Jean-Christophe

ジャン・クリストフ 第4巻 反抗 La Rèvolte 第1部 La Foire sur la Place

Libre!... Libre des autres et de soi!... Le réseau de passions, qui le liaient depuis un an, venait brusquement de se rompre. Comment? Il n'en savait rien. Les mailles avaient cédé à la poussée de son être. C'était une de ces crises de croissance, où les natures robustes déchirent violemment l'enveloppe morte d'hier, l'âme ancienne où elles étouffent.

Christophe respirait à pleins poumons, sans bien comprendre ce qui était arrivé. Un tourbillon de bise glacée s'engouffrait sous la grande porte de la ville, quand il rentra, venant d'accompagner Gottfried. Les gens baissaient la tête contre l'ouragan. Les filles allant à l'ouvrage luttaient avec dépit contre le vent qui se jetait dans leurs jupes; elles s'arrêtaient pour souffler, le nez et les joues rouges, l'air rageur; elles avaient envie de pleurer. Christophe riait de joie. Il ne pensait pas à la tourmente. Il pensait à l'autre tourmente, dont il venait de sortir. Il regardait le ciel d'hiver, la ville enveloppée de neige, les gens qui passaient en luttant; il regardait autour de lui, en lui: rien ne le liait plus à rien. Il était seul... Seul! Quel bonheur d'être seul, d'être à soi! Quel bonheur d'avoir échappé à ses chaînes, à la torture de ses souvenirs, à l'hallucination des figures aimées et détestées! Quel bonheur de vivre enfin, sans être la proie de la vie, d'être devenu son maître!...

Il rentra dans sa maison, blanc de neige. Il se secoua gaiement, comme un chien. En passant près de sa mère, qui balayait le corridor, il l'enleva de terre, avec des cris inarticulés et affectueux, comme on en dit aux petits enfants. La vieille Louisa se débattait dans les bras de son fils, mouillé de neige qui fondait; et elle l'appela: «gros bête!» en riant d'un bon rire enfantin.

Il monta dans sa chambre, quatre à quatre. Il pouvait à peine se voir dans sa petite glace, tant le jour était sombre. Mais son cœur jubilait. Sa chambre étroite et basse, où il avait peine à remuer, lui semblait un royaume. Il ferma la porte à clef, et rit de contentement. Enfin, il allait se retrouver! Depuis combien de temps s'était-il perdu! Il avait hâte de se plonger dans sa pensée. Elle lui apparaissait comme un grand lac qui se fondait au loin dans la brume dorée. Après une nuit de fièvre, il se tenait au bord, les jambes baignées par la fraîcheur de l'eau, le corps caressé par la brise d'un matin d'été. Il se jeta à la nage; il ne savait où il allait, et peu lui importait: c'était la joie de nager au hasard. Il se taisait, riant, écoutant les mille bruits de son âme: elle fourmillait d'êtres. Il n'y distinguait rien, la tête lui tournait; il n'éprouvait qu'un bonheur éblouissant. Il jouit de sentir ces forces inconnues; et, remettant paresseusement à plus tard de faire l'essai de son pouvoir, il s'engourdit dans l'orgueilleuse ivresse de cette oraison intérieure qui, comprimée depuis des mois, éclatait comme un printemps soudain.

Sa mère l'appelait à déjeuner. Il descendit, la tête étourdie, ainsi qu'après une journée au grand air; une telle joie rayonnait en lui que Louisa lui demanda ce qu'il avait. Il ne répondit pas; il la prit par la taille et la força à faire un tour de danse autour de la table, où la soupière fumait. Louisa, essoufflée, cria qu'il était fou; puis elle frappa des mains:

—Mon Dieu! fit-elle, inquiète. Je parie qu'il est de nouveau amoureux!

Christophe éclata de rire. Il lança sa serviette en l'air:

—Amoureux!... s'écria-t-il. Ah! bon Dieu!... Non, non! c'est assez! Tu peux être tranquille. C'est fini, fini, pour toute la vie fini!... Ouf!

Il but un grand verre d'eau.

Louisa le regardait rassurée, hochait la tête, souriait:

—Beau serment d'ivrogne! dit-elle. Il y en a pour jusqu'au soir.

—C'est toujours cela de gagné, répondit-il, de bonne humeur.

—Bien sûr! fit-elle. Alors, qu'est-ce que tu as qui te rend si content?

—Je suis content. Voilà!

Les coudes sur la table, assis en face d'elle, il voulut lui conter tout ce qu'il ferait plus tard. Elle l'écoutait avec un affectueux scepticisme, et lui faisait remarquer doucement que la soupe refroidissait. Il savait qu'elle n'entendait pas ce qu'il disait; mais il n'en avait cure: c'était pour lui-même qu'il parlait.

Ils se regardaient en souriant: lui, parlant; elle, n'écoutant guère. Bien qu'elle fût fière de son fils, elle n'attachait pas grande importance à ses projets artistiques; elle pensait: «Il est heureux: c'est l'essentiel.»—Tout en se grisant de ses discours, il regardait la chère figure de sa mère, avec son fichu noir sévèrement serré autour de la tête, ses cheveux blancs, ses yeux jeunes qui le couvaient d'amour, son beau calme indulgent. Il lisait toutes ses pensées en elle. Il lui dit, en plaisantant:

—Cela t'est bien égal, hein? tout ce que je te raconte?

Elle protesta faiblement:

—Mais non, mais non!

Il l'embrassa:

自由!……他人にも自分自身にもとらわれない自由! 一年この方彼をからめていた情熱の網が、にわかに断ち切れたのであった。いかにしてか? それは彼に少しもわからなかった。網の目は彼の生の圧力をささえることができなかった。強健なる性格が、昨日の枯死した包皮を、呼吸を妨ぐる古い魂を、荒々しく裂き捨てる、生長の発作の一つであった。
クリストフは何が起こったのかよくわからずに、ただ胸いっぱいに呼吸した。ゴットフリートを見送ってもどって来ると、氷のような朔風さくふうが、町の大門に吹き込んで渦うず巻いていた。人は皆その強風に向かって頭を下げていた。出勤の途にある工女らは、裳衣しょういに吹き込む風と腹だたしげに争っていた。鼻と頬ほおとを真赤まっかにし、腹だたしい様子で、ちょっと立ち止まっては息をついていた。今にも泣き出しそうにしていた。クリストフは喜んで笑っていた。彼は嵐あらしのことを考えてはいなかった。他の嵐のことを、今のがれて来たばかりの嵐のことを考えていた。彼は冬の空を、雪に包まれた町を、苦闘しつつ通ってゆく人々を、ながめまわした。自分のまわりを、自分のうちを、見回した。もはや何かに彼をつないでるものはなかった。彼はただ一人であった。……ただ一人! ただ一人であることは、自分が自分のものであることは、いかにうれしいことだろう。つながれていた鎖を、思い出の苦痛を、愛する面影や嫌けんお悪すべき面影の幻を、のがれてしまったことは、いかにうれしいことだろう。ついに生きぬき、生の餌食えじきとならず、生の主人となることは、いかにうれしいことだろう!
彼は雪で真白くなって家に帰った。犬のように愉快げに身を揺った。廊下を掃いていた母のそばを通りかかると、あたかも子供にでも言うように、愛情のこもった舌ったるい声を出しながら、彼女を抱き上げた。年老いたルイザは、雪が融とけて湿ってる息子むすこの腕の中で、身をもがいた。そして子供のような仇気あどけない笑いをしながら、「大馬鹿ばかさん!」と彼を呼んだ。
彼は自分の居室へ大股おおまたに上がっていった。小さな鏡に顔を映したが、よく見えなかった。それほど薄暗かった。しかし彼の心は喜び勇んでいた。ろくに動きまわることもできないほどの狭い低い室も、彼には一王国のように思われた。彼は扉とびらを鍵かぎで閉しめ切り、満足して笑った。ついに自分自身をまた見出しかけていたのだ! いかに久しい前から自分を取り失っていたことだろう! 彼は急いで、自分の考えの中に沈潜していった。その思想は、遠く金色の靄もやの中に融とけ込んでゆく大きな湖水のように思われた。苦熱の一夜を明かした後、足を清冽せいれつな水に洗われ、身体を夏の朝の微風になでられながら、その湖水のほとりに立っていたのだ。彼は飛び込んで泳ぎ出した。どこへ行くのかわからなかった。しかもそれはほとんどどうでもいいことだった。ただ当てもなく泳ぎ回るのが愉快だった。彼は笑いながら、自分の魂の無数の音に耳傾けながら、黙っていた。魂には無数の生物がうごめいていた。何にも見分けられなかった。頭がくらくらした。ただ眩まばゆいほどの幸福ばかりを覚えた。自分のうちにそれらの見知らぬ力を感じてうれしかった。そして自分の能力をためすことは不精げに後あと回しとして、まず内心に咲き乱れてる花に誇らかに酔って、陶然としてしまった。数か月来押えつけられていたのが、にわかに春が来たように、一時に咲きそろった花であった。
母は彼を食事に呼んでいた。彼は降りていった。一日戸外で暮らしたあとのように、頭が茫然ぼうぜんとしていた。しかし彼のうちには深い喜悦の色が輝いていた。ルイザは彼にどうしたのかと尋ねた。彼は答えなかった。母の胴体をとらえて、スープ鍋なべから湯気が立っている食卓のまわりを、無理に一回り踊らした。ルイザは息を切らして、彼を狂人だと呼びたてた。それから彼女は手を打った。
「まあ!」と彼女は気懸きがかりそうに言った、「また恋したのに違いない!」
クリストフは笑いだした。ナフキンを宙に投げた。
「恋だって!……」と彼は叫んだ、「おやおや……嘘うそです、嘘です、もうたくさんだ。安心していらっしゃい。もうするもんですか、一生涯しょうがいしません!……あああ!」
彼は水をなみなみと一杯飲み干した。
ルイザは安心して彼をながめ、頭を振り、微笑はほえんでいた。
「当てにはならない酔っ払いの約束だね、」と彼女は言った、「まあ晩までのことでしょうよ。」
「それだけでも何かになるわけですよ。」と彼は上機嫌きげんに答えた。
「なるほどね。」と彼女は言った。「だがいったい、どうしてお前さんはそううれしがってるんですか?」
「僕はうれしんです。それっきりです!」
彼は食卓に両肱りょうひじをつき、彼女と向かい合いにすわって、今後どんなことをするか、それを彼女に話してやった。彼女はやさしい疑念の様子でそれに耳をかし、スープが冷さめてしまうと静かに注意した。彼は自分の言うことを彼女が聞いていないのを知っていた。しかしそれを気に止めなかった。彼は自分自身にたいして語ってるのであった。
二人は微笑ほほえみながら顔を見合っていた、彼は語り、彼女はよく耳も傾けずに。彼女は息子むすこを自慢にしていたが、その芸術上の抱負にはたいして重きを置いていなかった。彼女は考えていた、「この人は幸福なのだ、それがいちばん肝心なことだ。」――彼は自分の話にみずから酔いながら、母のなつかしい顔を、頸くびには黒い襟巻えりまきを緊ひしとまとい、白い髪をし、若々しい眼で自分をやさしく見守みまもり、寛容にゆったりと落ち着いてる母の、その顔をながめていた。彼女の心のうちの考えがすっかり読み取られた。彼は冗談に言ってみた。
「お母さんにとってはどうでもいいことなんでしょうね、僕の話してることなんかは。」
彼女は軽く反対をとなえた。
「いいえ、いいえ!」
彼は彼女を抱擁した。

 

—Mais si, mais si! Va, ne t'en défends pas. Tu as raison. Aime-moi seulement. Je n'ai pas besoin qu'on me comprenne,—ni toi, ni personne. Je n'ai plus besoin de personne, ni de rien, maintenant: j'ai tout en moi...

—Allons, fit Louisa, le voilà avec une autre folie, à présent!... Enfin, puisqu'il lui en faut une, j'aime encore mieux celle-là.

Bonheur délicieux de se laisser flotter sur le lac de sa pensée!... Couché au fond d'une barque, le corps baigné de soleil, le visage baisé par le petit air frais qui court à la surface de l'eau, il s'endort, suspendu sur le ciel. Sous son corps étendu, sous la barque balancée, il sent l'onde profonde; sa main nonchalamment y plonge. Il se soulève; et, le menton appuyé sur le rebord du bateau, comme quand il était enfant, il regarde passer l'eau. Il voit des miroitements d'êtres étranges, qui filent comme des éclairs... D'autres, d'autres encore... Jamais ils ne sont les mêmes. Il rit au spectacle fantastique qui se déroule en lui; il rit à sa pensée; il n'a pas le besoin de la fixer. Choisir, pourquoi choisir dans ces milliers de rêves? Il a bien le temps!... Plus tard!... Quand il voudra, il n'aura qu'à jeter ses filets, pour retirer les monstres qu'il voit luire dans l'eau. Il les laisse passer... Plus tard!...

La barque flotte au gré du vent tiède et du courant insensible. Il fait doux, soleil, et silence.

Languissamment enfin, il laisse tomber les filets. Penché sur l'eau qui grésille, il les suit du regard, jusqu'à ce qu'ils aient disparu. Après quelques minutes de torpeur, il les ramène sans hâte; à mesure qu'il les tire, ils deviennent plus lourds; au moment de les sortir, il s'arrête pour prendre haleine. Il sait qu'il tient sa proie, il ne sait quelle est sa proie; il prolonge le plaisir de l'attente.

Enfin, il se décide: les poissons aux cuirasses irisées apparaissent hors de l'eau; ils se tordent comme un nid de serpents. Il les regarde curieusement, il les remue du doigt, il veut prendre les plus beaux, un instant, dans sa main; mais à peine les a-t-il sortis de l'eau que leurs nuances pâlissent, ils se fondent entre ses doigts. Il les rejette dans l'eau, et recommence à pêcher. Il est plus avide devoir, l'un après l'autre, tous les rêves qui s'agitent en lui, que d'en garder aucun: ils lui semblent plus beaux, quand ils flottent librement dans le lac transparent...

Il en pêchait de toutes sortes, tous plus extravagants les uns que les autres. Depuis des mois que les idées s'amassaient, sans qu'il en tirât parti, il crevait de richesses à dépenser. Mais tout était pêle-mêle: sa pensée était un capharnaüm, un bric-à-brac de juif, où étaient empilés dans la même chambre des objets rares, des étoffes précieuses, des ferrailles, des guenilles. Il ne savait pas distinguer ce qui avait le plus de prix: tout l'amusait également. C'étaient des frôlements d'accords, des couleurs qui sonnaient comme des cloches, des harmonies qui bourdonnaient comme des abeilles, des mélodies souriantes comme des lèvres amoureuses. C'étaient des visions de paysages, des figures, des passions, des âmes, des caractères, des idées littéraires, des idées métaphysiques. C'étaient de grands projets, énormes et impossibles, des tétralogies, des décalogies, ayant la prétention de tout peindre en musique et embrassant des mondes. Et c'étaient, le plus souvent, des sensations obscures et fulgurantes, évoquées subitement par un rien, un son de voix, une personne qui passait dans la rue, le clapotement de la pluie, un rythme intérieur.—Beaucoup de ces projets n'avaient d'autre existence que le titre; la plupart se réduisaient à un ou deux traits, pas plus: c'était assez. Comme les très jeunes gens, il croyait avoir créé ce qu'il rêvait de créer.

Mais il était trop vivant pour se satisfaire longtemps de ces fumées. Il se lassa d'une possession illusoire, il voulut saisir ses rêves.—Par lequel commencer? Ils lui paraissaient tous aussi importants l'un que l'autre. Il les tournait et les retournait; il les rejetait, il les reprenait... Non, il ne les reprenait plus: ce n'étaient plus les mêmes, ils ne se laissaient pas attraper deux fois; constamment, ils changeaient; ils changeaient dans ses mains, sous ses yeux, tandis qu'il les regardait. Il fallait se hâter; et il ne le pouvait point: il était confondu par sa lenteur au travail. Il eût voulu tout faire en un jour, et il avait une difficulté terrible à exécuter le moindre ouvrage. Le pire était qu'il s'en dégoûtait, quand il était encore au commencement. Ses rêves passaient, et il passait lui-même; tandis qu'il faisait une chose, il regrettait de n'en pas faire une autre. Il semblait qu'il lui suffit d'avoir fait choix d'un de ses beaux sujets, pour que le beau sujet ne l'intéressât plus. Ainsi, toutes ses richesses lui étaient inutiles. Ses pensées n'étaient vivantes qu'à la condition qu'il n'y touchât point: tout ce qu'il réussissait à atteindre était déjà mort. Le supplice de Tantale: à portée de sa main, des fruits qui devenaient pierre, aussitôt qu'il les prenait; près de ses lèvres, une eau fraîche, qui fuyait quand il se baissait vers elle.

Pour apaiser sa soif, il voulut se désaltérer aux sources qu'il avait conquises, à ses œuvres anciennes... La dégoûtante boisson! À la première gorgée, il la recracha en jurant. Quoi! cette eau tiède, cette musique insipide, c'était là sa musique?—Il relut la suite de ses compositions. Cette lecture l'atterra: il n'y comprenait plus rien, il ne comprenait même plus comment il avait pu les écrire. Il rougissait. Une fois, il lui arriva, après une page plus niaise que les autres, de se retourner pour voir s'il n'y avait personne dans la chambre, et d'aller se cacher la figure dans son oreiller, comme un enfant qui a honte. D'autres fois, le ridicule de ses œuvres lui semblait si bouffon qu'il oubliait qu'elles étaient de lui...

—Ah! l'idiot! criait-il, en se tordant de rire.

Mais rien ne l'affectait plus que les compositions où il avait prétendu exprimer des sentiments passionnés: chagrins ou joies d'amour. Il bondissait sur sa chaise, comme si une mouche l'avait piqué; il martelait sa table à coups de poing, et se frappait la tête, en hurlant de colère; il s'apostrophait grossièrement, il se traitait de cochon, de triple gueux, de foutue bête et de paillasse. Il en avait pour quelque temps à égrener son chapelet. À la fin, il allait se planter devant sa glace, tout rouge d'avoir crié; il s'empoignait le menton, et il disait:

—Regarde, regarde, crétin, ta gueule d'âne! Je t'apprendrai à mentir, chenapan! À l'eau, monsieur, à l'eau!

Il s'enfonçait la figure dans sa cuvette, et il la maintenait sous l'eau, jusqu'à ce qu'il étouffât. Quand il sortait de là, écarlate, les yeux hors de la tête, et soufflant comme un phoque, il allait précipitamment à sa table, sans prendre la peine d'éponger l'eau qui ruisselait autour de lui; il saisissait les compositions maudites, et il les déchirait avec rage, en grognant:

—Tiens, canaille!... Tiens, tiens, tiens!...

Alors, il était soulagé.

Ce qui l'exaspérait surtout dans ces œuvres, c'était leur mensonge. Rien de senti. Une phraséologie apprise par cœur, une rhétorique d'écolier: il parlait de l'amour, comme un aveugle des couleurs; il en parlait par ouï-dire, en répétant les niaiseries courantes. Et non seulement l'amour, mais toutes les passions lui avaient servi de thèmes à des déclamations.—Pourtant, il s'était toujours efforcé d'être sincère. Mais il ne suffit pas de vouloir être sincère: il faut pouvoir l'être; et comment le serait-on, quand on ne connaît encore rien de la vie? Ce qui venait de lui dévoiler la fausseté de ces œuvres, ce qui avait creusé brusquement un fossé entre lui et son passé, c'était l'épreuve des six derniers mois. Il était sorti des fantômes; il possédait maintenant une mesure réelle, à laquelle il pouvait rapporter ses pensées, pour en juger le degré de vérité ou de mensonge.

Le dégoût que lui inspirèrent ses compositions anciennes, produites sans passion, fit qu'avec son exagération coutumière il décida de ne plus rien écrire qu'il ne fût contraint d'écrire par une nécessité passionnée; et, laissant là sa poursuite aux idées, il jura de renoncer pour toujours à la musique, si la création ne s'imposait, à coups de tonnerre.

Il parlait ainsi, parce qu'il savait bien que l'orage venait.

「なにそうですよ、そうですよ! まあ言い訳なんかしなくてもいいんですよ。お母さんの方が尤もっともです。ただ、僕を愛してください。僕は人に理解してもらわなくてもいいんです。――あなたにも、だれにも。もう今じゃ、だれもいりません、何もいりません。自分のうちに何もかももってるんです……。」
「そうら、」と彼女は言った、「こんどはまた別な狂気沙汰ざたになってきた!……だがそうならなければならないんなら、まだこんどの方がよい。」

おのが思想の湖上に漂う心楽しい幸福!……舟底に横たわり、身体は日の光に浴し、顔は水の面を走るさわやかな微風になぶられて、彼は宙に浮かびながらうとうととしている。寝そべった身体の下には、揺らめく小舟の下には、深い水が感ぜられる。手はひとりでに水に浸される。彼は起き上がる。子供のおりのように、舟縁ふなべりに頤あごをもたして、過ぎてゆく水をながめる。稲妻のように飛び去ってゆく、不思議な生物の輝きが見える……また他ほかのが、次にまた他のが……。いつもそれぞれ異なった生物である。彼は自分のうちに展開してゆく奇怪な光景に笑っている。自分の思想に笑っている。思想をどこにも固定させる必要はない。選ぶこと、それら数限りない夢想のうちになんで選択の要があろう? まだ時間は十分ある。……あとのことだ!……好きな時に網を投じさえすれば、水中に光っているのが見える怪物を、いつでも引き上げられるだろう。今はそれをただ通らしておく。……あとのことだ!
暖かい風とわからないくらいのかすかな流れとのままに、舟は漂っている。穏やかで、日が輝てり渡り、寂然じゃくねんとしている。

ついに彼は懶ものうげに網を投じる。水沫しぶきの立つ水の上に身をかがめて、見えなくなるまで網を見送る。しばらくぼんやりしたあとに、ゆるゆると網を引く。引くに従って網は重くなる。水から引き上げようとする間ぎわに、ちょっと手を休めて息をつく。獲物を手に入れてることはわかるが、どんな獲物だかはわからない。彼は期待の楽しみをゆるゆると味わう。
彼はついに意を決する。燦然さんぜんたる甲鱗こうりんの魚類が、水から現われてくる。巣の中の無数の蛇へびのように、身をねじっている。彼はそれらを珍しげにながめ、指で動かし、美しいのをちょっと手に取りたくなる。しかし水から出すとすぐに、その光沢は褪あせてきて、その姿が指の間に融とけ込む。彼はそれを水に投げ込み、また他のを漁あさり始める。自分のうちに動いてる幻想を、どれか一つ選び取るよりも、むしろそれらを皆代わる交わるながめてみたくなる。透明な湖水の中に自由に泳いでる時の方が、ずっと美しいものに思われる……。
彼はそのあらゆる種類のものを漁りだした。いずれも皆奇怪なものばかりだった。数か月来彼のうちにはあらゆる観念が積もっていて、しかも彼はそれを利用し費消することがなかったので、今やその豊富さになやんでいた。しかしすべてが雑然と交り合っていた。彼の思想は物置場であり、ユダヤ人の古物店であって、珍稀な器物、高価な布、鉄屑くず、襤褸ぼろなどが、同じ室の中に堆うずたかく積まれていた。どれが最も価値あるものであるかを、彼は見分けることができなかった。いずれにも同じく興味がもてた。和音のそよぎ、鐘のように鳴り響く色調、蜜蜂みつばちの羽音に似た和声ハーモニー、恋せる唇くちびるのように微笑ほほえむ旋律メロディー。また、風景の幻影、人の面影、熱情、霊魂、性格、文学的観念、形而上学的けいじじょうがくてき観念。また、雄大不可能な大計画、あらゆるものを音楽で摘出し種々の世界を包括ほうかつせんとする、四部作テトラロジーや十部作デカロジー。また多くは、一つの声音、街路を通る一人の男、風の音、内心の律動リズム、など些細ささいなものからにわかに呼び起こされる、仄ほのかな明滅する感覚。――それらの計画の多くのものは、ただ題名だけでしか存在していなかった。一つもしくは二つ限りの主調にまとめられるものであったが、それで十分だった。ごく若い人々と同じく彼もまた、創造しようと夢想していたものを創造したのだと信じていた。

しかし彼はかかる煙のごときもので長く満足するには、あまりに多く生活力をそなえていた。彼は空想的な所有に飽きて、幻想を実際につかみ取ろうとした。――まずいずれより始むべきか? いずれの幻想も皆等しく重要なものに思われた。彼はそれらをくり返しまたくり返して調べた。投げ捨ててはまた取り上げた。……否もう、元のを取り上げるのではなかった。もう同じものではなかった。二度ととらえることはできなかった。たえず幻想は変化していた。ながめてるうちにも、手の上で眼の前で、変化した。急がなければならなかった。しかも彼は急いでやることができなかった。自分の仕事の緩慢さに困りぬいた。全部を一日に仕上げたいほどであるのに、わずかな仕事をしでかすのにも非常な困難を感じた。最もいけないことには、着手したばかりでもう厭いやになった。幻想は通り過ぎてゆき、彼自身も通り過ぎていった。一つのことをやってると、他のことをやれないのが残念だった。りっぱな主題を一つ選み取っただけで、もうその主題に興味がなくなるように思われた。かくてそのあらゆる財宝も、彼には役にたたなかった。彼の思想は皆、彼が手を触れさえしなければ生き生きとしていた。首尾よくとらえると、もうすでに死んでいた。それはタンタルスの苦痛に似ていた。届く所に果実がなっているけれど、それを手に取ると石になった。唇くちびるの近くに清水があるけれど、身をかがめると遠のいてしまった。
彼は渇かつを癒いやさんがために、すでに手に入れた泉で、自分の旧作で、喉のどをうるおそうとした。……厭な飲料! 彼はそれを一口含むや、ののしりながらすぐに吐き出した。何事ぞ、この生温あたたかい水が、この空粗な音楽が、自分の音楽であったのか?――彼は自分の作曲をひとわたり読み返してみた。そして駭然がいぜんとした。さらに腑ふに落ちなかった。どうしてそんなものを書く気になったのかもわからなかった。彼は顔を赤らめた。ある時などは、最も幼稚なページを一つ読んだあとで、室にだれもいないかふり返って見て、それから恥ずかしがってる子供のように、寝台のところへ行って枕まくらに顔を隠したこともあった。またある時は、自分の笑うべき作品がいかにも滑稽こっけいに思えて、我れながら自分の作であることを忘れた……。
「ああ馬鹿だなあ!」と彼は腹をかかえて笑いながら叫んだ。
しかし最も厭味いやみなのは、恋愛の苦しみや喜びなど、熱烈な感情を表現したつもりでいる曲譜だった。彼は蚊にでもさされたかのように、椅子いすの上に飛び上がった。テーブルを拳こぶしでうちたたき、憤怒ふんぬの喚わめき声をたてながら、みずから頭をたたいた。荒々しくみずからののしり、豚だの恥知らずだの大馬鹿者だのと自分を呼んで、しばらくはある限りの悪口を自分に浴びせた。しまいには怒鳴り散らしたために真赤まっかになって、鏡の前につっ立った。そして頤あごをつかみながら言った。
「見ろ、見ろ、間抜まぬけめ、なんという馬鹿な顔をしてるんだ! 嘘もいい加減にしろ、無頼漢ならずものめ! 水だ、水だ!」
彼は顔を盥たらいにつき込んで、息がつまるまで水につけておいた。そして顔を充血さし、眼をむき出し、海豹あざらしのように息を吐きながら、水から顔を出すと、身体にしたたる水を拭ぬぐいもやらず、急いでテーブルのところに行き、のろわれたる作品を引っつかみ、それを猛然と引き裂きながら、つぶやいた。
「こら、やくざ者め!……こら、こら!……」
そしてようやく胸をなでおろした。
それらの作品がことに彼を激昂げっこうさしたゆえんは、その虚偽であることだった。ほんとうに感じたものは何もなかった。暗誦あんしょうした句法、小学生徒の修辞法ばかりだった。盲人が色彩のことを語るような調子で、彼は恋愛を語っていた。流行の幼稚な説をくり返しながら、聞きかじりで語っていた。そしてただに恋愛ばかりでなく、あらゆる熱情が、放言の題目に使われていた。――それでも彼は常に真実たらんと努めたのであった。しかし真実たらんと欲するだけでは足りない。真実であり得なければいけない。そして、まだ少しも人生を知らないうちに、いかで真実たることを得よう? それらの作品の虚構を彼に開き示してくれたものは、彼と彼の過去との間ににわかに溝渠こうきょを穿うがったものは、最近半年間の経験であった。彼は幻影から脱出していた。今や彼は、おのれのあらゆる思想の真偽の度を判断するためにあてがい得る、現実の尺度を所有していた。
彼は熱情なしに作られた昔の曲譜に嫌悪けんおの情を覚えたので、その結果例の誇張癖から、熱烈な要求に迫られて書かせられるもののほかは、もういっさい書くまいと決心した。そして観念の探求をそこに中止して、もし創作熱が雷電のように落ちかかって来るのでなければ、永久に音楽を捨てようと誓った。
彼がかくみずから誓ったのは、雷鳴が到来しつつあることをよく知っていたからである。

 

Le tonnerre tombe où il veut, et quand il veut. Mais les sommets l'attirent. Certains lieux—certaines âmes—sont des nids d'orages: ils les créent ou les aspirent de tous les points del horizon; et, de même que certains mois de l'année, certains âges de la vie sont si saturés d'électricité que les coups de foudre s'y produisent—sinon à volonté—du moins à l'heure attendue.

L'être tout entier se tend. Pendant des jours, des jours, l'orage se prépare. Une ouate brûlante tapisse le ciel blanc. Pas un souffle. L'air immobile fermente, semble bouillir. La terre se tait, écrasée de torpeur. Le cerveau bourdonne de fièvre: toute la nature attend l'explosion de la force qui s'amasse, le choc du marteau qui se lève pesamment, pour retomber d'un coup sur l'enclume des nuées. De grandes ombres sombres et chaudes passent: un vent de feu se lève; les nerfs frémissent comme des feuilles... Puis, le silence retombe. Le ciel continue de couver la foudre.

Il y a à cette attente une angoisse voluptueuse. Malgré le malaise qui vous oppresse, on sent passer dans ses veines le feu qui brûle l'univers. L'âme soûle bouillonne dans la fournaise, comme le raisin dans la cuve. Des milliers de germes de vie et de mort la travaillent. Qu'en sortira-t-il?... Comme la femme enceinte, elle se tait, le regard perdu en elle; anxieuse, elle écoute le tressaillement de ses entrailles, et elle pense: «Que naîtra-t-il de moi?»...

Quelquefois, l'attente est vaine. L'orage se dissipe, sans avoir éclaté; et l'on se réveille, la tête lourde, déçu, énervé, écœuré. Mais c'est partie remise: il éclatera; si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain; plus il aura tardé, plus il sera violent...

Le voici!... Les nuages ont surgi de toutes les retraites de l'être. Masses épaisses d'un-bleu noir, que déchirent les saccades frénétiques des éclairs, ils s'avancent d'un vol vertigineux et lourd, cernant l'horizon de l'âme, et brusquement rabattant leurs deux ailes sur le ciel étouffé, éteignant la lumière. Heure de folie!... Les Eléments exaspérés, déchaînés de la cage où les tiennent enfermés les Lois qui assurent l'équilibre de l'esprit et l'existence des choses, règnent, informes et colossaux, dans la nuit de la conscience. On sent qu'on agonise. On n'aspire plus à vivre. On n'aspire plus qu'à la fin, à la mort qui délivre...

Et soudain, c'est l'éclair!

Christophe hurlait de joie.

Joie, fureur de joie, soleil qui illumine tout ce qui est et sera, joie divine de créer! Il n'y a de joie que de créer. Il n'y a d'êtres que ceux qui créent. Tous les autres sont des ombres, qui flottent sur la terre, étrangers à la vie. Toutes les joies de la vie sont des joies de créer: amour, génie, action,—flambées de force sorties de l'unique brasier. Ceux même qui ne peuvent trouver place autour du grand foyer:—ambitieux, égoïstes et débauchés stériles,—tâchent de se réchauffer à ses reflets décolorés.

Créer, dans l'ordre de la chair, ou dans l'ordre de l'esprit, c'est sortir de la prison du corps, c'est se ruer dans l'ouragan de la vie, c'est être Celui qui Est. Créer, c'est tuer la mort.

Malheur à l'être stérile, qui reste seul et perdu sur la terre, contemplant son corps desséché et la nuit qui est en lui, dont nulle flamme de vie ne sortira jamais! Malheur à l'âme qui ne se sent point féconde, lourde de vie et d'amour, comme un arbre en fleurs, au printemps! Le monde peut la combler d'honneurs et de bonheurs; il couronne un cadavre.

Quand Christophe était frappé par le jet de lumière, une décharge électrique lui parcourait le corps; il tremblait de saisissement. C'était comme si, en pleine mer, en pleine nuit, la terre apparaissait. Ou comme si, passant au milieu d'une foule, il recevait le choc de deux profonds yeux. Souvent, cela survenait après des heures de prostration où son esprit s'agitait dans le vide. Plus souvent encore, à des moments où il pensait à autre chose, causant ou se promenant. S'il était dans la rue, un respect humain l'empêchait de manifester trop bruyamment sa joie. Mais, à la maison, rien ne le retenait plus. Il trépignait; il sonnait une fanfare de triomphe. Sa mère la connaissait bien, et elle avait fini par savoir ce que cela signifiait. Elle disait à Christophe qu'il était comme une poule qui vient de pondre.

Il était transpercé par l'idée musicale. Tantôt, elle avait la forme d'une phrase isolée et complète; plus fréquemment, d'une grande nébuleuse enveloppant toute une œuvre: la structure du morceau, ses lignes générales se laissaient deviner au travers d'un voile, que lacéraient par places des phrases éblouissantes, se détachant de l'ombre avec une netteté sculpturale. Ce n'était qu'un éclair; parfois, il en venait d'autres, coup sur coup: chacun illuminait d'autres coins de la nuit. Mais d'ordinaire, la force capricieuse, après s'être manifestée une fois, à l'improviste, disparaissait pour plusieurs jours dans ses retraites mystérieuses, en laissant derrière elle un sillon lumineux.

Cette jouissance de l'inspiration était si vive que Christophe prit le dégoût du reste. L'artiste d'expérience sait bien que l'inspiration est rare, et que c'est à l'intelligence d'achever l'œuvre de l'intuition; il met ses idées sous le pressoir; il leur fait rendre jusqu'à la dernière goutte du suc divin qui les gonfle;—(et même, trop souvent, il les trempe d'eau claire.)—Christophe était trop jeune et trop sûr de lui pour ne pas mépriser ces moyens. Il faisait le rêve impossible de ne rien produire qui ne fût entièrement spontané. S'il ne s'était aveuglé à plaisir, il n'aurait pas eu de peine à reconnaître l'absurdité de son dessein. Sans doute, il était alors dans une période d'abondance intérieure où il n'y avait nul interstice, par où le néant pût se glisser. Tout lui était un prétexte à cette fécondité intarissable: tout ce que voyaient ses yeux, tout ce qu'il entendait, tout ce que heurtait son être dans sa vie quotidienne, chaque regard, chaque mot, faisait lever dans l'âme des moissons de rêves. Dans le ciel sans bornes de sa pensée, coulaient des millions d'étoiles.—Et pourtant, même alors, il y avait des moments où tout s'éteignait d'un coup. Et bien que la nuit ne durât point, bien qu'il n'eût guère le temps de souffrir des silences prolongés de l'esprit, il n'était pas sans effroi de cette puissance inconnue, qui venait le visiter, le quittait, revenait, disparaissait... pour combien de temps, cette fois? Reviendrait-elle jamais?—Son orgueil repoussait cette pensée, et disait: «Cette force, c'est moi. Du jour où elle ne sera plus, je ne serai plus: je me tuerai.»—Il ne laissait pas de trembler; mais c'était une jouissance de plus.

Toutefois, s'il n'y avait aucun danger, pour l'instant, que la source tarit, Christophe pouvait se rendre compte déjà que jamais elle ne suffisait à alimenter une œuvre tout entière. Les idées s'offraient presque toujours à l'état brut: il fallait les dégager péniblement de la gangue. Et toujours elles se présentaient sans suite, par saccades; pour les relier entre elles, il fallait y mêler un élément d'intelligence réfléchie et de volonté froide, qui forgeaient avec elles un être nouveau. Christophe était trop artiste pour ne point le faire; mais il n'en voulait pas convenir; il mettait de la mauvaise foi à se persuader qu'il se bornait à transcrire son modèle intérieur, quand il était forcé de le transformer plus ou moins pour le rendre intelligible.—Bien plus: il arrivait qu'il en faussât entièrement le sens. Avec quelque violence que le frappât l'idée musicale, il lui eût été impossible souvent de dire ce qu'elle signifiait. Elle faisait irruption des souterrains de l'Être, bien au delà des frontières où commence la conscience; et, dans cette Force toute pure, échappant aux mesures communes, la conscience ne parvenait à reconnaître aucune des préoccupations qui l'agitaient, aucun des sentiments humains qu'elle définit et qu'elle classe: joies, douleurs, ils étaient tous mêlés en une passion unique, et inintelligible, parce qu'elle était au-dessus de l'intelligence. Cependant, qu'elle la comprit ou non, l'intelligence avait besoin de donner un nom à cette force, de la rattacher à une des constructions logiques que l'homme maçonne infatigablement dans la ruche de son cerveau.

Ainsi, Christophe se convainquait—il voulait se convaincre—que l'obscure puissance qui l'agitait avait un sens précis, et que ce sens s'accordait avec sa volonté. Le libre instinct, jailli de l'inconscience profonde, était, bon gré, mal gré, contraint à s'accoupler, sous le joug de la raison, avec des idées claires qui n'avaient aucun rapport avec lui. Telle œuvre n'était ainsi qu'une juxtaposition mensongère d'un de ces grands sujets que l'esprit de Christophe s'était tracés, et de ces forces sauvages qui avaient un tout autre sens, que lui-même ignorait.

Il allait à tâtons, tête baissée, emporté par les forces contradictoires qui s'entrechoquaient en lui, et jetant au hasard dans des œuvres incohérentes une vie fumeuse et puissante, qu'il ne savait pas exprimer, mais qui le pénétrait d'une joie orgueilleuse.

La conscience de sa vigueur nouvelle fit qu'il osa regarder en face pour la première fois tout ce qui l'entourait, tout ce qu'on lui avait appris à honorer, tout ce qu'il respectait sans l'avoir discuté;—et il le jugea aussitôt avec une liberté insolente. Le voile se déchira: il vit le mensonge allemand.

Toute race, tout art a son hypocrisie. Le monde se nourrit d'un peu de vérité et de beaucoup de mensonge. L'esprit humain est débile; il s'accommode mal de la vérité pure; il faut que sa religion, sa morale, sa politique, ses poètes, ses artistes, la lui présentent enveloppée de mensonges. Ces mensonges s'accommodent à l'esprit de chaque race; ils varient de l'une à l'autre: ce sont eux qui rendent si difficile aux peuples de se comprendre, et qui leur rendent si facile de se mépriser mutuellement. La vérité est la même chez tous; mais chaque peuple a son mensonge, qu'il nomme son idéalisme; tout être l'y respire, de sa naissance à sa mort: c'est devenu pour lui une condition de vie; il n'y a que quelques génies qui peuvent s'en dégager, à la suite de crises héroïques, où ils se trouvent seuls, dans le libre univers de leur pensée.

Une occasion insignifiante révéla brusquement à Christophe le mensonge de l'art allemand. S'il ne l'avait point vu jusque-là, ce n'était pas faute de l'avoir toujours eu sous les yeux; mais il en était trop près, il manquait de recul. Maintenant, la montagne lui apparaissait, parce qu'il s'en était éloigné.

「なにそうですよ、そうですよ! まあ言い訳なんかしなくてもいいんですよ。お母さんの方が尤もっともです。ただ、僕を愛してください。僕は人に理解してもらわなくてもいいんです。――あなたにも、だれにも。もう今じゃ、だれもいりません、何もいりません。自分のうちに何もかももってるんです……。」
「そうら、」と彼女は言った、「こんどはまた別な狂気沙汰ざたになってきた!……だがそうならなければならないんなら、まだこんどの方がよい。」

おのが思想の湖上に漂う心楽しい幸福!……舟底に横たわり、身体は日の光に浴し、顔は水の面を走るさわやかな微風になぶられて、彼は宙に浮かびながらうとうととしている。寝そべった身体の下には、揺らめく小舟の下には、深い水が感ぜられる。手はひとりでに水に浸される。彼は起き上がる。子供のおりのように、舟縁ふなべりに頤あごをもたして、過ぎてゆく水をながめる。稲妻のように飛び去ってゆく、不思議な生物の輝きが見える……また他ほかのが、次にまた他のが……。いつもそれぞれ異なった生物である。彼は自分のうちに展開してゆく奇怪な光景に笑っている。自分の思想に笑っている。思想をどこにも固定させる必要はない。選ぶこと、それら数限りない夢想のうちになんで選択の要があろう? まだ時間は十分ある。……あとのことだ!……好きな時に網を投じさえすれば、水中に光っているのが見える怪物を、いつでも引き上げられるだろう。今はそれをただ通らしておく。……あとのことだ!
暖かい風とわからないくらいのかすかな流れとのままに、舟は漂っている。穏やかで、日が輝てり渡り、寂然じゃくねんとしている。

ついに彼は懶ものうげに網を投じる。水沫しぶきの立つ水の上に身をかがめて、見えなくなるまで網を見送る。しばらくぼんやりしたあとに、ゆるゆると網を引く。引くに従って網は重くなる。水から引き上げようとする間ぎわに、ちょっと手を休めて息をつく。獲物を手に入れてることはわかるが、どんな獲物だかはわからない。彼は期待の楽しみをゆるゆると味わう。
彼はついに意を決する。燦然さんぜんたる甲鱗こうりんの魚類が、水から現われてくる。巣の中の無数の蛇へびのように、身をねじっている。彼はそれらを珍しげにながめ、指で動かし、美しいのをちょっと手に取りたくなる。しかし水から出すとすぐに、その光沢は褪あせてきて、その姿が指の間に融とけ込む。彼はそれを水に投げ込み、また他のを漁あさり始める。自分のうちに動いてる幻想を、どれか一つ選び取るよりも、むしろそれらを皆代わる交わるながめてみたくなる。透明な湖水の中に自由に泳いでる時の方が、ずっと美しいものに思われる……。
彼はそのあらゆる種類のものを漁りだした。いずれも皆奇怪なものばかりだった。数か月来彼のうちにはあらゆる観念が積もっていて、しかも彼はそれを利用し費消することがなかったので、今やその豊富さになやんでいた。しかしすべてが雑然と交り合っていた。彼の思想は物置場であり、ユダヤ人の古物店であって、珍稀な器物、高価な布、鉄屑くず、襤褸ぼろなどが、同じ室の中に堆うずたかく積まれていた。どれが最も価値あるものであるかを、彼は見分けることができなかった。いずれにも同じく興味がもてた。和音のそよぎ、鐘のように鳴り響く色調、蜜蜂みつばちの羽音に似た和声ハーモニー、恋せる唇くちびるのように微笑ほほえむ旋律メロディー。また、風景の幻影、人の面影、熱情、霊魂、性格、文学的観念、形而上学的けいじじょうがくてき観念。また、雄大不可能な大計画、あらゆるものを音楽で摘出し種々の世界を包括ほうかつせんとする、四部作テトラロジーや十部作デカロジー。また多くは、一つの声音、街路を通る一人の男、風の音、内心の律動リズム、など些細ささいなものからにわかに呼び起こされる、仄ほのかな明滅する感覚。――それらの計画の多くのものは、ただ題名だけでしか存在していなかった。一つもしくは二つ限りの主調にまとめられるものであったが、それで十分だった。ごく若い人々と同じく彼もまた、創造しようと夢想していたものを創造したのだと信じていた。

