Les Misérables リーディング

Les Misérables Tome IV : Livre quinzième—La rue de l'Homme-Armé

Chapitre I Buvard, bavard

 

Qu'est-ce que les convulsions d'une ville auprès des émeutes de l'âme? L'homme est une profondeur plus grande encore que le peuple. Jean Valjean, en ce moment-là même, était en proie à un soulèvement effrayants. Tous les gouffres s'étaient rouverts en lui. Lui aussi frissonnait, comme Paris, au seuil d'une révolution formidable et obscure. Quelques heures avaient suffi. Sa destinée et sa conscience s'étaient brusquement couvertes d'ombre. De lui aussi, comme de Paris, on pouvait dire: les deux principes sont en présence. L'ange blanc et l'ange noir vont se saisir corps à corps sur le pont de l'abîme. Lequel des deux précipitera l'autre? Qui l'emportera?

La veille de ce même jour 5 juin, Jean Valjean, accompagné de Cosette et de Toussaint, s'était installé rue de l'Homme-Armé. Une péripétie l'y attendait.

Cosette n'avait pas quitté la rue Plumet sans un essai de résistance. Pour la première fois depuis qu'ils existaient côte à côte, la volonté de Cosette et la volonté de Jean Valjean s'étaient montrées distinctes, et s'étaient, sinon heurtées, du moins contredites. Il y avait eu objection d'un côté et inflexibilité de l'autre. Le brusque conseil: déménagez, jeté par un inconnu à Jean Valjean, l'avait alarmé au point de le rendre absolu. Il se croyait dépisté et poursuivi. Cosette avait dû céder.

Tous deux étaient arrivés rue de l'Homme-Armé sans desserrer les dents et sans se dire un mot, absorbés chacun dans leur préoccupation personnelle; Jean Valjean si inquiet qu'il ne voyait pas la tristesse de Cosette, Cosette si triste qu'elle ne voyait pas l'inquiétude de Jean Valjean.

Jean Valjean avait emmené Toussaint, ce qu'il n'avait jamais fait dans ses précédentes absences. Il entrevoyait qu'il ne reviendrait peut-être pas rue Plumet, et il ne pouvait ni laisser Toussaint derrière lui, ni lui dire son secret. D'ailleurs il la sentait dévouée et sûre. De domestique à maître, la trahison commence par la curiosité. Or, Toussaint, comme si elle eût été prédestinée à être la servante de Jean Valjean, n'était pas curieuse. Elle disait à travers son bégayement, dans son parler de paysanne de Barneville: Je suis de même de même; je chose mon fait; le demeurant n'est pas mon travail. (Je suis ainsi; je fais ma besogne; le reste n'est pas mon affaire.)

Dans ce départ de la rue Plumet, qui avait été presque une fuite, Jean Valjean n'avait rien emporté que la petite valise embaumée baptisée par Cosette l'inséparable. Des malles pleines eussent exigé des commissionnaires, et des commissionnaires sont des témoins. On avait fait venir un fiacre à la porte de la rue de Babylone, et l'on s'en était allé.

C'est à grand'peine que Toussaint avait obtenu la permission d'empaqueter un peu de linge et de vêtements et quelques objets de toilette. Cosette, elle, n'avait emporté que sa papeterie et son buvard.

Jean Valjean, pour accroître la solitude et l'ombre de cette disparition, s'était arrangé de façon à ne quitter le pavillon de la rue Plumet qu'à la chute du jour, ce qui avait laissé à Cosette le temps d'écrire son billet à Marius. On était arrivé rue de l'Homme-Armé à la nuit close.

On s'était couché silencieusement.

Le logement de la rue de l'Homme-Armé était situé dans une arrière-cour, à un deuxième étage, et composé de deux chambres à coucher, d'une salle à manger et d'une cuisine attenante à la salle à manger, avec soupente où il y avait un lit de sangle qui échut à Toussaint. La salle à manger était en même temps l'antichambre et séparait les deux chambres à coucher. L'appartement était pourvu des ustensiles nécessaires.

On se rassure presque aussi follement qu'on s'inquiète; la nature humaine est ainsi. À peine Jean Valjean fut-il rue de l'Homme-Armé que son anxiété s'éclaircit, et, par degrés, se dissipa. Il y a des lieux calmants qui agissent en quelque sorte mécaniquement sur l'esprit. Rue obscure, habitants paisibles. Jean Valjean sentit on ne sait quelle contagion de tranquillité dans cette ruelle de l'ancien Paris, si étroite qu'elle est barrée aux voitures par un madrier transversal posé sur deux poteaux, muette et sourde au milieu de la ville en rumeur, crépusculaire en plein jour, et, pour ainsi dire, incapable d'émotions entre ses deux rangées de hautes maisons centenaires qui se taisent comme des vieillards qu'elles sont. Il y a dans cette rue de l'oubli stagnant. Jean Valjean y respira. Le moyen qu'on pût le trouver là?

Son premier soin fut de mettre l'inséparable à côté de lui.

Il dormit bien. La nuit conseille, on peut ajouter: la nuit apaise. Le lendemain matin, il s'éveilla presque gai. Il trouva charmante la salle à manger qui était hideuse, meublée d'une vieille table ronde, d'un buffet bas que surmontait un miroir penché, d'un fauteuil vermoulu et de quelques chaises encombrées des paquets de Toussaint. Dans un de ces paquets, on apercevait par un hiatus l'uniforme de garde national de Jean Valjean.

Quant à Cosette, elle s'était fait apporter par Toussaint un bouillon dans sa chambre, et ne parut que le soir.

Vers cinq heures, Toussaint, qui allait et venait, très occupée de ce petit emménagement, avait mis sur la table de la salle à manger une volaille froide que Cosette, par déférence pour son père, avait consenti à regarder.

Cela fait, Cosette, prétextant une migraine persistante, avait dit bonsoir à Jean Valjean et s'était enfermée dans sa chambre à coucher. Jean Valjean avait mangé une aile de poulet avec appétit, et accoudé sur la table, rasséréné peu à peu, rentrait en possession de sa sécurité.

Pendant qu'il faisait ce sobre dîner, il avait perçu confusément, à deux ou trois reprises, le bégayement de Toussaint qui lui disait:—Monsieur, il y a du train, on se bat dans Paris. Mais, absorbé dans une foule de combinaisons intérieures, il n'y avait point pris garde. À vrai dire, il n'avait pas entendu.

Il se leva, et se mit à marcher de la fenêtre à la porte et de la porte à la fenêtre, de plus en plus apaisé.

Avec le calme, Cosette, sa préoccupation unique, revenait dans sa pensée. Non qu'il s'émût de cette migraine, petite crise de nerfs, bouderie de jeune fille, nuage d'un moment, il n'y paraîtrait pas dans un jour ou deux; mais il songeait à l'avenir, et, comme d'habitude, il y songeait avec douceur. Après tout, il ne voyait aucun obstacle à ce que la vie heureuse reprît son cours. À de certaines heures, tout semble impossible; à d'autres heures, tout paraît aisé; Jean Valjean était dans une de ces bonnes heures. Elles viennent d'ordinaire après les mauvaises, comme le jour après la nuit, par cette loi de succession et de contraste qui est le fond même de la nature et que les esprits superficiels appellent antithèse. Dans cette paisible rue où il se réfugiait, Jean Valjean se dégageait de tout ce qui l'avait troublé depuis quelque temps. Par cela même qu'il avait vu beaucoup de ténèbres, il commençait à apercevoir un peu d'azur. Avoir quitté la rue Plumet sans complication et sans incident, c'était déjà un bon pas de fait. Peut-être serait-il sage de se dépayser, ne fût-ce que pour quelques mois, et d'aller à Londres. Eh bien, on irait. Être en France, être en Angleterre, qu'est-ce que cela faisait, pourvu qu'il eût près de lui Cosette? Cosette était sa nation. Cosette suffisait à son bonheur; l'idée qu'il ne suffisait peut-être pas, lui, au bonheur de Cosette, cette idée, qui avait été autrefois sa fièvre et son insomnie, ne se présentait même pas à son esprit. Il était dans le collapsus de toutes ses douleurs passées, et en plein optimisme. Cosette, étant près de lui, lui semblait à lui; effet d'optique que tout le monde a éprouvé. Il arrangeait en lui-même, et avec toutes sortes de facilités, le départ pour l'Angleterre avec Cosette, et il voyait sa félicité se reconstruire n'importe où dans les perspectives de sa rêverie.

Tout en marchant de long en large à pas lents, son regard rencontra tout à coup quelque chose d'étrange.

Il aperçut en face de lui, dans le miroir incliné qui surmontait le buffet, et il lut distinctement les quatre lignes que voici:

«Mon bien-aimé, hélas! mon père veut que nous partions tout de suite. Nous serons ce soir rue de l'Homme-Armé, nº 7. Dans huit jours nous serons à Londres. COSETTE. 4 juin.»

Jean Valjean s'arrêta hagard.

Cosette en arrivant avait posé son buvard sur le buffet devant le miroir, et, toute à sa douloureuse angoisse, l'avait oublié là, sans même remarquer qu'elle le laissait tout ouvert, et ouvert précisément à la page sur laquelle elle avait appuyé, pour les sécher, les quatre lignes écrites par elle et dont elle avait chargé le jeune ouvrier passant rue Plumet. L'écriture s'était imprimée sur le buvard.

Le miroir reflétait l'écriture.

Il en résultait ce qu'on appelle en géométrie l'image symétrique; de telle sorte que l'écriture renversée sur le buvard s'offrait redressée dans le miroir et présentait son sens naturel; et Jean Valjean avait sous les yeux la lettre écrite la veille par Cosette à Marius.

C'était simple et foudroyant.

Jean Valjean alla au miroir. Il relut les quatre lignes, mais il n'y crut point. Elles lui faisaient l'effet d'apparaître dans de la lueur d'éclair. C'était une hallucination. Cela était impossible. Cela n'était pas.

Peu à peu sa perception devint plus précise; il regarda le buvard de Cosette, et le sentiment du fait réel lui revint. Il prit le buvard et dit: Cela vient de là. Il examina fiévreusement les quatre lignes imprimées sur le buvard, le renversement des lettres en faisait un griffonnage bizarre, et il n'y vit aucun sens. Alors il se dit: Mais cela ne signifie rien, il n'y a rien d'écrit là. Et il respira à pleine poitrine avec un inexprimable soulagement. Qui n'a pas eu de ces joies bêtes dans les instants horribles? L'âme ne se rend pas au désespoir sans avoir épuisé toutes les illusions.

