Christophe en était là de ses expériences pour réformer l'art allemand, quand vint à passer dans la ville une troupe de comédiens français. Il serait plus juste de dire: un troupeau; car, suivant l'habitude, c'était un ramassis de pauvres diables, pêchés on ne savait où, et de jeunes acteurs inconnus, trop heureux de se laisser exploiter, pourvu qu'on les fît jouer. Tous ensemble étaient attelés au chariot d'une comédienne illustre et antique. Elle faisait une tournée en Allemagne, et, de passage dans la petite capitale, y venait donner trois représentations.
À la Revue de Waldhaus, on en faisait grand bruit. Mannheim et ses amis étaient au courant de la vie littéraire et mondaine de Paris, ou ils prétendaient l'être; ils s'en répétaient les potins, cueillis dans les journaux des boulevards, et plus ou moins bien compris: ils représentaient l'esprit français en Allemagne. C'était enlever à Christophe le désir de le connaître davantage. Mannheim l'assommait avec ses éloges de Paris. Il y était allé plusieurs fois; il avait là une partie de sa famille:—il avait de la famille dans tous les pays d'Europe; et, partout, elle avait pris la nationalité et les dignités du pays; cette tribu d'Abraham comptait un baronnet anglais, un sénateur de Belgique, un ministre français, un député au Reichstag, et un comte du pape; et tous, bien qu'unis et respectueux de la souche commune dont ils étaient sortis, étaient sincèrement Anglais, Belges, Français, Allemands, ou papalins: car leur orgueil ne doutait point que le pays qu'ils avaient adopté ne fût le premier de tous. Mannheim était le seul, par paradoxe, qui s'amusât à préférer tous les pays dont il n'était point. Il parlait donc souvent de Paris, avec enthousiasme; mais, pour faire l'éloge des Parisiens, il les représentait comme des espèces de toqués, paillards et braillards, qui passaient leur temps à faire la noce et des révolutions, sans jamais se prendre au sérieux; aussi, Christophe était-il peu attiré par «la byzantine et décadente république d'outre-Vosges». De bonne foi, il imaginait un peu Paris, comme le représentait une gravure naïve, en tête d'un livre récemment publié dans une collection d'art allemande: au premier plan, le Diable de Notre-Dame, accroupi au-dessus des toits de la ville, avec cette légende:
«Insatiable vampire l'éternelle Luxure
Sur la grande Cité convoite sa pâture.»
En bon Allemand, il avait le mépris des Velches débauchés et de leur littérature, dont il ne connaissait guère que quelques bouffonneries égrillardes, l'Aiglon, Madame Sans-Gêne, et des chansons de café-concert. Le snobisme de la petite ville, où les gens le plus notoirement incapables de s'intéresser à l'art s'empressèrent bruyamment de s'inscrire au bureau de location, le jeta dans une affectation d'indifférence dédaigneuse pour la grande cabotine. Il protesta qu'il ne ferait pas un pas pour aller l'entendre. Il lui était d'autant plus facile de tenir sa promesse que les places étaient h un prix excessif, qu'il n'avait pas les moyens de payer.
Le répertoire que la troupe française transportait en Allemagne, comprenait deux ou trois pièces classiques; mais il était composé, en majeure partie, de ces niaiseries, qui sont par excellence l'article parisien pour l'exportation: car rien n'est plus international que la médiocrité. Christophe connaissait la Tosca, qui devait être le premier spectacle de la comédienne en tournées; il l'avait entendue en traduction, parée des grâces légères que peut donner une troupe de petit théâtre rhénan à une œuvre française; et il se disait bien aise, avec un rire goguenard, en voyant ses amis partir pour le théâtre, de n'être pas forcé d'aller la réentendre. Il n'en suivit pas moins, le lendemain, d'une oreille attentive, les récits enthousiastes qu'ils firent de la soirée: il enrageait de s'être enlevé jusqu'au droit de contredire, en ayant refusé de voir ce dont tout le monde parlait.
Le second spectacle annoncé devait être une traduction française d'Hamlet. Christophe n'avait jamais négligé une occasion de voir une pièce de Shakespeare. Shakespeare était pour lui, au même titre que Beethoven, une source inépuisable de vie. Hamlet lui avait été particulièrement cher dans la période de troubles et de doutes tumultueux qu'il venait de traverser. Malgré la crainte de se revoir dans ce miroir magique, il était fasciné; et il tournait autour des affiches du théâtre, sans s'avouer qu'il brûlait d'envie d'aller prendre une place. Mais il était si entêté qu'après ce qu'il avait dit à ses amis, il n'en voulait pas démordre; et il fût resté chez lui, ce soir-là, comme le précédent, si, au moment où il rentrait, le hasard ne l'avait mis en présence de Mannheim.
Mannheim l'attrapa par le bras, et lui raconta d'un air furieux, mais sans cesser de gouailler, qu'une vieille bête de parente, une sœur de son père, venait de tomber inopinément chez eux avec toute sa smala, et qu'ils étaient forcés de rester à la maison, pour les recevoir. Il avait essayé de s'esquiver; mais son père n'entendait pas raillerie sur les questions d'étiquette familiale et d'égards que l'on doit aux ancêtres; et comme il devait ménager son père, en ce moment, à cause d'une carotte qu'il se proposait de lui tirer, il avait fallu céder, et renoncer à la représentation.
—Vous aviez vos billets? demanda Christophe.
ドイツの芸術を改革せんがために、クリストフが右のような経験を積んでる時、一団のフランス俳優がこの町を通りかかった。それはむしろ一群という方が適当であって、例のとおり、どこから狩り集めて来られたかわからない怪しい者らや、ただ役をふってさえもらえればどんな待遇をも喜んでいる無名の青年俳優らなどの、寄り集まりであった。皆いっしょにかたまって、一人の名高い老女優の馬車に付随していた。この老女優は、ドイツ内を巡業して歩いて、その道すがらこの小都市に立ち寄り、三回の興行を催したのだった。
ワルトハウスの雑誌では、そのことで大騒ぎをした。マンハイムとその友人らは、パリーの文学的および社交的方面に通暁していた、もしくは通暁してるふうを見せかけていた。聞きかじった巷説やまたは多少了解してる事柄を、盛んにくり返していた。彼らはドイツ内にてフランス精神を代表していた。そのためにクリストフは、なおいっそうフランス精神を知りたくなった。マンハイムはうるさいほど、パリーの賛辞を彼に述べたてた。マンハイムは幾度もパリーに行ったことがあった。そこには血縁の者もいた――ヨーロッパの各国に血縁の者がいた。そして至る所で彼らは、その国の国民性と品位とを獲得していた。このアブラハムの民族のうちには、イギリスの従男爵、ベルギーの上院議員、フランスの内閣員、ドイツ帝国議会の代議士、法王付属の伯爵などがあった。そして皆よく団結して、自分らが出て来た共通の始祖にたいして尊敬深くはあったが、それでも心から、イギリス人であり、ベルギー人であり、フランス人であり、ドイツ人であり、または法王党であった。なぜなら、彼らは驕慢な心から、自分の順応した国が世界第一の国であることを疑わなかったから。ところがマンハイムのみは、それと反対であって、自分の属しない他の国々の方がいいと言って面白がっていた。かくて彼はしばしばパリーのことを話し、しかも心酔の調子で話した。しかし彼はパリー人を称賛するのに、狂気じみた放逸な騒々しい人間であると言い、遊楽や革命にばかり時間をつぶして、決して真面目になることがないと言った。それでクリストフは、「ヴォージュ山の彼方のビザンチン式な頽廃的な共和国」にあまり心をひかれなかった。彼がすなおにも想像していたパリーは、ドイツ芸術に関する叢書の一冊として最近世に出た書物の巻頭で見た、ある素朴な版画の示しているパリーと、大差ないものであった。その第一図に、都会の家並みの上にうずくまってるノートル・ダーム寺院の鬼像があって、次の銘がついていた。
大都市の上にてその餌食を貪る。
善良なドイツ人として彼は、遊蕩な異国人とその文学とを軽蔑していた。その文学について知ってるところはただ、仔鷲や気儘夫人などの放逸な滑稽劇と洒亭の小唄とにすぎなかった。だから、芸術になんらの感興をも見出し得そうにない人々が、騒々しく場席係りへ行って急いで名前を記入するような、この小都市の流行好みの風潮を見ると、彼はその名高い旅役者にたいして、軽蔑的な無関心さを装わずにはいられなかった。それを聞くために一歩も踏み出すものかと言い張った。そして座席が非常に高価で、それだけの金を払う手段がなかっただけに、彼には自分の言葉を守るのがいっそうたやすかった。
フランス俳優一団がドイツへもってきた番組のうちには、二、三の古典劇がはいっていた。しかしその大部分は、とくに輸出向きのパリー物たる馬鹿げた種類だった。なぜなら、凡庸くらい万国的なものはないから。クリストフは、その旅回りの女優の第一の出し物となってるトスカを知っていた。彼は前に翻訳のトスカを聞いたことがあった。その時には、ライン地方の小劇団がフランスの作品にたいしてなし得るかぎりの、軽快な優美さで飾ってあった。そして彼は今、友人らが劇場へ出かけてゆくのを見ながら、嘲り気味の笑いを浮かべて、それを二度聞きに行くには及ばないと気楽に考えていた。それでも翌日になると、友人らが昨晩のことを感激的に話すのに、注意深く耳傾けざるを得なかった。今皆が話してる劇の見物を拒みながら、皆の意見に抗弁する権利までも失ったことを、一人憤慨していた。
予告の第二の出し物は、ハムレットのフランス訳ということになっていた。クリストフはかつてシェイクスピヤの作を見る機会を逃がしたことがなかった。シェイクスピヤは彼にとってはベートーヴェンと同等で尽くることなき生命の泉であった、彼がちょうど通って来た雑然たる不安疑惑の時期においては、ハムレットはことになつかしいものとなっていた。その魔法的な鏡の中に自分の姿をふたたび見出しはすまいかと気づかいながらも、それから魅せられていた。座席を取りに行きたくてたまらないことをみずから打ち消しながら、芝居の広告のまわりを歩き回った。しかし彼はきわめて強情だったので、いったん友人らに言明した以上は、それを取り消したくなかった。そしてその晩も前晩と同じく、自分の家に留まってるつもりで帰りかけたが、ちょうどその時偶然にも、マンハイムとばったり出会った。
マンハイムは彼の腕をとらえた。そして、父の妹に当たる老いぼれ婆さんが、おおぜいの家族を連れて不意にやって来たことや、それを迎えるために皆家にいなければならなかったことなどを、腹だたしい様子でしかも嘲りの調子を失わないで語ってきかした。彼は逃げ出そうとしたのだった。しかし父は、家庭上の礼儀と年長者に払うべき尊敬との問題については、嘲弄を許さなかった。それにちょうど彼は、父をうまく取りなして金を引き出す必要があったので、譲歩して芝居をあきらめない訳にはゆかなかった。
「君たちは切符をもってたのかい。」とクリストフは尋ねた。
Parbleu! une loge excellente; et, pour comble, il faut que je l'aille porter—(et j'y vais, de ce pas)—à ce crétin de Grünebaum, l'associé de papa, pour qu'il s'y pavane avec la femme Grünebaum et leur dinde de fille. C'est gai!... Je cherche au moins quelque chose à leur dire de très désagréable. Mais cela leur est bien égal, pourvu que je leur apporte des billets,—quoiqu'ils aimeraient encore mieux que ces billets fussent de banque.
Il s'arrêta brusquement, la bouche ouverte, regardant Christophe:
—Oh!... Mais voilà... Voilà ce qu'il me faut!...
Il gloussa:
—Christophe, tu vas au théâtre?
—Non.
—Si fait. Tu vas au théâtre. C'est un service que je te demande. Tu ne peux pas refuser.
Christophe ne comprenait pas.
—Mais je n'ai pas de place.
—En voilà! fit Mannheim, triomphant, en lui fourrant de force le billet dans la main.
—Tu es fou, dit Christophe. Et la commission de ton père?
Mannheim se tordait:
—Il sera dans une colère! fit-il.
Il s'essuya les yeux, et conclut:
—Je le taperai demain matin, au saut du lit, avant qu'il sache encore rien.
—Je ne peux pas accepter, dit Christophe, sachant que cela lui serait désagréable.
—Tu n'as rien à savoir, tu ne sais rien, cela ne te regarde pas.
Christophe avait déplié le billet:
—Et que veux-tu que je fasse d'une loge de quatre places?
—Tout ce que tu voudras. Tu dormiras au fond, tu danseras, si tu veux. Amènes-y des femmes. Tu en as bien quelques-unes? On peut t'en prêter.
Christophe tendit le billet à Mannheim:
—Non, décidément. Reprends-le.
—Jamais de la vie, fit Mannheim, reculant de quelques pas. Je ne peux pas te forcer à y aller, si cela t'ennuie; mais je ne le reprendrai pas. Tu es libre de le jeter au feu, ou même, homme vertueux, de le porter aux Grünebaum. Cela ne me regarde plus. Bonsoir!
Il se sauva, plantant là Christophe, au milieu de la rue, son billet à la main.
Christophe était embarrassé. Il se disait bien qu'il serait convenable de porter les places aux Grünebaum; mais cette idée ne l'enthousiasmait point. Il rentra, indécis; et, quand il s'avisa de regarder l'heure, il vit qu'il n'avait plus que le temps de s'habiller pour aller au théâtre. Il eût été tout de même trop sot de laisser perdre le billet. Il proposa à sa mère de l'emmener. Mais Louisa déclara qu'elle aimait bien mieux aller se coucher. Il partit. Au fond, il avait un plaisir d'enfant. Une seule chose l'ennuyait: d'avoir ce plaisir, seul. Il n'éprouvait aucun remords, à l'égard du père Mannheim, ou des Grünebaum, dont il prenait la loge; mais il en avait vis-à-vis de ceux qui auraient pu la partager avec lui. Il pensait combien cela aurait fait de joie à des jeunes gens, comme lui; et il lui était pénible de ne pas la leur faire. Il cherchait dans sa tête, il ne voyait pas à qui offrir son billet. D'ailleurs, il était tard, il fallait se hâter.
Comme il entrait au théâtre, il passa près du guichet fermé, où un écriteau marquait qu'il ne restait plus une seule place au bureau. Parmi les gens qui s'en retournaient, dépités, il remarqua une jeune fille, qui ne pouvait se décider à sortir et regardait ceux qui entraient, d'un air d'envie. Elle était mise très simplement, en noir, pas très grande, la figure amincie, l'air délicat; et il ne remarqua pas si elle était laide ou jolie. Il avait passé devant elle; il s'arrêta un moment, se retourna, et sans prendre le temps de réfléchir:
—Vous n'avez pas trouvé de place, mademoiselle? demanda-t-il, à brûle-pourpoint.
Elle rougit, et dit, avec un accent étranger:
—Non, monsieur.
—J'ai une loge, dont je ne sais que faire. Voulez-vous en profiter avec moi?
Elle rougit plus fort, et remercia, en s'excusant de ne pouvoir accepter. Christophe, gêné par son refus, s'excusa de son côté et essaya d'insister; mais il ne réussit pas à la persuader, bien qu'il fût évident qu'elle en mourait d'envie. Il était perplexe. Il se décida brusquement.
—Écoutez, il y a un moyen de tout arranger, dit-il: prenez le billet. Moi, je n'y tiens pas, j'ai déjà vu cela.—(Il se vantait.)—Cela vous fera plus plaisir qu'à moi. Prenez, c'est de bon cœur.
La jeune fille fut si touchée de l'offre et de la façon cordiale que les larmes lui en montèrent presque aux yeux. Elle balbutia, avec reconnaissance, que jamais elle ne voudrait l'en priver.
—Eh bien, alors, venez, dit-il en souriant.
Il avait l'air si bon et si franc qu'elle se sentit honteuse de lui avoir refusé; et elle dit, un peu confuse:
—Je viens .. Merci.
「そうさ、上等の桟敷だ。おまけに、僕はそれを他へ届けなけりゃならないんだ――(このまますぐに行くところだ)――親父の仲間でグリューネバウムという奴にさ。妻君と馬鹿娘とを連れて行っていただきたいというんでね。愉快な話さ。……僕はせめて奴らに何か面白くないことを言ってやりたいと思ってるんだ。だがそんなことには奴らは平気だ、切符さえもって来てもらえれば――切符が紙幣ならなお喜ぶだろうがね。」
彼はクリストフをながめながら、口を開いたままにわかに言いやめた。
「ああ……そうだ……ちょうどいい!」
彼は低く言った。
「クリストフ、君は芝居へ行くのかい。」
「いや。」
「諾と言えよ。芝居へ行ってくれ。僕の頼みだ。厭とは言えまい。」
クリストフは訳がわからなかった。
「だが切符がないんだ。」
「ここにある!」とマンハイムは勢いよく言いながら、彼の手に切符を無理に握らしてしまった。
「君はめちゃだ。」とクリストフは言った。「そしてお父さんの言いつけは?」
マンハイムは笑いこけた。
「怒るだろうよ。」と彼は言った。
彼は笑い涙を拭いて、そして結論した。
「明日の朝起きぬけに、まだ何にも知らないうちに、僕からもち出してやるんだ。」
「僕は承知できない、」とクリストフは言った、「君のお父さんに不愉快なことだと知っては。」
「君が知る必要はない、君の知ったことじゃない、君に関係あることじゃないんだ。」
クリストフは切符を開いた。
「そして四人分の桟敷をどうするんだい。」
「いいようにするさ。よかったらその奥で眠っても踊っても構わない。女を連れてゆくさ。幾人かあるだろう。入用なら貸してやってもいいよ。」
クリストフは切符をマンハイムに差し出した。
「いや、どうしてもいやだ。取ってくれ。」
「取るもんか。」とマンハイムは数歩退りながら言った。「厭なら無理に行ってくれとは言わない。だがもうそれは受け取らないよ。火にくべようと、または律義者の真似をしてグリューネバウムの家へ届けようと、それは君の勝手だ。もう僕に関係したことじゃない。さよなら。」
彼は手に切符をもってるクリストフを往来のまん中に置きざりにして、逃げて行ってしまった。
クリストフは困った。グリューネバウムの家へ切符をもってゆくのが至当であると、はっきり思ってもみた。しかしその考えにはあまり気乗りがしなかった。心を定めかねて家へ帰った。気がついて時計をながめてみると、もう芝居へ行くために着替えるだけの時間しかなかった。いずれにしても切符を無駄にするのはあまり馬鹿げていた。母へいっしょに行こうと勧めてみた。しかしルイザは、これから寝る方がいいと言った。彼は出かけた。心の底には子供らしい楽しみがあった。ただ一つ不満なのは、その楽しみを一人きりで味わうことだった。桟敷を取り上げてやったグリューネバウム一家や、マンハイムの父にたいしては、なんらの苛責をも感じなかったけれど、自分と桟敷を共にし得るかもしれない人々にたいして、一種の苛責を感じた。自分のような若い者にとっては、それがどんなに喜ばしいことであるかを考えると、その喜びを分かたないのがつらかった。頭の中であれこれと物色してみたが、切符をやるような相手が見つからなかった。そのうえもう遅くなっていて、急がなければならなかった。
劇場へはいる時に、彼は閉め切られてる札売場のそばを通った。座席係りの方にはもう一席も残っていないことが、掲示に示してあった。残念そうに帰ってゆく人々のうちに、彼は一人の若い女を認めた。彼女はまだ思い切って出て行くことができないで、はいって行く人々をうらやましそうにながめていた。ごく簡素な黒服をまとい、さほど背が高くもなく、細そりした顔立ちで、しとやかな様子だった。きれいであるか醜いかは気づく隙がなかった。彼は彼女の前を通り越した。がちょっと立ち止まり、ふり向いて、考える間もなく、ぶしつけに尋ねた。
「あなたは、席がありませんか。」
彼女は顔を赤らめ、外国人らしい口調で言った。
「はい、ありませんの。」
「僕は桟敷を一つもってますが、始末に困ってるところです。いっしょにそれを使ってくださいませんか。」
彼女はなおひどく顔を赤らめ、承諾できない断わりを言いながら感謝した。クリストフは断わられたのに当惑して、自分の方から詫びを言い、なお頼んでみた。しかし、彼女が承諾したがってることは明らかでありながら、彼はうまく説き伏せることができなかった。彼はたいへん困った。そしてにわかに決心した。
「ねえ、すっかりうまくゆく方法があります。」と彼は言った。「切符を上げましょう。僕はどうだっていいんです。前に見たことがあるんですから。――(彼は自慢していた。)――僕よりあなたの楽しみの方が大きいでしょう。さあどうか、この切符をおもちなさい。」
年若な女は、その申し出とその親切な申し出方とにいたく心を動かされて、ほとんど眼に涙を浮かべようとした。そして、彼から切符を取り上げるようなことはしたくないと、感謝しながらつぶやいた。
「では、いっしょにいらっしゃい。」と彼は微笑んで言った。
彼の様子がいかにも温良で磊落だったので、彼女は断わったのをきまり悪く感じた。そして少しまごつきながら言った。
「まいりますわ……ありがとうございます。」
Ils entrèrent. La loge des Mannheim était une loge de face, largement ouverte: impossible de s'y dissimuler. Leur entrée ne passa pas inaperçue. Christophe fit placer la jeune fille au premier rang, et resta un peu en arrière, pour ne pas la gêner. Elle se tenait droite, raide, n'osant tourner la tête, horriblement intimidée; elle eût donné beaucoup pour ne pas avoir accepté. Afin de lui laisser le temps de se remettre, et ne sachant de quoi causer, Christophe affectait de regarder d'un autre côté. Où qu'il regardât, il lui était facile de constater que sa présence, avec cette compagne inconnue, au milieu de la brillante clientèle des loges, excitait la curiosité et les commentaires de la petite ville. Il lança à droite et à gauche des regards furieux; il rageait qu'on s'obstinât à s'occuper de lui, quand il ne s'occupait pas des autres. Il ne pensait pas que cette curiosité indiscrète s'adressât à sa compagne encore plus qu'à lui, et d'une façon plus blessante. Pour montrer sa parfaite indifférence à tout ce qu'ils pourraient dire ou penser, il se pencha vers sa voisine et se mit à causer. Elle eut l'air si effarouchée de ce qu'il lui parlât, et si malheureuse d'avoir à lui répondre, elle eut tant de peine à s'arracher un: oui, ou un: non, sans oser le regarder, qu'il eut pitié de sa sauvagerie et se renfonça dans son coin. Heureusement, le spectacle commençait.
Christophe n'avait pas lu l'affiche, et il ne s'était guère soucié de savoir quel rôle jouait la grande actrice: il était de ces naïfs qui viennent au théâtre pour voir la pièce, et non pas les acteurs. Il ne s'était pas demandé si l'illustre comédienne serait Ophélie, ou la Reine; s'il se l'était demandé, il eût opiné pour la Reine, vu l'âge des deux matrones. Mais ce qui n'aurait jamais pu lui venir à l'idée, c'est qu'elle jouât Hamlet. Quand il le vit, quand il entendit ce timbre de poupée mécanique, il fut un bon moment avant d'y croire...
—Mais qui? Mais qui est-ce? se disait-il à mi-voix. Ce n'est pourtant pas...
Et quand il lui fallut constater que «c'était pourtant» Hamlet, il poussa un juron, qu'heureusement sa voisine ne comprit pas, parce qu'elle était étrangère, mais que l'on comprit parfaitement dans la loge à côté: car il lui en vint sur-le-champ l'ordre indigné de se taire. Il se retira au fond de la loge, pour pester à son aise. Il ne décolérait pas. S'il eût été juste, il eût rendu hommage à l'élégance du travesti et au tour de force de l'art, qui permettait à cette femme sexagénaire de se montrer dans le costume d'un adolescent, et même d'y paraître belle,—du moins à des yeux complaisants. Mais il haïssait les tours de force, et tout ce qui fausse la nature. Il aimait qu'une femme fût une femme, et un homme un homme. (La chose n'est pas commune, aujourd'hui.) Le travesti enfantin et un peu ridicule de la Léonore de Beethoven ne lui était déjà pas agréable. Mais celui d'Hamlet dépassait la limite permise à l'absurdité. Faire du robuste Danois, gras et blême, colérique, rusé, raisonneur, halluciné, une femme,—même pas une femme: car une femme qui joue l'homme ne sera jamais qu'un monstre,—faire d'Hamlet un eunuque, ou un louche androgyne..., il fallait toute la veulerie du temps et la niaiserie de la critique, pour que cette dégoûtante sottise pût être tolérée, un seul jour, sans sifflets!... La voix de l'actrice achevait de mettre Christophe hors de lui. Elle avait cette diction chantante et martelée, cette mélopée monotone, qui, depuis la Champmeslé, semble avoir toujours été chère au peuple le moins poétique du monde. Christophe en était si exaspéré qu'il avait envie de marcher à quatre pattes. Il avait tourné le dos à la scène, et il faisait des grimaces de colère, le nez contre le mur de la loge, comme un enfant mis au piquet. Fort heureusement, sa compagne n'osait pas regarder de son côté; car si elle l'avait vu, elle l'eût pris pour un fou.
Soudain, les grimaces de Christophe s'arrêtèrent. Il resta immobile et se tut. Une belle voix musicale, une jeune voix féminine, grave et douce, venait de se faire entendre. Christophe dressa l'oreille. À mesure qu'elle parlait, il se retournait, intrigué, sur sa chaise, pour voir l'oiseau qui avait ce ramage. Il vit Ophélie. Certes, elle n'avait rien de l'Ophélie de Shakespeare. C'était une belle fille, grande, robuste, élancée, comme une jeune statue grecque: Électre ou Cassandra. Elle débordait de vie. Malgré tous ses efforts pour s'enfermer dans son rôle, une force de jeunesse et de joie rayonnait de sa chair, de ses gestes, de ses yeux bruns qui riaient. Tel est le pouvoir d'un beau corps que Christophe, impitoyable l'instant d'avant pour l'interprétation d'Hamlet, ne songea pas un moment à regretter que l'Ophélie ne ressemblât guère à l'image qu'il s'en faisait; et il sacrifia sans remords celle-ci à celle-là. Avec l'inconsciente mauvaise foi des passionnés, il trouva même une vérité profonde à cette ardeur juvénile qui brûlait au fond de ce cœur de vierge chaste et trouble. Ce qui achevait le charme, c'était la magie de la voix, pure, chaude et veloutée: chaque mot sonnait comme un bel accord; autour des syllabes dansait, comme une odeur de thym ou de menthe sauvage, l'accent riant du Midi, aux rythmes rebondissants. Étrange vision d'une Ophélie du pays d'Arles! Elle apportait avec elle un peu de son soleil d'or et de son mistral fou.
Oubliant sa voisine, Christophe s'était assis à côté d'elle, sur le devant de la loge; et il ne quittait pas des yeux la belle actrice, dont il ignorait le nom. Mais le public, qui ne venait point pour entendre une inconnue, ne lui prêtait aucune attention; et il ne se décidait à applaudir que quand l'Hamlet femelle parlait. Ce qui faisait que Christophe grondait, et les appelait: «Ânes!»—d'une voix basse qui s'entendait à dix pas.
Ce ne fut que lorsque le rideau fut tombé pour l'entr'acte, qu'il se rappela l'existence de sa compagne de loge; et, la voyant toujours intimidée, il songea en souriant qu'il avait dû l'effarer par ses extravagances.—Il ne se trompait pas: cette âme de jeune fille, que le hasard avait rapprochée de lui pour quelques heures, était d'une réserve presque maladive: il avait fallu qu'elle fût dans un état d'exaltation anormal pour oser accepter l'invitation de Christophe. Et à peine avait-elle accepté, qu'elle eût souhaité, pour tout au monde, de pouvoir se dégager, trouver un prétexte, s'enfuir. C'avait été bien pis, quand elle s'était vue l'objet de la curiosité générale; et son malaise n'avait fait que croître à mesure qu'elle entendait derrière son dos—(elle n'osait se retourner)—les sourdes imprécations et les grognements de son compagnon. Elle s'attendait à tout de sa part; et, quand il vint s'asseoir à côté d'elle, elle fut glacée d'effroi: quelle excentricité n'allait-il pas encore faire? Elle eût voulu être à cent pieds sous terre. Elle se reculait instinctivement; elle avait peur de l'effleurer.
Mais toutes ses craintes tombèrent, lorsque, l'entr'acte venu, elle l'entendit lui dire avec bonhomie:
—Je suis un voisin bien désagréable, n'est-ce pas? Je vous demande pardon.
Alors elle le regarda, et elle lui vit son bon sourire, qui l'avait tout à l'heure décidée à venir.
Il continua:
—Je ne sais pas cacher ce que je pense... Mais aussi, c'était trop fort!... Cette femme, cette vieille femme!...
Il fit de nouveau une grimace de dégoût.
Elle sourit, et dit tout bas:
—Malgré tout, c'est beau.
Il remarqua son accent, et demanda:
—Vous êtes étrangère?
—Oui, fit-elle.
Il regarda sa modeste petite robe:
—Institutrice? dit-il.
Elle rougit, et dit:
—Oui.
—Quel pays?
Elle dit:
—Je suis Française.
Il fit un geste d'étonnement:
—Française? Je ne l'aurais jamais cru.
—Pourquoi? demanda-t-elle timidement.
—Vous êtes si... sérieuse! dit-il.
(Elle pensa que ce n'était pas tout à fait un compliment dans sa bouche.)
—Il y en a aussi comme cela en France, dit-elle, toute confuse.
Il regardait son honnête petite figure, au front bombé, au petit nez droit, au menton fin, ses joues maigres qu'encadraient ses cheveux châtains. Il ne la voyait pas: il pensait à la belle actrice. Il répéta:
—C'est curieux que vous soyez Française!... Vraiment, vous êtes du même pays qu'Ophélie? On ne le croirait jamais.
Il ajouta, après un instant de silence:
—Comme elle est belle!
Sans s'apercevoir qu'il avait l'air d'établir entre elle et sa voisine une comparaison désobligeante pour celle-ci. Elle la sentit très bien; mais elle n'en voulut pas à Christophe: car elle pensait comme lui. Il essaya d'avoir d'elle quelques détails sur l'actrice; mais elle ne savait rien: on voyait qu'elle était très peu au courant des choses de théâtre.
—Cela doit vous faire plaisir d'entendre parler français? demanda-t-il.
Il croyait plaisanter: il avait touché juste.
—Ah! fit-elle avec un accent de sincérité qui le frappa, cela me fait tant de bien! J'étouffe ici.
Il la regarda mieux, cette fois: elle crispait légèrement les mains et semblait oppressée. Mais aussitôt, elle songea à ce qu'il pouvait y avoir de blessant pour lui dans cette parole:
—Oh! pardon, dit-elle, je ne sais pas ce que je dis.
Il rit franchement:
—Ne vous excusez donc pas! Vous avez joliment raison. Il n'y a pas besoin d'être Français pour étouffer ici. Ouf!
Il leva les épaules, en aspirant l'air.
彼らは中にはいった。マンハイムの桟敷は正面で、広々と開け放してあって、姿を隠すことはできなかった。二人がはいって来たことは人目につかざるを得なかった。クリストフはその若い女を前の席にすわらせ、自分は邪魔にならないように少し後ろに控えた。彼女はまっすぐに身を堅くし、振り向くこともなし得ず、非常に恥ずかしがっていた。承諾しなければよかったと後悔してるらしくもあった。クリストフは彼女に落ち着く隙を与えるために、また話の種が見つからなかったので、わざと他方をながめていた。そしてどこへ眼をやっても、桟敷のはなやかな看客のまん中に、見知らぬ女とともに自分がすわってることが、小さな町の人々の好奇心と批評とを招いてることは、容易に見て取られた。彼はあちこちに激しい視線を投げ返してやった。こちらから他人へ干渉しないのに、他人が執拗く自分に干渉してくるのを、憤っていた。その無遠慮な好奇心は、彼よりも連れの女にいっそう向けられており、しかもいっそう厚かましく向けられてることを、彼は考えなかった。そして、他人がどんなことを言いどんなことを考えようと、まったく平気だという様子を示すために、そばの女の方に身をかがめて、話を始めた。彼女は彼から話しかけられるのを非常に恐れてるらしく、また彼に答えなければならないのを非常に困ってるらしく、彼の方を見もしないで、「はい」とか「いいえ」とか言うのもようやくのことだったので、彼は彼女の世慣れないのを憐れに思い、また自分の片隅に引き込んでしまった。が幸いにも、芝居が始まった。
クリストフは番付を読んでいなかったし、またその名女優がどんな役をするか知りたくも思っていなかった。彼は役者を見にではなく芝居を見に来るという正直者の一人だった。あの名高い女優がオフェリアになるか女王になるか、そんなことを彼は考えなかった。もし考えてみたら、両者の年齢から見て、女王になる方を賛成したろう。しかし彼が思いもつかなかったことには、女優はハムレットの役をした。彼はハムレットを見た時、その機械人形めいた声音を聞いた時、しばらくはそうだと信じられなかった……。
「だれだろう、いったいだれだろう?」と彼は半ば口の中でみずから尋ねた。「それでもまさか……。」
そして、「それでも」それがハムレットだと認め得ざるを得なかった時に、彼は罵声を口走った。幸いにもそばの女は外国人だったからその意味を理解しなかったが、しかし隣りの桟敷の人たちにはよく意味がわかったらしい。黙れという怒った声がすぐに返された。彼は一人で自由にののしるために桟敷の奥に引っ込んだ。彼の憤りは解けなかった。もし彼が偏狭でなかったならば、その六十年代の婦人に青年の服装をして舞台に立たせ、しかもきれいに――少なくとも追従的な眼には――見えさせている、変装の優美さと技巧の芸当に、敬意を表したかもしれなかった。しかし彼はあらゆる芸当を憎み、自然を破るものを憎んでいた。彼の好むところは、女は女であり男は男であることだった。(現代ではいつもそうなってるとは言えない。)ベートーヴェンのレオノーレの幼稚な多少滑稽な変装でも、彼には不愉快だった。しかしハムレットの変装は、滅法に馬鹿げたものだった。脂肪質で蒼ざめ、怒りやすく、狡猾で、理屈っぽく、幻覚にとらわれてる、その強健なデンマーク人を、女――しかも女でもないのだ、男に扮する女は怪物にすぎない――それになしてしまうとは? ハムレットを、宦官になし、もしくは曖昧な両性人物になすとは! そういう嫌悪すべきばかばかしさが、ただ一日でも口笛を吹かれずに寛容されるとは、だらけ切った時代というのほかはなく、愚昧きわまる批評界というのほかはないのだ。……女優の声はクリストフをすっかり激昂さしてしまった。彼女は各綴り字を切り離す歌唱的な口調をもっていた。シャンメーレ以来、世に最も詩的でない国民にはいつも貴く思われたらしい、あの単調な朗詠法をもっていた。クリストフはいらだって、四つ匍いに動物の真似でもしたいほどだった。彼は舞台の方に背中を向けて、直立の罰を受けた小学生徒のように、桟敷の壁と鼻をつき合わせながら、憤怒の渋面をしていた。仕合わせなことには、連れの女は彼の方を見かねていた。もし彼女が見たら、彼を狂人だと思ったかもしれない。
にわかにクリストフの渋面はやんだ。彼は身動きもしないで口をつぐんだ。音楽的な美しい声が、荘重でやさしい若い女声が、聞こえてきたのだった。クリストフは耳をそばだてた。その声が語りつづけるに従って、彼は心ひかれて、そういう囀りをもってる小鳥を見んがために、椅子の上でふり返った。見るとオフェリアがいた。もとより彼女はシェイクスピヤのオフェリアとは似てもつかなかった。それは背の高い強健なすらりとした美しい娘で、エレクトラかカサンドラみたいなギリシャの若い女の彫像に似ていた。生命の気があふれていた。自分の持ち役だけにとどまろうと努力しながらも、その肉体や身振りや笑ってる褐色の眼から、青春と喜悦との力が輝き出していた。その美しい肉体の魅力にとらえられてクリストフは、一瞬間前にはハムレットの演出にたいして峻厳だったにもかかわらず、オフェリアが自分の描いていた面影とほとんど似てもいないことを、少しも遺憾とは思わなかった。そして想像のオフェリアを犠牲に供しても、なんら後悔を感じなかった。熱情に駆られた者が有する無意識的な妄信さで彼は、その貞節な惑乱せる処女の心の底に燃えてる若々しい熱気に、一つの深い真実さまでも見出した。そしてその魅力をさらに大ならしむるものは、浄い温かい滑らかな声の惑わしだった。一語一語が美しい和音のように響いていた。各綴り音のまわりには、百里香かあるいは野生薄荷の香りのように、弾力性の律動を有する南欧のあでやかな抑揚が踊っていた。アルル国のオフェリア姫ともいうべき不思議な幻影だった。金色の太陽と狂おしい南風との多少を、彼女は身にそなえていた。
クリストフは隣席の女のことを忘れて、彼女のそばに桟敷の前方へすわった。そして名も知らないその美しい女優から眼を離さなかった。しかし一般の観客らは、無名の女優を見に来たのではなくて、彼女になんらの注意も払わなかった。そして女のハムレットが語る時にしか喝采しようとは思っていなかった。それを見て取ったクリストフは、彼らに「馬鹿者ども」と怒鳴りつけてやった――十歩先ばかりまで聞こえる低い声で。
舞台に間幕が降りてから彼は初めて、桟敷を共にしてる連れの女の存在を思い出した。そしてやはりおずおずしてる彼女を見ながら、自分の粗暴な様子は彼女をどんなにか驚かしたに違いないと、微笑みながら考えてみた。――まさしく彼の考えたとおりだった。偶然にも彼と数時間いっしょにいることとなったその若い女の魂は、ほとんど病的なほど慎み深かった。思い切ってクリストフの招待を承諾したのも、異常な興奮のうちにあったからだった。そして承諾するやすぐに、どうかして彼の手をのがれ、口実を見出し、逃げてしまいたかった。皆の者の好奇心の的となってることを気づいた時には、なおたまらなかった。自分の後ろに――(彼女は振り向き得なかったのである)――連れの男の低いののしり声や不平の声を聞くに従って、ますますいたたまらなくなるばかりだった。彼がどんなことをしでかすかわからないような気がした。そして彼が出て来て自分のそばにすわった時、彼女は恐ろしさにぞっとした。まだ彼はどんなとっぴなことをするかわからない。彼女は穴にでもはいりたかった。そして知らず知らず身を引いていた。彼にさわるのが恐ろしかった。
しかし、幕間になって、おとなしく話しかける彼の声を聞いた時、彼女の恐れはすべて消え去った。
「僕が隣りにいるとたいへん不愉快でしょうね、ごめんください。」
そこで彼女は彼をながめた。そして、先刻いっしょに来る決心の動機となったあの善良な微笑をまた彼の顔に見出した。
彼はつづけて言った。
「僕は思ってることを隠すことができないんです。……それにまた、あまりひどすぎたんで……。あの女が、あの婆さんが……。」
彼はふたたび嫌悪のしかめ顔をした。
彼女は微笑んで、ごく小声で言った。
「それでも、きれいですわ。」
彼は彼女の語調に気づいて尋ねた。
「あなたは外国の方ですか。」
「ええ。」と彼女は言った。
彼は彼女の質素な小さい長衣をながめた。
「先生をしてるんですか。」と彼は言った。
彼女は顔を赤くして答えた。
「ええ。」
「国はどちらです?」
彼女は言った。
「フランス人ですの。」
彼は驚きの身振りをした。
「フランス人ですって? 僕は思いもつきませんでした。」
「なぜですの。」と彼女はおずおず尋ねた。
「あなたはたいそう……真面目だから。」と彼は言った。
(彼女はそれを、彼の口から出る以上まったくお世辞ではないと考えた。)
「フランスにだって真面目なものもありますわ。」と彼女は当惑して言った。
彼は彼女の正直そうな小さな顔、丸く出てる額、小さなまっすぐな鼻、細そりした頤、栗色の髪に縁取られてる痩せた頬を、うちながめた。しかし彼の眼に映ってるのは彼女ではなかった。彼はあの美しい女優のことを考えていた。彼はくり返し言った。
「あなたがフランス人だとは実に不思議だ!……ほんとうにあなたはあのオフェリアと同じ国の人ですか。そうだとはだれにも思えないでしょう。」
彼はちょっと黙った後につけ加えた。
「あれは実にきれいですね!」
彼は、隣席の女にとってはあまりありがたくない比較を、彼女とオフェリアとの間に試みてる自分の調子に、みずから気づかなかった。彼女の方はよくそれを感じた。しかし彼女はクリストフを恨まなかった。なぜなら、彼女も彼と同じ考えだったから。彼はあの女優に関するいろんなことを、彼女から聞き出そうと試みた。しかし彼女は何にも知らなかった。明らかに彼女は、芝居のことにはほとんど通じていなかった。
「フランス語が話されるのを聞くのは、あなたには愉快でしょうね。」と彼は尋ねた。
彼は戯れのつもりだったが、しかし図星をさした。
「ええ、それはもう、」と彼女は彼がびっくりしたほど真実な調子で言った、「どんなにかうれしいことですわ。こちらでは、私は息苦しい気がしますの。」
彼はこんどはなおよく彼女をながめた。彼女は軽く両手を震わせ、胸苦しいようなふうだった。しかし彼女はすぐに、今の自分の言葉のうちには、あるいは相手の気色を害するものがあるかもしれないことを、思いついた。
「あら、ごめんください、」と彼女は言った、「自分でもなんだかわからないことを申しまして。」
彼は淡白にうち笑った。
「あやまることがあるものですか。まったくおっしゃるとおりです。何もフランス人でなくっても、こちらでは息がつまりそうです。うっふ……。」
彼は空気を吸い込みながら肩をそびやかした。
Mais elle avait honte de s'être ainsi livrée, et elle se tut désormais. D'ailleurs, elle venait de s'apercevoir que, des loges voisines, on épiait leur conversation; et il le remarqua aussi avec colère. Ils s'interrompirent donc; et, en attendant la fin de l'entr'acte, il sortit dans le couloir du théâtre. Les paroles de la jeune fille résonnaient à son oreille; mais il était distrait: l'image d'Ophélie occupait sa pensée. Elle acheva de s'emparer de lui, dans les actes suivants; et lorsque la belle actrice arriva à la scène de la folie, aux mélancoliques chansons d'amour et de mort, sa voix sut y trouver des accents si touchants qu'il en fut bouleversé; il sentit qu'il allait se mettre à pleurer comme un veau. Furieux contre lui-même de ce qui lui semblait une marque de faiblesse—(car il n'admettait point qu'un vrai artiste pleurât),—et ne voulant pas se donner en spectacle, il sortit brusquement de la loge. Les couloirs, le foyer, étaient vides. Dans son agitation, il descendit les escaliers du théâtre et sortit, sans s'en apercevoir. Il avait besoin de respirer l'air frais de la nuit, de marcher à grands pas dans les rues sombres et à demi désertes. Il se retrouva au bord d'un canal, accoudé sur le parapet de la berge, et contemplant l'eau silencieuse, où dansaient dans l'ombre les reflets des réverbères. Son âme était pareille: obscure et trépidante; il n'y pouvait rien voir qu'une grande joie qui dansait à la surface. Les horloges tintèrent. Il lui eût été impossible de retourner au théâtre et d'entendre la fin de la pièce. Voir le triomphe de Fortinbras? Non, cela ne le tentait pas... Beau triomphe! Qui pense à envier le vainqueur? Qui voudrait être lui, après qu'on est gorgé de toutes les sauvageries de la vie féroce et ridicule? L'œuvre est un réquisitoire formidable contre la vie. Mais une telle puissance de vie bout en elle que la tristesse devient joie; et l'amertume enivre...
Christophe revint chez lui, sans plus se soucier de la jeune fille inconnue, qu'il avait laissée dans sa loge, et dont il ne savait même pas le nom.
Le lendemain matin, il alla voir l'actrice, dans l'hôtellerie de troisième ordre où l'impresario l'avait reléguée avec ses camarades, tandis que la grande comédienne était descendue au premier hôtel de la ville. On le fit entrer dans un petit salon mal tenu, où les restes du déjeuner traînaient sur un piano ouvert, avec des épingles à cheveux et des feuilles de musique déchirées et malpropres. Dans la chambre à côté, Ophélie chantait à tue-tête, comme un enfant, pour Le plaisir de faire du bruit. Elle s'interrompit un instant, quand on lui annonça la visite et demanda d'une voix joyeuse qui ne prenait nul souci de n'être pas entendue de l'autre côté du mur:
—Qu'est-ce qu'il veut, ce monsieur? Comment est-ce qu'il se nomme?... Christophe... Christophe quoi?... Christophe Krafft?... Quel nom!
(Elle le répéta deux ou trois fois, en faisant terriblement rouler les r.)
—On dirait un juron...
(Elle en dit un.)
—Est-ce qu'il est jeune ou vieux?... Gentil?...—C'est bon, j'y vais.
