出典:
Gustave Flaubert, Madame Bovary (The Project Gutenberg, French Edition)
ギュツターヴ・フローベール『ボヴァリー夫人』(淀野隆三 訳 古典教養文庫版 パブリックドメイン)
音声ファイルの使い方:
Madame Bovaryのすべての章の冒頭には、YouTubeの音声ファイルリンクが貼ってあります。再生ボタンを押すと、その章の冒頭部分からナレーションが流れるようになっています。フランス語のリスニング練習をするには、ナレーションを聞きながら日本語訳の部分だけを読み進むのがもっとも効果的だと思います。
I
Nous étions à l'étude, quand le proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva, comme surpris dans son travail.
Le proviseur nous fit signe de nous rasseoir, puis, se tournant vers le maître d'étude:
—Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l'appelle son âge.
Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne,2 d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures, et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes en bas bleus sortaient d'un pantalon jaunâtre, très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.
On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses ni s'appuyer sur le coude; et à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'étude fut obligé de l'avertir pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.
Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d'avoir ensuite nos mains plus libres; il fallait, dès le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussière; c'était là le genre.
Mais, soit qu'il n'eût pas remarqué cette manœuvre, ou qu'il n'eût osé s'y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C'était une de ces coiffures d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres 3choses enfin dont la laideur muette a des profondeurs d'expression, comme le visage d'un imbécile. Ovoïde et renflée de baleine, elle commençait par trois boudins circulaires; puis s'alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poil de lapin; venait ensuite une façon de sac, qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d'une broderie en soutache compliquée et d'où pendait, au bout d'un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d'or, en manière de gland. Elle était neuve; la visière brillait.
—Levez-vous, dit le professeur.
Il se leva; sa casquette tomba. Toute la classe se mit à rire.
Il se baissa pour la reprendre. Un voisin la fit tomber d'un coup de coude. Il la ramassa encore une fois.
—Débarrassez-vous donc de votre casque, dit le professeur, qui était un homme d'esprit.
Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre garçon, si bien qu'il ne savait s'il fallait la garder à sa main, la laisser par terre ou la mettre sur sa tête. Il se rassit et la posa sur ses genoux.
—Levez-vous, reprit le professeur, et dites-moi votre nom.
Le nouveau articula, d'une voix bredouillante, un nom inintelligible.
—Répétez!
Le même bredouillement de syllabes se fit entendre, couvert par les huées de la classe.
—Plus haut! cria le maître, plus haut!
Le nouveau, prenant alors une résolution extrême, ouvrit une bouche démesurée et lança à pleins poumons, comme pour appeler quelqu'un, ce mot: Charbovari.
Ce fut un vacarme qui s'élança d'un bond, monta en crescendo avec des éclats de voix aigus (on hurlait, on aboyait, on trépignait, on répétait: Charbovari! Charbovari!), puis qui roula en notes isolées, se calmant à grand'peine, et parfois qui reprenait tout à coup, sur la ligne d'un banc où saillissait encore çà et là, comme un pétard mal éteint, quelque rire étouffé.
Cependant, sous la pluie des pensums, l'ordre peu à peu se rétablit dans la classe, et le professeur, parvenu à saisir le nom de Charles Bovary, se l'étant fait dicter, épeler et relire, commanda tout de suite au pauvre diable d'aller s'asseoir sur le banc de paresse, au pied de la chaire. Il se mit en mouvement, mais, avant de partir, hésita.
—Que cherchez-vous? demanda le professeur.
—Ma cas... fit timidement le nouveau, promenant autour de lui des regards inquiets.
—Cinq cents vers à toute la classe!!! exclamé d'une voix furieuse, arrêta, comme le quos ego, une bourrasque nouvelle.—Restez donc tranquilles! continuait le professeur indigné et s'essuyant le front avec son mouchoir qu'il venait de prendre dans sa toque. Quant à vous, le nouveau, vous me copierez vingt fois le verbe ridiculus sum.—Puis, d'une voix plus douce: Eh! vous la retrouverez, votre casquette; on ne vous l'a pas volée!
Tout reprit son calme. Les têtes se courbèrent sur les cartons, et le nouveau resta pendant deux heures dans une tenue exemplaire, quoiqu'il eût bien, de temps à autre, quelque boulette de papier lancée d'un bec de plume, qui vint s'éclabousser sur sa figure. Mais il s'essuyait avec la main et demeurait immobile, les yeux baissés.
Le soir, à l'étude, il tira ses bouts de manche de son pupitre, mit en ordre ses petites affaires, régla soigneusement son papier. Nous le vîmes qui travaillait en conscience, cherchant tous les mots dans le dictionnaire et se donnant beaucoup de mal. Grâce, sans doute, à cette bonne volonté dont il fit preuve, il dut de ne pas descendre dans la classe inférieure; car s'il savait passablement ses règles, il n'avait guère d'élégance dans les tournures. C'était le curé de son village qui lui avait commencé le latin, ses parents, par économie, ne l'ayant envoyé au collège que le plus tard possible.
Son père, M. Charles-Denis-Bartholomée Bovary, ancien aide chirurgien-major, compromis vers 1812 dans des affaires de conscription, et forcé, vers cette époque, de quitter le service, avait alors profité de ses avantages personnels pour saisir au passage une dot d'une soixantaine de mille francs, qui s'offrait en la fille d'un marchand bonnetier, devenue amoureuse de sa tournure. Bel homme, hâbleur, faisant sonner haut ses éperons, portant des favoris rejoints aux moustaches, les doigts toujours garnis de bagues et habillé de couleurs voyantes, il avait l'aspect d'un brave, avec 6l'entrain facile d'un commis-voyageur. Une fois marié, il vécut deux ou trois ans à même la fortune de sa femme, dînant bien, se levant tard, fumant dans de grandes pipes en porcelaine, ne rentrant le soir qu'après le spectacle et fréquentant les cafés. Le beau-père mourut et laissa peu de chose; il en fut indigné, se lança dans la fabrique, y perdit quelque argent, puis se retira à la campagne, où il voulut faire valoir. Mais, comme il ne s'entendait guère plus en culture qu'en indiennes, qu'il montait ses chevaux au lieu de les envoyer au labour, buvait son cidre en bouteilles au lieu de le vendre en barriques, mangeait les plus belles volailles de sa cour et graissait ses souliers de chasse avec le lard de ses cochons, il ne tarda pas à s'apercevoir qu'il valait mieux planter là toute spéculation.
Moyennant deux cents francs par an, il trouva donc à louer dans un village, sur les confins du pays de Caux et de la Picardie, une sorte de logis moitié ferme, moitié maison de maître; et, chagrin, rongé de regrets, accusant le ciel, jaloux contre tout le monde, il s'enferma dès l'âge de quarante-cinq ans, dégoûté des hommes, disait-il, et décidé à vivre en paix.
自習していると、校長が入ってきた。制服を着ていない『新入生』と、大きな机を担かついだ小使いを連れていた。居眠りしていた選中は眼を覚ました。そしてみんなが勉強中に不意打ちを喰ったという格好で起立した。
校長はわたしたちに着席の合図をしてから、自習教師の方に向き直って、
「ロジェ君」と小声で言った。「この生徒は、第二学年に編入なんだが、ひとつよろしく。もし学力素行ともに良ければ、年齢相応の『上級』へ上げることにしましょうや」
扉のかげの隅にいるのでよく見えなかったが、『新入生』は十五そこそこの田舎者で、背はわたしたちの誰よりも高い。村の聖歌手のように髪をおかっぱにし、しかつめらしい様子だが、ひどくぎこちない。肩幅は広くもないのに、黒ボタンのついた縁のラシャの短上着アビ・ヴェストの袖付がいかにも窮屈そうで、いつもむき出しの赤い手首が袖口の折返しの切り込みから覗いている。ズボン吊でつりあげた淡黄色のズボンの下から、青い靴下をはいた脚が出ている。磨きのわるい、鋲びよう打ちの、頑丈な短靴を履はいていた。
学科の暗誦が始まった。彼はお説教でも聴くように、脚も組まず、肘もつかず、耳を澄まして聴いていた。二時の鐘が鳴ったとき、自習教師は、みんなと一緒に整列するんだと注意しなければならなかった。
わたしたちは教室へ入りがけに、早く空手からてになるように、帽子を床へ投げつける習慣だった。パッと土埃を立てて壁に当たるように、扉口の閾しきいから腰掛の下に向かって投げ込まねばならぬ。そしてこいつが『しゃれてる』のだった。
それだのに、『新入生』は、このしぐさに気がつかぬのか、それとも見倣う度胸がないのか、祈禱が済んでからもまだ帽子を膝の上に載せている。しかもその帽子たるや、コサック帽や槍騎兵帽や丸帽子や、カワウソ帽やナイトキャップなどをつきまぜた折衷式の被かぶり物で、つまりそのもの言わぬ醜さに、白痴の顔に見るような、とても推し量れない表情の世にも哀れな代物だった。鯨骨げいこつの芯で張られた卵形のその帽子は、先ず一番下の円形の三筋の丸縁に始まり、次に、ビロードの菱形模様とウサギの毛の菱形模様とが赤線に仕切られて互い違いになり、その上には袋のようなものがあって、その頂きには厚紙仕立ての多角形がのっかり、これはまた込みいった飾り紐の縫取りで一面に蔽われ、そこからはまた、十文字に撚より合わした細い金糸が総ふさになって、細長い紐の先に下がっている。その帽子は新しく、庇ひさしは光っていた。
「起立」と先生が言った。
彼は起たった。帽子が落ちた。組中笑い出した。
彼は屈かがんで拾った。隣りの生徒が肘でつき落としたので、もう一度拾った。
「まあ兜かぶとを脱ぎたまえ」と、洒落っ気のある先生が言った。
生徒たちがワッと笑ったので、可哀そうに少年はうろたえてしまって、帽子を手に持ったものか、床に置いたものか。それとも被ったものかわからなくなった。そこで腰をおろして帽子を膝に置く。
「起立して、名を言いたまえ」と先生は言葉をついで言った。
『新入生』は早口で、わかりにくい名を言った。
「もう一度!」
同じ早口の言葉が聞こえたが、組中の野次に消されてしまった。
「もっと大きく!」と教師は叫んだ。「もっと大きく!」
そこで勇猛心を振い起こした『新入生』は、あけるだけ大きく口をあけて、誰か人でも呼ぶように、いっぱいに『シャルボヴァリ』という名を投げつけた。
一度に大騒ぎが起こり、金切声と共に次第次第に高まった(みなは喚わめき、唸うなり、足を踏み鳴らして、『シャルボヴァリ・シャルボヴァリ!』と繰り返した)。それからやっとのことで騒ぎは収まってきたが、切れぎれになってうねるかと思うと、消え残った花火のように忍び笑いがまだそこここに湧いている腰掛けの列で、時どき急にまたワッと起こるのだった。
しかし、雨と降る罰課(生徒が悪いことをしたりした時、
余分の宿題などを出されること)をあびて、組の秩序は徐々に修復された。ようやくシャルル・ボヴァリーという名前のわかった先生は、それを発音させ、綴らせ、読み返させてから、すぐこの哀れな少年に、教壇の下のできない子の席に着くよう言いつけた。少年は動きかけたが、急にもじもじしだした。
「なにを探してるんだね?」と先生が訊く。
「僕の帽……」と、まわりを不安な眼で見ながら、『新入生』はこわごわ言った。
「全級、詩五百行の宿題だ!」という激怒の叫びが、狂瀾きようらんを叱咤する海神ネプチューンの威嚇いかくのように、またしても起こる突風を鎮めた。「こら静かにせんか!」と、先生は怒って続け、帽子の中からとってきたハンカチで顔を拭きながら、
「『新入生』、君は ridiculus sum(ラテン語。「私は
笑いものである」)という動詞を二十遍書いてくるんだ」
それから、声を和らげて、
「なに、見つかるよ、帽子は。盗まれたんじゃあるまいし!」
すべてが静粛に返った。生徒たちの頭は紙挟みの上にかがみこんだ。『新入生』は二時間のあいだ横範的な態度を続けた。もっとも時どき、ペン先から弾かれて飛んでくる紙の玉が顔にあたってインクをつけたが、手で拭いたきり、眼を伏せたまま動かなかった。
晩、予習のとき、彼は机から袖当てを出してつけ、こまごましたものを片づけ、注意して紙に罫線を引いた。見ると、単語を一々辞書で引き、辛苦しながら、真面目に勉強している。きっと、この立派な心がけのせいだろうが、下級にも下がらずにすんだ。なんといっても彼は、文法の規則こそどうにか知ってはいたが、言い回しの方はてんでなっていなかったからだ。両親が倹約して、学校へやるのをぎりぎりいっぱい遅らせたので、ラテン語の手ほどきは村の司祭がしてくれたのだった。
父親はシャルル・ドニ・バルトロメ・ボヴァリーという軍医補あがりで、千八百十二年頃、徴兵事件に連座し、当時退職のやむなきにいたったのであるが、そこで生来の美貌を種に、堂々たる風采に惚れてきたさるメリヤス屋の娘に六万フランの持参金があるのをまんまとせしめた。美男で、大風呂敷で、拍車を高らかに鳴り響かせ、口髭に接する立派な頬髯を生やし、指はいつも指輪だらけ、それに派手な色ものを身につけて、まるでちょっとみると凛々しい男といったような風貌と、行商人のような安っぽい陽気さをそなえていた。さて結婚したとなると、三年は妻の財産で暮らし、たらふく食って朝寝をし、大きな瀬戸物のパイプをくわえ、夜は興行物がはねてからでないと帰ってこず、カフェへもしげしげ通うという始末。そのうち義理の父親が死んだが、大したものは遺しておかなかった。そこで彼はむっとして、身を『製造業』に投じたが、若干の損を招き、次いで田舎に引込んで『耕作』に従おうとした。だが、農業に暗いのはインド更紗さらさ製造に暗いのと同じで、馬は畑へはやらずに乗り回し、りんご酒は樽で売らずに壜びんで飲み、飼養場飛び切りの鶏を食い、豚脂ラードで靴を磨くといった具合なので、やがて思惑はなにもかも打ち切るにしくはなしと悟るに到った。
そこで、年二百フランということで、コー地方とピカルディ地方の境の村で、半分は農家、半分は屋数といった家を借りうけ、そうして、怏々おうおうとして楽しまず、後悔に苛まれ、天を恨み人を嫉そねんで、彼の言葉に従えば、人間に愛想が尽きて、徐生を安穏あんのんに送る覚悟で、四十五歳になるやならずで引き籠もってしまったのである。
Sa femme avait été folle de lui autrefois; elle l'avait aimé avec mille servilités qui l'avaient détaché d'elle encore plus. Enjouée jadis expansive et tout aimante, elle était, en vieillissant, devenue (à la façon du vin éventé qui se tourne en vinaigre) d'humeur difficile, piaillarde, nerveuse. Elle avait tant souffert, sans se plaindre, d'abord, quand elle le voyait courir après 7toutes les gotons de village et que vingt mauvais lieux le lui renvoyaient le soir, blasé et puant l'ivresse; puis l'orgueil s'était révolté. Alors elle s'était tue, avalant sa rage dans un stoïcisme muet qu'elle garda jusqu'à sa mort. Elle était sans cesse en courses, en affaires. Elle allait chez les avoués, chez le président, se rappelait l'échéance des billets, obtenait des retards; et, à la maison, repassait, cousait, blanchissait, surveillait les ouvriers, soldait les mémoires,—tandis que, sans s'inquiéter de rien, Monsieur, continuellement engourdi dans une somnolence boudeuse dont il ne se réveillait que pour lui dire des choses désobligeantes, restait à fumer au coin du feu, en crachant dans les cendres.
Quand elle eut un enfant, il le fallut mettre en nourrice. Rentré chez eux, le marmot, quoique à plaindre, fut gâté comme un prince. Sa mère le nourrissait de confitures, son père le laissait courir sans souliers, et, pour faire le philosophe, disait même qu'il pouvait bien aller tout nu, comme les enfants des bêtes. A l'encontre des tendresses maternelles, il avait en tête un certain idéal viril de l'enfance, d'après lequel il tâchait de former son fils, voulant qu'on l'élevât durement, à la spartiate, pour lui faire une bonne constitution. Il l'envoyait se coucher sans feu, lui apprenait à boire de grands coups de rhum et à insulter les processions. Mais, naturellement paisible, le petit répondait mal à ses efforts. Sa mère le traînait toujours après elle; elle lui découpait des cartons, lui racontait des histoires, s'entretenait avec lui dans des monologues sans fin, pleins de gaietés mélancoliques 8et de chatteries babillardes. Dans l'isolement de sa vie, elle reporta sur cette tête d'enfant toutes ses vanités éparses, brisées. Elle rêvait de hautes positions, elle le voyait déjà grand, beau, spirituel, établi, dans les ponts et chaussées ou dans la magistrature. Elle lui apprit à lire, et même lui enseigna, sur un vieux piano qu'elle avait, à chanter deux ou trois petites romances. Mais, à tout cela, M. Bovary, peu soucieux des lettres, disait que ce n'était pas la peine. Auraient-ils jamais de quoi l'entretenir dans les écoles du gouvernement, lui acheter une charge ou un fonds de commerce? D'ailleurs, avec du toupet un homme réussit toujours dans le monde. Mme Bovary se mordait les lèvres, et l'enfant vagabondait dans le village.
Il suivait les laboureurs et chassait, à coups de mottes de terre, les corbeaux qui s'envolaient. Il mangeait des mûres le long des fossés, gardait les dindons avec une gaule, fanait à la moisson, courait dans le bois, jouait à la marelle sous le porche de l'église les jours de pluie, et, aux grandes fêtes, suppliait le bedeau de lui laisser sonner les cloches, pour se pendre de tout son corps à la grande corde, et se sentir emporté par elle dans sa volée.
Aussi poussa-t-il comme un chêne. Il acquit de fortes mains, de belles couleurs.
A douze ans, sa mère obtint que l'on commençât ses études. On en chargea le curé. Mais les leçons étaient si courtes et si mal suivies qu'elles ne pouvaient servir à grand'chose. C'était aux moments perdus qu'elles se donnaient, dans la sacristie, debout, 9à la hâte, entre un baptême et un enterrement; ou bien le curé envoyait chercher son élève après l'Angelus, quand il n'avait pas à sortir. On montait dans sa chambre; on s'installait; les moucherons et les papillons de nuit tournoyaient autour de la chandelle. Il faisait chaud, l'enfant s'endormait; et le bonhomme, s'assoupissant, les mains sur son ventre, ne tardait pas à ronfler la bouche ouverte. D'autres fois, quand M. le curé, revenant de porter le viatique à quelque malade des environs, apercevait Charles qui polissonnait dans la campagne, il l'appelait, le sermonnait un quart d'heure, et profitait de l'occasion pour lui faire conjuguer son verbe au pied d'un arbre. La pluie venait les interrompre, ou une connaissance qui passait. Du reste, il était toujours content de lui, disant même que le jeune homme avait beaucoup de mémoire.
Charles ne pouvait en rester là; Madame fut énergique. Honteux, ou fatigué plutôt, Monsieur céda sans résistance, et l'on attendit encore un an que le gamin eût fait sa première communion.
Six mois se passèrent encore; et, l'année d'après, Charles fut définitivement envoyé au collège de Rouen, où son père l'amena lui-même, vers la fin d'octobre, à l'époque de la foire Saint-Romain.
Il serait maintenant impossible à aucun de nous de se rien rappeler de lui. C'était un garçon de tempérament modéré, qui jouait aux récréations, travaillait à l'étude, écoutait en classe,—dormant bien au dortoir, et mangeant bien au réfectoire. Il avait pour correspondant un quincaillier en gros de la rue Ganterie, 10qui le faisait sortir une fois par mois, le dimanche, après que sa boutique était fermée, l'envoyait se promener sur le port regarder les bateaux, puis le ramenait au collège dès sept heures, avant le souper. Le soir de chaque jeudi, il écrivait une longue lettre à sa mère, avec de l'encre rouge et trois pains à cacheter, puis il repassait ses cahiers d'histoire, ou bien lisait un vieux volume d'Anacharsis qui traînait dans l'étude. En promenade, il causait avec le domestique, qui était de la campagne comme lui.
A force de s'appliquer, il se maintint toujours vers le milieu de la classe; une fois même, il gagna un premier accessit d'histoire naturelle. Mais, à la fin de sa troisième, ses parents le retirèrent du collège pour lui faire étudier la médecine, persuadés qu'il pourrait se pousser seul jusqu'au baccalauréat.
Sa mère lui choisit une chambre, au quatrième, sur l'Eau-de-Robec, chez un teinturier de sa connaissance. Elle conclut les arrangements de sa pension, se procura des meubles, une table et deux chaises, fit venir de chez elle un vieux lit en merisier et acheta de plus un petit poêle en fonte, avec la provision de bois qui devait chauffer son pauvre enfant. Puis elle partit au bout de la semaine, après mille recommandations de se bien conduire, maintenant qu'il allait être abandonné à lui-même.
Le programme des cours, qu'il lut sur l'affiche, lui fit un effet d'étourdissement: cours d'anatomie, cours de pathologie, cours de physiologie, cours de pharmacie, cours de chimie et de botanique, et de clinique, 11et de thérapeutique, sans compter l'hygiène ni les matières médicales, tous noms dont il ignorait les étymologies, et qui étaient comme autant de portes de sanctuaires pleins d'augustes ténèbres.
Il n'y comprit rien; il avait beau écouter, il ne saisissait pas. Il travaillait pourtant, il avait des cahiers reliés, il suivait tous les cours, il ne perdait pas une seule visite. Il accomplissait sa petite tâche quotidienne à la manière du cheval de manège, qui tourne en place les yeux bandés, ignorant de la besogne qu'il broie.
Pour lui épargner de la dépense, sa mère lui envoyait chaque semaine, par le messager, un morceau de veau cuit au four, avec quoi il déjeunait le matin, quand il était rentré de l'hôpital, tout en battant la semelle contre le mur. Ensuite il fallait courir aux leçons, à l'amphithéâtre, à l'hospice, et revenir chez lui, à travers toutes les rues. Le soir, après le maigre dîner de son propriétaire, il remontait à sa chambre et se remettait au travail, dans ses habits mouillés qui fumaient sur son corps, devant le poêle rougi.
Dans les beaux soirs d'été, à l'heure où les rues tièdes sont vides, quand les servantes jouent au volant sur le seuil des portes, il ouvrait sa fenêtre et s'accoudait. La rivière, qui fait de ce quartier de Rouen comme une ignoble petite Venise, coulait en bas, sous lui, jaune, violette ou bleue, entre ses ponts et ses grilles. Des ouvriers, accroupis aux bords, lavaient leurs bras dans l'eau. Sur des perches partant du haut des greniers, des écheveaux de coton séchaient à l'air. 12En face, au delà des toits, le grand ciel pur s'étendait, avec le soleil rouge se couchant. Qu'il devait faire bon là-bas! Quelle fraîcheur sous la hêtrée! Et il ouvrait les narines pour aspirer les bonnes odeurs de la campagne, qui ne venaient pas jusqu'à lui.
Il maigrit, sa taille s'allongea, et sa figure prit une sorte d'expression dolente, qui la rendit presque intéressante.
Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes les résolutions qu'il s'était faites. Une fois, il manqua la visite, le lendemain son cours, et, savourant la paresse, peu à peu, n'y retourna plus.
Il prit l'habitude du cabaret, avec la passion des dominos. S'enfermer chaque soir dans un sale appartement public, pour y taper sur des tables de marbre de petits os de mouton marqués de petits points noirs, lui semblait un acte précieux de sa liberté, qui le rehaussait d'estime vis-à-vis de lui-même. C'était comme l'initiation au monde, l'accès des plaisirs défendus; et en entrant, il posait la main sur le bouton de la porte avec une joie presque sensuelle. Alors beaucoup de choses comprimées en lui se dilatèrent; il apprit des couplets par cœur, qu'il chantait aux bienvenues, s'enthousiasma pour Béranger, sut faire du punch et connut enfin l'amour.
女房はその昔彼に首ったけだった。どんな仕打ちにも辛抱して仕え、夫を愛してきたのだが、それが却ってますます夫を彼女から離すことになった。昔は陽気で、情じようの深い、全く優しい女だったが、年をとるにつれて、(気の抜けた葡萄酒が酢になるように)、気むずかしい、キイキイ声を出す、神経過敏の女になった。夫は村の娘とさえいえば尻を追いかけ回し、晩になると、あちこちの悪所から、爛ただれきって、熟柿じくし臭い息を吐きながら送り帰されてくるのだったが、そんなとき彼女はずいぶん苦しんだが、初めの間は愚痴ひとつこぼさなかった! やがて自尊心が反抗の頭をもたげた。そこで黙々たる隠忍主義の中へ怒りをぐっと飲み込んで、口をつぐみ、死ぬまでこの態度を守りつづけた。彼女は絶えず用事で駆けずり回った。代訟人や裁判長を訪ねたり、約束手形の期日を思い出したり、その書替延期を頼んだりした。また家では、アイロンをかけたり、縫物をしたり、洗濯をしたり、人夫を監督したり、勘定を払ったりした。が、亭主の方はなんの屈託もなく、いつも仏頂面して居眠りに前後もなく、眼を覚ますのはただ妻に嫌がらせを言うときだけで、灰の中に唾を吐きながら暖炉の脇で煙草をふかしていた。
子供が生まれると、里子にやることになった、両親のもとに帰ると、子供は王子様のように甘やかされた。母親はジャムを食べさせた。父親は素足はだしで走り回らせた。そして、ひとかど思想家振って、この子は獣の仔のように素裸で歩かせてもよいのだとまで言った。母親の傾向とは反対に、彼の頭には少年期に対する一種の男としての理想があって、その理想に従って息子を躾けようとし、体格をよくするためにスパルタ式に厳しく育てたがった。火の気のないところで寝かせたり、ラム酒のがぶ飲みや教会の行列おねりを罵ののしることなどを教えた。しかし、生まれつき大人しいこの子は父親の仕向けるとおりにはついてこなかった。母親はいつもこの子を傍そばにつれていた。厚紙を切ってやったり、お話をしてやったり、寂しい冗談やくどくどしい甘たるさに充ち満ちた果てしのない独言ひとりごとを子供に聞かせたりするのだった。孤独な生活を送っていた彼女は、打ち壊されて散りぢりになった自分の虚栄のすべてをこの子供の頭に移した。彼女は立身出世を夢み、子供が早く大きく、美しく、利口になって、土建界とか法曹界で身を立てている姿を想像した。彼女は読み方を教え、手持ちの古いピアノで小唄の二つ三つも歌うことを教えた。しかし、文芸に気のないボヴァリー氏は、こうしたことすべてに対して、「くだらぬことだ!」と言い言いした。いったい、この子を官立の学校に入れておいたり、公吏の株や商売の暖簾のれんを買ってやるだけのものが家うちにあるのか。それに、『押しさえあれば、世間じゃ必ず成功するのだ』。そこでボヴァリー夫人はいつも唇を噛み、子供は村をほっつき歩くのだった。
子供は百姓のしりについて回ったり、土の塊かたまりを投げては、飛び立つ鳥を追っかけたりした。堀割りに沿って桑の実を食べ歩いたり、竿をもって七面鳥の番をしたり、刈り入れ時には刈り草をしたり、森の中を駆け回ったり、雨の日には教会堂の玄関先で石蹴りをしたり、大祭日には、鐘の大綱にぶらさがって宙を運ばれる気持ちを味わうために、堂守に頼んで鐘を撞つかせてもらったり。
こうして彼は樫の木のように生長した。手は頑丈になり、血色もよくなった。
十二のとき、母親は子供に勉強を始めさせる許しをえた。勉強は司祭にまかされた。しかし、授業は短いうえに、うまく続かないので、大した役には立ちそうもなかった。授業の行われるのは手すきのときで、洗礼式と葬式の合間など、聖器室で、立ったまま大急ぎでやるという具合、それからまた、夕方のご祈禱がすんで外出の用のないときに、司祭は弟子を呼びにやるといった具合だった。司祭の部屋に上がって席につく。羽虫や蛾がロウソクのまわりを飛び回る。暑い。少年は居眠りする。すると老僧も、腹の上に両手を載せてついうとうとやりだしたかと思うと、まもなく口をあいていびきをかき始める。またあるときは、司祭さんが近所の病人に臨終の聖餐を届けての帰るさ、野原で悪戯しているシャルルを見つけると、そばへ呼んでものの十五分も説教したうえ、それをいい機しおに木陰で動詞の変化を練習させることもあった。ところが雨が降ってきたり、知り合いの人が通りかかったりして、腰を折られてしまう。しかし、司祭はいつもこの少年には満足で、『若いの』はたいそう覚えがよいとまで言うのだった。
シャルルをこのままにしておいてはいけないと、夫人は強硬であった。面目を潰して、というよりも根負けして、亭主は言うなりになった。しかしそれでも子供の初めての聖体拝領がすむまで、もう一年待った。
また六ヶ月経った。そしてその翌年のこと、シャルルはいよいよルーアンの学校へ遣られることになり、十月の末、聖ロマンの市いちの頃に、父親が自分で連れていった。
ところで今では、われわれ級友の誰にしたって、彼のことでなにか思い出すなどということはてんでないだろう。とにかく大人しい性質たちの子供で、遊ぶときには遊び、勉強のときには勉強し、教室では謹聴し、寝室ではよく眠り、食堂では、よく食った。保証人はガントリー街に住む金物の卸屋おろしやで、この人は月に一回、日曜日に、店を閉めてから、波止場へ散歩に出して船を見物させ、七時になると、夕食の始まらぬさきに、学校へ連れて帰る。木曜日の晩には少年はきまって母親に長い手紙を書く。赤インクで書いて封蠟を三つ押す。それから歴史のノートを復習したり、自習室に放り出してある古本の『アナカルシス』(ジャン・ジャック・バルテレミイ師の著書。古代ギリシ
ャの風習や生活を書いて、広く流行した。一七八九年刊)を読んだりする。遠足のときには、小使いと話をするが、この小使いは彼と同じく田舎者だった。
精を出したお陰で、いつも組の中ほどにいた。あるときなど、博物の試験で優の一番をとったことさえある。しかし、四年生の終わりになると、両親は彼が独力で大学の入学資格を取るところまでゆくだろうと思い込み、医学の勉強をさせるために中学を退校させた。
母親はかねて知り合いの染物屋の五階の、オー・ド・ロベッグ川に面した部屋を子供のために取ってやった。下宿代をとり決め、家具、と言っても机一脚に椅子二脚を買い求め、家から桜材の古手のベッドをとり寄せ、そのうえ可愛い子供に暖をとらせるために、鋳物のストーブと薪を買った。そしてその週の終わりに母親は、これからはたったひとりになるのだから、真面目にやるようにと、くれぐれも言い含めて帰っていった。
掲示してある講義一覧を読んで、ぼうっとした。解剖学講義、病理学講義、生理学講義、薬学講義、化学講義、さては植物学に、臨床に、治療などの講義、それに衛生学や薬物学はいうまでもない。なにもかも語源の分からない名詞ばかりで、まるで荘厳の闇立ちこめる聖殿の扉との数ほどたくさんなように思われた。
全然わからなかった。耳を欹そばだてても無駄だった。意味が掴めなかった。しかし勉強した。綴じ込みのノートを持って、どの講義にも出席し、一度も回診を欠かさなかった。まるで調教中の馬が自分ではなにを苦しんでやっているのかわからずに、眼隠しされてぐるぐる回っているように、毎日毎日のこまごました仕事をやっていった。
費用を省いてやるために、母親は毎週飛脚に頼んで、天火焼の仔牛の肉を一切れずつ届けてやった。病院から帰っているときは、靴の底で壁を蹴って足を暖めながら、その肉で朝食をしたためた。それから講義から講義へ、階段教室へ、養育院へという風に駆け回り、そうして方々の道を通って下宿へ帰らねばならなかった。晩は下宿の貧弱な飯を食ってから、部屋へあがり、湿った服のままでまた勉強にとりかかるのだが、湿った服は赤く灼けたストーブの前で、体中から湯気を立てた。
晴れわたった夏の宵、なま暖かい街々の人通りも絶え、女中たちが戸口で羽根をついて遊ぶ時刻、彼はよく窓を開けて膝をついた。川がルーアンのこの界隈を薄汚い小ヴェニスに見せて、眼下に低く、黄に、紫に、あるいはまた青に、橋や鉄柵の間を流れてゆく。労働者たちは川縁にしゃがんで、水で顔を洗っている。屋根裏部屋から突き出した竿さおには、木綿の糸束が空中にさらしてある。正面の、甍いらかの彼方には、澄み切った大空が広がり、赤い夕陽が沈んでゆく。あの辺りはどんなにいい気持ちだろう? ブナの木陰はどんなに涼しいことだろう! そこで彼は鼻腔を開いて、快い野の香りを嗅ごうとしたが、ここまでは匂ってこなかった。
彼は痩せた。背丈が伸びた。そうして顔には悲しげな表情が現われてきたが、そのために却ってまずは人好きのする顔になった。
のんきな気持ちから、ついあっさりと、かねての覚悟はすっかり棄てた。一度回診を怠け、翌日は講義を休んだ。そうして怠惰の味をしめると、だんだん学校へは出なくなった。
居酒屋通いの癖がついた。それと同時にドミノに夢中になるようになった。毎晩、薄汚い倶楽部クラブに籠こもって、黒い点々のついた小さい羊の骨のドミノ札を、大理石のテーブルに叩きつけることは、自分の値打ちを一段高める、自由な尊い行為と思われた。つまりそれは初めて世間を知ることであり、禁断の快楽に近づくことであった。こうして、この倶楽部クラブに入りがけに、彼は肉感に近い悦びを感じながら扉の握りに手をかけた。すると、今まで内部に抑えつけられていた多くのものが膨れ出した。彼は小唄を宙そらで覚えて、彼を迎える女たちに歌ってきかせたり、ベランジェ*に熱中したり、ポンスの作り方を覚えたり、はては色恋を知るようになった。
(*ベランジェ 小唄作者(一七八〇—一八五七年)。初期は軽い小唄、中年には愛国的、政治的となり、晩年には社会的、哲学的な小唄を作った。ブルボン王朝を諷刺し、ナポレオンを賞した作品のため、数度投獄された。国民的作者として非常に人気があった。後のオメーの言葉の中に出てくるが、そこでは、ベランジェをただ自由主義者と見ているのである)
Grâce à ces travaux préparatoires, il échoua complètement à son examen d'officier de santé. On l'attendait le soir même à la maison pour le fêter de son succès!
Il partit à pied et s'arrêta vers l'entrée du village, 13où il fit demander sa mère et lui conta tout. Elle l'excusa, rejetant l'échec sur l'injustice des examinateurs, et le raffermit un peu, se chargeant d'arranger les choses. Cinq ans plus tard seulement, M. Bovary connut la vérité: elle était vieille; il l'accepta, ne pouvant d'ailleurs supposer qu'un homme issu de lui fût un sot.
Charles se remit donc au travail et prépara sans discontinuer les matières de son examen, dont il apprit d'avance toutes les questions par cœur. Il fut reçu avec une assez bonne note. Quel beau jour pour sa mère! On donna un grand dîner.
Où irait-il exercer son art? A Tostes. Il n'y avait là qu'un vieux médecin. Depuis longtemps, Mme Bovary guettait sa mort, et le bonhomme n'avait point encore plié bagage, que Charles était déjà installé en face, comme son successeur.
Mais ce n'était pas tout que d'avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l'exercer. Il lui fallait une femme. Elle lui en trouva une: la veuve d'un huissier de Dieppe, qui avait quarante-cinq ans et douze cents livres de rente.
