Madame Bovary

ボヴァリー夫人 第2部 第1章〜第9章

音声ファイルの使い方:
Les Miserablesのすべての章の冒頭には、YouTubeの音声ファイルリンクが貼ってあります。再生ボタンを押すと、その章の冒頭部分からナレーションが流れるようになっています。フランス語のリスニング練習をするには、ナレーションを聞きながら日本語訳の部分だけを読み進むのがもっとも効果的だと思います。

Yonville-l'Abbaye (ainsi nommé à cause d'une ancienne abbaye de capucins dont les ruines n'existent même plus) est un bourg à huit lieues de Rouen, entre la route d'Abbeville et celle de Beauvais, au fond d'une vallée qu'arrose la Rieule, petite rivière qui se jette dans l'Andelle après avoir fait tourner trois moulins vers son embouchure, et où il y a quelques truites, que les garçons, le dimanche, s'amusent à pêcher à la ligne.On quitte la grande route à la Boissière et l'on continue à plat jusqu'au haut de la côte des Leux, d'où l'on découvre la vallée. La rivière qui la traverse en fait comme deux régions de physionomie distincte. Tout ce qui est à gauche est en herbage, tout ce qui est à droite est en labour. La prairie s'allonge sous un bourrelet de collines basses pour se rattacher par derrière aux pâturages du pays de Bray, tandis que du côté de l'est la plaine montant doucement va s'élargissant et étale 94à perte de vue ses blondes pièces de blé. L'eau qui court au bord de l'herbe sépare d'une raie blanche sinueuse la couleur des prés et celle des sillons, et la campagne ainsi ressemble à un grand manteau déplié qui a un collet de velours vert bordé d'un galon d'argent.

Au bout de l'horizon, lorsqu'on arrive, on a devant soi les chênes de la forêt d'Argueil, avec les escarpements de la côte Saint-Jean rayés du haut en bas par de longues traînées rouges, inégales; ce sont les traces des pluies; et ces tons de brique, tranchant en filets minces sur la couleur grise de la montagne, viennent de la quantité de sources ferrugineuses qui coulent au delà, dans le pays d'alentour.

On est ici sur les confins de la Normandie, de la Picardie et de l'Ile-de-France, contrée bâtarde où le langage est sans accentuation, comme le paysage sans caractère. C'est là que l'on fait les pires fromages de Neufchâtel de tout l'arrondissement, et d'autre part la culture y est coûteuse, parce qu'il faut beaucoup de fumier pour engraisser ces terres friables, pleines de sable et de cailloux.

Jusqu'en 1835, il n'y avait point de route praticable pour arriver à Yonville, mais on a établi vers cette époque un chemin de grande vicinalité, qui relie la route d'Abbeville à celle d'Amiens et sert quelquefois aux rouliers allant de Rouen dans les Flandres. Cependant Yonville-l'Abbaye est demeuré stationnaire, malgré ses débouchés nouveaux. Au lieu d'améliorer les cultures, on s'y obstine encore aux herbages, quelque 95dépréciés qu'ils soient; et le bourg paresseux, s'écartant de la plaine, a continué naturellement à s'agrandir vers la rivière. On l'aperçoit de loin, tout couché en long sur la rive, comme un gardeur de vaches qui fait la sieste au bord de l'eau.

Au bas de la côte, après le pont, commence une chaussée plantée de jeunes trembles, qui vous mène en droite ligne jusqu'aux premières maisons du pays. Elles sont encloses de haies, au milieu de cours pleines de bâtiments épars, pressoirs, charretteries et bouilleries, disséminés sous les arbres touffus portant des échelles, des gaules ou des faux accrochées dans leur branchage. Les toits de chaume, comme des bonnets de fourrure rabattus sur des yeux, descendent jusqu'au tiers à peu près des fenêtres basses, dont les gros verres bombés sont garnis d'un nœud dans le milieu, à la façon des culs de bouteille. Sur le mur de plâtre, que traversent en diagonale des lambourdes noires, s'accroche parfois quelque maigre poirier, et les rez-de-chaussée ont à leur porte une petite barrière tournante pour les défendre des poussins, qui viennent picorer, sur le seuil, des miettes de pain bis trempé de cidre. Cependant les cours se font plus étroites, les habitations se rapprochent, les haies disparaissent; un fagot de fougères se balance sous une fenêtre au bout d'un manche à balai; il y a la forge d'un maréchal et ensuite un charron avec deux ou trois charrettes neuves, en dehors, qui empiètent sur la route. Puis, à travers une claire-voie, apparaît une maison blanche au delà d'un rond de gazon que décore 96un Amour, le doigt posé sur la bouche; deux vases en fonte sont à chaque bout du perron; des panonceaux brillent à la porte; c'est la maison du notaire et la plus belle du pays.

L'église est de l'autre côté de la rue, vingt pas plus loin, à l'entrée de la place. Le petit cimetière qui l'entoure, clos d'un mur à hauteur d'appui, est si bien rempli de tombeaux que les vieilles pierres à ras du sol font un dallage continu, où l'herbe a dessiné de soi-même des carrés verts réguliers. L'église a été rebâtie à neuf dans les dernières années du règne de Charles X. La voûte en bois commence à se pourrir par le haut, et, de place en place, a des enfonçures noires dans sa couleur bleue. Au-dessus de la porte, où seraient les orgues, se tient un jubé pour les hommes, avec un escalier tournant qui retentit sous les sabots.

Le grand jour, arrivant par les vitraux tout unis, éclaire obliquement les bancs rangés en travers de la muraille, que tapisse çà et là quelque paillasson cloué, ayant au-dessous de lui ces mots en grosses lettres: «Banc de M. un tel.» Plus loin, à l'endroit où le vaisseau se rétrécit, le confessionnal fait pendant à une statuette de la Vierge, vêtue d'une robe de satin, coiffée d'un voile de tulle semé d'étoiles d'argent, et tout empourprée aux pommettes comme une idole des îles Sandwich; enfin une copie de la Sainte Famille, envoi du ministre de l'intérieur, dominant le maître autel entre quatre chandeliers, termine au fond la perspective. Les stalles du chœur, en bois de sapin, sont restées sans être peintes.

97

Les halles, c'est-à-dire un toit de tuiles supporté par une vingtaine de poteaux, occupent à elles seules la moitié environ de la grande place d'Yonville. La mairie, construite sur les dessins d'un architecte de Paris, est une manière de temple grec qui fait l'angle, à côté de la maison du pharmacien. Elle a au rez-de-chaussée trois colonnes ioniques, et au premier étage une galerie à plein cintre, tandis que le tympan qui la termine est rempli par un coq gaulois, appuyé d'une patte sur la charte et tenant, de l'autre, les balances de la justice.

 

ヨンヴィル・ラベイ(今は跡方もないが、ここには古い托鉢僧カピユサンの修道院があったのでこの名がある)は、ルーアン市から八里、アブヴィル街道とボオヴェ街道との間、リユール川の灌漑かんがいする盆地の底部に位している。このリユール川はアンデル河に注ぐ小さな川であるが、その合流地点近くで三台の水車を回しており、鮎がいるので、日曜日には、子供らが釣りをして遊ぶ。

ラ・ボワシエールで本街道を離れ、まっすぐに行くとルゥ丘の上に出るが、ここからは盆地一帯が見渡せる。盆地を貫流する川はこれを全然様子の違う二つの地域に分かっている。左岸はすべて草原、右岸はすべて耕地である。牧場は幾つもの低い丘陵の点在する間を縫って延び、後ろの方でブレー地方の牧草地に接している。一方、東の方には平原が爪先上りに広がってゆき、眼路めじのかぎり金褐色の麦畑を展開している。草原の縁ふちを流れる水は、牧場の色と畝うねの色とを一筋の白線で区切っていて、まるで平原は銀の飾り紐で縁ふちをとった緑の天鵞絨びろうどの襟つきの大マントをひろげたようである。

来て見ると、前方、地平線の彼方にアルグイユの森の樫の木立、サン・ジャン丘の絶壁が望まれる。絶壁には上から下にかけて不揃いの細長い赤い筋が幾つもはいっている。これは雨の痕跡あとである。細い線となって、山の灰色からくっきり浮き上がったこの煉瓦れんが色は、はるか向こうの近接地に多くの含鉄泉が湧いているためなのである。

ここはノルマンジーとピカルディとイール・ド・フランスの境で、風景に特色がないと同じく、言葉にもアクセントのないいわば雑種の地方である。郡内最下等のヌーシャテル・チーズを産するのはここである。それからまた、砂と小石の多いばさばさの土地を肥やすのには肥料がたくさん要るので、ここでは耕作にも金がかかる。

千八百三十五年までは、ヨンヴィルへ行くのに道らしい道は一本もなかった。しかしちょうどその頃、『村道』がつけられた。これはアブヴィル街道をアミアン街道につなぎ、ときにはルーアンからフランドル地方へ行く荷車曳ひきの役に立っている。それにしても、ヨンヴィル・ラベーはその『新しいはけ口』にもかかわらず、依然として旧態にとどまっているのだ。耕地の改良どころか、いかに評判が落ちても、今もって放牧場を頑固にまもっている。そこでこの怠惰な村は、野原を避けて自然と川の方へ発展し続けた。それだから村は、遠くから見ると、まるで水辺に昼寝する牛飼いのように、岸辺に沿って長々と寝そべっている。

橋を渡りきって、丘の麓から、白楊はこやなぎの若木を植えた街道が始まる。まっすぐに行くと、この村のはずれの家につく。どの家も生け垣に囲まれていて、葡萄ぶどうを搾る小屋や荷車小屋、りんご酒を造る小屋などが一面にちらばった、庭の中央に建っている。そしてこれらの小屋はよく繁った木立の影に散在していて、木の枝には梯子はしごや竿さおや大鎌が掛けてある。藁わら屋根はまるで毛皮帽子を眼深まぶかに被ったように、低い窓のおよそ三分の一のところまで下っている。膨ふくらんだ安物の窓ガラスは、壜びんの底のように真中に瘤こぶがついている。黒い筋違すじかいの渡してある漆喰しつくいの壁には、ときたま痩せこけた梨の木がひっかかっており、一階の入口には小さな回転柵さくがあって、雛ひよこを入れないようにしてある。雛はりんご酒を浸しませた黒パンのかけらを閾しきいのところまでつつきに来るからだ。だんだん進んでゆくと、どの家の庭も次第に狭くなり、住居は密接し、生け垣は見られなくなる。箒ほうきの柄の先につけて乾してある歯朶しだの束が窓の下で揺れている。蹄鉄ていてつ工の鍛治場があり、次には車大工がある。新しい荷車が二三台、外に置いてあって道路へ出ばっている。それから透垣すきがき越しに一軒の白い家が現われる。家の前には、指を一本口に当てたキューピッド像を飾った芝生の築山がある。玄関の石段の両端には鋳物いものの瓶かめが二つ置いてある。紋章入りの標札が扉に輝いている。これは公証人の家である。村きっての立派な家なのである。

教会堂は通りの向こう側、二十歩ほど行ったところ、広場の入口にある。教会堂をとりまくささやかな墓地は、肱がつけるくらいの高さの壁に囲まれ、墓石が相当たくさんあるので、横倒しに置いた古い墓石は、まるで石を敷きつめたような具合で、雑草は自ずと規則正しい線の正方形を描いている。この教会堂はシャルル十世治下の末年に再建された。木造の天井は上のほうから腐朽し始め、その一色の中にところどころ黒い凹くぼみが出来ている。入口の上手、パイプ・オルガンのあるべきところに男子用の桟敷があり、そこには木靴サボのよく響く回り段がついている。

無地のステンド・グラスから射しこむ昼の光は、壁に対して横様に並べた腰掛けを斜めに照らす。腰掛けにはところどころ茣蓙ござが釘で張ってあり、その下には、『何某殿席』と肉太に書いてある。その向こうで、内部が狭くなるあたりに、懺悔ざんげ所が小さな聖処女像と相対している。この像は繻子しゆすの着物をまとい、銀の星をちりばめた薄絹のヴェールを破り、ハワイ諸島の偶像のように、頬骨のあたりを真赤に塗っている。最後に、『内務大臣寄進、聖家族之図』が一枚、四つの燭台の間から大祭壇を見下ろし、それがためにそれより奥の見透しはすっかりきかなくなっている。合唱席の椅子は樅もみの木で、白木のままになっている。

市場、すなわち二十本ばかりの柱で支えられた瓦かわら屋根が、ヨンヴィルの大広間の大半を独占している。村役場は『パリの建築家の設計に基いて』建築されたもので、ギリシャの殿堂まがいの建物だが、これが薬剤師の家と並んで町角になっている。一階にはイオニヤ式の柱が三本、二階には半円形アーチの張出しがある。張出しの上の欄間いっぱいに、片脚をフランス国憲章の上にのせ、片脚で正義の秤はかりを持った古式の雄鶏おんどりがおさまっている。

 

Mais, ce qui attire le plus les yeux, c'est, en face de l'auberge du Lion d'or, la pharmacie de M. Homais! le soir, principalement, quand son quinquet est allumé et que les bocaux rouges et verts qui embellissent sa devanture allongent au loin, sur le sol, leurs deux clartés de couleur; alors, à travers elles, comme dans des feux du Bengale, s'entrevoit l'ombre du pharmacien, accoudé sur son pupitre. Sa maison, du haut en bas, est placardée d'inscriptions écrites en anglaise, en ronde, en moulée: «Eaux de Vichy, de Seltz et de Barèges, robs dépuratifs, médecine Raspail, racahout des Arabes, pastilles Darcet, pâte Regnault, bandages, bains, chocolats de santé, etc.» Et l'enseigne, qui tient toute la largeur de la boutique, porte en lettres d'or: Homais, pharmacien. Puis, au fond de la boutique, derrière les grandes balances scellées sur le comptoir, le mot laboratoire se déroule au-dessus d'une porte vitrée qui, à moitié de sa hauteur, répète encore une fois Homais, en lettres d'or, sur un fond noir.

98

Il n'y a plus ensuite rien à voir dans Yonville. La rue (la seule), longue d'une portée de fusil et bordée de quelques boutiques, s'arrête court au tournant de la route. Si on la laisse sur la droite et que l'on suive le bas de la côte Saint-Jean, bientôt on arrive au cimetière.

Lors du choléra, pour l'agrandir on a abattu un pan de mur et acheté trois acres de terre à côté; mais toute cette portion nouvelle est presque inhabitée, les tombes, comme autrefois, continuant à s'entasser vers la porte. Le gardien, qui est en même temps fossoyeur et bedeau à l'église (tirant ainsi des cadavres de la paroisse un double bénéfice), a profité du terrain vide pour y semer des pommes de terre. D'année en année, cependant, son petit champ se rétrécit, et lorsqu'il survient une épidémie, il ne sait pas s'il doit se réjouir des décès ou s'affliger des sépultures.

—Vous vous nourrissez des morts, Lestiboudois! lui dit enfin, un jour, M. le curé.

Cette parole sombre le fit réfléchir; elle l'arrêta pour quelque temps; mais aujourd'hui encore il continue la culture de ses tubercules, et même soutient avec aplomb qu'ils poussent naturellement.

Depuis les événements que l'on va raconter, rien, en effet, n'a changé à Yonville. Le drapeau tricolore de fer-blanc tourne toujours au haut du clocher de l'église; la boutique du marchand de nouveautés agite encore au vent ses deux banderoles d'indienne; les fœtus du pharmacien, comme des paquets d'amadou blanc, se pourrissent de plus en plus dans leur alcool 99bourbeux, et au-dessus de la grande porte de l'auberge, le vieux lion d'or, déteint par les pluies, montre toujours aux passants sa frisure de caniche.

Le soir que les époux Bovary devaient arriver à Yonville, Mme veuve Lefrançois, la maîtresse de cette auberge, était si fort affairée qu'elle suait à grosses gouttes, en remuant ses casseroles. C'était, le lendemain, jour de marché dans le bourg. Il fallait d'avance tailler les viandes, vider les poulets, faire de la soupe et du café. Elle avait, de plus, le repas de ses pensionnaires, celui du médecin, de sa femme et de leur bonne; le billard retentissait d'éclats de rire; trois meuniers, dans la petite salle, appelaient pour qu'on leur apportât de l'eau-de-vie; le bois flambait, la braise craquait, et sur la longue table de la cuisine, parmi les quartiers de mouton cru, s'élevaient des piles d'assiettes qui tremblaient aux secousses du billot où l'on hachait des épinards. On entendait dans la basse-cour crier les volailles, que la servante poursuivait pour leur couper le cou.

Un homme en pantoufles de peau verte, quelque peu marqué de petite vérole et coiffé d'un bonnet de velours à gland d'or, se chauffait le dos contre la cheminée. Sa figure n'exprimait rien que la satisfaction de soi-même, et il avait l'air aussi calme dans la vie que le chardonneret suspendu au-dessus de sa tête dans une cage d'osier: c'était le pharmacien.

—Artémise! criait la maîtresse d'auberge, casse de la bourrée, emplis les carafes; apporte de l'eau-de-vie, dépêche-toi! Au moins, si je savais quel dessert 100offrir à la société que vous attendez! Bonté divine! les commis du déménagement recommencent leur tintamarre dans le billard! Et leur charrette qui est restée sous la grande porte! L'Hirondelle est capable de la défoncer en arrivant! Appelle Polyte pour qu'il la remise!... Dire que depuis le matin, monsieur Homais, ils ont peut-être fait quinze parties et bu huit pots de cidre!... Mais ils vont me déchirer le tapis, continuait-elle en les regardant de loin, son écumoire à la main.

 

しかし一番眼を惹ひくのは、旅人宿『金獅子リオン・ドール』の向かいのオメー氏の薬局である。おもに晩方、ケンケ灯(フランスの薬剤師カンケAntoin

e Quinquet創案の石油ランプ)が点ともされ、店頭を飾る赤と緑のたくさんの広口瓶が、二色の光彩を地上に長く曳く時分、この光を透して、まるでベンガル花火(一六六一年にヴォー=ル=ヴィコント城でフーケ

が使用した花火で炎色以外の色のついた花火)の中にいるように、机に肱ついた薬剤師の影が仄ほのかに見えるのである。彼の家は上から下まで、イギリス書体、円書体、印刷体などで書かれた品書きがべたべた貼ってある。

『ヴィシー鉱水、ゼルツ炭酸水、バレージュ鉱水、植物エキス浄血剤、ラスパィユ氏薬、アラビア粉末、ダルセ錠、ルニョー練り薬、包帯、湯の華、滋養チョコレート、等々』。そして店幅いっぱいの看板には、金文字で『薬剤師オメー』と書いてある。それから、店の奥、帳場台カウンターに取り付けた秤はかりの後ろには、『薬局』という文字がガラス戸の上部にひろがり、戸の中ほどには黒地に金で『オメー』と再び繰り返してある。

ヨンヴィルには、それからさき見るべきものはなにもない。道(ただの一筋だが)は、わずかに鉄砲玉の届くくらいの長さ、両側に店屋が数軒あるだけ、道の曲がるところでぱったり行き止まりになる。街道を右手にうっちゃり、サン・ジャンの丘の麓を行くと、まもなく墓地に達する。

コレラが流行ったとき、墓地拡張のため、塀の一方をとり毀こぼち、隣りに三エーカーの土地を買い入れたが、新しい墓地には入り手がなく、墓は相変わらず昔のまま、入り口寄りのほうに詰めこまれた。墓掘りと堂守りを兼ねている墓番(彼はこうして檀家の死骸から二重の利益を挙げているのだが)は、墓地を利用してジャガイモを蒔いた。ところがその小さな畑は年々狭められてゆき、不意に流行病でも起こると、彼は死人の多いのを喜ぶべきか、墓のふえるのを悲しむべきか、わからなくなるのだ。

「おまえは亡者を食って生きておるのじゃ、レスチブードワ!」と、とうとうある日司祭さんは言った。

この不気味な言葉を聞いて、墓番はいろいろ考えてみた。しばらくは仕事も手につかなかった。しかし相変わらず今でも彼はじゃがいもの世話は続けているし、そのうえ、遠慮もなくじゃがいもは自然にできるのだと主張している。

これから物語ろうとする事件(このあとの小説

の大部分を暗示)以来、事実ヨンヴィルでは何ひとつ変わったことはない。ブリキの三色旗は依然として教会の鐘塔の頂きで回り、雑貨屋の店は今なおインド更紗さらさの吹き流しを二筋風に靡なびかせ、薬剤師の胎児の標本は、白い火口ほくちの塊りのように、泥どろに濁ったアルコールの中でますますひどく腐敗してゆき、そして旅人宿の大戸の上の古い金の獅子は、雨にうたれて色も剥げ、往き来の人に相も変わらずむく犬のような縮れ毛をさらしている。

ボヴァリー夫妻がヨンヴィルへ着くことになっていた晩、この宿屋の女将おかみ、後家のルフランソワはてんてこ舞いの忙しさで、シチュー鍋を揺すりながら大粒の汗をかいていた。明くる日は町に市いちがたつ。その手回しに、肉を切ったり、若鶏わかどりの臓物はらをとったり、スープやコーヒーをつくっておかねばならない。そのうえ、常連の食事、お医者さん、同じく奥さん、女中さんの食事の仕度もしなければならない。ビリヤード部屋では爆笑が響いている。小さい食堂にいる三人の粉屋が、火酒を持って来いと呼んでいる。薪たきぎは燃え、火は爆はぜ、料理場の細長いテーブルには羊の生肉の切り身の間に、うずたかく皿が積み上げられていて、ほうれん草を刻んでいる台の震動につれて一緒に揺れている。女中が首をおとそうと追っかけている鳥の鳴き声が鳥屋とやの中から聞こえてくる。

緑色の毛皮のスリッパを穿き、顔には少し痘痕あばたがあり、金総きんふさつきの天鵞絨びろうど帽を被った男が、暖炉で背中を暖めていた。顔には得意の色がみなぎっている。頭の上のところに、柳細工の籠に入れて吊ってあるヒワと同じくらい、彼はこの人生を悠々と生きているらしい。これが薬剤師である。

「アルテミーズや!」と宿屋の女将がどなった。「小紫たきつけを折って、水差しに水をお入れ、それから火酒を持ってきな、急ぐんだよ! それはそうと、旦那様のお待ちかねのお客様には、どんなお口直しをお出ししたものやら! まあ大変! 引越し屋の手伝いがまたビリヤード部屋で大騒ぎを始めた! 荷車を門の前におっぽり出してさ! 『つばめ』が着いたら、ぶっつぶされてしまうのに! ポリットを呼んで片付けろってお言い! なにしろオメーさん、あの連中ときたら、朝っぱらから、勝負を十五度、りんご酒を八本はやっつけたんですからね! 本当にあれじゃビリヤード台の羅紗らしやも泣きますよ」と、泡すくいを片手に、遠くからビリヤードをしている連中を見ながら女将は続けて言った。

 

 

—Le mal ne serait pas grand, reprit M. Homais, vous en achèteriez un autre.

—Un autre billard! exclama la veuve.

—Puisque celui-là ne tient plus, madame Lefrançois; je vous le répète, vous vous faites tort! vous vous faites grand tort! Et puis les amateurs, à présent, veulent des blouses étroites et des queues lourdes. On ne joue plus la bille; tout est changé! Il faut marcher avec son siècle! Regardez Tellier, plutôt.

L'hôtesse devint rouge de dépit. Le pharmacien ajouta:

—Son billard, vous avez beau dire, est plus mignon que le vôtre; et qu'on ait l'idée, par exemple, de monter une poule patriotique pour la Pologne ou les inondés de Lyon...

—Ce ne sont pas des gueux comme lui qui nous font peur! interrompit l'hôtesse, en haussant ses grosses épaules. Allez, allez, monsieur Homais, tant que le Lion d'or vivra, on y viendra. Nous avons du 101foin dans nos bottes, nous autres! Au lieu qu'un de ces matins, vous verrez le Café français fermé, et avec une belle affiche sur les auvents!... Changer mon billard, continuait-elle en se parlant à elle-même, lui qui m'est si commode pour ranger ma lessive, et sur lequel, dans le temps de la chasse, j'ai mis coucher jusqu'à six voyageurs!... Mais ce lambin d'Hivert qui n'arrive pas!

—L'attendez-vous pour le dîner de vos messieurs? demanda le pharmacien.

—L'attendre! Et M. Binet donc! A six heures battant, vous allez le voir entrer, car son pareil n'existe pas sur la terre pour l'exactitude. Il lui faut toujours sa place dans la petite salle! On le tuerait plutôt que de le faire dîner ailleurs! et dégoûté qu'il est! et si difficile pour le cidre! Ce n'est pas comme M. Léon; lui, il arrive quelquefois à sept heures, sept heures et demie même; il ne regarde seulement pas à ce qu'il mange. Quel bon jeune homme! Jamais un mot plus haut que l'autre.

—C'est qu'il y a bien de la différence, voyez-vous, entre quelqu'un qui a reçu de l'éducation et un ancien carabinier qui est percepteur.

Six heures sonnèrent, Binet entra.

Il était vêtu d'une redingote bleue, tombant droit d'elle-même tout autour de son corps maigre; et sa casquette de cuir, à pattes nouées par des cordons sur le sommet de sa tête, laissait voir, sous la visière relevée, un front chauve, qu'avait encore déprimé l'habitude du casque. Il portait un gilet de drap noir, un col de 102crin, un pantalon gris, et en toute saison des bottes bien cirées qui avaient deux renflements parallèles, à cause de la saillie de ses orteils.

Pas un poil ne dépassait la ligne de son collier blond qui, contournant la mâchoire, encadrait, comme la bordure d'une plate-bande, sa longue figure terne, dont les yeux étaient petits et le nez busqué. Fort à tous les jeux de cartes, bon chasseur et possédant une belle écriture, il avait chez lui un tour, où il s'amusait à tourner des ronds de serviette dont il encombrait sa maison avec la jalousie d'un artiste et l'égoïsme d'un bourgeois.

Il se dirigea vers la petite salle; mais il fallut en faire sortir les trois meuniers; et, pendant tout le temps que l'on fut à mettre son couvert, Binet resta silencieux à sa place, auprès du poêle, puis il ferma la porte et il retira sa casquette comme d'usage.

—Ce ne sont pas les civilités qui lui useront la langue, dit le pharmacien dès qu'il fut seul avec l'hôtesse.

—Jamais il ne cause davantage, répondit-elle; il est venu ici, la semaine dernière, deux voyageurs en drap, des garçons pleins d'esprit qui contaient le soir un tas de farces que j'en pleurais de rire; eh bien, il restait là, comme une alose, sans dire un mot.

—Oui, dit le pharmacien, pas d'imagination, pas de saillies, rien de ce qui constitue l'homme de société!

—On dit pourtant qu'il a des moyens, objecta l'hôtesse.

103

—Des moyens! répliqua M. Homais, lui! des moyens! dans sa partie, c'est possible, ajouta-t-il d'un ton plus calme. Et il reprit:—Ah! qu'un négociant qui a des relations considérables, qu'un jurisconsulte, un médecin, un pharmacien soient tellement absorbés qu'ils en deviennent fantasques et bourrus même, je le comprends. On en cite des traits dans les histoires! Mais, au moins, c'est qu'ils pensent à quelque chose. Moi, par exemple, combien de fois m'est-il arrivé de chercher ma plume sur mon bureau pour écrire une étiquette, et de trouver en définitive que je l'avais placée à mon oreille!

Cependant Mme Lefrançois alla, sur le seuil, regarder si l'Hirondelle n'arrivait pas. Elle tressaillit. Un homme vêtu de noir entra tout à coup dans la cuisine. On distinguait aux dernières lueurs du crépuscule qu'il avait la figure rubiconde et le corps athlétique.

—Qu'y a-t-il pour votre service, monsieur le curé? demanda la maîtresse d'auberge, tout en atteignant sur la cheminée un des flambeaux de cuivre qui s'y trouvaient rangés en colonnade avec leurs chandelles. Voulez-vous prendre quelque chose? un doigt de cassis, un verre de vin?

L'ecclésiastique refusa fort civilement. Il venait chercher son parapluie qu'il avait oublié l'autre jour au couvent d'Ernemont; et après avoir prié Mme Lefrançois de le lui faire remettre au presbytère dans la soirée, il sortit pour se rendre à l'église, où l'on sonnait l'Angelus.

104

Quand le pharmacien n'entendit plus sur la place le bruit de ses souliers, il trouva fort inconvenante sa conduite de tout à l'heure. Ce refus d'accepter un rafraîchissement lui semblait une hypocrisie des plus odieuses; les prêtres godaillaient tous sans qu'on les vît et cherchaient à ramener le temps de la dîme.

L'hôtesse prit la défense de son curé.

—D'ailleurs il en plierait quatre comme vous sur son genou. Il a, l'année dernière, aidé nos gens à rentrer la paille; il en portait jusqu'à six bottes à la fois, tant il est fort!

—Bravo! dit le pharmacien. Envoyez donc vos filles en confesse à des gaillards d'un tempérament pareil! Moi, si j'étais le gouvernement, je voudrais qu'on saignât les prêtres une fois par mois. Oui, madame Lefrançois, tous les mois une large phlébotomie, dans l'intérêt de la police et des mœurs!

—Taisez-vous donc, monsieur Homais! vous êtes un impie! vous n'avez pas de religion!

 

「なに大したことはないよ、もう一台買うさ」とオメー氏が答えた。

「もう一台だって!」と後家は叫んだ。

「あの台はもう駄目だからさ、おかみさん。くどいようだが、あれじゃ損だ! 大損だよ! それにきょう日びのお客にはポケットが小さくて、キューの重いのがいいのさ。玉を当てるだけなんてのはもうすたったよ。なにもかも変わったんだ! 時代と一緒に進まにゃならん! テリエをごらん、どっちかと言えば……」

女将は口惜くやしくて真っ赤になった。薬剤師はなお付けたして、

「あそこの台は、おまえさんがなんと言おうと、ここのよりは洒落しやれてるよ。それに、たとえば、そらポーランド救援だ、そらリヨンの水害義援だなんてって、賭勝負を催す思い付きは……」

「あんな奴なんか、束になったって、ちっとも恐かありませんよだ!」と女将は大きな肩をそびやかして遮さえぎった。「なあに、なあに、オメーさん、『金獅子』のびくともしないうちは、お客は来ますよ。憚はばかりながら、自家うちには有るものが有るんですからね! それに引きかえ今にごらん、『カフェ・フランセ』は店をたたんで、雨戸の上へ粋いきな張り紙を貼り出しますから!……ビリヤード台を取り替えるなんて、」と女将は独りごとのように続ける、「あの台は洗濯物を述べるのに持ってこいだし、猟の時季には、あの上へお客を六人も寝かしたんだから!……時にイヴェールののろまめ、まだ着きゃしない!」

「あいつを待ってから、お客の飯っていう気かい?」と薬剤師が訊いた。

「あいつを待ってですって? なあにどうして、あのビネーさんという人がいますからね! まあ見ていらっしゃい、六時を合図にちゃんと入って来ますよ。あんな几帳面なひとは世界中さがしたっていやしません。あのひとはいつでもあの小さい部屋に席がないとお気に入らない。よそで晩ご飯を食べるくらいなら殺された方がましだというんですからね! それに口の奢おごっていること! りんご酒のやかましいことったら! レオンさんとはわけが違いますよ。レオンさんなら、ときによっては七時、それどころか七時半頃にもいらっしゃるし、なにを食べようがまるで気にもなさらない。お若いのに本当に感心ですよ、大きい声ひとつたてるじゃなしねえ」

「そりゃ大違いのはずさ、ねえ、教育を受けた人間と重騎兵あがりの収税吏とじゃね」

六時が鳴った。ビネーがやって来た。

藍色のフロックを着ていた。痩せた体のまわりにだらりと垂れている。そして、両側の垂れが頭のてっぺんで紐で結んである革の帽子は、上げた庇ひさしの下から、いつも軍帽を被っていたせいで生気のなくなった、禿げあがった額を覗かせている。黒ラシャのチョッキ、馬巣ばす織りのカラー、ネズミ色のズボン、四季を通じて、よく磨いた長靴を穿いている。足指の隆起のために、靴に二筋並んだ膨らみが出来ている。ブロンドの顎あご鬚ひげは毛一筋はみ出させず、顔をぐるっとかこんで、眼の小さい、鷲鼻の、艶のない馬面うまづらを、まるで花壇の粋のように縁どっている。トランプゲームなら何にでも強く、猟の名人で、字が上手で、家に轆轤ろくろを持っていて、頻繁にナプキン差しの環わをつくり、芸術家らしい執心と有産者らしい独善とから、家中をすっかり環だらけにしていた。

彼はいつもの小部屋に向かって行った。しかしまず粉屋を三人、その部屋から追い出さねばならなかった。そして膳立をする間、ビネーは黙りこんだまま暖炉のそばにいた。それから小部屋の扉を閉めて、いつものように帽子を脱いだ。

「挨拶くらいしたって舌はへるまい!」と、女将おかみと二人になると、薬剤師が言った。

「いつだってあのとおり黙ってるんですよ」と女将は答えた。「先週もラシャの行商が二人、うちへ見えましてね、面白い方で、晩に、さんざんおどけたことをおっしゃるんで、わたしなんか涙の出るほど笑いましたが、あのひとったら、まるで鱒ますみたいに、しんねりむっつり一言も言わずに、ああしているんですからね」

「さよう、」と薬剤師がいった。「想像力もなければ頓智とんちもない。社交人の資格なんかてんでありゃしないんだ!」

「でも頭脳あたまはあるそうですよ」と女将が反対をうった。

「頭脳あたま?」とオメー氏は言い返した。「あいつに! 頭脳あたまが? いや、あの職掌柄じゃ。あると言えるのかもしれんて」といっそう落ち着いてつけ加えた。

それからまた言葉をついで、

「いや、むやみに取引先の多い商人とか、弁護士や医者や薬剤師なら、あまり忙しいので偏屈にもなる、ぶっきらぼうにもなる、これならよくわかるさ。話にもそんなのはよくあることさ! ところがだよ、そういう人たちは少なくともなにか考えごとをしているんだ。現に俺だってレッテルを書こうと思って、ペンを机の上に探す、よく見ると、なんだ、耳に挟んでいたなんてことが、何度あったかしれやしない!」

その間にルフランソワのおかみは『つばめ』が着きはしないかと戸口へ見に行った。おかみはぎょっとした。出しぬけに黒服の男が料理場へ入って来たのだ。今にも暮れようとする薄ら明かりで、その男が赤ら顔で筋骨逞しいことがはっきりわかった。

「なにか御用でございますか、司祭様?」と、ロウソクをさして柱のように並べてある真鍮燭台の一つを、棚からおろしながら、宿屋の女将が訊いた。「何か召しあがりませんか? くろすぐり酒をひと口。それとも葡萄酒を一杯?」

聖職者は慇懃いんぎんに辞退した。この間エルヌモンの修道院に忘れてきた雨傘を取りに来たのである。それを今晩中に司祭館まで届けてくれるようにルフランソワのおかみに頼んでから、彼は『夕の勤行』を告げる鐘の鳴る教会堂へ帰って行った。

広場に靴の音が聞こえなくなると、薬剤師は今のあの態度はひどく怪けしからんと言った。飲物を断るごときは最も憎むべき偽善だ。坊主というものは人の見ていないところでは牛飲馬食するし、教会の懐へ十分一税の入った御時世に戻そう、戻そうとしてやがるんだと言った。

女将は司祭様の肩を持った。

「なんと言ったって、あのお方はあなたの四人ぐらい、膝の上で畳んでおしまいになりますよ。去年も、家の者を手って下さって、藁わらを片付けて下さいましたが、なんと六束一緒にお持ちになった。それほどお強いんですからね?」

「ようよう!」と薬剤師は囃し立てて、「そういう血の気の多い奴のところへ、せいぜい娘っ子を嫁に遣るがいいや! 俺が政府おかみなら、月に一回坊主どもの有りあまった血をぬかせてやる。そうさ、ルフランソワのおかみさん、安寧秩序のために月々大いに刺絡放血をやるのさ!」

「黙りなさいよ、オメーさん! あんたは外道げどうです! 信仰がないんです!」

 

 

Le pharmacien répondit:

—J'ai une religion, ma religion, et même j'en ai plus qu'eux tous avec leurs momeries et leurs jongleries. J'adore Dieu, au contraire! Je crois en l'Être suprême, à un créateur quel qu'il soit, peu m'importe, qui nous a placés ici-bas pour y remplir nos devoirs de citoyen et de père de famille; mais je n'ai pas besoin d'aller dans une église baiser les plats d'argent, et engraisser de ma poche un tas de farceurs, qui se nourrissent mieux que nous. Car on peut l'honorer aussi bien dans un bois, dans un champ, ou même en contemplant 105la voûte éthérée, comme les anciens. Mon Dieu, à moi, c'est le Dieu de Socrate, de Franklin, de Voltaire et de Béranger! Je suis pour la Profession de foi du vicaire savoyard et les immortels principes de 89! Aussi je n'admets pas un bonhomme de bon Dieu qui se promène dans son parterre la canne à la main, loge ses amis dans le ventre des baleines, meurt en poussant un cri et ressuscite au bout de trois jours;—choses absurdes en elles-mêmes et complètement opposées, d'ailleurs, à toutes les lois de la physique, ce qui nous démontre, en passant, que les prêtres ont toujours croupi dans une ignorance turpide, où ils s'efforcent d'engloutir avec eux les populations.

Il se tut, cherchant des yeux un public autour de lui, car, dans son effervescence, le pharmacien un moment s'était cru en plein conseil municipal. Mais la maîtresse d'auberge ne l'écoutait plus. Elle tendait son oreille à un roulement éloigné. On distingua le bruit d'une voiture mêlé à un claquement de fers lâches qui battaient la terre, et l'Hirondelle enfin s'arrêta devant la porte.

C'était un coffre jaune porté par deux grandes roues qui, montant jusqu'à la hauteur de la bâche, empêchaient les voyageurs de voir la route et leur salissaient les épaules. Les petits carreaux de ses vasistas étroits tremblaient dans leurs châssis quand la voiture était fermée, et gardaient des taches de boue çà et là parmi leur vieille couche de poussière, que les pluies d'orage même ne lavaient pas tout à fait. Elle était 106attelée de trois chevaux dont le premier en arbalète, et lorsqu'on descendait les côtes elle touchait du fond en cahotant.

Quelques bourgeois d'Yonville arrivèrent sur la place; ils parlaient tous à la fois, demandant des nouvelles, des explications et des bourriches. Hivert ne savait auquel répondre. C'était lui qui faisait à la ville les commissions du pays. Il allait dans les boutiques, rapportait des rouleaux de cuir au cordonnier, de la ferraille au maréchal, un baril de harengs pour sa maîtresse, des bonnets de chez la modiste, des toupets de chez le coiffeur; et, le long de la route, en s'en revenant, il distribuait ses paquets, qu'il jetait par-dessus les clôtures des cours, debout sur son siège, et criant à pleine poitrine, pendant que ses chevaux allaient tout seuls.

Un accident l'avait retardé: la levrette de Mme Bovary s'était enfuie à travers champs. On l'avait sifflée un grand quart d'heure; Hivert même était retourné d'une demi-lieue en arrière, croyant l'apercevoir à chaque minute; mais il avait fallu continuer la route. Emma avait pleuré, s'était emportée; elle avait accusé Charles de ce malheur. M. L'Heureux, marchand d'étoffes, qui se trouvait avec elle dans la voiture, avait essayé de la consoler par quantité d'exemples de chiens perdus, reconnaissant leur maître au bout de longues années. On en citait un, disait-il, qui était revenu de Constantinople à Paris. Un autre avait fait cinquante lieues en ligne droite et passé quatre rivières à la nage; et son père à lui-même avait possédé un caniche 107qui, après douze ans d'absence, lui avait tout à coup sauté sur le dos, un soir, dans la rue, comme il allait dîner en ville.

 

薬剤師は答えた。

「なに俺には信仰がある。俺自身の信仰がある。いや、馬鹿げきった虚礼や詐欺ぺてんのあいつらよりは信仰があるんだ。奴らと違って俺は神を崇拝する! 俺は至上存在を信じている。公民としての、また家長としての義務を果たすため、われわれをこの世に置きたもうた創造主、それが誰であろうと関するところではないが、ひとりの創造主を信じている。しかしだ、わざわざ教会へ行って、ミサの時に銀の皿に口をつけて喜捨したり、われわれよりはるかに飽食している山師どもを、こっちの懐中ふところで肥やす必要などもない! 神は森の中でも、野原ででも、讃えることはできる。いや古代の人びとのように、清浄な蒼穹そうきゆうを仰ぎ見て讃えることもできる。そもそもわれわれの神たるや、かのソクラテスの神、フランクリンの神、ヴォルテール、ベランジェの神だ! 俺はかの『エミール』の『サヴォワ州助任司祭の信条宣言*』と一七八九年の大革命の不朽の綱領に与くみするものだ! だから俺は、杖を曳いて花園を散策したり、鯨の腹に友人を泊まらせたり、一声叫んで死ぬかとみれば三日にして復活するような他愛ない神は、これを認めない。このような事柄はそれ自身不合理で、完全に物理学的法則に悖もとるものだ。なおこのことは、坊主どもが常に恥ずべき無智に沈湎ちんめんし、しかも世人をともにその渦中に呑みこもうと懸命になりつつあることをも、ついでながら証明するものだ」

(*『エミール』の『サヴォワ州助任司祭の信条宣言』 『エミール』はルソーの著書(一七六二年刊)。『サヴォア州助任司祭の信条宣言』はその一章で、ルソーはそこで、キリスト教信者は自己の良心にのみ忠実であるべきだと言う神学を表明している。)

 

彼は口をつぐみ、聴衆を求めて辺りを見回した。薬剤師は興奮のあまり、ふと、村の壇上にあるような気がしたのである。しかし女将おかみはもう聞いてはいなかった。遠くに響く車の音に耳を傾けていた。緩んだ蹄鉄の地面を打つ響きに混って馬車の音がはっきりそれと聞きわけられる。そして『つばめ』はようやく門前に停まった。

それは黄色い箱を二つの大きな車輪で支えたものである。車輪が幌の高さまできているので、乗っているお客には途中の景色も様々見せず、埃ほこりや泥で肩をよごすのである。狭い扉との窓の小さなガラスは、車が閉まっていると粋の中でがたがた震えた。夕立でも洗いきれない、積りに積った埃ほこりの層に、泥のとばしりがところどころ付いている。馬車は三頭立てで、第一の馬は鼻曳びきになっている。坂を降るときには、車の腹がひょいひょい地面に触れるのである。

ヨンヴィルの村びとが数人広場へ出てきた。一時にしゃべり立てて、便りを訊く、問い合わす、籠をよこせと言う。イヴェールは誰に返答してよいやらわからない。イヴェールは町で、土地の人たちの用を足すのである。方々の店へ行って、靴屋には革の巻いたのを、鍛治屋には古鉄を、主人の女将にはニシンの樽を、帽子屋からは帽子、髪結いからは髢かもじを持って帰った。そして戻りの道すがら、馭者台につっ立ち、大声で呼ばわりながら、庭の塀越しに包みを投げこんでは配達した。その間、馬は勝手に走っている。

ある事故のためにイヴェールは手間どったのであった。ボヴァリー夫人のグレーハウンドが野原を突っ切って逃げ出したのである。ものの十五分も口笛を吹いて呼んでみた。イヴェールは見つかるか見つかるかと思って半里みちも引き返した。しかし道は続けねばならなかった。エンマは泣いたり、怒ったりした。この災難で、シャルルを責めた。ちょうど乗り合わせていた呉服屋のルウルー氏は、いなくなった犬が何年も経って、まだ主人を覚えていた例をたくさん挙げて慰めようとした。中でも、ある犬がコンスタンチノープルからパリまで帰って来たという話をした。またある犬は五十里を一筋に走り、河を四つも泳いで渡った。それから現に自分の親爺もむく犬を一匹飼っていたが、それがいなくなって十二年目のこと、ある晩、親爺が外へ食事に出掛けると、そいつが道でいきなり背中に飛びついてきたという話をして聞かせた。

II

 

Emma descendit la première, puis Félicité, M. L'Heureux, une nourrice, et on fut obligé de réveiller Charles dans son coin, où il s'était endormi complètement, dès que la nuit était venue.

Homais se présenta; il offrit ses hommages à Madame, ses civilités à Monsieur, dit qu'il était charmé d'avoir pu leur rendre quelques services, et ajouta d'un air cordial qu'il avait osé s'inviter lui-même, sa femme d'ailleurs étant absente.

Mme Bovary, quand elle fut dans la cuisine, s'approcha de la cheminée. Du bout de ses deux doigts elle prit sa robe à la hauteur du genou, et l'ayant ainsi remontée jusqu'aux chevilles, elle tendit à la flamme, par-dessus le gigot qui tournait, son pied chaussé d'une bottine noire. Le feu l'éclairait en entier, pénétrant d'une lumière crue la trame de sa robe, les pores égaux de sa peau blanche et les paupières même de ses yeux qu'elle clignait de temps à autre. Une grande couleur rouge passait sur elle, selon le souffle du vent qui venait par la porte entr'ouverte.

De l'autre côté de la cheminée, un jeune homme à chevelure blonde la regardait silencieusement.

108

Comme il s'ennuyait beaucoup à Yonville, où il était clerc chez Me Guillaumin, souvent M. Léon Dupuis (c'était lui, le second habitué du Lion d'or) reculait l'instant de son repas, espérant qu'il viendrait à l'auberge quelque voyageur avec qui causer dans la soirée. Les jours que sa besogne était finie, il lui fallait bien, faute de savoir que faire, arriver à l'heure exacte et subir depuis la soupe jusqu'au fromage le tête-à-tête de Binet! Ce fut donc avec joie qu'il accepta la proposition de l'hôtesse de dîner en la compagnie des nouveaux venus, et l'on passa dans la grande salle, où Mme Lefrançois, par pompe, avait fait dresser les quatre couverts.

Homais demanda la permission de garder son bonnet grec, de peur des coryzas; puis, se tournant vers sa voisine:

—Madame, sans doute, est un peu lasse? on est si épouvantablement cahoté dans notre Hirondelle!

—Il est vrai, répondit Emma, mais le dérangement m'amuse toujours; j'aime à changer de place.

—C'est une chose si maussade, soupira le clerc, que de vivre cloué aux mêmes endroits!

—Si vous étiez comme moi, dit Charles, sans cesse obligé d'être à cheval...

—Mais, reprit Léon s'adressant à Mme Bovary, rien n'est plus agréable, il me semble; quand on le peut, ajouta-t-il.

—Du reste, disait l'apothicaire, l'exercice de la médecine n'est pas fort pénible en nos contrées, car l'état de nos routes permet l'usage du cabriolet, et généralement 109l'on paye assez bien, les cultivateurs étant aisés. Nous avons, sous le rapport médical, à part les cas ordinaires d'entérite, bronchite, affections bilieuses, etc., de temps à autre quelques fièvres intermittentes à la moisson; mais, en somme, peu de choses graves, rien de spécial à noter, si ce n'est beaucoup d'humeurs froides, et qui tiennent sans doute aux déplorables conditions hygiéniques de nos logements de paysan. Ah! vous trouverez bien des préjugés à combattre, monsieur Bovary; bien des entêtements de la routine, où se heurteront quotidiennement tous les efforts de votre science; car on a recours encore aux neuvaines, aux reliques, au curé, plutôt que de venir naturellement chez le médecin ou chez le pharmacien. Le climat pourtant n'est point, à vrai dire, mauvais, et même nous comptons dans la commune quelques nonagénaires. Le thermomètre (j'en ai fait les observations) descend en hiver jusqu'à quatre degrés, et dans la forte saison touche vingt-cinq, trente centigrades tout au plus, ce qui nous donne vingt-quatre Réaumur au maximum, ou autrement cinquante-quatre Fahrenheit (mesure anglaise), pas davantage—et, en effet, nous sommes abrités des vents du nord par la forêt d'Argueil d'une part, des vents d'ouest par la côte Saint-Jean de l'autre; et cette chaleur, cependant, qui, à cause de la vapeur d'eau dégagée par la rivière, et la présence considérable de bestiaux dans les prairies, lesquels exhalent, comme vous savez, beaucoup d'ammoniaque, c'est-à-dire azote, hydrogène et oxygène (non, azote et hydrogène seulement), et qui pompant 110à elle l'humus de la terre, confondant toutes ces émanations différentes, les réunissant en un faisceau pour ainsi dire, et se combinant de soi-même avec l'électricité répandue dans l'atmosphère, lorsqu'il y en a, pourrait à la longue, comme dans les pays tropicaux, engendrer des miasmes insalubres; cette chaleur, dis-je, se trouve justement tempérée du côté d'où elle vient, ou plutôt d'où elle viendrait, c'est-à-dire du côté sud, par les vents de sud-est, lesquels, s'étant rafraîchis d'eux-mêmes en passant sur la Seine, nous arrivent quelquefois tout d'un coup, comme des brises de Russie.

—Avez-vous du moins quelques promenades dans les environs? continuait Mme Bovary, parlant au jeune homme.

—Oh! fort peu, répondit-il. Il y a un endroit que l'on nomme la Pâture, sur le haut de la côte, à la lisière de la forêt. Quelquefois le dimanche je vais là, et j'y reste avec un livre, à regarder le soleil couchant.

—Je ne trouve rien d'admirable comme les soleils couchants, reprit-elle, mais au bord de la mer, surtout.

—Oh! j'adore la mer, dit M. Léon.

—Et puis, ne vous semble-t-il pas, répliqua Mme Bovary s'arrêtant de manger, que l'esprit vogue plus librement sur cette étendue sans limites, dont la contemplation vous élève l'âme et donne des idées d'infini, d'idéal?

—Il en est de même des paysages de montagne, 111reprit Léon. J'ai un cousin qui a voyagé en Suisse l'année dernière, et qui me disait qu'on ne peut se figurer la poésie des lacs, le charme des cascades, l'effet gigantesque des glaciers. On voit des pins d'une grandeur incroyable, en travers des torrents, des cabanes suspendues sur des précipices, et, à mille pieds sous vous, des vallées entières, quand les nuages s'entr'ouvrent. Ces spectacles doivent enthousiasmer, disposer à la prière, à l'extase! Aussi je ne m'étonne plus de ce musicien célèbre qui, pour exciter mieux son imagination, avait coutume d'aller jouer du piano devant quelque site imposant.

—Vous faites de la musique? demanda-t-elle.

—Non, mais je l'aime beaucoup, répondit-il.

—Ah! ne l'écoutez pas, madame Bovary, interrompit Homais en se penchant sur son assiette, c'est modestie pure. Comment, mon cher! Eh! l'autre jour dans votre chambre vous chantiez l'Ange gardien à ravir. Je vous entendais du laboratoire; vous détachiez cela comme un acteur.

