Yport, Normandie-France

Une Vie

Une Vie 『女の一生』第2章

 

Une vie charmante et libre commença pour Jeanne. Elle lisait, rêvait et vagabondait, toute seule, aux environs. Elle errait à pas lents le long des routes, l'esprit parti dans les rêves; ou bien, elle descendait, en gambadant, les petites vallées tortueuses, dont les deux croupes portaient, comme une chape d'or, une toison de fleurs d'ajoncs. Leur odeur forte et douce, exaspérée par la chaleur, la grisait à la façon d'un vin parfumé; et, au bruit lointain des vagues roulant sur une plage, une houle berçait son esprit.

Une mollesse, parfois, la faisait s'étendre sur l'herbe drue d'une pente; et parfois, lorsqu'elle apercevait tout à coup, au détour du val, dans un entonnoir de gazon, un triangle de mer bleue étincelante au soleil, avec une voile à l'horizon, il lui venait des joies désordonnées, comme à l'approche mystérieuse de bonheurs planant sur elle.

Un amour de la solitude l'envahissait dans la douceur de ce frais pays et dans le calme des horizons arrondis, et elle restait si longtemps assise sur le sommet des collines que des petits lapins sauvages passaient en bondissant à ses pieds.

Elle se mettait souvent à courir sur la falaise, fouettée par l'air léger des côtes, toute vibrante d'une jouissance exquise à se mouvoir sans fatigue, comme les poissons dans l'eau ou les hirondelles dans l'air.

Elle semait partout des souvenirs comme on jette des graines en terre, de ces souvenirs dont les racines tiennent jusqu'à la mort. Il lui semblait qu'elle jetait un peu de son coeur à tous les plis de ces vallons.

Elle se mit à prendre des bains avec passion. Elle nageait à perte de vue, étant forte et hardie, et sans conscience du danger. Elle se sentait bien dans cette eau froide, limpide et bleue, qui la portait en la balançant. Lorsqu'elle était loin du rivage, elle se mettait sur le dos, les bras croisés sur sa poitrine, les yeux perdus dans l'azur profond du ciel que traversait vite un vol d'hirondelle, ou la silhouette blanche d'un oiseau de mer. On n'entendait plus aucun bruit que le murmure éloigné du flot contre le galet et une vague rumeur de la terre glissant encore sur les ondulations des vagues, mais confuse, presque insaisissable. Et puis, Jeanne se redressait et, dans un affolement de joie, poussait des cris aigus en battant l'eau de ses deux mains.

Quelquefois, quand elle s'aventurait trop loin, une barque venait la chercher.

Elle rentrait au château, pâle de faim, mais légère, alerte, du sourire à la lèvre et du bonheur plein les yeux.

Le baron, de son côté, méditait de grandes entreprises agricoles; il voulait faire des essais, organiser le progrès, expérimenter des instruments nouveaux, acclimater des races étrangères; et il passait une partie de ses journées en conversation avec les paysans qui hochaient la tête, incrédules à ses tentatives.

Souvent aussi, il allait en mer avec les matelots d'Yport. Quand il eut visité les grottes, les fontaines et les aiguilles des environs, il voulut pêcher comme un simple marin.

Dans les jours de brise, lorsque la voile pleine de vent fait courir sur le dos des vagues la coque joufflue des barques, et que, par chaque bord, traîne jusqu'au fond de la mer la grande ligne fuyante que poursuivent les hordes de maquereaux, il tenait dans sa main tremblante d'anxiété la petite corde qu'on sent vibrer sitôt qu'un poisson pris se débat.

Il partait au clair de lune pour lever les filets posés la veille. Il aimait à entendre craquer le mât, à respirer les rafales sifflantes et fraîches de la nuit; et, après avoir longtemps louvoyé pour retrouver les bouées en se guidant sur une crête de roche, le toit d'un clocher et le phare de Fécamp, il jouissait à demeurer immobile sous les premiers feux du soleil levant qui faisait reluire, sur le pont du bateau, le dos gluant des larges raies en éventail et le ventre gras des turbots.

À chaque repas, il racontait avec enthousiasme ses promenades; et petite mère, à son tour, lui disait combien de fois elle avait parcouru la grande allée de peuples, celle de droite, contre la ferme des Couillard, l'autre n'ayant pas assez de soleil.

