Les Misérables リーディング

Les Misérables Tome IV : Livre quatrième—Secours d'en bas peut être secours d'en haut

Chapitre I Blessure au dehors, guérison au dedans

 

Leur vie s'assombrissait ainsi par degrés.

Il ne leur restait plus qu'une distraction qui avait été autrefois un bonheur, c'était d'aller porter du pain à ceux qui avaient faim et des vêtements à ceux qui avaient froid. Dans ces visites aux pauvres, où Cosette accompagnait souvent Jean Valjean, ils retrouvaient quelque reste de leur ancien épanchement; et, parfois, quand la journée avait été bonne, quand il y avait eu beaucoup de détresses secourues et beaucoup de petits enfants ranimés et réchauffés, Cosette, le soir, était un peu gaie. Ce fut à cette époque qu'ils firent visite au bouge Jondrette.

Le lendemain même de cette visite, Jean Valjean parut le matin dans le pavillon, calme comme à l'ordinaire, mais avec une large blessure au bras gauche, fort enflammée, fort venimeuse, qui ressemblait à une brûlure et qu'il expliqua d'une façon quelconque. Cette blessure fit qu'il fut plus d'un mois avec la fièvre sans sortir. Il ne voulut voir aucun médecin. Quand Cosette l'en pressait: Appelle le médecin des chiens, disait-il.

Cosette le pansait matin et soir avec un air si divin et un si angélique bonheur de lui être utile, que Jean Valjean sentait toute sa vieille joie lui revenir, ses craintes et ses anxiétés se dissiper, et contemplait Cosette en disant: Oh! la bonne blessure! Oh! le bon mal!

Cosette, voyant son père malade, avait déserté le pavillon, et avait repris goût à la petite logette et à l'arrière-cour. Elle passait presque toutes ses journées près de Jean Valjean, et lui lisait les livres qu'il voulait. En général, des livres de voyages. Jean Valjean renaissait; son bonheur revivait avec des rayons ineffables; le Luxembourg, le jeune rôdeur inconnu, le refroidissement de Cosette, toutes ces nuées de son âme s'effaçaient. Il en venait à se dire: J'ai imaginé tout cela. Je suis un vieux fou.

Son bonheur était tel, que l'affreuse trouvaille des Thénardier, faite au bouge Jondrette, et si inattendue, avait en quelque sorte glissé sur lui. Il avait réussi à s'échapper, sa piste, à lui, était perdue, que lui importait le reste! il n'y songeait que pour plaindre ces misérables. Les voilà en prison, et désormais hors d'état de nuire, pensait-il, mais quelle lamentable famille en détresse!

Quant à la hideuse vision de la barrière du Maine, Cosette n'en avait plus reparlé.

Au couvent, sœur Sainte-Mechtilde avait appris la musique à Cosette. Cosette avait la voix d'une fauvette qui aurait une âme, et quelquefois le soir, dans l'humble logis du blessé, elle chantait des chansons tristes qui réjouissaient Jean Valjean.

Le printemps arrivait, le jardin était si admirable dans cette saison de l'année, que Jean Valjean dit à Cosette:—Tu n'y vas jamais, je veux que tu t'y promènes.—Comme vous voudrez, père, dit Cosette.

Et, pour obéir à son père, elle reprit ses promenades dans son jardin, le plus souvent seule, car, comme nous l'avons indiqué, Jean Valjean, qui probablement craignait d'être aperçu par la grille, n'y venait presque jamais.

La blessure de Jean Valjean avait été une diversion.

Quand Cosette vit que son père souffrait moins, et qu'il guérissait, et qu'il semblait heureux, elle eut un contentement qu'elle ne remarqua même pas, tant il vint doucement et naturellement. Puis c'était le mois de mars, les jours allongeaient, l'hiver s'en allait, l'hiver emporte toujours avec lui quelque chose de nos tristesses; puis vint avril, ce point du jour de l'été, frais comme toutes les aubes, gai comme toutes les enfances; un peu pleureur parfois comme un nouveau-né qu'il est. La nature en ce mois-là a des lueurs charmantes qui passent du ciel, des nuages, des arbres, des prairies et des fleurs, au cœur de l'homme.

Cosette était trop jeune encore pour que cette joie d'avril qui lui ressemblait ne la pénétrât pas. Insensiblement, et sans qu'elle s'en doutât, le noir s'en alla de son esprit. Au printemps il fait clair dans les âmes tristes comme à midi il fait clair dans les caves. Cosette même n'était déjà plus très triste. Du reste, cela était ainsi, mais elle ne s'en rendait pas compte. Le matin, vers dix heures, après déjeuner, lorsqu'elle avait réussi à entraîner son père pour un quart d'heure dans le jardin, et qu'elle le promenait au soleil devant le perron en lui soutenant son bras malade, elle ne s'apercevait point qu'elle riait à chaque instant et qu'elle était heureuse.

Jean Valjean, enivré, la voyait redevenir vermeille et fraîche.

—Oh! la bonne blessure! répétait-il tout bas.

Et il était reconnaissant aux Thénardier.

Une fois sa blessure guérie, il avait repris ses promenades solitaires et crépusculaires.

Ce serait une erreur de croire qu'on peut se promener de la sorte seul dans les régions inhabitées de Paris sans rencontrer quelque aventure.