しかし彼はかかる煙のごときもので長く満足するには、あまりに多く生活力をそなえていた。彼は空想的な所有に飽きて、幻想を実際につかみ取ろうとした。――まずいずれより始むべきか? いずれの幻想も皆等しく重要なものに思われた。彼はそれらをくり返しまたくり返して調べた。投げ捨ててはまた取り上げた。……否もう、元のを取り上げるのではなかった。もう同じものではなかった。二度ととらえることはできなかった。たえず幻想は変化していた。ながめてるうちにも、手の上で眼の前で、変化した。急がなければならなかった。しかも彼は急いでやることができなかった。自分の仕事の緩慢さに困りぬいた。全部を一日に仕上げたいほどであるのに、わずかな仕事をしでかすのにも非常な困難を感じた。最もいけないことには、着手したばかりでもう厭いやになった。幻想は通り過ぎてゆき、彼自身も通り過ぎていった。一つのことをやってると、他のことをやれないのが残念だった。りっぱな主題を一つ選み取っただけで、もうその主題に興味がなくなるように思われた。かくてそのあらゆる財宝も、彼には役にたたなかった。彼の思想は皆、彼が手を触れさえしなければ生き生きとしていた。首尾よくとらえると、もうすでに死んでいた。それはタンタルスの苦痛に似ていた。届く所に果実がなっているけれど、それを手に取ると石になった。唇くちびるの近くに清水があるけれど、身をかがめると遠のいてしまった。
彼は渇かつを癒いやさんがために、すでに手に入れた泉で、自分の旧作で、喉のどをうるおそうとした。……厭な飲料! 彼はそれを一口含むや、ののしりながらすぐに吐き出した。何事ぞ、この生温あたたかい水が、この空粗な音楽が、自分の音楽であったのか?――彼は自分の作曲をひとわたり読み返してみた。そして駭然がいぜんとした。さらに腑ふに落ちなかった。どうしてそんなものを書く気になったのかもわからなかった。彼は顔を赤らめた。ある時などは、最も幼稚なページを一つ読んだあとで、室にだれもいないかふり返って見て、それから恥ずかしがってる子供のように、寝台のところへ行って枕まくらに顔を隠したこともあった。またある時は、自分の笑うべき作品がいかにも滑稽こっけいに思えて、我れながら自分の作であることを忘れた……。
「ああ馬鹿だなあ!」と彼は腹をかかえて笑いながら叫んだ。
しかし最も厭味いやみなのは、恋愛の苦しみや喜びなど、熱烈な感情を表現したつもりでいる曲譜だった。彼は蚊にでもさされたかのように、椅子いすの上に飛び上がった。テーブルを拳こぶしでうちたたき、憤怒ふんぬの喚わめき声をたてながら、みずから頭をたたいた。荒々しくみずからののしり、豚だの恥知らずだの大馬鹿者だのと自分を呼んで、しばらくはある限りの悪口を自分に浴びせた。しまいには怒鳴り散らしたために真赤まっかになって、鏡の前につっ立った。そして頤あごをつかみながら言った。
「見ろ、見ろ、間抜まぬけめ、なんという馬鹿な顔をしてるんだ! 嘘もいい加減にしろ、無頼漢ならずものめ! 水だ、水だ!」
彼は顔を盥たらいにつき込んで、息がつまるまで水につけておいた。そして顔を充血さし、眼をむき出し、海豹あざらしのように息を吐きながら、水から顔を出すと、身体にしたたる水を拭ぬぐいもやらず、急いでテーブルのところに行き、のろわれたる作品を引っつかみ、それを猛然と引き裂きながら、つぶやいた。
「こら、やくざ者め!……こら、こら!……」
そしてようやく胸をなでおろした。
それらの作品がことに彼を激昂げっこうさしたゆえんは、その虚偽であることだった。ほんとうに感じたものは何もなかった。暗誦あんしょうした句法、小学生徒の修辞法ばかりだった。盲人が色彩のことを語るような調子で、彼は恋愛を語っていた。流行の幼稚な説をくり返しながら、聞きかじりで語っていた。そしてただに恋愛ばかりでなく、あらゆる熱情が、放言の題目に使われていた。――それでも彼は常に真実たらんと努めたのであった。しかし真実たらんと欲するだけでは足りない。真実であり得なければいけない。そして、まだ少しも人生を知らないうちに、いかで真実たることを得よう? それらの作品の虚構を彼に開き示してくれたものは、彼と彼の過去との間ににわかに溝渠こうきょを穿うがったものは、最近半年間の経験であった。彼は幻影から脱出していた。今や彼は、おのれのあらゆる思想の真偽の度を判断するためにあてがい得る、現実の尺度を所有していた。
彼は熱情なしに作られた昔の曲譜に嫌悪けんおの情を覚えたので、その結果例の誇張癖から、熱烈な要求に迫られて書かせられるもののほかは、もういっさい書くまいと決心した。そして観念の探求をそこに中止して、もし創作熱が雷電のように落ちかかって来るのでなければ、永久に音楽を捨てようと誓った。
彼がかくみずから誓ったのは、雷鳴が到来しつつあることをよく知っていたからである。
雷は、みずから欲する所にまた欲する時に、落ちる。しかし笛を引きよせる高峰がある。ある場所――ある魂――は、雷鳴の巣である。それは雷鳴を創つくり出し、あるいは地平の四方から雷鳴を呼ぶ。そして一年のある月と同じく、生涯しょうがいのある年齢は、きわめて多くの電気を飽和しているので、迅雷じんらいがそこに生じてくる――随意にでなくとも――少なくとも期待する時に。
全身が緊張する。幾日も幾日もの間、雷鳴が準備される。燃え立った入道雲が、白けた空にかかっている。一陣の風もない。澱よどんだ空気が発酵して、沸きたっているように見える。大地は茫然ぼうぜんとして沈黙している。頭脳は、熱にとどろいている。全自然は、蓄積された力の爆発を待ち、重々しく振り上げられ、黒雲の鉄碪かなしきの上に一挙に打ちおろされんとする、鉄槌てっついの打撃を待っている。陰惨な熱い大きな影が通り過ぎる。熱火の風が吹き起こる。全身の神経は、木の葉のようにうち震える。――それから、また沈黙が落ちてくる。空はなお雷電を醸かもしつづける。
かかる期待のうちには、一つの歓よろこばしい苦悶くもんがある。不安に押えつけられながらも、人はおのれの血脈中に、宇宙を焼きつくす火が流れるのを感ずる。醸造樽だる中の葡萄ぶどうの実のように、飽満せる魂は坩堝るつぼの中で沸きたつ。生と死との無数の萌芽ほうがが、魂を悩ます。何が生じて来るであろうか? 魂は姙婦のように、自分のうちに眼を向けて口をつぐみ、胎内の戦おののきに気づかわしげに耳傾ける。そして考える、「私から何が生まれるであろうか?」時には、期待が無駄むだになることもある。雷鳴は破裂せずに消えてしまう。人は頭が重く、張り合いがぬけ、気力疲れ、厭気を催して、我れに返る。しかしそれは時期が延びたばかりである。雷鳴はやがて起こってくる。今日でなければ明日であろう。延びれば延びるほどますます激しくなるだろう……。
それ今起こった! 要は一身のあらゆる深みから湧わき出した。青黒色の濃密な集団となった雲は、狂わんばかりに打ちはためく電に劈つんざかれて、魂の地平を取り囲みながら、息をつめてる空を双そうの翼で荒々しく打ちながら、日の光を消しながら、眼眩くらむほどにかつ重々しく翔かけってくる。狂暴の時間!……猛たけりたった自然原素は、精神の平衡と事物の存在とを確保する「法則」から閉じ込められていたその籠かごを脱して、巨大雑多な形を取り、意識界の暗夜を支配する。人は臨終の苦悶を感ずる。もはや生きようとは望まない。ただ望ましいものは、終末のみである、解放の死のみである……。
そしてにわかに、電光がひらめく!
クリストフは喜びの喚わめき声をたてていた。

喜び、激越なる喜び、存在し存在するであろうすべてのものを照らす太陽、創造の崇高なる喜び! 創造することより他ほかに喜びはない。創造する人々より他に生きてるものはない。他の者はすべて、生命とは無関係で地上に浮かんでいる影にすぎない。生のあらゆる喜びは、恋愛、才能、行為など、皆創造の喜びである! ただ一つの火炉から立ちのぼる力の火炎である。その大なる竈かまどのまわりに席を有しない人々も――野心家、利己主義者、空疎な遊蕩ゆうとう児なども――その色褪あせた反映に身を暖めようとする。
肉体界もしくは精神界において、創造することは、身体の牢獄ろうごくから脱することであり、生命の※(「風にょう+炎」、第4水準2-92-35)風ひょうふう中に飛び込むことであり、「存在する者」となることである。創造すること、それは死を殺すことである。
永久に生命の炎が一つも発しないような、おのれの干乾ひからびた身体とおのれのうちにある暗夜とを、ただいたずらにうちながめながら、地上に孤独のまま埋もれてる無益なる存在者こそ、実げにも不幸である。花をつけた春の樹木のように、生命と愛との豊饒ほうじょうな重みを、少しも感ずることのない魂こそ、実げにも不幸である。世間は名誉と幸福とをその上に積み重ぬるとも、それは死骸しがいに冠するものである。

クリストフは一閃せんの光に打たれた時、一つの放電が全身に伝わった。彼はぎくりとして震えた。それはあたかも、海洋の中にあって、暗夜の中にあって、陸地を見出したようなものだった。あるいはまたあたかも、群集の中を通りながら、二つの深い眼にぶつかったようなものだった。そういう現象はしばしば、精神が空虚のうちに身悶みもだえをする悄沈しょうちんの時間のあとに起こった。しかしまた、人と話をしあるいは街路を歩きながら、他のことを考えてる瞬間に、なおしばしば起こった。街路にある時には、人前をはばかって、その喜びをあまり激しく現わすことができなかった。しかし家にいる時には、もうなんの拘束もなかった。彼は足を踏み鳴らした。勝鬨かちどきの喇叭らっぱを奏した。母はそれに慣れてきて、ついにはその意味を覚さとるようになった。卵を産みたての牝鶏めんどりのようだと、彼女はよくクリストフに言った。
彼は音楽的観念に浸透されていた。その観念は、独立した完全な楽句の形をなしてることもあったが、多くは、一つの作品全部を包み込む大きな星雲の形をなしていた。その楽曲の結構は、主要の筋道は、彫刻的の明確さで影から浮き出してる眩まばゆいばかりの楽句を、ところどころに鏤ちりばめた覆おおいを通して、おのずから見えていた。それは一つの閃光せんこうにすぎなかった。また時とすると、相次いで多くの閃光が起こることもあって、各閃光は暗夜の各すみずみを照らした。しかし普通は、その気まぐれな力は、いったん不意に現われたあとに、輝いた尾をあとに残しながら、おのれの神秘な隠れ家の中に消え失うせて、数日姿を現わさなかった。
そういう霊感インスピレーションの悦よろこびは、クリストフに他のすべてをきらわしたほど熾烈しれつなものだった。経験に富んだ芸術家は、霊感はまれなものであることを知っており、直覚の作品を完成するには理知にまつべきものであることを、よく知っている。彼はおのれの観念を搾木しぼりぎにかけ、それに含んでる醇良じゅんりょうな汁しるを、最後の一滴までも滴したたらせる。――(時によっては白水を割ることさえも辞さない。)――しかしクリストフは、まだきわめて若くきわめて自信に富んでいたから、そういう方法を軽蔑けいべつしていた。まったく自発的なものでなければ何も作らないという、不可能な夢想をいだいていた。もし彼が眼を閉じてみずから快しとしていなかったなら、自分の企図のばかばかしさをたやすく認めたであろう。もちろん彼は当時内部充実の時期にあって、虚無が潜入するような隙間すきまは少しもなかった。彼にとってはすべてのものが、その無尽蔵の豊富さを裏書きするものとなっていた。眼に見るすべてのもの、耳に聞くすべてのもの、日々の生活においてぶつかるすべてのものが、一つの眼つきも、一つの言葉も、魂のうちに幻想の収穫をもたらしていた。彼の思想の無際限な天には、無数の星が流れていた。――とは言え、その当時でもやはり、すべてが一挙に消滅する瞬間もあった。そして、たとい暗夜は長くつづかなかったにしろ、魂の沈黙がつづくのを苦しむ隙ひまはほとんどなかったにしろ、その不可知な力にたいするひそかな恐れがないでもなかった。その力は、彼を訪れては立ち去り、またもどってきては消えていった――。こんどはどれくらいの間か? またもどって来ることがあるだろうか?――彼は傲慢ごうまんにもそういう考えをしりぞけ、そしてみずから言った。「この力こそ、俺おれ自身だ。この力がもうなくなる日には、俺ももう存在すまい。俺は自殺してやろう。」――彼は身体の震えが止まなかった。しかしそれもやはり悦びだった。
けれども、当分泉の涸かれる憂いはなかったにしても、クリストフはすでに、その泉が作品全体を養うには足りないことを知り得た。観念はたいていいつも、生地きじのままで現われてきた。それを母岩から分離させることに骨折らなければならなかった。また観念はいつも、躍おどり立ちながらなんらの連絡もなく現われてきた。それをたがいに連絡させるためには、慎重な理知と冷静な意志との一要素を加味して、新しい一体に鍛え上げなければならなかった。クリストフはきわめて芸術家的だったので、それをしないではなかった。しかしそう是認したくはなかった。内心のモデルをそのまま謄写してると無理にも思い込んでいた。しかし実はそれを読みやすくするために、多少の変更を余儀なくせしめられていた。――否その上に、意味を曲解することさえもあった。音楽的観念がいかに猛然と襲いかかってきても、その意味を解き得ないことがしばしばあった。その観念は、「存在」の底深いところから、識域を越えたはるかの彼方かなたから、にわかに迸はとばしり出て来るのだった。そして普通の尺度を越えたまったく純粋なその「力」のうちには、意識といえども、自分に関係ある事柄を、自分が定義し分類すべき人間的感情を、少しも認めることができなかった。喜びも悲しみもことごとく、ただ一つの熱情のうちに交っていた。しかもその熱情は理知を超越したものであったから、とうてい理解しがたかった。それでも、理解するしないにかかわらず、理知はその力に一つの名前を与えたがり、人がおのれの頭脳の巣の中に営々として築いてゆく論理組織の一つに、それを結びつけたがっていた。
それでクリストフは、自分の心を乱すその陰闇いんあんな力には一定の意味があり、しかもその意味は自分の意志と調和してるものだと、確信していた――確信したがっていた。深い無意識界から迸り出て来る自由な本能は、それとなんら関係のない明確な観念と、理性の軛くびきの下において、否応なしに連絡させられていた。かくてそういう作品は、クリストフの精神が描き出した大なる主題と、彼自身の知らないまったく異なった意味をもってる粗野な力とを、無理に並列さしたものにすぎなかった。

彼は自分のうちで相衝突してるたがいに矛盾せる力に駆られながら、また、描出することはできないが、しかし誇らかな喜びをもって感ぜらるる沸きたった力強い生命を、支離滅裂な作品にやたらに投げ込みながら、頭を下げて手探りに進んでいった。
自分の新たな力を意識した彼は、自分の周囲にあるものを、尊重するように言い聞かせられてるものを、文句なしに尊敬してるものを、初めて正視することができた。――そして彼はただちに、傲慢ごうまんな自由さをもってそれを批判した。覆面は裂けた。彼はドイツの虚偽を見た。
いかなる民族にも、いかなる芸術にも、皆それぞれ虚構がある。世界は、些少さしょうの真実と多くの虚偽とで身を養っている。人間の精神は虚弱であって、純粋無垢むくな真実とは調和しがたい。その宗教、道徳、政治、詩人、芸術家、などは皆、真実を虚偽の衣に包んで提出しなければならない。それらの虚偽は各民族の精神に調和している。各民族によって異なっている。これがために、各民衆相互の理解がきわめて困難になり、相互の軽蔑けいべつがきわめて容易となる。真実は各民衆を通じて同一である。しかし各民衆はおのれの虚偽をもっていて、それをおのれの理想と名づけている。その各人が生より死に至るまで、それを呼吸する。それが彼にとっては生活の一条件となる。ただ数人の天才のみが、おのれの思想の自由な天地において、男々おおしい孤立の危機を幾度も経過した後に、それから解脱することを得る。
つまらないふとした機会が、ドイツ芸術の虚偽をクリストフに突然開き示した。この虚偽に彼がその時まで気づかなかったのは、それを眼前に目撃することがなかったからではない。否彼はあまりにそれに接しすぎていて、適当の距離を有しなかった。しかるに今や山から遠ざかったので、その山が見えてきた。

 

Il était à un concert de la Städtische Tonhalle. Le concert avait lieu dans une vaste halle, occupée par dix ou douze rangées de tables de café, — environ deux ou trois cents. Au fond, la scène, où se tenait l'orchestre. Autour de Christophe, des officiers sanglés dans leurs longues redingotes sombres,—larges faces rasées, rouges, sérieuses et bourgeoises; des dames qui causaient et riaient avec fracas, étalant un naturel exagéré; de braves petites filles, qui souriaient en montrant toutes leurs dents; et de gros hommes enfoncés dans leurs barbes et leurs lunettes, qui ressemblaient à de bonnes araignées aux yeux ronds. Ils se soulevaient à chaque verre pour porter une santé; ils mettaient à cet acte un respect religieux; leur visage et leur ton changeaient à ce moment: ils semblaient dire la messe, ils s'offraient des libations, ils buvaient le calice, avec un mélange de solennité et de bouffonnerie. La musique se perdait au milieu des conversations et des bruits de vaisselle. Cependant, tout le monde s'efforçait à parler et à manger bas. Le Herr Konzertmeister, grand vieux homme voûté, avec une barbe blanche qui lui pendait comme une queue au menton, et un long nez recourbé, muni de lunettes, avait l'air d'un philologue.—Tous ces types étaient depuis longtemps familiers à Christophe. Mais il avail une tendance, ce jour-là, aies voir en caricatures. Il y a comme cela des jours où, sans raison apparente, le grotesque des êtres, qui, dans la vie ordinaire, passe inaperçu, nous saute aux yeux.

Le programme d'orchestre comprenait l'ouverture d'Egmont, une valse de Waldteufel, le Pèlerinage de Tannhäuser à Rome, l'ouverture des Joyeuses Commères de Nicolaï, la marche religieuse d'Athalie, et une fantaisie sur l'Étoile du Nord. L'orchestre joua avec correction l'ouverture de Beethoven, et la valse avec furie. Pendant le Pèlerinage de Tannhäuser, on entendait déboucher des bouteilles. Un gros homme, assis à la table voisine de Christophe, marquait la mesure des Joyeuses Commères, en mimant Falstaff. Une dame âgée et corpulente, en robe bleu de ciel, avec une ceinture blanche, un pince-nez en or sur son nez écrasé, des bras rouges, et une vaste taille, chanta d'une voix puissante des Lieder de Schumann et de Brahms. Elle levait les sourcils, faisait les yeux en coulisse, battait des paupières, hochait la tête à droite, à gauche, souriait d'un large sourire figé dans sa face de lune, dépensait une mimique exagérée et qui eût risqué par moments d'évoquer le café-concert, sans la majestueuse honnêteté qui resplendissait en elle; cette mère de famille jouait la petite folle, la jeunesse, la passion; et la poésie de Schumann prenait vaguement ainsi une odeur fade de nursery. Le public était dans l'extase.—Mais l'attention devint solennelle, quand parut la Société chorale «des hommes allemands du Sud» (Suddeutschen Männer Liedertafel), qui tour à tour susurrèrent et mugirent des morceaux d'orphéons, pleins de sensibilité. Ils étaient quarante qui chantaient comme quatre; on eût dit qu'ils se fussent appliqués à effacer de leur exécution toute trace de style proprement choral: c'était une recherche de petits effets mélodiques, de petites nuances timides et pleurardes, de pianissimo expirants, avec de brusques sursauts tonitruants, comme des coups de grosse caisse; un manque de plénitude et d'équilibre, un style doucereux; on pensait à Bottom:

«Laissez-moi faire le lion. Je rugirai aussi doucement qu'une colombe à la becquée. Je rugirai à faire croire que c'est un rossignol.»

Christophe écoutait, depuis le commencement, avec une stupeur croissante. Rien de tout cela n'était nouveau pour lui. Il connaissait ces concerts, cet orchestre, ce public. Mais tout lui paraissait faux, brusquement. Tout: jusqu'à ce qu'il aimait le mieux, cette ouverture d'Egmont, dont le désordre pompeux et la correcte agitation le blessait, en cet instant, comme un manque de franchise. Sans doute, ce n'était pas Beethoven ni Schumann qu'il entendait, c'étaient leurs ridicules interprètes, c'était leur public ruminant, dont l'épaisse sottise se répandait autour des œuvres, comme une lourde buée.—N'importe, il y avait dans les œuvres, même dans les plus belles, quelque chose d'inquiétant que Christophe n'y avait encore jamais senti... Quoi donc? Il n'osait l'analyser, estimant sacrilège de discuter ses maîtres bien-aimés. Mais il avait beau ne pas vouloir voir: il avait vu. Et, malgré lui, il continuait de voir; comme la Vergognosa de Pise, il regardait entre ses doigts.

Il voyait l'art allemand tout nu. Tous,—les grands et les sots,—étalaient leurs âmes avec une complaisance attendrie. L'émotion débordait, la noblesse morale ruisselait, le cœur se fondait en effusions éperdues; les écluses étaient lâchées à la redoutable sensibilité germanique; elle diluait l'énergie des plus forts, elle noyait les faibles sous ses nappes grisâtres: c'était une inondation; la pensée allemande dormait au fond. Et quelle pensée, parfois, que celle d'un Mendelssohn, d'un Brahms, d'un Schumann, et, à leur suite, de cette légion de petits auteurs de Lieder emphatiques et pleurnicheurs! Tout en sable. Point de roc. Une glaise humide et informe... Tout cela était si niais et si enfantin que Christophe ne pouvait croire que le public n'en fût pas frappé. Il regardait autour de lui; mais il ne vit que des figures béates, convaincues à l'avance de la beauté de ce qu'ils entendaient et du plaisir qu'ils devaient y prendre. Comment se fussent-ils permis de juger par eux-mêmes? Ils étaient pleins de respect pour ces noms consacrés. Que ne respectaient-ils point? Ils étaient respectueux devant leur programme, devant leur verre à boire, devant eux-mêmes. On sentait que, mentalement, ils donnaient de «l'Excellence» à tout ce qui, de près ou de loin, se rapportait à eux.

Christophe considérait alternativement le public et les œuvres: les œuvres reflétaient le public, le public reflétait les œuvres, comme une boule de jardin. Christophe sentait le rire le gagner, et il faisait des grimaces. Il se contenait pourtant. Mais quand «les hommes du Sud» vinrent chanter avec solennité l'Aveu rougissant d'une jeune fille amoureuse, Christophe n'y tint plus. Il éclata de rire. Des «chut!» indignés s'élevèrent. Ses voisins le regardèrent avec effarement; ces bonnes figures scandalisées le mirent en joie: il rit de plus belle, il rit, il pleurait de rire. Pour le coup, on se fâcha. On cria: «À la porte!» Il se leva, et partit, en haussant les épaules, le dos secoué par un accès de fou rire. Cette sortie fit scandale. Ce fut le début des hostilités entre Christophe et sa ville.

À la suite de cette épreuve, Christophe, rentré chez lui, s'avisa de relire les œuvres des musiciens «consacrés». Il fut consterné, en s'apercevant que certains des maîtres qu'il aimait le mieux avaient menti. Il s'efforça d'en douter, de croire qu'il se trompait.—Mais non, il n'y avait pas moyen... Il était saisi de la somme de médiocrité et de mensonge qui constitue le trésor artistique d'un grand peuple. Combien peu de pages résistaient à l'examen!

Dès lors, ce ne fut plus qu'avec un battement de cœur qu'il aborda la lecture d'autres œuvres, qui lui étaient chères... Hélas! Il était comme ensorcelé: partout, la même déconvenue! À l'égard de certains maîtres, ce fut un déchirement de cœur; c'était comme s'il perdait un ami bien-aimé, comme s'il s'apercevait soudain que cet ami, en qui il avait mis sa confiance, le trompait depuis des années. Il en pleurait. La nuit, il ne dormait plus; il continuait de se tourmenter. Il s'accusait lui-même: est-ce qu'il ne savait plus juger? Est-ce qu'il était devenu tout à fait idiot?... Non, non, plus que jamais, il voyait la beauté rayonnante du jour, il sentait l'abondance généreuse de la vie: son cœur ne le trompait point...

Longtemps encore, il n'osa pas toucher à ceux qui étaient pour lui les meilleurs, les plus purs, le Saint des Saints. Il tremblait de porter atteinte à la foi qu'il avait en eux. Mais comment résister à l'impitoyable instinct d'une âme véridique, qui veut aller jusqu'au bout et voir les choses comme elles sont, quoi qu'on doive en souffrir?—Il ouvrit donc les œuvres sacrées, il fit donner la dernière réserve, la garde impériale... Dès les premiers regards, il vit qu'elles n'étaient pas plus immaculées que les autres. Il n'eut pas le courage de continuer. À certains moments, il s'arrêtait, il fermait le livre; comme le fils de Noé, il jetait le manteau sur la nudité de son père...

 彼は市立音楽堂の音楽会に臨んでいた。茶卓が十一、二列――二、三百ばかり並んでる広間だった。奥に舞台があって、そこに管絃楽団が控えていた。クリストフのまわりには、薄黒い長い上着をきちっとまとった将校連中! 髯ひげを剃そった、赤い、真面目まじめな、俗気たっぷりの、大きな顔の連中、それから、例の誇張癖を発揮して、盛んに談笑してる貴婦人たち、それから、歯並みをすっかりむき出した微笑ほほえみ方をする、善良な令嬢たち、それから、髯ひげと眼鏡との中に潜み込んで、眼の丸い人のよい蜘蛛くもに似ている、大男たち。彼らは健康を祝して杯を挙げるたびごとに、椅子いすから立ち上がっていた。そういう行ないを、宗教的な敬意をこめてやっていた。その瞬間には、彼らの顔つきも音調も変わった。ミサでも唱えてるような調子で、奠酒てんしゅをささげ合い、聖杯を飲み干し、荘厳と滑稽こっけいとの交った様子だった。音楽は談話と皿さら音の間に打ち消されていた。それでも皆、つとめて低声に話しひそやかに食べてるのだった。音楽長は背の曲がった大きな老人で、白髯はくぜんを尻尾しっぽのように頤あごにたれ、反そり返った長い鼻をし、眼鏡をかけて、言語学者のような風采ふうさいだった。――すべてそれらの類型的人物を、クリストフは久しい以前から見慣れていた。しかしその日はややもすれば、それらを漫画視しがちであった。そういうふうに、人物の奇怪な点が、平素は気づきもしないのに、別になんという理由もなく、突然眼についてくるような日が、往々あるものである。
管絃楽の曲目には、エグモントの序曲、ワルトトイフェルの円舞曲ワルツ、タンホイゼルのローマ巡礼、ニコライの陽気な女房の序曲、アタリーの宗教行進曲、および、北極星といふ幻想曲ファンタジア、などが含まれていた。管絃楽は、ベートーヴェンの序曲を几帳面きちょうめんに演奏し、それから円舞曲ワルツを猛然と演奏した。タンホイゼルの巡礼が奏されてる間に、酒瓶さけびんの栓せんを抜く音が聞えた。クリストフの隣りのテーブルにすわっていた大男が、陽気な女房の節ふしを取りながらフォルスタフの身振りをした。空色の長衣を着、白い帯をしめ、御子しし鼻に金の鼻眼鏡をかけ、腕の赤い、胴の大きな、肥満した年増の婦人が、シューマンとブラームスとの二、三の歌曲リードを、しっかりした声で歌った。彼女は眉まゆをつり上げ、横目を使い、瞬またたきをし、左右に頭をうち振り、月のようなその顔に、凍りついた大きな微笑を浮かべ、そして、彼女のうちに輝き出してる厳格な正直さがなかったら、奏楽コーヒー店を時々偲しのばせるような、大袈裟おおげさな身振りを盛んにやった。一家の母親たる彼女は、熱烈な娘や青春や情熱などを演じたのである。かくてシューマンの詩は、なんとなく育児院めいた無趣味な匂においを帯びてきた。聴衆は歓喜していた。――しかし、「南ドイツ男声合唱団」が現われた時、聴衆の注意は厳粛になった。彼らは感傷に満ちた種々の合唱曲を、順次にささやいたり喚わめいたりした。四十人の人員で、四人で歌ってるような調子だった。あたかもその合唱から、本来の合唱的特色をことごとく除き去ろうと努めてるかと思われた。大太鼓をたたくような急激な大声を交えながらも、細かな旋律的効果を、内気な涙っぽい細やかな気分を、息も絶え絶えの最弱音の調子を、ねらったものであった。豊満と平衡との欠除であり、甘ったるい様式であった。ボットムの言葉を思わせた。
――私に獅子ししの役をやらしてください。雛ひなに餌えをやる女鳩めばとのように、私はやさしく吼ほえてみせます。鶯うぐいすかと思われるように、私は吼えてみせます。
クリストフは初めから耳を傾けながら、次第に呆気あっけにとられてきた。そういうものは彼にとっては少しも珍しいものではなかった。それらの音楽会、管弦楽団、聴衆、それを彼はよく知っていた。ところが今にわかに、そのすべてが嘘うそであるように思われた、すべてが、最も好んでいたものまでが、エグモントの序曲までが。その荘麗な混乱と正確な紛擾ふんじょうとは、今は誠実を欠いてるかのように彼の気色を害した。もちろん彼が聞いたのは、ベートーヴェンやシューマンではなく、その滑稽こっけいな演奏者らであり、その鵜呑うのみにしたがってる聴衆であって、彼らの濃厚な馬鹿ばかさ加減は、重々しい雲のように作品のまわりに立ちこめていた。――がそれはそれとして、作品の中にも、最もりっぱな作品の中にさえも、クリストフがまだかつて感じたことのないある不安なものがこもっていた。――いったいそれはなんであるか? 彼は愛する大家を論議することの不敬を考えて、それをあえて分析して考察することができなかった。しかしいくら見まいとしても、それが眼についた。そして心ならずも見つづけていた。ピザのヴェルゴニョザのように、指の間からのぞいていた。
彼は赤裸々なドイツ芸術を見た。すべての者が――偉大な者も愚かな者も――一種感傷的な慇懃いんぎんさで自分の魂を披瀝ひれきしていた。感動があふれ、高尚な道徳心が滴したたり、心をこめて夢中に感情が吐露されていた。恐るべきゲルマン多感性の水門が、切って放たれていた。その多感性は強者の元気を希薄にし、弱者を灰色の水の下におぼらしていた。一つの汎濫はんらんであった。ドイツの思想がその底に眠っていた。しかも、メンデルスゾーン式の、ブラームス式の、シューマン式の思想は、また引きつづいては、誇張的な空涙的な歌曲のちっぽけな作者たち一団の思想は、往々にしてなんたるものであったか! 皆砂でできていた。一つの岩もなかった。湿った怪しげな土器であった……。それらは皆、いかにもくだらない幼稚きわまるものだったので、全聴衆がそれにびっくりしていなかろうとは、クリストフには信じ得られないほどだった。ところがまわりをながめると、安泰そうな顔つきばかりだった。聞いてるのは美しい曲ばかりであり、愉悦が得られるに違いないと、前もって思い込んでしまってる連中だった。その彼らにどうして、みずから批判をくだすことなんかできたろう? 彼らはそれら神聖な大家の名前にたいして、満腔まんこうの尊敬をささげていた。彼らの尊敬しないものは何があったろう? その番組にたいしても、酒杯にたいしても、自分自身にたいしても、みな恭々うやうやしかった。近くとも遠くとも、すべて自分に関係のあるものにたいしては、「閣下」の尊称を頭の中で与えてるらしかった。
クリストフは代わる代わるに、聴衆と作品とのことを考えてみた。あたかも庭の飾りの球たまのように、作品は聴衆を反映し、聴衆は作品を反映していた。クリストフは笑い出したい気持になって、顔をしかめた。それでもなお我慢していた。けれども「南ドイツ人」の一団が現われて、恋に落ちた若い娘の気恥ずかしい告白を、堂々と歌いだした時には、もう堪えられなかった。彼は放笑ふきだした。憤りの叱声しっせいが起こった。隣席の人々は驚いて彼をながめた。それらの憤慨した善良な顔を見ると、彼は愉快になった。彼はますます笑い、笑いつづけ、涙を出して笑いこけた。それには人々も怒った。「出ろ!」と人々は叫んだ。彼は立ち上がり、こみ上げてくる哄笑こうしょうに背中を震わしながら、肩をそびやかして出て行った。その退席は人々の憤慨を招いた。それが、クリストフとその町との間の敵意の始まりであった。

右の経験のあとで、クリストフは家に帰ると、「神聖なる」音楽家らの作品を読み返してみた。そして自分が最も愛していた楽匠中にも、嘘うそをついてる者のあるのを認めて駭然がいぜんとした。初めはそれを疑おうとつとめ、自分の誤解だと思おうとつとめた。――だが、どうしても駄目だめだった。……大国民の芸術的至宝をこしらえている凡庸ぼんようと虚偽との量に、彼は驚かされた。審査に堪え得るページは、いかに僅少きんしょうなことだったろう!
それ以来彼は、敬愛していた他の作品を読むにも、もはや懸念に胸を震わさざるを得なかった。……鳴呼ああ、彼は何かに誑たぶらかされたようだった。何物にも同じような不満ばかりだった。ある楽匠にたいしては、断腸の思いをした。愛する友を失ったようなものだった。信頼しきっている友から数年来欺かれていたことに気づいたようなものだった。それを彼は泣いた。もう夜も眠れなかった。たえず苦しんだ。みずから自分をとがめた。もう自分には判断ができなくなったのか? 自分はまったく馬鹿になってしまったのか? 否々、晴れやかな日の麗わしさは、いつもよりずっとよく眼にはいった。人生のみごとな豊富さは、いつもよりずっとよく感ぜられた。彼の心は少しも彼を欺いてはいなかった。
なお長らく彼は、自分にとって最もりっぱな人々、最も純粋な人々、聖者中の聖者とも言うべき人々、そういう楽匠にはあえて手を触れなかった。彼らにたいしていだいてる信仰が傷つけられはすまいかと恐れた。しかしながら、最後まで突進して、たとい苦しみを受けようとも、事物の真相を見きわめんと欲する、誠実な魂の仮借かしゃくなき本能には、どうして抵抗することができよう?――で彼はついに神聖なる作品をひらいた。最後の予備隊、近衛このえ兵……をもくり出した。そして一目見ると、それらもやはり他の作品と同じく無瑾むきずではなかった。彼は読みつづけるだけの勇気がなかった。時々、読みやめては本を閉じた。彼はノアの息子むすこのように、父親の裸体にマントを投げかけたのであった……。

 

Après, il restait abattu, au milieu de ces ruines. Il eût mieux aimé perdre un bras que ses saintes illusions. Son cœur était en deuil. Mais une telle sève était en lui que sa confiance dans l'art n'en fut pas ébranlée. Avec la présomption naïve du jeune homme, il recommençait la vie, comme si personne ne l'avait vécue avant lui. Dans la griserie de sa force neuve, il sentait—non sans raison, peut-être—qu'à peu d'exceptions près, il n'y a aucun rapport entre les passions vivantes et l'expression que l'art en a donnée. Mais il se trompait en pensant que lui-même était plus heureux ou plus vrai, quand il les exprimait. Comme il était plein de ses passions, il lui était aisé de les retrouver au travers de ce qu'il écrivait; mais personne autre que lui ne les eût reconnues, sous le vocabulaire imparfait dont il les désignait. Beaucoup des artistes qu'il condamnait, étaient dans le même cas. Ils avaient eu et traduit des sentiments profonds; mais le secret de leur langue était mort avec eux.

Christophe n'était pas psychologue, il ne s'embarrassait pas de toutes ces raisons: ce qui était mort pour lui l'avait toujours été. Il révisait ses jugements sur le passé avec l'injustice féroce et assurée de la jeunesse. Il mettait à nu les plus nobles âmes, sans pitié pour leurs ridicules. C'était la mélancolie cossue, la fantaisie distinguée, le néant bien pensant de Mendelssohn. C'était la verroterie et le clinquant de Weber, sa sécheresse de cœur, son émotion cérébrale. C'était Liszt, père noble, écuyer de cirque, néo classique et forain, mélange à doses égales de noblesse réelle et de noblesse fausse, d'idéalisme serein et de virtuosité dégoûtante. C'était Schubert, englouti sous sa sensibilité, comme sous des kilomètres d'eau transparente et fade. Les vieux des âges héroïques, les demi-dieux, les Prophètes, les Pères de l'Église, n'étaient pas épargnés. Même le grand Sébastien, l'homme trois fois séculaire, qui portait en lui le passé et l'avenir,—Bach,—n'était pas pur de tout mensonge, de toute niaiserie de la mode, de tout bavardage d'école. Cet homme qui avait vu Dieu semblait parfois à Christophe d'une religion insipide et sucrée, style jésuite, rococo. On trouvait dans ses Cantates des airs de langueur amoureuse et dévote—(des dialogues de l'Ame qui coquette avec Jésus).—Christophe en était écœuré: il croyait voir des chérubins joufflus, faisant des ronds de jambe. Puis, il avait le sentiment que le génial Cantor écrivait dans sa chambre close: cela sentait le renfermé; il n'y avait pas dans sa musique cet air fort du dehors qui souffle chez d'autres, moins grands musiciens peut-être, mais plus grands hommes,—plus hommes—tels Beethoven, ou Hændel. Ce qui le blessait aussi chez les classiques, c'était leur manque de liberté: presque tout dans leurs œuvres était «construit». Tantôt une émotion était amplifiée par tous les lieux communs de la rhétorique musicale, tantôt c'était un simple rythme, un dessin ornemental, répété, retourné, combiné en tous sens, d'une façon mécanique. Ces constructions symétriques et rabâcheuses—sonates et symphonies—exaspéraient Christophe, peu sensible, en ce moment, à la beauté de l'ordre, des plans vastes et bien conçus. Elles lui semblaient l'œuvre de maçons plutôt que de musiciens.

Il ne faudrait pas croire qu'il en fût moins sévère pour les romantiques. Chose curieuse, il n'y avait pas de musiciens qui l'irritassent davantage que ceux qui avaient prétendu être le plus libres, le plus spontanés, le moins constructeurs,—ceux qui, comme Schumann, avaient versé, goutte à goutte, dans leurs innombrables petites œuvres, leur vie tout entière. Il s'acharnait contre eux avec d'autant plus de colère qu'il reconnaissait en eux son âme adolescente et toutes les niaiseries qu'il s'était juré d'en arracher. Certes, le candide Schumann ne pouvait être taxé de fausseté: il ne disait presque jamais rien qu'il n'eût vraiment senti. Mais, justement, son exemple amenait Christophe à comprendre que la pire fausseté de l'art allemand n'était pas quand ses artistes voulaient exprimer des sentiments qu'ils ne sentaient point, mais bien plutôt quand ils voulaient exprimer des sentiments qu'ils sentaient—et qui étaient faux. La musique est un miroir implacable de l'âme. Plus un musicien allemand est naïf et de bonne foi, plus il montre les faiblesses de l'âme allemande, son fond incertain, sa sensibilité molle, son manque de franchise, son idéalisme un peu sournois, son incapacité à se voir soi-même, à oser se voir en face. Ce faux idéalisme était la plaie, même des plus grands,—de Wagner. En relisant ses œuvres, Christophe grinçait des dents. Lohengrin lui paraissait d'un mensonge à hurler. Il haïssait cette chevalerie de pacotille, cette bondieuserie hypocrite, ce héros sans peur et sans cœur, incarnation d'une vertu égoïste et froide qui s'admire et qui s'aime avec prédilection. Il le connaissait trop, il l'avait vu dans la réalité, ce type de pharisien allemand, bellâtre, impeccable et dur, en adoration devant sa propre image, à la divinité de laquelle il n'a point de peine à sacrifier les autres. Le Hollandais Volant l'accablait de sa sentimentalité massive et de son morne ennui. Les barbares décadents de la Tétralogie étaient, en amour, d'une fadeur écœurante. Siegmund, enlevant sa sœur, ténorisait une romance de salon. Siegfried et Brünnhilde, en bons mariés allemands, dans la Gœtterdæmmerung, étalaient aux yeux l'un de l'autre, et surtout du public, leur passion conjugale, pompeuse et bavarde. Tous les genres de mensonge s'étaient donné rendez-vous dans ces œuvres: faux idéalisme, faux christianisme, faux gothisme, faux légendaire, faux divin, faux humain. Jamais convention plus énorme ne s'était affichée que dans ce théâtre qui prétendait renverser toutes les conventions. Ni les yeux, ni l'esprit, ni le cœur n'en pouvaient être dupes, un instant; pour qu'ils le fussent, il fallait qu'ils voulussent l'être.—Ils le voulaient. L'Allemagne se délectait de cet art vieillot et enfantin, art de brutes déchaînées et de petites filles mystiques et gnangnan.

Et Christophe avait beau faire: dès qu'il entendait cette musique, il était repris, comme les autres, plus que les autres, par le torrent et par la volonté diabolique de l'homme qui l'avait déchaîné. Il riait et il tremblait, et il avait les joues allumées; il sentait passer en lui des chevauchées d'armées; et il pensait que tout était permis à ceux qui portaient ces ouragans. Quels cris de joie il poussait lorsque, dans les œuvres sacrées qu'il ne feuilletait plus qu'en tremblant, il retrouvait son émotion d'autrefois, toujours aussi ardente, sans que rien vînt ternir la pureté de ce qu'il aimait! C'étaient de glorieuses épaves qu'il sauvait du naufrage. Quel bonheur! Il lui semblait qu'il sauvait une partie de lui-même. Et n'était-ce point lui? Ces grands Allemands, contre lesquels il s'acharnait, n'étaient-ils pas son sang, sa chair, son être le plus précieux? Il n'était si sévère pour eux que parce qu'il l'était pour lui. Qui les aimait mieux que lui? Qui sentait plus que lui la bonté de Schubert, l'innocence de Haydn, la tendresse de Mozart, le grand cœur héroïque de Beethoven? Qui s'était réfugié plus religieusement dans le bruissement des forêts de Weber, et dans les grandes ombres des cathédrales de Jean-Sébastien, dressant sur le ciel gris du Nord, au-dessus de la plaine allemande, leur montagne de pierre et leurs tours gigantesques aux flèches ajourées?—Mais il souffrait de leurs mensonges, et il ne pouvait les oublier. Il les attribuait à la race, et leur grandeur à eux-mêmes. Il avait tort. Grandeur et faiblesses appartiennent également à la race dont la pensée puissante et trouble roule comme le plus large fleuve de musique et de poésie, où l'Europe vienne boire... Et chez quel autre peuple eût-il trouvé la pureté naïve, qui lui permettait en ce moment de le condamner si durement?

Il ne s'en doutait point. Avec l'ingratitude d'un enfant gâté, il retournait contre sa mère les armes qu'il en avait reçues. Plus tard, plus tard, il devait sentir tout ce qu'il lui devait, et combien elle lui était chère...

Mais il était dans une période de réaction aveugle contre les idoles de son enfance. Il s'en voulait et il leur en voulait d'avoir cru en elles avec un abandon passionné.—Et il était bien qu'il en fût ainsi. Il y a un âge de la vie, où il faut oser être injuste, où il faut oser faire table rase de toutes les admirations et de tous les respects appris, et tout nier—mensonges et vérités—tout ce que l'on n'a pas reconnu vrai par soi-même. Par toute son éducation, par tout ce qu'il voit et entend autour de lui, l'enfant absorbe une telle somme de mensonges et de sottises mélangées aux vérités essentielles de la vie que le premier devoir de l'adolescent qui veut être un homme sain est de tout dégorger.

Christophe passait par cette crise de robuste dégoût. Son instinct le poussait à éliminer de son être les éléments indigestes qui l'encombraient.

Avant tout, cette écœurante sensibilité, qui dégouttait de l'âme allemande comme d'un souterrain humide et sentant le moisi. De la lumière! De la lumière! Un air rude et sec, qui balayât les miasmes du marais, les fades relents de ces Lieder, de ces Liedchen, de ces Liedlein, aussi nombreux que les gouttes de pluie, où se déverse intarissablement le Gemüt germanique: ces innombrables Sehnsucht (Désir), Heimweh (Nostalgie), Aufschwung (Essor), Frage (Demande), Warum? (Pourquoi?), an den Mond (À la lune), an die Sterne (Aux étoiles), an die Nachtigall (Au rossignol), an den Frühling (Au printemps), an den Sonnenschein (À la clarté du soleil); ces Frühlingslied (Chant du printemps), Frühlingslust (Plaisir du printemps), Frühlingsgruss (Salut du printemps), Frühlingsfahrt (Voyage de printemps), Frühlingsnacht (Nuit de printemps), Frühlingsbotschaft (Message de printemps); ces Stimme der Liebe (Voix de l'amour), Sprache der Liebe (Parole de l'amour), Trauer der Liebe (Tristesse de l'amour), Geist der Liebe (Esprit de l'amour), Fülle der Liebe (Plénitude de l'amour); ces Blumenlied (Chant des fleurs), Blumenbrief (Lettre des fleurs), Blumengruss (Salut des fleurs); ces Herzeleid (Peine de cœur), mein Herz ist schwer (Mon cœur est lourd), mein Herz ist betrübt (Mon cœur est trouble), mein Aug ist trüb (Mon œil est trouble); ces dialogues candides et nigauds avec la Röselein (petite rose), avec le ruisseau, avec la tourterelle, avec l'hirondelle; ces questions saugrenues:—«Si l'églantier devrait être sans épines»,—«Si c'est avec un vieil époux que l'hirondelle a fait son nid, ou si elle vient de se fiancer depuis un peu de temps»:—tout ce déluge de tendresse fade, d'émotion fade, de mélancolie fade, de poésie fade... Que de belles choses profanées, de hauts sentiments, usés à tout propos, et sans propos! Car le pire était l'inutilité de tout cela: c'était une habitude de déshabiller son cœur en public, une propension affectueuse et niaise à se confier bruyamment. Rien à dire, et toujours parler! Ce bavardage ne finirait-il jamais?—Holà! Silence aux grenouilles du marais!