Il tenait le buvard à la main et le contemplait, stupidement heureux, presque prêt à rire de l'hallucination dont il avait été dupe. Tout à coup ses yeux retombèrent sur le miroir, et il revit la vision. Les quatre lignes s'y dessinaient avec une netteté inexorable. Cette fois ce n'était pas un mirage. La récidive d'une vision est une réalité, c'était palpable, c'était l'écriture redressée dans le miroir. Il comprit.

Jean Valjean chancela, laissa échapper le buvard, et s'affaissa dans le vieux fauteuil à côté du buffet, la tête tombante, la prunelle vitreuse, égaré. Il se dit que c'était évident, et que la lumière du monde était à jamais éclipsée, et que Cosette avait écrit cela à quelqu'un. Alors il entendit son âme, redevenue terrible, pousser dans les ténèbres un sourd rugissement. Allez donc ôter au lion le chien qu'il a dans sa cage!

Chose bizarre et triste, en ce moment-là, Marius n'avait pas encore la lettre de Cosette; le hasard l'avait portée en traître à Jean Valjean avant de la remettre à Marius.

Jean Valjean jusqu'à ce jour n'avait pas été vaincu par l'épreuve. Il avait été soumis à des essais affreux; pas une voie de fait de la mauvaise fortune ne lui avait été épargnée; la férocité du sort, armée de toutes les vindictes et de toutes les méprises sociales, l'avait pris pour sujet et s'était acharnée sur lui. Il n'avait reculé ni fléchi devant rien. Il avait accepté, quand il l'avait fallu, toutes les extrémités; il avait sacrifié son inviolabilité d'homme reconquise, livré sa liberté, risqué sa tête, tout perdu, tout souffert, et il était resté désintéressé et stoïque, au point que par moments on aurait pu le croire absent de lui-même comme un martyr. Sa conscience, aguerrie à tous les assauts possibles de l'adversité, pouvait sembler à jamais imprenable. Eh bien, quelqu'un qui eût vu son for intérieur eût été forcé de constater qu'à cette heure elle faiblissait.

C'est que de toutes les tortures qu'il avait subies dans cette longue question que lui donnait la destinée, celle-ci était la plus redoutable. Jamais pareille tenaille ne l'avait saisi. Il sentit le remuement mystérieux de toutes les sensibilités latentes. Il sentit le pincement de la fibre inconnue. Hélas, l'épreuve suprême, disons mieux, l'épreuve unique, c'est la perte de l'être aimé.

Le pauvre vieux Jean Valjean n'aimait, certes, pas Cosette autrement que comme un père; mais, nous l'avons fait remarquer plus haut, dans cette paternité la viduité même de sa vie avait introduit tous les amours; il aimait Cosette comme sa fille, et il l'aimait comme sa mère, et il l'aimait comme sa sœur; et, comme il n'avait jamais eu ni amante ni épouse, comme la nature est un créancier qui n'accepte aucun protêt, ce sentiment-là aussi, le plus imperdable de tous, était mêlé aux autres, vague, ignorant, pur de la pureté de l'aveuglement, inconscient, céleste, angélique, divin; moins comme un sentiment que comme un instinct, moins comme un instinct que comme un attrait, imperceptible et invisible, mais réel; et l'amour proprement dit était dans sa tendresse énorme pour Cosette comme le filon d'or est dans la montagne, ténébreux et vierge.

Qu'on se rappelle cette situation de cœur que nous avons indiquée déjà. Aucun mariage n'était possible entre eux, pas même celui des âmes; et cependant il est certain que leurs destinées s'étaient épousées. Excepté Cosette, c'est-à-dire excepté une enfance, Jean Valjean n'avait, dans toute sa longue vie, rien connu de ce qu'on peut aimer. Les passions et les amours qui se succèdent n'avaient point fait en lui de ces verts successifs, vert tendre sur vert sombre, qu'on remarque sur les feuillages qui passent l'hiver et sur les hommes qui passent la cinquantaine. En somme, et nous y avons plus d'une fois insisté, toute cette fusion intérieure, tout cet ensemble, dont la résultante était une haute vertu, aboutissait à faire de Jean Valjean un père pour Cosette. Père étrange forgé de l'aïeul, du fils, du frère et du mari qu'il y avait dans Jean Valjean; père dans lequel il y avait même une mère; père qui aimait Cosette et qui l'adorait, et qui avait cette enfant pour lumière, pour demeure, pour famille, pour patrie, pour paradis.

Aussi, quand il vit que c'était décidément fini, qu'elle lui échappait, qu'elle glissait de ses mains, qu'elle se dérobait, que c'était du nuage, que c'était de l'eau, quand il eut devant les yeux cette évidence écrasante: un autre est le but de son cœur, un autre est le souhait de sa vie; il y a le bien-aimé, je ne suis que le père; je n'existe plus; quand il ne put plus douter, quand il se dit: Elle s'en va hors de moi! la douleur qu'il éprouva dépassa le possible. Avoir fait tout ce qu'il avait fait pour en venir là! et, quoi donc! n'être rien! Alors, comme nous venons de le dire, il eut de la tête aux pieds un frémissement de révolte. Il sentit jusque dans la racine de ses cheveux l'immense réveil de l'égoïsme, et le moi hurla dans l'abîme de cet homme.

Il y a des effondrements intérieurs. La pénétration d'une certitude désespérante dans l'homme ne se fait point sans écarter et rompre de certains éléments profonds qui sont quelquefois l'homme lui-même. La douleur, quand elle arrive à ce degré, est un sauve-qui-peut de toutes les forces de la conscience. Ce sont là des crises fatales. Peu d'entre nous en sortent semblables à eux-mêmes et fermes dans le devoir. Quand la limite de la souffrance est débordée, la vertu la plus imperturbable se déconcerte. Jean Valjean reprit le buvard, et se convainquit de nouveau; il resta penché et comme pétrifié sur les quatre lignes irrécusables, l'œil fixe; et il se fit en lui un tel nuage qu'on eût pu croire que tout le dedans de cette âme s'écroulait.

Il examina cette révélation, à travers les grossissements de la rêverie, avec un calme apparent et effrayant, car c'est une chose redoutable quand le calme de l'homme arrive à la froideur de la statue.

Il mesura le pas épouvantable que sa destinée avait fait sans qu'il s'en doutât; il se rappela ses craintes de l'autre été, si follement dissipées; il reconnut le précipice; c'était toujours le même; seulement Jean Valjean n'était plus au seuil, il était au fond.

Chose inouïe et poignante, il y était tombé sans s'en apercevoir. Toute la lumière de sa vie s'en était allée, lui croyant voir toujours le soleil.

Son instinct n'hésita point. Il rapprocha certaines circonstances, certaines dates, certaines rougeurs et certaines pâleurs de Cosette, et il se dit: C'est lui. La divination du désespoir est une sorte d'arc mystérieux qui ne manque jamais son coup. Dès sa première conjecture, il atteignit Marius. Il ne savait pas le nom, mais il trouva tout de suite l'homme. Il aperçut distinctement, au fond de l'implacable évocation du souvenir, le rôdeur inconnu du Luxembourg, ce misérable chercheur d'amourettes, ce fainéant de romance, cet imbécile, ce lâche, car c'est une lâcheté de venir faire les yeux doux à des filles qui ont à côté d'elles leur père qui les aime.

Après qu'il eut bien constaté qu'au fond de cette situation il y avait ce jeune homme, et que tout venait de là, lui, Jean Valjean, l'homme régénéré, l'homme qui avait tant travaillé à son âme, l'homme qui avait fait tant d'efforts pour résoudre toute la vie, toute la misère et tout le malheur en amour, il regarda en lui-même et il y vit un spectre, la Haine.

Les grandes douleurs contiennent de l'accablement. Elles découragent d'être. L'homme chez lequel elles entrent sent quelque chose se retirer de lui. Dans la jeunesse, leur visite est lugubre; plus tard, elle est sinistre. Hélas, quand le sang est chaud, quand les cheveux sont noirs, quand la tête est droite sur le corps comme la flamme sur le flambeau, quand le rouleau de la destinée a encore presque toute son épaisseur, quand le cœur, plein d'un amour désirable, a encore des battements qu'on peut lui rendre, quand on a devant soi le temps de réparer, quand toutes les femmes sont là, et tous les sourires, et tout l'avenir, et tout l'horizon, quand la force de la vie est complète, si c'est une chose effroyable que le désespoir, qu'est-ce donc dans la vieillesse, quand les années se précipitent de plus en plus blêmissantes, à cette heure crépusculaire où l'on commence à voir les étoiles de la tombe!

Tandis qu'il songeait, Toussaint entra, Jean Valjean se leva, et lui demanda:

—De quel côté est-ce? savez-vous?

Toussaint, stupéfaite, ne put que lui répondre:

—Plaît-il?

Jean Valjean reprit:

—Ne m'avez-vous pas dit tout à l'heure qu'on se bat?

—Ah! oui, monsieur, répondit Toussaint. C'est du côté de Saint-Merry.

Il y a tel mouvement machinal qui nous vient, à notre insu même, de notre pensée la plus profonde. Ce fut sans doute sous l'impulsion d'un mouvement de ce genre, et dont il avait à peine conscience, que Jean Valjean se trouva cinq minutes après dans la rue.

Il était nu-tête, assis sur la borne de la porte de sa maison. Il semblait écouter.

La nuit était venue.

