Jean-Christophe

ジャン・クリストフ 第4巻 反抗 La Rèvolte 第3部 La Délivrance (1)

Il n'avait plus personne. Tous ses amis avaient disparu. Le cher Gottfried, qui lui était venu en aide à des heures difficiles et dont il aurait eu tant besoin en ce moment, était parti depuis des mois, et cette fois, pour toujours. Un soir de l'été dernier, une lettre, écrite d'une grosse écriture, et qui portait l'adresse d'un village lointain, avait appris à Louisa que son frère était mort, dans une de ces tournées vagabondes que le petit colporteur s'obstinait à continuer, malgré sa mauvaise santé. On l'avait enterré là-bas, dans le cimetière du pays. La dernière amitié virile et sereine, qui eût été capable de soutenir Christophe, s'était engloutie dans le gouffre. Il restait seul, avec sa mère vieillie et indifférente à sa pensée,—qui ne pouvait que l'aimer, qui ne le comprenait pas. Autour de lui, l'immense plaine allemande, l'océan morne. À chaque effort pour en sortir, il s'enfonçait davantage. La ville ennemie le regardait se noyer...

Comme il se débattait, dans un éclair lui apparut, au milieu de sa nuit, l'image de Hassler, le grand musicien qu'il avait tant aimé, quand il était enfant, et dont la gloire maintenant rayonnait sur tout le pays allemand. Il se souvint des promesses que Hassler lui avait faites autrefois. Et il se raccrocha aussitôt à cette épave avec une vigueur désespérée. Hassler pouvait le sauver! Hassler devait le sauver! Que lui demandait-il? Ni secours, ni argent, ni aide matérielle. Rien, sinon qu'il le comprît. Hassler avait été persécuté comme lui. Hassler était un homme libre. Il comprendrait un homme libre, que la médiocrité allemande poursuivait de ses rancunes et tachait d'écraser. Ils combattaient le même combat.

Aussitôt qu'il eut cette idée, il l'exécuta. Il prévint sa mère qu'il serait absent, huit jours; et il prit, le soir même, le train pour la grande ville du nord de l'Allemagne, où Hassler était Kapellmeister. Il ne pouvait plus attendre. C'était le dernier effort pour respirer.

Hassler était célèbre. Ses ennemis n'avaient pas désarmé; mais ses amis criaient qu'il était le plus grand musicien présent, passé, et futur. Il était entouré de partisans et de dénigrants également absurdes. Comme il n'était pas d'une forte trempe, il avait été aigri par ceux-ci, et amolli par ceux-là. Il mettait toute son énergie à faire ce qui était désagréable à ses critiques et pouvait les faire crier; il était comme un gamin qui joue des niches. Ces niches étaient souvent du goût le plus détestable: non seulement, il employait son talent prodigieux à des excentricités musicales, qui faisaient hérisser les cheveux sur la tête des pontifes; mais il manifestait une prédilection taquine pour des textes baroques, pour des sujets bizarres, pour des situations équivoques et scabreuses, en un mot, pour tout ce qui pouvait blesser le bon sens et la décence ordinaires. Il était content, quand le bourgeois hurlait; et le bourgeois ne s'en faisait pas faute. L'empereur même, qui se mêlait d'art, avec l'insolente présomption des parvenus et des princes, regardait comme un scandale public la renommée de Hassler et ne laissait échapper aucune occasion de manifester à ses œuvres effrontées une indifférence méprisante. Hassler, enragé et enchanté de cette auguste opposition, qui, pour les partis avancés de l'art allemand, était presque devenue une consécration, continuait de plus belle à casser les vitres. À chaque nouvelle sottise, les amis s'extasiaient et criaient au génie.