Comme on lui avait recommandé de «prendre du mouvement», elle s'acharnait à marcher. Dès que la fraîcheur de la nuit s'était dissipée, elle descendait, appuyée sur le bras de Rosalie, enveloppée d'une mante et de deux châles, et la tête étouffée d'une capeline noire que recouvrait encore un tricot rouge.

Alors, traînant son pied gauche, un peu plus lourd et qui avait déjà tracé, dans toute la longueur du chemin, l'un à l'aller, l'autre au retour, deux sillons poudreux où l'herbe était morte, elle recommençait sans fin un interminable voyage en ligne droite, depuis l'encoignure du château jusqu'aux premiers arbustes du bosquet. Elle avait fait placer un banc à chaque extrémité de cette piste; et toutes les cinq minutes elle s'arrêtait, disant à la pauvre bonne patiente qui la soutenait:

— Asseyons-nous, ma fille, je suis un peu lasse.

Et, à chaque arrêt, elle laissait sur un des bancs tantôt le tricot qui lui couvrait la tête, tantôt un châle, et puis l'autre, puis la capeline, puis la mante; et tout cela faisait, aux deux bouts de l'allée, deux gros paquets de vêtements que Rosalie rapportait sur son bras libre quand on rentrait pour déjeuner.

Et dans l'après-midi, la baronne recommençait, d'une allure plus molle, avec des repos plus allongés, sommeillant même une heure de temps en temps sur une chaise longue qu'on lui roulait dehors.

Elle appelait cela faire «son exercice», comme elle disait «mon hypertrophie».

Un médecin consulté dix ans auparavant, parce qu'elle éprouvait des étouffements, avait parlé d'hypertrophie. Depuis lors ce mot, dont elle ne comprenait guère la signification, s'était établi dans sa tête. Elle faisait tâter obstinément au baron, à Jeanne ou à Rosalie son coeur que personne ne sentait plus, tant il était enseveli sous la bouffissure de sa poitrine; mais elle refusait avec énergie de se laisser examiner par aucun nouveau médecin, de peur qu'on lui découvrît d'autres maladies; et elle parlait de «son» hypertrophie à tout propos, et si souvent qu'il semblait que cette affection lui fût spéciale, lui appartînt comme une chose unique sur laquelle les autres n'avaient aucun droit.

Le baron disait «l'hypertrophie de ma femme», et Jeanne «l'hypertrophie de maman», comme ils auraient dit «la robe, le chapeau, ou le parapluie».

Elle avait été fort jolie dans sa jeunesse et plus mince qu'un roseau. Après avoir valsé dans les bras de tous les uniformes de l'Empire, elle avait lu Corinne qui l'avait fait pleurer; et elle était demeurée depuis comme marquée de ce roman.

À mesure que sa taille s'était épaissie, son âme avait pris des élans plus poétiques; et quand l'obésité l'eut clouée sur un fauteuil, sa pensée vagabonda à travers des aventures tendres dont elle se croyait l'héroïne. Elle en avait des préférées qu'elle faisait toujours revenir dans ses rêves, comme une boîte à musique dont on remonte la manivelle répète interminablement le même air. Toutes les romances langoureuses, où l'on parle de captives et d'hirondelles, lui mouillaient infailliblement les paupières; et elle aimait même certaines chansons grivoises de Béranger, à cause des regrets qu'elles expriment.

Elle demeurait souvent pendant des heures, immobile, éloignée dans ses songeries; et son habitation des Peuples lui plaisait infiniment parce qu'elle prêtait un décor aux romans de son âme, lui rappelant et par les bois d'alentour, et par la lande déserte, et par le voisinage de la mer, les livres de Walter Scott qu'elle lisait depuis quelques mois.

Dans les jours de pluie, elle restait enfermée en sa chambre à visiter ce qu'elle appelait ses «reliques». C'étaient toutes ses anciennes lettres, les lettres de son père et de sa mère, les lettres du baron quand elle était sa fiancée, et d'autres encore.

Elle les avait enfermées dans un secrétaire d'acajou portant à ses angles des sphinx de cuivre; et elle disait d'une voix particulière:

— Rosalie, ma fille, apporte-moi le tiroir aux souvenirs.