Elle se remit à chanter:
«Rien n'est plus doux que mon amour...»
en furetant à travers la chambre, et pestant contre une épingle d'écaille qui se faisait chercher au milieu du fouillis. Elle s'impatienta, elle se mit à gronder, elle fit le lion. Bien qu'il ne la vît pas, Christophe suivait par la pensée tous ses gestes derrière le mur, et il riait tout seul. Enfin, il entendit les pas se rapprocher, la porte s'ouvrit impétueusement; et Ophélie parut.
Elle était à demi vêtue, dans un peignoir qu'elle serrait autour de sa taille, les bras nus dans les larges manches, les cheveux mal peignés, des boucles tombant sur les yeux et les joues. Ses beaux yeux bruns riaient, sa bouche riait, ses joues riaient, une aimable fossette riait au milieu de son menton. De sa belle voix grave et chantante, elle s'excusa à peine de se montrer ainsi. Elle savait qu'il n'y avait pas de quoi s'excuser, et qu'il ne pouvait lui en être que très reconnaissant. Elle croyait qu'il était un journaliste, qui venait l'interviewer. Au lieu d'être déçue, quand il dit qu'il venait uniquement pour son compte et parce qu'il l'admirait, elle en fut ravie. Elle était bonne fille, affectueuse, enchantée de plaire, et ne cherchait pas à le cacher: la visite de Christophe et son enthousiasme la rendaient heureuse:—(elle n'était pas encore gâtée par les compliments).—Elle était si naturelle dans tous ses mouvements et dans toutes ses façons, même dans ses petites vanités et dans le plaisir naïf qu'elle avait à plaire, qu'il n'éprouva pas le moindre instant de gêne. Ils furent tout de suite de vieux amis. Il baragouinait un peu de français, elle baragouinait quelques mots d'allemand; au bout d'une heure, ils se racontaient tous leurs secrets. Elle ne pensait aucunement à le renvoyer. Cette Méridionale robuste et gaie, intelligente et expansive, qui eût crevé d'ennui, au milieu de ses stupides compagnons et d'un pays dont elle ne savait pas la langue, sans la joie naturelle qui était en elle, était contente de trouver à qui parler. Quant à Christophe, c'était un bien inexprimable pour lui de rencontrer, dans sa ville de petits bourgeois étriqués et peu sincères, cette libre fille du Midi, pleine de sève populaire. Il ne savait pas encore le factice de ces natures, qui, à la différence de ses Allemands, n'ont rien de plus dans le cœur que ce qu'elles montrent,—et souvent, ne l'ont pas. Au moins, elle était jeune, elle vivait, elle disait franchement, crûment, ce qu'elle pensait; elle jugeait tout, librement, d'un regard frais et neuf; on respirait en elle un peu de son mistral balayeur de brouillards. Elle était bien douée: sans culture et sans réflexion, elle sentait sur-le-champ, et de tout son cœur, jusqu'à en être sincèrement émue, les choses qui étaient belles et bonnes; et puis, l'instant d'après, elle riait aux éclats. Certes, elle était coquette, elle jouait des prunelles; il ne lui déplaisait point de montrer sa gorge nue, sous le peignoir entr'ouvert: elle eût aimé tourner la tête à Christophe; mais c'était pur instinct. Nul calcul, elle aimait encore mieux rire, causer gaiement, être bon camarade, bon garçon, sans gêne et sans façons. Elle lui raconta les dessous de la vie de théâtre, ses petites misères, les susceptibilités niaises de ses camarades, les tracasseries de Jézabel,—(elle appelait ainsi la grande comédienne)—qui était attentive à ne pas la laisser briller. Il lui confia ses doléances sur les Allemands: elle battit des mains et fit chorus avec lui. Elle était bonne, d'ailleurs, et ne voulait dire du mal de personne; mais cela ne l'empêchait pas d'en dire; et, tout en s'accusant de malignité, quand elle plaisantait quelqu'un, elle avait ce don d'observation réaliste et bouffonne, propre aux gens du Midi: elle n'y pouvait résister, et faisait des portraits à l'emporte-pièce. Elle riait joyeusement de ses lèvres pâles, qui découvraient ses dents de jeune chien; et ses yeux cernés brillaient dans sa figure un peu blême, que le fard avait décolorée.
Ils s'aperçurent tout à coup qu'il y avait plus d'une heure qu'ils causaient. Christophe proposa à Corinne—(c'était son nom de théâtre)—de venir la reprendre dans l'après-midi, pour la piloter à travers la ville. Elle fut enchantée de l'idée; et ils se donnèrent rendez-vous, aussitôt après le dîner.
À l'heure dite, il fut là. Corinne était assise dans le petit salon de l'hôtel et tenait un cahier, qu'elle lisait tout haut. Elle l'accueillit avec ses yeux riants, sans s'interrompre de lire, jusqu'à ce qu'elle eût fini sa phrase. Puis, elle lui fit signe de s'asseoir sur le canapé, auprès d'elle:
—Mettez-vous là, et ne causez pas, dit-elle, je repasse mon rôle. J'en ai pour un quart d'heure.
Elle suivait sur le manuscrit, du bout de l'ongle, en lisant très vite et au hasard, comme une petite fille pressée. Il s'offrit à lui faire réciter sa leçon. Elle lui donna le cahier, et se leva pour répéter. Elle ânonnait, ou recommençait quatre fois une fin de phrase, avant de se lancer dans la phrase suivante. Elle secouait la tête en récitant son rôle; ses épingles à cheveux tombaient, tout le long de la chambre. Quand un mot obstiné refusait d'entrer dans sa mémoire, elle avait des impatiences d'enfant mal élevée: il lui échappait un juron drôlatique, ou même d'assez gros mots,—un très gros et très court, dont elle s'apostrophait elle-même.—Christophe était surpris de son mélange de talent et d'enfantillage. Elle trouvait des intonations justes et émouvantes; mais, au beau milieu de la tirade où elle semblait mettre tout son cœur, il lui arrivait de dire des mots qui n'avaient aucun sens. Elle récitait sa leçon, comme un petit perroquet, sans s'inquiéter de ce que cela signifiait: et c'étaient alors des coq-à-l'âne burlesques. Elle ne s'en affectait point; quand elle s'en apercevait, elle riait à se tordre. À la fin, elle dit: «Zut!», elle lui arracha le cahier des mains, le lança à la volée dans un coin de la chambre, et dit:
—Vacances! L'heure est sonnée!... Allons nous promener!
Un peu inquiet au sujet de son rôle, il demanda, par scrupule:
—Vous croyez que vous saurez?
Elle répondit avec assurance:
—Bien sûr. Et le souffleur, pour quoi est-ce qu'il serait fait alors?
Elle passa dans sa chambre, pour mettre son chapeau. Christophe, en l'attendant, s'assit devant le piano et tapota quelques suites d'accords. De l'autre pièce, elle cria:
—Oh! qu'est-ce que c'est que cela? Jouez encore! Que c'est joli!
しかし彼女は、そういうふうに考えをうち明けたのがきまり悪くなって、それきり口をつぐんでしまった。そのうえ彼女は隣り桟敷の人々がこちらの会話をうかがってるのに気づいていた。彼もまたそのことに気づいて腹をたてた。そして二人は話をやめた。彼は幕間が終わるのを待ちながら、廊下に出て行った。若い女の言葉はまだ彼の耳に響いていた。しかし彼は他のことに気を奪われていた。オフェリアの面影が彼の心を占めていた。そして次々の幕で彼はすっかりとらえられてしまった。狂乱の場面になると、愛と死とのあの哀しい歌のところになると、女優の声は人を感動せしめないではおかないような抑揚になり得たので、彼はまったく心転倒してしまった。子牛のように声を挙げて泣き出しそうになっている自分を、彼は感じた。そして、気弱さのしるし――(なぜなら、彼は真の芸術家たるものは決して泣いてはいけないと信じていたから)――だと思われるそのことにみずから憤り、また人に見られたくなかったので、ふいに桟敷から外に出た。廊下にも休憩室にもだれ一人いなかった。彼は心乱れながら階段を降りていって、みずから知らないで外に出た。夜の冷たい空気を吸いたかった。薄暗い寂しい通りを大跨に歩きたかった。いつしか運河の岸に出で、河岸の胸壁に肱をついて、黙々たる水をながめた。水の面には街燈の反映が闇の中に踊っていた。彼の魂もそれに似ていた。真暗でおののいていた。表面に躍りたってる大喜悦のほかは、何にも見えなかった。方々の大時計が鳴った。劇場へもどって劇の終わりを聞くことは、彼にはできそうにもなかった。フォルティンブラスの勝利を見にもどれというのか? いや、彼はそれに心ひかれなかった。……なるほどみごとな勝利だろうさ! だれがそんな勝利者をうらやむものか。獰猛な愚かな生命のあらゆる蛮行に飽きはてた後、勝利者になって何になろうぞ。作品全部が生命にたいする恐るべき迫害である。しかしながらその中には、生命の異常なる力が沸きたっていて、悲哀は喜悦となり、苦悩は人を陶酔せしむるほどになっている……。
クリストフは、あの初対面の若い女のことはもはや気にもかけないで、家に帰っていった。彼は彼女を桟敷の中に置きざりにして、その名前さえも知らなかった。
翌朝、彼は女優に会いに、三流どころの小さな旅館へ出かけた。興行主は彼女を仲間といっしよにそこへ泊まらせ、ただ座頭の女優だけを、町一流の旅館に入れていたのである。クリストフは乱雑な小さな客間に案内された。朝食の残り物が、髪の留め針や裂けたきたない楽譜の紙とともに、蓋を開いたピアノの上にのっていた、傍らの室ではオフェリアが、ただ騒ぐのが面白さに、子供のように声を張り上げて歌っていた。訪問者があるのを告げられると、彼女はちょっと歌をやめて、壁の向こうまで聞こえても構わないような、快活な声で尋ねた。
「なんの用だろう? どういう名前なの?……クリストフ……クリストフそれから?……クリストフ・クラフトだって……おかしな名前だこと!」
(彼女はリやラの音をひどく口の中でころがしながら、二、三度その名前をくり返した。)
「まるで悪口の言葉のようだわ……。」
(彼女こそ悪口を一つ言ったのだ。)
「若い人、それとも年寄り?……よさそうな人なの?……そんならいいわ、行ってみよう。」
彼女はまた歌いだした。
――吾が恋よりもやさしきものは世にあらじ……
歌いながら、室じゅうをかき回し、散らかった物の中にはいり込んだ鼈甲の留め針を、ののしりちらした。じれったがって、怒鳴りだし、獅子のように猛りたった。クリストフにはその姿は見えなかったけれど、壁越しに彼女の身振りを一々想像して、一人で笑っていた。ついに足音が近づいてき、扉がさっと開かれ、そしてオフェリアが現われた。
彼女はちゃんとした服装をしてはいなかった。化粧着を身体にまきつけ、広い袖の中に腕を露わにし、髪はよく梳ってなく、巻き毛が眼や頬にたれ下がっていた。その美しい褐色の眼は笑い、口も笑い、頬も笑い、かわいらしい小窪が頤のまん中に笑っていた。彼女は荘重な歌うような美しい声で、そんな姿で出て来たことをちょっと詫びてみた。しかし、別に詫びるわけはないことを、かえって感謝されていいことを、よく知っていた。彼女は彼を、訪問にやって来た新聞記者だと思っていた。そして、ただ自分一個の考えで来たのだと言われ、彼女を賛美してるからだと言われると、失望するどころか、非常に歓んだ。彼女は愛嬌のいい善良な娘で、人に喜ばれるのが大好きで、またそれを隠そうともしなかった。クリストフの訪問と心酔とに、彼女はうれしくなった。――(彼女はまだ、世辞追従に毒されてはいなかった。)――彼女はその動作においても、作法においても、小さな虚栄心においても、また人に好かれる時に感ずる無邪気な喜びにおいても、少しの不自然さもなかったので、クリストフは一瞬間も窮屈を感じなかった。二人はすぐに古い友だちのような間になった。彼は拙いフランス語を少し話し、彼女は変なドイツ語をわずか話した。一時間もたつと、どんな内密な話でももち出した。彼女は少しも彼を帰らせようとは思わなかった。この強健で快活で怜悧で感情を隠さない南欧の女は、愚かな仲間たちにとりまかれ、言葉を知らない他国にあって、生来の喜びをも覚ゆることなく、退屈でたまらなかったので、話し相手を見出したのがうれしかった。クリストフの方では、誠実に乏しいいじけた小市民らのまん中で、平民的元気に満ちた南欧の自由な女に出会ったことは、言い知れぬ幸福であった。彼はまだ、それら南欧人の不自然な性質を知らなかった。彼らはドイツ人と違って、その心の中にもってるもの全部を相手に示す――またしばしば、もっていないものをも相手に示すことがある。しかしとにかく、この女優は年が若かった、溌剌としていた、思ってることを、腹蔵なく露骨に言ってのけた。清新な見方で、すべてを自由に批判した。雲霧を吹き払うあの南風が、彼女のうちにも多少感ぜられた。彼女は天分が豊かであった。教養も思慮もなかったけれど、美しいよい物ならば、それをただちに心から感ずることができて、ほんとうに感動するほどだった。そしてすぐそのあとで、にわかに大笑いをした。もとより、彼女は仇っぽい女で、瞳をよく働かせた。よく合わさっていない化粧着の下から、裸の喉をのぞかしてるのも、少しも不愉快ではなかった。彼女はクリストフの心を迷わせたかったかもしれない。しかしそれはまったく本能からであった。なんらの打算もなかった。笑い、快活に話をし、気兼ねも遠慮もなく、善良なお坊ちゃんとなりお友だちとなることを、いっそう好んでいた。芝居生活の内幕や、自分のちょっとしたみじめな事柄や、仲間たちのつまらない猜疑や、彼女に光らせないようにと注意してるゼザベル――(彼女は座頭の女優をきらってゼザベルと綽名していた)――の意地悪なことなどを、彼に話してきかした。彼はドイツ人にたいする不平をうち明けた。彼女は手をたたいて面白がり、彼に調子を合わした。彼女は元来善良であって、だれの悪口をも言うつもりではなかったが、しかしやはり自然と悪口を言うのだった。だれかを揶揄する時には、自分の意地悪さを心ではとがめながらも、やはり南欧人の特色たる、現実的な滑稽な観察の才を失わなかった。彼女はそれをどうすることもできないで、うがった批評をくだすのだった。若犬のような歯並みを見せて、蒼ざめた唇で面自そうに笑った。化粧のために色褪せた蒼白い顔の中には、隈のある眼が輝いていた。
二人は突然、もう一時間以上も話をしたことに気づいた。クリストフはコリーヌ――(それが彼女の芸名だった)――へ、市内を案内するために午後誘いに来ようと申し出た。彼女はその考えにたいへん喜んだ。そして二人は、昼食後すぐに会う約束をした。
約束の時間に、彼はそこへ行った。コリーヌは旅館の小さな客間にすわって、書き抜きを手にしながら声高く読んでいた。彼女は笑みを含んだ眼で彼を迎え、なおやめないで文句を終わりまで読んだ。それから、安楽椅子の自分のそばにすわるように合図をした。
「かけてちょうだい、そして口をきいちゃ厭よ。」と彼女は言った。「台詞を読み返してるところなの。十五分もかかれば大丈夫よ。」
彼女は急き込んでる小娘のように、ごく早くやたらに読み散らしながら、爪の先で書き抜きをたどっていた。彼は諳誦の手伝いをしてやろうと言い出した。彼女は彼に書き抜きを渡し、立ち上ってくり返した。盛んに言いよどんだり、次の文句へ進んでゆく前に、前の句の終わりを何度もくり返したりした。諳誦しながら始終頭を振っていた。髪の留め針が室の方々に落ち散った。なかなか覚えにくい言葉に出会うと、躾の悪い子供のように焦れったがった。時とすると、おかしな悪口やかなりひどい言葉――みずから自分に浴びせかけるごくひどい短い言葉――を発することもあった。クリストフは、才能と幼稚さとを共にそなえてる彼女に驚いた。彼女は正当な感動的な台辞回しを見出していった。しかし、全心をこめてるらしい調子の最中に、なんの意味も含まないような言葉を言うことがあった。かわいい鸚鵡のように文句を諳誦して、どういう意味のものであるかは少しも気にかけなかった。するともう支離滅裂なおかしなものになってしまった。彼女はいっこう平気だった。自分でも気がつくと身をねじって笑いこけた。しまいには「ちぇッ!」と言いすてて、彼の手から書き抜きを奪い取り、室の隅に投げやり、そして言った。
「もうおしまい、休みの時間だわ!……散歩に出かけましょう。」
彼は彼女の台辞に多少不安を感じて、懸念のあまり尋ねた。
「覚えたつもりですか。」
彼女は確かな様子で答えた。
「大丈夫よ。それにまた、黒坊だってついてるんだもの。」
彼女は帽子を被りに室へ行った。クリストフは待ちながら、ピアノの前にすわって少しばかり和音をひいた。向こうの室から彼女は叫んだ。
「あ、それはなんなの? もっとひいてちょうだい。ほんとにいいこと!」
Elle accourut, en se piquant son chapeau sur la tête. Il continua. Quand il eut fini, elle voulut qu'il continuât encore. Elle s'extasiait, avec ces petites exclamations mièvres et menues, dont les Françaises sont coutumières et qu'elles prodiguent aussi bien à propos de Tristan que d'une tasse de chocolat. Christophe riait: cela le changeait des exclamations énormes et emphatiques de ses Allemands. Deux exagérations contraires: l'une tendait à faire d'un bibelot une montagne, l'autre faisait d'une montagne un bibelot; celle-ci n'était pas moins ridicule que celle-là; mais elle lui semblait, pour l'instant, plus aimable, parce qu'il aimait la bouche d'où elle sortait.—Corinne voulut savoir de qui était ce qu'il jouait; et quand elle sut que c'était de lui, elle poussa des cris. Il lui avait bien dit, dans leur conversation du matin, qu'il était compositeur; mais elle n'y avait fait aucune attention. Elle s'assit auprès de lui et exigea qu'il jouât tout ce qu'il avait composé. La promenade fut oubliée. Ce n'était pas simple politesse de sa part: elle adorait la musique, et elle avait un instinct admirable, qui suppléait à l'insuffisance de son instruction. D'abord, il ne la prit pas au sérieux, et lui joua ses mélodies les plus faciles. Mais quand, par hasard, ayant été amené à jouer une page à laquelle il tenait davantage, il vit, sans qu'il lui en eût rien dit, que c'était celle aussi qu'elle préférait, il eut une joyeuse surprise. Avec le naïf étonnement des Allemands, quand ils rencontrent un Français qui est bon musicien, il lui dit:
—C'est curieux. Comme vous avez le goût bon! Je n'aurais jamais cru...
Corinne lui rit au nez.
Il s'amusa dès lors à faire choix d'œuvres de plus en plus difficiles à comprendre, pour voir jusqu'où elle le suivrait. Mais elle ne semblait pas déroutée par les hardiesses expressives; et, après une mélodie particulièrement neuve, dont Christophe avait presque fini par douter, parce qu'il n'avait jamais réussi à la faire goûter en Allemagne, quel fut son étonnement, quand Corinne le supplia de recommencer, et, se levant, se mit à chanter les notes, de mémoire, sans presque se tromper! Il se retourna vers elle et lui saisit les mains, avec effusion:
—Mais vous êtes musicienne! cria-t-il.
Elle se mit à rire, et expliqua qu'elle avait débuté comme chanteuse dans un Opéra de province, mais qu'un impresario en tournées avait reconnu ses dispositions pour le théâtre poétique et l'avait poussée de ce côté. Il s'exclamait:
—Quel dommage!
—Pourquoi? fit-elle. La poésie est aussi une musique. Elle se fit expliquer le sens de ses Lieder; il lui disait les mots allemands, et elle les répétait avec une facilité simiesque, copiant jusqu'aux plissements de sa bouche et de ses yeux. Quand il s'agissait ensuite de chanter de mémoire, elle faisait des erreurs bouffonnes; et, quand elle ne savait plus, elle inventait des mots, aux sonorités gutturales et barbares, qui les faisaient rire tous deux. Elle ne se lassait pas de le faire jouer, ni lui de jouer pour elle et d'entendre sa jolie voix, qui ne connaissait pas les roueries du métier et chantait un peu de la gorge, à la façon d'une petite fille, mais qui avait un je ne sais quoi de fragile et de touchant. Elle disait franchement ce qu'elle pensait. Bien qu'elle ne sût pas expliquer pourquoi elle aimait ou n'aimait pas, il y avait toujours dans ses jugements une raison cachée. Chose curieuse, c'était dans les pages les plus classiques et les plus appréciées en Allemagne qu'elle se trouvait le moins à l'aise: elle faisait quelques compliments, par politesse; mais on voyait que cela ne lui disait rien. Comme elle n'avait pas de culture musicale, elle n'avait pas ce plaisir, que procure inconsciemment aux amateurs et même aux artistes le déjà entendu, et qui leur fait reproduire à leur insu, ou aimer dans une œuvre nouvelle, des formes ou des formules qu'ils ont aimées déjà dans des œuvres anciennes. Elle n'avait pas non plus le goût allemand pour la sentimentalité mélodieuse; (ou, du moins, sa sentimentalité était autre: il n'en connaissait pas encore les défauts); elle ne s'extasiait point sur les passages d'une fadeur un peu molle, qu'on préférait en Allemagne; elle n'apprécia point le plus médiocre de ses Lieder,—une mélodie qu'il eût voulu pouvoir détruire, parce que ses amis ne lui parlaient que de cela, trop heureux de pouvoir le complimenter pour quelque chose. L'instinct dramatique de Corinne lui faisait préférer les mélodies qui retraçaient avec franchise une passion précise: c'était aussi à celles-là qu'il attachait le plus de prix. Toutefois, elle manifestait son peu de sympathie pour certaines rudesses d'harmonies qui semblaient naturelles à Christophe: elle éprouvait un heurt; elle s'arrêtait devant, et demandait «si vraiment c'était comme ça». Quand il disait que oui, alors elle se décidait à sauter le pas difficile; mais ensuite, elle faisait une petite grimace de la bouche, qui n'échappait point à Christophe. Souvent, elle aimait mieux passer la mesure. Alors, il la refaisait au piano.
—Vous n'aimez pas cela? demandait-il.
Elle fronçait le nez.
—C'est faux, disait-elle.
—Non pas, faisait-il en riant, c'est vrai. Réfléchissez à ce qu'il dit. Est-ce que ce n'est pas juste, ici?
(Il montrait son cœur.)
Mais elle secouait la tête:
—Peut-être bien; mais c'est faux, là.
(Elle se tirait l'oreille.)
Elle se montrait aussi choquée par les grands sauts de voix de la déclamation allemande:
—Pourquoi est-ce qu'il parle si fort? demandait-elle. Il est tout seul. Est ce qu'il ne craint pas que ses voisins ne l'entendent? Il a l'air... (Pardon! vous ne vous fâcherez pas?)... il a l'air de héler un bateau.
Il ne se lâchait pas; il riait de bon cœur, et reconnaissait qu'il y avait là du vrai. Ces observations l'amusaient; personne ne les lui avait encore faites. Ils convinrent que la déclamation chantée déforme le plus souvent la parole naturelle, à la façon d'un verre grossissant. Corinne demanda à Christophe d'écrire pour elle la musique d'une pièce, où elle parlerait sur l'accompagnement de l'orchestre, avec quelques phrases chantées de temps en temps. Il s'enflamma pour cette idée, malgré les difficultés de réalisation scénique, que la voix musicale de Corinne lui semblait propre à surmonter; et ils firent des projets pour l'avenir.
Il n'était pas loin de cinq heures, quand ils pensèrent à sortir. À cette saison, la nuit tombait tôt. Il ne pouvait plus être question de se promener. Le soir, Corinne avait répétition au théâtre; personne n'y pouvait assister. Elle lui fit promettre de revenir la prendre dans l'après-midi du lendemain, pour faire la promenade projetée.
Le lendemain, la même scène faillit se renouveler. Il trouva Corinne devant son miroir, juchée sur un haut tabouret, les jambes pendantes: elle essayait une perruque. Il y avait là son habilleuse et un coiffeur à qui elle faisait des recommandations au sujet d'une boucle qu'elle voulait plus relevée. Tout en se regardant dans la glace, elle y regardait Christophe, qui souriait derrière son dos: elle lui tira la langue. Le coiffeur partit avec la perruque, et elle se retourna gaiement vers Christophe:
—Bonjour, ami! dit-elle.
彼女は帽子を頭に留めながら駆けて来た。彼はひきつづけた。ひいてしまっても、彼女はもっとつづけるように願った。そして、トリスタンの曲についても一杯のチョコレートについても同様にまき散らす、フランス婦人特有の気のきいた短い感嘆の声をたてながら、彼女はうっとりと聞き入っていた。クリストフは笑っていた。ドイツ人の大袈裟な強調した感嘆の言葉から、気を散らされるのであった。でも二つとも、相反した誇張だった。一つは床の間の置き物を山とすることであり、一つは山を床の間の置き物とすることであった。後者も前者に劣らず滑稽なものだった。しかしその時クリストフには、後者の方が好ましかった。なぜなら、それが出て来る口を彼は愛していたから。――コリーヌは、彼がひいてるのはだれの作だか尋ねた。そして彼自身の作だと知ると、驚きの声をたてた。彼はその午前の会談のおりに、自分は作曲家だとはっきり言っていた。しかし彼女はそれに少しも注意しなかったのである。彼女は彼のそばにすわって、彼の作を残らずひいてくれとせがんだ。散歩は忘れられてしまった。彼女の方にお世辞があるのではなかった。彼女は音楽を愛していたし、教育の不足を補うに足るりっぱな本能をそなえていた。彼は初め彼女の言うことを本気にしないで、最もたやすい旋律をひいてやった。しかし、自分の好きな一節をふとひいてみて、そのことをなんとも言わないのに、彼女もまたそれが好きだということを知った時、彼は喜ばしい驚きを感じた。りっぱな音楽家であるフランス人に出会うと、ドイツ人はいつも率直な驚きを示すのであるが、彼もやはりそのとおりで、彼女に言った。
「これは不思議だ。あなたは実にりっぱな趣味をもってる。僕はまったく意外でした……。」
コリー又は彼の鼻先で嘲笑った。
その次から彼は面白がって、ますます理解しにくい作を選び、どこまで彼女がついて来るかを見ようとした。しかし彼女は、どんな大胆な表現にもまごつかないらしかった。そして、ドイツではどうしても人から鑑賞されないので、自分でもついに疑惑を生じかけていた、とくに新しい旋律を弾くと、コリーヌはも一度ひいてくれと頼み、みずから立ち上がって、記憶をたどりながらほとんど間違えずにその曲を歌い出したので、彼は非常に驚かされた。彼は彼女の方へ向き直り、心をこめてその両手を取った。
「あなたは音楽家だ!」と彼は叫んだ。
彼女は笑いだした。そして、初めは田舎の歌劇に歌手として乗り出したのであったが、巡回興行主から詩劇にたいする才能を認められて、その方へ向けられたのだということを、説明してきかした。彼は叫び声をたてた。
「ひどいや!」
「なぜ?」と彼女は言った。「詩もやはり音楽の一つじゃないの。」
彼女は彼の歌曲の意味を説明さした。彼はドイツ語で話した。彼女は彼の口や眼の皺までも真似て発音しながら、猿のようにすばしこくその言葉をくり返した。それから暗誦して歌う時になると、おかしな間違いをした。わからなくなると、自分で言葉を作り出して、喉にかかった粗野な音を発するので、二人とも笑いだした。彼女は彼に演奏してもらうのに飽きなかったし、また彼は、彼女に演奏してやり彼女の美しい声を聞くのに飽きなかった。その声には少しも職業的な技巧がなかったし、また小娘のように多少喉にかかる歌い方をしてはいたが、なんとも言えぬはかない感傷的な調子がこもっていた。彼女は思うとおりを腹蔵なく言ってのけた。ある物をなぜ好むかあるいは好まないかを、はっきり説明することはできなかったけれど、その批判のうちにはいつも理由が潜んでいた。不思議なことには、最も古典的でドイツで最も賞美さるる楽節において、彼女は最も退屈がった。彼女は礼儀上多少の世辞は言ったが、しかし明らかに、そういう曲からはなんの意味をも感じていなかった。音楽愛好家やまたは音楽家でさえも、かつて聞いたものからは一種の喜びを感ずるものであって、またその喜びのために彼らは、古い作品の中にかつて愛したことのある形式や様式を、知らず知らずのうちにしばしば再現し、もしくは新しい作品中にもそれを愛するものであるが、しかし彼女は音楽的教養がなかったので、そういう喜びを知らなかった。また彼女は、感傷的な旋律にたいするドイツ人の嗜好をも、もってはいなかった。(もしくは少なくとも、彼女の感傷性は別種なものであった。そしてクリストフはその欠点をまだ知らなかった。)ドイツで好まれる多少柔弱な平淡さをもってる楽節にたいして、彼女は少しも歓びを示さなかった。彼の歌曲のうちの最も凡庸なもの――友人らが少しでも彼に祝し得るのを喜んで、彼にそのことばかりを言うので、彼が破棄してしまいたいと思ったある旋律、そういうものに彼女は少しも気をひかれなかった。彼女は劇的な本能から、一定の熱情を忌憚なく描いた旋律を好んだ。彼が最も重んじていたのも、やはりそういう旋律だった。けれども彼女は、クリストフが自然だと思っていたある種の粗暴な和声にたいしては、あまり同感し得ないことを示した。彼女はそれに出会うと、一種の齟齬を感じた。そこにさしかかる前に歌うのをやめて、「ほんとうにそうなんですか、」と尋ねた。彼がそうだと答えると、ようやく思い切ってその困難にぶつかっていった。しかしそのあとで、彼女はちょっと口のあたりをゆがめた。クリストフはそれを見落さなかった。またしばしば、彼女はその小節を飛び越したがった。すると彼は、ピアノでくり返した。
「これ嫌いですね。」と彼は尋ねた。
彼女は鼻をしかめた。
「違ってるわ。」と彼女は言った。
「いいえ。」と彼は笑いながら言った。「ほんとうです。意味を考えてごらんなさい。正しいじゃないですか、ここでは。」
(彼は心臓を指した。)
しかし彼女は頭を振った。
「そうかもしれないわ。でも違っててよ、こちらでは。」
(彼女は耳を引っ張った。)
彼女はまた、ドイツの朗吟法の大袈裟な高声に、不快を感じてる様子だった。
「どうしてあんな大きい声をするんでしょう?」と彼女は尋ねた。「ただ一人なのに。隣りの人たちに聞こえても構わないのかしら。ちょうど……(ごめんなさい、怒っちゃいやよ)……ちょうど渡し舟でも呼ぶようだわ。」
彼は怒らなかった。心から笑っていた。そして多少当たってることを認めた。彼はそういう意見を面白がった。だれからもまだそんなことを言われたことがなかった。結局、朗吟法は拡大鏡のように自然の言葉を害うことが最も多いというのに、二人は一致した。コリーヌは、ある戯曲の音楽を書いてくれと、クリストフに頼んだ。その芝居で彼女は、時々ある文句を歌いながら管弦楽の伴奏に合わして語りたいのだった。彼はその考えに夢中になった。舞台上の実現は困難であったが、コリーヌの音楽的な声なら、それに打ち勝ち得るように考えられた。そして二人は、未来の計画をたてた。
彼らが出かけようと思いついた時には、もう五時近くなっていた。この季節には日の暮れるのが早かった。もはや散歩どころではなかった。その晩コリーヌには、劇場で下稽古があった。それにはだれも列席することができなかった。予定の散歩をするため明日の午後誘いに来ることを、彼女は彼に約束さした。
翌日も、も少しで同じ場面がくり返されるところだった。彼が訪ねてゆくと、コリーヌは鏡を前にして、高い腰掛にすわり足をぶらぶらさしていた。鬘をためしてるのだった。衣裳方と一人の床屋とがそばにいた。彼女は巻毛をも少し高くしたいといって、床屋に種々注文をしていた。そして鏡をのぞいてる時に、自分の背後で微笑んでるクリストフを鏡の中に見出した。彼女は舌を出してみせた。床屋は鬘をもって出て行った。彼女は快活にクリストフの方をふり向いた。
「今日は。」と彼女は言った。
Elle lui tendait la joue, pour qu'il l'embrassât. Il ne s'attendait pas à être si intime; mais il n'eut garde de n'en pas profiter. Elle n'attachait pas tant d'importance à cette faveur: c'était pour elle un bonjour comme un autre.
—Oh! je suis contente! dit-elle, ça ira, ça ira, ce soir.—(Elle parlait de sa perruque.)—J'étais si désolée! Si vous étiez venu, ce matin, vous m'auriez trouvée malheureuse comme les pierres.
Il demanda pourquoi.
C'était parce que le coiffeur parisien s'était trompé dans ses emballages, et qu'il lui avait mis une perruque qui ne convenait pas au rôle.
—Toute plate, disait-elle, et tombant tout droit, bêtement. Quand j'ai vu cela, j'ai pleuré, pleuré comme une Madeleine. N'est-ce pas, madame Désirée?
—Quand je suis entrée, dit celle-ci, Madame m'a fait peur. Madame était toute blanche. Madame était comme morte.
Christophe rit. Corinne le vit dans la glace:
—Cela vous fait rire, sans cœur? dit-elle, indignée.
Elle rit aussi.
Il lui demanda comment avait été la répétition de la veille.—Tout avait très bien marché. Elle eût voulu seulement qu'on fît plus de coupures dans les rôles des autres, et qu'on n'en fît pas dans le sien... Ils causèrent si bien qu'une partie de l'après-midi y passa. Elle s'habilla, longuement; elle s'amusait à demander l'avis de Christophe sur ses toilettes. Christophe loua son élégance, et lui dit naïvement, dans son jargon franco-allemand, qu'il n'avait jamais vu personne d'aussi «luxurieux».—Elle le regarda d'abord, interloquée, puis poussa de grands éclats de rire.
—Qu'est-ce que j'ai dit? demanda-t-il. Ce n'est pas comme cela qu'il faut dire?
—Si! Si! cria-t-elle, en se tordant de rire. C'est justement cela.
Ils sortirent enfin. Sa toilette tapageuse et sa parole exubérante attiraient l'attention. Elle regardait tout avec ses yeux de Française railleuse, et ne se préoccupait pas de cacher ses impressions. Elle pouffait devant les étalages de modes, ou devant les magasins de cartes postales illustrées, où l'on voyait pêle-mêle des scènes sentimentales, des scènes bouffes et grivoises, les cocottes de la ville, la famille impériale, l'empereur en habit rouge, l'empereur en habit vert, l'empereur en loup de mer, tenant le gouvernail du navire Germania et défiant le ciel. Elle s'esclaffait devant un service de table orné de la tête revêche de Wagner, ou devant une devanture de coiffeur où trônait une tête d'homme en cire. Elle manifestait une hilarité peu décente devant le monument patriotique, qui représentait le vieil empereur, en pardessus de voyage et casque à pointe, en compagnie de la Prusse, des États allemands, et du génie de la Guerre tout nu. Elle happait au passage tout ce qui, dans la physionomie des gens, leur démarche, ou leur façon de parler, prêtait à la raillerie. Ses victimes ne pouvaient s'y tromper, au coup d'œil malicieux qui cueillait leurs ridicules. Son instinct simiesque lui faisait même parfois, sans qu'elle y réfléchît, imiter des lèvres et du nez leurs grimaces épanouies ou renfrognées; elle gonflait les joues pour répéter des fragments de phrases ou de mots, qu'elle avait saisis au vol, et dont la sonorité lui paraissait burlesque. Il en riait de tout son cœur, nullement gêné par ses impertinences; car il ne se gênait pas davantage. Heureusement, sa réputation n'avait plus grand'chose à perdre; car une telle promenade était faite pour la couler à jamais.
Ils visitèrent la cathédrale. Corinne voulut grimper jusqu'au faîte de la flèche, malgré ses talons hauts et sa robe trop longue, qui balayait les marches et finit par se prendre à un angle de l'escalier; elle ne s'en émut pas, tira bravement sur l'étoffe qui craqua, et continua de grimper, en se retroussant gaillardement. Peu s'en fallut qu'elle ne sonnât les cloches. Du haut des tours, elle déclama du Victor Hugo, auquel il ne comprit rien, et chanta une chanson populaire française. Après quoi, elle fit le muezzin.—Le crépuscule tombait. Ils redescendirent dans l'église, d'où l'ombre épaisse montait le long des murs gigantesques, au front desquels luisaient les prunelles magiques des vitraux. Christophe vit, agenouillée dans une des chapelles latérales, la jeune fille qui avait été sa compagne délogé, à la représentation d'Hamlet. Elle était si absorbée dans sa prière qu'elle ne le vit point; elle avait une expression douloureuse et tendue, qui le frappa. Il eût voulu lui dire quelques mots, la saluer au moins; mais Corinne l'entraîna dans son tourbillon.
Ils se quittèrent peu après. Elle devait se préparer pour la représentation, qui commençait de bonne heure, suivant l'usage d'Allemagne. Il venait à peine de rentrer, qu'on sonnait à sa porte, pour lui remettre ce billet de Corinne:
«Veine! Jézabel malade! Relâche! Vive la classe!... Ami! Venez! Ferons la dînette ensemble!
«Amie!
«Corinette.
«P.-S.—Portez beaucoup de musique!...»
Il eut quelque peine à comprendre. Quand il eut compris, il fut aussi content que Corinne, et se rendit aussitôt à l'hôtel. Il craignait, de trouver toute la troupe réunie au dîner; mais il ne vit personne. Corinne même avait disparu. À la fin, il entendit sa voix bruyante et riante, tout au fond de la maison; il se mit à sa recherche, et parvint à la découvrir dans la cuisine. Elle s'était mis en tête d'exécuter un plat de sa façon, un de ces plats méridionaux, dont l'arome indiscret remplit tout un quartier et réveillerait les pierres. Elle était au mieux avec la grosse patronne de l'hôtel, et elles baragouinaient ensemble un jargon effroyable, mêlé d'allemand, de français et de nègre, qui n'avait de nom en aucune langue. Elles riaient aux éclats, en se faisant goûter mutuellement leurs œuvres. L'apparition de Christophe augmenta le tapage. On voulut le mettre à la porte; mais il se défendit, et il réussit à goûter aussi du fameux plat. Il fit un peu la grimace: sur quoi elle le traita de barbare Teuton, et dit que ce n'était pas la peine de se donner du mal pour lui.
Ils remontèrent ensemble au petit salon, où la table était prête: il n'y avait que son couvert et celui de Corinne. Il ne put s'empêcher de demander où étaient les camarades. Corinne eut un geste indifférent:
彼女は彼に接吻させるため片頬を差し出した。彼はそれほどの親密を期待していなかった。しかしその機会を無駄にはしなかった。彼女の方では、その恩恵をなんとも思っていなかった。彼女にとっては、ただ普通の「今日は」と同じものだった。
「ああうれしいこと!」と彼女は言った。「今晩はうまくゆくわ。――(彼女は鬘のことを言ってるのだった。)――ほんとうに悲しかったのよ。今朝いらしったら、私は困りきってるところだったわ。」
彼はその理由を尋ねた。
それは、パリーの床屋が荷造りを間違えて、彼女の役割に適しない鬘を入れて来たからだった。
「平べったくって、」と彼女は言った、「おかしな格好に毛がたれ下がってるんだもの。それを見た時私は、ほんとに、涙の限り泣いちゃったわ。ねえ、デジレさん。」
「はいって来ると、」とデジレは言った、「びっくりしたわ。顔の色がなくなって、死人のようになってたんですよ。」
クリストフは笑った。コリーヌはそれを鏡の中で認めた。
「笑ってるのね、人の気も察しないで。」と彼女は怒って言った。
が彼女もまた笑いだした。
彼は前夜の稽古の様子を尋ねた。
「すっかりうまくいったわ。」ただ一つ彼女は、他人の台辞はもっと削ってもらいたく、自分のは削らないようにしてほしいだけだった。……二人は楽しく話し合って、午後の一部はそれで過ぎてしまった。彼女はゆるゆると着物を着た。自分の服装についてクリストフの意見を聞くのを楽しんだ。クリストフは彼女の容姿をほめ、フランス語とドイツ語と折衷的な言葉を使って、彼女ほど「淫麗」な人を見たことはないと、率直に述べた。――彼女は最初まごついて彼をながめ、それから突然大声に笑いだした。
「私が何か言ったんですか。」と彼は尋ねた。「そう言っちゃいけないんですか。」
「いいわ、いいわ。」と彼女は笑いこけながら言った。「ちょうどそのとおりよ。」
ついに二人は出かけた。彼女のきらびやかな服装とおかまいなしの言葉とは、人の注意をひいた。彼女はすべての物を嘲笑的なフランス婦人の眼でながめ、そしてその印象を隠そうとしなかった。流行品店や絵葉書店などの前で、彼女はよく放笑した。感傷的な絵、滑稽な露骨な絵、売笑婦の姿、皇族、赤服の皇帝、青服の皇帝、ゲルマン号の舵を取って天を軽蔑してる老水夫服の皇帝、そんなものが雑然と並べてあった。ワグナーの頑固頭を飾りにした一組の食器の前や、蝋細工の頭が傲然と控えてる理髪店の前で、彼女は大笑いをした。プロシアやドイツ連邦やまっ裸の軍神を引き連れて、旅行外套を着け尖った兜を頂いた老皇帝を現わしてる、愛国的記念塔の前でも、彼女は不敬にもおかしがった。人々の顔つきや歩き方や話し方について、おかしなものはなんでも通りがかりに取り上げた。滑稽な点をうかがってるその意地悪な眼つきに会って、被害者らも気づかずにはいられなかった。彼女は猿のような本能に駆られて、みずからなんの考えもなしに、人々の悲喜こもごもなしかめ顔を唇や鼻で真似ることさえあった。またはふと耳にした切れ切れの文句や言葉のうち、奇妙な音調だと思われるものがあると、頬をふくらましてそれをくり返した。彼は彼女のそういう無作法を少しも迷惑とせずに、快く笑っていた。なぜなら、彼も彼女と同じくらい無遠慮に振舞っていたから。幸いにも、もはや彼の評判は失墜しても大して惜しいものではなかった。そういうふうな散歩はすっかり評判を落としてしまうものではあるが。
二人は大会堂を見物に行った。コリーヌは高い踵の靴をはきたいへんな長衣を着ていたが、それにもかかわらず鐘楼の頂まで上りたがった。長衣の裾は階段に引きずって、その角に引っかかった。彼女は平気だった。裂けるのも構わず衣を引っ張り、元気に裾を引きあげて上りつづけた。も少しで鐘を鳴らそうとまでした。塔の上でヴィクトル・ユーゴーの詩を朗吟した。彼にはその意味が少しもわからなかった。彼女はまたフランスの俗謡を一つ歌った。それから回教徒にならって、祈祷時間を告げる真似をした、――薄暮になりかかっていた。二人は会堂の中に降りていった。濃い闇影が大きな壁にはい上がっていた。壁の上方には窓ガラスの怪しい眸が光っていた。クリストフがふと見ると、ハムレット見物に桟敷を共にしたあの若い女が、片側の礼拝所にひざまずいていた。彼女は祈祷に我れを忘れて、彼の姿に気づかなかった。悲しい切ない表情をしていた。彼はそれに心打たれた。なんとか言葉をかけたかった。少なくとも挨拶だけなりとしたかった。しかしコリーヌは彼を急きたてて引っ張っていった。
二人はやがて別れた。ドイツの習慣として開演の時間が早いので、彼女はその準備をしなければならなかった。彼は家に帰った。するとほとんどすぐに、使の者がコリーヌの手紙をもって来た。
彼はちょっと意味がわからなかった。ようやくわかると、コリーヌと同様にうれしかった。そしてすぐ旅館へ出かけた。仲間の者が皆いっしょに食事をしてやすまいかと気づかわれた。しかしだれの姿も見えなかった。コリーヌまでもいなかった。でもやがて、彼女の騒々しい快活な声が、奥の方に聞こえた。彼は彼女を捜し始めた。料理場でようやく見つかった。彼女は手製の料理を、非常な匂いが近所にあふれて石をも眼覚めさすほどの南欧式な料理を、一皿こしらえようと考えたのだった。彼女は旅館のでっぷり太った主婦と仲がよかった。そして二人でいっしょに、ドイツ語ともフランス語とも黒人語ともつかない、なんとも言いようのないたいへんな言葉をしゃべりちらしていた。たがいに料理の味をみながら大笑いをしていた。クリストフがやって来たので、なお騒ぎが募った。彼女らは彼を追い出そうとした。しかし彼は逆って、その有名な料理を味わうことができた。彼はちょっと顔をしかめた。それを見て彼女は、彼を野蛮なチュートン人だとし、彼のために骨折るのはまったく無駄なことだと言った。
二人はいっしょに小さな客間へ上がっていった。そこには食卓が用意されていた。彼とコリーヌとの食器があるばかりだった。仲間の人たちはどこへ行ったのかと、彼は尋ねないではいなかった。コリーヌは平気な身振りをした。
—Je ne sais pas.
—Vous ne soupez pas ensemble?
