目 次
Chapitre I La maison à secret

Vers le milieu du siècle dernier, un président à mortier au parlement de Paris ayant une maîtresse et s'en cachant, car à cette époque les grands seigneurs montraient leurs maîtresses et les bourgeois les cachaient, fit construire «une petite maison» faubourg Saint-Germain, dans la rue déserte de Blomet, qu'on nomme aujourd'hui rue Plumet, non loin de l'endroit qu'on appelait alors le Combat des Animaux.
Cette maison se composait d'un pavillon à un seul étage, deux salles au rez-de-chaussée, deux chambres au premier, en bas une cuisine, en haut un boudoir, sous le toit un grenier, le tout précédé d'un jardin avec large grille donnant sur la rue. Ce jardin avait environ un arpent. C'était là tout ce que les passants pouvaient entrevoir; mais en arrière du pavillon il y avait une cour étroite et au fond de la cour un logis bas de deux pièces sur cave, espèce d'en-cas destiné à dissimuler au besoin un enfant et une nourrice. Ce logis communiquait, par derrière, par une porte masquée et ouvrant à secret, avec un long couloir étroit, pavé, sinueux, à ciel ouvert, bordé de deux hautes murailles, lequel, caché avec un art prodigieux et comme perdu entre les clôtures des jardins et des cultures dont il suivait tous les angles et tous les détours, allait aboutir à une autre porte également à secret qui s'ouvrait à un demi-quart de lieue de là, presque dans un autre quartier, à l'extrémité solitaire de la rue de Babylone.
M. le président s'introduisait par là, si bien que ceux-là mêmes qui l'eussent épié et suivi et qui eussent observé que M. le président se rendait tous les jours mystérieusement quelque part, n'eussent pu se douter qu'aller rue de Babylone c'était aller rue Blomet. Grâce à d'habiles achats de terrains, l'ingénieux magistrat avait pu faire faire ce travail de voirie secrète chez lui, sur sa propre terre, et par conséquent sans contrôle. Plus tard il avait revendu par petites parcelles pour jardins et cultures les lots de terre riverains du corridor, et les propriétaires de ces lots de terre croyaient des deux côtés avoir devant les yeux un mur mitoyen, et ne soupçonnaient pas même l'existence de ce long ruban de pavé serpentant entre deux murailles parmi leurs plates-bandes et leurs vergers. Les oiseaux seuls voyaient cette curiosité. Il est probable que les fauvettes et les mésanges du siècle dernier avaient fort jasé sur le compte de M. le président.
Le pavillon, bâti en pierre dans le goût Mansart, lambrissé et meublé dans le goût Watteau, rocaille au dedans, perruque au dehors, muré d'une triple haie de fleurs, avait quelque chose de discret, de coquet et de solennel, comme il sied à un caprice de l'amour et de la magistrature.
Cette maison et ce couloir, qui ont disparu aujourd'hui, existaient encore il y a une quinzaine d'années. En 93, un chaudronnier avait acheté la maison pour la démolir, mais n'ayant pu en payer le prix, la nation le mit en faillite. De sorte que ce fut la maison qui démolit le chaudronnier. Depuis la maison resta inhabitée, et tomba lentement en ruine, comme toute demeure à laquelle la présence de l'homme ne communique plus la vie. Elle était restée meublée de ses vieux meubles et toujours à vendre ou à louer, et les dix ou douze personnes qui passent par an rue Plumet en étaient averties par un écriteau jaune et illisible accroché à la grille du jardin depuis 1810.
Vers la fin de la Restauration, ces mêmes passants purent remarquer que l'écriteau avait disparu, et que, même, les volets du premier étage étaient ouverts. La maison en effet était occupée. Les fenêtres avaient «des petits rideaux», signe qu'il y avait une femme.
Au mois d'octobre 1829, un homme d'un certain âge s'était présenté et avait loué la maison telle qu'elle était, y compris, bien entendu, l'arrière-corps de logis et le couloir qui allait aboutir à la rue de Babylone. Il avait fait rétablir les ouvertures à secret des deux portes de ce passage. La maison, nous venons de le dire, était encore à peu près meublée des vieux ameublements du président, le nouveau locataire avait ordonné quelques réparations, ajouté çà et là ce qui manquait, remis des pavés à la cour, des briques aux carrelages, des marches à l'escalier, des feuilles aux parquets et des vitres aux croisées, et enfin était venu s'installer avec une jeune fille et une servante âgée, sans bruit, plutôt comme quelqu'un qui se glisse que comme quelqu'un qui entre chez soi. Les voisins n'en jasèrent point, par la raison qu'il n'y avait pas de voisins.
Ce locataire peu à effet était Jean Valjean, la jeune fille était Cosette. La servante était une fille appelée Toussaint que Jean Valjean avait sauvée de l'hôpital et de la misère et qui était vieille, provinciale et bègue, trois qualités qui avaient déterminé Jean Valjean à la prendre avec lui. Il avait loué la maison sous le nom de M. Fauchelevent, rentier. Dans tout ce qui a été raconté plus haut, le lecteur a sans doute moins tardé encore que Thénardier à reconnaître Jean Valjean.
Pourquoi Jean Valjean avait-il quitté le couvent du Petit-Picpus? Que s'était-il passé?
Il ne s'était rien passé.
On s'en souvient. Jean Valjean était heureux dans le couvent, si heureux que sa conscience finit par s'inquiéter. Il voyait Cosette tous les jours, il sentait la paternité naître et se développer en lui de plus en plus, il couvait de l'âme cette enfant, il se disait qu'elle était à lui, que rien ne pouvait la lui enlever, que cela serait ainsi indéfiniment, que certainement elle se ferait religieuse, y étant chaque jour doucement provoquée, qu'ainsi le couvent était désormais l'univers pour elle comme pour lui, qu'il y vieillirait et qu'elle y grandirait, qu'elle y vieillirait et qu'il y mourrait, qu'enfin, ravissante espérance, aucune séparation n'était possible. En réfléchissant à ceci, il en vint à tomber dans des perplexités. Il s'interrogea. Il se demandait si tout ce bonheur-là était bien à lui, s'il ne se composait pas du bonheur d'un autre, du bonheur de cette enfant qu'il confisquait et qu'il dérobait, lui vieillard; si ce n'était point là un vol? Il se disait que cette enfant avait le droit de connaître la vie avant d'y renoncer, que lui retrancher, d'avance et en quelque sorte sans la consulter, toutes les joies sous prétexte de lui sauver toutes les épreuves, profiter de son ignorance et de son isolement pour lui faire germer une vocation artificielle, c'était dénaturer une créature humaine et mentir à Dieu. Et qui sait si, se rendant compte un jour de tout cela et religieuse à regret, Cosette n'en viendrait pas à le haïr? Dernière pensée, presque égoïste et moins héroïque que les autres, mais qui lui était insupportable. Il résolut de quitter le couvent.
Il le résolut, il reconnut avec désolation qu'il le fallait. Quant aux objections, il n'y en avait pas. Cinq ans de séjour entre ces quatre murs et de disparition avaient nécessairement détruit ou dispersé les éléments de crainte. Il pouvait rentrer parmi les hommes tranquillement. Il avait vieilli, et tout avait changé. Qui le reconnaîtrait maintenant? Et puis, à voir le pire, il n'y avait de danger que pour lui-même, et il n'avait pas le droit de condamner Cosette au cloître par la raison qu'il avait été condamné au bagne. D'ailleurs, qu'est-ce que le danger devant le devoir? Enfin, rien ne l'empêchait d'être prudent et de prendre ses précautions.
Quant à l'éducation de Cosette, elle était à peu près terminée et complète.
Une fois sa détermination arrêtée, il attendit l'occasion. Elle ne tarda pas à se présenter. Le vieux Fauchelevent mourut.
Jean Valjean demanda audience à la révérende prieure et lui dit qu'ayant fait à la mort de son frère un petit héritage qui lui permettait de vivre désormais sans travailler, il quittait le service du couvent, et emmenait sa fille; mais que, comme il n'était pas juste que Cosette, ne prononçant point ses vœux, eût été élevée gratuitement, il suppliait humblement la révérende prieure de trouver bon qu'il offrît à la communauté, comme indemnité des cinq années que Cosette y avait passées, une somme de cinq mille francs.
C'est ainsi que Jean Valjean sortit du couvent de l'Adoration Perpétuelle.
En quittant le couvent, il prit lui-même dans ses bras et ne voulut confier à aucun commissionnaire la petite valise dont il avait toujours la clef sur lui. Cette valise intriguait Cosette, à cause de l'odeur d'embaumement qui en sortait.
Disons tout de suite que désormais cette malle ne le quitta plus. Il l'avait toujours dans sa chambre. C'était la première et quelquefois l'unique chose qu'il emportait dans ses déménagements. Cosette en riait, et appelait cette valise l'inséparable, disant: J'en suis jalouse.
Jean Valjean du reste ne reparut pas à l'air libre sans une profonde anxiété.
Il découvrit la maison de la rue Plumet et s'y blottit. Il était désormais en possession du nom d'Ultime Fauchelevent.
En même temps il loua deux autres appartements dans Paris, afin de moins attirer l'attention que s'il fût toujours resté dans le même quartier, de pouvoir faire au besoin des absences à la moindre inquiétude qui le prendrait, et enfin de ne plus se trouver au dépourvu comme la nuit où il avait si miraculeusement échappé à Javert. Ces deux appartements étaient deux logis fort chétifs et d'apparence pauvre, dans deux quartiers très éloignés l'un de l'autre, l'un rue de l'Ouest, l'autre rue de l'Homme-Armé.
Il allait de temps en temps, tantôt rue de l'Homme-Armé, tantôt rue de l'Ouest, passer un mois ou six semaines avec Cosette sans emmener Toussaint. Il s'y faisait servir par les portiers et s'y donnait pour un rentier de la banlieue ayant un pied-à-terre en ville. Cette haute vertu avait trois domiciles dans Paris pour échapper à la police.
十八世紀の中葉には、身分の高い公達らは公然と妾をたくわえていたが、中流民らは妾を置いてもそれを隠していた。でその頃、あるパリー法院長が秘密に妾をたくわえて、サン・ジェルマン郭外の今日プリューメ街と言われてる寂しいブローメ街に、当時動物合戦と言われていた場所から遠くない所に、「妾宅」を一つ建てた。
その家は、二階建ての一構えであった。一階に二室、二階に二室、下に台所、上に化粧室、屋根下に物置き、そして家の前には庭があって、街路に開いてる大きな鉄門がついていた。庭の広さは一エーカー以上もあって、表からのぞいても庭だけしか見えなかった。そして家の後ろには、狭い中庭があり、中庭の奥には、窖のついた二室の低い宿所があった。必要な場合に子供と乳母とを隠すためにこしらえられたものらしかった。宿所の後ろには秘密な隠し戸がついていて、そこを出ると路地になっていた。曲がりくねって上には屋根もなく二つの高い壁にはさまれてる長い狭い舗石の路地で、うまく人目に隠されていて、庭や畑地の囲いの間に消えているかのようだった。しかし実際は、それらの囲いの角を伝い曲がってる所を伝って、も一つの戸に達してるのだった。それも同じく秘密の戸で、家から四、五町の所にあって、ほとんど他の街区になってるバビローヌ街の寂しい一端に開いていた。
法院長はいつもそこからはいり込んでいった。それで、彼の動静をうかがい、彼のあとをつけ、彼が毎日ひそかにどこかへ行くのを注意する者があっても、バビローヌ街へ行くことはすなわちブローメ街へ行くことになろうなどとは、思いもつかなかったろう。うまく土地を買い込んだので、この利口な法官は、自分の土地の上に、また従って何ら他人の抗議を受けることもなく、自家の秘密通路の工事をさせることができたのである。その後彼は路地に沿った土地を少しずつ区分して、庭や畑地になして売り払った。そしてその区分を買い取った人々は、路地のどちらからもただ境の壁があるのだとのみ思って、それらの園芸地や果樹園などの間に、二つの壁にはさまれてうねりくねってる長い舗石の路地があろうとは、夢にも気づかなかった。空の鳥だけがその秘密を知っていた。十八世紀の頬白や雀などは、法院長について種々ささやきかわしたことであろう。
家はマンサール式の趣向に建てられた石造で、ワットー式の趣向になった壁や道具がついていて、内部は岩石体、外部は鬘体、まわりを取り巻く三重の花樹墻、何となく内密さと容態ぶった趣とおごそかなさまとが見えていて、情事と法官との好みに適したものらしかった。
その家と路地とは、今日ではもうなくなっているが、十五年ばかり前までは残っていた。一七九三年に一度、ひとりの鋳物師がそれを買い取って取りこわそうとしたが、代金を払うことができなかったので、ついに破産の宣告を受けてしまった。かえって家の方が鋳物師を取りこわしたわけである。それ以来この家には住む人もなく、すべて生命の息吹を伝える人のなくなった住居に見られるとおり、しだいに荒廃に帰してしまった。まだ古い道具がついたままいつまでも売貸家になっていて、プリューメ街を通る年に十二、三人足らずの人をあてにして、字の消えかかった黄ばんだ札が庭の鉄門の所に一八一〇年以来打ち付けてあった。
王政復古の終わり頃に、それら十二、三人の人は、売貸家の札が取れてるのに気づいた。また二階の窓の戸が開かれてるのも見られた。実際、家には人がはいっていたのである。窓に「かわいい窓掛け」がついてるところを見ると、中には女がいるらしかった。
一八二九年の十月に、かなり年取ったひとりの男がやってきて、家をそのまま借りてしまったのである。もとより後ろの宿所とバビローヌ街に通ずる路地も含めてだった。彼はその抜け道の秘密な二つの戸を繕わせた。前に言ったとおり家には法院長の古い道具がたいがいそなわっていた。新しい借家人は少し手入れをさせ、所々に欠けたものを補い、中庭の舗石や土台の煉瓦や階段の段や床の石板や窓のガラスなどをすっかりつけさせ、それからひとりの若い娘とひとりの年取った女中とを連れてやってきたが、それも引っ越して来るようではなく、むしろ忍び込んででも来る者のように、音もたてないではいってきた。しかし近所の噂にも上らなかった、なぜなら近所には住んでる人もいなかったのである。
このひそかな借家人はジャン・ヴァルジャンであり、若い娘はコゼットだった。女中はトゥーサンという独身者だった。ジャン・ヴァルジャンは彼女を病院と貧窮とから救い出してやったのであるが、老年で田舎者で吃りだという三つの条件をそなえていたので、自分で使うことにしたのだった。彼は年金所有者フォーシュルヴァンという名前でその家を借りた。おそらく読者は前に述べた事柄のうちに、テナルディエよりも先にジャン・ヴァルジャンを見て取ったであろう。
ジャン・ヴァルジャンが何ゆえにプティー・ピクプュスの修道院を去ったか? いかなることが起こったのであるか?
否何事も起こりはしなかったのである。
読者の記憶するとおり、ジャン・ヴァルジャンは修道院の中で幸福だった、ついには本心の不安を感じ出したほど幸福だった。彼は毎日コゼットに会っていた。父たる感情が自分のうちに生じてますます高まってゆくのを感じた。心でその子供をはぐくんでいた。彼は自ら言った、この娘は自分のものである。何物も娘を自分から奪い去るものはないだろう、このままの状態が長く続くだろう、娘は毎日静かに教え込まれているので後には確かに修道女になるだろう、かくて修道院はこれから自分と彼女とにとっては全世界となるだろう、自分はここで老い娘はここで大きくなるだろう、娘はここで老い自分はここで死ぬだろう、そしてまた喜ばしいことには自分たち二人は決して別れることがないだろう。そういうふうに考えながら、彼は終わりに困惑のうちに陥った。彼はいろいろ自ら考えてみた。彼は自ら尋ねた、それらの幸福は果たして自分のものであるか、それは他人の幸福ででき上がってるものではあるまいか、老いたる自分が没収し奪い取ったこの娘の幸福からでき上がってるものではあるまいか、それは窃盗ではあるまいか。彼は自ら言った、この娘は人生を見捨てる前に人生を知る権利を持ってるではないか、あらゆる辛苦から彼女を救うという口実の下に言わば彼女に相談もしないで前もってすべての快楽を奪い去ること、彼女の無知と孤独とを利用して人為的の信仰を植えつけること、それは一個の人間の天性を矯めることであり、神に嘘をつくことではないか。そして、他日それらのことがわかり修道女になったのを遺憾に思って、コゼットはついに自分を恨むようにはなりはすまいか。この最後の考えは、ほとんど利己的なもので他の考えよりもずっと男らしくないものだったが、しかし彼には最もたえ難いことだった。彼は修道院を去ろうと決心した。
彼はそれを決心した。是非ともそうしなければならないと心を痛めながらも確信した。非とすべき点は一つもなかった。五年間その四壁のうちに潜み姿を隠していた以上は、世間を恐れるべき理由はなくなり消散してるに違いなかった。彼は平然として世人の間に戻ることができるのだった。彼も年を取り、万事が変わっていた。今はだれが見現わすことができよう。それからまた最も悪くしたところで、危険は彼だけにしかなかった。そして彼は、自分が徒刑場に入れられたからといってコゼットを修道院のうちに閉じこめる権利を持っていなかった。その上、義務の前には危険なんか何であろう。また終わりに、用心をし適当な警戒をなすのに彼を妨ぐるものは何もなかった。
コゼットの教育の方は、もうほとんど終わって完成していた。
一度決心を定めると、彼はただ機会を待つばかりだった。しかるに機会はやがてやってきた。フォーシュルヴァン老人が死んだのである。
ジャン・ヴァルジャンは修道院長に面謁を願って、こう申し立てた。兄が死んだについて多少の遺産が自分のものとなって、これからは働かないで暮らすことができるので、修道院から暇をもらって娘をつれてゆきたい。けれども、コゼットは誓願をしていないから、無料で教育されたことになっては不当である。それで、コゼットが修道院で過ごした五年間の謝礼として、五千フランの金をこの修道会に献ずることを、どうか許していただければ仕合わせである。
そのようにしてジャン・ヴァルジャンは、常住礼拝の修道院から出て行った。
修道院を去りながら彼は、例の小さな鞄を自らわきの下に抱えて、それをだれにも持たせず、鍵は常に身につけていた。その中からはいいかおりが出てるので、非常にコゼットの心をひいた。
今ここに言っておくが、鞄はそれ以来彼の手もとを離れなかった。彼はそれをいつも自分の室の中に置いていた。移転の際に彼が持ってゆく品物は、それが第一のもので、時としては唯一のものだった。コゼットはそれをおかしがって、彼につき物だと呼び、「私それがうらやましい」と言っていた。
ジャン・ヴァルジャンもさすがに、自由の地に出ては深い心配をいだかざるを得なかった。
彼はプリューメ街の家を見いだして、その中に潜んだ。以来彼はユルティーム・フォーシュルヴァンと名乗っていた。
同時に彼はパリーのうちに他に二カ所居室を借りた。そうすれば、同じ町にいつも住んでるより人の注意をひくことが少ないからであり、少しでも不安があれば必要に応じて家をあけることができるからであり、また、不思議にもジャヴェルの手をのがれたあの晩のように行き所に困ることがないからであった。その二つの居室は、ごく小さなみすぼらしい住居であって、互いにごく離れた街区にあった、すなわち一つはウエスト街に、一つはオンム・アルメ街に。
彼は時々、あるいはオンム・アルメ街に行き、あるいはウエスト街に行って、トゥーサンも連れずにコゼットと二人きりで、一カ月か六週間くらいを過ごした。その間彼は、門番に用をたしてもらい、自分は郊外に住む年金所有者で町に寄寓してる者であると言っていた。かくてこの高徳の人物も、警察の目をのがれるためパリーに三つの住所を持っていたのである。
Chapitre II Jean Valjean garde national
Du reste, à proprement parler, il vivait rue Plumet et il y avait arrangé son existence de la façon que voici:
Cosette avec la servante occupait le pavillon; elle avait la grande chambre à coucher aux trumeaux peints, le boudoir aux baguettes dorées, le salon du président meublé de tapisseries et de vastes fauteuils; elle avait le jardin. Jean Valjean avait fait mettre dans la chambre de Cosette un lit à baldaquin d'ancien damas à trois couleurs, et un vieux et beau tapis de Perse acheté rue du Figuier-Saint-Paul chez la mère Gaucher, et, pour corriger la sévérité de ces vieilleries magnifiques, il avait amalgamé à ce bric-à-brac tous les petits meubles gais et gracieux des jeunes filles, l'étagère, la bibliothèque et les livres dorés, la papeterie, le buvard, la table à ouvrage incrustée de nacre, le nécessaire de vermeil, la toilette en porcelaine du Japon. De longs rideaux de damas fond rouge à trois couleurs pareils au lit pendaient aux fenêtres du premier étage. Au rez-de-chaussée, des rideaux de tapisserie. Tout l'hiver la petite maison de Cosette était chauffée du haut en bas. Lui, il habitait l'espèce de loge de portier qui était dans la cour du fond avec un matelas sur un lit de sangle, une table de bois blanc, deux chaises de paille, un pot à l'eau de faïence, quelques bouquins sur une planche, sa chère valise dans un coin, jamais de feu. Il dînait avec Cosette, et il y avait un pain bis pour lui sur la table. Il avait dit à Toussaint lorsqu'elle était entrée:—C'est mademoiselle qui est la maîtresse de la maison.—Et vous, mo-onsieur? avait répliqué Toussaint stupéfaite.—Moi, je suis bien mieux que le maître, je suis le père.
