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Les Misérables Tome V : Livre huitième—La décroissance crépusculaire

Chapitre I La chambre d'en bas

 

Le lendemain, à la nuit tombante, Jean Valjean frappait à la porte cochère de la maison Gillenormand. Ce fut Basque qui le reçut. Basque se trouvait dans la cour à point nommé, et comme s'il avait eu des ordres. Il arrive quelquefois qu'on dit à un domestique: Vous guetterez monsieur un tel, quand il arrivera.

Basque, sans attendre que Jean Valjean vînt à lui, lui adressa la parole:

—Monsieur le baron m'a chargé de demander à monsieur s'il désire monter ou rester en bas?

—Rester en bas, répondit Jean Valjean.

Basque, d'ailleurs absolument respectueux, ouvrit la porte de la salle basse et dit: Je vais prévenir madame.

La pièce où Jean Valjean entra était un rez-de-chaussée voûté et humide, servant de cellier dans l'occasion, donnant sur la rue, carrelé de carreaux rouges, et mal éclairé d'une fenêtre à barreaux de fer.

Cette chambre n'était pas de celles que harcèlent le houssoir, la tête de loup et le balai. La poussière y était tranquille. La persécution des araignées n'y était pas organisée. Une telle toile, largement étalée, bien noire, ornée de mouches mortes, faisait la roue sur une des vitres de la fenêtre. La salle, petite et basse, était meublée d'un tas de bouteilles vides amoncelées dans un coin. La muraille, badigeonnée d'un badigeon d'ocre jaune, s'écaillait par larges plaques. Au fond, il y avait une cheminée de bois peinte en noir à tablette étroite. Un feu y était allumé; ce qui indiquait qu'on avait compté sur la réponse de Jean Valjean: Rester en bas.

Deux fauteuils étaient placés aux deux coins de la cheminée. Entre les fauteuils était étendue, en guise de tapis, une vieille descente de lit montrant plus de corde que de laine.

La chambre avait pour éclairage le feu de la cheminée et le crépuscule de la fenêtre.

Jean Valjean était fatigué. Depuis plusieurs jours il ne mangeait ni ne dormait. Il se laissa tomber sur un des fauteuils.

Basque revint, posa sur la cheminée une bougie allumée et se retira. Jean Valjean, la tête ployée et le menton sur la poitrine, n'aperçut ni Basque, ni la bougie.

Tout à coup, il se dressa comme en sursaut. Cosette était derrière lui.

Il ne l'avait pas vue entrer, mais il avait senti qu'elle entrait. Il se retourna. Il la contempla. Elle était adorablement belle. Mais ce qu'il regardait de ce profond regard, ce n'était pas la beauté, c'était l'âme.

—Ah bien, s'écria Cosette, voilà une idée! père, je savais que vous étiez singulier, mais jamais je ne me serais attendue à celle-là. Marius me dit que c'est vous qui voulez que je vous reçoive ici.

—Oui, c'est moi.

—Je m'attendais à la réponse. Tenez-vous bien. Je vous préviens que je vais vous faire une scène. Commençons par le commencement. Père, embrassez-moi.

Et elle tendit sa joue.

Jean Valjean demeura immobile.

—Vous ne bougez pas. Je le constate. Attitude de coupable. Mais c'est égal, je vous pardonne. Jésus-Christ a dit: Tendez l'autre joue. La voici.

Et elle tendit l'autre joue.

Jean Valjean ne remua pas. Il semblait qu'il eût les pieds cloués dans le pavé.

—Ceci devient sérieux, dit Cosette. Qu'est-ce que je vous ai fait? Je me déclare brouillée. Vous me devez mon raccommodement. Vous dînez avec nous.

—J'ai dîné.

—Ce n'est pas vrai. Je vous ferai gronder par monsieur Gillenormand. Les grands-pères sont faits pour tancer les pères. Allons. Montez avec moi dans le salon. Tout de suite.

—Impossible.

Cosette ici perdit un peu de terrain. Elle cessa d'ordonner et passa aux questions.

—Mais pourquoi? Et vous choisissez pour me voir la chambre la plus laide de la maison. C'est horrible ici.

—Tu sais....

Jean Valjean se reprit.

—Vous savez, madame, je suis particulier, j'ai mes lubies.

Cosette frappa ses petites mains l'une contre l'autre.

—Madame!... vous savez!... encore du nouveau! Qu'est-ce que cela veut dire?

Jean Valjean attacha sur elle ce sourire navrant auquel il avait parfois recours.

—Vous avez voulu être madame. Vous l'êtes.

—Pas pour vous, père.

—Ne m'appelez plus père.

—Comment?

—Appelez-moi monsieur Jean. Jean, si vous voulez.

—Vous n'êtes plus père? je ne suis plus Cosette? monsieur Jean? Qu'est-ce que cela signifie? mais c'est des révolutions, ça! que s'est-il donc passé? Regardez-moi donc un peu en face. Et vous ne voulez pas demeurer avec nous! Et vous ne voulez pas de ma chambre! Qu'est-ce que je vous ai fait? Qu'est-ce que je vous ai fait? Il y a donc eu quelque chose?

—Rien.

—Eh bien alors?

—Tout est comme à l'ordinaire.

—Pourquoi changez-vous de nom?

—Vous en avez bien changé, vous.

Il sourit encore de ce même sourire et ajouta:

—Puisque vous êtes madame Pontmercy, je puis bien être monsieur Jean.

—Je n'y comprends rien. Tout cela est idiot. Je demanderai à mon mari la permission que vous soyez monsieur Jean. J'espère qu'il n'y consentira pas. Vous me faites beaucoup de peine. On a des lubies, mais on ne fait pas du chagrin à sa petite Cosette. C'est mal. Vous n'avez pas le droit d'être méchant, vous qui êtes bon.

Il ne répondit pas.

Elle lui prit vivement les deux mains, et, d'un mouvement irrésistible, les élevant vers son visage, elle les pressa contre son cou sous son menton, ce qui est un profond geste de tendresse.

—Oh! lui dit-elle, soyez bon!

Et elle poursuivit:

—Voici ce que j'appelle être bon: être gentil, venir demeurer ici, reprendre nos bonnes petites promenades, il y a des oiseaux ici comme rue Plumet, vivre avec nous, quitter ce trou de la rue de l'Homme-Armé, ne pas nous donner des charades à deviner, être comme tout le monde, dîner avec nous, déjeuner avec nous, être mon père.

Il dégagea ses mains.

—Vous n'avez plus besoin de père, vous avez un mari.

Cosette s'emporta.

—Je n'ai plus besoin de père! Des choses comme çà qui n'ont pas le sens commun, on ne sait que dire vraiment!

—Si Toussaint était là, reprit Jean Valjean comme quelqu'un qui en est à chercher des autorités et qui se rattache à toutes les branches, elle serait la première à convenir que c'est vrai que j'ai toujours eu mes manières à moi. Il n'y a rien de nouveau. J'ai toujours aimé mon coin noir.

—Mais il fait froid ici. On n'y voit pas clair. C'est abominable, ça, de vouloir être monsieur Jean. Je ne veux pas que vous me disiez vous.

—Tout à l'heure, en venant, répondit Jean Valjean, j'ai vu rue Saint-Louis un meuble. Chez un ébéniste. Si j'étais une jolie femme, je me donnerais ce meuble-là. Une toilette très bien; genre d'à présent. Ce que vous appelez du bois de rose, je crois. C'est incrusté. Une glace assez grande. Il y a des tiroirs. C'est joli.

—Hou! le vilain ours! répliqua Cosette.

Et avec une gentillesse suprême, serrant les dents et écartant les lèvres, elle souffla contre Jean Valjean. C'était une Grâce copiant une chatte.