—Jamais! C'est déjà bien assez de se voir au théâtre!... Ah bien! s'il fallait encore se retrouver à table!...
Cela était si différent des habitudes allemandes qu'il en fut étonné et charmé:
—Je croyais, dit-il, que vous étiez un peuple sociable!
—Eh bien, fit-elle, est-ce que je ne suis pas sociable?
—Sociable, cela veut dire: vivre en Société. Il faut nous voir, nous autres! Hommes, femmes, enfants, chacun fait partie de Sociétés, du jour de sa naissance jusqu'au jour de sa mort. Tout se fait en Société: on mange, on chante, on pense avec la Société. Quand la Société éternue, on éternue avec elle; on ne boit pas une chope, sans boire avec la Société.
—Ce doit être gai, dit-elle. Pourquoi pas dans le même verre?
—N'est-ce pas fraternel?
—Zut pour la fraternité! Je veux bien être «frère» de ceux qui me plaisent; je ne le suis pas des autres... Pouah! Ce n'est pas une société, cela, c'est une fourmilière!
—Jugez donc comme je dois être à mon aise ici, moi qui pense comme vous!
—Venez chez nous alors!
Il ne demandait pas mieux. Il l'interrogea sur Paris et sur les Français. Elle lui donna des renseignements, qui n'étaient pas d'une exactitude parfaite. À sa hâblerie de Méridionale se joignait le désir instinctif d'éblouir son interlocuteur. À l'en croire, à Paris, tout le monde était libre; et comme tout le monde, à Paris, était intelligent, chacun usait de la liberté, personne n'en abusait; chacun faisait ce qui lui plaisait, pensait, croyait, aimait ou n'aimait point ce qu'il voulait: personne n'avait rien à y redire. Ce n'était point là qu'on pouvait voir les gens se mêler des croyances des autres, espionner les consciences, régenter les pensées. Ce n'était point là que les hommes politiques s'immisçaient aux affaires des lettres et des arts, et distribuaient les croix, les places, et l'argent à leurs amis et à leurs clients. Ce n'était point là que des cénacles disposaient de la réputation et du succès, que les journalistes s'achetaient, que les hommes de lettres se cassaient des encensoirs sur la tête, quand ils ne pouvaient pas se casser la tête avec. Ce n'était point là que la critique étouffait les talents inconnus, et s'épuisait en adulations devant les talents reconnus. Ce n'était point là que le succès, le succès à tout prix justifiait tous les moyens et commandait l'adoration publique. Des mœurs douces, affectueuses, obligeantes. Nulle aigreur dans les rapports. Jamais de médisance. Chacun venait en aide aux autres. Tout nouveau venu de valeur était sûr de voir les mains tendues vers lui, la route aplanie sous ses pas. Le pur amour du beau remplissait ces âmes de Français chevaleresques et désintéressés; et leur seul ridicule était leur idéalisme, qui, malgré leur esprit bien connu, faisait d'eux la dupe des autres peuples.
Christophe écoutait, bouche bée; et il y avait bien de quoi s'émerveiller. Corinne s'émerveillait elle-même, en s'écoutant parler. Elle en avait oublié ce qu'elle avait dit à Christophe, le jour d'avant, sur les difficultés de sa vie passée; et il n'y songeait pas plus qu'elle.
Cependant, Corinne n'était pas uniquement préoccupée de faire aimer sa patrie aux Allemands: elle ne tenait pas moins à se faire aimer elle-même. Toute une soirée sans flirt lui eût paru austère et un peu ridicule. Elle n'épargnait pas les agaceries à Christophe; mais c'était peine perdue: il ne s'en apercevait pas. Christophe ne savait pas ce que c'était que flirter. Il aimait, ou n'aimait point. Lorsqu'il n'aimait point, il était à mille lieues de songer à l'amour. Il avait une vive amitié pour Corinne, il subissait l'attrait de cette nature méridionale si nouvelle pour lui, de sa bonne grâce, de sa belle humeur, de son intelligence vive et libre: c'étaient là sans doute plus de raisons qu'il n'en fallait pour aimer; mais «l'esprit souffle où il veut»; il ne soufflait point là; et, quant à jouer l'amour, en l'absence de l'amour, c'était là une idée qui ne lui serait jamais venue.
Corinne s'amusait de sa froideur. Assise auprès de lui, devant le piano, tandis qu'il jouait les morceaux qu'il avait apportés, elle avait passé son bras nu autour du cou de Christophe, et pour suivre la musique, elle se penchait vers le clavier, appuyant presque sa joue contre celle de son ami. Il sentait le frôlement de ses cils et voyait, tout contre lui, le coin de sa prunelle moqueuse, son aimable museau, et le petit duvet de sa lèvre retroussée, qui, souriante, attendait.—Elle attendit. Christophe ne comprit pas l'invite; Corinne le gênait pour jouer: c'était tout ce qu'il pensait. Machinalement, il se dégagea et écarta sa chaise. Comme, un moment après, il se retournait vers Corinne pour lui parler, il vit qu'elle mourait d'envie de rire; la fossette de sa joue riait; elle serrait les lèvres et semblait se tenir à quatre pour ne pas éclater.
—Qu'est-ce que vous avez? dit-il, étonné.
「知らないわ。」
「いっしょに食事をしないんですか。」
「ええちっとも。芝居で顔を合わせるだけでたくさんよ。……ほんとに、食卓でまでいっしょにいなけりゃならないとしたら!……」
それはドイツの習慣とはまるで異なっていた。彼は驚くとともに面白く思った。
「あなたたちは、」と彼は言った、「社交的な国民だと思っていたが。」
「そんなら、」と彼女は言った、「私は社交的でないんでしょうか。」
「社交的というのは、社会のうちに生活するということです。こちらでは、たがいに顔を合わせなければなりません。男も女も子供も、生まれた日から死ぬ日まで、それぞれ社会の一部をなしている。すべては社会のうちでなされる。人は社会とともに食ったり歌ったり考えたりする。社会が嚔をすれば、人もそれとともに嚔をする。一杯のビールを飲むのにも、社会とともに飲むんです。」
「それは面白いに違いないわ。」と彼女は言った。「同じ杯で飲んだらいいわ。」
「親密でしょう。」
「親密なんてそんな! 私は好きな人となら兄弟になってもいいし、そうでない人とはごめんだわ……。おう嫌だ、そんなのは、社会じゃなくて、蟻の巣よ。」
「僕もあなたに同意です。だからこちらで僕がどんな気持かわかるでしょう。」
「では私の国へいらっしゃいよ。」
それは彼の望むところだった。彼はパリーやフランス人のことについて尋ねた。彼女は種々聞かしてやった。それは完全に正確なものではなかった。南欧婦人の大袈裟な自慢癖のうえに、相手を幻惑しようという本能的な欲求が加わっていた。彼女の言うところによれば、パリーではだれも皆自由だった。そしてパリーでは皆怜悧なので、各人が自由を利用し、一人としてそれを濫用する者がなかった。各自に好きなことをし、勝手に考え信じ愛し、もしくは愛しなかった。だれもそれに言い分はなかった。そこでは、他人の信仰に立ち入る者はいないし、他人の良心を探偵する者はいないし、他人の思想を抑制する者はいなかった。そこでは、政治家が文芸美術に干渉することがなく、情誼や恩顧で勲章や地位や金銭を分かつことがなかった。そこでは、会の名によって評判や成功が左右されることなく、新聞雑誌記者が買収されることなく、文学者が勝手に自惚れ返ることはなかった。そこでは、批評界が無名の秀才を圧迫することもなく、知名の士におもねることもなかった。そこでは、成功が、いかに価値ある成功でもが、それを得る手段をすべて正当化することなく、また民衆の崇拝を左右することがなかった。人気は穏和で丁重で親切だった。交誼はいかにも滑らかだった。決して人の悪口が聞かれなかった。人はたがいに助け合っていた。いかに新参な者でも価値さえあれば、かならず喜んで迎えられ、平らかな前途が見出されるのだった。美わしいものにたいする純なる愛情が、それら任侠公平なフランス人の魂に満ちていた。そして彼らの唯一の滑稽な点は、その理想主義にあるのであって、そのために彼らは、世に知られた敏才をもってるにもかかわらず、他の国民から欺かれることがあるのだった。
クリストフは呆気に取られて聞いていた。実際、感嘆すべき点が多かった。コリーヌ自身も、自分の言葉を聞きながら感嘆していた。過去の生活の困難だったのについて前日クリストフに話したことなんかは、すっかり忘れてしまっていた。彼も同様にそんなことは思い出してもいなかった。
けれどもコリーヌは、自分の祖国をドイツ人に愛させようと努めてるばかりではなかった。自分自身をも愛させようと望んでいた。親昵のない一晩は、彼女にとってはしかつめらしくやや滑稽に思われたに違いない。彼女はクリストフにふざけないではおかなかった。しかしそれは徒労だった。彼はさらに気づかなかった。彼は親昵のなんたるやを知らなかった。彼は愛するか愛しないかであった。愛しない時には、恋愛のことなんかは頭にも浮かべなかった。彼はコリーヌにたいして、強い友情をいだいていた。彼にとってはいかにも珍しい南欧人の性質、そのやさしい愛嬌、その晴れ晴れとした気分、その活発自由な知力に、彼は魅せられていた。そこにはもちろん、愛するためにあり余るほどの理由があった。しかし「人の心の風は己がままに吹く。」彼の心の風はその方へ吹かなかった。そして、恋愛がないのに恋愛の真似をすることは、彼のかつて思いもつかないことだった。
コリーヌは彼の冷たい様子を面白がっていた。もって来た種々の楽曲を彼がひいてる間、彼女は彼のそばにピアノの前にすわって、彼の首に裸の腕をまきつけ、音楽をよく聞くために鍵盤の方へかがみ込んで、自分の頬をほとんど彼の頬にくっつけるほどにした。彼は彼女の睫毛が触れるのを感じ、また、その嘲るような眸の片隅や、愛くるしい鼻つきや、もち上がった唇の細かい産毛などを、自分のすぐそばに見た。その唇は微笑みながら待っていた――彼女は待った。クリストフにはその誘いがわからなかった。コリーヌは自分の演奏を邪魔してる、というのが彼の考えのすべてだった。機械的に彼は身を引いて、椅子を横の方へずらした。そして間もなく、コリーヌの方へ振り向いて話しかけようとすると、彼女の笑いたくてたまらないような様子が眼についた。その頬の笑靨は笑っていた。彼女は唇をきっと結んで、放笑すまいと一生懸命に我慢してるらしかった。
「どうしたんです?」と彼は驚いて言った。
彼女は彼をながめて、にわかに大笑いを始めた。
Elle le regarda, et partit d'un bruyant éclat de rire.
Il n'y comprenait rien:
—Pourquoi riez-vous? demandait-il, est-ce que j'ai dit quelque chose de drôle?
Plus il insistait, plus elle riait. Quand elle était près de finir, il suffisait qu'elle jetât un regard sur son air ahuri, pour qu'elle repartît de plus belle. Elle se leva, courut vers le canapé à l'autre bout de la chambre, et s'enfonça la figure dans les coussins, pour rire à son aise: son corps riait tout entier. Il fut gagné par son rire, il vint vers elle, et lui donna de petites tapes dans le dos. Quand elle eut ri tout son soûl, elle releva la tête, essuya ses yeux qui pleuraient, et lui tendit les deux mains.
—Quel bon garçon vous faites! dit-elle.
—Pas plus mauvais qu'un autre.
Elle continuait d'être secouée de petits accès de rire, en lui tenant toujours les mains.
—Pas sérieuse, la Françoise? fit-elle.
(Elle prononçait: «Françouèse».)
—Vous vous moquez de moi, dit-il, avec bonne humeur.
Elle le regarda d'un air attendri, lui secoua vigoureusement les mains, et dit:
—Amis?
—Amis! fit-il, en répondant à sa poignée de main.
—Il pensera à Corinnette, quand elle ne sera plus là? Il n'en voudra pas à la Françoise de n'être pas sérieuse?
—Et elle, elle n'en voudra pas au barbare Teuton d'être si bête?
—C'est pour ça qu'on l'aime... Il viendra la voir à Paris?
—C'est promis... Et elle, elle m'écrira?
—C'est juré... Dites aussi: Je le jure.
—Je le jure.
—Non, ce n'est pas comme cela. Il faut tendre la main.
Elle imita le serment des Horaces. Elle lui fit promettre qu'il écrirait pour elle une pièce, un mélodrame, qu'on traduirait en français, et qu'elle jouerait à Paris. Elle partait, le lendemain, avec sa troupe. Il s'engagea à aller la retrouver, le surlendemain, à Francfort, où avait lieu une représentation. Ils restèrent encore quelque temps à bavarder. Elle fit cadeau à Christophe d'une photographie qui la représentait nue presque jusqu'à mi-corps. Ils se quittèrent gaiement, en s'embrassant comme frère et sœur. Et vraiment, depuis que Corinne avait vu que Christophe l'aimait bien, mais que décidément il n'était pas amoureux, elle s'était mise à l'aimer bien aussi, sans amour, en bonne camarade.
Leur sommeil n'en fut pas troublé, ni à l'un ni à l'autre. Il ne put lui dire au revoir, le lendemain; car il était pris par une répétition. Mais, le jour suivant, il s'arrangea, comme il l'avait promis, pour aller à Francfort. C'était à deux ou trois heures en chemin de fer. Corinne ne croyait guère à la promesse de Christophe; mais il l'avait prise très au sérieux; et, à l'heure de la représentation, il était là. Quand il vint, pendant l'entr'acte, frapper à la loge où elle s'habillait, elle poussa des exclamations de joyeuse surprise et se jeta à son cou. Elle lui était sincèrement reconnaissante d'être venu. Malheureusement pour Christophe, elle était beaucoup plus entourée dans cette ville de Juifs riches et intelligents, qui savaient apprécier sa beauté présente et son succès futur. À tout instant, on heurtait à la porte de la loge; et la porte s'entrebâillait pour laisser passage à de lourdes figures aux yeux vifs, qui disaient des fadeurs avec un âpre accent. Corinne naturellement coquetait avec eux; et elle gardait ensuite le même ton affecté et provocant pour causer avec Christophe, qui en était irrité. Il n'éprouvait d'ailleurs aucun plaisir de l'impudeur tranquille avec laquelle elle procédait devant lui à sa toilette; et le fard et le gras, dont elle enduisait ses bras, sa gorge et son visage, lui inspiraient un profond dégoût. Il fut sur le point de partir sans la revoir, aussitôt après la représentation; mais, quand il lui dit adieu, en s'excusant de ne pouvoir assister au souper qui devait lui être offert au sortir du spectacle, elle manifesta une peine si gentiment affectueuse que ses résolutions ne tinrent pas. Elle se fit apporter un horaire des chemins de fer, pour lui prouver qu'il pouvait—qu'il devait rester encore une bonne heure avec elle. Il ne demandait qu'à être convaincu, et il vint au souper; il sut même ne pas trop montrer son ennui des niaiseries qu'on y débita, et son irritation des agaceries que Corinne prodiguait au premier singe venu. Impossible de lui en vouloir. C'était une brave fille, sans principe moral, paresseuse, sensuelle, amoureuse du plaisir, d'une coquetterie enfantine, mais en même temps si loyale, si bonne, et dont tous les défauts étaient si spontanés et si sains qu'on ne pouvait qu'en sourire, et presque les aimer. Assis en face d'elle, tandis qu'elle parlait, Christophe regardait son visage animé, ses beaux yeux rayonnants, sa mâchoire un peu empâtée, au sourire italien,—ce sourire où il y a de la bonté, de la finesse, une lourdeur gourmande: il la voyait plus clairement qu'il n'avait fait jusque-là. Certains traits lui rappelaient Ada: des gestes, des regards, des roueries sensuelles, un peu grossières:—l'éternel féminin. Mais ce qu'il aimait en elle, c'était la nature du Midi, la généreuse mère, qui ne lésine point avec ses dons, qui ne s'amuse point à fabriquer des beautés de salon et des intelligences de livres, mais des êtres harmonieux, dont le corps et l'esprit sont faits pour s'épanouir au soleil.—Quand il partit, elle quitta la table pour lui faire ses adieux, à part des autres. Ils s'embrassèrent encore et renouvelèrent leurs promesses de s'écrire et de se revoir.
Il reprit le dernier train, pour rentrer chez lui. À une station intermédiaire, le train qui venait en sens inverse attendait. Juste dans le wagon arrêté en face du sien,—dans un compartiment de troisième, Christophe vit la jeune Française, qui était avec lui à la représentation d'Hamlet. Elle vit aussi Christophe, et elle le reconnut. Ils furent saisis. Ils se saluèrent silencieusement, et restèrent immobiles, n'osant plus se regarder. Cependant il avait vu d'un coup d'œil qu'elle avait une petite toque de voyage, et une vieille valise auprès d'elle. L'idée ne lui vint pas qu'elle quittât le pays; il pensa qu'elle partait pour quelques jours. Il ne savait s'il devait lui parler: il hésita, il prépara dans sa tête ce qu'il voulait lui dire, et il allait baisser la glace du wagon, pour lui adresser quelques mots, quand on donna le signal du départ: il renonça à parler. Quelques secondes passèrent avant que train ne bougeât. Ils se regardèrent en face. Seuls dans leur compartiment, le visage appuyé contre la vitre du wagon, à travers la nuit qui les entourait, ils plongeaient leurs regards dans les yeux l'un de l'autre. Une double fenêtre les séparait. S'ils avaient étendu le bras au dehors, leurs mains auraient pu se toucher. Si près. Si loin. Les wagons s'ébranlèrent lourdement. Elle le regardait toujours, n'ayant plus de timidité, maintenant qu'ils se quittaient. Ils étaient si absorbés dans la contemplation l'un de l'autre qu'ils ne pensèrent même plus à se saluer une dernière fois. Elle s'éloignait lentement: il la vit disparaître; et le train qui la portait s'enfonça dans la nuit. Comme deux mondes errants, ils étaient passés, un instant, l'un près de l'autre, et ils s'éloignaient dans l'espace infini, pour l'éternité peut-être.
Quand elle eut disparu, il sentit le vide que ce regard inconnu venait de creuser en lui; et il ne comprit pas pourquoi: mais le vide était là. Les paupières à demi-closes, somnolent, adossé à un angle du wagon, il sentait sur ses yeux le contact de ces yeux; et ses autres pensées se taisaient pour le mieux sentir. L'image de Corinne papillotait au dehors de son cœur, comme un insecte qui bat des ailes de l'autre côté des carreaux; mais il ne la laissait pas entrer.
Il la retrouva, au sortir du wagon, quand l'air frais de la nuit et la marche dans les rues de la ville endormie eurent secoué sa torpeur. Il souriait au souvenir de la gentille actrice, avec un mélange de plaisir et d'irritation, selon qu'il se rappelait ses manières affectueuses ou ses coquetteries vulgaires.
—Diables de Français, grommelait-il, riant tout bas, tandis qu'il se déshabillait sans bruit, pour ne pas réveiller sa mère, qui dormait à côté.
Un mot qu'il avait entendu, l'autre soir, dans la loge, lui revint à l'esprit:
—Il y en a d'autres, aussi.
Dès sa première rencontre avec la France, elle lui posait l'énigme de sa double nature. Mais, comme tous les Allemands, il ne s'inquiétait point de la résoudre; et il répétait tranquillement, en songeant à la jeune fille du wagon:
—Elle n'a pas l'air Française.
Comme s'il appartenait à un Allemand de dire ce qui est Français et ce qui ne l'est point.
Française ou non, elle le préoccupait; car, dans le milieu de la nuit, il se réveilla, avec un serrement de cœur: il venait de se rappeler la valise placée sur la banquette, auprès de la jeune fille; et brusquement, l'idée que la voyageuse était partie tout à fait lui traversa l'esprit. À vrai dire, cette idée aurait dû lui venir, dès le premier instant; mais il n'y avait pas songé. Il en ressentait une sourde tristesse. Il haussa les épaules, dans son lit:
—Qu'est-ce que cela peut bien me faire? se dit-il. Cela ne me regarde pas.
Il se rendormit.
Mais, le lendemain, la première personne qu'il rencontra en sortant fut Mannheim, qui l'appela «Blücher», et lui demanda s'il avait décidé de conquérir toute la France. Par cette gazette vivante, il apprit que l'histoire de la loge avait eu un succès qui dépassait tout ce que Mannheim en attendait:
—Tu es un grand homme, criait Mannheim. Je ne suis rien auprès de toi.
—Qu'est-ce que j'ai fait? dit Christophe.
には何にもわからなかった。
「なぜ笑うんです。」と彼は尋ねた。「僕が何かおかしなことを言いましたか。」
彼がしつこく聞けば聞くほど、彼女はますます笑った。笑いやめようとすると、彼の狼狽した様子を一目見ただけで、さらに激しく笑いだした。立ち上がって、向こうの隅の安楽椅子へ駆けて行き、その羽蒲団に顔を埋め、思うまま笑った。その身体全体が笑っていた。彼にもその笑いがうつってきた。彼女の方へやって行き、その背中を軽くつっついた。彼女は心ゆくばかり笑ってから、顔を上げ、涙のたまった眼を拭き、彼の方へ両手を差し出した。
「あなたはほんとにいい児ね。」と彼女は言った。
「特別に悪い児でもありません。」
彼女はなお、こみ上げてくる小さな笑いに身を揺られながら、彼の両手を掘ったまま離さなかった。
「真面目じゃないわね、フランスの女は。」と彼女は言った。
(彼女はフランスーの女と発音した。)
「僕をからかってるんですね。」と彼は機嫌よく言った。
彼女は彼をしみじみとした様子でながめ、強くその両手を振り動かして言った。
「お友だちにね。」
「お友だち!」と彼も手を振り返しながら言った。
「このコリネットがここから発ってしまっても、忘れないでくださるわね。このフランスの女が真面目でないったって、それを恨みはなさらないわね。」
「そしてあなたの方でも、この野蛮なチュートン人がいくら馬鹿だって、それを恨みはしないでしょうね。」
「それだからかえって好きなのよ。……パリーへも会いに来てくださるわね。」
「ええきっと。……そして私に手紙をくださるでしょうね。」
「誓うわ。……あなたもそれを誓ってちょうだいよ。」
「誓います。」
「いいえ。そうじゃないのよ。手を出さなくちゃいけないわ。」
彼女はオレースの誓いを真似た。また彼女は、自分のために一篇の曲を、插楽劇を、書くことを彼に約束さした。彼女はそのフランス訳をパリーで演ずるつもりだった。彼女は仲間とともに翌日出発することになっていた。彼らが一興行するフランクフルトまで、彼は翌々日会いに行くと約束した。二人はなおしばらくいっしょにしゃべった。彼女はクリストフに、ほとんど半身裸体の写真を一枚贈った。彼らは兄妹のように抱擁しながら、快活に別れた。そして実際コリーヌは、クリストフが自分をよく愛してはいるが決して恋してはいないことを、それと見て取ってからは、仲のいい友だちとして恋愛なしに、自分もまた彼を愛しだしたのであった。
そのために二人の眠りは、どちらも妨げられなかった。彼は翌日、別れの言葉を告げることができなかった。彼はその時、ある音楽会の下稽古につかまっていたからである。しかしその次の日に、彼は都合をつけて約束どおりフランクフルトへ行った。汽車で二、三時間ばかりだった。コリーヌはクリストフの約束をほとんど信じていなかった。しかし彼の方はきわめて真面目だった。そして、開演の時間に彼はそこへ着いていた。幕間に彼は行って、彼女の支度部屋の扉をたたいた。彼女は喜ばしい驚きの叫び声をたてて、彼の首に飛びついてきた。彼が来てくれたことを心からありがたがっていた。ただクリストフにとっては不幸にも、彼女はこの町では、彼女の現在の美と将来の成功とを鑑識し得る富裕怜悧なユダヤ人どもから、ずっと多く取り巻かれていた。たえず部屋の入口で人々が雑踏していた。扉は半開きのままで、眼の鋭い重々しい顔つきの連中が出入りしていた。彼らは激しい調子でくだらないことを言っていた。コリーヌはもとより彼らとふざけていた。そのあとで、わざとらしい唆るような調子をそのまま変えないで、クリストフと話をした。彼はそれにいらだった。また眼前で化粧にとりかかった彼女の平気な不貞さにも、少しの喜びをも感じなかった。腕や喉や顔に塗られる脂粉に、深い嫌悪を覚えた。芝居がすむとすぐに彼は、彼女に会わずに帰りかけようとした。けれども、閉場後招かれていた夜食の宴に臨むことができないのを詫びながら、彼女に別れを告げると、彼女がいかにも可憐な心残りの様子を示したので、彼は決心を押し通すことができなかった。彼女は汽車の時間表を取り寄せて、まだ十分一時間くらいはいっしょにいられる――いっしょにいなければいけないということを、証明してやった。そう説服されるのはもとより彼の望むところだった。そして彼は夜食の宴に列した。そこでしゃべり散らされてるつまらない事柄にたいする倦怠や、コリーヌが手当たりしだいの人に浴びせかけてる揶揄にたいする憤懣も、彼はあまり多く示さないでいられた。そんなことを彼女に恨むわけにはゆかなかった。彼女はとにかくしたたかな娘で、道徳心もなく、怠惰で、肉感的で、快楽を好み、くだらない愛嬌をふりまいてばかりいたが、しかし同時に、いかにも公明であり、いかにも善良であって、そのあらゆる欠点も自然で健やかなために、笑って済まさざるを得ないし、ほとんど愛せざるを得なかったのである。しゃべりつづけてる彼女の正面にすわって、クリストフは、イタリー式の微笑――温和さと機敏さと貪食的な重々しさとのこもった微笑をたたえてる、その元気な顔、輝いてる美しい眼、ふくらみ加減の顎、などをながめていた。彼はかつてそれほどはっきり彼女を見たことがなかった。ある特徴が彼にアーダを思い起こさした。身振り、眼つき、多少露骨で肉感的な狡猾さ――すなわち永遠の女性的なところが。しかし彼女のうちに彼が愛してるものは、南欧の性質であった。南欧の寛濶な性質は、その天分を少しも惜しむところなく発揮し、客間的な美や書籍上の明知をこしらえることには興味をもたないが、しかし心身ともに日の光に花を開くべきなごやかな人物をこしらえて喜ぶのである。――彼が帰りかけると、彼女は食卓を離れ、他人をぬきにして別れを告げた。二人はまた抱擁し合い、手紙の往復と再会との約束をくり返した。
彼は最終の列車に乗って帰途についた。中間のある駅で、反対の方から来た列車が待っていた。ちょうど自分の正面に止まってる車室――三等車の中に、クリストフは、ハムレットの芝居でいっしょになったあの若いフランスの女を認めた。彼女の方でもクリストフの姿を見て、見覚えていた。二人ともびっくりした。黙って会釈をしたが、それ以上顔を見合わしかねて身動きもしなかった。けれどもクリストフは、彼女が小さな旅行帽子をかぶって古い鞄をそばに置いてるのを、一目で見て取ったのだった。それでも、彼女が国を去ろうとしてるのだとは思いつかなかった。ただ数日の旅だろうと考えた。彼は彼女に話しかけてよいかどうかわからなかった。彼は躊躇した。言いたいことを頭の中で用意した。そして彼女に言葉をかけるために、車室の窓を開けようとすると、発車の笛が鳴った。彼は話すことをあきらめた。列車が動き出すまでに数秒過ぎた。二人はまともに顔を見合わした。どちらも自分の車室の中で、車窓に顔をくっつけ、あたりに立ちこめてる闇を通して、たがいの眼の中をじっとのぞき込んだ。二つの窓が間を隔てていた。両方から腕を差し出したら、手先は届くかもしれなかった。すぐそばだった。またごく遠かった。列車は重々しく動き出した。たがいに別れる今となっては、彼女はもう臆しもしないで、彼をながめつづけた。二人はじっと相手の顔に見入ったまま、最後に挨拶をかわすことさえも考えなかった。彼女は徐々に遠くなった。彼の眼から彼女は消えていった。彼女を乗せてる列車は暗夜の中に投じた。二人は二つの彷徨える世界のように、無限の空間の中で一瞬間をそばで過ごした、そしておそらく永遠に、無限の空間の中にたがいに遠ざかってしまった。
彼女の姿が見えなくなると、彼はその未知の眼差から心の中にうがたれた空虚を感じた。彼にはその理由がわからなかった。しかし空虚は存していた。半ば眼瞼を閉じ、うとうとしながら、車室の片隅によりかかって、彼は自分の眼の上に彼女の眼の接触を感じていた。そしてそれをなおよく感ずるために、あらゆる他の考えは沈黙してしまった。窓ガラスの外側で羽ばたきしてる昆虫のように、コリーヌの面影が彼の心の外で飛び回っていたが、彼はそれを心の中にはいらせなかった。
汽車が向こうに着いて車室から出で、夜のさわやかな空気を吸い寝静まった街路を歩いて、ようやくはっきりした気持になった時、彼はまたコリーヌの面影を見出した。彼女のやさしい様子や卑しい媚びを思い出すにつれて、喜びといらだちとの交った気持で、その可憐な女優のことを考えては微笑んだ。
「しようのないフランス人だ!」と彼は低い笑いとともにつぶやきながら、そばに眠っている母が眼を覚まさないように、そっと着物をぬぎかけた。
すると先夜桟敷の中で聞いた一語が、ふと頭に浮かんできた。
「そうでない者もいます。」
彼は初めてフランスに接触してから、その二重性質の謎をかけられた。しかしあらゆるドイツ人と同じく、彼は謎を解こうとも思わなかった。そして車室の若い女のことを考えながら、平気でくり返した。
「あの女はフランス人らしくない。」
あたかも、いかなるものがフランス的であり、いかなるものがフランス的でないか、それを説明するのはドイツ人の役目ででもあるかのように。
フランス人であろうとあるまいと、彼女は彼の心を占めていた。彼は夜中に、切ない気持で眼を覚ました。あの若い女のそばに腰掛に置かれていた鞄を、思い出したのだった。そして突然、彼女はまったく立ち去ってしまったのだという考えが頭に浮かんだ。実を言えば、その考えは最初から彼に起こるべきだったが、彼は思いつかなかったのである。彼はひそかな悲しみを感じた。彼は寝床の中で肩をそびやかした。
「それが俺になんの関わりがあろう。」と彼は考えた。「俺の知ったことではない。」
彼はまた眠りに入った。
しかし、翌日彼が外に出て最初に出会ったのは、マンハイムだった。マンハイムは彼を「ブリューヘル」と呼び、フランス全体を征服するつもりかと尋ねた。そして彼はこの生きた新聞から、あの桟敷の一件が大成功で、マンハイムの期待以上だったということを、聞き知った。
「君は実に偉い!」とマンハイムは叫んだ。「僕なんか比べものにもなりゃしない。」
「僕がどうしたというんだい!」とクリストフは言った。
—Tu es admirable! reprit Mannheim. Je suis jaloux de toi. Souffler la loge au nez des Grünebaum, et y inviter à leur place leur institutrice française, non, cela, c'est le bouquet, je n'aurais pas trouvé cela!
—C'était l'institutrice des Grünebaum? dit Christophe, stupéfait.
—Oui, fais semblant de ne pas savoir, fais l'innocent, je te le conseille!... Papa ne décolère plus. Les Grünebaum sont dans une rage!... Cela n'a pas été long: ils ont flanqué la petite à la porte.
—Comment! cria Christophe, ils l'ont renvoyée!... Renvoyée à cause de moi?
—Tu ne le savais pas? dit Mannheim. Elle ne te l'a pas dit?
Christophe se désolait.
—Il ne faut pas te faire de bile, mon bon, dit Mannheim, cela n'a pas d'importance. Et puis, il fallait bien s'y attendre, le jour où les Grünebaum viendraient à apprendre...
—Quoi? criait Christophe, apprendre quoi?
—Qu'elle était ta maîtresse, parbleu!
—Je ne la connais même pas, je ne sais pas qui elle est.
Mannheim eut un sourire, qui voulait dire:
—Tu me crois trop bête.
Christophe se fâcha, somma Mannheim de lui faire l'honneur de croire à ce qu'il affirmait. Mannheim dit:
—Alors c'est encore plus drôle.
Christophe s'agitait, parlait d'aller trouver les Grünebaum, de leur dire leur fait, de justifier la jeune fille. Mannheim l'en dissuada:
—Mon cher, dit-il, tout ce que tu leur diras ne fera que les convaincre davantage du contraire. Et puis, il est trop tard. La fille est loin, maintenant.
Christophe, la mort dans l'âme, tâcha de retrouver la piste de la jeune Française. Il voulait lui écrire, lui demander pardon. Mais nul ne savait rien d'elle. Les Grünebaum, à qui il s'adressa, l'envoyèrent promener; ils ignoraient où elle était allée, et ils ne s'en inquiétaient pas. L'idée du mal qu'il avait fait torturait Christophe: c'était un remords continuel. Il s'y joignait une mystérieuse attirance qui, des yeux disparus, rayonnait silencieusement sur lui. Attirance et remords parurent s'effacer, recouverts par le flot des jours et des pensées nouvelles; mais ils persistèrent obscurément au fond. Christophe n'oubliait point celle qu'il appelait sa victime. Il s'était juré de la rejoindre. Il savait combien il avait peu de chances de la revoir; et il était sûr qu'il la reverrait.
Quant à Corinne, jamais elle ne répondit aux lettres qu'il lui écrivit. Mais, trois mois plus tard, quand il n'attendait plus rien, il reçut d'elle un télégramme de quarante mots, où elle bêtifiait à cœur-joie, lui donnait de petits noms familiers, et demandait «si on s'aimait toujour». Puis, après un nouveau silence de près d'une année, vint un bout de lettre griffonnée de son énorme écriture enfantine et zigzaguante, qui cherchait à paraître grande dame,—quelques mots affectueux et drolatiques.—Et puis, elle en resta là. Elle ne l'oubliait pas; mais elle n'avait pas le temps de penser à lui.
Encore sous le charme de Corinne, et tout plein des idées qu'ils avaient échangées, Christophe rêva d'écrire de la musique pour une pièce où Corinne jouerait et chanterait quelques airs,—une sorte de mélodrame poétique. Ce genre d'art, jadis en faveur en Allemagne, passionnément goûté par Mozart, pratiqué par Beethoven, par Weber, par Mendelssohn, par Schumann, par tous les grands classiques, était tombé en discrédit depuis le triomphe du wagnérisme, qui prétendait avoir réalisé la formule définitive du théâtre et de la musique. Les braves pédants wagnériens, non contents de proscrire tout mélodrame nouveau, s'appliquaient à faire la toilette des mélodrames anciens; ils effaçaient avec soin dans les opéras toute trace des dialogues parlés, et écrivaient pour Mozart, pour Beethoven, ou pour Weber, des récitatifs de leur façon; ils étaient convaincus de compléter la pensée des maîtres, en déposant pieusement sur les chefs-d'œuvre leurs petites ordures.
Christophe, à qui les critiques de Corinne avaient rendu plus sensible la lourdeur et, souvent, la laideur de la déclamation wagnérienne, se demandait si ce n'était pas un non-sens, une œuvre contre nature, d'accoupler au théâtre et de ligoter ensemble dans le récitatif la parole et le chant: c'était comme si l'on voulait attacher au même char un cheval et un oiseau. La parole et le chant avaient chacun leurs rythmes. On pouvait comprendre qu'un artiste sacrifiât l'un des deux arts au triomphe de celui qu'il préférait. Mais chercher un compromis entre eux, c'était les sacrifier tous deux: c'était vouloir que la parole ne fût plus la parole, et que le chant ne fût plus le chant, que celui-ci laissât encaisser son large cours entre deux berges de canal monotones, que celui-là chargeât ses beaux membres nus d'étoffes riches et lourdes, qui paralysaient ses gestes et ses pas. Pourquoi ne pas leur laisser à tous deux leurs libres mouvements? Telle, une belle fille, qui va d'un pas alerte le long d'un ruisseau, et qui rêve en marchant: le murmure de l'eau berce sa rêverie; sans qu'elle en ait conscience, elle rythme ses pas sur le chant du ruisseau. Ainsi, libres toutes deux, musique et poésie s'en iraient côte à côte, en mélangeant leurs rêves.—Assurément, à cette union toute musique n'était point bonne, ni toute poésie. Les adversaires du mélodrame avaient beau jeu contre la grossièreté des essais qui en avaient été faits, et de leurs interprètes. Longtemps, Christophe avait partagé leurs répugnances: la sottise des acteurs qui se chargeaient de ces récitations parlées sur un accompagnement instrumental, sans se soucier de l'accompagnement, sans chercher à y fondre leur voix, mais tâchant au contraire qu'on n'entendît rien qu'eux, avait de quoi révolter toute oreille musicale. Mais, depuis qu'il avait goûté l'harmonieuse voix de Corinne,—cette voix liquide et pure, qui se mouvait dans la musique, comme un rayon dans l'eau, qui épousait tous les contours d'une phrase mélodique, qui était comme un chant plus fluide et plus libre,—il avait entrevu la beauté d'un art nouveau.
Peut-être avait-il raison; mais il était encore bien inexpérimenté pour se hasarder sans danger dans un genre, qui, si l'on veut qu'il soit vraiment artistique, est le plus difficile de tous. Surtout, cet art réclame une condition essentielle: la parfaite harmonie des efforts combinés du poète, du musicien et des interprètes.—Christophe ne s'en inquiétait point: il se lançait à l'étourdie dans un art inconnu, dont lui seul pressentait les lois.
Sa première idée fut de revêtir de musique une féerie de Shakespeare, ou un acte du Second Faust. Mais les théâtres se montraient peu disposés à tenter l'expérience; elle devait être coûteuse et paraissait absurde. On admettait bien la compétence de Christophe en musique; mais qu'il se permît d'avoir des idées sur le théâtre faisait sourire les gens: on ne le prenait pas au sérieux. Le monde de la musique et celui de la poésie semblaient deux États étrangers l'un à l'autre, et secrètement hostiles. Pour pénétrer dans l'État poétique, il fallut que Christophe acceptât la collaboration d'un poète; et ce poète, il ne lui fut pas permis de le choisir. Il ne se le fût pas permis lui-même: il se défiait de son goût littéraire; on lui avait persuadé qu'il n'entendait rien à la poésie; et, de fait, il n'entendait rien aux poésies qu'on admirait autour de lui. Avec son honnêteté et son opiniâtreté ordinaires, il s'était donné bien du mal, pour tâcher de sentir la beauté de tel ou tel poème; il était toujours sorti de là bredouille, et un peu honteux: non, décidément, il n'était pas poète. À la vérité, il aimait passionnément certains poètes d'autrefois; et cela le consolait un peu. Mais sans doute ne les aimait-il pas comme il fallait les aimer. N'avait-il pas, une fois, exprimé l'idée saugrenue qu'il n'est de grands poètes que ceux qui restent grands, même traduits en prose, même traduits en une prose étrangère, et que les mots n'ont de prix que par l'âme qu'ils expriment? Ses amis s'étaient moqués de lui. Mannheim le traita d'épicier. Il n'avait pas essayé de se défendre. Comme il voyait journellement, par l'exemple des littérateurs qui parlent de musique, le ridicule des artistes qui prétendent juger d'un autre art que le leur, il se résignait, (un peu incrédule au fond), à son incompétence poétique; et il acceptait, les yeux fermés, les jugements de ceux qu'il croyait mieux informés. Aussi se laissa-t-il imposer par ses amis de la Revue un grand homme de cénacle décadent, Stephan von Hellmuth, qui lui apporta une Iphigénie de sa façon. C'était alors le temps où les poètes allemands—(comme leurs confrères de France)—étaient en train de refaire les tragédies grecques. L'œuvre de Stephan von Hellmuth était une de ces étonnantes pièces gréco-allemandes, où se mêlent Ibsen, Homère, et Oscar Wilde,—sans oublier, bien entendu, quelques manuels d'archéologie. Agamemnon était neurasthénique, et Achille impuissant: ils se désolaient longuement de leur état; et naturellement, leurs plaintes n'y changeaient rien. Toute l'énergie du drame était concentrée dans le rôle d'Iphigénie,—une Iphigénie névrosée, hystérique, et pédante, qui faisait la leçon aux héros, déclamait furieusement, exposait au public son pessimisme Nietzschéen, et, ivre de mourir, s'égorgeait elle-même, avec des éclats de rire.
Rien de plus contraire à l'esprit de Christophe que cette littérature prétentieuse d'Ostrogoth dégénéré, qui se costume à la grecque. Autour de lui, on criait au chef-d'œuvre. Il fut lâche, il se laissa persuader. À vrai dire, il crevait de musique, et bien plus qu'au texte il songeait à sa musique. Le texte lui était un lit où épancher le flot de ses passions. Il était aussi loin que possible de l'état d'abnégation et d'impersonnalité intelligente, qui convient au traducteur musical d'une œuvre poétique. Il ne pensait qu'à lui, et pas du tout à l'œuvre. Il se gardait d'en convenir. D'ailleurs, il se faisait illusion: il voyait dans le poème tout autre chose que ce qui s'y trouvait. Comme lorsqu'il était enfant, il était arrivé à se bâtir dans sa tête une pièce entièrement différente de celle qu'il avait sous les yeux.
Au cours des répétitions, il aperçut l'œuvre réelle. Un jour qu'il écoutait une scène, elle lui parut si bête qu'il crut que les acteurs la défiguraient; et il eut la prétention non seulement de la leur expliquer, en présence du poète, mais de l'expliquer à celui-ci, qui prenait la défense de ses interprètes. L'auteur se rebiffa, et dit, d'un ton piqué, qu'il pensait savoir ce qu'il avait voulu écrire. Christophe n'en démordait point, et soutenait que Hellmuth n'y comprenait rien. L'hilarité générale l'avertit qu'il se rendait ridicule. Il se tut, convenant qu'après tout ce n'était pas lui qui avait écrit les vers. Alors il vit l'écrasante nullité de la pièce, et il en fut accablé; il se demandait comment il avait pu s'y tromper. Il s'appelait imbécile, et s'arrachait les cheveux. Il avait beau tâcher de se rassurer, en se répétant: «Tu n'y comprends rien: ce n'est pas ton affaire. Occupe-toi de ta musique!»—il se sentait si honteux—de la niaiserie, du pathos prétentieux, de la fausseté criante des mots, des gestes, des attitudes, que par moments, tandis qu'il conduisait l'orchestre, il n'avait plus la force de lever son bâton: il avait envie d'aller se cacher dans le trou du souffleur. Il était trop franc et trop mauvais politique pour déguiser ce qu'il pensait. Chacun s'en apercevait: ses amis, les acteurs, et l'auteur. Hellmuth lui disait, avec un sourire pincé:
—Est-ce que ceci n'a pas encore l'heur de vous plaire?
