Yport, Normandie (Une Vieの舞台)

Une Vie

Une Vie 『女の一生』第1章

Guy de Maupassant, Une Vie (Projejct Gutenberg)
ギ・ド・モーパッサン『女の一生』(日本語訳 DeepL ; 校閲 S.M.)
音声:Livre Audio(フランス語)

 

Jeanne, ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas.

L'averse, toute la nuit, avait sonné contre les carreaux et les toits. Le ciel, bas et chargé d'eau, semblait crevé, se vidant sur la terre, la délayant en bouillie, la fondant comme du sucre. Des rafales passaient, pleines d'une chaleur lourde. Le ronflement des ruisseaux débordés emplissait les rues désertes où les maisons, comme des éponges, buvaient l'humidité qui pénétrait au-dedans et faisait suer les murs de la cave au grenier.

Jeanne, sortie la veille du couvent, libre enfin pour toujours, prête à saisir tous les bonheurs de la vie dont elle rêvait depuis si longtemps, craignait que son père hésitât à partir si le temps ne s'éclaircissait pas, et pour la centième fois depuis le matin elle interrogeait l'horizon.

Puis, elle s'aperçut qu'elle avait oublié de mettre son calendrier dans son sac de voyage. Elle cueillit sur le mur le petit carton divisé par mois, et portant au milieu d'un dessin la date de l'année courante, 1819, en chiffres d'or. Puis, elle biffa à coups de crayon les quatre premières colonnes, rayant chaque nom de saint jusqu'au 2 mai, jour de sa sortie du couvent.

Une voix, derrière la porte, appela:

— Jeannette!

Jeanne répondit:

— Entre, papa.

Et son père parut.

Le baron Simon-Jacques Le Perthuis des Vauds était un gentilhomme de l'autre siècle, maniaque et bon. Disciple enthousiaste de J.-J. Rousseau, il avait des tendresses d'amant pour la nature, les champs, les bois, les bêtes.

Aristocrate de naissance, il haïssait par instinct quatre-vingt- treize; mais, philosophe par tempérament et libéral par éducation, il exécrait la tyrannie d'une haine inoffensive et déclamatoire.

Sa grande force et sa grande faiblesse, c'était la bonté, une bonté qui n'avait pas assez de bras pour caresser, pour donner, pour étreindre, une bonté de créateur, éparse, sans résistance, comme l'engourdissement d'un nerf de la volonté, une lacune dans l'énergie, presque un vice.

Homme de théorie, il méditait tout un plan d'éducation pour sa fille, voulant la faire heureuse, bonne, droite et tendre.

Elle était demeurée jusqu'à douze ans dans la maison, puis, malgré les pleurs de la mère, elle fut mise au Sacré-Coeur.

Il l'avait tenue là sévèrement enfermée, cloîtrée, ignorée et ignorante des choses humaines. Il voulait qu'on la lui rendît chaste à dix-sept ans pour la tremper lui-même dans une sorte de bain de poésie raisonnable; et, par les champs, au milieu de la terre fécondée, ouvrir son âme, dégourdir son ignorance à l'aspect de l'amour naïf, des tendresses simples des animaux, des lois sereines de la vie.

Elle sortait maintenant du couvent, radieuse, pleine de sèves et d'appétits de bonheur, prête à toutes les joies, à tous les hasards charmants que, dans le désoeuvrement des jours, la longueur des nuits, la solitude des espérances, son esprit avait déjà parcourus.

Elle semblait un portrait de Véronèse avec ses cheveux d'un blond luisant qu'on aurait dit avoir déteint sur sa chair, une chair d'aristocrate à peine nuancée de rose, ombrée d'un léger duvet, d'une sorte de velours pâle qu'on apercevait un peu quand le soleil la caressait. Ses yeux étaient bleus, de ce bleu opaque qu'ont ceux des bonshommes en faïence de Hollande.

Elle avait, sur l'aile gauche de la narine, un petit grain de beauté, un autre à droite, sur le menton, où frisaient quelques poils si semblables à sa peau qu'on les distinguait à peine. Elle était grande, mûre de poitrine, ondoyante de la taille. Sa voix nette semblait parfois trop aiguë; mais son rire franc jetait de la joie autour d'elle. Souvent, d'un geste familier, elle portait ses deux mains à ses tempes comme pour lisser sa chevelure.

Elle courut à son père et l'embrassa, en l'étreignant:

— Eh bien, partons-nous? dit-elle.

Il sourit, secoua ses cheveux déjà blancs et qu'il portait assez longs, et, tendant la main vers la fenêtre:

— Comment veux-tu voyager par un temps pareil?

Mais elle le priait, câline et tendre:

— Oh! papa, partons, je t'en supplie. Il fera beau dans l'après- midi.

— Mais ta mère n'y consentira jamais.

— Si, je te le promets, je m'en charge.

— Si tu parviens à décider ta mère, je veux bien, moi.

Et elle se précipita vers la chambre de la baronne. Car elle avait attendu ce jour du départ avec une impatience grandissante.

Depuis son entrée au Sacré-Coeur elle n'avait pas quitté Rouen, son père ne permettant aucune distraction avant l'âge qu'il avait fixé. Deux fois seulement on l'avait emmenée quinze jours à Paris, mais c'était une ville encore, et elle ne rêvait que la campagne.

Elle allait maintenant passer l'été dans leur propriété des Peuples, vieux château de famille planté sur la falaise près d'Yport; et elle se promettait une joie infinie de cette vie libre au bord des flots. Puis, il était entendu qu'on lui faisait don de ce manoir, qu'elle habiterait toujours lorsqu'elle serait mariée.

Et la pluie, tombant sans répit depuis la veille au soir, était le premier gros chagrin de son existence.

Mais, au bout de trois minutes, elle sortit, en courant, de la chambre de sa mère, criant par toute la maison:

— Papa, papa! maman veut bien; fais atteler.

Le déluge ne s'apaisait point; on eût dit même qu'il redoublait quand la calèche s'avança devant la porte.

Jeanne était prête à monter en voiture lorsque la baronne descendit l'escalier, soutenue d'un côté par son mari, et, de l'autre, par une grande fille de chambre forte et bien découplée comme un gars. C'était une Normande du pays de Caux, qui paraissait au moins vingt ans, bien qu'elle en eût au plus dix- huit. On la traitait dans la famille un peu comme une seconde fille, car elle avait été la soeur de lait de Jeanne. Elle s'appelait Rosalie.

Sa principale fonction consistait d'ailleurs à guider les pas de sa maîtresse devenue énorme depuis quelques années par suite d'une hypertrophie du coeur dont elle se plaignait sans cesse.

La baronne atteignit, en soufflant beaucoup, le perron du vieil hôtel, regarda la cour où l'eau ruisselait et murmura:

— Ce n'est vraiment pas raisonnable.

Son mari, toujours souriant, répondit:

— C'est vous qui l'avez voulu, madame Adélaïde.

Comme elle portait ce nom pompeux d'Adélaïde, il le faisait toujours précéder de «madame» avec un certain air de respect un peu moqueur.

Puis elle se remit en marche et monta péniblement dans la voiture dont tous les ressorts plièrent. Le baron s'assit à son côté, Jeanne et Rosalie prirent place sur la banquette à reculons.