 

都市の騒擾そうじょうも人の魂の動乱に比ぶれば何であろう。一個の人間は一団の民衆よりも更に大なる深さを有している。ちょうどこの時ジャン・ヴァルジャンは、恐るべき惑乱にとらえられていた。あらゆる深淵しんえんが彼のうちに再び口を開いていた。彼もまたパリーと同じく、暗黒な恐ろしい革命の縁に震えていた。その変動はわずか数時間のうちに起こったのである。彼の運命と本心とは、突然やみにおおわれてしまった。パリーと同じく彼についても、二つの主義が相対峙たいじしていると言い得るのだった。白い天使と黒い天使とは、深淵に架した橋の上でつかみあっていた。いずれが相手を投げ落とすであろうか? いずれが勝利を得るであろうか?
この六月五日の前日、ジャン・ヴァルジャンはコゼットとトゥーサンとを伴って、オンム・アルメ街に引き移った。そこで大事件が彼を待ち受けていたのである。
コゼットはプリューメ街を去ることに多少の異議を試みてみた。ふたりがいっしょに暮らすようになってから始めて、コゼットの意志とジャン・ヴァルジャンの意志とは、互いにはっきり異なって、衝突はしなくとも矛盾した。一方に異議があり、一方に頑強がんきょうがあった。見知らぬ男がジャン・ヴァルジャンに投げ与えた「引っ越せ」という突然の忠告は、非常に彼を脅かして頑固ならしめた。彼は官憲から見現わされ跡をつけられてると思った。コゼットも譲歩しなければならなかった。
ふたりとも、口をきっと結び、一言も発せず、自分の考えに没頭して、オンム・アルメ街に到着した。ジャン・ヴァルジャンはコゼットの悲しみに気づかないほど不安であり、コゼットはジャン・ヴァルジャンの不安に気づかないほど悲しんでいた。
ジャン・ヴァルジャンはトゥーサンをも連れていった。それは今まで家を空あけるおりにもかつてしなかったことである。彼はおそらく再びプリューメ街に戻ることはないだろうと思っていたし、またトゥーサンをあとに残すことも彼女に秘密を打ち明けることもできなかった。その上彼は、彼女は自分に身をささげていて信ずるに足りると思っていた。およそ召し使いの主人に対する背反は好奇心から始まる。しかるにトゥーサンは、あたかも元来ジャン・ヴァルジャンの召し使いと生まれてきたもののように、何ら好奇心を持たなかった。彼女は吃どもりながら、バルヌヴィルの田舎いなか言葉で言っていた。「わたしゃこう生まれついただ。自分の仕事ばしすりゃあええだ。他のこたあわたしの知ったことでねえだ。」
ほとんど逃げ出すのと同様なプリューメ街からの引っ越しに、ジャン・ヴァルジャンがいっしょに携えたものは、コゼットが彼につき物だと言っていたかおりのいい小さな鞄かばんばかりだった。物をつめ込んだ行李こうりを運べば運送屋がいるし、運送屋が来ればそれが証人となって足がつく。それでただ、バビローヌ街の出口に辻馬車つじばしゃを呼んできて、それに乗って立ち去ってしまった。
トゥーサンはようやくにして、わずかなシャツや着物や多少の化粧品を包みにして携えることを許され、コゼットの方は、ただ文房具と吸い取り紙とだけを持っていった。
ジャン・ヴァルジャンはその出立の跡をなおいっそうくらますために、プリューメ街に面した家の方は日が没してから立ち退のくようにさした。そのためコゼットはマリユスに一言手紙を書く暇を得た。オンム・アルメ街に着いた時はもうすっかり夜になっていた。
皆は黙々として床についた。
オンム・アルメ街の住居は、後庭に面した三階で、二つの寝室、一つの食堂、食堂に付属した一つの料理場、それからトゥーサンにあてられたたたみ寝室のある小部屋がついていた。食堂は同時に控え室になって、二つの寝室の間にはさまっていた。各室にはそれぞれ必要な道具が備わっていた。
いったい人はばかばかしく心配したり、ばかばかしく安心したりする。人間の性質はそうしたものである。ジャン・ヴァルジャンの心痛も、オンム・アルメ街に到着すると、明るくなってしだいに消えうせてしまった。ほとんど機械的に人の心を静める場所が世にはある。オンム・アルメ街は薄暗い街路で住民も静かであって、ジャン・ヴァルジャンはパリーのその古い小路から何となく静安の気が伝わって来るような気がした。街路は狭くて、二本の柱の上に渡した厚板で馬車をさえぎっており、騒々しい都市の中央にあって聾つんぼで唖おしのようで、まっ昼間も薄暗く、百年以上も古びて黙ってる高い人家の軒並みの間に、いかなることがあっても冷然と構えてるがようだった。一種忘却の気が街路のうちによどんでるかと思われた。ジャン・ヴァルジャンはほっと吐息をついた。そこにいればほとんど見つかる憂いはなさそうだった。
彼の第一の仕事は、例のつき物を自分のそばに置くことだった。
彼はよく眠れた。夜は助言を与える(訳者注 一晩ねて考える方がいいという意味のことわざ)というが、夜は心を和らげると付け加えることもできる。彼は翌朝目をさますと、ほとんど心が快活になっていた。食堂はごく粗末で、古い円卓が一つ、上には斜めに鏡が立ててある低い食器棚が一つ、破れた肱掛ひじかけ椅子いすが一つ、トゥーサンの荷物がいっぱいのせてある椅子が数個、それきりだったが、後はそれでも心地よい室へやだと思った。トゥーサンの包みの一つには、ジャン・ヴァルジャンの国民兵の正服がすき間から見えていた。
コゼットの方は、トゥーサンに言って自分の室に汁しるを一杯持ってこさせ、晩になるまで姿を見せなかった。
五時ごろ、忙しく片付け物をしながら行ききしていたトゥーサンは、食卓の上に鶏の冷肉を出した。コゼットも父に対する尊敬からそこに出てはきたが、ただ一目見たばかりで食べはしなかった。
それから、コゼットはなお頭痛がやまないと言って、ジャン・ヴァルジャンに別れの言葉をかけ、自分の寝室にとじこもった。ジャン・ヴァルジャンはうまそうに鶏の一翼を食べ、テーブルの上に肱をつき、しだいに心が平静になって、再び身の安全を信ずることができた。
その質素な食事をしている間に、トゥーサンが吃どもりながら二、三繰り返して言う言葉を、彼は漠然ばくぜんと耳に聞いていた。「旦那様だんなさま、騒ぎがもち上がっていますよ。パリーで戦いが始まっていますよ。」しかし彼は内心の種々な思いにふけって、それに少しも注意を向けなかった。実を言えば、彼にはその言葉もよくは聞こえなかったのである。
彼は立ち上がって、窓から扉とびらへ扉から窓へと歩き始めて、ますます心が落ち着いてきた。
かく心が落ち着くとともに、唯一の心掛かりであるコゼットのことがまた頭に浮かんできた。彼は別に彼女の頭痛のことは心配しなかった。それはちょっとした神経の障害であり、若い娘にはありがちな憂鬱ゆううつであり、一時の曇りであって、一日二日で治なおってしまうだろう。で、彼はただ未来のことを、いつものように静かな気持ちで考えた。そして要するに、幸福な生活が再び続いてゆくことに何らの障害をも見いださなかった。すべてが不可能に思える時もあるが、すべてが安穏に思える時もある。ジャン・ヴァルジャンは今そういう楽観のうちにあった。かかる安穏な時間は通例難渋な時間のあとに来るものであって、あたかも夜のあとに昼が来るようなものであり、皮相な者らがいわゆる対偶と称するところの自然の根底をなしてる連続ならびに対照の法則によるものである。ジャン・ヴァルジャンはその静かな街路に逃げ込んで、しばらくの間悩まされたすべてのことから脱することができた。多くの暗黒を見たことがまたかえって、多少の青空を認めさせる助けとなった。何の変事も起こらず無事にプリューメ街を去ったのは、既に幸先さいさきのいい一歩だった。これからたとい数カ月でも国を去ってロンドンに行くことは、おそらく賢いやり方に違いない。皆で行ってしまおう。フランスにいることもイギリスにいることも、傍そばにコゼットさえいてくれれば結局同じだった。コゼットのみが彼の故国だった。コゼットさえあれば彼は十分幸福だった。そして、コゼットにとっては自分がいるだけではおそらく十分の幸福とはなり得まいという考え、前に彼の煩悶はんもんの種となり不眠の種となった考えも、今は彼の頭に浮かんでこなかった。彼はあらゆる過去の苦悶から解脱して、深い楽観のうちにはいっていた。コゼットは自分の傍にいるからまったく自分のものであるような気がしていた。そういう気持ちはだれでも経験する一種の幻覚である。彼は種々楽しい考えにふけりながら心のうちで、コゼットを連れてイギリスへ行く計画をめぐらした。そしてどこということもなく自分の夢想のうちに、幸福の幻をうち立ててながめていた。
かくして静かに室へやの中を歩き回っていたが、突然異様なものが目に触れた。
食器棚の上に斜めに立ててある鏡の中に、次の数行を彼は正面に認めて、明らかにその文字を読んだのである。

いとしき御方、悲しくも父はすぐに出発すると申します。私どもは今晩、オンム・アルメ街七番地に参ります。一週間すればもうロンドンへ行っておりますでしょう。――六月四日、コゼット。