 やがて彼は、それらの廃墟はいきょの中に困惑してたたずんだ。神聖な幻影を失うくらいなら、むしろ自分の片腕を失っても惜しくなかった。心の中の死の悲しみだった。しかし彼のうちには強い活気が宿っていたので、芸術にたいする信頼の念は、そのために動揺されはしなかった。青年のひたむきな自負心をもって、あたかも自分より前にはだれも生きた者がないかのように、ふたたび生活を開始した。生きた熱情と、それに対する芸術の表現との間には、ほとんど例外なしになんらの関係もないということを、彼は自分の新しい力に酔いながら感じていた――おそらく理由がないでもなかったろうが。しかし彼がみずから熱情を表現した時、よりうまくより真実にやれたことと思ったのは、誤りであった。彼はまだそれらの熱情に満たされていたので、自分の書いたもののうちにそれらを見出すのは容易であった。けれども彼以外の他人には、彼が使ったような不完全な彙語いごのもとにそれらを認知し得る者は、一人もなかったであろう。彼が非難した多くの芸術家についても、同様であった。彼らは皆、深い感情をいだきそれを表現した。しかし彼らの用いた言葉の秘訣ひけつは、彼らとともに死んでしまったのである。
クリストフは少しも心理学者ではなかった。それらの理由には少しも困らされなかった。自分にとって滅びたものは、永久に滅びたものとなるのであった。彼は青春の自信深い強烈な不正さをもって、過去の人々にたいする自分の批判を点検した。彼は最も高尚な魂をも赤裸になして、その滑稽こっけいな点をも無慈悲にえぐり出した。メンデルスゾーンのうちには、あり余った憂愁、気取った幻想、空虚な思想などがあった。ウェーバーには、ガラス細工や金ぴか、心の乾燥、頭だけの情緒。リストは、気高い長老で曲馬師で新古典派で香具師やし、実際の気高さと偽りの気高さとの同分量の混合、晴朗な理想と厭味いやみな老練さとの同分量の混合。シューベルトは、無色透明な数千メートルの水底にあるかのように、多感性の下にうずくまってるのであった。その他、英雄時代の古人、半人半神、予言者、教会の長老、皆クリストフの批判を免れなかった。数世紀にまたがりおのれのうちに過去未来を包括ほうかつしてる、偉人セバスチアン――セバスチアン・バッハ――でさえも虚偽や世俗の愚劣さや書生じみた饒舌じょうぜつなどから、まったく免れてるとは言えないのであった。神を見たこの人も、クリストフの眼から見れば往々にして、面白くもない甘っぽい宗教があり、偽善的な陳腐ちんぷな様式があった。その交声曲カンタータのうちには、恋と信仰との憔悴しょうすいの曲調があった。――(嬌態きょうたいの魂とキリストとの対話が。)――クリストフはそれに胸を悪くした。ダンスの足取りをしている豊頬ほうきょうの天使を見るような気がした。それにまた、この天才的楽匠はいつも閉しめ切った室の中で書いてたように、彼には感ぜられた。幽閉の感じが漂っていた。おそらく音楽家としては劣っていたろうが、しかし人間としてはすぐれた――ずっと人間的な――他の人々に、たとえばベートーヴェンやヘンデルなどにあるような、外界の強い空気の流れが、その音楽の中には存していなかった。また古典派クラシック作家らのうちで彼の気色を害したことは、自由の欠乏であった。彼らの作品では、ほとんどすべてが「組み立て」られたものであった。あるいは、月並みな音楽的修辞法で誇張されてる情緒があり、あるいは、機械的な方法であらゆるふうにくり返されこね回され配合されてる、簡単な律動リズムが、装飾的意匠があった。それらの対照的な冗複な構造――奏鳴曲ソナタや交響曲シンフォニー――は、広大精巧な設計や端整さなどの美に当時あまり敏感でなかったクリストフを、憤激させるのであった。音楽家の仕事というよりむしろ左官屋の仕事のように彼には思われた。
彼はまた浪漫派ロマンチック作家らにたいしても、同じく峻厳しゅんげんだった。不思議なことには、最も自由であり、最も自発的であり、最も建築的でないと、自称していた音楽家ほど――たとえばシューマンのように、無数の小曲のうちに、自分の全生命を一滴ずつ注ぎ込んだ人々ほど、彼をいらだたせるものはなかった。みずから脱却しようと誓った自分の少壮な魂やあらゆる稚気を、彼らのうちにもやはり見出しただけに、なおさら憤激した。もとより、誠実なシューマンは虚構をもって難ぜられるはずはなかった。彼が言ってることはほとんどすべて、ほんとうに感じたことばかりだった。しかし、ちょうどシューマンの例によってクリストフが理解するにいたったことは、ドイツ芸術の最も悪い虚構は、その芸術家らが少しも実感しない感情を表現しようと欲したから起こったというより、むしろ彼らが実感する感情――実感する嘘の感情――を表現しようと欲したから起こったということであった。音楽は魂の仮借かしゃくなき鏡である。ドイツの音楽家にして、率直で信実であればあるほど、ますます彼が示すところのものは、ドイツ魂の弱点であって、不安定な根底、柔惰な多感性、率直さの欠乏、多少狡猾こうかつな理想主義、自己を見、あえて自己を正視することの不可能、などであった。この誤れる理想主義は、最も偉大な人々の――たとえばワグナーの、急所であった。その作品を読み返しながら、クリストフは歯ぎしりをした。ローエングリンは、罵倒ばとうすべき虚偽の作であるように思われた。その下卑げびた騎士道、偽善的なもったい振り、好んでおのれを賛美しおのれを愛する我利冷酷な徳操の化身とも言うべき、恐怖も知らないが人情も知らないその英雄、それを彼は憎みきらった。自分の面影を崇拝し、その神聖さにたいしては他人を犠牲にしても顧みない、自惚うぬぼれの強い几帳面きちょうめんな堅苦しい、かかるドイツ的偽善の人物を、彼はよく知りすぎてい、現実に見たことがあった。さまよえるオランダ人は、その重々しい感傷性と陰鬱いんうつな倦怠けんたいとで彼の心を圧倒した。四部曲の野蛮な頽廃たいはい的人物は、恋愛において堪たまらないほど空粗だった。妹を奪ってゆくジーグムントは、客間式の華想曲ロマンスをテナーで歌っていた。神々の黄昏中のジーグフリート、ブリュンヒルデは、ドイツのりっぱな夫妻として、たがいの眼に、とくに公衆の眼に、浮華饒舌じょうぜつな夫婦の情熱を盛んに見せつけていた。それらの作品中には、あらゆる種類の虚偽が集まっていた、嘘うその理想主義、嘘のキリスト教、嘘のゴチック主義、嘘の伝説味、嘘の神性味、嘘の人間味などが。あらゆる因襲を覆くつがえすものとせられてるその劇ぐらい、巨大な因襲を振りかざしてるものはなかった。眼も精神も心も、片時なりとそれに欺かれるはずはなかった。進んで欺かれようと思わないかぎりは、欺かれるはずはなかった。――ところが人々の眼や精神や心は、欺かれることを望んでいた。ドイツは、その老耄ろうもうなまた幼稚な芸術を、解き放された畜生ともったいぶった気取りやの小娘との芸術を、歓よろこび楽しんでいた。
そしてクリストフ自身も、いかんともできなかった。彼はそういう音楽を聞くや否や、他人と同じく、他人よりももっとはなはだしく、音の急湍きゅうたんとそれを繰り出す作者の悪魔的意志とにとらえられた。彼は笑った、うち震えた、頬ほおを熱ほてらした。騎馬の軍隊が自分のうちを通るのを感じた。そういう暴風をおのれのうちにもってる人々には、すべてが許されてると考えた。もはやうち震えながらしか繙ひもとくことのできない神聖な作品のうちに、愛していたものの純潔さを何物にも曇らされることなく、昔と同じ激しい感動をふたたび見出す時、いかに彼は喜びの叫びをたてたことだろう! それは彼が難破から救い上げた光栄ある残留品だった。なんたる仕合わせぞ! 自分自身の一部を救い出したような気持だった。そして実際、それは彼自身ではなかったであろうか? 彼が憤激して非難したそれらドイツの偉人は、彼の血、彼の肉、彼の最も貴い存在、ではなかったであろうか? 彼が彼らにたいしてあれほど峻厳だったのは、自分自身にたいして峻厳だったからである。彼以上に彼らを愛したものがあったろうか? シューベルトの温良さ、ハイドンの無邪気さ、モーツァルトの情愛、ベートーヴェンの勇壮偉大な心、それを彼以上によく感じたものがあったろうか? ウェーベルの森の戦そよぎの中に、または、北方の灰色の空に、ドイツ平原のはるかに、石の巨体と見通し尖頂せんちょうの大きな塔をそばだてている、ヨハン・セバスチアンの大伽藍がらんの大きな影の中に、彼以上に敬虔けいけんな情をもって身を潜めた者があったろうか?――しかしながら彼はまた、彼らの虚偽を苦しんでいた。それを忘れることができなかった。そして彼らの虚偽を民族に帰し、彼らの偉大さを彼ら自身に帰したのであった。彼は間違っていた。偉大な点も弱点も、等しく民族に属するものである。この民族の力強い混沌こんとんたる思想は、音楽や詩の大河となって逆巻さかまき、全ヨーロッパはその河水を飲みに来る。――実際彼は、今彼をしてかくも峻烈しゅんれつに民衆を非難せしめている率直な純真さを、他のいかなる民衆のうちに見出し得たであろうか?
彼はそれらのことに少しも気づかなかった。駄々だだっ児この恩知らずな心をもって、母体から受けた武器を母体に差し向けていた。あとになって、あとになってこそ、彼は初めて感ずるに違いない、母体に負うところがいかに多いかを、自分にとってその母体がいかに貴いものであるかを……。
しかし彼は今、おのれの幼年時代の偶像にたいする盲目的な反動の時期にあった。彼はそれらの偶像を憎み、自分が夢中になって信仰したことを偶像に向かって恨んでいた。――そして彼がそうあるのはいいことであった。生涯しょうがいのある年代においては、あえて不正であらなければいけない。注入されたあらゆる賛美とあらゆる尊敬とを塗抹とまつし、すべてを――虚偽をも真実をも、否定し、真実だと自分で認めないすべてのものを、あえて否定しなければいけない。年若い者は、その教育によって、周囲に見聞きする事柄によって、人生の主要な真実に混淆こんこうしている虚偽と痴愚とのきわめて多くの量を、おのれのうちに吸い込むがゆえに、健全なる人たらんと欲する青年の第一の務めは、すべてを吐き出すことにある。

クリストフはこの強健な嫌悪けんおを事とする危機を通っていた。自分の一身を閉塞へいそくしてる不消化物を本能的に排出していた。
まず第一に、湿った黴かび臭い地下室からのように、ドイツ魂から滴したたっている、胸悪くなる多感性があった。光よ、光よ! 荒い乾かわいた空気よ! 沼沢の毒気を、ゲルマン魂ゲミュートが無尽蔵にみなぎっている、雨滴のように数多い歌曲リードや小歌曲の白けた臭気を、一掃してくれないか。それらのものは無数にあった。慾望、郷愁、跳躍、願い、いかなれば? 月に、星に、鶯に、春に、太陽の光に、春の歌、春の快楽、春の会釈、春の旅、春の夜、春の使い、愛の声、愛の言葉、愛の悲しみ、愛の精、愛の豊満、花の歌、花の文、花の会釈、心の痛み、吾が心重し、吾が心乱る、吾が眼曇る、または、小薔薇ばらや小川や雉鳩きじばとや燕つばめなどとの、仇気あどけない馬鹿げた対話、または、次のようなおかしな問い――野薔薇に刺がなかりせば、――老いたる良人と燕は巣を作りしならば、あるいは、近き頃燕は婚約したりしならば。――すべてそれらの、空粗な愛情、空粗な情緒、空粗な憂愁、空粗な詩、などの汎濫はんらん……。いかに多くの美しいものが俗化され、いかに多くの気高い感情が、あらゆる場合にゆえもなく使い古されてることだろう! 最も悪いのは、すべてそれらのものが無駄むだになってることだった。それは公衆におのれの心を開き示さんとする習癖であり、やかましく意中を吐露せんとする、態わざとらしいつまらない性癖であった。言うべきこともないのに常に口をきいていた。その饒舌はいつまでもやまないのか?――これ、沼の蛙かえるども黙らないか!

 

Nulle part Christophe ne sentait plus crûment le mensonge que dans l'expression de l'amour: car il était ici plus à même de le comparer avec la vérité. Cette convention des chants d'amour, larmoyants et corrects, ne répondait à rien ni des désirs de l'homme, ni du cœur féminin. Cependant, les gens qui avaient écrit cela avaient dû aimer, au moins une fois dans leur vie! Était-il possible qu'ils eussent aimé ainsi? Non, non, ils avaient menti, menti comme toujours, ils s'étaient menti à eux-mêmes; ils avaient voulu s'idéaliser... Idéaliser! c'est-à-dire: avoir peur de regarder la vie en face, être incapable de voir les choses, comme elles sont.—Partout, la même timidité, le manque de franchise virile. Partout, le même enthousiasme à froid, la solennité pompeuse et théâtrale, dans le patriotisme, dans la boisson, dans la religion. Les Trinklieder (chants à boire) étaient des prosopopées au vin ou à la coupe: «Du herrlich Glas...» («Toi, noble verre...»). La foi, qui devrait jaillir de l'âme comme un flot imprévu, était un article de fabrique, une denrée. Les chants patriotiques semblaient faits pour des troupeaux de moutons, bêlant en mesure...—Hurlez donc!... Quoi! Est-ce que vous continuerez à mentir—à «idéaliser»—jusque dans la soûlerie, jusque dans la tuerie, jusque dans la folie!...

Christophe en était arrivé à prendre en haine l'idéalisme. Il préférait à ce mensonge la brutalité franche.—Au fond, il était plus idéaliste que les autres, et il ne devait pas avoir de pires ennemis que ces réalistes brutaux, qu'il croyait préférer.

Sa passion l'aveuglait. Il se sentait glacé parle brouillard, le mensonge anémique, «les Idées-fantômes sans soleil». De toutes les forces de son être, il aspirait au soleil. Dans son mépris juvénile pour l'hypocrisie qui l'entourait, ou pour ce qu'il nommait tel, il ne voyait pas la haute sagesse pratique de la race, qui s'était bâti peu à peu son grandiose idéalisme, pour dompter ses instincts sauvages, ou pour en tirer parti. Ce ne sont pas des raisons arbitraires, des règles morales et religieuses, ce ne sont pas des législateurs et des hommes d'État, des prêtres et des philosophes, qui transforment les âmes des races et leur imposent une nouvelle nature: c'est l'œuvre des siècles de malheurs et d'épreuves: ils forgent pour la vie les peuples qui veulent vivre.

Cependant, Christophe composait; et ses compositions n'étaient pas exemptes des défauts qu'il reprochait aux autres. Car la création était chez lui un besoin irrésistible, qui ne se soumettait pas aux règles que son intelligence édictait. On ne crée pas par raison. On crée par nécessité.—Puis, il ne suffit pas d'avoir reconnu le mensonge et l'emphase inhérents à la plupart des sentiments, pour n'y plus retomber: il y faut de longs et pénibles efforts; rien de plus difficile que d'être tout à fait vrai dans la société moderne, avec l'héritage écrasant d'habitudes paresseuses transmis par les générations. Cela est surtout malaisé aux gens, ou aux peuples, qui ont la manie indiscrète de laisser parler leur cœur sans repos, quand il n'aurait rien de mieux à faire, le plus souvent, que de se taire.

Le cœur de Christophe était bien allemand, en cela: il n'avait pas encore appris la vertu de se taire; d'ailleurs, elle n'était pas de son âge. Il tenait de son père le besoin de parler, et de parler bruyamment. Il en avait conscience, et il luttait contre; mais cette lutte paralysait une partie de ses forces.—Il en soutenait une autre contre l'hérédité non moins fâcheuse qu'il tenait de son grand-père: une difficulté extrême à s'exprimer exactement.—Il était fils de virtuose. Il sentait le dangereux attrait de la virtuosité:—plaisir physique, plaisir d'adresse, d'agilité, d'activité musculaire, plaisir de vaincre, d'éblouir, de subjuguer par sa personne le public aux mille têtes; plaisir bien excusable, presque innocent chez un jeune homme, mais néanmoins mortel pour l'art et pour l'âme:—Christophe le connaissait: il l'avait dans le sang; il le méprisait, mais tout de même il y cédait.

Ainsi, tiraillé entre les instincts de sa race et ceux de son génie, alourdi par le fardeau d'un passé parasite qui s'incrustait à lui et dont il ne parvenait pas à se défaire, il avançait en trébuchant, et il était beaucoup plus près qu'il ne pensait de ce qu'il proscrivait. Toutes ses œuvres d'alors étaient un mélange de vérité et de boursouflure, de vigueur lucide et de bêtise bredouillante. Ce n'était que par instants que sa personnalité arrivait à percer l'enveloppe de ces personnalités mortes qui ligotaient ses mouvements.

Il était seul. Il n'avait aucun guide qui l'aidât à sortir du bourbier. Quand il se croyait dehors, il s'y enfonçait de plus belle. Il allait à l'aveuglette, gaspillant son temps et ses forces en essais malheureux. Nulle expérience ne lui était épargnée; et, dans le désordre de cette agitation créatrice, il ne se rendait pas compte de ce qui valait le mieux parmi ce qu'il créait. Il s'empêtrait dans des projets absurdes, des poèmes symphoniques, qui avaient des prétentions philosophiques et des dimensions monstrueuses. Son esprit était trop sincère pour pouvoir s'y lier longtemps; et il les abandonnait avec dégoût, avant d'en avoir esquissé une seule partie. Ou bien, il prétendait traduire dans des ouvertures les œuvres de poésie les plus inaccessibles. Alors il pataugeait dans un domaine qui n'était pas le sien. Quand il se traçait lui-même ses scénarios,—(car il ne doutait de rien),—c'étaient de pures âneries; et quand il s'attaquait aux grandes œuvres de Gœthe, de Kleist, de Hebbel, ou de Shakespeare, il les comprenait tout de travers. Non par manque d'intelligence, mais d'esprit critique; il ne savait pas comprendre les autres, il était trop préoccupé de lui-même: il se retrouvait partout, avec son âme naïve et boursouflée.

À côté de ces monstres qui n'étaient point faits pour vivre, il écrivait une quantité de petites œuvres, qui étaient l'expression immédiate d'émotions passagères,—les plus éternelles de toutes: des pensées musicales, des Lieder. Ici, comme ailleurs, il était en réaction passionnée contre les habitudes courantes. Il reprenait les poésies célèbres, déjà traitées en musique, et il avait l'impertinence de vouloir faire autrement et plus vrai que Schumann et Schubert. Tantôt il tâchait de rendre aux figures poétiques de Gœthe: à Mignon, au Harpiste de Wilhelm Meister, leur caractère individuel, précis et trouble. Tantôt il s'attaquait à des Lieder amoureux, que la faiblesse des artistes et la fadeur du public, tacitement d'accord, s'étaient habituées à revêtir de sentimentalité doucereuse; et il les déshabillait: il leur soufflait une âpreté fauve et sensuelle. En un mot, il prétendait faire vivre des passions et des êtres pour eux-mêmes, et non pour servir de jouets à des familles allemandes en quête d'attendrissements faciles, le dimanche, attablées à quelque Biergarten.

Mais d'ordinaire, il trouvait les poètes, trop littéraires; et il cherchait de préférence les textes les plus simples: de vieux Lieder, de vieilles chansons spirituelles, qu'il avait lues dans un manuel d'édification: il se gardait bien de leur conserver leur caractère de choral: il les traitait de façon audacieusement laïque et vivante. Ou bien c'étaient des proverbes, parfois même des mots entendus en passant, des bribes de dialogues populaires, des réflexions d'enfants:—des paroles gauches et prosaïques, où transparaissait le sentiment tout pur. Là il était à l'aise, et il atteignait à une profondeur, dont il ne se doutait pas.

Bonnes ou mauvaises, le plus souvent mauvaises, l'ensemble de ces œuvres débordaient de vie. Tout n'en était pas neuf: tant s'en fallait. Christophe était maintes fois banal, par sincérité même; il lui arrivait de répéter des formes déjà employées, parce qu'elles rendaient exactement sa pensée, parce qu'il sentait ainsi, et non pas autrement. Pour rien au monde, il n'eût cherché à être original: il lui semblait qu'il fallait être bien médiocre pour s'embarrasser d'un pareil souci. Il cherchait à dire ce qu'il sentait, sans se préoccuper si cela avait été, ou non, dit avant lui. Il avait l'orgueil de croire que c'était encore la meilleure façon d'être original, et que Jean-Christophe n'avait été et ne serait jamais qu'une fois. Avec la magnifique impudence de la jeunesse, rien ne lui semblait fait encore; et tout lui semblait à faire—ou à refaire. Le sentiment de cette plénitude intérieure, d'une vie illimitée, le jetait dans un état de bonheur exubérant et indiscret. Jubilation de tous les instants. Elle n'avait pas besoin de la joie, elle pouvait s'accommoder de la tristesse: sa source était dans sa force, mère de tout bonheur et de toute vertu. Vivre, vivre trop!... Qui ne sent point en lui cette ivresse delà force, cette jubilation de vivre,—fût-ce au fond du malheur,—n'est pas un artiste. C'est la pierre de touche. La vraie grandeur se reconnaît au pouvoir de jubiler, dans la joie et la peine. Un Mendelssohn ou un Brahms, dieux des brouillards d'octobre et de la petite pluie, n'ont jamais connu ce pouvoir divin.

Christophe le possédait; et il faisait montre de sa joie, avec une naïveté imprudente. Il n'y voyait point malice, il ne demandait qu'à la partager avec les autres. Il ne s'apercevait pas que cette joie est blessante pour la plupart des gens, qui ne la possèdent pas. Au reste, il ne s'inquiétait point de plaire ou de déplaire; il était sûr de lui, et rien ne lui paraissait plus simple que de communiquer aux autres sa conviction. Il comparait ses richesses à la pauvreté générale des fabricants de notes; et il pensait qu'il lui serait bien facile de faire reconnaître sa supériorité. Trop facile. Il n'avait qu'à se montrer.

Il se montra.

On l'attendait.

Christophe n'avait pas fait mystère de ses sentiments. Depuis qu'il avait pris conscience du pharisaïsme allemand qui ne veut pas voir les choses comme elles sont, il s'était fait une loi de manifester une sincérité absolue, incessante, intransigeante, sans égards à aucune considération d'œuvre ou de personne. Et comme il ne pouvait rien faire sans le pousser à l'extrême, il disait des énormités, et scandalisait les gens. Il était d'une prodigieuse naïveté. Il confiait à tout venant ce qu'il pensait de l'art allemand, avec la satisfaction d'un homme qui ne veut pas garder pour lui des découvertes inappréciables. Il n'imaginait pas qu'on pût lui en savoir mauvais gré. Quand il venait de reconnaître l'ânerie d'une œuvre consacrée, tout plein de son sujet, il se hâtait d'en faire part à ceux qu'il rencontrait: musiciens, ou amateurs. Il énonçait les jugements les plus saugrenus, avec une figure rayonnante. D'abord, on ne le prit pas au sérieux; on rit de ses boutades. Mais on ne tarda pas à trouver qu'il y revenait trop souvent, avec une insistance de mauvais goût. Il devint évident que Christophe croyait à ses paradoxes; ils parurent moins plaisants. Il était compromettant; il manifestait en plein concert sa bruyante ironie, ou il exprimait son dédain pour les maîtres glorieux.

Tout se colportait dans la petite ville: aucun mot de Christophe n'était perdu. On lui en voulait déjà de sa conduite de l'an passé. On n'avait pas oublié la façon scandaleuse dont il s'était affiché avec Ada. Lui-même ne s'en souvenait plus; les jours effaçaient les jours, il était loin maintenant de ce qu'il avait été. Mais d'autres s'en souvenaient pour lui: ceux dont la fonction sociale, dans toutes les petites villes, est de prendre scrupuleusement note de toutes les fautes, de toutes les tares, de tous les événements tristes, laids, désobligeants, qui concernent leurs voisins, afin que rien n'en soit perdu. Les nouvelles extravagances de Christophe vinrent trouver place a côté des anciennes, dans le registre à son nom. Les unes éclairaient les autres. Aux ressentiments de la morale offensée s'ajoutèrent ceux du bon goût scandalisé. Les plus indulgents disaient de lui:

—Il cherche à se singulariser.

La plupart affirmaient:

—Total verrückt! (Absolument fou.)

 

クリストフがさらにまざまざと虚偽を感じたのは、ことに恋愛の表現中にであった。なぜなら、彼はこの問題ではいっそうよくそれを事実に比較することができたから。涙っぽい几帳面きちょうめんな恋歌の因襲は、男の欲望にも女の心にも、なんら一致してるものがなかった。けれどもそれを書いた人々は、少なくとも一生に一度は恋をしたことがあるに違いなかった。しからば彼らはそういうふうに恋したのであったろうか? 否、否。彼らは嘘うそをつき、例の通り嘘をつき、自分自身に向かっても嘘をついたのだ。彼らは自分を理想化せんと欲したのである。理想化するというのは、人生を正視することを恐れ、事物をあるがままに見るを得ないことである。――いたる所に、同じ臆病おくびょうさ、男らしい率直さの同じような欠乏。いたる所に、愛国心の中にも、飲酒の中にも、宗教の中にも、冷やかな同じ心酔、浮華な芝居じみた同じ厳粛さ。飲酒の歌は皆、酒や杯にたいする擬人法であった、「汝、尚とうとき杯よ……」と。信仰は、不意の波涛はとうのように魂から迸ほとばしり出るべきものでありながら、一つのこしらえ物となり、一つの通用品となっていた。愛国の歌は、程よく鳴いてる従順な羊の群れのためにこしらえられたものであった……。――さあ怒号してみないか?……なんだ、なお嘘を言いつづけるのか……理想化しつづけるのか――陶酔においても、殺害においても、狂愚においてまでも!……
クリストフはついに理想主義を憎むにいたった。そういう虚偽よりも磊落らいらくな粗暴の方がまだ好ましかった。――根本においては、彼はだれよりも理想主義者であって、むしろ好ましいと思ったそれら粗暴な現実主義者こそ、彼の最も忌むべき敵であるはずだった。
彼は自分の熱情に眼を眩くらまされていた。霧のために、貧血症に罹かかってる虚偽のために、「太陽のない幽鬼的観念」のために、凍らされたような気がしていた。一身の力をしぼって太陽を翹望ぎょうぼうしていた。周囲の偽善にたいする、あるいは彼が偽善と名づけてるものにたいする、年少気鋭な軽蔑けいべつ心のあまりに、民族の実際的大智が眼に映じなかった。この民族は、おのれの野蛮なる本能を統御せんがために、もしくはそれを利用せんがために、次第にその壮大な理想主義をうち立てたのであった。民族の魂を変形し、それに新しい性質を帯びさせるものは、専断な理性でもなく、道徳および宗教の規範でもなく、立法家および為政家でも、牧師および哲学者でもない。それは幾世紀もの不幸艱難かんなんの所産であって、生きんと欲する民衆はその間に生のために鍛えられる。

その間もクリストフは作曲していた。そして彼の作は、彼が他人に非難するその欠点から免れてはいなかった。なぜならば、彼にあっては創作はやむにやまれぬ欲求であって、その欲求は理知が提出する規則に服従しはしなかった。人は理性によって創造するのではない。必然の力に駆られて創造するのである。――次に、多くの感情に固有の虚偽や誇張を認めるだけでは、それらにふたたび陥るのを免れるものではない。長い困難な努力が必要である。時代相伝の怠惰な習慣の重い遺産をもちながら、現代の社会において、まったく真実たらんとすることは最も困難である。多くは沈黙を守まもるが最上の策であるにもかかわらず、おのれの心をたえずしゃべらしておく不謹慎な病癖をもってる人々や民衆にとっては、真実たることはことに容易でない。
この点については、クリストフの心はきわめてドイツ的であった。彼はまだ沈黙の徳を知っていなかった。そのうえ、それは彼の年齢にもふさわしくなかった。彼はしゃべりたい欲求を、しかも騒々しくしゃべりたい欲求を、父から受け継いでいた。彼はそれを意識して、それと争っていた。しかしこの争いに彼の力の一部は痲痺まひしていた。――また彼は、祖父から受け継いだ遺伝と争っていた。それもまた同じく厭いやな遺伝で、自己を正確に表現することのはなはだしい困難さであった。――彼は技能の児こであった。技能の危険な魅力を感じていた。――肉体的快楽、巧妙さや軽快さや筋肉の活動の快楽、おのれの一身をもって数千の聴衆を征服し眩惑げんわくし支配するの快楽。それは年若き者にあっては、きわめて宥恕ゆうじょすべきほとんど罪なき快楽ではあるが、しかし芸術と魂とにとっては、致命的なものである。――クリストフはその快楽を知っていた。それを血の中にもっていた。それを軽蔑けいべつしてはいたが、やはりそれに打ち負けていた。
かくて、民族の本能と天分の本能からたがいに引っ張られ、身内に食い込まれて振り払うことのできない寄生的な過去の重荷に圧せられて、彼はつまずきながら進んでいった。そしてみずから排斥していたものに思いのほか接近していた。当時の彼の作品はことごとく、真実と誇張との、明敏な活力とのぼせ上がった愚蒙ぐもうとの、混合であった。彼の性格が、おのれの運動を拘束する故人の性格の外被をつき破ることができるのは、ごく時々にしかすぎなかった。
彼はただ一人であった。彼を助けて泥濘でいねいから引き出してくれる案内者はいなかった。彼は泥濘から外に出たと思ってる時に、ますますそれに落ち込んでいた。不運な詩作に時間と力とを濫費しながら、摸索しつつ進んでいった。いかなる経験をもなめつくした。そしてかかる創作的煩悶はんもんの混乱中にあって、彼は自分が創作するすべてのもののうちで、いずれが最も価値あるかを知らなかった。無法な計画の中で、哲学的主張と奇怪な推測とをもった交響楽詩の中で、途方にくれた。しかしそれに長くかかり合うには、彼の精神はあまりに誠実だった。そしてその一部分をも草案しないうちに、嫌悪けんおの情をもって投げ捨てた。あるいはまた、最も取り扱いがたい詩の作品を、序楽の中に訳出しようと考えた。すると自分の領分でない世界の中に迷い込んだ。また、みずから演劇の筋を立ててみることもあったが――(彼は何物にたいしても狐疑こぎしなかったのである)――それは馬鹿げきったものだった。またゲーテやクライストやヘッベルやシェイクスピヤなどの大作を攻撃する時には、まったくそれを曲解していた。知力が欠けてるのではなかったが、批評的精神が欠けていた。彼はまだ他人を理解し得なかった。あまりに自分自身に心を奪われていた。彼がいたるところに見出したのは、自分の率直な誇張的な魂をそなえてる自分自身であった。
それらのまったく生きる術すべのない怪しい物のほかに、彼は多くの小さな作品を書いていた。折りにふれての情緒を直接に表現したもの――すべてのうちで最も永存すべきもので、音楽的感想、すなわち歌曲リードであった。この場合にも他と同じく、彼は世流の習慣にたいして熱烈な反動をなしていた。すでに音楽に取り扱われてる有名な詩を取り上げて、シューマンやシューベルトなどと異なったしかもより真実な取り扱い方を、傲慢ごうまんにも試みようとしていた。あるいは、ゲーテの詩的な人物、たとえばウィルヘルム・マイステル中の竪琴たてごと手ミニョンなどに、その簡明にして混濁せる個性を与えようとつとめた。あるいは、作者の力弱さと聴衆の無趣味とが暗々裏に一致して、いつも甘っぽい感傷で包み込んでいる、ある種の恋歌にぶつかっていった。そしてその衣を剥ぎ取り、粗野な肉感的な辛辣しんらつさを吹き込んだ。一言にしていえば、熱情や人物を、それ自身のために生きさせようと考え、日曜日ごとに麦酒亭ビエルガルテンに集まって安価な感動を求めているドイツ人らの玩具がんぐになるために、それらを生きさせようとはしなかった。
しかし彼は普通、詩人らをあまりに文学的だと思っていた。そして最も単純な原文、かつて教訓本の中で読んだことのある、古い歌曲リードの原文を、古い霊歌の原文を、好んで捜し求めた。けれども彼はその賛美歌的性質を存続させまいと用心した。大胆なほど通俗な生き生きとした方法で取り扱った。その他の彼が取り上げたものは、種々の俚諺りげん、時としては、通りがかりに耳にした言葉、市井しせいの会話の断片、子供の考え――たいていは拙つたない散文的な文句ではあるが、しかしまったく純な感情がその中に透かし見られるものだった。そういうものになると、彼は楽々とやってのけた。そして自分では気づかないでいる一種の深みに到達していた。
彼の作品にはよいものも悪いものもあり、たいていはよいものより悪いものの方が多かったが、その全体について言えば、生命があふれていた。それでもすべて新しいものではなかった、新しい所ではなかった。クリストフは誠実のためにかえって平凡になることが多かった。すでに用いられてる形式をくり返すことがよくあった。なぜなら、それは彼の思想を正確に現わしていたし、また彼はそういう感じ方をしていて、異なった感じ方をしていなかったからである。彼は少しも独創的たらんことを求めなかった。独創的たらんと齷齪あくせくするのは凡庸ぼんようなるがゆえである、と彼には思えた。彼は自分が実感してることを言おうと努めて、それがすでに前に言われていようといまいと、少しも気にしなかった。しかもそれはかえって独創的たる最上の方法であることを、またジャン・クリストフは過去にも未来にもただ一度しか存在しないということを、彼は傲慢ごうまんにも信じていた。青春の素敵な無遠慮さで、まだ何物もできあがったものはないように思っていた。すべてが作り上げるべき――もしくは作り直すべき――もののように思えた。内部充実の感情は、前途に無限の生命を有するという感情は、過多なやや不謹慎な幸福の状態に彼を陥れていた。たえざる喜悦。それは喜びを求める要もなく、また悲しみにも順応することができた。その源は、あらゆる幸福と美徳との母たる力の中にあった。生きること、あまりに生きること!……この力の陶酔を、この生きることの喜悦を、自分のうちに――たとい不幸のどん底にあろうとも――まったく感じない者は、芸術家ではない。それが試金石である。真の偉大さが認められるのは、苦にも楽にも喜悦することのできる力においてである。メンデルスゾーンやブラームスの輩は、小雨や十月の霧などの神たる輩は、かかる崇高な力をかつて知らなかったのである。
クリストフはその力を所有していた。そして無遠慮な率直さで自分の喜びを見せつけていた。少しも悪意があるのではなかった。他人とそれを共にすることをしか求めていなかった。しかしその喜びをもたない大多数の人々にとっては、それは癪しゃくにさわるものであるということを彼は気づかなかった。そのうえ彼は、他人の気に入ろうと入るまいと平気であった。彼はおのれを確信していた。自分の信ずるところを他人に伝うることは、わけもないことのように思われた。彼はいわゆる楽譜製造人ら一般の貧弱さに、自分の豊富さを比較していた。そして自分の優秀なことを認めさせるのは、きわめて容易なことだと考えていた。容易すぎるくらいだった。おのれを示しさえすればよかった。
彼はおのれを示した。

人々は待ち受けていた。
クリストフは自分の感情をもったいぶって隠しはしなかった。事物をあるがまま見ようと欲しないドイツの虚偽を悟って以来、作品や作家にたいするいかなる定評をも顧慮するところなく、あらゆるものにたいして、絶対的な一徹な不断の誠実を事とするのを、一つの掟おきてとしていた。そして何をするにも極端に奔はしらざるを得なかったので、法外なことを言っては、世人を憤慨さした。彼はこの上もなく率直であった。あたかも価値を絶する大発見を一人胸に秘めたく思わない者のように、ドイツの芸術にたいする自分の考えをだれ構わずにもらしては満足していた。そして相手の不満を招いてるとは想像だもしなかった。定評ある作品の愚劣さを認めると、もうそのことでいっぱいになって、出会う人ごとに、専門家と素人しろうととを問わず、だれにでも急いでそれを言って聞かした。顔を輝かしながら最も暴慢な批評を述べたてた。最初人々は本気に受け取らなかった。彼の気まぐれを一笑に付した。しかしやがて、彼が厭いやに執拗しつようにあまりしばしばくり返すのを気づいた。彼がそれらの僻論へきろんを信じていることは明らかになった。それにたいしては前ほどは笑えなかった。彼は冒涜ぼうとく者だった。演奏の最中に騒々しい嘲弄ちょうろうを示したり、あるいは光栄ある楽匠らにたいする軽蔑けいべつの念を述べたてた。
何事もみな小さな町じゅうに伝わった。彼の一言も取り落とされはしなかった。人々はすでに、前年の行ないについて彼を憎んでいた。アーダといっしょなところを公然と見せつけた破廉恥なやり方を忘れていなかった。彼自身はもう覚えてはいなかった。日は日を消してゆき、今の彼は以前の彼とは非常に隔たっていた。しかし他人は彼のためにそれを覚えていた。隣人に関するあらゆる過失、あらゆる欠点、嫌いやな醜い不面目なあらゆるできごとを、一つも消え失うせないようにと細かく書きたてて、それを社会的職務としている連中が、すべての小都市に存在している。クリストフの新しい矯激な行ないは、昔の行ないと相並んで、彼の名義で帳簿に書きのせられた。両者はたがいに照合し合った。道徳を傷つけられた恨みに、善良な趣味を涜けがされた恨みが加わった。最も寛大な人々は彼のことをこう言った。
「わざと変わった真似まねをしたがってるんだ。」
しかし大多数の者は断言した。
「まったく狂人だ。」

 

Une opinion plus dangereuse encore commençait à se répandre;—son illustre origine en assurait le succès:—on se contait qu'au château, où Christophe continuait de remplir ses fonctions officielles, il avait eu le mauvais goût, parlant au grand-duc en personne, de s'exprimer avec une indécence révoltante sur le compte de maîtres vénérés; il avait, disait-on, appelé l'Elias de Mendelssohn «des patenôtres de clergyman hypocrite», et traité certains Lieder de Schumann de «musique de Backfisch»:—et cela, quand les augustes princes venaient d'affirmer leurs préférences pour ces œuvres! Le grand-duc avait mis fin à ces impertinences, en disant sèchement:

—On douterait parfois, Monsieur, à vous entendre, que vous soyez Allemand.

Ce mot vengeur, tombé de si haut, ne manqua point de rouler très bas; et tous ceux qui croyaient avoir des sujets de ressentiment contre Christophe, soit à cause de ses succès, soit pour quelque autre raison plus personnelle, ne manquèrent point de rappeler qu'en effet il n'était pas un pur Allemand. Sa famille paternelle était—on s'en souvient—originaire des Flandres. Rien de surprenant à ce que cet immigré dénigrât les gloires nationales! Cette constatation expliquait tout; et l'amour-propre germanique y trouvait des raisons de s'estimer davantage, en même temps que de mépriser son adversaire.

À cette vengeance, toute platonique, Christophe vint fournir des aliments plus substantiels. Il est bien imprudent de critiquer les autres, quand on est sur le point de s'exposer à la critique. Un artiste plus habile eût montré plus de respect pour ses devanciers. Mais Christophe ne voyait aucune raison pour cacher son mépris de la médiocrité et son bonheur de sa propre force. Ce bonheur se manifestait d'une façon immodérée. Christophe était pris, dans ces derniers temps, d'un besoin d'expansion. C'était trop de joie pour lui seul; il eût éclaté, s'il n'avait partagé son allégresse. À défaut d'ami, il prit pour confident son collègue à l'orchestre, le deuxième Kapellmeister, Siegmund Ochs, un jeune Wurtembergeois, bon enfant et sournois, qui lui témoignait une déférence débordante. Il ne se défiait pas de lui; comment aurait-il pu penser qu'il y avait quelque inconvénient à confier sa joie à un indifférent, à un ennemi même? Ne devaient-ils pas plutôt lui en être reconnaissants? Il apportait du bonheur pour tous, amis et ennemis.—Il ne se doutait pas qu'il n'y a rien de plus difficile à faire accepter aux hommes qu'un bonheur nouveau; ils préféreraient presque un malheur ancien: il leur faut un aliment remâché depuis des siècles. Mais ce qui leur est surtout intolérable, c'est la pensée de devoir ce bonheur à un autre. Ils ne pardonnent cette offense que quand ils n'ont plus aucun moyen d'y échapper; et ils s'arrangent, pour le faire payer.

Il y avait donc mille raisons pour que les confidences de Christophe ne fussent pas accueillies de très bon cœur par qui que ce fût. Mais il y en avait mille et une pour qu'elles ne le fussent pas par Siegmund Ochs. Le premier Kapellmeister, Tobias Pfeiffer, ne devait plus tarder à se retirer; et Christophe, malgré sa jeunesse, avait toutes chances de lui succéder. Ochs était trop bon Allemand pour ne pas reconnaître que Christophe méritait cette place, puisque la cour était pour lui. Mais il avait trop bonne opinion de lui-même pour ne pas croire qu'il l'eût méritée davantage, si la cour l'eût mieux connu. Aussi accueillait-il d'un singulier sourire les effusions de Christophe, quand celui-ci arrivait au théâtre, le matin, avec une figure qui s'efforçait d'être grave, mais qui rayonnait malgré lui.

—Eh bien, lui disait-il, narquois, encore quelque nouveau chef-d'œuvre?

Christophe lui prenait le bras:

—Ah! mon ami! celui-ci surpasse tout... Si tu l'entendais!... Le diable m'emporte! c'est trop beau! Dieu assiste les pauvres gens qui l'entendront! On ne peut plus avoir qu'un désir, après: mourir.

Ces paroles ne tombaient point dans l'oreille d'un sourd. Au lieu d'en sourire, ou même de plaisanter amicalement cet enthousiasme enfantin, avec Christophe qui eût été le premier à en rire, si on lui en avait fait sentir le ridicule, Ochs s'extasiait ironiquement; il excitait Christophe à lâcher d'autres énormités; et il se hâtait, après l'avoir quitté, de les colporter partout, en les rendant plus grotesques encore. On en faisait des gorges chaudes dans le petit cercle des musiciens; et chacun attendait impatiemment l'occasion de juger les malheureuses œuvres.—Elles étaient jugées d'avance.

Enfin elles apparurent.

Christophe avait fait choix, dans le fatras de ses œuvres, d'une ouverture pour la Judith de Hebbel, dont la sauvage énergie l'avait attiré, par réaction contre l'atonie allemande (il commençait déjà à s'en dégoûter, trouvant guindé Hebbel dans son parti-pris d'avoir du génie, toujours et à tout prix). Il y avait joint une symphonie, qui portait le titre emphatique du Bœcklin de Bâle: «Le Songe de la vie», et l'épigraphe: «Vita somnium breve». Une suite de ses Lieder complétaient le programme, avec quelques œuvres classiques, et une Festmarsch de Ochs, que Christophe, par camaraderie, avait ajoutée à son concert, quoiqu'il en sentît la médiocrité.

Peu de chose avait transpiré des répétitions. Bien que l'orchestre ne comprît absolument rien aux œuvres qu'il exécutait, et que chacun, à part soi, fût interloqué par les bizarreries de cette nouvelle musique, ils n'avaient pas eu le temps de se former une opinion; surtout, ils n'étaient pas capables de le faire, avant que le public eût prononcé. L'assurance de Christophe en imposait aux artistes, dociles et disciplinés, comme tout bon orchestre allemand. Les seules difficultés lui vinrent de la chanteuse. C'était la dame en bleu du concert de la Tonhalle. Elle était une célébrité en Allemagne: cette mère de famille interprétait Brünnhilde et Kundry, à Dresde et à Bayreuth, avec une ampleur de poumons indiscutable. Mais si elle avait appris, à l'école wagnérienne, l'art dont cette école est fière à bon droit, de bien articuler, en projetant les consonnes à travers l'espace, et assénant les voyelles, comme des coups de massue, sur le public béant, elle n'y avait pas appris—et pour cause—l'art d'être naturelle. Elle faisait un sort à chaque mot: tout était accentué; les syllabes cheminaient avec des semelles de plomb, et il y avait une tragédie dans chaque phrase. Christophe la pria de modérer un peu sa puissance dramatique. Elle s'y appliqua d'abord, d'assez bonne grâce; mais sa lourdeur naturelle et le besoin de donner de la voix l'emportaient. Christophe devint nerveux. Il fit remarquer à la respectable dame qu'il avait voulu faire parler des humains, et non le serpent Fafner, avec son porte-voix. Elle prit—comme l'on pense—fort mal cette insolence. Elle dit qu'elle savait, Dieu merci! ce que c'était que chanter, qu'elle avait eu l'honneur d'interpréter les Lieder de Maître Brahms, en la présence de ce grand homme, et qu'il ne se lassait point de les lui entendre dire.

—Tant pis! Tant pis! cria Christophe.

Elle lui demanda, avec un sourire hautain, de vouloir bien lui expliquer le sens de cette exclamation énigmatique. Il répondit que Brahms n'ayant jamais su, de sa vie, ce qu'était le naturel, ses éloges étaient les pires des blâmes, et que bien que lui—Christophe—fût peu poli parfois, ainsi qu'elle l'avait fait justement remarquer, jamais il ne se fût permis de lui dire quelque chose d'aussi désobligeant.

La discussion continua sur ce ton; et la dame s'obstina à chanter à sa façon, avec un pathétique écrasant,—jusqu'au jour où Christophe déclara froidement qu'il le voyait bien: telle était sa nature, on n'y pouvait rien changer; mais puisque les Lieder ne pouvaient être chantés comme ils devaient l'être, ils ne seraient pas chantés du tout: il les retirait du programme.—On était à la veille du concert, on comptait sur ces Lieder: elle-même en avait parlé; elle était assez musicienne pour en avoir apprécié certaines qualités; Christophe lui faisait un affront; et comme elle n'était pas sûre que le concert du lendemain ne consacrerait point la renommée du jeune homme, elle ne voulut pas se brouiller avec un astre naissant. Elle plia donc soudain; et, pendant la dernière répétition, elle se soumit docilement à tout ce que Christophe exigea d'elle. Mais elle était décidée,—le lendemain, au concert,—à n'en faire qu'à sa tête.

Le jour était venu. Christophe n'avait aucune inquiétude. Il était trop plein de sa musique pour pouvoir la juger. Il se rendait compte que ses œuvres, par endroits, prêtaient au ridicule. Mais qu'importe? On ne peut rien écrire de grand sans risquer le ridicule. Pour aller au fond des choses, il faut braver le respect humain, la politesse, la pudeur, les mensonges sociaux, sous qui le cœur gît étouffé. Si l'on veut n'effaroucher personne, il faut se résigner, toute sa vie, à ne donner aux médiocres qu'une vérité médiocre, qu'ils sont capables d'assimiler; il faut demeurer en deçà de la vie. On n'est grand que quand on a mis ces scrupules sous ses pieds. Christophe marchait dessus. On pouvait bien le siffler: il était sûr de ne pas laisser indifférent. Il s'amusait de la tête que feraient des gens qu'il connaissait, en entendant telle page un peu risquée. Il s'attendait à des critiques aigres: il en souriait d'avance. En tout cas, il faudrait être sourd, pour nier qu'il y eût là une force—aimable ou non, qu'importe?... Aimable! Aimable!... La force! cela suffit. Qu'elle emporte tout, comme le Rhin!...

Il eut une première déconvenue. Le grand-duc ne vint pas. La loge princière ne fut occupée que par des comparses: quelques dames d'honneur. Christophe en ressentit une irritation. Il pensa: «Cet imbécile me boude. Il ne sait que penser de mes œuvres: il a peur de se compromettre.» Il haussa les épaules, feignant de ne passe soucier d'une pareille niaiserie. D'autres y prirent garde: c'était une première leçon donnée, et une menace pour l'avenir.

Le public ne s'était pas montré beaucoup plus empressé que le maître: un tiers de la salle était vide. Christophe ne pouvait s'empêcher de songer avec amertume aux salles combles de ses concerts d'enfant. S'il avait eu plus d'expérience, il eût trouvé naturel qu'il y eût moins de monde pour venir l'entendre, quand il faisait de bonne musique, que quand il en faisait de mauvaise: car ce n'est pas la musique, c'est le musicien qui intéresse la majeure partie du public; et il est de toute évidence qu'un musicien qui ressemble à tout le monde offre bien moins d'intérêt qu'un musicien en jupe d'enfant, qui touche la sentimentalité et amuse la badauderie.

Christophe, après avoir attendu vainement que la salle se remplît, se décida à commencer. Il tâchait de se prouver que c'était mieux, ainsi: «Peu d'amis, mais bons.»—Son optimisme ne tint pas longtemps.

Les morceaux se déroulaient au milieu du silence.—Il y a un silence du public, que l'on sent gros d'amour et prêt à déborder. Mais dans celui ci, il n'y avait rien. Rien. Sommeil complet. On sentait que chaque phrase s'enfonçait dans des gouffres d'indifférence. Christophe, le dos tourné au public, occupé de son orchestre, n'en percevait pas moins tout ce qui se passait dans la salle, avec ces antennes intérieures, dont tout vrai musicien est doué, et qui lui font savoir si ce qu'il joue trouve de l'écho au fond des cœurs qui l'entourent. Il continuait de battre la mesure et de s'exciter lui-même, glacé par le brouillard d'ennui qui montait du parterre et des loges derrière lui.

Enfin, l'ouverture finit; et la salle applaudit. Elle applaudit poliment, froidement, et se tut. Christophe eût mieux aimé qu'elle le huât... Un sifflet! Quelque chose qui fût un signe de vie, de réaction au moins contre son œuvre!...—Rien.—Il regarda le public. Le public se regardait. Ils cherchaient une opinion dans les yeux les uns des autres. Ils ne la trouvèrent pas, et retombèrent dans leur indifférence.

La musique reprit. C'était au tour de la symphonie.—Christophe eut peine à aller jusqu'au bout. Plusieurs fois, il fut sur le point de jeter son bâton et de se sauver. Cette apathie le gagnait; il finissait par ne plus comprendre ce qu'il dirigeait; il avait l'impression nette de la chute dans l'insondable ennui. Il n'y eut même point les chuchotements ironiques qu'il attendait, à certains passages: le public était plongé dans la lecture du programme. Christophe entendit les pages se tourner toutes à la fois, avec un froissement sec; et ce fut de nouveau le silence jusqu'au dernier accord, où les mêmes applaudissements polis attestèrent que l'on avait compris que l'œuvre était finie.—Cependant, trois ou quatre applaudissements isolés reprirent, quand les autres avaient cessé: mais ils n'éveillèrent aucun écho, et se turent honteux: le vide en parut plus vide, et ce petit incident servit à éclairer faiblement le public sur l'ennui qu'il avait éprouvé.

Christophe s'était assis au milieu de son orchestre, il n'osait regarder ni à droite, ni à gauche. Il avait envie de pleurer; et il frémissait de colère. Il eût voulu se lever et leur crier à tous: «Vous m'ennuyez! Ah! comme vous m'ennuyez!... Foutez-moi le camp, tous!...»

Le public se réveillait un peu: il attendait la chanteuse,—il était accoutumé à l'applaudir. Dans cet océan d'œuvres nouvelles, où il errait sans boussole, elle lui était une certitude, une terre connue et solide, où il ne risquait pas de se perdre. Christophe discerna leur pensée; et il eut un mauvais rire. La chanteuse n'eut pas moins conscience de l'attente du public: Christophe le vit à ses airs de reine, quand il vint l'avertir que c'était son tour. Ils se dévisagèrent avec hostilité. Au lieu de lui offrir le bras, Christophe enfonça ses mains dans ses poches, et la laissa entrer seule. Elle passa, furieuse. Il la suivait, d'un air ennuyé. Aussitôt qu'elle parut, la salle lui fit une ovation: c'était un soulagement; les visages s'éclairaient, le public s'animait, toutes les lorgnettes étaient en joue. Sure de son pouvoir, elle attaqua les Lieder, à sa manière, bien entendu, et sans tenir aucun compte des observations que Christophe lui avait faites la veille. Christophe, qui l'accompagnait, blêmit. Il prévoyait cette rébellion. Au premier changement qu'elle fît, il tapa sur le piano, et dit avec colère:

—Non!

Elle continua. Il lui soufflait dans le dos, d'une voix sourde et furieuse:

—Non! Non! Ce n'est pas cela!... Pas cela!...

