Les Misérables リーディング

Les Misérables Tome V : Livre neuvième—Suprême ombre, suprême aurore

Chapitre I Pitié pour les malheureux, mais indulgence pour les heureux

 

C'est une terrible chose d'être heureux! Comme on s'en contente! Comme on trouve que cela suffit! Comme, étant en possession du faux but de la vie, le bonheur, on oublie le vrai but, le devoir!

Disons-le pourtant, on aurait tort d'accuser Marius.

Marius, nous l'avons expliqué, avant son mariage, n'avait pas fait de questions à M. Fauchelevent, et, depuis, il avait craint d'en faire à Jean Valjean. Il avait regretté la promesse à laquelle il s'était laissé entraîner. Il s'était beaucoup dit qu'il avait eu tort de faire cette concession au désespoir. Il s'était borné à éloigner peu à peu Jean Valjean de sa maison et à l'effacer le plus possible dans l'esprit de Cosette. Il s'était en quelque sorte toujours placé entre Cosette et Jean Valjean, sûr que de cette façon elle ne l'apercevrait pas et n'y songerait point. C'était plus que l'effacement, c'était l'éclipse.

Marius faisait ce qu'il jugeait nécessaire et juste. Il croyait avoir, pour écarter Jean Valjean, sans dureté, mais sans faiblesse, des raisons sérieuses qu'on a vues déjà et d'autres encore qu'on verra plus tard. Le hasard lui ayant fait rencontrer, dans un procès qu'il avait plaidé, un ancien commis de la maison Laffitte, il avait eu, sans les chercher, de mystérieux renseignements qu'il n'avait pu, à la vérité, approfondir, par respect même pour ce secret qu'il avait promis de garder, et par ménagement pour la situation périlleuse de Jean Valjean. Il croyait, en ce moment-là même, avoir un grave devoir à accomplir, la restitution des six cent mille francs à quelqu'un qu'il cherchait le plus discrètement possible. En attendant, il s'abstenait de toucher à cet argent.

Quant à Cosette, elle n'était dans aucun de ces secrets-là; mais il serait dur de la condamner, elle aussi.

Il y avait de Marius à elle un magnétisme tout-puissant, qui lui faisait faire, d'instinct et presque machinalement, ce que Marius souhaitait. Elle sentait, du côté de «monsieur Jean», une volonté de Marius; elle s'y conformait. Son mari n'avait eu rien à lui dire; elle subissait la pression vague, mais claire, de ses intentions tacites, et obéissait aveuglément. Son obéissance ici consistait à ne pas se souvenir de ce que Marius oubliait. Elle n'avait aucun effort à faire pour cela. Sans qu'elle sût elle-même pourquoi, et sans qu'il y ait à l'en accuser, son âme était tellement devenue celle de son mari, que ce qui se couvrait d'ombre dans la pensée de Marius s'obscurcissait dans la sienne.

N'allons pas trop loin cependant; en ce qui concerne Jean Valjean, cet oubli et cet effacement n'étaient que superficiels. Elle était plutôt étourdie qu'oublieuse. Au fond, elle aimait bien celui qu'elle avait si longtemps nommé son père. Mais elle aimait plus encore son mari. C'est ce qui avait un peu faussé la balance de ce cœur, penchée d'un seul côté.

Il arrivait parfois que Cosette parlait de Jean Valjean et s'étonnait. Alors Marius la calmait:—Il est absent, je crois. N'a-t-il pas dit qu'il partait pour un voyage? C'est vrai, pensait Cosette. Il avait l'habitude de disparaître ainsi. Mais pas si longtemps.—Deux ou trois fois elle envoya Nicolette rue de l'Homme-Armé s'informer si monsieur Jean était revenu de son voyage. Jean Valjean fit répondre que non.

Cosette n'en demanda pas davantage, n'ayant sur la terre qu'un besoin, Marius.

Disons encore que, de leur côté, Marius et Cosette avaient été absents. Ils étaient allés à Vernon. Marius avait mené Cosette au tombeau de son père.

Marius avait peu à peu soustrait Cosette à Jean Valjean. Cosette s'était laissé faire.

Du reste, ce qu'on appelle beaucoup trop durement, dans de certains cas, l'ingratitude des enfants, n'est pas toujours une chose aussi reprochable qu'on le croit. C'est l'ingratitude de la nature. La nature, nous l'avons dit ailleurs, «regarde devant elle». La nature divise les êtres vivants en arrivants et en partants. Les partants sont tournés vers l'ombre, les arrivants vers la lumière. De là un écart qui, du côté des vieux, est fatal, et, du côté des jeunes, involontaire. Cet écart, d'abord insensible, s'accroît lentement comme toute séparation de branches. Les rameaux, sans se détacher du tronc, s'en éloignent. Ce n'est pas leur faute. La jeunesse va où est la joie, aux fêtes, aux vives clartés, aux amours. La vieillesse va à la fin. On ne se perd pas de vue, mais il n'y a plus d'étreinte. Les jeunes gens sentent le refroidissement de la vie; les vieillards celui de la tombe. N'accusons pas ces pauvres enfants.

幸福であるのは恐るべきことである。いかに人はそれに満足し、いかにそれをもって足れりとしていることか! 人生の誤れる目的たる幸福を所有して、真の目的たる義務を、いかに人は忘れていることか!
けれどもあえて言うが、マリユスを非難するのは不当であろう。
マリユスは前に説明したとおり、結婚前にもフォーシュルヴァン氏に向かって問い糺ただすことをせず、結婚後にもジャン・ヴァルジャンに向かって問い糺すことを恐れた。彼は心ならずも約束するに至ったことを後悔した。望みなきあの男にそれだけの譲歩をなしたのは誤りだったと、彼は幾度も自ら言った。そして今は、しだいにジャン・ヴァルジャンを家から遠ざけ、できるだけ彼をコゼットの頭から消してしまおうと、ただそれだけをはかっていた。コゼットとジャン・ヴァルジャンとの間にいつも多少自分をはさんで、彼女がもう彼のことを気づかず彼のことを頭に浮かべないようにと、願っていた。それは消し去ること以上で、蝕しょくし去ることであった。
マリユスは必要であり正当であると判断したことを行なってるに過ぎなかった。彼は苛酷なこともせずしかも弱々しい情も動かさないでジャン・ヴァルジャンを排斥し去ろうとしていたが、それには、彼の考えによれば、読者が既に見てきたとおりの重大な理由があり、また次に述べる別の理由もあった。彼は自ら弁論することになったある訴訟事件において、偶然にも昔ラフィット家に雇われていた男と出会い、何も別に尋ねたわけではないが、不思議な話を聞かされた。もとより彼は秘密を厳守すると約束した手前もあり、ジャン・ヴァルジャンの危険な地位をも考えてやって、その話を深く探ることはできなかった。ただ彼はその時、果たすべき重大な義務があることを感じた。それはあの六十万フランを返却するということで、彼はその相手をできるだけひそかにさがし求めた。そしてその間金に手をつけることを避けた。
コゼットに至っては、それらの秘密を少しも知らなかった。しかし彼女を非難するのもまたあまり苛酷であろう。
一種の強い磁力がマリユスから彼女へ流れていて、そのために彼女は、本能的にまたほとんど機械的に、マリユスの欲するままになっていた。「ジャン氏」のことについても、彼女はマリユスの意志に感応して、それに従っていた。夫おっとは彼女に何も言う必要はなかった。彼女は夫おっとの暗黙の意向から漠然ばくぜんたるしかも明らかな圧力を感じて、それに盲従した。彼女の服従はここではただ、マリユスが忘れてることは思い出すまいというのにあった。そのためには何ら努力の要はなかった。彼女は自らその理由を知らなかったし、また彼女にとがむべきことでもないが、彼女の魂はまったく夫の魂となり了おうせて、マリユスの考えの中で影に蔽おおわれてるものは皆、彼女の考えの中でも暗くなるのであった。
けれどもそれはあまり強く言えることではない。ジャン・ヴァルジャンに関することでは、その忘却と消滅とはただ表面的のものに過ぎなかった。彼女は忘れやすいというよりもむしろうっかりしていた。心の底では、長く父と呼んできたその男をごく愛していた。しかし夫おっとの方をなおいっそう愛していた。そのために彼女の心は、多少平衡を失って一方に傾いたのである。
時々、コゼットはジャン・ヴァルジャンのことを言い出して怪しむこともあった。するとマリユスは彼女をなだめた。「留守なんだろう。旅に出かけるということだったじゃないか。」それでコゼットは考えた。「そうだ。あの人はいつもこんなふうにいなくなることがあった。それにしてもこう長引くことはなかったが。」二、三度彼女はニコレットをオンム・アルメ街にやって、ジャン氏が旅から帰られたかと尋ねさした。ジャン・ヴァルジャンはまだ帰らないと答えさした。
コゼットはそれ以上尋ねなかった。この世でなくてならないものは、ただマリユスばかりだったから。
なお言っておくが、マリユスとコゼットの方でもまた不在になった。彼らはヴェルノンへ行った。マリユスはコゼットを父の墓へ連れて行った。
マリユスはコゼットをしだいにジャン・ヴァルジャンからのがれさした。コゼットはされるままになっていた。
それにまた、子供の忘恩などとある場合にはあまりきびしく言われてることも、実は人が考えるほど常にとがむべきことではない。それは自分自身の忘恩である。他の所で言っておいたように、自然は「前方を見て」いる。自然は生きてるものを、来る者と去る者とに分かっている。去る者は闇やみの方へ向き、来る者は光明の方へ向いている。ここにおいてか乖離かいりが生じてきて、老いたる者にとっては宿命的なものとなり、若い者にとっては無意識的なものとなる。その乖離かいりは初めは感じ難いほどであるが、木の枝が分かれるようにしだいに大きくなる。小枝はなお幹についたまま遠ざかってゆく。それは小枝の罪ではない。青春は喜びのある所へ、にぎわいの方へ、強い光の方へ、愛の方へ、進んでゆく。老衰は終焉しゅうえんの方へ進んでゆく。両者は互いに姿を見失いはしないが、もはや抱擁はしなくなる。若き者は人生の冷ややかさを感じ、老いたる者は墳墓の冷ややかさを感ずる。そのあわれなる子供らをとがめてはいけない。

 

 

Chapitre II Dernières palpitations de la lampe sans huile

 

Jean Valjean un jour descendit son escalier, fit trois pas dans la rue, s'assit sur une borne, sur cette même borne où Gavroche, dans la nuit du 5 au 6 juin, l'avait trouvé songeant; il resta là quelques minutes, puis remonta. Ce fut la dernière oscillation du pendule. Le lendemain, il ne sortit pas de chez lui. Le surlendemain, il ne sortit pas de son lit.

Sa portière, qui lui apprêtait son maigre repas, quelques choux ou quelques pommes de terre avec un peu de lard, regarda dans l'assiette de terre brune et s'exclama:

—Mais vous n'avez pas mangé hier, pauvre cher homme!

—Si fait, répondit Jean Valjean.

—L'assiette est toute pleine.

—Regardez le pot à l'eau. Il est vide.

—Cela prouve que vous avez bu; cela ne prouve pas que vous avez mangé.

—Eh bien, fît Jean Valjean, si je n'ai eu faim que d'eau?

—Cela s'appelle la soif, et, quand on ne mange pas en même temps, cela s'appelle la fièvre.

—Je mangerai demain.

—Ou à la Trinité. Pourquoi pas aujourd'hui? Est-ce qu'on dit: Je mangerai demain! Me laisser tout mon plat sans y toucher! Mes viquelottes qui étaient si bonnes!

Jean Valjean prit la main de la vieille femme:

—Je vous promets de les manger, lui dit-il de sa voix bienveillante.

—Je ne suis pas contente de vous, répondit la portière.

Jean Valjean ne voyait guère d'autre créature humaine que cette bonne femme. Il y a dans Paris des rues où personne ne passe et des maisons où personne ne vient. Il était dans une de ces rues-là et dans une de ces maisons-là.

Du temps qu'il sortait encore, il avait acheté à un chaudronnier pour quelques sous un petit crucifix de cuivre qu'il avait accroché à un clou en face de son lit. Ce gibet-là est toujours bon à voir.

Une semaine s'écoula sans que Jean Valjean fît un pas dans sa chambre. Il demeurait toujours couché. La portière disait à son mari:—Le bonhomme de là-haut ne se lève plus, il ne mange plus, il n'ira pas loin. Ça a des chagrins, ça. On ne m'ôtera pas de la tête que sa fille est mal mariée.

Le portier répliqua avec l'accent de la souveraineté maritale:

—S'il est riche, qu'il ait un médecin. S'il n'est pas riche, qu'il n'en ait pas. S'il n'a pas de médecin, il mourra.

—Et s'il en a un?

—Il mourra, dit le portier.

La portière se mit à gratter avec un vieux couteau de l'herbe qui poussait dans ce qu'elle appelait son pavé, et tout en arrachant l'herbe, elle grommelait:

—C'est dommage. Un vieillard qui est si propre! Il est blanc comme un poulet.

Elle aperçut au bout de la rue un médecin du quartier qui passait; elle prit sur elle de le prier de monter.

—C'est au deuxième, lui dit-elle. Vous n'aurez qu'à entrer. Comme le bonhomme ne bouge plus de son lit, la clef est toujours à la porte.

Le médecin vit Jean Valjean et lui parla.

Quand il redescendit, la portière l'interpella:

—Eh bien, docteur?

—Votre malade est bien malade.

—Qu'est-ce qu'il a?

—Tout et rien. C'est un homme qui, selon toute apparence, a perdu une personne chère. On meurt de cela.

—Qu'est-ce qu'il vous a dit?

—Il m'a dit qu'il se portait bien.

—Reviendrez-vous, docteur?

—Oui, répondit le médecin. Mais il faudrait qu'un autre que moi revînt.

ある日、ジャン・ヴァルジャンは階段をおりてゆき、街路に二、三歩ふみ出して、ある標石の上に腰をおろした。それは、六月五日から六日へかけた晩、ガヴローシュがやってきた時、彼が考えふけりながら腰掛けていたのと、同じ石であった。彼はそこにしばらくじっとしていたが、やがてまた階上うえへ上っていった。それは振り子の最後の振動だった。翌日、彼はもう室へやから出なかった。その翌日には、もう寝床から出なかった。
門番の女は、キャベツや馬鈴薯ばれいしょに少しの豚肉をまぜて、彼の粗末な食物をこしらえてやっていたが、その陶器皿の中を見て叫んだ。
「まああなたは、昨日きのうから何も召し上がらないんですね。」
「いや食べたよ。」とジャン・ヴァルジャンは答えた。
「お皿はまだいっぱいですよ。」
「水差しを見てごらん。空からになってるから。」
「それは、ただ水を飲んだというだけで、なにも食べたことにはなりません。」
「でも、」とジャン・ヴァルジャンは言った、「水だけしかほしくなかったのだとしたら?」
「それは喉のどがかわいたというもんです。いっしょに何にも食べなければ、熱ですよ。」
「食べるよ。明日あしたは。」
「それともいつかは、でしょう。なぜ今日召し上がらないんです。明日は食べよう、なんていうことがありますか。私がこしらえてあげたのに手をつけないでおくなんて! この煮物はほんとにおいしかったんですのに!」
ジャン・ヴァルジャンは婆さんの手を取った。
「きっと食べるよ。」と彼は親切な声で言った。
「あなたはわからずやです。」と門番の女は答えた。
ジャン・ヴァルジャンはその婆さんよりほかにはほとんどだれとも顔を合わせなかった。パリーのうちにはだれも通らない街路があり、だれも訪れてこない家がある。彼はそういう街路の一つに住み、そういう家の一つにはいっていた。
まだ外に出かけた頃、彼はある鋳物屋の店で、五、六スー出して小さな銅の十字架像を買い、それを寝台の正面の釘くぎにかけて置いた。そういう首つり台はいつ見ても快いものである。
一週間過ぎたが、その間ジャン・ヴァルジャンは室へやの中さえ一歩も歩かなかった。彼はいつも寝たままだった。門番の女は亭主に言った。「上のお爺じいさんは、もう起きもしなければ、食べもしないんだよ。長くはもつまい。何かひどく心配なことがあるらしい。私の推察じゃ、きっと娘が悪い所へかたづいたんだよ。」
亭主は夫おっととしての威厳を含んだ調子でそれに答えて言った。
「もし金があれば、医者にかかるさ。金がなければ、医者にかからないさ。医者にかからなければ、死ぬばかりさ。」
「医者にかかったら?」
「やはり死ぬだろうよ。」と亭主は言った。
女房は自ら自分の舗石しきいしと言ってる所にはえかかってる草を、古ナイフで掻かき取りはじめたが、そうして草を取りながらつぶやいた。
「かわいそうに。きれいな爺じいさんなのに。雛鶏ひよっこのようにまっ白だが。」
彼女は街路の向こう端に、近所の医者がひとり通りかかるのを見た。そして自分ひとりできめて、その医者にきてもらうことにした。
「三階でございますよ。」と彼女は医者に言った。「かまわずにはいって下さい。お爺さんはもう寝床から動けないので、鍵かぎはいつも扉とびらについています。」
医者はジャン・ヴァルジャンに会い、彼に話をしかけた。
医者がおりてくると、門番の女は彼に呼びかけた。
「どうでございましょう?」
「病人はだいぶ悪いようだ。」
「どこが悪いんでございましょうか。」
「どこと言って悪い所もないが、全体がよくない。見たところどうも大事な人でも失ったように思われる。そんなことで死ぬ場合もあるものだ。」
「あの人はあなたに何と言いましたか。」
「病気ではないと言っていた。」
「またあなたにきていただけますでしょうか。」
「よろしい。」と医者は答えた。「だが私よりもほかの人にきてもらわなければなるまい。」

 

 

Chapitre III Une plume pèse à qui soulevait la charrette Fauchelevent

 

Un soir Jean Valjean eut de la peine à se soulever sur le coude; il se prit la main et ne trouva pas son pouls; sa respiration était courte et s'arrêtait par instants; il reconnut qu'il était plus faible qu'il ne l'avait encore été. Alors, sans doute sous la pression de quelque préoccupation suprême, il fit un effort, se dressa sur son séant, et s'habilla. Il mit son vieux vêtement d'ouvrier. Ne sortant plus, il y était revenu, et il le préférait. Il dut s'interrompre plusieurs fois en s'habillant; rien que pour passer les manches de la veste, la sueur lui coulait du front.

Depuis qu'il était seul, il avait mis son lit dans l'antichambre, afin d'habiter le moins possible cet appartement désert.

Il ouvrit la valise et en tira le trousseau de Cosette.

Il l'étala sur son lit.

Les chandeliers de l'évêque étaient à leur place sur la cheminée. Il prit dans un tiroir deux bougies de cire et les mit dans les chandeliers. Puis, quoiqu'il fît encore grand jour, c'était en été, il les alluma. On voit ainsi quelquefois des flambeaux allumés en plein jour dans les chambres où il y a des morts.

Chaque pas qu'il faisait en allant d'un meuble à l'autre l'exténuait, et il était obligé de s'asseoir. Ce n'était point de la fatigue ordinaire qui dépense la force pour la renouveler; c'était le reste des mouvements possibles; C'était la vie épuisée qui s'égoutte dans des efforts accablants qu'on ne recommencera pas.

Une des chaises où il se laissa tomber était placée devant le miroir, si fatal pour lui, si providentiel pour Marius, où il avait lu sur le buvard l'écriture renversée de Cosette. Il se vit dans ce miroir, et ne se reconnut pas. Il avait quatre-vingts ans; avant le mariage de Marius, on lui eût à peine donné cinquante ans; cette année avait compté trente. Ce qu'il avait sur le front, ce n'était plus la ride de l'âge, c'était la marque mystérieuse de la mort. On sentait là le creusement de l'ongle impitoyable. Ses joues pendaient; la peau de son visage avait cette couleur qui ferait croire qu'il y a déjà de la terre dessus; les deux coins de sa bouche s'abaissaient comme dans ce masque que les anciens sculptaient sur les tombeaux; il regardait le vide avec un air de reproche; on eût dit un de ces grands êtres tragiques qui ont à se plaindre de quelqu'un.

Il était dans cette situation, la dernière phase de l'accablement, où la douleur ne coule plus; elle est, pour ainsi dire, coagulée; il y a sur l'âme comme un caillot de désespoir.

La nuit était venue. Il traîna laborieusement une table et le vieux fauteuil près de la cheminée, et posa sur la table une plume, de l'encre et du papier.

Cela fait, il eut un évanouissement. Quand il reprit connaissance, il avait soif. Ne pouvant soulever le pot à l'eau, il le pencha péniblement vers sa bouche, et but une gorgée.

Puis il se tourna vers le lit, et, toujours assis, car il ne pouvait rester debout, il regarda la petite robe noire et tous ces chers objets.

Ces contemplations-là durent des heures qui semblent des minutes. Tout à coup il eut un frisson, il sentit que le froid lui venait; il s'accouda à la table que les flambeaux de l'évêque éclairaient, et prit la plume.

