Le Père Goriot

ゴリオ爺さん 第4章 爺さんの死

 

La mort du père

Le lendemain, Goriot et Rastignac n'attendaient plus que le bon vouloir d'un commissionnaire pour partir de la pension bourgeoise, quand vers midi le bruit d'un équipage qui s'arrêtait précisément à la porte de la Maison-Vauquer retentit dans la rue Neuve-Sainte-Geneviève. Madame de Nucingen descendit de sa voiture, demanda si son père était encore à la pension. Sur la réponse affirmative de Sylvie, elle monta lestement l'escalier. Eugène se trouvait chez lui sans que son voisin le sût. Il avait, en déjeunant, prié le père Goriot d'emporter ses effets, en lui disant qu'ils se retrouveraient à quatre heures rue d'Artois. Mais, pendant que le bonhomme avait été chercher des porteurs, Eugène, ayant promptement répondu à l'appel de l'école, était revenu sans que personne l'eût aperçu, pour compter avec madame Vauquer, ne voulant pas laisser cette charge à Goriot, qui, dans son fanatisme, aurait sans doute payé pour lui. L'hôtesse était sortie, Eugène remonta chez lui pour voir s'il n'y oubliait rien, et s'applaudit d'avoir eu cette pensée en voyant dans le tiroir de sa table l'acceptation en blanc, souscrite à Vautrin, qu'il avait insouciamment jetée là le jour où il l'avait acquittée. N'ayant pas de feu, il allait la déchirer en petits morceaux quand, en reconnaissant la voix de Delphine, il ne voulut faire aucun bruit, et s'arrêta pour l'entendre, en pensant qu'elle ne devait avoir aucun secret pour lui. Puis, dès les premiers mots, il trouva la conversation entre le père et la fille trop intéressante pour ne pas l'écouter.

- Ah ! mon père, dit-elle, plaise au ciel que vous ayez eu l'idée de demander compte de ma fortune assez à temps pour que je ne sois pas ruinée ! Puis-je-parler ?

- Oui, la maison est vide, dit le père Goriot d'une voix altérée.

- Qu'avez-vous donc, mon père ? reprit madame de Nucingen.

- Tu viens, répondit le vieillard, de me donner un coup de hache sur la tête. Dieu te pardonne, mon enfant ! Tu ne sais pas combien je t'aime si tu l'avais su, tu ne m'aurais pas dit brusquement de semblables choses, surtout si rien n'est désespéré. Qu'est-il donc arrivé de si pressant pour que tu sois venue me chercher ici quand dans quelques instants nous allions être rue d'Artois ?

- Eh ! mon père, est-on maître de son premier mouvement dans une catastrophe ? je suis folle ! Votre avoué nous a fait découvrir un peu plus tôt le malheur qui sans doute éclatera plus tard. Votre vieille expérience commerciale va nous devenir nécessaire et je suis accourue vous chercher comme on s'accroche à une branche quand on se noie. Lorsque monsieur Derville a vu Nucingen lui opposer mille chicanes, il l'a menacé d'un procès en lui disant que l'autorisation du président du tribunal serait promptement obtenue. Nucingen est venu ce matin chez moi pour me demander si je voulais sa ruine et la mienne. Je lui ai répondu que je ne me connaissais à rien de tout cela, que j'avais une fortune, que je devais être en possession de ma fortune, et que tout ce qui avait rapport à ce démêlé regardait mon avoué, que j'étais de la dernière ignorance et dans l'impossibilité de rien entendre à ce sujet. N'était-ce pas ce que vous m'aviez recommandé de dire ?

- Bien, répondit le père Goriot.

- Eh bien ! reprit Delphine, il m'a mise au fait de ses affaires. Il a jeté tous ses capitaux et les miens dans des entreprises à peine commencées, et pour lesquelles il a fallu mettre de grandes sommes en dehors. Si je le forçais a me représenter ma dot, il serait obligé de déposer son bilan ; tandis que, si je veux attendre un an, il s'engage sur l'honneur à me rendre une fortune double ou triple de la mienne en plaçant mes capitaux dans des opérations territoriales à la fin desquelles je serai maîtresse de tous les biens. Mon cher père, il était sincère, il m'a effrayée. Il m'a demandé pardon de sa conduite, il m'a rendu ma liberté, m'a permis de me conduire à ma guise, à la condition de le laisser entièrement maître de gérer les affaires sous mon nom. Il m'a promis, pour me prouver sa bonne foi, d'appeler monsieur Derville toutes les fois que je le voudrais pour juger si les actes en vertu desquels il m'instituerait propriétaire seraient convenablement rédigés. Enfin il s'est remis entre mes mains pieds et poings liés. Il demande encore pendant deux ans la conduite de la maison, et m'a suppliée de ne rien dépenser pour moi de plus qu'il ne m'accorde. Il m'a prouvé que tout ce qu'il pouvait faire était de conserver les apparences, qu'il avait renvoyé sa danseuse, et qu'il allait être contraint à la plus stricte mais à la plus sourde économie, afin d'atteindre au terme de ses spéculations sans altérer son crédit. Je l'ai malmené, j'ai tout mis en doute afin de le pousser à bout et d'en apprendre davantage : il m'a montré ses livres, enfin il a pleuré. Je n'ai jamais vu d'homme en pareil état. Il avait perdu la tête, il parlait de se tuer, il délirait. Il m'a fait pitié.

- Et tu crois à ces sornettes, s'écria le père Goriot. C'est un comédien ! J'ai rencontré des Allemands en affaires : ces gens-là sont presque tous de bonne foi, pleins de candeur ; mais, quand, sous leur air de franchise et de bonhomie, ils se mettent à être malins et charlatans, ils le sont alors plus que les autres. Ton mari t'abuse. Il se sent serré de près, il fait le mort, il veut rester plus maître sous ton nom qu'il ne l'est sous le sien. Il va profiter de cette circonstance pour se mettre à l'abri des chances de son commerce. Il est aussi fin que perfide ; c'est un mauvais gars. Non, non, je ne m'en irai pas au Père-Lachaise en laissant mes filles dénuées de tout. Je me connais encore un peu aux affaires. Il a, dit-il, engagé ses fonds dans les entreprises, eh bien ! ses intérêts sont représentés par des valeurs, par des reconnaissances, par des traités ! qu'il les montre, et liquide avec toi. Nous choisirons les meilleures spéculations, nous en courrons les chances, et nous aurons les titres recognitifs en notre nom de Delphine Goriot, épouse séparée quant aux biens du baron de Nucingen. Mais nous prend-il pour des imbéciles, celui-là ? Croit-il que je puisse supporter pendant deux jours l'idée de te laisser sans fortune, sans pain ? Je ne la supporterais pas un jour, pas une nuit, pas deux heures ! Si cette idée était vraie, je n'y survivrais pas. Eh quoi ! j'aurai travaillé pendant quarante ans de ma vie, j'aurai porté des sacs sur mon dos, j'aurai sué des averses, je me serai privé pendant toute ma vie pour vous, mes anges, qui me rendiez tout travail, tout fardeau léger ; et aujourd'hui ma fortune, ma vie s'en iraient en fumée ! Ceci me ferait mourir enragé. Par tout ce qu'il y a de plus sacré sur terre et au ciel, nous allons tirer ça au clair, vérifier les livres, la caisse, les entreprises ! je ne dors pas, je ne me couche pas, je ne mange pas, qu'il ne me soit prouvé que ta fortune est là tout entière. Dieu merci, tu es séparée de biens ; tu auras maître Derville pour avoué, un honnête homme heureusement. Jour de Dieu ! tu garderas ton bon petit million, tes cinquante mille livres de rente, jusqu'à la fin de tes jours, ou je fais un tapage dans Paris, ah ! ah ! Mais je m'adresserais aux chambres si les tribunaux nous victimaient. Te savoir tranquille et heureuse du côté de l'argent, mais cette pensée allégeait tous mes maux et calmait mes chagrins. L'argent, c'est la vie. Monnaie fait tout. Que nous chante-t-il donc, cette grosse souche d'Alsacien ? Delphine, ne fais pas une concession d'un quart de liard à cette grosse bête, qui t'a mise à la chaîne et t'a rendue malheureuse. S'il a besoin de toi, nous le tricoterons ferme, et nous le ferons marcher droit. Mon Dieu, j'ai la tête en feu, j'ai dans le crâne quelque chose qui me brûle. Ma Delphine sur la paille ! Oh ! ma Fifine, toi ! Sapristi, où sont mes gants ? Allons ! partons, je veux aller tout voir, les livres, les affaires, la caisse, la correspondance, à l'instant. Je ne serai calme que quand il me sera prouvé que ta fortune ne court plus de risques, et que je la verrai de mes yeux.

- Mon cher père ! allez-y prudemment. Si vous mettiez la moindre velléité de vengeance en cette affaire, et si vous montriez des intentions trop hostiles, je serais perdue. Il vous connaît, il a trouvé tout naturel que, sous votre inspiration, je m'inquiétasse de ma fortune ; mais, je vous le jure, il la tient en ses mains, et a voulu la tenir. Il est homme à s'enfuir avec tous les capitaux, et à nous laisser là, le scélérat ! Il sait bien que je ne déshonorerai pas moi-même le nom que je porte en le poursuivant. Il est à la fois fort et faible. J'ai bien tout examiné. Si nous le poussons à bout, je suis ruinée.

- Mais c'est donc un fripon ?

- Eh bien ! oui, mon père, dit-elle en se jetant sur une chaise en pleurant. Je ne voulais pas vous l'avouer pour vous épargner le chagrin de m'avoir mariée à un homme de cette espèce-là ! Mœurs secrètes et conscience, l'âme et le corps, tout en lui s'accorde ! c'est effroyable : je le hais et le méprise. Oui, je ne puis plus estimer ce vil Nucingen après tout ce qu'il m'a dit. Un homme capable de se jeter dans les combinaisons commerciales dont il m'a parlé n'a pas la moindre délicatesse, et mes craintes viennent de ce que j'ai lu parfaitement dans son âme. Il m'a nettement proposé, lui, mon mari, la liberté, vous savez ce que cela signifie ? si je voulais être, en cas de malheur, un instrument entre ses mains, enfin si je voulais lui servir de prête-nom.

- Mais les lois sont là ! Mais il y a une place de Grève pour les gendres de cette espèce-là, s'écria le père Goriot ; mais je le guillotinerais moi-même s'il n'y avait pas de bourreau.

- Non, mon père, il n'y a pas de lois contre lui. Ecoutez en deux mots son langage, dégagé des circonlocutions dont il l'enveloppait : " Ou tout est perdu, vous n'avez pas un liard, vous êtes ruinée ; car je ne saurais choisir pour complice une autre personne que vous ; ou vous me laisserez conduire à bien mes entreprises. " Est-ce clair ? Il tient encore à moi. Ma probité de femme le rassure ; il sait que je lui laisserai sa fortune, et me contenterai de la mienne. C'est une association improbe et voleuse à laquelle je dois consentir sous peine d'être ruinée. Il m'achète ma conscience et la paye en me laissant être à mon aise la femme d'Eugène. " Je te permets de commettre des fautes, laisse-moi faire des crimes en ruinant de pauvres gens ! " Ce langage est-il encore assez clair ? Savez-vous ce qu'il nomme faire des opérations ? Il achète des terrains nus sous son nom, puis il y fait bâtir des maisons par des hommes de paille. Ces hommes concluent les marchés pour les bâtisses avec tous les entrepreneurs, qu'ils payent en effets à longs termes, et consentent, moyennant une légère somme, à donner quittance à mon mari, qui est alors possesseur des maisons, tandis que ces hommes s'acquittent avec les entrepreneurs dupés en faisant faillite. Le nom de la maison Nucingen a servi à éblouir les pauvres constructeurs. J'ai compris cela. J'ai compris aussi que, pour prouver, en cas de besoin, le paiement de sommes énormes, Nucingen a envoyé des valeurs considérables à Amsterdam, à Londres, à Naples, à Vienne. Comment les saisirions-nous ?

 

爺さんの死

正午ごろ、ちょうどパンテオン区域に郵便配達が来る時間だったが、ウージェーヌは優美に包装され、ボーセアンの紋で封をされた手紙を受け取った。手紙の中にはニュシンゲン夫妻に宛てた大舞踏会への招待状が入っていた。舞踏会は一ヶ月前から告知されていて、子爵夫人の邸で開かれることになっていた。この招待状にウージェーヌ宛の便りが添えられていた。
〈私は貴方が私の気持ちをニュシンゲン夫人に伝える仲立ちを喜んで引き受けて下さるものと考えました。私は貴方から頼まれていた招待状をお送りします。これが縁でレストー夫人のご姉妹と知り合えたら私も嬉しく思います。ですから、その可愛らしい方をきっと私に紹介して下さいね。そして彼女が貴方の愛を独り占めするようなことのないようにして下さいね。何故って、私が貴方に注いだ愛のお返しに、貴方も私にいっぱいの愛を下さらないとね。

ボーセアン子爵夫人》

「しかし」ウージェーヌはこの手紙を読み返しながら考えていた。「ボーセアン夫人は僕に向かってとてもはっきりと言ったものだ。彼女はニュシンゲン男爵は好まないと」
彼は直ぐにデルフィーヌのところへ行った。彼女に良い報せをもたらせられることが嬉しく、彼は間違いなくこれで自分の価値を高められるはずだと思った。ニュシンゲン夫人は入浴中だった。ラスチニャックは閨房で待った。彼は愛に燃える若者にとってごく自然な辛抱し切れない気持ちに駆り立てられ、一刻も早く愛人をこの腕の中に抱き締めたい気持ちでいっぱいだった。彼女こそは、この二ヶ月来、彼の欲望の対象だった。総ては若者だけに許された人生で二度と味わえない感動だった。初めての女、現実にそこにいる女、その女を男として愛する幸せ、パリの女がそうありたいと憧れるように、その女は彼に寄り添って美しく輝くことだろう、最早その女以外の誰かを愛することは彼には考えられなかった。パリにおける愛は、他所の愛とは全然違うものだ。男も女も、月並みな言葉で飾られた外観には騙されないで、誰もがいわゆる無私の愛の上に礼儀正しさを並べることになるのだった。この愛の国では女というものは単に心と感情を満足させればよいというのではなく、彼女達が完全に意識しているのは、人生を作り上げている幾千もの虚栄を満足させるという最大の責務を彼女達が負っているということである。そこでは愛は何よりも必然的に自慢の種になり、図々しく浪費癖があり、いかさまじみていて、贅沢でもあるのだ。もしルイ十四世の宮廷の総ての女性が、ラ・ヴァリエール嬢[95]のことを羨んだとしても、あの偉大な王をして、彼が息子のド・ヴェルマンドワ公爵の生誕を助けるためには自分のカフスが何千エキュにも値することを忘れて引き裂かしめたというあの情熱、それを引き込む力がヴァリエール嬢にはあったが、彼女以上の魅惑の人間を他に求めることが果たして出来ただろうか? 若くて金持ちで貴族であっても、貴方が更にもっと恵まれた状況であっても、貴方が偶像の前で焚く香の種を運んでくるだけ、偶像は一層貴方にとって好都合なものになるだろう、ただし貴方の偶像は一つに限られる。愛とは一種の宗教である。そこでの崇拝は他の総ての宗教よりも高くつくべきものである。彼の崇拝は早く過ぎ去る。少年時代は過ぎ去り、この少年は通り過ぎた跡をひどい荒廃の中に残すことを熱望するものなのである。感情のきらめきと屋根裏部屋の詩。こうした豊かさなくして愛は一体どうなるのだろうか? もしパリジャンの規範の過酷な法則に例外があるとすれば、少しも社会の原理に引きずられることがない魂、あるいは今にも尽きそうでいて絶えることのない澄み切った泉の傍らに息づいている魂の中に、そうした人物は孤独に耐えて存在している。このような魂は緑の木陰を離れることなく、森羅万象について、あるいは自身の内面について書かれたものの中に無限という言葉を聞くと幸せになり、俗世的な翼を哀れみながら、自身に相応しい翼を得る日を辛抱強く待っているのである。しかしラスチニャックは大部分の若者と同じように前もって豪奢さの味を知ってしまったので、社交界という闘技場へ完全武装して出場したいと思っていた。彼はそこでの熱狂に溶け込めた。彼は恐らく自分の中に社交界を支配する力があるのだろうと感じた。その方法も野望の目的も未だ分かってはいなかった。人生を満ち足りたものにする純粋で神聖な愛の代わりに、権力への渇望はもう一つの美しい目標たり得るものだ。それには個人的利益をことごとく収奪し、その上で国家の重要人物として自身を派手に売り込めば十分である。しかしこの学生は人が人生の流れを熟視し、それを判断出来る位置には未だ達していなかった。その頃の彼は、田舎で子供が幼い日に育てた木の葉のような清新で甘美な魅力を完全に振り払ったとはいえない状態にあった。彼は絶えずパリジャンとしてルビコン河[96]を越えようかどうしようかと迷っていた。彼には熱心な好奇心があったが、自分がお城に住むという野心は常に心の奥に抱いていた。しかしながら、彼の最後のためらいは前日に消えていた。その時、彼は自分のアパルトマンで自分の姿を見てみたのだった。彼は家柄から長年にわたって道徳的に優れた資質をはぐくんできたが、物質的富を享受するに際して、彼は故郷の人々の皮を剥いできた。そして彼はいかにも優雅な住居を得ることが出来た。そこからは輝かしい未来が見渡せるのだった。それゆえ、デルフィーヌを待ちながら、静かに今や幾らか我が物とさえ思える綺麗な閨房の中に坐っていると、彼には一年前にパリに出てきたばかりのラスチニャックがとても遠いもののように思えた。彼は道徳的観点でかつての自分をじっと見ていて自問するのだった。あの頃の自分は今この瞬間の彼自身に似たところはあるのだろうかと。
「奥様は寝室にいらっしゃいます」彼のところにテレーズか来て言った。彼は身震いした。
デルフィーヌは暖炉の傍のソファに横たわっていた。瑞々しくて、くつろいでいた。このように波打つモスリンの上に横たわっている彼女を見ると、彼は彼女のことを果実が開いて花になるあの美しいインドの植物に比べずにはおられなかった。
「あー! やっと! 私達はここに来られたのね」彼女は感動して言った。
「貴女に報せたいことがあるんだ、当ててごらん」ウージェーヌは彼女の横に座って、彼女の手にキスするために腕を取った。
ニュシンゲン夫人は招待状だと察して嬉しそうな身振りをした。彼女はウージェーヌに濡れた瞳を向け、腕を拡げて彼の首に飛びついた。虚栄心を満たされた彼女は有頂天になっていた。
「やっぱり貴方だわ」と叫んだ彼女は、「さすがに貴方ね、だけどテレーズがあたしの化粧室にいるのよ、ちょっと気をつけましょうね!」と彼の耳許で囁いた。それから大声で続けた。「貴方のお陰であたしのこの幸運があるのね? そう、あたしはこれを幸運と呼びたいわ。貴方によって勝ち取られた、これは自尊心の勝利以上のものじゃないかしら? 誰もあたしが社交界に現れるなんて思ってなかったでしょうね。貴方は多分たった今、あたしが唯のパリ女で小いちゃくて、下らない軽い女だと分かったでしょう。だけど、ねえ、考えてみて、あたしは貴方に従って行くためには何だってやるつもりだし、それに、あたしが今までなかったほどフォーブール・サンジェルマンに行きたくてたまらなくなったのは、貴方がそこの人だからよ」
「貴女は考えないのかい」ウージェーヌが言った。「ボーセアン夫人が我々に、彼女は舞踏会でニュシンゲン男爵に会う積りはないと言ってるように見えるんだが?」
「勿論そう思うわ」男爵夫人は彼に手紙を返しながら言った。「ああいう女性は無作法さにかけては天才的だわ。だけど、大したことない。あたしは行くわ。姉は当然そこにいるわね? あたし彼女がとても魅力的に化粧するのを知ってる。ウージェーヌ」彼女は声を落として続けた。「彼女はそこにひどい疑惑を晴らしに行くのよ。貴方は彼女について流されている噂を聞いてない? 今朝ニュシンゲンがあたしのところへ来て言ったんだけど、仲間内で昨日、皆がそのことであけすけに話してたんですって。それがまあ、どうでしょう! 妻と家族の名誉がかかってて! あたしは自分が姉のことで責められて傷つけられているような気がしたわ。確かな人の話では、ド・トライユ氏は総額一〇万フランの為替手形に裏書したそうよ。そのほとんどが期日も迫っていて、彼はこの件で訴えられそうなんですって。この瀬戸際になって、姉はダイヤモンドを例のユダヤ人に売ったらしいの、その美しいダイヤモンドというのが、貴方が彼女に会った時見たもので、ド・レストーの母上から譲られたものなのよ。つまり、この二日間というもの、皆はこの問題で持ちきりなのよ。あたしはまたアナスタジーがドレスに金銀の刺繍をさせて、ボーセアン夫人の舞踏会では皆の目をひきつけたいと思ってることも知ってるの。あそこで彼女の精一杯の輝きをそのダイヤモンドと共に見せびらかしたいということもね。でも、あたしは彼女には負けない積りよ。彼女はいつもあたしに打ち勝とうと一生懸命だったわ。あたしに対して良くしてくれたことなど一度もなかった。あたしの方は彼女にはずいぶん尽くしたわ。彼女にお金がない時はいつもあたしがお金を用立ててあげたの。だけど、人のことは放っておきましょう。今日はあたしはただ幸せになりたいだけ」
ラスチニャックは午前一時になってもニュシンゲン夫人の家にいた。彼女は恋人にさよならの挨拶を惜しげもなく言わせた。それはあのまた来る喜びでいっぱいのさよならであって、ある種の憂愁を込めて彼女に言われたのだった。「あたしはとても臆病だし迷信を信じるたちなの。だからあたしの幸運は何か途轍もない破滅によって報いを受けるのではないかというあたしの予感に名前をつけて下さらないかしら」
「子供だね」ウージェーヌが言った。
「あー! 今夜のあたし、何と子供っぽいのかしら」彼女は笑いながら言った。
ウージェーヌは翌日にはそこを離れるという確信を抱いて、メゾン・ヴォーケに戻ってきた。道中で彼は若者が幸運の味を唇の上にのせた時、彼等が皆見る甘美な夢に身を任せていた。
「おや?」ラスチニャックが戸口の前を通り過ぎようとした時、ゴリオ爺さんが言った。
「分かってますよ!」ウージェーヌが答えた。「明日、何もかも話します」
「総て、ですね?」爺さんが叫んだ。「おやすみなさい。我々は明日、我々の幸福な人生を始めるんだ」
翌朝、ゴリオとラスチニャックはこの素人下宿を去るべく、使いの者が良い報せを持ってくることだけを待っていた。その時、正午頃だったが、メゾン・ヴォーケの戸口の前で停まった馬車の音が、ネーヴ・サント・ジュヌヴィエーヴ通に響き渡った。ニュシンゲン夫人が馬車から降りてきて、彼女の父がまだ下宿にいるかどうかを尋ねた。シルヴィから確認を取った彼女はゆっくりと階段を上がっていった。ウージェーヌが自分の部屋にいることを、その時、隣人は知らずにいた。彼は朝食の時にゴリオ爺さんに彼の衣類などを新居に持って行ってくれるように頼んでいて、その際、四時にはダルトワ通でまた会おうと話していた。しかし、爺さんが運搬人の手配をしていた間に、ウージェーヌは学校からの呼び出しに直ぐさま行くと応じていたが、誰も気付かないうちにまた戻っていた。彼はヴォーケ夫人との決済をする積りだった。それはゴリオに清算を任せておいたら、爺さんのあの狂信的性格でもって間違いなく彼の分まで下宿代を払ってしまうだろうと考えたからだった。が、女家主は外出していた。ウージェーヌは何か忘れ物がないか確かめるため自分の部屋に戻った。そして引き出しの中に彼の署名以外は空白の白地手形があるのを見つけた時には、よくぞ確認したものだと思ったものだった。それはヴォートラン宛の白地手形だったが、彼が借金を返したその日に無造作にそこへ放り込んでいたのだった。火がなかったので、彼はそれを細かく破り捨てようと思ったが、その時、デルフィーヌの声がしたので、彼は音を立てないようにして、じっとして彼女の声を聞こうとした。彼女は彼に対してはどんな秘密もないはずだと彼は考えていた。その時、最初の言葉から、彼は父と娘の間で交わされた会話に恐ろしく引き込まれて聞き入ってしまった。
「ああ! お父様」彼女が言った。「貴方が私の財産について、私に破産なんてさせないように、もっと早くから訊ねてくれる気があればよかったのに! ここで今、話せるかしら?」
「うん、ここには誰もいない」ゴリオ爺さんが上ずった声で答えた。
「それじゃ、何か売れるもの持ってないかしら、お父さん?」ニュシンゲン夫人が尋ねた。
「お前は」と老人が答えた。「私の首を斧ではねにやってきたんだね。神様はお前を許して下さるだろう、我が子よ! お前には私がどんなにお前を愛しているのかが分からないんだ。もしお前がそれを知っていたら、お前がそんなことを簡単に言うはずがない。特に絶望的なことなんてないのに。よりによって私達が揃ってアルトワ通へ行こうって時にだよ、お前がここへ私を訪ねてくるような、そんな緊急の用事って一体何だね?」
「まあ! お父さん、破滅に瀕してまずどう動いたらよいのか、誰だって分からないんじゃない? あたしは馬鹿よ! 貴方の代訴人は私達の破綻を少し早く見つけ過ぎたんだけど、それは間違いなくやがて明らかになるわ。貴方の商人らしい長年の経験が私達に必要になってきたの。だからあたしは溺れそうになった人が一本の木の枝にしがみつくように、貴方を頼ってここへ駆けつけてきたの。デルヴィーユ氏がニュシンゲンに会った時、彼はニュシンゲンにいっぱい三百代言を並べ立てて、手続きの大変さで彼を脅した末に、裁判長の許可は直ぐに取ってあげるとか何とか彼に言ったのよ。ニュシンゲンは今朝あたしのところへ来て、あたしに訊くのよ、あたしが彼や私自身の破産を望むのかって。あたしは答えてやったわ。あたしはこの手のことは何も分かりません、あたしにはあたしの財産があります、あたしがこれから所有しようとしている財産もあります、そしてこうしたことは全部今回の揉め事に関係しているとあたしの代訴人は見ています、そしてあたしは誰よりも無知で、この案件について聞いたところで何も出来ないんですってね。こういう言い方は貴方があたしに教えたんじゃなかった?」
「そうだよ」ゴリオ爺さんが答えた。
「ほーらね!」デルフィーヌが言った。「彼はあたしを自分の領分に巻き込んでるのよ。彼は自分の資本とあたしのをまだほとんど稼動していない事業に注ぎ込んだの、そしてそれ以外にまだ大きな額が必要になったのよ。もしあたしが彼にあたしの持参金をまた提示するように強要したら、彼は破産申し立てをせざるを得なくなるわ。一方で、もしあたしが一年待つことに同意するなら、彼は名誉にかけて、私に私の資本を二倍も三倍にもして返してくれると誓っているの。そして私の資本を最後には私が総ての財産を思い通りに動かせるような領域で運用すると言うのよ。ねえ、彼は誠実だった。彼は私を尻込みさせたくらいよ。彼は自分の行動について私に謝ったわ。彼は私に自由を返した。彼は私が思うままに行動すること、彼をそのまま責任者として置いておきながら、事業は私の名義で運営することも認めた。彼は私に約束した。私に彼の誠意を証明するため、その都度デルヴィーユ氏を立ち会わせることをね。それというのは彼があたしを所有者に設定している善意の証書が適切に作成されているかどうかをあたしが判断しようと思うと、デルヴィーユ氏に見てもらいたいと思うでしょ。要するに彼は手も足も出ない状態であたしの手の内にあるのよ。彼はまだ二年間、会社の経営を任せて欲しいと言ってる。そして、彼の同意なしにあたし自身のための出費を絶対にしないで欲しいと懇願してるの。彼はあたしに証明したわ、彼が外観をそのまま保持できたものの総て、彼が彼の踊り子に贈ったもの、そして彼が何よりも厳しく対処しなければならない、それでいて中味のはっきりしない経済、それは彼の信用を損なわないようにしながら、投機を手仕舞うこと。あたしは彼をじゃけんに扱ってきたわ。あたしは彼を疑って追い詰めて、利益を聞き出そうとしたわ。彼はあたしに帳簿を見せてくれたわ、しまいには彼は泣き出したの。あたしはこれまで、男の人があんなになるのを見たことないわ。彼は我を忘れてしまって、自殺すると言い出したの。彼は精神錯乱になってたわ。あたしは彼のことを哀れに感じたわ」
「それでお前はやつの無駄話を全部信じたというわけだ」ゴリオ爺さんが叫んだ。「やつは偽善者だ! 私は仕事で何人もドイツ人に出会っている。奴等は大体誠実で、とても率直だ。だが、奴等の率直で気立ての良い見かけの陰で、いったん抜け目のないペテン師的一面が出てくると、もう奴等のひどさは人一倍だ。お前の婿さんはお前を濫用してる。彼は追い詰められた気持ちでいるんだろう。彼は死んだふりをしてるんだ。彼は自分の名義では何も出来ないんで、むしろお前の名義で実権を握り続けたいのだ。彼はこの境遇を利用して、彼の商売の確率をより強固なものにしようと思ってるんだろう。彼は不実というよりもむしろ鋭敏だというべきだろう。抜け目のないやつなんだ。いや、いや、私は娘達がまだどこを突いてみても満足のゆく状態でないのを放っておいて、ペールラシェーズ墓地に消え去ってしまうわけにはいかんよ。私はまだ商売の知識を持っている。やつはやつの資金を幾つかの企業に投入したと言っている。そこでだ! 彼の儲けというのは有価証券、借用証書、個人協定の形をとっているんだ! そして彼はお前に夫婦共有財産を見せた上で、財産に関してのそれぞれの権利を決定したというわけだ。私達はもっと良い投機を選ぼうじゃないか、私達は幸運をつかむんだ、そして私達は権利書の名義を我々のデルフィーヌ・ゴリオにして保有するんだ。ニュシンゲン男爵同意による夫婦別居だ。だが彼の方は我々が冗談を言ってると思うかな、あいつは? 彼は私が二日間でもお前を財産もパンもなしで放っておくなんてこと考えてるんだろうか? 私はたとえ一日でも、一晩でも、一時間だってそんな考えを持つことは出来ない! 本当にそんなこと考えてるんだったら、私はそんなものには従わない。全く! 何という! 私は五十年という私の人生でずっと働いてきた。私は肩に粉袋を担いできた、にわか雨にあって苦労もした、私は生涯ずっと、お前のためには、切り詰めた生活をする積りだ。だけどなあ、誰が私にあの仕事をまたやらせてくれる? 荷物を軽くしてくれる? そして今では、私の財産も命さえも煙のように消えてしまった! これでは私は怒りの余り死んでしまう。天にまします聖なる神により、私達は総てをはっきりと照らし出して、帳簿を、金庫を、そして関連企業を精査しようじゃないか! 私は眠らない、ベッドに入らない、食べることもしない、彼がお前の財産はそっくり全部ここにあるということを証明してくれるまではな。幸いにも、お前は財産を分離した。お前はデルヴィユ先生を代訴人にするといいだろう。幸い彼は正直な男だ。何としても! お前は大事な可愛い百万フラン、お前の五万リーヴルの年金をお前の生涯の最後の日まで守り抜くんだぞ、さもないと私はパリに大騒ぎを起こしてやる。あー! あー! しかし私は裁判所に掛け合ってみるぞ、裁判所と言うところは私達を犠牲にするところなのかってな。お前も知ってる通り、お金の傍にいれば、心静かで幸福にしていられる。もちろん、この考えは私の災難を軽くしてくれるし、私の悲しみを静めてくれる。お金、それは人生そのものだ。金があれば何でも出来る。彼は私達に向かって一体何を歌ってくれるんだ、あのアルザスの太った切り株野郎は? デルフィーヌ、あのデブの野郎にはびた一文でも負けてやるな。やつはお前を鎖で縛って不幸にするだけだ。もしお前が必要なら、私達はやつとしっかり戦おう、そしてやつに真っ直ぐに歩かせようじゃないか。うわあ! 私の頭は炎上してしまった。私の頭の中のものが私に火をつける。私のデルフィーヌが貧苦にあえぐなんて! おー!私のフィフィーヌ! お前! 何てこった! 私の手袋は何処だ? さあ! 出掛けよう、私は全部調べに行くぞ、台帳、業務内容、金庫、手紙、直ぐにだ。彼がお前の財産が危険に晒されていないことを証明し、私がこの目でそれを見極めない限り、私は黙っちゃいないぞ」
「お父さん! 品良くお願いするわ。もし貴方が少しでもこのことに関して復讐したいような気持ちを持っていて、そしてもし貴方が強い敵意による意図でも見せるようなことでもあれば、私はもう途方にくれてしまいます。彼は貴方のことをよく知っています。彼は全く当然のことですが、貴方のアドヴァイスで、私が自分の財産について問い合わせたことに気がついています。彼は私の財産を手でつかんでいます。そして持ち続ける積りでいます。彼は資本金を全部持って逃げるタイプの男です。そして私達を放っちらかしてゆくんです、悪党よ! 彼は私が彼を訴えて、自分の名を汚してしまうようなことはしないのを良く心得ているんです。彼は同時に強くもあり弱くもあるんです。私は総てを良く調べました。もし私達が彼を追い詰めたら、私自身が破綻してしまいます」
「だが、やつのやってることは一種のペテンだろ?」
「まあそうね! そうよ、お父さん」彼女はそう言って椅子の上に身を投げ出すようにして涙ぐんだ。「私はそのことを認めたくなかったの。何故なら、あんな性質の男と私を結婚させたことで、貴方を悲しませたくなかったのよ! 内に秘められた習性と明確に意識的な行為、心と身体、総てが彼の中では調和しているの! それは恐ろしいことだわ。私は彼を憎み軽蔑する。そうよ、彼が私に言ったあの後では、この下劣なニュシンゲンをもう尊敬するなんて出来ないわ。彼が私に話してくれた商売の統合に向かって身を投じるのは分かるけど、その男にはこれっぽっちの繊細さもなくて、今の私の心配は彼の魂の中を私が完全に読み切ったことから来てるの。彼は私にはっきりと提案したわ、彼――私の夫――には自由裁量を渡せと、貴方にはこれが何を意味するかお分かり? 苦しい時には私を自由に利用させてくれないかと言うのよ、要するに私に名義人として彼の役に立ってくれないかって言うのよ」
「しかし法律はそういうことのためにあるんだろう! まさに、その手の婿さん共を処刑するためにグレーブ広場[97]があるんだ。だが、処刑人がいないんだったら、私自身がやつを処刑せにゃならん」
「いいえお父さん、彼を処罰する法律はないわ。一言でも彼の言い回しを聞いてみて。遠回しな言い方はしないで、彼は言い立てるのよ。『それじゃ、総て失われて、貴女は一文無しだ。貴女は破産だ。というのは、私は共犯者として貴女以外の誰も選ぶことが出来ないからだ。それが嫌なら、貴女は私の事業の運営を私に任せて欲しい』とてもはっきりしてない? 彼はまだ私に執着してるのよ。私の妻としての誠意を彼に再確認させたわ。彼は私が彼に彼の財産を残していることを知り、私には私の財産については満足させてくれたの。これはある意味で不誠実、悪徳商人の結託でね、私は破産するのを避けるために同意しなければならないのよ。彼は私から私の良心を買ったの、そしてその代償として、私に好きなようにウージェーヌの女として過ごすことを許してくれてるのよ。『わたしはお前が間違いを犯すのを許している。だから私が可哀想な人達を破綻させる罪を犯すのを放っておいてくれ!』この言い方、とても明解だと思わない? 彼が事業をすると言ってることが一体何か、あなた知ってる? 彼は何もない更地を彼の名義で買うの。それから、そこにダミーを使って家を建てるわけ。ダミーは馬鹿でかい建物にかかわる建築業者との一切の取引を完了させ、ダミーは実際に期間の長い手形で支払うの。一方で夫はうんと安い金額を支払ってダミーからこの建物を買い取ってしまうの。それからダミーは故意に破綻することによって手形を不渡りにして、騙された建築業者への支払いは踏み倒してしまうわけ。ニュシンゲン商会という名前は可哀想な建築業者の目をくらますために役立ってきたわ。私はこの騙しの手口はよく理解してるのよ。ニュシンゲンが必要に応じて巨額の支払いを証明するために、相当な金額の有価証券をアムステルダムやロンドンやナポリやヴェニスに送っていたのも知っています。彼が編み出す複雑な資金の流れを追いきれる人が果たしているかしら?」

Eugène entendit le son lourd des genoux du père Goriot, qui tomba sans doute sur le carreau de sa chambre.