彼らふたりの生活は、右のようにしだいに陰鬱いんうつになってきた。
彼らにはもう一つの気晴らししか残っていなかった。それも以前では一つの幸福となっていたところのものである。すなわち、飢えた者にパンを持っていってやり、凍えた者に着物を持っていってやることだった。そして貧しい人々を訪れる時、コゼットはよくジャン・ヴァルジャンの供をして、ふたりは昔のへだてない気持ちを多少取り返すことができた。時としては、よい一日を過ごした時、多くの困難な人々を助け、多くの子供を慰めあたためてやった時、晩にコゼットはいくらか快活になることもあった。ふたりがジョンドレットの陋屋ろうおくを見舞ったのは、ちょうどそういう時だった。
その訪問のすぐ翌朝、ジャン・ヴァルジャンは母家おもやへやってきた。いつものとおり落ち着いてはいたが、左の腕にぞっとするようなまっかな大きな傷がついていた。ちょうど火傷やけどのようだったが、彼は何とかその原因を説明した。そして傷のために熱が出て、一カ月余り家に閉じこもっていた。医者に診みせようともしなかった。コゼットがうるさく勧めると、「犬の医者でも呼んでおいで、」と彼は言った。
コゼットはいかにも神々こうごうしい様子で、彼の用をすることに天使のような喜びを示して、朝晩その傷に繃帯ほうたいをしてやった。それでジャン・ヴァルジャンは、昔の喜悦がすべてまた返ってきたような気がし、恐れと心痛とは消え失せたような気がして、コゼットを見守りながら言った、「実に有り難い傷だ、実に有り難い不幸だ!」
コゼットは父が病気なのを見て、母家おもやをすて、小さな離室はなれと裏の中庭とにまた多くいるようになった。彼女はほとんど終日ジャン・ヴァルジャンのそばについていて、彼の好きな書物を読んでやった。その多くは旅行記だった。ジャン・ヴァルジャンは再生の思いをし、彼の幸福は得も言えぬ光輝をもってよみがえってきた。リュクサンブール、見知らぬ若い徘徊者はいかいしゃ、コゼットの冷淡など、すべて彼の心にかかっていた暗雲は消えてしまった。彼は自ら言うようになった、「それらは皆私の思いなしだった。私は年がいもないばか者だ。」
彼の幸福はごく大きかったので、ジョンドレットの陋屋ろうおくでテナルディエ一家の者らとの意外な恐ろしい遭遇も、心にあまり打撃を与えなかった。とにかく彼は首尾よく脱走し、足跡をくらましてしまったのである。その他はもうどうでもいいことだった。彼はそれを思う時、ただ悪人らをあわれむだけだった。彼は考えた、「彼らはもう獄に投ぜられている。以後自分に害を加えることはできない。だがいったい何という痛ましい不幸な一家であろう!」
またメーヌ市門で見た嫌悪けんおすべき光景については、コゼットももう再び口にしなかった。
修道院でコゼットは、サント・メクティルド修道女から音楽を教わっていた。彼女の声は魂を持った頬白ほおじろのそれのようだった、そして夕方時々、負傷した老人の貧しい住居で、悲しい歌を歌った。それをまたジャン・ヴァルジャンは非常に喜んだ。
もう春になっていた。表庭は春にはことにみごとであった。ジャン・ヴァルジャンはコゼットに言った、「お前は庭の方へはちっとも行かないようだが、少し出てみたらどうかね。」「お父様、あなたがそうおっしゃるなら、」とコゼットは答えた。
そして父の意に従うために、彼女はまた表庭に出始めた。しかし多くはひとりでだった。なぜなら、前に言っておいたとおりジャン・ヴァルジャンは、たぶん鉄門から人に見られるのを気づかってであろうが、ほとんど表庭にはこなかったからである。
ジャン・ヴァルジャンの傷はかえって事情を一変さした。
父の苦痛が薄らぎ傷が癒いえてゆくのを見、また父が楽しそうにしてるのを見てコゼットは、自らはっきりとは気づかなかったほど静かに自然にやって来る一種の満足を感じた。それからまた時もちょうど三月の頃で、日は長くなり、冬は去っていった。冬は常にわれわれの悲しみのある物を持ち去って行く。それからやがて四月となった。それは夏の微光であり、あらゆる曙光しょこうのごとく新鮮で、あらゆる小児のごとく快活である。また赤児であるために時には少し涙にぬれることもある。四月における自然には魅力ある輝きがあって、それが空から雲から樹木から草原からまた花から、人の心に伝わってくる。
コゼットはまだ年若くて、彼女自身に似たこの四月の喜びに浸された。自分で気づかぬうちにしだいに暗黒は彼女の精神から去っていった。春になると、ま昼に窖あなぐらが明るくなるように、悲しめる人の魂も明るくなる。コゼットはもうひどく悲しんではいなかった。その上自らそれをよく意識してもいなかった。朝十時ごろ朝食の後に、父を説きつけてしばらくの間表庭に出て、そのけがした腕をささえてやりながら、日光を浴びつつ踏段の前を連れ回る時、彼女は絶えずほほえんで心楽しくしてることを、自ら少しも気づいていなかった。
ジャン・ヴァルジャンは恍惚こうこつとして、彼女が再び色麗わしくあざやかになってくるのを見守った。
「実に有り難い傷だ!」と彼は低く繰り返した。
そして彼はかえってテナルディエ一家の者らに感謝した。
傷がまったく癒いえると、彼はまた孤独な夕暮れの散歩を始めた。
けれども、そういうふうにパリーの寂しいほとりをただひとりで散歩していても、何かのできごとに出合わないとは限らない。

 

 

Chapitre II La mère Plutarque n'est pas embarrassée pour expliquer un

 

Un soir le petit Gavroche n'avait point mangé; il se souvint qu'il n'avait pas non plus dîné la veille; cela devenait fatigant. Il prit la résolution d'essayer de souper. Il s'en alla rôder au delà de la Salpêtrière, dans les lieux déserts; c'est là que sont les aubaines; où il n'y a personne, on trouve quelque chose. Il parvint jusqu'à une peuplade qui lui parut être le village d'Austerlitz.

Dans une de ses précédentes flâneries, il avait remarqué là un vieux jardin hanté d'un vieux homme et d'une vieille femme, et dans ce jardin un pommier passable. À côté de ce pommier, il y avait une espèce de fruitier mal clos où l'on pouvait conquérir une pomme. Une pomme, c'est un souper; une pomme, c'est la vie. Ce qui a perdu Adam pouvait sauver Gavroche. Le jardin côtoyait une ruelle solitaire non pavée et bordée de broussailles en attendant les maisons; une haie l'en séparait.

Gavroche se dirigea vers le jardin; il retrouva la ruelle, il reconnut le pommier, il constata le fruitier, il examina la haie; une haie, c'est une enjambée. Le jour déclinait, pas un chat dans la ruelle, l'heure était bonne. Gavroche ébaucha l'escalade, puis s'arrêta tout à coup. On parlait dans le jardin. Gavroche regarda par une des claires-voies de la haie.