—Je suis furieuse, reprit-elle. Depuis hier vous me faites tous rager. Je bisque beaucoup. Je ne comprends pas. Vous ne me défendez pas contre Marius. Marius ne me soutient pas contre vous. Je suis toute seule. J'arrange une chambre gentiment. Si j'avais pu y mettre le bon Dieu, je l'y aurais mis. On me laisse ma chambre sur les bras. Mon locataire me fait banqueroute. Je commande à Nicolette un bon petit dîner. On n'en veut pas de votre dîner, madame. Et mon père Fauchelevent veut que je l'appelle monsieur Jean, et que je le reçoive dans une affreuse vieille laide cave moisie où les murs ont de la barbe, et où il y a, en fait de cristaux, des bouteilles vides, et en fait de rideaux, des toiles d'araignées! Vous êtes singulier, j'y consens, c'est votre genre, mais on accorde une trêve à des gens qui se marient. Vous n'auriez pas dû vous remettre à être singulier tout de suite. Vous allez donc être bien content dans votre abominable rue de l'Homme-Armé. J'y ai été bien désespérée, moi! Qu'est-ce que vous avez contre moi? Vous me faites beaucoup de peine. Fi!

Et, sérieuse subitement, elle regarda fixement Jean Valjean, et ajouta:

—Vous m'en voulez donc de ce que je suis heureuse?

La naïveté, à son insu, pénètre quelquefois très avant. Cette question, simple pour Cosette, était profonde pour Jean Valjean. Cosette voulait égratigner; elle déchirait.

Jean Valjean pâlit. Il resta un moment sans répondre, puis, d'un accent inexprimable et se parlant à lui-même, il murmura:

—Son bonheur, c'était le but de ma vie. À présent Dieu peut me signer ma sortie. Cosette, tu es heureuse; mon temps est fait.

—Ah! vous m'avez dit tu! s'écria Cosette.

Et elle lui sauta au cou.

翌日、夜になろうとする頃、ジャン・ヴァルジャンはジルノルマン家を表門から訪れた。彼を迎えたのはバスクだった。バスクはちょうど中庭に出ていて、何か言いつけを受けてでもいるがようだった。誰某だれそれさんがこられるから気をつけておいでと召し使いに言うと、ちょうどその人がやってくる、そういうことも時々あるものである。
バスクはジャン・ヴァルジャンが近寄るのも待たないで、彼に言葉をかけた。
「二階がおよろしいか階下したがおよろしいか伺うようにと、男爵様の仰せでございます。」
「階下したにしよう。」とジャン・ヴァルジャンは答えた。
バスクはもとよりきわめて恭うやうやしい態度で、低い室の扉とびらを開いて、そして言った。「ただ今奥様に申し上げます。」
ジャン・ヴァルジャンが通されたのは、丸天井のついたじめじめした階下の室で、時々物置きに使われ、街路に面し、赤い板瓦が舗しいてあり、鉄格子てつごうしのついた窓が一つあるきりで、中は薄暗かった。
それははたきやブラシや箒ほうきでいじめられる室へやではなかった。ほこりは静かに休らっていた。蜘蛛くもは何らの迫害も受けないでいた。りっぱな蜘蛛の巣が一つ、まっ黒に大きくひろげられ蠅の死体で飾られて、窓ガラスの上に車輪のようにかかっていた。室は狭くて天井も低く、一隅には空罎あきびんが積まれていた。石黄色の胡粉ごふんで塗られた壁は、所々大きく剥落はくらくしていた。奥の方に黒塗りの木の暖炉が一つあって、狭い棚たながついていた。中には火が燃えていた。それは「階下にしよう」というジャン・ヴァルジャンの返事が既に予期されてたことを、明らかに示すものだった。
二つの肱掛ひじかけ椅子いすが暖炉の両すみに置かれていた。椅子の間には、毛よりも糸目の方がよけいに見えてる古い寝台敷きが、絨毯じゅうたんの代わりにひろげられていた。
室の中は暖炉の火の輝きと窓からさす薄明りとで照らされてるのみだった。
ジャン・ヴァルジャンは疲れていた。数日来食も取らず眠ってもいなかった。彼は肱掛け椅子の一つに身を落とした。
バスクが戻ってきて、点火ともした蝋燭ろうそくを一本暖炉の上に置き、また出て行った。ジャン・ヴァルジャンは首をたれ、頤あごを胸に埋めて、バスクにも蝋燭にも目を向けなかった。
突然彼は飛び上がるようにして身を起こした。コゼットが彼のうしろに立っていた。
彼は彼女がはいってくるのを見はしなかったが、その気配けはいを感じたのだった。
彼は振り向いて彼女をながめた。彼女はいかにもあでやかな美しさだった。しかし彼がその深い眼眸ひとみでながめたのは、その美ではなくて魂であった。
「まあ、」とコゼットは叫んだ、「何というお考えでしょう! お父様、私あなたが変わったお方だとは知っていましたが、こんなことをなさろうとは思いもよりませんでしたわ。ここで私に会いたいとおっしゃるのだと、マリユスが申すのですよ。」
「そう、私から願ったことだ。」
「そうおっしゃるだろうと思っていました。ようございます。仕返しをしてあげますから。でもまあ最初のことからしましょう。お父様、私を接吻して下さいな。」
そして彼女は頬ほおを差し出した。
ジャン・ヴァルジャンは不動のままでいた。
「お動きなさいませんのね。わかりますよ。罪人のようですわ。でもとにかく許してあげます。イエス・キリストも言われました、他の頬をもめぐらしてこれに向けよと。さあここにございます。」
そして彼女は他の頬を差し出した。
ジャン・ヴァルジャンは身動きもしなかった。あたかもその足は床に釘くぎ付けにされてるがようだった。
「本気でそうしていらっしゃるの。」とコゼットは言った。「私あなたに何かしましたかしら。ほんとに困ってしまいますわ。私あなたに貸しがありますのよ。今日は私どもといっしょに御飯を召し上がって下さらなければいけません。」
「食事は済んでいる。」
「嘘うそですわ。私ジルノルマン様にあなたをしかっていただきますよ。お祖父様じいさまならお父様を少したしなめることができます。さあ、私といっしょに客間にいらっしゃいよ、すぐに。」
「いけない。」
それでコゼットは多少地歩を失った。彼女は上手うわてに出るのをやめて、こんどはいろいろ尋ねるようになった。
「どうしてでしょう! 私に会うのに家で一番きたない室へやをお望みなさるなんて。ここはほんとにひどいではありませんか。」
「お前も知っ……。」
ジャン・ヴァルジャンは言い直した。
「奥さんも御存じのとおり、私は変人だ、私にはいろいろ変わった癖がある。」
コゼットは小さな両手をたたいた。
「奥さん! 御存じのとおり!……それもまた変だわ。どういうわけでしょう?」
ジャン・ヴァルジャンは時々ごまかしにやる例の悲痛なほほえみを彼女に向けた。
「あなたは奥さんになることを望んだ。そして今奥さんになっている。」
「でもあなたに対してはそうではありませんわ、お父様。」
「もう私を父と呼んではいけない。」
「まあ何をおっしゃるの?」
「私をジャンさんと呼ばなければいけない、あるいはジャンでもいい。」
「もう父ではないんですって、私はもうコゼットではないんですって、ジャンさんですって。いったいどうしてでしょう。大変な変わりようではありませんか。何か起こったのですか。まあ私の顔を少し見て下さいな。あなたは私どもといっしょに住むのをおきらいなさるのね。私の室をおきらいなさるのね。私あなたに何をしまして! 何をしましたでしょう。何かあるのでございましょう。」
「いや何にも。」
「それで?」
「いつもと少しも変わりはない。」
「ではなぜ名前をお変えなさるの。」
「あなたも変えている。」
彼はまた微笑をして言い添えた。
「あなたはポンメルシー夫人となっているし、私はジャンさんとなっても不思議ではない。」
「私にはわけがわかりませんわ。何だかばかげてるわ。あなたをジャンさんと言ってよいか夫おっとに聞いてみましょう。きっと許してはくれないでしょう。あなたはほんとに、大変私に心配をさせなさいますのね。いくら変わった癖があるからといって、この小さなコゼットを苦しめてはいけません。悪いことですわ。あなたは親切な方だから、意地悪をなすってはいけません。」
彼は答えなかった。
彼女は急に彼の両手を取り、拒む間を与えずそれを自分の顔の方へ持ち上げ、頤あごの下の首元に押しあてた。それは深い愛情を示す所作だった。
「どうか、」と彼女は言った、「親切にして下さいな。」
そして彼女は言い進んだ。
「私が親切というのはこういうことですわ。意地っ張りをなさらないで、ここにきてお住みになって、またちょいちょいいっしょに散歩して下すって、プリューメ街のようにここにも小鳥がいますから、私どもといっしょにお暮らしなすって、オンム・アルメ街のひどい家をお引き払いになり、私たちにいろんな謎なぞみたいなことをなさらず、普通のとおりにしていらっして、私どもといっしょに晩餐ばんさんもなされば、私どもといっしょに昼御飯もお食べになり、私のお父様になって下さることですわ。」
彼は取られた手を離した。
「あなたにはもう父はいらない、夫おっとがあるから。」
コゼットは少し気を悪くした。
「私に父がいらないんですって! そんな無茶なことをおっしゃるなら、もう申し上げる言葉もありません。」
「トゥーサンだったら、」とジャン・ヴァルジャンは考えの拠より所を求めて何でも手当たりしだいにつかもうとしてるかのように言った、「私にはまったくいつも自己一流のやり方があることを、一番に認めてくれるだろう。何も変わったことが起こったのではない。私はいつも自分の薄暗い片すみを好んでいた。」
「でもここは寒うございます。物もよく見えません。そしてジャンさんと言ってくれとおっしゃるのも、あまりひどすぎます。私にあなたなんておっしゃるのもいやです。」
「ところで、さっきここへ来る途中、」とジャン・ヴァルジャンはそれに答えて言った、「サン・ルイ街で私の目についた道具が一つある。道具屋の店先に置いてあった。私がもしきれいな女だったらあの道具をほしがったに違いない。ごくりっぱにできてる新式の化粧台だった。たしかあなたが薔薇ばらの木と言っていたあの道具だった。篏木細工はめきざいくも施してあった。鏡もかなり大きかった。引き出しもいくつかついていた。実にきれいなものだった。」
「ほんとに人をばかにしていらっしゃるわ!」とコゼットは答え返した。
そしてこの上もないかわいい様子で、歯をくいしばり、脣くちびるを開いて、ジャン・ヴァルジャンに息を吹きかけた。それは猫のまねをした美の女神だった。
「私はもう腹が立ってなりません。」と彼女は言った。「昨日きのうから、みんなで私にひどいことばかりなさるんですもの。私はほんとに怒っています[#「怒っています」は底本では「恐っています」]。私にはわけがわかりません。マリユスが何か言ってもあなたは私をかばって下さらないし、あなたが何かおっしゃってもマリユスは私の味方になってくれません。私はひとりぽっちです。私はおとなしく室へやまで用意しています。もし神様にでもはいっていただけるのでしたら、ほんとに喜んでお入れしたいくらいです。だれもその室にはいって下さる人もありません。室の借り手がないので私は破産してしまいます。ニコレットに少しごちそうのしたくをさしても、どなたも食べて下さいません。そして私のフォーシュルヴァンお父様はジャンさんと言えとおっしゃるし、また、壁には髯ひげがはえていて、玻璃器はりきの代わりには空罎あきびんが並んでおり、窓掛けの代わりには蜘蛛の巣が張っているような、恐ろしい古いきたないじめじめした窖あなぐらのような所で、私に会ってくれとおっしゃるんですもの。あなたが一風変わった方だとは私も承知しています。あなたのいつものことですから。けれども結婚したばかりの者には、少し気を休ませてやるものですわ。あとでまたすぐに変わったこともできるではありませんか。あなたはあのオンム・アルメ街のひどい家がいいとおっしゃいますの。私はもういやでたまりません。いったい私に何を怒っていらっしゃいますの。私心配でなりませんわ。ああ!」
そして急にまじめになって、彼女はジャン・ヴァルジャンをじっと見つめ、こう言い添えた。
「あなたは、私が幸福であるのをおもしろく思っていらっしゃらないんですか。」
無邪気も時には自ら知らないで深くつき込むことがある。右の疑問は、コゼットにとってはごく単純なものだったが、ジャン・ヴァルジャンにとっては深くつき込んだものだった。コゼットはちょっとひっかくつもりだったが、実は深い傷を相手に与えた。
ジャン・ヴァルジャンは顔色を変えた。彼はしばらく返事もせずにじっとしていたが、次に自ら自分に話しかけるような何とも言えない調子でつぶやいた。
「その幸福は私の生涯の目的であった。今神は私が去るべきを示して下さる。コゼット、お前は幸福だ。私の日は終わったのだ。」
「ああお前と呼んで下すったのね!」とコゼットは叫んだ。
そして彼女は彼の首に飛びついた。

