Romain Rolland, Vie de Beethoven (Gutenberg Project)
ロマン・ロラン『ベートーヴェンの生涯』(青空文庫)
音声:Romain Rolland, Vie de Beethoven, Livre Audio (Bookulture)
« Je veux prouver que quiconque agit bien et noblement, peut par cela même supporter[1] le malheur. »
BEETHOVEN
À la municipalité de Vienne. 1er février 1819.
L’air est lourd autour de nous. La vieille Europe s’engourdit dans une atmosphère pesante et viciée. Un matérialisme sans grandeur pèse sur la pensée, et entrave l’action des gouvernements et des individus. Le monde meurt d’asphyxie dans son égoïsme prudent et vil. Le monde étouffe. – Rouvrons les fenêtres. Faisons rentrer l’air libre. Respirons le souffle des héros.
La vie est dure. Elle est un combat de chaque jour pour ceux qui ne se résignent pas à la médiocrité de l’âme, et un triste combat le plus souvent, sans grandeur, sans bonheur, livré dans la solitude et le silence. Oppressés par la pauvreté, par les âpres soucis domestiques, par les tâches écrasantes et stupides, où les forces se perdent inutilement, sans espoir, sans un rayon de joie, la plupart sont séparés les uns des autres, et n’ont même pas la consolation de pouvoir donner la main à leurs frères dans le malheur, qui les ignorent, et qu’ils ignorent. Ils ne doivent compter que sur eux-mêmes ; et il y a des moments où les plus forts fléchissent sous leur peine. Ils appellent un secours, un ami.
C’est pour leur venir en aide, que j’entreprends de grouper autour d’eux les Amis héroïques, les grandes âmes qui souffrirent pour le bien. Ces Vies des Hommes illustres ne s’adressent pas à l’orgueil des ambitieux ; elles sont dédiées aux malheureux. Et qui ne l’est, au fond ? À ceux qui souffrent, offrons le baume de la souffrance sacrée. Nous ne sommes pas seuls dans le combat. La nuit du monde est éclairée de lumières divines. Même aujourd’hui, près de nous, nous venons de voir briller deux des plus pures flammes, la flamme de la Justice et celle de la Liberté : le colonel Picquart, et le peuple des Boers. S’ils n’ont pas réussi à brûler les ténèbres épaisses, ils nous ont montré la route, dans un éclair. Marchons-y à leur suite, à la suite de tous ceux qui luttèrent comme eux, isolés, disséminés dans tous les pays et dans tous les siècles. Supprimons les barrières du temps. Ressuscitons le peuple des héros.
Je n’appelle pas héros ceux qui ont triomphé par la pensée ou par la force. J’appelle héros, seuls ceux qui furent grands par le cœur. Comme l’a dit un des plus grands d’entre eux, celui dont nous racontons ici même la vie : « Je ne reconnais pas d’autre signe de supériorité que la bonté. » Où le caractère n’est pas grand, il n’y a pas de grand homme, il n’y a même pas de grand artiste, ni de grand homme d’action ; il n’y a que des idoles creuses pour la vile multitude : le temps les détruit ensemble. Peu nous importe le succès. Il s’agit d’être grand, et non de le paraître.
La vie de ceux dont nous essayons de faire ici l’histoire, presque toujours fut un long martyre. Soit qu’un tragique destin ait voulu forger leur âme sur l’enclume de la douleur physique et morale, de la misère et de la maladie ; soit que leur vie ait été ravagée, et leur cœur déchiré par la vue des souffrances et des hontes sans nom dont leurs frères étaient torturés, ils ont mangé le pain quotidien de l’épreuve ; et s’ils furent grands par l’énergie, c’est qu’ils le furent aussi par le malheur. Qu’ils ne se plaignent donc pas trop, ceux qui sont malheureux : les meilleurs de l’humanité sont avec eux. Nourrissons-nous de leur vaillance ; et, si nous sommes trop faibles, reposons un instant notre tête sur leurs genoux. Ils nous consoleront. Il ruisselle de ces âmes sacrées un torrent de force sereine et de bonté puissante. Sans même qu’il soit besoin d’interroger leurs œuvres, et d’écouter leur voix, nous lirons dans leurs yeux, dans l’histoire de leur vie, que jamais la vie n’est plus grande, plus féconde, – et plus heureuse, – que dans la peine.
⁂
En tête de cette légion héroïque, donnons la première place au fort et pur Beethoven. Lui-même souhaitait, au milieu de ses souffrances, que son exemple pût être un soutien pour les autres misérables, « et que le malheureux se consolât en trouvant un malheureux comme lui, qui, malgré tous les obstacles de la nature, avait fait tout ce qui était en son pouvoir, pour devenir un homme digne de ce nom ». Parvenu par des années de luttes et d’efforts surhumains à vaincre sa peine et à accomplir sa tâche, qui était, comme il disait, de souffler un peu de courage à la pauvre humanité, ce Prométhée vainqueur répondait à un ami qui invoquait Dieu : « Ô homme, aide-toi toi-même ! »
Inspirons-nous de sa fière parole. Ranimons à son exemple la foi de l’homme dans la vie et dans l’homme.
ROMAIN ROLLAND.
Janvier 1903.
善くかつ高貴に行動する人間はただその事実だけに拠っても不幸を耐え得るものだということを私は証拠だてたいと願う。
ベートーヴェン
一八一九年二月一日・ヴィーン市庁宛の書簡より
空気は我らの周りに重い。旧い西欧は、毒された重苦しい雰囲気の中で麻痺する。偉大さの無い物質主義が人々の考えにのしかかり、諸政府と諸個人との行為を束縛する。世界が、その分別臭くてさもしい利己主義に浸って窒息して死にかかっている。世界の息がつまる。――もう一度窓を開けよう。広い大気を流れ込ませよう。英雄たちの息吹を吸おうではないか。
生活は厳しい。魂の凡庸さに自己を委ねない人々にとっては、生活は日ごとの苦闘である。そしてきわめてしばしばそれは、偉大さも幸福も無く孤独と沈黙との中に戦われている憂鬱なたたかいである。貧と、厳しい家事の心配と、精力がいたずらに費える、ばかばかしくやりきれない仕事に圧しつけられて、希望も無く悦びの光線もない多数の人々は互いに孤立して生き、自分の同胞たちに手を差し伸べることの慰めをさえ持っていない。その同胞たちも彼らを識らず、彼らもまたその同胞たちを識らない。彼らはただ自分だけを当てにするのほかはない。そして最も強い人々といえども、その苦悩の下に挫折するような瞬間があるのである。彼らは一つの救いを、一人の友を呼んでいる。
善のために悩んだ偉大な魂の人々、雄々しい「友ら」の一群を人々の周りに据えようと私が企てるのは人々に助力を贈るためである。「卓越せる人々の生涯」のこの一群は、野心家たちの慢心へ語りかけるためではない。これらの伝記は不幸な人々に捧げられる。しかも煎じ詰めればいったい誰が不幸でないであろうか? 悩める人々に、聖なる苦悩の香油を捧げようではないか。われらは戦いにおいて孤独なのではない。世界の闇は神々しい幾つかの光によって照らされた。今日でも我らの身の近くに、最も浄らかな二つの炎、正義の炎と自由の炎とが燦きらめくのを我らは先頃見た――ピカール大佐と、そしてブール国民とがそれである。それらの炎が厚い闇を焼きつくすことはできなかったにせよ、それらは我らの行くべき道を閃光に照らして示したのである。
彼らに従って前進しよう。またあらゆる国々あらゆる世紀の中で、彼らのごとく孤立して散在しつつ戦うあらゆる人々にしたがって前進しよう。時間の障壁を取り除こう。英雄たちの種属を復活させようではないか。
思想もしくは力によって勝った人々を私は英雄とは呼ばない。私が英雄と呼ぶのは心に拠って偉大であった人々だけである。彼らの中の最大な一人、その生涯を今ここに我々が物語るところのその人がいったとおりに「私は善ボンテ以外には卓越の証拠を認めない。」人格が偉大でないところに偉人は無い。偉大な芸術家も偉大な行為者もない。あるのはたださもしい愚衆のための空虚な偶像だけである。時がそれらを一括して滅ぼしてしまう。成功はわれわれにとって重大なことではない。真に偉大であることが重要なことであって、偉大らしく見えることは間題ではない。
ここにわれわれが物語ろうと試みる人々〔(訳注――ベートーヴェン、ミケランジェロ、トルストイ、画家ミレーらの伝記が書かれた)〕の生涯は、ほとんど常に永い受苦の歴史であった。悲劇的な運命が彼らの魂を、肉体的なまた精神的な苦痛、病気や不幸やの鉄床かなとこの上で鍛えようと望んだにもせよ、あるいはまた彼らの同胞らが悩まされている隠れたさまざまの苦痛と屈辱との有様を彼らの心情が感じ識ったことによって引き裂かれ、その故に彼らの生活が荒寥たる観を呈したにもせよ、とにかく彼らは試練を日ごとのパンとして食ったのである。そして彼らが力強さによって偉大だったとすれば、それは彼らが不幸を通じて偉大だったからである。だから不幸な人々よ、あまりに嘆くな。人類の最良の人々は不幸な人々と共にいるのだから。その人々の勇気によってわれわれ自身を養おうではないか。そしてわれわれ自身があまりにも弱いときには、われわれの頭をしばらく彼らの膝の上に載せて憩わせようではないか。彼らがわれわれを慰めるだろう。これらの聖なる魂から、明澄な力と強い親切さボンテの奔流が流れ出る。彼らの作品について問い質ただすまでもなく、彼らの声を聴くまでもなく、われわれが彼らの眼の中に、彼らの生涯の歴史の中に読み採ることは、――人生というものは、苦悩の中においてこそ最も偉大で実り多くかつまた最も幸福でもある、というこのことである。
この雄々しい軍団の先頭にまず第一に、強い純粋なベートーヴェンを置こう。彼自身その苦しみの只中にあって希念したことは、彼自身の実例が他の多くの不幸な人々を支える力となるようにということであり、「また、人は、自分と同じく不幸な一人の人間が、自然のあらゆる障害にもかかわらず、人間という名に値する一個の人間となるために全力を尽したことを識って慰めを感じるがいい」ということであった。超人的な奮闘と努力との歳月の後についに苦悩を克服し天職を――その天職とは彼自身の言葉によれば、憐れな人類に幾らかの勇気を吹き込むことであったが――天職を完うすることができたときに、この捷利者しょうりしゃプロメテは、神に哀願している一人の友に向かって「人間よ、君自身を救え!」と答えたのであった。
彼のこの誇らしい言葉からわれわれ自身の霊感を汲み採ろう。彼の実例によって、人生と人間とに対する人間的信仰をわれわれ自身の内部に改めて生気づけようではないか。
一九〇三年一月
ロマン・ロラン
Il était petit et trapu, de forte encolure, de charpente athlétique. Une large figure, de couleur rouge brique, sauf vers la fin de sa vie, où le teint devint maladif et jaunâtre, surtout l’hiver, quand il restait enfermé, loin des champs. Un front puissant et bosselé. Des cheveux extrêmement noirs, extraordinairement épais, et où il semblait que le peigne n’eût jamais passé, hérissés de toutes parts, « les serpents de Méduse1 ». Les yeux brûlaient d’une force prodigieuse, qui saisit tous ceux qui le virent ; mais la plupart se trompèrent sur leur nuance. Comme ils flambaient d’un éclat sauvage dans une figure brune et tragique, on les vit généralement noirs ; ils ne l’étaient pas, mais bleu gris2. Petits et très profondément enfoncés, ils s’ouvraient brusquement dans la passion ou la colère, et alors roulaient dans leurs orbites, reflétant toutes leurs pensées avec une vérité merveilleuse3. Souvent ils se tournaient vers le ciel avec un regard mélancolique. Le nez était court et carré, large, un mufle de lion. Une bouche délicate, mais dont la lèvre inférieure tendait à avancer sur l’autre. Des mâchoires redoutables, qui auraient pu broyer des noix. Une fossette profonde au menton, du côté droit, donnait une étrange dissymétrie à la face. « Il avait un bon sourire, dit Moscheles, et dans la conversation, un air souvent aimable et encourageant. En revanche, le rire était désagréable, violent et grimaçant, du reste court », – le rire d’un homme qui n’est pas accoutumé à la joie. Son expression habituelle était la mélancolie, « une tristesse incurable ». Rellstab, en 1825, dit qu’il a besoin de toutes ses forces pour s’empêcher de pleurer, en voyant « ses doux yeux et leur douleur poignante ». Braun von Braunthal, un an plus tard, le rencontre à une brasserie : il est assis dans un coin, il fume une longue pipe, et il a les yeux fermés, comme il fait de plus en plus, à mesure qu’il approche de la mort. Un ami lui adresse la parole. Il sourit tristement, tire de sa poche un petit carnet de conversation ; et, de la voix aiguë que prennent souvent les sourds, il lui dit d’écrire ce qu’on veut lui demander. – Son visage se transfigurait, soit dans ses accès d’inspiration soudaine qui le prenaient à l’improviste, même dans la rue, et qui frappaient d’étonnement les passants, soit quand on le surprenait au piano. « Les muscles de sa face saillaient, ses veines gonflaient ; les yeux sauvages devenaient deux fois plus terribles ; la bouche tremblait ; il avait l’air d’un enchanteur vaincu par les démons qu’il avait évoqués. » Telle une figure de Shakespeare4 ; Julius Benedict dit : « Le roi Lear ».
彼は広い肩幅を持ち力士のような骨組みであったが、背が低くてずんぐりしていた。顔は大きくて赭あかかった。ただし晩年に近づいてからは顔の色が病人じみた黄色味を帯びて来た。とりわけ冬、田園を歩くことが少なく、家に閉じ籠もって暮らさなければならなかった時にはなおさらそうであった。額はがっしりと強く盛り上がっていた。はなはだ黒い、異常に厚い髪の毛――櫛の歯がとうてい梳けなかったかのように見える髪の毛は、思いのままにあらゆる方向へ逆立って、まるで「メドゥーサの頭の蛇ども」のようであった(1)。眼光が強い熱を持っていて、彼に逢った人は誰しもその力を感銘させられた。だがその瞳の色については多くの人々が思い違いをしたものである。陰鬱な悲劇的な相貌の中からほの暗い輝きを帯びてその瞳がきらめくときには瞳の色は黒だという印象を人々に与えがちであったのだが実はそれは青みを帯びた灰色なのであった(2)。その眼は小さくて深く沈んでいたが、情熱や怒りに憑かれると突然大きく見ひらいて、内部のあらゆる考えを、みごとな誠実さをもって映し示すのであった(3)。また、ときどきは、一種憂鬱な眼つきをもって天の方へ向けられた。鼻は短くて角張っていて、大きかった。そして獅子の鼻先に似ていた。口は精緻にできていた。しかし下唇が上のよりもやや突き出ている気味だった。顎あごこそは、胡桃くるみをも噛み砕きそうな強い顎であった。頤おとがいの、右へ片寄った深い凹みは、顔全体に一種奇妙な不均衡を与えていた。モーシェレスがいっているが――「彼は親切な微笑わらいかたをした。そして人と話しているとき、時々愛情ぶかく励ますような様子をした。その代わり、声を出す笑いときたら、不愉快な荒っぽい、顰しかめ面つらの笑い方で、それにまたいつでも短くとぎれてしまう笑いであった。」――それは悦ぶことの習慣を持たない人の笑いなのであった。彼の習慣的な平素の表情は憂鬱メランコリーであった。「医し難い悲しみ」であった。レルシュタープが一八二五年にいっている、ベートーヴェンの「優しい眼と、その眼が示している深い悲しみ」とを見て泣き出したくなったのを我慢するため一生懸命で感情を抑制しなければならなかった、と。ブラウン・フォン・ブラウンタールはその一年後に、あるビーヤ・ホールでベートーヴェンに出会ったが、そのときベートーヴェンは片隅に坐って長いパイプで煙草を喫いながら眼をつぶっていた。これは彼が死に近づくにつれて次第に募った彼の癖なのであった。一人の友が話しかけると彼は悲しげに微笑し、ポケットから小さな「会話のための手帳」を取り出した。そして、聾疾の人が出しがちな鋭い金切声を立てていった、彼に話したいことを手帳に書いてくれ、と。往来を歩いている彼にとつぜん襲いかかって、通行人らをもびっくりさせた急激な霊感の発作のときや、ピアノに向かっている彼に突如作曲の発想が生まれたようなとき、彼の顔は変貌するのであった。「彼の顔面筋肉は緊張して盛り上がり、血管は膨れた。荒々しい眼は倍も恐ろしい様子になり、口はブルブルふるえていた。自分で呼び出した魔神デーモンたちの力に圧倒されている魔術師のような有様だった。」まさにシェイクスピアの描いた一人物に似ていた(4)。ユーリウス・ベネディクトはいった――「リア王だ」と。
Ludwig van Beethoven naquit le 16 décembre 1770 à Bonn, près de Cologne, dans une misérable soupente d’une pauvre maison. Il était d’origine flamande. Son père était un ténor inintelligent et ivrogne. Sa mère était{7} domestique, fille d’un cuisinier, et veuve en premières noces d’un valet de chambre.
Une enfance sévère, à laquelle manqua la douceur familiale, dont Mozart, plus heureux, fut entouré. Dès le commencement, la vie se révéla à lui comme un combat triste et brutal. Son père voulut exploiter ses dispositions musicales et l’exhiber comme un petit prodige. A quatre ans, il le clouait pendant des heures devant son clavecin, ou l’enfermait avec un violon, et le tuait de travail. Peu s’en fallut qu’il ne le dégoûtât à tout jamais de l’art. Il fallut user de violence pour que Beethoven apprît la musique. Sa jeunesse fut attristée par les préoccupations matérielles, le souci de gagner son pain, les tâches trop précoces. À onze ans, il faisait partie de l’orchestre du théâtre ; à treize, il était organiste. En 1787, il perdit sa mère, qu’il adorait. « Elle m’était si bonne, si digne d’amour, ma meilleure amie ! Oh ! qui était plus heureux que moi, quand je pouvais prononcer le doux nom de mère, et qu’elle pouvait l’entendre6 ? » Elle était morte phtisique ; et Beethoven se croyait atteint de la même maladie ; il souffrait déjà constamment ; et il se joignait à son mal une mélancolie, plus cruelle que le mal même7. À dix-sept ans, il était chef de famille, chargé de l’éducation de ses deux frères ; il avait la honte de devoir solliciter la mise à la retraite de son père, ivrogne, incapable de diriger la maison : c’est au fils qu’on remettait la pension du père, pour éviter que celui-ci la dissipât. Ces tristesses laissèrent en lui une empreinte profonde. Il trouva toutefois un affectueux appui dans une famille de Bonn, qui lui resta toujours chère, la famille de Breuning. La gentille « Lorchen », Éléonore de Breuning, avait deux ans de moins que lui. Il lui apprenait la musique et elle l’initia à la poésie. Elle fut sa compagne d’enfance ; et peut-être y eut-il entre eux un sentiment assez tendre. Éléonore épousa plus tard le docteur Wegeler, qui fut un des meilleurs amis de Beethoven ; et, jusqu’au dernier jour, il ne cessa de régner entre eux une amitié paisible, qu’attestent les lettres dignes et tendres de Wegeler et d’Éléonore, et celles du vieux fidèle ami (alter treuer Freund) au bon cher Wegeler (guter lieber Wegeler). Affection plus touchante encore quand l’âge est venu pour tous trois, sans refroidir la jeunesse de leur cœur8.
Si triste qu’ait pu être l’enfance de Beethoven, il garda toujours pour elle, pour les lieux où elle s’écoula, un tendre et mélancolique souvenir. Forcé de quitter Bonn, et de passer presque toute sa vie à Vienne, dans la grande ville frivole et ses tristes faubourgs, jamais il n’oublia la vallée du Rhin, et le grand fleuve auguste et paternel, unser Vater Rhein, comme il l’appelle, « notre père le Rhin », si vivant, en effet, presque humain, pareil à une âme gigantesque où passent des pensées et des forces innombrables, nulle part plus beau, plus puissant et plus doux qu’en la délicieuse Bonn, dont il baigne les pentes ombragées et fleuries, avec une violence caressante. Là, Beethoven a vécu ses vingt premières années ; là se sont formés les rêves de son cœur adolescent, – dans ces prairies qui flottent languissamment sur l’eau, avec leurs peupliers enveloppés de brouillards, les buissons et les saules, et les arbres fruitiers, qui trempent leurs racines dans le courant silencieux et rapide, – et, penchés sur le bord, mollement curieux, les villages, les églises, les cimetières même, – tandis qu’à l’horizon, les Sept Montagnes bleuâtres dessinent sur le ciel leurs profils orageux, que surmontent les maigres et bizarres silhouettes des vieux châteaux ruinés. À ce pays, son cœur resta éternellement fidèle ; jusqu’au dernier instant, il rêva de le revoir, sans jamais y parvenir. « Ma patrie, la belle contrée où j’ai vu la lumière du jour, toujours aussi belle, aussi claire devant mes yeux, que lorsque je la laissai9. »
ルートヴィッヒ・ヴァン・ベートーヴェンは一七七〇年十二月十六日に、ケルン市に近い、ライン河畔ボン市の貧しい家の見すぼらしい屋根裏部屋に生まれた。先祖はフランドルの家系であった(5)。彼の父は不聡明な、そしていつでも酒に酔っぱらっている次中音テノールの歌唱者であった。母は召使い階級の婦人だった。料理人の娘であったが始めある部屋つき従僕ヴァレ・ド・シャンブルと結婚してその夫に先立たれたのだった。
つらい子供時代――そこには、いっそう幸運なモーツァルトの幼時を取り巻いていたような家庭的な愛情の雰囲気が無かった。最初からすでに彼にとっては人生は悲しく冷酷な戦いとして示された。父は彼の音楽の才を利用して、神童の看板をくっつけて子供を食いものにしようとした。彼が四歳になると父は日に数時間もむりやりにクラヴサンを弾かせたり、ヴァイオリンを持たせて一室に閉じ込めておいたり、過度な音楽の勉強を強いた。子供はもう少しで徹頭徹尾音楽が嫌いになるところだった。ベートーヴェンにそれを習わせるには暴力を用いねばならなかった。少年時代は物質上の心配、パンを稼ぐ工面くめん、――年齢の割にあまりにも早く課せられたそんな仕事のために憂鬱なものとなっていた。十一歳の時に劇場のオーケストラの一員となり、十三歳でオルガン弾ひきとなった。一七八七年には彼の大事な母が亡くなった。「母は僕のためにはほんとによい母、愛すべき母、僕の最良の友であった。お母さんという懐しい名を僕が声に出して呼びかけることができ、またその呼びかけが聴かれていたあの頃の僕は、人間の中の最も幸福な人間であった(6)。」母は肺結核で亡くなった。そしてベートーヴェンも同じ病気に罹っていると思い込んでいた。彼の健康はすでに絶えまなく悩んでいた。そして彼は自分の病気にみずから憂鬱症を付け加え、実際の病状よりもその憂鬱症の方がさらにひどかった(7)。十七歳のとき一家の主あるじとなり、二人の弟の教育の責務を負わされた。一家の主たるの能力のない、酒呑みの父を無理に隠退させ、父を差しおいて自分がその役を引き受けるということは、彼には恥ずかしいことだった。父が受け取る年金を浪費してしまわないようにするために、父の年金が息子の手に支払われるようにした。こんなさまざまの悲しみの痕はベートーヴェンの心に深く刻みつけられた。しかしその間に、彼はボンの一家庭の中に親切な支持を得た。それは彼に対してその後かわらぬ真情を持ちつづけたブロイニングの家庭である。善良な優しい「ロールヒェン」――エレオノーレ・フォン・ブロイニングは彼より二歳年下とししたであった。彼は彼女に音楽を教え、彼女は彼を詩の理解へみちびいた。彼女は彼の少年時代の伴侶ともだった。二人の間に、優しい感情さえ生まれていたということも有り得なくはなかろう。エレオノーレは後年、ベートーヴェンの親友の一人である医師ドクトルヴェーゲラーにとついだ。そしてベートーヴェンの生涯の最後の日に至るまで、三人の間には静穏な友誼がつづいていた。ヴェーゲラーとエレオノーレとの、価値のあるそして情愛のこもった手紙と、「忠実な旧友」alter treuer Freund から「善き、なつかしきヴェーゲラー」guter lieber Wegeler への手紙とが、そのことを証明している。三人の間の愛情は、三人が共に年老いてしかも心情の若々しさを冷却させていないが故に、それだけますます感動的である(8)。
ベートーヴェンの幼時がそんなに悲しいものであったにもせよ、彼は常にその幼時に対して、またその幼時の日々が過ごされた幾多の場所に対して、優しさとメランコリーとの籠もった追憶の思いを持ちつづけていた。ボンを離れて、ほとんど全生涯をヴィーンで――軽佻なこの大都会とその陰気な場末で暮らさなければならなかったとはいえ、彼は、ラインの谷間を、威容のある父親らしい大河、彼がそう呼び慣れていた「われらの父ライン」unser Valter Rhein をけっして忘れはしなかった。実際この河はほとんど人間のように生きており、さまざまの思想や無数の精力がそこを横切る雄大な一つの魂に似ているのであるが、しかもラインは精美なボンの町においてこそ最も美しく強くかつ優しい。翳かげと花々とに富んだこの町の幾多の丘の斜面を、ラインは愛撫する一つの力をもって浸しているのである。そこでベートーヴェンは生涯の初めの二十年を送った。そこで彼の若い心のさまざまの夢想は形成された。――霧に包まれた白楊樹ポプラやこんもりした茂みや柳の樹のある牧場は憧れ心地をもって河の水を泳いでいるように見える。またその牧場の果樹は、無言な速い水流にその根を浸している。――そして水辺に、悠然たる好奇の心を持つ者のように身を差し出している村落と教会堂とそして墓場。そして地平には蒼い「七つの峯ジーベンゲピルゲ」がその重畳として変化の多い横顔を空に描き出しており、それらの峯の頂には、廃趾となった幾つかの古い城の寥さびしく奇妙な影絵が浮き出ている。この土地に対してベートーヴェンはかわらぬ真情を持ちつづけた。ついに再びそこへ帰来するを得ることなしに、彼は最期の日に至るまでも、そこを再び見ることを夢みていたのである。「ふるさとよ、美しい土地よ。この世の光をそこで初めて私が見たその国は、私の眼前に浮かんで常に美しく判然はっきりと見えている――私がそこを立ちいでた日の姿のままに(9)。」
En novembre 1792, Beethoven vint se fixer à Vienne, métropole musicale de l’Allemagne10. La Révolution avait éclaté ; elle commençait à submerger l’Europe. Beethoven quitta Bonn juste au moment où la guerre y entrait. Sur la route de Vienne, il traversa les armées hessoises marchant contre la France. En 1796 et 1797, il mit en musique les poésies belliqueuses de Friedberg : un Chant du Départ et un chœur patriotique : Nous sommes un grand peuple allemand (Ein grosses deutsches Volk sind wir). Mais en vain il veut chanter les ennemis de la Révolution : la Révolution conquiert le monde, et Beethoven. Dès 1798, malgré la tension des rapports entre l’Autriche et la France, Beethoven entre en rapports intimes avec les Français, avec l’ambassade, avec le général Bernadotte qui venait d’arriver à Vienne. Dans ces entretiens commencent à se former en lui les sentiments républicains, dont on voit le puissant développement dans la suite de sa vie.
