Etretat, Normandie-France

Une Vie

Une Vie 『女の一生』第3章

 

Le dimanche suivant, la baronne et Jeanne allèrent à la messe, poussées par un délicat sentiment de déférence pour leur curé.

Elles l'attendirent après l'office, afin de l'inviter à déjeuner pour le jeudi. Il sortit de la sacristie avec un grand jeune homme élégant qui lui donnait le bras familièrement. Dès qu'il aperçut les deux femmes, il fit un geste de joyeuse surprise et s'écria:

— Comme ça tombe! Permettez-moi, madame la baronne et mademoiselle Jeanne, de vous présenter votre voisin, M. le vicomte de Lamare.

Le vicomte s'inclina, dit son désir, ancien déjà, de faire la connaissance de ces dames, et se mit à causer avec aisance, en homme comme il faut, ayant vécu. Il possédait une de ces figures heureuses dont rêvent les femmes et qui sont désagréables à tous les hommes. Ses cheveux, noirs et frisés, ombraient son front lisse et bruni; et deux grands sourcils, réguliers comme s'ils eussent été artificiels, rendaient profonds et tendres ses yeux sombres dont le blanc semblait un peu teinté de bleu.

Ses cils, serrés et longs, prêtaient à son regard cette éloquence passionnée qui trouble, dans les salons, la belle dame hautaine, et fait se retourner la fille en bonnet qui porte un panier par les rues.

Le charme langoureux de cet oeil faisait croire à la profondeur de la pensée et donnait de l'importance aux moindres paroles.

La barbe drue, luisante et fine, cachait une mâchoire un peu trop forte.

On se sépara après beaucoup de compliments.

M. de Lamare, deux jours après, fit sa première visite.

Il arriva comme on essayait un banc rustique, posé le matin même sous le grand platane en face des fenêtres du salon. Le baron voulait qu'on en plaçât un autre, pour faire pendant, sous le tilleul; petite mère, ennemie de la symétrie, ne voulait pas. Le vicomte, consulté, fut de l'avis de la baronne.

Puis il parla du pays, qu'il déclarait très «pittoresque», ayant trouvé, dans ses promenades solitaires, beaucoup de «sites» ravissants. De temps en temps ses yeux, comme par hasard, rencontraient ceux de Jeanne; et elle éprouvait une sensation singulière de ce regard brusque, vite détourné, où apparaissaient une admiration caressante et une sympathie éveillée.

M. de Lamare, le père, mort l'année précédente, avait justement connu un ami de M. des Cultaux dont petite mère était fille; et la découverte de cette connaissance enfanta une conversation d'alliances, de dates, de parentés interminable. La baronne faisait des tours de force de mémoire, rétablissant les ascendances et les descendances d'autres familles, circulant, sans jamais se perdre, dans le labyrinthe compliqué des généalogies.

— Dites-moi, vicomte, avez-vous entendu parler des Saunoy de
Varfleur? le fils aîné, Gontran, avait épousé une demoiselle de
Coursil, une Coursil-Courville, et le cadet, une de mes cousines,
Mlle de la Roche-Aubert qui était alliée aux Crisange. Or,
M. de Crisange était l'ami intime de mon père et a dû connaître
aussi le vôtre.
— Oui, madame. N'est-ce pas ce M. de Crisange qui émigra et dont le fils s'est ruiné?

— Lui-même. Il avait demandé en mariage ma tante, après la mort de son mari, le comte d'Eretry; mais elle ne voulut pas de lui parce qu'il prisait. Savez-vous, à ce propos, ce que sont devenus les Viloise? Ils ont quitté la Touraine vers 1813, à la suite de revers de fortune, pour se fixer en Auvergne, et je n'en ai plus entendu parler.

— Je crois, madame, que le vieux marquis est mort d'une chute de cheval, laissant une fille mariée avec un Anglais, et l'autre avec un certain Bassolle, un commerçant, riche, dit-on, et qui l'avait séduite.

Et des noms, appris et retenus dès l'enfance dans les conversations des vieux parents, revenaient. Et les mariages de ces familles égales prenaient, dans leurs esprits l'importance des grands événements publics. Ils parlaient de gens qu'ils n'avaient jamais vus comme s'ils les connaissaient beaucoup; et ces gens-là, dans d'autres contrées, parlaient d'eux de la même façon; et ils se sentaient familiers de loin, presque amis, presque alliés, par le seul fait d'appartenir à la même caste, et d'être d'un sang équivalent.

Le baron, d'une nature assez sauvage et d'une éducation qui ne s'accordait point avec les croyances et les préjugés des gens de son monde, ne connaissait guère les familles des environs; il interrogea sur elles le vicomte.

M. de Lamare répondit: «Oh! il n'y a pas beaucoup de noblesse dans l'arrondissement», du même ton dont il aurait déclaré qu'il y avait peu de lapins sur les côtes; et il donna des détails. Trois familles seulement se trouvaient dans un rayon assez rapproché: le marquis de Coutelier, une sorte de chef de l'aristocratie normande; le vicomte et la vicomtesse de Briseville, des gens d'excellente race, mais se tenant assez isolés; enfin le comte de Fourville, sorte de croque-mitaine, qui passait pour faire mourir sa femme de chagrin et qui vivait en chasseur dans son château de la Vrillette, bâti sur un étang.

Quelques parvenus, qui frayaient entre eux, avaient acheté des domaines par-ci, par-là. Le vicomte ne les connaissait point.

Il prit congé; et son dernier regard fut pour Jeanne, comme s'il lui eût adressé un adieu particulier, plus cordial et plus doux.

La baronne le trouva charmant et surtout très comme il faut. Petit père répondit:

— Oui, certes, c'est un garçon très bien élevé.

On l'invita à dîner la semaine suivante. Il vint alors régulièrement.

Il arrivait le plus souvent vers quatre heures de l'après-midi, rejoignait petite mère dans «son allée» et lui offrait le bras pour faire «son exercice». Quand Jeanne n'était point sortie, elle soutenait la baronne de l'autre côté, et tous trois marchaient lentement d'un bout à l'autre du grand chemin tout droit, allant et revenant sans cesse. Il ne parlait guère à la jeune fille. Mais son oeil, qui semblait en velours noir, rencontrait souvent l'oeil de Jeanne, qu'on aurait dit en agate bleue.

Plusieurs fois ils descendirent tous les deux à Yport avec le baron.

Comme ils se trouvaient sur la plage, un soir, le père Lastique les aborda, et, sans quitter sa pipe, dont l'absence aurait étonné peut-être davantage que la disparition de son nez, il prononça:

— Avec ce vent-là m'sieu l'baron, y aurait d'quoi aller d'main jusqu'Étretat, et r'venir sans s'donner d'peine.

Jeanne joignit les mains:

— Oh! papa, si tu voulais?

Le baron se tourna vers M. de Lamare:

— En êtes-vous, vicomte? Nous irions déjeuner là-bas.

Et la partie fut tout de suite décidée.

Dès l'aurore, Jeanne était debout. Elle attendit son père, plus lent à s'habiller, et ils se mirent à marcher dans la rosée, traversant d'abord la plaine, puis le bois tout vibrant de chants d'oiseaux. Le vicomte et le père Lastique étaient assis sur un cabestan.