La coterie de Hassler se composait surtout de littérateurs, de peintres, et de critiques décadents, qui avaient assurément le mérite de représenter le parti de la révolte contre la réaction—éternellement menaçante dans l'Allemagne du Nord—de l'esprit piétiste et de la morale d'État; mais leur indépendance s'était exaspérée, dans la lutte, jusqu'au ridicule, dont ils n'avaient pas conscience; car si beaucoup d'entre eux ne manquaient point d'un talent assez âpre, ils avaient peu d'intelligence, et encore moins de goût. Ils ne pouvaient plus sortir de l'atmosphère factice, qu'ils s'étaient fabriquée; et, comme tous les cénacles, ils avaient fini par perdre entièrement le sens de la vie réelle. Ils faisaient loi pour eux-mêmes et pour les centaines de nigauds qui lisaient leurs revues et acceptaient bouche bée tout ce qu'il leur plaisait d'édicter. Leur adulation avait été funeste à Hassler, en le rendant trop complaisant pour lui. Il acceptait sans examen toutes les idées musicales qui lui passaient par la tête; et il était intimement persuadé que, quoi qu'il pût écrire d'inférieur à lui-même, c'était supérieur encore au reste des musiciens. De ce que cette pensée fût malheureusement trop vraie dans la plupart des cas, il ne s'ensuivait pas qu'elle fût très saine et propre à faire naître les grandes œuvres. Hassler avait au fond un parfait mépris pour tous, amis et ennemis; et ce mépris amer et goguenard s'étendait à lui-même et à toute la vie. Il s'enfonçait d'autant plus dans son scepticisme ironique qu'il avait cru autrefois a une quantité de choses généreuses et naïves. N'ayant pas eu la force de les défendre contre la lente destruction des jours, ni l'hypocrisie de se persuader qu'il croyait à ce qu'il ne croyait plus, il s'acharnait à en persifler le souvenir. Il avait une nature d'Allemand du Sud, indolente et molle, peu faite pour résister à l'excès de la fortune ou de l'infortune, du chaud ou du froid, et qui a besoin, pour conserver son équilibre, d'une température modérée. Il s'était laissé aller, d'une façon insensible, à jouir paresseusement de la vie: il aimait la bonne chère, les lourdes boissons, les flâneries oisives, et les molles pensées. Son art s'en ressentait, quoiqu'il fût trop bien doué pour que des étincelles de génie n'éclatassent pas encore au milieu de sa musique lâchée, qui s'abandonnait au goût de la mode. Nul ne sentait mieux que lui sa déchéance. À vrai dire, il était le seul qui la sentît,—à de rares moments, que, naturellement, il évitait. Alors, il était misanthrope, absorbé par ses humeurs noires, ses préoccupations égoïstes, ses soucis de santé,—indifférent à tout ce qui avait excité autrefois son enthousiasme ou sa haine.

Tel était l'homme auprès de qui Jean-Christophe venait chercher un réconfort. Avec quel espoir il arriva, par un matin froid et pluvieux, dans la ville où vivait celui qui, à ses yeux, symbolisait en art l'esprit d'indépendance! Il attendait de lui la parole d'amitié et de vaillance, dont il avait besoin pour continuer l'ingrate et nécessaire bataille que tout véritable artiste doit livrer au monde, jusqu'à son dernier souffle, sans désarmer un seul jour: car, comme l'a dit Schiller, «la seule relation avec le public, dont on ne se repente jamais,—c'est la guerre.»

Christophe était si impatient qu'il prit à peine le temps de déposer son sac dans le premier hôtel venu, près de la gare, avant de courir au théâtre, pour s'informer de l'adresse de Hassler. Hassler habitait assez loin du centre, dans un faubourg de la ville. Christophe prit un tram électrique, en mordant à belles dents un petit pain. Sou cœur battait, en approchant du but.

