Le Père Goriot

ゴリオ爺さん 第2章 社交界デビュー

L'entrée dans le monde

Vers la fin de cette première semaine du mois de décembre, Rastignac reçut deux lettres, l'une de sa mère, l'autre de sa sœur aînée. Ces écritures si connues le firent à la fois palpiter d'aise et trembler de terreur. Ces deux frêles papiers contenaient un arrêt de vie ou de mort sur ses espérances. S'il concevait quelque terreur en se rappelant la détresse de ses parents, il avait trop bien éprouvé leur prédilection pour ne pas craindre d'avoir aspiré leurs dernières gouttes de sang. La lettre de sa mère était ainsi conçue.

"Mon cher enfant, je t'envoie ce que tu m'as demandé. Fais un bon emploi de cet argent, je ne pourrais, quand il s'agirait de te sauver la vie, trouver une seconde fois une somme si considérable sans que ton père en fût instruit, ce qui troublerait l'harmonie de notre ménage. Pour nous la procurer, nous serions obligés de donner des garanties sur notre terre. Il m'est impossible de juger le mérite de projets que je ne connais pas ; mais de quelle nature sont-ils donc pour te faire craindre de me les confier ? Cette explication ne demandait pas des volumes, il ne nous faut qu'un mot à nous autres mères, et ce mot m'aurait évité les angoisses de l'incertitude. Je ne saurais te cacher l'impression douloureuse que ta lettre m'a causée. Mon cher fils, quel est donc le sentiment qui t'a contraint à jeter un tel effroi dans mon cœur ? tu as dû bien souffrir en m'écrivant, car j'ai bien souffert en te lisant. Dans quelle carrière t'engages-tu donc ? Ta vie, ton bonheur seraient attachés à paraître ce que tu n'es pas, à voir un monde où tu ne saurais aller sans faire des dépenses d'argent que tu ne peux soutenir, sans perdre un temps précieux pour tes études ? Mon bon Eugène, crois-en le cœur de ta mère, les voies tortueuses ne mènent à rien de grand. La patience et la résignation doivent être les vertus des jeunes gens qui sont dans ta position. Je ne te gronde pas, je ne voudrais communiquer à notre offrande aucune amertume. Mes paroles sont celles d'une mère aussi confiante que prévoyante. Si tu sais quelles sont tes obligations, je sais, moi, combien ton cœur est pur, combien tes intentions sont excellentes. Aussi puis-je te dire sans crainte : Va, mon bien-aimé, marche ! Je tremble parce que je suis mère ; mais chacun de tes pas sera tendrement accompagné de nos vœux et de nos bénédictions. Sois prudent, cher enfant. Tu dois être sage comme un homme, les destinées de cinq personnes qui te sont chères reposent sur ta tête. Oui, toutes nos fortunes sont en toi, comme ton bonheur est le nôtre.

Nous prions tous Dieu de te seconder dans tes entreprises. Ta tante Marcillac a été, dans cette circonstance, d'une bonté inouïe : elle allait jusqu'à concevoir ce que tu me dis de tes gants. Mais elle a un faible pour l'aîné, disait-elle gaiement. Mon Eugène, aime bien ta tante, je ne te dirai ce qu'elle a fait pour toi que quand tu auras réussi ; autrement, son argent te brûlerait les doigts. Vous ne savez pas, enfants, ce que c'est que de sacrifier des souvenirs ! Mais que ne vous sacrifierait-on pas ? Elle me charge de te dire qu'elle te baise au front, et voudrait te communiquer par ce baiser la force d'être souvent heureux. Cette bonne et excellente femme t'aurait écrit si elle n'avait pas la goutte aux doigts. Ton père va bien. La récolte de 1819 passe nos espérances.

Adieu, cher enfant. Je ne dirai rien de tes sœurs : Laure t'écrit. Je lui laisse le plaisir de babiller sur les petits événements de la famille. Fasse le ciel que tu réussisses !

"Oh ! oui, réussis, mon Eugène, tu m'as fait connaître une douleur trop vive pour que je puisse la supporter une seconde fois. J'ai su ce que c'était d'être pauvre, en désirant la fortune pour la donner à mon enfant. Allons, adieu. Ne nous laisse pas sans nouvelles, et prends ici le baiser que ta mère t'envoie. "

Quand Eugène eut achevé cette lettre, il était en pleurs, il pensait au père Goriot tordant son vermeil et le vendant pour aller payer la lettre de change de sa fille. " Ta mère a tordu ses bijoux ! se disait-il. Ta tante a pleuré sans doute en vendant quelques-unes de ses reliques ! De quel droit maudirais-tu Anastasie ? Tu viens d'imiter pour l'égoïsme de ton avenir ce qu'elle a fait pour son amant ! Qui, d'elle ou de toi, vaut mieux ? " L'étudiant se sentit les entrailles rongées par une sensation de chaleur intolérable. Il voulait renoncer au monde, il voulait ne pas prendre cet argent. Il éprouva ces nobles et beaux remords secrets dont le mérite est rarement apprécié par les hommes quand ils jugent leurs semblables, et qui font souvent absoudre par les anges du ciel le criminel condamné par les juristes de la terre. Rastignac ouvrit la lettre de sa sœur, dont les expressions innocemment gracieuses lui rafraîchirent le cœur.

" Ta lettre est venue bien à propos, cher frère. Agathe et moi nous voulions employer notre argent de tant de manières différentes, que nous ne savions plus à quel achat nous résoudre. Tu as fait comme le domestique du roi d'Espagne quand il a renversé les montres de son maître, tu nous as mises d'accord. Vraiment, nous étions constamment en querelle pour celui de nos désirs " auquel nous donnerions la préférence, et nous n'avions pas deviné, mon bon Eugène, l'emploi qui comprenait tous nos désirs. Agathe a sauté de joie. Enfin, nous avons été comme deux folles pendant toute la journée, à telles enseignes (style de tante) que ma mère nous disait de son air sévère : Mais qu'avez-vous donc, mes demoiselles ? Si nous avions été grondées un brin, nous en aurions été, je crois, encore plus contentes. Une femme doit trouver bien du plaisir à souffrir pour celui qu'elle aime ! Moi seule étais rêveuse et chagrine au milieu de ma joie. Je ferai sans doute une mauvaise femme, je suis trop dépensière. Je m'étais acheté deux ceintures, un joli poinçon pour percer les oeillets de mes corsets, des niaiseries, en sorte que j'avais moins d'argent que cette grosse Agathe, qui est économe, et entasse ses écus comme une pie. Elle avait deux cents francs ! Moi, mon pauvre ami, je n'ai que cinquante écus. Je suis bien punie, je voudrais jeter ma ceinture dans le puits, il me sera toujours pénible de la porter. Je t'ai volé. Agathe a été charmante. Elle m'a dit : Envoyons les trois cent cinquante francs, à nous deux ! Mais je n'ai pas tenu à te raconter les choses comme elles se sont passées. Sais-tu comment nous avons fait pour obéir à tes commandements, nous avons pris notre glorieux argent, nous sommes allées nous promener toutes deux, et quand une fois nous avons eu gagné la grande route, nous avons couru à Ruffec, où nous avons tout bonnement donné la somme à monsieur Grimbert, qui tient le bureau des Messageries royales ! Nous étions légères comme des hirondelles en revenant. "Est-ce que le bonheur nous allégerait ? " me dit Agathe. Nous nous sommes dit mille choses que je ne vous répéterai pas, monsieur le Parisien, il était trop question de vous. Oh ! cher frère, nous t'aimons bien, voilà tout en deux mots. Quant au secret, selon ma tante, de petites masques comme nous sont capables de tout, même de se taire. Ma mère est allée mystérieuse ment à Angoulême avec ma tante, et toutes deux ont gardé le silence sur la haute politique de leur voyage, qui n'a pas eu lieu sans de longues conférences d'où nous avons été bannies, ainsi que monsieur le baron. De grandes conjectures occupent les esprits dans l'Etat de Rastignac. La robe de mousseline semée de fleurs à jour que brodent les infantes pour sa majesté la reine avance dans le plus profond secret. Il n'y a plus que deux laizes à faire. Il a été décidé qu'on ne ferait pas de mur du côté de Verteuil, il y aura une haie. Le menu peuple y perdra des fruits, des espaliers, mais on y gagnera une belle vue pour les étrangers. Si l'héritier présomptif avait besoin de mouchoirs, il est prévenu que la douairière de Marcillac, en fouillant dans ses trésors et ses malles, désignées sous le nom de Pompéia et d'Herculanum, a découvert une pièce de belle toile de Hollande, qu'elle ne se connaissait pas ; les princesses Agathe et Laure mettent à ses ordres leur fil, leur aiguille, et des mains toujours un peu trop rouges. Les deux jeunes princes don Henri et don Gabriel ont conservé la funeste habitude de se gorger de raisiné, de faire enrager leurs sœurs, de ne vouloir rien apprendre, de s'amuser à dénicher les oiseaux, de tapager et de couper, malgré les lois de l'Etat, des osiers pour se faire des badines. Le nonce du pape, vulgairement appelé monsieur le curé, menace de les excommunier s'ils continuent à laisser les saints canons de la grammaire pour les canons du sureau belliqueux. Adieu, cher frère, jamais lettre n'a porté tant de vœux faits pour ton bonheur, ni tant d'amour satisfait. Tu auras donc bien des choses à nous dire quand tu viendras ! Tu me diras tout, à moi, je suis aînée. Ma tante nous a laissé soupçonner que tu avais des succès dans le monde.

L'on parle d'une dame et l'on se tait du reste.

"Avec nous s'entend ! Dis donc Eugène, si tu voulais, nous pourrions nous passer de mouchoirs, et nous te ferions des chemises. Réponds-moi vite à ce sujet. S'il te fallait promptement de belles chemises bien cousues, nous serions obligées de nous y mettre tout de suite ; et s'il y avait à Paris des façons que nous ne connussions pas, tu nous enverrais un modèle, surtout pour les poignets. Adieu, adieu ! je t'embrasse au front du côté gauche, sur la tempe qui m'appartient exclusivement.

Je laisse l'autre feuillet pour Agathe, qui m'a promis de ne rien lire de ce que je te dis. Mais, pour en être plus sûre, je resterai près d'elle pendant qu'elle t'écrira. Ta sœur qui t'aime. "

" LAURE DE RASTIGNAC ".

- Oh ! oui, se dit Eugène, oui, la fortune à tout prix ! Des trésors ne payeraient pas ce dévouement. Je voudrais leur apporter tous les bonheurs ensemble. Quinze cent cinquante francs ! se dit-il après une pause. Il faut que chaque pièce porte coup ! Laure a raison. Nom d'une femme ! je n'ai que des chemises de grosse toile. Pour le bonheur d'un autre, une jeune fille devient rusée autant qu'un voleur. Innocente pour elle et prévoyante pour moi, elle est comme l'ange du ciel qui pardonne les fautes de la terre sans les comprendre.

Le monde était à lui ! Déjà son tailleur avait été convoqué, sondé, conquis. En voyant monsieur de Trailles, Rastignac avait compris l'influence qu'exercent les tailleurs sur la vie des jeunes gens. Hélas ! il n'existe pas de moyenne entre ces deux termes : un tailleur est ou un ennemi mortel, ou un ami donné par la facture. Eugène rencontra dans le sien un homme qui avait compris la paternité de son commerce, et qui se considérait comme un trait d'union entre le présent et l'avenir des jeunes gens. Aussi Rastignac reconnaissant a-t-il fait la fortune de cet homme par un de ces mots auxquels il excella plus tard.- Je lui connais, disait-il, deux pantalons qui ont fait faire des mariages de vingt mille livres de rente.

社交界デビュー

十二月の最初の週の終頃、ラスチニャックは二通の手紙を受け取った。一通は母からのものであり、もう一通は上の妹からのものだった。これらの馴染みのある文面は、今回ばかりは彼を喜びに震えさせ、また恐ろしさに身震いもさせた。その頼りなげな二枚の紙には人生の停止あるいは彼の希望の消滅が含まれているかもしれなかった。もしも彼が両親の窮状を覚えていて、何らかの恐怖を認めるとすれば、なにごとにつけ両親が徹底的にやってしまうことをとても心配する傾向があることを彼は良く知っていた。母からの手紙からは、そのようなことが改めて読み取れた。
〈愛する子へ、あなたが頼んできたものを送りました。このお金を上手に使いなさい。私はたとえあなたの命がかかったことであれ、二度とこんな巨額のお金を用立てることは出来ません。しかもお父様に申し上げることもなしにですよ、それは私達家族の中の調和を乱すんですよ。私達がこのお金を得るには私達の土地を担保にするしかないんです。私に分かるはずのない計画の価値を判断することは私には出来ません。だけど、私にも打ち明けられないというのは、それは一体どういった性質の計画なんでしょうか? そのための説明に多言は要りません。私達母親にはたった一言あれば十分なのです。その一言が私を訳の分からない苦しみから救ってくれるのです。あなたの手紙が私に何だか憂鬱な印象を与えたことを私は隠すことが出来ません。可愛い息子よ、またどういう気持ちであなたは私の心をこんなに心配させるようなことを書いて寄越したんでしょう。あなたは当然、私に手紙を書きながら、とても悩んだことでしょう。私もあなたの手紙を読んで、こんなにも辛く思っているのですから。これからあなたはどんな仕事に就こうとしてるんですか? あなたの人生、あなたの幸せは、本当の自分と違うように見せたり、稼ぎきれないような大金を使ったり、勉学のための貴重な時間を失わないと入ってゆけないような社交界の人々と交わることとは関係のないことではありませんか? ねえ、ウージェーヌ、どうぞ母の気持ちを察してね。間違った声をいくら聞いたって立派な結果は得られませんよ。忍耐と甘受こそが、あなたのような立場にいる若者にとっての美徳なのです。私はあなたを叱るのではありません。私は私達からの贈り物に苦い味を付けたくありません。私の言うことは先の見えるというよりは、やはり信じ込みやすい母親のそれですね。あなたが何かお礼でも言ってくれるのなら、私には分かってます、貴方がどんなに純粋な心を持っているか、あなたの目的がどんなに素晴らしいか。だから私は何の心配もなく、こう言うことが出来ます。さあ、愛しい子よ、行きなさい! 私は母なるが故に震えています。けれども、あなたのどの歩みにも私達の期待と感謝の気持ちが優しく寄り添っているのです。慎重にね、わが子よ。あなたは一人前の男として賢明でなければなりません。あなたにとって大切な五人の人間の運命はあなたの頭脳にかかっているのです。そうです、私達の運命は総て、あなた次第なのです。ちょうどあなたの幸福が私達の幸福であるように。私達は神様に一生懸命お願いして、あなたの仕事のアドバイスをしてもらうようにするわ。あなたの叔母マルシャックは、この事情の中でこの上もなく親切にしてくれたのよ。彼女はあなたがあなたの手袋について私に話してくれたことをほとんど理解するところまで行ってたのよ。勿論、彼女は長男のあなたが大好きだと笑いながら言ってたわ。私のウージェーヌ、叔母さんを愛さなきゃ駄目よ、私はあなたが成功するまでは、彼女があなたのためにどんなことをやってあげたのかは言わないけれどね。さもないと、彼女の金を掴んだあなたの指は火傷してしまうわよ。あなたはまだ子供だから、分からないだろうけど、思い出の品を失くしてしまうことがどんなに辛いことか! でも私達はあなたのためなら犠牲を払わないでいられるものですか? 彼女はあなたの額にキスすることをあなたに言っとくようにと私に言うの、そして彼女はそのキスによって、いつだって幸福でいられる力をあなたに送りたいと言うのよ。この優しくて素敵な叔母さんは指の痛風がなければ、あなたに手紙を書きたかったといっています。お父様は元気にしてます。一八一九年の収穫は予想以上でした。さようなら、愛する子よ。あなたの妹については何も言わないわ。ロールがあなたに手紙を書いてるから。彼女には家族にあった小さな出来事について、おしゃべりする楽しみを残しておいてあげたいの。あなたの成功を天に祈ります! あー! そうです、成功、私のウージェーヌ、私がもう一度よく考えなければならない、とても鬱陶しい心配があることをあなたは知らせてくれたんだわ。私はそれが貧乏であるということに他ならないことを知っています。子供に与えるに十分な財産を望みながらなのです。がんばってね、さようなら。放っとかないで、手紙出すのよ。母からのキスを送ります。〉
この手紙を読み終わった時、ウージェーヌは泣いていた。彼はゴリオ爺さんのことを考えた。爺さんは銀食器をひん曲げたり、娘の振り出した為替手形の支払いをするために、それを売ろうとしていたものだ。「お前の母は彼女の宝石をねじ切ったんだ!」彼は思った。「お前の叔母は彼女にとって何か大切な思い出の品を泣きながら売ったに違いないのだ! 何の権利があって、お前がアナスタジーを咎めだて出来ようか? お前はお前の将来に向けての利己主義から、彼女が恋人のためにやったことをそのまま真似ているだけだ! 彼女とお前のどちらがましなんだ?」学生は心の奥底が耐え切れないほどの熱い気持ちで揺さぶられるのを感じた。彼はもう何もかも諦めようと思った。彼はこの金は受け取るまいと思った。彼はあの気高く美しい悔恨を秘かに感じたのだが、誰か他人に判断を仰いだ時、それに価値を見出されることは稀である。そして人々はこの世の裁判官によって有罪とされることを恐れるが、その罪も心に秘めている限りは天上の天使によってやがては無罪放免とされることを知っている。ラスチニャックは妹からの手紙を開いた。その無邪気で優しい文章は彼の心を再び元気づけてくれた。
〈兄さん、あなたの手紙は結構いいタイミングで来たよ。アガサと私は、私達のお金を色々ある使い道の中で何を買ったらいいのか決められずにいたのよ。あなたはスペイン王の家来が主人の時計を逆戻りさせたように、私達二人とも文句のない結論に導いてくれたわ。本当に私達はそれぞれの好みに従って違うものを欲しがるものだから、いつも喧嘩になるのよ、そしてウージェーヌ、私達は私達の欲するものを誰よりもよく知っている人がいることに気がつかないでいたの。アガサは嬉しくて飛び上がったものよ。結局、私達は一日中二人とも気違いみたいだったらしいの、叔母さんの言によるとね、それでお母さんは何か怖い顔して言ったもんだわ。あなた達、一体どうしたの? ってね。もし私達がちょっと怒られたとしても、私達は多分それで余計に気持ちよくなれたと思う。女というものは愛するもののために苦しむことの中に多くの喜びを見出すものなの! 私だけに限れば、喜びの中で夢心地だったけど悲しくもあったの。私はきっと悪い妻になるわ、だって私は浪費し過ぎるもの。私はベルトを二本買っていた、そしてコルセットの紐孔をあけるための可愛らしい錐、その他くだらないもの、その結果、私はあのお金持ちのアガサに比べて少ししかお金がないの。アガサときたら、倹約家で小銭をまるでカササギのようにこつこつ貯めてるわ。彼女は二〇〇フラン持ってるのよ! 私はね、ねえ兄さん、私は三〇エキュ持ってるだけ。私は結構後悔してるのよ。私はベルトを井戸に投げ込んでやりたい気持ちよ、だって、これを着けるごとに私は辛い思いをするに決まってるんですもの。私はあなたから盗ったようなものよ。アガサはやっぱり素敵だわ。彼女は私に言ったの、三五〇フランを私達二人の分として送りましょう! ってね。
でも、私はあなたに何事もあるがままに話すことには耐えられなかった。あなたの要求に応えるために私達がどんなだったか、あなたが知ってくれたらねえ。私達は私達のピッカピカのお金を取り出した、私達は二人だけで散歩に出かけた、そして大きな通りへ出るや否や、リュフェの方へ駈け出した、そこに行くと私達はそっくり全額を王立運送会社を運営しているグランベール氏に渡しました! 帰り道の私達はまるでツバメのように晴れ晴れとした気持ちだった。これって幸福と呼べるのかもね? とアガサが私に言った。私達はすごく色々なことを話したけれど、あなたにそれを繰り返そうとは思わない、パリジャンさん、みんなあなたにとって、大変過ぎるくらいのことですものね。あー! 兄さん、私達はあなたがとても好き、この言葉に尽きるの。叔母さんの言によると、まだ少女だからって見逃されてるけど、私達は何をするか分からないって、それに黙ってられるので余計に有利だって。お母さんは叔母さんと一緒に秘密めかしてアングレームに出かけたの。そして二人とも、この旅行の高度に政治的目的については、沈黙を守っている。この旅行は長い時間相談の末、やっと決まったんだけど、私達はその会議から締め出されてた。男爵も同様よ。ラスチニャック国は、いまや猜疑心で満ち溢れている。モスリンの服には、王女達が陛下のために刺繍した透かしの花がちりばめられたわ。女王はそこから先、更に秘密めかして仕上げにかかっているわ。生地の残りは少なくて、もう色々とは作れない。作るといえば、ヴェルティーユ側[37]の土塀はやめて垣根を作ることになったの。私達民衆は果物や果樹棚を失うことになるけど、私達の垣根は向こうから来る人に対して結構綺麗に見えるんではないかしら。我が家の推定相続人が、ハンカチを欲しがってるようだけど、その望みは叶えられると思うわ。マルシャックの上流階級の老婦人が、彼女の財宝やトランクの中を探し回った時、ポンペイアとヘルキュラムのお導きがあったのかしら、彼女自身あるとは思ってなかったようなオランダ製のとても美しい布地を一枚見つけたの。そこで、皇女のアガサとロールは女王の命令に従って、糸と針、それにいつもならちょっと赤ぎれている彼女達の手を提供させてもらいました。二人の若き王子、ドン・アンリとドン・ガブリエルは、相変わらず悪い習慣が直らず、葡萄ジャムを大食いし、姉さん達を怒らせ、何も理解しようとせず、鳥を巣から取り出すのに夢中になったり、この国の法律に違反して騒ぎ立てたり、細いこん棒を作るために柳の木を切ったりしている。教皇大使、ま、普通に言えば主任司祭様だけど、彼は二人がいつまでも教則本の聖なる法規を放っておいて、中身のない遊びの法規に熱中するようなら、彼等を破門にすると脅すの。さようなら、兄さん、文字なんて決して沢山の願望を実現して、あなたを幸福に導くことなんかないわ、そして沢山の愛を満たすこともないわ。いつか兄さんがこちらへ来る時は、もっと沢山のことを私達に話してくださるわね! 兄さんは私には何でも話してくれるわ、だって私が年上の妹ですもの。叔母はあなたが社交界で成功を収めたことについては、私達を疑心暗鬼のままで放ったらかしてるの。

あの高貴な夫人の話はされるけれど
それ以外は何にも仰せでない[38]

私達には分かってる! ねえ、ウージェーヌ、なんなら私達はハンカチなしで過ごしたっていいし、あなたのシャツを作ってもいいのよ。このことについて早めに返事頂戴ね。もしあなたが直ぐに綺麗に仕立てられたワイシャツが要るのなら、私達は今から直ぐにそれに取り掛からなければならないわ。それから、パリのファションで私達の知らないことがあったら、私達にその見本を送ってね、特にカフスなどについてね。さよなら、さよなら! 私はあなたの額を左から抱きしめるわ、そのこめかみのところは私が独り占めにしてるんだから。後の手紙はアガサに譲るわ、、彼女は私があなたに書いたのは絶対読まないと約束してるの。だけどしっかり見届けたいので、私は彼女があなたに書いているそばにずっといる積り。

あなたを愛する妹 ロール・ド・ラスチニャック〉

「おー! そうだとも」ウージェーヌは思った。「そうさ、何をおいても財産だ! 大金はたいても、これほどの献身には応えられない。僕は彼女達みんなをきっと幸福にしてみせる。一五五〇フラン!」彼は一呼吸おいて考えた。「一フラン、一フランがみんなの苦労の賜物だ! ロールの言うとおりだ、女性の視点だ! 僕は部厚い布地のシャツしか持ってないからな。男の幸福を願う若い娘というのは盗人並みに策を弄するものだな。自分のことには無頓着なくせに、僕のことになると実によく考え抜いて、彼女はまるで天空の天使のようだ、地上の罪悪がどんなに汚いかも知らずにそれを許してくれるあの天使だ」
社交界は今や彼のものだった! 既に仕立て屋は呼び出され、服を合わせ、すっかり彼に魅了されていた。ド・トライユ氏を見た時、ラスチニャックは若者の人生の上に仕立て屋が及ぼす影響というものを理解した。ああ! ここの両極の間には中間的存在はないのだ。仕立て屋とは、死を招きかねない敵か、あるいは請求書を受け取ることと引き換えに得られる友人か、そのどちらかなのだ。ウージェーヌは彼が行った仕立て屋で一人の職人に出会った。彼は仕事の中に人物を育て上げる意義を見出し、自分を若者の現在と未来をつなぐ一本の糸だとみなしたのだった。ラスチニャックもまたこの男に頼って運を切り開いたことを認めている。それも例によってあの「いずれ彼は出世する男だ」という言葉がものを言ったのだった。「僕は彼の仕立ててくれた二本のパンタロンのお陰で、それぞれ二万リーヴルの年金を持参金に持たせた二つの結婚をさせることが出来た」彼は後に振り返ってそう語っていた。

 

Quinze cents francs et des habits à discrétion ! En ce moment le pauvre Méridional ne douta plus de rien, et descendit au déjeuner avec cet air indéfinissable que donne à un jeune homme la possession d'une somme quelconque. A l'instant où l'argent se glisse dans la poche d'un étudiant, il se dresse en lui-même une colonne fantastique sur laquelle il s'appuie. Il marche mieux qu'auparavant, il se sent un point d'appui pour son levier, il a le regard plein, direct, il a les mouvements agiles ; la veille, humble et timide, il aurait reçu des coups ; le lendemain, il en donnerait à un premier ministre. Il se passe en lui des phénomènes inouïs : il veut tout et peut tout, il désire à tort et à travers, il est gai, généreux, expansif. Enfin, l'oiseau naguère sans ailes a retrouvé son envergure. L'étudiant sans argent happe un brin de plaisir comme un chien qui dérobe un os à travers mille périls, il le casse, en suce la moelle, et court encore ; mais le jeune homme qui fait mouvoir dans son gousset quelques fugitives pièces d'or déguste ses jouissances, il les détaille, il s'y complaît, il se balance dans le ciel, il ne sait plus ce que signifie le mot misère . Paris lui appartient tout entier. Age où tout est luisant, où tout scintille et flambe ! âge de force joyeuse dont personne ne profite, ni l'homme, ni la femme ! âge des dettes et des vives craintes qui décuplent tous les plaisirs ! Qui n'a pas pratiqué la rive gauche de la Seine, entre la rue Saint-Jacques et la rue des Saints-Pères, ne connaît rien à la vie humaine !- " Ah ! si les femmes de Paris savaient ! se disait Rastignac en dévorant les poires cuites, à un liard la pièce, servies par madame Vauquer, elles viendraient se faire aimer ici. " En ce moment un facteur des Messageries royales se présenta dans la salle à manger, après avoir fait sonner la porte à claire-voie. Il demanda monsieur Eugène de Rastignac, auquel il tendit deux sacs à prendre, et un registre à émarger. Rastignac fut alors sanglé comme d'un coup de fouet par le regard profond que lui lança Vautrin.

- Vous aurez de quoi payer des leçons d'armes et des séances au tir, lui dit cet homme.

- Les galions sont arrivés, lui dit madame Vauquer en regardant les sacs.

Mademoiselle Michonneau craignait de jeter les yeux sur l'argent, de peur de montrer sa convoitise.

- Vous avez une bonne mère, dit madame Couture.

- Monsieur a une bonne mère, répéta Poiret.

- Oui, la maman s'est saignée, dit Vautrin. Vous pourrez maintenant faire vos farces, aller dans le monde, y pêcher des dots, et danser avec des comtesses qui ont des fleurs de pêcher sur la tête. Mais croyez-moi, jeune homme, fréquentez le tir.

Vautrin fit le geste d'un homme qui vise son adversaire. Rastignac voulut donner pour boire au facteur, et ne trouva rien dans sa poche. Vautrin fouilla dans la sienne, et jeta vingt sous à l'homme.

- Vous avez bon crédit, reprit-il en regardant l'étudiant.

Rastignac fut forcé de le remercier, quoique depuis les mots aigrement échangés, le jour où il était revenu de chez madame de Beauséant, cet homme lui fût insupportable. Pendant ces huit jours Eugène et Vautrin étaient restés silencieusement en présence, et s'observaient l'un l'autre. L'étudiant se demandait vainement pourquoi. Sans doute les idées se projettent en raison directe de la force avec laquelle elles se conçoivent, et vont frapper là où le cerveau les envoie, par une loi mathématique comparable à celle qui dirige les bombes au sortir du mortier. Divers en sont les effets. S'il est des natures tendres où les idées se logent et qu'elles ravagent, il est aussi des natures vigoureusement munies, des crânes à remparts d'airain sur lesquels les volontés des autres s'aplatissent et tombent comme les balles devant une muraille ; puis il est encore des natures flasques et cotonneuses où les idées d'autrui viennent mourir comme des boulets s'amortissent dans la terre molle des redoutes. Rastignac avait une de ces têtes pleines de poudre qui sautent au moindre choc. Il était trop vivacement jeune pour ne pas être accessible à cette projection des idées, à cette contagion des sentiments dont tant de bizarres phénomènes nous frappent à notre insu. Sa vue morale avait la portée lucide de ses yeux de lynx. Chacun de ses doubles sens avait cette longueur mystérieuse, cette flexibilité d'aller et de retour qui nous émerveille chez les gens supérieurs, bretteurs habiles à saisir le défaut de toutes les cuirasses. Depuis un mois il s'était d'ailleurs développé chez Eugène autant de qualités que de défauts. Ses défauts, le monde et l'accomplissement de ses croissants désirs les lui avaient demandés. Parmi ses qualités se trouvait cette vivacité méridionale qui fait marcher droit à la difficulté pour la résoudre, et qui ne permet pas à un homme d'outre-Loire de rester dans une incertitude quelconque ; qualité que les gens du Nord nomment un défaut : pour eux, si ce fut l'origine de la fortune de Murat, ce fut aussi la cause de sa mort. Il faudrait conclure de là que quand un Méridional sait unir la fourberie du Nord à l'audace d'outre-Loire, il est complet et reste roi de Suède. Rastignac ne pouvait donc pas demeurer longtemps sous le feu des batteries de Vautrin sans savoir si cet homme était son ami ou son ennemi. De moment en moment, il lui semblait que ce singulier personnage pénétrait ses passions et lisait dans son cœur, tandis que chez lui tout était si bien clos qu'il semblait avoir la profondeur immobile d'un sphinx qui sait, voit tout, et ne dit rien. En se sentant le gousset plein, Eugène se mutina.

- Faites-moi le plaisir d'attendre, dit-il à Vautrin qui se levait pour sortir après avoir savouré les dernières gorgées de son café.

- Pourquoi ? répondit le quadragénaire en mettant son chapeau à larges bords et prenant une canne en fer avec laquelle il faisait souvent des moulinets en homme qui n'aurait pas craint d'être assailli par quatre voleurs.

- Je vais vous rendre, reprit Rastignac qui défit promptement un sac et compta cent quarante francs à madame Vauquer. Les bons comptes font les bons amis, dit-il à la veuve. Nous sommes quittes jusqu'à la Saint-Sylvestre. Changez-moi ces cent sous.

- Les bons amis font les bons comptes, répéta Poiret en regardant Vautrin.

- Voici vingt sous, dit Rastignac en tendant une pièce au sphinx en perruque.

- On dirait que vous avez peur de me devoir quelque chose ? s'écria Vautrin en plongeant un regard divinateur dans l'âme du jeune homme auquel il jeta un de ces sourires goguenards et diogéniques desquels Eugène avait été sur le point de se fâcher cent fois.

- Mais… oui, répondit l'étudiant qui tenait ses deux sacs à la main et s'était levé pour monter chez lui.

sortait par la porte qui donnait dans le salon et l'étudiant se disposait à s'en aller par celle qui menait sur le carré de l'escalier.

- Savez-vous, monsieur le marquis de Rastignacorama, que ce que vous me dites n'est pas exactement poli, dit alors Vautrin en fouettant la porte du salon et venant à l'étudiant qui le regarda froidement.

Rastignac ferma la porte de la salle à manger, en emmenant avec lui Vautrin au bas de l'escalier, dans le carré qui séparait la salle à manger de la cuisine, où se trouvait une porte pleine donnant sur le jardin, et surmontée d'un long carreau garni de barreaux en fer. Là, l'étudiant dit devant Sylvie qui déboucha de sa cuisine :

- Monsieur Vautrin, je ne suis pas marquis, et je ne m'appelle pas Rastignacorama.

- Ils vont se battre, dit mademoiselle Michonneau d'un air indifférent.

- Se battre ! répéta Poiret.

- Que non, répondit madame Vauquer en caressant sa pile d'écus.

- Mais les voilà qui vont sous les tilleuls, cria mademoiselle Victorine en se levant pour regarder dans le jardin. Ce pauvre jeune homme a pourtant raison.

- Remontons, ma chère petite, dit madame Couture, ces affaires-là ne nous regardent pas.

Quand madame Couture et Victorine se levèrent, elles rencontrèrent, à la porte, la grosse Sylvie qui leur barra le passage.

- Quoi qui n'y a donc ? dit-elle. Monsieur Vautrin a dit à monsieur Eugène : " Expliquons-nous ! " Puis il l'a pris par le bras, et les voilà qui marchent dans nos artichauts.

En ce moment Vautrin parut.- Maman Vauquer, dit-il en souriant, ne vous effrayez de rien, je vais essayer mes pistolets sous les tilleuls.

- Oh ! monsieur, dit Victorine en joignant les mains, pourquoi voulez-vous tuer monsieur Eugène ?

 一五〇〇フランの現金と好きなだけ作れる服! この瞬間、貧しい南仏青年の心には一点何の曇りもなかった。彼は昼食のために下へ降りていったが、まとまった金を手に入れた若者が抱くあの訳の分からない浮き浮きした気分が彼を満たしていた。学生は金を手に入れた瞬間、彼は自身で途方もない柱を打ち立て、それに寄りかかっていた。彼は以前よりしっかり歩ける。何をやるにもしっかりした根拠を感じ取れた。彼は広い真っ直ぐな視野を持ち、彼の動きは人に影響を与えた。前日までの卑下して臆病だった彼なら虐めを受けていただろう。一夜明ければ、彼は相手が首相であろうと一撃を与えかねない存在となった。彼の中に途轍もない現象が起こったのだ。彼の望みは何でもかない、彼はでたらめに欲し、彼は陽気で気前がよく開放的だ。つい最近まで翼がなかったこの鳥はついに完全な翼を身につけたのだった。この学生はそれまでは金がなかったので、わずかばかりの楽しみをしゃぶることしか出来なかった。それはまるで犬が危険を冒してまで骨を盗むのに似ていた。彼はそれをがりがり噛んで、骨の髄までしゃぶって、また走り去る、そんな哀れな存在だった。いや全く、今やこの若者はポケットの中の束の間の金貨を動かしては喜びを味わっていた。彼は金貨を詳しく調べては悦に入り、天空でブランコでもしているような気分だった。彼は最早、悲惨という言葉がいかなるものを意味していたか理解出来なかった。パリは完全に彼の手の内に入った。何もかもが輝き、きらめき燃え上がる人生の一時期! 喜ばしさが力となって、誰もが人を利用したり、女を利用したりもしないあの一時期! 借金や人生の悩みすら、かえって楽しみを増大させてくれるあの一時期! まだセーヌ左岸に足しげく通うこともなく、サンジャック通からサンペール通[39]の間の学生街にいた彼はそもそも人生とはいかなるものかを知らなかった!「あー! パリの女達がここに僕がいるのを知っていればなあ!」ラスチニャックはヴォーケ夫人が出してくれる一個一リアルの焼き梨をほおばりながら思った。「今頃は彼女達が僕を愛してくれてるはずなんだが」この時、王立運送の配達員が格子戸の呼び鈴を鳴らしてから食堂に入ってきた。彼はウージェーヌ・ド・ラスチニャック様宛てに届いたものと告げて二個の包みを差し出し、署名してもらうための受け取りを一枚取り出した。ラスチニャックはその時、彼に向けられたヴォートランの見透かすような視線に、まるで鞭で打たれたような衝撃を受けた。
「あんたは武器の勉強や射撃のための講習に金を使わにゃならんな」この男は彼に言った。
「軍資金を積んだガリオン船が来たんだわ」ヴォーケ夫人が荷物を見ながら言った。
ミショノー嬢は自分の渇望を見透かされるのを恐れて、お金の袋に目を向けないようにしていた。
「貴方は良いお母様をお持ちなのね」クチュール夫人が言った。
「この方は良いお母様をお持ちだ」ポワレが繰り返した。
「そうだよ、お母さんは血の出るような金を出してくれたんだね」ヴォートランが言った。「あんたは当分、好き放題に遊べるわけだ。それで、社交界に出て、持参金付きの娘を見つけて、そしてまず第一に摘むべき花の伯爵夫人とダンスをする。だがな、兄さん、私のことを忘れちゃならんぞ、射撃の名手のことをな」
ヴォートランは敵を狙う人の恰好をして見せた。ラスチニャックは荷物配達人にチップをやりたくて、ポケットの中を探ったが一銭もなかった。ヴォートランが自分のポケットから二〇スーを取り出して配達人に投げてやった。
「あんたにはいい銀行が付いているよ」彼は学生を見ながら言った。
ラスチニャックは彼に礼を言わざるを得なかったが、とげとげしい言葉が交わされたあの日、つまりボーセアン夫人のところから戻ってきたあの時以来、この男は彼にとって我慢のならない存在となっていた。ウージェーヌとヴォートランは、同席した時は静かに相対していた。そして互いに観察し合っていた。学生は空しく自問自答していた。疑いもなく、思想はそれが理解される力に正比例して他人の上に自己投影する。そして今ヴォートランの思想は、まるで迫撃砲の発射の誘導計算の数学的法則にも比肩されるような正確無比の法則でもって、それを送り込まれた頭脳に強烈な印象を与えようとしていた。攻撃の多様さがまた効果的だった。たとえば一見穏やかなタイプの戦略がある。それは相手の内部に思想として留まり、やがて相手の心を内側から荒廃させる。またうって変わって、堅固な要塞に守られた頭脳を備えて厳しい対決姿勢を示すこともある。そんな時、相手の意志は分厚い城壁を前にした大砲の弾のように砕け落ちてしまう。まだある、ぶよぶよふわふわと掴みどころのない構えもある。それにかかると、相手の思想は角面堡の柔らかい土に吸い込まれた弾丸のように死んでしまうのだった。ラスチニャックはちょっとしたショックで爆発する火薬を詰め込んだような、そうした頭を持っていた。彼はまさに若い盛りだったので、こうした思想の投影や無意識裡に我々の心を掻き乱す多くの奇怪な現象を生み出す感情の伝染に対しては極めて抵抗力が弱かった。一方で天性の優れた眼力に恵まれていた彼は道徳的にはしっかりした見解を持ち続けていた。彼の中には相反する特性が存在し、それぞれが驚くべき許容範囲と柔軟性を持っていて、我々はフェンシングの上級者が胴鎧の総ての切れ目を巧みに捉えるのを見て感嘆させられるところのあの突きと引きの柔軟さを彼の中に見ることが出来るのだった。この一ヶ月来、ヴォートランは何かにつけてウージェーヌの失敗だけでなく性格についてまで盛んに論じていたのだ。彼の欠点について、社交界について、そして人々が彼に期待して増大してゆく欲求の達成具合について。彼の性格については、南フランス人特有の活発さが認められていた。それは困難なことも解決するために真っ直ぐに向かってゆく類のものであり、ロワール以北の人間が何かにつけて不確定な状態に留まっていたりするのを許せない、そういったものなのだった。その性格とは、北の人間からすれば欠点と呼びたいようなものなのだ。何故なら、北方人にとって、この性格が南仏出のミュラ[40]が富を築く原動力になったにせよ、それは一方でミュラに死を招く原因ともなったからである。このことから次のことが結論づけられるだろう。すなわち、南フランス人で北方人の狡猾さとロワール以南の大胆さを併せ持つことが出来るなら、その男こそ完璧で、スエーデン王[41]の地位をすら保つことが出来るだろう。ラスチニャックはこの男が一体、友なのかそれとも敵なのか分からないままで、ヴォートランから大砲のような砲火を浴び続けることには耐えられなかった。絶えずこの風変わりな人物は彼の情熱に入り込み、彼の心を読むように思えた。一方でヴォートランのことについては何もかも上手い具合に閉じられていて、彼は何か深みがあってぐらぐらしない、あの知恵者で総てを見て、それでいて何も語らないスフィンクスのように見えた。ポケットがいっぱいなのを触って確認して、ウージェーヌは反乱を起こした。
「貴方のお帰りを楽しみに待たせてもらいますよ」彼はヴォートランに言った。ヴォートランはコーヒーの最後の一飲みを味わってから出てゆこうとしているところだった。
「何故だね」四十男はそう聞き返し、縁の広い帽子をかぶり、鉄製の杖を手に取った。彼はそれを時々くるくる回していたが、まるで四人の強盗に襲われても平ちゃらという男のような仕草だった。
「僕は貴方からお借りしている金をお返ししたいんです」ラスチニャックが答えた。彼は一つの包みを素早くあけ、ヴォーケ夫人に一四〇フランを支払った。
「貸し借りなしが友情の素って言いますよね」彼は未亡人に言った。「僕は大晦日まではこれで支払い済みですからね。すいません、この百スーを細かくしてもらえませんか」
「友情の素とは貸し借りなしのことなり」ポワレがヴォートランを見ながら繰り返した。
「これ、さっきの二〇スーです」ラスチニャックは鬘をつけた謎めいた男にコインを一枚差し出した。
「あんたが私に何か借りを作るのを嫌がっているように見えるんだがな?」ヴォートランは若者の心を見透かすような視線を突き刺しながら叫んだ。彼のからかうような破廉恥な薄笑いは、これまでにも幾度もウージェーヌの腹立たしい気持ちを爆発させかけたものだった。
「まあ……そうですね」学生は答えると、二個の荷物を手に掴むと部屋に戻るべく立ち上がった。
ヴォートランはサロンへ続くドアから出て行った。学生は階段の昇り口へ行けるドアに向かおうとしていた。
「お分かりかな、ド・ラスチニャッコラマ侯爵殿、あんたが私に言ったことは実は無礼なんだよ」ヴォートランがその時、サロンのドアを烈しく叩きながら学生に近づいて言った。学生の方は冷然と彼を見つめた。
ラスチニャックは食堂のドアを閉め、ヴォートランと一緒に階段の昇り口の方へ歩いていった。食堂と台所を仕切る四角い空間には庭に向かって開け放たれたドアがあって、その上部は長い窓ガラスがはまっていて鉄製の格子で守られていた。そこに急に台所から現れたシルヴィの目の前で学生が言った。「ヴォートランさん、僕は侯爵ではありません。そして僕はラスチニャッコラマでもありません」
「あの人達けんかしてるわ」ミショノー嬢が無関心な様子で言った。
「けんかだ!」ポワレが繰り返した。
「そうじゃないでしょ」ヴォーケ夫人は銀貨を撫でながら言った。
「でもあの人達、あそこで菩提樹の下に歩いてゆくわ」ヴィクトリーヌ嬢が叫んで、庭を見るために立ち上がった。「可哀想に、あの若い方の方がやはり正しいわ」
「部屋に戻りましょ、あなた」クチュール夫人が言った。「あんなごたごたは見ないことよ」
クチュール夫人とヴィクトリーヌが立ち上がった時、彼女達は戸口で太ったシルヴィが通路を塞いでいるのにぶつかった。
「どうして行っちゃうんですか?」彼女が言った。「ヴォートランさんはウージェーヌさんにこう言ったんですよ。話し合おう!って。それから彼の腕を掴んで、それから二人はあそこまで歩いて、チョウセンアザミのところまで行ってるんですよ」
この時ヴォートランが現れた。「ヴォーケ夫人」彼は笑いながら言った。「何も心配しないで下さい。私は菩提樹の下でピストルの具合を確かめに行ったんですよ」
「おー! 貴方」手を合わせながらヴィクトリーヌが言った。「どうして貴方はウージェーヌさんを殺そうなんてお思いなんですか?」

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Vautrin fit deux pas en arrière et contempla Victorine.