Deux autres marins aidèrent au départ. Les hommes, appuyant leurs épaules aux bordages, poussaient de toute leur force. On avançait avec peine sur la plate-forme de galet. Lastique glissait sous la quille des rouleaux de bois graissés, puis, reprenant sa place, modulait d'une voix traînante son interminable «Ohée hop!» qui devait régler l'effort commun.

Mais, lorsqu'on parvint à la pente, le canot tout d'un coup partit, dévala sur les cailloux ronds avec un grand bruit de toile déchirée. Il s'arrêta net à l'écume des petites vagues, et tout le monde prit place sur les bancs; puis, les deux matelots restés à terre le mirent à flot.

Une brise légère et continue, venant du large, effleurait et ridait la surface de l'eau. La voile fut hissée, s'arrondit un peu, et la barque s'en alla paisiblement, à peine bercée par la mer.

On s'éloigna d'abord. Vers l'horizon, le ciel se baissant se mêlait à l'océan. Vers la terre, la haute falaise droite faisait une grande ombre à son pied, et des pentes de gazon, pleines de soleil, l'échancraient par endroits. Là-bas, en arrière, des voiles brunes sortaient de la jetée blanche de Fécamp, et là-bas, en avant, une roche d'une forme étrange, arrondie et percée à jour, avait à peu près la figure d'un éléphant énorme enfonçant sa trompe dans les flots. C'était la petite porte d'Étretat.

Jeanne, tenant le bordage d'une main, un peu étourdie par le bercement des vagues, regardait au loin; et il lui semblait que trois seules choses étaient vraiment belles dans la création: la lumière, l'espace et l'eau.

Personne ne parlait. Le père Lastique, qui tenait la barre et l'écoute, buvait un coup de temps en temps, à même une bouteille cachée sous son banc; et il fumait, sans repos, son moignon de pipe qui semblait inextinguible. Il en sortait toujours un mince filet de fumée bleue, tandis qu'un autre, tout pareil, s'échappait du coin de sa bouche. Et on ne voyait jamais le matelot rallumer le fourneau de terre plus noir que l'ébène, ou le remplir de tabac. Quelquefois il le prenait d'une main, l'ôtait de ses lèvres et, du même coin d'où sortait la fumée, lançait à la mer un long jet de salive brune.

Le baron, assis à l'avant, surveillait la voile, tenant la place d'un homme. Jeanne et le vicomte se trouvaient côte à côte, un peu troublés tous les deux. Une force inconnue faisait se rencontrer leurs yeux, qu'ils levaient au même moment, comme si une affinité les eût avertis; car entre eux flottait déjà cette subtile et vague tendresse qui naît si vite entre deux jeunes gens, lorsque le garçon n'est pas laid et que la jeune fille est jolie. Ils se sentaient heureux l'un près de l'autre, peut-être parce qu'ils pensaient l'un à l'autre.

Le soleil montait, comme pour considérer de plus haut la vaste mer étendue sous lui; mais elle eut comme une coquetterie et s'enveloppa d'une brume légère qui la voilait à ses rayons. C'était un brouillard transparent, très bas, doré, qui ne cachait rien, mais rendait les lointains plus doux. L'astre dardait ses flammes, faisait fondre cette nuée brillante; et lorsqu'il fut dans toute sa force, la buée s'évapora, disparut; et la mer, lisse comme une glace, se mit à miroiter dans la lumière.

Jeanne, tout émue, murmura:

— Comme c'est beau!

Le vicomte répondit:

— Oh! oui, c'est beau!

La clarté sereine de cette matinée faisait s'éveiller comme un écho dans leurs coeurs.

Et soudain on découvrit les grandes arcades d'Étretat, pareilles à deux jambes de la falaise marchant dans la mer, hautes à servir d'arche à des navires; tandis qu'une aiguille de roche, blanche et pointue, se dressait devant la première.

On aborda, et pendant que le baron, descendu le premier, retenait la barque au rivage en tirant sur une corde, le vicomte prit dans ses bras Jeanne pour la déposer à terre sans qu'elle se mouillât les pieds; puis ils montèrent la dure banque de galet, côte à côte, émus tous deux de ce rapide enlacement, et ils entendirent tout à coup le père Lastique disant au baron:

— M'est avis que ça ferait un joli couple tout de même.

Dans une petite auberge, près de la plage, le déjeuner fut charmant. L'océan, engourdissant la voix et la pensée, les avait rendus silencieux; la table les fit bavards, et bavards comme des écoliers en vacances.

Les choses les plus simples leur donnaient d'interminables gaietés.

Le père Lastique, en se mettant à table, cacha soigneusement dans son béret sa pipe qui fumait encore; et l'on rit. Une mouche, attirée sans doute par son nez rouge, s'en vint à plusieurs reprises se poser dessus; et lorsqu'il l'avait chassée d'un coup de main trop lent pour la saisir, elle allait se poster sur un rideau de mousseline, que beaucoup de ses soeurs avaient déjà maculé, et elle semblait guetter avidement le pif enluminé du matelot, car elle reprenait aussitôt son vol pour revenir s'y installer.

À chaque voyage de l'insecte un rire fou jaillissait, et, lorsque le vieux, ennuyé par ce chatouillement, murmura: «Elle est bougrement obstinée», Jeanne et le vicomte se mirent à pleurer de gaieté, se tordant, étouffant, la serviette sur la bouche pour ne pas crier.

Lorsqu'on eut pris le café:

— Si nous allions nous promener, dit Jeanne.

Le vicomte se leva; mais le baron préférait faire son lézard au soleil sur le galet:

— Allez-vous-en, mes enfants, vous me retrouverez ici dans une heure.

Ils traversèrent en ligne droite les quelques chaumières du pays; et, après avoir dépassé un petit château qui ressemblait à une grande ferme, ils se trouvèrent dans une vallée découverte allongée devant eux.

Le mouvement de la mer les avait alanguis, troublant leur équilibre ordinaire, le grand air salin les avait affamés, puis le déjeuner les avait étourdis et la gaieté les avait énervés. Ils se sentaient maintenant un peu fous, avec des envies de courir éperdument dans les champs. Jeanne entendait bourdonner ses oreilles, toute remuée par des sensations nouvelles et rapides.

Un soleil dévorant tombait sur eux. Des deux côtés de la route les récoltes mûres se penchaient, pliées sous la chaleur. Les sauterelles s'égosillaient, nombreuses comme les brins d'herbe, jetant partout, dans les blés, dans les seigles, dans les joncs marins des côtes, leur cri maigre et assourdissant.

Aucune autre voix ne montait sous le ciel torride, d'un bleu miroitant et jauni comme s'il allait tout d'un coup devenir rouge, à la façon des métaux trop rapprochés d'un brasier.

Ayant aperçu un petit bois, plus loin, à droite, ils y allèrent.

Encaissée entre deux talus, une allée étroite s'avançait sous de grands arbres impénétrables au soleil. Une espèce de fraîcheur moisie les saisit en entrant, cette humidité qui fait frissonner la peau et pénètre dans les poumons. L'herbe avait disparu, faute de jour et d'air libre; mais une mousse cachait le sol.

Ils avançaient:

— Tiens, là-bas, nous pourrons nous asseoir un peu, dit-elle.