Quoiqu'elle fût laide, sèche comme un cotret et bourgeonnée comme un printemps, certes Mme Dubuc ne manquait pas de partis à choisir. Pour arriver à ses fins, la mère Bovary fut obligée de les évincer tous, et elle déjoua même fort habilement les intrigues d'un charcutier, qui était soutenu par les prêtres. Charles avait entrevu dans le mariage l'avènement d'une condition meilleure, imaginant qu'il serait plus libre et pourrait disposer de sa personne et de son argent. 14Mais sa femme fut le maître; il devait devant le monde dire ceci, ne pas dire cela, faire maigre tous les vendredis, s'habiller comme elle l'entendait, harceler par son ordre les clients qui ne payaient pas. Elle décachetait ses lettres, épiait ses démarches, et l'écoutait, à travers la cloison, donner ses consultations dans son cabinet, quand il avait des femmes.
Il lui fallait son chocolat tous les matins, des égards à n'en plus finir. Elle se plaignait sans cesse de ses nerfs, de sa poitrine, de ses humeurs. Le bruit des pas lui faisait mal; on s'en allait, la solitude lui devenait odieuse; revenait-on près d'elle, c'était pour la voir mourir sans doute. Le soir, quand Charles rentrait, elle sortait de dessous ses draps ses longs bras maigres, les lui passait autour du cou, et, l'ayant fait asseoir au bord du lit, se mettait à lui parler de ses chagrins; il l'oubliait, il en aimait une autre! on lui avait dit qu'elle serait malheureuse; et elle finissait en lui demandant quelque sirop pour sa santé et un peu plus d'amour.
こういう準備勉強のお陰で、見事免許試験に落第した。ちょうどその晩、家では子供の成功を祝おうと待っていたのに!
彼は歩いて出かけたが、村にさしかかるとぴたりと立ち止まり、そこへ母親を呼び寄せて、一部始終をうち明けた。彼女は子供の失敗を試験官の不公平のせいにして許したうえ、後始末を引き受けて、いささか彼を元気づけた。こうした事の真相は、五年経って初めてボヴァリー氏の知るところとなったが、何分にも旧聞に属することでもあり、それに、自分の血を分けた人間をまんざら馬鹿とも思えないので、彼も認めたわけである。
そこでシャルルはまた勉強を始め、試験科目をひっきりなしに練習し、試験問題は前もってすっかり暗記した。彼はかなりの成績で及第した。母親にとってはなんという嬉しい日だったろう! 盛大な祝宴が開かれた。
どこで開業すればよいか。トストで。トストには年寄りの医者が一人いるだけだ。ずっと前から、ボヴァリー夫人は彼の死ぬのを待っていたのだが、爺さんはいっこう死出の旅路に上らないので、シャルルは後釜然と、その真向いに陣取ったのである。
しかし、息子を育てて医学を仕込み、開業地をトストにしたというだけでは、まだ十分ではない。息子には嫁がいる。そこで母親は一人見つけた。ディエップの執達吏の未亡人で、歳は四十五、年収は千百フランある。
不器量で、薪のように干からび、木の芽立ちのようににきびだらけの女ではあったが、むろん、このデュピュック夫人にも選り好みの相手にことかくことはなかった。そこで、自分の思惑おもわくを遂げようとすると、ボヴァリー夫人にはその相手方を全部押しのける必要があった。そこで、坊さん連中に尻押しされている豚肉屋の策動をさえ、母親はものの見事に挫くじいてしまった。
シャルルはこの結婚で、ずっと良い状態がくるものと予想していた。もっと自由になり、自分の体も金も、思いのままになるものと考えていた。ところが女房の天下になった。人様の前ではこう言わねばなりませぬ。ああ言ってはいけませぬ。金曜日には肉を食べることはなりませぬ。女房の言うとおりの身形みなりはしなければならないし、女房の命令どおり払いの悪い患者には催促しなければならない。女房は手紙の封は切る、行く先ざきには探りを入れる。婦人患者のきたときには、診察室で診みているのを、壁越しに盗み聴きする始末だった。
彼女は毎朝チョコレートを飲まぬとおさまらず、切りがないほど世話がやけた。神経がどうの、胸がどうの、気分がどうのとひっきりなしに訴える。足音がしても気分が悪い。傍そばを離れると、淋しくてたまらなくなるくせに、戻ってくると、きっと死んだか見にきたのだろうなどと言う。晩にシャルルが帰ってくると、敷布シーツの下から痩せ細った腕を出して、シャルルの首に巻きつけ、ベッドの縁に引き据えて、わたしというものを忘れて、よその女を愛しているとか、わたしは不幸になると言われたがほんとにそのとおりだとか、さんざん口説き立てたあげくの果てには、きまって滋養のためのシロップをと、いま少しの愛を求めるのであった。(性的な欲求を指
すのであろう)
II
Une nuit, vers onze heures, ils furent réveillés par le bruit d'un cheval qui s'arrêta juste à la porte. La bonne ouvrit la lucarne du grenier et parlementa quelque temps avec un homme resté en bas, dans 15la rue. Il venait chercher le médecin; il avait une lettre. Nastasie descendit les marches en grelottant, et alla ouvrir la serrure et les verrous, l'un après l'autre. L'homme laissa son cheval, et, suivant la bonne, entra tout à coup derrière elle. Il tira dedans son bonnet de laine à houppes grises une lettre enveloppée dans un chiffon, et la présenta délicatement à Charles, qui s'accouda sur l'oreiller pour la lire. Nastasie, près du lit, tenait la lumière. Madame, par pudeur, restait tournée vers la ruelle et montrait le dos.
Cette lettre, cachetée d'un petit cachet de cire bleue, suppliait M. Bovary de se rendre immédiatement à la ferme des Bertaux, pour remettre une jambe cassée. Or il y a de Tostes aux Bertaux six bonnes lieues de traverse, en passant par Longueville et Saint-Victor; la nuit était noire; Mme Bovary jeune redoutait les accidents pour son mari. Donc il fut décidé que le valet d'écurie prendrait les devants. Charles partirait trois heures plus tard, au lever de la lune. On enverrait un gamin à sa rencontre, afin de lui montrer le chemin de la ferme et d'ouvrir les clôtures devant lui.
Vers quatre heures du matin, Charles, bien enveloppé dans son manteau, se mit en route pour les Bertaux. Encore engourdi par la chaleur du sommeil, il se laissait bercer au trot pacifique de sa bête. Quand elle s'arrêtait d'elle-même devant ces trous entourés d'épines que l'on creuse au bord des sillons, Charles, se réveillant en sursaut, se rappelait vite la jambe cassée, et il tâchait de se remettre en mémoire toutes les fractures qu'il savait. La pluie ne tombait plus; le 16jour commençait à venir, et, sur les branches des pommiers sans feuilles, des oiseaux se tenaient immobiles, hérissant leurs petites plumes au vent froid du matin. La plate campagne s'étalait à perte de vue, et les bouquets d'arbres autour des fermes faisaient, à intervalles éloignés, des taches d'un violet noir sur cette grande surface grise, qui se perdait à l'horizon dans le ton morne du ciel. Charles, de temps à autre, ouvrait les yeux; puis, son esprit se fatiguant et le sommeil revenant de soi-même, bientôt il entrait dans une sorte d'assoupissement où ses sensations récentes se confondant avec des souvenirs, lui-même se percevait double, à la fois étudiant et marié, couché dans son lit comme tout à l'heure, traversant une salle d'opérés comme autrefois. L'odeur chaude des cataplasmes se mêlait dans sa tête à la verte odeur de la rosée; il entendait rouler sur leurs tringles les anneaux de fer des lits, et sa femme dormir... Comme il passait par Vassonville, il aperçut, au bord d'un fossé, un jeune garçon assis sur l'herbe.
—Êtes-vous le médecin? demanda l'enfant.
Et, sur la réponse de Charles, il prit ses sabots à ses mains et se mit à courir devant lui.
L'officier de santé, chemin faisant, comprit au discours de son guide que M. Rouault devait être un cultivateur des plus aisés. Il s'était cassé la jambe, la veille au soir, en revenant de faire les Rois chez un voisin. Sa femme était morte depuis deux ans. Il n'avait avec lui que sa demoiselle, qui l'aidait à tenir la maison.
Les ornières devinrent plus profondes. On approchait des Bertaux. Le petit gars, se coulant par un trou de haie, disparut; puis il revint au bout d'une cour, en ouvrit la barrière. Le cheval glissait sur l'herbe mouillée; Charles se baissait pour passer sous les branches. Les chiens de garde à la niche aboyaient en tirant sur leur chaîne. Quand il entra dans les Bertaux, son cheval eut peur et fit un grand écart.
C'était une ferme de bonne apparence. On voyait dans les écuries, par le dessus des portes ouvert, de gros chevaux de labour qui mangeaient tranquillement dans des râteliers neufs. Le long des bâtiments s'étendait un large fumier; de la buée s'en élevait, et, parmi les poules et les dindons, picoraient dessus cinq ou six paons, luxe des basses-cours cauchoises. La bergerie était longue, la grange était haute, à murs lisses comme la main. Il y avait sous le hangar deux grandes charrettes et quatre charrues, avec leurs fouets, leurs colliers, leurs équipages complets, dont les toisons de laine bleue se salissaient à la poussière fine qui tombait des greniers. La cour allait en montant, plantée d'arbres symétriquement espacés, et le bruit gai d'un troupeau d'oies retentissait près de la mare.
Une jeune femme, en robe de mérinos bleu garnie de trois volants, vint sur le seuil de la maison pour recevoir M. Bovary, qu'elle fit entrer dans la cuisine, où flambait un grand feu. Le déjeuner des gens bouillonnait autour, dans des petits pots de taille inégale. Des vêtements humides séchaient dans l'intérieur de la cheminée. La pelle, les pincettes et le bec du soufflet, 18tous de proportion colossale, brillaient comme de l'acier poli, tandis que le long des murs s'étendait une abondante batterie de cuisine, où miroitait inégalement la flamme claire du foyer, jointe aux premières lueurs du soleil arrivant par les carreaux.
Charles monta au premier, voir le malade. Il le trouva dans son lit, suant sous ses couvertures et ayant rejeté bien loin son bonnet de coton. C'était un gros petit homme de cinquante ans, à la peau blanche, à l'œil bleu, chauve sur le devant de la tête, et qui portait des boucles d'oreilles. Il avait à ses côtés, sur une chaise, une grande carafe d'eau-de-vie, dont il se versait de temps à autre pour se donner du cœur au ventre; mais, dès qu'il vit le médecin, son exaltation tomba, et au lieu de sacrer comme il le faisait depuis douze heures, il se prit à geindre faiblement.
La fracture était simple, sans complication d'aucune espèce. Charles n'eût osé en souhaiter de plus facile. Alors, se rappelant les allures de ses maîtres auprès du lit des blessés, il réconforta le patient avec toutes sortes de bons mots, caresses chirurgicales, qui sont comme l'huile dont on graisse les bistouris. Afin d'avoir des attelles, on alla chercher sous la charretterie un paquet de lattes. Charles en choisit une, la coupa en morceaux et la polit avec un éclat de vitre, tandis que la servante déchirait des draps pour faire des bandes et que Mlle Emma tâchait à coudre des coussinets. Comme elle fut longtemps avant de trouver son étui, son père s'impatienta; elle ne répondit rien, mais, tout 19en cousant, elle se piquait les doigts, qu'elle portait ensuite à sa bouche, pour les sucer.
Charles fut surpris de la blancheur de ses ongles. Ils étaient brillants, fins du bout, plus nettoyés que les ivoires de Dieppe, et taillés en amande. Sa main pourtant n'était pas belle, point assez pâle peut-être, et un peu sèche aux phalanges; elle était trop longue aussi, et sans molles inflexions de lignes sur les contours. Ce qu'elle avait de beau, c'étaient les yeux; quoiqu'ils fussent bruns, ils semblaient noirs à cause des cils, et son regard arrivait franchement à vous avec une hardiesse candide.
Une fois le pansement fait, le médecin fut invité, par M. Rouault lui-même, à prendre un morceau avant de partir.
Charles descendit dans la salle au rez-de-chaussée. Deux couverts avec des timbales d'argent y étaient mis sur une petite table, au pied d'un grand lit à baldaquin, revêtu d'une indienne à personnages représentant des Turcs. On sentait une odeur d'iris et de draps humides, qui s'échappait de la haute armoire en bois de chêne faisant face à la fenêtre. Par terre, dans les angles, étaient rangés, debout, des sacs de blé. C'était le trop plein du grenier proche, où l'on montait par trois marches de pierre. Il y avait, pour décorer l'appartement, accrochée à un clou, au milieu du mur dont la peinture verte s'écaillait sous le salpêtre, une tête de Minerve au crayon noir, encadrée de dorure, et qui portait au bas, écrit en lettres gothiques: «A mon cher papa.»
ある晩の十一時頃、二人は馬の足音で眼を覚ました。それはちょうど門前で止まった。女中は屋根裏の明かり取りを開けて、下の往来にいる男としばらく言葉を交わした。この男は先生を呼びにきたのであって、手紙を持っていた。女中のナスタジーは寒さに震えながら階段を降りていって、錠前をあけ、門を次々に外した。男は馬を残し、女中について、後からすっと入った。男はネズミ色の総ふさのついた毛織の頭巾ずきんの中から、布切れに包んだ手紙をとり出し、そっとシャルルに手渡した。シャルルは枕に肱ひじをついて読んだ。ナスタジーはベッドの傍で灯火を見せていた。夫人ははにかんで壁の方を向き、背中を見せていた。
青い小さな封蠟で封をしたこの手紙には、折れた脚の骨を接ついでいただきたいので、ボヴァリー先生に至急ベルトーの農場までお運び願いたいと書いてあった。ところが、トストからベルトーまでは、ロングヴィル、サン=ヴィクトールと通って、間道を行ってもたっぷり六里はある。それに闇夜である。ボヴァリー若夫人は夫にもしものことがあってはと心配だった。そこで、馬丁が先に帰ることになった。シャルルは三時間して、月が出てから発つことにした。先方では小僧を迎えに出して、シャルルを農場へ案内し、先に立って柵門を開けさせるという手はずになった。
朝の四時頃、しっかり外套にくるまって、シャルルはベルトーに向け出発した。暖かい眠りのまだ覚めきらぬまま、静かな馬の歩みの揺ゆするがままに身をまかせた。よく畦のほとりに掘ってある茨で囲まれた穴の前にきて、馬がひとりでに足をとめると、シャルルははっと目を覚まして、折れた脚のことをにわかに思い出し、そうして知っているだけの骨折の種類を記憶に喚びもどそうとした。雨はもう止んでいた。夜は白じらと明けそめて、葉の落ちつくしたリンゴの枝々には、小鳥が可愛い羽根を冷たい朝風に逆立てながら、じっととまっていた。平野は眼路めじのかぎりうち開け、遙かな地平で暗い空に融けこんでいる灰色の画面には、農場をとりまく木立の群れが、遠い間まを置いては、暗紫色の斑まだらをつくっている。シャルルはときおり眼を開く。だが、芯が疲れていて、またしても眠気が返ってくるので、やがて夢うつつの境に入ってゆく。そうしてそこでは、つい今しがたの感覚が古い思い出とごっちゃになって、自分が二重に感じられる。学生でもあれば、結婚もしている。さっきのようにベッドで横になってもいれば、昔のように外科病室の中を通ってもいる。頭の中では、湿布しつぷ薬の温かい匂いが、縁の露の香と入り交る。病室のベッドのカーテンの鉄の環が棒の上で回る音が聞こえるかと思うと、妻の寝息が……ヴァソンヴィルにさしかかると、とある溝端の草の上に、子供の座っているのが眼についた。
「先生ですか?」と、子供が訊いた。
シャルルの返事を聞くと、子供は木靴サボを手に持って、先に立って走り出した。
免許医は道々、この案内者の話から、ルオーという人はよほど裕福な百姓に違いないと思った。ルオーは前の晩、近所の家で、『公現祭』の集まりをした帰りがけに脚を折ったのであった。二年前、女房に死なれて、今では、『お嬢さん』との二人暮らし。このお嬢さんがまた父を助けて一家を切り回しているのである。
轍わだちのあとが深くなった。ベルトーへ近づいたのである。と、小僧は生け垣の穴を潜って姿を消したと思うと、庭の端に現われて、そこの柵門を開けた。馬は湿った草の上で足を滑らせる。シャルルは身を屈めて枝の下をくぐった。犬小屋で番犬どもが鎖をひっぱりながら吠え立てる。ベルトーの農場へ入ると、馬は怯おびえて、跳ね退いた。
立派な構えの農家である。厩うまやでは、肥ふとった耕作馬が数頭新しい秣まぐさ棚だなで悠々と餌を食っているのが、開いた戸の上から見えた。棟々に沿って堆肥たいひがだだっぴろく積まれていて、そこから湯気が立っている。その上では、雌鳥めんどりや七面鳥に交じって、コー地方の養禽ようきん場としては贅沢ぜいたくな孔雀くじやくが五、六羽餌をあさっている。羊小屋は長く、穀倉は高く、その壁は人の手のように滑らかである。物置には大きい荷車が二台と鋤が四台、それに鞭や首輪や馬具一式が揃っているが、そのなかでも青色に染めた羊の毛皮は、二階の納屋から落ちる細かい埃で汚れていた。庭は爪先上りになっていて、木が右左対称的に間を置いて植えてあって、鵞鳥がちようの群れのにぎやかな鳴き声が池のほとりでやかましい。
裾襞すそひだの三筋ついた、青いメリノの服を着た若い女が、母屋の入口まで出てきてボヴァリー氏を迎え、炉の火の燃えさかっている料理場へ通した。雇人たちの朝餉あさげが火のまわりで、まちまちの大きさの小鍋に煮え立っている。湿った衣類が造り付けの暖炉の内側に干してある。十能や火挟みや送風口など、どれもみなばかに大きくて、磨いた鋼はがねのように光っている。一方、壁に沿って夥おびただしい台所道具が並んでおり、その表面には、ガラス越しに射し込む朝陽の光に交って、炉の明るい炎がとりどりに映っている。
シャルルは患者を診みに二階へ上がった。患者はベッドに横たわっていた。布団を被って汗びっしょりになり、寝間着は遠くの方へはね飛ばしている。五十がらみのずんぐりした男で、色は白く、眼は青く、額は禿げあがり、耳輪をはめている。傍らの椅子にブランデーの大瓶を置き、腹に力をつけるためにときどき注ついでは飲んでいたのだろう。しかし、医者の姿を見ると、興奮は一時に冷めて、十二時間もどなり散らしたのとはうって変わって、弱々しく唸り出した。
骨折はほかに合併症を全然伴わぬ単純なものだった。シャルルはこんなに軽いとは思っていなかった。そこで自分の先生方が負傷者のベッドの傍でした遣り口を思い出し、いろいろと冗談を言って患者に元気をつけた。それはメスに塗る油にも似た外科的な愛撫だった。副そえ木を当てるので、車置場へ小割板の束をとりにやった。シャルルはその一枚を選んで細かく切り、ガラスの破片で磨くと、一方では女中が布団を裂いて包帯をつくり、エンマ嬢はエンマ嬢で、当て物にする布団を縫おうとした。しかし針箱がなかなか見つからないので、父親は苛々した。彼女は口答え一つしなかった。しかし、縫いながら、よく指を突いたので、そのつど口へ持っていっては吸っていた。
シャルルは彼女の爪の白さに驚いた。きらきら光って、先で細り、ディエップの象牙ぞうげ細工よりも手入れがゆきとどいていて、巴旦杏の形に切ってあった。しかし手の方は美しくなかった。そう白くもなかったし、関節が少し骨ばっていた。それに、長すぎて、輪郭に柔らかみがない。彼女の美しいところは、眼であった。茶色のくせに、まつ毛のせいで黒く見える。無邪気に大胆に、なんの遠慮もなく相手を見据える眼つきである。
手当てが終わると、医者は当のルオー氏から、お帰りになる前に、『ひと口召し上がって』と勧められた。
シャルルは下の食堂へおりた。そこには二人前の食器が銀の杯を添えて、テーブルの上に置いてあった。そのテーブルはトルコ人を表わした人物模様のインド更紗さらさをかけた天蓋付のベッドの裾の方にあった。窓と向かいあった背の高い樫の箪笥たんすから、アイリス入りの香水や、湿った敷布の匂いがした。床の上、部屋の隅々には、小麦の袋が立て並べてあった。それは、石段を三つ昇ればゆける穀倉に入りきらない分なのである。湿気のために白い斑ができて、緑のペンキに鱗うろこ状のひびの入った壁の真中には、部屋の飾りに、黒鉛筆で描いたミネルヴァの顔が、金ぴかの額に入れて釘にかけてあり、絵の下には、『愛する父上に』とゴチック字体で書いてあった。
On parla d'abord du malade, puis du temps qu'il faisait, des grands froids, des loups qui couraient les champs, la nuit. Mlle Rouault ne s'amusait guère à la campagne, maintenant surtout qu'elle était chargée presque à elle seule des soins de la ferme. Comme la salle était fraîche, elle grelottait tout en mangeant, ce qui découvrait un peu ses lèvres charnues, qu'elle avait coutume de mordillonner à ses moments de silence.
Son cou sortait d'un col blanc, rabattu. Ses cheveux, dont les deux bandeaux noirs semblaient chacun d'un seul morceau, tant ils étaient lisses, étaient séparés sur le milieu de sa tête par une raie fine, qui s'enfonçait légèrement selon la courbe du crâne; et, laissant voir à peine le bout de l'oreille, ils allaient se confondre par derrière en un chignon abondant, avec un mouvement ondé vers les tempes, que le médecin de campagne remarqua là pour la première fois de sa vie. Ses pommettes étaient roses. Elle portait, comme un homme, passé entre deux boutons de son corsage, un lorgnon d'écaille.
Quand Charles, après être monté dire adieu au père Rouault, rentra dans la salle avant de partir, il la trouva debout, le front contre la fenêtre, et qui regardait dans le jardin, où les échalas des haricots avaient été renversés par le vent. Elle se retourna.
—Cherchez-vous quelque chose? demanda-t-elle.
—Ma cravache, s'il vous plaît, répondit-il.
Et il se mit à fureter sur le lit, derrière les portes, sous les chaises. Elle était tombée par terre, entre les sacs et la muraille. 21Mlle Emma l'aperçut; elle se pencha sur les sacs de blé. Charles, par galanterie, se précipita, et comme il allongeait aussi son bras dans le même mouvement, il sentit sa poitrine effleurer le dos de la jeune fille, courbée sous lui. Elle se redressa toute rouge et le regarda par-dessus l'épaule, en lui tendant son nerf de bœuf.
Au lieu de revenir aux Bertaux trois jours après, comme il l'avait promis, ce fut le lendemain même qu'il y retourna, puis deux fois la semaine régulièrement, sans compter les visites inattendues qu'il faisait de temps à autre, comme par mégarde.
Tout, du reste, alla bien; la guérison s'établit selon les règles, et quand, au bout de quarante-six jours, on vit le père Rouault qui s'essayait à marcher seul dans sa masure, on commença à considérer M. Bovary comme un homme de grande capacité. Le père Rouault disait qu'il n'aurait pas été mieux guéri par les premiers médecins d'Yvetot, ou même de Rouen.
Quant à Charles, il ne chercha point à se demander pourquoi il venait aux Bertaux avec plaisir. Y eût-il songé, qu'il aurait sans doute attribué son zèle à la gravité du cas, ou peut-être au profit qu'il en espérait. Était-ce pour cela cependant que ses visites à la ferme faisaient parmi les pauvres occupations de sa vie une exception charmante? Ces jours-là, il se levait de bonne heure, partait au galop, poussait sa bête; puis il descendait pour s'essuyer les pieds sur l'herbe, et passait ses gants noirs avant d'entrer. Il aimait à se voir arriver dans la cour, à sentir contre son épaule la barrière qui tournait, et le coq qui chantait sur le mur, les 22garçons qui venaient à sa rencontre. Il aimait la grange et les écuries; il aimait le père Rouault, qui lui tapait dans la main en l'appelant son sauveur; il aimait les petits sabots de Mlle Emma sur les dalles lavées de la cuisine. Ses talons hauts la grandissaient un peu, et quand elle marchait devant lui, les semelles de bois, se relevant vite, claquaient avec un bruit sec contre le cuir de la bottine.
Elle le reconduisait toujours jusqu'à la première marche du perron. Lorsqu'on n'avait pas encore amené son cheval, elle restait là. On s'était dit adieu; on ne parlait plus; le grand air l'entourait, levant pêle-mêle les petits cheveux follets de sa nuque, ou secouant sur sa hanche les cordons de son tablier, qui se tortillaient comme des banderoles. Une fois, par un temps de dégel, l'écorce des arbres suintait dans la cour, la neige sur les couvertures des bâtiments se fondait. Elle était sur le seuil; elle alla chercher son ombrelle; elle l'ouvrit. L'ombrelle, de soie gorge-pigeon, que traversait le soleil, éclairait de reflets mobiles la peau blanche de sa figure. Elle souriait là-dessous à la chaleur tiède; et on entendait les gouttes d'eau, une à une, tomber sur la moire tendue.
Dans les premiers temps que Charles fréquentait les Bertaux, Mme Bovary jeune ne manquait pas de s'informer du malade, et même sur le livre qu'elle tenait en partie double, elle avait choisi pour M. Rouault une belle page blanche. Mais quand elle sut qu'il avait une fille, elle alla aux informations, et elle apprit que Mlle Rouault, élevée au couvent, chez les Ursulines, 23avait reçu, comme on dit, une belle éducation; qu'elle savait, en conséquence, la danse, la géographie, le dessin, faire de la tapisserie et toucher du piano. Ce fut le comble!
—C'est donc pour cela, se disait-elle, que sa mine est si épanouie quand il va la voir, et qu'il met son gilet neuf, au risque de l'abîmer à la pluie? Ah! cette femme! cette femme!
Et elle la détesta, d'instinct. D'abord elle se soulagea par des allusions; Charles ne les comprit pas; ensuite, par des réflexions incidentes, qu'il laissait passer de peur de l'orage; enfin, par des apostrophes à brûle-pourpoint auxquelles il ne savait que répondre.—D'où vient qu'il retournait aux Bertaux, puisque M. Rouault était guéri et que ces gens-là n'avaient pas encore payé? Ah! c'est qu'il y avait là-bas une personne, quelqu'un qui savait causer, une brodeuse, un bel esprit. C'était là ce qu'il aimait: il lui fallait des demoiselles de ville! Et elle reprenait: La fille au père Rouault, une demoiselle de ville! Allons donc! leur grand-père était berger, et ils ont un cousin qui a failli passer par les assises pour un mauvais coup, dans une dispute. Ce n'est pas la peine de faire tant de flafla, ni de se montrer le dimanche à l'église avec une robe de soie, comme une comtesse. Pauvre bonhomme, d'ailleurs, qui, sans les colzas de l'an passé, eût été bien embarrassé de payer ses arrérages.
Par lassitude, Charles cessa de retourner aux Bertaux. Héloïse lui avait fait jurer qu'il n'irait plus, la main sur son livre de messe, après beaucoup de sanglots 24et de baisers, dans une grande explosion d'amour. Il obéit donc; mais la hardiesse de son désir protesta contre la servilité de sa conduite, et, par une sorte d'hypocrisie naïve, il estima que cette défense de la voir était pour lui comme un droit de l'aimer.
Et puis, la veuve pouvait-elle effacer par son contact l'image fixée sur le cœur de son mari? La veuve était maigre, elle avait les dents longues; elle portait en toute saison un petit châle noir dont la pointe lui descendait entre les omoplates; sa taille dure était engainée dans des robes en façon de fourreau, trop courtes, qui découvraient ses chevilles, avec les rubans de ses souliers larges, s'entre-croisant sur des bas gris.
La mère de Charles venait les voir de temps à autre; mais, au bout de quelques jours, la bru semblait l'aiguiser à son fil, et alors, comme deux couteaux, elles étaient à le scarifier par leurs réflexions et leurs observations. Il avait tort de tant manger! Pourquoi toujours offrir la goutte au premier venu? Quel entêtement que de ne pas vouloir porter de flanelle!
Il arriva qu'au commencement du printemps un notaire d'Ingouville, détenteur de fonds à la veuve Dubuc, s'embarqua par une belle marée, emportant avec lui tout l'argent de son étude. Héloïse, il est vrai, possédait encore, outre une part de bateau évaluée six mille francs, sa maison de la rue Saint-François, et cependant, de toute cette fortune que l'on avait fait sonner si haut, rien, si ce n'est un peu de mobilier et quelques nippes, n'avait paru dans le ménage. Il fallut 25tirer la chose au clair. La maison de Dieppe se trouva vermoulue d'hypothèques jusque dans ses pilotis; ce qu'elle avait mis chez le notaire, Dieu seul le savait, et la part de barque n'excéda point mille écus. Elle avait donc menti, la bonne dame! Dans son exaspération, M. Bovary père, brisant une chaise contre les pavés, accusa sa femme d'avoir fait le malheur de leur fils en l'attelant à une haridelle semblable, dont les harnais ne valaient pas la peau. Ils vinrent à Tostes. On s'expliqua. Il y eut des scènes. Héloïse, en pleurs, se jetant dans les bras de son mari, le conjura de la défendre de ses parents. Charles voulut parler pour elle. Ceux-ci se fâchèrent, et ils partirent.
Mais le coup était porté. Huit jours après, comme elle étendait du linge dans sa cour, elle fut prise d'un crachement de sang, et le lendemain, tandis que Charles avait le dos tourné pour fermer le rideau de la fenêtre, elle dit:—Ah! mon Dieu!—poussa un soupir et s'évanouit. Elle était morte. Quel étonnement!
Quand tout fut fini au cimetière, Charles rentra chez lui. Il ne trouva personne en bas; il monta au premier dans la chambre, vit sa robe encore accrochée au pied de l'alcôve; alors, s'appuyant contre le secrétaire, il resta jusqu'au soir perdu dans une rêverie douloureuse. Elle l'avait aimé, après tout.
まず病人の話が出、次にその日の天気のことや、厳しい寒さのことや、夜、野原を駆けまわる狼の話などが出た。ルオー嬢は、今はたいてい自分一人に農場の面倒が掛かってきているので、田舎がことさら面白くないと言った。部屋が寒いので、彼女は食べながらブルブル震えた。すると、黙っているときはいつも噛んでいる厚い唇が少しばかり現われた。
首は白い折襟から出ていた。髪の毛は、頭のカーブどおりに軽くくぼんだ細い分け口を見せて、真中から分けてある。そうして分け口の左右の黒髪は艶々つやつやしているので、まるで一塊りのように見えるのだが、髪は耳朶じだをわずかばかり覗かせながら、こめかみの方へ波打ちながら後ろへいって一つになり、大きい髷まげに束ねてあった。このこめかみのウェーブなどを見るのは、この田舎医者には生まれて初めてのことだった。頬はバラ色をしていた。まるで男のように彼女は、上着のボタンとボタンの間に鼈甲べつこう縁の鼻眼鏡を挿し込んでいた。
シャルルはルオー爺さんに別れの挨拶をしに二階へ上ってから、帰るまでにもう一度食堂へ入ってゆくと、額を窓に押しあてて、庭を眺めてじっと佇んでいる彼女を目にした。庭には隠元豆の添え木が風に倒れたままになっている。彼女は振り返った。
「なにかお探しになってますの?」
「鞭なんですがね」と彼は答える。
そしてベッドの上や扉のかげや椅子の下を探し始めた。鞭は小麦の袋と壁の間に落ちていた。エンマはそれを見つけて、小袋の上へ身を屈めた。シャルルは、そんなことをしてもらってはと駆けよって、同じように腕をのばしたとき、自分の胸が下にかがんでいる娘の背にそっと触れるのを感じた。彼女は真赤になって体を起こし、鞭をさし出しながら、肩越しに彼を見た。
彼は約束どおり三日してベルトーへくるどころか、その翌日にやってきた。そしてそれからは毎週きちんと二回ずつやってきた。もっともついうっかりして、時どき不意に訪ねてくるのは抜きにして。
ところで万事は順調にはこんだ。癒り具合は理屈どおりであった。四十六日目にルオー爺さんが、彼のいわゆる『むさくるしい屋敷』のなかでひとり歩きの稽古をしているのを見かけると、ボヴァリー先生は大した腕利きだ、と誰もが思うようになった。ルオー爺さんはイヴトーの町はおろか、ルーアン市一流の医者にかかっても、こんなにうまくはいかなかったろうと言うのだった。
一方シャルルはなぜ自分が喜んでベルトーへ通ってくるのか、それは別に考えてみようともしなかった。たとえ考えてみたところで、恐らくは自分の熱心さを、重症のせいにするか、それとも当てにしているお菓子料のせいにするくらいがおちだったろう。それにしても、農場への往診が日々の味気ない仕事のうちで、楽しい例外となっていたのは、果たして上の理由からであったろうか。往診の日はきまって朝が早く、駆け足で発って、馬を急がせ、やがて馬から下りたつと草で靴を拭き、入る前に黒の手袋をはめる。彼はこうして庭の人となるのが嬉しかった。柵門の回るのを肩先に感じるのも、そうして塀の上で歌っている牡鶏も、迎えにくる下男達も彼には嬉しかった。穀物倉も厩うまやも嬉しいものだったし、彼を命の恩人だと言って、とった手をかるく叩いて挨拶するルオー爺さんも嬉しかった。綺麗に洗った料理場の板石を踏むエンマ嬢の可愛い木靴サボも気にいった。木靴は踵かかとが高いので、彼女はこころもち大きく見えるが、先に立って歩くとき、木の靴底そこはひょいひょいともち上がって、中に穿いている半靴の革にあたってぽこぽこ鳴った。
彼女はいつも玄関の踏み段の一段目まで彼を送り出す。馬がまだ回されていないときは、そこにじっと佇んでいる。別れの挨拶はとっくにすんでいるので、もうなんの話もない。ひどい風が彼女をつつんで、襟足えりあしの後おくれ毛をなぶったり、前掛けの紐を腰のあたりへ、まるで吹流しのように吹きなびかせたりする。あるときなど、ちょうど雪解けの頃のこと、庭では樹の皮が雫しずくをたらし、屋根の雪が解け出していた。彼女は戸口に立っていた。日傘をとってきて、開いた。鳩の胸毛色むなげいろの絹の日傘は陽の光を透して、彼女の白い顔のうえにちらちら映った。彼女はその下で暖かい陽気に頬笑ほほえんでいた。木理もくめのある張りきった絹へ、ぽとっぽとっと雨垂れの落ちるのが聞こえていた。
シャルルがベルトーへ通い出した初めの頃、ボヴァリー若夫人は欠かさず患者の容態をたずね、しかも自分でつけている複式帳簿には、ルオー氏の口座を一ページとっておいた。ところがルオー氏に娘のあることを知ると、彼女は方々を調べて歩いた。そうして、ルオーの娘がユルシュル派尼僧院で、いわゆる『立派な教育』を受けたこと、従ってダンスや地理や絵などの心得もあり、綴織つづれおりもやればピアノも弾くということを知った。あまりと言えばあんまりだ!