La cuisinière Ludivine apporta des masses de manteaux qu'on disposa sur les genoux, plus deux paniers qu'on dissimula sous les jambes; puis elle grimpa sur le siège à côté du père Simon, et s'enveloppa d'une grande couverture qui la coiffait entièrement. Le concierge et sa femme vinrent saluer en fermant la portière; ils reçurent les dernières recommandations pour les malles qui devaient suivre dans une charrette; et on partit.

Le père Simon, le cocher, la tête baissée, le dos arrondi sous la pluie, disparaissait dans son carrick à triple collet. La bourrasque gémissante battait les vitres, inondait la chaussée.

La berline, au grand trot des deux chevaux, dévala rondement sur le quai, longea la ligne des grands navires dont les mâts, les vergues, les cordages se dressaient tristement dans le ciel ruisselant, comme des arbres dépouillés; puis elle s'engagea sur le long boulevard du mont Riboudet.

Bientôt, on traversa les prairies; et, de temps en temps, un saule noyé, les branches tombantes, avec un abandonnement de cadavre, se dessinait gravement à travers un brouillard d'eau. Les fers des chevaux clapotaient et les quatre roues faisaient des soleils de boue.

On se taisait; les esprits eux-mêmes semblaient mouillés comme la terre. Petite mère, se renversant, appuya sa tête et ferma les paupières. Le baron considérait d'un oeil morne les campagnes monotones et trempées. Rosalie, un paquet sur les genoux, songeait de cette songerie animale des gens du peuple. Mais Jeanne, sous ce ruissellement tiède, se sentait revivre ainsi qu'une plante enfermée qu'on vient de remettre à l'air; et l'épaisseur de sa joie, comme un feuillage, abritait son coeur de la tristesse. Bien qu'elle ne parlât pas, elle avait envie de chanter, de tendre au- dehors sa main pour l'emplir d'eau qu'elle boirait; et elle jouissait d'être emportée au grand trot des chevaux, de voir la désolation des paysages, et de se sentir à l'abri au milieu de cette inondation.

Et, sous la pluie acharnée, les croupes luisantes des deux bêtes exhalaient une buée d'eau bouillante.

La baronne, peu à peu, s'endormait. Sa figure, qu'encadraient six boudins réguliers de cheveux pendillants, s'affaissa peu à peu, mollement soutenue par les trois grandes vagues de son cou, dont les dernières ondulations se perdaient dans la pleine mer de sa poitrine. Sa tête, soulevée à chaque aspiration, retombait ensuite; les joues s'enflaient, tandis que, entre ses lèvres entrouvertes, passait un ronflement sonore. Son mari se pencha sur elle, et posa doucement, dans ses mains croisées sur l'ampleur de son ventre, un petit portefeuille en cuir.

Ce toucher la réveilla; et elle considéra l'objet d'un regard noyé, avec cet hébétement des sommeils interrompus. Le portefeuille tomba, s'ouvrit. De l'or et des billets de banque s'éparpillèrent dans la calèche. Elle s'éveilla tout à fait; et la gaieté de sa fille partit en une fusée de rires.

Le baron ramassa l'argent, et, le lui posant sur les genoux:

— Voici, ma chère amie, tout ce qui reste de ma ferme d'Életot. Je l'ai vendue pour faire réparer les Peuples où nous habiterons souvent désormais.

Elle compta six mille et quatre cents francs et les mit tranquillement dans sa poche.

C'était la neuvième ferme vendue ainsi, sur trente et une que leurs parents avaient laissées. Ils possédaient cependant encore environ vingt mille livres de rentes en terres qui, bien administrées, auraient facilement rendu trente mille francs par an.

Comme ils vivaient simplement, ce revenu aurait suffi s'il n'y avait eu dans la maison un trou sans fond toujours ouvert, la bonté. Elle tarissait l'argent dans leurs mains comme le soleil tarit l'eau des marécages. Cela coulait, fuyait, disparaissait. Comment? Personne n'en savait rien. À tout moment l'un d'eux disait:

— Je ne sais comment cela s'est fait, j'ai dépensé cent francs aujourd'hui sans rien acheter de gros.

Cette facilité de donner était, du reste, un des grands bonheurs de leur vie; et ils s'entendaient sur ce point d'une façon superbe et touchante.

Jeanne demanda:

— Est-ce beau, maintenant, mon château?

Le baron répondit gaiement:

— Tu verras, fillette.

Mais peu à peu, la violence de l'averse diminuait; puis ce ne fut plus qu'une sorte de brume, une très fine poussière de pluie voltigeant. La voûte des nuées semblait s'élever, blanchir; et soudain, par un trou qu'on ne voyait point, un long rayon de soleil oblique descendit sur les prairies.

Et, les nuages s'étant fendus, le fond bleu du firmament parut; puis la déchirure s'agrandit, comme un voile qui se déchire; et un beau ciel pur, d'un azur net et profond, se développa sur le monde.

Un souffle frais et doux passa, comme un soupir heureux de la terre; et, quand on longeait des jardins ou des bois, on entendait parfois le chant alerte d'un oiseau qui séchait ses plumes.

Le soir venait. Tout le monde dormait maintenant dans la voiture, excepté Jeanne. Deux fois on s'arrêta dans des auberges pour laisser souffler les chevaux et leur donner un peu d'avoine avec de l'eau.

Le soleil s'était couché; des cloches sonnaient au loin. Dans un petit village on alluma les lanternes; et le ciel aussi s'illumina d'un fourmillement d'étoiles. Des maisons éclairées apparaissaient de place en place, traversant les ténèbres d'un point de feu; et tout d'un coup, derrière une côte, à travers des branches de sapins, la lune, rouge, énorme, et comme engourdie de sommeil, surgit.

Il faisait si doux que les vitres demeuraient baissées. Jeanne, épuisée de rêve, rassasiée de visions heureuses, se reposait maintenant. Parfois l'engourdissement d'une position prolongée lui faisait rouvrir les yeux; alors elle regardait au-dehors, voyait dans la nuit lumineuse passer les arbres d'une ferme, ou bien quelques vaches çà et là couchées en un champ, et qui relevaient la tête. Puis elle cherchait une posture nouvelle, essayait de ressaisir un songe ébauché; mais le roulement continu de la voiture emplissait ses oreilles, fatiguait sa pensée et elle refermait les yeux, se sentant l'esprit courbaturé comme le corps.

Cependant on s'arrêta. Des hommes et des femmes se tenaient debout devant les portières avec des lanternes à la main. On arrivait. Jeanne, subitement réveillée, sauta bien vite. Père et Rosalie, éclairés par un fermier, portèrent presque la baronne tout à fait exténuée, geignant de détresse, et répétant sans cesse d'une petite voix expirante:

— Ah! mon Dieu! mes pauvres enfants!

Elle ne voulut rien boire, rien manger, se coucha et tout aussitôt dormit.

Jeanne et le baron soupèrent en tête-à-tête.

Ils souriaient en se regardant, se prenaient les mains à travers la table; et, saisis tous deux d'une joie enfantine, ils se mirent à visiter le manoir réparé.