Comme la plume ni l'encre n'avaient servi depuis longtemps, le bec de la plume était recourbé, l'encre était desséchée, il fallut qu'il se levât et qu'il mît quelques gouttes d'eau dans l'encre, ce qu'il ne put faire sans s'arrêter et s'asseoir deux ou trois fois, et il fut forcé d'écrire avec le dos de la plume. Il s'essuyait le front de temps en temps.

Sa main tremblait. Il écrivit lentement quelques lignes que voici:

«Cosette, je te bénis. Je vais t'expliquer. Ton mari a eu raison de me faire comprendre que je devais m'en aller; cependant il y a un peu d'erreur dans ce qu'il a cru, mais il a eu raison. Il est excellent. Aime-le toujours bien quand je serai mort. Monsieur Pontmercy, aimez toujours mon enfant bien-aimé. Cosette, on trouvera ce papier-ci, voici ce que je veux te dire, tu vas voir les chiffres, si j'ai la force de me les rappeler, écoute bien, cet argent est bien à toi. Voici toute la chose: Le jais blanc vient de Norvège, le jais noir vient d'Angleterre, la verroterie noire vient d'Allemagne. Le jais est plus léger, plus précieux, plus cher. On peut faire en France des imitations comme en Allemagne. Il faut une petite enclume de deux pouces carrés et une lampe à esprit de vin pour amollir la cire. La cire autrefois se faisait avec de la résine et du noir de fumée et coûtait quatre francs la livre. J'ai imaginé de la faire avec de la gomme laque et de la térébenthine. Elle ne coûte plus que trente sous, et elle est bien meilleure. Les boucles se font avec un verre violet qu'on colle au moyen de cette cire sur une petite membrure en fer noir. Le verre doit être violet pour les bijoux de fer et noir pour les bijoux d'or. L'Espagne en achète beaucoup. C'est le pays du jais...»

Ici il s'interrompit, la plume tomba de ses doigts, il lui vint un de ces sanglots désespérés qui montaient par moments des profondeurs de son être, le pauvre homme prit sa tête dans ses deux mains, et songea.

—Oh! s'écria-t-il au dedans de lui-même (cris lamentables, entendus de Dieu seul), c'est fini. Je ne la verrai plus. C'est un sourire qui a passé sur moi. Je vais entrer dans la nuit sans même la revoir. Oh! une minute, un instant, entendre sa voix, toucher sa robe, la regarder, elle, l'ange! et puis mourir! Ce n'est rien de mourir, ce qui est affreux, c'est de mourir sans la voir. Elle me sourirait, elle me dirait un mot. Est-ce que cela ferait du mal à quelqu'un? Non, c'est fini, jamais. Me voilà tout seul. Mon Dieu! mon Dieu! je ne la verrai plus.

En ce moment on frappa à sa porte.

 

ある晩ジャン・ヴァルジャンは、辛うじて肱ひじで身を起こした。自ら手首を取ってみると、脈が感ぜられなかった。呼吸は短くて時々止まった。彼は今まで知らなかったほどひどく弱ってるのに気づいた。すると、何か最期の懸念に駆られたのであろう、彼は努力をして、そこにすわり、服をつけた。自分の古い労働服を着た。もう外にも出かけないので、またその服を取り出し、それを好んでつけたのだった。服をつけながら何度も休まなければならなかった。上衣の袖そでに手を通すだけでも、額から汗が流れた。
ひとりになってから彼は、控え室の方に寝台を移していた。寂しい広間にはできるだけいたくなかったからである。
彼は例の鞄かばんを開いてコゼットの古い衣裳を取り出した。
彼はそれを寝床の上にひろげた。
司教の二つの燭台しょくだいは元のとおり暖炉の上にのっていた。彼は引き出しから二つの蝋燭ろうそくを取って、それを燭台しょくだいに立てた。それから、夏のこととてまだ充分明るかったが、その蝋燭ろうそくに火をともした。死人のいる室へやの中にそんなふうに昼間から蝋燭がともされてるのは、時々見られることである。
一つの道具から他の道具へと行く一歩一歩に、彼は疲れきって腰をおろさなければならなかった。それは力を費やしてはまた回復するという普通の疲労ではなかった。ある限りの運動の残りだった。二度とはやれない最後の努力のうちにしたたり落ちてゆく、消耗し尽した生命であった。
彼が身を落とした椅子いすの一つは、ちょうど鏡の前になっていた。その鏡こそは、彼にとっては宿命的なものであり、マリユスにとっては天意的なものであって、すなわち彼がコゼットの逆の文字を吸い取り紙の上に読み得たその鏡だった。彼は鏡の中に自分の顔をのぞいたが、自分とは思えないほどだった。八十歳にもなるかと思われた。マリユスの結婚前には、ようやく五十歳になるかならないくらいに思えたが、この一年の間に三十ほども年を取ってしまっていた。今額にあるものは、もはや老年の皺しわではなくて、死の神秘な標しるしだった。無慈悲な爪つめの痕あとがそこに感ぜられた。両の頬ほおはこけていた。顔の皮膚は、既に土をかぶったかと思われるような色をしていた。口の両すみは、古人がよく墓の上に刻んだ多くの面に見るように、下にたれ下がっていた。彼は非難するような様子で空くうをながめた。だれかをとがめずにはいられない悲壮な偉人のひとりかと思われた。
彼はもはや悲哀の流れも涸かれつくしたという状態に、疲憊ひはいの最後の一段にあった。悲しみも言わば凝結してしまっていた。人の魂についても、絶望の凝塊とでも言うべきものがある。
夜になった。彼は非常な努力をして、テーブルと古い肱掛ひじかけ椅子いすとを暖炉のそばに引き寄せ、テーブルの上にペンとインキと紙とをのせた。
それがすんで、彼は気を失った。意識を恢復すると、喉のどがかわいていた。水差しを持ち上げることができないので、それをようやく口の方へ傾けて、一口飲んだ。
それから彼は寝床の方を振り向き、立っておれないのでやはりすわったまま、小さな黒い長衣とその他の大事な品々とをながめた。
そういう観照は、数分間と思ってるうちにはや幾時間にもなるものである。突然彼は身震いをし、寒気さむけに襲わるるのを感じた。彼は司教の燭台しょくだいにともってる蝋燭ろうそくに照らされたテーブルに肱ひじをかけて、ペンを取り上げた。
ペンもインキも長く使わないままだったので、ペンの先は曲がり、インキはかわいていた。彼は立ちあがって数滴の水をインキの中に注がなければならなかった。それだけのことをするにも二、三回休んで腰をおろした。それにまたペンは背の方でしか字が書けなかった。彼はときどき額を拭ふいた。
彼の手は震えていた。彼はゆっくりと次のような数行を認めた。

 コゼット、私はお前を祝福する。私はここにちょっと説明しておきたい。お前の夫おっとが、私に去るべきものであることを教えてくれたのは、至当なことである。けれども、彼が信じていることのうちには少し誤りがある。しかしそれも彼が悪いのではない。彼はりっぱな人である。私が死んだ後も、常に彼をよく愛しなさい。ポンメルシー君、私の愛児を常に愛して下さい。コゼット、私はここに書き残しておく。これは私がお前に言いたいと思ってることである。私にまだ記憶の力が残っていたら、数字も出てくるであろうが、よく聞きなさい。あの金はまったくお前のものである。そのわけはこうである。白飾玉はノールウェーからき、黒飾玉はイギリスからき、黒ガラス玉はドイツから来る。飾り玉の方が軽くて貴とうとくて価も高い。その擬まがい玉はドイツでできるが、フランスでもできる。二寸四方の小さな鉄碪かなしきと鑞ろうを溶かすアルコールランプとがあればよい。その鑞は、以前は樹脂と油煙とで作られていて、一斤四フランもしていた。ところが私は漆うるしとテレビン油とで作ることを考え出した。価はわずかに三十スーで、しかもずっと品がよい。留め金は紫のガラスでできるのだが、右の鑞でそのガラスを黒い鉄の小さな輪縁につける。ガラスは鉄の玉には紫でなければいけないし、金きんの玉には黒でなければいけない。スペインにその需要が多い。それは飾り玉の国で……

そこで彼は書くのをやめ、ペンは指から落ち、時々胸の底からこみ上げてくる絶望的なすすり泣きがまた襲ってき、あわれな彼は両手で頭を押さえ、そして思いに沈んだ。
「ああ、万事終わった。」と彼は心の中で叫んだ(神にのみ聞こえる痛むべき叫びである)。「私はもう彼女に会うこともあるまい。それは一つのほほえみだったが、もう私の上を通りすぎてしまった。彼女を再び見ることもなく、私はこのまま闇夜やみよのうちにはいってゆくのか。おお、一分でも、一秒でも、あの声をきき、あの長衣にさわり、あの顔を、あの天使のような顔をながめ、そして死ねたら! 死ぬのは何でもない。ただ恐ろしいのは、彼女に会わないで死ぬことだ。彼女はほほえんでくれるだろう、私に言葉をかけてくれるだろう。そうしたとてだれかに災いをおよぼすだろうか。いやいや、もう済んでしまった、永久に。私はこのとおりただひとりである。ああ、私はもう彼女に会えないだろう。」
その時だれか扉とびらをたたく者があった。

 

 

Chapitre IV Bouteille d'encre qui ne réussit qu'à blanchir

 

Ce même jour, ou, pour mieux dire, ce même soir, comme Marius sortait de table et venait de se retirer dans son cabinet, ayant un dossier à étudier, Basque lui avait remis une lettre en disant: La personne qui a écrit la lettre est dans l'antichambre.

Cosette avait pris le bras du grand-père et faisait un tour dans le jardin.

Une lettre peut, comme un homme, avoir mauvaise tournure. Gros papier, pli grossier, rien qu'à les voir, de certaines missives déplaisent. La lettre qu'avait apportée Basque était de cette espèce.

Marius la prit. Elle sentait le tabac. Rien n'éveille un souvenir comme une odeur. Marius reconnut ce tabac. Il regarda la suscription: À monsieur, monsieur le baron Pommerci. En son hôtel. Le tabac reconnu lui fit reconnaître l'écriture. On pourrait dire que l'étonnement a des éclairs. Marius fut comme illuminé d'un de ces éclairs-là.

L'odorat, ce mystérieux aide-mémoire, venait de faire revivre en lui tout un monde. C'était bien là le papier, la façon de plier, la teinte blafarde de l'encre, c'était bien là l'écriture connue; surtout c'était là le tabac. Le galetas Jondrette lui apparaissait.

Ainsi, étrange coup de tête du hasard! une des deux pistes qu'il avait tant cherchées, celle pour laquelle dernièrement encore il avait fait tant d'efforts et qu'il croyait à jamais perdue, venait d'elle-même s'offrir à lui.

Il décacheta avidement la lettre, et il lut:

«Monsieur le baron,

«Si l'Être Suprême m'en avait donné les talents, j'aurais pu être le baron Thénard, membre de l'institut (académie des sciences), mais je ne le suis pas. Je porte seulement le même nom que lui, heureux si ce souvenir me recommande à l'excellence de vos bontés. Le bienfait dont vous m'honorerez sera réciproque. Je suis en possession d'un secret consernant un individu. Cet individu vous conserne. Je tiens le secret à votre disposition désirant avoir l'honneur de vous être hutile. Je vous donnerai le moyen simple de chaser de votre honorable famille cet individu qui n'y a pas droit, madame la baronne étant de haute naissance. Le sanctuaire de la vertu ne pourrait coabiter plus longtemps avec le crime sans abdiquer.

«J'atends dans l'antichambre les ordres de monsieur le baron.

«Avec respect.»

La lettre était signée «Thénard».

Cette signature n'était pas fausse. Elle était seulement un peu abrégée.

Du reste l'amphigouri et l'orthographe achevaient la révélation. Le certificat d'origine était complet. Aucun doute n'était possible.

L'émotion de Marius fut profonde. Après le mouvement de surprise, il eut un mouvement de bonheur. Qu'il trouvât maintenant l'autre homme qu'il cherchait, celui qui l'avait sauvé lui Marius, et il n'aurait plus rien à souhaiter.

Il ouvrit un tiroir de son secrétaire, y prit quelques billets de banque, les mit dans sa poche, referma le secrétaire et sonna. Basque entre-bâilla la porte.

—Faites entrer, dit Marius.

Basque annonça:

—Monsieur Thénard.

 

ちょうどその時、なおよく言えばその同じ夕方、マリユスが食卓を離れ、訴訟記録を調べる用があって、自分の事務室に退いた時、バスクが一通の手紙を持ってきて言った。「この手紙の本人が控え室にきております。」
コゼットは祖父の腕を取って、庭を一回りしていた。
手紙にも人間と同じく、気味の悪いものがある。粗末な紙、荒い皺しわ、一目見ただけでも不快の気を起こさせるものがある。バスクが持ってきた手紙はそういう種類のものだった。
マリユスはそれを手に取った。煙草たばこのにおいがしていた。およそにおいほど記憶を呼び起こさせるものはない。マリユスはその煙草のにおいに覚えがあった。彼は表をながめた。「御邸宅にて、ポンメルシー男爵閣下。」煙草のにおいに覚えがあるために、彼は手跡にも覚えがあることがわかった。驚きの情にも電光があると言っても不当ではない。マリユスはそういう電光の一つに照らされたようだった。
記憶の神秘な助手であるにおいは、彼のうちに一世界をよみがえらした。紙といい、たたみ方といい、インキの青白い色といい、また見覚えのある手跡といい、ことに煙草のにおいといい、すべてが同じだった。ジョンドレットの陋屋ろうおくが彼の目の前に現われてきた。
偶然の不思議なる悪戯よ! かくて、彼があれほどさがしていた二つの踪跡そうせきのうちの一つ、最近更に多くの努力をしたがついにわからずもう永久に見いだせないと思っていた踪跡そうせきは、向こうから彼の方へやってきたのである。
彼は貪むさぼるように手紙を披ひらいて読み下した。

    男爵閣下
もし天にして小生に才能を与えたまいしならんには、小生は学士院(科学院)会員テナル男爵となり得候そうらいしものを、ついにしからずして終わり候そうろう。小生はただその名前のみを保有し居候が、この一事によって閣下の御好意に浴するを得ば幸甚に御座候。小生に賜わる恩恵は報いらるるべき所これ有り候。と申すは、小生はある個人に関する秘密を握りおり、その個人は閣下に関係ある男に候。小生はただ閣下の御ためを計るの光栄を希望する者にて、おぼしめしこれ有り候わばその秘密を御伝え申すべく候。男爵夫人閣下は素性高き方に候えば、小生はただ閣下の貴き家庭より何ら権利なきその男を追い払い得る、きわめて簡単なる方法を御知らせ申すべく候。高徳の聖殿も長く罪悪と居を共にする時は、ついには汚るるものに御座候。
小生は控え室にて、閣下の御さし図を相待ち居候。敬具。

手紙にはテナルと署名してあった。
その署名は必ずしも偽りではなかった。ただ少し縮めただけのものだった。
その上、その冗文と文字使いとは事実を明らかに語っていた。出所は充分明瞭めいりょうだった。疑問をはさむの余地はなかった。
マリユスは深く心を動かされた。そして驚駭きょうがいの後に喜びの念をいだいた。今はもはや、捜索しているもうひとりの男を、自分を救ってくれた男を、見いだすのみであって、それができればもう他に望みはなくなるわけだった。
彼は仕事机の引き出しを開き、中からいくばくかの紙幣を取り出し、それをポケットに入れ、机をまた閉ざし、そして呼鈴ベルを鳴らした。バスクが扉とびらを少し開いた。
「ここに通してくれ。」とマリユスは言った。
バスクは案内してきた。
「テナル様でございます。」

 

 

Un homme entra.

Nouvelle surprise pour Marius. L'homme qui entra lui était parfaitement inconnu.

Cet homme, vieux du reste, avait le nez gros, le menton dans la cravate, des lunettes vertes à double abat-jour de taffetas vert sur les yeux, les cheveux lissés et aplatis sur le front au ras des sourcils comme la perruque des cochers anglais de high life. Ses cheveux étaient gris. Il était vêtu de noir de la tête aux pieds, d'un noir très râpé, mais propre; un trousseau de breloques, sortant de son gousset, y faisait supposer une montre. Il tenait à la main un vieux chapeau. Il marchait voûté, et la courbure de son dos s'augmentait de la profondeur de son salut.

Ce qui frappait au premier abord, c'est que l'habit de ce personnage, trop ample, quoique soigneusement boutonné, ne semblait pas fait pour lui. Ici une courte digression est nécessaire.

Il y avait à Paris, à cette époque, dans un vieux logis borgne, rue Beautreillis, près de l'Arsenal, un juif ingénieux qui avait pour profession de changer un gredin en honnête homme. Pas pour trop longtemps, ce qui eût pu être gênant pour le gredin. Le changement se faisait à vue, pour un jour ou deux, à raison de trente sous par jour, au moyen d'un costume ressemblant le plus possible à l'honnêteté de tout le monde. Ce loueur de costumes s'appelait le Changeur; les filous parisiens lui avaient donné ce nom, et ne lui en connaissaient pas d'autre. Il avait un vestiaire assez complet. Les loques dont il affublait les gens étaient à peu près possibles. Il avait des spécialités et des catégories; à chaque clou de son magasin pendait, usée et fripée, une condition sociale; ici l'habit de magistrat, là l'habit de curé, là l'habit de banquier, dans un coin l'habit de militaire en retraite, ailleurs l'habit d'homme de lettres, plus loin l'habit d'homme d'État. Cet être était le costumier du drame immense que la friponnerie joue à Paris. Son bouge était la coulisse d'où le vol sortait et où l'escroquerie rentrait. Un coquin déguenillé arrivait à ce vestiaire, déposait trente sous, et choisissait, selon le rôle qu'il voulait jouer ce jour-là, l'habit qui lui convenait, et, en redescendant l'escalier, le coquin était quelqu'un. Le lendemain les nippes étaient fidèlement rapportées, et le Changeur, qui confiait tout aux voleurs, n'était jamais volé. Ces vêtements avaient un inconvénient, ils «n'allaient pas»; n'étant point faits pour ceux qui les portaient, ils étaient collants pour celui-ci, flottants pour celui-là, et ne s'ajustaient à personne. Tout filou qui dépassait la moyenne humaine en petitesse ou en grandeur, était mal à l'aise dans les costumes du Changeur. Il ne fallait être ni trop gras ni trop maigre. Le Changeur n'avait prévu que les hommes ordinaires. Il avait pris mesure à l'espèce dans la personne du premier gueux venu, lequel n'est ni gros, ni mince, ni grand, ni petit. De là des adaptations quelquefois difficiles dont les pratiques du Changeur se tiraient comme elles pouvaient. Tant pis pour les exceptions! L'habit d'homme d'État, par exemple, noir du haut en bas, et par conséquent convenable, eût été trop large pour Pitt et trop étroit pour Castelcicala. Le vêtement d'homme d'état était désigné comme il suit dans le catalogue du Changeur; nous copions: «Un habit de drap noir, un pantalon de laine noire, un gilet de soie, des bottes et du linge.» Il y avait en marge: Ancien ambassadeur, et une note que nous transcrivons également: «Dans une boîte séparée, une perruque proprement frisée, des lunettes vertes, des breloques, et deux petits tuyaux de plume d'un pouce de long enveloppés de coton.» Tout cela revenait à l'homme d'État, ancien ambassadeur. Tout ce costume était, si l'on peut parler ainsi, exténué; les coutures blanchissaient, une vague boutonnière s'entrouvrait à l'un des coudes; en outre, un bouton manquait à l'habit sur la poitrine; mais ce n'est qu'un détail; la main de l'homme d'État, devant toujours être dans l'habit et sur le cœur, avait pour fonction de cacher le bouton absent.

Si Marius avait été familier avec les institutions occultes de Paris, il eût tout de suite reconnu, sur le dos du visiteur que Basque venait d'introduire, l'habit d'homme d'État emprunté au Décroche-moi-ça du Changeur.

Le désappointement de Marius, en voyant entrer un homme autre que celui qu'il attendait, tourna en disgrâce pour le nouveau venu. Il l'examina des pieds à la tête, pendant que le personnage s'inclinait démesurément, et lui demanda d'un ton bref:

—Que voulez-vous?

L'homme répondit avec un rictus aimable dont le sourire caressant d'un crocodile donnerait quelque idée:

—Il me semble impossible que je n'aie pas déjà eu l'honneur de voir monsieur le baron dans le monde. Je crois bien l'avoir particulièrement rencontré, il y a quelques années, chez madame la princesse Bagration et dans les salons de sa seigneurie le vicomte Dambray, pair de France.

C'est toujours une bonne tactique en coquinerie que d'avoir l'air de reconnaître quelqu'un qu'on ne connaît point.