ジャン・ヴァルジャンははっとして立ち止まった。
コゼットはこの家に着いて、吸い取り紙を食器棚しょっきだなの上の鏡の前に置いたまま、煩悶はんもんのうちに沈み込んでそれを忘れてしまっていた。前日プリューメ街を通る若い労働者に頼んだあの数行の文句を自らしたためてかわかすために押しあてた、ちょうどその面が開いているのも、そのままにして気づかなかった。文字はすっかり吸い取り紙の上に残っていた。
鏡はそれを映し出していた。
その結果、幾何学でいわゆる対称図形をこしらえていて、吸い取り紙の上に逆になった文字は鏡の中にまた順になって、自然の位置に返っていた。ジャン・ヴァルジャンは前日コゼットがマリユスに書いた文字をそのまま眼前に見た。
それは明白なまた恐ろしいことであった。
ジャン・ヴァルジャンは鏡の前に進んだ。そして数行の文字を再び読み返したが、現実だとは信じ得なかった。あたかも稲妻の中に現われたもののような気がした。おそらく幻覚であろう。あり得べからざることである。実際に存しないことである。
けれどもしだいに彼の知覚はますますはっきりしてきた。彼はコゼットの吸い取り紙をながめ、再び現実の感が戻ってきた。彼は吸い取り紙を取り上げて言った。「これからきたんだ。」そして吸い取り紙の上に残ってる数行を、変な形になってる逆の文字を、熱心に調べてみたが、何の意味をも読み取ることはできなかった。その時彼は自ら言った、「これはまったく意味のないことだ、何も書いてあるわけではない。」そして言うべからざる安堵あんどの思いに深く息をした。およそだれか、恐るべき瞬間においてかかる愚かな喜悦を感じなかった者があろうか。人の魂は、あらゆる幻を汲みつくした後でなければ、容易に絶望に屈しないものである。
彼は吸い取り紙を手に持って、他愛もない喜びに浸り、欺かれた幻覚に対して今にも笑い出さんばかりになり、それをじっとうちながめた。ところが突然、彼の目はまた鏡の上に落ちて、そこに再び幻を見た。数行の文字は、ごまかし得ない明確さで再び現われていた。こんどはもはや幻覚ではなかった。幻も二度まで現わるればもはや現実となる。それははっきり知覚し得らるるものであった。鏡の中に映し出された文字だった。彼は了解した。
ジャン・ヴァルジャンはよろめいて、吸い取り紙を手から落とし、食器棚しょっきだなの傍そばにある古い肱掛ひじかけ椅子いすに倒れかかり、頭をたれ、目を白くし、昏迷こんめいに陥った。彼は自ら言った、これは明瞭なことである、世の光は永久に陰ってしまった、コゼットはそれをだれかに書いたのであると。その時彼は、自分の魂が再び獰猛どうもうになって、闇やみの中に鈍いうなり声を発してるのを聞いた。今は直ちに、檻おりの中に入れていた自分の犬を獅子ししの手から奪い返しに行くべきである!
奇怪なまた悲しいことではあるが、その時マリユスはまだコゼットの手紙を受け取っていなかった。偶然の機会は、それをマリユスに渡す前に不実にもジャン・ヴァルジャンに渡してしまったのである。
ジャン・ヴァルジャンはその日に至るまで、いまだかつていかなる試練にも屈したことはなかった。彼は幾多の恐るべき試みに会ってきた。あらゆる不運の道をことごとく通ってきた。凶猛なる運命は、あらゆる追求と社会的迫害とをもって、彼を目ざして襲いかかってきた。しかし彼はいかなるものの前にも退かず撓たゆまなかった。やむを得ざる場合にはいかなる難事をも甘んじて受けた。回復し得た犯すべからざる人権をも犠牲に供し、自由をも捨て、おのれの首をも危険にさらし、すべてを失い、すべての苦しみをなめ、しかも常に打算を排し私念を去り、時としては殉教者にも等しいと思われるくらいにおのれを空むなしゅうした。かくて不運のあらゆる襲撃に鍛えられた彼の本心は、永久に難攻不落なるかの観があった。しかるに今、彼の内心をのぞいてみると、それが弱っていることを認めざるを得ないのだった。
というのも、宿命の長い審問のうちにおいて彼が受けたあらゆる拷問の中で、こんどのものこそ最も恐るべきものだったからである。かつて彼はかかる激しい責め道具に掛かったことはなかった。彼は内心のあらゆる感受性が異様に痙攣けいれんするのを感じた。まだ知らない神経がつみ取られるのを感じた。ああ最後の試練は、否むしろ唯一の試練は、愛する者を失うということである。
あわれなる老いたるジャン・ヴァルジャンは、確かにただ普通の父と同じ愛情でコゼットを愛していた。しかし前に注意しておいたとおり、その父たる愛情のうちには生涯の孤独から来るあらゆる愛情が混じていた。彼はコゼットを、娘として愛し、母として愛し、妹として愛していた。また彼はかつて情婦を持たず妻を持たなかったので、そしてまた自然はいかなる支払い拒絶をも許さない債権者のごときものであるから、あらゆる感情のうちで最も根深いあの感情もまた、彼の他の愛情のうちに交じっていた。しかしそれはただ、漠然ばくぜんたるものであり、無知なるものであり、盲目的に純潔なものであり、無意識的なものであり、天国的な天使的な神聖なものであって、感情というよりもむしろ本能であり、本能というよりもむしろ、感じ難い見え難いしかも現実なる一つの牽引けんいんの情にすぎなかった。いわゆる恋情というものは、コゼットに対する彼の広大な愛情のうちにあっては、あたかも人跡を絶した暗黒な山岳のうちにある一筋の黄金脈のごときものであった。
上に指摘してきた心の状態を読者は記憶していていただきたい。ふたりの間には、いかなる結婚も、たとい魂の結婚も、あり得なかったのである。けれども、彼らの宿命が結合し合っていたことは確かである。コゼットがいなかったならば、言い換えればひとりの少女がいなかったならば、ジャン・ヴァルジャンはその長い生涯の間、愛の目的となり得るものを何も知らなかったであろう。相次いで起こり来る情欲と恋情とは、冬を経た木の葉や五十歳を過ぎた人によく見らるるとおり、黒ずんだ緑の上に柔らかな緑を生じさせるものであるが、彼のうちにはそういう現象を少しも起こさせなかった。要するに、繰り返して力説するが、その内心のすべての融和は、集まって高き徳となったその全部は、結局ジャン・ヴァルジャンをしてコゼットの父たらしめたのである。ただそれはジャン・ヴァルジャンのうちにある祖父たり息子たり兄弟たり夫たる諸性質から鋳上げられた不思議な父であって、その中には母の性も交じっており、コゼットを愛するとともに欽慕きんぼし、その少女をもって、いっさいの光明とし、住居とし、家庭とし、祖国とし、天国としていたのである。
かくて今、すべてがまさしく終わったのを見、彼女が自分の手から離れ脱し逃げ出したのを見、万事は雲のごとく水のごときものであったのを見た時、そして眼前に、「彼女の心は他の男に向いている、彼女の生涯の希望は他の男にある、他に恋人があって自分はただ父に過ぎない、自分はもはや存在しない、」という痛ましい証拠を見た時、そして今はもはや疑う余地もなくなった時、そして、「彼女は自分の外に逃げ出している、」と自ら言った時、彼が感じた悲しみはほとんどたえ難いものであった。今まであらゆることを忍んできたのは、ただこういう結果に達せんがためだったのか、ただ無に終わらんがためだったのか! その時、前に言ったとおり、彼の全身は反抗の念に震え上がった。彼は毛根の中にまで自我心が激しく目ざめ来るのを感じた。彼の内部の深淵しんえんのうちに自我は咆哮ほうこうの声を揚げた。
内心の崩壊というべきものが世にはある。絶望的な明白な事実が人の内部に侵入し来る時には、常にその人の本質とも言える深い要素をも、分離し破らないではおかない。そういう深い悲しみは、本心のあらゆる軍勢を潰走かいそうさせる。それこそ致命的な危機である。この危機から平然と脱して、義務のうちにしかと足をふみしめ得る者は、世にあまりない。苦悶くもんの限度を越える時には、最も確固たる徳操も乱されるものである。ジャン・ヴァルジャンは再び吸い取り紙を取り上げて、また新たにはっきりと事実を見た。彼は身をかがめ石のようになって、その厳乎げんこたる数行の文字にじっと目を据えた。そして内心のすべてが崩壊してるかと思われるような暗雲が、彼のうちに起こってきた。
彼はその啓示を、自分の夢想でいっそう拡大しながら、外観上はいかにも恐ろしく落ち着き払って、よく調べてみた。人の落ち着きも立像のような冷酷さに達する時には、恐怖すべきありさまを呈する。
彼は自分の気づかぬうちに宿命が恐るべき歩みをなしたことを考えてみた。愚かにもすぐに打ち消してしまった前年の夏の心痛を思い起こした。そして再び深淵しんえんを見いだした。万事は少しも変わっていなかった。ただジャン・ヴァルジャンは、今はその縁に立ってるのではなく、その底に陥ってるのであった。
痛切な驚くべきことには、彼は自ら気づかないでそこに陥っていたのである。自分では常に太陽を見ていると思いながら、生のあらゆる光明は既に消えうせていたのである。
彼の直覚は狐疑こぎしなかった。前後の事情、二、三の時日、コゼットが時おり顔を赤らめたり青くなったりしたこと、それらを彼はつなぎ合わして自ら言った、「あの男だ。」絶望の推定力は、決して的をはずさぬ魔法の弓にも等しい。彼は最初の推察よりして、既にマリユスを射とめていた。その名前は知らなかったが、その男を直ちに見いだした。彼は自分の動かし難い記憶の奥に、リュクサンブールのあの見知らぬ徘徊者はいかいしゃを、恋を漁あさるあのみじめなる男を、あの小説的な怠惰者、愚物、卑劣漢を、はっきりと認めた。愛情深い父親を傍そばに伴ってる娘のもとにきて秋波を送るということは、一つの卑劣なる行ないではないか。
再生したる彼、自分の魂のためあれほど多くの努力をなした彼、ジャン・ヴァルジャンは、事件の底にあの青年が潜んでいることを十分に見て取った後に、自分の内部をのぞいてみて、そこに一つの妖怪すなわち憎悪ぞうおを認めた。
大なる悲しみのうちには重圧がある。それは人を生存に対して落胆させる。かかる悲しみに入り込まれた人は、何かが自分から抜け落ちるのを感ずる。それは、青春のおりにあっては悲痛であり、老年になっては悲惨である。血は熱く、頭髪は黒く、蝋燭ろうそくの炎のように頭は身体の上にまっすぐに立ち、運命の巻き物はまだ太く、心は希望の愛に満ちてなおときめくことあり、前途にはなお償いの時間を有し、あらゆる婦人と微笑と未来と地平とが前にあり、生の力が充実している、そういう時に当たっても、絶望は一つの恐るべきものであるとするならば、年月はますます淡く過ぎてゆき、墳墓の星が見えそむる夕暮れの時間たる老年においては、それはおよそいかなるものであろうか!
ジャン・ヴァルジャンが思いに沈んでいる時、トゥーサンがはいってきた。彼は立ち上がって、そして尋ねた。
「どの方面だか、お前知っているか。」
トゥーサンはあっけにとられて、ただこう答えるのほかはなかった。
「何でございますか。」
ジャン・ヴァルジャンは言った。
「さっきお前は、戦いが始まってると言ったのではなかったかね。」
「ああそのことでございますか、旦那様だんなさま、」とトゥーサンは答えた、「サン・メーリーの方でございますよ。」
人には自ら知らず知らずのうちに、最も深い考えの底から発してくる機械的な運動がある。ジャン・ヴァルジャンは確かに、自らほとんど気づかずにそういう運動の衝動に駆られたのであろう、四、五分経つともう街路に出ていた。
彼は帽子もかぶらず、家の入り口にある標石に腰をおろしていた。何かに耳を澄ましてるがようだった。
もう夜になっていた。

 

 

Chapitre II Le gamin ennemi des lumières

 

Combien de temps passa-t-il ainsi? Quels furent les flux et les reflux de cette méditation tragique? se redressa-t-il? resta-t-il ployé? avait-il été courbé jusqu'à être brisé? pouvait-il se redresser encore et reprendre pied dans sa conscience sur quelque chose de solide? Il n'aurait probablement pu le dire lui-même.

La rue était déserte. Quelques bourgeois inquiets qui rentraient rapidement chez eux l'aperçurent à peine. Chacun pour soi dans les temps de péril. L'allumeur de nuit vint comme à l'ordinaire allumer le réverbère, qui était précisément placé en face de la porte du nº 7, et s'en alla. Jean Valjean, à qui l'eût examiné dans cette ombre, n'eût pas semblé un homme vivant. Il était là, assis sur la borne de sa porte, immobile comme une larve de glace. Il y a de la congélation dans le désespoir. On entendait le tocsin et de vagues rumeurs orageuses. Au milieu de toutes ces convulsions de la cloche mêlée à l'émeute, l'horloge de Saint-Paul sonna onze heures, gravement et sans se hâter; car le tocsin, c'est l'homme; l'heure, c'est Dieu. Le passage de l'heure ne fit rien à Jean Valjean; Jean Valjean ne remua pas. Cependant, à peu près vers ce moment-là, une brusque détonation éclata du côté des halles, une seconde la suivit, plus violente encore; c'était probablement cette attaque de la barricade de la rue de la Chanvrerie que nous venons de voir repoussée par Marius. À cette double décharge, dont la furie semblait accrue par la stupeur de la nuit, Jean Valjean tressaillit; il se dressa du côté d'où le bruit venait; puis il retomba sur la borne, il croisa les bras, et sa tête revint lentement se poser sur sa poitrine.