La petite bonne ouvrait le meuble, prenait le tiroir, le posait sur une chaise à côté de sa maîtresse qui se mettait à lire lentement, une à une, ces lettres, en laissant tomber une larme dessus de temps en temps.

Jeanne, parfois, remplaçait Rosalie et promenait petite mère qui lui racontait des souvenirs d'enfance. La jeune fille se retrouvait dans ces histoires d'autrefois, s'étonnant de la similitude de leurs pensées, de la parenté de leurs désirs; car chaque coeur s'imagine ainsi avoir tressailli avant tout autre sous une foule de sensations qui ont fait battre ceux des premières créatures et feront palpiter encore ceux des derniers hommes et des dernières femmes.

Leur marche lente suivait la lenteur du récit que des oppressions, parfois, interrompaient quelques secondes; et la pensée de Jeanne alors, bondissant par-dessus les aventures commencées, s'élançait vers l'avenir peuplé de joies, se roulait dans les espérances.

Un après-midi, comme elles se reposaient sur le banc du fond, elles aperçurent tout à coup, au bout de l'allée, un gros prêtre qui s'en venait vers elles.

Il salua de loin, prit un air souriant, salua de nouveau quand il fut à trois pas et s'écria:

— Eh bien, madame la baronne, comment allons-nous?

C'était le curé du pays.

Petite mère, née dans le siècle des philosophes, élevée par un père peu croyant, aux jours de la Révolution, ne fréquentait guère l'église, bien qu'elle aimât les prêtres par une sorte d'instinct religieux de femme.

Elle avait totalement oublié l'abbé Picot, son curé, et rougit en le voyant. Elle s'excusa de n'avoir point prévenu sa démarche. Mais le bonhomme n'en semblait point froissé; il regarda Jeanne, la complimenta sur sa bonne mine, s'assit, mit son tricorne sur ses genoux et s'épongea le front. Il était fort gros, fort rouge, et suait à flots. Il tirait de sa poche, à tout instant, un énorme mouchoir à carreaux imbibé de transpiration, et se le passait sur le visage et le cou; mais, à peine le linge humide était-il rentré dans les profondeurs de sa robe que de nouvelles gouttes poussaient sur sa peau, et, tombant sur la soutane rebondie au ventre, fixaient en petites taches rondes la poussière volante des chemins.

Il était gai, vrai prêtre campagnard, tolérant, bavard et brave homme. Il raconta des histoires, parla des gens du pays, ne sembla pas s'être aperçu que ses deux paroissiennes n'étaient pas encore venues aux offices, la baronne accordant son indolence avec sa foi confuse, et Jeanne trop heureuse d'être délivrée du couvent où elle avait été repue de cérémonies pieuses.

Le baron parut. Sa religion panthéiste le laissait indifférent aux dogmes. Il fut aimable pour l'abbé qu'il connaissait de loin, et le retint à dîner.

Le prêtre sut plaire, grâce à cette astuce inconsciente que le maniement des âmes donne aux hommes les plus médiocres appelés par le hasard des événements, à exercer un pouvoir sur leurs semblables.

La baronne le choya, attirée peut-être par une de ces affinités qui rapprochent les natures semblables, la figure sanguine et l'haleine courte du gros homme plaisant à son obésité soufflante.

Vers le dessert il eut une verve de curé en goguette, ce laisser- aller familier des fins de repas joyeuses.

Et, tout à coup, il s'écria comme si une idée heureuse lui eût traversé l'esprit:

— Mais j'ai un nouveau paroissien qu'il faut que je vous présente, M. le vicomte de Lamare!

La baronne, qui connaissait sur le bout du doigt tout l'armorial de la province, demanda:

— Est-il de la famille de Lamare de l'Eure?

Le prêtre s'inclina:

— Oui, madame, c'est le fils du vicomte Jean de Lamare, mort l'an dernier.

Alors, Mme Adélaïde, qui aimait par-dessus tout la noblesse, posa une foule de questions, et apprit que, les dettes du père payées, le jeune homme, ayant vendu son château de famille, s'était organisé un petit pied-à-terre dans une des trois fermes qu'il possédait dans la commune d'Étouvent. Ces biens représentaient en tout cinq à six mille livres de rente; mais le vicomte était d'humeur économe et sage, et comptait vivre simplement, pendant deux ou trois ans, dans ce modeste pavillon, afin d'amasser de quoi faire bonne figure dans le monde, pour se marier avec avantage sans contracter de dettes ou hypothéquer ses fermes.