 

 なおいっそう危険な風評が――高貴のところから出ただけに効果の多い風評が――広がり始めた。それは次のようなことだった。……クリストフはやはりつづけて公務のために宮廷へ伺候していたが、そこでも例の悪趣味を出して、親しく大公爵に向かって、世に尊敬されてる楽匠らについて顰蹙ひんしゅくすべき無作法な言辞を弄ろうした。メンデルスゾーンのエリアを、「まやかし坊主ぼうずの祈祷きとう」と呼び、シューマンのある種の歌曲リードを、「小娘の音楽」と見なした――しかもそれは、貴顕の方々がそれらの作品を好んでいると仰おおせられた時にである! 大公爵はその無礼な言葉を片付けるために、冷やかに言われた。
「お前の言うことを聞いていると、それでもドイツ人かと疑われることがあるよ。」
そういう高い所から落ちてきたこの復讐ふくしゅう的な言葉は、ごく低い所までころがり落ちずにはいなかった。クリストフが成功を博してるという理由から、あるいはいっそう個人的な理由から、彼にたいして遺恨の種があるように思ってる人々は皆、実際彼は純粋なドイツ人ではないということをもち出さずにはいなかった。父方の家は――人の記憶するとおり――フランドルの出であった。それからというものは、この移住者が国家的光栄を誹謗ひぼうするのは別に驚くにも当たらないこととなった。右の事実はすべてを説明するものであった。そしてゲルマン式自尊心は、ますますおのれを尊とうとむとともに敵を軽蔑するの理由を、そこに見出したのであった。
全然精神的なその復讐にたいして、クリストフは自分から、ますますよい材料を提供していった。自分が将まさに批評にのぼせられようとしている時に、他人を批評するくらい無謀なことはない。もっと巧みな芸術家なら、敵にたいしてもっと尊敬を示したであろう。しかしクリストフは、凡庸ぼんようにたいする軽蔑けいべつと自身の力を信ずる幸福とを隠すべき理由を、少しも認めなかった。そしてその幸福の情をあまりに激しく示した。彼は近ごろ、胸中を披瀝ひれきしたい欲求に駆られていた。自分一人で味わうにはあまりに大きな喜びだった。他人に喜悦を分かたないならば、胸は張り裂けるかもしれなかった。でも友人がないので、心を打ち明ける相手として、管絃楽の同僚で第二楽長をしてるジーグムント・オックスを選んだ。ウルテムベルヒ生まれの青年で、根は善良だが狡猾こうかつで、クリストフにあふれるばかりの敬意を示していた。クリストフはこの男を疑ってはいなかった。もし疑ったにしたところで、自分の喜びを、赤の他人にまた敵にまでも打ち明けるのは不都合だと、どうして考え得たろう? 彼らはむしろそれを彼に感謝すべきではなかったか。彼は味方と言わず敵と言わず、万人に喜びを伝えようとしていた。――彼らに新しい幸福を受け入れさせるのは最も困難であることを、彼は少しも知らなかった。彼らはむしろ古い不幸の方をよしとするだろう。彼らには幾世紀もくり返し噛かみしめてきた食物が必要である。しかし彼らにとってことに忍びがたいことは、その幸福を他人のおかげで得られるという考えである。彼らはもはややむを得ない時にしかその侮辱を許さない。そして返報をしてやろうとくふうする。
それゆえ、クリストフの打ち明け話がだれからもあまり快く迎えられなかったのには、多くの理由が存していた。しかし、ジーグムント・オックスから快く迎えられなかったのには、さらにも一つの理由が存していた。第一楽長のトビアス・プァイフェルは、遠からず隠退することになっていた。そしてクリストフは、年少なのにもかかわらず、その後を襲うべき幸運を有していた。オックスはきわめて善良なドイツ人であるだけに、クリストフが宮廷の信任を得ているからにはその地位に相当してると認めていた。しかし彼は、もし自分の価値が宮廷からもっとよく知られたら自分の方がいっそうよく相当していると、信ずるだけの自惚うぬぼれをもっていた。それでクリストフが毎朝、引きしめようと努めながらもやはり煕々ききとした顔つきで劇場へやって来ると、異様な微笑を浮かべてその打ち明け話を迎えるのであった。
「どうです、」と彼は狡猾こうかつそうに言った、「何かまた新しい傑作ができましたか?」
クリストフは彼の腕をとらえた。
「ああ、君、こんどのは一番すぐれたものだよ……君に聞かしたいな!……いやどうも、あまりりっぱすぎるくらいだ。それを聞く者を、神よ助けたまえ、聞いたあとで心に残るのは、ただもう死にたいという考えばかりだ!」
それらの言葉を聞いてる者は聾者ではなかった。クリストフはもしその滑稽こっけいなことを感じさせられたらまっ先に笑い出したであろうが、そのクリストフを相手にオックスは、微笑ほほえみもせず、子供じみた感激を親しく揶揄からかいもせずして、皮肉にも恍惚こうこつたる様子をした。彼はクリストフをおだてて、なお他の法外なことまでも言わした。そしてクリストフと別れると、それをさらにおかしく誇張して、急いで方々に売り歩いた。音楽家の狭い仲間では、それをまた盛んに嘲笑ちょうしょうした。そしてだれも皆、その拙劣な作品――前もってすっかり判断されていた――その拙劣な作品を判断する機会を、待ちかねていた。
ついにその作品が現われた。
クリストフは自分の多くの作品のうちから、ヘッベルのユーディットにたいする序曲を選んだ。ドイツ人の無気力にたいする反動から、その野蛮な元気に心ひかれたのであった。(ヘッベルが常にいかにもして天才の面影をそなえようという下心からもったいぶってることを、彼は感じたので、すでに右の作には厭気いやきがさし始めていた。)また生の夢というバールのベックリン式な誇張的題名と生は短しという題言のついてる、一つの交響曲シンフォニーを添えた。なお番組の中には、一聯れんの彼の歌曲リードと数種の古典的クラシック作品と、オックスの祝典行進曲一つがはいっていた。クリストフはオックスの凡庸ぼんようなことを感じてはいたが、同僚の誼よしみから、自分の音楽会にその作品を一つ加えたのであった。
稽古けいこ中はさしたることもなかった。管絃楽団はみずから演奏してるそれらの作品を全然理解しなかったし、また各自ひそかに、その新しい音楽の奇怪なのにすこぶる狼狽ろうばいしてはいたが、しかしまだなんらかの意見をたてる隙ひまがなかった。ことに彼らは公衆が意見を吐かないうちは、自分の意見を作ることができなかった。そのうえクリストフの自信ある調子は、ドイツのあらゆる善良な管弦楽団の例にもれず、訓練のとどいた従順なそれらの音楽家らを、すっかり威圧してしまっていた。ただ困難は、女歌手の方から出て来た。彼女は市立音楽会に属する新しい女だった。ドイツにおいてかなり評判の歌手だった。一家の母親である彼女は、ドレスデンやバイロイトにおいて、議論の余地のない豊富な声量で、ブリュンヒルデやクントリーの役を歌っていた。しかし彼女は、ワグナー派について、その派が当然得意としている技術、すなわち、口をぽかんと開いて聞き取れてる聴衆に向かって、子音を空間にころばし棍棒こんぼうでなぐりつけるように母音を強調しつつ、りっぱに発音する技術を、よく学んではいたにしろ、自然たらんとする技術を学んではいなかった――当然のことではあるが。そして彼女は一語一語にもったいをつけた。どの語も強調された。綴つづりが鉛の靴底くつぞこをつけて進んでゆき、各文句に一つの悲劇がこもっていた。クリストフは彼女にその劇的能力を少し節減してくれと頼んだ。彼女は初めのうちかなり快くそれを努めた。しかし生来の鈍重さと声を出したい欲求とに打ち負けてしまった。クリストフはいらだってきた。自分は生きてる人間に口をきかせようとしたのであって、悪魔ファネルに拡声器で喚わめかせようとしたのではないと、その尊重すべき婦人に注意した。彼女はその非礼を――だれも想像するごとく――ひどく悪く取った。彼女は言った、ありがたいことには自分は歌うということがなんであるかを知っている、楽匠ブラームスの前でその歌曲リードを歌うの光栄を得たこともある、楽匠はそれを聞いて少しも飽きなかったと。
「だからなおいけない、なおいけないよ!」とクリストフは叫んだ。
彼女はその謎なぞのような叫びの意味を説明してもらいたいと、尊大な微笑ほほえみを浮かべながら求めた。彼は答えた、ブラームスは自然さのなんたるやを一生涯しょうがい知らなかったので、その賛辞は最もひどい非難になるわけであって、また、自分――クリストフ――は、彼女がちょうど認めたとおり、時とすると非常に礼を失することもあるけれど、ブラームスの賛辞ほど彼女にとって不面目なことを決して言いはしないと。
議論はそういう調子でつづいていった。彼女は頑固がんこに、圧倒的な悲痛さで自己流に歌いつづけた。――でついにある日クリストフは――もうよくわかったと冷やかに言い放った。彼女の天性がそうである以上は、それを矯正きょうせいすることはできない。しかしこれらの歌曲リードは、正しい歌い方で歌われないとすれば全然歌われない方がいい、もう番組から引きぬいてしまうばかりだと。――それは公演の前日のことだった。それらの歌曲リードが期待されていた。彼女みずからそれの噂うわさをしていた。彼女とても相当の音楽家で、それのある長所を鑑賞することはできたのだった。クリストフのやり方は彼女にとって恥辱であった。でも翌日の音楽会がこの青年の名声を決して高めないだろうとは、彼女は確信できなかったので、新進の明星スターと葛藤かっとうを結びたくなかった。でにわかに折れて出た。そして最後の稽古けいこ中、クリストフの要求におとなしく服従した。しかし彼女は、自分の思いどおりに歌ってやろう――翌日の公演では――と、心をきめていた。

当日になった。クリストフはなんらの不安をもいだいてはいなかった。自分の音楽であまり頭がいっぱいになっていたので、それを批判することができなかった。ある部分は人の笑いを招くかもしれないと思っていた。しかしそれがなんだ! 笑いを招くの危険を冒さなければ、偉大なものは書けない。事物の底に徴するためには、世間体や、礼儀や、遠慮や、人の心を窒息せしむる社会的虚飾などを、あえて蔑視べっししなければいけない。もしだれの気にも逆さからうまいと欲するならば、生涯の間、凡庸者どもが同化し得るような凡庸ぼんような真実だけを、凡庸者どもに与えることで満足するがいい。人生の此方こなたにとどまっているがいい。しかしそういう配慮を足下に踏みにじる時に初めて、人は偉大となるのである。クリストフはそれを踏み越えて進んでいった。人々からはまさしく悪口されるかもしれなかった。彼は人々を無関心にはさせないと自信していた。多少無謀な某々のページを開くと、知り合いのたれ彼がどんな顔つきをするだろうかと、彼は面白がっていた。彼は辛辣しんらつな批評を予期していた。前からそれを考えて微笑していた。要するに、聾者ででもなければ作品に力がこもってることを否み得まい――愛すべきものかあるいはそうでないかはどうでもいい、とにかく力があることを。……愛すべきもの、愛すべきものだって!……ただ力、それで十分だ。力よ、ライン河のようにすべてを運び去れ!……
彼は第一の蹉跌さてつに出会った。大公爵が来られなかった。貴賓席はただ付随の輩ばかりで、数人の貴顕婦人で占められた。クリストフは憤懣ふんまんを感じた。彼は考えた。「大公爵の馬鹿は俺おれに不平なんだ。俺の作品をどう考えていいかわからないんだ。間違いをしやすまいかと恐れてるんだ。」彼は肩をそびやかして、そんなつまらないことは意に介しないというようなふうをした。ところが他の人々はそれによく注意を留めた。大公爵の欠席は、彼にたいする最初の見せしめであって、彼の未来にたいする威嚇いかくであった。
公衆は、主人たる大公爵よりいっそう多くの熱心を示しはしなかった。客席の三分の一はあいていた。クリストフは子供のおりの自分の音楽会がいつも満員だったことを、苦々しく考え出さざるを得なかった。もし彼がもっと経験を積んでいたら、つまらない音楽を作ってる時よりりっぱな音楽を作ってる時の方が聴衆の来るのが少ないことを、当然だと思ったであろう。公衆の大多数に興味を与えるものは、音楽ではなくて音楽家である。すでに大人おとなになって皆と同じようにしてる音楽家が、人の感傷性に触れ好奇心を喜ばす小僧っ児の音楽家より、興味を与えることが少ないのは、きわめて、明らかなことである。
クリストフは客席のふさがるのをむなしく待ちつくしたあとで、ついに開演しようと決心した。そうして「少なくてもよき友」の方がいいということを、みずから証明しようと試みた。――が彼の楽観は長くつづかなかった。
楽曲は沈黙のうちに展開していった。――愛情が満ちて今にもあふれんとしてるのが感ぜられるような、聴衆の沈黙もある。しかし今この沈黙の中には、何もなかった。皆無だった。まったくの眠りだった。各楽句がっくが無関心の淵の中に沈み込んでゆくのが感ぜられた。クリストフは聴衆に背中を向け、管絃楽団に気を配ってはいたが、それでも内心の一種の触角をもって、客席で起こってるすべてのことを感知していた。この触角は、真の音楽家には皆そなわっていて、自分の演奏しているものが、周囲の人々の胸底に反響を見出してるかどうかを、知り得させるものである。クリストフは背後の桟敷さじきから起こる倦怠けんたいの霧に凍えながら、なおつづけて指揮棒を振り、みずから興奮していった。
ついに序曲は終わった。聴衆は拍手した。丁重に冷やかに拍手して、それから静まり返った。クリストフはむしろののしられる方を好んだろう。……ただ一つの口笛でも! 何か生き生きとした兆しるし、少なくとも作品にたいする反対の兆でも!……が何もなかった。――彼は聴衆をながめた。聴衆はたがいに見合わしていた。たがいの眼の中に意見を捜し合っていた。しかし彼らはそれを見出し得ないで、また無関心な態度に返った。
音楽はふたたび始まった。こんど交響曲シンフォニーの順であった。――クリストフは終わりまでつづけるのに困難を覚えた。幾度も彼は指揮棒を捨てて逃げ出したくなった。聴衆の無感覚に引き込まれて、ついに何を指揮してるかもわからなくなり、底知れぬ倦怠けんたいのうちに陥る心地をはっきり感じた。ある楽節で彼が期待していた嘲笑ちょうしょうの囁きさえなかった。聴衆は番組プログラムを読みふけっていた。番組のページが一時にさらさらとめくられる音を、クリストフは耳にした。そしてまた寂然じゃくねんとしてしまった。そのまま最後の和音に達すると、やはり前と同じ丁重な拍手が起こって、曲が終わったのを彼らが了解したことをようやく示した。――それでも他の喝采かっさいがやんだ時に、孤立した拍手が三つ四つ起こった。しかしそれはなんらの反響も得ないで、きまり悪そうに静まってしまった。そのため空虚はさらにむなしく感ぜられてきた。そしてこのちょっとした出来事によって、聴衆はいかに退屈していたかをぼんやり悟った。
クリストフは管絃楽団のまん中にすわっていた。左右をながめるだけの元気もなかった。泣き出したかった。また憤怒ふんぬの情に震えていた。立ち上がって皆にこう叫びたかった。「僕は君たちが厭いやだ、厭でたまらないんだ!……出て行ってくれ、みんな!……」
聴衆は少し眼をさましかけていた。彼らは女歌手を待っていた――彼女を喝采するのに慣れていた。羅針盤らしんばんなしに迷い込んだその新作の大洋中では、彼らにとって彼女は、確実なものであり、迷う危険のない案内知った堅固な陸地であった。クリストフは彼らの考えを見て取って、苦笑をもらした。歌手の方でも同じく、聴衆に待たれてることを感づいていた。クリストフは彼女の出る番であることを知らせに行った時、彼女の尊大な様子でそのことを見て取った。二人は敵意を含みながら顔を見合った。クリストフは彼女に腕も貸さないで、両手をポケットにつっ込み、そして彼女を一人で舞台にはいらした。彼女は憤然として先にたった。彼は退屈な様子でそのあとに従った。彼女が舞台に現われるや否や、聴衆は歓呼して迎えた。それは彼らにとって一つの慰籍いしゃであった。顔は輝き出し、いっせいに元気づき、双眼鏡は頬ほおにもってゆかれた。彼女は自分の力を確信していて、もちろん自己流に歌曲リードを歌い出し、前日クリストフからされた注意を少しも顧みなかった。伴奏していたクリストフはまっさおになった。彼はその背反を予想していた。彼女が違った歌い方をするとすぐに、ピアノの上をたたき、怒気を含んで言った。
「違う!」
彼女は歌いつづけた。彼は低い怒り声をその背中に浴びせた。
「違う! 違う! そうじゃない!……そうじゃない!……」

 

Énervée par ces grognements furibonds, que le public ne pouvait entendre, mais dont l'orchestre ne perdait rien, elle s'obstinait, ralentissant à outrance, faisant des pauses, des points d'orgue. Lui, n'en tenait pas compte et allait de l'avant: ils finirent par avoir une mesure d'écart. Le public ne s'en apercevait pas: depuis longtemps, il avait admis que la musique de Christophe n'était pas faite pour paraître agréable ni juste; mais Christophe, qui n'était pas de cet avis, faisait des grimaces de possédé; il finit par éclater. Il s'arrêta net, au milieu d'une phrase:

—Assez! cria-t-il à pleins poumons.

Emportée par son élan, elle continua, une demi-mesure, et s'arrêta, à son tour.

—Assez! répéta-t-il sèchement.

Il y eut un moment de stupeur dans la salle. Après quelques secondes, il dit, d'un ton glacial:

—Recommençons!

Elle le regardait, stupéfaite; ses mains tremblaient; elle songea à lui jeter son cahier à la tête; elle ne comprit jamais, plus tard, comment elle ne l'avait point fait. Mais elle était écrasée par l'autorité de Christophe:—elle recommença. Elle chanta tout le cycle de Lieder, sans changer une nuance, ni un mouvement: car elle sentait qu'il ne lui ferait grâce de rien; et elle frémissait, à l'idée d'un nouvel affront.

Quand elle eut fini, le public la rappela avec frénésie. Ce n'étaient pas les Lieder qu'il applaudissait;—(elle en eût chanté d'autres qu'il eût applaudi de même)—c'était la chanteuse célèbre et vieillie sous le harnois: il savait qu'il pouvait admirer, en toute sécurité. Il tenait d'ailleurs à réparer l'effet de l'algarade. Il avait vaguement compris que la chanteuse s'était trompée; mais il trouvait indécent que Christophe l'eût fait remarquer. On bissa les morceaux. Mais Christophe résolument ferma le piano.

Elle ne s'aperçut pas de cette nouvelle insolence; elle était trop troublée pour penser à recommencer. Elle sortit précipitamment, s'enferma dans sa loge; et là, pendant un quart d'heure, elle se soulagea le cœur du flot de rancune et de rage qui s'y était accumulé: crise de nerfs, déluge de larmes, invectives indignées, imprécations contre Christophe... On entendait ses cris de fureur à travers la porte fermée. Ceux de ses amis qui réussirent à entrer racontèrent, en sortant, que Christophe s'était conduit comme un goujat. L'opinion se répand vite dans une salle de spectacle. Aussi, lorsque Christophe remonta au pupitre pour le dernier morceau, le public était houleux. Mais ce morceau n'était pas de lui: c'était la Festmarsch de Ochs. Le public, qui se trouvait à son aise dans cette plate musique, eut un moyen tout simple de manifester sa désapprobation pour Christophe, sans aller jusqu'à l'audace de le siffler: il acclama Ochs avec ostentation, redemandant deux ou trois fois l'auteur, qui ne manqua point de paraître. Et ce fut la fin du concert.

On se doute bien que le grand-duc et le monde de la cour,—cette petite ville de province, cancanière et ennuyée,—ne perdirent aucun détail de ce qui s'était passé. Les journaux amis de la cantatrice ne firent pas d'allusion à l'incident; mais ils furent d'accord pour exalter l'art de la chanteuse, en se contentant de mentionner, à titre de renseignement, les Lieder qu'elle avait chantés. Sur les autres œuvres de Christophe, quelques lignes à peine, les mêmes à peu de chose près dans tous les journaux: «... Science du contrepoint. Écriture compliquée. Manque d'inspiration. Pas de mélodie. Écrit avec sa tête et non avec son cœur. Absence de sincérité. Veut être original...»—Suivait un paragraphe sur la véritable originalité, celle des maîtres qui sont enterrés, de Mozart, de Beethoven, de Lœwe, de Schubert, de Brahms, «ceux qui sont originaux sans avoir pensé à l'être».—Puis on passait par une transition naturelle à la nouvelle reprise par le théâtre grand-ducal du Nachtlager von Granada de Konradin Kreutzer; on rendait compte longuement de «cette délicieuse musique, fraîche et pimpante comme au premier jour».

En résumé, les œuvres de Christophe rencontrèrent, chez les critiques le mieux disposés, une incompréhension totale;—chez ceux qui ne l'aimaient point, une hostilité sournoise;—enfin, dans le grand public, qu'aucun critique ami ou ennemi ne guidait, le silence. Laissé à ses propres pensées, le grand public ne pense rien.

Christophe fut atterré.

Son échec n'avait cependant rien de surprenant. Il y avait trois raisons pour une, pour que ses œuvres déplussent. Elles étaient insuffisamment mûries. Elles étaient trop neuves pour être comprises, du premier coup. Et l'on était trop heureux de donner une leçon à l'impertinent jeune homme.—Mais Christophe n'avait pas l'esprit assez rassis pour admettre la légitimité de sa défaite. Il lui manquait la sérénité que donne au vrai artiste l'expérience d'une longue incompréhension des hommes et de leur bêtise incurable. Sa naïve confiance dans le public et dans le succès, qu'il croyait bonnement atteindre parce qu'il le méritait, s'écroula. Il eût trouvé naturel d'avoir des ennemis. Mais ce qui le stupéfiait, c'était de n'avoir plus un ami. Ceux sur qui il comptait, ceux qui jusqu'à présent avaient paru s'intéresser à sa musique, n'avaient pas, depuis le concert, un mot d'encouragement pour lui. Il essaya de les sonder: ils se retranchaient derrière des paroles vagues. Il insista, il voulut savoir leur véritable pensée: les plus sincères lui opposèrent ses œuvres précédentes, ses sottises des débuts.—Plus d'une fois par la suite, il devait entendre condamner ses œuvres nouvelles au nom de ses œuvres anciennes,—et cela, par les mêmes gens qui, quelques années avant, condamnaient ses œuvres anciennes, quand elles étaient nouvelles: c'est la règle ordinaire. Christophe n'y était pas fait; il poussa les hauts cris. Qu'on ne l'aimât point, très bien! il l'admettait; cela lui plaisait même, il ne tenait pas à être l'ami de tout le monde. Mais qu'on prétendît l'aimer et qu'on ne lui permît pas de grandir, qu'on voulût l'obliger à rester, toute sa vie, un enfant, cela passait les bornes! Ce qui était bon à douze ans ne l'était plus à vingt; et il espérait bien n'en pas rester là, changer encore, changer toujours... Les imbéciles qui voudraient arrêter la vie!... L'intéressant, dans ses compositions d'enfance, n'était pas ces niaiseries d'enfant, mais la force qui couvait pour l'avenir. Et cet avenir, ils voulaient le tuer!... Non, ils n'avaient rien compris jamais à ce qu'il était, jamais ils ne l'avaient aimé; ils n'aimaient que ce qu'il avait de vulgaire, ce qui lui était commun avec les médiocres, non ce qui était lui, vraiment: leur amitié n'était qu'un malentendu...

Il l'exagérait peut-être. Le cas est fréquent de braves gens, incapables d'aimer une œuvre neuve, qui l'aiment sincèrement quand elle a vingt ans de date. La vie nouvelle a un fumet trop fort pour leur tête débile: il faut que l'odeur s'évapore au souffle du temps. L'œuvre d'art ne commence à leur être intelligible que quand elle est recouverte de la crasse des ans.

Mais Christophe ne pouvait admettre qu'on ne le comprît pas quand il était présent, et qu'on le comprît quand il était passé. Il préférait croire qu'on ne le comprenait pas du tout, en aucun cas, jamais. Et il enrageait. Il eut le ridicule de vouloir se faire comprendre, de s'expliquer, de discuter; c'était peine perdue: il eût fallu réformer le goût du temps. Mais il ne doutait de rien. Il était résolu à faire, de gré ou de force, une lessive complète du goût allemand. Toute possibilité lui en manquait: ce n'était pas en quelques conversations, où il avait peine à trouver ses mots et s'exprimait avec une absurde violence sur le compte des grands musiciens, et même de ses interlocuteurs, qu'il pouvait convaincre personne; il ne réussissait qu'à se faire quelques ennemis de plus. Il lui eût fallu pouvoir préparer sa pensée à loisir, et forcer ensuite le public à l'entendre...

Et juste, à point nommé, son étoile—sa mauvaise étoile—vint lui en offrir les moyens.

Il était attablé au restaurant du théâtre, dans un cercle de musiciens de l'orchestre, qu'il scandalisait par ses jugements artistiques. Ils n'étaient pas tous du même avis; mais tous étaient froissés par cette liberté de langage. Le vieux Krause, l'alto, brave homme et bon musicien, qui aimait sincèrement Christophe, eût voulu détourner l'entretien; il toussait, et guettait l'occasion pour lâcher un calembour. Mais Christophe n'entendait pas; il continuait de plus belle; et Krause se désolait:

聴衆には聞こえないが、管絃楽団には漏れなく聞こえる、その激しい叱責しっせきに、彼女はじれながらも、なお頑固がんこにつづけて、あまりに速度をゆるくし、休止符や延音符フェルマータをやたらに用いた。彼はそれを構わずに先へ進んだ。しまいに二人の間は一拍子だけ隔たった。聴衆はそれに気づいていなかった。クリストフの音楽は快いものでもまたは正確なものでもないということは、すでに長い前から一般に認められていた。しかし同意見でなかったクリストフは、物に憑つかれたようなしかめ顔をしていた。そしてついに破裂した。彼は楽句の中途でぴたりと弾ひきやめた。
「もうたくさんだ!」と彼は胸いっぱいに叫んだ。
彼女は勢いに躯られて、なお半小節ばかりつづけ、そして歌いやめた。
「たくさんだ!」と彼は冷やかにくり返した。
聴衆は一時惘然ぼうぜんとした。やがて彼は冷酷な調子で言った。
「やり直すんだ!」
彼女は呆気あっけに取られて彼をながめた。その両手は震えていた。彼の顔に楽譜を投げつけてやりたいと思った。あとになっても彼女は、どうしてそれをしなかったのか自分でもわからなかった。しかしクリストフの威厳に彼女は圧服されていた。――彼女はやり直した。一連の歌曲リードをことごとく、一つの表情をも一つの速度をも変えないで歌った。なぜなら、彼が何物をも仮借かしゃくしないだろうと感じていたから。そして、またしても侮辱を受けやすまいかと考えては戦おののいていた。
彼女が歌い終わると、聴衆は熱狂して呼び返した。彼らが喝采かっさいしてるのは、歌曲リードをではなかった――(彼女がたとい他の曲を歌ったのであっても、彼らは同じように喝采しただろう)――名高い老練な歌手をであった。彼女は賞賛しても安全であると彼らは知っていた。そのうえ侮辱の結果を償ってやるつもりもあった。歌手が間違えたのだということを漠然ばくぜんと悟っていた。しかしクリストフがそれを皆の前にさらけ出したのは、恥知らずな仕業だと考えていた。彼らはそれらの楽曲を繰り返させようとした。しかしクリストフは断固としてピアノを閉じてしまった。
彼女はその新たな無礼に気づかなかった。あまりに惑乱していて、ふたたび歌おうとは思っていなかった。急いで舞台から出て、自分の室に引きこもった。そこで十五分ばかりの間、心中に積もり重なった恨みと怒りとを吐き出した。神経の発作、涙の洪水、憤激した罵詈ばり、クリストフにたいする呪詛じゅそ……。閉しめ切った扉とびら越しに、激怒の叫びが聞こえていた。その室にはいることのできた友人らは、そこから出て来ると、クリストフが無頼漢のような振舞いをしたのだとふれ歩いた。その話はすぐ聴衆席へ伝わった。それで、クリストフが最後の楽曲のため指揮台に上がった時、聴衆はどよめいた。しかしその楽曲は彼のではなかった。オックスの祝典行進曲だった。その平板な音楽に安易を覚えた聴衆は、大胆に口笛を鳴らすほどのことをしないでも、クリストフにたいする非難を示すべき最も簡単な方法を取った。彼らは大袈裟げさにオックスの作を喝采し、二、三度作者を呼び出した。オックスはそのたびにかならず姿を現わした。そして、それがこの音楽会の終わりだった。
読者のよく推察するとおり、大公爵や宮廷の人々――饒舌じょうぜつでしかも退屈してるこの田舎いなかの小都会の人々――は、右の出来事の些細ささいな点をも聞きもらさなかった。女歌手の味方である諸新聞は、事件には言及しなかったが、筆をそろえて彼女の技倆ぎりょうを称揚し、彼女が歌った歌曲リードは、ただ報道として列挙したにすぎなかった。クリストフの他の作品については、どの新聞も大差なく、わずかに数行の批評のみだった。「……対位法の知識。錯雑せる手法。霊感インスピレーションの欠乏。旋律メロディーの皆無。心の作にあらずして頭の作。誠実の不足。独創的たらんとする意図……。」その次に、すでに地下に埋もれてる楽匠、モーツァル、ベートーヴェン、レーヴェ、シューベルト、ブラームスなど、「みずから希こいねがわずして独創的なる人々、」そういう人々の独創について、真の独創について、一項が添えてあった。――それから次に、自然の順序として、コンラーディン・クロイツェルのグラナダの露営が大公国劇場で新しく再演されることに、説き及ぼしてあった。「書きおろされたばかりのものかと思われるほど清新華麗なその美妙な音楽」のことが、長々と報道されていた。
これを要するに、クリストフの作品は、好意を有する批評家たちからは、全然理解されず――少しも彼を好まない批評家たちからは、陰険な敵意を受け――終わりに、味方の批評家にも敵の批評家にも指導されない大部分の公衆からは、沈黙を被こうむったのである。公衆は自分自身の考えに放ほうっておかれると、なんにも考えないものである。

クリストフは落胆してしまった。
彼の失敗はしかしながら、何も驚くには当たらなかった。彼の作品が人に喜ばれなかったのには、三重の理由があった。作品はまだ十分に成熟していなかった。即座に理解されるにはあまりに新しかった。それから、傲慢ごうまんな青年を懲らしてやることが人々にはきわめて愉快だった。――しかしクリストフは、自分の失敗が当然であると認めるには、十分冷静な精神をそなえていなかった。世人の長い不理解と彼らの癒いやすべからざる愚蒙ぐもうさとを経験することによって、心の晴穏を真の芸術家は得るものであるが、クリストフにはそれが欠けていた。聴衆にたいする率直な信頼の念と、当然のこととして造作ぞうさなく得られるものと思っていた成功にたいする信頼の念とは、今や崩壊してしまった。敵をもつのはもとよりであると思ってはいた。しかし彼を茫然ぼうぜんたらしめたのは、もはや一人の味方をももたないことであった。彼が頼りにしていた人々も、今までは彼の音楽に興味をもってたらしく思える人々も、音楽会以来は、彼に一言奨励の言葉をもかけなかった。彼は彼らの胸中を探ろうとつとめた。しかし彼らは曖昧あいまいな言葉に隠れた。彼は固執して、彼らのほんとうの考えを知りたがった。すると多少真面目まじめに口をきいてくれる人々は、彼の以前の作品を、初期の愚かな作品を、彼の前にもち出してきた。――それから彼は幾度も、旧作の名において新作が非難されるのを聞くことになった。――しかもそれは、数年以前には、当時新しかった彼の旧作を非難した人々からであった。そういうのが世間普通のことである。しかしクリストフはそれに同意できなかった。彼は怒鳴り声をたてた。人から愛されなくとも、結構だ。彼はそれを承認した。かえってうれしいくらいだった。すべての人の友たることを望んではいなかった。けれども、愛してるふりをされるのは、そして生長するのを許されないのは、生涯しょうがい子供のままでいることを強しいられるのは、それはあまりのことであった! 十二歳にしてはいい作も、二十歳にしてはもういい作ではない。そして彼はそのまま停滞しようとは思わなかった。なお変化し、常に変化したいと思っていた。……生の停滞を望む馬鹿者ども!……彼の幼年時代の作品中に見出せる興味は、その幼稚な未熟さにあるのではなくて、未来のために蓄たくわえられてる力にあるのだった。そしてこの未来を彼らは滅ぼそうと欲してるのだった!……否、彼らは彼がいかなる者であるかをかつて理解しなかった。かつて彼を愛したことはなかった。彼らが愛したのは、彼のうちの卑俗な点、凡庸ぼんような輩と共通な点ばかりであって、真に彼自身であるところのものをではなかった。彼らの友誼ゆうぎは一つの誤解にすぎなかった……。
彼はおそらくこの誤解を誇張して考えていた。そういう誤解の例は、新しい作品を愛することはできないが、それが二十年もの歳月を経ると心から愛するような、朴直ぼくちょくな人々にしばしばある。彼らの虚弱な頭にとっては、新しい生命はあまりに香気が強すぎる。その香気が時タイムの風に吹き消されなければいけない。芸術品は年月の垢あかに埋もれてから初めて、彼らにわかるようになる。
しかしクリストフは、自分が現在である時には人に理解されず、過去である時になって人に理解されるということを、是認することができなかった。それよりはむしろ、まったく、いかなる場合にも、決して人に理解されないと、そう思いたかった。そして彼は憤激した。滑稽こっけいにも、自分を理解させようとし、説明し、議論した。もとよりなんの役にもたたなかった。それには時代の趣味を改造しなければならなかったろう。しかし彼は少しも狐疑こぎしなかった。否応なしにドイツの趣味を清掃しようと決心していた。しかし彼には不可能のことだった。辛かろうじて言葉を捜し出し、大音楽家らについて、または当の相手について、自分の意見を極端な乱暴さで表白する会話などでは、だれをも説服することはできなかった。ますます敵を作り得るばかりだった。彼がなさなければならないことは、ゆっくりと自分の思想を養って、それから公衆をしてそれに耳を傾けさせることであったろう……。
そしてちょうど、よいおりに、運――悪運――が向いて来て、その方策を彼にもたらしてくれた。

クリストフは管絃楽の楽員らの間に交わり、劇場の料理店の食卓につき、皆の気色を害するのも構わずに、芸術上の意見を述べたてていた。彼らは皆意見を同じゅうしてはいなかったが、彼の恣ほしいままな言葉には皆不快を感じていた。ヴィオラのクラウゼ老人は、いい人物でりっぱな音楽家であって、心からクリストフを愛していたので、話題を転じたいと思った。しきりに咳せきをしたり、または、機会をうかがっては駄洒落だじゃれを言ったりした。しかしクリストフはそれを耳に入れなかった。彼はますますしゃべりつづけた。クラウゼは困却して考えた。

 

 

—Qu'a-t-il besoin de dire tout cela? Que le bon Dieu le bénisse! On peut penser ces choses; mais on ne les dit pas, que diable!

Le plus curieux, c'est que «ces choses», lui aussi, les pensait; du moins, il en avait le soupçon, et les paroles de Christophe réveillaient en lui bien des doutes; mais il n'avait pas le courage d'en convenir,—moitié par peur de se compromettre, moitié par modestie, par défiance de soi.

Weigl, le corniste, ne voulait rien savoir; il voulait admirer, qui que ce fût, quoi que ce fût, bon ou mauvais, étoile ou bec de gaz: tout était sur le même plan; il n'y avait pas de plus et de moins dans son admiration: il admirait, admirait, admirait. C'était pour lui un besoin vital; il souffrait, quand on voulait le limiter.

Le violoncelliste Kuh souffrait bien davantage. Il aimait de tout son cœur la mauvaise musique. Tout ce que Christophe poursuivait de ses sarcasmes et de ses invectives lui était infiniment cher: d'instinct, c'était aux œuvres les plus conventionnelles qu'allait son choix; son âme était un réservoir d'émotion larmoyante et pompeuse. Certes, il ne mentait pas dans son culte attendri pour tous les faux grands hommes. C'est quand il se persuadait qu'il admirait les vrais, qu'il se mentait,—en parfaite innocence. Il y a des «Brahmines» qui croient retrouver en leur dieu le souffle des génies passés: ils aiment Beethoven en Brahms. Kuh faisait mieux: c'était Brahms qu'il aimait en Beethoven.

Mais le plus indigné des paradoxes de Christophe était le basson Spitz. Son instinct musical n'était pas tant blessé, que sa servilité naturelle. Un des empereurs romains voulait mourir debout. Spitz voulait mourir à plat ventre, comme il avait vécu: c'était sa position naturelle; il goûtait des délices à se rouler aux pieds de tout ce qui était officiel, consacré, «arrivé»; et il était hors de lui qu'on voulut l'empêcher de lécher la poussière.

Ainsi, Kuh gémissait, Weigl faisait des gestes désespérés, Krause disait des coq-à-l'âne, et Spitz criait d'une voix aigre. Mais Christophe, imperturbable, criait plus fort que les autres; et il disait des choses énormes sur l'Allemagne et les Allemands.

À une table voisine, un jeune homme l'écoutait, en se tordant de rire. Il avait les cheveux noirs et bouclés, de beaux yeux intelligents, un nez assez volumineux, qui, arrivé près du bout, ne pouvait se décider à aller ni à droite ni à gauche, et plutôt que d'aller tout droit, allait des deux côtés à la fois, les lèvres grosses, et une physionomie spirituelle et mobile, qui suivait ce que disait Christophe, attachée à ses lèvres, reflétant chaque mot avec une attention sympathique et gouailleuse, se plissant de petites rides au front, aux tempes, aux coins des yeux, le long des narines et des joues, grimaçant de rire, le corps tout entier secoué, par moments, d'un accès convulsif. Il ne se mêla point à la conversation, mais il n'en perdit rien. Il manifestait une joie particulière, quand il voyait Christophe, embourbé dans une démonstration et harcelé par Spitz, patauger, bredouiller, bégayer de fureur, jusqu'à ce qu'il eût trouvé le mot qu'il cherchait,—un roc, pour écraser l'adversaire. Et son plaisir était sans bornes, quand Christophe, emporté par la passion bien au delà de sa pensée, énonçait des paradoxes monstrueux, qui faisaient barrir l'auditoire.

Enfin, ils se séparèrent, lassés de sentir et d'affirmer chacun sa supériorité. Au moment où Christophe, resté le dernier dans la salle, allait passer le seuil, in fut abordé par le jeune homme qui avait pris tant de plaisir à l'écouter. Il ne l'avait pas encore remarqué. L'autre, poliment découvert, souriait, demandait la permission de se présenter:

—Franz Mannheim.

Il s'excusa d'avoir été assez indiscret pour suivre la conversation, et il le félicita de la maestria avec laquelle il avait pulvérisé ses adversaires. Il riait encore, en y pensant. Christophe le regarda, heureux, un peu méfiant:

—C'est sérieux? demanda-t-il, vous ne vous moquez pas de moi?

L'autre jura ses grands dieux. La figure de Christophe s'illuminait:

—Alors, vous trouvez que j'ai raison, n'est-ce pas? Vous êtes de mon avis?

—Écoutez, fit Mannheim, pour dire la vérité, je ne suis pas musicien, je ne connais rien à la musique. La seule musique qui me plaise,—(ce n'est pas trop flatteur, ce que je vais vous dire),—c'est la vôtre... Enfin, c'est pour vous montrer que je n'ai pourtant pas trop mauvais goût...

—Hé! hé!—fit Christophe, sceptique, flatté tout de même,—ce n'est pas là une preuve.

—Vous êtes difficile... Bon!... Je pense comme vous: ce n'est pas là une preuve. Aussi, je ne me risque pas à juger ce que vous dites des musiciens allemands. Mais, c'est si vrai, en tout cas, des Allemands en général, des vieux Allemands, de tous ces idiots romantiques, avec leur pensée rance, leur émotion lacrymatoire, ces rabâchages séniles qu'on veut que nous admirions, «cet éternel Hier, qui a toujours été, et qui sera toujours, et qui fera loi demain parce qu'il a fait loi aujourd'hui...!»

Il récita quelques vers du passage fameux de Schiller:

«. . . . . . . . . . . . . . Das ewig Gestrige
Das immer war und immer wiederkehrt...»

—Et lui, tout le premier!—s'interrompit-il au milieu de sa récitation.

—Qui? demanda Christophe.

—Le pompier qui a écrit cela!

Christophe ne comprenait pas. Mais Mannheim continuait:

—Moi d'abord, je voudrais que, tous les cinquante ans, on procédât a un nettoyage général de l'art et de la pensée, qu'on ne laissât rien subsister de tout ce qui était avant.

—C'est un peu radical, dit Christophe, souriant.

—Mais non, je vous assure. Cinquante ans, c'est déjà trop; il faudrait dire: trente... Et encore!... Mesure d'hygiène. On ne garde pas dans sa maison la collection de ses grands-pères. On les envoie, quand ils sont morts, poliment pourrir ailleurs, et on met des pierres dessus, pour être bien sûrs qu'ils ne reviendront pas. Les âmes délicates mettent aussi des fleurs. Je veux bien, cela m'est égal. Tout ce que je demande, c'est qu'ils me laissent tranquille. Je les laisse bien tranquilles, moi! Chacun de son côté: côté des vivants; côté des morts.

—Il y a des morts qui sont plus vivants que les vivants.

—Mais non, mais non! cela serait plus vrai, si vous disiez qu'il y a des vivants qui sont plus morts que les morts.

—Peut-être bien. En tout cas, il y a du vieux qui est encore jeune.

—Eh bien, s'il est encore jeune, nous le retrouverons de nous-mêmes... Mais je n'en crois rien. Ce qui a été bon une fois, ne l'est jamais une seconde fois. Il n'y a de bon que le changement. Ce qu'il faut avant tout, c'est se débarrasser des vieux. Il y a trop de vieux en Allemagne. Mort aux vieux!

Christophe écoutait ces boutades avec une grande attention, et se donnait beaucoup de mal pour les discuter; il sympathisait en partie avec elles, il y reconnaissait certaines de ses pensées; et, en même temps, il éprouvait une gêne de les entendre outrer d'une façon caricaturesque. Mais, comme il prêtait aux autres son propre sérieux, il se disait que peut-être son interlocuteur qui semblait plus instruit que lui et parlait plus facilement, tirait les conséquences logiques de ses principes. L'orgueilleux Christophe, à qui tant de gens ne pardonnaient pas sa foi en lui-même, était souvent d'une modestie naïve, qui le rendait dupe de ceux qui avaient reçu une meilleure éducation,—quand toutefois ils consentaient à ne pas s'en targuer pour éviter une discussion gênante. Mannheim, qui s'amusait de ses propres paradoxes, et qui, de riposte en riposte, en arrivait à des cocasseries extravagantes dont il riait sous cape, n'était pas habitué à se voir pris au sérieux; il fut mis en joie par la peine que prenait Christophe pour discuter ses bourdes, ou même pour les comprendre; et tout en s'en moquant, il était reconnaissant de l'importance que Christophe lui attribuait: il le trouvait ridicule et charmant.

