目 次
Chapitre I Origine

Pigritia est un mot terrible.
Il engendre un monde, la pègre, lisez: le vol, et un enfer, la pégrenne, lisez: la faim.
Ainsi la paresse est mère.
Elle a un fils, le vol, et une fille, la faim.
Où sommes-nous en ce moment? Dans l'argot.
Qu'est-ce que l'argot? C'est tout à la fois la nation et l'idiome; c'est le vol sous ses deux espèces, peuple et langue.
Lorsqu'il y a trente-quatre ans, le narrateur de cette grave et sombre histoire introduisait au milieu d'un ouvrage écrit dans le même but que celui-ci un voleur parlant argot, il y eut ébahissement et clameur.—Quoi! comment! l'argot? Mais l'argot est affreux! mais c'est la langue des chiourmes, des bagnes, des prisons, de tout ce que la société a de plus abominable! etc., etc., etc.
Nous n'avons jamais compris ce genre d'objections.
Depuis, deux puissants romanciers, dont l'un est un profond observateur du cœur humain, l'autre un intrépide ami du peuple, Balzac et Eugène Sue, ayant fait parler des bandits dans leur langue naturelle comme l'avait fait en 1828 l'auteur du Dernier jour d'un condamné, les mêmes réclamations se sont élevées. On a répété:—Que nous veulent les écrivains avec ce révoltant patois? l'argot est odieux! l'argot fait frémir!
Qui le nie? Sans doute.
Lorsqu'il s'agit de sonder une plaie, un gouffre ou une société, depuis quand est-ce un tort de descendre trop avant, d'aller au fond? Nous avions toujours pensé que c'était quelquefois un acte de courage, et tout au moins une action simple et utile, digne de l'attention sympathique que mérite le devoir accepté et accompli. Ne pas tout explorer, ne pas tout étudier, s'arrêter en chemin, pourquoi? S'arrêter est le fait de la sonde et non du sondeur.
Certes, aller chercher dans les bas-fonds de l'ordre social, là où la terre finit et où la boue commence, fouiller dans ces vagues épaisses, poursuivre, saisir et jeter tout palpitant sur le pavé cet idiome abject qui ruisselle de fange ainsi tiré au jour, ce vocabulaire pustuleux dont chaque mot semble un anneau immonde d'un monstre de la vase et des ténèbres, ce n'est ni une tâche attrayante, ni une tâche aisée. Rien n'est plus lugubre que de contempler ainsi à nu, à la lumière de la pensée, le fourmillement effroyable de l'argot. Il semble en effet que ce soit une sorte d'horrible bête faite pour la nuit qu'on vient d'arracher de son cloaque. On croit voir une affreuse broussaille vivante et hérissée qui tressaille, se meut, s'agite, redemande l'ombre, menace et regarde. Tel mot ressemble à une griffe, tel autre à un œil éteint et sanglant; telle phrase semble remuer comme une pince de crabe. Tout cela vit de cette vitalité hideuse des choses qui se sont organisées dans la désorganisation.
Maintenant, depuis quand l'horreur exclut-elle l'étude? depuis quand la maladie chasse-t-elle le médecin? Se figure-t-on un naturaliste qui refuserait d'étudier la vipère, la chauve-souris, le scorpion, la scolopendre, la tarentule, et qui les rejetterait dans leurs ténèbres en disant: Oh! que c'est laid! Le penseur qui se détournerait de l'argot ressemblerait à un chirurgien qui se détournerait d'un ulcère ou d'une verrue. Ce serait un philologue hésitant à examiner un fait de la langue, un philosophe hésitant à scruter un fait de l'humanité. Car, il faut bien le dire à ceux qui l'ignorent, l'argot est tout ensemble un phénomène littéraire et un résultat social. Qu'est-ce que l'argot proprement dit? L'argot est la langue de la misère.
Ici on peut nous arrêter; on peut généraliser le fait, ce qui est quelquefois une manière de l'atténuer, on peut nous dire que tous les métiers, toutes les professions, on pourrait presque ajouter tous les accidents de la hiérarchie sociale et toutes les formes de l'intelligence, ont leur argot. Le marchand qui dit: Montpellier disponible; Marseille belle qualité, l'agent de change qui dit: report, prime, fin courant, le joueur qui dit: tiers et tout, refait de pique, l'huissier des îles normandes qui dit: l'affieffeur s'arrêtant à son fonds ne peut clâmer les fruits de ce fonds pendant la saisie héréditale des immeubles du renonciateur, le vaudevilliste qui dit: on a égayé l'ours, le comédien qui dit: j'ai fait four, le philosophe qui dit: triplicité phénoménale, le chasseur qui dit: voileci allais, voileci fuyant, le phrénologue qui dit: amativité, combativité, sécrétivité, le fantassin qui dit: ma clarinette, le cavalier qui dit: mon poulet d'Inde, le maître d'armes qui dit: tierce, quarte, rompez, l'imprimeur qui dit: parlons batio, tous, imprimeur, maître d'armes, cavalier, fantassin, phrénologue, chasseur, philosophe, comédien, vaudevilliste, huissier, joueur, agent de change, marchand, parlent argot. Le peintre qui dit: mon rapin, le notaire qui dit: mon saute-ruisseau, le perruquier qui dit: mon commis, le savetier qui dit: mon gniaf, parlent argot. À la rigueur, et si on le veut absolument, toutes ces façons diverses de dire la droite et la gauche, le matelot bâbord et tribord, le machiniste, côté cour et côté jardin, le bedeau, côté de l'épître et côté de l'évangile, sont de l'argot. Il y a l'argot des mijaurées comme il y a eu l'argot des précieuses. L'hôtel de Rambouillet confinait quelque peu à la Cour des Miracles. Il y a l'argot des duchesses, témoin cette phrase écrite dans un billet doux par une très grande dame et très jolie femme de la Restauration: «Vous trouverez dans ces potains-là une foultitude de raisons pour que je me libertise.» Les chiffres diplomatiques sont de l'argot; la chancellerie pontificale, en disant 26 pour Rome, grkztntgzyal pour envoi et abfxustgrnogrkzu tu XI pour duc de Modène, parle argot. Les médecins du moyen âge qui, pour dire carotte, radis et navet, disaient: opoponach, perfroschinum, reptitalmus, dracatholicum angelorum, postmegorum, parlaient argot. Le fabricant de sucre qui dit: vergeoise, tête, claircé, tape, lumps, mélis, bâtarde, commun, brûlé, plaque, cet honnête manufacturier parle argot. Une certaine école de critique d'il y a vingt ans qui disait:—La moitié de Shakespeare est jeux de mots et calembours,—parlait argot. Le poète et l'artiste qui, avec un sens profond, qualifieront M. de Montmorency «un bourgeois», s'il ne se connaît pas en vers et en statues, parlent argot. L'académicien classique qui appelle les fleurs Flore, les fruits Pomone, la mer Neptune, l'amour les feux, la beauté les appas, un cheval un coursier, la cocarde blanche ou tricolore la rose de Bellone, le chapeau à trois cornes le triangle de Mars, l'académicien classique parle argot. L'algèbre, la médecine, la botanique, ont leur argot. La langue qu'on emploie à bord, cette admirable langue de la mer, si complète et si pittoresque, qu'ont parlée Jean Bart, Duquesne, Suffren et Duperré, qui se mêle au sifflement des agrès, au bruit des porte-voix, au choc des haches d'abordage, au roulis, au vent, à la rafale, au canon, est tout un argot héroïque et éclatant qui est au farouche argot de la pègre ce que le lion est au chacal.
Sans doute. Mais, quoi qu'on en puisse dire, cette façon de comprendre le mot argot est une extension, que tout le monde même n'admettra pas. Quant à nous, nous conservons à ce mot sa vieille acception précise, circonscrite et déterminée, et nous restreignons l'argot à l'argot. L'argot véritable, l'argot par excellence, Si ces deux mots peuvent s'accoupler, l'immémorial argot qui était un royaume, n'est autre chose, nous le répétons, que la langue laide, inquiète, sournoise, traître, venimeuse, cruelle, louche, vile, profonde, fatale, de la misère. Il y a, à l'extrémité de tous les abaissements et de toutes les infortunes, une dernière misère qui se révolte et qui se décide à entrer en lutte contre l'ensemble des faits heureux et des droits régnants; lutte affreuse où, tantôt rusée, tantôt violente, à la fois malsaine et féroce, elle attaque l'ordre social à coups d'épingle par le vice et à coup de massue par le crime. Pour les besoins de cette lutte, la misère a inventé une langue de combat qui est l'argot.
Faire surnager et soutenir au-dessus de l'oubli, au-dessus du gouffre, ne fût-ce qu'un fragment d'une langue quelconque que l'homme a parlée et qui se perdrait, c'est-à-dire un des éléments, bons ou mauvais, dont la civilisation se compose ou se complique, c'est étendre les données de l'observation sociale, c'est servir la civilisation même. Ce service, Plaute l'a rendu, le voulant ou ne le voulant pas, en faisant parler le phénicien à deux soldats carthaginois; ce service, Molière l'a rendu en faisant parler le levantin et toutes sortes de patois à tant de ses personnages. Ici les objections se raniment. Le phénicien, à merveille! le levantin, à la bonne heure! même le patois, passe! ce sont des langues qui ont appartenu à des nations ou à des provinces; mais l'argot? à quoi bon conserver l'argot? à quoi bon «faire surnager» l'argot?
À cela nous ne répondrons qu'un mot. Certes, si la langue qu'a parlée une nation ou une province est digne d'intérêt, il est une chose plus digne encore d'attention et d'étude, c'est la langue qu'a parlée une misère.
C'est la langue qu'a parlée en France, par exemple, depuis plus de quatre siècles, non seulement une misère, mais la misère, toute la misère humaine possible.
Et puis, nous y insistons, étudier les difformités et les infirmités sociales et les signaler pour les guérir, ce n'est point une besogne où le choix soit permis. L'historien des mœurs et des idées n'a pas une mission moins austère que l'historien des événements. Celui-ci a la surface de la civilisation, les luttes des couronnes, les naissances de princes, les mariages de rois, les batailles, les assemblées, les grands hommes publics, les révolutions au soleil, tout le dehors; l'autre historien a l'intérieur, le fond, le peuple qui travaille, qui souffre et qui attend, la femme accablée, l'enfant qui agonise, les guerres sourdes d'homme à homme, les férocités obscures, les préjugés, les iniquités convenues, les contre-coups souterrains de la loi, les évolutions secrètes des âmes, les tressaillements indistincts des multitudes, les meurt-de-faim, les va-nu-pieds, les bras-nus, les déshérités, les orphelins, les malheureux et les infâmes, toutes les larves qui errent dans l'obscurité. Il faut qu'il descende, le cœur plein de charité et de sévérité à la fois, comme un frère et comme un juge, jusqu'à ces casemates impénétrables où rampent pêle-mêle ceux qui saignent et ceux qui frappent, ceux qui pleurent et ceux qui maudissent, ceux qui jeûnent et ceux qui dévorent, ceux qui endurent le mal et ceux qui le font. Ces historiens des cœurs et des âmes ont-ils des devoirs moindres que les historiens des faits extérieurs? Croit-on qu'Alighieri ait moins de choses à dire que Machiavel? Le dessous de la civilisation, pour être plus profond et plus sombre, est-il moins important que le dessus? Connaît-on bien la montagne quand on ne connaît pas la caverne?
Disons-le du reste en passant, de quelques mots de ce qui précède on pourrait inférer entre les deux classes d'historiens une séparation tranchée qui n'existe pas dans notre esprit. Nul n'est bon historien de la vie patente, visible, éclatante et publique des peuples s'il n'est en même temps, dans une certaine mesure, historien de leur vie profonde et cachée; et nul n'est bon historien du dedans s'il ne sait être, toutes les fois que besoin est, historien du dehors. L'histoire des mœurs et des idées pénètre l'histoire des événements, et réciproquement. Ce sont deux ordres de faits différents qui se répondent, qui s'enchaînent toujours et s'engendrent souvent. Tous les linéaments que la providence trace à la surface d'une nation ont leurs parallèles sombres, mais distincts, dans le fond, et toutes les convulsions du fond produisent des soulèvements à la surface. La vraie histoire étant mêlée à tout, le véritable historien se mêle de tout.
L'homme n'est pas un cercle à un seul centre; c'est une ellipse à deux foyers. Les faits sont l'un, les idées sont l'autre.
L'argot n'est autre chose qu'un vestiaire où la langue, ayant quelque mauvaise action à faire, se déguise. Elle s'y revêt de mots masques et de métaphores haillons.
De la sorte elle devient horrible.
On a peine à la reconnaître. Est-ce bien la langue française, la grande langue humaine? La voilà prête à entrer en scène et à donner au crime la réplique, et propre à tous les emplois du répertoire du mal. Elle ne marche plus, elle clopine; elle boite sur la béquille de la Cour des miracles, béquille métamorphosable en massue; elle se nomme truanderie; tous les spectres, ses habilleurs, l'ont grimée; elle se traîne et se dresse, double allure du reptile. Elle est apte à tous les rôles désormais, faite louche par le faussaire, vert-de-grisée par l'empoisonneur, charbonnée de la suie de l'incendiaire; et le meurtrier lui met son rouge.
Quand on écoute, du côté des honnêtes gens, à la porte de la société, on surprend le dialogue de ceux qui sont dehors. On distingue des demandes et des réponses. On perçoit, sans le comprendre, un murmure hideux, sonnant presque comme l'accent humain, mais plus voisin du hurlement que de la parole. C'est l'argot. Les mots sont difformes, et empreints d'on ne sait quelle bestialité fantastique. On croit entendre des hydres parler.
C'est l'inintelligible dans le ténébreux. Cela grince et cela chuchote, complétant le crépuscule par l'énigme. Il fait noir dans le malheur, il fait plus noir encore dans le crime; ces deux noirceurs amalgamées composent l'argot. Obscurité dans l'atmosphère, obscurité dans les actes, obscurité dans les voix. Épouvantable langue crapaude qui va, vient, sautèle, rampe, bave, et se meut monstrueusement dans cette immense brume grise faite de pluie, de nuit, de faim, de vice, de mensonge, d'injustice, de nudité, d'asphyxie et d'hiver, plein midi des misérables.