 

 

Jean Valjean, éperdu, l'étreignit contre sa poitrine avec égarement. Il lui sembla presque qu'il la reprenait.

—Merci, père! lui dit Cosette.

L'entraînement allait devenir poignant pour Jean Valjean. Il se retira doucement des bras de Cosette, et prit son chapeau.

—Eh bien? dit Cosette.

Jean Valjean répondit:

—Je vous quitte, madame, on vous attend.

Et, du seuil de la porte, il ajouta:

—Je vous ai dit tu. Dites à votre mari que cela ne m'arrivera plus. Pardonnez-moi.

Jean Valjean sortit, laissant Cosette stupéfaite de cet adieu énigmatique.

ジャン・ヴァルジャンは我を忘れて、彼女を惘然ぼうぜんと自分の胸に抱きしめた。彼はほとんど彼女をまた取り戻したような心地になった。
「ありがとう、お父様。」とコゼットは言った。
その感情の誘惑はジャン・ヴァルジャンにとって痛烈なものとなり始めた。彼は静かにコゼットの腕から身を退け、そして帽子を取り上げた。
「どうなさるの。」とコゼットは言った。
ジャン・ヴァルジャンは答えた。
「奥さん、お別れします。皆様が待っていられましょうから。」
そして扉とびらの閾しきいの上で彼は言い添えた。
「私はあなたにお前と言いました。しかしもうこれからそんなことはしないと御主人に申し上げて下さい。ごめん下さい。」
ジャン・ヴァルジャンはコゼットをあとにして出て行った。コゼットはその謎なぞのような別れの言葉に茫然ぼうぜんとしてしまった。

 

 

Chapitre II Autre pas en arrière

Le jour suivant, à la même heure, Jean Valjean revint.

Cosette ne lui fit pas de questions, ne s'étonna plus, ne s'écria plus qu'elle avait froid, ne parla plus du salon; elle évita de dire ni père ni monsieur Jean. Elle se laissa dire vous. Elle se laissa appeler madame. Seulement elle avait une certaine diminution de joie. Elle eût été triste, si la tristesse lui eût été possible.

Il est probable qu'elle avait eu avec Marius une de ces conversations dans lesquelles l'homme aimé dit ce qu'il veut, n'explique rien, et satisfait la femme aimée. La curiosité des amoureux ne va pas très loin au delà de leur amour.

La salle basse avait fait un peu de toilette. Basque avait supprimé les bouteilles, et Nicolette les araignées.

Tous les lendemains qui suivirent ramenèrent à la même heure Jean Valjean. Il vint tous les jours, n'ayant pas la force de prendre les paroles de Marius autrement qu'à la lettre. Marius s'arrangea de manière à être absent aux heures où Jean Valjean venait. La maison s'accoutuma à la nouvelle manière d'être de M. Fauchelevent. Toussaint y aida. Monsieur a toujours été comme ça, répétait-elle. Le grand-père rendit ce décret:—C'est un original. Et tout fut dit. D'ailleurs, à quatre-vingt-dix ans il n'y a plus de liaison possible; tout est juxtaposition; un nouveau venu est une gêne. Il n'y a plus de place, toutes les habitudes sont prises. M. Fauchelevent, M. Tranchelevent, le père Gillenormand ne demanda pas mieux que d'être dispensé de «ce monsieur». Il ajouta:—Rien n'est plus commun que ces originaux-là. Ils font toutes sortes de bizarreries. De motif, point. Le marquis de Canaples était pire. Il acheta un palais pour loger dans le grenier. Ce sont des apparences fantasques qu'ont les gens.