Ils se quittèrent fort bons amis; et Christophe ne fut pas peu surpris de voir, trois heures plus tard, à la répétition du théâtre, surgir de la petite porte qui donnait accès à l'orchestre la tête de Mannheim, radieuse et grimaçante, qui lui faisait des signes mystérieux. Quand la répétition fut finie, Christophe alla à lui. Mannheim le prit familièrement par le bras:

 

「どうしてあんなことを言ってしまいたいのか? とんだことだ! だれでもあんなことは考えるかもしれないが、しかし口に出して言うものではない!」
きわめて妙なことではあるが、彼もまた「あんなこと」を考えていた、少なくともちょっと思いついていた。そしてクリストフの言葉は、多くの疑念を彼のうちに喚よび起こした。しかし彼は、そうとみずから認めるだけの勇気がなかった――半ばは、危険な破目に陥りはすまいかという懸念から、半ばは、謙譲のために、自信に乏しいために。
ホルンのワイグルは、ほんとに何も知りたがらない男だった。だれをも、何物をも、よかろうと悪かろうと、星であろうとガス燈であろうと、ただ賛美したがっていた。すべてが同じ平面の上にあった。彼の賛美には、物によっての多少の別がなかった。彼はただ、賛美し、賛美し、賛美しぬいた。彼にとってそれは、生きるに必要な欲求だった。その欲求を制限されると、苦しみを感ずるのだった。
チェロのクーは、さらにひどく悩まされた。彼はまったく心から悪い音楽を好んでいた。クリストフが嘲笑ちょうしょう痛罵つうばを浴びせていたものはことごとく、彼にとってはこの上もなく貴重なものだった。彼がことに好んでいたのは、自然に、最も因襲的な作品であった。彼の魂は、涙っぽい浮華な情緒の溜たまりであった。確かに彼は、似而非えせ大家にたいする感激崇拝において、虚偽を装よそおってるのではなかった。彼がみずからおのれを欺く――それも全然無邪気に――のは、真の大家を賛美してるのだとみずから思い込んでる点にあった。過去の天才らの息吹いぶきを、自分の神のうちに見出せると信じている「ブラームス派」の人々がいる。彼らはブラームスのうちにベートーヴェンを愛している。ところがクーはさらにはなはだしかった。彼はベートーヴェンのうちにブラームスを愛していた。
しかし、クリストフの妄言ぼうげんに最も憤慨したのは、ファゴットのスピッツであった。彼はその音楽上の本能的嗜好しこうをよりも、生来の屈従的精神をさらにはなはだしく傷つけられた。ローマのある皇帝は、立ちながら死にたがったこともあったが、スピッツは彼の平素の姿勢どおり、腹匐ばいに平伏して死にたがっていた。腹匐いが彼の生来の姿だった。すべて官僚的なもの、定評あるもの、「成り上がった」もの、そういうものの足下にころがって歓よろこんでいた。そして奴僕どぼくの真似まねをすることを邪魔されると、我れを忘れていらだつのだった。
それゆえに、クーは慨嘆し、ワイグルは絶望的な身振りをし、クラウゼは取り留めもないことを言い、スピッツは金切り声で叫んでいた。しかしクリストフは自若として、さらにいっそう声高にしゃべりたて、ドイツとドイツ人とに関するひどい意見を述べていた。
隣りの食卓で一人の青年が、笑いこけながらそれに耳を傾けていた。縮らしたまっ黒な髪、怜悧れいりそうな美しい眼、太い鼻、しかもその鼻は、先端近くになって、右へ行こうか左へ行こうか決しかねて、まっすぐに行くよりも同時に左右両方へ広がってい、それから厚い唇くちびる、敏活な変わりやすい顔つき、その顔つきで彼は、クリストフの言うことに残らず耳を傾け、その唇の動きを見守みまもり、その一語一語に、面白がってる同感的な注意を示し、額ひたいや顳※(「需+頁」、第3水準1-94-6)こめかみや眼尻めじりや、または小鼻や頬ほおへかけて、小さな皺しわを寄せ、相好そうごうをくずして笑い、時とすると、急にたまらなくなって全身を揺ぶっていた。彼は話に口出しはしなかったが、一言も聞き落さなかった。クリストフが大言壮語のうちにまごつき、スピッツからじらされ、憤激のあまり渋滞し急せき込み口ごもり、やがて必要な言葉を――岩石を見出して、敵を押しつぶすまでやめないのを見ると、彼はことに喜びの様子を示した。そしてクリストフが情熱に駆られて、おのれの思想の埒外らちがいにまで飛び出し、とてつもない臆説おくせつを吐いて、相手を怒号させるようになると、彼は無上に面白がっていた。
ついに一同は、各自に自分の優秀なことを、感じたり肯定したりするのに飽きて、袂たもとを分かった。クリストフは最後まで食堂に残っていたが、やがて出て行こうとすると、先刻さっきあんなに面白がって彼の言葉を聞いていた青年から、敷居ぎわで言葉をかけられた。彼はまだその青年を眼にとめていなかった。青年はていねいに帽子を脱ぎ、笑顔をし、自己紹介の許しを求めた。
「フランツ・マンハイムという者です。」
彼はそばから議論を聞いていた無作法を詫わび、相手どもを粉砕したクリストフの手腕を祝した。そしてそのことを考えながらまだ笑っていた。クリストフはうれしくもあるがまだ多少狐疑こぎしながら、その様子をながめた。
「ほんとうですか、」と彼は尋ねた、「僕をひやかすんじゃないんですか。」
相手は神明にかけて誓った。クリストフの顔は輝きだした。
「それでは、僕の方が道理だと君は思うんですね。君も僕と同じ意見ですね?」
「まあお聞きなさい、」とマンハイムは言った、「実を言えば、僕は音楽家ではありません、音楽のことは少しも知りません。僕の気に入る唯一の音楽は――別にお世辞を言うわけではないが――君の音楽です。……というのも、僕はあまり悪い趣味をもってる男ではないことを、君に証明したいので……。」
「そんなことは、」とクリストフはうれしがりながらも疑わしげに言った、「証拠にはならない。」
「手きびしいですね。……よろしい……僕も同意しよう、それは証拠にはならないと。それで、ドイツの音楽家らにたいする君の説を、批評するのはよそう。だがいずれにしても、一般のドイツ人、古いドイツ人、ロマンチックの馬鹿者ども、彼らにたいする君の説はほんとうだ。酸敗した思想をいだき、涙壺つぼのような情緒に浸り、われわれにも賛美させようとして、やたらにくり返すあの古めかしい文句、過去未来を通じて常に存在し、今日の掟であるがゆえに明日の掟たるべき、かの永久の昨日……!」
彼はシルレルの有名な一節のある句を誦しょうした。

……永久とわなる昨日、
そは常に在りき、また常にめぐり来たる……。

「彼がまっ先だ!」と彼は暗誦あんしょうの途中で言葉を切って言った。
「だれが?」とクリストフは尋ねた。
「これを書いた旧弊家さ。」
クリストフにはわからなかった。しかしマンハイムは言いつづけた。
「まず僕の考えでは、五十年ごとに、芸術や思想の大掃除をやらなけりゃいけない、前に存在していたものを少しも存続さしてはいけない。」
「そりゃあ少し過激だ。」とクリストフは微笑ほほえみながら言った。
「いやそうじゃない、まったくだ。五十年というのも長すぎる。まあ三十年でいい……それも長すぎるくらいだ!……その程度が衛生にはいい。家の中に父祖の古物を残しておかないことだ。彼らが死んだら、それを他処よそへ送ってていねいに腐敗させ、決してまたもどってこないように、その上に石を置いとくことだ。やさしい心の者はまた花を添えるが、それもよかろう、どうだって構わない。僕が求むることはただ、父祖が僕を安静にしておいてくれることだ。僕の方では向こうをごく安静にしておいてやる。どちらもそれぞれおたがいさまだ、生者の方と、死者の方と。」
「生者よりいっそうよく生きてる死者もあるよ。」
「いや、違う。死者よりいっそうよく死んでる生者があると言った方が、より真実に近い。」
「あるいはそうかもしれない。だがとにかく、古くてまだ若いものもあるよ。」
「ところが、まだ若いんなら、われわれは自分でそれを見出すだろう。……しかし僕はそんなことを信じない。一度よかったものは、もう決して二度とよくはない。変化だけがいいんだ。何よりも肝要なのは、老人を厄介払いすることだ。ドイツには老人が多すぎる。老いたる者は死すべしだ!」
クリストフはそれらの妄論もうろんに、深い注意をもって耳を傾け、それを論議するのにいたく骨折った。彼はその一部には同感を覚え、自分と同じ思想を多少認めた。と同時にまた、愚弄ぐろう的な調子で極端にわたるのを聞くと、ある困惑を感じた。しかし彼は他人もすべて自分と同じように真摯しんしであると見なしていたので、今自分よりいっそう教養あるように見えいっそうたやすく論じているその相手は、おそらく主義から来る理論的な結論を述べてるのであろうと考えた。傲慢ごうまんなクリストフは、多くの人からは自惚うぬぼれすぎてるとけなされていたけれども、実は素朴そぼくな謙譲さをもっていて、自分よりすぐれた教育を受けた人々に対すると、しばしば欺かれることがあった――彼らがその教育を鼻にかけないで困難な議論をも避けない時には、ことにそうだった。マンハイムはいつも自分の逆説をみずから面白がり、弁難から弁難へわたって、ついには自分で内心おかしいほどの、途方もない駄弁だべんにふけってばかりいたので、人から真面目まじめに聞いてもらうようなことは滅多になかった。ところが今クリストフが、自分の詭弁きべんを論議せんとしまたはそれを理解せんとして、いたく骨折ってるのを見ると、すっかりうれしくなった。そして冷笑しながらも、クリストフから重視されてるのを感謝した。彼はクリストフを滑稽こっけいなまた愛すべき男だと思った。
二人はきわめて親しい間柄になって別れた。そして三時間後に、芝居の試演の時、管弦楽団の席に開いてる小さな扉とびらから、マンハイムの※(「口+喜」、第3水準1-15-18)々ききとした引きゆがめられた顔が現われて、ひそかに合図をしてるのを見て、クリストフは多少びっくりした。試演がすむと、クリストフはその方へ行った。マンハイムは親しげに彼の腕をとらえた。

—Vous avez un moment?... Écoutez. Il m'est venu une idée. Peut-être que vous la trouverez absurde... Est-ce que vous ne voudriez pas, une fois, écrire ce que vous pensez de la musique et des musicos? Au lieu d'user votre salive à haranguer quatre crétins de votre bande, qui ne sont bons qu'à souffler et racler sur des morceaux de bois, ne feriez-vous pas mieux de vous adresser au grand public?

—Si je ne ferais pas mieux? Si je voudrais?... Parbleu! Et où voulez-vous que j'écrive? Vous êtes bon, vous!...

—Voilà: j'ai à vous proposer...Nous avons, quelques amis et moi:—Adalbert von Waldhaus, Raphael Goldenring, Adolf Mai, et Lucien Ehrenfeld,—nous avons fondé une Revue, la seule Revue intelligente de la ville: le Dionysos. ... (Vous connaissez certainement?)... Nous vous admirons tous, et nous serions heureux que vous fussiez des nôtres. Voulez-vous vous charger de la critique musicale?

Christophe était confus d'un tel honneur: il mourait d'envie d'accepter; il craignait seulement de n'en être pas digne: il ne savait pas écrire.

—Laissez donc, dit Mannheim, je suis sûr que vous savez très bien. Et puis, du moment que vous serez critique, vous aurez tous les droits. Il n'y a pas à se gêner avec le public. Il est bête comme pas un. Ce n'est rien d'être un artiste: un artiste, c'est celui qu'on peut siffler. Mais un critique, c'est celui qui a le droit de dire: «Sifflez-moi cet homme-là!» Toute la salle se décharge sur lui de l'ennui de penser. Pensez tout ce que vous voudrez. Ayez l'air au moins de penser quelque chose. Pourvu que vous donniez à ces oies leur pâtée, peu importe laquelle! Elles avaleront tout.

Christophe finit par consentir, en remerciant avec effusion. Il mit seulement comme condition qu'il aurait le droit de tout dire:

—Naturellement, naturellement, fit Mannheim. Liberté absolue! Chacun de nous est libre.

Il vint le relancer au théâtre, une troisième fois, le soir, après le spectacle, pour le présenter à Adalbert von Waldhaus et à ses amis. Ils l'accueillirent avec cordialité.

À l'exception de Waldhaus, qui appartenait à une des vieilles familles nobles du pays, tous étaient Juifs, et tous étaient fort riches: Mannheim, fils d'un banquier; Goldenring, d'un propriétaire de vignobles renommés; Mai, d'un directeur d'établissement métallurgique; et Ehrenfeld, d'un grand bijoutier. Leurs pères étaient de la vieille génération israélite, laborieuse et tenace, attachés à l'esprit de leur race, élevant leur fortune avec une âpre énergie, et jouissant de celle-ci bien plus que de celle-là. Les fils semblaient faits pour détruire ce que les pères avaient édifié: ils persiflaient les préjugés familiaux et cette manie de fourmis économes et fouisseuses; ils jouaient aux artistes, ils affectaient de mépriser la fortune et de la jeter par les fenêtres. Mais, en réalité, il ne s'en perdait guère hors de leurs mains; et ils avaient beau faire des folies: ils n'arrivaient jamais à égarer tout à fait leur lucidité d'esprit et leur sens pratique. Au reste, les pères y veillaient, et leur serraient la bride. Le plus prodigue, Mannheim, eût fait sincèrement largesse de tout ce qu'il possédait: mais il ne possédait rien; et quoiqu'il pestât bruyamment contre la ladrerie de son père, en lui-même il en riait et trouvait que le père avait raison. Au bout du compte, il n'y avait guère que Waldhaus, maître de sa fortune, qui y allât bon jeu, bon argent, et qui soutînt de ses fonds la Revue. Il était poète. Il écrivait des «Polymètres», dans le genre de Arno Holz et de Walt Whitman, des vers alternativement très longs et très courts, où les points, les doubles et triples points, les tirets, les silences, les majuscules, les italiques, et les mots soulignés, jouaient un très grand rôle, non moins que les allitérations et que les répétitions—d'un mot, d'une ligne, d'une phrase entière. Il y intercalait des mots, des bruits, dans toutes les langues. Il prétendait faire en vers—(on n'avait jamais su pourquoi)—du Cézanne. À vrai dire, il avait une âme assez poétique, qui sentait avec distinction des choses fades. Il était sentimental et sec, naïf et dandy; ses vers laborieux affectaient une négligence cavalière. Il eût été un bon poète pour gens du monde. Mais ils sont trop de cette espèce, dans les revues et dans les salons; et il voulait être seul. Il s'était mis en tête de jouer le grand seigneur qui est au-dessus des préjugés de sa caste. Il en avait plus que personne. Il ne se les avouait pas. Il avait pris plaisir à ne s'entourer que de Juifs, à la Revue qu'il dirigeait, pour faire crier les siens, antisémites, et pour se prouver à lui-même sa liberté d'esprit. Il affectait avec ses collègues un ton d'égalité courtoise. Mais au fond, il avait pour eux un mépris tranquille et sans bornes. Il n'ignorait pas qu'ils étaient bien aises de se servir de son nom et de son argent; et il les laissait faire, pour avoir la douceur de les mépriser.

Et ils le méprisaient de les laisser faire; car ils savaient très bien qu'il y trouvait son profit. Donnant, donnant. Waldhaus leur apportait son nom et sa fortune; et eux lui apportaient leur talent, leur esprit d'affaires, et une clientèle. Ils étaient beaucoup plus intelligents que lui. Non pas qu'ils eussent plus de personnalité. Ils en avaient peut-être moins encore. Mais, dans cette petite ville, ils étaient, comme partout et toujours,—par le fait de la différence de leur race, qui depuis des siècles les isole et aiguise leur faculté d'observation railleuse,—ils étaient les esprits les plus avancés, les plus sensibles au ridicule des institutions vermoulues et des pensées décrépites. Seulement, comme leur caractère était moins libre que leur intelligence, cela ne les empêchait point, en raillant, de chercher beaucoup plus à profiter de ces institutions et de ces pensées, qu'à les réformer. En dépit de leurs professions de foi indépendantes, ils étaient, aussi bien que le gentilhomme Adalbert, de petits snobs de province, des fils de famille riches et désœuvrés, qui faisaient de la littérature par sport et par flirt. Ils étaient bien aises de se donner des allures de pourfendeurs; mais ils étaient bons diables, et ne pourfendaient que quelques gens inoffensifs, ou qu'ils pensaient hors d'état de leur nuire jamais. Ils n'avaient garde de se brouiller avec une société, où ils savaient qu'ils rentreraient un jour, pour y vivre de la vie de tout le monde, en épousant les préjugés qu'ils avaient combattus. Et quand ils se risquaient à faire un coup d'État, ou dé réclame, à partir bruyamment en guerre contre une idole du jour,—qui commençait à branler,—ils avaient soin de ne pas brûler leurs vaisseaux: en cas de danger, ils se rembarquaient. Quelle que fût d'ailleurs l'issue de la campagne,—quand elle était finie, il y en avait pour longtemps avant qu'on recommençât; les Philistins pouvaient dormir tranquilles. Tout ce que cherchaient les nouveaux Davidsbündler, c'était à faire croire qu'ils auraient pu être terribles, s'ils avaient voulu:—mais ils ne voulaient pas. Ils préféraient tutoyer les artistes et souper avec les actrices.

Christophe se trouva mal à l'aise dans ce milieu. Ils parlaient surtout de femmes et de chevaux; et ils en parlaient sans grâce. Ils étaient compassés. Adalbert s'exprimait d'une voix blanche et lente, avec une politesse raffinée, ennuyée, ennuyeuse. Adolf Mai, le secrétaire de la rédaction, lourd, trapu, la tête enfoncée dans les épaules, l'air brutal, voulait toujours avoir raison; il tranchait surtout, n'écoutait jamais ce qu'on lui répondait, semblait mépriser l'opinion de l'interlocuteur et, encore plus, l'interlocuteur. Goldenring, le critique d'art, qui avait des tics nerveux et des yeux perpétuellement clignotants derrière de larges lunettes,—pour imiter sans doute les peintres qu'il fréquentait, portait les cheveux longs, fumait silencieusement, mâchonnait des lambeaux de phrases qu'il n'achevait jamais, et faisait des gestes vagues dans l'air avec son pouce. Ehrenfeld, petit, chauve, souriant, avec une barbe blonde, une figure fine et fatiguée, au nez busqué, écrivait dans la Revue les modes et la chronique mondaine. Il disait des choses très crues, d'une voix caressante; il avait de l'esprit, méchant, souvent ignoble.—Tous ces jeunes millionnaires étaient anarchistes, comme il convient: c'est le suprême luxe, quand on possède tout, de nier la société; car on se dégage ainsi de ce qu'on lui doit. Tel, un voleur qui, après avoir détroussé un passant, lui dirait: «Que fais-tu encore ici? Va-t'en! Je n'ai plus besoin de toi.»

Christophe, dans ce groupe, n'éprouvait de sympathie que pour Mannheim. C'était assurément le plus vivant des cinq; il s'amusait de tout ce qu'il disait et de tout ce qu'on disait; bégayant, bredouillant, ânonnant, ricanant, disant des coq-à-l'âne, il n'était pas capable de suivre un raisonnement, ni de savoir au juste ce qu'il pensait lui-même; mais il était bon garçon, sans fiel contre qui que ce fût, et sans l'ombre d'ambition. À la vérité, il n'était pas très franc: il jouait toujours un rôle; mais c'était innocemment, et cela ne faisait de tort à personne. Il s'emballait pour toutes les utopies baroques—généreuses, le plus souvent. Il était trop fin et trop moqueur pour y croire tout à fait; il savait garder son sang-froid, même dans ses emballements, et il ne se compromettait jamais dans l'application de ses théories. Mais il lui fallait une marotte: c'était un jeu pour lui, et il en changeait fréquemment. Pour l'instant, il avait la marotte de la bonté. Il ne lui suffisait pas d'être bon, naturellement; il voulait paraître bon; il professait la bonté, il la mimait. Par esprit de contradiction contre l'activité sèche et dure des siens et contre le rigorisme, le militarisme, le philistinisme allemand, il était Tolstoyen, Nirvânien, évangéliste, bouddhiste,—il ne savait trop lui-même,—apôtre d'une morale molle et désossée, indulgente, bénisseuse, facile à vivre, qui pardonnait avec effusion à tous les péchés, surtout aux péchés voluptueux, qui ne cachait point sa prédilection pour eux, qui pardonnait beaucoup moins aux vertus,—une morale qui n'était qu'un traité du plaisir, une association libertine de complaisances mutuelles, qui s'amusait à ceindre l'auréole de la sainteté. Il y avait là une petite hypocrisie qui ne sentait pas très bon pour les odorats délicats, et qui aurait pu même être franchement écœurante, si elle s'était prise au sérieux. Mais elle n'y prétendait pas; elle s'amusait d'elle-même. Ce christianisme polisson n'attendait qu'une occasion pour céder le pas à quelque autre marotte,—n'importe laquelle: celle de la force brutale, de l'impérialisme, des «lions qui rient».—Mannheim se donnait la comédie; il se la donnait de tout son cœur; il endossait tour à tour tous les sentiments qu'il n'avait pas, avant de redevenir un bon vieux Juif comme les autres, avec tout l'esprit de sa race. Il était très sympathique et extrêmement agaçant.

Christophe fut, quelque temps, une de ses marottes. Mannheim ne jurait que par lui. Il cornait son nom partout. Il rebattait les oreilles des siens avec ses dithyrambes. À l'en croire, Christophe était un génie, un homme extraordinaire, qui faisait de la musique cocasse, qui surtout en parlait d'une façon étonnante, qui était plein d'esprit,—et beau, avec cela: une jolie bouche, des dents magnifiques. Il ajoutait que Christophe l'admirait.—Il finit par l'amener dîner, un soir, chez lui. Christophe se trouva en tête à tête avec le père de son nouvel ami, le banquier Lothar Mannheim, et avec la sœur de Franz, Judith.

C'était la première fois qu'il pénétrait dans un intérieur israélite. Bien qu'assez nombreuse dans la petite ville, et y tenant une place importante par sa richesse, sa cohésion, et son intelligence, la société juive vivait un peu à part de l'autre. Il existait toujours dans le peuple, à son égard, des préjugés tenaces et une secrète hostilité, bonasse, mais injurieuse. Ces sentiments étaient ceux de la famille de Christophe. Son grand-père n'aimait pas les Juifs; mais l'ironie du sort avait fait que ses deux meilleurs élèves pour la musique—(l'un, devenu compositeur, l'autre, virtuose illustre)—étaient israélites; et le brave homme était malheureux: car il y avait des moments où il eût voulu embrasser ces deux bons musiciens; et puis, il se souvenait avec tristesse qu'ils avaient mis Dieu en croix; et il ne savait comment concilier l'inconciliable. En fin de compte, il les embrassait. Il inclinait à croire que Dieu leur pardonnerait, parce qu'ils avaient beaucoup aimé la musique.—Le père de Christophe, Melchior, qui faisait l'esprit fort, avait moins de scrupules à prendre l'argent des Juifs; et il trouvait même cela très bien: mais il faisait d'eux des gorges chaudes, et il les méprisait.—Quant à sa mère, elle n'était pas sûre de ne pas commettre un péché, lorsqu'elle allait servir chez eux, comme cuisinière. Ceux à qui elle avait affaire étaient d'ailleurs assez rogues avec elle: pourtant, elle ne leur en voulait pas, elle n'en voulait à personne, elle était pleine de pitié pour ces malheureux, que Dieu avait damnés; elle s'attendrissait, en voyant passer la fille de la maison, ou en entendant les rires joyeux des enfants:

—Une si belle personne!... De si jolis petits!... Quel malheur!... pensait-elle.

「君、少し隙ひまがあるだろうね。……まあ聞きたまえ。僕はちょっと思いついたことがある。多分君はばかなことだと思うかもしれないが……。実は、一度、音楽に関する、三文音楽家らに関する、君の意見を書いてくれないかね。木片を吹いたりたたいたりするだけの能しかない、君の仲間のあの四人の馬鹿者どもに向かって、無駄むだに言葉を費やすより、広く公衆に話しかける方がいいじゃないか。」
「その方がいいとも! 望むところだ!……よろしい! だが何に書くんだい? 君は親切だね、君は!……」
「こうなんだ。僕は君に願いたいことがあるんだが……。僕らは、僕と数人の友人――アダルベルト・フォン・ワルトハウス、ラファエル・ゴールデンリンク、アドルフ・マイ、ルツィエン・エーレンフェルト――そういう連中で、雑誌を一つこしらえてるんだ。この町での唯一の高級な雑誌で、ディオニゾスと言うんだ。……(君も確か知ってるだろう。)……僕らは皆君を尊敬してる。そして君が同人になってくれれば、実に仕合わせだ。君は音楽の批評を受け持ってくれないか?」
クリストフはそういう名誉に接して恐縮した。彼は承諾したくてたまらなかった。しかしただ自分の力に余る役目ではあるまいかと恐れた。彼は文章が不得手だった。
「なに心配することはない、」とマンハイムは言った、「確かにりっぱに書けるよ。それに、批評家になればあらゆる権利をもつんだ。公衆にたいしては遠慮はいらない。公衆はこの上もなく馬鹿なものだ。芸術家というのもつまらないものだ。人から非難の口笛を吹かれても仕方はない。しかし批評家というものは、『彼奴あいつを罵倒ばとうしろ!』と言うだけの権利をもっている。観客は皆思索の困難を批評家に委ゆだねてるんだ。君の勝手なことを考えればいい。少なくとも何か考えてる様子をすればいい。それらの鵞鳥がちょうどもに餌えを与えてやりさえすれば、それがどんな餌だろうと構わない。奴やつらはなんでも飲み込んでしまうんだ。」
クリストフは心から感謝しながら、ついに承諾してしまった。そしてただ、何を言っても構わないということを条件とした。
「もちろんさ、もちろんさ。」とマンハイムは言った。「絶対の自由だ! われわれは各人皆自由なんだ。」

マンハイムは、その晩芝居がはねた後、三度劇場へやって来て彼を連れ出し、アダルベルト・フォン・ワルトハウスや他の友人らに、彼を紹介した。彼らは彼を懇ねんごろに迎えた。
土地の古い貴族の家柄であるワルトハウスを除けば、彼らは皆ユダヤ人であって、そして皆すこぶる富裕だった。マンハイムは銀行家の息子むすこ、ゴールデンリンクは有名なぶどう園主の息子、マイは冶金やきん工場長の息子、エーレンフェルトは大宝石商の息子だった。彼らの父親らは、勤勉強靭きょうじんな古いイスラエル系統に属していて、その民族的精神に執着し、強烈な精力をもって財産を作り、しかもその財産よりその精力の方をより多く享楽していた。ところが息子らは、父親らが建設したものを破壊するために生まれたかの観があった。家伝の偏見と、勤倹貯蓄な蟻ありのような性癖とを、嘲笑ちょうしょうしていた。芸術家を気取っていた。財産を軽蔑けいべつして、それを投げ捨てるようなふうをしていた。しかし実際においては、その手から金が漏れ落ちることはほとんどなかった。彼らはいかに馬鹿な真似まねをしようとも、精神の明晰めいせきと実際的の能力とをまったく失うほどには決していたらなかった。そのうえ、父親らはそれを監督して、手綱を引きしめていた。中で最も放縦なマンハイムは、もってる物をことごとく本気で濫費したろうけれど、しかし彼はかつて何かをもってることがなかった。そして父の貪欲どんよくを大声に罵倒してはいたけれど、心の中では、それをみずから笑いながら父の方が道理だと認めていた。で要するに、ほんとうに気を入れて自分の金で雑誌を維持していたのは、金が自由になるワルトハウスほとんど一人だけであった。後は詩人だった。アルノー・ホルツやウォルト・ホイットマンなどにならって、「多様韻律体ポリメートル」の詩を書いていた。ごく長い句と短い句とが交互になってる詩で、一点符、二点符、三点符、横線符、休止符、大文字、イタリック文字、傍線付の言葉などが、頭韻とういん法や反覆法――一語の、一行の、または全句の――などとともに、きわめて重要な役目をさせられていた。またあらゆる国の言語や音が插入そうにゅうされていた。彼はセザンヌの手法を詩に用いるのだと言っていた。(その理由はだれにもわからなかった。)そして実を言えば、空粗な事物をことによく感ずるだけの、かなり詩的な魂をそなえていた。感傷的で冷静であり、また幼稚で気取りやであった。その苦心した詩は、豪放な無頓着むとんじゃくさを装っていた。彼は上流の人としては、りっぱな詩人であったろう。しかしこの種の人は、雑誌や客間にあまり多くいすぎる。しかも彼は唯一人であることを欲していた。階級通有の偏見を超越してる大人物らしく振舞おうと、心がけていた。そのくせだれよりもいっそう偏見をもっていた。彼はそれをみずから認めてはいなかった。自分の主宰してる雑誌で、周囲にユダヤ人ばかりを寄せ集めて、反ユダヤ党である身内の者らに不平を言わせ、みずからおのれの精神の自由を証明することを、いつも快しとしていた。同人らにたいしては、慇懃いんぎんな対等の調子を装っていた。しかし心の底では、平静な限りない軽蔑けいべつを彼らにたいしていだいていた。彼らが彼の名前と金とを利用して喜んでいるのを知らないではなかった。そして彼らのなすままに任して、彼らを軽蔑する楽しみを味わっていた。
そして彼らの方でもまた、彼が自分たちのなすままに任していることを軽蔑していた。なぜなら彼らは、彼がそのために利を得てることをよく知っていたから。与える者に与えよである。ワルトハウスは彼らに、自分の名前と財産とを貸与していた。彼らは彼に、自分らの才能と実務的精神と読者とを貸与していた。彼らは彼よりもいっそう怜悧れいりだった。と言って、彼らがより多く個性をそなえてるというのではなかった。否おそらく個性はより少なかったであろう。しかしながら彼らは、どこへ行ってもまたいつでもそうであるが、この小都市においても――異民族であるがために、数世紀来孤立してきて嘲笑的な観察眼が鋭利にされているので――最も進んだ精神の所有者であり、腐蝕ふしょくした制度や老朽した思想の滑稽こっけいな点に最も敏感な精神の所有者であった。ただ、彼らの性格は彼らの知力ほど、自由でなかったので、彼らはそれらの制度や思想を冷笑しながらも、それらを改革することよりむしろ、それらを利用することが多かった。彼らはその独立不羈ふきの信条にもかかわらず、紳士アダルベルトとともに、田舎いなかの小ハイカラであり、富裕無為な息子むすこさんたちであって、娯楽や気晴らしのつもりで文学をやってるのであった。彼らはみずから尊大なふうをして喜んでいたが、人のよい威張りやにすぎなくて、若干の無害な人々、もしくは自分たちを決して害し得ないと思われる人々、などにたいしてしか尊大ぶりはしなかった。他日自分たちがはいってゆき、昔攻撃したあらゆる偏見と妥協しながら、世間普通の生活を静かに営むようになるだろうとわかってるような社会とは、葛藤かっとうを結ぶ気はさらになかった。そして、いよいよ戈ほこを揮ふるいもしくは弁を揮わんとし、現在の偶像――それもすでに揺ぎ始めてる――にたいして、騒々しく出征の途にのぼらんとする時には、いつも自分の船を焼かないだけの用心をしていた。危険な場合にはまた船に乗り込むのだった。それにまた、戦いの結果がどうであろうとも――戦いが済みさえすれば、また戦いが始まるまでには十分長い時間があった。敵のフィリスチン人は静かに眠ることができた。新しいダヴィデ派が求めていたところのものは、なろうと思えば恐るべき者にもなり得るのだということを、敵に信ぜさせることであった。――しかし彼らはなろうと思っていなかった。芸術家らと懇意にし、女優らと夜食をともにする方を、彼らはより多く好んでいた。
クリストフは、その仲間にはいると勝手が悪かった。彼らの話は、女や馬に関することが多かった。しかも厚かましい話し方をしていた。彼らはひどく形式張っていた。アダルベルトは、白々しらじらしいゆるやかな声音で、みずから退屈し人を退屈させる上品なていねいさで、意見を述べた。編集長のアドルフ・マイは、重々しくでっぷり太って、頭を両肩の間に埋め、粗暴な様子をしてる男で、いつも自説を通そうとしていた。あらゆることに断定を下し、決して人の答弁に耳を貸さず、相手の意見を軽蔑けいべつしてるらしく、なお相手をも軽蔑してるらしかった。美術批評家のゴールデンリンクは、神経的に顔の筋肉を震わす癖があり、大きな眼鏡の陰でたえず眼を瞬またたき、交際してる画家たちの真似まねをしたのに違いないが、髪を長く伸ばし、黙々として煙草たばこを吹かし、決して終わりまで言ってしまうことのない断片的な文句を口ごもり、親指で空間に曖昧あいまいな身振りをするのだった。エーレンフェルトは、小柄で、頭が禿はげ、微笑を浮かべ、茶褐ちゃかっ色の頤髯あごひげを生はやし、元気のない繊細な顔つきをし、鈎かぎ鼻であって、流行記事や世間的雑報を雑誌に書いていた。彼は甘ったるい声で、きわめて露骨な事柄をしゃべった。機才はあったが、しかしそれも意地悪い才で、また下等なことが多かった。――これらの富裕な青年らは皆、もとより無政府主義者であった。すべてを所有してる時に社会を否定するのは、最上の贅沢ぜいたくである。なぜなら、かくして社会に負うところのものを免れるからである。盗人が通行人を劫掠きょうりゃくしたあとに、その通行人へこう言うのと同じである、「まだここで何をぐずついてるんだ! 行っちまえ! もう貴様に用はない。」
同人中でクリストフが好感をもってるのは、マンハイムにたいしてばかりだった。確かにこの男は、五人のうちで最も溌剌はつらつとしていた。自分の言うことや他人の言うことを、なんでも面白がっていた。どもり、急せき込み、口ごもり、冷笑し、支離滅裂なことを言いたてて、論理の筋道をたどることもできず、みずから自分の考えを正しく知ることもできなかった。しかし彼は、だれにたいしても悪意をいだかず、また野心の影もない、善良な青年だった。実を言えば、きわめて率直だというのではなく、いつも芝居をやってはいた。しかしそれも無邪気にやってるのであって、だれにも害を及ぼさなかった。奇怪な――たいていは大まかな――あらゆる空想にたいして、彼は怒おこりっぽかった。それをすっかり信ずるには、あまりに精緻せいちでまた嘲笑ちょうしょう的だった。そして怒った時でさえも、冷静を維持する法をよく知っていた。おのれの主義を適用するのに、かつて危ない破目に陥ることがなかった。しかし彼には看板が一つ必要だった。彼にとってはそれが玩具がんぐであって、幾度も取り変えた。現在では、親切という看板をもっていた。もとより彼は、親切であるだけでは満足しなかった。親切に見せかけたがっていた。親切を説き回り、親切な芝居をしていた。家の者らの冷酷厳格な活動性にたいする、またドイツの厳粛主義や軍国主義や俗物根性などにたいする、反発的精神から、彼はトルストイ主義者となり、涅槃ねはん主義者となり、福音ふくいん信者となり、仏教信者となり――その他自分でもよくはわからなかったが――喜んであらゆる罪悪を許し、とくに淫逸いんいつな罪悪を許し、それらにたいする愛好の情を少しも隠さず、しかも美徳の方はあまり許容しないような、柔弱な骨抜きの恣ほしいままな恵み深い生きやすい道徳――快楽の契約にすぎず、相互交歓の放肆ほうしな連盟にすぎないが、神聖という光輪をまとってみずから喜ぶ道徳、そういう道徳の使徒となっていた。そこに小さな偽善が存していた。その偽善は、鋭敏な嗅覚きゅうかくにとってはあまり芳かんばしいものではなく、もし真面目まじめに取られたら、実際胸悪いものともなるべきはずであった。しかしそれは真面目に取られることを別に望まないで、みずから一人で興がっていた。そしてこの放縦なキリスト教主義は、何かの機会がありさえすれば、すぐに他の看板に地位を譲ろうと待ち構えていた――どんなんでも構わない、暴力、帝国主義、「笑う獅子しし」などでも。――マンハイムは茶番を演じていた、心から茶番を演じていた。他の者らのようにユダヤの好々爺こうこうやとならないうちから、民族固有のあらゆる機才をもって、自分のもたない感情をも代わる代わる背負っていた。彼はきわめて面白い男であり、この上もなく小癪こしゃくな男であった。

クリストフはしばらくの間、マンハイムの看板の一つだった。マンハイムは彼のことばかりを口癖にしていた。至る所に彼の名前を吹聴ふいちょうして歩いた。家の者らに向かって、盛んに彼をほめたてて聞かした。その言葉に従えば、クリストフは天才であり、非凡な男であって、珍妙な音楽を作り、ことに変梃へんてこな音楽談をなし、機才にあふれており――そのうえ好男子で、きれいな口と素敵な歯とをもっていた。彼はまた、自分はクリストフから感心されてると言い添えた。――ついにある晩、クリストフを家に連れて来て御馳走ごちそうしてやった。クリストフは、新しい友の父親である銀行家ロタール・マンハイム、およびフランツの妹であるユーディットと、差し向かいになった。
彼がユダヤ人の家の中にはいり込んだのは、それが初めてだった。ユダヤ人の仲間は、その小都市にかなり多数であり、またその富と団結力と知力とによって、重要な地位を占めてはいたけれど、他の人々と多少離れて生活していた。民衆の中には、ユダヤ人にたいする執拗しつような偏見と、素朴そぼくではあるがしかし不当な内密の敵意とが、いつも存在していた。クリストフ一家の感情もやはりそうであった。彼の祖父はユダヤ人を好まなかった。しかし運命の皮肉によって、彼の音楽の弟子のうち最良の二人は――(一人は作曲家となり、一人は名高い名手となっていた)――ユダヤ人であった。そしてこの善良な祖父は困却していた。なぜなら、その二人のりっぱな音楽家を抱擁したいと思うことがあった。それから、ユダヤ人らが神を十字架につけたことを悲しげに思い出した。そして彼は、その融和しがたい感情をどうして融和すべきかを知らなかった。が結局、彼は、二人を抱擁した。二人は非常に音楽を愛していたから、神も彼らを許してくださるだろうと、彼はおのずから信じがちだった。――クリストフの父のメルキオルは、自由思想家をもってみずから任じていただけに、ユダヤ人から金を取ることをさほど懸念しなかった。ごく結構なことだとさえ思っていた。しかし彼は、ユダヤ人を罵倒ばとうし軽蔑けいべつしていた。――クリストフの母は、料理人としてユダヤ人の家に雇われて行くと、悪いことをしたと思わないではなかった。そのうえ、彼女を雇った人々は、彼女にたいしてかなり横柄であった。それでも彼女は、それを彼らに恨まず、だれにも恨まず、神から永劫えいごうの罰を受けたそれらの不幸な人々にたいして、憐憫れんびんの情でいっぱいになっていた。その家の娘が通るのを見かけたり、あるいは子供らのうれしそうな笑い声を聞いたりすると、深く心を動かした。
「あんなに美しい娘が!……あんなにきれいな子供たちが!……なんという不幸だろう!……」と彼女は考えるのだった。

 

Elle n'osa rien dire à Christophe, quand il lui annonça qu'il dînerait, le soir, chez les Mannheim; mais elle eut le cœur un peu serré. Elle pensait qu'il ne fallait pas croire tout ce qu'on disait de méchant contre les Juifs—(on dit du mal de tout le monde)—et qu'il y a de braves gens partout, mais qu'il était mieux pourtant et plus convenable que chacun restât chez soi, les Juifs de leur côté, et les chrétiens d'un autre.

Christophe n'avait aucun de ces préjugés. Avec son esprit de réaction perpétuelle contre son milieu, il était plutôt attiré par cette race différente. Mais il ne la connaissait guère. Il n'avait eu quelques rapports qu'avec les éléments les plus vulgaires de la population juive: les petits marchands, la populace qui grouillait dans les rues entre le Rhin et la cathédrale, continuant à former, avec l'instinct de troupeau qui est chez tous les hommes, une sorte de petit ghetto. Il lui arrivait de flâner dans ce quartier, épiant au passage d'un œil curieux et assez sympathique des types de femmes aux joues creusées, aux lèvres et aux pommettes saillantes, au sourire à la Vinci, un peu avili, et dont le parler grossier et le rire saccadé venaient malheureusement détruire l'harmonie de la figure au repos. Même dans la lie de la populace, dans ces êtres aux grosses têtes, aux yeux vitreux, aux faces souvent bestiales, trapus et bas sur pattes, ces descendants dégénérés de la plus noble des races, on voyait, jusque dans cette fange fétide, d'étranges phosphorescences qui s'allumaient, comme des feux follets dansant sur les marais: des regards merveilleux, des intelligences lumineuses, une électricité subtile qui se dégageait de la vase, et qui fascinait et inquiétait Christophe. Il pensait qu'il y avait là dedans de belles âmes qui se débattaient, de grands cœurs qui cherchaient à sortir du bourbier; et il eût voulu les rencontrer, leur venir en aide; il les aimait sans les connaître, en les redoutant un peu. Mais jamais il n'avait eu d'intimité avec aucun d'entre eux. Jamais surtout il n'avait eu l'occasion d'approcher l'élite de la société juive.

Le dîner chez les Mannheim avait donc pour lui l'attrait de la nouveauté, et, même du fruit défendu. L'Ève qui lui présentait ce fruit le rendait plus savoureux. Depuis l'instant qu'il était entré, Christophe n'avait plus d'yeux que pour Judith Mannheim. Elle appartenait à une espèce différente de toutes les femmes qu'il connaissait jusque-là. Grande et svelte, un peu maigre, bien que solidement charpentée, la figure encadrée de cheveux noirs, peu abondants, mais épais, et plantés bas, qui couvraient les tempes et le front osseux et doré, un peu myope, les paupières grosses, l'œil légèrement bombé, le nez assez fort aux narines dilatées, les joues d'une maigreur intelligente, le menton lourd, le teint assez coloré, elle avait un beau profil, énergique et net; de face, l'expression était plus trouble, incertaine, composite; les yeux et les joues étaient inégaux. On sentait en elle une forte race, et, dans le moule de cette race, jetés confusément, des éléments multiples, disparates, de très beaux et de très vulgaires. Sa beauté résidait surtout dans sa bouche silencieuse, et dans ses yeux qui semblaient plus profonds à cause de leur myopie, et plus sombres, par l'effet de leur cernure bleuâtre.

Il eût fallu être plus habitué que Christophe à ces yeux, qui sont ceux d'une race plus que d'un individu, pour lire sous leur voile humide et ardent l'âme réelle de la femme qui était devant lui. C'était l'âme du peuple d'Israël qu'il découvrait dans ces yeux brûlants et mornes, qui la portaient en eux, sans le savoir eux-mêmes. Il y était perdu. Beaucoup plus tard seulement, après s'être souvent égaré dans de telles prunelles, il apprit à retrouver sa route sur cette mer orientale.

Elle, le regardait; et rien ne venait gêner la lucidité de son regard; rien ne semblait lui échapper, de cette âme chrétienne. Il le sentait. Il sentait sous la séduction de ce regard féminin une volonté virile, claire et froide, qui fouillait en lui avec une sorte de brutalité indiscrète. Cette brutalité n'avait rien de malveillant. Elle prenait possession de lui. Non pas à la façon d'une coquette qui veut séduire sans s'inquiéter de savoir qui. Coquette, elle l'était plus que personne; mais elle savait sa force, et elle s'en remettait à son instinct de l'exercer,—surtout quand elle avait affaire à une proie aussi facile que Christophe.—Ce qui l'intéressait davantage, c'était de connaître son adversaire: (tout homme, tout inconnu était pour elle un adversaire,—avec qui l'on pouvait plus tard, s'il y avait lieu, signer un pacte d'alliance). La vie étant un jeu, où le plus intelligent gagnait, il s'agissait de lire dans les cartes de son adversaire et de ne pas montrer les siennes. À y réussir, elle goûtait la volupté d'une victoire. Peu lui importait qu'elle pût ou non en tirer parti. C'était pour le plaisir. Elle avait la passion de l'intelligence. Non de l'intelligence abstraite, encore qu'elle eût le cerveau assez solide pour réussir, si elle eût voulu, en n'importe quelles sciences, et que, mieux que son frère, elle eût été le vrai successeur du banquier Lothar Mannheim. Mais elle préférait l'intelligence vivante, celle qui s'applique aux hommes. Elle jouissait de pénétrer une âme, d'en peser la valeur—(elle y mettait autant d'attention scrupuleuse que la Juive de Matsys à peser ses écus);—elle savait, avec une divination merveilleuse, trouver en moins de rien le défaut de la cuirasse, les tares et les faiblesses qui sont la clef de l'âme, s'emparer des secrets: c'était sa façon de s'en rendre maîtresse. Mais elle ne s'attardait point à sa victoire; et de sa prise elle ne faisait rien. Une fois sa curiosité et son orgueil satisfaits, elle ne s'y intéressait plus, et passait à un autre objet. Toute cette force restait stérile. Dans cette âme si vivante, il y avait la mort. Judith portait en elle le génie de la curiosité et de l'ennui.

Ainsi, elle regardait Christophe, qui la regardait. Elle parlait à peine. Il lui suffisait d'un sourire imperceptible, au coin de la bouche: Christophe était hypnotisé. Ce sourire s'effaçait, la figure devenait froide, les yeux indifférents; elle s'occupait du service et parlait au domestique, d'un ton glacial; il semblait qu'elle n'écoutât plus. Puis, les yeux s'éclairaient de nouveau; et trois ou quatre mots précis montraient qu'elle avait tout entendu et compris.

Elle révisait froidement le jugement de son frère sur Christophe: elle connaissait les hâbleries de Franz; son ironie eut beau jeu, quand elle vit paraître Christophe, dont son frère lui avait vanté la beauté et la distinction—(il semblait que Franz eût un don pour voir le contraire de l'évidence; ou peut-être prenait-il à le croire un amusement paradoxal).—Mais, en étudiant mieux Christophe, elle reconnut que pourtant tout n'était pas faux dans ce que Franz avait dit; et, à mesure qu'elle avançait à la découverte, elle trouvait en Christophe une force encore incertaine et mal équilibrée, mais robuste et hardie: elle y prenait plaisir, sachant, mieux que personne, la rareté de la force. Elle sut faire parler Christophe, dévoiler sa pensée, montrer lui-même ses limites et ses manques; elle lui fit jouer du piano: elle n'aimait pas la musique, mais elle la comprenait; et elle reconnut l'originalité musicale de Christophe, bien que sa musique ne lui inspirât aucune sorte d'émotion. Sans rien changer à sa froideur courtoise, quelques remarques brèves, justes, nullement louangeuses, montrèrent l'intérêt qu'elle prenait à Christophe.

Christophe s'en aperçut; et il en fut fier; car il sentait le prix d'un tel jugement et la rareté de son approbation. Il ne cachait pas le désir qu'il avait de la conquérir; et il y mettait une naïveté, qui faisait sourire ses trois hôtes: il ne parlait plus qu'à Judith, et pour Judith; des deux autres, il ne s'occupait pas plus que s'ils n'avaient pas existé.

Franz le regardait parler; il suivait ses paroles, des lèvres et des yeux, avec un mélange d'admiration et de blague; et il pouffait, en échangeant des coups d'œil moqueurs avec son père et avec sa sœur, qui, impassible, feignait de ne pas les remarquer.

Lothar Mannheim,—un grand vieillard, solide, un peu voûté, le teint rouge, les cheveux gris taillés en brosse, la moustache et les sourcils très noirs, une figure lourde, mais énergique et goguenarde, qui donnait l'impression d'une vitalité puissante,—avait, lui aussi, étudié Christophe, avec une bonhomie narquoise; et, lui aussi, avait reconnu sur-le-champ qu'il y avait «quelque chose» en ce garçon. Mais il ne s'intéressait pas à la musique, ni aux musiciens: ce n'était pas sa partie, il n'y connaissait rien, et il ne le cachait point; il s'en vantait même:—(quand un homme de sa sorte avoue une ignorance, c'est pour en tirer vanité.)—Comme Christophe, de son côté, manifestait clairement, avec une impolitesse dénuée de malice, qu'il pouvait sans regret se passer de la société de Monsieur le banquier, et que la conversation de Mademoiselle Judith Mannheim suffisait à occuper sa soirée, le vieux Lothar, amusé, s'était installé au coin de son feu; et il lisait son journal, écoutant vaguement, d'une oreille ironique, les billevesées de Christophe et sa musique bizarre, qui le faisait rire parfois d'un rire silencieux, à la pensée qu'il pouvait y avoir des gens qui comprenaient cela et qui y trouvaient plaisir. Il ne se donnait même plus la peine de suivre la conversation; il s'en remettait à l'intelligence de sa fille de lui dire ce que valait au juste le nouveau venu. Elle s'acquittait de sa tâche, en conscience.

Quand Christophe fut parti, Lothar demanda à Judith:

—Eh bien, tu l'as confessé: qu'est-ce que tu en dis, de l'artiste?

Elle rit, réfléchit un moment, fit son total, et dit:

—Il est un peu braque; mais il n'est pas bête.

—Bon, fit Lothar: c'est aussi ce qu'il m'a semblé. Alors, il peut réussir?

—Oui, je crois. Il est fort.

—Très bien,—dit Lothar, avec la logique magnifique des forts, qui ne s'intéressent qu'aux forts,—il faudra donc l'aider.

Christophe emportait, de son côté, l'admiration pour Judith Mannheim. Il n'était pourtant pas épris, comme le croyait Judith. Tous deux,—elle avec sa finesse, lui avec son instinct qui lui tenait lieu d'esprit,—se méprenaient également l'un sur l'autre. Christophe était fasciné par l'énigme de cette figure et par l'intensité de sa vie cérébrale; mais il ne l'aimait pas. Ses yeux et son intelligence étaient pris: son cœur ne l'était point.—Pourquoi?—Il eût été assez difficile de le dire. Parce qu'il entrevoyait en elle quelque chose de douteux et d'inquiétant? En d'autres circonstances, c'eût été là pour lui une raison de plus d'aimer: l'amour n'est jamais plus fort que quand il sent qu'il va à ce qui le fera souffrir.—Si Christophe n'aimait pas Judith, ce n'était la faute ni de l'un, ni de l'autre. La vraie raison, assez humiliante pour tous deux, c'est qu'il était trop près encore de son dernier amour. L'expérience ne l'avait pas rendu plus sage. Mais il avait tant aimé Ada, il avait dans cette passion tant dévoré de foi, de force, et d'illusions qu'il ne lui en restait plus assez, en ce moment, pour une nouvelle passion. Avant qu'une autre flamme s'allumât, il fallait qu'il se refît dans son cœur un autre bûcher: d'ici là, ce ne pouvaient être que des feux passagers, des restes de l'incendie, échappés par hasard, qui jetaient une lueur éclatante et brève, et s'éteignaient, faute d'aliment. Six mois plus tard, il eût peut-être aimé Judith aveuglément. Aujourd'hui, il ne voyait en elle rien de plus qu'un ami,—certes un peu troublant;—mais il s'efforçait de chasser ce trouble: ce trouble lui rappelait Ada; c'était là un souvenir sans attrait. Ce qui l'attirait en Judith, c'était ce qu'elle avait de différent des autres femmes, et non ce qu'elle avait de commun avec elles. Elle était la première femme intelligente qu'il eût vue. Intelligente, elle l'était des pieds à la tête. Sa beauté même—ses gestes, ses mouvements, ses traits, les plis de ses lèvres, ses yeux, ses mains, sa maigreur élégante,—était le reflet de son intelligence; son corps était modelé par son intelligence; sans son intelligence, elle eût paru laide. Cette intelligence ravissait Christophe. Il la croyait plus large et plus libre qu'elle n'était; il ne pouvait encore savoir ce qu'elle avait de décevant. Il éprouvait l'ardent désir de se confier à Judith, de partager sa pensée avec elle. Il n'avait jamais trouvé personne qui s'y intéressât: quelle joie c'eût été de rencontrer une amie! Le manque d'une sœur avait été un des regrets de son enfance: il lui semblait qu'une sœur l'aurait compris, mieux que ne pouvait un frère. Après avoir vu Judith, il sentait renaître cet espoir illusoire d'une amitié fraternelle. Il ne pensait pas à l'amour. N'étant pas amoureux, l'amour lui semblait médiocre, au prix de l'amitié.