Ayons compassion des châtiés. Hélas! qui sommes-nous nous-mêmes? qui suis-je, moi qui vous parle? qui êtes-vous, vous qui m'écoutez? d'où venons-nous? et est-il bien sûr que nous n'ayons rien fait avant d'être nés? La terre n'est point sans ressemblance avec une geôle. Qui sait si l'homme n'est pas un repris de justice divine?
Regardez la vie de près. Elle est ainsi faite qu'on y sent partout de la punition.
Êtes-vous ce qu'on appelle un heureux? Eh bien, vous êtes triste tous les jours. Chaque jour a son grand chagrin ou son petit souci. Hier, vous trembliez pour une santé qui vous est chère, aujourd'hui vous craignez pour la vôtre, demain ce sera une inquiétude d'argent, après-demain la diatribe d'un calomniateur, l'autre après-demain le malheur d'un ami; puis le temps qu'il fait, puis quelque chose de cassé ou de perdu, puis un plaisir que la conscience et la colonne vertébrale vous reprochent; une autre fois, la marche des affaires publiques. Sans compter les peines de cœur. Et ainsi de suite. Un nuage se dissipe, un autre se reforme. À peine un jour sur cent de pleine joie et de plein soleil. Et vous êtes de ce petit nombre qui a le bonheur! Quant aux autres hommes, la nuit stagnante est sur eux.
Les esprits réfléchis usent peu de cette locution: les heureux et les malheureux. Dans ce monde, vestibule d'un autre évidemment, il n'y a pas d'heureux.
La vraie division humaine est celle-ci: les lumineux et les ténébreux.
Diminuer le nombre des ténébreux, augmenter le nombre des lumineux, voilà le but. C'est pourquoi nous crions: enseignement! science! Apprendre à lire, c'est allumer du feu; toute syllabe épelée étincelle.
Du reste qui dit lumière ne dit pas nécessairement joie. On souffre dans la lumière; l'excès brûle. La flamme est ennemie de l'aile. Brûler sans cesser de voler, c'est là le prodige du génie.
Quand vous connaîtrez et quand vous aimerez, vous souffrirez encore. Le jour naît en larmes. Les lumineux pleurent, ne fût-ce que sur les ténébreux.
L'argot, est la langue des ténébreux.
Pigritia(怠惰)とは恐るべき言葉である。
この言葉から、P
gre すなわち盗賊という一つの社会と p
grenne すなわち飢餓という一つの地獄とが生まれて来る。
かくして怠惰は母である。
この母に、盗賊というひとりの息子と飢餓というひとりの娘とがある。
我々はここに argot(隠語)の世界のことを説いているのである。
隠語とは何であるか? それは同時に国民にしてまた特殊語である。それは人と言葉と両形式の下にいう盗賊である。
三十四年前、この厳粛なまた陰惨な物語の作者(本書の著者ユーゴー)が、これと同じ目的において書いた作品(死刑囚最後の日)のまんなかに、ひとりの盗人を出して隠語を話さした時、世人の驚駭と喧騒とを惹起した。「なに! なんだ! 隠語だと! 隠語とはひどい。それは漕刑場や徒刑場や監獄など、社会の最も恐ろしい方面で話す言葉ではないか。云々、云々。」
しかし我々は、その種の非難の理由を少しも了解することができなかった。
その後、一つは人の心の深い観察者であり一つは民衆の大胆なる友であるふたりの力強い作家、バルザックとウーゼーヌ・スューとが、死刑囚最後の日の作者が一八二八年になしたように、悪漢共にその本来の言葉を話さした時、同じような物議が起こった。世人は再び言った。「このいやな訛りを持ち出して作者は一体我々に何をしようというのか? 隠語とは全くやりきれない。身震いが出るようだ。」
だれがそれを否定しよう。まさしく隠語は嫌悪すべきものである。
しかし、一つの傷の、一つの深淵の、もしくは一つの社会の深さを測らんとするに際して、余り深くへ下ってはいけない、どん底に達してはいけない、などという理由がどこにあろう。否そうすることこそ、時によっては勇敢な行為であり、少なくとも他意ない有益な行為であり、甘受され遂行された義務に相当する同情的注意をひくべきものと我々は常に考えていたのである。すべてを掘り返してはいけない、すべてを調べ上げてはいけない、中途に足を止めなければいけない、などという理由がどこにあるか? 中途に止まるか否かは錘に関することであって、錘を投ぐる者のあずかり知るところではない。
確かに、社会組織のどん底に、地面がつき泥濘が始まる所に、探索の歩を進め、濃い暗雲のうちをかき回して、明るみに出せば泥のしたたるこの賤しい特殊語を、泥濘と暗黒との怪物の不潔な鱗のように見えるこのきたない単語を、追い回し引きとらえて生きたまま地上に投げ出すことは、おもしろい仕事でもなくまたたやすい仕事でもない。隠語の恐るべき群れを、その赤裸のままに観察し、思想の光に照らして観察することは、最も沈痛な仕事である。実際それは、汚水だめのうちから引き出してきた一種の嫌悪すべき闇夜の獣かとも思われる。刺を逆立てた恐るべき生きた藪が、身を震わし、動き回り、のたうち回って、暗黒を求め、恐ろしい姿をし、目を怒らしているのを、眼前に見るかとも思われる。ある言葉は爪牙に似、ある言葉は濁り血走った目に似、またある句は蟹の鋏のように動いてるようでもある。すべてそれらは、混乱のうちに形造られてる事物の嫌忌すべき活力に生きているのである。
けれども、嫌悪のゆえに研究を排し去るのいわれがあるだろうか。病気は医者を遠ざけるのいわれがあるだろうか。蝮や蝙蝠や蠍や蚰蜒や毒蜘蛛などを研究することを拒み、「実にきたない!」と言いながら、それらを闇のうちに投げ捨てる博物学者を、人は想像し得らるるか。隠語から顔をそむける思想家があるとすれば、それは潰瘍や疣などから顔をそむける外科医のごときものである。言語上の一事実を調べるに躊躇する言語学者のごときものであり、人類の一事実を探究するに躊躇する哲学者のごときものである。なぜなれば、おおよそ隠語は文学上の一現象であり社会上の一結果であって、これを知らない者などにはよく説明してやるの要がある。ところで隠語とは本来何であるか。隠語とは悲惨そのものの言語である。
かくいう時、人は我々の袂を引き止めるかも知れない。時として論の鋭利を和らぐる方法となる概括を人は持ち出すかも知れない。そして、すべての職業、すべての職務、それからまた、社会のあらゆる階級や知識のあらゆる方面にも、皆それぞれの隠語があるというであろう。例は無数にある――(訳者注 以下の言葉はそのままの翻訳不可能なるものあるが故に原語とその意味とをのみ掲ぐる)
.(徳用のモンペリエ物、上等のマルセイユ物)仲買人―― report, prime, fin courant.(鞘、打歩、当月払)
カルタ賭博者―― tiers et tout, refait de pique.(カルタの特殊の手)
ノルマン島の執達吏[#「執達吏」は底本では「執達史」]―― L'affieffeur s'arr
tant
son fonds ne peut cl
mer les fruits de ce fonds pendant la saisie h
r
ditale des immeubles du renonciateur.(土地のみに関する受贈者は贈与者の不動産の相続差押中は該地面の収益を要求することを得ず)狂言作者―― on a
gay
l'ours.(作品は失敗した)役者―― j'ai fait four.(私は失敗した)
哲学者―― triplicit
ph
nom
nale.(現象の三重性)猟師―― voileci allais, voileci fuyant.(犬に対する特殊の掛け声)
骨相学者―― amativit
, combativit
, s
cr
tivit
.(愛情性、争闘性、隠密性)歩兵―― ma clarinette.(私の銃)
騎兵―― mon poulet d'Inde.(私の馬)
撃剣の教師―― tierce, quarte, rompez.(西洋の撃剣における姿勢の名)
印刷人―― parlons batio.(符牒で話す)
画家―― mon rapin.(私の弟子)
公証人―― mon saute-ruisseau.(私の弟子)
理髪師―― mon commis.(私の弟子)
靴屋―― mon gniaf.(私の弟子)
みな隠語である。厳密にいえば、そしてどうしてもそうだとしたければ、単に左と右とについても次のような種々のいい方は皆隠語である。
bord, tribord.(左舷、右舷)劇場の道具方―― c
t
-cour, c
t
-jardin.(右側、左側)寺男―― c
t
de l'
p
tre, c
t
de l'
vangile.(右方、左方)また上流の才女らの隠語もあれば、賤しい洒落女らの隠語もある。ランブーイエ夫人の仲間においても、クール・デ・ミラクル一郭の乞食女らの仲間においても、大した違いはない。公爵夫人らの間にも隠語があることは、王政復古頃のきわめて身分の高い美しい一婦人が書いた艶文中の一句が証明している。Vous trouvrez dans ces potains-l
une foultitude de raisons pour que je me libertise.(あなたはそれらの陰口のうちに、私がもうお交わりを絶たなければならないという理由を沢山見い出さるるでありましょう。)また外交上の符牒も隠語である。法皇の秘書官はこういう隠語を使っている。
使節……grkztntgzyal.
モデナ公……abfxustgrnogrkzutu xi.
中世の医者らが、人蔘や大根や蕪菁のことを、opoponach, perfroschinum, reptitalmus, dracatholicum angelorum, postmegorum などといっていたのも隠語である。正直な砂糖製造人らが、vergeoise, t
te, clairc
, tape, lumps, m
lis, b
tarde, commun, br
l
, plaque.(砂糖の種類)などというも隠語である。二十年前の一派の批評家らはこういうことを言った。La moiti
de Shakespeare est jeux de mots et calembours.(セークスピアの半ばは洒落や地口である。)それも隠語である。詩人や美術家が、モンモランシー氏のことを、彼が詩や彫像なんかに通じていないとして、深い意味でun bourgeois(一個の俗物)と呼ぶだろうとすれば、それも隠語である。アカデミー会員の古典派は、次のような隠語を使った。
果物……Pomone.(ポモナ神)
海……Neptune.(ネプチューン神)
愛……feux.(火)
美……appas.(魅力)
馬……coursier.(駒)
白色や三色の帽章……rose de Bellone.(ベロナ神の薔薇)
三角帽……triangle de Mars.(マルス神の三角)
代数学や医学や植物学にも、皆それぞれ隠語がある。また船の上で使われる言葉、ジャン・ハールやデュケーヌやスュフランやデュペレなどが使った完全なおもしろいあのみごとな海の言葉、綱具や通話管や繋船具などの音と動揺や風や疾風や大砲などに交じったその言葉、それも皆勇壮激越な隠語であって、盗賊らの猛悪な隠語に対しては、狼に対する獅子のごときものである。などと世人はいうであろう。
もちろんそれに違いない。いろいろ説はあろうけれど、しかし隠語という語をそういう風に解釈するのは余り広義に失するものであって、万人を首肯させることはできないだろう。我々はこの語に、明瞭な狭い一定の古来の意味をのみ与えたい。そして隠語をただ本来の隠語にのみ限りたいのである。もしいい得べくんば真の優れたる隠語は、一王国を形成していた古代の隠語は、繰り返していうが、悲惨自身の言語に外ならないもので、醜い、不安な、狡猾な、陰険な、有毒な、残忍な、曖昧な、賤しい、深い、宿命的なものである。あらゆる淪落とあらゆる不運との極端に、最後の一悲惨が存するものであって、この悲惨は猛然と反抗して立ち、幸福な事実や勢力ある権利などの全体に対して決然と戦いを宣するのである。それこそ恐るべき闘争であって、この悲惨は、あるいは狡獪となりあるいは猛烈となり、有害にまた同時に獰猛となって、悪徳の針をもって社会の秩序を攻撃し、罪悪の棍棒をもって社会の秩序を攻撃する。そしてかかる闘争の要求に応じて、悲惨は一つの戦闘語を作り出した。それがすなわち隠語である。
人間にかつて話されはしたがついには滅ぶるかも知れないある言葉を、言い換えれば、善にせよ悪にせよ文明を組み立て複雑ならしむる要素の一つを、たといその一片たりとも、忘却の上に、深淵の上に、浮き出させ存続させることは、社会観察の視野をひろげることであり、文明に奉仕することである。プラウツスはカルタゴのふたりの兵士にフェーニキア語を話させながら、故意にか偶然にかかかる仕事をした。モリエールは多くの人物に東方語やあらゆる方言を話させながら、かかる仕事をした。そういえばまた異議が起こるだろう。「フェーニキア語は素敵だ。東方語はいい。方言もまあ許される。それらはある国やまたある地方に属していたものである。しかし隠語は何だ。隠語を保存して何になるか。隠語を浮かび上がらして何になるか。」
それに対して我々はただ一言答えよう。確かに、一国もしくは一地方が話した言葉が興味に価するならば、注意と研究とに一層よく価するものが他に一つある、それは一悲惨が話した言葉である。
それは、たとえばフランスにおいて、既に四世紀以上の間、一悲惨ではなくて全悲惨が、おおよそ可能なる人間の悲惨が、話しきたった言葉である。
そしてまた、我々はあえて主張するが、社会上の奇形と廃疾とを研究し、それらを治癒せんがために摘発することは、あれこれと選択が許される仕事ではない。風俗と思潮との歴史家は、事件の歴史家と同じく、厳粛なる使命を持っている。事件の歴史家が有するところのものは、文明の表面、王位の争い、王侯の出生、国王の結婚、戦争、集会、世に立った偉人、白日の革命、すべて外部のものである。しかるに風俗と思潮との歴史家が有するところのものは、文明の内部、奥底、すなわち働き苦しみかつ希求せる民衆、重荷の下の婦人、呻吟せる子供、人と人との暗黙の争い、世に知られぬ悪虐、偏見、人為の不正、法律の地下の反撃、魂のひそかな進化、群集のかすかな戦慄、餓死、跣足、裸腕、無産者、孤児、不幸なる者、汚辱を受けたる者、すべて暗黒のうちをさ迷える幽鬼らである。そして、兄弟のごとくまた法官のごとく、同時に慈愛と峻厳とに満ちた心をもって、なかなかはいれない地下の洞穴まで下ってゆかなければならない。そこには、血を流す者やつかみかかる者、泣く者やののしる者、食なき者や貪り食う者、自ら苦しむ者や人を苦しめる者などが、雑然とはい回っているのである。かかる心や魂の歴史家の務めは、外的事実の歴史家の務めよりも小なることがあろうか? ダンテのいうべきことは、マキアヴェリのいうことよりも少ないと信ずる人があろうか。文明の下層は、ごく深く暗いがゆえに、上層ほどに重要でないといえるだろうか。洞穴を知らない時、人はよく山岳を知ることができるであろうか。
なお序に一言するが、人は右の言葉よりして、この二種の歴史家の間に、両者をへだつる溝渠が存すると推論するかも知れないけれども、それは我々のいうところを誤解したものである。民衆の明白な顕著な公な見える生活の歴史家といえども、また同時にある程度までは、その深い隠れたる生活の歴史家たるでなければ、優れたる者とはいえない。そして、民衆の内生活の歴史家といえども、また必要に応じてその外生活の歴史家たるでなければ、優れたる者とはいえない。風俗と思潮との歴史と事件の歴史とは、互いに深くからみ合ってるものである。それは事実の異なった二方面であって、互いに依存するものであり、常に連繋するものであり、大抵は互いに他を発生し合うものである。天が一国民の表面に描くあらゆる相貌は、その底にあるものと隠密なしかし整然たる平衡を保ち、底のあらゆる動揺はまた表面の波紋を生ぜしむる。真の歴史はすべてに関係を有し、真の歴史家はすべてに交渉を有する。
人間はただ一つの中心を持つ円ではない。二つの中心を持つ楕円である。事実は一つの中心であり、思想はも一つの中心である。
隠語は、何かの悪事をなす時に言語が仮装するその衣服部屋に外ならない。そこで言語は、仮面の言葉とぼろの比喩とを身にまとう。
かくしてこの言語は恐ろしい姿になる。
もはやその本来の顔はほとんど認められない。これは果たしてフランス語であろうか、人間の大国語であろうか? 既に舞台に上がるばかりになっており、罪悪に台辞を与えるばかりになっている。悪の芝居のあらゆる人物にふさわしいものとなっている。もはやまっすぐに歩かないで跛を引いている。クール・デ・ミラクル(訳者注 昔乞食や浮浪人らの集まっていたパリーの一部)の撞木杖にすがって、棍棒に変わり得る撞木杖にすがって歩いている。自ら無宿者と称している。あらゆる妖怪はその衣裳方となって彼を扮装してやったのである。はいつつ立っている。爬虫類の二重の歩き方である。かくて彼はあらゆる役目に適するようになる。詐欺者からは曖昧な色になされ、毒殺者からは緑青の色になされ、放火犯人からは煤の色になされ、殺害者からはまっかな色をもらっている。
正直な人々の方に身を置いて、社会の戸口に耳を澄ますと、外にいる者らの対話を盗み聞くことができる。問いと答えとははっきり聞き分けられる。そしてその内容はわからないで、ただ人間の音調らしいものが、否むしろ言葉というよりも吠え声に近いものが、気味悪く鳴り響いているかと思われる。それは隠語である。その単語は形がゆがんでいて、いい知れぬ奇怪な獣性をそなえている。あたかも水蛇の話を聞くがようである。