Deux vieux arbres étaient morts et, profitant du trou fait dans la verdure, une averse de lumière tombait là, chauffait la terre, avait réveillé des germes de gazon, de pissenlits et de lianes, fait éclore des petites fleurs blanches, fines comme un brouillard, et des digitales pareilles à des fusées. Des papillons, des abeilles, des frelons trapus, des cousins démesurés qui ressemblaient à des squelettes de mouches, mille insectes volants, des bêtes à bon Dieu roses et tachetées, des bêtes d'enfer aux reflets verdâtres, d'autres noires avec des cornes, peuplaient ce puits lumineux et chaud, creusé dans l'ombre glacée des lourds feuillages.

Ils s'assirent, la tête à l'abri et les pieds dans la chaleur. Ils regardaient toute cette vie grouillante et petite qu'un rayon fait apparaître; et Jeanne attendrie répétait:

— Comme on est bien! que c'est bon la campagne! Il y a des moments où je voudrais être mouche ou papillon pour me cacher dans les fleurs.

Ils parlèrent d'eux, de leurs habitudes, de leurs goûts, sur ce ton plus bas, intime, dont on fait les confidences. Il se disait déjà dégoûté du monde, las de sa vie futile; c'était toujours la même chose; on n'y rencontrait rien de vrai, rien de sincère.

Le monde! elle aurait bien voulu le connaître; mais elle était convaincue d'avance qu'il ne valait pas la campagne.

Et plus leurs coeurs se rapprochaient, plus ils s'appelaient avec cérémonie «Monsieur et Mademoiselle», plus aussi leurs regards se souriaient, se mêlaient; et il leur semblait qu'une bonté nouvelle entrait en eux, une affection plus épandue, un intérêt à mille choses dont ils ne s'étaient jamais souciés.

Ils revinrent; mais le baron était parti à pied jusqu'à la Chambre-aux-Demoiselles, grotte suspendue dans une crête de falaise; et ils l'attendirent à l'auberge.

Il ne reparut qu'à cinq heures du soir, après une longue promenade sur les côtes.

On remonta dans la barque. Elle s'en allait mollement, vent arrière, sans secousse aucune, sans avoir l'air d'avancer. La brise arrivait par souffles lents et tièdes qui tendaient la voile une seconde, puis la laissaient retomber, flasque, le long du mât. L'onde opaque semblait morte; et le soleil épuisé d'ardeurs, suivant sa route arrondie, s'approchait d'elle tout doucement.

L'engourdissement de la mer faisait de nouveau taire tout le monde.

Jeanne dit enfin:

— Comme j'aimerais voyager!

Le vicomte reprit:

— Oui, mais c'est triste de voyager seul, il faut être au moins deux pour se communiquer ses impressions…

Elle réfléchit:

— C'est vrai…, j'aime à me promener seule cependant…; comme on est bien quand on rêve toute seule…

Il la regarda longuement:

— On peut aussi rêver à deux.

Elle baissa les yeux. Était-ce une allusion? Peut-être. Elle considéra l'horizon comme pour découvrir encore plus loin; puis, d'une voix lente:

— Je voudrais aller en Italie…; et en Grèce… ah! oui, en
Grèce… et en Corse! ce doit être si sauvage et si beau!
Il préférait la Suisse à cause des chalets et des lacs.

Elle disait:

— Non, j'aimerais les pays tout neufs comme la Corse, ou les pays très vieux et pleins de souvenirs, comme la Grèce. Ce doit être si doux de retrouver les traces de ces peuples dont nous savons l'histoire depuis notre enfance, de voir les lieux où se sont accomplies les grandes choses.

Le vicomte, moins exalté, déclara:

— Moi, l'Angleterre m'attire beaucoup; c'est une région fort instructive.

Alors, ils parcoururent l'univers, discutant les agréments de chaque pays, depuis les pôles jusqu'à l'équateur, s'extasiant sur des paysages imaginaires et les moeurs invraisemblables de certains peuples comme les Chinois et les Lapons; mais ils en arrivèrent à conclure que le plus beau pays du monde, c'était la France avec son climat tempéré, frais l'été et doux l'hiver, ses riches campagnes, ses vertes forêts, ses grands fleuves calmes et ce culte des beaux-arts qui n'avait existé nulle part ailleurs, depuis les grands siècles d'Athènes.

Puis ils se turent.

Le soleil, plus bas, semblait saigner; et une large traînée lumineuse, une route éblouissante courait sur l'eau depuis la limite de l'océan jusqu'au sillage de la barque.

Les derniers souffles de vent tombèrent; toute ride s'aplanit; et la voile immobile était rouge. Une accalmie illimitée semblait engourdir l'espace, faire le silence autour de cette rencontre d'éléments; tandis que, cambrant sous le ciel son ventre luisant et liquide, la mer, fiancée monstrueuse, attendait l'amant de feu qui descendait vers elle. Il précipitait sa chute, empourpré comme par le désir de leur embrasement. Il la joignit; et, peu à peu, elle le dévora.

Alors, de l'horizon, une fraîcheur accourut; un frisson plissa le sein mouvant de l'eau, comme si l'astre englouti eût jeté sur le monde un soupir d'apaisement.

Le crépuscule fut court; la nuit se déploya, criblée d'astres. Le père Lastique prit les rames; et on s'aperçut que la mer était phosphorescente. Jeanne et le vicomte, côte à côte, regardaient ces lueurs mouvantes que la barque laissait derrière elle. Ils ne songeaient presque plus, contemplant vaguement, aspirant le soir dans un bien-être délicieux; et comme Jeanne avait une main appuyée sur le banc, un doigt de son voisin se posa, comme par hasard, contre sa peau; elle ne remua point, surprise, heureuse, et confuse de ce contact si léger.

 

 

男爵夫人とジャンヌは、教区の司祭に対する微妙な敬愛の念にかられながら、次の日曜日にミサに行った。

礼拝の後、木曜日の昼食に招待するために彼を待っていたのだ。聖具室から出てきたのは、背の高い上品な青年で、手慣れた様子で腕を差し出してきた。二人の女性を見るや否や、喜びのジェスチャーをして叫んだ。

- これはちょうどよいところで!男爵夫人、ジャンヌさん、ご近所のラマール子爵をご紹介します。

子爵はお辞儀をして、この女性たちと知り合いになりたいという長年の願望を述べると、まるで生きてきた人間のように、気楽に話しはじめた。彼は、女性が夢見るような、そしてすべての男性にとって不愉快な、幸せな姿の持ち主である。黒くカールした髪が、滑らかで焼けたような額に影を落としている。まるで人工的に作られたかのように規則正しい2本の大きな眉毛が、その白さが少し青みを帯びているような、深くて優しい黒い瞳を作っている。

サロンでは高慢な美女を悩ませ、街角でバスケットを運ぶボンネット姿の少女を振り向かせる、情熱的な雄弁さを、彼女のまつ毛はしっかりと長く伸ばしていた。

この瞳の物憂げな魅力は、思考の深さを信じさせ、小さな言葉を大切にさせるものでした。

艶やかで立派な太い髭は、少し強すぎる顎を隠している。

多くの賛辞の後、私たちは別れた。

その2日後、M.ド・ラマールは最初の訪問をした。

サロンの窓の向かいにある大きなプラタナスの木の下に、その日の朝に置かれた素朴なベンチを試しているところに、彼はやってきたのだ。男爵は、菩提樹の下に、これと同じものをもう一つ置くことを望みましたが、左右対称を嫌う小母さんは、それを望みませんでした。相談に乗った子爵は、男爵夫人の意見に賛成した。

