂と同じですよ。蜜蜂は人が死ぬと巣から飛んで出てきます」
オメーはその迷信を聞き咎とがめはしなかった。彼はまた眠りに落ちていたのである。
ブールニジアンは、オメーより丈夫なので、しばらくは唇を動かして低い声でなにかとなえ続けていたが、やがて次第に顎を下げ、分厚い黒い本を手から落として、鼾いびきをかき始めた。
二人は、腹を突き出し、顔を膨らませ、しかめつらをして互いに向き合っていた。さんざん諍いさかいをやった末、とうとう人間共通の弱点の中で意気投合したわけで、かたわらの、まるで眠っているような死骸同様、二人は身動きひとつしなかった。
シャルルは入ってきたが、二人を起こさなかった。これが最後なのだ。シャルルは告別に来たのである。
香草はまだ煙っていた。その青みを帯びた煙の渦は、忍び入る夜霧と窓のあたりで溶け合っていた。
星がいくつか見えて、静かな夜だった。
ロウソクのロウは、大粒の涙となって布団の上に落ちていた。シャルルは黄色い炎のかがやきに眼を疲らせながら、ロウソクの燃えるのをじっと見つめていた。
月光のように白い繻子しゆすのドレスの上に、波の地紋が震えている。エンマはその下に隠れているのだ。シャルルには、エンマが彼女自身のそとへ広がり出て、まわりをとりまくものの中へ、沈黙の中へ、闇の中へ、そよぐ風の中へ、立ちのぼるしっとりした香りの中へ、紛れこんで行くように思われた。
やがてシャルルは、ふと、トストの庭の茨の垣根に沿ったベンチの上に、またはルーアンの街々に、二人の家の闘しきいの上に、ベルトーの内庭にいるエンマの姿を見た。りんごの木かげに踊っていた陽気な男の子らの笑いが耳についていた。あのとき、部屋はエンマの髪の匂いで一杯だった。そしてエンマのドレスはシャルルの腕のなかで、火花のような音を立てて震えていた。これが同じ、そのドレスなのだ!
シャルルはこうして長い間、消え去った幸福のすべてを、エンマの姿態しなや、身振りや、声音こわねを思い浮かべた。絶望の後に絶望がつづいた。そして絶望はみなぎる潮の波のように、滾々こんこんとして尽きなかった。
シャルルはふと恐ろしい好奇心を起こした。胸を躍らせながら、指の先でそろそろとヴェールをまくった。が、彼は恐怖の叫びをあげた。その声に二人が眼を覚ました。二人はシャルルを下の広間へ引きずって行った。
やがてフェリシテが来て、旦那様が髪の毛を欲しがっておいでですと言った。
「切るがいい!」と薬屋が口を出した。
フェリシテが尻込みするので、薬屋は鋏を手に自から進み出た。あまりひどく震えて、こめかみのあたりの皮膚を方々突いた。ようやく、騒ぐ心を抑えながら、オメーは行き当たりばったりに二三度じょきじょきやったので、あの美しい黒髪のなかに白い隙間がいくつかできた。
薬剤師と司祭はまためいめいの仕事に身を入れたが、ときおり居眠らずにはいられなかった。二人は眼をさますたびに、互いに居眠りを咎とがめ合った。と、ブールニジアン師は聖水を部屋に振りかけ、オメーはクロール水を少々床に撒まいた。
フェリシテが気を利かして、二人のために、ブランデーを一壜、チーズ一切れ、大きな菓子パンを一つ、用箪笥ようだんすの上に置いた。そこで、どうにも我慢できなくなっていた薬屋は、朝の四時頃、情けない声を出した。
「まったく、栄養をとりたいもんですなあ!」
坊様は二つ返事で同意した。彼はお勤めに出かけてすぐ帰ってきた。それから二人は喰い、かつ飲んだ。悲しい席のあとに感じる、あのとりとめもない浮かれ気分に誘われて、わけもなくにやにや笑いながら。納めの盃を干しながら、司祭は薬剤師の肩を叩いて言った。
「われわれも今に理解しあうようになりますよ!」
二人は下の玄関で人夫たちのやって来るのに出会った。それからシャルルは二時間というもの、板に音を立てる金槌に苦しまねばならなかった。やがてエンマは樫の棺に納められ、その棺はまた他の二つの棺に嵌め込まれた。しかし、一番そとの棺が大き過ぎたので、毛布団の羊毛ですき間をつめねばならなかった。ようやく三枚の蓋が削られ、釘づけされ、目張りされると、棺は戸口の前へ持ち出された。家はすっかり開け放たれた。ヨンヴィルの人たちがぼつぼつ詰めかけて来た。
ルオー爺さんが到着した。爺さんは黒幕を見て、広場で卒倒した。
X
Il n'avait reçu la lettre du pharmacien que trente-six heures après l'événement, et par égard pour sa sensibilité, M. Homais l'avait rédigée de telle façon qu'il était impossible de savoir à quoi s'en tenir.
Le bonhomme tomba d'abord comme frappé d'apoplexie. Ensuite il comprit qu'elle n'était pas morte. Mais elle pouvait l'être... Il avait passé sa blouse, pris son chapeau, accroché un éperon à son soulier et était parti ventre à terre; et tout le long de la route, le père Rouault, haletant, se dévora d'angoisses. Une fois même, il fut obligé de descendre. Il n'y voyait plus. Il entendait des voix autour de lui. Il se sentait devenir fou.
Le jour se leva. Il aperçut trois poules noires qui dormaient dans un arbre; il tressaillit, épouvanté de ce présage. Alors il promit à la sainte Vierge trois chasubles pour l'église, et qu'il irait pieds nus depuis le cimetière de Bertaux jusqu'à la chapelle de Vassonville.
Il entra dans Maromme en hélant les gens de l'auberge, enfonça la porte d'un coup d'épaule, bondit au sac d'avoine, versa dans la mangeoire une bouteille de cidre doux, et renfourcha son bidet qui faisait feu des quatre fers.
Il se disait qu'on la sauverait sans doute; les médecins 456découvriraient un remède, c'était sûr. Il se rappela toutes les guérisons miraculeuses qu'on lui avait contées.
Puis elle lui apparaissait morte. Elle était là, devant lui, étendue sur le dos, au milieu de la route. Il tirait la bride, et l'hallucination disparaissait.
A Quincampoix, pour se donner du cœur, il but trois cafés l'un sur l'autre.
Il songea qu'on s'était trompé de nom en écrivant. Il chercha la lettre dans sa poche, l'y sentit, mais il n'osa pas l'ouvrir.
Il en vint à supposer que c'était peut-être une farce, une vengeance de quelqu'un, une fantaisie d'homme en goguette; et d'ailleurs, si elle était morte, on le saurait. Mais non! la campagne n'avait rien d'extraordinaire: le ciel était bleu, les arbres se balançaient; un troupeau de moutons passa. Il aperçut le village; on le vit accourant tout penché sur son cheval, qu'il bâtonnait à grands coups, et dont les sangles dégouttelaient de sang.
Quand il eut repris connaissance, il tomba tout en pleurs dans les bras de Bovary.
—Ma fille! Emma! mon enfant! expliquez-moi...
Et l'autre répondait avec des sanglots:
—Je ne sais pas, je ne sais pas, c'est une malédiction.
L'apothicaire les sépara.
—Ces horribles détails sont inutiles. J'en instruirai Monsieur. Voici le monde qui vient. De la dignité, fichtre, de la philosophie!
Le pauvre garçon voulut paraître fort, et il répéta plusieurs fois:
—Oui... du courage!
—Eh bien! s'écria le bonhomme, j'en aurai, nom d'un tonnerre de Dieu! Je m'en vas la conduire jusqu'au bout.
La cloche tintait. Tout était prêt. Il fallut se mettre en marche.
Et assis dans une stalle du chœur, l'un près de l'autre, ils virent passer devant eux et repasser continuellement les trois chantres, qui psalmodiaient. Le serpent soufflait à pleine poitrine. M. Bournisien, en grand appareil, chantait d'une voix aiguë; il saluait le tabernacle, élevait les mains, étendait les bras. Lestiboudois circulait dans l'église avec sa latte de baleine; et près du lutrin, la bière reposait entre quatre rangs de cierges. Charles avait envie de se lever pour les éteindre.
Il tâchait cependant de s'exciter à la dévotion, de s'élancer dans l'espoir d'une vie future, où il la reverrait. Il imaginait qu'elle était partie en voyage, bien loin, depuis longtemps. Mais quand il pensait qu'elle se trouvait là-dessous, et que tout était fini, qu'on l'emportait dans la terre, alors il se prenait d'une rage farouche, noire, désespérée. Parfois même il croyait ne plus rien sentir; et il savourait cet adoucissement de sa douleur, tout en se reprochant d'être un misérable.