それは暗黒中にある不可知なるものである。その謎によって闇を一層深くしながら、鋭くまた低く響いている。不幸の中はまっくらであり、罪悪の中は一層まっくらである。その二つの闇が結合して隠語を作る。大気の中も闇であり、行為の中も闇であり、声のうちも闇である。しかし、雨と夜と飢えと不徳と欺瞞と不正と裸体と窒息と厳冬などでできているこの広い灰色の靄の中を、行き、きたり、飛び回り、はい回り、のさばり歩き、奇怪に動き回ってるその恐るべき蟇の言語も、悲惨なる者らにとっては白日なのである。
懲戒を受けた者らに同情を持とうではないか。ああ、我々自身も果たして何であるか。これを語る私自身は何であるか。これを聞く汝ら自身は何であるか。我々はどこからきたのであるか。生まれる前にも何ら罪を犯さなかったと確言し得らるるか。この世は牢獄に似ているところがあるではないか。人は神の裁きを受けていないとは、だれが知ろう。
近寄って人生をながめるがいい。人生は至る所に刑罰を感ぜさせるようにできている。
汝は人に幸福といわるる身分であるか。しかも汝は毎日悲しんでいるではないか。一日には一日の大なる苦しみがあり、あるいはまた小さき心配がある。昨日は親しき者の健康について戦き、今日はおのれの健康について気づかっている。明日は金銭上の心配、明後日は誹謗者の陰口、次の日は友人の不幸が来る。次には天気のこと、その次には何かこわれた物や失くした物のこと、その次には良心と背骨とから非難を受ける快楽のこと、あるいはまた世事の推移。加うるに内心の苦悶。かくして続いてゆく。一つの暗雲が晴るれば、また他の暗雲が生じてくる。百日のうちに一日とて、朗らかな喜びと朗らかな太陽とは得難い。しかもそれでいて汝は、少数の幸福なる人々のひとりである。他の人々は常に、深くよどんでる暗夜におおわれている。
深い考えを有する者らは、幸福なる者及び不幸なる者という言葉を余り使わない。この世においては、明らかに他の世界の入り口たるこの世においては、幸福なる者は存しない。
人間の真の区別はこうである、光明ある者と暗黒なる者と。
暗黒なる者の数を減じ光明ある者の数を増すこと、それがすなわち目的である。教育! 学問! と我々が叫ぶゆえんはそこにある。文字を学ぶは火を点ずることである。習得する各文字は光を放つ。
しかもなお、光明を説くは必ずしも喜悦を説くこととはならない。光明のうちにも苦しみがあり、また過度の光明は燃え上がる。炎は翼の敵である。翔りつつ燃えること、そこに天才の不可思議がある。
知る時また愛する時、人はやはり苦しむ。明るみは涙のうちに生まれる。光明ある者は暗黒なる者の上にも涙を流す。
Chapitre II Racines
La pensée est émue dans ses plus sombres profondeurs, la philosophie sociale est sollicitée à ses méditations les plus poignantes, en présence de cet énigmatique dialecte à la fois flétri et révolté. C'est là qu'il y a du châtiment visible. Chaque syllabe y a l'air marquée. Les mots de la langue vulgaire y apparaissent comme froncés et racornis sous le fer rouge du bourreau. Quelques-uns semblent fumer encore. Telle phrase vous fait l'effet de l'épaule fleurdelysée d'un voleur brusquement mise à nu. L'idée refuse presque de se laisser exprimer par ces substantifs repris de justice. La métaphore y est parfois si effrontée qu'on sent qu'elle a été au carcan.
Du reste, malgré tout cela et à cause de tout cela, ce patois étrange a de droit son compartiment dans ce grand casier impartial où il y a place pour le liard oxydé comme pour la médaille d'or, et qu'on nomme la littérature. L'argot, qu'on y consente ou non, a sa syntaxe et sa poésie. C'est une langue. Si, à la difformité de certains vocables, on reconnaît qu'elle a été mâchée par Mandrin, à la splendeur de certaines métonymies, on sent que Villon l'a parlée.
Ce vers si exquis et si célèbre:
Mais où sont les neiges d'antan?
est un vers d'argot. Antan—ante annum—est un mot de l'argot de Thunes qui signifiait l'an passé et par extension autrefois. On pouvait encore lire il y a trente-cinq ans, à l'époque du départ de la grande chaîne de 1827, dans un des cachots de Bicêtre, cette maxime gravée au clou sur le mur par un roi de Thunes condamné aux galères: Les dabs d'antan trimaient siempre pour la pierre du Coësre. Ce qui veut dire: Les rois d'autrefois allaient toujours se faire sacrer. Dans la pensée de ce roi-là, le sacre, c'était le bagne.
Le mot décarade, qui exprime le départ d'une lourde voiture au galop, est attribué à Villon, et il en est digne. Ce mot, qui fait feu des quatre pieds, résume dans une onomatopée magistrale tout l'admirable vers de La Fontaine:
Six forts chevaux tiraient un coche.
Au point de vue purement littéraire, peu d'études seraient plus curieuses et plus fécondes que celle de l'argot. C'est toute une langue dans la langue, une sorte d'excroissance maladive, une greffe malsaine qui a produit une végétation, un parasite qui a ses racines dans le vieux tronc gaulois et dont le feuillage sinistre rampe sur tout un côté de la langue. Ceci est ce qu'on pourrait appeler le premier aspect, l'aspect vulgaire de l'argot. Mais, pour ceux qui étudient la langue ainsi qu'il faut l'étudier, c'est-à-dire comme les géologues étudient la terre, l'argot apparaît comme une véritable alluvion. Selon qu'on y creuse plus ou moins avant, on trouve dans l'argot, au-dessous du vieux français populaire, le provençal, l'espagnol, de l'italien, du levantin, cette langue des ports de la Méditerranée, de l'anglais et de l'allemand, du roman dans ses trois variétés, roman français, roman italien, roman roman, du latin, enfin du basque et du celte. Formation profonde et bizarre. Édifice souterrain bâti en commun par tous les misérables. Chaque race maudite a déposé sa couche, chaque souffrance a laissé tomber sa pierre, chaque cœur a donné son caillou. Une foule d'âmes mauvaises, basses ou irritées, qui ont traversé la vie et sont allées s'évanouir dans l'éternité, sont là presque entières et en quelque sorte visibles encore sous la forme d'un mot monstrueux.
Veut-on de l'espagnol? le vieil argot gothique en fourmille. Voici boffette, soufflet, qui vient de bofeton; vantane, fenêtre (plus tard vanterne), qui vient de vantana; gat, chat, qui vient de gato; acite, huile, qui vient de aceyte. Veut-on de l'italien? Voici spade, épée, qui vient de spada; carvel, bateau, qui vient de caravella. Veut-on de l'anglais? Voici le bichot, l'évêque, qui vient de bishop; raille, espion, qui vient de rascal, rascalion, coquin; pilcker, étui, qui vient de pilcher, fourreau. Veut-on de l'allemand? Voici le caleur, le garçon, kellner; le hers, le maître, herzog (duc). Veut-on du latin? Voici frangir, casser, frangere; affurer, voler, fur; cadène, chaîne, catena. Il y a un mot qui reparaît dans toutes les langues du continent avec une sorte de puissance et d'autorité mystérieuse, c'est le mot magnus; l'Écosse en fait son mac, qui désigne le chef du clan, Mac-Farlane, Mac-Callummore, le grand Farlane, le grand Callummore; l'argot en fait le meck, et plus tard, le meg, c'est-à-dire Dieu. Veut-on du basque? Voici gahisto, le diable, qui vient de gaïztoa, mauvais; sorgabon, bonne nuit, qui vient de gabon, bonsoir. Veut-on du celte? Voici blavin, mouchoir, qui vient de blavet, eau jaillissante; ménesse, femme (en mauvaise part), qui vient de meinec, plein de pierres; barant, ruisseau, de baranton, fontaine; goffeur, serrurier, de goff, forgeron; la guédouze, la mort, qui vient de guenn-du, blanche-noire. Veut-on de l'histoire enfin? L'argot appelle les écus les maltèses, souvenir de la monnaie qui avait cours sur les galères de Malte.
Outre les origines philologiques qui viennent d'être indiquées, l'argot a d'autres racines plus naturelles encore et qui sortent pour ainsi dire de l'esprit même de l'homme:
Premièrement, la création directe des mots. Là est le mystère des langues. Peindre par des mots qui ont, on ne sait comment ni pourquoi, des figures. Ceci est le fond primitif de tout langage humain, ce qu'on en pourrait nommer le granit. L'argot pullule de mots de ce genre, mots immédiats, créés de toute pièce on ne sait où ni par qui, sans étymologies, sans analogies, sans dérivés, mots solitaires, barbares, quelquefois hideux, qui ont une singulière puissance d'expression et qui vivent.—Le bourreau, le taule;—la forêt, le sabri; la peur, la fuite, taf;—le laquais, le larbin;—le général, le préfet, le ministre, pharos;—le diable, le rabouin. Rien n'est plus étrange que ces mots qui masquent et qui montrent. Quelques-uns, le rabouin, par exemple, sont en même temps grotesques et terribles, et vous font l'effet d'une grimace cyclopéenne.
Deuxièmement, la métaphore. Le propre d'une langue qui veut tout dire et tout cacher, c'est d'abonder en figures. La métaphore est une énigme où se réfugie le voleur qui complote un coup, le prisonnier qui combine une évasion. Aucun idiome n'est plus métaphorique que l'argot.—Dévisser le coco, tordre le cou,—tortiller, manger;—être gerbé, être jugé;—un rat, un voleur de pain;—il lansquine, il pleut, vieille figure frappante, qui porte en quelque sorte sa date avec elle, qui assimile les longues lignes obliques de la pluie aux piques épaisses et penchées des lansquenets, et qui fait tenir dans un seul mot la métonymie populaire: il pleut des hallebardes. Quelquefois, à mesure que l'argot va de la première époque à la seconde, des mots passent de l'état sauvage et primitif au sens métaphorique. Le diable cesse d'être le rabouin et devient le boulanger, celui qui enfourne. C'est plus spirituel, mais moins grand; quelque chose comme Racine après Corneille, comme Euripide après Eschyle. Certaines phrases d'argot, qui participent des deux époques et ont à la fois le caractère barbare et le caractère métaphorique, ressemblent à des fantasmagories.—Les sorgueurs vont sollicer des gails à la lune (les rôdeurs vont voler des chevaux la nuit).—Cela passe devant l'esprit comme un groupe de spectres. On ne sait ce qu'on voit.