Personne n'entrevit le dessous sinistre. Qui eût d'ailleurs pu deviner une telle chose? Il y a de ces marais dans l'Inde; l'eau semble extraordinaire, inexplicable, frissonnante sans qu'il y ait de vent, agitée là où elle devrait être calme. On regarde à la superficie ces bouillonnements sans cause; on n'aperçoit pas l'hydre qui se traîne au fond.

Beaucoup d'hommes ont ainsi un monstre secret, un mal qu'ils nourrissent, un dragon qui les ronge, un désespoir qui habite leur nuit. Tel homme ressemble aux autres, va, vient. On ne sait pas qu'il a en lui une effroyable douleur parasite aux mille dents, laquelle vit dans ce misérable, qui en meurt. On ne sait pas que cet homme est un gouffre. Il est stagnant, mais profond. De temps en temps un trouble auquel on ne comprend rien se fait à sa surface. Une ride mystérieuse se plisse, puis s'évanouit, puis reparaît; une bulle d'air monte et crève. C'est peu de chose, c'est terrible. C'est la respiration de la bête inconnue.

De certaines habitudes étranges, arriver à l'heure où les autres partent, s'effacer pendant que les autres s'étalent, garder dans toutes les occasions ce qu'on pourrait appeler le manteau couleur de muraille, chercher l'allée solitaire, préférer la rue déserte, ne point se mêler aux conversations, éviter les foules et les fêtes, sembler à son aise et vivre pauvrement, avoir, tout riche qu'on est, sa clef dans sa poche et sa chandelle chez le portier, entrer par la petite porte, monter par l'escalier dérobé, toutes ces singularités insignifiantes, rides, bulles d'air, plis fugitifs à la surface, viennent souvent d'un fond formidable.

Plusieurs semaines se passèrent ainsi. Une vie nouvelle s'empara peu à peu de Cosette; les relations que crée le mariage, les visites, le soin de la maison, les plaisirs, ces grandes affaires. Les plaisirs de Cosette n'étaient pas coûteux; ils consistaient en un seul: être avec Marius. Sortir avec lui, rester avec lui, c'était là la grande occupation de sa vie. C'était pour eux une joie toujours toute neuve de sortir bras dessus bras dessous, à la face du soleil, en pleine rue, sans se cacher, devant tout le monde, tous les deux tout seuls. Cosette eut une contrariété. Toussaint ne put s'accorder avec Nicolette, le soudage de deux vieilles filles étant impossible, et s'en alla. Le grand-père se portait bien; Marius plaidait çà et là quelques causes; la tante Gillenormand menait paisiblement près du nouveau ménage cette vie latérale qui lui suffisait. Jean Valjean venait tous les jours.

Le tutoiement disparu, le vous, le madame, le monsieur Jean, tout cela le faisait autre pour Cosette. Le soin qu'il avait pris lui-même à la détacher de lui, lui réussissait. Elle était de plus en plus gaie et de moins en moins tendre. Pourtant elle l'aimait toujours bien, et il le sentait. Un jour elle lui dit tout à coup: vous étiez mon Père, vous n'êtes plus mon père, vous étiez mon oncle, vous n'êtes plus mon oncle, vous étiez monsieur Fauchelevent, vous êtes Jean. Qui êtes-vous donc? Je n'aime pas tout ça. Si je ne vous savais pas si bon, j'aurais peur de vous.

Il demeurait toujours rue de l'Homme-Armé, ne pouvant se résoudre à s'éloigner du quartier qu'habitait Cosette.

Dans les premiers temps il ne restait près de Cosette que quelques minutes, puis s'en allait.

Peu à peu il prit l'habitude de faire ses visites moins courtes. On eût dit qu'il profitait de l'autorisation des jours qui s'allongeaient; il arriva plus tôt et partit plus tard.

Un jour il échappa à Cosette de lui dire: Père. Un éclair de joie illumina le vieux visage sombre de Jean Valjean. Il la reprit: Dites Jean,—Ah! c'est vrai, répondit-elle avec un éclat de rire, monsieur Jean.—C'est bien, dit-il. Et il se détourna pour qu'elle ne le vît pas essuyer ses yeux.

翌日、同じ時刻に、ジャン・ヴァルジャンはやってきた。
コゼットはもう何にも尋ねもせず、不思議がりもせず、寒いとも言わず、客間のことも口に出さなかった。彼女はお父様ともまたはジャンさんとも言わなかった。そして自分はあなたと言われるままにしておいた。奥さんと言われるままにしておいた。ただ喜びの情が少し減じてるのみだった。もし悲しみが彼女にも可能であるとすれば、彼女はいくらか悲しんでいた。
愛せられる男は、好き勝手なことを語って、何にも説明せず、しかもそれで愛せられている女を満足させるものであるが、おそらくコゼットもマリユスとそういう談話をかわしたのであろう。恋人らの好奇心は、自分らの愛より以外に遠くわたるものではない。
下の室は多少取り片づけられた。バスクは空罎あきびんを取り除け、ニコレットは蜘蛛くもの巣を払った。
その後毎日同じ時刻に、ジャン・ヴァルジャンはやってきた。彼はマリユスの言葉を文字どおりに解釈して日々こざるを得なかったのである。マリユスはジャン・ヴァルジャンがやって来る時刻には、いつも外出するようにしていた。一家の人々は、フォーシュルヴァン氏の一風変わったやり方になれてきた。それにはトゥーサンの助けもよほどあった。「旦那様はいつもあんなでございました」と彼女は繰り返し言った。祖父も、「あの人は変わり者だ」と断言した。そしてすべてはきまった。その上九十歳にもなれば、もう交際などということはできなくて、ただいっしょに並ぶというだけである。そして新来の者は皆一つのわずらいとなってくる。もう他人を入れる余地はない。日常の習慣がすっかりでき上がっている。ジルノルマン老人には、フォーシュルヴァン氏とかトランシュルヴァン氏とかいう「そんな人」はこない方がよかったのである。彼は言い添えた。「ああいう変わり者は何をするかわかったものではない。ずいぶん奇抜なことをやる。と言ってその理由は何もない。カナプル侯爵はもっとひどかった。りっぱな邸宅を買い入れて、自分はその物置きに住んでいた。ああいう人たちは表面うわべだけ変なことをしてみたがるものだ。」
だれもその凄惨せいさんな裏面には気づく者はなかった。第一どうしてそんなことが推察し得られたろう? 印度にはそういう沼がいくらもある。異様な不思議な水がたたえていて、風もないのに波を立て、静穏であるべきなのが荒れている。人はただその理由もない混乱の表面だけをながめる。そして底に水蛇みずへびがのたうっていることを気づかない。
多くの人もそういう秘密な怪物を持っている、心中にいだいている苦悩を、身を噛かむ竜りゅうを、内心の闇やみの中に住む絶望を。かかる人も普通の者と同じようにして暮らしている。彼のうちに無数の歯を持ってる恐ろしい苦悶が寄生し、みじめなる彼のうちに生活し、彼の生命を奪いつつあることは、だれからも知られない。その男が一つの深淵しんえんであることは、だれからも知られない。その淵ふちの水は停滞しているが、きわめて深い。時々、理由のわからぬ波が表面に現われてくる。不思議なうねりができ、次に消えうせ、次にまた現われる。底から泡あわが立ちのぼってきては、消えてゆく。何でもないことのようであるが、実は恐ろしいことである。それは人に知られぬ獣の吐く息である。
ある種の妙な習慣、たとえば、他の人が帰る頃にやってくるとか、他の人が前に出てる間うしろに隠れてるとか、壁色のマントをつけるとでも言い得るような態度をあらゆる場合に取るとか、寂しい道を選ぶとか、人のいない街路を好むとか、少しも会話の仲間入りをしないとか、人込みやにぎわいを避けるとか、のんきそうにして貧乏な暮らしをするとか、金があるのにいつも鍵かぎをポケットに入れ蝋燭ろうそくを門番の所に預けておくとか、潜門くぐりもんから出入りするとか、裏の階段から上ってゆくとか、すべてそういう何でもなさそうな特殊の癖、表面に現われたる波紋や泡やとらえ難い皺しわは、しばしば恐るべき底から発してくることがある。
かくて数週間過ぎ去っていった。新しい生活はしだいにコゼットをとらえていった。結婚のために生じた交際、訪問、家政、遊楽、それらの大事件が起こってきた。コゼットの楽しみは費用のかかるものではなかった。それはただマリユスといっしょにいるということだけだった。彼と共に出かけ、彼と共に家にいる、それが彼女の一番大事な仕事だった。互いに腕を組み合わし、白昼街路を公然と、人通りの多い中をただふたりで歩くこと、これは彼らにとって常に新しい喜びだった。コゼットが気を痛めたことはただ一つきりなかった。すなわち、年取ったふたりの独身女は融和し難いけれど、祖父は達者であり、マリユスは時々何かの弁論に出廷し、ジルノルマン伯母おばは新家庭のそばに差し控えた日々を送りつつ満足していた。ジャン・ヴァルジャンも毎日訪れてきた。
お前という呼び方は消えうせてしまい、あなたとか奥さんとかジャンさんとかいうことになって、彼はコゼットに対してまったく別人のようになった。彼女の心を自分から離そうとした彼の注意は、うまく成功した。彼女はますます快活になり、ますますやさしみが減じてきた。それでもなお彼女はよく彼を愛してい、彼もそのことを感じていた。ある日彼女は突然彼に向かって言った。「あなたは私のお父様でしたが、今はそうでなくなり、あなたは私の伯父様おじさまでしたが、今はそうでなくなり、あなたはフォーシュルヴァン様でしたが、今はジャン様となられたのですね。するとあなたは、いったいどういう方なんでしょう。私そんなこといやですわ。もしあなたがごくいい方だということを知らなかったら、私はあなたをこわがるかも知れません。」
彼はなおオンム・アルメ街に住んでいた。以前コゼットが住んでいた街区を去るに忍びなかったのである。
初めのうち彼は、数分間しかコゼットのそばにいないで、すぐ帰っていった。
ところがしだいに、彼は長居をするようになってきた。あたかも日が長くなるのに乗じた形だった。彼は早くきては遅く帰っていった。
ある日、コゼットはふと「お父様」と言ってしまった。すると喜びのひらめきが、ジャン・ヴァルジャンの陰鬱いんうつな老年の顔に輝いた。彼は彼女をとらえた。「ジャンと言って下さい。」彼女は笑い出しながら答えた。「ああそうでしたわね、ジャンさん。」「それでよろしいです、」と彼は言った。そして彼は顔をそむけて、彼女に見えないように目をぬぐった。