 

ある夕方、少年ガヴローシュは何も食べていなかった。そしてまた前日も食事をしなかったことを思い出した。そのために身体が弱ってるような気がしてきた。で何とかして夕食を得ようと考えた。彼はサルペートリエールの向こうの寂しい場所までうろついて行った。そこにはよく何かの見つけ物があった。人のいない所にはたいてい何かあるものである。歩いてると一かたまりの人家のある所に出た。オーステルリッツ村らしく思えた。
前に何度かその辺をぶらついた時彼は、爺さんと婆さんとがいる古めかしい庭がそこにあって、庭の中にはかなりの林檎りんごの木が一本あるのを見ておいた。林檎の木のそばには果物くだもの置き場みたいな小屋があって、よく戸締まりもしてないので林檎一つくらい手に入れられそうだった。林檎一つは夕食であり、生命である。アダムの身を破滅さした物も、ガヴローシュの身を救うかも知れなかった。庭は周囲に人家の立ち並ぶのを待ってるかのように、舗石しきいしもない寂しい小路に接し灌木かんぼくでとりまかれていた。ただ生籬いけがき一重でへだてられてるばかりだった。
ガヴローシュはその庭の方へ進んでいった。彼はその小路を見つけ林檎の木を認め、果物小屋を見定め、生籬を調べてみた。ただ一またぎで越えられる生籬だった。日は暮れかかってい、小路には猫ねこの子一匹おらず、ちょうどいい時機だった。ガヴローシュは籬まがきを乗り越そうとしたが、突然それをやめた。庭の中に話し声がしていたのである。ガヴローシュは籬のすき間からのぞいた。

 

À deux pas de lui, au pied de la haie et de l'autre côté, précisément au point où l'eût fait déboucher la trouée qu'il méditait, il y avait une pierre couchée qui faisait une espèce de banc, et sur ce banc était assis le vieux homme du jardin, ayant devant lui la vieille femme debout. La vieille bougonnait. Gavroche, peu discret, écouta.

—Monsieur Mabeuf! disait la vieille.

—Mabeuf! pensa Gavroche, ce nom est farce.

Le vieillard interpellé ne bougeait point. La vieille répéta:

—Monsieur Mabeuf!

Le vieillard, sans quitter la terre des yeux, se décida à répondre:

—Quoi, mère Plutarque?

—Mère Plutarque! pensa Gavroche, autre nom farce.

La mère Plutarque reprit, et force fut au vieillard d'accepter la conversation.

—Le propriétaire n'est pas content.

—Pourquoi?

—On lui doit trois termes.

—Dans trois mois on lui en devra quatre.

—Il dit qu'il vous enverra coucher dehors.

—J'irai.

—La fruitière veut qu'on la paye. Elle ne lâche plus ses falourdes. Avec quoi vous chaufferez-vous cet hiver? Nous n'aurons point de bois.

—Il y a le soleil.

—Le boucher refuse crédit, il ne veut plus donner de viande.

—Cela se trouve bien. Je digère mal la viande. C'est trop lourd.

—Qu'est-ce qu'on aura pour dîner?

—Du pain.

—Le boulanger exige un acompte, et dit que pas d'argent, pas de pain.

—C'est bon.

—Qu'est-ce que vous mangerez?

—Nous avons les pommes du pommier.

—Mais, monsieur, on ne peut pourtant pas vivre comme ça sans argent.

—Je n'en ai pas.

La vieille s'en alla, le vieillard resta seul. Il se mit à songer. Gavroche songeait de son côté. Il faisait presque nuit.

Le premier résultat de la songerie de Gavroche, ce fut qu'au lieu d'escalader la haie, il s'accroupit dessous. Les branches s'écartaient un peu au bas de la broussaille.

—Tiens, s'écria intérieurement Gavroche, une alcôve! et il s'y blottit. Il était presque adossé au banc du père Mabeuf. Il entendait l'octogénaire respirer.

Alors, pour dîner, il tâcha de dormir.

Sommeil de chat, sommeil d'un œil. Tout en s'assoupissant, Gavroche guettait.

La blancheur du ciel crépusculaire blanchissait la terre, et la ruelle faisait une ligne livide entre deux rangées de buissons obscurs.

Tout à coup, sur cette bande blanchâtre deux silhouettes parurent. L'une venait devant, l'autre, à quelque distance, derrière.

—Voilà deux êtres, grommela Gavroche.

La première silhouette semblait quelque vieux bourgeois courbé et pensif, vêtu plus que simplement, marchant lentement à cause de l'âge, et flânant le soir aux étoiles.

La seconde était droite, ferme, mince. Elle réglait son pas sur le pas de la première; mais dans la lenteur volontaire de l'allure, on sentait de la souplesse et de l'agilité. Cette silhouette avait, avec on ne sait quoi de farouche et d'inquiétant, toute la tournure de ce qu'on appelait alors un élégant; le chapeau était d'une bonne forme, la redingote était noire, bien coupée, probablement de beau drap, et serrée à la taille. La tête se dressait avec une sorte de grâce robuste, et, sous le chapeau, on entrevoyait dans le crépuscule un pâle profil d'adolescent. Ce profil avait une rose à la bouche. Cette seconde silhouette était bien connue de Gavroche c'était Montparnasse.

Quant à l'autre, il n'en eût rien pu dire, sinon que c'était un vieux bonhomme.

Gavroche entra sur-le-champ en observation.

L'un de ces deux passants avait évidemment des projets sur l'autre. Gavroche était bien situé pour voir la suite. L'alcôve était fort à propos devenue cachette.

Montparnasse à la chasse, à une pareille heure, en un pareil lieu, cela était menaçant. Gavroche sentait ses entrailles de gamin s'émouvoir de pitié pour le vieux.

Que faire? intervenir? une faiblesse en secourant une autre! C'était de quoi rire pour Montparnasse. Gavroche ne se dissimulait pas que, pour ce redoutable bandit de dix-huit ans, le vieillard d'abord, l'enfant ensuite, c'étaient deux bouchées.