Le curé ajouta:

— C'est un bien charmant garçon; et si rangé, si paisible. Mais il ne s'amuse guère dans le pays.

Le baron dit:

— Amenez-le chez nous, monsieur l'abbé, cela pourra le distraire de temps en temps.

Et on parla d'autre chose.

Quand on passa dans le salon, après avoir pris le café, le prêtre demanda la permission de faire un tour dans le jardin, ayant l'habitude d'un peu d'exercice après ses repas. Le baron l'accompagna. Ils se promenaient lentement tout le long de la façade blanche du château pour revenir ensuite sur leurs pas. Leurs ombres, l'une maigre, l'autre ronde et coiffée d'un champignon, allaient et venaient tantôt devant eux, tantôt derrière eux, selon qu'ils marchaient vers la lune ou qu'ils lui tournaient le dos. Le curé mâchonnait une sorte de cigarette qu'il avait tirée de sa poche. Il en expliqua l'utilité avec le franc- parler des hommes de campagne:

— C'est pour favoriser les renvois, parce que j'ai les digestions un peu lourdes.

Puis, soudain, regardant le ciel où voyageait l'astre clair, il prononça:

— On ne se lasse jamais de ce spectacle-là.

Et il rentra prendre congé des dames.

 

ジャンヌの魅力的で自由な生活が始まった。本を読んだり、夢を見たり、一人でふらふらと歩いていた。彼女は夢見心地でゆっくりと道を歩き、あるいは、小さな曲がりくねった谷を駆け下り、その二つの頂には、黄金の帽子のように、ゴースの花のフリースが実っていた。そして、遠くから聞こえる浜辺の波の音とともに、彼女の心を揺り動かすうねりがあった。

時には、柔らかさが彼女を斜面の荒れた草の上に横たわらせ、時には、谷間の曲がり角で、草の漏斗の中に、太陽にきらめく三角形の青い海が、水平線に帆を張っているのを突然見たとき、彼女の上に浮かんでいる幸福が神秘的に近づいてくるかのように、乱れた喜びが湧いてきた。

この涼しい国の甘さと、丸みを帯びた地平線の静けさに、彼女は孤独を愛するようになり、丘の上に長く座っていると、野ウサギが彼女の足元を飛び跳ねて通り過ぎるようになった。

彼女はよく崖を駆け上がり、海岸の軽い空気に揉まれながら、まるで水の中の魚か空中のツバメのように、疲れずに動くことの絶妙な快感に全身を震わせた。

彼女は、人が地面に種を蒔くように、死ぬまで根を張る記憶をあちこちに蒔いたのだ。この谷間のすべての折り目に、自分の心を少しづつ投げ込んでいるような気がした。

彼女は情熱的に海水浴を始めた。彼女は見渡す限り泳ぎ続け、強靭で大胆で、危険なことには無頓着だった。冷たく澄んだ青い水の中で、彼女は気持ちよく泳いでいた。海岸から遠く離れると、仰向けになって両手を胸に組み、深い青空に目を奪われ、その中を燕が飛び、海鳥の白いシルエットがすっと通り過ぎていく。遠くで小石を打つ水の音と、波のうねりの上を滑る大地の漠然とした音以外は聞こえないが、混乱していて、ほとんど捉えどころがない。そして、ジャンヌは再び立ち上がり、喜びのあまり、両手で水を叩きながら、鋭く叫ぶのである。

あまりに遠くまで行くと、舟が迎えに来ることもあった。

彼女は空腹で青ざめながらも、身軽で警戒心が強く、唇に笑みを浮かべ、目に幸せを感じながら、城に帰ってくるのだった。

男爵のほうは、大きな農業事業を思案していた。試験を行い、進歩を組織化し、新しい器具で実験し、外国の人種を順応させようと考えていたのだ。

また、イポールの船員たちと一緒に海に出ることもしばしばであった。洞窟や噴水、針などを見学していると、素朴な船乗りのような釣りがしたくなった。

風の強い日、帆を張ってぽっちゃりした船体を波の背に走らせ、左右の大綱がサバの大群に海の底に引きずり込まれるとき、彼は不安に震えながら、魚が捕まってもがくと同時に振動を感じる小さな糸を手に持っていた。