Un dessin que Stainhauser fit de lui à cette époque, donne assez bien l’image de ce qu’il était alors. C’est, aux portraits suivants de Beethoven, ce que le portrait de Buonaparte par Guérin, cette âpre figure rongée de fièvre ambitieuse, est aux autres effigies de Napoléon. Beethoven semble plus jeune que son âge, maigre, droit, raidi dans sa haute cravate, le regard défiant et tendu. Il sait ce qu’il vaut ; il croit en sa force. En 1796, il note sur son carnet : « Courage ! Malgré toutes les défaillances du corps, mon génie triomphera… Vingt-cinq ans ! les voici venus ! je les ai… Il faut que cette année même, l’homme se révèle tout entier11. » Mme de Bernhard et Gelinck disent qu’il est très fier, de manières rudes et maussades, et qu’il parle avec un très fort accent provincial. Mais ses intimes, seuls, connaissent l’exquise bonté qu’il cache sous cette gaucherie orgueilleuse. Écrivant à Wegeler tous ses succès, la première pensée qui lui vient à l’esprit est celle-ci : « Par exemple, je vois un ami dans le besoin : si ma bourse ne me permet pas de lui venir aussitôt en aide, je n’ai qu’à me mettre à ma table de travail ; et, en peu de temps, je l’ai tiré d’affaire…. Tu vois comme c’est charmant12. » Et un peu plus loin, il dit : « Mon art doit se consacrer au bien des pauvres. » (Dann soll meine Kunst sich nur zum Besten der Armen zeigen.)
La douleur, déjà, avait frappé à sa porte ; elle s’était installée en lui, pour n’en plus sortir. Entre 1796 et 1800, la surdité commença ses ravages[1]. Les oreilles lui bruissaient nuit et jour ; il était miné par des douleurs d’entrailles. Son ouïe s’affaiblissait progressivement. Pendant plusieurs années, il ne l’avoua à personne, même à ses plus chers amis ; il évitait le monde, pour que son infirmité ne fût pas remarquée ; il gardait pour lui seul ce terrible secret. Mais, en 1801, il ne peut plus le taire ; il le confie avec désespoir à deux de ses amis : le docteur Wegeler et le pasteur Amenda :
« Mon cher, mon bon, mon affectueux Amenda… combien souvent je te souhaite auprès de moi ! Ton Beethoven est profondément malheureux. Sache que la plus noble partie de moi-même, mon ouïe, a beaucoup baissé. Déjà, à l’époque où nous étions ensemble, j’éprouvais des symptômes du mal, et je le cachais ; mais cela a toujours empiré depuis… Guérirai-je ? Je l’espère naturellement, mais bien peu ; de telles maladies sont les plus incurables. Comme je dois vivre tristement, éviter tout ce que j’aime et tout ce qui m’est cher, et cela dans un monde si misérable, si égoïste ! Triste résignation où je dois me réfugier ! Sans doute je me suis proposé de me mettre au-dessus de tous ces maux ; mais comment cela me sera-t-il possible13 ? »
Et à Wegeler : « … Je mène une vie misérable. Depuis deux ans, j’évite toutes les sociétés, parce qu’il ne m’est pas possible de causer avec les gens : je suis sourd. Si j’avais quelque autre métier, cela serait encore possible ; mais dans le mien, c’est une situation terrible Que diraient de cela mes ennemis, dont le nombre n’est pas petit ! Au théâtre, je dois me mettre tout près de l’orchestre, pour comprendre l’acteur. Je n’entends pas les sons élevés des instruments et des voix, si je me place un peu loin… Quand on parle doucement, j’entends à peine… et d’autre part, quand on crie, cela m’est intolérable… Bien souvent, j’ai maudit mon existence…. Plutarque m’a conduit à la résignation. Je veux, si toutefois cela est possible, je veux braver mon destin ; mais il y a des moments de ma vie où je suis la plus misérable créature de Dieu… Résignation ! quel triste refuge ! et pourtant c’est le seul qui me reste14 ! »
Cette tristesse tragique s’exprime dans quelques œuvres de cette époque, dans la Sonate pathétique, op. 13 (1799), surtout dans le largo de la troisième Sonate pour piano, op. 10 (1798). Chose étrange qu’elle ne soit pas partout empreinte, que tant d’œuvres encore : le riant Septuor (1800), la limpide Première Symphonie (en ut majeur, 1800), reflètent une insouciance juvénile. C’est sans doute qu’il faut du temps à l’âme pour s’accoutumer à la douleur. Elle a un tel besoin de la joie que, quand elle ne l’a pas, il faut qu’elle la crée. Quand le présent est trop cruel, elle vit sur le passé. Les jours heureux qui furent ne s’effacent pas d’un coup ; leur rayonnement persiste longtemps encore après qu’ils ne sont plus. Seul et malheureux à Vienne, Beethoven se réfugiait dans ses souvenirs du pays natal ; sa pensée d’alors en est tout imprégnée. Le thème de l’andante à variations du Septuor est un Lied rhénan. La Symphonie en ut majeur est aussi une œuvre du Rhin, un poème d’adolescent qui sourit à ses rêves. Elle est gaie, langoureuse ; on y sent le désir et l’espérance de plaire. Mais dans certains passages, dans l’introduction, dans le clair-obscur de quelques sombres basses, dans le scherzo fantasque, on aperçoit, avec quelle émotion ! dans cette jeune figure le regard du génie à venir. Ce sont les yeux du Bambino de Botticelli dans ses Saintes familles, ces yeux de petit enfant où l’on croit lire déjà la tragédie prochaine.
À ses souffrances physiques venaient se joindre des troubles d’un autre ordre. Wegeler dit qu’il ne connut jamais Beethoven sans une passion portée au paroxysme. Ces amours semblent avoir toujours été d’une grande pureté. Il n’y a aucun rapport entre la passion et le plaisir. La confusion qu’on établit de notre temps entre l’une et l’autre ne prouve que l’ignorance où la plupart des hommes sont de la passion, et son extrême rareté. Beethoven avait quelque chose de puritain dans l’âme ; les conversations et les pensées licencieuses lui faisaient horreur ; il avait sur la sainteté de l’amour des idées intransigeantes. On dit qu’il ne pardonnait pas à Mozart d’avoir profané son génie à écrire un Don Juan. Schindler, qui fut son ami intime, assure qu’« il traversa la vie avec une pudeur virginale, sans avoir jamais eu à se reprocher une faiblesse ». Un tel homme était fait pour être dupe et victime de l’amour. Il le fut. Sans cesse il s’éprenait furieusement, sans cesse il rêvait de bonheurs, aussitôt déçus, et suivis de souffrances amères. C’est dans ces alternatives d’amour et de révolte orgueilleuse, qu’il faut chercher la source la plus féconde des inspirations de Beethoven, jusqu’à l’âge où la fougue de sa nature s’apaise dans une résignation mélancolique.
En 1801, l’objet de sa passion était, à ce qu’il semble, Giulietta Guicciardi, qu’il immortalisa par la dédicace de sa fameuse Sonate dite du Clair de Lune, op. 27 (1802). « Je vis d’une façon plus douce, écrit-il à Wegeler, et je me mêle davantage avec les hommes…. Ce changement, le charme d’une chère fille l’a accompli ; elle m’aime, et je l’aime. Ce sont les premiers moments heureux que j’aie depuis deux ans15. » Il les paya durement. D’abord cet amour lui fit sentir davantage la misère de son infirmité, et les conditions précaires de sa vie, qui lui rendaient impossible d’épouser celle qu’il aimait. Puis Giulietta était coquette, enfantine, égoïste ; elle fit cruellement souffrir Beethoven, et en novembre 1803 elle épousa le comte Gallenberg16. – De telles passions dévastent l’âme ; quand l’âme est déjà affaiblie par la maladie, comme l’était celle de Beethoven, elles risquent de la ruiner. Ce fut le seul moment de la vie de Beethoven, où il semble avoir été sur le point de succomber. Il traversa une crise désespérée, qu’une lettre nous fait connaître : le Testament d’Heiligenstadt, à ses frères, Carl et Johann, avec cette indication : « Pour lire et exécuter après ma mort17. » C’est un cri de révolte et de douleur déchirante. On ne peut l’entendre sans être pénétré de pitié. Il fut tout près alors de mettre fin à sa vie. Seul son inflexible sentiment moral l’arrêta18. Ses dernières espérances de guérison disparurent. « Même le haut courage qui me soutenait s’est évanoui. Ô Providence, fais-moi apparaître une fois un jour, un seul jour de vraie joie ! Il y a si longtemps que le son profond de la vraie joie m’est étranger. Quand, oh ! quand, mon Dieu, pourrai-je la rencontrer encore ? Jamais ? – Non, ce serait trop cruel ! »
Cela semble une plainte d’agonie ; et pourtant, Beethoven vivra vingt-cinq ans encore. Sa puissante nature ne pouvait se résigner à succomber sous l’épreuve. « Ma force physique croît plus que jamais avec ma force intellectuelle… Ma jeunesse, oui, je le sens, ne fait que commencer. Chaque jour me rapproche du but que j’entrevois sans pouvoir le définir… Oh ! si j’étais délivré de ce mal, j’embrasserais le monde ! Point de repos ! Je n’en connais pas d’autre que le sommeil ; et je suis assez malheureux de devoir lui accorder plus de temps qu’autrefois. Que je sois seulement délivré à moitié de mon mal : et alors… Non, je ne le supporterai pas. Je veux saisir le destin à la gueule. Il ne réussira pas à me courber tout à fait. – Oh ! cela est si beau, de vivre la vie mille fois19 ! »
Cet amour, cette souffrance, cette volonté, ces alternatives d’accablement et d’orgueil, ces tragédies intérieures se retrouvent dans les grandes œuvres écrites en 1802 : la Sonate avec marche funèbre, op. 26, la Sonate quasi una fantasia, et la Sonate dite du Clair de lune, op. 27, la Deuxième Sonate, op. 31, avec ses récitatifs dramatiques, qui semblent un monologue grandiose et désolé ; la Sonate en ut mineur pour violon, op. 30, dédiée à l’empereur Alexandre ; la Sonate à Kreutzer, op. 47 ; les six héroïques et poignantes mélodies religieuses sur des paroles de Gellert, op. 48. La Seconde Symphonie, qui est de 1803, reflète davantage son juvénile amour ; et l’on sent que sa volonté prend décidément le dessus. Une force irrésistible balaye les tristes pensées. Un bouillonnement de vie soulève le finale. Beethoven veut être heureux ; il ne veut pas consentir à croire son infortune irrémédiable : il veut la guérison, il veut l’amour ; il déborde d’espoir20.
「革新」が勃発していて、次第にそれは西欧を浸し始めていた。それはまたベートーヴェンの心をとらえた。ボン大学はあたらしい考えの炉であった。ベートーヴェンは一七八九年の五月十四日にこの大学の聴講生となる届を出してドイツ文学の講義を聴いた。教授は有名なオイロギウス・シュナイダーであった。(後に低部ライン地方検察官。)バスチーユ占領の報がボンにつたわったときシュナイダーは講壇で熱烈な詩を朗読して学生たちを感激させた。翌年彼は革新的な詩集を出したがその予約申込者の中に、ホーフムージクス・ベートーヴェンの名とブロイニング家の名があった。
一七九二年十一月にベートーヴェンがボンを発ったのはちょうど戦乱がボンへ侵入して来たのと入れ違いだった。彼は、当時のドイツの音楽首都であったヴィーン市に落ちついた(10)。ヴィーンへ赴く途次、彼は、フランスに向かって進軍するヘッセンの軍隊に行き遭った。彼は確かに愛国的感情に憑かれた。一七九六年と九七年とに、彼はフリートベルク作の二つの戦争詩を作曲した。一つは『出征に際してのヴィーン市民への告別の歌』であり、他は合唱歌『われらは偉大なるドイツの民』である。しかし彼が「革新」の敵たちを歌おうとする努力は甲斐なきことであった。「革新」は世界を征服し、またベートーヴェンをも征服したからである。一七九八年以後、オーストリアとフランスとの関係は緊張していたにもかかわらずベートーヴェンはフランス人たちとの、フランス大使や、ちょうどヴィーンへ到着したばかりのベルナドット将軍との親密な関係に入った。ベルナドットの一行中に提琴家のクロイツァーがいた。それが後年あのすぐれた『クロイツァー・ソナータ』をベートーヴェンが献呈した提琴家なのである。こんな交遊からベートーヴェンの心には共和主義的な感情が形作られ始めた。そしてその感情の強大な展開を、われわれは彼のその後の全生涯の中に見るのである。
この時期の彼を描いたシュタインハウザー作の素描画像は当時の彼の姿をかなり良く示している。その後のさまざまなベートーヴェンの肖像に比較してみるとあたかもゲラン作のボナパルトの肖像、あの野心的情熱に噛まれている鋭い表情の画像が他のいろいろなナポレオン像に対して持つ関係と似通うところがある。この像ではベートーヴェンは年齢よりも若く見え、痩せて、首を真直ぐにして、高い襟飾りの中で硬ばり、油断の隙を見せぬ緊張した眼つきをしている。彼は自分の価値を自覚している。彼は自己の力を信じている。一七九六年に手帳の中にこう書いた――「勇気を出そう。肉体はどんなに弱くともこの精神でかって見せよう。いよいよ、二十五歳だ。一個の男の力の全部が示さるべき年齢に達したのだ(11)。」フォン・ベルンハルト夫人およびゲーリンクのいっているところによると、彼ははなはだ尊大で、がむしゃらで憂鬱で、それにまたひどい国なまりで話していた。しかし最も親密な友人たちだけは、ベートーヴェンの霊妙な親切さを――尊大に見える不器用な態度の背後に隠れていた親切さを識っていたのである。あるとき彼がヴェーゲラーに自分の音楽会の大きな成功の模様を知らせたとき、まず第一に彼の思いついた考えというのはこうであった――「たとえば今、一人の困窮している友に僕が出逢うとする。僕の財布が即座に彼を助力してやれないとすれば僕は自分の机に向かって坐りさえすればいい。たちまちにその友人は助かるわけだ。……これは素敵な状態だといえるではないか……(12)」また、同じ手紙の少し先でこういっている。「僕の芸術は貧しい人々に最もよく役立たねばならぬ。」Dann soll meine Kunst sich nur zum Besten der Armen zeigen.