- Mon Dieu, que t'ai-je fait ? Ma fille livrée à ce misérable, il exigera tout d'elle s'il le veut. Pardon, ma fille ! cria le vieillard.

- Oui, si je suis dans un abîme, il y a peut-être de votre faute, dit Delphine. Nous avons si peu de raison quand nous nous marions ! Connaissons-nous le monde, les affaires, les hommes, les mœurs ? Les pères devraient penser pour nous. Cher père, je ne vous reproche rien, pardonnez-moi ce mot. En ceci la faute est toute à moi. Non, ne pleurez point, papa, dit-elle en baisant le front de son père.

- Ne pleure pas non plus, ma petite Delphine. Donne tes yeux, que je les essuie en les baisant. Va ! je vais retrouver ma caboche, et débrouiller l'écheveau d'affaires que ton mari a mêlé.

- Non, laisse-moi faire ; je saurai le manœuvrer. Il m'aime, eh bien, je me servirai de mon empire sur lui pour l'amener à me placer promptement quelques capitaux en propriétés. Peut-être lui ferai-je racheter sous mon nom Nucingen, en Alsace, il y tient. Seulement venez demain pour examiner ses livres, ses affaires. Monsieur Derville ne sait rien de ce qui est commercial. Non, ne venez pas demain. Je ne veux pas me tourner le sang. Le bal de madame de Beauséant a lieu après-demain, je veux me soigner pour y être belle, reposée, et faire honneur à mon cher Eugène ! Allons donc voir sa chambre.

En ce moment une voiture s'arrêta dans la rue Neuve-Sainte-Geneviève, et l'on entendit dans l'escalier la voix de madame de Restaud, qui disait à Sylvie :- Mon père y est-il ? Cette circonstance sauva heureusement Eugène, qui méditait déjà de se jeter sur son lit et de feindre d'y dormir.

- Ah ! mon père, vous a-t-on parlé d'Anastasie ? dit Delphine en reconnaissant la voix de sa sœur. Il paraîtrait qu'il arrive aussi de singulières choses dans son ménage.

- Quoi donc ! dit le père Goriot : ce serait donc ma fin. Ma pauvre tête ne tiendra pas à un double malheur.

- Bonjour, mon père, dit la comtesse en entrant. Ah ! te voilà, Delphine.

Madame de Restaud parut embarrassée de rencontrer sa sœur.

- Bonjour, Nasie, dit la baronne. Trouves-tu donc ma présence extraordinaire ? Je vois mon père tous les jours, moi.

- Depuis quand ?

- Si tu y venais, tu le saurais.

- Ne me taquine pas, Delphine, dit la comtesse d'une voix lamentable. Je suis bien malheureuse, je suis perdue, mon pauvre père ! oh ! bien perdue cette fois !

- Qu'as-tu, Nasie ? cria le père Goriot. Dis-nous tout, mon enfant. Elle pâlit. Delphine, allons, secours-la donc, sois bonne pour elle, je t'aimerai encore mieux, si je peux, toi !

- Ma pauvre Nasie, dit madame de Nucingen en asseyant sa sœur, parle. Tu vois en nous les deux seules personnes qui t'aimeront toujours assez pour te pardonner tout. Vois-tu, les affections de famille sont les plus sûres. Elle lui fit respirer des sels, et la comtesse revint à elle.

- J'en mourrai, dit le père Goriot. Voyons, reprit-il en remuant son feu de mottes, approchez-vous toutes les deux. J'ai froid. Qu'as-tu, Nasie ? dis vite, tu me tues…

- Eh bien ! dit la pauvre femme, mon mari sait tout. Figurez-vous, mon père, il y a quelque temps, vous souvenez-vous de cette lettre de change de Maxime ? Eh bien ! ce n'était pas la première. J'en avais déjà payé beaucoup. Vers le commencement de janvier, monsieur de Trailles me paraissait bien chagrin. Il ne me disait rien ; mais il est si facile de lire dans le cœur des gens qu'on aime, un rien suffit : puis il y a des pressentiments. Enfin il était plus aimant, plus tendre que je ne l'avais jamais vu, j'étais toujours plus heureuse. Pauvre Maxime ! dans sa pensée, il me faisait ses adieux, m'a-t-il dit ; il voulait se brûler la cervelle. Enfin je l'ai tant tourmenté, tant supplié, je suis restée deux heures à ses genoux. Il m'a dit qu'il devait cent mille francs ! Oh ! papa, cent mille francs ! Je suis devenue folle. Vous ne les aviez pas, j'avais tout dévoré… .

- Non, dit le père Goriot, je n'aurais pas pu les faire, à moins d'aller les voler. Mais j'y aurais été, Nasie ! J'irai.

A ce mot lugubrement jeté, comme un son du râle d'un mourant, et qui accusait l'agonie du sentiment paternel réduit à l'impuissance, les deux sœurs firent une pause. Quel égoïsme serait resté froid à ce cri de désespoir qui, semblable à une pierre lancée dans un gouffre, en révélait la profondeur ?

- Je les ai trouvés en disposant de ce qui ne m'appartenait pas, mon père, dit la comtesse en fondant en larmes.

Delphine fut émue et pleura en mettant la tête sur le cou de sa sœur.

- Tout est donc vrai, dit-elle.

Anastasie baissa la tête, madame de Nucingen la saisit à plein corps, la baisa tendrement, et l'appuyant sur son cœur :- Ici, tu seras toujours aimée sans être jugée, lui dit-elle.

- Mes anges, dit Goriot d'une voix faible, pourquoi votre union est-elle due au malheur ?

- Pour sauver la vie de Maxime, enfin pour sauver tout mon bonheur, reprit la comtesse encouragée par ces témoignages d'une tendresse chaude et palpitante, j'ai porté chez cet usurier que vous connaissez, un homme fabriqué par l'enfer, que rien ne peut attendrir, ce monsieur Gobseck, les diamants de famille auxquels tient tant monsieur de Restaud, les siens, les miens, tout, je les ai vendus. Vendus ! comprenez-vous ? il a été sauvé ! Mais, moi, je suis morte. Restaud a tout su.

- Par qui ? comment ? Que je le tue ! cria le père Goriot.

- Hier, il m'a fait appeler dans sa chambre. J'y suis allée… " Anastasie, m'a-t-il dit d'une voix… (oh ! sa voix a suffi, j'ai tout deviné), où sont vos diamants ? " Chez moi. " Non, m'a-t-il dit en me regardant, ils sont là, sur ma commode. " Et il m'a montré l'écrin qu'il avait couvert de son mouchoir. " Vous savez d'où ils viennent ? " m'a-t-il dit. Je suis tombée à ses genoux… j'ai pleuré, je lui ai demandé de quelle mort il voulait me voir mourir.

- Tu as dit cela ! s'écria le père Goriot. Par le sacré nom de Dieu, celui qui vous fera mal à l'une ou à l'autre, tant que je serai vivant, peut être sûr que je le brûlerai à petit feu ! Oui, je le déchiquetterai comme…

Le père Goriot se tut, les mots expiraient dans sa gorge. Enfin, ma chère, il m'a demandé quelque chose de plus difficile à faire que de mourir. Le ciel préserve toute femme d'entendre ce que j'ai entendu !

- J'assassinerai cet homme, dit le père Goriot tranquillement. Mais il n'a qu'une vie, et il m'en doit deux. Enfin, quoi ? reprit-il en regardant Anastasie.

- Eh bien ! dit la comtesse en continuant après une pause, il m'a regardée : " Anastasie, m'a-t-il dit, j'ensevelis tout dans le silence, nous resterons ensemble, nous avons des enfants. Je ne tuerai pas monsieur de Trailles, je pourrais le manquer, et pour m'en défaire autrement je pourrais me heurter contre la justice humaine. Le tuer dans vos bras, ce serait déshonorer les enfants. Mais pour ne voir périr ni vos enfants, ni leur père, ni moi, je vous impose deux conditions. Répondez : Ai-je un enfant à moi ? " J'ai dit oui. " Lequel ? " a-t-il demandé. Ernest, notre aîné. " Bien, a-t-il dit. Maintenant, jurez-moi de m'obéir désormais sur un seul point. " J'ai juré. " Vous signerez la vente de vos biens quand je vous le demanderai. "

- Ne signe pas, cria le père Goriot. Ne signe jamais cela. Ah ! ah ! monsieur de Restaud, vous ne savez pas ce que c'est que de rendre une femme heureuse, elle va chercher le bonheur là où il est, et vous la punissez de votre niaise impuissance ?… je suis là, moi, halte-là ! il me trouvera dans sa route. Nasie, sois en repos. Ah, il tient à son héritier ! bon, bon. Je lui empoignerai son fils, qui, sacré tonnerre, est mon petit-fils. Je puis bien le voir, ce marmot ? je le mets dans mon village, j'en aurai soin, sois bien tranquille. Je le ferai capituler, ce monstre-là, en lui disant : A nous deux ! Si tu veux avoir ton fils, rends à ma fille son bien, et laisse-la se conduire à sa guise.

- Mon père !

- Oui, ton père ! Ah ! je suis un vrai père. Que ce drôle de grand seigneur ne maltraite pas mes filles. Tonnerre ! je ne sais pas ce que j'ai dans les veines. J'y ai le sang d'un tigre, je voudrais dévorer ces deux hommes. O mes enfants ! voilà donc votre vie ? Mais c'est ma mort. Que deviendrez-vous donc quand je ne serai plus là ? Les pères devraient vivre autant que leurs enfants. Mon Dieu, comme ton monde est mal arrangé ! Et tu as un fils cependant, à ce qu'on nous dit. Tu devrais nous empêcher de souffrir dans nos enfants. Mes chers anges, quoi ! ce n'est qu'à vos douleurs que je dois votre présence. Vous ne me faites connaître que vos larmes. Eh bien, oui, vous m'aimez, je le vois. Venez, venez vous plaindre ici ! mon cœur est grand, il peut tout recevoir. Oui, vous aurez beau le percer, les lambeaux feront encore des cœurs de père. Je voudrais prendre vos peines, souffrir pour vous. Ah ! quand vous étiez petites, vous étiez bien heureuses…

- Nous n'avons eu que ce temps-là de bon, dit Delphine. Où sont les moments où nous dégringolions du haut des sacs dans le grand grenier ?

- Mon père ! ce n'est pas tout, dit Anastasie à l'oreille de Goriot qui fit un bond. Les diamants n'ont pas été vendus cent mille francs. Maxime est poursuivi. Nous n'avons plus que douze mille francs à payer. Il m'a promis d'être sage, de ne plus jouer. Il ne me reste plus au monde que son amour, et je l'ai payé trop cher pour ne pas mourir s'il m'échappait. Je lui ai sacrifié fortune, honneur, repos, enfants. Oh ! faites qu'au moins Maxime soit libre, honoré, qu'il puisse demeurer dans le monde où il saura se faire une position. Maintenant il ne me doit pas que le bonheur, nous avons des enfants qui seraient sans fortune. Tout sera perdu s'il est mis à Sainte-Pélagie.

- Je ne les ai pas, Nasie. Plus, plus rien, plus rien ! C'est la fin du monde. Oh ! le monde va crouler, c'est sûr. Allez-vous-en, sauvez-vous avant ! Ah ! j'ai encore mes boucles d'argent, six couverts, les premiers que j'aie eus dans ma vie. Enfin, je n'ai plus que douze cents francs de rente viagère…

- Qu'avez-vous donc fait de vos rentes perpétuelles ?

- Je les ai vendues en me réservant ce petit bout de revenu pour mes besoins. Il me fallait douze mille francs pour arranger un appartement à Fifine.

- Chez toi, Delphine ? dit madame de Restaud à sa sœur.

ウージェーヌはゴリオ爺さんの膝の重苦しい音を聞いた。爺さんは明らかに部屋の床に倒れたようだった。
「ああ、私はお前に何をやってきたんだ? 私の娘がこんな惨めなことになるなんて、彼は望み次第に何でも彼女に要求する。娘よ、すまない!」老人が叫んだ。
「そうよ、もしあたしが深淵に落ち込んでいるとすれば、多分お父さんの間違いがあるでしょうね」デルフィーヌが言った。「私達が結婚した時、そこにはほとんど正当な理由なんてなかった! 私達は世間のことを知ってたかしら、仕事のこと、人間のこと、人の品性のことを? 父親たるものが私達のために考えてくれたらよかったのに。お父さん、あたしは貴方を責める気は全然ありません、今の言葉ごめんなさい。こんなことになったのは、間違ったのは全部あたしです。いいえ、泣かないで、パパ」彼女は父親の額にキスをしながら言った。
「もう泣くな、私の可愛いデルフィーヌ、目をこちらに向けて、私のキスで涙をぬぐってあげよう、さあ! 私は私の頭を回復するぞ、そして、お前の主人が掻き回して紛糾させた事態を解決してやる」
「いいえ、私のことは放っといて。私は何か方法を考え出せるわ。彼は私を愛してるの。でね! 私は彼への影響力を利用する積りよ。そして私のために早急に何か不動産投資をさせる積りよ。恐らく私は彼にアルザスの土地を、私のニュシンゲン名義で買い戻させることになるわ、あの土地に彼は執着があるの。パパ、明日、彼の帳簿と業務内容を調べるために来てちょうだい。デルヴィユ氏は商売のことになるとちんぷんかんぷんなのよ。でも、明日はやめときましょう。私は余り興奮してばたばたしたくない。ボーセアン夫人の舞踏会は明後日にあるのね。私はあそこで綺麗ではつらつとして、私の大好きなウージェーヌに面目を施させたいの。今からでも見てくれに気をつけなくっちゃ! じゃ、彼の部屋を見に行きましょう」
そしてこの瞬間、一台の馬車がネーヴ・サント・ジュヌヴィエーヴ通に停まり、シルヴィに話しかけるレストー夫人の声が聞こえてきた。「私の父はいますかしら?」この状況は幸運にもウージェーヌを救った。彼はベッドに飛び込んで寝たふりをしようと思案していたところだった。
「ああ! お父さん、貴方はアナスタジーのことも皆さんに話してたの?」デルフィーヌが姉の声に気づいて言った。「彼女の家庭にも困ったことがあるようね」
「一体何事だ!」ゴリオ爺さんが言った。「また私に用事なんだろう。私の哀れな頭では、二重の不幸には耐えられんよ」
「こんにちはお父さん」伯爵夫人が入ってきて言った。「あら! あんたもいたの、デルフィーヌ」
レストー夫人は妹に出会って戸惑った様子を見せた。
「こんにちはナジー」男爵夫人が言った。「あなたはあたしがいるのがそんなに不思議なの? あたしはお父さんに毎日会ってるのよ、あたしはね」
「いつから?」
「もしあなたがここへ来てたら、あなたは当然知ってるはずでしょ」
「もったいぶらないでよ、デルフィーヌ」伯爵夫人は悲しそうな声で言った。「私はとても運が悪くて、私は破産してしまった。ねえ、お父さん! ああ! 今度は大変な額の破産よ」
「どうしたんだ、ナジー?」ゴリオ爺さんが叫んだ。「何でも話すんだよ、いいから」彼女は青ざめた。「デルフィーヌ、さあ、何とか助けてやってくれ、お前が彼女にもっと親切にしてやるんなら、私はお前を今までよりももっと愛するぞ、だがな、私が愛してきた以上なんて無理だよ、お前!」
「ねえ私のナジー」ニュシンゲン夫人が姉を坐らせながら言った。「いいこと、あなた分かるでしょ、ここにいる私達二人があなたの言うことなら何でも聞きたいと思っていることくらい、ずっとあなたのことを愛しているってことを。分かってよ、家族の愛情が一番確かなものなのよ」彼女は姉に気つけ薬をかがした。伯爵夫人は妹の方に向き直った。
「私はもう直ぐ死ぬ」ゴリオ爺さんが土くれの火を掻き回しながら言った。「さあ、お前達二人とも火の傍に来なさい。私は寒い。どうしたんだ、ナジー? 早く言ってくれ、お前は私を殺す……」
「まあ何てことを」びっくりして夫人が言った。「夫は何もかも知っています。考えてみてよ、お父さん、大分以前になるけど、貴方はマクシムが振り出したあの為替手形のこと思い出しません? まあいいわ、それは大したことじゃないから、私はもう大分支払っていたんです。一月の初め頃、ド・トライユ氏がとても心配そうな様子だったの。彼は私には何も言ってなかったわ。だけど好きな人の心が何かで悩んでいるのを読み取ることなんてとても簡単だわ。それに虫の報せもあったわ。結局、彼のことが誰よりも大事なの、私がこれまでに会った誰よりも優しいの、それで私は最高に幸せだったわ。可哀想なマクシム! 彼の考えでは、彼は私に別れを告げる積りだったの、そう彼は言ってるわ。彼は頭にピストルを撃ち込む積りだったの。結局、私は彼をひどく苦しめた、いっぱい哀願もした、私は二時間も彼の前に膝まづいていたの。彼は一〇万フラン要ると私に言ったわ! ああ! パパ、一〇万フラン! 私は頭がおかしくなったわ。貴方はそんなの持ってないわよね、私は全部取られた……」
「いいや」ゴリオ爺さんが言った。「私はそんな金は持ってない、少なくとも盗みでもせん限り無理だ。だがお前のことを知っていれば盗みをやってれば良かったくらいだ、ナジー! 何でも言いなさい、やってやろうじゃないか」
まるで瀕死者のあえぎのように搾り出されたこの悲痛な言葉を聞き、その人がもう手も足も出せなくなった父親の愛の最期を自ら責めるのを聞いて、二人の姉妹は一瞬沈黙した。この絶望的な叫びを聞き、ましてその叫びは深淵に落下する岩石のように淵の深さをまざまざと知らしめた時には、いかなるエゴイズムの持ち主も平静ではいられまい?
「私はそうしたお金を私のものでもないものを勝手に処分しては調達していたことに気がついたんです、お父さん」伯爵夫人は泣き崩れながら言った。
デルフィーヌは心を動かされ、姉の首に頭をもたせ掛けて涙を流した。
「みんな全くその通りよ」彼女が言った。
アナスタジーはうなだれた。ニュシンゲン夫人は全身でそれを抱え、優しくキスをした。そして胸の上にそれを支えてやった。「ここでは、あなたはどうのこうのと言われることもなく、いつだって愛されてるのよ」彼女はアナスタジーに言った。
「お前達」ゴリオが弱々しい声で言った。「逆境になって、お前達の団結がどうしても必要なのかね?」
「マクシムの命を救うため、つまり、私の幸せの総てを救うため」伯爵夫人は熱く胸の高鳴るような優しさの証を得たことに力を得て答えた。「私はあなたもご存知のあの高利貸し、地獄から来た男、何事もその心を和らげることはないと言われるあのゴプセックさんのお店に、レストー氏がとても愛着を感じている家族のダイヤモンド、彼自身のや私のものや、その他総てを私は売ってしまった。売ってしまったの! この気持ち分かる? 彼は守られたわ! だけど、私は、私は終わりよ。レストーは何もかも知っているわ」
「誰が知っているんだ? どうして? そいつを殺してやる!」ゴリオ爺さんが叫んだ。
「昨日、彼が私を自分の部屋へ呼んだの。私はそこへ行った……『アナスタジー』彼は私にこんな声で言った……(ああ! 彼の声だけで十分よ、私には何のことか直ぐにわかったわ)、『君のダイヤモンドはどうした?』『私の部屋に』『いや』彼は私を見据えながら言ったわ。『それはあそこだ、私の整理ダンスの上だ』そして彼はハンカチで覆っていた宝石箱を私に見せたの。『貴女はこれが何処にあったか分かるだろう?』彼は私に言った。私は彼の膝の前にくずおれた……私は泣いて、私がどんな死に方をするのを見たいかと彼に尋ねたわ」
「お前はそんなことを言ったのか!」ゴリオ爺さんが叫んだ。「こんちくしょう! 手を変え品を変えお前を苦しめるやつは、私が元気でいる限り、恐らく間違いなく私がじわじわと焼き殺してやる! そうさ、私はやつをばらばらにしてやる、まるで……」
ゴリオ爺さんは黙った。言葉は彼の喉の中で消えてしまった。
「結局のところ、ねえどうなの、彼は私に何だか死ぬより辛いことを要求したんだわ。神様も私が聞かされたような事はどんな女にも聞かせないようにするはずだわ!」
「私はあの男を殺してやる」ゴリオ爺さんが静かに言った。「だが、彼の命は一つしかない。そして彼は私に対して、二度殺されても仕方のないようなことをした。どうなるんだ?」
彼はアナスタジーをまじまじと見つめながら言った。
「それでね」伯爵夫人は話の続きに戻って言った。「一呼吸おいて彼は私を見つめた。『アナスタジー』彼が私に言った。『私は沈黙して総てを心に秘めている。我々はこれからも一緒に暮らそう、我々には子供がいるんだ。私はド・トライユ氏を殺しはしない。私は彼を見逃してやっていい。だがその代わり、私が彼を忘れるには、私が人間的公正さを欠くことも許されねばならない。お前と抱き合ってる彼を殺す事は、子供達の名誉を汚すことになる。しかし、お前の子供達、子供達の父親、この私達の誰もが破滅するのを見たくなければ、私はお前に二つの条件をつけたいと思う。答えてくれ。一人でも私の子供はいるのか?』私は答えました、いますと。『どの子だ?』彼は尋ねました。『エルネスト、長男です』『よろしい』彼は言いました。『今この場で、私に誓ってくれ。今後、ある一つのことについて、私の言うことに従うことを』私は誓いました。『お前は私の要求があれば、お前の財産の売却に同意すること』」
「同意してはいかん」ゴリオ爺さんが叫んだ。「そんなものには決して同意するな。あー! あー! ド・レストーさん、貴方は女性を幸せにするということが、どんなことか分かっていない。彼女は貴方がいるその場所に幸せを見つけに行ったんだ。それを貴方は無益で愚かな方法で罰すると言うのか?……私はここにいる、この私が言うんだ、ちょっと待て! 彼は行く手に私が立ちふさがっているのを見るだろう。ナジー、安心しなさい。ああ、彼は自分の跡継ぎのことが気になるんだ! よしよし、私は彼の息子でもって彼の気持ちをつかんでやる、ちょっ! 忌々しいことに、そいつは私の孫なんだな。私はいずれは彼、その子と会えるんだよね? 私はその子を私の故郷の村へ連れてゆく。私は彼がそこで暫くおとなしく暮らせるように面倒を見る。私は彼の父、あの冷酷な人でなしに、こう言って私の言うことに従わせる積りだ。『二人でさしで話そう! もしあんたが息子を返して欲しけりゃ、私の娘に彼女の財産を返してくれ。そして彼女のことは彼女の好きに任せろ』とな」
「父さん!」
「はいよ、お前の父だ! ああ! 私はまさに本当の親父だよ。どういうふざけた貴族野郎が私の娘達を虐めていいって言うんだ。畜生! 私は自分でも何をやらかすか分からんぞ。私は虎のように凶暴だ、私はこいつ等二人の男を食い殺してやりたい。ああ、子供達! お前達の人生はどうなるんだ? 確かなのは、私の死だ。私がもういなくなったら、お前達は一体どうなるんだ? 父親たる者は自分の子供がいる限りは生き延びなければならん。畜生、お前達の世界は何てひどい具合になってるんだ! しかも聞くところによると、お前には悪いことに子供まである。お前は私達がこれ以上子供のことで苦しめられることのないようにすべきなんだ。なあ、お前達、どうしたんだ! 私がお前達と会うのは、いつもお前達の困った時ばかりじゃないか。お前達は私にお前達の涙しか見せてくれない。まあ仕方ない! そうさ、お前達は私を愛してくれる、それは分かってる。おいで、おいで、ここでは何でも言いなさい! 私の心は広い、何だって受けとめてやる。そうさ、お前がそれを刺し貫いたとしても、断片がなおも父親の心として働き続けるんだ。私はお前の苦労を取り上げてやりたい、お前の代わりに苦しみたいんだ。ああ! お前達が幼かった頃、お前達はあんなに幸せだったのに……」
「私達、良かったのはあの頃だけだったわ」デルフィーヌが言った。「私達が穀物業であれだけ高い地位にいたのに、没落したあの瞬間て、いつだったのかしら」
「お父さん! それが総てでもないのよ」アナスタジーがゴリオの耳許で言ったので、彼は飛び上がった。「ダイヤモンドは一〇万フランで売れたんじゃないのよ。マクシムは訴追されたの。私達は一二〇〇〇フランしか支払えなかった。彼は私に二度と賭博はやらないと約束した。社交界で私に残されたものは彼の愛だけだったの、そして私は彼が私に漏らしたように彼が死んでしまわないように、彼にとても高い支払いをしたの。私は彼のために私の財産、名誉、休息、子供を犠牲にしたの。ああ! せめてマクシムに自由と名誉をお与え下さい。そして彼が社交界に留まり、然るべき地位で働くことを叶えてやって下さい。今、彼が私に返さなければならないものは幸福だけです。私達には子供がありますが、彼等には財産がありません。もし彼がサントペラジー[98]の牢獄へ入れられたら、何もかも失われてしまいます」
「私には財産はない、ナジー。もう、もう何も、もう何もない! これで世界は終わりだ。おー! 世界はもう崩壊だ、間違いない。逃げ出すんだ、前もって避難するんだ! ああ! 私はまだ銀のバックルを持っていた、それに食器が六セット、これは私が人生の門出の頃、手に入れたものだ。結論は、私にはもう一二〇〇フランの終身年金しかないということだ……」
「一体貴方は貴方の終身年金をどうなさったの?」
「私はそれを売ってしまった、私には必要な分だけの配当が入るように少しだけ残してあるがね。フィフィーヌのアパルトマンを整えるのに一二〇〇〇フランが要ったんだ」
「あんたのためだったの、デルフィーヌ?」レストー夫人が妹に言った。

- Oh ! qu'est-ce que cela fait ! reprit le père Goriot, les douze mille francs sont employés.

- Je devine, dit la comtesse. Pour monsieur de Rastignac. Ah ! ma pauvre Delphine, arrête-toi. Vois où j'en suis.

- Ma chère, monsieur de Rastignac est un jeune homme incapable de ruiner sa maîtresse.

- Merci, Delphine. Dans la crise où je me trouve, j'attendais mieux de toi mais tu ne m'as jamais aimée.

- Si, elle t'aime, Nasie, cria le père Goriot, elle me le disait tout à l'heure. Nous parlions de toi, elle me soutenait que tu étais belle et qu'elle n'était que jolie, elle !

- Elle ! répéta la comtesse, elle est d'un beau froid.

- Quand cela serait, dit Delphine en rougissant, comment t'es-tu comportée envers moi ? Tu m'as reniée, tu m'as fait fermer les portes de toutes les maisons où je souhaitais aller, enfin tu n'as jamais manqué la moindre occasion de me causer de la peine. Et moi, suis-je venue, comme toi, soutirer à ce pauvre père, mille francs à mille francs, sa fortune, et le réduire dans l'état où il est ? Voilà ton ouvrage, ma sœur. Moi, j'ai vu mon père tant que j'ai pu, je ne l'ai pas mis à la porte, et je ne suis pas venue lui lécher les mains quand j'avais besoin de lui. Je ne savais seulement pas qu'il eût employé ces douze mille francs pour moi. J'ai de l'ordre, moi ! tu le sais. D'ailleurs, quand papa m'a fait des cadeaux, je ne les ai jamais quêtés.

- Tu étais plus heureuse que moi : monsieur de Marsay était riche, tu en sais quelque chose. Tu as toujours été vilaine comme l'or. Adieu, je n'ai ni sœur, ni…

- Tais-toi, Nasie ! cria le père Goriot.

- Il n'y a qu'une sœur comme toi qui puisse répéter ce que le monde ne croit plus, tu es un monstre, lui dit Delphine.

- Mes enfants, mes enfants, taisez-vous, ou je me tue devant vous.

- Va, Nasie, je te pardonne, dit madame de Nucingen en continuant, tu es malheureuse. Mais je suis meilleure que tu ne l'es. Me dire cela au moment où je me sentais capable de tout pour te secourir, même d'entrer dans la chambre de mon mari, ce que Je ne ferais ni pour moi ni pour… Ceci est digne de tout ce que tu as commis de mal contre moi depuis neuf ans.

- Mes enfants, mes enfants, embrassez-vous ! dit le père. Vous êtes deux anges.

- Non, laissez-moi, cria la comtesse que Goriot avait prise par le bras et qui secoua l'embrassement de son père. Elle a moins de pitié pour moi que n'en aurait mon mari. Ne dirait-on pas qu'elle est l'image de toutes les vertus !

- J'aime encore mieux passer pour devoir de l'argent à monsieur de Marsay que d'avouer que monsieur de Trailles me coûte plus de deux cent mille francs, répondit madame de Nucingen.

- Delphine ! cria la comtesse en faisant un pas vers elle.

- Je te dis la vérité quand tu me calomnies, répliqua froidement la baronne.

- Delphine ! tu es une…

Le père Goriot s'élança, retint la comtesse et l'empêcha de parler en lui couvrant la bouche avec sa main.

- Mon Dieu ! mon père, à quoi donc avez-vous touché ce matin ? lui dit Anastasie.

- Eh bien, oui, j'ai tort, dit le pauvre père en s'essuyant les mains à son pantalon. Mais je ne savais pas que vous viendriez, je déménage.

Il était heureux de s'être attiré un reproche qui détournait sur lui la colère de sa fille.

- Ah ! reprit-il en s'asseyant, vous m'avez fendu le cœur. Je me meurs, mes enfants ! Le crâne me cuit intérieurement comme s'il avait du feu. Soyez donc gentilles, aimez-vous bien ! Vous me feriez mourir. Delphine, Nasie, allons, vous aviez raison, vous aviez tort toutes les deux. Voyons, Dedel, reprit-il en portant sur la baronne des yeux pleins de larmes, il lui faut douze mille francs, cherchons-les. Ne vous regardez pas comme ça. Il se mit à genoux devant Delphine.- Demande-lui pardon pour me faire plaisir, lui dit-il à l'oreille, elle est la plus malheureuse, voyons ?

- Ma pauvre Nasie, dit Delphine épouvantée de la sauvage et folle expression que la douleur imprimait sur le visage de son père, j'ai eu tort, embrasse-moi…

- Ah ! vous me mettez du baume sur le cœur, cria le père Goriot. Mais où trouver douze mille francs ? Si je me proposais comme remplaçant ?

- Ah ! mon père ! dirent les deux filles en l'entourant, non, non.

- Dieu vous récompensera de cette pensée, notre vie n'y suffirait point ! n'est-ce pas, Nasie ? reprit Delphine.

- Et puis, pauvre père, ce serait une goutte d'eau, fit observer la comtesse.

- Mais on ne peut donc rien faire de son sang ? cria le vieillard désespéré. Je me voue à celui qui te sauvera, Nasie ! je tuerai un homme pour lui. Je ferai comme Vautrin, j'irai au bagne ! je… Il s'arrêta comme s'il eût été foudroyé. Plus rien ! dit-il en s'arrachant les cheveux. Si je savais où aller pour voler, mais il est encore difficile de trouver un vol à faire. Et puis il faudrait du monde et du temps pour prendre la Banque. Allons, je dois mourir, je n'ai plus qu'à mourir. Oui, je ne suis plus bon à rien, je ne suis plus père ! non. Elle me demande, elle a besoin ! et moi, misérable, je n'ai rien. Ah ! tu t'es fait des rentes viagères, vieux scélérat, et tu avais des filles ! Mais tu ne les aimes donc pas ? Crève, crève comme un chien que tu es ! Oui, je suis au-dessous d'un chien, un chien ne se conduirait pas ainsi ! Oh ! ma tête ! elle bout !

- Mais, papa, crièrent les deux jeunes femmes qui l'entouraient pour l'empêcher de se frapper la tête contre les murs, soyez donc raisonnable.

Il sanglotait. Eugène, épouvanté, prit la lettre de change souscrite à Vautrin, et dont le timbre comportait une plus forte somme ; il en corrigea le chiffre, en fit une lettre de change régulière de douze mille francs à l'ordre de Goriot et entra.

- Voici tout votre argent, madame, dit-il en présentant le papier. Je dormais, votre conversation m'a réveillé, j'ai pu savoir ainsi ce que je devais à monsieur Goriot. En voici le titre que vous pouvez négocier, je l'acquitterai fidèlement.

La comtesse, immobile, tenait le papier.