『さてはそのためか、』と彼女は考えた。『あの女に会いに行くときのあの嬉しそうな顔も、雨に濡れてだいなしになるのもかまわずに、まっさらのチョッキをきたりするのも。ああ、あのあまめ、あのあまめ!……』
こうして本能的に娘を憎んだ。最初、彼女はそれとなく当てつけて自ら慰めた。シャルルには通じなかった。次には話の間に胸の思いを挿はさんでみたが、シャルルは事の荒立つのを恐れてとり合わなかった。遂には、真っ向からたたみかけてきたが、これにはシャルルも答えようがなかった。——ルオーさんは癒ったんだし、それに薬代もまだ滞っているのに、どうしてのこのこベルトーへお行きになるの。そうでしょうとも! あそこには『ご器量のよいお方』がおられるからでしょう。話相手にもなれれば、刺繍もできる、お賢い人がいるからでしょう。あなたの好きなのはそれなんだ。あなたは町の娘さんがほしいんだ! そこでまた言葉をついで、
「ルオー爺さんとこの娘が、町のお嬢さんだって? ふふんだ! あそこのお父さんは羊飼いをしていた。それから、あそこには喧嘩のとき、ひどいことをしでかして、重罪裁判に回りかけた身内があるんですよ。いくら見栄を張ったって、いくら伯爵様のご夫人きどりで絹物にくるまって、日曜日に教会堂へのし出したって駄目ですよ。それに、あの爺さんも可哀そうに、去年の菜種が売れなかったら、借金の払いにも困るところだったんです!」
うんざりしてシャルルはベルトー行きを止めた。エロイーズは愛情を爆発させて、さんざん泣きじゃくったりキスしたりしたあげく、二度と再び行かないと、ミサ書の上に手を置いてシャルルに誓わせた。そこで彼は従った。しかし彼の欲望の大胆さが行為の卑屈に反抗した。そして彼は、あの娘に誓ってはならぬということは、とりも直さず、あの娘を愛してもよいということなのだと、子供っぽく白を切った。それに、後家あがりの女房はがりがりに痩せている。長ったらしい歯をしている。年がら年じゅう黒ショールの掛けっきりで、その先をいつも肩甲骨の間に垂らしている。こちこちの体ときたら、鞘さやそっくりに、つんつるてんの着物におさまっていて、大きい靴につけたリボンが銀色の靴下の上で十文字になっているのや足首までが、まるで裾すその下からむき出しだ。
シャルルの母親は時どき二人に会いにきたが、二三日もすると、この嫁は自分の鋭い刃はでもって、姑を研ぎあげるのではないかと思われた。すると、彼女らはまるで二丁の包丁ほうちようのように、意見やら苦情などで、シャルルを滅多斬りにするのだった。そんなにものを食べてはいけないとか、なぜ見境いもなくお酒を出すのかとか、ネルを着ようとしないなんてなんという強情ばりだろうとかいった具合に。
ところが春の初めのこと、アングーヴィルの公証人で、デュピュック未亡人の財産を預っていた男が、役場の有金を残らず攫さらって、まんまと逐電ちくでんした。なるほど、エロイーズは、六千フランに相当する船の持ち分のほかに、聖サンフランソワ街に家作を一軒持っているにはいた。それにしても、以前あんなに喧しく吹聴されていたこの全財産のうち、わずかばかりの家具や衣類を除けば、嫁入りにはなに一つ顔を見せなかった。事ははっきりしなければならぬ。すると、ディエップの家は基礎柱までが、抵当の虫に蝕くわれていることがわかってきた。いったい、どれくらい彼女は公証人役場に預けておいたのか、それは神様だけがご存じというわけで、例の船に対する持ち分とても、三千フランを超えてはいなかった。してみると、婆さんにまんまと一杯喰わされたのだ! ボヴァリー老人はかっとなって、椅子を石に叩きつけて滅茶滅茶にしながら、可愛い息子をあんな痩せ馬、しかもその馬具の方が毛並みよりもなお見劣りのするあんな痩せ馬につけて、惨めな思いをさせたのはお前の罪だと妻を責めた。そして両親はトストへ出てきた。押し問答があった。幾度か喧嘩にもなった。エロイーズは涙ながらに、夫の腕に身を投げかけ、両親にとりなしてくれと掻き口説くどいた。シャルルは妻のために口を出そうとした。両親は怒って、帰ってしまった。
しかし、『手ごたえはあった』のだ。一週間後、庭で洗濯物を干しているとき、彼女は急に血を喀はいた。そしてその翌日、シャルルが窓掛けを閉めようとして向こうむきになっている間に、『ああ、どうしよう!』と一声し、溜息をついて気絶した。こと切れていた! なんという驚き!
墓地で一切が終わると、シャルルは家へ帰った。下には誰もいなかった。彼は二階の部屋に上がった。寝間アルコーヴの裾の方にまだ妻の着物の掛かっているのが目についた。机にもたれて、暮れるまで、茫然と悩ましい思いに耽った。とにもかくにも、彼女は彼を愛していたのだ。
III
Un matin, le père Rouault vint apporter à Charles le payement de sa jambe remise, soixante-quinze francs en pièces de quarante sous et une dinde. Il avait appris son malheur et l'en consola tant qu'il put.
—Je sais ce que c'est, disait-il en lui frappant sur l'épaule; j'ai été comme vous, moi aussi! Quand j'ai eu perdu ma pauvre défunte, j'allais dans les champs pour être tout seul; je tombais au pied d'un arbre, je pleurais; j'appelais le bon Dieu, je lui disais des sottises; j'aurais voulu être comme les taupes, que je voyais aux branches, qui avaient des vers leur grouillant dans le ventre, crevé enfin! Et quand je pensais que d'autres, à ce moment-là, étaient avec leurs bonnes petites femmes à les tenir embrassées contre eux, je tapais de grands coups par terre avec mon bâton, j'étais quasiment fou, que je ne mangeais plus; l'idée seulement d'aller au café me dégoûtait, vous ne croiriez pas. Eh bien, tout doucement, un jour chassant l'autre, un printemps sur un hiver et un automne par-dessus un été, ça a coulé brin à brin, miette à miette; ça s'en est allé; c'est parti, c'est descendu, je veux dire, car il vous reste toujours quelque chose au fond, comme qui dirait... un poids, là, sur la poitrine. Mais puisque c'est notre sort à tous, on ne doit pas 27non plus se laisser dépérir, et, parce que d'autres sont morts, vouloir mourir... Il faut vous secouer, monsieur Bovary; ça se passera. Venez nous voir; ma fille pense à vous de temps à autre, savez-vous bien, et elle dit comme ça que vous l'oubliez. Voilà le printemps bientôt; nous vous ferons tirer un lapin dans la garenne pour vous dissiper un peu.
Charles suivit son conseil. Il retourna aux Bertaux; il retrouva tout comme la veille, comme il y avait cinq mois, c'est-à-dire. Les poiriers étaient en fleurs, et le bonhomme Rouault, debout maintenant, allait et venait, ce qui rendait la ferme plus animée.
Croyant qu'il était de son devoir de prodiguer au médecin le plus de politesses possible, à cause de sa position douloureuse, il le pria de ne point se découvrir la tête, lui parla à voix basse, comme s'il eût été malade, et même fit semblant de se mettre en colère de ce que l'on n'avait pas apprêté à son intention quelque chose d'un peu plus léger que tout le reste, tel que des petits pots de crème ou des poires cuites. Il conta des histoires. Charles se surprit à rire; mais le souvenir de sa femme lui revenant tout à coup l'assombrit. On apporta le café; il n'y pensa plus.
Il y pensa moins, à mesure qu'il s'habituait à vivre seul. L'agrément nouveau de l'indépendance lui rendit bientôt la solitude plus supportable. Il pouvait changer maintenant les heures de ses repas, rentrer ou sortir sans donner de raisons, et, lorsqu'il était bien fatigué, s'étendre de ses quatre membres, tout en large, dans son lit. Donc il se choya, se dorlota et accepta les consolations 28qu'on lui donnait. D'autre part, la mort de sa femme ne l'avait pas mal servi dans son métier, car on avait répété durant un mois: «Ce pauvre jeune homme! quel malheur!» Son nom s'était répandu, sa clientèle s'était accrue; et puis il allait aux Bertaux tout à son aise. Il avait un espoir sans but, un bonheur vague; il se trouvait la figure plus agréable en brossant ses favoris devant son miroir.
Il arriva un jour vers trois heures; tout le monde était aux champs; il entra dans la cuisine, mais n'aperçut point d'abord Emma; les auvents étaient fermés. Par les fentes du bois, le soleil allongeait sur les pavés de grandes raies minces, qui se brisaient à l'angle des meubles et tremblaient au plafond. Des mouches, sur la table, montaient le long des verres qui avaient servi, et bourdonnaient en se noyant au fond, dans le cidre resté. Le jour qui descendait par la cheminée, veloutant la suie de la plaque, bleuissait un peu les cendres froides. Entre la fenêtre et le foyer, Emma cousait; elle n'avait point de fichu; on voyait sur ses épaules nues de petites gouttes de sueur.
Selon la mode de la campagne, elle lui proposa de boire quelque chose. Il refusa, elle insista, et enfin lui offrit en riant de prendre un verre de liqueur avec elle. Elle alla donc chercher dans l'armoire une bouteille de curaçao, atteignit deux petits verres, emplit l'un jusqu'au bord, versa à peine dans l'autre, et, après avoir trinqué, le porta à sa bouche. Comme il était presque vide, elle se renversait pour boire; et, la tête en arrière, les lèvres avancées, le cou tendu, elle riait 29de ne rien sentir, tandis que le bout de sa langue, passant entre ses dents fines, léchait à petits coups le fond du verre.
Elle se rassit et elle reprit son ouvrage, qui était un bas de coton blanc, où elle faisait des reprises; elle travaillait, le front baissé, elle ne parlait pas, Charles non plus. L'air, passant par le dessous de la porte, poussait un peu de poussière sur les dalles; il la regardait se traîner, et il entendait seulement le battement intérieur de sa tête, avec le cri d'une poule, au loin, qui pondait dans les cours. Emma, de temps à autre, se rafraîchissait les joues en s'y appliquant la paume de ses mains, qu'elle refroidissait après cela sur la pomme de fer des grands chenets. Elle se plaignit d'éprouver depuis le commencement de la saison des étourdissements; elle demanda si les bains de mer lui seraient utiles; elle se mit à causer du couvent, Charles de son collège; les phrases leur vinrent; ils montèrent dans sa chambre. Elle lui fit voir ses anciens cahiers de musique, les petits livres qu'on lui avait donnés en prix, et les couronnes en feuilles de chêne, abandonnées dans un bas d'armoire. Elle lui parla encore de sa mère, du cimetière, et même lui montra, dans le jardin, la plate-bande dont elle cueillait les fleurs, tous les premiers vendredis de chaque mois, pour les aller mettre sur sa tombe. Mais le jardinier qu'ils avaient n'y entendait rien; on était si mal servi! Elle eût bien voulu, ne fût-ce au moins que pendant l'hiver, habiter la ville, quoique la longueur des beaux jours rendît peut-être la campagne plus ennuyeuse durant l'été;—et, 30selon ce qu'elle disait, sa voix était claire, aiguë, ou, se couvrant de langueur tout à coup, traînait des modulations qui finissaient presque en murmures, quand elle se parlait à elle-même,—tantôt joyeuse, ouvrant des yeux naïfs, puis les paupières à demi closes, le regard noyé d'ennui, la pensée vagabondant.
Le soir, en s'en retournant, Charles reprit une à une les phrases qu'elle avait dites, tâchant de se les rappeler, d'en compléter le sens, afin de se faire la portion d'existence qu'elle avait vécue dans le temps qu'il ne la connaissait pas encore. Mais jamais il ne put la voir en sa pensée différemment qu'il ne l'avait vue la première fois, ou telle qu'il venait de la quitter tout à l'heure. Puis il se demanda ce qu'elle deviendrait, si elle se marierait, et à qui? Hélas! le père Rouault était bien riche, et elle!... si belle! Mais la figure d'Emma revenait toujours se placer devant ses yeux, et quelque chose de monotone comme le ronflement d'une toupie bourdonnait à ses oreilles: «Si tu te mariais, pourtant! si tu te mariais!» La nuit, il ne dormit pas; sa gorge était serrée, il avait soif; il se leva pour aller boire à son pot à l'eau et il ouvrit la fenêtre: le ciel était couvert d'étoiles, un vent chaud passait, au loin des chiens aboyaient. Il tourna la tête du côté des Bertaux.
ある朝、ルオー爺さんはシャルルのところへ足の治療代を持ってきた。四十スー貨幣で七十五フラン、それに七面鳥を一羽。ルオーはシャルルの不幸を聞いていたので、一所懸命に慰めた。
「わたしにも覚えがあります!」と、シャルルの肩を叩きながら、「このわたしも先生と同じことでしたよ! 死んだやつを失ったときには、わたしはよく野っ原へ行って、ひとりになりましたよ。木の下にぶっ倒れて、泣きました。神様の名を呼んで、ずいぶん悪態をつきました。いっそ木の枝に引っかけられているモグラになりたかった。腹の中に虫がうようよしていて、しまいには腹が割けてしまうモグラみたいにね。世間の奴らが今頃は可愛い女房をぎゅっと抱きよせてやがると思うと、あたりの地面を杖で打ぶちまくったもんですよ。まるで気違い沙汰でした。ものも食えなくなりました。嘘みたいに聞こえましょうが、居酒屋へ行くなんてことは思っただけでも厭でしたね。ところがです、ごく静かに、一日一日と日が経って、冬が過ぎて春になり、夏がすんで秋となるうちに、ちょっとずつ、だんだんに薄れてきましたね。遠ざかりましたね。なくなりましたよ。いや、沈んだと言った方がよい、なんだかこう、底の方にいつも残ってましょう、ほら……重石おもしみたいなものが、ここんとこに、胸のうえに! しかし、これが人間の運命なんだから、お萎しおれになっちゃいけません。それに、人が死んだから自分も死のうなんてことは……元気を出して下さいよ、ボヴァリー先生。いまに過ぎちゃいますよ! ちっと家へお出かけ下さい。娘が時どき先生のことを思い出していますよ、それにね、先生はもうお忘れになったんだなんて言ってますよ。もうじき春ですよ。少しは気晴らしに、野っ原でウサギ撃ちでもやっていただきましょう」
シャルルは爺さんの勧めに従った。再びベルトーへやってきた。なにもかも元のままだった。つまり五ヶ月前と。しかし梨の木にはもう花が咲き、ルオー爺さんは今では立って、ばたばたしていた。それで農場は一段と活気づいていた。
医者の痛ましい身の上を思って、鄭重の限りを尽くすことが務めだと考えた爺さんは、帽子を脱ぐなと勧めたり、病人扱いをして小声で話しかけたり、そして、シャルルのために、小壺入りのクリームや梨の煮物といったようなごく軽いものが拵えてないと、怒るような振りさえ見せた。爺さんはいろんな話をして聞かせた。シャルルは思わず笑い出した。しかしにわかに妻のことが思い出されて憂鬱になった。コーヒーが出た。彼はもう妻のことは思わなかった。
やもめ暮らしに馴れるにつれ、妻のことはだんだん考えなくなった。自由がきくという新しい楽しみがやがて孤独を耐えやすくした。今では食事の時間は変えられるし、出入りには言いわけ一ついらないうえに、疲れたとなると、ベッドいっぱいに大の字にもなれる。彼は自分を労いたわり、甘やかし、他人の慰めをそのまま受けた。また一方、妻の死はそうとう商売の役にたった。というのは、ひと月ほどの間、『お若いのに全くお気の毒な!』と寄るとさわると言ってくれたし、おかげで名が売れて、患者がふえたからである。そのうえ何の気兼ねもなしに、ベルトーへは行く。彼は茫とした希望、莫とした幸福を感じていた。鏡の前で頬髭にブラシをあてながら、男前があがったぞと思うのだった。
ある日、三時頃に訪ねていった。みんな畑に出ていた。彼は料理場へ入っていったが、初めはエンマのいるのが目につかなかった。窓の雨戸が閉まっていたので、板の隙間から陽がさし込んで、石の上に細長い筋をいくつも引いていたが、その筋は家具の角では砕け、天井ではちらちら震えていた。蝿は食卓の上で、飲みすてたコップを伝ってのぼり、底に残ったりんご酒の中にはまってぶんぶん云っていた。煙突から射しこんだ光線は暖炉の板金をビロードのように見せ、冷たい灰を微かに青く染めていた。窓と暖炉の間で、エンマは縫物をしていた。田舎流に、首巻ネッカチーフをしていないので、むき出しの肩に小さい汗の粒が見えた。
田舎の仕来りどおり、エンマは飲物を勧めた。彼は断ったが、繰り返し勧め、とうとう、リキュールを付き合ってくださいと笑いながら言い出した。そして戸棚へキュラソーの瓶を出しにゆき、小さいグラスを二つ出して、一つにはなみなみと注ぎ、もう一つにはまねごとのような注ぎ方をし、さてグラスを触れ合わせてから、口へもっていった。しかしほとんど空なので、彼女は反りかえって飲んだ。頭をぐっと引き、唇をとがらせ、顔をのばしたが、なんの感じもないので笑い出すと、舌の先が綺麗な歯の間から出て、グラスの底を舐めた。
彼女はまた腰をおろして仕事をとり上げた。それは白木綿の靴下で、繕っているのだった。うつむいて手を動かすきりで、黙りこくっている。シャルルも黙っている。扉ドアの下から吹き込む隙間すきま風が石の上に微かに埃ほこりを立てている。シャルルは埃ほこりの這はうのを眺めている。すると、彼の耳には顳顬こめかみのずきんずきんいう音と、遠くの庭で卵を産む牝鶏の鳴き声だけしか聞こえない。エンマは時どき両方の掌をあてて頬を冷やし、それからまたその掌を大きい薪架うまの鉄の頭で冷やすのだった。
彼女はこの季節の初めから眩暈めまいがして困ると言って、海水浴はよいでしょうかとたずねた。それから彼女は尼僧院の話を、シャルルは中学時分のことを話し出し、しぜん二人の口はほぐれた。それから一緒にエンマの部屋に上っていった。彼女は昔の音楽帳や、褒美にもらった小型の宗教書や、戸棚の下に棄ててあった樫の葉の冠などを見せた。また母親のことや墓地のことを話し、庭の花壇を指さして、毎月、第一金曜日には、あの花壇の花を摘んで母のお墓へお供えに行きますと言った。ところが、わたしの方の植木屋ときてはまるで気がきかなくって、碌ろくな仕事はしやしませんとか、せめて冬の間だけは町で住みたいと思います、もっとも夏の間は天気が長く続きますから、本当は夏の方が田舎は退屈かもしれませんがとか言うのだった。——言おうとする事柄に応じて、彼女の声は朗らかになったり、鋭くなったり、また急に沈んだりして、抑揚は長くあとをひき、独り言を言うときなどは、まるで囁ささやくようになってしまう。あるときは、あどけない眼を見開いてはしゃぐかと思うと、次には瞼まぶたを半なかば閉じて、憂愁に眼はうるみ、思いは宙をさ迷うのである。
夕方、帰りの道すがら、シャルルは彼女の言った言葉をぽつりぽつりと呼びもどし、彼がまだ知らなかった頃の彼女の生活をわがものにするために、その言葉をすっかり思い出し、意味をはっきり掴もうと懸命になった。しかし彼には、そもそも初めて逢ったときのエンマか、さもなければ今別れてきたばかりのエンマのほかは思い浮かべることができなかった。それから彼は、あの女はいったいどうなるのだろうと考えた。もし結婚するとすれば、その相手は誰だろう? ああ、ルオーさんはそうとうの金持ちだし、あの女ときたら! あんなに美しい! しかしエンマの顔は始終眼の前にちらつき、独楽こまの唸うなりのような単調な音が耳についた。『でもお前、結婚したらどうだ? 結婚したら?』その夜、彼は眠れなかった。喉がくっついて、乾いた。水差しの水を飲もうと起き出して、窓を開けた。一面の星空だった。温かい風が吹いて、遠くで犬が吠えていた。シャルルはベルトーの方へ顔を向けた。
Pensant qu'après tout l'on ne risquait rien, Charles se promit de faire la demande quand l'occasion s'en offrirait. Chaque fois qu'elle s'offrit, la peur de ne point trouver les mots convenables lui collait les lèvres.
Le père Rouault n'eût pas été fâché qu'on le débarrassât de sa fille, qui ne lui servait guère dans sa maison. Il l'excusait intérieurement, trouvant qu'elle avait trop d'esprit pour la culture, métier maudit du ciel, puisqu'on n'y voyait jamais de millionnaires. Loin d'y avoir fait fortune, le bonhomme y perdait tous les ans, car s'il excellait dans les marchés, où il se plaisait aux ruses du métier, en revanche, la culture proprement dite, avec le gouvernement intérieur de la ferme, lui convenait moins qu'à personne. Il ne retirait pas volontiers ses mains de dedans ses poches, et n'épargnait point la dépense pour tout ce qui regardait sa vie, voulant être bien nourri, bien chauffé, bien couché. Il aimait le gros cidre, les gigots saignants, les glorias longuement battus. Il prenait ses repas dans la cuisine, seul, en face du feu, sur une petite table qu'on lui apportait toute servie, comme au théâtre.
Lorsqu'il s'aperçut donc que Charles avait les pommettes rouges près de sa fille, ce qui signifiait qu'un de ces jours on la lui demanderait en mariage, il rumina d'avance toute l'affaire. Il le trouvait bien un peu gringalet, et ce n'était pas là un gendre comme il l'eût souhaité; mais on le disait de bonne conduite, économe, fort instruit, et sans doute qu'il ne chicanerait pas sur la dot. Or, comme le père Rouault allait être forcé de vendre vingt-deux acres de son bien, qu'il devait beaucoup au maçon, beaucoup au bourrelier, que l'arbre du pressoir était à remettre: «S'il me la demande, se dit-il, je la lui donne.»
A l'époque de la Saint-Michel, Charles était venu 32passer trois jours aux Bertaux. La dernière journée s'était écoulée comme les précédentes, à reculer de quart d'heure en quart d'heure. Le père Rouault lui fit la conduite; ils marchaient dans un chemin creux, ils s'allaient quitter; c'était le moment. Charles se donna jusqu'au coin de la haie et, enfin, quand on l'eut dépassée:
—Maître Rouault, murmura-t-il, je voudrais bien vous dire quelque chose.
Ils s'arrêtèrent. Charles se taisait.
—Mais contez-moi votre histoire! est-ce que je ne sais pas tout? dit le père Rouault, en riant doucement.
—Père Rouault... père Rouault..., balbutia Charles.
—Moi, je ne demande pas mieux, continua le fermier. Quoique sans doute la petite soit de mon idée, il faut pourtant lui demander son avis. Allez-vous-en donc; je m'en vais retourner chez nous. Si c'est oui, entendez-moi bien, vous n'aurez pas besoin de revenir, à cause du monde, et d'ailleurs ça la saisirait trop. Mais pour que vous ne vous mangiez pas le sang, je pousserai tout grand l'auvent de la fenêtre contre le mur; vous pourrez le voir par derrière, en vous penchant sur la haie. Et il s'éloigna.
Charles attacha son cheval à un arbre. Il courut se mettre dans le sentier; il attendit. Une demi-heure se passa, puis il compta dix-neuf minutes à sa montre. Tout à coup un bruit se fit contre le mur; l'auvent s'était rabattu, la cliquette tremblait encore.
Le lendemain, dès neuf heures, il était à la ferme. Emma rougit quand il entra, tout en s'efforçant de rire 33un peu, par contenance. Le père Rouault embrassa son futur gendre. On remit à causer des arrangements d'intérêt; on avait d'ailleurs du temps devant soi, puisque le mariage ne pouvait décemment avoir lieu avant la fin du deuil de Charles, c'est-à-dire vers le printemps de l'année prochaine.
L'hiver se passa dans cette attente. Mlle Rouault s'occupa de son trousseau. Une partie en fut commandée à Rouen, et elle se confectionna des chemises et des bonnets de nuit, d'après des dessins de modes qu'elle emprunta. Dans les visites que Charles lui faisait à la ferme on causait des préparatifs de la noce, on se demandait dans quel appartement se donnerait le dîner; on rêvait à la quantité de plats qu'il faudrait et quelles seraient les entrées.
Emma eût, au contraire, désiré se marier à minuit, aux flambeaux; mais le père Rouault ne comprit rien à cette idée. Il y eut donc une noce, où vinrent quarante-trois personnes, où l'on resta seize heures à table, qui recommença le lendemain et quelque peu les jours suivants.
どのみち損にはならないと考えたシャルルは、機会おりもあれば求婚しようと決心した。そしてその機はあったのだが、そのつど決まってほどよい言葉が見つかりそうもなく、唇は固くくっついてしまう。
ルオー爺さんにしてみれば、娘を手離すことはなんでもなかった。だいたい、家ではこれという役にも立たなかったのだ。しかし爺さんは肚はらの中では大目に見ていた。百姓仕事には出来過ぎていると考えたからだ。いったい百姓というものは神様から見放された仕事で、早い話が百姓で家を建てた例ためしはない。事実、爺さんは百姓で身代を拵こしらえるどころか、毎年損をしていた。駆け引き好きで取引は上手なのだが、その代わりには本当の畑仕事も農場の内部管理も、人一倍性しように合わぬ。ポケットからてんで手を出そうともせず、飽食暖衣、十二分に寝たいが病で、自分の生活に関することになら金に糸目はつけなかった。こくのあるりんご酒や、血の滴したたる羊の腿ももの焼き肉や、念入りに掻き回した『火酒入コーヒーグロリヤ』が好きだった。彼は炊事場で、たったひとり暖炉に向かって小さい食卓で食事をする。その食卓は芝居でするように、すっかり膳立ててから運ばれてくるという始末だった。
ルオー爺さんは、シャルルが娘のそばへ行くといつも彼が顔を赤くするのに気がつき、てっきりこれは近いうちに結婚を申し込むのに違いないと思い当たると、前もって、いろんなことをとっくり考えてみた。なるほどあの男は『風采はあがらない』方だし、どうも理想の婿むことは言えない。しかし、身持ちもよく、始末人で、教育もそうとうあるというからには、まさか持参金でとやかく言うような男でもあるまい。ところで、こちらは『わが身上』のうち、近日二十二エーカーだけ売らねばならない羽目にもなり、石屋にも馬具師にもそれぞれそうとうの借りもあり、葡萄酒をしぼる搾しめ木ぎの心棒も替えねばならない始末なのである。
『もしくれというなら、くれてやろう。』と爺さんは考えた。
聖サンミシェル祭の頃、シャルルはベルトーへきて三日間暮らした。最後の日も前の二日同様、十五分ごとに尻込みしているうちに過ぎてしまった。ルオー爺さんはシャルルを見送る。二人は窪道を歩いて、やがて別れようとした。今だ。シャルルは生け垣の曲がり角までに切り出そうと思ったが、やっとそこを通り過ごしてから、
「ルオーさん、ちょっとお話したいことがあるのですが」と口の中で言い出した。
二人は立ち止まった。シャルルは黙っている。
「お言いなさいよ、その話ってえのを! このわたしがなにも知らんとでも思っていなさるか?」と、ルオー爺さんはやさしく笑って言う。
「ルオーさん……ルオーさん……」とシャルルは口ごもる。
「わたしには願ったり叶ったりですよ」と、この百姓は続けて言う。「きっと娘もわたしの考えどおりだとは思いますが、一応あれの意見も聞いてみなけりゃなりません。さあ、あちらへお行きなさい。わたしは家へ帰りましょう。もしもよい返事なら、いいですか、人目もあることですから、戻ってきなさるにはおよびませんし、だいいち、それじゃ娘があがっちまいます。しかし、お気をもましちゃいけませんから、窓の雨戸をぐっと壁の方へあけましょうや。そうすりゃ、裏手からでも、生け垣にかがみこめば見えるというわけですよ」
こう言って彼は遠ざかった。
シャルルは馬を木に繋いだ。それから小径こみちに駆けこんで、待った。半時経った。シャルルは時計を出して、十九分数えた。突然、壁に音がした。窓の雨戸は開け放たれて、まだ掛け金が揺れていた。
翌日は九時に、シャルルはもう農場にきていた。彼が入ってくると、エンマは気を落ち着けて、何気なくにっこりして見せようと思ったが、さすがに顔色は隠せない。ルオー爺さんは未来の婿にキスした。金銭上の取り決めは先のことにした。それに、結婚の式は、シャルルの喪が明けるまで、つまり翌年の春頃までは憚はばかられるので、まだまだゆとりがあるわけだった。
待ち暮らすうちに冬は過ぎる。ルオー嬢は嫁入仕度に忙しい。仕度の一部はルーアンの町へ注文されたが、下着や寝間帽は、借り物の意匠図によって、嬢自身が拵えた。シャルルが農場に訪ねてくると、シャルルとルオー爺さんとは決まって、披露宴の相談をしたり、晩餐はどの棟でしようかと思案したり、料理は幾皿、二の膳アントレの料理はなんにしようかなどと、いろいろ考えてみるのだった。
それにひきかえエンマの方は、夜半に炬火たいまつを点ともして結婚の式を挙げたいと言った。しかしそういうエンマの考えはルオー爺さんにはてんで合点がいかなかった。そういうわけで、さていよいよとなると、四十三人の客が集まって十六時間も食卓にがんばり、しかもそれが翌あくる日にもまた繰り返されたあげく、まだ二、三日はほとぼりが冷めないといった婚礼になってしまった。
IV
Les conviés arrivèrent de bonne heure dans des voitures, carrioles à un cheval, chars à bancs à deux roues, vieux cabriolets sans capote, tapissières à rideaux de cuir, et les jeunes gens des villages les plus 34voisins dans des charrettes où ils se tenaient debout, en rang, les mains appuyées sur les ridelles pour ne pas tomber, allant au trot et secoués dur. Il en vint de dix lieues loin, de Goderville, de Normanville et de Cany. On avait invité tous les parents des deux familles, on s'était raccommodé avec les amis brouillés, on avait écrit à des connaissances perdues depuis longtemps.
De temps à autre, on entendait des coups de fouet derrière la haie; bientôt la barrière s'ouvrait; c'était une carriole qui entrait. Galopant jusqu'à la première marche du perron, elle s'y arrêtait court, et vidait son monde, qui sortait par tous les côtés en se frottant les genoux et en s'étirant les bras. Les dames, en bonnet avaient des robes à la façon de la ville, des chaînes de montre en or, des pèlerines à bouts croisés dans la ceinture, ou de petits fichus de couleur attachés dans le dos avec une épingle, et qui leur découvraient le cou par derrière. Les gamins, vêtus pareillement à leurs papas, semblaient incommodés par leurs habits neufs (beaucoup même étrennèrent ce jour-là la première paire de bottes de leur existence), et l'on voyait à côté d'eux, ne soufflant mot, dans la robe blanche de sa première communion, rallongée pour la circonstance, quelque grande fillette de quatorze à seize ans, leur cousine ou leur sœur aînée sans doute, rougeaude, ahurie, les cheveux gras de pommade à la rose, et ayant bien peur de salir ses gants. Comme il n'y avait point assez de valets d'écurie pour dételer toutes les voitures, les messieurs retroussaient leurs manches et 35s'y mettaient eux-mêmes. Suivant leur position sociale différente, ils avaient des habits, des redingotes, des vestes, des habits-vestes:—bons habits, entourés de toute la considération d'une famille, et qui ne sortaient de l'armoire que pour les solennités; redingotes à grandes basques, flottant au vent, à collet cylindrique, à poches larges comme des sacs; vestes de gros drap, qui accompagnaient ordinairement quelque casquette cerclée de cuivre à sa visière; habits-vestes très courts, ayant dans le dos deux boutons rapprochés comme une paire d'yeux, et dont les pans semblaient avoir été coupés à même un seul bloc par la hache du charpentier. Quelques-uns encore (mais ceux-là, bien sûr, devaient dîner au bas bout de la table) portaient des blouses de cérémonie, c'est-à-dire dont le col était rabattu sur les épaules, le dos froncé à petits plis et la taille attachée très bas par une ceinture cousue.
Et les chemises sur les poitrines bombaient comme des cuirasses! Tout le monde était tondu à neuf, les oreilles s'écartaient des têtes, on était rasé de près; quelques-uns même, qui s'étaient levés dès avant l'aube, n'ayant pas vu clair à se faire la barbe, avaient des balafres en diagonale sous le nez, ou, le long des mâchoires, des pelures d'épiderme larges comme des écus de trois francs et qu'avait enflammées le grand air pendant la route, ce qui marbrait un peu de plaques roses toutes ces grosses faces blanches épanouies.
La mairie se trouvait à une demi-lieue de la ferme, on s'y rendit à pied, et l'on revint de même, une fois la cérémonie faite à l'église. Le cortège, d'abord uni 36comme une seule écharpe de couleurs, qui ondulait dans la campagne, le long de l'étroit sentier serpentant entre les blés verts, s'allongea bientôt et se coupa en groupes différents, qui s'attardaient à causer. Le ménétrier allait en tête, avec son violon empanaché de rubans à la coquille, les mariés ensuite, les parents, les amis tout au hasard; et les enfants restaient derrière, s'amusant à arracher les clochettes des brins d'avoine, ou à se jouer entre eux, sans qu'on les vît. La robe d'Emma, trop longue, traînait un peu par le bas; de temps à autre elle s'arrêtait pour la tirer, et alors, délicatement, de ses doigts gantés, elle enlevait les herbes rudes avec les petits dards des chardons, pendant que Charles, les mains vides, attendait qu'elle eût fini. Le père Rouault, un chapeau de soie neuf sur la tête et les parements de son habit noir lui couvrant les mains jusqu'aux ongles, donnait le bras à Mme Bovary mère. Quant à M. Bovary père, qui, méprisant au fond tout ce monde-là, était venu simplement avec une redingote à un rang de boutons, d'une coupe militaire, il débitait des galanteries d'estaminet à une jeune paysanne blonde. Elle saluait, rougissait, ne savait que répondre. Les autres gens de la noce causaient de leurs affaires ou se faisaient des niches dans le dos, s'excitant d'avance à la gaieté; et, en y prêtant l'oreille, on entendait toujours le crincrin du ménétrier qui continuait à jouer dans la campagne. Quand il s'apercevait que l'on était loin derrière lui, il s'arrêtait à reprendre haleine, cirait longuement de colophane son archet, afin que les cordes grinçassent mieux; et puis il se 37remettait à marcher, abaissant et levant tour à tour le manche de son violon, pour se bien marquer la mesure à lui-même. Le bruit de l'instrument faisait partir de loin les petits oiseaux.
C'était sous le hangar de la charretterie que la table était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulet, du veau à la casserole, trois gigots et, au milieu, un joli cochon de lait rôti, flanqué de quatre andouilles à l'oseille. Aux angles, se dressait l'eau-de-vie dans des carafes. Le cidre doux en bouteilles poussait sa mousse épaisse alentour des bouchons; et tous les verres, d'avance, avaient été remplis de vin jusqu'au bord. De grands plats de crème jaune, qui flottaient d'eux-mêmes au moindre choc de la table, présentaient, dessinés sur leur surface unie, les chiffres des nouveaux époux en arabesques de non-pareille. On avait été chercher un pâtissier à Yvetot, pour les tourtes et les nougats. Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les choses, et il apporta lui-même, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. A la base d'abord, c'était un carré de carton bleu figurant un temple, avec portiques, colonnades et statuettes de stuc tout autour, dans des niches constellées d'étoiles en papier doré; puis se tenait au second étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angéliques, amandes, raisins secs, quartiers d'orange, et enfin, sur la plate-forme supérieure, qui était une prairie verte où il y avait des rochers avec des lacs de confiture et des bateaux en écales de noisettes, on voyait un petit 38Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par deux boutons de rose naturelle, en guise de boules, au sommet.