悲哀はすでに彼の扉をたたきつつあった。それはベートーヴェンの内部に住みかを定め、そしてもはや再び立ち退こうともしなかった。一七九六年と一八〇〇年の間に聾疾はその暴威を振いはじめた(13)。夜も昼も耳鳴りが絶えなかった。そして彼はまた腸の疾患に始終なやまされた。聴覚はしだいに弱くなって行った。数年のあいだは、誰にも、最も親しい友人にも、彼はそれを打ち明けなかった。自分の致命的な病患を人に気づかれないために人々を避けて、この恐るべき秘密をひた隠しにかくしていた。しかし一八〇一年に至ってもはや隠し切れなくなった。彼は絶望をもって、医師ドクトルヴェーゲラーと牧師アメンダとの二友人に打ちあけた――
「親しい、善良な、親切なアメンダ……君が僕の傍にいてくれたらと僕はどんなにたびたび願うか知れない。君の友ベートーヴェンは自然と造物主とからの不遇のためひどく不幸になっているのだから。僕の最も大切な部分、僕の聴覚が著しくだめになって来たのだ。君が僕の傍にいた頃、僕は実はすでにその兆候を感じてはいたがそれを口に出さなかった。ところがますますわるくなるばかりだ。癒るだろうか? むろんそれを期待してはいるがよほどむつかしい。こんな病気は最も癒りにくい。僕は何と悲しく生きなければならないことか! 僕の愛する親しい者の一切を避けながら、くだらない利己的な人々の中で生きなければならないとは! 悲しい諦念――それを僕は自分の隠れ家としなければならないのだ。これら一切の不幸を超越した立場へ自分を置こうとしてもちろん僕は努めてはみた。しかしどうしたらそれが僕にできるだろうか……(14)」
またヴェーゲラーに宛てて――「……僕は惨めに生きている。二年以来、人々の中へ出ることを避けている。人々に向かって、僕は聾なのだ、と告げることができないために。僕の職業が他のものだったらまだしもどうにかいくだろうが、僕の仕事では、これは恐ろしい状況だ。僕の敵たちが知ったらどんなことをいうか知れはしない。しかも敵の数は少なくはないのだ!……〔僕の聾のひどさを君に知らせるために一例を挙げてみるなら〕僕は劇場で役者の言葉を聴くためにはオーケストラにくっついた座席にいなければならない。少し離れているともう楽器や歌声の高い調子の音は聞こえない。低い声で話す人の声もときどきほとんど聞こえないことがある。――しかも誰かが叫び声を立てると、それも僕には耐え難いのだ。……すでにたびたび僕は造物主と自分の存在とをのろった。……プルタークを読んで僕は諦念へみちびかれた。できることなら僕はこの運命に戦い克ちたいのだが、しかし僕は自分をこの世で神の創った最も惨めな人間だと感じる瞬間がたびたびあるのだ……諦念! 何という悲しい避難所だろう! しかもこれが僕に残されている唯一の避難所なのだ(15)!」
この悲劇的な悲しみは、その時期の幾つかの作品にあらわれている『悲愴奏鳴曲ソナータ・パテティック』(作品第十三番、一七九九年)の中に、またとりわけ作品第十番(一七八九年)の、『ピアノのための第三のソナータ』の緩徐調ラルゴの中に。しかも、同じ時期のその他の作品、たとえば笑い声を立てている『七重奏曲セプテット』(一八〇〇年)や明朗な『第一交響曲』(一八〇〇年)が少年の日の暢のどかさを反映しているということは――すなわち同期の作の皆が皆まで悲痛の痕跡を留めているのではないということは、不思議なことである。確かに魂が悲哀に馴れるまでには時間のかかるものである。魂は、それが歓喜を持たぬときにはみずからそれを創つくり出さねばならないほどに歓喜を必要とするものである。現在があまりに辛つらければ、魂は過去の追憶によって生きる。過ぎた幸福の日々が一撃のもとに消滅しはしない。それらの日々の輝きはすでにそれらが無くなっている現在にもなお永く残って照りつづける。ヴィーンにいて孤独な不幸なベートーヴェンは生まれ故郷の追憶の中にその隠れ家を求めたのである。当時の彼が音楽に示した思想にはことごとく、そういう追憶が沁み込んでいる。『七重奏曲セプテット』中の「変調するアンダンテ」の主要旋律はライン地方の民謡リートから来ている。『第一交響曲』もラインから生まれた作品であり、自分の回想のまぼろしに向かって微笑している若者の詩である。この交響曲は快活で憧れ心地に充ちている。そこには人を楽しませたい欲求と、楽しませ得るという希望とが感じられるのである。しかしある楽節、たとえば導入節アインライツングや幽暗な或る低音バスの明暗や幻想的なスケルツォーにおいて、われわれはまことに大きな感動をもって、やがてきたるべき天才的精神のひらめきを、この若い姿の中に感取する! それらのひらめきは、ボッティチェリの描いた『聖家族』の中の、幼児バンビーノキリストの眼の輝きである――早くも近づいて来ている悲劇を人がそこに確かに認め得るところの幼な児の眼の輝きである。
肉体の苦痛にさらに別の厄災がつけ加わった。ヴェーゲラーはいっている、彼が知るかぎりにおいてベートーヴェンは絶えまなく恋愛の熱情につかまれていた、と。これらの恋愛は常にきわめて純潔なものであったようである。情熱と逸楽との間に何の関係もなかった。この両者を今日こんにち人々が混同して考えることは、大多数の人々が情熱というものについては実に無智なのだということおよび真の情熱はいかにも稀有の現象だということの証明にほかならない。ベートーヴェンはその魂の中に清教徒ピューリタン的な或るものを持っていた。卑猥な思想や談話は彼を身顫みぶるいさせた。恋愛の聖性については強硬な考えをもっていた。モーツァルトが『ドン・ジョヴァンニ』を書いてその天才を濫用したことをベートーヴェンは赦さなかったといわれている。彼の親友だったシンドラーは確言している――「彼は一種の処女的な羞はにかみをもって生涯を過ごし、弱点に負けて自己を責めるような羽目に陥ることは無かった」と。しかもこんな人間が恋愛の熱情の、欺かれやすい犠牲となるのにはあつらえ向きにできていた。彼はまさにそういう犠牲であった。絶えまなく熱烈に恋心にとらわれ、絶えまなく恋の幸福を夢みながら、たちまちその幸福の夢の果敢はかなさを悟らされ、苦にがい悲しみを味わわされていた。彼の天性の激しさがやがて憂鬱を帯びた諦めの静かさに行き着く年齢に達するときまでは、恋ごころとそれへの誇らしい反抗との交互作用の中にこそ、ベートーヴェンの霊感の最も強大な源泉が見いだされるのである。
一八〇一年に彼の情熱の対象はジュリエッタ・グィッチャルディであったらしい。彼は、いわゆる「月光曲」と呼ばれる作品二十七番の有名なソナータ(一八〇二年)をこの人に捧げることによってこの女性を不滅化した。「僕の生活は今までよりも優しみのあるものになった」とヴェーゲラーに宛てて書いた。「僕はいっそう人々になじむようになった。……一人のなつかしい少女の魅力が、僕をこんなふうに変わらせたのだ。その人は僕を愛しているし、僕もその人を愛している。二年この方はじめての幸福の幾瞬時を僕は持っている(16)。」ところで彼はこの幸福の幾瞬時に対してやがて辛い代償を支払うことになる。最初からこの恋は彼に、自分の病身の惨めさと、そして愛する人との結婚を不可能にする不安定な生活状態とをますます痛感させた。それにジュリエッタはコケットで幼稚で利己主義であった。彼女は残酷にベートーヴェンを苦しませた。そして一八〇三年の十一月にガルレンベルク伯爵と結婚してしまった(17)。こんな熱情は魂を蹂躙じゅうりんする。ベートーヴェンのばあいのように魂が病気のために弱っているとき、こんな種類の熱情は魂を破壊する危険がある。これは彼の生涯中で、彼がまさに破滅しそうにみえた唯一の瞬間であった。彼は絶望の危機を突破していた。一つの手紙がわれわれにそれを告げている。すなわち『ハイリゲンシュタットの遺書』がそれである。これは彼の二人の弟カルルとヨーハンとに宛てた手紙であって「私の死後に読み、私の意志どおり取り計らってくれ(18)」という表示が書かれている。これは運命への抵抗とはげしい悲しみとの叫びである。憐愍れんびんに胸をつらぬかれることなしには、人はこの叫びを聞き得ない。当時彼は自ら命を絶とうとする危険の淵に臨んでいた。ただ彼の不屈な道徳感だけが彼を引き留めたのである(19)。快癒への最後の望みも消えていた。
「私を支えて来た最も高い勇気も今では消え失せた。おお、神のみこころよ。たった一日を、真の歓喜のたった一日を私に見せて下さい。真の悦びのあの深い響きが私から遠ざかってからすでに久しい。おお、わが神よ。いつ私は再び悦びに出遭えるのでしょう?……その日は永久に来ないのですか?……否、それはあまりに残酷です!」
これは絶体絶命の呻きである。しかもベートーヴェンはその後なお二十五年生きながらえるであろう。彼の生来の頑強さは、試練の重みの下に圧しつぶされることを承服しはしなかった。「僕の体力も知力も、今ほど強まっていることはかつてない。……僕の若さは今始まりかけたばかりなのだ。一日一日が僕を目標へ近づける、――自分では定義できずに予感しているその目標へ。おお、僕がこの病気から治ることさえできたら、僕は全世界を抱きしめるだろうに!……少しも仕事の手は休めない。眠る間の休息以外には休息というものを知らずに暮らしている。以前よりは多くの時間を睡眠に与えねばならないことさえ今の僕には不幸の種になる。今の不幸の重荷を半分だけでも取り除くことができたらどんなにいいか……このままではとうていやりきれない。――運命の喉元をしめつけてやる。断じて全部的に参ってはやらない。おお、人生を千倍にも生きられたらどんなにいいか(20)!」
この愛情、この苦悩、この意志力、そして失意と誇りとのこの交替、内心のこれらの悲劇が、一八〇二年に書かれた大きい作品の中に現われている。すなわち、『葬送曲のついたソナータ』(第二十六番)、第二十七番の二つのソナータ(幻想風のソナータと月光曲)、また、絶望に向かっての広大な独白のような感じのする劇的な宣叙調レチタティーフの付いている作品第三十一の第二番のソナータ、アレクサンダー皇帝にささげられたハ短調のヴァイオリン・ソナータ(第三十)、第四十七のクロイツァー・ソナータ、ゲルラートの詩に付けた六つの雄々しくて感銘的な宗教歌曲(第四十八)がそれである。しかし一八〇三年にできた『第二交響曲』はかえって彼の悦ばしげな恋の感情を反映する。そして意志の力が決然として勝を制しつつあることが感じられる。抗し難い一つの力が悲しい想いを吹き払う。生命の奔騰がこの作品の終曲フィナーレを昂揚させる。ベートーヴェンは幸福でありたいと望んでいる。彼は自分の疾患を不治だとは信じたくない。彼は快癒をのぞんでいる。愛を望んでいる。彼は希望に溢れている(21)。
Dans plusieurs de ces œuvres, on est frappé par l’énergie et l’insistance des rythmes de marche et de combat. Cela est surtout sensible dans l’allegro et le finale de la Seconde Symphonie, et plus encore dans le premier morceau, superbement héroïque, de la Sonate à l’empereur Alexandre. Un caractère guerrier, spécial à cette musique, rappelle l’époque d’où elle est sortie. La Révolution arrivait à Vienne. Beethoven était emporté par elle. « Il se prononçait volontiers, dans l’intimité, dit le chevalier de Seyfried, sur les événements politiques, qu’il jugeait avec une rare intelligence, d’un coup d’œil clair et net. » Toutes ses sympathies l’entraînaient vers les idées révolutionnaires. « Il aimait les principes républicains », dit Schindler, l’ami qui le connut le mieux dans la dernière période de sa vie. « Il était partisan de la liberté illimitée et de l’indépendance nationale… Il voulait que tous concourussent au gouvernement de l’État… Il voulait pour la France le suffrage universel, et il espérait que Bonaparte l’établirait, et jetterait ainsi les bases du bonheur du genre humain. » Romain révolutionnaire, nourri de Plutarque, il rêvait d’une République héroïque, fondée par le dieu de la Victoire : le premier Consul ; et, coup sur coup, il forge la Symphonie héroïque : Bonaparte (1804)[2], l’Iliade de l’Empire, et le finale de la Symphonie en ut mineur (1805-1808), l’épopée de la Gloire. Première musique vraiment révolutionnaire : l’âme du temps y revit avec l’intensité et la pureté qu’ont les grands événements dans les grandes Âmes solitaires, dont les impressions ne sont pas amoindries par le contact de la réalité. La figure de Beethoven s’y montre colorée des reflets de ces guerres épiques. Partout elles s’expriment, peut-être à son insu, dans les œuvres de cette période : dans l’Ouverture de Coriolan (1807), où soufflent des tempêtes, dans le Quatrième quatuor, op. 18, dont le premier morceau a tant de parenté avec cette ouverture ; dans la Sonate Appassionata, op. 57 (1804), dont Bismarck disait : « Si je l’entendais souvent, je serais toujours très vaillant21 » : dans la partition d’Egmont ; et jusque dans ses concertos pour piano, dans ce concerto en mi bémol, op. 73 (1809), où la virtuosité même se fait héroïque, où passent des armées. – Comment s’en étonner ? Si Beethoven ignorait, en écrivant la Marche funèbre sur la mort d’un héros de la sonate op. 26), que le héros le plus digne de ses chants, celui qui plus que Bonaparte s’approcha du modèle de la Symphonie héroïque, Hoche, venait de mourir près du Rhin, que domine encore son monument funèbre, du haut d’une petite colline entre Coblentz et Bonn, – à Vienne même, il avait vu deux fois la Révolution victorieuse. Ce sont les officiers français qui assistent en novembre 1805, à la première de Fidelio. C’est le général Hulin, le vainqueur de la Bastille, qui s’installe chez Lobkowitz, l’ami et le protecteur de Beethoven, celui à qui sont dédiés l’Héroïque et l’Ut mineur. Et le 10 mai 1809, Napoléon couche à Schoenbrunn22. Bientôt Beethoven haïra les conquérants français. Mais il n’en a pas moins senti la fièvre de leur épopée ; et qui ne la sent pas comme lui, ne comprendra qu’à demi cette musique d’actions et de triomphes impériaux.
人はこれらの作の大多数を聴くときにベートーヴェンの行進的な旋律と戦闘的な旋律との強さと迫力とに打たれる。とりわけ『第二交響曲』のアレグロとフィナーレとの中に、さらにまた『アレクサンダー皇帝にささげたソナータ』のはなはだ雄々しい第一楽章の中にそれが感じられる。この音楽の特性である或る種の戦士的性格は、この音楽の生まれ出た時期を思わせるものがある。革新がヴィーンにまで到達していた。ベートーヴェンはそれに心をさらわれていた。「親しい人々のあいだで」と、士爵シュヴァリエフォン・ザイフリートがいっている、「ベートーヴェンは政治的な出来事について話すのを好んだが、彼の意見はなかなか聡明で、明確な着眼点を持っていた。」彼の同感は全部的に、革新的な考えに味方していた。「共和主義的な諸原理を彼は愛していた」とシンドラーはいっている。シンドラーはベートーヴェンの晩年に彼を最も深く識っていた親友であった。「彼は無限の自由と国家的独立との主張に加担していた。……誰しもが国の政治に携わり得ることをのぞんでいた。彼はフランスのために普通選挙法を望み、ナポレオン・ボナパルトがそれを実施して人類の幸福の基礎を置くのであろうと期待していた。プルタークの精神にやしなわれたローマ的な革新主義者だった彼は、「勝利の神」最初の執政官(ナポレオン)に基底を置かれた一つの英雄的な共和国を夢みていたのである。その故に彼は彼の『英雄交響曲エロイカ』を「ボナパルト(22)」という傍名のもとに(一八〇四年)、少しずつ打ち鍛えながら作っていた。――これはローマ帝政的な「イリアード」である。彼はまた、一八〇五年から一八〇八年までのあいだに『第五交響曲』の終曲を作った。これは光栄を歌う叙事詩的、英雄的な楽章である。これらは音楽の中に初めて生まれた真に革新主義的な音楽である。大きい歴史的事件が、もろもろの偉大なそして孤独な人々の魂の中に惹き起こす印象の緊張と純粋とをありのままに示しつつ、時代の魂が、そこに生き生きと再現せられており、しかも内生活の力を感銘させる度合は、現実的事件への関与によっても少しも弱められてはいない。ベートーヴェンの風貌はこれらの作品においては戦闘的叙事詩の反映に彩られている。おそらく彼自身はそれと気づかずして現われているそんな反映は、同時期のさまざまの作品の中に看取せられる。『コリオラン序曲』(一八〇七年)の中には嵐が吹き渡っており、作品第十八の『第四の弦四重奏曲』の第一楽章は『コリオラン序曲』と非常に似通っている。作品第五十七の『情熱奏鳴曲ソナータ・アパッショナータ』(一八〇四年)についてはビスマルクがこういった――「これを私がたびたび聴けたら、私は常にはなはだ勇敢であるだろうが(23)」と。『エグモント』の音楽にも同様の特徴が看取せられるし、さらにまた『ピアノ協奏曲コンツェルト』のうち、作品第七十三の『変ホ長調の協奏曲コンツェルト』(一八〇九年)の中では、軍勢の行進の響きがきこえ、そこでは音楽技巧そのものが英雄的な性質をもっている。――しかしそれに何のふしぎがあろう? ベートーヴェンが『一英雄の死のための哀悼行進曲』(奏鳴曲ソナータ、作品第二十六)を作ったとき、ボナパルトよりもいっそう彼の英雄交響曲の理想に近い立派な英雄オッシュ将軍がライン河畔の土地で没してその奥津城はコブレンツとボンとの間の丘の上からラインの土地を見おろしているのだということを彼が全然知りはしなかったとしても、――しかし彼自身ヴィーンにいて「革新軍」の勝利を二度までも眼のあたりに見たのであった。一八〇五年十一月に『フィデリオ』の初演を聴きに来たのはフランスの士官たちであった。バスチーユの勝利者ユラン将軍はロブコヴィッツ家に泊まっていたが彼はベートーヴェンの友であり擁護者であり、『エロイカ』と『第五交響曲』とが彼に献呈せられた。一八〇九年の五月十日にはナポレオンがシェーンブルンに泊まる(24)。ベートーヴェンは間もなくフランスの勝利者たちを憎むようになるが、しかし彼らの英雄詩的行為に対する熱情を彼は依然として感じつづけていた。この熱情をベートーヴェンほどに感じ得ない者は、彼の行為的な、そして堂々たる凱旋の調子を持つ音楽を、半分しか理解できないであろう。
Beethoven interrompit brusquement la Symphonie en ut mineur, pour écrire d’un jet, sans ses esquisses habituelles, la Quatrième Symphonie. Le bonheur lui était apparu. En mai 1806, il se fiançait avec Thérèse de Brunswick.23 Elle l’aimait depuis longtemps, – depuis que, petite fille, elle prenait avec lui des leçons de piano, dans les premiers temps de son séjour à Vienne. Beethoven était ami de son frère, le comte François. En 1806, il fut leur hôte à Mârtonvàsàr en Hongrie, et c’est là qu’ils s’aimèrent. Le souvenir de ces jours heureux s’est conservé dans quelques récits de Thérèse de Brunswick24. « Un soir de dimanche, dit-elle, après dîner, au clair de lune, Beethoven s’assit au piano. D’abord il promena sa main à plat sur le clavier. François et moi nous connaissions cela. C’était ainsi qu’il préludait toujours. Puis il frappa quelques accords sur les notes basses ; et, lentement, avec une solennité mystérieuse, il joua un chant de Sébastien Bach25 : « Si tu veux me donner ton cœur, que ce soit d’abord en secret ; et notre pensée commune, que nul ne la puisse deviner. » Ma mère et le curé s’étaient endormis ; mon frère regardait devant lui, gravement ; et moi, que son chant et son regard pénétraient, je sentis la vie en sa plénitude. – Le lendemain matin, nous nous rencontrâmes dans le parc. Il me dit : « J’écris à présent un opéra. La principale figure est en moi, devant moi, partout où je vais, partout où je reste. Jamais je n’ai été à une telle hauteur. Tout est lumière, pureté, clarté. Jusqu’à présent, je ressemblais à cet enfant des contes de fée qui ramasse les cailloux, et ne voit pas la fleur splendide, fleurie sur son chemin… » C’est au mois de mai 1806, que je devins sa fiancée, avec le seul consentement de mon bien-aimé frère François. »
La Quatrième Symphonie, écrite cette année, est une pure fleur, qui garde le parfum de ces jours les plus calmes de sa vie. On y a justement remarqué « la préoccupation de Beethoven, alors, de concilier autant que possible son génie avec ce qui était généralement connu et aimé dans les formes transmises par ses prédécesseurs26 ». Le même esprit conciliant, issu de l’amour, agissait sur ses manières et sur sa façon de vivre. Ignaz von Seyfried et Grillparzer disent qu’il est plein d’entrain, vif, joyeux, spirituel, courtois dans le monde, patient avec les importuns, vêtu de façon recherchée ; et il leur fait illusion, au point qu’ils ne s’aperçoivent pas de sa surdité, et disent qu’il est bien portant, sauf sa vue qui est faible27. C’est aussi l’idée que donne de lui un portrait d’une élégance romantique et un peu apprêtée, que peignit alors Maehler. Beethoven veut plaire, et il sait qu’il plaît. Le lion est amoureux : il rentre ses griffes. Mais on sent sous ses jeux, sous les fantaisies et la tendresse même de la Symphonie en si bémol, la redoutable force, l’humeur capricieuse, les boutades colériques.
Cette paix profonde ne devait pas durer ; mais l’influence bienfaisante de l’amour se prolongea jusqu’en 1810. Beethoven lui dut sans doute la maîtrise de soi, qui fit alors produire à son génie ses fruits les plus parfaits : cette tragédie classique, la Symphonie en ut mineur, – et ce divin rêve d’un jour d’été : la Symphonie pastorale (1808)28. – L’Appassionata, inspirée de la Tempête de Shakespeare29, et qu’il regardait comme la plus puissante de ses sonates, paraît en 1807, et est dédiée au frère de Thérèse. À Thérèse elle-même il dédie la rêveuse et fantasque sonate, op. 18 (1809). Une lettre, sans date30, et adressée À l’immortelle Aimée exprime, non moins que l’Appassionata, l’intensité de son amour :
« Mon ange, mon tout, mon moi… j’ai le cœur gonflé du trop que j’ai à te dire… Ah ! où je suis, tu es aussi avec moi… Je pleure, quand je pense que tu ne recevras probablement pas avant dimanche les premières nouvelles de moi. – Je t’aime, comme tu m’aimes, mais bien plus fort… Ah ! Dieu ! – Quelle vie ainsi ! Sans toi ! – Si près, si loin. – … Mes idées se pressent vers toi, mon immortelle aimée (meine unsterbliche Geliebte), parfois joyeuses, puis après tristes, interrogeant le destin, lui demandant s’il nous exaucera. – Je ne puis vivre qu’avec toi, ou je ne vis pas… Jamais une autre n’aura mon cœur. Jamais ! – Jamais ! – Ô Dieu ! pourquoi faut-il s’éloigner quand on s’aime ? Et pourtant ma vie, comme elle est à présent, est une vie de chagrins. Ton amour m’a fait à la fois le plus heureux et le plus malheureux des hommes. – … Sois paisible…, sois paisible – aime-moi ! – Aujourd’hui, – hier, – quelle ardente aspiration, que de larmes vers toi ! – toi – toi – ma vie – mon tout ! – Adieu ! – oh ! continue de m’aimer, – ne méconnais jamais le cœur de ton aimé L. – Éternellement à toi – éternellement à moi – éternellement à nous31. »
Quelle raison mystérieuse empêcha le bonheur de ces deux êtres qui s’aimaient ? – Peut-être le manque de fortune, la différence de conditions. Peut-être Beethoven se révolta-t-il contre la longue attente qu’on lui imposait, et contre l’humiliation de tenir son amour indéfiniment secret.
Peut-être, violent, malade et misanthrope, comme il était, fit-il souffrir sans le vouloir celle qu’il aimait, et s’en désespérait-il. – L’union fut rompue ; et pourtant ni l’un ni l’autre ne semble avoir jamais oublié son amour. Jusqu’à son dernier jour (elle ne mourut qu’en 1861), Thérèse de Brunswick aima Beethoven.