そして、この国はとても「絵になる」国だと言い、一人で歩いていて、楽しい「場所」をたくさん見つけたという。時折、偶然のように彼の目がジャンヌのそれと重なり、彼女はこの突然の視線に不思議な感覚を覚え、すぐにそらしたが、そこには愛おしい賞賛と呼び起こされる共感が現れていた。

父親のM.ド・ラマレは、前年に亡くなったM.デ・クルトーの友人で、この小母さんの娘であることをよく知っており、この知り合いを知ったことから、提携、日付、関係などの話が延々と続いた。男爵夫人は記憶力に優れ、他家の出自を再確認し、複雑な系図の迷宮を迷うことなく巡った。

- 子爵、ソノワ・ド・ヴァルフルールをご存じですか?
長男のゴントランは、クーシルの若い女性と結婚していた。
クーシル、クーシル=クールヴィル、そして末っ子は私の従兄弟の一人です。
クリサンジュの関係者であるド・ラ・ロッシュ=オベール嬢。今すぐ
M. de Crisangeは私の父と親しい友人であり、そのことをよく知っていたに違いありません。
あなたのお父さんもです。
- はい、マダム。移住して息子が破滅したのは、このドゥ・クリサンジュ氏ではないか?

- 彼はそうしました。彼は私の叔母の夫であるエレットリー伯爵の死後、叔母に求婚したのですが、叔母は彼が嫌な奴だから嫌だと言いました。ところで、ヴィロワーズはどうなったか、ご存知ですか?彼らは1813年頃、運悪くトゥーレーヌを離れ、オーヴェルニュに居を構えたが、それ以来、彼らの消息を聞くことはありません。

- 老侯爵は落馬で亡くなりました。 娘は英国人と結婚し もう一人は商人のバソールに嫁ぎました。 裕福で彼女を誘惑したそう

そして、幼い頃から年老いた両親の会話の中で覚え、覚えた名前も蘇った。そして、この対等な家族の結婚は、彼らの心の中で、大きな公的イベントのような重要性を帯びていた。彼らは見たこともない人々のことをよく知っているかのように話し、その人々は他の土地でも同じように彼らのことを話した。そして、同じカーストに属し、同じ血が流れているという事実だけで、遠くからでも親しみを感じ、ほとんど友人、ほとんど同盟者であると感じた。

男爵はかなり乱暴な性格で、教育も世間の信条や偏見に合わないので、近所の家庭をほとんど知らず、子爵に尋ねた。

彼は「ああ、この地区には貴族があまりいないんだ」と、海岸にウサギが少ないと宣言するのと同じ調子で答え、詳細を説明した。クトリエ侯爵はノルマン貴族の頭領のようなもので、ブリスヴィル子爵夫妻は優秀な人種だが、どちらかといえば孤立した人々、最後にフルヴィル伯爵は、妻を悲しみのあまり死なせると言われ、池の上に建てられたヴリレット城で狩人のように暮らしている厄介者のようなもので、かなり近くに3家族だけいると言っていた。

その中で、何人かのパルベヌスが、互いに関わり合いながら、あちこちに地所を買っていた。子爵は彼らを知らなかった。

彼はその場を立ち去り、最後の視線はジャンヌに向けられた。まるでプライベートな別れを告げるかのように、より親密で優しい視線を送った。

男爵夫人は、彼が魅力的で、何よりも非常にふさわしい人物であると感じた。と小父さんが答えた。

- はい、確かに、とても育ちの良い子です。

翌週、夕食に招待された。定期的に来てくれた。

彼はいつも午後4時ごろに到着して、小さな母親の「車道」に加わり、自分の腕を差し出して「運動」をさせた。ジャンヌが外に出ていないときは、男爵夫人を反対側に支え、3人で大通りの端から端まで、行ったり来たりしながらゆっくり歩いた。彼は少女にほとんど話しかけなかった。しかし、黒いベルベットでできたような彼の目は、青いメノウのようなジャンヌの目とよく合っていた。

二人は何度か男爵と一緒にイポールに下りた。

ある晩、海岸にいたラスティーク神父は二人に近づき、パイプを離さず、その不在はおそらく鼻の消失以上に彼を驚かせただろう、こう言った。

- この風なら、男爵様、エトルタまで行って帰ってくるのに何の問題もないでしょう。

ジャンヌは両手を合わせた。

- ああ、父上、もしよろしければ?

男爵はラマール男爵に向き直った。

- 子爵はいるのか?そこで昼食をとることもありました。

そして、試合はすぐに決まった。

男爵は、このように熱心である。このような場合、"崖っぷち "であることを自覚し、"崖っぷち "であることを自覚することが大切です。子爵とラスティーク神父はキャプスタンに座っていた。

他の2人の船員も出発を手伝った。男たちは肩を板に預けて、力いっぱい押した。ペブルプラットフォームで難なく前進していたのです。ラスティークは、油を塗った木のローラーをキールの下に滑り込ませ、自分の場所に戻ると、引きずるような声で「オーエー・ホップ!」と、共通の努力を調整する。

しかし、斜面にさしかかると、カヌーは突然飛び出し、帆布が破れる大きな音を立てて丸石を転げ落ちた。小波の泡の上でピタリと止まり、全員がベンチに座ると、陸に残っていた2人の船員がそれを浮かせた。

海から吹く軽やかで安定した風が、水面を撫で、皺を寄せている。帆を揚げて少し丸めると、船はほとんど海に揺られることなく、穏やかに航行した。

まず出航した。水平線に向かうにつれて、低くなる空と海が混ざり合っていく。陸に向かって、右の高い崖が足元に大きな影を落とし、太陽の光をいっぱいに浴びた草の斜面がところどころにくぼみを作っている。向こうの奥には、フェカンの白い桟橋から茶色の帆が出ている。向こうの手前には、丸く穴のあいた奇妙な形の岩があり、巨大な象が幹を波に突き立てているような形をしていた。それはエトルタの小さな門だった。

ジャンヌは片手に板を持ち、波の揺れに少しめまいを覚えながら、遠くを眺めていた。そして、創造物の中で本当に美しいものは、光と空間と水の三つだけだと思った。

誰も喋らない。ラスティーク神父は、舵とシートを持ち、ベンチの下に隠した瓶で時々酒を飲み、休むことなく、消えないようなパイプの切り株を吸っていました。そこからいつも細い青い煙が出て、口の端からは同じような煙がもう1本出ている。そして船員は、黒檀よりも黒い土のストーブに再び火をつけることも、タバコを入れることも見たことがないのである。時々、片手に持って、唇から離し、煙の出ている同じ角から、茶色い唾液を長く海に投げ込むこともあった。

船首に座った男爵は、人の身代わりになって帆を眺めていた。ジャンヌと子爵は並んで立っていて、二人とも少し戸惑っていた。二人の間には、少年が醜くなく、少女が可愛いとき、二人の若者の間にあっという間に生まれる、微妙で曖昧な優しさがすでに漂っていたからだ。お互いを思いやっているからか、近くにいると幸せな気分になるのだそうだ。

太陽は、その下の広大な海を見下ろすかのように昇ってきた。しかし、その太陽は、その光から身を隠すように軽い霧に包まれ、コケティッシュな雰囲気を持っていた。それは透明な霧で、非常に低く、金色で、何も隠さないが、距離を柔らかくするものであった。星は炎をあげて、この鮮やかな雲を溶かし、その力を最大限に発揮したとき、霧は蒸発して消え、氷のように滑らかな海が光を受けて輝き始めたのである。

ジャンヌは、感動してつぶやいた。

- なんて美しいのでしょう。

子爵は答えた。

- そうなんです、美しいんです!