 

ジャンヌはトランクを片付け、窓際に寄ったが、雨は止まなかった。

一晩中降り続いた土砂降りの雨は、窓や屋根に音を立てていた。空は低く、水を含み、破裂し、大地に注ぎ込み、ドロドロに薄め、砂糖のように溶かしているように見えた。重苦しい熱気に包まれた突風が通り過ぎた。家々はスポンジのように湿度を吸い上げ、地下室から屋根裏まで汗ばむほどだ。

 

前日、ついに自由の身となり、長い間夢見ていた人生の幸福をすべて掴み取ろうと修道院を出たジャンヌは、天気が晴れなければ父が出発を躊躇するのではないかと心配し、朝から何度も水平線を眺めていた。

 

その時、彼女はカレンダーを旅行カバンに入れるのを忘れたことに気がついた。壁に貼ってある月別の小さなカードを手に取ると、真ん中に金色の数字で現在の年号である1819年が描かれている。そして、最初の4列を鉛筆で消し、5月2日、修道院を去る日まで、それぞれの聖人の名前を消していった。

 

ドアの向こうから声をかけられた。

- ジャンヌ!

ジャンヌ が答えた。

- パパ、いらっしゃい。

そして、彼女の父親が現れた。

シモン=ジャック・ル・ペルテュ・デ・ヴォー男爵は、マニアックで親切な前世紀の紳士であった。ルソーの熱烈な弟子であり、野や森や動物といった自然を愛する人であった。

貴族出身で、本能的に93年[1]を憎んでいたが、気質的には哲学者、教育的には自由主義者であり、無難で宣言的な憎悪の専制を忌み嫌ったのであった。

彼の偉大な長所と偉大な短所は優しさ、愛撫し、与え、抱擁するのに十分な腕を持たない優しさ、創造主の優しさが、抵抗なく、意志の神経の麻痺のように、エネルギーの隙間、ほとんど副産物として散らばっていることであった。

彼は理論家として、娘を幸せで、善良で、まっすぐで、優しい子にしたいと思い、教育の計画を全部立てていたのである。

彼女は12歳までこの家にいたが、母の叫びにもかかわらず、聖心修道院に送られた。

彼は彼女をそこに厳しく閉じ込め、無視し、人間のことを知らずにいたのです。そして、野原や肥えた大地の中で、彼女の魂を開き、素朴な愛や動物の素朴な優しさ、生命の穏やかな法則の様相に彼女の無知を引き伸ばしたのである。

彼女は今、修道院を去ろうとしていた。晴れやかで幸福への栄養と食欲に満ち、昼の怠惰、夜の長さ、希望の孤独の中で、彼女の精神がすでに越えてきたすべての喜び、すべての魅力的な危険に備えようとしていた。

彼女はまるでヴェロネーゼの肖像画のようだった。艶やかな金髪は、かろうじてピンク色を帯びた貴族の肉体に擦れたようで、太陽が撫でると少し見える淡いベルベットのような薄毛に影を落としている。彼女の目は青かった。オランダの土人形のような不透明な青だった。

鼻の穴の左に小さなほくろがあり、右の顎にも、皮膚とよく似た毛が数本巻いていて、ほとんど見分けがつかない。背が高く、胸は膨らみ、腰はくびれがある。その澄んだ声は、時に甲高く感じられたが、その素直な笑いは、周囲に喜びをもたらした。しばしば、慣れた仕草で、髪をなでるように両手をこめかみに持っていく。

彼女は父のもとに駆け寄り、父を抱きしめた。

- 「さて、行きましょうか」と、彼女は言った。

彼は微笑みながら、もうすっかり長くなった白い髪を揺らし、窓に向かって手を差し出して言った。「こんな天気の中、どうやって旅をするんだい?

- そんな天候の中、どのように旅をしたいのか?

しかし、彼女は彼に懇願した、キュートで優しい。

- ああ、パパ、行きましょうよ、お願いだから。午後からは天気も良くなりそうです。

- でも、お母さんは絶対に賛成してくれない。

- きっと約束します。

- お母さんの同意が得られるなら、そうしよう。

そして、男爵夫人の部屋へ駆け込んだ。彼女は、この出発の日を待ち焦がれていたのだから。

聖心修道院に入学して以来、彼女はルーアンを離れなかった。父親が決めた年齢より前に気が散ることを許さなかったからだ。パリに2週間ほど連れて行かれたのは2度だけだったが、やはり都会で、田舎ばかりを夢想していた。

彼女は今夏、イポール近くの崖の上に建つ古いシャトー、レ・ププルで過ごすことになった。そして、荘園を譲り受け、結婚してもそこに住むことが合意された。

そして、前日の夕方から休むことなく降り続く雨は、彼女の存在する最初の大きな悲しみとなった。

しかし、3分もすると、彼女は家の中で叫びながら母親の部屋を飛び出していった。

- どうしたらいいのか、よくわからない。

大雨がやむことはなく、馬車が玄関まで来ると、さらに大雨が増したように見えた。

そのため、"崖っぷち "と呼ばれることもあるようです。彼女はペイ・ド・コーのノルマンディー少女で、せいぜい18歳だが、少なくとも20歳には見えた。ジャンヌの乳姉妹であったため、家族の中では次女として扱われていた。彼女の名前はロザリー。

近年、心臓肥大のため巨大化し、不平ばかり言っている妾の足取りを導くのが主な役目であった。

男爵夫人は重い息を吐きながら古いホテルの階段にたどり着き、水の流れる中庭を眺めてつぶやいた。

- これは本当に理不尽なことです。

夫はまだ微笑みながら、こう答えた。

- 欲しがったのはあなたです、マダム・アデライド。

彼女はアデレードという尊大な名前を名乗っていたので、彼はいつも「マダム」と前置きして、ある種の嘲笑的な敬意を表していた。

そして、再び走り出し、バネが曲がる馬車に苦しそうに乗り込んだ。男爵は彼女の脇に座り、ジャンヌとロザリーはベンチに後ろ向きに座った。

料理人のリュディヴィヌは、膝の上に並べた大量のコートと、脚の下に隠した二つのカゴを持ってくると、シモン神父の横の席に乗り込み、大きな毛布で全身を包んだ。ドアを閉めると、コンシェルジュとその妻が迎えに来て、荷車に積まれる予定のトランクの最後の勧めを受け、出発した。

馬車のシモン神父は、雨の中、頭を下げ、背中を丸めて、三重襟のキャリックの中に消えていった。うなるような突風が窓を叩き、道路を水浸しにする。

二頭の馬が大股で岸壁を転がり、マストやヤード、ロープが剥がれた木のように流れゆく空に悲しげに立っている大きな船の列を避け、リブーデ山の長い大通りに入った。

時折、溺死した柳が、死体のように枝を垂らして、水の霧の中から重々しく輪郭を描いているのが見えた。馬の蹄鉄はカタカタと音を立て、四つの車輪は泥の太陽を作った。

霊魂そのものが、大地と同じように濡れているように見えた。小母さん、倒れたまま頭をもたげ、瞼を閉じた。男爵は、単調で水浸しの田園風景を憂鬱そうに眺めていた。そのため、このような弊害が発生する可能性がある。しかし、ジャンヌは、この生ぬるい水滴の下で、引きこもった植物を空気に戻したように、自分が蘇ったように感じ、その喜びの厚みが、葉のように、悲しみから彼女の心を守ってくれたのである。言葉は発しないが、歌いたくなり、手を伸ばして水を入れて飲み、馬の大股で運ばれるのを楽しみ、荒涼とした風景を見て、この洪水の中で安心感を得たのである。

そして、激しい雨の中、二匹の獣の輝く尻が、沸騰した湯の霧を吐き出したのである。

男爵夫人は次第に眠りについていった。彼女の顔は、6本の規則正しい髪に縁取られ、首の3本の大きな波に支えられ、最後のうねりは胸の大海原に消えていった。息をするたびに持ち上がっていた頭が再び下がり、頬が膨らみ、半開きになった唇の間から盛大ないびきが聞こえてくる。夫は彼女の上にかがみ込み、腹の上で交差させた両手に小さな革の財布を置いた。