- Autre histoire, s'écria-t-il d'une voix railleuse qui fit rougir la pauvre fille. Il est bien gentil, n'est-ce pas, ce jeune homme-là ? reprit-il. Vous me donnez une idée. Je ferai votre bonheur à tous deux, ma belle enfant.

Madame Couture avait pris sa pupille par le bras et l'avait entraînée en lui disant à l'oreille Mais, Victorine, vous êtes inconcevable ce matin.

- Je ne veux pas qu'on tire des coups de pistolet chez moi, dit madame Vauquer. N'allez-vous pas effrayer tout le voisinage et amener la police, à c't'heure !

Allons, du calme, maman Vauquer, répondit Vautrin. Là, là, tout beau, nous irons au tir. Il rejoignit Rastignac, qu'il prit familièrement par le bras :- Quand je vous aurais prouvé qu'à trente-cinq pas je mets cinq fois de suite ma balle dans un as de pique, lui dit-il, cela ne vous ôterait pas votre courage. Vous m'avez l'air d'être un peu rageur, et vous vous feriez tuer comme un imbécile.

- Vous reculez, dit Eugène.

- Ne m'échauffez pas la bile, répondit Vautrin. Il ne fait pas froid ce matin, venez nous asseoir là-bas, dit-il en montrant les sièges peints en vert. Là, personne ne nous entendra. J'ai à causer avec vous. Vous êtes un bon petit jeune homme auquel je ne veux pas de mal. Je vous aime, foi de Tromp… (mille tonnerres !), foi de Vautrin. Pourquoi vous aimé-je, je vous le dirai. En attendant, je vous connais comme si je vous avait fait, et vais vous le prouver. Mettez vos sacs là, reprit-il en lui montrant la table ronde.

ヴォートランは二歩ばかり後ずさりすると、ヴィクトリーヌをまじまじと見つめた。「物語は更に面白くなりそうですな」彼が冷やかすような声音で叫んだので、哀れな娘は顔を赤らめた。「彼は結構品が良い、そうだよな、あの若者はな?」彼は続けた。「貴女は私にあることを思いつかせたよ。私はあなた達二人に幸運を授けたいものだよ。可愛いお嬢さん」
クチュール夫人は生徒の手を取って引っ張って行きながら耳もとで言った。「まあ、ヴィクトリーヌ、今朝のあなたは本当にどうかしてるわね」
「この家でピストルを撃ったりしたら、あたしが承知しないからね」ヴォーケ夫人が言った。「ご近所さんを怖がらせたり、こんな時間に警察を呼ぶようなことをするんじゃないよ!」
「さあ静かに、ヴォーケ母さん」ヴォートランが答えた。「さあ、さあ、そうっと、射撃場に行こう」彼はラスチニャックの傍に行き、親しげに腕を掴んだ。
「私があんたに、三十五歩離れたところから撃っても、五回続けてスペードのエースを撃ち抜けることを証明して見せたところで」彼が言った。「それによって、あんたが怖気づくことはあるまい。あんたは私に対していくらか怒りっぽくなっているようだが、それではあんたは馬鹿な奴等と同じように自殺行為をしてしまうことになるんだぜ」
「貴方は尻込みしてるんだ」ウージェーヌが言った。
「私をかっかさせるな」ヴォートランが答えた。「今朝は荒れてるんだ、あそこへ行って座ろうぜ」彼は緑色の椅子に座りながら言った。「ここなら誰にも聞こえない。私はあんたに話があるんだ。あんたは感じのよい若者だ、私は喧嘩したくないんだ。私はあんたが好きだ、不死の誓い……じゃねえ! ヴォートランの誓いさ。何故あんたを私が好くか、それを話そうじゃないか。今あんたを待ちうけながら、私はあんたのことを、まるで自分がこさえたかのように、すっかり分かってしまったんだ。それはこれから証明しよう。あんたの袋をあそこに置くといいよ」彼は丸テーブルを指し示しながら言った。

 

Rastignac posa son argent sur la table et s'assit en proie à une curiosité que développa chez lui au plus haut degré le changement soudain opéré dans les manières de cet homme, qui, après avoir parlé de le tuer, se posait comme son protecteur.

Vous voudriez bien savoir qui je suis, ce que j'ai fait, ou ce que je fais, reprit Vautrin. Vous êtes trop curieux, mon petit. Allons, du calme. Vous allez en entendre bien d'autres ! J'ai eu des malheurs. Ecoutez-moi d'abord, vous me répondrez après. Voilà ma vie antérieure en trois mots. Qui suis-je ? Vautrin. Que fais-je ? Ce qui me plaît. Passons. Voulez-vous connaître mon caractère ? Je suis bon avec ceux qui me font du bien ou dont le cœur parle au mien. A ceux-là tout est permis, ils peuvent me donner des coups de pied dans les os des jambes sans que je leur dise : Prends garde ! Mais, nom d'une pipe ! je suis méchant comme le diable avec ceux qui me tracassent, ou qui ne me reviennent pas. Et il est bon de vous apprendre que je me soucie de tuer un homme comme de ça ! dit-il en lançant un jet de salive. Seulement je m'efforce de le tuer proprement, quand il le faut absolument. je suis ce que vous appelez un artiste. J'ai lu les Mémoires de Benvenuto Cellini, tel que vous me voyez, et en italien encore ! J'ai appris de cet homme-là, qui était un fier luron, à imiter la Providence qui nous tue à tort et à travers, et à aimer le beau partout où il se trouve. N'est-ce pas d'ailleurs une belle partie à jouer que d'être seul contre tous les hommes et d'avoir la chance ? J'ai bien réfléchi à la constitution actuelle de votre désordre social. Mon petit, le duel est un jeu d'enfant, une sottise. Quand de deux hommes vivants l'un doit disparaître, il faut être imbécile pour s'en remettre au hasard. Le duel ? croix ou pile ! voilà. Je mets cinq balles de suite dans un as de pique en enfonçant chaque nouvelle balle sur l'autre, et à trente-cinq pas encore ! quand on est doué de ce petit talent-là, l'on peut se croire sûr d'abattre son homme. Eh bien ! j'ai tiré sur un homme à vingt pas, je l'ai manqué. Le drôle n'avait jamais manié de sa vie un pistolet. Tenez ! dit cet homme extraordinaire en défaisant son gilet et montrant sa poitrine velue comme le dos d'un ours, mais garnie d'un crin fauve qui causait une sorte de dégoût mêlé d'effroi, ce blanc-bec m'a roussi le poil, ajouta-t-il en mettant le doigt de Rastignac sur un trou qu'il avait au sein. Mais dans ce temps-là j'étais un enfant, j'avais votre âge, vingt et un ans. Je croyais encore à quelque chose, à l'amour d'une femme, un tas de bêtises dans lesquelles vous allez vous embarbouiller. Nous nous serions battus, pas vrai ? Vous auriez pu me tuer. Supposez que je sois en terre, où seriez-vous ? Il faudrait décamper, aller en Suisse, manger l'argent de papa, qui n'en a guère. Je vais vous éclairer, moi, la position dans laquelle vous êtes ; mais je vais le faire avec la supériorité d'un homme qui, après avoir examiné les choses d'ici-bas, a vu qu'il n'y avait que deux partis à prendre : ou une stupide obéissance ou la révolte. Je n'obéis à rien, est-ce clair ? Savez-vous ce qu'il vous faut, à vous, au train dont vous allez ? un million, et promptement ; sans quoi, avec notre petite tête, nous pourrions aller flâner dans les filets de Saint-Cloud, pour voir s'il y a un Etre Suprême. Ce million, je vais vous le donner. Il fit une pause en regardant Eugène.- Ah ! ah ! vous faites meilleure mine à votre petit papa Vautrin. En entendant ce mot-là, vous êtes comme une jeune fille à qui l'on dit : " A ce soir ", et qui se toilette en se pourléchant comme un chat qui boit du lait. A la bonne heure. Allons donc ! A nous deux ! Voici votre compte, jeune homme. Nous avons, là-bas, papa, maman, grand-tante, deux sœurs (dix-huit et dix-sept ans), deux petits frères (quinze et dix ans), voilà le contrôle de l'équipage. La tante élève vos sœurs. Le curé vient apprendre le latin aux deux frères. La famille mange plus de bouillie de marrons que de pain blanc, le papa ménage ses culottes, maman se donne à peine une robe d'hiver et une robe d'été, nos sœurs font comme elles peuvent. Je sais tout, j'ai été dans le Midi. Les choses sont comme cela chez vous, si l'on vous envoie douze cents francs par an, et que votre terrine ne rapporte que trois mille francs. Nous avons une cuisinière et un domestique, il faut garder le décorum, papa est baron. Quant à nous, nous avons de l'ambition, nous avons les Beauséant pour alliés et nous allons à pied, nous voulons la fortune et nous n'avons pas le sou, nous mangeons les ratatouilles de maman Vauquer et nous aimons les beaux dîners du faubourg Saint-Germain, nous couchons sur un grabat et nous voulons un hôtel ! Je ne blâme pas vos vouloirs. Avoir de l'ambition, mon petit cœur, ce n'est pas donné à tout le monde.

Demandez aux femmes quels hommes elles recherchent, les ambitieux. Les ambitieux ont les reins plus forts, le sang plus riche en fer, le cœur plus chaud que ceux des autres hommes. Et la femme se trouve si heureuse et si belle aux heures où elle est forte, qu'elle préféré à tous les hommes celui dont la force est énorme, fût-elle en danger d'être brisée par lui. Je fais l'inventaire de vos désirs afin de vous poser la question. Cette question, la voici. Nous avons une faim de loup, nos quenottes sont incisives, comment nous y prendrons-nous pour approvisionner la marmite ? Nous avons d'abord le Code à manger, ce n'est pas amusant, et ça n'apprend rien ; mais il le faut. Soit. Nous nous faisons avocat pour devenir président d'une cour d'assises, envoyer les pauvres diables qui valent mieux que nous avec T.F. sur l'épaule, afin de prouver aux riches qu'ils peuvent dormir tranquillement. Ce n'est pas drôle, et puis c'est long. D'abord, deux années à droguer dans Paris, à regarder, sans y toucher, les nanans dont nous sommes friands. C'est fatigant de désirer toujours sans jamais se satisfaire. Si vous étiez pâle et de la nature des mollusques, vous n'auriez rien à craindre ; mais nous avons le sang fiévreux des lions et un appétit à faire vingt sottises par jour. Vous succomberez donc à ce supplice, le plus horrible que nous ayons aperçu dans l'enfer du bon Dieu. Admettons que vous soyez sage, que vous buviez du lait et que vous fassiez des élégies ; il faudra, généreux comme vous l'êtes, commencer, après bien des ennuis et des privations à rendre un chien enragé, par devenir le substitut de quelque drôle, dans un trou de ville où le gouvernement vous jettera mille francs d'appointements, comme on jette une soupe à un dogue de boucher. Aboie après les voleurs, plaide pour le riche, fais guillotiner des gens de cœur. Bien obligé ! Si vous n'avez pas de protections, vous pourrirez dans votre tribunal de province. Vers trente ans, vous serez juge à douze cents francs par an, si vous n'avez pas encore jeté la robe aux orties. Quand vous aurez atteint la quarantaine, vous épouserez quelque fille de meunier, riche d'environ six mille livres de rente. Merci. Ayez des protections, vous serez procureur du roi à trente ans, avec mille écus d'appointements, et vous épouserez la fille du maire. Si vous faites quelques-unes de ces petites bassesses politiques, comme de lire sur un bulletin Villèle au lieu de Manuel (ça rime, ça met la conscience en repos), vous serez, à quarante ans, procureur général, et pourrez devenir député. Remarquez, mon cher enfant, que nous aurons fait des accrocs à notre petite conscience, que nous aurons eu vingt ans d'ennuis, de misères secrètes, et que nos sœurs auront coiffé sainte Catherine. J'ai l'honneur de vous faire observer de plus qu'il n'y a que vingt procureurs généraux en France, et que vous êtes vingt mille aspirants au grade, parmi lesquels il se rencontre des farceurs qui vendraient leur famille pour monter d'un cran. Si le métier vous dégoûte, voyons autre chose. Le baron de Rastignac veut-il être avocat ? Oh ! joli. Il faut pâtir pendant dix ans, dépenser mille francs par mois, avoir une bibliothèque, un cabinet, aller dans le monde, baiser la robe d'un avoué pour avoir des causes, balayer le palais avec sa langue. Si ce métier vous menait à bien, je ne dirais pas non ; mais trouvez-moi dans Paris cinq avocats qui, à cinquante ans, gagnent plus de cinquante mille francs par an ? Bah ! plutôt que de m'amoindrir ainsi l'âme, j'aimerais mieux me faire corsaire. D'ailleurs, où prendre des écus ? Tout ça n'est pas gai. Nous avons une ressource dans la dot d'une femme. Voulez-vous vous marier ? ce sera vous mettre une pierre au cou ; puis, si vous vous mariez pour de l'argent, que deviennent nos sentiments d'honneur, notre noblesse ! Autant commencer aujourd'hui votre révolte contre les conventions humaines. Ce ne serait rien que se coucher comme un serpent devant une femme, lécher les pieds de la mère, faire des bassesses à dégoûter une truie, pouah ! si vous trouviez au moins le bonheur. Mais vous serez malheureux comme les pierres d'égout avec une femme que vous aurez épousée ainsi. Vaut encore mieux guerroyer avec les hommes que de lutter avec sa femme. Voilà le carrefour de la vie, jeune homme, choisissez. Vous avez déjà choisi : vous êtes allé chez notre cousin de Beauséant, et vous y avez flairé le luxe. Vous êtes allé chez madame de Restaud, la fille du père Goriot, et vous y avez flairé la Parisienne. Ce jour-là vous êtes revenu avec un mot sur votre front, et que j'ai bien su lire : Parvenir ! parvenir à tout prix. Bravo ! ai-je dit, voilà un gaillard qui me va. Il vous a fallu de l'argent. Où en prendre ? Vous avez saigné vos sœurs. Tous les frères flouent plus ou moins leurs sœurs. Vos quinze cents francs arrachés, Dieu sait comme ! dans un pays où l'on trouve plus de châtaignes que de pièces de cent sous, vont filer comme des soldats à la maraude. Après, que ferez-vous ? vous travaillerez ? Le travail, compris comme vous le comprenez en ce moment, donne, dans les vieux jours, un appartement chez maman Vauquer à des gars de la force de Poiret. Une rapide fortune est le problème que se proposent de résoudre en ce moment cinquante mille jeunes gens qui se trouvent tous dans votre position. Vous êtes une unité de ce nombre-là. Jugez des efforts que vous avez à faire et de l'acharnement du combat. Il faut vous manger les uns les autres comme des araignées dans un pot, attendu qu'il n'y a pas cinquante mille bonnes places. Savez-vous comment on fait son chemin ici ? par l'éclat du génie ou par l'adresse de la corruption. Il faut entrer dans cette masse d'hommes comme un boulet de canon, ou s'y glisser comme une peste. L'honnêteté ne sert à rien. L'on plie sous le pouvoir du génie, on le hait, on tâche de le calomnier, parce qu'il prend sans partager ; mais on plie s'il persiste ; en un mot, on l'adore à genoux quand on n'a pas pu l'enterrer sous la boue. La corruption est en force, le talent est rare. Ainsi, la corruption est l'arme de la médiocrité qui abonde, et vous en sentirez partout la pointe. Vous verrez des femmes dont les maris ont six mille francs d'appointements pour tout potage, et qui dépensent plus de dix mille francs à leur toilette. Vous verrez des employés à douze cents francs acheter des terres. Vous verrez des femmes se prostituer pour aller dans la voiture du fils d'un pair de France, qui peut courir à Longchamp sur la chaussée du milieu. Vous avez vu le pauvre bêta de père Goriot obligé de payer la lettre de change endossée par sa fille, dont le mari a cinquante mille livres de rente. Je vous défie de faire deux pas dans Paris sans rencontrer des manigances infernales. je parierais ma tête contre un pied de cette salade que vous donnerez dans un guêpier chez la première femme qui vous plaira, fût-elle riche, belle et jeune. Toutes sont bricolées par les lois, en guerre avec leurs maris à propos de tout. Je n'en finirais pas s'il fallait vous expliquer les trafics qui se font pour des amants, pour des chiffons, pour des enfants, pour le ménage ou pour la vanité, rarement par vertu, soyez-en sûr. Aussi l'honnête homme est-il l'ennemi commun. Mais que croyez-vous que soit l'honnête homme ? A Paris, l'honnête homme est celui qui se tait, et refuse de partager. Je ne vous parle pas de ces pauvres ilotes qui partout font la besogne sans être jamais récompensés de leurs travaux, et que je nomme la confrérie des savates du bon Dieu. Certes, là est la vertu dans toute la fleur de sa bêtise, mais là est la misère. Je vois d'ici la grimace de ces braves gens si Dieu nous faisait la mauvaise plaisanterie de s'absenter au jugement dernier. Si donc vous voulez promptement la fortune, il faut être déjà riche ou le paraître. Pour s'enrichir, il s'agit ici de jouer de grands coups ; autrement on carotte, et votre serviteur ! Si, dans les cent professions que vous pouvez embrasser, il se rencontre dix hommes qui réussissent vite, le public les appelle des voleurs. Tirez vos conclusions. Voilà la vie telle qu'elle est. Ça n'est pas plus beau que la cuisine, ça pue tout autant, et il faut se salir les mains si l'on veut fricoter ; sachez seulement vous bien débarbouiller : là est toute la morale de notre époque. Si je vous parle ainsi du monde, il m'en a donné le droit, je le connais. Croyez-vous que je blâme ? du tout. Il a toujours été ainsi. Les moralistes ne le changeront jamais. L'homme est imparfait. Il est parfois plus ou moins hypocrite, et les niais disent alors qu'il a ou n'a pas de mœurs. Je n'accuse pas les riches en faveur du peuple : l'homme est le même en haut, en bas, au milieu. Il se rencontre par chaque million de ce haut bétail dix lurons qui se mettent au-dessus de tout, même des lois ; j'en suis. Vous, si vous êtes un homme supérieur, allez en droite ligne et la tête haute. Mais il faudra lutter contre l'envie, la calomnie, la médiocrité, contre tout le monde. Napoléon a rencontré un ministre de la guerre qui s'appelait Aubry, et qui a failli l'envoyer aux colonies. Tâtez-vous ! Voyez si vous pourrez vous lever tous les matins avec plus de volonté que vous n'en aviez la veille. Dans ces conjonctures, je vais vous faire une proposition que personne ne refuserait. Ecoutez bien. Moi, voyez-vous, j'ai une idée. Mon idée est d'aller vivre de la vie patriarcale au milieu d'un grand domaine, cent mille arpents, par exemple, aux Etats-Unis, dans le Sud. Je veux m'y faire planteur, avoir des esclaves, gagner quelques bons petits millions à vendre mes bœufs, mon tabac, mes bois, en vivant comme un souverain, en faisant mes volontés, en menant une vie qu'on ne conçoit pas ici, où l'on se tapit dans un terrier de plâtre. Je suis un grand poète. Mes poésies, je ne les écris pas : elles consistent en actions et en sentiments. Je possède en ce moment cinquante mille francs qui me donnerait à peine quarante nègres. J'ai besoin de deux cent mille francs, parce que je veux deux cents nègres, afin de satisfaire mon goût pour la vie patriarcale. Des nègres, voyez-vous ? c'est des enfants tout venus dont on fait ce qu'on veut, sans qu'un curieux procureur du roi arrive vous en demander compte. Avec ce capital noir, en dix ans j'aurai trois ou quatre millions. Si je réussis, personne ne me demandera : " Qui es-tu ? " je serai monsieur Quatre-Millions, citoyen des Etats-Unis. J'aurai cinquante ans, je ne serai pas encore pourri, je m'amuserai à ma façon. En deux mots, si je vous procure une dot d'un million, me donnerez-vous deux cent mille francs ? Vingt pour cent de commission, hein ! est-ce trop cher ? Vous vous ferez aimer de votre petite femme. Une fois marié, vous manifesterez des inquiétudes, des remords, vous ferez le triste pendant quinze jours. Une nuit, après quelques singeries, vous déclarerez, entre deux baisers, deux cent mille francs de dettes à votre femme, en lui disant : " Mon amour ! " Ce vaudeville est joué tous les jours par les jeunes gens les plus distingués. Une jeune femme ne refuse pas sa bourse à celui qui lui prend le cœur. Croyez-vous que vous y perdrez ? Non. Vous trouverez le moyen de regagner vos deux cent mille francs dans une affaire. Avec votre argent et votre esprit, vous amasserez une fortune aussi considérable que vous pourrez la souhaiter. Ergo vous aurez fait, en six mois de temps, votre bonheur, celui d'une femme aimable et celui de votre papa Vautrin, sans compter celui de votre famille qui souffle dans ses doigts, l'hiver, faute de bois. Ne vous étonnez ni de ce que je vous propose, ni de ce que je vous demande ! Sur soixante beaux mariages qui ont lieu dans Paris, il y en a quarante-sept qui donnent lieu à des marchés semblables. La Chambre des Notaires a forcé monsieur…

- Que faut-il que je fasse ? dit avidement Rastignac en interrompant Vautrin.

ラスチニャックは自分のお宝をテーブルの上に置くと、好奇心に捕らわれて坐った。、彼を殺すと言った後、まるで彼の保護者のように振舞うこの男の態度の中で、突然起こった変化が、彼の心を好奇心でいっぱいにした。
「あんたは私が何者なのか、私が何をしてきたのか、または私が何をしているのか、結構知りたがっているんじゃないかな」ヴォートランが切り出した。「あんたはちょっと知りたがり過ぎるんだよな、まあいい、落ち着こうぜ。あんたは他人のことに首を突っ込み過ぎだぜ! さて私の話はこれからだ。まず聞いてくれ、あんたの言い分はそれからだ。さあ、私のこれまでの人生はほんの数語で言い表せる。私は誰だ? ヴォートラン。私は何をしているか? 好きなことをしている。言うほどのことはない。私の性格をあんたは知りたいかね? 私は自分の味方になる人、あるいは私の心に何か語りかけてくれる人に対しては良い人間だ。そういう人達には、どんなことだって許してしまうんだ。その人達は、私のことを足が折れるくらいに思いっきり蹴ることだって出来るんだ。それでも私はその人達に、『覚えてろよ!』『けしからん畜生め!』なんてことは言わない。私は私を悩ませるような奴等や私の気に入らない奴等には、まるで悪魔のように意地悪なんだ。だから、あんたが、この男はいつだって人一人をこんな具合に簡単に殺してしまう恐れがあるということを知っておくのもいいだろう!」そう言うと彼は唾を吐いた。「私は唯、どうしても必要とあれば、邪魔者はきちんと消そうと、全力をあげるだけだよ。私はあんた達の言うところの芸術家のようなものだ。私はベンヴヌト・セリーニ[42]の回想録を読んだよ。あんたも私にぴったりの本だと思うだろう、しかもイタリア語なんだよ!私はあの男がすごいお調子者で神を模倣していることを理解したんだ。神とは我々をでたらめに殺すかと思えば、美が存在するならば、どこであろうとそれを愛されるんだ。それならばだ、たった一人であらゆる人間と対立しながらも幸運を掴む、これ以上賭けるに値する勝負があるだろうか? 私はあんた達の混乱した社会を現実的に立て直すことも、よく考えたものだよ。なあ、決闘なんてのは、子供染みた遊びだ、下らんよ。二人の男がいれば、どちらか一人は消えてゆかにゃならん。それを偶然に任せてしまうのは馬鹿らしい。決闘するか? 表か裏か? ほらね、二つに一つの割に合わん勝負だ。私は五発の弾丸をぶっ続けでスペードのエースに命中させてやる。撃ち込んだ弾丸の上に新しい弾丸を撃ち込む、しかも三十五歩離れたところからだぜ! もしこの才能に恵まれていると、我々は相手の男に勝てるとうぬぼれてしまう。ところがどっこい! 私は相手に二十歩まで近づいたんだよ、で、私は失敗した。相手は生まれてから一度もピストルを使ったことがなかった。いいかね!」この不思議な男はそう言うと驚いたことにチョッキを脱ぎ、熊の背中のように胸毛の生えた胸をむき出したが、その黄褐色の毛に覆われたものは恐怖と入り混じった不快感を催させた。「その青二才は私の体毛まで焦がしちまったんだ」彼はラスチニャックの指を自分の胸のところにある穴の上に置きながら付け加えた。
「だが、そのときの私はまだ子供だった、今のあんたの年頃だった、二十一歳だったな。私もやっぱりいろんなことを考えていた、女への愛だとか、色々なくだらないことだ、あんたがまさにその混乱に巻き込まれようとしていることどもだ。私達は戦おうと言ってたんじゃなかったのか? あんたが私を殺したっておかしくないんだ。ちょっと考えてみろよ。私が墓に埋められる、それであんたはどうなる? ずらからなきゃならん、スイスへ行くか、パパの金を食いつぶすか、ところがパパは殆ど金がないときてる。よく考えろよ、私があんたの今いる立場を明らかにしてやる。しかし、私がやろうとしているのは、優越した人間としての選択だ。私はこの世の様々な経験を積んだ後、自らが進む道は、たった二つしかないという見解を持つに至ったんだ。すなわち、盲目的従属か、または革命だ。私は誰にも従わない、はっきりしてるだろ? あんたはどうすべきか、もうご存知かな、自分に従うか、何処かの群れに向かうか? 一〇〇万、しかも手っ取り早く欲しい。それが駄目なら、我々の貧しい思考力では万事休すだ。セーヌ川に飛び込んで土佐衛門になってサン・クルーに張った網[43]に引っかかるくらいがおちだ。ところでこの一〇〇万だが、私はあんたにあげてもいいんだぜ」彼はウージェーヌを見つめて一呼吸おいた。「あー! あんたはこの優しいパパ・ヴォートランに、ちっとは愛想良くしなくっちゃ。今の言葉を聞いたあんたの様子は、若い娘が『じゃあ、今晩に』と言われた時のようだったぜ。で、その娘は身づくろいをして、ミルクを飲んだ猫のように舌なめずりするんだ。幸運あれ。さてと! 我々二人組の今後だ! まずは、あんたの財政だ、若者のな。我々は田舎にパパ、ママ、大叔母、二人の妹(十八歳と十七歳だ)、二人の弟(十五歳と十歳)が待っている。さあこの乗組員の点検だ。叔母さんは妹達の教育をした。牧師が二人の弟にラテン語を教えてきた。家では白パンより、茹で栗を良く食べ、パパは半ズボンを大事に使っているし、ママは冬服と夏服をやっと一着ずつ持っているし、妹達は自分で縫えるものは自分で作っている。私は何でも知っている、南フランスにいたことがあるんでな。あんたの田舎の状況はそんなところだ。勿論皆があんたに毎年一二〇〇フランの仕送りをして、小さな地所からの収穫は三〇〇〇フランにも満たないことを考慮しての話だ。この田舎の家は料理女一人と下僕一人を抱えている。我々は体裁は重んじなければならん、パパは男爵だからな。一方、こちらはどうかと言えば、我々は野心に燃えている。我々にはしっかり繋ぎとめておきたいボーセアン家がある、が、我々はそこへ歩いて行っている。我々は金が欲しいが、びた一文もない。我々はヴォーケ・ママのごった煮を食べているが、我々はフォーブール・サン・ジェルマンの豪華な晩餐を愛している。我々は粗末なベッドに寝ながら豪壮な邸宅を夢見ている! 私はあんたの野望を非難しない。野心を持つことは良いことだ、が、ねえ君、誰もがそんな風になれるもんじゃない。女達に、どんな男が良いか聞いてみろ、野心家だって言うだろうよ。野心家は他の男達よりもずっと腰が強く、血は鉄分が多く、心は熱いという。そして女というのは、自分が男に強い影響を与えていると感じる時に、とても幸福で綺麗でいられるらしいのだ。だから女は途轍もない力を持つ男を好むようになる。たとえその男に自分が壊されてしまうような危険を冒してもだ。私はあんたの欲望というやつを十分に調べた。その上で、あんたに質問したいことがある。その質問というのはこれだ。我々は飢えた狼だ。我々の子供達の歯も鋭い。さあどうやって、家族に鍋いっぱいの食糧を供給するかだ?
我々はまず初めに、食ってゆくためには法と取り組まねばならない。これは楽しいことではないし、また、これを知ったところでどうってこともない。しかし、どうしても法を我々に有利なように使わねばならん。そう、重罪裁判所の裁判長に我々の誰かがならねばならんということだ。そのためには、その男はまず弁護士にならねばならない。誰が良いか。肩に前科の焼印を押されている私よりも、ずっと有能な青二才のあんたをそこに連れてくるのさ。それでもって、金持ち連に枕を高くして眠れますよって、安心してもらうんだ。このあんたの役割は結構辛いし、おまけに長い時間がかかる。あんたはまず二年間パリで時期が来るのを待つ。その間、我々の大好きな甘いお菓子は見るだけだ、触っちゃいかんぞ。決して満たされることもなく、いつも欲望し続けることは、とても疲れることだ。あんたが、それほど血の気がなくて、草食系の男の子だったら何も心配することはない。しかし我々はライオンのように血気盛んで、毎日二十回くらいは馬鹿げたことをやらかしている。あんたのような者にとって、この苦しみには負けてしまうかもしれん。糞ったれの地獄で我々が味わう以上に恐ろしいものだろうぜ。まあ、あんたが賢明にも、牛乳でも飲んで、エレジーでも口ずさんで、耐えてくれるように願っておこう。あんたは寛大な人間だが、さすがにこれだけの退屈と喪失感で狂犬のようになってしまっては、司法関係に進むことにはもはや迷いはない。市の検事局に欠員でも出来たら、あんたは検事代理にでも、もぐり込んでしまうんだ。そうすると政府は給与として一〇〇〇フランをよこしてくれる。まあ、肉屋の番犬に肉汁スープをくれてやるようなもんだ。だから、泥棒の背中には、吼えまくってやろう、金持ちのために弁舌しよう、真心のある奴なんてギロチン送りだ。自分にとってまずいことは忘れちまえ! もしあんたが後ろ盾を見つけられない時は、自分の田舎の裁判所に行っちまってもいいんだ。三十歳頃には、まだ法服を捨てていなければ、あんたは、年に一二〇〇フラン稼ぐ判事になっているだろう。あんたが四十代に達する頃には、あんたは製粉業者とかの娘と結婚してるだろう。六千リーヴルくらいの年金持参の金持ちの娘だ。ありがたいこった。一方、検事になりたくて立派な後ろ盾まで見つけた場合は、あんたは三十歳で王立裁判所の検事で一〇〇〇エキュの給料をとっている。そして市長の娘と結婚している。もしあんたが、たとえば新聞が伝えるところの、マニュアルに代わってヴィエール[44]がやろうっていうような、こせこせした下劣な政治にちょっと関わってやろうと言うんだったら、(それも悪くない、ほんの一時ばかり新味は出せるだろう)、何にしてもあんたは四十歳で検事総長だ、そして代議士への道が拓けている。だが心得とけよ、兄さん、我々はちっぽけな良心に汚点を残すことになるだろう。我々は二十年もの間、悩ましい惨めな秘密を抱き、我々の妹達は二十五歳までは結婚出来ないのだ。私は謹んで、あんたに更にまだ知って欲しい事があると言わせてもらう。それはフランスに検事総長というのはたった二十人しかいないということ、そしてあんたのようにその地位を目指している階層には二万人がいること、中には不心得者がいて、その階層から抜け出して出世するためには家族をすら売ったりするのだ。そんなやり方は嫌だと思うんだったら、他のやり方も考えにゃならん。ラスチニャック男爵、弁護士になることがお望みかな? おー! ご立派。十年は苦しまねばならん。毎月一〇〇〇フラン使って、図書室を備え、事務室を持ち、社交界にも出て、訴訟案件をもらうためには、代訴人の服に口づけをして、そいつの邸は舌でなめて掃除せにゃならん。あんたがこうしたやり方をちゃんと出来るなら、私もこれを駄目だとは言わん。だがな、五十歳で年収五万フラン以上という弁護士をパリで五人も見つけられるかね? だめだろ! 良識に従って小っちゃい人間で終わるくらいなら、私はむしろ海賊にでもなった方がましだと思うぜ。第一に、どこでまとまった金を儲けられるってんだ? 気楽な商売ってないもんだな。
だが私達には女の持参金という資金源があるんだ。結婚したいとは思わんかね? それはあんたには重い岩のような首枷になるだろうな。それに、あんたが金目的の結婚をしたとなると、我々の誇り高い感情は、我々の高貴な気持ちは一体どうなる! この人間社会の慣習に対して、今日にもあんたの反乱を起こしたらいいんだ。世にはびこっているのは、女の目の前で蛇のようにとぐろを巻いたり、姑の足をなめたり、雌豚にすら嫌悪感を起こさせるような卑劣な行為ばかりじゃないか。吐き気がする! だから、あんたが慣習に背いて、少なくとも幸せならそれもいい。しかし、あんたはやがて君の論理で選んだ女と一緒にどぶの底に沈んでいる自分に気がつくだろう。そんなところで女房と喧嘩しているくらいなら、広い世界で男達と戦いたいもんだ。さあ人生の岐路だ。兄さん、道を選ぶんだ。あんたは既に選んでるんだな。あんたは我等の従姉ボーセアン夫人を訪ねたんだった。そして、あんたはそこで贅沢の香りをかいだ。あんたはレストー夫人のところへも行った。ゴリオ爺さんの娘の家だ。そして、あんたはそこでパリジェンヌの香りをかいだ。あの日、戻ってきた時、あんたの顔にはある言葉が書かれていた。で、私はその言葉をはっきり読み取れたよ。『出世するんだ!』ってな。何をおいても出世する。すごいぞ! 私はその時、思ったもんだ。逞しい奴に出会ったなあってな。あんたはこれから金が必要になる。どこでそれを調達する? あんたは妹達に大分犠牲を強いた。男というのは、皆多かれ少なかれ、妹達を騙すもんだよ。彼女達から巻き上げた一五〇〇フラン、神もご照覧あれ! それは一〇〇スーよりも、栗の実を見つける方が遥かに簡単な田舎で集めたものだが、兵隊さんに与えられるのかと思いきや、やくざな兄の手に渡ってしまうのだ。それで、あんたは何をするのかね? あんたは働くのかね? 仕事は、今まさにあんたが考えているようなものも含めて、ある程度の稼ぎは保証してくれる。あんたはそれで、老後にはヴォーケ・ママのところで、ポワレのおっさんの隣くらいにアパルトマンを持てるくらいの蓄えは出来るだろう。早急に財産を作るということは、ちょうど今のあんたのような立場にいる五万人からの若者が、今すぐに何とかしたいと必死になっている問題でもあるわけだ。あんたはこの大勢の中の一人なんだ。あんたが行った努力や闘いに熱中したことを考えてみよう。あんた達は鍋の中に入った蜘蛛のように、交代々々で餌を食べなきゃならんのだ、何故なら五万も良い餌のある場所なんてないからだ。この世で私達がどれだけ苦労して道を拓くかはお分かりだろう? 天才のひらめきか、それとも抜け目なく贈収賄の手でゆくか。とにかくこの人間の集団の中へ入りこまにゃならん、大砲の弾のようにぶち込まれるか、あるいはペスト菌のように滑り込むかだ。正直さなどは何の役にも立たん。人々は天才のやることには従うものだ、人々はそれを憎む、人々はそれを中傷する、何故なら人々はそれを受け入れても分け前に預かることは出来ないからだ。だが、ねばるやつには従うものだ。要するに、泥の下に葬り去ることが出来ない人間の前には皆が膝まづいて愛するものなんだ。贈収賄は大勢を占めている。才能なんてのは稀にしか見られない。だから、贈収賄は世の中にいっぱいいる凡庸な人間にとっては武器となるものだ。そして、あんたもそのことは至るところで嫌というほど感じてるだろう。あんたは、その夫が六千フランの給料をもらっていて、それらは全部食費に消えるというような家庭の主婦が、自分の化粧代に一万フラン以上も使っている、そういう女を何人か見ただろう。あんたは一二〇〇フランの給料の勤め人が堂々と土地を買うのを見るだろう。あんたはフランスの国務大臣の息子の馬車に乗ってロンシャンの中央大通りを走りたくて売春をする女を何人か見るだろう。あんたはあの哀れなお馬鹿のゴリオ爺さんが自分の娘が裏書した為替手形を買い取る破目に追い込まれるのを見ただろう。ところがあの娘の夫は年利五万リーヴルの年金を持ってるんだ。私はあんたに言っておくが、このパリでは地獄のような策謀がめぐらされていて、そんなものにぶつからないでは一歩だって歩けはしないんだ。あんたが生まれて始めて惚れ込む女が出てくるとしよう、その女は金持ちで綺麗で、しかもぴちぴちに若いときている、もう言うことなしだ。そこで私は私の首を賭けてもいいが、こう断言しておこう。あんたがその女と過ごす楽しいはずの家庭は何とスズメバチの巣のような鬱陶しい所なんだ。彼女は何かにつけて規則々々のがんじがらめの理屈を捏ねて夫とは喧嘩ばかりしているってわけだ。私は必要なら、もっと話したっていいんだぜ。愛人、装身具、子供、家政、あるいは虚栄心のための不正取引に関する様々な講義だ。そこには善は殆どない。それは保証してもいい。もうひとついえば、実直な男というのは、一般的に敵になってしまうもんだ。だが、あんたは実直な男とはどんなものと考えるかね? パリでは、実直な男とは、黙っていて仕事の分担を拒絶する、そういうやつのことなんだ。私はあんたに、決して労苦に報われることもなかったのに、至る所で仕事をこなしたと言われている、あの哀れなスパルタの奴隷のことや、神の敬虔な信徒団体を指して言ってるわけではない。確かに彼等は悪徳の中に咲くわずかばかりの善の花だろうけれど、惨めなものだ。私はこの善良な人々の中にさえ繕った表情を見てきた。それはまるで神が最後の審判を欠席するという悪い冗談を我々にやって見せているような気がしたもんだよ。だから、あんたが手っ取り早く金持ちになりたいんだったら、既に金持ちであるか、金持ちに見えるかしなけりゃならんのだ。金持ちになるには、ここで一発大きなことをやってみることだ。それとも、株で日計り商いをやるか、小生がその口だがな。仮にあんたが百の職業を選んだとする、十人の男が早々と成功する、ところがその連中は泥棒をやったお陰で成功出来ただけなんだ。なあ、あんたの決意をしろよ。人生とはこんなもんだよ。それは台所より綺麗だとは言えない、それは台所と同じように臭い。もし不正取引を持ちかけられたら、自らの手を汚す事だって避けられない。ただ自分の手を綺麗に洗うように心得ておくことだ。それが我々の時代の道徳のすべてさ。もし私に社交界のことまで語らせたいなら、それもやってやるぜ、私は社交界のことも知ってるんだからな。あんたは、私がそれを非難すると考えてるんじゃないかな? 全然だよ。どこだって同じなんだよ。道徳家なんて決して何も変えられないんだ。人間とは不完全なものだ。人間は時によって、大なり小なり偽善者になるんだ。で、馬鹿なやつが、いちいち、あの人は品性があるとかないとか言うわけだ。私は大衆が好んでやるようには金持ちを非難しはしない。人間は身分が高かろうと低かろうと、中位だろうと、同じ人間だ。この人間の群れの百万人に十人くらいは調子のいい人間がいて[45]、そいつ等は自分のことを、何物にも縛られない偉いやつだと思っている。法律にも縛られないんだとな。実は私もそういう人間なんだよ。あんたは、もしあんたが優れた人材なら、直線距離を進むんだ、そして頂上を目指すんだ。だが、当然闘いがある、妬み、中傷、凡庸な連中、そして世間との闘いだ。ナポレオンはオーブリー[46]という軍事閣僚と対立したことがあるが、この男は危うくナポレオンを植民地送りにしかかったんだ。よく自分の気持ちを探ることだな! 毎朝起きるごとに前日よりずっと強い意志を持てるようになってるかどうか、よく考えてみな。
あんたの決意が固まるようなら、私はあんたに一つの提案をする積りだ。誰だって拒まないような提案をな。よく聞くんだ。私、よく見ろ、私はある考えを持っている。私の考えとは、広い領地の中で族長のような生活をやってゆきたいというものだ。十万アルペンの広さだな、まあ言ってみればな、アメリカの南部でな。私はそこで大農園を経営したいんだ。奴隷[47]を使って、私の牛乳、煙草、飲料を売って、上手い具合に百万やそこいらを稼ぐ、まるで君主のように生き、自分の思い通りのことをする、このパリなどでは誰も想像出来ないような生涯をたどるのだ。ところがここでは誰もが漆喰の壁の穴の中に引きこもっている。私は大詩人なんだ。私の詩、私はそれを書くことはしない。私の詩とは行動そのものと感情そのもので出来ているんだ。今現在、私は五万フランの金を持っているが、これではせいぜい四十人くらいの奴隷しか買えない。私には二〇万フランの金が必要なんだ、というのは私の族長的生活という趣味を満足させるためには、二〇〇人の奴隷を買いたいと思ってるんだ。黒ん坊、あんた見たことあるかね? これは育ち盛りの子供でね、だから思い通りの型に作り上げることが出来る。そして王立裁判所の検事が来て、あれやこれやと訊かれる心配もないというわけだ。この不法な稼ぎで、十年もすれば私は三、四百万フランの金を持つことになるだろう。私が成功すると、もう誰も私に向かってこう尋ねることはないだろう。『君は誰だ?』なんてね。私は〈四百万殿〉だ、アメリカ合衆国民だ。私は五十歳になっているだろう、私はまだぼろぼろにはなっていなくて、私は自分の生活スタイルを楽しんでいることだろう。ふむ、ここであんたに頼みがある。もし私があんたに百万の持参金を手に入れさせてやるなら、私には二〇万フランの金を贈ってくれんもんかね? 二〇パーセントの手数料、だろ! これ高過ぎると思うかね? あんたには百万フランの持参金、私には二〇万フランの資本金だ。
あんたは可愛い奥さんに愛してもらうご身分になるんだ。いったん結婚すると、あんたは心配事とか後悔とかを並べ立てて、十五日間というものはすっかり悲しみに沈んでしまうんだ。ある晩、何となく難しい顔つきをして、あんたは二度のキスの合間に、二〇万フランの借金を申告をする、無論『君が大好きだ!』と言いつづけるんだぞ。この手の喜劇は毎日のように選りすぐりの若者達の間で演じられているんだ。若い女性というものは、彼女の心を掴んだ男の希望に対して、彼女の財布を拒絶したりはしないものだよ。あんたが失敗すると思うか? それはない。そしてあんたは表向きすってしまったあんたの二〇万フランを取り戻す方法を見つけ出すんだ。更にあんたの金とあんたの才覚でもって財を積み上げてゆく、それはあんたが彼女に約束した額をもかなり上回ってゆくことだろう。この作業にあんたは六ヶ月という時間をかけ、ついに幸運をつかむ。それは同時にあんたの可愛い奥さんの幸福であり、パパ・ヴォートランの幸せでもある。あんたの故郷の家族の幸せでもあることは言うまでもない、彼等は薪すら買えず、冬には相変わらず指に息を吹きかけながら震えていることだろう。私があんたに提示したことにも、私があんたに要求したことにも驚くなよ! パリで挙げられた美しい結婚式が六〇あるとすると、そのうちの四七は似たり寄ったりの商取引のきっかけとなっているんだ。公証人事務所がムッシューに強制して……」