Et Beethoven disait, en 1816 : « En pensant à elle, mon cœur bat aussi fort que le jour où je la vis pour la première fois. » De cette même année sont les six mélodies à la bien-aimée lointaine (an die ferne Geliebte), op. 98, d’un caractère si touchant et si profond. Il écrit dans ses notes : « Mon cœur déborde à l’aspect de cette admirable nature, et pourtant Elle n’est pas là, près de moi ! » – Thérèse avait donné son portrait à Beethoven, avec la dédicace : « Au rare génie, au grand artiste, à l’homme bon. T. B.32 ». Dans la dernière année de sa vie, un ami surprit Beethoven, seul, embrassant ce portrait en pleurant, et parlant tout haut suivant son habitude : « Tu étais si belle, si grande, pareille aux anges ! » L’ami se retira, revint un peu plus tard, le trouva au piano, et lui dit : « Aujourd’hui, mon vieil ami, il n’y a rien de diabolique sur votre visage. » Beethoven répondit : « C’est que mon bon ange m’a visité. » – La blessure fut profonde. « Pauvre Beethoven, dit-il lui–même, il n’est pont de bonheur pour toi dans ce monde. Dans les régions de l’idéal seulement, tu trouveras des amis.33 »
Il écrit dans ses notes : « Soumission, soumission profonde à ton destin : tu ne peux plus exister pour toi, mais seulement pour les autres ; pour toi, il n’y a plus de bonheur qu’en ton art. O Dieu, donne-moi la force de me vaincre ! »
ベートーヴェンは突如『第五交響曲』の作曲を中途で停滞させた。それは、下書きを幾つも作る彼の平生のやり方をしないで一気呵成に『第四交響曲』を書くためであった。幸福が彼の前に現われかけていた。一八〇六年の五月に、彼はテレーゼ・フォン・ブルンスヴィック(25)と婚約したのである。テレーゼはずっと以前から彼を愛していた。――それはベートーヴェンが初めてヴィーンに来た頃、ピアノの稽古を彼から受けていた少女時代以来のことである。ベートーヴェンは彼女の兄、フランツ伯の友人であった。一八〇六年にハンガリアのマールトンヴァーザールで彼はブルンスヴィック家の客となったが、その時期にベートーヴェンとテレーゼとの間の愛情は深まった。幸福なこれらの日々の思い出は、テレーゼ・フォン・ブルンスヴィックの書いた二、三の話の中に記されてある(26)。「或る日曜日の夕方、食後、月の光の中でベートーヴェンはピアノに向かって坐った。まず最初手を鍵盤の上に平たく置いた。フランツと私とはこれがベートーヴェンの習慣であることを良く識っていた。彼は弾き始めるときいつでもそうするのであった。それから低音の幾つかの和音アコードを敲たたいた。その後でゆっくりと深い荘重な調子で彼はセバスチァン・バッハの一つの歌(27)を弾いた……『おんみの心をわれに与えんとならば、まずひそやかに与えよかし。われら互かたみに持てる想いを、何人なにびともさとらぬぞよき。』私の母と牧師とは居眠りをしていた。兄は重々しく前方を見つめていた。私はベートーヴェンの歌と眼なざしとに心をつらぬかれて、生命いのちが豊かに湧き上がる思いがした。――翌朝、私たちは庭園で出会ったがそのときベートーヴェンはいった『私は今、歌劇オペラを書いています。主役の人物の姿が私の心に浮んでいて、どこへ行っても、どこにいても、それが心にありありと見えています。今ほど心が高められているように感じていることはありません。一切が光です、清浄です、明るさです。今までの私は、小石ばかりを拾い集めていて、自分の路に咲いている輝かしい花に気づかない、あのお伽話の中の子供みたいなものでした。……』私が親身しんみに愛していた兄フランツの即座な同意を受けてベートーヴェンと婚約したのは、一八〇六年の五月のことであった。」
この年に書かれた『第四交響曲』は、彼の全生涯の最も静穏なこれらの日々の薫りをとらえて漂わせている浄らかな一つの花である。そこに人が「先人たちから手渡された音楽諸形式の中で広く知られかつ好まれているものと彼自身の独自の天才とをできるかぎりよく調和させたいと思う当時のベートーヴェンの意向(28)」を見て採ったことは正当なことである。恋愛に起因して生まれたこの調和的な意向は、また彼の動作や生活ぶりにも影響を及ぼしていた。イグナッツ・フォン・ザイフリートとグリルパルツァーとのいうところによると、ベートーヴェンは陽気さに充ち溌剌として嬉しげで、才気煥発の風を示し、社交界の中で慇懃であり、面倒くさい連中に対しても気永に応対し、身装みなりを凝っていて、彼の聾疾を彼らがまったく気がつかない程度にまで彼らにイリュージョンを与えていた。弱くなっている視力(29)以外は健康状態はなかなか良好だった。その頃画家メーラーの描いた一肖像画――ローマンチックに洒落しゃれてやや気どっている一肖像画もまたそんなふうな感じをわれわれに与える。ベートーヴェンは他人の気に入りたがっている。また他人の気に入っていることを意識している。獅子が恋をしているのである。獅子は爪を隠す。しかもこんな戯れの背後に、『第四交響曲』の幻想と情愛との背後うしろにさえ、恐るべき力、変わりやすい気分、激しい気性の伏在が感じられる。
この深い静穏も永続する運命を持たなかったが、それでも恋愛の幸福な影響力は一八一〇年に至るまでつづいていた。彼の天才からその頃の最も完璧な幾つかの果実を作らせたところの自己統御のちからを確かにベートーヴェンはあの恋愛に負うている。すなわち古典的悲劇というべき『第五交響曲』や、夏のひと日の神々しい夢想である『田園(第六)交響曲(30)』やが、その果実であり、そして、また、シェイクスピアの『嵐テムペスト』に霊感され(31)て生まれ、彼自身が自作の奏鳴曲ソナータのうち最も強いものだと見なしていた『熱情奏鳴曲アパッショナータ』は一八〇七年に世に現われて、テレーゼの兄に捧げられたのであった。テレーゼ自身へは作品第七十八の夢幻的で不思議な感じのする奏鳴曲ソナータ(一八〇九年)をささげた。日付のない、そして「不滅の恋人に宛てて」書かれた一通の手紙(32)は、『熱情奏鳴曲アパッショナータ』に劣らず彼の恋ごころの烈しさを示している。――
「わが天使、わが全すべて、わが自己そのものである人よ、
私の心はあなたに伝え得ないほど満ち溢れている……おお、私がどこにいても、あなたは私と共にいる。……おそらく日曜日が来るまでは私からの消息をあなたがお受け取りにはなるまいと考えると私は泣けてくる。――あなたが私を愛して下さるだけ、いや、それよりもずっと強く私は貴方を慕っている……ああ! あなたに逢わずに生きているこの生活は味気無い!――(あなたは)こんなに近いのに、こんなに遠い!――……私の想いはあなたに向かって飛ぶ、不滅の、わが恋人よ(meine unsterbliche Geliebte)私の想いはときおり歓ばしくてやがて悲しくなり、運命に問いかけ、運命が私たちの望みを叶えてくれるかと尋ねながら飛ぶ。――私はあなただけと共に生きるか、まったく生きないかどちらかだ。……あなた以外の女性ひとが私の心を占めることは絶対に、絶対に、絶対に有り得ない。――おお、こんなに慕いながらなぜ別々に生きなければならないのか? しかも、ヴィーンでの私の今の生活はまったくわびしい。あなたへの愛が私を人間の中の最も幸福なものにしたと同時に最も不幸なものにした。――安心していて下さい――安心していて下さい――私を愛して下さい――今日も――昨日も――あなたへの、あなたへの、あなたへの、憧れの涙をどんなに流したことか!――わが生命いのちよ、わが一切よ――さようなら――おお、いつまでも私を愛して下さい。――あなたの愛するLのかわらぬ心を誤解しないで下さい――この心は永久にあなたのもの、永久に私のもの、永久に私たちふたりのもの(33)。」
どんな秘かな原因が、愛し合っているこの二人の幸福への道を妨げることになったのであろうか?――おそらくは、ベートーヴェンの側の財産の欠如、二人の身分の相違。おそらくはまた、ベートーヴェンがいつまでも待ちぼけを喰わされて、愛を秘密にしておかねばならぬ屈辱に業ごうを煮やしたためかも知れない。
おそらくはまた、がむしゃらで病身で厭人的な彼が不本意にも、愛する彼女を苦しめて、みずから絶望に陥ったのかも知れない。――婚約は破棄された。しかも、二人ともにいつまでもその愛情を忘れることができなかったように見える。テレーゼ・フォン・ブルンスヴィックは(一八六一年まで存命していたが)その生涯の最期の日までベートーヴェンを愛していた。
ベートーヴェンも一八一六年にいった――「彼女のことを考えると、僕の心臓は、初めて逢った日と同じくらいに強く搏うつ。」この年に「はるかな恋びとに」捧げる An die ferne Geliebte 六つの歌謡曲リーダー(作品第九十八)が作られたが、これらの歌は実に感動的なまた実に深みのある性格を持っている。彼は手記の中に書いている「このすばらしい自然の風光を眺めながら私の心は漲みなぎり溢れる。しかも私の傍そばに彼女はいない!」と。――テレーゼは自分の肖像をベートーヴェンに贈ったがその献辞に「稀有の天才、偉大な芸術家、善き人に。T・B・(34)」と記しるした。ベートーヴェンの晩年に一友人がたまたま彼を訪ねてみるとベートーヴェンは室に独りいて、テレーゼの肖像を接吻しながら泣いていた。そして彼の流儀どおりの大きな声でこんなことをいっていた――「あなたはほんとうに美しくて偉大だったね。まるで天の使いたちのようだったね。」その友はベートーヴェンに気づかれないようにそっとそこから立ち去って少し後のちにまた来てみると、ベートーヴェンはピアノの前に坐っていた。友人が彼にいう――「おい、今日きょうこそは君の顔つきから、悪霊がまったく退散してるじゃないか。」ベートーヴェンは答える――「僕の天使が訪ねて来てくれたんでね。」――心の傷手いたでは深かった。「あわれなベートーヴェンよ」と彼は独白した「お前には此の世の幸福はまったく無い。お前はただ理想の領域の中でのみ、友らを見いだすだろう(35)。」
彼は手記の中に書いた――「忍従、自分の運命への痛切な忍従。お前は自己のために存在することをもはや許されていない。ただ他人のために生きることができるのみだ。お前のために残されている幸福は、ただお前の芸術の仕事の中にのみ有る。おお、神よ、私が自己に克つ力を私にお与え下さい!」
Il est donc abandonné par l’amour. En 1810, il se trouve seul ; mais la gloire est venue, et le sentiment de sa puissance. Il est dans le force de l’âge. Il se livre à son humeur violente et sauvage, sans se soucier de rien, sans égards au monde, aux conventions, aux jugements des autres. Qu’a-t-il à craindre ou à ménager ? Plus d’amour et plus d’ambition. Sa force, voilà ce qui lui reste, la joie de sa force, et le besoin d’en user, presque d’en abuser. « La force, voilà la morale des hommes qui se distinguent du commun des hommes. » Il est retombé dans la négligence de sa mise ; et sa liberté de manières est devenue bien plus hardie qu’autrefois. Il sait qu’il a le droit de tout dire, même aux plus grands. « Je ne reconnais pas d’autres signes de supériorité que la bonté », écrit-il le 17 juillet 181234. Bettina Brentano, qui le vit alors, dit qu’« aucun empereur, aucun roi n’avait une telle conscience de sa force s. Elle fut fascinée par sa puissance : « Lorsque je le vis pour la première fois, écrit-elle à Goethe, l’univers tout entier disparut pour moi. Beethoven me fit oublier le monde, et toi- même, ô Goethe… Je ne crois pas me tromper, en assurant que cet homme est de bien loin en avance sur la civilisation moderne. » Goethe chercha à connaître Beethoven. Ils se rencontrèrent aux bains de Bohème, à Tœplitz, en 1812, et s’entendirent assez mal. Beethoven admirait passionnément le génie de Goethe35 ; mais son caractère était trop libre et trop violent pour s’accommoder de celui de Goethe, et pour ne pas le blesser. Il a raconté lui-même une promenade qu’ils firent ensemble, où l’orgueilleux républicain qu’il était donna une leçon de dignité au conseiller aulique du grand-duc de Weimar, qui ne le lui pardonna point.
« Les rois et les princes peuvent bien faire des professeurs et des conseillers secrets ; ils peuvent les combler de titres et de décorations ; mais ils ne peuvent pas faire des grands hommes, des esprits qui s’élèvent au-dessus de la fiente du monde ; … et quand deux hommes sont ensemble, tels que moi et Gœthe, ces messieurs doivent sentir notre grandeur. – Hier, nous avons rencontré, sur le chemin, en rentrant, toute la famille impériale. Nous la vîmes de loin. Gœthe se détacha de mon bras, pour se ranger sur le côté de la route. J’eus beau lui dire tout ce que je voulus, je ne pus lui faire faire un pas de plus. J’enfonçai alors mon chapeau sur ma tête, je boutonnai ma redingote, et je fonçai, les bras derrière le dos, au milieu des groupes les plus épais. – Princes et courtisans ont fait la haie ; le duc Rodolphe m’a ôté son chapeau ; madame l’impératrice m’a salué la première. – Les grands me connaissent. – Pour mon divertissement, je vis la procession défiler devant Gœthe. Il se tenait sur le bord de la route, profondément courbé, son chapeau à la main. Je lui ai lavé la tête après, je ne lui ai fait grâce de rien36… » Gœthe n’oublia pas non plus[3].
De cette date sont les Septième et Huitième Symphonies, écrites en quelques mois, à Tœplitz, en 1812 : l’Orgie du Rythme, et la Symphonie humoristique, les œuvres où il s’est montré peut-être le plus au naturel, et, comme il disait, le plus « déboutonné » ( aufgeknoepft), avec ces transports de gaieté et de fureur, ces contrastes imprévus, ces saillies déconcertantes et grandioses, ces explosions titaniques qui plongeaient Gœthe et Zelter dans l’effroi37 et faisaient dire de la Symphonie en la, dans l’Allemagne du Nord, que c’était l’œuvre d’un ivrogne. – D’un homme ivre, en effet, mais de force et de génie. « Je suis, a-t-il dit lui-même, je suis le Bacchus qui broie le délicieux nectar pour l’humanité. C’est moi qui donne aux hommes la divine frénésie de l’esprit. » Je ne sais si, comme l’a écrit Wagner, il a voulu peindre dans le finale de sa Symphonie une fête dionysiaque38. Je reconnais surtout dans cette fougueuse kermesse la marque de son hérédité flamande, de même que je retrouve son origine dans son audacieuse liberté de langage et de manières, qui détonne superbement dans le pays de la discipline et de l’obéissance. Nulle part plus de franchise et de libre puissance que dans la Symphonie en la. C’est une dépense folle d’énergies surhumaines, sans but, pour le plaisir, un plaisir de fleuve qui déborde et submerge. Dans la Huitième Symphonie, la force est moins grandiose, mais plus étrange encore, et plus caractéristique de l’homme, mêlant la tragédie à la farce, et une vigueur herculéenne à des jeux et des caprices d’enfant39.
1814 marque l’apogée de la fortune de Beethoven. Au Congrès de Vienne, il fut traité comme une gloire européenne. Il prit une part active aux fêtes. Les princes lui rendaient hommage ; et il se laissait fièrement faire la cour par eux, comme il s’en vantait à Schindler.
Il s’était enflammé pour la guerre d’indépendance40. En 1813, il écrivit une symphonie de la Victoire de Wellington, et, au commencement de 1814, un chœur guerrier : Renaissance de l’Allemagne (Germanias Wiedergeburt). Le 29 novembre 1814, il dirigea, devant un public de rois, une cantate patriotique : le Glorieux moment (Der glorreiche Augenblick), et il composa pour la prise de Paris, en 1815, un chœur : Tout est consommé ! (Es ist vollbracht !) Ces œuvres de circonstance firent plus pour sa réputation que tout le reste de sa musique. La gravure de Blasius Hœfel, d’après un dessin du Français Letronne, et le masque farouche, moulé sur son visage par Franz Klein en 1812, donnent l’image vivante de Beethoven au temps du Congrès de Vienne. Le trait dominant de cette face de lion, aux mâchoires serrées, aux plis colères et douloureux, est la volonté, – une volonté napoléonienne. On reconnaît l’homme, qui disait de Napoléon, après Iéna : « Quel malheur que je ne me connaisse pas à la guerre comme à la musique ! Je le battrais ! » – Mais son royaume n’était pas de ce monde. « Mon empire est dans l’air », comme il l’écrit à François de Brunswick. (Mein Reich ist in der Luft41.)
かくして彼は恋愛に見捨てられた。一八一〇年には彼は孤独になっていた。しかし名声がやって来た。そしてまた自己の力への自覚も来た。彼は屈強な力を身内に感じる年齢に達した。もはや世間にも習慣にも他人のおもわくにも気兼ねせず、何ごとをも頓着せず、荒く烈しい自己の天性のままに振舞った。何を危懼きくし、何を遠慮する要があろう? もはや恋愛をも野心をも持ってはいないではないか。今彼に残っているものは、自己の実力だけである、その実力の自覚の喜びである、そして、その力を用いようとする――ほとんど濫用しようとする要求である。「実力、これこそ己れを一般から卓越させる人々の道徳だ。」彼の身装みなりは再びぞんざいになった。処世の態度の自由さは以前に増して大胆になった。世に最も高名の人々に向かってさえ何でも平気で話す権利が自分にはあると彼は感じた。「心の善というもの以外には、私は人間の卓越性の証拠を認めない(36)。」と彼は一八一二年七月十七日に書いている。その頃彼に逢ったベッティーナ・ブレンターノは、「どんな帝王や王様でも彼ほどに自己の力を実感してはいなかった」といっている。彼女はベートーヴェンの力に魂を魅了されていた。ゲーテへの手紙にこう書いている――「私が初めてベートーヴェンに逢ったとき、私は全世界が残らず消え失せたように思いました。ベートーヴェンが私に世界の一切を忘れさせたのです。そしてゲーテよ、あなたをさえも……。この人は今の文明よりはるかに先んじて歩いている人だと私が確言しても、自分の考えが誤っているとは思えません。」そこでゲーテはベートーヴェンを識ろうと努めた。ゲーテとベートーヴェンとは、一八一二年にボヘミアの温泉場テプリッツで逢ったのだが互いによく理解し合うことができなかった。ベートーヴェンの方ではゲーテの天才を熱烈に尊敬していた(37)のに、彼の性格があまりに不羈ふきで烈しいためにゲーテの性格と調和が取れず、必然にゲーテの心を傷つける結果になった。二人が共に散歩をし、そのときこの一徹な共和主義者が、ヴァイマール大公の枢密顧問官(ゲーテ)に人間の威厳に関する教訓を与えた(これをその後、ゲーテは決してベートーヴェンに赦さなかったのだが)ときのことを、ベートーヴェン自身が物語っている――
「王様や君侯は教授先生や枢密顧問官を作って、彼らに肩書や勲章やをたくさんお与えになることはできる。しかし偉大な人物を、――うごめく人間群から抜きん出ている精神を、拵えるというわけにはいかない。――私とゲーテのような二人の人物が一所いっしょにいれば、われわれ二人において偉大な価値として認められるそのものにこれらの紳士たちも、注目すべきである。――昨日われわれは帰り途で大公家全部の方々に出くわした。その方々が向こうの方から近づいてこられるのをわれわれは気付いたが、そのときゲーテは私の腕を離して道の脇へ退いて、私が何といっても彼を一歩だに前へ歩かせることはできなかった。私は帽子をしっかりとかぶって、フロックコートのボタンをはめて、両腕を背中に組んで、雑沓している人波の真中を進んで行った。――君侯たちと侍臣たちとは列をつくって並ばれ、ルードルフ公は私に向かって帽子を取られ、大公妃も私に先んじて御挨拶をなさった。――大公家の方々は私がどんな人間かを御存知なのだ。――ゲーテの方を眺めると、一行が彼の前を通り過ぎて行かれるとき、帽子を脱ぎ低く腰を屈めて脇の方に立っているので私は可笑おかしくなった。後あとで私はゲーテをたしなめた。私は彼を容赦しなかった(38)。」そしてゲーテの方でもそのことを以後こんりんざい忘れはしなかった(39)。
この時期に(一八一二年)『第七』と『第八』の交響曲が、テプリッツ滞在中に数カ月間に書かれた。『第七』は「律動リトムの大饗宴」であり、『第八』は軽快なユーモラスな気分の交響する作品である。この両作品にはおそらく最も自然な、(彼自身のいったとおり)「ボタンをはずしている」aufgeknopft 飾り気無い素地が現われている。そこには夢中な陽気さと狂熱とがあり、気分の突如たる対照コントラストがあり、錯雑する、大規模な、電光のような思いつきと巨人的な爆発とがある、これらはゲーテとツェルターとに恐怖を感じさせたところの特徴である(40)。北ドイツでは『第七』は酔っぱらいの作品だと評された。――確かに酔っぱらいには相違ない、ただし自己の天才の実力に酔っているのである。彼は自分自身についていった――「俺は人類のために精妙な葡萄酒を醸す酒神バッカスだ。精神の神々しい酔い心地を人々に与える者はこの俺だ。」ベートーヴェンが第七交響曲の終曲フィナーレでディオニソスの祝典を描写しようとしたと書いているヴァーグナーの説が正しいかどうか私は知らない(41)。私自身はむしろ、この激しいオランダ的祝祭ケルメスの中に、彼のフランドル的血統の印を認める。――訓練と服従との国において、誇らしげにあらゆる額縁からはみ出てしまうような彼の表現と動作との大胆さの中に私が彼のこの血統の特徴を認めるのと同様に。しかも、この『第七交響曲』の中には他の作に類例がないほどに率直で自由な力が現われているのである。それは超人的精力の無方途な濫費――濫費の楽しみである。横溢し氾濫する大河の楽しみである。『第八交響曲』においては、力はそれほど雄大ではない。しかし、またそこにはこの人間のいっそう奇妙な特徴が示される、すなわちそこでは悲劇がふざけと溶け合い、勇士ヘラクレスのような力強さが幼な児の無邪気な遊戯と軽やかな気まぐれとに溶け合っているのである(42)。
一八一四年はベートーヴェンの名声が高潮に達した年であった。ヴィーン会議において、彼は全ヨーロッパの一光栄として遇せられ、祝祭には積極的に参与して、王侯たちは彼に頌敬を贈り、彼自身は誇りかに(それをシンドラーに向かって自慢したとおりに)人々がもてなすがままになっていた。
彼は独立戦争に心を奪われていた(43)。一八一三年には一交響曲『ウェリントンの戦勝』(作品第九十一)を書き、一八一四年の初めには、『ゲルマニアの復活』の戦闘的な合唱を書いた。一八一四年十一月二十九日には王侯たちを聴衆として、愛国的な声歌曲カンターテ『栄誉に充ちたる瞬間』を指揮し、一八一五年にはパリ占領を祝して合唱曲『一切は成し遂げられたり!』を作曲した。これらの第二義的な臨時の作品は、他の全作品にもまして彼の名声を高からしめた。フランス人ルトロンヌの素描のスケッチによってブラジウス・ヘーフェルの作った版画と、一八一二年にフランツ・クラインが取った猛々しいライフ・マスクとは、ヴィーン会議の頃のベートーヴェンの現身の姿を良く伝えている。引き緊しまった両顎と、憤り及び悲哀の皺とを持つところのこの獅子のような相貌を支配している特徴は、まさに意力である。――ナポレオン的意力である。イエナの戦の後にナポレオンについて次のようにいった人間の性格を確かにわれわれはこの顔の中に感じることができる――「私が音楽について知っているほどに戦略について知らないとは何と残念なことか!――ナポレオンをやっつけてやるはずなのに!」とはいえ、ベートーヴェンの王国はこの世のものではなかった。「私の国は大気の中にある」(Mein Reich ist in der Luft.(44))と彼はフランツ・フォン・ブルンスヴィックに宛てて書いた†。
† 訳者注――「大気の国」を、ロランは最近(一九三八年三月)の研究の中では songe(夢想)の国とフランス語訳している。そして、このベートーヴェン的ソンジュ、魂の夢、いわば内面性の特徴は、ロランが最近のベートーヴェン研究において最も力を入れている題目の一つであって、たとえば作品第百六番のピアノ・ソナータの解釈などにそれが現われている。
À cette heure de gloire succède la période la plus triste et la plus misérable.
Vienne n’avait jamais été sympathique à Beethoven. Un génie fier et libre, comme le sien, ne pouvait se plaire dans cette ville factice, d’esprit mondain et médiocre, que Wagner a si durement marquée de son mépris42 Il ne perdait aucune occasion de s’en éloigner ; et vers 1808, il avait songé sérieusement à quitter l’Autriche, pour venir à la cour de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie43. Mais Vienne était abondante en ressources musicales ; et il faut lui rendre cette justice, qu’il s’y trouva toujours de nobles dilettantes pour sentir la grandeur de Beethoven et pour épargner à leur patrie la honte de le perdre. En 1809, trois des plus riches seigneurs de Vienne : l’archiduc Rodolphe, élève de Beethoven, le prince Lobkowilz, et le prince Kinsky, s’étaient engagés à lui servir annuellement une pension de 4 000 florins, sous la seule condition qu’il resterait en Autriche : « Comme il est démontré, disaient-ils, que l’homme ne peut entièrement se vouer à son art qu’à la condition d’être libre de tout souci matériel, et que ce n’est qu’alors qu’il peut produire ces œuvres sublimes qui sont la gloire de l’art, les soussignés ont formé la résolution de mettre Ludwig van Beethoven à l’abri du besoin, et d’écarter ainsi les obstacles misérables qui pourraient s’opposer à l’essor de son génie. »
Malheureusement l’effet ne répondit pas aux promesses. Cette pension fut toujours fort inexactement payée ; bientôt elle cessa tout à fait de l’être. Vienne avait d’ailleurs changé de caractère après le Congrès de 1814. La société était distraite de l’art par la politique, le goût musical gâté par l’italianisme, et la mode, tout à Rossini, traitait Beethoven de pédant.
Les amis et les protecteurs de Beethoven se dispersèrent ou moururent : le prince Kinsky en 1812, Lichnowsky en 1814, Lobkowitz en 1816. Rasumowsky, pour qui il avait écrit ses admirables quatuors, op. 59, donna son dernier concert en février 1815. En 1815, Beethoven se brouille avec Stephan von Breuning, son ami d’enfance, le frère d’Éléonore44. Il est désormais seul45 : « Je n’ai point d’amis et je suis seul au monde », écrit-il dans ses notes de 1816.
La surdité était devenue complète46. Depuis l’automne de 1815, il n’a plus de relations que par écrit avec le reste des hommes. Le plus ancien cahier de conversation est de 181647. On connaît le douloureux récit de Schindler sur la représentation de Fidelio en 1822. « Beethoven demanda à diriger la répétition générale… Dès le duetto du premier acte, il fut évident qu’il n’entendait rien de ce qui se passait sur la scène. Il retardait considérablement le mouvement ; et, tandis que l’orchestre suivait son bâton, les chanteurs pressaient pour leur compte. Il s’ensuivit une confusion générale. Le chef d’orchestre ordinaire, Umlauf, proposa un instant de repos, sans en donner la raison ; et, après quelques paroles échangées avec les chanteurs, on recommença. Le même désordre se produisit de nouveau. Il fallut faire une seconde pause. L’impossibilité de continuer sous la direction de Beethoven était évidente ; mais comment le lui faire comprendre ? Personne n’avait le cœur de lui dire : « Retire-toi, pauvre malheureux, tu ne peux pas diriger ». Beethoven, inquiet, agité, se tournait à droite et à gauche, s’efforçait de lire dans l’expression des différentes physionomies, et de comprendre d’où venait l’obstacle : de tous côtés, le silence. Tout à coup, il m’appela d’une façon impérieuse. Quand je fus près de lui, il me présenta son carnet et me fit signe d’écrire. Je traçai ces mots : « Je vous supplie de ne pas continuer ; je vous expliquerai à la maison pourquoi ». D’un bond, il sauta dans le parterre, me criant : « Sortons vite ! » Il courut d’un trait jusqu’à sa maison ; il entra et se laissa tomber inerte sur un divan, se couvrant le visage avec les deux mains ; il resta ainsi jusqu’à l’heure du repas. A table, il ne fut pas possible d’en tirer une parole ; il conservait l’expression de l’abattement et de la douleur la plus profonde. Après dîner, quand je voulus le laisser, il me retint, m’exprimant le désir de ne pas rester seul. Au moment de nous séparer, il me pria de l’accompagner chez son médecin, qui avait une grande réputation pour les maladies de l’oreille… Dans toute la suite de mes rapports avec Beethoven, je ne trouve pas un jour qui puisse se comparer à ce jour fatal de novembre… Il avait été frappé au cœur, et, jusqu’au jour de sa mort, il vécut sous l’impression de cette terrible scène48. »
Deux ans plus tard, le 7 mai 1824, dirigeant la Symphonie avec chœurs (ou plutôt, comme dit le programme, « prenant part à la direction du concert »), il n’entendait rien du fracas de toute la salle qui l’acclamait ; il ne parvenait à s’en douter, que lorsqu’une des chanteuses, le prenant par la main, le tournait du côté du public, et qu’il voyait soudain les auditeurs debout, agitant leurs chapeaux, et battant des mains. – Un voyageur anglais, Russel, qui le vit au piano, vers 1825, dit que quand il voulait jouer doucement, les touches ne résonnaient pas, et que cela était saisissant de suivre dans ce silence l’émotion qui l’animait, sur sa figure et ses doigts crispés.