Marius était attentif au parler de cet homme. Il épiait l'accent et le geste, mais son désappointement croissait; c'était une prononciation nasillarde, absolument différente du son de voix aigre et sec auquel il s'attendait. Il était tout à fait dérouté.

—Je ne connais, dit-il, ni madame Bagration, ni M. Dambray. Je n'ai de ma vie mis le pied ni chez l'un ni chez l'autre.

La réponse était bourrue. Le personnage, gracieux quand même, insista.

—Alors, ce sera chez Chateaubriand que j'aurai vu monsieur! Je connais beaucoup Chateaubriand. Il est très affable. Il me dit quelquefois: Thénard, mon ami... est-ce que vous ne buvez pas un verre avec moi?

Le front de Marius devint de plus en plus sévère:

—Je n'ai jamais eu l'honneur d'être reçu chez monsieur de Chateaubriand. Abrégeons. Qu'est-ce que vous voulez?

L'homme, devant la voix plus dure, salua plus bas.

—Monsieur le baron, daignez m'écouter. Il y a en Amérique, dans un pays qui est du côté de Panama, un village appelé la Joya. Ce village se compose d'une seule maison. Une grande maison carrée de trois étages en briques cuites au soleil, chaque côté du carré long de cinq cents pieds, chaque étage en retraite de douze pieds sur l'étage inférieur de façon à laisser devant soi une terrasse qui fait le tour de l'édifice, au centre une cour intérieure où sont les provisions et les munitions, pas de fenêtres, des meurtrières, pas de porte, des échelles, des échelles pour monter du sol à la première terrasse, et de la première à la seconde, et de la seconde à la troisième, des échelles pour descendre dans la cour intérieure, pas de portes aux chambres, des trappes, pas d'escaliers aux chambres, des échelles; le soir on ferme les trappes, on retire les échelles, on braque des tromblons et des carabines aux meurtrières; nul moyen d'entrer; une maison le jour, une citadelle la nuit, huit cents habitants, voilà ce village. Pourquoi tant de précautions? c'est que ce pays est dangereux; il est plein d'anthropophages. Alors pourquoi y va-t-on? c'est que ce pays est merveilleux; on y trouve de l'or.

—Où voulez-vous en venir? interrompit Marius qui du désappointement passait à l'impatience.

—À ceci, monsieur le baron. Je suis un ancien diplomate fatigué. La vieille civilisation m'a mis sur les dents. Je veux essayer des sauvages.

—Après?

—Monsieur le baron, l'égoïsme est la loi du monde. La paysanne prolétaire qui travaille à la journée se retourne quand la diligence passe, la paysanne propriétaire qui travaille à son champ ne se retourne pas. Le chien du pauvre aboie après le riche, le chien du riche aboie après le pauvre. Chacun pour soi. L'intérêt, voilà le but des hommes. L'or, voilà l'aimant.

—Après? Concluez.

—Je voudrais aller m'établir à la Joya. Nous sommes trois. J'ai mon épouse et ma demoiselle; une fille qui est fort belle. Le voyage est long et cher. Il me faut un peu d'argent.

—En quoi cela me regarde-t-il? demanda Marius.

L'inconnu tendit le cou hors de sa cravate, geste propre au vautour, et répliqua avec un redoublement de sourire:

—Est-ce que monsieur le baron n'a pas lu ma lettre?

Cela était à peu près vrai. Le fait est que le contenu de l'épître avait glissé sur Marius. Il avait vu l'écriture plus qu'il n'avait lu la lettre. Il s'en souvenait à peine. Depuis un moment un nouvel éveil venait de lui être donné. Il avait remarqué ce détail: mon épouse et ma demoiselle. Il attachait sur l'inconnu un œil pénétrant. Un juge d'instruction n'eût pas mieux regardé. Il le guettait presque. Il se borna à lui répondre:

—Précisez.

L'inconnu inséra ses deux mains dans ses deux goussets, releva sa tête sans redresser son épine dorsale, mais en scrutant de son côté Marius avec le regard vert de ses lunettes.

—Soit, monsieur le baron. Je précise. J'ai un secret à vous vendre.

—Un secret?

—Un secret.

—Qui me concerne?

—Un peu.

—Quel est ce secret?

Marius examinait de plus en plus l'homme, tout en l'écoutant.

—Je commence gratis, dit l'inconnu. Vous allez voir que je suis intéressant.

—Parlez.

—Monsieur le baron, vous avez chez vous un voleur et un assassin.

Marius tressaillit.

—Chez moi? non, dit-il.

L'inconnu, imperturbable, brossa son chapeau du coude, et poursuivit:

—Assassin et voleur. Remarquez, monsieur le baron, que je ne parle pas ici de faits anciens, arriérés, caducs, qui peuvent être effacés par la prescription devant la loi et par le repentir devant Dieu. Je parle de faits récents, de faits actuels, de faits encore ignorés de la justice à cette heure. Je continue. Cet homme s'est glissé dans votre confiance, et presque dans votre famille, sous un faux nom. Je vais vous dire son nom vrai. Et vous le dire pour rien.

—J'écoute.

—Il s'appelle Jean Valjean.

—Je le sais.

—Je vais vous dire, également pour rien, qui il est.

—Dites.

—C'est un ancien forçat.

—Je le sais.

—Vous le savez depuis que j'ai eu l'honneur de vous le dire.

—Non. Je le savais auparavant.

Le ton froid de Marius, cette double réplique je le sais, son laconisme réfractaire au dialogue, remuèrent dans l'inconnu quelque colère sourde. Il décocha à la dérobée à Marius un regard furieux, tout de suite éteint. Si rapide qu'il fût, ce regard était de ceux qu'on reconnaît quand on les a vus une fois; il n'échappa point à Marius. De certains flamboiements ne peuvent venir que de certaines âmes; la prunelle, ce soupirail de la pensée, s'en embrase; les lunettes ne cachent rien; mettez donc une vitre à l'enfer.

L'inconnu reprit, en souriant:

—Je ne me permets pas de démentir monsieur le baron. Dans tous les cas, vous devez voir que je suis renseigné. Maintenant ce que j'ai à vous apprendre n'est connu que de moi seul. Cela intéresse la fortune de madame la baronne. C'est un secret extraordinaire. Il est à vendre. C'est à vous que je l'offre d'abord. Bon marché. Vingt mille francs.

—Je sais ce secret-là comme je sais les autres, dit Marius.

Le personnage sentit le besoin de baisser un peu son prix:

—Monsieur le baron, mettez dix mille francs, et je parle.

—Je vous répète que vous n'avez rien à m'apprendre. Je sais ce que vous voulez me dire.

Il y eut dans l'œil de l'homme un nouvel éclair. Il s'écria:

—Il faut pourtant que je dîne aujourd'hui. C'est un secret extraordinaire, vous dis-je. Monsieur le baron, je vais parler. Je parle. Donnez-moi vingt francs.

Marius le regarda fixement:

—Je sais votre secret extraordinaire; de même que je savais le nom de Jean Valjean, de même que je sais votre nom.

—Mon nom?

—Oui.

—Ce n'est pas difficile, monsieur le baron. J'ai eu l'honneur de vous l'écrire et de vous le dire. Thénard.

—Dier.

—Hein?

—Thénardier.

—Qui ça?

Dans le danger, le porc-épic se hérisse, le scarabée fait le mort, la vieille garde se forme en carré; cet homme se mit à rire.

Puis il épousseta d'une chiquenaude un grain de poussière sur la manche de son habit.

Marius continua:

—Vous êtes aussi l'ouvrier Jondrette, le comédien Fabantou, le poète Genflot, l'espagnol don Alvarès, et la femme Balizard.

—La femme quoi?

—Et vous avez tenu une gargote à Montfermeil.

—Une gargote! Jamais.

—Et je vous dis que vous êtes Thénardier.

—Je le nie.

—Et que vous êtes un gueux. Tenez.

Et Marius, tirant de sa poche un billet de banque, le lui jeta à la face.

—Merci! pardon! cinq cents francs! monsieur le baron!

Et l'homme, bouleversé, saluant, saisissant le billet, l'examina.

—Cinq cents francs! reprit-il, ébahi. Et il bégaya à demi-voix: Un fafiot sérieux!

Puis brusquement:

—Eh bien soit, s'écria-t-il. Mettons-nous à notre aise.

Et, avec une prestesse de singe, rejetant ses cheveux en arrière, arrachant ses lunettes, retirant de son nez et escamotant les deux tuyaux de plume dont il a été question tout à l'heure, et qu'on a d'ailleurs déjà vus à une autre page de ce livre, il ôta son visage comme on ôte son chapeau.

L'œil s'alluma; le front inégal, raviné, bossu par endroits, hideusement ridé en haut, se dégagea, le nez redevint aigu comme un bec; le profil féroce et sagace de l'homme de proie reparut.

—Monsieur le baron est infaillible, dit-il d'une voix nette et d'où avait disparu tout nasillement, je suis Thénardier.

Et il redressa son dos voûté.

ひとりの男がはいってきた。
マリユスは新たな驚きを覚えた。はいってきたのはまったく見知らぬ男だった。
その男は、と言ってももう老人だが、大きな鼻を持ち、頤あごを首飾りの中につき込み、目には緑色の琥珀絹こはくぎぬで縁覆おおいした緑色の眼鏡めがねをかけ、髪は額の上に平らになでつけられて眉毛まゆの所まで下がり、イギリスの上流社会の御者がつけてる鬘かつらのようだった。その髪は半ば白くなっていた。頭から足先まで黒ずくめで、その黒服はすり切れてはいるが小ぎれいだった。一ふさの飾り玉が内隠しから出ていて、時計がはいってることを示していた。手には古い帽子を持っていた。前かがみに歩いていて背中が曲がってるために、そのお時儀はいっそう丁寧らしく見えた。
一目見ても不思議なことには、その上衣はよくボタンがかけられてるのにだぶだぶしていて、彼のために仕立てられたものではなさそうだった。
ここにちょっと余事を述べておく必要がある。
当時パリーには、ボートレイイ街の造兵廠ぞうへいしょうの近くの古い怪しい小屋に、ひとりの怜悧れいりなユダヤ人が住んでいて、不良の徒を良民に変装してやるのを仕事としていた。長い時間を要しなかったので、悪者らにとっては、至って便利だった。日に三十スー出せば、一日か二日の約束で、見てるまに服装を変えてくれて、できるだけうまくあらゆる種類の良民に仕立ててくれた。衣裳を貸してくれるその男は、取り替え人と呼ばれていた。それはパリーの悪者らがつけた名前で、別の名前は知られていなかった。彼はかなりそろった衣服室を持っていた。人々を変装してやる衣服は相当な品だった。彼は特殊な才能を持ち、種々の方法を心得ていた。店の釘くぎにはそれぞれ、社会のあらゆる階級の擦すれ切れた皺しわだらけの衣裳がかかっていた。こちらに役人の服があり、あちらに司祭の服があり、一方に銀行家の服があり、片すみに退職軍人の服があり、他のすみには文士の服があり、向こうには政治家の服がある、という具合になっていた。その男はパリーで演ぜられる大きな泥坊芝居どろぼうしばいの衣裳方だった。その小屋は詐偽窃盗の出入りする楽屋だった。ぼろをまとってるひとりの悪漢が衣服室にやってき、三十スー出し、その日演じようとする役目に従って適当な服装を選み、そして再び階段をおりてゆく時には、まったく相当な人間に変わっていた。翌日になると、その衣服は正直に返却された。盗賊らをすっかり信用してる取り替え人は、決して品物を盗まれることがなかった。ただその衣服には一つ不便な点があった。すなわち「うまく合わない」ということだった。着る人の身体に合わして作られたものでなかったから、甲の者には小さすぎ、乙の者には大きすぎるという具合に、だれにもきっちり合わなかった。普通の者より小さいか大きいかが常である悪者らは、取り替え人の衣服にははなはだ具合が悪かった。またあまりふとっていてもあまりやせていてもいけなかった。取り替え人は普通の人間をしか頭に入れていなかった。ふとってもいずやせてもいず、背が高くも低くもない、始めてぶっつかった奴の身体に合わして、標準をきめていた。そのために着換えをすることが困難な場合もしばしば起こって、顧客らはできるだけの手段を尽してその困難を切りぬけようとしていた。並みはずれの体格を持ってる者には、気の毒なわけだった。たとえば、政治家の服装はすっかり黒ずくめで、従って適宜なものであったが、ピットにはあまり広すぎ、カステルシカラにはあまり狭すぎた。この政治家の服は、取り替え人の目録の中には次のように指定されていた。それをここに書き写してみよう。「黒ラシャの上衣、黒の厚ラシャのズボン、絹のチョッキ、靴くつ、およびシャツ。」欄外に、前大使としてあって、注がついていた。その注をも写してみよう。「別の箱にあり、程よき巻き髪の鬘かつら、緑色の眼鏡、時計の飾り玉、および、綿にくるみたる長さ一寸の小さな羽軸二本。」それだけで前大使たる政治家ができ上がるのだった。その服装は言わば衰弱しきっていた。縫い目は白ばんでおり、一方の肱ひじにはボタン穴くらいの破れ目ができかかっていた。その上、上衣の胸にボタンが一つ取れていた。しかしそれは何でもないことだった。政治家の手はいつも上衣の中に差し込まれて胸を押さえてるものであるから、ボタンが一つ足りないのを隠す役目をもするわけだった。
もしマリユスが、パリーのそういう隠密な制度に通じていたならば、今バスクが案内してきた客の背に、取り替え人の所から借りてきた政治家の上衣を、すぐに見て取り得たはずである。
マリユスは予期していたのと違った男がはいってくるのを見て失望し、失望の念はやがて新来の客に対する嫌悪けんおの情となった。そして男が低く頭を下げてる間、彼はその頭から足先までじろじろながめて、きっぱりした調子で尋ねた。
「何の用ですか。」
男は鰐わにの媚こび笑いとでも言えるように、歯をむき出して愛相笑いをしながら答えた。
「閣下には方々でお目にかかる光栄を得ましたように覚えております。ことに数年前、バグラシオン大公夫人のお邸やしきや、上院議員ダンブレー子爵のお客間などで、お目にかかったように存じております。」
まったく初対面の人にもどこかで前に会ったような様子をするのは、卑劣な男の巧みな慣用手段である。
マリユスは男の話に注意していた。しかしいくらその声の調子や身振りに目をつけても、失望は大きくなるばかりだった。鼻にかかった声であって、予期していた鋭いかわいた声音こわねとはまったく異なっていた。彼はまったく推定に迷わされた。
「僕は、」と彼は言った、「バグラシオン夫人もダンブレー氏も知りません。まだどちらの家にも足をふみ入れたことはかつてありません。」
その答えは無愛想だった。それでもなお男は慇懃いんぎんに言い続けた。
「ではお目にかかりましたのは、シャトーブリアン氏のお宅でしたでしょう。私はシャトーブリアン氏をよく存じております。なかなか愛想のよいお方です。どうだテナル、いっしょに一杯やろうか、などと時々申されます。」
マリユスの顔はますます険しくなった。
「僕はまだシャトーブリアン氏の宅に招かれたことはありません。つまらないことはぬきにしましょう。結局どういう用ですか。」
男はいっそうきびしくなったその声の前に、いっそう低く頭を下げた。
「閣下、まあどうかお聞き下さい。アメリカのパナマに近い地方にジョヤという村がございます。村と申しましても、家は一軒きりございません。堅い煉瓦作りの[#「煉瓦作りの」は底本では「練瓦作りの」]四階建てになっている大きな四角な家でありまして、その四角の各辺が五百尺もあり、各階は下の階より十二尺ほど引っ込んで、それだけがぐるりと平屋根になっています。中央が中庭で、食料や武器が納められています。窓はなくてみな銃眼になり、戸はなくてみな梯子はしごになっています。すなわち地面から二階の平屋根へ上れる梯子、次は二階から三階へ、三階から四階へとなっていまして、また中庭におりられる梯子もあります。室へやには扉とびらがなくてみな揚げ戸になり、階段がなくてみな梯子になっています。晩になると、揚げ戸をしめ、梯子を引き上げ、トロンブロン銃やカラビン銃を銃眼に備えます。内へはいることは到底できません。昼間は住家で、夜は要塞ようさいで、住民は八百人というのがその村のありさまでございます。なぜそんなに用心をするかと申せば、ごく危険な地方だからであります。食人人種がたくさんおります。ではなぜそんな所へ行くかと言いますれば、実に素敵な土地でありまして、黄金が出るからであります。」
「結局どういうことになるんですか。」と失望から性急に変わってマリユスは話をさえぎった。
「こういうことでございます、閣下。私はもう疲れはてた古い外交官であります。古い文明のために力を使い果たしてしまいました。それで一つ野蛮な仕事をやってみようと思っているのでございます。」
「だから?」
「閣下、利己心は世界の大法であります。日傭稼ひようかせぎの貧乏な田舎女いなかおんなは、駅馬車が通れば振り返って見ますが、自分の畑の仕事をしてる地主の女は、振り向きもいたしません。貧乏人の犬は金持ちに吠ほえかかり、金持ちの犬は貧乏人に吠えかかります。みな自分のためばかりです。利益、それが人間の目的であります。金は磁石であります。」
「だから? 結局何ですか。」
「私はジョヤに行って住みたいと思っております。家族は三人で、私の妻に娘、それもごく美しい娘でございます。旅は長くて、金もよほどかかります。私は金が少しいるのでございます。」
「それが何で僕に関係があるんですか。」とマリユスは尋ねた。
男は首飾りから首を差し出した。禿鷹はげたかのよくやる身振りである。そして彼はいっそう笑顔を深めて答えた。
「閣下は私の手紙を御覧になりませんでしたでしょうか。」
それはほとんどそのとおりであった。実際、手紙の内容にマリユスはよく気を止めなかった。彼は手紙を読んだというよりむしろその手跡を見たのだった。何が書いてあったかはほとんど覚えていなかった。けれどもちょっと前から新しい糸口が現われてきた。彼は「私の妻に娘」という一事に注意をひかれた。そして鋭い目を男の上に据えていた。予審判事といえどもそれにおよぶまいと思われるほど、じっと目を注いでいた。ほとんど待ち伏せをしてるようなありさまだった。それでも彼はただこう答えた。
「要点を言ってもらいましょう。」
男は二つの内隠しに両手をつき込み、背筋をまっすぐにせずただ頭だけをあげて、こんどはこちらから緑色の眼鏡越しにマリユスの様子をうかがった。
「よろしゅうございます、閣下。要点を申し上げましょう。私は一つ買っていただきたい秘密を手にしております。」
「秘密!」
「秘密でございます。」
「僕に関しての?」
「はい少しばかり。」
「その秘密とはどういうことです?」
マリユスは相手の言うことに耳を傾けながら、ますます注意深くその様子を観察していた。
「私はまず報酬を願わないでお話しいたしましょう。」と男は言った。「私がおもしろい人物である事もおわかりでございましょう。」
「お話しなさい。」
「閣下、あなたはお邸やしきに盗賊と殺人犯とをおいれになっております。」
マリユスは慄然りつぜんとした。
「僕の宅に? いや決して。」と彼は言った。
男は平然として、肱ひじで帽子の塵ちりを払い、言い進んだ。
「人殺しでかつ盗賊であります。よくお聞き下さい、閣下。私が今申し上げますのは、古い時期おくれの干からびた事実ではありません。法律に対しては時効のために消され、神に対しては悔悟のために消されたような、そういう事実ではありません。最近の事実、現在の事実、今にまだ法廷から知られていない事実、それを申してるのであります。続けてお話しいたしますが、その男がうまくあなたの信用を得、名前を変えて御家庭にはいり込んでおります。その本名をお知らせ申しましょう。しかもただでお知らせいたしましょう。」
「聞きましょう。」
「ジャン・ヴァルジャンという名でございます。」
「それは知っています。」
「なお私は報酬も願わないで、彼がどういう人物だかを申し上げましょう。」
「お言いなさい。」
「元は徒刑囚だった身の上です。」
「それは知っています。」
「私が申し上げましたからおわかりになりましたのでしょう。」
「いや。前から知っていたのです。」
マリユスの冷然たる調子、それは知っていますという二度の返事、相手に二の句をつがせないような簡明さ、それらは男の内心を多少激昂げっこうさした。彼は憤激した目つきをちらとマリユスに投げつけた。そのまなざしはすぐに隠れて、一瞬の間にすぎなかったが、一度見たら忘れられないようなものだった。マリユスはそれを見のがさなかった。ある種の炎はある種の魂からしか発しない。思想の風窓である眸ひとみは、そのために焼かれてしまう。眼鏡めがねもそれを隠すことはできない。地獄にガラスをかぶせたようなものである。
男はほほえみながら言った。
「私は何も男爵閣下のお言葉に逆らうつもりではございません。がとにかく、私がよく秘密を握っているということは認めていただきたいのでございます。これからお知らせ申し上げますことは、ただ私ひとりしか承知していないことであります。それは男爵夫人閣下の財産に関することでございます。非常な秘密でありまして、金に代えたいつもりでいます。でまず最初閣下にお買い上げを願いたいのです。お安くいたしましょう。二万フランに。」
「その秘密というのも、他の秘密と同様に私は知っています。」とマリユスは言った。
男はその価を少しく下げる必要を感じた。
「閣下、一万フラン下されば申し上げましょう。」
「繰り返して言うが、君は僕に何も教えるものはないはずです。君が話そうという事柄を僕は皆知っています。」
男の目には新しいひらめきが浮かんだ。彼は声を高めた。
「それでも私は今日の食を得なければなりません。まったくそれは非常な秘密です。閣下、お話しいたしましょう。お話しいたしましょう。二十フラン恵んで下さい。」
マリユスは彼をじっと見つめた。
「僕も君の非常な秘密を知っています。ジャン・ヴァルジャンの名前を知ってると同様に、君の名前も知っています。」
「私の名前を?」
「そうです。」
「それはわけもないことでしょう、閣下。私はそれを手紙に書いて差し上げましたし、また自分で申し上げました、テナルと。」
「ディエ。」
「へえ!」
「テナルディエ。」
「それはだれのことでございますか。」
危険になると、豪猪やまあらしは毛を逆立て、甲虫かぶとむしは死んだまねをし、昔の近衛兵は方陣を作るが、この男は笑い出した。
それから彼は上衣の袖そでを指で弾はじいてほこりを払った。
マリユスは続けて言った。
「君はまたそのほか、労働者ジョンドレット、俳優ファバントゥー、詩人ジャンフロー、スペイン人ドン・アルヴァレス、およびバリザールの家内とも言う。」
「何の家内で?」
「なお君は、モンフェルメイュで飲食店をやっていた。」
「飲食店? いえ、どうしまして。」
「そして君の本名はテナルディエというのだ。」
「さようなことはありません。」
「そして君は悪党だ。そら。」
マリユスはポケットから一枚の紙幣を取り出して、相手の顔に投げつけた。
「ありがとうございます。ごめん下さい。五百フラン! 男爵閣下!」
男は狼狽ろうばいして、お時儀をし、紙幣をつかみ、それを調べた。
「五百フラン!」と彼は茫然ぼうぜんとして繰り返した。そして半ば口の中でつぶやいた、「いい代物しろものだ!」
それから突然彼は叫んだ。
「これでいいとしよう。楽にしましょう。」
そして猿さるのような敏捷びんしょうさで、髪をうしろになで上げ、眼鏡めがねをはずし、二本の羽軸を鼻から引き出してしまい込んだ。その羽軸は上かみに述べておいたもので、また本書の他の所でも読者が既に見てきたものである。かくて彼は、あたかも帽子でも脱ぐようなふうに仮面をはいでしまった。
その目は輝き出した。所々でこぼこして上の方に醜い皺しわの寄ってる変な額が出てきた。鼻は嘴くちばしのようにとがった。肉食獣のような獰猛どうもう狡獪こうかいな顔つきが現われた。
「男爵の申されるとおりです。」と彼は全く鼻声がなくなった明らかな声で言った。「私はテナルディエです。」
そして彼は曲がっていた背をまっすぐにした。