「僕がやるべきことは何ですか?」ラスチニャックは我慢出来なくなって、ヴォートランを遮って言った。

 

- Presque rien, répondit cet homme en laissant échapper un mouvement de joie semblable à la sourde expression d'un pêcheur qui sent un poisson au bout de sa ligne. Ecoutez-moi bien ! Le cœur d'une pauvre fille malheureuse et misérable est l'éponge la plus avide à se remplir d'amour, une éponge sèche qui se dilate aussitôt qu'il y tombe une goutte de sentiment. Faire la cour à une jeune personne qui se rencontre dans des conditions de solitude, de désespoir et de pauvreté sans qu'elle se doute de sa fortune à venir ! dam ! c'est quinte et quatorze en main, c'est connaître les numéros à la loterie, et c'est jouer sur les rentes en sachant les nouvelles. Vous construisez sur pilotis un mariage indestructible. Viennent des millions à cette jeune fille, elle vous les jettera aux pieds, comme si c'était des cailloux. " Prends, mon bien-aimé ! Prends, Adolphe ! Alfred ! Prends, Eugène ! " dira-t-elle si Adolphe, Alfred ou Eugène ont eu le bon esprit de se sacrifier pour elle. Ce que j'entends par des sacrifices, c'est vendre un vieil habit afin d'aller au Cadran-Bleu manger ensemble des croûtes aux champignons ; de là, le soir, à l'Ambigu-Comique ; c'est mettre sa montre au Mont-de-Piété pour lui donner un châle. je ne vous parle pas du gribouillage de l'amour ni des fariboles auxquelles tiennent tant les femmes, comme, par exemple, de répandre des gouttes d'eau sur le papier à lettre en manière de larmes quand on est loin d'elles : vous m'avez l'air de connaître parfaitement l'argot du cœur. Paris, voyez-vous, est comme une forêt du Nouveau-Monde, où s'agitent vingt espèces de peuplades sauvages, les Illinois, les Hurons, qui vivent du produit que donnent les différentes chasses sociales ; vous êtes un chasseur de millions. Pour les prendre, vous usez de pièges, de pipeaux, d'appeaux. Il y a plusieurs manières de chasser. Les uns chassent à la dot les autres chassent à la liquidation ; ceux-ci pêchent des consciences ceux-là vendent leurs abonnés pieds et poings liés. Celui qui revient avec sa gibecière bien garnie est salué, fêté, reçu dans la bonne société. Rendons justice à ce sol hospitalier, vous avez affaire à la ville la plus complaisante qui soit dans le monde. Si les fières aristocraties de toutes les capitales de l'Europe refusent d'admettre dans leurs rangs un millionnaire infâme, Paris lui tend les bras, court à ses fêtes, mange ses dîners et trinque avec son infamie.

- Mais où trouver une fille ? dit Eugène.

- Elle est à vous, devant vous !

- Mademoiselle Victorine ?

- Juste !

- Eh ! comment ?

- Elle vous aime déjà, votre petite baronne de Rastignac !

- Elle n'a pas un sou, reprit Eugène étonné.

- Ah ! nous y voilà. Encore deux mots, dit Vautrin, et tout s'éclaircira. Le père Taillefer est un vieux coquin qui passe pour avoir assassiné l'un de ses amis pendant la Révolution. C'est un de ces gaillards qui ont de l'indépendance dans les opinions. Il est banquier, principal associé de la maison Frédéric Taillefer et compagnie. Il a un fils unique, auquel il veut laisser son bien, au détriment de Victorine. Moi, je n'aime pas ces injustices-là. Je suis comme don Quichotte, j'aime à prendre la défense du faible contre le fort. Si la volonté de Dieu était de lui retirer son fils, Taillefer reprendrait sa fille ; il voudrait un héritier quelconque, une bêtise qui est dans la nature et il ne peut plus avoir d'enfants, je le sais. Victorine est douce et gentille, elle aura bientôt entortillé son père, et le fera tourner comme une toupie d'Allemagne avec le fouet du sentiment ! Elle sera trop sensible à votre amour pour vous oublier, vous l'épouserez. Moi, je me charge du rôle de la Providence, je ferai vouloir le bon Dieu. J'ai un ami pour qui je me suis dévoué, un colonel de l'armée de la Loire qui vient d'être employé dans la garde royale. Il écoute mes avis, et s'est fait ultra-royaliste : ce n'est pas un de ces imbéciles qui tiennent à leurs opinions. Si j'ai encore un conseil à vous donner, mon ange, c'est de ne pas plus tenir à vos opinions qu'à vos paroles. Quand on vous les demandera, vendez-les. Un homme qui se vante de ne jamais changer d'opinion est un homme qui se charge d'aller toujours en ligne droite, un niais qui croit à l'infaillibilité. Il n'y a pas de principes, il n'y a que des événements ; il n'y a pas de lois, il n'y a que des circonstances : l'homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. S'il y avait des principes et des lois fixes, les peuples n'en changeraient pas comme nous changeons de chemises. L'homme n'est pas tenu d'être plus sage que toute une nation. L'homme qui a rendu le moins de services à la France est un fétiche vénéré pour avoir toujours vu en rouge, il est tout au plus bon à mettre au Conservatoire, parmi les machines, en l'étiquetant la Fayette ; tandis que le prince auquel chacun lance sa pierre, et qui méprise assez l'humanité pour lui cracher au visage autant de serments qu'elle en demande, a empêché le partage de la France au congrès de Vienne : on lui doit des couronnes, on lui jette de la boue. Oh ! je connais les affaires, moi ! j'ai les secrets de bien des hommes ! Suffit. J'aurai une opinion inébranlable le jour où j'aurai rencontré trois têtes d'accord sur l'emploi d'un principe et j'attendrai longtemps ! L'on ne trouve pas dans les tribunaux trois juges qui aient le même avis sur un article de la loi. Je reviens à mon homme. Il remettrait Jésus-Christ en croix si je le lui disais. Sur un seul mot de son papa Vautrin, il cherchera querelle à ce drôle qui n'envoie pas seulement cent sous à sa pauvre sœur, et… Ici Vautrin se leva, se mit en garde, et fit le mouvement d'un maître d'armes qui se fend.- Et, à l'ombre ! ajouta-t-il.

- Quelle horreur ! dit Eugène. Vous voulez plaisanter, monsieur Vautrin ?

- Là, là, là, du calme, reprit cet homme. Ne faites pas l'enfant : cependant, si cela peut vous amuser, courroucez-vous ! emportez-vous ! Dites que je suis un infâme, un scélérat, un coquin, un bandit, mais ne m'appelez ni escroc, ni espion ! Allez, dites, lâchez votre bordée ! Je vous pardonne, c'est si naturel à votre âge ! J'ai été comme ça, moi ! Seulement, réfléchissez. Vous ferez pis quelque jour. Vous irez coqueter chez quelque jolie femme et vous recevrez de l'argent. Vous y avez pensé ! dit Vautrin ; car, comment réussirez-vous, si vous n'escomptez pas votre amour ? La vertu, mon cher étudiant, ne se scinde pas : elle est ou n'est pas. On nous parle de faire pénitence de nos fautes. Encore un joli système que celui en vertu duquel on est quitte d'un crime avec un acte de contrition ! Séduire une femme pour arriver à vous poser sur tel bâton de l'échelle sociale, jeter la zizanie entre les enfants d'une famille, enfin toutes les infamies qui se pratiquent sous le manteau d'une cheminée ou autrement dans un but de plaisir ou d'intérêt personnel, croyez-vous que ce soient des actes de foi, d'espérance et de charité ? Pourquoi deux mois de prison au dandy qui, dans une nuit, ôte à un enfant la moitié de sa fortune, et pourquoi le bagne au pauvre diable qui vole un billet de mille francs avec les circonstances aggravantes ? Voilà vos lois. Il n'y a pas un article qui n'arrive à l'absurde. L'homme en gants et à paroles jaunes a commis des assassinats où l'on ne verse pas de sang, mais où l'on en donne ; l'assassin a ouvert une porte avec un monseigneur : deux choses nocturnes ! Entre ce que je vous propose et ce que vous ferez un jour, il n'y a que le sang de moins. Vous croyez à quelque chose de fixe dans ce monde-là ! Méprisez donc les hommes, et voyez les mailles par où l'on peut passer à travers le réseau du Code. Le secret des grandes fortunes sans cause apparente est un crime oublié, parce qu'il a été proprement fait.

- Silence, monsieur, je ne veux pas en entendre davantage, vous me ferez douter de moi-même. En ce moment le sentiment est toute ma science.

- A votre aise, bel enfant. Je vous croyais plus fort, dit Vautrin, je ne vous dirai plus rien. Un dernier mot, cependant. Il regarda fixement l'étudiant : Vous avez mon secret, lui dit-il.

- Un jeune homme qui vous refuse saura bien l'oublier.

- Vous avez bien dit cela, ça me fait plaisir. Un autre, voyez-vous, sera moins scrupuleux. Souvenez-vous de ce que je veux faire pour vous. Je vous donne quinze jours. C'est à prendre ou à laisser.

- Quelle tête de fer a donc cet homme ! se dit Rastignac en voyant Vautrin s'en aller tranquillement, sa canne sous le bras. Il m'a dit crûment ce que madame de Beauséant me disait en y mettant des formes. Il me déchirait le cœur avec des griffes d'acier. Pourquoi veux-je aller chez madame de Nucingen ? Il a deviné mes motifs aussitôt que je les ai conçus. En deux mots, ce brigand m'a dit plus de choses sur la vertu que ne m'en ont dit les hommes et les livres. Si la vertu ne souffre pas de capitulation, j'ai donc volé mes sœurs ? dit-il en jetant le sac sur la table. Il s'assit, et resta là plongé dans une étourdissante méditation.- Etre fidèle à la vertu, martyre sublime ! Bah ! tout le monde croit à la vertu ; mais qui est vertueux ? Les peuples ont la liberté pour idole ; mais où est sur la terre un peuple libre ? Ma jeunesse est encore bleue comme un ciel sans nuage : vouloir être grand ou riche, n'est-ce pas se résoudre à mentir, plier, ramper, se redresser, flatter, dissimuler ? n'est-ce pas consentir à se faire le valet de ceux qui ont menti, plié, rampé ? Avant d'être leur complice, il faut les servir. Eh bien ! non. Je veux travailler noblement, saintement ; je veux travailler jour et nuit, ne devoir ma fortune qu'à mon labeur. Ce sera la plus lente des fortunes, mais chaque jour ma tête reposera sur mon oreiller sans une pensée mauvaise. Qu'y a-t-il de plus beau que de contempler sa vie et de la trouver pure comme un lis ? Moi et la vie, nous sommes comme un jeune homme et sa fiancée. Vautrin m'a fait voir ce qui arrive après dix ans de mariage. Diable ! ma tête se perd. Je ne veux penser à rien, le cœur est un bon guide.

Eugène fut tiré de sa rêverie par la voix de la grosse Sylvie, qui lui annonça son tailleur, devant lequel il se présenta, tenant à la main ses deux sacs d'argent, et il ne fut pas lâché de cette circonstance. Quand il eut essayé ses habits du soir, il remit sa nouvelle toilette du matin qui le métamorphosait complètement.- Je vaux bien monsieur de Trailles, se dit-il. Enfin j'ai l'air d'un gentilhomme !

- Monsieur, dit le père Goriot en entrant chez Eugène, vous m'avez demandé si je connaissais les maisons où va madame de Nucingen ?

- Oui !

- Eh bien ! elle va lundi prochain au bal du maréchal Carigliano. Si vous pouvez y être, vous me direz si mes deux filles se sont bien amusées, comment elles seront mises, enfin tout.

- Comment avez-vous su cela, mon bon père Goriot ? dit Eugène en le faisant asseoir à son feu.

- Sa femme de chambre me l'a dit. Je sais tout ce qu'elles font par Thérèse et par Constance, reprit-il d'un air joyeux. Le vieillard ressemblait à un amant encore assez jeune pour être heureux d'un stratagème qui le met en communication avec sa maîtresse sans qu'elle puisse s'en douter.- Vous les verrez, vous ! dit-il en exprimant avec naïveté une douloureuse envie.

- Je ne sais pas, répondit Eugène. je vais aller chez madame de Beauséant lui demander si elle peut me présenter à la maréchale.

 

「ほとんど何もない」答えながらこの男は釣り糸の先に魚を感じた釣り人が微かに表すのに似た喜びの表情を漏らした。「いいか、よく聞くんだ! 不幸せで惨めな哀れな娘の心はそこを愛で満たすことに飢え切ったスポンジのようなものなんだ。乾き切ったスポンジは僅かな感情をそこに落とすだけで、すぐさま膨れ上がるのさ。孤独と絶望に沈んでいる若い女に言い寄るんだ、しかもその娘はいかにも貧しげなんだが、やがて財産が手に入ることに気付いていない! 馬鹿なこった! それはストレート・フラッシュを手の内に持ってるってこと、宝くじの当たり番号を知ってるってこと、インサイダー情報を知っていて株に投機するってことだ。あんたは基礎杭の上に壊れようもない結婚を打ち立てるんだ。この娘には何百万という金が集まってくる。彼女はそれを小石か何かのように、あんたの足元に投げ出してくれる。『さあこれを取って、貴方! 取って、アドルフ! アルフレッド! 取って、ウージェーヌ!』彼女はこう言うだろう、何故ならアドルフ、アルフレッド、あるいはウージェーヌが彼女に対して賢明にも犠牲的に尽くしてきたことを知っているからだ。ここで私が犠牲と言うのは、例えばレストラン・カドランブルー[48]に彼女とキノコ料理を食べに行くために古着を一着売り払うといったようなことだ。そして、その夜は、そこからアンビキュ・コミック劇場[49]だ。そして彼女にショールを買ってやるためにすることは時計を質に入れることだ。私があんたに愛情を走り書きしてみたり、女を喜ばすための小細工をつべこべ言う必要はなさそうだな。まあ、彼女が遠くにいる時なんぞに、手紙に涙をこぼしたように見せかけるために水の雫をたらしてみるといったことだが、あんたは心の中の隠語を十分に心得ているように見えるのでな。だが、ご存知かな、パリはまるで新世界アメリカの密林と同じようなものなんだ。そこでは野蛮人が二十もの小部族、イリノイ族とかヒューロン族がそれぞれ違った型の狩猟社会を作って生活しているわけだ。あんたは百万フランの狩人ってところだな。捕獲のためには、あんたはトリック、鳥笛、おとりを使うんだ。狩猟には色々なやり方がある。ある種の狩人は持参金狙いだ。また別の狩人は資産整理のチャンスを窺っている。こちらでは選挙人の票を買い、あちらでは手も足も出ない状態で新聞社が最高入札者に売り払われる。獲物袋をいっぱいにして帰ってきた狩人は迎えられ祝福され、良い仲間に受け入れられる。あんたを歓待してくれる土地を正しく評価することによって、あんたは世界中でもどこよりもあんたに好意的なこの町と深く関わってゆくことになる。例えヨーロッパの総ての資本家や高慢ちきな貴族階級が、下品な百万長者を彼らの仲間に加えることを拒否したとしても、パリはその男に手を差し伸べ、彼のパーティには駆けつけ、彼のディナーを食べ、そして彼の恥辱にさえ乾杯するんだ。」
「だけど、何処でそんな娘を見つけるんですか?」ウージェーヌが尋ねた。
「彼女はあんたのいるところ、直ぐ目の前にいる!」
「ヴィクトリーヌ嬢?」
「その通り!」
「えっ! どうして?」
「彼女はもうあんたに惚れとるよ、あんたの可愛いラスチニャック男爵夫人だ!」
「彼女は一文無しです」ウージェーヌはあきれ果てて言った。
「あー! まさにそれだよ。それならもう一言、言っておこう。そしたら総てはっきりするだろう。彼女の父のタイユフェール[50]は老やくざってやつでね、革命の期間に友人の一人を殺したと言われてるんだ。彼は私の仲間の一人でもあったんだ。、独立心の旺盛な男だ。彼は銀行家で、フレデリック・タイユフェール商会の社長だ。彼には息子が一人いて、そいつに自分の財産を残してやろうと思ってるんだ、ただしヴィクトリーヌを犠牲にしてだ。私はああいう不公平は嫌いだな。私はドン・キホーテのように、強い者から弱い者を守ってやるのが好きなんだ。もしも神の御心で、彼から息子を引き離せたら、タイユフェールは娘を引き取ることになるだろう。彼は自分でも知らないぼんくらでも何でもいいから、ともかく相続人を欲しがっている。それに彼はもう子供を作れないことを私は知っている。ヴィクトリーヌは優しくて行儀のいい娘だ。彼女はやがては父親をめろめろにしてしまって、彼は感情に鞭打たれて、ドイツの独楽のようにくるくると彼女の思い通りに回転し始めるだろう! 一方、あんたの愛については忘れるどころじゃない、彼女はあんたのことで頭がいっぱいなんだ、あんたは彼女と結婚するんだ。私の方は神様の役目を務めるさ、幸運の神でありたいものだ。私には一人友達がいて、私はかつてその人の罪を代わりに被ってやったことがあるんだ。彼はロワール軍の大佐だった。そして最近、王党衛兵隊に雇用された。彼は私の意見を聞き、極右王党派になったんだ。これはある考えに固執するという愚かさから脱した生き方なんだ。私からあんたに、もう一つ忠告することがあるとすれば、そうだな、あんたの言葉に固執しないのと同様に、あんたの意見にも固執するなってことだな。人があんたのそれを欲しがるんだったら、そんなの売っちまえ。決して意見を変えないことを自慢するようなやつは、いつだって真っ直ぐに行かねばならないと思い込んでいるやつで、無謬を信じてる馬鹿野郎だ。原理なんてものはないんだ、出来事があるだけだ。法はなくて環境があるだけだ。優れた人間は出来事と環境を結婚させて、それらを操作しやすくするんだ。もし原理と法が固定されているとすると、我々がシャツを着替えるのと同じように民衆がそれを変えることが出来んということだ。人間というのは卑しくも国といわれるものよりもお行儀良くしなければならないってことはないんだ。フランスに全然貢献してこなかったような男が、常に革命に関わっていたという理由で崇め奉られるべき偶像となっている。彼などは軍事博物館の兵器類と一緒に、ラ・ファイエット[51]のラベルでも貼って陳列しときゃいいんだ。一方でウィーン会議でフランスの分割を回避させたタレイラン王子[52]に向かって皆が石を投げつける。ところが王子はくだらない人情なんかは軽蔑しきっているので、大衆からの悪罵をまた相手の顔に投げ返す気もない。我々は彼を王にすべきなのだが、我々は彼に泥をぶつけている。あー! 私はこのようなことをよく知っている、身にしみてな! 私は人間の善行には裏があることを知っている! もう沢山だ。私はいつか、原理を実際に用いる上で私と意見を同じくする人間三人に出会えたら、その時こそゆるぎなき見解を確立出来るんだ。だが、私はまだ長い間待つことになるだろう! 我々は裁判所で三人の裁判官が、ある法案について私と考えが一致するというような場面にはなかなか出会わないものだ。ともかく、さっきの男の話に戻ろう。そいつは、私が言えば、イエス・キリストをもう一度十字架に架けることだってやりかねない人間だ。パパ・ヴォートランの一言だけで、彼は、可哀想な妹にはたったの百スーも送ってやらないような、あのろくでなし野郎に喧嘩を吹っかけようとしているんだ、そして……」ここでヴォートランは立ち上がり、防御の姿勢をとり、次いでフェンシング教師のように突きのポーズをして見せた。
「そして陰では!」彼が付け加えた。
「何と恐ろしいことを!」ウージェーヌが言った。「貴方は冗談を言ってるんですか、ヴォートランさん?」
「まあまあまあ、落ち着いて」この男は答えて、「子供っぽいことを言うなよ。だけども、それであんたの気持ちを軽くすることが出来るなら、怒れよ、むかっ腹立てろよ! あんたの好きに言ってもいいんだぜ、私のことを汚らわしい極悪人でろくでなしで強盗ですとな。ただし、私は詐欺師でもスパイでもない、これだけは忘れないでくれ! それなら私は構わんよ、あんたの分厚い鎧を脱ぐんだ! 私にはよく分かる、あんたの年頃なら、それは本当に当たり前のことなんだ! 私だって、そんなだったぜ! ただな、よく考えてみろよ。あんたもやがては酷い事をするんだ。あんたは何処かの綺麗な女に取り入って金を貰うんだろ。図星だろ!」ヴォートランが言った。「あんたの愛が必ず儲かると確信が持てなくたって、どうしても成功するにはどうするか? 徳ってのは、学生さんよ、公平に配られているようなものじゃない。それを持ってるか、全然持ってないかだ。人は自分の罪を悔いよと教えられる。おまけに改悛の厳しい行いによって罪を償って徳性に至るという結構な道まで用意されている! まあ、あんたをこの社会階層の頂点にまで押し上げてくれそうな人妻を誘惑してみるかね。すると、快楽や利己的利益を追求したありとあらゆる恥知らずな行為が、時にはあからさまに時には物陰でこっそりと行われるのは勿論だが、これは一つの家族の子供達の中に不和の種を投げ込むことにもなる。あんたはこの行為の中に敬虔さ、希望、あるいは慈悲の心を見出すことが出来るかね? どうして可哀想な子供から一夜にして財産の半ばを奪ったような色男にはたった二ヶ月の禁固刑なのに、貧乏人の輩が千フラン紙幣一枚を盗むと加重情状で徒刑場送りにされてしまうんだね?[53] これがあんた達の法律なんだ。法規なんてみんな不条理なんだ。[54]手袋をして古びた言葉を弄する人間が殺人を犯す。そこでは血は流れないが、確かに人が死ぬんだ。一方、強盗はかなてこでもって戸をこじ開ける。二つの対照的な夜の犯罪! 私があんたに提案していることと、あんたがいつか行うこととの間には血が流れるかどうかの差があるだけで、実は同じことなんだ。あんたはあの社交界に何とかしっかりした繋がりを持ちたいと考えている! それじゃあ、人のことは気にするな、そして法の網をかいくぐることの出来るように、網の目を見つけるんだ。大金持ちでこれといった成金の秘訣も見当たらないような人物には秘密があって、それは過去の犯罪が忘れられているのだ。何故なら、その犯罪は実に念入りに行われたからだ」
「待って下さい、ヴォートランさん、貴方が私に自分自身のことまで疑わせようとするなら、私はこれ以上この話を聞きたくありません。たった今、私の感情が高ぶって、もう理性を失いそうです」
「のんびりしなよ、君。私はあんたのことを、もう少し強いのかと思っていたぜ」ヴォートランが言った。「私はあんたにまだ何も話しちゃいないぜ。だがな、致命的な一言は言っちまった」彼はじっと学生を見つめた。「あんたは私の秘密を知ってしまったんだ」
「貴方を拒むほどの若者なら、忘れなければならないことがあるのを知っています」
「あんたは上手いこと言ってくれる、嬉しいぜ。他のやつなら、そうだろ、そこまできちんとはしていないぜ。私があんたのためにしてやろうとしたことを覚えておいてくれ。十五日間待とうじゃないか。これに乗るか降りるかだ」
「この男は何て強靭な頭脳を持っているんだろう!」ラスチニャックはヴォートランが杖を腕に抱えて静かに立ち上がるのを見ながら、そう思った。「彼はボーセアン夫人が体裁よく話した内容を露骨に僕に話したんだ。彼は鉄の爪で僕の心を引き裂いた。何故僕はニュシンゲン夫人のところへ行きたいと思うんだろう? 彼は僕が思いつくや否や、僕の動機を見破っていた。一言で言えば、あの悪党は人や書物が教えてくれるよりももっと沢山のことを道徳について話してくれた。もし家族の思いやりが無理な要求に従ってくれてなかったら、僕はついに妹達に盗みまで働いてしまってたんだろうか?」彼はテーブルの上に包みを投げ出しながら考えていた。彼は坐って、頭をくらくらさせるような考えの中に沈み込んだまま、暫くじっとしていた。「善美に忠実でいよう、崇高な殉教者になるんだ! なあに! 誰だって美徳を信じているんだ。だが徳の高い人って誰だ? 民衆は自由に憧れている。だが、この地球上で自由な民衆って何処にいるんだ? 僕の青春はまだ雲ひとつない空のように青い。偉大で金持ちになりたいと望むなら、嘘をつき、身を屈し這いつくばり、また立ち上がり、おべっかを使い、本心を隠そうと決意したんじゃないのか? 嘘つきや根性曲がりや這いつくばっていた連中の下僕になることに同意したんじゃないのか? 連中の共謀者になるためには、まず連中に尽くさねばならない。やれやれ、駄目だな。僕は気高く清廉な仕事をしたい。僕は昼も夜も働き続けたい。自分の労働以上の富を得てはならない。富を得るとかいうのは最後の方で考えることになるだろう。僕はそんなことよりも、毎日々々寝ている時ですら、邪悪なことなど考えずに過ごすことになるだろう。自分の人生をじっと見つめて、それが一本の百合の花のように純白であるのを見出すことほど素晴らしいことがまたとあろうか? この僕とその人生、僕達はまるで一人の若者とその婚約者のようなものだ。ヴォートランは結婚後十年経ったらどうなるかを僕に考えさせた。くそっ! 頭がぼうっとしてきた。もう何も考えたくない。心に従って行くしかないな」
ウージェーヌはでぶのシルヴィが仕立て屋の来訪を告げる声で、夢想から我に返った。彼は手に金の入った袋を二つ持って仕立て屋の前に現れたが、この成り行きを密かに喜んでいた。彼は夜の服を試着した時に朝の化粧をやり直していたので、すっかり見違えるほどに容貌が変わっていたのだ。「僕はトライユ氏にも匹敵するんじゃないか」彼はそう思った。「ようやく貴族らしい感じになってきたぞ!」
「ごめん下さい」ゴリオ爺さんがウージェーヌの部屋へ入ってきて言った。「貴方は、私がニュシンゲン夫人の訪問するお屋敷を知っているかどうか、お尋ねになりましたね?」
「はい、そうです!」
「それなら、彼女は次の木曜日にカリリアーノ元帥の邸の舞踏会に行きます。もし貴方もそこへ行かれるなら、私の二人の娘が楽しくやってることや、どんな服装をしていたかとか、要するに何でもいい、私に話して下さいませんか」
「どうして貴方はそんなことまでご存知なんですか、ゴリオ父さん?」ウージェーヌは彼を暖炉のところに坐らせながら言った。
「彼女の小間使いが私に教えてくれたんです。私は娘達の様子はテレーズとコンスタンスに聞いて何でも知ってるんです」彼は嬉しげに答えた。老人はまだとても若い恋人が女主人に気づかれないように彼女との連絡を確保しておく策略を立てて、その幸福に浸っているように見えた。「貴方は娘達に会える、貴方ならきっと!」彼は悲しげな妬みを素朴に表しながら言った。
「そんなの分かりませんよ」ウージェーヌが答えた。「僕はボーセアン夫人のところへ行って、彼女が僕を元帥に紹介してくれるかどうか訊いてみます」

 

Eugène pensait avec une sorte de joie intérieure à se montrer chez la vicomtesse mis comme il le serait désormais. Ce que les moralistes nomment les abîmes du cœur humain sont uniquement les décevantes pensées, les involontaires mouvements de l'intérêt personnel. Ces péripéties, le sujet de tant de réclamations, ces retours soudains sont des calculs faits au profit de nos jouissances. En se voyant bien mis, bien ganté, bien botté, Rastignac oublia sa vertueuse résolution. La jeunesse n'ose pas se regarder au miroir de la conscience quand elle verse du côté de l'injustice, tandis que l'âge mûr s'y est vu : là ait toute la différence entre ces deux phases de la vie. Depuis quelques jours, les deux voisins, Eugène et le père Goriot, étaient devenus bons amis. Leur secrète amitié tenait aux raisons psychologiques qui avaient engendré des sentiments contraires entre Vautrin et l'étudiant. Le hardi philosophe qui voudra constater les effets de nos sentiments dans le monde physique trouvera sans doute plus d'une preuve de leur effective matérialité dans les rapports qu'ils créent entre nous et les animaux. Quel physiognomoniste est plus prompt à deviner un caractère qu'un chien l'est à savoir si un inconnu l'aime ou ne l'aime pas ? Les atomes crochus , expression proverbiale dont chacun se sert, sont un de ces faits qui restent dans les langages pour démentir les niaiseries philosophiques dont s'occupent ceux qui aiment à vanner les épluchures des mots primitifs. On se sent aimé. Le sentiment s'empreint en toutes choses et traverse les espaces. Une lettre est une âme, elle est un si fidèle écho de la voix qui parle que les esprits délicats la comptent parmi les plus riches trésors de l'amour. Le père Goriot, que son sentiment irréfléchi élevait jusqu'au sublime de la nature canine, avait flairé la compassion, l'admirative bonté, les sympathies juvéniles qui s'étaient émues pour lui dans le cœur de l'étudiant. Cependant cette union naissante n'avait encore amené aucune confidence. Si Eugène avait manifesté de voir madame de Nucingen, ce n'était pas qu'il comptât sur le vieillard pour être introduit par lui chez elle ; mais il espérait qu'une indiscrétion pourrait le bien servir. Le père Goriot ne lui avait parlé de ses filles qu'à propos de ce qu'il s'était permis d'en dire publiquement le jour de ses deux visites.- Mon cher monsieur, lui avait-il dit le lendemain, comment avez-vous pu croire que madame de Restaud vous en ait voulu d'avoir prononcé mon nom ? Mes deux filles m'aiment bien. Je suis heureux père. Seulement, mes deux gendres se sont mal conduits envers moi. je n'ai pas voulu faire souffrir ces chères créatures de mes dissensions avec leurs maris, et j'ai préféré les voir en secret. Ce mystère me donne mille jouissances que ne comprennent pas les autres pères qui peuvent voir leurs filles quand ils veulent. Moi, je ne le peux pas, comprenez-vous ? Alors je vais, quand il fait beau, dans les Champs-Elysées, après avoir demandé aux femmes de chambre si mes filles sortent. Je les attends au passage, le cœur me bat quand les voitures arrivent, je les admire dans leur toilette, elles me jettent en passant un petit rire qui me dore la nature comme s'il y tombait un rayon de quelque beau soleil. Et je reste, elles doivent revenir. Je les vois encore ! l'air leur a fait du bien, elles sont roses. J'entends dire autour de moi : Voilà une belle femme ! Ça me réjouit le cœur. N'est-ce pas mon sang ? J'aime les chevaux qui les traînent, et je voudrais être le petit chien qu'elles ont sur leurs genoux. Je vis de leurs plaisirs. Chacun a sa façon d'aimer, la mienne ne fait pourtant de mal à personne, pourquoi le monde s'occupe-t-il de moi ? Je suis heureux à ma manière. Est-ce contre les lois que j'aille voir mes filles, le soir, au moment où elles sortent de leurs maisons pour se rendre au bal ? Quel chagrin pour moi si j'arrive trop tard, et qu'on me dise : Madame est sortie. Un soir j'ai attendu jusqu'à trois heures du matin pour voir Nasie, que je n'avais pas vue depuis deux jours. J'ai manqué crever d'aise ! Je vous en prie, ne parlez de moi que pour dire combien mes filles sont bonnes. Elles veulent me combler de toutes sortes de cadeaux ; je les en empêche, je leur dis : " Gardez donc votre argent ! Que voulez-vous que j'en fasse ! Il ne me faut rien. " En effet, mon cher monsieur, que suis-je ? un méchant cadavre dont l'âme est partout où sont mes filles. Quand vous aurez vu madame de Nucingen, vous me direz celle des deux que vous préférez, dit le bonhomme après un moment de silence en voyant Eugène qui se disposait à partir pour aller se promener aux Tuileries en attendant l'heure de se présenter chez madame de Beauséant.

Cette promenade fut fatale à l'étudiant. Quelques femmes le remarquèrent. Il était si beau, si jeune, et d'une élégance de si bon goût ! En se voyant l'objet d'une attention presque admirative, il ne pensa plus à ses sœurs ni à sa tante dépouillées, ni à ses vertueuses répugnances. Il avait vu passer au-dessus de sa tête ce démon qu'il est si facile de prendre pour un ange, ce Satan aux ailes diaprées, qui sème des rubis, qui jette ses flèches d'or au front des palais, empourpre les femmes, revêt d'un sot éclat les trônes, si simples dans leur origine ; il avait écouté le dieu de cette vanité crépitante dont le clinquant nous semble être un symbole de puissance. La parole de Vautrin, quelque cynique qu'elle fût, s'était logée dans son cœur comme dans le souvenir d'une vierge se grave le profil ignoble d'une vieille marchande à la toilette, qui lui a dit : " Or et amour à flots ! " Après avoir indolemment flâné, vers cinq heures Eugène se présenta chez madame de Beauséant, et il y reçut un de ces coups terribles contre lesquels les cœurs jeunes sont sans armes. Il avait jusqu'alors trouvé la vicomtesse pleine de cette aménité polie, de cette grâce melliflue donnée par l'éducation aristocratique, et qui n'est complète que si elle vient du cœur.