Muré en lui-même49 séparé du reste des hommes, il n’avait de consolation qu’en la nature. « Elle était sa seule confidente », dit Thérèse de Brunswick. Elle fut son refuge. Charles Neate, qui le connut en 1815, dit qu’il ne vit jamais personne qui aimât aussi parfaitement les fleurs, les nuages, la nature50 : il semblait en vivre. – « Personne sur terre ne peut aimer la campagne autant que moi, écrit Beethoven… J’aime un arbre plus qu’un homme… » – Chaque jour, à Vienne, il faisait le tour des remparts. À la campagne, de l’aurore à la nuit, il se promenait seul, sans chapeau, sous le soleil, ou la pluie. « Tout-Puissant ! – Dans les bois je suis heureux, –heureux dans les bois – où chaque arbre parle par toi. – Dieu, quelle splendeur ! – Dans ces forêts, sur les collines, – c’est le calme, – le calme pour te servir. »
Son inquiétude d’esprit y trouvait quelque répit51. Il était harcelé par les soucis d’argent. Il écrit en 1818 : « Je suis presque réduit à la mendicité, et je suis forcé d’avoir l’air de ne pas manquer du nécessaire ». Et ailleurs : « La sonate op. 106 a été écrite dans des circonstances pressantes. C’est une dure chose de travailler pour se procurer du pain. » Spohr dit que souvent il ne pouvait sortir, à cause de ses souliers troués. Il avait de fortes dettes envers ses éditeurs, et ses œuvres ne lui rapportaient rien. La Messe en ré, mise en souscription, recueillit sept souscripteurs (dont pas un musicien)52. Il recevait à peine trente ou quarante ducats pour ses admirables sonates, dont chacune lui coûtait trois mois de travail. Le prince Galitzin lui faisait composer ses quatuors, op. 127, 130, 132, ses œuvres les plus profondes peut-être et qui semblent écrites avec son sang ; il ne les lui payait pas. Beethoven se consumait dans des difficultés domestiques, dans des procès sans fin, afin d’obtenir les pensions qu’on lui devait, ou de conserver la tutelle d’un neveu, le fils de son frère Charles, mort de la phtisie en 1815.
Il avait reporté sur cet enfant le besoin de dévouement dont son cœur débordait. Il se réservait là encore de cruelles souffrances. Il semble qu’une sorte de grâce d’état ait pris soin de renouveler sans cesse et d’accroître sa misère, pour que son génie ne manquât point d’aliments. – Il lui fallut d’abord disputer le petit Charles à la mère indigne, qui voulait le lui enlever :
« O mon Dieu, écrit-il, mon rempart, ma défense, mon seul refuge ! tu lis dans les profondeurs de mon âme, et tu sais les douleurs que j’éprouve, lorsqu’il faut que je fasse souffrir ceux qui veulent me disputer mon Charles, mon trésor53 ! Entends-moi, Être que je ne sais comment nommer, exauce l’ardente prière de la plus malheureuse de tes créatures ! »
« O Dieu ! À mon secours ! Tu me vois abandonné de l’humanité entière, parce que je ne veux pas pactiser avec l’injustice ! Exauce la prière que je te fais, au moins pour l’avenir, de vivre avec mon Charles ! O sort cruel, destin implacable ! Non, non, mon malheur ne finira jamais ! »
Puis ce neveu, si passionnément aimé, se montra indigne de la confiance de son oncle. La correspondance de Beethoven avec lui est douloureuse et révoltée, comme celle de Michel-Ange avec ses frères, mais plus naïve et plus touchante :
« Dois-je encore une fois être payé par l’ingratitude la plus abominable ? Eh bien, si le lien doit être rompu entre nous, qu’il le soit ! tous les gens impartiaux qui le sauront te haïront… Si le pacte qui nous lie te pèse, au nom de Dieu, – qu’il en soit selon sa volonté ! – Je t’abandonne à la Providence ; j’ai fait tout ce que je pouvais ; je puis paraître devant le Juge Suprême54… »
« Gâté, comme tu es, cela ne te ferait pas de mal de tâcher enfin d’être simple et vrai ; mon cœur a trop souffert de ta conduite hypocrite à mon égard, et il m’est difficile d’oublier… Dieu m’est témoin, je ne rêve que d’être à mille lieues de toi, et de ce triste frère, et de cette abominable famille… – Je ne peux plus avoir confiance en toi. » Et il signe : « Malheureusement, ton père, – ou mieux, pas ton père55 ».
Mais le pardon vient aussitôt :
« Mon cher fils ! – Pas un mot de plus, – viens dans mes bras, tu n’entendras aucune dure parole… Je te recevrai avec le même amour. Ce qu’il y a à faire pour ton avenir, nous en parlerons amicalement. – Ma parole d’honneur, aucun reproche ! Ils ne serviraient plus à rien. Tu n’as plus à attendre de moi que la sollicitude et l’aide la plus aimante. – Viens –viens sur le cœur fidèle de ton père. – Beethoven. – Viens, aussitôt après le reçu de cette lettre, viens à la maison. » (Et sur l’adresse, en français : « Si vous ne viendrez pas, vous me tuerez sûrement56. »)
« Ne mens pas, supplie-t-il, reste toujours mon fils bien-aimé ! Quelle horrible dissonance, si tu me payais d’hypocrisie, comme on veut me le faire croire ! Adieu, celui qui ne t’a pas donné la vie, mais qui te l’a certainement conservée et qui a pris tous les soins possibles de ton développement moral, avec une affection plus que paternelle, te prie du fond du cœur, de suivre le seul vrai chemin du bien et du juste. Ton fidèle bon père57. »
Après avoir caressé toutes sortes de rêves pour l’avenir de ce neveu, qui ne manquait pas d’intelligence et qu’il voulait diriger vers la carrière universitaire, Beethoven dut consentir à en faire un négociant. Mais Charles fréquentait les tripots, il faisait des dettes.
Par un triste phénomène, plus fréquent qu’on ne croit, la grandeur morale de son oncle, au lieu de lui faire du bien, lui faisait du mal, l’exaspérait, le poussait à la révolte, comme il le dit, dans ce terrible mot, où se montre à vif cette âme misérable : « Je suis devenu plus mauvais, parce que mon oncle voulait que je fusse meilleur ». Il en arriva, dans l’été de 1826, à se tirer un coup de pistolet dans la tête. Il n’en mourut pas ; mais ce fut Beethoven qui faillit en mourir : il ne se remit jamais de cette émotion affreuse58. Charles guérit : il vécut jusqu’à la fin pour faire souffrir son oncle, à la mort duquel il ne fut pas tout à fait étranger, et auprès duquel il ne fut pas à l’heure de la mort. – « Dieu ne m’a jamais abandonné », écrivait Beethoven à son neveu, quelques années avant. « Il se trouvera quelqu’un pour me fermer les yeux. » – Ce ne devait pas être celui qu’il appelait « son fils »59.
この光栄の時期に相継いで、最も悲しく最も惨めな時期が来る。
ヴィーンの町がベートーヴェンに対して真の同感を持ったことは、実は一度も無いのであった。彼のように衿恃を持った不羈ふきの天才は、末梢的な技巧に耽りやすい、世俗的で凡庸な精神のこの都――ヴァーグナーが侮蔑をもって厳しく批評した(45)この都に調和するはずはなかった。彼は、そこを離れるあらゆる機会を逃すまいとしていた。一八〇八年頃には、オーストリアを去って、ウエストファリアの王ジェローム・ボナパルト(46)の宮廷の招きに応じようと本気で考えていた。しかしヴィーンには彼の音楽を支持する多くの力があったことも事実である。そこには、ベートーヴェンの偉えらさを認めて、彼をオーストリアから失うことの恥辱を自国に与えないように取り計らったところの、音楽を熱愛する一団の貴族がいた。一八〇九年に、ヴィーンの最も富裕な三人の貴族ルードルフ大公(彼はベートーヴェンの弟子であった)とロプコヴィッツ公とキンスキー公とが協力して、ベートーヴェンがオーストリアを去らないというだけの条件のもとに、彼に四千フローリンの年金を与えるように計らった。(彼等のいわゆる「官庁指令デクレート」の中で彼らはいっている)「能うかぎり後顧の憂いなき者にして始めて己れの専門の仕事に専心するを得、他の一切の業務にわずらわされずして始めて、偉大にして崇高なる作品、芸術を品位あらしむる作品を創作し得るは明瞭なるが故に、左の署名人らは、ルートヴィッヒ・ヴァン・ベートーヴェン氏に、彼が生活に必須なる条件のために煩わさるることなくその天才力の勇躍を挫折せしめざるに足るだけの生活保証を提供すべく決議したり。」
遺憾ながら実現が約束に呼応しなかった。この年金の支払いはつねにはなはだ不規則であった。そして間もなくまったく停止された。それにまた一八一四年のヴィーン会議ののち、ヴィーンの特徴も変化した。人々は政治に心を奪われて芸術を忘れた。音楽への好みはイタリア派のために毒せられた。そして、すっかりロッシーニにかぶれた新流行が、ベートーヴェンを固陋な理窟屋ペダンだといい出した(47)。
ベートーヴェンの味方であり擁護者であった人々は、そのあいだに散り散りになったり死んだりした。キンスキー公は一八一二年に、リヒノフスキーは一八一四年に、ロプコヴィッツは一八一六年に歿した。ベートーヴェンが作品第五十九番のすばらしい弦四重奏曲クワルテットをその人のために書いたラズモフスキーは、一八一五年二月の演奏会が彼の最後の演奏会となった。一八一五年(48)にベートーヴェンは、幼な友だちであり、エレオノーレの兄であったシュテファン・フォン・ブロイニングと仲違いをして以来、まったくの独りぼっちになってしまった(49)。「自分は一人も友を持たない。世界中に独りぼっちだ」と一八一六年の「手記」の中に書いている。
聾疾は完全に進んでしまった(50)。一八一五年の秋からは、他人と筆談で語るよりほか仕方がなくなった。筆談帳の最初のものは一八一六年である(51)。一八二二年の、歌劇『フィデリオ』上演のときの、シンドラーの書いたあの悲しい物語は有名なものである――
「ベートーヴェンは総試演を指揮することを望んでいた。……しかもはや最初の二重唱ドゥエットで、歌唱者の声が全然きこえないことは明瞭になった。彼はテンポを著しくゆるめた。オーケストラは彼の指揮棒に従って進んでいるのに、歌い手たちはずんずん先へ駆け出した。〔戸口にノックの聴こえる箇所まで進んだときに、〕全体が混乱に陥った。平生のオーケストラ指導者ウムラウフが理由はいわずに一瞬の停止を命じた。そして歌唱者たちと数語を交したのち、再び演奏がつづけられた。すると前のと同じような混乱がまたしても生じた。二度目の停止をしなければならなくなった。ベートーヴェンの指揮のもとに演奏をつづけるのは不可能だということが明白になった。しかしどうしてそれを彼に了解させることができるだろう? 『退場なさい。気の毒なベートーヴェン、君には指揮はできないのだ』と彼にいえる勇気はだれにもなかった。ベートーヴェンは不安を感じ落着きを失なくして、右に向いたり左に向いたりしながら、人々の顔のさまざまな表情を読み採ろうと努め、支障の原因がどこにあるかを解ろうと努めた。どちらを見ても、あるのは無言だけだった。とつぜん彼は圧倒的な調子で私を呼んだ。私が側へ近寄ると彼は手帳を差し出して、書いてくれ、と合図をした。私は次の文句を走り書きした『演奏をつづけないで下さい。理由わけは家へ帰ってから。』ひと飛びに彼は指揮台から飛び降りて私に叫びかけた『早く外へ出よう!』まっしぐらに自家うちへ駆けて帰り、室に入ると長椅子の上にぐったり身を投げ出して、両手で顔を蔽い、食事の時刻までそのままの状態でジッとしていた。食卓でも、彼は一言も口に出すことができず、最も深い悲哀と落胆との表情を示しつづけていた。食後彼の許を立ち去ろうとしたら、独りだけにしないでくれといいながら私を引き留めた。私が帰るときに彼は、評判のいい耳の医者へ明日行くから同行してくれと私に頼んだ。ベートーヴェンと私との交際の全部の経歴中で、この十一月のせっぱ詰まった一日に比較され得るどんな日をも私は他には見いだせない。……彼はあの日、性根しょうこんまで打撃を受けていた。そして彼の死ぬ日に至るまで、あの日の恐ろしい光景の記憶は、彼の心につき纏っていた(52)。」
二年のちの一八二四年五月七日に、『第九交響曲』すなわち『合唱を伴える交響曲』を指揮したとき(むしろ、その時のプログラムに書いてある言葉によれば「演奏の方針に参与した」とき)彼に喝采を浴びせた会場全体の雷鳴のようなとどろきが、彼には少しも聴こえなかった。歌唱者の女の一人が彼の手を取って聴衆の方へ彼を向けさせたときまで、彼はまったくそのことを感づきさえしなかった。突然彼は、帽子を振り拍手しながら座席から立ち上がっている聴衆を眼の前に見たのだった。――一八二五年頃に、ベートーヴェンがピアノを弾いているのを見た英国の一旅行者ラッセルのいうところによると、ベートーヴェンが静かに弾いているつもりのとき、音は少しも鳴ってはいなかった。そして、ベートーヴェンを生気づけている感動の様子を、彼の表情と力をこめている指とに見つめつつ、しかも音楽は少しも鳴っていないその光景の中にいると、胸をしめつけられるような気持がしたという。
自己の内部へ閉じこもり(53)、一切の人々から切り離された彼は、ただ自然の中に浸ることだけを慰めとした。「自然がベートーヴェンの唯一の友であった」とテレーズ・フォン・ブルンスヴィックはいっている。自然が彼の安息所であった。一八一五年に彼を識ったチャールズ・ニートがいっているが、彼は、ベートーヴェンほどに花や雲や自然の万物を完全に愛する人間を見たことがなかった(54)。自然はベートーヴェンが生きるための不可欠条件のようだった。「私ほど田園を愛する者はあるまい」とベートーヴェンは書いている「私は一人の人間を愛する以上に一本の樹木を愛する……」〔「……森や樹々や巌が返し与える木魂こだまは人間にとってまったく好ましいものだ……」〕彼は毎日のようにヴィーンの郊外を散策した。暁から夜まで帽子もかぶらず日光の中または雨の中を、独りで田舎を歩き廻っていた。「全能なる神よ!――森の中で私は幸福である――そこではおのおのの樹がおんみの言葉を語る。――神よ、何たるこの壮麗さ!――この森の中、丘の上の――この静寂よ――おんみにかしずくためのこの静寂よ!」
彼を圧しつけていたいろいろな窮迫から、彼はこんな散歩によって息をついた(55)。彼は金のための苦労に悩まされていた。一八一八年に彼は書いた「ほとんど乞食をしなければならないほどになっているが、困っていないかのようなふうを装わねばならぬ。」さらにいっている――「作品第百六番の奏鳴曲ソナータは、こんな窮迫した状態の中で作った。パンを稼ぐために作曲するのはつらい」と。シュポールのいっているところによると、ベートーヴェンは靴が破れて穴があいているために外出できないことがたびたびあった。楽譜出版所に大きい借金をしているし、作曲を出しても金は入ってこなかった。予約注文で出した『荘厳な弥撒ミサ曲』の譜は七人しか注文者がなかった。(その中に音楽家は一人もいなかった(56)。)また、一つ一つの作曲が三カ月の仕事を費やした彼の立派な奏鳴曲ソナータに対して、彼はせいぜい三十ドゥカーテンか四十ドゥカーテンを受け取っただけだった。ガリツィーン公は彼に依嘱して作品第百二十七、百三十、百三十二の四重奏曲クワルテットを作らせた。これらはおそらく彼の最も深い作品であり、血をもって書かれたように見える音楽なのであるが、ベートーヴェンはそれに対してまったく支払われなかった。家事の困窮と、そして、いつまで待っても支払ってもらえない年金のための、また一人の甥の後見役を引き受けようとするためのほとほと埒の明かない訴訟沙汰とのために彼は疲れ切った。この甥というのは一八一五年に結核で死んだ弟カルルの息子だった。
彼は心に溢れていた父親らしい愛情を、この甥の上にそそぎかけた。そしてそこでもまた大きい苦労を味わわされた。それはあたかも一種の恩寵が、彼に不幸を絶え間なく新しく与えつつ、それを募らせつつ、畢竟彼の天才がつねに滋養分に事欠かないように摂理しているかのようにも見えるのである。――ベートーヴェンから少年カルルを取り上げようとしたやくざな母親からその少年を取られないために彼はまず争わねばならなかった――
「おお、わが神よ」と彼は書いている「わが砦、わが護り、わが無二の隠れ家よ! おんみには私の心の底がお判りになっています。私から、私の宝を、私のカルルを取り上げようと(57)している人々を今私が止むを得ず苦しめねばならぬこの悲しさはおんみが御存じです! 私が何と名づけていいか知らない実在者よ。私に耳を傾けて下さい、おんみが造られた人間の中の最も不幸な者のこの祈りをお聴き取り下さい!」
「おお神よ、私を救いに来て下さい! 私が不正と妥協したくないために、私があらゆる人間から見捨てられている有様はごらんの通りです! 私の祈りをお聴き下さい、せめてこの後のち私が愛するカルルといっしょに暮らせますように!……ああ、無慈悲な、厳しい運命! いな、いな、私の不幸が終わることはあるまい!」
しかるに、彼がこんなに愛着したこの甥たるや、伯父の信頼に価しない証拠を示すようになるのである。ベートーヴェンと甥との文通はミケランジェロとその弟たちとの文通に似て痛ましく腹立たしい調子のものであるが、しかもいっそう素樸な感動的なものである。
「わしはまたしてもこれほどひどい忘恩を報いられねばならないのか? よろしい。わしたちの間のつながりが断たれるよりほか仕方がないならそうなるがいい! 誰でも公平な人間はお前の忘恩を知ったらお前を憎むだろう。わしらを結んでいる愛の絆がお前には重荷になり過ぎるというなら、わしは神の名において神のみこころにお任せする他はない。神の摂理にお前をおまかせする。できるかぎりのことは尽して来たつもりだ。わしは甘んじて神の審判さばきの前に出よう……(58)」
「お前がだめな人間になっているとはいえ、今からでも、正直な人間になろうと決心してみてはどうか? わしに対するお前の狡いやり方のため、わしの心は実に苦しんだのだ、それを忘れてしまうことはなかなかできぬほどだ。わしがお前と、やくざな弟と、恥知らずな家庭からすっかり縁を切ってしまいたいという気持になることは神さまが御存じだ。――わしはお前をもう信用しない。」そして彼は署名する「残念ながらお前の父なる、むしろお前の父ならざるベートーヴェン(59)」と。
しかしその後で彼はたちまちに赦す――
「わしの愛する息子よ、もう何もいわぬ。わしの両腕の中へ還って来ておくれ。もうお前に何も厳しい言葉は聞かせはしない。……いつもにかわらぬ愛情をもってお前を迎えるよ。お前の将来についてのことを、打ちとけて話し合おう。――けっして叱らないことを約束する。そんなことはもう何にも役には立たないからね。お前はわしから最も親身しんみな心配と助力とだけを期待していいのだよ。どうぞ来てくれ!――お前の父親ベートーヴェンのかわらぬ愛情へ帰って来てくれ! この手紙を見たらすぐにわしの所へ帰ってくれ!」――さらにフランス語で封筒の上に――Si vous ne viendrez pas, vous me tuerez surement.「お前がこないと、お前はきっとわしを殺すことになるよ(60)。」
「どうか欺してくれるな」と彼は切願する。「いつもわしの愛する良い息子であってくれ! 人がわしにそう思い込ませようとすることがほんとうで、もしもお前がわしの目をごまかしているとすると、それは何という恐ろしい過ちだ!――今日はこれだけにする。お前の生みの父親ではないとはいえ、確かにお前を育てて来、お前がよい人間になるようにとできるかぎりの面倒をみて来たこのわしは、生みの親にもまさる愛情をもって心の底からお前に頼む、どうか正しい善い道だけを歩いてくれ(61)!」
知能が足りないわけではなかったので、ベートーヴェンが大学教育の過程を踏ませたいと考えていたこの甥の将来にありとあらゆる希望の夢をはぐくんだのちに、彼は甥を商人にすることに同意せざるを得なくなった。しかしカルルは賭博に入りびたって借金をした。
人が想像する以上にしばしば起こる悲しい事実であるが、この場合、伯父の大きい道義性は、甥に幸いせずかえってわざわいしたのである。それは甥を自棄的にさせ、ついには反抗心を起こさせるに到った。甥自身がいった次の恐るべき言葉には、この惨めな魂の真相があらわに示されている――「伯父が僕を善人にしようとしたために、僕はかえって悪人になった。」一八二六年の夏にカルルは自分の脳天へピストルの弾を撃ち込む事態にまで立ち到った。カルルはそれによって命を落とさずに済んだが、そのために致死的な打撃を受けたのはベートーヴェンであった。この恐ろしい激動から彼は再び立ち直ることができなかった(62)。カルルは全快した。彼は生き延びて最後まで――ベートーヴェンの死ぬ日まで――彼を悩ましつづけた。そしてベートーヴェンの死の原因に対しても決して無縁とはいえないこの男は、ベートーヴェンの臨終のときにもその側にいなかった。――「神はこれまでわしを見棄て給わなかったのだから」とベートーヴェンは、死に先だつ数年前に甥に宛てて書いた「わしが死ぬときにも、わしの瞼を閉じてくれる人間が誰か一人はいてくれるだろう。」――この誰か一人の人間は、彼が「自分の息子」と呼び慣れたその者ではついに無かったのである(63)。
C’est du fond de cet abîme de tristesse que Beethoven entreprit de célébrer la Joie.
C’était le projet de toute sa vie. Dès 1793, il y pensait, à Bonn60. Toute sa vie, il voulut chanter la Joie, et en faire le couronnement de l’une de ses grandes œuvres. Toute sa vie, il hésita à trouver la forme exacte de l’hymne, et l’œuvre où il pourrait lui donner place. Même dans sa Neuvième Symphonie, il était loin d’être décidé. Jusqu’au dernier instant, il fut sur le point de remettre l’Ode à la Joie à une dixième ou onzième symphonie. On doit bien remarquer que la Neuvième n’est pas intitulée, comme on dit : Symphonie avec chœurs, mais Symphonie avec un chœur final sur l’Ode à la Joie. Elle pouvait, elle a failli avoir une autre conclusion. En juillet 1823, Beethoven pensait encore à lui donner un finale instrumental, qu’il employa ensuite dans le quatuor op. 132. Czerny et Sonnleithner assurent même qu’après l’exécution (mai 1824), Beethoven n’avait pas abandonné cette idée.