Troisièmement, l'expédient. L'argot vit sur la langue. Il en use à sa fantaisie, il y puise au hasard, et il se borne souvent, quand le besoin surgit, à la dénaturer sommairement et grossièrement. Parfois, avec les mots usuels ainsi déformés, et compliqués de mots d'argot pur, il compose des locutions pittoresques où l'on sent le mélange des deux éléments précédents, la création directe et la métaphore:—Le cab jaspine, je marronne que la roulotte de Pantin trime dans le sabri; le chien aboie, je soupçonne que la diligence de Paris passe dans le bois.—Le dab est sinve, la dabuge est merloussière, la fée est bative; le bourgeois est bête, la bourgeoise est rusée, la fille est jolie.—Le plus souvent, afin de dérouter les écouteurs, l'argot se borne à ajouter indistinctement à tous les mots de la langue une sorte de queue ignoble, une terminaison en aille, en orgue, en iergue, ou en uche. Ainsi Vousiergue trouvaille bonorgue ce gigotmuche? Trouvez-vous ce gigot bon? Phrase adressée par Cartouche à un guichetier, afin de savoir si la somme offerte pour l'évasion lui convenait.—La terminaison en mar a été ajoutée assez récemment.
L'argot, étant l'idiome de la corruption, se corrompt vite. En outre, comme il cherche toujours à se dérober, sitôt qu'il se sent compris, il se transforme. Au rebours de toute autre végétation, tout rayon de jour y tue ce qu'il touche. Aussi l'argot va-t-il se décomposant et se recomposant sans cesse; travail obscur et rapide qui ne s'arrête jamais. Il fait plus de chemin en dix ans que la langue en dix siècles. Ainsi le larton devient le lartif; le gail devient le gaye; la fertanche, la fertille; le momignard, le momacque; les siques, les frusques; la chique, l'égrugeoir; le colabre, le colas. Le diable est d'abord gahisto, puis le rabouin, puis le boulanger; le prêtre est le ratichon, puis le sanglier; le poignard est le vingt-deux, puis le surin, puis le lingre; les gens de police sont des railles, puis des roussins, puis des rousses, puis des marchands de lacets, puis des coqueurs, puis des cognes; le bourreau est le taule, puis Charlot, puis l'atigeur, puis le becquillard. Au dix-septième siècle, se battre, c'était se donner du tabac; au dix-neuvième, c'est se chiquer la gueule. Vingt locutions différentes ont passé entre ces deux extrêmes. Cartouche parlerait hébreu pour Lacenaire. Tous les mots de cette langue sont perpétuellement en fuite comme les hommes qui les prononcent.
Cependant, de temps en temps, et à cause de ce mouvement même, l'ancien argot reparaît et redevient nouveau. Il a ses chefs-lieux où il se maintient. Le Temple conservait l'argot du dix-septième siècle; Bicêtre, lorsqu'il était prison, conservait l'argot de Thunes. On y entendait la terminaison en anche des vieux thuneurs. Boyanches-tu (bois-tu?)? il croyanche (il croit). Mais le mouvement perpétuel n'en reste pas moins la loi.
Si le philosophe parvient à fixer un moment, pour l'observer, cette langue qui s'évapore sans cesse, il tombe dans de douloureuses et utiles méditations. Aucune étude n'est plus efficace et plus féconde en enseignements. Pas une métaphore, pas une étymologie de l'argot qui ne contienne une leçon.—Parmi ces hommes, battre veut dire feindre; on bat une maladie; la ruse est leur force.
Pour eux l'idée de l'homme ne se sépare pas de l'idée de l'ombre. La nuit se dit la sorgue; l'homme, l'orgue. L'homme est un dérivé de la nuit.
Ils ont pris l'habitude de considérer la société comme une atmosphère qui les tue, comme une force fatale, et ils parlent de leur liberté comme on parlerait de sa santé. Un homme arrêté est un malade; un homme condamné est un mort.
Ce qu'il y a de plus terrible pour le prisonnier dans les quatre murs de pierre qui l'ensevelissent, c'est une sorte de chasteté glaciale; il appelle le cachot, le castus.—Dans ce lieu funèbre, c'est toujours sous son aspect le plus riant que la vie extérieure apparaît. Le prisonnier a des fers aux pieds; vous croyez peut-être qu'il songe que c'est avec les pieds qu'on marche? non, il songe que c'est avec les pieds qu'on danse; aussi, qu'il parvienne à scier ses fers, sa première idée est que maintenant il peut danser, et il appelle la scie un bastringue.—Un nom est un centre; profonde assimilation.—Le bandit a deux têtes, l'une qui raisonne ses actions et le mène pendant toute sa vie, l'autre qu'il a sur ses épaules, le jour de sa mort; il appelle la tête qui lui conseille le crime, la sorbonne, et la tête qui l'expie, la tronche.—Quand un homme n'a plus que des guenilles sur le corps et des vices dans le cœur, quand il est arrivé à cette double dégradation matérielle et morale que caractérise dans ses deux acceptions le mot gueux, il est à point pour le crime, il est comme un couteau bien affilé; il a deux tranchants, sa détresse et sa méchanceté; aussi l'argot ne dit pas «un gueux»; il dit un réguisé.—Qu'est-ce que le bagne? un brasier de damnation, un enfer. Le forçat s'appelle un fagot.—Enfin, quel nom les malfaiteurs donnent-ils à la prison? le collège. Tout un système pénitentiaire peut sortir de ce mot.
Le voleur a lui aussi sa chair à canon, la matière volable, vous, moi, quiconque passe; le pantre. (Pan, tout le monde.)
Veut-on savoir où sont écloses la plupart des chansons de bagne, ces refrains appelés dans le vocabulaire spécial les lirlonfa? Qu'on écoute ceci:
Il y avait au Châtelet de Paris une grande cave longue. Cette cave était à huit pieds en contre-bas au-dessous du niveau de la Seine. Elle n'avait ni fenêtres ni soupiraux, l'unique ouverture était la porte; les hommes pouvaient y entrer, l'air non. Cette cave avait pour plafond une voûte de pierre et pour plancher dix pouces de boue. Elle avait été dallée; mais sous le suintement des eaux, le dallage s'était pourri et crevassé. À huit pieds au-dessus du sol, une longue poutre massive traversait ce souterrain de part en part; de cette poutre tombaient, de distance en distance, des chaînes de trois pieds de long, et à l'extrémité de ces chaînes il y avait des carcans. On mettait dans cette cave les hommes condamnés aux galères jusqu'au jour du départ pour Toulon. On les poussait sous cette poutre où chacun avait son serrement oscillant dans les ténèbres qui l'attendait. Les chaînes, ces bras pendants, et les carcans, ces mains ouvertes, prenaient ces misérables par le cou. On les rivait et on les laissait là. La chaîne étant trop courte, ils ne pouvaient se coucher. Ils restaient immobiles dans cette cave, dans cette nuit, sous cette poutre, presque pendus, obligés à des efforts inouïs pour atteindre au pain ou à la cruche, la voûte sur la tête, la boue jusqu'à mi-jambe, leurs excréments coulant sur leurs jarrets, écartelés de fatigue, ployant aux hanches et aux genoux, s'accrochant par les mains à la chaîne pour se reposer, ne pouvant dormir que debout, et réveillés à chaque instant par l'étranglement du carcan; quelques-uns ne se réveillaient pas. Pour manger, ils faisaient monter avec leur talon le long de leur tibia jusqu'à leur main leur pain qu'on leur jetait dans la boue. Combien de temps demeuraient-ils ainsi? Un mois, deux mois, six mois quelquefois; un resta une année. C'était l'antichambre des galères. On était mis là pour un lièvre volé au roi. Dans ce sépulcre enfer, que faisaient-ils? Ce qu'on peut faire dans un sépulcre, ils agonisaient, et ce qu'on peut faire dans un enfer, ils chantaient. Car où il n'y a plus l'espérance, le chant reste. Dans les eaux de Malte, quand une galère approchait, on entendait le chant avant d'entendre les rames. Le pauvre braconnier Survincent qui avait traversé la prison-cave du Châtelet disait: Ce sont les rimes qui m'ont soutenu. Inutilité de la poésie. À quoi bon la rime? C'est dans cette cave que sont nées presque toutes les chansons d'argot. C'est de ce cachot du Grand-Châtelet de Paris que vient le mélancolique refrain de la galère de Montgomery: Timaloumisaine, timoulamison. La plupart de ces chansons sont lugubres; quelques-unes sont gaies; une est tendre:
Icicaille est le théâtre
Du petit dardant.
Vous aurez beau faire, vous n'anéantirez pas cet éternel reste du cœur de l'homme, l'amour.
Dans ce monde des actions sombres, on se garde le secret. Le secret, c'est la chose de tous. Le secret, pour ces misérables, c'est l'unité qui sert de base à l'union. Rompre le secret, c'est arracher à chaque membre de cette communauté farouche quelque chose de lui-même. Dénoncer, dans l'énergique langue d'argot, cela se dit: manger le morceau. Comme si le dénonciateur tirait à lui un peu de la substance de tous et se nourrissait d'un morceau de la chair de chacun.
Qu'est-ce que recevoir un soufflet? La métaphore banale répond: C'est voir trente-six chandelles. Ici l'argot intervient, et reprend: Chandelle, camoufle. Sur ce, le langage usuel donne au soufflet pour synonyme camouflet. Ainsi, par une sorte de pénétration de bas en haut, la métaphore, cette trajectoire incalculable, aidant, l'argot monte de la caverne à l'académie, et Poulailler disant: J'allume ma camoufle, fait écrire à Voltaire: Langleviel La Beaumelle mérite cent camouflets.
Une fouille dans l'argot, c'est la découverte à chaque pas. L'étude et l'approfondissement de cet étrange idiome mènent au mystérieux point d'intersection de la société régulière avec la société maudite.
L'argot, c'est le verbe devenu forçat.
Que le principe pensant de l'homme puisse être refoulé si bas, qu'il puisse être traîné et garrotté là par les obscures tyrannies de la fatalité, qu'il puisse être lié à on ne sait quelles attaches dans ce précipice, cela consterne.
Ô pauvre pensée des misérables!
Hélas! personne ne viendra-t-il au secours de l'âme humaine dans cette ombre? Sa destinée est-elle d'y attendre à jamais l'esprit, le libérateur, l'immense chevaucheur des pégases et des hippogriffes, le combattant couleur d'aurore qui descend de l'azur entre deux ailes, le radieux chevalier de l'avenir? Appellera-t-elle toujours en vain à son secours la lance de lumière de l'idéal? Est-elle condamnée à entendre venir épouvantablement dans l'épaisseur du gouffre le Mal, et à entrevoir, de plus en plus près d'elle, sous l'eau hideuse, cette tête draconienne, cette gueule mâchant l'écume, et cette ondulation serpentante de griffes, de gonflements et d'anneaux? Faut-il qu'elle reste là, sans une lueur, sans espoir, livrée à cette approche formidable, vaguement flairée du monstre, frissonnante, échevelée, se tordant les bras, à jamais enchaînée au rocher de la nuit, sombre Andromède blanche et nue dans les ténèbres!
隠語、それは暗黒なる者の言語である。
烙印を押されかつ反撥したるこの謎のごとき言葉に対する時、人の思想はその最も暗い深みにおいて刺戟され、社会哲学はその最も悲痛なる考慮を強いられる。この言葉のうちにこそ目に見得る懲罰があるのである。各語は皆烙印の跡を持ってるかと思われる。普通の言葉も皆ここでは、獄吏の赤熱した鉄の下に皺を刻まれ焼き固められてるかと思われる。ある言葉はまだ煙を出してるがようである。ある文句は突然裸にされた盗賊の百合の花の烙印ある肩を見るような感がする。前科者たるそれらの名詞で言い現わされることは、いかなる思想もこれを喜ばないように見える。その比喩はいかにも鉄面皮であって、あたかも鉄鎖につながれてるかと思われる。
けれども、そういうものであるにかかわらず、またそういうものであるがゆえに、この異様な特殊語は、黄金のメダルと共に錆くれ銭をも並べる公平無私な大書棚のうちに、すなわち文学といわるる大書棚のうちに、正当な場所を有するのである。世人が同意するかどうかは知らないが、隠語にもその語法と詩とがある。それは一つの言語である。ある単語の奇形なのを見ては、マンドラン(訳者注 有名な盗賊の頭領)の歯にかまれたものであるかと思われるとしても、ある換喩の壮麗さを見ては、ヴィヨン(訳者注 中世の大詩人)の口に上ったものであることが感ぜられる。
sont les neiges d'antan?(さあれ去年の雪は今いずこ?)