この感触で彼女は目を覚ました。そして、眠りを中断された朦朧とした視線で、その対象を見つめたのである。財布が開いた。馬車に散乱する金と紙幣。彼女はかなり急に目を覚ました。そして、娘の外見は笑いの渦に巻き込まれた。

男爵はお金を拾い上げ、彼女の膝の上に置いて、こう言った。

これからよく住むことになるピープルの修理のために売却した。

彼女は6,400フランを数えて、静かにポケットに入れた。

両親が残した31の農場のうち、こうして売却されたのは9つ目だった。地代はまだ2万ポンドほどあり、きちんと管理すれば、年間3万フランは簡単に稼げたはずだ。

質素に暮らしていたので、家の中にいつも開いている底なし沼さえなければ、この収入で十分だったのだ、よきかな。太陽が沼の水を乾かすように、手にしたお金を乾かしてしまったのだ。流れて、逃げて、消えていく。でも、どうやって?誰も知らなかった。今にもどちらかが言い出しそうだ。

- どうしてだろう、今日は大きなものを買わずに100フランも使ってしまった。

そして、この点については、二人の意見が見事に一致し、感動的であった。

どうしたらいいのかわからない。

- というのも、"痒いところに手が届く "のです。

男爵は元気よく答えた。

- 今にわかるよ、お嬢さん。

しかし、少しずつ雨の勢いは弱まり、霧のような、細かい雨が舞っているような状態になった。雲海が広がって、白っぽくなり、突然、見えない穴から、長い斜光が草原に降り注いだ。

そして、雲が切れて大空の青い背景が現れ、やがてベールが破れるように涙が広がり、澄んだ深い蒼の美しい純天が世界を覆うように展開された。

庭や森を歩いていると、羽を乾かす鳥の警戒心のこもった歌が聞こえてくることもある。

夕刻になった。車の中では、ジャンヌを除いてみんな眠ってしまっていた。二度ほど旅館に立ち寄り、馬に息抜きをさせ、水と一緒に燕麦を少し与えた。

太陽が沈み、遠くで鐘が鳴っている。小さな村ではランタンが灯され、空も星の群れで照らされていた。あちこちから灯りのついた家が現れ、火の粉を飛ばして闇を横切り、突然、丘の向こうのモミの木の枝から、赤く、巨大で、まるで眠りについているような月が現れた。

あまりに穏やかな気候のため、窓は下げたまま。ジャンヌは、夢で疲れ果て、幸せな幻影で満腹になり、今は休息していた。時折、長時間の体勢による痺れで、再び目を開けると、外を見て、光り輝く夜の中に、通り過ぎる農場の木々や、畑のあちこちに横たわる牛が、頭を上げているのが見えた。しかし、馬車の連続する揺れが耳に入り、思考が疲弊し、身体と同様に心も痛むのを感じながら、再び目を閉じた。

しかし、彼らは立ち止まった。男女が手に提灯を持って扉の前に立っていた。来ていたのだ。ジャンヌは突然目を覚まし、すぐに飛び起きた。農夫に照らされた父とロザリーが、疲れ果てた男爵夫人をほとんど担ぎ上げ、苦痛に泣きながら、小さな切れ切れの声で何度も何度も繰り返した。

- ああ、神様!かわいそうな子供たち

何も食べず、何も飲まず、ベッドに入り、すぐに寝た。

ジャンヌと男爵は一緒に夕飯を食べた。

二人は顔を見合わせながら微笑み、テーブルを挟んで手を取り合い、子供のような喜びを感じながら、修理された邸宅を訪ね歩き始めた。

 

C'était une de ces hautes et vastes demeures normandes tenant de la ferme et du château, bâties en pierres blanches devenues grises, et spacieuses à loger une race.

Un immense vestibule séparait en deux la maison et la traversait de part en part, ouvrant ses grandes portes sur les deux faces. Un double escalier semblait enjamber cette entrée, laissant vide le centre, et joignant au premier ses deux montées à la façon d'un pont.

Au rez-de-chaussée, à droite, on entrait dans le salon démesuré, tendu de tapisseries à feuillages où se promenaient des oiseaux. Tout le meuble, en tapisserie au petit point, n'était que l'illustration des Fables de La Fontaine; et Jeanne eut un tressaillement de plaisir en retrouvant une chaise qu'elle avait aimée, étant tout enfant, et qui représentait l'histoire du Renard et de la Cigogne.

À côté du salon s'ouvraient la bibliothèque, pleine de livres anciens, et deux autres pièces inutilisées; à gauche, la salle à manger en boiseries neuves, la lingerie, l'office, la cuisine et un petit appartement contenant une baignoire.

Un corridor coupait en long tout le premier étage. Les dix portes des dix chambres s'alignaient sur cette allée. Tout au fond, à droite, était l'appartement de Jeanne. Ils y entrèrent. Le baron venait de le faire remettre à neuf, ayant employé simplement des tentures et des meubles restés sans usage dans les greniers.

Des tapisseries d'origine flamande, et très vieilles, peuplaient ce lieu de personnages singuliers.

Mais, en apercevant son lit, la jeune fille poussa des cris de joie. Aux quatre coins, quatre grands oiseaux de chêne, tout noirs et luisants de cire, portaient la couche et paraissaient en être les gardiens. Les côtés représentaient deux larges guirlandes de fleurs et de fruits sculptés; et quatre colonnes finement cannelées, que terminaient des chapiteaux corinthiens, soulevaient une corniche de roses et d'Amours enroulés.

Il se dressait, monumental, et tout gracieux cependant malgré la sévérité du bois bruni par le temps.

Le couvre-pied et la tenture du ciel de lit scintillaient comme deux firmaments. Ils étaient faits d'une soie antique d'un bleu foncé qu'étoilaient, par places, de grandes fleurs de lis brodées d'or.

Quand elle l'eut bien admiré, Jeanne, élevant sa lumière, examina les tapisseries pour en comprendre le sujet.

Un jeune seigneur et une jeune dame habillés en vert, en rouge et en jaune, de la façon la plus étrange, causaient sous un arbre bleu où mûrissaient des fruits blancs. Un gros lapin de même couleur broutait un peu d'herbe grise.

Juste au-dessus des personnages, dans un lointain de convention, on apercevait cinq petites maisons rondes, aux toits aigus; et là- haut, presque dans le ciel, un moulin à vent tout rouge.

De grands ramages, figurant des fleurs, circulaient dans tout cela.

Les deux autres panneaux ressemblaient beaucoup au premier, sauf qu'on voyait sortir des maisons quatre petits bonshommes vêtus à la façon des Flamands et qui levaient les bras au ciel en signe d'étonnement et de colère extrêmes.

Mais la dernière tenture représentait un drame. Près du lapin qui broutait toujours, le jeune homme étendu semblait mort. La jeune dame, le regardant, se perçait le sein d'une épée, et les fruits de l'arbre étaient devenus noirs.

Jeanne renonçait à comprendre quand elle découvrit dans un coin une bestiole microscopique, que le lapin, s'il eût vécu, aurait pu manger comme un brin d'herbe. Et cependant c'était un lion.

Alors elle reconnut les malheurs de Pyrame et de Thysbé; et, quoiqu'elle sourît de la simplicité des dessins, elle se sentit heureuse d'être enfermée dans cette aventure d'amour qui parlerait sans cesse à sa pensée des espoirs chéris, et ferait planer chaque nuit, sur son sommeil, cette tendresse antique et légendaire.