Il y avait, à l’introduction du chœur dans une symphonie, de grandes difficultés techniques que nous attestent les cahiers de Beethoven et ses nombreux essais pour faire entrer les voix autrement, et à un autre moment de l’œuvre. Dans les esquisses de la deuxième mélodie de l’adagio61, il a écrit : « Peut-être le chœur entrerait-il convenablement ici ». Mais il ne pouvait se décider à se séparer de son fidèle orchestre. « Quand une idée me vient, disait-il, je l’entends dans un instrument, jamais dans les voix. » Aussi recule-t-il le plus possible le moment d’employer les voix ; et il va jusqu’à donner d’abord aux instruments, non seulement les récitatifs du finale62, mais le thème même de la Joie.
Mais il faut aller plus avant encore dans l’explication de ces hésitations et de ces retards : la cause en est plus profonde. Ce malheureux homme, toujours tourmenté par le chagrin, a toujours aspiré à chanter l’excellence de la Joie ; et, d’année en année, il remettait sa tâche, sans cesse repris par le tourbillon de ses passions et par sa mélancolie. Ce n’est qu’au dernier jour qu’il y est parvenu. Mais avec quelle grandeur !
Au moment où le thème de la Joie va paraître pour la première fois, l’orchestre s’arrête brusquement ; il se fait un soudain silence : ce qui donne à l’entrée du chant un caractère mystérieux et divin. Et cela est vrai : ce thème est proprement un dieu. La Joie descend du ciel, enveloppée d’un calme surnaturel : de son souffle léger elle caresse les souffrances ; et la première impression qu’elle fait est si tendre, quand elle se glisse dans le cœur convalescent, qu’ainsi que cet ami de Beethoven, « on a envie de pleurer, en voyant ses doux yeux ». Lorsque le thème passe ensuite dans les voix, c’est à la basse qu’il se présente d’abord, avec un caractère sérieux et un peu oppressé. Mais peu à peu la Joie s’empare de l’être. C’est une conquête, une guerre contre la douleur. Et voici les rythmes de marche, les armées en mouvement, le chant ardent et haletant du ténor, toutes ces pages frémissantes, où l’on croit entendre le souffle de Beethoven lui-même, le rythme de sa respiration et de ses cris inspirés, tandis qu’il parcourait les champs, en composant son œuvre, transporté d’une fureur démoniaque, comme un vieux roi Lear au milieu de l’orage. A la joie guerrière succède l’extase religieuse ; puis une orgie sacrée, un délire d’amour. Toute une humanité frémissante tend les bras au ciel, pousse des clameurs puissantes, s’élance vers la Joie, et l’étreint sur son cœur.
L’œuvre du Titan eut raison de la médiocrité publique. La frivolité de Vienne en fut un instant ébranlée ; elle était tout à Rossini, et aux opéras italiens. Beethoven, humilié et attristé, allait s’établir à Londres, et pensait y faire exécuter la Neuvième Symphonie. Une seconde fois, comme en 1809, quelques nobles amis lui portèrent une supplique, pour qu’il ne quittât pas la patrie. « Nous savons, disaient-ils, que vous avez écrit une nouvelle composition de musique sacrée63, où vous avez exprimé les sentiments que vous inspire votre foi profonde. La lumière surnaturelle qui pénètre votre grande âme l’illumine. Nous savons d’autre part que la couronne de vos grandes symphonies s’est augmentée d’une fleur immortelle… Votre absence, pendant ces dernières années, affligeait tous ceux qui avaient les yeux tournés vers vous64. Tous pensaient avec tristesse que l’homme de génie, placé si haut parmi les vivants, restait silencieux, tandis qu’un genre de musique étrangère cherchait à se transplanter sur notre terre, faisant tomber dans l’oubli les productions de l’art allemand… De vous seul la nation attend une nouvelle vie, de nouveaux lauriers, et un nouveau règne du vrai et du beau, en dépit de la mode du jour… Donnez-nous l’espoir de voir bientôt nos désirs satisfaits… Et puisse le printemps qui vient, refleurir doublement, grâce à vos dons, pour nous et pour le monde65 » Cette généreuse adresse montre quelle était la puissance non seulement artistique, mais morale, dont Beethoven jouissait sur l’élite de l’Allemagne. Le premier mot qui s’offre à ses admirateurs pour louer son génie n’est pas celui de science, ni d’art : c’est celui de foi66.
Beethoven fut profondément ému par ces paroles. Il resta. Le 7 mai 1824, eut lieu à Vienne la première audition de la Messe en ré et de la Neuvième Symphonie. Le succès fut triomphal, et prit même un caractère presque séditieux. Quand Beethoven parut, il fut accueilli par cinq salves d’applaudissements ; la coutume, dans ce pays de l’étiquette, était de n’en faire que trois pour l’entrée de la famille impériale. La police dut mettre fin aux manifestations. La symphonie souleva un enthousiasme frénétique. Beaucoup pleuraient. Beethoven s’évanouit d’émotion après le concert ; on le porta chez Schindler ; il y resta assoupi, tout habillé, sans manger ni boire, toute la nuit et le matin suivant. Le triomphe fut passager, et le résultat pratique en fut nul pour Beethoven. Le concert ne rapporta rien. La gêne matérielle de sa vie n’en fut point changée. Il se retrouva pauvre, malade67, solitaire, – mais vainqueur68 : – vainqueur de la médiocrité des hommes, vainqueur de son propre destin, vainqueur de sa souffrance.
« Sacrifie, sacrifie toujours les niaiseries de la vie à ton art ! Dieu par-dessus tout ! » (O Gott über alles !).
ベートーヴェンが歓喜を頌ほめようと企てたのは、こんな悲しみの淵の底からである。
それは彼の全生涯のもくろみであった。まだボンにいた一七九三年からすでにそれを考えていた(64)。生涯を通じて彼は歓喜を歌おうと望んでいた。そしてそれを自分の大きい作品の一つを飾る冠にしようと望んだ。生涯を通じて彼は頌歌の正確な形式と、頌歌に正しい場所を与える作品とを見いだそうとして考えあぐねた。『第九交響曲』を作ったときでさえも、究極の決定を与えかねて「歓喜への頌歌」は、これを第十か第十一の交響曲の中へ置き換えようという気持を、最後の決意の瞬間まで持ちつづけていた。われわれは、『第九』が世に普通呼ばれるごとく『合唱を伴える交響曲』と題されてはおらず、『シルラーの詩「歓喜への頌歌」による合唱を終曲フィナーレとせる交響曲』と題されていることをよく注目しなければならない。どうかすると、この交響曲はまったく別の終曲を持つようになったのかも知れなかった。なぜなら、一八二三年の七月にはまだベートーヴェンは、この作品に器楽だけの終曲を与えるつもりだったのである。そのために考えていた主題テーマはその後作品第百三十二番の弦四重奏曲クワルテットの中へ転用せられた。一八二四年五月の『第九』演奏の後でさえも(ツェルニーとゾンライトナーの説によると)ベートーヴェンは終曲フィナーレの作りかえの意図を全部的には抛棄していなかったという。
交響曲へ合唱を入れるということには幾多の技術上の大きい困難があった。ベートーヴェンの手記や、また、いろいろな試作――すなわち人間の歌声をこの作の現在入れられてある箇所とはたぶん別な箇所へ、別なやり方で入れるつもりで、あれこれとやって見たいろいろな試作が、これらの大きい困難をわれわれに確証している。『第九』の緩徐調アダジオの第二の主題のための草案(65)の中に「おそらく合唱をここに用つかったら歓喜がいっそう美しいだろう」と記してある。しかも彼は彼に対して忠実なオーケストラを見限る決心がつかないのであった。彼はいっている――「一つの楽想が心に来るとき、私には常にそれが器楽の音で聴こえる。けっして歌声によってではない。」彼はまた、人間の歌声をつかう瞬間をできるかぎり先へ延引していた。初めのうちは終曲フィナーレの(66)宣叙調レチタティーフのみか「歓喜」の主題テーマそのものをさえ器楽とすることに決めていた。
けれどもこの不決断と延引との理由をさらに詳細に理解してみることが緊要である――その原因はいっそう深いところにあるのだから。絶えず憂苦に心を噛まれていたこの不幸な人間は、またつねに「歓喜」の霊妙さを頌ほめ歌いたいと欣求した。そして歳から歳へ、その課題をくりかえし採り上げては、またしても、情熱の旋風と憂愁との囚とりこになるのであった。生涯の最後に到って初めてこの目的を達成することができた。しかも何たる偉大さをもって彼はそれを達成したことか!
歓喜の主題テーマが始めて現われようとする瞬間に、オーケストラは突如中止する。急な沈黙が来る。歓喜の歌の登場へ、この沈黙が一つの不思議な神々しい性格を与える。実際、この主題テーマは一個の神ともいえるのである。超自然的な静けさをもってひろがりながら、歓喜は空から降りて来る。その軽やかな息のそよぎで、歓喜は悩みを愛撫する。苦悩から力を恢復して立ち上がる心の中へ喜びが辷すべり入るときに、それが与える第一の感銘は情愛の深さである。――「その優しい眼を見つめていると泣けて来る」とベートーヴェンの友が彼についていった感情を今ここにわれわれも感じさせられる。その音楽の主題がやがて声楽となって現われると、まずそれは、非常にまじめな、そしてやや抑制された特質を持つ低音で示される。しかし、少しずつ歓喜は全体を手に入れる。それは一つの征服である。悲哀に抗する戦である。さてここに行進のリズムが来る。進軍する軍勢である。次中音テノールの熱烈な喘ぐような歌。それはわれわれがベートーヴェン自身の息の音を聴いているかと思うようなうち顫える部分である。――それは嵐の中を駆けめぐる老いたるリア王のように、デーモン的な心熱に憑かれながら野の中を作曲しながら駆けめぐるときの彼の呼吸と、霊感された叫びとのリズムである。戦士的な歓喜ののちに、宗教的恍惚感がやって来る。それから聖なる大祝祭、愛の有頂天。全人類が腕を天へ差し出して強い歓声を挙げて、歓喜に向かって飛びかかり、胸の上にそれを抱きしめる。
凡庸なヴィーンの聴衆もこの巨人的作品にはさすがに圧倒せられた。ヴィーンの朝三暮四流もそのため一時は熱狂した。しかし彼らの口には結局ロッシーニとイタリア歌劇の味の方が適していた。ベートーヴェンは屈辱と悲しさとを感じてロンドンへ住みに行こうとした。彼はそこで『第九』の演奏をさせるつもりであった。一八〇九年の場合と同様に今一度、ベートーヴェンがオーストリアを去らないようにと彼に懇願したのは、彼の味方である数人の貴族たちであった。――彼らは書き送った――「あなたが一つの新しい宗教音楽曲(67)を作曲せられ、あなたが深い宗教的信仰から霊感されていられる感情をその作によって表現せられたことをわれわれは承知しています。あなたの偉大な魂を貫流するこの世ならぬ輝きがお作を照らしています。さらにまたわれわれは感じています。まだ完成していないすばらしい幾多の交響曲の花の鎖のなかには、さらに一つの新しい不朽の花が咲き出ようとして輝いていることを。……万人の眼が待望の中にひたすらあなたに向けられていることは今さら申すまでもありません(68)。また、われわれが音楽の領域でだれにも優る至高者と呼ばざるを得ないその人が、目下の音楽界の実状を――すなわち、外来の音楽がドイツの土地、名誉あるドイツ音楽の領土に陣取り、ドイツの音楽が外来の甘ったるい音楽の影法師にしか過ぎなくなっているようなこの現状を無言をもって(あなた御自身の作品を示されずに)眺めていられるのを知ってわれわれの心が悲しみの念に打たれていることもまた申すまでもないことです。……祖国の芸術は現下の流行がいかにあれ、新しい開花と若返る生命と、そして真実なるもの美しきものの新しい征服的支配力とを、正にあなたからこそ待ち望んでいるのです。……まもなくわれわれの待望は充たされるという希望のぞみをわれわれにお与え下さい。……新しい歳の春が、われわれのためまた世の中のため、あなたの新作品の開花の故に、どうか二重の開花を持つこととなりますように(69)!」この気高い志向の表明は、ベートーヴェンが当時のドイツの選良エリートの上に及ぼしていたところの、芸術的のみならずまた精神的モラールな影響力がどんなに深いものであったかを証明している。彼の賛嘆者たちが彼の天才力をたたえようとするとき、まっさきに口に出す言葉は、知識についての語でも芸術についての語でも無くして、まさに信仰についていおうとする言葉なので(70)ある。
これらの言葉を読んでベートーヴェンは深く感動した。彼はヴィーンに留まった。一八二四年五月七日にヴィーンにおいて『荘厳な弥撒ミサ曲』と『第九交響曲』とが初演せられた。成功は凱旋的であった。それはほとんど喧騒にまで陥った。ベートーヴェンがステージに現われると、彼は喝采の一斉射撃を五度までも浴びせかけられた。儀礼的なこの国では宮廷の人々の来場に際しても三度だけ喝采するのが習慣であった。警官が喝采の大騒ぎを鎮めなければならなくなった。『第九交響曲』は気狂いじみた感激を巻き起こした。多数の聴衆が泣き出していた。ベートーヴェンは演奏会のあとで、感動のあまり気絶した。人々は彼をシンドラーの家に搬んで行った。彼は着のみ着のまま飲まず食わずその夜と次の午前中をうつうつと眠り通した。しかし勝どきも束つかの間であった。その物質的効果はベートーヴェンにとっては、まるで無かった。音楽会は少しも儲かっていなかった。金銭上の窮迫は、彼の生活の中でちっとも改まらなかった。依然として彼は貧しくて病身で(71)孤独であった。――とはいえ彼は今や勝利者(72)であった。――彼は人々の凡庸さを征服した勝利者であった。自己自身の運命と悲哀とに打ち克った勝利者であった。
「生活の愚劣な瑣事を常におんみの芸術のために犠牲とせよ! 神こそ万事に優れる者!」(O Gott uber alles!)
Il s’est donc emparé de l’objet de toute sa vie. Il a saisi la Joie. – Saura-t-il rester à ce sommet de l’âme, qui domine les tempêtes ? – Certes, il dut retomber bien des jours dans les anciennes angoisses. Certes, ses derniers quatuors sont pleins d’ombres étranges. Pourtant il semble que la victoire de la Neuvième Symphonie ait laissé en lui sa glorieuse marque. Les projets qu’il a pour l’avenir69 : la Dixième Symphonie70, l’Ouverture sur le nom de Bach, la musique pour la Mélusine de Grillparzer71, pour l’Odysseus de Kürner et le Faust, de Gœthe72, l’oratorio biblique sur Saül et David, montrent son esprit attiré vers la sérénité puissante des grands vieux maîtres allemands : de Bach et de Hændel, – et, plus encore, vers la lumière du Midi, vers le Sud de la France, ou vers cette Italie qu’il rêvait de parcourir73.
Le docteur Spiller, qui le vit en 1826, dit que sa figure était devenue joyeuse et joviale. La même année, quand Grillparzer lui parle pour la dernière fois, c’est Beethoven qui rend de l’énergie au poète accablé : « Ah ! dit celui-ci, si j’avais la millième partie de votre force et de votre fermeté ! » Les temps sont durs ; la réaction monarchique opprime les esprits. « La censure m’a tué, gémit Grillparzer. Il faut partir pour l’Amérique du Nord, si l’on veut parler, penser librement. » Mais nul pouvoir ne pouvait bâillonner la pensée de Beethoven. « Les mots sont enchaînés ; mais les sons par bonheur sont encore libres », lui écrit le poète Kuffner. Beethoven est la grande voix libre, la seule peut-être alors de la pensée allemande. Il le sentait. Souvent il parle du devoir qui lui était imposé d’agir, au moyen de son art, « pour la pauvre humanité », pour « l’humanité à venir » (der künftigen Menschheit), de lui faire du bien, de lui rendre courage, de secouer son sommeil, de flageller sa lâcheté. « Notre temps, écrivait-il à son neveu, a besoin de robustes esprits pour fouailler ces misérables gueuses d’âmes humaines. » Le docteur Müller dit, en 1827, que « Beethoven s’exprimait toujours librement sur le gouvernement, sur la police, sur l’aristocratie, même en public. La police le savait, mais elle tolérait ses critiques et ses satires comme des rêveries inoffensives ; et elle laissait en repos l’homme dont le génie avait un extraordinaire éclat74 ».
Ainsi rien n’était capable de plier cette force indomptable. Elle semble se faire un jeu maintenant de la douleur. La musique écrite dans ces dernières années, malgré les circonstances pénibles où elle fut composée75, a souvent un caractère tout nouveau d’ironie, de mépris héroïque et joyeux. Quatre mois avant sa mort, le dernier morceau qu’il termine, en novembre 1826, le nouveau finale au quatuor op. 130, est très gai. À la vérité, cette gaîté n’est pas celle de tout le monde. Tantôt c’est le rire âpre et saccadé dont parle Moscheles ; tantôt le sourire émouvant, fait de tant de souffrances vaincues. N’importe, il est vainqueur. Il ne croit pas à la mort.
Elle venait cependant. À la fin de novembre 1826, il prit un refroidissement pleurétique ; il tomba malade à Vienne, au retour d’un voyage entrepris en hiver pour assurer l’avenir de son neveu76. Ses amis étaient loin. Il chargea son neveu de lui chercher un médecin. Le misérable oublia la commission, ne s’en souvint que deux jours après. Le médecin vint trop tard et soigna mal Beethoven. Trois mois, sa constitution athlétique lutta contre le mal. Le 3 janvier 1827, il institua son bien-aimé neveu, légataire universel. Il pensa à ses chers amis du Rhin ; il écrivit encore à Wegeler : « … Combien je voudrais te parler ! mais je suis trop faible. Je ne puis plus rien que t’embrasser dans mon cœur, toi et ta Lorchen. » La misère eût assombri ses derniers instants sans la générosité de quelques amis anglais. Il était devenu très doux et très patient77. Sur son lit d’agonie, le 17 février 1827, après trois opérations, attendant la quatrième78, il écrit avec sérénité : « Je prends patience et je pense : Tout mal amène avec lui quelque bien. »
Le bien fut la délivrance, « la fin de la comédie », comme il dit en mourant, – disons : de la tragédie de sa vie.
Il mourut pendant un orage, – une tempête de neige, – dans un éclat de tonnerre. Une main étrangère lui ferma les yeux79 (26 mars 1827).
かくて彼はその全生涯の目標であったところのもの、すなわち歓喜をついにつかんだ。――多くの嵐を統御するこの魂の絶頂に、彼は永くとどまることができるであろうか?――確かにさらに幾度も、彼は旧知の悩みの中へずり落ちねばならなかった。確かに、彼の最後の幾つかの弦四重奏曲クワルテットは奇妙な翳かげに充ちている。とはいえ『第九交響曲』の勝利は彼の衷うちに、消えざる輝きの刻印を残したようである。彼が将来作ろう(73)と考えていた計画『第十交響曲(74)』と『バッハの名に拠る序曲』とグリルパルツァーの劇詩『メルジーネ』の為の音楽(75)と、ケルナー作の『オディセウス』およびゲーテの『ファウスト』の為の音楽(76)と、旧約聖書の『サウルとダヴィデ』の物語に拠る宗教楽オラトリオとは、バッハやヘンデルのような昔のドイツの巨匠らが示したあの強大な清澄さセレニテに向かって――さらにまた、地中海的南方の明るさと、南方フランス、および彼が遍歴することを夢みていたあのイタリアとに向かって(77)、ベートーヴェンの心が引き寄せられていたことを証拠立てている。
一八二六年に彼に逢ったシュピラー博士は、ベートーヴェンの様子が悦ばしげで晴れやかになっていたといっている。グリルパルツァーがベートーヴェンと最後に語ったのもその同じ年のことであるが、そのとき落胆している詩人の心を鼓舞したのはベートーヴェンだった。グリルパルツァーは嘆いていった――「ああ、あなたの千分の一の力と不屈さを私が持てたらいいのだが!」と。苦しい時代であった。復古的な勢力が人々の精神を抑圧していた。「検閲が私を殺した」とグリルパルツァーは呻いた――「自由に語ったり考えたりしようと思えば、北アメリカへ移住するほかはない。」しかしベートーヴェンは、自分の考えをぶちまけていた。「言葉はつながれている。しかし幸いに音は今も自由です」と詩人クッフナーは彼に宛てて書いた。ベートーヴェンは偉大な、とらわれない声である――おそらく当時のドイツ思想の中では唯一の。彼はそれを自覚していた。彼は自己に課せられていると感じた義務についてしばしば語っている、それは、自己の芸術を通じて「不幸な人類のため」「未来の人類のため」der kunftigen Menschheit に働き、人類に善行を致し、人類に勇気を鼓舞し、その眠りを揺り覚まし、その卑怯さを鞭打つことの義務である。甥への手紙にも書いている――「今の時代にとって必要なのは、けちな狡い卑怯な乞食根性を人間の魂から払い落とすような剛毅な精神の人々である」と。ミュラー博士は一八二七年にいった「政府や官憲や貴族やについてベートーヴェンは常に公々然と意見を述べた。官憲はそれを知っていたが彼の批評や諷刺やを罪のない夢物語だとして大目に見ていた。ベートーヴェンが非凡な天才であるがために放任しておいた(78)。」
この不撓の力を屈せしめることは何者にも不可能であった。そしてこの力は今や悲哀と戯れているかのように見える。最晩年に書かれた作品は、それらが作られた境遇の惨めさ(79)にもかかわらずしばしばまったく新しいふざけ心や、雄々しく楽しげな無執着の性格を持っている。死に先だつ四カ月のとき、一八二六年十一月に書き上げた最後の楽章、すなわち作品第百三十の弦四重奏曲クワルテットの書き直された終曲フィナーレははなはだ快活なものである。もとよりこの快活さは世の常のものではない。モーシェレスがそれについていったことのある厳しく荒く突発的な笑いであるかと思えばしかしまたそれは、悩みを克服した人間の示す感銘深い微笑でもある。いずれにせよ、ベートーヴェンは勝っている。もはや死の存在を彼は信じない。
とはいえ死は近づいて来た。一八二六年の十一月の末に彼は肋膜炎性の風邪をひいた。甥の将来の安定を配慮するためにした冬の旅から帰ってヴィーンで病床についた(80)。友人たちは近くにいなかった。医者を招いてくれと甥に依頼した。このやくざ男はその用向きを忘れてしまい、二日の後にやっと思いついた。医者はあまりにも遅れて来て、ベートーヴェンをぞんざいに取り扱った。三カ月間彼の頑強な体質は病気と戦った。一八二七年の一月三日に彼は最愛の甥を全部の遺産相続者に指定した。ベートーヴェンは今一度、ライン河畔の幼な友だちらの上を偲び、ヴェーゲラーに宛てて書いた――「どんなに多くのことを僕はもっと君にいいたいか知れないのだが、もう弱り過ぎた。僕は君と君のロールヒェンとを、心の中で抱くことしかできない。」英国の数人の友らの寛宏な親切心がなかったら、彼の最後の瞬間すら悲惨の暗さに包まれたのかも知れなかった。彼は非常に柔和になり、非常に辛抱づよくなっていた(81)。死が迫って来た床の上で一八二七年二月十七日に彼は三度目の手術の後に四度目(82)のを待ちながら朗らかな調子でこう書いた――「辛抱しながら考える、一切の禍は何かしらよいものを伴って来ると。」
その「よいもの」は、このたびこそは死の解放なのであった。臨終の彼自身の言葉によれば「喜劇の大団円」なのであった。――われわれはむしろいおう「彼の全生涯の悲劇の終結」と。
彼が息を引き取ったときは嵐と吹雪の最中であり、雷鳴が鳴り渡っていた。そして彼の瞼を閉じてやったのは行きずりの見知らぬ人(83)の一つの手であった。(一八二七年三月二十六日)
Cher Beethoven ! Assez d’autres ont loué sa grandeur artistique. Mais il est bien davantage que le premier des musiciens. Il est la force la plus héroïque de l’art moderne. Il est le plus grand et le meilleur ami de ceux qui souffrent et qui luttent. Quand nous sommes attristés par les misères du monde, il est celui qui vient auprès de nous, comme il venait s’asseoir au piano d’une mère en deuil, et, sans une parole, consolait celle qui pleurait, au chant de sa plainte résignée. Et quand la fatigue nous prend de l’éternel combat inutilement livré contre la médiocrité des vices et des vertus, c’est un bien indicible de se retremper dans cet océan de volonté et de foi. Il se dégage de lui une contagion de vaillance, un bonheur de la lutte80 l’ivresse d’une conscience qui sent en elle un Dieu. Il semble que dans sa communion de tous les instants avec la nature81, il ait fini par s’en assimiler les énergies profondes. Grillparzer, qui admirait Beethoven avec une sorte de crainte, dit de lui : « Il alla jusqu’au point redoutable où l’art se fond avec les éléments sauvages et capricieux. » Schumann écrit de même de la Symphonie en ut mineur : « Si souvent qu’on l’entende, elle exerce sur nous une puissance invariable, comme ces phénomènes de la nature, qui, si fréquemment qu’ils se reproduisent, nous remplissent toujours de crainte et d’étonnement ». Et Schindler, son confident : « Il s’empara de l’esprit de la nature ». – Cela est vrai : Beethoven est une force de la nature ; et c’est un spectacle d’une grandeur homérique, que ce combat d’une puissance élémentaire contre le reste de la nature.