「君には感服だ!」とマンハイムは言った。「僕はうらやましいよ。桟敷を奪ってグリューネバウムの奴らに鼻をあかしながら、その家のフランス語の家庭教師を代わりに招待するなんて……いや、花輪でもささげたいくらいだ。僕には考えもつかなかった。」
「グリューネバウムの家の家庭教師だったのかい?」とクリストフは茫然として言った。
「そうだ。知らないふりをするがいいよ、罪のないふうをするがいいよ。僕もそれを勧めるね。……親父はもう心を和らげまい。グリューネバウムたちはたいへん怒ってる。……気長い話じゃないんだ。女を追っ払っちゃったよ。」
「なに、」とクリストフは叫んだ、「追い出したって!……僕のために追い出したのかい?」
「君は知らないのか。」とマンハイムは言った。「あの女は君に言わなかったのか。」
クリストフは心が暗くなった。
「気をもむには及ばないよ、君、」とマンハイムは言った、「大したことじゃないからね。それに、どうせそうなるにきまってるよ、いつかグリューネバウムたちに知られたら……。」
「何を?」とクリストフは叫んだ、「何を知られるんだい。」
「君の情婦だということをさ。」
「僕はあの女を知りもしないよ。名前さえ知らないんだ。」
マンハイムは微笑した。その意味はこうだった。
「君は僕を間抜けだと思ってるんだね。」
クリストフは腹をたてた。自分の断言することを信じてくれとマンハイムに迫った。マンハイムは言った。
「それではなおさらおかしな話だね。」
クリストフはいきりたって、グリューネバウムたちに会いに行き、事実を物語り、あの女のあかしをたてる、と言い出した。マンハイムはそれを諌めた。
「ねえ君、」と彼は言った、「君がどんなに説きたてても、反対のことをますます信じさせるばかりじゃないか。それにもう手後れだよ。今時分あの女は遠くに行ってるだろう。」
クリストフは悲痛な気持になって、その若いフランス婦人の行くえを捜そうとつとめた。彼女に手紙を書いて許しを乞いたかった。しかしだれも彼女のことをまったく知らなかった。グリューネバウム家の人たちに尋ねたが、ただ追い返されてしまった。彼ら自身も彼女がどこへ行ったか知らなかった、そして平気でいた。クリストフは、悪いことをしたという考えに悩まされた。それは絶え間ない苛責だった。なおそれには、消え去った彼女の眼から彼の上へ静かに輝き渡る神秘な誘惑が、つけ加わっていた。その誘惑と苛責とは、新しい日月と新しい考えとの波に覆われて、消えてゆくようにも思われた。しかし底の方に人知れず残存していた。クリストフは彼女を自分の犠牲と呼んで、少しも忘れなかった。も一度めぐり会おうとみずから誓った。その再会がいかに望み少ないかはよくわかっていた。しかもかならず再会することができると信じていた。
コリーヌの方は、彼が書き送る手紙に少しも返事をくれなかった。しかし三か月後に、彼がもう何にも待っていない時に、四十語の電報が届いた。その中で彼女は、うれしげなつまらないことを言い散らし、彼に親しげなかわいい言葉をかけ、「相変わらず愛し合ってるのね」と尋ねていた。それからなんの便りもなくて一年ばかり過ぎた後、子供らしい曲がりくねった大きな字体で、しかも貴婦人らしく見せかけようとつとめながら書きなぐった、一片の手紙――かわいいおどけた数語――が来た。そして、それきりだった。彼女は彼を忘れてはいなかった。しかし彼のことを考える隙がなかった。
コリーヌの魅力にまだとらえられており、彼女と話し合った考えで頭がいっぱいになっていて、クリストフは、彼女が若干の歌曲を歌いながら演ずるはずの戯曲のために――一種の詩的插楽劇のために、音楽を書こうと空想した。この種の芸術は、かつてドイツでもてはやされ、モーツァルトから熱心に鑑賞され、ベートーヴェンやウェーバーやメンデルスゾーンやシューマンやまたあらゆる古典的楽匠らによって、実際試みられたものであるが、劇と音楽の決定的様式を実現したと自称するワグナー派の勝利以来、すっかり廃れたのであった。厚顔な衒学的なワグナー派は、新しい插楽劇をすべて排斥するだけで満足せず、古い插楽劇を飾りたてようとつとめた。彼らは話される対話の痕跡を歌劇から注意深く消し去って、モーツァルトやベートーヴェンやウェーバーらの作品のために、自己流の叙唱を書いた。それらの傑作の上におのれの小さな愚作を恭々しくつみ重ねながら、巨匠の考えを補ってるのだと思い込んでいた。
クリストフはコリーヌの批評を聞いたために、ワグナー派の朗吟法の重苦しさやまた多くの醜さなどに、いっそう敏感となっていたので、言葉と歌とを劇中で併合させ叙唱の中に結合させるのは無意味なことで自然に反する手法ではないかと、疑念をもっていた。それはちょうど、馬と鳥とを同じ車につなごうとするようなものであった。言葉と歌とはそれぞれ自分の律動をもっている。作者が両芸術の一方を犠牲にしておのれの好む方に勝利を得させようとするのならば、首肯できる。しかし両芸術間に妥協を求むるのは、両者をともに犠牲にすることだった。言葉がもはや言葉でなく歌がもはや歌でないのを、望むことだった。歌の広い流れが単調な掘割の両岸の間にはめ込まれるのを望み、言葉の美しい裸の手足が、身振りや歩行を妨げるりっぱな重い衣でまとわれるのを、望むことだった。その自由な運動を、なぜ両者に残してやらないのか? たとえば、軽快な足取りで小川のほとりをたどって、歩きながら夢想する美しい娘のようにだ。水の囁きは彼女の夢想を揺り、彼女は知らず知らずに、自分の歩みの律動を小川の歌に合わしてゆく。かくて音楽と詩とはともに自由のままで、その夢想をないまぜながら、相並んで進んでゆくだろう。――もちろんかかる結合においては、どの音楽もりっぱだとは言えなかったし、詩もまたそうであった。插楽劇の反対者らは、これまでなされた試みとその実演者たちとの粗笨さにたいして、りっぱに攻撃の理由をもっていた。クリストフも長い間、同じように嫌悪を感じていた。俳優らは、楽器の伴奏につれて物語ることだけを事とし、伴奏には気も配らず、自分の声をそれに合わせようともせず、反対に自分の言葉だけを聞かせようとつとめていて、その愚劣さ加減には、音楽的な耳に反感を起こさせるだけのものがあった。しかしながら、コリーヌのなごやかな声――流麗で純潔で、水中の一条の光線のように音楽の中に動きゆき、あらゆる旋律の句調に和合し得て、さらに流動自由な歌のようである声――それをクリストフは味わって以来、新芸術の美を瞥見したのであった。
おそらく彼は至当であったろう。しかし彼はまだ十分の経験をつんでいなかったので、この新しい形式を試みるには危険が伴わないわけにはゆかなかった。この形式こそ、真に芸術的たらんことを欲するならば、最も困難なものである。ことにこの芸術は、一つの本質的な条件を、詩人と音楽家と実演者との結合的努力の完全な調和を、要求するものである。――クリストフはそんなことを気にかけてはいなかった。彼は自分一人その法則を予感してる未知の芸術の中に、無我夢中で飛び込んでいった。
彼の最初の考えはシェイクスピヤの夢幻劇かまたはファウスト第二部の一幕かに、音楽の衣を着せることであった。しかしどの劇場も、そういう試みにあまり気が進まない態度を見せた。非常に費用がかかるしまた馬鹿げたことのように思われた。音楽におけるクリストフの技倆はよく認められていた。しかし演劇に種々の野心をいだいてることは、人の笑いを招いた。人々は彼の言うことを本気に取らなかった。音楽の世界と詩の世界とは、たがいに親しみのないひそかに敵意を含んでる二つの国のようだった。詩の国に踏み込むためには、クリストフは詩人の協力を承諾しなければならなかった。そしてその詩人をも、彼には選択の権利がなかった。彼自身もみずから選ぼうとは思わなかった。彼は自分の詩的趣味に自信がなかった。詩は少しもわからないのだと人から説服されていた。そして実際、周囲の人々の称賛してる詩が彼には少しもわからなかった。彼は例の正直さと強情さとで、それらの詩のあるものの美を感じたいとかなり骨折った。けれどその結果はいつもなんらの得るところもなく、自分自身が少し恥ずかしくなるばかりだった。いや確かに彼は詩人ではなかった。実を言えば、昔のある詩人らを熱愛していたし、それが多少の慰安にはなっていた。しかしもとより、彼は正当の愛し方をしてるのではなかった。偉大なる詩人は、たとい散文に翻訳されようとも、外国語の散文に翻訳されようとも、やはり偉大であるはずだし、また言葉は、それが表現してる魂の価値以外には他に価値をもってるものではないという、おかしな意見を彼はかつて発表したことがあった。友人らは彼を嘲笑った。マンハイムは彼を俗物だとした。しかし彼は弁解しようとはしなかった。音楽のことを語ってる文学者らの実例によって、おのれの専門外の芸術をもあえて批評する芸術家らの滑稽なことを、彼は毎日見ていたので、詩にたいする自分の無能を(心の底では多少信じかねながらも)あきらめていた。そして、この方面では自分より教養があると思われる人々の意見を、眼をつぶって傾聴していた。それだから彼は、雑誌の友人らが説くところに従って、一人の協力者を承諾した。それはシュテファン・フォン・ヘルムートという廃頽派の大詩人であって、彼のもとへ自作のイフィゲニアをもって来た。当時はちょうど、ドイツの詩人らが――(フランスの詩人らと同じく)――ギリシャのあらゆる悲劇を改作してる最中だった。シュテファン・フォン・ヘルムートの作品も、イプセンやホメロスやオスカー・ワイルドなどが――もちろん二、三の考古学的小著をも取り入れて――たがいに混合してるという、あの奇体なギリシャ・ドイツ折衷式脚本の一つであった。アガメムノンは神経衰弱者であり、アキレスは無気力者だった。彼らは長々と身の上を嘆いていた。そしてもとより、彼らの苦情はなんの役にもたたないものだった。劇の力はすべてイフィゲニアの役に集中されていた。――神経質でヒステリーで衒学的なイフィゲニアであって、英雄らに訓戒をしたり、猛烈な勢いでしゃべりたてたり、ニーチェ流の悲観思想を公衆にぶちまけたりしたあげく、死に酔いながら、哄笑しつつ自殺するのであった。
このギリシャ式の服をまとってる廃頽した東ゴートの気障な文学ぐらい、クリストフの精神に相反するものはなかった。しかし彼の周囲の者は傑作だと称賛していた。彼は卑怯だった。皆の意見に説き伏せられた。しかし実を言えば、彼は音楽で頭がいっぱいになっていて、原文のことよりも音楽のことを多く考えていた。原文は彼にとって、自分の熱情の波をみなぎらすべき川床だった。詩の作品を音楽に翻訳せんとする者が当然もつべき自制と知的無私との状態から、彼はこの上もなく遠ざかっていた。彼は自分のことだけを考えて、作品のことはまったく考えなかった。作品に順応しようともしなかった。そのうえ彼は幻をいだいていた。詩を読んでも、その中にあることとはまったく別なことを思っていた。ちょうど少年時代と同じように、眼前の作品とはまったく異なった作品を頭の中にこしらえ上げてしまった。
彼が現実の作品に気づいたのは、下稽古のおりにであった。ある日一つの場面を聞いていると、それが非常に馬鹿げたものに感ぜられて、役者たちのせいでそうなったのだと思った。そして、詩人の眼前でその場面を役者たちに説明しようとしたばかりでなく、役者たちを弁護してる詩人にまで説明してきかせようとした。作者たる詩人はそれに抗弁して、自分が何を書いたかは自分で知ってるつもりだと、気を悪くした調子で言った。クリストフはそれでも前言を翻さないで、ヘルムートは何にもわかっていないんだと言い張った。ところが、皆がくすくす笑ってるので、初めて自分の滑稽なことに気づいた。要するにそれらの詩句を書いたのは自分ではないということを認めて、口をつぐんでしまった。その時彼は、作品がたまらなくばかばかしいものであることを知った。そして失望落胆した。どうして自分が見間違ったかを怪しんだ。彼はみずから馬鹿者と呼び、髪の毛をかきむしった。「お前には何にもわからないんだ、お前の仕事じゃないんだ、お前は自分の音楽にだけ頭を向ければいいんだ、」と彼は自分自身に向かってくり返しながら、心を落ち着けようとしたが無駄だった。――児戯に類した点や、わざとらしい感激や、言葉身振り態度の仰々しい虚偽などに、彼はいかにも恥ずかしい気がして、管絃楽を指揮しながらも時々、指揮棒を振り上げる力がなくなるほどだった。黒ん坊の穴へ身を隠したいほどだった。彼はあまりに率直であまりに策略がなかったので、自分の考えを隠し得なかった。友人らも役者らも作者も、皆彼の考えを見て取った。ヘルムートは苦笑を浮かべて彼に言った。
「これは君の気に入らないようですね。」
Christophe répondait bravement:
—Pour dire la vérité, non. Je ne comprends pas.
—Vous ne l'aviez donc pas lu, pour faire votre musique?
—Si, disait naïvement Christophe, mais je me trompais, je comprenais autre chose.
—C'est dommage alors que vous n'ayez pas écrit vous-même ce que vous compreniez.
—Ah! si je l'avais pu! disait Christophe.
Le poète, vexé, critiquait, pour se venger, la musique. Il se plaignait qu'elle fût encombrante, et qu'elle empêchât d'entendre les vers.
Si le poète ne comprenait pas le musicien, ni le musicien le poète, les acteurs ne comprenaient ni l'un ni l'autre, et ne s'en inquiétaient point. Ils cherchaient seulement dans leurs rôles des phrases, de place en place, où accrocher leurs effets habituels. Il n'était pas question d'adapter leur déclamation à la tonalité du morceau et au rythme musical: ils allaient d'un côté, et la musique de l'autre; on eût dit qu'ils chantaient constamment hors du ton. Christophe en grinçait des dents et s'épuisait à leur crier la note: ils le laissaient crier, et continuaient imperturbablement, ne comprenant même pas ce qu'il voulait d'eux.
Christophe eût tout lâché, si les répétitions n'avaient été avancées, et s'il n'eût été lié par la crainte d'un procès. Mannheim, à qui il fit part de son découragement, se moqua de lui:
—Qu'est-ce qu'il y a? demanda-t-il. Tout va très bien. Vous ne vous comprenez pas l'un l'autre? Eh! qu'est-ce que cela fait? Qui a jamais compris une œuvre, en dehors de l'auteur? Il a encore bien de la chance, quand il se comprend lui-même!
Christophe se tourmentait de la niaiserie du poème, qui, disait-il, ferait tomber sa musique. Mannheim ne faisait pas de difficulté pour reconnaître que le poème n'avait pas le sens commun, et que Hellmuth était «un daim»; mais il n'avait aucune inquiétude à son égard: Hellmuth donnait de bons dîners, et il avait une jolie femme: qu'est-ce qu'il faut de plus a la critique?—Christophe haussait les épaules, disant qu'il n'avait pas le temps d'écouter des balivernes.
—Mais ce ne sont pas des balivernes! disait Mannheim, en riant. Voilà bien les gens graves! Ils n'ont aucune idée de ce qui compte dans la vie.
Et il conseillait à Christophe de ne pas tant se préoccuper des affaires de Hellmuth, et de songer aux siennes. Il rengageait à faire un peu de réclame. Christophe refusait avec indignation. À un reporter, qui cherchait à l'interviewer sur sa vie, il répondait, furieux:
—Cela ne vous regarde pas!
Et quand on lui demandait sa photographie pour une Revue, il sautait de colère, en criant qu'il n'était pas, Dieu merci! le Kaiser pour étaler sa tête aux passants.—Impossible de le mettre en relations avec les salons influents. Il ne répondait pas aux invitations; et quand, par hasard, il avait été forcé d'accepter, il oubliait de s'y rendre, ou venait de si mauvaise grâce qu'il semblait avoir pris à tâche d'être désagréable à tout le monde.
Mais le comble fut qu'il se brouilla avec sa Revue, deux jours avant la représentation.
Ce qui devait arriver arriva. Mannheim avait continué sa révision des articles de Christophe; il ne se gênait plus pour biffer des lignes entières de critique et les remplacer par des compliments.
Un jour, dans un salon, Christophe se trouva en présence d'un virtuose,—un pianiste bellâtre, qu'il avait éreinté, et qui vint le remercier, en souriant de toutes ses dents blanches. Il répondit brutalement qu'il n'y avait pas de quoi. L'autre insistait, se confondant en protestations de reconnaissance. Christophe y coupa court, en lui disant que s'il était satisfait de l'article, c'était son affaire, mais que l'article n'avait certainement pas été écrit pour le satisfaire. Et il lui tourna le dos. Le virtuose le prit pour un bourru bienfaisant, et s'en alla en riant. Mais Christophe, qui se souvint d'avoir reçu, peu avant, une carte de remerciements d'une autre de ses victimes, fut brusquement traversé d'un soupçon. Il sortit, il alla acheter à un kiosque de journaux le dernier numéro de la Revue, il chercha son article, il lut... Sur le moment, il se demanda s'il devenait fou. Puis, il comprit; et, dans une rage folle, il courut aux bureaux du Dionysos.
Waldhaus et Mannheim s'y trouvaient, en conversation avec une actrice de leurs amies. Ils n'eurent pas besoin de demander à Christophe pourquoi il venait. Jetant le numéro de la Revue sur la table, Christophe, sans prendre le temps de respirer, les apostropha avec une violence inouïe, criant, les traitant de drôles, de gredins, de faussaires, et tapant le plancher à tour de bras avec une chaise. Mannheim essayait de rire. Christophe voulut lui flanquer son pied au derrière. Mannheim se réfugia derrière la table, en se tordant. Mais Waldhaus le prit de très haut. Digne et gourmé, il s'évertuait à faire entendre, au milieu du vacarme, qu'il ne permettrait pas qu'on lui parlât sur ce ton, que Christophe aurait de ses nouvelles; et il lui tendait sa carte. Christophe la lui jeta au nez:
—Faiseur d'embarras!... Je n'ai pas besoin de votre carte pour savoir qui vous êtes... Vous êtes un polisson et un faussaire!... Et vous croyez que je vais me battre avec vous?... Une correction, c'est tout ce que vous méritez!...
De la rue, on entendait sa voix. Les gens s'arrêtaient pour écouter. Mannheim ferma les fenêtres. La visiteuse, effrayée, cherchait à s'enfuir; mais Christophe bloquait la porte. Waldhaus blême et suffoqué, Mannheim bredouillant, ricanant, essayaient de répondre. Christophe ne les laissa point parler. Il déchargea sur eux tout ce qu'il put imaginer de plus blessant, et ne s'en alla que quand il fut à bout de souffle et d'injures. Waldhaus et Mannheim ne retrouvèrent la voix que quand il fut parti. Mannheim reprit vite son aplomb: les injures glissaient sur lui, comme l'eau sur les plumes d'un canard. Mais Waldhaus restait ulcéré: sa dignité avait été outragée; et, ce qui rendait l'affront plus mortifiant, c'est qu'il avait eu des témoins: il ne pardonnerait jamais. Ses collègues firent chorus. De toute la Revue, Mannheim continua, seul, à n'en pas vouloir à Christophe: il s'était amusé de lui, tout son soûl; il ne trouvait pas que ce fût payer trop cher, au prix de quelques gros mots, la pinte de bon sang qu'il s'était faite à ses dépens. C'avait été une bonne farce: s'il en eût été l'objet, il en eût ri tout le premier. Aussi, était-il prêt à serrer la main de Christophe, comme si rien ne s'était passé. Mais Christophe était plus rancunier; il repoussa toute avance. Mannheim ne s'en affecta point: Christophe était un jouet, dont il avait tiré tout l'amusement possible; il commençait à s'enflammer pour un autre pantin. Du jour au lendemain, tout fut fini entre eux. Cela n'empêcha point Mannheim de continuer à dire, quand on parlait devant lui de Christophe, qu'ils étaient amis intimes. Et peut-être qu'il le croyait.
Deux jours après la brouille, eut lieu la première d'Iphigénie. Four complet. La Revue de Waldhaus loua le poème, et ne dit rien de la musique. Les autres journaux s'en donnèrent à cœur-joie. On rit et on siffla. La pièce fut retirée, après la troisième représentation; mais les railleries ne cessèrent point si vite. On était trop heureux de trouver cette occasion de dauber sur Christophe; et l'Iphigénie resta, pendant plusieurs semaines, un sujet d'inépuisables plaisanteries. On savait que Christophe n'avait plus d'arme pour se défendre; et l'on en profitait. La seule chose qui retînt encore un peu, c'était sa situation à la cour. Bien que ses rapports fussent devenus assez froids avec le grand-duc, qui lui avait fait, à maintes reprises, des observations dont il n'avait tenu aucun compte, il continuait de se rendre de temps en temps au château et de bénéficier, dans l'esprit du public, d'une sorte de protection officielle, plus illusoire que réelle.—Il se chargea lui-même de détruire ce dernier appui.
Il souffrait des critiques. Elles ne s'adressaient pas seulement à sa musique, mais à son idée d'une forme d'art nouvelle, qu'on ne se donnait pas la peine de comprendre: (il était plus facile de la travestir, pour la ridiculiser). Christophe n'avait pas encore la sagesse de se dire que la meilleure réponse qu'on puisse faire à des critiques de mauvaise foi, est de ne leur en faire aucune, et de continuer à créer. Il avait pris, depuis quelques mois, la mauvaise habitude de ne laisser passer aucune attaque injuste, sans y répondre. Il écrivit un article, où il n'épargnait point ses adversaires. Les deux journaux bien pensants, auxquels il le porta, le lui rendirent, en s'excusant avec une politesse ironique de ne pouvoir le publier. Christophe s'entêta. Il se souvint du journal socialiste de la ville, qui lui avait fait des avances. Il connaissait un des rédacteurs; ils discutaient parfois ensemble. Christophe avait plaisir à trouver quelqu'un qui parlât librement du pouvoir, de l'armée, des préjugés oppressifs et archaïques. Mais la conversation ne pouvait aller bien loin; car, avec le socialiste, elle revenait toujours à Karl Marx, qui était absolument indifférent à Christophe. D'ailleurs, Christophe retrouvait dans ces discours d'homme libre,—en outre d'un matérialisme qui ne lui plaisait pas beaucoup,—une rigueur pédante et un despotisme de pensée, un culte secret de la force, un militarisme à rebours, qui ne sonnaient pas très différemment de ce qu'il entendait, chaque jour, en Allemagne.
Néanmoins, ce fut à lui et à son journal qu'il songea, quand il se vit fermer la porte des autres rédactions. Il se dit bien que sa démarche ferait scandale: le journal était violent, haineux, constamment condamné; mais comme Christophe ne le lisait pas, il ne pensait qu'à la hardiesse des idées, qui ne l'effrayait point, et non à la bassesse du ton, qui lui eût répugné. Au reste, il était si enragé de voir l'entente sournoise des autres journaux afin de l'étouffer, que peut-être eût-il passé outre, même s'il avait été mieux averti. Il voulait montrer aux gens qu'on ne se débarrassait pas si facilement de lui.—Il porta donc l'article à la rédaction socialiste, où il fut reçu à bras ouverts. Le lendemain, l'article parut; et le journal annonçait, en termes emphatiques, qu'il s'était assuré le concours du jeune et talentueux maître, le camarade Krafft, dont étaient bien connues les ardentes sympathies pour les revendications de la classe ouvrière.
Christophe ne lut ni la note, ni l'article; car, ce matin-là, qui était un dimanche, il était parti avant l'aube, pour une promenade à travers champs. Il était admirablement disposé. En voyant lever le soleil, il cria, rit, iodla, sauta et dansa. Plus de Revue, plus de critiques à faire! C'était le printemps, et le retour de la musique du ciel et de la terre, la plus belle de toutes. Fini des sombres salles de concerts, étouffantes et puantes, des voisins désagréables, des virtuoses insipides! On entendait s'élever la merveilleuse chanson des forêts murmurantes; et sur les champs passaient les effluves enivrants de la Vie qui brisait l'écorce de la terre.
Il revenait de promenade, la tête bourdonnante de lumière, quand sa mère lui remit une lettre apportée du palais en son absence. La lettre, écrite sous une forme impersonnelle, avisait monsieur Krafft qu'il eût à se rendre, ce matin, au château.—Le matin était passé: il était près d'une heure. Christophe ne s'en émut guère.
—Il est trop tard maintenant, dit-il. Ce sera pour demain.
Mais sa mère s'inquiéta:
—Non, non, on ne peut pas remettre ainsi un rendez-vous de Son Altesse; il faut y aller, tout de suite. Peut-être s'agit-il d'une affaire importante.
クリストフは正直に答えた。
「ほんとうのところを言えば、気に入らないんです。僕には意味がわかりません。」
「では作曲するのにも読まなかったんですか。」
「読みました。」とクリストフは無邪気に言った。「しかし僕は思い違いしていたんです。他のことを考えていたんです。」
「ではその考えを自分で書くとよかったんです。」
「ほんとに、僕が書くことができるんだったら!」とクリストフは言った。
詩人はむっとして、腹癒せに音楽を批評した。邪魔な音楽で詩句を聞かせる妨げになると不平を並べた。
詩人は音楽家を理解しなかったし、音楽家は詩人を理解しなかったが、役者らの方でもまた音楽家をも詩人をも理解せず、かつそれを少しも気にかけてはいなかった。彼らは自分の持ち役の中であちらこちらに、いつもの効果を与えるような文句をばかり捜していた。朗吟法を調性と音楽的律動とに一致させることなどは、問題ではなかった。あたかもたえず調子はずれの歌い方をしてるがようだった。クリストフは歯ぎしりをして、一生懸命に音符を叫んでやった。が彼らは彼を叫ぶままにさしておいて、彼が自分たちに何を求めてるかさえ理解しないで、平然とやりつづけた。
もし下稽古があまり進んでいなかったら、そして紛擾の起こる恐れで制せられていなかったら、クリストフはすべてを放り出したかもしれなかった。彼はマンハイムに落胆してることをうち明けると、マンハイムは彼を笑った。
「どうしてだい?」とマンハイムは尋ねた。「万事うまくいってるじゃないか。君たちはたがいに理解していないんだって? へえ、それがなんだい。作者以外に作品が理解された例などあるもんか。自分で自分の作品を理解するだけでも、十分幸運じゃないか。」
クリストフは詩のばかばかしさを苦しんでいた。詩のために自分の音楽が毒されると言った。マンハイムも、その詩には常識が欠けてることや、ヘルムートが「頓馬」であることは、容易に認めていた。しかし彼はヘルムートにたいしてなんらの不安もいだいてはいなかった。ヘルムートは御馳走をふるまっていたし、きれいな女をもっていた。批評界にとってはそれだけで十分じゃないか。――クリストフは肩をそびやかして、冗談を聞く暇はないと言った。
「なに冗談なもんか。」とマンハイムは笑いながら言った。「世間の奴らはおめでたいもんだ。人生において何がたいせつか、そんなことは少しも考えていないんだ。」
そして彼は、ヘルムートのことをそんなに気にしないで、自分のことだけを考えるがいいとクリストフに忠告した。少し自分の広告でもせよと勧めた。クリストフは憤慨して拒絶した。彼の私生活について面会を求めて来たある探訪記者に、彼は腹をたてて答えた。
「それは君の知ったことじゃない!」
また、ある雑誌に出すのだと言って写真を求められると、彼は怒って飛び上がりながら、自分はありがたいことには通行人に顔をさらすような皇帝なんかではないと、怒鳴り返した。――また、彼を勢力ある社交界に結びつけることもできなかった。彼は招待に応じなかった。偶然承諾の余儀ない場合になっても、出席することを忘れるか、またはすべての人に不快を与えようとつとめてるかと思われるほど、不機嫌な様子で出席した。
しかし最も悪いことには、彼は公演の二日前に、雑誌の同人らと仲違いをした。
当然起こるべきことが起こった。マンハイムはなおクリストフの論説を校閲しつづけていた。そしてもはや平気で、非難の数行を全部抹殺して賛辞と置き換えていた。
ある日クリストフは、とある客間で、一人の音楽家と顔を合わした。――容貌自慢のピアニストで、クリストフが酷評をくだした男であったが、その時、白い歯並みを見せて微笑みながら彼のところへ来て礼を言った。彼は礼を言われる訳はないと乱暴な返事をした。相手はなお言い張って、まごつきながら感謝をやめなかった。クリストフは、あの論説に満足するかしないかは君の勝手であるが、しかしあれは確かに君を満足させるために書かれたのではない、と言って相手の言葉をさえぎった。そして背を向けてしまった。ピアニストは彼を親切な気むずかしやだとして、笑いながら立ち去った。しかしクリストフは、自分がやっつけてやった他の音楽家からも感謝の名刺を、せんだって受け取ったことを思い出して、突然ある疑惑を起こした。彼は外に出て、最近の雑誌を売店で買い、自分の論説を捜し、読んだ……。最初は、自分は気が狂ったのではないかと思った。次には、事情を了解した。そして激しい憤りのあまりディオニゾスの編集所へ駆け込んだ。
ワルトハウスとマンハイムとがそこにいて、懇意な一人の女優と話をしていた。彼らはクリストフの来た理由を尋ねるに及ばなかった。クリストフは、その雑誌をテーブルの上に投げ出しながら、息をつく隙もなく、馬鹿野郎だの下司野郎だの偽造者だのと呼びたて、力任せに椅子を床にたたきつけ、異常な猛烈さで彼らに詰問した。マンハイムはしいて笑い出した。クリストフはそれを後ろから足蹴にしようとした。マンハイムは腹をかかえて笑いながら、テーブルの後ろに逃げ込んだ。しかしワルトハウスは、きわめて傲然と彼に対抗した。そういう調子で口をきいてもらいたくないこと、やがて思い知らしてやるということ、などをその騒ぎの最中に、堂々と威儀を張って彼に言い聞かせようとした。そして自分の名刺を差し出した。クリストフはその名刺を彼の鼻先に投げ返した。
「手数ばかりかけやがる。……名刺なんかなくったって、君の名前は承知だ。君は狡猾野郎で偽造者だ。君と決闘でもすると僕を思ってるのか。……懲罰、それで君にはたくさんなんだ!……」
彼の声は往来までも聞こえていた。人々は立ち止まって聞いていた。マンハイムは窓を閉めた。訪問の女優は恐れて、逃げ出そうとした。しかしクリストフが扉口をふさいでいた。ワルトハウスは蒼ざめて息をつまらしながら、マンハイムは口ごもって冷笑しながら、ともに答え返そうとつとめた。しかしクリストフは彼らに口をきかせなかった。最も侮辱的だと思われる事柄を残らず浴びせかけた。そして息が切れ悪口の言葉がなくなってから、ようやくそこを出て行った。ワルトハウスとマンハイムとが声を出し得たのは、彼が立ち去った後だった。マンハイムはすぐ平静に返った。水が家鴨の羽の上を滑るように、悪口は彼の上から滑り落ちてしまった。しかしワルトハウスは恨みをいだいた。彼の体面は辱められた。そして、その侮辱をなお鋭くなしたのは、見物人がいたことだった。彼は決して許し得なかった。雑誌の同人らも皆彼に一致した。ただマンハイム一人だけが、依然としてクリストフを憎まなかった。彼は心ゆくまでクリストフを興がったのであった。その面白さは、自分が受けた四、五の悪口を十分償い得るものだと考えた。実に面白い茶番だった。もし自分がその主人公であっても、みずからまっ先に笑い出したくなるほどのものだった。それで彼は、何事も起こらなかったかのようにクリストフと握手するつもりであった。しかしクリストフの方はいっそう恨みを含んでいた。そして申し出でをことごとく拒絶した。それでもマンハイムは気にかけなかった。クリストフは一つの玩具であって、彼はそれからあらゆる興味をくみつくしたのだった。彼はもう他の人形に心を移し始めていた。翌日から二人の関係はすべて絶えてしまった。それでもやはりマンハイムは、自分の前でクリストフの噂が出ると、自分ら二人は親友だと言っていた。そしておそらく彼はそう信じていたのであろう。
喧嘩の二日後に、イフィゲニアの初日となった。全然失敗だった。ワルトハウスの雑誌は詩だけをほめて、音楽についてはなんとも言わなかった。他の新聞雑誌では大喜びだった。笑ったり非難したりした。その一篇は三日きりで引っ込められた。しかし嘲笑はそう急にはやまなかった。人々はクリストフを嘲弄する機会を得たのでうれしがった。そしてイフィゲニアは、数週間の間尽きざる笑い事となった。クリストフにもう防御の武器がないことは知れわたっていた。人々はそれに乗じていた。ただ一つ、多少皆を控え目にさしたのは、宮廷における彼の地位であった。大公爵は幾度もくり返して彼に意見をし、彼は少しもそれを意に介しなかったので、両者の関係はかなり冷やかなものになっていたけれども、彼はやはり官邸へ伺候していた。そして一般から見れば、実際以上に大きく見えるのではあるが、とにかく一種の公の保護を受けてるのであった。――がその最後の支持をも、彼はみずから破壊し去ることになった。
彼は悪評に苦しめられた。その悪評はただ彼の音楽にたいしてなされたのみでなく、また新芸術の形式に関する彼の考えにたいしてもなされた。人々はそれを理解しようとつとめなかった。(それを嘲笑するためには、曲解する方がよりたやすいことだった。)クリストフは、悪意ある非難にたいしてなし得る最上の返答は、なんらの弁駁をもなさないで創作しつづけることだと考えるだけの聡明さを、まだもっていなかった。数か月以来、いかなる不当な攻撃にも答え返さないでは済まさないという、悪い習慣に染んでいた。で彼は、敵を少しも容赦しない論説を一つ書いた。そして二つの新聞へもち込んだ。ところが思慮深い新聞社の方では、それを掲載し得ないと皮肉な丁重さで詫びながら、彼のもとへ返してきた。クリストフは意地を張った。かつて助力を頼んで来たことのある同地の社会主義新聞を思い出した。その編集者の一人を知っていた。時々いっしょに話をしたこともあった。権力や軍隊や圧迫的な古めかしい偏見などについて、自由な意見を吐く者を見出すと、クリストフはうれしかった。しかし二人の話は深く進み得なかった。なぜなら、社会主義者との談話はかならずカール・マルクスのことに落ちて行くが、マルクスはクリストフにとって絶対に無関係であったから。そのうえクリストフは、自由思想家――彼があまり好まない唯物主義者でもある男――の談話のうちに、一つの衒学的な峻厳さと思想上の専制主義、力にたいするひそかな崇拝、反対の意味の軍国主義、などを見出したが、それは彼が毎日ドイツで聞いているところのものと、たいして違った響きはもっていなかったのである。
しかしながら、他の編集所が自分にたいして扉を閉ざすのを見た時、彼が思いついたのはその男とその新聞とであった。かかる手段が物議をかもすだろうとは彼もよく考えた。その新聞は激烈で憎悪的で、たえず禁止されていた。しかしクリストフはそれを読んでいなかったので、彼にとっては恐るるに当たらない思想の勇敢さを考えついて、彼にとっては嫌悪すべき調子の下劣さを考えつかなかった。それにまた彼は、彼を窒息させんために他の諸新聞が陰険な共謀をめぐらしてるのを見て、非常に猛りたっていたので、たとい事情にもっとよく通じていても、おそらく気にかけなかったであろう。そうたやすく駆逐されるものではないことを、人々に示してやりたかった。――それで彼は、社会主義新聞社に論説をもち込んだ。すると双手を挙げて歓迎された。翌日、その論説は現われた。そして新聞は誇張的な言辞で報ずるのに、才幹ある青年楽匠たるクラフト君の協力を得たこと、労働階級の要求にたいする彼の熱烈な同情は世間周知のものであること、などをもってした。
クリストフはその注解をも自分の論説をも読まなかった。なぜなら、ちょうど日曜であったその朝、彼は野外散歩に払暁から出かけたのだった。実に晴れ晴れとした気持だった。日の出を見ながら彼は、叫び笑い歌い飛び踊った。もはや雑誌もなく、もはや批評の責任もなかった。時は春であった。あらゆる音楽のうちで最も美しい天と地との音楽が復帰していた。息苦しい臭い薄暗い音楽会場も、不愉快な隣席の聴衆も、つまらない音楽家らも、消えてなくなった。ささやきわたる森から霊妙な歌の起こるのが聞こえていた。そして畑地の上には、大地の表皮を破って生命の芳醇な気が通り過ぎていた。
彼は光明で鳴りわたる頭をもって、散歩から帰ってきた。すると、不在中に官邸から届けられた手紙を、母から渡された。だれからともつかない形式で書かれたその手紙の趣旨は、今朝クラフト氏は官邸へ伺候せられたいとのことだった。――朝はもう過ぎ去っていた。一時に近かった。クリストフはほとんど気にもしなかった。
「もう遅い。」と彼は言った。「明日にしよう。」
しかし母は気をもんだ。
「いえ、いえ、殿下にお目にかかるのを延ばせるものではないよ。すぐに行かなければいけません。大事な御用らしいから。」
Christophe haussa les épaules:
—Importante? Comme si ces individus pouvaient avoir quelque chose d'important à vous dire!... Il va m'exposer ses idées sur la musique. Ce sera gai!... Pourvu qu'il ne lui ait pas pris fantaisie de rivaliser avec Siegfried Meyer[1], et qu'il n'ait pas, lui aussi, à montrer un Hymne à Ægir! Je ne l'épargnerai pas. Je lui dirai: «Faites donc de la politique. Là, vous êtes le maître: vous aurez toujours raison. Mais dans l'art, prenez garde! Dans l'art, on vous voit sans casque, sans panache, sans uniforme, sans argent, sans titres, sans aïeux, sans gendarmes;... et dame! pensez un peu: qu'est-ce qui restera de vous?
La bonne Louisa, qui prenait tout au sérieux, leva les bras au ciel:
—Tu ne diras pas cela!... Tu es fou! Tu es fou!...
Il s'amusait à l'inquiéter, en abusant de sa crédulité, jusqu'à ce que la dose de l'extravagance fût si forte que Louisa finît par comprendre qu'il se moquait d'elle. Elle lui tournait le dos:
—Tu es trop bête, mon pauvre garçon!
Il l'embrassa en riant. Il était de magnifique humeur: il avait trouvé, dans sa promenade, un beau thème musical; et il le sentait s'ébattre en lui, comme un poisson dans l'eau. Il ne voulut point partir pour le château, avant d'avoir mangé: il avait un appétit d'ogre. Louisa veilla ensuite à sa toilette; car il recommençait à la tourmenter: il prétendait qu'il était bien comme il était, avec ses vêtements usés et ses souliers poudreux. Cela ne l'empêcha point d'en changer et de cirer ses chaussures, en sifflant comme un merle et en imitant tous les instruments de l'orchestre. Quand il eut fini, sa mère passa l'inspection et refit gravement son nœud de cravate. Il était très patient, par extraordinaire, parce qu'il était content de lui,—ce qui n'était pas non plus très ordinaire. Il partit, en disant qu'il allait enlever la princesse Adélaïde,—la fille du grand-duc, une assez jolie femme, mariée à un petit prince allemand, qui était venue passer quelques semaines auprès de ses parents. Elle avait témoigné jadis quelque sympathie à Christophe, quand il était enfant; et il avait un faible pour elle. Louisa prétendait qu'il en était amoureux; et, pour s'amuser, il feignait de l'être.
Il ne se pressait pas d'arriver, flânant devant les boutiques, s'arrêtant dans la rue, pour caresser un chien, qui flânait comme lui, étendu sur le flanc et bâillant au soleil. Il sauta les grilles inoffensives, qui ceignaient la place du château,—un grand carré désert, entouré de maisons, avec deux jets d'eau assoupis, deux parterres symétriques et sans ombre, séparés, comme par une raie sur le front, par une allée sablée, ratissée, bordée d'orangers en caisse; au milieu, la statue en bronze d'un grand-duc inconnu, costume Louis-Philippe, sur un socle décoré aux quatre angles par des allégories de Vertus. Sur un banc, un promeneur unique dormait sur son journal. A la grille du château, un poste de soldats inutiles dormait. Derrière les fossés pour rire de la terrasse du château, deux canons endormis bâillaient sur la ville endormie. Christophe leur rit au nez à tous.
Il entra au château sans se préoccuper de prendre une attitude officielle: tout au plus s'il cessa de chantonner; ses pensées continuaient de danser. Il jeta son chapeau sur la table du vestibule, en interpellant familièrement le vieil huissier, qu'il connaissait depuis l'enfance:—(le bonhomme était déjà là, lors de la première visite que Christophe avait faite au château avec son grand-père, le soir où il vit Hassler);—mais le vieux qui toujours répondait avec bonhomie aux boutades peu respectueuses de Christophe, prit, cette fois, un air rogue. Christophe n'y fit pas attention. Un peu plus loin, dans l'antichambre, il rencontra un employé de la chancellerie, fort bavard et prodigue avec lui, d'ordinaire, en démonstrations d'amitié; il fut surpris de la hâte que ce personnage mita passer, en esquivant un entretien. Il ne s'arrêta pas à ces impressions, et, continuant son chemin, il demanda à être introduit.
Il entra. Le dîner venait de finir. Son Altesse se tenait dans un des salons. Adossé à la cheminée, il fumait en causant avec ses hôtes, parmi lesquels Christophe distingua sa princesse, qui fumait aussi; négligemment renversée dans un fauteuil, elle parlait très haut à quelques officiers, qui faisaient cercle autour d'elle. La réunion était animée. Tous étaient fort gais; et Christophe, en entrant, entendit le rire épais du grand-duc. Mais ce rire s'arrêta net, quand le prince vit Christophe. Il poussa un grognement, et, fonçant droit sur lui:
—Ah! vous voilà, vous! cria-t-il. Vous daignez venir enfin? Est-ce que vous croyez que vous allez vous moquer de moi plus longtemps? Vous êtes un drôle, Monsieur!
Christophe fut si stupéfait par ce boulet reçu en pleine poitrine qu'il fut un moment avant de pouvoir articuler un mot. Il ne pensait qu'à son retard, qui ne pouvait légitimer une telle violence. Il balbutia:
—Altesse, qu'ai-je fait?
L'Altesse n'écoutait pas, et poursuivait avec emportement:
—Taisez-vous! Je ne me laisserai pas insulter par un drôle.
Christophe, blêmissant, luttait contre sa gorge contractée, qui refusait de parler. Il fit un effort, et cria:
—Altesse, vous n'avez pas le droit... vous n'avez pas le droit vous-même de m'insulter, sans me dire ce que j'ai fait.
Le grand-duc se tourna vers son secrétaire, qui sortit un journal de sa poche et qui le lui tendit. Il était dans un état d'exaspération, que son humeur colérique ne suffisait pas à expliquer: les fumées de vins trop généreux y avaient aussi leur part. Il vint se planter devant Christophe, et, comme un toréador avec sa cape, il lui agita furieusement devant la figure le journal déplié et froissé, en criant:
—Vos ordures, Monsieur!... Vous mériteriez qu'on vous y mît le nez!
Christophe reconnut le journal socialiste:
—Je ne vois pas ce qu'il y a de mal, dit-il.
—Quoi! quoi! glapit le grand-duc. Vous êtes d'une impudence!... Ce journal de gredins, qui m'insultent journellement, qui vomissent contre moi des injures immondes!...
—Monseigneur, dit Christophe, je ne l'avais pas lu.
—Vous mentez! cria le grand-duc.
—Je ne veux pas que vous disiez que je mens, fit Christophe. Je ne l'avais pas lu, je ne m'occupe que de musique. Et d'ailleurs, j'ai le droit d'écrire où je veux.
—Vous n'avez aucun droit, sauf celui de vous taire. J'ai été trop bon pour vous. Je vous ai comblé de mes bienfaits, vous et les vôtres, malgré toutes les raisons que votre inconduite et celle de votre père m'auraient données de me séparer de vous. Je vous défends de continuer à écrire dans un journal qui m'est ennemi. Et de plus, d'une façon générale, je vous défends d'écrire quoi que ce soit, à l'avenir, sans mon autorisation. J'ai assez de vos polémiques musicales. Je n'admets pas que quelqu'un qui jouit de ma protection passe son temps à attaquer tout ce qui est cher aux gens de goût et de cœur, aux véritables Allemands. Vous ferez mieux d'écrire de meilleure musique, ou, si cela ne vous est pas possible, de travailler vos gammes et vos exercices. Je ne yeux pas d'un Bebel musical, qui s'amuse à diffamer toutes les gloires nationales, à jeter le désarroi dans les esprits. Nous savons ce qui est bon, Dieu merci! Nous n'avons pas attendu que vous nous le disiez, pour le savoir. Donc, à votre piano, Monsieur, et fichez-nous la paix!
Le gros homme, face à face avec Christophe, le dévisageait avec des yeux insultants. Christophe, livide, essayait de parler; ses lèvres remuaient; il bégaya:
—Je ne suis pas votre esclave, je dirai ce que je veux, j'écrirai ce que je veux...
Il suffoquait, il était près de pleurer de honte et de rage; ses jambes tremblaient. En faisant un brusque mouvement du coude, il renversa un objet sur le meuble près de lui. Il se rendait compte qu'il était ridicule; et, en effet, il entendit rire: en regardant au fond du salon, il vit, au travers d'un brouillard, la princesse qui suivait la scène, en échangeant avec ses voisins des réflexions d'une commisération ironique. Dès lors, il perdit l'exacte conscience de ce qui se passait. Le grand-duc criait. Christophe criait plus fort que lui, sans savoir ce qu'il disait. Le secrétaire du prince et un autre fonctionnaire vinrent vers lui, et tâchèrent de le faire taire: il les repoussa; il agitait en parlant un cendrier qu'il avait saisi machinalement sur le meuble auquel il était adossé. Il entendait que le secrétaire lui disait:
—Allons, lâchez cela, lâchez cela!...
Et il s'entendait lui-même crier des*mots sans suite, et frapper avec le cendrier le rebord de la table.
—Sortez! hurla le grand-duc, au comble de la fureur. Sortez! Sortez! Je vous chasse!