 

 

Chapitre III Ils se souviennent du jardin de la rue Plumet

 

Ce fut la dernière fois. À partir de cette dernière lueur, l'extinction complète se fit. Plus de familiarité, plus de bonjour avec un baiser, plus jamais ce mot si profondément doux: mon père! il était, sur sa demande et par sa propre complicité, successivement chassé de tous ses bonheurs; et il avait cette misère qu'après avoir perdu Cosette tout entière en un jour, il lui avait fallu ensuite la reperdre en détail.

L'œil finit par s'habituer aux jours de cave. En somme, avoir tous les jours une apparition de Cosette, cela lui suffisait. Toute sa vie se concentrait dans cette heure-là. Il s'asseyait près d'elle, il la regardait en silence, ou bien il lui parlait des années d'autrefois, de son enfance, du couvent, de ses petites amies d'alors.

Une après-midi,—c'était une des premières journées d'avril, déjà chaude, encore fraîche, le moment de la grande gaîté du soleil, les jardins qui environnaient les fenêtres de Marius et de Cosette avaient l'émotion du réveil, l'aubépine allait poindre, une bijouterie de giroflées s'étalait sur les vieux murs, les gueules-de-loup roses bâillaient dans les fentes des pierres, il y avait dans l'herbe un charmant commencement de pâquerettes et de boutons-d'or, les papillons blancs de l'année débutaient, le vent, ce ménétrier de la noce éternelle, essayait dans les arbres les premières notes de cette grande symphonie aurorale que les vieux poètes appelaient le renouveau,—Marius dit à Cosette:—Nous avons dit que nous irions revoir notre jardin de la rue Plumet. Allons-y. Il ne faut pas être ingrats.—Et ils s'envolèrent comme deux hirondelles vers le printemps. Ce jardin de la rue Plumet leur faisait l'effet de l'aube. Ils avaient déjà derrière eux quelque chose qui était comme le printemps de leur amour. La maison de la rue Plumet, étant prise à bail, appartenait encore à Cosette. Ils allèrent à ce jardin et à cette maison. Ils s'y retrouvèrent, ils s'y oublièrent. Le soir, à l'heure ordinaire, Jean Valjean vint rue des Filles-du-Calvaire.—Madame est sortie avec monsieur, et n'est pas rentrée encore, lui dit Basque. Il s'assit en silence et attendit une heure. Cosette ne rentra point. Il baissa la tête et s'en alla.

Cosette était si enivrée de sa promenade à «leur jardin» et si joyeuse d'avoir «vécu tout un jour dans son passé» qu'elle ne parla pas d'autre chose le lendemain.

Elle ne s'aperçut pas qu'elle n'avait point vu Jean Valjean.

—De quelle façon êtes-vous allés là? lui demanda Jean Valjean.

—À pied.

—Et comment êtes-vous revenus?

—En fiacre.

Depuis quelque temps Jean Valjean remarquait la vie étroite que menait le jeune couple. Il en était importuné. L'économie de Marius était sévère, et le mot pour Jean Valjean avait son sens absolu. Il hasarda une question:

—Pourquoi n'avez-vous pas une voiture à vous? Un joli coupé ne vous coûterait que cinq cents francs par mois. Vous êtes riches.

—Je ne sais pas, répondit Cosette.

—C'est comme Toussaint, reprit Jean Valjean. Elle est partie. Vous ne l'avez pas remplacée. Pourquoi?

—Nicolette suffit.

—Mais il vous faudrait une femme de chambre.

—Est-ce que je n'ai pas Marius?

—Vous devriez avoir une maison à vous, des domestiques à vous, une voiture, loge au spectacle. Il n'y a rien de trop beau pour vous. Pourquoi ne pas profiter de ce que vous êtes riches? La richesse, cela s'ajoute au bonheur.

Cosette ne répondit rien.

Les visites de Jean Valjean ne s'abrégeaient point. Loin de là. Quand c'est le cœur qui glisse, on ne s'arrête pas sur la pente.

Lorsque Jean Valjean voulait prolonger sa visite et faire oublier l'heure, il faisait l'éloge de Marius; il le trouvait beau, noble, courageux, spirituel, éloquent, bon. Cosette enchérissait. Jean Valjean recommençait. On ne tarissait pas. Marius, ce mot était inépuisable; il y avait des volumes dans ces six lettres. De cette façon Jean Valjean parvenait à rester longtemps. Voir Cosette, oublier près d'elle, cela lui était si doux! C'était le pansement de sa plaie. Il arriva plusieurs fois que Basque vint dire à deux reprises: Monsieur Gillenormand m'envoie rappeler à Madame la baronne que le dîner est servi.

Ces jours-là, Jean Valjean rentrait chez lui très pensif.

Y avait-il donc du vrai dans cette comparaison de la chrysalide qui s'était présentée à l'esprit de Marius? Jean Valjean était-il en effet une chrysalide qui s'obstinerait, et qui viendrait faire des visites à son papillon?

Un jour il resta plus longtemps encore qu'à l'ordinaire. Le lendemain, il remarqua qu'il n'y avait point de feu dans la cheminée.—Tiens! pensa-t-il. Pas de feu.—Et il se donna à lui-même cette explication:—C'est tout simple. Nous sommes en avril. Les froids ont cessé.