という有名な詩句も、隠語の一句である。antan ―― ante annum ――というは、テューヌ団の隠語の一つであって、l'an pass
(昨年)という意味であり、ひいては autrefois(昔)という意味になる。三十五年前、一八二七年囚人大護送の折りまでは、ビセートル監獄の地牢の一つに、徒刑に処せられたテューヌ団の一首領が壁上に釘で彫りつけた、次の格言が見えていた。Les dabs d'antan trimaient siempre pour la pierre du Co
sre.(昔の王は皆成聖式に行きぬ。)この王(首領)の考えでは、成聖式とはすなわち徒刑場のことであった。
また d
carade というのは、重々しい馬車が大駆けに出発することを意味するもので、この言葉もヴィヨンの使ったものとされているが、いかにもそれにふさわしいものである。四つの蹄を火と熱せさせるこの言葉は、ラ・フォンテーヌの次のみごとな詩句を全部一つのいかめしい擬声語につづめたものである。
純粋に文学上の見地よりすれば、おおよそ隠語の研究ほどおもしろくまた結果の豊富なものは少ない。隠語は言語のうちの一言語であり、一種の病的な瘤であり、一群の植物を生じた不健全な接木であり、古いゴールの幹のうちに根をおろし言語の方面にすごい枝葉をひろげてる、一つの寄生植物である。しかもこれは、第一印象ともいうべきものであり、隠語の卑俗な外見にすぎない。更に至当な研究をなす時には、すなわち地質学者が土地を研究するがごとき研究を用いる時には、隠語は、一つの冲積層のごとき観を呈してくる。先に掘り進むに従って、隠語の中には種々のものが見いだされる。すなわち、古いフランスの通俗語の上に、プロヴァンス語、スペイン語、イタリー語、地中海の海港の言葉である東方語、イギリス語、ドイツ語、フランス・ロマンとイタリー・ロマンとローマ・ロマンとの三つの種類のロマン語、ラテン語、それから、バスク語、及びケルト語。実に底深い奇怪な形成である。あらゆる悲惨な者らが共同して建てた地下の大伽藍である。のろわれたる各の種族がおのれの地層を置き、各の苦しみがおのれの岩を置き、各の心がおのれの砂利を置いたものである。人生を通過して永遠のうちに消えうせてしまった、あるいは卑しいあるいはいら立った一群の悪の魂が、ほとんどすべてそこにあって、恐ろしい言葉の形の下になお多少そこに露出している。
たとえばスペイン語をとれば、古いゴチックの隠語の語源はいくらもある。(訳者注 次の例にて、上方は原語下方が隠語)
vantana ―― vantane, 後に vanterne, 窓。
gato ―― gat, 猫。
aceyte ―― acite, 油。
イタリー語をとれば――
caravella ―― carvel, 船。
イギリス語をとれば――
rascal, rascalion(卑劣漢)―― raille, 間諜。
pilcher(鞘)―― pilche, 入れ物。
ドイツ語をとれば――
herzog(公爵)―― hers, 首領。
ラテン語をとれば――
fur ―― affurer, 盗む。
catena ―― cad
ne, 刑鎖。また、大陸の各国語のうちにあって、一種の強力、一種の神秘な主権を持ってる言葉がある。すなわち magnus という語である。スコットランド人はそれを mac として、一族の首長をさすに用いている。たとえば、Mac-Farlane, Mac-Callummore.(大ファーレーン、大カランモアー。)(ただしケルト語の mac は息子という意味である。)ところが隠語はそれを meck とし後には meg とし、すなわち神としている。次にバスク語をとれば――
ztoa(悪き)―― gahisto, 悪魔。gabon(いい晩)―― sorgabon, いい夜。
ケルト語をとれば――
meinec(石ばかりの)―― m
nesse, 女(悪い意味での)baranton(泉)―― barant, 小川。
goff(鍛冶屋)―― goffeur, 錠前屋。
guenn-du(白黒)―― gu
douze, 死。終わりに歴史をとれば、隠語では金銭のことを maltaises と呼んでいる。それは Malte(マルタ島)の漕刑場で通用していた貨幣のなごりである。
以上述べた言語学上の起原の外に、なお一層自然で、いわば人の精神からきたような他の語根を、隠語は持っている。
第一には言葉の直接の創造である。言語の不可思議さはそこにある。いかにしてかまたなぜにかわからないがとにかくある形容を有する言葉で、物を描き出す。それは人間のあらゆる言語の原始的根底であって、言語の岩層ともいうべきものである。どこでまただれから創られたともわからず、原語もなく、類語もなく、転化語もなく、直接の言葉で孤立した野蛮なまた時には嫌悪すべき言葉であって、不思議に力強い表現力を持って生きているものが、隠語のうちには無数にある。たとえば――
sabri ……森。
taf ……恐怖、逃亡。
larbin ……従僕。
pharos ……将軍、知事、大臣。
rabouin ……悪魔。
物を隠すと共に現わすそれらの言葉ほど世に不思議なものはない。ある言葉、たとえば rabouin のごときは、滑稽であると共にまた恐ろしいもので、巨人の渋面を見るがような感を起こさせる。
第二には比喩である。すべてを言いすべてを隠さんとする一言語の特質は、形容を豊富にすることである。比喩は仕事を計画する盗人が逃げ込む謎であり、脱走の策をめぐらす囚人が逃げ込む謎である。いかなる語法も隠語ほど比喩に富むものはない。
visser le coco(ココ酒の栓をぬく)……首をねじ切る。tortiller(ねじる)……食う。
tre gerb
(束にされる)……裁かれる。un rat(一匹の鼠)……パン盗人。
il lansquine ……雨が降る。
この最後のものは、特殊な古い形容であって、多少そのできた年代をも示している。それは斜めの長い雨足を lansquenets(十五六世紀頃のゼルマン歩兵)の密集した斜めの槍にたとえたもので、しのつく雨という通俗の換喩を一言のうちにこめたものである。時とすると隠語は、初期から次の時期に至るに従って、その言葉も野蛮な原始的状態から比喩の意味のものに変わってくることがある。悪魔をさす言葉も、rabouin から boulanger(パン屋)――竈の中で焼く者――となっている。才気は増してきたけれど壮大さは減じてきて、コルネイユの後にラシーヌがきたようなものであり、アイスキロスの後にエウリピデスがきたようなものである。またある句などは、両時期にまたがって野蛮な趣と比喩的な趣とを兼有して、幻覚に似たものもある。Les sorgueurs vont sollicer des gails
la lune.(徘徊者は夜中に馬を盗みに行く。)そういう言葉は一群の幽霊のように人の頭をかすめ過ぎる。眼前に見える者は果たして何者であるか人にはわからない。
第三には方便である。隠語は普通の言語によって生きている。でき心のままに普通の言葉を使い、臨機応変にそれから種をくみ取ってき、必要に応じてそれを簡単粗雑なものに変えてしまっただけのものが多い。時としては、かく形をゆがめた普通の言葉と純粋な隠語の言葉とを結び合わして、おもしろい言い方を作り上げ、前にいった直接創造と比喩との両要素の混合が感ぜらるるものもある。
(犬が吠える、パリーの駅馬車が森の中を通るらしい。)
Le dab est sinve, la dabuge est merloussi
re, la f
e est bative.(亭主は愚かだ、女房は狡猾だ、娘はきれいだ。)
またしばしば、聴者を惑わさんがために、隠語ではすべての言葉に一種の曖昧な尾を、aille, orgue, iergue, uche などの語尾を、ただ漠然と添えるだけのことがある。
(この焼肉は気に入ったか?)
これはカルトゥーシュが門監に向かって、脱走するためにつかました金額が彼の気に入ったかどうか尋ねた言葉である。また mar という語尾もかなり最近に使われるようになった。
隠語は腐乱の語であるから、直ちに腐乱してゆく。その上、常に隠密ならんことを求むるから人に理解されたと思えばすぐに変形してゆく。すべて他の植物と反対に、日光に触れた部分は死滅してゆく。かくして隠語は絶えず解体しまた組成する。決して止まることのない影の中の急速な働きである。十年のうちにも、普通の言語が十九世紀間にたどる以上の道を進む。そして種々に変化してゆく。たとえば――
馬…… gail ―→ gaye.
藁……fertanche ―→ fertille.
子供…… momignard ―→ momacque.
着物…… siques ―→ frusques.
教会堂…… chique ―→
grugeoir.首…… colabre ―→ colas.
悪魔…… gahisto ―→ rabouin ―→ boulanger.
牧師…… ratichon ―→ sanglier.
短剣…… vingt-deux ―→ surin ―→ lingre.
警官ら…… railles ―→ roussins ―→ rousses ―→ marchands de lacets ―→ coqueurs ―→ cognes.
死刑執行人…… taule ―→ Charlot ―→ atigeur ―→ becquillard.
殴り合う…… se donner du tabac(煙草をかぎ合う――十七世紀)―→ se chiquer la gueule(頤を咬み合う――十九世紀)。
そしてこの最後のものなどは、数多くの異なった言い方が、両者の間に存在していた。カルトゥーシュの言葉とラスネールの言葉とは全く異なっていた。そして隠語のすべての言葉は、それを話す人々と同じく絶えず逃げ回っている。
けれども時々、かえってこの変化のために、古い隠語が再び現われてきて新しいものとなることがある。そしてその維持されてゆく中心地はいくつもある。タンプルの一郭は十七世紀の隠語を保存していた。ビセートルが監獄であった頃は、テューヌ団の隠語を保存していた。そこでは昔のテューヌ仲間の anche という語尾が残っていた。
Il croyanche.(彼は思う)
しかしそれでも、原則としては常住に変化するものである。
もし哲学者にして、絶えず消散してゆくこの言語を、よく観察するために一時一定の形に引き止めるならば、彼は痛ましいかつ有益な瞑想に沈み込むであろう。いかなる研究も、隠語の研究ほど教育上に有効で材料豊富なものはない。そのいずれの比喩もいずれの語源も皆、それぞれ一つの教訓を含んでいる。――隠語を話す者らの間では、battre(打つ)は feindre(装う)という意味になる。On bat une maladie.(人は病気を打つ――に勝つ――を装う。)狡猾は彼らの力である。
彼らにとっては、人間という観念は影という観念と離れない。夜を sorgue といい、人を orgue という。すなわち人は夜の転化語である。
彼らは常に社会をもって、自分らを殺す大気のように考え、致命的な力のように考えている。そして人が自分の健康のことを語るように、自分らの自由のことを語っている。捕縛された者は一つの malade(病人)であり、処刑された者は一つの mort(死人)である。
身を埋むる四方の石壁のうちにあって、囚人にとって最も恐ろしいものは、女に接しない一種氷のごとき清浄な生活である。囚人は地牢を castus(清浄)と呼んでいる。――その痛むべき場所のうちに、外部の世界は常に最も嬉々たる顔付きをして現われてくる。囚人は足に鉄鎖をつけている。足をもって人は歩くと囚人も考えてることと、おそらく世人は思うだろう。しかしそうではない。足をもって人は踊ると囚人は考えている。それで、足の鉄鎖を鋸き割り得た時、最初の考えは、今や踊り得るということである。そして鋸を bastringue(居酒屋の一種の踊り)と呼んでいる。――名前を centre(中心)と呼んでいる。意味深い比喩である。――悪漢は二つの頭を持っている。一つは自分の行為を定め、生涯の間自分を導くものである。一つは最期の日双肩にになうべきものである。罪悪を勧める頭を sorbonne(ソルボンヌ大学)と呼び、罪悪を償う頭を tronche(クリスマス用の薪)と呼んでいる。――身にはぼろをしかまとわず心には悪徳をしかいだかない時、物質的と精神的と二重の堕落に陥った時、その二重の意味でいわゆる gueux(賤奴)となりはてた時、人はまさに罪悪の淵辺に立っている。よく研がれた包丁のようなものである。彼は両刃を、すなわち困窮と悪意とを持っている。それゆえ隠語では、それを gueux といわないで、r
guis
(研がれたる者)という。――徒刑場とは何であるか。永劫所罰の火炉であり、一つの地獄である。囚人は自ら自分を fagot(薪束)と呼ぶ――終わりに、悪人らはいかなる名を監獄に与えているか。coll
ge(学校)という名を与えている。懲戒の全組織はこの一語から引き出すことができる。
盗人は前に差し出された犠牲を持っている、すなわち盗み得る物を、諸君や私や、だれでも前を通る者を。それを pantre という。(pan とはすべての人という意味である。)
徒刑場の多くの歌、特殊の言葉で lirlon a といわれる反唱句が、どこで生まれたかを知ろうと欲するならば、次のことを読むがいい。
パリーのシャートレ監獄に長い大きな窖が一つあった。その窖はセーヌ川の水面より八尺も低くなっていた。窓もなければ風窓もなく、唯一の開き口はただ入り口の戸だけであった。人間ははいることができたが、空気は通さなかった。上は石の丸天井であり、床には一尺も泥がたまっていた。初めは舗石があったが、水がしみ出てくるので、それも腐食して裂け目だらけになっていた。地面から八尺の高さの所に、一本の長い太い梁が地牢の一方から一方へ通っていた。その梁の諸所には、長さ三尺の鎖がたれていて、先端に鉄の首輪がついていた。漕刑に処せられた囚人らは、ツーロン港に向かって護送さるる日までこの窖の中に入れられた。暗闇の中に恐ろしい鉄枷をそなえて待ってる梁の下に、彼らは押しやられた。腕をたれてる鎖と手をひろげてる首輪とは、そのみじめな者らの首筋をつかんだ。彼らはそこにつなぎとめられて放置された。鎖が短いので下に寝ることはできなかった。その窖の中に、その暗闇の中に、その梁の下に、ほとんどぶら下がったようにしてじっと立ちつくし、わずかなパンと水とを得るために非常な努力を強いられ、頭の上には石の丸天井があり、下には半ば膝を没する泥があり、糞尿は足の上に流れ、疲労のために骨も裂け、腰と膝とは力を失い、休息するためには両手で鎖にぶら下がり、立ったままでなければ眠ることもできず、首輪に喉をしめられては絶えず目をさまし、また中には永久に目をさまさない者もあった。物を食べるには、泥の中に投げ与えられたパンを、踵で脛にずらし上げて手の届く所まで持ってくるのだった。しかもそういう風にしてることが、あるいは一カ月、あるいは二カ月、時には六カ月になることもあった。一年間そこにいた者もひとりあった。それが徒刑場の控え室だったのである。国王の兎を一匹盗んでもそこに入れられた。そしてこの地獄の墓穴の中で、彼らは何をなしていたか。人が墓穴の中でなし得ること、すなわち死の苦しみを彼らはしていた、また人が地獄においてなし得ること、すなわち歌を彼らは歌っていた。もはや希望が無くなった所には、ただ歌だけが残るものである。マルタ島の海では、一つの漕刑船が近づく時、櫂の音が聞こえる前にまず歌の声が聞こえた。シャートレの地牢を通ってきたあわれな密猟者スュルヴァンサンはこういった、「私をささえてくれたものは韻律である。」詩は無用だ、韻律が何の役に立つか、と人はいう。しかも隠語のほとんどすべての歌が生まれたのは、この窖の中においてであった。パリーの大シャートレ監獄の地牢から、あのモンゴムリー徒刑場の憂鬱な反唱句も生まれたのである、Timaloumisaine, timoulamison と。またそれらの歌の多くは悲痛なものであるが、中には快活なものもあり、やさしいものも一つある。

treDu petit dardant.