Il reprit son ténébreux dialogue avec lui-même.

Tout à coup, il leva les yeux, on marchait dans la rue, il entendait des pas près de lui, il regarda, et, à la lueur du réverbère, du côté de la rue qui aboutit aux Archives, il aperçut une figure livide, jeune et radieuse.

Gavroche venait d'arriver rue de l'Homme-Armé.

Gavroche regardait en l'air, et paraissait chercher. Il voyait parfaitement Jean Valjean, mais il ne s'en apercevait pas.

Gavroche, après avoir regardé en l'air, regardait en bas; il se haussait sur la pointe des pieds et tâtait les portes et les fenêtres des rez-de-chaussée; elles étaient toutes fermées, verrouillées et cadenassées. Après avoir constaté cinq ou six devantures de maisons barricadées de la sorte, le gamin haussa les épaules, et entra en matière avec lui-même en ces termes:

—Pardi!

Puis il se remit à regarder en l'air.

Jean Valjean, qui, l'instant d'auparavant, dans la situation d'âme où il était, n'eût parlé ni même répondu à personne, se sentit irrésistiblement poussé à adresser la parole à cet enfant.

—Petit, dit-il, qu'est-ce que tu as?

—J'ai que j'ai faim, répondit Gavroche nettement. Et il ajouta: Petit vous-même.

Jean Valjean fouilla dans son gousset et en tira une pièce de cinq francs.

Mais Gavroche, qui était de l'espèce du hoche-queue et qui passait vite d'un geste à l'autre, venait de ramasser une pierre. Il avait aperçu le réverbère.

—Tiens, dit-il, vous avez encore vos lanternes ici. Vous n'êtes pas en règle, mes amis. C'est du désordre. Cassez-moi ça.

Et il jeta la pierre dans le réverbère dont la vitre tomba avec un tel fracas que des bourgeois, blottis sous leurs rideaux dans la maison d'en face, crièrent: Voilà Quatre-vingt-treize!

Le réverbère oscilla violemment et s'éteignit. La rue devint brusquement noire.

—C'est ça, la vieille rue, fit Gavroche, mets ton bonnet de nuit.

Et se tournant vers Jean Valjean:

—Comment est-ce que vous appelez ce monument gigantesque que vous avez là au bout de la rue? C'est les Archives, pas vrai? Il faudrait me chiffonner un peu ces grosses bêtes de colonnes-là, et en faire gentiment une barricade.

Jean Valjean s'approcha de Gavroche.

—Pauvre être, dit-il à demi-voix et se parlant à lui-même, il a faim.

Et il lui mit la pièce de cent sous dans la main.

Gavroche leva le nez, étonné de la grandeur de ce gros sou; il le regarda dans l'obscurité, et la blancheur du gros sou l'éblouit. Il connaissait les pièces de cinq francs par ouï-dire; leur réputation lui était agréable; il fut charmé d'en voir une de près. Il dit: contemplons le tigre.

Il le considéra quelques instants avec extase; puis, se retournant vers Jean Valjean, il lui tendit la pièce et lui dit majestueusement:

—Bourgeois, j'aime mieux casser les lanternes. Reprenez votre bête féroce. On ne me corrompt point. Ça a cinq griffes; mais ça ne m'égratigne pas.

—As-tu une mère? demanda Jean Valjean.

Gavroche répondit:

—Peut-être plus que vous.

—Eh bien, reprit Jean Valjean, garde cet argent pour ta mère.

Gavroche se sentit remué. D'ailleurs, il venait de remarquer que l'homme qui lui parlait n'avait pas de chapeau, et cela lui inspirait confiance.

—Vrai, dit-il, ce n'est pas pour m'empêcher de casser les réverbères?

—Casse tout ce que tu voudras.

—Vous êtes un brave homme, dit Gavroche.

Et il mit la pièce de cinq francs dans une de ses poches.

Sa confiance croissant, il ajouta:

—Êtes-vous de la rue?

—Oui, pourquoi?

—Pourriez-vous m'indiquer le numéro 7?

—Pourquoi faire le numéro 7?

Ici l'enfant s'arrêta, il craignit d'en avoir trop dit, il plongea énergiquement ses ongles dans ses cheveux, et se borna à répondre:

—Ah! voilà.

Une idée traversa l'esprit de Jean Valjean. L'angoisse a de ces lucidités-là. Il dit à l'enfant:

—Est-ce que c'est toi qui m'apportes la lettre que j'attends?

—Vous? dit Gavroche. Vous n'êtes pas une femme.

—La lettre est pour mademoiselle Cosette, n'est-ce pas?

—Cosette? grommela Gavroche. Oui, je crois que c'est ce drôle de nom-là.

—Eh bien, reprit Jean Valjean, c'est moi qui dois lui remettre la lettre. Donne.

—En ce cas, vous devez savoir que je suis envoyé de la barricade?

—Sans doute, dit Jean Valjean.

Gavroche engloutit son poing dans une autre de ses poches et en tira un papier plié en quatre.

Puis il fit le salut militaire.

—Respect à la dépêche, dit-il. Elle vient du gouvernement provisoire.

—Donne, dit Jean Valjean.

Gavroche tenait le papier élevé au-dessus de sa tête.

—Ne vous imaginez pas que c'est là un billet doux. C'est pour une femme, mais c'est pour le peuple. Nous autres, nous nous battons, et nous respectons le sexe. Nous ne sommes pas comme dans le grand monde où il y a des lions qui envoient des poulets à des chameaux.

—Donne.

—Au fait, continua Gavroche, vous m'avez l'air d'un brave homme.

—Donne vite.

—Tenez.

Et il remit le papier à Jean Valjean.

—Et dépêchez-vous, monsieur Chose, puisque mamselle Chosette attend.

Gavroche fut satisfait d'avoir produit ce mot.

Jean Valjean reprit:

—Est-ce à Saint-Merry qu'il faudra porter la réponse?

—Vous feriez là, s'écria Gavroche, une de ces pâtisseries vulgairement nommées brioches. Cette lettre vient de la barricade de la rue de la Chanvrerie et j'y retourne. Bonsoir, citoyen.

Cela dit, Gavroche s'en alla, ou, pour mieux dire, reprit vers le lieu d'où il venait son vol d'oiseau échappé. Il se replongea dans l'obscurité comme s'il y faisait un trou, avec la rapidité rigide d'un projectile; la ruelle de l'Homme-Armé redevint silencieuse et solitaire; en un clin d'œil, cet étrange enfant, qui avait de l'ombre et du rêve en lui, s'était enfoncé dans la brume de ces rangées de maisons noires, et s'y était perdu comme de la fumée dans des ténèbres; et l'on eût pu le croire dissipé et évanoui, si, quelques minutes après sa disparition, une éclatante cassure de vitre et le patatras splendide d'un réverbère croulant sur le pavé n'eussent brusquement réveillé de nouveau les bourgeois indignés. C'était Gavroche qui passait rue du Chaume.