「おー、それは何てこともないんだ!」答えたのはゴリオ爺さんだった。「一二〇〇〇フランかかったんでね」
「判ったわ」伯爵夫人が言った。「ド・ラスチニャックさんのためね。あー! ちょっと待って。私がどうなってるか見てよ」
「ねえ、ド・ラスチニャックさんは若者だけど、愛人を破滅させるような人じゃないわ」
「ありがとう、デルフィーヌ、私が今、困り果てているのに、あなたはもう少し優しく接してくれるかと思っていたわ。だけど、あなたはこれまでも決して私を愛してくれてなかったのね」
「勿論彼女はお前を愛してる、ナジー」ゴリオ爺さんが叫んだ。「彼女はいつだって私にそう言っている。私達はお前のことをよく話してるんだ。彼女はお前のことを美しい、そして彼女自身はただ可愛いだけだと言い張るんだ、彼女が!」
「彼女が!」伯爵夫人が繰り返した。「彼女は綺麗で冷たいのよ」
「そうであるにしても」デルフィーヌが顔を赤らめて言った。「あなたがあたしに対して、どうしてそんな風に振舞うの? あなたはあたしを否認した、あなたはあたしが行きたいと思ってた家の戸を全部閉じさせた。つまり、あなたはあたしを苦しめるためならば、どんな小さな機会も逃さなかった。そしてあたしは、あなたの様にこの可哀想な父さんから、千フランあれば千フラン、彼の有り金全部巻き上げにやってきたことがあって? それで彼の財産は今のような状態に減ってしまったんでしょ? ほうら、あなたのせいだわ、姉さん。あたしはね、あたしは出来るだけ多く父さんに会いに来てたわ。あたしは彼を外へ放り出すようなことはしなかったし、あたしが彼を必要とした時だって、彼におべっかを使いにやってきたことなんてないのよ。彼が私のために一二〇〇〇フラン使ってくれたことさえ私は知らないのよ。あたしは律儀なの、あたしは! あなた知ってるじゃない。第一、パパが私に贈り物をした時だって、私が欲しいと言ったことは決してないのよ」
「あなたは私より幸せなの。ド・マルセイさんは金持ちだったけど、あなたは、それを知ってたから彼に擦り寄ったんじゃない。あんたなんて規定重量不足の金[99]のようなみっともない女だったのよ。さようなら、私には妹もないし……」
「黙るんだ、ナジー!」ゴリオ爺さんが叫んだ。
「社交界の誰もが信じられないようなことを繰り返すあなたのような姉は他にいないわ。あなたは恐ろしい人よ」デルフィーヌは姉に向かって言った。
「お前達、お前達よ、黙ってくれ、でないと私はお前達の目の前で死ぬぞ」
「さあナジー、あたしはいいのよ」ニュシンゲン夫人が引き取って言った。「あなたは不幸せなんだもん。確かに、あなたに比べれば、あたしはましだわ。あなたを助けるために、あたしに何か出来そうな時だったら、あたしにこんな揉め事でも話してね。あたしの夫の部屋に相談に行ってもいいわよ。ただし、よそ様のことどころか、あたし自身のことでも、なかなか夫の部屋までは行けないんだけど……まあ、あなたがこの九年間、あたしに対してやってきた過ちの結果なんだから仕方ないのよ」
「お前達、お前達よ、抱き合いなさい!」父が言った。「お前達は二人とも天使だよ」
「いいえ、私を放っといて」伯爵夫人はそう叫んで、彼女の腕を取ったゴリオの抱擁を振り払った。「彼女なんて私の夫くらいの同情すら私に対して持っていないわ。そもそも美徳なんかを話すべきじゃなかったんだわ!」
「あたしはド・トライユ氏があたしに二〇万フラン以上の損害を与えたなどと認めるくらいなら、ド・マルセイ氏にお金を借りてるんだと人に思われる方がまだましだわ」ニュシンゲン夫人が答えた。
「デルフィーヌ!」伯爵夫人は彼女の方に一歩近づいて叫んだ。
「あなたがあたしのことを中傷するから、あたしが本当のことを言ったまでよ」男爵夫人が冷たく言い返した。
「デルフィーヌ! あんたって人は……」
ゴリオ爺さんは伯爵夫人に飛びつくと彼女を制止した。そして彼女の口を手で覆って、彼女にそれ以上喋らせないようにした。
「ええ? お父さん、今朝は貴方、一体何をしようっていうの?」アナスタジーが彼に言った。
「うーむ! そう、私が間違っていた」哀れな父は手をズボンで拭きながら言った。「だが、お前が来ることを私は知らなかった。私は引越しをするんだ」
彼は非難を自分の方に引き寄せて喜んでいた。それで娘の怒りを彼に向けさせることが出来たからである。
「ああ!」彼は坐りながら続けた。「お前達は私の心を引き裂いた。私はもう直ぐ死ぬ、お前達よ! 頭に火がついたように、頭の中が煮えてるんだ。だからお願いだ、優しくしておくれ! お前達のお陰で私は死にそうだ。デルフィーヌ、ナジー、しっかりするんだ、二人とも、理屈は合ってるにしろ間違ってるにしろ。どうしたもんかなあ、デデール」彼は男爵夫人に向き直ったが、その目には涙が溢れていた。「彼女には一万二千フランが必要だ、そのことを考えてみよう。そんな目で見ないでくれ」彼はデルフィーヌの前に膝まづいた。
「私を喜ばせるために彼女に謝ってくれないか」彼はデルフィーヌの耳許で言った。「姉さんは一番不幸せな目に会っている、そうだろ?」
「私の可哀想なナジー」デルフィーヌは父の顔の上に刻まれた悲しみからくる野蛮で常軌を逸した表情にぎょっとして言った。「私が間違ってました。私を抱いて……」
「ああ! お前は私の悲しみを慰めてくれる」ゴリオ爺さんが叫んだ。「しかし、何処で一二〇〇〇フランを見つけたもんかのう? 私が軍隊の補欠にでも志願するか?」
「あー! お父さん!」二人の娘は彼を取り囲んで言った。「駄目、駄目」
「神も貴方のその考えにご褒美を下さるでしょうが、我々の生活の足しにはなりません! そうよね、ナジー?」デルフィーヌが言った。
「その上、お父さん、そんなのは雀の涙よ」伯爵夫人が意見を述べた。
「それじゃ、もうどうしたって駄目なのか?」老人は絶望的に打ちひしがれて叫んだ。「私はお前を救ってくれるものなら、何にだって身を捧げるぞ、ナジー! 私はお前のために人一人殺したっていい。私はヴォートランのようにやってやる。そして徒刑場にでも行くさ! 私は……」彼は雷に打たれたように、そこで黙った。「もう何もない!」彼は髪をかきむしりながら言った。「もし泥棒するのにいいところを知ってたらなあ、だが、上手く泥棒出来るところを見つけるのも難しいな。そして銀行強盗となると、こんな難しいことは他にないだろうな。もう私は死ぬべきなんだ。私にはもう死ぬ以外に道はないんだ。そうだ、私がいたって何の役にも立たない、私は最早父親でもない! 彼女が私に頼んでいる、彼女には必要なんだ! それでこの私は、惨めだ、私には何もない。あー! お前は終身年金を持ってたんだが、くそ爺の悪党め、しかもお前には娘達までいる! しかし、お前は一体娘達を愛してるのか? 犬のようにくたばれ、くたばれ、お前から先にな! そうだよ、私は犬以下の存在だ、犬でもこんな馬鹿な生き方はしないよ! おー! 私の頭が! 頭が煮える!」
「だけどパパ」二人の若い女が叫んだ。彼女達は父が壁に頭を打ちつけないように彼を取り囲んでいた。「さあ、まともになって」
彼は泣きじゃくっていた。ウージェーヌは驚いて、さっき引き出しの中に見つけた手形を取り出した。それはウージェーヌの署名以外は空白の白地手形だったが、その収入印紙は巨額の金に対応していた。彼は金額を一二〇〇〇フランにしてゴリオ振出の正規の為替手形を作った。そして部屋へ入っていった。
「はい、貴女のお金がそっくりありますよ、奥様」彼は手形を差し出して言った。「私は寝ていたんです。貴方達の話し声で目が覚めました。私はゴリオさんに如何に沢山のご負担を頂いているかを知りました。この手形を貴女は譲渡出来ます。支払いは私が責任を持って行います」

 

- Delphine, dit-elle pâle et tremblante de colère, de fureur, de rage, je te pardonnais tout, Dieu m'en est témoin, mais ceci ! Comment, monsieur était là, tu le savais ! tu as eu la petitesse de te venger en me laissant lui livrer mes secrets, ma vie, celle de mes enfants, ma honte, mon honneur ! Va, tu ne m'es plus de rien, je te hais, je te ferai tout le mal possible, je… La colère lui coupa la parole, et son gosier se sécha.

- Mais c'est mon fils, notre enfant, ton frère, ton sauveur, criait le père Goriot. Embrasse-le donc, Nasie ! Tiens moi je l'embrasse, reprit-il en serrant Eugène avec une sorte de fureur. Oh ! mon enfant ! je serai plus qu'un père pour toi, je veux être une famille. Je voudrais être Dieu, je te jetterais l'univers aux pieds. Mais, baise-le donc, Nasie ! ce n'est pas un homme, mais un ange, un véritable ange !

- Laissez-la, mon père, elle est folle en ce moment, dit Delphine.

- Folle ! folle ! Et toi, qu'es-tu ? demanda madame de Restaud.

- Mes enfants, je meurs si vous continuez, cria le vieillard en tombant sur son lit comme frappé par une balle.- Elles me tuent ! se dit-il.

La comtesse regarda Eugène, qui restait immobile, abasourdi par la violence de cette scène.- Monsieur, lui dit-elle en l'interrogeant du geste, de la voix et du regard, sans faire attention à son père dont le gilet fut rapidement défait par Delphine.

- Madame, je paierai et je me tairai, répondit-il sans attendre la question.

- Tu as tué notre père, Nasie ! dit Delphine en montrant le vieillard évanoui à sa sœur, qui se sauva.

- Je lui pardonne bien, dit le bonhomme en ouvrant les yeux, sa situation est épouvantable et tournerait une meilleure tête. Console Nasie, sois douce pour elle, promets-le à ton pauvre père, qui se meurt, demanda-t-il à Delphine en lui pressant la main.

- Mais qu'avez-vous ? dit-elle tout effrayée.

- Rien, rien, répondit le père, ça se passera. J'ai quelque chose qui me presse le front, une migraine. Pauvre Nasie, quel avenir !

En ce moment la comtesse rentra, se jeta aux genoux de son père :- Pardon ! cria-t-elle.

- Allons, dit le père Goriot, tu me fais encore plus de mal maintenant.

- Monsieur, dit la comtesse à Rastignac, les yeux baignés de larmes, la douleur m'a rendue injuste. Vous serez un frère pour moi ? reprit-elle en lui tendant la main.

- Nasie, lui dit Delphine en la serrant, ma petite Nasie, oublions tout.

- Non, dit-elle, je m'en souviendrai, moi !

- Les anges, s'écria le père Goriot, vous m'enlevez le rideau que j'avais sur les yeux, votre voix me ranime. Embrassez-vous donc encore. Eh bien ! Nasie, cette lettre de change te sauvera-t-elle ?

- Je l'espère. Dites donc, papa, voulez-vous y mettre votre signature ?

- Tiens, suis-je bête, moi, d'oublier ça ! Mais je me suis trouvé mal. Nasie, ne m'en veux pas. Envoie-moi dire que tu es hors de peine. Non, j'irai. Mais non, je n'irai pas, je ne puis plus voir ton mari, je le tuerais net. Quant à dénaturer tes biens, je serai là. Va vite, mon enfant, et fais que Maxime devienne sage.

Eugène était stupéfait.

- Cette pauvre Anastasie a toujours été violente, dit madame de Nucingen, mais elle a bon cœur.

- Elle est revenue pour l'endos, dit Eugène à l'oreille de Delphine.

- Vous croyez ?

- Je voudrais ne pas le croire. Méfiez-vous d'elle, répondit-il en levant les yeux comme pour confier à Dieu des pensées qu'il n'osait exprimer.

- Oui, elle a toujours été un peu comédienne, et mon pauvre père se laisse prendre à ses mines.

- Comment allez-vous, mon bon père Goriot ? demanda Rastignac au vieillard.

- J'ai envie de dormir, répondit-il.

Eugène aida Goriot à se coucher. Puis, quand le bonhomme se fut endormi en tenant la main de Delphine, sa fille se retira.

- Ce soir aux Italiens, dit-elle à Eugène, et tu me diras comment il va. Demain, vous déménagerez, monsieur. Voyons votre chambre. Oh ! quelle horreur ! dit-elle en y entrant. Mais vous étiez plus mal que n'est mon père. Eugène, tu t'es bien conduit. je vous aimerais davantage si c'était possible ; mais, mon enfant, si vous voulez faire fortune, il ne faut pas jeter comme ça des douze mille francs par les fenêtres. Le comte de Trailles est joueur. Ma sœur ne veut pas voir ça. Il aurait été chercher ses douze mille francs là où il sait perdre ou gagner des monts d'or.

Un gémissement les fit revenir chez Goriot, qu'ils trouvèrent en apparence endormi ; mais quand les deux amants s'approchèrent, ils entendirent ces mots : " Elles ne sont pas heureuses ! " Qu'il dormit ou qu'il veillât, l'accent de cette phrase frappa si vivement le cœur de sa fille, qu'elle s'approcha du grabat sur lequel gisait son père et le baisa au front. Il ouvrit ses yeux en disant :

- C'est Delphine !

- Eh bien ! comment vas-tu ? demanda-t-elle.

- Bien, dit-il. Ne sois pas inquiète, je vais sortir.

Allez, allez, mes enfants, soyez heureux.

Eugène accompagna Delphine jusque chez elle ; mais, inquiet de l'état dans lequel il avait laissé Goriot, il refusa de dîner avec elle, et revint à la Maison-Vauquer. Il trouva le père Goriot debout et prêt à s'attabler. Bianchon s'était mis de manière à bien examiner la figure du vermicellier. Quand il lui vit prendre son pain et le sentir pour juger de la farine avec laquelle il était fait, l'étudiant, ayant observé dans ce mouvement une absence totale de ce que l'on pourrait nommer la conscience de l'acte, fit un geste sinistre.

- Viens donc près de moi, monsieur l'interne à Cochin, dit Eugène.

Bianchon s'y transporta d'autant plus volontiers qu'il allait être près du vieux pensionnaire.

- Qu'a-t-il ? demanda Rastignac.

- A moins que je ne me trompe, il est flambé ! Il a dû se passer quelque chose d'extraordinaire en lui, il me semble être sous le poids d'une apoplexie séreuse imminente. Quoique le bas de la figure soit assez calme, les traits supérieurs du visage se tirent vers le front malgré lui, vois ! Puis les yeux sont dans l'état particulier qui dénote l'invasion du sérum dans le cerveau. Ne dirait-on pas qu'ils sont pleins d'une poussière fine ? Demain matin j'en saurai davantage.

- Y aurait-il quelque remède ?

- Aucun. Peut-être pourra-t-on retarder sa mort si l'on trouve les moyens de déterminer une réaction vers les extrémités, vers les jambes ; mais si demain soir les symptômes ne cessent pas, le pauvre bonhomme est perdu. Sais-tu par quel événement la maladie a été causée ? il a dû recevoir un coup violent sous lequel son moral aura succombé.

- Oui, dit Rastignac en se rappelant que les deux filles avaient battu sans relâche sur le cœur de leur père.

- Au moins, se disait Eugène, Delphine aime son père, elle !

Le soir, aux Italiens, Rastignac prit quelques précautions afin de ne pas trop alarmer madame de Nucingen.

- N'ayez pas d'inquiétude, répondit-elle aux premiers mots que lui dit Eugène, mon père est fort. Seulement, ce matin, nous l'avons un peu secoué. Nos fortunes sont en question, songez-vous à l'étendue de ce malheur ? Je ne vivrais pas si votre affection ne me rendait pas insensible à ce que j'aurais regardé naguère comme des angoisses mortelles. Il n'est plus aujourd'hui qu'une seule crainte, un seul malheur pour moi, c'est de perdre l'amour qui m'a fait sentir le plaisir de vivre. En dehors de ce sentiment tout m'est indifférent, je n'aime plus rien au monde. Vous êtes tout pour moi. Si je sens le bonheur d'être riche, c'est pour mieux vous plaire. Je suis, à ma honte, plus amante que je ne suis fille. Pourquoi ? je ne sais. Toute ma vie est en vous. Mon père m'a donné un cœur, mais vous l'avez fait battre. Le monde entier peut me blâmer, que m'importe ! si vous, qui n'avez pas le droit de m'en vouloir, m'acquittez des crimes auxquels me condamne un sentiment irrésistible ? Me croyez-vous une fille dénaturée ? oh, non, il est impossible de ne pas aimer un père aussi bon que l'est le nôtre. Pouvais-je empêcher qu'il ne vit enfin les suites naturelles de nos déplorables mariages ? Pourquoi ne les a-t-il pas empêchés ? N'était-ce pas à lui de réfléchir pour nous ? Aujourd'hui, je le sais, il souffre autant que nous ; mais que pouvions-nous y faire ? Le consoler ! nous ne le consolerions de rien. Notre résignation lui faisait plus de douleur que nos reproches et nos plaintes ne lui causeraient de mal. Il est des situations dans la vie où tout est amertume.

Eugène resta muet, saisi de tendresse par l'expression naïve d'un sentiment vrai. Si les Parisiennes sont souvent fausses, ivres de vanité, personnelles, coquettes, froides, il est sûr que quand elles aiment réellement, elles sacrifient plus de sentiments que les autres femmes à leurs passions ; elles se grandissent de toutes leurs petitesses, et deviennent sublimes. Puis Eugène était frappé de l'esprit profond et judicieux que la femme déploie pour juger les sentiments les plus naturels, quand une affection privilégiée l'en sépare et la met à distance. Madame de Nucingen se choqua du silence que gardait Eugène.

- A quoi pensez-vous donc ? lui demanda-t-elle.

- J'écoute encore ce que vous m'avez dit. J'ai cru jusqu'ici vous aimer plus que vous ne m'aimiez.

Elle sourit et s'arma contre le plaisir qu'elle éprouva, pour laisser la conversation dans les bornes imposées par les convenances. Elle n'avait jamais entendu les expressions vibrantes d'un amour jeune et sincère. Quelques mots de plus, elle ne se serait plus contenue.

- Eugène, dit-elle en changeant de conversation, vous ne savez donc pas ce qui se passe ? Tout Paris sera demain chez madame de Beauséant. Les Rochefide et le marquis d'Ajuda se sont entendus pour ne rien ébruiter mais le Roi signe demain le contrat de mariage, et votre pauvre cousine ne sait rien encore. Elle ne pourra pas se dispenser de recevoir, et le marquis ne sera pas à son bal. On ne s'entretient que de cette aventure.

- Et le monde se rit d'une infamie, et il y trempe ! Vous ne savez donc pas que madame de Beauséant en mourra ?

- Non, dit Delphine en souriant, vous ne connaissez pas ces sortes de femmes-là. Mais tout Paris viendra chez elle, et j'y serai ! Je vous dois ce bonheur-là pourtant.

- Mais, dit Rastignac, n'est-ce pas un de ces bruits absurdes comme on en fait tant courir à Paris ?

- Nous saurons la vérité demain.

Eugène ne rentra pas à la Maison-Vauquer. Il ne put se résoudre à ne pas jouir de son nouvel appartement. Si, la veille, il avait été forcé de quitter Delphine, à une heure après minuit, ce fut Delphine qui le quitta vers deux heures pour retourner chez elle. Il dormit le lendemain assez tard, attendit vers midi madame de Nucingen, qui vint déjeuner avec lui. Les jeunes gens sont si avides de ces jolis bonheurs, qu'il avait presque oublié le père Goriot. Ce fut une longue fête pour lui que de s'habituer à chacune de ces élégantes choses qui lui appartenaient. Madame de Nucingen était là, donnant à tout un nouveau prix. Cependant, vers quatre heures, les deux amants pensèrent au père Goriot en songeant au bonheur qu'il se promettait à venir demeurer dans cette maison. Eugène fit observer qu'il était nécessaire d'y transporter promptement le bonhomme, s'il devait être malade, et quitta Delphine pour courir à la Maison-Vauquer. Ni le père Goriot ni Bianchon n'étaient à table.

- Eh bien ! lui dit le peintre, le père Goriot est éclopé Bianchon est là-haut près de lui. Le bonhomme a vu l'une de ses filles, la comtesse de Restaurama. Puis il a voulu sortir et sa maladie a empiré. La société va être privée d'un de ses beaux ornements.

Rastignac s'élança vers l'escalier.

- Hé ! monsieur Eugène !

- Monsieur Eugène ! madame vous appelle, cria Sylvie.

「デルフィーヌ」怒り、凶暴、激怒に震え青ざめてアナスタジーが言った。「私はあなたに何だって許してあげる。神かけて本当よ、だけどこれは! どうして、この方があそこにいらしたの、あーた知ってたんでしょ! あんたは私の秘密、私の生活、子供達のこと、私の恥辱、私の名誉が彼に漏らされるのをそのままにして、私に仕返しをするというけちな行為をしたのね! こうなったら、あんたなんか虫けら以下よ、あんたを憎むわ、私あんたにはあらゆる嫌がらせをしてやる、私は……」怒りの余り彼女は言葉を途切らせた。彼女は喉をからしてしまった。
「だがこの人は私の息子だ、私達の子供だ、お前の兄弟だ、お前の救い主だ」ゴリオ爺さんが叫んだ。「さあ彼と抱擁しなさい、ナジー! ほら私は、私は彼と抱擁するぞ」彼はそう言うと、ある種激昂したようにウージェーヌをつかんだ。「おー! 我が子よ! 私は君に対しては父親だけには留まらない、私は君の家族でありたいもんだ。私は神になって、君の足元に世界を置いてみたいもんだ。しかし、彼にキスしたかね、どうなんだナジー? この人は唯の人じゃない、そうじゃなくて天使だ、本当の天使だ」
「そっとしといて、お父さん、今は彼女気違いのようになってるから」デルフィーヌが言った。
「気違い! 気違い! それじゃ、あーた、あーたはどうなの?」レストー夫人が尋ねた。
「お前達、お前達がやめなければ私は死んじまうよ」老人は叫ぶと、まるで鉄砲玉が当たったようにベッドの上に倒れた。「彼女達が私を殺す」彼はそう思った。
伯爵夫人はウージェーヌを見つめた。彼はじっと動かず、この光景の余りの荒々しさに呆然としていた。「貴方」彼女は尋問するような物腰、声音、眼差しで彼に話しかけた。彼女は父親には注意を払わなかったが、デルフィーヌが素早く父のチョッキを脱がせにかかっていた。
「奥様、私が支払いを致します、そして、私は黙っています」彼は質問を待つことなく答えた。
「あなたが父を殺したのよ、ナジー!」デルフィーヌは気絶した老人を姉に見せながら言った。姉は急いで立ち去った。
「私は彼女のことは許してやるよ」爺さんは目を開けていった。「彼女の立場は実にひどいもんだから、もう少しましな頭でもおかしくしてしまうんだろ。ナジーを慰めてやってくれ。彼女に優しくな、どうかこの哀れな父にそう約束してくれ、私はもう直ぐ死ぬ」彼はデルフィーヌの手を強く自分に押し当てながら言った。
「ね、一体どうしたの?」彼女はひどくおびえて言った。
「何でもない、何でもない」父が答えた。「こんなのは直ぐに直るさ。何だか額に圧迫感があるんだ、頭痛だな。可哀想なナジー、将来はどうなるんだ!」
この瞬間、伯爵夫人が戻ってきた。彼女は父の膝元に身を投げ出した。「許して!」彼女が叫んだ。
「さあ」ゴリオ爺さんが言った。「お前は今のところ、誰よりも心配の種なんだ」
「貴方様」伯爵夫人がラスチニャックに向かって言った。その目は涙に濡れていた。「悩みのため私は正常さを失くしていました。貴方はやがては私の兄弟におなりなんでしょうか?」彼女は彼の方に手を拡げながら言った。
「ナジー」彼女を抑えながらデルフィーヌが言った。「ねえナジー、みんな忘れて」
「いいえ」彼女が答えた。「私は覚えてるわ、絶対に!」
「誰か」ゴリオ爺さんが叫んだ。「目を覆っている布切れを取ってくれないか、お前達を見ると元気が出るんだ。お前達、さあ、もう一度抱き合いなさい。おや! ナジー、この為替手形、これでお前は助かるんじゃないのかね?」
「私も希望を持ってます。じゃ教えて、パパ、そこに貴方のサインをして頂けるかしら?」
「あれ、こりゃあうっかりしてた、私としたことが、それを忘れてたとは! だがな私は自分の状態が悪いと感じるんでな、ナジー、私には期待しないでくれ。私にはお前が危機を脱したという知らせを届けてくれ。いや、私が行こう。やっぱり駄目だ、私は行かない、私はもうお前の夫とは会えない、急に彼を殺さんとも限らん。お前の財産を損なうようなら、私も立ち会おう。早く行きなさい、お前、そしてマクシムが賢明な道を取るのを助けてあげなさい」
ウージェーヌは呆然としていた。
「あの可哀想なアナスタジーはいつも乱暴なのよ」ニュシンゲン夫人が言った。「だけど気立てはいいのよ」
「彼女は裏書のために戻ってきたんだ」ウージェーヌがデルフィーヌの耳に囁いた。
「貴方そう思う?」
「僕はそう思いたくないんだがね。彼女を信用し過ぎない方がいいよ」彼はそう答えると、上を見上げたが、その目は敢えて言わなかった彼の考えを神に委ねようとするかのようだった。
「そうなの、彼女はいつもちょっと芝居がかってるのよ、でね、可哀想にお父さんたら自分の宝物を持ってゆかれるのを放ってるのよ」
「ご機嫌いかがですか、僕の好きなゴリオのお父さん?」ラスチニャックが老人に声をかけた。
「私は眠りたいよ」彼が答えた。
ウージェーヌはゴリオが寝るのを手伝ってやった。やがて爺さんが、デルフィーヌの手を取ったまま眠りに落ちると、娘は爺さんの傍を離れた。
「今晩イタリア座でね」彼女はウージェーヌに言った。「そして、彼の具合を私に教えてね、明日、貴方は引っ越すのよ、旦那様。さあ、貴方の寝室ね、おー! 何と恐ろしい!」彼女はそこに入って言った。「本当に貴方の住居って父のところ以上にひどかったのね。ウージェーヌ、貴方って立派に振舞ってたのね。私はもし許されるなら、これまで以上に貴方を愛せると思うわ。だけど、ねえ、もし貴方が財を築きたいんなら、あの一二〇〇〇フランを窓から投げ出すようなことをしちゃあ駄目よ。ド・トライユ伯爵は賭博人よ。姉はその現実を見ようとしない。彼はずっと一二〇〇〇フランを求めてあそこへ通い続けるんだわ、そこなら彼は金貨の山を失くしたり取ったり出来るんだから」
うめき声がしたので二人はゴリオのところへ戻った。彼は眠っている様子だった。しかし恋人二人が近づいた時、彼等はこんな言葉を聞いた。
「彼女達は幸せでない!」彼は眠っていたにせよ、目覚めていたにせよ、この言葉の響きがひどく生々しく娘の心を打ったので、彼女は父が横たわっている粗末なベッドに近寄って、彼の額にキスをした。彼は目を開けて言った。「デルフィーヌじゃないか!」
「さあさあ! 具合はどうですか?」彼女が尋ねた。
「いいよ」彼が言った。「心配せんでもいい、私は直ぐ外出する。がんばるんだよ、お前達、幸せにな」
ウージェーヌはデルフィーヌに付き添って彼女を家まで送っていった。しかし、彼が残してきたゴリオの状態が気がかりだったので、彼女との夕食を断って、メゾン・ヴォーケに戻ってきた。彼はゴリオ爺さんが起きていて食卓につこうとしているのを見つけた。ビアンションは製麺業者の様子を仔細に観察し始めていた。老人がパンを手に取り、自分としてはその小麦粉にはぎりぎり我慢が出来るといった判定を下すためにいじっているのを見ると、この医学生は老人の動作の中に行動の意識と普通呼ばれているものの統合性が欠けているのを観察することが出来た。そして彼は不吉な見解を身振りで示した。
「おい僕の横へ来いよ。コシン病院のインターンの先生よ」ウージェーヌが言った。
ビアンションもまた、そこへ移動したいと思っていたので、あっという間に親しい下宿人の横にやってきた。
「彼はどうなんだ?」ラスチニャックが尋ねた。
「僕が間違ってなければ、彼は炎上してる! 彼の中でとんでもない何かが起こったに違いない。僕には脳出血がいつ起こってもおかしくない症状が出ているように見えるんだ。身体の下半身は極めて平静なんだけど、顔の全体を掌握する特徴が彼の意志に反して額の辺りに引っ張られてるんだ、見ろよ! そして目は漿液が脳に漏れ出していることを示す特殊な状態にあることが読み取れる。僕達は無数の終わり方があることを前に話したことはなかったかな? 明日の朝になれば、僕にはもっと色々分かってくると思う」
「何か治療法はないのか?」
「何もない。恐らく彼の死を遅らせるには、身体の先端部分、足などに対して何らかの反発を引き起こす方法が考えられる。しかし、明日の夜、症状がやまなければ可哀想な爺さんは死んじまうだろうな。君は病気の発症の原因となる何か事件でも知ってるのか? 彼は何かひどく荒々しい衝撃を受けて精神的に押しつぶされたに違いないんだ」
「うん」ラスチニャックは二人の娘が絶え間なく父親の心を痛め続けていたことを思い出して答えた。
「少なくとも」とウージェーヌは思った。「デルフィーヌは父親を愛している。彼女の方は!」
その夜イタリア座でラスチニャックはニュシンゲン夫人を過度に心配させないように気遣った。
「心配しないでね」ウージェーヌが彼女に対して発した最初の言葉に答えて彼女が言った。「私の父は丈夫なのよ。ただね、今朝は私達、彼をちょっと驚かせたわね。私達の財産は今問題なのよ、貴方、この損害の大きさを測ってみた? 貴方の愛情がなければ、最近経験した耐え難いほどの苦しみを忘れて生きるなんて出来なかったわ。今日この頃はたった一つの心配事しかないの、私にとって唯一の災厄、それは私に生きる喜びを感じさせてくれる愛を失うことなの。この感情を除いては何もかも私には関心がないの、私はもう社交界の何も愛さないわ。貴方が私にとって総てなのよ。私が金持ちで幸せだと感ずるとすれば、それは貴方をもっと喜ばせたいと考えるからなの。私は不名誉なことだけど、人の娘であるよりも、まず愛人なの。何故かって? 分からない。私の命は総て貴方のものよ。父は私に心臓を与えてくれたけれど、貴方はそれをどきどきさせてくれた。社交界は揃って私を非難するでしょう、それは私にはどうでもいいこと! 私は貴方に要求する権利はないんだけど、もしかすると貴方は、私が抗い難い感情によって犯してしまった罪から私を無罪放免にして下さらないかしら? 貴方は私のことを異常な女だとお思いになって? ああ、そんなことないわ、私達の父のような優しい父親を愛さないなんてことはあり得ない。彼に私達のひどく間違った結婚の当然の成り行きを見せないで済ますことは出来ないものかしら? どうして彼はそれを未然に防げなかったのでしょう? 彼が私達のためにそこまで考えるのは無理だったのかしら? 今では私もそれを理解しています。彼は私達と同じように苦しんでいます。でも、それだからと言って私達に何が出来るんですか? 彼を慰める! 私達には何一つ彼を慰めるようなことは出来ません。私達の諦めは、私達の非難や不平が彼に悪い影響を与えるよりもっとひどく彼を悲しませることになります。彼は今、人生において何もかもが苦く感じられる、そういう時期に来ているのです」
ウージェーヌは真摯な感情から溢れ出たナイーヴな表現に打たれて、甘美な気分に浸って黙って聞いていた。たとえパリの女性がしばしば偽装し虚飾に酔い利己的に偏り媚態を尽くし冷淡に振舞うことがあるにしても、彼女達がひとたび真に誰かを愛すると、彼女達は間違いなく他所の女性以上に、情熱の前では小さな感傷を潔く犠牲にするのである。彼女達は皆、自分の卑小さから背伸びをする、そして崇高さにまで達するのである。至高の愛の前では彼女達から感傷は隔てられ、彼女達は感傷から距離を置いている。ラスチニャックが打たれたのは、デルフィーヌが自分の感傷は極めて自然だと判断する時に見せた深くて公正な知性だった。しかしニュシンゲン夫人はウージェーヌが沈黙を守っていることに気を悪くした。
「貴方、一体何を考えているの?」彼女が尋ねた。
「僕は貴女が僕に言ってくれたことを、まだ心の中で繰り返し聞いてるんだ。僕は今まで、貴女が僕を愛してくれる以上に、僕が貴女を愛していると思っていた」
彼女は微笑んだ。気持ちはもう彼女が抱いている楽しみの方へ向かっているのだった。会話は礼儀に適っている限り、何処までも自由に解放されているのだ。彼女は若く真摯な愛情が、これほど活き々々と表現されたのをかつて聞いたことがなかった。これ以上もう、どんな言葉も彼女には要らなかった。
「ウージェーヌ」彼女は話題を変えて言った。「ところで貴方は今起こってることを知らないの? パリ中が明日はボーセアン夫人の話で持ちきりよ。ロシュフィード家とダジュダ侯爵は何も言いふらさないように申し合わせてきたのよ。だけど国王が明日、結婚契約に署名するのよ、なのに貴方の気の毒なお従姉さんはまだ何も知らないの。彼女はこれを受け入れざるを得ないでしょう、そして侯爵は彼女の舞踏会には出ないはずよ。皆この意外な出来事のことばかり話してるわ」
「そして社交界は人の不名誉をあざ笑って、そこに浸りきっている! 貴女はまさかボーセアン夫人が死ぬかもしれないとか思ってるんですか?」
「いいえ」デルフィーヌが微笑しながら言った。「貴方はあのタイプのご婦人達のことをご存じないのね。だけど、パリ中の人が彼女のところへ集まってくるわよ。そしてあたしもそこへ行く! そういうこともあるけれど、この幸運は貴方のお陰よ」
「しかし、この馬鹿げた騒ぎというのは、皆がパリ中を走り回って広めたようなもんではありませんか?」
「私達は明日になれば本当のところを知ることになるわよ」
ウージェーヌはメゾン・ヴォーケには帰らなかった。彼は自分の新しいアパルトマンを楽しむという誘惑を断ち切れなかった。前日は真夜中過ぎの一時にデルフィーヌと別れざるを得なかったが、それが今度は、帰宅するために彼と二時頃に別れて帰って行くのはデルフィーヌの方だった。彼は翌日遅くまで寝ていた。正午頃にはニュシンゲン夫人を待っていた。
そして彼女は彼と昼食をとるためにやってきた。若者というのは、こうしたささやかな幸せに飢えているものである。彼はゴリオ爺さんのことをほとんど忘れてしまっていた。彼が馴染まなければならなくなったこの優雅な事共のことごとに慣れることそのものも結構長い楽しい祭りのようなものだった。ニュシンゲン夫人がそこにいる事は、あらゆるものに新しい価値を与える事になった。しかしながら、四時頃、二人の恋人はゴリオ爺さんの事を考えた。幸せの中で、彼がこのマンションに住みにくることを当てにしていた事を思い出したのだった。ウージェーヌは爺さんが病気になってしまっただけに、彼を即刻こちらへ連れてくる必要があると言って、デルフィーヌをおいて、メゾン・ヴォーケへ走っていった。ゴリオ爺さんもビアンションも食卓についていなかった。
「おや!」絵描きが彼に言った。「ゴリオ爺さんは足を痛めたんだ。ビアンションが上で彼の傍にいるよ。爺さんは片方の娘と会ったんだ、レストー伯爵夫人の方だ。それから彼は外出したいと言い出して、そして彼の病気が悪化したんだ。ここの仲間はもうすぐ良き友人を一人失うんじゃないか」
ラスチニャックは階段の方へ飛んでいった。
「まあ! ウージェーヌさん! ウージェーヌさん! 奥さんが貴方をお呼びですよ」シルヴィが叫んだ。

 

- Monsieur, lui dit la veuve, monsieur Goriot et vous, vous deviez sortir le quinze de février. Voici trois jours que le quinze est passé, nous sommes au dix-huit, il faudra me payer un mois pour vous et pour lui, mais, si vous voulez garantir le père Goriot, votre parole me suffira.

- Pourquoi ? n'avez-vous pas confiance ?

- Confiance ! si le bonhomme n'avait plus sa tête et mourait, ses filles ne me donneraient pas un liard, et toute sa défroque ne vaut pas dix francs. Il a emporté ce matin ses derniers couverts, je ne sais pourquoi. Il s'était mis en jeune homme. Dieu me pardonne, je crois qu'il avait du rouge, il m'a paru rajeuni.

- Je réponds de tout, dit Eugène en frissonnant d'horreur et appréhendant une catastrophe.

Il monta chez le père Goriot. Le vieillard gisait sur son lit, et Bianchon était auprès de lui.

- Bonjour, père, lui dit Eugène.

Le bonhomme lui sourit doucement, et répondit en tournant vers lui des yeux vitreux.- Comment va-t-elle ?