 

 

 

 

Thénardier, car c'était bien lui, était étrangement surpris; il eût été troublé s'il avait pu l'être. Il était venu apporter de l'étonnement, et c'était lui qui en recevait. Cette humiliation lui était payée cinq cents francs, et, à tout prendre, il l'acceptait; mais il n'en était pas moins abasourdi.

Il voyait pour la première fois ce baron Pontmercy, et, malgré son déguisement, ce baron Pontmercy le reconnaissait, et le reconnaissait à fond. Et non seulement ce baron était au fait de Thénardier, mais il semblait au fait de Jean Valjean. Qu'était-ce que ce jeune homme presque imberbe, si glacial et si généreux, qui savait les noms des gens, qui savait tous leurs noms, et qui leur ouvrait sa bourse, qui malmenait les fripons comme un juge et qui les payait comme une dupe?

Thénardier, on se le rappelle, quoique ayant été voisin de Marius, ne l'avait jamais vu, ce qui est fréquent à Paris; il avait autrefois entendu vaguement ses filles parler d'un jeune homme très pauvre appelé Marius qui demeurait dans la maison. Il lui avait écrit, sans le connaître, la lettre qu'on sait. Aucun rapprochement n'était possible dans son esprit entre ce Marius-là et M. le baron Pontmercy.

Quant au nom de Pontmercy, on se rappelle que, sur le champ de bataille de Waterloo, il n'en avait entendu que les deux dernières syllabes, pour lesquelles il avait toujours eu le légitime dédain qu'on doit à ce qui n'est qu'un remercîment.

Du reste, par sa fille Azelma, qu'il avait mise à la piste des mariés du 16 février, et par ses fouilles personnelles, il était parvenu à savoir beaucoup de choses, et, du fond de ses ténèbres, il avait réussi à saisir plus d'un fil mystérieux. Il avait, à force d'industrie, découvert, ou, tout au moins, à force d'inductions, deviné, quel était l'homme qu'il avait rencontré un certain jour dans le Grand Égout. De l'homme, il était facilement arrivé au nom. Il savait que madame la baronne Pontmercy, c'était Cosette. Mais de ce côté-là, il comptait être discret. Qui était Cosette? Il ne le savait pas au juste lui-même. Il entrevoyait bien quelque bâtardise, l'histoire de Fantine lui avait toujours semblé louche, mais à quoi bon en parler? Pour se faire payer son silence? Il avait, ou croyait avoir, à vendre mieux que cela. Et, selon toute apparence, venir faire, sans preuve, cette révélation au baron Pontmercy: Votre femme est bâtarde, cela n'eût réussi qu'à attirer la botte du mari vers les reins du révélateur.

Dans la pensée de Thénardier, la conversation avec Marius n'avait pas encore commencé. Il avait dû reculer, modifier sa stratégie, quitter une position, changer de front; mais rien d'essentiel n'était encore compromis, et il avait cinq cents francs dans sa poche. En outre, il avait quelque chose de décisif à dire, et même contre ce baron Pontmercy si bien renseigné et si bien armé, il se sentait fort. Pour les hommes de la nature de Thénardier, tout dialogue est un combat. Dans celui qui allait s'engager, quelle était sa situation? Il ne savait pas à qui il parlait, mais il savait de quoi il parlait. Il fit rapidement cette revue intérieure de ses forces, et après avoir dit: Je suis Thénardier, il attendit.

Marius était resté pensif. Il tenait donc enfin Thénardier. Cet homme, qu'il avait tant désiré retrouver, était là. Il allait donc pouvoir faire honneur à la recommandation du colonel Pontmercy. Il était humilié que ce héros dût quelque chose à ce bandit, et que la lettre de change tirée du fond du tombeau par son père sur lui Marius fût jusqu'à ce jour protestée. Il lui paraissait aussi, dans la situation complexe où était son esprit vis-à-vis de Thénardier, qu'il y avait lieu de venger le colonel du malheur d'avoir été sauvé par un tel gredin. Quoi qu'il en fût, il était content. Il allait donc enfin délivrer de ce créancier indigne l'ombre du colonel, et il lui semblait qu'il allait retirer de la prison pour dettes la mémoire de son père.

À côté de ce devoir, il en avait un autre, éclaircir, s'il se pouvait, la source de la fortune de Cosette. L'occasion semblait se présenter. Thénardier savait peut-être quelque chose. Il pouvait être utile de voir le fond de cet homme. Il commença par là.

Thénardier avait fait disparaître le «fafiot sérieux» dans son gousset, et regardait Marius avec une douceur presque tendre.

Marius rompit le silence.

—Thénardier, je vous ai dit votre nom. À présent, votre secret, ce que vous veniez m'apprendre, voulez-vous que je vous le dise? J'ai mes informations aussi, moi. Vous allez voir que j'en sais plus long que vous. Jean Valjean, comme vous l'avez dit, est un assassin et un voleur. Un voleur, parce qu'il a volé un riche manufacturier dont il a causé la ruine, M. Madeleine. Un assassin, parce qu'il a assassiné l'agent de police Javert.

—Je ne comprends pas, monsieur le baron, fît Thénardier.

—Je vais me faire comprendre. Écoutez. Il y avait, dans un arrondissement du Pas-de-Calais, vers 1822, un homme qui avait eu quelque ancien démêlé avec la justice, et qui, sous le nom de M. Madeleine, s'était relevé et réhabilité. Cet homme était devenu, dans toute la force du terme, un juste. Avec une industrie, la fabrique des verroteries noires, il avait fait la fortune de toute une ville. Quant à sa fortune personnelle, il l'avait faite aussi, mais secondairement et, en quelque sorte, par occasion. Il était le père nourricier des pauvres. Il fondait des hôpitaux, ouvrait des écoles, visitait les malades, dotait les filles, soutenait les veuves, adoptait les orphelins; il était comme le tuteur du pays. Il avait refusé la croix, on l'avait nommé maire. Un forçat libéré savait le secret d'une peine encourue autrefois par cet homme; il le dénonça et le fit arrêter, et profita de l'arrestation pour venir à Paris et se faire remettre par le banquier Laffitte,—Je tiens le fait du caissier lui-même,—au moyen d'une fausse signature, une somme de plus d'un demi-million qui appartenait à M. Madeleine. Ce forçat, qui a volé M. Madeleine, c'est Jean Valjean. Quant à l'autre fait, vous n'avez rien non plus à m'apprendre. Jean Valjean a tué l'agent Javert; il l'a tué d'un coup de pistolet. Moi qui vous parle, j'étais présent.

Thénardier jeta à Marius le coup d'œil souverain d'un homme battu qui remet la main sur la victoire et qui vient de regagner en une minute tout le terrain qu'il avait perdu. Mais le sourire revint tout de suite; l'inférieur vis-à-vis du supérieur doit avoir le triomphe câlin, et Thénardier se borna à dire à Marius:

—Monsieur le baron, nous faisons fausse route.

Et il souligna cette phrase en faisant faire à son trousseau de breloques un moulinet expressif.

—Quoi! repartit Marius, contestez-vous cela? Ce sont des faits.

—Ce sont des chimères. La confiance dont monsieur le baron m'honore me fait un devoir de le lui dire. Avant tout la vérité et la justice. Je n'aime pas voir accuser les gens injustement. Monsieur le baron, Jean Valjean n'a point volé M. Madeleine, et Jean Valjean n'a point tué Javert.

—Voilà qui est fort! comment cela?

—Pour deux raisons.

—Lesquelles? parlez.

—Voici la première: il n'a pas volé M. Madeleine, attendu que c'est lui-même Jean Valjean qui est M. Madeleine.

—Que me contez-vous là?

—Et voici la seconde: il n'a pas assassiné Javert, attendu que celui qui a tué Javert, c'est Javert.

—Que voulez-vous dire?

—Que Javert s'est suicidé.

—Prouvez! prouvez! cria Marius hors de lui.

Thénardier reprit en scandant sa phrase à la façon d'un alexandrin antique:

—L'agent-de-police-Ja-vert-a-été-trouvé-noyé-sous-un-bateau-du-Pont-au-Change.

—Mais prouvez donc!

Thénardier tira de sa poche de côté une large enveloppe de papier gris qui semblait contenir des feuilles pliées de diverses grandeurs.

—J'ai mon dossier, dit-il avec calme.

Et il ajouta:

—Monsieur le baron, dans votre intérêt, j'ai voulu connaître à fond mon Jean Valjean. Je dis que Jean Valjean et Madeleine, c'est le même homme, et je dis que Javert n'a eu d'autre assassin que Javert, et quand je parle, c'est que j'ai des preuves. Non des preuves manuscrites, l'écriture est suspecte, l'écriture est complaisante, mais des preuves imprimées.

Tout en parlant, Thénardier extrayait de l'enveloppe deux numéros de journaux jaunis, fanés, et fortement saturés de tabac. L'un de ces deux journaux, cassé à tous les plis et tombant en lambeaux carrés, semblait beaucoup plus ancien que l'autre.

—Deux faits, deux preuves, fit Thénardier. Et il tendit à Marius les deux journaux déployés.

Ces deux journaux, le lecteur les connaît. L'un, le plus ancien, un numéro du Drapeau blanc du 25 juillet 1823, dont on a pu voir le texte à la page 148 du tome troisième de ce livre, établissait l'identité de M. Madeleine et de Jean Valjean. L'autre, un Moniteur du 15 juin 1832, constatait le suicide de Javert, ajoutant qu'il résultait d'un rapport verbal de Javert au préfet que, fait prisonnier dans la barricade de la rue de la Chanvrerie, il avait dû la vie à la magnanimité d'un insurgé qui, le tenant sous son pistolet, au lieu de lui brûler la cervelle, avait tiré en l'air.

Marius lut. Il y avait évidence, date certaine, preuve irréfragable, ces deux journaux n'avaient pas été imprimés exprès pour appuyer les dires de Thénardier; la note publiée dans le Moniteur était communiquée administrativement par la préfecture de police. Marius ne pouvait douter. Les renseignements du commis-caissier étaient faux et lui-même s'était trompé. Jean Valjean, grandi brusquement, sortait du nuage. Marius ne put retenir un cri de joie:

—Eh bien alors, ce malheureux est un admirable homme! toute cette fortune était vraiment à lui! c'est Madeleine, la providence de tout un pays! c'est Jean Valjean, le sauveur de Javert! c'est un héros! c'est un saint!

—Ce n'est pas un saint, et ce n'est pas un héros, dit Thénardier. C'est un assassin et un voleur.

Et il ajouta du ton d'un homme qui commence à se sentir quelque autorité:—Calmons-nous.

Voleur, assassin, ces mots que Marius croyait disparus, et qui revenaient, tombèrent sur lui comme une douche de glace.

—Encore! dit-il.

—Toujours, fit Thénardier. Jean Valjean n'a pas volé Madeleine, mais c'est un voleur. Il n'a pas tué Javert, mais c'est un meurtrier.

—Voulez-vous parler, reprit Marius, de ce misérable vol d'il y a quarante ans, expié, cela résulte de vos journaux mêmes, par toute une vie de repentir, d'abnégation et de vertu?

—Je dis assassinat et vol, monsieur le baron. Et je répète que je parle de faits actuels. Ce que j'ai à vous révéler est absolument inconnu. C'est de l'inédit. Et peut-être y trouverez-vous la source de la fortune habilement offerte par Jean Valjean à madame la baronne. Je dis habilement, car, par une donation de ce genre, se glisser dans une honorable maison dont on partagera l'aisance, et, du même coup, cacher son crime, jouir de son vol, enfouir son nom, et se créer une famille, ce ne serait pas très maladroit.

—Je pourrais vous interrompre ici, observa Marius, mais continuez.

—Monsieur le baron, je vais vous dire tout, laissant la récompense à votre générosité. Ce secret vaut de l'or massif. Vous me direz: Pourquoi ne t'es-tu pas adressé à Jean Valjean? Par une raison toute simple; je sais qu'il s'est dessaisi, et dessaisi en votre faveur, et je trouve la combinaison ingénieuse; mais il n'a plus le sou, il me montrerait ses mains vides, et, puisque j'ai besoin de quelque argent pour mon voyage à la Joya, je vous préfère, vous qui avez tout, à lui qui n'a rien. Je suis un peu fatigué, permettez-moi de prendre une chaise.

Marius s'assit et lui fit signe de s'asseoir.

Thénardier s'installa sur une chaise capitonnée, reprit les deux journaux, les replongea dans l'enveloppe, et murmura en becquetant avec son ongle le Drapeau blanc: Celui-ci m'a donné du mal pour l'avoir. Cela fait, il croisa les jambes et s'étala sur le dos, attitude propre aux gens sûrs de ce qu'ils disent, puis entra en matière, gravement et en appuyant sur les mots:

—Monsieur le baron, le 6 juin 1832, il y a un an environ, le jour de l'émeute, un homme était dans le Grand Égout de Paris, du côté où l'égout vient rejoindre la Seine, entre le pont des Invalides et le pont d'Iéna.

Marius rapprocha brusquement sa chaise de celle de Thénardier. Thénardier remarqua ce mouvement et continua avec la lenteur d'un orateur qui tient son interlocuteur et qui sent la palpitation de son adversaire sous ses paroles:

—Cet homme, forcé de se cacher, pour des raisons du reste étrangères à la politique, avait pris l'égout pour domicile et en avait une clef. C'était, je le répète, le 6 juin; il pouvait être huit heures du soir. L'homme entendit du bruit dans l'égout. Très surpris, il se blottit, et guetta. C'était un bruit de pas, on marchait dans l'ombre, on venait de son côté. Chose étrange, il y avait dans l'égout un autre homme que lui. La grille de sortie de l'égout n'était pas loin. Un peu de lumière qui en venait lui permit de reconnaître le nouveau venu et de voir que cet homme portait quelque chose sur son dos. Il marchait courbé. L'homme qui marchait courbé était un ancien forçat, et ce qu'il traînait sur ses épaules était un cadavre. Flagrant délit d'assassinat, s'il en fut. Quant au vol, il va de soi; on ne tue pas un homme gratis. Ce forçat allait jeter ce cadavre à la rivière. Un fait à noter, c'est qu'avant d'arriver à la grille de sortie, ce forçat, qui venait de loin dans l'égout, avait nécessairement rencontré une fondrière épouvantable où il semble qu'il eût pu laisser le cadavre; mais, dès le lendemain, les égoutiers, en travaillant à la fondrière, y auraient retrouvé l'homme assassiné, et ce n'était pas le compte de l'assassin. Il avait mieux aimé traverser la fondrière, avec son fardeau, et ses efforts ont dû être effrayants, il est impossible de risquer plus complètement sa vie; je ne comprends pas qu'il soit sorti de là vivant.

La chaise de Marius se rapprocha encore. Thénardier en profita pour respirer longuement. Il poursuivit:

—Monsieur le baron, un égout n'est pas le Champ de Mars. On y manque de tout, et même de place. Quand deux hommes sont là, il faut qu'ils se rencontrent. C'est ce qui arriva. Le domicilié et le passant furent forcés de se dire bonjour, à regret l'un et l'autre. Le passant dit au domicilié:—Tu vois ce que j'ai sur le dos, il faut que je sorte, tu as la clef, donne-la-moi. Ce forçat était un homme d'une force terrible. Il n'y avait pas à refuser. Pourtant celui qui avait la clef parlementa, uniquement pour gagner du temps. Il examina ce mort, mais il ne put rien voir, sinon qu'il était jeune, bien mis, l'air d'un riche, et tout défiguré par le sang. Tout en causant, il trouva moyen de déchirer et d'arracher par derrière, sans que l'assassin s'en aperçût, un morceau de l'habit de l'homme assassiné. Pièce à conviction, vous comprenez; moyen de ressaisir la trace des choses et de prouver le crime au criminel. Il mit la pièce à conviction dans sa poche. Après quoi il ouvrit la grille, fit sortir l'homme avec son embarras sur le dos, referma la grille et se sauva, se souciant peu d'être mêlé au surplus de l'aventure et surtout ne voulant pas être là quand l'assassin jetterait l'assassiné à la rivière. Vous comprenez à présent. Celui qui portait le cadavre, c'est Jean Valjean; celui qui avait la clef vous parle en ce moment; et le morceau de l'habit....

Thénardier acheva la phrase en tirant de sa poche et en tenant, à la hauteur de ses yeux, pincé entre ses deux pouces et ses deux index, un lambeau de drap noir déchiqueté, tout couvert de taches sombres.

Marius s'était levé, pâle, respirant à peine, l'œil fixé sur le morceau de drap noir, et, sans prononcer une parole, sans quitter ce haillon du regard, il reculait vers le mur et, de sa main droite étendue derrière lui, cherchait en tâtonnant sur la muraille une clef qui était à la serrure d'un placard près de la cheminée. Il trouva cette clef, ouvrit le placard, et y enfonça son bras sans y regarder, et sans que sa prunelle effarée se détachât du chiffon que Thénardier tenait déployé.

Cependant Thénardier continuait:

—Monsieur le baron, j'ai les plus fortes raisons de croire que le jeune homme assassiné était un opulent étranger attiré par Jean Valjean dans un piège et porteur d'une somme énorme.

—Le jeune homme c'était moi, et voici l'habit! cria Marius, et il jeta sur le parquet un vieil habit noir tout sanglant.

Puis, arrachant le morceau des mains de Thénardier, il s'accroupit sur l'habit, et rapprocha du pan déchiqueté le morceau déchiré. La déchirure s'adaptait exactement, et le lambeau complétait l'habit.

Thénardier était pétrifié. Il pensa ceci: Je suis épaté.

Marius se redressa frémissant, désespéré, rayonnant.

Il fouilla dans sa poche, et marcha, furieux, vers Thénardier, lui présentant et lui appuyant presque sur le visage son poing rempli de billets de cinq cents francs et de mille francs.