Cosette au couvent avait été dressée au ménage et réglait la dépense qui était fort modeste. Tous les jours Jean Valjean prenait le bras de Cosette et la menait promener. Il la conduisait au Luxembourg, dans l'allée la moins fréquentée, et tous les dimanches à la messe, toujours à Saint-Jacques-du-Haut-Pas, parce que c'était fort loin. Comme c'est un quartier très pauvre, il y faisait beaucoup l'aumône, et les malheureux l'entouraient dans l'église, ce qui lui avait valu l'épître des Thénardier: Au monsieur bienfaisant de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Il menait volontiers Cosette visiter les indigents et les malades. Aucun étranger n'entrait dans la maison de la rue Plumet. Toussaint apportait les provisions, et Jean Valjean allait lui-même chercher l'eau à une prise d'eau qui était tout proche sur le boulevard. On mettait le bois et le vin dans une espèce de renfoncement demi-souterrain tapissé de rocailles qui avoisinait la porte de la rue de Babylone et qui autrefois avait servi de grotte à M. le président; car au temps des Folies et des Petites-Maisons, il n'y avait pas d'amour sans grotte.
Il y avait dans la porte bâtarde de la rue de Babylone une de ces boîtes tirelires destinées aux lettres et aux journaux; seulement, les trois habitants du pavillon de la rue Plumet ne recevant ni journaux ni lettres, toute l'utilité de la boîte, jadis entremetteuse d'amourettes et confidente d'un robin dameret, était maintenant limitée aux avis du percepteur des contributions et aux billets de garde. Car M. Fauchelevent, rentier, était de la garde nationale; il n'avait pu échapper aux mailles étroites du recensement de 1831. Les renseignements municipaux pris à cette époque étaient remontés jusqu'au couvent du Petit-Picpus, sorte de nuée impénétrable et sainte d'où Jean Valjean était sorti vénérable aux yeux de sa mairie, et, par conséquent, digne de monter sa garde.
Trois ou quatre fois l'an, Jean Valjean endossait son uniforme et faisait sa faction; très volontiers d'ailleurs; c'était pour lui un déguisement correct qui le mêlait à tout le monde en le laissant solitaire. Jean Valjean venait d'atteindre ses soixante ans, âge de l'exemption légale; mais il n'en paraissait pas plus de cinquante; d'ailleurs il n'avait aucune envie de se soustraire à son sergent-major et de chicaner le comte de Lobau; il n'avait pas d'état civil; il cachait son nom, il cachait son identité, il cachait son âge, il cachait tout; et, nous venons de le dire, c'était un garde national de bonne volonté. Ressembler au premier venu qui paye ses contributions, c'était là toute son ambition. Cet homme avait pour idéal, au dedans, l'ange, au dehors, le bourgeois.
Notons un détail pourtant. Quand Jean Valjean sortait avec Cosette, il s'habillait comme on l'a vu et avait assez l'air d'un ancien officier. Lorsqu'il sortait seul, et c'était le plus habituellement le soir, il était toujours vêtu d'une veste et d'un pantalon d'ouvrier, et coiffé d'une casquette qui lui cachait le visage. Était-ce précaution, ou humilité? Les deux à la fois. Cosette était accoutumée au côté énigmatique de sa destinée et remarquait à peine les singularités de son père. Quant à Toussaint, elle vénérait Jean Valjean, et trouvait bon tout ce qu'il faisait.—Un jour, son boucher, qui avait entrevu Jean Valjean, lui dit: C'est un drôle de corps. Elle répondit: C'est un-un saint.
Ni Jean Valjean, ni Cosette, ni Toussaint n'entraient et ne sortaient jamais que par la porte de la rue de Babylone. À moins de les apercevoir par la grille du jardin, il était difficile de deviner qu'ils demeuraient rue Plumet. Cette grille restait toujours fermée. Jean Valjean avait laissé le jardin inculte, afin qu'il n'attirât pas l'attention.
En cela il se trompait peut-être.
けれども本来から言えば、彼はプリューメ街に住んでいて、次のような具合に生活を整えていた。
コゼットは女中とともに母屋を占領していた。窓間壁に色の塗ってある大きな寝室、縁
形に金の塗ってある化粧室、帷帳や大きな肱掛け椅子のそなえてある元の法院長の客間、などがあって、また庭もついていた。ジャン・ヴァルジャンはコゼットの室に、三色の古いダマ織りの帷のついた寝台を据えさし、フィギエ・サン・ポール街のゴーシェお上さんの店で買った古い美しいペルシャ製の絨毯を敷かした。そしてそのみごとな古い品物のいかめしさを柔らげんため、その骨董的風致に加うるに、若い娘にふさわしい快活優美な小さな道具をもってした、すなわち、戸棚、本箱と金縁の書物、文具箱、吸い取り紙、真珠貝をちりばめた仕事机、銀めっきの化粧箱、日本陶器の化粧道具。寝台の帷と同じ三色の色彩がある赤地のダマ織りの長い窓掛けは、二階の窓に掛けられた。一階の窓には、花毛氈の窓掛けがつけられた。冬中、コゼットの小さな家は階下も階上も暖められていた。そしてジャン・ヴァルジャン自身は、奥の中庭にある門番小屋みたいな建物に住んでいて、そこには畳み寝台の上に敷いた一枚の蒲団、白木のテーブル、二つの藁椅子、土器の水差し、棚の上に並べた数冊の書物、片すみには彼の大事な鞄、などがあるきりで、かつて火はなかった。彼はコゼットといっしょに食事をしたが、自分の前には黒パンを置かした。トゥーサンがきた時彼は言っておいた、「お嬢さんが家の主人だよ。」「そしてあなたは?」とトゥーサンは驚いて尋ねた。「私は主人より上だよ、父親だからね。」
コゼットは修道院で家政を学んだので、一家のごくわずかな経済を自ら処理した。毎日ジャン・ヴァルジャンはコゼットの腕を執って、散歩に連れ出した。リュクサンブールの園の最も人の少ない道に彼女を伴い、また日曜日には、ごく遠いのを好都合としていつもサン・ジャック・デュ・オー・パ会堂の弥撒に連れて行った。そこはきわめて貧しい町だったので、彼はたくさんの施与をして、会堂の中では不幸な人々に取り巻かれた。そのために、サン・ジャック・デュ・オー・パ会堂の慈悲深き紳士殿というテナルディエの手紙をもらうに至ったのである。彼はまたコゼットを連れて好んで貧乏人や病人の家を見舞った。それから、他人はいっさいプリューメ街の家には出入りさせなかった。トゥーサンが食料品を買ってき、ジャン・ヴァルジャン自身で、すぐ近く大通りにある水汲み場から水を汲んできた。薪や葡萄酒は、バビローヌ街に出る門のそばにある岩石造りの半ば地下室みたいな所に入れてあった。それは元、法院長に洞窟の役目をしていたものである。女狂いや妾宅なんかの時代にあっては、情事と言えばみな洞窟がつきものだったのである。
バビローヌ街にある中門には、手紙や新聞などを受けるために一種の貯金箱みたいなものがついていた。けれども、プリューメ街の家に住んでる三人の者は、新聞も取らず手紙をもらうこともなかったので、昔は情事の仲介者でありおめかし法官の腹心者であったその箱も、今は納税の通知と召集の命令とを受ける用をしてるだけだった。と言うのは、年金所有者フォーシュルヴァン氏は国民軍にはいっていたからである。彼は一八三一年の徴兵検査の精密な網目をのがれることができなかった。その時励行された市の調査は、神聖にして犯すべからざる所と考えられていたプティー・ピクプュスの修道院にまでおよんで、そこから出てきたジャン・ヴァルジャンは、市役所の目にはりっぱな男と見え、従って警備の任に適した男と見えたのである。
年に三、四回ジャン・ヴァルジャンは、軍服を身につけて警備の任に当たった。もとより彼は、好んでそれに服した。彼にとってそれは正規な変装をすることであって、孤独のままで世人に立ち交じることができるのだった。ジャン・ヴァルジャンは法律上免役の年齢たる六十歳に達していた。しかし彼は五十歳以上とは見えなかった。それにもとより、曹長の命を忌避し将軍ロボー伯に異議を申し立てようとの念も有しなかった。また彼は戸籍を持っていなかった。名前を隠し、身分を隠し、年齢を隠し、すべてを隠していた。そして今言ったとおりに、自ら喜んで国民兵となっていた。税を払う普通の人間のようになること、それが彼の望みのすべてだった。彼は自分の理想として、内部には天使を据え、外部には市民を据えていた。
けれどもここにしるしておきたい一事がある。ジャン・ヴァルジャンはコゼットと共に外出する時には、読者の既に見たとおりの服装をし、退職の将校らしい様子をしていた。しかしただひとりで出かける時は、それもたいていは晩であったが、いつも労働者の上衣とズボンをつけ、庇のある帽を目深にかぶって顔を隠していた。それは用心からだったろうか、あるいは卑下からだったろうか? 否両方からだったのである。コゼットは自分の運命の謎のような一面になれてしまって、父の不思議な様子をもほとんど気にかけなかった。トゥーサンの方はジャン・ヴァルジャンを非常に崇拝していて、彼がなすことはすべて正しいと思っていた。ある日、ジャン・ヴァルジャンをちらと見かけた肉屋が彼女に言った、「あの人はよほど変な人だね。」すると彼女は答えた、「せ、聖者ですよ。」
ジャン・ヴァルジャンも、コゼットも、またトゥーサンも、出入りは必ずバビローヌ街の門からした。表庭の鉄門から彼らを見かけでもしなければ、彼らがプリューメ街に住んでいようとは思われなかった。その鉄門は常に閉ざされていた。ジャン・ヴァルジャンは庭に少しも手を入れないでほうっておいた。人の注意をひかないためだった。
しかしこのことについては、おそらく彼の見当は誤っていたようである。
Chapitre III Foliis ac frondibus
Ce jardin ainsi livré à lui-même depuis plus d'un demi-siècle était devenu extraordinaire et charmant. Les passant d'il y a quarante ans s'arrêtaient dans cette rue pour le contempler, sans se douter des secrets qu'il dérobait derrière ses épaisseurs fraîches et vertes. Plus d'un songeur à cette époque a laissé bien des fois ses yeux et sa pensée pénétrer indiscrètement à travers les barreaux de l'antique grille cadenassée, tordue, branlante, scellée à deux piliers verdis et moussus, bizarrement couronné d'un fronton d'arabesques indéchiffrables.
Il y avait un banc de pierre dans un coin, une ou deux statues moisies, quelques treillages décloués par le temps pourrissant sur le mur; du reste plus d'allées ni de gazon; du chiendent partout. Le jardinage était parti, et la nature était revenue. Les mauvaises herbes abondaient, aventure admirable pour un pauvre coin de terre. La fête des giroflées y était splendide. Rien dans ce jardin ne contrariait l'effort sacré des choses vers la vie; la croissance vénérable était là chez elle. Les arbres s'étaient baissés vers les ronces, les ronces étaient montées vers les arbres, la plante avait grimpé, la branche avait fléchi, ce qui rampe sur la terre avait été trouver ce qui s'épanouit dans l'air, ce qui flotte au vent s'était penché vers ce qui se traîne dans la mousse; troncs, rameaux, feuilles, fibres, touffes, vrilles, sarments, épines, s'étaient mêlés, traversés, mariés, confondus; la végétation, dans un embrassement étroit et profond, avait célébré et accompli là, sous l'œil satisfait du créateur, en cet enclos de trois cents pieds carrés, le saint mystère de sa fraternité, symbole de la fraternité humaine. Ce jardin n'était plus un jardin, c'était une broussaille colossale; c'est-à-dire quelque chose qui est impénétrable comme une forêt, peuplé comme une ville, frissonnant comme un nid, sombre comme une cathédrale, odorant comme un bouquet, solitaire comme une tombe, vivant comme une foule.
En floréal, cet énorme buisson, libre derrière sa grille et dans ses quatre murs, entrait en rut dans le sourd travail de la germination universelle, tressaillait au soleil levant presque comme une bête qui aspire les effluves de l'amour cosmique et qui sent la sève d'avril monter et bouillonner dans ses veines, et, secouant au vent sa prodigieuse chevelure verte, semait sur la terre humide, sur les statues frustes, sur le perron croulant du pavillon et jusque sur le pavé de la rue déserte, les fleurs en étoiles, la rosée en perles, la fécondité, la beauté, la vie, la joie, les parfums. À midi mille papillons blancs s'y réfugiaient, et c'était un spectacle divin de voir là tourbillonner en flocons dans l'ombre cette neige vivante de l'été. Là, dans ces gaies ténèbres de la verdure, une foule de voix innocentes parlaient doucement à l'âme, et ce que les gazouillements avaient oublié de dire, les bourdonnements le complétaient. Le soir une vapeur de rêverie se dégageait du jardin et l'enveloppait; un linceul de brume, une tristesse céleste et calme, le couvraient; l'odeur si enivrante des chèvrefeuilles et des liserons en sortait de toute part comme un poison exquis et subtil; on entendait les derniers appels des grimperaux et des bergeronnettes s'assoupissant sous les branchages; on y sentait cette intimité sacrée de l'oiseau et de l'arbre; le jour les ailes réjouissent les feuilles, la nuit les feuilles protègent les ailes.
L'hiver, la broussaille était noire, mouillée, hérissée, grelottante, et laissait un peu voir la maison. On apercevait, au lieu de fleurs dans les rameaux et de rosée dans les fleurs, les longs rubans d'argent des limaces sur le froid et épais tapis des feuilles jaunes; mais de toute façon, sous tout aspect, en toute saison, printemps, hiver, été, automne, ce petit enclos respirait la mélancolie, la contemplation, la solitude, la liberté, l'absence de l'homme, la présence de Dieu; et la vieille grille rouillée avait l'air de dire: ce jardin est à moi.
Le pavé de Paris avait beau être là tout autour, les hôtels classiques et splendides de la rue de Varenne à deux pas, le dôme des Invalides tout près, la Chambre des députés pas loin; les carrosses de la rue de Bourgogne et de la rue Saint-Dominique avaient beau rouler fastueusement dans le voisinage, les omnibus jaunes, bruns, blancs, rouges avaient beau se croiser dans le carrefour prochain, le désert était rue Plumet; et la mort des anciens propriétaires, une révolution qui avait passé, l'écroulement des antiques fortunes, l'absence, l'oubli, quarante ans d'abandon et de viduité, avaient suffi pour ramener dans ce lieu privilégié les fougères, les bouillons-blancs, les ciguës, les achillées, les digitales, les hautes herbes, les grandes plantes gaufrées aux larges feuilles de drap vert pâle, les lézards, les scarabées, les insectes inquiets et rapides; pour faire sortir des profondeurs de la terre et reparaître entre ces quatre murs je ne sais quelle grandeur sauvage et farouche; et pour que la nature, qui déconcerte les arrangements mesquins de l'homme et qui se répand toujours tout entière là où elle se répand, aussi bien dans la fourmi que dans l'aigle, en vînt à s'épanouir dans un méchant petit jardin parisien avec autant de rudesse et de majesté que dans une forêt vierge du Nouveau Monde.
Rien n'est petit en effet; quiconque est sujet aux pénétrations profondes de la nature, le sait. Bien qu'aucune satisfaction absolue ne soit donnée à la philosophie, pas plus de circonscrire la cause que de limiter l'effet, le contemplateur tombe dans des extases sans fond à cause de toutes ces décompositions de forces aboutissant à l'unité. Tout travaille à tout.
L'algèbre s'applique aux nuages; l'irradiation de l'astre profite à la rose; aucun penseur n'oserait dire que le parfum de l'aubépine est inutile aux constellations. Qui donc peut calculer le trajet d'une molécule? que savons-nous si des créations de mondes ne sont point déterminées par des chutes de grains de sable? qui donc connaît les flux et les reflux réciproques de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, le retentissement des causes dans les précipices de l'être, et les avalanches de la création? Un ciron importe; le petit est grand, le grand est petit; tout est en équilibre dans la nécessité; effrayante vision pour l'esprit. Il y a entre les êtres et les choses des relations de prodige; dans cet inépuisable ensemble, de soleil à puceron, on ne se méprise pas; on a besoin les uns des autres. La lumière n'emporte pas dans l'azur les parfums terrestres sans savoir ce qu'elle en fait; la nuit fait des distributions d'essence stellaire aux fleurs endormies. Tous les oiseaux qui volent ont à la patte le fil de l'infini. La germination se complique de l'éclosion d'un météore et du coup de bec de l'hirondelle brisant l'œuf, et elle mène de front la naissance d'un ver de terre et l'avènement de Socrate. Où finit le télescope, le microscope commence. Lequel des deux a la vue la plus grande? Choisissez. Une moisissure est une pléiade de fleurs; une nébuleuse est une fourmilière d'étoiles. Même promiscuité, et plus inouïe encore, des choses de l'intelligence et des faits de la substance. Les éléments et les principes se mêlent, se combinent, s'épousent, se multiplient les uns par les autres, au point de faire aboutir le monde matériel et le monde moral à la même clarté. Le phénomène est en perpétuel repli sur lui-même. Dans les vastes échanges cosmiques, la vie universelle va et vient en quantités inconnues, roulant tout dans l'invisible mystère des effluves, employant tout, ne perdant pas un rêve de pas un sommeil, semant un animalcule ici, émiettant un astre là, oscillant et serpentant, faisant de la lumière une force et de la pensée un élément, disséminée et indivisible, dissolvant tout, excepté ce point géométrique, le moi; ramenant tout à l'âme atome; épanouissant tout en Dieu; enchevêtrant, depuis la plus haute jusqu'à la plus basse, toutes les activités dans l'obscurité d'un mécanisme vertigineux, rattachant le vol d'un insecte au mouvement de la terre, subordonnant, qui sait? ne fût-ce que par l'identité de la loi, l'évolution de la comète dans le firmament au tournoiement de l'infusoire dans la goutte d'eau. Machine faite d'esprit. Engrenage énorme dont le premier moteur est le moucheron et dont la dernière roue est le zodiaque.