(ここぞ宮居、)
(小さき弓手の。)
――(弓手とは愛の神キューピッドのこと)――
いかに力をつくしても、人の心に永遠に残るものすなわち愛を、絶滅することはできないものである。
陰惨な行為を事とするこの仲間では、自分たちだけで秘密を厳守している。秘密は彼らだけの共通なものである。それらのみじめなる者らにとっては、秘密は結合の基礎となる一致である。秘密をもらすことは、その隠密な組合の各人から何物かを奪い去ることとなる。告訴するという言葉は、力強い隠語では manger le morceau(小片を食う)という。あたかもその密告者は各人の本体の一片をむしり取って、その肉片で自分の身を養うかのようである。
平手打ちを受けるとは何であるか。通俗の比喩は答える、c'est voir trente-six chandelles.(それは三十六本の蝋燭を見ることだ。)ところが、隠語は横から口を出してこう答える、「chandelle(蝋燭)ではない、camoufle というのだ。」かくて日常の言語は、平手打ちの同意義語に camouflet(戯れに人の顔に吹きかける濃煙)というのを置いている。そして下部から上部への一種の浸透力によって、また不可測な道をたどる比喩の助けによって、隠語は洞窟からアカデミーまでのぼってゆく。J'allume ma camoufle.(俺は蝋燭をつける)といっていた盗賊プーライエは、アカデミー会員のヴォルテールに次のような文句を書かせる。Langleviel La Beaumelle m
rite cent camouflets.(ラングルヴィエル・ラ・ボーメルには百の平手打ちを喰わすべし。)
隠語のうちを掘りゆけば、一歩ごとに発見物がある。この不思議な語法を研究し掘り深めてゆくと、ついには正規の社会とのろわれた社会との接触点に達する。
隠語は囚人となった言語である。
人の思考力がいかに底深い所につき落とされているか、そこで宿命の暗澹たる暴虐からいかにむごたらしく引きずられ縛り上げられているか、その深淵の中でいい知れぬ鈎にいかにしかと結び止められているか、それを見ては心おびえるほどである。
ああ、みじめなる者らのあわれなる思想よ!
悲しいかな、この影のうちにある人の魂をだれも救いにこないのであろうか。精神を、救済者を、ペガサス(翼馬)やヒポグリフ(鷲頭怪馬)などに乗った広大な騎者を、両翼をひろげて蒼天からおりて来る曙の色に輝いた戦士を、燦然たる未来の騎士を、かかる宿命は永遠に待っていなければならないのであろうか。理想の光明の槍に向かって救いを求むる声も、ただいたずらに響くのみであろうか。ドラゴン(竜)の頭が、泡を吐く顎が、獅子の爪と鷲の翼と蛇の尾とでうねり行く怪物が、悪の深淵の深みのうちを恐ろしく渡りくる音を聞き、恐るべき水の中に次第に近くやってくるのを見るように、永久に定められているのであろうか。光もなく、希望もなく、その恐るべき怪物の近づくままに放置され、その怪物からほのかに嗅ぎつけられ、身を震わし、髪をふり乱し、腕をねじ合わしてひざまずき、永遠にやみ夜の巌につながれて、そこに留まっていなければならないのであろうか、やみのうちに裸のままほの白くさらされたる悲惨なるアンドロメダ(訳者注 神託によって海の怪物にささげられペルセウスに助けられしエチオピアの王女)のごとくに!
Chapitre III Argot qui pleure et argot qui rit
Comme on le voit, l'argot tout entier, l'argot d'il y a quatre cents ans comme l'argot d'aujourd'hui, est pénétré de ce sombre esprit symbolique qui donne à tous les mots tantôt une allure dolente, tantôt un air menaçant. On y sent la vieille tristesse farouche de ces truands de la Cour des Miracles qui jouaient aux cartes avec des jeux à eux, dont quelques-uns nous ont été conservés. Le huit de trèfle, par exemple, représentait un grand arbre portant huit énormes feuilles de trèfle, sorte de personnification fantastique de la forêt. Au pied de cet arbre on voyait un feu allumé où trois lièvres faisaient rôtir un chasseur à la broche, et derrière, sur un autre feu, une marmite fumante d'où sortait la tête du chien. Rien de plus lugubre que ces représailles en peinture, sur un jeu de cartes, en présence des bûchers à rôtir les contrebandiers et de la chaudière à bouillir les faux monnayeurs. Les diverses formes que prenait la pensée dans le royaume d'argot, même la chanson, même la raillerie, même la menace, avaient toutes ce caractère impuissant et accablé. Tous les chants, dont quelques mélodies ont été recueillies, étaient humbles et lamentables à pleurer. Le pègre s'appelle le pauvre pègre, et il est toujours le lièvre qui se cache, la souris qui se sauve, l'oiseau qui s'enfuit. À peine réclame-t-il, il se borne à soupirer; un de ses gémissements est venu jusqu'à nous:—Je n'entrave que le dail comment meck, le daron des orgues, peut atiger ses mômes et ses momignards et les locher criblant sans être atigé lui-même.—Le misérable, toutes les fois qu'il a le temps de penser, se fait petit devant la loi et chétif devant la société; il se couche à plat ventre, il supplie, il se tourne du côté de la pitié; on sent qu'il se sait dans son tort.
Vers le milieu du dernier siècle, un changement se fit. Les chants de prisons, les ritournelles de voleurs prirent, pour ainsi parler, un geste insolent et jovial. Le plaintif maluré fut remplacé par larifla. On retrouve au dix-huitième siècle, dans presque toutes les chansons des galères, des bagnes et des chiourmes, une gaîté diabolique et énigmatique. On y entend ce refrain strident et sautant qu'on dirait éclairé d'une lueur phosphorescente et qui semble jeté dans la forêt par un feu follet jouant du fifre:
Mirlababi, surlababo,
Mirliton ribon ribette,
Surlababi, mirlababo,
Mirliton ribon ribo.
Cela se chantait en égorgeant un homme dans une cave ou au coin d'un bois.
Symptôme sérieux. Au dix-huitième siècle l'antique mélancolie de ces classes mornes se dissipe. Elles se mettent à rire. Elles raillent le grand meg et le grand dab. Louis XV étant donné, elles appellent le roi de France «le marquis de Pantin». Les voilà presque gaies. Une sorte de lumière légère sort de ces misérables comme si la conscience ne leur pesait plus. Ces lamentables tribus de l'ombre n'ont plus seulement l'audace désespérée des actions, elles ont l'audace insouciante de l'esprit. Indice qu'elles perdent le sentiment de leur criminalité, et qu'elles se sentent jusque parmi les penseurs et les songeurs je ne sais quels appuis qui s'ignorent eux-mêmes. Indice que le vol et le pillage commencent à s'infiltrer jusque dans des doctrines et des sophismes, de manière à perdre un peu de leur laideur en en donnant beaucoup aux sophismes et aux doctrines. Indice enfin, si aucune diversion ne surgit, de quelque éclosion prodigieuse et prochaine.
Arrêtons-nous un moment. Qui accusons-nous ici? est-ce le dix-huitième siècle? est-ce sa philosophie? Non certes. L'œuvre du dix-huitième siècle est saine et bonne. Les encyclopédistes, Diderot en tête, les physiocrates, Turgot en tête, les philosophes, Voltaire en tête, les utopistes, Rousseau en tête, ce sont là quatre légions sacrées. L'immense avance de l'humanité vers la lumière leur est due. Ce sont les quatre avant-gardes du genre humain allant aux quatre points cardinaux du progrès, Diderot vers le beau, Turgot vers l'utile, Voltaire vers le vrai, Rousseau vers le juste. Mais, à côté et au-dessous des philosophes, il y avait les sophistes, végétation vénéneuse mêlée à la croissance salubre, ciguë dans la forêt vierge. Pendant que le bourreau brûlait sur le maître-escalier du palais de justice les grands livres libérateurs du siècle, des écrivains aujourd'hui oubliés publiaient, avec privilège du roi, on ne sait quels écrits étrangement désorganisateurs, avidement lus des misérables. Quelques-unes de ces publications, détail bizarre, patronnées par un prince, se retrouvent dans la Bibliothèque secrète. Ces faits, profonds mais ignorés, étaient inaperçus à la surface. Parfois c'est l'obscurité même d'un fait qui est son danger. Il est obscur parce qu'il est souterrain. De tous ces écrivains, celui peut-être qui creusa alors dans les masses la galerie la plus malsaine, c'est Restif de la Bretonne.
Ce travail, propre à toute l'Europe, fit plus de ravage en Allemagne que partout ailleurs. En Allemagne, pendant une certaine période, résumée par Schiller dans son drame fameux des Brigands, le vol et le pillage s'érigeaient en protestation contre la propriété et le travail, s'assimilaient de certaines idées élémentaires, spécieuses et fausses, justes en apparence, absurdes en réalité, s'enveloppaient de ces idées, y disparaissaient en quelque sorte, prenaient un nom abstrait et passaient à l'état de théorie, et de cette façon circulaient dans les foules laborieuses, souffrantes et honnêtes, à l'insu même des chimistes imprudents qui avaient préparé la mixture, à l'insu même des masses qui l'acceptaient. Toutes les fois qu'un fait de ce genre se produit, il est grave. La souffrance engendre la colère; et tandis que les classes prospères s'aveuglent, ou s'endorment, ce qui est toujours fermer les yeux, la haine des classes malheureuses allume sa torche à quelque esprit chagrin ou mal fait qui rêve dans un coin, et elle se met à examiner la société. L'examen de la haine, chose terrible!
De là, si le malheur des temps le veut, ces effrayantes commotions qu'on nommait jadis jacqueries, près desquelles les agitations purement politiques sont jeux d'enfants, qui ne sont plus la lutte de l'opprimé contre l'oppresseur, mais la révolte du malaise contre le bien-être. Tout s'écroule alors.
Les jacqueries sont des tremblements de peuple.
C'est à ce péril, imminent peut-être en Europe vers la fin du dix-huitième siècle, que vint couper court la Révolution française, cet immense acte de probité.
La Révolution française, qui n'est pas autre chose que l'idéal armé du glaive, se dressa, et, du même mouvement brusque, ferma la porte du mal et ouvrit la porte du bien.
Elle dégagea la question, promulgua la vérité, chassa le miasme, assainit le siècle, couronna le peuple.
On peut dire qu'elle a créé l'homme une deuxième fois, en lui donnant une seconde âme, le droit.
Le dix-neuvième siècle hérite et profite de son œuvre, et aujourd'hui la catastrophe sociale que nous indiquions tout à l'heure est simplement impossible. Aveugle qui la dénonce! niais qui la redoute! la révolution est la vaccine de la jacquerie.
Grâce à la révolution, les conditions sociales sont changées. Les maladies féodales et monarchiques ne sont plus dans notre sang. Il n'y a plus de moyen âge dans notre constitution. Nous ne sommes plus aux temps où d'effroyables fourmillements intérieurs faisaient irruption, où l'on entendait sous ses pieds la course obscure d'un bruit sourd, où apparaissaient à la surface de la civilisation on ne sait quels soulèvements de galeries de taupes, où le sol se crevassait, où le dessus des cavernes s'ouvrait, et où l'on voyait tout à coup sortir de terre des têtes monstrueuses.
Le sens révolutionnaire est un sens moral. Le sentiment du droit, développé, développe le sentiment du devoir. La loi de tous, c'est la liberté, qui finit où commence la liberté d'autrui, selon l'admirable définition de Robespierre. Depuis 89, le peuple tout entier se dilate dans l'individu sublimé; il n'y a pas de pauvre qui, ayant son droit, n'ait son rayon; le meurt-de-faim sent en lui l'honnêteté de la France; la dignité du citoyen est une armure intérieure; qui est libre est scrupuleux; qui vote règne. De là l'incorruptibilité; de là l'avortement des convoitises malsaines; de là les yeux héroïquement baissés devant les tentations. L'assainissement révolutionnaire est tel qu'un jour de délivrance, un 14 juillet, un 10 août, il n'y a plus de populace. Le premier cri des foules illuminées et grandissantes c'est: mort aux voleurs! Le progrès est honnête homme; l'idéal et l'absolu ne font pas le mouchoir. Par qui furent escortés en 1848 les fourgons qui contenaient les richesses des Tuileries? par les chiffonniers du faubourg Saint-Antoine. Le haillon monta la garde devant le trésor. La vertu fit ces déguenillés resplendissants. Il y avait là, dans ces fourgons, dans des caisses à peine fermées quelques-unes même entr'ouvertes, parmi cent écrins éblouissants, cette vieille couronne de France toute en diamants, surmontée de l'escarboucle de la royauté, du régent, qui valait trente millions. Ils gardaient, pieds nus, cette couronne.
Donc plus de jacquerie. J'en suis fâché pour les habiles. C'est là de la vieille peur qui a fait son dernier effet et qui ne pourrait plus désormais être employée en politique. Le grand ressort du spectre rouge est cassé. Tout le monde le sait maintenant. L'épouvantail n'épouvante plus. Les oiseaux prennent des familiarités avec le mannequin, les stercoraires s'y posent, les bourgeois rient dessus.