Pendant que Gavroche délibérait, l'attaque eut lieu, brusque et hideuse. Attaque de tigre à l'onagre, attaque d'araignée à la mouche. Montparnasse, à l'improviste, jeta la rose, bondit sur le vieillard, le colleta, l'empoigna et s'y cramponna, et Gavroche eut de la peine à retenir un cri. Un moment après, l'un de ces hommes était sous l'autre, accablé, râlant, se débattant, avec un genou de marbre sur la poitrine. Seulement ce n'était pas tout à fait ce à quoi Gavroche s'était attendu. Celui qui était à terre, c'était Montparnasse; celui qui était dessus, c'était le bonhomme.

Tout ceci se passait à quelques pas de Gavroche.

Le vieillard avait reçu le choc, et l'avait rendu, et rendu si terriblement qu'en un clin d'œil l'assaillant et l'assailli avaient changé de rôle.

—Voilà un fier invalide! pensa Gavroche.

Et il ne put s'empêcher de battre des mains. Mais ce fut un battement de mains perdu. Il n'arriva pas jusqu'aux deux combattants, absorbés et assourdis l'un par l'autre et mêlant leurs souffles dans la lutte.

Le silence se fit. Montparnasse cessa de se débattre. Gavroche eut cet aparté: Est-ce qu'il est mort?

Le bonhomme n'avait pas prononcé un mot ni jeté un cri. Il se redressa, et Gavroche l'entendit qui disait à Montparnasse:

—Relève-toi.

Montparnasse se releva, mais le bonhomme le tenait. Montparnasse avait l'attitude humiliée et furieuse d'un loup qui serait happé par un mouton.

Gavroche regardait et écoutait, faisant effort pour doubler ses yeux par ses oreilles. Il s'amusait énormément.

Il fut récompensé de sa consciencieuse anxiété de spectateur. Il put saisir au vol ce dialogue qui empruntait à l'obscurité on ne sait quel accent tragique. Le bonhomme questionnait. Montparnasse répondait.

—Quel âge as-tu?

—Dix-neuf ans.

—Tu es fort et bien portant. Pourquoi ne travailles-tu, pas?

—Ça m'ennuie.

—Quel est ton état?

—Fainéant.

—Parle sérieusement. Peut-on faire quelque chose pour toi? Qu'est-ce que tu veux être?

—Voleur.

彼から二歩の所、籬の内側に、ちょうど彼がすき間から入りこもうと思ってた所に、ベンチのようなふうに石をねかしてあって、石の上に例の爺じいさんが腰掛けており、前には婆さんが立っていた。婆さんは何かぶつぶつ言っていた。不遠慮なガヴローシュはそれに耳を傾けた。
「マブーフ様!」と婆さんは言った。
「マブーフ、おかしな名前だな、」とガヴローシュは思った。
爺さんの方はそう呼びかけられても身動きもしなかった。婆さんは繰り返した。
「マブーフ様!」
爺さんはなお地面に目を落としたままだったが、ついに返事をした。
「何だね、プリュタルク婆さん。」
「プリュタルク婆さん、これもおかしな名前だな、」とガヴローシュは思った。
プリュタルク婆さんは言い出した、そして爺じいさんも言葉を発しなければならなくなった。
「家主が怒っておりますよ。」
「どうして?」
「三期分たまっていますから。」
「もう三月みつきたつと四期分になるさ。」
「追い出してしまうと言っておりますよ。」
「出てゆくさ。」