Léon, en effet, logeait chez le pharmacien, où il avait une petite pièce au second étage, sur la place. Il rougit à ce compliment de son propriétaire, qui déjà s'était tourné vers le médecin et lui énumérait l'un après l'autre les principaux habitants d'Yonville. Il racontait des anecdotes, donnait des renseignements; on ne savait pas au juste la fortune du notaire, et il y avait la maison Tuvache qui faisait beaucoup d'embarras.

 

エンマがまっさきに降り、続いてフェリシテ、ルウルー氏、それから乳母が降りた。隅っこにいるシャルルを起こさねばならない。日が暮れるが早いか、彼はぐっすり寝込んでいたのである。

オメーが名乗って出た。奥様に敬意を表し、先生に挨拶し、なにほどかお役に立って嬉しく思うと言い、厚かましく自分からお招ばれに出ました、もっとも家内は留守なのですがと、うちとけた調子でつけ加えた。

ボヴァリー夫人は料理場へ入ると暖炉に近寄った。二本の指先でドレスの膝のあたりをつまみ、踝くるぶしの見えるまでからげて、黒靴を穿いた足を、串に刺されてくるくる回っている羊のもも肉の上から、火の方に突き出した。火は彼女をすっかり照らし、ドレスの地や、白い肌のそろった毛孔や、時どき瞬く瞼まぶたの中にまで生々しい光を射しこませた。半開きの扉から吹きこむ風につれて、真赤な色がさっと彼女を掠かすめていった。

暖炉の向こう側から、金髪ブロンドの青年が黙って彼女を見つめていた。

レオン・デュピュイ君(これが『金獅子』の二番目の常連である)は、ヨンヴィルの公証人ギョーマン氏方で書記を勤めていたが、ヨンヴィルにはもう飽き飽きして、誰か一晩、話相手になるような客が宿に来そうなものだと、いつでも食事の時間を遅らせていた。仕事の早く片付いた日は、することがないので、時間きっかりにやって来て、食事の初めから終わりまでビネーと向き合っていなければならなかった。だから彼は、今来たお客たちと一緒におあがりなさいと言う女将おかみの勧めに喜んで従ったのである。一同は大広間へ移った。ルフランソワのおかみは、見栄をはって、その部屋に四人前の仕度をしておいたのである。

オメーは、鼻風邪になっては困るので、失礼ながらトルコ帽を脱がずにいますと断った。

そして隣席のエンマの方を向いて、

「奥さん、さぞお疲れでしょう。ここの『つばめ』は恐ろしく揺れますからな!」

「本当ですわ」とエンマは答えた。「でも、わたくし、ごとごと動くことが面白いんです。所を変えるのが好きなんです。」

「同じ所に釘付けにされて暮らすのは憂鬱ですね」と書記がため息をついた。

「しかしわたしのように、しょっちゅう馬に乗ってばかりいなきゃならんのも……」とシャルルが言った。

「でも、」とレオンはボヴァリー夫人に向かって言葉をついで、「それほど愉快なことはないと思いますね。もっともそれができる身分なら」とつけ加えた。

「それに、」と薬屋が言った。「お医者さんの仕事も当地では大して辛くもありません。というのは、道路がよいから馬車が使えるし、そのうえ百姓の暮らしが楽なので、総体に払いはよいほうです。医学的見地からすれば、腸炎、気管支炎、肝臓病などの普通の症状は別として、収穫時にはときおり間歇かんけつ熱があります。しかし要するに、大したもの、特記すべきものは何もありません。ただ瘰癧るいれき(結核菌の感染による頸部(けいぶ

)のリンパ節の慢性的なはれもの)はたくさんあります。これは恐らく農家の悲しむべき衛生状態に因るのでしょう。ああ! ところが、あなたは打破すべきいろんな偏見を発見することになりますよ、ボヴァリー先生。実に頑冥がんめいな悪習が墨守ぼくしゆされていて、そいつとは毎日、あなたの学問のすべてを傾注して衝突しなければなりません。なにしろ、ここの連中ときた日には、素直に医者や薬剤師のところへ来るよりは、九日の願かけだとか、聖者の遺品とか、坊主どもにいまだに頼っているのですからな。しかし風土は、本当は決して悪くはないのです。この町には九十才以上の年寄りさえ何人かいるくらいです。寒暖計は——いろいろ実測してみたのですが、——冬は四度まで下がり、土用には摂氏二十五度、高だか六十度しか昇りません。すなわち最高温度が列氏の二十四度、言い換えれば華氏(イギリス流の目盛ですな)、華氏の五十四度を超えることはないのです!——これはつまり、一方ではアルグイユの森で北風を避け、他方ではサン・ジャンの丘で西風を避けておるからです。ところがこの暑さはです、河から水蒸気が昇ってくるのと、牧場まきばに家畜が夥おびただしくおって、それがご承知のとおり多量のアンモニアガス、即ち窒素、水素、酸素、窒素と水素とだけじゃないのです)、そうしたガスを発散するため、またその暑熱が大地の腐蝕土を吸い上げ、こういう種々の発散物を結束混和し、大気中に電気の充満している場合は、それと自然に化合して、普通ならば熱帯地方のように、不健康な瘴気しようきを漸次生じかねないところなんです。——ところがです、その暑さは、それのやって来る、というよりはやって来るはずの方向、つまり南の方で、ちょうどいい具合に南西風によって緩和されるのです。この南西風はセーヌ河の上を渡るとき自然に冷やされて、ときおり、ロシアの微風そよかぜのように、さっとここへ吹いてくるのです!」

「せめて近所に散歩するところぐらいはございますの?」とボヴァリー夫人は青年に続けて話しかけた。

「いや、あまりありません」と彼は答えた。「丘の上の森のはずれに『牧場』と言っている所があります。時どき、日曜日に、そこへ出かけて行って、本を持って、じっと入日を眺めているのです」

「わたくし入日ほど素晴らしいものはないと思いますの、」彼女は答えた。「しかし海岸の入日はまたひとしおですわ」

「ああ! 僕は海がとても好きです」とレオン君が言った。「それに、あなたはそうお思いになりませんこと?」とボヴァリー夫人は続けて言った。「あの果てしない大海原おおうなばらの上を心はいっそう自由に彷徨さまようのだと? そうしてその大海原を眺めていると魂は高められ、無限とか理想とかいう考えが浮かんでくるのだと?」

「山の風景もそれと同じですね」とレオンが答えた。「昨年スイスに旅行した従兄がおりますが、その話では、湖水の詩趣、瀑布ばくふの魅力、壮大な氷河の印象といったものは、とても想像できないそうです。信じられないほど巨大な松の樹が激流を横よぎっている。山小屋が絶壁の上に懸かかっている。そして雲が晴れると、千フィートの足下あしもとに渓谷全体が見える。こういう景色を見たらさぞ感激させられるでしょう。祈りたくなるでしょう。恍惚こうこつとするでしょうね! だからわたしはあの有名な音楽家が、いっそう空想を刺激するために、始終どこか、壮大な景色の前でピアノを弾いたという話を、別に不思議とは思わないのです」

「あなた音楽をなさいますの?」と彼女が訊いた。

「いいえ、でも大好きなんです」と彼は答えた。

「いや、真まにうけちゃいけませんよ、奥さん」とオメーは皿に屈みこんだまま割りこんだ。「それは謙遜というものです。——どうしたい、君! ほら、この間、君の部屋で『護りの天使』を惚れぼれするほど上手に歌っていたよ。薬局から聞いていたが、まるでオペラの役者みたいにあざやかだったよ」

いかにもレオンは薬剤師の家に下宿していた。広場に面した三階に小さい部屋を借りていた。彼は家主のお世辞で真っ赤になったが、当の家主はすでに医者のほうへ向きなおって、ヨンヴィルのめぼしい人をいちいち数えあげていた。珍談を話したり、参考になることを教えていた。公証人の財産の正確なところは誰も知らないとか、テュヴァシュ家というのがあって、なかなか威張っているとか。

 

 

Emma reprit:

112

—Et quelle musique préférez-vous?

—Oh! la musique allemande, celle qui porte à rêver.

—Connaissez-vous les Italiens?

—Pas encore; mais je les verrai l'année prochaine, quand j'irai habiter Paris pour finir mon droit.

—C'est comme j'avais l'honneur, dit le pharmacien, de l'exprimer à monsieur votre époux, à propos de ce pauvre Yanoda, qui s'est enfui; vous vous trouvez, grâce aux folies qu'il a faites, jouir d'une des maisons les plus confortables d'Yonville. Ce qu'elle a principalement de commode pour un médecin, c'est une porte sur l'Allée, qui permet d'entrer et de sortir sans être vu. D'ailleurs elle est fournie de tout ce qui est agréable à un ménage: buanderie, cuisine avec office, salon de famille, fruitier, etc. C'était un gaillard qui n'y regardait pas! Il s'était fait construire au bout du jardin, à côté de l'eau, une tonnelle tout exprès pour boire de la bière en été, et si Madame aime le jardinage, elle pourra...

—Ma femme ne s'en occupe guère, dit Charles, elle aime mieux, quoiqu'on lui recommande l'exercice, toujours rester dans sa chambre, à lire.

—C'est comme moi, répliqua Léon. Quelle meilleure chose, en effet, que d'être le soir au coin du feu avec un livre, pendant que le vent bat les carreaux, que la lampe brûle...

—N'est-ce pas? dit-elle, en fixant sur lui ses grands yeux noirs tout ouverts.

—On ne songe à rien, continuait-il, les heures passent; 113on se promène immobile dans des pays que l'on croit voir, et votre pensée, s'enlaçant à la fiction, se joue dans les détails ou poursuit le contour des aventures. Elle se mêle aux personnages; il semble que c'est vous qui palpitez sous leurs costumes.

—C'est vrai! c'est vrai! disait-elle.

—Vous est-il arrivé parfois, reprit Léon, de rencontrer dans un livre une idée vague que l'on a eue, quelque image obscurcie qui revient de loin, et comme l'exposition entière de votre sentiment le plus délié?

—J'ai éprouvé cela, répondit-elle.

—C'est pourquoi, dit-il, j'aime surtout les poètes. Je trouve les vers plus tendres que la prose, et qu'ils font bien mieux pleurer.

—Cependant ils fatiguent à la longue, reprit Emma; et maintenant, au contraire, j'adore les histoires qui se suivent tout d'une haleine, où l'on a peur. Je déteste les héros communs et les sentiments tempérés, comme il y en a dans la nature.

—En effet, observa le clerc, ces ouvrages, ne touchant pas le cœur, s'écartent, il me semble, du vrai but de l'Art. Il est si doux, parmi les désenchantements de la vie, de pouvoir se reporter en idée sur de nobles caractères, des affections pures et des tableaux de bonheur. Quant à moi, vivant ici, loin du monde, c'est ma seule distraction; mais Yonville offre si peu de ressources!

—Comme Tostes, sans doute, reprit Emma: aussi j'étais toujours abonnée à un cabinet de lecture.

—Si madame veut me faire l'honneur d'en user, 114dit le pharmacien, qui venait d'entendre ces derniers mots, j'ai moi-même à sa disposition une bibliothèque composée des meilleurs auteurs: Voltaire, Rousseau, Delille, Walter Scott, l'Écho des feuilletons, etc., et je reçois de plus différentes feuilles périodiques, parmi lesquelles le Fanal de Rouen, quotidiennement, ayant l'avantage d'en être le correspondant pour les circonscriptions de Buchy, Forges, Neufchâtel, Yonville et alentours.

Depuis deux heures et demie on était à table; car la servante Arthémise, traînant nonchalamment sur les carreaux ses savates de lisière, apportait les assiettes l'une après l'autre, oubliait tout, n'entendait à rien et sans cesse laissait la porte du billard entre-bâillée, qui battait contre le mur du bout de sa clenche.

Sans qu'il s'en aperçût, tout en causant, Léon avait posé son pied sur un des barreaux de la chaise où Mme Bovary était assise. Elle portait une petite cravate de soie bleue qui tenait, droit comme une fraise, un col de batiste tuyauté; et selon les mouvements de tête qu'elle faisait, le bas de son visage s'enfonçait dans le linge ou en sortait avec douceur. C'est ainsi, l'un près de l'autre, pendant que Charles et le pharmacien devisaient, qu'ils entrèrent dans une de ces vagues conversations, où le hasard des phrases vous ramène toujours au centre fixe d'une sympathie commune. Spectacles de Paris, titres de romans, quadrilles nouveaux, et le monde qu'ils ne connaissaient pas, Tostes où elle avait vécu, Yonville où ils étaient, 115ils examinèrent tout, parlèrent de tout, jusqu'à la fin du dîner.

Quand le café fut servi, Félicité s'en alla préparer la chambre dans la nouvelle maison, et les convives bientôt levèrent le siège. Mme Lefrançois dormait auprès des cendres, tandis que le garçon d'écurie, une lanterne à la main, attendait M. et Mme Bovary pour les conduire chez eux. Sa chevelure rouge était entremêlée de brins de paille, et il boitait de la jambe gauche. Lorsqu'il eut pris de son autre main le parapluie de M. le curé, l'on se mit en marche.

Le bourg était endormi. Les piliers des halles allongeaient de grandes ombres. La terre était toute grise, comme par une nuit d'été.

La maison du médecin se trouvant à cinquante pas de l'auberge, il fallut presque aussitôt se souhaiter le bonsoir, et la compagnie se dispersa.

Emma, dès le vestibule, sentit tomber sur ses épaules, comme un linge humide, le froid du plâtre. Les murs étaient neufs, et les marches de bois craquèrent. Dans la chambre, au premier, un jour blanchâtre passait par les fenêtres sans rideaux. On entrevoyait des cimes d'arbres, et plus loin la prairie à demi noyée dans le brouillard, qui fumait au clair de lune selon le cours de la rivière. Au milieu de l'appartement, pêle-mêle, il y avait des tiroirs de commode, des bouteilles, des tringles, des bâtons dorés, avec des matelas sur des chaises et des cuvettes sur le parquet,—les deux hommes qui avaient apporté les meubles ayant tout laissé là, négligemment.

116

C'était la quatrième fois qu'elle couchait dans un endroit inconnu. La première avait été le jour de son entrée au couvent, la seconde celle de son arrivée à Tostes, la troisième à la Vaubyessard, la quatrième était celle-ci; et chacune s'était trouvée faire dans sa vie comme l'inauguration d'une phase nouvelle. Elle ne croyait pas que les choses pussent se représenter les mêmes à des places différentes, et, puisque la portion vécue avait été mauvaise, sans doute ce qui restait à consommer serait meilleur.

 

エンマは言葉をついで、

「そしてどんな音楽がお好きですの?」

「むろんドイツ音楽です、夢に誘ってくれる音楽です。」

「イタリア座をご存じ?」

「まだです。でも来年は見られます。法律の勉強の仕上げにパリへ行きますから」

「ご主人に申し上げましたとおり、立ち退のきしたあのヤノダのことなんでございますがね、」と薬剤師が言った。「あいつが無茶な贅沢をやったお陰で、奥さんはこのヨンヴィルでもとりわけ居心地のいい家にお住まいになれると申すものです。特にお医者さんに便利なところは、『路地ろじ』に向いている門口なんで、患者は人目につかずに、あれから出入りができます。そのうえ、家庭生活に好ましいものは何もかも備わっていますな。洗濯場、支度部屋のついた料理場、家族の居間、果物貯蔵室など……。金に糸目をつけない豪勢な男でした! 庭の奥の池のそばに、夏にはビールを飲むんだと言ってわざわざ青葉棚を造らせていますが、もし奥さんが園芸がお好きなら……」

「家内はちっともやりませんので、」とシャルルが言った。「いくら運動を勧めても、自分の部屋で本を読んでる方が好きなんです」

「僕もそうです、」とすかさずレオンがいった。「本当に、夜、本を持って、暖炉のそばにいるほど楽しいことがあるでしょうか、そのとき、風が窓ガラスをうっている、そしてランプは燃えている!……」

「そうでしょう?」と彼女は大きい黒い眼をまるくして彼に注ぎながら言った。

「なんにも考えないでいる。時が過ぎてゆく」と彼はつづけた。「眼まのあたりに見ている気持ちで、方々の国々をいながらにして歴遊する。思想が架空の物語と絡みあって、細かい部分を楽しんだり、事件の輪郭を追求したりするのです。思想が作中人物とひとつになって、まるで、自分がその人物の着物を着て胸躍らせているように思えるのです」

「本当ですわ! 本当ですわ!」とエンマが言った。

「あなたは時どき本の中で、自分の抱いていた漠然とした考えや、遠いところから帰ってきた幽かな影像に出会ったり、自分の心にある本当に微妙な感情がすっかり表現されているのにお出会いになったことはありませんか?」とレオンは続けて言った。

「実際に感じましたわ」と彼女は答えた。

「だから僕は特に詩人が好きなのです」と彼は言った。「詩は散文よりも情緒があると思います。はるかによく涙をさそってくれると思います」

「でも詩は結局飽きがきますわ」とエンマは続けて言った。「ですから、今は反対に、わたくし、ひと息に読ませるような話、はらはらするような話が、大好きですの。本当の人生にあるような、平凡な人物や生ぬるい感情は大嫌いです」

「本当は、」と書記は意見を言った。「そういう作品は心に触れないので、『芸術』の真に目指すところから逸れているように思えます。人生のいろんな幻滅の中にいて、崇高な性格だとか、純粋な感情だとか、幸福の情景などを想い描きうるというのは、本当に楽しいことです! 社会から離れて、こんな所に住んでいるわたしなどには、それが唯一の慰安です。実際ヨンヴィルには心を楽しませるものがないんですからね!」

「トストと同じなんですわ、きっと、」とエンマは答えた。「ですからわたし、始終貸本屋から本を借りてましたの」

「もし奥さんがご利用下さいますなら、」と今の言葉を小耳に挟んだ薬剤師が言った。「わたしの方にヴォルテール、ルソー、ドリル、ウォルター・スコット、『新聞学芸欄だより』など、一流どころを集めた蔵書がありますから、いつでもお役に立てましょう。それに、新聞雑誌は数種類とっておりますが、中でも『ルーアンの燈火』は毎日参ります。わたしがビュシー、フォルジュ、ヌゥシャテル、ヨンヴィル、およびその付近一帯の通信員を勤めている関係からです」

二時間半も食卓についていた。それもそのはず、女中のアルテミーズはズックの靴をだらしなく石畳に引きずりながら、皿をぼつぼつ運んでくる、なにもかも忘れてしまう、言うことは聞かないという調子なので。それにビリヤード部屋の戸はいつも半開きにしておくので、掛け金の先が絶えず壁に突きあたっていた。

話しこんでいるうちに、レオンはうっかりボヴァリー夫人の掛けている椅子の横木に足をのせた。彼女は青絹の小さいネクタイをしていた。それが丸襞まるひだ付きの白麻上布バティストの襟を、まるで昔の襞襟ひだえりのように、しゃんと立てていた。そうして頭の動かし方によって、顔の下の方が静かに麻の襟へ隠れたり出たりした。シャルルと薬剤師が話し合っている間、二人はこうして互いに寄りそいながら、とりとめもない話に夢中になっていたのだが、それはふと口に出たどんな言葉も必らず共鳴の動かぬ中心に戻って行くという風な話だった。パリの興行物、小説の題、新しいカドリーユ、二人とも見たこともない社交界、彼女が暮らしたトストの町、さてはいま二人のいるヨンヴィル村、二人は晩餐の終わるまで、いろんなことを考えつめ、いろんなことを語り合った。

コーヒーが出ると、フェリシテは部屋の仕度に新宅へ出かけ、会食者たちもやがて席を離れた。ルフランソワのおかみは灰になった暖炉のそばで居眠っている。厩うまや番の若者はランタン片手に、ボヴァリー夫妻を案内しようと待っていた。赤い髪の毛には藁しべが混じっている。左足でびっこを引いている。若者がいま一方の手で司祭様の雨傘をとると、一同は歩き出した。

町は眠っていた。市場の柱は大きな影を曳いていた。地面は夏の夜のように、すっかり灰色だった。

しかし、医者の家は宿屋から五十歩ばかりなので、すぐに別れの挨拶をしなければならなかった。一同は散りぢりになった。

エンマは玄関へ入るなり、漆喰の冷気が湿った布のように、肩に落ちかかるのを感じた。壁は塗りたてであった。木の階段はギーギー言う。二階の部屋には、窓掛けのない窓から白っぽい光が射しこんでいた。木々の梢こずえや、その梢のはるか向こうに、半ば霧にかすんだ牧場が、川の流れの形どおりにうねうねと、月下に川霧を立てているのが、かすかに見えた。部屋の真ん中には、箪笥たんすの抽斗ひきだしや、瓶や、窓掛けの桿かんや、金色の棒などが散らばり、敷布団は椅子のうえに、金盥かなだらいは床のうえにあった。道具を運んできた二人の男が、なにもかも投げやりに放っておいたからだ。

彼女が初めての場所で寝るのはこれが四度目である。最初は修道院の寮に入った日、二度目はトストに着いたとき、三度目はヴォビエサール、四度目が今である。そうしてそのどれもが彼女の生涯にいわば新生面を開いてくれた。違った場所で同じことが起ころうなどとは、彼女には信じられなかった。そうして今日まで生活した部分が不幸であったればこそ、これから送る生活はもっと幸福なのに違いないと思われた。

 

III

 

Le lendemain, à son réveil, elle aperçut le clerc sur la place. Elle était en peignoir. Il leva la tête et la salua. Elle fit une inclination rapide et referma la fenêtre.

Léon attendit pendant tout le jour que six heures du soir fussent arrivées; mais en entrant à l'auberge il ne trouva personne, que M. Binet, attablé.

Ce dîner de la veille était pour lui un événement considérable; jamais, jusqu'alors, il n'avait causé pendant deux heures de suite avec une dame. Comment donc avoir pu lui exposer, et en un tel langage, quantité de choses qu'il n'aurait pas si bien dites auparavant? Il était timide d'habitude et gardait cette réserve qui participe à la fois de la pudeur et de la 117dissimulation. On trouvait à Yonville qu'il avait des manières comme il faut. Il écoutait raisonner les gens mûrs et ne paraissait point exalté en politique, chose remarquable pour un jeune homme. Puis il possédait des talents, il peignait à l'aquarelle, savait lire la clef de sol, et s'occupait volontiers de littérature après son dîner, quand il ne jouait pas aux cartes. M. Homais le considérait pour son instruction; Mme Homais l'affectionnait pour sa complaisance; car souvent il accompagnait au jardin les petits Homais, marmots toujours barbouillés, fort mal élevés et quelque peu lymphatiques comme leur mère. Ils avaient pour les soigner, outre la bonne, Justin, l'élève en pharmacie, un arrière-cousin de M. Homais que l'on avait pris dans la maison par charité, et qui servait en même temps de domestique.

L'apothicaire se montra le meilleur des voisins. Il renseigna Mme Bovary sur les fournisseurs, fit venir son marchand de cidre tout exprès, goûta la boisson lui-même, et veilla dans la cave à ce que la futaille fût bien placée; il indiqua encore la façon de s'y prendre pour avoir une provision de beurre à bon marché, et conclut un arrangement avec Lestiboudois, le sacristain, qui, outre ses fonctions sacerdotales et mortuaires, soignait les principaux jardins d'Yonville à l'heure ou à l'année, selon le goût des personnes.

Le besoin de s'occuper d'autrui ne poussait pas seul le pharmacien à tant de cordialité obséquieuse, et il y avait là-dessous un plan.

Il avait enfreint la loi du 19 ventôse an XI, article 118premier, qui défend à tout individu non porteur de diplôme l'exercice de la médecine; si bien que sur des dénonciations ténébreuses, Homais avait été mandé à Rouen, près M. le procureur du roi, en son cabinet particulier. Le magistrat l'avait reçu debout, dans sa robe, hermine à l'épaule et toque en tête. C'était le matin, avant l'audience. On entendait dans les corridors passer les fortes bottes des gendarmes et comme un bruit lointain de grosses serrures qui se fermaient. Les oreilles du pharmacien lui tintèrent à croire qu'il allait tomber d'un coup de sang; il entrevit des culs de basse-fosse, sa famille en pleurs, la pharmacie vendue, tous les bocaux disséminés; et il fut obligé d'entrer dans un café prendre un verre de rhum avec de l'eau de Seltz, pour se remettre les esprits.

Cependant le souvenir de cette admonestation s'affaiblit, et il continuait, comme autrefois, à donner des consultations anodines dans son arrière-boutique. Mais le maire lui en voulait, des confrères étaient jaloux, il fallait tout craindre; en s'attachant M. Bovary par des politesses, c'était gagner sa gratitude, et empêcher qu'il ne parlât plus tard, s'il s'apercevait de quelque chose. Aussi, tous les matins, Homais lui apportait le journal, et souvent, dans l'après-midi, quittait un instant la pharmacie pour aller chez l'officier de santé faire la conversation.

Charles était triste: la clientèle n'arrivait pas. Il demeurait assis pendant de longues heures, sans parler, allait dormir dans son cabinet ou regardait coudre sa femme. Pour se distraire, il s'employa chez lui comme 119homme de peine, et même il essaya de peindre le grenier avec un reste de couleur que les peintres avaient laissé. Mais les affaires d'argent le préoccupaient. Il en avait tant dépensé pour les réparations de Tostes, pour les toilettes de Madame et pour le déménagement, que toute la dot, plus de trois mille écus, s'était écoulée en deux ans. Puis, que de choses endommagées ou perdues dans le transport de Tostes à Yonville, sans compter le curé de plâtre, qui, tombant de la charrette à un cahot trop fort, s'était écrasé en mille morceaux sur le pavé de Quincampoix!

Un souci meilleur vint le distraire, à savoir la grossesse de sa femme. A mesure que le terme en approchait il la chérissait davantage. C'était un autre lien de la chair s'établissant et comme le sentiment continu d'une union plus complexe. Quand il voyait de loin sa démarche paresseuse et sa taille tourner mollement sur ses hanches sans corset, quand, vis-à-vis l'un de l'autre, il la contemplait tout à l'aise et qu'elle prenait, assise, des poses fatiguées dans son fauteuil, alors son bonheur ne se tenait plus; il se levait, il l'embrassait, passait ses mains sur sa figure, l'appelait petite maman, voulait la faire danser, et débitait, moitié riant, moitié pleurant, toutes sortes de plaisanteries caressantes qui lui venaient à l'esprit. L'idée d'avoir engendré le délectait. Rien ne lui manquait à présent. Il connaissait l'existence humaine tout du long, et il s'y attablait sur les deux coudes avec sérénité.

 

翌日あくるひ、起きると、広場に書記の姿を見かけた。まだ化粧着のままだった。書記は仰向いて、挨拶した。彼女もちょっと会釈して、窓を閉めた。

レオンは一日中、六時になるのを待った。しかし宿屋へ行ってみると、ただビネー氏が食卓に向かっているだけで、ほかには誰もいなかった。

昨日の晩餐はレオンにとっては容易ならぬ出来事であった。それまで『淑女』と続けさまに二時間もしゃべったことなど一度もなかった。以前ならとてもあんなに巧くは言えなかったようないろんなことが、しかもあんな言葉で、どうしてあの女ひとに滔々とうとうと言えたのだろう? いつもは内気で、いつも、はにかみと猫かぶりとを一緒くたにしたような慎つつしみを持っていたのに。彼の態度はヨンヴィルでは、『上品』としてとおっていた。年寄りの理屈はおとなしく聴くし、政治に熱中する様子もまるでない。青年には珍らしいことだ。そのうえ才能がある。水彩画も描けば、音譜も読む。夕食の後あと、トランプをやらない折は、好んで文学に親しんでいる。オメー氏は彼の教養を尊敬し、オメー夫人は気立てのやさしいところを買っていた。なにしろ、レオンはよく庭で、子供たちの守もりをしてくれた。オメーの子供ときたら、揃いもそろっていつ見ても汚くて躾しつけが悪く、どこか母親に似て腺病質せんびようしつだったが。オメーの家では、子供の世話をするために女中のほかに、ジュスタンという薬局生をおいていた。これはオメー氏の遠縁にあたる子なのだが、お情けで拾われて、丁稚でつち代わりにも使われていた。

薬屋は近所でも一番よい人間だという態度に出た。ボヴァリー夫人に出入り商人の良いのを教えてやったり、とりつけのりんご酒屋をわざわざよこして自分で味をきいていたり、地下の酒倉へ入って樽の置き具合を見てみたりした。またバターの安い買い方を教えたり、堂守のレスチブードワと契約を決めたりした。というのは、このレステブードワは堂守、墓守という役目のほかに、ヨンヴィル村の主だった庭園を、先方の言うなりに時間決め、または年決めで、手入れしていたのである。

ただ他人の世話がしてみたいという気持ちだけで、薬剤師はこうまでちやほやするのではない。奥にはひとつ魂胆こんたんがあったのだ。

彼は以前、免状の無い者に医術を禁止した革命暦第十一年風月十九日付法律の第一条に違反したことがあった。オメーはそのために、密告に基づいて、ルーアン市の初審裁判所検事の調べ室へ呼び出された。検事は法服を身に纏まとい、肩には白貂しろてんの毛皮、頭には法帽を戴き、厳然と直立して彼を呼び入れた。まだ法廷の開かれない午前のことであった。廊下からは憲兵の頑丈な靴の音や、遠くで大きな錠前の閉まるような音が聞こえてきた。薬剤師の耳は、脳溢血のういつけつで倒れるのではないかと思えるほど、がんがん鳴った。どん底の土牢、涙にくれる家族、売り払われる薬局、散乱する薬瓶が、ちらっと浮かんで見える。そこで、彼は精をつけるためにカフェに入って、ラム酒にセルツ鉱泉を割ったのを、一杯ひっかけざるをえなかった。

おいおいこの説諭の記憶が薄らいでくると、彼は相変わらず店の奥の間で、いい加減な診察を続けていた。ところが村長はそれを快く思わない、同業者は嫉ねたむというわけで、何にかにつけびくびくものだった。ボヴァリー氏をお世辞でまるめこむのは、ここで恩を売っておいて、今後なにかに感づいても口外させぬためだった。そこで、オメーは毎朝、例の『新聞』を持って行き、それから午後にはちょくちょく、薬局をちょっとの間あけて、医者のところへ話しこみに行くのであった。

シャルルは心細かった。患者がやってこない。何時間も口をつぐんで腰掛けていたり、診察室へ行って居眠りをしたり、妻の針仕事の手を眺めたりした。気晴らしに、家で人夫のような仕寧をしたり、ペンキ屋の置いていったペンキの残りで屋根裏部屋を塗っていたりした。しかし金のことが頭にこびりついていた。トストの家の修繕や、細君のお化粧や引越しなどに相当使ったので、三千エキュ以上あった妻の持参金も二年の間で大方なくなった。それにトストからヨンヴィルへ運ぶ間に、物がどれだけ傷いたんだり、なくなったりしたかしれなかった。例の僧侶の石膏像が、ひどく揺れるはずみに荷車から落ちて、キャンカンポワ村の舗道で粉々になったのは数えないとしても。

あるうれしい心配が彼の心を紛まぎらすようになった。それは妻の妊娠だった。臨月が近づくにつれて、彼はいよいよ妻を大事にした。いまひとつ肉の絆きずなが生じたからである。いわばいっそう複雑なつながりを不断に感じるからである。彼女の大儀そうな歩き方や、コルセットをしていない腰のうえでやんわり上半身を回すのを遠くから見たとき、または差向かいになって、妻が肱脚椅子に座ってさもだるそうな様子をしているのを気楽に眺めているときなど、彼はもう嬉しくてたまらなかった。彼は立ちあがる。妻に抱きつく。顔を撫でる。お母ちゃんなどと呼ぶ。踊らせようとする。頭に浮かぶかぎりのいろんな優しい冗談を、泣き笑いしながら言うのである。子供をこさえたのだと思うと恍惚となるのだった。もうなんの不足もない。生活というものが端から端までわかったのだ。そこで彼は安堵しきって、この生活という食卓に両肱ついて向かったのである。

 

 

Emma d'abord sentit un grand étonnement, puis eut envie d'être délivrée pour savoir quelle chose 120c'était que d'être mère. Mais ne pouvant faire les dépenses qu'elle voulait, avoir un berceau en nacelle avec des rideaux de soie rose et des béguins brodés, elle renonça au trousseau dans un accès d'amertume, et le commanda d'un seul coup à une ouvrière du village, sans rien choisir ni discuter. Elle ne s'amusa pas à ces préparatifs où la tendresse des mères se met en appétit; et son affection, dès l'origine, en fut peut-être atténuée de quelque chose. Cependant, comme Charles à tous les repas parlait du marmot, bientôt elle y songea d'une façon plus continue.

Elle souhaitait un fils; il serait fort et brun; elle l'appellerait Georges; et cette idée d'avoir pour enfant un mâle était comme la revanche en espoir de toutes ses impuissances passées. Un homme au moins est libre; il peut parcourir les passions et les pays, traverser les obstacles, mordre aux bonheurs les plus lointains. Mais une femme est empêchée continuellement. Inerte et flexible à la fois, elle a contre elle les mollesses de la chair avec les dépendances de la loi. Sa volonté, comme le voile de son chapeau retenu par un cordon, palpite à tous les vents; il y a toujours quelque désir qui entraîne, quelque convenance qui retient.

Elle accoucha un dimanche, vers six heures, au soleil levant.

—C'est une fille! dit Charles. Elle tourna la tête et s'évanouit.

Presque aussitôt, Mme Homais accourut et l'embrassa, ainsi que la mère Lefrançois du Lion d'or. Le 121pharmacien, en homme discret, lui adressa seulement quelques félicitations provisoires, par la porte entre-bâillée. Il voulut voir l'enfant et le trouva bien conformé.

Pendant sa convalescence, elle s'occupa beaucoup à chercher un nom pour sa fille. D'abord, elle passa en revue tous ceux qui avaient des terminaisons italiennes, tels que Clara, Louisa, Amanda, Atala; elle aimait assez Galsuinte, plus encore Yseult ou Léocadie. Charles désirait qu'on appelât l'enfant comme sa mère; Emma s'y opposait. On parcourut le calendrier d'un bout à l'autre, et l'on consulta les étrangers.

—M. Léon, disait le pharmacien, avec qui j'en causais l'autre jour, s'étonne que vous ne choisissiez point Madeleine, qui est excessivement à la mode maintenant.

La mère Bovary se récria bien fort sur ce nom de pécheresse. M. Homais, quant à lui, avait en prédilection tous ceux qui rappelaient un grand homme, un fait illustre ou une conception généreuse, et c'est dans ce système-là qu'il avait baptisé ses quatre enfants. Ainsi Napoléon représentait la gloire et Franklin la liberté; Irma, peut-être, était une concession au romantisme; mais Athalie, un hommage au plus immortel chef-d'œuvre de la scène française; car ses convictions philosophiques n'empêchaient pas ses admirations artistiques; le penseur chez lui n'étouffait point l'homme sensible; il savait établir des différences, faire la part de l'imagination et celle du fanatisme. De cette tragédie, par exemple, il blâmait les idées, mais 122il admirait le style; il maudissait la conception, mais il applaudissait à tous les détails et s'exaspérait contre les personnages, en s'enthousiasmant de leurs discours. Lorsqu'il lisait les grands morceaux, il était transporté; mais quand il songeait que les calotins en tiraient avantage pour leur boutique, il était désolé; et dans cette confusion de sentiments où il s'embarrassait, il aurait voulu tout à la fois pouvoir couronner Racine de ses deux mains et discuter avec lui pendant un bon quart d'heure.

Emma se souvint qu'au château de la Vaubyessard, elle avait entendu la marquise appeler Berthe une jeune femme; dès lors ce nom-là fut choisi, et comme le père Rouault ne pouvait venir, on pria M. Homais d'être parrain. Il donna, pour cadeaux, tous produits de son établissement, à savoir: six boîtes de jujube, un bocal entier de racahout, trois coffins de pâte à la guimauve, et, de plus, six bâtons de sucre candi qu'il avait retrouvés dans un placard. Le soir de la cérémonie, il y eut un grand dîner; le curé s'y trouvait; on s'échauffa. M. Homais, vers les liqueurs, entonna le Dieu des bonnes gens. M. Léon chanta une barcarolle, et Mme Bovary mère, qui était la marraine, une romance du temps de l'Empire; enfin M. Bovary père exigea que l'on descendît l'enfant, et se mit à le baptiser avec un verre de champagne qu'il lui versait de haut sur la tête. Cette dérision du premier des sacrements indigna l'abbé Bournisien; le père Bovary répondit par une citation de la Guerre des Dieux; le curé voulut partir; les dames suppliaient; Homais s'interposa; 123et l'on parvint à faire rasseoir l'ecclésiastique, qui reprit tranquillement, dans sa soucoupe, sa demi-tasse de café à moitié bue.

M. Bovary père resta encore un mois à Yonville, dont il éblouit les habitants par un superbe bonnet de police à galon d'argent, qu'il portait le matin, pour fumer sa pipe sur la Place. Ayant aussi l'habitude de boire beaucoup d'eau-de-vie, souvent il envoyait la servante au Lion d'or lui en acheter une bouteille que l'on inscrivait au compte de son fils; et il usa, pour parfumer ses foulards, toute la provision d'eau de Cologne qu'avait sa bru.

Celle-ci ne se déplaisait point dans sa compagnie. Il avait couru le monde: il parlait de Berlin, de Vienne, de Strasbourg, de son temps d'officier, des maîtresses qu'il avait eues, des grands déjeuners qu'il avait faits; puis il se montrait aimable, et parfois même, soit dans l'escalier ou au jardin, il lui saisissait la taille en s'écriant: «Charles, prends garde à toi!» Alors la mère Bovary s'effraya pour le bonheur de son fils, et craignant que son époux, à la longue, n'eût une influence immorale sur les idées de la jeune femme, elle se hâta de presser le départ. Peut-être avait-elle des inquiétudes plus sérieuses? M. Bovary était homme à ne rien respecter.

Un jour, Emma fut prise tout à coup du besoin de voir sa petite fille, qui avait été mise en nourrice chez la femme du menuisier; et, sans regarder à l'almanach si les six semaines de la Vierge duraient encore, elle s'achemina vers la demeure de Rolet, qui se trouvait 124à l'extrémité du village, au bas de la côte, entre la grande route et les prairies.

Il était midi; les maisons avaient leurs volets fermés, et les toits d'ardoises, qui reluisaient sous la lumière âpre du ciel bleu, semblaient, à la crête de leurs pignons, faire pétiller des étincelles. Un vent lourd soufflait. Emma se sentait faible, en marchant; les cailloux du trottoir la blessaient; elle hésita si elle ne s'en retournerait pas chez elle, ou entrerait quelque part pour s'asseoir.

A ce moment, M. Léon sortit d'une porte voisine avec une liasse de papiers sous son bras. Il vint la saluer et se mit à l'ombre devant la boutique de L'Heureux, sous la tente grise qui avançait.

Mme Bovary dit qu'elle allait voir son enfant, mais qu'elle commençait à être lasse.

—Si?... reprit Léon, n'osant poursuivre.

—Avez-vous affaire quelque part? demanda-t-elle.

 

エンマは最初大きな驚きを感じた。そしてそれから、母になるとはいったいどんなことかを知りたさに、早く身ふたつになりたいと思った。しかし思うだけの金を使って、桃色の網カーテンのついた舟型の揺り籠や、刺繍ししゆうしたフードを買うことも出来ないので、エンマは口惜しまぎれに衣裳は諦めて、村の仕立て屋へ、選り好みも掛合いもせずに、あっさりとすっかり注文してしまった。そこで彼女は、母親の愛情をそそるはずの赤ん坊の用意を楽しむこともしなかった。それだからエンマの愛情は最初から恐らく多少弱められていたのである。

とはいうものの食事のつど、シャルルが子供の話を持ち出すので、やがて彼女も前よりはずっとみっちり考えつめるようになった。

彼女は男の子がほしかった。丈夫な、髪の黒い子供が生まれるだろう。ジョルジュという名にしよう。男の子を持とうという考えは、彼女の過去のすべての無力に対する、いわば報復の希望であった。男は少なくとも自由である。いろんな欲望にあたってみること、方々の国々を遍歴することができる。障害を乗り越え、どんなに遠い幸福でも味わうことができるのだ。しかるに女というものは絶えず妨げられているのだ。無気力であると同時に柔軟な女性には、肉の弱さとともに法律上の従属という不利がある。女性の意志は、ちょうど紐でとめられた帽子のヴェールのように、風のまにまに翻ひるがえっているのだ。そこには女性を誘ってやまぬ欲望があると同時にまた女性を抑える慣習がある。

ある日曜日の陽の出の六時頃に、彼女は分娩ぶんべんした。

「女の子だよ!」とシャルルは言った。彼女は顔をそむけて、気を失った。

それとほとんど同時に、オメー夫人が、『金獅子』の女将おかみルフランソワと前後して駆けつけ、エンマを抱擁した。薬剤師は世慣れた態度で、半ば開いた扉の間から、とりあえずお祝いの言葉をかけた。彼は子供を見たいと言い、格好のよい子供だと言った。

産後の肥立ちの間、彼女は娘になんという名をつけるか懸命に考えた。まず初めに、たとえばクララとか、ルイザとか、アマンダとか、アタラなどといったイタリア風の語尾の名をひとわたり調べた。ガルシュアンドというのもかなり好きだったし、イズウとかレオカディというのはいっそう好きだった。シャルルは自分の母親の名をもらいたいと思っていた。がエンマはそうしましょうとは言わなかった。二人は聖者の名の出ている暦こよみにすっかり眼をとおしたり、他所の人に相談したりした。

「この間レオン君とそのことで話をしたんですがね」と薬剤師は言った。「あの人はなぜ当世大流行のマドレーヌになさらないのかと不思議がってましたよ」

しかしボヴァリー老夫人はこの罪深い女の名前には大反対だと言った。オメー氏はどうかというに、すべて大人物、赫奕かくやくたる事績、高邁こうまいな思想を思わせる名が好みであったので、この流儀に従って四人の子供には名をつけたのだった。すなわちナポレオンは光栄を表わし、フランクリンは自由を表わす。イルマというのは恐らくは浪曼主義に譲歩したものであろうが、アタリーはフランス演劇の最大不朽の傑作に対する讃仰さんぎようの表われなのだ。オメーの哲学的所信はその芸術的賛美の障害とはならず、彼のうちなる思想家は多情多感の人間オメーを抑圧しない。彼には差異弁別の能力があり、空想と狂信とを斟酌しんしやくすることができたのである。たとえば、この悲劇『アタリー』についても、彼はその思想を非難しつつもその文を讃美した。その着想を罵詈ばりしながらもすべての細部を喝采かつさいし、その人物に憤慨しながら人物の台詞せりふに感激した。名文句のところを読むと、彼は恍惚とした。だが、坊主どもがその名文句から自家の利益を引き出すことを考えると、情けなかった。そうして彼は、この混乱した気持ちを持てあまして、作者たるラシーヌにもろ手で月桂冠を戴かせたくもあり、同時にまたひとしきりラシーヌと議論してみたくもなるのである。

とどのつまりエンマは、ヴォビエサールの館で、侯爵婦人がさる若い婦人をベルトと呼んだのを思い出した。さっそくその名前が選ばれた。ルオー爺さんは来られないので、オメー氏に教父を依頼した。オメーはありったけの自家製品を贈物にした。棗なつめ糖六箱、ラカウ粉末を広口瓶に一杯、練りマシュマロ三箱、そのうえ戸棚から見つけたキャンディ六本であった。式の晩には大宴会が開かれた。司祭も来ていた。みんなはしゃいだ。オメー氏は食後のリキュールの出る頃に『善男善女の神』を歌い、レオン君はヴェニスの舟唄を、教母を勤めたボヴァリー老夫人は帝政時代の小唄を歌った。最後にボヴァリーの父親はむりに赤ん坊を下ろさせ、コップのシャンパンを高いところから赤ん坊の頭に振りかけて、洗礼をほどこし始めた。この第一の秘蹟に対する愚弄は、ブールニジアン師を憤慨させた。ボヴァリーの父親は『神々の戦』を引いて応酬する。司祭は帰ろうとする。婦人連は懇願する。オメーが中に入る。こうしてやっと坊様をもとの席へ座らすことができた。坊様は半分飲んだ小型茶碗のコーヒーを、コーヒー皿から静かにとりあげた。

ボヴァリーの父親は、それから一ヶ月ヨンヴィルに滞在した。そして朝は、農場でパイプをふかすのに、金モール付の堂々たる軍帽を被って村人を煙にまいた。また火酒をたらふく飲む癖があるので、よく女中を『金獅子』へやって一瓶買わせ、勘定は息子のほうにつけさせた。そして絹ハンカチを匂わすために、嫁の持っていたオー・デ・コロンをすっかり使ってしまった。

嫁は舅しゆうとと一緒にいるのを決して苦にはしなかった。舅は国々を流れ歩いている人だった。ベルリンの話もすれば、ウィーンやシュトラスブルクのこと、将校時代のこと、昔の情婦たちのこと、かつて自身の出席した大午餐会のことなどを話してくれた。またお愛想をふりまき、ときには階段や庭先で、エンマの腰の辺りを掴まえながら、

「シャルルよ、気をつけろよ!」などと叫んだ。

こうなるとボヴァリーの母親は、息子の幸福が心配になり、そうして、ついには夫が若い嫁によからぬ影響を与えやしないかと案じて、急に帰りを促し出した。母親にはあるいはもっと由々しい不安があったのかもしれない。ボヴァリー氏ときてはなにも隠せぬ人間なのだ。

ある日、エンマは、指物屋の女房のところへ子にやってある娘に、急に会いたくなった。そこで、産後四十二日の物忌ものいみの期間中かどうかも暦で確かめないで、ロレーの家に向かった。家は、ちょうど村外れの丘の麓ふもと、街道と牧場との間にあった。

真昼間だった。家々は鎧戸よろいどを閉め、スレートの屋根は青空の激しい陽の光に輝いて、破風はふの上から火花を出しているように思われた。重苦しい風が吹いていた。エンマは歩くのが大儀だった。歩道の石ころで怪我をした。エンマは、いっそ家へ引き返そうか、それともどこかへ入って休もうかと迷った。

そのとき、レオン君が書類の束を小脇に抱えて、近くの家から出てきた。彼は近寄って挨拶し、ルウルーの店先に張り出したネズミ色の日覆いの影に入った。

ボヴァリー夫人は子供に会いに行くのですが、そろそろ疲れてきましたと言った。

「もしも……」とすかさずレオンは言ったが、その先は言いよどんだ。

「どこかにご用がおありですの?」とエンマは訊いた。

 

 

Et sur la réponse du clerc, elle le pria de l'accompagner. Dès le soir cela fut connu dans Yonville, et Mme Tuvache, la femme du maire, déclara devant sa servante que Mme Bovary se compromettait.

Pour arriver chez la nourrice, il fallait, après la rue, tourner à gauche, comme pour gagner le cimetière, et suivre entre des maisonnettes et des cours un petit sentier que bordaient des troënes. Ils étaient en fleur et les véroniques aussi, les églantiers, les orties, et les ronces légères, qui s'élançaient des buissons. Par le trou des haies, on apercevait dans les 125masures quelque pourceau sur un fumier ou des vaches embricolées frottant leurs cornes contre le tronc des arbres. Tous les deux, côte à côte, ils marchaient doucement, elle s'appuyant sur lui et lui retenant son pas qu'il mesurait sur les siens; devant eux, un essaim de mouches voltigeait, en bourdonnant dans l'air chaud.

Ils reconnurent la maison, à un vieux noyer qui l'ombrageait. Basse et couverte de tuiles brunes, elle avait en dehors, sous la lucarne de son grenier, un chapelet d'oignons suspendu. Des bourrées, debout contre la clôture d'épines, entouraient un carré de laitues, quelques pieds de lavande et des pois à fleurs montés sur des rames. De l'eau sale coulait en s'éparpillant sur l'herbe; et il y avait à l'entour plusieurs guenilles indistinctes, des bas de tricot, une camisole d'indienne rouge, et un grand drap de toile épaisse, étalé en long sur la haie. Au bruit de la barrière, la nourrice parut, tenant sur son bras un enfant qui tétait. Elle tirait, de l'autre main, un pauvre marmot chétif, couvert de scrofules au visage, le fils d'un bonnetier de Rouen, que ses parents, trop occupés de leur négoce, laissaient à la campagne.

—Entrez, dit-elle, votre petite est là qui dort.

La chambre, au rez-de-chaussée, la seule du logis, avait au fond contre la muraille un large lit sans rideaux, tandis que le pétrin occupait le côté de la fenêtre, dont une vitre était raccommodée avec un soleil de papier bleu. Dans l'angle, derrière la porte, des brodequins à clous luisants étaient rangés sous la dalle 126du lavoir, près d'une bouteille pleine d'huile, qui portait une plume à son goulot; un Mathieu Lænsberg traînait sur la cheminée poudreuse, parmi des pierres à fusil, des bouts de chandelle et des morceaux d'amadou. Enfin la dernière superfluité de cet appartement était une Renommée soufflant dans des trompettes, image découpée sans doute à même quelque prospectus de parfumerie, et que six pointes à sabot clouaient au mur.

L'enfant d'Emma dormait à terre, dans un berceau d'osier. Elle la prit avec la couverture qui l'enveloppait, et se mit à chanter doucement, en se dandinant.

Léon se promenait dans la chambre; il lui semblait étrange de voir cette belle dame en robe de nankin tout au milieu de cette misère. Mme Bovary devint rouge; il se détourna, croyant que ses yeux peut-être avaient eu quelque impertinence. Puis elle recoucha la petite qui venait de vomir sur sa collerette. La nourrice aussitôt vint l'essuyer, protestant qu'il n'y paraîtrait pas.

—Elle m'en fait bien d'autres, disait-elle, et je ne suis occupée qu'à la rincer continuellement! Si vous aviez donc la complaisance de commander à Camus l'épicier qu'il me laisse prendre un peu de savon lorsqu'il m'en faut, ce serait même plus commode pour vous que je ne dérangerais pas.

—C'est bien! c'est bien! dit Emma. Au revoir, mère Rolet! Et elle sortit, en essuyant ses pieds sur le seuil.

127

La bonne femme l'accompagna jusqu'au bout de la cour, tout en parlant du mal qu'elle avait à se relever la nuit.

—J'en suis si rompue quelquefois que je m'endors sur ma chaise; aussi, vous devriez pour le moins me donner une petite livre de café moulu, qui me ferait un mois et que je prendrais le matin avec du lait.

Après avoir subi ses remerciements, Mme Bovary s'en alla, et elle était quelque peu avancée dans le sentier, lorsqu'à un bruit de sabots elle tourna la tête: c'était la nourrice!

—Qu'y a-t-il?

Alors la paysanne la tirant à l'écart, derrière un orme, se mit à lui parler de son mari qui, avec son métier et six francs par an que le capitaine...

Achevez plus vite, dit Emma.

—Eh bien! reprit la nourrice, poussant des soupirs entre chaque mot, j'ai peur qu'il ne se fasse une tristesse de me voir prendre du café toute seule; vous savez, les hommes...