Quand il entra, madame de Beauséant fit un geste sec, et lui dit d'une voix brève :- Monsieur de Rastignac, il m'est impossible de vous voir, en ce moment du moins ! je suis en affaire…

Pour un observateur, et Rastignac l'était devenu promptement, cette phrase, le geste, le regard, l'inflexion de voix, étaient l'histoire du caractère et des habitudes de la caste. Il aperçut la main de fer sous le gant de velours ; la personnalité, l'égoïsme, sous les manières ; le bois, sous le vernis. Il entendit enfin le MOI LE ROI qui commence sous les panaches du trône et finit sous le cimier du dernier gentilhomme. Eugène s'était trop facilement abandonné sur sa parole à croire aux noblesses de la femme. Comme tous les malheureux, il avait signé de bonne foi le pacte délicieux qui doit lier le bienfaiteur à l'obligé, et dont le premier article consacre entre les grands cœurs une complète égalité. La bienfaisance, qui réunit deux êtres en un seul, est une passion céleste aussi incomprise, aussi rare que l'est le véritable amour. L'un et l'autre est la prodigalité des belles âmes. Rastignac voulait arriver au bal de la duchesse de Carigliano, il dévora cette bourrasque.

 

ウージェーヌはある種の心の内なる喜びを感じながら、今後はその場に相応しい服装をして、ボーセアン夫人の邸へ現れる自分の様子を思い浮かべた。道徳家達は彼の中に心の闇を見たと言うかもしれない。しかし心の闇とは恐ろしく深い思慮の結晶ではなく、個人的利害に絡んだ当てにならない思惑や無意識的動作が意に反して表面化する現象に過ぎない。なお、ここに出てくる予期せぬ出来事、仰々しい長広舌が提出するテーマ、急激な変転はウージェーヌの心理分析を離れて、もっぱら我々の楽しみのために伏線として敷かれていることをご理解願いたい。
よく着こなし、手袋をはめ、長靴を履いた自分の姿を見たラスチニャックはつい先ほどの高潔な決心を忘れてしまった。若者というものは自らが不正に浸されている時は敢えて良心の鏡に自分を写して見ることをしない。一方で成熟した人はそんな時も自らを眺めるものである。人生の二つの段階のはざまであるそこに、総ての違いが横たわっている。いつの日からか、二人の隣人、ウージェーヌとゴリオ爺さんは良き友人となった。彼等の秘密の友情は、ヴォートランと学生とのそれとは対極的な感情から生み出された心理的な理由に由来していた。大胆な哲学、それは我々の感情が物質界に及ぼす影響を確認することを目指したのだが、当初の目的から言えば副次的産物の方により多くの証拠を見つけ出すことになりそうだ。それは我々と動物の間に存する感情についての類似点というテーマだ。犬が初めての人に対して、自分を可愛がってくれるかくれないかを判断するために、一瞬にして人の性格を見抜く早さに勝る人相学者が果たしているものだろうか? 心が通じ合う、これは誰もがよく使う言い回しだが、どういうことなのだろうか。思うに、原初的言語と派生的言語を弁で仕切るのが好きな連中が、前者でもって哲学的定型表現を組み立てたが、それに反する事実が切り捨てられた派生的言葉の中になお多く存在し続けているということではなかろうか。人は愛されると感じる。感情は総ての事物に刻み込まれ、そして空間の中を移動する。一通の手紙は一個の魂であり、それは繊細な精神が愛の最も豊かな財宝の一つに数えるところの、あの声の忠実な反復なのだ。ゴリオ爺さんの場合、彼の感情は無思慮に高められ、その嗅覚は犬が天性授けられたものの域に達していたので、学生の心の中に芽生えた彼への同情、感嘆の混じった好意、若者らしい共感を嗅ぎ取ったわけである。こうした付き合いが生まれはしたが、まだ二人が打ち明け話をし合うには至らなかった。もしウージェーヌがニュシンゲン夫人との面会を希望したとしても、彼がこの老人を通じて彼女に紹介してもらうというようなことは望めなかった。しかし彼はそうした希望を漏らすことが結構効果的なのではないかと期待していた。ゴリオ爺さんは二人の娘のことについては、言ってみれば公表の認められていること、二人の娘が訪れる日程といったこと以外には彼に話したことがなかった。「ねえ、貴方」翌朝、ゴリオ爺さんが彼に話しかけた。「想像出来ますかね、貴方、レストー夫人が私の名前を呼ぶ時、どんな風に呼ぶのかって? 私の娘は二人とも、私のことをとても愛してくれてるんだよ。私は幸せな父親だ。ただ、私の二人の婿だが、私とは上手くいってないんだ。私は可愛い娘達を私が彼女達の夫と仲違いすることで悩ませたくないんだ。それより私は彼女達とこっそり会うことの方が好きなんだ。この隠し事が私にはたまらなく楽しいんだ。これはいつでも好きな時に娘に会える他の親父達には分かりゃすまい。私はね、他の親父達のやってることが出来ないんだ、分りますか? そこで、天気の良い日、私はシャンゼリゼに出かける、小間使いに私の娘達は出掛けたかどうか尋ねてからだがな……私は道で彼女達を待つんだ、馬車がやってくると私の心臓はどきどきする。私は化粧した彼女達を感嘆して眺める。彼女達は通り過ぎながら小さく微笑んで見せてくれる。すると綺麗な日の光が射して、私はその自然の中に包み込まれるような気がするんだよ。それから、私はそこに留まっている。彼女達がまた戻ってくるはずなんだ。そして私はまた彼女達に会うんだ! 空気が彼女達をいっそう綺麗にする。彼女達は薔薇色だ。私には周りの話し声が聞こえる。ほらあそこに綺麗な人がいる! その声で私の心はまた嬉しさで弾むんだ。あれは私の直系じゃないか? 私は彼女達の馬車を引っ張る馬を愛している、そして私は彼女達の膝の上にいる小犬になりたいと思うんだ。そしたら私は彼女達の喜びを見られるんだ。人それぞれに愛し方というものがある。しかし私のは人に害を及ぼすものではない。なのに何故みんなが私に口出しするんだ? 私は私のやり方で幸せなんだ。私が毎晩、娘達が舞踏会に行くために家を出る時を捉えて会いに行くのは法律違反かね? 私が遅く行ったために『奥様はお出掛けになりました』等と言われた時の私の悲しみはどんなに深かっただろうか。ある晩など、私はナジーに会いたくて夜明けの三時まで待ったものだった。それまで丸二日間というもの、彼女に会ってなかったんだ。私は死ぬほど退屈だった! お願いだから、私には娘達がどんなにいい具合にやってるかだけを話して下さいませんか。彼女達は私にはいっぱいいろんな種類のお土産を持ってこようとするんだ。私はそれをさせんようにしてるんだ。それで言ってやるんだ。『それよりもお前達の財産を守れ!』貴方なら私がどうすべきだと思いますか? 私には何も要らない。本当に、貴方、私は一体何だろう? 聞き分けのない亡霊のようなものかね、魂だけはあちらこちらと娘達の居場所をうろついている。いつか貴方がニュシンゲン夫人に会ったら、二人のうち、どちらが好きか私に言ってくださいね」この善良な男は一瞬の沈黙を置いた後、ウージェーヌを見つめて言った。学生はそろそろ出掛けようとしていた。彼はボーセアン夫人のところへ行くまでの時間にチュイルリーを散歩して過ごそうとしていた。
この散歩は学生にとって運命的なものとなった。何人かの女性が彼を目に留めた。彼はとてもハンサムで、とても若く、しかもとても趣味の良い上品さを身に付けていた! ほとんど感嘆に近い眼差しが自分に注がれているのに気づくと、彼はもはや妹達のことも落ちぶれた叔母のことも善が掻き立てる嫌悪感のことも考えられなくなっていた。彼の頭の中を、誰か一人の天使をものにするのは簡単じゃないかという悪魔的な考えが走り過ぎるのを彼は見た。あのサタンは多彩な翼を持ち、ルビーを撒き散らし、宮殿の前で黄金に輝く毒舌を吐き、女性達の顔を赤らめさせ、馬鹿を装いながら王位を分裂させてしまう。彼等も元々はごく素朴なものだったのだが……彼はこのパチパチ音を立てる虚栄心に、神の声を聞いた。その美辞麗句は、我々には力の象徴のように思われるものなのだ。ヴォートランの言葉は、それが如何に反世間的なものであったとはいえ、彼の心の中に、処女の思い出の中に刻み込まれた化粧品売りの婆さんのいかにも恥知らずな横顔とその言葉のように、いつまでも残っていた。その婆さんは少女に言ったものだ。「金と愛情はどっさりあるんだよ!」
何をするでもなく、ぶらぶら散歩した後、ウージェーヌは五時頃にボーセアン夫人の許を訪れたが、そこで彼は恐ろしい衝撃を受けた。若者はそれに対抗するすべを持っていない、それほどの衝撃だった。これまで彼が会った子爵夫人は、貴族の教育によって培われた礼儀正しい優しさや、心地よい優雅さに溢れていた。それらが、彼女の真心から出たものと、全面的に言えないにしてもである。
彼が入ってゆくと、ボーセアン夫人は無愛想な様子で、彼に向かってぶっきらぼうに言った。「ラスチニャックさん、貴方にお会いすることが出来ないの、とにかく今はね! ちょっと取り込み中なので……」
他人が見ても、あるいはラスチニャック本人にとっても状況が急変していた。この言葉遣い、仕草、眼差し、声の抑揚が、性格を物語っていたし、またそれは特権階級の習慣そのものだった。彼はビロードの手袋の下に隠されていた鉄の手を認識した。礼儀作法の下に隠された人格や利己主義も、ニスの下にある木質も……要するに彼は〈朕は国家なり〉という王様の羽飾りから発し、最後の貴族の兜の天辺にまで受け継がれた言葉を聞いたのだった。ウージェーヌは彼女の言葉を聞くと、実にあっけなくこの婦人の威厳の前に身を屈したのだった。とても口惜しいことに彼は既に誠意をもって契約書にサインしてしまっていたが、それは夫人にとっては結構な内容で、保護者と被保護者の結びつきは保護者の恣意に任されていた。その中の第一項は、数々の大きな精神活動の中から、完全な平等を抜き取り神に捧げていた。そもそも平等という観念は良く理解されておらず、真実の愛がそうであるように、実在しないに等しいものであった。二人の間の平等は消されてしまっていたというわけである。彼女の慈善的精神が二人をようやく繋ぎとめてくれたのだった。ラスチニャックはカリリアーノ伯爵夫人の舞踏会に行くことを望んでいた。疾風のように総てを嘗め尽くす積りだった。

 

 

- Madame, dit-il d'une voix émue, s'il ne s'agissait pas d'une chose importante, je ne serais pas venu vous importuner ; soyez assez gracieuse pour me permettre de vous voir plus tard, j'attendrai.

- Eh bien ! venez dîner avec moi, dit-elle un peu confuse de la dureté qu'elle avait mise dans ses paroles ; car cette femme était vraiment aussi bonne que grande.

Quoique touché de ce retour soudain, Eugène se dit en s'en allant : " Rampe, supporte tout. Que doivent être les autres, si, dans un moment, la meilleure des femmes efface les promesses de son amitié, te laisse là comme un vieux soulier ? Chacun pour soi, donc ? Il est vrai que sa maison n'est pas une boutique, et que j'ai tort d'avoir besoin d'elle. Il faut, comme dit Vautrin, se faire boulet de canon. " Les amères réflexions de l'étudiant furent bientôt dissipées par le plaisir qu'il se promettait en dînant chez la vicomtesse. Ainsi, par une sorte de fatalité, les moindres événements de sa vie conspiraient à le pousser dans la carrière où, suivant les observations du terrible sphinx de la Maison Vauquer, il devait, comme sur un champ de bataille, tuer pour ne pas être tué, tromper pour ne pas être trompé ; où il devait déposer à la barrière sa conscience, son cœur, mettre un masque, se jouer sans pitié des hommes, et, comme à Lacédémone, saisir sa fortune sans être vu, pour mériter la couronne. Quand il revint chez la vicomtesse, il la trouva pleine de cette bonté gracieuse qu'elle lui avait toujours témoignée. Tous deux allèrent dans une salle à manger où le vicomte attendait sa femme, et où resplendissait ce luxe de table qui sous la Restauration fut poussé, comme chacun le sait, au plus haut degré. Monsieur de Beauséant, semblable à beaucoup de gens blasés, n'avait plus guère d'autres plaisirs que ceux de la bonne chère ; il était en fait de gourmandise de l'école de Louis XVIII et du duc d'Escars. Sa table offrait donc un double luxe, celui du contenant et celui du contenu. Jamais semblable spectacle n'avait frappé les yeux d'Eugène, qui dînait pour la première fois dans une de ces maisons où les grandeurs sociales sont héréditaires. La mode venait de supprimer les soupers qui terminaient autrefois les bals de l'Empire, où les militaires avaient besoin de prendre des forces pour se préparer à tous les combats qui les attendaient au dedans comme au-dehors. Eugène n'avait encore assisté qu'à des bals. L'aplomb qui le distingua plus tard si éminemment, et qu'il commençait à prendre, l'empêcha de s'ébahir niaisement. Mais en voyant cette argenterie sculptée, et les mille recherches d'une table somptueuse, en admirant pour la première fois un service fait sans bruit, il était difficile à un homme d'ardente imagination de ne pas préférer cette vie constamment élégante à la vie de privations qu'il voulait embrasser le matin. Sa pensée le rejeta pendant un moment dans sa pension bourgeoise ; il en eut une si profonde horreur qu'il se jura de la quitter au mois de janvier, autant pour se mettre dans une maison propre que pour fuir Vautrin, dont il sentait la large main sur son épaule. Si l'on vient à songer aux mille formes que prend à Paris la corruption, parlante ou muette, un homme de bon sens se demande par quelle aberration l'Etat y met des écoles, y assemble des jeunes gens, comment les jolies femmes y sont respectées, comment l'or étalé par les changeurs ne s'envole pas magiquement de leurs sébiles. Mais si l'on vient à songer qu'il est peu d'exemples de crimes, voire même de délits commis par les jeunes gens, de quel respect ne doit-on pas être pris pour ces patients Tantales qui se combattent eux-mêmes, et sont presque toujours victorieux ! S'il était bien peint dans sa lutte avec Paris, le pauvre étudiant fournirait un des sujets les plus dramatiques de notre civilisation moderne. Madame de Beauséant regardait vainement Eugène pour le convier à parler, il ne voulut rien dire en présence du vicomte.

- Me menez-vous ce soir aux Italiens ? demanda la vicomtesse à son mari.

- Vous ne pouvez douter du plaisir que j'aurais à vous obéir, répondit-il avec une galanterie moqueuse dont l'étudiant fut la dupe, mais je dois aller rejoindre quelqu'un aux Variétés.

- Sa maîtresse, se dit-elle.

- Vous n'avez donc pas d'Ajuda ce soir ? demanda le vicomte.

- Non, répondit-elle avec humeur.

- Eh bien ! s'il vous faut absolument un bras, prenez celui de monsieur de Rastignac.

La vicomtesse regarda Eugène en souriant.

- Ce sera bien compromettant pour vous, dit-elle.

- Le Français aime le péril, parce qu'il y trouve la gloire , a dit monsieur de Chateaubriand, répondit Rastignac en s'inclinant.

Quelques moments après, il fut emporté près de madame de Beauséant, dans un coupé rapide, au théâtre à la mode, et crut à quelque féerie lorsqu'il entra dans une loge de face, et qu'il se vit le but de toutes les lorgnettes concurremment avec la vicomtesse, dont la toilette était délicieuse. Il marchait d'enchantements en enchantements.

- Vous avez à me parler, lui dit madame de Beauséant. Ah ! tenez, voici madame de Nucingen à trois loges de la nôtre. Sa sœur et monsieur de Trailles sont de l'autre côté.

En disant ces mots, la vicomtesse regardait la loge où devait être mademoiselle de Rochefide, et, n'y voyant pas monsieur d'Ajuda, sa figure prit un éclat extraordinaire.

- Elle est charmante, dit Eugène après avoir regardé madame de Nucingen.

- Elle a les cils blancs.

- Oui, mais quelle jolie taille mince !

- Elle a de grosses mains.

- Les beaux yeux !

- Elle a le visage en long.

- Mais la forme longue a de la distinction.

- Cela est heureux pour elle qu'il y en ait là. Voyez comment elle prend et quitte son lorgnon ! Le Goriot perce dans tous ses mouvements, dit la vicomtesse au grand étonnement d'Eugène.

En effet, madame de Beauséant lorgnait la salle et semblait ne pas faire attention à madame de Nucingen, dont elle ne perdait cependant pas un geste. L'assemblée était exquisément belle. Delphine de Nucingen n'était pas peu flattée d'occuper exclusivement le jeune, le beau, l'élégant cousin de madame de Beauséant, il ne regardait qu'elle.

- Si vous continuez à la couvrir de vos regards, vous allez faire scandale, monsieur de Rastignac. Vous ne réussirez à rien, si vous vous jetez ainsi à la tête des gens.

- Ma chère cousine, dit Eugène, vous m'avez déjà bien protégé ; si vous voulez achever votre ouvrage, je ne vous demande plus que de me rendre un service qui vous donnera peu de peine et me fera grand bien. Me voilà pris.

- Déjà ?

- Oui.

- Et de cette femme ?

- Mes prétentions seraient-elles donc écoutées ailleurs ? dit-il en lançant un regard pénétrant à sa cousine. Madame la duchesse de Carigliano est attachée à madame la duchesse de Berry, reprit-il après une pause, vous devez la voir, ayez la bonté de me présenter chez elle et de m'amener au bal qu'elle donne lundi. J'y rencontrerai madame de Nucingen, et je livrerai ma première escarmouche.

- Volontiers, dit-elle. Si vous vous sentez déjà du goût pour elle, vos affaires de cœur vont très bien. Voici de Marsay dans la loge de la princesse Galathionne. Madame de Nucingen est au supplice, elle se dépite. Il n'y a pas de meilleur moment pour aborder une femme, surtout une femme de banquier. Ces dames de la Chaussée-d'Antin aiment toutes la vengeance.

- Que feriez-vous donc, vous, en pareil cas ?

- Moi, je souffrirais en silence.

En ce moment le marquis d'Ajuda se présenta dans la loge de madame de Beauséant.

- J'ai mal fait mes affaires afin de venir vous retrouver, dit-il, et je vous en instruis pour que ce ne soit pas un sacrifice.

Les rayonnements du visage de la vicomtesse apprirent à Eugène à reconnaître les expressions d'un véritable amour, et à ne pas les confondre avec les simagrées de la coquetterie parisienne. Il admira sa cousine, devint muet et céda sa place à monsieur d'Ajuda en soupirant. " Quelle noble, quelle sublime créature est une femme qui aime ainsi ! se dit-il. Et cet homme la trahirait pour une poupée ! comment peut-on la trahir ? " Il se sentit au cœur une rage d'enfant. Il aurait voulu se rouler aux pieds de madame de Beauséant, il souhaitait le pouvoir des démons afin de l'emporter dans son cœur, comme un aigle enlève de la plaine dans son aire une jeune chèvre blanche qui tette encore. Il était humilié d'être dans ce grand Musée de la beauté sans son tableau, sans une maîtresse à lui. " Avoir une maîtresse et une position quasi royale, se disait-il, c'est le signe de la puissance ! " Et il regarda madame de Nucingen comme un homme insulté regarde son adversaire. La vicomtesse se retourna vers lui pour lui adresser sur sa discrétion raille remerciements dans un clignement d'yeux. Le premier acte était fini.

- Vous connaissez assez madame de Nucingen pour lui présenter monsieur de Rastignac ? dit-elle au marquis d'Ajuda.

- Mais elle sera charmée de voir monsieur, dit le marquis.

Le beau Portugais se leva, prit le bras de l'étudiant, qui en un clin d'oeil se trouva auprès de madame de Nucingen.

- Madame la baronne, dit le marquis, j'ai l'honneur de vous présenter le chevalier Eugène de Rastignac, un cousin de la vicomtesse de Beauséant. Vous faites une si vive impression sur lui, que j'ai voulu compléter son bonheur en le rapprochant de son idole.

Ces mots furent dits avec un certain accent de raillerie qui en faisait passer la pensée un peu brutale, mais qui, bien sauvée, ne déplaît jamais à une femme. Madame de Nucingen sourit, et offrit à Eugène la place de son mari, qui venait de sortir.

- Je n'ose pas vous proposer de rester près de moi, monsieur, lui dit-elle. Quand on a le bonheur d'être auprès de madame de Beauséant, on y reste.

- Mais, lui dit à voix basse Eugène, il me semble, madame, que si je veux plaire à ma cousine, je demeurerai près de vous. Avant l'arrivée de monsieur le marquis, nous parlions de vous et de la distinction de toute votre personne, dit-il à haute voix.

Monsieur d'Ajuda se retira.

- Vraiment, monsieur, dit la baronne, vous allez me rester ? Nous ferons donc connaissance, madame de Restaud m'avait déjà donné le plus vif désir de vous voir.

- Elle est donc bien fausse, elle m'a fait consigner à sa porte.

- Comment ?

- Madame, j'aurai la conscience de vous en dire la raison ; mais je réclame toute votre indulgence en vous confiant un pareil secret. Je suis le voisin de monsieur votre père. J'ignorais que madame de Restaud fût sa fille. J'ai eu l'imprudence d'en parler fort innocemment, et j'ai fâché madame votre sœur et son mari. Vous ne sauriez croire combien madame la duchesse de Langeais et ma cousine ont trouvé cette apostasie filiale de mauvais goût. Je leur ai raconté la scène, elles en ont ri comme des folles. Ce fut alors qu'en faisant un parallèle entre vous et votre sœur, madame de Beauséant me parla en fort bons termes, et me dit combien vous étiez excellente pour mon voisin, monsieur Goriot. Comment, en effet, ne l'aimeriez-vous pas ? il vous adore si passionnément que j'en suis déjà jaloux. Nous avons parlé de vous ce matin pendant deux heures. Puis, tout plein de ce que votre père m'a raconté, ce soir en dînant avec ma cousine, je lui disais que vous ne pouviez pas être aussi belle que vous étiez aimante. Voulant sans doute favoriser une si chaude admiration, madame de Beauséant m'a amené ici, en me disant avec sa grâce habituelle que je vous y verrais.

- Comment, monsieur, dit la femme du banquier, je vous dois déjà de la reconnaissance ? Encore un peu, nous allons être de vieux amis.

- Quoique l'amitié doive être près de vous un sentiment peu vulgaire, dit Rastignac, je ne veux jamais être votre amie.

Ces sottises stéréotypées à l'usage des débutants paraissent toujours charmantes aux femmes, et ne sont pauvres que lues à froid. Le geste, l'accent, le regard d'un jeune homme, leur donnent d'incalculables valeurs. Madame de Nucingen trouva Rastignac charmant. Puis, comme toutes les femmes, ne pouvant rien dire à des questions aussi drûment posées que l'était celle de l'étudiant, elle répondit à une autre chose.

- Oui, ma sœur se fait tort par la manière dont elle se conduit avec ce pauvre père, qui vraiment a été pour nous un dieu. Il a fallu que monsieur de Nucingen m'ordonnât positivement de ne voir mon père que le matin, pour que je cédasse sur ce point. Mais j'en ai longtemps été bien malheureuse. Je pleurais. Ces violences, venues après les brutalités du mariage, ont été l'une des raisons qui troublèrent le plus mon ménage. Je suis certes la femme de Paris la plus heureuse aux yeux du monde, la plus malheureuse en réalité. Vous allez me trouver folle de vous parler ainsi. Mais vous connaissez mon père, et, à ce titre, vous ne pouvez pas m'être étranger.

- Vous n'avez jamais rencontré personne, lui dit Eugène, qui soit animé d'un plus vif désir de vous appartenir. Que cherchez-vous toutes ? le bonheur, reprit-il d'une voix qui allait à l'âme. Eh bien ! si, pour une femme, le bonheur est d'être aimée, adorée, d'avoir un ami à qui elle puisse confier ses désirs, ses fantaisies, ses chagrins, ses joies ; se montrer dans la nudité de son âme, avec ses jolis défauts et ses belles qualités, sans craindre d'être trahie ; croyez-moi, ce cœur dévoué, toujours ardent, ne peut se rencontrer que chez un homme jeune, plein d'illusions, qui peut mourir sur un seul de vos signes, qui ne sait rien encore du monde et n'en veut rien savoir, parce que vous devenez le monde pour lui. Moi, voyez-vous, vous allez rire de ma naïveté, j'arrive du fond d'une province, entièrement neuf, n'ayant connu que de belles âmes, et je comptais rester sans amour. Il m'est arrivé de voir ma cousine, qui m'a mis trop près de son cœur ; elle m'a fait deviner les mille trésors de la passion, je suis, comme Chérubin, l'amant de toutes les femmes, en attendant que je puisse me dévouer à quelqu'une d'entre elles. En vous voyant, quand je suis entré, je me suis senti porté vers vous comme par un courant. J'avais déjà tant pensé à vous ! Mais je ne vous avais pas rêvée aussi belle que vous l'êtes en réalité. Madame de Beauséant m'a ordonné de ne pas vous tant regarder. Elle ne sait pas ce qu'il y a d'attrayant à voir vos jolies lèvres rouges, votre teint blanc, vos yeux si doux. Moi aussi, je vous dis des folies, mais laissez-les-moi dire.

Rien ne plaît plus aux femmes que de s'entendre débiter ces douces paroles. La plus sévère dévote les écoute, même quand elle ne doit pas y répondre. Après avoir ainsi commencé, Rastignac défila son chapelet d'une voix coquettement sourde ; et madame de Nucingen encourageait Eugène par des sourires en regardant de temps en temps de Marsay, qui ne quittait pas la loge de la princesse Galathionne. Rastignac resta près de madame de Nucingen jusqu'au moment où son mari vint la chercher pour l'emmener.

- Madame, lui dit Eugène, j'aurai le plaisir de vous aller voir avant le bal de la duchesse de Carigliano.

- Puisqui matame fous encache , dit le baron, épais Alsacien dont la figure ronde annonçait une dangereuse finesse, fous êtes sir d'être pien essi.

- Mes affaires sont en bon train, car elle ne s'est pas bien effarouchée en m'entendant lui dire : " M'aimerez-vous bien ? " Le mors est mis à ma bête, sautons dessus et gouvernons-la, se dit Eugène en allant saluer madame de Beauséant qui se levait et se retirait avec l'Ajuda. Le pauvre étudiant ne savait pas que la baronne était distraite, et attendait de de Marsay une de ces lettres décisives qui déchirent l'âme. Tout heureux de son faux succès, Eugène accompagna la vicomtesse jusqu'au péristyle, où chacun attend sa voiture.

- Votre cousin ne se ressemble plus à lui-même, dit le Portugais en riant à la vicomtesse quand Eugène les eut quittés. Il va faire sauter la banque. Il est souple comme une anguille, et je crois qu'il ira loin. Vous seule avez pu lui trier sur le volet une femme au moment où il faut la consoler.

- Mais, dit madame de Beauséant, il faut savoir si elle aime encore celui qui l'abandonne.

 

 

「奥様」彼は熱のこもった声で言った。「大事なことでなければ、貴女にうるさがられるのに、やっては来ません。もし私にご親切をかけて下さるなら、どうか後でご面会させていただきたく思います。私はお待ちしております」
「あーそうね! 私と夕食をしにいらっしゃい」彼女は先ほどの言葉にきつい印象が入っていたことを少し恐縮しながら言った。この婦人は立派であると同様に本当に善良な人だったのだ。
この突然の態度変更に喜んだものの、ウージェーヌはそこから立ち去りつつ思った。「這いつくばるんだ、ひたすら耐えるんだ。他の連中ならどうするだろ、もしも最高に素敵な女性が友達との約束を反故にする、そんな瞬間があったとしたら、そして君はそこに古靴のように棄てられるとしたら? 自己中心主義なのか、結局? 確かに彼女の家はお店じゃない、だから僕がそこで彼女に必要なものを頼むのはまちがっていた。ヴォートランが言うとおり、僕は自分で大砲の弾を手に入れなければならない」学生の苦い反省は子爵夫人のところで夕食をしながら約束することが出来た新しい喜びのおかげで、まもなく霧消してしまった。それと同時に、ある運命によって、この時の彼の人生に起こった極めて些細な幾つかの出来事は彼の背中を押して、ある階段の方へ向かわせたのだった。その階段こそ、メゾン・ヴォーケに住む恐るべきスフィンクスの見立てに従えば、まるで戦場のようなところで、彼は殺される前に殺し、騙される前に騙す、そういう人間になってゆくところだと言うのだ。そこでは、彼は良心の壁の前に自分の心を置き、仮面を付け、人間的な情などはものともせず、古代ギリシャのスパルタのように、人知れず財を手に入れ王位に就こうとするようになるだろうと、例のスフィンクス男が言ったのだった。彼が再び子爵夫人の邸に戻ってみると、彼女はこれまでいつも彼に見せてきたようなしとやかな優しさをいっぱいに見せて彼に対してくれた。二人は揃って食堂に入っていった。子爵がそこで夫人を待っていた。そして王政復古以来、誰もが認めているように、食卓の豪華さは最高の水準にまで達していた。ド・ボーセアン氏は何事にも感激しなくなった人の多くがそうであるように、美食以外にはほとんど楽しみがなくなっていた。彼は食道楽に関してはルイ十八世やデスカール公爵[55]の弟子だった。彼の食卓は何と二重の豪華さ――食器の豪華さと中味の豪華さ――を共に提供していたのだった。ウージェーヌはかつてこれほどの光景にお目にかかったことはなかったし、彼にとって父祖伝来の社会的権勢を誇ったこの邸で夕食を食べるのは初めてのことだった。ここの流儀は、かつては帝国の舞踏会の締めくくりに出されていた夜食を最近廃止していた。かつての軍隊は国の内外において、いつ起こってもおかしくない戦闘に備えて、力を蓄えておかねばならない必要があったのだ。ウージェーヌはまだ舞踏会にしか出席したことがなかった。後になって彼を著しく目立たせた平静さは、その頃から彼が心掛け始めたのだが、そのお陰で彼は何にでも馬鹿みたいに仰天するようなことは避けられたのだった。しかし、この彫刻のほどこされた銀食器や豪華な食卓に見られる千にも及ぶ凝った意匠を眺め、音も立てずに行われるサービスに初めて接すると、感嘆を抑えることが出来なかった。燃えるような想像力を持った男にとって、こうしていつも優雅に過ごせる生活よりも、今朝考えたような窮乏生活の方を選ぶことはとても難しいことだった。彼の思考は一瞬、彼をあの高級下宿の方へ連れ戻した。彼はその時、底知れない恐怖のようなものを感じたので、一月にはこの下宿を去ろうと決心した。それは同時に、自分の肩にあの大きな手をかけていたヴォートランから逃れて、どこか適当な住居に移りたいためでもあった。もし我々がパリで無数の形で生じる堕落――表だって見えるものも人知れずにあるものを問わず――を考えてみたとしよう。良識家は次のように自問する、何と言う無分別によって国家はそこに学校を作ったのか、そこに若者達を集めたのか、何とまあそこでは可愛い女性が大事にされるのか、どうして両替商によって見せびらかされた金は彼等の木の椀からは魔術的に消えずに残っているのかと。だが、我々はウージェーヌを一つの例として取り上げてみよう。我々は彼がたまたまほんの少ししか罪を犯していない、それどころか彼は若者にありがちな一寸した違反くらいしかやっていないと認めるとしよう、それで一体何処があの辛抱強く自身と戦い、そしてほとんどいつも勝利していたあのタンタロス[56]と彼を比較出来ると言うのか! とはいえ、彼のパリとの闘いに上手な色付けがなされるなら、我が愛すべき学生は我等の現代文明を最高に劇的な主題として見せてくれるだろう。ボーセアン夫人はウージェーヌに何かしゃべらそうと勧める意味で彼の方を見たが、無駄で、彼は子爵の面前では何故か話し出す気分になれないのだった。
「私を今夜はイタリア座へ連れてってくれるの、あなた?」
「あなたの言うことには喜んで従うよ」子爵はからかい気味に優しく答えた。その微妙さに学生は気付かなかった。「だけど私はヴァリエテ座では、ある人と合流しなけりゃならんのだよ」
「あの女性だわ」彼女はそう思った。
「あなたは今夜はまたダジュダと一緒じゃないのかい?」子爵が尋ねた。
「いいえ」彼女は不機嫌に答えた。
「おや! もしあなたがどうしたって腕を組む相手が要るんだったら、ド・ラスチニャックさんの腕にすがりなさい」
子爵夫人は微笑みながらウージェーヌを見た。
「それは貴方には結構危険よね」彼女が言った。
「フランスの男は危険を好む、何故ならそこに栄光があるからだと、シャトーブリアン氏が言っています」ラスチニャックはそう答えて頭を下げた。
それから少し経った時には、彼はボーセアン夫人の横に座って、今流行の劇場に向かって飛ばして行く二輪馬車の中にいた。彼が正面の桟敷席に入ろうとした時、どういう若いツバメだろうと思われたのだろう、彼はこの上なく魅力的な化粧をしていた子爵夫人と共に、総てのオペラグラスが一斉に自分達に向けられているのを感じた。彼は歓喜の中を歩いている気持ちがした。
「貴方は私に話しかけて」ボーセアン夫人が彼に言った。「あっ! 見て、ニュシンゲン夫人がいるわ、私達から三つ目の桟敷よ。彼女の姉とド・トライユ氏は反対側の桟敷だわ」
こう言いながら子爵夫人はロシュフィード嬢が来ることになっている桟敷席に目をやった。しかしダジュダ氏の姿は見えなかった。彼なら、その姿はとても目立つはずだった。
「彼女は魅力的だ」ニュシンゲン夫人を見た後、ウージェーヌが言った。
「彼女のまつげは色が薄いわね」
「そうですね、だけど何て可愛くて細い胴をしてるんでしょう!」
「彼女の手は丸々してるのよ」
「綺麗な目だ!」
「彼女って面長ね」
「だけど面長の輪郭も品があります」
「あんな席を持つなんて、彼女も幸せだわ。見て、どうしたのかしら、彼女ったらオペラグラスをかざして、また外したわ! ゴリオ家ってのが彼女の行動の総てに現れてしまうのね」子爵夫人がこう言ったので、ウージェーヌはすっかり驚いてしまった。
確かにボーセアン夫人はその桟敷にオペラグラスを向けながら、ニュシンゲン夫人には注意を払わなくなったようだった。それにもかかわらず彼女はニュシンゲン夫人の動作は見逃してはいなかった。そこの集まりは素晴らしく美しかった。デルフィーヌ・ド・ニュシンゲンはこの若くて美しくて上品なボーセアン夫人の従弟の視線を独り占めにしていることで、ひどく浮き浮きしていた。彼は彼女以外は一切見なかった。
「貴方がそんなに彼女の方ばかり見続けてると、貴方は直ぐにスキャンダルを引き起こしますよ、ド・ラスチニャックさん。その調子で皆の前に身を晒すようでは何事にも成功しないわよ」
「姉さん」ウージェーヌが言った。「貴女は確かにこれまで僕の事を守って下さいました。貴女がこれまで僕に下さった親切をやり遂げてやろうと思って下さるにしても、僕は貴女にちょっとお力添えを頂くだけで結構です。それが僕には十分大きな力となります。僕は今、気持ちが固まりました」
「えっ、もう?」
「はい」
「で、あの女に?」
「僕の心からのお願いです。それ以外のことに聞こえますか?」彼は従姉に射抜くような眼差しを投げかけて言った。「カリリアーノ公爵夫人はベリー公爵夫人と繋がりがあるそうですね」彼は一呼吸おいて続けた。
「僕にご親切を施して下さって、彼女に紹介下さり、月曜日に彼女が開く舞踏会に僕が行けるようにしてやろうとお思いなら、彼女に会って頂きたいのです。そうすると僕はそこでニュシンゲン夫人に出会い、僕の最初の恋の鞘当を始めることになるんです」
「それなら喜んで」彼女が答えた。「貴方がもう彼女に好意を抱いているなら、貴方の恋愛ってすごく上手く行きそうだわ。ほら、ド・マルセイがガラティオーヌ王女の桟敷席にいるでしょ。ニュシンゲン夫人はとても辛い思いをしてるの、彼女は悔しい思いをしてるのよ。女に近づくのに、これ以上良いタイミングはないわ。特に銀行家の奥様にね。ショセダンタンのあの女達はともかく復讐が好きなのよ」
「貴女が彼女と似たような立場だったら、貴女ならどうなさるのですか?」
「私ならね、一人で苦しむわ」
この時、ダジュダ侯爵がボーセアン夫人の桟敷席に入ってきた。
「私はここで貴女にお会いしたくて、仕事はいい加減で切り上げてきました」彼が言った。「でも、そんなのは犠牲と言うほどのことではないんです」
子爵夫人の表情の輝きから、ウージェーヌは本物の愛の表情を読み取った。それをパリジェンヌの化粧で飾られた見せ掛けの愛と混同してはならないことも悟った。彼は従姉に感嘆していた。彼は黙って微笑みながら、ダジュダ氏に自分の席を譲った。「あのように人を愛せるなんて、何と気高く、何と高貴な女性なんだろう!」
彼は思った。「なのに、あの男は可愛い子ちゃんが欲しくて、彼女を裏切ろうとしている! どうして彼女を裏切ったり出来るんだ?」彼は心の中に子供らしい烈しい怒りを感じた。彼はむしろボーセアン夫人の足元にくるまっていたかった。彼は鷲が自分の領分の平原でまだ乳飲み子の白い子ヤギをくわえ取るように、悪魔的な力が自分を彼女の胸の中に運び込んで欲しいと願った。彼はこの巨大な美術館の中で、まだ自分の肖像画もなく、面倒をみてくれる女性の擁護者もいない実に屈辱的な存在なのだった。「女性擁護者がいるってことは、ほとんど王位にいるようなもんだ」彼は思った。「それは力の象徴なんだ!」それから彼はニュシンゲン夫人を見た。それはまるで侮辱された男が敵対者を見るような具合だった。子爵夫人は彼の方をもう一度見た時、彼がウィンクをして、精一杯の願いを伝えようとしているのを見た。最初の幕は切って落とされた。
「貴方はニュシンゲン夫人を良くご存知ですか? ラスチニャックさんを彼女にお引き合わせ出来たらと思いますのよ」彼女はダジュダ侯爵に切り出した。
「無論ですよ、この方とお知り合いになれるなら彼女も喜びますよ」侯爵が答えた。
美貌のポルトガル人は立ち上がると学生の腕を取った。学生はあっという間にニュシンゲン夫人の前に連れて行かれた。
「男爵夫人」侯爵が言った。「私は光栄にもウージェーヌ・ド・ラスチニャック卿を貴女に紹介させて頂きます。ボーセアン子爵夫人のお従弟様でいらっしゃいます。貴女は彼にとても強い印象を与えられたのです。そこで私は彼を憧れの人にもっと近づけてあげて、彼を完璧に幸せにしてあげたいと思ったというわけです。」
この言葉はある種の冷やかしめいた調子を含んでいて、やや露骨な考えを伝えていたが、それでいて、この女性には結構救いになるものがあって、決して不快感を与えるものではなかった。ニュシンゲン夫人は微笑んで、たった今出て行ったばかりの夫の席をウージェーヌに勧めた。
「私は貴方に私の傍でずっといて欲しいなんて思い切って言うことは出来ませんわ、貴方」彼女は彼に言った。「ボーセアン夫人の傍らにおられる人が、どうしてそこを離れられましょう」
「けれども」ウージェーヌは低い声で彼女に言った。「奥様、たとえ私が従姉の気に入るようにしたいと思っていても、私はどうもあなたの傍に留まってしまう様な気がするんです。侯爵が私達の席においでになるまで、私達は貴女のことや、貴女のお人柄の優れていることをずっと話していたんです」彼の声が高くなった。
ダジュダ氏が立ち去った。
「本気で貴方は」男爵夫人が尋ねた。「私の傍にいるお積りなの? だって私達知ってるんですよ、レストー夫人がもう話してくれたんですけれど、彼女は貴方にとても会いたがってるんですってね」
「彼女は全くひどいですよ、彼女は私を追い出したんです」
「何ですって?」
「奥様、私はそうなった理由を貴女には誠意を持って話したいと思います。しかし貴女にこのような秘密をお打ち明けするについて、私は貴女が寛大なお気持ちで対して頂けるように心からお願いいたします。私は貴女のお父上の隣の部屋に住んでいるのです。私はレストー夫人が彼の娘さんであることを知らなかったのです。私は軽率にも、悪気はなかったのですが大胆な発言をしてしまい、私は貴女のお姉様である夫人とそのご主人を怒らせてしまったのです。貴女はご存じないかもしれませんが、ランジェ公爵夫人と私の従姉が、どんな風に子供として忘恩きわまる裏切りとこれを捉えているかは想像するに余りあります。私は彼女達にいきさつを話しました。彼女達はそれを聞いて気違いのように笑い転げていました。更に貴女と貴女の姉上を比較した時、ボーセアン夫人は私に貴女のことを遥かに良く言っていました。そして、貴女が私の隣人のゴリオさんに如何に立派に接しておられるかを話してくれたものです。その通り、どうして貴女が彼を愛さないでおられましょうか? 彼は貴女をもう熱愛しているので、私はもう既にそれを嫉妬してしまっているくらいです。今朝だって、私達は貴女のことを二時間も話しこんでいました。そして貴女のお父様は私にとても沢山のことを話されましたが、今夜、従姉と夕食を共にした時、私は彼女に言ってやりました、貴女は美しいに違いないけれど、それ以上に情のある人であると。明らかに私はこの熱烈な賞賛が効くことを期待していたんですが、ボーセアン夫人は私をここへ連れてきてくれました。彼女はいつもの優雅な声で、ここで貴女に会えるはずだと言ってくれました」
「一体どうして貴方は」銀行家夫人が言った。「私のことをそんなによくご存知ですの? もう少ししたら、私達すっかり旧友になってしまいますわね」
「とはいえ、貴女のそばにいて友情などと言えば、少しありきたり過ぎますよ」ラスチニャックが言った。「私は決して貴女の友達なんかになりたくありません」
この初心者用の紋切り型の愚かな言葉は女達にはいつも魅力的に聞こえ、よほど冷静に聞き取られない限り、そんなに惨めな結果を招くものではない。若者の身振り、強調、そして眼差しは彼等に計算外の価値を与えるのである。ニュシンゲン夫人はラスチニャックに魅力を感じた。それでも、女というものの常として、この学生が言ったと同じような状況で、こんなに感情を露わにして出された誘いには応えられないものだから、彼女は話の方向を変えてみた。
「はい、姉は私達にとって神様のような、あの可哀想な父に向かって、間違った接し方をしています。夫のニュシンゲンも、私が父に会うのは朝だけにするようにとはっきりと言っております。私は父に会いたいので、夫の要求には従っています。でも私はこのことでは長い間、悲しい思いをしてきました。私は泣きました。結婚の後で夫から突然荒々しい言葉を投げつけられたことが、私の家庭の大きな悩みの原因の一つになったのです。パリの家庭の主婦は世間的には一番幸せなように見られていますが、本当は一番不幸せなんだと私は思っています。貴方にこんな風なお話をする私のことを頭が変なんだと、貴方はお考えになることでしょう。でも貴方は父のお知り合いです、ですから、貴方なら私のことを間違った風にお受け取りにはならないでしょう」
「貴女はこれまでに」ウージェーヌが彼女に言った。「貴女と一緒にいたいと、これほど熱くなって望むような人間には決して出会わなかったのでしょう。貴女が求めているものは一体なんですか? 幸せ」彼は彼女の魂にまで届く声音で付け加えて言った。「私はこう思うんです! 女性にとって幸福とは、愛されること、熱愛されること、彼女が自分の望み夢見ていること、悲しみや喜びを総て打ち明けられるような友人を一人持つことです。互いに心を包み隠すことなく自分を見せて、可愛い欠点や美しい性格などをひっくるめて、決して裏切られることを心配する必要もない、そういった友人です。私のことを考えてください。心は忠誠を誓い、いつも熱く燃えていて、若者でしか見出せないものや幻想で溢れていて、貴方の合図があれば即死んでもみせるが、世の中のことはまだ何も知らない、そのうえ知りたくもないという、何故なら彼にとっては貴女が世界なのです。分かって頂けるでしょうか。貴女は私の無邪気さをお笑いになるでしょう。私は田舎の奥から来たばかりで全くの新米です。無垢の心しか知りません。それで私は恋愛などしないでいる積りでした。私は従姉と会うようになりました。彼女は私のために特に心を砕いてくれました。彼女は情熱の中の幾千もの宝物を見抜くことを私に教えてくれました。私はあのシェリュバン[57]のように、総ての婦人達の恋人です。私がその婦人達の中から誰か一人の人にこの身を捧げる日が来るのを待つ間は、私は総ての婦人達の恋人なのです。ご存知のように、私が入って来た時、私は何だかある流れによって、貴女の方に運んでゆかれるような気がしました。私は貴女のことは前からずっと考えていたのです! しかし私が想像していた貴女は今目の前に実際にいらっしゃる貴女ほどには美しくはなかったのです。ボーセアン夫人はあまり貴女の方ばかりを見ないようにって言ってました。彼女は貴女の可愛い赤い唇、貴女の白い肌、貴女の甘美な瞳を見ることが、どんなに魅惑的なことであるかを知らなかったのです。私はまた、貴女に馬鹿なことを話してますね。だけど私の好きなように言わせておいてください」
このような甘い言葉が喋られるのを聞くほど女達にとって心地よいものはない。こちこちの信心家でも、これには耳を傾ける。特にそれに答える必要もないのなら尚更のことである。こんな調子で始めた後、ラスチニャックはとりとめもなく喋ったが、彼の声には訳もなく粋な雰囲気が漂っているのだった。そしてニュシンゲン夫人は微笑でウージェーヌを勇気づけてくれた。もっとも、彼女はガラテオーヌ王女の桟敷を離れようとしないド・マルセイの方を時々見やっていた。ラスチニャックはニュシンゲン夫人の夫が、彼女を連れて帰るために現れるまで、夫人のそばに留まっていた。
「奥様」ウージェーヌが彼女に言った。「カリリアーノ公爵夫人の舞踏会の前に、貴女にお会い出来れば嬉うございます」
「ヅマ、アナダノゴド、キニイッデマス」ずんぐりしたアルザス人で、その丸っこい体型が油断のならない鋭敏さを語っている男爵が言った。「アナダヲ、カンケイシマズ、セヒキテグタザイ」
「僕の恋愛は上手くいっている。何故なら彼女は僕が彼女に何を言っても気を悪くしていない。僕のこと気に入りましたか? なんてことまで言ったのにさ。僕のお馬ちゃんにはみを付けちゃったから、これからは思いっきり乗り回しちゃうぞー」ウージェーヌはボーセアン夫人の桟敷へ挨拶に向かいながら、そんなことを考えていた。夫人は立ち上がって、ダジュダと一緒に退去するところだった。哀れな学生は先ほどのニュシンゲン男爵夫人が実は放心状態で、ド・マルセイからの手紙を待っていたことを知らなかった。それは人の心を引き裂く決定的な手紙だったのだ。成功と勘違いしていたウージェーヌは幸福そのもので、子爵夫人に従って列柱回廊に向かった。そこではめいめいが自分の馬車の到着を待っていた。
「貴女のお従弟さんはすっかり感じが変わっちゃいましたね」ウージェーヌが彼等のもとを離れた時、ポルトガル人が笑いながら言った。「彼は銀行家夫人に飛びつこうとしています。彼はまるで鰻のように柔軟です。それでね、私は彼が相当なところまで行くのではないかと思ってるんです。貴方はただ彼を連れて来て、ある女が彼の慰めを必要としているような局面で、彼を引き会わせればよかった」
「だけど」ボーセアン夫人が言った。「彼はその女が自分を棄てた男をまだ愛してるかどうかを知っておかねばならないわ」