Le quartier où Hassler avait élu domicile était bâti dans cette étrange architecture nouvelle, où la jeune Allemagne déverse une barbarie érudite, qui s'épuise en laborieux efforts pour avoir du génie. Au milieu de la ville banale, aux rues droites et sans caractère, s'élevaient brusquement des hypogées d'Égypte, des chalets norvégiens, des cloîtres, des bastions, des pavillons d'Exposition universelle, des maisons ventrues, culs-de-jatte, enfoncées dans la terre, avec une face inerte, un œil unique, énorme, des grilles de cachot, des portes écrasées de sous-marins, des cerceaux de fer, des cryptogrammes d'or dans les barreaux des fenêtres grillées, des monstres vomissants au-dessus de la porte d'entrée, des carreaux de faïence bleue, plaqués par-ci, par-là, partout où on ne les attendait pas, des mosaïques bariolées, représentant Adam et Ève, des toits couverts en tuiles de couleurs disparates; des maisons-châteaux forts, au dernier étage crénelé, avec des animaux difformes sur le faîte, pas de fenêtre d'un côté, puis tout d'un coup, une suite de trous béants, carrés, rectangulaires, des sortes de blessures; de grands pans de murs vides, d'où surgissait soudain,—étayé sur des cariatides nibelungesques,—un balcon massif à une seule fenêtre: perçant sa rampe de pierre, émergeaient deux têtes pointues de vieillards barbus et chevelus, des hommes-poissons de Bœcklin. Sur le fronton d'une de ces prisons, une maison pharaonesque, à un étage bas, avec deux colosses nus à l'entrée, l'architecte avait écrit:

«Que l'artiste montre son univers,
Qui jamais ne fut et jamais ne sera!»

Seine Welt zeige der Künstler
Die niemals war noch jemals sein wird!

Christophe, uniquement absorbé par l'idée de Hassler, regardait avec des yeux ahuris et n'essayait point de comprendre. Il arriva h la maison qu'il cherchait, une des plus simples,—en style carolingien. À l'intérieur, un luxe cossu et banal; dans l'escalier, une atmosphère lourde de calorifère surchauffé; un ascenseur étroit, dont Christophe ne profita point, pour avoir le temps de se préparer à sa visite, en montant les quatre étages, à petits pas, les jambes fléchissantes, le cœur tremblant d'émotion. Durant ce court trajet, son ancienne entrevue avec Hassler, son enthousiasme d'enfant, l'image de grand-père, lui revinrent à l'esprit, comme si c'était hier.

Il était près de onze heures, quand il sonna a la porte. Il fut reçu par une soubrette délurée, aux façons de serva padrona, qui le dévisagea avec impertinence, et commença par déclarer que «Monsieur ne pouvait pas recevoir, parce que Monsieur était fatigué». Puis, le naïf désappointement qui se peignit sur la figure de Christophe l'amusa sans doute; car, après avoir terminé l'examen indiscret qu'elle faisait de toute sa personne, elle s'adoucit brusquement, fit entrer Christophe dans le cabinet de Hassler, et dit qu'elle allait faire en sorte que Monsieur le reçût. Là-dessus, elle lui décocha une petite œillade, et ferma la porte.

Il y avait aux murs quelques peintures impressionnistes et des gravures galantes du dix-huitième siècle français: car Hassler prétendait se connaître à tous les arts; et il associait dans son goût Manet et Watteau, selon les indications qu'il avait reçues du cénacle. Le même mélange de styles se montrait dans l'ameublement, où un fort beau bureau Louis XV était encadré de fauteuils «art nouveau», et d'un divan oriental, avec une montagne de coussins multicolores. Les portes étaient ornées de glaces; et une bibeloterie japonaise couvrait les étagères et le dessus de la cheminée, où trônait le buste de Hassler. Dans une coupe, sur un guéridon, s'étalaient une profusion de photographies de chanteuses, d'admiratrices et d'amis, avec des mots d'esprit et des exclamations enthousiastes. Un désordre incroyable régnait sur le bureau; le piano était ouvert; de la poussière sur les étagères; des cigares à demi brûlés traînaient dans tous les coins...

Christophe entendit, dans la chambre voisine, une voix maussade qui grognait; le verbe tranchant de la petite bonne lui répliquait. Il était clair que Hassler manifestait peu d'enthousiasme à se montrer. Il était clair aussi que la demoiselle avait mis sous son bonnet que Hassler se montrerait; et elle ne se gênait pas pour lui répondre avec une extrême familiarité: sa voix aiguë perçait les murs. Christophe était mal à l'aise d'entendre certaines remarques qu'elle faisait à son maître. Mais celui-ci ne s'en affectait point. Au contraire! on eût dit que ces impertinences l'amusaient; et tout en continuant de grogner, il gouaillait la fille et prenait plaisir à l'exciter. Enfin Christophe entendit une porte s'ouvrir, et, toujours grognant et goguenardant, Hassler qui venait en traînant les pieds.