その庭は、かく半世紀以上も手を入れられずに放棄されていたので、普通ならぬ様になり一種の魅力を持つようになっていた。今から四十年ばかり前にそこを通る人々は、その新鮮な青々とした茂みの後ろに秘密が隠れていようとは夢にも知らずに、その前に立ち止まってはながめたものである。見分けのつかない唐草模様の冠頂が変なふうについていて、緑青と苔とがいっぱい生じてる二本の柱にはめ込まれ、ゆがみ揺らめいていて海老錠のかかってるその古い鉄門の格子越しに、しばしば無遠慮に中をのぞき込んで思い惑った夢想家は、その当時ひとりのみに止まらなかった。
片すみに石のベンチが一つあり、苔のはえた二、三の立像があり、壁の上には時を経て釘がとれ腐りかかってる格子細工が残っていて、その上どこにも道もなく芝生もなく、一面に茅草がはえていた。園芸が去って自然がかえってきたのである。雑草がおい茂って、そのあわれな一片の土地はみごとな趣になっていた。十字科植物が美しく咲き乱れていた。その庭のうちにあっては、生命の方へ向かう万物の聖なる努力を何物も妨げていなかった。そこではすべてが尊い生長を自由に遂げていた。樹木は荊棘の方へ身をかがめ、荊棘は樹木の方へ伸び上がり、灌木はよじ上り、枝はたわみ、地上をはうものは空中にひろがるものを見いださんとし、風になぶらるるものは苔のうちに横たわるものの方へかがんでいた。幹、枝、葉、繊維、叢、蔓、芽、棘、すべてが互いに交り乱れからみ混合していた。かくて深い密接な抱擁のうちにある植物は、造物主の満足げな目の前において、三百尺平方の囲いのうちにあって、人類的親愛の象徴たる植物的親愛の聖い神秘を、発揚し、成就していた。それはもはや一つの庭ではなくて、一つの巨大なる藪であった、換言すれば、森林のごとく見透かすことができず、都市のごとく多くのものが住み、巣のごとく震え、大会堂のごとく薄暗く、花束のごとく香り、墓のごとく寂しく、群集のごとくいきいきたる、何物かであった。
花季になると、その巨大な藪は、その鉄門と四壁とのうちにあって自由に、種子発生のひそやかな仕事のうちにいっせいに奮い立っておどり込んでいた。そして、宇宙の愛が発散する気を呼吸し、脈管のうちには四月の潮の高まり沸き立つのを感じてる動物のように、朝日の光に身を震わして、豊富な緑の髪を風に打ち振りながら、湿った土地の上に、腐食した立像の上に、家のこわれかかった石段の上に、人なき街路の舗石の上にまで、星のごとき花や、真珠のごとき露や、繁茂や、美や、生命や、喜悦や、香りなどを、ふりまいていた。日中には、何千となき白い蝶がそこに逃げ込んできた、そしてこの生ある夏の雪が木陰に翩々と渦巻くのは、いかにも聖い光景であった。そこの緑の楽しい影のうちでは、汚れに染まぬ数多の声が静かに人の魂に向かって語っており、小鳥の囀りで足りないところは昆虫の羽音が補っていた。夕には、夢の気が庭から立ち上って一面にひろがっていった。靄の柩衣が、この世のものとも思えぬ静かな哀愁が、庭をおおうていた。忍冬や昼顔の酔うような香りが、快い美妙な毒のように四方から発散していた。枝葉の下に眠りに来る啄木鳥や鶺鴒の最後の声が聞こえていた。小鳥と樹木との聖い親交がそこに感じられた。昼間は鳥の翼が木の葉を喜ばせ、夜には木の葉が翼を保護する。
冬になると、その藪は黒ずみ湿り棘立ちおののいて、家の方をいくらか透かし見せた。小枝の花や花弁の露の代わりには、散り敷いた紅葉の冷ややかな敷き物の上に、蛞蝓の長い銀色のはい跡が見えていた。しかしいずれにしても、いかなる光景にあっても、春夏秋冬のいかなる季節においても、その小さな一囲いの地は、憂愁と瞑想と寂寥と自由と人間の不在と神の存在とを現わしていた。そして錆びついた古い鉄門は、こう言ってるかのようだった、「この庭は私のものである。」
パリーの街路の舗石は周囲をとりかこみ、ヴァレーヌ街のりっぱなクラシックふうな邸宅は付近に立ち並び、廃兵院の丸屋根はすぐそばにあり、下院の建物も遠くなく、ブールゴーニュ街やサン・ドミニク街の幌馬車ははでやかに付近をゆききし、黄色や褐色や白や赤の乗合馬車は向こうの四つ辻にゆききしてはいたけれど、プリューメ街は常に寂寥たるものであった。そして、昔の所有者らの死、通りすぎた革命、昔の幸運の崩壊、無人、忘却、放棄と孤独との四十年、それらはこの特殊な一囲いの地に、歯朶、毛蕊花、毒人参、鋸草、じきたりす、丈高い雑草、淡緑のラシャのような広い葉がある斑点のついた大きな植物、蜥蜴、甲虫、足の早い臆病な昆虫など、様々なものを呼び集め、名状し難い一種荒蕪な壮観を、地下深くから引き出してその四壁のうちに現われさした。そして、人工の浅はかな配置を乱し、蟻の姿より鷲の姿に至るまですべてひろがり得る所には常にすみずみまで翼をひろぐる自然をして、新世界の処女林のうちにおけると等しい粗暴さと荘厳さとをもって、そのパリーの一小庭園のうちにほしいままの力を振るわしむるに至ったのである。
実際微小なるものは何もない。自然の深い浸透を受くるものは皆、このことを知っている。物の原因を判別することから結果を限定することに至るまで、絶対の満足は一つも哲学に与えられはしないけれども、すべてかかる力の分散が結局は統一に達することを見ては、静観者は限りない恍惚のうちに陥らざるを得ない。あらゆるものはあらゆることに働いている。
代数学は雲霧にも適用される。星の光は薔薇の花にも恵みをたれる。山
の香気が天の星座には無用だと断言し得る思想家はあるまい。およそだれか分子の行路を測定し得る者があろうか。世界の創造は砂粒の墜落によって定められないとはだれが知っていよう。極大と極小との干満、存在の深淵中における原因の交響、創造の雪崩、だれがそれを知っていよう。極微な虫も有用である。小さなものも大であり、大なるものも小である。いっさいのものは必然のうちに平均を保っている。人の精神にとっては恐ろしい幻である。生物と無生物との間には驚くべき関係が存している。その無限なる全体のうちにあっては、太陽より油虫に至るまで、何ら軽蔑し合うものはない。万物皆互いに必要を感じている。光明は自ら目ざす所あって地上のかおりを蒼空のうちに運んでいる。夜は星の精髄を眠れる花の上に分かち与えている。空飛ぶ鳥も皆、その足には無限なるものの糸をからましている。種子発生は、流星の出現と相通ずる所があり、卵を砕く燕の嘴と相通ずる所がある、そして蚯蚓の発生とソクラテスの生誕とを同時に導き出す。望遠鏡の終わる所には顕微鏡が始まる。そして両者のいずれがより大なる視界を持っているか。試みに選んでもみよ。一個の黴は、一群の花である。一片の星雲は無数の星である。それと同様の、しかもいっそう不思議な混和は、精神的事物と物質的事実との間にある。要素と原則とは、互いに混交し結合し生殖し増加して、ついに物質界と精神界とを同じ光明に達せさせる。現象は常にまたおのれの上にかえり来る。宇宙の広大なる交易のうちにおいて、普遍的生命は測り知るべからざる量をもって往来し、目に見えざる神秘なる発散のうちにすべてを巻き込み、すべてを使用し、あらゆる眠りの一つの夢をも失わず、ここには一つの極微動物の種をまき、かしこには一つの星を粉砕し、顫動し、波動し、光を力となし思想を原素となし、伝播して分割を許さず、「我」という幾何学的一点を除いてはすべてを溶解し、すべてを原子的心霊に引き戻し、すべてを神のうちに開花させ、最も高きものより最も低きものに至るまで、あらゆる活動を眩暈するばかりの機械的運動の暗黒中に紛糾させ、昆虫の飛翔を地球の運動に結びつけ、大法の一致によってなすや否やはわからないが、蒼空のうちにおける彗星の運動を一滴の水のうちにおける滴虫の旋転に従属させる。実に精神をもって機械となしたものである。最初の機関を羽虫とし最後の車輪を獣帯星とする巨大なる連動機である。
Chapitre IV Changement de grille
Il semblait que ce jardin, créé autrefois pour cacher les mystères libertins, se fût transformé et fût devenu propre à abriter les mystères chastes. Il n'avait plus ni berceaux, ni boulingrins, ni tonnelles, ni grottes; il avait une magnifique obscurité échevelée tombant comme un voile de toutes parts. Paphos s'était refait Éden. On ne sait quoi de repentant avait assaini cette retraite. Cette bouquetière offrait maintenant ses fleurs à l'âme. Ce coquet jardin, jadis fort compromis, était rentré dans la virginité et la pudeur. Un président assisté d'un jardinier, un bonhomme qui croyait continuer Lamoignon et un autre bonhomme qui croyait continuer Le Nôtre, l'avaient contourné, taillé, chiffonné, attifé, façonné pour la galanterie; la nature l'avait ressaisi, l'avait rempli d'ombre, et l'avait arrangé pour l'amour.
Il y avait aussi dans cette solitude un cœur qui était tout prêt. L'amour n'avait qu'à se montrer; il avait là un temple composé de verdures, d'herbe, de mousse, de soupirs d'oiseaux, de molles ténèbres, de branches agitées, et une âme faite de douceur, de foi, de candeur, d'espoir, d'aspiration et d'illusion.
Cosette était sortie du couvent encore presque enfant; elle avait un peu plus de quatorze ans, et elle était «dans l'âge ingrat»; nous l'avons dit, à part les yeux, elle semblait plutôt laide que jolie; elle n'avait cependant aucun trait disgracieux, mais elle était gauche, maigre, timide et hardie à la fois, une grande petite fille enfin.
Son éducation était terminée; C'est-à-dire on lui avait appris la religion, et même, et surtout la dévotion; puis «l'histoire», c'est-à-dire la chose qu'on appelle ainsi au couvent, la géographie, la grammaire, les participes, les rois de France, un peu de musique, à faire un nez, etc., mais du reste elle ignorait tout, ce qui est un charme et un péril. L'âme d'une jeune fille ne doit pas être laissée obscure; plus tard, il s'y fait des mirages trop brusques et trop vifs comme dans une chambre noire. Elle doit être doucement et discrètement éclairée, plutôt du reflet des réalités que de leur lumière directe et dure. Demi-jour utile et gracieusement austère qui dissipe les peurs puériles et empêche les chutes. Il n'y a que l'instinct maternel, intuition admirable où entrent les souvenirs de la vierge et l'expérience de la femme, qui sache comment et de quoi doit être fait ce demi-jour. Rien ne supplée à cet instinct. Pour former l'âme d'une jeune fille, toutes les religieuses du monde ne valent pas une mère.
Cosette n'avait pas eu de mère. Elle n'avait eu que beaucoup de mères au pluriel.
Quant à Jean Valjean, il y avait bien en lui toutes les tendresses à la fois, et toutes les sollicitudes; mais ce n'était qu'un vieux homme qui ne savait rien du tout.
Or, dans cette œuvre de l'éducation, dans cette grave affaire de la préparation d'une femme à la vie, que de science il faut pour lutter contre cette grande ignorance qu'on appelle l'innocence!
Rien ne prépare une jeune fille aux passions comme le couvent. Le couvent tourne la pensée du côté de l'inconnu. Le cœur, replié sur lui-même, se creuse, ne pouvant s'épancher, et s'approfondit, ne pouvant s'épanouir. De là des visions, des suppositions, des conjectures, des romans ébauchés, des aventures souhaitées, des constructions fantastiques, des édifices tout entiers bâtis dans l'obscurité intérieure de l'esprit, sombres et secrètes demeures où les passions trouvent tout de suite à se loger dès que la grille franchie leur permet d'entrer. Le couvent est une compression qui, pour triompher du cœur humain, doit durer toute la vie.
En quittant le couvent, Cosette ne pouvait rien trouver de plus doux et de plus dangereux que la maison de la rue Plumet. C'était la continuation de la solitude avec le commencement de la liberté; un jardin fermé, mais une nature âcre, riche, voluptueuse et odorante; les mêmes songes que dans le couvent, mais de jeunes hommes entrevus; une grille, mais sur la rue.
Cependant, nous le répétons, quand elle y arriva, elle n'était encore qu'un enfant. Jean Valjean lui livra ce jardin inculte.—Fais-y tout ce que tu voudras, lui disait-il. Cela amusait Cosette; elle en remuait toutes les touffes et toutes les pierres, elle y cherchait «des bêtes»; elle y jouait, en attendant qu'elle y rêvât; elle aimait ce jardin pour les insectes qu'elle y trouvait sous ses pieds à travers l'herbe, en attendant qu'elle l'aimât pour les étoiles qu'elle y verrait dans les branches au-dessus de sa tête.
Et puis, elle aimait son père, c'est-à-dire Jean Valjean, de toute son âme, avec une naïve passion filiale qui lui faisait du bonhomme un compagnon désiré et charmant. On se souvient que M. Madeleine lisait beaucoup, Jean Valjean avait continué; il en était venu à causer bien; il avait la richesse secrète et l'éloquence d'une intelligence humble et vraie qui s'est spontanément cultivée. Il lui était resté juste assez d'âpreté pour assaisonner sa bonté; c'était un esprit rude et un cœur doux. Au Luxembourg, dans leurs tête-à-tête, il faisait de longues explications de tout, puisant dans ce qu'il avait lu, puisant aussi dans ce qu'il avait souffert. Tout en l'écoutant, les yeux de Cosette erraient vaguement.
Cet homme simple suffisait à la pensée de Cosette, de même que ce jardin sauvage à ses yeux. Quand elle avait bien poursuivi les papillons, elle arrivait près de lui essoufflée et disait: Ah! comme j'ai couru! Il la baisait au front.
Cosette adorait le bonhomme. Elle était toujours sur ses talons. Là où était Jean Valjean était le bien-être. Comme Jean Valjean n'habitait ni le pavillon, ni le jardin, elle se plaisait mieux dans l'arrière-cour pavée que dans l'enclos plein de fleurs, et dans la petite loge meublée de chaises de paille que dans le grand salon tendu de tapisseries où s'adossaient des fauteuils capitonnés. Jean Valjean lui disait quelquefois, en souriant du bonheur d'être importuné:—Mais va-t'en chez toi! Laisse-moi donc un peu seul!
Elle lui faisait de ces charmantes gronderies tendres qui ont tant de grâce remontant de la fille au père:
—Père, j'ai très froid chez vous; pourquoi ne mettez-vous pas ici un tapis et un poêle?
その庭は、昔は放逸の秘密を隠すために作られたのであるが、今は姿を変えて清浄な秘密をかばうに適するようになったものらしかった。そこにはもはや、青葉棚も芝生も青葉トンネルも洞穴もなく、ただヴェールのような交錯したみごとな影が四方に落ちてるのみだった。パフォスの庭(訳者注 恋の神ヴィーナスの社の庭)はエデンの園となったのである。言い知れぬ一種の悔悟がその隠れ場所を清めたのである。その花売り娘も今は人の魂にその花をささげていた。昔は放縦だったその媚を売る庭も、今は処女性と貞節とのうちに返っていた。ひとりの法院長とひとりの園丁、ラモアニョンのあとを継いだと信じてるひとりの好人物とル・ノートルのあとを継いだと信じてるもひとりの好人物とが(訳者注 前者は最初のパリー法院長で有徳の法官、後者は有名なる園囿設計家――法院長と園丁とが)、その庭をゆがめ裁ち切り皺をつけ飾り立てて情事に適するように仕立て上げていたが、自然はそれを再び取り返し、たくさんの影を作って、愛に適するように整えたのである。
そしてまたその寂しい庭のうちには、すっかり用意の整ってる一つの心があった。今はただ愛が現われるのを待つばかりだった。そこには、緑葉と草と苔と小鳥のため息とやさしい影と揺らめく枝とから成ってる一つの殿堂があり、温和と信仰と誠と希望と憧憬と幻とから成ってる一つの魂があった。
コゼットはまだほとんど子供のままで修道院から出てきた。彼女は十四歳をわずか越したばかりで、まだ「いたずら盛り」の時期にあった。既に言ったとおり、彼女は目を除いてはきれいというよりむしろ醜いかとさえ思われた。けれども何ら下卑た顔立ちを持っていたのではなく、ただ不器用でやせ形で内気で同時に大胆であるばかりだった。要するに大きな小娘に過ぎなかった。
彼女の教育は終わっていた。すなわち宗教を教わり、特に祈祷の心を教わり、次に修道院でいわゆる「歴史」と呼ばれる地理と文法と分詞法とフランス諸王のことと多少の音楽とちょっとした写生など種々のことを教わっていた。しかし彼女はその他をいっさい知らなかった。それは一つの美点であるがまた一つの危険でもある。年若い娘の魂は薄暗がりのままにすてておくべきものではない。やがては、暗室の中におけるがごとくあまりに唐突急激な蜃気楼がそこに作られるであろうから。娘の魂は現実のきびしい直射の光よりもむしろその反映によって、静かに注意深く照らさなければならない。有用なそれとなき謹厳な微光こそ、子供心の恐怖を散らし堕落を防ぐものである。いかにしてまた何によってその微光を作るべきかを知っているものは、ただ母の本能あるのみである、処女の記憶と婦人としての経験とを合わせ有する驚くべき直覚あるのみである。この本能の代わりをなし得るものは何もない。年若い娘の魂を教養するには、世のすべての修道女らを集めてもひとりの母親には及ばない。
コゼットは母を持たなかった。彼女はただ多くの複数の母(教母ら)を有するのみだった。
ジャン・ヴァルジャンに至っては、あらゆる柔和と配慮とを持ってはいたが、要するにまったく何事をも知らない一老人に過ぎなかった。
しかるにかかる教育の仕事、女子を世に出す準備をするこの重大な仕事には、無邪気と呼ばるる大なる無知と戦わんためにいかに多くの知識が必要であることか!
修道院ほど若き娘を熱情に仕立てるものはない。修道院は考えを不可知なるものへ向けさせる。おのれ自身の上にかがんでいる心は、外に流れ出すことを得ないでおのれのうちに溝を掘り、外にひろがることを得ないでおのれのうちを深く掘る。かくして生ずるものは、幻、仮定、推測、空想のローマンス、楽しい冒険、奇怪な想像、心の奥の暗闇のうちに建てられる殿堂、鉄の扉が開けてはいれるようになると直ちに熱情が宿る暗い秘密の住居。修道院は一つの抑圧であって、人の心に打ちかたんためには一生連続していなければならない。
修道院を出たコゼットにとっては、プリューメ街の家ほど楽しいまた危険なものはなかった。寂寥は続きながら加うるに自由が始ったのである。庭は閉ざされていたが、自然は軽快で豊かで放逸で香気を発していた。修道院と同じ夢想にふけりながら、しかも若い男子の姿がのぞき見られた。同じく鉄門がついてはいたが、しかしそれは街路に向かって開いていた。
けれども、なお繰り返して言うが、そこにきた時彼女はまだ子供にすぎなかった。ジャン・ヴァルジャンはその荒れはてた庭を彼女の手にゆだねた。「好きなようにするがいい」と彼は言った。それはコゼットを喜ばした。彼女はそこで、叢をかき回し石を起こし「獣」をさがし、夢想しながら遊び回った。足下に草の間に見いださるる昆虫を見てはその庭を愛し、頭の上に木の枝の間に見らるる星をながめてその庭を愛した。
それからまた彼女は、自分の父すなわちジャン・ヴァルジャンを心から愛し、清い孝心をもって愛し、ついにその老人を最も好きな喜ばしい友としていた。読者の記憶するとおりマドレーヌ氏は多く書物を読んでいたが、ジャン・ヴァルジャンとなってもその習慣をつづけていた。それで彼は話がよくできるようになった。彼は自ら進んで啓発した謙譲な真実な知力の人知れぬ富と雄弁とを持っていた。彼にはちょうどその温良さを調味するだけの森厳さが残っていた。彼はきびしい精神であり穏和な心であった。リュクサンブールの園で対話中、彼は自ら読んだものや苦しんだもののうちから知識をくんできて、あらゆることに長い説明を与えてやった。そして彼の話を聞きながら、コゼットの目はぼんやりとあたりをさ迷っていた。
自然のままの庭でコゼットの目には十分であったように、その単純な老人で彼女の頭には十分だった。蝶のあとを追い回して満足した時、彼女は息を切らしながら彼のそばにやってきて言った。「ああほんとによく駆けたこと!」すると彼は彼女の額に脣をつけてやった。
コゼットはその老人を敬愛していた。そしていつもその跡を追った。ジャン・ヴァルジャンがいさえすればどこでも楽しかった。ジャン・ヴァルジャンは母屋にも表庭にもいなかったので、彼女には、花の咲き乱れた園よりも石の舗いてある後ろの中庭の方が好ましく、綴紐のついた肱掛け椅子が並び帷がかかってる大きな客間よりも藁椅子をそなえた小さな小屋の方が好ましかった。ジャン・ヴァルジャンは時とすると、うるさくつきまとわれる幸福にほほえみながら彼女に言うこともあった。「まあ自分の家の方へおいで。そして私を少しひとりでいさしておくれ。」
娘から父親に向けて言う時にはいかにも優雅に見えるかわいいやさしい小言を、彼女はよく彼に言った。
「お父様、私あなたのお部屋では大変寒うございますわ。なぜここに絨毯を敷いたりストーブを据えたりなさらないの。」

—Chère enfant, il y a tant de gens qui valent mieux que moi et qui n'ont même pas un toit sur leur tête.
—Alors pourquoi y a-t-il du feu chez moi et tout ce qu'il faut?
—Parce que tu es une femme et un enfant.
—Bah! les hommes doivent donc avoir froid et être mal?
—Certains hommes.
—C'est bon, je viendrai si souvent ici que vous serez bien obligé d'y faire du feu.
Elle lui disait encore:
—Père, Pourquoi mangez-vous du vilain pain comme cela?
—Parce que..., ma fille.
—Eh bien, si vous en mangez, j'en mangerai.
Alors, pour que Cosette ne mangeât pas de pain noir, Jean Valjean mangeait du pain blanc.
Cosette ne se rappelait que confusément son enfance. Elle priait matin et soir pour sa mère qu'elle n'avait pas connue. Les Thénardier lui étaient restés comme deux figures hideuses à l'état de rêve. Elle se rappelait qu'elle avait été «un jour, la nuit» chercher de l'eau dans un bois. Elle croyait que c'était très loin de Paris. Il lui semblait qu'elle avait commencé à vivre dans un abîme et que c'était Jean Valjean qui l'en avait tirée. Son enfance lui faisait l'effet d'un temps où il n'y avait autour d'elle que des mille-pieds, des araignées, et des serpents. Quand elle songeait le soir avant de s'endormir, comme elle n'avait pas une idée très nette d'être la fille de Jean Valjean et qu'il fût son père, elle s'imaginait que l'âme de sa mère avait passé dans ce bonhomme et était venue demeurer auprès d'elle.
Lorsqu'il était assis, elle appuyait sa joue sur ses cheveux blancs et y laissait silencieusement tomber une larme en se disant: C'est peut-être ma mère, cet homme-là!
Cosette, quoique ceci soit étrange à énoncer, dans sa profonde ignorance de fille élevée au couvent, la maternité d'ailleurs étant absolument inintelligible à la virginité, avait fini par se figurer qu'elle avait eu aussi peu de mère que possible. Cette mère, elle ne savait pas même son nom. Toutes les fois qu'il lui arrivait de le demander à Jean Valjean, Jean Valjean se taisait. Si elle répétait sa question, il répondait par un sourire. Une fois elle insista; le sourire s'acheva par une larme.
Ce silence de Jean Valjean couvrait de nuit Fantine.
Etait-ce prudence? était-ce respect? était-ce crainte de livrer ce nom aux hasards d'une autre mémoire que la sienne?
Tant que Cosette avait été petite, Jean Valjean lui avait volontiers parlé de sa mère; quand elle fut jeune fille, cela lui fut impossible. Il lui sembla qu'il n'osait plus. Était-ce à cause de Cosette? était-ce à cause de Fantine? il éprouvait une sorte d'horreur religieuse à faire entrer cette ombre dans la pensée de Cosette, et à mettre la morte en tiers dans leur destinée. Plus cette ombre lui était sacrée, plus elle lui semblait redoutable. Il songeait à Fantine et se sentait accablé de silence. Il voyait vaguement dans les ténèbres quelque chose qui ressemblait à un doigt sur une bouche. Toute cette pudeur qui avait été dans Fantine et qui, pendant sa vie, était sortie d'elle violemment, était-elle revenue après sa mort se poser sur elle, veiller, indignée, sur la paix de cette morte, et, farouche, la garder dans sa tombe? Jean Valjean, à son insu, en subissait-il la pression? Nous qui croyons en la mort, nous ne sommes pas de ceux qui rejetteraient cette explication mystérieuse. De là l'impossibilité de prononcer, même pour Cosette, ce nom: Fantine.
Un jour Cosette lui dit:
—Père, j'ai vu cette nuit ma mère en songe. Elle avait deux grandes ailes. Ma mère dans sa vie doit avoir touché à la sainteté.
—Par le martyre, répondit Jean Valjean.
Du reste, Jean Valjean était heureux.
Quand Cosette sortait avec lui, elle s'appuyait sur son bras, fière, heureuse, dans la plénitude du cœur. Jean Valjean, à toutes ces marques d'une tendresse si exclusive et si satisfaite de lui seul, sentait sa pensée se fondre en délices. Le pauvre homme tressaillait inondé d'une joie angélique; il s'affirmait avec transport que cela durerait toute la vie; il se disait qu'il n'avait vraiment pas assez souffert pour mériter un si radieux bonheur, et il remerciait Dieu, dans les profondeurs de son âme, d'avoir permis qu'il fût ainsi aimé, lui misérable, par cet être innocent.