—Puisque vous en aurez, répétait Emma, je vous en donnerai! Vous m'ennuyez!

—Hélas! ma pauvre chère dame, c'est qu'il a, par suite de ses blessures, des crampes terribles à la poitrine. Il dit même que le cidre l'affaiblit.

—Mais dépêchez-vous, mère Rolet!

 

書記の返事を聞くとエンマは、それではご一緒に来て下さいませんかと頼んだ。これは早くも夕方にはヨンヴィル中に知れわたり、公証人の妻テュヴァシュ夫人は、女中の面前で、『ボヴァリーの奥さんは怪しからんことをしている』とはっきり言ったのである。

乳母の家へ行くのには、通りを外れてから、墓地へ行くのと同じく左に折れ、方々の小さな家と庭の間、イボタの並木のある小径こみちを辿たどらぬばならない。イボタには花が咲いていた。イヌフグリにも、野茨のいばらにも、蕁麻いらくさにも、また藪から突き出たハマナスにも花が咲いていた。生け垣の穴からは、『むさくるしい小屋』の中で、豚が寝藁ねわらの上に寝ているのや、繋がれている牝牛が木の幹に角をこすりつけているのが見える。二人は並んでそろそろ歩いて行く。女は男に寄りかかり、男は女の足に合わせて控え目に歩く。二人の前には蝿の群れが、暑い空気の中で唸うなりながら飛び交っている。

乳母の家は、覆いかぶさっている胡桃くるみの古木でそれとわかった。鳶色とびいろの瓦を葺ふいた低い家で、屋根裏の納屋の明かり窓の下には玉葱たまねぎが数珠つなぎにして吊り下げてあった。茨の籬まがきに立てかけた粗朶そだが、レタス畑と四五株のラヴェンダーと、手をつたって伸びたスイートピーを囲んでいた。汚水が草の上に飛び散って流れている。辺り一面には、得体のしれぬ襤褸ぼろ、手編みの靴下、紅更紗さらさの女の胴衣などが散らかり、それから分厚いリンネルの大きな敷布が生け垣の上に、縦に広げて干してある。柵の音で、乳母が乳にかじりついた子供を片手に抱いて現われた。片手には、顔中に腫れ物のできた弱そうな子を引っぱっている。ルーアンのメリヤス屋の息子で、商売に忙しい両親が里子に出している子であった。

「お入りになってください。お嬢ちゃんはあっちでおねんねでございます」

この家でたったひとつのこの一階の部屋には、奥の壁つきに、カーテンのない大きなベッドがあり、これに対して窓の外側はパン捏ね桶が占めていた。窓ガラスの一枚は日の丸形の青い紙でつくろってあった。隅のほうの、扉の影になったところに、鋲びようの光った編み上げ靴が、洗濯場の板石の下の方、口に羽根を挿した油のいっぱい入った瓶のそばに揃えてあった。『マティウ・ランスベール暦』が、燧石ひうちいしやロウソクの燃えさしや火口ほくちの塊かたまりなどといっしょに、埃だらけの暖炉の上にちらかっていた。それから最後に、この部屋の贅沢品のしんがりは、『名声』の女神が喇叭ラッパを吹いている図であったが、これは恐らく香水屋の広告からそのまま切り抜いたものらしく、木靴サボにうつ六本の釘で壁に留めてあった。

エンマの子供は床の上にじかにおいた柳の揺籃ゆりかごの中で眠っていた。エンマは掛け布団ぐるみ抱き上げ、自分の体を振りながら静かに歌いはじめた。レオンは部屋の中を歩き回っていた。こんな見苦しい家の中で、南京木綿のドレスを着た美人を見るのは、むしろ変な気がするのだ。ボヴァリー夫人は顔を赤らめた。レオンは自分の眼付きに不作法なものがあったのではないかと思って、顔をそむけた。やがてエンマは赤ん坊をもとのところへ寝かした。赤ん坊は彼女の襟に乳を吐いたのだった。乳母がすぐやって来て、ちっとも目立ちやしませんと言い言い襟を拭いた。

「わたしにはもっとえらいことをなさいますよ。で、もう、赤ちゃんをお拭きするのに、掛かりきりでございますよ! それで要いりますときには、石鹸を少々分けてくれるようにって、そう雑貨屋のカミュスに言いつけといていただけませんかね? またそうする方がいちいちご厄介をおかけしないで、奥様にもご都合かと存じますが」

「いいわ、いいわよ!」とエンマは言った。「ではロレーおばさん、さようなら!」

そして彼女は、閾しきいぎわで足を拭いて家を出た。

おかみは夜中に起きる苦労を訴えながら庭の端まで送ってきた。

「ときどきはあんまり疲れますんで、椅子に腰掛けたまんま居眠ってしまいますよ。それで、コーヒーの碾ひいたのを、せめて反斤はんきんでもちょうだいしたいのですが。それだけあれば、一月はございますで、毎朝、牛ち乳ちと一緒に飲ましていただきますよ。」

さんざんお礼を聞かされてから、ボヴァリー夫人はひきあげた。そして小径を少し進んだかと思うと、木靴の音がするので、振り返った。乳母だった!

「どうしたの?」

するとこの百姓女は、エンマを傍そばの楡にれの木陰にひつばって行って、亭主の話をきり出した。亭主は自分の職のほかに年に六フランの儲け、これは消防の組頭の……

「早く言っておしまいよ」とエンマは言った。

「実は、」と乳母は一語一語を溜息まじりに、またやり始めた。「わたしだけがコーヒを飲むのを見たら、夫が悲しみやすまいかと思われまして。ご承知のとおり、男というものは……」

「だってあげると言ったら」とエンマは繰りかえした。「あげるんですよ! うるさい人ね!」

「ああ、実は奥さま、夫は怪我をしましてから胸のところが怖ろしくひきつります。それにりんご酒を飲むと体が弱ると申します」

「早くお言いよ、ロレーさん!」

 

—Donc, reprit celle-ci faisant une révérence, si ce n'était pas vous demander trop...—elle salua encore une fois,—quand vous voudrez,—et son regard suppliait,—un cruchon d'eau-de-vie, dit-elle 128enfin, et j'en frotterais les pieds de votre petite, qui les a tendres comme la langue.

Débarrassée de la nourrice, Emma reprit le bras de M. Léon. Elle marcha rapidement pendant quelque temps; puis elle se ralentit, et son regard, qu'elle promenait devant elle, rencontra l'épaule du jeune homme, dont la redingote avait un collet de velours noir. Ses cheveux châtains tombaient dessus, plats et bien peignés. Elle remarqua ses ongles qui étaient plus longs qu'on ne les portait à Yonville. C'était une des grandes occupations du clerc que de les entretenir; et il gardait, à cet usage, un canif tout particulier dans son écritoire.

Ils s'en revinrent à Yonville, en suivant le bord de l'eau. Dans la saison chaude, la berge plus élargie découvrait jusqu'à leur base les murs des jardins, qui avaient un escalier de quelques marches descendant à la rivière. Elle coulait sans bruit, rapide et froide à l'œil; de grandes herbes minces s'y courbaient ensemble, selon le courant qui les poussait, et, comme des chevelures vertes abandonnées, s'étalaient dans sa limpidité. Quelquefois, à la pointe des joncs ou sur la feuille des nénuphars, un insecte à pattes fines marchait ou se posait. Le soleil traversait d'un rayon les petits globules bleus des ondes qui se succédaient en se crevant; les vieux saules ébranchés miraient dans l'eau leur écorce grise; la prairie, au delà, semblait vide; c'était l'heure du dîner dans les fermes, et la jeune femme et son compagnon n'entendaient en marchant que la cadence de leurs pas sur la terre du sentier, 129les paroles qu'ils se disaient, et le frôlement de la robe d'Emma qui bruissait tout autour d'elle.

Les murs des jardins, garnis à leur chaperon de morceaux de bouteilles, étaient chauds comme le vitrage d'une serre. Dans les briques, des ravenelles avaient poussé; et du bord de son ombrelle déployée, Mme Bovary, tout en passant, faisait s'égrener en poussière jaune un peu de leurs fleurs flétries; ou bien quelque branche des chèvrefeuilles et des clématites qui pendaient en dehors traînait un moment sur la soie, en s'accrochant aux effilés.

Ils causaient d'une troupe de danseurs espagnols, que l'on attendait bientôt sur le théâtre de Rouen.—Vous irez? demanda-t-elle.—Si je le peux, répondit-il.

N'avaient-ils donc rien autre chose à se dire? Leurs yeux pourtant étaient pleins d'une causerie plus sérieuse, et tandis qu'ils s'efforçaient à trouver des phrases banales, ils sentaient une même langueur les envahir tous les deux. C'était comme un murmure de l'âme, profond, continu, qui dominait celui des voix. Surpris d'étonnement à cette suavité nouvelle, ils ne songeaient pas à s'en raconter la sensation ou à en découvrir la cause. Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l'immensité qui les précède leurs mollesses natales, une brise parfumée, et l'on s'assoupit dans cet enivrement, sans même s'inquiéter de l'horizon que l'on n'aperçoit pas.

La terre, à un endroit, se trouvait effondrée par le pas des bestiaux; il fallut marcher sur de grosses pierres vertes espacées dans la boue. Souvent elle s'arrêtait 130une minute à regarder où poser sa bottine, et, chancelant sur le caillou qui tremblait, les coudes en l'air, la taille penchée, l'œil indécis; elle riait alors, de peur de tomber dans les flaques d'eau.

Quand ils furent arrivés dans son jardin, Mme Bovary poussa la petite barrière, monta les marches en courant et disparut.

Léon rentra à son étude. Le patron était absent; il jeta un coup d'œil sur les dossiers, puis se tailla une plume, prit enfin son chapeau et s'en alla.

Il alla sur la Pâture, au haut de la côte d'Argueil, à l'entrée de la forêt; il se coucha par terre sous les sapins, et regarda le ciel à travers ses doigts.

—Comme je m'ennuie! se disait-il, comme je m'ennuie!

Il se trouvait à plaindre de vivre dans ce village avec Homais pour ami, et M. Guillaumin pour maître. Ce dernier, tout occupé d'affaires, portant des lunettes à branches d'or et des favoris rouges sur cravate blanche, n'entendait rien aux délicatesses de l'esprit, quoiqu'il affectât un genre roide et anglais, qui avait ébloui le clerc dans les premiers temps. Quant à la femme du pharmacien, c'était la meilleure épouse de Normandie, douce comme un mouton, chérissant ses enfants, son père, sa mère, ses cousins, pleurant aux catastrophes d'autrui, laissant tout aller dans son ménage, et détestant les corsets;—mais, si lente à se mouvoir, si ennuyeuse à écouter, d'un aspect si commun et d'une conversation si restreinte, qu'il n'avait jamais songé, quoiqu'elle eût trente ans, qu'il en eût vingt, 131qu'ils couchassent porte à porte et lui parlât chaque jour, qu'elle pût être une femme pour quelqu'un, ni qu'elle possédât de son sexe autre chose que la robe.

Et ensuite, qu'y avait-il? Binet, quelques marchands, deux ou trois cabaretiers, le curé, et enfin M. Tuvache le maire, avec ses deux fils, gens cossus, bourrus, obtus, cultivant leurs terres eux-mêmes, faisant des ripailles en famille, dévots d'ailleurs, et d'une société tout à fait insupportable.

Mais sur le fond commun de tous ces visages humains, la figure d'Emma se détachait isolée, et plus lointaine cependant, car il sentait entre elle et lui comme de vagues abîmes.

Au commencement, il était venu chez elle plusieurs fois dans la compagnie du pharmacien. Charles n'avait pas paru extrêmement curieux de le recevoir; et Léon ne savait comment s'y prendre entre la peur d'être indiscret et le désir d'une intimité qu'il estimait presque impossible.

 

「それで、」とロレーのおかみは丁寧にお辞儀をして、「あつかましいお願いではござりますが……」と、もう一度頭を下げ、「およろしいときに……」と眼で哀願して、「ブランデーの小瓶を、」と、やっと言った。「それでお嬢ちゃんのあんよをおこすりしますよ。お嬢ちゃんのあんよは舌みたいにお柔らかでね」

乳母を追っ払ってエンマはレオン君の腕をとった。しばらくは足早に歩いた。やがて足を緩めると、前を見ていた視線がふと青年の肩にとまった。青年のフロックには黒天鵞絨びろうどの襟がついている。栗色の毛が、ぴったりと綺麗に梳とかれて、そのうえに垂れていた。彼女はレオンの爪に眼がついた。それはヨンヴィルの人たちのより長かった。爪の手入れをするのが書記の大きな仕事の一つだった。彼は爪切り専用のナイフを文具入れにしまっていた。

二人は川をつたってヨンヴィルヘ帰った。暑期には川原は広くなり、川へおりる短い段のある家々の庭の石垣が根元までむき出しになっていた。川は音もなく、遠く、見る眼にも冷ややかに流れていた。ひょろ長い草が、押しよせる流れのまにまに揃って川面に伏し、捨てられた緑色の髪の毛のように、澄みきった水中でなびいていた。ときたま、燈心草の先や睡蓮の葉の上で、細い肢あしの虫が歩いたり休んだりしていた。陽の光は、砕けては続く小さな青い水泡みなわを貫いていた。枝をはらった古い柳が灰色の樹皮を水に映していた。向こう一帯の牧場には誰もいないようだ。農家はいま夕餉ゆうげ時で、この若い女とその件つれが歩きながら耳にするのは、小型の土を踏んでゆく自分たちの足音と交わす言葉と、エンマのまわりでかすかにするドレスの擦こすれる音ばかりだった。

瓶の破片かけらを笠石に植えた庭の塀は、温室のガラス張りのように暖かかった。煉瓦れんがの間にはニオイアラセイトウが生えていた。ボヴァリー夫人が通りすがりに、開いた日傘の縁ふちで触ると、そのすがれた少しばかりの花は、黄色い粉になってポロポロと落ちた。また、外へ垂れ下がっているスイカズラや仙人草の枝が日傘の総ふさにひっかかって、ちょっとの間絹地に擦こすれたりした。

二人は近日ルーアンの劇場にかかるはずのスペイン舞踊団の話をした。

「いらっしゃる?」とエンマは訊いた。

「もし行ければ」とレオンは答えた。二人にはそのほかに語りあうことはなにもなかったのだろうか。しかし、二人の眼にはもっと真剣な物語が充ちていた。せいぜい月並みな文句を見つけようとするうちに、二人とも同じ一つの悩ましさに侵されるのを感じた。それは言わば声に出る囁ささやきを抑えつける、深い、不断の魂の囁きであった。二人はこの新しい快感にはっと胸を衝つかれたが、その感じを告げ合おうとも、その原因を見つけようとも思わなかった。未来のさまざまな幸福は、熱帯の浜辺のように、幸福自身の前に横たわっている無限の広袤こうぼうの上に、その幸福の国のけだるさを、馥郁ふくいくたる微風を投げかける。そうして人びとはまだ見もせぬ幸福の国の領域は気にもかけず、さしずめこの陶酔のなかにまどろむのである。

地面が一ところ、家畜の往来ゆききのために窪んでいたので、泥濘ぬかるみのなかの苔こけむした大きな岩の上を飛び飛びに歩かねばならなかった。エンマはどこへ足を掛けようかと、ちょいちょい立ちどまっては見回した。——そして、ぐらぐらする小石の上でよろめきながら、両肘を張り、上体を屈かがめ、眼をきょろきょろさせて、水溜りに落ちはすまいかと怖こわそうに笑った。

家の庭前に着くと、ボヴァリー夫人は小さい柵を押し開け、階段を駆け上って姿を消した。

レオンは事務所へ帰った。主人は出掛けていた。レオンは記録にちょっと眼を通し、それから鵞ペンを削ったが、とうとう帽子をとって出掛けて行った。

彼はアルグイユの丘の頂で、森のかかりにある『牧場』に登り、樅もみの木陰に横たわって、指の間から空を眺めた。

「退屈だ!」と彼は独語した。「ああ退屈だ!」

彼はオメーを友達に持ち、ギョーマン氏を師匠にして、こんな田舎に暮らす身を嘆いた。ギョーマン氏ときたら、仕事にかかりきりで、金の柄の眼鏡をかけ、白ネクタイの上に赤い頬髯ほほひげを生やし、堅苦しいイギリス式を気取って、初めの間は書記の眼をうばいはしたが、微妙な心の働きにはまるで理解がなかった。薬剤師の奥さん、これはノルマンディーきっての世話女房で、羊のようにおとなしく、子供、父、母、従兄弟いとこ姉妹はとこを大事にし、他人の不幸に涙をこぼし、家事一切は成りゆきにまかせ、それにコルセットが大嫌い。しかしそうかといって立ち居が敏捷びんしようというわけではなく、話は退屈、様子は平凡、話題はとてもわずかなので、彼は彼女が三十で自分が二十はたちだとも、並んだ部屋で寝ているのだとも、毎日彼女に話しかけているのだとも、この女でも誰かにはやっぱり女なのだとも、女のドレスを着ているほかにも女らしさを持っているのだとも、ついぞ考えてみたことはなかったのである。

さて次には誰がいる? ビネに、商人が数名、居酒屋の亭主が二三人、司祭、それに村長のテュヴァシュと息子二人、これは金持ちで、そろいもそろって気むずかし屋で鈍物どんぶつで、土地は自分が手で耕し、ご馳走は家で食い、おまけに信心家ぶるといった、全く我慢のならぬ手合いであった。

しかし、こうしたすべての顔の月並みな背景の上に、エンマの面影ばかりがただひとつ浮き出ていた。しかしそれははるか彼方にあったのだ。というのも、彼にはエンマと自分との間に茫漠たる深淵のようなものが感じられたからだ。

初めの間、彼は薬剤師と連れ立って幾度も夫人を訪問した。シャルルは彼が来ても別に嬉しそうにもしなかった。それでレオンは不躾けになるのを憚はばかる気持ちと、ほとんど不可能とは知りながらも親しくなりたい気持ちの間で、進退きわまるかたちだった。

IV

 

Dès les premiers froids, Emma quitta sa chambre pour habiter la salle, longue pièce à plafond bas, où il y avait sur la cheminée un polypier touffu s'étalant contre la glace. Assise dans son fauteuil, près de la fenêtre, elle voyait passer les gens du village sur le trottoir.

132

Léon, deux fois par jour, allait de son étude au Lion d'or. Emma, de loin, l'entendait venir; elle se penchait en écoutant, et le jeune homme glissait derrière le rideau, toujours vêtu de même façon et sans détourner la tête. Mais au crépuscule, lorsque, le menton dans sa main gauche, elle avait abandonné sur ses genoux sa tapisserie commencée, souvent elle tressaillait à l'apparition de cette ombre qui passait tout à coup. Elle se levait et commandait qu'on mît le couvert.

M. Homais arrivait pendant le dîner. Bonnet grec à la main, il entrait à pas muets pour ne déranger personne et toujours en répétant la même phrase: «Bonsoir, la compagnie!» puis, quand il s'était posé à sa place, contre la table, entre les deux époux, il demandait au médecin des nouvelles de ses malades, et celui-ci le consultait sur la probabilité des honoraires. Ensuite on causait de ce qu'il y avait dans le journal. Homais, à cette heure-là, le savait presque par cœur, et il le rapportait intégralement, avec les réflexions du journaliste et toutes les histoires de catastrophes individuelles arrivées en France ou à l'étranger. Mais le sujet se tarissant, il ne tardait pas à lancer quelques observations sur les mets qu'il voyait. Parfois même, se levant à demi, il indiquait délicatement à Madame le morceau le plus tendre, ou se tournant vers la bonne, lui adressait des conseils pour la manipulation des ragoûts et l'hygiène des assaisonnements; il parlait arome, osmazôme, sucs et gélatine d'une façon à éblouir. La tête d'ailleurs plus remplie de recettes que 133sa pharmacie ne l'était de bocaux, Homais excellait à faire quantité de confitures, vinaigres et liqueurs douces, et il connaissait aussi toutes les inventions nouvelles de caléfacteurs économiques, avec l'art de conserver les fromages et de soigner les vins malades.

A huit heures, Justin venait le chercher pour fermer la pharmacie. Alors M. Homais le regardait d'un œil narquois, surtout si Félicité se trouvait là, s'étant aperçu que son élève affectionnait la maison du médecin:

—Mon gaillard, disait-il, commence à avoir des idées, et je crois, diable m'emporte, qu'il est amoureux de votre bonne!

Un défaut plus grave, et qu'il lui reprochait, c'était d'écouter continuellement les conversations. Le dimanche, par exemple, on ne pouvait le faire sortir du salon, où Mme Homais l'avait appelé pour prendre les enfants, qui s'endormaient dans les fauteuils, en tirant avec leur dos les housses de calicot trop larges.

Il ne venait pas grand monde à ces soirées du pharmacien, sa médisance et ses opinions politiques ayant écarté de lui successivement différentes personnes respectables. Le clerc ne manquait pas de s'y trouver. Dès qu'il entendait la sonnette, il courait au-devant de Mme Bovary, prenait son châle, et posait à l'écart, sous le bureau de la pharmacie, les grosses pantoufles de lisière qu'elle portait sur sa chaussure, quand il y avait de la neige.

On faisait d'abord quelques parties de trente et un; ensuite M. Homais jouait à l'écarté avec Emma; Léon, 134derrière elle, lui donnait des avis. Debout et les mains sur le dossier de sa chaise, il regardait les dents de son peigne qui mordaient son chignon. A chaque mouvement qu'elle faisait pour jeter les cartes, sa robe du côté droit remontait. De ses cheveux retroussés il descendait une couleur brune sur son dos, et qui, s'appâlissant graduellement, peu à peu se perdait dans l'ombre. Son vêtement, ensuite, retombait des deux côtés sur le siège, en bouffant, plein de plis, et s'étalait jusqu'à terre. Quand Léon, parfois, sentait la semelle de sa botte poser dessus, il s'écartait comme s'il eût marché sur quelqu'un.

Lorsque la partie de cartes était finie, l'apothicaire et le médecin jouaient aux dominos, et Emma, changeant de place, s'accoudait sur la table, à feuilleter l'Illustration. Elle avait apporté son journal de modes. Léon se mettait près d'elle; ils regardaient ensemble les gravures et s'attendaient au bas des pages. Souvent elle le priait de lui lire des vers; Léon les déclamait d'une voix traînante et qu'il faisait expirer soigneusement aux passages d'amour; mais le bruit des dominos le contrariait. M. Homais y était fort; il battait Charles à plein double six; puis, les trois centaines terminées, ils s'allongeaient devant le foyer et ne tardaient pas à s'endormir. Le feu se mourait dans les cendres; la théière était vide; Léon lisait encore, et Emma l'écoutait, en faisant tourner machinalement l'abat-jour de la lampe, où étaient peints sur la gaze des pierrots dans des voitures et des danseuses de corde, avec leurs balanciers. Léon s'arrêtait, désignant 135d'un geste son auditoire endormi; alors ils se parlaient à voix basse, et la conversation qu'ils avaient leur semblait plus douce, parce qu'elle n'était pas entendue.

Ainsi s'établit entre eux une sorte d'association, un commerce continuel de livres et de romances; M. Bovary, peu jaloux, ne s'en étonnait pas.

Il reçut pour sa fête un beau buste phrénologique, tout marqueté de chiffres jusqu'au thorax, et peint en bleu. C'était une attention du clerc. Il en avait bien d'autres: jusqu'à lui faire, à Rouen, ses commissions; et le livre d'un romancier ayant mis à la mode la manie des plantes grasses, Léon en achetait pour Madame, qu'il rapportait sur ses genoux, dans l'Hirondelle, tout en se piquant les doigts à leurs poils durs.

Elle fit ajuster, contre sa croisée, une planchette à balustrade pour tenir ses potiches. Le clerc eut aussi son jardinet suspendu; ils s'apercevaient soignant leurs fleurs à leur fenêtre.

Parmi les fenêtres du village, il y en avait une encore plus souvent occupée. Car le dimanche, depuis le matin jusqu'à la nuit, et chaque après-midi, si le temps était clair, on voyait à la lucarne d'un grenier le profil maigre de M. Binet penché sur son tour, dont le ronflement monotone s'entendait jusqu'au Lion d'or.

 

寒くなりかけるとエンマは居間をやめて広間に住んだ。天井の低い細長い部屋で、暖炉の上には枝の繁った珊瑚樹が鏡に寄せて置かれていた。エンマは窓際の肘掛け椅子に座って村人たちが歩道を通るのを眺めていた。

レオンは日に二度ずつ事務所から『金獅子』へ通った。エンマは遠くから彼の足音を聞いた。身を屈めてじっと聴いた。青年はいつも同じ服を着、振り向きもしないで、カーテンの向こうを滑るように通って行った。しかし黄昏たそがれどき、左手で頬杖をつきながら、やりかけの綴織つづれおりを膝の上に投げ出しているとき、つと掠かすめて行くその影に、エンマは幾度となく戦おののいた。彼女は立ち上がって食卓の用意を命じた。

オメー氏はいつも晩飯の最中にやってくる。トルコ帽を手にして、邪魔しないように、足音を忍ばせながら、決まって『みなさん今晩は!』という同じ文句を繰り返して入ってくる。そして例のごとく食卓に寄り、夫妻の間に陣取って、医者に患者の様子を尋ねる。すると医者はオメーに謝礼の見当を訊く。それから、『新聞』に載っていることを話すのだが、その時刻にはオメーはもうほとんど記事を暗記している。記者の書いた意見もフランスや外国で起こった数かずの私人の悲劇までも、そっくりそのまま話して聞かせるのである。しかし種が尽きると、さっそくオメーはそこに出ている料理について意見を述べ始める。ときには中腰になって、肉の一番柔らかいところをしとやかに夫人に指して教えたり、女中のほうに向いては、シチューの扱い方や、調味料の衛生的用法について注意を与えたりした。そうして香料、肉エキス、肉汁、ゼラチンなどを論じて、みんなを煙けむにまいた。もっとも彼の頭の中は、薬局が薬壜くすりびんで一杯である以上にものの製法で一杯なので、オメーはいろんなジャムや酢や甘口リキュールを造るのが得意だった。また各種の経済的な湯沸ゆわかし器の新発明や、チーズの保存法、腐った葡萄酒の手入れの仕方を心得ていた。

八時になると、ジュスタンが薬局を閉めるので迎えにくる。するとオメー氏は、かねがねこの弟子が医者の家の好きなことを感づいているので、殊にフェリシテがそこに居合わせでもすると、ひやかすような眼付きでジュスタンを見ながら、

「こいつめ、そろそろ色づきやがって、さては女中さんに惚れてるな!」と言った。

しかしジュスタンのもっと重大な悪癖、オメーがいつも叱る悪癖は、絶えず人の話を聴きたがることであった。たとえば日曜日など、子供たちが肘掛け椅子に座って、白金巾しろかなきんのだぶだぶの椅子カバーを、背中でひっぱがしながら眠ってしまうと、オメー夫人はジュスタンを客間へ呼んで連れて行かせようとする、ところがその客間からジュスタンを出て行かせるのがひと苦労だった。

こうした薬屋の夜の集まりには、たいして人は寄らなかった。彼の毒舌と政見とが各方面のお歴々をつぎつぎに遠ざけてしまったのである。書記は欠かさず出席した。呼鈴の音を聞くと、彼はさっそくボヴァリー夫人を出迎えてショールを取り、雪の日などは、靴の上に穿いている大きなズックのスリッパを店の机の下に片付けるのであった。

初めはみんなで、トランプの『三十一』を数回やり、続いてオメー氏はエンマと『エカルテ』をやった。レオンは彼女のうしろから口添えした。椅子の背に手を掛けて立ったまま、彼は櫛の歯が髷まげに喰い入っているのを見つめていた。トランプの札を投げようとして彼女が身体を動かすたびに、ドレスの右側が上へあがる。束ねあげた髪の毛から、背中の上に仄黒い影が伝い、だんだん薄れて次第に闇のなかに消えている。それからエンマの服は膨らんでたくさんの襞ひだをつくり、両側から椅子の上へ垂れ、床にまで曳きずっていた。レオンはときたま長靴の底で踏んだと気がつくと、まるで人の足でも踏んだようにわきへ寄った。

トランプの勝負がつくと、薬剤師と医者はドミノをやった。エンマは席を替え、テーブルに肱をついて『画報』のページをめくった。流行雑誌を持ってきているのである。レオンは彼女のそばに腰掛け、一緒に挿し絵を眺め、ページの終わりまでくると待ち合わせた。エンマはよく彼に詩を朗読してほしいといった。レオンは声を長く引いて朗吟し、恋愛のくだりにくると、気を入れて絶えなんばかりの声にした。しかしドミノの音が邪魔になった。オメー氏はドミノが強いので、シャルルを見事『六六ドーブル・シス』で負かした。それから三百点勝負を一遍やると、二人とも暖炉の前に長くなってすぐ眠った。火は灰のなかで絶えようとしている。紅茶沸かしは空っぽである。レオンはなおも読みつづけている。エンマは機械的にランプの傘を回しながら聴いている。ランプの革の紗しやには馬車に乗ったピエロや竿を持った綱渡りの女が描いてある。レオンは寝込んでいる聴き手たちを指さしながら読むのをやめる。そして二人は声をひそめて話し合う。と、こうして交わす物語は、ほかに聴き手がないだけに、二人にはいっそう楽しい気持ちがするのだった。

こうして彼らの間には一種の提携が、書物や小唄の絶え間ない交換やりとりが始まったのである。元来ボヴァリー氏は嫉やかない性なので、一向気にもしなかった。

彼は誕生の祝いに骨相学用の見事な髑髏しやれこうべをもらった。胸もとの辺りまで一面に番号をうち、青色に塗ってあった。これは書記の好意であった。書記は他にもいろいろと好意を示し、彼のためにルーアンの町へ使いまでした。ある小説家の本がサボテン熱をひろめたので、レオンは夫人のために、サボテンを買い、『つばめ』の中で、針で指を刺されながら、膝に載せて持って帰った。

彼女は植木鉢を置くために、部屋の窓際に手すりのある棚をつけさせた。書記も植木の釣棚をこさえた。彼らはめいめいの窓で花の世話をする互いの姿を眺め合った。

村の数ある窓のうちで、人影のもっと頻繁に見える窓が一つあった。日曜日は朝から晩まで、普段の日は天気さえよければ昼から、轆轤ろくろにかじりついたビネー氏の痩せた顔が、屋根裏部屋の明かり窓から見えるのである。そして轆轤の単調な唸りは『金獅子』にまで聞こえてきた。

 

 

 

Un soir, en rentrant, Léon trouva dans sa chambre un tapis de velours et laine avec des feuillages sur fond pâle; il appela Mme Homais, M. Homais, Justin, les enfants, la cuisinière; il en parla à son patron; tout le monde désira connaître ce tapis; pourquoi la femme du médecin faisait-elle au clerc des générosités? Cela 136parut drôle, et l'on pensa définitivement qu'elle devait être sa bonne amie.

Il le donnait à croire, tant il vous entretenait sans cesse de ses charmes et de son esprit, si bien que Binet lui répondit une fois fort brutalement:

—Que m'importe, à moi, puisque je ne suis pas de sa société!

Il se torturait à découvrir par quels moyens lui faire sa déclaration; et toujours hésitant entre la crainte de lui déplaire et la honte d'être si pusillanime, il en pleurait de découragement et de désirs. Puis il prenait des décisions énergiques; il écrivait des lettres qu'il déchirait, s'ajournait à des époques qu'il reculait. Souvent il se mettait en marche dans le projet de tout oser, mais cette résolution l'abandonnait bien vite en la présence d'Emma, et quand Charles, survenant, l'invitait à monter dans son boc pour aller voir ensemble quelque malade aux environs, il acceptait aussitôt, saluait Madame et s'en allait. Son mari, n'était-ce pas quelque chose d'elle?

Quant à Emma, elle ne s'interrogea point pour savoir si elle aimait. L'amour, croyait-elle, devait arriver tout à coup, avec de grands éclats et des fulgurations, ouragan des cieux qui tombe sur la vie, la bouleverse, arrache les volontés comme des feuilles et emporte à l'abîme le cœur entier. Elle ne savait pas que, sur la terrasse des maisons, la pluie fait des lacs quand les gouttières sont bouchées, et elle fût ainsi demeurée en sa sécurité, lorsqu'elle découvrit subitement une lézarde dans son mur.

 

ある晩、レオンが部屋に帰ってみると、薄色の地に木の葉模様のある、天鵞絨びろうどと羊毛の交ぜ織の絨毯じゆうたんが一枚置いてあった。彼はオメーのおかみやオメー、ジュスタンや子供たちや料理女をまで呼んだ。主人にも話してみた。誰もかもその絨毯を見たがった。なぜ医者の奥さんが書記に『気まえ』を見せるのか? どうも怪しい。それでみんなはボヴァリー夫人が書記の『いい人』に違いないと決めてしまった。

またそう思われても仕方がないほど、彼は始終ボヴァリー夫人の才色を吹聴していたのだ。とうとうビネーはあるとき、彼に手荒にこう答えた。

「わしにはどうだっていい。わしはそんな人と交際つきあっちゃおらんからな!」

レオンはどんな方法で彼女に心をうち明けるべきかに腐心した。エンマに嫌われはしないかという心配と、こうまで臆病なのを恥じる気持ちとの間で始終躊躇ちゆうちよしながら、彼は失意と欲望のために泣いた。それから断固たる決意をした。手紙を書いては破り、ある時期まで延ばしてはまたぞろ延ばした。決行するつもりで何度も出かけるのだが、さてエンマの前に出るとその決心もすぐ鈍り、ひょっこり現われたシャルルに、『軽馬車』で一緒に近所の病人を見舞いに行こうと勧められると、たちまち承諾して、夫人に一礼して立ち去るのだった。この夫もまた彼女の一部分ではなかろうか?

エンマの方は、レオンを愛しているのかどうか、別に考えようともしなかった。恋愛は電光雷鳴とともに忽然こつぜんと来るもの、生活の上に落ち来ってこれを覆くつがえし、木の葉のように意志をもぎとり、全心を深淵に拉し去る天堂の大旋風だと信じていた。彼女には、樋といがつまっているときには、雨水でさえ、家のテラスで湖うみとなる譬たとえがわからなかったのだ。だから、こうして安心しきっていられたのかもしれなかったが、突然エンマは壁に亀裂を発見したのである。

V

 

Ce fut un dimanche de février, une après-midi qu'il neigeait.

Ils étaient tous, M. et Mme Bovary, Homais et M. Léon, partis voir, à une demi-lieue d'Yonville, dans la vallée, une filature de lin que l'on établissait. L'apothicaire avait emmené avec lui Napoléon et Athalie, pour leur faire faire de l'exercice, et Justin les accompagnait, portant des parapluies sur son épaule.

Rien pourtant n'était moins curieux que cette curiosité: un grand espace de terrain vide, où se trouvaient pêle-mêle, entre des tas de sable et de cailloux, quelques roues d'engrenage déjà rouillées, entourait un long bâtiment quadrangulaire que perçaient quantité de petites fenêtres. Il n'était pas achevé d'être bâti, et l'on voyait le ciel à travers les lambourdes de la toiture. Attaché à la poutrelle du pignon, un bouquet de paille entremêlé d'épis faisait claquer au vent ses rubans tricolores.

Homais parlait. Il expliquait à la compagnie l'importance future de cet établissement, supputait la force des planchers, l'épaisseur des murailles, et regrettait beaucoup de n'avoir pas de canne métrique, comme M. Binet en possédait une pour son usage particulier.

Emma, qui lui donnait le bras, s'appuyait un peu sur son épaule, et elle regardait le disque du soleil 138irradiant au loin, dans la brume, sa pâleur éblouissante; elle tourna la tête; Charles était là; il avait sa casquette enfoncée sur ses sourcils, et ses deux grosses lèvres tremblotaient, ce qui ajoutait à son visage quelque chose de stupide. Son dos même, son dos tranquille était irritant à voir, et elle y trouvait étalée sur la redingote toute la platitude du personnage.

Pendant qu'elle le considérait, goûtant ainsi dans son irritation une sorte de volupté dépravée,—Léon s'avança d'un pas. Le froid qui le pâlissait semblait déposer sur sa figure une langueur plus douce; entre sa cravate et son cou, le col de la chemise, un peu lâche, laissait voir la peau; un bout d'oreille dépassait sous une mèche de cheveux, et son grand œil bleu, levé vers les nuages, parut à Emma plus limpide et plus beau que ces lacs des montagnes où le ciel se mire.

—Malheureux! s'écria tout à coup l'apothicaire.

Et il courut à son fils, qui venait de se précipiter dans un tas de chaux pour peindre ses souliers en blanc. Aux reproches dont on l'accablait, Napoléon se prit à pousser des hurlements, tandis que Justin lui essuyait ses chaussures avec un torchis de paille. Il eût fallu un couteau; Charles offrit le sien.

—Ah! se dit-elle, il porte un couteau dans sa poche, comme un paysan!

Le givre tombait, et l'on s'en retourna vers Yonville.

139

Mme Bovary, le soir, n'alla pas chez ses voisins; et quand Charles fut parti, lorsqu'elle se sentit seule, le parallèle recommença dans la netteté d'une sensation presque immédiate et avec cet allongement de perspective que le souvenir donne aux objets. Regardant de son lit le feu clair qui brûlait, elle voyait encore, comme là-bas, Léon debout, faisant plier d'une main sa badine et tenant de l'autre Athalie, qui suçait tranquillement un morceau de glace. Elle le trouvait charmant; elle ne pouvait s'en détacher; elle se rappela ses autres attitudes en d'autres jours, des phrases qu'il avait dites, le son de sa voix, toute sa personne; et elle répétait, en avançant ses lèvres comme pour un baiser:

—Oui, charmant! charmant!... N'aime-t-il pas? se demanda-t-elle. Qui donc? Mais c'est moi!

Toutes les preuves à la fois s'en étalèrent, son cœur bondit. La flamme de la cheminée faisait trembler au plafond une clarté joyeuse; elle se tourna sur le dos en s'étirant les bras.

Alors commença l'éternelle lamentation: Oh! si le ciel l'avait voulu! Pourquoi n'est-ce pas? Qui empêchait donc?...

Quand Charles, à minuit, rentra, elle eut l'air de s'éveiller, et, comme il fit du bruit en se déshabillant, elle se plaignit de la migraine, puis demanda nonchalamment ce qui s'était passé dans la soirée.

—M. Léon, dit-il, est remonté de bonne heure.

Elle ne put s'empêcher de sourire, et elle s'endormit, l'âme remplie d'un enchantement nouveau.

Le lendemain, à la nuit tombante, elle reçut la 140visite du sieur L'Heureux, marchand de nouveautés. C'était un homme habile que ce boutiquier.

Né Gascon, mais devenu Normand, il doublait sa faconde méridionale de cautèle cauchoise. Sa figure grasse, molle et sans barbe, semblait teinte par une décoction de réglisse claire, et sa chevelure blanche rendait plus vif encore l'éclat rude de ses petits yeux noirs. On ignorait ce qu'il avait été jadis: porteballe, disaient les uns; banquier à Routot, selon les autres. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il faisait, de tête, des calculs compliqués, à effrayer Binet lui-même. Poli jusqu'à l'obséquiosité, il se tenait toujours les reins à demi courbés, dans la position de quelqu'un qui salue ou qui invite.

Après avoir laissé à la porte son chapeau garni d'un crêpe, il posa sur la table un carton vert, et commença par se plaindre à Madame, avec force civilités, d'être resté jusqu'à ce jour sans obtenir sa confiance. Une pauvre boutique comme la sienne n'était pas faite pour attirer une élégante; il appuya sur le mot. Elle n'avait pourtant qu'à commander, et il se chargerait de lui fournir ce qu'elle voudrait, tant en mercerie que lingerie, bonneterie ou nouveautés, car il allait à la ville quatre fois par mois, régulièrement. Il était en relation avec les plus fortes maisons. On pouvait parler de lui aux Trois Frères, à la Barbe d'or ou au Grand Sauvage; tous ces messieurs le connaissaient comme leur poche! Aujourd'hui donc, il venait montrer à Madame, en passant, différents articles qu'il se trouvait avoir, grâce à une occasion des plus rares; et il 141retira de la boîte une demi-douzaine de cols brodés.

Mme Bovary les examina.—Je n'ai besoin de rien, dit-elle.

Alors M. L'Heureux exhiba délicatement trois écharpes algériennes, plusieurs paquets d'aiguilles anglaises, une paire de pantoufles en paille, et enfin, quatre coquetiers en coco, ciselés à jour par des forçats. Puis, les deux mains sur la table, le cou tendu, la taille penchée, il suivait, bouche béante, le regard d'Emma, qui se promenait indécis parmi ces marchandises. De temps à autre, comme pour en chasser la poussière, il donnait un coup d'ongle sur la soie des écharpes, dépliées dans toute leur longueur; et elles frémissaient avec un bruit léger, en faisant à la lumière verdâtre du crépuscule scintiller, comme de petites étoiles, les paillettes d'or de leur tissu.

—Combien coûtent-elles?

—Une misère, répondit-il, une misère: mais rien ne presse; quand vous voudrez; nous ne sommes pas des juifs!

Elle réfléchit quelques instants et finit encore par remercier M. L'Heureux, qui répliqua sans s'émouvoir:

—Eh bien! nous nous entendrons plus tard; avec les dames je me suis toujours arrangé; si ce n'est avec la mienne, cependant!

Emma sourit.

—C'était pour vous dire, reprit-il d'un air bonhomme, après sa plaisanterie, que ce n'est pas l'argent qui m'inquiète... Je vous en donnerais, s'il le fallait.

142

Elle eut un geste de surprise.

—Ah! fit-il vivement et à voix basse, je n'aurais pas besoin d'aller loin pour vous en trouver, comptez-y! Et il se mit à demander des nouvelles du père Tellier, le maître du Café français, que M. Bovary soignait alors.—Qu'est-ce qu'il a donc, le père Tellier?... il tousse qu'il en secoue toute sa maison, et j'ai bien peur que prochainement il ne lui faille plutôt un paletot de sapin qu'une camisole de flanelle! Il a fait tant de bamboches quand il était jeune! Ces gens-là, madame, n'avaient pas le moindre ordre! il s'est calciné avec l'eau-de-vie! Mais c'est fâcheux tout de même de voir une connaissance s'en aller. Et tandis qu'il débouclait son carton, il discourait ainsi sur la clientèle du médecin.—C'est le temps, sans doute, dit-il en regardant les carreaux avec une figure rechignée, qui est la cause de ces maladies-là! Moi aussi, je ne me sens pas en mon assiette; il faudra même un de ces jours que je vienne consulter Monsieur pour une douleur que j'ai dans le dos. Enfin, au revoir, madame Bovary; à votre disposition; serviteur très humble.—Et il referma la porte doucement.

 

二月のある日曜日、雪の降る午後のこと。

お揃いで、というのはボヴァリー夫妻にオメーにレオン君だが、ヨンヴィルから半里行った谷間にある、建設中の製麻会社を見物に出掛けた。薬屋は運動のために、ナポレオンとアタリーを連れて行った。ジュスタンはこうもり傘を何本も肩に担いでお伴した。

しかしこんなくだらない見ものはなかった。もう錆さびのきている歯車が砂礫されきの間に乱雑に置いてあるだだっ広い空地が、小さな窓のたくさんある、細長い四角の建物を囲んでいた。まだ竣工していないので、小屋梁ジョイストの間から空が見えた。破風はふの小桁こげたにつけてある穂の混じった麦わら束が、三色リボンを風にはためかせていた。

オメーはしゃべり立てた。この工場が将来大したものになることを、『お連れ』に説明したり、床ゆかの耐久力や壁の厚みを計ったりした。そしてビネー氏が自家用に持っているような物尺ものさしのないのを残念がった。

エンマはオメーに腕をあずけ、肩にもたれ気味になって、はるかな霧の中で、眩まばゆい蒼白の光を放っている太陽の円盤を眺めていた。しかし振り向くと、シャルルがいる。鳥打ち帽をまぶかに被り、厚い唇をぶるぶる震わせている。それが彼の顔にどこか抜けたところを添えていた。背中までが、そののんきそうな背中が、見る目を苛立たせた。このフロック・コートの表面に、この男の凡庸さがすっかり曝さらけ出されているとエンマは思った。

こうして腹を立てながらも、一種の変態的な快感を味わって夫を見つめている間に、レオンが一歩寄ってきた。寒さに青ざめたため、顔の上にはひとしお甘い悩ましさが加わったように見える。ネクタイと首の間の、心もち緩いシャツのカラーからは肌がじかに見えている。耳朶みみたぶが一房の髪の下から覗いている。雲を仰いでいる円つぶらな碧い眼は、空の映っている山間の湖よりひときわ清らに、ひときわ麗わしくエンマには見えた。

「この野郎!」と突然薬屋が叫んだ。

そして息子のところへ駆けつけた。息子は靴を白くしようと、石灰を積み上げた中へ飛び込んだのである。ナポレオンはさんざんお目玉をちょうだいして泣き出した。するとジュスタンは藁束でナポレオンの靴を拭いてやったが、小刀でもないと駄目だった。と、シャルルが自分の小刀を出した。

『まあ、ポケットに小刀を入れてるなんて、まるで百姓だ!』とエンマは思った。

氷雨ひさめが降ってきたので、一同はヨンヴィルに引き返した。

ボヴァリー夫人はその晩、向かいへは行かなかった。シャルルが出かけて、独りになったと感じたとき、まるで直接に触れるようなはっきりした感じの中で、そして思い出がものに与えるあのはるかな見通しを伴って、例の比較がまた始まった。ベッドの中から、燃えしきる火を見つめながら、エンマはちょうど向こうで見たように、レオンが立ったまま片手で細杖を曲げ、もう一方の手に、氷のかけらを落ち着きはらってしゃぶっているアタリーの手を引いた姿を思い浮かべた。エンマは彼を感じのよい人だと思った。彼から考えをそらすことができなかった。ほかの日の違った姿態、口にした言葉、その音、その体全体を思い浮かべた。そうして、キスでもするように唇を突き出しながら、

『そう、本当に可愛い人! 可愛い人!……あの方恋をしているんじゃないかしら?』と自分に訊いてみた。『いったい誰を?……むろんわたし!』

その証拠が一度にすっかり繰り広げられた。胸が躍った。暖炉の火は陽気な光を天井に震わせている。彼女は両腕りようてを伸ばしながら仰向けになった。

するといつものあの愚痴が始まった。『ああ! 運さえよかったら? なぜそうならなかったんだろう? いったいなにが邪魔をしたんだろう?……」

シャルルが夜半よなかに帰ってくると、エンマはわざと眼を覚した振りをした。そして彼が服を脱ぎながら音をたてると、彼女は頭痛を訴えた。それから、その晩あったことを気のない調子で訊いてみた。

「レオン君はね、早くから部屋へ上ってしまったよ」とシャルルは言った。

彼女は思わずにこりとした。そして新しい歓喜に心満ちて眠りに入った。

 

 

その翌日の夕方、小間物屋のルウルーさんが訪ねてきた。この商人はなかなかの遣り手だった。

ガスコーニュ生まれだがノルマンディー子になった彼は、南方人の弁舌にコー地方独特の狡ずるさを裏打ちした。脂ぎってよぶよした、髭のない顔は薄い甘草の煎じ汁を塗ったようであった。真白の頭髪は小さな黒い服のどぎつい光をいっそう鋭くしていた。誰にも前身は分からない。行商人だったと言う者もあり、ルゥトーで金貸しをやっていたと言う者もあった。確実なことは、ビネーまでが舌を巻くほどこみ入った暗算を、あっさりやってのけることだった。お追従ついしようと見えるほど鄭重ていちようで、お辞儀をするか案内でもするような格好に、いつも半分腰を曲げている。

紗のリボンをつけた帽子を戸口に残しておいて、彼はテーブルの上に緑色のボール箱を置き、今日まで、ごひいきにあずからなかったことをお世辞たらたらでこぼし始めた。手前どものような貧弱な店はとても『粋なお方』には来てはいただけませんと、特に『粋なお方』に力を入れた。しかしご注文さえくだされば、小間物でも、肌着類でも、メリヤス類でも、流行品でも、なに品によらずご用を承ります。と申すのも、月に四回決まって町へ出ることにいたしておりますので。自分の店は一流の店とも取引があります。『三兄弟屋トロワ・フレール』や『金髯屋バルブドール』や『大夷屋グラン・ソヴァージュ』などで名を言ってもらえば、みんな自分のことはよく存じています。ところで、今日は珍らしい出物でもので手に入れました品々を、ついでながらお目にかけにまいりました。と、そう言って、箱から繍襟ぬいとりえりを半ダースばかりとり出した。

ボヴァリー夫人はそれらを手にとって見たうえで、

「なんにも要りませんわ」と言った。

するとルウルー氏はアルジェリアのショールを三本と、イギリス針を幾箱かと、麦わらの上靴を一足と、最後には囚人が透し彫りした椰子の実製の卵立てを丁寧に並べて見せた。それからテーブルに手を突き首を伸ばし、上体を屈め、口を開けて、品物をぼんやり見回しているエンマの眼を追った。時どき、丈一杯に広げたショールの絹地の上を、埃でも払うように爪で弾いた。するとショールは、緑色を帯びた夕暮の光に、地じにちらした金砂子きんすなごを小さな星のように燦きらめかせながら、かすかな音をたてて震えるのだった。

「これいかほど?」

「お安いもんです」と彼は答えた。「でも決して急ぎはいたしません。およろしい時に。手前どもはユダヤ人じゃございません!」

エンマはしばらく考えて、結局また断ったが、ルウルー氏は落ち着いたもので、

「よろしゅうございます! そのうちお気持ちもしっくり合っていただけましょう。わたくし、ご婦人方とはいつもお話が合いますので、もっとも、家内は別でございますが!」

エンマはにっこり笑った。

「と申しましたのは、」と、冗談をいったあと、さも人が好さそうに、「わたくし、お金などはどうでもよいのでございまして。ご入用とあらば、ご用立ていたしましてもよいのでございます」

エンマは意外そうな身振りをした。「いえ!」と彼は急いで小声で言った。「別に遠くへ参るにも及びません、手近で見つけてさしあげましょう。どうぞそのおつもりで!」

それから彼は、ボヴァリー氏がその頃診みていた『カフェ・フランセ』の亭主テリエ爺さんの様子を訊き始めた。

「全体どうしたのでございます、テリエ爺さんは?……家じゅうが震えるような咳をしておりますが。今にネルの寝巻きよりは樅もみの外套が要りそうでございますね(棺桶は樅の

木で作る)。あの男は若い時分、ずいぶん道楽をいたしましたよ! ああいう手合に限りまして、ねえ奥さん、昔はまるでだらしがなかったんです! あいつもブランデーに焼けただれたんでございますよ! それにしても知り合いに逝かれるってことは悲しいものでございますが」

そうして、ボール箱に紐をかけながら、こういう風にこの家の患者たちのことを話し続けた。

「きっと陽気のせいでございますよ……」と、顔をしかめてガラス窓を見ながら言った。「……ああいう病気が起こるのも! わたくしもどうも体の調子がいけません。背中のところが痛みますので、近いうちに先生のご厄介にならなきゃならんかと思います。では、奥さま、失礼いたします。なんなりと、どうぞまたよろしく!」

こういって静かに扉を閉めた。

 

 

Emma se fit servir à dîner dans sa chambre, au coin du feu, sur un plateau; elle fut longue à manger; tout lui sembla bon.—Comme j'ai été sage! se disait-elle, en songeant aux écharpes.