—Dieu! qu'il fait froid ici! s'écria Cosette en entrant.

—Mais non, dit Jean Valjean.

—C'est donc vous qui avez dit à Basque de ne pas faire de feu?

—Oui. Nous sommes en mai tout à l'heure.

—Mais on fait du feu jusqu'au mois de juin. Dans cette cave-ci, il en faut toute l'année.

—J'ai pensé que le feu était inutile.

—C'est bien là une de vos idées! reprit Cosette.

Le jour d'après, il y avait du feu. Mais les deux fauteuils étaient rangés à l'autre bout de la salle près de la porte.—Qu'est-ce que cela veut dire? pensa Jean Valjean.

Il alla chercher les fauteuils, et les remit à leur place ordinaire près de la cheminée.

Ce feu rallumé l'encouragea pourtant. Il fit durer la causerie plus longtemps encore que d'habitude. Comme il se levait pour s'en aller, Cosette lui dit:

—Mon mari m'a dit une drôle de chose hier.

—Quelle chose donc?

—Il m'a dit: Cosette, nous avons trente mille livres de rente. Vingt-sept que tu as, trois que me fait mon grand-père. J'ai répondu: Cela fait trente. Il a repris: Aurais-tu le courage de vivre avec les trois mille? J'ai répondu: Oui, avec rien. Pourvu que ce soit avec toi. Et puis j'ai demandé: Pourquoi me dis-tu ça? Il m'a répondu: Pour savoir.

Jean Valjean ne trouva pas une parole. Cosette attendait probablement de lui quelque explication; il l'écouta dans un morne silence. Il s'en retourna rue de l'Homme-Armé; il était si profondément absorbé qu'il se trompa de porte, et qu'au lieu de rentrer chez lui, il entra dans la maison voisine. Ce ne fut qu'après avoir monté presque deux étages qu'il s'aperçut de son erreur et qu'il redescendit.

Son esprit était bourrelé de conjectures. Il était évident que Marius avait des doutes sur l'origine de ces six cent mille francs, qu'il craignait quelque source non pure, qui sait? qu'il avait même peut-être découvert que cet argent venait de lui Jean Valjean, qu'il hésitait devant cette fortune suspecte, et répugnait à la prendre comme sienne, aimant mieux rester pauvres, lui et Cosette, que d'être riches d'une richesse trouble.

En outre, vaguement, Jean Valjean commençait à se sentir éconduit.

Le jour suivant, il eut, en pénétrant dans la salle basse, comme une secousse. Les fauteuils avaient disparu. Il n'y avait pas même une chaise.

—Ah çà, s'écria Cosette en entrant, pas de fauteuils! Où sont donc les fauteuils?

—Ils n'y sont plus, répondit Jean Valjean.

—Voilà qui est fort!

Jean Valjean bégaya:

—C'est moi qui ai dit à Basque de les enlever.

—Et la raison?

—Je ne reste que quelques minutes aujourd'hui.

—Rester peu, ce n'est pas une raison pour rester debout.

—Je crois que Basque avait besoin des fauteuils pour le salon.

—Pourquoi?

—Vous avez sans doute du monde ce soir.

—Nous n'avons personne.

Jean Valjean ne put dire un mot de plus.

Cosette haussa les épaules.

—Faire enlever les fauteuils! L'autre jour vous faites éteindre le feu. Comme vous êtes singulier!

—Adieu, murmura Jean Valjean.

Il ne dit pas: Adieu, Cosette. Mais il n'eut pas la force de dire: Adieu, madame.

Il sortit accablé.

Cette fois il avait compris.

Le lendemain il ne vint pas. Cosette ne le remarqua que le soir.

—Tiens, dit-elle, monsieur Jean n'est pas venu aujourd'hui.

Elle eut comme un léger serrement de cœur, mais elle s'en aperçut à peine, tout de suite distraite par un baiser de Marius.

Le jour d'après, il ne vint pas.

Cosette n'y prit pas garde, passa sa soirée et dormit sa nuit, comme à l'ordinaire, et n'y pensa qu'en se réveillant. Elle était si heureuse! Elle envoya bien vite Nicolette chez monsieur Jean savoir s'il était malade, et pourquoi il n'était pas venu la veille. Nicolette rapporta la réponse de monsieur Jean. Il n'était point malade. Il était occupé. Il viendrait bientôt. Le plus tôt qu'il pourrait. Du reste, il allait faire un petit voyage. Que madame devait se souvenir que c'était son habitude de faire des voyages de temps en temps. Qu'on n'eût pas d'inquiétude. Qu'on ne songeât point à lui.

Nicolette, en entrant chez monsieur Jean, lui avait répété les propres paroles de sa maîtresse. Que madame envoyait savoir «pourquoi monsieur Jean n'était pas venu la veille». Il y a deux jours que je ne suis venu, dit Jean Valjean avec douceur.

Mais l'observation glissa sur Nicolette qui n'en rapporta rien à Cosette.