「でもお前、私よりずっとすぐれた人で身を置く屋根も持たない者がたくさんあるんだからね。」
「ではどうして私の所には、火があったり何でも入用なものがあったりしますの。」
「それはお前が女で子供だからだよ。」
「まあ、それでは男の人は寒くして不自由していなければなりませんの。」
「ある人はだよ。」
「よござんすわ、私しょっちゅうここにきていて火をたかなければならないようにしてあげますから。」
それからまたこういうことも彼女は言った。
「お父様、どうしてあなたはそんないやなパンをお食べなさるの。」
「ただ食べていたいからだよ。」
「ではあなたがお食べなさるなら、私もそれを食べますわ。」
すると、コゼットが黒パンを食べないようにと、ジャン・ヴァルジャンも白いパンを食した。
コゼットは小さい時のことはただぼんやりとしか覚えていなかった。彼女は朝と晩に、顔も知らない母のためにお祈りをした。テナルディエ夫婦のことは、夢に見た二つの恐ろしい顔のようにして心の中に残っていた。「ある日、晩に、」森の中へ水をくみに行ったことがあるのを、彼女は覚えていた。パリーからごく遠い所だったと思っていた。初めはひどい所に住んでいたが、ジャン・ヴァルジャンがきて自分をそこから救い出してくれたように考えられた。小さい時のことは、まわりに百足虫や蜘蛛や蛇ばかりがいた時代のように思われた。また自分はジャン・ヴァルジャンの娘でありジャン・ヴァルジャンは自分の父であるということについて、ごくはっきりした観念は持っていなかったので、夜眠る前にいろいろ夢想していると、母の魂がその老人のうちにはいってきて自分のそばにとどまってくれるような気がした。
ジャン・ヴァルジャンがすわっている時、彼女はよく頬をその白い髪に押しあてて、ひそかに一滴の涙を流して自ら言った、「この人が私のお母様かも知れない!」
こういうことを言うのはおそらく異様かも知れないが、コゼットは修道院で育てられたまったく無知な娘であったから、また母性なるものは処女には絶対に知り得べからざるものであるから、ついに彼女は自分はごく少しの母しか持っていないと考えるようになった。そういう少しの母を、彼女は名前さえ知らなかったのである。それをジャン・ヴァルジャンに尋ねてみることもあったが、ジャン・ヴァルジャンはいつも黙っていた。その問いを繰り返すと、彼はただ笑顔で答えた。かつてしつこく尋ねたこともあったが、その時彼の微笑は涙に変わってしまった。
ジャン・ヴァルジャンのそういう沈黙は、ファンティーヌを闇でおおい隠していた。
それは用心からであったろうか、敬意からであったろうか、あるいはまた自分以外の者の記憶にその名前をゆだねることを恐れたからであったろうか?
コゼットが小さかった間は、ジャン・ヴァルジャンは好んで彼女に母のことを語ってきかした。しかしコゼットが相当な娘になると、彼にはそれができなくなった。彼にはもうどうしても語り得ないような気がした。それはコゼットのためにであったろうか、あるいはファンティーヌのためにであったろうか? その影をコゼットの考えのうちに投ずることに、また第三者たる死人をふたりの運命のうちに入れることに、彼は一種の敬虔な恐れを感じていた。その影が彼にとって神聖であればあるほど、ますますそれは恐るべきもののように彼には思えた。ファンティーヌのことを考えると、沈黙を強いらるるような気がした。脣にあてた指に似てるあるものを、彼はおぼろげに闇の中に認めた。ファンティーヌのうちにあったがしかも生前彼女のうちから残酷に追い出された貞節は、死後彼女の上に戻ってき、憤然として死せる彼女の平和をまもり、厳として墓中に彼女を見張っていたのではあるまいか。ジャン・ヴァルジャンは自ら知らずして、その圧迫を受けていたのではあるまいか。死を信頼するわれわれは、この神秘的な説明を排斥し得ないのである。かくてファンティーヌという名前は、コゼットに向かってさえ口に出せなくなる。
ある日コゼットは彼に言った。
「お父様、私は昨夜夢の中でお母様に会いました。大きな二つの翼を持っていらしたの。お母様は生きていらした時からきっと、聖者になっていらしたのね。」
「道のために苦しまれたから。」とジャン・ヴァルジャンは答えた。
その他では、ジャン・ヴァルジャンは幸福であった。
コゼットは彼とともに外に出かける時、いつも彼の腕によりかかって、矜らかに楽しく心満ち足っていた。かく彼一人に満足してる排他的な愛情の現われを見ては、彼も自分の考えが恍惚たる喜びのうちにとけてゆくのを感じた。あわれなるこの一老人は、天使のごとき喜悦の情に満ちあふれて身を震わし、これは生涯続くであろうと我を忘れて自ら断言し、かかる麗わしい幸福に価するほど自分はまだ十分に苦しまなかったと自ら言い、そして心の底で、みじめなる自分がこの潔白なる者からかくも愛せらるるのを許したもうたことを、神に向かって感謝した。
Chapitre V La rose s'aperçoit qu'elle est une machine de guerre
Un jour Cosette se regarda par hasard dans son miroir et se dit: Tiens! Il lui semblait presque qu'elle était jolie. Ceci la jeta dans un trouble singulier. Jusqu'à ce moment elle n'avait point songé à sa figure. Elle se voyait dans son miroir, mais elle ne s'y regardait pas. Et puis, on lui avait souvent dit qu'elle était laide; Jean Valjean seul disait doucement: Mais non! mais non! Quoi qu'il en fût, Cosette s'était toujours crue laide, et avait grandi dans cette idée avec la résignation facile de l'enfance. Voici que tout d'un coup son miroir lui disait comme Jean Valjean: Mais non! Elle ne dormit pas de la nuit.—Si j'étais jolie? pensait-elle, comme cela serait drôle que je fusse jolie!—Et elle se rappelait celles de ses compagnes dont la beauté faisait effet dans le couvent, et elle se disait: Comment! je serais comme mademoiselle une telle!
Le lendemain elle se regarda, mais non par hasard, et elle douta:—Où avais-je l'esprit? dit-elle, non, je suis laide.—Elle avait tout simplement mal dormi, elle avait les yeux battus et elle était pâle. Elle ne s'était pas sentie très joyeuse la veille de croire à sa beauté, mais elle fut triste de n'y plus croire. Elle ne se regarda plus, et pendant plus de quinze jours elle tâcha de se coiffer tournant le dos au miroir.
Le soir, après le dîner, elle faisait assez habituellement de la tapisserie dans le salon, ou quelque ouvrage de couvent, et Jean Valjean lisait à côté d'elle. Une fois elle leva les yeux de son ouvrage et elle fut toute surprise de la façon inquiète dont son père la regardait.
Une autre fois, elle passait dans la rue, et il lui sembla que quelqu'un qu'elle ne vit pas disait derrière elle: Jolie femme! mais mal mise.—Bah! pensa-t-elle, ce n'est pas moi. Je suis bien mise et laide.—Elle avait alors son chapeau de peluche et sa robe de mérinos.
Un jour enfin, elle était dans le jardin, et elle entendit la pauvre vieille Toussaint qui disait: Monsieur, remarquez-vous comme mademoiselle devient jolie? Cosette n'entendit pas ce que son père répondit, les paroles de Toussaint furent pour elle une sorte de commotion. Elle s'échappa du jardin, monta à sa chambre, courut à la glace, il y avait trois mois qu'elle ne s'était regardée, et poussa un cri. Elle venait de s'éblouir elle-même.
Elle était belle et jolie; elle ne pouvait s'empêcher d'être de l'avis de Toussaint et de son miroir. Sa taille s'était faite, sa peau avait blanchi, ses cheveux s'étaient lustrés, une splendeur inconnue s'était allumée dans ses prunelles bleues. La conscience de sa beauté lui vint tout entière, en une minute, comme un grand jour qui se fait; les autres la remarquaient d'ailleurs, Toussaint le disait, c'était d'elle évidemment que le passant avait parlé, il n'y avait plus à douter; elle redescendit au jardin, se croyant reine, entendant les oiseaux chanter, c'était en hiver, voyant le ciel doré, le soleil dans les arbres, des fleurs dans les buissons, éperdue, folle, dans un ravissement inexprimable.
ある日、コゼットはふと自分の顔を鏡の中に映して見て、自ら言った、「まあ!」どうやら自分がきれいらしく思えたのであった。それは彼女を妙な不安のうちにおとしいれた。その時まで彼女は、自分の顔のことはかつて思っても見なかった。鏡をのぞいたことはあるが、よく自分の顔を見もしなかった。またしばしば、人から醜いと言われていた。ひとりジャン・ヴァルジャンだけは、「いや、どうして!」と静かに言っていた。それでもとにかく、コゼットは自分を醜いものと常に信じ、子供心のたやすいあきらめをもってそういう考えのうちに成長した。しかるに今突然、鏡はジャン・ヴァルジャンと同じく彼女に言った、「いや、どうして!」彼女はその晩眠れなかった。彼女は考えた、「もし私がきれいだったらどうだろう。私がきれいだなんてほんとにおかしなことだが!」そして、きれいなので修道院での評判となっていた仲間のだれ彼の事を思い出して、自ら言った、「まあ、私はあの人のようになるのかしら!」
翌日彼女は、こんどはわざわざ鏡に映して見た、そして疑った。彼女は言った、「昨日私はどうしてあんな考えになったのかしら。いいえ私はぶきりょうだわ。」けれども彼女は眠りが足りないだけだった。目がくぼみ色が青ざめていた。自分のきれいなのを信じても前日はそう喜ばしくなかったが、今はそう信ずることができないのを悲しく思った。それから後はもう鏡を見なかった。そして半月以上もの間、つとめて鏡に背中を向けて髪を結った。
夕方、食事の後には、彼女はたいてい客間で刺繍をしたり、あるいは修道院で覚えた何かの仕事をしていた。ジャン・ヴァルジャンはそのそばで書物を読むのが常だった。ところがある時、彼女はふと仕事から目をあげると、父が自分をながめてる不安らしい様子に驚かされたことがあった。
またある時、街路を通っていると、姿は見えないがだれかが自分の後ろで言ってるのが聞こえるようだった、「きれいだ、しかし服装はよくない。」彼女は考えた、「なに私のことではあるまい。私は服装はいいがきれいではない。」その時彼女は、ペルシの帽をかぶりメリノラシャの長衣を着ていた。
またある日、庭に出ていると、老婢のトゥーサンがこう言っているのを耳にした、「旦那様、お嬢様はきれいにおなりなさいましたね。」コゼットは父が何と答えたか耳にはいらなかった。トゥーサンの言葉は彼女の心に激動を与えた。彼女は庭から逃げ出し、自分の室に上ってゆき、もう三カ月ものぞかなかった鏡の所へ駆け寄った、そして叫び声を立てた。彼女は眩惑したのである。
彼女は美しくてきれいだった。トゥーサンの意見や鏡の示す所に同意せざるを得なかった。身体は整い、皮膚は白くなり、髪の毛にはつやが出て、これまで知らなかった光が青い瞳に輝いていた。自分は美しいという確信が、ま昼のように曇る所なくたちまちわいてきた。他人までもそれを認めていた。トゥーサンはそれを口に出して言い、またあの通行人が言ったことも確かに自分についてだった。もはや疑う余地はなかった。彼女は庭におりてゆきながら、自ら女王であるような気がし、小鳥の歌うのを聞き、冬のこととて金色に輝いた空を見、樹木の間に太陽をながめ、叢の中に花をながめ、名状し難い喜びのうちに我を忘れて酔った。

De son côté, Jean Valjean éprouvait un profond et indéfinissable serrement de cœur.
C'est qu'en effet, depuis quelque temps, il contemplait avec terreur cette beauté qui apparaissait chaque jour plus rayonnante sur le doux visage de Cosette. Aube riante pour tous, lugubre pour lui.
Cosette avait été belle assez longtemps avant de s'en apercevoir. Mais, du premier jour, cette lumière inattendue qui se levait lentement et enveloppait par degrés toute la personne de la jeune fille blessa la paupière sombre de Jean Valjean. Il sentit que c'était un changement dans une vie heureuse, si heureuse qu'il n'osait y remuer dans la crainte d'y déranger quelque chose. Cet homme qui avait passé par toutes les détresses, qui était encore tout saignant des meurtrissures de sa destinée, qui avait été presque méchant et qui était devenu presque saint, qui, après avoir traîné la chaîne du bagne, traînait maintenant la chaîne invisible, mais pesante, de l'infamie indéfinie, cet homme que la loi n'avait pas lâché et qui pouvait être à chaque instant ressaisi et ramené de l'obscurité de sa vertu au grand jour de l'opprobre public, cet homme acceptait tout, excusait tout, pardonnait tout, bénissait tout, voulait bien tout, et ne demandait à la providence, aux hommes, aux lois, à la société, à la nature, au monde, qu'une chose, que Cosette l'aimât!
Que Cosette continuât de l'aimer! que Dieu n'empêchât pas le cœur de cette enfant de venir à lui, et de rester à lui! Aimé de Cosette, il se trouvait guéri, reposé, apaisé, comblé, récompensé, couronné. Aimé de Cosette, il était bien! il n'en demandait pas davantage. On lui eût dit: Veux-tu être mieux? il eût répondu: Non. Dieu lui eût dit: Veux-tu le ciel? il eût répondu: J'y perdrais.
Tout ce qui pouvait effleurer cette situation, ne fût-ce qu'à la surface, le faisait frémir comme le commencement d'autre chose. Il n'avait jamais trop su ce que c'était que la beauté d'une femme; mais, par instinct, il comprenait que c'était terrible.
Cette beauté qui s'épanouissait de plus en plus triomphante et superbe à côté de lui, sous ses yeux, sur le front ingénu et redoutable de l'enfant, du fond de sa laideur, de sa vieillesse, de sa misère, de sa réprobation, de son accablement, il la regardait effaré.
Il se disait: Comme elle est belle! Qu'est-ce que je vais devenir, moi?
Là du reste était la différence entre sa tendresse et la tendresse d'une mère. Ce qu'il voyait avec angoisse, une mère l'eût vu avec joie.
Les premiers symptômes ne tardèrent pas à se manifester.
Dès le lendemain du jour où elle s'était dit: Décidément, je suis belle! Cosette fit attention à sa toilette. Elle se rappela le mot du passant:—Jolie, mais mal mise,—souffle d'oracle qui avait passé à côté d'elle et s'était évanoui après avoir déposé dans son cœur un des deux germes qui doivent plus tard emplir toute la vie de la femme, la coquetterie. L'amour est l'autre.
Avec la foi en sa beauté, toute l'âme féminine s'épanouit en elle. Elle eut horreur du mérinos et honte de la peluche. Son père ne lui avait jamais rien refusé. Elle sut tout de suite toute la science du chapeau, de la robe, du mantelet, du brodequin, de la manchette, de l'étoffe qui va, de la couleur qui sied, cette science qui fait de la femme parisienne quelque chose de si charmant, de si profond et de si dangereux. Le mot femme capiteuse a été inventé pour la Parisienne.
En moins d'un mois la petite Cosette fut dans cette thébaïde de la rue de Babylone une des femmes, non seulement les plus jolies, ce qui est quelque chose, mais «les mieux mises» de Paris, ce qui est bien davantage. Elle eût voulu rencontrer «son passant» pour voir ce qu'il dirait, et «pour lui apprendre!» Le fait est qu'elle était ravissante de tout point, et qu'elle distinguait à merveille un chapeau de Gérard d'un chapeau d'Herbaut.
Jean Valjean considérait ces ravages avec anxiété. Lui qui sentait qu'il ne pourrait jamais que ramper, marcher tout au plus, il voyait des ailes venir à Cosette.
Du reste, rien qu'à la simple inspection de la toilette de Cosette, une femme eût reconnu qu'elle n'avait pas de mère. Certaines petites bienséances, certaines conventions spéciales, n'étaient point observées par Cosette. Une mère, par exemple, lui eût dit qu'une jeune fille ne s'habille point en damas.
Le premier jour que Cosette sortit avec sa robe et son camail de damas noir et son chapeau de crêpe blanc, elle vint prendre le bras de Jean Valjean, gaie, radieuse, rose, fière, éclatante.—Père, dit-elle, comment me trouvez-vous ainsi? Jean Valjean répondit d'une voix qui ressemblait à la voix amère d'un envieux:—Charmante!—Il fut dans la promenade comme à l'ordinaire. En rentrant il demanda à Cosette:
—Est-ce que tu ne remettras plus ta robe et ton chapeau, tu sais?
Ceci se passait dans la chambre de Cosette. Cosette se tourna vers le porte-manteau de la garde-robe où sa défroque de pensionnaire était accrochée.
—Ce déguisement! dit-elle. Père, que voulez-vous que j'en fasse? Oh! par exemple, non, je ne remettrai jamais ces horreurs. Avec ce machin-là sur la tête, j'ai l'air de madame Chien-fou.
Jean Valjean soupira profondément.
À partir de ce moment, il remarqua que Cosette, qui autrefois demandait toujours à rester, disant: Père, je m'amuse mieux ici avec vous,—demandait maintenant toujours à sortir. En effet, à quoi bon avoir une jolie figure et une délicieuse toilette, si on ne les montre pas?
Il remarqua aussi que Cosette n'avait plus le même goût pour l'arrière-cour. À présent, elle se tenait plus volontiers au jardin, se promenant sans déplaisir devant la grille. Jean Valjean, farouche, ne mettait pas les pieds dans le jardin. Il restait dans son arrière-cour, comme le chien.
Cosette, à se savoir belle, perdit la grâce de l'ignorer; grâce exquise, car la beauté rehaussée de naïveté est ineffable, et rien n'est adorable comme une innocente éblouissante qui marche tenant en main, sans le savoir, la clef d'un paradis. Mais ce qu'elle perdit en grâce ingénue, elle le regagna en charme pensif et sérieux. Toute sa personne, pénétrée des joies de la jeunesse, de l'innocence et de la beauté, respirait une mélancolie splendide.
Ce fut à cette époque que Marius, après six mois écoulés, la revit au Luxembourg.