Il entra. Christophe eut un serrement de cœur. Il le reconnaissait. Plût à Dieu qu'il ne l'eût pas reconnu! C'était bien Hassler, et ce n'était plus lui. Il avait toujours son grand front sans une ride, son visage sans un pli, comme celui d'un enfant; mais il était chauve, empâté, le teint jaune, l'air endormi, la lèvre inférieure un peu pendante, la bouche ennuyée et boudeuse. Il voûtait les épaules, enfonçait ses deux mains dans les poches de son veston débraillé, et traînait des savates aux pieds; sa chemise formait un bourrelet au-dessus de sa culotte, qu'il n'avait même pas achevé de boutonner. Il regarda Christophe de ses yeux somnolents, qui ne s'éclairèrent pas, quand le jeune homme eut balbutié son nom. Il fit un salut automatique, sans parler, indiqua de la tête un siège à Christophe, et s'affaissa, avec un soupir, sur le divan, dont il empila les coussins autour de lui. Christophe répétait:

—J'ai déjà eu l'honneur... Vous aviez eu la bonté.... Je suis Christophe Krafft...

 彼にはもはや一人の味方もなかった。友は皆散り失うせてしまった。彼が困ってる時にはいつも助けに来てくれる、また彼が今や最も必要としている、あのなつかしいゴットフリートも、長い前にどこかへ行ってしまって、こんどはもう永久に帰って来なかった。この前の夏のある晩、遠い村の名がしるしてある太い字体の手紙が来て、ルイザに兄の死んだことを知らした。この小行商人は、健康が悪いにもかかわらず頑固がんこに放浪の行商をつづけていて、旅先で死んだのである。彼は遠いその地の墓地に葬られた。かくて、クリストフを支持してやり得たかもしれない男らしい朗らかな最後の友情は、深淵しんえんの中に没してしまったのだった。彼は今や、年老いて彼の思想には無関心な母親――彼を愛してばかりいて理解してはいない母親と、ただ二人きりであった。彼の周囲は、広漠こうばくたるドイツの平野、陰鬱いんうつなる大洋であった。それから出ようと努力することに、ますます深く沈んでゆくばかりだった。彼の敵たるこの小都市は、彼がおぼれるのをながめていた……。
そして彼がもがいてる時、暗夜のさなかに一つの電光がひらめいて、ハスレルの面影が照らし出された。子供のおり彼があれほど愛した大音楽家であって、今やその栄誉はドイツ全土に光被していた。彼はハスレルが昔なしてくれた約束を思い出した。そして絶望的な力をこめてその残りの一事にすがりついた。ハスレルは彼を救ってくれるかもしれなかった。救ってくれるはずだった。彼が求めるのはなんであったか。助力でもなく、金銭でもなく、いかなる物質的援助でもなかった。何物でもなく、ただ理解してもらうことだけだった。ハスレルも彼と同様に迫害されたことがあった。ハスレルは自由の人であった。ドイツの凡庸ぼんようさから恨み深く追求されて押しつぶされそうになってる一人の自由の人を、理解してくれるはずだった。二人は同一の戦いを戦ってるのだった。
彼はその考えをいだくや否や、すぐに実行した。彼は母へ一週間不在になることを告げた。そして、ハスレルが音楽長の地位についてる北ドイツの大都会へ向かって、その晩汽車に乗った。待つことができなかったのである。それは呼吸せんがための最後の努力であった。