前日に張った網を上げるために、月明かりの中を出発するのである。マストが軋む音や、夜の涼しい突風を吸い込むのが好きだった。岩の尾根や鐘楼の屋根、フェカンの灯台を頼りにブイへの道を長い間切り開いてきた後、朝日の最初の光の下で動かずにいると、広い扇形のエイのぬるぬるした背中やターボットの太った腹が船のデッキで輝くのが楽しくて仕方がなかった。

食事のたびに、彼は熱心に散歩の話をした。すると今度は小母さんが、クイヤール農園を背にして右側にある、日当たりの悪い大きな人たちの道を何度も歩いたことを話してくれた。

「早く動け」と言われたので、そのまま歩き続けた。夜の冷たさが消えるや否や、彼女はロザリーの腕に寄りかかって、マントと二枚のショールに包まれ、頭には赤いニットを着たままの黒いケープをまとって降りてきました。

そして、少し重くなった左足を引きずって、往路と復路で、草が枯れた粉のような溝を2本ずつなぞりながら、また延々と、城の端から木立の最初の低木まで一直線の旅を始めたのである。5分ごとに立ち止まって、彼女を支える貧しい女中たちにこう言った。

- 座ろう、娘よ、少し疲れているんだ。

そして、停車するたびに、あるときは頭を覆う編み物、あるときはショール、またあるときはマント、そしてマントをベンチの上に置き、道の両端には大きな衣類の束が二つできていて、昼食に戻るときにロザリーが自由な腕で持って帰ってきた。

午後になると、男爵夫人はまたゆっくりとしたペースで、長い休みを取りながら、時には運ばれてきた長椅子で1時間ほど居眠りをすることもあった。

彼女はこれを「自分の運動」と呼び、「私の肥大化」と呼んでいた。

10年前、胸が息苦しくなって相談した医師は、肥大症のことを話していた。それ以来、ほとんど意味の分からないこの言葉が、彼女の頭の中に定着していた。男爵もジャンヌもロザリーも、もう誰も感じることのできない、胸のふくらみに埋もれた自分の心臓を触らせた。しかし彼女は、他の病気が見つかるのを恐れて、新しい医者に診てもらうのを精力的に拒んだ。彼女はいつでも「自分の」肥大のことを話し、あまりにも頻繁に、この愛情が自分にとって特別なもの、他の者には権利がない、自分だけのものであると思わせた。

男爵は「妻の肥大症」、ジャンヌは「母の肥大症」と、「ドレス、帽子、傘」と言うように、よく言ったものだ。

若いころはとてもきれいで、葦よりも細い女性だった。帝国の軍服に抱かれてワルツを踊った後、『コリーヌ』を読んで涙した彼女は、それ以来、まるでその小説にマークされているかのようだった。

ウエストが太くなるにつれて、彼女の魂はより詩的な衝動に駆られるようになり、肥満が彼女をアームチェアに固定すると、彼女は自分がヒロインだと信じている優しい冒険を思い巡らせました。まるでオルゴールのように、何度も何度も同じ曲が繰り返されるのだ。捕虜やツバメが登場する物憂げなロマンスは、間違いなく彼女のまぶたを濡らした。

彼女はしばしば何時間も動かず、遠くで思索にふけっていた。プープルの住居は、周囲の森や荒れ果てた沼地、海の近さによって、数か月前から読んでいたウォルター・スコットの本を思い出させ、彼女の魂の小説の舞台となり、彼女を大いに喜ばせたのである。

雨の日は部屋にこもって、彼女が「遺品」と呼ぶものを訪ねていた。父や母からの手紙、花嫁になった時の男爵からの手紙など、すべて彼女の古い手紙である。

彼女は、真鍮のスフィンクスが角についたマホガニー製の秘書にそれらを閉じ込め、独特の声で言った。

小間使いは戸棚を開け、引き出しを取り、女主人の傍らの椅子に置き、時折涙を落としながら、ゆっくりと一通ずつ読み始めた。

ジャンヌは時々、ロザリーに代わって幼い母を散歩に連れて行き、幼い頃の思い出を語って聞かせた。少女は、このような往時の物語の中に身を置き、彼らの思考の類似性、欲望の親和性に驚かされる。それぞれの心は、最初の生き物の心を躍らせ、最後の男や女の心を今も鼓動させるような多くの感覚のもと、他の誰よりも先にひるんだと想像するからだ。

そして、ジャンヌの思考は、始まったばかりの冒険を飛び越え、喜びと希望に満ちた未来へと向かっていくのだった。

ある日の午後、二人が奥のベンチで休んでいると、突然、参道の奥から大きな神父がこちらに向かってくるのが見えた。

遠くから手を振って、笑顔で、3歩ほど離れたところでもう一度手を振って、絶叫したのだ。

- さて、男爵夫人、ご機嫌いかがでしょうか?