On entendit sur les dalles comme le bruit sec d'un bâton ferré qui les frappait à temps égaux. Cela venait 458du fond et s'arrêta court dans les bas côtés de l'église. Un homme en grosse veste brune s'agenouilla péniblement. C'était Hippolyte, le garçon du Lion d'or. Il avait mis sa jambe neuve. L'un des chantres vint faire le tour de la nef pour quêter, et les gros sous l'un après l'autre sonnaient dans le plat d'argent.
—Dépêchez-vous donc! je souffre, moi! s'écria Bovary tout en lui jetant avec colère une pièce de cinq francs. L'homme d'église le remercia par une longue révérence.
On chantait, on s'agenouillait, on se relevait, cela n'en finissait pas! Il se rappela qu'une fois, dans les premiers temps, ils avaient ensemble assisté à la messe, et ils s'étaient mis de l'autre côté, à droite, contre le mur.
La cloche recommença. Il y eut un grand mouvement de chaises. Les porteurs glissèrent leurs trois bâtons sous la bière, et l'on sortit de l'église.
Justin alors parut sur le seuil de la pharmacie. Il y rentra tout à coup, pâle, chancelant.
On se tenait aux fenêtres pour voir passer le cortège. Charles, en avant, se cambrait la taille. Il affectait un air brave et saluait d'un signe ceux qui, débouchant des ruelles ou des portes, se rangeaient dans la foule.
Les six hommes, trois de chaque côté, marchaient au petit pas et en haletant un peu. Les prêtres, les chantres et les deux enfants de chœur récitaient le De profundis; et leur voix s'en allait sur la campagne, montant et s'abaissant avec des ondulations. Parfois 459ils disparaissaient aux détours du sentier; mais la grande croix d'argent se dressait toujours entre les arbres.
Les femmes suivaient, couvertes de mantes noires à capuchon rabattu; elles portaient à la main un gros cierge qui brûlait, et Charles se sentait défaillir à cette continuelle répétition de prières et de flambeaux, sous ces odeurs affadissantes de cire et de soutane. Une brise fraîche soufflait, les seigles et les colzas verdoyaient, et des gouttelettes de rosée tremblaient au bord du chemin sur les haies d'épines. Toutes sortes de bruits joyeux emplissaient l'horizon: le claquement d'une charrette roulant au loin dans les ornières, le cri d'un coq qui se répétait ou la galopade d'un poulain que l'on voyait s'enfuir sous les pommiers. Le ciel pur était tacheté de nuages roses; des fumignons bleuâtres se rabattaient sur les chaumières couvertes d'iris; Charles, en passant, reconnaissait les cours. Il se souvenait de matins comme celui-ci, où, après y avoir visité quelque malade, il en sortait et retournait vers elle.
Le drap noir, semé de larmes blanches, se levait de temps à autre en découvrant la bière. Les porteurs fatigués se ralentissaient, et elle avançait par saccades continues, comme une chaloupe qui tangue à chaque flot.
On arriva. Les hommes continuèrent jusqu'en bas, à une place dans le gazon où la fosse était creusée.
On se rangea tout autour; et tandis que le prêtre parlait, la terre rouge, rejetée sur les bords, coulait par les coins, sans bruit, continuellement.
Puis, quand les quatre cordes furent disposées, on poussa la bière dessus. Il la regarda descendre.
Elle descendait toujours.
Enfin on entendit un choc; les cordes en grinçant remontèrent. Alors Bournisien prit la bêche que lui tendait Lestiboudois; de sa main gauche, tout en aspergeant de la droite, il poussa vigoureusement une large pelletée; et le bois du cercueil, heurté par les cailloux, fit ce bruit formidable qui nous semble être le retentissement de l'éternité.
L'ecclésiastique passa le goupillon à son voisin. C'était M. Homais. Il le secoua gravement, puis le tendit à Charles, qui s'affaissa jusqu'aux genoux dans la terre, et il en jetait à pleines mains tout en criant: Adieu! Il lui envoyait des baisers; il se traînait vers la fosse pour s'y engloutir avec elle.
On l'emmena;—et il ne tarda pas à s'apaiser, éprouvant peut-être, comme tous les autres, la vague satisfaction d'en avoir fini.
Le père Rouault, en revenant, se mit tranquillement à fumer une pipe, ce que Homais, dans son for intérieur, jugea peu convenable. Il remarqua de même que M. Binet s'était abstenu de paraître, que Tuvache «avait filé» après la messe, et que Théodore, le domestique du notaire, portait un habit bleu,—«comme si on ne pouvait pas trouver un habit noir, puisque c'est l'usage, que diable!» Et pour communiquer ses observations, il allait d'un groupe à l'autre. On y déplorait la mort d'Emma, et surtout L'Heureux, qui n'avait point manqué de venir à l'enterrement.
—Cette pauvre petite dame! quelle douleur pour son mari!
L'apothicaire reprenait:
—Sans moi, savez-vous bien, il se serait porté sur lui-même à quelque attentat funeste.
—Une si bonne personne! Dire pourtant que je l'ai encore vue samedi dernier dans ma boutique!
—Je n'ai pas eu le loisir, dit Homais, de préparer quelques paroles, que j'aurais jetées sur sa tombe.
En rentrant, Charles se déshabilla, et le père Rouault repassa sa blouse bleue. Elle était neuve, et comme il s'était, pendant la route, souvent essuyé les yeux avec les manches, elle avait déteint sur sa figure; et la trace des pleurs y faisait des lignes dans la couche de poussière qui la salissait.
Mme Bovary mère était avec eux. Ils se taisaient tous les trois. Enfin le bonhomme soupira:
—Vous rappelez-vous, mon ami, que je suis venu à Tostes une fois, comme vous veniez de perdre votre première défunte. Je vous consolais dans ce temps-là! Je trouvais quoi dire; mais à présent... Puis avec un long gémissement qui souleva toute sa poitrine:—Ah! c'est la fin pour moi, voyez-vous! J'ai vu partir ma femme... mon fils après... et voilà ma fille aujourd'hui!
Il voulut s'en retourner tout de suite aux Bertaux, disant qu'il ne pourrait pas dormir dans cette maison-là. Il refusa même de voir sa petite-fille.
—Non! non! ça me ferait trop de deuil. Seulement, vous l'embrasserez bien! Adieu!... vous êtes un 462bon garçon! Et puis, jamais je n'oublierai ça, dit-il en se frappant la cuisse, n'ayez peur! vous recevrez toujours votre dinde.
Mais quand il fut au haut de la côte il se détourna, comme autrefois il s'était détourné sur le chemin de Saint-Victor, en se séparant d'elle. Les fenêtres du village étaient toutes en feu sous les rayons obliques du soleil qui se couchait dans la prairie. Il mit sa main devant ses yeux; et il aperçut à l'horizon un enclos de murs, où des arbres, çà et là, faisaient des bouquets noirs entre des pierres blanches; puis il continua sa route, au petit trot, car son bidet boitait.
Charles et sa mère restèrent le soir, malgré leur fatigue, fort longtemps à causer ensemble. Ils parlèrent des jours d'autrefois et de l'avenir! Elle viendrait habiter Yonville, elle tiendrait son ménage, ils ne se quitteraient plus. Elle fut ingénieuse et caressante, se réjouissant intérieurement à ressaisir une affection qui depuis tant d'années lui échappait. Minuit sonna. Le village, comme d'habitude, était silencieux, et Charles, éveillé, pensait toujours à elle.
Rodolphe, qui pour se distraire avait battu le bois toute la journée, dormait tranquillement dans son château; Léon, là-bas, dormait aussi.
Mais il y en avait un autre qui, à cette heure-là, ne dormait pas.
Sur la fosse, entre les sapins, un enfant pleurait agenouillé; et sa poitrine, brisée par les sanglots, haletait dans l'ombre, sous la pression d'un regret immense plus doux que la lune et plus insondable que 463la nuit. La grille tout à coup claqua. C'était Lestiboudois; il venait chercher sa bêche qu'il avait oubliée tantôt. Il reconnut Justin escaladant le mur, et sut alors à quoi s'en tenir sur le malfaiteur qui lui dérobait ses pommes de terre.