同時にジャン・ヴァルジャンの方では、深い漠然たる心痛を感じていた。
実際彼はその頃、コゼットのやさしい顔の上に日増しに輝き出してくる美しさを、狼狽しながら見守っていたのである。すべてのものに向かって笑みかける曙は、彼にとっては悲しみの種であった。
コゼットはずっと以前からきれいになっていたが、自らそれに気づいたのはだいぶたってからだった。しかし、徐々に上ってきてしだいに彼女の全身を包んだその意外な光輝は、初めの日から既にジャン・ヴァルジャンの陰気な目を痛めていた。それは、幸福な生活のうちに、何かが乱されはしないかを恐れてあえて少しも動かしたくないと思っていたほど幸福な生活のうちに、ふいに到来した変化であるように彼には感じられた。彼は既にあらゆる艱難のうちを通りぬけてき、今なお運命の痛手から流るる血にまみれており、かつてはほとんど悪人だったのが今はほとんど聖者となっており、徒刑場の鎖を引きずったあとに今は名状すべからざる汚辱の目には見えないがしかし重い鎖を引きずっており、また法律上放免されていない身の上であり、いつでも捕えられて人知れぬ徳行の世界から公然たる恥辱の白日のうちに引き出されんとする身の上であり、また、すべてを甘受し、すべてを許し、すべてを容赦し、すべてを祝福し、すべてのよからんことをねがい、しかも神や人や法律や社会や自然や世間に向かっては、ただ一事をしか求めていなかったのである、すなわちコゼットが自分を愛してくれるようにという一事を。
ただコゼットが自分を愛し続けてくれるように! この子供の心が自分のもとにやってきて長く留まっていることを、神は妨げたまわないように! コゼットから愛されて彼は、自ら癒され休められ慰められ満たされ報いられ冠を授けられたように感じていた。コゼットから愛されて彼は幸福であった。それ以上を何も求めなかった。「もっと幸福ならんことを望むか」と言う者があっても、「否」と彼は答えたであろう。「汝は天を欲するか」と神に言われても、「今の方がましである」と彼は答えたであろう。
そういう状態を傷つけるものは、たとい表面だけを少し傷つけるものであっても、何か新たなることが始まるかのように彼をおびえさした。彼はかつて婦人の美なるものが何であるかをよくは知らなかったけれども、ただ恐るべきものであることだけは本能によって了解していた。
自分のそばに、目の前に、子供の単純な恐るべき額の上に、ますます崇高に勢いよく開けてくるその美を、彼は自分の醜さと老年と悲惨と刑罰と憂悶との底から、狼狽して見守った。
彼は自ら言った、「彼女はいかにも美しい。この私はどうなるであろう。」
けだしそこに、彼の愛情と母親の愛情との差があった。彼が苦悶をもってながめていたところのものも、母親ならば喜びの情をもってながめたであろう。
最初の兆候はやがて現われ始めた。
コゼットが自ら「まさしく私は美しい」と言った日の翌日から、彼女は服装に注意を払い始めた。彼女は通行人の言葉を思い起こした、「きれいだ、しかし服装はよくない。」それは一陣の風のような神託であって、彼女の傍を過ぎり、やがて婦人の全生涯を貫くべき二つの芽の一つを彼女の心に残したまま、どこともなく消え去ってしまった。二つの芽の一つというは嬌態であって、他の一つは恋である。
自分の美を信ずるとともに、女性的魂はすべて彼女のうちに目ざめてきた。彼女はメリノの長衣をいといペルシの帽子を恥ずかしく思った。父は彼女に決して何物をも拒まなかった。彼女はすぐに、帽子や長衣や肩衣や半靴や袖口やまた自分に似合う[#「似合う」は底本では「以合う」]布地や色などに関するあらゆる知識を得た。その知識こそは、パリーの女をしていかにも魅力あらしめ趣深からしめまた危険ならしむるものである。妖婦という言葉はパリーの女のために作り出されたものである。
一月とたたないうちに小さなコゼットは、バビローヌ街の人気少ない所において、パリーの最もきれいな女のひとりとなっていたばかりでなく、それも既に何かではあるが、なおその上にパリーの「最もりっぱな服装をした」女のひとりとなっていた、これは実に大したことである。彼女は「あの通行人」に出会って、彼が何というかを聞いてみたく、また「彼に見せしめてやりたい」とも思ったかも知れない。実際彼女はすべての点において麗わしく、またジェラールの帽子とエルボーの帽子とをもみごとに見分けることができた。
ジャン・ヴァルジャンは心配しながらそれらの変化をながめていた。地をはうことよりほかは、少なくとも足にて歩くことよりほかは、自分にはできないと自ら感じていた彼が、コゼットに翼のはえてくるのを見たのである。
けれども女には、コゼットの服装をちょっと見ただけで、彼女に母のないことがわかったはずである。ある種の些細な作法や、ある種の特別な慣例などを、コゼットは少しも守っていなかった。たとえば、母がいたならば、年若い娘は緞子の服などを着るものではないと教えてやったに違いない。
始めて黒緞子の長衣と外套とをつけ白縮紗の帽子をかぶって外に出かける時、コゼットは喜び勇み笑み得意げに嬉々としてジャン・ヴァルジャンの腕を執った。「お父様、」と彼女は言った、「こんな服装は私にどうでしょう?」ジャン・ヴァルジャンは苦々しいねたましいような声で答えた。「ほんとにいい。」そして散歩してる間彼はいつものとおりだったが、家に帰るとコゼットに尋ねた。
「あのも一つの長衣と帽子とはもうつけないのかい。」
それはコゼットの室の中においてだった。コゼットは修道院の寄宿生徒だった時の古衣がかかってる衣服部屋の衣桁の方へふり向いた。
「あの着物!」と彼女は言った、「お父様、あれをどうせよとおっしゃるの。まあ、あんないやなものはもう私着ませんわ。あんなものを頭にかぶったら山犬のように見えますもの。」
ジャン・ヴァルジャンは深いため息をついた。
コゼットは以前はいつも家にいたがって、「お父様、私はあなたといっしょに家にいる方がおもしろいんですもの、」と言っていたが、今では絶えず外に出たがるようになったのを、彼が気づいたのはこの時からであった。実際、人に見せるのでなければ、美しい顔を持ちきれいな着物を着ていたとて、それが何の役に立とう。
コゼットがもう後ろの中庭を前ほど好かなくなったことをも、彼はまた気づいた。彼女は今では、好んで表庭の方へ行き、鉄門の前をもいやがらずに歩き回っていた。人に見られることを好まないジャン・ヴァルジャンは、決して表庭に足をふみ入れなかった。彼は犬のように後ろの中庭にばかりいた。
コゼットは自分の美しいことを知って、それを知らない時のような優美さを失った。自分の美を知らない優美さはまた特別なものである。なぜなら、無邪気のために光を添えらるる美は言葉にも尽し難いものであり、自ら知らずして天国の鍵を手にしながら歩を運ぶまばゆきばかりの無心ほど、世に景慕すべきものはない。しかし彼女は、素朴な優美さにおいて失ったところのものを、思いありげな本気な魅力において取り返した。彼女の一身は、青春と無垢と美との喜びに浸されながら、輝かしい憂愁の様を現わしていた。
マリユスが六カ月の間を置いて再びリュクサンブールの園で彼女を見いだしたのは、ちょうどそういう時期においてであった。
Chapitre VI La bataille commence
Cosette était dans son ombre, comme Marius dans la sienne, toute disposée pour l'embrasement. La destinée, avec sa patience mystérieuse et fatale, approchait lentement l'un de l'autre ces deux êtres tout chargés et tout languissants des orageuses électricités de la passion, ces deux âmes qui portaient l'amour comme deux nuages portent la foudre, et qui devaient s'aborder et se mêler dans un regard comme les nuages dans un éclair.
On a tant abusé du regard dans les romans d'amour qu'on a fini par le déconsidérer. C'est à peine si l'on ose dire maintenant que deux êtres se sont aimés parce qu'ils se sont regardés. C'est pourtant comme cela qu'on s'aime et uniquement comme cela. Le reste n'est que le reste, et vient après. Rien n'est plus réel que ces grandes secousses que deux âmes se donnent en échangeant cette étincelle.
À cette certaine heure où Cosette eut sans le savoir ce regard qui troubla Marius, Marius ne se douta pas que lui aussi eut un regard qui troubla Cosette.
Il lui fit le même mal et le même bien.
Depuis longtemps déjà elle le voyait et elle l'examinait comme les filles examinent et voient, en regardant ailleurs. Marius trouvait encore Cosette laide que déjà Cosette trouvait Marius beau. Mais comme il ne prenait point garde à elle, ce jeune homme lui était bien égal.
Cependant elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il avait de beaux cheveux, de beaux yeux, de belles dents, un charmant son de voix quand elle l'entendait causer avec ses camarades, qu'il marchait en se tenant mal, si l'on veut, mais avec une grâce à lui, qu'il ne paraissait pas bête du tout, que toute sa personne était noble, douce, simple et fière, et qu'enfin il avait l'air pauvre, mais qu'il avait bon air.
Le jour où leurs yeux se rencontrèrent et se dirent enfin brusquement ces premières choses obscures et ineffables que le regard balbutie, Cosette ne comprit pas d'abord. Elle rentra pensive à la maison de la rue de l'Ouest où Jean Valjean, selon son habitude, était venu passer six semaines. Le lendemain, en s'éveillant, elle songea à ce jeune homme inconnu, si longtemps indifférent et glacé, qui semblait maintenant faire attention à elle, et il ne lui sembla pas le moins du monde que cette attention lui fût agréable. Elle avait plutôt un peu de colère contre ce beau dédaigneux. Un fond de guerre remua en elle. Il lui sembla, et elle en éprouvait une joie encore tout enfantine, qu'elle allait enfin se venger.
Se sachant belle, elle sentait bien, quoique d'une façon indistincte, qu'elle avait une arme. Les femmes jouent avec leur beauté comme les enfants avec leur couteau. Elles s'y blessent.
On se rappelle les hésitations de Marius, ses palpitations, ses terreurs. Il restait sur son banc et n'approchait pas. Ce qui dépitait Cosette. Un jour elle dit à Jean Valjean:—Père, promenons-nous donc un peu de ce côté-là.—Voyant que Marius ne venait point à elle, elle alla à lui. En pareil cas, toute femme ressemble à Mahomet. Et puis, chose bizarre, le premier symptôme de l'amour vrai chez un jeune homme, c'est la timidité, chez une jeune fille, c'est la hardiesse. Ceci étonne, et rien n'est plus simple pourtant. Ce sont les deux sexes qui tendent à se rapprocher et qui prennent les qualités l'un de l'autre.
Ce jour-là, le regard de Cosette rendit Marius fou, le regard de Marius rendit Cosette tremblante. Marius s'en alla confiant, et Cosette inquiète. À partir de ce jour, ils s'adorèrent.
La première chose que Cosette éprouva, ce fut une tristesse confuse et profonde. Il lui sembla que, du jour au lendemain, son âme était devenue noire. Elle ne la reconnaissait plus. La blancheur de l'âme des jeunes filles, qui se compose de froideur et de gaîté, ressemble à la neige. Elle fond à l'amour qui est son soleil.
Cosette ne savait pas ce que c'était que l'amour. Elle n'avait jamais entendu prononcer ce mot dans le sens terrestre. Sur les livres de musique profane qui entraient dans le couvent, amour était remplacé par tambour ou pandour. Cela faisait des énigmes qui exerçaient l'imagination des grandes comme: Ah! que le tambour est agréable! ou: La pitié n'est pas un pandour! Mais Cosette était sortie encore trop jeune pour s'être beaucoup préoccupée du «tambour». Elle n'eût donc su quel nom donner à ce qu'elle éprouvait maintenant. Est-on moins malade pour ignorer le nom de sa maladie?
Elle aimait avec d'autant plus de passion qu'elle aimait avec ignorance. Elle ne savait pas si cela est bon ou mauvais, utile ou dangereux, nécessaire ou mortel, éternel ou passager, permis ou prohibé; elle aimait. On l'eût bien étonnée si on lui eût dit: Vous ne dormez pas? mais c'est défendu! Vous ne mangez pas? mais c'est fort mal! Vous avez des oppressions et des battements de cœur? mais cela ne se fait pas! Vous rougissez et vous pâlissez quand un certain être vêtu de noir paraît au bout d'une certaine allée verte? mais c'est abominable! Elle n'eût pas compris, et elle eût répondu: Comment peut-il y avoir de ma faute dans une chose où je ne puis rien et où je ne sais rien?
Il se trouva que l'amour qui se présenta était précisément celui qui convenait le mieux à l'état de son âme. C'était une sorte d'adoration à distance, une contemplation muette, la déification d'un inconnu. C'était l'apparition de l'adolescence à l'adolescence, le rêve des nuits devenu roman et resté rêve, le fantôme souhaité enfin réalisé et fait chair, mais n'ayant pas encore de nom, ni de tort, ni de tache, ni d'exigence, ni de défaut; en un mot, l'amant lointain et demeuré dans l'idéal, une chimère ayant une forme. Toute rencontre plus palpable et plus proche eût à cette première époque effarouché Cosette, encore à demi plongée dans la brume grossissante du cloître. Elle avait toutes les peurs des enfants et toutes les peurs des religieuses, mêlées. L'esprit du couvent, dont elle s'était pénétrée pendant cinq ans, s'évaporait encore lentement de toute sa personne et faisait tout trembler autour d'elle. Dans cette situation, ce n'était pas un amant qu'il lui fallait, ce n'était pas même un amoureux, c'était une vision. Elle se mit à adorer Marius comme quelque chose de charmant, de lumineux et d'impossible.
Comme l'extrême naïveté touche à l'extrême coquetterie, elle lui souriait, tout franchement.
Elle attendait tous les jours l'heure de la promenade avec impatience, elle y trouvait Marius, se sentait indiciblement heureuse, et croyait sincèrement exprimer toute sa pensée en disant à Jean Valjean:—Quel délicieux jardin que ce Luxembourg!
Marius et Cosette étaient dans la nuit l'un pour l'autre. Ils ne se parlaient pas, ils ne se saluaient pas, ils ne se connaissaient pas; ils se voyaient; et comme les astres dans le ciel que des millions de lieues séparent, ils vivaient de se regarder.
C'est ainsi que Cosette devenait peu à peu une femme et se développait, belle et amoureuse, avec la conscience de sa beauté et l'ignorance de son amour. Coquette par-dessus le marché, par innocence.
世間から離れていたコゼットは、やはり世間から離れていたマリユスと同じく、今はただ点火されるのを待つばかりになっていた。運命はそのひそかな一徹な忍耐をもって、両者を徐々に近づけていた。しかもこのふたりは、情熱のわき立つ電気をになって思い焦がれていた。この二つの魂は、雷を乗せた二つの雲のように恋を乗せ、電光の一閃に雲がとけ合うように、ただ一瞥のうちに互いに接し互いに混和すべきものであった。
ただの一瞥ということは、恋の物語においてあまりに濫用されたため、ついに人に信ぜられなくなった。互いに視線を交じえたために恋に陥ったということを、今日ではほとんど口にする者もない。しかし人が恋に陥るのは、皆それによってであり、またそれによってのみである。その他はやはりその他に過ぎなくて、あとより来るものである。一瞥の火花をかわしながら二つの魂が互いに与え合うその大衝動こそ、最も現実のものである。
コゼットが自ら知らずしてマリユスの心を乱す一瞥を投げた時に、自分の方でもコゼットの心を乱す一瞥を投げたとはマリユスも自ら知らなかった。
彼はコゼットに、自分が受けたと同じ災いと幸福とを与えた。
既に長い以前から彼女は、若い娘がよくするように、よそをながめながらそれとなく彼の方を見、彼の方をうかがっていた。マリユスはまだコゼットを醜いと思っていたが、コゼットの方では既にマリユスを美しいと思っていた。しかし彼が彼女に少しも注意を払わなかったと同様、彼女の方でもその青年に対してどうという考えは持たなかった。
それでも彼女はひそかに思わざるを得なかった、彼が美しい髪と美しい目と美しい歯とを持ってること、その友人らと話すのを聞けば彼の声にはいかにも美しい響きがあること、その歩き方はまあ言わば不器用ではあるがまた独特の優美さを持ってること、どこから見ても愚物ではなさそうであること、その人品は気高くやさしく素朴で昂然としていること、貧乏な様子ではあるがりっぱな性質らしいことなど。
ついにふたりの視線が出会って、人知れぬ名状し難い最初のことを突然目つきで伝え合った日、コゼットはそれがどういう意味か初めはわからなかった。彼女はジャン・ヴァルジャンがいつものとおり六週間を過ごしにきてるウエスト街の家へ、思いに沈みながら帰っていった。翌朝目をさますと、彼女はまずその知らぬ青年のことを頭に浮かべた。彼は長い間冷淡で氷のようであったが、今は彼女に注意を払ってるらしかった、そしてその注意が快いものだとはどうしても彼女には思えなかった。彼女はその美しい傲慢な青年に対してむしろ憤激をさえいだいた。戦いの下心が彼女のうちに動いた。これから意趣返しをしてやることができそうな気がして、まだごく子供らしい喜びを感じた。
自分がきれいであることを知っていたので彼女は、漠然とではあったが自分に武器があることをよく感じていた。子供がナイフをもてあそぶように女は自分の美をもてあそぶ。そしてついには自ら傷つくものである。
マリユスの躊躇や恐れや胸の動悸などは、読者の記憶するところであろう。彼は自分のベンチに腰を据えて近寄ってゆかなかった。それはコゼットに不快を与えた。ある日彼女はジャン・ヴァルジャンに言った、「お父様、少し向こうへ歩いてみましょうか。」マリユスが少しも自分の方へこないのを見て、彼女は自分の方から彼の所へやって行った。こういう場合は、女は皆マホメットに似るものである。そして妙なことではあるが、真の恋の最初の兆候は、青年にあっては臆病さであり、若い女にあっては大胆さである。考えると不思議ではあるが、しかし実は当然すぎることである。すなわち両性が互いに接近せんとして互いに性質を取り替えるからである。
その日、コゼットの一瞥はマリユスを狂気させ、マリユスの一瞥はコゼットを震えさした。マリユスは信念を得て帰ってゆき、コゼットは不安をいだいて帰っていった。その日以来、彼らは互いに景慕し合った。
コゼットが最初に感じたものは、漠然とした深い憂愁だった。直ちに自分の心がまっくらになったような気がした。もう自分で自分の心がわからなくなった。年若い娘の心の白さは、冷淡と快活とから成ってるもので雪に似ている。その心は恋にとける、恋はその太陽である。
コゼットは愛ということを知らなかった。現世的の意味で愛という言葉が言わるるのをかつて聞いたことがなかった。俗世の音楽書にあるアムール(愛)という音は、修道院の中にはいって行くとタンブール(太鼓)もしくはパンドゥール(略奪者)と代えられていた。「ああタンブールとはどんなにか楽しいことでしょう!」とか、「憐愍はパンドゥールではありません!」とかいうような言葉は、姉さまたちの想像力を鍛う謎となっていた。しかしコゼットはまだごく若いうちに修道院を出たので、「タンブール」なんかにあまり頭を悩まさなかった。それで彼女は、今感じていることに何という名前を与えていいかわからなかった。しかし病名を自ら知らなければそれだけ病気が軽いといういわれはない。
彼女は恋ということを知らずに恋しただけになおいっそうの情熱をもって恋した。それはいいものか悪いものか、有益なものか危険なものか、必要なものか致命的なものか、永遠なものか一時的なものか、許されたものか禁ぜられたものか、それを少しも知らなかった。そしてただ恋した。もしこう言われたら彼女は非常に驚いたであろう。「お前は夜眠れないって、それはよろしくない。お前は物が食べられないって、それはごく悪い。お前は胸が苦しかったり動悸がしたりするって、そんなことがあってはいけない。黒い服を着たある人が緑の道の一端に現われると、お前は赤くなったり青くなったりするって、それはけしからんことだ。」彼女はそのゆえんがわからないでこう答えたであろう。「自分でどうにもできませんしまた何にもわかりませんのに、どうして私に悪いところがあるのでしょう?」
彼女に現われてきた恋は、ちょうど彼女の心の状態に最も適したものだった。それは一種の遠方からの景慕であり、ひそかな沈思であり、知らぬ人に対する跪拝であった。青春の前に現われた青春の幻であり、夢の状態のままでローマンスとなった夜の夢であり、長く望んでいた幻影がついに事実となって肉をそなえながら、しかもまだ名もなく不正もなく汚点もなく要求もなく欠陥もないままの状態にあるものだった。一言にして言えば、理想のうちに止まってる遠い恋人であり、一つの形体をそなえた空想であった。もっと具体的なもっと近接した邂逅であったなら、修道院の内気な靄の中にまだ半ば浸っていたコゼットを、初めのうち脅かしたことであろう。彼女は子供の恐怖と修道女の恐怖とをすべて合わせ持っていた。五年の間に彼女にしみ込んだ修道院的精神は、なお静かに彼女の一身から発散していて、あたりのものを震えさしていた。そういう状態にある彼女に必要なものは、ひとりの恋人ではなく、ひとりの愛人でもなく、一つの幻であった。彼女はマリユスを、光り輝いた非現実的な心ひかるるある物として景慕し始めたのである。
極端な無邪気は極端な嬌態に近い。彼女は彼にごく素直にほほえんでみせた。
彼女は毎日散歩の時間を待ち焦がれ、散歩に行くとマリユスに会い、言い知れぬ幸福を感じ、そして自分の心をそっくりいつわらずに言い現わしてるつもりでジャン・ヴァルジャンに言った。
「このリュクサンブールは何という気持ちのいい園でしょう!」
マリユスとコゼットとふたりの間は、まだ暗闇の中にあった。彼らは互いに言葉もかわさず、おじぎもせず、近づきにもなっていなかった。そしてただ顔を見合ってるだけだった。あたかも数百万里へだたってる空の星のように、互いに視線を合わせるだけで生きていた。
そのようにしてコゼットは、しだいに一人前の女となり、自分の美を知りながら自分の恋を知らずに、美と愛とのうちに生長していった。その上にまた、無心より来る嬌態を持っていた。
Chapitre VII À tristesse, tristesse et demie
Toutes les situations ont leurs instincts. La vieille et éternelle mère nature avertissait sourdement Jean Valjean de la présence de Marius. Jean Valjean tressaillait dans le plus obscur de sa pensée. Jean Valjean ne voyait rien, ne savait rien, et considérait pourtant avec une attention opiniâtre les ténèbres où il était, comme s'il sentait d'un côté quelque chose qui se construisait, et de l'autre quelque chose qui s'écroulait. Marius, averti aussi, et, ce qui est la profonde loi du bon Dieu, par cette même mère nature, faisait tout ce qu'il pouvait pour se dérober au «père». Il arrivait cependant que Jean Valjean l'apercevait quelquefois. Les allures de Marius n'étaient plus du tout naturelles. Il avait des prudences louches et des témérités gauches. Il ne venait plus tout près comme autrefois; il s'asseyait loin et restait en extase; il avait un livre et faisait semblant de lire; pourquoi faisait-il semblant? Autrefois il venait avec son vieux habit, maintenant il avait tous les jours son habit neuf; il n'était pas bien sûr qu'il ne se fît point friser, il avait des yeux tout drôles, il mettait des gants; bref, Jean Valjean détestait cordialement ce jeune homme.
Cosette ne laissait rien deviner. Sans savoir au juste ce qu'elle avait, elle avait bien le sentiment que c'était quelque chose et qu'il fallait le cacher.
Il y avait entre le goût de toilette qui était venu à Cosette et l'habitude d'habits neufs qui était poussée à cet inconnu un parallélisme importun à Jean Valjean. C'était un hasard peut-être, sans doute, à coup sûr, mais un hasard menaçant.
Jamais il n'ouvrait la bouche à Cosette de cet inconnu.
Un jour cependant, il ne put s'en tenir, et avec ce vague désespoir qui jette brusquement la sonde dans son malheur, il lui dit:—Que voilà un jeune homme qui a l'air pédant!
Cosette, l'année d'auparavant, petite fille indifférente, eût répondu:—Mais non, il est charmant. Dix ans plus tard, avec l'amour de Marius au cœur, elle eût répondu:—Pédant et insupportable à voir! vous avez bien raison!—Au moment de la vie et du cœur où elle était, elle se borna à répondre avec un calme suprême:
—Ce jeune homme-là!
Comme si elle le regardait pour la première fois de sa vie.
—Que je suis stupide! pensa Jean Valjean. Elle ne l'avait pas encore remarqué. C'est moi qui le lui montre.
Ô simplicité des vieux! profondeur des enfants!
C'est encore une loi de ces fraîches années de souffrance et de souci, de ces vives luttes du premier amour contre les premiers obstacles, la jeune fille ne se laisse prendre à aucun piège, le jeune homme tombe dans tous. Jean Valjean avait commencé contre Marius une sourde guerre que Marius, avec la bêtise sublime de sa passion et de son âge, ne devina point. Jean Valjean lui tendit une foule d'embûches; il changea d'heures, il changea de banc, il oublia son mouchoir, il vint seul au Luxembourg; Marius donna tête baissée dans tous les panneaux; et à tous ces points d'interrogation plantés sur sa route par Jean Valjean, il répondit ingénument oui. Cependant Cosette restait murée dans son insouciance apparente et dans sa tranquillité imperturbable, si bien que Jean Valjean arriva à cette conclusion: Ce dadais est amoureux fou de Cosette, mais Cosette ne sait seulement pas qu'il existe.