読者の見る通り、全部の隠語は、今日の隠語と共に四百年前の隠語も、各語にあるいは苦悩の姿を与えあるいは恐ろしい姿を与える陰惨な象徴的精神ですべて貫かれている。そのうちには、クール・デ・ミラクルの無宿者らからきた古い荒々しい悲哀が感ぜらるる。この無宿者らは特殊なカルタで賭博をしていたが、その幾つかは今だに伝わっている。たとえばクラブの八は、クローバーの大きな葉の八枚ついてる大木が描いてあって、変な風に森をかたどったものであった。大木の根本には燃えてる火が見えていて、そこでひとりの猟師が串にさされて三匹の兎からあぶられていた。その向こうにも一つ火が燃えていて、その上にかかって煙を出してる鍋からは犬の頭が出ていた。そして密輸入者らを火あぶりにし貨幣贋造者らを釜揚げにする時代において、カルタ札の上に描かれたそれらの復讐ほど、世に痛むべきものは存しない。隠語の世界において人の考えを現わす種々の形は、歌も嘲弄も威嚇も皆、かかる無力な圧伏された性質を持っていた。歌の調子は幾らか今だに伝わっているが、それらの歌は皆謙遜なもので、涙ぐまるるほど悲しいものだった。盗賊仲間ということは pauvre p
gre(あわれな仲間)と呼ばれている。そしてまた、身を隠す兎だの、のがれゆく二十日鼠だの、逃げ出す小鳥だのが、いつも出て来る。ほとんど抗議さえも持ち出さない。ただ嘆息するのみで満足している。その嘆声の一つが今に伝わっている。
mes et ses momignards et les locher criblant sans
tre atig
lui-m
me.(なぜに人の父なる神は、おのが子や孫を苦しめ、その泣き声を聞きても自ら心を痛めないか、私は了解することを得ない。)
悲惨なる者は、少しく思いめぐらす暇を持つごとに、法律の前に自ら小さくなり、社会の前に自ら弱くなる。彼はそこに平伏し、懇願し、憐愍の方を仰ぎ見る。あたかも自分の非をよく知ってるかのようである。
ところが十八世紀の中葉頃に、一つの変化が起こった。監獄の歌は、盗賊のきまりの歌は、横柄な元気な身振りを示した。嘆息的な反覆語 malur
は larifla と変わった。十八世紀では、漕刑場や徒刑場や監獄などのほとんどすべての中に、謎のような悪魔的な快活さが見えていた。あたかも燐光に照らされ、横笛を吹いてる鬼火から森の中に投げ出されたかのような、踊りはねる鋭い次の反唱句も聞かれたのである。
Mirliton ribon ribette,
Surlababi, mirlababo,
Mirliton ribon ribo.
これは窖の中や又は森の片すみで、人を絞め殺しながら歌われたのである。
この変化は重大な一兆候である。十八世紀に及んで、この沈うつな階級の古来の憂鬱は消散する。彼らは笑い始める。彼らは偉大なる meg(神)や大なる dab(王)を嘲笑する。ルイ十五世のことをいう時、彼らはこのフランス国王を marquis de Pantin(パリー侯爵)と呼ぶ。彼らはほとんど快活になったのである。あたかも良心の重みももはや感じないかのように、そのみじめなる者らから一種軽快な光が発してくる。その痛むべき影の種族は、もはや単に行為上の絶望的な大胆さを持ってるのみではなく、また精神上のむとんちゃくな大胆さを持っている。それは彼らが罪悪の感情を失ってる証拠であり、思想家や瞑想家らが自ら知らずして与うる一種の支持を彼らが感じてる証拠である。窃盗や掠奪が理論や詭弁のうちにまでしみ込んでいって、ついに詭弁や理論に醜さを多く与えながらおのれの醜さを多少失ってきた証拠である。終わりにまた、何か反対の機運さへ起こらなければ、ある驚くべき発展が近く到来せんとしてる前兆である。
ちょっと一言しておきたい。ここで我々がとがめんとするところのものは、十八世紀であるか? または哲学であるか? 否そうではない。十八世紀の事業は健全で善良である。ディドローを頭とする百科辞典の一派、テュルゴーを頭とする重農主義の一派、ヴォルテールを頭とする哲学の一派、ルーソーを頭とする理想郷の一派、そこに四つの尊い方面がある。光明の方へ向かってなした人類の大なる前進は、彼らに負うところのものである。彼らは人類の四つの前衛であって、進歩の四方へ進み出る。ディドローは美なるものの方へ、テュルゴーは有益なるものの方へ、ヴォルテールは真なるものの方へ、ルーソーは正なるものの方へ。しかしながら、それらの哲人らの傍にまた下に、詭弁家らの一派があった。健全なる繁茂に交じってる有毒な植物であり、処女林のうちにおける毒人蔘であった。法廷の大階段の上で当代の救済主らの大著述を刑執行人が焼き払ってる傍に、今日もはや忘られている幾多の著述家らは、国王の特許を得て、変に秩序をみだす種々の著述を出版して、みじめなる者らから貪り読まれたものである。不思議にも国君の保護を受けたそれらの発行書のあるものは、秘密叢書のなかに今もはいっている。奥深いしかも世に知られないそれらの事実は、表面には現われていなかった。が往々にして一事実の危険性はその暗黒なる点に存する。暗黒なるは地下にあるからである。それらの著述家らのうちでも、岩層の中に最も不健全な坑道を当時掘った者は、おそらくレスティフ・ド・ラ・ブルトンヌであろう。
かかる仕事は本来全ヨーロッパに存するものであったが、ことにドイツはそれからはなはだしい損害を受けた。ドイツにおいては、シルレルが有名な戯曲群盗のうちに概説しているある一時期の間、窃盗と掠奪とが蜂起して所有権と労働とを妨げ、初歩のもっともらしい誤ったる思想を、外観は正しいが実質は不条理なる思想を、自ら遵守し、自ら身にまとい、多少その影に潜み隠れ、抽象的な名前を取って学説の状態に変形して、不純な混和剤を作る不注意な化学者のごとくに、またそれを服用する衆人のごとくに、知らず知らずのうちに、勤勉な正直な苦しめる群集の間に伝播していったのである。かかる種類の事実が起こってくる時には、その結果は常に重大である。苦しみは憤怒を生む。そして富裕なる階級が、盲目であるか又は眠っている間に、すなわち目を閉じている間に、不幸なる階級の憎悪の念は、片すみに夢想している憂鬱な又は悪しき精神に炬火を点じて、社会を調査し始める。憎悪の行なう調査、それは恐るべきものである。
そこから、もし時代の不幸が望む時には、ジャックリー(訳者注 十四世紀ピカルディーにおける賤民の大暴動)と昔名づけられたような恐るべき騒擾が起こってくる。かかる騒擾に比すれば、純粋の政治的動乱などは児戯に等しいものである。それはもはや被圧制者が圧制者に対抗する争いではなく、不如意が安逸に対抗する反抗である。その時すべては崩壊する。
ジャックリーは民衆の戦慄である。
十八世紀の末葉においておそらく全ヨーロッパに切迫していたこの危急を、あの広大なる誠直の行為たるフランス大革命は、一挙に断ち切ったのである。
剣を装ったる理想に外ならないフランス大革命は、すっくと立ち上がり、同じ急速な動作で、悪の扉を閉ざし善の扉を開いた。
大革命は問題を解決し、真理を普及し、毒気を払い、時代を清め、民衆に王冠を授けた。
大革命は人間に第二の魂たる権利を与えながら人間を再びつくった、ともいい得るであろう。
十九世紀はその事業を継承し利用している。そして今日では、前に述べたような社会の破滅は当然起こり得ない。かかる破滅を予言する者は盲者であり、かかる破滅を恐るる者は痴呆である。革命はジャックリーの種痘である。
革命の恩恵によって社会の情況は変わった。封建的王政的な病はもはや我々の血液の中にはない。我々の政体のうちにはもはや中世は存しない。恐るべき黴菌が内部に満ちあふれていた時代、恐ろしい響きのかすかに鳴り渡るのが足下に聞こえていた時代、土竜が穴を掘るような高まりが文明の表面に見えていた時代、地面が亀裂していた時代、洞穴の口が開いていた時代、そして怪物の頭がたちまち地下から出て来るのが見られた時代、そういう時代には我々はもはやいないのである。
革命の意義は道徳的の意義である。権利の感情が発展する時、それはまた義務の感情を発展させる。万人の原則は自由ということである。そしてロベスピエールのみごとな定義に従えば、自由は他人の自由の始まるところに終わる。一七八九年以来全民衆は拡大して荘厳な個人となっている。権利を有しながら光を有しない貧民はいない。赤貧者といえども自分のうちにフランスの正直さを感じている。公民の品位は内心の鎧である。自由なる者は謹直である。投票する者は自ら統治する。そこから腐敗し得ない性質が生じてくる。そこから不健全なる貪婪の流産が起こってくる。そこから誘惑の前にも勇ましく伏せたる目が生まれてくる。革命が行なう洗練は深いものであって、七月十四日(一七八九年)あるいは八月十日(一七九二年)のごとき解放の日においても、もはや賤民は存在しない。光に照らされ生長しつつある群集の第一の叫びは、盗賊らをたおせ! ということである。進歩は正直なる男子である。理想と絶対とは物をかすめ取らない。テュイルリー宮殿の財宝の櫃は、一八四八年にはだれからまもられていたか。サン・タントアーヌ郭外の屑屋どもからではなかったか。ぼろは宝物の前に番をしたのである。徳操はこのぼろをまとった者らを光り輝かした。それらの櫃の中に、ほとんど閉ざされていず間には半ば口を開いてるのもあるそれらの箱の中に、多くの燦爛たる宝石の間に交じって、金剛石を一面にちりばめ上には王位及び摂政の紅玉をつけてる三千万フランの価あるフランスの古い王冠が、はいっていたのである。足に靴もはかない彼らは、その王冠の番をしていた。
かくてもはやジャックリーは存しない。巧者らにとっては気の毒の至りである。昔の恐怖も、今はその効果を失ってしまい、今後はもはや政治に利用されることはできないであろう。まっかな幽霊の大撥条はもうこわれている。今や人はすべてそれを知っている。今はだれもその張子を恐れない。小鳥はその案山子になれ、兜虫はその上にとまり、市民はそれを笑っている。
Chapitre IV Les deux devoirs: veiller et espérer
Cela étant, tout danger social est-il dissipé? non certes. Point de jacquerie. La société peut se rassurer de ce côté, le sang ne lui portera plus à la tête; mais qu'elle se préoccupe de la façon dont elle respire. L'apoplexie n'est plus à craindre, mais la phtisie est là. La phtisie sociale s'appelle misère.
On meurt miné aussi bien que foudroyé.
Ne nous lassons pas de le répéter, songer, avant tout aux foules déshéritées et douloureuses, les soulager, les aérer, les éclairer, les aimer, leur élargir magnifiquement l'horizon, leur prodiguer sous toutes les formes l'éducation, leur offrir l'exemple du labeur, jamais l'exemple de l'oisiveté, amoindrir le poids du fardeau individuel en accroissant la notion du but universel, limiter la pauvreté sans limiter la richesse, créer de vastes champs d'activité publique et populaire, avoir comme Briarée cent mains à tendre de toutes parts aux accablés et aux faibles, employer la puissance collective à ce grand devoir d'ouvrir des ateliers à tous les bras, des écoles à toutes les aptitudes et des laboratoires à toutes les intelligences, augmenter le salaire, diminuer la peine, balancer le doit et l'avoir, c'est-à-dire proportionner la jouissance à l'effort et l'assouvissement au besoin, en un mot, faire dégager à l'appareil social, au profit de ceux qui souffrent et de ceux qui ignorent, plus de clarté et plus de bien-être, c'est là, que les âmes sympathiques ne l'oublient pas, la première des obligations fraternelles, c'est, que les cœurs égoïstes le sachent, la première des nécessités politiques.
Et, disons-le, tout cela, ce n'est encore qu'un commencement. La vraie question, c'est celle-ci: le travail ne peut être une loi sans être un droit.
Nous n'insistons pas, ce n'est point ici le lieu.
Si la nature s'appelle providence, la société doit s'appeler prévoyance.
La croissance intellectuelle et morale n'est pas moins indispensable que l'amélioration matérielle. Savoir est un viatique; penser est de première nécessité; la vérité est nourriture comme le froment. Une raison, à jeun de science et de sagesse, maigrit. Plaignons, à l'égal des estomacs, les esprits qui ne mangent pas. S'il y a quelque chose de plus poignant qu'un corps agonisant faute de pain, c'est une âme qui meurt de la faim de la lumière.
Le progrès tout entier tend du côté de la solution. Un jour on sera stupéfait. Le genre humain montant, les couches profondes sortiront tout naturellement de la zone de détresse. L'effacement de la misère se fera par une simple élévation de niveau.
Cette solution bénie, on aurait tort d'en douter.
Le passé, il est vrai, est très fort à l'heure où nous sommes. Il reprend. Ce rajeunissement d'un cadavre est surprenant. Le voici qui marche et qui vient. Il semble vainqueur; ce mort est un conquérant. Il arrive avec sa légion, les superstitions, avec son épée, le despotisme, avec son drapeau, l'ignorance; depuis quelque temps il a gagné dix batailles. Il avance, il menace, il rit, il est à nos portes. Quant à nous, ne désespérons pas. Vendons le champ où campe Annibal.
Nous qui croyons, que pouvons-nous craindre?
Il n'y a pas plus de reculs d'idées que de reculs de fleuves.
Mais que ceux qui ne veulent pas de l'avenir y réfléchissent. En disant non au progrès, ce n'est point l'avenir qu'ils condamnent, c'est eux-mêmes. Ils se donnent une maladie sombre; ils s'inoculent le passé. Il n'y a qu'une manière de refuser Demain, c'est de mourir.
Or, aucune mort, celle du corps le plus tard possible, celle de l'âme jamais, c'est là ce que nous voulons.
Oui, l'énigme dira son mot, le sphinx parlera, le problème sera résolu. Oui, le Peuple, ébauché par le dix-huitième siècle, sera achevé par le dix-neuvième. Idiot qui en douterait! L'éclosion future, l'éclosion prochaine du bien-être universel, est un phénomène divinement fatal.