Tout le reste du mobilier unissait les styles les plus divers. C'étaient ces meubles que chaque génération laisse dans la famille et qui font des anciennes maisons des sortes de musées où tout se mêle. Une commode Louis XIV superbe, cuirassée de cuivres éclatants, était flanquée de deux fauteuils Louis XV encore vêtus de leur soie à bouquets. Un secrétaire en bois de rose faisait face à la cheminée qui présentait, sous un globe rond, une pendule de l'Empire.

C'était une ruche de bronze, suspendue par quatre colonnes de marbre au-dessus d'un jardin de fleurs dorées. Un mince balancier sortant de la ruche, par une fente allongée, promenait éternellement sur ce parterre une petite abeille aux ailes d'émail.

Le cadran était en faïence peinte et encadré dans le flanc de la ruche.

Elle se mit à sonner onze heures. Le baron embrassa sa fille, et se retira chez lui.

Alors, Jeanne, avec regret, se coucha.

D'un dernier regard elle parcourut sa chambre, et puis éteignit sa bougie. Mais le lit, dont la tête seule s'appuyait à la muraille, avait une fenêtre sur sa gauche, par où entrait un flot de lune qui répandait à terre une flaque de clarté.

Des reflets rejaillissaient aux murs, des reflets pâles caressant faiblement les amours immobiles de Pyrame et de Thysbé.

Par l'autre fenêtre, en face de ses pieds, Jeanne apercevait un grand arbre tout baigné de lumière douce. Elle se tourna sur le côté, ferma les yeux, puis, au bout de quelque temps, les rouvrit.

Elle croyait se sentir encore secouée par les cahots de la voiture dont le roulement continuait dans sa tête. Elle resta d'abord immobile, espérant que ce repos la ferait enfin s'endormir; mais l'impatience de son esprit envahit bientôt tout son corps.

Elle avait des crispations dans les jambes, une fièvre qui grandissait. Alors elle se leva, et, nu-pieds, nu-bras, avec sa longue chemise qui lui donnait l'aspect d'un fantôme, elle traversa la mare de lumière répandue sur son plancher, ouvrit sa fenêtre et regarda.

La nuit était si claire qu'on y voyait comme en plein jour; et la jeune fille reconnaissait tout ce pays, aimé jadis dans sa première enfance.

C'était d'abord, en face d'elle, un large gazon, jaune comme du beurre sous la lumière nocturne. Deux arbres géants se dressaient aux pointes, devant le château, un platane au nord, un tilleul au sud.

Tout au bout de la grande étendue d'herbe, un petit bois en bosquet terminait ce domaine, garanti des ouragans du large par cinq rangs d'ormes antiques, tordus, rasés, rongés, taillés en pente comme un toit par le vent de mer toujours déchaîné.

Cette espèce de parc était borné, à droite et à gauche, par deux longues avenues de peupliers démesurés, appelés peuples en Normandie, qui séparaient la résidence des maîtres des deux fermes y attenant, occupées, l'une par la famille Couillard, l'autre par la famille Martin.

Ces peuples avaient donné leur nom au château. Au-delà de cet enclos, s'étendait une vaste plaine inculte, semée d'ajoncs, où la brise sifflait et galopait jour et nuit. Puis, soudain, la côte s'abattait en une falaise de cent mètres, droite et blanche, baignant son pied dans les vagues.

Jeanne regardait au loin la longue surface moirée des flots qui semblaient dormir sous les étoiles.

Dans cet apaisement du soleil absent, toutes les senteurs de la terre se répandaient. Un jasmin, grimpé autour des fenêtres d'en bas, exhalait continuellement son haleine pénétrante qui se mêlait à l'odeur, plus légère, des feuilles naissantes. De lentes rafales passaient, apportant les saveurs fortes de l'air salin et de la sueur visqueuse des varechs.

La jeune fille s'abandonna au bonheur de respirer; et le repos de la campagne la calma comme un bain frais.

Toutes les bêtes qui s'éveillent quand vient le soir et cachent leur existence obscure dans la tranquillité des nuits, emplissaient les demi-ténèbres d'une agitation silencieuse. De grands oiseaux, qui ne criaient point, fuyaient dans l'air comme des taches, comme des ombres; des bourdonnements d'insectes invisibles effleuraient l'oreille; des courses muettes traversaient l'herbe pleine de rosée ou le sable des chemins déserts.

Seuls quelques crapauds mélancoliques poussaient vers la lune leur note courte et monotone.

Il semblait à Jeanne que son coeur s'élargissait, plein de murmures comme cette soirée claire, fourmillant soudain de mille désirs rôdeurs, pareils à ces bêtes nocturnes dont le frémissement l'entourait. Une affinité l'unissait à cette poésie vivante; et dans la molle blancheur de la nuit, elle sentait courir des frissons surhumains, palpiter des espoirs insaisissables, quelque chose comme un souffle de bonheur.

Et elle se mit à rêver d'amour.

L'amour! Il l'emplissait depuis deux années de l'anxiété croissante de son approche. Maintenant elle était libre d'aimer; elle n'avait plus qu'à le rencontrer, lui!

Comment serait-il? Elle ne le savait pas au juste et ne se le demandait même pas. Il serait lui, voilà tout.

Elle savait seulement qu'elle l'adorerait de toute son âme et qu'il la chérirait de toute sa force. Ils se promèneraient par les soirs pareils à celui-ci, sous la cendre lumineuse qui tombait des étoiles. Ils iraient, les mains dans les mains, serrés l'un contre l'autre, entendant battre leurs coeurs, sentant la chaleur de leurs épaules, mêlant leur amour à la simplicité suave des nuits d'été, tellement unis qu'ils pénétreraient aisément, par la seule puissance de leur tendresse, jusqu'à leurs plus secrètes pensées.

Et cela continuerait indéfiniment, dans la sérénité d'une affection indescriptible.

Et il lui sembla soudain qu'elle le sentait là, contre elle; et brusquement un vague frisson de sensualité lui courut des pieds à la tête. Elle serra ses bras contre sa poitrine, d'un mouvement inconscient, comme pour étreindre son rêve; et, sur sa lèvre tendue vers l'inconnu, quelque chose passa qui la fit presque défaillir, comme si l'haleine du printemps lui eût donné un baiser d'amour.

Tout à coup, là-bas, derrière le château, sur la route, elle entendit marcher dans la nuit. Et dans un élan de son âme affolée, dans un transport de foi à l'impossible, aux hasards providentiels, aux pressentiments divins, aux romanesques combinaisons du sort, elle pensa: «Si c'était lui?» Elle écoutait anxieusement le pas rythmé du marcheur, sûre qu'il allait s'arrêter à la grille pour demander l'hospitalité.

Lorsqu'il fut passé, elle se sentit triste comme après une déception. Mais elle comprit l'exaltation de son espoir et sourit à sa démence.

Alors, un peu calmée, elle laissa flotter son esprit au courant d'une rêverie plus raisonnable, cherchant à pénétrer l'avenir, échafaudant son existence.

Avec lui elle vivrait ici, dans ce calme château qui dominait la mer. Elle aurait sans doute deux enfants, un fils pour lui, une fille pour elle. Et elle les voyait courant sur l'herbe, entre le platane et le tilleul, tandis que le père et la mère les suivraient d'un oeil ravi, en échangeant par-dessus leurs têtes des regards pleins de passion.