Judith ne tarda pas à sentir la nuance, et elle en fut blessée. Elle n'aimait pas Christophe, et elle excitait assez d'autres passions parmi les jeunes gens de la ville, riches et d'un meilleur rang, pour qu'elle ne pût éprouver une grande satisfaction à savoir Christophe amoureux. Mais de savoir qu'il ne l'était pas, elle avait du dépit. C'était un peu mortifiant de voir qu'elle ne pouvait exercer sur lui qu'une influence de raison: (une influence de déraison a un bien autre prix pour une âme féminine!) Elle ne l'exerçait même pas: Christophe n'en faisait qu'à sa tête. Judith avait l'esprit impérieux. Elle était habituée à pétrir à sa guise les pensées assez molles des jeunes gens qu'elle connaissait. Comme elle les jugeait médiocres, elle trouvait peu de plaisir à les dominer. Avec Christophe, il y avait plus d'intérêt, parce qu'il y avait plus de difficulté. Ses projets la laissaient indifférente; mais il lui eût plu de diriger cette pensée neuve, cette force mal dégrossie, et de les mettre en valeur,—à sa façon bien entendu, et non à celle de Christophe, qu'elle ne se souciait pas de comprendre. Elle avait tout de suite vu que ce ne serait pas sans lutte; elle avait noté dans Christophe toutes sortes de partis pris, d'idées qui lui semblaient extravagantes et enfantines: c'étaient de mauvaises herbes; elle se faisait fort de les arracher. Elle n'en arracha pas une. Elle n'obtint même pas la plus petite satisfaction d'amour-propre. Christophe était intraitable. N'étant pas épris, il n'avait aucune raison de lui rien céder de sa pensée.

Elle se piqua au jeu, et, pendant quelque temps, elle tenta de le conquérir. Il s'en fallut de peu que Christophe, malgré la lucidité d'esprit qu'il possédait alors, se laissât prendre de nouveau. Les hommes sont facilement dupes de ce qui flatte leur orgueil et leurs désirs; et un artiste est deux fois plus dupe qu'un autre homme, parce qu'il a plus d'imagination. Il ne tint qu'à Judith d'entraîner Christophe dans un flirt dangereux, qui l'eût une fois de plus démoli, et plus complètement peut-être. Mais, comme d'habitude, elle se lassa vite; elle trouva que cette conquête n'en valait pas la peine: Christophe l'ennuyait déjà; elle ne le comprenait plus.

Elle ne le comprenait plus, passé certaines limites. Jusque-là, elle comprenait tout. Pour aller plus loin, son admirable intelligence ne suffisait plus: il eût fallu du cœur, ou, à défaut, ce qui en donne, pour un temps, l'illusion: l'amour. Elle comprenait bien les critiques de Christophe contre les gens et les choses: elle s'en amusait, et elle les trouvait assez vraies; elle n'était pas sans les avoir pensées. Mais ce qu'elle ne comprenait pas, c'était que ces pensées pussent avoir une influence sur sa vie pratique, quand leur application était dangereuse ou gênante. L'attitude de révolte, que Christophe prenait contre tous, ne conduisait à rien: il ne pouvait s'imaginer qu'il allait réformer le monde... Alors?... C'était battre de sa tête contre un mur. Un homme intelligent juge les hommes, les raille secrètement, les méprise un peu; mais il fait comme eux, un peu mieux seulement: c'est le seul moyen de s'en rendre maître. La pensée est un monde, l'action en est un autre. Quelle nécessité de se rendre victime de ce qu'on pense? Penser vrai: certes! Mais à quoi bon dire vrai? Puisque les hommes sont assez bêtes pour ne pouvoir supporter la vérité, faut-il les y forcer? Accepter leur faiblesse, paraître s'y plier, et se sentir libre dans son cœur méprisant, n'y a-t-il pas à cela une jouissance secrète? Jouissance d'esclave intelligent? Soit. Mais esclave pour esclave, puisqu'il faut toujours en venir là, il vaut mieux l'être par sa propre volonté, et éviter des luttes ridicules et inutiles. Le pire des esclavages, c'est d'être esclave de sa pensée et de lui sacrifier tout. Il ne faut pas être dupe de soi.—Elle voyait nettement que si Christophe s'obstinait, comme il y semblait résolu, dans sa voie d'intransigeance agressive contre les préjugés de l'art et de l'esprit allemands, il tournerait contre lui tout le monde, et ses protecteurs mêmes: il allait fatalement à la défaite. Elle ne comprenait pas pourquoi il semblait s'acharner contre lui-même, se ruiner à plaisir.

Pour le comprendre, il eût fallu qu'elle pût comprendre aussi que le succès n'était pas son but, que son but était sa foi. Il croyait dans l'art, il croyait dans son art, il croyait en soi, comme en des réalités supérieures non seulement à toute raison d'intérêt, mais à sa vie. Quand, un peu impatienté par ses observations, il le lui dit, avec une emphase naïve, elle commença par hausser les épaules: elle ne le prit pas au sérieux. Elle voyait là de grands mots, comme ceux qu'elle était habituée à entendre dire à son frère, qui, périodiquement, annonçait des résolutions absurdes et sublimes, qu'il se gardait bien de mettre à exécution. Puis, quand elle vit que Christophe était vraiment dupe de ces mots, elle jugea qu'il était fou, et elle ne s'intéressa plus à lui.

Dès lors, elle ne se donna plus de peine pour paraître à son avantage; elle se montra ce qu'elle était: beaucoup plus Allemande, et Allemande banale qu'elle ne semblait d'abord, et que peut être elle ne pensait.—On reproche, à tort, aux Israélites de n'être d'aucune nation et de former d'un bout à l'autre de l'Europe un seul peuple homogène, imperméable aux influences des peuples différents chez qui ils sont campés. En réalité, il n'est pas de race qui prenne plus facilement l'empreinte des pays où elle passe; et s'il y a bien des caractères communs entre un Israélite français et un Israélite allemand, il y a bien plus encore de caractères différents, qui tiennent à leur nouvelle patrie; ils en épousent, avec une rapidité incroyable, les habitudes d'esprit; plus encore, à vrai dire, les habitudes que l'esprit. Mais l'habitude qui est, chez tous les hommes, une seconde nature, étant chez la plupart la seule et unique nature, il en résulte que la majorité des citoyens autochtones d'un pays seraient fort mal venus à reprocher aux Israélites le manque d'un esprit national, profond et raisonné, qu'ils n'ont eux-mêmes à aucun degré.

Les femmes, toujours plus sensibles aux influences extérieures, plus promptes à s'adapter aux conditions de la vie et à varier avec elles,—les femmes d'Israël prennent par toute l'Europe, souvent avec exagération, les modes physiques et morales du pays où elles vivent,—sans perdre toutefois la silhouette et la saveur trouble, lourde, obsédante, de leur race. Christophe en était frappé. Il rencontrait chez les Mannheim des tantes, des cousines, des amies de Judith. Si peu Allemandes que fussent certaines de ces figures aux yeux ardents et rapprochés du nez, au nez rapproché de la bouche, aux traits forts, au sang rouge sous la peau épaisse et brune, si peu faites qu'elles semblassent pour être Allemandes,—toutes étaient plus Allemandes que de raison: c'était la même façon de parler, de s'habiller, parfois jusqu'à l'outrance. Judith leur était supérieure à toutes; et la comparaison faisait ressortir ce qu'il y avait d'exceptionnel dans son intelligence, ce qui dans sa personne était son œuvre. Elle n'en avait pas moins la plupart des travers des autres. Beaucoup plus libre qu'elles—presque absolument libre—sur le terrain moral, elle ne l'était pas plus sur le terrain social; ou du moins, son intérêt pratique venait se substituer ici à sa raison libre. Elle croyait au monde, aux classes, aux préjugés, parce que, tout compte fait, elle y trouvait son avantage. Elle avait beau railler l'esprit allemand: elle était attachée à la mode allemande. Elle sentait intelligemment la médiocrité de tel artiste reconnu; mais elle ne laissait pas de le respecter, parce qu'il était reconnu; et si, personnellement, elle était en relations avec lui, elle l'admirait: car sa vanité en était flattée. Elle aimait peu les œuvres de Brahms, et elle le soupçonnait en secret d'être un artiste de second ordre; mais sa gloire lui en imposait; et, comme elle avait reçu cinq ou six lettres de lui, il en résultait pour elle avec évidence qu'il était le plus grand musicien du temps. Elle n'avait aucun doute sur la valeur réelle de Christophe et sur la stupidité du premier lieutenant Detlev von Fleischer; mais elle était plus flattée par la cour que celui-ci daignait faire à ses millions, que par l'amitié de Christophe: car un sot officier n'en est pas moins un homme d'une autre caste; et il est plus difficile à une Juive allemande qu'à une autre femme d'entrer dans cette caste. Quoiqu'elle ne fût pas dupe de ces niaiseries féodales et qu'elle sût fort bien que si elle épousait le premier lieutenant Detlev von Fleischer, c'était elle qui lui ferait un grand honneur, elle s'évertuait à le conquérir; elle s'humiliait à faire les yeux doux à ce crétin et à flatter son amour-propre. La Juive orgueilleuse, et qui avait mille raisons de l'être, la fille intelligente et dédaigneuse du banquier Mannheim, aspirait à descendre, à faire comme la première venue de ces petites bourgeoises allemandes, qu'elle méprisait.

L'expérience fut courte. Christophe perdit ses illusions sur Judith presque aussi vite qu'il les avait prises. Il faut rendre cette justice à Judith qu'elle ne fit rien pour qu'il les gardât. Du jour où une femme de cette trempe vous a jugé, où elle s'est détachée de vous, vous n'existez plus pour elle: elle ne vous voit plus, et elle ne se gêne pas davantage pour dévêtir devant vous son âme, avec une tranquille impudeur, que pour se mettre toute nue devant son chien ou son chat. Christophe vit l'égoïsme de Judith, sa froideur, sa médiocrité de caractère. Il n'avait pas eu le temps d'être pris à fond. Ce fut assez déjà pour le faire souffrir, pour lui donner une sorte de fièvre. Sans aimer Judith, il aimait ce qu'elle aurait pu être—ce qu'elle aurait dû être. Ses beaux yeux exerçaient sur lui une fascination douloureuse: il ne pouvait les oublier; quoiqu'il sût maintenant l'âme morne, qui dormait au fond, il continuait de les voir, comme il voulait les voir, comme il les avait vus d'abord. C'était là une de ces hallucinations d'amour sans amour, qui tiennent tant de place dans les cœurs d'artistes, quand ils ne sont pas entièrement absorbés par leur œuvre. Une figure qui passe suffit à la leur donner; ils voient en elle toute la beauté qui est en elle et qu'elle ignore, dont elle ne se soucie pas. Et ils l'aiment d'autant plus qu'ils savent qu'elle ne s'en soucie pas. Ils l'aiment comme une belle chose qui va mourir, sans que personne ait su son prix.

Peut-être s'abusait-il, et Judith Mannheim n'aurait-elle pu être rien de plus que ce qu'elle était. Mais Christophe, un instant, avait eu foi en elle; et le charme durait: il ne pouvait la juger d'une façon impartiale. Tout ce qu'elle avait de beau lui semblait n'être qu'à elle, être elle tout entière. Tout ce qu'elle avait de vulgaire, il le rejetait sur sa double race: la juive et l'allemande; et peut-être, en voulait-il plus à celle-ci qu'à celle-là, car il avait eu à en souffrir davantage. Comme il ne connaissait encore aucune autre nation, l'esprit allemand était pour lui le bouc émissaire: il le chargeait de tous les péchés du monde. La déception que lui causait Judith lui fut une raison de plus de le combattre: il ne lui pardonnait pas d'avoir brisé l'élan d'une pareille âme.

Telle fut sa première rencontre avec Israël. Il avait espéré trouver dans cette race forte et à part un allié dans sa lutte. Il perdit cet espoir. Avec la mobilité d'intuition passionnée, qui le faisait sauter d'un extrême à l'autre, il se persuada aussitôt que cette race était beaucoup plus faible qu'on ne disait, et beaucoup plus accessible—beaucoup trop—aux influences du dehors. Elle était faible de sa propre faiblesse et de toutes celles du monde, ramassées sur son chemin. Ce n'était pas encore là qu'il pouvait trouver le point d'appui pour poser le levier de son art. Il risquait bien plutôt de s'engloutir avec elle dans le sable du désert.

Ayant vu le danger et ne se sentant pas assez sûr de lui-même pour le braver, il cessa brusquement d'aller chez les Mannheim. Il fut invité plusieurs fois, et s'excusa, sans donner de raisons. Comme il avait montré jusque-là un empressement excessif, ce changement soudain fut remarqué: on le mit sur le compte de son «originalité»; mais aucun des trois Mannheim ne douta que les beaux yeux de Judith n'y fussent pour quelque chose; ce fut un sujet de plaisanterie, à table, de la part de Lothar et de Franz. Judith haussa les épaules, en disant que c'était une belle conquête; et elle pria sèchement son frère «de ne pas lui monter de bateau». Mais elle ne négligea rien pour que Christophe revînt. Elle lui écrivit, sous prétexte d'un renseignement musical que nul autre ne pouvait lui fournir; et, à la fin de la lettre, elle faisait une allusion amicale à la rareté de ses visites et au plaisir qu'on aurait à le voir. Christophe répondit, donna le renseignement, prétexta ses occupations, et ne parut pas. Ils se rencontraient parfois au théâtre. Christophe détournait obstinément les yeux de la loge des Mannheim; et il feignait de ne pas voir Judith, qui tenait prêt pour lui son plus charmant sourire. Elle n'insista point. Ne tenant pas à lui, elle trouva inconvenant que ce petit artiste lui laissât faire tous les frais, en pure perte. S'il voulait revenir, il reviendrait. Sinon,—eh bien! on s'en passerait...

On s'en passa; et, en effet, son absence ne fit pas un grand vide aux soirées des Mannheim. Mais Judith, en dépit d'elle, garda rancune à Christophe. Elle trouvait naturel de ne pas se soucier de lui, quand il était là; et elle lui permettait d'en témoigner du déplaisir; mais que ce déplaisir allât jusqu'à rompre toutes relations lui semblait d'un orgueil stupide et d'un cœur plus égoïste qu'épris.—Judith ne tolérait point chez les autres ses défauts.

Elle n'en suivit qu'avec plus d'attention ce que Christophe faisait et ce qu'il écrivait. Sans en avoir l'air, elle mettait volontiers son frère sur ce sujet; elle lui faisait raconter ses conversations de la journée avec Christophe; et elle ponctuait le récit d'observations ironiques, qui ne laissaient passer aucun trait ridicule et ruinaient peu à peu l'enthousiasme de Franz, sans qu'il s'en aperçût.

D'abord, tout fut pour le mieux, à la Revue. Christophe n'avait pas encore pénétré la médiocrité de ses confrères; et eux, puisqu'il était des leurs, lui reconnaissaient du génie. Mannheim, qui l'avait découvert, répétait de tous côtés, sans avoir rien lu de lui, que Christophe était un critique admirable, qui s'était jusque-là trompé sur sa vocation, et que lui, Mannheim, la lui avait révélée. Ils annoncèrent ses articles à l'avance, en termes mystérieux, qui piquaient la curiosité; et sa première chronique fut, dans l'atonie de la petite ville, comme une pierre qui tombe dans une mare aux canards. Elle était intitulée: Trop de musique!

«Trop de musique, trop de boisson, trop de mangeaille!—écrivait Christophe.—On mange, on boit, on ouït, sans faim, sans soif, sans besoin, par habitude de goinfrerie. C'est un régime d'oie de Strasbourg. Ce peuple est malade de boulimie. Peu lui importe ce qu'on lui donne: Tristan ou le Trompeter von Säckingen, Beethoven ou Mascagni, une fugue ou un pas redoublé, Adam, Bach, Puccini, Mozart, ou Marschner: il ne sait pas ce qu'il mange; l'important, c'est qu'il mange. Il n'y trouve même plus de plaisir. Voyez-le au concert. On parle de la gaieté allemande! Ces gens-là ne savent pas ce que c'est que la gaieté: ils sont toujours gais! Leur gaieté, comme leur tristesse, se répand en pluie: c'est de la joie en poussière; elle est atone et sans force. Us resteraient pendant des heures à absorber, en souriant béatement, des sons, des sons, des sons. Ils ne pensent à rien, ils ne sentent rien: ce sont des éponges. La vraie joie, la vraie douleur,—la force,—ne se distribue pas pendant des heures, comme la bière d'un tonneau. Elle vous prend à la gorge et vous terrasse; et on n'a plus envie, après, de rien autre: on a son compte...!

«Trop de musique! Vous vous tuez et vous la tuez. Pour ce qui est de vous, cela vous regarde. Mais pour la musique, halte-là! Je ne permets pas que vous avilissiez la beauté du monde, en mettant dans le même panier les saintes harmonies et les ignominies, en donnant, comme vous faites couramment, le prélude de Parsifal entre une fantaisie sur la Fille du Régiment et un quartett de saxophones, ou un adagio de Beethoven flanqué d'un air de cake walk et d'une ordure de Leoncavallo. Vous vous vantez d'être le grand peuple musical. Vous prétendez aimer la musique. Quelle musique aimez-vous? Est-ce la bonne ou la mauvaise? Vous les applaudissez de même. À la fin, faites un choix! Que voulez-vous au juste? Vous ne le savez pas. Vous ne voulez pas le savoir: vous avez trop peur de prendre parti, de vous compromettre... Au diable votre prudence!—Vous êtes au-dessus des partis, dites-vous?—Au-dessus: cela veut dire au-dessous...»

Et il leur citait les vers du vieux Gottfried Keller, le rude bourgeois de Zurich,—un des écrivains qui lui étaient chers par sa loyauté batailleuse et son âpre saveur du terroir:

Wer über den Partein sich wähnt mit stolzen Mienen,
Der steht zumeist vielmehr beträchtlich unter ihnen.

(« Qui fièrement se flatte d'être au-dessus des partis,
celui-là bien plutôt reste considérablement au-dessous.»)

 クリストフが、晩にマンハイム家へ行って御馳走ごちそうになるのだと告げた時、彼女は彼になんとも言いかねた。しかし多少心を痛めた。彼女の考えでは、ユダヤ人にたいする人々の悪口をすっかり信じてはいけないし――(世間の人はだれの悪口でも言うのである)――どこにでもりっぱな人たちがいるものではあるが、しかしそれでも、ユダヤ人はユダヤ人の方で、キリスト教徒はキリスト教徒の方で、それぞれ敷居をまたぎ越さない方が、いっそうよくいっそう好都合なのだった。
クリストフは少しもそういう偏見をもってはいなかった。周囲にたえず反発したい気性から、彼はむしろその異民族に心ひかれていた。しかし彼はほとんどその民族を知らなかった。彼が多少の交渉をもっていたのは、ユダヤ民族の最も卑俗な成分とばかりだった。すなわち、小さな商人、ライン河と大会堂との間の小路にうようよしてる下層民らで、彼らは皆、あらゆる人間のうちにある羊の群れみたいな本能をもって、一種の小ユダヤ町を建設しつづけていた。クリストフはしばしば、その一郭を歩き回っては、物珍しいまたかなり同情のある眼で、さまざまの型タイプの女を通りがかりにうかがった。彼女らは頬ほおがくぼみ、唇くちびると頬骨とがつき出て、ダ・ヴィンチ式のしかも多少卑しい微笑を浮かべ、その粗雑な話し方と激しい笑いとは、穏やかなおりの顔の調和を不幸にも常に破っていた。しかし、その下層民の滓かすの中にも、大きな頭をし、ガラスのような眼をし、多くは動物的な顔をし、肥満してずんぐりしてるそれらの者どもの中にも、最も高尚な民族から堕落してきたそれらの末裔まつえいの中にも、その臭い汚泥おでいの中にさえ、沼沢の上に踊る鬼火のように輝く不思議な燐光りんこうが、霊妙な眼つき、燦然さんぜんたる知力、水底の泥土でいどから発散する微細な電気が、見て取られるのであった。そしてそれはクリストフを幻惑し不安ならしめた。身をもがいてるりっぱな魂が、汚辱から脱しようと努めてる偉大な心が、そこにあるのだと彼は考えた。そして彼は、それらに出会って、それらを助けてやりたかった。よく知りもしないで、また多少恐れながらも、彼はそれらを愛していた。しかしかつて、そのいずれとも親交を結んだことがなかった。ことにユダヤ人仲間の選まれたる人々と接するの機会は、かつて到来したことがなかった。
それで彼にとっては、マンハイム家の晩餐ばんさんは、新奇な魅力と禁ぜられた果実の魅力とをそなえていた。その果実を与えてくれるイーヴのせいで、それがいっそう美味になっていた。クリストフはそこにはいって行った瞬間から、ユーディット・マンハイムにばかり見とれていた。彼女は、彼がその時までに知っていたあらゆる女とは、違った種類のものだった。丈夫な骨格にかかわらず多少痩やせ形の高いすらりとした姿、多くはないがしかし房々ふさふさとして低く束ねられてる黒髪、それに縁取られてる顔、それに覆おおわれてる顳※(「需+頁」、第3水準1-94-6)こめかみと骨だった金色の額ひたい、多少の近視、厚い眼瞼まぶた、軽く丸みをもった眼、小鼻の開いたかなり太い鼻、怜悧れいりそうにほっそりした頬、重々しい頤あご、かなり濃い色艶いろつや、そういうものをもってして彼女は、元気なきっぱりした美しい横顔をしていた。正面まともに見れば、その表情は少し曖昧あいまいで不定で複雑だった。眼と顔とが不釣つり合あいだった。彼女のうちには、強健な民族の面影が感ぜられた。そしてこの民族の鋳型いがたの中には、あるいはきわめて美しいあるいはきわめて卑俗な無数の不均衡な要素が、雑然と投げ込まれてるのが感ぜられた。彼女の美はとくに、その口と眼とに存していた。口は黙々としており、眼は近視のためにいっそう奥深く見え、青みがかった眼縁のためにいっそう影深く見えていた。
前にいる女の真の魂を、その両眼の潤うるんだ熱烈なヴェール越しに読み取り得るには、クリストフはまだ、個人によりもむしろ多く民族に属してるその眼に十分慣れていなかった。その燃えたったしかも陰鬱いんうつな眼の中に彼が見出したものは、イスラエルの民の魂であった。その眼はみずから知らずして、おのれのうちにイスラエルの民の魂をもっていたのである。彼はその中に迷い込んでしまった。彼がこの東方の海上に道を見出し得るようになったのは、ずっと後のことであって、かかる眸ひとみのうちに幾度も道を迷った後にであった。
彼女は彼をながめていた。何物もその視線の清澄さを乱し得るものはなかった。何物もそのキリスト教徒の魂から逃のがれ得るものはなさそうだった。彼はそれを感じた。彼はその女らしい眼つきの魅惑の下に、一種の無遠慮な乱暴さでこちらの意中を穿鑿せんさくしてる、明晰めいせき冷静な雄々しい意力を感じた。その乱暴さのうちには、なんらの悪意もなかった。彼女は彼を手中に握っていた。それも、相手構わずにただ誘惑しようとばかりする追従女のやり方でではなかった。追従と言えば、彼女はだれよりも追従的であった。しかし彼女は自分の力を知っていた。その力を働かせることは、自分の自然の本能に任していた――ことに、クリストフのようなたやすい獲物を相手の時にはそうであった。――またいっそう彼女が興味を覚えるのは、自分の敵を知るということだった。(あらゆる男は、あらゆる見知らぬ者は、皆彼女にとっては敵であった――場合によってはあとで同盟の約を結ぶこともあり得る敵であった。)人生は一つの勝負事であって、怜悧れいりな者の方が勝ちを占める。要は、自分のカルタ札を見せないで、敵の札を見て取るにあった。それに成功すると、彼女は勝利の快感を味わうのだった。それから利を得るか否かは問題でなかった。慰みのための勝負だった。彼女は知力を非常に好んでいた。しかし、もし気を入るればいかなる学問においても成功するだけの堅固な頭脳を有してるとしても、また、兄よりもすぐれて銀行家ロタール・マンハイムの真の後継者となり得るとしても、抽象的な知力を好んでるのではなかった。生きたる知力の方を、男子にたいして働かし得る知力の方を、彼女は好んでいた。彼女の楽しみとするところは、人の魂を洞察どうさつすることであり、その価値を測定することであった。――(この測定に彼女は、マトシスのユダヤの女が貨幣を測ってるのと、同じくらい細心な注意をこめていた。)――彼女は驚くべき洞察力によって、鎧よろいの隙間すきまを、魂の秘鑰ひやくたる欠点弱点を、たちまちのうちに見出し、秘訣ひけつを握ることを、よく知っていた。これが、他人を征服する彼女の方法であった。しかし彼女は、その勝利に長くかかわってはいなかった。獲物をなんとかしようとはしなかった。好奇心と自負心とが一度満足すれば、彼女はすぐに興味を失って、他のものへと移っていった。そのあらゆる力は、何物をももたらさなかった。かくも生々たるこの魂の中には、死が宿っていた。彼女は自分のうちに、好奇心と倦怠けんたいとの天才をそなえていた。

かくて彼女は、彼女をながめてるクリストフをながめていた。ほとんど口をきかなかった。口の片隅かたすみにかすかな微笑を見すれば、それでもう十分だった。クリストフは魔睡させられてしまった。その微笑が消えると、彼女の顔は冷静になり、眼は無関心になった。彼女は給仕の方に気を配って、冷やかな調子で召使に言葉をかけた。もう何も聞いていないかのようだった。それから、眼がまた輝いてきた。そして的確な三、四語は、彼女が残らず聞いて理解していることを示した。
彼女はクリストフにたいする兄の批評を、冷静に点検してみた。彼女はフランツが法螺ほら吹きなのを知っていた。美貌びぼうであり上品であると兄が吹聴ふいちょうしていたクリストフの現われるのを見た時、彼女の皮肉な心は好機に接した。――(フランツは明瞭めいりょうな事実の反対を見るのに特殊な才をもってるかのようだった。もしくは、反対を信じて矛盾の面白みを味わってるようだった。)――しかしながら、なおよくクリストフを研究してみると、フランツの言ったことは嘘うそばかりでもないということを、彼女は認めた。そして発見の歩を進めるに従って、まだ不定不均衡ではあるがしかし頑健がんけん果敢な一つの力を、クリストフのうちに見出した。彼女は力の稀有けうなことをだれよりもよく知っていたから、それを喜んだ。彼女はクリストフに口をきかせ、その思想を開き示させ、その精神の範囲と欠点とをみずから示させることができた。また彼にピアノをひかせた。彼女は音楽を好きではなかったが、理解はあった。そしてクリストフの音楽からいかなる種類の情緒をも起こさせられはしなかったけれども、その独創の点を見て取った。そして慇懃いんぎんな冷淡さを少しも変えないで、決してお世辞でない簡単正当な二、三の意見を言ったが、それは彼女がクリストフに興味を覚えてることを示すものだった。
クリストフはそれに気づいた。そして得意になった。なぜなら、そういう批判がいかに価値あるかを、また彼女は滅多に賞賛することがないということを、感じたからである。彼は彼女の好意を得たいという欲求を隠さなかった。そしていかにも無邪気にそれをつとめたので、三人の主人らを微笑ほほえました。もはやユーディットへしか、そしてユーディットのためにしか、彼は口をきかなかった。他の二人へは少しも取り合わないで、あたかもその存在を認めていないかのようだった。
フランツは彼が話してるのをながめていた。感嘆と誇張癖とを交えて唇くちびるや眼を動かしながら、その一語一語を跡づけていた。そして父や殊に嘲あざけり気味の目配せをしながら、ふき出し笑いをしていた。が妹は平然として、兄の目配せに気づかないふうを装よそおっていた。
ロタール・マンハイム――少し背の曲がった頑丈がんじょうな大きな老人、赤い顔色、角刈りにした灰色の髪、ごく黒い口髭ひげと眉まゆ毛、重々しいがしかし元気で嘲弄ちょうろう的で、強烈な生活力を思わせる顔つき――彼もまた、狡猾こうかつなお人よしのふうをして、クリストフを研究していた。そして彼もまた、この青年の中に「何か」があることを、ただちに見て取った。しかし彼は、音楽にも音楽家にも興味をもたなかった。それは彼の部門ではなかった。何にもわからなかったし、わからないことを隠しもしなかった。むしろそれを自慢にさえしていた。――(こういう種類の人が無知を表白するのは、それを誇らんがためにである。)――そしてクリストフの方でも、その銀行家なんかが仲間に加わらなくても別に遺憾と思わないことや、ユーディット・マンハイム嬢との会話だけでその招待の一夜には十分であるということを、他に悪意のない無作法な様子で明らさまに見せつけていたので、ロタール老人は面白がって、暖炉の片隅にすわり込んでいた。そして新聞を読みながら、皮肉な耳をぼんやり傾けて、クリストフの訳のわからない言葉とその奇怪な音楽とを聞いていた。そんな音楽を理解して喜びを感ずるような人があるかと思っては、おりおりひそかな笑いをもらしていた。もはや会議の筋道についてゆくだけの労をも取らなかった。新来の客の真価を知ることは、娘の知力に一任していた。彼女は真面目まじめにその役目を果たしていた。
クリストフが帰ってゆくと、ロタールはユーディットに尋ねた。
「やあ、かなり本音を吐かせたようだね。どう思う、あの音楽家を?」
彼女は笑い、ちょっと考え込み、一言にまとめて、言った。
「少し足りないところがあるようですが、でも馬鹿じゃありませんわ。」
「なるほど、」とロタールは言った、「わしもそう思った。で、成功するだろうかね?」
「するでしょうよ、しっかりしてますわ。」
「それは結構だ。」とロタールは、強者にのみ加担する強者のりっぱな理論をもって言った。「では助けてやらなくちゃいけまい。」

クリストフの方では、ユーディット・マンハイムにたいする賛美の念をもち帰った。けれども彼は、ユーディットがみずから思ってるほど心を奪われてはいなかった。二人とも――彼女はその慧敏けいびんさによって、彼は知能の代わりとなってる本能によって――等しく相手を見誤っていた。クリストフは、彼女の顔貌がんぼうの謎なぞと頭脳生活の強烈さとに蠱惑こわくされていた。しかし彼女を愛してはいなかった。彼の眼と理知とはとらえられていたが、彼の心はとらえられていなかった。――なぜか?――それを説明するのはかなり困難に思える。彼女のうちに曖昧あいまいな気懸きがかりな何かを、認めたからであったろうか? しかしそれは他の場合であったら、彼にとっては、ますます愛するようになるべき一つの理由であるはずだった。恋愛は、苦しい破目に陥ってゆくことを感ずる時、ますます強烈になってゆくものである。――クリストフがユーディットを愛しなかったとしても、それは二人のどちらの罪でもなかった。愛しない真の理由は、二人のいずれにとってもかなり面白からぬことではあるが、彼が最近の恋愛からまだ十分遠ざかっていなかったということである。経験が彼を聡明そうめいにならしたのではなかった。しかし彼はアーダを非常に愛し、その情熱のうちに多くの信念や力や幻を浪費したので、今は新しい情熱にたいしてそれらが十分残っていなかった。他の炎が燃えたつ前に、彼は心の中に他の薪を用意しなければいけなかった。まずそれまでは、偶然に燃え出す一時の火、火災の余炎があるばかりで、それはただ輝いた暫時ざんじの光を発しては、そのまま燃料がなくて消えてゆくのだった。六か月も後だったらおそらく、彼は盲目的にユーディットを愛したろう。が今では、彼は彼女のうちに友だち以上の何物をも認めなかった――確かにやや不安な友だちではあったが。――しかし彼はその不安を払いのけようとつとめた。その不安は彼にアーダのことを思い起こさした。それは魅力のない思い出だった。ユーディットに彼がひきつけられたのは、彼女が他の女と異なったものをもってるからであって、他の女と共通なものをもってるからではなかった。彼女は彼が出会った最初の理知的な女であった。彼女は頭から足先まで理知的であった。彼女の容色さえも――その身振り、動作、顔立ち、唇くちびるの皺しわ、眼、手、上品な痩やせ方、――皆理知の反映であった。身体は理知によって形付けられていた。理知がなかったら、彼女は醜いと見えるかもしれなかった。そしてこの理知が、クリストフの心を歓よろこばせた。彼は彼女を実際以上に広濶こうかつ自由であると思った。彼女のうちに案外なものがあるのを知らなかった。彼は彼女に心をうち明け、自分の考えを彼女に分かちたいという、熱烈な欲求を感じた。彼はまだかつて、自分のことを本気に聞いてくれる者を見出さなかった。そして今、一人の女友だちに出会うのはなんたる喜びだったろう! 姉妹がないことは、幼年時代の遺憾の一つだった。姉妹が一人あったら、兄弟よりもずっとよく自分を理解してくれるだろうと、彼には思われた。ユーディットに会った後彼は、親愛なる友情にたいするそのむなしい希望がよみがえってくるのを感じた。彼は恋愛のことは考えなかった。恋していなかったので、恋愛は友情に比べるとつまらないもののように思われた。
ユーディットは間もなく、右の微妙な点を感じた。そしてそれに気を悪くした。彼女はクリストフを恋しはしなかったし、また、町の富裕で上流に位する青年らを幾人も夢中にならしていたので、クリストフが自分を恋してると知っても、おそらく大なる満足は感じなかったであろう。しかし、彼が自分を恋していないと知っては、多少の憤懣ふんまんを禁じ得なかった。彼に理性的な影響しか与え得ないのを見るのは、やや屈辱的なことだった。(没理性的な影響は、女の魂にとっては特別な価値をもってるものである。)しかも彼女は、その理性的な影響さえもほんとうに与えてるのではなかった。クリストフは自分の頭でそれを作り出してるのみだった。ユーディットは専横な精神をもっていた。知り合いの青年らのかなり柔軟な思想を、随意に捏こねかえすことに慣れていた。そしてその青年らを凡庸ぼんようだと判断していたので、彼らを統御するのにあまり多くの喜びを見出さなかった。ところがクリストフに対すると、統御の困難が多いだけに、興味もいっそう多かった。彼の抱負には無関心だったが、しかしその新しい思想を、その乱雑な力を指導して、その価値を発揮させる――もちろん自己流にであって、彼女が別段理解しようとも思わないクリストフ流にではなかったが――価値を発揮させることは、彼女には愉快なことだったに違いない。が彼女はただちに、それは争闘なしにはできないということを見て取った。彼女はクリストフの中にあるあらゆる種類の既成定見を不条理で幼稚だと思われるあらゆる観念を、一々調べ上げた。それらのものは雑草だった。彼女はそれらを引き抜こうと努めた。しかし一つも引き抜けなかった。彼女は自尊心の最も小さな満足をも得ることができなかった。クリストフには手のつけようがなかった。彼は彼女に心を奪われていなかったので、彼女のために自分の思想をまげる理由を少しももたなかった。
彼女は執拗しつようになっていった。そしてしばらくの間、彼を征服しようと試みた。クリストフは当時、精神の明晰めいせきさをもってはいたけれど、も少しでふたたび虜とりこになるところだった。人はおのれの高慢心と欲望とに媚こびるものから欺かれやすい。そして芸術家は他の人よりもいっそう多くの想像力をもっているから、さらに二倍も欺かれやすい。クリストフを危険な親昵しんじつに引き込むのは、ユーディットのやり方一つだった。その親昵は彼の精神をも一度うちくじき、おそらくは前回よりもさらに完全にうちくじいたかもしれなかった。しかし例によって彼女はすぐに飽いてきた。彼女はその征服を労に価しないものだと思った。クリストフはすでに彼女を退屈がらせていた。彼女はもはや彼を理解していなかった。
彼女はもはや、ある限界を越えると彼を理解していなかった。その限界以内では、すべてを理解していた。それ以上を理解するには、彼女のりっぱな理知だけではもう足りなかった。心が必要であったろう。もしくは、心がないならば、一時その幻影を与えるところのものが、愛が、必要であったろう。彼女はよく、人物や事物にたいするクリストフの批評を理解した。彼女はそれを面白く思い、かなりほんとうだと思った。自分でもそういう意見をいだかないでもなかった。しかし彼女の理解しなかったことは、それらの思想が彼の実生活上にある影響を有し得る、しかもその適用が危険で邪魔である時にもそうである、ということだった。クリストフが万人にたいしまた万物にたいして取っていた反抗的な態度は、なんらの効果にも達しないものであった。世界を改造するつもりだとは、いかに彼でも想像してはいなかったろう。……では?……いたずらに頭を壁にぶっつけてるばかりではなかったか。知力のすぐれた者は、他人を批判し、ひそかに他人を嘲笑あざわらい、多少他人を軽蔑けいべつしはする。しかし彼も、他人と同様なことを行なって、ただ少しよく行なってるのみである。そういうのが、おのれの他人の上に立たせる唯一の方法である。思想は一個の世界であり、行為は別個の世界である。おのれを思想の犠牲となる必要がどこにあろう? 真正に考える、それはむろんのことだ。しかし真正に口をきく、それがなんの役にたとう? 人間はかなり愚かなもので、真実を堪えることができないからといって、彼らに真実を強しいる必要があろうか。彼らの弱点を容認し、それに折れ従うようなふうを装よそおい、人を軽蔑する自分の心の中でわが身の自由を感ずること、そこにこそひそかな享楽がないであろうか。それは怜悧れいりな奴隷どれいの享楽だと、言わば言うがいい。しかし世の中では結局奴隷となるのほかはない以上、同じ奴隷となるならば、自分の意志で奴隷となって、滑稽こっけい無益な争闘を避けた方がよい。奴隷のうちで最もいけないのは、おのれの思想の奴隷となって、それにすべてをささげることである。自己を妄信もうしんしてはいけない。――彼女は、クリストフがどうもそう決心しているらしく思われるとおりに実際においても、ドイツ芸術とドイツ精神との偏見にたいして一徹な攻撃的の道を固執するならば、彼はすべての人を敵に回し、保護者をも敵に回すようになるだろうということを、明らかに見て取っていた。彼は必ずや敗亡に終わるに違いなかった。何故に彼が自分自身にたいして奮激し、好んで身を破滅させるような真似まねをするかを、彼女は了解できなかった。
彼を理解せんがためには、成功は彼の目的ではなく、彼の目的はその信念であるということをもまた、彼女は理解しなければならなかったろう。彼は芸術を信じ、おのれの芸術を信じ、おのれ自身を信じ、しかも、あらゆる利害問題のみならずおのれの生命よりもさらにすぐれた現実に対するように、それを信じていた。彼が彼女の意見に多少いらだって、率直に語気を強めながら右のことを言い出す時、彼女はまず肩をそびやかした。彼女は彼の言葉を真面目まじめに取らなかった。そしてそこに、兄の口から聞き慣れてるのと同じような大言壮語があると思った。彼女の兄は時々、途方もない荘厳な決心を言明しながら、それを実行しないようによく用心していたのである。ところが次に、クリストフがほんとうにそれらの言葉を妄信もうしんしていることを見て取ると、彼女は彼を狂者だと判断して、もはや、彼に興味を覚えなかった。
それ以来彼女はもはや、彼によく思われるように見せかけようとは努めなかった。ありのままの自分をさらけ出した。そして彼女は、最初の様子にも似ず、またおそらく彼女が自分で思ってるよりも、ずっとドイツ的であり、しかも平凡なドイツ女であった。――イスラエル民族に非難するのに、彼らがいかなる国民にも属さないで、種々の民衆のうちに居を定めても少しもその影響を被こうむらず、特殊な同一性質を有する一民衆を、ヨーロッパにまたがって形成してるということをもってするのは、まさしく不当である。実際、通過する国々の痕跡こんせきを、イスラエル民族ほど容易に受けやすい民族は他にない。フランスのイスラエル人とドイツのイスラエル人との間には、多くの共通な性格がありはするけれども、なおいっそう多くの異なった性格がある。それは彼らの新しい祖国に起因するのである。彼らは驚くほど速やかに、新しい祖国の精神的習慣を、実を言えば精神よりも多くその習慣を、取り入れてしまう。ところが習慣というものは、あらゆる人間にあっては第二の性質であるが、大多数の人間にあっては唯一無二の性質となるから、その結果、一つの国に土着せる公民の多数が、深い正当な国民的精神をみずからは少しももたないでいて、イスラエル人にそれが欠けていると非難するのは、きわめて不都合なことと言わなければならない。
女は常に、外的影響に、より敏感であり、生活条件に順応しそれに従って変化するのが、より迅速じんそくではあるが――イスラエルの女は、全ヨーロッパを通じて、住んでる国土の肉体的および精神的の風潮を、しばしば大袈裟おおげさに採用するが――それでもなお、民族固有の面影を、その濁った重々しい執拗しつような風味を、失うものではない。クリストフはそれに驚かされた。彼はマンハイム家で、ユーディットの伯母おばたちや従姉妹いとこたちや友だちらに出会った。彼女らのうちのある顔は、鼻に近い鋭い眼や、口に近い鼻や、きつい顔立ちや、褐かっ色の厚い皮膚の下の赤い血などをもってして、いかにもドイツ離れがしていて、いかにもドイツの女らしくは見えないようにできていたけれど――しかし彼女らは皆、奇体にドイツ婦人となっていた。話し振りから着物の着方までそっくりで、時としてはあまり似通いすぎていた。ユーディットはだれよりもまさっていた。そして他の女たちと比較してみると、彼女の理知のうちには特殊な点が見え、彼女の一身のうちには人工になった点が見えていた。それでも彼女はやはり、他の女たちの欠点の多くをそなえていた。精神的にははるかに自由――ほとんど絶対に自由――であったが、社会的には、より自由ではなかった。もしくは少なくとも、社会的の問題になると、彼女の実利的観念がその自由な理性と交替するのだった。彼女は世間や階級や偏見に結局は自分の利益を見出したので、それらを信じていた。いかにドイツ精神を嘲あざけっても、やはりドイツの風潮に執着していた。著名な某芸術家の凡庸ぼんようさを賢くも感ずるとしても、なお彼を尊敬しないではおかなかった。なぜなら彼は著名であったから。そしてもし個人的に彼と交際がある場合には、彼を賞賛するのだった。なぜならそれは彼女の虚栄心を喜ばせることだったから。彼女はブラームスの作品をあまり好まなかった。そしてひそかに、第二流の作家ではないかと疑っていた。しかし彼の光栄に彼女は威圧された。そして彼から五、六通の書信をもらったことがあるので、その結果彼女にとっては、彼は明らかに当時の最も偉大な音楽家だということになった。彼女はクリストフの真価については、またデトレフ・フォン・フライシェル首席中尉の愚劣さについては、なんらの疑いをもいだいてはいなかった。しかしクリストフの友情よりも、フライシェルが彼女の巨万の富にたいしてなしてくれる追従の方を、いっそう歓よろこんでいた。なぜなら、馬鹿な将校もやはり自分と別な一階級の一人であったから。そしてこの階級にはいることは、ドイツのユダヤ婦人にとっては他の婦人よりもいっそう困難なことだった。彼女は愚かな封建的思想に欺かれてはしなかったけれど、また、もしデトレフ・フォン・フライシェル首席中尉と結婚するとしたら、かえって向こうに大なる光栄を与えてやることになるのだとよく承知してはいたけれど、それでもなお彼を征服しようと努めていた。彼女はその馬鹿者にやさしい目つきを見せながら、また自分の自尊心に媚こびながら、みずから身を卑しくしていた。傲慢ごうまんでありまた種々の理由から傲慢であり得るこのユダヤ女、銀行家マンハイムの、知力すぐれ人を軽蔑けいべつしがちなこの娘は、身を堕おとしたがっていたし、自分が軽蔑けいべつしてるドイツの小中流婦人らのいずれもと、同じようなことをしたがっていた。

経験は短かかった。クリストフはユーディットに幻をかけたのとほとんど同じくらいに早く、その幻を失ってしまった。それにはユーディットの方でも、彼に幻を持続させるための労を少しも取らなかった、ということを認めなければならない。かかる気質の女が、相手を判断し相手から離れてしまうと、もはやその日から彼女にとっては、その相手の男は存在しないも同じである。彼女はもはやその相手を眼に留めない。そして自分の犬や猫ねこの前で赤裸になるのをはばからないと同じように、その相手の前で平然たる厚かましさをもっておのれの魂を赤裸にしてはばからない。クリストフはユーディットの利己心を、その冷血を、その凡庸な性格を、見て取った。彼はすっかり虜とりこになってしまう隙ひまがなかった。それでも、彼を苦しめるには、彼に一種の苦熱を与えるには、それでもう十分だった。彼はユーディットを愛しないで、こうであり得るかもしれないという彼女を――こうであるに違いないという彼女を、愛していた。彼女の美しい眼は、悩ましい幻惑を彼に及ぼしていた。彼はその眼を忘れることができなかった。その奥底に眠ってる沈鬱ちんうつな魂を今や知りながらも、彼はなお見たいと思うとおりに、最初見たとおりに、その眼を見つづけていた。それは、恋なき恋の幻覚の一つであった。そういう幻覚は、作品にまったく没頭してはいないおりの芸術家らの心の中で、大なる地位を占むるものである。通りすがりの一つの顔も、彼らにこの幻覚を与えるに足りる。彼らはその女のうちに、彼女のうちにあって彼女みずから知りもせず気にもかけていないあらゆる美を、見て取るのである。そして彼女がその美を念頭においていないことを知っては、彼らはなおいっそうそれを愛する。だれにも価値を知られずに、そのまま死んでゆこうとしてる美しいもののように、彼らはそれに愛着する。
おそらくクリストフは誤っていたろう。ユーディット・マンハイムは、実際の彼女より以上のものではあり得なかったろう。しかしクリストフは、しばらく彼女に望みをかけていた。そして魅力はつづいた。彼は彼女を公平に判断することはできなかった。彼女の有する美点はすべて、彼女にのみ属するもののように、彼女の全体であるように、彼には思われた。彼女の有する卑俗な点はすべて、彼女のユダヤとドイツとの二重な民族に、彼は帰せしめていた。そしておそらく彼は、ユダヤ民族よりもドイツ民族の方にいっそう多く、その恨みをいだいていたに違いない。なぜならドイツ民族にたいしていっそう多くそれを苦しまねばならなかったから。彼はまだ他のいかなる国民をも知らなかったので、ドイツ精神は彼にとって一種の替罪羊みがわりひつじであった。彼はそれに世界のあらゆる罪を負わしていた。ユーディットが彼に与えた失望の念は、彼にとっては、ますますドイツ精神を攻撃する理由となった。かかるりっぱな魂の自由な勢いをくじいたことを、彼はドイツ精神に許せなかった。
そういうのが、イスラエル民族と彼との最初の邂逅かいこうであった。他の民族と乖離かいりしてるこの強健な民族のうちに、彼はおのれの戦いの味方を見出し得ることと思っていた。ところがその望みを彼は失った。この民族は人から聞いたところよりずっと弱いものであり、外部の影響にずっと染しみやすい――あまりに染みやすい――ものであるということを、いつも極端から極端へ彼を走らせる熱烈な直覚力の変易性によって、すぐに思い込んでしまった。この民族は本来の弱さと、その途上に積もっていた世界のあらゆる弱さとを、皆になっているのだった。クリストフがおのれの芸術の槓桿こうかんをすえるべき支点を見出し得るのは、まだここでではなかった。否彼はこの民族とともに、砂漠さばくの砂の中に埋没しかかったのである。
彼はその危険を見て取り、またその危険を冒すだけの自信を感じなかったので、マンハイム家を訪れるのをにわかにやめた。幾度も招かれたが、理由も述べずに断わった。彼はその時までいつも熱心に来たがってばかりいたので、かく急激な変化は人目についた。人々はそれを彼の「風変わりな性質」のゆえだとした。しかしマンハイム家の三人は一人として、ユーディットの美しい眼がそれに関係あることを疑わなかった。そしてこのことは、食卓でロタールとフランツとの揶揄からかいの種となった。ユーディットは肩をそびやかしながら、見事な征服でしょうと言った。そして冷やかに兄へ向かって、「冗談もいい加減にしてください」と頼んだ。しかし彼女はクリストフがまたやって来るようにと種々仕向けた。だれに聞いてもわからないある音楽上の質疑を解いてくれという口実で、彼に手紙を書いた。そして手紙の終わりに、彼があまりやって来ないことや彼に会うのを楽しみとしてることなどを、親しげにそれとなく匂におわした。クリストフは返事を書き、質疑に答え、多忙なことを告げ、そして姿を見せなかった。二人は時々芝居で出会うことがあった。クリストフは執拗しつように、マンハイム家の桟敷さじきから眼をそらした。そして最もあでやかな笑顔を彼に見せようとしてるユーディットに、気づかないふうを装よそおった。彼女は固執しなかった。そして彼に愛着してはいなかったので、この少壮芸術家からまったく無駄むだな骨折りをさせられたことを、不都合だと考えた。彼はまた来たくなったら来るだろう。来たくなかったら――なあに、そんな者は来なくても構わない……。
彼が来なくてもよかった。実際彼がいなくても、マンハイム家の夜会には大きな穴があかなかった。しかしユーディットは、心にもなくクリストフに恨みをいだいた。彼がそばにいる時には、彼女は彼を気にかけなくてもそれを当然だと思っていた。そして彼がそれを不快に思ってる様子を示しても、許してやっていた。しかしその不快の念があらゆる関係を破るまでに進んだことは、馬鹿げた傲慢ごうまん心と恋心よりもいっそう利己的な心とのゆえだと、彼女には思われた。――ユーディットは自分と同じ欠点を他人がもっている場合には、その欠点を許容しなかった。
それでも彼女は、クリストフがなすことや書くものをいっそうの注意で見守みまもった。様子にはそれと見せずに、好んで兄にその話をさした。クリストフとともに過ごした一日じゅうの会話を、兄に語らした。その話の合い間に、皮肉な意見をはさんで、一つの滑稽こっけいな点をも容赦せずに取り上げ、かくて次第に、クリストフにたいするフランツの感激をさましていった。フランツはそれに気づかなかった。