「八百屋やおやのお上さんも払ってくれと言っております。もう薪まきもよこしてくれません。今年の冬は何で火をたきましょう。薪が少しも手にはいりませんよ。」
「太陽があるよ。」
「肉屋も掛け売りをことわって、もう肉をよこそうとしません。」
「それはちょうどいい。わしにはどうも肉はよくこなれない、もたれてね。」
「でも食事にはどうなさいますか。」
「パンだよ。」
「パン屋も勘定をせがんでおります。金がなければパンもないと言います。」
「いいさ。」
「では何を食べますか。」
「この木になる林檎りんごがある。」
「でも旦那様だんなさま、このようにお金なしでは暮らしていけません。」
「といって一文なしだからね。」
婆さんは行ってしまって、老人が一人残った。彼は考え込み始めた。ガヴローシュの方でも考え込んだ。もうほとんど夜になっていた。
考えた結果ガヴローシュはまず、生籬いけがきを乗り越すことをやめて、その下にもぐり込んだ。茂みの下の方に少し枝のすいてる所があった。
「おや、ちょうどいい寝場所だ!」とガヴローシュは心の中で叫んで、そこにうずくまった。彼の背中はほとんどマブーフ老人のベンチに接するほどになって、その八十翁の息まで聞くことができた。
そして彼は食事にありつかんために一寝入りしようとした。
それは猫ねこの居眠りであり、片目の微睡であった。うつらうつらしながらガヴローシュは待ち受けていた。
薄ら明りの空の光は地面にほの白い光を送って、小路は暗い二条の叢くさむらの間に青白い線を描いていた。
突然その青白い一筋の道の上に、二つの人影が現われた。一つは先に立ち、一つは少しあとに離れていた。
「ふたりの男がやってきたぞ。」とガヴローシュはつぶやいた。
先頭の人影は年取った市民らしく、少し前かがみに何か考え込んでいて、ごく質素な服装をし、老年のせいかゆっくり歩いて、星明りの夕を逍遙しょうようしてるもののようだった。
第二の人影は、背を伸ばし堅固でやせていた。前の男と歩調を合わしてはいたが、その故意にゆるくした歩き方のうちにも身軽さと敏捷びんしょうさとが見えていた。そして何となく荒々しい怪しいふうが感ぜられはしたが、それでも風流人士とも称し得るような様子をしていた。帽子はりっぱな形のものであり、フロック型の上衣は黒で仕立てもよく、地質も上等のものらしく、きっちり身体に合っていた。みごとな健やかな様子で頭をすっくと上げ、帽子の下からは、青年らしい白い顔が薄ら明りにぼんやり見えていた。口には一輪の薔薇ばらの花をくわえていた。ガヴローシュはその第二の人影に確かな見覚えがあった。それはモンパルナスだった。
第一の人影については、ただ素朴な老人であるというほか、彼は何にも知るところがなかった。
ガヴローシュは直ちに観察にとりかかった。
ふたりの通行人のうちのひとりは、もひとりに対して何か計画をいだいてることは明らかだった。ガヴローシュはその成り行きを見るのにいい地位にいた。寝場所はちょうどよい具合に潜伏所ともなっていた。
こんな時刻に、こんな場所で、モンパルナスが人の跡をつけてるのは、恐ろしいことだった。ガヴローシュは浮浪少年ながらも、老人に対して憐憫れんびんの情を動かした。
どうしたものであろう。手を出すべきであろうか。しかしひとりの弱者が他の弱者を助けに行ったところでどうなるものか。ただモンパルナスの嘲笑ちょうしょうを買うばかりだ。この十八歳の恐ろしい無頼漢にとっては、第一に老人と第二に子供とでは、ただ二口の餌食えじきに過ぎないということを、ガヴローシュは認めざるを得なかった。
ガヴローシュが考えあぐんでいるうちに、突然恐ろしい襲撃が起こった。驢馬ろばに対する虎とらの襲撃であり、蠅はえに対する蜘蛛くもの襲撃であった。モンパルナスはいきなり口の薔薇ばらの花を投げ捨て、老人の上に飛びかかり、その襟えりをとらえて鷲わしづかみにし、そこにしがみついてしまった。ガヴローシュはほとんど叫び声を出さんばかりになった。一瞬間のうちに、ひとりはもひとりの下に組みしかれ、膝ひざでぐっと胸を押さえられて、ねじ伏せられうなりもがいていた。ただそれはガヴローシュが思っていたこととはまったく反対だった。打ち倒されたのはモンパルナスであって、上になってるのが老人だった。
それらのことがガヴローシュの数歩先の所で起こったのだった。
老人は一撃を受けたが、すぐに猛烈な一撃を報いたので、またたくまに襲撃者と被襲撃者とは位置をかえたのである。
「これはすごい爺じいさんだ、」とガヴローシュは考えた。
そして彼は思わず手をたたいた。が拍手は何の用もなさなかった。ふたりの闘士は、互いに夢中になって何にも気づかず、息を交じえるばかりに相接して争っていたので、その音を耳にしなかった。
するとたちまち静かになった。モンパルナスは身をもがくのをやめた。ガヴローシュはひとりで言った、「死んだのかしら。」
老人はその間一語をも発せず、叫び声をも立てなかった。彼は立ち上がった。そしてガヴローシュはモンパルナスに彼がこういうのを聞いた。
「起きろ。」
モンパルナスは起き上がった。しかし老人は彼をとらえていた。モンパルナスは面目なげなしかも憤激した態度をして、あたかも羊に捕えられた狼おおかみのようだった。
ガヴローシュは目と耳との力を合わして、のぞきまた聞いていた。夢中になっておもしろがっていた。
彼は一生懸命にうかがっていただけのことがあった。暗闇くらやみのために妙に悲痛に聞こえる次の対話をそっくり聞き取り得た。老人は尋ね、モンパルナスは答えた。
「お前は幾歳いくつだ。」
「十九。」
「お前は強くて丈夫だ。なぜ働かないのか。」
「いやだからさ。」
「職業は何だ。」
「何にもしないことだ。」
「まじめに口をききなさい。いったい何をしてもらいたいのか。何になりたいのか。」
「泥坊にだ。」