ハスレルは有名になっていた。敵はなお武器を捨てていなかったが、しかし味方の者らは、彼こそ現在過去未来を通じての最大の音楽家だと唱えていた。彼は愚蒙ぐもうな追従者らにとりまかれ、また、同じく愚蒙な誹謗ひぼう者らにとりまかれていた。彼は強い性格でなかったから、誹謗者らのためにいらだちやすくなされ、味方のために柔惰になされていた。彼はありたけの気力を使って、非難者らを不快がらせ叫ばせようとした。彼は悪戯いたずらを事とする不良児に似ていた。そしてその悪戯も、最も厭味いやみなものであることが多かった。彼はただに、正統派らを激怒せしむるような奇異な作曲に、その妙才を用いたばかりではなく、また、風変わりな歌詞にたいして、奇怪な主題にたいして、あるいはしばしば曖昧あいまい卑猥ひわいな情景にたいして、すなわち一言にしていえば、すべて普通の良識と謹直とを傷つけるようなものにたいして、意地悪い嗜好しこうを示していた。中流人士らが喚わめくと彼は満足していた。そして中流人士らは欠かさず喚いていた。成り上がり者や王侯に見るような横柄おうへいな傲慢ごうまんさで、芸術にまで関与していた皇帝は、ハスレルの名声を世間の醜怪事と見なして、機会あるごとにはかならず、彼の厚顔な作品にたいして軽侮的な冷淡さを示していた。かかる公辺の反対は、ドイツ芸術の尖端派にとってはほとんど一つの世間的確認となるものだったが、ハスレルはそれを憤りまた愉快がって、ますます乱暴なやり方をつづけていた。新たに悪戯いたずらをすることに、味方の者らは歓喜して天才だと呼号していた。
ハスレルの徒党は、廃頽派はいたいはの文学者や画家や批評家からおもに成り立っていた。彼らはたしかに、敬虔けいけん主義的精神と国家的道徳心との復興――北ドイツにおいては常に威嚇いかく的なものとなる復興――にたいする反抗派を代表するに足るのであった。しかし彼らの独立心は、闘争においては知らず知らずのうちに、滑稽こっけいなものとなるほど激昂げっこうしていた。なぜなら、彼らの多くはかなり辛辣しんらつな才能に欠けてはいなかったとしても、知力を有すること少なく、趣味を有することはさらに少なかったからである。彼らはみずからこしらえ出した人為的な雰囲気ふんいきから、もはや脱することができなかった。そしてあらゆる流派に見らるるとおり、ついに実人生の知覚をまったく失ってしまっていた。彼らの評論を読み、彼らが好んで宣言するものを鵜呑うのみにする、多くの愚人らにたいして、また自分自身にたいして、彼らは法則をたれていた。彼らの阿諛あゆはハスレルに有害であって、彼をあまりに自惚うぬぼれさしていた。彼は頭に浮かぶ楽想を、少しも検しらべないでことごとく取り上げた。そして自分の真価より劣ったものを書くことはあるかもしれないが、それでも他の音楽家のものより常に優まさっていると、ひそかに信じていた。ところがこの考えは、不幸にも多くの場合あまりに真実だったけれど、そのために、きわめて健全な考えであって偉大な作品を生み出すに適したものである、ということにはならなかった。ハスレルは心の底に、敵味方を問わず万人にたいして、全然の蔑視べっしをいだいていた。そしてこの苦々にがにがしい嘲弄ちょうろう的な蔑視は、彼自身と全人生とにまで広がっていた。彼は高潔な無邪気な多くのことを昔信じていただけに、ますます深くその皮肉な懐疑主義の中に沈んでいった。高潔な無邪気な事柄を時日の徐々たる破壊から防ぐだけの力もなく、もはや信じていないものをなお信じていると思い込むだけの虚偽もなし得ないで、彼は憤然と昔の記憶を嘲笑し去らんとつとめた。彼は南ドイツの性質をもっていた。怠惰柔弱で、過度の幸運や寒気や暑気に抵抗しがたく、自分の平衡を維持するためには、適度な気温を必要とする性質だった。彼はみずから知らないまにいつしか、人生の怠惰な享楽を事とするようになってしまった。みごとな珍味や、重々しい飲料や、無為の遊楽や、柔弱な思想などを好んでいた。彼は天分に豊かであって、時流に投じた放漫な音楽中にもなお天才の火花がひらめいてはいたけれど、彼の全芸術には右のことが仄ほの見えていた。自分の頽廃たいはいを彼はだれよりもよく感じていた。実を言えば、彼一人だけがそれを感じていた――しかも感ずるのは時々のことであって、もとより彼はそういう瞬間を避けたがっていた。そして一度そう感じた時には、暗黒な気分、利己的な配慮、健康の心配、などに浸り込んで人間ぎらいになった――昔自分の感激や憎悪ぞうおを刺激したような事柄にたいしてはことごとく無関心になって。