Elle entendit des pas dans l'escalier; c'était Léon. Elle se leva et prit sur la commode, parmi des torchons à ourler, le premier de la pile. Elle semblait fort occupée quand il parut.

143

La conversation fut languissante, Mme Bovary l'abandonnant à chaque minute, tandis qu'il demeurait lui-même comme tout embarrassé. Assis sur une chaise basse, près de la cheminée, il faisait tourner dans ses doigts l'étui d'ivoire; elle poussait son aiguille, ou de temps à autre, avec son ongle, fronçait les plis de la toile. Elle ne parlait pas; il se taisait, captivé par son silence, comme il l'eût été par ses paroles.

—Pauvre garçon! pensait-elle.

—En quoi lui déplais-je? se demandait-il.

Léon, cependant, finit par dire qu'il devait un de ces jours aller à Rouen pour une affaire de son étude.

—Votre abonnement de musique est terminé, dois-je le reprendre?

—Non! répondit-elle.

—Pourquoi?

—Parce que... Et, pinçant ses lèvres, elle tira lentement une longue aiguillée de fil gris.

Cet ouvrage irritait Léon. Les doigts d'Emma semblaient s'y écorcher par le bout; il lui vint en tête une phrase galante, mais qu'il ne risqua pas.

—Vous l'abandonnez donc? reprit-il.

—Quoi? dit-elle vivement, la musique? Ah! mon Dieu, oui; n'ai-je pas ma maison à tenir, mon mari à soigner, mille choses enfin, bien des devoirs qui passent avant?

Elle regarda la pendule. Charles était en retard. Alors elle fit la soucieuse. Deux ou trois fois même elle répéta:—Il est si bon!

Le clerc affectionnait M. Bovary. Mais cette tendresse 144à son endroit l'étonna d'une façon désagréable; néanmoins il continua son éloge, qu'il entendait faire à chacun, disait-il, et surtout au pharmacien.

—Ah! c'est un brave homme, reprit Emma.

—Certes, répondit le clerc.

Et il se mit à parler de Mme Homais, dont la tenue fort négligée leur prêtait à rire ordinairement.

—Qu'est-ce que cela fait? interrompit Emma. Une bonne mère de famille ne s'inquiète pas de sa toilette. Puis elle retomba dans son silence.

Il en fut de même les jours suivants; ses discours, ses manières, tout changea. On la vit prendre à cœur son ménage, retourner à l'église régulièrement et tenir sa servante avec plus de sévérité.

Elle retira Berthe de nourrice; Félicité l'amenait quand il venait des visites, et Mme Bovary la déshabillait afin de faire voir ses membres. Elle déclarait adorer les enfants; c'était sa consolation, sa joie, sa folie, et elle accompagnait ses caresses d'expansions lyriques qui, à d'autres qu'à des Yonvillais, eussent rappelé la Sachette de Notre-Dame.

Quand Charles rentrait, il trouvait auprès des cendres ses pantoufles à chauffer. Ses gilets maintenant ne manquaient plus de doublure, ni ses chemises de boutons, et même il y avait plaisir à considérer dans l'armoire tous les bonnets de coton, rangés par piles égales. Elle ne rechignait plus comme autrefois à faire des tours dans le jardin; ce qu'il proposait était toujours consenti, bien qu'elle ne devinât pas les volontés auxquelles elle se soumettait sans un murmure;—et 145lorsque Léon le voyait au coin du feu, après le dîner, les deux mains sur son ventre, les deux pieds sur les chenets, la joue rougie par la digestion, les yeux humides de bonheur, avec l'enfant qui se traînait sur le tapis, et cette femme à taille mince qui par-dessus le dossier du fauteuil venait le baiser au front: «Quelle folie! se disait-il, et comment arriver jusqu'à elle?»

 

エンマは夕食を盆にのせて居間の暖炉のそばに運ばせた。ゆっくり食べた。なにもかもおいしかった。

『わたし賢かったわ!』と、彼女はショールのことを考えながら独語した。

階段に足音が聞こえた。レオンであった。エンマは立ち上がって、箪笥たんすの上から、縁をかがる雑巾の積んである一番上のを手にとった。レオンが現われたとき、彼女はさも忙しそうに見えた。

話はいっこうはずまなかった。ボヴァリー夫人は話をぼつぼつ途切らせるし、彼は彼でまるで手持ち無沙汰だった。暖炉のそばの低い椅子に腰掛けて、彼は象牙の針入れをいじっている。彼女は針を運んだり、ときには爪で折り目をつけて絎くけ込んだ。口はきかなかった。彼も黙っている。彼女の言葉に魅せられると同じく、無言の彼女に魅せられて。

『気の毒な方!』とエンマは考えた。

『僕のどこが気に入らないのだろう?』と彼は不審に思った。しかしとうとうレオンは、近いうちに事務所の用事で、ルーアンへ行くことになっていると言った。

「奥さんの楽譜の予約がきれていますが、続けましょうか?」

「いいえ」とエンマは答えた。

「どうしてです?」

「だって……」

と、エンマは口をすぼめて、針に通したネズミ色の長い糸を静かに引いた。

この針仕事がレオンを苛々させた。エンマの指先が擦りむけるような気がした。ふと洒落しやれた文句が浮かんだが、それは切り出さなかった。

「じゃ、お止よしになるんですか?」と彼は言葉をついだ。

「なにを?」とエンマは強く言った。「音楽? ええ、だってそうでしょう、家の用事だの、主人の世話があるでしょう。つまりいろんなこと、言葉より大切な、ずいぶんたくさんなお務めが!」

彼女は時計を見た。シャルルの帰りが遅れていた。エンマはさも心配そうに、二三遍も繰り返した。

「そりゃいい人よ!」

書記はボヴァリー氏が好きだった。だが、その人に対して夫人からこう愛情を示されると、心は妙に不快になった。しかし書記はボヴァリー氏の賛美を続け、そうして誰でもボヴァリー氏を讃めている、特に薬剤師がそうだと言った。

「ああ、あの方、いい人ですわ」

「全く」と書記が答えた。

それから彼はオメー夫人の噂を始めた。いつもなら夫人のいっこうかまわぬなりふりが二人の笑い種ぐさになるのだった。

「そんなことかまわないわ」とエンマは遮さえぎった。「立派な主婦はなりふりなんか気にかけないものよ」

それから、彼女はまた黙りこんだ。

来る日も来る日も同じことだった。彼女の言うこと、なすこと、すべてが変わった。家事を気にかけ、几帳面に教会へ通い、女中にはいっそう厳しく仕向けた。

エンマは乳母からベルトを引きとった。フェリシテが子供を連れて帰ったとき、ちょうどお客が幾人かあった。ボヴァリー夫人はベルトの服を脱がして手足を見せた。彼女は子供が大好きだと言った。慰安、歓び、熱情だと言った。そしてヨンヴィル以外の人ならばきっと『ノートル・ダム・ド・パリ』(ヴィクトル・ユゴー

の小説。一八三一年)のサシェットを思い出すに違いないような、溢れ出る胸の思いをその愛撫に添えるのであった。

シャルルがそとから帰ってくると、いつも暖炉の灰のそばにスリッパが温めてある。もうチョッキの裏のとれているようなことも、シャツにボタンの落ちているようなこともなく、戸棚の中には木綿頭巾ずきんが全部同じ高さに積んであるのが見られるというような楽しさまでがやってきた。彼女はもう前のように庭の散歩を厭がらなくなった。夫の言い出すことは必ず聞いた。一も二もなく聴従する夫のその意志が、まるで彼女に見当のつかないものでもよかったのだ。——レオンはシャルルが夕食後、暖炉のそばに腰掛けて、両手を下腹にあて、両足を薪台に乗せ、食後の快さに顔をほてらせ、絨毯じゆうたんを這いまわる子供や、肘掛け椅子の凭もたれの上からそっと額に口づけする華奢な妻などに、さも幸福そうに眼をうるませているのを見たとき、

『大それた望みだ!』と心で言った。『どうしてあの女ひとに近づける?』

 

Elle lui parut donc si vertueuse et inaccessible que toute espérance, même la plus vague, l'abandonna.

Mais, par ce renoncement, il la plaçait en des conditions extraordinaires. Elle se dégagea pour lui des qualités charnelles, dont il n'avait rien à obtenir; et elle alla dans son cœur, montant toujours et s'en détachant, à la manière magnifique d'une apothéose qui s'envole. C'était un de ces sentiments purs qui n'embarrassent pas l'exercice de la vie, que l'on cultive parce qu'ils sont rares, et dont la perte affligerait plus que la possession n'est réjouissante.

Emma maigrit; ses joues pâlirent; sa figure s'allongea. Avec ses bandeaux noirs, ses grands yeux, son nez droit, sa démarche d'oiseau, et toujours silencieuse maintenant, ne semblait-elle pas traverser l'existence en y touchant à peine, et porter au front la vague empreinte de quelque prédestination sublime? Elle était si triste et si calme, si douce à la fois et si réservée, que l'on se sentait auprès d'elle pris par un charme glacial, comme on frissonne dans les églises, sous le parfum des fleurs mêlé au froid des marbres. Les autres même n'échappaient point à cette séduction. Le pharmacien disait:—C'est une femme de 146grands moyens et qui ne serait pas déplacée dans une sous-préfecture. Les bourgeoises admiraient son économie, les clients sa politesse, les pauvres sa charité.

Mais elle était pleine de convoitises, de rage, de haine. Cette robe aux plis droits cachait un cœur bouleversé, et ces lèvres si pudiques n'en racontaient pas la tourmente. Elle était amoureuse de Léon, et elle recherchait la solitude, afin de pouvoir plus à l'aise se délecter en son image. La vue de sa personne troublait la volupté de cette méditation. Emma palpitait au bruit de ses pas; en sa présence l'émotion tombait, et il ne lui restait ensuite qu'un immense étonnement qui se finissait en tristesse.

Léon ne savait pas, lorsqu'il sortait de chez elle désespéré, qu'elle se levait derrière lui, afin de le voir dans la rue. Elle s'inquiétait de ses démarches; elle épiait son visage; elle inventa toute une histoire pour trouver prétexte à visiter sa chambre. La femme du pharmacien lui semblait bien heureuse de dormir sous le même toit, et ses pensées continuellement s'abattaient sur cette maison, comme les pigeons du Lion d'or qui venaient tremper là, dans les gouttières, leurs pattes roses et leurs ailes blanches. Plus Emma s'apercevait de son amour, plus elle le refoulait, afin qu'il ne parût pas, et pour le diminuer. Elle aurait voulu que Léon s'en doutât, et elle imaginait des hasards, des catastrophes, qui l'eussent facilité. Ce qui la retenait, sans doute, c'était la paresse ou l'épouvante, et la pudeur aussi. Elle songeait qu'elle l'avait repoussé trop loin, qu'il n'était plus temps, que tout était 147perdu. Puis l'orgueil, la joie de se dire: «Je suis vertueuse» et de se regarder dans la glace, en prenant des poses résignées, la consolaient un peu du sacrifice qu'elle croyait faire.

Alors les appétits de la chair, les convoitises d'argent et les mélancolies de la passion, tout se confondit dans une même souffrance; et au lieu d'en détourner sa pensée, elle l'y attachait davantage, s'excitant à la douleur et en cherchant partout les occasions. Elle s'irritait d'un plat mal servi ou d'une porte entre-bâillée, gémissait du velours qu'elle n'avait pas, du bonheur qui lui manquait, de ses rêves trop hauts, de sa maison trop étroite.

Ce qui l'exaspérait, c'est que Charles n'avait pas l'air de se douter de son supplice. La conviction où il était de la rendre heureuse lui semblait une insulte imbécile, et sa sécurité là-dessus, de l'ingratitude. Pour qui donc était-elle sage? N'était-il pas, lui, l'obstacle à toute félicité, la cause de toute misère, et comme l'ardillon pointu de cette courroie complexe qui la bouclait de tous côtés?

Donc elle reporta sur lui seul la haine nombreuse qui résultait de ses ennuis; et chaque effort pour l'amoindrir ne servait qu'à l'augmenter, car cette peine inutile s'ajoutait aux autres motifs de désespoir et contribuait encore plus à l'écartement. Sa propre douceur à elle-même lui donnait des rébellions. La médiocrité domestique la poussait à des fantaisies luxueuses, la tendresse matrimoniale en des désirs adultères. Elle aurait voulu que Charles la battît, pour pouvoir plus 148justement le détester, s'en venger. Elle s'étonnait parfois des conjectures atroces qui lui arrivaient à la pensée, et il fallait continuer à sourire, s'entendre répéter qu'elle était heureuse, faire semblant de l'être, le laisser croire!

Elle avait des dégoûts, cependant, de cette hypocrisie. Des tentations la prenaient de s'enfuir avec Léon, quelque part, bien loin, pour essayer une destinée nouvelle; mais aussitôt il s'ouvrait dans son âme un gouffre vague, plein d'obscurité. «D'ailleurs, il ne m'aime plus, pensait-elle. Que devenir? quel secours attendre, quelle consolation, quel allégement?» Elle restait brisée, haletante, inerte, sanglotant à voix basse et avec des larmes qui coulaient.

—Pourquoi ne point le dire à Monsieur? lui demandait la domestique, lorsqu'elle entrait pendant ces crises.

—Ce sont les nerfs, répondait Emma; ne lui en parle pas, tu l'affligerais.

—Ah! oui, reprenait Félicité; vous êtes justement comme la Guérinne, la fille au père Guérin, le pêcheur du Pôlet, que j'ai connue à Dieppe, avant de venir chez vous. Elle était si triste, si triste, qu'à la voir debout sur le seuil de sa maison elle vous faisait l'effet d'un drap d'enterrement tendu devant la porte. Son mal, à ce qu'il paraît, était une manière de brouillard qu'elle avait dans la tête, et les médecins n'y pouvaient rien, ni le curé non plus. Quand ça la prenait trop fort, elle s'en allait toute seule sur le bord de la mer, si bien que le lieutenant de la douane, en faisant sa tournée, 149souvent la trouvait étendue à plat ventre et pleurant sur les galets. Après son mariage, ça lui a passé, dit-on.

—Mais moi, reprenait Emma, c'est après le mariage que ça m'est venu.

 

こうしてレオンには、エンマが実に貞淑な、近寄りがたいものに見えたので、すべての望みが、最も仄かな望みさえもが消えうせてしまった。

ところで、こうした諦めによって、彼は彼女を異常な状態に置くことになった。彼女の肉体のもつ美質からはなに一つ手に入れることができなかったので、その彼にしてみれば、つまり彼女はそうした肉体的な美質からは脱け出してしまったのである。そうして彼女は、天翔あまがけりゆく天女の荘厳さながら、彼の心の中で、いよいよ高く舞い昇り、ついにははるかに離れ去るにいたったのである。それはこの世の営みを妨げることなき純粋な感情、稀有なるがゆえに人の育てるところの、そしてそれを失うは獲る悦びにもまして人を悲しませるところのあの純粋な感情の一つであった。

エンマは痩せた。頬は蒼ざめ、顔は細った。黒い髻たぶさ、大きな眼、とおった鼻、鳥のような足どりの彼女、そして今は始終無言でいる彼女は、生活を過よぎりながらもほとんどそれに触れることなく、ある崇高な宿命の定かならぬ印をその額に帯びているようには見えなかったであろうか? 彼女は悲しげにまた静かであり、優しくもまた敬虔であった。だから、彼女のそばでは氷のような魅力が感じられたのだ。ちょうど教堂で、大理石の冷気にまじる花の香に戦慄せんりつを覚えると同じように。他の人たちでさえも、この魅惑からは逃れられなかった。薬剤師は言ったものだ。

「大した器量の女だ、郡長の邸に置いたって間違いじゃない」

おかみさんたちはエンマの倹約振りに感心し、患者はその丁重さに、貧乏人はその深い情けに感心した。

しかるに彼女は渇望と怒りと憎悪に満ちていたのである。折目正しいあのドレスは乱れた心を覆い隠し、含羞がんしゆうの唇は心の嵐を語らなかった。彼女はレオンに恋していた。そして心ゆくだけ彼の面影を楽しむために孤独を求めていたのである。眼に見るレオンの姿は、かえってこの瞑想の悦びをかき乱した。エンマは彼の足音に胸ときめかせ、さて彼を前にすると感動は消え、あとには無限の驚愕だけが残り、遂にはそれは悲哀と化し去るのであった。

レオンは絶望して彼女の家から出て行くとき、続いて立ち上がった彼女が通りを行く自分を見送っていようとはつゆ知らなかった。エンマには彼の挙措きよそが気になった。彼の顔つきを窺った。作りごとを考え出しては、彼の部屋を訪ねる口実を見つけた。薬剤師のおかみは一つ屋根の下に住めて幸福だ、とエンマには思われた。ちょうど『金獅子』の鳩の群れがバラ色の脚と白い翼を樋の中へひたしに来るように、彼女の思いは絶えずその家の棟におり立った。しかし自分の恋心をさとればさとるほど、エンマはそれが外に現われないように、そうしてそれを弱めるために抑えつけた。レオンがさとってくれたらと思う。そしてそれを容易たやすくするような偶然や変事を頭に描いた。彼女を抑制していたものは恐らくは怠惰、あるいは恐怖、また羞恥でもあったのであろう。彼女は彼を退しりぞけすぎた。もう遅い。なにもかもおしまいだと思いけた。かと思うとまた、自尊心が、即ち、『自分は貞淑なのだ』と言える喜び、諦めきった様子をしながら鏡に自身を映す喜びが、自ら払っていると信じている犠牲の苦しみを多少は慰めてくれるのだった。

ここで肉欲も金銭欲も情熱の憂愁も、すべては同じ一つの苦悩の中でごっちゃになった。——そして彼女はその苦悩から思いをそらそうとはせず、かえって苦痛を刺激し、到るところに苦痛の種子たねを求めながら、ますますその苦悩に胸の思いを結びつけた。料理が不味まずいとか扉が半開きになっていたとか言っては腹を立て、天鵞絨びろうどを持っていないこと、幸福の欠けていること、大きすぎる夢、狭すぎる家を嘆いた。

憤慨に堪えないのは、彼女が苦しんでいるかともシャルルの思っていないらしいことだった。自分が彼女を幸福にしているのだというシャルルの自信は、彼女には馬鹿げた侮辱と思われ、この自信に対する彼の安堵あんどぶりは忘恩沙汰とも思えた。いったい自分は誰のために操みさおを守っているのか? 彼こそはすべての幸福の邪魔物ではないか、すべての禍わざわいの原因ではないか、自分を四方八方から締めつけるこの複雑な革帯の鋭いとげにもたとうべきものではないか?

それゆえエンマは自分の哀愁より起こる数々の憎悪をすっかり彼に移した。憎悪を減らそうとする努力は、かえって憎悪を増すばかりであった。この無益の苦痛はそのほかのさまざまな絶望の原因に加わって、いっそう心相互の隔たりを大きくした。彼女自身に対する彼女の優しさまでが彼への反抗を唆そそった。家庭の平凡さは彼女を華麗な幻想に駆り立て、夫婦の愛情は不義の欲望へ追い立てた。正当にシャルルを憎み、正当にシャルルに復讐するために、いっそのことシャルルが自分に手をかけてくれればと思った。心に浮かぶそら怖ろしい推測にわれながら驚くことがあった。しかもこうしていつまでも頬笑み続けねばならないのだ。お前は幸福だと繰り返されるのを黙って聞き、自分も幸福そうに見せかけ、夫にもそう信じさせねばならないのだ!

ところが、彼女にはこの偽善が厭だった。新しい運命を拓くために、レオンとどこか遠いところへ逃げ出したいという誘惑が起こった。しかしすぐにまた彼女の心の中には暗黒に充ち満ちた茫漠たる深淵が口を開くのであった。

『それにあの人はもうわたしを愛してはいないのだ。』と彼女は思った。『わたしはどうなるのだろう? どんな救いを、どんな慰めを、どんな憂さ晴らしを待てばよいのだろう?』

くずおれ、喘あえぎ、力なく、彼女は声を忍んでむせび泣き、止めどもなく涙をこぼした。

「どうして旦那さまにそうおっしゃらないのでございます?」と女中は、こうした発作の最中に入ってくると、訊いた。

「神経なのよ」とエンマは答えた。「旦那さまには言わないでね、ご心配なさるから」

「ああ、そうそう!」とフェリシテは言葉をついだ。「奥さまは、わたしがここへ上がります前、ディエップで知り合いになりましたル・ポレの漁師で、ゲラン爺さんという人の娘の、ゲリーヌにそっくりでございますよ。それはそれは本当に淋しい、悲しい娘でして、家の閾しきいに立っているところは、まるで入口にお葬式の黒幕を張ったようでございました。どうやら頭の中に霧のようなものがかかる病気らしく、お者さんも匙を投げますし、お坊さんも手がつけられないんでございます。それがひどくなってきますと、一人で波打際まで出て行きました。税関の副長さんなども見回りの最中、よくその娘が石ころの上に腹ばいになって、泣いているのを見かけたそうでございます。ところが、それが一旦お嫁に行くと、けろっと治ったそうでございます」

「だって、わたしは」とエンマは答えた。「お嫁に来てからなのよ、起こるようになったのは」

VI

 

Un soir que la fenêtre était ouverte, et qu'assise au bord, elle venait de regarder Lestiboudois le bedeau, qui taillait le buis, elle entendit tout à coup sonner l'Angelus.

On était au commencement d'avril, quand les primevères sont écloses: un vent tiède se roule sur les plates-bandes labourées, et les jardins, comme des femmes, semblent faire leur toilette pour les fêtes de l'été. Par les barreaux de la tonnelle, et au delà tout autour, on voyait la rivière dans la prairie, où elle dessinait sur l'herbe des sinuosités vagabondes. La vapeur du soir passait entre les peupliers sans feuilles, estompant leurs contours d'une teinte violette, plus pâle et transparente qu'une gaze subtile arrêtée sur leurs branchages. Au loin, des bestiaux marchaient; on n'entendait ni leurs pas ni leurs mugissements; et la cloche sonnait toujours, continuant dans les airs sa lamentation pacifique.

A ce tintement répété, la pensée de la jeune femme s'égarait dans ses vieux souvenirs de jeunesse et de 150pension. Elle se rappela les grands chandeliers qui dépassaient sur l'autel les vases pleins de fleurs et le tabernacle à colonnettes. Elle aurait voulu comme autrefois être encore confondue dans la longue ligne des voiles blancs, que marquaient de noir, çà et là, les capuchons roides des bonnes Sœurs inclinées sur leur prie-Dieu; le dimanche à la messe, quand elle relevait la tête, elle apercevait le doux visage de la Vierge parmi les tourbillons bleuâtres de l'encens qui montait. Alors un attendrissement la saisit, elle se sentit molle et tout abandonnée, comme un duvet d'oiseau qui tournoie dans la tempête; et ce fut sans en avoir conscience qu'elle s'achemina vers l'église, disposée à n'importe quelle dévotion, pourvu qu'elle y absorbât son cœur et que l'existence entière y disparût.

Elle rencontra, sur la Place, Lestiboudois qui s'en revenait. Car pour ne pas rogner la journée, il préférait interrompre sa besogne, puis la reprendre; si bien qu'il tintait l'Angelus selon sa commodité. D'ailleurs, la sonnerie faite plus tôt avertissait les gamins de l'heure du catéchisme.

Déjà quelques-uns, qui se trouvaient arrivés, jouaient aux billes sur les dalles du cimetière. D'autres, à califourchon sur le mur, agitaient leurs jambes en fauchant avec leurs sabots les grandes orties, poussées entre la petite enceinte et les dernières tombes. C'était la seule place qui fût verte; tout le reste n'était que pierre, et couvert continuellement d'une poudre fine, malgré le balai de la sacristie.

Les enfants en chaussons couraient là comme sur 151un parquet fait pour eux, et on entendait les éclats de leurs voix à travers le bourdonnement de la cloche. Il diminuait avec les oscillations de la grosse corde qui, tombant des hauteurs du clocher, traînait à terre par le bout. Des hirondelles passaient en poussant de petits cris, coupaient l'air au tranchant de leur vol et rentraient vite dans leurs nids jaunes, sous les tuiles du larmier. Au fond de l'église, une lampe brûlait, c'est-à-dire une mèche de veilleuse dans un verre suspendu. Sa lumière, de loin, semblait une tache blanchâtre qui tremblait sur l'huile. Un long rayon de soleil traversait toute la nef et rendait plus sombres les bas côtés et les angles.

—Où est le curé? demanda Mme Bovary à un jeune garçon qui s'amusait à secouer le tourniquet dans son trou trop lâche.

—Il va venir, répondit-il.

En effet, la porte du presbytère grinça, l'abbé Bournisien parut; les enfants pêle-mêle s'enfuirent dans l'église.

—Ces polissons-là! murmura l'ecclésiastique, toujours les mêmes! Et ramassant un catéchisme en lambeaux qu'il venait de heurter avec son pied: Ça ne respecte rien!—Mais dès qu'il aperçut Mme Bovary:—Excusez-moi, dit-il, je ne vous remettais pas. Il fourra le catéchisme dans sa poche et s'arrêta, continuant à balancer entre deux doigts la lourde clef de la sacristie.

La lueur du soleil couchant, qui frappait en plein son visage, pâlissait le lasting de sa soutane, luisante 152sous les coudes, effiloquée par le bas. Des taches de graisse et de tabac suivaient sur sa poitrine large la ligne des petits boutons, et elles devenaient plus nombreuses en s'écartant de son rabat, où reposaient les plis abondants de sa peau rouge; elle était semée de macules jaunes qui disparaissaient dans les poils rudes de sa barbe grisonnante. Il venait de dîner et respirait bruyamment.

—Comment vous portez-vous? ajouta-t-il.

—Mal, répondit Emma; je souffre!

—Eh bien! moi aussi, reprit l'ecclésiastique. Ces premières chaleurs, n'est-ce pas, vous amollissent étonnamment? Enfin! que voulez-vous? nous sommes nés pour souffrir, comme dit saint Paul. Mais, M. Bovary, qu'est-ce qu'il en pense?

—Lui! fit-elle avec un geste de dédain.

—Quoi! répliqua le bonhomme tout étonné, il ne vous ordonne pas quelque chose?

—Ah! dit Emma, ce ne sont pas les remèdes de la terre qu'il me faudrait.

Mais le curé de temps à autre regardait dans l'église, où tous les gamins agenouillés se poussaient de l'épaule et tombaient comme des capucins de cartes.

—Je voudrais savoir... reprit-elle.

—Attends, attends, Riboudet! cria l'ecclésiastique d'une voix de colère, je m'en vas te chauffer les oreilles, mauvais galopin!—Puis se tournant vers Emma:—C'est le fils de Boudet, le charpentier; ses parents sont à leur aise et lui laissent faire ses fantaisies. Pourtant il apprendrait vite s'il le voulait, car il 153est plein d'esprit. Et moi quelquefois, par plaisanterie, je l'appelle donc Riboudet (comme la côte que l'on prend pour aller à Maromme), et je dis même: mon Riboudet. Ah! ah! Mont-Riboudet! L'autre jour, j'ai rapporté ce mot-là à Monseigneur, qui en a ri. Il a daigné en rire.—Et M. Bovary, comment va-t-il?

Elle semblait ne pas entendre. Il continua:—Toujours fort occupé, sans doute? car nous sommes certainement, lui et moi, les deux personnes de la paroisse qui ont le plus à faire. Mais lui, il est le médecin des corps, ajouta-t-il avec un rire épais, et moi, je le suis des âmes.

Elle fixa sur le prêtre des yeux suppliants.

—Oui... dit-elle, vous soulagez toutes les misères.

—Ah! ne m'en parlez pas, madame Bovary! ce matin même, il a fallu que j'aille dans le bas Diauville pour une vache qui avait l'enfle; ils croyaient que c'était un sort. Toutes leurs vaches, je ne sais comment... Mais, pardon!... Longuemarre et Boudet! sac à papier! voulez-vous bien finir! Et d'un bond il s'élança dans l'église.

 

ある夕暮れ、開け放した窓に座って、エンマは今さきまで堂守のレスチブードワが黄楊つげの木を刈り込んでいるのを眺めていたが、急に『御告げの鐘』の鳴るのを聞いた。

サクラソウの咲く四月の初めであった。鋤を入れた花壇の上を暖かい風が吹きわたり、家々の庭は女のように、夏祭の粧よそおいをしているかとも見える。青葉棚の格子を通して向こう一帯には、牧場を流れる川が見える。川は野の草の上に気ままにうねりを描いていた。夕靄ゆうもやは葉の落ちたポプラの木の間を過よぎり流れて、木の輪郭を、その枝々に懸っている薄絹よりもいっそう淡く、いっそう透きとおった紫色にぼかしていた。はるか彼方には家畜が歩いていたが、足音も鳴き声も聞こえてはこない。そして鐘だけが鳴りつづいて、中空に平和な嘆きを響かせていた。

この繰り返す鐘の音につれて、うら若い女の想いはその乙女の頃と、寮生活のはるか昔の思い出の中をさ迷った。大きな枝付き燭台を思い出した。それは祭壇の上で、いっぱい花を挿した瓶や小さい柱のついた聖櫃せいひつをはるかに越してそびえていた。彼女は昔のように、あの白いヴェールの長い列の中に交っていたかった。祈禱台の上に頭を垂れた尼僧たちの堅い頭巾ずきんで、ところどころに黒い斑点がうたれているあの白いヴェールの長い列のなかに。日曜日のミサのおり、顔を上げると、朧々ろうろうとして立ち昇る仄青い香煙の中に優しいマリアの顔が見えた。それを思い出したとき、ある感動が彼女を捉えた。嵐の中で乱れる小鳥の和毛にこげのように、彼女はか弱く頼りない気持ちになった。そしてわれともなく堂のほうへ歩いて行った。彼女は、どんな信仰でも捧げよう、そこに心魂を傾倒することができ、そこに生活を入することができれば、という気持ちであったのだ。

彼女は広場で、教会堂から戻ってくるレスチブードワに出会った。というのも、彼は一日の儲けを減らさぬために、内職は中途で止めても都合のよい時に『御告げの鐘』を鳴らし、さてそれからまた内職にかかることにしていたからだ。そのうえ、こうして早く鐘を鳴らすことは、子供たちに教理問答の時間を知らせることにもなったのである。

やって来ていた子供のうちには、もう墓地の墓石の上で、おはじきをしているのがあった。また、塀の上に馬乗りになって足を振りまわし、この小さな囲いと一番縁に並んだ墓石の間に生えている大きな蕁麻いらくさを、木靴サボで蹴り倒しているのもあった。青々としているのはここ一個所であった。ほかは全部石ばかりで、寺務所に箒ほうきはあっても、いつも細かい埃ほこりをかぶっていた。

布靴を穿いた子供らは、自分らのための遊び場だという気になって、そこらあたりを走り回っていた。鳴り響く鐘の音を通して子供らの叫びが聞こえた。鐘楼の頂いただきから垂れ下がって先さきを地にひきずっている大綱の揺れが小さくなるにつれて、鐘の音も小さくなっていった。燕が数羽、小さな鳴き声をたてながら飛びかい、鋭く風を切って、軒瓦の下にある黄色い巣にさっと帰った。会堂の奥には燈明が燃えていた。ぶら下がったガラス器の中の常夜灯の灯心である。その灯りは遠くから見ると、灯油の上で仄かに白い斑点しみが震えているように見えた。長い光線が内陣を横切り、左右の側堂や隅々をいっそう暗くしていた。

「司祭さまは?」とボヴァリー夫人は、回転扉を大きすぎる軸穴でがたがた揺すって遊んでいる子供に尋ねた。

「すぐ来るよ」と子供は答えた。

なるほど、司祭館の扉が軋きしんで、ブールニジアン師が現われた。子供は、ごっちゃになって、教会堂に逃げこんだ。

「腕白者め!」と坊さまは呟いた。「相変わらずじゃ!」

そして、足にひっ掛かったぼろぼろの『公教要理』を拾い上げて、

「もったいないということを知らん!」

ところが、ボヴァリー夫人に気がつくと、

「これは失礼」と坊さんは言った。「ついお見それ申しましてな」

彼は『公教要理』をポケットに入れて立ち止まり、二本の指でつまんだ寺務所の重い鍵を振りつづけた。

入り日の光は顔中に照りつけ、毛織ラスティングの法衣を色褪いろあせて見せた。脇のところはてかてかに光り、裾すその縫込みは解ほどけていた。油脂あぶらや煙草の染しみが小さなボタンの列に沿って広い胸の上に付いており、胸飾ラバから離れるほどたくさんになっている。そうしてその胸飾ラバには血色のよい幾重にも括くくれた首が載のっている。肌は黄色い痣あざだらけで、それは硬いごま塩髭ひげの中に見えなくなっている。夕食を終わったばかりで、息づかいが荒い。

「ご機嫌はいかがですかな?」と彼は付けたした。

「いけませんの」とエンマは答えた。「苦しいのです」

「いかにも! このわたしもじゃ」と坊さまは答えた。「暑さに向いて、体が不思議なほどふやけるのでしょうがな? ですが、それも致し方ない。聖パウロさまもおっしゃったとおり、人間は苦しむために生まれたのですわい。ときにボヴァリー先生はどうお考えじゃな?」

「あの人なんか!」と彼女は軽蔑するような身振りをして言った。

「なんだって!」と、このお人好しは呆れて訊き返した。「薬は下さらんのか?」

「ああ!」とエンマは言った。「わたしに要るのは、この世のお薬ではございません」

ところで、坊さまは時どき会堂の中に眼をやった。そこでは子供たちはみんな膝で立って、肩で押し合っては将棋倒しになっていた。

「わたくしのお伺い致したいのは……」と彼女は続けた。

「こら待て、リブゥデー」と坊さまは怒声を張りあげ、「ぶん殴るぞ、悪太郎めが!」

そしてエンマの方に振り向いて、

「あれは大工のブゥデーの倅せがれでしてな。親が暮らしが楽なところから、我がまま気ままにさせております。しかし、その気になれば、学課はすぐ覚えましょう。なにしろ、賢い子供でしてな。それで、わたしは時どき冗談に、あれをリブゥデーと呼んでやります(マロムへ行くときに通る峠の名みたようにな)。それにわたしはリブゥデーさんとも言うてやります。ははは! リプウデー山さん! ついこの間も、この洒落を司教さまのお耳にお入れ申したらお笑いなすった……いや、お笑い下されました。——ときに、ボヴァリー先生のご機嫌は?」

彼女には聞こえないらしい。彼は続けた。

「定めし、相らずのご多忙じゃろう? なんというても、この教区内で一番忙しいのは、先生とわたしと、この二人ですわい。しかし先生は肉体の医者で」と、へへへと笑いながら、「そうしてこのわたしは霊魂の医者ですわい!」

彼女は哀願するような眼を司祭に注いで、

「そうです……」と言った。「貴方さまはどんな悩みでも和らげて下さいますわ」

「いや、奥さん、そのお話はご無用に願います! 現に今朝ほども、牝牛が『腫はれ病』に罹ったと言うんで。バ・ディヨーヴィルヘ呼ばれましたがな、そこの連中ときては病気を祟たたりだと思うとりますのじゃ。どうしたものやら、あの家の牝牛どもはみんな……ちょっと失礼! やいロングマールにブゥデー! くそっ! 止めんか!」

こう言って彼はひと足に御堂へ駆け込んだ。

 

 

Les gamins, alors, se pressaient autour du grand pupitre, grimpaient sur le tabouret du chantre, ouvraient le missel, et d'autres, à pas de loup, allaient se hasarder bientôt jusque dans le confessionnal. Le curé, soudain, distribua sur tous une grêle de soufflets. Les prenant par le collet de la veste, il les enlevait de terre et les reposait à deux genoux sur le pavé du chœur, fortement, comme s'il eût voulu les y planter.

154

—Allez! dit-il, quand il fut revenu près d'Emma, et en déployant son large mouchoir d'indienne, dont il mit un angle entre ses dents, les cultivateurs sont bien à plaindre!

—Il y en a d'autres, répondit-elle.

—Assurément! les ouvriers des villes, par exemple.

—Ce ne sont pas eux...

—Pardonnez-moi! j'ai connu là de pauvres mères de famille, des femmes vertueuses, je vous assure, de véritables saintes, qui manquaient même de pain.

—Mais celles, reprit Emma (et les coins de sa bouche se tordaient en parlant), celles, monsieur le curé, qui ont du pain, et qui n'ont pas...

—De feu l'hiver? dit le prêtre.

—Eh! qu'importe!

—Comment, qu'importe? il me semble, à moi, que lorsqu'on est bien chauffé, bien nourri... car enfin...

—Mon Dieu! mon Dieu! soupirait-elle.

—Vous vous trouvez gênée! fit-il en s'avançant d'un air inquiet, c'est la digestion, sans doute? Il faut rentrer chez vous, madame Bovary, boire un peu de thé; ça vous fortifiera; ou bien un verre d'eau fraîche avec de la cassonade.

—Pourquoi? Et elle avait l'air de quelqu'un qui se réveille d'un songe.

—C'est que vous passiez la main sur votre front. J'ai cru qu'un étourdissement vous prenait. Puis se ravisant: Mais vous me demandiez quelque chose. Qu'est-ce donc? Je ne sais plus.

155

—Moi? rien... rien... répétait Emma; et son regard, qu'elle promenait autour d'elle, s'abaissa lentement sur le vieillard à soutane. Ils se considéraient tous les deux, face à face, sans parler.

—Alors, madame Bovary, dit-il enfin, faites excuse! mais le devoir avant tout, vous savez. Il faut que j'expédie mes garnements. Voilà les premières communions qui vont venir. Nous serons encore surpris, j'en ai peur! Aussi, à partir de l'Ascension, je les tiens recta tous les mercredis une heure de plus. Ces pauvres enfants! On ne saurait les diriger trop tôt dans la voie du Seigneur, comme du reste il nous l'a recommandé lui-même par la bouche de son divin Fils. Bonne santé, madame, mes respects à M. votre mari.—Et il entra dans l'église, en faisant dès la porte une génuflexion.

Emma le vit qui disparaissait entre la double ligne des bancs, marchant à pas lourds, la tête un peu penchée sur l'épaule, et avec ses deux mains entr'ouvertes qu'il portait en dehors.

Puis elle tourna sur ses talons tout d'un bloc, comme une statue sur un pivot, et prit le chemin de sa maison. Mais la grosse voix du curé, la voix claire des gamins arrivaient encore à son oreille et continuaient derrière elle:

—Êtes-vous chrétien?

—Oui, je suis chrétien.

—Qu'est-ce qu'un chrétien?

—C'est celui qui étant baptisé... baptisé... baptisé...

156

Elle monta les marches de son escalier en se tenant à la rampe, et quand elle fut dans sa chambre se laissa tomber dans un fauteuil.

Le jour blanchâtre des carreaux s'abaissait doucement avec des ondulations. Les meubles à leurs places semblaient devenus plus immobiles et se perdre dans l'ombre comme dans un océan ténébreux. Le feu dans la cheminée venait de s'éteindre, la pendule battait toujours, et Emma vaguement s'ébahissait à ce calme des choses, tandis qu'il y avait en elle-même tant de bouleversements. Mais entre la fenêtre et la table à ouvrage, la petite Berthe était là, qui chancelait sur ses bottines de tricot et essayait de se rapprocher de sa mère pour lui saisir par le bout les rubans de son tablier.

—Laisse-moi! dit celle-ci, en l'écartant de la main.

Bientôt la petite fille revint plus près encore, contre ses genoux; et, s'y appuyant des bras, elle levait vers elle son gros œil bleu, pendant qu'un filet de salive pure découlait de sa lèvre sur la soie du tablier.

—Laisse-moi! répéta la jeune femme tout irritée. Sa figure épouvanta l'enfant qui se mit à crier.

—Eh! laisse-moi donc! fit-elle en la repoussant du coude, et Berthe alla tomber au pied de la commode, contre la patère de cuivre; elle s'y coupa la joue, le sang sortit. Mme Bovary se précipita pour la relever, cassa le cordon de la sonnette, appela la servante de toutes ses forces, et elle allait commencer à se maudire, lorsque Charles parut. C'était l'heure du dîner; il rentrait.

157

—Regarde donc, cher ami, lui dit Emma d'une voix tranquille: voilà la petite qui, en jouant, vient de se blesser par terre.

Charles la rassura; le cas n'était point grave; et il alla chercher du diachylum.

Mme Bovary ne descendit pas dans la salle; elle voulut demeurer seule à garder son enfant. En la contemplant dormir, ce qu'elle conservait d'inquiétude se dissipa par degré, et elle se parut à elle-même bien sotte et bien bonne de s'être troublée tout à l'heure pour si peu de chose. Berthe ne sanglotait plus. Sa respiration soulevait insensiblement la couverture de coton. De grosses larmes s'arrêtaient au coin de ses paupières à demi closes, qui laissaient voir entre les cils deux prunelles pâles, enfoncées; le sparadrap collé sur sa joue en tirait obliquement la peau tendue. C'est une chose étrange, pensait Emma, comme cette enfant est laide!

Quand Charles, à onze heures du soir, revint de la pharmacie (où il avait été remettre, après le dîner, ce qui lui restait du diachylum), il trouva sa femme debout auprès du berceau.

—Puisque je t'assure que ce ne sera rien, dit-il en la baisant au front; ne te tourmente pas, pauvre chérie, tu te rendras malade!

Il était resté longtemps chez l'apothicaire. Bien qu'il ne s'y fût pas montré fort ému, M. Homais, néanmoins, s'était efforcé de le raffermir, de lui remonter le moral. Alors on avait causé des dangers divers qui 158menaçaient l'enfance et de l'étourderie des domestiques. Mme Homais en savait quelque chose, ayant encore sur la poitrine les marques d'une écuellée de braise, qu'une cuisinière autrefois avait laissé tomber dans son sarrau. Aussi ses bons parents prenaient-ils quantité de précautions. Les couteaux jamais n'étaient affilés, ni les appartements cirés. Il y avait aux fenêtres des grilles en fer, et aux chambranles de fortes barres. Les petits Homais, malgré leur indépendance, ne pouvaient remuer sans un surveillant derrière eux; au moindre rhume, leur père les bourrait de pectoraux, et jusqu'à plus de quatre ans, ils portaient tous, impitoyablement, des bourrelets matelassés. C'était, il est vrai, une manie de Mme Homais; son époux en était intérieurement affligé, redoutant pour les organes de l'intellect les résultats possibles d'une pareille compression, et il s'échappait jusqu'à lui dire:—Tu prétends donc en faire des Caraïbes ou des Botocudos?

 

いたずら小僧どもはそのとき、大きな聖画台の回りでひしめき合い、歌手の床几しようぎによじ登り、ミサ集を開き、また中には忍び足で、大胆不敵にも、やがて懺悔ざんげ所に入り込もうとしているのもいた。しかし司祭はいきなりみんなの頬ぺたを片っ端から叩き回った。襟首をつかんで吊るし上げては、まるで物でも植えるように、内陣の石畳の上へ、力まかせに跪ひざまずかせた。

「いやはや!」と彼はエンマのそばへ戻ってくると、更紗さらさの大判のハンカチの隅をくわえて広げながら言った。「百姓どもは全く可哀そうですわい!」

「可哀そうな人はほかにもございます」とエンマは答えた。

「ありますとも! たとえば都会の労働者など」

「そんな人のことではありません……」

「いやお言葉じゃが! わたしはそういう社会の哀れな母親たち。いやに貞淑な女、まるで聖女のような女たちが、その日のパンにも事欠いているのを見てきましたぞ」

「でも、」とエンマは答えた(そしてそう言いながら彼女の口元は歪んだ)。「でも司祭さま、パンはあっても、そのなにのない人が……」

「冬に薪のない人が……」と司祭は言った。

「いいえ、そんなものなんか?」

「なに、そんなものではないとな? わたしは思うが、人間というものは、よく暖まってたらふく食べさえすれば……なんといったって……」

「ああ、ああ!」と彼女は溜息をついた。

「気分でもお悪いのか?」と彼は心配そうに進み寄って、「きっと消化こなれの具合じゃろう? 奥さん、お帰りになって、少し紅茶でも飲まれたがよい、元気が出ますぞ。それともお冷水ひやに黒砂糖を入れてな」

「どうしてですの?」

彼女はまるで夢から覚めた人のようだった。

「いや額に手をお当てなすったからな。眩暈めまいでもしたかと思いましたよ」

そして、ふと思い返したように、

「ときにわたしになにかお尋ねじゃったな? はてなんであったか、とんと忘れてしもうた。」

「わたしが? いいえ、なんにも……なんにも……」とエンマは繰り返した。

あたりを見回す彼女の眼は、静かに法衣の老人の上に伏せられた。二人は黙って、じっと顔を見合わせていた。

「では、ボヴァリーの奥さん、」と彼はようやく言った。「これで失礼いたします。なんというても務めが肝要でな。わたしは急いであの小僧どもを片付けにゃなりません。初聖霊のお式も間近まぢかに迫った。手遅れになりゃせんかとそれが心配でな! そこで昇天節からはきちんきちんと毎週の水曜日、一時間余計に奴らを留めてやりますのじゃ。いやもう子供を神さまの道へ導くのは、いくら早うても早すぎるということはない。もっとも、神さま御自ら、御子のお口を通してお勧め下されたとおりじゃ……では、奥さん、ご機嫌よう。ご主人にもどうぞよろしゅうにな!」

こう言うと、扉のところからはや膝を屈めながら、御堂へ入っていった。

エンマは司祭が心持ち頭を肩にかしげ、両手を左右に突き出して掌てのひらをゆるく開き、重々しい足どりで歩きながら、二列に並んだ腰掛の間に姿を消すのを見送った。

それから彼女は、人形が心棒の上で回るように、さっと身を翻ひるがえして家路についた。しかし司祭のどら声と子供たちのはっきりした声が追ってきて、彼女の後ろでこう続けた。

「汝はキリスト教徒なりや?」

「然しかり我はキリスト教徒なり」

「キリスト教徒とはなんぞや?」

「そは洗礼を受けて……洗礼を受けて……洗礼を受けて……」

彼女は手すりにすがりながら階段を昇った。そして自分の居間に入ると、ぐったり肘掛け椅子に倒れかかった。

窓ガラスの白っぽい光は波うちながら静かに沈んでいった。いつもの場所にある家具や調度は普段よりもいっそう動かぬように見え、暗黒の海に沈むかのように闇の中に消えていった。暖炉の火は絶たっていた。時計は相変わらず動いていた。エンマはこの周囲の静けさになんとはなしに驚いた。心の中はこんなにまで乱れているというのに。ところが、窓と仕事台との間に、いたいけなベルトが毛編みの靴を穿いてよちよちしながら、母親の方に近寄って、前掛けのリボンの端をつかもうとした。

「うるさいね!」とエンマは手で払いのけた。

娘はやがて、もっと近く、膝のところへやってきた。そして、両手で膝にすがりながら、母親の方へつぶらな碧い眼をあげた。透きとおった涎よだれが一筋、唇から前掛けの絹地に流れる。

「うるさい!」とエンマは苛々してまた言った。

母の顔に脅えて子供は泣き出した。

「ほんとに、うるさいったら?」と彼女は肱ひじで突きのけた。

ベルトは箪笥たんすの足もとに倒れて真鍮しんちゆうの引き手に当たった。頬ぺたが切れて血が流れた。ボヴァリー夫人は駆けよって抱き起こした。呼鈴の紐をひきちぎった。声を限りに女中を呼んだ。そうして、自分を責め始めたところへシャルルが現われた。夕飯時で、帰ってきたのである。

「ご覧なさいまし、あなた」とエンマは落ち着いた声で言った。「今さっきこの子は遊んでいて、床の上で怪我をしましたの」

大したこともないので、シャルルは彼女を安心させ、絆創膏ばんそうこうをとりに行った。

ボヴァリー人は食堂へは下りて来なかった。独り残って子供の看護がしたかったのだ。そして眠っている子供を見つめているうちに、心配の残りは次第に消え、今さきまであんな詰まらないことにとり乱していた自分が、ばかともお人好しとも思い返された。本当にベルトはもう泣き止んでいた。ペルトの息で今、木綿の掛布団がかすかに持ち上げられている。大粒の涙の玉が半ば開いた瞼まぶたの端に残っている。そして睫毛まつげの間からは、奥まった、色のうすい瞳が覗いている。頬に貼られた絆創膏は張りきった皮膚を斜めに釣りあげている。

「本当に不思議だわ、」とエンマは考えた。「この子の不細工な顔ったら!」

シャルルが夜の十一時に薬屋から帰ってきたとき(夕食後、絆創膏の残りを返しに行ったのである)、彼は妻が揺籃ようらんのそばに立っているのを目にした。

「なんでもないと言ってるじゃないか」と額にキスして言った。「心配はおよし、病気になるよ!」

シャルルは薬屋の家に長居したのだった。大して心配そうな顔も見せないのに、オメー氏はシャルルを元気づけよう、『鼓舞しよう』とした。そこで、子供にありがちないろんな危険だとか、召使いたちの粗忽そこつだとかの話が出た。オメー夫人には身に覚えがあった。昔女中に、前垂れの上へ十能の炭火を一杯落とされた痕が今でも胸に残っていた。そんなわけで、この両親はなにかにつけて用心した。ナイフは決して研がないし、部屋の床をロウで磨くこともなかった。窓には鉄の格子を嵌め、暖炉の框かまちには頑丈な横木を渡した。オメーの子供らは、したい放題にほったらかされていたが、それでもなにかにつけ必らず後ろには見張りが控えていた。ちょっと風邪をひいても、父親はむやみに胸の薬を飲ませた。そうして四歳になるまでは、みんな怪我よけの綿入れ頭巾ずきんを容赦なく被らされた。これは実のところオメー夫人の病やまいであったのだ。亭主は、そんなに頭を圧迫しては、知能器官に面白からぬ結果をおよぼすかもしれないと心配して、内心では苦にしていた。そしてたまりかねるとこう言った。

「おまえは子供をカライブ(中米のアンティル

群島にいた食人種)やボドキュドス(南米の

原住民)みたいな野蛮人にするつもりか?」

 

Charles, cependant, avait essayé plusieurs fois d'interrompre la conversation.—J'aurais à vous entretenir, avait-il soufflé bas à l'oreille du clerc, qui se mit à marcher devant lui dans l'escalier.