 

 

 

Il y eut un silence. Le vieillard semblait profondément pensif. Il était immobile et ne lâchait point Montparnasse.

De moment en moment, le jeune bandit, vigoureux et leste, avait des soubresauts de bête prise au piège. Il donnait une secousse, essayait un croc-en-jambe, tordait éperdument ses membres, tâchait de s'échapper. Le vieillard n'avait pas l'air de s'en apercevoir, et lui tenait les deux bras d'une seule main avec l'indifférence souveraine d'une force absolue.

La rêverie du vieillard dura quelque temps, puis, regardant fixement Montparnasse, il éleva doucement la voix, et lui adressa, dans cette ombre où ils étaient, une sorte d'allocution solennelle dont Gavroche ne perdit pas une syllabe:

—Mon enfant tu entres par paresse dans la plus laborieuse des existences. Ah! tu te déclares fainéant! prépare-toi à travailler. As-tu vu une machine qui est redoutable? cela s'appelle le laminoir. Il faut y prendre garde, c'est une chose sournoise et féroce; si elle vous attrape le pan de votre habit, vous y passez tout entier. Cette machine, c'est l'oisiveté.... Arrête-toi, pendant qu'il en est temps encore, et sauve-toi! Autrement, c'est fini; avant peu tu seras dans l'engrenage. Une fois pris, n'espère plus rien. À la fatigue, paresseux! plus de repos. La main de fer du travail implacable t'a saisi. Gagner ta vie, avoir une tâche, accomplir un devoir, tu ne veux pas! être comme les autres, cela t'ennuie! Eh bien, tu seras autrement. Le travail est la loi; qui le repousse ennui, l'aura supplice. Tu ne veux pas être ouvrier, tu seras esclave. Le travail ne vous lâche d'un côté que pour vous reprendre de l'autre; tu ne veux pas être son ami, tu seras son nègre. Ah! tu n'as pas voulu de la lassitude honnête des hommes, tu vas avoir la sueur des damnés. Où les autres chantent, tu râleras. Tu verras de loin, d'en bas, les autres hommes travailler; il te semblera qu'ils se reposent. Le laboureur, le moissonneur, le matelot, le forgeron, t'apparaîtront dans la lumière comme les bienheureux d'un paradis. Quel rayonnement dans l'enclume! Mener la charrue, lier la gerbe, c'est de la joie. La barque en liberté dans le vent, quelle fête! Toi, paresseux, pioche, traîne, roule, marche! Tire ton licou, te voilà bête de somme dans l'attelage de l'enfer! Ah! ne rien faire, c'était là ton but. Eh bien! pas une semaine, pas une journée, pas une heure sans accablement. Tu ne pourras rien soulever qu'avec angoisse. Toutes les minutes qui passeront feront craquer tes muscles. Ce qui sera plume pour les autres sera pour toi rocher. Les choses les plus simple s'escarperont. La vie se fera monstre autour de toi. Aller, venir, respirer, autant de travaux terribles. Ton poumon te fera l'effet d'un poids de cent livres. Marcher ici plutôt que là, ce sera un problème à résoudre. Le premier venu qui veut sortir pousse sa porte, c'est fait, le voilà dehors. Toi, si tu veux sortir, il te faudra percer ton mur. Pour aller dans la rue, qu'est-ce que tout le monde fait? Tout le monde descend l'escalier; toi, tu déchireras tes draps de lit, tu en feras brin à brin une corde, puis tu passeras par ta fenêtre, et tu te suspendras à ce fil sur un abîme, et ce sera la nuit, dans l'orage, dans la pluie, dans l'ouragan, et, si la corde est trop courte, tu n'auras plus qu'une manière de descendre, tomber. Tomber au hasard, dans le gouffre, d'une hauteur quelconque sur, quoi? Sur ce qui est en bas, sur l'inconnu. Ou tu grimperas par un tuyau de cheminée, au risque de t'y brûler; ou tu ramperas par un conduit de latrines, au risque de t'y noyer. Je ne te parle pas des trous qu'il faut masquer, des pierres qu'il faut ôter et remettre vingt fois par jour, des plâtras qu'il faut cacher dans sa paillasse. Une serrure se présente; le bourgeois a dans sa poche sa clef fabriquée par un serrurier. Toi, si tu veux passer outre tu es condamné à faire un chef-d'œuvre effrayant, tu prendras un gros sou, tu le couperas en deux lames avec quels outils? tu les inventeras. Cela te regarde. Puis tu creuseras l'intérieur de ces deux lames, en ménageant soigneusement le dehors, et tu pratiqueras sur le bord tout autour un pas de vis, de façon qu'elles s'ajustent étroitement l'une sur l'autre comme un fond et comme un couvercle. Le dessous et le dessus ainsi vissés, on n'y devinera rien. Pour les surveillants, car tu seras guetté, ce sera un gros sou; pour toi, ce sera une boîte. Que mettras-tu dans cette boîte? Un petit morceau d'acier. Un ressort de montre auquel tu auras fait des dents et qui sera une scie. Avec cette scie, longue comme une épingle et cachée dans un sou, tu devras couper le pêne de la serrure, la mèche du verrou, l'anse du cadenas, et le barreau que tu auras à ta fenêtre, et la manille que tu auras à ta jambe. Ce chef-d'œuvre fait ce prodige accompli, tous ces miracles d'art, d'adresse, d'habileté, de patience, exécutés, si l'on vient à savoir que tu en es l'auteur, quelle sera ta récompense? le cachot. Voilà l'avenir. La paresse, le plaisir, quels précipices! Ne rien faire, c'est un lugubre parti pris, sais-tu bien? Vivre oisif de la substance sociale! être inutile, c'est-à-dire nuisible! cela mène droit au fond de la misère. Malheur à qui veut être parasite! il sera vermine. Ah! il ne te plaît pas de travailler? Ah! tu n'as qu'une pensée, bien boire, bien manger, bien dormir. Tu boiras de l'eau, tu mangeras du pain noir, tu dormiras sur une planche avec une ferraille rivée à tes membres et dont tu sentiras la nuit le froid sur ta chair? Tu briseras cette ferraille, tu t'enfuiras. C'est bon. Tu te traîneras sur le ventre dans les broussailles et tu mangeras de l'herbe comme les brutes des bois. Et tu seras repris. Et alors tu passeras des années dans une basse-fosse, scellé à une muraille, tâtonnant pour boire à ta cruche, mordant dans un affreux pain de ténèbres dont les chiens ne voudraient pas, mangeant des fèves que les vers auront mangées avant toi. Tu seras cloporte dans une cave. Ah! aie pitié de toi-même, misérable enfant, tout jeune, qui tétais ta nourrice il n'y a pas vingt ans, et qui as sans doute encore ta mère! je t'en conjure, écoute-moi. Tu veux de fin drap noir, des escarpins vernis, te friser, te mettre dans tes boucles de l'huile qui sent bon, plaire aux créatures, être joli. Tu seras tondu ras avec une casaque rouge et des sabots. Tu veux une bague au doigt, tu auras un carcan au cou. Et si tu regardes une femme, un coup de bâton. Et tu entreras là à vingt ans, et tu en sortiras à cinquante! Tu entreras jeune, rose, frais, avec tes yeux brillants et toutes tes dents blanches, et ta chevelure d'adolescent, tu sortiras cassé, courbé, ridé, édenté, horrible, en cheveux blancs! Ah! mon pauvre enfant, tu fais fausse route, la fainéantise te conseille mal; le plus rude des travaux, c'est le vol. Crois-moi, n'entreprends pas cette pénible besogne d'être un paresseux. Devenir un coquin, ce n'est pas commode. Il est moins malaisé d'être honnête homme. Va maintenant, et pense à ce que je t'ai dit. À propos, que voulais-tu de moi? Ma bourse. La voici.

Et le vieillard, lâchant Montparnasse, lui mit dans la main sa bourse, que Montparnasse soupesa un moment; après quoi, avec la même précaution machinale que s'il l'eût volée, Montparnasse la laissa glisser doucement dans la poche de derrière de sa redingote.

Tout cela dit et fait, le bonhomme tourna le dos et reprit tranquillement sa promenade.

—Ganache! murmura Montparnasse.

Qui était ce bonhomme? le lecteur l'a sans doute deviné.

Montparnasse, stupéfait, le regarda disparaître dans le crépuscule. Cette contemplation lui fut fatale.

Tandis que le vieillard s'éloignait, Gavroche s'approchait.