最初の間、雑誌では万事うまくいった。クリストフはまだ、同人らの凡庸さを洞見どうけんしていなかった。そして彼らの方は、クリストフが仲間であるから、その天才を認めていた。彼を見出したマンハイムは、彼の書いたものを何一つ読んだこともないのに、どこへ行っても、クリストフは立派な批評家で、これまではおのれの天職を思い誤っていたが、自分マンハイムが彼に真の天職を示してやったのだと、いつもくり返し吹聴ふいちょうした。一同は彼の書く物を、好奇心をそそるような奇体な言葉で予告した。そして彼の最初の論説は実際、この小さな町の無気力な雰囲気ふんいきの中では、家鴨あひるの沼の中に落ちた一個の石のごときものだった。それは音楽の過剰と題されていた。
「音楽が多すぎる、飲み物が多すぎる、食べ物が多すぎる!」とクリストフは書いていた。「人は腹もすかず、喉のどもかわかず、必要も感ぜずに、ただ貪婪どんらんな習慣から、食ったり飲んだり聞いたりしている。そういうのが、ストラスブルグの馬鹿な摂生法だ。この人民らは貪食どんしょく症にかかっている。与えられるものならなんでも構わない。トリスタンでもゼッキンゲンのラッパ手でも、ベートーヴェンでもマスカーニでも、遁走とんそう曲でも、速歩舞踏曲でも、また、アダム、バッハ、プッチーニ、モーツァルト、マルシュネル、なんでも構わない。彼らは何を食ってるのか自分でも知らない。大事なのはただ食うということだ。そして食うことにも、もはや楽しみを覚えなくなっている。音楽会での彼らを見るがいい。ドイツの快活と世に言われているが、彼らは快活のなんたるやをも知らないのだ。彼らは常に快活にしてる。彼らの快活は、彼らの悲哀と同じく、雨のように広がっている。それは塵埃じんあいの喜びであり、弛緩しかんしきって無力である。彼らはぼんやり微笑ほほえみながら、音響に音響に音響を聞きふけって、幾時間もじっとしている。何にも考えてはいない。何にも感じてはいない。まるで海綿だ。しかし、真の喜びや真の悲しみ――力――は、一樽たるのビールのように、幾時間にも分け広げられるものではない。それは人の喉のど元をとらえ、人を打ち倒す。そのあとではもはや、なお何かを飲み下したい欲求は感ぜられない。それだけで十分なのだ!……
「音楽が多すぎる! 諸君はみずから身を殺し、また音楽を殺している。みずから身を殺すのは、それは諸君の勝手である。しかし音楽については――いい加減によしてもらいたい。神聖なものと醜劣なものとを同じ籠かごの中に投じながら、すなわち諸君がいつもなしてるように、連隊の娘を材料にした幻想曲ファンタジアとサキソフォーンの四重奏曲カルテットとの間にパルシファルの前奏曲をはさみ、あるいは黒人舞踏クークウォークの一節ひとふしとレオンカヴァロの愚作とをベートーヴェンのアダジオの両側に並べたりして、世にある美しいものを汚すのは、許しがたいことだ。諸君は音楽的の大国民だと誇っている。諸君は音楽を愛すると自称している。だがいったい、どういう音楽を愛するのか! よい音楽をなのか、または悪い音楽をなのか? 諸君は皆一様にそれらを喝采かっさいするではないか。とにかく選択してみたまえ! ほんとうに諸君が欲するのはなんだ? それを諸君はみずから知っていない。知ろうとも思ってはいない。一方を選ぶことを、誤りをしやすまいかを、あまりに恐れているのだ。……そんな用心なんか、悪魔にでもいっちまえだ!――俺おれは各派を超越してる、と諸君は言うだろう。――超越、それは以下という意味だ……。」
そしてクリストフはチューリッヒの剛健な市民ゴットフリート・ケルレル老人――峻厳しゅんげんな誠実さと郷土的な強い風味とによって彼には最もなつかしい作家の一人――の詩句を引用していた。

流派を超越せりと好みて傲岸ごうがんを装よそおう者、
寧むしろ遙はるか下位に属する者なるべし。

 

—«Ayez le courage d'être vrais, continuait-il. Ayez le courage d'être laids! Si vous aimez la mauvaise musique, dites-le carrément. Montrez-vous tels que vous êtes. Débarbouillez-vous l'âme du fard dégoûtant de toutes vos équivoques. Lavez-la à grande eau. Depuis combien de temps n'avez-vous pas vu votre mufle dans un miroir? Je m'en vais vous le montrer. Compositeurs, virtuoses, chefs d'orchestre, chanteurs, et toi, cher public, vous saurez une bonne fois qui vous êtes... Soyez tout ce que vous voudrez; mais par tous les diables! soyez vrais! Soyez vrais, dussent en souffrir les artistes et l'art! Si l'art et la vérité ne peuvent vivre ensemble, que l'art crève! La vérité, c'est la vie. La mort, c'est le mensonge.»

Cette déclamation juvénile, outrée, et d'assez mauvais goût, fit naturellement crier. Pourtant, comme tout le monde était visé, mais comme aucun ne l'était d'une façon précise, personne n'eut garde de se reconnaître. Chacun est, se croit, ou se dit le meilleur ami de la vérité: il n'y avait donc pas de risques qu'on attaquât les conclusions de l'article. On fut seulement choqué du ton général; on s'accordait à le trouver peu convenable, surtout de la part d'un artiste quasi officiel. Quelques musiciens commencèrent à s'agiter et protestèrent avec aigreur: ils prévoyaient que Christophe n'en resterait pas là. D'autres se crurent plus habiles, en félicitant Christophe de son acte de courage: ils n'étaient pas les moins inquiets sur les prochains articles.

L'une et l'autre tactique eurent même résultat. Christophe était lancé: rien ne pouvait l'arrêter; et, comme il l'avait promis, tout y passa: les auteurs et les interprètes.

Les premiers sabrés furent les Kapellmeister. Christophe ne s'en tenait point à des considérations générales sur l'art de diriger l'orchestre. Il nommait par leurs noms ses confrères de la ville ou des villes voisines; ou s'il ne les nommait point, les allusions étaient si claires que nul ne s'y trompait. Chacun reconnaissait l'apathique chef d'orchestre de la cour, Aloïs von Werner, vieillard prudent, chargé d'honneurs, qui craignait tout, qui ménageait tout, qui avait peur de faire une observation à ses musiciens et suivait docilement les mouvements qu'ils prenaient, qui ne hasardait rien sur ses programmes qui ne fût consacré par vingt ans de succès, ou, pour le moins, couvert par l'estampille officielle de quelque dignité académique. Christophe applaudissait ironiquement à ses hardiesses; il le félicitait d'avoir découvert Gade, Dvorak, ou Tschaikowsky; il s'extasiait sur l'immuable correction, l'égalité métronomique, le jeu éternellement fein-nuanciert (finement nuancé) de son orchestre; il proposait de lui orchestrer pour son prochain concert l'École de la Vélocité de Czerny; et il le conjurait de ne pas tant se fatiguer, de ne pas tant se passionner, de ménager sa précieuse santé.—Ou c'étaient des cris d'indignation à propos de la façon dont il avait conduit l'Héroïque de Beethoven:

—«Un canon! Un canon! Mitraillez-moi ces gens-là! ... Mais vous n'avez donc aucune idée de ce que c'est qu'un combat, la lutte contre la bêtise et la férocité humaines,—et la force qui les foule aux pieds, avec un rire de joie?... Comment le sauriez-vous? C'est vous qu'elle combat! Tout l'héroïsme qui est en vous, vous le dépensez à écouter, ou à jouer sans bâiller l'Héroïque de Beethoven,—(car cela vous ennuie... Avouez donc que cela vous ennuie, que vous en crevez d'ennui!)—ou à braver un courant d'air, tête nue et dos courbé, sur le passage de quelque Sérénissime.»

Il n'avait pas assez de sarcasmes pour ces pontifes de Conservatoires, interprétant les grands hommes du passé en «classiques».

—«Classique! ce mot dit tout. La libre passion, arrangée, expurgée à l'usage des écoles! La vie, cette plaine immense que balayent les vents,—renfermée entre les quatre murs d'une cour de gymnase! Le rythme sauvage et fier d'un cœur frémissant, réduit au tic-tac de pendule d'une mesure à quatre temps, qui va tranquillement son petit bonhomme de chemin, clochant du pied et béquillant sur le temps fort!... Pour jouir de l'Océan, vous auriez besoin de le mettre dans un bocal, avec des poissons rouges. Vous ne comprenez la vie que quand vous l'avez tuée.»

S'il n'était pas tendre pour les «empailleurs», ainsi qu'il les nommait, il l'était moins encore pour les «écuyers de cirque», pour les Kapellmeister illustres qui venaient en tournée faire admirer leurs ronds de bras et leurs mains fardées, ceux qui exerçaient leur virtuosité sur le dos des grands maîtres, s'évertuaient à rendre méconnaissables les œuvres les plus connues, et faisaient des cabrioles à travers le cerceau de la Symphonie en ut mineur. Il les traitait de vieilles coquettes, de tziganes, et de danseurs de cordes.

Les virtuoses lui fournissaient une riche matière. Il se récusait quand il avait à juger leurs séances de prestidigitation. Il disait que ces exercices de mécanique étaient du ressort du Conservatoire des Arts et Métiers, et que, seuls, des graphiques enregistrant la durée, le nombre des notes, et l'énergie dépensée, pouvaient évaluer le mérite de pareils travaux. Parfois il mettait au défi un pianiste célèbre, qui venait de surmonter, dans un concert de deux heures, les difficultés les plus formidables, le sourire sur les lèvres, et la mèche sur les yeux,—d'exécuter un andante enfantin de Mozart.—Certes, il ne méconnaissait point le plaisir de la difficulté vaincue. Lui aussi l'avait goûté: c'était une des joies de la vie. Mais n'en voir que le côté le plus matériel, et finir par y réduire tout l'héroïsme de l'art, lui paraissait grotesque et dégradant. Il ne pardonnait pas aux «lions», ou aux «panthères du piano».—Il n'était pas non plus très indulgent pour les braves pédants, célèbres en Allemagne, qui, justement soucieux de ne point altérer le texte des maîtres, répriment avec soin tout élan de la pensée, et, comme Hans de Bülow, quand ils disent une sonate passionnée, semblent donner une leçon de diction.

Les chanteurs eurent leur tour. Christophe en avait gros sur le cœur à leur dire de leur lourdeur barbare et de leur emphase de province. Ce n'était pas seulement le souvenir de ses démêlés avec la dame en bleu. C'était la rancune de tant de représentations qui lui avaient été un supplice. Il ne savait ce qui avait le plus à y souffrir, des oreilles, ou des yeux. Encore Christophe manquait-il de termes de comparaison pour bien juger de la laideur de la mise en scène, des costumes disgracieux, des couleurs qui hurlaient. Il était surtout choqué par la vulgarité des types, des gestes et des attitudes, par le jeu sans naturel, par l'inaptitude des acteurs à revêtir des âmes étrangères, par l'indifférence stupéfiante avec laquelle ils passaient d'un rôle à un autre, pourvu qu'il fût écrit à peu près dans le même registre de voix. D'opulentes matrones, réjouies et rebondies, s'exhibaient tour à tour en Ysolde et en Carmen. Amfortas jouait Figaro!... Mais ce qui, naturellement, était le plus sensible à Christophe, c'était la laideur du chant, surtout dans les œuvres classiques dont la beauté mélodique est un élément essentiel. On ne savait plus chanter en Allemagne la parfaite musique de la fin du dix-huitième siècle: on ne s'en donnait pas la peine. Le style net et pur de Gluck et de Mozart, qui semble, comme celui de Gœthe, tout baigné de lumière italienne,—ce style qui commence à s'altérer déjà, à devenir vibrant et papillotant avec Weber,—ce style ridiculisé par les lourdes caricatures de l'auteur du Crociato,—avait été anéanti paille triomphe de Wagner. Le vol sauvage des Walkyries aux cris stridents avait passé sur le ciel de la Grèce. Les nuées d'Odin étouffaient la lumière. Nul ne songeait plus maintenant à chanter la musique: on chantait les poèmes. On faisait bon marché des négligences de détail, des laideurs, des fausses notes même, sous prétexte que seul, l'ensemble de l'œuvre, la pensée importait...

—«La pensée! Parlons-en. Comme si vous la compreniez!... Mais que vous la compreniez ou non, respectez, s'il vous plaît, la forme qu'elle s'est choisie. Avant tout, que la musique soit et reste de la musique!»

D'ailleurs, ce grand souci que les artistes allemands prétendaient avoir de l'expression et de la pensée profonde était, selon Christophe, une bonne plaisanterie. De l'expression? De la pensée? Oui, ils en mettaient partout,—partout, également. Ils eussent trouvé de la pensée dans un chausson de laine, aussi bien—pas plus, pas moins,—que dans une statue de Michel-Ange. Ils jouaient avec la même énergie n'importe qui, n'importe quoi. Au fond, chez la plupart, l'essentiel de la musique était—assurait-il—le volume du son, le bruit musical. Le plaisir de chanter, si puissant en Allemagne, était une satisfaction de gymnastique vocale. Il s'agissait de se gonfler d'air largement et de le rejeter avec vigueur, fort, longtemps, et en mesure.—Et il décernait à telle grande chanteuse, en guise de compliment, un brevet de bonne santé.

Il ne se contentait pas d'étriller les artistes. Il enjambait la rampe, et rossait le public, qui assistait bouche bée à ces exécutions. Le public, ahuri, ne savait pas s'il devait rire ou se fâcher. Il avait tous les droits de crier à l'injustice: il avait pris bien garde de ne se mêler à aucune bataille d'art; il se tenait prudemment en dehors de toute question brûlante; et de peur de se tromper, il applaudissait tout. Et voici que Christophe lui faisait un crime d'applaudir!... D'applaudir les méchantes œuvres?—C'eût été déjà fort! Mais Christophe allait plus loin: ce qu'il lui reprochait le plus d'applaudir, c'étaient les grandes œuvres.

—«Farceurs, leur disait-il, vous voudriez faire croire que vous avez tant d'enthousiasme que cela?... Allons donc! Vous prouvez justement le contraire. Applaudissez, si vous voulez, les œuvres ou les pages, qui appellent l'applaudissement. Applaudissez les conclusions bruyantes, qui ont été faites, comme disait Mozart, «pour les longues oreilles». Là, donnez-vous-en à cœur joie: les braiments sont prévus; ils font partie du concert.—Mais après la Missa Solemnis de Beethoven!... Malheureux!... C'est le Jugement Dernier, vous venez de voir se dérouler le Gloria affolant, comme une tempête sur l'océan, vous avez vu passer la trombe d'une volonté athlétique et forcenée, qui s'arrête, se retient aux nuées, cramponnée des deux poings sur l'abîme, et se lance de nouveau dans l'espace, à toute volée. La rafale hurle. Au plus fort de l'ouragan, une brusque modulation, un miroitement de ton, troue les ténèbres du ciel et tombe sur la mer livide, comme une plaque de lumière. C'est la fin: le vol furieux de l'ange exterminateur s'arrête net, les ailes clouées par trois coups d'éclairs. Tout tremble encore, autour. L'œil ivre a le vertige. Le cœur palpite, le souffle s'arrête, les membres sont paralysés... Et la dernière note n'a pas fini de vibrer que vous êtes déjà gais et réjouis, vous criez, vous riez, vous critiquez, vous applaudissez!... Mais vous n'avez donc rien vu, rien entendu, rien senti, rien compris, rien, rien, absolument rien! Les souffrances d'un artiste sont pour vous un spectacle. Vous jugez finement peintes les larmes d'agonie d'un Beethoven. Vous crieriez: «Bis!» à la Crucifixion. Un demi-dieu se débat, toute une vie, dans la douleur, pour divertir, pendant une heure, votre badauderie!...»

Ainsi, il commentait, sans le savoir, la grande parole de Gœthe; mais il n'avait pas encore atteint à sa hautaine sérénité:

«Le peuple se fait un jeu du sublime. S'il le voyait tel qu'il est, il n'aurait pas la force d'en soutenir l'aspect.»

S'il en fût resté là! ... Mais, emporté par son élan, il dépassa le public et s'en alla tomber, comme un boulet de canon, dans le sanctuaire, le tabernacle, le refuge inviolable de la médiocrité:—la Critique. Il bombarda ses confrères. L'un d'eux s'était permis d'attaquer le mieux doué des compositeurs vivants, le représentant le plus avancé de la nouvelle école, Hassler, auteur de symphonies à programme, à vrai dire assez extravagantes, mais pleines de génie. Christophe, qui lui avait été présenté, quand il était enfant, gardait pour lui une tendresse secrète, en reconnaissance de l'émotion qu'il avait eue jadis. Voir un critique stupide, dont il savait l'ignorance, faire la leçon à un homme de cette taille, le rappeler à l'ordre et aux principes, le mit hors de lui:

—«L'ordre! L'ordre!—s'écria-t-il—vous ne connaissez pas d'autre ordre que celui de la police. Le génie ne se laisse pas mener dans les chemins battus. Il crée l'ordre, et érige sa volonté en loi.»

Après cette orgueilleuse déclaration, il saisit le malencontreux critique, et, relevant les âneries qu'il avait écrites depuis un certain temps, il lui administra une correction magistrale.

La critique tout entière sentit l'affront. Jusque-là, elle s'était tenue à l'écart du combat. Ils ne se souciaient point de risquer des rebuffades: ils connaissaient Christophe, ils savaient sa compétence, et ils savaient aussi qu'il n'était point patient. Tout au plus, certains d'entre eux avaient-ils exprimé discrètement le regret qu'un compositeur aussi bien doué se fourvoyât dans un métier, qui n'était pas le sien. Quelle que fût leur opinion (quand ils en avaient une), ils respectaient en lui leur propre privilège de pouvoir tout critiquer sans être eux-mêmes critiqués. Mais quand ils virent Christophe rompre brutalement la convention tacite qui les liait, aussitôt ils reconnurent en lui un ennemi de l'ordre public. D'un commun accord, il leur sembla révoltant qu'un jeune homme se permît de manquer de respect aux gloires nationales; et ils commencèrent contre lui une campagne acharnée. Ce ne furent pas de longs articles, des discussions suivies;—(ils ne s'aventuraient pas volontiers sur ce terrain avec un adversaire mieux armé: encore qu'un journaliste ait la faculté spéciale de pouvoir discuter, sans tenir compte des arguments de son adversaire, et même sans les avoir lus);—mais une longue expérience leur avait démontré que, le lecteur d'un journal étant toujours de l'avis de son journal, c'était affaiblir son crédit auprès de lui que faire même semblant de discuter: il fallait affirmer, ou mieux encore, nier. (La négation a une force double de l'affirmation. Conséquence directe de la loi de la pesanteur: il est plus facile de faire tomber une pierre que de la lancer en l'air.) Ils s'en tinrent donc, de préférence, à un système de petites notes perfides, ironiques, injurieuses, se répétant, chaque jour, en bonne place, avec une obstination inlassable. Elles livraient au ridicule l'insolent Christophe, sans le nommer toujours, mais en le désignant d'une façon transparente. Elles déformaient ses paroles, de manière à les rendre absurdes; elles racontaient de lui des anecdotes, dont le point de départ était vrai, parfois, mais dont le reste était un tissu de mensonges, habilement calculés pour le brouiller avec toute la ville, et, plus encore, avec la cour. Elles s'attaquaient à sa personne physique, à ses traits, à sa mise, dont elles traçaient une caricature, qui finissait par paraître ressemblante, à force d'être répétée.

Tout cela eût été indifférent aux amis de Christophe, si leur Revue n'avait aussi reçu des horions dans la bataille. À la vérité, c'était en guise d'avertissement; on ne cherchait pas à l'engager à fond dans la querelle, on visait bien plutôt à la séparer de Christophe: on s'étonnait qu'elle compromît son bon renom, et on laissait entendre que, si elle n'y avisait point, on serait contraint, quelque regret qu'on en eût, de s'en prendre également au reste de la rédaction. Un commencement d'attaques, assez anodines, contre Adolf Mai et Mannheim, mit l'émoi dans le guêpier. Mannheim ne fit qu'en rire: il pensait que cela ferait enrager son père, ses oncles, ses cousins, et son innombrable famille, qui s'arrogeaient le droit de surveiller ses faits et gestes et de s'en scandaliser. Mais Adolf Mai le prit fort au sérieux, et il reprocha a Christophe de compromettre la Revue. Christophe l'envoya promener. Les autres, n'ayant pas été atteints, trouvaient plutôt plaisant que Mai, qui pontifiait avec eux, écopât à leur place. Waldhaus en ressentit une jouissance secrète: il dit qu'il n'y avait pas de combat sans quelques têtes cassées. Naturellement, il entendait bien que ce ne serait point la sienne; il se croyait à l'abri des coups, par sa situation de famille et par ses relations; et il ne voyait pas de mal à ce que les Juifs, ses alliés, fussent un peu houspillés. Ehrenfeld et Goldenring, indemnes jusque-là, ne se fussent pas troublés de quelques attaques: ils étaient capables de répondre. Ce qui leur était plus sensible, c'était l'obstination avec laquelle Christophe s'acharnait à les mettre mal avec tous leurs amis, et surtout avec leurs amies. Aux premiers articles, ils avaient beaucoup ri et trouvé la farce bonne: ils admiraient la vigueur de Christophe à casser les carreaux; ils croyaient qu'il suffirait d'un mot pour tempérer son ardeur combative, pour détourner au moins ses coups de ceux et de celles qu'ils lui désigneraient.—Point. Christophe n'écoutait rien: il n'avait égard à aucune recommandation, et il continuait, comme un enragé. Si on le laissait faire, il n'y aurait plus moyen de vivre dans le pays. Déjà, leurs petites amies, éplorées et furieuses, étaient venues leur faire des scènes, à la Revue. Ils usèrent toute leur diplomatie à persuader Christophe d'atténuer au moins certaines appréciations: Christophe ne changea rien. Ils se fâchèrent: Christophe se fâcha, mais il ne changea rien. Waldhaus, diverti par l'émoi de ses amis, qui ne le touchait point, prit le parti de Christophe, pour les faire enrager. Peut-être était-il plus capable qu'eux d'apprécier la généreuse extravagance de Christophe, se jetant tête baissée contre tous, sans se réserver aucun chemin de retraite, aucun refuge pour l'avenir. Quant à Mannheim, il s'amusait royalement du charivari: ce lui semblait une bonne farce d'avoir introduit ce fou parmi ces gens rangés, et il se tordait de rire, aussi bien des coups que Christophe assénait, que de ceux qu'il recevait. Bien qu'il commençât à croire, sous l'influence de sa sœur, que Christophe était décidément un peu timbré, il ne l'en aimait que mieux:—(il avait besoin de trouver ridicules ceux qui lui étaient sympathiques.)—Il continua donc, avec Waldhaus, à soutenir Christophe contre les autres.

Comme il ne manquait pas de sens pratique, malgré tous ses efforts pour se donner l'illusion du contraire, il eut très justement l'idée qu'il serait avantageux à son ami d'allier sa cause avec celle du parti musical le plus avancé du pays.

Il y avait dans la ville, comme dans la plupart des villes allemandes, un Wagner-Verein, qui représentait les idées neuves contre le clan conservateur.—Et certes, on ne courait plus grand risque à défendre Wagner, quand sa gloire était partout reconnue et ses œuvres inscrites au répertoire de tous les Opéras d'Allemagne. Cependant, sa victoire était plutôt imposée par la force que consentie librement; et, au fond du cœur, la majorité restait obstinément conservatrice, surtout dans les petites villes, comme celle-ci, demeurée un peu à l'écart des grands courants modernes et fière d'un antique renom. Plus que partout ailleurs, régnait là cette méfiance, innée au peuple allemand, contre toute nouveauté, cette paresse à sentir quelque chose de vrai et de fort qui n'eût pas été ruminé déjà par plusieurs générations. On s'en apercevait, à la mauvaise grâce avec laquelle étaient accueillies,—sinon les œuvres de Wagner, qu'on n'osait plus discuter,—toutes les œuvres nouvelles inspirées de l'esprit wagnérien. Aussi, les Wagner-Vereine auraient-ils eu une tâche utile à remplir, s'ils avaient pris à cœur de défendre les forces jeunes et originales de l'art. Ils le firent parfois, et Bruckner, ou Hugo Wolf, trouvèrent en certains d'entre eux leurs meilleurs alliés. Mais trop souvent l'égoïsme du maître pesait sur ses disciples; et, de même que Bayreuth ne servait qu'à la glorification monstrueuse d'un seul, les filiales de Bayreuth étaient de petites églises, où l'on disait éternellement la messe en l'honneur du seul Dieu. Tout au plus, admettait-on dans les chapelles latérales les disciples fidèles, qui appliquaient à la lettre les doctrines sacrées, et adoraient, la face dans la poussière, la Divinité unique, aux multiples visages: musique, poésie, drame et métaphysique.

C'était précisément le cas du Wagner-Verein de la ville.—Cependant, il y mettait des formes; il cherchait volontiers à enrôler les jeunes gens de talent, qui semblaient pouvoir lui être utiles; et, depuis longtemps, il guettait Christophe. Il lui avait fait faire discrètement des avances, auxquelles Christophe n'avait pas pris garde, parce qu'il n'éprouvait aucunement le besoin de s'associer avec qui que ce fût; il ne comprenait pas quelle nécessité poussait ses compatriotes à se grouper toujours en troupeaux, comme s'ils ne pouvaient rien faire seuls: ni chanter, ni se promener, ni boire. Il avait l'aversion de tout Vereinswesen. Mais, à tout prendre, il était mieux disposé pour un Wagner-Verein que pour les autres Vereine: c'était au moins un prétexte à de beaux concerts; et bien qu'il ne partageât pas toutes les idées des Wagnériens sur l'art, il en était plus près que des autres groupements musicaux. Il pouvait, semblait-il, trouver un terrain d'entente avec un parti, qui se montrait aussi injuste que lui pour Brahms et les «Brahmines». Il se laissa donc présenter. Mannheim fut l'intermédiaire: il connaissait tout le monde. Sans être musicien, il faisait partie du Wagner-Verein.—Le comité de direction avait suivi la campagne que Christophe menait dans la Revue. Certaines exécutions qu'il avait faites dans le camp opposé lui paraissaient témoigner d'une poigne vigoureuse, qu'il serait bon d'avoir à son service. Christophe avait bien aussi décoché quelques pointes irrespectueuses contre l'idole sainte; mais on avait préféré fermer les yeux là-dessus;—et, peut-être, ces premières attaques, assez inoffensives, n'avaient-elles pas été étrangères, sans que l'on en convînt, à la hâte que l'on avait d'accaparer Christophe, avant qu'il eût le temps de se prononcer davantage. On vint très aimablement lui demander la permission d'exécuter quelques-unes de ses mélodies à un des prochains concerts de l'Association. Christophe, flatté, accepta: il vint au Wagner-Verein; et, poussé par Mannheim, il s'y laissa inscrire.

「真実たるの勇気をもちたまえ。」と彼はつづけていた。「醜きままたるの勇気をもちたまえ。もし諸君が悪い音楽を好むならば、それときっぱり言うがいい。ありのままのおのれを示すがいい。あらゆる曖昧あいまいさの嫌悪けんおすべき粉飾を、魂から洗い落すがいい。満々たる水で魂から洗うがいい。どれくらい長い間、諸君は自分の顔を鏡に映して見たことがないというのか? これから僕がそれを見せてやろう。作曲家、演奏家、管絃楽長、歌手、それから汝なんじ親愛なる聴衆、君らに一度は自己の姿を知らしてやろう。……君らはなんであろうと勝手だ。しかしぜひとも真実でありたまえ! たとい芸術家らがまた芸術が、それを苦しむようになろうとも、真実でありたまえ! もし芸術と真実とがいっしょに生き得ないならば、芸術は死滅するがいい。真実、それが生命だ。死、それは虚偽だ。」
年少気鋭で過激でかなり悪趣味なこの宣言は、もとより読者を絶叫せしめた。けれども、万人がその目標とされていながら、だれ一人として明らかに名ざされていはしなかったので、自分のことだと見なすものはなかった。各人が真実の最良の友であり、そう信じており、あるいはそう考えていた。それでこの論説の結論は、だれからも攻撃されるの恐れがなかった。人々はただ全体の調子を不快に思った。そしてそれがあまり妥当なものではなく、ことに半官的な芸術家の言としてはそうであるというのが、一般の意見であった。数人の音楽家らは活動しだして、鋭い反抗の態度を取った。彼らはクリストフがそのままでとどまりはすまいと予見していた。またある音楽家らは巧みな態度を取るつもりで、クリストフにその勇敢な行ないを称揚した。でも彼らはやはり、次回の論説には不安をいだいていた。
そういう二様の策略は、共に同じ結果をしか得なかった。クリストフはもう飛び出していた。何物も彼を引止めることができなかった。そして彼があらかじめ言ったとおりに、作者も演奏者も皆引き出された。
まっ先に血祭に上げられたのは音楽長らであった。管弦楽統率術にたいする一般の意見を、クリストフは少しも眼中におかなかった。彼はその町の同僚や近隣の町の同僚を、一々それと名ざした。名ざさない場合には、だれにも一見して明らかであるような諷刺ふうしを用いた。宮廷管絃楽長アロイス・フォン・ヴェルネルの無気力さが述べられていることは、だれにでもわかった。これは種々の名誉な肩書をになってる用心深い老人で、万事を気づかい、万事を慎み、部下の音楽家らに一言の注意を与えるのも恐れて、彼らのなすままを従順にながめ、また演奏の番組のうちには、幾年もの引きつづいた成功によって箔はくをつけられたものか、あるいは少なくとも、何か官僚的権威の公然の印をおされたものかでなければ、何一つ思い切って加えることもできなかった。クリストフは反語的に、彼の大胆なやり方を称賛した。ガーデやドヴォルザークやチャイコフスキーを見出したのを祝した。彼の指揮する管絃楽の、確固たる正確さ、メトロノーム的な均斉きんせいさ、常に美妙な色合いを失わない演奏法を、激称した。次の音楽会には、チェルニーの急速なる練習曲を演奏するがいいと提議した。そして、あまり身体を疲らせないように、あまり憤激しないように、貴重な健康をいたわるようにと頼んだ。――あるいはまた、彼がベートーヴェンのエロイカを指揮した方法にたいし、憤怒ふんぬの叫びをあげた。「大砲だ、大砲だ! こういう奴らを掃蕩そうとうしてくれ!……君らはいったい、戦いとはいかなるものであるか、人間の愚昧ぐまいと獰猛どうもうとにたいする争闘とはいかなるものであるか――歓喜の笑いを浮かべてそれらを蹂躙じゅうりんする力とはいかなるものであるか、それを少しも知らないのだ……。それがどうして諸君にわかろう? 力が戦うのは諸君にたいしてである! ベートーヴェンのエロイカを聞いたり演奏したりしながら、欠伸あくびを我慢することに――(なぜならこの曲は諸君を退屈がらせるからだ。……退屈だと、退屈でたまらないと、告白したまえ!)――あるいは、貴顕な人々の通過のさいに、帽をぬぎ背をかがめて風を物ともしないことに、諸君はおのれのうちの勇壮をことごとく浪費してるのだ。」
過去の偉人らの作を「古典クラシック」として演奏してる音楽学校の重鎮らにたいしては、彼はいかに譏刺きしを事としてもまだ足りなかった。
「古典クラシック! この言葉にはあらゆるものが含まっている。自由な情熱が、学校で使えるように整理し加減されてるのだ! 風に吹かれてる広野たる人生が、運動場の四壁のうちに閉じこめられてるのだ! 戦おののく心の粗野な誇らかな律動リズムも、高拍子の撞木杖しゅもくづえによりかかり跛を引きながら、お人よしのくだらぬ道を安心して進んでゆく、四拍子一節の時計の音になされてるのだ!……大洋を享楽せんがためには、諸君はそれを金魚といっしょにガラス瓶びんの中に入れたがるに違いない。諸君は人生を殺してしまった時に、初めて人生を解するのだ。」
クリストフは、彼が「剥製はくせい者」と名づけた人々にたいして温和ではなかったが、「曲馬師」ら、腕の丸みと粉飾した手とを称賛さしに押し出してくる名高い音楽長らにたいしても、やはり温和ではなかった。彼らは、大楽匠を踏み台にしておのれの腕前を揮ふるい、広く世に知られてる作品を形かたなしにしようとつとめ、ハ短調交響曲の箍たがの飛びぬけをやってるのだった。クリストフは彼らを、めかし婆ばば、ジプシー、綱渡り、などと呼んでいた。
妙技を有する音楽家らが、豊富な材料を供給してくれた。彼は彼らの奇術的興行を批判することを回避した。彼の言葉に従えば、そういう機械仕掛からくりの技芸は、工芸学校に属する手法であって、それらの仕事の価値を評価し得るものは、時間と音数と消費された精力とを記載する図表ばかりであった。時とすると、二時間もの音楽会で、唇くちびるに微笑を浮かべ、眼を輝かして、最もひどい困難に――モーツァルトの幼稚なアンダンテをひくという困難に、首尾よく打ち勝った高名なピアノの名手を、彼は蔑視べっしすることもあった。――もとより、彼は困難に打ち克かつの快楽を否認するものではなかった。彼もまたその快楽を味わったことがあった。それは彼にとって生の歓びの一つであった。しかしながら、その最も物質的な方面のみ見て、芸術上の勇壮心をことごとくそこに限ってしまうことは、彼には滑稽こっけいな堕落的なことに思われた。彼は「ピアノの獅子しし」や「ピアノの豹ひょう」を許容することができなかった。――また彼は、ドイツで名高いりっぱな衒学げんがく者にたいしても、あまり寛大ではなかった。彼らは、楽匠らの原作の調子を少しも変えまいと正当に注意し、思想の余勢を細心に抑圧し、あたかもハンス・フォン・ブューロウのように、熱烈な奏鳴曲ソナタを演ずる時にも、語法の教えでも授けてるような調子であった。
歌手らの順番もまわってきた。彼らの粗野な重々しさと田舎いなか風の強い語勢について、クリストフはたくさん言うべきことをもっていた。新しい女たる女歌手との最近の葛藤かっとうが頭にあるからばかりではなく、自分にとって苦痛だった多くの公演にたいする怨恨えんこんがあった。そこでは耳と眼とどちらが多く苦しめられるのかわからなかった。醜い舞台装置や不体裁な衣装やけばけばしい色彩などを批評するのに、クリストフは比較の言葉も十分に見出しかねた。人物や身振りや態度の卑俗さ、不自然きわまる演技、他人の魂を装よそおうことにおける俳優らの無能さ、やや同じような声の調子で書かれてさえいれば、一つの役から他の役へと彼らが移ってゆく驚くべき無関心さ、それらのことに彼は胸を悪くした。肥満しきった快活豪奢ごうしゃな婦人らが、代わる代わるイソルデやカルメンに扮装ふんそうして現われた。アンフォルタスがフィガロを演じた。しかしクリストフがおのずから最もよく感じたことは、歌の醜いことであって、ことに、旋律の美が本質的要素たる古典的作品における、歌の醜いことであった。もはやドイツではだれも、十八世紀末の完全な音楽を歌うことができなかった。歌おうとつとめる者がなかった。ゲーテの文体のようにイタリー的な光明に浴してるごとく思われる、グルックやモーツァルトの明確素粋な様式――すでに変化し始め、ウェーバーとともに震え揺めき始めた、その様式――クロシアトの作者の鈍重な漫画によって滑稽こっけい化された、その様式――それはワグナーの勝利によって滅ぼされてしまっていた。鋭い叫びを上げるワルプルギスの荒々しい羽音は、ギリシャの空を覆おおうていた。オディンの密雲は光を消滅さしていた。今はもはやだれも、音楽を歌おうと思う者がなかった。人は詩を歌っていた。細部の閑却や醜いものや誤れる音さえも、大目に見のがされていた、ただ作品全体のみが、思想のみが、重要であるという口実のもとに……。
「思想! それについて一言してみよう。なるほど諸君は思想を理解するような顔つきをしている。……しかしながら、諸君が思想を解しようと解すまいと、どうか、その思想が選んだ形式を尊敬してもらいたい。何よりもまず、音楽は音楽であってほしい、音楽のままであってほしい。」
その上、ドイツの芸術家らが表現と深い思想とにたいして払ったと自称する、この大なる注意は、クリストフの意見によれば、おかしな冗談にすぎなかった。表現だと? 思想だと? そうだ、彼らはそれを至る所に――至る所一様に配置していた。毛織の舞踏靴ぶとうぐつの中にも、ミケランジェロの彫刻の中にと同じく――多くも少なくもなく同等に――思想を見出すのであった。だれの作をも、いかなる作をも、同じ力で演奏していた。要するに、多数の人々の考えでは、音楽の本質は――とクリストフは断言した――音量であり音楽的騒音であった。ドイツでかくも強く感ぜられてる歌唱の快楽は、声音的体操の愉悦にすぎなかった。空気で胸をふくらまし、それを元気に力強く長く調子をつけて吹き出すことが、その主眼であった。――そしてクリストフは、賛辞の代わりに健康の保証を、あるすぐれた女歌手にささげた。
クリストフは芸術家らを非難するばかりでは満足しなかった。彼は舞台から飛び出して、呆然ぼうぜんと口を開きながらそれらの演奏に臨んでる聴衆をもなぐりつけた。聴衆は惘然ぼうぜんとして、笑っていいか怒っていいかもわからなかった。彼らはその非道な仕打ちにたいして怒号してもよかった。元来彼らは芸術上の戦いにはいっさい加わるまいと注意していた。あらゆる紛議の外に用心深く身を置いていた。そして間違いをしやすまいかと気づかって、すべてのものを喝采かっさいしていた。ところが今クリストフは、彼らの喝采かっさいを罪悪だとした。……悪作を喝采するというのか! それだけでもたまらないことだ! がクリストフはなお極端に奔はしった。彼が彼らに最も非難したのは、偉大な作品を喝采することであった。
「道化者めが、」と彼は彼らに言った、「諸君はそんなに多くの感激を持ち合わしてると人から思われたいのか。……ところが、諸君はちょうど反対のことを証明してるのだ。喝采したいなら、喝采に相当する作品か楽節かを喝采したまえ。モーツァルトが言ったように、『長い耳のために』作られた騒々しい結末を、喝采したまえ。そこでは有頂天に拍手したまえ。驢馬ろばの鳴き声が初めから予想されてるんだ。それが音楽会の一部となっているんだ。――しかしながら、ベートーヴェンの荘厳ミサ曲のあとには!……不幸なるかなだ!……これは最後の審判である。あたかも大洋上の暴風のように、狂いだつ栄光グロリアが展開するのを、諸君は見たのだ。強力暴戻ぼうれいなる意力の竜巻たつまきが過ぎるのを、諸君は見たのだ。それは進行を止めて雲につかまりながら、両の拳こぶしで深淵しんえんの上方にしがみつき、そしてまた全速力で空間中に突進する。※(「風にょう+炎」、第4水準2-92-35)風ひょうふうは怒号する。その暴風の最も強烈な最中に、にわかの転調が、音の反射が、空の暗黒をうがって、蒼白そうはくな海の上に、光の延板のように落ちてくる。それが終わりである。殺戮さつりくの天使の猛然たる飛翔ひしょうは、三度の稲妻に翼を縛られて、ぴたりと止まる。周囲ではまだすべてが戦おののいている。酔える眼は眩くらんでいる。心臓は鼓動し、呼吸は止まり、四肢しは痲痺まひしている……。そして最後の音が響き終わらないうちに、諸君はすでに快活に愉快になり、叫び、笑い、批評し、喝采する。……実に諸君は、何も見ず、何も聞かず、何も感ぜず、何も理解しなかったのだ、絶対に何物も! 芸術家の苦悩も、諸君にとっては一場の見物となるのだ。一ベートーヴェンの苦悶くもんの涙を、諸君はみごとに描かれてると判断する。諸君は主の磔刑はりつけけいにたいして『も一度!』と叫ぶかもしれない。諸君の好奇心を一時間の間楽しませるためには、偉大なる魂が一生の間苦悶のうちにもがくのだ!……」
かくてクリストフは、ゲーテの偉大な言葉を、まだその尊大なる清朗さには到達していなかったけれども、みずから知らずして注釈したのであった。

民衆は崇高なるものをもてあそぶ。されどもしその真相を知らば、あえてながめ得るの力を有せざるべし。

クリストフはそこで止まればよかった。――しかし彼は勢いに駆られて、聴衆を通り越し、あたかも砲弾のように、聖堂の中に、神殿の中に、凡庸ぼんよう者の犯すべからざる避難所の中に――批評界に、落ち込んでいった。彼は同輩らを砲撃した。彼らのうちの一人は、現存の作曲家中最も天分に富んだ者、新進派の最も進んだ代表者、すなわち、実を言えばかなり奇怪ではあるがしかし天才の閃ひらめきに満ちた標題交響曲シンフォニーの作者ハスレルを、あえて攻撃していた。子供のおりハスレルに紹介されたことのあるクリストフは、その昔受けた感激の感謝として、いつも彼にひそかな愛情をいだいていた。ところが今、明らかに無知な馬鹿批評家が、かかる人にたいして訓言を与え、秩序と規範との警告をなすのを見ると、彼は我れを忘れて憤った。
「秩序だと! 秩序だと!」と彼は叫んだ、「君らは警察の秩序よりほかに秩序を知らないんだ。天才は踏み固められた道を進むものではない。天才は秩序を創つくり出し、おのれの意志を規範にまで高めるのだ。」
こういう傲慢ごうまんな宣言の後に、クリストフはその不運な批評家をとらえて、彼が近ごろ書いた愚劣な事柄をことごとく取り上げ、厳格な是正を施してやった。
批評界全部が侮辱を感じた。それまで批評界は戦いから遠ざかっていた。彼らは側杖そばづえを食うようなことをしたくなかった。彼らはクリストフの人物を知っていた。彼の能力や彼の短気なことを知っていた。それでただ数人の者が、彼のように天分のある作曲家が天職でもない方面に迷い込むのは遺憾だという旨を、控え目に発表したにすぎなかった。いかなる意見をいだいていたにせよ(彼らが一つの意見をもったとして、)彼らはクリストフにも、自分を批評されることなしにすべてを批評し得るという批評家の特権を、尊重していたのである。しかしクリストフが、批評家をつないでいる暗黙の因襲を乱暴にも破るのを見た時、彼らはただちにクリストフをもって、一般秩序の敵であると見なした。一青年が国民的光栄をになってる人々にたいしてあえて敬意を失することは、だれにも皆いまいましいことに思われた。そして彼らはクリストフにたいして、猛烈な戦いを始めた。それは長い論説や引きつづいた論争ではなかった。――(自分より武装の優まさってる敵にたいすると、彼らはみずから進んでそういう陣地で戦おうとはしない。新聞記者というものは、敵の理論を眼中に置かずにまたそれを読みもしないで、議論を戦わし得るという特殊な才能をもってるものではあるが。)――彼らは長い経験から教えられていた、一新聞の読者は常にその新聞と同意見であるから、論争するようなふうを見せることだけでも、すでに読者の信用を弱めることになると。それゆえ断定しなければならなかった、あるいはさらに上策としては、否定しなければならなかった。(否定は断定の二倍の力をもっている。それは重力の法則の直接的結果である。石を空中に投げ上げるよりも、それを落下させる方がはるかに容易である。)で彼らは好んで、不誠実な皮肉な侮辱的な小文の方法に頼って、それを毎日倦うむことなき執拗しつようさをもって、適当な場所にくり返し掲載した。いつもそれと名ざされてはいなかったが、しかし明らかにわかるようなやり方で、横柄おうへいなクリストフが嘲笑ちょうしようされていた。クリストフの言は変化されて、馬鹿げたものになされていた。報ぜられてるクリストフの逸話は、時とすると端緒だけがほんとうのこともあったが、しかしその他はすべてこしらえ物で、全市の人々との間を不和になすために、またさらに宮廷との間を不和になすために、巧みに細工されたものであった。また人身攻撃にまでわたって、彼の顔立ちや服装みなりなどが悪口され、その漫画が一つ作られていたが、幾度もくり返し掲載されたために、ついには彼に似てると一般に思われるようになった。