爺さんが薬剤師の手紙を受け取ったのは、事件後三十六時間もたってからだった。オメー氏は、受け取る者の身になって、遠回しな書き方をしたので、結局どういうことなのか、まるで見当がつかなかった。
爺さんは、最初、卒中でも起こしたようにぶっ倒れた。次には、娘はまだ死んでいないのだと思った。が、あるいは死んでるのかもしれない。とにかく、爺さんは上っ張りを着込み、帽子をかぶり、短靴に拍車をつけ、懸命に馬を走らせた。道すがら、ルオー爺さんは、喘ぎあえぎ、激しい不安に苛さいなまれた。一度、やむなく馬を下りさえした。眼が見えなくなり、あたりにいろいろの人が聞こえ、気が狂いそうになったからだ。
夜が明けた。三羽の黒い雌鳥めんどりが木のかげに眠っているのが目についた。爺さんはこの凶兆に恐れ戦おののいた。そのとき爺さんは聖母マリアに願をかけて、三かさねの僧衣を教会へ寄進すること、ベルトーの墓地からヴァソンヴィルの礼拝堂まではだし参りをすることを誓った。
爺さんは、遠くから宿屋の人たちに呼びかけながら、マロムの村へ乗りつけ、宿屋の戸口を肩で押し開け、燕麦の袋に飛びつき、甘口りんご酒を一壜秣桶まぐさおけにぶちまけ、再び小馬の上の人となった。馬は四つの蹄鉄から火花を散らした。
娘はきっと助かると爺さんは考えた。お医者さん方がなにかよい薬を見つけてくださる。きっとそうだ。爺さんは奇跡的に治った病気の話をいろいろ思い浮かべてみた。
するとまたこんどは娘が死人になって見えてきた。娘はそこ、爺さんの前にいる。道の真中に、仰向けに倒れている。爺さんは手綱を引き締める。と、幻影は消えた。
キャンカンボワ村で、爺さんは元気をつけるために、コーヒーを立て続けに三杯飲んだ。
名宛の書き違いかもしれないと思った。ポケットの中をさぐってみると、手紙は手に触ったが、開けて見る勇気はなかった。
とうとう爺さんは、大方これは『悪ふざけ』だろう、それとも誰かの仕返しか、一ぱい機嫌のいたずらだろうと想像した。それに、もし娘が死んだのなら、なにか虫の知らせがあるはずだ! ところがどうして? 野原にはなんの変わりもない。空は青く、木はみんな揺れている。と思っていると、羊の群れが通った。爺さんは目指す村を認めた。人びとは爺さんが馬の首にしがみついて駆けつける姿を見た。力まかせに馬をひっぱたいていた。馬の腹帯から血が出ていた。
正気に返ると爺さんは、ボヴァリーの腕に泣きくずれて、
「娘が! エンマが! わしの子が! いったい、どうして……?」
すると相手はしゃくり上げながら答えた。
「わかりません、わかりません! 魔がさしたんです!」
薬屋が割って入る。
「そんな怖ろしい、細かい話はしたって始まらない。この方にはわたしから話しましょう。それ、みんながやってくる。さあ、しゃんとしてください! 落ち着きなさい!」
気の毒な婿むこは元気を見せようとした。そして何度も繰り返した。
「うむ……しっかりする!」
「よし!」と爺さんは大声をあげて、「わしもしっかりするぞっ! わしはおしまいまであの子に随ついて行ってやるぞ」
鐘が鳴っている。支度はできた。いよいよ繰り出さねばならない。
内陣の座席に並んで腰掛けた二人は、三人の唱歌者が聖詩を歌いながら絶えず前を往き来するのを見た。ラッパ吹きは息の限り吹いた。ブールニジアン師は、盛装して、甲高かんだかい声で歌いながら、聖櫃せいひつに礼拝し、手を上げ、腕をのばした。レスチブードワは鯨骨の杖をついで御堂の中を回っていた。聖書台のそばには、四列にならべた大ロウソクの間に棺が安置されていた。シャルルは立って行って、そのロウソクを消してしまいたかった。
しかし、シャルルは発心しよう、妻にめぐり遇うべき希望の来世へ飛び込もうと努めた。エンマはもうずっと前から、遠い遠い旅に出ているのだと想像してもみた。しかしエンマは現にあの下にいるのだ、すべては終わったのだ、エンマは土の中へ連れて行かれるのだと思うと、狂暴な、真っ暗な、絶望的な怒りに襲われるのであった。時どき感覚というものがなくなったように思う。そして、われながら情けないとは思いながらも、こうして苦痛が和らぐのをしみじみ味わってみるのだった。
尖端さきに鉄のついた杖で、同じ間をおいては、石を叩くような音が聞こえてきた。それは奥の方から聞こえてきて、御堂の横でぱたっと止まった。褐色の粗末な上着をきた男が、やりにくそうに跪ひざまずいた。『金獅子』の下男のイポリットであった。初めておろした義足(これはシャルルが贈ったいい方
の義足。第二部の一二を参照)をしていた。
歌手の一人が献金を集めに本陣を一巡まわりに来た。すると大きな銅貨が、後からあとから銀の皿に音を立てた。
「早くしてくれ! わたしは苦しいのだ!」シャルルはそう叫びながら、腹立たしげに五フラン金貨を投げた。
教会の男は恭々うやうやしく感謝した。
彼らは歌ったり、跪ひざまずいたり、立ち上がったりして、いつ果てるともわからない! シャルルは結婚の当座、一度ふたりでミサに出たことがあったのを思い出した。二人は向こう側、右手の壁際に腰掛けていたのだった。鐘がまた鳴り出した。方々の椅子がやかましく動いた。棺を運ぶ男たちが棺の下へ棒を二本差し込んだ。一同は教会を出た。
ジュスタンがそのとき薬局の戸口に現われた。青ざめ、ふらつきながら、にわかに店へ引っ込んだ。
人々は葬列の通るのを見ようと窓辺によっていた。シャルルは先頭に立ってそり返った。から元気であった。そして、横道や方々の戸口から出てきては群集の中に並ぶ人たちに会釈した。
両側に三人ずつ六人の男が、少々息をはずませながら小刻みに進んでいった。司祭たちや、唱歌者たちや、二人の少年歌手は『主よ我深き淵より汝をよべり』(旧約聖書『詩篇』
第一三〇章第一節)を誦じゆしていた。その声は高く低く波打ちながら、野面のづらに消えて行く。時どき彼らの姿は小径こみちの曲がり角で見えなくなった。しかし大きな銀の十字架は、いつも木の間隠れにそびえていた。
女たちは頭巾ずきんを後ろへ撥はねた黒マントにくるまって後に続いた。手に手に火のともったロウソクを持っていた。そしてシャルルは、祈りと燈明とうみようとの絶え間ない繰り返しのために、ロウと僧服の不快な臭気のために、今にも気が遠くなりそうだった。爽やかな風が吹いている。裸麦や菜種は青々としている。露のしずくが道ばたの茨いばらの籬まがきで震えている。楽しそうないろんな物音があたりに満ちている。遠く轍わだちに沿って行く荷車の軋きしむ音、しきりに繰り返す雄鶏おんどりの鳴き声、りんごの木かげに逃げこむ仔馬こうまの駆け足の音。澄んだ空には、ところどころにバラ色の雲がかかっている。菖蒲しようぶで覆われた藁わら屋根の上には、青味をおびた靄もやのようなものがかかっている。シャルルは通りがかりの方々ほうぼうの庭に見覚えがあった。ちょうどこのような朝、患者を見舞ってからそこを出て、妻のところへとって返したことが思い出された。
白い涙の模様を蒔まいた黒布が時どきあおられて、棺の地肌が見えた。棺を運ぶ男たちは、疲れて足をゆるめる。棺は一波ごとに縦揺れする艀はしけのように、絶えず前後に揺れながら進んで行った。
着いた。
男たちは下手しもての、芝生のなかの、墓穴の掘ってある所まで続けて歩いた。
穴のまわりを取り巻いた。司祭がなにか唱えている間、穴の縁に盛ってある赤土が、四隅から音もなくひっきりなしに崩れ落ちた。
やがて四筋の綱が並べられると、棺はその上に押しのせられた。シャルルは棺の下りるのを見つめた。それはどこまでも下がっていった。
ようやくゴトッという音がした。綱が鳴りながら上がってきた。するとブールニジアンはレスチブードワの差し出す鋤すきを受け取った。右の手では聖水をそそぎながら、左の手で土をひとすくいたっぷりすくって突いた。すると棺材に石ころがあたって、あの世の谺こだまかとも思われる恐ろしい響きを立てた。
僧は灌水器かんすいき(聖水を、人、物、場所に散
水するときに使う聖水入れ)を脇の人に渡した。それはオメー氏であった。彼は真面目くさって振った。そして今度はシャルルの手に渡した。シャルルは土の中に膝まで入って『お別れだ!』と叫びながら、両手一ぱいに土をつかんでは投げ込んだ。彼はエンマに幾度となく口づけを投げ、エンマと一緒に墓穴の中へ呑み込まれようと、穴の方へ這い寄った。
人びとが彼を引き連れ出した。まもなく彼は落ち着きを取り戻した。恐らくほかの人たちと同じように、なんとはなしに仕事を片付けたあとの満足を感じたのであろう。
ルオー爺さんは帰り道で、悠々と煙草をふかし始めた。オメーは内心不都合に思った。オメーはまた、ビネー氏が顔を見せなかったことや、テュヴァシュがミサのあとで『こそこそ逃げ出した』ことや、公証人の下男のテオドールが『しきたりである以上、黒服の工面ぐらいできないはずはないのに』青服を着ていることに眼をつけた。そしてそれを言いふらすために、あちらこちらと人群れを渡り歩いた。誰も彼もエンマの死を悼んでいた。ことにルウルーがそうだった。彼はちゃんと埋葬式にも参列したのだった。
「あの奥さんもお気の毒に! 旦那様はどんなにかお嘆きでしょうなあ!」
薬屋は続けて、
「もしもわたしがいなかったら、あの人は早まったことをしたかも知れんのだよ!」
「あんなにいいお方でしたがねえ。ついこの前の土曜日には、店でお目にかかったんだと思うと!……」
「墓前でやる弔辞を考えておく暇がなくってね」とオメーは言った。
帰るとシャルルは服を脱いだ。ルオー爺さんはまた、青い上張りをひっかけた。上張りは新しかった。爺さんは道々何度もその袖で眼を拭いたので、顔に色が染まっていた。そうして涙のあとが、埃ほこりによごれた顔の上にいくつも筋をつけていた。
ボヴァリー老夫人も一緒だった。三人とも黙りこんでいた。とうとう爺さんが嘆息して、
「覚えておいでだろう、お前さんが、あの亡くなった先妻と別れたばかりのとき、わしは一度トストへ行ったことがある。あのときは、わしがお前さんを慰めたもんだ! 言うべきことも見つかった。ところが今は……」
そう言って、長い呻うめきで胸を一杯ふくらませながら、
「ああ、ほんとにわしもこれでしまいだ! 女房を送り……続いて倅せがれ……それから今日は娘だ!」
爺さんは、この家にいてはとても眠れないからと言って、すぐさまベルトーへ帰りたがった。孫娘の顔を見てやることさえ嫌がった。
「いや、いかん! 会うたらよけいに悲しくなる。あの子にようく言っておいとくれ、ただそれだけを頼みます。ではさようなら!……お前さんは本当によい人だ! それから、あれは忘れないよ」と、爺さんは膝を打って、「心配ご無用! 七面鳥はやっぱり送ってあげる。」
しかし峠の上に着くと爺さんは、むかし娘と別れるとき、サン・ヴィクトール街道で振り返ったと同じように振り返った。草原に沈む入日の光に照らされて、村中の窓が火のように輝いていた。爺さんは小手をかざした。すると地平線の彼方に塀の囲いが、一ヶ所見えた。そこには木立ちがところどころ、白い石のあいだに黒い茂みをつくっていた。やがて爺さんは、小馬がびっこを引くので、小走りに走らせながら道を続けた。