その朝の静謐な光は、彼らの心に響きを呼び覚ました。

突然、エトレタの大きなアーチが見えてきた。崖の2本の脚が海に向かって歩いているようで、船のアーチになるほどの高さだ。一方、最初のアーチの前には、白く尖った岩の針が立っている。

二人は上陸し、先に降りていた男爵がロープを引いて船を岸に留めている間に、子爵はジャンヌを抱きかかえ、足を濡らさずに岸に降ろした。それから二人は小石の固い土手を並んで登り、この急速な抱擁に二人とも感動していると、突然ラスティック神父が男爵に言うのが聞こえてきた。

- でも、いい夫婦になれると思います。

ビーチに近い小さな宿で、ランチは魅力的だった。海は声と思考を麻痺させ、彼らを沈黙させた。しかし、食卓は彼らに話をさせ、まるで休暇中の小学生のように話させた。

簡単なことでも、彼らは無限の喜びを感じていた。

ラスティーク神父はテーブルにつくと、まだ煙の出ているパイプをベレー帽で丁寧に隠し、私たちは笑った。彼の赤い鼻に惹かれたのか、ハエが何度もその上に止まり、彼が遅すぎてつかめない手で追い払うと、それはモスリンのカーテンの上に止まり、すでに多くの姉妹が汚れていた。それは船員の照らされた鼻を貪欲に探しているようで、すぐにそこに落ち着くために飛行を再開させたのだった。

この虫の行方のたびに狂笑が起こり、このくすぐりに腹を立てた老人が「彼女は地獄のように頑固だ」とつぶやくと、ジャンヌと子爵は大声を出さないようにナプキンを口に当てて、身動きが取れなくなり、窒息しながら、華やかに泣き始めた。

コーヒーを飲んだとき。

- 散歩に行きましょうよ、とジャンヌは言った。

子爵は立ち上がったが、男爵は小石の上で日向ぼっこをするのが好きだった。

 

茅葺き屋根のコテージが点在する中を一直線に進み、大きな農場のような小さな城を過ぎると、目の前に広がる広々とした谷に出た。

海の動きは彼らを気だるくさせ、普段の均衡を乱し、大きな塩気は彼らを空腹にさせ、昼食は彼らをめまいにさせ、陽気は彼らを落ち着かなくさせた。彼らは今、少しおかしくなって、野原を無我夢中で走りたいという気持ちになっていた。ジャンヌは耳鳴りがするほど、新しい感覚にかき回された。

貪欲な太陽が彼らの上に降り注いでいた。道の両側では、熟した作物が暑さで折れ曲がっている。バッタは、草の葉のようにたくさん鳴き、麦の中にも、ライ麦の中にも、海岸の海草の中にも、いたるところで細く耳障りな鳴き声をあげている。

まるで金属が炎に近づきすぎたかのように、突然赤く染まりそうな、黄ばんだ煌びやかな青空の下、他の声は上がらなかった。

さらに進むと右手に小さな森が見えたので、そこに行った。

2つの堤防に挟まれた細い道は、日差しを遮る高い木々の下を通っていた。この湿気が、肌をヒリヒリさせ、肺に浸透していく。日照と風通しが悪いので、草は消えていたが、苔が地面を隠していた。

二人は進んでいった。

- あそこで、ちょっと座りましょうか、

と彼女は言った。

二本の老木が枯れ、緑の穴を利用して、そこに光のシャワーが降り注ぎ、大地を暖め、草の芽、タンポポ、葎を目覚めさせ、霧のように薄い小さな白い花や、ロケットのような狐火を咲かせた。蝶、蜂、ずんぐりしたスズメバチ、ハエの骸骨のような不釣り合いな従虫、ピンクや斑点のある地獄の獣、角のある黒い虫など、1000匹もの飛ぶ虫が、重い葉の氷の影に掘られたこの明るく暖かい井戸に生息していた。

彼らは座ったまま、頭を保護し、足を温めた。二人は、一筋の光がもたらす、この生き生きとした小さな命に目を奪われ、ジャンヌは優しくなって繰り返した。

- 田舎ってなんていいんだろう。花の中に隠れるように、ハエや蝶になりたいと思うこともあります。

自分のこと、習慣のこと、趣味のことを、人が打ち明けるときのような低くて親密な調子で話していた。彼は、もう世の中にはうんざりしている、無益な生活にはうんざりしている、いつも同じことの繰り返しで、本当のことも、誠実なことも何もない、と言った。

彼女は世界を知りたかったが、その国に行く価値はないとあらかじめ確信していた。

そして、二人の心が近づくにつれ、お互いを「ムッシュー、マドモアゼル」と儀礼的に呼び合い、目が微笑み合い、交わるほどに、二人の中に新しい優しさが入り込み、よりオープンな愛情、今まで気にもしなかった千のことに興味を持つようになったように思えた。

男爵は崖の尾根にある洞窟「シャンブル・オー・ドモワゼル」まで歩いて行き、宿で男爵を待った。

海岸を長い間歩いて、帰ってきたのは夕方の5時だった。

二人はボートに戻った。風を受けながら、何の揺れもなく、前に進む様子もなく、静かに進んでいく。風はゆっくりと、生ぬるく吹いてきて、一瞬帆を伸ばし、そしてマストに沿って弛緩させながら後退させた。その不透明な波は死んでしまったかのように見え、熱意を失った太陽は、その丸いコースに従って、そっと近づいてきた。

海のしびれがまたみんなを黙らせた。

ジャンヌは最後にこう言った。

- ほんとうに私、旅行したいわ!