Et elle resta longtemps, longtemps, à rêvasser ainsi, tandis que la lune, achevant son voyage à travers le ciel, allait disparaître dans la mer.

L'air devenait plus frais. Vers l'orient, l'horizon pâlissait. Un coq chanta dans la ferme de droite; d'autres répondirent dans la ferme de gauche. Leurs voix enrouées semblaient venir de très loin à travers la cloison des poulaillers; et dans l'immense voûte du ciel, blanchie insensiblement, les étoiles disparaissaient.

Un petit cri d'oiseau s'éveilla quelque part. Des gazouillements, timides d'abord, sortirent des feuilles; puis ils s'enhardirent, devinrent vibrants, joyeux, gagnant de branche en branche, d'arbre en arbre.

Jeanne, soudain, se sentit dans une clarté; et, levant la tête qu'elle avait cachée en ses mains, elle ferma les yeux, éblouie par le resplendissement de l'aurore.

Une montagne de nuages empourprés, cachés en partie derrière une grande allée de peuples, jetait des lueurs de sang sur la terre réveillée.

Et lentement, crevant les nuées éclatantes, criblant de feu les arbres, les plaines, l'océan, tout l'horizon, l'immense globe flamboyant parut.

Et Jeanne se sentait devenir folle de bonheur. Une joie délirante, un attendrissement infini devant la splendeur des choses noya son coeur qui défaillait. C'était son soleil! son aurore! le commencement de sa vie! le lever de ses espérances! Elle tendit les bras vers l'espace rayonnant, avec une envie d'embrasser le soleil; elle voulait parler, crier quelque chose de divin comme cette éclosion du jour; mais elle demeurait paralysée dans un enthousiasme impuissant. Alors, posant son front dans ses mains, elle sentit ses yeux pleins de larmes; et elle pleura délicieusement.

Lorsqu'elle releva la tête, le décor superbe du jour naissant avait déjà disparu. Elle se sentit elle-même apaisée, un peu lasse, comme refroidie. Sans fermer sa fenêtre, elle alla s'étendre sur son lit, rêva encore quelques minutes et s'endormit si profondément qu'à huit heures elle n'entendit point les appels de son père et se réveilla seulement lorsqu'il entra dans sa chambre.

Il voulait lui montrer l'embellissement du château, de son château.

La façade qui donnait sur l'intérieur des terres était séparée du chemin par une vaste cour plantée de pommiers. Ce chemin, dit vicinal, courant entre les enclos des paysans, joignait, une demi- lieue plus loin, la grande route du Havre à Fécamp.

Une allée droite venait de la barrière de bois jusqu'au perron. Les communs, petits bâtiments en caillou de mer, coiffés de chaume, s'alignaient des deux côtés de la cour, le long des fossés des deux fermes.

Les couvertures étaient refaites à neuf; toute la menuiserie avait été restaurée, les murs réparés, les chambres retapissées, tout l'intérieur repeint. Et le vieux manoir terni portait, comme des taches, ses contrevents frais, d'un blanc d'argent, et ses replâtrages récents sur sa grande façade grisâtre.

L'autre façade, celle où s'ouvrait une des fenêtres de Jeanne, regardait au loin la mer, par-dessus le bosquet et la muraille d'ormes rongés du vent.

Jeanne et le baron, bras dessus, bras dessous, visitèrent tout, sans omettre un coin; puis ils se promenèrent lentement dans les longues avenues de peupliers, qui enfermaient ce qu'on appelait le parc. L'herbe avait poussé sous les arbres, étalant son tapis vert. Le bosquet, tout au bout, était charmant, mêlait ses petits chemins tortueux, séparés par des cloisons de feuilles. Un lièvre partit brusquement, qui fit peur à la jeune fille, puis il sauta le talus et détala dans les joncs marins vers la falaise.

Après le déjeuner, comme Mme Adélaïde, encore exténuée, déclarait qu'elle allait se reposer, le baron proposa de descendre jusqu'à Yport.

Ils partirent, traversant d'abord le hameau d'Étouvent, où se trouvaient les Peuples. Trois paysans les saluèrent comme s'ils les eussent connus de tout temps.

Ils entrèrent dans les bois en pente qui s'abaissent jusqu'à la mer en suivant une vallée tournante.

Bientôt apparut le village d'Yport. Des femmes qui raccommodaient des hardes, assises sur le seuil de leurs demeures, les regardaient passer. La rue inclinée, avec un ruisseau dans le milieu et des tas de débris traînant devant les portes, exhalait une odeur forte de saumure. Les filets bruns, où restaient, de place en place, des écailles luisantes pareilles à des piécettes d'argent, séchaient entre les portes des taudis d'où sortaient les senteurs des familles nombreuses grouillant dans une seule pièce.

Quelques pigeons se promenaient au bord du ruisseau, cherchant leur vie.

Jeanne regardait tout cela qui lui semblait curieux et nouveau comme un décor de théâtre.

Mais, brusquement, en tournant un mur, elle aperçut la mer, d'un bleu opaque et lisse, s'étendant à perte de vue.

Ils s'arrêtèrent, en face de la plage, à regarder. Des voiles, blanches comme des ailes d'oiseaux, passaient au large. À droite comme à gauche, la falaise énorme se dressait. Une sorte de cap arrêtait le regard d'un côté, tandis que, de l'autre, la ligne des côtes se prolongeait indéfiniment jusqu'à n'être plus qu'un trait insaisissable.

Un port et des maisons apparaissaient dans une de ces déchirures prochaines; et de tous petits flots, qui faisaient à la mer une frange d'écume, roulaient sur le galet avec un bruit léger.

Les barques du pays, halées sur la pente de cailloux ronds, reposaient sur le flanc, tendant au soleil leurs joues rondes vernies de goudron. Quelques pêcheurs les préparaient pour la marée du soir.

Un matelot s'approcha pour offrir du poisson, et Jeanne acheta une barbue qu'elle voulait rapporter elle-même aux Peuples.

Alors l'homme proposa ses services pour des promenades en mer, répétant son nom coup sur coup afin de le faire bien entrer dans les mémoires: «Lastique, Joséphin Lastique.»

Le baron promit de ne pas l'oublier.

Ils reprirent le chemin du château.

Comme le gros poisson fatiguait Jeanne, elle lui passa dans les ouïes la canne de son père, dont chacun d'eux prit un bout; et ils allaient gaiement en remontant la côte, bavardant comme deux enfants, le front au vent et les yeux brillants, tandis que la barbue, qui lassait peu à peu leurs bras, balayait l'herbe de sa queue grasse.