Gavroche, d'un coup d'œil de côté, s'était assuré que le père Mabeuf, endormi peut-être, était toujours assis sur le banc. Puis le gamin était sorti de sa broussaille, et s'était mis à ramper dans l'ombre en arrière de Montparnasse immobile. Il parvint ainsi jusqu'à Montparnasse sans en être vu ni entendu, insinua doucement sa main dans la poche de derrière de la redingote de fin drap noir, saisit la bourse, retira sa main, et, se remettant à ramper, fit une évasion de couleuvre dans les ténèbres. Montparnasse, qui n'avait aucune raison d'être sur ses gardes et qui songeait pour la première fois de sa vie, ne s'aperçut de rien. Gavroche, quand il fut revenu au point où était le père Mabeuf, jeta la bourse par-dessus la haie, et s'enfuit à toutes jambes.

La bourse tomba sur le pied du père Mabeuf. Cette commotion le réveilla. Il se pencha, et ramassa la bourse. Il n'y comprit rien, et l'ouvrit. C'était une bourse à deux compartiments; dans l'un, il y avait quelque monnaie; dans l'autre, il y avait six napoléons.

M. Mabeuf, fort effaré, porta la chose à sa gouvernante.

—Cela tombe du ciel, dit la mère Plutarque.

ちょっと言葉が途切れた。老人は深く考え込んだらしかった。彼はじっと立ったまま、モンパルナスをとらえていた。
元気で敏捷びんしょうな若い悪漢は、時々、罠わなにかかった獣のようにあばれた。飛び上がり、足がらみにゆき、激しく手足をもがき、逃げ出そうとした。しかし老人はそれに気も止めないらしく、絶対的強力のおごそかな無関心さをもって、片手で相手の両腕をとらえていた。
老人はしばらく考え込んでいたが、それからモンパルナスをじっと見つめながら、静かに声を上げて、その暗闇くらやみの中で荘重な弁舌を振るい始めた。ガヴローシュはその一語をも聞きもらさなかった。
「おい、お前は怠惰なために一番苦しい生活にはいっている。お前は何にもしないのだと自分で言っている。けれども少しは働くように心掛けるがいい。お前は恐ろしい一つの機械を見たことがあるかね。輪転機というやつだ。用心しなければいけない。陰険な猛烈な機械だ。もし着物の裾すそでもつかまれようものなら、身体まですっかり巻き込まれてしまう。この機械というのはほかでもない、なまけるということだ。まだいよいよとならないうちに踏み止まって、のがれだすがいい。そうでないともう万事だめだ。じきにその歯車の中に引き込まれてしまう。一度引き込まれたらもう出る望みはない。そこではただ疲れるばかりで、休むこともできない。一歩も仮借しない労役の鉄の手からつかまれるだけだ。お前は今、自分の手で生活しようと思っていない、仕事をし義務を果たそうと思っていない。普通の人のように暮らしてゆくことをいやがっている。だが別の道を歩くこともできるだろう。労働は天の法則だ。いやだといってそれを拒む者には、刑罰としてそれが落ちかかって来る。お前は労働者になることを好かないというが、それでは奴隷どれいとなるばかりだ。労働は、一方でお前を許しても、他方でお前をとらえる。お前は労働の友だちになることを好まないで、かえってその奴隷になろうとしている。ああお前は、人間らしい正直な骨折りをきらって、罪人の額の汗を得ようとしている。他の人たちが歌をうたう時に、お前は息を切らすようになるんだ。下の方から遠くに、他の人たちが仕事をするのを見上げるようになるんだ。そしてその人たちは、お前の目には休んでるように見えてくるだろう。地を耕してる者や刈り入れをしてる者や、水夫や鍛冶屋かじやなども、天国の幸福な人々のように栄光に包まれてるとお前には思えてくるだろう。鍛冶屋かじやの仕事場もどんなにか光り輝くだろう。鋤すきをとり穂を束ねることもどんなにか幸福に見えるだろう。風のまにまに自由の帆を操あやつる小舟もどんなにか楽しく見えるだろう。ところが怠惰なお前は、鶴嘴つるはしを使い、鎖を引きずり、車を引き、歩かなければならない。身体を縛ってる鎖を引きずって、地獄の中で荷物を引く獣と同じになるばかりだ。何にもしないことをお前は目的だとしていた。それなのに、ただの一週間も、ただの一日も、ただの一時間も、苦しい思いをしないではいられなくなる。何一つ持ち上げるにも苦痛を感ずるだろう。一刻の休みもなく絶えず筋肉はみりみりいうだろう。他の者には鳥の羽ぐらいなものも、お前には岩のように思えるだろう。ごくわけもないことも、大事業のようになるだろう。世の中は至る所恐ろしくなってくる。行ったりきたり息をしたりするのさえ、大変な仕事のようになってくる。肺をふくらますのさえ、百斤の重さを上げるような気がしてくる。ここを歩いたものかそれとも向こうを歩いたものか、そういうことまで一大事の問題となってくる。だれでも外に出ようと思えば、扉とびらを押し開くだけでもう外に出ている。ところがお前は、外に出ようとするには壁をつき破らなければならなくなる。往来に出るにも、普通の人はどうするかね。ただ階段をおりてゆくだけだ。ところがお前の方では、敷き布を裂き、それを一片ずつつなぎ合わして綱をこしらえ、それから窓をはい出し、その一筋の綱にすがって深い淵ふちの上にぶら下がるのだ。しかも夜か、暴風か、雨か、台風かの時だ。