クリストフは肩をそびやかした。
「大事な御用ですって、あんな人たちに大事な話なんかあるもんですか。……僕に音楽上の意見でも聞かせたいんだろう。愉快だな!……ジーグフリート・マイエル(注―― Siegfried Meyer はドイツの諷刺家らが Seine Majest
t 陛下――皇帝――のことを仲間うちで言う時に用いた綽名)と競争しようとの気まぐれを起こして、自分でもエジルの賛歌みたいなものを作って人に示したいんだろう。僕は容赦はしない。こう言ってやろう。政治をなさるがいい、政治では殿下が御主人だ。いつも御道理だ。しかし芸術では、用心なさるがいい。芸術にふみ込んだら、羽飾りも兜も軍服も金銭も肩書も祖先も憲兵も、殿下についてはしない。……そしたら、どうです、殿下から何が残りますかって。」
善良なルイザは、すべてを本気に取って、天に両腕を差し上げた。
「そんなことを言ってはいけません!……お前さんは狂者だ、狂者だ……。」
彼は母の信じやすいのにつけ込んで、心配さして面白がった。けれどしまいには、無法な言葉があまりすぎたので、ルイザはからかわれてることに気づいた。彼女は背を向けた。
「ほんとに、しようのない人だ。」
彼は笑いながら母を抱擁した。素敵もない機嫌だった。散歩してるうちに彼は、りっぱな楽旨を見出したのだった。水中の魚のように、その楽旨が自分のうちに踊ってるのを感じていた。食事をしないうちは、官邸へ出かけようとしなかった。餓鬼のように貪り食った。それからルイザは彼の身ごしらえを監督した。彼がまた彼女をじらし始めたからである。すり切れた服と埃だらけの靴のままで構わない、と言い出した。それでも彼は鶫のように口笛を吹いて管絃楽の各楽器を真似ながら、自分で服を着替え靴をみがいた。それが済むと、母は彼の様子を一通り見調べて、襟飾りをきちんと結び直してやった。彼はいつになくゆっくりしていた。なぜなら自分に満足していたから――そしてそれも、滅多にないことだった。出かけながら彼は、アデライド姫を誘拐しに行くのだと言った。それは大公爵の令嬢で、かなりきれいだった。ドイツのある小貴族に嫁しているが、数週間両親のもとへ帰って来ていた。昔クリストフが子供であったおり、彼に多少の同情を示してくれたことがあった。そして彼は彼女を好んでいた。ルイザは彼が恋してるのだと称していた。そして彼も冗談に、恋をしていた。
彼は早く官邸へ行きつこうともしないで、商店の前をぶらついたり、往来に立ち止まって馴染みの犬の頭をなでてやったりした。犬も彼と同様に呑気で、日向にねそべって欠伸をしていた。彼は官邸の広場をめぐらしてる無役な鉄柵を飛び越した。――寂しい広い方形の地で、建物にとり囲まれ、水の涸れてる二つの噴水があり、額の皺のような一本の径で分かたれてる、木陰のない同形の二つの花壇があった。径には砂がかきならされていて、両側には木鉢の橙樹が並んでいた。広場の中央には、四隅に徳をかたどった飾りのついてる台石の上に、ルイ・フィリップ式の服装をした、無名の大公爵の銅像が立っていた。ベンチの上にただ一人の散歩者が、新聞を広げたまま居眠っていた。官邸の鉄門のところには、無駄な哨兵らが眠っていた。邸前の高壇の馬鹿な溝の後ろには、眠ってる二門の大砲が、眠ってる町の上に欠伸をしていた。クリストフはそれらのものの鼻先で笑ってやった。
彼は官邸へはいっても、公式の態度を取ろうとはしなかった。たかだか微吟をやめたばかりだった。なお楽想が踊りつづけていた。彼は玄関のテーブルの上に帽子を投げ出しながら、子供の時から知ってる受付の老人を親しげに呼びかけた。――(その好々爺は、クリストフが祖父とともに初めて官邸へ伺って、ハスレルに会ったあの晩から、すでにその地位にいたのである。)――その老人は、クリストフの多少失礼な冗談にもよく答えるのを常としていたが、その時は、横柄な様子を示した。クリストフはそれに気を止めなかった。それから少し奥へ行って控室で、彼は文書局の役人に出会った。いつも彼に親愛の様子を見せながら、盛んにおしゃべりをする男だった。ところが、その男が話を避けて急いで通り過ぎたので、彼はびっくりさせられた。が彼はそれらのことにこだわらないで、なお進んでいって案内を求めた。
彼ははいっていった。午餐が終わったところだった。殿下は客間にいた。暖炉を背にして、客たちと話しながら煙草をふかしていた。客のうちにクリストフは、自分の姫を認めた。彼女も煙草をふかしていた。そして肱掛椅子にしどけなく身をよせかけて、まわりを取り巻いてる将校らに声高く話していた。会合はにぎやかだった。皆はすこぶる愉快そうだった。そしてクリストフははいって行きながら、大公爵の幅広い笑い声を聞いた。しかしクリストフの姿が彼の眼にとまると、その笑い声はぴたりとやんだ。彼は一つ唸り声をたてて、じかにクリストフめがけて大声に浴びせかけた。
「ああ来たな。どの顔でやって来たのか。お前はこのうえ私を馬鹿にするつもりなのか。お前は実に悪者だ。」
クリストフは真正面に受けたその砲弾に茫然として、ちょっとの間一言も発することができなかった。彼は自分の遅参のことばかり考えていた。遅参したとてかかる乱暴な目に会う訳はなかった。彼はつぶやいた。
「殿下、私は何かいたしたのでございますか。」
殿下は耳を貸さなかった。勢い激しく言い進んだ。
「黙れ。私は悪者から侮辱されはしないぞ。」
クリストフは蒼くなりながら、喉がつまって言葉が出ないのをもがいた。彼は一生懸命になって叫んだ。
「殿下は不当です……不当であります、私が何をしたかおっしゃらずに、私を侮辱されるのは。」
大公爵は私書官の方をふり返った。私書官はポケットから一枚の新聞を取り出して、それを大公爵に差し出した。大公爵はひどく激昂していた。例の怒りっぽい性質からと言うだけでは不十分だった。芳醇な酒気も加わっていた。彼はクリストフの前に来てつっ立ち、闘牛士が外套を打ち振るように、広げた皺くちゃの新聞をクリストフの顔の前に激しく振り動かしながら、叫んだ。
「汚らわしい行ないだ。……こんなものに顔をつっ込むのがお前にはよく似合ってる。」
クリストフはそれが社会主義の新聞であることを知った。
「私は別に悪いとは思いません。」と彼は言った。
「なに、なんだと!」と大公爵は金切声で叫んだ。「不謹慎な!……この恥知らずの新聞めは、毎日私を侮辱してるんだ、私に下劣な悪口を吐いてるんだ……。」
「殿下、」とクリストフは言った、「私はその新聞を読んだことがございません。」
「嘘をつくな!」と大公爵は叫んだ。
「私は嘘をついてると言われたくありません。」とクリストフは言った。「読んだことはございません。私は音楽に関係してるだけであります。それにまた、どういうところへ書こうと、それは私の権利であります。」
「お前にはただ黙る権利しかないんだ。私はお前たちに親切すぎた。お前の不品行やお前の父の不品行によって、もう疾くに追い払う理由があったにもかかわらず、お前たち一家の者に恩恵を施してやった。私はお前に、私と敵対する新聞につづけて書くことを禁ずる。それからまた、どんなことであろうとも、今後私の許可なくして書くことを一般に禁ずる。お前の音楽上の筆戦にはもうたくさんだ。私の保護を受けてる者が、趣味と心を有する人々にとって、ほんとうのドイツ人にとって、貴重であるあらゆるものを攻撃して、時間をつぶすのを私は許さない。お前はりっぱな音楽を書く方がよい。もしそれができなければ、音階や練習に精を出す方がよい。国家的光栄を誹謗したり人々の精神を混乱さしたりして喜ぶ、音楽上のベーベルを私は欲しない。われわれはありがたくも、何がよいかを知っている。それを知るには、お前から説き聞かされるのを待つ要はない。だからお前はピアノに向かうがよい。そしてわれわれを平和にしておいてもらいたいのだ。」
でっぷり肥った彼は、クリストフと顔を向き合わして、侮辱的な眼で相手の顔をうかがっていた。クリストフは色を失って、口をききたがっていた。その唇はかすかに動いていた。彼は口ごもりつつ言った。
「私は殿下の奴隷ではありません。言いたいことを言います、書きたいことを書きます……。」
彼は息をつまらしていた。恥辱と憤怒とに泣かんばかりになっていた。両足は震えていた。片肱を急に動かしながら、傍らの家具に乗ってた器物をひっくり返した。自分の様子がいかにもおかしいのをはっきり感じた。果たして笑い声が聞こえた。客間の奥をながめると、皮肉な憐憫の言葉をそばの人たちとかわしながら喧嘩を見守ってる姫の姿が、霧の向こうにあるようにぼんやり眼にはいった。それ以来彼は、何が起こってるかという正確な意識を失った。大公爵は叫んでいた。クリストフは何を言ってるのかみずから知らないで、いっそう高く叫んでいた。秘書官とも一人の役人とが彼の方へやって来て、彼を黙らせようとつとめた。彼は二人を押しのけた。背中でよりかかっていた家具の上から、機械的に一つの灰皿をつかみ取って、口をききながら振り回した。秘書官の言ってる言葉が耳にはいった。
「さあ、それを放したまえ、それを放したまえ……。」
そして自分が叫んでる取り留めもない言葉や、灰皿でテーブルの縁をたたいてる音などが、耳にはいった。
「出て行け!」と大公爵はひどく猛りたって喚いた。「出て行け、出て行け。追い出してやるぞ!」
Les officiers s'étaient approchés du prince, et essayaient de le calmer. Le grand-duc, apoplectique, les yeux hors de la tête, criait qu'on jetât ce chenapan à la porte. Christophe vit rouge: il fut tout près d'appliquer son poing sur le mufle du grand-duc; mais il était écrasé par un chaos de sentiments contradictoires: la honte, la fureur, un reste de timidité, de loyalisme germanique, de respect traditionnel, d'habitudes humiliées devant le prince. Il voulait parler, il ne pouvait parler; il voulait agir, il ne pouvait agir; il ne voyait plus, il n'entendait plus: il se laissa pousser, et sortit.
Il passa au milieu des domestiques, impassibles, qui, venus près de la porte, n'avaient rien perdu du bruit de la dispute. Les trente pas qu'il eut à faire pour sortir de l'antichambre lui semblèrent durer toute une vie. La galerie s'allongeait, à mesure qu'il avançait. Il ne sortirait jamais!... La lumière du dehors, qu'il voyait luire là-bas, par la porte vitrée, était le salut... Il descendit l'escalier en trébuchant; il oubliait qu'il était nu-tête: le vieil huissier le rappela pour prendre son chapeau. Il lui fallut ramasser toutes ses forces pour sortir du château, traverser la cour, regagner sa maison. Il claquait des dents. Quand il ouvrit la porte de chez lui, sa mère fut épouvantée par sa mine et par son tremblement. Il l'écarta, il refusa de répondre à ses questions. Il monta dans sa chambre, s'enferma, et se coucha. Il avait un tel frisson qu'il n'arrivait pas à se déshabiller: la respiration coupée; les membres brisés... Ah! ne plus voir, ne plus sentir, n'avoir plus à soutenir ce misérable corps, à lutter contre l'ignoble vie, tomber, tomber sans souffle, sans pensée, n'être plus, nulle part!...—Ses habits arrachés avec une peine mortelle et épars autour de lui, par terre, il se jeta dans son lit et s'y enfonça jusqu'aux yeux. Tout bruit cessa dans la chambre: on n'entendit plus que le petit lit de fer, qui tremblait sur le carreau.
Louisa écoutait à-la porte; elle frappa en vain, appela doucement: rien ne répondit; elle attendit, épiant anxieusement le silence; puis elle s'éloigna. Une ou deux fois dans le jour, elle revint écouter; et le soir, encore, avant de se coucher. Le jour passa, la nuit passa: la maison était muette. Christophe tremblait de fièvre; par moments, il pleurait; et, dans la nuit, il se soulevait pour montrer le poing au mur. Vers deux heures du matin, dans un accès de folie, il sortit du lit, en nage et à moitié nu: il voulait aller tuer le grand-duc. Il était dévoré de haine et de honte; son corps et son cœur se tordaient dans la flamme.—De cette tempête, rien ne s'entendait au dehors: pas un mot, pas un son. Les dents serrées, il renfermait tout en lui.
Le lendemain matin, il redescendit, comme d'habitude. Il était ravagé. Il ne dit rien, et sa mère n'osa rien lui demander: elle savait déjà, par les rapports du voisinage. Tout le jour, il resta sur une chaise, au coin du feu, muet, fiévreux, le dos courbé, comme un vieux; et, quand il était seul, il pleurait en silence.
Vers le soir, le rédacteur du journal socialiste vint le voir. Naturellement, il était au courant et voulait des détails. Christophe, touché de sa visite, l'interpréta naïvement comme une démarche de sympathie et d'excuses de la part de ceux qui l'avaient compromis; il mit son amour-propre à ne rien regretter, et il se laissa aller à dire tout ce qu'il avait sur le cœur: ce lui était un soulagement de parler librement à un homme qui eût comme lui la haine de l'oppression. L'autre l'excitait à parler: il voyait dans l'événement une bonne affaire pour son journal, l'occasion d'un article scandaleux, dont il attendait que Christophe lui fournît les éléments, à moins que Christophe ne l'écrivît lui-même; car il comptait qu'après cet éclat, le musicien de la cour mettrait au service de «la cause» son talent de polémiste, qui était appréciable, et ses petits documents secrets sur la cour, qui l'étaient encore plus. Comme il ne se piquait pas d'une délicatesse exagérée, il présenta la chose sans artifice. Christophe en eut un haut-le-corps; il déclara qu'il n'écrirait rien, alléguant que toute attaque de sa part contre le grand-duc serait interprétée comme un acte de vengeance personnelle, et qu'il était tenu à plus de réserve, maintenant qu'il était libre, que lorsque, ne l'étant pas, il courait des risques en disant sa pensée. Le journaliste ne comprit rien à ces scrupules; il jugea Christophe un peu borné et clérical au fond; il pensa surtout que Christophe avait peur. Il dit:
—Eh bien, laissez-nous faire: c'est moi qui écrirai. Vous n'aurez à vous occuper de rien.
Christophe le supplia de se taire; mais il n'avait aucun moyen de l'y contraindre. D'ailleurs, le journaliste lui représenta que l'affaire ne le concernait pas seul: l'insulte atteignait le journal, qui avait le droit de se venger. À cela, rien à répondre; tout ce que put faire Christophe, ce fut de lui demander sa parole qu'il n'abuserait point de certaines confidences faites à l'ami, et non au journaliste. L'autre la lui donna sans difficulté. Christophe n'en fut pas rassuré: il se rendait compte trop tard de l'imprudence qu'il avait commise.—Quand il fut seul, il repassa dans sa tête tout ce qu'il avait dit, et il frémit. Sans réfléchir une minute, il écrivit au journaliste, le conjurant de ne point répéter ce qu'il lui avait confié:—(le malheureux le répétait lui-même, en partie, dans sa lettre.)
Le lendemain, la première chose qu'il lut, en ouvrant le journal avec une hâte fiévreuse, ce fut, en première page, tout au long son histoire. Tout ce qu'il avait dit, la veille, s'y retrouvait démesurément grossi, ayant subi cette déformation spéciale à laquelle sont soumis tous les objets qui passent par un cerveau de journaliste. L'article attaquait avec de basses invectives le grand-duc et la cour. Certains détails qu'il donnait étaient trop personnels à Christophe, trop évidemment connus de lui seul, pour qu'on ne lui attribuât point l'article entier.
Ce nouveau coup écrasa Christophe. À mesure qu'il lisait, une sueur froide lui montait au visage. Quand il eut fini, il resta affolé. Il voulut courir au journal; mais sa mère l'en empêcha, redoutant, non sans raison, sa violence. Il la redoutait lui-même; il sentait que s'il y allait, il ferait quelque sottise; et il resta,—pour en faire une autre. Il adressa au journaliste une lettre indignée, où il lui reprochait sa conduite en termes blessants, désavouait l'article, et rompait avec le parti. Le désaveu ne parut pas. Christophe récrivit au journal, le sommant de publier sa lettre. On lui envoya copie de sa première lettre, écrite le soir de l'entretien, et qui en était la confirmation: on lui demandait s'il fallait la publier aussi. Il se sentit dans leurs mains. Là-dessus, il eut le malheur de rencontrer dans la rue l'interviewer indiscret; il ne put s'empêcher de lui dire le mépris qu'il avait pour lui. Le lendemain, le journal publia un entrefilet insultant, où l'on parlait de ces domestiques de cour, qui, même quand on les a flanqués à la porte, restent toujours des domestiques. Quelques allusions à l'événement récent ne permettaient point de douter qu'il ne s'agît de Christophe.
Quand il fut bien évident pour tous que Christophe n'avait plus aucun appui, il se trouva soudain d'une richesse en ennemis qu'il n'eût jamais soupçonnée. Tous ceux qu'il avait blessés, directement ou indirectement, soit par des critiques personnelles, soit en combattant leurs idées et leur goût, prirent aussitôt l'offensive et se vengèrent avec usure. Le gros public, dont Christophe avait essayé de secouer l'apathie, contemplait, satisfait, la correction administrée à l'insolent jeune homme, qui avait prétendu réformer l'opinion et troubler le sommeil des gens de bien. Christophe était à l'eau. Chacun fit de son mieux pour lui tenir la tête dessous.
Ils ne fondirent pas tous ensemble sur lui. L'un commença d'abord, pour tâter le terrain. Christophe ne répondant pas, il redoubla ses coups. Alors d'autres suivirent; et puis, toute la bande. Les uns étaient de la fête par simple divertissement, comme de jeunes chiens qui s'amusent à déposer leurs incongruités en belle place: c'était l'escadron volant des journalistes incompétents, qui, ne sachant rien, tâchent de le faire oublier, à force d'adulations aux vainqueurs et d'injures aux vaincus. Les autres apportaient le poids de leurs principes, ils tapaient comme des sourds; où ils avaient passé, il ne restait rien de rien: c'était la grande critique,—la critique qui tue.
Par bonheur pour Christophe, il ne lisait pas les journaux. Quelques amis dévoués avaient l'attention de lui envoyer les plus injurieux. Mais il les laissait s'empiler sur sa table, sans penser à les ouvrir. Ce ne fut qu'à la fin que ses yeux furent attirés par une grande marque rouge qui encadrait un article: il lut que ses Lieder ressemblaient aux grognements d'un animal sauvage, que ses symphonies sortaient d'une maison de fous, que son art était hystérique, que ses spasmes d'harmonies voulaient donner le change sur sa sécheresse de cœur et sa nullité de pensée. Le critique, fort connu, terminait ainsi:
«M. Krafft a naguère donné, comme reporter, quelques preuves étonnantes de son style et de son goût, qui excitèrent dans les cercles musicaux une gaieté irrésistible. Il lui fut alors conseillé amicalement de se livrer plutôt a la composition. Les derniers produits de sa muse ont montré que ce conseil, bien intentionné, était mauvais. M. Krafft devrait décidément faire du reportage.»
将校らは大公爵のそばに来て、彼を鎮めようと試みていた。卒中症の大公爵は、両眼をむき出しながら、この無頼漢をつき出せと叫んでいた。クリストフは眼の前が真赤になった。将に大公爵の鼻面に拳固を食わせようとした。しかし種々の矛盾した感情の混乱に圧倒されていた。恥辱、激怒、または、彼のうちにまだ多少残ってる、怯懦や、ゲルマン的忠義心や、伝統的な尊敬心や、君侯の前における屈従的習慣などであった。彼は口をききたかったがそれもできなかった。なんとかしてやりたかったがそれもできなかった。もはや何も眼にはいらず、何も耳にはいらなかった。押し出されるままになって、外へ出た。
彼は冷然たる召使らのまん中を通りぬけた。彼らは扉のところまでやって来て、喧嘩の騒ぎを残らず聞き取っていた。控室から外に出るため三十歩行くのが、彼には一生かかるかと思われた。前へ進むに従って廊下は長くなった。とうてい出られないような気がした……。向こうにガラス戸から見えてる戸外の光は、彼にとって天の救いであった……。彼はつまずきながら階段を降りていった。帽子を被っていないことに気づかなかった。受付の老人は彼を呼びとめて、帽子を注意してやった。彼はある限りの力を振るい起こしてようやく、官邸を出で、中庭を横ぎり、家へ帰りついた。歯をかち合わしていた。家の扉を開くと、母は彼の顔つきと身震いとに恐れ驚いた。彼は母を避け、少しも問いに答えなかった。自分の室に上がって行き、扉を閉め切り、そして寝た。非常に身体が震えていて、着物を脱ぐこともできなかった。息切れがして、手足にまるで力がなかった。……ああ、もう何も見ず、何も感ぜず、この惨めな身体を維持する要もなく、卑しい人生と闘う要もなく、斃れてしまい、呼吸も思想もなくて斃れてしまい、もはやどこにも存在しなかったら!……彼はようやくの思いで着物を脱ぎ去り、そのまま床の上に投げ散らし、寝床に飛び込み、眼までもぐり込んだ。室の中には物音が絶えた。床石の上に震える小さな鉄の寝台の音しか、もはや聞こえなかった。
ルイザは扉のところで立ち聞いていた。扉をたたいたが無駄だった。静かに呼んでみた。なんの答えもなかった。ひっそりした様子を気づかって窺いながら、彼女は待った。それから立ち去った。その日のうちにまた一、二度もどってきて、耳を澄ました。晩にもまた、寝る前にそうした。昼は過ぎ、夜も過ぎた。家じゅう静まり返っていた。クリストフは熱に震えていた。時々涙を流した。夜中に身を起こして、壁に拳固をさしつけた。午前の二時ごろ、にわかに狂暴な気持に駆られて、汗にまみれ半ば裸のまま寝床から出た。大公爵を殺しに行きたかった。憎悪と恥辱とにさいなまれていた。身心とも燃えたってもがいていた。――この暴風雨も、外へは少しも聞こえなかった。一つの言葉も一つの音もし漏れなかった。彼は歯を食いしばって、すべてを自分のうちに閉じこめていた。
翌朝、彼はいつものとおりに降りて来た。ひどくやつれていた。彼は何にも言わなかった。母も尋ねかねた。彼女は近所の噂ですでに知っていた。終日彼は暖炉の隅の椅子にすわり、老人のように背をかがめ、いらだち黙然としていた。そして一人になると、黙って涙を流した。
夕方、社会主義新聞の編集者が会いに来た。もとより彼は事件を知っていて詳細を聞きたがっていた。クリストフは彼の訪問に感動して、自分を危地に陥れた人々からの同情と謝罪とをもたらしたものだと率直に解した。自尊心から何にも後悔していないふうをした。そして心にあることをすべてうっかりしゃべってしまった。自分と同様に圧迫を憎んでる男にはばからず語るのは、彼にとって一つの慰謝であった。相手は彼をおだてて話させた。新聞にとって好都合な誹謗的記事を得る機会を、その事件のうちに見て取っていた。クリストフがみずからその記事を書かないまでも、少なくともその材料を供給するだろうと、彼は期待していた。なぜなら、そういう破裂のあとには、宮廷音楽家たるクリストフは、論客としてのりっぱな手腕と、それよりさらに価値ある宮廷に関する小秘録とを、「主義」のために役だててくれることと考えていたのである。彼はわざとらしい遠慮を装う男ではなかったから、なんらの技巧も加えず露骨にそのことを申し出た。クリストフは駭然とした。彼は何にも書かないと断言し、自分の方からする大公爵にたいする攻撃は、このさいすべて私の復讐心から発した行為だと解せられやすいこと、また、自由でなく危険を冒してまで考えを発表していた時よりも、自由の身となった今ではいっそう慎むべきであること、などを主張した。記者はそれらの慎重な気持を少しも理解しなかった。彼はクリストフを、やや偏狭で根は僧侶臭い男だと判断した。ことにクリストフが恐れてるのだと考えた。彼は言った。
「では、僕たちにお任せなさい。僕が書きましょう。あなたは何にもしなくてよろしいです。」
クリストフは何にも言わないでおいてほしいと頼んだ。しかしそうさせるだけの方法がなかった。そのうえ記者は、事件はクリストフ一人に関係したことではないと言い出した。侮辱は新聞にまで及んでいて、新聞には復讐の権利があった。それにはクリストフも返答のしようがなかった。クリストフがなし得たすべては、記者としてではなく、友人としてなしたある打ち明け話を、決して濫用しないという言質を求めることだった。記者は造作なくその言質を与えた。それでもクリストフは安心しかねた。軽率なことをしでかしたのに気づいたが、もう間に合わなかった。――一人になると、彼は語ったことをすべて思い起こしてみて、身を震わした。考えるまもなくすぐにペンを取って、うち明けた話を他にくり返してくれるなと、懇願の手紙を記者に書いた。――(不幸にも彼は、その話の一部を手紙の中でみずからくり返して述べた。)
翌日彼が、いらだちながら急いでその新聞を開いて、最初に読んだのは、第一ページに長々と出てる彼の話であった。前日彼が話したことは残らず出ていて、しかも非常に誇張されたものとなり、新聞記者の頭を通ると万事が受ける特殊な変形を受けていた。その記事は下劣な罵詈をもって大公爵と宮廷とを攻撃していた。その中のある事柄は、あまりにクリストフの一身に近しいことであり、明らかに彼一人のみが知ってることだったので、記事全部が彼の筆に成ったものだと思われても仕方なかった。
その新たな打撃にクリストフはまいってしまった。読んでゆくに従って、冷たい汗が顔に流れた。読み終わると、狂わんばかりになった。彼は新聞社へ駆け込みたかった。しかし母は彼の乱暴を恐れて引き留めた。母が恐れたのも無理はなかった。彼自身もそれを恐れていた。もし行ったら馬鹿げたことをしかねない気がしていた。そして彼は家に残った――他の馬鹿げたことをするために。彼は記者へ怒った手紙を書き、侮辱的な言葉でその行為を責め、記事を取り消し、その仲間と関係を絶った。取り消しは新聞に出なかった。クリストフは新聞社へ手紙を書き、自分の手紙を発表せよと促した。すると、会見の晩に彼が書いた第一の手紙の写しを、かえって記事の証明となる手紙の写しを、送って来た。それをも発表すべきかと尋ねてきた。クリストフは彼らの手中に陥ったことを感じた。そのうえにまた彼は、あの不謹慎な訪問記者と往来で不幸にも出会った。彼はその記者にたいする軽蔑の念を言ってやらずにはおかなかった。翌日になると、新聞は侮辱的な小欄を掲げて、宮廷の奴僕どもは、追い出されてもなお奴僕根性がぬけないものだと、書きたてた。最近の事件にそれとなく説き及ぼしてる言葉によって、それがクリストフに関するものであることは疑いの余地がなかった。
クリストフはもはやなんらの支持ももっていないことが、すべての人に明らかにわかった時、彼の思いもつかなかった多数の敵が突然現われてきた。あるいは個人的な非難によって、あるいはその思想や趣味を攻撃することによって、彼が直接間接に傷つけた人々はすべて、ただちに攻勢を取りだして、利息をつけて復讐してきた。クリストフが無感覚から呼び覚ましてやろうとした一団の大きな公衆は、世論を改革し善人の眠りを妨げんと企てたこの傲慢な青年に処罰が加えられるのを、満足な心でながめた。クリストフは水に陥っていた。人々はそれぞれ力を尽くして、彼の頭を下に押し沈めようとした。
彼らは皆いっしょになって彼へ飛びかかっては来なかった。ある者が最初に陣地を探るため攻撃してきた。クリストフが応戦をしないので、彼はさらに攻撃を重ねた。すると他の者らもついて来た。それから全隊が進んで来た。ある者らは、美しい場所に汚物を残して面白がる若い犬のように、単なる楽しみからその騒ぎに加わっていた。それは無能な新聞記者らから成る別動隊であった。まったく無知であって、それを人に知らせないために、勝者に阿諛し敗者をののしる奴らだった。また他の者らは、おのれの主義主張の重みをもち出し、やたらにがなりたてていた。彼らが通ったあとには何物も残らなかった。偉大な批評――虐殺の批評であった。
クリストフは幸いにも、それらの新聞を読んでいなかった。忠実な四、五の友人は、そのもっとも毒々しいのを注意して送ってくれた。しかし彼はそれをテーブルの上につみ重ねたまま、開こうとも思わなかった。がついに彼の眼は、ある記事の周囲に引かれてる太い赤線に止まった。読んでみると、彼の歌曲は野獣の唸り声に似ており、彼の交響曲は癲狂院から発する趣きがあり、彼の芸術はヒステリー的であり、彼の痙攣的な和声は心情の乾燥と思想の空粗とをごまかそうとしたものである、などと書いてあった。その著名な批評家は次のように結んでいた。
Après cette lecture, qui empêcha Christophe de travailler pendant toute une matinée, il se mit à la recherche des autres journaux hostiles, pour achever de se démoraliser. Mais Louisa, qui avait la manie de faire disparaître tout ce qui traînait, sous prétexte de «faire de l'ordre», les avait déjà brûlés. Il en fut irrité d'abord, puis soulagé; et, tendant à sa mère le journal qui restait, il lui dit qu'elle aurait bien dû en faire autant de celui-là.
D'autres affronts lui furent plus sensibles. Un quatuor, dont il avait envoyé le manuscrit à une société réputée de Francfort, fut refusé à l'unanimité, et sans explications. Une ouverture, qu'un orchestre de Cologne semblait disposé à jouer, lui fut retournée, après des mois d'attente, comme injouable. La pire épreuve lui fut infligée par une société orchestrale de la ville. Le Kapellmeister H. Euphrat, qui la dirigeait, était assez bon musicien: mais, comme beaucoup de chefs d'orchestre, il n'avait aucune curiosité d'esprit; il souffrait—(ou plutôt il se portait à merveille)—de cette paresse spéciale à sa corporation, qui consiste à ressasser indéfiniment les œuvres déjà connues et à fuir comme le feu toute œuvre vraiment nouvelle. Il n'était jamais las d'organiser des Festivals Beethoven, Mozart, ou Schumann: il n'avait, dans ces œuvres, qu'à se laisser porter par le ronron des rythmes familiers. En revanche, la musique de son temps lui était insupportable. Il n'osait pas l'avouer et se disait accueillant pour les jeunes talents: de vrai, quand on lui apportait une œuvre bâtie sur un patron ancien,—un décalque d'œuvres qui avaient été nouvelles, il y avait cinquante ans,—il la recevait fort bien; il mettait même de l'ostentation à l'imposer au public. Cela ne dérangeait ni l'ordre de ses effets, ni l'ordre d'après lequel le public avait coutume d'être ému. En revanche, il éprouvait un mélange de mépris et de haine pour tout ce qui menaçait de déranger ce bel ordre et de lui causer une fatigue nouvelle. Le mépris dominait, si le novateur n'avait aucune chance de sortir de son ombre. S'il menaçait de réussir, c'était alors la haine,—bien entendu, jusqu'au moment où il avait réussi tout à fait.
Christophe n'en était pas encore là: tant s'en fallait. Aussi, fut-il surpris, quand on lui fit savoir, par des ouvertures indirectes, que Herr H. Euphrat eût été bien aise de jouer quelque chose de lui. Il avait d'autant moins de raisons de s'y attendre que le Kapellmeister était un ami intime de Brahms et de quelques autres qu'il avait malmenés dans ses chroniques. Comme il était bon garçon, il prêta à ses adversaires des sentiments généreux, qu'il eût été capable d'avoir. Il supposa que, le voyant accablé, ils voulaient lui prouver qu'ils étaient au-dessus des rancunes mesquines: il en fut touché, il écrivit un mot plein d'effusion à H. Euphrat, en lui envoyant un poème symphonique. L'autre lui fit répondre, par son secrétaire, une lettre froide, mais polie, lui accusant réception de son envoi et ajoutant que, suivant la règle de la société, la symphonie serait prochainement distribuée à l'orchestre et soumise à l'épreuve d'une répétition d'ensemble, avant d'être reçue pour l'audition publique. La règle était la règle: Christophe n'avait qu'à s'incliner. Aussi bien, c'était là une pure formalité, qui servait à écarter les élucubrations des amateurs encombrants.
Deux ou trois semaines après, Christophe reçut avis que son œuvre allait être répétée. En principe, tout se passait à huis clos, et l'auteur même ne pouvait assister à la répétition. Mais une tolérance universellement admise faisait qu'il était toujours là; seulement, il ne se montrait pas. Chacun le savait, et chacun feignait de ne le point savoir. Au jour dit, un ami vint chercher Christophe et l'introduisit dans la salle, où il prit place au fond d'une loge. Il fut surpris de voir qu'a cette répétition fermée, la salle—du moins, les places du bas—était presque entièrement remplie: une foule de dilettantes, d'oisifs et de critiques s'agitait en caquetant. L'orchestre était censé ignorer leur présence.
On commença par la Rhapsodie de Brahms pour voix d'alto, chœur d'hommes, et orchestre, sur un fragment du Harzreise im Winter de Gœthe. Christophe, qui détestait la sentimentalité majestueuse de cette œuvre, se dit que c'était peut-être, de la part des «Brahmines», une façon courtoise de se venger, en le forçant à entendre une composition qu'il avait critiquée irrévérencieusement. Cette idée le fit rire, et sa bonne humeur augmenta, quand, après la Rhapsodie, vinrent deux autres productions de musiciens connus, qu'il avait pris à partie: l'intention ne lui sembla pas douteuse. Sans pouvoir dissimuler quelques grimaces, il pensa que c'était, après tout, de bonne guerre; et, à défaut de la musique, il apprécia la farce. Il s'amusa même à mêler ses applaudissements ironiques à ceux du public, qui fit pour Brahms et ses congénères une manifestation enthousiaste.
Enfin, ce fut le tour de la symphonie de Christophe. Quelques regards jetés de l'orchestre et de la salle dans la direction de sa loge lui firent voir qu'on était averti de sa présence. Il sedissimula, il attendait, avec ce serrement de cœur que tout musicien éprouve, au moment où la baguette du chef se lève et où le fleuve de musique se ramasse en silence, prêt à briser sa digue. Jamais il n'avait encore entendu son œuvre à l'orchestre. Comment les êtres qu'il avait rêvés allaient-ils vivre? Quelle serait leur voix? Il les sentait gronder en lui; et, penché sur le gouffre de sons, il attendait en frémissant ce qui allait sortir.
Ce qui sortit, ce fut une chose sans nom, une bouillie informe. Au lieu des robustes colonnes qui devaient soutenir le fronton de l'édifice, les accords s'écroulaient les uns à côté des autres, comme une bâtisse en ruines; on n'y distinguait rien qu'une poussière de plâtras. Christophe hésita avant d'être bien sûr que c'était lui qu'on jouait. Il recherchait la ligne, le rythme de sa pensée: il ne la reconnaissait plus; elle allait, bredouillante et titubante, comme un ivrogne qui s'accroche aux murs; et il était écrasé de honte, comme si on le voyait lui-même en cet état. Il avait beau savoir que ce n'était pas là ce qu'il avait écrit: quand un interprète imbécile dénature vos paroles, on a un moment de doute, on se demande avec consternation si l'on est responsable de cette stupidité. Le public, lui, ne se le demande jamais: il croit à l'interprète, aux chanteurs, à l'orchestre qu'il est accoutumé d'entendre, comme il croit à son journal: ils ne peuvent pas se tromper; s'ils disent des absurdités, c'est que l'auteur est absurde. Il en doutait d'autant moins, en cette occasion, qu'il avait plaisir à le croire.—Christophe essayait de se persuader que le Kapellmeister se rendait compte du gâchis, qu'il allait arrêter l'orchestre, et faire tout reprendre. Les instruments ne jouaient même plus ensemble. Le cor avait manqué son entrée et pris une mesure trop tard; il continua quelques minutes, puis s'arrêta tranquillement pour vider son instrument. Certains traits des hautbois avaient totalement disparu. Il était impossible à l'oreille la plus exercée de retrouver le fil de la pensée musicale, ni même d'imaginer qu'il y en eût une. Des fantaisies d'instrumentation, des saillies humoristiques, devinrent grotesques, par le fait de la grossièreté de l'exécution. C'était bête à pleurer, c'était l'œuvre d'un idiot, d'un farceur, qui ne savait pas la musique. Christophe s'arrachait les cheveux. Il voulut interrompre; mais l'ami qui était avec lui l'en empêcha, l'assurant que Herr Kapellmeister saurait bien de lui-même discerner les fautes de l'exécution et tout remettre au point,—qu'au reste Christophe ne devait pas se montrer et qu'une observation de lui ferait le plus mauvais effet. Il obligea Christophe à se retirer au fond de la loge. Christophe se laissa faire; mais il se cognait la tête avec ses poings; et chaque monstruosité nouvelle lui arrachait un râle d'indignation et de douleur:
—Les misérables! Les misérables!... gémissait-il; et il se mordait les mains pour ne pas crier.
Maintenant, montait vers lui, avec les fausses notes, la rumeur du public, qui commençait à s'agiter. Ce ne fut d'abord qu'un frémissement; mais bientôt, Christophe n'eut plus de doute: ils riaient. Les musiciens de l'orchestre avaient donné le signal; certains ne cachaient point leur hilarité. Le public, assuré dès lors que l'œuvre était risible, se tordit de rire. La joie fut générale; elle redoublait au retour d'un motif très rythmé, que les contrebasses accentuaient d'une façon burlesque. Seul, le Kapellmeister, imperturbable, continuait à marquer la mesure, au milieu du charivari.
Enfin, l'on arriva au bout:—(les meilleures choses ont une fin.)—La parole était au public. Il éclata. Ce fut une explosion d'allégresse, qui dura plusieurs minutes. Les uns sifflaient, les autres applaudissaient ironiquement; les plus spirituels criaient: bis! Une voix de basse, venue du fond d'une avant-scène, se mit à imiter le motif grotesque. D'autres farceurs furent pris d'émulation et l'imitèrent, à leur tour. Quelqu'un cria: «L'auteur!»—Il y avait longtemps que ces gens d'esprit ne s'étaient autant amusés.
Après que le tumulte fut un peu calmé, le Kapellmeister, impassible, le visage tourné de trois quarts vers le public, mais affectant de ne pas le voir,—(le public était toujours censé ne pas exister)—fit à l'orchestre un signe, pour marquer qu'il voulait parler. On cria: «Chut!»; et chacun fit silence. Il attendit encore un moment; puis,—(sa voix était nette, froide et tranchante):
—Messieurs, dit-il, je n'aurais certainement pas laissé jouer cette chose jusqu'au bout, si je n'avais voulu me donner une fois en spectacle le monsieur qui a osé écrire des turpitudes sur maître Brahms.
Il dit; et, sautant de son estrade, il sortit au milieu des ovations de la salle en délire. On voulut le rappeler; les acclamations se prolongèrent pendant une ou deux minutes encore. Mais il ne revint pas. L'orchestre s'en allait. Le public se décida à s'en aller aussi. Le concert était fini.
クリストフはそれを読んで、朝じゅう仕事ができなかったが、なおやけに落胆してしまうために、敵意ある他の新聞を捜し始めた。しかしルイザは、「片付ける」という口実のもとに、なんでも散らかってる物をなくなす癖があって、それらの新聞を焼いてしまっていた。彼は初めそれを怒ったが、次には安堵した。残ってたその新聞を母に差し出しながら、これも同様に焼いてくれるとよかったと言った。
彼はさらに痛切な他の侮辱をも受けた。フランクフルトの名ある音楽団へ、四重奏曲の原稿を一つ送っていたが、それが全員一致でしかもなんらの説明もなしにつき返された。ケルンの管絃楽団が演奏するつもりらしかった序曲は、幾月も待たせた後に、演奏不能のものとして送り返された。また町の管弦楽団からは、さらにひどい目に会わされた。この楽団を指揮していたオイフラート楽長は、かなりりっぱな音楽家であった。しかし多くの管絃楽長と同じく、彼はなんらの精神的好奇心をももってはいなかった。彼はその楽団特有の怠惰さに毒せられていた。――(あるいはむしろ、すてきな健康を得ていた。)――怠惰というのは、すでに著名な作品ならば限りもなくくり返して、真に新しい作品はすべて火のごとく避けることであった。彼は決して飽きることなく、ベートーヴェンやモーツァルトやシューマンなどの大音楽会を催していた。それらの作品においては、耳なれた律動の音に身を任せるだけでよかった。それに反して、当代の音楽は彼には堪えがたかった。けれどもそうだとは告白し得ないで、年若い俊才をすべて歓迎すると言っていた。実際のところ、古い模型の上にうち立てた作品――五十年も前に新しかった作品の複写めいたもの――をもってゆくと、彼はそれを非常に優遇した。聴衆に演奏して聞かせることを自慢にさえしていた。それで効果を収める慣例も乱さず、聴衆が感動することになってる慣例をも乱さなかった。これに反して、その美しい慣例を破り彼に新たな骨折りをかける恐れのあるものにたいしては、軽侮と憎悪との交った気持を感じた。その改革者が無名の地位から出る機会がない時には、軽侮の方が強かった。改革者に成功の恐れがある時には、憎悪となった――もちろん、彼がすっかり成功してしまうまでの間だったが。
クリストフはまだ成功してるとは言えなかった。そこまではまだかなり遠かった。それで彼は、オイフラート氏が彼の作を何か演奏したい意向を持ってるということを間接に提議された時非常に驚いた。楽長はブラームスの親しい友であり、彼が批評のうちで非難した他の数人の音楽家の親友であることを、彼はよく知っていただけになおさら、それを期待できる理由が少なかった。しかし彼は人がいいので、自分のいだき得る寛大な感情が敵にもあることと思った。自分が困憊してるのを見て彼らは、卑しい怨恨を含んでるのではないことを証明したがってるのだと、彼は想像した。そしてそれに感動した。彼はオイフラートへ交響詩を一つ送って、真情に満ちた寸簡を認めた。向こうからは秘書の手に成った返事が来た。冷淡なしかし丁寧な手紙であって、送られたものを正に受け取ったと告げ、交響曲は楽団の規則に従って、近々管絃楽団に配布され、公の演奏をする前に一度、一般試演にかけてみるはずだと書き添えてあった。規則は規則だった。クリストフは従わないわけにはゆかなかった。それにまたこの規則は、単に形式的なものであって、厄介な音楽愛好家らの労作を避けるために使われてるものだった。
二、三週間後に、クリストフは自作の試演が行なわれる由を知った。原則としてはすべて傍聴が禁じられ、作者といえども立ち合うことができなかった。しかし作者が出席することは一般に大目に見られていた。ただ作者たることを示してはいけなかった。だれも皆作者を知りながら知らないふうをするのであった。それで定日になると、クリストフは一人の友人に誘われ、場内に案内されて、ある桟敷の奥に席を占めた。ところが、公開を禁じた試演なのに、場内が――少なくとも下の座席が――ほとんど満員なのを見て、彼は非常に驚かされた。音楽通や閑人や批評家などがたくさん集まって、がやがや騒いでいた。管弦楽団は彼らの臨席を知らないことになっていた。
最初にまず、ゲーテの冬のハルツ紀行の一節を取り扱った、次高音と男声合唱と管弦楽とからなるブラームスの狂詩曲が、演奏された。この作のしかつめらしい感傷性をきらっていたクリストフは、ブラームス派の者らがたくらんで、不敬な非難を加えた一曲を自分に無理に聞かして、ごていねいな復讐をするつもりでいるのだと、みずから考えた。そう考えると笑わずにはいられなかった。狂詩曲が終わってから、彼が対抗した知名の音楽家らの他の二曲が始まると、彼の愉快な気分はなお募ってきた。彼らの意図が明らかにわかるような気がした。彼は渋面を押えることができないで、結局これは面白い戦いだと考えた。ブラームスとその一派にたいして感激を示してる聴衆の喝采に、彼は皮肉な喝采を交えまでして面白がった。
ついにクリストフの交響曲の番となった。彼の桟敷の方へ管弦楽席や平場から幾つかの視線が向けられたので、彼は自分の出席が知れわたってることを見て取った。彼は奥に隠れた。彼は待った。楽長の指揮棒が上げられ、音楽の河水が沈黙のうちにあふれてきて、将に堤防を破らんとする瞬間に、どの音楽家も感ずる一種の痛切な心地を、彼も感じた。彼はまだかつて、自分の作を管絃楽で聞いたことがなかった。彼が夢想した生物らは、いかなるふうに生き上るであろうか。彼らの声はどんなであろうか。彼は自分のうちに彼らが喚くのを感じていた。そして音響の深淵をのぞき込んで彼は、そこから出て来るものを震えながら待っていた。
出て来たのは、名もないものであり、奇体な捏り細工だった。殿堂の破風をささうべき堅固な円柱どころか、廃れた泥建築のように、和音は次から次へと崩壊していった。漆喰の埃よりほかには何も認められなかった。クリストフは自作が演奏されてるのだとはなかなか信じられなかった。彼は自分の思想の線を、律動を捜した。もうそれも見分けられなかった。その思想は壁につかまって行く酔漢のように、訳のわからぬことをしゃべりながらよろよろと進んでいった。彼はそういう状態になってる自分の姿を人に見られたかのように、恥ずかしくてたまらなかった。自分が書いたのはそういうものではないと知っても、なんの役にもたたなかった。愚劣な通弁者から自分の言葉が改悪される時、人はちょっと疑ってみ、その馬鹿さ加減に自分は責任があるかどうか、驚いてみずから尋ねる。ところが公衆の方は、決して怪しまない。聞きなれた通弁者を、歌手を、管弦楽隊を、あたかも読みつけの新聞を信ずるように信じている。通弁者らに誤りがあるはずはない。彼らがくだらないことを言うのは、その作者がくだらないからである。そしてこの場合においては、そう信ずることが愉快であるだけにますます聴衆は怪しまなかった。――クリストフは、楽長が滅茶な演奏に気づいて、管弦楽をやめさせ、初めからやり直さしてくれるだろうと、しいて思い込もうとした。もはや各楽器がいっしょに鳴ってはいなかった。ホルンは吹き出す機をそらして、一小節だけ後れていた。そしてなお数分間吹きつづけたが、次には平気でやめてしまって、その持ち場に穴を開けた。オーボエのある表現は、すっかり消えてしまっていた。きわめて熟練した耳にとっては、一筋の楽想を見出すことも、また何か楽想があると想像することも、まったく不可能だった。楽器配列の妙想も諧謔的な機知も、演奏の乱雑なために道化たものとなった。たまらないほど愚劣なものであった。音楽を知らない痴漢道化者の作品だった。クリストフは髪の毛をかきむしった。彼は演奏をやめさせたがった。しかしいっしょにいた友人は彼を引き止めた。楽長自身で演奏の誤りを見分けて訂正させるだろう――それにまた、クリストフは姿を現わしてはいけないし、何か注意を与えでもしたら最も悪い結果になるだろうと、説き聞かした。そしてむりにクリストフを桟敷の奥に引っ込ました。クリストフは言われるままに従った。しかし彼はみずから頭を拳固でなぐっていた。そして奇怪な演奏の仕方を新たに聞くことに、憤りと苦悩とのうめき声をたてた。
「畜生めが! 畜生めが!……」と彼はうなっていた。そして叫び出すまいとして両手を口に食いしばっていた。
するとこんどは、動揺しだした聴衆の喧騒が誤った楽音とともに彼の方へ響いてきた。初めはちょっとしたざわめきにすぎなかった。しかしやがてクリストフももう疑わなかった。彼らは笑っていた。管弦楽の楽員らが示唆を与えたのである。ある楽員らはその偸み笑いを少しも隠さなかった。それ以来聴衆は、笑うべき作品であると確信して大笑いをした。愉快な気分が一般に広がった。コントラバスがおどけたふうに高調したきわめてリズミカルな動機の反復によって、その気分はさらに倍加した。ただ楽長のみは泰然自若として、支離滅裂な演奏のうちに拍子を取りつづけていた。
ついに終わりに達した。――(最上のものには皆終わりがある。)――聴衆の番となった。聴衆はどっと破裂した。それは愉快の爆発であって、数分間つづいた。ある者は口笛を吹き、ある者は皮肉な喝采をした。最も気のきいた連中は「も一度」と叫んだ。一つの低音が舞台前の一隅から響いてきて、道化た主題を真似しはじめた。他の茶目連中も負けまいとして、同じくそれを真似た。ある者は「作者!」と叫んだ。――それらの才人らは、長くこういう面白い目に会ったことがなかったのである。
騒ぎがやや静まった後に、平然たる楽長は、聴衆の方へ四分の三ほど顔を向け、しかも聴衆を見ないふうを装いながら――(聴衆はやはりそこにいないものと見なされていた)――管弦楽団へ合図をして、一言述べたい由を示した。人々は「しッ!」と叫んだ。そして皆黙った。楽長はなおちょっと待った。それから口を開いた。――(明晰で冷やかでよく通る声だった。)
「諸君、楽匠ブラームスにたいしてあえて妄評を加えた人を、一度御覧に入れたい希望がありませんでしたら、私はむろんこういうものを終わりまで演奏させはしなかったでしょう。」
彼はそう言った。そして壇上から飛び降りながら、沸きたった場内の喝采のうちに退場した。人々は彼をも一度呼び出そうとした。歓呼はなお一、二分の間引きつづいた。しかし彼はふたたび姿を見せなかった。管弦楽隊は立ち去りかけていた。聴衆もまた立ち去ることにした。演奏会は終わった。
C'était une bonne journée.