そういう人のそばに、クリストフは慰安を求めに行ったのだった。雨の降る寒い朝、彼はいかばかりの希望をもって、その都会に到着したことだろう。彼の目には芸術における独立的精神の象徴たる人が、そこに住んでいたのだ。彼はその人から、友愛と勇気とに満ちた言葉を期待していた。彼がそういう言葉を必要としていたのは、不利なしかも必然な戦いをつづけてゆかんがためにであった。真の芸術家は、最後の一息まで、一日といえども武装を解かずに世間と戦いを交えなければならない。なぜなら、シルレルが言ったように、「公衆を相手にしての決して後悔なき唯一の関係――それは戦いである。」
クリストフは非常に気が急せいていて、停車場のとある旅館へ手荷物を預けるか預けないうちに、すぐ劇場へかけつけて、ハスレルの住所を尋ねた。ハスレルは市の中央からかなり遠い郊外に住んでいた。クリストフはパンをがつがつかじりながら、電車に乗った。目的地に近づくに従って、胸が動悸どうきしてきた。
ハスレルが住居を選んだ一郭の地は、逸品を得ようとする困難な努力にあくせくしてる博学な蛮勇を若いドイツが傾けつくしている、奇異な新しい建築法によって、ほとんど全部が建てられていた。卑俗な町のまん中に、なんらの特色もないまっすぐな街路に、いろんなものが突然そびえていた、エジプトの大墓窟ぼくつ、ノールウェーの農家、修道院、城楼、万国博覧会の層楼、生気のない顔と一つの巨大な眼をもってる、地面にもぐり込んだ無脚のふくれ上がった家、地牢ちろうの鉄門、潜水艦の押しつぶされた扉とびら、鉄の箍たが、窓の鉄格子てつごうしについてる金色の隠花植物、表門の上に口を開あいてる怪物、あちらこちらに、思いもかけぬところには皆敷いてある、青い瀬戸の敷き石、アダムとイヴとを示す雑色の切りはめ細工、不調和な色の瓦かわらでふいた家根、最上階には銃眼をうがち、頂上には異形の動物をすえ、一方には窓が一つもないが、他方には突然相並んで、方形や長方形のぽかんと開いてる多くの穴が、傷口みたいについてる、要塞ようさい式の家、裸壁の大きな面、その面からはただ一つの窓の所へ、不意に大きな露台が飛び出し、その露台はニーベルンゲン式の人像柱にささえられ、またその石の欄干からは、髭ひげのはえた髪の濃い老人の、ベックリンの人魚のような男の、二つのとがった頭が飛び出していた。それらの牢獄みたいな人家の一つ――入口には巨人の裸体像が二つある低い二階建ての、古代エジプトの王宮に似た家――の破風はふに、建築家はこう書きしるしていた。