 

それは、ノルマン様式の高く広大な住居で、一部は農場、一部は城、白い石が灰色になったもので造られており、一族が住むのに十分な広さがあった。

巨大なホールが家を二つに区切り、それを左右に横切り、大きな扉を両側に開いている。この入り口には二重の階段があり、中央は空洞になっており、最初の階段と橋のようにつながっているようだ。

1階の右手には、鳥が飛び交う葉っぱのタペストリーが掛けられた特大のサロンがある。家具はすべて、小さな点描のタペストリーで、ラ・フォンテーヌの寓話の挿絵にほかならない。ジャンヌは、子供の頃に愛した、狐とコウノトリの物語を描いた椅子を見つけると、喜びでたじろいだ。

居間の隣には、古い本でいっぱいの書斎と、使っていない部屋が2つ、左側には新しい木工細工のダイニングルーム、リネン室、パントリー、キッチン、そしてバスタブのある小さなフラットルームがあった。

1階は廊下が続いている。この廊下には、10部屋の扉が並んでいた。一番奥の右側が、ジャンヌの部屋である。二人はそこに入ってきた。男爵が、屋根裏にあった掛け軸や家具を使い、改装したばかりだった。

フランドル地方の古いタペストリーは、この場所を特異なキャラクターで飾っていた。

しかし、少女は自分のベッドを見ると、喜びの声を上げた。四隅には、蝋で真っ黒に光った4羽の大きな樫の鳥がベッドを運び、その守護神のようであった。側面には花と果実の彫刻が施された2つの大きな花輪があり、コリント式の柱頭で終わる4本の繊細なフルート柱が、バラとスクロールの「恋人たち」のコーニスを支えていた。

それは、記念碑的な存在でありながら、風化した木の厳しさとは裏腹に、優美な姿で立っていた。

足台とベッドの天蓋は、まるで二つの天空のように輝いている。紺色のアンティーク・シルク製で、ところどころに金で刺繍された大きなフルール・ド・リスが散りばめられている。

よく鑑賞すると、ジャンヌは灯りを上げてタペストリーを調べ、その主題を理解しようとした。

緑や赤や黄色の服を着た若い殿方とお嬢さんが、白い果実が熟した青い木の下で、奇妙な格好でおしゃべりしているのだった。同じ色の大きなウサギが、灰色の草の上で草を食んでいた。

そのすぐ上、遠くには屋根の尖った小さな丸い家が5軒、そして上空には赤い風車が見える。

その中を大きな花の枝葉模様が走っている。

他の2枚の絵は、フランドル地方の服を着た4人の小人が家々から現れ、極度の驚きと怒りで両手を天に向けて振り上げている以外は、最初の絵とよく似ている。

でも、最後の絞首刑は悲劇のようだった。まだ草を食んでいるウサギの横で、若い男が死んでいた。それを見ていたお嬢様は、剣で胸を貫き、木の実は黒くなっていた。

ジャンヌは理解することをあきらめかけていたが、片隅に、ウサギが生きていれば草の葉のように食べられそうな微細な虫を発見した。それなのに、それはライオンだった。

そして、ピュラモスとティスベの不幸を認識した。彼女は絵の単純さに微笑みながらも、この愛の冒険に包まれていることに幸福を感じ、それが彼女の大切な希望の思いを絶え間なく語りかけ、あの古代の伝説の優しさが毎晩彼女の眠りに漂っているだろう。

それ以外の家具は、最も多様なスタイルを統一していた。それは、それぞれの世代が家族に残していく家具であり、古い家をあらゆるものが混在する博物館のようなものにしてしまうものであった。鮮やかな銅で覆われたルイ14世の見事なたんすの脇には、シルクのブーケをつけたままのルイ15世の肘掛け椅子が2脚並んでいた。暖炉の前にはローズウッドの秘書が置かれ、丸い地球儀の下にエンパイア・クロックが置かれている。

それはブロンズの蜂の巣で、金色の花が咲く庭の上に4本の大理石の柱で吊り下げられていた。巣箱から細長い溝を通って出てくる細い振り子が、エナメルの羽を持つ小さな蜂を永遠に花壇の上に運び続ける。

文字盤は土器に絵付けしたもので、巣箱の脇に額装されていた。

11時を回った。男爵は娘を抱きしめて、自分の部屋に引きこもった。

そして、ジャンヌは後悔しながらも、ベッドに入った。

もう一度最後に、部屋をぐるりと見回した。しかし、頭だけが壁にもたれかかったベッドの左側には窓があり、そこから月光の流れが入り、地面に光のプールを広げている。

壁に反射した淡い光が、ピュラモスとティスベの動かない愛をかすかに愛撫している。

足元にあるもう一つの窓からは、大きな木が柔らかな光を浴びているのが見える。横向きになり、目を閉じて、しばらくしてまた目を開けた。

彼女はまだ車の揺れに震えているのだと思った。頭の中ではその転がる音が続いている。最初は、この休息でやっと眠れるだろうと、じっと横になっていたが、やがて心の焦りが全身を襲う。

足が痛くなり、熱も上がってきた。そして立ち上がり、裸足、素手、幽霊のように見える長いシャツを着て、床に広がる光のプールを横切り、窓を開けて外を眺めたのである。

夜はとても澄んでいて、まるで昼間のようだった。少女は、幼い頃に愛したこの国の全貌を認識した。

まず目の前に広がるのは、夜の光に照らされたバターのように黄色い芝生である。城の前の先端には、北にプラタナス、南に菩提樹と、2本の巨木が立っている。

広大な草原の一番奥にある小さな木立が、この屋敷の境になっていた。5列の古いニレの木が外海の荒波から守り、ねじれ、削れ、かじられ、絶えず吹きつける海風によって屋根のように傾斜している。

このような公園は、ノルマンディー地方で「ププル」と呼ばれる特大のポプラの長い並木道で左右に区切られており、主人たちの住居と、クイヤール家とマルタン家の隣接する二つの農場を隔てていたのである。

この「ピュープル」たちが、城の名前をつけた。この囲いの向こうには、ゴースが生い茂る広大な未開の平原が広がり、昼も夜も風が吹き荒れ、疾走していた。すると突然、海岸線が百メートルの断崖絶壁になり、真っ白にまっすぐ、その足元を波が浴びた。

ジャンヌは、遠くで星空の下で眠っているような、長く揺らめく波面を眺めた。

太陽のないこの静けさの中で、大地のあらゆる香りが広がっていた。窓ガラスに張り付いたジャスミンは、鋭利な息を吐き続け、芽吹きの葉の軽い香りと混ざり合っている。ゆっくりとした突風が通り過ぎ、塩辛い空気と昆布のぬるぬるした汗の強い味を運んできた。

少女は呼吸の幸せに身を任せ、残りの田園風景が涼しい風呂のように彼女を落ち着かせた。

夕方になると目を覚まし、夜の静寂の中に暗い存在を隠すすべての獣たちが、半闇の中で静かな興奮を満たしていたのだ。鳴きもしない大鳥が斑点のように、影のように空中を飛び交い、目に見えない虫の鳴き声が耳をそばだて、露のついた草原や砂地の荒れ果てた道を静かなレースが横切ったのだ。

数匹の哀愁を帯びたヒキガエルが、短い単調な音を月に向かって押し出しているだけだ。

ジャンヌは、自分の心が膨れ上がっていくような気がした。あの澄んだ夜のようなざわめきに満ちて、突然、夜行性の獣が震えながら自分を取り囲むように、千の欲望がうごめくようになった。そして、夜の柔らかな白さの中で、彼女は超人的な戦慄を覚え、とらえどころのない希望と、幸福の息吹のようなものを感じたのである。

そして、彼女は愛の夢を見るようになった。

恋! この2年間、彼女はその不安でいっぱいだった。今、彼女は自由に恋愛ができる。ただ、彼に会うだけでいいのだ。

どんな人なんだろう?彼女は正確には知らないし、自問もしなかった。彼は彼だろう、それだけだ。

彼女はただ、自分が魂を尽くして彼を慕い、彼が力を尽くして彼女を大切にすることだけを知っていたのである。こんな夜は、星から降ってくる明るい灰の下を散歩するのが日課だった。二人は手を取り合い、握り合い、心臓の鼓動を聞き、肩の温もりを感じながら、夏の夜の甘い素朴さと愛を混ぜ合わせて行くのだが、その優しさの力だけで、二人の最も秘密の思考に簡単に入り込むほど一体となっていた。