 

L'étudiant revint à pied du Théâtre-Italien à la rue Neuve-Sainte-Geneviève, en faisant les plus doux projets. Il avait bien remarqué l'attention avec laquelle madame de Restaud l'avait examiné, soit dans la loge de la vicomtesse, soit dans celle de madame de Nucingen, et il présuma que la porte de la comtesse ne lui serait plus fermée. Ainsi déjà quatre relations majeures, car il comptait bien plaire à la maréchale, allaient lui être acquises au cœur de la haute société parisienne. Sans trop s'expliquer les moyens, il devinait par avance que, dans le jeu compliqué des intérêts de ce monde, il devait s'accrocher à un rouage pour se trouver en haut de la machine, et il se sentait la force d'en enrayer la roue. " Si madame de Nucingen s'intéresse à moi, je lui apprendrai à gouverner son mari. Ce mari fait des affaires d'or, il pourra m'aider à ramasser tout d'un coup une fortune. " Il ne se disait pas cela crûment, il n'était pas encore assez politique pour chiffrer une situation, l'apprécier et la calculer ; ces idées flottaient à l'horizon sous la forme de légers nuages, et, quoiqu'elles n'eussent pas l'âpreté de celles de Vautrin, si elles avaient été soumises au creuset de la conscience, elles n'auraient rien donné de bien pur. Les hommes arrivent, par une suite de transactions de ce genre, à cette morale relâchée que professe l'époque actuelle, où se rencontrent plus rarement que dans aucun temps ces hommes rectangulaires, ces belles volontés qui ne se plient jamais au mal, à qui la moindre déviation de la ligne droite semble être un crime : magnifiques images de la probité qui nous ont valu deux chefs-d'œuvre, Alceste de Molière, puis récemment Jenny Deans et son père, dans l'œuvre de Walter Scott. Peut-être l'œuvre opposée, la peinture des sinuosités dans lesquelles un homme du monde, un ambitieux fait rouler sa conscience, en essayant de côtoyer le mal, afin d'arriver à son but en gardant les apparences, ne serait-elle ni moins belle, ni moins dramatique. En atteignant au seuil de sa pension, Rastignac s'était épris de madame de Nucingen, elle lui avait paru svelte, fine comme une hirondelle. L'enivrante douceur de ses yeux, le tissu délicat et soyeux de sa peau sous laquelle il avait cru voir couler le sang, le son enchanteur de sa voix, ses blonds cheveux, il se rappelait tout ; et peut-être la marche, en mettant son sang en mouvement, aidait-elle à cette fascination. L'étudiant frappa rudement à la porte du père Goriot.

 

学生はイタリア座からヌーヴ・サント・ジュヌヴィエーヴ通へ徒歩で帰りながら、更に楽しい計画を考えていた。彼はレストー夫人が彼を観察する時に払う彼への関心の高さを測ってみた。もし彼が子爵夫人の桟敷にいたら、もしニュシンゲン夫人の桟敷だったら、そうすると、伯爵夫人の家の戸はもはや閉じられてはいるまいと思えてくるのだった。そんな調子で既に四つの主要な知己が――というのは、彼は軍将官並みに楽観的見通しを立てていたので――パリジャンの上流階級の心臓部に彼の知り合いとして確保されたことになっていた。方法についての詳しい説明はないままで、この世の損得の絡んだ複雑な競争において、彼は前もって、自分が機械の中の高い地位にいるためには、そして自分が歯車の動きを止める力を自覚するためには、彼がその機構に執着せざるを得ないことを見抜いていた。「ニュシンゲン夫人が僕を好きになってくれたら、彼女に夫の操縦の仕方を教えてやろう。あの旦那は金融業なんだから、僕があっという間に一財産作るのを手助けしてくれるだろう」彼はそんなに考え深かったわけではないし、状況を解読するに十分な政治的思考もしていなかった。状況を評価し計算することもしなかった。彼の考えは前途に見える微かな雲の下で揺れ動いていた。そして、考えの中にはヴォートランのそれのような厳しさはなかったが、もし良心の呵責の前にそれを置いたとしたら、純粋な善は跡形もなくなっていたことだろう。現代社会は人々のこの手の一連の作業によって蔓延しているこの緩んだ道徳の実状を認めざるを得ない。そしてこの時代には他のどの時代よりも稀にしか真正直な人間、決して悪には屈せず正しい道を僅かに外れることすら罪だと断罪するあの美しい意志の人に出会うことはないのである。実直さの偉大なイメージとして、我々は二つの傑作を評価したい。モリエールのアルセストである。次いで近頃のものでは、ウォルター・スコットの作品からジェニー・ディーンとその父[58]を挙げたい。恐らく作品は正反対だ。一人の世慣れた男、野心家が外面を守りながらも自分の目的を達成するために、悪と紙一重のような行為もやりながら、自分の良心も丸め込んでしまう、そうした紆余曲折を描いた絵は、だからといって美しさに欠けることもなければ、劇的印象が弱いとも言い切れないのではないだろうか。彼女の家の敷居に辿りつくために、ラスチニャックはニュシンゲン夫人に夢中になった。彼女は彼の目に、まるで燕のようにすらりと細く見えた。彼女のうっとりさせるような甘美な眼差し、彼女の膚の繊細で絹のような光沢のある生地の下に、彼は熱い血潮を見るような思いがした。そして彼女の声の魅惑的な響き、彼女のブロンドの髪、彼はこれらの総てを思い返した。そして彼は階段を上りながら血が騒ぐのを感じた。そのせいだろう、彼の陶酔感は更に深まった。学生はゴリオ爺さんの部屋のドアを乱暴にノックした。

 

- Mon voisin, dit-il, j'ai vu madame Delphine.

- Où ?

- Aux Italiens.

- S'amusait-elle bien ? Entrez donc. Et le bonhomme, qui s'était levé en chemise, ouvrit sa porte et se recoucha promptement.

- Parlez-moi donc d'elle, demanda-t-il.

Eugène, qui se trouvait pour la première fois chez le père Goriot, ne fut pas maître d'un mouvement de stupéfaction en voyant le bouge où vivait le père, après avoir admiré la toilette de la fille. La fenêtre était sans rideaux ; le papier de tenture collé sur les murailles s'en détachait en plusieurs endroits par l'effet de l'humidité, et se recroquevillait en laissant apercevoir le plâtre jauni par la fumée. Le bonhomme gisait sur un mauvais lit, n'avait qu'une maigre couverture et un couvre-pied ouaté fait avec les bons morceaux des vieilles robes de madame Vauquer. Le carreau était humide et plein de poussière. En face de la croisée se voyait une de ces vieilles commodes en bois de rose à ventre renflé, qui ont des mains en cuivre tordu en façon de sarments décorés de feuilles ou de fleurs ; un vieux meuble à tablette de bois sur lequel était un pot à eau dans sa cuvette et tous les ustensiles nécessaires pour se faire la barbe. Dans un coin, les souliers ; à la tête du lit, une table de nuit sans porte ni marbre ; au coin de la cheminée, où il n'y avait pas trace de feu, se trouvait la table carrée, en bois de noyer, dont la barre avait servi au père Goriot à dénaturer son écuelle en vermeil. Un méchant secrétaire sur lequel était le chapeau du bonhomme, un fauteuil foncé de paille et deux chaises complétaient ce mobilier misérable. La flèche du lit, attachée au plancher par une loque, soutenait une mauvaise bande d'étoffe à carreaux rouges et blancs. Le plus pauvre commissionnaire était certes moins mal meublé dans son grenier, que ne l'était le père Goriot chez madame Vauquer. L'aspect de cette chambre donnait froid et serrait le cœur, elle ressemblait au plus triste logement d'une prison. Heureusement Goriot ne vit pas l'expression qui se peignit sur la physionomie d'Eugène quand celui-ci posa sa chandelle sur la table de nuit. Le bonhomme se tourna de son côté en restant couvert jusqu'au menton.

- Eh bien ! qui aimez-vous mieux de madame de Restaud ou de madame de Nucingen ?

- Je préfère madame Delphine, répondit l'étudiant, parce qu'elle vous aime mieux.

A cette parole chaudement dite, le bonhomme sortit son bras du lit et serra la main d'Eugène.

- Merci, merci, répondit le vieillard ému. Que vous a-t-elle donc dit de moi ?

L'étudiant répéta les paroles de la baronne en les embellissant, et le vieillard l'écouta comme s'il eut entendu la parole de Dieu.

- Chère enfant ! oui, oui, elle m'aime bien. Mais ne la croyez pas dans ce qu'elle vous a dit d'Anastasie. Les deux sœurs se jalousent, voyez-vous ? c'est encore une preuve de leur tendresse. Madame de Restaud m'aime bien aussi. Je le sais. Un père est avec ses enfants comme Dieu est avec nous, il va jusqu'au fond des cœurs, et juge les intentions. Elles sont toutes deux aussi aimantes. Oh ! si j'avais eu de bons gendres, j'aurais été trop heureux. Il n'est sans doute pas de bonheur complet ici-bas. Si j'avais vécu chez elles, mais rien que d'entendre leurs voix, de les savoir là, de les voir aller, sortir, comme quand je les avais chez moi, ça m'eût fait cabrioler le cœur. Etaient-elles bien mises ?

- Oui, dit Eugène. Mais, monsieur Goriot, comment, en ayant des filles aussi richement établies que sont les vôtres, pouvez-vous demeurer dans un taudis pareil ?

- Ma foi, dit-il d'un air en apparence insouciant, à quoi cela me servirait-il d'être mieux ? je ne puis guère vous expliquer ces choses-là ; je ne sais pas dire deux paroles de suite comme il faut. Tout est là, ajouta-t-il en se frappant le cœur. Ma vie, à moi, est dans mes deux filles. Si elles s'amusent, si elles sont heureuses, bravement mises, si elles marchent sur des tapis, qu'importe de quel drap je sois vêtu, et comment est l'endroit où je me couche ? je n'ai point froid si elles ont chaud, je ne m'ennuie jamais si elles rient. Je n'ai de chagrins que les leurs. Quand vous serez père, quand vous vous direz, en voyant gazouiller vos enfants : " C'est sorti de moi ! ", que vous sentirez ces petites créatures tenir à chaque goutte de votre sang, dont elles ont été la fine fleur, car c'est ça ! vous vous croirez attaché à leur peau, vous croirez être agité vous-même par leur marche. Leur voix me répond partout. Un regard d'elles, quand il est triste, me fige le sang. Un jour vous saurez que l'on est bien plus heureux de leur bonheur que du sien propre. Je ne peux pas vous expliquer ça : c'est des mouvements intérieurs qui répandent l'aise partout. Enfin, je vis trois fois. Voulez-vous que je vous dise une drôle de chose ? Eh bien ! quand j'ai été père, j'ai compris Dieu. Il est tout entier partout, puisque la création est sortie de lui. Monsieur, je suis ainsi avec mes filles. Seulement j'aime mieux mes filles que Dieu n'aime le monde, parce que le monde n'est pas si beau que Dieu, et que mes filles sont plus belles que moi. Elles me tiennent si bien à l'âme, que j'avais idée que vous les verriez ce soir. Mon Dieu ! un homme qui rendrait ma petite Delphine aussi heureuse qu'une femme l'est quand elle est bien aimée ; mais je lui cirerais ses bottes, je lui ferais ses commissions. J'ai su par sa femme de chambre que ce petit monsieur de Marsay est un mauvais chien. Il m'a pris des envies de lui tordre le cou. Ne pas aimer un bijou de femme, une voix de rossignol, et faite comme un modèle ! Où a-t-elle eu les yeux d'épouser cette grosse souche d'Alsacien ? Il leur fallait à toutes deux de jolis jeunes gens bien aimables. Enfin, elles ont fait à leur fantaisie.

Le père Goriot était sublime. Jamais Eugène ne l'avait pu voir illuminé par les feux de sa passion paternelle. Une chose digne de remarque est la puissance d'infusion que possèdent les sentiments. Quelque grossière que soit une créature, dès qu'elle exprime une affection forte et vraie, elle exhale un fluide particulier qui modifie la physionomie, anime le geste, colore la voix. Souvent l'être le plus stupide arrive, sous l'effort de la passion, à la plus haute éloquence dans l'idée, si ce n'est dans le langage, et semble se mouvoir dans une sphère lumineuse. Il y avait en ce moment dans la voix, dans le geste de ce bon homme, la puissance communicative qui signale le grand acteur. Mais nos beaux sentiments ne sont-ils pas les poésies de la volonté ?

- Eh bien ! vous ne serez peut-être pas fâché d'apprendre, lui dit Eugène, qu'elle va rompre sans doute avec ce de Marsay. Ce beau-fils l'a quittée pour s'attacher à la princesse Galathionne. Quant à moi, ce soir, je suis tombé amoureux de madame Delphine.

- Bah ! dit le père Goriot.

- Oui. Je ne lui ai pas déplu. Nous avons parlé amour pendant une heure, et je dois aller la voir après-demain samedi.

- Oh ! que je vous aimerais, mon cher monsieur, si vous lui plaisiez. Vous êtes bon, vous ne la tourmenteriez point. Si vous la trahissiez, je vous couperais le cou, d'abord. Une femme n'a pas deux amours, voyez-vous ? Mon Dieu ! mais je dis des bêtises, monsieur Eugène. Il fait froid ici pour vous. Mon Dieu ! vous l'avez donc entendue, que vous a-t-elle dit pour moi ?

- Rien, se dit en lui-même Eugène.- Elle m'a dit, répondit-il à haute voix, qu'elle vous envoyait un bon baiser de fille.

- Adieu, mon voisin, dormez bien, faites de beaux rêves ; les miens sont tout faits avec ce mot-là. Que Dieu vous protège dans tous vos désirs ! Vous avez été pour moi ce soir comme un bon ange ; vous me rapportez l'air de ma fille.

- Le pauvre homme, se dit Eugène en se couchant, il y a de quoi toucher des cœurs de marbre. Sa fille n'a pas plus pensé à lui qu'au Grand Turc.

Depuis cette conversation, le père Goriot vit dans son voisin un confident inespéré, un ami. Il s'était établi entre eux les seuls rapports par lesquels ce vieillard pouvait s'attacher à un autre homme. Les passions ne font jamais de faux calcul. Le père Goriot se voyait un peu plus près de sa fille Delphine, il s'en voyait mieux reçu, si Eugène devenait cher à la baronne. D'ailleurs il lui avait confié l'une de ses douleurs. Madame de Nucingen, à laquelle mille fois par jour il souhaitait le bonheur, n'avait pas connu les douceurs de l'amour. Certes, Eugène était, pour se servir de son expression, un des jeunes gens les plus gentils qu'il eût jamais vus, et il semblait pressentir qu'il lui donnerait tous les plaisirs dont elle avait été privée. Le bonhomme se prit donc pour son voisin d'une amitié qui alla croissant, et sans laquelle il eût été sans doute impossible de connaître le dénouement de cette histoire.

 

「お隣さんよ」彼は言った。「僕はデルフィーヌ夫人に会ってきましたよ」
「どこで?」
「イタリア座で」
「彼女は楽しそうでしたか? とにかく入りなさい」それから爺さんはシャツを着て起きてきて、ドアを開けると直ぐにまたベッドで横になった。「さあ私に彼女のことを話してください」彼が頼んだ。
ウージェーヌはゴリオ爺さんの部屋に初めて入ったので、ひとしきり彼の娘の化粧を褒め称えた後で、爺さんが住んでいるむさくるしい部屋を見て唖然とせざるを得なかった。窓にはカーテンがなかった。壁に貼り付けられた壁紙は、何箇所かで湿気のため剥がれかけて反り返っていたので、その下の漆喰が煙草の煙で黄色くなっているのが剥き出しのままになっていた。爺さんは粗末なベッドに横たわり、薄っぺらな毛布とヴォーケ夫人の古着に綿を詰め込んだ足掛けだけを引っ掛けていた。窓はじめじめして埃が溜まっていた。窓と向かい合ってローズ材の古びた整理ダンスがあった。中には何かがいっぱい詰め込まれていて、銅製の取っ手は葡萄の若枝のようにカーヴし、木の葉と花の模様があしらわれていた。古い家具の木製棚の上には水差しが洗面器の中に放り込まれていた。そこには髭剃りに必要な物も全部入っていた。そして隅っこには短靴があった。ベッドの枕元には縁飾りも大理石も付いてないナイトテーブルがあった。暖炉の隅には火を焚いた跡もなく、くるみ材の四角いテーブルがあった。ゴリオ爺さんはそこで棒を使って、金メッキした銀の椀を捻じ曲げていたのだった。安物のライティング・ビュローが一つあって、その上に爺さんの帽子が置かれていた。少し傷のある肱掛椅子と他に椅子二脚、これら総てで惨めな調度品を構成していた。ベッドの囲い枠は上部を襤褸切れで結び合わされていたが、汚らしい赤と白の格子縞の布が垂れ下がっていた。ゴリオ爺さんがヴォーケ夫人の下宿でいる状態に比べれば、最低の稼ぎの走り使いの人間でも屋根裏部屋でもう少しましな調度品を揃えているに違いない。この部屋の光景は寒気を催させ心臓を締め付け、さながら牢獄の悲しみに沈んだ住居のように思えた。幸いナイトテーブルの上の蝋燭がウージェーヌの顔を照らした時、そこに表れた表情をゴリオは見ていなかった。爺さんは顎まで毛布を引っ張り上げたままで彼の方を向いた。
「さあ、それで! 貴方はどっちが好きなのかね、レストー夫人かね、それともニュシンゲン夫人かね?」
「僕はデルフィーヌ夫人の方が好きです」学生は答えた。「何故って、彼女の方が貴方をもっとよく愛してるからです」
この言葉が熱く語られるのを聞くと、爺さんはベッドから手を伸ばしてウージェーヌの手を握った。
「ありがとう、ありがとう」老人は感動して言った。「彼女は私について貴方にどんなことを言ったのかね?」
学生は男爵夫人の言葉を潤色しながら繰り返した。老人はまるで神の言葉を聞くような様子でそれを聞いた。
「可愛いあの娘! そう、そう、彼女は私を十分に愛してくれてる。だが、彼女が貴方にアナスタジーのことで言ったことをもとにして、彼女の方が好きだとは言わないで欲しい。姉妹二人は嫉妬しあっているんです、お分かりでしょ? これもまた彼女達の優しさの証明とも言えるんです。レストー夫人だって私を十分に愛してくれてるんです。私には分かってる。父親ってものは娘達にとっては、ちょうど神様が我々とともにあるような関係でしてな、父は彼女達の心の奥底にまで入っていって、考えていることを知ってしまうんです。彼女達は二人とも本当に優しいんですよ。あー! もし二人の婿がいいやつだったら、私は幸せ過ぎたでしょうな。この世に完全な幸せなんてあるわけがありません。でもね、私が彼女達の家に出入りしているんだったら、どんなに嬉しいことか。ところが、私は彼女達の声を聞いたり、何処にいるのか知ったり、彼女達が行ったり出掛けたりするのを見るだけなんです。だから私の家に彼女達を迎えるというような時は、私の心は嬉しくて躍り上がってますよ。ところで彼女達のおめかしは良かったですか?」
「はい、しかし、ゴリオさん、一体どうして、貴方の娘さん達のように二人ともしっかりと富を築かれているのに、貴方はまだこのような粗末な住居に留まっておられるんですか?」
「確かに」と彼はうわべは無頓着な様子で言った。「ましなところへ移ったところで、それが私にとって、どれほどのものをもたらすのでしょう? こういうことについて、私は余り貴方に詳しく説明出来るとは思えない。私はほんの少しの言葉でも申し分なくすらすらと話すことが出来んのです。一番肝心なのはそこなんです」彼は胸を叩いて見せて付け加えて言った。「私の人生は、この私は二人の娘のためにあるんです。もし彼女達が楽しげで、彼女達が幸福で、美しく着飾って、彼女達が絨毯の上を歩くのであれば、私がどんな服を着ようが、私がどんな所で寝ようが、どうだっていいことなんです。彼女達が暖かければ私は少しも寒くはないし、彼女達に悩みがなければ私も決して悩みません。私は彼女達が悲しまなければいいのです。貴方が父親になって、子供達が小鳥のようにさえずっているのを見て、貴方も思うことでしょう。こいつらは私から生まれてきたんだ! 貴方はこの小さな子等がそれぞれに貴方の血の一滴一滴を受け継いで美しい花を咲かせているのを感じる、そう、それなんだよ! 貴方は彼等の皮膚に張り付いたように自分を感じ、彼等の歩みに連れてあなた自身も動いていると感じる。彼等の声はあらゆる所で私に答えてくる。悲しい時には、彼女達の眼差しが私の血を固まらせてしまう。ある日、貴方は彼女達の幸せが自分自身のそれよりもずっと大切である事に気付く。私はこの気持ちを貴方に上手く説明出来ないのだが。それは心の内なる動きで、私の心を安らぎで満たしてくれるんだ。つまり私は三人分の人生を生きているんだ。貴方に私のつまらない話をもう少しさせてくれるかね? どうだね! 私がまだ彼女達の父親だった時、私は神を理解していた。神はあらゆる点で全能だ、何故なら創造物は総て神によって生み出されたものだからだ。貴方いいですか、私は私の娘達に対してはいわば神と同じような立場にあったわけですよ。ただし、私は神が世界を愛する以上に娘達を愛していた。何故かと言えば、世界は神のように美しくないし、その一方、私の娘達は私よりもずっと美しい。彼女達は私の魂をしっかりと繋ぎとめてるんだ。それで私には考えがあるんだが、貴方は今晩それが何だか分かると思うよ。神様! ある男が私の可愛いデルフィーヌをまた幸せに戻してくれるだろう。女が本当に愛された時にあるべき姿の彼女に。勿論私は彼女の長靴を磨いてやりたい、彼女のために使い走りもやりたいくらいに思ってますよ。私は彼女の小間使いから、あのド・マルセイ氏が、けちな浮気相手だったことを知らされてますよ。彼は私に首を絞めてしまおうかというくらいの嫉妬心を起こさせました。女の宝石とも言うべきものを、ナイチンゲールのような可愛い声を、そして完全な美しい肢体を愛さないなんて! また彼女は、あの太ったアルザス出の男と結婚してしまうなんて、彼女の目は一体何処を見てたんでしょうね? 娘達二人の婿は愛想のいい綺麗な若者じゃないと駄目だったんだが、結局、彼女達の好き勝手にやった結果がこれなんです」
ゴリオ爺さんは崇高だった。ウージェーヌは、父性の情熱の火に照らし出されたこんな男の姿をかつて見たことはなかった。注目に値するのは感情が聖水の灌水の力を持っていたことである。一人の人間が如何に粗野であっても、その人間が強い真実の愛情を表明するや否や、その人間は超能力を発散させ顔つきが変わり、身振りが活発になり声音も変化する。しばしば最も愚鈍な人間が情熱の努力のお陰で、思想を語るにおいて最高の雄弁を獲得するに至るのだ。それは言語学的意味においては違うかもしれないが、彼は明晰な頭脳が語るような世界に分け入っているようにさえ思われるのである。今この瞬間、この爺さんの声や身振りの中には偉大な俳優にだけ与えられる表現力があったのだ。まさしく我々の崇高な感情、それは意志の詩ではないのだろうか?
「ところで! 貴方は多分、知ったところで残念に思う気持ちはおありにならないでしょう」とウージェーヌが言った。「そのド・マルセイとの関係を断ったというあの話ですが。あの二枚目が彼女と別れて、ガラティオーヌ王女と一緒になるとか。私の方は今晩、まさにデルフィーヌ夫人と恋に落ちたんですからね」
「へえー!」
「はい、僕は彼女にはまんざらでもないようです。僕たちは愛について一時間も話しました。そして僕は明後日の土曜日に彼女に会いに行くことになってます」
「おー! どんなに貴方のことが好きになってしまうか分からんくらいだよ、ねえ、貴方が本当に彼女を好いてくれるんならね。貴方は良い人だ、貴方は彼女を少しも苦しめないだろう。第一、もし貴方が彼女を裏切るなら、私は貴方の首を切ってしまうぞ。女ってのは二股かけたりはしない、そうでしょ? おや! 私は馬鹿なこと言ってますね、ウージェーヌさん。貴方、ここは寒いでしょう。ふむ! 貴方、やはり聞いてるんでしょ、彼女は私のことで何か言ってましたか?」
「何も」ウージェーヌは自身の心の中で思った。「彼女は僕にこう言いましたよ」と彼は大きな声で答えた。「彼女は貴方に娘からの心のこもったキスを送りますって」
「おやすみなさい、お隣さん、よく眠りなさい、そして良い夢を見なさい。私の夢はさっきの言葉で十分だよ。貴方の望みが皆叶えられるよう神様のご加護を! 今夜の貴方は私にとってまるで素敵な天使だよ、貴方は娘の周りの空気まで一緒に私のところへ持って帰ってくれたんだからなぁ」
「可哀想な爺さんだ」ウージェーヌは寝床に就きながら思った。「冷たい心にも響くような何かがあるものなんだが、爺さんの娘ときたら、爺さんのことなんかトルコの王様ほどにも考えていないんだからなあ」
この会話が交わされて以来、ゴリオ爺さんは隣の部屋で思いがけなく打ち明け話の出来た相手、友人と会うようになった。彼等の間では唯一の話題が決まっていて、その話題でのみ、この老人は相手の男と繋がりを持つことが出来たのであった。情熱は決して間違った計算をしない。ゴリオ爺さんは娘のデルフィーヌに少しだけ近づけたように思えた。ウージェーヌが男爵夫人の愛しい人になるとしたら、彼自身もまた前より良く受け入れられるように思われた。それとは別に爺さんは学生に彼の心配事を打ち明けていた。ニュシンゲン夫人、彼女については彼が日に千回も幸せを願っていたのだが、彼女はいまだに愛の甘い喜びを知らなかった。確かにウージェーヌは爺さんの表現を借りるなら、若者の中で彼がかつて見たこともないほど最高に優しい男だった。そして爺さんは若者に探りを入れて、彼女が既に彼のものになっているかどうかの嬉しいニュースを訊こうとさえした。爺さんはまた隣人に対して日増しに高まる友情を抱き始めた。そしてそれがなければ、この話の結末は明らかに全く違うものになっていたはずだ。

 

Le lendemain matin, au déjeuner, l'affectation avec laquelle le père Goriot regardait Eugène, près duquel il se plaça, les quelques paroles qu'il lui dit, et le changement de sa physionomie, ordinairement semblable à un masque de plâtre, surprirent les pensionnaires. Vautrin, qui revoyait l'étudiant pour la première fois depuis leur conférence, semblait vouloir lire dans son âme. En se souvenant du projet de cet homme, Eugène, qui, avant de s'endormir, avait, pendant la nuit, mesuré le vaste champ qui s'ouvrait à ses regards, pensa nécessairement à la dot de mademoiselle Taillefer, et ne put s'empêcher de regarder Victorine comme le plus vertueux jeune homme regarde une riche héritière. Par hasard, leurs yeux se rencontrèrent. La pauvre fille ne manqua pas de trouver Eugène charmant dans sa nouvelle tenue. Le coup d'oeil qu'ils échangèrent fut assez significatif pour que Rastignac ne doutât pas d'être pour elle l'objet de ces confus désirs qui atteignent toutes les jeunes filles et qu'elles rattachent au premier être séduisant. Une voix lui criait : " Huit cent mille francs ! " Mais tout à coup il se rejeta dans ses souvenirs de la veille, et pensa que sa passion de commande pour madame de Nucingen était l'antidote de ses mauvaises pensées involontaires.

- L'on donnait hier aux Italiens Barbier de Séville de Rossini. Je n'avais jamais entendu de si délicieuse musique, dit-il. Mon Dieu ! est-on heureux d'avoir une loge aux Italiens.

Le père Goriot saisit cette parole au vol comme un chien saisit un mouvement de son maître.

- Vous êtes comme des coqs-en-pâte, dit madame Vauquer, vous autres hommes, vous faites tout ce qui vous plaît.

- Comment êtes-vous revenu ? demanda Vautrin.

- A pied, répondit Eugène.

- Moi, reprit le tentateur, je n'aimerais pas de demi-plaisirs ; je voudrais aller là dans ma voiture, dans ma loge, et revenir bien commodément. Tout ou rien ! voilà ma devise.

- Et qui est bonne, reprit madame Vauquer.

- Vous irez peut-être voir madame de Nucingen, dit Eugène à voix basse à Goriot. Elle vous recevra certes a bras ouverts ; elle voudra savoir de vous mille petits détails sur moi. J'ai appris qu'elle ferait tout au monde pour être reçue chez ma cousine, madame la vicomtesse de Beauséant. N'oubliez pas de lui dire que je l'aime trop pour ne pas penser à lui procurer cette satisfaction.

Rastignac s'en alla promptement à l'Ecole de Droit, il voulait rester le moins de temps possible dans cette odieuse maison. Il flâna pendant presque toute la journée, en proie à cette fièvre de tête qu'ont connue les jeunes gens affectés de trop vives espérances. Les raisonnements de Vautrin le faisaient réfléchir à la vie sociale, au moment où il rencontra son ami Bianchon dans le jardin du Luxembourg.

- Où as-tu pris cet air grave ? lui dit l'étudiant en médecine en lui prenant le bras pour se promener devant le palais.

- Je suis tourmenté par de mauvaises idées.

- En quel genre ? Ça se guérit, les idées.

- Comment ?

- En y succombant.

- Tu ries sans savoir ce dont il s'agit. As-tu lu Rousseau ?

- Oui.

- Te souviens-tu de ce passage où il demande à son lecteur ce qu'il ferait au cas où il pourrait s'enrichir en tuant à la Chine par sa seule volonté un vieux mandarin, sans bouger de Paris.

- Oui.

- Eh bien ?

- Bah ! J'en suis à mon trente-troisième mandarin.

- Ne plaisante pas. Allons, s'il t'était prouvé que la chose est possible et qu'il te suffit d'un signe de tête, le ferais-tu ?

- Est-il bien vieux, le mandarin ? Mais, bah ! jeune ou vieux paralytique ou bien portant, ma foi… Diantre ! Eh bien, non.

- Tu es un brave garçon, Bianchon. Mais si tu aimais une femme à te mettre pour elle l'âme à l'envers, et qu'il lui fallût de l'argent, beaucoup d'argent pour sa toilette, pour sa voiture, pour toutes ses fantaisies enfin ?

- Mais tu m'ôtes la raison, et tu veux que je raisonne.

- Eh bien ! Bianchon, je suis fou, guéris-moi. J'ai deux sœurs qui sont des anges de beauté, de candeur, et je veux qu'elle soient heureuses. Où prendre deux cent mille francs pour leur dot d'ici à cinq ans ? Il est, vois-tu, des circonstances dans la vie où il faut jouer gros jeu et ne pas user son bonheur à gagner des sous.

- Mais tu poses la question qui se trouve à l'entrée de la vie pour tout le monde, et tu veux couper le nœud gordien avec l'épée. Pour agir ainsi, mon cher, il faut être Alexandre, sinon l'on va au bagne. Moi, je suis heureux de la petite existence que je me créerai en province, où je succéderai tout bêtement à mon père. Les affections de l'homme se satisfont dans le plus petit cercle aussi pleinement que dans une immense circonférence. Napoléon ne dînait pas deux fois, et ne pouvait pas avoir plus de maîtresses qu'en prend un étudiant en médecine quand il est interne aux Capucins. Notre bonheur, mon cher, tiendra toujours entre la plante de nos pieds et notre occiput ; et, qu'il coûte un million par an ou cent louis, la perception intrinsèque en est la même au-dedans de nous. Je conclus à la vie du Chinois.

- Merci, tu m'as fait du bien, Bianchon ! nous serons toujours amis.

- Dis donc, reprit l'étudiant en médecine, en sortant du cours de Cuvier au Jardin des Plantes, je viens d'apercevoir la Michonneau et le Poiret causant sur un banc avec un monsieur que j'ai vu dans les troubles de l'année dernière aux environs de la Chambre des Députés, et qui m'a fait l'effet d'être un homme de la police déguisé en honnête bourgeois vivant de ses rentes. Etudions ce couple-là : je te dirai pourquoi. Adieu, je vais répondre à mon appel de quatre heures.