—Se douterait-il de quelque chose? se demandait Léon. Il avait des battements de cœur et se perdait en conjectures.

Enfin Charles, ayant fermé la porte, le pria de voir lui-même à Rouen quels pouvaient être les prix d'un beau daguerréotype; c'était une surprise sentimentale qu'il réservait à sa femme, une attention fine, son portrait en habit noir. Mais il voulait auparavant savoir à quoi s'en tenir; ces démarches ne devaient pas embarrasser 159M. Léon, puisqu'il allait à la ville toutes les semaines à peu près.

Dans quel but? Homais soupçonnait là-dessous quelque histoire de jeune homme, une intrigue. Mais il se trompait; Léon ne poursuivait aucune amourette. Plus que jamais il était triste, et Mme Lefrançois s'en apercevait bien, à la quantité de nourriture qu'il laissait maintenant sur son assiette. Pour en savoir plus long, elle interrogea le percepteur; Binet répliqua, d'un ton rogue, qu'il n'était point payé par la police.

Son camarade, toutefois, lui paraissait fort singulier; car souvent Léon se renversait sur sa chaise en écartant les bras, et se plaignait vaguement de l'existence.

—C'est que vous ne prenez point assez de distraction, disait le percepteur.

—Lesquelles?

—Moi! à votre place, j'aurais un tour!

—Mais je ne sais pas tourner, répondait le clerc.

—Oh! c'est vrai! faisait l'autre en caressant sa mâchoire avec un air de dédain mêlé de satisfaction.

Léon était las d'aimer sans résultat. Puis il commençait à sentir cet accablement que vous cause la répétition de la même vie, lorsqu'aucun intérêt ne la dirige et qu'aucune espérance ne la soutient. Il était si ennuyé de Yonville et des Yonvillais, que la vue de certaines gens, de certaines maisons l'irritait à n'y pouvoir tenir; et le pharmacien, tout bonhomme qu'il fût, lui devenait insupportable. Cependant la perspective d'une situation nouvelle l'effrayait autant qu'elle le séduisait.

160

Mais cette appréhension se tourna vite en impatience, et Paris alors agita pour lui, dans le lointain, la fanfare de ses bals masqués avec le rire de ses grisettes. Puisqu'il devait y terminer son droit, pourquoi ne partait-il pas? Qui l'empêchait? Et il se mit à faire des préparatifs intérieurs; il arrangea d'avance ses occupations. Il se meubla, dans sa tête, un appartement. Il y mènerait une vie d'artiste! Il y prendrait des leçons de guitare! Il aurait une robe de chambre, un béret basque, des pantoufles de velours bleu! Et même il admirait déjà sur sa cheminée deux fleurets en sautoir, avec une tête de mort et la guitare au-dessus.

La chose difficile était le consentement de sa mère; rien pourtant ne paraissait plus raisonnable. Son patron même l'engageait à aviser une autre étude, ou il pût se développer davantage. Prenant donc un parti moyen, Léon chercha une place de second clerc à Rouen, n'en trouva pas, et écrivit enfin à sa mère une longue lettre détaillée, où il exposait les raisons d'aller habiter Paris immédiatement.

Elle y consentit.

Il ne se hâta point cependant. Chaque jour, durant tout un mois, Hivert transporta pour lui d'Yonville à Rouen, de Rouen à Yonville, des coffres, des valises, des paquets; et quand Léon eut remonté sa garde-robe, fait rembourrer ses trois fauteuils, acheté une provision de foulards, pris en un mot plus de dispositions que pour un voyage autour du monde, il s'ajourna de semaine en semaine, jusqu'à ce qu'il reçût 161une seconde lettre maternelle où on le pressait de partir, puisqu'il désirait, avant les vacances, passer son examen.

Lorsque le moment fut venu des embrassades, Mme Homais pleura; Justin sanglotait; Homais, en homme fort, dissimula son émotion; il voulut lui-même porter le paletot de son ami jusqu'à la grille du notaire, qui emmenait Léon à Rouen dans sa voiture. Ce dernier avait juste le temps de faire ses adieux à M. Bovary.

Quand il fut au haut de l'escalier, il s'arrêta, tant il était hors d'haleine. A son entrée, Mme Bovary se leva vivement.

—C'est encore moi! dit Léon.

—J'en étais sûre!

Elle se mordit les lèvres, et un flot de sang lui courut sous la peau, qui se colora tout en rose, depuis la racine des cheveux jusqu'au bord de sa collerette. Elle restait debout, s'appuyant de l'épaule contre la boiserie.

—Monsieur n'est donc pas là? reprit-il.

—Il est absent. Elle répéta: Il est absent.

Alors il y eut un silence. Ils se regardèrent, et leurs pensées, confondues dans la même angoisse, s'étreignaient étroitement, comme deux poitrines palpitantes.

—Je voudrais bien embrasser Berthe, dit Léon.

Emma descendit quelques marches, et elle appela Félicité.

Il jeta vite autour de lui un large coup d'œil qui s'étala sur les murs, les étagères, la cheminée, comme pour pénétrer tout, emporter tout. Mais elle rentra, et 162la servante amena Berthe, qui secouait au bout d'une ficelle un moulin à vent, la tête en bas.

Léon la baisa sur le cou, à plusieurs reprises.

—Adieu, pauvre enfant; adieu, chère petite, adieu!

Et il la remit à sa mère.

—Emmenez-la, dit celle-ci.

Ils restèrent seuls.

Mme Bovary, le dos tourné, avait la figure posée contre un carreau; Léon tenait sa casquette à la main, et la battait doucement le long de sa cuisse.

—Il va pleuvoir, dit Emma.

—J'ai un manteau, répondit-il.

—Ah!

Elle se détourna, le menton baissé et le front en avant. La lumière y glissait comme sur un marbre, jusqu'à la courbe des sourcils, sans que l'on pût savoir ce qu'Emma regardait à l'horizon, ni ce qu'elle pensait au fond d'elle-même.

—Allons, adieu, soupira-t-il.

Elle releva sa tête d'un mouvement brusque.

—Oui, adieu; partez!

 

ところで、シャルルは幾度もこんな話はうち切ろうとしていたのだった。

「貴方あなたにちょっとお話があるのですがね」と彼は、前に立って階段を降りはじめた書記の耳に、小声で囁ささやいた。

『感づいたかな?』とレオンは考えた。胸に動悸がした。そしていろいろ臆測をたくましくした。

扉を閉めると、やっとのことでシャルルは、上等の銀版写真は幾らぐらいするか、じきじきルーアンで見てきてほしいとレオンに頼んだ。それは妻をあっと言わせるための心をこめた贈物、気のきいた好意、つまり燕尾服姿の自分の肖像なのであった。しかし彼はあらかじめ『見当をつけ』ておきたかった。そうした交渉もレオン君には迷惑にはなるまい。ほとんど毎週市まちへ出掛けて行くのだから。

なにが目的で? オメーは裏になにか、『若気のいたずら』浮いた話でもあるらしいと睨にらんでいた。だが、それは彼の勘違いであった。レオンは決して浮気をしているのではなかった。彼はかつてないほど沈んでいた。ルフランソワのおかみには彼が皿に食べ残す分量でよくわかった。詳しく突きとめるつもりでおかみは収税吏らに訊いてみた。ビネーは木で鼻をくくったように、『警察から給金はもらってない』と答えた。

とはいえビネーには、友達のレオンの様子がよほどおかしく見えた。よくレオンは両腕をひろげて椅子にぐったりひっくり返り、人生についてとりとめもない愚痴をこぼすのであった。

「それは楽しみが足らんからだよ」と収税吏が言った。

「どういう楽しみです?」

「もしわたしなら轆轤ろくろを買うね」

「でも僕には轆轤は使えません」と書記は答えた。

「ああ、そうだったな!」とビネーは軽蔑と得意のまざった面持ちで、顔を撫でた。

レオンは実を結ばぬ恋に疲れていた。そのうえ彼は、生活を導いてくれるなんの興味もなく、生活を支えてくれるなんの希望もなく、毎日同じように繰り返す生活から生まれるあの堪えがたい切なさを感じ出していたのだ。ヨンヴィルにもヨンヴィルの人びとにも飽き飽きしていたので、人により家によっては、見てもたまらないほど腹が立った。薬剤師は好人物ではあるが、彼にはとても我慢がならなくなってきた。しかも新しい生涯の前途を考えると、うっとりすると同時に、ぞっとした。

その恐れは転じて焦燥となった。するとパリがはるかな彼方で、仮装舞踏の華やかな吹奏楽や浮気娘の笑い声を彼に向かって煽あおり立てたのである。どうせパリで法律の仕上げをするのに、なぜ自分は出発しないのだ? 邪魔する人でもあるというのか? そこで彼はなにかと心づもりにとりかかった。あらかじめ仕事の段取りをつけた。空想の中で部屋に道具を備えつけ。そこで芸術家の生活を送るのだ! ギターの稽古をするのだ! 部屋着とベレー帽と青天鵞絨びろうどの上靴を買うのだ! そして彼はもう今から、暖炉棚の上に試合刀を十文字に組み合せ、そのうえに髑髏とギターを置いた様子を描いて眺め入るのだった。

困ったことは母親の承諾であった。しかしこれほど正当な言い分はあるまいと思われた。彼の主人でさえ、これ以上見聞を広めうるような事務所があれば、入るがよいと勧めているくらいである。そこでレオンは中なかをとってルーアン市に見習い書記の椅子を探したが、見つからなかった。そこでとうとう母親に宛て委細を長い手紙にしたため、すぐさまパリに出なければならない理由を開陳した。母親は納得した。

彼は少しも慌てなかった。まる一月の間、毎日毎日、イヴェールは彼のために、ヨンヴィルからルーアンへ、ルーアンからヨンヴィルへ、箱や鞄や包みを運搬した。せっかく箪笥たんすに衣裳を詰め込み、肘掛け椅子三脚に毛藁を詰め替え、絹の首巻きを買いためて、早い話が、世界一週旅行以上の仕度を整えても、レオンは来週また来週と延期して、とうとう母親から、夏休み前に受験したいのなら、早く発たてという再度の手紙を受けとった。

別れのキスのときがくると、オメー夫人は泣き出した。ジュスタンは啜すすり泣いた。オメーはさすがに男らしく感動を隠した。彼はレオンの外套を自分で公証人の家の鉄格子門まで持って行くと言った。公証人が自家用の馬車でレオンをルーアンまで送ることになっていた。レオンにはボヴァリー氏に挨拶してゆく時間がかろうじてあった。

階段を昇りつめると、あまり息苦しいので立ち止まった。レオンが入ると、ボヴァリー夫人はさっと立ち上がった。

「また参りました」とレオンは言った。「きっとあなただと思ってましたわ」

彼女は唇を噛みしめた。血が皮下をさっと流れた。肌は髪の生えぎわから襟飾りのきわまですっかりバラ色に染められた。彼女は羽目板に肩をもたせて立っていた。

「先生はお留守なんですね?」とレオンは続けた。

「留守ですの」

エンマは重ねて言った。

「留守ですの」

と、ふっつり言葉が切れた。二人は顔を見合せた。そして、わななく二つの胸のように、同じ悩みに混り合った心と心は、ひしと抱き合った。

「ベルトちゃんにキスしたいんですけど」とレオンが言った。

エンマは階段を二三段下りて、フェリシテを呼んだ。

彼は素早く辺りをひとわたり見回した。すべてのものを貫ぬき、すべてのものを持ち去ろうとするかのように、壁や戸棚や暖炉の上にまでも及んだのだった。

しかしエンマが戻ってきた。そして女中がベルトを連れてきた。ベルトは風車を逆さに糸の先にぶら下げて、振っていた。

レオンは幾度もその首筋に口づけした。

「さようなら、お嬢ちゃん! さようなら、可愛いお嬢ちゃん、さようなら!」

それから彼はベルトを母親に返した。

「あちらへ連れておいき」と母親は言った。

二人きりになった。

ボヴァリー夫人は背を向けて、窓ガラスに顔をつけていた。レオンは帽子を手に持って、軽く腿ももを叩いていた。

「雨らしいわね」とエンマが言った。

「僕マントを持ってます」と彼は答えた。

「あらそう」

彼女は顔をひき、額を突き出して顔をそむけた。光は大理石の上を滑べるように、眉の曲線のところにまで滑っていた。しかし地平の彼方になにを見ているのか、心の底になにを想っているのかは知るよしもなかった。

「では、お別れいたします!」と彼は訴えるように言った。

彼女はつと頭を擡もたげた。

「ええ、さようなら……行ってらっしゃい!」

 

 

Ils s'avancèrent l'un vers l'autre; il tendit la main; elle hésita.

—A l'anglaise donc, fit-elle, abandonnant la sienne, tout en s'efforçant de rire. Léon la sentit entre ses doigts; et la substance même de tout son être lui semblait descendre dans cette paume humide.

Puis il ouvrit la main; leurs yeux se rencontrèrent encore, et il disparut.

Quand il fut sous les halles, il s'arrêta; et il se 163cacha derrière un pilier, afin de contempler une dernière fois cette maison blanche avec ses quatre jalousies vertes. Il crut voir une ombre derrière la fenêtre, dans la chambre; mais le rideau, se décrochant de la patère comme si personne n'y touchait, remua lentement ses longs plis obliques, qui d'un seul bond s'étalèrent tous, et il resta droit, plus immobile qu'un mur de plâtre. Léon se mit à courir.

Il aperçut, de loin, sur la route, le cabriolet de son patron, et à côté un homme en serpillière qui tenait le cheval. Homais et M. Guillaumin causaient ensemble. On l'attendait.

—Embrassez-moi! dit l'apothicaire, les larmes aux yeux; voilà votre paletot, mon bon ami; prenez garde au froid! soignez-vous! ménagez-vous!

—Allons, Léon, en voiture! dit le notaire.

Homais se pencha sur le garde-crotte, et d'une voix entrecoupée par les sanglots, laissa tomber ces deux mots tristes: «Bon voyage!»

—Bonsoir, répondit M. Guillaumin. Lâchez tout!

Ils partirent, et Homais s'en retourna.

Mme Bovary avait ouvert sa fenêtre sur le jardin, et elle regardait les nuages.

Ils s'amoncelaient au couchant, du côté de Rouen, et roulaient vite leurs volutes noires, d'où dépassaient par derrière les grandes lignes du soleil, comme les flèches d'or d'un trophée suspendu, tandis que le reste du ciel vide avait la blancheur d'une porcelaine. Mais une rafale de vent fit se courber les peupliers, et tout à coup la pluie tomba; elle crépitait sur les feuilles 164vertes. Puis le soleil reparut, les poules chantèrent; des moineaux battaient des ailes dans les buissons humides, et les flaques d'eau sur le sable emportaient en s'écoulant les fleurs roses d'un acacia.

—Ah! qu'il doit être loin déjà! pensa-t-elle.

M. Homais, comme de coutume, vint à six heures et demie, pendant le dîner.

—Eh bien! dit-il en s'asseyant, nous avons donc tantôt embarqué notre jeune homme?

—Il paraît! répondit le médecin. Puis, se tournant sur sa chaise: Et quoi de neuf chez vous?

—Pas grand'chose. Ma femme seulement a été cette après-midi un peu émue. Vous savez, les femmes! un rien les trouble! la mienne surtout! Et l'on aurait tort de se révolter là contre, puisque leur organisation nerveuse est beaucoup plus malléable que la nôtre.

—Ce pauvre Léon! disait Charles, comment va-t-il vivre à Paris?... S'y accoutumera-t-il?

Mme Bovary soupira.

—Allons donc! dit le pharmacien en claquant de la langue, les parties fines chez le traiteur! les bals masqués! le champagne! tout cela va rouler, je vous assure!

—Je ne crois pas qu'il se dérange, objecta Bovary.

—Ni moi! reprit vivement M. Homais, quoiqu'il lui faudra pourtant suivre les autres, au risque de passer pour un jésuite. Et vous ne savez pas la vie que mènent ces farceurs-là, dans le quartier latin, avec les actrices! Du reste, les étudiants sont fort bien vus à Paris. Pour peu qu'ils aient quelque talent d'agrément, on les reçoit 165dans les meilleures sociétés, et il y a même des dames du faubourg Saint-Germain qui en deviennent amoureuses, ce qui leur fournit, par la suite, les occasions de faire de très beaux mariages.

—Mais, dit le médecin, j'ai peur pour lui... que là-bas...

—Vous avez raison, interrompit l'apothicaire, c'est le revers de la médaille! et l'on y est obligé continuellement d'avoir la main posée sur son gousset. Ainsi vous êtes dans un jardin public, je suppose: un quidam se présente, bien mis, décoré même, et qu'on prendrait pour un diplomate; il vous aborde; vous causez; il s'insinue, vous offre une prise ou vous ramasse votre chapeau. Puis on se lie davantage; il vous mène au café, il vous invite à venir dans sa maison de campagne, vous fait faire entre deux vins toutes sortes de connaissances, et les trois quarts du temps ce n'est que pour flibuster votre bourse ou vous entraîner en des démarches pernicieuses.

—C'est vrai, répondit Charles; mais je pensais surtout aux maladies, à la fièvre typhoïde, par exemple, qui attaque les étudiants de la province.

Emma tressaillit.

—A cause du changement de régime, continua le pharmacien, et de la perturbation qui en résulte dans l'économie générale. Et puis, l'eau de Paris, voyez-vous! les mets de restaurateur! toutes ces nourritures épicées finissent par vous échauffer le sang et ne valent pas, quoi qu'on en dise, un bon pot-au-feu. J'ai toujours, quant à moi, préféré la cuisine bourgeoise: 166c'est plus sain! Aussi, lorsque j'étudiais à Rouen la pharmacie, je m'étais mis en pension dans une pension; je mangeais avec les professeurs.

Et il continua donc à exposer ses opinions générales et ses sympathies personnelles, jusqu'au moment où Justin vint le chercher pour un lait de poule qu'il fallait faire.

—Pas un instant de répit! s'écria-t-il, toujours à la chaîne! Je ne peux sortir une minute! Il faut, comme un cheval de labour, être à suer sang et eau! Quel collier de misère!

Puis, quand il fut sur la porte:—A propos, dit-il, savez-vous la nouvelle?

—Quoi donc?

—C'est qu'il est fort probable, reprit Homais en dressant ses sourcils et en prenant une figure des plus sérieuses, que les comices agricoles de la Seine-Inférieure se tiendront cette année à Yonville-l'Abbaye. Le bruit du moins en circule. Ce matin, le journal en touchait quelque chose. Ce serait pour notre arrondissement de la dernière importance! Mais nous en causerons plus tard. J'y vois; je vous remercie; Justin a la lanterne.

 

二人は歩み寄った。彼は手を出した。彼女はためらった。

「ではイギリス式に」彼女は努めて笑おうとしながら、そういって手を委ねた。

レオンはその手を指の間に感じた。自分の全存在の実体さえもが、このしっとりとした掌のうちに集まってゆくように思われた。

それから彼は手を開いた。再び眼が合った。彼は姿を消した。

市場の軒下へ来ると、彼は立ち止まった。緑色の鎧戸よろいどの四枚あるあの白い家を、これが見おさめに見ておこうと、柱の影に身を隠した。窓のうしろ、部屋の中に人影の見えるような気がした。しかし窓掛けは独りでに外はずれたように留金とめがねをはずれ、長い斜めの襞ひだをゆっくり動かし、一時にさっと伸びて、すぐに垂れ下がった。まるで漆喰しつくいの壁のように動かずに。レオンは走り出した。

路上はるかに、主人の二輪馬車と、そのそばに粗布あらぬのの前垂れをした男が馬の口をとっているのが見えた。オメーとギョーマン氏は立ち話をしていた。待っていたのである。

「抱いてくれ、」と眼に涙を浮かべて薬屋が言った。「さあ、これは君の外套だぞ。風邪をひくなよ! 体を大事にするんだよ! 無理をせずにな!」

「さあレオン、乗るんだ!」と公証人が言った。

オメーは泥除けの上に身を屈め、泣きじゃくりながら、こんな悲しい言葉をもらした。

「無事になあ!」

「さよなら」とギョーマン氏は答えた。「そら、やれっ!」

彼らは発ち、オメーは引き返した。

 

 

ボヴァリー夫人は庭に面した窓を開いて、雲を見ていた。

雲は西の方、ルーアンの辺りに重畳ちようじようして、慌あわただしく黒渦を巻き、その渦の後ろからは、ちょうど壁に掲げた戦利品の金色の矢のような陽の光が燦々さんさんと射し出ていた。そして残りの虚うつろな空はまるで磁器のように白っぽい。そこへ、さっと一陣の突風が起こってポプラの樹々をたわめたと見ると、にわかに雨が降り出した。雨は青葉の上にばらばらと音を立てた。やがてまた陽がさした。雌鳥めんどりが鳴いた。すずめはしっとり濡れた灌木の茂みの中で羽ばたき、砂の上の水溜りは流れながらアカシアの紅花を運んで行った。

『ああ、もうずいぶん遠くへ行ったことだろう?』と彼女は思った。

オメー氏がいつものように、六時半、ちょうど夕食の最中に来た。

「さて」と彼は腰をおろしながら言った。「さっきあの青年を送ってやりましたよ!」

「そのようで!」と医者は答えた。

そして医者は椅子に掛けたまま体を回して、

「お宅には別に変わったことも?」

「たいしたことはありませんが、ただ家内が今日の昼はちょっと興奮しましてな。なにしろ女ってものはつまらんことにのぼせてしまう! それに家うちのはまた格別で! もっとも女の神経組織は男のよりもずっと脆もろいから、こりゃ逆らうほうが無理かもしれませんな」

「レオン君も可哀そうに!」とシャルルは言った。「パリでどんな暮らしをするでしょうな?……うまく慣れますかな?」

ボヴァリー夫人は溜息をついた。

「なにを!」と薬剤師は舌打ちしながら言った。「料理屋で散財! 仮装舞踏会? シャンパン酒! さだめし愉快なことでしょうよ。」

「あの男が堕落するとは思いませんな」とボヴァリーが反対した。

「わたしだって思いませんよ!」と急いでオメー氏は答えた。「猫被りと思われるがいやさに、たとえ他人のやるとおりにやるってことがありましてもね。それにそういう剽軽ひようきん者がラテン区で女優相手になにをやっとるか、ご存じありますまい! そのうえ、パリじゃ学生が持てましてな。少しでも芸があれば一流の社交界に入れてもらえる。貴族街フォブール・サン・ジェルマンのご婦人たちにはそういう手合いに惚れるのがいて、結局それがもとで、三国一の花嫁をもらうというようなことにもなるわけですな」

「しかし、」と医者が言った。「わたしがあの男に心配するのは……パリでは……」

「ごもっとも、」と薬屋は話を遮った。「悪いところもありますさ! パリでは寝ても覚めてもポケットを押さえていなくちゃなりません。たとえてみれば、仮りに先生、貴方が公園にいらっしゃるとしますな。そこへ風采のよい、勲章までつけた、外交官かと思うような男が現われる、近寄ってくる、話を交す。先方は巧みに取り入って、嗅ぎ煙草の一服も勧めたり、帽子を拾ってくれたりします。それからいよいよ懇意になりますな。カフェへ伴れてってくれる、田舎の別荘へ来てくれと誘う、ほろ酔い機嫌でいろんな人に紹介してくれる、ところがそいつは十中の八九まで、財布を掠めるためか、それとも良からぬ仕事に引きずり込むためなんですよ」

「全くです」とシャルルは答えた。「しかしわたしの考えていたのは特に病気のこと、たとえば地方出の学生がよくやられる腸チフスなんかですね」

エンマは身震いした。

「食べ物の変わるのと、その結果、全体の調子が狂うためですな」と薬剤師は続けた。「それにパリの水ときたら? 料理屋の料理、ああいう香料のきいたものばかり食っていると、しまいには血圧が高くなる。なんといったって美味い手製の肉スープには敵かないませんや。わたしなんぞは昔から家庭料理党です。その方がよいですな! だからルーアンで薬学を勉強していた頃は、ある下宿に下宿して、先生がたと一緒に食事をしたもんです」

こうして彼は、自分の意見や好き嫌いを立て続けに述べた。とうとうジュスタンが滋養飲料のエッグ・フリップをこしらえねばならないからと呼びに来る始末だった。

「休んでいる暇もない!」とオメーはどなった。「いつも鎖につながれどおしだ! 一分間も外へは出られない! 田んぼの馬みたいに汗水垂らして働かにゃならん! 全く苦役くえきだ!」

そして戸口のところへ行くと、

「ときに、あのニュースはご存じですか?」と言った。

「いったい、なんです?」

「というのが、どうやら」とオメーは眉をつり上げ、真顔になって言った。「下しもセーヌ県の農事共進会が今年はこのヨンヴィル・ラベーで開かれるらしいのです。少なくともそういう噂がたっている。今朝新聞にもちょっと出ていましたが、もしそうなら、わが郡にとってはこの上もない重大事です? しかしこの話はまたいずれしましょう。いや結構、よく見えます。ジュスタンが提燈を持っております」

VII

 

Le lendemain fut, pour Emma, une journée funèbre. Tout lui parut enveloppé par une atmosphère noire qui flottait confusément sur l'extérieur des choses; et le chagrin s'engouffrait dans son âme avec des hurlements doux, comme fait le vent d'hiver dans les châteaux abandonnés. C'était cette rêverie que l'on a sur ce qui ne reviendra plus, la lassitude qui vous prend après chaque fait accompli, cette douleur enfin que vous apportent l'interruption de tout mouvement accoutumé, la cessation brusque d'une vibration prolongée.

Comme au retour de la Vaubyessard, quand les quadrilles tourbillonnaient dans sa tête, elle avait une mélancolie morne, un désespoir engourdi. Léon réapparaissait plus grand, plus beau, plus suave, plus vague; il était nombreux comme une foule, plein de luxe lui-même et d'irritations. Mais au souvenir de la vaisselle d'argent et des couteaux de nacre, elle n'avait pas tressailli si fort qu'en se rappelant le rire de sa voix et la rangée de ses dents blanches. Des conversations lui revenaient à la mémoire, plus mélodieuses et pénétrantes que le chant des flûtes et que l'accord des cuivres; les regards qu'elle avait surpris lançaient des feux, comme les girandoles de cristal, et l'odeur de sa chevelure et la douceur de son haleine lui faisaient 168se gonfler la poitrine mieux qu'à la bouffée des serres chaudes et qu'au parfum des magnolias. Quoiqu'il fût séparé d'elle, il ne l'avait pas quittée; il était là, et les murailles de la maison semblaient garder son ombre. Elle ne pouvait détacher sa vue de ce tapis où il avait marché, de ces meubles vides où il s'était assis. La rivière coulait toujours et poussait lentement ses petits flots le long de la berge glissante. Ils s'y étaient promenés bien des fois, à ce même murmure des ondes, sur les cailloux couverts de mousse. Quels bons soleils ils avaient eus! quelles bonnes après-midi, seuls, à l'ombre, dans le fond du jardin! Il lisait tout haut, tête nue, posé sur un tabouret de bâtons secs; le vent frais de la prairie faisait trembler les pages du livre et les capucines de la tonnelle... Ah! il était parti, le seul charme de sa vie, le seul espoir possible d'une félicité! Comment n'avait-elle pas saisi ce bonheur-là quand il se présentait? Pourquoi ne l'avoir pas retenu à deux mains, à deux genoux, quand il voulait s'enfuir? Et elle se maudit de n'avoir pas aimé Léon; elle eut soif de ses lèvres. L'envie la prit de courir le rejoindre, de se jeter dans ses bras, de lui dire: «C'est moi! je suis à toi!» Mais Emma s'embarrassait d'avance aux difficultés de l'entreprise, et ses désirs, s'augmentant d'un regret, n'en devenaient pas plus actifs.

Dès lors ce souvenir de Léon fut comme le centre de son ennui; il y pétillait plus fort que dans un steppe de Russie un feu de voyageurs abandonné sur la neige; elle se précipitait vers lui, elle se blottissait contre; elle remuait délicatement ce foyer près de 169s'éteindre, elle allait cherchant tout autour d'elle ce qui pouvait l'aviver davantage;—et les réminiscences les plus lointaines comme les plus immédiates occasions, ce qu'elle éprouvait avec ce qu'elle imaginait, ses envies de volupté qui se dispersaient, ses projets de bonheur qui craquaient au vent comme des branchages morts, sa vertu stérile, ses espérances tombées, la litière domestique, elle ramassait tout, prenait tout, et faisait servir tout à réchauffer sa tristesse.

Cependant les flammes s'apaisèrent, soit que la provision d'elle-même s'épuisât, ou que l'entassement fût trop considérable. L'amour, peu à peu, s'éteignit par l'absence; le regret s'étouffa sous l'habitude; et cette lueur d'incendie qui empourprait son ciel pâle se couvrit de plus d'ombre et s'effaça par degrés. Dans l'assoupissement de sa conscience, elle prit même les répugnances du mari pour des aspirations vers l'amant, les brûlures de la haine pour des réchauffements de la tendresse; mais comme l'ouragan soufflait toujours, et que la passion se consuma jusqu'aux cendres, et qu'aucun secours ne vint, qu'aucun soleil ne parut, il fut de tous côtés nuit complète, et elle demeura perdue dans un froid horrible qui la traversait.

Alors les mauvais jours de Tostes recommencèrent. Elle s'estimait à présent beaucoup plus malheureuse, car elle avait l'expérience du chagrin, avec la certitude qu'il ne finirait pas.

Une femme qui s'était imposé de si grands sacrifices pouvait bien se passer des fantaisies. Elle s'acheta un prie-Dieu gothique, et elle dépensa en un 170mois pour quatorze francs de citrons à se nettoyer les ongles; elle écrivit à Rouen, afin d'avoir une robe en cachemire bleu; elle choisit chez L'Heureux la plus belle de ses écharpes; elle se la nouait à la taille, par-dessus sa robe de chambre; et, les volets fermés, avec un livre à la main, elle restait étendue sur un canapé dans cet accoutrement.

Souvent elle variait sa coiffure: elle se mettait à la chinoise, en boucles molles, en nattes tressées; elle se fit une raie sur le côté de la tête et roula ses cheveux en dessous, comme un homme.

Elle voulut apprendre l'italien: elle acheta des dictionnaires, une grammaire, une provision de papier blanc. Elle essaya des lectures sérieuses, de l'histoire et de la philosophie. La nuit, quelquefois, Charles se réveillait en sursaut, croyant qu'on venait le chercher pour un malade:—J'y vais, balbutiait-il; et c'était le bruit d'une allumette qu'Emma frottait, afin de rallumer la lampe. Mais il en était de ses lectures comme de ses tapisseries qui, toutes commencées, encombraient son armoire: elle les prenait, les quittait, passait à d'autres.

Elle avait des accès où on l'eût poussée facilement à des extravagances. Elle soutint un jour, contre son mari, qu'elle boirait bien un grand demi-verre d'eau-de-vie, et comme Charles eut la bêtise de l'en défier, elle avala l'eau-de-vie jusqu'au bout.

Malgré ses airs évaporés (c'était le mot des bourgeoises d'Yonville), Emma pourtant ne paraissait pas joyeuse, et d'habitude elle gardait aux coins de la 171bouche cette immobile contraction qui plisse la figure des vieilles filles et celle des ambitieux déchus. Elle était pâle partout, blanche comme un linge; la peau du nez se tirait vers les narines, ses yeux vous regardaient d'une manière vague. Pour s'être découvert trois cheveux gris sur les tempes, elle parla beaucoup de sa vieillesse. Souvent des défaillances la prenaient. Un jour même elle eut un crachement de sang, et comme Charles s'empressait, laissant apercevoir son inquiétude:

—Ah! bah! répondit-elle, qu'est-ce que cela fait?

Charles s'alla réfugier dans son cabinet; et il pleura, les deux coudes sur la table, assis dans son fauteuil de bureau, sous la tête phrénologique.

Alors il écrivit à sa mère pour la prier de venir et ils eurent ensemble de longues conférences au sujet d'Emma.

A quoi se résoudre? que faire, puisqu'elle se refusait à tout traitement?

—Sais-tu ce qu'il faudrait à ta femme? reprenait la mère Bovary, ce seraient des occupations forcées, des ouvrages manuels! Si elle était, comme tant d'autres, contrainte à gagner son pain, elle n'aurait pas ces vapeurs-là, qui lui viennent d'un tas d'idées qu'elle se fourre dans la tête, et du désœuvrement où elle vit.

—Pourtant, elle s'occupe, disait Charles.

—Ah! elle s'occupe! A quoi donc? A lire des romans, de mauvais livres, des ouvrages qui sont contre la religion et dans lesquels on se moque des prêtres par des discours tirés de Voltaire. Mais tout cela va 172loin, mon pauvre enfant, et quelqu'un qui n'a pas de religion finit toujours par tourner mal.

Donc il fut résolu que l'on empêcherait Emma de lire des romans. L'entreprise ne semblait point facile. La bonne dame s'en chargea: elle devait, quand elle passerait par Rouen, aller en personne chez le loueur de livres et lui représenter qu'Emma cessait ses abonnements. N'aurait-on pas le droit d'avertir la police, si le libraire persistait quand même dans son métier d'empoisonneur?

Les adieux de la belle-mère et de la bru furent secs. Pendant les trois semaines qu'elles étaient restées ensemble, elles n'avaient pas échangé quatre paroles, à part les informations et compliments quand elles se rencontraient à table, et le soir avant de se mettre au lit.

Mme Bovary mère partit un mercredi, qui était jour de marché à Yonville.

 

その翌日はエンマには悲しい一日であった。いろんな物の表面にぼんやり漂っている陰鬱な雰囲気にすべては包まれているかと見えた。そして哀愁は古城に吹き入る木枯こがらしのように、低く唸うなりながら、彼女の心に吹き入った。それは二度と帰らぬものを追う夢であり、事終わって後に人を襲う倦怠であり、いわば、すべての習慣的な動きの途絶えたとき、長く引く振動の停止したときに起こるあの苦痛であった。

ヴォビエサールからの帰途、カドリーユが頭の中に渦巻いていたときのように、彼女は陰鬱な憂愁、痺れるような絶望を感じていた。レオンの姿がいっそう大きく、いっそう美しく、いっそう優雅に、いっそう漠然と浮かんできた。レオンは彼女から引き離されてはいても、彼女のもとを去ったのではなかった。彼はそこにいたのだ。家の壁は俤おもかげをとどめているかと思われた。レオンが歩いた敷物や、かつては彼が座り今は座る主もない腰掛けから、彼女は眼を離すことができなかった。川は依然として流れ、滑らかな堤に沿ってゆるやかに小波を立てている。二人はその堤を、むした小石の上を流れる川波の、相も変わらぬ囁ささやきを聞きながら、幾度となく散歩したのだ。なんという快い陽の光を浴びたことだろう? なんという楽しい午後を過ごしたことであろう、庭の奥の樹陰に二人きりで! 彼は声高く本を読んでくれた、帽子も被らず、棒切れを組み合せた床几しようぎに腰を掛けて。牧場の涼風が本のページや青葉棚の金蓮花きんれんかを震わせていた……ああ、あの人は行ってしまった、わたしの生活のただ一つの楽しみ、幸福へのたった一つきりの希望の彼が! どうして自分はその幸福が現われたときに把えなかったのか! 幸福が逃れ去ろうとしたとき、なぜ両手で、両膝で引き止めなかったのか? こうして彼女はレオンを愛しなかったことを悔い、レオンの唇に飢かつえた。彼のところへ駆けつけ、腕の間に身を投げかけ、『わたしです、わたしはあなたのものです!』と言いたい欲望に襲われた。しかしエンマは実行しない先から、この企てのいろんな困難に思い惑った。そうして彼女の欲望は、後悔のためにさらに大きくなりながら、いよいよ激しくなるばかりであった。

それからというもの、レオンの追憶は彼女の哀愁のいわば中心となった。それはロシアのステップの雪の上に旅人の見棄てて行った焚火たきびよりもさかんに哀愁の中で音立てて燃えた。彼女は慌ただしくその追憶に駆けより、間近にうずくまり、消えようとする火をそっと掻き立て、自分の周りに火勢を強めるものを探し求めた。そうして、遠い遠い思い出をもごく手近な機会と同じように、実感をも空想と同じように、それから四散する逸楽の欲望をも、枯れ枝のように風に折れる幸福の目論見もくろみをも、今は甲斐ない貞操をも、破れた希望も家庭の臥所ふしどをも、彼女はこれらすべてを寄せ集め、すべてを手にとり、そしてこれらことごとくを憂愁を温めなおすのに役立てた。

ところで、燃料が自然に絶えたためか、それともまた積んだ薪が多すぎたためか、火炎は落ちた。恋は相手のないために徐々に消え、悔いは習慣に押されてしまった。そして彼女の蒼白の天空そらを緋色ひいろに染めていた火事の明かりはいよいよ暗色に覆われ、次第に消えていった。彼女はまどろむ意識の中で、夫に対する嫌悪をさえ恋人への熱情と思い誤り、焼けつくような憎悪を愛情の暖かさと取り違えた。しかし台風は相も変わらず吹きすさび、情熱は燃えつきて灰となり、しかも救援の手は伸べられず、陽は現われなかったので、四辺は暗澹あんたんたる闇となり、彼女は身をつんざく酷寒の中で途方に暮れたのである。

そこでトスト時代の不幸な日がまた始まったわけだが、今の彼女はもっともっと不幸なように考えた。というのは、彼女にはもはや悲しみの経験があり、しかもその悲しみの終わらぬことを確信していたからだ。

これほど大きい犠牲を押しつけられた女なら、少しぐらいの勝手気ままはよいはずだ。そこで、ゴチック風の祈禱台を買い込み、爪掃除のために一ヶ月にレモン代十四フランも使い、ルーアンへ手紙を出して青いカシミヤ織の化粧着を誂あつらえ、ルーウルウの店にある一番立派なスカーフを選んで、それを部屋着の上の帯にした。そうして鎧戸よろいどを閉め、本を手にもち、こうした異様な身装みなりで長椅子カナペにじっと寝そべっていた。

髪の結い方をよく変えた。支那風に、巻き毛をのばして編んでお下げにしていたかと思うと、今度は男のように横から分けて撫でつけた。

イタリア語を覚えようとした。辞書や文法書や紙を買い込んだ。歴史や哲学など堅いものを読もうとした。夜中、シャルルは病家から呼びに来たのだと思い、時どきはっと眼をして、

「参ります」と口のなかで言うことがあった。

しかしそれはエンマがランプを点けるために擦るマッチの音であった。しかし彼女の読書はちょうど、やりかけてはみんな戸棚にごっちゃに詰め込んである綴織つづれおりと同じであった。読みかじっては止してほかへ移った。

時どき発作が起こったが、そんなおりにはどんな無茶でもやりかねなかった。ある日など、シャルルの言うのも聞かずに、火酒を半杯ぐらいは飲んでみせると言い張った。シャルルが飲めるものなら飲んでみろと下らぬことを言ったので、すっかり飲んでしまった。

様子こそ、ヨンヴィルの奥様連の言い草ではないが、うわずってはいても、エンマはいっこう陽気そうには見えず、オールド・ミスや失意の野心家の顔に見られる、あの動かぬ痙攣ひきつりをいつも口もとに浮かべていた。どこにも血の気がなく敷布シーツのように白かった。鼻の皮膚は鼻孔のほうへ引きつれ、人を見る眼付きもぼんやりしていた。鬢びんに白髪が三本見つかると、エンマは自分も老けたと言った。

始終卒倒した。ある日など喀血したことがあった。シャルルが心配そうにそわそわするので、

「下らない! こんなことくらいなんです」と彼女は答えた。

シャルルは診察室へ逃げ込み、事務椅子に腰を掛け、机に両肘をつき、骨相学用の例の髑髏の下で泣いた。

そこで彼は母親に手紙を書いて来てもらった。そして二人でエンマのことをいろいろと相談してみた。

エンマがどんな治療を拒む以上、結局どう腹を決めるか、どうしたらよいか?

「お前の嫁にはどうするのがよいかご存じかい?」とボヴァリーの母親は言葉をついだ。「いやでも働くんだね、手仕事をするんだね! 世間にたんとある人のように、その日のおまんまを稼がなきゃならない身分なら、あんな気病きやみは起こりっこないさ。あれはいろんな考えが頭の中につまっているのと、のらくら暮らしているせいなんだよ」

「でも、あれは忙しくしていますよ」とシャルルは言った。

「へえ、忙しくねえ! いったいなんにだね! 小説本だの、ろくでもない本を読むのにだろう。ご宗門を謗そしったり、ヴォルテールの議論を引っぱり出してお坊さまを愚弄したりする本をさ。ほんとにお前、こんなことは序の口だよ。信心のない者はしまいにはろくなことはありゃしない。」

そこでエンマから小説本を取り上げることに決まった。しかしこれはそう簡単にはゆきそうもなかった。老夫人がその役を買って出た。ルーアンを通るついでに、老夫人自ら貸本屋へ寄って、エンマが予約をやめたと断ることになった。もし本屋が飽くまでも人を惑わすような商売を続けるなら、こっちはこっちで警察に訴える権利がないわけではないのだ。

嫁と姑しゆうとめの別れには味もそっけもなかった。一緒に暮らした三週間というもの、食卓で顔を合わすときと晩寝る前に機嫌をきいたり挨拶をしたりするほかはほとんど言葉も交さなかった。

ボヴァリーの母親は水曜日に出発した。ヨンヴィルに市いちの立つ日であった。

 

 

La Place, dès le matin, était encombrée par une file de charrettes qui, toutes à cul et les brancards en l'air, s'étendaient le long des maisons, depuis l'église jusqu'à l'auberge.

De l'autre côté, il y avait des baraques de toile où l'on vendait des cotonnades, des couvertures et des bas de laine, avec des licous pour les chevaux et des paquets de rubans bleus, qui, par le bout, s'envolaient au vent. De la grosse quincaillerie s'étalait par terre, entre les pyramides d'œufs et les bannettes de fromages, d'où sortaient des pailles gluantes; près des machines à blé, des poules qui gloussaient dans des 173cages plates passaient leur cou par les barreaux. La foule, s'encombrant au même endroit sans en vouloir bouger, menaçait quelquefois de rompre la devanture de la pharmacie. Les mercredis, elle ne désemplissait pas, et l'on s'y poussait moins pour acheter des médicaments que pour prendre des consultations, tant était fameuse la réputation du sieur Homais dans les villages circonvoisins. Son robuste aplomb avait fasciné les campagnards. Ils le regardaient comme un plus grand médecin que tous les médecins.

Emma était accoudée à sa fenêtre (elle s'y mettait souvent; la fenêtre, en province, remplace les théâtres et la promenade), et elle s'amusait à considérer la cohue des rustres, lorsqu'elle aperçut un monsieur vêtu d'une redingote de velours vert. Il était ganté de gants jaunes, quoiqu'il fût chaussé de fortes guêtres, et il se dirigeait vers la maison du médecin, suivi d'un paysan marchant la tête basse, d'un air tout réfléchi.

—Puis-je voir Monsieur? demanda-t-il à Justin qui causait sur le seuil avec Félicité; et le prenant pour le domestique de la maison:—Dites-lui que M. Rodolphe Boulanger, de la Huchette, est là.

Ce n'était point par vanité territoriale que le nouvel arrivant avait ajouté à son nom la particule, mais afin de se faire mieux connaître. La Huchette, en effet, était un domaine près d'Yonville, dont il venait d'acquérir le château, avec deux fermes qu'il cultivait lui-même, sans trop se gêner cependant. Il vivait en garçon et passait pour avoir au moins quinze mille livres de rente!

174

Charles entra dans la salle. M. Boulanger lui présenta son homme, qui voulait être saigné, parce qu'il éprouvait des fourmis le long du corps.

—Ça me purgera, objectait-il à tous les raisonnements.

Bovary commanda donc d'apporter une bande et une cuvette, et pria Justin de la soutenir. Puis, s'adressant au villageois déjà blême:

—N'ayez point peur, mon brave!

—Non, non, répondit l'autre, marchez toujours!

Et, d'un air fanfaron, il tendit son gros bras. Sous la piqûre de la lancette, le sang jaillit et alla s'éclabousser contre la glace.

—Approche le vase! exclama Charles.

—Guette! disait le paysan, on jurerait une petite fontaine qui coule! Comme j'ai le sang rouge! ce doit être bon signe, n'est-ce pas?

—Quelquefois, reprit l'officier de santé, l'on n'éprouve rien au commencement, puis la syncope se déclare, et plus particulièrement chez les gens bien constitués, comme celui-ci.

Le campagnard, à ces mots, lâcha l'étui qu'il tournait entre ses doigts. Une saccade de ses épaules fit craquer le dossier de la chaise. Son chapeau tomba.

—Je m'en doutais, dit Bovary, en appliquant son doigt sur la veine.

La cuvette commençait à trembler aux mains de Justin; ses genoux chancelèrent; il devint pâle.

—Ma femme! ma femme! appela Charles.

D'un bond, elle descendit l'escalier.

175

—Du vinaigre! cria-t-il. Ah! mon Dieu! deux à la fois!

Et, dans son émotion, il avait peine à poser la compresse.

—Ce n'est rien, disait tout tranquillement M. Boulanger, tandis qu'il prenait Justin entre ses bras.

 

広場は朝から荷車の列で混雑していた。荷車はみんな尻を地につけ、轅ながえを上へあげて、教会堂から宿屋まで家並みに沿って続いていた。向かい側にはテント張りの小屋掛けがあって、木綿物や掛け布団、毛織りの靴下、さては馬の面繋おもがいや青いリボンの束を売っていた。リボンの端は風にひらめいていた。嵩張かさばった金物類が、ピラミッド形なりに積んだ鶏卵とチーズ籠かごの間の、地面一ぱいにひろげてあった。チーズ籠からは粘々ねばねばした藁わらすべが突き出ている。麦扱むぎこきのそばには雌鳥が鳴きながら、平籠の目の間から顔を突き出している。群衆は一つ所に雑鬧ざつとうして動こうともせず、ときおり薬屋の店先をぶち壊さんばかりにする。水曜日というと、いつも薬屋の店は空すくひまがなかったのだ。薬を買うよりは診察を受けにみなが押しあいへしあい詰めかけるのだった。オメー先生の名はそれほど近在に高い。オメーの据わった腹が田舎者の眼をすっかり眩ましたのである。誰もかもが彼をどんな医者よりも偉い者だと思っていた。

エンマは窓辺に肘を突いていた(彼女はよくそこへ来て座った。田舎では窓は劇場や散歩道の代わりをする)。そして田舎者の群を面白そうに眺めていた。すると緑色の天鵞絨びろうどのフロックを着た紳士がふと眼についた。紳士は頑丈なゲートルを穿いているのに、手には黄色い手袋をはめている。そして百姓をひとり従えて医者の家に向かって来る。百姓は思いあまったように頭垂うなだれて歩いている。

「先生にお目にかかれますかな?」と紳士は、敷居のところでフェリシテと話しこんでいたジュスタンに訊いた。

それから、ジュスタンをここの雇人と思い込んで、

「ユシェット荘のロドルフ・ブーランジェが来たといって下さい」

この新来者が名前の上に何々荘のと付けたのは、なにも所有地を鼻にかけてのことではなく、よくわかってもらうためだった。いかにもユシェットというのはヨンヴィル近くの地所の名で、この男は近頃そこの館と二つの農場を手に入れたのであった。そしてこの農場のほうは、あまり手を取られない程度に自分で耕していた。やもめ暮らしで、『年収は少なくみて一万五千フラン』はあるという噂であった。

シャルルは広間へ入って来た。ブーランジェ氏は下男を紹介した。この男は『身体中が蟻が這うようにむずむず』するので、悪血を取ってほしいと言うのであった。なんと言い聞かしても当人は、

「そうしてもらうと血が薄まります」と言い張った。

そこでボヴァリーは包帯と水盤をとり寄せ、ジュスタンに頼んで水盤を持たせた。それから、もう真っ青になっている田舎者に向かって、

「君、恐がることはないよ」

「なあに、ぐんぐん願いますだ!」と相手は答えた。

そして男は虚勢を張って、太い腕を突き出した。ランセットを刺すと、血が走って姿見の面おもてにさっとかかった。

「水盤をもっと寄せて!」とシャルルは叫んだ。

「わあっ! まるで噴水だ! なんてまあ俺の血は赤あけえんだろ! こりゃきっと良ええ徴しるしでがしょうな」

「時によると、」と免許医は言った。「初めはなんのこともなくて、後から人事不省になることがある。殊にこういう体格のよい者はそうですな」

田舎者はこれを聞くと、指でいじくっていたランセット・ケースを放した。肩が急に痙攣けいれんして椅子の背がキキと回った。帽子が落ちた。

「こんなことかと思った」とボヴァリーは静脈に指を当てがった。

水盤を持っているジュスタンの手が震え出した。膝ががくがくした。顔が真っ青になった。

「エンマ! エンマ!」とシャルルが呼んだ。

彼女は一足飛びに階段を降りた。

「酢だ!」とシャルルは叫んだ。「ああ困った、一度に二人も!」

彼は慌てて、なかなかガーゼを当てることができない。

「別条ありませんよ」とブーランジェ氏はジュスタンを抱えて悠々と言う。

 

 

Et il l'assit sur la table, lui appuyant le dos contre la muraille.

Mme Bovary se mit à lui retirer sa cravate. Il y avait un nœud aux cordons de la chemise; elle resta quelques minutes à remuer ses doigts légers dans le cou du jeune garçon; ensuite elle versa du vinaigre sur son mouchoir de batiste; elle lui en mouillait les tempes à petits coups et elle soufflait dessus, délicatement.

Le charretier se réveilla; mais la syncope de Justin durait encore, et ses prunelles disparaissaient dans leur sclérotique pâle, comme des fleurs bleues dans du lait.

—Il faudrait, dit Charles, lui cacher cela.

Mme Bovary prit la cuvette. Pour la mettre sous la table, dans le mouvement qu'elle fit en s'inclinant, sa robe (c'était une robe d'été à quatre volants, de couleur jaune, longue de taille, large de jupe), sa robe s'évasa autour d'elle sur les carreaux de la salle;—et comme Emma, baissée, chancelait un peu, en écartant les bras, le gonflement de l'étoffe se crevait de place en place, selon les inflexions de son corsage. Ensuite elle alla prendre une carafe d'eau, et elle faisait fondre des morceaux de sucre lorsque le pharmacien arriva. La servante l'avait été chercher dans l'algarade; en 176apercevant son élève les yeux ouverts, il reprit haleine; puis, tournant autour de lui, il le regardait de haut en bas.

—Sot! disait-il; petit sot, vraiment! sot en trois lettres! Grand'chose, après tout, qu'une phlébotomie! et un gaillard qui n'a peur de rien! une espèce d'écureuil, tel que vous le voyez, qui monte locher des noix à des hauteurs vertigineuses! Ah! oui, parle, vante-toi! voilà de belles dispositions à exercer plus tard la pharmacie! Car tu peux te trouver appelé en des circonstances graves par-devant les tribunaux, afin d'y éclairer la conscience des magistrats; et il faudra pourtant garder son sang-froid, raisonner, se montrer homme, ou bien passer pour un imbécile!