Jusqu'au soir on mangea. Quand on était trop fatigué d'être assis, on allait se promener dans les cours ou jouer une partie de bouchon dans la grange; puis l'on revenait à table. Quelques-uns, vers la fin, s'y endormirent et ronflèrent. Mais au café tout se ranima; alors on entama des chansons, on fit des tours de force, on portait des poids, on passait sous son pouce, on essayait à soulever les charrettes sur ses épaules, on disait des gaudrioles, on embrassait les dames. Le soir, pour partir, les chevaux, gorgés d'avoine jusqu'aux naseaux, eurent du mal à entrer dans les brancards; ils ruaient, se cabraient; les harnais se cassaient, leurs maîtres juraient ou riaient;—et toute la nuit, au clair de la lune, par les routes du pays, il y eut des carrioles emportées qui couraient au grand galop, bondissant dans les saignées, sautant par-dessus les mètres de cailloux, s'accrochant aux talus, avec des femmes qui se penchaient en dehors de la portière pour saisir les guides.
Ceux qui restèrent aux Bertaux passèrent la nuit à boire dans la cuisine. Les enfants s'étaient endormis sous les bancs.
お客は朝早くから、一頭立ての幌馬車や二輪の乗り合い、古ぼけた幌ほろ無しの二人乗いや、革カーテンのついた大きな運搬馬車など、いろんな車でやってきた。ごく近在の若い連中は荷車に乗ってやってきたが、速く走って揺れがひどいので、落ちないように、手摺てすりにつかまり並んで立っていた。ゴデルヴィル、ノルマンヴィル、カニーなど、十里も先から来たのもいた。両家の親類はみんな招待してあった。喧嘩した友達とは仲直りし、永い間音信の絶えていた知り合いにも手紙が出されていた。
ときどき、生け垣の向こうで鞭の音がした。やがて柵門が開いて、幌馬車が入ってくる。戸口の石段の端まで駆けてきて、ぴたりと止まって、客を吐き出す。お客は膝をさすったり、伸びをしたりしながら、あちらからもこちらからも降りてくる。婦人連は頭巾を被り、都会風の着物を着込み、時計の金鎖をひけらかし、短い外套の端を重ねて帯に挟んだり、色物の小さい肩掛けをピンで背中にとめて襟足をむき出しにしていた。腕白どもは親父と揃いの服を着、おろしたてでいかにも窮屈そうに思われた(この日、生まれて初めて長靴を履いた子供さえ多かった)。それから腕白どもの傍には、今日の日のためにわざわざ丈をのばした初聖体のときの白服を着て、一言も口をきかない十五六の娘が見えた。子供たちの従姉いとこか姉でもあろう、赤い顔をして、ぼうっとなって、髪の毛にはバラ香料入りポマードをこってり塗って、手袋を汚しはしまいかと冷や冷やしている。馬を車全部から外すのには馬丁の手が足りないので、旦那方は袖を捲まくり上げて自分でやり出した。各々めいめいの地位に応じて、燕尾服もあれば、フロックもあり、短上衣ヴエストも、短燕尾アビ・ヴエストもあった。言ってみれば、——一家の尊敬をあつめ、儀式張ったときにしか箪笥たんすを出ない結構な燕尾服。大きな裾が風にはためき、襟が円筒形でポケットが袋のように大きいフロックコート。前庇に銅の輪を巻いた縁無し帽がいつも付き物になっている粗いラシャの短上衣ヴエスト。それから丈のつまった短燕尾、これには背中にボタンが一つ、まるで眼玉のように寄せてつけてあり、後ろ垂れはただ一本の木がそのまま大工の斧で二つ切りに切られたように見える。またある者は(たしかに末席でよばれる連中に決まっているが)、晴着よそいきの上っ張り、つまり襟を肩へ折り返し、背中に小さな襞ひだをとり、胴のぐっと下に縫付け帯をつけたやつを着込んでいた。
そしてワイシャツは胸の上に、まるで鎧よろいのようにふくらんでいた! 誰もかも散髪のしたてで、耳が顔から突き出て見える。顔は念入りに剃あたってあった。夜明け前から起き出した連中のうちには、口髭くちひげをあたるとき手もとが暗かったので、鼻の下に斜はすかいに切り傷をこしらえた者や、顎にそって三フラン銀貨ほどの大きさに皮のむけている者もあって、それが途中の強い風にほてって、嬉しそうな、大きい剃りたての顔に、かすかにバラ色の紋をつけていた。
教会堂で式がすむと、役場は農場からわずか半里きりなので、一同は徒歩で往復した。行列は最初はただ一筋の色帯のように続いて、緑の麦畑の間をうねる狭い小道ぞいに野原を波うっていたが、やがてだらしなく延びて三々五々となり、おしゃべりのために歩ははかどらない。田舎回りの楽師は柄の先をリボンで飾ったヴァイオリンを持って、先頭をうけたまわる。新郎新婦がこれに続き、親類知人は順不同、殿しんがりは子供連がつとめたが、こっそりえん麦の穂をむしりとったり、ふざけあったりして喜んでいた。エンマの衣装は長過ぎて裾が心もち引きずった。時どき立ち止まっては裾を手繰り上げ、それから、手袋をはめたままの指先で、着物についた粗い草の葉や、薊あざみの小さい刺とげをそっとつまみとる。するとその間、シャルルは手持ち無沙汰で、エンマの終わるのを待っていた。ルオー爺さんは新しい絹帽を被り、指先まで隠れるような、袖丈の長い燕尾服を一着し、母親のボヴァリーに腕をかしていた。それから父親のボヴァリー氏の方は、肚はらの中ではこんな連中を見くびっているので、軍隊式に裁たったシングルボタンのフロック姿でやってきていたのだが、金髪の田舎娘に露骨にいちゃついている。娘の方はお辞儀をしたり、真赤になったり、すっかり挨拶に困っている。ほかの婚礼客は商売の話をしたり、お互いの背中へ悪戯をしあったりして、今からもう浮かれ気分を唆そそりあっている。しかし耳を澄ますと、野原を弾き続ける楽師の下手なヴァイオリンが小止みなく聞こえてくる。楽師は、一行がずっと遅れたと見ると、立ち止まって一息入れ、弦がよく滑るようにゆっくり弓に樹脂やにを塗り、それから、自分でうまく拍子をとるために、ヴァイオリンの柄を上げ下げしながらまた歩き出す。この楽器の音におどろいて、遠くで小鳥の群れが飛び立った。
車置場に食卓は設けられてあった。食卓の上には牛の腰肉が四切れ、若鶏の煮込みが六つ、仔牛肉のシチューに羊の腿もも肉が三つ、真中には見事な乳飲み豚の丸焼き、これにはイタドリを添えた四本の腸詰があしらってあった。食卓の四隅には火酒が飾り壜に入れて据えてあった。甘口の壜詰めのりんご酒は栓せんのまわりに濃い泡を吹いていた。そしてグラスというグラスには、葡萄酒がもうなみなみと注がれていた。少し食卓が動いてもゆらゆらする、大皿に盛った黄色のクリームの平らな表面には、新郎新婦の頭文字が、小粒の金平糖を唐草模様に浮き出して表わしてあった。タルトやヌガーのために、イヴトーの町から菓子屋が一人迎えてあったが、菓子屋は当地へは初めての出張なので、なにもかも念入りにやった。デザートには自身で、菓子の造りものを運んできて、みんなをあっと言わせた。まず、その土台には、青いボール箱の四角なのが殿堂を象かたどり、回廊もあれば列柱もあり、またまわりには漆喰製の小さな立像もあって、金紙の星をちりばめた壁龕へきがんの中におさまっているといった具合。次いで第二段には、スポンジケーキの天主閣があって、アンジェリカの砂糖漬や、巴旦杏はたんきようや、乾しブドウや、オレンジの四つ切りなどで拵こしらえた小さな城砦とりでで囲まれている。最後に、一番上の平屋根は縁の原で、岩山があり、またジャムの湖水や、ハシバミの殻でつくった舟などがあり、可愛い愛の天使がチョコレートのブランコに乗っているのが見え、そのブランコの二本の柱の先には、球の代わりに本物のバラの蕾つぼみが二つ付いていた。
日の暮れまで食った。座りくたびれると庭に出てぶらついたり、納屋でコルク遊びをしたりして、また席に戻った。終わり頃になると、中には居睡りして鼾いびきをかく者が出た。が、コーヒーが出るとまた誰もかも活気づいて、ある者は歌を唄い出すし、ある者は力業ちからわざを始める、ある者は重しを持ち上げ、ある者は水平に突き出した親指の下をくぐり抜ける曲芸をやるし、荷車を肩で持ち上げる者もあれば、猥みだらな冗談を言う者もあり、婦人連に抱きつく者も出た。夕方、さて出発という段になると、馬は、どいつもこいつも、鼻の孔まで一杯というほど燕麦をたらふく喰っているので、轅ながえの間へ入るのを苦しがる。後脚で蹴る。棒立ちになる。馬具は壊れる。飼主は叱りつけたり、笑い出したり。こうして、夜どおし月明かりをよいことに、この在所の街道という街道を威勢よく馬車は走った。溝に落ちて跳ねかえったり、数メートルもの砂利を飛び越したり、斜面のところで引っ懸かったりしながら。そこで、乗っている婦人達は、出入口から乗り出して、馬の手綱を握ろうととする始末だった。
ベルトーに残った連中は炊事場で飲み明かした。子供たちはもう腰掛けの下で寝入っていた。
La mariée avait supplié son père qu'on lui épargnât les plaisanteries d'usage. Cependant un mareyeur de leurs cousins (qui même avait apporté, comme présent de noces, une paire de soles) commençait à souffler de l'eau avec sa bouche par le trou de la serrure, 39quand le père Rouault arriva juste à temps pour l'en empêcher, et lui expliqua que la position grave de son gendre ne permettait pas de telles inconvenances. Le cousin, toutefois, céda difficilement à ces raisons. En dedans de lui-même, il accusa le père Rouault d'être fier; et il alla se joindre dans un coin à quatre ou cinq autres des invités qui, ayant eu par hasard plusieurs fois de suite, à table, les bas morceaux des viandes, trouvaient aussi qu'on les avait mal reçus, chuchotaient sur le compte de leur hôte et souhaitaient sa ruine à mots couverts.
Mme Bovary mère n'avait pas desserré les dents de la journée. On ne l'avait consultée ni sur la toilette de la bru ni sur l'ordonnance du festin; elle se retira de bonne heure. Son époux, au lieu de la suivre, envoya chercher des cigares à Saint-Victor et fuma jusqu'au jour, tout en buvant des grogs au kirsch, mélange inconnu à la compagnie, et qui fut pour lui comme la source d'une considération plus grande encore.
Charles n'était point de complexion facétieuse, il n'avait pas brillé pendant la noce. Il répondit médiocrement aux pointes, calembours, mots à double entente, compliments et gaillardises que l'on se fit un devoir de lui décocher dès le potage.
Le lendemain, en revanche, il semblait un autre homme. C'était lui plutôt que l'on eût pris pour la vierge de la veille, tandis que la mariée ne laissait rien découvrir où l'on pût deviner quelque chose. Les plus malins ne savaient que répondre, et ils la considéraient, 40quand elle passait près d'eux, avec des tensions d'esprit démesurées. Mais Charles ne dissimulait rien. Il l'appelait ma femme, la tutoyait, s'informait d'elle à chacun, la cherchait partout, et souvent il l'entraînait dans les cours, où on l'apercevait de loin, entre les arbres, qui lui passait le bras sous la taille et continuait à marcher à demi penché sur elle, en lui chiffonnant avec sa tête la guimpe de son corsage.
Deux jours après la noce, les époux s'en allèrent; Charles, à cause de ses malades, ne pouvait s'absenter plus longtemps. Le père Rouault les fit reconduire dans sa carriole et les accompagna lui-même jusqu'à Vassonville. Là, il embrassa sa fille une dernière fois, mit pied à terre et reprit sa route. Lorsqu'il eut fait cent pas environ, il s'arrêta, et comme il vit la carriole s'éloignant, dont les roues tournaient dans la poussière, il poussa un gros soupir. Puis il se rappela ses noces, son temps d'autrefois, la première grossesse de sa femme; il était bien joyeux, lui aussi, le jour qu'il l'avait emmenée de chez son père dans sa maison, quand il la portait en croupe en trottant sur la neige; car on était aux environs de Noël et la campagne était toute blanche; elle le tenait par un bras, à l'autre était accroché son panier; le vent agitait les longues dentelles de sa coiffure cauchoise, qui lui passaient quelquefois sur la bouche, et lorsqu'il tournait la tête, il voyait près de lui, sur son épaule, sa petite mine rosée qui souriait silencieusement, sous la plaque d'or de son bonnet. Pour se réchauffer les doigts, elle les lui mettait de temps en temps dans la poitrine. 41Comme c'était vieux tout cela! Leur fils, à présent, aurait trente ans! Alors il regarda derrière lui: il n'aperçut rien sur la route. Il se sentit triste comme une maison démeublée; et les souvenirs tendres se mêlant aux pensées noires dans sa cervelle obscurcie par les vapeurs de la bombance, il eut bien envie, un moment, d'aller faire un tour du côté de l'église. Comme il eut peur que cette vue ne le rendît plus triste encore, il s'en revint tout droit chez lui.
M. et Mme Charles arrivèrent à Tostes vers six heures. Les voisins se mirent aux fenêtres pour voir la nouvelle femme de leur médecin.
La vieille bonne se présenta, lui fit ses salutations, s'excusa de ce que le dîner n'était pas prêt, et engagea Madame, en attendant, à prendre connaissance de sa maison.
花嫁は仕来りの悪戯をみんなからされなくてすむようにと父親に頼んでおいた。ところが遠縁にあたる魚屋(この男は、結婚祝いにシタビラメを持ってきたが、口に水を含んで鍵穴から吹き込もうとしていた。おりよく父親がきて止め、婿は免許医という歴とした身分だから、そんな無作法は相ならぬと言い聞かせた。ところがこの遠縁の者はそんなことではなかなか承知しなかった。肚はらの中では、ルオー爺め威張ってやがると憤慨し、隅っこにいる四五人の連中と一緒になった。この連中も、酒宴のとき、たまたま悪い肉を続けさまに食わされたことから冷遇されたと思いこみ、主人役のルオー爺さんの陰口を叩き、それとなく爺さんの身代限りを願っていたのだ。
母親のボヴァリー夫人は一日中口をきかなかった。嫁の衣裳のことでも酒宴の段取りでも、前もって一言の相談も受けなかったのだ。それで母親は早々に引き下がった。亭主はその跡を追うどころか、サン・ヴィクトールの町へ葉巻を買いにやり、夜明けまでずっと吹かしながら、キルシュ(発酵させたさくらんぼの果汁か
ら造られるブランデーの一種)入りのグロッグ(ラム酒を水で
割った飲み物)をあおりつづけた。ところで居合わす連中にとっては、まるで見たこともない混合酒なので、おかげでいよいよ一同の尊敬を一身に集めることになった。
シャルルは生来剽軽ひようきんではなかったので、披露宴の最中もいっこうに栄えなかった。そもそもスープの初めから、客たちが義務のように考えて投げかける地口や駄洒落や掛詞かけことばや冷かしや冗談などにも、へまな返答ばかりやっていた。
ところがそれにひきかえ、翌日になると、まるで別人に見えた。昨日まで異性を知らなかったのはむしろシャルルの方かと思えるくらいで、花嫁の方は、ひとに見抜かれるようなところは一つとして表わさなかった。さすがに人の悪い連中も、これには挨拶のしようがなく、花嫁がそばを通ると、とたんにしゃんと気を張って、その様子を見つめるばかりであった。しかしシャルルはなにもかも明けすけで、エンマを『家内』と呼んだり、『お前』といったり、誰彼の見境もなくエンマの居所いどころを訊きただしたり、方々を探し回ったり、ひっきりなしにエンマを庭へ連れ出したりする。彼が庭で妻の腰に手を回し、しなだれかかって、妻の胴着の胸飾りセミゼツトを自分の頭で皺にしながら歩いて行くのが、木の間はるかに見えるのだった。
婚礼がすんで二日すると夫婦は出発した。シャルルには患者があるので、これ以上留守には出来なかった。ルオー爺さんは自分の馬車で二人を送らせ、自身もヴァソンヴィルまでついて行った。ここで、彼は娘に最後のキスをし、車を降りて引き返した。百歩ばかりきて、爺さんは立ち止まった。馬車がだんだん遠ざかって、車の輪が土埃つちぼこりの中に回っているのを見ると、太い溜息をついた。そして、自分の結婚式のこと、遠い昔のこと、妻の最初の妊娠の時のことなどを思い浮かべた。妻を農家からわが家へ連れ帰った日、馬のうしろに妻を乗せて、雪の上を走ったときは、自分だって愉しかったのだ。ちょうどクリスマス時分で、野原は真っ白だった。妻は一方の手で自分につかまり、もう一方には籠をさげていた。コー地方特有の被り物の妻の長いレースが風に吹かれて、時おり彼の口もとをなでた。ふり向くと、自分のそば、肩のところに、妻の小さいバラ色の顔が見え、被り物についた金の星飾りの下で、静かに笑っている。指を温めようとして彼女は時どきその指を彼の胸にさし入れた。しかしそれもみんな遠い昔のことだ! 息子が生きていたら、もう三十になっている! そこで彼は振り向いて見た。もう街道にはなにも見えなかった。彼は空家のように淋しくなった。宴会の酒でぼんやりした頭の中では、優しい追憶が暗い思いと入りまじった。一瞬、聖堂の方へ回ってみたくなった。しかし聖堂を見たらいっそう悲しくなりそうなので、すぐに家に帰った。
シャルル夫妻は六時頃トストに着いた。近所の人たちは、先生の今度の奥様を見ようと窓口へ顔をよせた。
年寄りの女中が出てきて、挨拶し、夕食の仕度の出来てないのをあやまった。そして、仕度のできるまで、お家の中をご見分なさいましては、と奥様に勧めた。
V
La façade de briques était juste à l'alignement de la rue, ou de la route plutôt. Derrière la porte se trouvaient accrochés un manteau à petit collet, une bride, une casquette de cuir noir, et dans un coin, par terre, une paire de housseaux encore couverts de boue sèche. A droite, était la salle, c'est-à-dire l'appartement où l'on mangeait et où l'on se tenait. Un papier jaune serin, relevé dans le haut par une guirlande de fleurs pâles, tremblait tout entier sur sa toile mal tendue; 42des rideaux de calicot blanc, bordés d'un galon rouge, s'entre-croisaient le long des fenêtres, et sur l'étroit chambranle de la cheminée, resplendissait une pendule à tête d'Hippocrate, entre deux flambeaux d'argent plaqué, sous des globes de forme ovale. De l'autre côté du corridor était le cabinet de Charles, petite pièce de six pas de large environ, avec une table, trois chaises et un fauteuil de bureau. Les tomes du Dictionnaire des sciences médicales, non coupés, mais dont la brochure avait souffert dans toutes les ventes successives par où ils avaient passé, garnissaient presque à eux seuls les six rayons d'une bibliothèque en bois de sapin. L'odeur des roux pénétrait à travers la muraille, pendant les consultations; de même que l'on entendait, de la cuisine, les malades tousser dans le cabinet et débiter toute leur histoire. Venait ensuite, s'ouvrant immédiatement sur la cour, où se trouvait l'écurie, une grande pièce délabrée qui avait un four, et qui servait maintenant de bûcher, de cellier, de garde-magasin, pleine de vieilles ferrailles, de tonneaux vides, d'instruments de culture hors de service, avec quantité d'autres choses poussiéreuses dont il était impossible de deviner l'usage.
Le jardin, plus long que large, allait entre deux murs de bauge, couverts d'abricots en espalier, jusqu'à une haie d'épines, qui le séparait des champs. Il y avait, au milieu, un cadran solaire en ardoise sur un piédestal en maçonnerie; quatre plates-bandes garnies d'églantiers maigres entouraient symétriquement le carré plus utile des végétations sérieuses. Tout au fond, 43sous les sapinettes, un curé de plâtre lisait son bréviaire.
Emma monta dans les chambres. La première n'était point meublée; mais la seconde, qui était la conjugale, avait un lit d'acajou dans une alcôve à draperie rouge. Une boîte en coquillages décorait la commode; et sur le secrétaire, près de la fenêtre, il y avait dans une carafe un bouquet de fleurs d'oranger, noué par des rubans de satin blanc. C'était un bouquet de mariée, le bouquet de l'autre! Elle le regarda. Charles s'en aperçut; il le prit et l'alla porter au grenier, tandis qu'assise dans un fauteuil (on disposait ses affaires autour d'elle) Emma songeait à son bouquet de mariage, qui était emballé dans un carton, et se demandait, en rêvant, ce qu'on en ferait, si par hasard elle venait à mourir.
Elle s'occupa, les premiers jours, à méditer des changements dans sa maison. Elle retira les globes des flambeaux, fit coller des papiers neufs, repeindre l'escalier et faire des bancs dans le jardin, tout autour du cadran solaire; elle demanda même comment s'y prendre pour avoir un bassin à jet d'eau avec des poissons. Enfin son mari, sachant qu'elle aimait à se promener en voiture, trouva un boc d'occasion, qui, ayant une fois des lanternes neuves et des garde-crotte en cuir piqué, ressembla presque à un tilbury.
Il était donc heureux et sans souci de rien au monde. Un repas en tête à tête, une promenade le soir sur la grande route, un geste de sa main sur ses bandeaux, la vue de son chapeau de paille accroché à 44l'espagnolette d'une fenêtre, et bien d'autres choses encore où Charles n'avait jamais soupçonné de plaisir, composaient maintenant la continuité de son bonheur. Au lit, le matin, et côte à côte sur l'oreiller, il regardait la lumière du soleil passer parmi le duvet de ses joues blondes, que couvraient à demi les pattes escalopées de son bonnet. Vue de si près, ses yeux lui paraissaient agrandis, surtout quand elle ouvrait plusieurs fois de suite ses paupières, en s'éveillant; noirs à l'ombre et bleu foncé au grand jour, ils avaient comme des couches de couleur successives, et qui, plus épaisses dans le fond, allaient en s'éclaircissant vers la surface de l'émail. Son œil, à lui, se perdait dans ces profondeurs; et il s'y voyait en petit jusqu'aux épaules, avec le foulard qui le coiffait et le haut de sa chemise entr'ouvert. Il se levait. Elle se mettait à la fenêtre pour le voir partir, et elle restait accoudée sur le bord, entre deux pots de géraniums, vêtue de son peignoir qui était lâche autour d'elle. Charles, dans la rue, bouclait ses éperons sur la borne; elle continuait à lui parler d'en haut, tout en arrachant avec sa bouche quelque bribe de fleur ou de verdure qu'elle soufflait vers lui, et qui, voltigeant, se soutenant, faisant dans l'air des demi-cercles comme un oiseau, allait, avant de tomber, s'accrocher aux crins mal peignés de la vieille jument blanche, immobile à la porte. Charles, à cheval, lui envoyait un baiser; elle répondait par un signe, elle refermait la fenêtre; il partait;—et, sur la grande route qui étendait sans en finir son long ruban de poussière, par les chemins 45creux où les arbres se courbaient en berceaux, dans les sentiers dont les blés lui montaient jusqu'aux genoux, avec le soleil sur ses épaules et l'air du matin à ses narines, le cœur plein des félicités de la nuit, L'esprit tranquille, la chair contente, il s'en allait ruminant son bonheur, comme ceux qui mâchent encore, après dîner, le goût des truffes qu'ils digèrent.
Jusqu'à présent, qu'avait-il eu de bon dans l'existence? Était-ce son temps de collège, où il restait enfermé entre ces hauts murs, seul au milieu de ses camarades plus riches ou plus forts que lui dans leurs classes, qu'il faisait rire par son accent, qui se moquaient de ses habits, et dont les mères venaient au parloir avec des pâtisseries dans leur manchon? Était-ce plus tard, lorsqu'il étudiait la médecine et n'avait jamais la bourse assez ronde pour payer la contredanse à quelque petite ouvrière qui fût devenue sa maîtresse? Ensuite il avait vécu pendant quatorze mois avec la veuve dont les pieds, dans le lit, étaient froids comme des glaçons. Mais, à présent, il possédait pour la vie cette jolie femme qu'il adorait. L'univers, pour lui, n'excédait pas le tour soyeux de son jupon; et il se reprochait de ne pas l'aimer, il avait envie de la revoir, il s'en revenait vite, montait l'escalier le cœur battant. Emma, dans sa chambre, était à faire sa toilette; il arrivait à pas muets, il la baisait dans le dos, elle poussait un cri.
Il ne pouvait se retenir de toucher continuellement à son peigne, à ses bagues, à son fichu; quelquefois il lui donnait sur les joues de gros baisers à pleine 46bouche, ou c'étaient de petits baisers à la file tout le long de son bras nu, depuis le bout des doigts jusqu'à l'épaule; et elle le repoussait, à demi souriante et ennuyée, comme on fait à un enfant qui se pend après vous.
Avant qu'elle se mariât, elle avait cru avoir de l'amour; mais le bonheur qui aurait dû résulter de cet amour n'étant pas venu, il fallait qu'elle se fût trompée, songeait-elle. Et Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres.
煉瓦れんが造りの表側は通りに、というよりむしろ街道に、ぴったり沿うていた。出入口の扉の陰に、狭い襟の外套と、馬具と、黒革の縁無し帽が掛けてあり、庭の片隅には、乾いた泥のついたままの革ゲートルが一足置いてある。右手には広間が、つまり食堂と居間兼用の部屋がある。上部に描いた薄色の花飾りで全体の調子を引きたてている、カナリヤ色の壁紙は、たるみのきた裏打ちの布ごと、全体にぶよついている。赤縁をつけた白キャラコの窓掛けがどの窓でも窓いっぱいに重りあっている。そして、狭いマントルピースの上には、ヒポクラテスの顔を飾った置時計が、卵形の覆いガラスをかぶせた二基の銀鍍金メツキした燭台の間に輝いている。廊下を隔てて、シャルルの診察室がある。幅がおよそ六歩ほどの小さい部屋で、テーブルが一つ、椅子が三脚、それに事務用肱掛椅子が一つある。『医学辞典』の全冊、ページは切ってないが、転々と本屋から本屋へ渡ってゆくうちに仮綴じの傷いたんだのが、樅もみの木の書棚六段をほとんどそれだけで塞いでいる。患者がこの診察室で咳をしたり、容態を言ったりするのが炊事場にいて聞こえるのと同じように、診察中にもバターソースの匂いが壁をとおして匂ってくる。診察室の次は、竈かまどの築ついてある荒れた大きな部屋で、ここからは厩うまやのある庭へすぐ出られるようになっている。今は薪小屋にも酒蔵にも物置部屋にもつかわれていて、屑鉄くずてつや空樽あきだるや壊れた農具がいっぱい、そのほかなにに使うのかさっぱり分からぬがらくたがたくさん入っている。
庭は間口より奥行が深く、生け垣に刈り込んだ杏あんずの木で蔽われた両側の粗壁あらかべの間を、茨いばらの垣のところまで延び、この垣で畑と区切られている。真中には石盤製の日時計が石造の台に載せてある。やせた野バラで飾られた四つの花壇が、腹のたしになる野菜を植えた、花壇よりは実用向きな方形の畑を左右同形に囲んでいる。いちばん奥の蝦夷えぞ松の木陰には、石膏細工の坊さんが祈禱書を読んでいる。
エンマは二階の部屋へ上がった。とっつきの部屋はがらんとしていた。しかし二番目は夫婦の居間で、赤い垂帳とばりのつい寝床の間アルコーヴにはマホガニーのベッドがある。螺鈿らでんの箱が一つ、箪笥たんすを飾っている。そして窓際の机の上には、白繻子しゆすのリボンで結わえたオレンジの造花が水差しに挿してある。それは花嫁の花束だった、先妻の花束だった! エンマはじっと見つめた。気がついてシャルルは、手にとって納屋へ持ってゆく。そうしてエンマは、肘掛け椅子に腰をおろして(彼女の持ち物は身の回りに並べられていた)、ボール箱に詰めてある自分の結婚の花束のことを思い、もしひょっと自分が死んだら、いったいこの花束はどうなるのだろうかと、ぼんやり心に尋ねてみた。
彼女は初めの数日、懸命に家の模様替えを工夫した。燭台の覆いガラスをとりのけたり、新しい壁紙を張らせたり、階段を塗り替えさせたり、庭の日時計のまわりにベンチをつくらせたり。彼女は魚のいる噴水池を造るにはどうしたらよいかということまで訊いた。やがて、彼女が馬車を乗り回すことの好きなのを知った夫は、ようやく中古の軽馬車ボツクを見つけた。これに新しいランプと刺子さしこの革の泥除どろよけをつけると、まずまず二人乗軽馬車チルビユリーに見えた。
さてシャルルは幸福だった。気になることはなに一つなかった。差向かいの食事、夕暮街道のそぞろ歩き、髪をなでつける妻の手つき、窓の掛金に妻の麦わら帽の掛かっている風情、さてはその他、まさかそんなものに悦びがあろうとは少しも思いもかけなかったいろんなものが寄り集まって、不断の幸福をつくりあげる。朝、ベッドで、夫婦めおと枕によりそって、寝間帽ナイトキャップの歯形の垂れに半ば隠れた金色の妻の頬のうぶ毛に、陽ひの射すのをじっと見つめる。こう近くから眺めると、彼女の眼もよほど大きく見えるのだが、眼をさまして続けざまに瞬まばたきするときにはことさら大きく見える。日陰では黒く、日向ひなたでは空色のその眼には、重なり合った色の層のようなものがあって、底の方ではいっそう濃く、七宝しつぽうのような面おもてへくるに従って次第に薄くなっている。シャルルの眼はこの深い淵に惹きつけられ、そうしてそこに、自分の姿が、頭に薄絹を巻きつけ寝間着の胸もはだけている姿が、肩の辺りまで、小さく映っているのが見えるのである。彼は起きる。エンマは見送るために窓による。そうして化粧着をふわっと羽織ったまま、窓敷居のうえ、ゼラニウムの鉢の二つある間に、肱をついてじっとしている。シャルルは通りへ出て、踏み石に足をかけて拍車をつける。と、エンマが上から声をかける。そして、こうして声をかけながら、花びらや葉っぱを口でむしっては、シャルルの方へ吹きつける。すると、それはひらひらと飛ぶかと見ると宙に浮き、鳥のように半円を描いたかと思うと、扉口とぐちに止まっている老いぼれ白馬うまの、乱れた鬣たてがみにひっかかってから、ひらひらひらと地面に落ちる。シャルルは馬上でキスを投げる。エンマは軽く会釈を返して窓を閉める。シャルルは出発する。かくて、延々と果てしもなく土つち埃ぼこりの帯を曳く街道、木立がトンネルのように低く垂れている道、あるいはまた麦の膝までとどく小道のなか、両肩に陽の光を浴び、朝風を鼻いっぱいに吸いこみながら、胸は夜ごとの至福に溢れ、心おだやかに、肉満ち足りて、しみじみと幸福を味わい味わい、駆け去るのである。ちょうどご馳走をたべたあと、腹の中ではもうこなれているあのトリュフの味を、なおも噛みしめている人びとのように。
今日の今日まで生きてきて、楽しかったことと言えばいったいなんだったろう? 学校時代だったろうか? あの高い塀に閉じこめられ、自分よりは金があるか、成績がよいかしたうえに、よくお菓子をマフに忍ばせて面会室にやってくるお母さんのある、あの級友たちの中で、たったひとり除け者にされ、おどおどしゃべる語調をからかわれたり、身なりを笑われたりした学校時代が楽しかったというのか? それとも、その後、医学の勉強をしていた頃、財布が軽くって、やがて情婦になってくれた女工にダンスの礼さえろくろくできなかったあの頃だろうか? さてそれからのち、一緒に寝ていても足が氷のように冷たい後家と十四ヶ月も同棲したのだったが、しかし、今こそ、自分は身も心もうちこんだあの佳人をばわが生涯の妻としたのだ。——シャルルにとって宇宙とは、エンマのペチコートの肌触りのよいまわりより外には出なかった。まだまだ妻を愛撫し足りないと思って自身を責めた。またしても妻の顔が見たくなる。シャルルは急いで帰る。胸をときめかせて階段をのぼる。エンマは居間でお化粧している。音を忍ばせて近寄って、背中に口づけする。エンマはあっと声を立てる。
妻の櫛や指輪や襟巻きなどをシャルルはしょっちゅういじらずにはいられない。時どきエンマの頬へいきなり口いっぱいにキスしたり、露あらわな腕を指の先から肩さきまで、続けさまに軽くキスしてゆく。すると、彼女はまといつく子供にでもするように、くすっと笑って、うるさそうに押しのけるのである。
結婚するまでは、エンマはシャルルと恋をしているのだと信じていた。ところが、その恋から当然おこるはずの幸福がやってこないのは、きっと自分が勘違いをしていたのだと考えた。そうしてエンマは『至福』とか『情熱』とか、『陶酔』とかいう、本の中ではあれほど美しく思われた言葉を、世間の人はいったいどんな意味につかっているのか、それが知りたいと思うのだった。
VI
Elle avait lu Paul et Virginie et elle avait rêvé la maisonnette de bambous, le nègre Domingo, le chien Fidèle, mais surtout l'amitié douce de quelque bon petit frère, qui va chercher pour vous des fruits rouges dans de grands arbres plus hauts que des clochers, ou qui court pieds nus sur le sable, vous apportant un nid d'oiseau.
Lorsqu'elle eut treize ans, son père l'amena lui-même à la ville, pour la mettre au couvent. Ils descendirent dans une auberge du quartier Saint-Gervais, où ils eurent à leur souper des assiettes peintes qui 47représentaient l'histoire de Mlle de la Vallière. Les explications légendaires, coupées çà et là par l'égratignure des couteaux, glorifiaient toutes la religion, les délicatesses du cœur et les pompes de la cour.
Loin de s'ennuyer au couvent les premiers temps, elle se plut dans la société des bonnes sœurs, qui, pour l'amuser, la conduisaient dans la chapelle, où l'on pénétrait du réfectoire par un long corridor. Elle jouait fort peu durant les récréations, comprenait bien le catéchisme, et c'était elle qui répondait toujours à M. le vicaire dans les questions difficiles. Vivant donc sans jamais sortir de la tiède atmosphère des classes et parmi ces femmes au teint blanc portant des chapelets à croix de cuivre, elle s'assoupit doucement à la langueur mystique qui s'exhale des parfums de l'autel, de la fraîcheur des bénitiers et du rayonnement des cierges. Au lieu de suivre la messe, elle regardait dans son livre les vignettes bordées d'azur; et elle aimait la brebis malade, le sacré-cœur percé de flèches aiguës, ou le pauvre Jésus qui tombe en marchant sous sa croix. Elle essaya, par mortification, de rester tout un jour sans manger. Elle cherchait dans sa tête quelque vœu à accomplir. Quand elle allait à confesse, elle inventait de petits péchés afin de rester là plus longtemps, à genoux dans l'ombre, les mains jointes, le visage à la grille sous le chuchotement du prêtre. Les comparaisons de fiancé, d'époux, d'amant céleste et de mariage éternel qui reviennent dans les sermons lui soulevaient, au fond de l'âme, des douceurs inattendues.