地元の神父さんだった。

哲学者の世紀に生まれ、革命の時代に信仰心の薄い父に育てられた私の小さな母は、宗教的本能のようなものを持って司祭を愛していたが、ほとんど教会に行ったことがない。

彼女は教区司祭であるアベ・ピコをすっかり忘れており、彼を見ると赤面してしまった。彼女は、彼の接近を予想できなかったことを詫びた。しかし、善人は悪びれる様子もなく、ジャンヌを見て、その美貌を褒め、座って三角帽を膝に乗せ、眉をモップで拭いた。とても太っていて、真っ赤で、大量の汗をかいていた。彼は今にもポケットから汗に濡れた大きなチェックのハンカチを取り出して、顔と首にかけた。しかし、湿った布が衣の奥に入るやいなや、新しい雫が彼の肌の上に増え、腹の部分で弾むカソックに落ち、路上の飛び散る塵を小さな丸い点として固定させた。

明るい性格で、まさに田舎のお坊さん、寛容で、おしゃべり好きで、いい人だった。。男爵夫人はその怠惰と混乱した信仰にマッチし、ジャンヌは敬虔な儀式で養われてきた修道院から解放され、あまりにも幸せであった。

男爵が現れた。汎神論的な宗教のため、ドグマには無頓着だった。遠くから知っている修道院長に親切にし、夕食をごちそうになった。

神父は喜ばせる術を知っていた。それは、偶然の出来事によって仲間を支配することになった最も平凡な人間に、魂の取り扱いが与える無意識の鋭敏さのおかげであった。

男爵夫人は彼を甘やかし、おそらく似たような性質を持つ者同士が引き合わされ、太った男の気難しい姿と短い息が、膨れた肥満を喜ばせたのだろう。

デザートに向かっては、出かけた神父のような勢いがあり、楽しい食事の終わりには、おなじみの無頓着さがあった。

と、突然、嬉しいことが頭をよぎったかのように叫んだ。

- 新しい教区の住人を紹介します。ラマレ牧師です

男爵夫人は、指の先で県の紋章をすべて知っていたので、尋ねた。

- ラマル・ド・ルールの家系?

神父は頭を下げた。

- はい、マダム、彼は昨年亡くなったラマール子爵の息子です。

そして、貴族を何よりも愛するアデライド夫人は、いろいろと質問をして、この青年が父親の借金を返し、家の城を売って、エトゥヴァン村の3つの農場のうちの1つに小さなピエタを構えていることを知った。しかし、子爵は倹約家で賢い性格であり、2、3年はこの質素な館で質素に暮らし、世間体を良くして、借金や農場の抵当権を設定せずに有利に結婚できるだけの蓄えをするつもりであった。

と神父は付け加えた。

- とても魅力的な子で、秩序正しく、穏やかな子です。しかし、彼は田舎ではあまり楽しみがない。

男爵は言った。

- 父上、彼を私たちの家にお連れください。そうすれば、時折、彼の気が紛れるかもしれません。

そして、話題は他に移った。

コーヒーを飲んで居間に行くと、神父は「食後の運動は欠かせないので、庭を散歩していいですか」と言った。男爵も同行した。二人は城の白いファサードにそってゆっくりと歩き、そしてまた元の場所に戻った。その影は、細いものと丸いキノコのようなものがあり、月に向かって歩いているか、月に背を向けているかによって、前に行ったり、後ろに行ったりしているのです。神父はポケットから取り出したタバコのようなものをかじっていた。そして、その目的を田舎者のように率直に説明した。

- 消化が少し重いので、解散の手助けをするためです。

そして、突然、明るい星が旅する空を見上げながら、こう言った。

- この光景は飽きることがない。

そして、女性たちと別れるために戻ってきた。

第3章へ続く

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