そして綱が短い時には、おりる道はただ飛びおりるほかはない。向こう見ずに無鉄砲に飛びおりるほかはない。それもかなりの高さからで、下には何があるかまったくわからない。またそうでなければ、身体を焦がすのもかまわずに、暖炉の煙筒の中をよじ上るか、あるいはおぼれるのもかまわずに、排尿口からはい出すのだ。そのほか、出入り口の穴を隠したり、日に二十遍も石を出したり入れたり、藁蒲団わらぶとんの中に漆喰しっくいの欠けをしまい込んだりするのは、言わずものことだ。錠前がある場合には、普通の市民なら錠前屋が作ってくれた鍵かぎをポケットに持っている。ところがお前は、そこから出ようとする時には、精巧な恐ろしい道具を一つこしらえなければならない。大きな一スー銅貨を一つ取って、それを二枚に割る。何で割るのか、それも工夫しなければならない。それはお前の方の考えにあることだ。それから両方の表面には傷をつけないように注意して中をくりぬき、その縁には溝みぞをつけ、二枚きっかり合わさって箱と蓋ふたとになるようにする。上と下とをよくはめ込めば、人にさとられることはない。お前を注意してる監視人には、それはただ一つの銅貨にすぎないが、お前には一つの箱となる。その箱の中に何を入れるかと言えば、一片の小さな鋼鉄の時計の撥条ぜんまいに歯をつけて鋸のこぎりにしたものだ。銅貨の中に隠した針くらいの長さのその鋸で、錠前の閂子かんしや、※(「金+饌のつくり」、第4水準2-91-37)かきがねの軸や、海老錠えびじょうの柄や、窓についてる鉄棒や、足についてる鉄枷てつかせなどを、切らなければならない。そして、その精巧な道具を作り、その驚くべき仕事をなし遂げ、その技術と器用と巧妙と忍耐との奇跡を果たした後、もしそれがお前のやったことだと知れたら、どういう報いがやってくるか。それはただ地牢ちろうばかりだ。そういうのがお前の未来だ。怠惰といい楽しみというものは、何という絶壁だろう。何にもしないということは、痛むべき方針だ。わかるだろうね。社会の財産をあてにしてなまけて暮らすこと、何の役にも立たない生活を送ること、言いかえれば有害な生活をすること、それは人をまっ逆様に悲惨のどん底に投げ込んでしまう。社会の寄食者いそうろうになろうとする者こそ不幸だ、ついには有害な寄生虫になってしまう。ああお前は働くことを好まない、うまい酒を飲みうまいものを食い楽に寝ていたいという考えきり持っていない。だがそれでは結局、水を飲むようになり、黒パンをかじるようになり、手足は鎖につながれて夜通しその冷たさを身に感じながら、板の上にじかに寝るようになるだろう。その鎖を切って逃げ出す、なるほどそれもいい。藪やぶの中を腹ばいになって潜んでゆき、森の中の獣のように草を食うだろう。そしてまたつかまるだろう。それからは、地牢ちろうの中で、壁につなぎとめられ、水を飲むにも壺つぼを手探りにし、犬も食わないようなひどい黒パンをかじり、虫に食いちらされた豆を食べて、幾年も過ごすようになるだろう。窖あなぐらの草鞋虫わらじむしと同じだ。少しは自分の身体をいたわるがいい。かわいそうに、まだごく若いのに、乳母うばの乳房を離れて二十年とはならず、母親もまだ生きてるだろう。まあどうか私わしのいうことを聞くがよい。お前は上等の黒ラシャを着、漆塗うるしぬりの舞踏靴ぶとうぐつをはき、髪の毛を縮らし、いいにおいの油をぬり、下等な女を喜ばせ、きれいになりたがっている。だがしまいには、頭の毛は短く刈られ、赤い上衣を着せられ、木靴をはかせられるようになる。指に指輪をはめたがっても、首に鉄の輪をはめられるようになる。もし女に横目でもつかえば、棒でなぐられる。そしてそこにはいる時は二十歳くらいでも、出る時には五十歳にもなる。はいる時には年が若く、顔色は美しく、いきいきとして、目は輝き、歯はまっ白で、若々しいりっぱな髪の毛をしていても、出て来る時には、老衰し、腰は曲がり、皺しわはより、歯はぬけ、恐ろしい姿になって、髪の毛もまっ白になっている。ああかわいそうにお前は誤った道を取っている。何にもしないということが、お前を悪い方へ導いたのだ。仕事のうちでも一番つらいことは、盗みの仕事である。私わしを信じて、なまけようなどという困難な仕事を始めなさんな。悪者になるのは、容易なことではない。正直な人間になる方がよほど楽だ。さあ行って、私の言ったことをよく考えてみなさい。ところで、何か用だったか。財布さいふかね。それならここにある。」
そして老人はモンパルナスから手を放し、彼の手に財布さいふを握らしてやった。モンパルナスはちょっとその重さを手ではかってみて、それから自分で盗みでもしたように機械的な注意を配って、上衣の後ろのポケットにそれを静かにすべり込ました。
以上のことを語り終え、以上のことをなした後、老人は彼に背中を向け、平気で散歩を続けた。
「まぬけめ!」とモンパルナスはつぶやいた。
そもそもこの老人は何人なんぴとであったか。読者は既に察知したに違いない。
モンパルナスはそれでもやはり呆然ぼうぜんとして、老人が闇やみの中に没し去るのをながめた。そういうふうに後あと見送って考え込んだことは、彼のためにごくいけなかった。
老人が遠ざかるとともに、ガヴローシュが近寄ってきたのである。
ガヴローシュはじろりと横目で、マブーフ老人がやはりまだベンチにすわってるのを見て取った。おそらく眠っていたのであろう。それで浮浪少年は藪やぶの中から出てきて、じっと立ってるモンパルナスの後ろに、影の中をはい寄った。そういうふうにして彼は、モンパルナスから見られもせず音も聞かれないで、そのそばまでやってゆき、上等な黒ラシャの上衣の後ろのポケットにそっと手を差し入れ、財布をつかみ、手を引き出し、そしてまたはいながら、蛇へびが逃げるように闇やみの中に姿を隠してしまった。モンパルナスは自分の方を用心するなどという理由がなかった上に、生涯に始めて深く考え込んでしまっていたので、それに少しも気づかなかった。ガヴローシュはマブーフ老人がいる所まで戻って来ると、籬まがき越しに財布を投げ込んで、足に任して逃げ出した。
財布はマブーフ老人の足の上に落ちた。その打撃で彼は目をさました。彼は身をかがめて財布を拾い上げた。何のことか少しもわからなかったので、中を開いてみた。中は二つに分かれていて、一方には小銭が少しはいっており、他方にはナポレオン金貨(訳者注 ルイ金貨と同じく二十フランの金貨)が六つはいっていた。
マブーフ氏は非常に驚いて、それを婆さんの所へ持っていった。
「天から落ちてきたのですよ。」とプリュタルク婆さんは言った。

 

 

Livre cinquième(第5編)に続く

合計ビュー 572 , 今日のビュー 4 

-Les Misérables, リーディング