—Vous êtes un infâme! vous êtes un menteur, un calomniateur, un scélérat. Vous veniez accuser cet homme, vous l'avez justifié; vous vouliez le perdre, vous n'avez réussi qu'à le glorifier. Et c'est vous qui êtes un voleur! Et c'est vous qui êtes un assassin! Je vous ai vu, Thénardier Jondrette, dans ce bouge du boulevard de l'Hôpital. J'en sais assez sur vous pour vous envoyer au bagne, et plus loin même, si je voulais. Tenez, voilà mille francs, sacripant que vous êtes!

Et il jeta un billet de mille francs à Thénardier.

—Ah! Jondrette Thénardier, vil coquin! que ceci vous serve de leçon, brocanteur de secrets, marchand de mystères, fouilleur de ténèbres, misérable! Prenez ces cinq cents francs, et sortez d'ici! Waterloo vous protège.

—Waterloo! grommela Thénardier, en empochant les cinq cents francs avec les mille francs.

—Oui, assassin! vous y avez sauvé la vie à un colonel....

—À un général, dit Thénardier, en relevant la tête.

—À un colonel! reprit Marius avec emportement. Je ne donnerais pas un liard pour un général. Et vous veniez ici faire des infamies! Je vous dis que vous avez commis tous les crimes. Partez! disparaissez! Soyez heureux seulement, c'est tout ce que je désire. Ah! monstre! Voilà encore trois mille francs. Prenez-les. Vous partirez dès demain, pour l'Amérique, avec votre fille; car votre femme est morte, abominable menteur! Je veillerai à votre départ, bandit, et je vous compterai à ce moment-là vingt mille francs. Allez vous faire pendre ailleurs!

—Monsieur le baron, répondit Thénardier en saluant jusqu'à terre, reconnaissance éternelle.

Et Thénardier sortit, n'y concevant rien, stupéfait et ravi de ce doux écrasement sous des sacs d'or et de cette foudre éclatant sur sa tête en billets de banque.

Foudroyé, il l'était, mais content aussi; et il eût été très fâché d'avoir un paratonnerre contre cette foudre-là.

Finissons-en tout de suite avec cet homme. Deux jours après les événements que nous racontons en ce moment, il partit, par les soins de Marius, pour l'Amérique, sous un faux nom, avec sa fille Azelma, muni d'une traite de vingt mille francs sur New York. La misère morale de Thénardier, ce bourgeois manqué, était irrémédiable; il fut en Amérique ce qu'il était en Europe. Le contact d'un méchant homme suffit quelquefois pour pourrir une bonne action et pour en faire sortir une chose mauvaise. Avec l'argent de Marius, Thénardier se fit négrier.

Dès que Thénardier fut dehors, Marius courut au jardin où Cosette se promenait encore.

—Cosette! Cosette! cria-t-il. Viens! viens vite. Partons. Basque, un fiacre! Cosette, viens. Ah! mon Dieu! C'est lui qui m'avait sauvé la vie! Ne perdons pas une minute! Mets ton châle.

Cosette le crut fou, et obéit.

Il ne respirait pas, il mettait la main sur son cœur pour en comprimer les battements. Il allait et venait à grands pas, il embrassait Cosette:—Ah! Cosette! je suis un malheureux! disait-il.

Marius était éperdu. Il commençait à entrevoir dans ce Jean Valjean on ne sait quelle haute et sombre figure. Une vertu inouïe lui apparaissait, suprême et douce, humble dans son immensité. Le forçat se transfigurait en Christ. Marius avait l'éblouissement de ce prodige. Il ne savait pas au juste ce qu'il voyait, mais c'était grand.

En un instant, un fiacre fut devant la porte. Marius y fit monter Cosette et s'y élança.

—Cocher, dit-il, rue de l'Homme-Armé, numéro 7. Le fiacre partit.

—Ah! quel bonheur! fit Cosette, rue de l'Homme-Armé. Je n'osais plus t'en parler. Nous allons voir monsieur Jean.

—Ton père, Cosette! ton père plus que jamais. Cosette, je devine. Tu m'as dit que tu n'avais jamais reçu la lettre que je t'avais envoyée par Gavroche. Elle sera tombée dans ses mains. Cosette, il est allé à la barricade, pour me sauver. Comme c'est son besoin d'être un ange, en passant, il en a sauvé d'autres; il a sauvé Javert. Il m'a tiré de ce gouffre pour me donner à toi. Il m'a porté sur son dos dans cet effroyable égout. Ah! je suis un monstrueux ingrat. Cosette, après avoir été ta providence, il a été la mienne. Figure-toi qu'il y avait une fondrière épouvantable, à s'y noyer cent fois, à se noyer dans la boue, Cosette! il me l'a fait traverser. J'étais évanoui je ne voyais rien, je n'entendais rien, je ne pouvais rien savoir de ma propre aventure. Nous allons le ramener, le prendre avec nous, qu'il le veuille ou non, il ne nous quittera plus. Pourvu qu'il soit chez lui! Pourvu que nous le trouvions! Je passerai le reste de ma vie à le vénérer. Oui, ce doit être cela, vois-tu, Cosette? C'est à lui que Gavroche aura remis ma lettre. Tout s'explique. Tu comprends.

Cosette ne comprenait pas un mot.

—Tu as raison, lui dit-elle.

Cependant le fiacre roulait.

まさしくその男はテナルディエだったので以後そう呼ぶが、テナルディエは非常に驚かされた。もし惑乱し得るとしたら、惑乱するところだった。彼は向こうを驚かすつもりできて、かえって反対に驚かされた。その屈辱は五百フランで償われた。そして結局彼はそれを受け取ってしまった。しかしそれでもやはり惘然ぼうぜんとさせられたには違いなかった。
彼はそのポンメルシー男爵とは初対面だった。そして彼が仮装していたにかかわらず、ポンメルシー男爵は彼を見破り、しかもその奥底までも見て取った。その上男爵は、ただテナルディエのことをよく知ってるのみでなく、またジャン・ヴァルジャンのこともよく知ってるらしかった。かく冷然としてしかも寛厚なるまだ青二才にすぎないこの青年は、そもそもいかなる人物だろうか、人の名前を知っており、その名前をみな知っており、しかも財布の口を開いてくれ、裁判官のように悪人をいじめつけ、しかも欺かれた愚人のように金を出してくれるとは?
読者の記憶するとおり、テナルディエはかつてマリユスの隣の室に住んでいたけれども、彼を見たことは一度もなかった。そういうことは、パリーでは別に珍しくはない。彼は以前に自分の娘たちから、マリユスというごく貧しい青年が、同じ家に住んでるとぼんやり聞かされた。そしてその顔も知らないで、読者が知るとおりの手紙を彼に書いた。そのマリユスとこのポンメルシー男爵とを結びつけることは、彼の頭の中ではとうていできなかった。
ポンメルシーという名前については、読者の記憶するとおり、彼はワーテルローの戦場で、ただその終わりの三字(訳者注 メルシとはまたありがとうという意味である)と解釈しただけであって、ただ一つの感謝の言葉としてあまり注意も払わなかったのは、無理ならぬことである。
ところで彼は、娘のアゼルマを使って、二月十六日の婚礼の跡を探らせ、また自分でも種々穿鑿せんさくして、ついに多くのことを知るに至り、自分は暗黒の底にいながら、秘密の糸口を数多つかみ得た。そしてある日大溝渠こうきょの中で出会った男がいかなる人物であったかを、狡智こうちによって発見した、あるいは少なくとも帰納的に察知し得た。その名前までも容易に推察した。また、ポンメルシー男爵夫人はコゼットであることをも知っていた。そしてこの方面では、慎重に差し控えた方がいいと思った。コゼットは何者であるか? それは彼にもよくわからなかった。私生児であることは漠然ばくぜんとわかっていた。がファンティーヌの話にはどうも怪しいふしがあるように思われた。それを話して何の役に立とう、その口止め料をもらうためにか? 否彼は、それよりも更によい売り物を持っていた、あるいは持ってると思っていた。それに、何らの証拠もなくただ推察だけで、「あなたの夫人は私生児です」とポンメルシー男爵に告げたところで、それはただ夫おっとの激怒を買うに過ぎなかったろう。
テナルディエの考えでは、マリユスとの会話はまだ始まったとも言えないものであった。もとより彼は、一旦退却し、戦略を改め、陣を撤し、方向を変えなければならなかった。けれども、大事な点はまだ先方に知られていないし、ポケットには五百フランせしめていた。その上、いざとなれば言うべきことも持っていたので、深い知識といい武器とをそなえてるポンメルシー男爵に対してもなお、自分の方に強味があると感じていた。テナルディエのような者にとっては、一々の会話が皆戦闘である。さて今始めんとする戦闘においては、彼の地位はどういうものであったか? 彼は相手がいかなる人物であるかを知らなかった、しかし問題がいかなるものであるかを知っていた。彼はすみやかに、自分の武力を心の中で調べてみて、「私はテナルディエです」と言った後、先方の様子を待ってみた。
マリユスは考えに沈んでいた。彼はついにテナルディエを捕つかまえたのである。あれほど見つけ出したいと思っていた男が、今目の前にいるのだった。彼はポンメルシー大佐の要求を果たすことができるのだった。あの英雄がこの悪漢に多少なりとも恩を受けていること、墓の底から父が彼マリユスに向かって振り出した手形は今にまだ支払われていないこと、それに彼は屈辱を感じていた。そしてまた、テナルディエに対して複雑な精神状態の中にありながら彼は、大佐がかかる悪漢に救われた不幸について、返報してやる所がなければならないように考えられた。しかしそれはとにかく、彼は満足であった。今や、かかる賤いやしい債権者から大佐の影を解き放してやる時がきたのだった。負債の牢獄ろうごくから父の記憶を引きぬいてしまう時がきたのだった。
そういう義務のほかに、彼にはも一つなすべきことがあった。もしできるならばコゼットの財産の出所を明らかにすることだった。今ちょうどその機会がきたように思われた。テナルディエはおそらく何か知ってるに違いなかった。この男を底まで探りつくしたら何かの役に立つかも知れなかった。で彼はまずそれから始めた。
テナルディエはその「いい代物しろもの」を内隠しにしまい込んで、ほとんど媚こびるようにおとなしくマリユスをながめていた。
マリユスは沈黙を破った。
「テナルディエ、僕は君の名前を言ってやった。そして今また、君のいわゆる秘密、君が僕に知らせようと思ってきたものを、僕から言ってもらいたいのか? 僕もいろいろ知ってることがある。君よりもくわしく知ってるかも知れない。ジャン・ヴァルジャンは、君が言うとおり、人殺しで盗人だ。マドレーヌ氏という富有な工場主を破滅さしてその金を盗んだから、盗人である。警官ジャヴェルを殺害したから、人殺しである。」
「何だかよくわかりかねますが、男爵。」とテナルディエは言った。
「ではよくわからしてあげよう。聞きなさい。一八二二年ごろ、パ・ド・カレー郡に、ひとりの男がいた。彼は以前少しく法律に問われたことのある者だったが、マドレーヌ氏という名前で身を立て名誉を回復していた。まったく一個の正しい人間となっていた。そしてある工業で、黒ガラス玉の製造で、全市を繁昌さした。自分の財産もできたが、それは第二の問題で、言わば偶然にできたのである。それから彼は貧しい人たちの養い親となった。病院を建て学校を開き、病人を見舞い、娘には嫁入じたくをこしらえてやり、寡婦やもめには暮らしを助けてやり、孤児は引き取って育ててやった。ほとんどその地方の守り神だった。彼は勲章を辞退したが、ついに市長に推された。ところがひとりの放免囚徒が、その人の旧悪の秘密を知っていて、その人を告発し捕縛させ、その捕縛に乗じてパリーにやってき、偽署をしてラフィット銀行から――この事実はその銀行の出納係から直接に聞いたことだ――マドレーヌ氏のものである五十万以上の金額を引き出してしまった。そのマドレーヌ氏の金を奪った囚人というのが、すなわちジャン・ヴァルジャンである。またも一つの事実についても、僕は何も君から聞く必要はない。ジャン・ヴァルジャンは警官ジャヴェルを殺した。ピストルで殺した。かく言う僕がその場にいたのだ。」
テナルディエは厳然たる一瞥いちべつをマリユスに投げた。あたかも一度打ち負けた者が再び勝利に手をつけ、失っていた地歩を一瞬間のうちに取り戻したかのようだった。しかしまたすぐに例の微笑が現われた。上位の者に対しては、下位の者はただ気兼ねした勝利をしか持ち得ないものである。テナルディエはただこれだけマリユスに言った。
「男爵は、何だか筋道が違っていますようですが。」
そう言いながら彼は、時計の飾り玉を意味ありげにひねくってそれに力を添えた。
「なに!」とマリユスは言った、「君はそれに抗弁するのか。それは実際の事実だ。」
「いえ、譫言うわごとみたいなものです。男爵も打ち明けて言われましたから、私の方でも打ち明けて申しましょう。何よりもまず真実と正義とが第一です。私は不正な罪を被ってる者を見るのを好みません。男爵、ジャン・ヴァルジャンはマドレーヌ氏のものを盗んではいません。ジャン・ヴァルジャンはジャヴェルを殺してはいません。」
「何だと! それはどうしてだ?」
「二つの理由からです。」
「どういう理由だ? 言ってみなさい。」
「第一はこうです。彼はマドレーヌ氏のものを盗んだというわけにはなりません、ジャン・ヴァルジャン自身がマドレーヌ氏であるからには。」
「何を言うんだ。」
「そして第二はこうです。彼はジャヴェルを殺したはずはありません、ジャヴェルを殺したのはジャヴェル自身であるからには。」
「と言うと?」
「ジャヴェルは自殺したのです。」
「証拠があるか、証拠が!」とマリユスは我を忘れて叫んだ。
テナルディエはあたかも古詩の句格めいた調子で言った。
「警官……ジャヴェルは……ポン・トー・シャンジュの橋の……小船の下に……おぼれて……いました。」
「それを証明してみなさい!」
テナルディエは腋わきのポケットから、大きな灰色の紙包みを取り出した。種々の大きさにたたんだ紙が中にはいっているらしく見えた。
「私は記録を持っています。」と彼は落ち着いて答えた。
そしてまた言い添えた。
「男爵、私はあなたのために、このジャン・ヴァルジャンのことをすっかり探り出そうと思いました。私はジャン・ヴァルジャンとマドレーヌとは同一人であると申しましたし、ジャヴェルを殺したのはジャヴェル自身にほかならないと申しましたが、そう申すにはもとより証拠があってのことです。しかも手で書いた証拠ではありません。書いたものは疑うこともでき、またどうにでもなるものです。けれども私が持ってるのは、印刷した証拠物であります。」
そう言いながらテナルディエは、黄ばみがかって色が褪あせてしかも強い煙草たばこのにおいがする二枚の新聞紙を、包みの中から引き出した。そのうちの一枚は、折り目が破れて四角な紙片に切れており、も一枚のよりずっと古いものらしかった。
「二つの事実と二つの証拠です。」とテナルディエは言った。そして彼はひろげた二枚の新聞紙をマリユスに差し出した。
その二枚の新聞は、読者の知ってるものである。古い方のは、一八二三年七月二十五日のドラポー・ブラン紙の一枚であって、その記事は本書の第二部第二編第一章で読者が見たとおり、マドレーヌ氏とジャン・ヴァルジャンとが同一人である事を証明するものだった。もう一枚は、一八三二年六月十五日の機関紙であって、ジャヴェルの自殺を証明し、なおジャヴェルが自ら警視総監に語った口頭の報告が添えてあった。その報告によれば、ジャヴェルはシャンヴルリー街の防寨ぼうさいで捕虜になったが、ひとりの暴徒がピストルをもって彼を手中のものにしながら、彼の頭を射貫ぬかないで空に向けて発射し、その寛大なはからいのために一命を助かったというのだった。
マリユスは読んだ。その中には明らかな事実があり、確かな日付けがあり、疑うべからざる証拠があった。その二枚の新聞紙は、テナルディエが自説を支持するためにことさら印刷さしたものではなかった。機関紙に掲げられた記事は、警視庁から公おおやけに発表したものだった。マリユスも疑う余地を見いださなかった。銀行の出納係が伝えた話はまちがっていて、彼自身も誤解をしていたのだった。ジャン・ヴァルジャンはにわかに偉大なものとなって、雲の中から現われてきた。マリユスは喜びの叫びを自らおさえることができなかった。
「それでは、あのあわれむべき男は、驚くべきりっぱな人物だったのか! あの財産はまったく彼自身のものだったのか! 一地方全体の守護神たるマドレーヌであり、ジャヴェルの救い主たるジャン・ヴァルジャンであるとは! 実に英雄だ、聖者だ!」
「いえあの男は、聖者でも英雄でもありません。」とテナルディエは言った。「人殺しで盗賊です。」
そして彼は自らある権威を感じ始めたような調子で付け加えた。「落ち着いてお話しましょう。」
盗賊、人殺し、もはや消え去ったと信じていたらそれらの言葉が再び現われて落ちかかってきたので、マリユスは氷の雨に打たれるような思いがした。
「それでもやはり!」と彼は言った。
「そうですとも。」とテナルディエは言った。「ジャン・ヴァルジャンはマドレーヌのものを盗みはしませんでしたが、やはり盗賊です。ジャヴェルを殺しはしませんが、やはり人殺しです。」
「君はあの、」とマリユスは言った、「四十年前の盗みを言うのだろう。あれならば、その新聞にもあるとおり、悔悟と克己と徳操との生涯で贖あがなわれている。」
「男爵、私は殺害と窃盗と申すのです。しかも繰り返して言いますが、現在の事実です。あなたにこれからお知らせいたしますことは、まったくだれも知らないことであります。まだ世間に発表されていないことであります。そしてたぶんあなたは、ジャン・ヴァルジャンから巧みに男爵夫人へ贈られた財産の出所も、それでおわかりになりますでしょう。私は特に巧みにと申しますが、実際そういう種類の寄贈によって、名誉ある家にもぐり込み、その安楽にあずかり、同時にまた、自分の罪悪を隠し、盗んだものをおもしろく使い、名前を包み、家庭の人となるのですから、まあまずいやり方ではありません。」
「そう言うなら、僕にも言うべきことがある。」とマリユスは口を入れた。「だがまあ続けて話してみなさい。」
「男爵、私はあなたにすべてを包まず申しましょう。報酬の方は、あなたの寛大なおぼしめしにお任せいたします。その秘密は黄金こがねの山を積んでもよろしいものです。こう申しますと、なぜジャン・ヴァルジャンの方へ行かないのかと言われるかも知れませんが、それはごく簡単な理由からであります。彼がすっかり金を出してしまったことを、しかもあなたのために出してしまったことを、私は存じております。そのやり方は実に巧うまいものだと思います。ところで彼はもう一文も持ってはいませんので、ただ私に空からっぽの手を開いて見せるほかはありますまい。それに私は、ジョヤまで行くのに少し金がいりますので、何も持たない彼の所よりも、何でも持っておいでになるあなたの方へ参ったのであります。ああ少し疲れましたから、どうか椅子いすにすわることを許して下さい。」
マリユスは腰をおろし、彼にもすわるように身振りをした。
テナルディエはボタン締めの椅子いすに腰をおろし、二枚の新聞紙を取り、それを包み紙の中にまたたたみ込みながら、ドラポー・ブラン紙を爪つめではじいてつぶやいた、「こいつ、手に入れるのにずいぶん骨を折らせやがった。」それから彼は膝ひざを重ね、椅子の背によりかかった。自分の語ろうとする事に対して安心しきってる者が取る態度である。そしていよいよ、落ち着き払い一語一語力を入れて、本題にとりかかった。
「男爵、今からおおよそ一年ばかり前、一八三二年六月六日、あの暴動のありました日、パリーの大下水道の中に、アンヴァリード橋とイエナ橋との間のセーヌ川への出口の所に、ひとりの男がいました。」
マリユスはにわかに自分の椅子を、テナルディエの椅子に近寄せた。テナルディエはその動作に目を注いで、相手の心をとらえ一語一語に相手の胸のとどろきを感ずる弁士のように、おもむろに続けていった。
「その男は、政治とは別なある理由のために身を隠さなければならないので、下水道を住居として、そこへはいる鍵かぎを持っていました。重ねて申しますが、それは六月六日でした。晩の八時ごろだったでしょう。その男は、下水道の中に物音を聞いて、非常に驚き、身を潜めて待ち受けました。物音というのは人の足音で、何者かが暗闇くらやみの中を歩いて、彼の方へやってきました。不思議なことに、彼以外にもひとり下水道の中にいたのです。下水道の出口の鉄格子てつごうしは遠くありませんでした。それからもれて来るわずかな光で、彼は新らしくきた男が何者であるかを見て取り、また背中に何かかついでるのを知りました。その男は背をかがめて歩いていました。それは前徒刑囚で、肩に担になってるのは一つの死体でした。でまあ言わば、殺害の現行犯です。窃盗の方はそれから自然にわかることです。人はただで他人を殺すものではありません。その囚徒は死体を川に投げ込むつもりだったのです。なお一つ注意までに申しますと、出口の鉄格子てつごうしの所までたどりつく前に、下水道の中を遠くからやってきたその囚徒は、恐ろしい泥濘孔どろあなに必ず出会ったはずで、そこに死体をほうり込んで来ることもできたわけです。しかし、明日あすにも下水人夫がその泥濘孔を掃除に来れば、殺された男を見つけ出すかも知れません。殺した方ではそんなことをいやがったのです。そしてむしろ泥濘孔を、荷をかついだまま通りぬけて来ることにきめたのです。どれほど大変な努力をしたかは察しられます。それくらい危険なことはまたとあるものではありません。よく死なずに通りぬけてこられたのが不思議なほどです。」
マリユスの椅子いすは更に近寄った。テナルディエはそれに乗じて長く息をついて、言い続けた。
「閣下、下水道は広い練兵場とは違います。隠れる物は何もなく、身を置く所さえないくらいです。そこにふたりの男がいれば、互いに顔を合わさないわけにはゆきません。そのふたりも出会いました。そこに住んでいる男とそこを通りぬけようとしてる男とは、互いに困ったとは思いながらも、あいさつをかわさないわけにはゆきませんでした。通りぬけようとしてる男は、そこに住んでる男に言いました。『お前には俺の背中のものが何だかわかるだろう。俺は出なけりゃならねえ。お前は鍵を持ってるようだから、それを俺に貸してくれ。』ところで、その囚徒は恐ろしく強い奴やつでした。拒むわけにはゆきません。けれども鍵かぎを持ってる男は、ただ時間を延ばすためにいろんなことをしゃべりました。彼はその死んだ男をよく見ましたが、ただ年が若く、りっぱな服装なりをして金持ちらしく、また血のために顔の形もわからなくなってるというほかは、何にもよくわかりませんでした。それで、しゃべってるうちに彼は、人殺しの男に気づかれないように、そっとうしろから、殺された男の上衣の端を裂き取りました。言うまでもなく証拠品としてです。それによって事件を探索し犯罪者にその犯罪の証拠品をつきつけてやるためです。彼はその証拠品をポケットにしまいました。それから彼は、鉄格子を開き、相手の男をその背中の厄介物と共に外へ送り出し、鉄格子をまた閉ざし、そして逃げてしまいました。事件にそれ以上関係したくないと思い、ことに殺害者がその被害者を川に投げ込む時その近くにいたくないと思ったからでした。で、これまでお話し申せばもう充分おわかりでしょう。死体をかついでいたのはジャン・ヴァルジャンです。鍵かぎを持っていたのは、現にかく申し上げてる私です。そして上衣の布片きれは……。」
そしてテナルディエは、一面に黒ずんだ汚点のついてる引き裂けた黒ラシャの一片を、ポケットから取り出し、両手の親指と人差し指とでつまんでひろげながら、それを目の所まで上げて、物語の結末とした。
マリユスは色を変えて立ち上がり、ほとんど息もつけないで黒ラシャの一片を見つめ、一言も発せず、その布片から目を離しもせず、壁の方へ退さがってゆき、うしろに差し出した右手で壁の上をなでながら、暖炉のそばの戸棚の錠前についていた一本の鍵をさがした。そしてその鍵を探りあて、戸棚とだなを開き、なおテナルディエがひろげてる布片から驚きの眸ひとみを離さず、後ろ向きのまま戸棚の中に腕を差し伸ばした。
その間テナルディエは言い続けていた。
「男爵、その殺された青年は、ジャン・ヴァルジャンの罠わなにかかったどこかの金持ちで、大金を所持していたものだと思える理由が、いくらもあります。」
「その青年は僕だ、その上衣はこれだ!」とマリユスは叫んだ。そして血に染そんだ古い黒の上衣を床ゆかの上に投げ出した。
彼はテナルディエの手から布片を引ったくり、上衣の上に身をかがめ、裂き取られた一片を裂けてる据すその所へあててみた。裂け目はきっかり合って、その布片のために上衣は完全なものとなった。
テナルディエは茫然ぼうぜんとした。「こいつはやられたかな、」と彼は考えた。
マリユスは身を震わし、絶望し、また驚喜して、すっくとつっ立った。
彼はポケットの中を探り、恐ろしい様子でテナルディエの方へ進み寄り、五百フランと千フランとの紙幣をいっぱい握りつめた拳こぶしを差し出し、彼の顔につきつけた。
「君は恥知らずだ! 君は嘘うそつきで、中傷家で、悪党だ! 君はあの人に罪を着せるためにやってきて、かえってあの人を公明なものにした。あの人を破滅させようとして、かえってあの人をりっぱな者にした。そして君こそ盗賊だ。君こそ人殺しだ。おいテナルディエ・ジョンドレット、君がオピタル大通りの破家あばらやにいた所を、僕は見て知っている。君を徒刑場へ送るだけの材料を、いやそれよりもっと以上の所へ送るだけの材料を、僕は握っている。さあ、悪者の君に、千フランだけ恵んでやる。」
そして彼は一枚の千フラン紙幣をテナルディエへ投げつけた。
「おいジョンドレット・テナルディエ、卑劣きわまる悪漢、これは君にいい見せしめだ、秘密を売り歩き、内密なことを商売にし、暗闇くらやみの中を漁あさり回る、みじめな奴やつ! この五百フランもくれてやる。拾ったらここを出ていっちまえ! それもワーテルローのお陰だ。」
「ワーテルロー!」とテナルディエは五百フランを千フランと共にポケットにしまいながらつぶやいた。
「そうだ、人殺しめが! 君はそこで……大佐の命を救った。」
「将軍ので。」とテナルディエは頭を上げながら言った。
「大佐だ!」とマリユスは憤然として言った。「将軍なら一文もやりはしない。それから君は、また悪事をしにここへきた。君は既にある限りの罪悪を犯している。どこへなりと行くがいい、姿を消してしまうがいい。ただ楽に暮らすようにと、それだけ僕は希望しておく。さあ、ここにまだ三千フランある。それを持ってゆけ。明日あしたからでもアメリカへ行くがいい、娘といっしょに。君の妻はもう死んでいる、けしからん嘘うそつきめが! 出発の時には僕が見届けてやる、そしてその時二万フランは恵んでやる。どこへなりと行ってくたばってしまえ!」
「男爵閣下、」とテナルディエは足下まで頭を下げながら答えた、「御恩は長く忘れません。」
そしてテナルディエは何にもわけがわからず、黄金の袋で打ちのめされ、頭の上に紙幣をまき散らす雷電に打たれ、ただあっけに取られたまま狂喜して、そこを出て行った。
彼はまったく雷に打たれたと同じだったが、しかしまた満足でもあった。もしその雷に対して避雷針を持っていたならば、かえって不満な結果となってたであろう。
ここにすぐ、この男のことを片づけておこう。今述べてる事件から二日の後、彼はマリユスの世話によって、名前を変え、娘のアゼルマを連れ、ニューヨークで受け取れる二万フランの手形を持ち、アメリカへ向かって出発した。一度踏みはずしたテナルディエのみじめな徳性は、もはや矯正すべからざるものになっていた。彼はアメリカへ行っても、ヨーロッパにいる時と同様だった。悪人が手を触るる時には、善行も往々にして腐敗し、それから更に悪事が出てくるようになる。マリユスからもらった金で、テナルディエは奴隷売買を始めた。
テナルディエが出てゆくや否や、マリユスは庭に走っていった。コゼットはまだ散歩していた。
「コゼット! コゼット!」と彼は叫んだ。「おいで、早くおいで! すぐに行くのだ。バスク、辻馬車つじばしゃを一つ呼んでこい。コゼット、おいで。ああ、僕の命を救ってくれたのはあの人だった。一刻も遅らしてはいけない。すぐ肩掛けをつけるんだ。」
コゼットは彼が気でも狂ったのかと思ったが、その言葉どおりにした。
彼は息もつけないで、胸に手をあてて動悸どうきを押ししずめようとしていた。彼は大胯おおまたに歩き回った。コゼットを抱いて言った。
「ああ、コゼット、僕は実にあわれむべき人間だ!」
マリユスは熱狂していた。彼はジャン・ヴァルジャンのうちに、高いほの暗い言い知れぬ姿を認め始めた。非凡な徳操の姿が彼に現われてきた。最高にしてしかもやさしい徳であり、広大なるためにかえって謙譲なる徳であった。徒刑囚の姿はキリストの姿と変わった。マリユスはその異変に眩惑げんわくした。彼は自分の今ながめているものがただ偉大であるというほか、何にもはっきりとわからなかった。
間もなく一台の辻馬車が門前にやってきた。
マリユスはそれにコゼットを乗せ、次に自分も飛び乗った。
「御者、」と彼は言った、「オンム・アルメ街七番地だ。」
馬車は出かけた。
「まあうれしいこと!」とコゼットは言った、「オンム・アルメ街なのね。私は今まで言い出しかねていましたのよ。私たちはジャンさんに会いに行くんですわね。」
「お前のお父とうさんだ、コゼット、今こそお前のお父さんだ。コゼット、僕にはもうすっかりのみ込めた。お前はガヴローシュに持たしてやった僕の手紙を受け取らなかったと言ったね。きっとあの人の手に落ちたに違いない。それで僕を救いに防寨ぼうさいへきて下すったのだ。そして、天使となるのがあの人の務めでもあるように、ついでに他の人たちをも救われたのだ。ジャヴェルをも救われた。僕をお前に与えるために、あの深淵しんえんの中から僕を引き出して下すった。僕を背中にかついで、あの恐ろしい下水道を通られた。ああ僕は実に恐ろしい恩知らずだ。コゼット、あの人はお前の守り神だった後、僕の守り神になられた。まあ考えてもごらん、恐ろしい泥濘孔どろあながあったのだ、必ずおぼれてしまうような所が、泥の中におぼれてしまうような所が、コゼット、それをあの人は僕をつれて渡られた。僕は気を失っていた。何にも見えず、何にも聞こえず、自分がどんなことになってるか知ることができなかったのだ。僕たちはあの人を連れ戻し、否でも応でも家に引き取り、もう決して離すことではない。ああ家にいて下さればいいが、すぐ会えればいいが! 僕はこれから一生あの人を敬い通そう。そうだ、そうしなければいけない、そうだろう、コゼット。ガヴローシュが僕の手紙を渡したのは、あの人へだったに違いない。それですっかりわかる。お前にもわかったろう。」
コゼットには一言ひとこともわからなかった。
「おっしゃる通りですわ。」と彼女は言った。
馬車はそのうちにも駛はせっていた。