それが最後であった。その最後のひらめき以来、光はまったく消えうせてしまった。もはや親しみもなく、抱擁をもって迎えられることもなく、お父様! という深いやさしみの言葉もなくなった。彼は自ら命じ自ら行なって、自分のあらゆる幸福を相次いで卻しりぞけてしまった。一日にしてコゼットをすべて失った後、次に再び彼女を少しずつ失うという、悲惨な目に彼は出会った。
目もついには窖あなぐらの明るみになれてくるものである。結局コゼットの姿を毎日見るというだけで彼には充分だった。彼の全生命はその時間に集中されていた。彼は彼女のそばにすわり、黙って彼女をながめ、あるいはまた、昔のこと、彼女の子供の折りのこと、修道院にいた頃のこと、当時の小さなお友だちのこと、などを彼女に話した。
ある日の午後――それは四月のはじめであって、既に暖かくなってるがまださわやかであり、日の光はきわめてうららかで、マリユスとコゼットとの窓のほとりの庭は春の目ざめの気に満ち、山※(「木+査」、第3水準1-85-84)さんざしは芽ぐみ、丁子は古壁の上に宝石を飾り、薔薇色ばらいろの金魚草は石の割れ目に花を開き、草の間にはひな菊や金鳳花きんぽうげがかわいく咲きそめ、年内の白い蝶ちょうは始めて飛び出し、永遠の婚礼の楽手たる春風は、古い詩人らが一陽来復と呼んだ黎明れいめいの大交響曲の最初の譜を樹木の間に奏していた――そのある日の午後、マリユスはコゼットに言った。「プリューメ街の庭にまた行ってみようといつか話したね。今すぐに行こう。恩を忘れてはいけない。」そしてふたりは、二羽の燕つばめのように春に向かって舞い上がった。プリューメ街の庭は曙あけぼののような気を彼らに与えた。愛の春とも言うべき何物かを彼らは過去に持っていた。プリューメ街の家はまだ借受期限内で、コゼットのものになっていた。ふたりはその庭に行き、その家に行った。そして昔に返って、我を忘れてしまった。その夕方いつもの時刻に、ジャン・ヴァルジャンはフィーユ・デュ・カルヴェール街にやってきた。バスクは彼に言った。「奥様は旦那様だんなさまと御いっしょにお出かけになりまして、まだお帰りになっていません。」彼は黙って腰をおろし、一時間ばかり待った。コゼットは帰ってこなかった。彼はうなだれて帰っていった。
コゼットは「自分たちの庭」を散歩したことに気を奪われ、「過去のうちに一日を過ごした」ことを非常に喜んで、翌日もそのことばかり言っていた。ジャン・ヴァルジャンに会わなかったことなんかは念頭になかった。
「どうしてあそこまで行きました?」とジャン・ヴァルジャンは彼女に尋ねた。
「歩いて。」
「そして帰りには?」
「辻馬車つじばしゃで。」
しばらく前からジャン・ヴァルジャンは、若夫婦がごくつつましい生活をしてるのに気づいていた。そのために彼は心をわずらわされた。マリユスの倹約は厳重で、ジャン・ヴァルジャンに向かって彼が言った言葉は絶対的な意味を持っていた。彼は思い切って尋ねてみた。
「なぜあなたは自分の馬車を備えないのですか。小ぎれいな箱馬車なら月に五百フランもあればいいでしょう。あなた方は金持ちではありませんか。」
「私にはわかりません。」とコゼットは答えた。
「トゥーサンについてもそうでしょう。」とジャン・ヴァルジャンは言った。「いなくなったままで、代わりも雇ってないのは、なぜですか。」
「ニコレットだけで充分ですから。」
「しかしあなたには小間使いがひとりいるでしょう。」
「マリユスがいてくれますもの。」
「あなた方は自分の家を持ち、自分の召し使いを持ち、馬車を一つ備え、芝居の席も取っておいていいはずです。あなた方には何でもできます。なぜ金持ちのようにしないのですか。金を使えばそれだけ幸福も増すわけです。」
コゼットは答えなかった。
ジャン・ヴァルジャンの訪問の時間は決して短くはならなかった。否かえって長くなった。心がすべってゆく時には、人は坂の途中で足を止めることはできない。
ジャン・ヴァルジャンは訪問の時間を長引かし、時のたつのを忘れさせようと思う時には、いつもマリユスのことをほめた。マリユスは美しく気高く勇気があり才があり雄弁であり親切であるとした。コゼットは更にマリユスをほめた。ジャン・ヴァルジャンは何度も繰り返した。そして言葉の尽きることはなかった。マリユスという一語は無尽蔵な言葉だった。その四字の中には幾巻もの書籍が含まっていた。そういうふうにして、ジャン・ヴァルジャンは長く留まることができた。コゼットをながめそのそばですべてを忘れることは、彼にとってはいかに楽しいことであったろう。それは自分の傷口を結わえることだった。バスクが二度もきて、「食事の用意ができたことを奥様に申し上げてこいと、大旦那様おおだんなさまが仰せられました、」と告げるようなことも、幾度かあった。
そういう日ジャン・ヴァルジャンは、深く思いに沈みながら戻っていった。
マリユスの頭に浮かんだあの脱殻のたとえには、何か真実な点が含まっていたであろうか。ジャン・ヴァルジャンは果たして一つの脱殻であって、自分から出た蝶ちょうを執拗しつように訪れて来る身であったろうか。
ある日、彼はいつもより長座をした。するとその翌日は暖炉に火がはいっていなかった。「おや、火がない、」と彼は考えた。そして自らその説明を下した。「なに当然のことだ。もう四月だ。寒さは済んでしまったのだ。」
「まあ、寒いこと!」とコゼットははいってきながら叫んだ。
「寒くはありません。」とジャン・ヴァルジャンは言った。
「では、バスクに火を焚たくなとおっしゃったのはあなたですか。」
「ええ。もうすぐ五月です。」
「でも六月までは火を焚くものです。こんな低い室へやでは一年中火がいります。」
「私はもう火はむだだと思ったのです。」
「それもあなたの一風変わったところですわ。」とコゼットは言った。
翌日はまた火がはいっていた。しかし二つの肱掛ひじかけ椅子いすは、室の端の扉とびらの近くに並んでいた。「どういうわけだろう?」とジャン・ヴァルジャンは考えた。
彼はその肱掛け椅子を取りにゆき、いつものとおり暖炉のそばに並べた。
それでも再び火が焚かれたので彼は元気を得た。彼はいつもより長く話した。帰りかけて立ち上がった時、コゼットは彼に言った。
「主人は昨日きのう変なことを私に言いました。」
「どういうことですか。」
「こうなんです。コゼット、僕たちには三万フランの年金がはいってくる、二万七千はお前の方から、三千はお祖父じいさんから下さるので、というんです。それで三万ですわと私が答えますと、お前には三千フランで暮らしてゆく勇気があるかってききます。私は、ええあなたといっしょなら一文なしでも、と答えました。それから私は、なぜそんなことをおっしゃるの、と尋ねてみますと、ただ聞いてみたのだ、と答えたのですよ。」
ジャン・ヴァルジャンは一言も発し得なかった。コゼットはたぶん彼から何かの説明を待っていたのであろう。しかし彼は沈鬱ちんうつな無言のまま彼女の言葉に耳を傾けた。彼はオンム・アルメ街に戻っていった。彼は深く考え込んでいたので、入り口をまちがえて、自分の家にはいらず、隣の家にはいり込んだ。そしてほとんど三階まで上っていってからようやく、まちがったことに気づいて、またおりていった。
彼の精神は種々の推測に苦しめられた。マリユスがあの六十万フランの出所について疑いをいだき、何か不正な手段で得られたものではないかと恐れてるのは、明らかだった。おそらく彼は、その金がジャン・ヴァルジャンから出たものであることを発見したのかも知れなかったし、その怪しい財産に不安の念をいだき、それを自分の手に取ることを好まず、コゼットとふたりでうしろ暗い金持ちとなるよりむしろ貧しい暮らしをしようと思ってるのかも知れなかった。
その上漠然ばくぜんとジャン・ヴァルジャンは、自分が排斥されてるのを感じ始めた。
翌日、例の下の室へやにはいってゆくと彼は一種の戦慄せんりつを感じた。肱掛ひじかけ椅子いすは二つともなくなっていた。普通の椅子さえ一つもなかった。
「まあ、椅子がない!」とコゼットははいってきて叫んだ。「椅子はどこにあるんでしょう?」
「もうありません。」とジャン・ヴァルジャンは答えた。
「あんまりですわ!」
ジャン・ヴァルジャンはつぶやいた。
「持ってゆくように私がバスクに言いました。」
「なぜです。」
「今日はちょっとの間しかいないつもりですから。」
「長くいないからと言って、立ったままでいる理由にはなりません。」
「何でも客間に肱掛け椅子がいるとかバスクが言っていたようです。」
「なぜでしょう。」
「たしか今晩お客があるのでしょう。」
「いえだれもきはしません。」
ジャン・ヴァルジャンはそれ以上何とも言うことができなかった。
コゼットは肩をそびやかした。
「椅子を持ってゆかせるなんて! こないだは火を消さしたりして、ほんとにあなたは変な方ですわ。」
「さようなら。」とジャン・ヴァルジャンはつぶやいた。
彼は「さようなら、コゼット」とは言わなかった。しかし「さようなら、奥さん」と言う力もなかった。
彼は気力もぬけはてて出て行った。
こんどは彼もよく了解した。
翌日彼はもうこなかった。コゼットは晩になってようやくそれに気づいた。
「まあ、」と彼女は言った、「ジャンさんは今日いらっしゃらなかった。」
彼女は軽い悲しみを覚えたが、すぐにマリユスの脣くちづけにまぎらされて、ほとんど自ら気にも止めなかった。
その翌日も彼はこなかった。
コゼットは別にそれを気にもせず、いつものとおりその晩を過ごし、その夜を眠り、目をさました時ようやくそのことを頭に浮かべた。彼女はそれほど幸福だったのである。彼女はその朝すぐにジャン氏のもとへニコレットをやって、病気ではないか、また昨日はなぜこなかったかと尋ねさした。ニコレットはジャン氏の答えをもたらしてきた。少しも病気ではない。ただ忙しかった。すぐにまた参るだろう、できるだけ早く。それにまたちょっと旅をしようとしている。奥さんは自分がいつも時々旅する習慣になってるのを覚えていられるはずである。決して心配されないように。自分のことは考えられないように。
ニコレットはジャン氏の家へ行って、奥様の言葉をそのまま伝えたのだった。「昨日ジャン様はなぜおいでにならなかったか」を尋ねに奥様からよこされたのだと。「私が参らないのはもう二日になります、」とジャン・ヴァルジャンは静かに答えた。
しかしその注意はニコレットの気に止まらなかった。彼女はそのことについては一言もコゼットに復命しなかった。

 

 

Chapitre IV L'attraction et l'extinction

 

Pendant les derniers mois du printemps et les premiers mois de l'été de 1833, les passants clairsemés du Marais, les marchands des boutiques, les oisifs sur le pas des portes, remarquaient un vieillard proprement vêtu de noir, qui, tous les jours, vers la même heure, à la nuit tombante, sortait de la rue de l'Homme-Armé, du côté de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, passait devant les Blancs-Manteaux, gagnait la rue Culture-Sainte-Catherine, et, arrivé à la rue de l'Écharpe, tournait à gauche, et entrait dans la rue Saint-Louis.