子爵は続けた。

- そうですね、でも一人旅は悲しいです、感想を伝えるには最低でも二人必要です...。

彼女は反省した。

- 確かに...、一人で歩くのは好きだけど...、一人で見る夢はなんていいんだろう...。

彼は長い間、彼女を見つめていた。

- 人は、一緒に夢を見ることもできます。

彼女は目を伏せた。それはヒントだったのですか?おそらくそうなのだろう。彼女はさらに発見するように地平線に目をやった。それから、ゆっくりとした声で言った。

- イタリアに行きたい...;ギリシャにも...あっ!
ギリシャ...そしてコルシカ島!さぞかしワイルドで美しいのでしょうね。
子爵は、シャレーと湖があるからスイスがいい、と言った。

彼女は言った。

- いえ、コルシカ島のような真新しい国か、ギリシャのような思い出の詰まった古い国がいいんです。幼い頃から知っている民族の歴史の痕跡を見つけ、偉業を成し遂げた場所を見るのは、さぞかし楽しいことでしょう。

高尚でない子爵は、こう言った。

- イギリスはとても魅力的で、勉強になる地域です。

そして、極地から赤道まで、それぞれの国の楽しみを語り、空想の風景や、中国やラップランドなど特定の民族のありえない風習を絶賛し、世界中を旅したのだ。しかし、彼らは、世界で最も美しい国はフランスであるという結論に達した。夏涼しく冬は穏やかな気候、豊かな田園、緑の森、穏やかな大河、そして、アテネの偉大な世紀以来どこにも存在しなかった芸術の崇拝であった。

そして、彼らは黙り込んでしまった。

太陽が低い位置で滲んでいるように見える。海の端から船の航跡まで、広い光の軌跡、まばゆいばかりの道が水面を走っているのだ。

最後の風が吹きすさび、すべてのしわがなめらかになり、動かない帆は赤く染まった。その一方で、空の下にアーチを描き、その輝く液体の腹、怪物のような花嫁である海は、自分に向かって降りてくる火の恋人を待っているのである。彼は、まるで二人の抱擁を欲しているかのように熱狂し、倒れるのを早めていた。彼は彼女にたどり着き、そして少しずつ彼女は彼を貪り食っていった。

まるで、飲み込まれた星が、世界を鎮めるためにため息をついたかのように。

薄明かりは短く、星が散りばめられた夜が広がっていた。そのため、このようなことが起こるのです,モンクレール ダウン 激安。というのも、"某国 "では、"某国 "と "某国 "の間に、"某国 "という言葉があるそうです。そして、ジャンヌが片手をベンチに置いたとき、偶然にも隣の人の指が彼女の肌に触れました。

 

 

 

Quand elle fut rentrée le soir, dans sa chambre, elle se sentit étrangement remuée, et tellement attendrie que tout lui donnait envie de pleurer. Elle regarda sa pendule, pensa que la petite abeille battait à la façon d'un coeur, d'un coeur ami; qu'elle serait le témoin de toute sa vie, qu'elle accompagnerait ses joies et ses chagrins de ce tic-tac vif et régulier; et elle arrêta la mouche dorée pour mettre un baiser sur ses ailes. Elle aurait embrassé n'importe quoi. Elle se souvint d'avoir caché dans le fond d'un tiroir une vieille poupée d'autrefois; elle la rechercha, la revit avec la joie qu'on a en retrouvant des amies adorées; et, la serrant contre sa poitrine, elle cribla de baisers ardents les joues peintes et la filasse frisée du joujou.

Et, tout en le gardant en ses bras, elle songea.

Était-ce bien LUI l'époux promis par mille voix secrètes, qu'une Providence souverainement bonne avait ainsi jeté sur sa route? Était-ce bien l'être créé pour elle, à qui elle dévouerait son existence? Étaient-ils ces deux prédestinés dont les tendresses, se joignant, devaient s'étreindre, se mêler indissolublement, engendrer L'AMOUR?

Elle n'avait point encore ces élans tumultueux de tout son être, ces ravissements fous, ces soulèvements profonds qu'elle croyait être la passion; il lui semblait cependant qu'elle commençait à l'aimer; car elle se sentait parfois toute défaillante en pensant à lui; et elle y pensait sans cesse. Sa présence lui remuait le coeur; elle rougissait et pâlissait en rencontrant son regard, et frissonnait en entendant sa voix.

Elle dormit bien peu cette nuit-là.

Alors, de jour en jour, le troublant désir d'aimer l'envahit davantage. Elle se consultait sans cesse, consultait aussi les marguerites, les nuages, des pièces de monnaie jetées en l'air.

Or, un soir, son père lui dit:

— Fais-toi belle, demain matin.

Elle demanda:

— Pourquoi, papa?

Il reprit:

— C'est un secret.

Et quand elle descendit, le lendemain, toute fraîche dans une toilette claire, elle trouva la table du salon couverte de boîtes de bonbons; et, sur une chaise, un énorme bouquet.

Une voiture entra dans la cour. On lisait dessus: «Lerat, pâtissier à Fécamp. Repas de noces»; et Ludivine, aidée d'un marmiton, tirait d'une trappe ouvrant derrière la carriole, beaucoup de grands paniers plats qui sentaient bon.

Le vicomte de Lamare parut. Son pantalon était tendu et retenu sous de mignonnes bottes vernies qui faisaient voir la petitesse de son pied. Sa longue redingote, serrée à la taille, laissait sortir, par l'échancrure sur la poitrine, la dentelle de son jabot; et une cravate fine, à plusieurs tours, le forçait à porter haut sa belle tête brune empreinte d'une distinction grave. Il avait un autre air que de coutume, cet aspect particulier que la toilette donne subitement aux visages les mieux connus. Jeanne, stupéfaite, le regardait comme si elle ne l'avait point encore vu; elle le trouvait souverainement gentilhomme, grand seigneur de la tête aux pieds.

Il s'inclina, en souriant:

— Eh bien, ma commère, êtes-vous prête?

Elle balbutia:

— Mais quoi? Qu'y a-t-il donc?

— Tu le sauras tout à l'heure, dit le baron.

La calèche attelée s'avança, Mme Adélaïde descendit de sa chambre, en grand apparat au bras de Rosalie, qui parut tellement émue par l'élégance de M. de Lamare que petit père murmura:

— Dites donc, vicomte, je crois que notre bonne vous trouve à son goût.

Il rougit jusqu'aux oreilles, fit semblant de n'avoir pas entendu, et, s'emparant du gros bouquet, le présenta à Jeanne. Elle le prit plus étonnée encore. Tous les quatre montèrent en voiture; et la cuisinière Ludivine, qui apportait à la baronne un bouillon froid pour la soutenir, déclara:

— Vrai, madame, on dirait une noce.

On mit pied à terre en entrant dans Yport et, à mesure qu'on avançait à travers le village, les matelots, dans leurs hardes neuves dont les plis se voyaient, sortaient de leurs maisons, saluaient, serraient la main du baron et se mettaient à suivre, comme derrière une procession.

Le vicomte avait offert son bras à Jeanne et marchait en tête avec elle.

Lorsqu'on arriva devant l'église, on s'arrêta; et la grande croix d'argent parut, tenue droite par un enfant de choeur précédant un autre gamin rouge et blanc, qui portait l'urne d'eau bénite où trempait le goupillon.

Puis passèrent trois vieux chantres dont l'un boitait, puis le serpent, puis le curé soulevant de son ventre pointu l'étole dorée, croisée dessus. Il dit bonjour d'un sourire et d'un signe de tête; puis, les yeux mi-clos, les lèvres remuées d'une prière, la barrette enfoncée jusqu'au nez, il suivit son état-major en surplis en se dirigeant vers la mer.

Sur la plage, une foule attendait autour d'une barque neuve enguirlandée. Son mât, sa voile, ses cordages étaient couverts de longs rubans qui voltigeaient dans la brise, et son nom JEANNE apparaissait en lettres d'or, à l'arrière.