- Bien. Et vous ?

- Pas mal.

- Ne le fatigue pas, dit Bianchon en entraînant Eugène dans un coin de la chambre.

- Eh bien ? lui dit Rastignac.

- Il ne peut être sauvé que par un miracle. La congestion séreuse a eu lieu, il a les sinapismes ; heureusement il les sent, ils agissent.

- Peut-on le transporter ?

- Impossible. Il faut le laisser là, lui éviter tout mouvement physique et toute émotion…

Mon bon Bianchon, dit Eugène, nous le soignerons à nous deux.

- J'ai déjà fait venir le médecin en chef de mon hôpital.

- Eh bien ?

- Il prononcera demain soir. Il m'a promis de venir après sa journée. Malheureusement ce fichu bonhomme a commis ce matin une imprudence sur laquelle il ne veut pas s'expliquer. Il est entêté comme une mule. Quand je lui parle, il fait semblant de ne pas entendre, et dort pour ne pas me répondre ou bien, s'il a les yeux ouverts, il se met à geindre. Il est sorti vers le matin, il a été à pied dans Paris, on ne sait où. Il a emporté tout ce qu'il possédait de vaillant, il a été faire quelque sacré trafic pour lequel il a outrepassé ses forces ! Une de ses filles est venue.

- La comtesse ? dit Eugène. Une grande brune, l'oeil vif et bien coupé, joli pied, taille souple ?

- Oui.

- Laisse-moi seul un moment avec lui, dit Rastignac. Je vais le confesser, il me dira tout, à moi.

- Je vais aller dîner pendant ce temps-là. Seulement tâche de ne pas trop l'agiter ; nous avons encore quelque espoir.

- Sois tranquille.

- Elles s'amuseront bien demain, dit le père Goriot à Eugène quand ils furent seuls. Elles vont à un grand bal.

- Qu'avez-vous donc fait ce matin, papa, pour être si souffrant ce soir qu'il vous faille rester au lit ?

- Rien.

- Anastasie est venue ? demanda Rastignac.

- Oui, répondit le père Goriot.

- Eh bien ! ne me cachez rien. Que vous a-t-elle encore demandé ?

- Ah ! reprit-il en rassemblant ses forces pour parler, elle était bien malheureuse, allez, mon enfant ! Nasie n'a pas un sou depuis l'affaire des diamants. Elle avait commandé, pour ce bal, une robe lamée qui doit lui aller comme un bijou. Sa couturière, une infâme, n'a pas voulu lui faire crédit, et sa femme de chambre a payé mille francs en à-compte sur la toilette. Pauvre Nasie, en être venue là ! Ça m'a déchiré le cœur. Mais la femme de chambre, voyant ce Restaud retirer toute sa confiance à Nasie, a eu peur de perdre son argent, et s'entend avec la couturière pour ne livrer la robe que si les mille francs sont rendus. Le bal est demain, la robe est prête, Nasie est au désespoir. Elle a voulu m'emprunter mes couverts pour les engager. Son mari veut qu'elle aille à ce bal pour montrer à tout Paris les diamants qu'on prétend vendus par elle. Peut-elle dire à ce monstre : " Je dois mille francs, payez-les " ? Non. J'ai compris ça, moi. Sa sœur Delphine ira là dans une toilette superbe. Anastasie ne doit pas être au-dessous de sa cadette. Et puis elle est si noyée de larmes, ma pauvre fille ! J'ai été si humilié de n'avoir pas eu douze mille francs hier, que j'aurais donné le reste de ma misérable vie pour racheter ce tort-là. Voyez-vous ? j'avais eu la force de tout supporter, mais mon dernier manque d'argent m'a crevé le cœur. Oh ! oh ! je n'en ai fait ni une ni deux, je me suis rafistolé, requinqué ; j'ai vendu pour six cents francs de couverts et de boucles, puis J'ai engagé, pour un an, mon titre de rente viagère contre quatre cents francs une fois payés, au papa Gobseck. Bah ! je mangerai du pain ! ça me suffisait quand j'étais jeune, ça peut encore aller. Au moins elle aura une belle soirée, ma Nasie. Elle sera pimpante. J'ai le billet de mille francs là sous mon chevet. Ça me réchauffe d'avoir là sous la tête ce qui va faire plaisir à la pauvre Nasie ! Elle pourra mettre sa mauvaise Victoire à la porte. A-t-on vu des domestiques ne pas avoir confiance dans leurs maîtres ! Demain je serai bien, Nasie vient à dix heures. Je ne veux pas qu'elles me croient malade, elles n'iraient point au bal, elles me soigneraient. Nasie m'embrassera demain comme son enfant, ses caresses me guériront. Enfin, n'aurais-je pas dépensé mille francs chez l'apothicaire ? J'aime mieux les donner à mon Guérit.- Tout, à ma Nasie. Je la consolerai dans sa misère, au moins. Ça m'acquitte du tort de m'être fait du viager. Elle est au fond de l'abîme, et moi je ne suis plus assez fort pour l'en tirer. Oh ! je vais me remettre au commerce. J'irai à Odessa pour y acheter du grain. Les blés valent là trois fois moins que les nôtres ne coûtent. Si l'introduction des céréales est défendue en nature, les braves gens qui font les lois n'ont pas songé à prohiber les fabrications dont les blés sont le principe. Hé, hé ! … j'ai trouvé cela, moi, ce matin ! Il y a de beaux coups à faire dans les amidons.

Il est fou, se dit Eugène en regardant le vieillard. Allons, restez en repos, ne parlez pas…

Eugène descendit pour dîner quand Bianchon remonta. Puis tous deux passèrent la nuit à garder le malade à tour de rôle, en s'occupant, l'un à lire ses livres de médecine, l'autre à écrire à sa mère et à ses sœurs. Le lendemain, les symptômes qui se déclarèrent chez le malade furent, suivant Bianchon, d'un favorable augure ; mais ils exigèrent des soins continuels dont les deux étudiants étaient seuls capables, et dans le récit desquels il est impossible de compromettre la pudibonde phraséologie de l'époque. Les sangsues mises sur le corps appauvri du bonhomme furent accompagnées de cataplasmes, de bains de pied, de manœuvres médicales pour lesquelles il fallait d'ailleurs la force et le dévouement des deux jeunes gens. Madame de Restaud ne vint pas ; elle envoya chercher sa somme par un commissionnaire.

- Je croyais qu'elle serait venue elle même. Mais ce n'est pas un mal, elle se serait inquiétée, dit le père en paraissant heureux de cette circonstance.

A sept heures du soir, Thérèse vint apporter une lettre de Delphine.

" Que faites-vous donc, mon ami ? A peine aimée, serais-je déjà négligée ? Vous m'avez montré, dans ces confidences versées de cœur à cœur, une trop belle âme pour n'être pas de ceux qui restent toujours fidèles en voyant combien les sentiments ont de nuances. Comme vous l'avez dit en écoutant la prière de Mosé : "Pour les uns c'est une même note, pour les autres c'est l'infini de la musique !" Songez que je vous attends ce soir pour aller au bal de madame de Beauséant. Décidément le contrat de monsieur d'Ajuda a été signé ce matin à la cour, et la pauvre vicomtesse ne l'a su qu'à deux heures.

Tout Paris va se porter chez elle, comme le peuple encombre la Grève quand il doit y avoir une exécution. N'est-ce pas horrible d'aller voir si cette femme cachera sa douleur, si elle saura bien mourir ? je n'irais certes pas, mon ami, si j'avais été déjà chez elle ; mais elle ne recevra plus sans doute, et tous les efforts que j'ai faits seraient superflus. Ma situation est bien différente de celle des autres. D'ailleurs, j'y vais pour vous aussi. Je vous attends. Si vous n'étiez pas près de moi dans deux heures, je ne sais si je vous pardonnerais cette félonie. Rastignac prit une plume et répondit ainsi :

J'attends un médecin pour savoir si votre père doit vivre encore. Il est mourant. J'irai vous porter l'arrêt, et j'ai peur que ce ne soit un arrêt de mort. Vous verrez si vous pouvez aller au bal. Mille tendresses. "

Le médecin vint à huit heures et demie, et, sans donner un avis favorable, il ne pensa pas que la mort dût être imminente. Il annonça des mieux et des rechutes alternatives d'où dépendraient la vie et la raison du bonhomme.

- Il vaudrait mieux qu'il mourût promptement, fut le dernier mot du docteur.

Eugène confia le père Goriot aux soins de Bianchon, et partit pour aller porter à madame de Nucingen les tristes nouvelles qui, dans son esprit encore imbu des devoirs de famille, devaient suspendre toute joie.

- Dites-lui qu'elle s'amuse tout de même, lui cria le père Goriot qui paraissait assoupi, mais qui se dressa sur son séant au moment où Rastignac sortit.

Le jeune homme se présenta navré de douleur à Delphine, et la trouva coiffée, chaussée, n'ayant plus que sa robe de bal à mettre. Mais, semblables aux coups de pinceau par lesquels les peintres achèvent leurs tableaux, les derniers apprêts voulaient plus de temps que n'en demandait le fond même de la toile.

- Eh quoi, vous n'êtes pas habillé ? dit-elle.

- Mais, madame, votre père…

- Encore mon père, s'écria-t-elle en l'interrompant. Mais vous ne m'apprendrez pas ce que je dois à mon père. Je connais mon père depuis longtemps. Pas un mot, Eugène. Je ne vous écouterai que quand vous aurez fait votre toilette. Thérèse a tout préparé chez vous ; ma voiture est prête, prenez-là revenez. Nous causerons de mon père en allant au bal. Il faut partir de bonne heure ; si nous sommes pris dans la file des voitures, nous serons bien heureux de faire notre entrée à onze heures.

- Madame !

- Allez ! pas un mot, dit-elle courant dans son boudoir pour y prendre un collier.

- Mais allez donc, monsieur Eugène, vous tâcherez madame, dit Thérèse en poussant le jeune homme épouvanté de cet élégant parricide.

 

「貴方」寡婦が言った。「ゴリオさんと貴方、貴方達は二月十五日には、ここを出てゆく事になってるんです。ところが十五日を過ぎて三日になります。もう十八日なんですよ。貴方と彼は一か月分を私に払わなければなりません、だけど、もし貴方がゴリオ爺さんの分も保証してくれるんなら、貴方の言葉だけで十分ですよ」
「どういうことですか? 貴女は彼を信用していないんですか?」
「信用! もし爺さんが意識を回復しないで死んでしまったら、彼の娘達はあたしにはびた一文も払いはしないわ、で、彼の古着全部売っても一〇フランにもならないわ。彼は今朝、彼が最後まで持っていた食器セットを持ち去ったわ、あたしにはどうしてだか分からない。彼は若者のようにめかしこんでいたの。思い切って言うと、あたしは彼が頬紅をつけてたと思うの、あたしには彼が若返ったように見えたわ」
「僕は後でみんなご返事します」ウージェーヌはそう言って恐ろしさに震えた、そして破局が近いことを理解した。
彼はゴリオ爺さんの部屋へ上がっていった。老人はベッドに横たわっていた。そしてビアンションが彼の脇にいた。
「こんにちは、お父さん」ウージェーヌが言った。
爺さんは彼に優しく微笑んで、彼の方に輝きの消えた目を向けながら答えた。「彼女のご機嫌はどうかね?」
「いいですよ、で、貴方は?」
「悪くない」
「彼を疲れさせないようにな」ビアンションはウージェーヌを部屋の隅に引っ張って行って言った。
「えっそうかい?」
「彼はもう奇跡でも起こらない限り助からない。漿液性の充血があったんだ。芥子泥療法をとってるんだが、上手い具合に彼は反応してるし効き目があるようだ」
「彼を移動させることは出来るか?」
「無理だ。彼はあそこに置いておくしかない。彼にとって肉体的動きや強い感動も総て避けなければならない……」
「おいビアンションよ」ウージェーヌが言った。「僕達が二人の家で彼の看護をしたいんだが」
「僕はもう病院の主任の医者を来させてるんだよ」
「それで、どうなんだ?」
「彼が言うには、明日の夜までだ。彼は日中の仕事が終わったら来ると約束してくれた。悪いことに今朝、このすっかり弱った爺さんが軽率なことをしたんだが、彼は僕に説明したくないらしいんだ。彼はひどく頑固なんだ。僕が彼に話しかけると、彼は聞いてない振りをするんだ、そして僕に返事しないために眠ってしまうんだ。あるいは、彼が目を開けていたとすると、彼はうめき始めるんだ。彼は午前中外へ行ってた。パリのどこかへ歩いて行ったんだが、何処へ行ったのかは誰も知らない。彼は頑張って持ち続けてきたものを全部運び去ったんだ。彼は何かとんでもない努力をしてしまったはずなんだ。そのせいで、彼の力の限界を越えてしまった! 彼の娘の一人が来てたよ」
「伯爵夫人かい?」ウージェーヌが言った。「背が高くて褐色の肌、目はきらきらしてて綺麗に髪をカットしている、脚がすらっとしていて、しなやかなボディの女だったろう?」
「そうだよ」
「僕と彼と暫く二人だけにしてくれないか」ラスチニャックが言った。「僕が彼に白状させる。彼は僕に何でも話すと思う、多分僕にだけは」
「僕はその間に夕食に行ってるよ。ただ、彼にあまり興奮させないように気をつけてくれ。僕達はまだ幾らかの希望は持ってるんだ」
「任せてくれ」
「彼女達は明日が楽しみだね」二人だけになった時、ゴリオ爺さんがウージェーヌに話しかけた。「彼女達が同じ大舞踏会に行くんだ」
「貴方は今朝一体何をなさってたんですか、パパ、そんなに夜になってベッドから動けないほどひどく身体を痛めてしまうなんて?」
「別に何も」
「アナスタジーが来たんですって?」ラスチニャックが尋ねた。
「うむ」ゴリオ爺さんが答えた。
「さあ! 僕には隠し事なしにしましょう。彼女がまた何を貴方に頼んだんですか?」
「ああ!」彼は話すために彼の力を結集して答えた。「彼女はひどく不幸せなんだよ、なあ、そうだろ! ナジーはダイヤモンドの件以来、びた一文持ち合わせもないんだ。彼女は今度の舞踏会用に金刺繍入りのドレスが要るんだ。それは彼女にとって宝石同様に欠かせないものなんだよ。彼女の仕立て屋、とても嫌な女だがね、こいつが彼女に信用売りするのを嫌がってね、で、彼女の小間使いが化粧品代の内金として千フランを支払ったんだ。可哀想なナジー、そんなことになるなんて! 私は胸が張り裂けそうだ。だがこの小間使いは、あのレストーがナジーに対する信用を全部取り下げてしまうのを見て、自分の金を失くすのが心配になって、仕立て屋とぐるになって、もし千フランを返してくれるならドレスの引渡しはしなくてもいいことにしてしまったんだ。舞踏会は明日だ、ドレスも準備出来ている。ナジーはすっかり絶望している。彼女は私から食器一式を借りて担保にしようと思ったんだ。彼女の夫は彼女がその舞踏会に行って、皆が彼女によって売られたと言い張っているダイヤモンドをパリ中の人に見せびらかして欲しいと思ってるんだ。この人でなしに彼女はこんなこと言えるかね。『私は千フラン要るんです、どうぞ私に下さい』なんてことを? いいや、私はそんなこと分かってる、私には。妹のデルフィーヌは素晴らしく着飾って、そこに行くことだろう。アナスタジーとしては妹にひけをとるわけにはいかないんだよ。それで、彼女はすっかり涙にくれているわけだ、私の哀れな娘よ! 私は昨日一二〇〇〇フランを持っていなくて非常に屈辱的な思いをした。そこで、その時、彼女にしてやれなかったことへの償いのために、私の惨めな残りの人生を総て彼女にやったんだ。お分かりでしょう? 私には全部持ってゆくだけの力が残っていた。しかし、私の最終的な金不足が私の心を引き裂いた。おー! おー! 私にはひとつとして出来ることがないんだ。私はとりあえず体に応急処置をして立ち直った。私は食器一式と金の金具を六〇〇フランで売った。それから、期間一年の契約で私の終身年金証書を四〇〇フラン一括払いで質入した、ゴプセックの爺さんの店だ。なあに! パンくらい食ってゆけるだろう! 若い頃はそんなもの何でもなかった、今度も何とかいけるだろう。少なくとも彼女は素敵な夜会に行けるんだ、私のナジー。彼女は粋なもんだろう。私は千フラン札をあそこ、私の枕の下に置いてるんだ。あそこ、頭の下に可哀想なナジーを喜ばせるものを置いてることが、私の心を何とも暖かくしてくれるんだよ。彼女は意地悪な召使いヴィクトワールを追い出すことだって出来るんだ。あいつほど自分達の主婦に対して好き勝手な召使いなんて見たことないよ! 明日になれば私は良くなるだろう。ナジーは十時にここへ来る。私は彼女達に私の病気を知られたくない。彼女達二人とも舞踏会に行かなくなるだろ、彼女達は私のことで気を遣ってしまうだろ。ナジーは明日になれば、私を子供のように抱いてくれるだろう、彼女の愛撫で私は治っちまうさ。しかし、私は薬屋に千フランくらいは払うことになるのかな? 私は金を私の万能薬、ナジーに払ってやりたいんだが。そうしたら私は彼女が惨めな思いをしていても、少しは彼女を慰めることが出来るんだ。それで、私は自分に終身年金を掛け続けて迷惑をかけてはいかんと思って解約したわけだ。彼女は深い淵の底に沈んでいる。それなのに私ときたら、もう彼女をそこから引き上げてやるほどの力はない。あー! 私はまた商売に戻れたらと思うんだが、そして、オデッサに穀物の買い付けに行きたい。小麦がそこではわが国の三分の一の値段しかしないんだ。たとえ穀物の輸入が原産物では禁止されていても、法律を決めるお堅い連中は加工品を禁止することまでは考えてないんだ、しかもこの分野では小麦が主力品なんだよ。ねえ!……私はこれを考えついた、今朝、私の頭に浮かんだ! 澱粉を扱う商売なら上手くいきそうだよ」
「彼は狂ってる」老人を見つめながらウージェーヌは思った。「さあ、休んでた方がいいですよ、もうしゃべらないで……」
ビアンションが戻ってきたので、ウージェーヌは夕食のため階下へ行った。その後は二人で代わる代わる病人を見守り、合間に一人は持ってきた医学書を読み、片方は母と妹に手紙を書いたり等して夜を過ごした。翌朝、病人に現れる徴候が、ビアンションの言に従えば、好ましい徴候に見えた。しかし容態は引き続き看護を必要としており、それをやるのは二人の学生しかいなかった。その模様は現代風の婉曲的な語り口では間に合わないので、生々しい直接的表現を使わざるを得ない。爺さんの衰えた身体に蛭療法が行われ、続いて湿布剤、足湯、更に二人の若者の力と献身なくしてはなし得ない医学的措置がとられた。レストー夫人は来なかった。彼女は使いを寄越して彼女のお金を取っていった。
「私は彼女自身が来るものと思っていた。だが、かえってこれでよかった。彼女に心配させるところだったよ」父親はそう言って、こうなったことを喜んでいるように見えた。
晩の七時にテレーズがデルフィーヌの手紙を持ってきた。
〈貴方は一体何をなさってるの? ほとんど愛されることもなく、私はもう飽きられてしまったの? 貴方はこの心から心へ溢れ出した打ち明け話の中で、感情には如何に多くの微妙な違いがあるかを見知った時、いつでも忠実であり続ける人間でいるには余りにも綺麗過ぎるその魂を、まだこの私にお示しくださいませんのね。ちょうど貴方がオペラの中で、モーゼの次のような言葉を聞いた時おっしゃいましたわね。『ある者にとって、それは普通の言葉の響きだが、別の者にとっては、それは音楽の無限そのものだ!』どうぞ、ボーセアン夫人の舞踏会に行きたくて、貴方を待っている私のことを考えてください。ダジュダ氏の誓約書は確かに今朝、裁判所で署名されています。そして気の毒な子爵夫人は二時までそのことを知らなかったのです。パリ中の人が彼女の家へ集まってくるわ、だって民衆は死刑執行があると、ピケを張って大混雑をさせるものでしょ。あの貴婦人が悲しみを隠し通せるのか、彼女は見事な最期を遂げて見せるのか、それを見に行くって恐ろしいことじゃありませんか? 私はきっと行かないと思います、そうよ、もし私が一度でも彼女の邸へ行ったことがあればね。だけど、彼女が今後招待することは絶対になくて、私がこれまでやってきた努力は全て無駄になるというわけ。私の場合は他の人達のそれとは全然違うのです。それとは別に、私は貴方のためにもそこへ行くつもりです。私は貴方をお待ちしています。もし二時間以内に貴方が私の傍へいらっしゃらないなら、私は貴方の裏切りを許せないでしょう〉
ラスチニャックはペンを執ると次のように返事を書いた。
〈僕は医者から、貴女のお父さんがまだ生きておられるかどうかを聞くために待ってるところです。彼は危篤です。僕は貴女に診断結果を知らせに行きますが、僕はそれが死亡宣告でないことを祈っています。貴女には、貴女が舞踏会に行けるかどうか、お分かりのことと思います〉
医者が八時半に来て、希望的見解は述べなかったが、死が非常に迫っているとは考えていないと言った。彼は回復と逆戻りが交互に来て、そのうちに爺さんの命と理性が下降してゆくだろうと告げた。
「彼はこのまま亡くなってしまう方が楽でしょうな」医者は最後にこう言った。
ウージェーヌはビアンションが見守る中でゴリオ爺さんと内密の話をした。それから悲しい報せを持って、ニュシンゲン夫人に知らせるべく下宿を出た。その時の彼の心は家族としての義務感がしみ込んでいたので、この報せで楽しみなどは総て中止されるものと思っていた。
「ねえ、彼女にはいつも通り楽しんでくるように言ってくださいよ」ラスチニャックが出てゆく時、それまでうとうとしているように見えたゴリオ爺さんが起き上がって坐った姿勢で彼に向かって叫んだ。
若者は悲嘆に暮れた様子でデルフィーヌの家に現れた。彼女は帽子を被り、靴を履き、後は舞踏会のためのドレスを着るばかりになっていた。しかし、画家が絵を仕上げようとする最後の一筆にも似て、最後の支度が絵の基本部分に要した以上の時間を費やさせていた。
「あら何、貴方まだ着替えてないの?」彼女が尋ねた。
「しかし奥さん、貴女のお父様が……」
「また私の父のこと」彼女は彼の話を遮って叫んだ。「だけど貴方はあたしが父に対して何をすべきなのか教えてくれないじゃないの。あたしはずっと長い間、父を知ってるわ。とても一言では言えない、ウージェーヌ。あたしは貴方が身支度を整えるまでは貴方の言うことなんて聞かない。テレーズが貴方の家の方で皆整えてるわ。私の馬車も待ってる。その馬車で行って戻ってくるのよ。私達、舞踏会へ行く道のりで、父のことを話しましょ。私達早めに出なきゃいけないわ。馬車の混雑に巻き込まれたりしたら、私達十一時に辿り着けるかどうかになってしまうわ」
「奥さん!」
「さあ! もう言わないで」彼女はそう言うと首飾りを着けるため閨房に駆け込んでいった。
「さあ、それじゃ行きましょう、ウージェーヌさん、奥さんを怒らせちゃいますよ」テレーズはそう言って、この優美な親殺しに呆然とした若者を押していった。

 

Il alla s'habiller en faisant les plus tristes, les plus décourageantes réflexions. Il voyait le monde comme un océan de boue dans lequel un homme se plongeait jusqu'au cou, s'il y trempait le pied.- Il ne s'y commet que des crimes mesquins ! se dit-il. Vautrin est plus grand. Il avait vu les trois grandes expressions de la société : l'obéissance, la Lutte et la Révolte ; la Famille, le Monde et Vautrin. Et il n'osait prendre parti. L'Obéissance était ennuyeuse, la Révolte impossible, et la Lutte incertaine. Sa pensée le reporta au sein de sa famille. Il se souvint des pures émotions de cette vie calme, il se rappela les jours passés au milieu des êtres dont il était chéri. En se conformant aux lois naturelles du foyer domestique, ces chères créatures y trouvaient un bonheur plein, continu, sans angoisses. Malgré ces bonnes pensées, il ne se sentit pas le courage de venir confesser la foi des âmes pures à Delphine, en lui ordonnant la Vertu au nom de l'Amour. Déjà son éducation commencée avait porté ses fruits. Il aimait égoïstement déjà. Son tact lui avait permis de reconnaître la nature du cœur de Delphine. Il pressentait qu'elle était capable de marcher sur le corps de son père pour aller au bal, et il n'avait ni la force de jouer le rôle d'un raisonneur, ni le courage de lui déplaire, ni la vertu de la quitter. " Elle ne me pardonnerait jamais d'avoir eu raison contre elle dans cette circonstance ", se dit-il. Puis il commenta les paroles des médecins, il se plut à penser que le père Goriot n'était pas aussi dangereusement malade qu'il le croyait ; enfin, il entassa des raisonnements assassins pour justifier Delphine. Elle ne connaissait pas l'état dans lequel était son père. Le bonhomme lui-même la renverrait au bal, si elle l'allait voir. Souvent la loi sociale implacable dans sa formule, condamne là où le crime apparent est excusé par les innombrables modifications qu'introduisent au sein des familles la différence des caractères, la diversité des intérêts et des situations. Eugène voulait se tromper lui-même, il était prêt à faire à sa maîtresse le sacrifice de sa conscience. Depuis deux jours, tout était changé dans sa vie. La femme y avait jeté ses désordres, elle avait fait pâlir la famille, elle avait tout confisqué à son profit. Rastignac et Delphine s'étaient rencontrés dans les conditions voulues pour éprouver l'un par l'autre les plus vives jouissances. Leur passion bien préparée avait grandi par ce qui tue les passions, par la jouissance. En possédant cette femme, Eugène s'aperçut que jusqu'alors il ne l'avait que désirée, il ne l'aima qu'au lendemain du bonheur : l'amour n'est peut-être que la reconnaissance du plaisir. Infâme ou sublime, il adorait cette femme pour les voluptés qu'il lui avait apportées en dot, et pour toutes celles qu'il en avait reçues ; de même que Delphine aimait Rastignac autant que Tantale aurait aimé l'ange qui serait venu satisfaire sa faim, ou étancher la soif de son gosier desséché.

- Eh bien ! comment va mon père ? lui dit madame de Nucingen quand il fut de retour et en costume de bal.

- Extrêmement mal, répondit-il, si vous voulez me donner une preuve de votre affection, nous courrons le voir.

- Eh bien, oui, dit-elle, mais après le bal. Mon bon Eugène, sois gentil, ne me fais pas de morale, viens.

Ils partirent. Eugène resta silencieux pendant une partie du chemin.

- Qu'avez-vous donc ? dit-elle.

- J'entends le râle de votre père, répondit-il avec l'accent de la fâcherie. Et il se mit à raconter avec la chaleureuse éloquence du jeune âge la féroce action à laquelle madame de Restaud avait été poussée par la vanité, la crise mortelle que le dernier dévouement du père avait déterminée, et ce que coûterait la robe lamée d'Anastasie. Delphine pleurait.

- Je vais être laide, pensa-t-elle. Ses larmes se séchèrent. J'irai garder mon père, je ne quitterai pas son chevet, reprit-elle.

- Ah ! te voilà comme je te voulais, s'écria Rastignac.

Les lanternes de cinq cents voitures éclairaient les abords de l'hôtel de Beauséant. De chaque côté de la porte illuminée piaffait un gendarme. Le grand monde affluait si abondamment, et chacun mettait tant d'empressement à voir cette grande femme au moment de sa chute, que les appartements, situés au rez-de-chaussée de l'hôtel, étaient déjà pleins quand madame de Nucingen et Rastignac s'y présentèrent. Depuis le moment où toute la cour se rua chez la grande Mademoiselle à qui Louis XIV arrachait son amant, nul désastre de cœur ne fut plus éclatant que ne l'était celui de madame de Beauséant. En cette circonstance, la dernière fille de la quasi royale maison de Bourgogne se montra supérieure à son mal, et domina jusqu'à son dernier moment le monde dont elle n'avait accepté les vanités que pour les faire servir au triomphe de sa passion. Les plus belles femmes de Paris animaient les salons de leurs toilettes et de leurs sourires. Les hommes les plus distingués de la cour, les ambassadeurs, les ministres, les gens illustrés en tout genre, chamarrés de croix, de plaques, de cordons multicolores, se pressaient autour de la vicomtesse. L'orchestre faisait résonner les motifs de sa musique sous les lambris dorés de ce palais, désert pour sa reine. Madame de Beauséant se tenait debout devant son premier salon pour recevoir ses prétendus amis. Vêtue de blanc, sans aucun ornement dans ses cheveux simplement nattés, elle semblait calme, et n'affichait ni douleur, ni fierté, ni fausse joie. Personne ne pouvait lire dans son âme. Vous eussiez dit d'une Niobé de marbre. Son sourire à ses intimes amis fut parfois railleur ; mais elle parut à tous semblable à elle-même, et se montra si bien ce qu'elle était quand le bonheur la parait de ses rayons, que les plus insensibles l'admirèrent, comme les jeunes Romaines applaudissaient le gladiateur qui savait sourire en expirant. Le monde semblait s'être paré pour faire ses adieux à l'une de ses souveraines.

- Je tremblais que vous ne vinssiez pas, dit-elle à Rastignac.

- Madame, répondit-il d'une voix émue en prenant ce mot pour un reproche, je suis venu pour rester le dernier.

- Bien, dit-elle en lui prenant la main. Vous êtes peut-être ici le seul auquel je puisse me fier. Mon ami, aimez une femme que vous puissiez aimer toujours. N'en abandonnez aucune.

Elle prit le bras de Rastignac et le mena sur un canapé, dans le salon où l'on jouait.

- Allez, lui dit-elle, chez le marquis. Jacques, mon valet de chambre, vous y conduira et vous remettra une lettre pour lui. Je lui demande ma correspondance. Il vous la remettra tout entière, j'aime à le croire. Si vous avez mes lettres, montez dans ma chambre. On me préviendra.

Elle se leva pour aller au-devant de la duchesse de Langeais, sa meilleure amie, qui venait aussi. Rastignac partit, fit demander le marquis d'Ajuda à l'hôtel de Rochefide, où il devait passer la soirée, et où il le trouva. Le marquis l'emmena chez lui, remit une boîte à l'étudiant, et lui dit : " Elles y sont toutes. " Il parut vouloir parler à Eugène, soit pour le questionner sur les événements du bal et sur la vicomtesse, soit pour lui avouer que déjà peut-être il était au désespoir de son mariage, comme il le fut plus tard ; mais un éclair d'orgueil brilla dans ses yeux, et il eut le déplorable courage de garder le secret sur ses plus nobles sentiments. " Ne lui dites rien de moi, mon cher Eugène. " Il pressa la main de Rastignac par un mouvement affectueusement triste, et lui fit signe de partir. Eugène revint à l'hôtel de Beauséant, et fut introduit dans la chambre de la vicomtesse, où il vit les apprêts d'un départ. Il s'assit auprès du feu, regarda la cassette en cèdre, et tomba dans une profonde mélancolie. Pour lui, madame de Beauséant avait les proportions des déesses de l'Iliade.

- Ah ! mon ami, dit la vicomtesse en entrant et appuyant sa main sur l'épaule de Rastignac.

Il aperçut sa cousine en pleurs, les yeux levés, une main tremblante, l'autre levée. Elle prit tout à coup la boîte, la plaça dans le feu et la vit brûler.

- Ils dansent ! ils sont venus tous bien exactement, tandis que la mort viendra tard. Chut ! mon ami, dit-elle en mettant un doigt sur la bouche de Rastignac prêt à parler. Je ne verrai plus jamais ni Paris ni le monde. A cinq heures du matin, je vais partir pour aller m'ensevelir au fond de la Normandie. Depuis trois heures après midi, j'ai été obligée de faire mes préparatifs, signer des actes, voir à des affaires ; je ne pouvais envoyer personne chez… Elle s'arrêta. Il était sûr qu'on le trouverait chez… Elle s'arrêta encore, accablée de douleur. En ces moments tout est souffrance, et certains mots sont impossibles à prononcer.- Enfin, reprit-elle, je comptais sur vous ce soir pour ce dernier service. Je voudrais vous donner un gage de mon amitié. je penserai souvent à vous, qui m'avez paru bon et noble, jeune et candide au milieu de ce monde où ces qualités sont si rares. Je souhaite que vous songiez quelquefois à moi. Tenez, dit-elle en jetant les yeux autour d'elle, voici le coffret où je mettais mes gants. Toutes les fois que j'en ai pris avant d'aller au bal ou au spectacle, je me sentais belle, parce que j'étais heureuse, et je n'y touchais que pour y laisser quelque pensée gracieuse : il y a beaucoup de moi là-dedans, il y a toute une madame de Beauséant qui n'est plus. Acceptez-le. J'aurai soin qu'on le porte chez vous, rue d'Artois. Madame de Nucingen est fort bien ce soir, aimez-la bien. Si nous ne nous voyons plus, mon ami, soyez sûr que je ferai des vœux pour vous, qui avez été bon pour moi. Descendons, je ne veux pas leur laisser croire que je pleure. J'ai l'éternité devant moi, j'y serai seule, et personne ne m'y demandera compte de mes larmes. Encore un regard à cette chambre. Elle s'arrêta. Puis, après s'être un moment caché les yeux avec sa main, elle se les essuya, les baigna d'eau fraîche, et prit le bras de l'étudiant.- Marchons ! dit-elle.

Rastignac n'avait pas encore senti d'émotion aussi violente que fut le contact de cette douleur si noblement contenue. En rentrant dans le bal, Eugène en fit le tour avec madame de Beauséant, dernière et délicate attention de cette gracieuse femme. Bientôt il aperçut les deux sœurs, madame de Restaud et madame de Nucingen. La comtesse était magnifique avec tous ses diamants étalés, qui, pour elle, étaient brûlants sans doute, elle les portait pour la dernière fois. Quelque puissants que fussent son orgueil et son amour, elle ne soutenait pas bien les regards de son mari. Ce spectacle n'était pas de nature à rendre les pensées de Rastignac moins tristes. Il revit alors, sous les diamants des deux sœurs, le grabat sur lequel gisait le père Goriot. Son attitude mélancolique ayant trompé la vicomtesse, elle lui retira son bras.

- Allez ! je ne veux pas vous coûter un plaisir, dit-elle.

Eugène fut bientôt réclamé par Delphine, heureuse de l'effet qu'elle produisait, et jalouse de mettre aux pieds de l'étudiant les hommages qu'elle recueillait dans ce monde, où elle espérait être adoptée.

- Comment trouvez-vous Nasie ? lui dit-elle.