Le soir avant la prière, on faisait dans l'étude une lecture religieuse. C'était, pendant la semaine, quelque résumé d'histoire sainte ou les Conférences de l'abbé Frayssinous, et, le dimanche, des passages du Génie du Christianisme, par récréation. Comme elle écouta, les premières fois, la lamentation sonore des mélancolies romantiques se répétant à tous les échos de la terre et de l'éternité! Si son enfance se fût écoulée dans l'arrière-boutique obscure d'un quartier marchand, elle se serait peut-être ouverte aux envahissements lyriques de la nature, qui, d'ordinaire, ne nous arrivent que par la traduction des écrivains. Mais elle connaissait trop la campagne; elle savait le bêlement des troupeaux, les laitages, les charrues. Habituée aux aspects calmes, elle se tournait, au contraire, vers les accidentés. Elle n'aimait la mer qu'à cause de ses tempêtes, et la verdure seulement lorsqu'elle était clairsemée parmi les ruines. Il fallait qu'elle pût retirer des choses une sorte de profit personnel, et elle rejetait comme inutile tout ce qui ne contribuait pas à la consommation de son cœur,—étant de tempérament plus sentimental qu'artistique, cherchant des émotions et non des paysages.
Il y avait, au couvent, une vieille fille qui venait tous les mois, pendant huit jours, travailler à la lingerie. Protégée par l'archevêché, comme appartenant à une ancienne famille de gentilshommes ruinée sous la Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes sœurs, et faisait avec elles, après le repas, un petit bout de causette avant de remonter à 49son ouvrage. Souvent les pensionnaires s'échappaient de l'étude pour l'aller voir. Elle savait par cœur des chansons galantes du siècle passé, qu'elle chantait à demi-voix, tout en poussant son aiguille. Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de sa besogne. Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées s'évanouissant dans les pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres, troubles du cœur, serments, sanglots, larmes et baisers, nacelles au clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs braves comme des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas, toujours bien mis et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait voulu vivre dans quelque vieux manoir, comme ces châtelaines au long corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir, du fond de la campagne, un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir. Elle eut, dans ce temps-là, le culte de Marie Stuart, et des vénérations enthousiastes à l'endroit des femmes illustres ou infortunées. 50Jeanne d'Arc, Héloïse, Agnès Sorel, la belle Ferronnière et Clémence Isaure, pour elle se détachaient comme des comètes sur l'immensité ténébreuse de l'histoire, où saillissaient encore çà et là, mais plus perdus dans l'ombre et sans aucun rapport entre eux, saint Louis avec son chêne, Bayard mourant, quelques férocités de Louis XI, un peu de Saint-Barthélemy, le panache du Béarnais, et toujours le souvenir des assiettes peintes où Louis XIV était vanté.
彼女は『ポールとヴィルジニー』(ベルナルダン・ド・サン=ピエールが一七八七年に発表
したモーリシャス島を舞台に自然と純愛を描いた小説)を読んで、竹の小屋や黒人のドマンゴや犬のフィデールなどを空想したことがあった。が、わけても彼女の夢みたのは、鐘楼よりも高く聳そびえる大樹へ赤い実を採りに行ってくれたり、砂の上を裸足で駆けては鳥の巣を取ってきてくれる優しい兄弟の情であった。
十三になったとき、父親は彼女を修道院の寮へ入れるために、自分で町へ連れて行った。二人はサン・ジェルヴェの町の宿に泊まった。夜食のときに、ラ・ヴァリエール姫(幼時父に死別、母に伴われて宮廷に入り、若くしてルイ
十四世の籠を得、公夫人の頼をえられ、四子を生んだ)の生い立ちを描いた絵皿が出た。説明の文字はナイフの疵きずでところどころ断きれてはいたが、どれもみな信仰や、心の優しさや、宮廷の栄華を讃えたものだった。
初めの間は、修道院がいやなどころか、尼さんたちと一緒に暮らすことが楽しかった。尼さんたちは彼女を慰めるために、よく礼拝堂へ連れていってくれた。長い廊下をわたって食堂から入るのである。彼女は遊ぶときにもろくに遊ばないで教理問答を会得した。助任司祭の難しい問題に答えるのはいつも彼女であった。こうして教室の暖かい雰囲気から絶えて脱け出ることもなく、銅の十字架のついた念珠をもった蒼白の尼僧たちの間で暮らしながら、彼女は祭壇の薫香から、聖水盤の清冽せいれつから、さてはまた大ロウソクの光から立ち昇る神秘な気だるさに静かにまどろむのである。ミサにも出ないで本を開いては、紺青の唐草模様で縁どった宗教画に眺め入り、病める牝羊や、鋭い征矢そやに貫かれた主の心臓や、道々十字架の上に倒れたもう痛わしいイエス様などを好くようになった。苦行のために、まる一日断食したこともある。果たすべき誓いはないかといつも頭を悩ましていた。
懺悔ざんげに行くとき、彼女は小さな罪を仮につくってみた。暗がりに跪ひざまずき、両手を合わせ、顔を格子に寄せて、囁ささやく司祭の声を聞きながら、少しでも長くじっとしていたいからである。説教の中によく出てくる許婿いいなずけや、夫や、天の恋人や、久遠の結婚などのたとえ話は、彼女の魂の奥底に思いもかけぬ悦びを湧き起こすのだった。
夕方、祈りの前に、自習室で宗教書の朗読がある。平日は聖史の梗概やフレシヌウ師の『法話集』、日曜日には、息ぬきに『キリスト教精髄』(シャトーブリアンの著
書。一八〇二年刊行)の数節が読まれる。調べ高き浪曼的哀愁の嘆声がこの世、あの世のありとある谺こだまを響きわたらせるのを、初めの間、エンマはどんなにうっとりと聞いたであろう! もし彼女が商店街の店の奥の間に少女時代を過ごしたのだったら、恐らくこのとき、普通ならば文章家の筆によって初めてもたらされるあの大自然の叙情的侵入にわが身を開いたことであろう。しかし彼女は田舎を知りすぎていた。家畜の鳴き声も、乳搾りも、鋤も知っていた。静かな眺めに慣れている彼女は、逆に変化あるものに憧れた。ほかでもない、ただ暴風雨あらしがあればこそ海が好きなのだ。廃墟の中にまばらにあるからこそ縁の草木を愛するのである。彼女はものごとから自分だけの利益を引き出さねば気がすまなかった。わが心の糧かてにならないものは、すべて無用のものとして棄て去る。——彼女は芸術家肌というよりは感傷家肌であり、風景を求めるのではなくて感動を求めていたのである。
修道院には、月々一週間だけ、シーツとかテーブル掛けとかいった物類を縫いにくる独り者の老婆があった。大革命のために没落した古い貴族の出というので大司教から庇護を受け、食堂では尼さんたちのテーブルで食事をし、食後、二階へ仕事にゆく前に、彼女たちとしばらく世間話をする。寮生たちはよく自習室を脱け出して、この婆さんに会いにいった。昔の恋歌をよく覚えていて、針を運びながら低声こごえで唄う。物語をして聞かせたり、世間話をしたり、町へお使いをしたり、いつも前掛けのポケットに忍ばせている小説本をこっそり上級生に貸したりする。婆さん自身もその長たらしい何章かを、仕事の合間に夢中で読むのである。本の中に出てくるのは、恋に、恋人、恋女、淋しい離れ家で気を失う薄命の佳人、宿場宿場で必らず殺される馭者、どのページでも乗りつぶされる馬、小暗い森や胸の乱れ、誓い、すすり泣き、涙ながらの口づけ、さては月下の小舟に木立の鶯、獅子のように獰猛どうもうで小羊のように柔和な、徳は衆にすぐれて、いつもりゅうとした身なりの、涙もろい『殿方』などに決まっていた。十五の年齢としに六ヶ月の間、こうしてエンマは古ぼけた貸本屋の塵に手を汚した。その後は、ウォルター・スコットを読んで昔のことに熱中し、衣装櫃ひつや番所や遍歴詩人に憧れた。彼女はどこかの年古としふりた館やかたに住みたかった。ちょうど、クローバ型の迫持アーチの下で、石に頬杖ついて、野原の果てから、白い羽根飾りをつけた騎士が黒馬あおを駆って訪れるのを、毎日一日中眺め暮らす、あの長い胴着をきたお城のお姫さまのように。彼女はその頃メリー・スチュアート(スコットランド女王(一五四二—八七)。美貌、多才、音楽
詩作に長じ、運命の翻弄されフォサリンダー城で処刑された)を崇拝し、有名な女性、薄幸の女性に激しい思慕を捧げていた。ジャンヌ・ダルク、エロイーズ(中世の哲学者アベラールの往復書簡
によって有名な、才色兼備の佳人)、アニェス・ソレル(一四二一—五〇。フラン
ス王シャルル七世の愛妾)、ラ・ベル・フェロニエール(ダヴィンチの肖像画に拠って
有名な婦人。次ページの絵)、クレマンス・イゾールなどという女性が広大無辺の歴史の闇に、彗星のように浮き出て見えた。またそこには、ここかしこに、しかしひときわ深い闇につつまれて、樫の木陰の聖ルイや、垂死のバイヤールや、ルイ十一世の暴虐や、聖バーテルミー祭大虐殺の一齣ひとこまや、アンリ四世の兜の前立まえだてや、そうしていつもおきまりのように、あのルイ十四世を讃えた絵皿の記憶などが、互いになんの脈絡もなく現われて見えるのだった。
A la classe de musique, dans les romances qu'elle chantait, il n'était question que de petits anges aux ailes d'or, de madones, de lagunes, de gondoliers, pacifiques compositions qui lui laissaient entrevoir, à travers la niaiserie du style et les imprudences de la note, l'attirante fantasmagorie des réalités sentimentales. Quelques-unes de ses camarades apportaient au couvent les keepsakes qu'elles avaient reçus en étrennes. Il les fallait cacher; c'était une affaire; on les lisait au dortoir. Maniant délicatement leurs belles reliures de satin, Emma fixait ses regards éblouis sur le nom des auteurs inconnus qui avaient signé, le plus souvent, comtes ou vicomtes, au bas de leurs pièces.
Elle frémissait, en soulevant de son haleine le papier de soie des gravures, qui se levait à demi plié et retombait doucement contre la page. C'était, derrière la balustrade d'un balcon, un jeune homme en court manteau qui serrait dans ses bras une jeune fille en robe blanche portant une aumônière à sa ceinture, ou bien les portraits anonymes des ladies anglaises à boucles blondes, qui, sous leurs chapeaux de paille 51ronds, vous regardent avec leurs grands yeux clairs. On en voyait d'étalées dans des voitures, glissant au milieu des parcs, où un lévrier sautait devant l'attelage, que conduisaient au trot deux petits postillons en culotte blanche. D'autres, rêvant sur des sofas, près d'un billet décacheté, contemplaient la lune, par la fenêtre entr'ouverte, à demi drapée d'un rideau noir. Les naïves, une larme sur la joue, becquetaient une tourterelle à travers les barreaux d'une cage gothique, ou souriant, la tête sur l'épaule, effeuillaient une marguerite de leurs doigts pointus, retroussés comme des souliers à la poulaine. Et vous y étiez aussi, sultans à longues pipes, pâmés sous des tonnelles aux bras des bayadères, djiaours, sabres turcs, bonnets grecs, et vous surtout, paysages blafards des contrées dithyrambiques, qui souvent nous montrez à la fois des palmiers, des sapins, des tigres à droite, un lion à gauche, des minarets tartares à l'horizon, au premier plan des ruines romaines, puis des chameaux accroupis;—le tout encadré d'une forêt vierge bien nettoyée, avec un grand rayon de soleil perpendiculaire tremblotant dans l'eau, où se détachent en écorchures blanches, sur un fond d'acier gris, de loin en loin, des cygnes qui nagent.
Et l'abat-jour du quinquet, accroché dans la muraille au-dessus de la tête d'Emma, éclairait tous ces tableaux du monde, qui passaient devant elle l'un après l'autre, dans le silence du dortoir et au bruit lointain de quelque fiacre attardé qui roulait encore sur les boulevards.
Quand sa mère mourut, elle pleura beaucoup, les premiers jours. Elle se fit faire un tableau funèbre avec les cheveux de la défunte, et dans une lettre qu'elle envoyait aux Bertaux, toute pleine de réflexions tristes sur la vie, elle demandait qu'on l'ensevelît plus tard dans le même tombeau. Le bonhomme la crut malade et vint la voir. Emma fut intérieurement satisfaite de se sentir, du premier coup, arrivée à ce rare idéal des existences pâles, où ne parviennent jamais les cœurs médiocres. Elle se laissa donc glisser dans les méandres lamartiniens, écouta les harpes sur les lacs, tous les chants de cygnes mourants, toutes les chutes de feuilles, les vierges pures qui montent au ciel, et la voix de l'Éternel discourant dans les vallons. Elle s'en ennuya, n'en voulut point convenir, continua par habitude, ensuite par vanité, et fut enfin surprise de se sentir apaisée, et sans plus de tristesse au cœur que de rides sur son front.
Les bonnes religieuses, qui avaient si bien présumé de sa vocation, s'aperçurent avec de grands étonnements que Mlle Rouault semblait échapper à leurs soins. Elles lui avaient, en effet, tant prodigué les offices, les retraites, les neuvaines et les sermons, si bien prêché le respect que l'on doit aux saints et aux martyrs, et donné tant de bons conseils pour la modestie du corps et le salut de son âme, qu'elle fit comme les chevaux que l'on tire par la bride: elle s'arrêta court et le mors lui sortit des dents. Cet esprit, positif au milieu de ses enthousiasmes, qui avait tant aimé l'église pour ses fleurs, la musique pour les paroles 53des romances, et la littérature pour ses excitations passionnelles, s'insurgeait devant les mystères de la foi, de même qu'elle s'irritait davantage contre la discipline, qui était quelque chose d'antipathique à sa constitution. Quand son père la retira de pension, on ne fut point fâché de la voir partir. La supérieure trouvait même qu'elle était devenue, dans les derniers temps, peu révérencieuse envers la communauté.
Emma, rentrée chez elle, se plut d'abord au commandement des domestiques, prit ensuite la campagne en dégoût et regretta son couvent. Quand Charles vint aux Bertaux pour la première fois, elle se considérait comme fort désillusionnée, n'ayant plus rien à apprendre, ne devant plus rien sentir.
Mais l'anxiété d'un état nouveau, ou peut-être l'irritation causée par la présence de cet homme, avait suffi à lui faire croire qu'elle possédait enfin cette passion merveilleuse, qui jusqu'alors s'était tenue comme un grand oiseau au plumage rose planant dans la splendeur des ciels poétiques;—et elle ne pouvait s'imaginer à présent que ce calme où elle vivait fût le bonheur qu'elle avait rêvé.
唱歌の時間に彼女の歌う小曲に出てくるのは、金の翼の小天使にマドンナ、入江、ゴンドラの舟子ふなこどもばかりだったが、しかしこの平穏な歌曲は、くだらぬ歌詞と浅薄な節ふしをとおして、彼女に感傷的ないろんなものの懐かしい幻影をちらっと見せてくれるのだった。友達の中にはお年玉にもらった本を修道院へ持ってくるものもあった。見つけられないようにするのが一仕事だったが、みんなして寝室で読んだ。エンマは美しい繻子しゆすの表紙にそっと触ってみて、作品の終わりにたいていは伯爵とか子爵とか署名してある知らない作者たちの名前のうえに、驚異の眼をそそぐのであった。
エンマは挿絵のうえの薄紙をそっと息で吹き起こしながら、身を震わせる。薄紙はいったん二つに折れて前のページのうえに落ちる。それは、バルコニーの欄干てすりのかげで、短いマットを着た青年が、飾帯ベルトに喜捨のお金たからをいれた巾着をさげている白衣の少女を抱擁する図や、ブロンドの巻毛のイギリスの貴婦人が、丸い麦わら帽の下から、涼しいつぶらな眼でこちらを見つめている、ひとつも名の書いてない姿であった。また、公園を滑ってゆく馬車に、意気揚々と乗っている婦人の図もあって、白ズボンの少年馭者が二人して駆り立てている馬のまえには、グレーハウンドが躍っている。またある女性は、ソファのうえ、開いた手紙のそばに腰かけて、黒い窓掛に半ば覆われた半開きの窓からうっとり月を眺めている。あどけない娘たちのひとりが、頬に涙の露を見せながら、ゴチック式の鳥かごの桟さんの間から雉鳩きじばとの嘴くちばしに自分の口をつけている。またひとりは肩をすぼめて微笑みながら、ポーランド靴のように反り返った細い指先でマーガレットの花弁をむしっている。それからまた、舞姫たちに抱かれて、青葉の陰に陶然としている、長煙管きせるをもったサルタンたちよ、回教徒たちよ、トルコの刀よ、ギリシャ帽よ、お身たちも画にあった。だがとりわけ狂熱の国の色あせた風景画よ。ビンロウジュの林や樅もみの木立ち、右に虎の群れ、左に獅子王、はるか地平に韃靼だつたんの高塔、前景にローマの廃墟、うずくまる駱駝らくだの群れなどを、一時に見せてくれる風景画。——全体は清楚なる太古さながらの森に囲まれ、真上より直射する燦々たる陽の光は水面みのもに震え、そしてそこには、薄墨うすずみ色の鋼地はがねじにつけた白い擦すり疵きずのように、はっきりと、白鳥どもは離ればなれに泳いでいる。
エンマの頭上、壁に掛けたケンケ灯の反射笠が、この世のこうした写し絵を照らしていた。静まりかえった寝室のなか、まだ大通りを走っている帰り遅れた辻馬車の遙かな轍わだちの響きにつれて、画はつぎつぎに彼女のまえを過よぎってゆく。
母親の亡くなった当座、彼女は、涙の乾くひまもないほど泣いた。故人の髪の毛で形見の額をつくらせたり、悲しい人生観に充ち満ちた手紙をベルトーへ書き送って、やがては自分も同じ墓に葬ってほしいと頼んだりした。爺さんは娘が病気だと思って見舞いにきた。エンマは日々の色褪せた生活の中にあって、この稀有けうな、凡人の決して到りえない理想境へ一挙に辿たどりついたことが内心満足だったのだ。こうして彼女は、ラマルチーヌ風の迷路の中に滑り込み、湖上にひびく竪琴や、瀕死の白鳥の歌の数かず、さては落葉の音、昇天する無垢の乙女たちや、谷間に語り給う永遠者の御声などに耳傾けた。やがて彼女はそれにも飽いたのだが、決して飽いたとは思わずに、惰性と、やがては見栄とから押しとおした。しかしついには気持ちも和み、額ひたいに皺がないように心の哀愁の影もなくなったのを感じてびっくりした。
尼僧たちは、最初ルオー嬢の天賦の素質を当てにしていただけに、自分たちの手から彼女が脱け出そうとするのに気がついて仰天した。事実、尼僧たちは彼女に対して、お勤めや、修業や、九日の祈禱や、説教をむやみやたらにさせたのだ。聖者や殉教者に尊敬の念を抱かねばならないことをしきりに説き立て、肉の節制や魂の救済のために結構な教えを垂れすぎたので、彼女は堅く手綱たづなをしぼられている馬さながら、つまり突然はっと止まったので、轡くつわが口から抜けたのである。感激に富むうちにも実際的な彼女の心は、かつては花あればこそ教会を、小唄の歌詞ゆえに音楽を、情熱をかき立てればこそ文学を愛したけれども、今では信仰の奥義に反抗するようになり、それと同時に、どこか自分の肌に合わない戒律に、なおさら苛立たしさを感じたのだ。父親が彼女を寮から引かせたとき、ひとりとして彼女の去るのを悲しむものはなかった。院主は近頃エンマが修道院生活全をいささか侮あなどるようになっていたとさえ思っていた。
彼女は家へ帰ると、初めのうちは面白がって召使どもに采配を振ったが、すぐに田舎が厭いやになり、修道院を恋しがった。シャルルが初めてベルトーへ訪ねてきた頃、ひとかど人生に幻滅を感じたつもりの彼女は、今さらなにも知るほどのことはなく、改めて感じてみるほどのものもないなどと思っていたのだ。
ところが、新生活に対する不安、恐らくはまたシャルルという男の存在によって惹き起こされた刺激から、彼女は、これまでバラ色の翼の巨鳥のように、輝かしい詩の天空をのみ翔かけっていたあの素晴らしい情熱を、いよいよわがものにしたと思い込んだ。——しかし結婚した現在、自分の送っているこの生活の長閑のどかさが、かつて憧れていたあの幸福であろうなどとは、夢にもそれは考えられなかった。
VII
Elle songeait quelquefois que c'étaient là pourtant les plus beaux jours de la vie, la lune de miel, comme 54on disait. Pour en goûter la douceur, il eût fallu, sans doute, s'en aller vers ce pays à noms sonores, où les lendemains de mariage ont de plus suaves paresses! Dans des chaises de poste, sous des stores de soie bleue, on monte au pas des routes escarpées, écoutant la chanson du postillon, qui se répète dans la montagne avec les clochettes des chèvres et le bruit de la cascade. Quand le soleil se couche, on respire au bord des golfes le parfum des citronniers; puis, le soir, sur la terrasse des villas, seuls et les doigts confondus, on regarde les étoiles en faisant des projets. Il lui semblait que certains lieux sur la terre devaient produire du bonheur, comme une plante particulière au sol et qui pousse mal tout autre part. Que ne pouvait-elle s'accouder sur le balcon des chalets suisses ou enfermer sa tristesse dans un cottage écossais, avec un mari vêtu d'un habit de velours noir à longues basques, et qui porte des bottes molles, un chapeau pointu et des manchettes!
Peut-être aurait-elle souhaité faire à quelqu'un la confidence de toutes ces choses. Mais comment dire un insaisissable malaise, qui change d'aspect comme les nuées, qui tourbillonne comme le vent? Les mots lui manquaient donc, l'occasion, la hardiesse.
Si Charles l'avait voulu cependant, s'il s'en fût douté, si son regard, une seule fois, fût venu à la rencontre de sa pensée, il lui semblait qu'une abondance subite se serait détachée de son cœur, comme tombe la récolte d'un espalier quand on y porte la main. Mais à mesure que se serrait davantage l'intimité de 55leur vie, un détachement intérieur se faisait, qui la déliait de lui.
La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Il n'avait jamais été curieux, disait-il, pendant qu'il habitait Rouen, d'aller voir au théâtre les acteurs de Paris. Il ne savait ni nager, ni faire des armes, ni tirer le pistolet, et il ne put un jour lui expliquer un terme d'équitation, qu'elle avait rencontré dans un roman.
Un homme, au contraire, ne devait-il pas tout connaître, exceller en des activités multiples, vous initier aux énergies de la passion, à tous les mystères? Mais il n'enseignait rien, celui-là, ne savait rien, ne souhaitait rien. Il la croyait heureuse; et elle lui en voulait de ce calme si bien assis, de cette pesanteur sereine, du bonheur même qu'elle lui donnait.
Elle dessinait quelquefois; et c'était pour Charles un grand amusement que de rester là, tout debout, à la regarder penchée sur son carton, clignant des yeux afin de mieux voir son ouvrage, ou arrondissant sur son pouce des boulettes de mie de pain. Quant au piano, plus les doigts y couraient vite, plus il s'émerveillait. Elle frappait sur les touches avec aplomb et parcourait du haut en bas tout le clavier sans s'interrompre. Ainsi secoué par elle, le vieil instrument, dont les cordes frisaient, s'entendait jusqu'au bout du village si la fenêtre était ouverte, et souvent le clerc de l'huissier, qui passait sur la grande route, nu-tête et en 56chaussons, s'arrêtait à l'écouter, sa feuille de papier à la main.
Emma, d'autre part, savait conduire sa maison. Elle envoyait aux malades le compte des visites, dans des lettres bien tournées qui ne sentaient pas la facture. Quand ils avaient, le dimanche, quelque voisin à dîner, elle trouvait moyen d'offrir un plat coquet, s'entendait à poser sur des feuilles de vigne les pyramides de reines-Claude, servait renversés les pots de confitures dans une assiette, et même elle parlait d'acheter des rince-bouches pour le dessert. Il rejaillissait de tout cela beaucoup de considération sur Bovary.
Charles finissait par s'estimer davantage de ce qu'il possédait une pareille femme. Il montrait avec orgueil, dans la salle, deux petits croquis d'elle à la mine de plomb, qu'il avait fait encadrer de cadres très larges et suspendus contre le papier de la muraille à de longs cordons verts. Au sortir de la messe, on le voyait sur sa porte avec de belles pantoufles en tapisserie.
Il rentrait tard, à dix heures, minuit quelquefois. Alors il demandait à manger; et, comme la bonne était couchée, c'était Emma qui le servait. Il retirait sa redingote pour dîner plus à son aise. Il disait l'un après l'autre tous les gens qu'il avait rencontrés, les villages où il avait été, les ordonnances qu'il avait écrites; et, satisfait de lui-même, il mangeait le reste du miroton, épluchait son fromage, croquait une pomme, vidait sa carafe, puis s'allait mettre au lit, se couchait sur le dos et ronflait.
Comme il avait eu longtemps l'habitude du bonnet de coton, son foulard ne lui tenait pas aux oreilles; aussi ses cheveux, le matin, étaient rabattus pêle-mêle sur sa figure et blanchis par le duvet de son oreiller, dont les cordons se dénouaient pendant la nuit. Il portait toujours de fortes bottes, qui avaient au cou-de-pied deux plis épais obliquant vers les chevilles, tandis que le reste de l'empeigne se continuait en ligne droite, tendu comme par un pied de bois. Il disait que c'était bien assez bon pour la campagne.
Sa mère l'approuvait en cette économie; car elle le venait voir comme autrefois, lorsqu'il y avait eu chez elle quelque bourrasque un peu violente; et cependant Mme Bovary mère semblait prévenue contre sa bru. Elle lui trouvait un genre trop relevé pour leur position de fortune; le bois, le sucre et la chandelle filaient comme dans une grande maison, et la quantité de braise qui se brûlait à la cuisine aurait suffi pour vingt-cinq plats! Elle rangeait son linge dans les armoires et lui apprenait à surveiller le boucher quand il apportait la viande. Emma recevait ces leçons, Mme Bovary les prodiguait; et les mots de ma fille et de ma mère s'échangeaient tout le long du jour, accompagnés d'un petit frémissement des lèvres, chacune lançant des paroles douces d'une voix tremblante de colère.
Du temps de Mme Dubuc, la vieille femme se sentait encore la préférée; mais, à présent, l'amour de Charles pour Emma lui semblait une désertion de sa tendresse, un envahissement sur ce qui lui appartenait; et elle observait le bonheur de son fils avec un silence 58triste, comme quelqu'un de ruiné qui regarde à travers les carreaux des gens attablés dans son ancienne maison. Elle lui rappelait, en manière de souvenirs, ses peines et ses sacrifices, et, les comparant aux négligences d'Emma, concluait qu'il n'était point raisonnable de l'adorer d'une façon si exclusive.
Charles ne savait que répondre; il respectait sa mère, et il aimait infiniment sa femme; il considérait le jugement de l'une comme infaillible, et cependant il trouvait l'autre irréprochable. Quand Mme Bovary était partie, il essayait de hasarder timidement, et dans les mêmes termes, une ou deux des plus anodines observations qu'il avait entendu faire à sa maman; Emma, lui prouvant d'un mot qu'il se trompait, le renvoyait à ses malades.
Cependant, d'après des théories qu'elle croyait bonnes, elle voulut se donner de l'amour. Au clair de lune, dans le jardin, elle lui récitait tout ce qu'elle savait par cœur de rimes passionnées, et lui chantait en soupirant des adagios mélancoliques; mais elle se trouvait ensuite aussi calme qu'auparavant, et Charles n'en paraissait ni plus amoureux ni plus remué.
Quand elle eut ainsi un peu battu le briquet sur son cœur, sans en faire jaillir une étincelle, incapable d'ailleurs de comprendre ce qu'elle n'éprouvait pas, comme de croire à tout ce qui ne se manifestait point par des formes convenues, elle se persuada sans peine que la passion de Charles n'avait plus rien d'exorbitant. Ses expansions étaient devenues régulières; il l'embrassait à de certaines heures. C'était une habitude 59parmi les autres, et comme un dessert prévu d'avance, après la monotonie du dîner.
Un garde-chasse, guéri par Monsieur d'une fluxion de poitrine, avait donné à Madame une petite levrette d'Italie; elle la prenait pour se promener, car elle sortait quelquefois, afin d'être seule un instant et de n'avoir plus sous les yeux l'éternel jardin et la route poudreuse.
Elle allait jusqu'à la hêtrée de Banneville, près du pavillon abandonné qui fait l'angle du mur, du côté des champs. Il y a dans le saut-de-loup, parmi les herbes, de longs roseaux à feuilles coupantes.
Elle commençait par regarder tout à l'entour, pour voir si rien n'avait changé depuis la dernière fois qu'elle était venue. Elle retrouvait aux mêmes places les digitales et les ravenelles, les bouquets d'orties entourant les gros cailloux, et les plaques de lichens le long des trois fenêtres, dont les volets toujours clos s'égrenaient de pourriture, sur leurs barres de fer rouillées. Sa pensée, sans but d'abord, vagabondait au hasard, comme sa levrette qui faisait des cercles dans la campagne, jappait après les papillons jaunes, donnait la chasse aux musaraignes, ou mordillait les coquelicots sur le bord d'une pièce de blé. Puis ses idées peu à peu se fixaient; et assise sur le gazon, qu'elle fouillait à petits coups avec le bout de son ombrelle, Emma se répétait: «Pourquoi, mon Dieu! me suis-je mariée?» Elle se demandait s'il n'y aurait pas eu moyen, par d'autres combinaisons du hasard, de rencontrer un autre homme; et elle cherchait à imaginer 60quels eussent été ces événements non survenus, cette vie différente, ce mari qu'elle ne connaissait pas. Tous, en effet, ne ressemblaient pas à celui-là. Il aurait pu être beau, spirituel, distingué, attirant, tels qu'ils étaient sans doute, ceux qu'avaient épousés ses anciennes camarades du couvent. Que faisaient-elles maintenant? A la ville, avec le bruit des rues, le bourdonnement des théâtres et les clartés du bal, elles avaient des existences où le cœur se dilate, où les sens s'épanouissent. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l'ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l'ombre, à tous les coins de son cœur. Elle se rappelait les jours de distribution de prix, où elle montait sur l'estrade pour aller chercher ses petites couronnes. Avec ses cheveux en tresse, sa robe blanche et ses souliers de prunelle découverts, elle avait une façon gentille, et les messieurs, quand elle regagnait sa place, se penchaient pour lui faire des compliments; la cour était pleine de calèches, on lui disait adieu par les portières; le maître de musique passait en saluant, avec sa boîte à violon. Comme c'était loin, tout cela! comme c'était loin!
彼女は時どき、結局のところ、これが一生で一番楽しい時、世間でいう蜜月なのだと考えてみた。その蜜月の楽しさを味わうには、その名さえ調しらべ高い国々へ、——結婚につづく日々の気だるさすらひとしお心地よい国々へ、必らず旅立たねばならなかったのだ! 駅馬車の、青絹の帷とばりのかげで、馬子まご唄に聞きいりながら、岨道そばみちを緩やかに登ってゆく。唄は牝山羊の鈴の音ねや、にぶい滝の響きに交まじって山中に谺こだまする。日が沈めば入江のほとりでレモンの木の香を嗅かぎ、そうして宵よいはまた別墅べつしよのバルコンにただ二人して、指と指とを絡からませて、行く末の設計をしながら、星屑ほしくずを眺める。この地上のどこかには、きっとそこだけにあって他処ほかでは育ちにくい植物のように、必らず幸福を生む国があるはずだ。なぜ自分は、黒い天鵞絨びろうどの丈長の上着を着、柔らかい長靴を穿き、先の尖った帽子を被り、袖口に飾りをつけた良人と一緒に、スイスの山荘のバルコンに肱つき、あるいはスコットランドの小別荘コテージに哀愁を閉じこめることが出来ないのであろう?