Christophe était déjà sorti. À peine avait-il vu le misérable chef d'orchestre quitter son pupitre, qu'il s'était élancé hors de la loge; il dégringolait les marches du premier étage, pour le rejoindre et le souffleter. L'ami qui l'avait amené courut après lui et essaya de le retenir; mais Christophe le bouscula et faillit le jeter en bas de l'escalier:—(il avait des raisons de croire que le personnage était complice dans le traquenard).—Heureusement pour H. Euphrat et pour lui-même, la porte qui menait à la scène était fermée; et ses coups de poing furieux ne purent la faire ouvrir. Cependant, le public commençait à sortir de la salle. Christophe ne pouvait rester là. Il se sauva.
Il était dans un état indescriptible. Il marchait au hasard, agitant les bras, roulant les yeux, parlant tout haut, comme un fou; il renfonçait ses cris d'indignation et de rage. La rue était à peu près déserte. La salle de concert avait été construite; l'année précédente, dans un quartier nouveau, un peu hors de la ville; et Christophe, d'instinct, fuyait vers la campagne, à travers les terrains vagues, où s'élevaient des baraques isolées et: quelques échafaudages de maisons, entourés de palissades. Il avait des pensées meurtrières, il eût voulu tuer l'homme qui lui avait fait cet affront... Hélas! Et quand il l'eût tué, y aurait-il eu rien de changé à l'animosité de tous ces gens, dont les rires injurieux retentissaient encore à son oreille? Ils étaient trop, il ne pouvait rien contre eux; ils étaient tous d'accord—eux qui étaient divisés sur tant de choses—pour l'outrager et l'écraser. C'était plus que de l'incompréhension: il y avait de la haine. Que leur avait-il donc fait à tous? Il avait en lui de belles choses, des choses qui fout du bien et qui dilatent le cœur; il avait voulu les dire, en faire jouir les autres; il croyait qu'ils allaient en être heureux comme lui. Si même ils ne les goûtaient pas, ils devaient au moins lui être reconnaissants de l'intention; ils pouvaient, à la rigueur, lui remontrer amicalement en quoi il s'était trompé; mais de là à cette joie méchante qu'ils mettaient à insulter ses pensées odieusement travesties, à les fouler aux pieds, à le tuer sous le ridicule, comment était-ce possible? Dans son exaltation, il s'exagérait encore leur haine; il lui prêtait un sérieux, que ces êtres médiocres étaient bien incapables d'avoir. Il sanglotait: «Qu'est-ce que je leur ai fait?» Il étouffait, il se sentait perdu, ainsi que lorsqu'il était enfant et qu'il fit, connaissance pour la première fois avec la méchanceté humaine.
Et comme il regardait près de lui, à ses pieds, il s'aperçut qu'il était arrivé au bord du ruisseau du moulin, à l'endroit où, quelques années avant, son père s'était noyé. Et l'idée lui vint sur-le-champ de se noyer. Sans attendre une minute, il se disposa à sauter.
Mais comme il se penchait sur la berge, fasciné par le calme et clair regard de l'eau, un tout petit oiseau, sur un arbre voisin, se mit à chanter—chanter éperdument. Il se tut pour l'écouter. L'eau murmurait. On entendait les frémissements des blés en fleur, ondoyant sous la molle caresse de l'air; les peupliers frissonnaient. Derrière la haie du chemin, dans un jardin, des paniers d'abeilles invisibles emplissaient l'air de leur musique parfumée. De l'autre côté du ruisseau, une vache aux beaux yeux bordés d'agate, rêvait. Une fillette blonde, assise sur le rebord d'un mur, une hotte légère à claires-voies sur les épaules, comme un petit ange avec ses ailes, rêvait aussi, en balançant ses jambes nues et chantonnant un air qui n'avait aucun sens. Au loin, dans la prairie, un chien blanc bondissait, décrivant de grands ronds...
Christophe, appuyé à un arbre, écoutait, regardait la terre printanière; il était repris par la paix et la joie de ces êtres: il oubliait, il oubliait... Brusquement, il serra dans ses bras le bel arbre, contre lequel il appuyait sa joue. Il se jeta par terre; il s'enfonça la tête dans l'herbe; il riait nerveusement, il riait de bonheur. Toute la beauté, la grâce, le charme de la*vie l'enveloppait, le pénétrait. Il pensait:
—Pourquoi es-tu si belle, et eux—les hommes—si laids?
N'importe! Il l'aimait, il l'aimait, il sentait qu'il l'aimerait toujours, que rien ne pourrait l'en déprendre. Il embrassa la terre avec ivresse. Il embrassait la vie:
—Je t'ai! Tu es à moi. Ils ne peuvent pas t'enlever à moi. Qu'ils fassent ce qu'ils veulent! Qu'ils me fassent souffrir!... Souffrir, c'est encore vivre!
Christophe se remit courageusement au travail. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec les «hommes de lettres» les bien nommés, les phraseurs, les bavards stériles, les journalistes, les critiques, les exploiteurs et les trafiquants de l'art. Quant aux musiciens, il ne perdrait pas son temps davantage à combattre leurs préjugés et leurs jalousies. Ils ne voulaient pas de lui?—Soit! il ne voulait pas d'eux. Il avait son œuvre à faire: il la ferait. La cour lui rendait sa liberté: il l'en remerciait. Il remerciait les gens de leur hostilité: il allait pouvoir travailler en paix.
Louisa l'approuvait de tout son cœur. Elle n'avait point d'ambition; elle n'était pas une Krafft; elle ne ressemblait ni au père, ni au grand-père. Elle ne tenait aucunement pour son fils aux honneurs et à la réputation. Certes, elle se fût réjouie qu'il fût riche et célèbre; mais si ces avantages devaient s'acheter au prix de trop de désagréments, elle aimait beaucoup mieux qu'il n'en fût pas question. Elle avait été plus affectée du chagrin de Christophe, à la suite de sa rupture avec le château, que de l'événement même; et, au fond, elle était ravie qu'il se fût brouillé avec les gens des revues et des journaux. Elle avait pour le papier noirci une méfiance de paysan: tout cela n'était bon qu'à vous faire perdre votre temps et à vous attirer des ennuis. Elle avait entendu quelquefois causer avec Christophe les petits jeunes gens de la Revue, avec qui il collaborait: elle avait été épouvantée de leur méchanceté; ils déchiraient tout à belles dents, ils disaient des horreurs de tout; et plus ils en disaient, plus ils étaient contents. Elle ne les aimait pas. Ils étaient sans doute très intelligents et très savants; mais ils n'étaient pas bons: elle se réjouissait que son Christophe ne les vît plus. Elle abondait dans son sens: qu'avait-il besoin d'eux?
—Ils peuvent dire, écrire et penser de moi ce qu'ils voudront, disait Christophe: ils ne peuvent pas m'empêcher d'être moi-même. Leur art, leur pensée, que m'importe? Je les nie!
Il est très beau de nier le monde. Mais le monde ne se laisse pas si facilement nier par une forfanterie de jeune homme. Christophe était sincère; mais il se faisait illusion, il ne se connaissait pas bien. Il notait pas un moine, il n'avait pas un tempérament à renoncer au monde; surtout, il n'en avait pas l'âge. Les premiers temps, il ne souffrit pas trop: il était enfoncé dans la composition; et, tant que ce travail dura, il ne sentit le manque de rien. Mais quand il fut dans la période de dépression qui suit l'achèvement de l'œuvre et qui dure jusqu'à ce qu'une nouvelle œuvre s'empare de l'esprit, il regarda autour de lui, et il fut glacé de son abandon. Il se demanda pourquoi il écrivait. Tandis que l'on écrit, la question ne se pose pas: il faut écrire, cela ne se discute point. Ensuite, on se trouve en présence de l'œuvre enfantée; l'instinct puissant qui l'a fait jaillir des entrailles s'est tu: on ne comprend plus pourquoi elle est née; à peine s'y reconnaît-on soi-même, elle est presque une étrangère, on aspire à l'oublier. Et cela n'est pas possible, tant qu'elle n'est ni publiée, ni jouée, tant qu'elle ne vit pas de sa vie propre dans le monde. Jusque-là, elle est le nouveau-né attaché à la mère, une chose vivante rivée à la chair vivante: il faut l'amputer pour vivre. Plus Christophe composait, plus grandissait en lui l'oppression de ces êtres sortis de lui, qui ne pouvaient ni vivre, ni mourir. Qui l'en délivrerait? Une poussée obscure remuait ces enfants de sa pensée; ils aspiraient désespérément à se détacher de lui, à se répandre dans d'autres âmes comme les semences vivaces, que lèvent charrie dans l'univers. Resterait-il muré dans sa stérilité? Il en deviendrait enragé.
Puisque tout débouché:—théâtres, concerts,—lui était fermé, et que pour rien au monde il ne se fût abaissé à une démarche nouvelle auprès des directeurs qui l'avaient une fois éconduit, il ne lui restait d'autre moyen que de publier ce qu'il avait écrit; mais il ne pouvait se flatter qu'il trouverait plus facilement un éditeur pour le lancer qu'un orchestre pour le jouer. Les deux ou trois essais qu'il fit, aussi maladroitement que possible, lui suffirent; plutôt que de s'exposer à un nouveau refus, ou de discuter avec un de ces négociants et de supporter leurs airs protecteurs, il préféra faire tous les frais de l'édition. C'était une folie: il avait une petite réserve, qui lui venait de son traitement à la cour et de quelques concerts; mais la source de cet argent était tarie, et il se passerait longtemps avant qu'il en trouvât une autre; il eût fallu être assez sage pour ménager ce petit avoir, qui devait l'aider à passer la période difficile où il s'engageait. Non seulement il ne le fit pas; mais, cette réserve étant insuffisante à couvrir les dépenses de l'édition, il ne craignit pas de s'endetter. Louisa n'osait rien dire; elle le trouvait déraisonnable, et ne comprenait pas bien qu'on dépensât de l'argent pour voir son nom sur un livre; mais puisque c'était un moyen de lui faire prendre patience et de le garder auprès d'elle, elle était trop heureuse qu'il s'en contentât.
Au lieu d'offrir au public des compositions d'un genre connu, de tout repos, Christophe fit choix, parmi ses manuscrits, d'une série d'œuvres, très personnelles, et auxquelles il tenait beaucoup. C'étaient des pièces pour piano, où s'entremêlaient des Lieder, quelques-uns très courts et d'allure populaire, d'autres très développés et presque dramatiques. Le tout formait une suite d'impressions joyeuses ou tristes, qui s'enchaînaient d'une façon naturelle et que traduisait tour à tour le piano seul, et le chant, seul ou accompagné. «Car, disait Christophe, quand je rêve, je ne me formule pas toujours ce que je sens: je souffre, je suis heureux, sans paroles pour le dire; mais il vient un moment où il faut que je le dise, je chante sans y penser: parfois, ce ne sont que des mots vagues, quelques phrases décousues, parfois des poèmes entiers; puis, je me remets à rêver. Ainsi, le jour s'écoule: et c'est en effet un jour que j'ai voulu représenter. Pourquoi des recueils composés uniquement de chants, ou de préludes? Il n'est rien de plus factice et de moins harmonieux. Tâchons de rendre le libre jeu de l'âme!»—Il avait donc nommé la Suite: Une Journée. Les diverses parties de l'œuvre portaient des sous-titres, indiquant brièvement la succession des rêves intérieurs. Christophe y avait écrit des dédicaces mystérieuses, des initiales, des dates, que lui seul pouvait comprendre et qui lui rappelaient le souvenir d'heures poétiques, ou de figures aimées: la rieuse Corinne, la languissante Sabine, et la petite Française inconnue.
すてきな一日だった。
クリストフはもう外に出ていた。下劣な楽長がその譜面台から離るるのを見るや否や、彼は桟敷の外に飛び出したのだった。楽長をとらえてその横面をはりとばしてやるために、二階の階段を駆け降りていった。いっしょにいた友人は、彼を追っかけていって引き止めようとした。しかしクリストフは、その友人を押しのけて、危うく階段の下へつき飛ばすところだった。――(その男も彼を穽に陥れた同類だと信ぜらるる理由があった。)――オイフラートにとってもまたクリストフにとっても仕合わせなことには、舞台へ通ずる扉が閉まっていた。クリストフが怒りに任せてうちたたいても、それは開かなかった。そのうちに聴衆は場席から出始めていた。クリストフはそこにじっとしてることができなかった。彼は逃げ出した。
彼は名状しがたい心地になっていた。狂人のように、両腕を打ち振り、目玉をぎょろつかせ、大声で口をききながら、当てもなく歩いていった。彼は憤怒の叫び声を押え止めていた。街路にはほとんど人影がなかった。その音楽会場は、町はずれの新開地に前年建てられたものだった。クリストフはただ本能的に、田舎の方へ逃げようとして、孤立した小屋や板囲いの建築足場などが立ってる荒れ地を横ぎっていった。彼は殺害心を起こしていた。かかる侮辱を自分に加えた男を殺したかった……。がしかし、その男を殺したとて、あれらすべての人々の悪意が少しでも変わるであろうか。彼らの嘲笑がまだ彼の耳には響いていた。彼らはあまりに多勢で、彼はどうともしようがなかった。彼らは彼を辱め押しつぶしてやろうと――他の多くのことにはそれぞれ意見を異にしていながら――皆一致していた。まったく訳のわからないことだった。彼らは彼を憎んでいた。いったい彼は彼ら皆に何をしたのであったか。彼は自分のうちに、美しいものを、人のためになり心を愉快ならしむるものをもっていて、それを語りたく思い、それを他人にも楽しませようと思ったのだ。そしたら彼らも自分と同様に楽しくなるだろうと思っていたのだ。たとい彼らはそれを味わい得なくとも、少なくとも彼の意向には感謝すべきだった。少なくとも、彼らは彼の思い違いの点を親しく注意してやり得るはずだった。しかしそうはしないで、彼の思想をいやに曲解して、それを侮辱し踏みにじり、彼を笑殺せんとして、意地悪い喜びにふけるとは、なんということだろう。彼は激昂のあまり、彼らの憎悪心をなお誇張して考えていた。それらの凡庸な奴らがいだき得ない本気さをも、彼はそこに想像していた。
「俺は彼らに何をしたか、」と彼はすすり泣いていた。子供のおり、初めて人間の悪意を知ったあの時のように、彼は息づまる心地がし、もう万事駄目だという気がしていた。
そしてふとあたりをながめ、足下を見ると、水車屋の小川の縁に出て、数年前父がおぼれた場所に来てることを、彼は気づいた。そして自分もおぼれて死にたいという考えがやにわに起こった。彼はすぐさま飛び込もうとした。
しかし、水の静明な瞳に惑わされてのぞき込んだ時、ごく小さな一匹の小鳥が、そばの木の上で歌いだした――やたらに歌いだした。彼は黙然として耳を澄ました。水がささやいていた。柔らかな風になでられて起伏する、花時の小麦の戦ぎが聞こえていた。白楊樹が揺いでいた。路傍の籬の向こうには、眼には見えなかったがある庭に蜜蜂の巣があって、その香ばしい音楽を空気中にみなぎらしていた。小川の向こう側には、瑪瑙色に縁取った美しい眼の牝牛が、うっとりと夢みていた。一人の金髪の少女が壁の縁に腰掛け、翼をそなえた小さな天使のように目荒な軽い背負い籠を肩にして、裸の足をぶらつかせ意味のない唄を歌いながら、やはりうっとりと夢みていた。遠く牧場の中には、一匹の白犬が大きな円を描いて飛び回っていた……。
クリストフは樹によりかかって、春めいた大地をながめかつ聞いていた。それらのものの平和と喜悦とにとらえられた。忘れていたのだ、忘れていたのだ……。にわかに彼は、頬をつけていた美しい樹を両腕に抱きしめた。地面に身を投げ出した。草の中に頭を埋めた。彼は激しく笑っていた、幸福に笑っていた。生命のあらゆる美が恵みが魅力が、彼を包み込み浸し込んだ。彼は考えた。「どうして、お前はこんなに美しいのか、そして彼ら――人間――はあんなに醜いのか?」
それはどうでもいいのだ! 彼は生命を愛していた、愛していたのだ。常に生命を愛するだろうということを、何物からも生命を奪われ得ないだろうということを、彼は感じた。彼は夢中になって大地を抱擁した。彼は生命を抱擁していた。
「僕はお前をもっている。お前は僕のものだ。彼らも僕からお前を奪うことはできない。なんとでもするがいい。僕を苦しませるがいい……。苦しむこと、それもやはり生きることだ!」
クリストフはまた勇ましく働きだした。「文士」などとよくも名づけられた奴ども、文飾家、無益な饒舌家、新聞雑誌記者、批評家、芸術上の山師や商売人、それらとはもはやなんらの関係もつけたくなかった。また音楽家らの偏見や嫉妬を攻撃して時間をつぶすことは、なおさらしたくなかった。彼らは彼を欲しなかったというのか。――よろしい、もう彼の方でも彼らを欲しなかった。彼はなすべき仕事をもっていた。それをなすことだ。宮廷は彼を解放した。彼はそれを感謝していた。彼は人々の敵意を感謝していた。これから一人静かに働き得るのだった。
ルイザは心から彼に賛成した。彼女はなんらの野心をももっていなかった。クラフト家の気質ではなかった。クリストフの父にも祖父にも似ていなかった。息子のために名誉をも世評をも希望してはいなかった。彼が富裕になり有名になったら、確かに彼女も喜ぶには違いなかった。しかしそれらの利得があまりに不愉快な価を払って得らるべきものであるとしたら、彼がそんなものに係わり合わない方が彼女にはずっと好ましかった。彼女はクリストフが宮廷と仲違いしたことについて、事件そのものよりも彼の苦しみの方をより多く心配した。そして心の底では、彼が雑誌や新聞の連中と喧嘩したことを喜んでいた。彼女は不徳な新聞雑誌にたいして、田舎者らしい不信をいだいていた。それらに関係することは、ただ時間を浪費し人の嫌悪を招くのに役だつばかりだった。彼女は時々、雑誌の同人たる青二才どもがクリストフと話してるところを聞いた。そして彼らの人の悪さに怖れを感じた。彼らは何事も痛烈に非難し、何事についてもひどいことを言っていた。ひどいことを言えば言うほど満足していた。彼女には彼らを愛せられなかった。彼らは確かにきわめて怜悧で学者ではあった。しかしいい人ではなかった。で彼女は今や、クリストフがもう彼らと会わないことを喜んだ。彼らに用があるもんか、というクリストフの意見に彼女は同意だった。
「彼らは僕について、勝手なことを言ったり書いたり考えたりするがいい。」とクリストフは言っていた。「彼らは僕が僕自身たることを妨げ得はしない。彼らの芸術、彼らの思想、それが僕に何になるものか。僕はそれを否定してやる!」
世間を否定するのはきわめて痛快なことである。しかし世間は青年の放言壮語によってたやすく否定されるものではない。クリストフは真面目だった。しかし彼は自惚れていて、自分をよく知らなかった。彼は僧侶ではなかった。世間を見捨てる気性ではなかった。ことにそれだけの年齢に達していなかった。彼は最初のうちはあまり苦しまなかった。作曲に没頭していた。そしてその仕事がつづいてる間、なんらの不足も感じなかった。しかし、一つの作品が完成してから他の新しい作品が精神を奪うまでの間うちつづく、悄沈の時期にはいった時、彼は周囲を見回して自分の孤独に慄然とした。なんのために書いたかを彼は怪しんだ。書いてる間はそういう疑問は起こるものではない。ただ書かなければならない。それは議論のほかである。ところが次に、生まれた作品と顔を合わせる。作品を臓腑から迸り出させた強い本能は沈黙してしまっている。なんのために作品が生まれたのかもうわからない。作品のうちに自分の姿を認めることもなかなかできない。それはほとんど見知らぬ者である。できるならば忘れてしまいたくなる。しかも、作品が発表されるか演奏されるかしないうちは、世の中の独自の生活を得ないうちは、忘れることは不可能である。そうなるまでは、作品は母体に結びつけられてる赤児であり、生きた肉体に鋲付けされてる生けるものである。生きんがためには、それを切断しなければいけない。クリストフが多く作曲すればするほど、彼から生まれ出て生きることも死ぬこともできないでいるそれら生物の圧迫が、彼のうちに増大していった。だれがこの圧迫から彼を解放してくれるであろうか。一つの人知れぬ力が、それらの彼の思想の児らを突き動かしていた。風に運ばれて宇宙に広がる根強い種子のように、それらは彼から離れて他の魂の中に広がろうと、むりやりに切望していた。クリストフは無生産のうちに閉じこもっていなければならないのであろうか? そんなことだったら彼は憤激するに違いなかった。
あらゆる出口は――芝居も音楽会も――彼にたいして閉ざされていたし、また彼は、一度拒絶された支配人らに新たな申し込みをするほど、どんなことがあっても身を屈したくなかったので、今はもはや、書いたものを出版するだけの方法しか残っていなかった。しかしながら彼は、自作を演奏してくれる管弦楽団よりも、自作を出版してくれる本屋の方が見出しやすいとは、自惚れることができなかった。いかにも拙劣な二、三の運動を試みたが、それだけでもう明瞭だった。彼は新たな拒絶に出会ったり、あるいはそれらの商売人と議論し彼らの保護者的な態度を我慢するよりは、むしろ自費出版の方法を取った。それは狂気の沙汰だった。彼は宮廷の給料や音楽会などから得た少しの貯蓄をもっていた。しかし今はそれらの財源がすべて涸れていて、他の財源を見出すまでには長くかかるかもしれなかった。十分慎重な態度を取って、当面の困難な時期を過ごす助けとなるべきその小貯蓄は、節約しておかなければいけなかった。ところが、彼はそうしなかったばかりではなく、その貯蓄では出版費用に足りなかったので、平気で借金をした。ルイザはなんとも言い兼ねた。彼女は彼を無鉄砲だと思い、また、書物の上に自分の名前を見るために金を費やす理由がよくわからなかった。しかしそれは、彼の気を落ち着けさせ彼を手もとに引き留める一つの方法だったので、彼女は彼が満足しさえすればそれで非常に幸福だった。
クリストフは、よく知られた種類の安心できる曲を、世に発表することをしないで、非常に愛着してるごく個性的な一連の作品を、原稿の中から選んだ。それはピアノの曲であって、ごく短い大衆的なものやごく込み入ったほとんど劇的なものなど、種々の歌曲が入り交っていた。全体が時には楽しい時には悲しい一連の印象を形造っていて、それらの印象はごく自然に相連続し、順次にピアノ独奏と単独もしくは伴奏付の独唱とで演奏さるべきものとなっていた。「なぜなら、」とクリストフは言っていた、「私は夢想する時、常に自分の感じてることだけを表白しはしない。私は言葉にそれと言わないで、苦しんだり喜んだりする。しかし、それを言わないではおられない瞬間も、別になんの考えもなく歌わないではおられない瞬間も、やってくる。時としては、ぼんやりした言葉、取り留めもない文句、にすぎないこともある。時としては、まとまった詩のこともある。それからまた、私は夢想を始める。そういうふうにして一日は過ぎ去る。そして実際、私が表現しようと思ったのは、一日をである。何故に、歌あるいは前奏曲ばかりを集めるのか? それほど不自然で不調和なものはない。魂の自由な動作を伝えようとつとめなければいけない。」――それで彼は、その一連の集を一日と名づけた。その各部分には、内心の夢想の連続を簡単に示す小題がついていた。クリストフはそこに、ひそかな捧呈文や頭字や日付などを書いておいた。それは彼一人にしかわからないものであって、彼に過去の詩的な時を思い起こさせるものであり、あるいは、にこやかなコリーヌ、弱々しいザビーネ、名を知らぬ若いフランスの女など、愛する人々の面影を思い起こさせるものであった。
En outre de cette œuvre, il choisit une trentaine de ses Lieder,—de ceux qui lui plaisaient le plus, et, par conséquent, qui plaisaient le moins au public. Il s'était bien gardé de prendre ses mélodies les plus «mélodieuses»; il prit les plus caractéristiques.—(On sait que les braves gens ont toujours une grande peur de ce qui est «caractéristique». Ce qui est sans caractère leur ressemble beaucoup mieux.)
Ces Lieder étaient écrits sur des vers de vieux poètes silésiens du dix-septième siècle, que Christophe avait lus dans une collection populaire, et dont il aimait la loyauté. Deux surtout lui étaient chers, comme des frères, deux êtres pleins de génie, tous deux morts à trente ans: le charmant Paul Fleming, le libre voyageur au Caucase et à Ispahan, qui garda une âme pure, aimante et sereine, parmi les sauvageries de la guerre, les tristesses de la vie, et la corruption de son temps,—et Jean-Christian Günther, le génie déréglé, qui se brûla dans l'orgie et le désespoir, jetant sa vie à tous les vents. De Günther, il avait traduit les cris de provocation et d'ironie vengeresse contre le Dieu ennemi qui l'écrase, ces malédictions furieuses du Titan terrassé, qui retourne la foudre contre le ciel. De Fleming, il avait pris des chants d'amour à Anemone et à Basilene, suaves et doux comme des fleurs,—la ronde des étoiles, le Tanzlied (chant de danse) des cœurs limpides et joyeux,—et le sonnet héroïque et tranquille: À soi-même (An Sich), que Christophe se récitait, comme prière du matin.
L'optimisme souriant du pieux Paul Gerhardt charmait aussi Christophe. C'était pour lui un repos, au sortir de ses tristesses. Il aimait cette vision innocente de la nature en Dieu, les prairies fraîches, où les cigognes se promènent gravement au milieu des tulipes et des narcisses blancs, au bord des ruisselets qui chantent sur le sable, l'air transparent où passent les hirondelles aux grandes ailes et le vol des colombes, la gaieté d'un rayon de soleil qui déchire la pluie, et le ciel lumineux qui rit entre les nuées, et la sérénité majestueuse du soir, le repos des forêts, des troupeaux, des villes et des champs. Il avait eu l'impertinence de remettre en musique plusieurs de ces cantiques spirituels, qui étaient encore chantés dans les communautés protestantes. Et il s'était bien gardé de leur conserver leur caractère de choral. Loin de là: il l'avait en horreur; il leur avait donné une expression libre et vivante. Le vieux Gerhardt eût frémi de l'orgueil diabolique que respiraient maintenant certaines strophes de son Lied du Voyageur chrétien, ou de l'allégresse païenne qui faisait déborder comme un torrent le flot paisible de son Chant d'été.
La publication fut faite, et naturellement en dépit du bon sens. L'éditeur, que Christophe payait pour faire l'impression de ses Lieder et les garder en dépôt, n'avait d'autre titre à son choix que d'être son voisin. Il n'était pas outillé pour un travail de cette importance; l'ouvrage traîna, des mois; il y eut des bévues, des corrections coûteuses. Christophe, qui n'y connaissait rien, se laissait tout compter un tiers plus cher qu'il ne fallait; les dépenses s'élevèrent bien au-dessus de ce qui avait été prévu. Puis, quand ce fut fini, Christophe se trouva avoir sur les bras une édition énorme, dont il ne savait que faire. L'éditeur était sans clientèle; il ne fit pas une démarche pour répandre l'œuvre. Son apathie s'accordait d'ailleurs avec l'attitude de Christophe. Comme il lui avait demandé, pour l'acquit de sa conscience, de lui écrire quelques lignes de réclame, Christophe répliqua «qu'il ne voulait pas de réclame: si sa musique était bonne, elle parlerait pour elle-même». L'autre respecta religieusement sa volonté: il enferma l'édition au fond de son magasin. Elle était bien gardée; car, en six mois, il ne s'en vendit pas un exemplaire.
En attendant que le public se décidât à venir, Christophe dut trouver un moyen pour réparer la brèche qu'il avait faite à son petit pécule; et il n'avait pas à être difficile: car il fallait vivre et payer ses dettes. Non seulement celles-ci étaient plus fortes qu'il ne l'avait prévu; mais il s'aperçut que la réserve sur laquelle il comptait était moins forte qu'il n'avait calculé. Avait-il perdu de l'argent sans s'en douter, ou—ce qui était infiniment plus probable,—avait-il mal fait ses comptes? (Jamais il n'avait su faire une addition exacte.) Peu importait pourquoi l'argent manquait: il manquait, la chose était sûre. Louisa dut se saigner pour venir en aide à son fils. Il en eut un remords cuisant, et il chercha à s'acquitter, au plus tôt, à tout prix. Il se mit en quête de leçons à donner, si pénible qu'il lui fût de se proposer et d'essuyer parfois des refus. Sa faveur était bien tombée: il eut grand mal à retrouver quelques élèves. Aussi, quand on lui parla d'une place dans une école, il fut trop heureux d'accepter.
C'était une institution à demi religieuse. Le directeur, homme fin, avait su voir, sans être musicien, tout le parti qu'on pouvait tirer de Christophe, à très bon compte, dans la situation actuelle. Il était affable, et payait peu. Christophe ayant risqué une timide observation, le directeur laissa entendre, avec un sourire bienveillant, que Christophe, n'ayant plus de titre officiel, ne pouvait prétendre à plus.
Triste besogne! Il s'agissait moins d'apprendre la musique aux élèves que de donner l'illusion aux parents et à eux-mêmes qu'ils la savaient. La grande affaire était de les mettre en état de chanter pour les cérémonies où le public était admis. Peu importait le moyen. Christophe en était écœuré; il n'avait même pas la consolation de se dire, en accomplissant sa tâche, qu'il faisait œuvre utile: sa conscience se la reprochait, comme une hypocrisie. Il essaya de donner aux enfants une instruction plus solide, de leur faire connaître et aimer la sérieuse musique; mais les élèves ne s'en souciaient point. Christophe ne réussissait pas à se faire écouter; il manquait d'autorité; et, en vérité, il n'était pas fait pour enseigner à des enfants. Il ne s'intéressait pas à leurs ânonnements; il voulait leur expliquer tout de suite la théorie musicale. Quand il avait une leçon de piano à donner, il mettait l'élève à une symphonie de Beethoven, qu'il jouait avec lui à quatre mains. Naturellement, cela ne pouvait marcher; il éclatait de colère, chassait l'élève du piano, et jouait seul, longuement, à sa place.—Il n'en usait pas autrement avec ses élèves particuliers, en dehors de l'école. Il n'avait pas une once de patience: il disait, par exemple, à une gentille jeune fille, qui se piquait de distinction aristocratique, qu'elle jouait comme une cuisinière; ou même, il écrivait à la mère qu'il y renonçait, qu'il finirait par en mourir, s'il devait continuer plus longtemps à s'occuper d'un être aussi dénué de talent.—Tout cela n'arrangeait pas ses affaires. Ses rares élèves le quittaient; il ne parvenait pas à en garder un, plus de deux mois. Sa mère le raisonnait. Elle lui fit promettre qu'il ne se brouillerait pas au moins avec l'institution où il était entré; car, s'il venait à perdre cette place, il ne savait plus comment il ferait pour vivre. Aussi se contraignait-il, malgré son dégoût: il était d'une ponctualité exemplaire. Mais le moyen de cacher ce qu'il pensait, quand un âne d'élève estropiait pour la dixième fois un passage, ou quand il lui fallait seriner à sa classe, pour le prochain concert, un chœur insipide! (Car on ne lui laissait même pas le choix de son programme: on se défiait de son goût). On peut croire qu'il y mettait peu de zèle. Il s'obstinait pourtant, silencieux, renfrogné, ne trahissant sa fureur intime que par quelque coup de poing sur la table, qui faisait ressauter les élèves. Mais parfois, la pilule était trop amère: il ne pouvait l'avaler. Au milieu du morceau, il interrompait ses chanteurs:
—Ah! laissez cela! laissez cela! Je vais vous jouer plutôt du Wagner.
右の作品以外に、歌曲の中から――彼には最も気に入り従って公衆には最も気に入らぬものの中から、三十曲ばかりを彼は選んだ。最も「旋律的」な旋律を選ばないように用心して、最も独自性あるものを選んだ。――(人の知るとおり、世人は「独自性ある」ものをいつも非常に恐れる。性格のないものの方が彼らにはよく似てるのである。)
それらの歌曲は、十七世紀の古いシレジアの詩人らの句にもとづいて書かれたものであった。それをクリストフは通俗叢書の中で読んだことがあって、その誠直さを愛してるのだった。ことに二人の詩人は、兄弟のように親しく思われた。二人とも天分が豊かであったが、ともに三十歳で死んでいた。一人はパウル・フレミンクという愉快な詩人で、コーカサスやイスパハンへ自由な旅を試み、戦争の野蛮や生活の悲哀や時代の腐敗などの中にあって、純潔な愛情深い清朗な魂を失わなかった人である。も一人はヨハン・クリスチアン・ギュンテルという放肆な天才で、風のままに放浪しながら、暴飲と絶望とに身を焦がした人である。クリストフはギュンテルから、彼を圧倒する敵なる神にたいする挑戦と復讐的反語との叫びを、打倒されながら天に雷電を投げ返すタイタンの恐ろしい呪いを、くみ出したのであった。そしてフレミンクからは、アネモネやバジレネへ寄する花のように香ばしくやさしい恋の歌、――また澄み切った楽しい心の舞踏歌たる星のロンド、――またクリストフが朝の祈祷のように諳誦していた自身へという悲壮な落ち着いた短詩、などを取って来たのであった。
敬虔なパウル・ゲルハルトのやさしい楽観主義もまた、クリストフを魅していた。それは彼にとって、悲しみから脱したおりの休息だった。神のうちにある自然のその清浄な幻像を、彼は愛していた。砂の上を歌い流れる小川のほとり、白いチューリップや水仙の中を、鵠の鳥が堂々と歩を運んでる新鮮な牧場、大きな翼の燕や鳩の群れが飛んでる澄みわたった空気、雨間を貫く日光の楽しさ、雲間に笑う輝いた空、夕の厳かな清朗さ、森や家畜や町や野の休らい、などを彼は愛していた。今もなお新教の教会で歌われてるそれら聖歌の多くを、彼は無遠慮にも音楽に直した。そしてその賛美歌的性質を残すまいと用心した。否残さないだけではなかった。ひどい性質に変えてしまった。それらに自由な生き生きとした表情を与えた。定めし老ゲルハルトは、自分のキリスト教徒の旅人の歌のある節から今発している悪魔的な傲慢心や、自分の夏の歌の平和な流れを急湍のようにみなぎらしてる異教的悦楽の情に、身震いをしたことであろう。
ついに出版はなされた。もとより常識を逸した出版だった。クリストフが歌曲の自費出版をさせその書物を預けた本屋は、ただ隣人だというので彼から選まれたのだった。そういう大事な仕事には手はずが整っていなかった。印刷は数か月もかかった。誤植が多く、校正にも費用がかかった。クリストフはまったく不案内だったから、すべてに三分の一ほども余計に金を取られた。入費ははるかに予想を超過した。次にそれが済むと、クリストフはおびただしい部数を腕にかかえて、どうしていいかわからなかった。その本屋には得意がなかった。書物を広めるための策を少しも講じなかった。その無頓着はまたクリストフの態度とよく合っていた。気が済むように広告でも二、三行書いてくれと彼が頼むと、クリストフは答えた。「広告はいやだ。音楽さえよければ、それで広告になるはずだ。」本屋はクリストフの意志を恭々しく尊重した。そして店の奥に書物をしまい込んだ。それはりっぱに保存されていた。というのは、半年のうちに一冊も売れなかったから。
クリストフは、公衆の方からやって来るのを待ちながら、自分のわずかな財産に明けた穴を埋めるために、何かの方法を講じなければならなかった。そして気むずかしいことを言ってはおれなかった。生活をするとともに負債を払わなければならなかったから。ただに負債が予想以上に大きかったばかりでなく、当てにしていた貯蓄が予算以上に少ないことがわかった。知らず知らずのうちに金を使ったのか、もしくは――この方がずっとほんとうらしかったが――計算を間違えたのであったろうか?(かつて彼は正確な加算をすることができなかった。)がとにかく、金の不足した理由はどうでもよい。金が足りない、そのことだけは確かだった。ルイザは息子を助けるために血の汗をしぼらなければならなかった。彼は痛切な苛責を感じて、どんなことをしてもできるだけ早く負債を済まそうとした。彼は稽古の口を捜し始めた。申し込んでは往々断わられるのは、いかにもつらいことではあった。彼の評判は地に落ちていた。数人の弟子を見つけるにもたいへん骨が折れた。それで、ある学校に就職口があることを聞くと、大喜びでそれを引き受けた。
それは半宗教的な学校であった。校長は機敏な人で、音楽家ではなかったが、クリストフの現状をもってしては、ごく安い金で役だたせることができると見抜いたのだった。彼は愛想はよかったが金払いはけちだった。クリストフがおずおず異議をもち出すと、校長は親切そうな微笑を浮かべて、クリストフにはもはや公の肩書がないから、これ以上を要求することはできないものだと言い聞かした。
なさけない仕事だった。生徒らに音楽を教えることよりもむしろ、彼ら自身や両親に彼らが音楽を知ってるとの空想をいだかせることだった。最も大事な事柄は、一般公衆の列席が許される儀式のために、彼らを歌えるように仕込むことだった。方法などはどうでもよかった。クリストフは厭になってしまった。職務を尽くしながら、有益な仕事をしてると考える慰謝さえも得られなかった。本心では偽善として自責の念を覚えた。彼は子供らにもっと確実な教育を授け、彼らに真面目な音楽を知らせ愛させようと試みた。しかし生徒らはそんなことを気にもかけなかった。クリストフは自分の考えをよく聞かせることができなかった。彼には権威が欠けていた。そして実際、彼は子供らを教育するような性格ではなかった。彼らが渋滞するのに同情を寄せなかった。ただちに音楽の理論を説明してやろうとした。ピアノの稽古を授ける時には、ベートーヴェンの交響曲を生徒に課して、それを生徒といっしょに連弾した。もとよりそんなことがやれるはずはなかった。彼は腹をたてて、生徒をピアノから追いのけ、その代わりに一人で長々とひいた。――学校以外の個人の弟子にたいしても、同様であった。彼には少しの我慢もなかった。たとえば、貴族たることを自負しているかわいい令嬢に向かって、女中のようなひき方をすると言ったり、あるいはまた、母親へ手紙を書いて、もう教えるのはごめんだと言い、こういう無能な者にこのうえ関り合っていなければならないとしたら、寿命が縮まるばかりだと言った。――そんなふうなのでうまくゆかなかった。わずかな弟子も離れていった。一人の弟子を二か月以上も引き止めることはできなかった。母は彼に意見を加えた。就職した学校とだけはせめて喧嘩をしないと、彼に約束さした。なぜなら、もしその地位を失うようなことがあったら、もはや生活の道がわからなくなるからだった。それで彼は厭々ながら辛抱した。模範的によく時間を守った。しかし、頓馬な生徒が二度も一つところを間違えたり、あるいは次の音楽会のために、無趣味な合唱を自分の級に教え込まなければならない場合には、自分の考えを隠す術がなかった。(彼は曲目を選ぶことさえ任せられなかった。彼の趣味は疑われていた。)彼はあまり熱心には教えていないと思われていた。けれども彼は、黙って脹れ顔をしながら意地を張っていて、生徒をびっくりさせるほどテーブルの上を打ちたたくだけで、内心の憤りを押えていた。しかし時とすると、あまりに苦々しいことがあった。彼はもう辛抱できなかった。楽曲の最中に彼は歌をやめさした。
「ああ、それはよすがいい、よすがいい。いっそワグナーを僕がひいてやろう。」
Ils ne demandaient pas mieux. Ils jouaient aux cartes derrière son dos. Il s'en trouvait toujours un pour rapporter la chose au directeur; et Christophe s'entendait rappeler qu'il n'était pas là pour faire aimer la musique à ses élèves, mais pour la leur faire chanter. Il recevait les semonces en frémissant; mais il les acceptait: il ne voulait pas rompre.—Qui lui eût dit, il y avait quelques années, quand sa carrière s'annonçait brillante et assurée, (alors qu'il n'avait rien fait), qu'il en serait réduit à ces humiliations, dès l'instant qu'il commencerait à valoir quelque chose?
Parmi les souffrances d'amour-propre que lui causa sa charge à l'institution, une des moins pénibles pour lui ne fut pas la corvée des visites obligatoires à ses collègues. Il en fit deux, au hasard; et cela l'ennuya tellement qu'il n'eut pas le courage de continuer. Les deux privilégiés ne lui en surent aucun gré; mais les autres se jugèrent personnellement offensés. Tous regardaient Christophe comme leur inférieur, en situation et en intelligence; et ils prenaient avec lui des manières protectrices. Ils avaient l'air si sûrs d'eux-mêmes et de l'opinion qu'ils avaient de lui, qu'il lui arrivait de la partager; il se sentait stupide auprès d'eux: qu'eut-il pu trouver à leur dire? Ils étaient pleins de leur métier et ne voyaient rien au delà. Ils n'étaient pas des hommes. Si, du moins, ils avaient été des livres! Mais ils étaient des notes à des livres, des commentaires philologiques.
Christophe fuyait les occasions de se trouver avec eux. Mais elles lui étaient quelquefois imposées. Le directeur recevait, un jour par mois, dans l'après-midi; et il tenait à ce que tout son monde fût là. Christophe, qui avait esquivé la première invitation, sans même s'excuser, faisant le mort, dans l'espoir fallacieux que son absence ne serait pas remarquée, fut l'objet, dès le lendemain, d'une observation aigre-douce. La fois suivante, chapitré par sa mère, il se décida à venir; il y mit autant d'entrain que s'il allait à un enterrement.