ああ芸術家をして示さしめよ、
過去未来にまたとなき己が宇宙を。

クリストフはハスレルのことばかり考えていたので、落ち着きのない眼でそれをながめ、少しも理解しようとはしなかった。彼は目ざす家へ到着した。最も簡単な――カロヴァンジャン式の――家の一つだった。内部は金目のかかった卑俗なぜいたくさを示していた。階段には、熱しすぎた暖房器の重い空気が漂っていた。狭い昇降機がついていた。しかしクリストフは、訪問の心構えをする隙ひまを得んがために、それに乗らなかった。感動のために足は震え心は躍おどりながら、その五階まで小足に上っていった。そのわずかな歩行の間に、ハスレルとの昔の会見、子供らしい心酔、祖父の面影などが、昨日のことのように彼の頭に浮かんだ。
彼が入口の呼鈴を鳴らした時は、十一時に近かった。家事取締女らしい様子のてきぱきした女が出て来た。彼女は彼をぶしつけにじろじろながめて、「旦那だんな様は疲れていらっしゃるからお目にはかかれません、」とまず言い出した。が次に、クリストフの顔に素朴そぼくな失望の色が浮かんだのを見て、きっと興味を覚えたのであろう、彼の全身を厚かましく見調べた後に、突然調子を和らげ、ハスレルの書斎に通して、会えるようにしてあげようと言った。そして横目でちらと彼を見やってから、扉とびらを閉しめた。
印象派の絵画やフランス十八世紀の優雅な版画などが、壁にはかかっていた。ハスレルはあらゆる芸術に通じてると自称していたのである。そして自分の党与から指示されたとおりに従って、マネーとワットーとを自分の趣味の中に結合していた。様式の同様な混合が、家具の配置にも現われていた。ルイ十五世式の非常にりっぱな机は、「新式」の肱掛椅子ひじかけいす数個と多彩の羽蒲団はねぶとんが山のように積んである東方式の安楽椅子とに、取り囲まれていた。扉には鏡が飾りつけてあった。日本の置物が、棚たなや暖炉の上にいっぱい並んでいた。その暖炉の上には、ハスレルの胸像が一つ厳然と控えていた。円卓の上の一つの盤の中には、警句や賛辞が書き入れてある、女歌手や女崇拝者や友人らの写真が、雑然と並んでいた。机の上は驚くほど乱雑をきわめていた。ピアノは開いたままだった。棚の上には埃ほこりがつもっていた。半ば吸いさしの葉巻が隅々にころがっていた……。
クリストフは隣室に、ぶつぶつ言ってる不機嫌ふきげんな声を聞いた。小間使の強い言葉がそれに答え返していた。ハスレルがあまり出て行きたくない様子を示してることは、明らかだった。また小間使がぜひともハスレルに出て行かせようとしてることも、明らかだった。彼女は少しの遠慮もなく、非常に馴なれ馴れしい答え方をしていた。その鋭い声は壁を通して聞こえてきた。クリストフは、主人に注意してる彼女の言葉を聞くと、落ち着けなかった。しかし主人は、少しも気を悪くしていなかった。否かえって、そういう失礼さを面白がってるかのようだった。そしてなおぶつぶつ不平を言いつづけながら、小間使をからかい、彼女を焦じらして面白がっていた。ついにクリストフは、扉とびらの開く音を耳にし、たえず不平を言いまたからかいながらハスレルが、足を引きずってやって来るのを耳にした。
彼ははいってきた。クリストフは胸迫る思いをした。彼はハスレルを見覚えていた。ああむしろ見覚えがなかったら? それはまさしくハスレルであった、がまたハスレルではなかった。やはりその大きな額ひたいには皺しわもなく、その滑なめらかな顔は子供のようだった。しかし頭は禿はげ、身体は肥満し、顔色は黄色く、眠そうな様子をし、下唇は少したれ下がり、退屈そうな不機嫌ふきげんな口つきをしていた。肩を曲げ、はだけた上着のポケットに両手をつき込み、足には破れ靴ぐつを引きずっていた。ボタンもかけ終わっていないズボンの上には、シャツがたくね上がっていた。彼は半ば眠っている眼でクリストフをながめた。クリストフが自分の名前をつぶやいても、その眼は輝かなかった。彼は無言のまま自動的な礼を返し、頭でクリストフに席をさし示し、溜息ためいきをつきながら安楽椅子いすにどっかとすわり、その羽蒲団はねぶとんを身のまわりにつみ重ねた。クリストフはくり返した。
「前に一度……いろいろ御親切を……クリストフ・クラフトという者でございますが……。」

第4巻 反抗 第3部(2)へ続く

 

合計ビュー 884 , 今日のビュー 5 

-Jean-Christophe