Il n'en avait pas moins dans le cœur un tremblement douloureux. La minute où Cosette aimerait pouvait sonner d'un instant à l'autre. Tout ne commence-t-il pas par l'indifférence?
Une seule fois Cosette fit une faute et l'effraya. Il se levait du banc pour partir après trois heures de station, elle dit:—Déjà!
Jean Valjean n'avait pas discontinué les promenades au Luxembourg, ne voulant rien faire de singulier et par-dessus tout redoutant de donner l'éveil à Cosette; mais pendant ces heures si douces pour les deux amoureux, tandis que Cosette envoyait son sourire à Marius enivré qui ne s'apercevait que de cela et maintenant ne voyait plus rien dans ce monde qu'un radieux visage adoré, Jean Valjean fixait sur Marius des yeux étincelants et terribles. Lui qui avait fini par ne plus se croire capable d'un sentiment malveillant, il y avait des instants où, quand Marius était là, il croyait redevenir sauvage et féroce, et il sentait se rouvrir et se soulever contre ce jeune homme ces vieilles profondeurs de son âme où il y avait eu jadis tant de colère. Il lui semblait presque qu'il se reformait en lui des cratères inconnus.
Quoi! il était là, cet être! que venait-il faire? il venait tourner, flairer, examiner, essayer! il venait dire: hein? pourquoi pas? il venait rôder autour de sa vie, à lui Jean Valjean! rôder autour de son bonheur, pour le prendre et l'emporter!
Jean Valjean ajoutait:—Oui, c'est cela! que vient-il chercher? une aventure! que veut-il? une amourette! Une amourette! et moi! Quoi! j'aurai été d'abord le plus misérable des hommes, et puis le plus malheureux, j'aurai fait soixante ans de la vie sur les genoux, j'aurai souffert tout ce qu'on peut souffrir, j'aurai vieilli sans avoir été jeune, j'aurai vécu sans famille, sans parents, sans amis, sans femme, sans enfants, j'aurai laissé de mon sang sur toutes les pierres, sur toutes les ronces, à toutes les bornes, le long de tous les murs, j'aurai été doux quoiqu'on fût dur pour moi et bon quoiqu'on fût méchant, je serai redevenu honnête homme malgré tout, je me serai repenti du mal que j'ai fait et j'aurai pardonné le mal qu'on m'a fait, et au moment où je suis récompensé, au moment où c'est fini, au moment où je touche au but, au moment où j'ai ce que je veux, c'est bon, c'est bien, je l'ai payé, je l'ai gagné, tout cela s'en ira, tout cela s'évanouira, et je perdrai Cosette, et je perdrai ma vie, ma joie, mon âme, parce qu'il aura plu à un grand niais de venir flâner au Luxembourg!
Alors ses prunelles s'emplissaient d'une clarté lugubre et extraordinaire. Ce n'était plus un homme qui regarde un homme; ce n'était pas un ennemi qui regarde un ennemi. C'était un dogue qui regarde un voleur.
On sait le reste. Marius continua d'être insensé. Un jour il suivit Cosette rue de l'Ouest, un autre jour il parla au portier. Le portier de son côté parla, et dit à Jean Valjean:—Monsieur, qu'est-ce que c'est donc qu'un jeune homme curieux qui vous a demandé?—Le lendemain Jean Valjean jeta à Marius ce coup d'œil dont Marius s'aperçut enfin. Huit jours après, Jean Valjean avait déménagé. Il se jura qu'il ne remettrait plus les pieds ni au Luxembourg, ni rue de l'Ouest. Il retourna rue Plumet.
Cosette ne se plaignit pas, elle ne dit rien, elle ne fit pas de questions, elle ne chercha à savoir aucun pourquoi; elle en était déjà à la période où l'on craint d'être pénétré et de se trahir. Jean Valjean n'avait aucune expérience de ces misères, les seules qui soient charmantes et les seules qu'il ne connût pas; cela fit qu'il ne comprit point la grave signification du silence de Cosette. Seulement il remarqua qu'elle était devenue triste, et il devint sombre. C'était de part et d'autre des inexpériences aux prises.
Une fois il fit un essai. Il demanda à Cosette:
—Veux-tu venir au Luxembourg?
Un rayon illumina le visage pâle de Cosette.
—Oui, dit-elle.
Ils y allèrent. Trois mois s'étaient écoulés. Marius n'y allait plus. Marius n'y était pas.
Le lendemain Jean Valjean redemanda à Cosette:
—Veux-tu venir au Luxembourg?
Elle répondit tristement et doucement:
—Non.
Jean Valjean fut froissé de cette tristesse et navré de cette douceur.
Que se passait-il dans cet esprit si jeune et déjà si impénétrable? Qu'est-ce qui était en train de s'y accomplir? qu'arrivait-il à l'âme de Cosette? Quelquefois, au lieu de se coucher, Jean Valjean restait assis près de son grabat la tête dans ses mains, et il passait des nuits entières à se demander: Qu'y a-t-il dans la pensée de Cosette? et à songer aux choses auxquelles elle pouvait songer.
Oh! dans ces moments-là, quels regards douloureux il tournait vers le cloître, ce sommet chaste, ce lieu des anges, cet inaccessible glacier de la vertu! Comme il contemplait avec un ravissement désespéré ce jardin du couvent, plein de fleurs ignorées et de vierges enfermées, où tous les parfums et toutes les âmes montent droit vers le ciel! Comme il adorait cet éden refermé à jamais, dont il était sorti volontairement et follement descendu! Comme il regrettait son abnégation et sa démence d'avoir ramené Cosette au monde, pauvre héros du sacrifice, saisi et terrassé par son dévouement même! comme il se disait: Qu'ai-je fait?
Du reste rien de ceci ne perçait pour Cosette. Ni humeur, ni rudesse. Toujours la même figure sereine et bonne. Les manières de Jean Valjean étaient plus tendres et plus paternelles que jamais. Si quelque chose eût pu faire deviner moins de joie, c'était plus de mansuétude.
De son côté, Cosette languissait. Elle souffrait de l'absence de Marius comme elle avait joui de sa présence, singulièrement, sans savoir au juste. Quand Jean Valjean avait cessé de la conduire aux promenades habituelles, un instinct de femme lui avait confusément murmuré au fond du cœur qu'il ne fallait pas paraître tenir au Luxembourg, et que si cela lui était indifférent, son père l'y ramènerait. Mais les jours, les semaines et les mois se succédèrent. Jean Valjean avait accepté tacitement le consentement tacite de Cosette. Elle le regretta. Il était trop tard. Le jour où elle retourna au Luxembourg, Marius n'y était plus. Marius avait donc disparu; c'était fini, que faire? le retrouverait-elle jamais? Elle se sentit un serrement de cœur que rien ne dilatait et qui s'accroissait chaque jour; elle ne sut plus si c'était l'hiver ou l'été, le soleil ou la pluie, si les oiseaux chantaient, si l'on était aux dahlias ou aux pâquerettes, si le Luxembourg était plus charmant que les Tuileries, si le linge que rapportait la blanchisseuse était trop empesé ou pas assez, si Toussaint avait fait bien ou mal «son marché», et elle resta accablée, absorbée, attentive à une seule pensée, l'œil vague et fixe, comme lorsqu'on regarde dans la nuit la place noire et profonde où une apparition s'est évanouie.
Du reste elle non plus ne laissa rien voir à Jean Valjean, que sa pâleur. Elle lui continua son doux visage.
Cette pâleur ne suffisait que trop pour occuper Jean Valjean. Quelquefois il lui demandait:
—Qu'as-tu?
Elle répondait:
—Je n'ai rien.
Et après un silence, comme elle le devinait triste aussi, elle reprenait:
—Et vous, père, est-ce que vous avez quelque chose?
—Moi? rien, disait-il.
Ces deux êtres qui s'étaient si exclusivement aimés, et d'un si touchant amour, et qui avaient vécu longtemps l'un pour l'autre, souffraient maintenant l'un à côté de l'autre, l'un à cause de l'autre, sans se le dire, sans s'en vouloir, et en souriant.
あらゆる情況には固有の本能がある。古い永劫の母なる自然は、マリユスの存在をひそかにジャン・ヴァルジャンに告げ知らした。ジャン・ヴァルジャンは心の最も薄暗い底で身を震わした。彼は何も見ず何も知らなかったけれど、一方に何かが建設されるとともに、他方に何かがこわれてゆくのを感じたかのように、自分を囲む暗黒を執拗な注意でながめた。マリユスの方でもまたある事を感知し、神の深遠なる法則として同じく永劫の母なる自然から教えられて、「父」の目を避けるためにできる限り注意をした。けれども時としては、ジャン・ヴァルジャンの目に止まることがあった。マリユスの態度はもうまったく自然ではなくなっていた。彼の様子には怪しい慎重さと下手な大胆さとがあった。彼は以前のようにすぐ近くにはもうやってこなかった。遠くに腰をおろして恍惚としていた、書物をひらいてそれを読むようなふうをしていた。そしてそんなふうを装うのはいったいだれに対してだったか? 昔は古い服を着てやってきたが、今では毎日新しい服を着ていた、髪の毛をわざわざ縮らしたらしくもあった、変な目つきをしていた、手袋をはめていた。要するにジャン・ヴァルジャンは心からその青年をきらった。
コゼットは何事もさとられないようにしていた。どうしたのかよくわからなかったけれども、何かが起こったことを、そしてそれを隠さなければならないことを、心にはっきり感じていた。
コゼットに現われてきた服装上の趣味とあの未知の青年が着始めた新しい服との間には、ジャン・ヴァルジャンにとって不安な一致があった。おそらくは、いや疑いもなく、いや確かに、それは偶然の符合であろう、しかし意味ありげな偶然である。
彼はその未知の青年についてはコゼットに決して一言も言わなかった。けれどもある日、彼はもうたえ得ないで、自分の不幸のうちに急に錘を投げ込んで探ってみるような漠然たる絶望の念で、彼女に言った。「あの青年は実に生意気なふうをしている。」
一年前であったら、コゼットはまだ無関心な小娘であって、こう答えたであろう、「いいえ、あの人はきれいですわ。」十年後であったら、彼女はマリユスに対する愛を心にいだいて、こう答えたであろう、「生意気で見るのもいやですわ、ほんとにおっしゃるとおりです。」しかし現在の年齢と気持とにある彼女は、澄まし切ってただこう答えた。
「あの若い人が!」
それはあたかも今始めて彼を見るかのような調子だった。
「ばかなことをしたものだ!」とジャン・ヴァルジャンは考えた。「娘は彼に気づいてもいなかったのだ。それをわざわざ私の方から教えてやるなんて!」
老人の心の単純さよ、子供の心の深奥さよ!
若い娘はいかなる罠にもかからぬが若い男はいかなる罠にも陥るのは、苦しみ悩む初心の頃の通則であり、最初の障害に対する初恋の激しい争いの通則である。ジャン・ヴァルジャンはマリユスに対してひそかに戦いを始めたが、マリユスはその情熱と若年との崇高な愚昧さでそれを少しも察しなかった。ジャン・ヴァルジャンは彼に対して多くの陥穽を設けた。彼はリュクサンブールへやって来る時間を変え、ベンチを変え、ハンケチを置いてゆき、また一人でやってきたりした。マリユスはそれらの罠につまずいた。ジャン・ヴァルジャンが途上に据えた疑問点に対して正直にしかりと答えた。けれどもコゼットは、外観の無心さと乱し難い落ち着きとのうちに閉じこもっていた。それでジャン・ヴァルジャンはこういう結論に達した。「あのばか者はコゼットを思い込んで夢中になっている。しかしコゼットは彼のいることさえも知らないでいる。」
それでも彼はなお心のうちに悲しい戦慄を感じた。コゼットが恋を知る時はいつ到来するかも知れなかった。何事も初めは無関心なものではないか。
ただ一度、コゼットは失策をして彼を驚かした。三時間も止まっていた後に彼はベンチから立ち上がって帰ろうとした。その時コゼットは言った、「もうですか!」
ジャン・ヴァルジャンはリュクサンブールへの散歩をとめはしなかった。何もきわ立ったことをしたくなかったのと、またことにコゼットの注意をひくのを恐れたからである。しかしコゼットはマリユスに微笑を送り、マリユスはそれに酔いそれだけに心を奪われ、今はただ光り輝く愛する顔のほかは世に何物をも見ないで、ふたりの愛人にとってのいかにも楽しい時間が続いたが、その間ジャン・ヴァルジャンは、恐ろしい光った目をマリユスの上に据えていた。ついにもはや悪意ある感情をいだくことはなくなったと自ら信じている彼にも、マリユスがそこにいる時には、再び野蛮に獰猛になるのを感ずる瞬間があって、昔多くの憤怒を蔵していた古い心の底が、その青年に対してうち開きわき上がってくるのを感じた。あたかも未知の噴火口が自分のうちに形成されつつあるかのように思われるのだった。
ああ、あの男がそこにいる。何をしにきているのか。彷徨しかぎ回りうかがい試しにきてるのだ。そして言っている、「へん、どうしてそれがいけないというのか。」彼はこのジャン・ヴァルジャンの所へやってきて、その生命のまわりを徘徊し、その幸福のまわりを徘徊して、それを奪い去ろうとしているのだ。
ジャン・ヴァルジャンはつけ加えて言った。「そうだ、それに違いない! いったい彼は何をさがしにきているのか。一つの恋物語をではないか。何を求めているのか。ひとりの愛人をではないか。愛人! そしてこの私は! ああ、最初には最もみじめな男であり次には最も不幸な男であった後、六十年の生涯をひざまずいて過ごしてきた後、およそ人のたえ得ることをすべてたえ忍んできた後、青春の時代を知らずに直ちに老年になった後、家族もなく親戚もなく友もなく妻もなく子もなくて暮らしてきた後、あらゆる石の上に、荊棘の上に、辺境に、壁のほとりに、自分の血潮をしたたらしてきた後、他人よりいかに苛酷に取り扱われようとも常に温和であり、いかに悪意に取り扱われようとも常に親切であった後、いっさいのことを排して再び正直な人間となった後、自分のなした害悪を悔い改め、身に加えられた害悪を許した後、今やようやくにしてそのむくいを得ている時に、すべてが終わっている時に、目的に到達している時に、欲するところのものを得ている時に、しかもそれは至当であり正しきものであり、自らその価を払って得たものである時に当たって、すべては去り、すべては消えうせんとするのか。コゼットを失い、自分の生命と喜びと魂とを失わんとするのか。そしてそれもただひとりのばか者がリュクサンブールの園にきて徘徊し出したがためである!」
かくて彼の瞳は、悲しいまた尋常ならぬ輝きに満ちてきた。それはもはや他の男を見つむるひとりの男ではなく、敵を見つむるひとりの仇ではなく、盗賊を見つむる一匹の番犬であった。
それより先のことは読者の知るところである。マリユスはなお続けて無鉄砲であった。ある日彼はウエスト街までコゼットの跡をつけた。またある日は門番に尋ねてみた。門番の方でもまた口を開いてジャン・ヴァルジャンに言った。「旦那様、ひとりの変な若者があなたのことを尋ねていましたが、あれはいったい何者でしょう!」その翌日ジャン・ヴァルジャンはマリユスに一瞥を与えたが、マリユスもついにそれに気づいた。一週間の後にジャン・ヴァルジャンはそこを去った。リュクサンブールへもウエスト街へも再び足をふみ入れまいと自ら誓った。彼はプリューメ街へ戻った。
コゼットは不平を言わなかった、何事も言わなかった、疑問を発しもしなかった、理由を知ろうともしなかった。彼女はもはや、意中がさとられはしないかを恐れ秘密がもれはしないかを恐れるほどになっていた。ジャン・ヴァルジャンはその種の不幸には少しも経験を持たなかった。それこそ世に可憐なる唯一の不幸であり、しかも彼が知らない唯一の不幸であった。その結果彼はコゼットの沈黙の重大な意味を少しもさとらなかった。ただ彼はコゼットが寂しげな様子になったのを認めて、自分も陰鬱になった。両者いずれにも無経験な暗闘があった。
一度彼はためしてみた。彼はコゼットに尋ねた。
「リュクサンブールへ行ってみようか?」
一条の光がコゼットの青白い顔を輝かした。
「ええ。」と彼女は言った。
ふたりはそこへ行った。三月も経た後であった。マリユスはもうそこへ行ってはいなかった。マリユスはそこにいなかった。
翌日ジャン・ヴァルジャンはコゼットに尋ねた。
「リュクサンブールへ行ってみようか?」
彼女は悲しげにやさしく答えた。
「いいえ。」
ジャン・ヴァルジャンはその悲しい調子にいら立ち、そのやさしい調子に心を痛めた。
まだ年若いがしかも既に見透かし難いこの精神のうちには何が起こったのか。いかなることが遂げられつつあったのか。コゼットの魂には何が到来しつつあったのか。時とするとジャン・ヴァルジャンは、寝もやらず寝床のそばにすわって両手に額をうずめ、そのまま一夜を明かしながら自ら尋ねた、「コゼットは何を考えているのだろう。」そしてコゼットが考えそうなことをあれこれと思いめぐらした。
そういう時に彼は、修道院生活の方へ、あの清浄なる峰、あの天使の住居、あの達すべからざる高徳の氷山の方へ、いかに悲しい目を向けたことか! 世に知られない花と閉じこめられた処女とに満ち、あらゆる香気と魂とがまっすぐに天の方へ立ちのぼっている、あの修道院の庭を、絶望的な喜悦をもって彼はいかに思いやったことか。自ら好んで去り愚かにもぬけ出してきたあの永遠に閉ざされたるエデンの園を、いかに彼は今賛美したことか。自分の献身のためにかえってつかまれ投げ倒されたあわれむべき犠牲の勇士たる彼は、コゼットを世に連れ戻した自分の克己と愚挙とを、いかに今後悔したことか。いかに彼は自ら言ったか、「何たることを自分はしたのであろう。」
けれどもそれらのことはコゼットに対しては少しも示されなかった。何らの不きげんも厳酷もなかった。常に朗らかな親切な同じ顔つきであった。ジャン・ヴァルジャンの様子には平素に増したやさしみと親愛さとがあった。もし彼の喜びが減じたことを現わすものがあるとすれば、それは彼の温良さが増したことであった。
コゼットの方は元気を失ってきた。彼女はただ何というわけもなく妙に、マリユスのいるのを喜んだと同様にまたマリユスのいないのを悲しく思った。ジャン・ヴァルジャンがいつもの散歩に連れて行ってくれなくなった時、女性の本能は心の底で彼女に漠然とささやいた、リュクサンブールに行きたいような様子をしてはいけないと、そしてまた、どうでもいいようなふうをしていたならば父は再び連れて行ってくれるであろうと。しかし日は過ぎ、週は過ぎ、月は過ぎた。ジャン・ヴァルジャンはコゼットの無言の承諾を暗黙のうちに受け入れていた。彼女はそれを後悔した。既に時機を失していた。彼女がリュクサンブールへ戻って行った時、マリユスはもうそこにいなかった。マリユスはいなくなってしまったのだ、万事は終わったのだ、どうしたらいいだろう? またいつか再び会えることがあるだろうか。彼女は心が痛むのを感じた、そしてそれは何物にも癒されることがなく、日ごとに度を増していった。彼女はもはや冬であるか夏であるかを知らず、日が照っているか雨が降っているかを知らず、小鳥がさえずっているかどうか、ダリアの季節であるか雛菊の季節であるか、リュクサンブールの園はテュイルリーの園よりも美しいかどうか、洗たく屋が持ってきたシャツは糊がききすぎているか足りないか、トゥーサンは「買い物」を上手にやったか下手にやったか、彼女にはいっさいわからなかった。そして彼女は打ちしおれ、魂を奪われ、ただ一つの考えにばかり心を向け、ぼんやりと一つ所に据わった目つきをして、幻が消え失せた跡の黒い深い場所を暗夜のうちに見つめてるかのようだった。
けれども、彼女の方でもまた、顔色の悪くなったことのほかは何事もジャン・ヴァルジャンに知れないようにした。彼女はやはり彼に対してやさしい顔つきをしてみせた。
しかしその顔色の悪いことだけで、ジャン・ヴァルジャンの心をわずらわすには余りあるほどだった。時とすると彼は尋ねた。
「どうしたんだい?」
彼女は答えた。
「どうもしませんわ。」
そしてちょっと黙った後、彼もまた悲しんでるのを彼女は察したかのように言った。
「そしてあなたは、お父様、どうかなすったのではありませんか。」
「私が? いや何でもないよ。」と彼は言った。
あれほどお互いのみを愛し合い、しかもあれほど切に愛し合っていたふたり、互いにあれほど長く頼り合って生きてきたふたりは、今やいずれも苦しみながら、互いに苦しみの種となりながら、互いにうち明けもせず怨みもせず、ほほえみ合っていたのである。
Chapitre VIII La cadène
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Le plus malheureux des deux, c'était Jean Valjean. La jeunesse, même dans ses chagrins, a toujours une clarté à elle.
À de certains moments, Jean Valjean souffrait tant qu'il devenait puéril. C'est le propre de la douleur de faire reparaître le côté enfant de l'homme. Il sentait invinciblement que Cosette lui échappait. Il eût voulu lutter, la retenir, l'enthousiasmer par quelque chose d'extérieur et d'éclatant. Ces idées, puériles, nous venons de le dire, et en même temps séniles, lui donnèrent, par leur enfantillage même, une notion assez juste de l'influence de la passementerie sur l'imagination des jeunes filles. Il lui arriva une fois de voir passer dans la rue un général à cheval en grand uniforme, le comte Coutard, commandant de Paris. Il envia cet homme doré; il se dit quel bonheur ce serait de pouvoir mettre cet habit-là qui était une chose incontestable, que si Cosette le voyait ainsi, cela l'éblouirait, que lorsqu'il donnerait le bras à Cosette et qu'il passerait devant la grille des Tuileries, on lui présenterait les armes, et que cela suffirait à Cosette et lui ôterait l'idée de regarder les jeunes gens.