Il se trouva dans une réunion de professeurs de l'institution et d'autres écoles delà ville, avec leurs femmes et leurs filles. Entassés dans un salon trop petit, ils étaient hiérarchiquement groupés, et ne firent nulle attention à lui. Le groupe le plus voisin parlait de pédagogie et de cuisine. Toutes ces femmes de professeurs avaient des recettes culinaires, qu'elles professaient avec un pédantisme exubérant et revêche. Les hommes n'étaient pas moins intéressés par ces questions, et à peine moins compétents. Ils étaient aussi fiers des talents domestiques de leurs femmes que celles-ci du savoir de leurs époux. Debout, près d'une fenêtre, adossé au mur, ne sachant quelle contenance faire, tantôt tâchant de sourire bêtement, tantôt sombre, l'œil fixe, les traits contractés, Christophe crevait d'ennui. À quelques pas, assise dans l'embrasure de la fenêtre, une jeune femme, à qui personne ne parlait, s'ennuyait comme lui. Tous deux regardaient la salle, et ne se regardaient pas. Après un certain temps, ils se remarquèrent, au moment où, n'en pouvant plus, ils se détournaient pour bâiller. Juste à cette minute, leurs yeux se rencontrèrent. Ils échangèrent un regard de complicité amicale. Il fit un pas vers elle. Elle lui dit, à mi-voix:
—On s'amuse?
Il tourna le dos à la salle, et, regardant la fenêtre, il tira la langue. Elle éclata de rire et, subitement réveillée, elle lui fit signe de s'asseoir auprès d'elle. Ils firent connaissance. Elle était femme du professeur Reinhart, chargé du cours d'histoire naturelle à l'école, et nouvellement arrivé dans la ville, où ils ne connaissaient encore personne. Elle était loin d'être belle, le nez gros, de vilaines dents, peu de fraîcheur, mais des yeux vifs, assez spirituels, et un sourire bon enfant. Elle bavardait comme une pie: il lui donna la réplique avec entrain; elle avait une franchise amusante, des boutades drolatiques; ils échangeaient en riant leurs impressions, tout haut, sans se préoccuper de ceux qui les entouraient. Leurs voisins, qui n'avaient pas daigné s'apercevoir de leur existence, quand il eût été charitable de les aider à sortir de leur isolément, leur jetaient maintenant des regards mécontents: il était de mauvais goût de s'amuser autant!... Mais ce qu'on pouvait penser d'eux était indifférent aux deux bavards: ils prenaient leur revanche.
À la fin, madame Reinhart présenta son mari à Christophe, Il était extrêmement laid: une figure blême, glabre, grêlée, un peu macabre, mais un air de grande bonté. Il parlait du fond de la gorge, et articulait les mots d'une manière sentencieuse, ânonnante, en faisant des pauses entre les syllabes.
Ils étaient mariés depuis quelques mois, et ces deux laiderons étaient épris l'un de l'autre: ils avaient une façon affectueuse de se regarder, de se parler, de se prendre la main, au milieu de tout ce monde,—qui était comique et touchante. Ce que l'un voulait, l'autre le voulait aussi. Tout de suite, ils invitèrent Christophe à venir souper chez eux, au sortir de la réception. Christophe commença par se défendre, en plaisantant; il disait que, pour ce soir, ce qu'on avait de mieux à faire, c'était d'aller se coucher: on était moulu d'ennui, comme après une marche de dix lieues. Mais madame Reinhart répliqua que, précisément, il ne fallait pas en rester là: il serait dangereux de passer la nuit sur ces pensées lugubres. Christophe se laissa faire violence. Dans son isolement, il se sentait heureux d'avoir rencontré ces braves gens, pas très distingués, mais simples et gemütlich.
Le petit intérieur des Reinhart était gemütlich, comme eux. C'était un Gemüt un peu bavard, un Gemüt avec inscriptions. Les meubles, les ustensiles, la vaisselle parlaient, répétaient sans se lasser leur joie de recevoir «lecher hôte», s'informaient de sa santé, lui donnaient des conseils affables et vertueux. Sur le sofa,—qui au reste était fort dur,—s'étalait un petit coussin, qui murmurait amicalement:
—Seulement un petit quart d'heure! (Nur ein Viertelstündchen!)
La tasse de café, qu'on offrit à Christophe, insistait pour qu'il en reprît:
—Encore une petite goutte! (Noch ein Schlückchen!).
Les assiettes assaisonnaient de morale la cuisine, d'ailleurs excellente. L'une disait:
—Pense à tout: autrement il ne t'arrivera rien de bon.
L'autre:
—L'affection et la reconnaissance plaisent. L'ingratitude déplaît à tous.
Bien que Christophe ne fumât point, le cendrier sur la cheminée ne put se tenir de se présenter à lui:
—Petite place de repos pour les cigares brûlants. (Ruheplätzchen für brennende Cigarren.)
Il voulut se laver les mains. Le savon sur la table de toilette dit:
—Pour notre cher hôte. (Für unseren lieben Gast.)
Et l'essuie-mains sentencieux, comme quelqu'un de très poli, qui n'a rien à dire, mais qui se croit obligé à dire tout de même quelque chose, lui fit cette réflexion, pleine de bon sens, mais non pas d'à-propos, «qu'il faut se lever de bonne heure, pour jouir de la matinée»:
—Morgenstund hat Gold im Mund.
Christophe finit par ne plus oser se tourner sur sa chaise, de peur de s'entendre interpeller par d'autres voix venues de tous les coins de la chambre. Il avait envie de leur dire:
—Taisez-vous donc, petits monstres! On ne s'entend pas ici.
Et il fut pris d'un fou rire, qu'il tâcha d'expliquer à ses hôtes par le souvenir de la réunion de tout â l'heure, à l'école. Pour rien au monde, il n'eût voulu les blesser. Au reste, il n'était pas très sensible au ridicule. Très vite, il s'habitua à la cordialité loquace des choses et des êtres. Que ne leur eût-il passé! C'étaient de si bonnes gens! Ils n'étaient pas ennuyeux; s'ils manquaient de goût, ils ne manquaient pas d'intelligence.
Ils se trouvaient un peu perdus dans le pays, où ils venaient d'arriver. La susceptibilité insupportable de la petite ville de province n'admettait point qu'on y entrât, comme dans un moulin, sans avoir sollicité, dans les règles, l'honneur d'en faire partie. Les Reinhart n'avaient pas tenu assez de compte du protocole provincial, qui régit les devoirs des nouveaux arrivants dans une ville, à l'égard de ceux qui y sont installés avant eux. À la rigueur, Reinhart s'y fût soumis machinalement. Mais sa femme, que ces corvées assommaient, et qui n'aimait pas à se gêner, les remettait de jour en jour. Elle avait choisi dans la liste des visites celles qui l'ennuyaient le moins, pour les faire d'abord; les autres étaient indéfiniment remises. Les notabilités, qui se trouvaient comprises dans cette dernière catégorie, étaient suffoquées d'un tel manque d'égards. Angelika Reinhart—(son mari la nommait Lili)—avait des manières un peu libres; elle ne parvenait pas à prendre le ton officiel. Elle interpellait ses supérieurs hiérarchiques, qui en rougissaient d'indignation; elle ne craignait pas, au besoin, de leur donner un démenti. Elle avait la langue bien pendue et éprouvait le besoin de dire tout ce qui lui passait par la tête: c'étaient parfois des sottises énormes, dont on se moquait derrière son dos; c'étaient aussi de grosses malices, décochées en pleine poitrine, et qui lui faisaient des ennemis mortels. Elle se mordait la langue, au moment où elle les disait, et elle eût voulu les retenir: mais il était trop tard. Son mari, le plus doux et le plus respectueux des hommes, lui faisait à ce sujet de timides observations. Elle l'embrassait, en lui disant qu'elle était une sotte, et qu'il avait raison. Mais, l'instant d'après, elle recommençait; et c'était surtout quand et où il fallait le moins dire certaines choses, qu'aussitôt elle les disait: elle eût crevé, si elle ne les eût dites.—Elle était bien faite pour s'entendre avec Christophe.
Parmi les nombreuses choses saugrenues, qu'il ne fallait pas dire, et que par conséquent elle disait, revenait à tout propos une comparaison déplacée de ce qui se faisait en Allemagne et de ce qui se faisait en France. Allemande elle-même,—(nulle ne l'était plus qu'elle)—mais élevée en Alsace, et en rapports d'amitié avec des Alsaciens français, elle avait subi cette attraction de la civilisation latine, à laquelle ne résistaient pas, dans les pays annexés, tant d'Allemands, et de ceux qui semblaient les moins faits pour la sentir. Peut-être, pour dire vrai, cette attraction était-elle devenue plus forte, par esprit de contradiction, depuis qu'Angelika avait épousé un Allemand du Nord et se trouvait dans un milieu purement germanique.
Dès la première soirée avec Christophe, elle entama son sujet de discussion habituel. Elle vanta l'aimable liberté des conversations françaises. Christophe lui fit écho. La France, pour lui, était Corinne: de beaux yeux lumineux, une jeune bouche rieuse, des manières franches et libres, une voix bien timbrée: il avait grande envie d'en connaître davantage.
Lili Reinhart tapa des mains de se trouver si bien d'accord avec Christophe.
—C'est dommage, dit-elle, que ma petite amie française ne soit plus ici; mais elle n'a pu y tenir: elle est partie.
生徒らは望むところだった。彼らは彼の後ろでカルタを弄んだ。するといつも、それを校長に言いつける生徒があった。そしてクリストフは、彼が学校に出てるのは生徒らに音楽を好ませるためにではなく、彼らに音楽を歌わせるためにであることを、言い聞かせられた。彼は震えながら譴責を受けた。しかしそれを甘受していた。喧嘩をしたくなかったのである。――彼がなんらかの価値あるものになり始めると、かかる屈辱を受ける破目に陥るだろうということを、数年以前、彼の前途が輝かしく有望であることを示していた時(その時彼は何にもしてはいなかったが)、その時に、だれが想像し得たであろうか。
学校における職務上、彼は自尊心を傷つけられる苦しみを多く嘗めたが、そのうちで、義務的に同僚を訪問することも、彼にとってはやはりつらい仕事だった。彼はでたらめに二人を訪問してみた。そして非常に厭になって、訪問をつづけるだけの勇気が出なかった。とくに訪問を受けた二人は、別にありがたいとも思わなかったが、他の人々は、個人的に侮辱されたと考えた。皆の者はクリストフを、地位から言っても能力から言っても自分の目下に見ていた。そして彼にたいして保護者的な態度を取っていた。そして彼にたいする意見と自分自身とにいかにも確信ある様子をしていたので、彼にもその考えが感染してきた。彼は彼らのそばにいると自分が馬鹿になったような気がした。彼らに言ってやるべきことは何にも見当たらなかったではないか。彼らはおのれの職務でいっぱいになっていて、それ以外のことは何にも見ていなかった。彼らは人間ではなかった。せめて書物ならまだよかった。しかし彼らは書物の注解であり、言葉の注釈者だった。
クリストフは彼らといっしょになる機会を避けた。しかし時々それをのがれることができなかった。校長は月に一回午後に訪問を受けていた。そして仲間全部が集まることを望んでいた。クリストフは、欠席してもわかるまいといい加減に考えて、断わりもしないでひそかに最初の招待に欠けたが、翌日になると、厭味な小言を食わされた。次回には、母からしかられて、行くことに心をきめた。そして葬式にでも行くように渋々出かけた。
はいって行くと、自分の学校や町の他の学校の教師たちが、細君や娘を連れて集まっていた。彼らは狭すぎる客間に押し込まれて、階級ごとに一群をなしていたが、彼にはなんらの注意をも払わなかった。彼のそばにいる一団は、児童教育や料理のことを話していた。教師の細君たちは皆、多少の料理法を心得ていて、頑強に学者ぶってしゃべりたてていた。男たちの方もその問題には同じく趣味を覚えていて、ほとんど劣らないくらいの脳力を示していた。また彼らは自分の細君の家政的手腕を誇り、細君らは自分の良人の知識を誇っていた。クリストフは、窓ぎわの壁によりかかってたたずみ、どういう様子をしていいかわからず、あるいはぼんやり笑顔をしようとつとめたり、あるいは眼をすえ顔を引きしめて陰鬱になったりしながら、退屈でたまらなかった。数歩向こうに一人の若い女が窓口に腰掛けて、だれからも話しかけられず、彼と同様に退屈しきっていた。二人とも広間の中をながめていて、たがいに認めなかった。しばらくたってから、どちらもたまらなくなって欠伸をしようと向き返った時に、初めて気づいた。ちょうどその時、二人の眼は出会った。二人は親しい目配せをし合った。彼は彼女の方へ一歩近寄った。彼女は小声で彼に言った。
「面白うございますか。」
彼は広間の方へ背中を向け、窓を見ながら、舌を出してみせた。彼女は放笑した。そしてすぐに気がついて、そばに腰をおろすようにと合図をした。二人は近づきになった。彼女は学校で博物の講義を受け持ってるラインハルト教師の細君だった。夫妻はこの町に最近来たばかりで、まだだれも知り合いがなかった。彼女はとうてい美しいとは言えなかった。鼻は太く、歯並みや賤しく、清楚なところが少なく、ただ眼だけは生き生きとしてかなり敏捷で、また仇気ない微笑をもっていた。彼女は鵲のようによくしゃべった。彼も快活に答えをした。彼女は面白いほど率直で、おかしな頓智に富んでいた。二人はあたりの人々にお構いなしで、笑いながら声高く感想を語り合った。近くの人々は、二人を孤立から助け出してやるのが慈悲の仕業である間は、二人の存在を気にも止めなかったが、二人がしゃべり出したとなると、不満そうな眼つきを投げはじめた。そんなにはしゃぐのは、よからぬ趣味となるのであった……。しかし、人の思惑なんかは、二人の饒舌家には無関心なことだった。二人は先刻の意趣晴らしをしていたのである。
最後に、ラインハルト夫人はクリストフに良人を紹介した。彼はひどい醜男だった。顔は蒼ざめ、髭がなく、痘痕があり、憐れっぽかった。しかしたいへん善良な様子だった。喉の奥から声を出し、音綴の間々で休みながら、もったいらしいたどたどしい仕方で言葉を発音した。
彼ら二人は、数か月以前に結婚したのだった。そしてこの二人の醜男醜女は、たがいに惚れ合っていた。おおぜいの人中ででも、見合わしたり話したり手を取り合ったりするのに、一種の情愛をこめていた――それは滑稽でかつ切実だった。一人が好むことは、も一人も好んだ。すぐに彼らは、この招待の帰りには宅へ寄って夜食を取ってくれと、クリストフに申し出た。クリストフは冗談を言いながら用心し始めた。今晩は早く帰って寝るのがいちばんいいと言った。十里も歩かせられたようにがっかりしてると言った。しかしラインハルト夫人は、だからこそこのままではいけないと答え返し、こんな厭な気持のまま夜を過ごすのは危険だと言った。クリストフは我を折った。彼は孤独だったので、あまり上品ではないがしかし単純で心厚いこの善人たちに出会ったのを、実はうれしく感じていた。
ラインハルト家のこじんまりした内部は、彼らと同様に心厚いものだった。それは多少饒舌な心であり、種々の辞令をもってる心であった。家具も道具も皿も口をきき、「親愛なる客」を迎える喜びをあかずくり返し、健康を尋ね、懇篤で道義的な忠告を与えていた。安楽椅子――それもごく堅いものだったが――の上には、小さな羽蒲団が敷かれていて、その羽蒲団は親しげにささやいていた。
「どうか十五分間ばかりでも!」
クリストフに出されたコーヒー茶碗は、も一杯飲むように勧めていた。
「も一口どうぞ!」
御馳走皿は、もとよりりっぱな料理に道徳を加味していた。一つの皿は言っていた。
「万事をお考えなさい。そうでないと何にもいいことが起こりますまい。」
も一つの皿は言っていた。
「愛情と感謝とは人を喜ばせます。忘恩はだれでもきらいます。」
クリストフは少しも煙草を吸わなかったが、暖炉の上の灰皿は彼の方へ進んで来ないではいなかった。
「火のついた煙草の小さな休み場所。」
彼は手を洗おうとした。すると化粧台の上のせっけんは言った。
「われわれの親愛なる客人のために。」
そして謹直な手ぬぐいは、何にも言うことがないのにやはり何か言わなければいけないと思ってるごく丁重な人のように、ごく良識的ではあるがしかしあまり適宜でない考えを、「朝を楽しむために早く起きなければいけない」ということを、彼に注意した。
「朝の時間は口に黄金を含んでいます。」
クリストフは椅子に掛けたまま、室の隅々から響いてくる他の種々の声に呼びかけられるのを聞くことを恐れて、ついにはもう振り返ることもできなくなった、彼は其奴らに言ってやりたかった。
「黙らないか、畜生め! お前たちの言うことはさっぱりわからない。」
すると彼は突然大笑いに駆られた。そして主人夫妻に、先刻の学校の集まりを思い出したからだと、苦しい説明をした。どんなことがあっても彼らの気分を害したくなかった。そのうえ、彼は滑稽なことにあまり敏感ではなかった。彼は間もなく、それらの物品や人たちの饒舌な懇篤さに馴れてしまった。彼らに向かって何を恕しがたいことがあったろう。いかにも善良な人たちだった。嫌な人物ではなかった。趣味は欠けていたにしても、知力は欠けていなかった。
彼らはやって来たばかりのこの土地でいささか途方にくれていた。田舎の小都市の堪えがたい猜疑心は、その一員となるの名誉を正式に懇願しないと、他人が勝手にはいることを許さなかった。ラインハルト夫妻は、小都市において前任者にたいする新来者の義務を規定する田舎の慣例を、十分念頭においていなかった。厳密に言えば、ラインハルト氏の方はまあ機械的に服従した。しかし夫人の方は、そういう役目を厭い窮屈を厭がって、それを一日一日と延ばした。訪問すべき人名表のうちから最も気楽そうなのを選んで、それを最初に済ました。他の訪問は際限なく延ばしておいた。この後者の部類に入れられた知名の人々は、かかる無礼を憤った。アンゲリカ・ラインハルト――(良人から親しげにリーリと呼ばれていた)――は、やや自由な態度の女だった。儀式ばった調子を取ることができなかった。上の地位の人々をも馴れ馴れしく呼びかけた。すると彼らは怒って真赤になった。彼女は場合によっては、彼らの言葉に逆らうことをも恐れなかった。彼女はきわめて口数が多くて、頭に浮かんだことはなんでも言いたがった。時とするとあまりにばかばかしいことを言って、背後から人に笑われることもあった。また肺腑を刺す露骨な皮肉を言って、深い恨みを買うこともあった。そういう意地悪い言葉を言いたくなる時には、舌を噛んで口に出すまいとした。しかし間に合わなかった。きわめて温良で敬意深い良人は、このことに関して彼女へ控え目な注意をよく与えた。すると彼女は彼を抱擁して、自分は馬鹿でお言葉はもっともだと言った。しかしすぐあとで、彼女はまたくり返すのだった。ことにある種のことは最も言ってならない場合や場所において、彼女はすぐにそれを口にのぼした。もしそれを言い出さなかったら身体が張り裂けるかもしれなかった。――彼女はクリストフと気が合うようにできていた。
言ってならないから従って言いたくなる多くの変な事柄のうちでも、ドイツで行なわれてることとフランスで行なわれてることとの不穏当な比較を、彼女は何につけてもくり返した。彼女はドイツの生まれであった――(彼女ぐらいドイツ式な者はいなかった)――けれど、アルザスで育ち、アルザスのフランス人と交わったので、ラテン文明にひきつけられたのだった。多くのドイツ人やまた最も頑固そうに見える人々も、フランスから併合した地方においては、ラテン文明の魅力に抗することができないものである。なおありていに言えば、アンゲリカは北方のドイツ人と結婚し、純粋にゲルマン式な環境にはいって以来、その魅力は彼女にとって、反発心のためいっそう強くなったのであろう。
クリストフに会った最初の晩から、彼女はいつもの持論をもち出した。彼女はフランス人の会話の愛すべき自由さをほめた。クリストフも相槌をうった。彼にとっては、フランスはコリーヌであった。美しい輝いた眼、にこやかな若々しい口、腹蔵ない自由な態度、いかにも調子のいい声。彼はそれについてもっと知りたくてたまらなかった。
リーリ・ラインハルトは、クリストフと非常によく意見が合うので、手を打って喜んだ。
「残念ですわ、」と彼女は言った、「フランス人の若いお友だちがもうここにいないのは。でも仕方がなかったんです。よそへ行ってしまいました。」
L'image de Corinne s'éteignit aussitôt. Comme une fusée qui meurt fait paraître soudain dans le ciel sombre les douces et profondes lueurs des étoiles, une autre image, d'autres yeux apparurent.
—Qui? demanda Christophe, sursautant. La petite institutrice?
—Comment! fit madame Reinhart, vous la connaissiez aussi?
Ils firent sa description: les deux portraits étaient identiques.
—Vous la connaissiez? répétait Christophe. Oh! dites-moi tout ce que vous savez d'elle!...
Madame Reinhart commença par protester qu'elles étaient amies intimes et qu'elles se confiaient tout. Mais quand il fallut entrer dans le détail, ce tout se réduisit à fort peu de chose. Elles s'étaient rencontrées en visite. Madame Reinhart avait fait des avances à la jeune fille; et, avec son habituelle cordialité, elle l'avait invitée à venir la voir. La jeune fille était venue deux ou trois fois, et elles avaient causé. Ce n'avait pas été sans peine que la curieuse Lili avait réussi à savoir quelque chose de la vie de la petite Française: la jeune fille était fort réservée; il fallait lui arracher son histoire, lambeau par lambeau. Madame Reinhart avait tout juste appris qu'elle se nommait Antoinette Jeannin; elle était sans fortune, et avait, pour toute famille, un jeune frère resté à Paris, qu'elle se dévouait à soutenir. Elle parlait de lui sans cesse: c'était le seul sujet sur lequel elle se montrât un peu expansive; et Lili Reinhart avait gagné sa confiance, en témoignant une sympathie apitoyée pour le jeune garçon, seul à Paris, sans parents, sans amis, pensionnaire dans un lycée. C'était pour subvenir aux frais de son éducation qu'Antoinette avait accepté une place à l'étranger. Mais les deux pauvres enfants ne pouvaient vivre l'un sans l'autre; ils s'écrivaient, chaque jour; et le moindre retard à l'arrivée de la lettre attendue les jetait dans une inquiétude maladive. Antoinette ne cessait de se tourmenter pour son frère: l'enfant n'avait pas le courage de lui cacher la tristesse de sa solitude; chacune de ses plaintes résonnait dans le cœur d'Antoinette avec une intensité déchirante; elle se torturait à la pensée qu'il souffrait, et elle s'imaginait souvent qu'il était malade, mais qu'il ne voulait pas le dire. La bonne madame Reinhart avait dû bien des fois la rabrouer amicalement, pour ces craintes sans motif; et elle réussissait, pour un moment, à lui rendre confiance.—Sur la famille d'Antoinette, sur sa condition, sur le fond de son âme, elle n'avait rien pu savoir. À la première question, la jeune fille se repliait sur elle-même, avec une timidité effarouchée. Elle était instruite; elle paraissait avoir une expérience précoce; elle semblait à la fois naïve et désabusée, pieuse et sans illusions. Elle n'avait pas été heureuse ici, dans une famille sans tact et sans bonté.—Comment elle était partie, madame Reinhart ne savait pas au juste. On prétendait qu'elle s'était mal conduite. Angelika n'en croyait rien; elle eût mis sa main au feu que c'étaient de dégoûtantes calomnies, bien dignes de cette ville sotte et malfaisante. Mais il y avait eu des histoires: peu importaient lesquelles, n'est-ce pas?
—Oui, dit Christophe, qui baissait la tête.
—Enfin, elle est partie.
—Et que vous a-t-elle dit, en partant?
—Ah! dit Lili Reinhart, je n'ai pas eu de chance. Justement, j'étais allée à Cologne pour deux jours! Au retour... Zu spät! (Trop tard!)... s'interrompit-elle, pour semoncer sa bonne, qui lui apportait le citron trop tard pour le prendre dans son thé.
Et elle ajouta sentencieusement, avec la solennité naturelle que les vraies âmes allemandes mettent à officier les actes familiers de l'existence quotidienne:
—Comme si souvent dans la vie!...
(On ne savait s'il s'agissait du citron, ou de l'histoire interrompue.)
Elle reprit:
—Au retour, j'ai trouvé un mot d'elle, me remerciant de tout ce que j'avais fait, et me disant qu'elle retournait à Paris. Elle n'a pas laissé d'adresse.
—Et elle n'a plus écrit?
—Plus rien.
Christophe vit de nouveau disparaître dans la nuit la mélancolique figure, dont les yeux lui étaient réapparus, un moment, tels qu'ils le regardaient, pour la dernière fois, à travers la glace du wagon.
L'énigme de la France se posait de nouveau avec plus d'insistance. Christophe ne se lassait pas d'interroger madame Reinhart sur ce pays qu'elle prétendait connaître. Et madame Reinhart, qui n'y était jamais allée, ne manquait point de le renseigner. Reinhart, excellent patriote, plein de préjugés contre la France, qu'il ne connaissait pas mieux que sa femme, risquait parfois des réserves, quand l'enthousiasme de Lili devenait trop excessif; mais elle redoublait ses assertions avec plus d'énergie, et Christophe, sans savoir, de confiance, faisait chorus.
Ce qui lui fut plus précieux encore que les souvenirs de Lili Reinhart, ce furent ses livres. Elle s'était fait une petite bibliothèque de volumes français: des manuels d'école, quelques romans, quelques pièces achetées au hasard. À Christophe, avide de s'instruire et ne connaissant rien de la France, ils parurent un trésor, quand Reinhart les mit obligeamment à sa disposition.
Il prit, pour commencer, des recueils de morceaux choisis, d'anciens livres scolaires, qui avaient servi à Lili Reinhart ou à son mari, quand ils allaient en classe. Reinhart assurait qu'il lui fallait débuter par là, s'il voulait apprendre à se débrouiller au milieu de cette littérature, qui lui était totalement inconnue. Christophe, plein de respect pour ceux qui en savaient plus que lui, obéit religieusement; et, le soir même, il se mit à lire. Il tâcha d'abord de se rendre compte sommairement des richesses qu'il possédait.
Il fit connaissance avec des écrivains français, qui se nommaient: Théodore-Henri Barrau, François Pétis de la Croix, Frédéric Baudry, Emile Delérot, Charles-Auguste-Désiré Filon, Samuel Descombaz, et Prosper Baur. Il lut des poésies de l'abbé Joseph Reyre, de Pierre Lachambaudie, du duc de Nivernois, de André van Hasselt, d'Andrieux, de madame Colet, de Constance-Marie princesse de Salm-Dyck, de Henriette Hollard, de Gabriel-Jean-Baptiste-Ernest-Wilfrid Legouvé, d'Hippolyte Violeau, de Jean Reboul, de Jean Racine, de Jean de Béranger, de Frédéric Béchard, de Gustave Nadaud, d'Édouard Plouvier, d'Eugène Manuel, de Hugo, de Millevoye, de Chênedollé, de James Lacour Delâtre, de Félix Chavannes, de Francis-Edouard-Joachim dit François Coppée, et de Louis Belmontet. Christophe, perdu, noyé, submergé dans ce déluge poétique, passa à la prose. Il y trouva Gustave de Molinari, Fléchier, Ferdinand-Edouard Buisson, Mérimée, Malte-Brun, Voltaire, Lamé-Fleury, Dumas père, J.-J. Rousseau, Mézières, Mirabeau, de Mazade, Claretie, Cortambert, Frédéric II, et monsieur de Voguë. L'historien français le plus souvent cité était Maximilien Samson-Frédéric Schœll. Christophe trouva dans cette anthologie française la Proclamation du nouvel Empire d'Allemagne; et il lut un portrait des Allemands par Frédéric-Constant de Rougemont, où il apprit que «l'Allemand naissait pour vivre dans le monde de l'âme. Il n'a point la gaieté bruyante et légère du Français. Il a beaucoup d'âme; ses affections sont tendres, profondes. Il est infatigable dans ses travaux et persévérant dans ses entreprises. Il n'est pas de peuple qui soit plus moral, et chez qui la durée de la vie soit aussi longue. L'Allemagne compte un nombre extraordinaire d'écrivains. Elle a le génie des beaux-arts. Tandis que les habitants des autres pays mettent leur gloire à être Français, Anglais, Espagnols, l'Allemand au contraire embrasse dans son amour impartial l'humanité entière. Enfin, par sa position au centre même de l'Europe, la nation allemande semble être à la fois le cœur et la raison supérieure de l'humanité.»
Christophe, fatigué, étonné, ferma le livre et pensa:
—Les Français sont de bons garçons; mais ils ne sont pas forts.
コリーヌの面影はすぐに消えてしまった。あたかも花火の輝きが消えて、暗い空の中に突然、星のやさしい深い光が現われるように、他の面影が、他の眼が、現われてきた。
「だれですか。」とクリストフはぎくりとして尋ねた。「若い家庭教師ではありませんか。」
「え!」とラインハルト夫人は言った、「あなたも御存じですか。」
二人はその女の様子を述べた。どちらも同じ姿だった。
「あなたはその女を御存じですね。」とクリストフはくり返した。「どうか知ってるだけのことを私に聞かしてください。」
ラインハルト夫人は、自分たちは親友で万事をうち明け合った間柄だということから、まず話しだした。しかしその詳細に立ち入ると、彼女のいわゆる万事はごくつまらないことになってしまった。二人は初め他人の家で出会った。ラインハルト夫人の方からその若い女に交際を求めた。そして例の懇篤さで、話しに来てくれと招いた。若い女は二、三度やって来た。そして二人は話をした。けれども、好奇なリーリがその若いフランス婦人の生活を多少知るのも、そう容易なことではなかった。向こうは非常に慎み深かった。わずかずつ身の上話を引き出さなければならなかった。ラインハルト夫人は、彼女がアントアネット・ジャンナンという名前であることをまさしく知った。彼女には財産はなかった。家族としては、パリーに残ってる若い弟があるきりで、彼女は献身的にその弟を助けていた。たえずその弟のことを話していた。彼女が多少感情を吐露するのは、その話にばかりだった。そしてリーリ・ラインハルトは、両親もなく友だちもなく一人パリーに残って、ある中学校の寄宿舎にはいってるその若者にたいして、憐れみ深い同情の念を示しながら、アントアネットの信頼を得てしまった。アントアネットが外国での就職を甘受したのも、半ばは弟の教育費を補助するためであった。しかし二人の憐れな若者は、たがいに離れて暮らすことができなかった。毎日手紙を書き合った。待ってる手紙が少し遅れても、どちらも病的な心配に駆られた、アントアネットはたえず弟のために心を痛めていた。弟は孤独の悲しさをいつも姉に隠すだけの勇気がなかった。彼の愁訴はいちいちアントアネットの心に、胸が裂かれるような強さで響いた。彼女は弟が苦しんでると考えては心痛し、病気であるがそれを隠してるのだとしばしば想像した。善良なラインハルト夫人は、それらの理由もない危惧について、幾度も親切に彼女をたしなめてやらなければならなかった。そしてしばらくは彼女を安心させることができた。――アントアネットの家庭や身分やまた心底については、夫人は何にも知ることができなかった。ちょっと問いかけられても、その若い女はひどく内気な様子で口をつぐんだ。彼女は教養があった。年齢よりませた経験をもってるらしかった。彼女は素朴であるとともにまた悟ってるらしく、敬虔であるとともにまた非空想的らしかった。この土地の機宜も温情もない家庭にはいっては、幸福でなかった。――どうして彼女がこの地を去ったかを、ラインハルト夫人はよく知っていなかった。人の噂によると不品行をしたそうだった。アンゲリカはそれを少しも信じなかった。それはこの愚かな邪悪な町にふさわしい忌むべき中傷であると、堅く信じ切っていた。しかしいろんな話はあった。だがそんな話なんかはどうでもいいではないか。
「そうですとも。」と首たれてクリストフは言った。
「でもとうとう行ってしまいました。」
「そしてたつ時になんと言いましたか。」
「ああ、その機会がありませんでしたの。」とリーリ・ラインハルトは言った。「ちょうど私はケルンへ二日間行っていました、帰って来ると、……もう遅い!……」と彼女は言葉を途切らしながら、お茶へ入れるシトロンをあまり遅くもって来た女中にあてつけた。
そして、生粋のドイツ人らが家常茶飯事にまで示す生来の厳格さをもって、彼女は厳めしく言い添えた。
「世の中のことはたいていそうですが、もう遅い!」
(それはシトロンのことなのか途切れた話のことなのかわからなかった。)
彼女は言いつづけた。
「帰って来ますと、短い手紙が来ていました。私がしてやった種々なことのお礼を言い、パリーへ帰るということでした。住所は書き残してゆきませんでした。」
「それきり手紙をよこしませんか。」
「ええ何にも。」
クリストフは、あの悲しげな顔が夜の中に消えてゆくところを、ふたたびありありと思い浮かべた。列車の窓越しにこちらをながめている最後に見たとおりの眼が、一瞬間彼の前に現われた。
フランスの謎がいっそう執拗にふたたび提出された。クリストフはフランスを知ってると自称してるラインハルト夫人に尋ねて飽きなかった。そしてラインハルト夫人はかつてフランスに行ったこともないのに、彼になんでも教えてやった。ラインハルト氏はりっぱな愛国者で、夫人以上によくはフランスを知らず、フランスにたいする偏見でいっぱいになっていて、夫人の感激があまりひどくなると、時として控え目な態度を破ることもあったが、しかし夫人はさらに激しく主張しつづけた。そしてクリストフは何にも知らないくせに、信頼の心からそれにいっしょになっていた。
彼にとっては、リーリ・ラインハルトの記憶よりもなお貴いものは、彼女の書物だった。彼女はフランスの書物で小さな文庫をこしらえていた。手当たり次第に買われた、学校の教科書や小説や脚本などがあった。フランスのことを知りたがっていながら何にも知っていないクリストフにとっては、ラインハルトが親切にも彼の勝手に任してくれる時には、それらの書物が宝のように思われた。
彼はまず、学校用の古い編纂書から、抜粋文集から、読み始めた。それはリーリ・ラインハルトやその良人にとって、学生時代に役だったものであった。まったく何も知らないフランス文学のうちに分け入ろうとするならば、まずそれから始めなければいけないと、ラインハルトは彼に確言した。クリストフはフランス文学を自分よりよく知ってる人たちをごく尊敬して、その言葉どおり正直に従った。そしてその晩から読み始めた。彼はまず、自分のもってる宝の概略を調べ上げようとつとめた。
彼は次のようなフランスの作家を知った。テオドール・アンリ・バロー、フランソア・ペティ・ド・ラ・クロア、フレデリック・ボードリー、エミール・ドゥレロー、シャール・オーギュスト・デジレ・フィロン、サムュエル・デコンバ、プロスペル・ボール。彼は次の人々の詩を読んだ。ジョゼフ・レール師、ピエール・ラシャンボーディー、ニヴェルノア公爵、アンドレ・ヴァン・アセル、アンドリユー、コレー夫人、サルム・ディック侯夫人コンスタンス・マリー、アンリエット・オラール、ガブリエル・ジャン・バティスト・エルネスト・ウィルフリード・ルグーヴェ、イポリット・ヴィオロー、ジャン・ルブール、ジャン・ラシーヌ、ジャン・ド・ベランゼ、フレデリック・ベシャール、ギュスターヴ・ナドー、エドゥアール・プルーヴィエ、ウーゼーヌ・マニュエル、ユーゴー、ミルヴォア、シェーヌドレ、ゼームス・ラクール・ドラートル、フェリックス・シャヴァンヌ、フランシス・エドゥアール・ジョアサンすなわちフランソア・コペー、ルイ・ベルモンテ。クリストフはそれらの詩の汎濫中に迷い込みおぼれ沈んでしまって、散文の方に移っていった。そこには次のような人たちがいた。ギュスターヴ・ド・モリナリ、フレシエ、フェルディナン・エドゥアール・ブュイソン、メリメ、マルー・ブラン、ヴォルテール、ラメ・フルーリー、父デューマ、ジャン・ジャック・ルソー、メジエール、ミラボー、ド・マザード、クラルティー、コルタンベール、フレデリック二世、および、ヴォギューエ氏。また最もしばしば引用されてるフランスの歴史家は、マクシミリアン・サンソン・フレデリック・シェールであった。クリストフはそういうフランスの名家抄の中に、新ドイツ帝国の宣告を見出した。そしてフレデリック・コンスタン・ド・ルージュモンの書いたドイツ人に関する記述を読んで、次のことを教えられた。
クリストフは疲れまた驚いて、書物を閉じて考えた。
「フランス人は善良なお坊ちゃんばかりだ。あまり鋭利ではない。」
Il prit un autre volume. Celui-ci était d'un niveau supérieur; il s'adressait aux grandes Écoles. Musset y tenait trois pages, et Victor Duruy trente. Lamartine sept pages, et Thiers près de quarante. On donnait le Cid tout entier,—presque tout entier:—(on avait supprimé les monologues de don Diègue et de Rodrigue, parce qu'ils faisaient longueur...)—Lanfrey exaltait la Prusse contre Napoléon Ier: aussi, la place ne lui avait pas été mesurée; il en tenait plus, à lui seul, que tous les grands classiques du dix-huitième siècle. De copieux récits des défaites françaises de 1870 avaient été puisés dans la Débâcle de Zola. On ne voyait là ni Montaigne, ni La Rochefoucauld, ni La Bruyère, ni Diderot, ni Stendhal, ni Balzac, ni Flaubert. En revanche, Pascal, absent de l'autre livre, apparaissait dans celui-ci, à titre de curiosité; et Christophe apprit en passant que ce convulsionnaire «faisait partie des pères de Port-Royal, institution de jeunes filles, près de Paris...[2]»
Christophe fut sur le point d'envoyer tout promener: la tête lui tournait; il n'y voyait plus rien. Il se disait: «Jamais je n'en sortirai.» Il était incapable de se formuler un jugement. Il feuilletait au hasard, depuis des heures, sans savoir où il allait. Il ne lisait pas facilement le français; et, quand il s'était donné bien du mal pour comprendre un passage, c'étaient presque toujours des choses insignifiantes et ronflantes.
Cependant, du milieu de ce chaos, des traits de lumière jaillissaient, des coups d'épée, des mots cinglants et sabrants, des rires héroïques. Peu à peu, une impression se dégageait de cette première lecture, peut-être par le fait du plan tendancieux des recueils. Les éditeurs allemands avaient surtout choisi dans ces morceaux tout ce qui pouvait établir, au témoignage des Français eux-mêmes, les défauts des Français et la supériorité allemande. Mais ils ne se doutaient pas que ce qu'ils mettaient ainsi en lumière, aux yeux d'un esprit indépendant, comme Christophe, c'était l'étonnante liberté de ces Français, qui critiquaient tout chez eux et louaient leurs adversaires. Michelet célébrait Frédéric II, Lanfrey les Anglais de Trafalgar, Charras la Prusse de 1813. Nul ennemi de Napoléon n'avait osé en parler d'une façon aussi dure. Les choses les plus respectées n'étaient pas à l'abri de leur esprit frondeur. Jusque sous le grand Roi, les poètes à perruques avaient leur franc-parler. Molière n'épargnait rien. La Fontaine raillait tout. Boileau flétrissait la noblesse. Voltaire insultait la guerre, fessait la religion, bafouait la patrie. Moralistes, satiriques, pamphlétaires, auteurs comiques, rivalisaient d'audace joyeuse ou sombre. C'était un manque de respect universel. Les honnêtes éditeurs allemands en étaient quelquefois effarés; ils éprouvaient le besoin de rassurer leur conscience, en cherchant à excuser Pascal, qui mettait dans le même sac les cuisiniers, les crocheteurs, les soldats et les goujats; ils protestaient, en note, que Pascal n'eût point parlé ainsi, s'il avait connu les nobles armées modernes. Ils ne manquaient pas non plus de rappeler avec quel bonheur Lessing avait corrigé les Fables de la Fontaine, changeant d'après le conseil du Genevois Rousseau, le fromage de maître Corbeau en un morceau de viande empoisonnée, dont meurt le vil renard:
«Puissiez-vous ne jamais obtenir que du poison, maudits flatteurs!»
Ils clignotaient des yeux devant la vérité nue; mais Christophe se réjouissait: il aimait la lumière. De-ci, de-là, il avait bien un petit heurt, lui aussi; il n'était pas habitué à cette indépendance effrénée, qui, aux yeux de l'Allemand le plus libre, malgré tout habitué à la discipline, fait l'effet de l'anarchie. Il était dérouté d'ailleurs par l'ironie française: il prenait certaines choses trop au sérieux; d'autres, qui étaient d'implacables négations, lui semblaient au contraire des paradoxes plaisants. N'importe! Étonné ou choqué, il était attiré, peu à peu. Il avait renoncé à classer ses impressions; il passait d'un sentiment à l'autre: il vivait. La gaieté des récits français:—Chamfort, Ségur, Dumas père, Mérimée, pêle-mêle entassés,—lui dilatait l'esprit; et, de temps en temps, par bouffées, montait de quelque page l'odeur enivrante et farouche des Révolutions.
Il était près du matin, quand Louisa, qui dormait dans la chambre voisine, vit, en se réveillant, la lumière filtrer entre les fentes de la porte de Christophe. Elle frappa au mur et lui demanda s'il était malade. Une chaise grinça sur le plancher; la porte s'ouvrit; et Christophe apparut, en chemise, une bougie et un livre à la main, avec des gestes solennels et burlesques. Louisa, saisie, se dressa sur son lit, pensant qu'il était fou. Il se mita rire, et, agitant sa bougie, il déclamait une scène de Molière. Au milieu d'une phrase, il pouffa; il s'assit au pied du lit de sa mère, pour reprendre haleine; la lumière tremblait dans sa main. Louisa, rassurée, bougonnait affectueusement:
—Qu'est-ce qu'il a? Qu'est-ce qu'il a? Veux-tu aller te coucher!... Mon pauvre garçon, tu deviens donc tout à fait idiot?
Mais il repartait de plus belle:
—Tu dois écouter cela!
Et, s'installant à son chevet, il se mit à lui lire la pièce, en reprenant depuis le commencement. Il croyait voir Corinne; il entendait son accent hâbleur, Louisa protestait:
—Va-t'en! Va-t'en! Tu vas prendre froid. Tu m'ennuies. Laisse-moi dormir!
Il continuait, inexorable. Il gonflait la voix, il remuait les bras, il s'étranglait de rire; et il demandait à sa mère si ce n'était pas admirable. Louisa lui avait tourné le dos, et, pelotonnée dans ses couvertures, elle se bouchait les oreilles et disait:
—Laisse-moi tranquille!...
Mais elle riait tout bas de l'entendre rire. À la fin, elle cessa de protester. Et comme Christophe, ayant terminé l'acte, la prenait vainement à témoin de l'intérêt de sa lecture, il se pencha sur elle, et vit qu'elle dormait. Alors, il sourit, lui baisa doucement les cheveux, et, sans bruit, rentra chez lui.
Il retourna puiser dans la bibliothèque des Reinhart. Tous les livres y passèrent, pêle-mêle, les uns après les autres. Christophe dévora tout. Il avait un tel désir d'aimer le pays de Corinne et de l'inconnue, tant d'enthousiasme à dépenser qu'il en trouva l'emploi. Même dans des œuvres de second ordre, une page, un mot lui faisait l'effet d'une bouffée d'air libre. Il se l'exagérait, surtout quand il en parlait à madame Reinhart, qui ne manquait pas de surenchérir. Bien qu'elle fût ignorante comme une carpe, elle s'amusait à opposer la culture française à la culture allemande, et elle humiliait celle-ci au profit de celle-là, pour faire enrager son mari et pour se venger des ennuis qu'elle avait à subir de la petite ville.
Reinhart s'indignait. En dehors de sa science, il en était resté aux notions enseignées à l'école. Pour lui, les Français étaient des gens adroits, intelligents dans les choses pratiques, aimables, sachant causer, mais légers, susceptibles, vantards, incapables d'aucun sérieux, d'aucun sentiment fort, d'aucune sincérité,—un peuple sans musique, sans philosophie, sans poésie, (à part l'Art Poétique, Béranger, et François Coppée),—le peuple du pathos, des grands gestes, de la parole exagérée, et de la pornographie. Il n'avait pas assez de mots pour flétrir l'immoralité latine; et, faute de mieux, il revenait toujours à celui de frivolité, qui, dans sa bouche, comme dans celle de ses compatriotes, prenait un sens particulièrement désobligeant. Il terminait par le couplet habituel en l'honneur du noble peuple allemand,—le peuple moral («Par là, dit Herder, il se distingue de tous les autres peuples»,)—le peuple fidèle (treues Volk... Treu) cela veut tout dire: sincère, fidèle, loyal, et droit—le Peuple par excellence, comme dit Fichte,—la Force allemande, symbole de toute justice et de toute vérité,—la Pensée allemande,—le Gemüt allemand,—la langue allemande, seule langue originale, seule conservée pure, comme la race elle-même,—les femmes allemandes, le vin allemand, et le chant allemand... «L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout, dans le monde!»