彼はとても悲しく意気消沈した思いのまま服装を整えに行った。彼はまるで汚泥の海のような社交界を目の当たりにした。そこに足を踏み入れたとたんに、人は皆そこで首まで浸かってしまうだろう。「卑しい犯罪の他に何があるんだ!」彼は思った。「ヴォートランの方がよほど立派だ」彼はその時、社会に存在する三つの偉大な理念を見て取った。忍従、闘争、そして反逆。それらを具象化したものが家族、社交界、そしてヴォートラン。しかし彼はあえて今、態度を決めようとは思わなかった。忍従は退屈だ、反逆は不可能だ、そして闘争は不確かだ。彼の思いは彼を家族の中に戻していた。彼は誰よりも自分を愛してくれた人達の中で過ぎて行った日々を思い出した。家族の団欒の自然の法則に順応していれば、可愛い子供達はそこで溢れるばかりのいつまでも変わらない幸せを見出し、何の苦悩もなく過ごせる。彼は正しい思考をしたにもかかわらず、デルフィーヌに向かって、純粋な魂の信念をはっきり宣言し、彼女にも愛の名において美徳を求めるという勇気が湧いてこないのだった。既に彼が受け始めた教育は彼に果実をもたらしていた。彼は今はもう利己主義を愛していた。彼の如才なさは、デルフィーヌの心の自然さを認めることを既に自分に許していた。彼は彼女が舞踏会に行くために父の身体を乗り越えることさえはばからないだろうことを察した。その上で、彼は条理を諭す役目を演じる力もなく、彼女に不快な思いをさせる勇気もなく、彼女と別れるだけの美徳もなかった。「彼女はこの状況の中で、彼女に対立する考えを持ったことで、僕を決して許してくれないだろう」彼はそう思った。そして彼は医者が言った言葉に注釈をつけてみた。「医者達はゴリオ爺さんが彼等が考えていたほどには危険な病状でなかったという判断に傾いていたんだ」結局、彼はデルフィーヌを正当化するために人殺しの理屈を積み重ねていたのだ。「彼女は父親がどんな状態であるかを知らないんだ。それに爺さん自身が、もし彼女が彼に会いに来たら、彼女を舞踏会に送り返すだろう」社会の法は公式には斟酌の余地など残していないはずだが、実地では、罪が明白であっても、家族間に存在する性格の違いや関心や立場の多様性を考慮し、無数に変形した理由をつけて、無罪判決を下すことがしばしばあるのだ。ウージェーヌは自分自身を欺きたいと思った。彼は彼の女主人のために自分の良心を犠牲にしたいと思った。この二日間で彼の人生の総てが変わった。この女性は自分のごたごたをこちらへ放り込んできた。お陰であれほど深かった彼の家族への思いやりも薄れ、彼の行為においては総て彼女の利益が優先されることとなってしまった。だがラスチニャックとデルフィーヌはお互いに最も激しく快楽を享受するには絶好の条件下で巡り会ったともいえた。彼等の十分に準備されていた情熱は、多くは情熱を殺してしまうもの、すなわち快楽の所有によって更に大きくなった。この女性を自分のものにして初めて、ウージェーヌはその時に至るまで自分は彼女を欲していただけだったこと、翌朝の幸せに包まれて真に彼女を愛することが出来たことを知った。愛とは多分、喜びを知ることに過ぎない。汚らわしかろうと崇高であろうと、彼はこの女性に火をつけ持参金代わりに彼女の肉体を熱愛した。そして快楽をむさぼれば、その味が更に彼の愛を掻き立てた。同様にデルフィーヌもラスチニャックを愛した。それはちょうどタンタロスが彼の空腹を満たすため、あるいは彼の喉の渇きを癒すためにやってきた天使を愛したのと同じことだった。
「さあ! それで、父の具合はどうですか?」彼が舞踏会用に着替えて戻ってきた時、ニュシンゲン夫人が彼に尋ねた。
「とても危ない状態です」彼が答えた。「もし貴女が貴女の愛のしるしを私に見せたいとお思いなら、私達は彼に会いに行きましょう」
「そうねえ! そうしましょう」彼女は答えた。「だけど舞踏会の後よ。ねえウージェーヌ、あなた優しいんだから、私に道徳を押し付けないで、いらっしゃい」
彼等は出発した。ウージェーヌはその道中しばらく黙り込んでいた。
「貴方どうなさったの?」
「私には貴女のお父さんのあえぐ声が聞こえるんです」彼は怒りをにじませながら答えた。それから、彼は若者らしい熱のこもった調子で話し始めた。レストー夫人が虚栄心に駆られてやった残忍な行為、父親としての最後の献身が彼を危篤に陥らせたこと、そしてアナスタジーのラメ入り衣装がゴリオに与えた打撃。デルフィーヌは涙を流した。
「私の涙で化粧が落ちてしまいそうだわ」彼女はそう考えた。彼女の涙は直ぐに乾いた。「私は父を助けに行くわ。私は彼の枕元を離れないわ」彼女が言った。
「あー! やっと僕が望んでいたような貴女になったんだね」ラスチニャックが叫んだ。
五百台の馬車のランプがボーセアン邸の周りを明るく照らしていた。光り輝くそれぞれの入り口には騎馬憲兵が跨った馬が盛んに前脚で地面を蹴っていた。上流社会の人々が驚くほど多数押しかけて、そして誰もがこの大貴婦人の凋落する瞬間を見ようとやたらに急いでいたので、邸の一階を占めていたアパルトマンは、ニュシンゲン夫人とラスチニャックがそこへ姿を現した時には既に人で溢れていた。ルイ十四世がかの有名なモンパンシェ嬢[100]から恋人を奪い去ったときに宮廷人たちが彼女の邸に押し寄せたあの時以来、今回のボーセアン夫人が味わったほど激しい心の痛みが人々の耳目を集めたことはなかった。このような状況で、ブルゴーニュの王族に近い家柄の末娘は彼女に起こった災厄を克服する能力を見せつけて、最後の瞬間まで社交界に君臨し続けた。そこにおいて彼女は見栄を張れば自分の情熱の勝利をアピールするくらいのことは出来たであろうけれど、それを拒否した。パリで指折りの美しい貴婦人達は彼女達の化粧と微笑でサロンを彩っていた。宮廷で殊に際立った存在の男達、大使、閣僚、あらゆるジャンルの秀でた人々が勲章、バッジ、色とりどりのリボンで自分を飾り立てて、子爵夫人の周りにひしめいていた。オーケストラは女王にとって既に空しくなったこの宮殿の豪華な装飾の下で主題曲を鳴り響かせていた。ボーセアン夫人は第一広間の前に立って、彼女のいわゆる友人達を出迎えていた。白いドレスを着て、髪を質素に結っただけで何の髪飾りも付けず、彼女は静かで、悲しみも自尊心も偽りの喜びも見せることはなかった。誰も彼女の心の中を読むことは出来なかった。たとえて言うならば、彼女は大理石のニオベ[101]のようだった。親しい友人に対する彼女の微笑は時には冷やかしの笑みだった。しかしながら、彼女は全く彼女に似つかわしく彼女そのものに見えたし、かつて幸福を独り占めにしているとさえ思われた頃、彼女がそうであったように実に見事に振舞っていたので、かつて若いローマの婦人達が、死の間際でも微笑んで見せた剣闘士に拍手を送ったように、鈍感極まる人ですら今夜の彼女には感嘆していた。社交界は一人の女王に別れを告げる準備を整え終わったように見えた。
「貴方が来ないのじゃないかと、私とっても心配だったの」彼女がラスチニャックに言った。
「奥様」彼はその言葉をある種の非難と捉えて、感情を込めた声音で答えた。「私は最後の一人として残る積りで参りました」
「よかったわ」彼女は彼の手を取りながら言った。「貴方は多分ここで私が当てに出来る唯一人の人だわ。ねえ、貴方はいつまでも愛せる女性一人を愛してね。誰かを棄てるようなことはしないのよ」
彼女はラスチニャックの腕を取ると、人々がカードに興じている部屋のソファーに連れて行った。
「侯爵の家に行って下さい」彼女が彼に言った。「私共の召使のジャックが貴方をそこまで案内しますわ。ですから、貴方は彼に手紙を渡して頂きたいのです。私は彼に私のこれまでの手紙を返してくれるように要求しています。彼は貴方に私の手紙を総て返してくれることでしょう。私はそう信じています。もし貴方が私の手紙を返してもらったら、戻って私の寝室に上がって下さい。私には誰かが知らせてくれるでしょう」
彼女はランジェ公爵夫人を迎えるために立ち上がった。彼女の最愛の友がやってきたのだった。ラスチニャックは外に出て、ロシュフィード邸でダジュダ侯爵の所在を尋ねた。侯爵はそこで夜を過ごすために出かけたはずだった。その通りラスチニャックはそこで彼を見つけた。侯爵は学生を自分の家に連れて行った。そして一つの箱を彼に手渡して言った。「この中に総て入っている」彼はウージェーヌに何か話したそうな様子だった。それが舞踏会や子爵夫人のことを彼に訊きたかったのか、それとも彼の結婚の話はやがて明らかになったように、推察するにその時既に絶望的な状態になっていたのを彼に告白したかったのかは分からなかった。いずれにせよ、自負心の輝きが彼の目に宿っていて、彼は自分の一段と高い感情についての内奥を残念なことに隠し通してしまった。「私のことは彼女に何も言わないでくれたまえ、すまないな、ウージェーヌ」彼はラスチニャックの手を情愛深く寂しげな様子で握り締め、別れの挨拶をした。ウージェーヌはボーセアン邸に戻ってきた。そして子爵夫人の寝室に案内されていった。そこに彼が見たものは旅立ちの支度だった。彼は暖炉の前に座ってヒマラヤスギで出来た小箱を眺めていたが、そのうちに深い憂愁に落ち込んでしまった。彼にはボーセアン夫人はイリアドの女神のような大きな存在だったのだ。
「ああ! 戻ってたのね」子爵夫人が入ってきて、ラスチニャックの肩に手を置いて言った。
彼は従姉が泣いているのを知った。目を上げ、片方の手は震えていたが、もう一方の手を挙げていた。彼女は突然小箱をつかみ暖炉の火の中に入れた。そしてそれが燃えるのを見ていた。
「彼等は踊ってる! 彼等は皆きっちり時間通り来たわ、だけど死は遅れてやって来るのね。しっ! 黙って」彼女はそう言うと、喋りかけたラスチニャックの口の上に指を当てた。「私はこれから先、パリにも社交界にも二度と出ません。朝の五時に、私はノルマンディーの奥の方に隠遁生活をするために出発します。午後の三時からずっと、私はその準備のために手を取られていたの、証書に署名したり、身の回り品を見たりね。私は人をやって問い合わせることなんて出来なかった……」彼女は言いよどんだ。「結局、彼が何処にいるのかは、はっきりしてたんだから……」彼女は悲しみに打ちひしがれて再び言いよどんだ。今は何もかもが苦しくて、確信を持って話せる言葉は何もなかったのだ。「結局」ようやく彼女が言った。「今夜のこの最後の宴では、私はすっかり貴方に頼ってしまったわ。私、貴方には何か私の友情の証を差し上げたいと思うの。私は貴方のことをしばしば考えると思うの。貴方は私には感じが良くて気品のある、若くて率直な人に見えたわ。この社交界にあっては貴方の特質はとても貴重なものよ。私は貴方が時にはこの私のことを思ってくれると信じています。どうぞ」彼女は周囲を見回しながら言った。「ほらこの小箱は私の手袋を入れているのよ。私が舞踏会か観劇に行く前は、私はいつもこれを取り出して、自分のことを綺麗だと思った。だって私は幸せだったから。だから、私がこれに触れたのは何となく優雅な物思いにふける時だけだったの。この中には私の思いがいっぱい入っていて、ボーセアン夫人という今はもういない女の総てがここにあるんです。これをお持ち下さい。私は誰にも増してあなたの家、ダルトワ通の方を気にかけることでしょう。今晩のニュシンゲン夫人はとても素敵だわ。あそこへ行って彼女を愛してあげて。もし私達がこれっきりでお会いすることがないとしても、信じてね、私にこんなに尽くしてくれた貴方のことを私はお祈りしています。それは確かなことよ。さあ下へ行きましょう。私は皆に私が泣いているなんて思われたくないの。私の前には長い時間があって、その間わたしは一人ぼっちなの、だから、私の涙なんて誰も見たくないと思うわ」もう一度この寝室を一目見たくて彼女は立ち止まった。それから一瞬手で目を覆った後、それを拭った。そして綺麗な水で目を洗った。それから学生の腕を取った。「さあ行きましょう!」彼女が言った。ラスチニャックはそれまでに、これほどまでに気高く抑制した悲しみに接したことがなかっただけに、かつてないほどの激しい感動に胸を打たれた。舞踏会に戻ってきて、ウージェーヌはボーセアン夫人と共に会場を一回りした。それはこの優美な貴婦人の最後の粋を極めた心遣いだった。
やがて彼は二人の姉妹、レストー夫人とニュシンゲン夫人の姿を認めた。伯爵夫人はダイヤモンドで飾り立てて華麗そのものだった。ダイヤは疑いもなく彼女のために燃えるように輝いていた。彼女はこれが最後のダイヤをつけてきたのだった。いかなる力が彼女の自尊心と愛情を保持してきたのだろうか。しかし彼女は彼女の夫の視線には耐えられなかった。この光景はラスチニャックの思いから少しでも悲しみを和らげてくれるようなものではなかった。あたかも彼がイタリア人連隊長を見るとヴォートランに再会したような気がするように、彼は二人の姉妹がつけているダイヤモンドを見ると、ゴリオ爺さんが横たわっていた粗末なベッドを連想してしまうのだった。彼の憂鬱そうな態度の理由は子爵夫人には分からなかった。彼女は彼の腕を引き寄せた。
「さあさあ! 私は貴方から楽しみを奪う気はないのよ」彼女が言った。
ウージェーヌはやがてデルフィーヌに呼び求められた。彼女は自分が生み出した効果に幸せを感じていたし、彼女が受け入れられるのを期待していた社交界で得ることの出来た賛辞の数々を学生の足元に並べておくことを熱望していたのだった。
「ナジーの様子はどうだった?」彼女が尋ねた。

- Elle a, dit Rastignac, escompté jusqu'à la mort de son père.

Vers quatre heures du matin, la foule des salons commençait à s'éclaircir. Bientôt la musique ne se fit plus entendre. La duchesse de Langeais et Rastignac se trouvèrent seuls dans le grand salon. La vicomtesse, croyant n'y rencontrer que l'étudiant, y vint après avoir dit adieu à monsieur de Beauséant, qui s'alla coucher en lui répétant : " Vous avez tort, ma chère, d'aller vous enfermer à votre âge ! Restez donc avec nous. "

En voyant la duchesse, madame de Beauséant ne put retenir une exclamation.

Je vous ai devinée, Clara, dit madame de Langeais. Vous partez pour ne plus revenir ; mais vous ne partirez pas sans m'avoir entendue et sans que nous nous soyons comprises. Elle prit son amie par le bras, l'emmena dans le salon voisin, et là, la regardant avec des larmes dans les yeux, elle la serra dans ses bras et la baisa sur les joues.

- Je ne veux pas vous quitter froidement, ma chère, ce serait un remords trop lourd. Vous pouvez compter sur moi comme sur vous-même. Vous avez été grande ce soir, je me suis sentie digne de vous, et veux vous le prouver. J'ai eu des torts envers vous, je n'ai pas toujours été bien, pardonnez-moi, ma chère : je désavoue tout ce qui a pu vous blesser, je voudrais reprendre mes paroles. Une même douleur a réuni nos âmes, et je ne sais qui de nous sera la plus malheureuse. Monsieur de Montriveau n'était pas ici ce soir, comprenez-vous ? Qui vous a vue pendant ce bal, Clara, ne vous oubliera jamais. Moi, je tente un dernier effort. Si j'échoue, j'irai dans un couvent ! Où allez-vous, vous ?

- En Normandie, à Courcelles, aimer, prier, jusqu'au jour où Dieu me retirera de ce monde.

- Venez, monsieur de Rastignac, dit la vicomtesse d'une voix émue, en pensant que ce jeune homme attendait. L'étudiant plia le genou, prit la main de sa cousine et la baisa.- Antoinette, adieu ! reprit madame de Beauséant, soyez heureuse. Quant à vous, vous l'êtes, vous êtes jeune, vous pouvez croire à quelque chose, dit-elle à l'étudiant. A mon départ de ce monde, j'aurai eu, comme quelques mourants privilégiés, de religieuses, de sincères émotions autour de moi !

Rastignac s'en alla vers cinq heures, après avoir vu madame de Beauséant dans sa berline de voyage, après avoir reçu son dernier adieu mouillé de larmes qui prouvaient que les personnes les plus élevées ne sont pas mises hors de la loi du cœur et ne vivent pas sans chagrins, comme quelques courtisans du peuple voudraient le lui faire croire. Eugène revint à pied vers la Maison-Vauquer, par un temps humide et froid. Son éducation s'achevait.

- Nous ne sauverons pas le pauvre père Goriot, lui dit Bianchon quand Rastignac entra chez son voisin.

- Mon ami, lui dit Eugène après avoir regardé le vieillard endormi, va, poursuis la destinée modeste à laquelle tu bornes tes désirs. Moi, je suis en enfer, et il faut que j'y reste. Quelque mal que l'on te dise du monde, crois-le ! il n'y a pas de Juvénal qui puisse en peindre l'horreur couverte d'or et de pierreries.

Le lendemain, Rastignac fut éveillé sur les deux heures après midi par Bianchon, qui, forcé de sortir, le pria de garder le père Goriot, dont l'état avait fort empiré pendant la matinée.

- Le bonhomme n'a pas deux jours, n'a peut-être pas six heures à vivre, dit l'élève en médecine, et cependant nous ne pouvons pas cesser de combattre le mal. Il va falloir lui donner des soins coûteux. Nous serons bien ses gardes-malades ; mais je n'ai pas le sou, moi. J'ai retourné ses poches, fouillé ses armoires : zéro au quotient. Je l'ai questionné dans un moment où il avait sa tête, il m'a dit ne pas avoir un liard à lui. Qu'as-tu, toi ?

- Il me reste vingt francs, répondit Rastignac, mais j'irai les jouer, je gagnerai.

- Si tu perds ?

- Je demanderai de l'argent à ses gendres et à ses filles.

- Et s'ils ne t'en donnent pas reprit Bianchon. Le plus pressé dans ce moment n'est pas de trouver de l'argent, il faut envelopper le bonhomme d'un sinapisme bouillant depuis les pieds jusqu'à la moitié des cuisses. S'il crie, il y aura de la ressource. Tu sais comment cela s'arrange. D'ailleurs, Christophe t'aidera. Moi, je passerai chez l'apothicaire répondre de tous les médicaments que nous y prendrons. Il est malheureux que le pauvre homme n'ait pas été transportable à notre hospice, il y aurait été mieux. Allons, viens que je t'installe, et ne le quitte pas que je ne sois revenu.

Les deux jeunes gens entrèrent dans la chambre où gisait le vieillard. Eugène fut effrayé du changement de cette face convulsée, blanche et profondément débile.

- Eh bien, papa ? lui dit-il en se penchant sur le grabat.

Goriot leva sur Eugène des yeux ternes et le regarda fort attentivement sans le reconnaître. L'étudiant ne soutint pas ce spectacle, des larmes humectèrent ses yeux.

- Bianchon, ne faudrait-il pas des rideaux aux fenêtres ?

- Non. Les circonstances atmosphériques ne l'affectent plus. Ce serait trop heureux s'il avait chaud ou froid. Néanmoins il nous faut du feu pour faire les tisanes et préparer bien des choses. Je t'enverrai des Palourdes qui nous serviront jusqu'à ce que nous ayons du bois. Hier et cette nuit, j'ai brûlé le tien et toutes les mottes du pauvre homme. Il faisait humide, l'eau dégouttait des murs. A peine ai-je pu sécher la chambre. Christophe l'a balayée, c'est vraiment une écurie. J'y ai brûlé du genièvre, ça puait trop.

- Mon Dieu ! dit Rastignac, mais ses filles !

- Tiens, s'il demande à boire, tu lui donneras de ceci, dit l'interne en montrant à Rastignac un grand pot blanc. Si tu l'entends se plaindre et que le ventre soit chaud et dur, tu te feras aider par Christophe pour lui administrer… tu sais. S'il avait, par hasard, une grande exaltation, s'il parlait beaucoup, s'il avait enfin un petit brin de démence, laisse-le aller. Ce ne sera pas un mauvais signe. Mais envoie Christophe à l'hospice Cochin. Notre médecin, mon camarade ou moi, nous viendrions lui appliquer des moxas. Nous avons fait ce matin, pendant que tu dormais, une grande consultation avec un élève du docteur Gall, avec un médecin en chef de l'Hôtel-Dieu et le nôtre. Ces messieurs ont cru reconnaître de curieux symptômes, et nous allons suivre les progrès de la maladie, afin de nous éclairer sur plusieurs points scientifiques assez importants. Un de ces messieurs prétend que la pression du sérum, si elle portait plus sur un organe que sur un autre, pourrait développer des faits particuliers. Ecoute-le donc bien, au cas où il parlerait, afin de constater à quel genre d'idées appartiendraient ses discours : si c'est des effets de mémoire, de pénétration, de jugement s'il s'occupe de matérialités, ou de sentiments ; s'il calcule, s'il revient sur le passé ; enfin sois en état de nous faire un rapport exact. Il est possible que l'invasion ait lieu en bloc, il mourra imbécile comme il l'est en ce moment. Tout est bien bizarre dans ces sortes de maladie ! Si la bombe crevait par ici, dit Bianchon en montrant l'occiput du malade, il y a des exemples de phénomènes singuliers : le cerveau recouvre quelques-unes de ses facultés, et la mort est plus lente à se déclarer. Les sérosités peuvent se détourner du cerveau, prendre ces routes dont on ne connaît le cours que par l'autopsie. Il y a aux Incurables un vieillard hébété chez qui l'épanchement a suivi la colonne vertébrale ; il souffre horriblement, mais il vit.

- Se sont-elles bien amusées ? dit le père Goriot, qui reconnut Eugène.

- Oh ! il ne pense qu'à ses filles, dit Bianchon. Il m'a dit plus de cent fois cette nuit : " Elles dansent ! elle a sa robe. " Il les appelait par leurs noms. Il me faisait pleurer, diable m'emporte ! avec ses intonations : " Delphine ! ma petite Delphine ! Nasie ! " Ma parole d'honneur, dit l'élève en médecine, c'était à fondre en larmes.

- Delphine, dit le vieillard, elle est là, n'est-ce pas ? je le savais bien. Et ses yeux recouvrèrent une activité folle pour regarder les murs et la porte.

- Je descends dire à Sylvie de préparer les sinapismes, cria Bianchon, le moment est favorable.

Rastignac resta seul près du vieillard, assis au pied du lit, les yeux fixés sur cette tête effrayante et douloureuse à voir.

- Madame de Beauséant s'enfuit, celui-ci se meurt, dit-il. Les belles âmes ne peuvent pas rester longtemps en ce monde. Comment les grands sentiments s'allieraient-ils, en effet, à une société mesquine, petite, superficielle ?

Les images de la fête à laquelle il avait assisté se représentèrent à son souvenir et contrastèrent avec le spectacle de ce lit de mort. Bianchon reparut soudain.

- Dis donc, Eugène, je viens de voir notre médecin en chef, et je suis revenu toujours courant. S'il se manifeste des symptômes de raison, s'il parle, couche-le sur un long sinapisme, de manière à l'envelopper de moutarde depuis la nuque jusqu'à la chute des reins, et fais-nous appeler.

- Cher Bianchon, dit Eugène.

彼女は父親が死ぬ前に手形を割引してもらったんだろうね」ラスチニャックが答えた。
午前四時頃にはサロンの人ごみがまばらになり始めた。やがて音楽の演奏も聞こえなくなった。ランジェ公爵夫人とラスチニャックだけが大広間に残っていた。子爵夫人は学生とだけになりたいと思っていたので、ド・ボーセアン氏にお別れを言った後、そこへやってきた。ボーセアン氏は寝室に向かいながらもこんな言葉を繰り返していた。「貴女はまちがっとるよ、なあ考えてみろ、貴女の歳で田舎に引っ込んでしまうなんて! いいか、私達と一緒にいるんだ」
公爵夫人の姿を見て、ボーセアン夫人はある種の驚きの声を抑えられなかった。
「私はあなたのことを見抜いていたのよ、クララ」ランジェ夫人が言った。「あなたはもう帰ってこない積りで去ってゆくのね。でもね、あなたは私の言うことを聞かないで、そして私達がお互いに理解することもなしで、去ってゆくことは出来ないのよ」彼女は友達の腕を取って隣の広間へ連れて行った。そしてそこで、目に涙をいっぱいためて友を見つめた。彼女は友を抱き締め、その頬にキスをした。「私はあなたと冷たい別れをするなんて出来ない、ねえそうでしょ、そんなことをすれば、後で耐えられないような重い悔恨となるわ。あなたは自分のことと同じように私のことまで考えられるはずよ。今晩のあなたは立派だった。私は自分はあなたの友人として相応しいと感じたわ、そしてそのことを貴方に証明したいと思ったの。私はあなたに対して間違ったことをしていた、私もいつも正しく振舞っていたわけじゃない、私を許して、お願い。私はあなたを傷つけたようなものは総て否定します。私は私のそういう言葉を買い戻したいくらいなの。同じ一つの悲しみが私達の魂を結びつけるのよ、そして私達のうちの誰が一番不幸せなのかなんてことはもう私には分からない。ド・モンリヴォーさんは今晩ここに来なかったでしょう、お分かりよね? この舞踏会であなたに会った人は誰もあなたのことは忘れないはずよ、クララ。私はね、私は最後の努力をしているところ。もしこれに失敗したら、私は修道女になる積りよ。あなたはどこへ行くの、あなたは?」
「ノルマンディーのクルセルよ、そこで愛して祈るわ、神が私をこの世から呼び寄せて下さるその日まで」
「いらっしゃいラスチニャックさん」子爵夫人はこの若者が待っていることに気がついて、感動のこもった声で呼びかけた。学生は膝を折って従姉の手を取り、そこにキスをした。「アントワネット、さようなら!」ボーセアン夫人は言葉を継いだ。「お幸せに」彼女は今度は学生に向かって言った。「貴方の場合は言うことなしだわ。貴方は若くて、貴方はどんなことだって出来るわ。私はこの社交界を離れたら、幾らか恵まれた余生として、宗教的な真摯な感動に包まれた環境で暮らしたいものだわ!」
ラスチニャックはボーセアン夫人がベルリン馬車に乗り込んで旅に出るのを見送ってから、五時頃に立ち去った。彼は涙に濡れた最後の別れの言葉を受け取った。その涙は最も高い地位にいる人々といえども、心の規律の埒外にあることは出来ず、また生きてゆくからには悲しみからも逃れられないことを証明していた。それは民衆に迎合する弁舌家が民衆に説く話と奇妙に符合するところがあった。ウージェーヌは歩いてメゾン・ヴォーケの辺りに戻ってきた。ちょうど湿っぽくて冷え冷えとした時刻だった。彼の人生教育は既に完了していた。
「俺達は可哀想だがゴリオ爺さんは救えない」ビアンションが隣人の部屋に入ってきたラスチニャックに言った。
「君」眠っている老人を見てからウージェーヌが彼に答えた。「いつか言ってたな、君は人生の目標を限定したって……その控えめな道を精一杯追求してくれ。僕はね、僕は地獄にいるんだ、そして地獄にい続けなければならないんだ。皆が君に社交界のことを色々言ってくるだろうけれど、その悪いことは全部その通りさ! 金や宝石によって覆われていたローマの恐ろしさを風刺したユウェナリスでもお手上げだろうね」
あくる日、ラスチニャックは午後二時頃ビアンションに起こされた。ビアンションは外へ行かねばならなかったので、彼にゴリオ爺さんの看病を頼んだ。爺さんの病状は午前中にひどく悪化していた。
「爺さんは長くても二日しか持たない、多分六時間も生きられないだろう」医学部の生徒は言った。「それではあるが、我々は病気との闘いをやめるわけにはいかないんだ。彼には高度の医療をしてあげるべきなんだ。我々は勿論彼の看護人を引き受けるさ、だが、僕には金がないんだ。僕は彼のポケットを探ってみたし、箪笥の中も丹念に調べた。綺麗にゼロだ。彼に意識が戻った瞬間があったので、僕は彼に訊いてみたんだが、彼が僕に言うには、彼は完全に一文無しだというわけさ。どうするね、君?」
「彼は僕に二〇フラン預けてる」ラスチニャックが答えた。「しかし、これを僕は賭けてみる、僕は儲けるぞ」
「もし君が負けたら?」
「僕は彼の婿さんや娘に金を請求するよ」
「それで、彼等が君にそれを出さなかったら?」ビアンションは言葉を継いだ。「まあそれは後だ、何より緊急なのは金を見つけることじゃない。爺さんを足先から腿の中ほどまで熱ーい芥子泥でくるんでやらねばならない。もし彼が泣き叫ぶようなら、また方策はある。君はどんな風にやるか知ってるだろ。まずクリストフが君を手伝ってくれるはずだ。僕の方は……僕は薬剤師のところへ立ち寄る積りだ。彼が我々が要求している薬を全部揃えてくれることになってるんだ。可哀想な爺さんを我々の病院へ運べないのが何とも残念だよ。あそこなら何かにつけてましなんだがな。さて、ここは君に頼んだから、僕が帰ってくるまで彼の傍を離れないでいてくれよ」
二人の若者は老人が横たわっている寝室に入っていった。ウージェーヌは老人の顔が痙攣し、青白く、ひどく弱々しく変わってしまったのを見て一瞬たじろいだ。
「おやおや! パパ?」そう言いながら彼は粗末なベッドの上にかがみこんだ。
ゴリオはウージェーヌの方に輝きの失せた目を上げた。それから注意深く彼を見つめたが、はっきりとは認識出来ないようだった。学生はこの光景に耐えられなくなった。涙が彼の目ににじんだ。
「ビアンション、窓にカーテンが要るんじゃないか?」
「いや、周りの環境はもう関係ないんだ。彼が暑いとか寒いとか言えば、まだ幸せなんだよ。とは言っても、薬を煎じたり、その他諸々のために我々に火は要るね。僕が君宛に太い柴を持ってこさせるよ。それでもって我々が薪で用を足す分には使えるだろう。昨日から今日の夜にかけて、僕は君んとこのやこの爺さんのとこの土くれをかき集めて燃やしてたんだ。じめじめしていて、壁から水が滴り落ちていたよ。僕はこの寝室の空気を乾かす事はほとんど出来なかった。クリストフが部屋を掃除してくれたが、ここは本当に馬小屋だよ。僕はネズの実も燃やしたが、あれは実に臭いんだ」
「何てことを! それにしても彼の娘達だ!」ラスチニャックが言った。
「いまさら仕様がないだろ、彼が喉が渇いたと言えば、君がそれを彼にあげるんだ」インターンがラスチニャックに大きな空の瓶を指し示しながら言った。「君は彼がうめいて、腹が熱くてつらいと言うのを聞いたら、クリストフの助けを借りながら、彼に薬を与えてやるんだ……そうだよな。彼がたまたま、すごく興奮したとする、あるいは彼が沢山喋ったとする、あるいは彼がとうとう少々痴呆になったとする、その時は彼のするがままにしとけよ。それは悪い兆候ではないんだ。だけどクリストフだけはコシン病院に連絡に寄越してくれ。我々の担当医、僕の同僚、それかこの僕、我々が彼にモグサを当てるために直ぐ来るよ。我々は今朝、君はまだ寝ていた間に、ガル博士の弟子の一人と、それからパリ市立病院の主任医師それに僕と、この医師が集まって大会議をやってたんだ。僕達は奇妙な兆候を見出したので、病気の進行具合を追跡する積りだ。それで医学的に様々なとても重要な症状を明らかに出来ると思っている。中の一人が主張しているのは、もし血圧がある臓器だけに他の臓器よりも特に強く圧力をかけたとすると、それによって特殊な作用が助長されるのではないかということだ。爺さんが話す時には、彼の話がどういう思考の分野に属しているかを判断出来るように、ともかく彼の言うことに耳を澄ませて聞くようにしたいんだ。つまりそれが、記憶力の結果か、洞察力か、判断力か。あるいは、彼が物質面に関心を持っているのか、それとも感情的なことに対してか。あるいは、彼は計算をしているのか、それとも過去を思い出しているのか。要するに、我々は正確な報告書を作る良い機会に恵まれているということだ。病気が一気に進行して、彼がちょうど現在そうであるように意識を喪失したままで、今この瞬間に死んでしまうということもあり得るわけだ。こうしたことは、このタイプの病気では結構珍しい! もしこの辺りで爆発が起こっても」ビアンションは病人の後頭部を指し示しながら言った。「特異な例だが、あるにはあるんだ。脳がその機能のうちのあるものを回復させて、死が訪れるのが遅れるんだ。漿液の流れが脳から逸れるんだ。そしてどのルートを取るのかは、死後の死体解剖で初めて解るんだ。救済院に収容されている痴呆症の老人の例だが、彼の場合、漿液の溢出は脊柱にまで及んでいる。ひどく苦しんでいるんだが、ともかく彼は生きてるんだ」
「彼女達はとても楽しそうだったかね?」ウージェーヌに気づいたゴリオ爺さんが言った。
「おお! 彼は娘達のことだけ考えてる」ビアンションが言った。「彼は昨晩なんか百回も僕に同じこと言ってたぜ。『彼女達が踊る! 彼女はドレスを着ている』彼は彼女達の名を呼びかけてるんだ。僕は泣いちまったよ、ちくしょうめ! 爺さんの抑揚のついた呼び声にね。『デルフィーヌ! 私の好きなデルフィーヌ! ナジー!』誓って言うけど」医学部の生徒は言った。「その言葉は涙の中に消えてしまうんだ」
「デルフィーヌ」老人が言った。「彼女はそこにいるんじゃないのかい? 私にはよく分かってるんだ」そして彼の目は壁や入り口の方を見るためにある種の熱狂的な活気を取り戻したように見えた。
「僕はシルヴィに芥子泥の準備をするように、下に行って言うよ」ビアンションが叫んだ。「ちょうどいいタイミングだ」
ラスチニャックは一人老人の傍に残り、ベッドのすそに坐り、その目は見るのが恐ろしく辛いようなあの頭にじっとすえられていた。
「ボーセアン夫人は逃げていった、そしてこの人は死にかけている」彼は思った。「綺麗な心というのはこの世で長くはいられないものなのか。何とか立派な心情がこのけち臭いちっぽけなうわべだけの社会と本当に上手く調和出来るようにならないものかなあ?」
彼自身がその目で見た宴の光景は彼の思い出の中に出現し、今目の前にある死の床の有様と著しい対照をなしていた。ビアンションが突然戻ってきた。
「おいウージェーヌ、僕は今、俺達の主任医師と会ってきたんだ。そしていつものように走って戻ってきたところだ。もし理性の兆候を示して健在振りを見せていたり、話したりするようなら、彼に長時間の芥子泥療法を施してくれ、やり方は、うなじから臀部までを芥子泥で覆ってしまうんだ。それから我々のところに使いを寄越してくれ」
「ビアンションよ」ウージェーヌが言いかけた。

 

- Oh ! il s'agit d'un fait scientifique, reprit l'élève en médecine avec toute l'ardeur d'un néophyte.

- Allons, dit Eugène, je serai donc le seul à soigner ce pauvre vieillard par affection.

- Si tu m'avais vu ce matin, tu ne dirais pas cela, reprit Bianchon sans s'offenser du propos. Les médecins qui ont exercé ne voient que la maladie ; moi, je vois encore le malade, mon cher garçon.

Il s'en alla, laissant Eugène seul avec le vieillard, et dans l'appréhension d'une crise qui ne tarda pas à se déclarer.

- Ah ! c'est vous, mon cher enfant, dit le père Goriot en reconnaissant Eugène.

- Allez-vous mieux ? demanda l'étudiant en lui prenant la main.