その晩、シャルルと母親は、疲れているのに、ずいぶん長いこと語り合った。昔のことや、行末の話をした。母親は、自分がコンヴィルへ移って来よう、そして家の世話をしてあげよう、二人はもう別々にならないでいようなどと言うのだった。久しい前から離れていた愛情を取り戻すことが心中とても嬉しくて、如才なく、情愛深くもなっていたのである。
真夜中の鐘が鳴った。村はいつものとおり静かだった。シャルルは寝もやらず、いつまでも彼女のことを思いつづけた。
ロドルフは気晴らしに一日森を狩りまわってから、屋敷でぐっすり眠っていた。レオンもまたあの町で眠っていた。
その時に、眠っていない者がもう一人あった。
樅林の中の墓穴のほとりで、少年が一人跪ひざまずいて泣いていた。鳴咽に痛むその胸は、月光よりもしめやかに、夜よりもなお測りがたい無量の悲嘆にひしがれて、暗闇のなかにも著しるく波うっていた。と、急に鉄門が軋きしった。レスチブードワであった。昼間置き忘れた鋤をとりに来たのである。彼はジュスタンが塀をよじのぼるのを見届けた。そしていつもじゃがいもを盗んでゆく不届き者の目星をつけた。
XI
Charles, le lendemain, fit revenir la petite. Elle demanda sa maman. On lui répondit qu'elle était absente, qu'elle lui rapporterait des joujoux. Berthe en reparla plusieurs fois; puis, à la longue, elle n'y pensa plus. La gaieté de cette enfant navrait Bovary, et il avait à subir les intolérables consolations du pharmacien.
Les affaires d'argent bientôt recommencèrent, M. L'Heureux excitant de nouveau son ami Vinçart, et Charles s'engagea pour des sommes exorbitantes, car jamais il ne voulut consentir à laisser vendre le moindre des meubles qui lui avaient appartenu. Sa mère en fut exaspérée. Il s'indigna plus fort qu'elle. Il avait changé tout à fait. Elle abandonna la maison.
Alors chacun se mit à profiter. Mlle Lempereur réclama six mois de leçons, bien qu'Emma n'en eût jamais pris une seule (malgré cette facture acquittée qu'elle avait fait voir à Bovary); c'était une convention entre elles deux. Le loueur de livres réclama trois ans d'abonnement, la mère Rolet réclama le port d'une vingtaine 464de lettres; et comme Charles demandait des explications, elle eut la délicatesse de répondre:
—Ah! je ne sais rien! c'était pour ses affaires.
A chaque dette qu'il payait, Charles croyait en avoir fini. Il en survenait d'autres, continuellement.
Il exigea l'arriéré d'anciennes visites. On lui montra les lettres que sa femme avait envoyées. Alors il fallut faire des excuses.
Félicité portait maintenant les robes de Madame; non pas toutes, car il en avait gardé quelques-unes; et il les allait voir dans son cabinet de toilette où il s'enfermait. Comme elle était à peu près de sa taille, souvent, lorsqu'elle sortait de la chambre, Charles, en l'apercevant par derrière, était saisi d'une illusion, et il s'écriait: «Oh! reste! reste!»
Mais, à la Pentecôte, elle décampa d'Yonville enlevée par Théodore, et en volant tout ce qui restait de la garde-robe.
Ce fut vers cette époque que Mme veuve Dupuis eut l'honneur de lui faire part du «mariage de M. Léon Dupuis, son fils, notaire à Yvetot, avec mademoiselle Léocadie Lebœuf, de Bondeville». Charles, parmi les félicitations qu'il lui adressa, écrivit cette phrase: «Comme ma pauvre femme aurait été heureuse!»
Un jour qu'errant sans but dans la maison il était monté jusqu'au grenier, il sentit sous sa pantoufle une boulette de papier fin. Il l'ouvrit, et il lut: «Du courage, Emma! du courage! Je ne veux pas faire le malheur de votre existence.» C'était la lettre de Rodolphe, tombée par terre entre des caisses, qui était restée là, 465et que le vent de la lucarne venait de pousser vers la porte. Et Charles demeura tout immobile et béant à cette même place où jadis, encore plus pâle que lui, Emma, désespérée, avait voulu mourir.
Enfin, il découvrit un petit R au bas de la seconde page. Qui était-ce? Il se rappela les assiduités de Rodolphe, sa disparition soudaine, et l'air contraint qu'il avait eu en la rencontrant depuis, deux ou trois fois. Mais le ton respectueux de la lettre l'illusionna. Ils se sont peut-être aimés platoniquement, se dit-il.
D'ailleurs, Charles n'était pas de ceux qui descendent au fond des choses; il recula devant les preuves, et sa jalousie incertaine se perdit dans l'immensité de son chagrin.
On avait dû, pensait-il, l'adorer. Tous les hommes, à coup sûr, l'avaient convoitée. Elle lui en parut plus belle; et il en conçut un désir permanent, furieux, qui enflammait son désespoir et qui n'avait pas de limites parce qu'il était maintenant irréalisable.
Pour lui plaire, comme si elle vivait encore, il adopta ses prédilections, ses idées. Il s'acheta des bottes vernies, il prit l'usage des cravates blanches. Il mettait du cosmétique à ses moustaches, il souscrivit comme elle des billets à ordre. Elle le corrompait par delà le tombeau.
Il fut obligé de vendre l'argenterie pièce à pièce, ensuite il vendit les meubles du salon. Tous les appartements se dégarnirent; mais la chambre, sa chambre à elle, était restée comme autrefois.
Après son dîner, Charles montait là. Il poussait 466devant le feu la table ronde et il approchait son fauteuil. Il s'asseyait en face. Une chandelle brûlait dans un des flambeaux dorés. Berthe, près de lui, enluminait des estampes.