Quand Eugène revint à la pension, il trouva le père Goriot qui l'attendait.

- Tenez, dit le bonhomme, voilà une lettre d'elle. Hein, la jolie écriture !

Eugène décacheta la lettre et lut.

" Monsieur, mon père m'a dit que vous aimiez la musique italienne. Je serais heureuse si vous vouliez me faire le plaisir d'accepter une place dans ma loge. Nous aurons samedi la Fodor et Pellegrini, je suis sûre alors que vous ne me refuserez pas. Monsieur de Nucingen se joint à moi pour vous prier de venir dîner avec nous sans cérémonie. Si vous acceptez, vous le rendrez bien content de n'avoir pas à s'acquitter de sa corvée conjugale en m'accompagnant. Ne me répondez pas, venez, et agréez mes compliments. "

" D. de N. "

翌朝、朝食の時、ウージェーヌの横に座ったゴリオ爺さんがウージェーヌを見た時示した彼に対する愛情、爺さんが学生にかけた言葉、そしていつもは石膏の面のような彼の顔つきの変化が下宿人達を驚かせた。ヴォートランは彼等二人だけの会見以来初めて学生に再会し、学生の心の中を何とか読み取ろうとしているようだった。この男の計画のことを思い出して、ウージェーヌは昨夜寝る前に自分の面前に広がる広大な原野の大きさを測り、当然タイユフェール嬢の持参金のことも考えた。そして今まるで高潔そのものの若者が豊かな遺産相続人を見るような様子でタイユフェール嬢の方を見ずにはおられなかった。偶然にも二人の目と目が合った。哀れな少女は最新の服装をしたウージェーヌの恰好の良さに当然気付いていた。二人が交わした一瞥はとてもはっきりしていたので、ラスチニャックは総ての若い女性を襲う漠然とした欲求の対象に自分がなってしまっていることを、そしてその欲求が初めて彼女を魅力的にしていることを疑わなかった。彼にはある叫び声が聞こえた。八〇万フランだぞ! が、突然、彼は前日の記憶の中に再び飛び込んでいた。そして彼のニュシンゲン夫人に対するうわべの情熱は彼の無意識に行う悪しき思考への解毒剤であると考えた。
「昨日、イタリア座にロッシーニのセビリアの理髪師を見に行ったんです。僕はあんなに綺麗な音楽を聴いたのは初めてです」彼が言った。「ああ! イタリア座に桟敷を持ってる人達なんて、羨ましいなあ」
ゴリオ爺さんはこの言葉を犬が主人の動作を見ているように素早く受け止めた。
「貴方は優雅なご身分なのね」ヴォーケ夫人が言った。「貴方のような人達って、本当に好きなことだけやってられるのね」
「あんたはどうやって戻ってきたんだね?」ヴォートランが尋ねた。
「徒歩です」ウージェーヌが答えた。
「私なら」と誘惑者が応じた。「中途半端な遊びは嫌だね。私はそこへ自分の馬車で行って、自分の桟敷で見たいよ。そしてすんなり帰って来たいよ。総てか無かだ! これが私のモットーだ」
「で、誰が一緒だったの?」ヴォーケ夫人が言った。
「貴方は多分ニュシンゲン夫人に会いに行かれるんでしょう」ウージェーヌは低い声でゴリオ爺さんに言った。「彼女は貴方を迎え入れますよ、きっと両手を拡げて。彼女は私に貴方について細かいことまでいっぱい聞きたがっていたんですよ。私は彼女が私の従姉のボーセアン子爵夫人の邸に迎え入れられるためには、社交界であらゆる努力をされるであろうことを知りました。彼女にきっと言っておいてください、私は彼女をとても愛しています、ですから彼女に満足な結果をもたらすように、いつも彼女のことを思っているってことを」
ラスチニャックは法科大学へ行くため直ぐに立ち去った。彼はこのおぞましい館には出来るだけ僅かな時間しかいたくなかった。誰でも若い頃は、余りに烈しく希望を抱いた時には、頭が熱に浮かされてしまうものだが、彼もそのせいで、その日はほとんど終日ぶらぶらと過ごしてしまった。リュクサンブール公園[59]で友人のビアンションに出会った時、ヴォートランが言ったことの合理性が、彼に社会生活のことをじっくり考えさせた。
「そんな深刻な顔して、どうしたんだ?」医学部学生は宮殿の前を散歩する積りで彼の腕をつかんで言った。
「僕は悪い考えばかり浮かぶので悩んでるんだ」
「どんな分野で? 悪い考えだったら、直に治るさ」
「どうやって?」
「いっそ、それを実行してみなよ」
「君はそれの大変さを知らないんで、笑ってられるんだ。君、ルソーを読んだかい?」
「読んだよ」
「思い出してくれ。こんな一節があったんだ。その中で彼は読者に質問しているんだ。ある偉いお役人の老人を殺せば遺産が手に入って、金持ちになれると分かっている。その老高官は中国にいるんだが、君はパリにいながらにして、その死を願うだけで殺せるとしたら、君はどうするだろうというのが、ルソーの質問の内容だ」
「そうだよ」
「おい! 分かってんのか?」
「ああ! 僕はその話の三十三番目の高官のところまで進んでるよ」
「冗談言うなよ。さあ、もしも計画が可能で、君はただ頷けばいいだけなんだったら……なら、君はやっちまうのかい?」
「彼は十分に年取ってるの? その高官だけど。しかし、ああ! 若かろうと年寄りだろうと、中風だろうと絶好調だろうと、うん、確かに……まあ、そうだな! やはり駄目だ」
「君は正直なやつだよ、ビアンション。だが、もし君が一人の女を愛して、君の魂の総てを彼女に注ぎ込み始めたとしよう。そして彼女には金がかかり始めるとしよう。いっぱいかかる彼女の化粧代、馬車代、最後に無数の気まぐれ、それをどう思う?」
「だが僕にしてみれば、そんな動機はないんだぜ、それでいて君は僕に同じ土俵で議論しようと言ってるんだよ」
「そうかい! ビアンション、僕は変だよ、治してくれよ。僕には妹が二人いて、二人とも天使の様に綺麗で率直で、僕は彼女達の幸福を願っている。どうやって、これから五年以内に彼女達の持参金としての二〇万フランを稼げばいいんだろう? 人生には時期があって、ね、そうだろ、その時には大きな勝負に賭けるしかないんだ。でね、こつこつと稼ぐ幸せなんていうのはないんだよ」
「だがな、君が出してきた問題は誰だって人生の門出でぶつかることなんだ。ところが君はゴルディアンの結び目[60]を剣でぶった切ろうとしているんだよ。そういう風にやるためには、さあ、君がアレクサンダーでなきゃあな、でないと徒刑場送りだよ。僕はね、田舎で何かちっちゃな事をやれたら幸せだ。僕はそこで親父の後を引き継ぐだけさ。人間の愛情なんてのは小さな世界の中でも広い環境と同じくらい十分に満足させられるものなんだ。ナポレオンも夕食を二回とることはなかったし、愛人だって、カプチン病院のインターンをやっている医学部の学生と同じようなもので、そんなに何人もいたというわけでもない。僕達の幸せは、ねえ、いつだって僕達の足の裏から僕達の後頭部の間にかかっているんだよ。あるいは、一年に百万フランであろうと二千フランであろうと、僕たち個人々々の受け止め方は同じであるかもしれないんだ。結論として僕は中国の老高官には天寿を全うして欲しいと思ってる」
「ありがとう、いいことを聞かせてもらったよ、ビアンション! 僕達はいつだって友達だ」
「それはいいとして」と医学部学生が答えた。「キュヴィエ[61]の授業が終わってから、植物園でミショノー嬢とポワレ氏がベンチに座って男と話しているのを見たんだけど、僕はその男を去年の騒動の時、下院議会の周辺で見た記憶があるんだ。そしてその男が律儀な年金暮らしの市民を装っている警察官だったような印象があるんだ。あのカップルの事は調べときなよ。理由は後で話してやるさ。じゃあな、僕は四時の点呼に返事しに行ってくるよ」
ウージェーヌが下宿に戻ると、ゴリオ爺さんが彼の帰りを待っていた。
「いいですか」爺さんが言った。「ほら、彼女の手紙だ。ねえ、綺麗な筆跡じゃないか!」
ウージェーヌは手紙を開封して読んだ。
〈拝啓、父が私に貴方がイタリアの音楽をお好みだと言いました。貴方が私の桟敷席への招待を受けて下さるなら、私にはこの上もない喜びでございます。私達、土曜日にはラ・フォドールとペルグリーニ[62]の歌を楽しみましょう。私は勿論貴方が私の申し出をお断りにはならないものと信じております。ニュシンゲン氏は貴方を私共の宅の格式ばらない夕食にお招きするようにと私に申しております。もし貴方がお受け下さるなら、とても主人を満足させることになるでしょう、と申しますのは、彼は私に同伴して夫婦の義務を果たすような嫌な仕事から解放されるからなのです。お返事の手紙は要りません。いらして下さいな。そして私の挨拶をお受け下さい〉

〈D. de N.〉

 

- Montrez-la-moi, dit le bonhomme à Eugène quand il eut lu la lettre. Vous irez, n'est-ce pas ? ajouta-t-il après avoir flairé le papier. Cela sent-il bon ! Ses doigts ont touché ça, pourtant !

- Une femme ne se jette pas ainsi à la tête d'un homme, se disait l'étudiant. Elle veut se servir de moi pour ramener de Marsay. Il n'y a que le dépit qui fasse faire de ces choses-là.

- Eh bien ! dit le père Goriot, à quoi pensez-vous donc ?

Eugène ne connaissait pas le délire de vanité dont certaines femmes étaient saisies en ce moment, et ne savait pas que, pour s'ouvrir une porte dans le faubourg Saint-Germain, la femme d'un banquier était capable de tous les sacrifices. A cette époque, la mode commençait à mettre au-dessus de toutes les femmes celles qui étaient admises dans la société du faubourg Saint-Germain, dites les dames du Petit-Château, parmi lesquelles madame de Beauséant, son amie la duchesse de Langeais et la duchesse de Maufrigneuse tenaient le premier rang. Rastignac seul ignorait la fureur dont étaient saisies les femmes de la Chaussée-d'Antin pour entrer dans le cercle supérieur où brillaient les constellations de leur sexe. Mais sa défiance le servit bien, elle lui donna de la froideur, et le triste pouvoir de poser des conditions au lieu d'en recevoir.

- Oui, j'irai, répondit-il.

Ainsi la curiosité le menait chez madame de Nucingen, tandis que, si cette femme l'eût dédaigné, peut-être y aurait-il été conduit par la passion. Néanmoins il n'attendit pas le lendemain et l'heure de partir sans une sorte d'impatience. Pour un jeune homme, il existe dans sa première intrigue autant de charmes peut-être qu'il s'en rencontre dans un premier amour. La certitude de réussir engendre mille félicités que les hommes n'avouent pas, et qui font tout le charme de certaines femmes. Le désir ne naît pas moins de la difficulté que de la facilité des triomphes. Toutes les passions des hommes sont bien certainement excitées ou entretenues par l'une ou l'autre de ces deux causes, qui divisent l'empire amoureux. Peut-être cette division est-elle une conséquence de la grande question des tempéraments, qui domine, quoi qu'on en dise, la société. Si les mélancoliques ont besoin du tonique des coquetteries, peut-être les gens nerveux ou sanguins décampent-ils si la résistance dure trop. En d'autres termes, l'élégie est aussi essentiellement lymphatique que le dithyrambe est bilieux. En faisant sa toilette, Eugène savoura tous ces petits bonheurs dont n'osent parler les jeunes gens, de peur de se faire moquer d'eux, mais qui chatouillent l'amour-propre. Il arrangeait ses cheveux en pensant que le regard d'une jolie femme se coulerait sous leurs boucles noires. Il se permit des singeries enfantines autant qu'en aurait fait une jeune fille en s'habillant pour le bal. Il regarda complaisamment sa taille mince, en déplissant son habit.- Il est certain, se dit-il, qu'on en peut trouver de plus mal tournés ! Puis il descendit au moment où tous les habitués de la pension étaient à table, et reçut gaiement le hourra de sottises que sa tenue élégante excita. Un trait des mœurs particulières aux pensions bourgeoises est l'ébahissement qu'y cause une toilette soignée. Personne n'y met un habit neuf sans que chacun dise son mot.

- Kt, kt, kt, kt, fit Bianchon en faisant claquer sa langue contre son palais, comme pour exciter un cheval.- Tournure de duc et pair ! dit madame Vauquer.- Monsieur va en conquête ? fit observer mademoiselle Michonneau.

- Kocquériko ! cria le peintre.

- Mes compliments à madame votre épouse, dit l'employé au Muséum.

- Monsieur a une épouse ? demanda Poiret.

- Une épouse à compartiments, qui va sur l'eau, garantie bon teint, dans les prix de vingt-cinq à quarante, dessins à carreaux du dernier goût, susceptible de se laver, d'un joli porter, moitié fil, moitié coton, moitié laine, guérissant le mal de dents, et autres maladies approuvées par l'Académie royale de Médecine ! excellente d'ailleurs pour les enfants ! meilleure encore contre les maux de tête, les plénitudes et autres maladies de l'oesophage, des yeux et des oreilles, cria Vautrin avec la volubilité comique et l'accentuation d'un opérateur. Mais combien cette merveille, me direz-vous, messieurs ? deux sous ? Non. Rien du tout. C'est un reste des fournitures faites au Grand Mongol, et que tous les souverains de l'Europe, y compris le grand-duc de Bade, ont voulu voir ! Entrez droit devant vous ! et passez au petit bureau. Allez, la musique ! Brooum, là là, trinn ! là, là, boum, boum ! Monsieur de la clarinette, tu joues faux, reprit-il d'une voix enrouée, je te donnerai sur les doigts.

- Mon Dieu ! que cet homme-là est agréable, dit madame Vauquer à madame Couture, je ne m'ennuierais jamais avec lui.

Au milieu des rires et des plaisanteries dont ce discours comiquement débité fut le signal, Eugène put saisir le regard furtif de mademoiselle Taillefer qui se pencha sur madame Couture, à l'oreille de laquelle elle dit quelques mots.

- Voilà le cabriolet, dit Sylvie.

- Où dîne-t-il donc ? demanda Bianchon.

- Chez madame la baronne de Nucingen.

- La fille de monsieur Goriot, répondit l'étudiant.

A ce nom, les regards se portèrent sur l'ancien vermicellier, qui contemplait Eugène avec une sorte d'envie.

Rastignac arriva rue Saint-Lazare, dans une de ces maisons légères, à colonnes minces, à portiques mesquins, qui constituent le joli à Paris, une véritable maison de banquier, pleine de recherches coûteuses, de stucs, de paliers d'escalier en mosaïque de marbre. Il trouva madame de Nucingen dans un petit salon à peintures italiennes, dont le décor ressemblait à celui des cafés. La baronne était triste. Les efforts qu'elle fit pour cacher son chagrin intéressèrent d'autant plus vivement Eugène qu'il n'y avait rien de joué. Il croyait rendre une femme joyeuse par sa présence, et la trouvait au désespoir. Ce désappointement piqua son amour-propre.

- J'ai bien peu de droits à votre confiance, madame, dit-il après l'avoir lutinée sur sa préoccupation ; mais si je vous gênais, je compte sur votre bonne foi, vous me le diriez franchement.

- Restez, dit-elle, je serais seule si vous vous en alliez. Nucingen dîne en ville, et je ne voudrais pas être seule, j'ai besoin de distraction.

- Mais qu'avez-vous ?

- Vous seriez la dernière personne à qui je le dirais, s'écria-t-elle.

- Je veux le savoir, je dois alors être pour quelque chose dans ce secret.

- Peut-être ! Mais non, reprit-elle, c'est des querelles de ménage qui doivent être ensevelies au fond du cœur. Ne vous le disais-je pas avant-hier ? je ne suis point heureuse. Les chaînes d'or sont les plus pesantes.

Quand une femme dit à un jeune homme qu'elle est malheureuse, si ce jeune homme est spirituel, bien mis, s'il a quinze cents francs d'oisiveté dans sa poche, il doit penser ce que se disait Eugène, et devient fat.

- Que pouvez-vous désirer ? répondit-il. Vous êtes belle, jeune, aimée, riche.

- Ne parlons pas de moi, dit-elle en faisant un sinistre mouvement de tête. Nous dînerons ensemble, tête à tête, nous irons entendre la plus délicieuse musique. Suis-je à votre goût ? reprit-elle en se levant et montrant sa robe en cachemire blanc à dessins perses de la plus riche élégance.

- Je voudrais que vous fussiez toute à moi, dit Eugène. Vous êtes charmante.

- Vous auriez une triste propriété, dit-elle en souriant avec amertume. Rien ici ne vous annonce le malheur, et cependant, malgré ces apparences, je suis au désespoir. Mes chagrins m'ôtent le sommeil, je deviendrai laide.

- Oh ! cela est impossible, dit l'étudiant. Mais je suis curieux de connaître ces peines qu'un amour dévoué n'effacerait pas ?

- Ah ! si je vous les confiais, vous me fuiriez, dit-elle. Vous ne m'aimez encore que par une galanterie qui est de costume chez les hommes ; mais si vous m'aimiez bien, vous tomberiez dans un désespoir affreux. Vous voyez que je dois me taire. De grâce, reprit-elle, parlons d'autre chose. Venez voir mes appartements.

- Non, restons ici, répondit Eugène en s'asseyant sur une causeuse devant le feu près de madame de Nucingen, dont il prit la main avec assurance.

Elle la laissa prendre et l'appuya même sur celle du jeune homme par un de ces mouvements de force concentrée qui trahissent de fortes émotions.

- Ecoutez, lui dit Rastignac ; si vous avez des chagrins, vous devez me les confier. Je peux vous prouver que je vous aime pour vous. Ou vous parlerez et me direz vos peines afin que je puisse les dissiper, fallût-il tuer six hommes, ou je sortirai pour ne plus revenir.

- Eh bien ! s'écria-t-elle saisie par une pensée de désespoir qui la fit se frapper le front, je vais vous mettre à l'instant même à l'épreuve. Oui, se dit-elle, il n'est plus que ce moyen. Elle sonna.

- La voiture de monsieur est-elle attelée ? dit-elle à son valet de chambre.

- Oui, madame.

- Je la prends. Vous lui donnerez la mienne et mes chevaux. Vous ne servirez le dîner qu'à sept heures.

- Allons, venez, dit-elle à Eugène, qui crut rêver en se trouvant dans le coupé de monsieur de Nucingen, à côté de cette femme.

- Au Palais-Royal, dit-elle au cocher, près du Théâtre-Français.

En route, elle parut agitée, et refusa de répondre aux mille interrogations d'Eugène, qui ne savait que penser de cette résistance muette, compacte, obtuse.

- En un moment elle m'échappe, se disait-il.

Quand la voiture s'arrêta, la baronne regarda l'étudiant d'un air qui imposa silence à ses folles paroles ; car il s'était emporté.

- Vous m'aimez bien ? dit-elle.

- Oui, répondit-il en cachant l'inquiétude qui le saisissait.

- Vous ne penserez rien de mal sur moi, quoi que je puisse vous demander ?

- Non.

- Etes-vous disposé à m'obéir ?

- Aveuglément.

- Etes-vous allé quelquefois au jeu ? dit-elle d'une voix tremblante.

- jamais.

- Ah ! je respire. Vous aurez du bonheur. Voici ma bourse, dit-elle. Prenez donc ! il y a cent francs, c'est tout ce que possède cette femme si heureuse. Montez dans une maison de jeu, je ne sais où elles sont, mais je sais qu'il y en a au Palais-Royal. Risquez les cent francs à un jeu qu'on nomme la roulette, et perdez tout, ou rapportez-moi six mille francs. Je vous dirai mes chagrins à votre retour.

- Je veux bien que le diable m'emporte si je comprends quelque chose à ce que je vais faire, mais je vais vous obéir, dit-il avec une joie causée par cette pensée : " Elle se compromet avec moi, elle n'aura rien à me refuser. "

Eugène prend la jolie bourse, court au numéro NEUF, après s'être fait indiquer par un marchand d'habits la plus prochaine maison de jeu. Il y monte, se laisse prendre son chapeau ; mais il entre et demande où est la roulette. A l'étonnement des habitués, le garçon de salle le mène devant une longue table. Eugène, suivi de tous les spectateurs, demande sans vergogne où il faut mettre l'enjeu.

- Si vous placez un louis sur un seul de ces trente-six numéros, et qu'il sorte, vous aurez trente-six louis, lui dit un vieillard respectable à cheveux blancs.

Eugène jette les cent francs sur le chiffre de son âge, vingt et un. Un cri d'étonnement part sans qu'il ait eu le temps de se reconnaître. Il avait gagné sans le savoir.

- Retirez donc votre argent, lui dit le vieux monsieur, l'on ne gagne pas deux fois dans ce système-là.

Eugène prend un râteau que lui tend le vieux monsieur, il tire à lui les trois mille six cents francs et, toujours sans rien savoir du jeu, les place sur la rouge. La galerie le regarde avec envie, en voyant qu'il continue à jouer. La roue tourne, il gagne encore, et le banquier lui jette encore trois mille six cents francs.

- Vous avez sept mille deux cents francs à vous, lui dit à l'oreille le vieux monsieur. Si vous m'en croyez, vous vous en irez, la rouge a passé huit fois. Si vous êtes charitable, vous reconnaîtrez ce bon avis en soulageant la misère d'un ancien préfet de Napoléon qui se trouve dans le dernier besoin.

Rastignac étourdi se laisse prendre dix louis par l'homme à cheveux blancs, et descend avec les sept mille francs, ne comprenant encore rien au jeu, mais stupéfié de son bonheur.

- Ah çà ! où me mènerez-vous maintenant, dit-il en montrant les sept mille francs à madame de Nucingen quand la portière fut refermée.

Delphine le serra par une étreinte folle et l'embrassa vivement, mais sans passion. " Vous m'avez sauvée ! " Des larmes de joie coulèrent en abondance sur ses joues. Je vais tout vous dire, mon ami. Vous serez mon ami, n'est-ce pas ? Vous me voyez riche, opulente, rien ne me manque ou je parais ne manquer de rien ! Eh bien ! sachez que monsieur de Nucingen ne me laisse pas disposer d'un sou : il paye toute la maison, mes voitures, mes loges ; il m'alloue pour ma toilette une somme insuffisante, il me réduit à une misère secrète par calcul. Je suis trop fière pour l'implorer. Ne serais-je pas la dernière des créatures si j'achetais son argent au prix où il veut me le vendre ! Comment, moi riche de sept cent mille francs, me suis-je laissé dépouiller ? par fierté, par indignation. Nous sommes si jeunes, si naïves, quand nous commençons la vie conjugale ! La parole par laquelle il fallait demander de l'argent à mon mari me déchirait la bouche ; je n'osais jamais, je mangeais l'argent de mes économies et celui que me donnait mon pauvre père ; puis je me suis endettée. Le mariage est pour moi la plus horrible des déceptions, je ne puis vous en parler : qu'il vous suffise de savoir que je me jetterais par la fenêtre s'il fallait vivre avec Nucingen autrement qu'en ayant chacun notre appartement séparé. Quand il a fallu lui déclarer mes dettes de jeune femme, des bijoux, des fantaisies (mon pauvre père nous avait accoutumées à ne nous rien refuser), j'ai souffert le martyre mais enfin j'ai trouvé le courage de les dire. N'avais-je pas une fortune à moi ?

Nucingen s'est emporté, il m'a dit que je le ruinerais, des horreurs ! J'aurais voulu être à cent pieds sous terre. Comme il avait pris ma dot, il a payé ; mais en stipulant désormais pour mes dépenses personnelles une pension à laquelle je me suis résignée, afin d'avoir la paix. Depuis, j'ai voulu répondre à l'amour-propre de quelqu'un que vous connaissez, dit-elle. Si j'ai été trompée par lui, je serais mal venue à ne pas rendre justice à la noblesse de son caractère. Mais enfin il m'a quittée indignement ! On ne devrait jamais abandonner une femme à laquelle on a jeté, dans un jour de détresse, un tas d'or ! On doit l'aimer toujours ! Vous, belle âme de vingt et un ans, vous jeune et pur, vous me demanderez comment une femme peut accepter de l'or d'un homme ? Mon Dieu ! n'est-il pas naturel de tout partager avec l'être auquel nous devons notre bonheur ? Quand on s'est tout donné, qui pourrait s'inquiéter d'une parcelle de ce tout ? L'argent ne devient quelque chose qu'au moment où le sentiment n'est plus. N'est-on pas lié pour la vie ? Qui de nous prévoit une séparation en se croyant bien aimée ? Vous nous jurez un amour éternel, comment avoir alors des intérêts distincts ? Vous ne savez pas ce que j'ai souffert aujourd'hui, lorsque Nucingen m'a positivement refusé de me donner six mille francs, lui qui les donne tous les mois à sa maîtresse, une fille de l'Opéra ! je voulais me tuer. Les idées les plus folles me passaient par la tête. Il y a eu des moments où j'enviais le sort d'une servante, de ma femme de chambre. Aller trouver mon père, folie ! Anastasie et moi nous l'avons égorgé : mon pauvre père se serait vendu s'il pouvait valoir six mille francs. J'aurais été le désespérer en vain. Vous m'avez sauvée de la honte et de la mort, j'étais ivre de douleur. Ah ! monsieur, je vous devais cette explication : j'ai été bien déraisonnablement folle avec vous. Quand vous m'avez quittée, et que je vous ai eu perdu de vue, je voulais m'enfuir à pied… où ? je ne sais. Voilà la vie de la moitié des femmes de Paris : un luxe extérieur, des soucis cruels dans l'âme. Je connais de pauvres créatures encore plus malheureuses que je ne le suis. Il y a pourtant des femmes obligées de faire faire de faux mémoires par leurs fournisseurs. D'autres sont forcées de voler leurs maris : les uns croient que des cachemires de cent louis se donnent pour cinq cents francs, les autres qu'un cachemire de cinq cents francs vaut cent louis. Il se rencontre de pauvres femmes qui font jeûner leurs enfants et grappillent pour avoir une robe. Moi, je suis pure de ces odieuses tromperies. Voici ma dernière angoisse. Si quelques femmes se vendent à leurs maris pour les gouverner, moi au moins je suis libre ! je pourrais me faire couvrir d'or par Nucingen, et je préfère pleurer la tête appuyée sur le cœur d'un homme que je puisse estimer. Ah ! ce soir monsieur de Marsay n'aura pas le droit de me regarder comme une femme qu'il a payée. Elle se mit le visage dans ses mains, pour ne pas montrer ses pleurs à Eugène, qui lui dégagea la figure pour la contempler, elle était sublime ainsi.- Mêler l'argent aux sentiments, n'est-ce pas horrible ? Vous ne pourrez pas m'aimer, dit-elle.

Ce mélange de bons sentiments, qui rendent les femmes si grandes, et des fautes que la constitution actuelle de la société les force à commettre, bouleversait Eugène, qui disait des paroles douces et consolantes en admirant cette belle femme, si naïvement imprudente dans son cri de douleur.

- Vous ne vous armerez pas de ceci contre moi, dit-elle, promettez-le-moi.

- Ah ! madame ! j'en suis incapable, dit-il.

Elle lui prit la main et la mit sur son cœur par un mouvement plein de reconnaissance et de gentillesse.

Grâce à vous me voilà redevenue libre et joyeuse. Je vivais pressée par une main de fer. Je veux maintenant vivre simplement, ne rien dépenser. Vous me trouverez bien comme je serai, mon ami, n'est-ce pas ? Gardez ceci, dit-elle en ne prenant que six billets de banque. En conscience je vous dois mille écus, car je me suis considérée comme étant de moitié avec vous. Eugène se défendit comme une vierge. Mais la baronne lui ayant dit :- Je vous regarde comme mon ennemi si vous n'êtes pas mon complice, il prit l'argent.- Ce sera une mise de fonds en cas de malheur, dit-il.

- Voilà le mot que je redoutais, s'écria-t-elle en pâlissant. Si vous voulez que je sois quelque chose pour vous, jurez-moi, dit-elle, de ne jamais retourner au jeu. Mon Dieu ! moi, vous corrompre ! j'en mourrais de douleur.

Ils étaient arrivés. Le contraste de cette misère et de cette opulence étourdissait l'étudiant, dans les oreilles duquel les sinistres paroles de Vautrin vinrent retentir.

- Mettez-vous là, dit la baronne en entrant dans sa chambre et montrant une causeuse auprès du feu, je vais écrire une lettre bien difficile ! Conseillez-moi.

- N'écrivez pas, lui dit Eugène, enveloppez les billets, mettez l'adresse, et envoyez-les par votre femme de chambre.

- Mais vous êtes un amour d'homme, dit-elle. Ah ! voilà, monsieur, ce que c'est que d'avoir été bien élevé ! Ceci est du Beauséant tout pur, dit-elle en souriant.

- Elle est charmante, se dit Eugène qui s'éprenait de plus en plus. Il regarda cette chambre où respirait la voluptueuse élégance d'une riche courtisane.

- Cela vous plaît-il ? dit-elle en sonnant sa femme de chambre.

- Thérèse, portez cela vous-même à monsieur de Marsay, et remettez-le à lui-même. Si vous ne le trouvez pas, vous me rapporterez la lettre.

Thérèse ne partit pas sans avoir jeté un malicieux coup d'oeil sur Eugène. Le dîner était servi. Rastignac donna le bras à madame de Nucingen, qui le mena dans une salle à manger délicieuse, où il retrouva le luxe de table qu'il avait admiré chez sa cousine.

- Les jours d'italiens, dit-elle, vous viendrez dîner avec moi, et vous m'accompagnerez.

- Je m'accoutumerais à cette douce vie si elle devait durer ; mais je suis un pauvre étudiant qui a sa fortune à faire.

- Elle se fera, dit-elle en riant. Vous voyez, tout s'arrange : je ne m'attendais pas à être si heureuse.

 