- Oui, j'avais la tête serrée comme dans un étau, mais elle se dégage. Avez-vous vu mes filles ? Elles vont venir bientôt, elles accourront aussitôt qu'elles me sauront malade, elles m'ont tant soigné rue de la Jussienne ! Mon Dieu ! je voudrais que ma chambre fût propre pour les recevoir. Il y a un jeune homme qui m'a brûlé toutes mes mottes.

- J'entends Christophe, lui dit Eugène, il vous monte du bois que ce jeune homme vous envoie.

- Bon ! mais comment payer le bois ? je n'ai pas un sou, mon enfant. J'ai tout donné, tout. Je suis à la charité. La robe lamée était-elle belle au moins ? (Ah ! je souffre !) Merci, Christophe. Dieu vous récompensera, mon garçon ; moi, je n'ai plus rien.

- Je te payerai bien, toi et Sylvie, dit Eugène à l'oreille du garçon.

- Mes filles vous ont dit qu'elles allaient venir, n'est-ce pas, Christophe ? Vas-y encore, je te donnerai cent sous. Dis-leur que je ne me sens pas bien, que je voudrais les embrasser, les voir encore une fois avant de mourir. Dis-leur cela, mais sans trop les effrayer.

Christophe partit sur un signe de Rastignac.

- Elles vont venir, reprit le vieillard. Je les connais. Cette bonne Delphine, si je meurs, quel chagrin je lui causerai ! Nasie aussi. je ne voudrais pas mourir, pour ne pas les faire pleurer. Mourir, mon bon Eugène, c'est ne plus les voir. Là où l'on s'en va, je m'ennuierai bien. Pour un père, l'enfer c'est d'être sans enfants, et j'ai déjà fait mon apprentissage depuis qu'elles sont mariées. Mon paradis était rue de la jussienne. Dites donc, si je vais en paradis je pourrai revenir sur terre en esprit autour d'elles. J'ai entendu dire de ces choses-là. Sont-elles vraies ? je crois les voir en ce moment telles qu'elles étaient rue de la jussienne. Elles descendaient le matin. Bonjour, papa, disaient-elles. Je les prenais sur mes genoux, je leur faisais mille agaceries, des niches. Elles me caressaient gentiment. Nous déjeunions tous les matins ensemble, nous dînions, enfin j'étais père, je jouissais de mes enfants. Quand elles étaient rue de la jussienne, elles ne raisonnaient pas, elles ne savaient rien du monde, elles m'aimaient bien. Mon Dieu ! pourquoi ne sont-elles pas toujours restées petites ? (Oh ! je souffre, la tête me tire.) Ah ! ah ! pardon, mes enfants ! je souffre horriblement, et il faut que ce soit de la vraie douleur, vous m'avez rendu bien dur au mal. Mon Dieu ! si j'avais seulement leurs mains dans les miennes, je ne sentirais point mon mal. Croyez-vous qu'elles viennent ? Christophe est si bête ! J'aurais dû y aller moi-même. Il va les voir, lui. Mais vous avez été hier au bal. Dites-moi donc comment elles étaient ? Elles ne savaient rien de ma maladie, n'est-ce pas ? Elles n'auraient pas dansé, pauvres petites ! Oh ! je ne veux plus être malade. Elles ont encore trop besoin de moi. Leurs fortunes sont compromises. Et à quels maris sont-elles livrées ! Guérissez-moi, guérissez-moi ! (Oh ! que je souffre ! Ah ! ah ! ah !) Voyez-vous, il faut me guérir, parce qu'il leur faut de l'argent, et je sais où aller en gagner. J'irai faire de l'amidon en aiguilles à Odessa. Je suis un malin, je gagnerai des millions. (Oh ! je souffre trop !)

Goriot garda le silence pendant un moment, en paraissant faire tous ses efforts pour rassembler ses forces afin de supporter la douleur.

- Si elles étaient là, je ne me plaindrais pas, dit-il. Pourquoi donc me plaindre ?

Un léger assoupissement survint et dura longtemps.

 

「おお! それは科学的な療法なんだよ」医学部の学生は新米医師の溢れんばかりの情熱を込めて語を継いだ。
「よし、僕はこうなりゃ、この可哀想な爺さんを愛するが故に、たった一人で面倒みてやろうじゃないか」ウージェーヌが答えた。
「もし君が今朝の僕を見ていたら、君はそうは言わなかっただろうな」ビアンションはその申し出に気を悪くすることもなく言い継いだ。「熟練の医師は大体病気そのものしか見ないんだ。ところが僕はね、僕は病人の面倒まで見てしまうんだ、どうだい」
彼は立ち去った。ウージェーヌは一人、老人と残された。しかも危機が宣言されるのがもう迫っていることは明らかだった。
「ああ! 貴方でしたか、君だったんだ」ゴリオ爺さんがウージェーヌに気づいて言った。
「気分は良くなりましたか?」学生は彼の手を握って言った。
「うむ、頭ががんじがらめになったような感じだったけれど、今は自由になったよ。貴方は娘達を見かけましたか? 彼女達はもう直ぐやって来るでしょう。彼女達は私が病気だと知ったら直ぐに駆けつけるでしょう。彼女達はジュシエヌ通の頃はずいぶん私の面倒を見てくれた。ああ! 私はこの部屋が彼女達を迎えられるようにちゃんとなってればと思うんだが。若い者が一人いて、私のためにありったけの土くれを燃やしてくれたがな」
「僕、クリストフに尋ねます」ウージェーヌが彼に言った。「その若い者が貴方のために薪を送ってきますので、彼に上に持ってこさせます」
「いいね! しかし、薪代の支払いはどうなるんです? だって、私は一文無しだ。私は全部あげてしまった、全部。私は施しを受ける身になってしまった。ラメ入りのドレスを着た彼女は少なくとも綺麗でしたか?(ああ! 辛いよ!)ありがとうクリストフ。神様がご褒美を下さるだろう、いい子だ。私はね、素寒貧だ」
「僕が君にちゃんと払うからね、君とシルヴィにね」ウージェーヌが少年の耳許でそう言った。
「私の娘達はもう直ぐ来ると君に言わなかったかね、クリストフ? もう一度訊きに行ってくれないか、君に一〇スーあげるよ。彼女達に言ってくれ、私は調子が良くなくて、彼女達と抱擁したがっている、死ぬ前にもう一度だけ会いたがってるとな。こう彼女達に言ってくれ、だが余り驚かさないようにな」
クリストフはラスチニャックの目配せを見て部屋を出て行った。
「彼女達は来ようとしてるんだろう」老人は語を継いだ。「私はあの娘達を知っている。あの優しいデルフィーヌ、もし私が死んだら、彼女はどんなに悲しむことか! ナジーにしてもそうだ。私は死にたくはない、彼女達を泣かせたくないからな。死ぬってことは、なあウージェーヌ、もう彼女達に会えないってことだ。今立ち去ろうとしているこの世を私は懐かしく思うことだろう。父親にとって地獄とは、それは子供がいない状態なんだ。そして私は娘達が結婚して以来、私としての見習い期間は既に体験してきた。私の天国はジュシエヌ通なんだ。なあ、もし私が天国に行ったら、私は精霊になって地上の彼女達の周りに戻ってくることが出来るんじゃないかなあ。私はそんな話を聞いたことがあるんだ。本当かな? 私は今でもジュシエヌ通にいた頃と変わらぬ彼女達に会えるものと信じているんだ。朝には彼女達が上から降りてきたもんだ。お早うパパ、彼女達が言う。私は二人を膝に乗せる、私は二人にありとあるおべっかをしたり、いたずらをしたりする。彼女達は優しく私を撫ぜてくれる。私達は毎朝一緒に食事をするんだ、私達は夕食もとる、つまり、私は父親だった、そして子供達と遊んだ。彼女達がラ・ジュシエヌ通にいた時は、彼女達は理屈っぽくなかった。彼女達は世間のことは何も知らなかった、彼女達はとても私を愛してくれた。ああ! くそっ! 何故、彼女達はいつまでも小さいままでいてくれなかったんだ?(おお! 気分が悪い、頭がしびれるようだ)ああ! ああ! すまない、我が子よ! ひどく苦しいんだ、そして生憎こういうのが本格的痛みになってしまうんだ。貴方のお陰で私は病気に立ち向かうことが出来るようになったが。ちくちょう! 何とか彼女達の手を私が握り締めることさえ出来たら、私は病気のことなんて平っちゃらなんだが。貴方は彼女達が来ると思いますか? クリストフの大馬鹿野郎め! 私が自分自身で行くべきだった。だが彼でも彼女達に会えるだろう、どうかな。しかし、貴方は昨日、舞踏会に行かれてたんでしたな。彼女達が一体どんな具合だったか、私に話してもらえますか? 彼女達は私の病気のこと全然知らない、そうでしょ? ダンスなんて出来ないと言い出すところだったんだ、可哀想に! ああ! 私はもう病人じゃないと言ってやりたい。彼女達はまだ私なしでは無理だ。彼女達の財産が危うくなっている。そして何というひどい夫共に二人は引き渡されてしまったんだろう! 私を治して! 私を治して下さい!(おお! こんなに苦しいとは! ああ! ああ! ああ!)分かってくれるでしょう、私はどうしても治らにゃならん、というのは、彼女達には金が要る、そして私はどこへ行けば金を稼げるかを知っている。私はでんぷん製品をオデッサの先っぽで商いしに行くんだ。私は目端のきく人間だ、百万だって稼いでみせる。(おお! ひどく苦しい!)」
ゴリオは暫く沈黙した。その間、彼は苦痛に耐えるための力を集めるために懸命の努力をしているように見えた。
「もし彼女達がそこにいてくれたら、私は何もぶつくさ言いませんよ」彼が言った。「一体どうして私が不平を言うのか?」軽い居眠りがそれに続き、かなり長く続いた。

 

Christophe revint. Rastignac, qui croyait le père Goriot endormi, laissa le garçon lui rendre compte à haute voix de sa mission.

- Monsieur, dit-il, je suis d'abord allé chez madame la comtesse, à laquelle il m'a été impossible de parler, elle était dans de grandes affaires avec son mari. Comme j'insistais, monsieur de Restaud est venu lui-même, et m'a dit comme ça : " Monsieur Goriot se meurt, eh bien ! c'est ce qu'il a de mieux à faire. J'ai besoin de madame de Restaud pour terminer des affaires importantes, elle ira quand tout sera fini. " Il avait l'air en colère, ce monsieur-là. J'allais sortir, lorsque madame est entrée dans l'antichambre par une porte que je ne voyais pas, et m'a dit : " Christophe, dis à mon père que je suis en discussion avec mon mari, je ne puis pas le quitter ; il s'agit de la vie ou de la mort de mes enfants, mais aussitôt que tout sera fini, j'irai. " Quant à madame la baronne, autre histoire ! je ne l'ai point vue, et je n'ai pas pu lui parler. " Ah ! me dit la femme de chambre madame est rentrée du bal à cinq heures un quart, elle dort, si je l'éveille avant midi, elle me grondera. Je lui dirai que son père va plus mal quand elle me sonnera. Pour une mauvaise nouvelle, il est toujours temps de la lui dire. " J'ai eu beau prier ! Ah ouin ! J'ai demandé à parler à monsieur le baron, il était sorti.

Aucune de ses filles ne viendrait ! s'écria Rastignac. Je vais écrire à toutes deux.

- Aucune, répondit le vieillard en se dressant sur son séant. Elles ont des affaires, elles dorment, elles ne viendront pas. Je le savais. Il faut mourir pour savoir ce que c'est que des enfants. Ah ! mon ami, ne vous mariez pas, n'ayez pas d'enfants ! Vous leur donnez la vie, ils vous donnent la mort. Vous les faites entrer dans le monde, ils vous en chassent. Non, elles ne viendront pas ! je sais cela depuis dix ans. Je me le disais quelquefois, mais je n'osais pas y croire.

Une larme roula dans chacun de ses yeux, sur la bordure rouge, sans en tomber.

- Ah ! si j'étais riche, si j'avais gardé ma fortune, si je ne la leur avais pas donnée, elles seraient là, elles me lécheraient les joues de leurs baisers ! je demeurerais dans un hôtel, j'aurais de belles chambres, des domestiques, du feu à moi ; et elles seraient tout en larmes, avec leurs maris, leurs enfants. J'aurais tout cela. Mais rien. L'argent donne tout, même des filles. Oh ! mon argent, où est-il ? Si j'avais des trésors à laisser, elles me panseraient, elles me soigneraient ; je les entendrais ; je les verrais. Ah ! mon cher enfant, mon seul enfant, j'aime mieux mon abandon et ma misère ! Au moins, quand un malheureux est aimé, il est bien sûr qu'on l'aime. Non, je voudrais être riche, je les verrais. Ma foi, qui sait ? Elles ont toutes les deux des cœurs de roche. J'avais trop d'amour pour elles pour qu'elles en eussent pour moi. Un père doit être toujours riche, il doit tenir ses enfants en bride comme des chevaux sournois. Et j'étais à genoux devant elles. Les misérables ! elles couronnent dignement leur conduite envers moi depuis dix ans. Si vous saviez comme elles étaient aux petits soins pour moi dans les premiers temps de leur mariage ! (Oh ! je souffre un cruel martyre !) je venais de leur donner à chacune près de huit cent mille francs, elles ne pouvaient pas, ni leurs maris non plus, être rudes avec moi. L'on me recevait : " Mon père, par-ci ; mon cher père, par-là ". Mon couvert était toujours mis chez elles. Enfin je dînais avec leurs maris, qui me traitaient avec considération. J'avais l'air d'avoir encore quelque chose. Pourquoi ça ? je n'avais rien dit de mes affaires. Un homme qui donne huit cent mille francs à ses deux filles était un homme à soigner. Et l'on était aux petits soins, mais c'était pour mon argent. Le monde n'est pas beau. J'ai vu cela, moi ! L'on me menait en voiture au spectacle, et je restais comme je voulais aux soirées. Enfin elles se disaient mes filles, et elles m'avouaient pour leur père. J'ai encore ma finesse, allez, et rien ne m'est échappé. Tout a été à son adresse et m'a percé le cœur. je voyais bien que c'était des frimes, mais le mal était sans remède. Je n'étais pas chez elles aussi à l'aise qu'à la table d'en bas. Je ne savais rien dire. Aussi quand quelques-uns de ces gens du monde demandaient à l'oreille de mes gendres :- Qui est-ce que ce monsieur-là ?- C'est le père aux écus, il est riche.- Ah, diable ! disait-on, et l'on me regardait avec le respect dû aux écus. Mais si je les gênais quelquefois un peu, je rachetais bien mes défauts ! D'ailleurs, qui donc est parfait ? (Ma tête est une plaie !) je souffre en ce moment ce qu'il faut souffrir pour mourir, mon cher monsieur Eugène, eh bien ! ce n'est rien en comparaison de la douleur que m'a causée le premier regard par lequel Anastasie m'a fait comprendre que je venais de dire une bêtise qui l'humiliait : son regard m'a ouvert toutes les veines. J'aurais voulu tout savoir, mais ce que j'ai bien su, c'est que j'étais de trop sur terre. Le lendemain je suis allé chez Delphine pour me consoler, et voilà que j'y fais une bêtise qui me l'a mise en colère. J'en suis devenu comme fou. J'ai été huit jours ne sachant plus ce que je devais faire. Je n'ai pas osé les aller voir, de peur de leurs reproches. Et me voilà à la porte de mes filles. O mon Dieu, puisque tu connais les misères, les souffrances que j'ai endurées ; puisque tu as compté les coups de poignard que j'ai reçus, dans ce temps qui m'a vieilli, changé, tué, blanchi, pourquoi me fais-tu donc souffrir aujourd'hui ? J'ai bien expié le péché de les trop aimer. Elles se sont bien vengées de mon affection, elles m'ont tenaillé comme des bourreaux. Eh bien ! les pères sont si bêtes ! je les aimais tant que j'y suis retourné comme un joueur au jeu. Mes filles, c'était mon vice à moi elles étaient mes maîtresses, enfin tout ! Elles avaient toutes les deux besoin de quelque chose, de parures ; les femmes de chambre me le disaient, et je les donnais pour être bien reçu ! Mais elles m'ont fait tout de même quelques petites leçons sur ma manière d'être dans le monde. Oh ! elles n'ont pas attendu le lendemain. Elles commençaient à rougir de moi. Voilà ce que c'est que de bien élever ses enfants. A mon âge je ne pouvais pourtant pas aller à l'école. (Je souffre horriblement, mon Dieu ! les médecins ! les médecins ! Si l'on m'ouvrait la tête, je souffrirais moins.) Mes filles, mes filles, Anastasie, Delphine ! je veux les voir. Envoyez-les chercher par la gendarmerie, de force ! la justice est pour moi, tout est pour moi, la nature, le code civil. je proteste. La patrie périra si les pères sont foulés aux pieds. Cela est clair. La société, le monde roulent sur la paternité, tout croule si les enfants n'aiment pas leurs pères. Oh ! les voir, les entendre, n'importe ce qu'elles me diront, pourvu que j'entende leur voix, ça calmera mes douleurs, Delphine surtout. Mais dites-leur, quand elles seront là, de ne pas me regarder froidement comme elles font. Ah ! mon bon ami, monsieur Eugène, vous ne savez pas ce que c'est que de trouver l'or du regard changé tout à coup en plomb gris. Depuis le jour où leurs yeux n'ont plus rayonné sur moi, j'ai toujours été en hiver ici ; je n'ai plus eu que des chagrins à dévorer, et je les ai dévorés ! J'ai vécu pour être humilié, insulté. Je les aime tant, que j'avalais tous les affronts par lesquels elles me vendaient une pauvre petite jouissance honteuse. Un père se cacher pour voir ses filles ! je leur ai donné ma vie, elles ne me donneront pas une heure aujourd'hui ! J'ai soif, j'ai faim, le cœur me brûle, elles ne viendront pas rafraîchir mon agonie, car je meurs, je le sens. Mais elles ne savent donc pas ce que c'est que de marcher sur le cadavre de son père ! Il y a un Dieu dans les cieux, il nous venge malgré nous, nous autres pères. Oh ! elles viendront ! Venez, mes chéries, venez encore me baiser, un dernier baiser, le viatique de votre père, qui priera Dieu pour vous, qui lui dira que vous avez été de bonnes filles, qui plaidera pour vous ! Après tout, vous êtes innocentes. Elles sont innocentes, mon ami ! Dites-le bien à tout le monde, qu'on ne les inquiète pas à mon sujet. Tout est de ma faute, je les ai habituées à me fouler aux pieds. J'aimais cela, moi. Ca ne regarde personne, ni la justice humaine, ni la justice divine. Dieu serait injuste s'il les condamnait à cause de moi. Je n'ai pas su me conduire, j'ai fait la bêtise d'abdiquer mes droits. Je me serais avili pour elles ! Que voulez vous ! le plus beau naturel, les meilleures âmes auraient succombé à la corruption de cette facilité paternelle. je suis un misérable, je suis justement puni. Moi seul ai causé les désordres de mes filles, le les ai gâtées. Elles veulent aujourd'hui le plaisir, comme elles voulaient autrefois du bonbon. Je leur ai toujours permis de satisfaire leurs fantaisies de jeunes filles. A quinze ans, elles avaient voiture ! Rien ne leur a résisté. Moi seul suis coupable, mais coupable par amour. Leur voix m'ouvrait le cœur. Je les entends, elles viennent. Oh ! oui, elles viendront. La loi veut qu'on vienne voir mourir son père, la loi est pour moi. Puis ça ne coûtera qu'une course. Je la paierai. Ecrivez-leur que j'ai des millions à leur laisser ! Parole d'honneur. J'irai faire des pâtes d'Italie à Odessa. Je connais la manière. Il y a, dans mon projet, des millions à gagner. Personne n'y a pensé. Ça ne se gâtera point dans le transport comme le blé ou comme la farine. Eh, eh, l'amidon ? il y aura là des millions ! Vous ne mentirez pas, dites-leur des millions, et quand même elles viendraient par avarice, j'aime mieux être trompé, je les verrai. Je veux mes filles ! je les ai faites ! elles sont à moi ! dit-il en se dressant sur son séant en montrant à Eugène une tête dont les cheveux blancs étaient épars et qui menaçait par tout ce qui pouvait exprimer la menace.

- Allons, lui dit Eugène, recouchez-vous, mon bon père Goriot, je vais leur écrire. Aussitôt que Bianchon sera de retour, j'irai si elles ne viennent pas.

- Si elles ne viennent pas ? répéta le vieillard en sanglotant. Mais je serai mort, mort dans un accès de rage, de rage ! La rage me gagne ! En ce moment, je vois ma vie entière. Je suis dupe ! elles ne m'aiment pas, elles ne m'ont jamais aimé ! cela est clair. Si elles ne sont pas venues, elles ne viendront pas. Plus elles auront tardé, moins elles se décideront à me faire cette joie. Je les connais. Elles n'ont jamais rien su deviner de mes chagrins, de mes douleurs, de mes besoins, elles ne devineront pas plus ma mort elles ne sont seulement pas dans le secret de ma tendresse. Oui, je le vois, pour elles, l'habitude de m'ouvrir les entrailles a ôté du prix à tout ce que je faisais. Elles auraient demandé à me crever les yeux, je leur aurais dit : " Crevez-les ! " je suis trop bête. Elles croient que tous les pères sont comme le leur. Il faut toujours se faire valoir. Leurs enfants me vengeront. Mais c'est dans leur intérêt de venir ici. Prévenez-les donc qu'elles compromettent leur agonie. Elles commettent tous les crimes en un seul. Mais allez donc, dites-leur donc que, ne pas venir, c'est un parricide ! Elles en ont assez commis sans ajouter celui-là. Criez donc comme moi : " Hé, Nasie ! hé, Delphine ! venez à votre père qui a été si bon pour vous et qui souffre ! " Rien, personne. Mourrai-je donc comme un chien ? Voilà ma récompense, l'abandon. Ce sont des infâmes, des scélérates ; je les abomine, je les maudis, je me relèverai, la nuit, de mon cercueil pour les remaudire, car, enfin, mes amis, ai-je tort ? Elles se conduisent bien mal ! hein ? Qu'est-ce que je dis ? Ne m'avez-vous pas averti que Delphine est là ? C'est la meilleure des deux. Vous êtes mon fils, Eugène, vous ! aimez-la, soyez un père pour elle. L'autre est bien malheureuse. Et leurs fortunes ! Ah, mon Dieu ! J'expire, je souffre un peu trop ! Coupez-moi la tête, laissez-moi seulement le cœur.

- Christophe, allez chercher Bianchon, s'écria Eugène épouvanté du caractère que prenaient les plaintes et les cris du vieillard, et ramenez-moi un cabriolet.

クリストフが戻ってきた。ゴリオ爺さんが眠っているものと思っていたラスチニャックはこの少年がお使いの報告を大声でするのをそのまま聞いていた。
「旦那さん」少年が言った。「私はまず最初に伯爵夫人のところへ行きました。ところが彼女はご主人と大喧嘩の最中で、私はとても彼女に話すことなんて出来ませんでした。私がしつこくお願いしたので、ド・レストー氏自身が出てこられて、私にこうおっしゃったんです。『ゴリオ氏が亡くなる、おやおや、彼としてはそれに越したことはないんじゃないか。私は大事な用件があって、それを片付けるためにレストー夫人にはいてもらわねばならない。総て片付いたら彼女は行く』このご主人は怒ったような様子でした。私が出てゆこうとした時、奥さんが私からは見えない別の戸口から控えの間へ入って来られて私に言われました。『クリストフ、お父様に言っといて下さい。私は夫と議論の最中で、彼を置いて行くことが出来ない。だけど、総て片付いたら直ぐに私は行きます……』と。男爵夫人については、話はまた違うんです! 私は彼女にはてんで会えませんでした。それに彼女の話し声すら聞こえませんでした。ああ! 小間使いが私に言いました。『奥様は舞踏会から五時十五分に戻られて寝ておられます。もし私が昼前に彼女をお起こしすれば、彼女に叱りつけられるでしょう』と……。私は小間使いに、奥様のお父さんは彼女が来て呼び鈴を鳴らす頃にはもっと悪い状態になってるだろうと言ってやりました。もういつ何時、悪い報告を彼女に言うことになってもおかしくないでしょ。私も精一杯お願いしましたよ! ああ、うーむ! 私は男爵様にお話したいと頼みましたが、彼は外出していました」
「彼の娘の誰も来ないんだ!」ラスチニャックが叫んだ。「僕が二人共に手紙を書いてやる」
「誰も」起き上がって坐った姿勢の老人から言葉が出てきた。「彼女達には他の用事がある、彼女達は寝ている、彼女達は来ないだろう。私にはそれが分かった。子供とはこんなものだと悟るには死ぬしかないんだ、ああ! なあ、あんた、結婚なんてするな、子供なんて持つもんじゃない! 貴方は彼等に命をやるのに、彼等は貴方に死をもたらす。貴方は彼等を社交界に出してやる、彼等は貴方をそこから追い出す。駄目だ、彼女達はやってこない! 私にはこんなこと、十年前から分かっていた。私は何度そう思ったか知れない。しかし、私は敢えてそこまでは考えないようにしていた」
彼の両の目から涙が赤らんだ縁に溢れたが、こぼれはしなかった。
「ああ! 私が金持ちだったら、私が自分の財産を守っていたら、私が彼女達に財産をやってしまってなければ、彼女達は今頃そこにいるだろうに、彼女達はキスするために私の頬をなめまわしていただろうに! 私は今でも屋敷に住んで、綺麗な寝室を持っていて、使用人達がいて、私には情熱もあったはずだ。そして彼女達はいつも泣かされている、彼女達の夫や子供のことでな。私だけがこういう時大きな存在のはずだった。だが、もう何もない。金で何でも得られる、娘達だって同じだ。ああ! 私の金は何処へ行っちまったんだ? もし私が残してやる財産を持っていたら、彼女達は私に包帯をしたり看護したりするんだろうなあ。そしたら私は彼女達の声を聞き、彼女達の顔を見ることも出来たんだ、ああ! ねえ君、たった一人の子供になってしまった、私はこうしてうち棄てられて惨めになってしまって、かえって良かったと思うよ! 少なくとも貧乏人が愛される時代になってみろ、間違いなく私は愛されるんだからな。いいや、私はやっぱり金持ちになりたい、そして彼女達に会いたい。確かに、あり得ないことでもない、だろ? 彼女達は二人揃って、まるで石のような心を持っている。私は彼女達が私に対して愛情を持ってくれると思って、余りにも深い愛情を抱き過ぎたようだ。父親という者はいつも金持ちでなければならない、父親は腹黒い馬を御するように上手く子供達の手綱を引かねばならない。ところが私は彼女達の前で膝をついていたんだ。惨め! 彼女達は十年来、この私をまるで女王様のように堂々と操ってきたんだ。彼女達が結婚して最初の頃、彼女達が私に対してどれほど細かい心遣いを見せてくれたか、貴方が知ったらなあ!(おお、苦しい! 何と残虐な痛さだ!)私は彼女達それぞれに八〇万フランずつ持たしてやっていたんだ、だから彼女達はもちろん彼女達の夫などはなおさら私に対して無礼な態度はとれないはずだったんだ。皆が私を迎えて言ったもんだ。こちらでは、私達の良きお父様いらっしゃい、またあちらでは、私の親愛なお父様いらっしゃい、と、こんな具合にだ。彼女達の家には、私用の食器がいつも揃えてあった。とうとう私は彼女達の夫とも夕食を共にした。彼は敬意を払って私をもてなしてくれたものだ。私にはまだ何かある種の雰囲気があったんだろう。何故そうだったのか? 私は私の商売については一言も話していなかったんだ。自分の娘達に八〇万フラン持たしてやるような男は十分に気を遣うべき男というわけだ。で、皆は何くれとなく面倒をみてくれた、だが、それは私が持ってる金のためだった。世の中は綺麗なもんじゃない。私はそれを見てきた、この目で! 皆が私を馬車に乗せて観劇に連れて行ってくれた。そして私はそこにいて、望めば夜の部まで観ることも出来たんだ。要するに彼女達は私の娘であると彼女達自身そう思っていたし、彼女達は私のことを自分達の父親だと認めていた。私はまだ鋭い感覚を持っていた、ほんとに、だから私は何一つ見逃さなかった。皆がそれぞれの居場所を持っていた、そしてそのことが私の胸を刺し貫いた。私にはそんなものは見せ掛けに過ぎないと分かっていた。しかし、私の不幸を癒す薬はなかった。私は彼女達の家では、庶民階級の食卓での様なくつろぎを感じることが出来なかった。私は一言も喋れなかった。そしてまた、誰かこの社交界の男が私の婿の耳許に質問をしているんだ。『あそこにおられる方はどういうお人なんですか?』『あれはお金で出来た父親です。彼はお金持ちです』ああ、ちくしょう! 誰もが私のことを言ったり見たりするんだが、いつもエキュ金貨への崇拝だけがそこには見えるだけだった。だが、仮に私が彼等に何度か少し気詰まりな思いをさせたにしても、私は自分の欠点を何とか補った積りだ! 第一に一体誰が完全な人間だと言えるんだ?(私の頭はどうにもならんのか!)今まさに死ぬ苦しみはこんなだろうと言うくらいに苦しいんだ、ああウージェーヌさんよ、なーに! これしきのことはアナスタジーが初めてあんな目で私を見た時、私が抱いた悲しみに比べれば何と言うこともないんだ。それは私が彼女を卑しめるような馬鹿を言ってしまったことを私に知らしめる視線だった。彼女の視線は私の中の霊感といったものを目覚めさせた。私は芸術的感興にも馴染みたいと思ったが、自分でよく分かったことは、私という人間が余りにも現実的だということだった。その翌日、私は心の慰めを得たくてデルフィーヌのところへ行った。ところがそこで私は彼女を怒らせてしまうような馬鹿をやってしまったんだ。それで私は気違いのようになってしまった。それから後、自分がどうなってたのか分からないまま、気がついたら八日が過ぎていた。それから私は彼女達に非難されるのが怖くて、彼女達に会いに行く勇気がなくなってしまった。そしてごらんの通り私は娘達の家から追い出されたってわけだ。ああ神よ! あんたは私が忍んでいる惨めさ苦しさを分かっているのに、あんたはこの老いて変わり果てた殺されたような白髪の男が今受けている刃の一刺しを数えているのに、何故あんたは今日もまた私を苦しめるんだ? 私は娘達を愛し過ぎるという罪の報いをもう十分に受けた。娘達は私の愛情に対する仕返しをしている。彼女達はまるで処刑人のように私を責めさいなんでいる。何とまあ! 父親共がこれほど愚かだとは! 私は彼女達を余りにも愛し過ぎたため、賭博人が博打に狂うように愛に狂ってしまった。私の娘達、それは私にとっての悪徳だった。彼女達は私の女王様だった、つまり総てだった! 二人とも何やかやと装い品を欲しがっていた。そして小間使いの女達が私にそれを言ってくるんだ。私は娘達に優しく迎えてもらいたくて、そんな贈り物をしてやった! しかし彼女達は私に社交界での過ごし方に関する何がしかの教訓を与えてくれただけだった。おお! 彼女達は翌日に私が行っても待ってくれてもいないのだ。彼女達も私のことを恥ずかしいものと思い始めていたんだ。これがね、行儀の良い子を育てたのがこういうことなんだ。私の年代ではまだ学校へやってもらうことすら適わなかったものだが。(ものすごく苦しい、くそっ! 医者を! 医者を! いっそ頭を開けてくれ、その方がましだ)娘達、娘達、アナスタジー、デルフィーヌ! あの娘達に会いたい。憲兵隊や軍隊を使って探して、彼女達を連れてきてくれ! 私の言うことが正しい、何もかも私の言う通りだ、当然だ、民法典だ。私は抗議する。もし父親というものが土足で踏みにじられるようなら、祖国は滅びてしまうだろう。こんなことは明らかだ。社会も世間も父権の上で動いているんだ。子供が父親を愛さなくなれば全部が崩れてしまう。おお! 彼女達に会う、彼女達の声を聞く、彼女達が何を言おうとかまわない、私が彼女達の声を聞くことが出来るなら、私の悲しみは静められるのだが、特にデルフィーヌ。だが、彼女達に言ってくれ、彼女達がそこにやって来たら、これまでのように、私を冷たい目で見ないでくれってな。ああ、優しいウージェーヌさん、貴方にはまだ分かるまい、金に見えたものが突然鈍い色の鉛に変わってしまうのが、どういうことなのか。私を見ても娘達がもう目を輝かせることがなくなったその日から、私のここでの生活はずっと冬のように凍りついたままだ。そして私にはもう悲しみ以外に食べるものもなくなってしまった、そしてそれを食っていたんだ! 私は実際にさげすまれ辱められた。私は彼女達をとても愛している、だから私は総ての侮辱を飲み込んだ、その代わりに彼女達は私に哀れな小いちゃな快楽、恥ずべきものだが、それを売ってくれてたんだ。自分の娘達に会う為に父親がこそこそ隠れるんだよ! 私は彼女達に私の人生をやった、彼女達は今日、私のために一時間すら割いてはくれないだろう! 喉が乾いて、腹が減った、胸は焼けるようだ、彼女達が私の激痛を和らげるために来てくれることはないだろう。私は死ぬんだ、だから私にはそれが分かる。だが、彼女達には、自分達の父の死骸を踏んづけることが、どんなことかということすら分かっていない! 天にまします神は、私達、私達父親の意に反して私達を罰する。おお! 彼女達は来る! おいで、私の嬢ちゃん、また私にキスしておくれ、これが最後のキスだよ、お前達のお父さんへの路銀だよ、お父さんはお前達のために神に祈ろう、神にお前達は良い娘達だったと伝えよう、お父さんはお前達のことを擁護するよ! 要するに、お前達に罪はない、彼女達に罪はない、そうでしょ! 皆にそう言ってやって下さい、そしたら、私のことで世間が彼女達にとやかく言わないでしょう。みんな私が悪いんです。私が彼女達に足で踏んづけられても放っておいたんです。私はそれを好んでさえいました、この私は。だがあれで誰にどうこうということはないんです、この世でもあの世でも裁かれるようなことじゃないんです。もし神が私のことで娘達を有罪にするなら、神は正しくない。私は自分を処すすべを知らなかった。私は自分の権利を放棄するような馬鹿をやらかした。私は彼女達に値しなくなってしまった! 仕方がないんだ! どんなに美しい気性で最良の魂であっても、この父親の安逸という堕落の前には抵抗できなかったんだ。私は惨めな人間だ、私は罰を受けて当然なんだ。この私が一人で娘達をかき乱す原因を作った、私が彼女達を甘やかした。彼女達は今日も快楽を求めている、かつて彼女達がボンボンを欲しがってたのと変わらない。私はいつも彼女達が若い娘らしい夢を満足させることを許してきた。十五歳の時には、彼女達は馬車を持った! 彼女等に文句を言う者はいなかった。この私にひたすら責任がある、だが愛ゆえの責任だ。彼女達の声を聞くと私は心を開いてしまう。私に彼女達の声が聞こえる、そして彼女達が来る。おお! そうだ、彼女達は来るだろう。法は誰もが死にゆく父親を見送るためにやって来ることが望ましいとしている。私の言う事は法に適っているんだ。それに、そんなのはひとっ走りするだけのことじゃないか。何なら駄賃を払ったっていいんだ。一筆書いてやって下さい、私には彼女達に残す何百万かがあると! 誓ってもいい、私はイタリアからオデッサにパスタを動かす積りだ。私はそのやり方に関しては知識がある。私の計画なら、百万単位の稼ぎが出来る。誰もまだ思いついてない計画だ。あれは小麦や小麦粉のように輸送中に傷む心配が全くないんだ。えーと、えーと、澱粉だったかな? それでもって百万になるぞ! 貴方に嘘を言わすわけじゃないが、彼女達に百万フランと言ってやれ、そしたら、彼女達は欲にかられて、あっという間にやって来るさ、私はむしろ騙された方が嬉しいよ、私は彼女達に会いたい。私は娘達が欲しい! 私の娘だったんだ! 彼女達は私のものだ!」彼は起き上がって坐り直しながら言った。ウージェーヌには、彼の頭の白髪がさんばらになっているのが見え、そこにありとあらゆる心配事が巣くっているように思われた。
「さあ」ウージェーヌが彼に言った。「また横になった方がいいよ、ゴリオの父さん、僕が彼女達に手紙を書きますからね。ビアンションが戻ってきたら直ぐに、もし彼女達がまだ来てなかったら、僕が出向いて行きます」
「彼女達が来てなければだって?」老人はすすり泣きながら鸚鵡返しに言った。「私が死ぬっていうのに、死ぬんだ怒り狂って、怒り狂って! 怒りがこみ上げて! この瞬間に私の人生がはっきり見えてきた。私は騙され続けた馬鹿だ! 彼女達は私を愛してなんかいない、彼女達は一度だって私を愛したことがなかったんだ! これは明らかだ。彼女達がまだ来てないってことは、彼女達はいつまでたっても来ないってことだ。彼女達は遅れれば遅れるほど、私にささやかな喜びを与えることを決意する気持ちはなくなってゆくだろう。私には分かっている。彼女達は未だかつて私の悲しみを思いやったことなど露ほどもないはずだ、私の苦しみを、私の願いを、私が死んだ後でも彼女達は考えることすらないだろう。彼女達は私の優しさの秘密にすら通じていないだろう。そうさ、私には分かってる、彼女達には、私の心の底を見せてやる習慣が、私がやってやったことの総ての価値を下げる結果になったんだ。彼女達が私の目をくれと言ったとしたら、私は彼女達に言ったことだろう。『私の目をくりぬきなさい!』私は大馬鹿だ。彼女達はどこの父親も自分達の父親と同じようなものだと思い込んでいる。もう役にも立たない父親と分かって彼女達は私を棄てた。だが彼女達の子供が私の仇を討ってくれるだろう。それも彼女達がここへ来なければ、彼女達には復讐の意味すら分からないだろう。だから彼女達に警告してやってくれ、彼女達は自らの断末魔の苦しみを準備していることになるんだとな。彼女達は唯一つの罪を犯すと、彼女達はもうありとあらゆる罪を犯したことになる。だから行って、だからどうしても彼女達に言ってやってくれ、来ないということは、それは親殺しだと! 彼女達はこの罪を加えなくとも、もう罪を犯し過ぎてるんだ。だから、こんな風に大声で言ってやってくれ、『おいナジー! おいデルフィーヌ! お前達のお父さんのところへおいで、彼はお前達にとても優しかった、そして今は苦しんでいる!』無だ、誰も来ない。それじゃ私は犬のように死ぬしかないのか? これが私への報いだ、この見捨てられた状態が、忌まわしい最悪の最期だ。私は彼女達を嫌悪する、私は彼女達を呪う。私は夜になると、彼女達をたびたび呪うために棺から起き出して来るだろう、何故かって、つまり、ねえ、私が間違ってるかね? 彼女達の振る舞いこそひどいじゃないか! どうだね? 私が何か間違ったことを言ったかね? 貴方、もしかしてデルフィーヌがそこにいるからと、私に注意してくれたんじゃないのか? そりゃ彼女は二人のうちではましな方さ。貴方は私の息子だ、ウージェーヌ、貴方は! 父が彼女の方がいいと言ってるんだ、彼女を愛してやってくれ。片方の方は大分性悪だ。そして彼女達の財産だ! ああ、くそっ! 私は死にそうだ、苦しい、ちょっとひどい! 私の頭を切ってくれ、心臓だけにしてくれ」
「クリストフ、ビアンションを探しに行ってくれ」老人のうめき声と叫び声の異常さに驚いてウージェーヌが叫んだ。「それから僕のところに軽二輪馬車を来させてくれ」

- Je vais aller chercher vos filles, mon bon père Goriot, je vous les ramènerai.