Une secousse inattendue vint se mêler à ces pensées tristes.
Dans la vie isolée qu'ils menaient, et depuis qu'ils étaient venus se loger rue Plumet, ils avaient une habitude. Ils faisaient quelquefois la partie de plaisir d'aller voir se lever le soleil, genre de joie douce qui convient à ceux qui entrent dans la vie et à ceux qui en sortent.
Se promener de grand matin, pour qui aime la solitude, équivaut à se promener la nuit, avec la gaîté de la nature de plus. Les rues sont désertes, et les oiseaux chantent. Cosette, oiseau elle-même, s'éveillait volontiers de bonne heure. Ces excursions matinales se préparaient la veille. Il proposait, elle acceptait. Cela s'arrangeait comme un complot, on sortait avant le jour, et c'était autant de petits bonheurs pour Cosette. Ces excentricités innocentes plaisent à la jeunesse.
La pente de Jean Valjean était, on le sait, d'aller aux endroits peu fréquentés, aux recoins solitaires, aux lieux d'oubli. Il y avait alors aux environs des barrières de Paris des espèces de champs pauvres, presque mêlés à la ville, où il poussait, l'été, un blé maigre, et qui, l'automne, après la récolte faite, n'avaient pas l'air moissonnés, mais pelés. Jean Valjean les hantait avec prédilection. Cosette ne s'y ennuyait point. C'était la solitude pour lui, la liberté pour elle. Là, elle redevenait petite fille, elle pouvait courir et presque jouer, elle ôtait son chapeau, le posait sur les genoux de Jean Valjean, et cueillait des bouquets. Elle regardait les papillons sur les fleurs, mais ne les prenait pas; les mansuétudes et les attendrissements naissent avec l'amour, et la jeune fille, qui a en elle un idéal tremblant et fragile, a pitié de l'aile du papillon. Elle tressait en guirlandes des coquelicots qu'elle mettait sur sa tête, et qui, traversés et pénétrés de soleil, empourprés jusqu'au flamboiement, faisaient à ce frais visage rose une couronne de braises.
Même après que leur vie avait été attristée, ils avaient conservé leur habitude de promenades matinales.
Donc un matin d'octobre, tentés par la sérénité parfaite de l'automne de 1831, ils étaient sortis, et ils se trouvaient au petit jour près de la barrière du Maine. Ce n'était pas l'aurore, c'était l'aube; minute ravissante et farouche. Quelques constellations çà et là dans l'azur pâle et profond, la terre toute noire, le ciel tout blanc, un frisson dans les brins d'herbe, partout le mystérieux saisissement du crépuscule. Une alouette, qui semblait mêlée aux étoiles, chantait à une hauteur prodigieuse, et l'on eût dit que cet hymne de la petitesse à l'infini calmait l'immensité. À l'orient, le Val-de-Grâce découpait, sur l'horizon clair d'une clarté d'acier, sa masse obscure; Vénus éblouissante montait derrière ce dôme et avait l'air d'une âme qui s'évade d'un édifice ténébreux.
Tout était paix et silence; personne sur la chaussée; dans les bas côtés, quelques rares ouvriers, à peine entrevus, se rendant à leur travail.
Jean Valjean s'était assis dans la contre-allée sur des charpentes déposées à la porte d'un chantier. Il avait le visage tourné vers la route, et le dos tourné au jour; il oubliait le soleil qui allait se lever; il était tombé dans une de ces absorptions profondes où tout l'esprit se concentre, qui emprisonnent même le regard et qui équivalent à quatre murs. Il y a des méditations qu'on pourrait nommer verticales; quand on est au fond, il faut du temps pour revenir sur la terre. Jean Valjean était descendu dans une de ces songeries-là. Il pensait à Cosette, au bonheur possible si rien ne se mettait entre elle et lui, à cette lumière dont elle remplissait sa vie, lumière qui était la respiration de son âme. Il était presque heureux dans cette rêverie. Cosette, debout près de lui, regardait les nuages devenir roses.
Tout à coup, Cosette s'écria: Père, on dirait qu'on vient là-bas. Jean Valjean leva les yeux.
Cosette avait raison.
La chaussée qui mène à l'ancienne barrière du Maine prolonge, comme on sait, la rue de Sèvres, et est coupée à angle droit par le boulevard intérieur. Au coude de la chaussée et du boulevard, à l'endroit où se fait l'embranchement, on entendait un bruit difficile à expliquer à pareille heure, et une sorte d'encombrement confus apparaissait. On ne sait quoi d'informe, qui venait du boulevard, entrait dans la chaussée.
Cela grandissait, cela semblait se mouvoir avec ordre, pourtant c'était hérissé et frémissant; cela semblait une voiture, mais on n'en pouvait distinguer le chargement. Il y avait des chevaux, des roues, des cris; des fouets claquaient. Par degrés les linéaments se fixèrent, quoique noyés de ténèbres. C'était une voiture, en effet, qui venait de tourner du boulevard sur la route et qui se dirigeait vers la barrière près de laquelle était Jean Valjean; une deuxième, du même aspect, la suivit, puis une troisième, puis une quatrième; sept chariots débouchèrent successivement, la tête des chevaux touchant l'arrière des voitures. Des silhouettes s'agitaient sur ces chariots, on voyait des étincelles dans le crépuscule comme s'il y avait des sabres nus, on entendait un cliquetis qui ressemblait à des chaînes remuées, cela avançait, les voix grossissaient, et c'était une chose formidable comme il en sort de la caverne des songes.
En approchant, cela prit forme, et s'ébaucha derrière les arbres avec le blêmissement de l'apparition; la masse blanchit; le jour qui se levait peu à peu plaquait une lueur blafarde sur ce fourmillement à la fois sépulcral et vivant, les têtes de silhouettes devinrent des faces de cadavres, et voici ce que c'était:
Sept voitures marchaient à la file sur la route. Les six premières avaient une structure singulière. Elles ressemblaient à des haquets de tonneliers; c'étaient des espèces de longues échelles posées sur deux roues et formant brancard à leur extrémité antérieure. Chaque haquet, disons mieux, chaque échelle était attelée de quatre chevaux bout à bout. Sur ces échelles étaient traînées d'étranges grappes d'hommes. Dans le peu de jour qu'il faisait, on ne voyait pas ces hommes; on les devinait. Vingt-quatre sur chaque voiture, douze de chaque côté, adossés les uns aux autres, faisant face aux passants, les jambes dans le vide, ces hommes cheminaient ainsi; et ils avaient derrière le dos quelque chose qui sonnait et qui était une chaîne et au cou quelque chose qui brillait et qui était un carcan. Chacun avait son carcan, mais la chaîne était pour tous; de façon que ces vingt-quatre hommes, s'il leur arrivait de descendre du haquet et de marcher, étaient saisis par une sorte d'unité inexorable et devaient serpenter sur le sol avec la chaîne pour vertèbre à peu près comme le mille-pieds. À l'avant et à l'arrière de chaque voiture, deux hommes, armés de fusils, se tenaient debout, ayant chacun une des extrémités de la chaîne sous son pied. Les carcans étaient carrés. La septième voiture, vaste fourgon à ridelles, mais sans capote, avait quatre roues et six chevaux, et portait un tas sonore de chaudières de fer, de marmites de fonte, de réchauds et de chaînes, où étaient mêlés quelques hommes garrottés et couchés tout de leur long, qui paraissaient malades. Ce fourgon, tout à claire-voie, était garni de claies délabrées qui semblaient avoir servi aux vieux supplices.
Ces voitures tenaient le milieu du pavé. Des deux côtés marchaient en double haie des gardes d'un aspect infâme, coiffés de tricornes claques comme les soldats du Directoire, tachés, troués, sordides, affublés d'uniformes d'invalides et de pantalons de croque-morts, mi-partis gris et bleus, presque en lambeaux, avec des épaulettes rouges, des bandoulières jaunes, des coupe-choux, des fusils et des bâtons; espèces de soldats goujats. Ces sbires semblaient composés de l'abjection du mendiant et de l'autorité du bourreau. Celui qui paraissait leur chef tenait à la main un fouet de poste. Tous ces détails, estompés par le crépuscule, se dessinaient de plus en plus dans le jour grandissant. En tête et en queue du convoi, marchaient des gendarmes à cheval, graves, le sabre au poing.
Ce cortège était si long qu'au moment où la première voiture atteignait la barrière, la dernière débouchait à peine du boulevard.
Une foule, sortie on ne sait d'où et formée en un clin d'œil, comme cela est fréquent à Paris, se pressait des deux côtés de la chaussée et regardait. On entendait dans les ruelles voisines des cris de gens qui s'appelaient et les sabots des maraîchers qui accouraient pour voir.
Les hommes entassés sur les haquets se laissaient cahoter en silence. Ils étaient livides du frisson du matin. Ils avaient tous des pantalons de toile et les pieds nus dans des sabots. Le reste du costume était à la fantaisie de la misère. Leurs accoutrements étaient hideusement disparates; rien n'est plus funèbre que l'arlequin des guenilles. Feutres défoncés, casquettes goudronnées, d'affreux bonnets de laine, et, près du bourgeron, l'habit noir crevé aux coudes; plusieurs avaient des chapeaux de femme; d'autres étaient coiffés d'un panier; on voyait des poitrines velues, et à travers les déchirures des vêtements on distinguait des tatouages, des temples de l'amour, des cœurs enflammés, des Cupidons. On apercevait aussi des dartres et des rougeurs malsaines. Deux ou trois avaient une corde de paille fixée aux traverses du haquet, et suspendue au-dessous d'eux comme un étrier, qui leur soutenait les pieds. L'un d'eux tenait à la main et portait à sa bouche quelque chose qui avait l'air d'une pierre noire et qu'il semblait mordre; c'était du pain qu'il mangeait. Il n'y avait là que des yeux secs, éteints, ou lumineux d'une mauvaise lumière. La troupe d'escorte maugréait, les enchaînés ne soufflaient pas; de temps en temps on entendait le bruit d'un coup de bâton sur les omoplates ou sur les têtes; quelques-uns de ces hommes bâillaient; les haillons étaient terribles; les pieds pendaient, les épaules oscillaient; les têtes s'entre-heurtaient, les fers tintaient, les prunelles flambaient férocement, les poings se crispaient ou s'ouvraient inertes comme des mains de morts; derrière le convoi, une troupe d'enfants éclatait de rire.
Cette file de voitures, quelle qu'elle fût, était lugubre. Il était évident que demain, que dans une heure, une averse pouvait éclater, qu'elle serait suivie d'une autre, et d'une autre, et que les vêtements délabrés seraient traversés, qu'une fois mouillés, ces hommes ne se sécheraient plus, qu'une fois glacés, ils ne se réchaufferaient plus, que leurs pantalons de toile seraient collés par l'ondée sur leurs os, que l'eau emplirait leurs sabots, que les coups de fouet ne pourraient empêcher le claquement des mâchoires, que la chaîne continuerait de les tenir par le cou, que leurs pieds continueraient de pendre; et il était impossible de ne pas frémir en voyant ces créatures humaines liées ainsi et passives sous les froides nuées d'automne, et livrées à la pluie, à la bise, à toutes les furies de l'air, comme des arbres et comme des pierres.
Les coups de bâton n'épargnaient pas même les malades, qui gisaient noués de cordes et sans mouvement sur la septième voiture et qu'on semblait avoir jetés là comme des sacs pleins de misère.
Brusquement, le soleil parut; l'immense rayon de l'orient jaillit, et l'on eût dit qu'il mettait le feu à toutes ces têtes farouches. Les langues se délièrent; un incendie de ricanements, de jurements et de chansons fit explosion. La large lumière horizontale coupa en deux toute la file, illuminant les têtes et les torses, laissant les pieds et les roues dans l'obscurité. Les pensées apparurent sur les visages; ce moment fut épouvantable; des démons visibles, à masques tombés, des âmes féroces toutes nues. Éclairée, cette cohue resta ténébreuse. Quelques-uns, gais, avaient à la bouche des tuyaux de plume d'où ils soufflaient de la vermine sur la foule, choisissant les femmes; l'aurore accentuait par la noirceur des ombres ces profils lamentables; pas un de ces êtres qui ne fût difforme à force de misère; et c'était si monstrueux qu'on eût dit que cela changeait la clarté du soleil en lueur d'éclair. La voiturée qui ouvrait le cortège avait entonné et psalmodiait à tue-tête avec une jovialité hagarde un pot-pourri de Désaugiers, alors fameux, la Vestale, les arbres frémissaient lugubrement; dans les contre-allées, des faces de bourgeois écoutaient avec une béatitude idiote ces gaudrioles chantées par des spectres.
Toutes les détresses étaient dans ce cortège comme un chaos; il y avait là l'angle facial de toutes les bêtes, des vieillards, des adolescents, des crânes nus, des barbes grises, des monstruosités cyniques, des résignations hargneuses, des rictus sauvages, des attitudes insensées, des groins coiffés de casquettes, des espèces de têtes de jeunes filles avec des tire-bouchons sur les tempes, des visages enfantins et, à cause de cela, horribles, de maigres faces de squelettes auxquelles il ne manquait que la mort. On voyait sur la première voiture un nègre, qui, peut-être, avait été esclave et qui pouvait comparer les chaînes. L'effrayant niveau d'en bas, la honte, avait passé sur ces fronts; à ce degré d'abaissement, les dernières transformations étaient subies par tous dans les dernières profondeurs; et l'ignorance changée en hébétement était l'égale de l'intelligence, changée en désespoir. Pas de choix possible entre ces hommes qui apparaissaient aux regards comme l'élite de la boue. Il était clair que l'ordonnateur quelconque de cette procession immonde ne les avait pas classés. Ces êtres avaient été liés et accouplés pêle-mêle, dans le désordre alphabétique probablement, et chargés au hasard sur ces voitures. Cependant des horreurs groupées finissent toujours par dégager une résultante; toute addition de malheureux donne un total; il sortait de chaque chaîne une âme commune, et chaque charretée avait sa physionomie. À côté de celle qui chantait, il y en avait une qui hurlait; une troisième mendiait; on en voyait une qui grinçait des dents; une autre menaçait les passants, une autre blasphémait Dieu; la dernière se taisait comme la tombe. Dante eût cru voir les sept cercles de l'enfer en marche.
Marche des damnations vers les supplices, faite sinistrement, non sur le formidable char fulgurant de l'Apocalypse mais, chose plus sombre, sur la charrette des gémonies.
Un des gardes, qui avait un crochet au bout de son bâton, faisait de temps en temps mine de remuer ces tas d'ordure humains. Une vieille femme dans la foule les montrait du doigt à un petit garçon de cinq ans, et lui disait: Gredin, cela t'apprendra!
Comme les chants et les blasphèmes grossissaient, celui qui semblait le capitaine de l'escorte fit claquer son fouet, et, à ce signal, une effroyable bastonnade sourde et aveugle qui faisait le bruit de la grêle tomba sur les sept voiturées; beaucoup rugirent et écumèrent; ce qui redoubla la joie des gamins accourus, nuée de mouches sur ces plaies.
L'œil de Jean Valjean était devenu effrayant. Ce n'était plus une prunelle; c'était cette vitre profonde qui remplace le regard chez certains infortunés, qui semble inconsciente de la réalité, et où flamboie la réverbération des épouvantes et des catastrophes. Il ne regardait pas un spectacle; il subissait une vision. Il voulut se lever, fuir, échapper; il ne put remuer un pied. Quelquefois les choses qu'on voit vous saisissent et vous tiennent. Il demeura cloué, pétrifié, stupide, se demandant, à travers une confuse angoisse inexprimable, ce que signifiait cette persécution sépulcrale, et d'où sortait ce pandémonium qui le poursuivait. Tout à coup il porta la main à son front, geste habituel de ceux auxquels la mémoire revient subitement; il se souvint que c'était là l'itinéraire en effet, que ce détour était d'usage pour éviter les rencontres royales toujours possibles sur la route de Fontainebleau, et que, trente-cinq ans auparavant, il avait passé par cette barrière-là.
Cosette, autrement épouvantée, ne l'était pas moins. Elle ne comprenait pas; le souffle lui manquait; ce qu'elle voyait ne lui semblait pas possible; enfin elle s'écria:
—Père! qu'est-ce qu'il y a donc dans ces voitures-là?
Jean Valjean répondit:
—Des forçats.
—Où donc est-ce qu'ils vont?
—Aux galères.
En ce moment la bastonnade, multipliée par cent mains, fit du zèle, les coups de plat de sabre s'en mêlèrent, ce fut comme une rage de fouets et de bâtons; les galériens se courbèrent, une obéissance hideuse se dégagea du supplice, et tous se turent avec des regards de loups enchaînés. Cosette tremblait de tous ses membres; elle reprit:
—Père, est-ce que ce sont encore des hommes?
—Quelquefois, dit le misérable.
C'était la Chaîne en effet qui, partie avant le jour de Bicêtre, prenait la route du Mans pour éviter Fontainebleau où était alors le roi. Ce détour faisait durer l'épouvantable voyage trois ou quatre jours de plus; mais, pour épargner à la personne royale la vue d'un supplice, on peut bien le prolonger.
Jean Valjean rentra accablé. De telles rencontres sont des chocs et le souvenir qu'elles laissent ressemble à un ébranlement.
Pourtant Jean Valjean, en regagnant avec Cosette la rue de Babylone, ne remarqua point qu'elle lui fît d'autres questions au sujet de ce qu'ils venaient de voir; peut-être était-il trop absorbé lui-même dans son accablement pour percevoir ses paroles et pour lui répondre. Seulement le soir, comme Cosette le quittait pour s'aller coucher, il l'entendit qui disait à demi-voix et comme se parlant à elle-même:—Il me semble que si je trouvais sur mon chemin un de ces hommes-là, ô mon Dieu, je mourrais rien que de le voir de près!
Heureusement le hasard fit que le lendemain de ce jour tragique il y eut, à propos de je ne sais plus quelle solennité officielle, des fêtes dans Paris, revue au Champ de Mars, joutes sur la Seine, théâtres aux Champs-Élysées, feu d'artifice à l'Étoile, illuminations partout. Jean Valjean, faisant violence à ses habitudes, conduisit Cosette à ces réjouissances, afin de la distraire du souvenir de la veille et d'effacer sous le riant tumulte de tout Paris la chose abominable qui avait passé devant elle. La revue, qui assaisonnait la fête, faisait toute naturelle la circulation des uniformes; Jean Valjean mit son habit de garde national avec le vague sentiment intérieur d'un homme qui se réfugie. Du reste, le but de cette promenade sembla atteint. Cosette, qui se faisait une loi de complaire à son père et pour qui d'ailleurs tout spectacle était nouveau, accepta la distraction avec la bonne grâce facile et légère de l'adolescence, et ne fit pas une moue trop dédaigneuse devant cette gamelle de joie qu'on appelle une fête publique; si bien que Jean Valjean put croire qu'il avait réussi, et qu'il ne restait plus trace de la hideuse vision.
Quelques jours après, un matin, comme il faisait beau soleil et qu'ils étaient tous deux sur le perron du jardin, autre infraction aux règles que semblait s'être imposées Jean Valjean, et à l'habitude de rester dans sa chambre que la tristesse avait fait prendre à Cosette, Cosette, en peignoir, se tenait debout dans ce négligé de la première heure qui enveloppe adorablement les jeunes filles et qui a l'air du nuage sur l'astre; et, la tête dans la lumière, rose d'avoir bien dormi, regardée doucement par le bonhomme attendri, elle effeuillait une pâquerette. Cosette ignorait la ravissante légende je t'aime, un peu, passionnément, etc.; qui la lui eût apprise? Elle maniait cette fleur, d'instinct, innocemment, sans se douter qu'effeuiller une pâquerette, c'est éplucher un cœur. S'il y avait une quatrième Grâce appelée la Mélancolie, et souriante, elle eût eu l'air de cette Grâce-là. Jean Valjean était fasciné par la contemplation de ces petits doigts sur cette fleur, oubliant tout dans le rayonnement que cette enfant avait. Un rouge-gorge chuchotait dans la broussaille d'à côté. Des nuées blanches traversaient le ciel si gaîment qu'on eût dit qu'elles venaient d'être mises en liberté. Cosette continuait d'effeuiller sa fleur attentivement; elle semblait songer à quelque chose; mais cela devait être charmant; tout à coup elle tourna la tête sur son épaule avec la lenteur délicate du cygne, et dit à Jean Valjean: Père, qu'est-ce que c'est donc que cela, les galères?