 

 

Chapitre V Nuit derrière laquelle il y a le jour

 

Au coup qu'il entendit frapper à sa porte, Jean Valjean se retourna.

—Entrez, dit-il faiblement.

La porte s'ouvrit. Cosette et Marius parurent.

Cosette se précipita dans la chambre.

Marius resta sur le seuil, debout, appuyé contre le montant de la porte.

—Cosette! dit Jean Valjean, et il se dressa sur sa chaise, les bras ouverts et tremblants, hagard, livide, sinistre, une joie immense dans les yeux.

Cosette, suffoquée d'émotion, tomba sur la poitrine de Jean Valjean.

—Père! dit-elle.

Jean Valjean, bouleversé, bégayait:

—Cosette! elle! vous, madame! c'est toi! Ah mon Dieu!

Et, serré dans les bras de Cosette, il s'écria:

—C'est toi! tu es là! Tu me pardonnes donc!

Marius, baissant les paupières pour empêcher ses larmes de couler, fit un pas et murmura entre ses lèvres contractées convulsivement pour arrêter les sanglots:

—Mon père!

—Et vous aussi, vous me pardonnez! dit Jean Valjean.

Marius ne put trouver une parole, et Jean Valjean ajouta:—Merci.

Cosette arracha son châle et jeta son chapeau sur le lit.

—Cela me gêne, dit-elle.

Et, s'asseyant sur les genoux du vieillard, elle écarta ses cheveux blancs d'un mouvement adorable, et lui baisa le front.

扉とびらをたたく音を聞いてジャン・ヴァルジャンは振り向いた。
「おはいり。」と彼は弱々しく言った。
扉は開かれた。コゼットとマリユスとが現われた。
コゼットは室の中に飛び込んできた。
マリユスは扉の框かまちによりかかって、閾しきいの上にたたずんだ。
「コゼット!」とジャン・ヴァルジャンは言った。そして蒼白そうはくな昏迷こんめいした凄惨せいさんな様子で、目には無限の喜びを浮かべ、震える両腕を開いて、椅子いすの上に身を起こした。
コゼットは激しい感動に息もふさがって、ジャン・ヴァルジャンの胸に身を投げた。
「お父様!」と彼女は言った。
ジャン・ヴァルジャンは心転倒して、ようやくにつぶやいた。
「コゼット! 彼女! あなた、奥さん! お前だったか! ああ!」
そしてコゼットの腕に抱きしめられて、彼は叫んだ。
「お前だったか! きてくれたか! では私を許してくれるんだね。」
マリユスは涙を落とすまいとして眼瞼まぶたを下げながら、一歩進み出て、泣き声をおさえようとしてびくびく震えてる脣くちびるの間からつぶやいた。
「お父さん!」
「おおあなたも、あなたは私を許して下さるのですね!」とジャン・ヴァルジャンは言った。
マリユスは一言も発し得なかった。ジャン・ヴァルジャンは言い添えた。「ありがとう。」
コゼットは肩掛けをぬぎ捨て、帽子を寝台の上に投げやった。
「邪魔だわ。」と彼女は言った。
そして老人の膝ひざの上にすわりながら、得も言えぬやさしい手つきで彼の白髪を払いのけ、その額に脣くちづけをした。

 

 

Jean Valjean se laissait faire, égaré.

Cosette, qui ne comprenait que très confusément, redoublait ses caresses, comme si elle voulait payer la dette de Marius.

Jean Valjean balbutiait:

—Comme on est bête! Je croyais que je ne la verrais plus. Figurez-vous, monsieur Pontmercy, qu'au moment où vous êtes entré, je me disais: C'est fini. Voilà sa petite robe, je suis un misérable homme, je ne verrai plus Cosette, je disais cela au moment même où vous montiez l'escalier. Étais-je idiot! Voilà comme on est idiot! Mais on compte sans le bon Dieu. Le bon Dieu dit: Tu t'imagines qu'on va t'abandonner, bêta! Non, non, ça ne se passera pas comme ça. Allons, il y a là un pauvre bonhomme qui a besoin d'un ange. Et l'ange vient; et l'on revoit sa Cosette, et l'on revoit sa petite Cosette! Ah! j'étais bien malheureux!

Il fut un moment sans pouvoir parler, puis il poursuivit:

—J'avais vraiment besoin de voir Cosette une petite fois de temps en temps. Un cœur, cela veut un os à ronger. Cependant je sentais bien que j'étais de trop. Je me donnais des raisons: Ils n'ont pas besoin de toi, reste dans ton coin, on n'a pas le droit de s'éterniser. Ah! Dieu béni, je la revois! Sais-tu, Cosette, que ton mari est très beau? Ah! tu as un joli col brodé, à la bonne heure. J'aime ce dessin-là. C'est ton mari qui l'a choisi, n'est-ce pas? Et puis, il te faudra des cachemires. Monsieur Pontmercy, laissez-moi la tutoyer. Ce n'est pas pour longtemps.

Et Cosette reprenait:

—Quelle méchanceté de nous avoir laissés comme cela! Où êtes-vous donc allé? pourquoi avez-vous été si longtemps? Autrefois vos voyages ne duraient pas plus de trois ou quatre jours. J'ai envoyé Nicolette, on répondait toujours: Il est absent. Depuis quand êtes-vous revenu? Pourquoi ne pas nous l'avoir fait savoir? Savez-vous que vous êtes très changé? Ah! le vilain père! il a été malade, et nous ne l'avons pas su! Tiens, Marius, tâte sa main comme elle est froide!

—Ainsi vous voilà! Monsieur Pontmercy, vous me pardonnez! répéta Jean Valjean.

À ce mot, que Jean Valjean venait de redire, tout ce qui se gonflait dans le cœur de Marius trouva une issue, il éclata:

—Cosette, entends-tu? il en est là! il me demande pardon. Et sais-tu ce qu'il m'a fait, Cosette? Il m'a sauvé la vie. Il a fait plus. Il t'a donnée à moi. Et après m'avoir sauvé et après t'avoir donnée à moi, Cosette, qu'a-t-il fait de lui-même? il s'est sacrifié. Voilà l'homme. Et, à moi l'ingrat, à moi l'oublieux, à moi l'impitoyable, à moi le coupable, il me dit: Merci! Cosette, toute ma vie passée aux pieds de cet homme, ce sera trop peu. Cette barricade, cet égout, cette fournaise, ce cloaque, il a tout traversé pour moi, pour toi, Cosette! Il m'a emporté à travers toutes les morts qu'il écartait de moi et qu'il acceptait pour lui. Tous les courages, toutes les vertus, tous les héroïsmes, toutes les saintetés, il les a! Cosette, cet homme-là, c'est l'ange!

—Chut! chut! dit tout bas Jean Valjean. Pourquoi dire tout cela?

—Mais vous! s'écria Marius avec une colère où il y avait de la vénération, pourquoi ne l'avez-vous pas dit? C'est votre faute aussi. Vous sauvez la vie aux gens, et vous le leur cachez! Vous faites plus, sous prétexte de vous démasquer, vous vous calomniez. C'est affreux.

—J'ai dit la vérité, répondit Jean Valjean.

—Non, reprit Marius, la vérité, c'est toute la vérité; et vous ne l'avez pas dite. Vous étiez monsieur Madeleine, pourquoi ne pas l'avoir dit? Vous aviez sauvé Javert, pourquoi ne pas l'avoir dit? Je vous devais la vie, pourquoi ne pas l'avoir dit?

—Parce que je pensais comme vous. Je trouvais que vous aviez raison. Il fallait que je m'en allasse. Si vous aviez su cette affaire de l'égout, vous m'auriez fait rester près de vous. Je devais donc me taire. Si j'avais parlé, cela aurait tout gêné.

—Gêné quoi! gêné qui! repartit Marius. Est-ce que vous croyez que vous allez rester ici? Nous vous emmenons. Ah! mon Dieu! quand je pense que c'est par hasard que j'ai appris tout cela! Nous vous emmenons. Vous faites partie de nous-mêmes. Vous êtes son père et le mien. Vous ne passerez pas dans cette affreuse maison un jour de plus. Ne vous figurez pas que vous serez demain ici.

—Demain, dit Jean Valjean, je ne serai pas ici, mais je ne serai pas chez vous.

—Que voulez-vous dire? répliqua Marius. Ah çà, nous ne permettons plus de voyage. Vous ne nous quitterez plus. Vous nous appartenez. Nous ne vous lâchons pas.

—Cette fois-ci, c'est pour de bon, ajouta Cosette. Nous avons une voiture en bas. Je vous enlève. S'il le faut, j'emploierai la force.

Et, riant, elle fit le geste de soulever le vieillard dans ses bras.

—Il y a toujours votre chambre dans notre maison, poursuivit-elle. Si vous saviez comme le jardin est joli dans ce moment-ci! Les azalées y viennent très bien. Les allées sont sablées avec du sable de rivière; il y a de petits coquillages violets. Vous mangerez de mes fraises. C'est moi qui les arrose. Et plus de madame, et plus de monsieur Jean, nous sommes en république, tout le monde se dit tu, n'est-ce pas, Marius? Le programme est changé. Si vous saviez, père, j'ai eu un chagrin, il y avait un rouge-gorge qui avait fait son nid dans un trou du mur, un horrible chat me l'a mangé. Mon pauvre joli petit rouge-gorge qui mettait sa tête à sa fenêtre et qui me regardait! J'en ai pleuré. J'aurais tué le chat! Mais maintenant personne ne pleure plus. Tout le monde rit, tout le monde est heureux. Vous allez venir avec nous. Comme le grand-père va être content! Vous aurez votre carré dans le jardin, vous le cultiverez, et nous verrons si vos fraises sont aussi belles que les miennes. Et puis, je ferai tout ce que vous voudrez, et puis, vous m'obéirez bien.

Jean Valjean l'écoutait sans l'entendre. Il entendait la musique de sa voix plutôt que le sens de ses paroles; une de ces grosses larmes, qui sont les sombres perles de l'âme, germait lentement dans son œil. Il murmura:

—La preuve que Dieu est bon, c'est que la voilà.

—Mon père! dit Cosette.

Jean Valjean continua:

—C'est bien vrai que ce serait charmant de vivre ensemble. Ils ont des oiseaux plein leurs arbres. Je me promènerais avec Cosette. Être des gens qui vivent, qui se disent bonjour, qui s'appellent dans le jardin, c'est doux. On se voit dès le matin. Nous cultiverions chacun un petit coin. Elle me ferait manger ses fraises, je lui ferais cueillir mes roses. Ce serait charmant. Seulement....