「私にもそれを見せて下さい」ウージェーヌが手紙を読み終わった時、爺さんが彼に言った。「貴方は行くんでしょう?」紙の匂いを嗅いだ後、彼は付け加えて言った。「これはいい香りがする! 彼女の指が触れたんだろうな、きっと!」
「女というものはこんな風に男の中に飛び込んでくるもんじゃないんだ」と学生は考えた。「彼女はド・マルセイを取り戻すために僕を利用する積りなんだ。そっちのお手伝いをさせられる悔しさくらいは我慢するさ」
「おやおや!」ゴリオ爺さんが言った。「貴方はまだ何か考えてるんですか?」
ウージェーヌは虚飾が生み出す妄想がこの瞬間にある種の女達の心を捉えるものであることを理解していなかった。フォーブール・サン・ジェルマンの家の扉を開けるためには銀行家の妻があらゆる犠牲を払う積りであることを彼はまだ知らなかった。この時代には、総ての女性の上にサン・ジェルマン街の社交界に出入りしている女性、言い換えればプチ・シャトーの貴婦人達[63]を評価する風潮が始まっていた。そのような貴婦人の中でも、ボーセアン夫人、その友人のランジェ公爵夫人、そしてモーフリニューズ公爵夫人は第一級の地位を獲得していた。ショセ・ダンタンの女達が自分たちと同じ女性の中の星達がきらめく上流社会に入ろうとする欲望の激しさを知らないのはラスチニャックだけだった。しかし彼の無知が彼には大いに幸いした。お陰で彼は冷静で曖昧さを残していたので、彼女の申し出を受け入れる代わりに条件を付けかねないようにさえ思われた。
「はい、僕は行きます」と彼は答えた。
やはり好奇心が彼をニュシンゲン夫人の家へ向かわせた。一方で、たとえこの女が彼を無視する様な事があっても、多分彼は情熱に導かれて彼女のもとへ向かったことだろう。とはいえ、彼は翌日を、そして出発の時間を辛抱しきれない思いで待ったのだった。若者にとって、彼の最初の情事の時には恐らく彼が初恋の時に感じたのと同じくらいの魅惑があるのだろう。男達は認めようとしないものだが、成功を確信することが幾千もの幸せを生み出してきた。その確信がまた女達を魅力あらしめてきた。一方で、勝利がたやすい時より、困難に見える時に欲望は更に高まるものだ。男の情熱の総ては間違いなくこの二つの理由のどちらか一方により触発され、あるいは持続される。そしてそれが愛の帝国を二分している。おそらくこの分裂は、人がどう言おうと、この社会を覆っている気質についての大きな疑問に対する答えとなるのではなかろうか。もしも鬱病患者にちょっとどぎつい化粧をする必要があったとしよう、恐らくその人が神経質か多血質かにかかわらず、化粧に対する世の反発がうんと強い場合は、彼等はどちらもさっさと手を引いてしまうだろう。言い換えると、悲歌は基本的に不精なところがあり、熱狂的叙情詩は案外苦労性な本質を持っている。自分の化粧をする時、ウージェーヌは彼の小さな幸福をゆっくりと味わったが、若者がそんなことを話すと馬鹿にされるのを恐れて敢えて人には言わなかった。しかし化粧は彼の自尊心をくすぐってくれた。彼は可愛い女性の眼差しが彼の黒い巻き毛の方に流れてゆくのをイメージしながら髪を整えた。彼は子供っぽい気取った様子をしてみた。それはちょうど若い娘が舞踏会に行くために身づくろいする様に似ていた。彼は自分の細い胴体を満足げに眺め、服の皺を伸ばした。「確かに」と彼は思った。「僕より不細工なやつは沢山いる!」それから彼は下宿の住人が皆テーブルに着く時間に下へ降りていった。そこでは彼の優雅な服装が馬鹿騒ぎを起こして、彼は皆から陽気な歓声を受け取ることになった。この高級下宿に独特の生活習慣の特徴は、入念な化粧をするような人がいると、とんでもない騒ぎとなることである。そこでは何か一言理由を言わなければ、新しい服を着る事などついぞ起こらないことなのだった。
「クト、クト、クト、クト」ビアンションが舌を口蓋に当てて鳴らした。ちょうど馬に気合を入れる風だった。
「まさしく公爵様のお出ましね!」ヴォーケ夫人が言った。
「公爵様はコンケート(征服戦)にお出ましだ!」ミショノー嬢が言った。
「コケーリコ(征服)だ!」画家も叫んだ。
「貴方の奥方におめでとう」博物館職員が言った。
「奥様はもうお決まりですか?」ポワレが訊いた。
「結構毛だらけ猫灰だらけ。見上げたもんだよ屋根屋のフンドシ、見下げたもんだよ底まで掘らせる井戸屋の後家さん。上がっちゃいけない小麦の相場、下がっちゃ怖いよ柳のお化け。馬には乗ってみろ人には添ってみろってね」ヴォートランがおどけをまじえた流暢さとペテン師らしいアクセントをつけながら叫び声をあげた。「憎まれっ子世に憚る、ヴァルデグラスにパンテオン、ショセダンタンにサンジェルマン、チャラチャラ流れるセーヌ川、粋な姉ちゃん立小便、買った買ったさあ買った、カッタコト音がするのは若い夫婦の箪笥の菅だよ」[64]
「まあ! あの人は面白いわね」ヴォーケ夫人がクチュール夫人に言った。「あたしはあの人がいると全然退屈しないわ」
笑いと冗談の只中で、こんな具合に茶化してぺらぺらと交わされた会話がきっかけとなったのか、ウージェーヌはタイユフェール嬢の密かな眼差しを捉えることが出来た。彼女はクチュール夫人に体をかしげ、夫人の耳に何事かを囁いた。
「あら、幌付き二輪馬車が来たわ」シルヴィが言った。
「それじゃあ彼は何処で夕食をとるんだろう?」ビアンションが訊いた。
「ニュシンゲンの邸だろ」
「ゴリオさんの娘さんです」学生が答えた。
この名前で、視線はかつての製麺業者の上に注がれた。彼はウージェーヌの方をある種の羨望をこめて見つめていた。
ラスチニャックはサン・ラザール通のあの軽やかな家の一つ、柱が細く、回廊の狭い、パリに面白味を加えたあの家、パリでも屈指の銀行家の家の中にいた。化粧漆喰や階段の踊り場の大理石のモザイクの中にも、高価なものへの探求が満ち溢れていた。彼は装飾がカフェを思わせるようなイタリア風塗装を施した小部屋でニュシンゲン夫人に会った。男爵夫人は物悲しげな様子だった。彼女が悲しみを隠そうとする努力がウージェーヌを強く捉えたので、彼の嬉しい気持ちは完全に消えてしまった。彼は自分の存在で一人の女を楽しげな気分にしてやろうと思っていたが、彼女は絶望し切っていた。この絶望が彼の自尊心を刺し貫いた。
「私はまだまだ奥様の十分な信頼を得る資格を持っておりません」彼は彼女の関心が自分にないことに傷つけられながらも言ってみた。「しかし、出過ぎたことですが、どうか私を信頼して頂きたく思います。私にはどうか率直にお話下さいませ」
「ここにいて下さい」彼女が言った。「もし貴方がいなくなってしまったら、私は一人ぼっちになります。ニュシンゲンは町で夕食をとります。そして私は一人ぼっちは嫌なんです。私は何か気晴らしがしたいんです」
「しかし、どうなさったのですか?」
「貴方にだけはこんなこと話したくなかったんです」と彼女は叫んだ。
「私はそれを知りたい、その上で私はその秘密について何かのお役に立ちたい」
「恐らく! まずは駄目でしょう」と彼女が答えた。「これは家庭内の喧嘩ですから、心の内に秘めておくべきものですわ。一昨日も私、このことは貴方に話さなかったでしょう? 私って、これっぽっちも幸せじゃないんですよ。金の鎖なんて重苦しいだけですよ」
ここに女がいて、一人の若者に向かって、彼女は不幸せであると話すとしよう。その若者が溌剌とした心の持ち主で服装も良く、しかも彼が一五〇〇フランの自由に使える金をポケットの中に持っていたとしよう。若者はまさにウージェーヌが思ったそのことを当然考え、そしてうぬぼれてしまうのである。
「貴女はこれ以上何をお望みなんですか?」ウージェーヌは答えた。「貴女は美しい、若い、愛されている、金持ちだ」
「私のことは言わないで」彼女は頭を悲しげに振って言った。「私達一緒に差し向かいで夕食をいただきましょう。私達は最高に美しい音色の音楽を聴きに行きましょう。私の好み、貴方と合うかしら?」彼女は答えると立ち上がった。豊かさを極めた優雅なペルシャ模様の入った白いカシミヤの衣装がのぞき見えた。
「私は貴女を完全に私のものにしたいんです」ウージェーヌが言った。「貴女は魅惑的です」
「貴方は鬱陶しい物件を背負い込むことになってよ」彼女は苦渋を含んだ微笑を浮かべながら言った。「ここでは何も貴方に不幸を感じさせない、だけれども、その見かけにかかわらず、私は絶望の中にいるんです。私の悩みごとのためによく眠れないんです。お陰で私はきっと醜くなってしまうわ」
「おー! そんなことはあり得ません」学生が言った。「しかし、私には分からないのですが、献身的な愛ですら癒せないような悩みとは一体何なんですか?」
「あー! もし私が貴方にそれを打ち明けたら、貴方は私から逃げ出してゆくでしょう」彼女が言った。「貴方はもう男性が習慣的にお世辞を言ってくれる、その程度にしか私を愛しては下さらなくなるでしょう。だけど、貴方が本気で私を愛してくださるなら、貴方はひどい絶望の中に落ちてゆくことになるのよ。私が黙っていなければならないこと、お分かりよね。お願い」と彼女は続けた。「話題変えましょうよ。私のアパルトマン見に行きましょう」
「いいえ、ここにいましょう」ウージェーヌはそう答えて、自信を持ってニュシンゲン夫人の手を取った。そしていかにも話好きらしく彼女のそばの暖炉の前に座り続けていた。
彼女は手を取られるのに任せていたが、やがて強い感動に突き動かされた彼女の手が若者の手の上に押し付けられてきた。
「聞いてください」ラスチニャックが彼女に言った。「もし貴女に悩みがおありなら、それを私に打ち明けてください。私はただ貴女その人を愛していることを貴女に証明して見せたいのです。貴女は私に貴女の苦しみを話し知らしめることにより、私はその苦しみを消すことが出来ます。それが六人の男を殺さねばならないにしてもです。それが出来ないならば、私はここを出て二度と帰ってはきません」
「あらっ!」彼女はある絶望的な考えにとらわれて叫んだ、そして自分の額を叩いた。「私は一瞬、貴方をテストしかけていましたわ」
「そうだ」と彼女は思った。「やってみるしかないわ」彼女は呼び鈴を鳴らした。
「旦那様の馬車に馬は繋いだ?」彼女は従僕に尋ねた。
「はい、奥様」
「私がそれを使います。旦那様には私の馬車を使ってもらうから、それに私の馬を繋いでね。夕食は七時過ぎになりますからね」
「さあ、こちらへどうぞ」彼女がウージェーヌに言った。彼の方はニュシンゲン氏の二人乗り馬車で彼の夫人の横に座っている自分がまるで夢の中にいるように思われた。
「パレロワイヤル、テアトル・フランセのそばにやって」彼女が御者に言った。
道中の彼女は興奮しているように見えて、ウージェーヌが山ほど質問したのに返事をしようとしなかった。彼は頑固なだんまりで固めたつかみどころのない、この反抗は一体何なのか分からなかった。
「もう少ししたら彼女は何か漏らすだろう」そう彼は考えた。
馬車が止まった時、学生は既に心の高まりを抑えられないような状況にあったが、男爵夫人が彼の方を見やった時の雰囲気は彼の熱っぽい言葉に沈黙を促すものだった。
「貴方は本当に私を愛してる?」彼女が訊いた。
「はい」彼は不安に捉われているのを押し隠して答えた。
「貴方は私のことを悪くなんて全然考えないわね、例えどんなことを貴方にお願いしてもね?」
「考えません」
「貴方は喜んで私に従ってくれますか?」
「盲目的に従います」
「貴方は賭博場に何回か行ったことがありますか?」彼女はいくらか震えるような声で言った。
「全然」
「あー! ほっとしたわ。貴方は運が良いはずだわ。これ私の財布です。さあこれを持って! 一〇〇フラン入ってます。それが、この幸せな女が持っている総てなのよ。賭博の店に行ってね。私は何処にあるのか知らないけれど、パレロワイヤルにあるとは聞いています。一〇〇フランをルーレットという勝負に賭けて下さいね。そして総てを失くすか、あるいは私のために六千フラン稼いでくれるか。私の悩み事は貴方が戻って来た時に話すわ」
「私には悪魔がついて、私がこれからやろうとしていることについて私が何事も知り尽くしているかのごとく突き動かしてくれることを祈ります。ともかく私は貴女に従います」彼は次のような考えに嬉しくなって言った。『彼女は僕と運命共同体になった。彼女は僕を拒絶することはないだろう』
ウージェーヌは可愛らしい財布を持って、賭博場の直ぐ隣の服屋に場所を教えてもらって、九番地に向かって走っていった。彼は店に入り帽子を脱がされた。彼は頓着せず中に入り、ルーレットは何処かと訊いた。常連客があきれる中を部屋のボーイが彼を長いテーブルの前に案内した。ウージェーヌには見物人が皆付いて来ていたが、彼は厚かましくも、何処に掛け金を置くべきだろうかと尋ねた。
「もし貴方が一ルイをここにある三十六の数字のうちの一つの数字の上に置いて、それが当たったとする、すると貴方は三十六ルイを得るというわけだ」白髪のかなり年配の人が彼に教えてくれた。
ウージェーヌは一〇〇フランを自分の年齢の数字、二十一に賭けた。彼は自分で訳が分からないうちに、周囲から驚きの叫び声が上がった。彼は知らないうちに勝っていた。
「さあ、貴方の金を引き上げなさい」老紳士が彼に言った。「ここの博打で二度は勝てませんよ」
ウージェーヌは老紳士が彼に差し出してくれた熊手をつかんだ。彼は自分の方に三六〇〇フランを引き寄せて、相変わらず勝負のことは何も分からないまま、その金を赤の上に置いた。見物人達は彼が勝負を続けるのを見て、羨望の眼差しで彼を見つめた。ルーレットが回り、彼はまた勝った。そしてディーラーは再び三六〇〇フランを彼の方に押しやった。
「貴方の金は七二〇〇フランになった」彼の耳許で老紳士が言った。「もし貴方が私を信じるなら、ここでやめることです。赤は八回も出てしまっている。もしも貴方が慈悲深い方なら、このアドバイスを受け入れることです。そうして、差し迫った金の必要に迫られている、このかつてのナポレオンの上官だった惨めな男を慰めてやってください」
ラスチニャックは呆然としているうちに、二〇フラン金貨十枚をこの白髪の男に持っていかれてしまった。しかし彼は七千フランを持って店を出た。それでいて彼は未だに勝負のことについては何も分からず、それでいて自分の幸運にはただ茫然自失の状態だった。
「あーあー! 貴女はなんて所に私を連れてきてしまったんですか」彼は馬車のドアを閉めながら、ニュシンゲン夫人の前に七千フランを差し出して言った。
デルフィーヌは狂おしく彼を抱き締め、荒々しくキスをした。が、何か冷静さも残っていた。「貴方は私を救って下さったんだわ!」喜びの涙が彼女の頬をつたって流れた。「貴方には何もかもお話しますわ、友達ですもの。貴方はお友達、ですよね? 貴方は私のことを金持ちで豪奢で足りないものは何もないくらいに、あるいは思ってらしたか、あるいは、私は何にも不足していないように見えたかもしれません。ところが意外にも、ニュシンゲンという人は私には一スーたりとも自由に使わせないんですよ。彼は家にかかる総ての経費だけでなく私の馬車、私の桟敷席の費用も全部支払っています。私の化粧費はとても不満足な金額ですが、彼は認めてくれています。でも、彼はとことん計算して私をある種の惨めな境遇に追い込もうとしています。彼の経費削減の要請には本当に腹が立ちます。もしお前が好きなように金を使いたいのなら言ってみろ、その金はお前に売ってやる、と彼は言うのです。そんな惨めな人間は私以外にこの世に二人といないでしょう! 一体どうして、七〇万フランもお金を持っているこの私が、皮を剥がされるままになってるんでしょうか? 誇りがあるから? それとも憤り? 私達が結婚生活を始めた頃、私達はとても若くて、とてもうぶでした! 夫にお金を要求しなければならない時に使う言葉が嫌で、私達は段々会話をしなくなってしまいました。私は敢えて嫌な話をしなかったのです。私は自分の貯金の金を使い、また可哀想な父が私にくれたお金を使いました。そのうち私は借金するようになりました。私にとって結婚は最悪の失望でした。貴方にはとても話せないようなものでした。ニュシンゲンとは別々のアパルトマンを持って、別れて暮らすというやり方以外で生きてゆけと言われたら、私は窓から身を投げるより他はありませんわ。貴方にはそれを分かっていただければ十分です。若妻であった私、宝石や気まぐれな買い物――可哀想に父は私達に何を頼まれても拒絶しない習慣になっていたのです――そうしたもので出来た私の借金のことを夫に言わなければならなくなった時、私はひどい苦しみをなめることになりました。しかし、とうとう私は勇気を出して、それを彼に言ったのです。だって私の財産だって幾らかはあるはずでしょう? ニュシンゲンは逆上して、私が彼を破滅させるだろうと言いました。何てことを言うんでしょうね! 私も穴があったら入りたいくらいですわ。彼は私の持参金を得た分だけ支払ってくれました。けれども、それ以後の私の個人的費用について、彼は一定額の手当てにしようと主張し、私も安らぎを得たかったので、それを甘んじて受けました。以来、私は貴方もご存知のある方の自尊心を満足させられる女でありたいと努めてきたのでした」と彼女は言った。「仮に私が彼に騙されていたとしても、それは彼の性格の高貴さを正しく評価出来なかった私のせいなのです。でも結局のところ、彼は私とはひどい別れ方をしたってことです! 困ってた時にいっぱい金を投げ与えてやった女を男は決して棄てないものよ、普通ならその女をずっと愛し続けるはずじゃない! 貴方って二十一歳の美しい心の持ち主で、貴方って若くて純粋、だから貴方は何だって人妻が男から金を受け取ることが出来るんだろうと、ずっと自問自答していたんでしょう? 何故ですって! そもそも、その人といたら私達女は女の幸せを得られるだろうといった人と組するのって、自然じゃない? 人が互いに総てを捧げあっている時、一体誰がこの全体からみれば切れっ端のようなものまで心配出来るものでしょうか? お金は感情が既に死んでしまった場合にだけ何らかの意味を持つに過ぎません。男と女は生涯を通じて繋がり合ってゆけるのかしら? 私達の誰が、互いに愛し合っていると考えていた最中に別離なんてことを予見できたでしょうか? 貴方は私達の永遠の愛を正当化しますか? それでは、如何にしてはっきりした利害を正当化しますか? 貴方にはこのことで私が今日どんなに悩んでいるかは想像も出来ないと思います。実は今日ニュシンゲンは私に六〇〇〇フランの手当てを与えることを拒絶したのです。そのくせ彼自身はごひいきのオペラ座の娘には、ちょっきりこれだけのお金を月々あげているんですよ。私は自殺したいと思いました。実に気違い染みた考えが私の頭の中を駆け巡りました。ある時は召使の女や小間使いの女のことを羨ましく思ったものです。また父に会いに行こうなんて、馬鹿なことも! アナスタジーと私、二人で彼から搾り取ったのです。私達の可哀想な父は売れるものは何もかも売ってざっと六〇〇〇フランくらいのお金をこさえてくれました。でも、それも空しく私は今頃は絶望的な状態になっていたはずです。貴方は私を恥辱と死の淵から救って下さいました。私は悲しみで頭がどうかしてたんですわ。あー! 貴方、私は貴方にはこんな言い訳をする義務があります。実は私は理屈もなしに貴方の途轍もない強運にすがったのです。貴方が私をここに置いて離れていった時、そして私から貴方の姿が見えなくなった時、私はここから歩いて逃げ出したく思ったのです……どこへ? 私にも分かりません。ほらこれが、パリの人妻の半数が過ごしている人生なの。うわべのきらびやかさ、魂の中の過酷な悩み。私は私が過ごしているよりも、もっと不幸せな人生を強いられている女達を知っています。中には出入り業者に無理に間違った記憶をしてしまうように強いられる人妻もいるのです。そうでない人妻も夫のものを盗むように強いられるのです。前者は一〇〇ルイもする高級カシミアを買ったことを忘れて五〇〇フランの安物で我慢してるなどという嘘が通ると思っているし、後者は五〇〇フランの安物掴まされたのが分からずに夫から一〇〇ルイ盗んで払ってしまう馬鹿女なの。心身ともに貧しい女達がいて子供には断食をさせておきながら、服を一着手に入れるために小銭をかき集めたりするの。私はね、私はこういった欺瞞からは免れています。私にとって、こんなのこそ最悪だわ。夫に自らの支配権を売り渡すようなそういう妻もいるんでしょうけど、私は少なくとも夫に対する自由をまだ確保してるわ! 私はニュシンゲンのお金で生活を賄ってゆきながら、私が尊敬出来る人の胸の上に私の頭をのせて泣くことだって出来るんですもの。あー! 今晩のド・マルセイ氏はもう私のことを自分の女としてみる権利を失っているんだわ」彼女は両手で顔を覆い、涙をウージェーヌに見せないようにした。彼は彼女の体を放して、うっとりと見とれてしまった。彼女は相変わらず気高く美しかった。「感情の中にまでお金を持ち込むなんて恐ろしいことじゃないかしら? 貴方はもう私を愛せないのでは」と彼女が言った。
この適度に混ぜ合わされた感情が女達を烈しくし、社会の実際の仕組みが女達に加担することを強いる嘘がウージェーヌの気持ちを揺すぶった。悲痛な叫びを上げるこんなに無垢で無防備なこの美しい女性に感嘆して彼は優しい慰めの言葉を語った。
「貴方はこれからさき、私に対して敵対なんかなさらないわね」彼女が言った。「約束して下さい」
「あー奥様! 敵対なんて私には出来ないことです」彼が答えた。
彼女は彼の腕を取り自分の胸の上に当てた。その動作には感謝と可愛らしさがいっぱい込められていた。「貴方のお陰で私はほら自由で楽しい身分に戻れたわ。私は鉄の腕に押さえ込まれて生きていたの。私は今は簡素な生活がしたいわ。何にも費わずに。私の様子から、貴方には私のことがよくお分かりですよね、ねえ、そうでしょ? これは貴方が持っていて」彼女は紙幣を六枚だけ取りながら言った。「私の心の中では、私は貴方に千エキュ借りていることになるのよ。何故って、私は貴方と儲けを折半にするべきと思ってるんですもの」ウージェーヌはまるで処女のように抵抗した。しかし男爵夫人は彼に言った。「貴方が共謀者になってくれないんなら、私は貴方を私の敵とみなすわよ」彼は金を取った。「これはいざという時のために置いておきましょう」彼が言った。
「ほらまた私を心配させることを言う」彼女は青ざめて叫んだ。「貴方にとって私が何だって言うの。あたしに誓って」と彼女が言った。「二度と賭場には行かないって。神様! あたしね、貴方を堕落させたのは! 私、心配で死にそうだわ」
彼等は到着した。あの悲惨と豪奢の対比が学生を呆然とさせた。耳の中では不吉なヴォートランの言葉がたった今までこだましていた。
「ここにお座り下さい」彼女は自分の寝室に入り、暖炉の横の二人掛けソファを指しながら言った。「私はこれから、とても難しい手紙を書くつもりよ! 私にアドバイスを下さいな」
「手紙なんて書かないで」ウージェーヌが彼女に言った。「お金を包んで、宛先を書いて、そして小間使いに言って持ってゆかせればいいじゃないですか」
「本当に貴方って素敵な方だわ」と彼女が言った。「あー! そこなのよ、貴方、これこそが育ちの良さとか言われるところのものなんだわ! これって、まさに純粋のボーセアンそのものだわ」彼女は微笑しながら言った。
「彼女は魅力的だ」ウージェーヌは思った、そして段々と強い感情に捉えられていった。彼はこの寝室を眺めた。そこには豪奢な寵姫らしい扇情的優美さが息づいていた。
「ここは貴方のお気に入って?」彼女は小間使いを呼ぶ鈴を鳴らしながら言った。
「テレーズ、これをド・マルセイ氏に届けて下さい。そして彼本人に手渡すんですよ。もし彼が見つからなかったら、手紙を持ち帰ってください」
テレーズは出掛ける前に、ウージェーヌの方に茶目っ気のある一瞥を投げてよこした。夕食が準備された。ラスチニャックはニュシンゲン夫人に腕を差し出し、彼女は彼を瀟洒きわまる食堂へと導いていった。そこで彼は従姉の邸で感嘆したあの豪華さを再び目にしたのだった。
「イタリア座の公演がある日は」と彼女が言った。「貴方はあたしと夕食を共にするのよ、そしてあたしと同伴するの」
「願わくは、私もそのような甘い生活に慣れ親しんでゆきたいです。しかし私は貧しい学生で、財産といえば、これから作ってゆかねばなりません」
「そんなのは自然に出来ますよ」彼女は笑いながら言った。「だって、総て上手くいってるじゃない。私はこんなに幸せになれるなんて予想しなかったわ」

 

Il est dans la nature des femmes de prouver l'impossible par le possible et de détruire les faits par des pressentiments. Quand madame de Nucingen et Rastignac entrèrent dans leur loge aux Bouffons, elle eut un air de contentement qui la rendait si belle, que chacun se permit de ces petites calomnies contre lesquelles les femmes sont sans défense, et qui font souvent croire à des désordres inventés à plaisir. Quand on connaît Paris, on ne croit à rien de ce qui s'y dit, et l'on ne dit rien de ce qui s'y fait. Eugène prit la main de la baronne, et tous deux se parlèrent par des pressions plus ou moins vives, en se communiquant les sensations que leur donnait la musique. Pour eux, cette soirée fut enivrante. Ils sortirent ensemble, et madame de Nucingen voulut reconduire Eugène jusqu'au Pont-Neuf, en lui disputant, pendant toute la route, un des baisers qu'elle lui avait si chaleureusement prodigués au Palais-Royal. Eugène lui reprocha cette inconséquence.

- Tantôt, répondit-elle, c'était de la reconnaissance pour un dévouement inespéré ; maintenant ce serait une promesse.

- Et vous ne voulez m'en faire aucune, ingrate. Il se fâcha. En faisant un de ces gestes d'impatience qui ravissent un amant, elle lui donna sa main à baiser, qu'il prit avec une mauvaise grâce dont elle fut enchantée.

- A lundi, au bal, dit-elle.

En s'en allant à pied, par un beau clair de lune, Eugène tomba dans de sérieuses réflexions. Il était à la fois heureux et mécontent : heureux d'une aventure dont le dénouement probable lui donnait une des plus jolies et des plus élégantes femmes de Paris objet de ses désirs ; mécontent de voir ses projets de fortune renversés, et ce fut alors qu'il éprouva la réalité des pensées indécises auxquelles il s'était livré l'avant-veille. L'insuccès nous accuse toujours la puissance de nos prétentions. Plus Eugène jouissait de la vie parisienne, moins il voulait demeurer obscur et pauvre. Il chiffonnait son billet de mille francs dans sa poche, en se faisant mille raisonnements captieux pour se l'approprier. Enfin il arriva rue Neuve-Sainte-Geneviève, et quand il fut en haut de l'escalier, il y vit de la lumière. Le père Goriot avait laissé sa porte ouverte et sa chandelle allumée, afin que l'étudiant n'oubliât pas de lui raconter sa fille , suivant son expression. Eugène ne lui cacha rien.

- Mais, s'écria le père Goriot dans un violent désespoir de jalousie, elles me croient ruiné : j'ai encore treize cents livres de rente ! Mon Dieu ! la pauvre petite, que ne venait-elle ici ! j'aurais vendu mes rentes, nous aurions pris sur le capital, et avec le reste je me serais fait du viager. Pourquoi n'êtes-vous pas venu me confier son embarras, mon brave voisin ? Comment avez-vous eu le cœur d'aller risquer au jeu ses pauvres petits cent francs ? c'est à fendre l'âme. Voilà ce que c'est que des gendres ! Oh ! si je les tenais, je leur serrerais le cou. Mon Dieu ! pleurer, elle a pleuré ?

- La tête sur mon gilet, dit Eugène.

- Oh ! donnez-le-moi, dit le père Goriot. Comment ! il y a eu là des larmes de ma fille, de ma chère Delphine, qui ne pleurait jamais étant petite ! Oh ! je vous en achèterai un autre, ne le portez plus, laissez-le-moi. Elle doit, d'après son contrat, jouir de ses biens. Ah ! je vais aller trouver Derville, un avoué, dès demain. Je vais faire exiger le placement de sa fortune. Je connais les lois, je suis un vieux loup, je vais retrouver mes dents.

- Tenez, père, voici mille francs qu'elle a voulu me donner sur notre gain. Gardez-les-lui, dans le gilet.

Goriot regarda Eugène, lui tendit la main pour prendre la sienne, sur laquelle il laissa tomber une larme.

- Vous réussirez dans la vie, lui dit le vieillard. Dieu est juste, voyez-vous ? je me connais en probité, moi, et puis vous assurer qu'il y a bien peu d'hommes qui vous ressemblent. Vous voulez donc être aussi mon cher enfant ? Allez, dormez. Vous pouvez dormir, vous n'êtes pas encore père. Elle a pleuré, j'apprends ça, moi, qui étais là tranquillement à manger comme un imbécile pendant qu'elle souffrait ; moi, moi qui vendrais le Père, le Fils et le Saint-Esprit pour leur éviter une larme à toutes deux !

- Par ma foi, se dit Eugène en se couchant, je crois que je serai honnête homme toute ma vie. Il y à du plaisir a suivre les inspirations de sa conscience.

Il n'y a peut-être que ceux qui croient en Dieu qui font le bien en secret, et Eugène croyait en Dieu. Le lendemain, à l'heure du bal, Rastignac alla chez madame de Beauséant, qui l'emmena pour le présenter à la duchesse de Carigliano. Il reçut le plus gracieux accueil de la maréchale, chez laquelle il retrouva madame de Nucingen. Delphine s'était parée avec l'intention de plaire à tous pour mieux plaire à Eugène, de qui elle attendait impatiemment un coup d'oeil, en croyant cacher son impatience. Pour qui sait deviner les émotions d'une femme, ce moment est plein de délices. Qui ne s'est souvent plu à faire attendre son opinion, à déguiser coquettement son plaisir, à chercher des aveux dans l'inquiétude que l'on cause, à jouir des craintes qu'on dissipera par un sourire ? Pendant cette fête, l'étudiant mesure tout à coup la portée de sa position, et comprit qu'il avait un état dans le monde en étant cousin avoué de madame de Beauséant. La conquête de madame la baronne de Nucingen, qu'on lui donnait déjà, le mettait si bien en relief, que tous les jeunes gens lui jetaient des regards d'envie ; en en surprenant quelques-uns, il goûta les premiers plaisirs de la fatuité. En passant d'un salon dans un autre, en traversant les groupes, il entendit vanter son bonheur. Les femmes lui prédisaient toutes des succès. Delphine, craignant de le perdre, lui promit de ne pas lui refuser le soir le baiser qu'elle s'était tant défendu d'accorder l'avant-veille. A ce bal, Rastignac reçut plusieurs engagements. Il fut présenté par sa cousine à quelques femmes qui toutes avaient des prétentions à l'élégance, et dont les maisons passaient pour être agréables, il se vit lancé dans le plus grand et le plus beau monde de Paris. Cette soirée eut donc pour lui les charmes d'un brillant début, et il devait s'en souvenir jusque dans ses vieux jours, comme une jeune fille se souvient du bal où elle a eu des triomphes. Le lendemain, quand, en déjeunant, il raconta ses succès au père Goriot devant les pensionnaires, Vautrin se prit à sourire d'une façon diabolique.

- Et vous croyez, s'écria ce féroce logicien, qu'un jeune homme à la mode peut demeurer rue Neuve-Sainte-Geneviève, dans la Maison-Vauquer ? pension infiniment respectable sous tous les rapports, certainement, mais qui n'est rien moins que fashionable. Elle est cossue, elle est belle de son abondance, elle est fière d'être le manoir momentané d'un Rastignac ; mais, enfin, elle est rue Neuve-Sainte-Geneviève, et ignore le luxe, parce qu'elle est purement patriarchalorama . Mon jeune ami, reprit Vautrin, d'un air paternellement railleur, si vous voulez faire figure à Paris, il vous faut trois chevaux et un tilbury pour le matin, un coupé pour le soir, en tout neuf mille francs pour le véhicule. Vous seriez indigne de votre destinée si vous ne dépensiez trois mille francs chez votre tailleur, six cents francs chez le parfumeur, cent écus chez le bottier, cent écus chez le chapelier. Quant à votre blanchisseuse, elle vous coûtera mille francs. Les jeunes gens à la mode ne peuvent se dispenser d'être très forts sur l'article du linge : n'est-ce pas ce qu'on examine le plus souvent en eux ? L'amour et l'église veulent de belles nappes sur leurs autels. Nous sommes à quatorze mille. Je ne vous parle pas de ce que vous perdrez au jeu, en paris, en présents ; il est impossible de ne pas compter pour deux mille francs l'argent de poche. J'ai mené cette vie-là, j'en connais les débours. Ajoutez à ces nécessités premières trois cents louis pour la pâtée, mille francs pour la niche. Allez, mon enfant, nous en avons pour nos petits vingt-cinq mille par an dans les flancs, ou nous tombons dans la crotte, nous nous faisons moquer de nous, et nous sommes destitué de notre avenir, de nos succès, de nos maîtresses ! J'oublie le valet de chambre et le groom ! Est-ce Christophe qui portera vos billets doux ? Les écrirez-vous sur le papier dont vous vous servez ? Ce serait vous suicider. Croyez-en un vieillard plein d'expérience ! reprit-il en faisant un rinforzando dans sa voix de basse. Ou déportez-vous dans une vertueuse mansarde, et mariez-vous-y avec le travail, ou prenez une autre voie.

Et Vautrin cligna de l'oeil en guignant mademoiselle Taillefer de manière à rappeler et résumer dans ce regard les raisonnements séducteurs qu'il avait semés au cœur de l'étudiant pour le corrompre. Plusieurs jours se passèrent pendant lesquels Rastignac mena la vie la plus dissipée. Il dînait presque tous les jours avec madame de Nucingen, qu'il accompagnait dans le monde. Il rentrait à trois ou quatre heures du matin, se levait à midi pour faire sa toilette, allait se promener au Bois avec Delphine, quand il faisait beau, prodiguant ainsi son temps sans en savoir le prix, et aspirant tous les enseignements, toutes les séductions du luxe avec l'ardeur dont est saisi l'impatient calice d'un dattier femelle pour les fécondantes poussières de son hyménée. Il jouait gros jeu, perdait ou gagnait beaucoup, et finit par s'habituer à la vie exorbitante des jeunes gens de Paris. Sur ses premiers gains, il avait renvoyé quinze cents francs à sa mère et à ses sœurs, en accompagnant sa restitution de jolis présents. Quoiqu'il eût annoncé vouloir quitter la Maison-Vauquer, il y était encore dans les derniers jours du mois de janvier, et ne savait comment en sortir. Les jeunes gens sont soumis presque tous à une loi en apparence inexplicable, mais dont la raison vient de leur jeunesse même, et de l'espèce de furie avec laquelle ils se ruent au plaisir. Riches ou pauvres, ils n'ont jamais d'argent pour les nécessités de la vie, tandis qu'ils en trouvent toujours pour leurs caprices. Prodigues de tout ce qui s'obtient à crédit, ils sont avares de tout ce qui se paye à l'instant même, et semblent se venger de ce qu'ils n'ont pas, en dissipant tout ce qu'ils peuvent avoir. Ainsi, pour nettement poser la question, un étudiant prend bien plus de soin de son chapeau que de son habit. L'énormité du gain rend le tailleur essentiellement créditeur, tandis que la modicité de la somme fait du chapelier un des êtres les plus intraitables parmi ceux avec lesquels il est forcé de parlementer. Si le jeune homme assis au balcon d'un théâtre offre à la lorgnette des jolies femmes d'étourdissants gilets, il est douteux qu'il ait des chaussettes ; le bonnetier est encore un des charançons de sa bourse. Rastignac en était là. Toujours vide pour madame Vauquer, toujours pleine pour les exigences de la vanité, sa bourse avait des revers et des succès lunatiques en désaccord avec les paiements les plus naturels. Afin de quitter la pension puante, ignoble où s'humiliaient périodiquement ses prétentions, ne fallait-il pas payer un mois à son hôtesse, et acheter des meubles pour son appartement de dandy ? c'était toujours la chose impossible. Si, pour se procurer l'argent nécessaire à son jeu, Rastignac savait acheter chez son bijoutier des montres et des chaînes d'or chèrement payées sur ses gains, et qu'il portait au Mont-de-Piété, ce sombre et discret ami de la jeunesse, il se trouvait sans invention comme sans audace quand il s'agissait de payer sa nourriture, son logement, ou d'acheter les outils indispensables à l'exploitation de la vie élégante. Une nécessité vulgaire, des dettes contractées pour des besoins satisfaits, ne l'inspiraient plus. Comme la plupart de ceux qui ont connu cette vie de hasard, il attendait au dernier moment pour solder des créances sacrées aux yeux des bourgeois, comme faisait Mirabeau, qui ne payait son pain que quand il se présentait sous la forme dragonnante d'une lettre de change. Vers cette époque, Rastignac avait perdu son argent, et s'était endetté. L'étudiant commençait à comprendre qu'il lui serait impossible de continuer cette existence sans avoir des ressources fixes. Mais, tout en gémissant sous les piquantes atteintes de sa situation précaire, il se sentait incapable de renoncer aux jouissances excessives de cette vie, et voulait la continuer à tout prix. Les hasards sur lesquels il avait compté pour sa fortune devenaient chimériques, et les obstacles réels grandissaient. En s'initiant aux secrets domestiques de monsieur et madame de Nucingen, il s'était aperçu que, pour convertir l'amour en instrument de fortune, il fallait avoir bu toute honte, et renoncer aux nobles idées qui sont l'absolution des fautes de la jeunesse. Cette vie extérieurement splendide, mais rongée par tous les toenias du remords, et dont les fugitifs plaisirs étaient chèrement expiés par de persistantes angoisses, il l'avait épousée, il s'y roulait en se faisant, comme le Distrait de La Bruyère, un lit dans la fange du fossé ; mais, comme le Distrait, il ne souillait encore que son vêtement.

- Nous avons donc tué le mandarin ? lui dit un jour Bianchon en sortant de table.

- Pas encore, répondit-il, mais il râle.

L'étudiant en médecine prit ce mot pour une plaisanterie, et ce n'en était pas une. Eugène, qui, pour la première fois depuis longtemps, avait dîné à la pension, s'était montré pensif pendant le repas. Au lieu de sortir au dessert, il resta dans la salle à manger assis auprès de mademoiselle Taillefer, à laquelle il jeta de temps en temps des regards expressifs. Quelques pensionnaires étaient encore attablés et mangeaient des noix, d'autres se promenaient en continuant des discussions commencées. Comme presque tous les soirs, chacun s'en allait à sa fantaisie, suivant le degré d'intérêt qu'il prenait à la conversation, ou selon le plus ou le moins de pesanteur que lui causait sa digestion. En hiver, il était rare que la salle à manger fût entièrement évacuée avant huit heures, moment où les quatre femmes demeuraient seules et se vengeaient du silence que leur sexe leur imposait au milieu de cette réunion masculine. Frappé de la préoccupation à laquelle Eugène était en proie, Vautrin resta dans la salle à manger, quoiqu'il eût paru d'abord empressé de sortir, et se tint constamment de manière à n'être pas vu d'Eugène, qui put le croire parti. Puis, au lieu d'accompagner ceux des pensionnaires qui s'en allèrent les derniers, il stationna sournoisement dans le salon. Il avait lu dans l'âme de l'étudiant et pressentait un symptôme décisif. Rastignac se trouvait en effet dans une situation perplexe que beaucoup de jeunes gens ont dû connaître. Aimante ou coquette, madame de Nucingen avait fait passer Rastignac par toutes les angoisses d'une passion véritable, en déployant pour lui les ressources de la diplomatie féminine en usage à Paris. Après s'être compromise aux yeux du public pour fixer près d'elle le cousin de madame de Beauséant, elle hésitait à lui donner réellement les droits dont il paraissait jouir. Depuis un mois elle irritait si bien les sens d'Eugène, qu'elle avait fini par attaquer le cœur. Si, dans les premiers moments de sa liaison, l'étudiant s'était cru le maître, madame de Nucingen était devenue la plus forte, à l'aide de ce manège qui mettait en mouvement chez Eugène tous les sentiments, bons ou mauvais, des deux ou trois hommes qui sont dans un jeune homme de Paris. Etait-ce en elle un calcul ? Non ; les femmes sont toujours vraies, même au milieu de leurs plus grandes faussetés, parce qu'elles cèdent à quelque sentiment naturel. Peut-être Delphine, après avoir laissé prendre tout à coup tant d'empire sur elle par ce jeune homme et lui avoir montré trop d'affection, obéissait-elle à un sentiment de dignité, qui la faisait ou revenir sur ses concessions, ou se plaire à les suspendre. Il est si naturel à une Parisienne, au moment même où la passion l'entraîne, d'hésiter dans sa chute, d'éprouver le cœur de celui auquel elle va livrer son avenir ! Toutes les espérances de madame de Nucingen avaient été trahies une première fois, et sa fidélité pour un jeune égoïste venait d'être méconnue. Elle pouvait être défiante à bon droit. Peut-être avait-elle aperçu dans les manières d'Eugène, que son rapide succès avait rendu fat, une sorte de mésestime causée par les bizarreries de leur situation. Elle désirait sans doute paraître imposante à un homme de cet âge, et se trouver grande devant lui après avoir été si longtemps petite devant celui par qui elle était abandonnée. Elle ne voulait pas qu'Eugène la crût une facile conquête, précisément parce qu'il savait qu'elle avait appartenu à de Marsay. Enfin, après avoir subi le dégradant plaisir d'un véritable monstre, un libertin jeune, elle éprouvait tant de douceur à se promener dans les régions fleuries de l'amour, que c'était sans doute un charme pour elle d'en admirer tous les aspects, d'en écouter longtemps les frémissements, et de se laisser longtemps caresser par de chastes brises. Le véritable amour payait pour le mauvais. Ce contresens sera malheureusement fréquent tant que les hommes ne sauront pas combien de fleurs fauchent dans l'âme d'une jeune femme les premiers coups de la tromperie. Quelles que fussent ses raisons, Delphine se jouait de Rastignac, et se plaisait à se jouer de lui, sans doute parce qu'elle se savait aimée et sûre de faire cesser les chagrins de son amant, suivant son royal bon plaisir de femme. Par respect de lui-même, Eugène ne voulait pas que son premier combat se terminât par une défaite, et persistait dans sa poursuite, comme un chasseur qui veut absolument tuer une perdrix à sa première fête de Saint-Hubert. Ses anxiétés, son amour-propre offensé, ses désespoirs, faux ou véritables, l'attachaient de plus en plus à cette femme. Tout Paris lui donnait madame de Nucingen, auprès de laquelle il n'était pas plus avancé que le premier jour où il l'avait vue. Ignorant encore que la coquetterie d'une femme offre quelquefois plus de bénéfices que son amour ne donne de plaisir, il tombait dans de sottes rages. Si la saison pendant laquelle une femme se dispute à l'amour offrait à Rastignac le butin de ses primeurs, elles lui devenaient aussi coûteuses qu'elles étaient vertes, aigrelettes et délicieuses à savourer. Parfois, en se voyant sans un sou, sans avenir, il pensait, malgré la voix de sa conscience, aux chances de fortune dont Vautrin lui avait démontré la possibilité dans un mariage avec mademoiselle Taillefer. Or il se trouvait alors dans un moment où sa misère parlait si haut, qu'il céda presque involontairement aux artifices du terrible sphinx par les regards duquel il était souvent fasciné. Au moment où Poiret et mademoiselle Michonneau remontèrent chez eux, Rastignac, se croyant seul entre madame Vauquer et madame Couture, qui se tricotait des manches de laine en sommeillant auprès du poêle, regarda mademoiselle Taillefer d'une manière assez tendre pour lui faire baisser les yeux.

- Auriez-vous des chagrins, monsieur Eugène ? lui dit Victorine après un moment de silence.

- Quel homme n'a pas ses chagrins ! répondit Rastignac. Si nous étions sûrs, nous autres jeunes gens, d'être bien aimés, avec un dévouement qui nous récompensât des sacrifices que nous sommes toujours disposés à faire, nous n'aurions peut-être jamais de chagrins.

Mademoiselle Taillefer lui jeta, pour toute réponse, un regard qui n'était pas équivoque.

- Vous, mademoiselle, vous vous croyez sûre de votre cœur aujourd'hui ; mais répondriez-vous de ne jamais changer ?

Un sourire vint errer sur les lèvres de la pauvre fille comme un rayon jailli de son âme, et fit si bien reluire sa figure qu'Eugène fut effrayé d'avoir provoqué une aussi vive explosion de sentiment.

- Quoi ! si demain vous étiez riche et heureuse, si une immense fortune vous tombait des nues, vous aimeriez encore le jeune homme pauvre qui vous aurait plu durant vos jours de détresse ?

Elle fit un joli signe de tête.

- Un jeune homme bien malheureux ?

Nouveau signe.

- Quelles bêtises dites-vous donc là ? s'écria madame Vauquer.

- Laissez-nous, répondit Eugène, nous nous entendons.

- Il y aurait donc alors promesse de mariage entre monsieur le chevalier Eugène de Rastignac et mademoiselle Victorine Taillefer ? dit Vautrin de sa grosse voix en se montrant tout à coup à la porte de la salle à manger.

- Ah ! vous m'avez fait peur, dirent à la fois madame Couture et madame Vauquer.

- Je pourrais plus mal choisir, répondit en riant Eugène à qui la voix de Vautrin causa la plus cruelle émotion qu'il eût jamais ressentie.

- Pas de mauvaises plaisanteries, messieurs, dit madame Couture. Ma fille, remontons chez nous.

Madame Vauquer suivit ses deux pensionnaires, afin d'économiser sa chandelle et son feu en passant la soirée chez elles. Eugène se trouva seul et face à face avec Vautrin.

- Je savais bien que vous y arriveriez, lui dit cet homme en gardant un imperturbable sang-froid. Mais, écoutez ! j'ai de la délicatesse tout comme un autre, moi. Ne vous décidez pas dans ce moment, vous n'êtes pas dans votre assiette ordinaire. Vous avez des dettes. Je ne veux pas que ce soit la passion, le désespoir, mais la raison qui vous détermine à venir à moi. Peut-être vous faut-il quelque millier d'écus. Tenez, le voulez-vous ?

Ce démon prit dans sa poche un portefeuille, et en tira trois billets de banque qu'il fit papilloter aux yeux de l'étudiant. Eugène était dans la plus cruelle des situations. Il devait au marquis d'Ajuda et au comte de Trailles cent louis perdus sur parole. Il ne les avait pas, et n'osait aller passer la soirée chez madame de Restaud, où il était attendu. C'était une de ces soirées sans cérémonies où l'on mange des petits gâteaux, où l'on boit du thé, mais où l'on peut perdre six mille francs au whist.