D'immenses poussées d'ensemble régissent les faits humains et les amènent tous dans un temps donné à l'état logique, c'est-à-dire à l'équilibre, c'est-à-dire à l'équité. Une force composée de terre et de ciel résulte de l'humanité et la gouverne; cette force-là est une faiseuse de miracles; les dénoûments merveilleux ne lui sont pas plus difficiles que les péripéties extraordinaires. Aidée de la science qui vient de l'homme et de l'événement qui vient d'un autre, elle s'épouvante peu de ces contradictions dans la pose des problèmes, qui semblent au vulgaire impossibilités. Elle n'est pas moins habile à faire jaillir une solution du rapprochement des idées qu'un enseignement du rapprochement des faits, et l'on peut s'attendre à tout de la part de cette mystérieuse puissance du progrès qui, un beau jour, confronte l'orient et l'occident au fond d'un sépulcre et fait dialoguer les imans avec Bonaparte dans l'intérieur de la grande pyramide.
En attendant, pas de halte, pas d'hésitation, pas de temps d'arrêt dans la grandiose marche en avant des esprits. La philosophie sociale est essentiellement la science de la paix. Elle a pour but et doit avoir pour résultat de dissoudre les colères par l'étude des antagonismes. Elle examine, elle scrute, elle analyse; puis elle recompose. Elle procède par voie de réduction, retranchant de tout la haine.
Qu'une société s'abîme au vent qui se déchaîne sur les hommes, cela s'est vu plus d'une fois; l'histoire est pleine de naufrages de peuples et d'empires; mœurs, lois, religions, un beau jour cet inconnu, l'ouragan, passe et emporte tout cela. Les civilisations de l'Inde, de la Chaldée, de la Perse, de l'Assyrie, de l'Égypte, ont disparu l'une après l'autre. Pourquoi? nous l'ignorons. Quelles sont les causes de ces désastres? nous ne le savons pas. Ces sociétés auraient-elles pu être sauvées? y a-t-il de leur faute? se sont-elles obstinées dans quelque vice fatal qui les a perdues? quelle quantité de suicide y a-t-il dans ces morts terribles d'une nation et d'une race? Questions sans réponse. L'ombre couvre ces civilisations condamnées. Elles faisaient eau puisqu'elles s'engloutissent; nous n'avons rien de plus à dire; et c'est avec une sorte d'effarement que nous regardons, au fond de cette mer qu'on appelle le passé, derrière ces vagues colossales, les siècles, sombrer ces immenses navires, Babylone, Ninive, Tarse, Thèbes, Rome, sous le souffle effrayant qui sort de toutes les bouches des ténèbres. Mais ténèbres là, clarté ici. Nous ignorons les maladies des civilisations antiques, nous connaissons les infirmités de la nôtre. Nous avons partout sur elle le droit de lumière; nous contemplons ses beautés et nous mettons à nu ses difformités. Là où est le mal, nous sondons; et, une fois la souffrance constatée, l'étude de la cause mène à la découverte du remède. Notre civilisation, œuvre de vingt siècles, en est à la fois le monstre et le prodige; elle vaut la peine d'être sauvée. Elle le sera. La soulager, c'est déjà beaucoup; l'éclairer, c'est encore quelque chose. Tous les travaux de la philosophie sociale moderne doivent converger vers ce but. Le penseur aujourd'hui a un grand devoir, ausculter la civilisation.
Nous le répétons, cette auscultation encourage; et c'est par cette insistance dans l'encouragement que nous voulons finir ces quelques pages, entr'acte austère d'un drame douloureux. Sous la mortalité sociale on sent l'impérissabilité humaine. Pour avoir çà et là ces plaies, les cratères, et ces dartres, les solfatares, pour un volcan qui aboutit et qui jette son pus, le globe ne meurt pas. Des maladies de peuple ne tuent pas l'homme.
Et néanmoins, quiconque suit la clinique sociale hoche la tête par instants. Les plus forts, les plus tendres, les plus logiques ont leurs heures de défaillance.
L'avenir arrivera-t-il? il semble qu'on peut presque se faire cette question quand on voit tant d'ombre terrible. Sombre face-à-face des égoïstes et des misérables. Chez les égoïstes, les préjugés, les ténèbres de l'éducation riche, l'appétit croissant par l'enivrement, un étourdissement de prospérité qui assourdit, la crainte de souffrir qui, dans quelques-uns, va jusqu'à l'aversion des souffrants, une satisfaction implacable, le moi si enflé qu'il ferme l'âme; chez les misérables, la convoitise, l'envie, la haine de voir les autres jouir, les profondes secousses de la bête humaine vers les assouvissements, les cœurs pleins de brume, la tristesse, le besoin, la fatalité, l'ignorance impure et simple.
Faut-il continuer de lever les yeux vers le ciel? le point lumineux qu'on y distingue est-il de ceux qui s'éteignent? L'idéal est effrayant à voir, ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant, mais entouré de toutes ces grandes menaces noires monstrueusement amoncelées autour de lui; pourtant pas plus en danger qu'une étoile dans les gueules des nuages.
さはあれ、社会的危険はすべて消散しているであろうか。確かに否。もはやジャックリーはなく、この方面では社会も安心することができ、もう逆上することもないであろう。しかし社会は、いかなる方法で生息するかを考えなければならない。卒中はもはや恐るるに及ばない。しかし肺病はまだある。社会の肺病、これを悲惨という。
人は一撃を受けて死ぬることがあるとともに、また徐々の衰弱から死ぬることもある。
我々は倦むことなく繰り返したい。何よりもまず恒産なき苦しめる群集のことを考えよ。彼らを慰めよ。彼らに空気と光とを与えよ。彼らを愛せよ。彼らにその地平線を晴れ晴れとひろげてやれ。あらゆる形式の下に教育を惜しまず与えてやれ。勤勉の例を示して、決して怠惰の例を示すな。万物の目的が何であるかをますますよく知らせながら、各個人の荷の重みを減じてやれ。富を制限することなく貧を制限せよ。公衆及び民衆の広い活動の余地を作れよ。ブリアレウス(訳者注 五十の頭と百本の腕とを有する巨人)のごとくに、疲れたる者や弱き者らに四方から差し出してやる千の手を持てよ。すべての腕に工場を開き、すべての能力に学校を開き、すべての知力に実験室を開く、偉大なる義務を果たさんために、集団の力を用いよ。賃金を増し労苦を減ぜよ。当然受くべきものと実際有するものとを平衡せしめよ。換言すれば、享有と努力とを平均せしめ、満足と要求とを平均せしめよ。一言にしていえば、苦しめる者や無知なる者らのために、一層の安楽と光明とを、社会組織より発せさせよ。同情ある魂の者らよよく記憶するがよい、これこそは同胞の義務の第一のものである。利己的な心の者らよよく知るがよい、これこそは政治の要件の第一のものである。
しかもあえていうが、すべてそれらのことはまだ第一歩にすぎない。真の問題は次にある、すなわち、労働は一つの権利とならずんば一つの法則となることを得ない。
しかしこの点をなお力説することはよそう。ここはその場所でないから。
もし自然を天意と呼ぶならば、社会は先見と呼ばるべきであろう。
精神と道徳との生長は、物質的改良に劣らず必要なものである。知ることは一つの糧であり、考えることは第一の要件であり、真理は小麦のごとき栄養物である。理性は学問と知恵とを断食する時やせてゆく。胃袋の点より考えても、食を取らない精神はあわれむべきである。パンがなくて死の苦しみをする身体よりも一層悲痛なものが何かあるとすれば、それはおそらく光明に飢えて死ぬる魂であろう。
進歩はすべてその解決を目ざしている。他日人は驚かされるであろう。人類は上に上りゆくものであるから、深い地層も自然に破滅地帯を脱するであろう。悲惨の掃蕩は、単に地面を高めることによってなされるであろう。
かかる祝福されたる解決こそ、これを疑うは誤りである。過去はまさしく現代においてはなはだ強力になっている。過去はよみがえっている。かかる死骸の更生こそ意外なことである。今やそれは立ち上がって進み来る。勝利者のごときありさまをしている。その死人が征服者となっている。その軍勢たる迷信を率い、その剣たる専制制を振りかざし、その軍旗たる無知を押し立てて、彼はやって来る。しばらくの間に彼はもう十度もの戦争に勝利を得ている。彼は進みきたり、威嚇し、嘲笑し、我々の門口に立っている。しかし我々は絶望してはいけない。ハンニバルの駐まる野は売るべしである。
信ずるところある我々は、何を恐るべきことがあるか。
河水に逆行がないごとく、もはや思想にも逆行はない。
しかし未来を欲しない者には一考を勧めたい。進歩に向かって否といいながら彼らがしりぞけるのは、未来ではなくて彼ら自身をである。彼らは自ら自分に暗い病気を与える。彼らは自分に過去を植えつける。「明日」を拒む唯一の方法は自ら死ぬることである。
しかるにいかなる死も、身体の死はなるべく遅からんこと、魂の死は、永久にきたらざらんこと、それが我々の望むところである。
まさしく、謎はその種を明かし、スフィンクスは口を開き、問題は解決されるであろう。十八世紀に草案された「民衆」は十九世紀によって完成さるるであろう。これを疑う者は痴人である。万人の安寧が近き未来に到来することは、天意的な必然の数である。
一斉に上に向かわんとする広大なる力は、人類の各事実を整理して、一定の時間を経れば、合理的なる状態、すなわち平衡なる状態に、すなわち公正なる状態に、すべてを導くであろう。地と天とから成る一つの力は、人類からいでて人類を統治するであろう。その力こそ奇跡を行なう者である。驚嘆すべき大団円も、異常なる変転と同じく彼にとっては容易である。人間より来る学問と神より来る事変との助けによって、俗人には解決不可能と思わるる矛盾多い問題にも、彼は余り驚かない。彼は巧みに、各事実を対照さして一つの教訓を引き出すとともに、各思想を対照さして一つの解決を引き出す。そして人は、進歩のこの不可思議なる力からすべてを期待することができる。この力は他日、墳墓の奥底において東方と西欧とを対面させ、大ピラミッドの内部においてイマン(回教長老)とボナパルトを対話させるであろう。
まずそれまでは、人の精神の壮大なる前進のうちには、何らの休止もなく、躊躇もなく、足を止める暇もない。社会哲学は本質的に平和の学問である。拮抗を研究することによって憤怒を解くことが、その目的であり、またその結果であらねばならない。それは調査し穿鑿し解剖し、次にまた再び組み立てる。すべてから憎悪を除去しながら、還元の道をたどってゆく。
人間の上に吹きすさむ風のために一社会が覆没することは、しばしば見らるるところである。民衆や帝国の難破は史上に数多ある。颶風という未知の者が一度過ぎる時、風俗も法律も宗教もすべては吹き去られる。インド、カルデア、ペルシャ、アッシリア、エジプトなどの文明はすべて、相次いで消滅した。なぜであるか。我々はそれを知らない。それらの覆滅の原因は何であるか。我々はそれを知らない。それらの社会はあるいは救われることができるものであったであろうか。それら自身に過失があったのであろうか。破滅を招くべきある致命的な不徳のうちに固執したのであろうか。国民や民族のそれら恐ろしい死滅のうちにはいくばくの自殺が含まっていたであろうか。それは答えのできない問題である。それらの処刑された文明はやみにおおわれている。それらは水底に沈んだがゆえに水におぼれたのである。これ以上を我々は何もいうことができない。そして、過去と呼ばるる大海の底に、世紀と呼ばるる大波のかなたに、すべての暗黒の口から出る恐るべき息吹のために、バビロン、ニニベ、タルス、テーベ、ローマ、などの巨船が沈みゆくのを見ては、我々は自ら一種の戦慄を禁じ得ない。けれども、そこには暗黒があるが、ここには光明がある。我々は古代諸文明の病気を知らないが、現代文明の疾患を知っている。我々はこの文明の随所を光に照らしてながむるの権利を有している。我々はその美点を観賞し、その醜点を裸にする。苦痛があるところには消息子を入れる。そして一度病苦が明らかになれば、その原因を研究するうちについに薬剤が発見さるる。二十世紀間の長い年月に作られたわが文明は、その怪物であり又その奇跡である。救うに価するものである。ついには救われるであろう。これを支持するは既に大なる業であり、これに光明を与うるは更に大なる業である。現代の社会哲学のあらゆる努力は、皆この目的に集中されなければならない。今日の思想家は一つの大なる義務を持っている、すなわち文明の健康を診察することである。
くり返していう。この診察は人の勇気を鞭撻するものである。そして、本書の悲痛な一編の劇にはさんだいかめしい幕間物たるこれらの数ページを、我々はこの鞭撻の力説によって終えたいと思う。社会の定命の下にも人類の不滅が感ぜられる。噴火口の傷口や硫気口の湿疹などを所々に有するとも、潰瘍して膿液をほとばしらす火山があろうとも、地球は死滅しない。民衆の病気も人間を殺しはしない。
それでもなお、社会の臨床治療に臨む者は一時頭を振るであろう。最も強く最も愛深く最も合理的なる者らも、一時勇気を失うであろう。
未来は果たして到達するであろうか? かくも多くの恐るべき影を見る時、ほとんどそう自ら問わざるを得ないのである。多くの利己的な者らと悲惨な者らとに、痛ましくも当面してるのである。利己的な者らのうちにあるのは、偏見、高価な教育の暗黒、酩酊によってますます高まる欲望、人を聾者にし愚昧にする繁栄、ある者らにあっては苦しめる人々に背中を向けるほどの、苦痛の恐れ、頑迷な満足、魂の口をふさぐほどふくれ上がってる自我。また悲惨な者らのうちにあるのは、渇望、羨望、楽しめる人々に対する憎悪、飽満に対して人の獣性が有するあこがれ、靄に立ちこめられてる心、悲哀、欠乏、薄命、汚れたるただの無知。
かくてもなお続けて天の方へ目をあげなければならないか? そこに見える輝いたる一点は、消えうするもののなごりであろうか? 深みのうちに取り残され、見分け難く小さく孤立して、周囲に重畳堆積してる大なる暗雲におびやかされながら輝いてる理想こそ、見るも恐るべきものである。しかしながらそれは、黒雲にのまれんとする星と等しく、特に危険に陥っているものではない。
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