Il s'interrompit, et dit doucement:

—C'est dommage.

La larme ne tomba pas, elle rentra, et Jean Valjean la remplaça par un sourire.

Cosette prit les deux mains du vieillard dans les siennes.

—Mon Dieu! dit-elle, vos mains sont encore plus froides. Est-ce que vous êtes malade? Est-ce que vous souffrez?

—Moi? non, répondit Jean Valjean, je suis très bien. Seulement....

Il s'arrêta.

—Seulement quoi?

—Je vais mourir tout à l'heure.

Cosette et Marius frissonnèrent.

—Mourir! s'écria Marius.

—Oui, mais ce n'est rien, dit Jean Valjean.

Il respira, sourit, et reprit:

—Cosette, tu me parlais, continue, parle encore, ton petit rouge-gorge est donc mort, parle, que j'entende ta voix!

Marius pétrifié regardait le vieillard.

Cosette poussa un cri déchirant.

—Père! mon père! vous vivrez. Vous allez vivre. Je veux que vous viviez, entendez-vous!

Jean Valjean leva la tête vers elle avec adoration.

—Oh oui, défends-moi de mourir. Qui sait? j'obéirai peut-être. J'étais en train de mourir quand vous êtes arrivés. Cela m'a arrêté, il m'a semblé que je renaissais.

—Vous êtes plein de force et de vie, s'écria Marius. Est-ce que vous vous imaginez qu'on meurt comme cela? Vous avez eu du chagrin, vous n'en aurez plus. C'est moi qui vous demande pardon, et à genoux encore! Vous allez vivre, et vivre avec nous, et vivre longtemps. Nous vous reprenons. Nous sommes deux ici qui n'aurons désormais qu'une pensée, votre bonheur!

—Vous voyez bien, reprit Cosette tout en larmes, que Marius dit que vous ne mourrez pas.

Jean Valjean continuait de sourire.

—Quand vous me reprendriez, monsieur Pontmercy, cela ferait-il que je ne sois pas ce que je suis? Non, Dieu a pensé comme vous et moi, et il ne change pas d'avis; il est utile que je m'en aille. La mort est un bon arrangement. Dieu sait mieux que nous ce qu'il nous faut. Que vous soyez heureux, que monsieur Pontmercy ait Cosette, que la jeunesse épouse le matin, qu'il y ait autour de vous, mes enfants, des lilas et des rossignols, que votre vie soit une belle pelouse avec du soleil, que tous les enchantements du ciel vous remplissent l'âme, et maintenant, moi qui ne suis bon à rien, que je meure, il est sûr que tout cela est bien. Voyez-vous, soyons raisonnables, il n'y a plus rien de possible maintenant, je sens tout à fait que c'est fini. Il y a une heure, j'ai eu un évanouissement. Et puis, cette nuit, j'ai bu tout ce pot d'eau qui est là. Comme ton mari est bon, Cosette! tu es bien mieux qu'avec moi.

Un bruit se fit à la porte. C'était le médecin qui entrait.

—Bonjour et adieu, docteur, dit Jean Valjean. Voici mes pauvres enfants.

Marius s'approcha du médecin. Il lui adressa ce seul mot: Monsieur?... mais dans la manière de le prononcer, il y avait une question complète.

Le médecin répondit à la question par un coup d'œil expressif.

—Parce que les choses déplaisent, dit Jean Valjean, ce n'est pas une raison pour être injuste envers Dieu.

Il y eut un silence. Toutes les poitrines étaient oppressées.

Jean Valjean se tourna vers Cosette. Il se mit à la contempler comme s'il voulait en prendre pour l'éternité. À la profondeur d'ombre où il était déjà descendu, l'extase lui était encore possible en regardant Cosette. La réverbération de ce doux visage illuminait sa face pâle. Le sépulcre peut avoir son éblouissement.

Le médecin lui tâta le pouls.

—Ah! c'est vous qu'il lui fallait! murmura-t-il en regardant Cosette et Marius.

Et, se penchant à l'oreille de Marius, il ajouta très bas:

—Trop tard.

Jean Valjean, presque sans cesser de regarder Cosette, considéra Marius et le médecin avec sérénité. On entendit sortir de sa bouche cette parole à peine articulée:

—Ce n'est rien de mourir; c'est affreux de ne pas vivre.

Tout à coup il se leva. Ces retours de force sont quelquefois un signe même de l'agonie. Il marcha d'un pas ferme à la muraille, écarta Marius et le médecin qui voulaient l'aider, détacha du mur le petit crucifix de cuivre qui y était suspendu, revint s'asseoir avec toute la liberté de mouvement de la pleine santé, et dit d'une voix haute en posant le crucifix sur la table:

—Voilà le grand martyr.

Puis sa poitrine s'affaissa, sa tête eut une vacillation, comme si l'ivresse de la tombe le prenait, et ses deux mains, posées sur ses genoux, se mirent à creuser de l'ongle l'étoffe de son pantalon.

Cosette lui soutenait les épaules, et sanglotait, et tâchait de lui parler sans pouvoir y parvenir. On distinguait, parmi les mots mêlés à cette salive lugubre qui accompagne les larmes, des paroles comme celles-ci:—Père! ne nous quittez pas. Est-il possible que nous ne vous retrouvions que pour vous perdre?

On pourrait dire que l'agonie serpente. Elle va, vient, s'avance vers le sépulcre, et se retourne vers la vie. Il y a du tâtonnement dans l'action de mourir.

Jean Valjean, après cette demi-syncope, se raffermit, secoua son front comme pour en faire tomber les ténèbres, et redevint presque pleinement lucide. Il prit un pan de la manche de Cosette et le baisa.

—Il revient! docteur, il revient! cria Marius.

—Vous êtes bons tous les deux, dit Jean Valjean. Je vais vous dire ce qui m'a fait de la peine. Ce qui m'a fait de la peine, monsieur Pontmercy, c'est que vous n'ayez pas voulu toucher à l'argent. Cet argent-là est bien à votre femme. Je vais vous expliquer, mes enfants, c'est même pour cela que je suis content de vous voir. Le jais noir vient d'Angleterre, le jais blanc vient de Norvège. Tout ceci est dans le papier que voilà, que vous lirez. Pour les bracelets, j'ai inventé de remplacer les coulants en tôle soudée par des coulants en tôle rapprochée. C'est plus joli, meilleur, et moins cher. Vous comprenez tout l'argent qu'on peut gagner. La fortune de Cosette est donc bien à elle. Je vous donne ces détails-là pour que vous ayez l'esprit en repos.

La portière était montée et regardait par la porte entre-bâillée. Le médecin la congédia, mais il ne put empêcher qu'avant de disparaître cette bonne femme zélée ne criât au mourant:

—Voulez-vous un prêtre?

ジャン・ヴァルジャンは惘然ぼうぜんとして、されるままになっていた。
コゼットはただ漠然ばくぜんとしか事情を了解していなかったが、あたかもマリユスの負い目を払ってやりたいと思ってるかのように、いっそう親愛の度を強めていた。
ジャン・ヴァルジャンは口ごもりながら言った。
「人間というものは実に愚かなものです。私はもう彼女に会えないと思っていました。考えてもごらんなさい、ポンメルシーさん、ちょうどあなたがはいってこられる時、私はこう自分で言っていました。万事終わった、そこに彼女の小さな長衣がある、私はみじめな男だ、もうコゼットにも会えないのだ、と私はそんなことを、あなたが階段を上ってこられる時言っていました。実に私はばかではありませんか。それほど人間はばかなものです。しかしそれは神を頭に置いていないからです。神はこう言われます。お前は人から見捨てられるだろうと思うのか、ばかな、いや決して、そんなことになるものではないと。ところで、天使をひとり必要とするあわれな老人がいるとします。すると天使がやってきます。コゼットにまた会います。かわいいコゼットにまた会います。ああ、私は実に不幸でした。」
彼はそれからちょっと口がきけなかった。がまた言い続けた。
「私は実際、ごく時々でもコゼットに会いたかったのです。人の心は噛かみしめるべき骨を一つほしがるものです。けれどもまた、自分はよけいな者だと私は感じていました。あの人たちにはお前はいらない、お前は自分の片すみに引っ込んでいるがよい、人はいつでも同じようにしてることはできないものだ、そう私は自分で自分に言いきかせました。ああしかし、ありがたいことには、私はまた彼女に会った! ねえコゼット、お前の夫おっとは実にりっぱだ。ああお前はちょうど、刺繍したきれいな襟えりをつけているね。私はその模様が好きだ。夫から選んでもらったのだろうね。それからお前にはカシミヤがよく似合うから是非買ってごらん。ああポンメルシーさん、私に彼女をお前と呼ばして下さい。わずかの間ですから。」
コゼットは言い出した。
「あんなに私共を見限ってしまうなんて、何という意地悪でしょう。いったいどこへいらしたの、何でこう長く行っていらしたの? 昔は、旅はいつも三、四日だけだったではありませんか。私はニコレットをやりましたが、いつもきまってお留守だという答えきりだったんですもの。いつからお戻りになっていましたの。なぜお知らせなさいませんでしたの。ほんとに様子も大変お変わりになっていますよ。まあ、悪いお父様ね! 御病気だったのでしょう、そして私どもにお知らせなさらなかったのでしょう。マリユス、この手にさわってみてごらんなさい、冷たいこと!」
「こうしてあなたもきて下すったのですね、ポンメルシーさん、あなたは私を許して下さるのですね!」とジャン・ヴァルジャンは繰り返した。
ジャン・ヴァルジャンが二度言ったその言葉に、マリユスの心にいっぱいたまっていたものが出口を得て、彼は急に言い出した。
「コゼット、聞いたか、この方かたはいつもこうだ、いつも僕に許しを求めなさる。しかも僕にどんなことをして下すったか、お前は知ってるか、コゼット。この方は僕の命を救って下すった。いやそれ以上をして下すった。お前を僕に与えて下すった。そして、僕を救って下すった後、お前を僕に与えて下すった後、コゼット、自分をどうされたか? 自分の身を犠牲にされたのだ。実にりっぱな方だ。しかも、その恩知らずの僕に、忘れっぽい僕に、無慈悲な僕に、罪人の僕に、ありがとうと言われる。コゼット、僕は一生涯この方の足下にひざまずいても、なお足りないのだ。あの防寨ぼうさい、下水道、熱火の中、汚水の中、それを通ってこられたのだ、僕のために、お前のために、コゼット! あの死ぬばかりの所を通って僕を運んできて下すった。僕を死から助け出し、しかも御自分は甘んじて生命を危険にさらされた。あらゆる勇気、あらゆる徳、あらゆる勇壮、あらゆる高潔、それらをすべて持っていられる。コゼット、この方こそ実に天使だ!」
「ま、まあ!」とジャン・ヴァルジャンは低く言った。「なぜそんなことを言われるのです。」
「だがあなたこそ、」とマリユスは崇敬の念のこもった奮激をもって叫んだ。「なぜそれを言われなかったのです? あなたも悪い。人の命を助けておいて、それを隠すなんて! その上になお、自分の素性を語るという口実の下に、自分自身を誹謗ひぼうなすった。実にひどいことです。」
「私は真実を申したのです。」とジャン・ヴァルジャンは答えた。
「いや、」とマリユスは言った、「真実はすべてでなければいけません。あなたはすべてを申されなかった。あなたはマドレーヌ氏であったのに、なぜそれを言われませんでした。あなたはジャヴェルを救ったのに、なぜそれを言われませんでした。私はあなたに命の恩になってるのに、なぜそれを言われませんでした。」
「なぜといって、私もあなたと同じように考えたからです。あなたの考えはもっともだと思いました。私は去らなければいけなかったのです。もしあの下水道のことを知られたら、私をそばに引き止められたに違いありません。それで私は黙っていなければなりませんでした。もしそれを私が話したら、まったく困ることになったでしょう。」
「何が困るのです、だれが困るのです!」とマリユスは言った。「あなたはここにこのままおられるつもりですか。私どもはあなたをお連れします。ああ、偶然ああいうことを知った時のことを考えると! 是非とも私どもはあなたを連れてゆきます。あなたは私どもの一部です。あなたは彼女の父で、また私の父です。もう一日もこのひどい家で過ごされてはいけません。明日あしたもここにいるなどと考えられてはいけません。」
「明日は、」とジャン・ヴァルジャンは言った。「私はもうここにいますまい、しかしあなたの家にもいますまい。」
「それはどういうことです?」とマリユスは答え返した。「ああそうですか、いやもう旅もお許ししません。もう私どものそばを離れられてはいけません。あなたは私どものものです。決してあなたを離しません。」
「こんどこそは是非そうします。」とコゼットも言い添えた。「下に馬車も待たしてあります。私あなたを連れてゆきます。やむを得なければ力ずくでもかついでゆきます。」
そして笑いながら彼女は、老人を両腕に持ち上げるような身振りをした。
「あなたのお室へやは、まだ私どもの家にそのままになっています。」と彼女は言い進んだ。「この頃はまあどんなに庭がきれいになったでしょう! 躑躅つつじが大変みごとになりました。道には川砂を敷きましたし、菫色すみれいろの小さな貝殻も交じっています。私の苺いちごも食べていただきましょう。私がそれに水をやっていますのよ。そしてもう、奥さんというのもやめ、ジャンさんというのもやめ、私どもは共和政治になり、みんなお前と言うことにしましょう、ねえ、マリユス。番付けが変わったのよ。それからお父様、私はほんとに悲しいことがありましたの。壁の穴の中に駒鳥こまどりが一匹巣をこしらえていましたが、それを恐ろしい猫ねこが食べてしまいました。巣の窓から頭を差し出していつも私を見てくれた、ほんとにかわいい小さな駒鳥でしたのに! 私泣きましたわ。猫を殺してやりたいほどでしたの。でもこれからは、もうだれも泣かないことにしましょう。みんな笑うんですわ、みんな幸福になるんですわ。あなたは私どもの所へいらっしゃいますでしょうね。お祖父じい様もどんなに御満足なさるでしょう。庭に畑を差し上げますから、何かお作りなさいましよ。あなたの苺が私の苺の相手になれるかどうか、競争をしてみましょう。それからまた、私は何でもあなたのお望みどおりにいたしましょう。そしてまた、あなたも私の言うことを聞いて下さいますのよ。」
ジャン・ヴァルジャンはそれをよく聞かないでただぼんやり耳にしていた。その言葉の意味よりむしろその声の音楽を聞いていた。魂の沈痛な真珠である大きな涙の一滴が、しだいに彼の目の中に宿ってきた。彼はつぶやいた。
「彼女がきてくれたことは、神が親切であらるる証拠だ。」
「お父様!」とコゼットは言った。
ジャン・ヴァルジャンは続けて言った。
「いっしょに住むのは楽しいことに違いない。木には小鳥がいっぱいいる。私はコゼットと共に散歩する。毎日あいさつをかわし、庭で呼び合う、いきいきした人たちの仲間にはいる、それは快いことだろう。朝から互いに顔を合わせる。めいめい庭の片すみを耕す、彼女はその苺いちごを私に食べさせ、私は自分の薔薇ばらを彼女につんでやる。楽しいことだろう。ただ……。」
彼は言葉をとぎらして、静かに言った。
「残念なことだ。」
涙は落ちずに、元へ戻ってしまった。ジャン・ヴァルジャンは涙を流す代わりにほほえんだ。
コゼットは老人の両手を自分の両手に取った。
「まあ!」と彼女は言った、「お手が前よりいっそう冷たくなっています。御病気ですか。どこかお苦しくって?」
「私? いや、」とジャン・ヴァルジャンは答えた、「私は病気ではない。ただ……。」
彼は言いやめた。
「ただ、何ですの?」
「私はもうじきに死ぬ。」
コゼットとマリユスとは震え上がった。
「死ぬ!」とマリユスは叫んだ。
「ええ、しかしそれは何でもありません。」とジャン・ヴァルジャンは言った。
彼は息をつき、ほほえみ、そしてまた言った。
「コゼット、お前は私に話をしていたね。続けておくれ。もっと話しておくれ。お前のかわいい駒鳥こまどりが死んだと、それから、さあお前の声を私に聞かしておくれ!」
マリユスは石のようになって、老人をながめていた。
コゼットは張り裂けるような声を上げた。
「お父様、私のお父様! あなたは生きておいでになります。ずっと生きられます、私が生かしてあげます、ねえお父様!」
ジャン・ヴァルジャンはかわいくてたまらないような様子で彼女の方へ頭を上げた。
「そう、私を死なないようにしておくれ。あるいはお前の言うとおりになるかも知れない。お前たちがきた時私は死にかかっていた。ところがお前たちがきたのでそのままになっている。何だか生き返ったような気もする。」
「あなたにはまだ充分力もあり元気もあります。」とマリユスは叫んだ。「そんなふうで死ぬものだと思っていられるのですか。いろいろ心配もあられましたでしょうが、これからもうなくなります。お許しを願うのは私の方です、膝ひざをついてお願いします! お生きになれます、私どもといっしょに、そして長く、お生きになれます。あなたにまたきていただきます。私たちふたりが、あなたの幸福という一つの考えしかもう持っていない私たちふたりが、ここについております。」
「おわかりでしょう、」とコゼットは涙にまみれながら言った、「お死にはなさらないとマリユスも言っています。」
ジャン・ヴァルジャンはほほえみ続けていた。
「あなたが私をまた引き取って下すっても、ポンメルシーさん、それで私はこれまでと変わった者になるでしょうか。いや、神はあなたや私と同じように考えられて、決してその意見を変えられはしません。私が逝いってしまうのはためになることです。死はよい処置です。神は、私どもがどうなればよいかを私どもよりよく知っていられます。あなたが幸福であられること、ポンメルシー氏がコゼットを得ること、青春は朝を娶めとること、あなた方ふたりのまわりにはライラックの花や鶯うぐいすがいること、あなた方の生活は日の輝いた芝生のようであること、天の喜びがあなた方の魂を満たすこと、そして今、もう何の役にも立たない私は、死んでゆくこと、すべてそれらは正しいことに違いありません。まあよく考えてみて下さい、今はもう何にもなすべきことはありません。私は万事終わったのだとはっきり感じています、一時間前に、私は一時気を失いました。そしてまた昨晩、私はそこにある水差しの水をみな飲みました。コゼット、お前の夫おっとは実にいい方だ、お前は私といっしょにいるよりはずっと仕合わせだ。」
扉の音がした。はいってきたのは医者だった。
「お目にかかって、またすぐお別れです、先生。」とジャン・ヴァルジャンは言った、「これは私の子供たちです。」
マリユスは医者に近寄った。彼はただ、「先生?……」と一言言いかけた。その調子には充分な問いが含まっていた。
医者は意味深い一瞥いちべつでその問いに答えた。
「万事が望みどおりにならないからといって、」とジャン・ヴァルジャンは言った、「それで神を恨んではいけない。」
沈黙が落ちてきた。皆の胸は圧おさえつけられていた。
ジャン・ヴァルジャンはコゼットの方を向いた。彼は永久に失うまいとするように彼女をながめ始めた。彼は既に深い影の底に沈んではいたが、なおコゼットをながめて恍惚こうこつたることができた。彼女のやさしい顔の反映が彼の蒼白な面おもてを照らしていた。墳墓にもその歓喜の情があり得る。
医者は彼の脈を診みた。
「ああ御病人に必要なのはあなた方でした。」と彼はコゼットとマリユスとをながめながらつぶやいた。
そして彼はマリユスの耳元に身をかがめてごく低く言い添えた。
「もう手おくれです。」
ジャン・ヴァルジャンはなおほとんどコゼットをながめることをやめないで、心朗らかな様子をしてマリユスと医者とをじろりと見た。そして彼の口から聞き分け難い次の言葉がもれた。
「死ぬのは何でもないことだ。生きられないのは恐ろしいことだ。」
突然彼は立ち上がった。かくにわかに力が戻ってくるのは、時によると臨終の苦悶くもんの徴候である。彼はしっかりした足取りで壁の所まで歩いてゆき、彼を助けようとしたマリユスと医者とを払いのけ、壁にかかってる小さな銅の十字架像をはずし、また戻ってきて、健全な者のように自由な動作で腰をおろした。そして十字架像をテーブルの上に置きながら、高い声で言った。
「実に偉大な殉教者だ。」
それから、彼の胸は落ちくぼみ、頭は震え動き、あたかも死に酔わされたかのようになって、両膝りょうひざの上に置かれた両手はズボンの布に爪つめを立てはじめた。
コゼットは彼の肩をささえ、すすり泣きながら、彼に何か言おうとつとめたが、それもできなかった。ただ、涙の交じった痛ましい唾液だえきとともに出て来る単語のうちに、次のような言葉がようやく聞き取られた。「お父様! 私たちのもとを離れて下さいますな。せっかくお目に掛かったままお別れになるなどということが、あるものでございましょうか。」
臨終の苦悶くもんは紆余うよ曲折すると言い得る。あるいは行き、あるいはきたり、あるいは墳墓の方へ進み、あるいは生命の方へ戻ってくる。死んでゆくことのうちには暗中模索の動作がある。
ジャン・ヴァルジャンはその半ば失神の状態の後、再び気を取り直し、あたかも暗黒の影を払い落とそうとするように額を振り立て、ほとんどまったく正気に返った。彼はコゼットの袖そでの一襞ひだを取り、それに脣くちびるをあてた。
「回復してきました、先生、回復してきました!」とマリユスは叫んだ。
「あなた方はふたりともいい人だ。」とジャン・ヴァルジャンは言った。「今私の心を苦しめてる事は何であるか、言ってみましょう。私の心を苦しめる事は、ポンメルシーさん、あなたがあの金に手をつけようとされないことです。あの金は、まさしくあなたの奥さんのものです。そのわけを今ふたりに言ってきかしてあげます。私があなた方に会ったのを喜ぶのも、一つはそのためです。黒い飾り玉はイギリスからき、白い飾り玉はノールウェーからきます。それらのことは皆この紙に書いてありますから、それをお読みなさい。腕環うでわには、鑞ろう付けにしたブリキの自在環の代わりに、はめ込んだブリキの自在環をつけることを発明しました。その方がきれいで、品もよく、価も安いのです。それでどれくらい金が儲もうけられるかわかるでしょう。コゼットの財産はまったく彼女のものです。私がこんな細かな事を話すのも、あなたの心を安めようと思うからです。」
門番の女は、階段を上がってき、少し開いてる扉の間から中をのぞき込んでいた。医者はそこを去るように知らせたが、その心の篤あつい婆さんは、立ち去る前に臨終の人に向かってこう言わないではおられなかった。
「牧師様をお呼びしましょうか。」

 

 

—J'en ai un, répondit Jean Valjean.