きっと彼女はこうした思いのありったけを誰かにうち明けたかったはずだ。だが、雲のように相すがたを変じ、風のように渦巻きかえる把とらえがたい不安をいったいどう言い表わそう? つまり、彼女には言葉が欠けていたのだ。機会も、思い切りもがともになかったのだ。
それはそうと、もしシャルルさえその気になってくれたら、そうと察してくれたら、ただの一度でもあの眼がわが思いとしっくり合ってくれたなら、ちょうど手を触れれば熟れた木この実みが墻かきから落ちるように、たちまちに溢れる思いもこの胸から解とけてなくなったことだのに。しかし、二人の生活がだんだん密接になるにつれて、ある心の隔たりが出来あがって、彼女を彼から引き離していった。
シャルルの話はまるで歩道のように平板で、そこには月並の考えが、感動も笑いも夢も唆そそらずに、普段着のままでぞろついていた。彼の話では、ルーアンの町にいる間、パリの役者を見に劇場へ行くというような気はついぞ起こらなかったという。水泳(バイロンはボスフォラス海峡を泳げ渡った。浪
曼的なバイロンみたいではないと言うのである)も出来なければ、剣術も不得手、ピストルも打てない。ある日などは、小説に出てきた馬術用語を説明することさえできなかった。
男とは決してそんなものではない。なにもかも知っていて、なにをしても立派にでき、情熱の力とか生活の美化とか、秘密という秘密の手ほどきをしてくれるはずのものではないか? だのに、この男はまたなにひとつ教えてはくれない。なにも知らない、なんの望みも持ってはいない。彼は勝手に、妻は幸福なのだと信じている。ここでエンマは、彼がいやに落ち着いているのが、涼しい顔でのっそりしているのが、そうした彼に幸福を与えてやっていると思うことすらが恨めしかった。
彼女は時どきデッサンを描いた。シャルルはじっとそのそばに立って、描いている絵をよく見ようと眼をぱちつかせたり、パンの中身を親指で丸めたりしながら、彼女が紙挟みにかがみこんでいるのを眺める。それがシャルルには非常な楽しみであった。ピアノとなると、指が速くはこばれるほど彼は感心した。彼女は誰はばからずキーを叩く。そうして高音から低音まで、鍵盤中をつづけさまに叩きまわる。弦の十分張られていないこのぼろピアノは、こうして力いっぱい叩かれると、窓が開いているときには村はずれまで聞こえ、そうして帽子も被らず、布靴ぬのぐつ穿ばきで街道を通りかかる執達史の書記が書類を持ったまま、始終立ち止まって聞いているのだった。
エンマはまた一方、家事の切り回しがうまかった。往診料の勘定は、上手な言い回しで、少しも請求書臭くない手紙にして、患者の家におくった。日曜日など、近所の人をご馳走するときには、なにか洒落しやれた料理を出した。杏あんずを葡萄ぶどうの葉のうえに。ピラミッド形につむ心得があり、ジャムの壺は皿にあけてから出すし、デザート用にフィンガーボールを買う話までする。そういうことから、ボヴァリーには非常な尊敬が集まった。
シャルルもしまいには、こういう細君をもらったことを自惚れるようになった。妻が鉛筆で描いた小さい二枚のスケッチを広間で得々として見せびらかした。ばかに大きい額に入れて、壁紙のうえに長い青色の紐で吊るしてあった。町のひとはミサの帰り道で、彼が美しい綴織つづれの上靴を穿いて戸口に立っているのをよく見かけた。
彼は夜の帰りが晩くて、十時頃、ときには、夜中にもなった。帰ってくると、ものを食べたがるのだが、女中は寝ているので、お給仕はエンマがする。寛くつろいで食べるため、フロックを脱ぐ。それから、その日は誰々に出会ったとか、どこそこの村へ行ったとか、どういう処方箋を書いたとか、一々話して聞かせ、得意になって肉と玉葱のシチューの残りを食い、チーズの皮をむき、りんごをかじり、水差しを空にし、それからベッドに入り、仰向けになっていびきをかく。
長いことナイトキャップを被る癖がついていたので、薄絹を被るようになっても、きちんと耳のうえに落ち着いていない。朝になると、髪の毛は乱れて顔にかかり、一晩で紐の解ほどける羽根枕の毳けばで真白になった。彼は始終頑丈な長靴を穿いていた。甲のところから、太い折目が二筋、筋違すじかいに踝くるぶしの方へついている。甲の革のほかのところは、木の足を入れたように、しゃちこばってまっすぐにぴんとしていた。『田舎ではこれでたくさんだ』と彼は言い言いした。
母親はこの倹約しまり方に賛成だった。実のところ母親は自家うちで少しひどい波風が立つと、昔のように息子に会いにくるのだが、ボヴァリー老夫人にはこの嫁がよく思えないらしかった。どうも嫁は『身分不相応なやり方』をする、薪もお砂糖もロウソクも『御大家ごたいけのようにどんどんなくなる』し、炊事場に燃えているだけの火で、結構二十五人前のご馳走ができる! 老夫人は自分で下着類を箪笥たんすに入れてみたり、肉屋が肉を持ってきたときに十分注意することを教えたりした。エンマはありがたく教訓をいただく。ボヴァリー老夫人は濫発らんぱつする。そこで日がな一日、『嫁や』、『お母さん』という言葉が互いに交わされたが、その口もとはびりびり震え、両人とも怒りに震える声で優しい言葉を投げ合っているわけである。
先妻のデュビュック夫人の時代には、老夫人は自分の方が息子に愛されていると思っていた。ところが今ではシャルルのエンマに対する愛のために、自分に対する愛情はお留守になり、すっかり侵されてしまったと思われた。そこで、老夫人は、ちょうど落ちぶれた人間が自分のもといた家でご馳走をたべている人間を窓ガラス越しに見るように、指をくわえて息子の幸福を悲しそうに眺めていた。老夫人は昔話の体ていにして、自分のしてきた苦労や犠牲を息子に思い出させた。そて、それをエンマのなげやりな仕方と比べ、あげくのはてには、あの嫁じゃないと夜も明けないという可愛がりようは納得できぬとくるのだった。
シャルルには返事のしようがなかった。彼は母は敬い、妻は限りなく愛していた。母の考えに狂いはないとも思うし、妻にも非のうちどころがないとも思う。そこで、母親が引き揚げてしまうと、母親から聞いておいた叱言こごとのうちで、毒のないところを一つ二つ、文句もそのまま、ひやひやしながら切り出してみるが、エンマは一言のもとに夫の間違いを証明して、患者の方へ追い立てるのだった。
ところで彼女は、自分の正しいと信じている理論どおりに恋を味わってみようとした。庭に出て、月光を浴びながら、彼女は、覚えているかぎりの情熱的な詩句を朗誦し、溜息をつきながら憂愁にみちたアダージョを夫に歌って聞かせる。しかし彼女はすぐそのあとで、もとどおりの平静に返るし、シャルルはシャルルで、一向に恋心を起こした様子もなく、心をときめかしたようにも見えない。
こうして、夫の胸のうえでちょっと火打石ひうちいしを打ってはみたが、火花一つ出すこともできず、かてて加えて、自分の実感しないことは理解のできないエンマ、すべて型どおりに現われないものの信じられないエンマは、シャルルの情熱には異常な激しさなど微塵みじんもありはしないのだと、苦もなく諦めてしまった。シャルルの興奮は規則的になって、ある定きまった時間にだけ彼女を抱擁するのである。つまり多くの習慣のうちの一つ、いわば単調な夕餉ゆうげのあとの、見えすいた後付あとづけのようなものであった。
『先生』に肺炎を治してもらったある猟場の番人が、どうぞ奥様へ、とイタリア種の可愛いグレーハウンドをくれた。かの女はいつもそれを散歩に連れて行く。少しの間でも独りきりになって、あの相も変わらぬ家の庭や、埃っぽい通りを見ないですませるようにと、時どき外出をするからである。
バヌヴィルのブナ林のあたり、ちょうど村の外郭の角になって、野原の側に建っている住む人もない小別荘のそばまで行った。別荘のまわりの溝には、雑草に交って、触ると手の切れるひょろ長い草が生えている。
このまえ来たときとなにも変わっていはしないかと、彼女はまず辺りを見回わす。ジキタリスやニオイアラセイトウ、大きな石ころをとりまいているイラクサの繁みや、三つの窓をつたっていて斑点のように付いている地衣ちい、みな元どおりの場所にある。窓の鎧戸よろいどはいつも閉まっていて、錆びた鉄の欄干の上へ、腐ってぼろぼろ落ちている。エンマの考えは、初めはなんのあてもなく、ちょうどあのグレーハウンドが野原をぐるぐる駆け回ったり、黄色い蝶に吠えついたり、地ネズミを追っかけたり、麦畑の縁のヒナゲシを噛みちぎったりするのと同じように、飄々ひようひようとしてさ迷った。そのうちだんだん考えはまとまってくる。芝生に腰をおろし、日傘の先でそこいらの土を軽くほじくりながら、エンマは繰り返し口にした。
「ああ、なぜ結婚なんかしたんだろう?」
彼女はわが心に問うてみる。別な廻めぐり合わせで他の男に出逢う道はなかったのかと。そうして、実際には起こりもしなかったそうした事件、そういう違った生活、そうした知らない夫は、いったいどんなだろうと想い描いてみようとする。そうだ、世間の男は今の夫のようなひとばかりではない。自分の夫になったひとは美男で、気がきいて、品がよくって惚れぼれするようなひとだったかもしれない。修道院時代のお友達の結婚したひとたちはきっとそうに違いない。そういえば、お友達は今どうしているだろう? 都に住んで、街の響き、劇場の騒ざわめき、舞踏場の眩まばゆい光の中で、彼女たちは心もふくれあがるような、官能の崩え出るような生活を送っているのだろう。それだのに、この自分は、自分の生活は、まるで天窓が北向きについている納屋のように冷たく、憂愁は、もの言わぬ蜘蛛くものように、心の闇に隈くまなく網をかけている。エンマは賞品授与式の日を思い出す。あの日は、小さい冠をいただきに壇の上へあがったのだ。髪を編んでお下げにし、白の服を着、黒毛織の靴を裳裾もすそからあらわに見せていたところは、本当に愛らしかった。席へ戻ってくると、男の方々が自分の方へ身をかがめて、口ぐちにお祝いを言って下さった。前庭は四輪馬車でいっぱい。馬車の扉口からみんなが別れの挨拶をして下さった。音楽の先生はヴァイオリンの箱を持って、会釈しながら通っていかれた。それもみんな遠いことだ、みんな昔のことだ!
Elle appelait Djali, la prenait entre ses genoux, passait ses doigts sur sa longue tête fine et lui disait: «Allons, embrassez maîtresse, vous qui n'avez pas de chagrins!» Puis, considérant la mine mélancolique du svelte animal qui bâillait avec lenteur, elle s'attendrissait et, le comparant à elle-même, lui parlait tout haut, comme à quelqu'un d'affligé que l'on console.
Il arrivait parfois des rafales de vent, brises de la mer, qui, roulant d'un bond sur tout le plateau du pays de Caux, apportaient, jusqu'au loin dans les champs, une fraîcheur salée. Les joncs sifflaient à ras de terre, et les feuilles des hêtres bruissaient en un frisson rapide, tandis que les cimes, se balançant toujours, continuaient leur grand murmure. Emma serrait son châle contre ses épaules et se levait.
Dans l'avenue, un jour vert, rabattu par le feuillage, éclairait la mousse rase qui craquait doucement sous ses pieds. Le soleil se couchait; le ciel était rouge entre les branches, et les troncs pareils des arbres plantés en ligne droite semblaient une colonnade brune, se détachant sur un fond d'or; une peur la prenait, elle appelait Djali, s'en retournait vite à Tostes par la grande route, s'affaissait dans un fauteuil, et de toute la soirée ne parlait pas.
Mais vers la fin de septembre, quelque chose d'extraordinaire tomba dans sa vie: elle fut invitée à la Vaubyessard, chez le marquis d'Andervilliers.
Secrétaire d'État sous la Restauration, le marquis, cherchant à rentrer dans la vie politique, préparait de longue main sa candidature à la Chambre des députés. Il faisait, l'hiver, de nombreuses distributions de fagots et, au conseil général, réclamait, avec exaltation, toujours des routes pour son arrondissement. Il avait eu, lors des grandes chaleurs, un abcès dans la bouche, dont Charles l'avait soulagé comme par miracle, en y donnant à point un coup de lancette. L'homme d'affaires, envoyé à Tostes pour payer l'opération, conta le 62soir qu'il avait vu dans le jardinet du médecin des cerises superbes. Or les cerisiers poussaient mal à la Vaubyessard. M. le marquis demanda quelques boutures à Bovary, se fit un devoir de l'en remercier lui-même, aperçut Emma, trouva sa taille jolie et qu'elle ne saluait point en paysanne; si bien qu'on ne crut pas au château outre-passer les bornes de la condescendance ni, d'autre part, commettre une maladresse, en invitant le jeune ménage.
Un mercredi, à trois heures, M. et Mme Bovary, montés dans leur boc, partirent pour la Vaubyessard, avec une grande malle attachée par derrière et une boîte à chapeaux qui était posée devant le tablier. Charles avait de plus un carton entre les jambes.
Ils arrivèrent à la nuit tombante, comme l'on commençait à allumer les lampions dans le parc, afin d'éclairer les voitures.
彼女は犬のジャリを呼んで、膝の間へ入れ、華奢きやしやな細長い顔を撫でながら言った。
「さあ、キスしておくれ、お前には悲しみなんかないんだねえ」
それから、このほっそりしたジャリの、ゆっくり欠伸あくびする憂鬱そうな顔を見ていると、彼女はいじらしくなって、ジャリをわが身にひき比べて、まるで悲しんでいるひとを慰めるように、声高に犬に話しかけるのだった。
時どき疾風はやてがやって来た。コー地方の高原を一度にさっと吹きまくって、遠くこの野原にまでも冷たい潮の香をはこんでくる海風である。燈心章は地に伏して鳴り、ブナの葉は激しく騒ぎ、梢は絶えず揺れながら、重々しく唸うなりつづける。エンマは肩にショールをしっかり巻いて立ち上がった。
並木道では、葉を洩れる緑色の陽の光が短い苔こけを照らしていた。足もとで苔はかすかな音を立てる。日は沈もうとしていた。空は枝の間に赤々と輝き、一直線に続いている同じような並木の幹は、金色の背景から浮き出した褐色の柱廊のように見える。急にエンマは怖ろしくなって、ジャリを呼んで、いそいで本街道からトストに帰り、肘掛け椅子にぐったり倒れて一晩中口をきかなかった。
ところが九月の末のこと、ある異常な出来事が彼女の生活に降って湧いた。ヴォビエサールの館やかた、すなわちアンデルヴィリエ侯爵邸へ招待されたのである。
王政復古時代に国務大臣を勤めた侯爵は、政界に返り咲かんものと、前々から下院立候補の準備をしていた。冬には方々へ薪まきを配り、県会では地元の郡のためにいつも躍起になって道路を要求した。災暑の頃、口中に瘍ようの出来たのを、シャルルが恰好かつこうのときを逸せずメスをふるって奇跡的に治したことがあった。手術料を払いにトストへ使いした家令が、その晩帰ってから、医者の家の小さな庭に、見事な桜桃さくらんぼのなっているのを見かけたという話をした。ところで、ヴォビエサールの館では桜の育ちがとても悪く、侯爵はボヴァリーに挿し木を少々分けてもらったが、その義理から自身で礼に来て、エンマを見かけ、姿もよければ挨拶も鄙ひなびていないと思った。そこで館の方としても、この若夫婦を招待することは、別に慇懃いんぎんの度を過ごすというわけでもなく、また不手際なやり方ともなるまいと考えたのである。
ある水曜日の時、ボヴァリー夫妻は自家用の『軽馬車ボツク』に乗り、大トランクを後ろに結びつけ、帽子入れを膝掛けの前に置いて、ヴォビエサールの館を指して出発した。シャルルは、おまけにボール箱を腰の下にさし込んでいた。
夫妻は日暮れに着いた。馬車の道しるべに、庭園に灯りのつき初める頃だった。
VIII
Le château, de construction moderne, à l'italienne, avec deux ailes avançant et trois perrons, se déployait au bas d'une immense pelouse où paissaient quelques vaches, entre des bouquets de grands arbres espacés, tandis que des bannettes d'arbustes, rhododendrons, syringas et boules-de-neige bombaient leurs touffes de verdure inégales sur la ligne courbe du chemin sablé. Une rivière passait sous un pont; à travers la 63brune, on distinguait des bâtiments à toits de chaume, éparpillés dans la prairie, que bordaient en pente douce deux coteaux couverts de bois, et par derrière, dans les massifs, se tenaient, sur deux lignes parallèles, les remises et les écuries, restes conservés de l'ancien château démoli.
Le boc de Charles s'arrêta devant le perron du milieu; des domestiques parurent; le marquis s'avança, et, offrant son bras à la femme du médecin, l'introduisit dans le vestibule.
Il était pavé de dalles en marbre, très haut; et le bruit des pas avec celui des voix y retentissait comme dans une église. En face, montait un escalier droit; et à gauche une galerie, donnant sur le jardin, conduisait à la salle de billard, dont on entendait, dès la porte, caramboler les boules d'ivoire. Comme elle la traversait pour aller au salon, Emma vit autour du jeu des hommes à figure grave, le menton posé sur de hautes cravates, décorés tous et qui souriaient silencieusement en poussant leurs queues. Sur la boiserie sombre du lambris, de grands cadres dorés portaient au bas de leur bordure des noms écrits en lettres noires. Elle lut: «Jean-Antoine d'Andervilliers d'Yverbonville, comte de la Vaubyessard et baron de la Fresnaye, tué à la bataille de Coutras, le 20 d'octobre 1587.» Et sur un autre: «Jean-Antoine-Henri-Guy d'Andervilliers de la Vaubyessard, amiral de France et chevalier de l'ordre de Saint-Michel, blessé au combat de la Hougue-Saint-Vaast, le 29 mai 1692, mort à la Vaubyessard, le 23 de janvier 1693.» On distinguait à 64peine ceux qui suivaient, car la lumière des lampes, rabattue sur le tapis vert du billard, laissait flotter une ombre dans l'appartement. Brunissant les toiles horizontales, elle se brisait contre elles en arêtes fines, selon les craquelures du vernis; et de tous ces grands carrés noirs bordés d'or, sortaient, çà et là, quelque portion plus claire de la peinture, un front pâle, deux yeux qui vous regardaient, des perruques se déroulant sur l'épaule poudrée des habits rouges, ou bien la boucle d'une jarretière au haut d'un mollet rebondi.
Le marquis ouvrit la porte du salon; une des dames se leva (la marquise elle-même), vint à la rencontre d'Emma et la fit asseoir près d'elle sur une causeuse, où elle se mit à lui parler amicalement, comme si elle la connaissait depuis longtemps. C'était une femme de la quarantaine environ, à belles épaules, à nez busqué, à voix traînante, et portant ce soir-là sur ses cheveux châtains un simple fichu de guipure, qui retombait par derrière en triangle. Une jeune personne blonde se tenait à côté, dans une chaise à dossier long; et les messieurs, qui avaient une petite fleur à la boutonnière de leur habit, causaient avec les dames tout autour de la cheminée.
A sept heures, on servit le dîner. Les hommes, plus nombreux, s'assirent à la première table, dans le vestibule, et les dames à la seconde, dans la salle à manger, avec le marquis et la marquise.
Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l'odeur des truffes. Les 65bougies des candélabres allongeaient des flammes sur les cloches d'argent; les cristaux à facettes, couverts d'une buée mate, se renvoyaient des rayons pâles; des bouquets étaient en ligne sur toute la longueur de la table; et, dans les assiettes à large bordure, les serviettes, arrangées en manière de bonnet d'évêque, tenaient entre le bâillement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale. Les pattes rouges des homards dépassaient les plats; de gros fruits dans les corbeilles à jour s'étageaient sur la mousse; les cailles avaient leurs plumes, des fumets montaient; et, en bas de soie, en culotte courte, en cravate blanche, en jabot, grave comme un juge, le maître d'hôtel, passant entre les épaules des convives les plats tout découpés, faisait, d'un coup de sa cuillère, sauter pour vous le morceau qu'on choisissait. Sur le grand poêle de porcelaine à baguettes de cuivre, une statue de femme, drapée jusqu'au menton, regardait immobile la salle pleine de monde.
館やかたはイタリア風の近代建築で、突き出た翼が二つ、石の階段が三ヶ所、広々とした芝生の麓にひろがっていた。その芝生では、大木の疎まばらな繁みの間に牝牛が草を喰い、シャクナゲ、バイカウツギ、カンボクなど、籠の形の灌木の茂みが、砂を敷いた道の曲線うねりに沿って、大小とりどりの翠緑すいりよくを盛りあがらせている。橋の下には川が流れ、霧を透して、牧場に散在している茅葺かやぶきの家が見える。牧場は木立の繁った二つの丘になだらかに縁どられ、その後ろの茂みには、取り壊した旧邸の名残の車置場と厩舎とが平行に並んで立っている。
シャルルの『軽馬車ボツク』は中央の石段の前に停まった。下僕が現われた。侯爵は進み寄って、医者の妻に手をかし、玄関に案内した。
玄関は大理石を敷きつめ、天井は非常に高く、足音も人声も寺院の中のように響く。正面には、まっすぐな階段がついており、左手には庭に面した廊下があって、ビリヤード室に通じている。戸口に近くなると、象牙の球のあたる音が聞こえてきた。客闇へぬけようとビリヤード室を通るとき、エンマは台の周りに物々しい顔をした男たちを見た。高く結んだネクタイの上に顎あごを据え、揃いもそろってボタン穴に略綬をつけ、キューを突いては微笑している。壁のくすんだ羽目板には大きな金縁の額が幾つも掛かり、その額の下部には黒文字で姓名が書いてあった。エンマが見ると、
『ジャン・アントワヌ・ダンデルヴィリエ・エルボンヴィル、ラ・ヴォビエサール伯爵、またラ・フレネエ男と称す。千五百八十七年十月二十日、クートラ(ボルドーの北東四〇キロ。ここでアンリ
四世がド・ジョワイユーズ公を破った)の役に戦死す。』
とある。もう一面のには、
『ジャン・アントワヌ・アンリ・ギイ・ダンデルヴィリエ・ド・ラ・ジョビエサール。海軍提督、聖ミシェル団騎士。千六百九十二年五月二十九日、ラ・ウウグ・サン・ヴァーストの戦いに負傷、千六百九十三年一月二十三日、ヴォビエサールにて没す。』
とあった。続く数面は、はっきり見分けられない。燈火ランプの光がビリヤードの台の緑色のラシャに集まっていて、部屋中に影を漂わせていたからである。横に掛け並べた画を黒褐色に染めながら、光は、ワニスのひびに沿い、細い線となって画面に砕けていた。そして、この金縁の大きな黒い方形という方形からは、蒼ざめた額や、こちらを見つめる両の眼や、髪粉のついた赤服の肩になびきかかる髪の毛、さては盛りあがった服の上の靴下留めの留め金などという具合に、画の明るい部分があちらこちらで浮き出て見えた。
侯爵は客間サロンの扉を開けた。婦人の中の一人(侯爵夫人その人がつと立ち上がってエンマを迎え、二人掛け椅子の自分の隣りに掛けさせて、古い馴染なじみのように心易く話し出した。これは四十がらみの、肩の美しい、鉤鼻かぎばなの、言葉尻を長くひっぱる女で、その晩は、栗色の髪をすっかり透かしレースの薄物で包み、それを三角なりに後ろに垂らしていた。その傍には金髪の若い婦人が、長いもたれのある椅子に掛けていた。上着のボタン穴に小さい花を挿した紳士たちは、婦人連と暖炉を囲んで話していた。
七時に晩餐が出た。男子は数が多いので、玄関に設しつらえられた第一のテーブルにつき、婦人の方は侯爵夫妻と一緒に食堂にある第二のテーブルについた。
エンマは入るなり、花の匂いや麻類の匂い、肉類の香りやトリュフの香りなどの一緒になった、暖かい空気に包まれるのを感じた。大燭台のロウソクは銀の皿覆いの上に灯影ほかげをのばし、どんよりした湯気にくもった切子ガラスは仄かな光を投げ交わしている。花束はテーブルの端から端へ一列に並び、縁ふちの大きい皿の中にはナプキンが僧帽型に畳んであって、その欠伸あくびをしているような両襞の間には、それぞれ卵形の小さなパンが一つ挟まっている。大蝦おおえびの赤い脚は皿からはみ出し、透かし細工の籠に盛った大きな果物は飾り苔こけの上に段をなして重なり、鶉うずらは羽根つきのまま湯気を立てている。絹靴下に短ズボン、白ネクタイに胸飾りという扮装いでたちで、司法官のように物々しい顔付の給仕長は、あらかじめ切ってある皿の料理を客の肩の間から突き出し、匙をあしらって好みの一片ひときれを手際よく取りわけてくれる。銅の筋を入れた大型の陶器の暖炉の上には、顎あごまで着物を纏った女の像が、客で埋まったこの部屋を眺めていた。
Mme Bovary remarqua que plusieurs dames n'avaient pas mis leurs gants dans leurs verres.
Cependant, au haut bout de la table, seul, parmi toutes ces femmes, courbé sur son assiette remplie, et la serviette nouée dans le dos comme un enfant, un vieillard mangeait, laissant tomber de sa bouche des gouttes de sauce. Il avait les yeux éraillés et portait une petite queue enroulée d'un ruban noir. C'était le beau-père du marquis, le vieux duc de Laverdière, l'ancien favori du comte d'Artois, dans le temps des parties de chasse au Vaudreuil chez le marquis de 66Conflans, et qui avait été, disait-on, l'amant de la reine Marie-Antoinette, entre MM. de Coigny et de Lauzun. Il avait mené une vie bruyante de débauches, pleine de duels, de paris, de femmes enlevées, avait dévoré sa fortune et effrayé toute sa famille. Un domestique, derrière sa chaise, lui nommait tout haut dans l'oreille les plats qu'il désignait du doigt en bégayant; et sans cesse les yeux d'Emma revenaient d'eux-mêmes sur ce vieil homme à lèvres pendantes, comme sur quelque chose d'extraordinaire et d'auguste. Il avait vécu à la cour et couché dans le lit des reines!
On versa du vin de Champagne à la glace. Emma frissonna de toute sa peau, en sentant ce froid dans sa bouche. Elle n'avait jamais vu de grenades ni mangé d'ananas. Le sucre en poudre même lui parut plus blanc et plus fin qu'ailleurs.
Les dames, ensuite, montèrent dans leurs chambres s'apprêter pour le bal.
Emma fit sa toilette avec la conscience méticuleuse d'une actrice à son début. Elle disposa ses cheveux d'après les recommandations du coiffeur, et elle entra dans sa robe de barège étalée sur le lit. Le pantalon de Charles le serrait au ventre.
—Les sous-pieds vont me gêner pour danser, dit-il.
—Danser! reprit Emma.
—Oui.
—Mais tu as perdu la tête, on se moquerait de toi; reste à ta place. D'ailleurs, c'est plus convenable pour un médecin, ajouta-t-elle.
Charles se tut. Il marchait de long en large, attendant qu'Emma fût habillée.
Il la voyait par derrière, dans la glace, entre deux flambeaux. Ses yeux noirs semblaient plus noirs. Ses bandeaux, doucement bombés vers les oreilles, luisaient d'un éclat bleu; une rose à son chignon tremblait sur une tige mobile, avec des gouttes d'eau factices au bout de ses feuilles. Elle avait une robe de safran pâle, relevée par trois bouquets de roses pompon, mêlées de verdure.
Charles vint l'embrasser sur l'épaule.
—Laisse-moi, dit-elle, tu me chiffonnes.
On entendit une ritournelle de violon et les sons d'un cor. Elle descendit l'escalier, se retenant de courir.
Les quadrilles étaient commencés. Il arrivait du monde. On se poussait. Elle se plaça près de la porte, sur une banquette.
Quand la contredanse fut finie, le parquet resta libre pour les groupes d'hommes causant debout et pour les domestiques en livrée qui apportaient de grands plateaux. Sur la ligne des femmes assises, les éventails peints s'agitaient, les bouquets cachaient à demi le sourire des visages, et les flacons à bouchon d'or tournaient dans des mains entr'ouvertes, dont les gants blancs marquaient la forme des ongles et serraient la chair au poignet. Les garnitures de dentelles, les broches de diamants, les bracelets à médaillon, frissonnaient aux corsages, scintillaient aux poitrines, bruissaient sur les bras nus. Les chevelures, bien collées 68sur les fronts et tordues à la nuque, avaient en couronnes, en grappes ou en rameaux, des myosotis, du jasmin, des fleurs de grenadier, des épis ou des bluets. Pacifiques à leurs places, des mères, à figure renfrognée, portaient des turbans rouges.
Le cœur d'Emma lui battit un peu lorsque, son cavalier la tenant par le bout des doigts, elle vint se mettre en ligne et attendit le coup d'archet pour partir. Mais bientôt l'émotion disparut; et, se balançant au rythme de l'orchestre, elle glissait en avant, avec des mouvements légers du col. Un sourire lui montait aux lèvres à certaines délicatesses du violon qui jouait seul quelquefois, quand les autres instruments se taisaient; on entendait le bruit clair des louis d'or qui se versaient à côté, sur le tapis des tables; puis tout reprenait à la fois, le cornet à piston lançait un éclat sonore, les pieds retombaient en mesure, les jupes se bouffaient et frôlaient, les mains se donnaient, se quittaient; les mêmes yeux, s'abaissant devant vous, revenaient se fixer sur les vôtres.
Quelques hommes (une quinzaine) de vingt-cinq à quarante ans, disséminés parmi les danseurs ou causant à l'entrée des portes, se distinguaient de la foule par un air de famille, quelles que fussent leurs différences d'âge, de toilette ou de figure.
Leurs habits, mieux faits, semblaient d'un drap plus souple, et leurs cheveux, ramenés en boucles vers les tempes, lustrés par des pommades plus fines. Ils avaient le teint de la richesse, ce teint blanc que rehaussent la pâleur des porcelaines, les moires du satin, 69le vernis des beaux meubles, et qu'entretient dans sa santé un régime discret de nourritures exquises. Leur cou tournait à l'aise sur des cravates basses; leurs favoris tombaient sur des cols rabattus; ils s'essuyaient les lèvres à des mouchoirs brodés d'un large chiffre, d'où sortait une odeur suave. Ceux qui commençaient à vieillir avaient l'air jeune, tandis que quelque chose de mûr s'étendait sur le visage des jeunes. Dans leurs regards indifférents flottait la quiétude de passions journellement assouvies; et, à travers leurs manières douces, perçait cette brutalité particulière que communique la domination des choses à demi faciles, dans lesquelles la force s'exerce et où la vanité s'amuse, le maniement de chevaux de race et la société des femmes perdues.
A trois pas d'Emma, un cavalier en habit bleu causait Italie avec une jeune femme pâle, portant une parure de perles. Ils vantaient la grosseur des piliers de Saint-Pierre, Tivoli, le Vésuve, Castellamare et les Caccine, les roses de Gênes, le Colysée au clair de lune. Emma écoutait, de son autre oreille, une conversation pleine de mots qu'elle ne comprenait pas. On entourait un tout jeune homme qui avait battu, la semaine d'avant, Miss Arabelle et Romulus, et gagné deux mille louis à sauter un fossé, en Angleterre. L'un se plaignait de ses coureurs qui engraissaient, un autre des fautes d'impression qui avaient dénaturé le nom de son cheval.
L'air du bal était lourd; les lampes pâlissaient. On refluait vers la salle de billard. Un domestique monta 70sur une chaise et cassa deux vitres. Au bruit des éclats de verre, Mme Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysans qui regardaient. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers; et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait, dans la laiterie. Mais aux fulgurations de l'heure présente, sa vie passée, si nette jusqu'alors, s'évanouissait tout entière; et elle doutait presque de l'avoir vécue. Elle était là; puis, autour du bal, il n'y avait plus que de l'ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu'elle tenait de la main dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuillère entre les dents.
Une dame, près d'elle, laissa tomber son éventail. Un danseur passait:
—Que vous seriez bon, monsieur, dit la dame, de vouloir bien ramasser mon éventail qui est derrière ce canapé!
ボヴァリー夫人は、かなり多くの婦人客がコップの中に、手袋を入れていないのに気がついた。(お酒を
断る印)
さて、テーブルの上席には、婦人の中にただひとり老翁が交って、山もりの皿にかがみこみ、子供のようにナプキンを背中で結び、ソースの滴しずくを口から垂らしながら食べていた。眼は充血して赤く、黒リボンを巻いた小さな弁髪を下げている。これこそ侯爵の舅しゆうと、ラヴェルディエール老公爵であった。ル・ヴォドルイユのコンフラン侯(フランスの将軍。アルマンティ
エール元帥として知られている)邸で狩競かりくらの催された頃には、アルトワ伯(ルイ十六世の末弟。
後のシャルル十世)の寵を一身にあつめた人、しかもド・コワニィ(フランス
の将軍)、ド・ローザン(ド・ビロン公とも。後
に大革命で処刑された)らに伍してマリー・アントワネット女王(ルイ十六世の妃。大
革命で処刑された)の情人であったと伝えられる。決闘、賭博、婦女誘拐など数えきれぬ、放蕩三昧の騒々しい生活を送り、家産を傾け、一門を異怖せしめた人である。下僕がひとり、椅子の後ろに控えていて、彼が口ごもりながら指さす料理の名を、耳もとで大声で教えている。エンマの視線は絶えず、なにか常ならぬ尊いものでも見るかのように、口もとのしまりのないこの老人の方へ自ずと帰ってゆくのだった。あの方は宮廷で暮らされ、女王様方のお床でお寝やすみになったのだ!
氷で冷やしたシャンパンが注がれた。その口中の冷たさに、エンマはぞっと身震いした。彼女は柘榴ざくろなど見たこともなければ、パイナップルなど食べたこともなかった。粉砂糖までが他処よそのよりは良く、細かに見えた。
婦人たちはそれから舞踏の仕度したくをしにそれぞれ部屋へ上っていった。
エンマはまるで初舞台を踏む女優のように、細かく念入りに化粧した。髪は髪結いの勧めどおりに結い、ベッドの上にひろげたバレージ織の薄毛織うすものに体をとおした。シャルルのズボンは腹のところが諦まって窮屈だった。
「ズボンの足留めが邪魔して踊れないかもしれん」と彼は言った。
「踊るの?」とエンマがうけた。
「そうさ!」
「あなた、どうかなさったのね! 笑われますから、じっとしてらっしゃい。それに、そのほうがお医者には似つかわしいのよ」と彼女は付けたした。
シャルルは黙りこんだ。エンマの着付けを待ちながら歩きまわった。
彼は二本の燭台の間の姿見に映るエンマの姿を後ろから眺めていた。黒い眼はひとしお黒く見える。耳のほうへふっくり膨らんだ鬢びんの毛が青光あおひかりに光っている。髻たぶさに挿したバラの花は、葉先に人造の露を宿して、しなやかな茎の上で震えている。彼女はウコン色の衣裳、緑の葉を交ぜた三つの南京なんきん薔薇ばらの花束でひきたてた衣裳をつけていた。
シャルルは彼女の肩先へ口づけようとした。
「よしてよ! 皺しわになるじゃないの」と彼女は言った。
ヴァイオリンの前奏とフレンチ・ホルンの音ねが聞こえた。彼女は駆け出したくなるのを抑えながら階段を降りた。
カドリーユが始まっていた。おおぜい集まってくる。押し合っている。彼女は扉の脇の長椅子に腰をかけた。
カドリーユが終わると床ゆかは空き、三々五々幾群れもの紳士が自由に立ち話をしたり、制服の家僕たちが大きな盆を運んで来たりした。腰を下ろした婦人たちの列では扇がうごき、花束がそっと笑顔を隠し、金の栓せんをした香水瓶が心持ちひらいた手の中で傾けられる。その手にはめた白手袋は爪の形をくっきり見せ、手首の肉を強く締めつけている。レースの飾り、ダイヤのブローチ、ロケットのついたブレスレットなどが、それぞれ、胴着に震え、胸にきらめき、露わな腕で音を立てる。ぴったり額につけて首筋に束ねた髪には、わすれな草やジャスミンや柘榴ざくろの花、麦の穂や矢車菊が、輪状わなりに、総状ふさなりに、あるいは技状えだなりにして挿してある。穏かに席におさまっているむつかしい顔の母親連は流行遅れの赤いターバンを巻いていた。
踊りの相手に指先をとらせて列につき、今か今かとヴァイオリンの弾き出しを待つ間、エンマの胸はかすかにときめいた。しかしやがて興奮は消え、彼女は管弦楽のリズムに合わせて身体を揺すり、軽く首を振りながら滑り出た。ほかの楽器が鳴りやんでも、時どきひとりで弾き続けるヴァイオリンの音を聞くと、つい微笑が口もとに浮かんでくる。次の間の競技卓の敷物の上へ金貨をぶちまける冴えた響きが聞こえる。やがてまた、全体が一度に調子づき、コルネットは朗々と鳴りひびき、足はまた拍子をとり始め、裳裾もすそは膨れて軽やかに触れ、手は組み合わされてはまた離れ、ときに相手からそれて伏し眼になるその同じ眼は、次には相手の眼にじっと注がれるのであった。
二十五から四十ぐらいまでの男が十五人ばかり、踊り手の中に交じったり、扉口で立ち話をしたりしているのが、年格好、衣裳、容貌は違っていても、どこかに似通うところがあって、人群れの中でも際立っていた。
服は他の人びとよりも仕立てがよく、生地も一段と柔らかに見える。こめかみのほうへカールさせた髪の毛は、一段と上等のポマードで光らせたらしい。彼らはいかにも裕福そうな顔色をしていた。それは磁器の仄かな色、繻子しゆす地の光沢、立派な調度のニスの光に映えていっそう引き立つ白さ、山海の珍味をほどよく摂って健康を保っている白さであった。音は低く結んだネクタイの上に自在に回り、長い頬髭は折り返した襟の上に垂れている。大きい頭文字を縫いとったハンカチで口もとを拭き、そのハンカチからは甘美な匂いがする。初老の人たちには反って若々しいところがあり、青年の顔にはどこかこう成熟したというところが見える。彼らのなげやりな眼付きには、欲情の日毎に満たされている結果の落着きが漂っている。また、彼らの柔らかな物腰にもかかわらず、一種独特の残忍性が閃ひらめいてもいる。それは純血種の馬を操縦したり、放縦な女と付合ったりするような、自然そこで彼らの力も練れ、自惚れも満たされるといった、手応てごたえがあって無いような事柄を苦もなくやってしまうところから来るものなのだ。
エンマから三歩ばかりのところに、青い服を着た踊り手がひとり、真珠の首飾りをつけた蒼白い顔の若い女とイタリアの話をしていた。ローマのサン・ピエトロ寺院の柱の太さ、ティヴォリの町の瀑布ばくふ、ヴェスヴィオ火山、カステルラマレ温泉場、フィレンツェのカシーヌ遊歩場、ジェノアの薔薇や、また月光を浴びたコロッセウムのことなどを、二人してしきりに讃美していた。エンマのもう一方の耳には、わけの分からぬ言葉だらけの話が聞こえてくる。先週、『ミス・アラベル』と『ロミュリュス』を破り、イギリスの障害で溝を跳び越して千ルイ儲けたという、まだごく若い男をみんなで取り巻いていた。持ち馬が肥ってきて困るという者もあれば、誤植されたために自分の馬の名がへんてこになったとこぼす者もあった。
舞踏場の空気はよどみ、火影は朦朧もうろうとなってゆく。そこでビリヤード室へ引き上げる。家僕がひとり、換気のため、椅子に上って窓ガラスを二枚叩き割った。そのガラスの音に、ボヴァリー夫人は振り向いた。すると、窓ガラスにくっついて、庭からこちらを見つめている百姓どもの顔が目についた。ベルトーの思い出が胸に浮かんできた。農場や泥沼や、仕事着を着てリンゴの木の下に立っている父親の姿、それから、昔のように、搾乳場の中で、鉢に入れた牛乳から乳皮を指ですくっている自身の姿も見えた。しかし現在のこの激しい稲妻に照らされると、今まではっきりしていた過去の生活はみんな消え失せて、実際にそんな生活をしたのかさえも怪しくなった。エンマはじっと佇んだ。今はただこの舞踏室のみを残して、周り一面には闇が立ちこめているのだ。エンマは桜酒マラスキノ入りのアイスクリームをたべた。彼女は金メッキした銀製の貝型皿コキーユを左手に持ち、匙をくわえて、眼を半ば閉じていた。
そばで婦人が扇を落とした。ひとりの踊り手がちょうどそこを通りかかった。
「わたしの扇を拾っていただけませんこと、この長椅子の後ろなんですけれど」とその婦人が言った。
Le monsieur s'inclina, et, pendant qu'il faisait le mouvement d'étendre son bras, Emma vit la main de la jeune dame qui jetait dans son chapeau quelque chose de blanc, plié en triangle. Le monsieur, ramenant l'éventail, l'offrit à la dame respectueusement; elle le remercia d'un signe de tête et se mit à respirer son bouquet.