ふたりのうちでより多く不幸な方はと言えば、それはジャン・ヴァルジャンであった。青春の間は悲嘆のうちにあっても常に独特な光輝を有するものである。
おりおりジャン・ヴァルジャンはひどく心を苦しめて子供のようになることがあった。人の子供らしい半面を現わさせるのは、悲痛の特色である。彼はコゼットが自分から逃げ出そうとしているという感じを打ち消すことができなかった。彼はそれと争い、彼女を引き止め、何か花々しい外部的なことで彼女を心酔させようとした。そういう考えは、今言ったとおり子供らしいものであり、また同時に老人らしいものであるが、彼はかえってその幼稚さのために、金モールが若い娘の想像力におよぼす力をかなりよくさとった。彼はある時偶然に、パリーの司令官たる伯爵クータール将軍が、正装をして馬上で街路を通るのを見た。彼はその金ぴかで飾られてる人をうらやんだ、そして自ら言った。「一点の非もないあのりっぱな服をつけることができたらどんなにか幸福であろう。自分があんな様子をしてるところをコゼットに見せたら、彼女はそれに心を奪われてしまうだろう。そしてコゼットに腕を貸してテュイルリー宮殿の門の前を通ったら、兵士らは自分に捧げ銃をしてくれるだろう。それでコゼットにはもう十分で、若い男などに目をつけるというような考えをなくしてしまうだろう。」
ところがそういう悲しい考えに沈んでいるうちに、思いがけない打撃が起こってきた。
ふたりが送っていた孤独な生活のうちに、プリューメ街に住むようになってから、一つ習慣ができてきた。彼らは時々、日の出を見に行くために野遊びをやった。それこそ、世に出でんとする者と世を去らんとする者とにふさわしい穏やかな楽しみであった。
早朝の散歩は、寂寞を好む者にとっては、夜間の散歩と同じであり、しかも自然の快活を添加したものである。往来には人影もなく、しかも小鳥は歌っている。自身小鳥のようなコゼットは、好んで朝早く目をさました。朝の散歩はいつも前日から計画された。彼が言い出すと彼女が同意した。何か大事件のように手はずを定めて、二人は夜明け前に出かけたが、それがコゼットには楽しみだった。そういう事かわった無邪気なことは青春時代には喜ばしいことである。
読者の知る通りジャン・ヴァルジャンは、人の少ない所、寂しい片すみ、世に知られない場所などに、足を向けるのが癖だった。当時パリーの市門の近くには、市街と交錯した貧しい畑地があって、夏にはやせた麦が伸び、秋には収穫がすんだ後、刈り取られたというよりも皮をはがれたようなありさまをしていた。ジャン・ヴァルジャンは好んでそういう所へ行った。コゼットもそこを少しもいとわなかった。それは彼にとっては寂寞であり、彼女にとっては自由であった。そこで彼女は再び少女に戻り、走り回ったり嬉戯したりまでして、帽子をぬぎ、それをジャン・ヴァルジャンの膝の上に置き、そして花を摘んだ。彼女は花の上にとまってる蝶をながめたが、それを捕えはしなかった。やさしみとあわれみとは恋とともに生まれる。うち震うもろい理想を心にいだく若い娘は、蝶の翼にも情けをかける。美人草の花輪をつくって頭にのせると、日の光が縦横にさし込んで、燃えるように真紅になり、彼女の薔薇色の清々しい顔に炎の冠をかぶせるのであった。
ふたりの生活が悲しみの中に沈んだ後も、彼らはなおその早朝の散歩の習慣を続けていた。
そして十月のある朝、一八三一年の秋の深い清朗さに誘われて、二人は家を出で、朝早くメーヌ市門のほとりにやって行った。まだ日の出の頃ではなくて払暁の頃で、快いしかも荒々しい時刻であった。白みがかった深い青空には五、六の星座がそこここに点在し、地はまっ黒であり、空はほの白く、草の葉にはかすかな震えがあって、至るところに黎明の神秘な戦慄があった。星と交わるような雲雀が一つ、非常な高い所で歌っていて、その小さなものが無窮に向かって発する賛歌は広大無辺の空間を静めてるかのようであった。東の方にはヴァル・ド・グラース病院の建物が、刃物のような光のある地平線の上に、暗いがっしりした姿を浮き出さしていて、その丸屋根の向こうにはひらめく暁の明星がかかっていて、まっくらな伽藍からぬけ出してきた霊魂のようであった。
すべては平和で静まり返っていた。大道には人影もなく、ただ下手の方に、仕事に出かける一、二の労働者の姿がぼんやり見えていた。
ジャン・ヴァルジャンは側道のうちに、建築材置き場の門の所に置いてある木材の上に腰をおろしていた。彼は顔を往来の方に向け、背中を東に向けていた。そしてやがて出ようとする太陽のことも忘れ、精神は頭に集まって物も見ずあたかも四壁に囲まれたにも等しい深い沈思のうちに陥っていた。およそ瞑想のうちには垂直な瞑想とも称し得べきものがある。その底に陥ると再び地上に戻るには時間を要する。ジャン・ヴァルジャンはちょうどそういう夢想のうちに陥っていた。コゼットのこと、彼女と自分との間に何物もはいってこなければ幸福が長く続くであろうこと、彼女が自分の生命のうちにみなぎらしてくれる光明、自分の魂の呼吸たる光明のこと、それらを彼は考えていた。彼はその夢想のうちにほとんど幸福であった。コゼットは彼のそばに立って、薔薇色に染められてゆく雲をながめていた。
突然コゼットは声をたてた、「お父様、だれか向こうに来るようです。」ジャン・ヴァルジャンは目をあげた。
コゼットの言うとおりだった。
昔のメーヌ市門へ通ずる大道は、人の知る通り、セーヴル街を延長して、郭内の大通りと直角に交わっている。その大道と大通りとの角、交差点をなしてる所に、早朝にはいぶかしい響きがして、入り乱れた混雑の様が現われてきた。何ともわからない変なかっこうのものが、大通りから大道の方へ進んできた。
それはしだいに大きくなって、秩序を立てて進んでるようだったが、それでも角立って動揺していた。馬車のようでもあったが、積み荷は何やらわからなかった。馬と車輪と叫び声とが聞こえて、鞭の音も響いていた。そのうちに、闇の中にまだのまれてはいたが輪郭がしだいにはっきりしてきた。果たして一つの馬車であって、大通りから大道へ曲がって、ジャン・ヴァルジャンの近くの市門の方へ進んできた。第一のものの次には同じような第二のものがやってきて、それから第三第四と続いていて、七つの馬車が、馬の頭は前の車に接するくらいになって相次いで現われた。それらの車の上には人の形が動いていた。黎明の明るみのうちに透かし見ると、抜き身のサーベルらしいひらめきも見え、鉄の鎖を動かしてるような響きも聞こえた。それがしだいに進んでき、人声が高くなった。ちょうど夢の洞穴からでも出てきたような恐ろしいものだった。
近づくにつれてそれははっきりした形となり、幽霊のような青い色をして並み木の向こうに浮き出してきた。全体がほの白く見えてきた。しだいに明け渡ってきた日の光は、その死物のようで同時にいきいきした一群の上に青白い光を投げて、人の頭らしい形のものは死骸の頭のように見えてきた。それは次のようなものであった。
七つの馬車が一列をなして大道の上を進んでいた。初めの六つは異様な構造だった。ちょうど樽屋の運搬車のようなもので、二つの車輪の上に長い梯子を渡してその前端を轅にしたものだった。各馬車には、というよりむしろ各梯子には、相接した四頭の馬がつけられていた。梯子の上には不思議な一群の人が並んでいた。まだ薄暗い明るみの中では、人の形ははっきり見えなくてただそれと察せられるばかりだった。各馬車の上には二十四人の男がいて、両側に十二人ずつ並び、互いに背を向け合って、外の方へ顔を向け、足をぶら下げ、そのまま運ばれていた。その背中には何か音のするものがついていたが、それは鉄の鎖であり、首には何か光るものがついていたが、それは鉄の首輪であった。首輪はひとりに一つずつだったが、鎖は皆に共通だった。それでこの二十四人の男は、馬車からおりて歩くようなことになれば、同一のものに無理に縛られ、鉄の鎖を背骨としてほとんど百足虫のように地上をはい回らねばならなかった。各馬車の前後には銃を持ったふたりの男が立っていて、鎖の両端を足下にふまえていた。鉄の首輪は四角なものだった。第七の馬車は、側欄がついて幌がない広い荷車で、四つの車輪と六頭の馬とを持っており、鉄の釜や鋳物の鍋や鉄火鉢や鉄鎖など音のする荷物を積んで、中には病人らしい数人の男が縛られたまま長く寝ていた。荷車は中まで透かし見られて、昔は責め道具に使ったらしいこわれかかった簀子が張られていた。
それらの車はみな舗石道のまんなかを進んでいた。両側にはいやしい様子をした衛兵が二重の垣を作って歩いていた。彼らは皆執政内閣時代の兵士のように三角帽をかぶり、汚点と破れ目とがあり不潔で、老廃兵のような軍服と死体運搬人のようなズボンをまとい、半分は灰色で半分は青く、ほとんどぼろを着てるようで、その上赤い肩章をつけ、黄色い負い皮をつけ、剣と銃と棒とを持っていた。まったく兵士の無頼漢ともいうべき類いだった。あたかもそれらの護衛兵は、乞食の卑賤と死刑執行人の権威とを兼ねそなえてるかのようだった。その隊長とも見える男は、御者の鞭を手に持っていた。すべてそれらのものは、初め薄ら明るみにくらまされていたが、明るくなるにつれてしだいにはっきりしてきた。列の先頭と後部には、サーベルを手にしていかめしい騎馬の憲兵が進んでいた。
その行列はかなり長くて、第一の馬車が市門に達する時、最後の馬車はようやく大通りに現われたくらいだった。
パリーではよく見らるるとおり、どこからともなく出てきてすぐに大勢になる群集が、大道の両側に押し重なってながめていた。付近の小路には、呼びかわす人々の声や見物に駆けつけてゆく野菜作りの木靴の音などが聞えた。
車の上に積まれた者らは、黙って車の動揺に身を任していた。彼らは朝の冷気にまっさおな顔をしていた。皆麻のズボンをはき、素足のまま木靴をはいていた。その他の服装はまったく悲惨のきわみだった。その衣服は見るもいやなほど乱雑であった。およそ破れさけた道化服ほど無気味なものはない。破れた毛帽、瀝青を塗った庇帽、恐ろしいきたない毛織りの頭巾帽、それから短い仕事着や肱のぬけた黒い上衣、多くは婦人用の帽子をかぶり、またある者は籠をかぶり、毛深い胸が現われており、着物の破れ目からは、恋の殿堂や炎を出してる心臓やキューピッドなどの文身が見えていた。また発疹や病的な赤い斑点なども見えていた。二、三人の者は、車の横木に繩を結わえてそれを鐙みたいに下にたらし、その上に足を休めていた。ひとりの男は、何か黒い石のようなものを手にして、それを口の所へ持ってゆき、ちょうどかみついてるようだった。パンを食ってるのだった。彼らの目は皆、乾燥し光を失い、あるいは凶悪な光に輝いていた。警護の者らはどなっていた。鎖につながれた者らは深く静まり返っていた。時々、肩や頭を棒でなぐる音が聞こえた。ある者は欠伸をしていた。そのぼろは見るも恐ろしかった。両足は下にたれ、肩は震えていた。頭は互いにぶっつかり合い、鉄の刑具は音を立て、瞳は獰猛な色に燃え、手は痙攣的に握りしめられ、あるいは死人のようにだらりと開いていた。行列の後ろには、一群の子供がはやしたてながらついて行った。
その馬車の行列は、とにかく見るも痛ましかった。明日にもなれば、またはもう一時間もすれば、驟雨が襲うかも知れないし、それからまた続いて何度もやって来るかも知れなかった。そうすれば彼らの破れ裂けた着物には雨が通り、一度身体がぬるればもう再びかわくことはなく、一度凍ゆればもう再びあたたまることはなく、麻のズボンは雨のために足の骨にからみつき、水は木靴にいっぱいになり、いかに鞭で打たれても両顎の震えは止まらず、絶えず首筋は鎖につなぎ止められ、足は絶えずたれ下がっているだろう。そして、かくいっしょに縛られ、秋の冷たい暗雲の下に黙然として、樹木のごとくまた石ころのごとく、雨や風やあらゆる狂暴な嵐に身を任している、それらの人間を見ては、慄然たらざるを得なかった。
七番目の馬車の上に、縛り上げられて身動きもしないで横たわり、悲惨をいっぱいつめこんだ袋のようにそこに投げ出されたかと思える病人らさえ、棒で打たれることを免れなかった。
突然太陽が地平に現われてきた。旭日の広大なる光はほとばしって、それら荒々しい者どもの頭に火をつけたかのようだった。舌の根はゆるみ、冷笑や罵詈や歌声までが大火のように爆発した。ま横からさす広い光線は、行列を二つに区分して、頭と胴とを照らし、足と車輪とを影のうちに残した。頭の中の考えは顔つきの上に現われてきた。恐怖すべき瞬間だった。仮面をはずした目に見える悪魔どもであり、赤裸になった獰猛な魂らであった。光に照らされながら、その一群はなお闇の中にいた。中に元気な者らは、羽軸を口にくわえて、群集ことに女を選んで、毒舌を吹きかけた。夜明けの光は、彼らの痛むべき横顔に黒い影を添えてきわ立たしていた。ひとりとして悲惨のためにゆがめられていないものはなかった。その恐ろしさは、太陽の輝きをも電光に変えるかと思われるほどだった。先頭に道を開いていた馬車の一群は、当時有名なデゾージエの雑曲ヴェスタの巫女を、粗暴な元気さで大声に調子を取って吟じ出した。並み木は痛ましげに震えていた。側道に集まってる市民らは、白痴のようにぼんやりして、怪物どもの歌う下等な歌を聞いていた。
あらゆる惨状が雑然として行列の中にあった。あらゆる動物の面相があった。老人、青年、禿頭、半白の髯、皮肉な異様な相貌、荒々しいあきらめの顔、野蛮な口つき、常規を逸した態度、庇帽をかぶった顔つき、顳
の上に縮れ毛のある若い娘の頭らしいもの、子供らしいのでかえって恐ろしい顔つき、ようやく命を保ってるだけの骸骨のようなやせた顔。また第一の馬車には黒人がひとりいたが、おそらく以前は奴隷だったろう、そして今奴隷の鎖とその鎖とを比較し得たに違いない。恐るべき最下層の底をなす汚辱は、彼らの額に現われていた。そしてかかるどん底への沈淪において、最後の深みに陥ってる彼らは最後の変容を受けていた。愚蒙に変じた無知は絶望に変じた知力と同等だった。泥濘の精とも見えるそれらの者共のうちには、だれ彼の差別をつけることはできなかった。その不潔な行列を指導する者も明らかに、彼らを分類してはいなかった。彼らは区別なくいっしょにつなぎ合わされて、おそらくいろは順などにもとん着なく無造作に並べられ、無茶苦茶に車の上に積まれていた。けれども、嫌悪すべきものもこれを多く集むる時には、ついに一種の結合の力を生ずるのが常である。不幸なるものもこれを加算する時には、一つの総計が出てくるものである。各鎖からは共通な魂が現われ、各馬車にはそれぞれの相貌があった。歌を歌ってる馬車の次には、怒号してる馬車があった。第三の馬車は哀願していた。歯がみをしてる馬車も一つ見られた。また一つは通行人を脅かし、も一つは神をののしっていた。最後のものは墓のように沈黙していた。ダンテがそれを見たならば、地獄の七界が動き出してるのだと思ったであろう。
永劫の罰を被った者らがその苦難の場所に向かって惨憺たる進行を続けるのは、黙示録にあるような炎を発する恐るべき車に乗ってではなくして、いっそう陰惨なることには、死体陳列の梯子を具えた車に乗って行くのである。
警護の兵士のひとりは、先に鈎のついた棒を持っていて、時々その人間の塵芥溜をかき回そうとするような顔つきをした。群集の中にあったひとりの老婆は、五歳ばかりの小さな男の子にその方をさし示して言った、「おい、あれをよく見とくがいいよ!」
歌の声やののしる声がひどくなると、警護の隊長らしい者が鞭を鳴らした。するとそれを合い図にして、耳を聾し目をくらますほどの恐ろしい殴打は、雹の降るような音を立てて七つの馬車の上に浴びせられた。多くの者はうなって口から泡を吹いた。傷口にたかる蠅の群れのように集まってきた浮浪少年らは、それを見ていっそうはやし立てた。
ジャン・ヴァルジャンの目は恐ろしいありさまに変わっていた。それはもはや眸とさえも言えなかった。ある種の不幸な者に見らるるとおり、普通の目つきと違った奥深いガラス玉で、もはや現実に対する感覚を失い、ただ恐怖と破滅との反映のみが燃え立ってるかと思われるものだった。彼は一つの光景をながめてるのではなく、一つの幻影に見入ってるのだった。彼は立ち上がり、逃げ出し、身を脱しようとした。しかし足はすくんで動かなかった。時とすると、眼前に見える事物はかえってその人をとらえて動かさないことがある。ジャン・ヴァルジャンはそこに釘付けにされ、化石したようになり、惘然[#ルビの「ぼうぜん」は底本では「ばうぜん」]として、名状し難い一種の雑然たる苦悶を通して、自ら尋ねた、この死のごとき迫害はいったい何を意味するものであるかと、そして自分を追求してきたこの悪鬼の殿堂はどこから出てきたのであるかと。突然彼は額に手をあてた。にわかに記憶がよみがえってきた者のする身振りである。彼は思い出した、それは実際囚人らが運ばれるのであること、この回り道はフォンテーヌブローの大道ではいつ国王に行き会うかわからないのを避けるために昔から取られてる慣例であること、三十五年前には自分もまたこの市門を通って行ったのであることを。
コゼットの方も、違った意味からではあったが、彼に劣らず恐怖の念をいだいた。彼女には訳がわからなかった。彼女は息さえできないほどになった。眼前に見る光景は世にあり得べからざることのように思えた。がついに彼女は叫んだ。
「お父様、あの車の中にいるのは何でしょう?」
ジャン・ヴァルジャンは答えた。
「囚人だ。」
「どこへ行くんでしょう?」
「徒刑場へ。」
その時、多くの者が、いっせいに打ちおろす殴打はその絶頂に達し、サーベルの平打さえも加えられて、あたかも鞭と棒との暴風雨となった。囚徒らは背をかがめ、呵責の下に恐るべき服従を強いられ、鎖につながれた狼のような目つきをして皆黙ってしまった。コゼットは全身を震わした、そして言った。
「お父様、あれでも人間でしょうか?」
「あゝ、時によっては。」と不幸な老人は答えた。
それは実際一連の刑鎖で、夜明け前にビセートルを発して、当時国王がいたフォンテーヌブローを避けるために、マンの方へ回り道をしてきたのである。そのため、恐るべき旅は二、三日長びくことになった。国王たる者の目にかかる刑罰を見せないためには、その苦痛を長引かせるのも至当のことだとみえる。
ジャン・ヴァルジャンは困憊して家に帰ってきた。そういう遭遇は彼にとっては大きな打撃であり、そのために心に残された思い出は、彼の全身を震盪するかと思われた。
それでもジャン・ヴァルジャンは、コゼットとともにバビローヌ街の方へ戻りながら、ふたりが見たところのものについて彼女がその他に何にも尋ねなかったような気がした。おそらく彼はあまりに困憊のうちに浸りこんでいて、彼女の言葉にも気づかず、彼女に答うることもできなかったのであろう。ただ晩になって、コゼットが彼のもとを去って寝に行く時、彼女が独語のように半ば口の中で言うのを彼は耳にした。「あんな人たちのひとりにでも道で行き合ったら、それこそ私は、近くでその姿を見るだけで気を失ってしまいそうですわ。」
幸いにして偶然にもその悲痛な日の翌日、何の盛典だったか、パリーには非常なにぎわいがあった。練兵場の観兵式、セーヌ川の舟上試合、シャン・ゼリゼー通りの演芸、エトアール広場の花火、その他至る所にイリュミネーションがあった。ジャン・ヴァルジャンはいつもの癖を破って、それらを見にコゼットを連れてゆき、前日の記憶を紛らしてやり、パリー全市のはなやかなどよめきのうちに、彼女の眼前を過った前日の恐ろしいものを打ち消してやろうとした。祝典を飾る観兵式があるために、正服の軍人が往来するのもごく自然らしかった。ジャン・ヴァルジャンは身を隠す者のような気持ちを内心にぼんやり感じながら、国民兵たる自分の軍服をつけた。そしてその散歩の目的はついに達せられたようだった。コゼットはいつも父の意を迎えることばかりしていたし、その上あらゆる光景は彼女にとって物珍しかったので、青春の頃によくあるたやすい気軽な喜びをもってその気晴らしに賛成し、お祭り騒ぎと言われるごった返した遊楽に対してもあまり軽蔑的な渋面を作らなかった。それでジャン・ヴァルジャンは、うまく成功したと思うことができ、あのいとうべき幻の跡はもう少しも残っていないと信ずることができた。
それから数日後、ある朝、日の光の麗わしい時、ふたりは表庭の石段の所に立っていた。これもまた、ジャン・ヴァルジャンが自ら定めたらしい常例に反することであり、悲しみのため室内に閉じこもりがちになったコゼットの習慣に反することであった。その時コゼットは化粧着をまとったままで、若い娘を美妙におおい、星にかかった雲のような趣のある起き出たばかりの淡装で立っていた。そして朝日の光を頭に浴び、眠りの足りた薔薇色の顔をし、心沈める老人からやさしくながめられながら、雛菊の花弁をむしっていた。もとよりコゼットは、あなたを愛する、少しばかり、心をこめて、などと言いながら花弁をむしってゆく、あの楽しい習慣を知ってはいなかった。そんなことを彼女に教える者はだれがいたろう? 彼女はただ本能から他意もなくその花をもてあそんでいたのであって、雛菊の花弁をむしり取ることはすなわち愛情を摘むことだなどとは、夢にも思っていなかった。古の三人の美の女神に加えて第四の憂愁の女神というのがあり、しかもそれがほほえんでいるのだとすれば、彼女はまさしくそれであったろう。ジャン・ヴァルジャンはその花の上の小さな指先に見とれて恍惚となり、その娘から発する光輝のうちにすべてを忘れていた。そばの茂みには一匹の駒鳥が低くささやいていた。白い雲が自由に放たれたかのように楽しく空を渡っていた。コゼットは花弁に心を集めてむしり取っていた。何かを思いふけってるらしかったが、それも楽しいことに違いなかった。と突然彼女は、白鳥のように得も言えぬゆるやかさで頭を肩の上に回らして、ジャン・ヴァルジャンに言った。「お父様、徒刑場とはどんな所でございますか?」
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