Là il marchait à pas lents, la tête tendue en avant, ne voyant rien, n'entendant rien, l'œil immuablement fixé sur un point toujours le même, qui semblait pour lui étoilé, et qui n'était autre que l'angle de la rue des Filles-du-Calvaire. Plus il approchait de ce coin de rue, plus son œil s'éclairait; une sorte de joie illuminait ses prunelles comme une aurore intérieure il avait l'air fasciné et attendri, ses lèvres faisaient des mouvements obscurs, comme s'il parlait à quelqu'un qu'il ne voyait pas, il souriait vaguement, et il avançait le plus lentement qu'il pouvait. On eût dit que, tout en souhaitant d'arriver, il avait peur du moment où il serait tout près. Lorsqu'il n'y avait plus que quelques maisons entre lui et cette rue qui paraissait l'attirer, son pas se ralentissait au point que par instants on pouvait croire qu'il ne marchait plus. La vacillation de sa tête et la fixité de sa prunelle faisaient songer à l'aiguille qui cherche le pôle. Quelque temps qu'il mît à faire durer l'arrivée, il fallait bien arriver; il atteignait la rue des Filles-du-Calvaire; alors il s'arrêtait, il tremblait, il passait sa tête avec une sorte de timidité sombre au delà du coin de la dernière maison, et il regardait dans cette rue, et il y avait dans ce tragique regard quelque chose qui ressemblait à l'éblouissement de l'impossible et à la réverbération d'un paradis fermé. Puis une larme, qui s'était peu à peu amassée dans l'angle des paupières, devenue assez grosse pour tomber, glissait sur sa joue, et quelquefois s'arrêtait à sa bouche. Le vieillard en sentait la saveur amère. Il restait ainsi quelques minutes comme s'il eût été de pierre; puis il s'en retournait par le même chemin et du même pas, et, à mesure qu'il s'éloignait son regard s'éteignait.

Peu à peu, ce vieillard cessa d'aller jusqu'à l'angle de la rue des Filles-du-Calvaire; il s'arrêtait à mi-chemin dans la rue Saint-Louis; tantôt un peu plus loin, tantôt un peu plus près. Un jour, il resta au coin de la rue Culture-Sainte-Catherine et regarda la rue des Filles-du-Calvaire de loin. Puis il hocha silencieusement la tête de droite à gauche, comme s'il se refusait quelque chose, et rebroussa chemin.

Bientôt, il ne vint même plus jusqu'à la rue Saint-Louis. Il arrivait jusqu'à la rue Pavée, secouait le front, et s'en retournait; puis il n'alla plus au delà de la rue des Trois-Pavillons; puis il ne dépassa plus les Blancs-Manteaux. On eût dit un pendule qu'on ne remonte plus et dont les oscillations s'abrègent en attendant qu'elles s'arrêtent.

Tous les jours il sortait de chez lui à la même heure, il entreprenait le même trajet, mais il ne l'achevait plus, et, peut-être sans qu'il en eût conscience, il le raccourcissait sans cesse. Tout son visage exprimait cette unique idée: À quoi bon? La prunelle était éteinte; plus de rayonnement. La larme aussi était tarie; elle ne s'amassait plus dans l'angle des paupières; cet œil pensif était sec. La tête du vieillard était toujours tendue en avant; le menton par moments remuait; les plis de son cou maigre faisaient de la peine. Quelquefois, quand le temps était mauvais, il avait sous le bras un parapluie, qu'il n'ouvrait point. Les bonnes femmes du quartier disaient: C'est un innocent. Les enfants le suivaient en riant.

一八三三年の晩春から初夏へかけた数カ月の間、マレーのまばらな通行人や店頭にいる商人や門口にぼんやりしてる人などは、さっぱりした黒服をまとってるひとりの老人を見かけた。老人は毎日日暮れの頃同じ時刻に、オンム・アルメ街からサント・クロア・ド・ラ・ブルトンヌリー街の方へ出てきて、ブラン・マントー教会堂の前を通り、キュルテュール・サント・カトリーヌ街へはいり、エシャルプ街まできて左に曲がり、そしてサン・ルイ街へはいるのだった。
そこまで行くと、彼は足をゆるめ、頭を前方に差し出し、何にも見ず何にも聞かず、目を常に同じ一点にじっととらえていた。その一点は、彼にとっては星が輝いてるのかと思われたが、実はフィーユ・デュ・カルヴェール街の角かどにほかならなかった。その街路に近づくに従って、彼の目はますます輝いてきた。内心の曙あけぼののように一種の喜悦の情がその眸ひとみに光っていた。そして魅せられ感動されてるような様子をし、脣くちびるはかすかに震え動き、あたかも目に見えない何者かに話しかけてるがようで、ぼんやり微笑を浮かべて、できるだけゆっくり足を運んだ。向こうに行きつくことを願いながら、それに近寄る瞬間を恐れてるとでもいうようだった。彼を引きつけるらしいその街路からもはや家の四、五軒しかへだたらない所まで行くと、彼の歩調は非常にゆるやかになって、時とするともう歩いてるのでないとさえ思われるほどだった。その震える頭とじっと定めた瞳ひとみとは、極を求める磁石の針はりを思わせた。かくていくら到着を長引かしても、ついには向こうへ着かなければならなかった。彼はフィーユ・デュ・カルヴェール街に達した。すると、そこに立ち止まり、身を震わし、最後の人家の角かどから、一種沈痛な臆病さで頭を差し出し、その街路をのぞき込んだ。その悲愴ひそうな眼差まなざしの中には、不可能事から来る眩暈めまいと閉ざされたる楽園とに似た何かがあった。それから一滴の涙が、徐々に眼瞼まぶたのすみにたまってきて、下に落ちるほど大きくなり、ついに頬ほおをすべり落ち、あるいは時とすると口もとに止まった。老人はその苦にがい味を感じた。彼はそのまましばらく石のようになってたたずんだ。それから、同じ道を同じ歩調で戻っていった。その角から遠ざかるに従って、目の光は消えていった。
そのうちしだいに、老人はフィーユ・デュ・カルヴェール街の角まで行かないようになった。彼はよくサン・ルイ街の中ほどに立ち止まった、あるいは少し遠くに、あるいは少し近くに。ある日などは、キュルテュール・サント・カトリーヌ街の角に止まって、遠くからフィーユ・デュ・カルヴェール街をながめた。それから彼は何かを拒むがように、黙って頭を左右に振り、そして引き返していった。
やがて彼は、もうサン・ルイ街までも行かなくなった。パベ街までしか行かないで、頭を振って戻っていった。次にはトロア・パヴィヨン街より先へは行かなくなった。その次にはもうブラン・マントー教会堂から先へ出なくなった。ちょうど、もう撥条ばねを巻かれなくなった振り子が、しだいに振動を狭せばめてついに止まってしまおうとしてるのによく似ていた。
毎日、彼は同じ時刻に家をいで、同じ道筋をたどったが、向こうまで行きつくことができなかった。そしておそらく自分でも気づかないで、行く距離を絶えず縮めていた。彼の顔にはただ一つの観念が浮かんでいた、すなわち、何の役に立とう? と。眸ひとみの光は消えうせて、もう外に輝かなかった。涙もまた涸かれて、もう眼瞼まぶたのすみにたまらなかった。その思い沈んだ目はかわいていた。彼の頭はいつも前方に差し出されていた。時々その頤あごが震え動いていた。やせた首筋のしわは見るも痛ましいほどだった。時としては、天気の悪い時など、腕の下に雨傘あまがさを抱えていたが、それを開いてることはなかった。その辺の上かみさんたちは言った、「あの人はおばかさんですよ。」子供たちは笑いながらそのあとについていった。

 

 

Livre neuvième(第9編)に続く

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