Justin ne répondait pas. L'apothicaire continuait:

—Qui t'a prié de venir? Tu importunes toujours Monsieur et Madame! Les mercredis, d'ailleurs, ta présence m'est plus indispensable! Il y a maintenant vingt personnes à la maison! J'ai tout quitté à cause de l'intérêt que je te porte! Allons, va-t'en! cours! attends-moi, et surveille les bocaux.

Quand Justin, qui se rhabillait, fut parti, l'on causa quelque peu des évanouissements. Mme Bovary n'en avait jamais eu.

—C'est extraordinaire pour une dame! dit M. Boulanger. Du reste, il y a des gens bien délicats. Ainsi j'ai vu, dans une rencontre, un témoin perdre connaissance rien qu'au bruit des pistolets que l'on chargeait.

Elle leva vers lui des yeux tout pleins d'admiration.

177

—Moi, dit l'apothicaire, la vue du sang des autres ne me fait rien du tout; mais l'idée seulement du mien qui coule suffirait à me causer des défaillances, si j'y réfléchissais trop.

Cependant M. Boulanger congédia son domestique, en l'engageant à se tranquilliser l'esprit, puisque sa fantaisie était passée.—Elle m'a procuré l'avantage de votre connaissance, ajouta-t-il. Et il regarda Emma durant cette phrase.

Puis il déposa trois francs sur le coin de la table, salua négligemment et s'en alla.

Il fut bientôt de l'autre côté de la rivière (c'était son chemin pour s'en retourner à la Huchette), et Emma l'aperçut dans la prairie, qui marchait sous les peupliers, se ralentissant de temps à autre, comme quelqu'un qui réfléchit.

—Elle est fort gentille! se disait-il; elle est fort gentille, cette femme du médecin! De belles dents, les yeux noirs, le pied coquet, et de la tournure comme une Parisienne! D'où diable sort-elle? Où donc l'a-t-il trouvée, ce gros garçon-là?

M. Rodolphe Boulanger avait trente-quatre ans; il était de tempérament brutal et d'intelligence perspicace, ayant d'ailleurs beaucoup fréquenté les femmes et s'y connaissant bien. Celle-là lui avait paru jolie; il y rêvait donc, et à son mari.

—Je le crois très bête. Elle en est fatiguée sans doute. Quel rustre! il porte des ongles sales et une barbe de trois jours. Tandis qu'il trottine à ses malades, elle reste à ravauder des chaussettes! Et on s'ennuie! 178on voudrait habiter la ville, danser la polka tous les soirs! Pauvre petite femme! Ça bâille après l'amour, comme une carpe après l'eau, sur une table de cuisine. Avec trois mots de galanterie, cela vous adorerait, j'en suis sûr! ce serait tendre! charmant! Oui, mais comment s'en débarrasser ensuite?

Alors les encombrements du plaisir, entrevus en perspective, le firent par contraste songer à sa maîtresse. C'était une comédienne de Rouen, qu'il entretenait; et quand il se fut arrêté sur cette image, dont il avait, en souvenir même, des rassasiements:—Ah! Mme Bovary, pensa-t-il, est bien plus jolie qu'elle, plus fraîche surtout! Virginie, décidément, commence à devenir trop grosse! Elle est si fastidieuse avec ses joies! Et d'ailleurs, quelle manie de salicoques!

La campagne était déserte, et Rodolphe n'entendait autour de lui que le battement régulier des herbes qui fouettaient sa chaussure, avec le cri des grillons tapis au loin sous les avoines; il revoyait Emma dans la salle, habillée comme il l'avait vue, et il la déshabillait.

—Oh! je l'aurai! s'écria-t-il, en écrasant d'un coup de bâton une motte de terre devant lui. Et aussitôt, il examina la partie politique de l'entreprise. Il se demandait:—Où se rencontrer? par quel moyen? On aura continuellement le marmot sur les épaules, et la bonne, les voisins, le mari, toutes sortes de tracasseries considérables!—Ah! bah! dit-il, on y perd trop de temps! Puis il recommença:—C'est qu'elle a des yeux qui vous entrent au cœur comme des vrilles! Et ce teint pâle!... Moi qui adore les femmes pâles!

179

Au haut de la côte d'Argueil, sa résolution était prise.Il n'y a plus qu'à chercher les occasions. Eh bien! j'y passerai quelquefois, je leur enverrai du gibier, de la volaille! je me ferai saigner s'il le faut; nous deviendrons amis, je les inviterai chez moi... Ah! parbleu! ajouta-t-il, voilà les comices bientôt; elle y sera, je la verrai. Nous commencerons, et hardiment, car c'est le plus sûr!

 

そしてジュスタンをテーブルに座らせ、背中を壁にもたせかけた。

ボヴァリー夫人はジュスタンのネクタイを解き始めた。シャツの紐が堅かた結びになっていた。彼女はしばらく小僧の首筋の中でよく動く指を動かしていた。それから白麻上布バティストのハンカチに酢をたらし、それで顳顬こめかみを湿しめし、その上にそっと息を吹きかけた。

荷車挽きのほうは正気づいたが、ジュスタンの人事不省はまだ続いていた。彼の瞳はちょうどミルクの中の青い花のように、色のわるい白眼の中に沈んでいった。

「それを隠さなきゃ」とシャルルが言った。

ボヴァリー夫人は水盤をとり上げ、テーブルの下に置こうとして身を屈めるとたんに、彼女のドレスは(丈が長くスカートが広く、裾襞すそひだの四つある黄色い夏のドレスであったが)、そのドレスは広間の石畳の上でぱっと彼女の周りに広がった。——そしてエンマが腰を屈め、両腕を突き出したまま、よろよろっとすると、今までゆったりしていたドレスの地はコルセットの曲線どおりに、所どころはちきれんばかりになった。それからエンマは水差しを取りに行った。そうして砂糖の塊を溶かしているところへ、薬屋がやって来た。客の殺到している店へ、前に女中が呼びに行っていたのである。自分の弟子が眼を開いているのを見ると、オメーはほっとした。それから弟子の周りを回りながら、頭から足の爪先まで見おろして、

「間抜けめ!」と言った。「間抜けの間抜けの大間抜けめ! なんだ、高の知れた刺絡しらくじゃないか! なにも恐わいものなしの男のくせに! みなさん、これでいて、こいつはまるでリスみたいな奴で、眼の回るほど高いところへ登って、胡桃を振り落とします。よおし! 文句があるなら言ってみろ! 威張るなら威張ってみろ! そんなど性根でゆくゆく薬屋がやっていけるか。重大事件で法廷へ呼び出され、裁判官に申し開きをせねばならぬようなことがないとも限らぬ。ところが、そういうときは、少しも慌てず、道理を述べて、立派に男を立てるのだ、さもなきゃばかにされてしまうんだぞ」

ジュスタンは答えなかった。薬屋はなおも続けて、

「誰がここへ来いと頼んだ? 先生や奥様のお邪魔ばかりしやがって! そのうえ水曜という日は、お前にいてもらわねば困るのだ。今も家には二十人も客がいる。わしはお前のためを思えばこそ、なにもかも捨ててきたんだぞ! さあ行った! 早く! わしの帰るまでじっと薬瓶の番でもしろ!」

ジュスタンが振りを直して出ていったあと、しばらくは気絶の話になった。ボヴァリー夫人は、一度もしたことがないとのこと。

「それはご婦人には珍らしいですね!」とブーランジェ氏が言った。「もっともずいぶん気の弱い人もあるもので、現に決闘のとき、ピストルに弾丸を込める音を聞いただけで、気を失った立会人を見たことがありますよ」

「わたしなんかは」と薬屋が言った。「他人ひとの血を見るぐらいは、いっこう平気なんですが、自分のは、出ると思っただけで、どうも気が遠くなりそうで、まあ、あんまり思いつめますとな」

その間にブーランジェ氏は下男に、お前の気まぐれな願いもかなったのだから、安心せよと言い含めて、帰し、

「あれの気まぐれのお陰で、こちら様とお近付きになれました」と付け加えた。

そして、そう言いながら、じっとエンマを見つめていた。

やがてテーブルの隅に三フラン置き、あっさり一礼して立ち去った。

彼はまもなく川の向こう岸へ渡った(それがユシェット荘へ帰る道筋なので)。エンマは彼が牧場のポプラの下を、なにか考えごとでもするように時どき足を緩めながら歩いて行く姿を見た。

『可愛い女だ!』と彼は考えた。『本当に可愛い女だ、あの医者の細君は! 美しい、黒い眼、艶なまめかしい足、それにパリ女そっくりの身のこなし方だ。どういう素性の女だろう。あの太っちょめ、いったいどこからあんなのを掘り出してきたんだろう?』

ロドルフ・ブーランジェ氏は三十四だった。気性が荒くて頭が鋭敏、おまけに女から女へと渡り歩いてきたので、その道ではひとかどの者だった。彼にはエンマという女が美人に見えた。そこでこの女のこと、それからその夫のことを考えた。

『あの男はだいぶん抜けているらしい。細君はきっとうんざりしているだろう。あいつ爪が汚なくて不精髭ぶしようひげなんぞ生やしている。あいつが患者のところへ走って行くと、あの女は家で靴下を繕っている。それじゃ退屈に決まっている! 都舎に住んで毎晩ポルカでも踊りたくなる道理だ! 可哀そうに! まな板の上で鯉が水をほしがって口をぱくぱくさせるように、あれは恋に渇かつえているのだ。二こと三ことちやほや言ってやれば、惚れてくること請け合いだ! さぞや、しおらしくて可愛いことだろう!……それはそれでいいが、あとはどうして棄てるかな?』

すると、前途にちらりっと見えた快楽に対する障害が、逆に今の情婦のことを思い出させた。それはルーアン市の女優で、囲っているのだった。思い出しただけでも堪能たんのうするその俤おもかげをじっと心に浮かべて、こう考えた。

『いや、ボヴァリーの細君はあいつよりもずっと美しい。わけてもずっと初々しい。ヴィルジニーの奴は確かに太りすぎてきた。それにああ陽気にはしゃぐのはうんざりだ。おまけに一つ覚えで小海老こえびばかり食っている!』

野には人影もなかった。ロドルフには靴に触さわる規則正しい草の音と、遠く燕麦のかげで鳴くコオロギの声のほかにはなんの物音も聞こえなかった。さっき見たとおりのドレスを着て広間にいるエンマを描いてみた。そして次にはそのドレスを脱がしてみた。

『よし! ものにしてやろう!』ステッキの一突きで眼の前の土塊つちくれを突き崩して、こう叫んだ。

それから早速その計画の策略てだての要る部分を考えてみた。それからこう心に問うた。

『どこで遭う? どんな手をつかって? 先はまるで子供にかまけている。それに女中や隣り近所や亭主の眼がある。ずいぶんうるさいことづくめだ。くだらない! 時間の浪費だ!』

それからまた考えなおした。

『あの女の限ときたら、まるで錐きりそっくり、心の底までとおしてくる。それにあの青白い顔の色!……青白い女には眼のない俺だ!』

アルグイユの丘の頂上に来た頃には、もう決心はついていた。

『あとは機会を探すだけだ。よし! 時どきあの家へ寄ってやろう。猟の獲物や家うちの鳥を贈ってやろう。必要ならば刺絡もさそう。心やすくなって、招待するか……ああ、しめた!』と付け加えた。『やがてもう共進会だ。あの女がやって来る、出くわす。それからいよいよ始めるのだ、押し強く。なにしろ押しの一手が一番確かだからな。』

 

VIII

 

Ils arrivèrent, en effet, ces fameux comices! Dès le matin de la solennité, tous les habitants, sur leurs portes, s'entretenaient des préparatifs; on avait enguirlandé de lierre le fronton de la mairie; une tente dans un pré était dressée pour le festin, et au milieu de la place, devant l'église, une espèce de bombarde devait signaler l'arrivée de M. le préfet et le nom des cultivateurs lauréats. La garde nationale de Buchy (il n'y en avait point à Yonville) était venue s'adjoindre au corps des pompiers, dont Binet était le capitaine. Il portait ce jour-là un col encore plus haut que de coutume, et, sanglé dans sa tunique, il avait le buste si roide et immobile que toute la partie vitale de sa personne semblait être descendue dans ses deux jambes, qui se levaient en cadence, à pas marqués, d'un seul mouvement. Comme une rivalité subsistait entre le percepteur et le colonel, l'un et l'autre, pour montrer 180leurs talents, faisaient à part manœuvrer leurs hommes. On voyait alternativement passer et repasser les épaulettes rouges et les plastrons noirs. Cela ne finissait pas et toujours recommençait! Jamais il n'y avait eu pareil déploiement de pompe! Plusieurs bourgeois, dès la veille, avaient lavé leurs maisons; des drapeaux tricolores pendaient aux fenêtres entr'ouvertes, tous les cabarets étaient pleins;—et par le beau temps qu'il faisait, les bonnets empesés, les croix d'or et les fichus de couleur paraissaient plus blancs que neige, miroitaient au soleil clair, et relevaient de leur bigarrure éparpillée la sombre monotonie des redingotes et des bourgerons bleus. Les fermières des environs retiraient, en descendant de cheval, la grosse épingle qui leur serrait autour du corps leur robe retroussée de peur des taches; et les maris, au contraire, afin de ménager leurs chapeaux, gardaient par-dessus des mouchoirs de poche, dont ils tenaient un angle entre les dents.

La foule arrivait dans la grande rue par les deux bouts du village. Il s'en dégorgeait des ruelles, des allées, des maisons, et l'on entendait de temps à autre retomber le marteau des portes derrière les bourgeoises en gants de fil, qui sortaient pour aller voir la fête. Ce que l'on admirait surtout, c'étaient deux longs ifs couverts de lampions qui flanquaient une estrade où s'allaient tenir les autorités; et il y avait de plus, contre les quatre colonnes de la mairie, quatre manières de gaules, portant chacune un petit étendard de toile verdâtre, enrichi d'inscriptions en lettres d'or. 181On lisait sur l'un: Au Commerce; sur l'autre: A l'Agriculture; sur le troisième: A l'Industrie; et sur le quatrième: Aux Beaux-Arts.

Mais la jubilation qui épanouissait tous les visages paraissait assombrir Mme Lefrançois, l'aubergiste. Debout sur les marches de sa cuisine, elle murmurait dans son menton:

—Quelle bêtise! quelle bêtise avec leur baraque de toile! Croient-ils que le préfet sera bien aise de dîner là-bas, sous une tente, comme un saltimbanque? Ils appellent ces embarras-là faire le bien du pays! Ce n'était pas la peine, alors, d'aller chercher un gargotier à Neufchâtel! et pour qui? pour des vachers! des va-nu-pieds!...

L'apothicaire passa. Il portait un habit noir, un pantalon de nankin, des souliers de castor, et par extraordinaire un chapeau,—un chapeau bas de forme.

—Serviteur! dit-il, excusez-moi, je suis pressé; et comme la grosse veuve lui demanda où il allait:

—Cela vous semble drôle, n'est-ce pas? moi qui reste toujours plus confiné dans mon laboratoire que le rat du bonhomme dans son fromage.

—Quel fromage? fit l'aubergiste.

—Non. Rien! ce n'est rien! reprit Homais. Je voulais vous exprimer seulement, madame Lefrançois, que je demeure d'habitude tout reclus chez moi. Aujourd'hui cependant, vu la circonstance, il faut bien que...

—Ah! vous allez là-bas! dit-elle avec un air de dédain.

182

—Oui, j'y vais, répliqua l'apothicaire étonné. Ne fais-je point partie de la commission consultative?

La mère Lefrançois le considéra quelques minutes et finit par répondre en souriant:

—C'est autre chose! mais qu'est-ce que la culture vous regarde? vous vous y entendez donc?

—Certainement, je m'y entends, puisque je suis pharmacien, c'est-à-dire chimiste! et la chimie, madame Lefrançois, ayant pour objet la connaissance de l'action réciproque et moléculaire de tous les corps de la nature, il s'ensuit que l'agriculture se trouve comprise dans son domaine! Et en effet, composition des engrais, fermentation des liquides, analyse des gaz et influence des miasmes, qu'est-ce que tout cela, je vous le demande, si ce n'est de la chimie pure et simple?

L'aubergiste ne répondit rien. Homais continua:

—Croyez-vous qu'il faille, pour être agronome, avoir soi-même labouré la terre ou engraissé des volailles? Il faut connaître plutôt la constitution des substances dont il s'agit, les gisements géologiques, les actions atmosphériques, la qualité des terrains, des minéraux, des eaux, la densité des différents corps et leur capillarité! que sais-je? et il faut posséder à fond tous ses principes d'hygiène pour diriger, critiquer, la construction des bâtiments, le régime des animaux, l'alimentation des domestiques! Il faut encore, madame Lefrançois, posséder la botanique! pouvoir discerner les plantes, entendez-vous, quelles sont les salutaires d'avec les délétères, quelles les improductives 183et quelles les nutritives, s'il est bon de les arracher par-ci, de les resemer par-là, de propager les unes, de détruire les autres; bref, il faut se tenir au courant de la science par les brochures et papiers publics, être toujours en haleine, afin d'indiquer les améliorations...

L'aubergiste ne quittait point des yeux la porte du Café français, et le pharmacien poursuivit:

—Plût à Dieu que nos agriculteurs fussent des chimistes, ou que du moins ils écoutassent davantage les conseils de la science! Ainsi, moi, j'ai dernièrement écrit un fort opuscule, un mémoire de plus de soixante-douze pages, intitulé: Du Cidre, de sa fabrication et de ses effets, suivi de quelques réflexions nouvelles à ce sujet, que j'ai envoyé à la Société agronomique de Rouen, ce qui m'a même valu l'honneur d'être reçu parmi ses membres, section d'arboriculture, classe de pomologie; eh bien! si mon ouvrage avait été livré à la publicité...

Mais l'apothicaire s'arrêta, tant Mme Lefrançois paraissait préoccupée.

—Voyez-les donc! disait-elle, on n'y comprend rien! une gargote semblable!—Et avec des haussements d'épaules qui tiraient sur sa poitrine les mailles épaisses de son tricot, elle montrait des deux mains le cabaret de son rival, d'où sortaient alors des chansons.Du reste, il n'en a pas pour longtemps, ajouta-t-elle, avant huit jours, tout est fini!

Homais se recula de stupéfaction. Elle descendit ses trois marches, et lui parlant à l'oreille:

184

—Comment, vous ne savez pas cela? on va le saisir cette semaine. C'est L'Heureux qui le fait vendre. Il l'a assassiné de billets.

—Quelle épouvantable catastrophe! s'écria l'apothicaire, qui avait toujours des expressions congruantes à toutes les circonstances imaginables. L'hôtesse donc se mit à lui raconter cette histoire qu'elle savait par Théodore, le domestique de M. Guillaumin, et bien qu'elle exécrât Tellier, elle blâmait L'Heureux. C'était un enjôleur, un rampant.

—Ah! tenez, dit-elle, le voilà sous les halles; il salue Mme Bovary qui a un chapeau vert. Elle est même au bras de M. Boulanger.

 

いよいよ大共進会がやってきた。式の日の朝から、村人たちはみんな門口で、準備の模様を噂うわさし合った。役場の破風はふには蔦の葉を飾り、原っぱには宴会用のテントが張られた。広場の中央、教会堂の前には旧式の臼砲みたいなものを据えつけて、知事閣下の臨場と表彰される農民の呼び出しを合図することになっていた。ビュシーの国民守備隊(ヨンヴィルにはなかった)が来て、ビネーの率いる消防隊に加わった。この日、ビネーはいつもよりまだ高いカラーをつけていた。詰め襟服を窮屈に着込んだため、上半身はしゃちこばって動きがとれず、体中で生きている部分は、調子よく歩調をとってさっと上がる両脚のほうへみんな寄ってきたかと思われるほどだった。収税吏と守備隊長との間は、前々から張り合いの状態にあったので、めいめいが腕前を見せようとして部下を別々に教練した。赤い肩章と黒い胸甲むねあてが交互に行ったり戻ったりするのが見えた。それは果てしもなく、いつまでも繰り返された! こんな盛んな行進は初めてだった! 前日から家を洗い清めた旦那方がたくさんあった。三色旗は半ば開いた窓に垂れていた。居酒屋はどこもかしこも一杯だった。おりからの快晴に、糊づけした頭巾や、金の十字架や、色の肩掛けは雪よりも白く見え、明るい陽の光に照り映えて、フロックコートや青い上張りの地味な単調さを、あたりに散らばるとりどりの色彩によって引き立てていた。近在の百姓女は馬を下りるとき、途中汚れないようにと裾をからげて胸のまわりに止めてきたその長いピンを抜いた。亭主たちは反対に、帽子を汚さないようにと、上からハンカチを被せて、その端を口にくわえていた。

群衆は村の両方の端れから本通りへ押し寄せた。路地や横町や家々から、人びとはどんどん吐き出き出された。麻の手袋をはめて、式を見物に出掛ける奥様連の後ろで、ときおり戸口のノッカーの跳ね返る音がした。なんと言っても一番人目をひいたのはカンテラをいっぱい付けた、背の高い、一つの円錐体のランプ台であった。それはお歴々の並ぶ雛壇ひなだんの左右に立っていた。それから、役場の四本の柱には長い竿のようなものが四本、それぞれ縁がかった布の小旗をつけ、その小旗には美々しく金文字が入れてあった。一つには、『商業のために』、いま一つには『農業のために』、三つ目には『工業のために』、四つ目には『芸術のために』とあった。

ところで、みんなの顔を晴々させている喜びが、かえって宿屋のおかみルフランソワの顔を曇らせているように見えた。料理場の階段につっ立って、おかみは顎をもぐもぐさせながら呟つぶやく。

「ばかばかしいったら! テント掛けなんかして! 知事さんが香具師やしみたいにテントの中でご馳走を食べて喜ばれるとでも思ってるのかい? あいつらときたら、ああいうばか騒ぎを村のためだと思っているんだ! こんなことなら何もヌゥショテルくんだりから、料理人を呼んでくることはないじゃないか! しかも誰にご馳走するかっていや、牛飼い風情に宿無し野郎にだって!……」

そこへ薬屋が通りかかる。燕尾服に派手な晒さらし木綿もめんの黄色いズボン、ビーバーの革靴、それに今日は特別例外で帽子、山の低い帽子を被っている。

「こんにちは! ちょっと失礼、急ぎますので」と彼は言った。

太っちょの寡婦やもめが行く先を尋ねるので、

「不思議に思いなさったかね? なにしろわたしはいつでも薬局にこもっている。そら、ラ・フォンテーヌの話じゃないが、ネズミがチーズの中にこもっている以上だからな」

「なんのチーズですって?」とおかみが訊いた。

「いや何、なんでもないよ!」とオメーが答えた。「わたしの言うのはな、おかみさん、わたしはいつも家に籠ってばかりおるということさ。しかし今日は時が時だ、どうしても……」

「まあ、あんなところへお出掛け?」とおかみは軽蔑するように言った。

薬屋はびっくりして、

「うむ、行くんだ。審査委員会の一員になっとるんでな」

ルフランソワのおかみはしばらく顔を見つめていたが、とうとう笑いながらこう答えた。

「それじゃ話は別ですね! でも、あんたと百姓仕事になんの関係があるんです? いったい、おわかりなんですか、あんなことが?」

「冗談じゃない。わたしは薬剤師、とりもなおさず化学者ですよ! おかみさん、そもそも化学とは、よろしいか、自然界の森羅万象の相互的、分子的作用の認識を目的としているのですよ。従って農業は化学の領域に含まれているのです! 現に肥料の組成、液体の発酵、ガスの分析、毒気の影響、すべてこれ純然たる化学でないとすれば、いったいなんだと聞きたくなるのでは?」

おかみはなんとも答えなかった。オメーは続けた。

「農学者となるためには、自ら耕し、自ら家禽かきんを太らせる必要があるなどと思っていなさるのか? そうじゃないのです、知るべきは問題たる物質の構成なのです。それから地層の状態、大気の作用、土地の性質に鉱物の性質、水の性質、各種物体の密度と毛細管現象! とても枚挙のいとまなしだ。それから建築物の造営、動物の飼料、雇人の栄養等を監督し批判するためには、衛生学のあらゆる原理に通じなければなりません! おかみさん、なおその上に植物学も心得ておく必要がありますよ。植物が識別できなければならんのです、よろしいか? どれが薬でどれが毒か、どれが滋養になってどれが滋養にならぬか、これをここから引っこ抜いてあそこへ蒔き直すのは良いか悪いか、これを繁殖させてあれを根絶させるのはどうか、これを要するに、いろんな改良を施すべき個所を指示するには、パンフレットや新聞雑誌を読み、科学の進歩に遅れぬようにせねばならんのです、絶えず心を配っていなければならんのですよ……」

おかみは『カフェ・フランセ』の入口から眼を離さなかった。薬剤師は続けた。

「願わくばわが農民諸君は化学者であってほしい、いや少なくとも科学の教えるところにもっと耳を傾けてほしいものですね! 現にわたしは最近堂々たるパンフレットを書きましたよ。『りんご酒とその製法及び効果、ならびに該問題に関する若干の考察』と題する七十二ページ以上の論文だが、わたしはこれをルーアン市の農学会へ贈ったのです。それでわたしは名誉にも農業部果実学科の会員に迎えられたのです。ところでだ、もしあの著書にして一般に刊行されたとすれば……」

しかしルフランソワのおかみがあまり考え込んでいるらしい様子なので、薬屋は口をつぐんだ。

「まあ、あいつらをごらんなさいよ! さっぱりわけがわからない! あんな安料理屋へ行くなんて?」

こう言って、上着の編み目が胸のあたりで引っ張れるほど強く肩をそびやかしながら、おかみはおりから歌声のもれてきた商売敵がたきの居酒屋を両手で指して、

「もっともあの人も長くもないでしょうよ、一週間もしないうちに、なにもかもおしまいでしょうね」とつけ加えた。

オメーは驚いて後じさりした。おかみは三段降りてきてオメーの耳に口を寄せて、

「まあ! あれをご存じないんですか? あの人は今週中に差し押さえを食うんです。ルウルーがあいつの店を売り飛ばすんです。ルウルーは借用書をひろげてあの人をとっちめたんです」

「恐るべき破滅だ!」と薬屋が叫んだ。この男はその場その場にぴたっとくる表現をいつも仕入れて持っていた。

そこでおかみは、ギョーマン氏の下男のテオドールから聞いた一部始終をオメーに話し出した。おかみはテリエ(カフェ・フラ

ンセの経営者)が大嫌いだったが、さすがにルウルーのことを非難して、胡麻すりだ、鼻毛読みだと言った。

「あれ、ちょっと! ルウルーが市場の軒のきにいますよ。ボヴァリーの奥さんに挨拶してます。奥さんは緑色の帽子を被っていらっしゃる。それにほら、ブーランジェと腕を組んでいらっしゃる」

 

 

—Mme Bovary! fit Homais. Je m'empresse d'aller lui offrir mes hommages. Peut-être qu'elle sera bien aise d'avoir une place dans l'enceinte, sous le péristyle. Et sans écouter la mère Lefrançois qui le rappelait pour lui en conter plus long, le pharmacien s'éloigna d'un pas rapide, sourire aux lèvres et jarret tendu, distribuant de droite et de gauche quantité de salutations et emplissant beaucoup d'espace avec les grandes basques de son habit noir, qui flottaient au vent, derrière lui.

Rodolphe, l'ayant aperçu de loin, avait pris un train rapide; mais Mme Bovary s'essouffla; il se ralentit donc et lui dit en souriant, d'un ton brutal:

—C'est pour éviter ce gros homme, vous savez, l'apothicaire.

Elle lui donna un coup de coude.

—Qu'est-ce que cela signifie? se demanda-t-il; et 185il la considéra du coin de l'œil, tout en continuant à marcher.

Son profil était si calme, que l'on n'y devinait rien. Il se détachait en pleine lumière dans l'ovale élargi de sa capote, qui avait des rubans pâles ressemblant à des feuilles de roseau. Ses yeux aux longs cils courbes regardaient devant elle, et quoique bien ouverts, ils semblaient un peu bridés par les pommettes, à cause du sang qui battait doucement sous sa peau fine. Une couleur rose traversait la cloison de son nez. Elle inclinait la tête sur l'épaule, et l'on voyait entre ses lèvres le bout nacré de ses dents blanches.

—Se moque-t-elle de moi? songeait Rodolphe.

Ce geste d'Emma pourtant n'avait été qu'un avertissement, car M. L'Heureux les accompagnait, et il leur parlait de temps à autre, comme pour entrer en conversation.

—Voici une journée superbe! tout le monde est dehors! les vents sont à l'Est.—Et Mme Bovary, non plus que Rodolphe, ne lui répondait guère, tandis qu'au moindre mouvement qu'ils faisaient, il se rapprochait en disant:—Plaît-il? et portait la main à son chapeau.

Quand ils furent devant la maison du maréchal, au lieu de suivre la route jusqu'à la barrière, Rodolphe, brusquement, prit un sentier, et, entraînant Mme Bovary, il cria:—Bonsoir, monsieur L'Heureux! au plaisir!

—Comme vous l'avez congédié! dit-elle en riant.

—Pourquoi, reprit-il, se laisser envahir par les 186autres? et puisque aujourd'hui j'ai le bonheur d'être avec vous... Emma rougit... Il n'acheva point sa phrase. Alors il parla du beau temps et du plaisir de marcher sur l'herbe. Quelques marguerites étaient repoussées:—Voici de gentilles pâquerettes, dit-il, et de quoi fournir bien des oracles à toutes les amoureuses du pays. Il ajouta:—Si j'en cueillais? qu'en pensez-vous?

—Est-ce que vous êtes amoureux? fit-elle en toussant un peu.

—Eh! eh! qui sait? reprit Rodolphe.

Cependant le pré commençait à se remplir, et les ménagères vous heurtaient avec leurs grands parapluies, leurs paniers et leurs bambins. Souvent il fallait se déranger devant une longue file de campagnardes, servantes en bas bleus, à souliers plats, à bagues d'argent, et qui sentaient le lait quand on passait près d'elles. Elles marchaient en se tenant par la main et se répandaient ainsi sur toute la longueur de la prairie, depuis la ligne des trembles jusqu'à la tente du banquet. Mais c'était le moment de l'examen, et les cultivateurs, l'un après l'autre, entraient dans une manière d'hippodrome, que formait une longue corde portée sur des bâtons.

Les bêtes étaient là, le nez tourné vers la ficelle, et alignant confusément leurs croupes inégales. Des porcs assoupis enfonçaient en terre leur groin, des veaux beuglaient, des brebis bêlaient; les vaches, un jarret replié, étalaient leur ventre sur le gazon et, ruminant lentement, clignaient leurs paupières lourdes, sous les moucherons qui bourdonnaient autour d'elles. Des 187charretiers, les bras nus, retenaient par le licou des étalons cabrés, qui hennissaient à pleins naseaux du côté des juments. Elles restaient paisibles, allongeant la tête, et la crinière pendante, tandis que leurs poulains se reposaient à leur ombre, ou venaient les téter quelquefois; et sur la longue ondulation de tous ces corps tassés, on voyait se lever au vent, comme un flot, quelque crinière blanche, ou bien saillir des cornes aiguës, et des têtes d'hommes qui couraient. A l'écart, en dehors des lices, cent pas plus loin, il y avait un grand taureau noir muselé, portant un cercle de fer à la narine, et qui ne bougeait pas plus qu'une bête de bronze. Un enfant en haillons le tenait par une corde.

Cependant, entre les deux rangées, des messieurs s'avançaient d'un pas lourd, examinant chaque animal, puis se consultaient à voix basse. L'un d'eux, qui semblait plus considérable, prenait, tout en marchant, quelques notes sur un album. C'était le président du jury: M. Derozerais de la Panville. Sitôt qu'il reconnut Rodolphe, il s'avança vivement et lui dit en souriant d'un air aimable:

—Comment, monsieur Boulanger, vous nous abandonnez?

Rodolphe protesta qu'il allait venir. Mais quand le président eut disparu:

—Ma foi, non, reprit-il, je n'irai pas; votre compagnie vaut bien la sienne.

Et tout en se moquant des comices, Rodolphe, pour circuler plus à l'aise, montrait au gendarme sa pancarte bleue, et même il s'arrêtait 188parfois devant quelque beau sujet, que Mme Bovary n'admirait guère. Il s'en aperçut, et alors se mit à faire des plaisanteries sur les dames d'Yonville, à propos de leur toilette; puis il s'excusa lui-même du négligé de la sienne. Elle avait cette incohérence de choses communes et recherchées, où le vulgaire d'habitude croit entrevoir la révélation d'une existence excentrique, les désordres du sentiment, les tyrannies de l'art, et toujours un certain mépris des conventions sociales, ce qui le séduit ou l'exaspère. Ainsi sa chemise de batiste à manchettes plissées bouffait au hasard du vent, dans l'ouverture de son gilet, qui était de coutil gris, et son pantalon à larges raies découvrait aux chevilles des bottines de nankin, claquées de cuir verni. Elles étaient si vernies que l'herbe s'y reflétait. Il foulait avec elles les crottins de cheval, une main dans la poche de sa veste et son chapeau de paille mis de côté.

—D'ailleurs, ajouta-t-il, quand on habite la campagne...

—Tout est peine perdue, dit Emma.

—C'est vrai! répliqua Rodolphe. Songez que pas un seul de ces braves gens n'est capable de comprendre même la tournure d'un habit!

 

「なるほどボヴァリーの奥さんだ! さっそく挨拶をしてこよう。役場の柱の下の、囲いの中に席をとってあげたら、さだめし喜びなさるだろう」

もっと詳しく言ってあげようと呼びとめるルフランソワのおかみには耳もかさずに、薬剤師は口に微笑をたたえ、膝を伸ばし、左右に愛嬌をふりまき、傍若無人に燕尾服の大きな尾を後ろになびかせて、足早に遠ざかって行った。

ロドルフは遠くからこの男の姿を見て足を早めた。しかしボヴァリー夫人は息をきらした。彼は足を緩めた。そして微笑しながら、

「あの太っちょを避よけるんですよ、ほらあの薬屋を」ときっぱり言った。

エンマはロドルフを軽く肘で突いた。

『どういう意味かな?』とロドルフは考えた。

そして歩きながら、横目でエンマを見つづけた。

いやに落着きはらった横顔なので、まるで見当がつかない。葦の葉に似た薄色のリボンのついたボンネットの楕円の中に、その横顔はまともに陽の光をうけてくっきり浮き出している。長い睫毛まつげのそり返った眼は前の方を見つめている。その眼は、大きく見開いてはいるが、頬骨のあたりの肌理きめの細かい皮膚の下で静かに脈打つ血のせいで、心もち切れ長に見える。バラ色の線が鼻の仕切りに通っている。彼女は首をかしげていた。唇の間からは白い歯の真珠のような先が覗いている。

『この女は俺をなぶっているのだろうか?』とロドルフは考えた。

しかしこのエンマの素振りはただ警戒を意味しているにすぎなかった。なぜなら、ルウルーが二人の後についていて、話の仲間入りをしようとするかのように、時どき言葉を掛けてきたからである。

「結構なお天気でございますな! 誰もかも外へ出ておりますな! 東風でございますな!」

ボヴァリー夫人もロドルフもろくに返事はしなかった。ところがルウルーは、二人のちょっとした気配も見逃がさず、

「え、なんとおっしゃいました?」と言いながら近寄って帽子に手をかけた。

鍛治屋の前まで来ると、ロドルフはまっすぐ柵のところまで行かずに、ボヴァリー夫人を引っ張って、いきなり路次に入った。そして大声で、

「ルウルーさん、失礼します! いずれ後のちほどまた!」

「上手におまきなさいましたこと!」と笑いながらエンマが言った。

「なんで邪魔だてされることがあります?」と彼は言った。「それに今日は嬉しいことに、あなたとご一緒で……」

エンマは赤くなった。彼は終わりまで言わなかった。ただ天気のよいことや、草の上を歩く楽しさなどを口にした。ヒナギクが生えていた。

「可愛いヒナギクが咲いています」と彼は言った。「これだけあれば、村中の恋している女はみんな占いができますね」そして付け加えた。

「摘みましょうか、いかがです?」

「あなた恋していらっしゃいますの?」とエンマは軽く咳き込みながら言った。

「さあ、どうですかね?」とロドルフは答えた。

牧場はだんだん人で埋まってきた。女房連は大きなこうもり傘や籠かごなどをさげ、子供を連れていて人にぶつかりどおしだった。田舎の女が長い列になって来るので、しょっちゅう道を避よけねばならなかった。これは青い靴下に平べったい靴を穿き、銀の指輪をはめた雇女の一行で、そばを通ると牛乳の匂いがする。この女たちは手をつないで歩いてゆくので、牧場の端から端まで、つまりハコヤナギの並木から宴会用のテントまで延々と連つらなっていた。が今はちょうど審査の時間だった。で農夫たちは、棒に長い綱を張りわたして造った競馬場のような所へぞろぞろ入っていった。

そこには家畜が綱の方へ鼻を向け、大小不揃いの臀しりをごたごた並べていた。豚は居眠って鼻を土の中に突っ込んでいる。仔牛は鳴き、牝羊は叫び、牝牛は膝を折り曲げて芝生に寝そべり、ゆっくり反芻はんすうしながら、回りに唸っている羽虫の下で、重いまぶたをしばたたいている。後肢で立ち上がり鼻を怒らせて牝馬の方に嘶いななきかける種馬を、腕まくりした馬車挽きが頭絡おもがいとって抑えている。牝馬の方は首を伸ばし、たてがみを垂れて一向平気でおり、仔馬がその影で休んだり、また時どき乳を飲みに来たりしている。これらの密集した動物の体が大きく波うっている上を、白いたてがみが風のまにまに浪のように逆立ったり、光った角や、走って行く人間の頭がひょいひょい飛び出すのが見える。囲いの外、百歩ばかりも向こうにぽつんと離れて、口籠くつごをはめられた巨きい黒い種牛が一頭、鼻の孔に鉄環をはめ、まるで青銅の置き物の牛のように、身動きもせずに立っていた。襤褸ぼろを着た子供が一人綱をとって控えていた。

とかくするうち、二列に並んだ家畜の間を、数名の委員諸公がしずしずと進んで行った。動物を一々検査しては小声で相談し合った。そのうちの一人で他の者より偉そうに見えるのが、歩きながら帳面に何か書き入れていた。審査委員長のドロズレー・ド・ラ・パンヴィル氏である。彼はロドルフの姿を見つけると、つかつか進み寄り、愛想よく笑いながら、

「おや、ブーランジェさん、われわれをお見限りですな?」と言った。

ロドルフは、これから参るところですと言った。しかし委員長の姿が見えなくなると、

「どうして、どうして行くもんですか」と語をついだ。「あいつなんぞのところへ行くより、あなたとご一緒の方がどんなによいか」

ロドルフは共進会なぞ鼻であしらいながら、憲兵に自分の青切符を見せては、さっさと通りぬけて行ったが、それでも時どきは立派な『出品』の前に足をとめた。ボヴァリー夫人は一向感心しなかった。それに気がつくと、今度はヨンヴィルの婦人連の身装みなりを茶化し始めた。そして自分の風采のだらしないことをわびた。彼の身装りには粋なところと不粋なところがちぐはぐになっていた。俗人は普通そのちぐはぐなところに、風変わりな生活の現れや、感情の乱れや、芸術の暴威を見、また必らずそこに世俗の因襲に対する一種の軽蔑が窺えると考え、それに心を惹かれたり、あるいは憤りを感じたりするのである。なるほど袖口に襞ひだをとったロドルフの麻のシャツはチョッキの間から風のまにまに膨らんでいたが、そのチョッキはネズミ縞のズック製だった。また太縞のズボンは、踝くるぶしのところから、ニス塗りの巻革を張った南京木綿の深靴を露わに見せていた。靴のニス塗りは手の込んだもので、草がよく映った。彼は片手を短上着ヴェストのポケットに突っ込み、麦わら帽子を横ちょに被って、馬糞を靴で踏みつけて行った。

「もっとも田舎暮らしをしていますと……」と彼は付けたした。

「なにをしても無駄でございますわね」とエンマが言った。

「全くです!」とロドルフは答えた。「こういう人のよいご連中には一人だって、着物の体裁のわかる人がないのだと思いますとね!」

 

 

Alors ils parlèrent de la médiocrité provinciale, des existences qu'elle étouffait, des illusions qui s'y perdaient.

—Aussi, disait Rodolphe, je m'enfonce dans une tristesse...

—Vous! fit-elle avec étonnement. Mais je vous croyais très gai?

189

—Ah! oui, d'apparence, parce qu'au milieu du monde je sais mettre sur mon visage un masque railleur, et cependant que de fois, à la vue d'un cimetière, au clair de lune, je me suis demandé si je ne ferais pas mieux d'aller rejoindre ceux qui sont à dormir!...

—Oh! Et vos amis, dit-elle, vous n'y pensez pas.

—Mes amis? lesquels donc? en ai-je? Qui s'inquiète de moi? Et il accompagna ces derniers mots d'une sorte de sifflement entre ses lèvres.

Mais ils furent obligés de s'écarter l'un de l'autre, à cause d'un grand échafaudage de chaises qu'un homme portait derrière eux. Il en était si surchargé que l'on apercevait seulement la pointe de ses sabots, avec le bout de ses deux bras écartés droit. C'était Lestiboudois, le fossoyeur, qui charriait dans la multitude les chaises de l'église. Plein d'imagination pour tout ce qui concernait ses intérêts, il avait découvert ce moyen de tirer parti des comices; et son idée lui réussissait, car il ne savait plus auquel entendre. En effet, les villageois qui avaient chaud se disputaient ces sièges dont la paille sentait l'encens, et s'appuyaient contre leurs gros dossiers salis par la cire des cierges, avec une certaine vénération.

Mme Bovary reprit le bras de Rodolphe; il continua comme se parlant à lui-même:

—Oui! tant de choses m'ont manqué! toujours seul! Ah! si j'avais eu un but dans la vie, si j'eusse rencontré une affection, si j'avais trouvé quelqu'un... Oh! comme j'aurais dépensé toute l'énergie dont je suis capable, j'aurais surmonté tout, brisé tout!

190

—Il me semble pourtant, dit Emma, que vous n'êtes guère à plaindre.

—Ah! vous trouvez? fit Rodolphe.

—Car enfin... reprit-elle, vous êtes libre. Elle hésita:—riche.

—Ne vous moquez pas de moi, répondit-il.

Et elle jurait qu'elle ne se moquait pas, quand un coup de canon retentit; aussitôt on se poussa pêle-mêle vers le village.

C'était une fausse alerte. M. le préfet n'arrivait pas; et les membres du jury se trouvaient fort embarrassés, ne sachant s'il fallait commencer la séance ou bien attendre encore.

Enfin, au fond de la place, parut un grand landau de louage, traîné par deux chevaux maigres, que fouettait à tour de bras un cocher en chapeau blanc. Binet n'eut que le temps de crier: Aux armes! et le colonel de l'imiter. On courut vers les faisceaux. On se précipita. Quelques-uns même oublièrent leur col. Mais l'équipage préfectoral sembla deviner cet embarras, et les deux rosses accouplées, se dandinant sur leurs chaînettes, arrivèrent au petit trot devant le péristyle de la mairie, juste au moment où la garde nationale et les pompiers s'y déployaient, tambour battant, et marquant le pas.

—Balancez! cria Binet.

—Halte! cria le colonel. Par file à gauche!

Et après un port d'armes, où le cliquetis des capucines, se déroulant, sonna comme un chaudron de cuivre qui dégringole les escaliers, tous les fusils retombèrent.

191

Alors on vit descendre du carrosse un monsieur vêtu d'un habit court à broderies d'argent, chauve sur le front, portant toupet à l'occiput, ayant le teint blafard et l'apparence des plus bénignes. Ses deux yeux, fort gros et couverts de paupières épaisses, se fermaient à demi pour considérer la multitude, en même temps qu'il levait son nez pointu et faisait sourire sa bouche rentrée. Il reconnut le maire à son écharpe, et lui exposa que M. le préfet n'avait pu venir. Il était, lui, un conseiller de préfecture; puis il ajouta quelques excuses. Tuvache y répondit par des civilités, l'autre s'avoua confus; et ils restaient ainsi, face à face et leur front se touchant presque, avec les membres du jury tout autour, le conseil municipal, les notables, la garde nationale et la foule. M. le conseiller, appuyant contre sa poitrine son petit tricorne noir, réitérait ses salutations, tandis que Tuvache, courbé comme un arc, souriait aussi, bégayait, cherchait ses phrases, protestait de son dévouement à la monarchie, et de l'honneur que l'on faisait à Yonville.

Hippolyte, le garçon de l'auberge, vint prendre par la bride les chevaux du cocher, et tout en boitant de son pied-bot, il les conduisit sous le porche du Lion d'or, où beaucoup de paysans s'amassèrent à regarder la voiture. Le tambour battit, l'obusier tonna, et les messieurs à la file montèrent s'asseoir, sur l'estrade, dans les fauteuils en utrecht rouge qu'avait prêtés Mme Tuvache.

Tous ces gens-là se ressemblaient. Leurs molles figures blondes, un peu hâlées par le soleil, avaient la 192couleur du cidre doux, et leurs favoris bouffants s'échappaient de grands cols roides, que maintenaient des cravates blanches à rosette bien étalée. Tous les gilets étaient de velours, à châle; toutes les montres portaient au bout d'un long ruban quelque cachet ovale en cornaline; et l'on appuyait ses deux mains sur ses deux cuisses, en écartant avec soin la fourche du pantalon, dont le drap non décati reluisait plus brillamment que le cuir des fortes bottes.

Les dames de la société se tenaient derrière, sous le vestibule, entre les colonnes, tandis que le commun de la foule était en face, debout, ou bien assis sur des chaises. En effet, Lestiboudois avait apporté là toutes celles qu'il avait déménagées de la prairie, et même il courait à chaque minute en chercher d'autres dans l'église, et causait un tel encombrement par son commerce que l'on avait grand'peine à parvenir jusqu'au petit escalier de l'estrade.

—Moi, je trouve, dit M. L'Heureux (s'adressant au pharmacien qui passait pour gagner sa place), que l'on aurait dû planter là deux mâts vénitiens; avec quelque chose d'un peu sévère et de riche comme nouveautés, c'eût été d'un fort joli coup d'œil.

—Certes, répondit Homais. Mais que voulez-vous? c'est le maire qui a tout pris sous son bonnet. Il n'a pas grand goût, ce pauvre Tuvache, et il est même complètement dénué de ce qui s'appelle le génie des arts.

Cependant Rodolphe, avec Mme Bovary, était monté au premier étage de la mairie, dans la salle des délibérations, 193et comme elle était vide, il avait déclaré que l'on y serait bien pour jouir du spectacle plus à son aise. Il prit trois tabourets autour de la table ovale, sous le buste du monarque, et les ayant approchés de l'une des fenêtres, ils s'assirent l'un près de l'autre.

Il y eut une agitation sur l'estrade, de longs chuchotements, des pourparlers. Enfin, M. le conseiller se leva. On savait maintenant qu'il s'appelait Lieuvain, et l'on se répétait son nom de l'un à l'autre, dans la foule. Quand il eut collationné quelques feuilles et appliqué dessus son œil pour y mieux voir, il commença:

«Messieurs,

«Qu'il me soit permis d'abord (avant de vous entretenir de l'objet de cette réunion d'aujourd'hui, et ce sentiment, j'en suis sûr, sera partagé par vous tous), qu'il me soit permis, dis-je, de rendre justice à l'administration supérieure, au gouvernement, au monarque, messieurs, à notre souverain, à ce roi bien-aimé, à qui aucune branche de la prospérité publique ou particulière n'est indifférente, et qui dirige à la fois d'une main si ferme et si sage le char de l'État parmi les périls incessants d'une mer orageuse, sachant d'ailleurs faire respecter la paix comme la guerre, l'industrie, le commerce, l'agriculture et les beaux-arts.»

—Je devrais, dit Rodolphe, me reculer un peu.

—Pourquoi? dit Emma.