どれだけの間彼はそのままでいたか。その悲壮な瞑想めいそうの干満はいかなるものであったか。彼はまたたち上がったか、屈服したままでいたか、破れ裂けるまで身をかがめていたか、またはなお立ち直って何か強固なものの上に本心の足をふみしめることができたか。おそらく彼自身でもそれに答えることはできなかったであろう。
街路はひっそりと静まり返っていた。急ぎ足で家に帰ってゆく不安な市民も二、三通りかかったが、ほとんどジャン・ヴァルジャンに気づきもしなかった。危急の場合にはだれも自分のこときり考えられないものである。点灯夫はいつものとおりやってきて、ちょうど七番地の家の正面にある街灯に火をともして、また立ち去っていった。その時影のうちにあるジャン・ヴァルジャンの姿は、おそらく生きてる人とは思えなかったろう。彼はそこに、戸口の標石の上にすわって、氷の悪鬼のようにじっとしていた。絶望のうちにも氷結があるものである。遠くには警鐘の響きと漠然ばくぜんたる喧騒けんそうの音とが聞こえていた。暴動に交じったそれらの鐘の響きの中に、サン・ポールの大時計が、おごそかに落ち着いて十一時を報じた。騒がしい警鐘は人間の業わざであり、落ち着いた時の鐘は神の業わざである。しかし時間の経過はジャン・ヴァルジャンの上に何らの影響も与えず、彼は身動きさえしなかった。ところが間もなく、一斉射撃いっせいしゃげきの音が突然市場町の方面に起こり、次にまた更に激しい一斉射撃の音が起こった。それはおそらく、既に述べきたったとおり、マリユスによって撃退されたシャンヴルリー街の防寨ぼうさいの攻撃であったろう。夜の静けさのためいっそう猛烈に聞こえるその二度の射撃の音に、ジャン・ヴァルジャンは身を震わし、音のした方を向いて立ち上がった。しかし次にまた彼は、標石の上に腰をおろし、両腕を組み、頭はまた静かに胸にたれてしまった。
彼は再び暗澹あんたんたる独語を始めた。
突然彼は目を上げた。街路をだれか歩いていて、その足音がすぐ傍そばに聞こえた。街灯の光にすかして見ると、古文庫館へ通ずる街路の方に、勢いのいい年若な青白い顔が認められた。
それはオンム・アルメ街にやってきたガヴローシュだった。
ガヴローシュは上の方をながめて、何かさがすようだった。彼はジャン・ヴァルジャンの姿を明らかに見たが、何の注意も払わなかった。
ガヴローシュは上の方をながめた後、こんどは下の方をながめた。彼は爪先つまさきで伸び上がって、一階の戸口や窓に触さわってみた。けれどもそれらは皆閉ざされて、※(「金+饌のつくり」、第4水準2-91-37)かけがねや錠でしめ切ってあった。その閉鎖された人家の前面を五、六軒調べてみた後、浮浪少年は肩をそびやかして、独語をもらした。
「畜生め!」
それから彼はまた上の方を見上げ始めた。
ジャン・ヴァルジャンは一瞬間前まではだれにも口もきかず返事もしそうにない心地に沈んでいたが、今やその少年に何とか言ってみたくてたまらないような気持ちになった。
「小僧さん、」と彼は言った、「どうかしたのかい。」
「腹がすいてるんだ。」とガヴローシュはきっぱり答えた。そしてまた言い添えた。「お前だって小僧だ。」
ジャン・ヴァルジャンは内隠しの中を探って、五フラン貨幣を一つ取り出した。
しかし鶺鴒せきれいのようですぐ種々なことをやるガヴローシュは、もう石を一つ拾っていた。彼は街灯に心を向けていた。
「こら、」と彼は言った、「まだここに街灯をつけてるのか。規則違犯だぞ。秩序紊乱びんらんだぞ。そんなものこわしてしまえ。」
そして彼は街灯に石を投げつけた。ガラスは大きな音を立てて地に落ちた。すると向かいの家の窓掛けの下に潜んでいた二、三の市民は叫んだ。「また九三年(一七九三年)がやってきた!」
街灯は激しく揺らめいて消えてしまった。街路はにわかに暗くなった。
「これでいい。」とガヴローシュは言った。「老耄おいぼれた街路も夜の帽子をかぶるがいい。」
そして彼はジャン・ヴァルジャンの方へ向いた。
「向こうの端に立ってるあの大きな家は何というんだい。古文庫館じゃねえのか。あの太い柱を少し打ちこわして、防寨ぼうさいを作るといいなあ。」
ジャン・ヴァルジャンはガヴローシュに近寄った。
「かわいそうに、」と彼は独語するように半ば口の中で言った、「腹がすいてるんだな。」
そして彼は少年の手に五フラン貨幣を握らしてやった。
ガヴローシュはそのりっぱな大きな貨幣にびっくりして顔を上げた。やみの中にそれをすかしながめ、白く光ってるのに眩惑げんわくされた。五フラン貨幣のことは噂うわさに聞いて知っていて、評判だけでも悪い気持ちはしなかった。しかるに今やその一つを間近に見て、心を奪われてしまった。「虎とらの奴やつを見てみるかな、」と彼は言った。
彼は夢中になってしばらくそれをうちながめた。それからジャン・ヴァルジャンの方へ向いて、貨幣を差し出しながらおごそかに言った。
「俺おれはな、街灯をこわす方が好きだ。この恐ろしい獣は返してやる。俺を買収しようたってだめだ。虎には五本の爪つめがあっても、俺を引っかくことはできねえんだ。」
「お前さんは母親を持ってるだろう。」とジャン・ヴァルジャンは尋ねた。
ガヴローシュは答えた。
「そうさね、お前よりかかもね。」
「では、」とジャン・ヴァルジャンは言った、「この金を母親に持っていってやるがいい。」
ガヴローシュの心は動いた。その上彼は、向こうが帽子をかぶっていないのを見て、安心の念を起こした。
「なるほど、」と彼は言った、「では街灯をこわさせないためでもねえんだな。」
「何でもこわすがいいよ。」
「お前はりっぱな男だ。」とガヴローシュは言った。
そして彼は五フラン貨幣をポケットに入れた。
彼はますます安心して言い出した。
「お前はこの街路の人かい。」
「そうだよ。なぜ?」
「七番地ってのはどこだか教えてくれないか。」
「七番地に何の用があるのかね。」
そこで少年は口をつぐんだ。あまり言いすぎはしなかったかと恐れた。彼は頭を爪つめの先でがりがりかいて、ただこう答えた。
「ああここか。」
ある考えがジャン・ヴァルジャンの頭に浮かんだ。心痛にもそういう明察がある。彼は少年に言った。
「お前さんは、私が待ってる手紙を持ってきたのではないのか。」
「お前が?」とガヴローシュは言った。「お前は女じゃねえや。」
「手紙はコゼット嬢へというのではないのか。」
「コゼット?」とガヴローシュはつぶやいた。「うむ、何でもそんな名だった。」
「では、」とジャン・ヴァルジャンは言った、「私がその手紙を届ける役目だ。私にくれ。」
「それじゃ、俺おれが防寨ぼうさいからきたことをお前は知ってるわけだな。」
「知ってるとも。」とジャン・ヴァルジャンは言った。
ガヴローシュは貨幣を入れたのと別なポケットに手を差し込み、四つに折った紙を引き出した。
それから彼は挙手の礼をした。
「大事な使いだ。」と彼は言った。「仮政府からきた使いだ。」
「渡してくれ。」とジャン・ヴァルジャンは言った。
ガヴローシュは頭の上に紙をささげた。
「恋文だと思っちゃいけねえ。あて名は女だが、実は人民へあてたものだ。俺おれたち男どもは戦いをしてるが、婦人は尊敬する。女を食い物にする獅子ししのような奴やつがいる上流とはわけが違うんだ。」
「渡してくれ。」
「つまり、」とガヴローシュは言い続けた、「お前はりっぱな男だと俺は思うんだ。」
「早く渡せ。」
「さあ。」
そして彼はジャン・ヴァルジャンに紙を渡した。
「急ぐんだぜ、爺さん、嬢さんが待ってるからな。」
ガヴローシュはかく爺じいさん嬢さんと語呂ごろを重ねたのに自ら満足した。
ジャン・ヴァルジャンは言った。
「返事はサン・メーリーへ届けるのかね。」
「そんなことがお前にできるもんか。」とガヴローシュは叫んだ。「この手紙はシャンヴルリー街の防寨ぼうさいからきたんだ。俺はまたそこに帰ってゆくんだ。では失敬。」
そう言ってガヴローシュは立ち去った、というよりむしろ、籠かごから出た小鳥のようにもときた方へ飛んでいった。そして弾丸のようにすみやかに、闇やみの中にま一文字に飛び込んでしまった。オンム・アルメ街は再び沈黙と静寂とに返った。またたくまに、影のようなまた夢のようなその不思議な少年は、暗い人家の立ち並んでる靄もやの中に沈み込み、闇の中の煙のように見えなくなってしまった。それから二、三分の後、ガラスのこわれる音や街灯が火の粉を上げながら舗石しきいしの上に落ちる音がして、また突然市民を驚かし憤らしたけれど、もしそれがなかったならば、少年はどこかへ消散し消滅してしまったかと思われるほどだった。その物音は、ショーム街を通りながらガヴローシュのやったことだった。

 

 

Chapitre III Pendant que Cosette et Toussaint dorment

 

Jean Valjean rentra avec la lettre de Marius.

Il monta l'escalier à tâtons, satisfait des ténèbres comme le hibou qui tient sa proie, ouvrit et referma doucement sa porte, écouta s'il n'entendait aucun bruit, constata que, selon toute apparence, Cosette et Toussaint dormaient, plongea dans la bouteille du briquet Fumade trois ou quatre allumettes avant de pouvoir faire jaillir l'étincelle, tant sa main tremblait; il y avait du vol dans ce qu'il venait de faire. Enfin, sa chandelle fut allumée, il s'accouda sur la table, déplia le papier, et lut.

Dans les émotions violentes, on ne lit pas, on terrasse pour ainsi dire le papier qu'on tient, on l'étreint comme une victime, on le froisse, on enfonce dedans les ongles de sa colère ou de son allégresse; on court à la fin, on saute au commencement; l'attention a la fièvre; elle comprend en gros, à peu près, l'essentiel; elle saisit un point, et tout le reste disparaît. Dans le billet de Marius à Cosette, Jean Valjean ne vit que ces mots:

«...Je meurs. Quand tu liras ceci, mon âme sera près de toi.»

En présence de ces deux lignes, il eut un éblouissement horrible; il resta un moment comme écrasé du changement d'émotion qui se faisait en lui, il regardait le billet de Marius avec une sorte d'étonnement ivre; il avait devant les yeux cette splendeur, la mort de l'être haï.

Il poussa un affreux cri de joie intérieure.—Ainsi, c'était fini. Le dénouement arrivait plus vite qu'on n'eût osé l'espérer. L'être qui encombrait sa destinée disparaissait. Il s'en allait de lui-même, librement, de bonne volonté. Sans que lui, Jean Valjean, eût rien fait pour cela, sans qu'il y eût de sa faute, «cet homme» allait mourir. Peut-être même était-il déjà mort.—Ici sa fièvre fit des calculs.—Non. Il n'est pas encore mort. La lettre a été visiblement écrite pour être lue par Cosette le lendemain matin; depuis ces deux décharges qu'on a entendues entre onze heures et minuit, il n'y a rien eu; la barricade ne sera sérieusement attaquée qu'au point du jour; mais c'est égal, du moment où «cet homme» est mêlé à cette guerre, il est perdu; il est pris dans l'engrenage.—Jean Valjean se sentait délivré. Il allait donc, lui, se retrouver seul avec Cosette. La concurrence cessait; l'avenir recommençait. Il n'avait qu'à garder ce billet dans sa poche. Cosette ne saurait jamais ce que «cet homme» était devenu. «Il n'y a qu'à laisser les choses s'accomplir. Cet homme ne peut échapper. S'il n'est pas mort encore, il est sûr qu'il va mourir. Quel bonheur!»

Tout cela dit en lui-même, il devint sombre.

Puis il descendit et réveilla le portier.

Environ une heure après, Jean Valjean sortait en habit complet de garde national et en armes. Le portier lui avait aisément trouvé dans le voisinage de quoi compléter son équipement. Il avait un fusil chargé et une giberne pleine de cartouches. Il se dirigea du côté des halles.