それらのことはクリストフの友人らにとっては、もし彼らの雑誌が戦いの飛沫ひまつを受けさえしなかったならば、別になんでもないことだったろう。実際のところ、それは雑誌の広告だった。同人らは雑誌を争論の渦中かちゅうに投げ出そうとはせずに、むしろ雑誌をクリストフから引き離そうと思った。彼らは雑誌の評判が傷つけられるのに驚いた。そしてもし注意しなければ、少なくとも編集の方において、遺憾ながら同等の責任を帯ぶるの余儀なきにいたるだろうということが、次第にわかってきた。アドルフ・マイとマンハイムにたいするまだかなり手緩てぬるい攻撃が始められただけで、蜂はちの巣をつついたような騒ぎになった。マンハイムは面白がった。このことは、父や叔父おじたちや従兄弟いとこたちや数多あまたの親戚しんせきなど、彼がなすことをすべて監視しそれをいまいましく思うのを自分の権利だとしてる連中を、たぶんは立腹させるかもしれないと思った。しかしアドルフ・マイは本気に考えて、雑誌の評判を悪くすることをクリストフに非難した。クリストフは手きびしく撃退した。他の同人らは、害を被らなかったので、いつも皆にたいして首領らしい振舞いをしていたマイが皆の代わりに一本やられたことを、かえっておかしがった。ワルトハウスはひそかに愉快がった。喧嘩けんかがあればかならず頭を割られる者も出て来る、と彼は言った。もとよりそれは自分の頭を除外した意味でだった。家柄から言っても交友から言っても、自分は打撃を受けないですむと思っていた。そして同人のユダヤ人らが多少いじめられても、別に不都合はないと考えていた。エーレンフェルトとゴールデンリンクとは、まだ害は被らなかったが、多少の攻撃に狼狽ろうばいするような者ではなかった。彼らは答え返すことができるのだった。彼らにとってそれよりはるかに手痛いことは、クリストフが頑固がんこに議論をつづけるために、友人らことに女の友人らとの仲が、妙に不和になることであった。彼らは最初の論説を見ると、ごく愉快になって面白い狂言だと思った。クリストフの破竹の勢いを感嘆した。そしてただ一言忠告さえすれば、彼の争闘的な熱気を和らげることができ、あるいは少なくとも、自分らが名ざす男や女からは彼の攻撃を転ぜしむることができると思い込んでいた。――ところがそうはいかない。クリストフは何物にも耳を貸さなかった。なんらの勧告をも顧慮しなかった。そして猛たけり狂ったように攻撃をつづけた。もしそのまま放ほうっておいたら、もはやこの地方では生き得られなくなるかもしれなかった。すでに彼らのかわいい女の友だちらは、涙を流して口惜くやしがりながら、雑誌社へやって来て苦情をもち込んだ。彼らはあらゆる手段をつくして、クリストフにせめてある批評だけなりと和らげさせようとした。しかしクリストフは少しも調子を変えなかった。彼らは憤った。クリストフも憤った。しかし彼は少しもあらためなかった。ワルトハウスは、自分になんら影響のない友人らの憤激を面白がり、彼らをますます怒らせるためにクリストフの味方をした。万人に向かって頭からぶつかってゆき、なんら退却の道を講ぜず、未来のために隠かくれ家がを取っておこうとしない、クリストフの勇敢な無法さを、おそらく彼は彼らよりもよく評価し得たのであろう。次にマンハイムは、なんらの私心なしにその騒動を愉快がっていた。几帳面きちょうめんな同人どもの中にこの狂人を引き入れたのは、面白い狂言のように思われた。そしクリストフが振り回す拳固げんこをも、また自分にふりかかってくる攻撃をも、斉ひとしく腹をかかえて笑っていた。妹の感化を受けて、クリストフにはまさしく足りないところが多少あると信じ始めてはいたものの、そのためにますますクリストフが好ましくなるばかりだった。――(彼は自分が同感をもち得る人々のことを多少滑稽こっけいだと思いたがっていた。)――それで彼はワルトハウスとともに、他人に反対してクリストフを支持しつづけた。
彼はいつもつとめて自分には実際的才能がないと思いたがってはいたが、それでもなお実際的才能が乏しくはなかったので、ちょうどおりよくも、この地方で最も進んだ音楽上の一派の主旨と友の主旨とを結びつけた方が、ずっと有利だろうということを思いついた。
ドイツのたいていの都市にあるように、この町にも一つのワグナー協会があって、保守派に、対抗して新思潮を代表していた。――そしてもとより、ワグナーの光栄が至る所で認められ、彼の作品がドイツのあらゆる歌劇場の上演曲目にのぼせられるに及んでは、彼を擁護しても大なる危険を冒すことにはならなかった。しかし彼の勝利は、自由に承認されたというよりもむしろ、無理強じいに課せられたものであった。そして多数の者は、心の底では頑固に保守的であって、この町のように、近代の大潮流からやや遠ざかって、古代の評判を誇りとしてる小都市では、ことにそうであった。あらゆる新しきものにたいする、ドイツ民衆に先天的な不信の念、数多の時代によってまだよく咀嚼そしゃくされていない何か真実な強健なものにたいする、感受性の一種の怠惰さが、他のどこよりもかかる小都市にいっそうはなはだしかった。その明らかな例としては、ワグナー的精神に鼓吹せられたあらゆる新しい作品が――もうあえて非議できないワグナーの作品は別として――ことごとく冷遇されていた。それゆえワグナー協会がなすべき有益な務めは、芸術の若々しい独創的な力を真面目まじめに擁護することであった。時々それが実際になされていた。そしてブルクナーやフーゴー・ヴォルフは、それらの協会のある物のうちに、自分の最良の味方を見出した。しかしあまりにしばしば、師の利己主義が弟子どもを圧迫していた。バイロイトがただ一人の者を恐ろしく光栄あらしむることにのみ役だったと同じく、バイロイトの分派はそれぞれ小さな教会堂であって、そこで人々は永久に、唯一の神をほめてミサを唱えていた。神聖な教義を文字どおりに遵守じゅんしゅし、顔を塵ちりに埋めてひれ伏し、音楽や詩や劇や形而上けいじじょう学などというさまざまの見地から唯一の神体を礼拝してる、忠実なる弟子でしらにたいして、礼拝堂の側席へはいるのを許すのが、最上のことであった。
この町のワグナー協会の場合も、まさに同じであった。――けれどもこの協会は、種々の行動を取っていた。役にたちそうに思われる有能な青年らを、好んで取り入れようとつとめていた。そして久しい以前から、クリストフに眼をつけていた。ひそかに彼へ意を伝えたこともあった。が彼はそれを念頭にも置かなかった。いかなるものとも結合するの要求を別に感じなかったのである。いかなる必要があって同国人らが皆、いつも羊のように群れを作り、単独では、歌うことも散歩することも飲むことも、何事もなし得ないかの観があるのを、彼は理解できなかった。彼はあらゆる組合主義をきらっていた。しかしいずれかと言えば、他のいかなる組合よりもワグナー協会の方に親しみやすかった。少なくとも、りっぱな音楽会をやるという口実があった。そしてワグナー派の芸術観にことごとく同感ではなかったとは言え、他の音楽団体のいずれよりもそれに接近しがちであった。ブラームスやブラームス派にたいして、自分と同じように不当な態度を示してる一派となら、了解の地歩を見出し得られそうだった。それゆえ彼は紹介されるままに任した。マンハイムが仲介人であった。マンハイムは皆と知り合いだった。音楽家でもないくせに、ワグナー協会の一員になっていた。――協会の幹事は、クリストフが雑誌上で始めた戦いを一々見落とさなかった。またクリストフが敵陣の中でなした若干の演奏は、味方にして働かしたら役にたつだろうということを、力強く立証するもののように彼には思われた。クリストフはまた神聖なる偶像にたいして、不敬な矢を多少放ったこともあった。しかしそのことについては、眼をつぶっておく方がいいと考えられた。――そしてまたおそらく、まだかなり手緩いものであったそれらの最初の攻撃は、クリストフにその上発言する隙すきを与えずに急いで引き入れてしまったということに、だれもそうと承認はしなかったが、無関係ではなかったのである。人々はごく丁重に、協会の今後の音楽会に彼の旋律メロディーを少し演奏するのを、許してもらいたいと申し込んできた。クリストフはおだてに乗って承諾した。彼はワグナー協会へ出かけて行った。そしてマンハイムから説き勧められて、それに加入してしまった。

 

À la tête du Wagner-Verein étaient alors deux hommes, dont l'un jouissait d'une notoriété comme écrivain, et l'autre comme chef d'orchestre. Tous deux avaient en Wagner une foi mahométane. Le premier, Josias Kling, avait fait un Dictionnaire de Wagner,—Wagner-Lexikon,—permettant de savoir, à la minute, la pensée du maître de omni re scibili: ç'avait été la grande œuvre de sa vie. Il eût été capable d'en réciter des chapitres entiers à table, comme les bourgeois de province française récitaient des chants de la Pucelle. Il publiait aussi dans les Bayreuther Blätter des articles sur Wagner et l'esprit Aryen. Il va de soi que Wagner était pour lui le type du pur Aryen, dont la race allemande était restée le refuge inviolable contre les influences corruptrices du Sémitisme latin, et spécialement français. Il proclamait la défaite définitive de l'impur esprit gaulois. Il n'en continuait pas moins, chaque jour, âprement le combat, comme si l'éternel ennemi était toujours menaçant. Il ne reconnaissait qu'un seul grand homme en France: le comte de Gobineau. Kling était un petit vieillard, tout petit, très poli, et rougissant comme une demoiselle.—L'autre pilier du Wagner-Verein, Erich Lauber, avait été directeur d'une fabrique de produits chimiques, jusqu'à quarante ans; puis il avait tout planté là, pour se faire chef d'orchestre. Il y était parvenu à force de volonté, et parce qu'il était très riche. Il était un fanatique de Bayreuth: on contait qu'il s'y était rendu à pied, de Munich, en sandales de pèlerin. Chose curieuse que cet homme qui avait beaucoup lu, beaucoup voyagé, fait différents métiers, et montré partout une personnalité énergique, fût devenu en musique un mouton de Panurge; toute son originalité s'était dépensée là à être un peu plus stupide que les autres. Trop peu sur de lui-même en musique pour se fier à son sentiment personnel, il suivait servilement les interprétations que donnaient de Wagner les Kapellmeister et les artistes patentés par Bayreuth. Il eût voulu faire reproduire jusqu'aux moindres détails de la mise en scène et des costumes multicolores, qui ravissaient le goût puéril et barbare de la petite cour de Wahnfried. Il était de l'espèce de ce fanatique de Michel-Ange, qui reproduisait dans ses copies jusqu'aux moisissures, qui, s'étant introduites dans l'œuvre sacrée, étaient devenues, de ce fait, elles-mêmes sacrées.

Christophe ne devait pas goûter beaucoup ces deux personnages. Mais ils étaient hommes du monde, affables, assez instruits; et la conversation de Lauber ne laissait pas d'être intéressante, quand on le mettait sur un autre sujet que la musique. C'était d'ailleurs un braque: et les braques ne déplaisaient pas trop à Christophe: ils le changeaient de l'assommante banalité des gens raisonnables. Il ne savait pas encore que rien n'est plus assommant qu'un homme qui déraisonne, et que l'originalité est encore plus rare chez ceux qu'on nomme, bien à tort, des «originaux», que dans le reste du troupeau. Car ces «originaux» sont de simples maniaques, dont la pensée est réduite à des mouvements d'horlogerie.

Josias Kling et Lauber, désireux de gagner Christophe, se montrèrent d'abord pleins d'égards pour lui. Kling lui consacra un article élogieux, et Lauber s'appliqua à suivre toutes ses indications pour ses œuvres qu'il dirigea à un concert de la Société. Christophe en fut touché. Malheureusement, l'effet de ces prévenances lui fut gâté par l'inintelligence de ceux qui les lui faisaient. Il n'avait pas la faculté de s'illusionner sur les gens, parce qu'ils l'admiraient. Il était exigeant. Il avait la prétention qu'on ne l'admirât point pour le contraire de ce qu'il était; et il n'était pas loin de regarder comme des ennemis ceux qui étaient ses amis, par erreur. Aussi, il ne sut aucun gré à Kling de voir en lui un disciple de Wagner, et de chercher des rapprochements entre des phrases de ses Lieder et des passages de la Tétralogie, qui n'avaient rien de commun que certaines notes de la gamme. Et il n'eut aucun plaisir à entendre une de ses œuvres encastrée—côte à côte avec un pastiche sans valeur d'un scholar wagnérien—entre deux blocs énormes de l'éternel Richard.

Il ne tarda pas à étouffer dans cette petite chapelle. C'était un autre Conservatoire, aussi étroit que les vieux Conservatoires, et plus intolérant, parce qu'il était nouveau venu dans l'art. Christophe commença à perdre ses illusions sur la valeur absolue d'une forme d'art ou de pensée. Jusque-là, il avait cru que les grandes idées portent partout avec elles leur lumière. Il s'apercevait à présent que les idées avaient beau changer, les hommes restaient les mêmes; et, en définitive, rien ne comptait que les hommes: les idées étaient ce qu'ils étaient. S'ils étaient nés médiocres et serviles, le génie même se faisait médiocre, en passant par leurs âmes, et le cri d'affranchissement du héros brisant ses fers devenait le contrat de servitude des générations à venir.—Christophe ne put se tenir d'exprimer ses sentiments. Il dauba sur le fétichisme en art. Il déclarait qu'il ne fallait plus d'idoles, plus de classiques, d'aucune sorte, et que seul avait le droit de s'appeler l'héritier de l'esprit de Wagner celui qui était capable de fouler aux pieds Wagner pour marcher droit devant lui, en regardant toujours en avant et jamais en arrière,—celui qui avait le courage de laisser mourir ce qui doit mourir, et de se maintenir en communion ardente avec la vie. La sottise de Kling rendait Christophe agressif. Il releva les fautes ou les ridicules qu'il trouvait chez Wagner. Les Wagnériens ne manquèrent pas de lui attribuer une jalousie grotesque à l'égard de leur dieu. Christophe, de son côté, ne doutait point que ces mêmes gens qui exaltaient Wagner depuis qu'il était mort, n'eussent été des premiers à l'étrangler quand il était vivant:—en quoi il leur faisait tort. Un Kling et un Lauber avaient eu, eux aussi, leur heure d'illumination; ils avaient été de l'avant, il y avait quelque vingt ans; puis, comme la plupart, ils avaient campé là. L'homme a si peu de force qu'à la première montée il s'arrête époumonné; bien peu ont assez de souffle pour continuer leur route.

L'attitude de Christophe lui aliéna promptement ses nouveaux amis. Leur sympathie était un marché: pour qu'ils fussent avec lui, il fallait qu'il fût avec eux; et il était trop évident que Christophe ne céderait rien de lui-même: il ne se laissait pas enrôler. On lui battit froid. Les éloges qu'il se refusait à décerner aux dieux et petits dieux, estampillés par le clan, lui furent refusés. On montra moins d'empressement à accueillir ses œuvres; et certains commencèrent à protester de voir son nom trop souvent sur les programmes. On se moquait de lui derrière son dos, et la critique allait son train; Kling et Lauber, en laissant dire, semblaient s'y associer. On se fût bien gardé pourtant de rompre avec Christophe: d'abord parce que les cerveaux rhénans se plaisent aux solutions mixtes, aux solutions qui n'en sont point et qui ont le privilège de prolonger indéfiniment une situation ambiguë; ensuite parce qu'on espérait bien, malgré tout, finir par faire de lui ce qu'on voulait, sinon par persuasion, du moins par lassitude.

Christophe ne leur en laissa pas le temps. Quand il croyait sentir qu'un homme avait de l'antipathie pour lui, mais n'en voulait pas convenir et cherchait à se faire illusion, afin de rester en bons termes avec lui, il n'avait pas de cesse qu'il n'eût réussi à lui prouver qu'il était son ennemi. Après une soirée au Wagner-Verein, où il s'était heurté à un mur d'hostilité hypocrite, il envoya à Lauber sa démission sans phrases. Lauber n'y comprit rien; et Mannheim accourut chez Christophe, pour tâcher de tout arranger. Dès les premiers mots, Christophe éclata:

—Non, non, non, et non! Ne me parle plus de ces êtres. Je ne veux plus les voir... Je ne peux plus, je ne peux plus... J'ai un dégoût effroyable des hommes; il m'est presque impossible d'en regarder un en face.

Mannheim riait de tout son cœur. Il pensait moins à calmer l'exaltation de Christophe qu'à s'en donner le spectacle:

—Je sais bien qu'ils ne sont pas beaux, dit-il; mais ce n'est pas d'aujourd'hui: que s'est-il donc passé de nouveau?

—Rien du tout. C'est moi qui en ai assez... Oui, ris, moque-toi de moi: c'est entendu, je suis fou. Les gens prudents agissent d'après les lois de la saine raison. Je ne suis pas ainsi; je suis un homme qui agit d'après ses impulsions. Quand une certaine quantité d'électricité s'est accumulée en moi, il faut qu'elle se décharge, coûte que coûte; et tant pis pour les autres, s'il leur en cuit! Et tant pis pour moi! Je ne suis pas fait pour vivre en société. Désormais, je ne veux plus appartenir qu'à moi.

—Tu n'as pourtant pas la prétention de te passer de tout le monde? dit Mannheim. Tu ne peux pas faire jouer ta musique, à toi tout seul. Tu as besoin de chanteurs, de chanteuses, d'un orchestre, d'un chef d'orchestre, d'un public, d'une claque...

Christophe criait:

—Non! non! non!...

Mais le dernier mot le fit bondir:

—Une claque! Tu n'as pas honte?

—Ne parlons pas de claque payée—(quoique ce soit, à vrai dire, le seul moyen qu'on ait encore trouvé pour révéler au public le mérite d'une œuvre).—Mais il faut toujours une claque, une petite coterie dûment stylée; chaque auteur a la sienne: c'est à cela que les amis sont bons.

—Je ne veux pas d'amis!

—Alors, tu seras sifflé.

—Je veux être sifflé!

Mannheim était aux anges.

—Tu n'auras même pas ce plaisir longtemps. On ne te jouera pas.

—Et bien, soit! Crois-tu donc que je tienne à devenir un homme célèbre?... Oui, j'étais en train de tendre à toute force vers ce but... Non-sens! Folie! Imbécillité!... Comme si la satisfaction de l'orgueil le plus vulgaire était une compensation aux sacrifices de toute sorte—ennuis, souffrances, infamies, avanies, avilissement, ignobles concessions—qui sont le prix de la gloire! Que dix mille diables m'emportent, si de semblables soucis me travaillent encore le cerveau! Plus rien de tout cela! Je ne veux rien avoir à faire avec le public et la publicité. La publicité est une infâme canaille. Je veux être un homme privé, et vivre pour moi et pour ceux que j'aime...

—C'est cela, dit Mannheim, ironique. Il faut prendre un métier. Pourquoi ne ferais-tu pas aussi des souliers?

—Ah! si j'étais un savetier comme l'incomparable Sachs! s'écria Christophe. Comme ma vie s'arrangerait joyeusement! Savetier, les jours de la semaine,—musicien, le dimanche, et seulement dans l'intimité, pour ma joie et pour celle d'une paire d'amis! Ce serait une existence!...—Suis-je un fou, pour sacrifier mon temps et ma peine au magnifique plaisir d'être en proie aux jugements des imbéciles? Est-ce qu'il n'est pas beaucoup mieux et plus beau d'être aimé et compris de quelques braves gens, qu'entendu, critiquaillé, ou flagorné par des milliers d'idiots?... Le diable de l'orgueil et du désir de la gloire ne me prendra plus aux cheveux: tu peux t'en fier à moi!

—Assurément, dit Mannheim.

Il pensait:

—Dans une heure, il dira le contraire.

Il conclut tranquillement:

—Alors, n'est-ce pas, j'arrange les choses avec le Wagner-Verein?

Christophe leva les bras:

—C'est bien la peine que je m'époumonne, depuis une heure, à te crier le contraire!... Je te dis que je n'y remettrai plus jamais les pieds! J'ai en horreur tous ces Wagner-Vereine, tous ces Vereine, tous ces parcs à moutons, qui ont besoin de se serrer les uns contre les autres, afin de bêler ensemble. Va leur dire de ma part à ces moutons: je suis un loup, j'ai des dents, je ne suis pas fait pour paître!

—C'est bon, c'est bon, on leur dira, fit Mannheim, s'en allant, enchanté de sa matinée. Il pensait:

—Il est fou, fou à lier...

Sa sœur, à qui il s'empressa de raconter l'entretien, haussa les épaules, et dit:

—Fou? Il voudrait bien le faire croire!... Il est stupide, et d'un orgueil ridicule...

Cependant, Christophe continuait sa campagne enragée dans la revue de Waldhaus. Ce n'était pas qu'il y trouvât plaisir: la critique l'assommait, et il était sur le point d'envoyer tout au diable. Mais il s'entêtait, parce qu'on s'évertuait à lui fermer la bouche: il ne voulait pas avoir l'air de céder.

Waldhaus commençait à s'inquiéter. Aussi longtemps qu'il était resté indemne au milieu des coups, il avait assisté à la mêlée avec le flegme d'un dieu de l'Olympe. Mais, depuis quelques semaines, les autres journaux semblaient perdre conscience du caractère inviolable de sa personne; ils s'étaient mis à l'attaquer dans son amour-propre d'auteur, avec une rare méchanceté, où Waldhaus eût pu reconnaître, s'il avait été plus fin, la griffe d'un ami. C'était en effet à l'instigation sournoise de Ehrenfeld et de Goldenring que ces attaques avaient lieu: ils ne voyaient plus que ce moyen pour le décider à mettre fin aux polémiques de Christophe. Ils voyaient juste. Waldhaus, sur-le-champ, déclara que Christophe commençait à l'agacer; et il cessa de le soutenir. Toute la Revue s'ingénia dès lors à le faire taire. Mais allez donc museler un chien en train de dévorer sa proie! Tout ce qu'on lui disait ne faisait que l'exciter davantage. Il les appelait capons, et il déclarait qu'il dirait tout—tout ce qu'il avait le devoir de dire. S'ils voulaient le mettre à la porte, libre à eux! Toute la ville saurait qu'ils étaient aussi couards que les autres; mais lui, ne s'en irait pas, de lui-même.

Ils se regardaient, consternés, reprochant aigrement à Mannheim le cadeau qu'il leur avait fait, en leur amenant ce fou. Mannheim, toujours riant, se fit fort de mater Christophe; et il paria que, dès son prochain article, Christophe mettrait de l'eau dans son vin. Ils restèrent incrédules; mais l'événement prouva que Mannheim ne s'était pas trop vanté. L'article suivant de Christophe, sans être un modèle de courtoisie, ne contenait plus aucune remarque désobligeante pour qui que ce fût. Le moyen de Mannheim était bien simple; tous s'étonnèrent ensuite de n'y avoir pas songé plus tôt: Christophe ne relisait jamais ce qu'il écrivait dans la Revue; et c'est à peine s'il lisait les épreuves de ses articles, très vite et fort mal. Adolf Mai lui avait fait plus d'une fois des observations aigres-douces à ce sujet: il disait qu'une faute d'impression déshonore une Revue; et Christophe, qui ne regardait pas la critique comme un art, répondait que celui dont il disait du mal le comprendrait toujours assez. Mannheim profita de l'occasion: il dit que Christophe avait raison, que la correction d'épreuves était un métier de prote; et il offrit de l'en décharger. Christophe fut près de se confondre en remerciements; mais tous lui assurèrent, d'un commun accord, que cet arrangement leur rendait service, en évitant à la Revue une perte de temps. Christophe abandonna donc ses épreuves à Mannheim, en le priant de les bien corriger. Mannheim n'y manqua point: ce fut un jeu pour lui. D'abord, il ne se risqua prudemment qu'à atténuer quelques termes, à laisser tomber çà et là quelques épithètes malgracieuses. Enhardi par le succès, il poussa plus loin ses expériences: il commença à remanier les phrases et le sens; il déployait à cet exercice une réelle virtuosité. Tout l'art consistait, en conservant le gros de la phrase et son allure caractéristique, à lui faire dire exactement le contraire de ce que Christophe avait voulu. Mannheim se donnait plus de mal pour défigurer les articles de Christophe qu'il n'en aurait eu à en écrire lui-même; jamais il n'avait tant travaillé, de sa vie. Mais il jouissait du résultat: certains musiciens, que Christophe poursuivait de ses sarcasmes, étaient stupéfaits de le voir s'adoucir peu à peu et finir par célébrer leurs louanges. La Revue était dans la joie. Mannheim lui donnait lecture de ses élucubrations. C'étaient des éclats de rire. Ehrenfeld et Goldenring disaient parfois à Mannheim:

—Attention! tu vas trop loin!

—Il n'y a pas de danger, répondait Mannheim.

Et il continuait de plus belle.

Christophe ne s'apercevait de rien. Il venait à la Revue, déposait sa copie et ne s'en inquiétait plus. Quelquefois, il lui arrivait de prendre Mannheim à part:

—Cette fois, je leur ai dit leur fait, à ces canailles. Lis un peu...

Mannheim lisait.

—Eh bien, qu'est-ce que tu en penses?

—Terrible! mon cher, il n'en reste plus rien!

—Qu'est-ce que tu crois qu'ils diront?

—Ah! ce sera un beau vacarme!

Mais il n'y avait pas de vacarme du tout. Au contraire, les visages s'éclairaient autour de Christophe; des gens qu'il exécrait le saluaient dans la rue. Une fois, il arriva à la Revue, inquiet et renfrogné; et, jetant sur la table une carte de visite, il demanda:

—Qu'est-ce que cela veut dire?

C'était la carte d'un musicien qu'il venait d'éreinter: «Avec tous ses remerciements.»

Mannheim répondit, en riant:

—Il fait de l'ironie.

Christophe fut soulagé:

—Ouf! dit-il, j'avais peur que mon article ne lui eût fait plaisir.

—Il est furieux, dit Ehrenfeld; mais il ne veut pas en avoir l'air: il fait l'homme supérieur, il raille.

—Il raille?... Cochon! fit Christophe, de nouveau indigné. Je vais lui faire un autre article. Rira bien qui rira le dernier!

—Non, non, dit Waldhaus, inquiet. Je ne crois point qu'il se moque. C'est de l'humilité, il est bon chrétien: on le frappe sur une joue, il tend l'autre.

—Encore mieux! dit Christophe. Ah! le lâche! Il la veut, il aura sa fessée!

Waldhaus voulait s'interposer. Mais les autres riaient.

—Laisse donc... disait Mannheim.

—Après tout... faisait Waldhaus, subitement rassuré. Un peu plus, un peu moins!...

Christophe s'en allait. Les compères se livraient à des gambades et des rires de démence. Quand ils étaient un peu apaisés, Waldhaus disait à Mannheim:

—Tout de même, il s'en est fallu de peu... Fais attention, je te prie. Tu vas nous faire pincer.

—Bah! disait Mannheim. Nous avons encore de beaux jours... Et puis, je lui fais des amis.

 

 このワグナー協会の首領は当時二人あったが、一人は著作家として、一人は管弦楽長として、ともにある程度の名声を有していた。二人ともワグナーにたいして、マホメット教徒的の信仰をいだいていた。前者はヨジアス・クリングといって、ワグナーに関する一辞典――ワグナー辞典――をこしらえ、全知全能なる師の思想を一瞬間に知り得る方便とした。それが彼の畢生ひっせいの大事業であった。あたかもフランスの地方の中流人らが、オルレアンの少女の歌をすっかり諳誦あんしょうするように、彼はその辞典の綱目をことごとく諳誦し得たかもしれない。彼はまたバイロイト日報に、ワグナーおよびアリアン精神に関する論説を発表していた。言うまでもなく彼にとっては、ワグナーは純アリアン的な典型であり、ドイツ民族は、ラテンのセム精神ことにフランスのセム精神の腐敗的影響から、少しも侵されることのない避難所であった。不純なゴール精神の決定的な敗滅を、彼は宣言していた。それでもやはり、あたかも永遠の敵の脅威を常に感じてるかのように、毎日激しい戦いをつづけていた。彼はフランスにただ一人の偉人をしか認めなかった。それはゴビノー伯爵であった。クリングは小さな老人で、きわめて小柄で、きわめてていねいで、処女のようにすぐ顔を赤らめた。――ワグナー協会のも一人の柱石は、エーリッヒ・ラウベルといって、四十歳まである化学工場の支配人をしてた男だった。その後彼はすべてをうち捨てて、管絃楽長になってしまった。なり得たのは意志の力にもよるし、また富裕だからでもあった。彼はバイロイトにたいする狂信者だった。ミュンヘンからバイロイトまで巡礼の草鞋わらじをはいて徒歩で行ったこともあるそうである。おかしなことだがこの男は、非常に読書をし、非常に旅をし、種々の職業をやり、そして至る所で精力的な人物だということを示していたのに、音楽上においては、まったくパニュルジュの羊となってしまった。あらゆる独創の才を用いつくしながら、他人より少し愚かな地位だけをようやく保ち得た。音楽上ではあまりに自信が乏しかったので、自分の感情に頼ることができないで、音楽長やバイロイトの免許者らがワグナーについて与えてくれる注解を、唯々いい諾々として傾聴していた。ヴァーンフリートのワグナー官邸の粗野幼稚なる趣味に合致する、舞台装置や多彩な衣裳などのごとく些細ささいな点までも、そのとおりに真似まねたいと思っていた。世にはミケランジェロの狂信者がいて、師の作を模写する場合に黴かびまでも写し取り、神聖な作品の中にはいってきてるということによって、その黴をも神聖なものと見なすことがあるが、ラウベルもまたそういう狂信者と同様だった。
クリストフには、これら二人の人物があまり好ましく思えるはずはなかった。しかし彼らは二人とも、かなり教養のある親切げな社交的な男であった。そしてラウベルの会話は、音楽以外の話題になると面白かった。そのうえ彼は変わり者だった。変わり者はクリストフにとってはあまり不快でなかった。几帳面きちょうめんな人々のたまらない凡俗さから、彼の気分を転じさしてくれるのだった。彼はまだ知らなかった、不条理なでたらめを言うくらいたまらない者はないということ、そして独創性なるものは、しばしば誤って「独創家」と呼ばれる方の人々には、その他の人々によりもいっそう少ないということを。なぜならそれらの「独創家」なる人々は、思想が時計の運動みたいになってしまってる単なる奇人にすぎないから。
ヨジアス・クリングとラウベルとは、クリストフを虜とりこにしようと思って、最初彼に向かって敬意に満ちた態度を示した。クリングは彼に称賛の論説を奉り、ラウベルは協会の音楽会で自分が指揮する彼の作品について、彼の指図を一々守ろうとつとめた。クリストフは心を動かされた。ところが不幸にも、それらの懇切の結果は、それを示してくれる人々の愚昧ぐまいさによって害された。自分を称賛してくれるがゆえにこちらからもよく思ってやるという能力を、彼はそなえていなかった。彼は気むずかしかった。真実の自分とは反対な点を称賛されることを、断固としてしりぞけていた。そして誤って自分の味方となった人々を、往々敵と見なしがちだった。それで、クリングからワグナーの弟子と認められたり、音階中のある音以外になんら共通点のない、自分の歌曲の楽句と四部作の楽節との間に、多少の類似を捜されたりしても、彼は少しもありがたくなかった。また自分の作品の一つが、永遠のワグナーの巨大な二作の間に――ワグナー門下生の無価値な模造品と相並んで――插入そうにゅうされて演奏されるのを聞いても、彼は少しも愉快ではなかった。
彼は間もなく、その小さな礼拝堂が息苦しくなった。それは一種の音楽学校であって、各種の古い音楽学校と同様に狭苦しく、また芸術界に新しくできたものだけにさらに偏狭なものだった。クリストフは、芸術もしくは思想の一形式が有する絶対的価値にたいして、幻影を失い始めた。これまでは、偉大な観念はどこへいってもそれ自身の光明をもってるものだと信じていた。ところが今では、観念は変化することあっても人は常に同じであることに、気づいた。そして結局は、すべて人にあるのであった。観念は人そのままであった。もし人が凡庸卑屈に生まれついたとすれば、いかなる天分もその人の魂を通るうちに凡庸となるのだった。鉄鎖を破壊する英雄らの解放の叫びも、次の時代の人々の隷属契約となるのだった。――クリストフは自分の感情を言明せずにはおられなかった。芸術上の拝物教を嘲笑ちょうしょうした。もはやいかなる種類の偶像も不用であり、いかなる種類の古典も不用であると公言した。ワグナーの精神の後継者だと自称し得る者はだれかと言えば、それはただ、常に前方をながめて決して後ろをふり返ることなく、ワグナーをも足下に踏みしいて直進し得る者――死ぬべきものを死なしめ、生命との熱烈な交渉を維持する、という勇気をもってる者、のみであると公言した。クリングの愚かさは彼を攻撃的ならしめていた。彼はワグナーのうちに見出されるあらゆる欠点や滑稽こっけいな点を取り上げた。ワグナー崇拝者の方では、自分らの神にたいして彼がおかしな嫉妬しっとを感じてるゆえだと、思わずにはいなかった。クリストフの方では、ワグナーの死後になってそれに熱中してる連中は、ワグナーの生前にはそれをまっ先に絞め殺そうとしたに違いないということを、少しも疑わなかった。――この点においては、彼は彼らにたいして不正だった。クリングやラウベルのごとき者にも、やはり光ってた時代があったのである。二十年ばかり前には、彼らも先頭に立っていた。それから、多くの者と同じように、彼らはそこに停滞したのである。人間の力はいかにも弱いもので、最初の坂を上るともう息を切らして立ち止まる。なおつづけて前進するだけの丈夫な気息をもってる者は、きわめて少ない。
クリストフの態度は、新しい友人らをすぐに離反さしてしまった。彼らの同情は一の取り引きであった。彼らが彼の味方であるためには、彼の方で彼らの味方でなければならなかった。しかるに、クリストフの方で少しも譲歩しそうにないことは、あまりに明らかだった。彼は少しも巻き込まれなかった。人々は彼に冷淡な態度を示してきた。徒党が設定した神々や小さな神々にたいして、彼が与えるのを拒んだ賛辞は、彼にもまた拒まれた。人々は彼の作品を遇するに、以前ほどの熱心を示さなかった。そしてある者らは、彼の名前があまりしばしば番組に出るのを抗議し始めた。人々は彼を背後から嘲あざけり、悪評が盛んになってきた。クリングとラウベルとは、それらの言を打ち捨てておいたが、それに同意してるらしかった。けれども人々は、クリストフと葛藤かっとうを結ぶまいと用心していた。第一には、ライン地方の人々の頭は、中間の解決を好み、決して真の解決ではなくて、曖昧あいまいな状態をいつまでも長引かせる特権を含む解決を、好むからであった。次には、説得によらずとも少なくとも倦怠けんたいによって、彼を思うとおりにしてしまいたいと、人々はやはり望んでいたからである。
クリストフはその余裕を彼らに与えなかった。彼は、一人の男が自分に反感をいだきながらそうだと自認するのを欲しないで、自分となお交誼こうぎをつづけるためにしいて幻をかけようとつとめてるのを、はっきり感ずるように思う時には、自分はその男の敵であるということをりっぱに証明してやるまでは、決してやめないのであった。ワグナー協会のある晩餐会で、偽善に包まれた敵意の壁にぶつかった後、彼は理由なしの退会届をラウベルのもとに送った。ラウベルには合点がゆかなかった。マンハイムはクリストフのもとに駆け込み、万事を調停しようと試みた。クリストフは最初の一言をきくや否や、怒鳴りだした。
「いや、いや、断じていやだ。もうあいつらのことを言ってくれるな。僕はあいつらをもう見たくないんだ。……もう我慢できない、まったくできない。……僕は人間が厭いやでたまらないんだ。人間の顔を見るのが堪えられないんだ。」
マンハイムは心から大笑いをしていた。クリストフの激昂げっこうを鎮しずめようと考えるよりも、むしろその激昂を面白がっていた。
「あいつらがりっぱな者でないことくらいは僕もよく知ってるよ。」と彼は言った。「だがそれは何も今日に始まったことじゃない。で、何か新しいことでも起こったのか。」
「何にも。僕の方でたまらなくなったんだ。……そうだ、笑いたまえ、僕を嘲あざけりたまえ。もちろん、僕は狂人きちがいさ。慎重な奴やつらは、健全な理性の法則に従って行動する。だが僕はそうじゃない。衝動によってのみ動く人間なんだ。僕のうちにある電量が蓄積すると、どうしてもそいつが爆発しないではいない。もしそれで怪我けがをする者があったら、お気の毒の次第だ。僕にとっても厄介な話さ。僕は社会に生きるようにできてはいない。今後僕は、もう自分だけの者でいたいんだ。」
「それでもまさか、だれの手もかりないで済まそうというんじゃないだろう?」とマンハイムは言った。「君一人きりでは、君の音楽を演奏させることもできやしない。君にだって必要だ、男女の歌手や、管絃楽隊や、管絃楽長や、聴衆や、拍手係や……。」
クリストフは叫んでいた。
「いや、いや、いや!」
しかし最後の言葉は彼を躍おどりたたした。
「拍手係だって、君は恥ずかしくないのか。」
「雇いのを言うんじゃないよ。――(実を言えば、雇人拍手係こそ、作品の価値を聴衆に示すために、なお見出された唯一の方法ではあるが。)――しかし、一種の拍手係が、適当に訓練された小さな仲間が、いつでも必要なんだ。どの作家も皆それをもっている。それでこそ友だち甲斐がいがあるというものだ。」
「僕は友だちをほしくない。」
「それじゃ君の作は、口笛を吹かれるばかりだ。」
「僕は口笛を吹かれたいんだ。」
マンハイムは愉快でたまらなくなった。
「そんな楽しみも長くはつづかないよ。だれも演奏してくれる者がなくなってしまうだろう。」
「なに構うもんか。それじゃ君は、僕が有名な人間になりたがってるとでも思ってるのか。……なるほど僕はこれまで、そういう目的に向かって全力を注いでいた。……まったく無意義だ、狂気沙汰ざただ、阿呆あほうの至りだ。……ちょうど、最も凡俗な高慢心の満足は、光栄の代価たるあらゆる種類の犠牲――不愉快、苦痛、不名誉、汚辱、卑劣、賤いやしい譲歩、などを償うものででもあるかのように! ところでもしそういう焦慮が今もなお僕の頭を悩ましてるとしたら、僕はむしろ悪魔にでもさらってゆかれたい。もうそんなことは少しも思っていないんだ。聴衆だの著名だのということには、少しも関かかわりたくないんだ。著名ということは、不名誉きわまる賤いやしいことだ。僕は一私人でありたいし、自分自身と愛する人々とのために生きたいんだ……。」
「それはそうだ。」とマンハイムは皮肉な様子で言った。「だが仕事は一つなくっちゃいけない。君はなぜ靴くつでもこしらえないのか。」
「ああ僕がもし、他に類のないあのザックスのような靴屋だったら!」とクリストフは叫んだ。「どんなにか僕の生活は愉快に整ってゆくだろう! 一週のうち六日は靴屋をやる――日曜には、ただ親しい者だけで、自分の楽しみにまた数人の友人の楽しみに、音楽をやる。実にいい生活だろう!……馬鹿者どもの判断に供せられるというみごとな喜びのために、自分の時間と労力とをささげてしまうのは、愚の至りではないか。多くの阿呆どもに聞かれたりがやがや言われたり諛へつらわれたりするよりは、少数のりっぱな人々に愛せられ理解される方が、はるかにましでりっぱではないか。……傲慢ごうまんと光栄の欲求との悪魔から、僕はもう引きずり回されはしないぞ。その点は安心したまえ!」
「そうだとも。」とマンハイムは言った。
しかし彼はこう考えていた。
「一時間もたったらこの男は反対のことを言うだろう。」
彼は平然と結論した。
「で僕が、ワグナー協会との間を万事調停してやろうじゃないか。」
クリストフは両腕を上げた。
「そんなことだから、僕は一時間も骨折って、喉のどをからしながらいけないと叫んでるんじゃないか!……断わっておくが、僕はもう決してあんな所へ足を踏み入れはしない。いっしょに鳴くためにたがいに寄り集まりたがってる、あのワグナー協会の奴らが、あの組合主義の奴らが、あの羊小屋の奴らが、残らず厭でたまらないんだ。あの羊どもに向かって、僕の代わりに言ってくれたまえ、僕は狼おおかみだと、僕には歯があると、僕は草を食うようにできてる人間じゃないと!」
「よし、よし、言ってやろう。」とマンハイムは言いながら、その昼芝居を面白がって立ち去っていった。彼はこう考えていた。
「この男は狂人だ、縛っておくべき狂人だ……。」
彼はすぐにその対談を妹に語った。妹は肩をそびやかして、そして言った。
「狂人ですって? あの人は狂人だと思わせたがってるのよ。……お馬鹿さんで、おかしなほど傲慢ごうまんな人ですわ……。」

かかる間にもクリストフは、ワルトハウスの雑誌上で、激しい戦いをつづけていた。それも戦いが面白いからではなかった。批評界全体が彼を非難し、彼の方ではすべてを罵倒ばとうし去ろうとしていた。彼は口をつぐむように仕向けられるのでなお頑張がんばったのであって、譲歩の様子を示したくなかったのである。
ワルトハウスは心配しだした。乱打の最中にあって無難である間は、オリンポスの神のごとき泰然さをもって激戦をながめていた。しかし数週以前から、どの新聞もいっせいに、ワルトハウスの侵すべからざる品位を忘れたかのようだった。そして彼の作者としての自尊心を攻撃し始めた。彼がもしいっそう慧敏けいびんであったなら、それらの攻撃の異常な邪悪さのうちに、友人の爪先つまさきを認め得たはずである。実際それらの攻撃が起こったのは、エーレンフェルトやゴールデンリンクの陰険な煽動せんどうによるのであった。クリストフの筆戦をよさせようと彼に決心させるためには、これ以外に策はないと彼らは見て取ったのである。そして彼らの見解は至当だった。ワルトハウスはただちに、クリストフには困ると公言し始めた。そしてクリストフを支持することをやめた。それ以来雑誌の同人らは皆、クリストフを黙らせようと工夫した。しかし試みに、餌食えじきを食いかけてる犬に口輪をはめてみるがいい! 人々が彼に言う言葉は皆、彼をますます刺激するばかりだった。彼は皆を卑怯ひきょう者だとし、すべてを――言わなければならないことすべてを、言ってのけると断言した。同人らが自分を追い払うつもりなら、それは彼らの自由だ。彼らも他人と同様に卑劣であることが、町じゅうに知れるばかりだ。しかし自分は、決して自分の方から出て行くことはしない。
同人らは困却して顔を見合わせながら、マンハイムがこの狂人を連れて来てとんだ厄介を背負い込ましたことを、苦々しく非難した。マンハイムは相変わらず笑いながら、クリストフを制しようと努めた。次の論説からは、クリストフに手加減をさせてみせると誓った。一同はそれを信じなかった。しかしマンハイムがいたずらに高言を払ったのでないことは、事実が証明してくれた。クリストフの次の論説は、礼譲の模範とは言い得ないにしろ、もはやだれにたいしてもなんら無礼な語句を含んではいなかった。マンハイムの手段はきわめて簡単だったのである。一同はなぜもっと早くそれを思い付かなかったかと、あとでみずから驚いたのだった。クリストフは雑誌に書いた自分の文章を、かつて読み返したことがなかった。自分の論説の校正を読むのでさえ、大急ぎでいい加減に目を通すだけだった。アドルフ・マイはこのことについて、刺とげを含んだ穏やかな注意を一度ならず与えたことがあった。一字の誤植も雑誌の名誉を傷つけると言っていた。ところがクリストフは、批評をほんとうの芸術だとは見なしていなかったので、悪評を受ける相手は誤植があっても十分論旨を理解するだろうと、いつも答えていた。マンハイムはこの間の事情を利用したのである。彼はクリストフの意見が正当であると言い、校正のことは校正係の仕事であると言って、自分がその役目を引き受けようと言い出した。クリストフは感謝のあまり恐縮した。しかし一同は口をそろえて、この処置は雑誌にとって時間をはぶくことになるので、結局皆のためになるのだと確言した。それでクリストフは校正をマンハイムに任して、よく直してくれと頼んだ。マンハイムはその頼みにそむかなかった。それは彼にとって一つの遊戯であった。最初は用心して、ただある語法を和らげたり、露骨な形容をところどころ削ったりした。そしてうまくいったのに力を得て、やり方を次第に進めていった。文句や意味を変え始めた。その仕事に彼は真の手腕を示した。文句の大体と独特の筆癖とを保存しながら、クリストフが言おうと思ったところとちょうど反対のことを言わせるのが、その全部の技巧であった。マンハイムはクリストフの論説を変形させるために、自分で論説を書く以上に骨折った。彼は一生のうちにこれほど努力したことはなかった。しかし結果はいかにも愉快だった。これまでクリストフから嘲弄ちょうろうされ通しであったある音楽家らは、彼が次第に穏和になってついには賛辞を呈するのを見ては、呆気あっけに取られてしまった。雑誌では大喜びだった。マンハイムは刻苦精励の余りに成った原稿を皆に読んできかした。一同はどっと笑った。エーレンフェルトやゴールデンリンクは時々マンハイムに言った。
「気をつけたまえ。あまりやりすぎるぜ。」
「なに大丈夫だ。」とマンハイムは答えた。
そして彼はますますやりつづけていた。
クリストフは何にも気づかなかった。彼は雑誌社へやって来、原稿を渡すと、もう少しも気に止めなかった。時とすると、マンハイムをわきに呼ぶこともあった。
「こんどは、あの馬鹿者どもをほんとうにやっつけてやった。少し読んでみたまえ……。」
マンハイムは読んでみた。
「どうだい、君の考えは?」
「猛烈だね。君、余すところはないよ。」
「あいつらはなんと言うだろうかね?」
「そりゃあ大騒ぎだろうよ。」
しかし大騒ぎは少しも起こらなかった。それどころかクリストフの周囲では、輝いた顔ばかりが見られた。彼がやっつけた人々は、往来で彼に挨拶あいさつをした。ある時彼は顔をしかめた気懸きがかりな様子で、雑誌社にやって来た。そしてテーブルの上に一枚の訪問名刺を投げ出しながら尋ねた。
「これはいったいなんのことだ?」
それは彼が罵倒ばとうしたばかりの一音楽家の名刺で、「感謝に堪えず候」と書き入れてあった。
マンハイムは笑いながら答えた。
「皮肉のつもりだね。」
クリストフは安堵あんどした。
「ああ!」と彼は言った、「僕の論説があいつの気に入ったんじゃないかと心配していた。」
「あいつは怒おこってるんだよ、」とエーレンフェルトが言った、「しかしその様子を見せたくないんだ。偉えらそうなふうをして嘲あざけっているんだ。」
「嘲ってる?……馬鹿め!」とクリストフはまた激昂げっこうして言った。「も一度書いてやる。笑ってる奴やつが笑われるんだ!」
「いや、そうじゃない。」とワルトハウスは心配そうに言った。「僕はあいつが嘲ってるんだとは思わない。それは謙譲の心でやったことだ。あいつは善良なキリスト教徒だ。一方の頬ほおを打たれたから、片方の頬をも差し出したんだ。」
「なお結構だ。」とクリストフは言った。「卑怯ひきょう者めが! 臀しりをなぐられたけりゃなぐってやる。」
ワルトハウスは少しなだめようとした。しかし他の者は皆笑っていた。
「うっちゃっとけよ……。」とマンハイムは言った。
「結局のところ……」とワルトハウスはにわかに心丈夫になって言った、「五十歩百歩だ!……」
クリストフは帰っていった。同人らは狂気のように笑い踊った。それが少し静まると、ワルトハウスはマンハイムに言った。
「それにしても、危ないところだった。……ほんとに気をつけてくれよ。君のおかげで皆がとんだ目に会うかもしれないから。」
「なあに!」とマンハイムは言った。「それにはまだ間があるよ。それにまた、僕はあの男に味方をこしらえてやってるんだからね。」

第4巻 反抗 第2部へ続く

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-Jean-Christophe