Après le souper, où il y eut beaucoup de vins d'Espagne et de vins du Rhin, des potages à la bisque et au lait d'amandes, des puddings à la Trafalgar et 71toutes sortes de viandes froides avec des gelées autour qui tremblaient dans les plats, les voitures, l'une après l'autre, commencèrent à s'en aller. En écartant le coin du rideau de mousseline, on voyait glisser dans l'ombre la lumière de leurs lanternes. Les banquettes s'éclaircirent; quelques joueurs restaient encore; les musiciens rafraîchissaient sur leur langue le bout de leurs doigts; Charles dormait à demi, le dos appuyé contre une porte.
A trois heures du matin, le cotillon commença. Emma ne savait pas valser. Tout le monde valsait, Mlle d'Andervilliers elle-même et la marquise; il n'y avait plus que les hôtes du château, une douzaine de personnes à peu près.
Cependant, un des valseurs, qu'on appelait familièrement le «Vicomte» et dont le gilet très ouvert semblait moulé sur la poitrine, vint une seconde fois encore inviter Mme Bovary, l'assurant qu'il la guiderait et qu'elle s'en tirerait bien.
Ils commencèrent lentement, puis allèrent plus vite. Ils tournaient; tout tournait autour d'eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet, comme un disque sur un pivot. En passant auprès des portes, la robe d'Emma, par le bas, se collait au pantalon; leurs jambes entraient l'une dans l'autre; il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui; une torpeur la prenait, elle s'arrêta. Ils repartirent, et, d'un mouvement plus rapide, le Vicomte, l'entraînant, disparut avec elle jusqu'au bout de la galerie où, haletante, elle faillit tomber, et, un instant, s'appuya la 72tête sur sa poitrine. Et puis, tournant toujours, mais plus doucement, il la reconduisit à sa place; elle se renversa contre la muraille et mit la main devant ses yeux.
Quand elle les rouvrit, au milieu du salon une dame assise sur un tabouret avait devant elle trois valseurs agenouillés. Elle choisit le Vicomte, et le violon recommença.
On les regardait. Ils passaient et revenaient, elle immobile du corps et le menton baissé, et lui toujours dans sa même pose, la taille cambrée, le coude arrondi, la bouche en avant. Elle savait valser, celle-là! Ils continuèrent longtemps et fatiguèrent tous les autres.
On causa quelques minutes encore, et, après les adieux ou plutôt le bonjour, les hôtes du château s'allèrent coucher.
Charles se traînait à la rampe, les genoux lui rentraient dans le corps. Il avait passé cinq heures de suite, tout debout devant les tables, à regarder jouer au whist sans y rien comprendre. Aussi poussa-t-il un grand soupir de satisfaction lorsqu'il eut retiré ses bottes.
Emma mit un châle sur ses épaules, ouvrit la fenêtre et s'accouda.
La nuit était noire. Quelques gouttes de pluie tombaient. Elle aspira le vent humide qui lui rafraîchissait les paupières. La musique du bal bourdonnait à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l'illusion de cette vie luxueuse qu'il lui faudrait tout à l'heure abandonner.
Le petit jour parut. Elle regarda les fenêtres du château, longuement, tâchant de deviner quelles étaient les chambres de tous ceux qu'elle avait remarqués la veille. Elle aurait voulu savoir leurs existences, y pénétrer, s'y confondre.
Mais elle grelottait de froid. Elle se déshabilla et se blottit entre les draps, contre Charles qui dormait.
Il y eut peu de monde à déjeuner. Le repas dura dix minutes; on ne servit aucune liqueur, ce qui étonna le médecin. Ensuite Mlle d'Andervilliers ramassa des morceaux de brioche dans une bannette, pour les porter aux cygnes sur la pièce d'eau; et on s'alla promener dans la serre chaude où des plantes bizarres, hérissées de poils, s'étageaient en pyramides sous des vases suspendus, qui, pareils à des nids de serpents trop pleins, laissaient retomber de leurs bords de longs cordons entrelacés. L'orangerie, que l'on trouvait au bout, menait à couvert jusqu'aux communs du château. Le marquis, pour amuser la jeune femme, la mena voir les écuries. Au-dessus des râteliers en forme de corbeilles, des plaques de porcelaine portaient en noir le nom des chevaux. Chaque bête s'agitait dans sa stalle, quand on passait près d'elle en claquant de la langue. Le plancher de la sellerie luisait à l'œil comme le parquet d'un salon. Les harnais de voiture étaient dressés dans le milieu sur deux colonnes tournantes, et les mors, les fouets, les étriers, les gourmettes, rangés en ligne tout le long de la muraille.
Charles, cependant, alla prier un domestique d'atteler 74son boc. On l'amena devant le perron, et, tous les paquets y étant fourrés, les époux Bovary firent leurs politesses au marquis et à la marquise, et repartirent pour Tostes.
Emma, silencieuse, regardait tourner les roues. Charles, posé sur le bord extrême de la banquette, conduisait, les deux bras écartés, et le petit cheval trottait l'amble, dans les brancards, qui étaient trop larges pour lui; les guides molles battaient sur sa croupe en s'y trempant d'écume, et la boîte ficelée derrière le boc donnait contre la caisse de grands coups réguliers.
Ils étaient sur les hauteurs de Thibourville, lorsque devant eux, tout à coup, des cavaliers passèrent en riant, avec des cigares à la bouche. Emma crut reconnaître le Vicomte; elle se détourna et n'aperçut à l'horizon que le mouvement des têtes s'abaissant et montant, selon la cadence inégale des trots ou du galop.
Un quart de lieue plus loin, il fallut s'arrêter pour raccommoder, avec de la corde, le reculement qui était rompu.
Charles, donnant au harnais un dernier coup d'œil, vit quelque chose par terre, entre les jambes de son cheval, et il ramassa un porte-cigares tout brodé de soie verte et blasonné à son milieu comme la portière d'un carrosse.
—Il y a même deux cigares dedans, dit-il; ce sera pour ce soir, après dîner.
—Tu fumes donc? demanda-t-elle.
—Quelquefois, quand l'occasion se présente.
Il mit sa trouvaille dans sa poche et fouetta le bidet.
Quand ils arrivèrent chez eux, le dîner n'était point prêt. Madame s'emporta. Nastasie répondit insolemment.
—Partez! dit Emma. C'est se moquer, je vous chasse.
Il y avait, pour dîner, de la soupe à l'oignon, avec un morceau de veau à l'oseille. Charles, assis devant Emma, dit en se frottant les mains d'un air heureux:
—Cela fait plaisir de se retrouver chez soi.
On entendait Nastasie qui pleurait. Il aimait un peu cette pauvre fille. Elle lui avait tenu société pendant bien des soirs, dans les désœuvrements de son veuvage. C'était sa première pratique, sa plus ancienne connaissance du pays.
—Est-ce que tu l'as renvoyée pour tout de bon? dit-il enfin.
—Oui. Qui m'en empêche? répondit-elle.
Puis ils se chauffèrent dans la cuisine, pendant qu'on apprêtait leur chambre. Charles se mit à fumer. Il fumait en avançant les lèvres, crachant à toute minute, se reculant à chaque bouffée.
—Tu vas te faire mal, dit-elle dédaigneusement.
Il déposa son cigare et courut avaler, à la pompe, un verre d'eau froide. Emma, saisissant le porte-cigares, le jeta vivement au fond de l'armoire.
La journée fut longue, le lendemain! Elle se promena dans son jardinet, passant et revenant par les 76mêmes allées, s'arrêtant devant les plates-bandes, devant l'espalier, devant le curé de plâtre, considérant avec ébahissement toutes ces choses d'autrefois qu'elle connaissait si bien. Comme le bal déjà lui semblait loin! Qui donc écartait, à tant de distance, le matin d'avant-hier et le soir d'aujourd'hui? Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses, qu'un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes. Elle se résigna pourtant; elle serra pieusement dans la commode sa belle toilette et jusqu'à ses souliers de satin, dont la semelle s'était jaunie à la cire glissante du parquet. Son cœur était comme eux. Au frottement de la richesse, il s'était placé dessus quelque chose qui ne s'effacerait pas.
Ce fut donc une occupation pour Emma que le souvenir de ce bal. Toutes les fois que revenait le mercredi, elle se disait en s'éveillant: «Ah! il y a huit jours... il y a quinze jours... il y a trois semaines, j'y étais.» Et, peu à peu, les physionomies se confondirent dans sa mémoire; elle oublia l'air des contredanses, elle ne vit plus si nettement les livrées et les appartements; quelques détails s'en allèrent, mais le regret lui resta.
紳士は身をかがめた。そして腕を伸ばそうとしている間に、その若い婦人の手から紳士の帽子の中へ、三角に折った白いものの入れられるのをエンマは見た。紳士は扇を拾い上げて、恭々うやうやしく婦人に差し出した。彼女は会釈をして花束を嗅ぎ始めた。
夜食の後、——夥おびただしいスペインの酒やラインの酒、海老と巴旦杏アーモンド汁の入ったスープ、皿の中で震えているジェリーに囲まれたトラファルガー・プディングやとりどりの冷肉、——こうしたものが出たあとで、馬車はぼつぼつ帰り始めた。モスリンの窓掛けの片隅をあけると、ランプの灯が闇を滑ってゆくのが見える。長椅子の人影も疎まばらになった。勝負事をする連中がまだ幾人いくたりか残っていた。楽師たちは指先を舌にあてて冷やしていた。シャルルは扉にもたれてうとうとしていた。
午前三時にコチヨン舞踊が始まった。エンマはワルツが踊れなかった。ほかの人たちは、ダンデルヴィリエ嬢をはじめ侯爵夫人も、みんな踊った。居残ったのはおよそ十二人ばかり、館に泊まるものだけだった。
ところが、みんなから親しく、『子爵』とだけで呼ばれているワルツの踊り手で、胸の大きく開いたチョッキの、胸にぴったり合ったのを着た人が、わたしがリードしますからうまくやれますよと安心させるように言って、またもボヴァリー夫人を誘いにきた。
静かに踊り始めた二人は徐々に速くなって行き、ぐるぐる回った。周りのものがみな回った。ランプも、家具も、壁板も、床も、まるで軸を心にして回る円盤のように。扉のそばを通るとき、エンマの裳裾が相手のズボンにまつわった。足が絡む。相手はエンマを見おろし、エンマは見上げる。気が遠くなって、彼女は立ち止まった。二人はまた踊り出す。子爵はなおも速度をはやめて、彼女を引っぱり、廊下の端へ一緒に姿を消した。エンマは息がはずんで、倒れそうになり、一瞬、男の胸に頭を寄せた。やがて子爵はまた旋回をつづけながら、しかしぐっと速度を緩めながら、エンマを元いた席へ連れ戻した。彼女はぐったり壁へのけぞり、手で眼を蔽った。
眼をあけると、客間サロンの中央、床几に掛けている婦人の前に、踊り手が三人跪ひざまずいている。婦人は子爵を選んだ。と、ヴァイオリンがまた始まる。
眼はこの二人に注がれた。二人は往きつ戻りつする。婦人は体をしゃんとして顎を引き、男は相変わらずの姿勢で、腰を反らし、肱をまるくして、口を前へつき出している。その婦人のワルツのうまさ! 二人は長い間踊って、見ている人を疲らせた。
それからなおしばらくは雑談が交わされた。そしてお寝やすみ、というよりは朝の挨拶を交わしてから、泊まる人たちは寝室に入った。
シャルルは階段の手摺りにつかまって、足を引きずり引きずり昇ってゆく。膝が『胴のなかへめり込みそう』だ。彼は競技の前に立ったまま五時間もぶっとおしで、ホイストをやっているのを、わけわからずに見ていたのである。それで、やっと長靴を脱ぐと、彼は満足そうな太い溜息をひとつ吐いた。
エンマはショールを肩にかけ、窓を開いて肱をついた。
闇夜であった。しとしと雨が降っていた。エンマは瞼まぶたに冷ひいやりあたるしっとりした空気を吸い込んだ。舞踊の楽の音はまだ耳もとで鳴っている。エンマはすぐにも見棄てねばならぬこの豪華な生活の幻を見つづけるために、なんとかして眠らないでいようとした。
夜は白み初そめた。エンマは昨日見た人たちの部屋はどれであろうと、館の方々の窓をいつまでも眺めていた。あの人たちの生活を知り、そこへ入りこんで、一緒になってしまいたかったのだ。
しかし彼女は寒さに震えていた。着物を脱いでシーツの間にもぐり、眠っているシャルルに寄りそって丸くなった。
午餐には大勢の人が出た。食事は十分間で済んだ。リキュールが出ないので医者は驚いた。それからダンデルヴィリエ嬢が菓子麺麭ブリオシユの欠片かけらを小さい籠かごに拾って、池の白鳥にやりにいった。一同はぶらぶら温室の中へ行った。逆毛を立てた奇怪な植物がピラミッド型に重なり合い、その上には植木鉢が吊り下げてあって、まるで蛇の巣に蛇がいっぱいいるように、絡み合った色の長い紐なりのものがその縁からぶら下っている。オレンジ栽培室はいちばん奥にあって、そこから屋根伝いに本館のつづきまで行けるようになっていた。侯爵はエンマへのお愛想に厩うまやを見せに連れていった。仕切りの角すみにとりつけた籠なりの秣まぐさ棚だなの上には、陶器の板に黒文字で馬の名が書いてある。舌打ちしながらそばを通ると、どの馬も仕切りの中でごとごと動いた。馬具部屋の床は客間の立派な床のように光って見えた。馬車用の馬具類は、部屋の中の二本の回転柱にきちんと掛けてあった。轡くつわや、鞭や、鐙あぶみや、轡鎖くつわぐさりなどは壁にそって、一列に並んでいた。
シャルルはその間に、館の召使のところへ行って、『軽馬車ボツク』に馬を付けてくれと頼んだ。馬車は玄関の石段の前へ回わされた。すっかり荷物が詰めこまれると、ボヴァリー夫妻は侯爵と侯爵夫人に挨拶し、トストを指して出発した。
エンマはおし黙って、車輪の回るのを見つめていた。シャルルは腰掛けのいちばん端に座り、腕をひろげて馬を馭した。小馬は不相応にただっ広い轅ながえの中で跑足だくを踏んでゆっくり走った。たるんだ手綱は小馬の尻にあたっては汗に染しんだ。そうして『軽馬車ボツク』の後ろに結ゆわえたトランクは車体にぶつかり、同じ間をおいては大きな音を立てていた。
チブールヴィルの高みにさしかかったとき、乗馬の人が数人、葉巻をくわえて、笑いながら、突然前方を通り過ぎた。エンマは子爵の姿を見かけたように思った。振り返ると、眼路の果てに、遠歩か駆歩か、思い思いの歩調のまにまに、頭の上下するのが見えるばかりであった。
十町ほど行ったところで、切れた鞦しりがいを綱で繕うために、車を停めることになった。
ところで、シャルルは、馬具を最後に改める拍子に、なにか馬の脚の間に落ちているのに気がついた。彼は葉巻入れを拾った。その中には、ちょうど贅ぜいをつくした幌付四輪馬車の扉みたいに、定紋が打ってあった。
「おまけに葉巻が二本入っている」と彼は言った。「今晩、食後にやってみるか」
「まあ煙草をお吸いになるの?」と彼女は訊いた。
「ときどきはね、おりがあると」
彼はこの見つけものをポケットに入れ、小馬に一鞭あてた。
家へ帰ると、晩飯の仕度したくがまるで出来ていなかった。奥様はかっとなった。ナスタジーは横着に口答えした。
「出て行きなさい! ひとを馬鹿にして、お払い箱だよ」とエンマは言った。
晩飯は玉葱たまねぎのスープと酸模すかんぽをあしらった仔牛の肉。シャルルはエンマの向かいに座って、嬉しそうに揉み手をしながら言った。
「やっぱり家はいいなあ!」
ナスタジーの泣いているのが聞こえてくる。シャルルはこの女がちょっと好きだった。以前、やもめ暮らしの徒然つれづれのおり、この女は幾晩も話し相手になってくれた。この土地ではこれが最初の患者で、いちばん古い馴染なじみだった。
「お前、本当に暇を出したのかい?」と彼はとうとう切り出した。
「ええ、それがどうかしたの?」と彼女は答えた。それから、部屋の用意ができる間、彼らは炊事場で暖をとった。シャルルは葉巻を吸い出した。一分ごとにぺっぺっと唾を吐き、煙を吹き出すたびに後退りしながら、口を尖らして吸うのだった。
「苦しくなりますよ」とエンマは鼻のさきで言った。
彼は葉巻を置いて、冷たい水を飲みにポンプのほうへ走って行った。エンマは葉巻入れを引っつかんで、さっと戸棚の奥へ投げ込んだ。
その翌日の日の長かったこと! エンマは家の小さい庭を歩き回った。同じ小径こみちを往ったり来たり、花壇の前や、果樹墻の前や、坊様の石膏像の前に立ち止まっては、どれもこれも昔からある馴染なじみのものをいまさら驚いて眺めるのだった。あの舞踏会はまるで遠い昔のことのようだ! 一昨日の朝と今日の夕方を、いったい誰がこんなに遠く隔ててしまったのか? ヴォビエサール行きは、ちょうど暴風雨が一夜のうちに、山に大きな亀裂を拵こしらえるように、彼女の生活の中に穴を明けてしまったのだ。しかしエンマは諦めた。彼女は美しい衣裳、それに繻子しゆすの靴まで、大事に箪笥たんすへしまいこんだ。靴の底はあの床に塗ってあった滑らかな蠟ろうのために黄色く染まっていたのだ。エンマの心もこの靴同様、豪奢ごうしやというものの摩擦にあって、そこにある消しがたいものがこびりついたのである。
こういうわけで、あの舞踏会を回想することがエンマにとっては一つの仕事になった。水曜日がくる度に、彼女は朝の眼覚めに独りごとを言う。『ああ、一週間前には……二週間前には三週間前には、あそこにいたんだ!』そのうち徐々に、人びとの顔が記憶の中でごっちゃになった。カドリーユの曲も忘れてしまった。家僕のお仕着せや部屋の様子もそうはっきりとは眼に浮かばなくなった。こまごましたものは消え去って、ただ遣瀬やるせない想いだけが残るのだった。
IX
Souvent, lorsque Charles était sorti, elle allait prendre dans l'armoire, entre les plis du linge où elle l'avait laissé, le porte-cigares en soie verte.
Elle le regardait, l'ouvrait, et même elle flairait l'odeur de sa doublure, mêlée de verveine et de tabac. A qui appartenait-il?... au Vicomte. C'était peut-être un cadeau de sa maîtresse? On avait brodé cela sur quelque métier de palissandre, meuble mignon que l'on cachait à tous les yeux, qui avait occupé bien des heures, et où s'étaient penchées les boucles molles de la travailleuse pensive. Un souffle d'amour avait passé parmi les mailles du canevas; chaque coup d'aiguille avait fixé là une espérance ou un souvenir; et tous ces fils de soie entrelacés n'étaient que la continuité de la même passion silencieuse. Et puis, le Vicomte, un matin, l'avait emporté avec lui. De quoi avait-on parlé, lorsqu'il restait sur les cheminées à large chambranle, entre les vases de fleurs et les pendules Pompadour? Elle était à Tostes. Lui, il était à Paris, maintenant; là-bas! Comment était-ce Paris? Quel nom démesuré! Elle se le répétait à demi-voix, pour se faire plaisir; il sonnait à ses oreilles comme un bourdon de cathédrale; il flamboyait à ses yeux, jusque sur l'étiquette de ses pots de pommade.
La nuit, quand les mareyeurs, dans leurs charrettes, passaient sous ses fenêtres en chantant la Marjolaine, elle s'éveillait; et, écoutant le bruit des roues ferrées, qui, à la sortie du pays, s'amortissait sur la terre: «Ils y seront demain», se disait-elle. Et elle les suivait dans sa pensée, montant et descendant les côtes, traversant les villages, filant sur la grande route à la clarté des étoiles. Mais au bout d'une distance indéterminée, il se trouvait toujours une place confuse où expirait son rêve.
Elle s'acheta un plan de Paris, et, du bout de son doigt, sur la carte, elle faisait des courses dans la capitale. Elle remontait les boulevards, s'arrêtant à chaque angle, entre les lignes des rues, devant les carrés blancs qui figurent les maisons. Les yeux fatigués à la fin, elle fermait ses paupières, et elle voyait dans les ténèbres se tordre au vent des becs de gaz, avec des marchepieds de calèches qui se déployaient à grand fracas, devant le péristyle des théâtres.
Elle s'abonna à la Corbeille, journal des femmes, et au Sylphe des salons. Elle dévorait, sans rien passer, tous les comptes rendus de premières représentations, de courses et de soirées, s'intéressait aux débuts d'une chanteuse, à l'ouverture d'un magasin. Elle savait les modes nouvelles, l'adresse des bons tailleurs, les jours de Bois ou d'Opéra. Elle étudia dans Eugène Sue des descriptions d'ameublement; elle lut Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour ses convoitises personnelles. A table même, elle apportait son livre, et elle tournait les feuillets, pendant 79que Charles mangeait en lui parlant. Le souvenir du Vicomte revenait toujours dans ses lectures. Entre lui et les personnages inventés, elle établissait des rapprochements. Mais le cercle dont il était le centre peu à peu s'élargit autour de lui, et cette auréole qu'il avait, s'écartant de sa figure, s'étala plus au loin, pour illuminer d'autres rêves.
Paris, plus vague que l'Océan, miroitait donc aux yeux d'Emma dans une atmosphère vermeille. La vie nombreuse qui s'agitait en ce tumulte y était cependant divisée par parties, classée en tableaux distincts. Emma n'en apercevait que deux ou trois, qui lui cachaient tous les autres et représentaient à eux seuls l'humanité complète. Le monde des ambassadeurs marchait sur des parquets luisants, dans des salons lambrissés de miroirs, autour de tables ovales couvertes d'un tapis de velours à crépines d'or. Il y avait là des robes à queue, de grands mystères, des angoisses dissimulées sous des sourires. Venait ensuite la société des duchesses: on y était pâle; on se levait à quatre heures; les femmes, pauvres anges! portaient du point d'Angleterre au bas de leurs jupons, et les hommes, capacités méconnues sous des dehors futiles, crevaient leurs chevaux par partie de plaisir, allaient passer à Bade la saison d'été, et vers la quarantaine enfin épousaient des héritières. Dans les cabinets de restaurants où l'on soupe après minuit, riait à la clarté des bougies la foule bigarrée des gens de lettres et des actrices. Ils étaient, ceux-là, prodigues comme des rois, pleins d'ambitions idéales et de délires fantastiques. C'était 80une existence au-dessus des autres, entre ciel et terre, dans les orages, quelque chose de sublime. Quant au reste du monde, il était perdu, sans place précise, et comme n'existant pas. Plus les choses d'ailleurs étaient voisines, plus sa pensée s'en détournait. Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au delà s'étendait à perte de vue l'immense pays des félicités et des passions. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du cœur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment. Ne fallait-il pas à l'amour, comme aux plantes indiennes, des terrains préparés, une température particulière? Les soupirs au clair de lune, les longues étreintes, les larmes qui coulent sur les mains qu'on abandonne, toutes les fièvres de la chair et les langueurs de la tendresse ne se séparaient donc pas du balcon des grands châteaux qui sont pleins de loisirs, d'un boudoir à stores de soie, avec un tapis bien épais, des jardinières remplies, un lit monté sur une estrade, ni du scintillement des pierres précieuses et des aiguillettes de la livrée.
Le garçon de la poste, chaque matin, qui venait panser la jument, traversait le corridor avec ses gros sabots; sa blouse avait des trous; ses pieds étaient nus dans des chaussons. C'était là le groom en culotte courte dont il fallait se contenter! Quand son ouvrage était fini, il ne revenait plus de la journée, car Charles, 81en rentrant, mettait lui-même son cheval à l'écurie, retirait la selle et passait le licou, pendant que la bonne apportait une botte de paille et la jetait, comme elle le pouvait, dans la mangeoire.
Pour remplacer Nastasie (qui partit enfin de Tostes en versant des ruisseaux de larmes), Emma prit à son service une jeune fille de quatorze ans, orpheline et de physionomie douce. Elle lui interdit les bonnets de coton, lui apprit qu'il fallait vous parler à la troisième personne, apporter un verre d'eau dans une assiette, frapper aux portes avant d'entrer, et à repasser, à empeser, à l'habiller, voulut en faire sa femme de chambre. La nouvelle bonne obéissait sans murmure pour n'être point renvoyée; et comme Madame, d'habitude, laissait la clef au buffet, Félicité, chaque soir, prenait une petite provision de sucre qu'elle mangeait toute seule, dans son lit, après avoir fait sa prière.
L'après-midi, quelquefois, elle allait causer en face avec les postillons. Madame se tenait en haut, dans son appartement.
Elle portait une robe de chambre tout ouverte, qui laissait voir, entre les revers à châle du corsage, une chemisette plissée avec trois boutons d'or. Sa ceinture était une cordelière à gros glands, et ses petites pantoufles de couleur grenat avaient une touffe de rubans larges, qui s'étalait sur le cou-de-pied. Elle s'était acheté un buvard, une papeterie, un porte-plume et des enveloppes, quoiqu'elle n'eût personne à qui écrire; elle époussetait son étagère, se regardait dans la glace, prenait un livre, puis, rêvant entre les lignes, le laissait 82tomber sur ses genoux. Elle avait envie de faire des voyages, ou de retourner vivre à son couvent. Elle souhaitait à la fois mourir et habiter Paris.
シャルルが診察に出掛けてしまうと、エンマはよく箪笥たんすのところへ行って、かねて隠し場所にしておいた麻地の折目の間から、あの縁の絹の葉巻入れをとり出した。
彼女はじっと眺めて、開けてみる。馬鞭草くまつづらの香りと煙草の香りの混じった裏地の匂いまでも嗅いでみる。これは誰の物?……きっと子爵様のだ。恋人からの贈物かもしれない。これは紫檀したんの刺繍台で縫いとりしたものだ。あの誰にも見せない可愛い道具の刺繍台。長い時間も苦にさせないあの可愛い道具。そう、その上には、思いをこめて縫いとる女ひとの、柔らかい巻き毛も乱れかかったことだろう。恋の息吹が布地きれじの目のあいだを通ったのだ。刺す一針一針に、希望や追憶がそこに縫いとめられている。そしてこの絡み合った絹織はみんな、とりもなおさず、ただ一筋につづいてゆく変わらぬ無言の情熱なのだ。さて、ある朝のこと、子爵様はこれを持ってお出掛けになった。そして、広い飾り棚のついた暖炉の上、花瓶とポンパドゥール好みの置き時計の間に、これを戴のっけておかれたその間、お二人はなにを語り合われたことだろう。わたしはトストにいる。あの方は今パリにおいでだ。遠いパリに! パリはいったいどんな所だろう。パリ! なんという壮大な名! 彼女はその名を小声で繰り返しては楽しんだ。それは伽藍の大釣鐘のように殷々と彼女の耳に響きわたり、彼女の眼の前では、ポマード入れのレッテルの上でさえ燦然と輝くのであった。
夜、魚屋が荷車に乗って『マヨラナ花』の唄を歌いながら窓の下を通って行くと、彼女は眼を覚ました。そして、鉄の輪をはめた車輪の響きが、石を敷いたこの町を出はずれると、すぐ土の上で鈍くなるのに耳傾けて、『あの人たちは明日はパリに入るのだ。』と独り言をした。
そしてエンマは空想の中で、その人たちの跡を追い、丘を登り、丘を降り、村々を横ぎり、星明かりをたよりに街道筋を走って行く。しかしある距離まで行くと、必らず朦朧もうろうとした場所があって、そこで夢は儚はかなく果てるのだ。
彼女はパリの地図を買った。指先で図面を辿たどりながら、都中を方々駈け回った。ひとつびとつの町角、通り通りの線すじと線の間、家を示す白い四角の前に立ちどまりながら、大通り広小路をのぼって行く。しまいに眼が疲れてくると、瞼まぶたを閉じる。すると、ガス燈の焔が風に激しく揺らめくのや、劇場の柱廊の前で馬車の踏段が騒々しく下ろされるのなどが、闇の中に見えるのだった。
彼女は『籠』という婦人新聞や『客間サロンの精』を購とった。芝居の初演、競馬、夜などの記事は、ひとつ残さず貪むさぼり読み、女歌手の初舞台や商店の店開きなどに興味を持った。最新の流行や、一流裁縫師の所番地、ブローニュの森やオペラ座の社交日を知っていた。ユジェーヌ・シューの小説で、家具調度の描写を研究したり、バルザックやジョルジュ・サンドを読んで、自分の渇望の空想的な充足を求めたりした。食事のときにも本を持ってきて、シャルルが食べながら話しかけても、ページをめくりまわすのだ。子爵の思い出がいつも読書の中に帰ってきた。子爵と作中の人物とを結びつけて考える。しかし子爵を中心とする円は次第に大きくなり、彼の背負っている後光は顔から離れて、はるかに大きく広がりながら、ほかの夢々を照らしたのである。
パリは大海原おおうなばらよりまだ広く、朱色の雰囲気につつまれて彼女の眼にきらめいた。この雑鬧ざつとうに波立つ夥しい生活は、しかしそこでは数個に分割され、別々の齣こまに整理されていた。エンマにはそのうちのただ二三しか見ることができず、この二三が他のすべてを隠してしまい、それだけで人間社会の全体を代表していた。大使たちの前では、人びとは鏡を張りつめたサロンの中、金総きんぶさつきの天鵞絨びろうどを掛けた卵形の卓の周り、ぴかぴか光る床の上を歩いている。そこには裾を曳く衣裳の群れ、大きな秘密、微笑に秘めた悩みがある。その次は公爵夫人たちの社会。そこでは人びとの顔は青ざめている。午後の四時に床を起き出す。この女ひとたちは、ああ、なんと! ペチコートの裾にも高価なイギリス・レースの笹縁をつけている。軽佻けいちよう浮薄な外見に禍されて、持ち前の才能を認められない男たちは、遠乗りごとに馬を乗りつぶす。夏はバーデンに署さを避け、四十になってようやく金持ちの跡取り娘と結婚する。夜半よわ過ぎて夜食のとれる旗亭の別室には、文士や女優の色とりどりの群れがロウソクの光のもとで笑いさざめく。文人たちは王侯のように贅ぜいをきわめ、夢のような野望と幻のような狂熱に満たされている。それは他のものの上に抽ぬきんでて、天地の間、暴風雨あらしの中なる生活、崇高な何物かであった。その他の世界は、確たる場所もなく、また存在してもいないかのように、全く影を秘ひそめているのだ。のみならず、エンマの考えは、物が身近にあればあるほど、それらのものから逸それてゆく。じかに彼女をとり巻くもの、退屈な田舎や、愚劣な小市民や、生活の平凡さは、この世ではひとつの例外、特に自分だけの囚われているひとつの偶然と思われる一方、彼方には、幸福と情熱の茫漠たる国士が眼路めじはるかに広がっているのである。エンマは自分の欲望のなかで、贅沢ぜいたくによる官能の満足と心の喜びを混同し、挙措きよその優雅と感情の繊細を混同していた。ちょうどインドの植物のように、恋愛にもまたあらかじめ用意された土地と特殊な気候が必要なのではないのだろうか。月下の溜息も長い抱擁も、棄てられたひとの手につたう涙も、すべての肉の焦燥も恋の悩みも、それだからこそ、長閑のどかな館のバルコニーや、分厚い絨毯じゆうたんを敷きつめ、百花繚乱の盆栽台をおき、寝台を上段の間におさめた絹の帳とばりの閨房や、また宝石の耀きや、家僕の飾緒モールのきらびやかさなどと切り離すことは出来ないのであった。
毎朝、馬の手入れにくる宿場の若者は、大きな木靴をつっかけて廊下を横ぎってゆく。仕事着は穴だらけ、素足に布靴を穿いているが、これがさしずめ、彼女にとっては、半ズボンの馬丁というところである! 若者は仕事を済ますとその日はそれきりやって来ない。というのは、シャルルはよそから帰ってくると、自分で厩うまやに馬を入れ、鞍も外し、首綱もかけたし、女中は女中で、藁束を運んで来ては、どうにかこうにか飼い葉桶の中へ投げこんだからである。
ナスタジーの代わりに(彼女は泣きの涙でとうとうトストを後にしたのだ)、エンマは十四になる孤児の、顔立ちのやさしい娘を雇い入れた。エンマはこの娘に木綿頭巾ずきんを禁じ、旦那様、奥様と呼びかけること、水のコップは皿に載せて持ってくること、入る前にはノックすること、そのほか、アイロンのかけ方、糊のりのつけ方、衣裳の着せ方などを教えこんで、これを自分の小間使いに仕立てようとした。新参の女中は暇を出されないように、言われることはよく聞いた。ところが奥様はいつも茶箪笥だんすの鍵を放り出しておかれるので、フェリシテは毎晩砂糖を少々盗み出しては、お祈りを済ませてから、寝床の中でこっそり舐めた。
午後になると、女中は時どき馭者仲間とおしゃべりに向かいへ出かけた。奥様は二階の居間でじっとしていた。
エンマは胸の大きく開いた部屋着を着ていた。胴着のショール式飾縁フエシンノの間から、金ボタンの三つ付いた、襞のあるセミゼットが覗いて見える。帯は大きい総ふさのついた絹紐で、ガーネット色の小さな上部には、幅広のリボンがいくつも総なりに付いていて、それは足首の上にひろがっている。また彼女は別に誰に出すというあてもないのに、吸取紙や書簡箋やペン軸や封筒を買っておいた。飾棚の塵を払い、姿見に姿を映し、本をとり出し、行間に夢を描きながら、ついうっかり膝の上にとり落とす。旅行がしてみたくなったり、修道院に帰りたくなったりする。死んでみたくもなったし、またパリに住んでみたくもなった。
Charles, à la neige et à la pluie, chevauchait par les chemins de traverse. Il mangeait des omelettes sur la table des fermes, entrait son bras dans des lits humides, recevait au visage le jet tiède des saignées, écoutait les râles, examinait des cuvettes, retroussait bien du linge sale; mais il trouvait tous les soirs un feu flambant, la table servie, des meubles souples, et une femme en toilette fine, charmante et sentant frais, à ne savoir même d'où venait cette odeur, ou si ce n'était pas sa peau qui parfumait sa chemise.