 

ジャン・ヴァルジャンはマリユスの手紙を持って家にはいった。
彼は餌物えものをつかんでる梟ふくろうのように暗闇くらやみに満足して、手探りに階段を上がってゆき、静かに戸を開いてまた閉ざし、何か物音が聞こえはしないかと耳を澄まし、コゼットとトゥーサンとが確かに眠ってるらしい様子を見て取り、フュマードの発火壜はっかびんに付け木を三、四本差し入れてようやく火をともした。それほど彼の手は震えていたのである。それだけのことをする彼の様子には、何か窃盗でもやってるらしい趣があった。ついに彼は蝋燭ろうそくに火をともし、テーブルの上に肘ひじをつき、紙を開いて読んだ。
情の激してる時には、人は文字を読み下すことをしないで、言わば手に持ってる紙を地面にたたきつけ、犠牲に対するようにそれにつかみかかり、それを握りしめ、憤怒かもしくは喜びの爪つめをその中につき立てる。結末に飛び越え、初めに飛び返る。注意は熱に燃える。概略、おおよそ、要点、をのみ了解する。一点をつかんで、他は消えうせてしまう。コゼットに送ったマリユスの寸簡のうちにジャン・ヴァルジャンは次の数語をしか見なかった。

……私は死ぬ。……これをあなたが読む頃には、私の魂はあなたの傍そばにあって……。

その数語に対して、彼は激しい眩惑げんわくを覚えた。しばらくは、心の中に起こった感情の変化に押しつぶされたまま、驚駭きょうがいの念に酔ったかのようにマリユスの手紙をながめていた。彼は目の前に、憎むべき男の死という美しい光景を描き出していた。
彼は内心の喜びの恐ろしい叫びをもらした。――かくて万事終わったのである。結末は思ったよりも早く到来した。彼の運命をふさいでいる男は今や消えうせんとしていた。その男は自ら勝手におのれの意志で立ち去ったのである。彼ジャン・ヴァルジャンが少しも手出しをすることなく、少しも罪を犯すことなくして、「あの男」は死のうとしていた。おそらくはもう既に死んでるかも知れなかった。――そこで彼の熱に浮かされた心は推測を始めた。――否。彼はまだ死んではいない。手紙は明らかに、明朝コゼットに読ますように書かれている。十一時と十二時との間に聞こえた二度の一斉射撃いっせいしゃげき以来、何の音も聞こえなかった。防寨ぼうさいは夜明けにならなければ本当の攻撃は受けないだろう。しかしいずれにしても同じことである。「あの男」は、一度戦いにはいった以上もう助かるものではない。彼は歯車のうちに巻き込まれているのである。――ジャン・ヴァルジャンはほっと助かったような気がした。これで再びコゼットとただ二人きりになるのだった。競争はやんだ。前途はまた開けてきた。彼はただその手紙をポケットの中に隠して置きさえすればよかった。コゼットは「あの男」がどうなったか永久に知らないだろう。「今はただ万事をその成り行きに任せるばかりだ。あの男はとうてい脱のがれることはできない。まだ死んでいないにしても、やがて死ぬことは確かだ。何という幸福だろう!」
それだけのことを心の中で言ってから、彼は陰鬱いんうつになった。
それから彼はおりていって、門番を起こした。
一時間ばかりの後、ジャン・ヴァルジャンはすっかり国民兵の服をつけ武装して出かけていった。門番はその近所で、彼の身じたくに必要な品々をすべて手に入れることができたのである。ジャン・ヴァルジャンは弾丸をこめた銃と弾薬のいっぱいはいった弾薬盒だんやくごうとを携えていた。彼は市場町の方へ進んでいった。

 

 

Chapitre IV Les excès de zèle de Gavroche

 

Cependant il venait d'arriver une aventure à Gavroche.

Gavroche, après avoir consciencieusement lapidé le réverbère de la rue du Chaume, aborda la rue des Vieilles-Haudriettes, et n'y voyant pas «un chat», trouva l'occasion bonne pour entonner toute la chanson dont il était capable. Sa marche, loin de se ralentir par le chant, s'en accélérait. Il se mit à semer le long des maisons endormies ou terrifiées ces couplets incendiaires:

L'oiseau médit dans les charmilles
Et prétend qu'hier Atala
Avec un Russe s'en alla.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Mon ami pierrot, tu babilles,
Parce que l'autre jour Mila
Cogna sa vitre, et m'appela.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Les drôlesses sont fort gentilles;
Leur poison qui m'ensorcela
Griserait monsieur Orfila.

Où vont les belles filles,
Lon la.

J'aime l'amour et ses bisbilles,
J'aime Agnès, j'aime Paméla,
Lise en m'allumant se brûla.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Jadis, quand je vis les mantilles
De Suzette et de Zéïla,
Mon âme à leurs plis se mêla.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Amour, quand, dans l'ombre où tu brilles,
Tu coiffes de roses Lola,
Je me damnerais pour cela.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Jeanne, à ton miroir tu t'habilles!
Mon cœur un beau jour s'envola;
Je crois que c'est Jeanne qui l'a.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Le soir en sortant des quadrilles,
Je montre aux étoiles Stella
Et je leur dis: regardez-la.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Gavroche, tout en chantant, prodiguait la pantomime. Le geste est le point d'appui du refrain. Son visage, inépuisable répertoire de masques, faisait des grimaces plus convulsives et plus fantasques que les bouches d'un linge troué dans un grand vent. Malheureusement, comme il était seul et dans la nuit, cela n'était ni vu, ni visible. Il y a de ces richesses perdues.

Soudain il s'arrêta court.

—Interrompons la romance, dit-il.

Sa prunelle féline venait de distinguer dans le renfoncement d'une porte cochère ce qu'on appelle en peinture un ensemble; c'est-à-dire un être et une chose; la chose était une charrette à bras, l'être était un Auvergnat qui dormait dedans.

Les bras de la charrette s'appuyaient sur le pavé et la tête de l'Auvergnat s'appuyait sur le tablier de la charrette. Son corps se pelotonnait sur ce plan incliné et ses pieds touchaient la terre.

Gavroche, avec son expérience des choses de ce monde, reconnut un ivrogne.

C'était quelque commissionnaire du coin qui avait trop bu et qui dormait trop.

—Voilà, pensa Gavroche, à quoi servent les nuits d'été. L'Auvergnat s'endort dans sa charrette. On prend la charrette pour la République et on laisse l'Auvergnat à la monarchie.

Son esprit venait d'être illuminé par la clarté que voici:

—Cette charrette ferait joliment bien sur notre barricade.

L'Auvergnat ronflait.

Gavroche tira doucement la charrette par l'arrière et l'Auvergnat par l'avant, c'est-à-dire par les pieds, et, au bout d'une minute, l'Auvergnat, imperturbable, reposait à plat sur le pavé.

La charrette était délivrée.

Gavroche, habitué à faire face de toutes parts à l'imprévu, avait toujours tout sur lui. Il fouilla dans une de ses poches, et en tira un chiffon de papier et un bout de crayon rouge chipé à quelque charpentier.

Il écrivit:

République française.

«Reçu ta charrette.»

Et il signa: «Gavroche.»

Cela fait, il mit le papier dans la poche du gilet de velours de l'Auvergnat toujours ronflant, saisit le brancard dans ses deux poings, et partit, dans la direction des halles, poussant devant lui la charrette au grand galop avec un glorieux tapage triomphal.

Ceci était périlleux. Il y avait un poste à l'Imprimerie royale. Gavroche n'y songeait pas. Ce poste était occupé par des gardes nationaux de la banlieue. Un certain éveil commençait à émouvoir l'escouade, et les têtes se soulevaient sur les lits de camp. Deux réverbères brisés coup sur coup, cette chanson chantée à tue-tête, cela était beaucoup pour des rues si poltronnes, qui ont envie de dormir au coucher du soleil, et qui mettent de si bonne heure leur éteignoir sur leur chandelle. Depuis une heure le gamin faisait dans cet arrondissement paisible le vacarme d'un moucheron dans une bouteille. Le sergent de la banlieue écoutait. Il attendait. C'était un homme prudent.

Le roulement forcené de la charrette combla la mesure de l'attente possible, et détermina le sergent à tenter une reconnaissance.

—Ils sont là toute une bande! dit-il, allons doucement.

Il était clair que l'Hydre de l'Anarchie était sortie de sa boîte et qu'elle se démenait dans le quartier.

Et le sergent se hasarda hors du poste à pas sourds.

Tout à coup, Gavroche, poussant sa charrette, au moment où il allait déboucher de la rue des Vieilles-Haudriettes, se trouva face à face avec un uniforme, un shako, un plumet et un fusil.

Pour la seconde fois, il s'arrêta net.

—Tiens, dit-il, c'est lui. Bonjour, l'ordre public.

Les étonnements de Gavroche étaient courts et dégelaient vite.

—Où vas-tu, voyou? cria le sergent.

—Citoyen, dit Gavroche, je ne vous ai pas encore appelé bourgeois. Pourquoi m'insultez-vous?

—Où vas-tu, drôle?

—Monsieur, reprit Gavroche, vous étiez peut-être hier un homme d'esprit, mais vous avez été destitué ce matin.

—Je te demande où tu vas, gredin?

Gavroche répondit:

—Vous parlez gentiment. Vrai, on ne vous donnerait pas votre âge. Vous devriez vendre tous vos cheveux cent francs la pièce. Cela vous ferait cinq cents francs.

—Où vas-tu? où vas-tu? où vas-tu, bandit?

Gavroche repartit:

—Voilà de vilains mots. La première fois qu'on vous donnera à téter, il faudra qu'on vous essuie mieux la bouche.

Le sergent croisa la bayonnette.

—Me diras-tu où tu vas, à la fin, misérable?

—Mon général, dit Gavroche, je vas chercher le médecin pour mon épouse qui est en couches.

—Aux armes! cria le sergent.

Se sauver par ce qui vous a perdu, c'est là le chef-d'œuvre des hommes forts; Gavroche mesura d'un coup d'œil toute la situation. C'était la charrette qui l'avait compromis, c'était à la charrette de le protéger.

Au moment où le sergent allait fondre sur Gavroche, la charrette, devenue projectile et lancée à tour de bras, roulait sur lui avec furie, et le sergent, atteint en plein ventre, tombait à la renverse dans le ruisseau pendant que son fusil partait en l'air.

Au cri du sergent, les hommes du poste étaient sortis pêle-mêle; le coup de fusil détermina une décharge générale au hasard, après laquelle on rechargea les armes et l'on recommença.

Cette mousquetade à colin-maillard dura un bon quart d'heure, et tua quelques carreaux de vitre.

Cependant Gavroche, qui avait éperdument rebroussé chemin, s'arrêtait à cinq ou six rues de là, et s'asseyait haletant sur la borne qui fait le coin des Enfants-Rouges.

Il prêtait l'oreille.

Après avoir soufflé quelques instants, il se tourna du côté où la fusillade faisait rage, éleva sa main gauche à la hauteur de son nez, et la lança trois fois en avant en se frappant de la main droite le derrière de la tête; geste souverain dans lequel la gaminerie parisienne a condensé l'ironie française, et qui est évidemment efficace, puisqu'il a déjà duré un demi-siècle.

Cette gaîté fut troublée par une réflexion amère.

—Oui, dit-il, je pouffe, je me tords, j'abonde en joie, mais je perds ma route, il va falloir faire un détour. Pourvu que j'arrive à temps à la barricade!

Là-dessus, il reprit sa course.

Et tout en courant:

—Ah çà, où en étais-je donc? dit-il.

Il se remit à chanter sa chanson en s'enfonçant rapidement dans les rues, et ceci décrut dans les ténèbres:

Mais il reste encor des bastilles,
Et je vais mettre le holà
Dans l'ordre public que voilà.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Quelqu'un veut-il jouer aux quilles?
Tout l'ancien monde s'écroula
Quand la grosse boule roula.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Vieux bon peuple, à coups de béquilles
Cassons ce Louvre où s'étala
La monarchie en falbala.

Où vont les belles filles,
Lon la.

Nous en avons forcé les grilles;
Le roi Charles Dix ce jour-là
Tenait mal et se décolla.