Il souffrait, le pauvre homme, à la voir si mal vêtue avec ses brodequins sans lacet et l'emmanchure de ses blouses déchirée jusqu'aux hanches, car la femme de ménage n'en prenait guère de souci. Mais elle était si douce, si gentille, et sa petite tête se penchait si gracieusement en laissant retomber sur ses joues roses sa bonne chevelure blonde, qu'une délectation infinie l'envahissait, plaisir tout mêlé d'amertume, comme ces vins mal faits qui sentent la résine. Il raccommodait ses joujoux, lui fabriquait des pantins avec du carton, ou recousait le ventre déchiré de ses poupées. Puis, s'il rencontrait des yeux la boîte à ouvrage, un ruban qui traînait ou même une épingle restée dans une fente de la table, il se prenait à rêver, et il avait l'air si triste qu'elle devenait triste comme lui.
Personne à présent ne venait les voir, car Justin s'était enfui à Rouen, où il est devenu garçon épicier, et les enfants de l'apothicaire fréquentaient de moins en moins la petite, M. Homais ne se souciant pas, vu la différence de leurs conditions sociales, que l'intimité se prolongeât.
L'aveugle, qu'il n'avait pu guérir avec sa pommade, était retourné dans la côte du Bois-Guillaume, où il narrait aux voyageurs la vaine tentative du pharmacien, à tel point que Homais, lorsqu'il allait à la ville, 467se dissimulait derrière les rideaux de l'Hirondelle afin d'éviter sa rencontre. Il l'exécrait; et dans l'intérêt de sa propre réputation, voulant s'en débarrasser à toute force, il dressa contre lui une batterie cachée, qui décelait la profondeur de son intelligence et la scélératesse de sa vanité. Durant six mois consécutifs, on put donc lire dans le Fanal de Rouen des entrefilets ainsi conçus:
«Toutes les personnes qui se dirigent vers les fertiles contrées de la Picardie auront remarqué sans doute, dans la côte du Bois-Guillaume, un misérable atteint d'une horrible plaie faciale. Il vous importune, vous persécute et prélève un véritable impôt sur les voyageurs. Sommes-nous encore à ces temps monstrueux du moyen âge, où il était permis aux vagabonds d'étaler par nos places publiques la lèpre et les scrofules qu'ils avaient rapportées de la croisade?»
Ou bien:
«Malgré les lois contre le vagabondage, les abords de nos grandes villes continuent à être infestés par des bandes de pauvres. On en voit qui circulent isolément, et qui peut-être ne sont pas les moins dangereux. A quoi songent nos édiles?»
Puis Homais inventait des anecdotes:
«Hier, dans la côte du Bois-Guillaume, un cheval ombrageux...» Et suivait le récit d'un accident occasionné par la présence de l'aveugle.
Il fit si bien qu'on l'incarcéra. Mais on le relâcha. Il recommença, et Homais aussi recommença. C'était une lutte. Il eut la victoire, car son ennemi fut condamné 468à une réclusion perpétuelle dans un hospice.
Ce succès l'enhardit; et dès lors, il n'y eut plus dans l'arrondissement un chien écrasé, une grange incendiée, une femme battue, dont aussitôt il ne fît part au public, toujours guidé par l'amour du progrès et la haine des prêtres. Il établissait des comparaisons entre les écoles primaires et les frères ignorantins, au détriment de ces derniers; rappelait la Saint-Barthélémy à propos d'une allocation de cent francs faite à l'église, et dénonçait des abus, lançait des boutades. C'était son mot. Homais sapait; il devenait dangereux.
Cependant il étouffait dans les limites étroites du journalisme, et bientôt il lui fallut le livre, l'ouvrage! Alors il composa «une statistique générale du canton d'Yonville, suivie d'observations climatologiques», et la statistique le poussa vers la philosophie. Il se préoccupa des grandes questions: problème social, moralisation des classes pauvres, pisciculture, caoutchouc, chemins de fer, etc. Il en vint à rougir d'être un bourgeois. Il affectait le genre artiste, il fumait! Il s'acheta deux statuettes chic Pompadour pour décorer son salon.
Il n'abandonnait point la pharmacie; au contraire! il se tenait au courant des découvertes. Il suivait le grand mouvement des chocolats. C'est le premier qui ait fait venir dans la Seine-Inférieure du cho-ca et de la revalentia. Il s'éprit d'enthousiasme pour les chaînes hydro-électriques Pulvermacher; il en portait une lui-même; et le soir, quand il retirait son gilet de flanelle, Mme Homais restait tout éblouie devant la spirale d'or 469sous laquelle il disparaissait, et sentait redoubler ses ardeurs pour cet homme plus garrotté qu'un Scythe et splendide comme un mage.
Il eut de belles idées à propos du tombeau d'Emma. Il proposa d'abord un tronçon de colonne avec une draperie, ensuite une pyramide, puis un temple de Vesta, une manière de rotonde... ou bien «un amas de ruines». Et dans tous les plans, Homais ne démordait point du saule pleureur, qu'il considérait comme le symbole obligé de la tristesse.
Charles et lui firent ensemble un voyage à Rouen, pour voir des tombeaux, chez un entrepreneur de sépultures—accompagnés d'un artiste peintre, un nommé Vaufrylard, ami de Bridoux, et qui tout le temps débita des calembours.
Enfin, après avoir examiné une centaine de dessins, s'être commandé un devis et fait avoir un second voyage à Rouen, Charles se décida pour un mausolée qui devait porter sur ses deux faces principales «un génie tenant une torche éteinte».
Quant à l'inscription, Homais ne trouvait rien de beau comme: Sta viator; et il en restait là; il se creusait l'imagination; il répétait continuellement: Sta viator... Enfin il découvrit: Amabilem conjugem calcas! qui fut adopté.
Une chose étrange, c'est que Bovary, tout en pensant à Emma continuellement, l'oubliait, et il se désespérait à sentir cette image lui échapper de la mémoire au milieu des efforts qu'il faisait pour la retenir. Chaque nuit pourtant il la rêvait; c'était toujours le même 470rêve: il s'approchait d'elle, mais quand il venait à l'étreindre, elle tombait en pourriture dans ses bras.
On le vit pendant une semaine entrer le soir à l'église. M. Bournisien lui fit même deux ou trois visites, puis l'abandonna. D'ailleurs le bonhomme tournait à l'intolérance, au fanatisme, disait Homais; il fulminait contre l'esprit du siècle et ne manquait pas, tous les quinze jours, au sermon, de raconter l'agonie de Voltaire, lequel mourut en dévorant ses excréments, comme chacun sait.
Malgré l'épargne où vivait Bovary, il était loin de pouvoir amortir ses anciennes dettes. L'Heureux refusa de renouveler aucun billet. La saisie devint imminente. Alors il eut recours à sa mère, qui consentit à lui laisser prendre une hypothèque sur ses biens, mais en lui envoyant force récriminations contre Emma; et elle demandait, en retour de son sacrifice, un châle échappé aux ravages de Félicité. Charles le lui refusa. Ils se brouillèrent.
Elle fit les premières ouvertures de raccommodement en lui proposant de prendre chez elle la petite, qui la soulagerait dans sa maison. Charles y consentit. Mais au moment du départ, tout courage l'abandonna. Alors ce fut une rupture définitive, complète.
A mesure que ses affections disparaissaient, il se resserrait plus étroitement à l'amour de son enfant. Elle l'inquiétait cependant, car elle toussait quelquefois et avait des plaques rouges aux pommettes.
En face de lui s'étalait florissante et hilare la famille du pharmacien, que tout au monde contribuait à 471satisfaire. Napoléon l'aidait au laboratoire, Athalie lui brodait un bonnet grec, Irma découpait des rondelles de papier pour couvrir les confitures, et Franklin récitait tout d'une haleine la table de Pythagore. Il était le plus heureux des pères, le plus fortuné des hommes.
Erreur! une ambition sourde le rongeait: Homais désirait la croix.
Les titres ne lui manquaient point:
1° S'être, lors du choléra, signalé par un dévouement sans bornes; 2° avoir publié, et à mes frais, différents ouvrages d'utilité publique, tels que... (et il rappelait son mémoire intitulé: Du cidre, de sa fabrication et de ses effets; plus, des observations sur le puceron laniger, envoyées à l'Académie; son volume de statistique, et jusqu'à sa thèse de pharmacien), sans compter que je suis membre de plusieurs sociétés savantes (il l'était d'une seule). Enfin, s'écriait-il en faisant une pirouette, quand ce ne serait que de me signaler aux incendies!
Alors Homais inclina vers le Pouvoir. Il rendit secrètement à M. le préfet de grands services dans les élections. Il se vendit enfin, il se prostitua. Il adressa même au souverain une pétition où il le suppliait de lui faire justice. Il l'appelait notre bon roi et le comparait à Henri IV.