Elle le charmait par quantité de délicatesses; c'était tantôt une manière nouvelle de façonner pour les bougies des bobèches de papier, un volant qu'elle changeait à sa robe ou le nom extraordinaire d'un mets bien simple, et que la bonne avait manqué, mais que Charles jusqu'au bout avalait avec plaisir. Elle vit, à Rouen, des dames qui portaient à leur montre un paquet de breloques; elle acheta des breloques. Elle voulut sur sa cheminée deux grands vases de verre bleu, et quelque temps après un nécessaire d'ivoire, avec un dé de vermeil. Moins Charles comprenait ces élégances, plus il en subissait la séduction. Elles ajoutaient quelque chose au plaisir de ses sens et à la douceur de son foyer. C'était comme une poussière d'or qui sablait tout du long le petit sentier de sa vie.
Il se portait bien, il avait bonne mine; sa réputation était établie tout à fait. Les campagnards le chérissaient 83parce qu'il n'était pas fier. Il caressait les enfants, n'entrait jamais au cabaret, et d'ailleurs inspirait la confiance par sa moralité. Il réussissait particulièrement dans les catarrhes et les maladies de poitrine. Craignant beaucoup de tuer son monde, Charles, en effet, n'ordonnait que des potions calmantes, de temps à autre de l'émétique, un bain de pieds ou des sangsues. Ce n'était pas que la chirurgie lui fît peur; il vous saignait les gens largement, comme des chevaux, et il avait pour l'extraction des dents une poigne d'enfer.
Enfin, pour se tenir au courant, il prit un abonnement à la Ruche médicale, journal nouveau dont il avait reçu le prospectus. Il en lisait un peu après son dîner; mais la chaleur de l'appartement, jointe à la digestion, faisait qu'au bout de cinq minutes, il s'endormait; et il restait là, le menton sur ses deux mains, et les cheveux étalés comme une crinière jusqu'au pied de la lampe. Emma le regardait en haussant les épaules. Que n'avait-elle au moins pour mari un de ces hommes d'ardeurs taciturnes qui travaillent la nuit dans les livres, et portent enfin à soixante ans, quand vient l'âge des rhumatismes, une brochette de croix sur leur habit noir, mal fait. Elle aurait voulu que ce nom de Bovary, qui était le sien, fût illustre, le voir étalé chez les libraires, répété dans les journaux, connu par toute la France. Mais Charles n'avait point d'ambition! Un médecin d'Yvetot, avec qui dernièrement il s'était trouvé en consultation, l'avait humilié quelque peu, au lit même du malade, devant les parents assemblés. Quand Charles lui raconta le soir cette anecdote, Emma 84s'emporta bien haut contre le confrère. Charles en fut attendri. Il la baisa au front avec une larme. Mais elle était exaspérée de honte; elle avait envie de le battre, elle alla dans le corridor ouvrir la fenêtre et huma l'air frais pour se calmer. «Quel pauvre homme! quel pauvre homme!» disait-elle tout bas en se mordant les lèvres.
Elle se sentait d'ailleurs plus irritée de lui. Il prenait avec l'âge des allures épaisses; il coupait au dessert le bouchon des bouteilles vides; il se passait, après manger, la langue sur les dents; il faisait, en avalant la soupe, un gloussement à chaque gorgée; et, comme il commençait à engraisser, ses yeux, déjà petits, semblaient remonter vers les tempes par la bouffissure de ses pommettes.
Emma, quelquefois, lui rentrait dans son gilet la bordure rouge de ses tricots, rajustait sa cravate, ou jetait à l'écart les gants déteints qu'il se disposait à passer; et ce n'était pas, comme il le croyait, pour lui, mais pour elle-même, par expansion d'égoïsme, agacement nerveux. Quelquefois aussi, elle lui parlait des choses qu'elle avait lues, comme d'un passage de roman, d'une pièce nouvelle, ou de l'anecdote du grand monde que l'on racontait dans le feuilleton; car, enfin, Charles était quelqu'un, une oreille toujours ouverte, une approbation toujours prête. Elle faisait bien des confidences à sa levrette! Elle en eût fait aux bûches de la cheminée et au balancier de la pendule.
Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait 85sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l'horizon. Elle ne savait pas quel serait ce hasard, le vent qui le pousserait jusqu'à elle, vers quel rivage il la mènerait, s'il était chaloupe ou vaisseau à trois ponts, chargé d'angoisses ou plein de félicités jusqu'aux sabords. Mais chaque matin, à son réveil, elle l'espérait pour la journée, et elle écoutait tous les bruits, se levant en sursaut, s'étonnait qu'il ne vînt pas, puis au coucher du soleil, toujours plus triste, désirait être au lendemain.
シャルルは雨の日も雪の日も、近道をとって馬を駆った。百姓家の食卓でオムレツを食い、じめじめした寝床へ腕を差しこみ、刺絡しらくの生温なまぬくい反かえり血を顔に浴び、呻き声を聞き、金盥かなだらいを検査し、汚れた下着を捲まくりあげた。しかし、晩になると、燃えしきる暖炉の火や、仕度の出来た食卓や、気持ちのよい椅子や、またすっきりと美しく匂いも爽かに着飾った妻を見出す。どこから匂うともわからないほど爽かな匂い、肌の香がシュミーズに移ったのかと思われるほど爽やかな匂いであった。
エンマはいろいろ心をつかってシャルルを捉えた。あるときは、ロウソクに変わった遣り方で紙の受け皿をこさえたり、自分の着物の裾襞すそひだを付け替えたり、なんでもない料理に仰々しい名前をつけたり、そうしてそういう料理は女中が作りそこねても、シャルルはかけらも残さず喜んで食べた。エンマはルーアンで女が時計の鎖に小さい飾りを束にして付けているのを見ると、早速その飾りを買う。暖炉棚の上に青ガラスの大きな鉢が飾りたくなった。それからしばらくすると、象牙の針箱と、銀台に金メッキした指抜きをほしがる。シャルルにはこういう粋いきな物がわからないだけ、いっそう心を惹かれるのだが、それらはシャルルの官能の喜びと家庭の楽しさになにものかを付け加えた。いわば彼の生活の小径こみちに敷きつめられた金の砂子であったわけだ。
シャルルは達者で、見るからに元気だった。世間の評判はまったく決まったし、高振たかぶらないので田舎の人たちに慕われた。子供を可愛がり、居酒屋へは寄りつかず、それに品行がよいので信用を博した。特にカタル性の病気と胸の病気が得意であった。患者を殺しては事なので、シャルルは実のところ鎮静剤のほかは処方せず、ときたまに吐剤、足湯あしゆ、吸蛭すいひるをつかった。彼はべつに外科を恐れているわけではなかった。刺絡しらくで悪血は馬なみにたっぷりとったし、抜歯にかけては『魔力』を持っていた。
それはとにかく、彼は『時勢に遅れまいとして』、先に広告ちらしで見た新医学雑誌『蜜蜂の籠』の購読を申し込んだ。夕食後、ちょっぴり読むには読むが、部屋が暖かいのと食べ物の消化こなれるのとで、ものの五分もすると居眠りをはじめる。そして顎を両手にのせ、髪の毛をまるで鬣たてがみのようにランプの台の辺りまでひろげたまま動かなくなる。エンマは肩をそびやかして見つめる。自分はなぜ、夜は読書に没頭し、そろそろリューマチの出る六十ぐらいの年頃になって、仕立ての悪い黒燕尾服にようやく勲章掛けをつけるような黙々たる勉強家を、せめてそんな男を夫にしなかったのだろう! エンマは自分のこのボヴァリーという名が有名になって、それが本屋の店頭に並び、新聞紙上で繰り返され、フランスの津々浦々にまで知れわたってくれればと思っていたのだ。だのにシャルルには爪のあかほどの野心もない! 最近のこと、診察に立ち合ったイヴトーの医者が、場所もあろうに患者の枕もと、おおぜい親類の集まっている前で、彼に少々恥をかかせたことがあった。その晩シャルルがその話をすると、エンマは大声をあげてその医者に憤慨した。シャルルはそれを見て感動した。そして涙を浮かべてエンマの額にキスした。しかし彼女は恥ずかしさにかっとなっていた。夫を殴りとばしたかった。エンマは廊下へ出て窓を開け、心を落ち着けるために冷たい空気を吸い込んだ。
「意気地なし! 意気地なし!」
唇を噛みながら小声で言った。
もっとも彼女は夫に対してますますむかむかするようになっていた。夫は年をとるにつれて、だんだんすることなすことが鈍臭どんくさくなってきている。デザートのときに空瓶の栓を切っていたり、物を食べたあと舌で歯をなめまわしたり、スープを飲むとき一口ごとに喉をゴクゴク鳴らしたりする。それに、そろそろ脂肪太りをし始めたので、たださえ小さな眼は頬の肉の膨れたために、こめかみのほうへ釣り上がって見える。
エンマは時どき、夫の着ている毛編みのジャケツの赤線をチョッキの中へ押し込んだり、ネクタイを直したり、はめようとする剥げた手袋を脇へ放り出したりした。しかしそれはなにもシャルルの思っているように、夫のためにするのではなかった。それは彼女自身のため、ただ自己中心の感情と、神経のいら立つせいであった。また時どきエンマは自分の読んだもの、たとえば小説の一節とか新作の脚本とか、新聞の文芸欄に出ている『上流社会』の逸話とかを夫に話して聞かせた。というのは、ともかくシャルルも人間の端くれだからであり、いつでも聞くだけは聞く耳もあり、合槌だけは始終打つからである。グレーハウンドにもエンマはいろんな打明け話をした。それどころか、暖炉の薪にも時計の振子にもしかねなかったのだ。
しかし心の底では事を待ち望んでいた。難破した水夫のように、彼女は生活の孤独の上に絶望の眼をやり、遙かな水平線の濃霧の中に白帆の影を探し求めた。この偶然はなんであるのか、それを自分の方へ吹きつけるのはいかなる風か、その風は自分をどこの岸辺へ連れて行くのか、いったい端艇シヤループなのか、三層甲板の船なのか、舷門にまで、苦悩を満載しているのか、それとも幸福をか、彼女にはわからなかった。だが、毎朝眼を覚ますと、その日のうちには来そうに思われた。それで彼女はあらゆる物音に耳傾け、はっと立ち上がっては、それが来ないのに驚く。やがて一日が暮れると、いよいよ悲しくなって、明日の日を待つのであった。
Le printemps reparut. Elle eut des étouffements aux premières chaleurs, quand les poiriers fleurirent.
Dès le commencement de juillet, elle compta sur ses doigts combien de semaines lui restaient pour arriver au mois d'octobre, pensant que le marquis d'Andervilliers, peut-être, donnerait encore un bal à la Vaubyessard. Mais tout septembre s'écoula sans lettre ni visite.
Après l'ennui de cette déception, son cœur de nouveau resta vide, et alors la série des mêmes journées recommença.
Elles allaient donc maintenant se suivre ainsi, à la file, toujours pareilles, innombrables, et n'apportant rien! Les autres existences, si plates qu'elles fussent, avaient du moins la chance d'un événement. Une aventure amenait parfois des péripéties à l'infini, et le décor changeait. Mais pour elle, rien n'arriverait, Dieu l'avait voulu! L'avenir était un corridor tout noir, et qui avait au fond sa porte bien fermée.
Elle abandonna la musique. Pourquoi jouer? qui l'entendrait? Puisqu'elle ne pourrait jamais, en robe de velours à manches courtes, sur un piano d'Érard, dans un concert, battant de ses doigts légers les touches d'ivoire, sentir comme une brise circuler autour d'elle un murmure d'extase, ce n'était pas la peine de s'ennuyer à étudier. Elle laissa dans l'armoire ses cartons à dessin et la tapisserie. A quoi bon! à quoi bon! La couture l'irritait. «J'ai tout lu», se disait-elle, et elle restait à faire rougir les pincettes, ou regardant la pluie tomber.
Comme elle était triste, le dimanche, quand on sonnait les vêpres! Elle écoutait, dans un hébétement attentif, tinter un à un les coups fêlés de la cloche. Quelque chat sur les toits, marchant lentement, bombait son dos aux rayons pâles du soleil. Le vent, sur la grande route, soufflait des traînées de poussière. Au loin, parfois, un chien hurlait; et la cloche, à temps égaux, continuait sa sonnerie monotone qui se perdait dans la campagne.
Cependant on sortait de l'église, les femmes en sabots cirés, les paysans en blouse neuve, les petits enfants qui sautillaient nu-tête devant eux, tout rentrait chez soi. Et jusqu'à la nuit, cinq à six hommes, toujours les mêmes, restaient à jouer au bouchon, devant la grande porte de l'auberge.
L'hiver fut froid. Les carreaux chaque matin étaient chargés de givre, et la lumière, blanchâtre à travers eux, comme par des verres dépolis, quelquefois ne variait pas de la journée. Dès quatre heures du soir, il fallait allumer la lampe.
Les jours qu'il faisait beau, elle descendait dans le jardin. La rosée avait laissé sur les choux des guipures d'argent avec de longs fils clairs qui s'étendaient de l'un à l'autre. On n'entendait pas d'oiseaux; tout semblait dormir, l'espalier couvert de paille et la vigne comme un grand serpent malade sous le chaperon du mur, où l'on voyait, en s'approchant, se traîner des cloportes à pattes nombreuses. Dans les sapinettes, près de la haie, le curé en tricorne qui lisait son bréviaire avait perdu le pied droit, et même le plâtre, s'écaillant à la gelée, avait fait des gales blanches sur sa figure.
Puis elle remontait, fermait la porte, étalait les charbons, et, défaillant à la chaleur du foyer, sentait l'ennui plus lourd qui retombait sur elle. Elle serait bien descendue causer avec la bonne, mais une pudeur la retenait.
Tous les jours, à la même heure, le maître d'école, en bonnet de soie noire, ouvrait les auvents de sa maison, et le garde champêtre passait, portant son sabre sur sa blouse. Soir et matin, les chevaux de la poste, trois par trois, traversaient la rue, pour aller boire à la mare. De temps à autre, la porte d'un cabaret faisait tinter sa sonnette; et, quand il y avait du vent, l'on entendait grincer sur leurs deux tringles les petites cuvettes en cuivre du perruquier qui servaient d'enseigne à sa boutique. Elle avait pour décoration une vieille gravure de modes collée contre un carreau et un buste de femme en cire, dont les cheveux étaient jaunes. Lui aussi, le perruquier, il se lamentait de sa vocation 88arrêtée, de son avenir perdu, et rêvant quelque boutique dans une grande ville, comme à Rouen par exemple, sur le port, près du théâtre, il restait toute la journée à se promener en long depuis la mairie jusqu'à l'église, sombre, et attendant la clientèle. Lorsque Mme Bovary levait les yeux, elle le voyait toujours là, comme une sentinelle en faction, avec son bonnet grec sur l'oreille et sa veste de lasting.
Dans l'après-midi quelquefois, une tête d'homme apparaissait derrière les vitres de la salle, tête hâlée, à favoris noirs, et qui souriait lentement, d'un large sourire doux à dents blanches. Une valse aussitôt commençait, et sur l'orgue, dans un petit salon, des danseurs hauts comme le doigt, femmes en turbans roses, tyroliens en jaquette, singes en habit noir, messieurs en culotte courte, tournaient, tournaient entre les fauteuils, les canapés, les consoles, se répétant dans les morceaux de miroir que raccordait à leurs angles un filet de papier doré. L'homme faisait aller sa manivelle, regardant à droite, à gauche, et vers les fenêtres. De temps à autre, tout en lançant contre la borne un long jet de salive brune, il soulevait du genou son instrument, dont la bretelle dure lui fatiguait l'épaule; et tantôt dolente et traînarde, ou joyeuse et précipitée, la musique de la boîte s'échappait en bourdonnant à travers un rideau de taffetas rose, sous une grille de cuivre en arabesques. C'étaient des airs que l'on jouait ailleurs sur les théâtres, que l'on chantait dans les salons, que l'on dansait le soir sous des lustres éclairés, échos du monde, qui arrivaient jusqu'à Emma. Des sarabandes 89à n'en plus finir se déroulaient dans sa tête, et, comme une bayadère sur les fleurs d'un tapis, sa pensée, bondissant avec les notes, se balançait de rêve en rêve et de tristesse en tristesse. Quand l'homme avait reçu l'aumône dans sa casquette, il rabattait une vieille couverture de laine bleue, passait son orgue sur son dos et s'éloignait d'un pas lourd. Elle le regardait partir.
Mais c'était surtout aux heures des repas qu'elle n'en pouvait plus, dans cette petite salle au rez-de-chaussée, avec le poêle qui fumait, la porte criant, les murs qui suintaient, les pavés humides! Toute l'amertume de l'existence lui semblait servie sur son assiette, et, à la fumée du bouilli, il montait du fond de son âme comme d'autres bouffées d'affadissement. Charles était long à manger; elle grignotait quelques noisettes, ou bien, appuyée du coude, s'amusait, avec la pointe de son couteau, à faire des raies sur la toile cirée.
Elle laissait maintenant tout aller dans son ménage; et Mme Bovary mère, lorsqu'elle vint passer à Tostes une partie du carême, s'étonna fort de ce changement. Elle, en effet, si soigneuse autrefois et délicate, elle restait à présent des journées entières sans s'habiller, portait des bas de coton gris, s'éclairait à la chandelle. Elle répétait qu'il fallait économiser puisqu'ils n'étaient pas riches, ajoutant qu'elle était très contente, très heureuse, que Tostes lui plaisait beaucoup, et autres discours nouveaux qui fermaient la bouche à la belle-mère. Du reste, Emma ne semblait plus disposée à suivre ses conseils; une fois même, Mme Bovary s'étant avisée de prétendre que les maîtres devaient surveiller 90la religion de leurs domestiques, elle lui avait répondu d'un œil si plein de colère et avec un sourire tellement froid que la bonne femme ne s'y refrotta plus.
Emma devenait difficile, capricieuse. Elle se commandait des plats pour elle, n'y touchait point, un jour ne buvait que du lait pur et le lendemain des tasses de thé à la douzaine. Souvent elle s'obstinait à ne pas sortir, puis elle suffoquait, ouvrait les fenêtres, s'habillait en robe légère. Lorsqu'elle avait bien rudoyé sa servante, elle lui faisait des cadeaux ou l'envoyait se promener chez les voisines, de même qu'elle jetait parfois aux pauvres toutes les pièces blanches de sa bourse,—quoiqu'elle ne fût guère tendre cependant, ni facilement accessible à l'émotion d'autrui, comme la plupart des gens issus de campagnards, qui gardent toujours sur l'âme quelque chose de la callosité des mains paternelles.
Vers la fin de février, le père Rouault, en souvenir de sa guérison, apporta lui-même à son gendre une dinde superbe, et il resta trois jours à Tostes. Charles étant à ses malades, Emma lui tint compagnie. Il fuma dans la chambre, cracha sur les chenets, causa culture, veaux, vaches, volailles et conseil municipal, si bien qu'elle referma la porte, quand il fut parti, avec un sentiment de satisfaction qui la surprit elle-même. D'ailleurs, elle ne cachait plus son mépris pour rien ni pour personne; et elle se mettait quelquefois à exprimer des opinions singulières, blâmant ce que l'on approuvait, et approuvant des choses perverses ou immorales, ce qui faisait ouvrir de grands yeux à son mari.
Est-ce que cette misère durerait toujours? Est-ce qu'elle n'en sortirait pas? Elle valait bien cependant toutes celles qui vivaient heureuses! Elle avait vu des duchesses à la Vaubyessard qui avaient la taille plus lourde et les façons plus communes; et elle exécrait l'injustice de Dieu; elle s'appuyait la tête aux murs pour pleurer; elle enviait les existences tumultueuses, les nuits masquées, les insolents plaisirs avec tous les éperduments qu'elle ne connaissait pas et qu'ils devaient donner.
Elle pâlissait et avait des battements de cœur. Charles lui administra de la valériane et des bains de camphre. Tout ce que l'on essayait semblait l'irriter davantage.
En de certains jours, elle bavardait avec une abondance fébrile; à ces exaltations succédaient tout à coup des torpeurs où elle restait sans parler, sans bouger. Ce qui la ranimait alors, c'était de se répandre sur les bras un flacon d'eau de Cologne.
Comme elle se plaignait de Tostes continuellement, Charles imagina que la cause de sa maladie était dans quelque influence locale, et, s'arrêtant à cette idée, il songea sérieusement à aller s'établir ailleurs.
Dès lors elle but du vinaigre pour se faire maigrir, contracta une petite toux sèche et perdit complètement l'appétit.
Il en coûtait à Charles d'abandonner Tostes après quatre ans de séjour et au moment où il commençait à s'y poser. S'il le fallait, cependant! Il la conduisit à Rouen voir son ancien maître. C'était une maladie nerveuse. On devait la changer d'air.
Après s'être tourné de côté et d'autre, Charles apprit qu'il y avait dans l'arrondissement de Neufchâtel un fort bourg nommé Yonville-l'Abbaye, dont le médecin, qui était un réfugié polonais, venait de décamper la semaine précédente. Alors il écrivit au pharmacien de l'endroit pour savoir quel était le chiffre de la population, la distance où se trouvait le confrère le plus voisin, combien par année gagnait son prédécesseur, etc.; et les réponses ayant été satisfaisantes, il se résolut à déménager vers le printemps, si la santé d'Emma ne s'améliorait pas.
Un jour qu'en prévision de son départ elle faisait des rangements dans un tiroir, elle se piqua les doigts à quelque chose. C'était un fil de fer de son bouquet de mariage. Les boutons d'oranger étaient jaunes de poussière, et les rubans de satin, à liséré d'argent, s'effiloquaient par le bord. Elle le jeta dans le feu. Il s'enflamma plus vite qu'une paille sèche. Puis ce fut comme un buisson rouge sur les cendres, et qui se rongeait lentement. Elle le regarda brûler. Les petites baies de carton éclataient, les fils d'archal se tordaient, le galon se fondait; et les corolles de papier, raccornies, se balançant le long de la plaque comme des papillons noirs, enfin s'envolèrent par la cheminée.
Quand on partit de Tostes, au mois de mars, Mme Bovary était enceinte.
また春が来た。梨の花咲く春先の陽気に、彼女はよく息苦しさを覚えた。
七月の初めから、彼女は十月が来るまで何週間あるかと指折り数えた。ダンデルヴィリエ侯爵がまたヴォビエサールで舞踏会を催すかもしれないと考えたのである。しかし九月は手紙も訪れる人もなくて過ぎてしまった。
期待外れの哀愁のあと、彼女の心はまた空になった。こうして、相も変わらぬ日々が続き始めたのである。
では、こうして、日々はいつも同じように数限りもなく、しかもなにものももたらすことなく続こうとするのか! 他の人たちの生活には、たとえいかに平凡であっても、少なくとも事件の起こる機会はある。時としてひとつの出来事は無限の波瀾を呼び、そこで場面は一変するのだ。それだのに自分には何も起こらない。これは神様の思おぼし召しなのだ! 未来は真っ暗な一筋の廊下、そしてその奥には戸がぴったりと閉しまっているのだ。
彼女は音楽を放擲ほうてきした。なぜ輝くのか? 誰がいてくれる? 演奏会で、袖の短い天鵞絨びろうどのドレスを纏まとい、エラール・ピアノに向かって象牙の鍵キーを指も軽く叩きながら、恍惚とした囁ささやきが微風のように、自分の周りに流れるのを感じることが出来ないとしたら、なにを好んで練習などすることがあろう。彼女はデッサンの紙挟みや刺繍を戸棚の中に放っておいた。なんになる? なんになる? 裁縫も彼女を苛々いらいらさせた。
「もうなにもかも読んでしまった」と彼女は独りごとした。
そして火箸ひばしを赤く焼けるままにしておいたり、雨の降るのをじっと眺めたりした。
日曜日、晩禱の鐘の鳴るときの悲しいこと! ひびのはいった鐘の音がひとつまたひとつ鳴りわたるのを、聞くともなく一心に聞いている。どこかの猫が屋上を歩きながら、淡い陽の光に背をまるめている。風は道の上に幾筋も土埃つちぼこりの尾をひいてゆく。遠くで時たま犬が吠える。そして、鐘は同じ間をおいて単調に鳴りつづけ、やがて野面のづらに消えてゆく。
そのうちに教会堂から人が出て来る。磨いた木靴サボを穿いた女、新しい上っ張りを着た百姓、帽子なしでその前を跳びはねる子供たち、みんなが家路を辿ってゆく。そして日が暮れるまで、いつも同じ顔ぶれの男が五六人、居酒屋の大きな戸口の前に残って、コルク倒しをして遊ぶ。
冬はきびしい。窓ガラスは毎朝氷花ひはなで蔽われ、それを透して射す陽の光は、まるでガラスを透したように白っぽく、ときによると一日中変わらない。午後の四時には、もうランプがいる。
元気のよい日には庭に下りる。露はキャベツに銀色の透すかしレースを張り、その跡は細長く鮮やかに、それからそれへと伸びている。鳥の啼なく声もしない。なにもかも眠っているように見える。菰こもをかぶった果樹墻いけがきも、壁の笠石の下に、大蛇の弱っているような葡萄の樹も。近寄って見ると、壁には無数の脚のあるワラジムシがぞろぞろ這っている。生け垣のそばのエゾマツの木立には、三角帽を被って祈禱書を読んでいる坊様が右の足を落としたばかりか、凍いてのために石膏が剥げて、顔には白い疥癬かいせんが出来ている。
それから彼女はまた部屋に上って、扉を閉め、炭火をかき立てる。そうして暖炉の暖ぬくみにぐったりしながら、ひとしお重苦しい哀愁の再び落ちかかるのを感じる。降りていって女中と話でもしたかったが、ついはしたなく思われたのでやめた。
毎日同じ時間に、黒の絹頭巾を被った小学教員が自分の家の雨戸を開ける。地方勤務の巡査が上っ張りの上にサーベルを下げて通る。朝晩、宿場の馬が三頭ずつ、通りを横ぎって沼へ水を飲みに行く。時どき居酒屋の戸の鈴が鳴る。風があると、散髪屋の看板になっている真鍮しんちゆうの小さい金盥かねだらいが二本の棒の上で軋きしむのが聞こえる。この店の飾りは窓ガラスに貼りつけた古い流行の絵と、髪の毛の黄色い、蝋細工の女の胸像とである。この床屋もまた、二進につちも三進さつちもいかぬ自分の天職、見込みのない己れの前途を嘆き、たとえばルーアンのような大都の港のそば、劇場近くに店を持ちたいと空想しながら、浮かぬ顔してお客を待ち待ち、役場から教会堂までの間を、傍道わきみちしないで一日中ぶらついている。ボヴァリー夫人が眼を上げて見ると、床屋はトルコ帽を耳まで被り、丈夫なラシャの短上衣ヴエストを着て、まるで監視中の歩哨よろしく、決まってそこに立っていた。
午後になると、時どき広間の窓ガラスの向こうに男の顔が現われた。顔は陽に灼け頬髯ほほひげは黒く、白い歯を見せてのんきそうにゆったり笑う。とすぐにワルツの曲が始まる。オルゴールの上の小さいサロンには、指ほどの小さい踊り手、バラ色のターバンを巻いた女や、モーニングのチロル人や、燕尾服を着込んだ猿や、短ズボンの紳士らが、肱掛椅子、長椅子、渦脚卓コンソールの間をぐるぐる回ると、それは金紙の細紐で角かどかどの繋つなぎ合わされたたくさんの鏡に映る。その男は右を見たり左を見たり窓を見たりしながら、ハンドルを回す。時どき路傍の石の里程標にむかって、びゅっと褐色の唾を吐きとばし、堅い負い革で肩がこるものだから、楽器をそっと膝で持ち上げる。そうして箱の音楽は、あるときは嘆くがごとくあとをひき、あるときはまた陽気にあわただしく、唐草模様アラベスクをつけた真鍮の粋で押さえてある、バラ色の琥珀織タフタの幕をとおして唸うなりながら洩れてくる。それはどこか他のところ、劇場などで奏でられる曲、客間サロンで歌われ、夜は輝くシャンデリアの下で踊る曲、それはエンマにまでとどく社交界の谺こだまなのである。はてしもないサラバンドの曲は彼女の脳裏にうちひろがり、彼女の心は、ちょうど絨毯じゆうたんの花模様の上で踊るインドの舞姫のように、曲に合わせて舞いおどり、夢より夢へ、憂愁より憂愁へとたゆたうのである。楽師は帽子の中にチップを入れてもらうと、古ぼけた青ラシャの覆いを下ろし、オルゴールを背中へ回し、重い足どりで遠ざかって行く。エンマはその後ろ姿を見送るのである。
しかし、彼女の耐えられないのは、わけても食事どき、暖炉はくすぶり、戸は軋きしみ、壁は汗をかき、石畳はじめじめする一階の小部屋の食事どきである。生活の苦渋のすべてが、自分の皿に盛られているように思われるのだ。そして蒸し肉の湯気といっしょに今一つ彼女の魂の奥底から、胸の悪くなるような息吹いぶきがぐうと上ってくる。シャルルは食事が長かった。彼女は榛はしばみの実を噛かじったり、そうしてまた、肱ひじをついたまま、慰み半分、ナイフの先で、防水したテーブル掛けに筋をつけたりした。
エンマは今では家事一切をおっぽり出していたので、ボヴァリー老夫人が四旬節カレームの幾日かをトストで過ごそうとして来たとき、この変わり方に驚いた。実際、以前はあれほど行きとどいて、気のきいたエンマが、今では幾日でも普段着のままでいたり、ねずみ木綿の靴下を穿いたり、ロウソクを点ともしたりしているのだ。自家うちは金持ちではないから倹約せねばなりませんと口癖のように言い、また、わたしはひどく満足です、幸せです、トストの町が大好きですなどと、呆れて姑しゆうとめが口も出せないような打って変わった話をする。それに、エンマには姑の戒めを守るという気など、みじんもないようであった。あるときなどボヴァリー老夫人が、主人たるものは召使いの信仰にも心を配るべきだと言い出すと、エンマがあまり怖ろしい眼つきで、しかも冷ややかな微笑を浮かべて応じたので、老夫人はそれきりその問題には触れないことにした。
エンマはひねくれ、気紛れになってきた。自分だけの料理を特別に注文しておいて手も触れない。ある日は純乳しか飲まないでいて、翌る日は紅茶を十二杯も飲む。どうあっても外出はしないと意地を張るかと思うと、息苦しいといっては窓を開け、軽快なドレスを着たりすることがよくあった。女中に相当荒く当たったあとは、ものをやったり、近所の家へ遊びにやったりする。それと同じように、元来あまり情に脆もろい方ではなく、他人ひとの感情に動かされない性たちなのに、つまり百姓の子はたいていこうなので、父親の手に出来た胼胝たこのようなものをいつも少しは心の底に持っているものだが、ご他聞に洩れぬそのエンマが、特によると財布の底を乞食のためにすっかりはたいてやったりもした。
二月の末頃、ルオー爺さんは全快の記念として、見事な七面鳥を自分で婿むこのところへ持って来て、トストに三日滞在した。シャルルは患者にかかっているので、エンマがお相手をした。ルオー爺さんは部屋で煙草を吸い、暖炉の薪台うまに唾を吐き、耕作や仔牛や牝牛めうしや家禽かきんのこと、村のことなどまくし立てた。それで、爺さんが帰って行ったとき、エンマは自分ながら驚いたくらい、ほっとした気持ちで戸を閉めた。それにエンマはどんなもの、どんな人に対しても、自分の軽蔑を隠そうとはしなくなった。そして時どき奇妙な意見を吐いて、善いと他人の言うことを悪いと言い、曲がった、道に外れたことを善いと言った。それには夫も眼をまるくしたのである。
『このような惨めさがいついつまでも続くのだろうか? そこから脱け出すことは出来ないのだろうか? しかしこのわたしにも、世間の幸福に暮らしている女たちと同じくらいの値打ちはある! ヴォビエサールでは公爵夫人を幾人も見かけたけれども、体つきは自分よりもずんぐりして、物腰だって下品だった。』
エンマは神の不公平を憎んだ。壁に頭をもたせて泣いた。彼女は躍動する生活、仮装の夜会、異常な快楽、そしてそれらが与えてくれるに相違ない、未だ知らぬ恍惚こうこつという恍惚を切望した。
彼女は蒼褪あおざめ、動悸がするようになった。シャルルはカノコソウを服用させ、カンフル浴をとらせた。しかし何をやってみても却かえって彼女をいらいらさせるようであった。
ある日は熱に浮かされたようにしゃべり立てる。が、突然その興奮に、喪心状態が続き、口もきかず、身動きもしなくなる。こうしたとき、彼女を活気づけるのは、一瓶のオー・デ・コロンを両腕に振りかけることであった。ひっきりなしにトストの町の苦情を言うので、シャルルは病いの原因は恐らく何か風土の影響にあるのだと想像し、ついにはそう決めてしまって、他処よそへ移転することを真面目に考えるようになった。
それからというもの、彼女は痩せるために酢を飲み、軽く空咳からぜきをし、すっかり食欲をなくしてしまった。
四年間も住んで、『やつと根をおろしかけた』頃にトストを見棄てることは、シャルルにはつらかった。しかし必要ならば仕方はない! 彼は妻を連れてルーアンの市まちへ行き、旧師に会った。神経病であった。転地が必要であった。
方々当たってみたあげく、ヌウシャテル郡にコンヴィル・ラベーという大きな村があり、そこの医者はポーランドの亡命者であったが、先週急に立ち退のいたばかりということを聞いた。で、その土地の薬剤師に手紙を出して、人口はどれほどあるか、一番近い同業者との距離、前の人の年収……などを問い合わせたが、返事はみんな満足すべきものだった。で、エンマの健康がすぐれなければ、暮頃に引越そうと決心した。
ある日、出立の早手回しに抽斗ひきだしを整理しているとき、彼女は指を何かで突いた。結婚の花束についている針金であった。オレンジの蕾は埃ほこりで黄色くなっていた。銀の縁へりをとった繻子しゆすのリボンは、ふちの方から解ほぐれていた。エンマは花束を火に投げこんだ。乾いた藁よりも早く燃えあがった。そうしてやがて灰の上に真紅の草叢くさむらのようにつもったが、こんどは徐々に崩れていった。じっとエンマはその燃えるのを眺めていた。ボール紙の小さい果みは爆はぜ、真鍮しんちゆうの針金はくねり、金糸の打ち紐は溶けた。そうして縮みあがった紙の花冠は暖炉の奥の鉄板について、ちょうど黒い蝶々のようにひらひらしていたが、とうとう煙突から飛び立ってしまった。
三月にトストを発つとき、ボヴァリー夫人は妊娠していた。
第1部 終わり
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