そしてそれは、何とも言えない愛情の静けさの中で、いつまでも続くのであった。

そして突然、彼がそこに、彼女に対しているのを感じたように思えた。突然、頭から足まで、官能の漠然とした戦慄が彼女を走った。彼女は夢を抱きしめるように、無意識のうちに彼の腕を胸に抱き、未知の世界に向かって伸ばした唇に、春の息吹が彼女に愛のキスを与えたかのように、ほとんど彼女をかすませる何かが通過した。

突然、そこ、城の裏、道端で、夜中に歩く音がしたのである。そして、パニックに陥った魂は、不可能を信じ、偶然を信じ、神の予感を信じ、運命のロマンチックな組み合わせを信じながら、「もし彼だったら」と考えた。彼女はそのリズミカルな歩みに耳を傾けながら、きっと彼が門の前で立ち止まってもてなしを求めてくるに違いないと確信していた。

彼が亡くなったとき、彼女はまるで失意のどん底にいるような寂しさを感じた。しかし、彼女は彼の希望の高揚を理解し、彼の狂気を微笑んだ。

そして、少し落ち着いた彼女は、自分の存在を足場にして、未来を貫くことを求め、より合理的なレヴェルの中に心を浮かばせた。

海を臨むこの静かな城で、彼と一緒に暮らすのだ。おそらく、彼には息子、彼女には娘と、二人の子供ができるだろう。そして、プラタナスの木と菩提樹の間の芝生を走る彼らを、父親と母親が嬉しそうに追いかけ、頭上で熱い視線を交わしているのを見たのである。

そして、長い長い間、こうして夢を見ているうちに、月が天空を旅し終えて海に消えていった。

空気がひんやりとしてきた。東に向かうと、水平線が青白くなっている。右側の農家で雄鶏が鳴き、左側の農家で他の者が答えた。その声は、鶏小屋の間仕切り越しに遠くから聞こえてくるようで、次第に白くなっていく広大な空には、星も見えなくなっていた。

小鳥の鳴き声が、どこかで目覚めた。最初は弱々しかった鳴き声が葉の間から聞こえ、次第に大胆になり、生き生きと、楽しげに、枝から枝へ、木から木へと増えていくのだ。

ジャンヌは突然、自分が明るくなったように感じ、両手で隠していた頭を上げて目を閉じ、暁の輝きに目を奪われた。

紫煙の山が、人通りの多い路地に一部隠れて、目覚めた大地に血のような煌めきを放っていた。

そして、ゆっくりと明るい雲を突き破り、木々を、平野を、海を、地平線全体を火で覆いながら、巨大な炎の地球が現れたのである。

そして、ジャンヌは嬉しさのあまり気が狂いそうだった。妄執的な喜び、物事の素晴らしさを前にした無限の優しさが、挫折しかけた彼女の心を溺れさせたのだ。それは彼女の太陽であり、夜明けであり、人生の始まりであり、希望の始まりであった。彼女は両手を広げ、太陽を抱くような衝動に駆られ、この日の開花のように何か神聖なことを叫びたかったが、無力な熱狂の中で麻痺したままだった。そして、額を両手で包み込むと、目一杯に涙を流し、心地よく泣いた。

彼女が頭を上げると、新しい日の美しい風景はすでに消えていた。彼女は自分が冷やされたように、少し疲れるのを感じた。窓を閉めずにベッドに横になり、数分夢を見た後、深い眠りにつき、8時になっても父の呼び声が聞こえず、父が部屋に入ってきて初めて目が覚めた。

自分の城である城の装飾を見せたかったのだろう。

内側に面した城の正面は、リンゴの木が植えられた広大な中庭で道路と隔てられていた。この道は「周辺道路」と呼ばれ、農家の耕作地の間を通り、半リーグ先でル・アーブルからフェカンに向かう幹線道路に合流する。

木製の門からポーチまで、まっすぐな私道が続いている。中庭の両側には、海石でできた茅葺きの小さな建物が、2つの農場の溝に沿って並んでいた。

屋根を葺き直し、大工仕事をすべて修復し、壁を直し、部屋の絨毯を張り替え、内装をすべて塗り直したのだ。そして、変色した古いマナーハウスは、その灰色がかった大きなファサードに、新しい銀白色のシャッターと最近のしっくいを、染みのようにつけていた。

もう一方のファサードには、ジャンヌの窓があり、木立と風にかじられた楡の壁が見える。

というのも、"痒いところに手が届く "という言葉があるように、"痒いところに手が届く "とは、"痒いところに手が届く "ということなのだ。木々の下には草が生え、緑の絨毯を広げていた。奥にある木立は、葉で仕切られた曲がりくねった小道が魅力的だった。ウサギが突然飛び立ったので、少女は怖くなり、堤防を飛び越え、海草の間を抜けて崖のほうに逃げた。

昼食後、アデレード夫人がまだ疲れているので休むというので、男爵はイポールに行こうと言い出した。

一行は出発し、まず一族のいるエトゥーヴァンの集落を通り抜けた。3人の農民が、まるで最初から知っていたかのように、彼らを出迎えた。

曲りくねった谷に沿って海へと落ちていく傾斜のある森に入った。

やがて、イポールの村が見えてきた。衣服の繕いをする女性たちが、家の敷居に腰掛けて、彼らが通り過ぎるのを見ていた。真ん中に小川が流れ、ドアの前に瓦礫の山が転がっている坂道は、強い塩害の臭いを放っていた。銀貨のように輝く鱗があちこちに残る茶色の網は、スラム街の扉の間に干してあり、そこから大家族が一部屋に群がる匂いが漂ってくる。

数羽のハトが小川の縁をさまよい、命を狙っている。

ジャンヌは、まるで劇場のセットのように珍しくて新しいものに見えた。

しかし、突然、壁を曲がると、見渡す限りの不透明で滑らかな青色をした海が広がっていたのである。

二人は浜辺の前で立ち止まり、外を眺めた。鳥の羽のように真っ白な帆が通り過ぎていく。右にも左にも、巨大な崖がそびえ立っている。一方では岬のようなものが視線を止め、他方では海岸線のラインがどこまでも続いていて、つかみどころのない線になっている。

港や家屋が現れ、海上に泡の縁を作る小さな波が、軽い音を立てて小石の上を転がっていく。

丸い小石を敷き詰めた斜面に曳かれたこの国の船は、タールに塗られた丸い頬を太陽に向けて伸ばしながら、横で休んでいた。夕方の潮干狩りに備えて準備している漁師もいた。

船乗りが魚を差し出すと、ジャンヌはナマズを買い、自分で一族のもとに持って帰ろうとした。

そして、男は海の乗り物を提供した。"ラスティック、ジョゼフィン・ラスティック "と、記憶に残るように何度も自分の名前を繰り返した。

男爵は彼を忘れないと約束した。

男爵は彼のことを忘れないと約束し、二人は再び城へと向かった。

大きな魚がジャンヌを疲れさせるので、彼女は父の杖をエラに通し、それを二人がそれぞれ一切れずつ食べた。二人はまるで子供のようにおしゃべりしながら、額を風に当てて目を輝かせ、海岸を陽気に進み、次第に腕を疲れさせたブリリアンは、太い尾で草を掃いた。

第2章へ続く

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