- De force, de force ! Demandez la garde, la ligne, tout ! tout, dit-il en jetant à Eugène un dernier regard où brilla la raison. Dites au gouvernement, au procureur du roi, qu'on me les amène, je le veux !

- Mais vous les avez maudites.

- Qui est-ce qui a dit cela ? répondit le vieillard stupéfait. Vous savez bien que je les aime, je les adore ! je suis guéri si je les vois… Allez, mon bon voisin, mon cher enfant, allez, vous êtes bon, vous ; je voudrais vous remercier, mais je n'ai rien à vous donner que les bénédictions d'un mourant. Ah ! je voudrais au moins voir Delphine pour lui dire de m'acquitter envers vous. Si l'autre ne peut pas, amenez-moi celle-là. Dites-lui que vous ne l'aimerez plus si elle ne veut pas venir. Elle vous aime tant qu'elle viendra. A boire, les entrailles me brûlent ! Mettez-moi quelque chose sur la tête. La main de mes filles, ça me sauverait, je le sens… Mon Dieu ! qui refera leurs fortunes si je m'en vais ? je veux aller à Odessa pour elles, à Odessa, y faire des pâtes.

- Buvez ceci, dit Eugène en soulevant le moribond et le prenant dans son bras gauche tandis que de l'autre il tenait une tasse pleine de tisane.

- Vous devez aimer votre père et votre mère, vous ! dit le vieillard en serrant de ses mains défaillantes la main d'Eugène. Comprenez-vous que je vais mourir sans les voir, mes filles ? Avoir soif toujours, et ne jamais boire, voilà comment j'ai vécu depuis dix ans… Mes deux gendres ont tué mes filles. Oui, je n'ai plus eu de filles après qu'elles ont été mariées. Pères, dites aux Chambres de faire une loi sur le mariage ! Enfin, ne mariez pas vos filles si vous les aimez. Le gendre est un scélérat qui gâte tout chez une fille, il souille tout. Plus de mariages ! C'est ce qui nous enlève nos filles, et nous ne les avons plus quand nous mourons. Faites une loi sur la mort des pères. C'est épouvantable, ceci ! Vengeance ! Ce sont mes gendres qui les empêchent de venir. Tuez-les ! A mort le Restaud, à mort l'Alsacien, ils sont mes assassins ! La mort ou mes filles ! Ah ! c'est fini, je meurs sans elles ! Elles ! Nasie, Fifine, allons, venez donc ! Votre papa sort…

- Mon bon père Goriot, calmez-vous, voyons, restez tranquille, ne vous agitez pas, ne pensez pas.

- Ne pas les voir, voilà l'agonie !

- Vous allez les voir.

- Vrai ! cria le vieillard égaré. Oh ! les voir ! je vais les voir, entendre leur voix. Je mourrai heureux. Eh bien ! oui, je ne demande plus à vivre, je n'y tenais plus, les peines allaient croissant. Mais les voir, toucher leurs robes, ah ! rien que leurs robes, c'est bien peu ; mais que je sente quelque chose d'elles ! Faites-moi prendre les cheveux… veux…

Il tomba la tête sur l'oreiller comme s'il recevait un coup de massue. Ses mains s'agitèrent sur la couverture comme pour prendre les cheveux de ses filles.

- je les bénis, dit-il en faisant un effort, bénis.

Il s'affaissa tout à coup. En ce moment Bianchon entra.

- J'ai rencontré Christophe, dit-il, il va t'amener une voiture. Puis il regarda le malade, lui souleva de force les paupières, et les deux étudiants lui virent un oeil sans chaleur et terne.- Il n'en reviendra pas, dit Bianchon, je ne crois pas. Il prit le pouls, le tâta, mit la main sur le cœur du bonhomme.

- La machine va toujours mais, dans sa position, c'est un malheur, il vaudrait mieux qu'il mourût !

- Ma foi, oui, dit Rastignac.

- Qu'as-tu donc ? tu es pâle comme la mort.

- Mon ami, je viens d'entendre des cris et des plaintes. Il y a un Dieu ! Oh ! oui ! il y a un Dieu, et il nous a fait un monde meilleur, ou notre terre est un non-sens. Si ce n'avait pas été si tragique, je fondrais en larmes, mais j'ai le cœur et l'estomac horriblement serrés.

- Dis donc, il va falloir bien des choses ; où prendre de l'argent ?

Rastignac tira sa montre.

- Tiens, mets-la vite en gage. Je ne veux pas m'arrêter en route, car j'ai peur de perdre une minute, et j'attends Christophe. je n'ai pas un liard, il faudra payer mon cocher au retour.

Rastignac se précipita dans l'escalier, et partit pour aller rue du Helder chez madame de Restaud. Pendant le chemin, son imagination, frappée de l'horrible spectacle dont il avait été témoin, échauffa son indignation. Quand il arriva dans l'antichambre et qu'il demanda madame de Restaud, on lui répondit qu'elle n'était pas visible.

- Mais, dit-il au valet de chambre, le viens de la part de son père qui se meurt.

- Monsieur, nous avons de monsieur le comte les ordres les plus sévères.

- Si monsieur de Restaud y est, dites-lui dans quelle circonstance se trouve son beau-père et prévenez-le qu'il faut que je lui parle à l'instant même.

Eugène attendit pendant longtemps.

- Il se meurt peut-être en ce moment, pensait-il.

Le valet de chambre l'introduisit dans le premier salon où monsieur de Restaud reçut l'étudiant debout, sans le faire asseoir, devant une cheminée où il n'y avait pas de feu.

- Monsieur le comte, lui dit Rastignac, monsieur votre beau-père expire en ce moment dans un bouge infâme, sans un liard pour avoir du bois ; il est exactement à la mort et demande à voir sa fille…

- Monsieur, lui répondit avec froideur le comte de Restaud, vous avez pu vous apercevoir que j'ai fort peu de tendresse pour monsieur Goriot. Il a compromis son caractère avec madame de Restaud, il a fait le malheur de ma vie, je vois en lui l'ennemi de mon repos. Qu'il meure, qu'il vive, tout m'est parfaitement indifférent. Voilà quels sont mes sentiments à son égard. Le monde pourra me blâmer, je méprise l'opinion. J'ai maintenant des choses plus importantes à accomplir qu'à m'occuper de ce que penseront de moi des sots ou des indifférents. Quant à madame de Restaud, elle est hors d'état de sortir. D'ailleurs, je ne veux pas qu'elle quitte sa maison. Dites à son père qu'aussitôt qu'elle aura rempli ses devoirs envers moi, envers mon enfant, elle ira le voir. Si elle aime son père, elle peut être libre dans quelques instants…

- Monsieur le comte, il ne m'appartient pas de juger de votre conduite, vous êtes le maître de votre femme ; mais je puis compter sur votre loyauté ? eh bien ! promettez-moi seulement de lui dire que son père n'a pas un jour à vivre, et l'a déjà maudite en ne la voyant pas à son chevet !

- Dites-le-lui vous-même, répondit monsieur de Restaud frappé des sentiments d'indignation que trahissait l'accent d'Eugène.

Rastignac entra, conduit par le comte, dans le salon où se tenait habituellement la comtesse : il la trouva noyée de larmes, et plongée dans une bergère comme une femme qui voulait mourir. Elle lui fit pitié. Avant de regarder Rastignac, elle jeta sur son mari de craintifs regards qui annonçaient une prostration complète de ses forces écrasées par une tyrannie morale et physique. Le comte hocha la tête, elle se crut encouragée à parler.

- Monsieur, j'ai tout entendu. Dites à mon père que s'il connaissait la situation dans laquelle je suis, il me pardonnerait. Je ne comptais pas sur ce supplice, il est au-dessus de mes forces, monsieur, mais je résisterai jusqu'au bout, dit-elle à son mari. Je suis mère. Dites à mon père que je suis irréprochable envers lui, malgré les apparences, cria-t-elle avec désespoir à l'étudiant.

Eugène salua les deux époux, en devinant l'horrible crise dans laquelle était la femme, et se retira stupéfait. Le ton de monsieur de Restaud lui avait démontré l'inutilité de sa démarche, et il comprit qu'Anastasie n'était plus libre. Il courut chez madame de Nucingen, et la trouva dans son lit.

- Je suis souffrante, mon pauvre ami, lui dit-elle. J'ai pris froid en sortant du bal, j'ai peur d'avoir une fluxion de poitrine, j'attends le médecin…

- Eussiez-vous la mort sur les lèvres, lui dit Eugène en l'interrompant, il faut vous traîner auprès de votre père. Il vous appelle ! si vous pouviez entendre le plus léger de ses cris, vous ne vous sentiriez point malade.

- Eugène, mon père n'est peut-être pas aussi malade que vous le dites ; mais je serais au désespoir d'avoir le moindre tort à vos yeux, et je me conduirai comme vous le voudrez. Lui, je le sais, il mourrait de chagrin si ma maladie devenait mortelle par suite de cette sortie. Eh bien ! j'irai dès que mon médecin sera venu. Ah ! pourquoi n'avez-vous plus votre montre ? dit-elle en ne voyant plus la chaîne. Eugène rougit. Eugène ! Eugène, si vous l'aviez déjà vendue, perdue… oh ! cela serait bien mal.

L'étudiant se pencha sur le lit de Delphine, et lui dit à l'oreille :- Vous voulez le savoir ? eh bien ! sachez-le ! Votre père n'a pas de quoi s'acheter le linceul dans lequel on le mettra ce soir. Votre montre est en gage, je n'avais plus rien.

Delphine sauta tout à coup hors de son lit, courut à son secrétaire, y prit sa bourse, la tendit à Rastignac. Elle sonna et s'écria : " J'y vais, j'y vais, Eugène. Laissez-moi m'habiller ; mais je serais un monstre ! Allez, j'arriverai avant vous ! Thérèse, cria-t-elle à sa femme de chambre, dites à monsieur de Nucingen de monter me parler à l'instant même. "

「僕は貴方の娘さん達を探しに出かけます、ゴリオの父さん、僕は彼女達を連れて戻って来ます」
「力ずくで、力ずくで! 衛兵隊を呼べ、歩兵隊もだ、皆だ! 皆だ」彼は理性の輝きが見えた最後の眼差しをウージェーヌに投げかけながら言った。「政府に言え、王室の検事にも言え、私のところへ彼女達を連れて来るんだと、お願いだ!」
「しかし、貴方は彼女達を呪っていたのに」
「誰がそんなことを言ったんだ?」老人は仰天して答えた。「貴方はよく知っているじゃないか、私は彼女達を愛している、彼女達に焦がれている! 彼女達に会えば私の病気は治る……行ってくれ、親切なお隣さん、可愛い息子よ、行ってくれ、貴方は優しい、貴方は……貴方には感謝している、だが私には貴方にあげるものが何もない、ただ死にゆく者から祝福を捧げるしかないんだ。ああ! 私は少なくともデルフィーヌに会って言いたいんだ、貴方への借金を綺麗にしてくれとな。もし、あちらが来ないんなら、私をそちらへ連れて行ってくれ。彼女に言ってやる、もし彼女が来られないようなら、貴方はもう彼女を愛さないだろうとな。彼女は貴方をとても愛してるので、彼女は来るだろう。喉が渇く! はらわたが焼けるようだ! 何かで頭を冷やしてくれ。娘達の手、それで私は救われる、そんな気がする……さあ! 私がいなくなったら、誰が娘達の財産を立て直すんだ? 私は娘達のためにオデッサへ行きたい。オデッサでパスタを作るんだ」
「これを飲んで下さい」ウージェーヌは瀕死の老人を左腕に抱えて起こしながら言って、もう一方の手で煎じ薬がいっぱいに入ったコップを引き寄せた。
「貴方はお父さんとお母さんを愛してあげなさいよ、貴方!」老人は衰弱した手でウージェーヌの手を握って言った。「貴方には、私が彼女達、私の娘達に会うこともなく死んでゆこうとしているのが、どういうことか、お分かりですか? いつも喉が渇いていて、それでいて決して飲めない、それなんです、私がこの十年来体験してきたのはそんな具合でした……私の婿二人は私の娘達を殺してしまった。そうです、彼女達が結婚した後は、私にはもう娘がいなくなってしまったんです。父親達よ、行政院に結婚反対の法律を作るように要求しよう! 要するに、貴方が貴方の娘を愛するなら、娘を結婚させるなって言うことです。婿というやつは娘の総てを駄目にしてしまう極悪人です。奴等は何もかも汚してしまう。結婚なんてもう沢山だ! それは、我々に我々の娘を差し出させておきながら、我々が死ぬ時は、もはや我々には決して返してはもらえない、そういうものなんだ。父親の死について法律を作ってもらいたい。それは恐ろしいことになっている、今のところは! 復讐だ! 彼女達がやって来るのを阻んでいる奴等、それはあの婿達だ。奴等を殺せ! 死ねレストー、死ねアルザス野郎、奴等が私の殺人犯だ! 死か、さなくば、私に娘達を! ああ! もう終わりだ、彼女達が来ないうちに私は死ぬ! あの子達! ナジー、フィフィーヌ、さあ、おいでったら! お前達のパパは逝っちまう……」
「ゴリオの父さん、落ち着いて、さあ、静かに、興奮しないで、何も考えないで」
「彼女達に会えない、そんな悲しいこと!」
「もう直ぐ貴方は彼女達に会いに行けます」
「本当かね!」錯乱している老人は叫んだ。「おお! 彼女達と会う! 私は彼女達に会いに行く、彼女達の声を聞きに行く。私は幸せに死ねるだろう、それなら! そうだ、私はもう生きることもない、もうそれにはこだわらない、私の苦しみは増えるばかりだから。だが、彼女達に会う、彼女達のドレスに触れる、ああ! ただ彼女達のドレスだけでいい、実に些細なことだ。しかし、私は彼女達のなにかしらを感じることが出来る! 私に彼女達の髪を触らせてくれ……したい……」
彼はこん棒で一撃食らったように枕の上に頭から倒れこんだ。彼の手は娘達の髪をつかもうとするかのように掛け布団の上で動き回った。
「私は娘達に神の加護を祈る」彼は懸命に祈った。「神の加護を」
彼は突然崩れるように倒れた。この瞬間、ビアンションが入ってきた。「僕はクリストフに出会ったんだ」彼が言った。「彼は君のために馬車を呼びに行ってる」次いで彼は病人を見た。病人のまぶたを手でめくりあげた、そして二人の学生は彼の目には熱気も輝きも既に消えているのを見たのだった。「彼はもう復活出来ないだろうな」ビアンションが言った。「信じられないよ」彼は脈をとった、身体を触ってみた、手を爺さんの心臓の上に置いてみた。
「機能はずっと動いている。だけど、彼の状態では、それは不幸なことだ。むしろ死ぬ方がましなんだよ!」
「確かにその通りだな」ラスチニャックが言った。
「どうかしたのか? 君は死人のように青ざめてるぞ」
「ねえ、僕は彼のうめき声や叫び声を聞いてたんだぜ。神様はいるんだろう! ああ! そりゃあな! 神様がいて、そして神は我々により良い世界を作って下さった。でなきゃ、この世はナンセンスだ。もしそれがこれほど悲惨でなければ、かえって僕はさめざめと泣けば気が済むところだった。だけど僕はまだ心も身体も締めつけられるようで、ひどく苦しいんだ」
「ねえ、余分な仕事がいっぱいあるぜ、何処で金を作る?」
ラスチニャックは自分の腕時計を取り出した。
「ほら、これを直ぐに質に入れてくれ。僕は質屋に寄ってけないんだ、というのは、僕は一分といえども無駄には出来ないんだ。それで今はクリストフを待ってるところだ。僕は今は一文無しだ、ところが帰ってきたら僕は御者に支払いをしなけりゃならない」
ラスチニャックは階段に飛んでいって、エルデ通のレストー夫人のところへ向かうべく出て行った。道中、彼が目撃した恐ろしい光景に触発された彼の想像力は彼の憤りに益々熱を帯びさせた。彼は控えの間に着いて、レストー夫人に面会を申し込んだが、夫人は見当たらないという返事が返ってきた。
「しかし」彼は召使に言った。「私は夫人のお父様が危篤になっているその場から来たんです」
「お客様、私共は伯爵様から、とても厳しく命令されておりまして……」
「ド・レストーさんがおられるなら、どうぞお伝え下さい。彼の義父がどういうことになっているか、そして、私は彼に大至急お話しなければならないということを」
ウージェーヌは長い間待った。
「彼はこの瞬間にも死ぬところじゃないか」彼は考えていた。
召使が彼を大広間に案内した。そこで、ド・レストー氏が立ったままで学生を迎えた。彼は学生を座らせることもなく、暖炉には火もなかった。
「伯爵様」彼に向かってラスチニャックが言った。「貴方の義理の父上が今この瞬間にも、汚いあばら家で、薪を買うお金すらない状態で息を引き取ろうとされています。彼は間違いなく危篤です。そして娘さんに会いたがって……」
「貴方様」ド・レストー伯爵は冷淡に答えた。「貴方は既に認識されておられるはずだが、私はゴリオさんに対しては全くと言ってよいほど優しい感情は持っていないんですよ。彼はあの性格でもってレストー夫人を巻き添えにして評判を落とした。彼は私の人生に不幸をもたらした。私は彼のことを私の心の平和を壊す敵だと思っています。彼が死のうと、彼が生きようと、皆、私には全くどうでもよいことです。これが、彼について私の感情がどういうものであるかをお示ししたものです。世間は私を非難するでしょう。私はそうした意見は気にしません。私は今、私の考えでは馬鹿らしいとか無関心なことに関わるよりも、もっと重要なことでやり遂げねばならないことがあるんです。レストー夫人のことだが、彼女は外出できない状態なんですよ。それに、私は彼女が家を離れるのを好まないんです。彼女の父親には、彼女が私や私の子供に義務を果たすことが出来次第直ぐに、彼に会いに行くとお伝え下さい。それにしたって、彼女が自分の父を愛していれば、彼女も短い時間なら恐らく都合がつくはずなんだが……」
「伯爵様、私は無論貴方のご方針をとやかく言う立場ではございません。しかし、あなたは奥様に対するご主人でいらっしゃいます。ですから、私は貴方の誠意を当てに出来たらと思っております。どうでしょう! どうかこれだけは私にお約束下さい。彼女にお父様が一日も持つまいということ、そして彼は既に自分の枕元すら見えないほど衰えていることをお伝え頂きたいのです!」
「それは彼女に貴方自身の口で言って下さい」ド・レストー氏はウージェーヌの剣幕に彼の憤りの感情がこもっているのに驚いてそう答えた。
ラスチニャックは伯爵に案内されて、伯爵夫人が普段過ごしている居間に入った。彼はそこに涙にくれた彼女を見つけた。彼女は安楽椅子の中に沈み込んで、まるでもう死んでしまいたいと思っている女のように見えた。彼女の様子は彼に憐れみを催させた。ラスチニャックを見るより先に、彼女は夫のほうにおどおどした眼差しを投げかけたが、それは精神と身体の両面にかけられた横暴によって押しつぶされた彼女の力がすっかり衰え切っていることを物語っていた。伯爵が頷いて見せたので、彼女はようやく話し始めた。
「貴方、私は総て聞いておりました。父に言って頂きたいのです、もし彼が私の置かれております立場を理解してくれるなら、彼は私を許してくれるはずだと。私は今回のひどい苦しみを考えてもいませんでした。それは私の手には全く負えないものですわ、貴方、でも、私は最後まで抵抗する積りです」彼女は夫に向かってそう言った。「私も母親です。父には言って下さい。彼については、私は実は申し分のない娘なんですよ、見た目ではお分かりにならないでしょうけれど」彼女は絶望的な気持ちにかられて学生に向かって叫んだ。
ウージェーヌは夫婦二人に挨拶した。彼にも夫人の置かれている恐ろしい危機が見えてきて、呆然として引き下がった。ド・レストー氏の話しぶりは彼がこうして奔走していることが無駄であることを彼にはっきり示した。また彼はアナスタジーがもう自由に動けないことも理解した。彼はニュシンゲン夫人のもとへ走った、そして、まだベッドの中にいる彼女を見つけた。
「私具合が悪いのよ、貴方」彼に向かって彼女が言った。「私、舞踏会から帰る時に悪寒がしたの、肺炎じゃないかと心配で、お医者さんを待ってるの……」
「貴女が深刻な病を口にするなら」ウージェーヌは彼女を遮って言った。「貴女を貴女のお父さんの許へ引っ張っていかねばなりません。彼は貴女を呼んでいる! もし貴女に彼の呼ぶ声が少しでも聞こえたら、自分が病人だなんて絶対に思わないはずです」
「ウージェーヌ、父は多分、貴方が言うほどひどい病気じゃないのよ。でも、私が貴方の目に少しでも間違ったことをしているように映るのは堪らないことだわ、だから私は貴方がお望みのようにする積りよ。彼にはね、私は彼を知っているのでこう思うんだけど、彼はもし今私が外出して、そのせいで私の病気が死ぬくらいに悪化すれば、その悲しみのために死んでしまうでしょうね。それでは! 私のお医者さんが来たら直ぐに行くわ、ああ! どうして貴方はもう時計を持ってないの?」彼女は鎖が見えないので、そう言った。ウージェーヌは顔を赤らめた。「ウージェーヌ! ウージェーヌ、もしかして貴方、もうあれを売ってしまったの、失くした……おお! それってひどいわ」
学生はデルフィーヌのベッドの上にかが見込んで彼女の耳許で言った。「それを知りたいのですか? それじゃあ! 知らせましょう! 貴女のお父さんには経帷子を買うお金がないんです。今晩にも我々はそれを彼に着せることになるんです。貴女の時計は質に入ってます。私には他に何もなかったんです」
デルフィーヌはいきなりベッドから飛び出し、書き物机に駆け寄り、そこから財布を取り出し、それをラスチニャックに差し出した。彼女は呼び鈴を鳴らし叫んだ。「私行きます、私行きます、ウージェーヌ。服を着ますから、先に行ってて。でも、私って悪魔ね! 行って、私は貴方より先に着くと思うわ! テレーズ」彼女は小間使いを呼んだ。「ムシュー・ド・ニュシンゲンに私とほんのちょっと話すために上がって下さるように言って下さい」

 

Eugène, heureux de pouvoir annoncer au moribond la présence d'une de ses filles, arriva presque joyeux rue Neuve-Sainte-Geneviève. Il fouilla dans la bourse pour pouvoir payer immédiatement son cocher. La bourse de cette jeune femme, si riche, si élégante, contenait soixante-dix francs. Parvenu en haut de l'escalier, il trouva le père Goriot maintenu par Bianchon, et opéré par le chirurgien de l'hôpital, sous les yeux du médecin. On lui brûlait le dos avec des moxas, dernier remède de la science, remède inutile.

- Les sentez-vous ? demandait le médecin.

Le père Goriot, ayant entrevu l'étudiant, répondit :

- Elles viennent, n'est-ce pas ?

- Il peut s'en tirer, dit le chirurgien, il parle.

- Oui, répondit Eugène, Delphine me suit.

- Allons ! dit Bianchon, il parlait de ses filles, après lesquelles il crie comme un homme sur le pal crie, dit-on, après l'eau.

Cessez, dit le médecin au chirurgien, il n'y a plus rien à faire, on ne le sauvera pas.

Bianchon et le chirurgien replacèrent le mourant à plat sur son grabat infect.

- Il faudrait cependant le changer de linge, dit le médecin. Quoiqu'il n'y ait aucun espoir, il faut respecter en lui la nature humaine. Je reviendrai, Bianchon, dit-il à l'étudiant. S'il se plaignait encore, mettez-lui de l'opium sur le diaphragme.

Le chirurgien et le médecin sortiront.

- Allons, Eugène, du courage, mon fils ! dit Bianchon à Rastignac quand ils furent seuls, il s'agit de lui mettre une chemise blanche et de changer son lit. Va dire à Sylvie de monter des draps et de venir nous aider.

Eugène descendit et trouva madame Vauquer occupée à mettre le couvert avec Sylvie. Aux premiers mots que lui dit Rastignac, la veuve vint à lui, en prenant l'air aigrement doucereux d'une marchande soupçonneuse qui ne voudrait ni perdre son argent, ni fâcher le consommateur.

- Mon cher monsieur Eugène, répondit-elle, vous savez tout comme moi que le père Goriot n'a plus le sou. Donner des draps à un homme en train de tortiller de l'oeil, c'est les perdre, d'autant qu'il faudra bien en sacrifier un pour le linceul. Ainsi, vous me devez déjà cent quarante-quatre francs, mettez quarante francs de draps, et quelques autres petites choses, la chandelle que Sylvie vous donnera, tout cela fait au moins deux cents francs, qu'une pauvre veuve comme moi n'est pas en état de perdre. Dame ! soyez juste, monsieur Eugène, j'ai bien assez perdu depuis cinq jours que le guignon s'est logé chez moi. J'aurais donné dix écus pour que ce bonhomme-là fût parti ces jours-ci, comme vous le disiez. Ça frappe mes pensionnaires. Pour un rien, je le ferais porter à l'hôpital. Enfin, mettez-vous à ma place. Mon établissement avant tout, c'est ma vie, à moi.

Eugène remonta rapidement chez le père Goriot.

- Bianchon, l'argent de la montre ?

- Il est là sur la table, il en reste trois cent soixante et quelques francs. J'ai payé sur ce qu'on m'a donné tout ce que nous devions. La reconnaissance du Mont-de-Piété est sous l'argent.

- Tenez, madame, dit Rastignac après avoir dégringolé l'escalier avec horreur, soldez nos comptes. Monsieur Goriot n'a pas longtemps à rester chez vous, et moi…

- Oui, il en sortira les pieds en avant, pauvre bonhomme, dit-elle en comptant deux cents francs, d'un air moitié gai, moitié mélancolique.

- Finissons, dit Rastignac.

- Sylvie, donnez les draps, et allez aider ces messieurs, là-haut.

- Vous n'oublierez pas Sylvie, dit madame Vauquer à l'oreille d'Eugène, voilà deux nuits qu'elle veille.

Dès qu'Eugène eut le dos tourné, la vieille courut à sa cuisinière :- Prends les draps retournés, numéro sept. Par Dieu, c'est toujours assez bon pour un mort, lui dit-elle à l'oreille.

Eugène, qui avait déjà monté quelques marches de l'escalier, n'entendit pas les paroles de la vieille hôtesse.

- Allons, lui dit Bianchon, passons-lui sa chemise. Tiens-le droit.

Eugène se mit à la tête du lit et soutint le moribond, auquel Bianchon enleva sa chemise et le bonhomme fit un geste comme pour garder quelque chose sur sa poitrine, et poussa des cris plaintifs et inarticulés, à la manière des animaux qui ont une grande douleur à exprimer.

- Oh ! oh ! dit Bianchon, il veut une petite chaîne de cheveux et un petit médaillon que nous lui avons ôtés tout à l'heure pour lui poser ses moxas. Pauvre homme ! il faut la lui remettre. Elle est sur la cheminée.

Eugène alla prendre une chaîne tressée avec des cheveux blond cendré, sans doute ceux de madame Goriot. Il lut d'un côté du médaillon : Anastasie, et de l'autre : Delphine. Image de son cœur qui reposait toujours sur son cœur. Les boucles contenues étaient d'une telle finesse qu'elles devaient avoir été prises pendant la première enfance des deux filles. Lorsque le médaillon toucha sa poitrine, le vieillard fit un ban prolongé qui annonçait une satisfaction effrayante à voir. C'était un des derniers retentissements de sa sensibilité, qui semblait se retirer au centre inconnu d'où partent et où s'adressent nos sympathies. Son visage convulsé prit une expression de joie maladive. Les deux étudiants, frappés de ce terrible éclat d'une force de sentiment qui survivait à la pensée, laissèrent tomber chacun des larmes chaudes sur

le moribond qui jeta un cri de plaisir aigu.

- Nasie ! Fifine ! dit-il.

- Il vit encore, dit Bianchon.

- A quoi ça lui sert-il ? dit Sylvie.

- A souffrir, répondit Rastignac.

Après avoir fait à son camarade un signe pour lui dire de l'imiter, Bianchon s'agenouilla pour passer ses bras sous les jarrets du malade, pendant que Rastignac en faisait autant de l'autre côté du lit afin de passer les mains sous le dos. Sylvie était là, prête à retirer les draps quand le moribond serait soulevé, afin de les remplacer par ceux qu'elle apportait. Trompé sans doute par les larmes, Goriot usa ses dernières forces pour étendre les mains, rencontra de chaque côté de son lit les têtes des étudiants, les saisit violemment par les cheveux, et l'on entendit faiblement : " Ah ! mes anges ! " Deux mots, deux murmures accentués par l'âme qui s'envola sur cette parole.

- Pauvre cher homme, dit Sylvie attendrie de cette exclamation où se peignit un sentiment suprême que le plus horrible, le plus involontaire des mensonges exaltait une dernière fois.

Le dernier soupir de ce père devait être un soupir de joie. Ce soupir fut l'expression de toute sa vie, il se trompait encore. Le père Goriot fut pieusement replacé sur son grabat. A compter de ce moment, sa physionomie garda la douloureuse empreinte du combat qui se livrait entre la mort et la vie dans une machine qui n'avait plus cette espèce de conscience cérébrale d'où résulte le sentiment du plaisir et de la douleur pour l'être humain. Ce n'était plus qu'une question de temps pour la destruction.

- Il va rester ainsi quelques heures, et mourra sans que l'on s'en aperçoive, il ne râlera même pas. Le cerveau doit être complètement envahi.

En ce moment on entendit dans l'escalier un pas de jeune femme haletante.

- Elle arrive trop tard, dit Rastignac.

Ce n'était pas Delphine, mais Thérèse, sa femme de chambre.

- Monsieur Eugène, dit-elle, il s'est élevé une scène violente entre monsieur et madame, à propos de l'argent que cette pauvre madame demandait pour son père. Elle s'est évanouie, le médecin est venu, il a fallu la saigner, elle criait : " Mon père se meurt, je veux voir papa ! " Enfin, des cris à fendre l'âme.

- Assez, Thérèse. Elle viendrait que maintenant ce serait superflu, monsieur Goriot n'a plus de connaissance.

- Pauvre cher monsieur, est-il mal comme ça ! dit Thérèse.

- Vous n'avez plus besoin de moi, faut que j'aille à mon dîner, il est quatre heures et demie, dit Sylvie qui faillit se heurter sur le haut de l'escalier avec madame de Restaud.

Ce fut une apparition grave et terrible que celle de la comtesse. Elle regarda le lit de mort, mal éclairé par une seule chandelle, et versa des pleurs en apercevant le masque de son père où palpitaient encore les derniers tressaillements de la vie. Bianchon se retira par discrétion.

- Je ne me suis pas échappée assez tôt, dit la comtesse à Rastignac.

L'étudiant fit un signe de tête affirmatif plein de tristesse. Madame de Restaud prit la main de son père, la baisa.

- Pardonnez-moi, mon père ! Vous disiez que ma voix vous rappellerait de la tombe ; eh bien, revenez un moment à la vie pour bénir votre fille repentante. Entendez-moi. Ceci est affreux ! votre bénédiction est la seule que je puisse recevoir ici-bas désormais. Tout le monde me hait, vous seul m'aimez. Mes enfants eux-mêmes me haïront. Emmenez-moi avec vous, je vous aimerai, je vous soignerai. Il n'entend plus, je suis folle. Elle tomba sur ses genoux, et contempla ce débris avec une expression de délire. Rien ne manque à mon malheur, dit-elle en regardant Eugène. Monsieur de Trailles est parti, laissant ici des dettes énormes, et j'ai su qu'il me trompait. Mon mari ne me pardonnera jamais, et je l'ai laissé le maître de ma fortune. J'ai perdu toutes mes illusions. Hélas ! pour qui ai-je trahi le seul cœur (elle montra son père) où j'étais adorée ! Je l'ai méconnu, je l'ai repoussé, je lui ai fait mille maux, infâme que je suis !