Christophe protestait. Madame Reinhart s'esclaffait. Ils criaient très fort tous les trois. Ils s'entendaient très bien ensemble: ils savaient tous les trois qu'ils étaient de bons Allemands.
Christophe venait souvent causer, dîner, se promener avec ses nouveaux amis. Lili Reinhart le choyait, lui faisait des soupers succulents: elle était enchantée de trouver ce prétexte pour satisfaire sa propre gourmandise. Elle avait toutes sortes d'attentions sentimentales et culinaires. Pour l'anniversaire de Christophe, elle lui fit une tarte sur laquelle étaient plantées vingt bougies, et, au milieu, une petite figure en sucre, vêtue à la grecque, qui avait la prétention, de représenter Iphigénie, et qui tenait un bouquet. Christophe, profondément Allemand, en dépit qu'il en eut, était touché par ces manifestations pas très raffinées d'une affection véritable.
Les excellents Reinhart savaient trouver des moyens plus délicats de prouver leur active amitié. À l'instigation de sa femme, Reinhart, qui lisait à peine les notes de musique, acheta une vingtaine d'exemplaires des Lieder de Christophe,—(les premiers qui fussent sortis de la boutique de l'éditeur);—il les répandit en Allemagne, de différents côtés, parmi ses connaissances universitaires; il en fit envoyer un certain nombre à des libraires de Leipzig et de Berlin, avec qui il était en relations pour ses ouvrages scolaires. Cette initiative touchante et maladroite, dont Christophe ne sut rien, ne donna d'ailleurs aucun fruit, pour le moment. Les Lieder envoyés de côté et d'autre semblèrent avoir fait long feu: personne n'en parla; et les Reinhart, chagrins de cette indifférence, s'applaudissaient d'avoir tenu Christophe en dehors de leurs démarches; car il en aurait eu plus de peine que de réconfort.—Mais, en réalité, rien ne se perd, comme on a tant de fois l'occasion de le constater dans la vie; nul effort ne reste vain. On n'en sait rien, pendant des années; puis, un jour, on s'aperçoit que la pensée a fait son chemin. Les Lieder de Christophe allèrent à petits pas au cœur de quelques braves gens, perdus dans leur province, trop timides, ou trop las, pour le lui dire.
Un seul lui écrivit. Deux ou trois mois après les envois de Reinhart, Christophe reçut une lettre: émue, cérémonieuse, enthousiaste, de formes surannées, elle venait d'une petite ville de Thuringe, et était signée «Universitätsmusikdirektor Professor Dr Peter Schulz ».
彼は他の書物を取り上げた。それはも少し程度の高いもので、高等な学校の用に供するものだった。ミュッセーが三ページを占め、ヴィクトル・デュリュイが三十ページを占めていた。ラマルティーヌは七ページ、ティエールは四十ページ近かった。ル・シッドは全部――ほとんど全部のっていた。(ただドン・ディエーグの独白とロドリーグの独白はあまり長いので削ってあった。)――ランフレーはナポレオン一世にたいするプロシアの反感をおだてていた。それで彼にたいしてはページの制限がなかった。彼一人で十八世紀のクラシックの大家全体以上のページを取っていた。千八百七十年のフランスの敗北に関するたくさんの物語は、ゾラの瓦解から取って来られたものだった。そして、モンテーニュ、ラ・ロシュフコー、ラ・ブリュイエール、ディドロー、スタンダール、バルザック、フローベル、などは出ていなかった。その代わり、前の書物に出ていないパスカルが、珍しい人としてこの書物に出ていた。そしてクリストフは、この狂信家が「パリー付近の女学校ポール・ロアイヤルの神父の一人だった」ことをついでに知った……。(注――ジャン・クリストフが友人ラインハルト家の蔵書から借り出したフランス文学名家抄は、次のようなものだった。一、ストラスブールグの聖ヨハネ学習院長哲学博士フーベルト・ウィンゲラート著、中学校用フランス文粋、中級第二部、一九〇二年七版、デュモン・ショーベルク出版。二、ハンブールグのヨハネ派学習院中学校長テンデリング改訂、ヘルリッヒおよびブルグイ共著、フランス文学、一九〇四年ブルンスウィック版。)
クリストフは何もかも投げ捨てようとした。頭がくらくらしていた。もう何にもわからなかった。「いつまでも堂々めぐりだ、」と彼は思った。なんらの意見をもまとめ上げることができなかった。先途がわからずに幾時間もめちゃくちゃにページをくっていた。彼にはフランス語が自由に読めなかった。非常に骨折ってある一節を理解すると、それはたいてい無意味な壮語であった。
そのうちに、かかる渾沌の中から、剣戟、鋭利な言葉、勇ましい笑声など、数条の光線が迸り出てきた。次第にその初歩の読書から、おそらく編纂の傾向的意図によってであろうが、一つの印象が浮かび上がってきた。ドイツの出版者らは、フランス人の欠点とドイツ人の優秀さとを、フランス人自身の証明によって確定し得るようなものを、その文集中に選び入れていた。しかしながら彼らは、クリストフのような独立的精神の者がそれから明らかに見て取ることは、自分らのすべてを非難して敵をほめるそれらフランス人らの驚くべき自由さであろうとは、夢にも思ってはしなかったのである。ミシュレーはフレデリック二世を、ノンフレーはトラファルガーにおけるイギリス人らを、シャラースは千八百十三年のプロシアを、それぞれ称揚していた。ナポレオンの敵のうち一人として、ナポレオンのことをかくまで手きびしく語り得てる者はなかった。最も尊敬されてる事柄も、彼らの誹謗的な精神からのがれてはいなかった。ルイ大王当時にあっても、鬘の詩人らは思うままのことを語っていた。モリエールは何一つ見のがさなかった。ラ・フォンテーヌはすべてを嘲笑していた。ボアローは貴族を非難していた。ヴォルテールは戦争を軽侮し、宗教を攻撃し、祖国を揶揄していた。人生批評家、諷刺家、論客、滑稽作家、皆それぞれ快活なあるいは陰鬱な大胆さを競っていた。それは一般に尊敬心の欠如だった。ドイツの正直な出版者らはそれに時々狼狽した。彼らは自分の良心を安心させる必要を感じて、料理人も人夫も兵士も従卒も同じ袋に投げ入れたパスカルを、弁解しようとつとめた。パスカルがもし近代の高尚な軍隊を知っていたらかかる言をなさなかったに違いないと、注をつけて抗論した。また、仕合わせにもレッシングがラ・フォンテーヌの物語を訂正し、ジュネーヴ生まれのルソーの意見に従って、烏先生のチーズを毒に浸した一片の肉に変え、そのために卑劣な狐を死なせて、「悪むべき阿諛者、お前が得るのは毒ばかりだ、」としているのを、彼らはもち出さずにはいなかった。
彼らは赤裸々な真実の前に眼を瞬いた。しかしクリストフは喜んだ。彼は光明を愛していたのである。けれど彼もやはり、あちらこちらで小さな不安を覚えた。彼はそういう放肆な独立に慣れていなかった。最も自由であってもやはり規律に慣れてるドイツ人にとっては、それは無政府らしく思われた。そのうえクリストフは、フランス人の皮肉さに迷わされた。彼はある事柄をあまり真面目に取りすぎた。また断然たる否定であるある事柄が、彼には反対に冗談的逆説と思われた。だがそれはとにかく、彼はびっくりしたり不快を覚えたりしながらも、少しずつひきつけられていった。彼は種々の印象を分類することはやめた。一つの感情から他の感情へと移っていった。生きていた。フランスの物語――シャンフォールやセギュールや父デューマやメリメなどが乱雑につみ重ねられてる物語――の快活さが、彼の精神を暢々とさしてくれた。そして時々あるページからは、もろもろの革命の強く荒い匂いがむくむくと立ち上っていた。
明け方近くになって、隣室に眠っていたルイザが眼を覚ますと、クリストフの室の扉の隙間から、光の漏れるのが見えた。彼女は壁をたたいて、病気ではないかと彼に尋ねた。椅子が床の上にきしった。扉が開いた。そしてクリストフがシャツだけで、一本の蝋燭と一冊の書物とを手にし、厳粛で滑稽な妙な様子をして現われた。ルイザははっとして、気が狂ったのだと思いながら寝床の上に身を起こした。彼は笑いだして、蝋燭を振りながらモリエールの一節を朗読した。ある文句のまん中で放笑した。息をつくために母の寝台の足下にすわった。光は彼の手の中で震えていた。ルイザはほっとしてやさしくしかった。
「どうしたの、どうしたのさ! 行ってお寝みよ。……まあ、ほんとうに馬鹿になったんだね。」
しかし彼はますます機嫌よく言い出した。
「これを聞くんですよ。」
そして彼は枕頭に腰をすえて、その脚本を初めから読み直してきかせた。彼はコリーヌを見るような気がした。彼女の大袈裟な音調を聞くような気がした。ルイザは言い逆らった。
「あっちへおいでよ、おいでったら! 風邪をひくじゃないか。厭だね、眠らしておくれよ。」
彼は頑として読みつづけた。声を張り上げ、両腕を動かし、また息を切って笑った。すてきではないかと母に尋ねた。ルイザは彼に背中を向け、夜具の中にもぐり込み、耳をふさいで言っていた。
「私に構わないでおくれよ……。」
しかし彼女は、彼の笑いを聞いて低く笑っていた。ついに彼女は逆らうのをやめた。クリストフは一幕を読み終えて、面白いでしょうと尋ねたが返辞がなかったので、彼女の上にかがみ込んでのぞいてみると、彼女はもう眠っていた。それで彼は微笑をもらし、彼女の髪にそっと唇をつけて、音をたてずに自分の室へもどった。
彼はラインハルトの蔵書を引き出しに出かけた。あらゆる書物が順序もなく相次いで借り出された。クリストフはすべてを鵜呑みにした。彼はコリーヌとあの若い婦人との国を非常に愛したがっており、使いはたすべき多くの感激をもっていて、それを利用した。第二流の作品のうちにおいてさえ、あるページある言葉は一陣の自由な空気のように思われた。彼はそれをみずから誇張して考え、ことにラインハルト夫人に話す時はそうであった。すると夫人はいつもさらに夢中になった。彼女は何にもよくわかってはしなかったけれど、好んでフランス文化とドイツ文化とを対照させ、前者を揚げて後者をけなし、そしては良人を怒らしたり、またこの小都市で受くる厭な事柄の腹癒せをしていた。
ラインハルト氏は憤慨していた。彼は専門の学問以外のことにわたると、学校で教えられた観念から一歩も出ていなかった。彼に言わせると、フランス人は利口で、実際的の事柄に怜悧で、愛嬌があり、談話術を心得ているが、しかし軽薄で、短気で、自慢心強く、本気になることができず、強い感情をいだき得ず、なんらの誠実もない者ども――音楽もなく、哲学もなく、詩もない(作詩法一冊とベランゼーとフランソア・コペーとを除いては)国民――感慨と大袈裟な身振りと誇張した言葉と猥褻書との国民であった。ラインハルトはラテン人種の不道徳を罵倒するに足るだけの、十分な言葉をもっていなかった。そしてよい言葉が見当たらないので、いつも軽佻という言葉をくり返していた。それは彼の口に上ると、同国人の多くの者の口に上る時と同じく、特別にありがたくない意味を帯びるのであった。それから終わりにはきっと、高尚なるドイツ国民をほめ上げるきまり文句がやって来た――道徳的国民(この点においてドイツ国民は他のあらゆる国民より秀でているとヘルデルが言った)――忠実なる国民(この忠実とは、真面目、忠実、公平、正直、などのあらゆる意味をもっていた)――フィヒテが言ったように、優秀なる国民――あらゆる正理と真理との象徴たる、ドイツの力――ドイツの思想――ドイツ魂――ドイツ民族それ自身と同じく、唯一の独特なる言葉であり純粋なまま保存されてる唯一の言葉である。ドイツ語――ドイツの婦人、ドイツの酒、ドイツの歌……「ドイツ、世界においてすべてより卓越せるドイツ!」
クリストフは抗弁した。ラインハルト夫人は叫び出した。三人とも声高く言い合った。しかしよく理解し合っていた。自分らは善良なドイツ人であることを、三人ともよく知っていた。
クリストフはしばしばやって来て、この新しい友人らとともに話をし食事をし散歩をした。リーリ・ラインハルトは彼をひいきにして、滋味ある御馳走をふるまってやった。彼女は自分自身の健啖を満足させるために、かかる口実を見出したことを喜んでいた。彼女は感情上のまた料理上の種々な注意を凝らしていた。クリストフの誕生日には、大きな蒸し菓子をこしらえ、その上にたくさんの蝋燭を立て、まん中にはギリシャ風の服装をした小さな砂糖人形をすえた。この人形はイフィゲニアを現わしたつもりで、花輪を一つもっていた。クリストフはドイツ人たることをきらいながら根本からドイツ人だったので、真の情愛を示すあまり上品でないそういう仕方にも、たいへん心を打たれた。
気質のよいラインハルト夫妻は、自分らの積極的な友情を示すために、もっと微妙な方法を見出すことができた。楽譜をほとんど読んだことのないラインハルトは、細君に説き勧められて、クリストフの歌曲集を二十部ばかり買った。――(発行書店から買い出されたのはそれが最初のものだった。)――ラインハルトはそれを諸方の大学関係の知人に送って、ドイツじゅうにふりまいた。自著の教科書のことで関係があるライプチヒやベルリン書肆へも、ある部数を送った。クリストフは少しも知らなかったが、かかる感心なまた拙劣なやり方は、少なくとも当座のうち、なんらの反響ももたらさなかった。方々へ送られた歌曲集は、なかなか的に達しないらしかった。だれもそれについてなんとも言わなかった。そしてラインハルト夫妻は、そういう無反響にがっかりして、自分たちの尽力をクリストフに隠しておいたことを喜んだ。なぜなら、彼がもしそのことを知ったら、発奮するよりもさらに多く悲嘆したろうから。――しかし実際においては、世間に毎度見られるとおり、何事も無駄にはならない。いかなる努力も空には終わらない。数年間は結果が少しもわからない。ところがいつかは、意図の貫かれたことが現われてくる。クリストフの歌曲集も、田舎に埋もれてる数人の善良な人々の心に、それと言ってよこすにはあまりに臆病なあまりに倦怠してる人々の心に、徐々に達したのであった。
ただ一人、彼に手紙をよこした者があった。ラインハルトが書物を送ってから二、三か月後、一通の手紙がクリストフのもとに届いた。感動し儀式ばり心酔した古めかしい形式の手紙で、チューリンゲンという小さな町から来、「大学音楽会長、教授、博士ペーテル・シュルツ」と署名してあった。
Ce fut une grande joie pour Christophe, une plus grande encore pour les Reinhart, quand il ouvrit chez eux la lettre qu'il avait oubliée deux jours dans sa poche. Ils la lurent ensemble. Reinhart échangeait avec sa femme des signes d'intelligence, que ne remarquait pas Christophe. Celui-ci semblait radieux, quand brusquement Reinhart le vit s'assombrir et s'interrompre, au milieu de sa lecture.
—Eh bien, pourquoi t'arrêtes-tu? demanda-t-il.
(Ils se tutoyaient déjà.)
Christophe jeta la lettre sur la table, avec colère.
—Non, c'est trop fort! dit-il.
—Quoi donc?
—Lis!
Il tourna le dos à la table, et s'en alla bouder dans un coin.
Reinhart lut, avec sa femme, et ne trouva que les expressions de l'admiration la plus éperdue.
—Je ne vois pas, dit-il, étonné.
—Tu ne vois pas? Tu ne vois pas?...—cria Christophe, en reprenant la lettre, et en la lui mettant sous les yeux.—Mais tu ne sais donc pas lire? Tu ne vois pas qu'il est aussi un «Brahmine»?
Alors seulement, Reinhart remarqua que le Universitätsmusikdirector, dans une ligne de sa lettre, comparait les Lieder de Christophe à ceux de Brahms... Christophe se lamentait:
—Un ami! Je trouve enfin un ami!... Et à peine je l'ai gagné que je l'ai déjà perdu!...
Il était suffoqué par la comparaison. Si on l'eût laissé faire, sur-le-champ, il eût répondu par une lettre de sottises. Ou, peut-être, à la réflexion, il se fût cru très sage et très généreux, en ne répondant rien du tout. Heureusement, les Reinhart, tout en s'amusant de sa mauvaise humeur, l'empêchèrent de commettre une absurdité de plus. Ils lui firent écrire un mot de remerciements. Mais ce mot, écrit en rechignant, était froid et contraint. L'enthousiasme de Peter Schulz n'en fut pas ébranlé: il envoya encore deux ou trois lettres, débordantes d'affection. Christophe n'était pas un bon épistolier; et, quoiqu'un peu réconcilié avec l'ami inconnu par le ton de sincérité qu'il sentait à travers ses lignes, il laissa tomber la correspondance. Schulz finit par se taire. Christophe n'y pensa plus.
Il voyait maintenant les Reinhart, chaque jour, et souvent plusieurs fois par jour. Ils passaient presque toutes leurs soirées ensemble. Après une journée, seul, concentré en lui-même, il avait un besoin physique de parler, de dire ce qu'il avait en tête, même si on ne le comprenait pas, de rire avec ou sans raison, de se dépenser, de se détendre.
Il leur faisait de la musique. N'ayant pas d'autre moyen de témoigner sa reconnaissance, il se mettait au piano et jouait pendant des heures. Madame Reinhart n'était pas du tout musicienne, et elle avait grand peine à ne pas bâiller; mais, par sympathie pour Christophe, elle feignait de s'intéresser à ce qu'il jouait. Reinhart, sans être beaucoup plus musicien, était touché, d'une façon matérielle, par certaines pages; et alors, il était remué violemment, jusqu'à en avoir les larmes aux yeux: ce qui lui semblait idiot. Le reste du temps, rien: c'était du bruit pour lui. Règle générale, d'ailleurs: il n'était jamais ému que par ce qu'il y avait de moins bon dans l'œuvre,—des passages tout à fait insignifiants.—Ils se persuadaient tous deux qu'ils comprenaient Christophe; et Christophe voulait se le persuader aussi. Il lui prenait bien de temps en temps une envie malicieuse de se moquer d'eux: il leur tendait des pièges, il leur jouait des choses qui n'avaient aucun sens, d'ineptes pots-pourris; et il leur laissait croire qu'il en était l'auteur. Puis, quand ils avaient bien admiré, il leur avouait la farce. Alors, ils se méfiaient; et, depuis, quand Christophe prenait des airs mystérieux pour leur jouer un morceau, ils s'imaginaient qu'il voulait encore les attraper; et ils le critiquaient. Christophe les laissait dire, faisait chorus, convenait que cette musique ne valait pas le diable, puis, brusquement, s'esclaffait:
—Cré coquins! Comme vous avez raison!... C'est de moi!
Il était heureux, comme un roi, de les avoir trompés. Madame Reinhart, un peu vexée, venait lui donner une petite tape; mais il riait de si bon cœur qu'ils riaient avec lui. Ils ne prétendaient pas à l'infaillibilité. Et comme ils ne savaient plus sur quel pied danser, Lili Reinhart avait pris le parti de tout critiquer, et son mari de tout louer: ainsi, ils étaient bien sûrs que l'un des deux serait toujours de l'avis de Christophe.
C'était moins le musicien qui les attirait en Christophe que le bon garçon, un peu toqué, affectueux et vivant. Le mal qu'ils avaient entendu dire de lui les avait disposés en sa faveur: comme lui, ils étaient oppressés par l'atmosphère de la petite ville; comme lui, ils étaient francs, ils jugeaient par eux-mêmes, et ils le regardaient comme un grand enfant, pas très habile dans la vie et victime de sa franchise.
Christophe ne se faisait pas beaucoup d'illusions sur ses nouveaux amis; et il était un peu mélancolique de se dire qu'ils ne comprenaient pas le plus profond de son être, que jamais ils ne le comprendraient. Mais il était sevré d'amitié, et il en avait tant besoin qu'il leur gardait une gratitude infinie de vouloir bien l'aimer un peu. L'expérience de cette dernière année l'avait instruit: il ne se reconnaissait plus le droit d'être difficile. Deux ans plus tôt, il n'eût pas été si patient: il se rappelait, avec un remords amusé, sa sévérité à l'égard des braves et ennuyeux Euler. Hélas! comme il était devenu sage!... Il en soupirait un peu. Une voix secrète lui soufflait:
—Oui, mais pour combien de temps?
Cela le faisait sourire, et il était consolé.
Que n'eût-il pas donné pour avoir un ami, un seul qui le comprît et partageât son âme!—Mais bien qu'il fût tout jeune encore, il avait assez d'expérience du monde pour savoir que son vœu était de ceux que la vie réalise le plus difficilement, et qu'il ne pouvait prétendre à être plus heureux que la plupart des vrais artistes qui l'avaient précédé. Il avait appris à connaître l'histoire de quelques-uns d'entre eux. Certains livres, empruntés à la bibliothèque de Reinhart, lui avaient fait connaître les terribles épreuves par où avaient passé les musiciens allemands du dix-septième siècle, et la tranquille constance, dont telle de ces grandes âmes,—la plus grande de toutes: l'héroïque Schütz,—avait fait preuve, poursuivant inébranlablement sa route, au milieu des villes incendiées, des provinces englouties par la peste, de la patrie envahie, foulée aux pieds par les bandes de toute l'Europe et—le pire—brisée, lassée, dégradée par le malheur, n'essayant plus de lutter, indifférente à tout, n'aspirant qu'au repos. Il pensait: «Qui aurait le droit de se plaindre devant un pareil exemple? Ils n'avaient point de public, ils n'avaient point d'avenir; ils écrivaient pour eux seuls et pour Dieu; ce qu'ils écrivaient aujourd'hui, le jour qui allait venir peut-être l'anéantirait. Cependant, ils continuaient d'écrire, et ils n'étaient point tristes: rien ne leur faisait perdre leur bonhomie intrépide; ils se satisfaisaient de leur chant, et ils ne demandaient à la vie que de vivre, de gagner tout juste leur pain, de se décharger de leur pensée dans leur art, et de trouver deux ou trois braves gens, simples, vrais, pas artistes, qui sans doute ne les comprenaient pas, mais qui les aimaient bonnement.—Comment eût-il osé être plus exigeant? Il y a un minimum de bonheur, que l'on peut demander. Mais nul n'a droit à davantage: c'est à soi-même de se donner le surplus; les autres ne vous le doivent pas.»
Ces pensées le rassérénaient; et il en aimait mieux ses braves amis Reinhart. Il ne pensait pas qu'on viendrait lui disputer cette dernière affection.
Il comptait sans la méchanceté des petites villes. Leurs rancunes sont tenaces,—d'autant plus qu'elles n'ont aucun but. Une bonne haine, qui sait ce qu'elle veut, s'apaise quand elle l'a obtenu. Mais des êtres malfaisants par ennui ne désarment jamais; car ils s'ennuient toujours. Christophe était une proie offerte à leur désœuvrement. Il était battu, sans doute; mais il avait l'audace de n'en point paraître accablé. Il n'inquiétait plus personne; mais il ne s'inquiétait de personne. Il ne demandait rien: on ne pouvait rien contre lui. Il était heureux avec ses nouveaux amis, et indifférent à tout ce qu'on disait ou pensait de lui. Cela ne pouvait se supporter.—Madame Reinhart irritait encore plus. L'amitié qu'elle affichait pour Christophe, à l'encontre de toute la ville, semblait, comme son attitude, un défi à l'opinion. La bonne Lili Reinhart ne défiait rien, ni personne: elle ne pensait pas à provoquer les autres; elle faisait ce qui lui semblait bon, sans demander l'avis des autres. C'était la pire provocation.
On était à l'affût de leurs gestes. Ils ne se méfiaient point. L'un extravagant et l'autre écervelée, ils manquaient de prudence, quand ils sortaient ensemble, ou même, à la maison, quand, le soir, ils causaient et riaient, accoudés au balcon. Ils se laissaient aller innocemment à une familiarité de manières, qui devait fournir un aliment à la calomnie.
Un matin, Christophe reçut une lettre anonyme. On l'accusait, en termes bassement injurieux, d'être l'amant de madame Reinhart. Les bras lui en tombèrent. Jamais il n'avait eu la moindre pensée, même de flirt, avec elle: il était trop honnête; il avait pour l'adultère une horreur puritaine: la seule idée de ce partage malpropre lui causait une répulsion. Prendre la femme d'un ami lui eût semblé un crime; et Lili Reinhart eût été la dernière personne du monde avec qui il eût été tenté de le commettre: la pauvre femme n'était point belle, il n'aurait même pas eu l'excuse d'une passion.
Il retourna chez ses amis, honteux et gêné. Il trouva la même gêne. Chacun d'eux avait reçu une lettre analogue; mais ils n'osaient pas se le dire; et, tous trois, s'observant l'un l'autre et s'observant soi-même, ils n'osaient plus ni bouger, ni parler, et ne faisaient que des sottises. Si l'insouciance naturelle de Lili Reinhart reprenait le dessus, un moment, si elle se remettait à rire et dire des extravagances, brusquement un regard de son mari, ou de Christophe, l'interloquait; le souvenir de la lettre lui traversait l'esprit; elle se troublait; Christophe et Reinhart se troublaient aussi. Et chacun pensait:
—Les autres ne savent-ils pas?
Cependant, ils ne s'en disaient rien et tâchaient de vivre comme avant.
Mais les lettres anonymes continuèrent, de plus en plus insultantes, ordurières; elles les jetaient dans un état d'énervement et de honte intolérable. Ils se cachaient, quand ils les recevaient, et ils n'avaient pas la force de les brûler sans les lire: ils les ouvraient d'une main tremblante; le cœur leur manquait en dépliant la page; et, quand ils y lisaient ce qu'ils craignaient d'y lire, avec quelque variation nouvelle sur le même thème,—inventions ingénieuses et ignobles d'un esprit appliqué à nuire,—ils en pleuraient tout bas. Ils s'épuisaient à chercher quel pouvait être le misérable, qui s'attachait à les poursuivre.
Un jour, madame Reinhart, à bout de forces, avoua à son mari la persécution dont elle était victime; et il lui avoua, les larmes aux yeux, qu'il la subissait aussi. En parleraient-ils à Christophe? Ils n'osaient. Il fallait l'avertir pourtant, afin qu'il fût prudent.—Dès les premiers mots que madame Reinhart lui dit, en rougissant, elle vit avec consternation que Christophe recevait aussi des lettres. Cet acharnement dans la méchanceté les affola. Madame Reinhart ne douta plus que la ville entière ne fût dans le secret. Au lieu de se soutenir mutuellement, ils achevèrent de se démoraliser. Ils ne savaient que faire. Christophe parlait d'aller casser la tête à quelqu'un.—Mais à qui? Et puis, ce serait alors que les calomnies auraient beau jeu!... Mettre la police au courant des lettres? Ce serait rendre publiques leurs insinuations... Faire semblant de les ignorer? Ce n'était plus possible. Leurs rapports d'amitié étaient maintenant troublés. Reinhart avait beau avoir une foi absolue en l'honnêteté de sa femme et de Christophe: il les soupçonnait malgré lui. Il sentait la dégradante absurdité des ses soupçons; il s'imposait de laisser seuls ensemble Christophe et sa femme. Mais il souffrait; et sa femme le voyait bien.
Pour elle, ce fut encore pis. Jamais elle n'avait pensé à flirter avec Christophe, pas plus que Christophe avec elle. Les calomnies lui insinuèrent la ridicule idée que Christophe, après tout, avait peut-être pour elle un sentiment amoureux; et, bien qu'il fût à cent lieues de lui en rien montrer, elle crut bon de s'en défendre, non par des allusions précises, mais par des précautions maladroites, que Christophe ne comprit pas d'abord, et qui, lorsqu'il comprit, le mirent hors de lui. C'était bête a pleurer! Lui, amoureux de cette brave petite bourgeoise, bonne, laide et commune!... Et qu'elle le crût!... Et qu'il ne pût pas se défendre, lui dire, dire au mari:
—Allons donc! Soyez tranquilles! Il n'y a pas de danger!...
Mais non, il ne pouvait pas offenser ces excellentes gens. Et il se rendait compte, d'ailleurs, que si elle se défendait d'être aimée par lui, c'était qu'elle commençait secrètement à l'aimer: les lettres anonymes avaient eu ce beau résultat de lui en avoir soufflé l'idée sotte et romanesque.
La situation était devenue si pénible et si niaise qu'il n'était plus possible de continuer. Lili Reinhart, qui, en dépit de ses forfanteries de langage, n'avait aucune force de caractère, perdit la tête devant l'hostilité sourde de la ville. Ils se donnèrent des prétextes honteux pour ne plus se voir:
«Madame Reinhart était souffrante... Reinhart avait à travailler... Ils s'absentaient pour quelques jours...»
Mensonges maladroits, que le hasard prenait un malin plaisir à démasquer.
Plus franc, Christophe dit:
—Séparons-nous, mes pauvres amis. Nous ne sommes pas de force.
Les Reinhart pleurèrent.—Mais ce fut un soulagement pour eux, après qu'ils eurent rompu.
La ville pouvait triompher. Cette fois, Christophe était bien seul. Elle lui avait volé jusqu'au dernier souffle d'air:—l'affection, si humble soit-elle, sans laquelle aucun cœur ne peut vivre.
クリストフはそれをポケットに入れたまま二日も忘れていたが、ついにラインハルト家でそれを聞くと、彼はたいへん喜んだ。ラインハルト夫妻にとってはなおさらうれしかった。三人はいっしょにそれを読んだ。ラインハルトは細君と意味ありげな合図をかわしたが、クリストフは気づかなかった。クリストフは晴れやかな気持になってるらしかった。ところがにわかに、読んでる最中に彼の顔が曇りぴたりと読みやめたのを、ラインハルトは見て取った。
「え、なぜやめたんだい?」と彼は尋ねた。(二人はすでに隔てない言葉づきになっていた。)
クリストフは怒ってテーブルの上に手紙を投げ出した。
「いや、これはあんまりだ。」と彼は言った。
「何が?」
「読んでみたまえ。」
彼はテーブルに背中を向けて、片隅へ行って脹れ顔をした。
ラインハルトは細君といっしょに読んだ、最も熱烈な賞賛の文句しか見出さなかった。
「わからない。」と彼は不思議に思って言った。
「君にはわからないのか、わからないのか……。」とクリストフは叫びながら、手紙を取り上げて、それを彼の眼の前につきつけた。「では君には読み取れないのか。これもやはりブラームス派だというのがわからないのか。」
その時ようやくラインハルトは、その大学音楽会長が手紙の一行中に、クリストフの歌曲をブラームスのそれと比較してることに気づいた……。クリストフは慨嘆した。
「一人の味方、ついに一人の味方を見出したのだ。……しかもそれを得たかと思うと、もう失ってしまったのだ!……」
彼はその比較に憤ってた。もしそのままに放っておいたら、彼はすぐに馬鹿な返事を出したかもしれない。もしくは、少し考えてみたら、まったくなんとも答えない方が賢くて雅量があると思ったであろう。が幸いにもラインハルト夫妻は、彼の不機嫌を面白がりながらも、このうえ馬鹿な真似をしないようにさした。そして感謝の一言を書かせてしまった。しかし顔をしかめながら書かれたその一言は、冷淡なよそよそしいものであった。それでもペーテル・シェルツの心酔は揺がなかった。彼は情愛のあふれた手紙をなお二、三通よこした。クリストフは手紙が上手でなかった。その未知の友の文中に感ぜられる誠実の調子によって、多少心が和らぎはしたけれど、音信をやめてしまった。シュルツも沈黙してしまった。クリストフはもうそのことを考えなかった。
今では、彼は毎日ラインハルト夫妻に会い、また日に数回会うこともしばしばだった。たいてい晩はいっしょに過ごした。一人で考え込みながら一日を過ごすと、彼は口をききたい肉体的欲求を感じた。たとい理解されなくとも頭にあることを言い、理由のあるなしにかかわらず笑い、心のうちを吐露し、屈託を晴らしたかった。
彼は二人に音楽をきかしてやった。他に感謝の意を表する方法がなかったので、ピアノについて幾時間もひいてやった。ラインハルト夫人はまったく音楽を解せず、欠伸をすまいと非常に骨折った。しかし彼女はクリストフに同情をもっていて、彼がひくものに興味を覚えてるらしいふうを装った。良人の方も、彼女以上に音楽を理解するとは言えなかったが、ある曲節には非精神的な感動を受けた。そういう時彼はひどく心をそそられて、自分ながらばかばかしく思えるにもかかわらず涙を浮かべまでした。その他の時は何のこともなく、彼にとってはただ音響だけにすぎなかった。そのうえ一般的に言えば、作品のうちのよくない部分――まったく無意義な楽節――にばかり感動していた。――彼らは夫妻とも、クリストフを理解してると思い込んでいた。そしてクリストフも、理解されてると思い込みたかった。けれど時々二人をからかってやろうという意地悪い欲望が起こった。彼は罠を張って、なんらの意味もないものを、くだらぬ曲を、ひいてきかせながら、それは自分の作だと彼らに思わせておいた。それから彼らが非常に感心すると、ありていに白状した。それで彼らは用心した。次にクリストフが様子ありげに一曲をひくと、彼らはまただまされるのだと想像した。そしてそれを悪口言った。クリストフは彼らに悪口を言わせ、自分もそれに言葉を合わせ、その曲は一文の価値もないと承認し、それからにわかに口を切った。
「ひどい人たちだ。ごもっともですよ。……これは僕のだから。」
彼は二人をうまくだまかすと、王様にでもなったように喜んだ。ラインハルト夫人は少々当惑して彼のところへ来て軽く打った。しかし彼がいかにも心よく笑ってるので、彼らもまたいっしょに笑った。彼らは間違いない意見をいだき得るとは自信していなかった。そしていかなる立脚地に立っていいかわからなくなったので、リーリ・ラインハルトはすべてを非難しようときめ、良人はすべてをほめようときめた。そうすれば、二人のうち一人はいつもクリストフと同意見になることが確かだった。
それにまた、二人をクリストフにひきつけたのは、彼が音楽家であるからというよりもむしろ、やや常軌を逸したきわめて親しみ深い活発なお人よしだったからである。彼の悪い噂を聞いても、彼らはそのためにかえって好意をいだいた。彼と同じく彼らもまた、この小都市の雰囲気に圧迫されていた。彼と同じく彼らもまた率直であって、自分だけの考えで物を判断していた。そして、処世術が下手で自分の率直さの犠牲となってる大きな坊ちゃんだと、彼らは彼を見なしていた。
クリストフはその新しい友人たちを、たいして買いかぶってはいなかった。彼らから自分の奥底は理解されていないし、決して理解されることはあるまいと思うと、多少憂鬱になった。しかし彼は非常に友情を得ることが少なかったし、しかも非常に友情をほしがっていたので、彼らからいくらか愛してもらえることを限りなく感謝していた。彼は最近一年間の経験から教えられていた。気むずかしくする権利が自分にないことを認めていた。一、二年以前だったら、彼はそれほど我慢強くはなかったろう。善良な退屈なオイレル一家の人たちにたいして手きびしい振舞いをしたことを、彼は思い出しながらくすぐったいような苛責を感じた。ああ、いかに賢明になったことだろう!……彼はそれをやや嘆息した。ひそかな声が彼にささやいた。
「そうだ、しかしいつまでそれがつづくかしら。」
それで彼は微笑をもらした。そして心が慰められた。
一人の友を得るならば、自分を理解し自分の魂を分かちもつ一人の友を得るならば、彼は何物をなげうっても惜しくは思わなかったろう。――しかし、彼はまだごく若かったけれど、十分世間の経験を積んでいたので、自分の希望は人生において最も実現困難なものであること、自分以前の真の芸術家らの多数よりもさらに幸福たらんと望み得られるものではないことを、よく知っていた。彼らのうちの数名の伝記を、彼はやや知り得ていた。ラインハルト家の蔵書から借り出したある種の書物は、十七世紀のドイツの音楽家らが通った恐るべき艱難な道と、それらの偉大な魂のある者――最も偉大なる魂、勇壮なるシュッツ――が示した泰然たる堅忍さとを、彼に知らしてくれた。焼かれたる都市、疾病に荒らされた田舎、全ヨーロッパの軍勢に侵入され蹂躙された祖国、しかも――最も悪いことには――災禍にひしがれ困憊し堕落して、もう戦おうともせず、万事に無関心となり、ひたすら休息をのみ望んでいる祖国、そういうもののまん中にあって、おのれの道を撓まずたどっていったのである。クリストフは考えた。「かかる実例を前にして、だれが不平を唱える権利をもっていよう? 彼らには聴衆がなかった、未来がなかった。彼らはただ自分自身のためと神のためとに書いていた。今日書くものは明日のために滅ぼされるかもしれなかった。それでも彼らは書きつづけた。そして少しも悲しんでいなかった。何物も彼らからその勇敢な純朴さを失わせ得なかった。彼らは自己の歌をもって満足していた。そして彼らが人生に求むるところのものはただ、生きること、ただパンだけを得ること、自分の思想を芸術の中に吐露すること、芸術家ならぬ単純真実なる二、三の善良な人々、もちろん彼らを理解はしないがしかし彼らを率直に愛する人々、それを見出すことばかりであった。――どうして彼ら以上に要求深くあり得られようか。人の求め得る幸福には限度がある。それ以上にたいしてはだれも要求の権利を有しない。過大の要求をなすことが許されるのは、自分自身にたいしてであって、他人にたいしてではない。」
そういう考えが彼の心を朗らかにしていた。そして彼は善良なる友ラインハルト夫妻をますます愛していた。この最後の情愛をも人々が争いに来ようとは、彼は思ってもいなかった。
彼は小都市の邪悪さを勘定に入れていなかった。しかし小都市の怨恨は執拗なものである――なんらの目的もないだけになおさら執拗である。おのれの欲するところを知ってる正しい恨みは、目的を達すれば鎮まってしまう。しかし倦怠のために悪を行なう者らは、決して武器を放さない。常に退屈しているからである。クリストフは彼らの無為閑散なところへ差し出された一つの餌食であった。もちろん彼はもう打ち負かされていた。しかし彼はまいった様子を見せないだけの大胆さをそなえていた。彼はもはや何人をも気にかけなかった。何物をも要求しなかった。人々は彼にたいしていかんともなし得なかった。彼は新しい友人らといっしょになって幸福だった。人々の噂や考えにはすべて無関心だった。それを彼らは許せなかった。――ラインハルト夫人はなおいっそう彼らをいらだたせた。彼女が全市に対抗してクリストフに公然と示してる友情は、彼の態度と同様に、世論にたいする挑戦の観があった。しかし善良なリーリ・ラインハルトは、何物にもまただれにも挑戦してはいなかった。他人に挑みかかろうとは思っていなかった。ただ他人の意見を求めないで、自分がよいと思ったことをなしてるのだった。ところが、それこそ最も悪い挑発であった。
人々は彼らの挙動をうかがっていた。彼らはうっかりしていた。一人は非常識であり、一人は迂濶だったので、いっしょに外出する時や、あるいは家で、夕方露台に肱をかけて談笑する時でさえ、慎重さを欠いていた。中傷の材料になるような馴れ馴れしい素振りをも、知らず知らずやっていた。
ある朝、クリストフは無名の手紙を受取った。それには、下劣きわまる侮辱的な言葉で、彼をラインハルト夫人の情人であると誹謗してあった。彼は呆然とした。彼は彼女にたいして、ふざけた考えさえかつて起こしたことがなかった。彼はあまりに貞節であって、有夫姦については清教徒的な恐怖の念をいだいていた。その不潔な共有を考えてみるだけでも、一種の嫌悪を覚えた。友人の妻を奪うことは、犯罪のように思われたのである。そしてリーリ・ラインハルトは、彼にその罪を犯す気を起こさせるような女には、最も縁遠かったはずである。気の毒にも、彼女は少しも美しくはなかった。彼は情熱の口実さえもっていなかったはずである。
彼は恥ずかしい困った様子で、友人夫妻の家へ行った。そして同じ困惑の様子を見出した。彼らはおのおの、同様な手紙を受け取ったのであった。しかしたがいにそれと言い出しかねた。三人ともたがいに探り合いまた自分の心を探りながら、もう動くことも口をきくこともできないで、馬鹿な真似ばかりしていた。リーリ・ラインハルトの生来の無頓着さがのさばって、ふと笑い出したり無法なことを言い出したりすると、にわかに良人の眼つきかクリストフの眼つきかが彼女を狼狽さした。手紙のことが彼女の頭にひらめいた。彼女はまごついた。クリストフもラインハルトもまごついた。そして各自に考えた。
「二人は知らないのかしら。」
けれども彼らは何にも言わないで、前と同じようにしてゆこうとつとめた。
しかし無名の手紙はなおつづいて来て、ますます侮辱的に卑猥になっていった。そのために彼らはいらだちと堪えがたい恥ずかしさとに陥った。手紙を受け取ってもたがいに隠していたが、また読まないで焼き捨てる力もなかった。彼らは震える手で封を切った。中の紙を開きながら絶望した。同じ問題にいくらか新しい変化を添えてる読むに恐ろしい事柄――害毒しようとつとむる精神が作り出した巧みな汚らわしい事柄――を読み取るとひそかに泣いた。執拗につきまとってくるこの悪者はいったい何奴だろうかと、彼らは捜しあぐんだ。
ある日、ラインハルト夫人は力もつきはてて、迫害を受けてることを良人にうち明けた。彼は眼に涙を浮かべて、自分もそうだとうち明けた。それをクリストフに言ったものだろうか? 彼らは言い出しかねた。けれども、彼に用心させるために知らせなければいけなかった。――ラインハルト夫人は、顔を赤らめながら一言切り出してみると、クリストフもまた手紙をもらってることを知ってびっくりした。悪意がかくまで熱烈なのに彼らは驚愕した。もはやラインハルト夫人は、町じゅうの者に知れわたってることを疑わなかった。三人はたがいに力をつけ合うどころか、がっかりしてしまった。どうしていいかわからなかった。クリストフはそいつの頭を打ち割ってやると言った。――しかしだれの頭を? それにまた、そんなことをしたら中傷はなお盛んになるだろう。……警察に手紙のことを告げようか?――それは陰口を明るみにさらすこととなるだろう。……知らないふうをしていようか? もはやそれもできなかった。彼らの友誼はもう攪乱されていた。ラインハルトは妻とクリストフとの公明さを絶対に信じていたが、それはなんの役にもたたなかった。二人を疑うまいとしてもできなかった。彼は自分の疑念の恥ずかしいばかばかしさを感じた。クリストフと妻とを二人きりになすようにつとめた。しかし彼は苦しんでいた。そして細君にはそれがよくわかった。
彼女の方はさらにいけなかった。クリストフが彼女に心を向けようと思わなかったごとく、彼女もかつてそんなことを思ったことはなかった。ところが中傷のために彼女は、クリストフがとにかく自分に恋愛的感情をいだいてるかもしれないという滑稽な考えを、いつのまにかいだくようになった。そして彼がそんな様子を露ほども示したことはなかったにかかわらず、彼女は一応断わっておく方がよいと思った。彼女は直接にあてつけはしないで、へまな用心深い仕方を用いた。クリストフは最初わからなかったが、ようやくそれとわかると、茫然としてしまった。泣きだしたくなるほど馬鹿げていた。親切だが醜いありふれたこの中流婦人に、彼が恋するとは!……そして彼女がそう信じようとは!……そしてその良人に彼は弁解することもできないとは!
「さあ、御安心なさい。危険はありません!……」ともまさか言えなかった。否々、彼はそれらのいい人たちを侮辱することはできなかった。そのうえ、もし彼女が彼から愛されまいと用心するならば、それは彼女がひそかに彼を愛し始めたからであることを、彼は考え及んだ。無名の手紙はそういう愚かな空想的な考えを彼女に吹き込むほど、好結果をもたらしたのであった。
状況はきわめて困難になるとともに馬鹿げてきて、もうそのままつづくことができなくなった。そのうえまた、リーリ・ラインハルトは口先の大言にもかかわらず、なんら性格の強みをもっていなくて、小都市の暗黙な敵意の前に惑乱してしまった。彼ら夫妻は恥ずかしい口実を設けてもう会うまいとした。
――ラインハルト夫人は加減が悪かった……。ラインハルトは忙しかった……。二人は数日間不在だった……。
下手な嘘ばかりだった。偶然が意地悪くも面白がって面皮をはいでくれるような嘘だった。
クリストフはもっと率直に言った。
「憐れな友だちよ、私たちは別れましょう。私たちには力がないのです。」
ラインハルト夫妻は泣いた。――しかし絶交してしまうと、彼らはほっと安堵した。
この小都市は勝利を得ることができた。こんどこそクリストフはただ一人となった。彼は最後の一息たる愛情までも奪われてしまった。――愛情、それがいかにちっぽけなものであろうとも、それなしにはだれの心も生きられるものではない。
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