Toute sa vie est pareille à une journée d’orage. – Au commencement, un jeune matin limpide. A peine quelques souffles de langueur. Mais déjà, dans l’air immobile, une secrète menace, un lourd pressentiment. Brusquement, les grandes ombres passent, les grondements tragiques, les silences bourdonnants et redoutables, les coups de vent furieux de l’Héroïque et de l’Ut mineur. Cependant la pureté du jour n’en est pas encore atteinte. La joie reste la joie ; la tristesse garde toujours un espoir. Mais, après 1810, l’équilibre de l’âme se rompt. La lumière devient étrange. Des pensées les plus claires, on voit comme des vapeurs monter ; elles se dissipent ; elles se reforment ; elles obscurcissent le cœur de leur trouble mélancolique et capricieux ; souvent l’idée musicale semble disparaître tout entière, noyée, après avoir une ou deux fois émergé de la brume ; elle ne ressort, à la fin du morceau, que par une bourrasque. La gaîté même a pris un caractère âpre et sauvage. Une fièvre, un poison se mêle à tous les sentiments82. L’orage s’amasse, à mesure que le soir descend. Et voici les lourdes nuées gonflées d’éclairs, noires de nuit, grosses de tempêtes, du commencement de la Neuvième. – Soudain, au plus fort de l’ouragan, les ténèbres se déchirent, la nuit est chassée du ciel, et la sérénité du jour rendue par un acte de volonté.
Quelle conquête vaut celle-ci, quelle bataille de Bonaparte, quel soleil d’Austerlitz atteignent à la gloire de cet effort surhumain, de cette victoire, la plus éclatante qu’ait jamais remportée l’Esprit : un malheureux, pauvre, infirme, solitaire, la douleur faite homme, à qui le monde refuse la joie, crée la Joie lui-même pour la donner au monde. Il la forge avec sa misère, comme il l’a dit en une fière parole, où se résume sa vie, et qui est la devise de toute âme héroïque :
« La Joie par la Souffrance. »
Durch Leiden Freude.
(À la comtesse Erdödy, 19 octobre 1815.)
TESTAMENT D’HEILIGENSTADT83
POUR MES FRÈRES CARL ET (JOHANN)84 BEETHOVEN
Ô vous, hommes, qui me regardez ou me faites passer pour haineux, fou, ou misanthrope, combien vous êtes injustes pour moi ! Vous ne savez pas la raison secrète de ce qui vous paraît ainsi ! Mon cœur et mon esprit étaient enclins, depuis l’enfance, au doux sentiment de la bonté. Même à accomplir de grandes actions, j’ai toujours été disposé. Mais songez seulement, depuis six ans, quel est mon état affreux, aggravé par des médecins sans jugement, trompé d’année en année, dans l’espérance d’une amélioration, enfin contraint à la perspective d’un mal durable – dont la guérison demande peut-être des années, si elle n’est pas tout à fait impossible. Né avec un tempérament ardent et actif, accessible même aux distractions de la société, je devais de bonne heure me séparer des hommes, passer ma vie solitaire. Si je voulais parfois surmonter tout cela, oh ! combien durement je me heurtais à la triste expérience renouvelée de mon infirmité ! Et pourtant, il ne m’était pas possible de dire aux hommes : « Parlez plus haut, criez ; car je suis sourd ! » Ah ! comment me serait-il possible d’aller révéler la faiblesse d’un sens, qui devrait être chez moi plus parfait que chez les autres, un sens que j’ai autrefois possédé dans la plus grande perfection, dans une perfection comme certainement peu de sens de mon métier l’ont jamais eu ! – Oh ! cela, je ne le peux pas ! – Pardonnez-moi donc, si vous me voyez vivre à l’écart, quand je voudrais me mêler à votre compagnie. Mon malheur m’est doublement pénible, puisque je lui dois d’être méconnu. Il m’est interdit de trouver un délassement dans la société des hommes, dans les conversations délicates, dans les épanchements mutuels. Seul, tout à fait seul. Je ne puis me risquer dans le monde, qu’autant qu’une impérieuse nécessité l’exige. Je dois vivre comme un proscrit. Si je m’approche d’une société, je suis saisi d’une dévorante angoisse, par peur d’être exposé à ce qu’on remarque mon état.
De là ces six mois que je viens de passer à la campagne. Mon savant médecin m’engagea à ménager mon ouïe autant que possible ; il vint au-devant de mes intentions propres. Et pourtant, maintes fois ressaisi par mon penchant pour la société, je m’y suis laissé entraîner. Mais quelle humiliation, quand il y avait quelqu’un près de moi, et qu’il entendait au loin une flûte, et que je n’entendais rien, ou qu’il entendait le pâtre chanter et que je n’entendais toujours rien85 ! De telles expériences me jetèrent bien près du désespoir : et peu s’en fallut que moi-même je ne misse fin à ma vie. – C’est l’Art, c’est lui seul, qui m’a retenu. Ah ! il me semblait impossible de quitter ce monde avant d’avoir accompli tout ce dont je me sentais chargé. Et ainsi je prolongeai cette misérable vie, – vraiment misérable, – un corps si irritable, que le moindre changement peut me jeter de l’état le meilleur dans le pire ! – Patience ! – Ainsi dit-on ; c’est elle que je dois maintenant choisir pour guide. Je l’ai. – Durable, je l’espère, doit être ma résolution de résister, jusqu’à ce qu’il plaise aux Parques inexorables de trancher le fil de ma vie. Peut-être cela ira-t-il mieux, peut-être non : je suis prêt. – À vingt-huit ans, déjà, être forcé de devenir philosophe, ce n’est pas facile ; c’est plus dur encore pour l’artiste que pour tout autre.
Divinité, tu pénètres d’en haut le fond de mon cœur, tu le connais, tu sais que l’amour des hommes et le désir de faire le bien y habitent ! Oh hommes, si vous lisez un jour ceci, pensez que vous avez été injustes pour moi ; et que le malheureux se console, en trouvant un malheureux comme lui, qui, malgré tous les obstacles de la nature, a cependant fait tout ce qui était en son pouvoir, pour être admis au rang des artistes et des hommes d’élite.
Vous, mes frères Carl et (Johann), aussitôt que je serai mort, et si le professeur Schmidt vit encore, priez-le en mon nom qu’il décrive ma maladie, et joignez à l’historique de ma maladie, la lettre que voici, afin qu’après ma mort, au moins autant qu’il est possible, le monde se réconcilie avec moi. – En même temps, je vous reconnais tous deux pour les héritiers de ma petite fortune – si on peut l’appeler ainsi. Partagez-la loyalement, soyez d’accord et aidez-vous l’un l’autre. Ce que vous m’avez fait de mal, vous le savez, je vous l’ai depuis longtemps pardonné. Toi, frère Carl, je te remercie tout particulièrement encore pour l’attachement que tu m’as témoigné dans ces derniers temps. Mon souhait est que vous ayez une vie plus heureuse, plus exempte de soucis, que la mienne. Recommandez à vos enfants la Vertu : elle seule peut rendre heureux, non l’argent. Je parle par expérience. C’est elle qui m’a soutenu moi-même dans ma misère ; c’est à elle que je dois, ainsi qu’à mon art, de n’avoir pas terminé ma vie par le suicide. – Adieu, et aimez-vous ! – Je remercie tous mes amis, en particulier le prince Lichnowski et le professeur Schmidt. – Je souhaite que les instruments du prince L. puissent être conservés chez l’un de vous. Mais qu’il ne s’élève à ce sujet aucun débat entre vous. S’ils peuvent vous être bons à quelque chose de mieux, vendez-les aussitôt. Combien je serai heureux, si je puis encore vous servir dans ma tombe !
S’il en était ainsi, avec joie je vole au-devant de la mort. – Si elle vient avant que j’aie eu l’occasion de développer toutes mes facultés artistiques, malgré mon dur destin, elle vient encore trop tôt pour moi, et je souhaiterais de la retarder. – Mais même ainsi je suis content. Ne me délivre-t-elle pas d’un état de souffrance sans fin ? – Viens quand tu veux, je vais courageusement au-devant de toi. – Adieu et ne m’oubliez pas tout à fait dans la mort ; je mérite que vous pensiez à moi ; car j’ai souvent pensé à vous, dans ma vie, pour vous rendre heureux. Soyez-le !
LUDWIG VAN BEETHOVEN.
Heiligenstadt, le 6 octobre 1802.
POUR MES FRÈRES CARL ET (JOHANN).
À LIRE ET À EXÉCUTER APRÈS MA MORT
Heiligenstadt, le 10 octobre 1802. – Ainsi, je prends congé de toi, – et certes tristement. – Oui, la chère espérance – que j’apportai ici, d’être guéri, au moins jusqu’à un certain point, – elle doit m’abandonner tout à fait. Comme les feuilles de l’automne tombent et sont flétries, ainsi, – ainsi elle aussi s’est desséchée pour moi. À peu près comme je suis venu, – je m’en vais. – Même le haut courage – qui me soutenait souvent dans les beaux jours d’été, – il s’est évanoui. – O Providence, – fais-moi apparaître une fois un pur jour de joie ! – Il y a si longtemps que la résonance profonde de la vraie joie m’est étrangère ! – oh ! quand – oh ! quand, ô Divinité ! pourrai-je encore la sentir dans le Temple de la nature et des hommes ? – Jamais ? – Non ! – Oh ! ce serait trop cruel !
親愛なベートーヴェン! 彼の芸術家としての偉大さについては、すでに十分に多くの人々がそれを賞賛した。けれども彼は音楽家中の第一人者であるよりもさらにはるかに以上の者である。彼は近代芸術の中で最も雄々しい力である。彼は、悩み戦っている人々の最大最善の友である。世の悲惨によって我々の心が悲しめられているときに、ベートーヴェンはわれわれの傍へ来る。愛する者を失った喪神の中にいる一人の母親のピアノの前にすわって何もいわずに、あきらめた嘆きの歌をひいて、泣いている婦人をなぐさめたように。そしてわれわれが悪徳と道学とのいずれの側にもある凡俗さに抗しての果はてのない、効力の見えぬ戦のために疲れるときに、このベートーヴェンの意志と信仰との大海にひたることは、いいがたい幸さきわいの賜たまものである。彼から、勇気と、たたかい努力することの幸福と(84)、そして自己の内奥に神を感じていることの酔い心地とが感染して来るのである。彼はあらゆる瞬間に自然と融合する体験を重ねることによって、ついにもろもろの深い精力と融け合った(85)かのように見える。一種の恐怖を交えた賛嘆をベートーヴェンに対して持っていたグリルパルツァーは彼についてこういった――「彼は、芸術が自然の本然的な気まぐれな諸要素と溶け合うような恐るべき点まで達した」と。シューマンも『第五交響曲』について同じようなことを書いている――「この作をたびたび聴いていると、それは、生起するたびごとにわれわれの心を恐怖と驚嘆で充たすような自然現象の力に似た避けがたい力をわれわれの上に影響させる。」また、ベートーヴェンが心をうち明けていた友シンドラーは――「彼は自然の霊をつかんだ」といっている。まさにその通りである。ベートーヴェンは自然の力の一つである。そして、この元素的な一精力が自余の自然を対手にして戦うありさまは、まことにホーマー的な偉大さを感銘させるところのすばらしい見物みものである。
彼の全生涯は嵐の一日に似ている。――最初にはさわやかに澄んでいる朝。もの倦いかすかな微風そよかぜが吹く。しかし早くも不動の大気の中に、ひそかな威嚇があり、重苦しい予感がある。突如、大きな幾つもの影が横切り、悲劇的な雷鳴と、凄いざわめきに充ちた沈静と、猛烈な風の打撃が来る。――すなわち、『英雄曲エロイカ』と『第五』とがそれである。しかし昼の光の明澄さはまだそのために傷つけられてはいない。歓喜は依然として歓喜であり、悲しみも希望を保ちつづけている。けれども一八一〇年以後、魂の平衡は破れる。照らす光が奇妙なものになって来る。最も明るいさまざまの思想からあたかも水蒸気のようなものが発たちのぼるのが見られる。それらは散ったり再び集結したりしながら、憂鬱な気まぐれな曇りとなって心を翳らせる。音楽的な意想イデーは、靄の中から一度二度浮かび出たかと思うと再び靄に呑まれてまったく消滅したかのように見えることもしばしばである。そしてそれがもう一度現われ出るのはただ楽曲の終わりに突風的にである。快活さそのものが一つの厳しく野生的な特性を持ち始める。あらゆる感情へ苦味がまじり込む(86)。夕闇が降りてくるにつれて、嵐は集積する。そして今や、稲妻を荷って膨脹している重い真黒な雲の団塊、――それが『第九交響曲』の最初の部分である。――大旋風の最高潮において急に闇が裂けて、無明が天空から追い出され、意志の行為によって昼の光の明澄さが取り戻される。
どんな勝利がこの勝利に比肩し得るだろうか? ボナパルトのどの勝利、アウステルリッツのどの赫々たる日がこの光栄に――かつて「精神エスプリ」が果はたし得た最も輝かしい光栄、この超人的努力とこの勝利との光栄に匹敵し得るだろうか? 不幸な貧しい病身な孤独な一人の人間、まるで悩みそのもののような人間、世の中から歓喜を拒まれたその人間がみずから歓喜を造り出す――それを世界に贈りものとするために。彼は自分の不幸を用いて歓喜を鍛え出す。そのことを彼は次の誇らしい言葉によって表現したが、この言葉の中には彼の生涯が煮つめられており、またこれは、雄々しい彼の魂全体にとっての金言でもあった――
『悩みをつき抜けて歓喜に到れ!』
Durch Leiden Freude.
(一八一五年十月十九日・エルデーディー伯夫人に)
Lettres
AU PASTEUR AMENDA, EN COURLANDE86
Mon cher, mon bon Amenda, mon ami de tout cœur, avec une émotion profonde, avec un mélange de douleur et de joie j’ai reçu et lu ta dernière lettre. À quoi puis-je comparer ta fidélité, ton attachement envers moi ! Oh ! cela est bien bon, que tu me sois toujours resté si ami. Oui, j’ai mis ton dévouement à l’épreuve, et je sais faire la distinction de toi et de tous les autres. Tu n’es pas un ami de Vienne, non, tu es un de ceux comme le sol de ma patrie a coutume d’en porter ! Combien je te souhaite souvent auprès de moi ! car ton Beethoven est profondément malheureux. Sache que la plus noble partie de moi-même, mon ouïe, s’est beaucoup affaiblie. Déjà, à l’époque où tu étais près de moi, j’en sentais les symptômes, et je le cachais ; depuis, cela a toujours été pire. Si cela pourra jamais être guéri, il faut attendre (pour le savoir) ; cela doit tenir à mon affection du ventre. Pour celle-ci, je suis presque tout à fait rétabli ; mais pour l’ouïe, se guérira-t-elle ? Naturellement, je l’espère ; mais c’est bien difficile, car de telles maladies sont les plus incurables. Comme je dois vivre tristement, éviter tout ce qui m’est cher, et cela parmi des hommes si misérables, si égoïstes ! – Entre tous, je puis dire que l’ami le plus éprouvé est pour moi Lichnowsky. Depuis l’année passée, il m’a donné 600 florins : cela et la vente fructueuse de mes œuvres me met en état de vivre sans le souci du pain à gagner. Tout ce que j’écris maintenant, je puis le vendre aussitôt cinq fois, et être bien payé. – J’ai écrit pas mal de choses, ces derniers temps ; et puisque j’apprends que tu as commandé des pianos chez…, je veux t’envoyer différentes œuvres dans l’emballage de l’un d’eux, pour que cela te coûte moins cher.
Maintenant, pour ma consolation, est venu ici un homme, avec qui je puis jouir du plaisir de la conversation et de l’amitié désintéressée : c’est un de mes amis de jeunesse87. Je lui ai souvent parlé de toi, et je lui ai dit que, depuis que j’ai quitté ma patrie, tu es un de ceux que mon cœur a élus. – Lui non plus n’aime pas le…88. Il est et reste trop faible pour l’amitié. Je le regarde, lui et…, comme de purs instruments, dont je joue, quand il me plaît : mais ils ne peuvent être jamais de nobles témoins de mon activité, pas plus qu’ils ne peuvent vraiment participer à ma vie ; je les taxe seulement d’après les services qu’ils me rendent. Oh ! comme je serais heureux, si j’avais tout l’usage de mon ouïe ! Je courrais alors vers toi. Mais je dois rester à l’écart de tout ; mes plus belles années s’écouleront sans que j’aie accompli tout ce que mon talent et ma force m’auraient commandé. – Triste résignation, où je dois me réfugier ! Sans doute, je me suis proposé de me mettre au-dessus de tous ces maux ; mais comment cela me sera-t-il possible ? Oui, Amenda, si dans six mois mon mal n’est pas guéri, j’exige de toi que tu laisses tout, et que tu viennes auprès de moi ; alors je voyagerai (mon jeu et ma composition souffrent encore très peu de mon infirmité ; c’est seulement dans la société qu’elle est le plus sensible) ; tu seras mon compagnon : je suis convaincu que le bonheur ne me manquera pas ; avec quoi ne pourrais-je pas me mesurer maintenant ! Depuis que tu es parti, j’ai écrit de tout, jusqu’à des opéras et de la musique d’église. Oui, tu ne refuseras pas ; tu aideras ton ami à porter son mal, ses soucis. J’ai aussi beaucoup perfectionné mon jeu de pianiste, et j’espère que ce voyage pourra aussi te faire plaisir. Après, tu resteras éternellement auprès de moi. – J’ai reçu exactement toutes tes lettres ; si peu que j’y aie répondu, tu m’as toujours été présent, et mon cœur bat pour toi avec la même tendresse. – Ce que je t’ai dit de mon ouïe, je te prie de le garder comme un grand secret, et de ne le confier à personne, quel qu’il soit. – Écris-moi très souvent. Tes lettres, même quand elles sont si courtes, me consolent et me font du bien. J’en attends bientôt une autre de toi, mon bien cher. – Je ne t’ai pas envoyé ton quatuor89 parce que je l’ai tout à fait remanié, depuis que je commence à savoir écrire convenablement des quatuors : ce que tu verras, quand tu les recevras. – Maintenant, adieu, cher boni Si tu crois que je puisse faire pour toi quelque chose qui te soit agréable, il va de soi que tu dois le dire à ton fidèle L. v. Beethoven, qui t’aime sincèrement.
AU DOCTEUR FRANZ GERHARD WEGELER
Vienne, 29 juin (1801).
Mon bon cher Wegeler, combien je te remercie de ton souvenir ! Je l’ai si peu mérité, si peu cherché à le mériter ; et pourtant tu es si bon, tu ne te laisses rebuter par rien, même par mon impardonnable négligence ; tu restes toujours le fidèle, bon, loyal ami. – Que je puisse t’oublier, vous oublier, vous tous qui m’avez été si chers et si précieux, non, ne le crois pas ! Il y a des moments où je soupire après vous, où je voudrais passer quelque temps auprès de vous. – Ma patrie, la belle contrée où je vis la lumière du monde, m’est toujours aussi clairement et nettement présente que lorsque je vous ai quittés. Ce sera un des plus heureux instants de ma vie, que celui où je pourrai vous revoir et saluer notre père le Rhin. – Quand cela sera, je ne puis encore te le dire avec exactitude. – Du moins, je veux vous dire que vous me retrouverez plus grand : je ne parle pas de l’artiste, mais aussi de l’homme, qui vous semblera meilleur, plus accompli ; et si le bien-être n’a pas un peu augmenté dans notre patrie, mon art doit se consacrer à l’amélioration du sort des pauvres…
Tu veux savoir quelque chose de ma situation : eh bien, cela ne va pas trop mal. Depuis l’an passé, Lichnowski, qui (si incroyable que cela puisse te paraître, même quand je te le dis) a toujours été et est resté mon ami le plus chaud, – (il y a bien eu de petites mésintelligences entre nous ; mais elles ont affermi notre amitié), – Lichnowski m’a versé une pension de 600 florins, que je dois toucher, aussi longtemps que je ne trouverai pas de position qui me convienne. Mes compositions me rapportent beaucoup, et je puis dire que j’ai plus de commandes que je n’y puis satisfaire. Pour chaque chose, j’ai six, sept éditeurs, et encore plus, si je veux m’en donner la peine. On ne discute plus avec moi : je fixe un prix, et on le paie. Tu vois comme c’est charmant. Par exemple, je vois un ami dans le besoin, et ma bourse ne me permet pas de lui venir en aide : je n’ai qu’à me mettre à ma table de travail ; et, en peu de temps, je l’ai tiré d’affaire. – Je suis aussi plus économe qu’autrefois…
Malheureusement, un démon jaloux, ma mauvaise santé, est venu se jeter à la traverse. Depuis trois ans, mon ouïe est toujours devenue plus faible. Cela doit avoir été causé par mon affection du ventre, dont je souffrais déjà autrefois, comme tu sais, mais qui a beaucoup empiré ; car je suis continuellement affligé de diarrhée, et, par suite, d’une extraordinaire faiblesse. Frank voulait me tonifier avec des reconstituants, et traiter mon ouïe par l’huile d’amandes. Mais prosit ! cela n’a servi à rien ; mon ouïe a toujours été plus mal, et mon ventre est resté dans le même état. Cela a duré ainsi jusqu’à l’automne dernier, où j’ai été souvent au désespoir. Un âne de médecin me conseilla des bains froids ; un autre, plus avisé, des bains tièdes du Danube : cela fit merveille ; mon ventre s’améliora, mais mon ouïe resta de même, ou devint encore plus malade. Cet hiver, mon état fut vraiment déplorable : j’avais d’effroyables coliques et je fis une rechute complète. Je restai ainsi jusqu’au mois dernier, où j’allai voir Vering ; car je pensai que mon mal réclamait plutôt un chirurgien, et, du reste, j’ai toujours eu confiance en lui. Il réussit à couper presque complètement cette violente diarrhée ; il m’ordonna des bains tièdes du Danube, dans lesquels il me faisait verser une fiole de liqueurs fortifiantes ; il ne me donna aucune médecine, sauf, depuis quatre jours environ, des pilules pour l’estomac et une sorte de thé pour les oreilles. Je m’en trouve mieux et plus fort ; il n’y a que mes oreilles qui bruissent et mugissent (sausen und brausen) nuit et jour. Je puis dire que je mène une vie misérable. Depuis presque deux ans, j’évite toute société, parce que je ne puis pas dire aux gens : « Je suis sourd ». Si j’avais quelque autre métier, cela serait encore possible ; mais dans le mien, c’est une situation terrible. Que diraient de cela mes ennemis, dont le nombre n’est pas petit !