Et chaque matin l'apothicaire se précipitait sur le journal pour y découvrir sa nomination; elle ne venait pas. Enfin, n'y tenant plus, il fit dessiner dans son jardin un gazon figurant l'étoile de l'honneur, avec deux petits tortillons d'herbe qui partaient du sommet pour 472imiter le ruban. Il se promenait autour, les bras croisés, en méditant sur l'ineptie du gouvernement et l'ingratitude des hommes.
Par respect, ou par une sorte de sensualité qui lui faisait mettre de la lenteur dans ses investigations, Charles n'avait pas encore ouvert le compartiment secret d'un bureau de palissandre dont Emma se servait habituellement. Un jour, enfin, il s'assit devant, tourna la clef et poussa le ressort. Toutes les lettres de Léon s'y trouvaient. Plus de doute, cette fois! Il dévora jusqu'à la dernière, fouilla dans tous les coins, tous les meubles, tous les tiroirs, derrière les murs, sanglotant, hurlant, éperdu, fou. Il découvrit une boîte, la défonça d'un coup de pied. Le portrait de Rodolphe lui sauta en plein visage, au milieu des billets doux bouleversés.
On s'étonna de son découragement. Il ne sortait plus, ne recevait personne, refusait même d'aller voir ses malades. Alors on prétendit qu'il s'enfermait pour boire.
Quelquefois pourtant, un curieux se haussait par-dessus la haie du jardin, et apercevait avec ébahissement cet homme à barbe longue, couvert d'habits sordides, farouche, et qui pleurait tout haut en marchant.
Le soir, dans l'été, il prenait avec lui sa petite fille et la conduisait au cimetière. Ils s'en revenaient à la nuit close, quand il n'y avait plus d'éclairé sur la place que la lucarne de Binet.
Cependant la volupté de sa douleur était incomplète, car il n'avait personne autour de lui qui la partageât, 473et il faisait des visites à la mère Lefrançois afin de pouvoir parler d'elle.
Mais l'aubergiste ne l'écoutait que d'une oreille, ayant comme lui des chagrins; car M. L'Heureux venait enfin d'établir les Favorites du Commerce, et Hivert, qui jouissait d'une grande réputation pour les commissions, exigeait un surcroît d'appointements et menaçait de s'engager à la concurrence.
Un jour qu'il était allé au marché d'Argueil pour y vendre son cheval,—dernière ressource,—il rencontra Rodolphe.
Ils pâlirent en s'apercevant. Rodolphe, qui avait seulement envoyé sa carte, balbutia d'abord quelques excuses, puis s'enhardit et même poussa l'aplomb (il faisait très chaud, on était au mois d'août) jusqu'à l'inviter à prendre une bouteille de bière au cabaret.
Accoudé en face de lui, il mâchait son cigare tout en causant, et Charles se perdait en rêveries devant cette figure qu'elle avait aimée. Il lui semblait revoir quelque chose d'elle. C'était un émerveillement. Il aurait voulu être cet homme.
L'autre continuait à parler culture, bestiaux, engrais, bouchant avec des phrases banales tous les interstices où pouvait se glisser une allusion. Charles ne l'écoutait pas, Rodolphe s'en apercevait, et il suivait sur la mobilité de sa figure le passage des souvenirs. Elle s'empourprait peu à peu, les narines battaient vite, les lèvres frémissaient; il y eut même un instant où Charles, plein d'une fureur sombre, fixa ses yeux contre Rodolphe, qui, dans une sorte d'effroi, s'interrompit.
Mais bientôt la même lassitude funèbre réapparut sur son visage.
—Je ne vous en veux pas, dit-il.
Rodolphe était resté muet. Charles, la tête dans ses deux mains, reprit d'une voix éteinte et avec l'accent résigné des douleurs infinies:
—Non! je ne vous en veux plus! Il ajouta même un grand mot, le seul qu'il ait jamais dit:
—C'est la faute de la fatalité!
Rodolphe, qui avait conduit cette fatalité, le trouva bien débonnaire pour un homme dans sa situation, comique même et un peu vil.
Le lendemain, Charles alla s'asseoir sur le banc, dans la tonnelle. Des jours passaient par le treillis; les feuilles de vigne dessinaient leurs ombres sur le sable, le jasmin embaumait, le ciel était bleu, des cantharides bourdonnaient autour des lis en fleurs, et Charles suffoquait comme un adolescent sous les vagues effluves amoureux qui gonflaient son cœur chagrin.
A sept heures, la petite Berthe, qui ne l'avait pas vu de toute l'après-midi, vint le chercher pour dîner.
Il avait la tête renversée contre le mur, les yeux clos, la bouche ouverte, et tenait dans ses mains une longue mèche de cheveux noirs.
—Papa, viens donc! dit-elle.
Et, croyant qu'il voulait jouer, elle le poussa doucement. Il tomba par terre. Il était mort.