 

そこで二人は田舎の平凡なこと、その平凡さに窒息しそうな生活、平凡さの中で失われて行く夢について語った。

「ですからわたしは悲しみの中に沈んでゆくのです……」

「あなたが!」と彼女は驚いて言った。「でもわたくし、あなたをずいぶん陽気な方とばかり考えておりましたのに?」

「ええ、そうです、表面うわべだけはね。わたしは人中では嘲笑の仮面を被ることができるからなんです。しかしわたしは日に照らされた墓場を眺めて幾度考えたことでしょう、あすこに眠っている人たちの所へ行った方がましではないかと……」

「あら! でもお友達がいらっしゃるでしょう?」と彼女は言った。「あなたは、お友達のことをお考えなさらないのですわ!」

「わたしの友達って? いったいどういう? そんなものがあるでしょうか? 誰がわたしのことなんど心配してくれるでしょう?」

彼はこの最後の言葉に一種の口笛のような音を添えた。

ところで二人は離れざるをえなくなった。一人の男が後ろから、椅子を山と積んで抱えて来たからである。あまりたくさん抱えているので、見えるのは木靴の先と、両方へまっすぐに開いた手の先だけである。これは墓掘りのレスチブードワが群衆の中へ教会堂の椅子を運んで来たのだった。自分の利益になることなら幾らでも知恵の出る男なので、共進会で一儲ひともうけするこんな手を思いついたのだ。思惑は成功だった。レスチブードワはこのところ引張りだこである。いかにも、村の人たちは暑くてたまらないので、張った麦わらの抹香臭いその椅子を我先に奪い合っている。そうしてロウソクのロウで汚れた頑丈なもたれへ、もったいなそうに寄りかかるのであった。

ボヴァリー夫人はまたロドルフの腕をとった。ロドルフは独り言のように続けて言った。

「そうです! わたしには今までいろんなものが欠けていた! いつも独りぼっちだった! ああ、もしわたしが人生に目的を持っていたら、もし愛情に出会ったとしたら、もし、誰かが見つかったのだったら、……ああ、わたしはもう出せる限りの力を出してすべてを乗り越え、なにもかも粉砕してしまったんだが!」

「でも、わたくしは」とエンマは言った。「あなたがそうお気の毒な方だとは思えませんけど」

「ああ! そうお考えですか?」とロドルフは言った。

「だって……」と言葉をついで、「あなたはお気楽ですわ」

それから言いにくそうに、

「お金持ちですし」

「からかわないで下さい」と彼は答えた。

彼女は決してからかっているのではないと誓った。そのとき砲声が一発響いた。とたんに人びとはごちゃごちゃになって村の方へ押しかけて来た。

それは警報の仕損しぞこないであった。知事閣下は一向やって来ない。審査委員たちは開会したものか、待ったものかさっぱり見当がつかないのでまごまごしていた。

やっとのことで、広場の向こうに痩せ馬二頭に曳かせた借り物の大きな四輪幌馬車ランドーが現われた。白帽の馭者が力まかせに馬に鞭を当てている。ビネーは泡を食って『執れ、銃つつ!』と号令すると、守備隊長もさっそくそれに倣ならった。みんなは叉銃の方へ走った。大慌てである。中にはカラーを忘れた者さえあった。しかし知事の馬車はこの狼狽ろうばいを察したものか、対ついに並んだ二頭の曳き馬が挽き具の鎖の上で尻を振り振り、ゆっくり走って役場の柱廊前に到着したときには、ちょうど国民守備隊と消防組が太鼓を打ち歩調をとって展開するところであった。

「足踏み!」とビネーが叫んだ。

「止まれ!」と隊長は叫んだ。「左に向きを変え進め!」

捧ささげ銃つつでは負革おいかわの環の銃身に当たるのが、ちょうど銅あかの鍋が階段を転がり落ちるような音を立てたが、それがすむと、銃はまた地面におろされた。

そのとき、銀の刺繍をした短い燕尾服の人物が、四輪幌馬車ランドーから降りるのが見えた。額は禿げ上がって、後頭部に毛を一塊り生やし、顔色は蒼白く、至って好人物らしい様子だった。厚っぽい瞼まぶたに表れたまん円い眼は、群衆を眺めるために細く閉ざされた。それと同時に彼は尖った鼻をあげ、窪んだ口もとをほころばせた。彼は飾り帯を見て村長をそれと認め、知事閣下の臨席できなかったことを報告し、自分が県参事官であることを言い、二三弁解の言葉を付け加えた。テュヴァシュが辞を低くしてそれに答えると、相手は恐縮ですと言った。こうして二人は、審査委員たちにとり巻かれ、村会議員やお歴々や国民守備隊や群衆に囲まれて、顔と顔とを突き合せ、額も触れんばかりにして立っていた。参事官が小さな三角帽を胸に当ててしきりに挨拶を繰り返すと、テュヴァシュもを弓なりにしてにっこり笑い、叱ったり、口上を考えたり、国への忠誠を誓ったり、ヨンヴィルに与えられた名誉を感謝したりした。

宿屋の若者のイポリットがやって来て、馭者の連れている馬の手綱をとり、捩ねじれた足を曳きずりながら、『金獅子』の玄関下へ馬を引いて行く。そこへは百姓が大勢馬車を見物に集まって来た。太鼓が鳴り、榴弾りゆうだん砲が轟く。するとお歴々は列を組んで壇にのぼり、テュヴァシュ夫人の貸した赤いユトレヒト織の肘掛け椅子についた。

その人たちはみな似ていた。たるんだ小麦色の顔は心持ち日に焼けて甘口りんご酒のような色をし、これ見よがしに大きく花形に結んだ白ネクタイで保もっている高い堅かたカラーから、房々した頬髯ほほひげがはみ出ている。チョッキというチョッキは揃いも揃って天鵞絨びろうどで、大きい折返しが付いている。どの時計にも長いリボンの先に、卵形をした濃い瑪瑙めのうの印形かなにかが付いている。みんなズボンの胯またを念入りにひろげ、股ももの上に手を載せている。光沢つや消しのしてないズボンの地は頑丈な長靴の革よりもよく光っていた。

上流婦人はその後ろ、玄関下の柱の間あいだに陣取り、一般の群衆はその向かい側に、立ったり椅子に掛けたりして控えている。レスチブードワは椅子を牧場から移して全部運びこんだが、そのうえにまだ、ほかのを取りに始終教会堂へ走って行った。この椅子商売のために混雑は甚しく、ひな壇へ上る小階段まで行くのが一仕事という状態だった。

「わたしはこう考えるのですがね」とルウルー氏が(席につこうと通りかかった薬剤師に向かって)言った。「あそこへ紙提灯を飾った柱を一対立てたらよかったなあとね。なにかちょっと厳いかめしい立派な新柄の布でも巻きつけてね、そしたら見た眼にもずいぶんきれいだったでしょうになあ」

「なるほど、」とオメーは答えた。「しかしどう仕様もありませんやね。なにもかも村長の考案ですからな。あのデュヴァシュには、たいして趣味がないところへ、芸術の才といわれるやつがてんでありませんからな」

その間にロドルフは、ボヴァリー夫人と一緒に役場の二階の『会議室』に上っていた。部屋は空っぽなので、楽に見物するにはもってこいだとロドルフは言った。彼は国王の胸像の下に置いてある楕円形のテーブルの周りから腰掛けを三脚とって来て、窓の一つに近寄せておき、並んでそれに腰掛けた。

ひな壇が色めいた。長い間ひそひそ相談する声が起こった。ようやく参事官が起立した。そのときは、参事官がリューヴァンという名だとわかっていたので、群衆の間にその名前は次から次へと伝わった。参事官は数葉の草稿を確かめたうえ、よく見えるようにその上へ眼を近づけて口を切った。

 

 

『諸君、

願わくはまず(と申しますは、本日の会合の目的について語るに先立ち、また諸君は必らずや私とご同感ならんことを信ずるものでありますが)、願わくはまず私をして、最高官庁に対し、政府に対し、君主に対し、われらが元首、敬愛措おく能あたわざる国王陛下に対し奉って称徳の辞を捧ぐるを許されんことを。国王陛下に於かせられましては、公私の繁栄を一つとしてみそなわせ給わざるなく、剛毅にしてかつ賢明なる御手みてを以て、荒海の絶えざる危険の中に、国家経綸の御み車を進め給い、しかも人をしてよく戦争と同時に平和を、工業を、商業を、農業を、そして芸術を尊重せしめたもうのである。』

 

 

「すこし後ろへさがらなくちゃ」とロドルフが言った。

「どうして?」とエンマが言った。

 

 

Mais à ce moment la voix du conseiller s'éleva d'un ton extraordinaire. Il déclamait:

«Le temps n'est plus, messieurs, où la discorde civile ensanglantait nos places publiques, où le propriétaire, le négociant, l'ouvrier lui-même, en s'endormant le soir d'un sommeil paisible, tremblaient de se voir réveillés tout à coup au bruit des tocsins incendiaires, où les maximes les plus subversives sapaient audacieusement les bases...»

—C'est qu'on pourrait, reprit Rodolphe, m'apercevoir d'en bas; puis j'en aurais pour quinze jours à donner des excuses, et avec ma mauvaise réputation...

—Oh! vous vous calomniez, dit Emma.

—Non, non, elle est exécrable, je vous jure.

«Mais, messieurs, poursuivait le conseiller, que, si, écartant de mon souvenir ces sombres tableaux, je reporte mes yeux sur la situation actuelle de notre belle patrie: qu'y vois-je? Partout fleurissent le commerce et les arts; partout des voies nouvelles de communication, comme autant d'artères nouvelles dans le corps de l'État, y établissent des rapports nouveaux; nos grands centres manufacturiers ont repris leur activité; la religion, plus affermie, sourit à tous les cœurs; nos ports sont pleins, la confiance renaît, et enfin la France respire!...»

—Du reste, ajouta Rodolphe, peut-être, au point de vue du monde, a-t-on raison?

—Comment cela? fit-elle.

—Eh quoi! dit-il, ne savez-vous pas qu'il y a des âmes sans cesse tourmentées? Il leur faut tour à tour 195le rêve et l'action, les passions les plus pures, les jouissances les plus furieuses, et l'on se jette ainsi dans toutes sortes de fantaisies, de folies.

Alors elle le regarda comme on contemple un voyageur qui a passé par des pays extraordinaires, et elle reprit:

—Nous n'avons pas même cette distraction, nous autres pauvres femmes!

—Triste distraction, car on n'y trouve pas le bonheur.

—Mais le trouve-t-on jamais? demanda-t-elle.

—Oui, il se rencontre un jour, répondit-il.

«Et c'est là ce que vous avez compris, disait le conseiller; vous, agriculteurs et ouvriers des campagnes; vous, pionniers pacifiques d'une œuvre toute de civilisation; vous, hommes de progrès et de moralité; vous avez compris, dis-je, que les orages politiques sont encore plus redoutables vraiment que les désordres de l'atmosphère...»

—Il se rencontre un jour, répéta Rodolphe, un jour, tout à coup, et quand on en désespérait. Alors des horizons s'entr'ouvrent, c'est comme une voix qui crie: «Le voilà!» Vous sentez le besoin de faire à cette personne la confidence de votre vie, de lui donner tout, de lui sacrifier tout! On ne s'explique pas, on se devine. On s'est entrevu dans ses rêves.—Et il la regardait.—Enfin, il est là, ce trésor que l'on a tant cherché, là, devant vous; il brille, il étincelle. Cependant on en doute encore, on n'ose y croire; on en reste ébloui, comme si l'on sortait des ténèbres à la lumière.

196

Et en achevant ces mots, Rodolphe ajouta la pantomime à sa phrase. Il se passa la main sur le visage, tel qu'un homme pris d'étourdissement; puis il la laissa retomber sur celle d'Emma. Elle retira la sienne. Le conseiller lisait toujours:

«Et qui s'en étonnerait, messieurs? Celui-là seul qui serait assez aveugle, assez plongé (je ne crains pas de le dire), assez plongé dans les préjugés d'un autre âge, pour méconnaître encore l'esprit des populations agricoles. Où trouver en effet plus de patriotisme que dans les campagnes, plus de dévouement à la cause publique, plus d'intelligence, en un mot? Et je n'entends pas, messieurs, cette intelligence superficielle, vain ornement des esprits oisifs, mais cette intelligence profonde et modérée qui s'applique par-dessus toute chose à poursuivre des buts utiles, contribuant ainsi au bien de chacun, à l'amélioration commune et au soutien des États, fruit du respect des lois et de la pratique des devoirs.»

—Ah! encore, dit Rodolphe. Toujours les devoirs, je suis assommé de ces mots-là! Ils sont un tas de vieilles ganaches en gilet de flanelle et de bigotes à chaufferette et à chapelet, qui continuellement nous chantent aux oreilles: le devoir! le devoir! Eh parbleu! le devoir, c'est de sentir ce qui est grand, de chérir ce qui est beau, et non pas d'accepter toutes les conventions de la société, avec les ignominies qu'elle nous impose.

—Cependant... cependant... objectait Mme Bovary.

—Eh non! Pourquoi déclamer contre les passions? 197Ne sont-elles pas la seule belle chose qu'il y ait sur la terre, la source de l'héroïsme, de l'enthousiasme, de la poésie, de la musique, des arts, de tout enfin!

—Mais il faut bien, dit Emma, suivre un peu l'opinion du monde et obéir à sa morale.

—Ah! c'est qu'il y en a deux, répliqua-t-il. La petite, la convenue, celle des hommes, celle qui varie sans cesse et qui braille si fort, s'agite en bas, terre à terre, comme ce rassemblement d'imbéciles que vous voyez. Mais l'autre, l'éternelle, elle est tout autour et au-dessus, comme le paysage qui nous environne et le ciel bleu qui nous éclaire.

M. Lieuvain venait de s'essuyer la bouche avec son mouchoir de poche. Il reprit:

«Et qu'aurais-je à faire, messieurs, de vous démontrer ici l'utilité de l'agriculture? Qui donc pourvoit à nos besoins? qui donc fournit à notre subsistance? N'est-ce pas l'agriculteur? L'agriculteur, messieurs, qui, ensemençant d'une main laborieuse les sillons féconds des campagnes, fait naître le blé, lequel, broyé, est mis en poudre au moyen d'ingénieux appareils, en sort sous le nom de farine, et, de là, transporté dans les cités, est bientôt rendu chez le boulanger, qui en confectionne un aliment pour le pauvre comme pour le riche. N'est-ce pas l'agriculteur encore qui engraisse, pour nos vêtements, ses abondants troupeaux dans les pâturages? Car comment nous vêtirions-nous, car comment nous nourririons-nous sans l'agriculteur? Et même, messieurs, est-il besoin d'aller si loin chercher des exemples? Qui n'a souvent réfléchi à toute l'importance 198que l'on retire de ce modeste animal, ornement de nos basses-cours, qui fournit à la fois un oreiller moelleux pour nos couches, sa chair succulente pour nos tables, et des œufs? Mais je n'en finirais pas, s'il fallait énumérer l'un après l'autre les différents produits que la terre bien cultivée, telle qu'une mère généreuse, prodigue à ses enfants. Ici, c'est la vigne; ailleurs, ce sont les pommiers à cidre; là, le colza; plus loin, les fromages; et le lin, messieurs, n'oublions pas le lin! qui a pris dans ces dernières années un accroissement considérable et sur lequel j'appellerai plus particulièrement votre attention.»

 

しかし、そのとき、参事官は声を異様に張りあげ、滔々とうとうと弁じ立てた。

 

 

『諸君、内乱が都市の広場を血あけに染めたる時代は既に去りました。有産者、商人、勤労者に至るまで、安らかに夕べ眠に入りつつ突如警鐘に夢破られて戦々兢々きようきようたりし時代は既に去ったのである。最も破壊的なる主義主張が大胆にも社会の基礎を覆くつがえしたる時代は既に去った……』

 

 

「それは」とロドルフは言葉をついで、「下からわたしが見えるかもしれないからなんです。そうなると二週間も言いわけをして回らねばなりません。それにわたしみたいに評判が悪いと……」

「あら! ずいぶん卑下なさいますこと」とエンマは言った。

「いやいや、わたしの評判はひどく悪いんですよ、本当に」

 

 

『しかるに諸君』と参事官は続けた。『かかる陰惨なる光景を記憶より遠ざけて、眼をわれらが麗しき祖国の現状に転ずれば、私の眼に映るは果たしてなんでありましょうか? 到るところに商業と工芸は花咲いているのであります。到るところに新しき交通路は拓け、それはあたかも国家の身体に於ける新しき動脈の如く、ここに新しき連絡路を敷いているのです。製造工業の大中心地は再び活動を始めました。宗教はいよいよ強固となって人の心に頬笑んでいる。港は満ち、自信は蘇りました。ようやくにしてフランスは息づいたのであります!……』

 

 

「それに」とロドルフは付けたして、「世間の眼から見れば、そう思うのももっともかもしれませんね?」

「どうしてでございますの!」とエンマは言った。

「そうじゃありませんか!」と彼は言った。「あなたは、絶えず悩みつづけている人間のあることをご存じないのでしょう? そういう人間には夢と行動が交互に必要なのです。この上もなく純粋な情熱と、この上もなく激しい事業が必要なのです。そういう人間は、そんな風にして、あらゆる空想、あらゆる無分別の中に身を投げ込んでしまうのです」

これを聞くと、彼女はまるで不思議な国を巡って来た旅人を眺めるように、ロドルフをじっと見つめた。そして答えた。

「わたしたち女にはそんな楽しみさえないのです!」

「情けない楽しみですよ、そこに幸福は見つからないんですからね」

「だって幸福って見つかるものでしょうか?」とエンマは訊いた。

「ええ、いつかは巡り会えましょう」と彼は答えた。

 

 

『そしてこれは諸君のよく理解せらるるところであります。』と参事官は言った。『諸君、農家および農村勤労者よ! 諸君、純粋なる文明事業の平和なる先駆者よ! 諸君、進歩と道義の人よ! 私は繰り返し言う、諸君は理解せられたり、政界の嵐は実に天候の不順にも増して怖るべきものなることを……』

 

 

「幸福はいつかは巡り会えるものです」とロドルフは繰り返した。「いつか、不意に、すっかり駄目だと思っているときに。そのとき、四方の地平線は豁然かつぜんと開けるのです。一つの声が、『そら、幸福が来ている!』と呼ぶような気がします。その人に向かって身の上をうち明け、すべてを与え、すべてを犠牲にしたくなります! 口で言い合わなくても心と心でわかり合うのです。二人はとっくに夢の中で会っているのです。(こう言いながら彼はエンマをじっと見つめた。)あんなに探たずねまわった宝がそこにある、そこに、眼の前に。しかもその宝は輝いている、煌きらめいている。ところがまだ疑いが去らない、信じきれない。まるで闇から明るみに出たように眼が眩くらんでいるのです」

こう言い終わるとき、ロドルフは言葉に手まねまで添えた。ちょうど眩暈めまいを覚えた人のように顔に手を当て、それからその手をエンマの手の上におろしたのだ。エンマは手をひっ込めた。しかし参事官は相変わらず朗読を続けていた。

 

 

『しかして諸君! 何人なんぴとがこれを意外となすであろうか? そはなお農民精神を誤解する盲目の徒輩のみである。(私はあえて言う)そはただ旧時代の偏見に囚われたる徒輩のみである。農村にまさる愛国心、農村にまさる奉公の至誠、一言にして言わば、農村にまさる叡智は、そもどこに求むべきであろうか? しかし私は有閑無為の徒輩の虚飾たる、かの浅薄な知識を意味するものではない。なにものをも措いて有益なる目的の追及に努め、しかして各人の幸福、自他の改善、社稷しやしよくの維持に貢献するが如き深遠にして穏健なる叡智を指しているのである。そしてこれこそ法と義務履行の成果なのであります……』

 

 

「ああ、またか、」とロドルフは言った。「相も変わらず義務義務と、あの言葉にはうんざりします。ネルのチョッキなんか着込んだとんま親爺や、足あぶりと数珠を放したことのない、信心で固まった婆さんたちが、絶えまもなくわたしたちの耳もとへ『義務! 義務!』とほざくのです。ところがどうして! 義務とは偉大なるものを感じとることなのです。美しきものを愛することなのです。社会の一切の因襲や、社会がわたしたちに加える恥辱を甘受することではないのです」

「でも……でも……」とボヴァリー夫人は反対した。

「いいえ! なぜ人は情熱を非難するんでしょう? 情熱こそは地上にある一等美しいものではありませんか! これこそ英雄的行為と、感激と、詩と、音楽と、芸術と、つまりあらゆるものの源泉ではありませんか?」

「だって、少しは世間の考えにも倣い、世間の道徳にも従わねばなりませんわ」とエンマが言った。

「いえ、本当は道徳に二つあるのです」とロドルフは言い返した。「ちっぽけな道徳、俗流の道徳、人間の道徳、しょっちゅう変わりどおしで、声ばかりかしましい道徳、ほら、あそこにいるばか者どもの寄合いのように地べたに低くうごめいている道徳。ところが、もう一つの道徳、永遠の道徳、これこそは四方八方に漲みなぎりわたり、高いところにあるのです。ちょうどわたしたちを囲繞いじようしている風景のように、またわたしたちを照らす青空のように」

リューヴァン氏は今しもハンカチで口を拭いたが、さて言葉をついで、

 

 

『しかして議君、私はここに農業の効用を喋々する必要がありましょうか? われらが生活の要求を満たす者はそもそも何人なんぴとでありましょう? われらが衣食の資を供する者は、そも誰であろう? それこそ農家ではありませんか? 君、豊饒ほうじようなる耕地の畔くろに営々孜し々しと種蒔き、小麦を生ぜしめるところの農家である。そして小麦は巧妙なる機械によって、粉砕せられて粉末となり、小麦粉と名づけられて機械より出で、そこより都市に輸送されてやがてパン屋に至り、パン屋は貧富貴賤の別なく万人のためにこれをもって食糧を製造するのである。また、われらの衣服のために、夥おびただしき家畜を牧場に於いて肥やすものもまた農家ではないか? 思うに、農家なくしていかにしてわれらは衣服をまとい、如何にして食うことができよう? 否、諸君、例をかく遠きに求むる必要はない。われらが臥床ふしどに柔らかき枕を供給し、あるいはわれらが食草に滋味豊かなる肉を、さらに卵を供給する等、われらがかの家禽かきん飼養場の華はなたる質実なる動物より得るところの利益の実に重大なることに、しばしば思いおよばざりし者が果たしてあるであろうか? しかし、よく耕されたる土地があたかも慈母の如く、その愛児たる人間に惜しみなく与うるところの諸種の産物を、ここに枚挙する暇は私にはないでありましょう。ここには葡萄ぶどうの樹あり、かしこにはりんご酒を醸すりんごの木あり、また彼方には菜種、その彼方にはチーズ、そして亜麻。諸君、この亜麻を忘れたもうなかれ! これこそ近来顕著なる増加を示したるものにして、私は特にこのものに対して諸君の注意を喚起したいのであります。』

 

 

 

Il n'avait pas besoin de l'appeler, car toutes les bouches de la multitude se tenaient ouvertes, comme pour boire ses paroles. Tuvache, à côté de lui, l'écoutait en écarquillant les yeux; M. Derozerais, de temps à autre, fermait doucement les paupières; et plus loin, le pharmacien, avec son fils Napoléon entre ses jambes, bombait sa main contre son oreille, pour ne pas perdre une seule syllabe. Les autres membres du jury balançaient lentement leurs mentons dans leur gilet, en signe d'approbation. Les pompiers, au bas de l'estrade, se reposaient sur leurs baïonnettes, et Binet, immobile, restait le coude en dehors, avec la pointe du sabre en l'air. Il entendait peut-être, mais il ne devait rien apercevoir, à cause de la visière de son casque qui lui descendait sur le nez. Néanmoins, son lieutenant, le fils cadet du sieur Tuvache, avait encore exagéré le sien, car il en portait un énorme et qui lui vacillait sur la tête, en laissant dépasser un bout de son 199foulard d'indienne. Il souriait là-dessous avec une douceur tout enfantine, et sa petite figure pâle, où des gouttes ruisselaient, avait une expression de jouissance, d'accablement et de sommeil.

La Place jusqu'aux maisons était comble de monde. On voyait des gens accoudés à toutes les fenêtres, d'autres debout sur toutes les portes, et Justin, devant la devanture de la pharmacie, paraissait tout fixé dans la contemplation de ce qu'il regardait. Malgré le silence, la voix de M. Lieuvain se perdait dans l'air. Elle vous arrivait par lambeaux de phrases, qu'interrompait çà et là le bruit des chaises dans la foule; puis on entendait tout à coup partir derrière soi un long mugissement de bœuf, ou bien les bêlements des agneaux qui se répondaient au coin des rues. En effet, les vachers et les bergers avaient poussé leurs bêtes jusque-là, et elles beuglaient de temps à autre, tout en arrachant avec leur langue quelque bribe de feuillage qui leur pendait sur le museau.

Rodolphe s'était rapproché d'Emma, et il disait d'une voix basse, en parlant vite:

—Est-ce que cette conjuration du monde ne vous révolte pas? Est-il un seul sentiment qu'il ne condamne? Les instincts les plus nobles, les sympathies les plus pures sont persécutés, calomniés, et s'il se rencontre enfin deux pauvres âmes, tout est organisé pour qu'elles ne puissent se joindre. Elles essayeront cependant, elles battront des ailes, elles s'appelleront. Oh! n'importe, tôt ou tard, dans six mois, dix ans, elles se réuniront, s'aimeront, parce que la 200fatalité l'exige et qu'elles sont nées l'une pour l'autre.

Il se tenait les bras croisés sur ses genoux, et, levant la figure vers Emma, il la regardait de près, fixement. Elle distinguait dans ses yeux de petits rayons d'or s'irradiant tout autour de ses pupilles noires, et même elle sentait le parfum de la pommade qui lustrait sa chevelure. Alors une mollesse la saisit, elle se rappela ce vicomte qui l'avait fait valser à la Vaubyessard, et dont la barbe exhalait, comme ces cheveux-là, cette odeur de vanille et de citron; et machinalement elle entre-ferma les paupières pour la mieux respirer. Mais dans ce geste qu'elle fit en se cambrant sur sa chaise, elle aperçut au loin, tout au fond de l'horizon, la vieille diligence l'Hirondelle, qui descendait lentement la côte des Leux, en traînant après soi un long panache de poussière. C'était dans cette voiture jaune que Léon, si souvent, était revenu vers elle, et par cette route, là-bas, qu'il était parti pour toujours! Elle crut le voir en face, à sa fenêtre; puis tout se confondit, des nuages passèrent: il lui sembla qu'elle tournait encore dans la valse, sous le feu des lustres, au bras du vicomte, et que Léon n'était pas loin, qu'il allait venir... et cependant elle sentait toujours la tête de Rodolphe à côté d'elle.

La douceur de cette sensation pénétrait ainsi ses désirs d'autrefois, et comme des grains de sable sous un coup de vent, ils tourbillonnaient dans la bouffée subtile du parfum qui se répandait sur son âme. Elle ouvrit les narines à plusieurs reprises, fortement, pour aspirer la fraîcheur des lierres autour des chapiteaux. 201Elle retira ses gants, elle s'essuya les mains; puis avec son mouchoir elle s'éventait la figure, tandis qu'à travers le battement de ses tempes elle entendait la rumeur de la foule et la voix du conseiller qui psalmodiait ses phrases.

Il disait:

«Continuez! persévérez! n'écoutez ni les suggestions de la routine ni les conseils trop hâtifs d'un empirisme téméraire! Appliquez-vous surtout à l'amélioration du sol, aux bons engrais, au développement des races chevaline, bovine, ovine et porcine! Que ces comices soient pour vous comme des arènes pacifiques où le vainqueur, en en sortant, tendra la main au vaincu et fraternisera avec lui, dans l'espoir d'un succès meilleur! Et vous, vénérables serviteurs, humbles domestiques, dont aucun gouvernement jusqu'à ce jour n'avait pris en considération les pénibles labeurs, venez recevoir la récompense de vos vertus silencieuses, et soyez convaincus que l'État, désormais, a les yeux fixés sur vous, qu'il vous encourage, qu'il vous protège, qu'il fera droit à vos justes réclamations et allégera, autant qu'il est en lui, le fardeau de vos pénibles sacrifices!»

M. Lieuvain se rassit; et alors M. Derozerais se leva, commençant un autre discours. Le sien, peut-être, ne fut point aussi fleuri que celui du conseiller; mais il se recommandait par un caractère de style plus positif, c'est-à-dire par des connaissances plus spéciales et des considérations plus relevées. Ainsi l'éloge du gouvernement y tenait moins de place; la religion et l'agriculture 202en occupaient davantage. On y voyait le rapport de l'une et de l'autre, et comment elles avaient concouru toujours à la civilisation. Rodolphe, avec Mme Bovary, causait rêves, pressentiments, magnétisme. Remontant au berceau des sociétés, l'orateur vous dépeignait ces temps farouches où les hommes vivaient de glands au fond des bois. Puis ils avaient quitté la dépouille des bêtes, endossé le drap, creusé des sillons, planté la vigne. Était-ce un bien, et n'y avait-il pas dans cette découverte plus d'inconvénients que d'avantages? M. Derozerais se posait ce problème. Du magnétisme, peu à peu, Rodolphe en était venu aux affinités, et tandis que M. le président citait Cincinnatus à sa charrue, Dioclétien plantant ses choux, et les empereurs de la Chine inaugurant l'année par des semailles, le jeune homme expliquait à la jeune femme que ces attractions irrésistibles tiraient leur cause de quelque existence antérieure:

—Ainsi, nous, disait-il, pourquoi nous sommes-nous connus? Quel hasard l'a voulu? C'est qu'à travers l'éloignement, sans doute, comme deux fleuves qui coulent pour se rejoindre, nos pentes particulières nous avaient poussés l'un vers l'autre.

Et il saisit sa main; elle ne la retira pas.

«Ensemble de bonnes cultures», cria le Président.

—Tantôt, par exemple, quand je suis venu chez vous...

«A M. Bizet, de Quincampoix.»

—Savais-je que je vous accompagnerais?

«Soixante-dix francs!»

203

—Cent fois même j'ai voulu partir, et je vous ai suivie, je suis resté.

«Fumiers.»

—Comme je resterais ce soir, demain, les autres jours, toute ma vie!

«A M. Caron, d'Argueil, une médaille d'or!»

—Car jamais je n'ai trouvé dans la société de personne un charme aussi complet.

«A M. Bain, de Givry-Saint-Martin.»

—Aussi, moi, j'emporterai votre souvenir.

«Pour un bélier mérinos...»

—Mais vous m'oublierez, j'aurai passé comme une ombre.

«A M. Belot, de Notre-Dame...»

—Oh! non, n'est-ce pas, je serai quelque chose dans votre pensée, dans votre vie?

«Race porcine, prix ex æquo: à MM. Lehérissé et Cullembourg: soixante francs!»

 

注意を惹くことはいらなかった。群衆の口は、まるで彼の言葉を呑み込もうとでもするように、みんなぽかんとあいていた。テュヴァシュは彼の脇で眼をむいて聞いていた。ドロズレー氏は時どき静かに眼をふさいだ。その向こうには薬剤師が息子のナポレオンを膝の間に挟み、一語も聞きおとすまいと耳に手を当てていた。ほかの審査員たちは賛成のしるしにチョッキの中で静かに顎を動かしていた。消防組はひな壇の下で銃剣にもたれて休んでいた。ところがビネーは不動の姿勢をとったまま、肘ひじを張って、サーベルの尖さきをぴんと宙に上げていた。兜かぶとの庇ひさしが鼻の上まで被かぶさっているので、耳は多分聞こえたろうが眼はまるで見えなかったに相違ない。副隊長をしているテュヴァシュ氏の末っ子の兜は、ビネーのに輪をかけた代物しろものだった。とてつもなく大きいので、更紗さらさの首巻の端をちょっと覗かせながら頭の上でゆらゆらしていた。彼はこの光の下で、まるで子供のようにおとなしく笑っていた。玉の汗の流れている蒼白い小さな顔には、楽しそうな、苦しそうな、また眠たそうな表情が浮かんでいた。

広場は家の際きわまで立錐りつすいの余地もなかった。窓という窓には人が肘をついているし、戸口という戸口には人が立っている。そしてジュスタンは薬屋の店頭に立って、なにかを一心に見つめている様子だった。辺りが静まり返っているのに、リューヴァン氏の声は通らなかった。聞こえるのはきれぎれの言葉ばかりで、それもあちこちの群衆の椅子の音で邪魔された。と、にわかに、後ろの方で間伸びした牛の鳴き声や、町角でそれに応える小羊の鳴き声が聞こえた。牛飼いや羊飼いはそんなところにまで獣を連れて来ているのだ。獣は鼻先にぶらさがっている木の葉をいくらか舌でむしりとろうとしては、時どき思い出したように鳴いた。

ロドルフはエンマに寄りそっていた。そして小声で、早口に、

「あなたは、こうした世間の企みに怒りをお感じにならないのですか? 世間の非難しない感情というものが一つだってありますか? どんなに高尚な本能でも、どんなに純粋な同情でも迫害をうけ罵ののしられるのです。もし二つの哀れな魂がやっとのことで出会ったとしても、めったに結合できないように、なにもかも仕組まれているのです。しかし二つの魂は努力をしてみます、羽ばたきます、呼び合います。なあに? 遅かれ早かれ、半年先か、十年先かわかりませんが、二つの魂は一つになりましょう、愛し合うでしょう。宿命がどうしてもそうさせるからなんです。その二つの魂はお互いに相手のために生まれたのだからです。」

彼は両腕を組んで膝の上に載せていた。そして、そのままの姿勢でエンマを見上げながら、近くからじっと顔を見つめた。エンマはロドルフの黒い瞳の周りに金色の細かい光がきらきらと放射しているのをはっきり見た。ロドルフの髪を艶々つやつやさせているポマードの匂いまでが鼻を撲うった。と、思わずエンマはうっとりして、ヴォビエサールでワルツを踊ってくれたあの子爵を思い浮かべた。子爵の髭もこの髪と同じように、ヴァニラとレモンの匂いをはなっていた。われにもあらずエンマは、もっとよく嗅ごうとして眼を細めた。こうして椅子に反り返るようにして眼を細めたとたん、はるか彼方の地平の果てに、古ぼけた乗合馬車『つばめ』の姿が見えた。長い土煙の尾を引きながら、ゆっくりルウの丘をおりてくる。そうだ、あの黄色い馬車で、レオンは何度も何度もエンマのところへ帰ってきたのだ。そしてレオンが永久に去ってしまったのもあの向こうの街道だ! エンマは今いるこの窓辺にレオンの姿が見える気がした。とたんに、なにもかもが一つになった。雲のようにもやもやしたものが通りすぎた。あの子の腕に抱かれながら光輝くシャンデリアの下で、今もワルツを踊っているような、また、レオンが近くにいて今にもやってきそうな……。それでいてやはりロドルフの顔を間近に感じていた。こうしてこの快感はエンマの昔の欲望の中に浸み入った。欲望は風に吹かれる砂つぶのように、魂の上にひろがる妙なる香りの息吹の中に渦巻いた。エンマは幾度も幾度も大きく鼻をひろげて、柱頭に飾りつけた蔦のすがすがしい香りを吸った。手袋を脱いで、手を拭いた。それからハンカチで顔をあおいだ。そのとき一方では、顳顬こめかみの動悸を通して、群集のどよめきや、式辞を単調に読みあげる参事官の声が耳に入っていた。

参事官は言った。

 

 

『続けよ! 耐えよ! 慣例しきたりの勧告に耳傾くるな、無謀なる経験主義の性急なる忠告を聴くなかれ! 特に土壌の改良と良質の肥料と、馬匹・牛・羊・豚類の繁殖に専心せよ! この共進会をして、諸君のために平和の闘技場たらしめよ。勝者は去るに臨んで敗者に手を差し延べ、さらに大いなる成功を期して同心戮力りくりよくされんことを! しかして諸君、尊敬すべき使用人、謙虚なる僕婢諸子よ、今日にいたるまで、いかなる政府よりもその辛労を顧みられざりし諸子よ、諸子が黙々たる美徳の報いを来り受けよ、しかして今後国家が諸子に注目し、諸子を激励し、諸子を保護し、諸子の正当なる要求を容るるをもって正しとなし、能うかぎり、諸子が惨憺たる犠牲の重荷を軽からしめんとせることを信ぜよ!』

 

 

こう言ってリューヴァン氏は席に直った。ドロズレー氏が起たって第二の演説を始めた。その演説は参事官のほど美辞麗句で飾られてはいなかったかもしれないが、いっそう著実な文体、つまりいっそう専門的な知識といっそう高尚な観察で真価を見せた。従ってこの演説では政府の賛美は前のほど場所をとらず、宗教と農業がずっとたくさん場所をとっていた。そこでは、両者相互の関係だとか、両者がいかにして常に文明に貢献してきたかが説かれた。ロドルフはボヴァリー夫人と、夢だの、予感だの、動物磁気(この問題はオーストリアの学者メスメル

によって提唱され、当時ひどく流行した)だのについて語っていた。弁士は社会の揺籃ようらん期にさかのぼって、人間が森の奥でどんぐりを食って生きていた野蛮時代を描いていた。人間は次いで動物の毛皮を棄てて衣服をまとい、畦あぜを掘り、ぶどうを植えた。——それは果たして幸福であったか? この発見には利益よりもむしろ不利益の方が多くはなかったか? と、ドロズレー氏は自身で問題を出した。ロドルフは動物磁気の話からだんだん親和力の問題に移っていった。そして共進会長が、自ら鋤を取った独裁官キンキナトゥス(共和政ローマ前期に登場する伝説的人物。古代ローマ人

の美徳と武勇を現す人物として後世に長く伝えられた)、キャベツを植えたディオクレティアヌス帝(ローマ帝国の皇帝。帝国の安定化に努め『三世

紀の危機』と呼ばれる軍人皇帝時代を収拾した)、年頭の儀式に種を蒔いた中国の皇帝の例を引いている間に、若い男は若い女に向かって、こうした抵抗のできない吸引力というものは、前世の因縁だということを説明していた。

「現にわたしたちですね、わたしたちはなぜ知りあったのでしょう? どういうめぐりあわせだったのでしょう? それはきっと、二つの川が末には一つになるように、わたしの特殊な斜面が遠い隔たりを通して、わたしたちをお互いに近づけてくれたからですよ」

こう言ってエンマの手を握った。エンマは手を引っこめなかった。

『全体に耕作成績良好なる者!』と委員長が叫んだ。

「早い話が、さっきお宅へ伺いましたとき……」

『キャンカンポワ村のビゼー君』

「わたしはこうしてあなたのお伴をするなどとは思っていたでしょうか?」

『七十フラン!』

「いくどわたし帰ろうと思ったかしれません。それにわたしはあなたのおあとについてきました。そして今こうしておそばにいるのです」

『肥料』

「今と同じように、わたしは今夜も明日もそれからも、一生涯ずっとおそばにいるのです!」

『アルダイユ村のカロン君、金牌一個!』

「誰とつきあっても、これほど満足な愉快さを感じたことはなかったのです」

『ジヴリー・サン・マルタン村のバン君!』

「ですからわたしは、あなたの思い出をいついつまでも抱いてゆくのです」

『メリノ緬羊、牡おす一匹に対し……』

「でも今にお忘れになりますわ。わたしなんか影のように過ぎ去ってしまいますわ」

『ノートル・ダム村のブロー君に……』

「どういたしまして! あなたのお心の中で、あなたの生活の中で、このわたしはなにかしら特別なものにしていただけるのではないでしょうか?」

 

 

『豚類。ルエリッセ君とキュランブゥル君に、同格として賞金六十フラン!』

 

 

Rodolphe lui serrait la main, et il la sentait toute chaude et frémissante comme une tourterelle captive qui veut reprendre sa volée; mais, soit qu'elle essayât de la dégager ou bien qu'elle répondît à cette pression, elle fit un mouvement des doigts; il s'écria:

—Oh! merci! Vous ne me repoussez pas! Vous êtes bonne! Vous comprenez que je suis à vous! Laissez que je vous voie, que je vous contemple!

Un coup de vent qui arriva par les fenêtres fronça le tapis sur la table; et sur la Place, en bas, tous les grands bonnets des paysannes se soulevèrent, comme des ailes de papillons blancs qui s'agitent.

204

«Emploi de tourteaux de graines oléagineuses », continuait le Président; il se hâtait, « engrais flamand,—culture du lin,—drainage,—baux à longs termes,—services de domestiques».

Rodolphe ne parlait plus. Ils se regardaient. Un désir suprême faisait frissonner leurs lèvres sèches; et mollement, sans efforts, leurs doigts se confondirent.

«Catherine-Nicaise-Élisabeth Leroux, de Sassetot-la-Guerrière, pour cinquante-quatre ans de services dans la même ferme, une médaille d'argent, du prix de vingt-cinq francs!»

—Où est-elle, Catherine Leroux? répéta le conseiller.

Elle ne se présentait pas, et l'on entendait des voix qui chuchotaient:

—Vas-y!

—Non.

—A gauche!

—N'aie pas peur!

—Ah! qu'elle est bête!

—Enfin! y est-elle? s'écria Tuvache.

—Oui!... la voilà!

—Qu'elle approche donc!

Alors on vit s'avancer sur l'estrade une petite vieille femme de maintien craintif, et qui paraissait se ratatiner encore dans ses pauvres vêtements. Elle avait aux pieds de grosses galoches de bois, et le long des hanches un grand tablier bleu. Son visage maigre, entouré d'un béguin sans bordure, était plus plissé de rides qu'une pomme de reinette flétrie, et des manches 205de sa camisole rouge dépassaient deux longues mains à articulations noueuses. La poussière des granges, la potasse des lessives et le suint des laines les avaient si bien encroûtées, éraillées, durcies, qu'elles semblaient sales quoiqu'elles fussent rincées d'eau claire; et à force d'avoir servi, elles restaient entr'ouvertes, comme pour présenter d'elles-mêmes l'humble témoignage de tant de souffrances subies. Quelque chose d'une rigidité monacale relevait l'expression de sa figure. Rien de triste ou d'attendri n'amollissait ce regard pâle. Dans la fréquentation des animaux, elle avait pris leur mutisme et leur placidité. C'était la première fois qu'elle se voyait au milieu d'une compagnie si nombreuse, et intérieurement effarouchée par les drapeaux, par les tambours, par les messieurs en habit noir et par la croix d'honneur du conseiller, elle demeurait tout immobile, ne sachant s'il fallait s'avancer ou s'enfuir, ni pourquoi la foule la poussait et pourquoi les examinateurs lui souriaient. Ainsi se tenait devant ces bourgeois épanouis ce demi-siècle de servitude.

—Approchez, vénérable Catherine-Nicaise-Élisabeth Leroux! dit M. le conseiller, qui avait pris des mains du Président la liste des lauréats; et tour à tour examinant la feuille de papier, puis la vieille femme, il répétait d'un ton paterne: Approchez, approchez!

—Êtes-vous sourde? dit Tuvache en bondissant sur son fauteuil; et il se mit à lui crier dans l'oreille: Cinquante-quatre ans de services! Une médaille d'argent! Vingt-cinq francs! C'est pour vous!

206

Puis, quand elle eut sa médaille, elle la considéra. Alors un sourire de béatitude se répandit sur sa figure, et on l'entendit qui marmottait en s'en allant:

—Je la donnerai au curé de chez nous, pour qu'il me dise des messes.

—Quel fanatisme! exclama le pharmacien, en se penchant vers le notaire.

La séance était finie. La foule se dispersa; et maintenant que les discours étaient lus, chacun reprenait son rang et tout rentrait dans la coutume: les maîtres rudoyaient les domestiques, et ceux-ci frappaient les animaux, triomphateurs indolents qui s'en retournaient à l'étable, une couronne verte entre les cornes.

Cependant les gardes nationaux étaient montés au premier étage de la mairie avec des brioches embrochées à leurs baïonnettes et le tambour du bataillon qui portait un panier plein de bouteilles. Mme Bovary prit le bras de Rodolphe; il la reconduisit chez elle; ils se séparèrent devant sa porte; puis il se promena seul dans la prairie, tout en attendant l'heure du banquet.

Le festin fut long, bruyant, mal servi; l'on était si tassé que l'on avait peine à remuer les coudes, et les planches étroites qui servaient de bancs faillirent se rompre sous le poids des convives. Ils mangeaient abondamment. Chacun s'en donnait pour sa quote-part. La sueur coulait sur tous les fronts; et une vapeur blanchâtre, comme la buée d'un fleuve par un matin d'automne, flottait au-dessus de la table, entre les quinquets suspendus. Rodolphe, le dos appuyé contre 207le calicot de la tente, pensait si fort à Emma qu'il n'entendait rien. Derrière lui, sur le gazon, des domestiques empilaient des assiettes sales; ses voisins parlaient, il ne leur répondait pas; on lui emplissait son verre; et un silence s'établissait dans sa pensée, malgré les accroissements de la rumeur. Il rêvait à ce qu'elle avait dit et à la forme de ses lèvres; sa figure, comme en un miroir magique, brillait sur la plaque des shakos; les plis de sa robe descendaient le long des murs, et des journées d'amour se déroulaient à l'infini dans les perspectives de l'avenir.

Il la revit le soir, pendant le feu d'artifice; mais elle était avec son mari, Mme Homais et le pharmacien, lequel se tourmentait beaucoup sur le danger des fusées perdues, et à chaque moment il quittait la compagnie pour aller faire à Binet des recommandations.

Cependant les pièces pyrotechniques envoyées à l'adresse du sieur Tuvache avaient, par excès de précaution, été enfermées dans sa cave; aussi la poudre humide ne s'enflammait guère, et le morceau principal, qui devait figurer un dragon se mordant la queue, rata complètement. De temps à autre, il partait une pauvre chandelle romaine; alors la foule béante poussait une clameur, où se mêlait le cri des femmes à qui l'on chatouillait la taille pendant l'obscurité. Emma, silencieuse, se blottissait doucement contre l'épaule de Charles; puis, le menton levé, elle suivait dans le ciel noir le jet lumineux des fusées. Rodolphe la contemplait à la lueur des lampions qui brûlaient.

Ils s'éteignirent peu à peu. Les étoiles s'allumèrent. 208Quelques gouttes de pluie vinrent à tomber. Elle noua son fichu sur sa tête nue.

A ce moment, le fiacre du conseiller sortit de l'auberge. Son cocher, qui était ivre, s'assoupit tout à coup; et l'on apercevait de loin, par-dessus la capote, entre les deux lanternes, la masse de son corps qui se balançait de droite et de gauche, selon le tangage des soupentes.

—En vérité, dit l'apothicaire, on devrait bien sévir contre l'ivresse! Je voudrais que l'on inscrivît, hebdomadairement, à la porte de la mairie, sur un tableau ad hoc, les noms de tous ceux qui, durant la semaine, se seraient intoxiqués avec des alcools. D'ailleurs, sous le rapport de la statistique, on aurait là comme des annales patentes qu'on irait au besoin... Mais, excusez!

Et il courut encore vers le capitaine.

Celui-ci rentrait à sa maison. Il allait revoir son tour.

—Peut-être vous ne feriez pas mal, lui dit Homais, d'envoyer un de vos hommes ou d'aller vous-même...

—Laissez-moi donc tranquille, répondit le percepteur, puisqu'il n'y a rien!

—Rassurez-vous, dit l'apothicaire quand il fut revenu près de ses amis. M. Binet m'a certifié que les mesures étaient prises. Nulle flammèche ne sera tombée. Les pompes sont pleines. Allons dormir.

—Ma foi! j'en ai besoin, fit Mme Homais qui bâillait considérablement; mais n'importe, nous avons eu pour notre fête une bien belle journée.

209

Rodolphe répéta d'une voix basse et avec un regard tendre:

—Oh! oui! bien belle!

Et s'étant salué, on se tourna le dos.

Deux jours après, dans le Fanal de Rouen, il y avait un grand article sur les comices. Homais l'avait composé, de verve, dès le lendemain:

«Pourquoi ces festons, ces fleurs, ces guirlandes? Où courait cette foule, comme les flots d'une mer en furie, sous les torrents d'un soleil tropical qui répandait sa chaleur sur nos guérets?»

Ensuite, il parlait de la condition des paysans. Certes, le gouvernement faisait beaucoup, mais pas assez! «Du courage! lui criait-il; mille réformes sont indispensables, accomplissons-les.» Puis, abordant l'entrée du conseiller, il n'oubliait point «l'air martial de notre milice», ni «nos plus sémillantes villageoises», ni «les vieillards à tête chauve, sortes de patriarches qui étaient là, et dont quelques-uns, débris de nos immortelles phalanges, sentaient encore battre leur cœur au son mâle des tambours». Il se citait des premiers parmi les membres du jury, et même il rappelait dans une note que M. Homais, pharmacien, avait envoyé un mémoire sur le cidre à la Société d'agriculture. Quand il arrivait à la distribution des récompenses, il dépeignait la joie des lauréats en traits dithyrambiques: «Le père embrassait son fils, le frère le frère, l'époux l'épouse.

«Plus d'un montrait avec orgueil son humble médaille, et sans doute, revenu chez lui, près de sa 210bonne ménagère, il l'aura suspendue en pleurant aux murs discrets de sa chaumine.

«Vers six heures, un banquet dressé dans l'herbage de M. Liégeard a réuni les principaux assistants de la fête. La plus franche cordialité n'a cessé d'y régner. Divers toasts ont été portés: M. Lieuvain, au monarque! M. Tuvache, au préfet! M. Derozerais, à l'agriculture! M. Homais, à l'industrie et aux beaux-arts, ces deux sœurs! M. Leplichey, aux améliorations! Le soir, un brillant feu d'artifice a tout à coup illuminé les airs. On eût dit un véritable kaléidoscope, un vrai décor d'Opéra, et un moment notre petite localité a pu se croire transportée au milieu d'un rêve des Mille et une Nuits.

«Constatons qu'aucun accident fâcheux n'est venu troubler cette réunion de famille.» Et il ajoutait: «L'on y a seulement remarqué l'absence du clergé. Sans doute les sacristies entendent le progrès d'une autre manière. Libre à vous, messieurs de Loyola!»