Le père Lastique, patron de ce bateau construit avec l'argent du baron, s'avança au-devant du cortège. Tous les hommes, d'un même mouvement, ôtèrent ensemble leurs coiffures; et une rangée de dévotes, encapuchonnées sous de vastes mantes noires à grands plis tombant des épaules, s'agenouillèrent en cercle à l'aspect de la croix.

Le curé, entre les deux enfants de choeur, s'en vint à l'un des bouts de l'embarcation, tandis qu'à l'autre, les trois vieux chantres, crasseux dans leur blanche vêture, le menton poileux, l'air grave, l'oeil sur le livre de plain-chant, détonnaient à pleine gueule dans la claire matinée.

Chaque fois qu'ils reprenaient haleine, le serpent tout seul continuait son mugissement; et, dans l'enflure de ses joues pleines de vent, ses petits yeux gris disparaissaient. La peau du front même, et celle du cou, semblaient décollées de la chair tant il se gonflait en soufflant.

La mer, immobile et transparente, semblait assister, recueillie, au baptême de sa nacelle, roulant à peine, avec un tout petit bruit de râteau grattant le galet, des vaguettes hautes comme le doigt. Et les grandes mouettes blanches aux ailes déployées passaient en décrivant des courbes dans le ciel bleu, s'éloignaient, revenaient d'un vol arrondi au-dessus de la foule agenouillée, comme pour voir aussi ce qu'on faisait là.

Mais le chant s'arrêta après un amen hurlé cinq minutes; et le prêtre, d'une voix empâtée, gloussa quelques mots latins dont on ne distinguait que les terminaisons sonores.

Il fit ensuite le tour de la barque en l'aspergeant d'eau bénite, puis il commença à murmurer des oremus en se tenant à présent le long d'un bordage en face du parrain et de la marraine qui demeuraient immobiles, la main dans la main.

Le jeune homme gardait sa figure grave de beau garçon, mais la jeune fille, étranglée par une émotion soudaine, défaillante, se mit à trembler tellement, que ses dents s'entrechoquaient. Le rêve qui la hantait depuis quelque temps venait de prendre tout à coup, dans une espèce d'hallucination, l'apparence d'une réalité. On avait parlé de noce, un prêtre était là, bénissant, des hommes en surplis psalmodiaient des prières; n'était-ce pas elle qu'on mariait?

Eut-elle dans les doigts une secousse nerveuse, l'obsession de son coeur avait-elle couru le long de ses veines jusqu'au coeur de son voisin? Comprit-il, devina-t-il, fut-il, comme elle, envahi par une sorte d'ivresse d'amour? ou bien, savait-il seulement, par expérience, qu'aucune femme ne lui résistait? Elle s'aperçut soudain qu'il pressait sa main, doucement d'abord, puis plus fort, plus fort, à la briser. Et, sans que sa figure remuât, sans que personne s'en aperçût, il dit, oui certes, il dit très distinctement:

— Oh! Jeanne, si vous vouliez, ce seraient nos fiançailles.

Elle baissa la tête d'un mouvement très lent qui peut-être voulait dire «oui». Et le prêtre qui jetait encore de l'eau bénite leur en envoya quelques gouttes sur les doigts.

C'était fini. Les femmes se relevaient. Le retour fut une débandade. La croix, entre les mains de l'enfant de choeur, avait perdu sa dignité; elle filait vite, oscillant de droite à gauche, ou bien penchée en avant, prête à tomber sur le nez. Le curé, qui ne priait plus, galopait derrière; les chantres et le serpent avaient disparu par une ruelle pour être plus tôt déshabillés, et les matelots, par groupes, se hâtaient. Une même pensée, qui mettait en leur tête comme une odeur de cuisine, allongeait les jambes, mouillait les bouches de salive, descendait jusqu'au fond des ventres où elle faisait chanter les boyaux.

Un bon déjeuner les attendait aux Peuples.

La grande table était mise dans la cour sous les pommiers. Soixante personnes y prirent place: marins et paysans. La baronne, au centre, avait à ses côtés les deux curés, celui d'Yport et celui des Peuples. Le baron, en face, était flanqué du maire et de sa femme, maigre campagnarde déjà vieille, qui adressait de tous les côtés une multitude de petits saluts. Elle avait une figure étroite serrée dans son grand bonnet normand, une vraie tête de poule à huppe blanche, avec un oeil tout rond et toujours étonné; et elle mangeait par petits coups rapides comme si elle eût picoté son assiette avec son nez.

Jeanne, à côté du parrain, voyageait dans le bonheur. Elle ne voyait plus rien, ne savait plus rien, et se taisait, la tête brouillée de joie.

Elle lui demanda:

— Quel est donc votre petit nom?

Il dit:

— Julien. Vous ne saviez pas?

Mais elle ne répondit point, pensant:

— Comme je le répéterai souvent, ce nom-là!

Quand le repas fut fini, on laissa la cour aux matelots et on passa de l'autre côté du château. La baronne se mit à faire son exercice, appuyée sur le baron, escortée de ses deux prêtres. Jeanne et Julien allèrent jusqu'au bosquet, entrèrent dans les petits chemins touffus; et tout à coup il lui saisit les mains:

— Dites, voulez-vous être ma femme?

Elle baissa encore la tête; et comme il balbutiait: «Répondez, je vous en supplie!» elle releva ses yeux vers lui, tout doucement; et il lut la réponse dans son regard.

 

夕方、部屋に戻ると、不思議な感動があり、すべてが優しくて泣きたくなった。彼女は時計を見て、小さな蜂が心臓のように、友好的な心臓のように鼓動していると思い、それが彼女の全生涯の証人になり、この活発で規則正しい音で彼女の喜びと悲しみに寄り添うだろうと思い、黄金のハエを止めてその翼に口づけをした。彼女は何にでもキスしていただろう。彼女は引き出しの底に古い人形を隠していたことを思い出し、それを探し、愛する友人を見つけた時のような喜びでそれを再び見た。そして、それを胸に抱き、そのおもちゃの塗られた頬とカールした髪に熱烈なキスの雨を降らせた。

そして、それを抱きかかえながら、彼女は思った。

彼は、千の秘密の声によって約束された花婿であり、主権的な善良な摂理が彼女の道にこうして投げかけたのだろうか。これが彼女のために創られた存在で、彼女が人生を捧げる相手なのか?二人の優しさが合わさって、抱き合い、溶け合い、恋を生み出す運命の相手だったのか。

彼女はまだ、自分の全存在の激動的な衝動、狂気の歓喜、情熱と信じているそれらの深い動揺を持っていなかった、しかし、それは彼女が彼を愛し始めているように見えた。彼の存在が彼女の心を揺さぶり、彼の目を見ると赤面し、青ざめ、彼の声を聞くと震えた。

その夜、彼女はほとんど眠れなかった。

そして、日に日に「愛したい」という悩ましい欲望が彼女を侵していく。彼女は常に自分自身と、ヒナギクと、雲と、空中に投げられたコインと相談した。

そんなある晩、父親が彼女に言った。

- 明日の朝、きれいにお化粧するんだよ。

彼女は聞いた。

- どうして、パパ?