Trente-six heures après, sur la demande de l'apothicaire, M. Canivet accourut. Il l'ouvrit et ne trouva rien.
Quand tout fut vendu, il resta douze francs soixante-quinze centimes qui servirent à payer le voyage de Mlle Bovary chez sa grand'mère. La bonne femme mourut dans l'année même; le père Rouault étant paralysé, ce fut une tante qui s'en chargea. Elle est pauvre et l'envoie, pour gagner sa vie, dans une filature de coton.
Depuis la mort de Bovary, trois médecins se sont succédé à Yonville sans pouvoir y réussir, tant M. Homais les a tout de suite battus en brèche. Il fait une clientèle d'enfer; l'autorité le ménage et l'opinion publique le protège.
Il vient de recevoir la croix d'honneur.
FIN
シャルルはその翌日子供を呼び戻した。子供はママはと訊いた。みんなが、ママはお留守だが、今におもちゃを持って帰ってくると答えた。ベルトは何遍も母親のことを繰り返して言ったが、しまいには忘れてしまった。この子のはしゃぐのがシャルルを悲しくした。シャルルはまた薬剤師の聞くに耐えない慰めの言葉を忍ばねばならなかった。
ルウルー氏がまたしても仲間のヴァンサールを煽動したので、やがてまた金の問題が持ち上がった。そしてシャルルは法外な金額を支払うことを約束した。シャルルは、『あれ』のものであった調度類は、どんなつまらぬものでも、決して売ろうとはしなかった。それで母親はひどく怒った。シャルルは母親以上に憤慨した。シャルルは人間がすっかり変わったようになった。母親は家を出ていった。
こうなると、誰も彼もが『甘い汁を吸おう』とかかった。ランプルール嬢は、六ヶ月分の授業料を請求した。エンマは(いつか受け取りをボヴァリーに見せはしたが)、ただの一度も稽古を受けてはいないのに。とは言えそれは、女二人の合意の上のことだった。貸本屋は三年分の料金を請求した。ロレーのおかみさんは二十通ばかりの手紙の駄賃を請求した。シュルルがわけを尋ねると、婆さんは巧妙にもこう答えた。
「いえ、わたしはなんにも存じません! 奥様の御用のことでございました」
借金を払うたびに、シャルルはこれでもう片付いたと思った。ところがまたほかのが続々現われてきた。
シャルルはこげつきの往診料を取り立てた。先方はエンマの手紙を見せた。そこで、こちらがあやまらねばならなかった。
フェリシテは今では奥さんの着物を着ていた。もっとも全部ではなかったが。それはシャルルが幾枚か取っておいて、化粧室に閉じこもっては眺めるからだった。フェリシテは背格好がエンマと同じくらいなので、シャルルはフェリシテを後ろから見ると、よく錯覚に捉われて叫ぶのだった。
「おお! そのままで! そのままで!」
しかし聖霊降臨節の日に、フェリシテはテオドールにかどわかされ、衣裳箪笥たんすの中の残りをごっそりかっさらって、ヨンヴィルを駆け落ちした。
デュピュイ未亡人がシャルルに宛てて、『イヴトー市の公証人、男レオン・デュピュイ、ボンドヴィルのレオカディー・ルブーフ嬢と結婚相整い云々』と通知してきたのも、ちょうどその時分であった。シャルルは未亡人に送った祝詞のなかに、次のような文句を書いた。
『妻が生きておりましたら、どれほど喜んででしょう!』
ある日、家の中を当てもなく歩き回って、シャルルは屋根裏の物置までのぼった。すると履いている上靴の下に、薄紙の丸めたのが触った。広げて読んでみると、
『しっかりして下さい、エンマ! しっかりして下さい! わたしはあなたの生活を不幸にしたくはないのです』
ロドルフの手紙であった。箱の間に落ちて、そのままになっていたのが、天窓の風で、今さき戸口の方へ吹き寄せられたのであった。シャルルはじっと身動きもせず、あっけにとられて、昔、エンマがシャルルよりもっと青ざめ、絶望のあまり死のうとした、その同じ場所に佇たたずんだ。とうとうシャルルは第二ページの下の方に小さなRという字を見つけた。誰だろう? シャルルはロドルフがいろいろ親切にしてきたこと、急に姿を消したこと、その後二三度出逢った折、ぎこちない態度を見せたことなどを思い出した。しかしシャルルはこの手紙の丁重な調子にだまされた。
『二人はプラトニックな恋をしていたのかもしれない。』と彼は考えた。
もっともシャルルは物事を穿鑿せんさくする性質の男ではなかった。証拠を前にして尻込みした。他愛もない彼の嫉妬は、果てしもない悲哀の中に没してしまった。
誰だってエンマを熱愛したに相違ないのだ、とシャルルは考えた。男という男はみんなエンマに恋いこがれたに決まっている。そう思うと、エンマがいっそう美しく見えた。そして彼はエンマに狂わしい、不断の懲情を感じた。それは彼の絶望に火の手を添えた。それは今となっては果たされないものだけに、停止するところを知らなかった。
エンマを喜ばせようとして、エンマがまだ生きてでもいるように、シャルルは彼女の好みや考えを取り入れた。ニス塗りの長靴を買う。白ネクタイを締める。口髭にはチックを塗り、エンマと同じように約束手形に署名もした。つまり草葉のかげのエンマに、彼は堕落させられたのだ。
銀の器をぼつぼつ手放さねばならなくなった。次には客間の道具類を手放した。どの部屋もがらんとなった。しかし居間だけは、エンマの居間だけは、もとのままであった。晩の食事を済ますと、シャルルはそこへ上ってゆく。暖炉の前へ丸テーブルを寄せ、『あれの』肘掛け椅子を近づけて、その向かい側に腰掛ける。ロウソクが一本、金色の燭台にともっている。そばではベルトが絵に色を塗っていた。
ベルトの身なりがいかにも見すぼらしいのを見て、シャルルは哀れにも胸を痛めるのであった。編み上げ靴には紐がない。上っ張りの袖付けは、腰のあたりまで裂けている。家政婦がろくに構ってくれないからだった。しかしベルトは本当に優しく可愛かった。見事なブロンドの髪をバラ色の頬に垂らし、小さな頭をしとやかに傾かしげている。それを見ると、限りそない歓びがシャルルの胸に迫ってきた。樹脂の香がするでき損いのぶどう酒みたいに、にがみの混じった歓びだった。シャルルは子供の玩具を修繕したり、厚紙で操り人形をこさえてやったり、人形のやぶれたお腹を縫い合わせたりしてやった。そして、裁縫箱や、散らばっているリボンや、また机の裂け目に落ちている縫い針をふと見つけてさえ物思いに耽るのだった。あまり悲しそうな顔をするので、子供もやっぱり悲しくなった。
今は誰一人訪ねるものもない。ジュスタンはルーアンへ逃げ出して雑貨屋の小僧になったし、薬屋の子供たちはだんだんベルトから遠ざかった。オメー氏はお互いの社会的地位が変わってきたので、これからさき親密な関係を続ける気がなくなったからだ。
オメー氏の軟膏でも治らなかった人は、ボワ・ギヨームの丘へ帰って、薬剤師の空しい試みを往来の人に吹聴した。それがあんまり激しいので、オメーは町へ行くときにも、盲人には逢わないように『つばめ』の窓かけのかげに隠れるほどであった。オメーは盲人がいまいましくてならなかった。そして自分の評判のために、是が非でもこの男を片付けてしまおうと、知恵の深さと陰険さに、思い上がりまでも晒け出した覆面攻撃の矛先を、この乞食に向けたのだ。そこで半年ぶっとおしに、次のような短い記事が『ルーアンの燈火』紙上に現われた。
『ピカルディーの沃野に赴く者は、何人といえども恐らくボワ・ギョームの丘に於て、面部に恐るべき瘡傷ある乞食に注目したことであろう。彼は人々に付き纏い、人々を迫害し、通行人に金品を強要することあたかも税を徴するが如くである。われわれは今なお、古いにしえの浮浪者が十字軍よりもたらされた癩病、瘰癧を平然と街頭に曝さらせし、かの恐るべき中世時代に在るのであるか?』
また、
『浮浪禁止の法あるにもかかわらず、わが国の大都会の付近には、依然として乞食の群の跋扈ばつこするを見る。中には単独で徘徊する手合いもある。恐らく危験に変わりはあるまい。市当局は何をしておるか?』
それからオメーはいろんな作りばなしを考えた。
『昨日ボワ・ギョームの丘に於て一頭の悍馬が……』そしてその後には、盲人が居合わせたために起こった椿事の話が続いていた。
オメーのおかげで盲人は拘禁された。が、やがて放免になった。盲人がまたやり出すと、オメーもまた始める。一種の戦いであった。オメーは勝った。敵は貧民院へ終身監禁を宣告された。
彼はこの成功に勢いを得た。それからというものは、郡内で犬が一匹轢殺されても、納屋が一棟焼けても、女房が一人打ぶたれても、彼は例によって、進歩を愛する心と僧侶を憎む心にもとづき、すぐさまそれを公表せずにはおかなかった。彼は小学校と教会学校を比較して教会学校をこきおろし、教会へ百フランの補助金が下ったと言っては、聖バルテレミー祭の大虐殺を引き合いに出し、『悪弊を摘発し、警句を放った』。ところで、これは本人の言葉である。つまりオメーはすべてをなで斬りにした。オメーは危険人物となった。
しかし、彼にはジャーナリズムの小天地が窮屈でならなかった。やがて書物が、著述が必要となった! そこで彼は『ヨンヴィル区の一般統計、並びに風土学的観察』を編纂した。そして、統計学から哲学に向かった。社会問題、貧民階級の善導、養魚法、弾性ゴム、鉄道等の大問題に没頭した。彼はとうとう一介の俗人であることを恥じ、『芸術家風』を気取り、煙草を吸った! そして客間を飾るためにポンパドゥール風の『シック』な小形像を二つ買い込んだ。