 

ロドルフはエンマの手を握りしめていた。手は熱かった。捕われた雉鳩きじばとが飛び立とうとするように震えているのが感じられた。しかし手をほどこうとするのか、それともまたロドルフの手の強い力に答えようとするのか、エンマは指を動かした。ロドルフは叫んだ。

「ああ、ありがとう! わたしをお厭じゃないのですね? 感謝します! わたしがあなたのものだということを、あなたはわかって下さった! どうかお顔を見せて下さい。お顔を眺めさせて下さい!」

さっと窓から吹き込んだ風でテーブル掛けに皺がよった。それと同時に下の広場では、百姓女の大きな頭巾の先がいっせいにさっと上った。舞っている白い蝶々の羽根がつと立ったように。

『油性種子製の油かすの、飼料としての利用』と委員長は続けた。

彼は先を急いでいた。

『フランドル肥料、——亜麻栽培、——排水作業、長期借地契約、——主家への奉公。』

ロドルフはもう黙っていた。二人は顔を見合わせていた。絶頂に達した情欲が二人の乾いた唇を震わせた。そして指は、柔らかに、造作もなく絡からみあった。

『サストー・ラ・ゲリエール村のカトリーヌ=ニケーズ=エリザベート・ルルゥ女。同一農場に四十五年勤続、銀牌一個——この値あたい二十五フラン!』

『どこにおるのか、カトリーヌ=ニケーズは?』と参事官が繰り返した。

一向に出てこなかった。囁ささやく声が聞こえた。

「行けよ!」

「厭いやだあ」

「左へ!」

「びくびくするない?」

「なんて間抜けだ!」

「いったい、おるのか?」と、テュヴァシュが叫んだ。

「おりますだよ!……ほら、そこに!」

「おるなら出てこい!」

すると、おどおどした小さな老婆が、壇の上へ進み出るのが見えた。みすぼらしい服の中に縮ちぢかんでいるように思われた。足には頑丈な板底の靴を穿き、腰のまわりには大きな青前垂れをかけていた。縁飾りのない頭巾ずきんに包まれた痩せた顔には、しなびたレネットりんご(ロワールの渓谷で栽培さ

れている晩生種のりんご)よりもたくさん皺がよっていた。そして赤い上着の袖からは、節ふしくれだった細長い手がはみ出していた。納屋の埃ほこりと、洗濯につかう苛性カリと、羊の毛についている脂質液やにのために、手の皮はすっかり厚くなり、荒れ、こわばっているので、きれいな水で洗ってきたのに汚れて見えた。働きすぎたせいで、手はいつも半分開いたままになっていた。そうしてそれは、今までに受けた数々の苦しみの慎ましやかな証拠を、手そのものが示そうとするもののようであった。どこか修道者のように厳しいものがその顔つきを引き立てていた。悲哀の色も感動の色も、一切この青白い眼つきを和らげることはなかった。長いあいだ家畜と接しているうちに、だんまりと平静とが感染うつってしまったのだ。老婆はこんな人中へ出るのは初めてであった。旗や、太鼓や、燕尾服の紳士たちや、参事官の十字章に内心びくつきながら、いったい進んで行ったものか逃げ出したものか、なぜたくさんの人が自分を押し出すのか、なぜ審査員たちが自分に笑顔を見せるのかもわからないまま立ちすくんでいた。半世紀の奉公が、今やこうして、喜色満面のブルジョア達の前に立ったのである。

「こっちへ寄りなさい、カトリーヌ=ニケエズ=エリザベート・ルルゥさん!」と、会長の手から受賞者名誉を受け取った参事官が言った。

そしてその紙と老婆をかわるがわる見くらべながら、優しい声で繰り返した。

「もっとこっちへ! さあ、ずっと!」

「耳が聞こえんのか?」と、椅子の上に飛び上ってテュヴァシュが言った。

そして老婆の耳もとでどなり出した。

「五十四年間勤続! 銀牌一個! 二十五フラン! お前さんが頂戴するのだぞ!」

賞牌を受け取ると、老婆はじっと眺め入った。すると、この上もない脱びの微笑が顔にこぼれた。そして引き退りながら、こう呟つぶやく声が聞こえた。

「これは村の司祭様に上げてな、お経を読んでもらうとしよう」

「あきれた宗旨気違いですな!」と、薬剤師は公証人の方へかがみこんで叫んだ。

会は終わった。群衆は散った。式辞の朗読はもうすんだので各自はその地位に帰り、すべては常の状態に復した。主人は雇人を虐待し、雇人は獣けものを打擲ちようちやくした——角つのの間に青葉の冠を戴き、厩をさして帰って行く呑気な優勝者たちを。

そのあいだに国民守備隊の連中は銃剣の尖に菓子パンを突き刺し、ぶどう酒瓶の籠を抱えた大隊鼓手を連れて役場の二階へ上っていった。ボヴァリー夫人はロドルフの腕をとった。ロドルフは夫人を家まで送った。二人は門口で別れた。それから彼は宴の時刻を待ちながら牧場をひとりで散歩した。

酒宴は長たらしく、騒々しく、ろくなご馳走もなかった。ひどく込みあって肘も動かせない。腰掛にしてある細長い板は、お客の重みでどれもこれも今にも折れそう。しかしみんなたらふく食った。銘々割前だけ詰めこんだというわけだ。皆の額ひたいからは汗が流れていた。そして白っぽい湯気が、ちょうど秋の朝の川霧のように、食卓のうえの釣りランプの間に漂っていた。ロドルフは天幕の金巾かなきんに背をもたせて、なにも耳に入らないほど、一心にエンマのことを考えていた。うしろの芝生では、召使いたちが汚れた皿を重ねていた。近くの席から話しかけられても、ロドルフは返答しなかった。しかしコップにはぶどう酒がいつも注がれた。ますますはずむ騒ぎをよそに、頭の中はだんだんと冴えていった。エンマの言ったことやエンマの唇のかたちを思い浮かべた。エンマの顔がまるで魔法の鏡に映ったように、軍帽の徽章きしようの中にかがやいている。ドレスの襞ひだが天幕の袖にそって垂れている。そして恋の毎日毎日が未来の遠景の中に果てもなく繰りひろがる。

夜、花火のときに彼はまたエンマに会った。しかしエンマは夫や薬剤師のオメー夫婦と一緒であった。オメーは打ち上げ花火の玉は観衆のところへ落ちるので危いと、ひどく気にして、絶えず場を外してはビネーのところへ注意しにいった。テュヴァシュ氏宛に送られた花火の玉は、用心しすぎて、地下室の穴倉へしまい込んであったため、火薬が湿ってろくに火がつかなかった。一番の呼び物で、龍が尻尾を咬んでいるところを見せるはずのは全くの失敗に終わった。時どき貧弱な流星火りゆうせいかが上がった。すると、口をあんぐりあけた群集が歓声をあげた。その声には闇にまぎれて腰をくすぐられる女達の叫びも交っていた。エンマは黙って、シャルルの肩にそっと身をすくめていたが、顔をあげては、夜空に打ち上げられた花火の行方を追うのだった。ロドルフは燃えている花ランプの薄ら明かりにエンマをじっと見つめていた。

花ランプは次第に消えていった。星がきらめいた。雨がしょぼしょぼ降りだした。エンマは無帽の頭にネッカチーフを巻いた。

折しも参事官の貸馬車が宿屋を出た。馭者は酔っぱらっていて、急にとろっと居眠った。両側のランプのあいだに、幌から上に突き出て、馭者の図体ずうたいが車体を吊る革帯の上下につれて左右に揺れるのが遠くから見えた。

「全く、」と薬屋は言った。「酔っ払いは排撃すべきですな。一週間のうちアルコールに酔った奴らの名をみんな特別の家に書き入れて、毎週役場の門前へ掲示してもらいたいもんだ。そうしておけば、統計上から見て、それで公然たる年報のようなものができるから、用があればそいつを……いや、ちょっと失礼」

と、彼はまた消防隊長のところへ走っていった。

隊長は家への帰り道であった。轆轤ろくろの顔を見に戻るところであった。

「悪いことは言いません、部下の人をやるなり、あなた自身一つ出かけて行って……」とオメーは言った。

「放っといて下さいよ、何にも別条はないんだから!」と収税史は答えた。

薬屋は連中のところへ戻って来て、

「心配ご無用。手はずはちゃんとできているとビネー君がはっきり言いました。火の子は一つも落ちていないらしい。ポンプには水が張ってある。さあ帰って寝るとしましょうか」

「そう言えばわたしほんとに眠くって」と、しきりに欠伸あくびしていたオメー夫人が言った。「でもまあ今日の催しはお天気も申し分なしで」

ロドルフはうっとりした目つきで小声に繰り返した。

「全くそのとおり。申し分なしだった!」

こうして挨拶を交して別れた。

二日経って『ルアンの燈火』紙上に、共進会に関する記事が大々的に掲載された。会の翌日、オメーが早速、油にのって書いたものであった。

『何故なにゆえの花飾りぞ、花ぞ、花輪ぞ? われらの耕地に熱を注ぐ燦々さんさんたる灼熱しやくねつの陽光下に、何処いずこをさしてこの群集は怒濤どとうの如く押し寄せたるぞ?』

次に彼は農民の状態について語った。

なるほど政府も大いに努めてはいる。が、しかし、十分でない! 『奮え! 百千の改革は不可欠なり。いざ果たさんかな』と彼は絶叫した。次には参事官臨場の光景に触れ、『我が国民軍の威風』も『溌剌はつらつたる村の女達』も、また長老然として臨席していた禿頭とくとうの人たちのことも書き落とさなかった。その老人たちのある者は、『不朽なるわれらが国軍の名残にして、勇ましき太鼓の音に今なお胸の高鳴りを覚えたり。』とあった。オメーは自分の名を審査員の上席に据え、その上、薬剤師オメーは農学会にりんご酒論を提出した旨を注記した。賞品授与の条になると、彼は熱狂的讃美の筆を揮ふるって受賞者の歓喜を叙した。『父は子を、兄は弟を、夫は妻を抱擁せり。微々たる賞牌を得てこれを誇示する者一人ならず。必ずやわが家なる良き妻のもとに帰り、感涙にむせびつつ、部屋のひそやかなる壁間にこれを掲げしならん。』

『六時頃、リエジャール氏の牧場にしつらえたる宴会は式典の主なる参列者を集めたり。和気わき藹々あいあい裡に終始せり。乾盃数次。リューヴァン氏は国王に、デュヴァシュ氏は知事に、ドロズレー氏は農業に、オメー氏は、かの姉妹とも言うべき工業と芸術に、プリシェエ氏は改良事業のために乾盃せり。夜に入りては燦爛さんらんたる花火、突如として天空を照らしぬ。げに万華鏡、オペラの舞台とも称すべし。かくてしばしわれらが小村は『千一夜物語アラビアンナイト』の夢の世界に運び去られしかと思うばかりなりき。』

『なおこの家庭的会合を乱すが如き事故の一として起こらざりし事を明記せん。』

まだオメーはつけ加えた。

『ただひとつ僧侶の列席せざりし事は衆目を惹ひけり。思うに教会者流はわれわれと進歩の解釈を異にするなる

 

。ロヨラ(カスティーリャ王国領バスク地方出身の修道士。カト

リック教会の修道会であるイエズス会の創立者の一人)の一徒よ、そは御身らのご自由なり!』

IX

 

Six semaines s'écoulèrent. Rodolphe ne revint pas. Un soir, enfin, il parut.

Il s'était dit, le lendemain des comices: «N'y retournons pas de sitôt, ce serait une faute»; et au bout de la semaine, il était parti pour la chasse. Après 211la chasse, il avait songé qu'il était trop tard. Puis il fit ce raisonnement: «Mais si du premier jour elle m'a aimé, elle doit, par l'impatience de me revoir, m'aimer davantage. Continuons donc!» Et il comprit que son calcul avait été bon, lorsqu'en entrant dans la salle il aperçut Emma pâlir.

Elle était seule. Le jour tombait. Les petits rideaux de mousseline le long des vitres épaississaient le crépuscule, et la dorure du baromètre, sur qui frappait un rayon de soleil, étalait des feux dans la glace entre les découpures du polypier.

Rodolphe resta debout; et à peine si Emma répondit à ses premières phrases de politesse.

—Moi, dit-il, j'ai eu des affaires. J'ai été malade.

—Gravement? s'écria-t-elle.

—Eh bien! fit Rodolphe en s'asseyant à ses côtés sur un tabouret, non!... C'est que je n'ai pas voulu revenir.

—Pourquoi?

—Vous ne devinez pas?

Il la regarda encore une fois, mais d'une façon si violente qu'elle baissa la tête en rougissant. Il reprit:

—Emma...

—Monsieur, fit-elle en s'écartant un peu.

—Ah! vous voyez bien, répliqua-t-il d'une voix mélancolique, que j'avais raison de vouloir ne pas revenir; car ce nom, ce nom qui remplit mon âme et qui m'est échappé, vous me l'interdisez! Madame Bovary!... Eh! tout le monde vous appelle comme cela! Ce n'est 212pas votre nom d'ailleurs; c'est le nom d'un autre!

Il répéta: «D'un autre!» Et il se cacha la figure entre les mains.

—Oui, je pense à vous continuellement!... Votre souvenir me désespère! Ah! pardon!... Je vous quitte... Adieu... J'irai loin... si loin que vous n'entendrez plus parler de moi!... Et cependant... aujourd'hui... je ne sais quelle force encore m'a poussé vers vous! car on ne lutte pas contre le ciel, on ne résiste point au sourire des anges! on se laisse entraîner par ce qui est beau, charmant, adorable!

C'était la première fois qu'Emma s'entendait dire ces choses; et son orgueil, comme quelqu'un qui se délasse dans une étuve, s'étirait mollement et tout entier à la chaleur de ce langage.

—Mais si je ne suis pas venu, continua-t-il, si je n'ai pu vous voir, ah! du moins, j'ai bien contemplé ce qui vous entoure. La nuit, toutes les nuits, je me relevais, j'arrivais jusqu'ici, je regardais votre maison, le toit qui brillait sous la lune, les arbres du jardin qui se balançaient à votre fenêtre, et une petite lampe, une lueur, qui brillait à travers les carreaux, dans l'ombre. Ah! vous ne saviez guère qu'il y avait là, si près et si loin, un pauvre misérable...

Elle se tourna vers lui avec un sanglot.

—Oh! vous êtes bon! dit-elle.

—Non, je vous aime, voilà tout! Vous n'en doutez pas! Dites-le-moi; un mot! un seul mot!

Et Rodolphe, insensiblement, se laissa glisser du tabouret jusqu'à terre; mais on entendit un bruit de 213sabots dans la cuisine, et la porte de la salle, il s'en aperçut, n'était pas fermée.

—Que vous seriez charitable, poursuivit-il en se relevant, de satisfaire une fantaisie.

C'était de visiter sa maison; il désirait la connaître; et Mme Bovary n'y voyant point d'inconvénient, ils se levaient tous les deux, quand Charles entra.

—Bonjour, docteur, lui dit Rodolphe.

Le médecin, flatté de ce titre inattendu, se répandit en obséquiosités, et l'autre en profita pour se remettre un peu.

—Madame m'entretenait, fit-il donc, de sa santé.

Charles l'interrompit; il avait mille inquiétudes, en effet; les oppressions de sa femme recommençaient. Alors Rodolphe demanda si l'exercice du cheval ne serait pas bon.

—Certes! excellent, parfait!... Voilà une idée! Tu devrais la suivre.

Et comme elle objectait qu'elle n'avait point de cheval, Rodolphe en offrit un; mais elle refusa ses offres; il n'insista pas; puis, afin de motiver sa visite, il conta que son charretier, l'homme à la saignée, éprouvait toujours des étourdissements.

—J'y passerai, dit Bovary.

—Non, non, je vous l'enverrai; nous viendrons, ce sera plus commode pour vous.

—Ah! fort bien. Je vous remercie.

Et dès qu'ils furent seuls:

—Pourquoi n'acceptes-tu pas les propositions de M. Boulanger, qui sont si gracieuses?

214

Elle prit un air boudeur, chercha mille excuses, et déclara finalement que cela peut-être semblerait drôle.

—Ah! je m'en moque pas mal! dit Charles en faisant une pirouette. La santé avant tout! Tu as tort!

—Eh! comment veux-tu que je monte à cheval, puisque je n'ai pas d'amazone?

—Il faut t'en commander une! répondit-il.

L'amazone la décida.

Quand le costume fut prêt, Charles écrivit à M. Boulanger que sa femme était à sa disposition, et qu'ils comptaient sur sa complaisance.

Le lendemain, à midi, Rodolphe arriva devant la porte de Charles avec deux chevaux de maître. L'un portait des pompons roses aux oreilles et une selle de femme en peau de daim.

Il avait mis de longues bottes molles, se disant que sans doute elle n'en avait jamais vu de pareilles; en effet, Emma fut charmée de sa tournure, lorsqu'il apparut sur le palier avec son grand habit de velours et sa culotte de tricot blanc. Elle était prête; elle l'attendait.

Justin s'échappa de la pharmacie pour la voir, et l'apothicaire aussi se dérangea. Il faisait à M. Boulanger des recommandations:

—Un malheur arrive si vite! Prenez garde! Vos chevaux peut-être sont fougueux!

Elle entendit du bruit au-dessus de sa tête; c'était Félicité qui tambourinait contre les carreaux pour divertir la petite Berthe. L'enfant envoya de loin un baiser; 215sa mère lui répondit d'un signe avec le pommeau de sa cravache.

—Bonne promenade! cria M. Homais. De la prudence surtout, de la prudence! Et il agita son journal, en les regardant s'éloigner.

Dès qu'il sentit la terre, le cheval d'Emma prit le galop. Rodolphe galopait à côté d'elle. Par moments, ils échangeaient une parole. La figure un peu baissée, la main haute et le bras droit déployé, elle s'abandonnait à la cadence du mouvement qui la berçait sur la selle.

Au bas de la côte, Rodolphe lâcha les rênes; ils partirent ensemble d'un seul bond; puis, en haut, tout à coup, les chevaux s'arrêtèrent, et son grand voile bleu retomba.

On était aux premiers jours d'octobre. Il y avait du brouillard sur la campagne. Des vapeurs s'allongeaient à l'horizon, entre le contour des collines; et d'autres, se déchirant, montaient, se perdaient. Quelquefois, dans un écartement des nuées, sous un rayon de soleil, on apercevait au loin les toits d'Yonville avec les jardins au bord de l'eau, les cours, les murs et le clocher de l'église. Emma fermait à demi les paupières pour reconnaître sa maison, et jamais ce pauvre village où elle vivait ne lui avait semblé si petit. De la hauteur où ils étaient, toute la vallée paraissait un immense lac, pâle, s'évaporant à l'air. Les massifs d'arbres, de place en place, saillissaient comme des rochers noirs, et les hautes lignes des peupliers qui dépassaient la brume figuraient des grèves que le vent remuait.

216

A côté, sur la pelouse, entre les sapins, une lumière brune circulait dans l'atmosphère tiède. La terre, roussâtre comme de la poudre de tabac, amortissait le bruit des pas; et du bout de leurs fers, en marchant, les chevaux poussaient devant eux des pommes de pin tombées.

Rodolphe et Emma suivirent ainsi la lisière du bois. Elle se détournait de temps à autre afin d'éviter son regard; et alors elle ne voyait que les troncs des sapins alignés, dont la succession continue l'étourdissait un peu. Les chevaux soufflaient. Le cuir des selles craquait.

Au moment où ils entrèrent dans la forêt, le soleil parut.

—Dieu nous protège! dit Rodolphe.

—Vous croyez? fit-elle.

—Avançons! avançons! reprit-il.

Il claqua de la langue. Les deux bêtes couraient.

 

六週間経った。ロドルフは来なかったが、ある晩とうとう姿を見せた。

共進会の翌あくる日、彼はこう考えたのだった。

『さっそく訪れることはやめだ。拙まずいだろう』

そこでその週末に狩に出かけた。狩猟が終わると、もう手遅れのような気がした。しかしロドルフはこういう理屈をつけた。

『しかし、あの女が初手しよてから俺に惚れたのだとすると、早く逢いたい一念でますます恋心を募らせるはずだ。もっとこのままでやってやれ!』

客間へ通されて、エンマの顔色が変わるのを見たとき、彼は自分の目算が外れていなかったことを知った。

エンマは独りであった。日は暮れようとしていた。モスリンの小さいカーテンが、窓ガラスに沿って暮色ぼしよくを深めていた。そして晴雨計の金箔きんぱくには陽が射して、珊瑚さんご樹じゆのぎざぎざした枝のあいだで、鏡に燦爛さんらんとかがやいている。

ロドルフはその場に佇たたずんだ。エンマは彼の初めの挨拶にろくろく返答もできなかった。

「わたし、」と彼は言った。「用事があったり、病気をしたりしましてね」

「ひどいご病気?」とエンマは声を大きくした。

「ところが、」と、ロドルフはエンマのそばの腰掛けに座りながら、「そうじゃないんです!……実はお訪ねしたくなかったのです」

「どうして?」

「おわかりになりませんか?」

ロドルフはもう一度女の顔を見つめた。しかしあまり激しい見方なので、彼女は顔を赤らめてうつむいた。ロドルフは言葉をついだ。

「エンマさん……」

「あら、そんなこと!」エンマは心持ち身をかわしながら言った。

「それご覧なさい」と彼は沈んだ声で答えた。「お訪ねしたくなかったのももっともでしょう。この胸に溢れて、つい口から出てしまったそのお名前、そのお名前をあなたは言うなとおっしゃるのです! ボヴァリーの奥さま!……これなら誰もが呼んでいるお名前です……それに、それはあなたのお名前じゃない、他の人間の名前です!」

彼は繰り返した。

「他の人間の!」

そして両手で顔を覆った。

「そうです、わたしはあなたのことを思い続けているのです!……あなたの思い出はわたしを絶望させます! どうも、失礼致しました! では、お別れ致します……さようなら!……わたしは遠い所へ行ってしまいます……二度とわたしの噂がお耳に入らないような遠い所へ!……それにしても……今日という今日は……どういう力がまたしてもわたしをあなたのところへ駆り立ててきたのでしょう。いや、そうです、人間は天と闘うことはできないのです。天使の微笑ほほえみにはさからえないからです! 人間は美しいもの、あでやかなもの、ほめ讃うべきものへは引きずられて行くのです!」

エンマはこんなことを言われるのは初めてだった。エンマの自惚れは、蒸し風呂の中でぐったりする人のように、この言葉の熱で張りもなく伸びてしまった。

「しかし、今日までお訪ねはしませんでしたが、」と彼は続けた。「お目にはかかりませんでしたが、わたしはせめてもと思って、あなたをとり巻いているものを眺め暮らしていたのです。夜は夜ごと、わたしは起き出して、ここまで参りました。あなたのお家を、月の光にかがやくこの屋根を眺めました。あなたの窓に揺れる庭の木々や、窓ガラスを透して闇の中にかがやく小さいランプを、薄ら明かりを眺めました。ああ! あなたはご存じなかったのです、そこに、そんなに近くに、またそんなに遠くに、一人の哀れなもののいることを」

エンマは啜り泣きつつ彼の方を向いて、

「まあ、お優しいことを……」と言った。

「いえ、わたしはあなたに恋している、ただそれだけです! よもやお疑いではありますまい! さあ言って下さい、ひとこと、たったひとこと!」

こうして、ロドルフは腰掛けから床までわずかずつずり下りた。ところへ料理場に木靴サボの音がした。そして客間の扉は——ロドルフはすぐ見てとった——客間の扉は閉まっていなかった。

「ひとつお慈悲に、わがままを叶えていただきたいのです!」彼は立ち上がりながら続けて言った。

わがままとは家の中を見たいということであった。家の様子を知りたいと言うのであった。ボヴァリー夫人は別段差支えないと考えたので、揃って立ち上がった。そこへシャルルが入ってきた。

「先生、今日は」とロドルフが言った。

思いがけなく先生と呼ばれて嬉しくなった医者は、さかんに愛嬌を振りまいた。ロドルフはそのすきに少し落ち着きをとり戻した。そして、

「奥様はわたしにお体のことを話していらっしゃったので……」と言った。

シャルルは遮さえぎって、実は自分もいろいろ心配している、妻の呼吸困難がまた始まっているのだと言った。そこでロドルフは乗馬がよくはなかろうかと訊いた。

「なるほど、結構、申し分なし!……いや全く名案です! お前、おっしゃるとおりするがいい。」

で、馬がないからとエンマが反対すると、ロドルフが一頭用だてると言う。エンマはその申し出を断った。彼は強いてとは言わなかった。そして今度は、自分の訪問に理由をつけるために、家の荷車挽き、いつか悪血を取ってもらったあの男が相変わらず眩暈めまいで困っているという話をした。

「一度そちらにお寄りしましょう」とボヴァリーが言った。

「いえいえ、こちらから伺わせます。わたしと二人で参りましょう、その方がご都合がよろしいでしょう」

「いや、それは結構。恐れ入ります」

さて二人きりになると、

「どうしてお前はブーランジェさんの申し出をお受けしないんだ、あんなに親切に言って下さるのに?」

エンマは膨れ面づらをしていろいろ言いわけをしたあげく、しまいには、『そんなことをしたら、きっと変に見えるから』と言った。

「なんだ、つまらないことを!」と、とシャルルは踵かかとでキリリと回って言った。「健康が第一だ! お前の考えは間違っている!」

「でも乗馬服がないのにどうして馬に乗れます?」

「一着あつらえるさ!」と彼は答えた。

この乗馬服で、エンマは決心した。

衣裳がととのうと、シャルルはブーランジェ氏に、妻はいつでもご都合に従うからどうぞよろしくと、手紙を出した。

翌日の正午、ロドルフは乗馬を一頭携えてシャルルの戸口に着いた。一頭は耳に桃色の総ふさを飾り、鹿革製の婦人用の鞍をつけていた。

ロドルフは柔らかな長靴を穿いてきていた。あの女は今までによもやこんなものを見たことはあるまいと思っていた。果たして、彼が大きな天鵞絨びろうどの上衣に白い毛編みのズボンを穿いて階段の上に現われたときには、エンマはその風采に惚れぼれした。エンマはもう仕度したくして、待っていたのだった。

ジュスタンはエンマの姿を見ようとして繁盛の店を脱け出した。薬屋も手をやめて出てきた。そしてブーランジェ氏にいろいろと注意した。

「悪いことは起こりやすいものですぞ! ご用心なさいよ! あなた様の馬は暴れ馬でしょう?」

エンマは頭上に物音を聞いた。フェリシテが小さなベルトをあやすために、窓ガラスを叩いているのだった。子供は遠くからキスを投げた。母親は鞭の頭をあげて答えた。

「行ってらっしゃい!」とオメーは叫んだ。

「用心が第一ですよ! 用心が!」

彼は二人の遠ざかって行くのを見送りながら新聞紙を振った。

エンマの馬は土の道に出たと感じると急に駆け出した。ロドルフはその脇を走った。時どき二人は短い言葉を交わした。彼女は心もち顔を伏せ、手を高くあげ、右腕をすぐにのばしたまま、鞍の上で揺られるままに身を委せていた。

丘の麓へくるとロドルフは手綱をゆるめた。二人は轡くつわを並べていっせいにさっと駆け出した。やがて頂上に着くと馬は急に停まった。エンマの水色の大きなヴェールが垂れさがった。

十月の初めであった。野には靄もやがこめていた。靄は地平のかなた、丘の間にたなびき、あるいはまた千切れて空高く消えていった。時おり雲の裂け目から陽の光を受けてヨンヴィルの甍いらかが見えた。水辺の花園も庭も壁も、教会堂の鐘楼も見えた。エンマは眼を細くして自分の家を見つけようとした。自分の住んでいるあの貧弱な村が、これほどちっぽけに見えたことはなかった。二人のいる高みからは、渓谷全体が大気に蒸発するほの白い大きな湖のように見えた。木の茂みが所どころ黒い岩塊がんかいのように突き出ている。そして高く聳そびえたポプラの列が靄を突き抜けて、ちょうど風にゆらめく磯辺とも思われた。

傍かたわらの芝生の樅もみの木の間には、褐色とびいろの明かりがなまあたたかい空気の中に動いていた。煙草の粉のような赤土が足音を和らげた。馬は歩きながら蹄鉄の先で、落ちている松毬まつかさを前方へ蹴っていった。

ロドルフとエンマはこうして森の縁について進んだ。エンマは男の視線をそらすために時どき顔をそむけた。すると眼に入るものは、ただ一列に連なり並んでいる樅の幹ばかりであった。その絶え間なく続くのを見ていると、軽い眩暈めまいがした。馬は喘あえいでいた。鞍の革が鳴った。

森へ入ったとき、陽ひが射してきた。

「神様のご加護がありますね!」とロドルフ。

「そうでしょうね!」と彼女。

「前進! 前進!」と彼は続けた。

ロドルフは舌を鳴らした。二頭の馬は駆けつづける。

 

De longues fougères au bord du chemin se prenaient dans l'étrier d'Emma. Rodolphe, tout en allant, se penchait, et il les retirait à mesure. D'autres fois, pour écarter les branches, il passait près d'elle, et Emma sentait son genou lui frôler la jambe. Le ciel était devenu bleu. Les feuilles ne remuaient pas. Il y avait de grands espaces pleins de bruyères tout en fleurs, et des nappes violettes s'alternaient avec le fouillis des arbres, qui étaient gris, fauves ou dorés, selon la diversité des feuillages. Souvent on entendait sous les buissons glisser un petit battement d'ailes, ou bien le cri rauque et doux des corbeaux qui s'envolaient dans les chênes.

217

Ils descendirent. Rodolphe attacha les chevaux. Elle allait devant, sur la mousse, entre les ornières.

Mais sa robe trop longue l'embarrassait, bien qu'elle la portât relevée par la queue; et Rodolphe, marchant derrière elle, contemplait entre ce drap noir et la bottine noire la délicatesse de son bas blanc, qui lui semblait quelque chose de sa nudité.

Elle s'arrêta.

—Je suis fatiguée, dit-elle.

—Allons, essayez encore! reprit-il, du courage!

Cent pas plus loin, elle s'arrêta de nouveau; et à travers son voile, qui de son chapeau d'homme descendait obliquement sur ses hanches, on distinguait son visage dans une transparence bleuâtre, comme si elle eût nagé sous des flots d'azur.

—Où allons-nous donc?

Il ne répondit rien. Elle respirait d'une façon saccadée. Rodolphe jetait les yeux autour de lui et il se mordait la moustache.

Ils arrivèrent à un endroit plus large où l'on avait abattu des baliveaux. Ils s'assirent sur un tronc d'arbre renversé, et Rodolphe se mit à lui parler de son amour.

Il ne l'effraya point d'abord par des compliments. Il fut calme, sérieux, mélancolique.

Emma l'écoutait, la tête basse, et tout en remuant avec la pointe de son pied des copeaux par terre.

Mais à cette phrase:

—Est-ce que nos destinées maintenant ne sont pas communes?

218

—Eh! non! répondit-elle. Vous le savez bien. C'est impossible.

Elle se leva pour partir. Il la saisit au poignet; elle s'arrêta. Puis, l'ayant considéré quelques minutes d'un œil amoureux et tout humide, elle dit vivement:

—Ah! tenez! n'en parlons plus... Où sont les chevaux? Retournons.

Il eut un geste de colère et d'ennui. Elle répéta:

—Où sont les chevaux? où sont les chevaux?

Alors, souriant d'un sourire étrange et la prunelle fixe, les dents serrées, il s'avança en écartant les bras. Elle se recula tremblante. Elle balbutiait:

—Oh! vous me faites peur! vous me faites mal. Partons.

—Puisqu'il le faut, reprit-il en changeant de visage.

Et il redevint aussitôt respectueux, caressant, timide. Elle lui donna son bras. Ils s'en retournèrent. Il disait:

—Qu'aviez-vous donc? Pourquoi? Je n'ai pas compris! Vous vous méprenez, sans doute? Vous êtes dans mon âme comme une madone sur un piédestal, à une place haute, solide et immaculée. Mais j'ai besoin de vous pour vivre! J'ai besoin de vos yeux, de votre voix, de votre pensée. Soyez mon amie, ma sœur, mon ange!

Il allongeait son bras et lui entourait la taille. Elle tâchait de se dégager mollement. Il la soutenait ainsi en marchant.

Mais ils entendirent les deux chevaux qui broutaient le feuillage.

219

—Oh! encore, dit Rodolphe. Ne partons pas! Restez!

Il l'entraîna plus loin, autour d'un petit étang, où des lentilles d'eau faisaient une verdure sur les ondes. Des nénuphars flétris se tenaient immobiles entre les joncs. Au bruit de leurs pas dans l'herbe, des grenouilles sautaient pour se cacher.

—J'ai tort, j'ai tort, disait-elle. Je suis folle de vous entendre!

—Pourquoi?... Emma! Emma!

—Oh! Rodolphe!... fit lentement la jeune femme en se penchant sur son épaule.

Le drap de sa robe s'accrochait au velours de l'habit. Elle renversa son cou blanc, qui se gonflait d'un soupir; et, défaillante, tout en pleurs, avec un long frémissement et se cachant la figure, elle s'abandonna.

Les ombres du soir descendaient; le soleil horizontal, passant entre les branches, lui éblouissait les yeux. Çà et là, tout autour d'elle, dans les feuilles ou par terre, des taches lumineuses tremblaient, comme si les colibris en volant eussent éparpillé leurs plumes. Le silence était partout; quelque chose de doux semblait sortir des arbres; elle sentait son cœur, dont les battements recommençaient, et le sang circuler dans sa chair comme un fleuve de lait. Alors elle entendit tout au loin, au delà du bois, sur les autres collines, un cri vague et prolongé, une voix qui se traînait,—et elle l'écoutait silencieusement, se mêlant comme une musique aux dernières vibrations de ses nerfs émus. Rodolphe, 220le cigare aux dents, raccommodait avec son canif une des deux brides cassées.

Ils s'en revinrent à Yonville par le même chemin. Ils revirent sur la boue les traces de leurs chevaux, côte à côte, et les mêmes buissons, les mêmes cailloux dans l'herbe. Rien autour d'eux n'avait changé; et pour elle, cependant, quelque chose était survenu de plus considérable que si les montagnes se fussent déplacées. Rodolphe, de temps à autre, se penchait et lui prenait sa main pour la baiser.

Elle était charmante à cheval! Droite, avec sa taille mince, le genou plié sur la crinière de sa bête, et un peu colorée par le grand air, dans la rougeur du soir.

En entrant dans Yonville, elle caracola sur les pavés. On la regardait des fenêtres.

Son mari, au dîner, lui trouva bonne mine; mais elle eut l'air de ne pas l'entendre lorsqu'il s'informa de sa promenade; et elle restait, le coude au bord de son assiette, entre les deux bougies qui brûlaient.

—Emma! dit-il.

—Quoi?

—Eh bien! j'ai passé cette après-midi chez M. Alexandre; il a une ancienne pouliche encore fort belle, un peu couronnée seulement et qu'on aurait, je suis sûr, pour une centaine d'écus... Il ajouta: Pensant même que cela te serait agréable, je l'ai retenue... je l'ai achetée... Ai-je bien fait? dis-moi donc?

Elle remua la tête en signe d'assentiment; puis, un quart d'heure après:

—Sors-tu ce soir? demanda-t-elle.

221

—Oui, pourquoi?

—Oh! rien, rien, mon ami.

Dès qu'elle fut débarrassée de Charles, elle monta s'enfermer dans sa chambre.

D'abord, ce fut comme un étourdissement; elle voyait les arbres, les chemins, les fossés, Rodolphe, et elle sentait encore l'étreinte de ses bras, tandis que le feuillage frémissait et que les joncs sifflaient.

En s'apercevant dans la glace elle s'étonna de son visage. Jamais elle n'avait eu les yeux si grands, si noirs, ni d'une telle profondeur. Quelque chose de subtil épandu sur sa personne la transfigurait.

Elle se répétait: J'ai un amant! un amant! se délectant à cette idée comme à celle d'une autre puberté qui lui serait survenue.

Elle allait donc posséder enfin ces joies de l'amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré. Elle entrait dans quelque chose de merveilleux où tout serait passion, extase, délire; une immensité bleuâtre l'entourait, les sommets du sentiment étincelaient sous sa pensée, et l'existence ordinaire n'apparaissait qu'au loin, tout en bas dans l'ombre, entre les intervalles de ces hauteurs.

Alors elle se rappela les héroïnes des livres qu'elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire avec des voix de sœurs qui la charmaient. Elle devenait elle-même comme une partie véritable de ces imaginations et réalisait la longue rêverie de sa jeunesse, en se considérant dans ce type d'amoureuse, qu'elle avait tant envié. 222D'ailleurs, Emma éprouvait une satisfaction de vengeance. N'avait-elle pas assez souffert? Mais elle triomphait maintenant, et l'amour, si longtemps contenu, jaillissait tout entier avec des bouillonnements joyeux. Elle le savourait sans remords, sans inquiétude, sans trouble.

La journée du lendemain se passa dans une douceur nouvelle. Ils se firent des serments. Elle lui raconta ses tristesses. Rodolphe l'interrompait par ses baisers; et elle lui demandait, en le contemplant les paupières à demi closes, de l'appeler encore par son nom et de répéter qu'il l'aimait. C'était dans la forêt, comme la veille, sous une hutte de sabotiers. Les murs en étaient de paille et le toit descendait si bas qu'il fallait se tenir courbé. Ils étaient assis l'un contre l'autre, sur un lit de feuilles sèches.

A partir de ce jour-là, ils s'écrivirent régulièrement tous les soirs. Emma portait sa lettre au bout du jardin, près de la rivière, dans une fissure de la terrasse. Rodolphe venait l'y chercher et en plaçait une autre, qu'elle accusait toujours d'être trop courte.

Un matin que Charles était sorti dès avant l'aube, elle fut prise par la fantaisie de voir Rodolphe à l'instant. On pouvait arriver promptement à la Huchette, y rester une heure, et être rentré dans Yonville que tout le monde encore serait endormi. Cette idée la fit haleter de convoitise, et elle se trouva bientôt au milieu de la prairie, où elle marchait à pas rapides, sans regarder derrière elle.

Le jour commençait à paraître. Emma, de loin, reconnut 223la maison de son amant, dont les deux girouettes à queue d'aronde se découpaient en noir sur le crépuscule pâle.

Après la cour de la ferme, il y avait un corps de logis qui devait être le château. Elle y entra, comme si les murs à son approche se fussent écartés d'eux-mêmes. Un grand escalier droit montait vers un corridor. Emma tourna la clenche d'une porte, et tout à coup, au fond de la chambre, elle aperçut un homme qui dormait. C'était Rodolphe. Elle poussa un cri.

—Te voilà! te voilà! répétait-il. Comment as-tu fait pour venir?... Ah! ta robe est mouillée!

—Je t'aime, répondit-elle en lui passant les bras autour du cou.

Cette première audace lui ayant réussi, chaque fois maintenant que Charles sortait de bonne heure, Emma s'habillait vite et descendait à pas de loup le perron qui conduisait au bord de l'eau. Quand la planche aux vaches était levée, il fallait suivre les murs qui longeaient la rivière. La berge était glissante; elle s'accrochait de sa main, pour ne pas tomber, aux bouquets de ravenelles flétries. Puis elle prenait à travers des champs en labour, où elle enfonçait, trébuchait et empêtrait ses bottines minces. Son foulard noué sur sa tête s'agitait au vent dans les herbages; elle avait peur des bœufs, elle se mettait à courir; elle arrivait essoufflée, les joues roses, et exhalant de toute sa personne un frais parfum de sève, de verdure et de grand air. Rodolphe, à cette heure-là, dormait encore. C'était comme une matinée de printemps qui entrait dans sa chambre.

224

Les rideaux jaunes, le long des fenêtres, laissaient passer doucement une lourde lumière blonde. Emma tâtonnait en clignant des yeux, tandis que les gouttes de rosée suspendues à ses bandeaux faisaient comme une auréole de topazes tout autour de sa figure. Rodolphe, en riant, l'attirait à lui et il la prenait sur son cœur.

Ensuite elle examinait l'appartement, elle ouvrait les tiroirs des meubles, elle se peignait avec son peigne et se regardait dans le miroir à barbe. Souvent même elle mettait entre ses dents le tuyau d'une grosse pipe qui était sur la table de nuit, parmi des citrons et des morceaux de sucre, près d'une carafe d'eau.

Il leur fallait un bon quart d'heure pour les adieux. Alors Emma pleurait; elle aurait voulu ne jamais abandonner Rodolphe. Quelque chose de plus fort qu'elle la poussait vers lui, si bien qu'un jour, la voyant survenir à l'improviste, il fronça le visage comme quelqu'un de contrarié.

—Qu'as-tu donc? dit-elle. Souffres-tu? Parle-moi!

Enfin il déclara d'un air sérieux que ses visites devenaient imprudentes et qu'elle se compromettait.

 

道ばたの丈高いシダがエンマの鐙あぶみに引っかかった。ロドルフは馬をやりながらそのたびに身をかがめてシダを抜き取った。あるときは木の枝を除よけようと、女に寄りそった。エンマは男の膝が自分の脚に触れるのを感じた。空は青々と晴れてきた。木の葉はそよがなかった。ヒースの一面に咲き乱れた広い空地がいくつもあった。すみれ色の毛氈もうせんが木立の茂みと入れかわり立ちかわり現われた。木々はその葉の種類によって、灰色、鳶色、黄金色、色とりどりであった。灌木の茂みの陰に、かすかな羽ばたきの滑り込む音、樫の木の方へ飛んで行く鳥の群れの嗄しわがれたおだやかな鳴き声がしきりに聞こえた。

二人は馬を下りた。ロドルフは馬を繋いだ。エンマは先に立って、苔こけのうえの轍わだちのあとの間を行った。

しかし、裾を手でからげていても、服が長過ぎて歩きにくかった。ロドルフは、その後ろを歩きながら。この黒ラシャと黒靴のあいだに見える白靴下の、得もいわれぬ美しさに見とれていた。それは彼女のあらわな肌の一部であるように思われた。

エンマは立ち止まった。

「疲れましたわ」と言った。

「さあ、もう一奮発! しっかりなさい!」

ものの百歩も行くとエンマはまた立ち止まった。すると、被っている男ものの帽子から腰の方へ斜めに垂れているヴェールを透して、まるで、紺碧の波の下を泳いででもいるように、彼女の顔が仄かに青く透き通った中にくっきりと浮いて見えた。

「どこへ参りますの?」

ロドルフはなにも答えなかった。彼女は激しく息をはずませていた。ロドルフはあたりを見回した。そして口髭を噛んだ。

二人は今までよりも広々としたところへきた。そこには若木がたくさん切り倒してあった。二人は寝かしてある木の幹に腰かけた。と、ロドルフは恋を語り出した。

彼はいきなり仰々しい賛辞で女を怖気おじけづかせるようなことはしなかった。冷静で、真剣で、淋しそうだった。

エンマはうなだれて、散らばっている鉋屑かんなくずを足の先で動かしながら聴いていた。

しかし、

「わたしたち二人の運命はもう一つになったのではありませんか?」という言葉を聞くと、

「いいえ!」と答えた。「よくご存知でしょう。とてもできないことです」

エンマは立ち上がって帰ろうとした。ロドルフは手首をつかんだ。エンマは立ち止まった。そして、うっとりした潤うるんだ眼で、しばらく男を見つめていたが、急せきこんで、

「ああ、もう、そのお話はよしましょう……馬はどこです? 帰りましょう」

ロドルフは怒ったような、当惑したような身振りをした。エンマは繰り返して、

「馬はどこです? 馬はどこです?」

するとロドルフは異様な微笑を浮かべ、目を据え、歯を食いしばり、両腕をひらいてよってきた。エンマは震えながら、あとじさりした。そして口ごもりながら、

「まあ! わたし、こわい! そんなひどいこと! さあ帰りましょう」

「やむを得ません」ロドルフはいつもの顔になって答えた。

そしてすぐもとのとおり、慇懃いんぎんな、優しい、おずおずした態度に帰った。エンマは彼に腕をかした。二人は帰途についた。ロドルフは言った。

「いったいどうなすったのです? どういうわけなんです? わたしには合点がいきません。勘違いなさったんじゃありませんか? あなたはわたしの心の中では、まるで台座の上のマドンナのように、高い、堅固な、清浄な所におられるのです。しかしわたしは生きるために、あなたが必要なのです! あなたの眼、あなたのお声、あなたのお心が必要なのです。どうかお友達になって下さい、わたしの妹に、わたしの天使に!」

こう言いながら腕をのばして、エンマの腰を抱えた。エンマはほんの少しばかり抜けようとしただけだった。彼は歩きながら、こうしてエンマを支えていた。

しかし彼らは二頭の馬が木の葉を食っている音を聞いた。

「ああ、もうしばらく。帰らないで、ここにいて下さい!」とロドルフは言った。

彼はもっと向こうの、小さい池のほとりへエンマを連れていった。池の水には浮草うきくさが青かった。枯れた睡蓮が燈心草のあいだに立って動かなかった。草を踏む二人の足音に、蛙が跳はねて、隠れた。

「わたし、悪かったわ、悪かったわ。あなたのおっしゃることを聞くなんて、わたしどうかしていますわ」

「なぜです……エンマさん! エンマ!」

「おお! ロドルフ!……」若い女は男の肩にもたれながら静かに言った。

ドレスのラシャが男の天鵞絨びろうどに絡みつく。女は白い顎を後ろに落とした、溜息にふくらむ顔を。そうして正体もなく泣き濡れ、長いあいだ身を震わせ、顔をかくしながら身をまかせた。

夕闇がおりてきた。水に射す陽の光が、枝の間を縫って、エンマの眼には眩まばゆかった。まわりには、ここかしこ、木の葉のなかや土の上に、まるで蜂雀はちすずめが飛びながらその羽根を散らしたように、光の斑点が震えていた。あたりにはもの音一つなかった。あるなごやかなものが木々のなかから湧き出るように思われた。彼女は心臓がまた打ちはじめるのを、そして血がミルクの流れるように体にめぐるのを感じた。そのとき、はるかに遠い森のかなた、別の丘の頂きに、かすかな長い呼び声、尾を引くような一つの声が聞こえた。たかぶった神経の名残りの震えのなかに、まるで音楽のように融けこむその声に、エンマは静かに耳を澄まして聴き入った。ロドルフは葉巻を口にくわえながら、切れた一方の手綱を小刀で繕っていた。

二人は同じ道をとってヨンヴィルに帰った。彼らは乗馬の足あとが泥の上に並んでついているのや、灌木の同じ茂みや、草の中の同じ石ころを再び見た。周りのものはなにひとつ変わっていなかった。しかし、エンマにとっては、山が動いたよりもずっと重大なことが、突発したのだった。ロドルフは時どき身をかがめ、エンマの手をとって口づけした。

騎乗のエンマはあでやかだった。すらっとした上半身を、まっすぐにのばし、たてがみの上に片膝を折り、顔は夕映えの外気にほんのり染まっていた。

ヨンヴィルへ入ると、彼女は岩畳の上で馬を幾度も旋回させた。みんなが窓から眺めていた。

夕食のとき、夫はエンマの顔色がよいと言った。しかし遠乗りのことを訊かれると、エンマは聞こえないふりをした。そして火の点いた二本のロウソクのあいだで、自分の皿のそばにじっと肘をついていた。

「エンマ!」とシャルルが言った。

「なに?」

「実はね、今日のお昼、アレクサンドルさんのところにいたんだがね、あの人、仔馬の牝めすを一匹持っているんだ。年はいっているが、ただちょっと膝に傷があるだけで、まだなかなか立派なものだ。三百フランも出せば、きっと手に入ると思うのだが……」

シャルルはつけたして、

「いや実はお前が喜ぶだろうと思って、その馬を約束して……いや買ってしまったのだ……いいことをしたろう? ねえどうだい?」

エンマは同意のしるしに頷うなずいた。そしてものの十五分もしてから、

「今晩はお出かけになります?」と訊いた。

「うむ。どうして?」

「いえ! なんでも、なんでもありませんの」

シャルルが出かけてほっとすると、エンマはすぐ二階へあがって、居間に閉じこもった。

最初はまるで眩暈めまいでもするような気持ちだった。木立や道や溝やロドルフが見えてきた。あの腕で抱き締められた感じがまだ残っていた。と同時に、まだ木の葉はそよぎ、風に燈心草は鳴っていた。

しかし鏡にうつして見て、エンマはわれとわが顔に驚いた。眼がこんなに大きく、こんなに黒く、こんなに深ぶかしていたことはついぞなかった。ある妙なものが全身に回って、エンマの姿を一変させたのであった。

エンマは、『わたしには恋人がある! 恋人がある!』と繰り返した。この思いは、青春が不意に再び訪れたという思いと同じく嬉しかった。今までついに諦めていたあの恋の悦び、あの熱っぽい幸福をいよいよ手に入れる日がきたのだ。なにもかもが情熱であり、恍惚こうこつであり、狂乱である、ある霊妙不可思議な世界に自分は入ろうとしている。青みがかった茫漠たる広袤こうぼうが彼女を取り巻いている。感情の峰々は胸の思いのもとに燦然とかがやいている。そして日常の生活ははるかな下界、山々の狭間はざまにこめる闇のなかにほの見えるばかりであった。

そのときエンマは、かって読んだ書物のヒロインたちを思い出した。これら不義の女の合唱隊は、どれも姉妹きようだいのように似通った声でエンマの記憶の中で歌い始め、その声にエンマは恍惚こうこつとなった。エンマ自身もそうした幻の紛れもない一部となった。かつてあれほど羨望したあの典型的な恋の女にわが身を見立てて、若かりし日の見果てぬ夢を今ここに実現したのである。それだけではない。エンマは復讐の満足を覚えた。自分はずいぶん苦しんできた! しかし今や自分は勝ったのだ。そして長いあいだ抑えに抑えた恋ごころが、悦びにたぎって一度にどっと湧き出たのだ。彼女はその恋を悔恨も、不安も、煩悶はんもんもなく味わったのである。

あくる日は新しい悦びのうちに過ぎた。二人は互いに誓いあった、エンマは胸の悲しみを男に告げた。ロドルフは口づけで、彼女の言葉を遮った。そして彼女は訴えるように、瞼まぶたを半ば閉じてうっとり男を眺めながら、もう一度わたしの名を呼んで下さい、わたしを愛していると繰り返して下さいと言った。それは昨日と同じように、森の中の、とある木靴作りの小屋の中であった。壁は藁でできていた。屋根がひどく低いので、始終かがんでいなければならなかった。二人は枯葉の床の上にぴったり寄り添って座っていた。

その日から毎晩決まって手紙を出しあった。エンマは川ぞいの、庭のはずれの露台の割れ目に手紙を入れにいく。ロドルフが取りにきて、また手紙を入れて置く。だが、エンマはいつもその手紙が短か過ぎると言って責めるのだった。

ある朝、シャルルが夜明け前に出かけたとき、彼女はふと、今にもすぐロドルフに会いたい気持ちになった。ユシェット荘へはすぐにゆける。一時間いて帰ってきても、まだみんな寝ているだろう。そう思うと、激しい欲望に息がはずんだ。やがてエンマは草原の中へ出て、後をも見ずに急いで歩いた。

夜はまさに明けようとしていた。エンマははるかに恋人の家を認めた。燕の尾のような風見が二つ、青白い薄ら明かりの中に黒々と浮いて見えた。

農場の庭を過ぎると母屋があった。それが邸に違いなかった。彼女はすっと中へ入った。まるで、近寄ると、壁が自然に開いたかのように。まっすぐな大階段が二階の廊下へ通じていた。エンマは一つの扉の掛け金をはずした。とたちまち部屋の奥に眠っている男が見えた。ロドルフだった。彼女は声を立てた。

「来たの? 来たの?」と彼は繰り返して言った。「どうしてやってきたの?……ああ、服が濡れている!」

「わたし、あなたが好きなの!」と、男の首に手をまきつけて答えた。

この最初の大胆な試みが成功したので、今はもう、シャルルが朝早く出かけるたびに、エンマは手ばやく着物を着て、川岸へ通じる石段を忍び足に降りた。

しかし、牛を渡す板橋が取り除けてあるときには、川沿いの壁について行かねばならなかった。岸は滑りやすい。倒れないように、うら枯れたニオイアラセイトウの束にしがみついた。それから畑を横切った。足がめり込み、よろめいた。華奢きやしやな靴を抜くのに困った。頭に巻いたスカーフは、雑草のなかで風にひらめいた。牛が恐かった。牛がいると駆け出した。そして顔をバラ色に染め、樹液や青草や大気の匂いを体じゅうにさせながら、息を切らして辿たどりついた。ロドルフはその時刻には、まだ眠っていた。それはちょうど爽やかな春の朝が部屋に訪れるも同然だった。

窓辺に沿って掛けた黄色いカーテンが、どっしりした金色の光を柔らかに通していた。エンマは目をしばたたきながら手探りで進んだ。そのとき、鬢びんに宿った露の玉はまるで黄玉トパーズの後光のように、顔を取りまいて光っている。ロドルフは笑いながら女を引き寄せ、自分の胸に抱きしめてやる。

それから彼女は部屋の様子を一々しらべた。調度の抽斗ひきだしを開けてみたり、ロドルフの櫛で髪を梳すいたり、髭剃り用の鏡に顔を映してみたり。枕もとのテーブルのうえに、レモンや角砂糖と一緒に、水差しのそばに置いてある大きなパイプをとってくわえてみることさえよくあった。

別れるのにはたっぷり十五分もかかった。そんなときエンマはさめざめと泣いた。一生ロドルフのそばを離れたくないと思った。自分よりもはるかに強いなにものかのために、否応なしに、彼女はロドルフのほうへ押しやられるのであったが、それがために、ある日、彼女が不意にやってきたのを見ると、彼はさも困ったように顔をしかめた。

「どうなさったの? 苦しいの? おっしゃいな!」とエンマは言った。

とうとう彼は真顔になって、そうたびたび来るのは軽率だ、それではあなた自身の評判にかかわるとはっきり言った。

第2部第10章へ続く

合計ビュー 859 , 今日のビュー 10 

-Madame Bovary