と言われ、「それは秘密だよ」と父は答えた。

そして翌日、鮮やかなドレスに身を包んだ彼女が階下に降りてくると、リビングルームのテーブルにはお菓子の箱が置かれ、椅子の上には大きな花束が置かれていたのである。

中庭に車が入った。フェカンのパティシエ、レラ」と書かれていた。

ラマーレ子爵が現れた。ズボンはタイトで、足の小ささがわかるかわいいパテントブーツで押さえている。彼は長いフロックコートを着て、ウエストはきつく、胸の窪みからジャボーのレースが見える。何度も回転する立派なネクタイをして、ハンサムな茶色の頭を高く上げ、深刻な区別をマークしている。いつもと違う雰囲気、トイレが有名な顔に突然与える特別な面を持った人だった。ジャンヌは唖然として、まだ見ぬ彼を見たが、彼は頭から足まで立派な貴族で、大領主であることがわかった。

彼は笑顔でお辞儀をした。

- さて、友よ、準備はいいか?

彼女は口ごもった。

- でも、何?どうしたんでしょう?

- 「すぐにわかるよ」と男爵は言った。

馬車が走り、アデライド夫人はロザリーの腕に抱かれて華麗に部屋から降りてきた。ド・ラマール氏の優雅さに感激した様子で、小さな父はつぶやいた。

- メイドがあなたを気に入ったようですわ、子爵。

彼は耳まで赤くして聞こえないふりをし、大きな花束を手に取り、ジャンヌに差し出した。彼女はさらに驚いてそれを手に取った。4人は馬車に乗り込み、男爵夫人を支えるために冷たいスープを持ってきたコックのリュディヴィヌはこう言った。

- 確かに、マダム、まるで結婚式みたいですね。

イポールに入ると馬を降り、村を進むと、船員たちはひだの見える新しい服を着て、家から出てきて敬礼し、男爵と握手をして、まるで行列の後ろにつくように、ついていきはじめた。

子爵はジャンヌに腕を差し出し、彼女と一緒に前を歩いていた。

祭壇の少年は、グーピヨンを浸す聖水の壷を持つ赤と白の少年に続いて、銀の大きな十字架を直立させた。

そして、3人の年老いたカンタオールが通り過ぎ、そのうちの一人は足を引きずり、次に蛇が、そして司祭が尖った腹から金のストールを持ち上げ、その上を横切ったのです。そして、目を閉じ、唇を尖らせ、ビレッタを鼻の下まで下げると、聖職者姿のスタッフが海へ向かうのを追った。

海岸では、ティンセルで飾られた新しいボートの周りに人だかりができていた。マストも帆もロープも長いリボンで覆われ、風になびく。船尾には金色の文字で「JEANNE」と書かれている。

男爵の金で造られたこの船の船長であるラスティック神父は、行列の先頭を進んでいった。男たちは一斉に帽子を脱ぎ、肩から大きなひだのついた黒いマントをかぶった信者の列が、十字架を前に円形にひざまずいた。

教区司祭は、二人の祭壇係の間にいて、船の一方の端に行き、もう一方の端では、白い法衣を着た、あごにしわを寄せた、重々しい顔をした三人の老カンターが、プレインソングの本に目を向けて、晴れた朝に吹聴していた。

彼らが息を引き取るたびに、蛇だけが咆哮を続け、風をはらんだ頬を膨らませ、その小さな灰色の瞳を消した。額の皮膚や首の皮膚は、肉から剥がれ落ちているようで、吹くと大きく膨らみます。

海は、動かない、透明で、見ているようだった、収集、彼のバスケットの洗礼、かろうじてロール、熊手が小石をこする小さな音で、指の高さの波。そして、翼を広げた白い大きなカモメが、青空に曲線を描いて飛び過ぎては離れ、膝をついた群衆の上空を丸く飛んで戻ってくる、まるでそこでも何をしているのか見ているかのように。

しかし、アーメンと叫んで5分もすると聖歌は止み、神父は不明瞭な声で、語尾だけが判別できるラテン語の単語をいくつか口に出して笑った。

そして、船を一周して聖水をかけ、オレムスを唱え始め、今度は板に沿って、手をつないで動かずにいるゴッドファーザーとゴッドマザーの向かいに立ちました。

青年は真面目でハンサムな顔を保っていたが、少女は突然の気絶しそうな感情に息を詰まらせ、歯がぶつかるほど震え出した。その夢は、幻覚のように突然、現実のものとなって現れたのだ。結婚の話が持ち上がり、司祭が祝福し、聖職者が祈りをささげている。

彼女は指に神経を尖らせたのだろうか、心の執念が血管を伝って隣の人の心まで伝わってきたのだろうか。彼は理解していたのか、推測していたのか、自分も彼女のように一種の愛の酩酊に侵されていたのか。 それとも、どんな女性も彼に逆らえないことを、経験的に知っていただけなのだろうか。彼女はふと、彼が彼女の手を最初は優しく、次に強く、折るように押していることに気づいた。そして、顔を動かさず、誰にも気づかれないように、そう確かに、はっきりと言ったのである。

- ああ、ジャンヌ、あなたが望むなら、それは私たちの婚約になる。

彼女は非常にゆっくりとした動きで頭を下げたが、それはおそらく「はい」を意味しているのだろう。そして、まだ聖水を注いでいた神父は、二人の指に数滴を振りかけた。

終わってしまったのだ。女性たちは立ち上がった。帰りはスタンプラリーでした。祭壇係が手にした十字架は威厳を失い、素早く回転し、右から左へ揺れ、あるいは前傾して今にも鼻先に落ちそうであった。祈祷を終えた神父は後ろを颯爽と走り、カンタオールと蛇は早く服を脱ぐために路地に消え、水夫たちは集団で急ぎ足で進んでいた。同じ思いが、頭に料理の匂いを付け、足を長くし、口を唾液で濡らし、胃の底に降りて腸を鳴らす。

レ・プープルで美味しいランチが待っていた。

中庭のリンゴの木の下に大きなテーブルが置かれた。船員や農民など60人が座った。男爵夫人は中央で、イポートの司祭とレ・ププルの司祭の二人を傍らに従えていた。男爵の反対側には、市長とその妻である痩せた老女が並び、四方から多くの小さな挨拶があった。彼女は細い顔で、大きなノーマン・ボンネットにぴったりと収まり、本物の鶏の頭に白いフサフサが付き、丸くていつも驚いたような目をしていた。そして、まるで鼻で皿をつつくように、素早く小さなストロークで食べていたのだ。

名付け親の横にいるジャンヌは、幸せな気持ちで旅をしていた。彼女は何も見ず、何も知らず、喜びで頭を曇らせて黙っていた。

彼女は彼に尋ねた。

- あなたのお名前は何ですか?

彼は答えた、「ジュリアンです」。

- ジュリアン 「知らなかったんですか?」

」しかし、彼女は何も答えず、考えていた。

- その名をこれから何度繰り返すことだろうか。

食事が終わると、中庭を船員たちに任せて、城の反対側へ行った。男爵夫人は、2人の司祭に付き添われて男爵に支えられながら、運動を始めた。

- 私の妻になってくれませんか?

彼女は再び頭を下げた。彼が「答えて、お願いだから!」と言いよどむと、彼女はとても優しく彼に目を上げた。そして彼は彼女の目に答えを読み取ったのだ。

第4章へ続く

 

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