Où vont les belles filles,
Lon la.

La prise d'armes du poste ne fut point sans résultat. La charrette fut conquise, l'ivrogne fut fait prisonnier. L'une fut mise en fourrière; l'autre fut plus tard un peu poursuivi devant les conseils de guerre comme complice. Le ministère public d'alors fit preuve en cette circonstance de son zèle infatigable pour la défense de la société.

L'aventure de Gavroche, restée dans la tradition du quartier du Temple, est un des souvenirs les plus terribles des vieux bourgeois du Marais, et est intitulée dans leur mémoire: Attaque nocturne du poste de l'Imprimerie royale.

 

そのうちに、ガヴローシュには一事件が起こっていた。
ガヴローシュは自ら好んでショーム街の街灯を石で打ち壊した後、ヴィエイユ・オードリエット街にはいり込み、「猫ねこの子一匹」いないのを見て、その好機会に乗じてできる限りの歌を歌い出した。彼の歩みは、歌のために緩ゆるくなるどころではなく、かえって勢いがついてきた。あるいは寝静まりあるいはおびえ潜んでる人家の軒ごとに、火をつけて回るように次の歌を浴びせかけ始めた。

籬まがきの中には小鳥の陰口、
昨日アタラはロシアの男と
姿をくらまし逃げたとさ。娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。おかしな雀すずめしゃべくりやがる、
こないだミラがその窓をたたいて
俺の名を呼んだばっかりに。娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。ほんにかわいい女ども、
俺おれを惑わすその毒は
オルフィラさんをも酔わすだろう。

(訳者注 オルフィラとは当時有名な毒物学者)

 娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。愛と争論いさかい、俺おれは好き、
パメラとアグネス、俺は好き、
俺に火つけて身を焼いたリーズ。娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。昔スュゼットとゼイラとの
頭被かつぎを見た時、その襞ひだに
俺の心はとけ込んだ。娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。

闇やみの中にて輝く愛よ、
薔薇ばらの花をばロラに被きせ、
俺おれの胸をば焦がすだろう。

娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。

鏡を前に着飾るジャンヌよ、
俺の心は飛び去った、
それをお前が持ってるね。

娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。

晩に踊りの仲間を出ながら、
星にステラを見せびらかして、
俺は言ったよ、これ見てくれと。

娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。

ガヴローシュは歌を歌いながら、盛んに身振りをして行った。身振りは反唱句の支点である。尽くることなく種々の面相に変わり得る彼の顔は、烈風に翻る布の裂け目よりも、更にゆがみくねった変てこな様々の渋面を作っていた。けれど不幸にしてただひとりではあるし夜のことだったから、見る人もなくまた見えもしなかった。世にはそういう隠れた宝がいくらもある。
突然彼は急に歌いやめた。
「恋歌はあと回しだ。」と彼は言った。
彼の猫ねこのような目は、ある表門のひっこんだ所に、絵画でいわゆる配合と称するところのものを見つけたのである。言い換えれば人物と物とであった。物というのは、一つの荷車で、人物というのは、その中に眠ってるひとりの田舎者いなかものだった。
荷車の柄は舗石しきいしの上におろされてい、田舎者の頭は荷車の前板の上にたれていた。身体はその斜めの前板の上に長くなって、足は地面に触れていた。
ガヴローシュはそういう仲間のことをよく知っていたので、その男が酔っ払ってることを見て取った。
それはどこかの運搬人夫で、あまり酒を飲みすぎて、あまりぐっすり眠りすぎてるのだった。
「夏の夜もちっとは物の役に立つんだな。」とガヴローシュは考えた。「田舎者は荷車の中に眠らしてやがる。荷車の方は共和政府で取り上げて、田舎者の方は王の政府にくれてやれ。」
彼の頭には次のような光明が輝いたのだった。
「この荷車は防寨ぼうさいに積むに持ってこいだ。」
田舎者いなかものは鼾いびきをかいていた。
ガヴローシュはそっと、荷車を後ろから引き、田舎者を前からすなわち足を引っぱった。そして間もなく、前後不覚に眠ってる田舎者は舗石しきいしの上に平たくつっ伏してしまった。
荷車は自由になった。
どういう場合にも不意のことに立ち向かうのになれてるガヴローシュは、いつもあらゆる物を身につけていた。彼は一つのポケットを探って、一枚の紙片とある大工の所から盗んできた赤鉛筆の切れ端とを取り出した。
彼は書きつけた。

汝の車をもらい受く。
フランス共和政府。

そして「ガヴローシュ」と署名した。
それから彼は、相変わらず鼾をかいてる田舎者のビロードのチョッキのポケットにその紙片を入れ、両手に梶棒かじぼうをつかみ、荷車を自分の前に大駆けに押しやって勢いのいい勇ましい響きを立てながら、市場町の方へ走っていった。
それは危険なことだった。国立印刷局に兵士の衛舎があった。ガヴローシュはそのことを頭に浮かべなかった。衛舎には郊外の国民兵らが駐屯ちゅうとんしていた。衛兵らはしだいに注意を呼びさまされ、たたみ寝台の上に頭をもたげた。相次いでこわされた二つの街灯、声の限りに歌われてる歌、それだけの騒ぎは、日が沈むとすぐに寝ることばかりを考え、早くから蝋燭ろうそくを消すのを常としてる、この臆病な街路を驚かすには十分だった。もう一時間もの間、壜びんの中にはいった蠅はえのような騒ぎを、浮浪少年はその平和な一郭にもたらしていた。郊外兵の軍曹ぐんそうは耳を澄ましていた。彼は待っていた。用心深い男だった。
そして激しい荷車の音に、軍曹はもうこらえきれなくなって、一つ偵察ていさつしてみようと決心した。
「だいぶの人数だ!」と彼は言った。「そっと行ってみよう。」
無政府の蛇へびめらが箱から飛び出して、その辺をのたくり回ってることは、明らかだった。
そして軍曹は、ぬき足して衛舎から外に出てみた。
ガヴローシュは荷車を押しながら、ヴィエイユ・オードリエット街から出ようとした時ふいに、軍服と軍帽と羽飾と銃とに出っくわした。
再び彼は立ち止まった。
「やあ、」と彼は言った、「先生か。こんちは、公の秩序先生。」
ガヴローシュの驚きは、ただ一時のことですぐに消えてしまったのである。
「どこへ行くのか、小僧。」と軍曹は叫んだ。
「君、」とガヴローシュは言った、「俺おれは君に向かって失礼な呼び方はしなかったぜ。なぜそんな無礼なことを言うんだい。」
「どこへ行くのか。」
「君、」とガヴローシュはまた言った、「君はたしか昨日まではおもしろい男だったが、今朝になって免職されたんだな。」
「どこへ行くのかって聞いてるんだ、ばか。」
ガヴローシュは答えた。
「君はおとなしい物の言い方をするね、どう見ても君は年齢としより若いぜ。その髪の毛を売るといいね、一つかみ百フランはする。すっかりで五百フランにはなるぜ。」
「どこへ行くのか、どこへ行くのか、どこへ行くのかというに、泥坊め。」
ガヴローシュは言った。
「きたねえ言葉を吐くなよ。第一その口を拭ふかなくちゃ乳おっぱいはもらえねえぜ。」
軍曹ぐんそうは銃剣をさしつけた。
「さあ、これでもどこへ行くのか言わんか、畜生。」
「大将、」とガヴローシュは言った、「俺おれはね、女房がお産をしかけてるから医者を呼びに行くところだよ。」
「銃を取れ!」と軍曹は声高く叫んだ。
自分を死地に陥れたところの物を利用して反対に身を脱するのが、元気な者のみごとな策略である。ガヴローシュは一目で全局を見て取った。彼を危険に陥れたのは荷車だった、そしてこんどは荷車が彼を保護すべきだった。
軍曹がガヴローシュの上に飛びかかろうとした時、荷車は弾たまとなって一押しに投げやられ、軍曹の上に激しくつきかかった。軍曹はまっ正面からそれを腹に受けて、銃を空中に発射しながら、あおむけに溝みぞの中にころげ込んだ。
軍曹の叫び声に、衛舎の兵士らはどやどやと出てきた。そして一発の銃声を聞くと、やたらに発射した。
その盲目滅法めくらめっぽうな射撃は、およそ十五、六分も続いた。そして数枚の窓ガラスを打ち破った。
その間にガヴローシュは、一生懸命に退却して、そこから五、六街路先に立ち止まり、息を切らしながらある標石の上に腰をおろした。それはアンファン・ルージュ施療院の角かどだった。
彼は耳を傾けた。
しばらく息を休めた後に、彼は激しい銃火の音がしてる方へ振り向き、左手を鼻の高さに上げ、それを三度前の方へつき出し、一方では右手で頭の後ろをたたいた。それはパリーの浮浪少年らがフランス式の皮肉を集中した得意の身振りであって、きわめて利目ききめの多いものであることは、既に半世紀も続いてきたのを見てもわかる。
しかしその得意は、たちまちにがい考えで乱された。
「ほんとに、」と彼は言った、「俺おれはおかしくて、擽くすぐったくて、うれしくて仕様がねえ。だが道がわからなくなっちゃった。回り道をしなくちゃなるめえ。間に合うように防寨ぼうさいに着けばいいが!」
そこで彼はまた駆け出した。
そして駆けながら言った。
「ところで、ここはどっちの方面かな?」
彼は街路をやたらにたどりながら歌を歌い始めた。その歌は闇やみの中にしだいに消えていった。

だがまだ牢屋ろうやは残っているよ。
そんな秩序であるならば
俺おれが鎮しずめてつかわそう。娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。柱戯キーユ遊びをする者ないか。
大きな球が飛んだなら
古い世界は崩くずれよう。娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。お心よしの老いぼれ人民、
ふざけた王位のルーヴルを
撞木杖しゅもくづえにて打ちこわそうよ。

娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。

俺おれらは鉄門を破ってやったぞ。
シャール十世その期ごになって
身が危うて我が首はねた。

娘たちどこへ行く、
ロン、ラ。

衛兵らの射撃は必ずしも無効には終わらなかった。荷車は捕獲され、酔漢は捕虜となった。前者は押収され、後者はその後従犯人として、軍法会議で多少の審問を受けた。当時の検察官はその機会において、社会の秩序防衛についての不撓ふとうな熱心を示した。
ガヴローシュのこの冒険は、タンプル一郭の仲間に長く言い伝えられた。そしてまた、マレーの老市民らの最も恐ろしい思い出の一つとなって、彼らの記憶の中では、「国立印刷局の衛舎の夜襲」と題されている。

 

 

Tome V (第5部)に続く

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-Les Misérables, リーディング