- Il le savait, dit Rastignac.

En ce moment le père Goriot ouvrit les yeux, mais par l'effet d'une convulsion. Le geste qui révélait l'espoir de la comtesse ne fut pas moins horrible à voir que l'oeil du mourant.

- M'entendrait-il ? cria la comtesse. Non, se dit-elle en s'asseyant auprès de lui.

Madame de Restaud ayant manifesté le désir de garder son père, Eugène descendit pour prendre un peu de nourriture. Les pensionnaires étaient déjà réunis.

- Eh bien, lui dit le peintre, il parait que nous allons avoir un petit mortorama là-haut ?

- Charles, lui dit Eugène, il me semble que vous devriez plaisanter sur quelque sujet moins lugubre.

- Nous ne pourrons donc plus rire ici ? reprit le peintre. Qu'est-ce que cela fait, puisque Bianchon dit que le bonhomme n'a plus sa connaissance ?

- Eh bien ! reprit l'employé du Muséum, il sera mort comme il a vécu.

- Mon père est mort ! cria la comtesse.

A ce cri terrible, Sylvie, Rastignac et Bianchon montèrent, et trouvèrent madame de Restaud évanouie. Après l'avoir fait revenir à elle, ils la transportèrent dans le fiacre qui l'attendait. Eugène la confia aux soins de Thérèse, lui ordonnant de la conduire chez madame de Nucingen.

- Oh ! il est bien mort, dit Bianchon en descendant.

- Allons, messieurs, à table, dit madame Vauquer, la soupe va se refroidir.

Les deux étudiants se mirent à côté l'un de l'autre.

- Que faut-il faire maintenant ? dit Eugène à Bianchon.

- Mais je lui ai fermé les yeux, et je l'ai convenablement disposé. Quand le médecin de la mairie aura constaté le décès que nous irons déclarer, on le coudra dans un linceul, et on l'enterrera. Que veux-tu qu'il devienne ?

- Il ne flairera plus son pain comme ça, dit un pensionnaire en imitant la grimace du bonhomme.

- Sacrebleu, messieurs, dit le répétiteur, laissez donc le père Goriot, et ne nous en faites plus manger, car on l'a mis à toute sauce depuis une heure. Un des privilèges de la bonne ville de Paris, c'est qu'on peut y naître, y vivre, y mourir sans que personne fasse attention à vous. Profitons donc des avantages de la civilisation. Il y a soixante morts aujourd'hui, voulez-vous nous apitoyer sur les hécatombes parisiennes ? Que le père Goriot soit crevé, tant mieux pour lui ! Si vous l'adorez, allez le garder, et laissez-nous manger tranquillement, nous autres.

- Oh ! oui, dit la veuve, tant mieux pour lui qu'il soit mort ! Il paraît que le pauvre homme avait bien du désagrément sa vie durant.

Ce fut la seule oraison funèbre d'un être qui, pour Eugène, représentait la Paternité. Les quinze pensionnaires se mirent à causer comme à l'ordinaire. Lorsque Eugène et Bianchon eurent mangé, le bruit des fourchettes et des cuillers, les rires de la conversation, les diverses expressions de ces figures gloutonnes et indifférentes, leur insouciance, tout les glaça d'horreur. Ils sortirent pour aller chercher un prêtre qui veillât et priât pendant la nuit près du mort. Il leur fallut mesurer les derniers devoirs à rendre au bonhomme sur le peu d'argent dont ils pourraient disposer. Vers neuf heures du soir, le corps fut placé sur un fond sanglé, entre deux chandelles, dans cette chambre nue, et un prêtre vint s'asseoir auprès de lui. Avant de se coucher, Rastignac, ayant demandé des renseignements à l'ecclésiastique sur le prix du service à faire et sur celui des convois, écrivit un mot au baron de Nucingen et au comte de Restaud en les priant d'envoyer leurs gens d'affaires afin de pourvoir à tous les frais de l'enterrement. Il leur dépêcha Christophe, puis il se coucha et s'endormit accablé de fatigue. Le lendemain matin, Bianchon et Rastignac furent obligés d'aller déclarer eux-mêmes le décès, qui vers midi fut constaté. Deux heures après, aucun des deux gendres n'avait envoyé d'argent, personne ne s'était présenté en leur nom, et Rastignac avait été forcé déjà de payer les frais du prêtre. Sylvie ayant demandé dix francs pour ensevelir le bonhomme et le coudre dans un linceul, Eugène et Bianchon calculèrent que, si les parents du mort ne voulaient se mêler de rien, ils auraient à peine de quoi pourvoir aux frais. L'étudiant en médecine se chargea donc de mettre lui-même le cadavre dans une bière de pauvre qu'il fit apporter de son hôpital, où il l'eut à meilleur marché.

- Fais une farce à ces drôles-là, dit-il à Eugène. Va acheter un terrain, pour cinq ans, au Père-Lachaise, et commande un service de troisième classe à l'église et aux Pompes Funèbres. Si les gendres et les filles se refusent à te rembourser, tu feras graver sur la tombe : " Ci-gît monsieur Goriot, père de la comtesse de Restaud et de la baronne de Nucingen, enterré aux frais de deux étudiants. "

Eugène ne suivit le conseil de son ami qu'après avoir été infructueusement chez monsieur et madame de Nucingen et chez monsieur et madame de Restaud. Il n'alla pas plus loin que la porte. Chacun des concierges avait des ordres sévères.

- Monsieur et madame, dirent-ils, ne reçoivent personne ; leur père est mort, et ils sont plongés dans la plus vive douleur.

Eugène avait assez l'expérience du monde parisien pour savoir qu'il ne devait pas insister. Son cœur se serra étrangement quand il se vit dans l'impossibilité de parvenir jusqu'à Delphine.

" Vendez une parure, lui écrivit-il chez le concierge, et que votre père soit décemment conduit à sa dernière demeure. "

Il cacheta ce mot, et pria le concierge du baron de le remettre à Thérèse pour sa maîtresse ; mais le concierge le remit au baron de Nucingen qui le jeta dans le feu. Après avoir fait toutes ses dispositions, Eugène revint vers trois heures à la pension bourgeoise, et ne put retenir une larme quand il aperçut à cette porte bâtarde la bière à peine couverte d'un drap noir, posée sur deux chaises dans cette rue déserte. Un mauvais goupillon, auquel personne n'avait encore touché, trempait dans un plat de cuivre argenté plein d'eau bénite. La porte n'était pas même tendue de noir. C'était la mort des pauvres, qui n'a ni faste, ni suivants, ni amis, ni parents. Bianchon, obligé d'être à son hôpital, avait écrit un mot à Rastignac pour lui rendre compte de ce qu'il avait fait avec l'église. L'interne lui mandait qu'une messe était hors de prix, qu'il fallait se contenter du service moins coûteux des vêpres, et qu'il avait envoyé Christophe avec un moi aux Pompes Funèbres. Au moment où Eugène achevait de lire le griffonnage de Bianchon, il vit entre les mains de madame Vauquer le médaillon à cercle d'or où étaient les cheveux des deux filles.

- Comment avez-vous osé prendre ça ? lui dit-il.

- Pardi ! fallait-il l'enterrer avec ? répondit Sylvie, c'est en or.

- Certes ! reprit Eugène avec indignation, qu'il emporte au moins avec lui la seule chose qui puisse représenter ses deux filles.

Quand le corbillard vint, Eugène fit remonter la bière, la décloua, et plaça religieusement sur la poitrine du bonhomme une image qui se rapportait à un temps où Delphine et Anastasie étaient jeunes, vierges et pures, et ne raisonnaient pas, comme il l'avait dit dans ses cris d'agonisant. Rastignac et Christophe accompagnèrent seuls, avec deux croque-morts, le char qui menait le pauvre homme à Saint-Etienne-du-Mont, église peu distante de la rue Neuve-Sainte-Geneviève. Arrivé là, le corps fut présenté à une petite chapelle basse et sombre, autour de laquelle l'étudiant chercha vainement les deux filles du père Goriot ou leurs maris. Il fut seul avec Christophe, qui se croyait obligé de rendre les derniers devoirs à un homme qui lui avait fait gagner quelques bons pourboires. En attendant les deux prêtres, l'enfant de chœur et le bedeau, Rastignac serra la main de Christophe, sans pouvoir prononcer une parole.

- Oui, monsieur Eugène, dit Christophe, c'était un brave et honnête homme, qui n'a jamais dit une parole plus haut que l'autre, qui ne nuisait à personne et n'a jamais fait de mal.

Les deux prêtres, l'enfant de chœur et le bedeau vinrent et donnèrent tout ce qu'on peut avoir pour soixante-dix francs dans une époque où la religion n'est pas assez riche pour prier gratis. Les gens du clergé chantèrent un psaume, le Libera , le De profundis . Le service dura vingt minutes. Il n'y avait qu'une seule voiture de deuil pour un prêtre et un enfant de chœur, qui consentirent à recevoir avec eux Eugène et Christophe.

- Il n'y a point de suite, dit le prêtre, nous pourrons aller vite, afin de ne pas nous attarder, il est cinq heures et demie.

Cependant, au moment où le corps fut placé dans le corbillard, deux voitures armoriées, mais vides, celle du comte de Restaud et celle du baron de Nucingen, se présentèrent et suivirent le convoi jusqu'au Père-Lachaise. A six heures, le corps du père Goriot fut descendu dans sa fosse, autour de laquelle étaient les gens de ses filles, qui disparurent avec le clergé aussitôt que fut dite la courte prière due au bonhomme pour l'argent de l'étudiant. Quand les deux fossoyeurs eurent jeté quelques pelletées de terre sur la bière pour la cacher, ils se relevèrent, et l'un d'eux, s'adressant à Rastignac, lui demanda leur pourboire. Eugène fouilla dans sa poche et n'y trouva rien, il fut forcé d'emprunter vingt sous à Christophe. Ce fait, si léger en lui-même, détermina chez Rastignac un accès d'horrible tristesse. Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les nerfs, il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée par les saintes émotions d'un cœur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se croisa les bras, contempla les nuages, et, le voyant ainsi, Christophe le quitta.

Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s'attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses : "A nous deux maintenant !"

Et pour premier acte du défi qu'il portait à la Société,

Rastignac alla dîner chez madame de Nucingen.

Saché, septembre 1834.

(Fin)

ウージェーヌは危篤の老人に娘のうちの一人が会いに来ることを告げられるのが嬉しくて、ほとんど陽気といってもいい様子でネーヴ・サント・ジュヌヴィエーヴ通へ戻ってきた。彼は直ぐに御者に支払いをするため財布の中をくまなく調べた。あの若くて、あんなに金持ちで、あんなに優美な夫人の財布の中には七〇フランがあった。階段の上の階に辿り着いた彼は、ゴリオ爺さんがビアンションに押さえられて、主任医師の目の前で、病院から来た外科医の治療を受けているのを見つけた。外科医は彼の背中にモグサを乗せて燃やしていた。これは医者が最後に仕方なくやる治療で無駄に帰する事が多い治療だった。
「感じますか?」医者が尋ねた。
ゴリオ爺さんは学生をちらりと見ると、ウージェーヌの方に向かって言った。「彼女は来るんですか?」
「彼は持ちこたえられる、話してるじゃないか」外科医が言った。
「はい、デルフィーヌが僕の後から来ます」ウージェーヌがゴリオに答えた。
「まさか!」ビアンションが言った。「爺さんが娘のことを話してる。火あぶりにされた人は水を求めて叫ぶもんだというが、彼は娘を求めて叫んでいる」
「中止だ」主任医師が外科医に言った。
「もうこれ以上やることはない。我々は彼を救えない」
ビアンションと外科医は瀕死の老人を彼の粗末なベッドに移して横たえた。
「そうは言っても、彼の寝間着は変えなければならんな」医師が言った。「何らの希望もないとはいえ、彼の本来の人間性を尊重しなければならない。私はまた来るよ、ビアンション」医師は学生に言った。「彼がまた苦しがったら、阿片を横隔膜の上に乗せてやりなさい」
外科医と主任医師は出て行った。
「さあウージェーヌ、頑張れ我が子よ!」彼等が二人きりになった時、ビアンションがラスチニャックに言った。「彼に洗濯したての下着を着せて、ベッドを取り替えてやらにゃならんな。行ってシルヴィに言ってくれ、シーツを持って上がって、それから我々を助けてくれって」
ウージェーヌが下へ降りると、ヴォーケ夫人はシルヴィと食器を並べにかかっていた。ラスチニャックが彼女に言った最初の言葉に対して、寡婦はとげとげしく、それでいて親切ぶったような態度を取っているように彼には見えた。いわば疑い深い商人の、金は失いたくなし、かといって客を怒らせたくもなしといった風情だったのだ。
「まあウージェーヌさん」彼女が答えた。「貴方もこのあたし同様よくご存知でしょ、ゴリオ爺さんには、もうびた一文も残ってないのよ。今まさに目を閉じようとしている人にシーツをあげるって、それってまるきりの損よ、彼は埋葬用にどうしたって新しいシーツを一枚使っちまうのよ。ずっとこんなだから、貴方は既にあたしに一四四フランの借りがあるの、あたしにシーツ代として四〇フラン渡して下さい。それから他に細々したのがあるでしょ、ろうそくは後でシルヴィが貴方に渡します。こんなのを全部合わせると少なくとも二〇〇フランはするんですよ。このあたしのような貧しい寡婦にとって、それをただでやっちまうなんてとても無理ですよ。もちろん! 正確に言えば、ウージェーヌさん、あたしはこの災難があたしに降りかかって以来、この五日間は本当に気が動転してしまってね。あたしはこの善良なおじいさんが、貴方が言ってたように死んじゃうんだったら、それに対して一〇エキュあげちゃう積りだったのよ。それが、あたしの下宿人達には面白くなかったのね。一銭にもならないのに、あたしは彼を病院に行かせるところだったわ、でも結局、貴方があたしと交代してくれたってことよ。あたしは自分のことをしっかりすることが第一、大事なのはあたしの人生、あたし自身のこと」
ウージェーヌは急いでゴリオ爺さんの部屋へ戻った。
「ビアンション、僕の時計で借りた金は?」
「そこだよ、テーブルの上だ。まだ三六〇と何フランかあるよ。僕は買ったものの分は払った。質屋の鑑定額なんて安いもんだよ」
「これ取って下さい、奥さん」階段を駆け下りたラスチニャックは嫌悪感を含んで言った。「私達の未払い分を清算して下さい。ゴリオさんは貴方のところに長くは留まらないでしょう、それに私も……」
「そうね、彼は担架に乗せられて運び出されることになるわ、可哀想なおじいさんね」彼女は二〇〇フランを数えながら言った。彼女の様子は半ば陽気で半ば愁いを帯びていた。
「締めて下さいね」ラスチニャックが言った。
「シルヴィ、シーツをあげてね、それから上の階の人達の手伝いに行ってあげてね」
「貴方、シルヴィのことも忘れないでよ」ヴォーケ夫人がウージェーヌの耳許で言った。「ほら、彼女が徹夜した夜が二日もあったのよ」
ウージェーヌが背中を向けると直ぐに、老夫人は料理女のところへ駈けていった。「シーツを裏返してみて、七番かい。どういう積りなんだろうね、死人のためなのに、いつも上等過ぎるんだよね」彼女は料理女の耳許で囁いた。
ウージェーヌは既に階段を数段上っていて、この老家主の言葉は聞こえなかった。
「さあ、彼にシャツを着せよう。彼を真直ぐにしてくれ」ビアンションが彼に言った。
ウージェーヌはベッドの頭の方にいて、瀕死者の身体を支えた。ビアンションは病人のシャツを脱がせた。そして爺さんは彼の胸の辺りで何かを守るような仕草を見せた。そしてうめくように何かろれつの回らない叫び声をあげた。それは何か大きな悲しみを搾り出そうとしている動物を思わせた。
「おお! おお!」ビアンションが言った。「彼は小さな三つ編み髪とロケットを欲しがってるんだ。僕たちが彼にモグサの治療をするために、いつも取り上げているやつだよ。可哀想に! 彼にあれを返してあげなきゃ、あれは暖炉の上だな」
ウージェーヌは灰色がかったブロンドの髪を三つ編みにした鎖を取りにいった。それは疑いもなくゴリオ夫人の髪だった。彼はロケットの一方の肖像にアナスタジー、反対側の肖像にデルフィーヌと記銘されているのを読み取った。ゴリオの心の中の偶像はいつも彼の胸の上にあったのだ。肖像の中の巻き毛がとても可愛いので、二人の娘達の少女時代、彼女達はずっとこの髪型を続けていたに違いないと察せられた。ロケットが彼の胸に触ったりすると、老人は「やっ」というような掛け声を引き伸ばして発したので、彼がものすごく満足していることを周囲は知るのだった。それは彼の感覚の最後の反響だった。そしてそれは見知らぬ内なる世界へ退却してゆくように見えながら、なおも彼の感情はそこから出て、外の世界の人々の共感を問いかけているように思われた。彼の顔はある病的な喜びの表情で痙攣した。二人の学生は思考力に続くこの恐るべき感情の力による閃光に打たれた。二人とも呆然として、熱い涙が瀕死の老人の上に落ちるがままにしていた。老人は発作的な喜びの叫び声をあげた。
「ナジー! フィフィーヌ!」
「彼はまだ生きてる」ビアンションが言った。
「それが彼に何の役に立つんですか?」シルヴィが言った。
「苦しむためにさ」ラスチニャックが答えた。
仲間に自分を真似るように身振りで示して、ビアンションは膝まづくと腕を病人のひかがみの下に差し込んだ。一方、ラスチニャックは同じようにしようと、ベッドの反対側から、手を病人の背中の下に差し入れようとしていた。シルヴィもそこにいて、瀕死者が持ち上げられたら、シーツを彼女が持ってきたものと取り替えようと身構えていた。きっと涙に触れて勘違いしたのであろう、ゴリオが彼の最後の力を振り絞ってベッドの両端に向かって手を伸ばし、その手は学生達の頭に出会った。その手は激しく髪の毛をつかんだ、それから微かな声が聞こえた。「ああ! 私の天使!」短い言葉、微かなつぶやき、それはこの言葉と共に飛び立っていった魂によって人々の心に強く響いた。
「可哀想に、良い人だったのに」近くに来たシルヴィが言った。崇高な感情で澄み切ったゴリオの叫びは、恐ろしいまでに無意識のうちに最後の瞬間に今一度、彼の目の前に美しい幻影が映し出されていることを示していた。
この老人の臨終は喜びのうちに息を引き取ったというべきだろう。この臨終が彼の人生の総てを表現していた。すなわち彼は最後にもう一度自分を騙したのだった。ゴリオ爺さんは彼の粗末なベッドに恭しく戻された。この時以後、彼の顔には苦痛の色が刻み込まれて定着した。それは生と死の間で身体機関に起こった戦闘を映したものであって、人間生活の表れである喜びや悲しみの感情を司るあの大脳の意識作用は最早介在していなかった。彼の死はもう時間の問題だった。
「彼は何時間かは、こんな調子で持つだろう。そして誰も気付かないうちに死んでしまうんじゃないかな。彼はあえぐことすらしないかもしれない。脳の方はもう完全にいかれてるからな」
この時、階段の方から息を切らせて来る若い婦人の足音が聞こえてきた。
「彼女の来るのは遅過ぎたな」ラスチニャックが言った。
それはデルフィーヌではなく、彼女の小間使いのテレーズだった。
「ウージェーヌさん」彼女が言った。「旦那様と奥様の間で喧嘩沙汰、と申しますのは、あの気の毒な奥様がお父様のことでお金が要ると申されたら、そんなことになってしまいましてね。彼女は気を失ってしまって、お医者様は来られましたが、彼女から刺※(「月+各」、第3水準1-90-45)しなければならなかったんです。彼女は『父が死ぬのよ、私パパに会いたい!』と本当に胸が張り裂けそうなほど泣かれました」
「もういいよ、テレーズ、彼女が今来たところで、それはもう無駄なんだ、ゴリオさんは既に意識がないんだ」
「お気の毒な旦那様、あの方はそんなにお悪かったんですか!」テレーズが言った。
「私のすることはもうないですよね。私は夕食にとりかからなくっちゃ、四時半だわ」シルヴィが言った。彼女は階段を上りきったところでレストー夫人とぶつかりそうになった。伯爵夫人の様子は暗くて恐ろしい亡霊のようだった。彼女はたった一本のろうそくで鈍く照らされた死者のベッドを見て、父の顔を見分けると涙を流した。そこには命の最後の振動がなおも鼓動を続けていた。ビアンションは遠慮して出て行った。
「私は遅過ぎたことの責めを免れる積りはありません」伯爵夫人がラスチニャックに言った。
学生は悲哀に満ちてはいたが、肯定的に頭で頷いて見せた。レストー夫人は父の手を取り、キスをした。
「お父様、許して! 貴方は前におっしゃいましたね、私の声が貴方をお墓から呼び戻すんだと、それならば! 罪を悔いている貴方の娘を祝福するために、ほんの一瞬だけでもこの世に戻って下さい。私の言うことを聞き届けてください。ここにいるのはひどい娘です! 貴方の祝福だけが私がこれからこの世で受けることの出来る唯一の祝福なのです。皆が私を憎むでしょう、貴方だけが私を愛して下さいます。私の子供達ですら私を憎むことでしょう。貴方の手で私を導いて下さい、私は貴方を愛します、私は貴方のお世話をします。彼にはもう聞こえないのに、私は気が違ってるのね」彼女は彼の膝の上に崩れ落ち、錯乱のうちに娘達に叫び続けていたこの老人の残骸をじっと見つめた。「どうしたって私は不幸せになるんだわ」彼女はウージェーヌを見つめながら言った。「ド・トライユ氏は莫大な借金を残して逃げて行った、そして私は彼が私を騙したことを知った。夫は私のことを決して許さないでしょう。そして私は財産を彼の管理に任せたままにしてるの。私は私の抱いていた幻想を全部失ったわ。あーあ! 誰のために私はこの世でたった一つの心を(彼女は彼女の父の方を指し示した)裏切ってしまったんでしょう。その心の中で私は熱愛されていたというのに! 私は彼の価値を見誤ってました。私は彼を遠ざけていました。私は彼に数え切れないほど悪いことをしました。私って何と忌まわしい娘なんでしょう!」
「彼には分かっていましたよ」ラスチニャックが言った。
この瞬間、ゴリオ爺さんが目を開けたが、それは痙攣的なものだった。この時、伯爵夫人の希望が絶望の淵へ滑り落ちてゆく有様は、今まさに閉じられんとする死者の目を見るような恐ろしい光景だった。
「彼は私の声を聞いたのかしら?」伯爵夫人が叫んだ。「そんなことないわ」彼女は父の横に腰を下ろしながら思った。
レストー夫人が父の看病をしたいと言ったので、ウージェーヌは少し食べるために階下に降りた。下宿人達は既に再集合していた。
「おや!」彼に画家が言った。「我々は死者のために少しモルトラマ(お弔い)をすることになるのかな、上の階で?」
「シャルル」ウージェーヌが答えた。「僕は今とても悲しいんだ、貴方の駄洒落を聞く気分じゃないんです」
「我々はそれじゃここではもう笑うことも出来ないんですか?」絵描きもやり返した。「一体何が起こってるんだ、ビアンションが爺さんにはもう意識がないとか言って以来さあ?」
「さあそこだよ!」博物館員も口を挟んだ。「彼が生きたように彼は死ぬだろう」
「父が死んだ」伯爵夫人が階上で叫ぶ声がした。この恐ろしい叫び声を聞いて、シルヴィ、ラスチニャック、それにビアンションが駆け上がって、レストー夫人が気絶しているのを見つけた。彼女の意識を取り戻させてから、彼等は彼女が待たせたままにしていた辻馬車に彼女を運び込んだ。ウージェーヌは彼女をテレーズの世話に委ね、テレーズには彼女をニュシンゲン夫人のところへ連れてゆくように命じた。
「おお! 彼は確かに死んでいる」ビアンションが降りて来て言った。
「さあ皆さん、テーブルについて下さい」ヴォーケ夫人が言った。「スープが冷めてしまいますよ」
二人の学生は隣り合わせに座った。
「今、どうしたらいいんだろう?」ウージェーヌがビアンションに言った。
「そうだな、僕は彼の目を閉じてきた。そして、彼をきちんと寝かせてきた。市の医者が、我々の申告した死亡に間違いないことを確認すると、彼は埋葬用の白布に包まれ、それから埋葬されるわけだ。彼をどうするかで、君は何か望みがあるのかい?」
「彼はもうこんな風にパンの匂いを嗅ぐこともないんだ」下宿人の一人が爺さんのしかめっ面を真似て見せながら言った。
「あーあ! 皆さん」家庭教師が言った。「さあ、もうゴリオ爺さんのことはいいでしょう、もう、それを肴にするのはやめましょう。何故なら、もう一時間も私達は彼をねたにして過ごしてるんですからね。パリのようなよい町に住んでいて、ありがたいことは、誰からも注意を払われずに、そこで生まれ、そこで生き、そこで死ねることです、だから、市民の優遇措置を大いに享受しようじゃありませんか。今日も六十人の死者があるんです。こんなに大量のパリの人間が死んでいることに哀れを誘われませんか? まあ、ゴリオ爺さんは逝ってしまったけれど、彼にとって良かったかも知れません! もし貴方が彼を愛するなら、行って彼を見守ってやってください、そして我々が静かに食事しているのは、そのままにしておいて下さい、私達のことはね」
「おお! そうだよ」寡婦が言った。「彼にとっては、死ぬ方がまだよかったよ! あの気の毒な人は生涯を通じて、色々不愉快な目に会ってきたみたいね」
これが、ウージェーヌにとっては父親の権化とさえ思われた人に対して与えられた唯一の弔辞らしき言葉だった。十五人の下宿人達はいつものようなおしゃべりを始めた。ウージェーヌとビアンションが食べ終わった時、フォークやスプーンの音、会話から起こる笑い声、食いしん坊や冷淡な人々が発する様々な表現、人々の能天気ぶり、この総てが二人の学生を嫌悪感でぞっとさせた。二人は一晩中死者の傍らで徹夜で祈りを捧げてくれる神父を探すために出て行った。彼等は彼等が出せるわずかばかりの金で、善良な老人のための葬儀を何とか執り行わなければならなかった。夜九時頃、遺体は寝台の上に横たえられ、両側にはろうそくが灯り、部屋の壁はむき出しになっていた。そして神父が一人、彼の傍らに坐っているのが見られた。寝る前にラスチニャックは聖職者に葬儀を執り行う費用や葬列にかかる費用についても情報を得るために質問をしておいた。そしてニュシンゲン男爵とレストー伯爵に短い手紙を書き、埋葬にかかる総ての費用を賄えるように、何人かの人員も派遣して欲しい旨の要請をした。彼はクリストフを彼等の許に遣いに寄越してから、ベッドに入った。そして疲れに押しつぶされるように眠りに落ちた。翌る朝、ビアンションとラスチニャックは彼等自身で死亡申告に行かざるを得なくなった。そしてそれは正午頃に認可された。二時間後も二人の婿はどちらも金を送ってこなかった。彼等の家からは誰一人派遣されず、ラスチニャックは既に神父にかかる費用をやむなく支払っていた。シルヴィも爺さんに屍衣を着せて白布を縫って中に包み込んでやった手間賃として一〇フランを請求していたので、ウージェーヌとビアンションは、死者の親族が全く関わる気がない以上、親族からは葬儀費用はほとんど期待出来ないであろうと計算し始めていた。医学部の学生は彼自身の手で死骸を柩の中に入れることさえ引き受けた。その粗末な柩も彼が病院で安く手に入れたものを運んできたのだった。
「あのひどい親族どもに嫌味をしてやろうぜ」彼がウージェーヌに言った。「ペールラシェーズ墓地に五年契約で土地を一区画買うんだ。そして教会や葬儀屋に第三クラスのサービス[102]を頼むんだ。もし婿や娘達が君に借金の返済を断るようなら、君は墓石にこう彫りこんでやるんだ。〈ムシュー・ゴリオここに眠る、レストー伯爵夫人とニュシンゲン男爵夫人の父、ただし二名の学生の負担金によって埋葬さる〉」
ウージェーヌはニュシンゲン夫妻の家とレストー夫妻の家を訪れたが遂に成果は得られず、とうとう友人の勧めに従う気持ちになった。彼は屋敷の入り口付近より踏み込んでゆくことさえ出来なかった。どちらの家の門番も厳しい命令を受けていた。
「旦那様も奥様も」彼等は言うのだった。「どなたもお会いになりません。お父上がお亡くなりになって、お二人とも深い悲しみに沈んでおられます」

ウージェーヌはパリ社交界でかなりの経験を積んでいたので、執拗に言い張ることはしなかった。彼は自分がデルフィーヌの傍らに辿り着くことさえ出来ないのを知った時、彼の心は奇妙に縮こまっていた。
〈衣装を一揃い売り払って下さい。そうすれば、お父様は終の棲家へ然るべく導かれることでしょう〉彼は門番部屋で彼女宛に一筆書いた、そして文面を隠して、これを女主人に届くようにテレーズに託してくれるように門番に頼んだ。しかし門番はこれをニュシンゲン男爵に渡したので、男爵はそれを暖炉に投げ込んでしまった。ウージェーヌは自分のやるべきことを総て終えた後、三時頃、下宿に戻ってきたが、ここの雑然とした入り口に黒布でやっと覆われている棺を見ても、もう涙も出なかった。棺は人けのない道に二台の椅子の上に置かれていた。まだ誰も触ったこともなかった安物の灌水器が銀メッキされた銅の皿の中を神聖な水でいっぱいに満たしていた。入り口にはまだ黒幕も張っていなかった。これは何らの豪華さもなく、崇拝者もなく、友もなく、親族もいない、貧者の死なのである。ビアンションは病院の方にのっぴきならない用事が出来たので、ラスチニャック宛にメモを書き残していた。その中で彼は教会との交渉結果を報告していた。医学生がラスチニャックに報告するには、教会でミサを行うと法外な金が要るので、彼等は最小限の晩課だけで我慢しなければならないというのだった。そして彼はクリストフにメモを持たせて葬儀屋には既に連絡に行かせていた。ウージェーヌがビアンションの走り書きのメモを読み終わった時、彼はヴォーケ夫人が手に持っているロケットに目をとめた。それは金で丸く縁取られて、その中に二人の娘の髪の毛が保存されているものだった。
「どうして貴女がそれをお持ちなんですか?」彼が彼女に訊ねた。
「当たり前じゃない! 彼がこれを持ってくべきだとお思い? だって金ですよ」シルヴィが答えた。
「確かにそうだが」ウージェーヌが憤りの気持ちで答えた。「彼はこの品物だけが少なくとも娘二人を象徴してくれるものとして身に付けていたんですよ」
霊柩車が来ると、ウージェーヌは棺を積み込んで、棺の釘を抜き、爺さんの胸の上に恭しく一枚の肖像画を乗せてやった。その画はデルフィーヌとアナスタジーが若くて、純潔で無垢で、父が死ぬか生きるかの瀬戸際でウージェーヌに対して妙な屁理屈を捏ねた彼女達とは違った過去りし日の二人を思い出させるものだった。ラスチニャックとクリストフ、それに二人の葬儀人夫が付き添い、葬儀車は哀れな老人をサンテチエンヌ・デュ・モンへと運んでいった。ここはネーヴ・サント・ジュヌヴィエーヴ通から少し離れたところの教会だった。そこへ着くと、遺体は小さな暗い礼拝堂に安置された。学生は遺体を移動させた周辺でゴリオ爺さんの二人の娘、あるいは彼女達の夫の姿を探したが無駄だった。彼はクリストフとたった二人だけになっていた。この少年は幾らかの心づけを彼にはずんでくれた老人に最後の御奉公でお返しをしなければならないと考えていた。二人の牧師、合唱隊の子供達、それに教会の用務員を待ちながら、ラスチニャックはクリストフの手を握り締めた。しかし一言も言うことが出来なかった。
「そうです、ウージェーヌさん」クリストフが言った。「あの方は善良で正直なお方でした。あの方は人より威張ったことなど決して言われませんでした、誰も傷つけず、そして決して人に悪いことはなさいませんでした」
二人の牧師、子供の合唱隊それに用務員が来て、無料で祈りを捧げるほど宗教が裕福でないこの時代としては、七〇フランに見合うだけの奉仕をしてくれた。聖職者達は詩篇歌から“レ・リベラ”と“レ・デ・プロフンディス”[103]を歌った。お勤めは二十分間続いた。葬儀用の馬車は牧師と聖歌隊の子供一人のための一台しかなかったが、彼等はウージェーヌとクリストフが同乗するのを受け入れてくれた。
「ついてくる馬車はないな」牧師が言った。「私達は早く行けるよ、ぐずぐずしないで済む。今五時半だ」
しかし遺体が霊柩車に乗せられた時だった、紋章で飾られた二台の馬車、――いずれも空だったが、一台はレストー伯爵のもので、もう一台はニュシンゲン男爵のものだった――その二台の馬車が現れ、葬列をなしてペール・ラシェーズ墓地にまで従ってきた。六時にゴリオ爺さんの遺体は墓穴の中に降ろされた。その周囲には娘達の家の使用人達がいたが、彼等も学生が支払った金額に見合う短い祈りが爺さんに捧げられると直ぐに牧師ともども姿を消してしまった。二人の墓堀人は土くれを何回か棺にかけて覆うと、体を起こし二人ともラスチニャックの方に向き直った。そして彼にチップを要求した。ウージェーヌはポケットの中を探し回ったが、一銭もなかったので、彼は仕方なくクリストフから二〇スーを借りた。そのこと自体は些細なことだったが、ラスチニャックの中で恐ろしいほどの悲しみの発作が突き上げてきたのだった。日が落ちて湿っぽい黄昏が神経をいらいらさせた。彼は日没を眺め、若者としての最後の涙もその場に埋葬したのだった。この涙こそ、純な心の中の神聖な感動によって搾り出された涙だった。この涙の一滴は地上に落ちた後、跳ね上がって天空にまで届いた。彼は腕組みをして、じっと雲を見つめた、そしてそのまま眺め続けていた。クリストフは去っていった。
ラスチニャックは一人残って、墓地の高みに向かって少し歩いた。それから、セーヌ川の両岸に沿って曲がりくねって横たわるパリを眺めた。そこには明りが灯り始めていた。彼の目はほとんど貪るようにヴァンドーム広場の記念柱と廃兵院の丸天井の間に吸い寄せられた。その場所にこそ、あの華麗な社交界が息づいていて、彼はその中に入り込むことを望んでいたのだ。彼はぶんぶん蜜蜂が飛び回るこの巣の上に、まるで前もって蜜を吸ってしまいかねないような視線を投げかけた。それから、この壮大な言葉が彼の口をついて出た。「さあ今度はお前と一対一の勝負だ!」
そして彼が社交界へ挑む第一幕として、ラスチニャックは夕食を共にするために、ニュシンゲン夫人宅に向かった。

一八三四年九月 サッシェにて
(完)

合計ビュー 856 , 今日のビュー 10 

-Le Père Goriot