薬店を打っちゃっていたのではない。それどころか、絶えず新発見と歩調を合わせていた。チョコレート界の大発展に注目した。下しもセーヌ県に初めて『ショ・カ』印や『ルヴァランシア』印を入れたのは彼であった。オメーはピュルヴェルマシェール式水力用応用電気帯に熱中して、自分もそれを身につけた。夜になって、彼がネルのチョッキを脱いだとき、オメー夫人は彼の身体をすっかり包んでいる金色の螺旋を前に、しばらくは驚きの目を見張るのだった。そして蛮族スキチア人よりも厳めしく身をかため、ベツレヘムの博士のように堂々たるこの男に対して、いよいよ熱情の昂たかまるのを覚えた。
オメーはエンマの墓についていろいろ名案を思いついた。まず最初は円柱の断片に布をからませたもの、その次にはピラミッド、それから円堂の形をしたヴェスタの神殿……それとも、『廃墟』はどうかと言った。そしてどの案にもオメーはしだれ柳を添えるのだと言ってきかなかった。悲哀の象徴としてなくてならぬものと考えていたのである。
シャルルとオメーは連れ立ってルーアンに出かけ、ある石碑屋で墓の見本をいろいろ見せてもらった、——ブリドゥウの友達で、始終洒落ばかり会っているヴォーフリラールという画家の案内で。百枚ばかりの図案をしらべ、見積書を書かせ、再度ルーアンへ旅をしたあげく、とうとうシャルルは、『火の消えた炬火を持つ精霊』を主な二面に表わした大きな墓を造ることに決めた。
碑名については、オメーも、『行人よ 足をとめよ(Sta viator)』に勝る名文句が浮かばなかった。そしてそこで彼も足をとめてしまった。彼は有りたけの智慧を絞りながら、のべつ幕なしに『行人よ 足をとめよ……』を繰り返していた。が、ようやく、『汝が足下なるわがいとしの妻ぞ(Amabilem conjugem calcas)』というのを発見した。そしてこれが採用された。
不思議なことに、ボヴァリーは絶えずエンマのことを想いつづけながら、しかもエンマを忘れていった。その面影を引きとめようと努めるうちに、それが記憶から脱けてゆくのを感じて、がっかりした。しかし毎晩エンマの夢をみた。決まって同じ夢であった。エンマの方へ近づいてゆく、が、抱き締めたと思うとエンマは腕の中で潰れてしまうのだ。
一週間のあいだ、晩になるとシャルルは教会へ入っていった。ブールニジアン師の方からも三度訪ねてきたが、やがて見切りをつけてしまった。もっとも、オメーに言わせると、——この坊主は近頃、異説を微塵みじんも許さぬ狂信ぶりを見せてきた。ブールニジアン師は時代精神を罵倒した。そして半月ごとの説教には、これは誰でも知っていることだが、自分の排泄物を喰らいながら死んだという、ヴォルテールの最後をきっと欠かさずに話して聞かせた。
随分切りつめて暮らしてはいるが、シャルルにはとても古い借金を返すことはできなかった。ルウルーは手形の書き換えを一切ことわった。差押えが迫ってきた。そこでシャルルは母親に泣きついた。母親は自分の財産の一部を抵当に入れることは承知したが、それと同時に、エンマのことをさんざん悪く言ってよこした。また、犠牲になる代わりに、フェリシテの盗み残したショールが一枚欲しいと言った。シャルルはことわった。喧嘩になった。
母親の方からまず折れて、娘を家へ引き取ろう、家に置いて老後の慰めにしたいからと言ってきた。シャルルは承諾した。が、いざ娘が行くという段になって、勇気がまったく挫くじけてしまった。そこでいよいよ完全な仲違いになった。
心の痛みが薄らぐにつれて、シャルルはますます子供に対する愛にかまけるようになった。しかし、子供の様子がどうも気がかりでならなかった。子供は時どき咳をするし、両方の頬がいやに赤い。
シャルルの眼の前には、薬剤師の一家が景気よく朗らかにのさばっていた。なにもかもが満足の種であった。ナポレオンは薬局で手伝う、アダリーはトルコ帽に刺繍をする、イルマはジャム壺に被せる円い紙を切る、フランクリンは九々の表をそらで一息に言ってのける。オメーは世界一の幸福な父親、世界一果報者であった。
と思うは大違い! 人知れぬ野心が彼を苦しめていた。オメーは勲章が欲しかったのだ。資格は十分あった。
第一、コレラ流行の際、防疫に奔走して認められたこと。第二、公共を裨益ひえきする各種の著書を、しかも自費を以て出版したこと、たとえば……(と、ここで、『りんご酒とその製法及び効果』と題する研究報告、それから学士院へ提出したりんごのワタムシの観察、統計の書物、薬剤師資格論文に至るまで並べ立て)、なお各種学会(実は一つ)の会員であること。
「さあ、」とオメーは嬉しそうに踵できりりと回りながら叫んだ。「あとは火事でも起こって一働き見せたら大願成就だ!」
そこでオメーは権力者に接近した。選挙のときには県知事のためにひそかに忠勤にはげんだ。ついに身を売り、節を屈した。そのうえ国王に嘆願書を奉って『何分の御沙汰』を乞うた。そして国王を、『われらの善き国王陛下』と呼んで、アンリ四世に比較した。
そして薬屋は叙勲の辞令は載っていないかと、毎朝新聞に飛びついた。辞令は出なかった。とうとうしびれを切らしたオメーは、名誉の星じるしをかたどった芝生を庭に造らせ、その頭のところから、綬じゆに似せて草の短い撚り紐を二本出した。オメーは政府の無能と人間の忘恩とについて瞑想しながら、腕組みをして、まわりを歩き回った。
大事にそっとしておきたいためか、それとも一種の肉感から、ゆっくり楽しんでしらべてみるためか、とにかくシャルルはエンマが平生使っていた紫檀したんの机の秘密の仕切りを、まだ開いて見たことがなかった。ある日、とうとうその前に座って、鍵を回し、バネを押した。レオンの手紙が全部あった。今度こそはもう疑いない! シャルルは最後の手紙までも貪るように読み、すすりあげながら、喚わめきながら、われを忘れ、夢中になって、隅という隅、家具という家具、抽斗ひきだしという抽斗、壁のうしろまでも探しまわった。箱を一つ見つけて踏み潰した。ひっくり返された恋文の中から、ロドルフの肖像が跳ねあがって、シャルルの顔のど真ん中に当たった。
みんなはシャルルがしょんぼりしているのに驚いた。外へも出ず、客にも会わず、往診さえもことわった。で、『引っ込んで飲んでいるのだろう』と言うことになった。
しかし、ときたま物好きな男が庭の生け垣越しに背のびして見ると、シャルルが髭をぼうぼうと生やし、汚きたならしい服を纏まとい、物凄い形相をして、歩きながら大声で泣いているのでびっくりした。
夏の夕方、シャルルはよく娘を連れて墓参りをした。二人は日がとっぷり暮れて、もう広場には、ビネーの家の天窓にしか明かりの見えない頃になって戻ってきた。
しかし彼は悲しむことの悦びを十分に味わうことができなかった。悲しみをともにしてくれる者が一人もそばにいなかったから。そこでシャルルは、『あれのこと』が話したさに、たびたびルフランソワのおかみを訪ねた。しかし女将にも、シャルル同様悲しいことがあるので、うわの空でしか聞いてくれなかった。というのは、ルウルー氏が近頃になって、とうとう『評判交通社』という乗合馬車屋を作ったからである。そして町の用達ようたしが上手で評判のイヴェールが、給金をあげてくれなければ、『敵方へ』へ雇われると脅かしていたのである。
ある日シャルルは、馬——金になる最後のものを売ろうと、アルグイユの市いちに出かけて、ロドルフに逢った。
顔を合わせるなり二人は、真っ青になった。ロドルフは名刺を送っておいたきりなので、初めは何やら言いわけを口の中で言っていたが、やがて肚はらを据え、しまいにはあつかましくも、居酒屋へビールを飲みに行こうと誘った(八月のことで、ずいぶん暑かった)。
ロドルフはシャルルの向かい側に肱を突いて、しゃべりながら葉巻を噛んでいた。シャルルは、かつてエンマが愛したこの男の顔を眼の前に見て、様々の想いに耽っていた。エンマの名残りを見るような気がした。讃嘆の気持ちであった。できるなら、自分がこの男になりたかった。
相手は真綿で首を締めるような言葉の入りそうな隙間すきま隙間を月並みな文句でふさぎながら、耕作の話や、家畜の話、肥料の話などをし続けた。シャルルは聴いてはいなかった。ロドルフはそれに気がついて、シャルルの顔の動きの上に、追憶の影の過ぎゆくあとを追うのであった。シャルルの顔は次第に赤らんできた。小鼻はせわしく動き、唇は震えていた。あるときなど、シャルルが沈鬱な怒りに燃えてじっとロドルフを睨みつけたので、怯おびえたようにロドルフは口をつぐんだことさえあった。しかし、シャルルの顔には、やがてまた例の暗澹あんたんたる倦怠の色が現われた。
「わたしはあなたを恨みはしません」
ロドルフは黙っていた。するとシャルルは頭を抱えて、張りのない声で、無限の苦しみをじっと諦めた口調で、
「そうです、わたしはもうあなたを恨みはしません」
と言ったうえ、一世一代の仰々しい言葉を付け加えた。
「運命の罪です」
その運命を導いたロドルフには、その言葉はこういう立場の男が言うにしては、いかにも甘ったるく、そのうえ滑稽でさえもあり、いささか卑屈にも聞こえたのである。
その翌日、シャルルは青葉棚のベンチへ行って、腰を掛けた。日の光は格子の間から射し込んでいる。ぶどうの葉は砂上に影をおとしている。ジャスミンの花は薫り、空は青かった。ハンミョウが咲き誇った百合のまわりに羽音はおとを立てていた。そしてシャルルは、彼の悲しい胸を膨らませる、とりとめもない愛の高潮たかしおに、まるで青年のような息苦しさを感じた。
七時になると、昼中父親の顔を見なかったベルトが晩御飯に呼びにきた。
父親は仰向けに頭を壁に凭もたせ、眼をつむり、口をあけて、長い一房の黒髪を両手の中に持っていた。
「パパ、いらっしゃいてば!」
父親が冗談にしていることだと思ったので、ベルトはそっと突いてみた。彼は地べたへ倒れた。死んでいた。
三十六時間の後、薬屋の依頼で、カニヴェ氏が駆けつけた。解剖したが、何もなかった。
一切合財売り払うと、十二フラン七十五サンチーム残った。それはボヴァリー嬢が祖母のところへ行く旅費になった。老夫人もその年に亡くなった。ルオー爺さんは中風なので、一人の叔母が娘を引きとった。ところが、この叔母がまた貧乏なので、口すぎのために、娘をある綿糸工場へ出している。
ボヴァリーが死んでから、三人の医者が入れ替わり立ち替わりヨンヴィルで開業したが、オメー氏がじきにやっつけるので、結局ものにならなかった。オメー氏は物凄いほど顧客をもっている。当局も一目おき、世論も彼を擁護している。
彼は近頃、名誉勲章をもらった。
ボヴァリー夫人 完
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