 

 

不可能を可能によって証明したり、事実を予感によって破壊したりするのは女性の性癖である。ニュシンゲン夫人とラスチニャックがブフォンの彼等の桟敷席に入った時、彼女は満ち足りた様子をしていたので、彼女は美しくなっていた。そこで誰もがちょっとした中傷を始めた。女性というものはそれには無防備であり、またしばしば人々は喜んで、ふしだらをでっち上げるものなのだ。人は初めてパリに来た時、周りの人々が考えていることが全然分からない。そして人々もまたそこで行われていることを全然話さないものなのだ。ウージェーヌは男爵夫人の手を取り、二人は多少上気した感じで言葉を交わし、音楽が与える興奮を分かち合った。彼等にとってこの夕べは陶然とさせる時間だった。彼等は揃って席を立ち、ニュシンゲン夫人はウージェーヌを再びポンヌフまで連れてゆくことを望んだ。ところが、そこへ行く途中ずっと彼女はパレロワイヤルで彼に惜しげもなく与えた熱烈なキスを拒否し続けた。ウージェーヌは彼女のこの気まぐれな態度を非難した。
「あるいは」と彼女が答えた。「それは思いがけなく尽くして頂いたことに対するお礼の気持ちだったと思います。でも今はそれをすると何かの約束になってしまうのだと思います」
「それで貴女は私には何の約束もしたくない、たまりませんね、気分悪いですよ」彼は不機嫌になっていた。彼女は恋人をうっとりさせるあのじれったそうな様子を示しながら、彼のキスを受けるように手を差し出した。彼はその手を取ったものの、とても彼女を満足させられるような状態ではなかった。
「月曜日に、舞踏会でね」彼女が言った。
徒歩で帰路について、澄んだ月の光の下で、ウージェーヌは真面目な反省に浸っていた。彼は幸福でもあり、同時に不満でもあった。アヴァンチュールは幸いにも、パリで一番可愛くて一番優美な女性――それは彼が望む目的だった――をものに出来そうな結果に至っている。一方、不満なのは彼の蓄財計画が頓挫したことだ。それはまた前々日に彼が没頭していた未解決の思考の現実性を実証する作業でもあった。失敗は我々の主張する力が弱かったからだと我々は非難される。ウージェーヌがパリ生活を楽しめば楽しむほど、彼は無名の貧しい人間の身分に留まっているのが益々嫌になってくるのだった。彼はポケットの中で彼の千フラン紙幣を皺くちゃにしながら、一方で、それを我が物にするための千もの欺瞞に満ちた理由付けを心に抱いていた。とうとう彼はヌーヴ・サント・ジュヌヴィエーヴ通に着いた。そして彼が階段の上の階に来た時、明かりが漏れているのを見つけた。ゴリオ爺さんが部屋の扉を開けたままにしていて、ろうそくも点火されていた。それは爺さんの言葉に従えば、学生が爺さんに彼の娘のことを物語るのを忘れさせないためであった。ウージェーヌは彼には何も隠さなかった。
「しかし」とゴリオ爺さんは烈しい嫉妬に絶望しながら叫んだ。「彼女は私が破産したとは考えてないでしょ。私にはまだ一三〇〇リーヴルの定期収入がある! あー! 彼女は何でここへ来ないんだ! 私は私の株、債券を売って用立ててやったのに。私達は元金を削ることになるが、残ったもので私は終身年金[65]を組む積りだ。どうして貴方は私のところへ来て、私に彼女の窮状を打ち明けてくれなかったんですか、隣同士で? どうして貴方はその僅か一〇〇フランで賭博勝負をしようなんて度胸をお持ちだったんですか? そいつは心を引き裂くようなまねですよ。そうだ、そういうのこそ婿達がやるべきことなんだ! あー! もしやつらを捕らえたら、私はやつらの首を締めてやる。くそったれが! 泣くよ、彼女泣いてましたか?」
「私のチョッキに顔を埋めてね」ウージェーヌが答えた。
「おー! それ渡して下さい」ゴリオ爺さんが言った。「これは! ここに娘の涙が流れたんだ、私の可愛いデルフィーヌの、彼女は小さい時、決して泣かなかったのに! 私が貴方に別のやつを買ってあげますから、これはもう着ないで、私の手に渡して下さい。結婚契約[66]によれば、彼女は自分の財産は享受すべきなんだ。あー! 私は明日にでも代訴人のデルヴィーユを探しに行きたい。私は彼女の財産を投資に当てるように要求する積りだ。私は法律をよく知っている。そして老練な投資家だ。私はまた牙をむいてやる」
「ねえ親父さん、ほら千フランだよ、彼女が二人の勝ち分から、僕に渡そうとした金だよ。これを彼女のためにチョッキの中に入れといてください」
ゴリオはウージェーヌを見て、手を伸ばして彼の手を握り締めた。その上に老人の涙がこぼれ落ちた。
「貴方は人生で成功される方です」老人が言った。「神は公正だ、ご存知かな? 私は自身が正直な人間だと思っている。そして貴方については、貴方のような人間は実に稀にしかいないということを貴方にはっきりと言うことが出来る。こうなったら、貴方も私の愛する子供の一人になってくださいませんか? さあ、もう寝ましょう。貴方ならぐっすり眠られる。貴方はまだ父親じゃない。彼女は泣いていた、私には分かる、この私は、彼女が苦しんでいる間、のんきにそこらで食事なんかしてたんだ。私はね、私は娘達二人の涙なんか見たくないので、父親を、息子を、そして聖霊をさえ売り飛ばしたっていいくらいに考えているんだよ!」
「誓って言う」ウージェーヌは寝る時、思った。「僕は生涯誠実な人間として過ごすだろう。両親からの激励に忠実であることに喜びがある」
神は隠密裏に恩恵を与えてくれると信じている人が世の大多数であろう。そこで、ウージェーヌは神を信じた。
翌日、舞踏会の時間にラスチニャックはボーセアン夫人の邸に行った。彼女は彼をカリリアーノ公爵夫人に引き合わせるために彼を同行させた。彼は元帥夫人から、これ以上ないほど愛想よく迎えられた。そしてこの夫人の邸で彼はニュシンゲン夫人と再会した。デルフィーヌは着飾って皆に気に入られようとしていた。それはウージェーヌにもっと気に入ってもらいたいとの思惑からだったが、彼女は彼からの一瞥を待ちかねていた。しかも彼女は自分の辛抱し切れない気持ちは隠しおおせているものと思っていた。女の感動を見抜ける男にとって、この瞬間というのは何とも言えぬ心地よいものである。彼女の気持ちを待つことを、自分の喜びを粋に隠すことを、自分が起こした懊悩の告白を聞くことを、自分の微笑が晴らしてやった心配する気持ちを、誰かこうした気分を幾度も味わった幸運な男がいるものだろうか? このパーティの間に学生は突然、彼の地位の重要性を推し測ることが出来た。そして彼はボーセアン夫人の従弟であると公認されることによって社交界で一つの地位を得たことを理解した。ニュシンゲン男爵夫人の征服を社交界は既に認めていたが、それは彼の存在に良い立体感を与え、若者達は皆、彼に羨望の眼差しを向けた。何事であれ意表を突く行動力で彼は最高度にうぬぼれを楽しむことが出来た。広間から次の広間へ抜け、人々の群れから群れを訪れる時、彼は自分の幸運が誉めそやされるのを聞いた。夫人達は彼があらゆることで成功するだろうと予言した。デルフィーヌは彼を失うことを恐れて毎晩彼とキスすることを拒絶しないと約束した。実はそれについては前々日から、合意して納得した時にやるような話になっていたのだった。この舞踏会ではラスチニャックは沢山の約束を交わした。彼は従姉によって何人かの婦人に紹介されたが、いずれの婦人も上品さへの強い志向を抱き、彼女達の邸はその快適さで知られていた。彼はパリでも最も偉大で最も美しい世界の中に投げ込まれた自分を感じた。この夜会はそれ故に彼にとっては輝かしいデビューという魅惑によって彩られていた。そして彼は老境に至るまで、折に触れてその夜会のことを思い出すことになるのだ。ちょうど若い娘がそこで勝利した舞踏会のことを覚えているように……翌日、昼食をとりながら下宿人達の前で彼がゴリオ爺さんに成功談を語っていた時だった、ヴォートランはひたすら非情な薄笑いを浮かべていた。
「それで、あんたはどう考えるんだね」と、この残忍な住人が叫んだ。「社交界の寵児となった若者がネーヴ・サント・ジュヌヴィエーヴ通のメゾン・ヴォーケでくすぶっていられるもんかね? ここは確かにあらゆる点で立派なもんだ。しかしな、それも当世風だというだけのもんだ。ここは裕福だし、広々として綺麗に仕上げられている。それにラスチニャックというお方が仮住まいにしておられる畏れ多い館だ。だが、つまるところ、ここはネーヴ・サント・ジュヌヴィエーヴ通だ、で、豪華さとは無縁だ。何故なら、そこは純粋に中年親父向けの世界だからだ。君!」ヴォートランは父親が諭すように、あるいは揶揄するような調子で言った。
「もしあんたがパリでいっぱしの人物になりたけりゃ、あんたは三頭の馬と朝の散歩用に軽装二輪馬車、夜のための幌付き四輪馬車が要る。馬車代は合計九千フランだ。あんたは、三千フランを仕立て屋に使うんじゃなかったとか、六百フランを香水屋に、百エキュを靴屋に、百エキュを帽子屋にそれぞれ払ったことを悔やむようでは、あんたの運命もたかが知れたもんだ。洗濯屋への支払いといえば千フランもかかる。流行の先端を行く若者は、身に付けるものについては特に鋭敏であることは欠かせない。これこそ若者に常に試されることだ。そうじゃありませんか? 愛と教会はそれぞれの祭壇に綺麗な布を被せたがる。そして、あんたは一四〇〇〇フラン要るわけだ。私はパリでこの時代に、あんたが博賭で損をしたとかいうことを言う積りはない。誰だってポケットマネーとして、二千フランくらい欲しいと思うのは無理からぬことだ。私もそんな人生を過ごしてきた。いつ金が要るか分からんもんだよ。最重要項目に加えて、三〇〇ルイの飼料代、犬小屋代として一〇〇〇フラン。さあ、君、我々は虎の子の二万五千フランの年収をどうしても確保しなきゃならんのだ。さもないと我々はぬかるみに転倒し、自分自身を軽蔑し、我々の未来、成功、そして女さえも失ってしまうんだ! それに召使と給仕までもな、うっかりこれを忘れるところだったよ! お尋ねしますが、あんたの恋文を持って行ってくれるのはクリストフですかね? 恋文はあんたが今使っている紙に書くんですかね? それはあんたにとって自殺行為だよ。経験豊かな年寄りを信じるもんだよ!」彼は低い声ながら、次第に声音を強めて言った。「それとも、あんたは清貧な屋根裏部屋に押し込まれたままでいいのかね、そして仕事と結婚しちまうか、あるいは誰か他の人の意見を聞くかだな」
そしてヴォートランはウィンクをして、タイユフェール嬢を横目で見やった。彼の眼差しは、堕落へと誘うため、学生の心の中に彼がばら撒いた魅力たっぷりの理論を思い出させ、また要約して見せるようなものだった。幾日かが過ぎ去った。その間、ラスチニャックは放埓極まる生活をしていた。彼はほとんど毎日ニュシンゲン夫人と夕食を共にし、それから社交界にお供していった。彼は午前三時か四時に帰り、起きるのは正午だった。それから彼は化粧をして、デルフィーヌと森を散歩するために出掛けるのだった。天気が良ければ、彼も惜しみなくそこで自分の時間を使った。彼は時間の価値をまだ知らなかった。また彼はあらゆる教訓を吸収した。また総ての贅沢への誘惑も熱烈に吸収した。そして情熱の中で、雌のナツメヤシの胚の中に、彼の受胎能力の高い種は待ちきれないという勢いで吸い尽くされたのだった。彼は勝つにしろ負けるにしろ、高額な大きな賭け事に興じた。そして、とうとうパリの若者の途方もない生活に馴染んでしまった。彼は最初に儲けた金で、母と妹に一五〇〇フランを返した。途絶えていた可愛いプレゼントも復活させて、一緒に送ってやった。彼はメゾン・ヴォーケを出たいとは言っていたが、まだ一ヶ月のうちの何日分かが残っていた上に、彼はまだどうやってここを抜け出せばよいのかが分からなかった。若者達はほとんどの場合、ちょっと見には説明のつきにくい法則に従うものであるが、実はその理論は彼等の若さそのものに拠ってきているのだ。そしてまた一種の狂乱のようなものに突き動かされて、若者達は快楽に飛びつくのだ。金持ち、貧乏人であることを問わず、彼等は決して彼等の生活に必要なだけの金は持っていない。そのくせ、彼等は彼等の気まぐれを満たすための金をいつも見つけてくるのである。信用貸しで得られるものなら浪費し、即金払いといったものにはいつも渋るのだ。彼等は持つことが出来るものを浪費することで、彼等が持っていないものに対する仕返しをしているように見えるのだ。似たような問題をもっと具体的に提供すると、学生は服よりも帽子の方に遥かに気を遣うものである。売り上げの大きなことが仕立て屋を必然的に大貸主にし、一方で売り上げの少ないことが帽子屋を彼が交渉を余儀なくされた相手の中では、遥かに分からず屋にしてしまった。もし劇場のバルコニー席に坐っている若者が、はっとさせるようなチョッキを着て、綺麗な女性達のオペラグラスの視線を集めたとしても、彼がちゃんと靴下を履いているかどうかは疑わしいのである。靴下屋もまた彼の財布を食い荒らすコクゾウムシなのだ。ラスチニャックはそのような状態であった。ヴォーケ夫人に言わせると、いつも無一文、それでいて虚飾を満たすためにはいつもいっぱい金があって、彼の財布にはさかさまの奇妙に上手くゆく作用があって、最も当たり前の支払いとは妙に調和しないところがあった。この臭い下宿を出てゆくためには、誰に向かって定期的に頭を下げて自分の主張を聞いてもらえばよいのか、彼は知らなかった。残り一ヶ月分の下宿代は女家主に払わなくてもよいのか、そして彼が入るおしゃれなアパルトマンのために家具は買わなくてもよいのか? それは相変わらず出来ない相談だった。ラスチニャックは賭博のための金を如何にしてひねり出すかについてはよく知っていた。彼は行きつけの宝石店では身分不相応に高価な時計や金の鎖を買っていた。やがて彼はそれらを公設質屋に持ち込むのだったが、それらの品物は質草としては威力を発揮してくれた。質屋は若者達を陰で支える控えめな態度の友ともいうべきものだった。ラスチニャックは食事の支払いや住居費用、あるいは優美な生活を更に洗練されたものにするための必須アイテムの購入といったやむを得ない金の必要に迫られた時、別に大胆さや工夫を凝らした手順というものはないのだが、気がつくと彼はそこへ行っているのだった。俗世的必要性、需要を満たすための借金の契約はもはや彼を鼓舞しなかった。この偶然に支配される人生を既に知ってしまった多くの人間同様、彼はブルジョワの目には聖なる存在である債権を安売りすることは最後の瞬間まで待ち、ドラゴナントの統一された用紙の為替手形[67]が出来るまでパン代の支払いをしなかったあのミラボー[68]の様でもあった。この頃ラスチニャックは金を失ってしまって借金生活になっていた。学生はこのような生活をしっかりした資金源もなく続けることは不可能であることを理解し始めていた。しかし、不安定な境遇から漸くここまで辿りついて、依然として何もかもがぴりぴりと辛く彼を苦しめるが、今の生活の過剰なまでの悦楽を捨て去ることは出来ないと彼は感じ、この生活をどうしても続けてゆきたいと彼は願った。彼は財を作るのに偶然を当てにしていたが、それは夢が現実になることを望むような安易な考えだった。そして現実の障害が大きくなってきた。ニュシンゲン夫妻の家庭内の秘密を初めて知ってゆく過程で、彼は愛を財を成すための道具に変えるためには、あらゆる汚辱を飲み干すこと、そして若気の過ちも無罪放免としてくれた高貴なる思想を捨て去ることが必要であることを認めた。この生活、外見的には華やかでも悔恨というサナダムシにひどく蝕まれ、つかの間の喜びは執拗な苦悩によって高い代償を払わせられる。彼はこの生活と結婚した。彼はそこで、ラ・ブリュイエールのぼんやり者に似て、あるいは溝に溜まった汚泥の層のようにただ何となく過ごしていた。しかし、ぼんやり者同様、彼はまだ服を汚しただけだった。
「じゃあ、おい俺達は高級官吏を殺しちゃったのかい?」ある日、ビアンションが食卓を立つ時、彼に言った。
「いや、まだだ」ラスチニャックが答えた。「しかし彼はあえいでるぜ」
医学部学生はこの言葉を冗談と捉えたが、それは冗談ではなかった。ウージェーヌはこの下宿で食事してかなりになるが、初めて食事中に考え込んだような様子を見せた。デザートのために出てゆく代わりに、彼は食堂に残り、タイユフェール嬢の前に座って、時々意味ありげに彼女の方を見やっていた。何人かの下宿人はまだテーブルに着いていて、ナッツを食べていた。それ以外の人達は始まった議論を続けながら散歩していた。ほとんど毎晩のことで、ある者は会話の中に見つけた興味の度合いに従い、あるいは消化具合でのだるさなども手伝って、それぞれが気の向くままに立ち去ってゆくのだった。冬には食堂が八時より前に完全に空になることは稀だった。八時には四人の女性だけが残っていて、女性であるがためにこの男達の集会の中にあっては沈黙を強いられていたことに対して仕返しをするのだった。ウージェーヌの何事かを思いつめた様子に興味をそそられたヴォートランは食堂に残っていた。しかし彼はまず外出するような様子を示し、いつものようにウージェーヌからは見られないような位置取りをして、彼にはもう出掛けたと思い込ませた。そして下宿人のうちで残っている連中を置いて立ち去る人達と共に出てゆくように見せかけて、彼は狡猾にも応接間に留まっていた。彼は既に学生の心の中を読み取っていて、決定的な兆候を予感していた。ラスチニャックは確かに自分の立場に当惑していた。それは多くの若者が当然経験すべきものだった。可愛いにしろ粋であるにしろ、ニュシンゲン夫人はあらゆる真の情熱の苦悶を通してラスチニャックを合格させた。しかも彼女は彼にパリでは有効な女性の外交術の源泉を示して見せた。ボーセアン夫人の従弟を自分の近くにいさせることで、公の目に自らの立場を危うくした後、彼女は彼が楽しんで過ごす権利を本当に与えてしまうことを躊躇した。一ヶ月にわたって彼女はウージェーヌの神経をじりじりとさせておき、最後に彼女は彼の心を嘗め尽くした。例えば、彼等の愛人関係の最初の頃なら学生は自分の方が主人だと考えたことだろう。ところが今ではニュシンゲン夫人はウージェーヌの中に良きにつけ悪しきにつけパリの若者が持つ二、三の特徴的感情があることを把握し、その感情を支配することによって、この愛人関係の主導権を握るようになっていた。これは彼女の計算のうちだったのだろうか? 違う。女というものは、たとえ彼女が最も不誠実な態度をとっている最中でも常に真実そのものなのだ。というのは、女達は何らかの自然な感情に屈服しているだけだからだ。恐らくデルフィーヌは突然意識しないままで、この若者によって大きな支配権をとらせてもらい、過分なまでの愛情を表明され、彼女はある種の威厳に満ちた感情に従ったまでなのである。その感情が彼女に譲歩をさせ、あるいは譲歩を撤回させ、あるいは譲歩を中断することを楽しませさえする。パリの女性にとって、まさに情熱が彼女を引きつける時、破滅に瀕して躊躇したり自分の行く末を打ち明けようとしている相手の心を彼女が試そうとするのは極めて自然である。ニュシンゲン夫人の総ての希望は彼女の最初の恋人によって裏切られ、彼女がその若いエゴイストに対して抱いた誠意は真価を認められなかった。彼女はもう少し疑り深くても良かったくらいだ。そして今、彼女はウージェーヌのやり方を見て、彼の短時日での成功はうぬぼれにつながってゆくであろうこと、つまり彼等の立場の奇妙さによって、ある種の軽視が引き起こされるであろうことを恐らく認識したようである。彼女は疑いもなく、この年齢の男の前に堂々として見せたいと、そして自分を棄てた男の前で長い間小さくなっていたその後で、新たな若者に対して自分が大きな存在となることを望んでいた。彼女はウージェーヌが彼女がそれまでド・マルセイの女だったことを知っているだけに、まさにそれ故に、ウージェーヌが彼女のことを尻軽女と考えないで欲しいと思った。結局、冷酷非情な貴公子から駆け出しの放蕩者との遊びに、楽しみを格下げすることを甘受した後、彼女は愛の花咲く区域を散歩する甘い喜びをいっぱい味わった。四方の眺めを嘆賞したり、長い間ざわめきに耳を傾けたり、清らかな微風にしばらく優しく撫ぜられるままにいたりすることは、彼女にとっては本当に魅惑の時であった。真の愛は後に不幸な報いを受ける。初めて嘘を知った時の衝撃が、若い女性の心の中の如何に多くの花をなぎ倒してしまうかを、男達が知らないでいる限り、この真逆の現象は残念ながら頻繁に起こり続けるだろう。その理由は何であれ、デルフィーヌはラスチニャックを手玉に取り、そして彼を騙して遊ぶのが好きだった。それは疑いもなく彼女が愛されているのを知っていて、恋人が悲しんでいる時、それを終わらせることも、気高く優しい女が享受すべき楽しみだと受けとめていたので、いつでも彼の心を晴らせる自信もあったからである。自尊心の強いウージェーヌは彼の最初の闘いを敗北に終わらせたくはなかった。そして彼は初めてのサン・ユベール[69]の祭りのための狩で、どうしてもヤマウズラを一羽仕留めたいと望む狩人のように愛の追求にこだわり続けた。彼の不安、彼の傷つけられた自尊心、彼の絶望、嘘であれ真であれ、それらが次第に彼をこの女性に結び付けていった。パリそのものが彼にニュシンゲン夫人を与えた。彼女の傍らにあって、彼は初めて彼女に会ったその日から少しも前進していなかった。愛というよりも損得ずくで時々差し出される女の媚態くらいしか経験しないまま、彼は馬鹿げた熱狂に落ちていった。女達がラスチニャックへの愛を競い、我が身を初物の獲物のように差し出す、そういう季節があったとすれば、彼女達からはまだ青く酸っぱい美味を味わえるのだが、同時にそれは極めて高価につくものであることを彼が学び始めた時期でもあった。時折、一文無しで未来もない自分を見て、彼は良心の声を聞きながらも、富を得る機会について考えてしまうのだった。かつてヴォートランはタイユフェール嬢との結婚によって幸運を掴めることを彼に明確に示してくれたものだ。彼は惨めさが極限にまで達したと感じる瞬間などは、いつの間にか、あの視線でもってしばしば人を恍惚とさせる恐るべきスフィンクスのような男、ヴォートランの策略にそのまま乗ってしまおうかとすら思うことがあった。ポワレとミショノー嬢がそれぞれの部屋へ戻っていった時、ラスチニャックは毛糸で袖を編みながらストーブの前でうつらうつらしているヴォーケ夫人とクチュール夫人の間にいて、他に誰もいないように思ったので、タイユフェール嬢の方を見た。彼の様子には彼女が思わず視線を下げてしまうような愛情がこもっていた。
「もしかして貴方は心配事がおありなんですか、ウージェーヌさん?」一瞬沈黙の後でヴィクトリーヌが彼に尋ねた。
「悩みのない人はいないでしょう!」ラスチニャックが答えた。「もしも、我々、この私達若者が、献身的な愛でもって十分に愛されていると確信出来るなら、その献身に対しては我々は犠牲で報いなければなりません。我々は常に犠牲を払う覚悟でいます。だから多分、我々は決してそれを悔やんだりはしないでしょう」
タイユフェール嬢は総ての答えを込めた目で彼の方を見た。彼女の思いは余りにもはっきりと読み取れた。
「ああ、お嬢さん、貴女は自分のお気持ちを今日は確認しているとお感じでしょう。だけど、それが決して変わらないとお答えになれるでしょうか?」
微笑が哀れな娘の唇の上を漂った。まるで彼女の魂から一筋の光が射して、彼女の姿をぱっと輝かせたようだったので、感情のかくも生々しい活動を刺激してしまったことにウージェーヌはたじろいでしまった。
「つまりこうですね! たとえ明日貴女が金持ちで幸福におなりになっても、たとえ大きな財産がそっくり貴女のものになっても、貴女はやはり貧しい若者を愛し続けられるのでしょうか、貴女の不遇の日々に気にかけていただいた若者を?」
彼女は可愛らしく頭でうなづいた。
「全然運にも恵まれない若者をですか?」
新たに同意のしぐさ。
「あんた達、そこで何馬鹿なこと言ってんの?」ヴォーケ夫人が叫んだ。
「放っといて下さい」ウージェーヌが答えた。「僕達、盛り上がってるところなんです」
「とすると、ウージェーヌ・ド・ラスチニャック卿とヴィクトリーヌ・タイユフェール嬢との間で婚約が取り交わされそうだってことかな?」突然食堂の入り口に現れたヴォートランが太い声で言った。
「あー! びっくりさせないで」クチュール夫人とヴォーケ夫人が同時に言った。
「僕はもっと悪い選択だってしかねませんよ」ウージェーヌは笑いながら答えた。ヴォートランの声が彼にこれまで抱いたことのないようなひどく残酷な感情を起こさせた。
「貴方達、悪い冗談はやめて!」クチュール夫人が言った。「娘は部屋へ戻ります」
ヴォーケ夫人は二人の下宿人についていった。彼女達の部屋で過ごすことで、ろうそくと暖炉の火を節約するためだった。ウージェーヌは一人になって、ヴォートランと一対一で向き合っていた。
「私にはあんたの考えがよく分かっているよ」この男は動じることもなく冷静さを保って彼に言った。「だが聞いてくれ! 私は他の人と全く同じように繊細なところがあるんだよ、この私でもね。あんたは今すぐに決めないで欲しいんだ。あんたは普通の状態ではないからな。あんたには借金がある。私はあんたを私のところへ来させるものが情熱とか絶望とかであることを望まない。そうじゃなくて、それは理性であって欲しいんだ。恐らく、あんたには何千エキュという金が要るんだろう。ほら、あんたはそれが欲しいんだろ?」
この悪魔はポケットの中の財布に手をやり、そこから札を三枚取り出し、学生の目の前でちらちらと見せた。ウージェーヌは実に残酷な立場に立たされていた。彼はダジュダ侯爵とド・トライユ伯爵に賭博で負けた分を口約束で借りていた。彼には返す当てがなかった。それで彼は行く予定をしていたレストー夫人の夜会にも、とても行く気がしなかったのだ。それは儀式ばらない夜会の一つで、そこでは可愛いケーキを食べたり、お茶を飲んだりするのだが、ホィストで六千フランも負けたりすることもあるという夜会だった。

 

- Monsieur, lui dit Eugène en cachant avec peine un tremblement convulsif, après ce que vous m'avez confié, vous devez comprendre qu'il m'est impossible de vous avoir des obligations.

- Eh bien ! vous m'auriez fait de la peine de parler autrement, reprit le tentateur. Vous êtes un beau jeune homme, délicat, fier comme un lion et doux comme une jeune fille. Vous seriez une belle proie pour le diable. J'aime cette qualité des jeunes gens. Encore deux ou trois réflexions de haute politique, et vous verrez le monde comme il est. En y jouant quelques petites scènes de vertu, l'homme supérieur y satisfait toutes ses fantaisies aux grands applaudissements des niais du parterre. Avant peu de jours vous serez à nous. Ah ! si vous vouliez devenir mon élève, je vous ferais arriver à tout. Vous ne formeriez pas un désir qu'il ne fût à l'instant comblé, quoi que vous puissiez souhaiter : honneur, fortune, femmes. On vous réduirait toute la civilisation en ambroisie. Vous seriez notre enfant gâté, notre Benjamin, nous nous exterminerions tous pour vous avec plaisir. Tout ce qui vous ferait obstacle serait aplati. Si vous conservez des scrupules, vous me prenez donc pour un scélérat ? Eh bien, un homme qui avait autant de probité que vous croyez en avoir encore, Monsieur de Turenne, faisait, sans se croire compromis, de petites affaires avec des brigands. Vous ne voulez pas être mon obligé, hein ? Qu'à cela ne tienne, reprit Vautrin en laissant échapper un sourire. Prenez ces chiffons, et mettez-moi là-dessus, dit-il en tirant un timbre, là, en travers : Accepté pour la somme de trois mille cinq cents francs payable en un an . Et datez ! L'intérêt est assez fort pour vous ôter tout scrupule ; vous pouvez m'appeler juif, et vous regarder comme quitte de toute reconnaissance. Je vous permets de me mépriser encore aujourd'hui, sûr que plus tard vous m'aimerez. Vous trouverez en moi de ces immenses abîmes, de ces vastes sentiments concentrés que les niais appellent des vices ; mais vous ne me trouverez jamais ni lâche ni ingrat. Enfin, je ne suis ni un pion ni un fou, mais une tour, mon petit.

- Quel homme êtes-vous donc ? s'écria Eugène, vous avez été créé pour me tourmenter.

- Mais non, je suis un bon homme qui veut se crotter pour que vous soyez à l'abri de la boue pour le reste de vos jours. Vous vous demandez pourquoi ce dévouement ?

Eh bien ! je vous le dirai tout doucement quelque jour, dans le tuyau de l'oreille. Je vous ai d'abord surpris en vous montrant le carillon de l'ordre social et le jeu de la machine ; mais votre premier effroi se passera comme celui du conscrit sur le champ de bataille, et vous vous accoutumerez à l'idée de considérer les hommes comme des soldats décidés à périr pour le service de ceux qui se sacrent rois eux-mêmes. Les temps sont bien changés. Autrefois on disait à un brave : " Voilà cent écus, tue-moi monsieur un tel ", et l'on soupait tranquillement après avoir mis un homme à l'ombre pour un oui, pour un non. Aujourd'hui je vous propose de vous donner une belle fortune contre un signe de tête qui ne nous compromet en rien, et vous hésitez. Le siècle est mou.

Eugène signa la traite, et l'échangea contre les billets de banque.

- Eh bien ! voyons, parlons raison, reprit Vautrin. Je veux partir d'ici à quelques mois pour l'Amérique, aller planter mon tabac. Je vous enverrai les cigares de l'amitié. Si je deviens riche, je vous aiderai. Si je n'ai pas d'enfants (cas probable, je ne suis pas curieux de me replanter ici par bouture), eh bien ! je vous léguerai ma fortune. Est-ce être l'ami d'un homme ? Mais je vous aime, moi. J'ai la passion de me dévouer pour un autre. je l'ai déjà fait. Voyez-vous, mon petit, je vis dans une sphère plus élevée que celles des autres hommes. Je considère les actions comme des moyens, et ne vois que le but. Qu'est-ce qu'un homme pour moi ? Ça ! fit-il en faisant claquer l'ongle de son pouce sous une de ses dents. Un homme est tout ou rien. Il est moins que rien quand il se nomme Poiret : on peut l'écraser comme une punaise, il est plat et il pue. Mais un homme est un dieu quand il vous ressemble : ce n'est plus une machine couverte en peau, mais un théâtre où s'émeuvent les plus beaux sentiments, et je ne vis que par les sentiments. Un sentiment, n'est-ce pas le monde dans une pensée ? Voyez le père Goriot : ses deux filles sont pour lui tout l'univers, elles sont le fil avec lequel il se dirige dans la création. Eh bien ! pour moi qui ai bien creusé la vie, il n'existe qu'un seul sentiment réel, une amitié d'homme à homme. Pierre et Jaffier, voilà ma passion. Je sais Venise sauvée par cœur. Avez-vous vu beaucoup de gens assez poilus pour, quand un camarade dit : " Allons enterrer un corps ! ", y aller sans souffler mot ni l'embêter de morale ? J'ai fait ça, moi. Je ne parlerais pas ainsi à tout le monde. Mais vous, vous êtes un homme supérieur, on peut tout vous dire, vous savez tout comprendre. Vous ne patouillerez pas longtemps dans les marécages où vivent les crapoussins qui nous entourent ici. Eh bien ! voilà qui est dit. Vous épouserez. Poussons chacun nos pointes ! La mienne est en fer et ne mollit jamais, hé, hé !

Vautrin sortit sans vouloir entendre la réponse négative de l'étudiant, afin de le mettre à son aise. Il semblait connaître le secret de ces petites résistances, de ces combats dont les hommes se parent devant eux-mêmes, et qui leur servent à se justifier leurs actions blâmables.

" Qu'il fasse comme il voudra, je n'épouserai certes pas mademoiselle Taillefer ! " se dit Eugène.

Après avoir subi le malaise d'une fièvre intérieure que lui causa l'idée d'un pacte fait avec cet homme dont il avait horreur, mais qui grandissait à ses yeux par le cynisme même de ses idées et par l'audace avec laquelle il étreignait la société, Rastignac s'habilla, demanda une voiture, et vint chez madame de Restaud. Depuis quelques jours, cette femme avait redoublé de soins pour un jeune homme dont chaque pas était un progrès au cœur du grand monde, et dont l'influence paraissait devoir être un jour redoutable. Il paya messieurs de Trailles et d'Ajuda, joua au whist une partie de la nuit, et regagna ce qu'il avait perdu. Superstitieux comme la plupart des hommes dont le chemin est à faire et qui sont plus ou moins fatalistes, il voulut voir dans son bonheur une récompense du ciel pour sa persévérance à rester dans le bon chemin. Le lendemain matin, il s'empressa de demander à Vautrin s'il avait encore sa lettre de change. Sur une réponse affirmative, il lui rendit les trois mille francs en manifestant un plaisir assez naturel.

- Tout va bien, lui dit Vautrin.

- Mais je ne suis pas votre complice, dit Eugène.

- Je sais, je sais, répondit Vautrin en l'interrompant.

Vous faites encore des enfantillages. Vous vous arrêtez aux bagatelles de la porte.

 

「ヴォートランさん」彼に向かってウージェーヌは痙攣的な震えを辛うじて隠しながら言った。「貴方が僕に打ち明け話をしてくれた後、僕が貴方のお世話になるということは不可能だということは、当然、貴方に理解して頂けるものと思っています」
「おやおや! あんたが私を思いやって、もうちょっと違った風に話してくれたら」と誘惑者が答えた。「あんたは素敵な若者なんだがな、繊細で、ライオンのように烈しく、それでいて若い娘のように優しい。あんたが悪魔への美しい捧げものだったらなあ。私はあんたの若者らしい気質が好きなんだ。まだ二回でも三回でも高度な政治のことを考えてみることだ。そうすれば世の中のことをあるがままに見ることも出来るだろう。そこでは幾らかのちょっとした善行を施すことによって、上流階級の人間は一階後部座席の馬鹿な観客から大喝采を受けて、自分の気まぐれを完全に満足させるってわけだ。二、三日もすれば、あんたは私達のものだ。あー! あんたが私の弟子になりたいと思ってくれたら、私はあんたがなりたいような人間にしてみせる。あんたの希望はたちどころに叶えられるだろう、あんたがどんな目標を立てようとな、名誉、富、女……現代文明の代わりに神々の不死の薬をあんたには処方してやろう。あんたは我々の甘やかされた子供、我がベンジャミン[70]だ。我々はあんた一人にかかりっきりでへとへとになるだろう、それで結構楽しんでいたりするんだ。あんたの邪魔をする者は皆ぺしゃんこにしてやる。もしあんたが、まだためらいを持っているなら、あんたはやはり私のことを悪党と思ってるのかね? やれやれ! まあ、人間なんてものは、あのテュレンヌ元帥[71]にも劣らぬくらい誠実な人だと思われていても、自分が山賊と一緒に悪事を働いているなんて知らぬ間に、ちょっとした悪事に手を染めちまったりするんだな。あんたは私に借りを作りたくないんだ。そうだろ? 何がいけないって言うんだ」ヴォートランは微かに笑みを漏らしながら続けた。「この紙切れを取ってくれ、そしてここには私の名前を書いてくれ」彼は言いながら収入印紙まで取り出していた。「そしてそこには、こうだ。金三千五百フラン受領致しました。但し一年以内に返却致します。それに日付! 利息というのはとても意味がある、それでもってあんたの気持ちのやましさを取り除ける。あんたは私のことをユダと呼んで、それで、恩を受けたとかのこととはおさらばだと思うことが出来るんだ。私はあんたが今日これからでも私のことを軽蔑したってかまわないと思っている。やがて、あんたが私を好きになるのを確信してるんだ。あんたは私の中にあの恐るべき深淵を見出すだろう。あの広大な感情の集積を見るだろう。愚か者はそれを悪徳と呼ぶんだ。しかしあんたは私のことを決して卑劣だとか恩知らずだとかは思わないはずだ。つまり私は将棋の歩でもなければ角でもない。そうではなく、私は飛車なんだ、君!」
「貴方は一体何者なんですか?」ウージェーヌが叫んだ。「貴方は僕を苦悩させるために生まれてきたような人ですね」
「とんでもない。私はただの善良なおじさんさ。私は君がこれからの日々で泥にまみれないように、私が泥まみれになって保護してやりたいと思ってるんだよ。君はこんなに一生懸命の献身を、どうしてだと不思議に思ってるんだろ? そうだな、私はいつの日か、こっそりと君の耳の穴にその訳を話してやろう。私はまず最初に君に社会秩序の整然たる鐘の音と社会機構の動きを示したんだ。だが君には新兵が戦場に出た時のような烈しい恐怖心が起こるはずだ、そして君は、人間とは自らを神聖なる王であると宣言した者達のために死すべく運命付けられた兵士達のようなものだと、当然考えてしまうことだろう。時代はどんどん変わってゆく。かつて人々は勇者と呼ばれる人物に向かって言ったものだ。『ほら一〇〇エキュ渡しますよ。私に代わって、何々某という人物を殺して下さい』そして何かにつけて、ある人間を物陰に葬った後で、人々は平然として食事なんかしていたんだ。今日、私は君に立派な財産を提供しようと言ってるんだ。それには先頭のサインが要るんだが、それによって君は何らの危険を心配しなくともよいんだ。だが、君はためらっている。この世紀とは軟弱なもんだな」
ウージェーヌは手形にサインして紙幣と交換した。
「さてと! ちょっと待て、理由を話そう」ヴォートランが言った。「私は何ヶ月かここをあけて、アメリカへ向けて発つ積りだ、私の煙草を植えに行きたいんだ。私は君に友情の煙草を送ろう。もし私が金持ちになったら、私は君を援助する。もし私が子供を持たなかったら――ありそうなことだ、私はここで挿し穂によって私に挿し木しようとするほど物好きではないからなあ――それでは! 私は君に私の財産を遺贈しよう。これは男の友情と言ってもいいんじゃないかな? そうさ、私は君が好きだ、私の方はな。私には一つの情熱があってね、誰か他者に献身したいというやつだよ。私は既にその一つはやったんだ。分かるかな、君、私は普通の人間が見ることの出来るよりも、もっと高度な世界を見てきたんだよ。私は行動は手段とみなしている。だから目的以外のものは見ないんだ。一人の人間とは私にとってなんだろう? これ!」彼は親指の爪で自分の歯をこつこつと叩いた。「人間なんてものは総てか無なんだ。ポワレなんて名乗ってみたところで、そんなもの無以下だ。南京虫のように押しつぶしちまえばいいんだ。やつは卑屈で悪臭がする。だが、君なんかを見てると、人間というのは神でもあり得ると思えてくるんだ。それは皮膚に覆われた機械に過ぎない、だがそこは、その中で最高に美しい感情が掻き立てられている劇場でもあるんだ。そこで私は感情を通してのみしか物事を見ない。一つの感情もある種の思想においては世界そのものたり得るんじゃないかな? ゴリオ爺さんを見てみろよ。彼の二人の娘は彼にとっては宇宙そのものだ。彼女達は一筋の道だ。彼は世界の中で、ひたすらそれを頼りに進んでいるんだ。さて! 私のことだが、真実の感情として残った唯一のものは男の友情だ。男に対するな。ピェールとジャフィエだ。これが私の情熱だ。私は“不滅のヴェニス”[72]の劇をほとんど暗誦して覚えている。君はこれまで、あのように本当に勇敢な男に会ったことがあるかね? それは仲間の一人がこう言う時だ。『さあ、遺体を埋葬しよう!』男はその時、一言も言わずに、また、お説教をたれて人をうんざりさせることもせず、黙って仲間について行くんだ。私はといえば、私にはそういうことがあった。私は全部が全部の人に向かって、こういうことを言う積りはない。ただし君は、君は特に優れた人物だ。私も君には何でも話せるし、君は完全に理解してくれる。君は泥沼でいつまでも泥まみれになっている人じゃないし、ここで我々の周りにいる連中のヒキガエルのような人生を過ごす人でもない。さあ! 私の言いたいことはこれだけだ。君は結婚するんだぞ。我々二人で思い切って行こうじゃないか! 私は鋼鉄のように強い、だから決してひるまない、ああそうだとも!」
ヴォートランは学生を一人にしてやろうとしたのか、彼から否定的な答えが返ってくるのを待たずに出て行った。彼はこの小さな抵抗、人々が自分自身の前で身を飾らずにはおれないこの闘い、それらがあってはじめて彼等は自分達の非難さるべき行為を正当化することが出来ているという心の奥底までよく心得ているように見えた。
「やつが何を望んで何をやろうと、僕がタイユフェール嬢と結婚することは、まずないんだ!」ウージェーヌは思った。彼はこの男と恐怖を感じるような契約を交わしてしまったという想念にとりつかれ、体の中が熱を帯びて気分が悪くなった。同時にこの男の反世間的思想や世の中を包括的に捉える大胆さに目を瞠った。ラスチニャックは落ち着きを取り戻すと、服装を整えて、馬車を呼び、レストー夫人の許を訪れた。何日か前から、夫人はこの若者に対する思いを強めていた。この若者は一歩ごとに上流社会の中心に近づいていて、将来この社会で彼は恐るべき影響力を持つのではないかと見られ始めていた。彼はド・トライユ氏やダジュダ氏に借金を支払った。彼はその日の夜会でウィストをやり、彼が以前負けた分を取り返した。前途があって、大なり小なり運命論者であるような人の多くに似て縁起を担ぐ人間であった彼は、自分が良き道にとどまっている根気へのご褒美を幸運な時期に天から与えられることを望んだ。翌朝、彼は急いでヴォートランにあの為替手形はまだ手許にあるかと訊ねた。あるという返事を貰うや、彼は喜びを隠しきれない様子で、ヴォートランに三〇〇〇フランを返した。
「すべて順調だよ」ヴォートランが彼に言った。
「しかし、僕は貴方の共犯者ではありません」ウージェーヌが言った。
「わかった、わかった」ヴォートランは彼を遮って言った。「あんたは未だに子供っぽいところがあるんだな。あんたは入り口で詰まらんことにこだわってしまってるんだ」

第3章へ続く

 

 

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-Le Père Goriot