Et, du doigt, il sembla désigner un point au-dessus de sa tête où l'on eût dit qu'il voyait quelqu'un.

Il est probable que l'évêque en effet assistait à cette agonie.

Cosette, doucement, lui glissa un oreiller sous les reins.

Jean Valjean reprit:

—Monsieur Pontmercy, n'ayez pas de crainte, je vous en conjure. Les six cent mille francs sont bien à Cosette. J'aurais donc perdu ma vie si vous n'en jouissiez pas! Nous étions parvenus à faire très bien cette verroterie-là. Nous rivalisions avec ce qu'on appelle les bijoux de Berlin. Par exemple, on ne peut pas égaler le verre noir d'Allemagne. Une grosse, qui contient douze cents grains très bien taillés, ne coûte que trois francs.

Quand un être qui nous est cher va mourir, on le regarde avec un regard qui se cramponne à lui et qui voudrait le retenir. Tous deux, muets d'angoisse, ne sachant que dire à la mort, désespérés et tremblants, étaient debout devant lui, Cosette donnant la main à Marius.

D'instant en instant, Jean Valjean déclinait. Il baissait; il se rapprochait de l'horizon sombre. Son souffle était devenu intermittent; un peu de râle l'entrecoupait. Il avait de la peine à déplacer son avant-bras, ses pieds avaient perdu tout mouvement, et en même temps que la misère des membres et l'accablement du corps croissait, toute la majesté de l'âme montait et se déployait sur son front. La lumière du monde inconnu était déjà visible dans sa prunelle.

Sa figure blêmissait et en même temps souriait. La vie n'était plus là, il y avait autre chose. Son haleine tombait, son regard grandissait. C'était un cadavre auquel on sentait des ailes.

Il fit signe à Cosette d'approcher, puis à Marius; c'était évidemment la dernière minute de la dernière heure, et il se mit à leur parler d'une voix si faible quelle semblait venir de loin, et qu'on eût dit qu'il y avait dès à présent une muraille entre eux et lui.

—Approche, approchez tous deux. Je vous aime bien. Oh! c'est bon de mourir comme cela! Toi aussi, tu m'aimes, ma Cosette. Je savais bien que tu avais toujours de l'amitié pour ton vieux bonhomme. Comme tu es gentille de m'avoir mis ce coussin sous les reins! Tu me pleureras un peu, n'est-ce pas? Pas trop. Je ne veux pas que tu aies de vrais chagrins. Il faudra vous amuser beaucoup, mes enfants. J'ai oublié de vous dire que sur les boucles sans ardillons on gagnait encore plus que sur tout le reste. La grosse, les douze douzaines, revenait à dix francs, et se vendait soixante. C'était vraiment un bon commerce. Il ne faut donc pas s'étonner des six cent mille francs, monsieur Pontmercy. C'est de l'argent honnête. Vous pouvez être riches tranquillement. Il faudra avoir une voiture, de temps en temps une loge aux théâtres, de belles toilettes de bal, ma Cosette, et puis donner de bons dîners à vos amis, être très heureux. J'écrivais tout à l'heure à Cosette. Elle trouvera ma lettre. C'est à elle que je lègue les deux chandeliers qui sont sur la cheminée. Ils sont en argent; mais pour moi ils sont en or, ils sont en diamant; ils changent les chandelles qu'on y met, en cierges. Je ne sais pas si celui qui me les a donnés est content de moi là-haut. J'ai fait ce que j'ai pu. Mes enfants, vous n'oublierez pas que je suis un pauvre, vous me ferez enterrer dans le premier coin de terre venu sous une pierre pour marquer l'endroit. C'est là ma volonté. Pas de nom sur la pierre. Si Cosette veut venir un peu quelquefois, cela me fera plaisir. Vous aussi, monsieur Pontmercy. Il faut que je vous avoue que je ne vous ai pas toujours aimé; je vous en demande pardon. Maintenant, elle et vous, vous n'êtes qu'un pour moi. Je vous suis très reconnaissant. Je sens que vous rendez Cosette heureuse. Si vous saviez, monsieur Pontmercy, ses belles joues roses, c'était ma joie; quand je la voyais un peu pâle, j'étais triste. Il y a dans la commode un billet de cinq cents francs. Je n'y ai pas touché. C'est pour les pauvres. Cosette, vois-tu ta petite robe, là, sur le lit? la reconnais-tu? Il n'y a pourtant que dix ans de cela. Comme le temps passe! Nous avons été bien heureux. C'est fini. Mes enfants, ne pleurez pas, je ne vais pas très loin. Je vous verrai de là. Vous n'aurez qu'à regarder quand il fera nuit, vous me verrez sourire. Cosette, te rappelles-tu Montfermeil? Tu étais dans le bois, tu avais bien peur; te rappelles-tu quand j'ai pris l'anse du seau d'eau? C'est la première fois que j'ai touché ta pauvre petite main. Elle était si froide! Ah! vous aviez les mains rouges dans ce temps-là, mademoiselle, vous les avez bien blanches maintenant. Et la grande poupée! te rappelles-tu? Tu la nommais Catherine. Tu regrettais de ne pas l'avoir emmenée au couvent! Comme tu m'as fait rire des fois, mon doux ange! Quand il avait plu, tu embarquais sur les ruisseaux des brins de paille, et tu les regardais aller. Un jour, je t'ai donné une raquette en osier, et un volant avec des plumes jaunes, bleues, vertes. Tu l'as oublié, toi. Tu étais si espiègle toute petite! Tu jouais. Tu te mettais des cerises aux oreilles. Ce sont là des choses du passé. Les forêts où l'on a passé avec son enfant, les arbres où l'on s'est promené, les couvents où l'on s'est caché, les jeux, les bons rires de l'enfance, c'est de l'ombre. Je m'étais imaginé que tout cela m'appartenait. Voilà où était ma bêtise. Ces Thénardier ont été méchants. Il faut leur pardonner. Cosette, voici le moment venu de te dire le nom de ta mère. Elle s'appelait Fantine. Retiens ce nom-là:—Fantine. Mets-toi à genoux toutes les fois que tu le prononceras. Elle a bien souffert. Elle t'a bien aimée. Elle a eu en malheur tout ce que tu as en bonheur. Ce sont les partages de Dieu. Il est là-haut, il nous voit tous, et il sait ce qu'il fait au milieu de ses grandes étoiles. Je vais donc m'en aller, mes enfants. Aimez-vous bien toujours. Il n'y a guère autre chose que cela dans le monde: s'aimer. Vous penserez quelquefois au pauvre vieux qui est mort ici. Ô ma Cosette! ce n'est pas ma faute, va, si je ne t'ai pas vue tous ces temps-ci, cela me fendait le cœur; j'allais jusqu'au coin de ta rue, je devais faire un drôle d'effet aux gens qui me voyaient passer, j'étais comme fou, une fois je suis sorti sans chapeau. Mes enfants, voici que je ne vois plus très clair, j'avais encore des choses à dire, mais c'est égal. Pensez un peu à moi. Vous êtes des êtres bénis. Je ne sais pas ce que j'ai, je vois de la lumière. Approchez encore. Je meurs heureux. Donnez-moi vos chères têtes bien-aimées, que je mette mes mains dessus.

Cosette et Marius tombèrent à genoux, éperdus, étouffés de larmes, chacun sur une des mains de Jean Valjean. Ces mains augustes ne remuaient plus.

Il était renversé en arrière, la lueur des deux chandeliers l'éclairait; sa face blanche regardait le ciel, il laissait Cosette et Marius couvrir ses mains de baisers; il était mort.

 

「牧師様はひとりおられる。」ジャン・ヴァルジャンは答えた。
そして彼は指で、頭の上の一点を指し示すようなふうをした。おそらく彼の目には、そこに何者かの姿を見ていたのであろう。
実際ミリエル司教がその臨終に立ち会っていられたかも知れない。
コゼットは静かに彼の腰の下に枕をさし入れた。
ジャン・ヴァルジャンはまた言った。
「ポンメルシーさん、どうか気使わないで下さい。あの六十万フランはまさしくコゼットのものです。もしあなたがあれを使われなければ、私の生涯はむだになってしまうでしょう。私どもはそのガラス玉製造に成功したのでした。ベルリン玉と言われてるのと対抗しました。ドイツの黒玉も到底かないはしません。ごくよくできた玉の千二百もはいってる大包みが、わずかに三フランしかしないのです。」
大事な人がまさに死なんとする時には、人はその人にしがみついて引き止めようとする目つきで、それを見つめるものである。ふたりとも、心痛の余り黙然として、死に対して何と言うべきかを知らず、絶望し身を震わしながら、コゼットの方はマリユスに手を取られ、ふたりで彼の前にじっと立っていた。
刻々にジャン・ヴァルジャンは弱っていった。彼はしだいに沈んでいって、暗黒な地平に近づきつつあった。呼吸は間歇的かんけつてきになり、わずかな残喘ざんぜんにも途切らされた。もはや前腕の位置を変えるのも容易でなくなり、両足はまったく動かなくなり、そして手足のみじめさと身体の疲憊ひはいとが増すとともに、魂の荘厳さが現われてきて、額の上にひろがってきた。他界の光は既にその眸ひとみの中に明らかに宿っていた。
彼の顔は蒼白そうはくになり、同時にまたほほえんでいた。もはやそこには生命の影はなくて、他のものがあった。呼吸は微弱になり、目は大きくなっていた。それは翼が感ぜらるる死骸しがいであった。
彼はそばに来るようにコゼットに合い図をし、次にマリユスに合い図をした。明らかに臨終の最後の瞬間だった。そして彼は、遠くから来るかと思われるような声で、ふたりと彼との間には既に壁ができてるかと思われるようなかすかな声で、ふたりに話しかけた。
「近くにおいで、ふたりとも近くにおいで。私はお前たちふたりを深く愛する。ああ、こうして死ぬのは結構なことだ。コゼット、お前もまた私を愛してくれるね。私は、お前がいつもお前の老人としよりに愛情を持っていてくれたことを、よく知っていた。私の腰の下にこの括くくり蒲団ふとんを入れてくれるとは、何というやさしいことだろう。お前は私の死を、少しは泣いてくれるだろうね。あまり泣いてはいけない。私はお前がほんとに悲しむことを望まない。お前たちふたりはたくさん楽しまなければいけない。それから私は、あの締金のない金環で何よりもよく儲もうかったことを、言い忘れていた。十二ダース入りの大包みが十フランでできるのに、六十フランにも売れた。まったくよい商売だった。だから、ポンメルシーさん、あの六十万フランも驚く程のことではありません。正直な金です。安心して金持ちになってよろしいのです。馬車も備え、時々は芝居の桟敷さじきも買い、コゼットは美しい夜会服も買うがいいし、それから友人たちにごちそうもし、楽しく暮らすがいい。私はさっきコゼットに手紙を書いておいた。どこかにあるはずだ。それから私は、暖炉の上にある二つの燭台しょくだいを、コゼットにあげる。銀であるが、私にとっては、金きんでできてると言ってもいいし、金剛石でできてるといってもいい品である。立てられた蝋燭ろうそくを聖きよい大蝋燭に変える力のある燭台だ。私にあれを下すった人が、果たして私のことを天から満足の目で見て下さるかどうかは、私にもわからない。ただ私は自分でできるだけのことはした。お前たちはふたりとも、私が貧しい者であるということを忘れないで、どこかの片すみに私を葬って、ただその場所を示すだけの石を上に立てて下さい。それが私の遺言である。石には名前を刻んではいけない。もしコゼットが時々きてくれるなら、私は大変喜ぶだろう。あなたもきて下さい、ポンメルシーさん。私は今白状しなければなりませんが、私はいつもあなたを愛したというわけではなかった。それは許して下さい。けれど今は、彼女とあなたとは、私にとってただひとりの者です。私はあなたに深く感謝しています。私はあなたがコゼットを幸福にして下さることをはっきり感じています。ああ、ポンメルシーさん、彼女の美しい薔薇色ばらいろの頬ほおは私の喜びでした。少しでも色が悪いと、私は悲しかったものです。それから、戸棚とだなの中に五百フランの紙幣が一枚はいっています。私はそれに手をつけないでいます。それは貧しい人たちにやるためのものです。コゼット、その寝台の上にお前の小さな長衣があるでしょう。お前はあれを覚えていますか。まだあの時から十年にしかならない。時のたつのは実に早いものだ。私たちはごく幸福だった。がもうすべて済んでしまった。ふたりとも泣くにはおよばない。私はごく遠くへ行くのではない。向こうからお前たちの方を見ていよう。お前たちは夜になってただながめさえすればよい、私がほほえんでいるのがわかるだろう。コゼット、お前はモンフェルメイュを覚えていますか。お前は森の中にいて、大変恐こわがっていた。私が水桶みずおけの柄を持ってやった時のことを、まだ覚えていますか。私がお前の小さな手に触さわったのは、それが始めてだった。ほんとに冷たい手だった。ああ、その頃、その手はまっかだったが、今では大変白くなっている。それから大きな人形、あれも覚えていますか。お前はあれにカトリーヌという名前をつけていた。あれを修道院に持っていかなかったことを、お前は残念がっていたものだ。お前は幾度私を笑わしたことだろう。雨が降ると、溝みぞの中に藁屑わらくずを浮かべて、それが流れてゆくのを見ていた。ある時私は、柳編みの羽子板はごいたと、黄や青や緑の羽毛のついた羽子はねとを、お前に買ってやったことがある。お前はもう忘れているでしょう。お前はごく小さい時はほんとにいたずらだった。いろんなわるさをしていた。自分の耳に桜ん坊を入れてしまったこともある。しかしそれはみな過去のことだ。人形を抱いて通った森、歩き回った木立ちの中、身を隠した修道院、いろんな遊びごと、他愛もない大笑い、それらはみな影にすぎなくなっている。私はそういうものがみな自分のものだと思っていた。しかし私のばかげた考えだった。またあのテナルディエ一家の者は、みな悪者だった。しかしそれは許してやらなければいけない。コゼット、今ちょうどお前の母親の名前を言ってきかせる時がきた。お前の母親は、ファンティーヌという名前である。その名前をよく覚えておきなさい、ファンティーヌだ。それを口にするたびごとにひざまずかなくてはいけない。あの人は非常に難儀をした。お前を大変かわいがっていた。お前が幸福な目にあったのと、ちょうど同じくらい不幸な目に会った。それが神の配剤である。神は天にあって、われわれ皆の者を見られ、大きな星の間にあって自分の仕業しわざを知っていられる。私はもう逝いってしまう。ふたりとも、常によく愛し合いなさい。世の中には、愛し合うということよりほかにはほとんど何もない。そして時々は、ここで死んだあわれな老人の事を考えて下さい。おおコゼットや、この頃お前に会わなかったといっても、それは私の罪ではない。そのために私はどんなに苦しんだろう。私はよくお前が住んでいる街路の角かどまで出かけて行った。私が通るのを見た人たちは、きっと変に思ったに違いない。私は気ちがいのようになっていた。ある時などは帽子もかぶらないで出かけて行ったものだ。おお私のふたり、私はもうこれで目もはっきり見えない。まだ言いたいこともたくさんあるが、もうそれはどうでもよい。ただ私のことを少し考えておくれ。お前たちは祝福された人たちだ。私はもう自分で自分がよくわからない。光が見える。もっと近くにおいで。私は楽しく死ねる。お前たちのかわいい頭をかして、その上にこの手を置かして下さい。」
コゼットとマリユスとは、そこにひざまずき、我を忘れ、涙にむせび、ジャン・ヴァルジャンの両手に各々すがりついた。そのおごそかな手はもはや動かなかった。
彼はあおむけに倒れた。二つの燭台しょくだいから来る光が彼を照らしていた。その白い顔は天の方をながめ、その両手はコゼットとマリユスとの脣くちづけのままになっていた。彼は死んでいた。

 

La nuit était sans étoiles et profondément obscure. Sans doute, dans l'ombre, quelque ange immense était debout, les ailes déployées, attendant l'âme.

 

夜は星もなく、深い暗さだった。必ずやその影の中には、ある広大なる天使が、魂を待ちながら翼をひろげて立っていたであろう。

 

 

Chapitre VI L'herbe cache et la pluie efface

 

Il y a, au cimetière du Père-Lachaise, aux environs de la fosse commune, loin du quartier élégant de cette ville des sépulcres, loin de tous ces tombeaux de fantaisie qui étalent en présence de l'éternité les hideuses modes de la mort, dans un angle désert, le long d'un vieux mur, sous un grand if auquel grimpent les liserons, parmi les chiendents et les mousses, une pierre. Cette pierre n'est pas plus exempte que les autres des lèpres du temps, de la moisissure, du lichen, et des fientes d'oiseaux. L'eau la verdit, l'air la noircit. Elle n'est voisine d'aucun sentier, et l'on n'aime pas aller de ce côté-là, parce que l'herbe est haute et qu'on a tout de suite les pieds mouillés. Quand il y a un peu de soleil, les lézards y viennent. Il y a, tout autour, un frémissement de folles avoines. Au printemps, les fauvettes chantent dans l'arbre.

Cette pierre est toute nue. On n'a songé en la taillant qu'au nécessaire de la tombe, et l'on n'a pris d'autre soin que de faire cette pierre assez longue et assez étroite pour couvrir un homme.

On n'y lit aucun nom.

Seulement, voilà de cela bien des années déjà, une main y a écrit au crayon ces quatre vers qui sont devenus peu à peu illisibles sous la pluie et la poussière, et qui probablement sont aujourd'hui effacés:

Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange,
Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange,
La chose simplement d'elle-même arriva,
Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.

 

ペール・ラシェーズの墓地の、共同埋葬所のほとり、その墳墓の都のりっぱな一郭から遠く離れ、永遠の面前に死の醜い様式をひろげて見せている種々工夫を凝らされた石碑の、立ち並んでる所から遠く離れ、寂しい片すみの、古い壁の傍そば、旋花ひるがおのからんだ一本の大きな水松いちいの下、茅草かやくさや苔こけのはえている中に、一基の石がある。その石もまた、他の石と同じく、長い年月の傷害や苔や黴かびや鳥の糞ふんなどを免れてはいない。水のために緑となり、空気のために黒くなっている。近くには小道もなく、草が高く茂っていてすぐに足をぬらすので、その方へ踏み込んでみようとする人もない。少し日がさす時には、蜥蜴とかげがやってくる。あたりには、野生の燕麦えんばくがそよいでいる。春には、木の間に頬白ほおじろがさえずる。
その石には何らの加工も施してない。ただ墓石に用うるということだけを考えて切られたものであり、ただ人をひとりおおうだけの長さと幅とにしようということだけを注意されたものである。
何らの名前も見られない。
ただ、既にもう幾年か前に、だれかが四行の句を鉛筆で書きつけていたが、それも雨やほこりに打たれてしだいに読めなくなり、今日ではおそらく消えてしまったであろう。その句は次のとおりであった。

彼は眠る。数奇なる運命にも生きし彼、
己おのが天使を失いし時に死したり。
さあそれもみな自然の数ぞ、
昼去りて夜の来るがごとくに。

合計ビュー 828 , 今日のビュー 8 

-Les Misérables, リーディング