Pour te donner une idée de cette étrange surdité, je te dirai qu’au théâtre je dois me mettre tout près de l’orchestre pour comprendre les acteurs. Je n’entends pas les sons élevés des instruments et des voix, si je me place un peu loin. Dans la conversation, il est surprenant qu’il y ait des gens qui ne l’aient jamais remarqué. Comme j’ai beaucoup de distractions, on met tout sur leur compte. Quand on parle doucement, j’entends à peine ; oui, j’entends bien les sons, mais pas les mots ; et d’autre part, quand on crie, cela m’est intolérable. Ce qui en adviendra, le ciel le sait. Vering dit que cela s’améliorera certainement, si cela ne guérit pas tout à fait. – Bien souvent, j’ai maudit mon existence et le Créateur90. Plutarque m’a conduit à la résignation. Je veux, si toutefois cela est possible, je veux braver mon destin ; mais il y a des moments de ma vie où je suis la plus misérable créature de Dieu. – Je te supplie de ne rien dire de mon état à personne, même pas à Lorchen91 ; je te le confie sous le sceau du secret. Il me serait agréable que tu écrives à ce sujet à Vering. Si mon état doit durer, je viendrai, le printemps prochain, auprès de toi ; tu me loueras, dans quelque beau pays, une maison de campagne, et je veux me refaire paysan pour six mois. Peut-être cela me fera-t-il du bien. Résignation ! quel triste refuge ! et pourtant, c’est le seul qui me reste ! – Tu me pardonnes de t’apporter encore ce souci d’amitié au milieu de tous tes ennuis.
Steffen Breuning est maintenant ici, et nous sommes presque tous les jours ensemble. Cela me fait tant de bien d’évoquer les sentiments passés ! Il est devenu vraiment un bon et excellent jeune homme, qui sait quelque chose, et qui a (comme nous tous plus ou moins) le cœur à la bonne place…
Je veux écrire aussi à la bonne Lorchen. Jamais je n’ai oublié un seul de vous, chers bons, même si je ne vous donne aucun signe de vie ; mais écrire, tu le sais, n’a jamais été mon fort ; mes meilleurs amis sont restés des années sans recevoir une lettre de moi. Je ne vis que dans mes notes ; à peine une œuvre est terminée, qu’une autre est déjà commencée. À la façon dont je travaille maintenant, je fais souvent trois ou quatre choses à la fois. – Écris-moi plus souvent ; je veux tâcher de trouver le temps de te répondre. Salue tout le monde de ma part…
Adieu, bon, fidèle Wegeler ! Sois assuré de l’affection et de l’amitié de ton Beethoven.
À WEGELER
Vienne, 16 novembre 1801.
Mon bon Wegeler ! je te remercie pour ta nouvelle marque de sollicitude, d’autant plus que je la mérite si peu. – Tu veux savoir comment je vais, et ce dont j’ai besoin. Si peu agréable qu’il me soit de m’entretenir de ce sujet, je le fais pourtant plus volontiers avec toi.
Vering me pose toujours depuis des mois des vésicatoires sur les deux bras… Ce traitement m’est extrêmement désagréable ; sans parler des douleurs, je suis constamment privé pour un ou deux jours de l’usage de mes bras… Je dois convenir que le bruissement et le bourdonnement sont un peu plus faibles qu’autrefois, surtout à l’oreille gauche, par laquelle justement ma surdité a commencé ; mais mon ouïe ne s’est certainement améliorée en rien jusqu’à présent ; je n’ose pas décider si elle n’est pas devenue encore pire. – Mon ventre va mieux ; surtout quand j’use pendant quelques jours des bains tièdes, je me trouve assez bien, huit ou dix jours. De loin en loin, je prends quelque chose de fortifiant pour l’estomac ; je commence aussi, d’après ton conseil, des applications d’herbes sur le ventre. – Vering ne veut pas entendre parler des douches. Du reste, je ne suis pas très content de lui. Il a vraiment trop peu de soins et d’attention pour une telle maladie ; si je n’allais pas chez lui – et cela m’est très difficile, – je ne le verrais jamais. – Que penses-tu de Schmidt ? Je ne change pas volontiers ; mais il me semble que Vering est trop praticien, pour renouveler beaucoup ses idées par la lecture. – Schmidt me semble en ceci un tout autre homme, et ne serait peut-être pas aussi négligent. – On dit merveilles du galvanisme ; qu’en penses-tu ? Un médecin m’a dit qu’il avait vu un enfant sourd-muet recouvrer l’ouïe, et un homme, sourd depuis sept ans, guéri également. – Justement, j’apprends que Schmidt fait des expériences là-dessus.
Je vis de nouveau un peu plus agréablement ; je me mêle davantage parmi les hommes. Tu peux à peine croire quelle vie de solitude et de tristesse j’ai menée depuis deux ans. Mon infirmité se dressait partout devant moi, comme un spectre, et je fuyais les hommes. Je devais paraître misanthrope, et je le suis pourtant si peu ! – Ce changement, une chère, charmante fille l’a accompli ; elle m’aime, et je l’aime : voici de nouveau quelques moments heureux, depuis deux ans ; et c’est la première fois que je sens que le mariage pourrait donner le bonheur. Malheureusement, elle n’est pas de ma condition ; – et maintenant, – à dire vrai, Je ne pourrais pas encore me marier : il faut que je me remue bravement encore. N’était mon ouïe, j’aurais depuis longtemps parcouru la moitié du monde ; et cela, je dois le faire. – Il n’y a pas de plus grand plaisir pour moi, que d’exercer mon art, et de le montrer. – Ne crois pas que je serais heureux chez vous. Qui pourrait me rendre heureux encore ? Même votre sollicitude me serait à charge ; je lirais à chaque instant la compassion sur votre visage, et je me trouverais encore plus misérable. – Ces beaux pays de ma patrie, qu’est-ce qui m’attirait vers eux ? Rien que l’espoir d’une meilleure situation ; et j’y serais parvenu sans ce mal ! Oh ! si j’étais libre de ce mal, je voudrais embrasser le monde ! Ma jeunesse, oui, je le sens, ne fait que commencer ; n’ai-je pas toujours été souffrant ? Ma force physique croît plus que jamais, depuis quelque temps, avec ma force intellectuelle. Chaque jour, j’approche davantage du but que j’entrevois, sans pouvoir le définir. Seulement dans de telles pensées ton Beethoven peut vivre. Point de repos ! – Je n’en connais pas d’autre que le sommeil ; et je suis assez malheureux de devoir lui accorder plus de temps qu’autrefois. Que je sois seulement à moitié délivré de mon mal, et alors, – comme un homme plus maître de lui, plus mûr, je viens à vous, et je resserre nos vieux liens d’amitié.
Vous devez me voir aussi heureux qu’il m’est accordé de l’être ici-bas, – mais pas malheureux. – Non, cela je ne pourrais le supporter ! Je veux saisir le destin à la gueule. Il ne me courbera certainement pas tout à fait. – Oh ! cela est si beau de vivre la vie mille fois ! – Pour une vie tranquille, non, je le sens, je ne suis plus fait pour elle.
… Mille bonnes choses à Lorchen… – Tu m’aimes bien un peu, n’est-ce pas ? Sois sûr de mon affection et de mon amitié. Ton
BEETHOVEN.
LETTRE DE WEGELER ET D’ÉLÉONORE VON BREUNING À BEETHOVEN92
Coblentz, 28 décembre 1825.
Mon cher vieux Louis,
Je ne puis laisser partir pour Vienne un des dix enfants de Ries, sans me rappeler à ton souvenir. Si, depuis vingt-huit ans que j’ai quitté Vienne, tu n’as pas reçu une longue lettre tous les deux mois, tu peux en accuser ton silence après les premières lettres que je t’ai envoyées. Cela n’est pas bien, et maintenant surtout ; car nous autres vieilles gens, nous vivons si volontiers dans le passé, et nous trouvons par-dessus tout plaisir aux images de notre jeunesse. Pour moi du moins, ma connaissance et mon étroite amitié avec toi, grâce à ta bonne mère que Dieu bénisse, est un point lumineux de ma vie, vers lequel je me tourne avec plaisir… Je lève les yeux vers toi, comme vers un héros, et je suis fier de pouvoir dire : « Je n’ai pas été sans influence sur son développement ; il me confiait ses souhaits et ses rêves ; et quand plus tard, il fut si souvent méconnu, je savais bien ce qu’il voulait. » Dieu soit loué que je puisse parler de toi avec ma femme, et maintenant avec mes enfants ! La maison de ma belle-mère était davantage ta maison que ta propre maison, surtout après la mort de ta noble mère. Dis-nous seulement une fois encore : « Oui, je pense à vous, dans la joie, dans la tristesse ». L’homme, même quand il s’est élevé aussi haut que toi, n’est heureux qu’une fois dans sa vie : c’est quand il était jeune. Aux pierres de Bonn, à Kreuzberg, à Godesberg, à la Pépinière, etc., tes idées doivent maintes fois joyeusement s’attacher.
Je veux maintenant te parler de moi, de nous, pour te donner un exemple de la manière dont tu dois me répondre.
Après mon retour de Vienne, en 1796, cela alla assez mal pour moi ; pendant plusieurs années, je dus vivre seulement de mes consultations, comme médecin ; et cela dura quelques années dans cette contrée misérable, avant que j’eusse le nécessaire. Puis je devins professeur avec un traitement, et je me mariai en 1802. L’année d’après, j’eus une fille, qui vit encore et qui est tout à fait accomplie. Elle a, avec un jugement très droit, la sérénité de son père, et elle joue à ravir des sonates de Beethoven. Elle n’y a pas de mérite : c’est un don inné. En 1807, j’ai eu un garçon, qui étudie maintenant la médecine à Berlin. Dans quatre ans, je l’envoie à Vienne : prendras-tu soin de lui ? J’ai fêté au mois d’août mon soixantième anniversaire de naissance, en compagnie d’une soixantaine d’amis et de connaissances, parmi lesquels les premières gens de la ville. Depuis 1807, j’habite ici, j’ai maintenant une belle maison et une bonne place. Mes supérieurs sont contents de moi, et le roi m’a donné des ordres et des médailles. Lore et moi nous allons assez bien. – Maintenant, je t’ai fait connaître entièrement notre situation. À ton tour…
Ne voudras-tu jamais détacher tes yeux de la tour de Saint-Étienne ? Le voyage n’a-t-il pas de charme pour toi ? Ne voudras-tu jamais plus revoir le Rhin ? – De madame Lore toutes sortes de choses cordiales, ainsi que de moi.
Ton très vieux ami
WEGELER.
Coblentz, 29 décembre 1825.
Cher Beethoven, depuis si longtemps cher ! C’était mon désir que Wegeler vous écrivît de nouveau. – Maintenant que ce désir est accompli, je crois devoir ajouter encore deux mots, – non pas seulement pour me rappeler davantage à votre souvenir, mais pour renouveler la demande pressante si vous n’avez donc plus aucun désir de revoir le Rhin et votre lieu de naissance – et de faire à Wegeler et à moi la plus grande des joies. Notre Lenchen vous remercie de tant d’heures heureuses ; – elle a tant de plaisir à entendre parler de vous ; – elle sait toutes les petites aventures de notre joyeuse jeunesse à Bonn, – de la brouille et du raccommodement… Comme elle serait heureuse de vous voir ! – La petite n’a malheureusement aucun talent pour la musique ; mais elle a tant fait, avec tant d’application et de persévérance, qu’elle peut jouer vos sonates, variations, etc. ; et comme la musique reste toujours le plus grand délassement pour Weg, elle lui procure ainsi maintes heures agréables. Julius a du talent pour la musique, mais jusqu’à présent il était négligent ; – depuis six mois, il apprend le violoncelle avec plaisir et joie ; et, comme il a à Berlin un bon professeur, je crois qu’il fera encore des progrès. – Les deux enfants sont grands et ressemblent au père, – aussi pour la belle et bonne humeur que Weg, grâce à Dieu, n’a pas encore tout à fait perdue… Il a un grand plaisir à jouer les thèmes de vos variations ; les anciens ont la préférence, mais souvent il joue un des nouveaux avec une incroyable patience. – Votre Opferlied est placé au-dessus de tout ; jamais Weg ne va dans sa chambre sans se mettre au piano. – Ainsi, cher Beethoven, vous pouvez voir combien est toujours durable et vivant le souvenir que nous avons de vous. – Dites-nous donc une fois que cela a quelque prix pour vous, et que nous ne sommes pas tout à fait oubliés. – S’il n’était pas si difficile souvent d’accomplir nos plus chers désirs, nous aurions déjà été faire visite à mon frère, à Vienne, pour avoir le plaisir de vous voir ; – mais à un tel voyage il ne faut pas penser, maintenant que notre fils est à Berlin. – Weg vous a dit comment cela va pour nous : – nous aurions tort de nous plaindre. – Même le temps le plus difficile a été meilleur pour nous que pour cent autres. – Le plus grand bonheur est que nous allons bien, et que nous avons de bons et braves enfants. – Oui, ils ne nous ont fait encore aucune peine, et ils sont gais, et de bons petits. – Lenchen a eu seulement un gros chagrin : – c’est quand notre pauvre Burscheid est mort ; – une perte que nous tous n’oublierons jamais. Adieu, cher Beethoven, et pensez à nous en toute loyale bonté.
ELN. WEGELER.
BEETHOVEN À WEGELER
Vienne, 7 octobre 182693.
Mon vieux ami aimé !
Quel plaisir m’a fait ta lettre et celle de ta Lorchen, je ne puis pas l’exprimer. Certainement j’aurais dû te répondre aussitôt ; mais je suis un peu négligent, surtout pour écrire, parce que je pense que les meilleures gens me connaissent sans cela. Dans ma tête je fais souvent la réponse ; mais quand je veux la mettre par écrit, le plus souvent je jette ma plume au loin, parce que je ne suis pas en état d’écrire comme je sens. Je me souviens de toute l’affection que tu m’as toujours montrée, par exemple quand tu as fait blanchir ma chambre, et que tu m’as si agréablement surpris. Aussi de la famille Breuning. Qu’on se soit séparé les uns des autres, c’était dans le cours naturel des choses : chacun devait poursuivre le but qu’il s’était désigné, et chercher à l’atteindre ; seuls les principes éternellement inébranlables du bien nous ont retenus toujours fermement unis ensemble. Malheureusement, je ne puis pas t’écrire aujourd’hui autant que je voudrais, parce que je suis alité….
J’ai toujours la silhouette de ta Lorchen ; (je te le dis) pour que tu voies comme tout ce qu’il y a eu de bon et de cher dans ma jeunesse m’est toujours précieux.
… On dit chez moi : Nulla dies sine linea, et je laisse pourtant la muse dormir ; mais c’est pour qu’elle se réveille plus forte ensuite. J’espère encore mettre au monde quelques grandes œuvres ; et puis, comme un vieil enfant, je terminerai ma carrière terrestre parmi les braves gens94.
… Parmi les marques d’honneur que j’ai reçues, et qui, je le sais, te feront plaisir, je t’annonce que j’ai reçu du roi de France défunt une médaille, avec l’inscription : Donnée par le Roi à monsieur Beethoven ; elle était accompagnée d’un écrit très obligeant du premier gentilhomme du Roi Duc de Châtres95.
Mon ami bien cher, contente-toi de ceci pour aujourd’hui. Le souvenir du passé me saisit, et ce n’est pas sans d’abondantes larmes que je t’envoie cette lettre. Ceci n’est qu’un commencement ; bientôt tu recevras une nouvelle lettre ; et plus tu m’écriras, plus tu me feras plaisir. Cela n’a pas besoin de se demander, quand on est amis comme nous le sommes. Adieu. Je te prie d’embrasser tendrement en mon nom ta chère Lorchen et tes enfants, et de penser à moi. Dieu soit avec vous tous !
Comme toujours ton fidèle vrai ami qui t’estime,
BEETHOVEN.
À WEGELER
Vienne, 17 février 1827.
Mon vieux et digne ami !
J’ai reçu heureusement de Breuning ta seconde lettre. Je suis encore trop faible pour y répondre ; mais tu peux penser que tout ce que tu dis m’est bienvenu, et que je le désire. Pour ma convalescence, si je peux la nommer ainsi, cela va bien lentement encore ; il est à présumer qu’il faut s’attendre à une quatrième opération, bien que les médecins n’en disent rien. Je prends patience et je pense : tout mal apporte avec lui quelque bien…. Combien de choses je voudrais te dire encore aujourd’hui ! Mais je suis trop faible : je ne puis plus rien que t’embrasser dans mon cœur, toi et ta Lorchen. Avec vraie amitié et attachement à toi et aux tiens,
Ton vieux fidèle ami,
BEETHOVEN.
À MOSCHELES
Vienne, 14 mars 1827.
Mon cher Moscheles !
… Le 27 février, j’ai été opéré pour la quatrième fois ; et maintenant se montrent de nouveau des indices certains que je dois bientôt m’attendre à une cinquième opération. Où tout cela aboutira-t-il, et qu’arrivera-t-il de moi, si cela dure encore quelque temps ? – Vraiment c’est un dur lot que le mien. Mais je me remets en la volonté du destin, et je prie Dieu seulement qu’il veuille bien décider, dans sa divine volonté, qu’aussi longtemps que je dois souffrir la mort en vie, je sois à l’abri du besoin96. Cela me donnera la force de supporter mon lot, si dur et si terrible qu’il puisse être, avec résignation à la volonté du Très-Haut.
Votre ami,
L. V. BEETHOVEN.
ベートーヴェンの手紙
片山敏彦訳
クールラントの牧師カルル・アメンダ宛
一八〇一年六月一日、ヴィーン
親しい善きアメンダ、心からなる友よ。深い感動をもって、悲しみと悦びとの入り交じった気持をもって君の最近の手紙を受け取り、そして読んだ。――君のかわらぬ真情と僕への好意とを何にたとえたらいいだろう。おお、君が僕に対していつでもこんなに親切だということはまったくすばらしい。そうだ、僕には君の友情の確かさがわかる。他のすべての人々と君との相違が僕にははっきり判っている。君はヴィーンの友人とは違う。君は、僕の故郷の土地が生み出すことのある種類の人間たちの一人だ。どんなにたびたび、君が僕の側にいてくれたらと願うことだろう。なぜなら君のベートーヴェンは、自然と創造主とを対手に格闘しながら、非常に不幸に暮らしているのだからね。〔すでにたびたび僕は創造主をのろった。――創造主が自分の被造物を実にやくざな偶然の犠牲にして顧みず、そのため最も美しい花も滅びることがあるのをのろった。〕思ってもみてくれ、僕の一番大切な部分、僕の聴覚がひどく衰えたのだ。君がまだ僕といっしょにいたあの頃、すでにその兆候を感じていたが僕はそれを隠していた。ところで病状はだんだん悪化するばかりだ。再び快方に向くかどうかがはっきり判るのも今後のことだ。これは僕の腹部の病気いかんによることに相違ない。腹の方はほとんど良くなっている。耳の病気も次第に治ってくれることと僕は望みをかけているのだが、しかしよほどむずかしい。こんな病気はいちばん治りにくいのだ。自分にとって親愛なすべてのものを避けながら、しかも利己的な、つまらない人々の中で生きなければならないことはつらい! リヒノフスキーが僕のためにはここでの最も確かな友だといえる。去年以来彼は僕のために六百フローリン投げ出してくれた。僕の作曲がかなり良く売れるので生計の心配から免れている。この頃書く作曲はどれも一曲をすぐに五回売ることができ、報酬もいい。――最近僕はかなりたくさん作曲した。君は×××へ幾つかピアノを注文したそうだが、僕はその荷の一つへ、僕のいろいろな楽譜を入れて送ろう。そうすれば君の費用が幾らかでも省けるわけだ。
僕が悦んで話ができ、利害を超えた友情をたのしむことのできる一人がここへ来てくれたので僕は大いに慰められている。彼は僕の幼な友だちの一人だ〔(原注――シュテファン・フォン・ブロイニングのこと)〕。すでにたびたび君のことを彼に話して僕はいった、僕が故郷を出て以来、君アメンダこそ、僕の心情が選び採った親友の一人だと。――×××は彼にも気に入らない。真の友情にとっては依然として薄弱すぎる人物だから〔(原注――ツメスカルのことか? 彼はヴィーンの宮廷秘書官であった。そしてベートーヴェンに傾倒していた)〕。僕はその人物および×××を楽器のように感じている――弾きたいときに弾く楽器のように。しかしその人々は僕の内的、外的な仕事の全的な証人ではありえないし、また僕のまことの関与者ではありえない。僕は彼らが僕に示してくれる尽力に応じてのみ彼らの価値を評価する。ああ、今僕の聴力が少しもそこなわれていないとしたら、僕はどんなにか幸福だろうに! そうしたら僕は君のところへすぐにも飛んで行くだろうに! しかし僕はすべてから隠れて生きることを余儀なくさせられている。僕の最も美しい歳月がむなしく流れ去る。天分と力とが命ずるだけの仕事を僕が果たしもしないうちに!――悲しいあきらめ、それを僕は隠れ家としなければならないのだ! もちろんこれら一切を超えたところへ自分を高めようと僕は努めて来たが、しかしそれはできることなのだろうか? そうだ、アメンダよ、今から半年のちに僕の病が治りそうになかったら、僕は君にお願いする、どうか万事を差しおいて僕のところへ来てくれたまえ。それから僕は旅に出よう。(僕の病気は演奏や作曲のときにはまだ障さわりが最も少ない。人との交際のときが一番いけないのだ。)そうしたら君に必ず同行してもらいたいのだ。自分の幸運がすっかりだめにはなるまいと僕は確信している。今僕は何者とでも力競べをやれないことはないのだ。君が去ってから以後、僕はあらゆる種類の音楽を書いた、歌劇や宗教楽までも。君は僕の頼みを拒みはすまい。君の友がその憂いと病とを荷うことに君は力を藉してくれるだろう。僕はその後ピアノの弾き方をもずっと完全にものにした。この旅が君にも悦びになりうるだろうと僕は思う。旅のあとで君はずっと僕といっしょにいてくれるだろうね。――君の手紙は皆たしかに受け取った。返事が十分書けなかったにしても、僕の心は君に対していつもかわらぬ愛情のため鼓動している。――僕が自分の耳の病気について君にうちあけたことは、どうか絶対に秘密にしておいてくれたまえ。誰にもいわないでくれたまえ。――たびたび消息をくれたまえ。たとえ短いたよりでも君の手紙は僕を慰めてくれて、僕のために善い力になってくれるのだ。――君に捧げたあの弦四重奏曲クワルテット〔(原注――作品第十八の一)〕を君に送らなかった理由は、弦四重奏曲を相当によく書くことが判り始めて以来すっかりあれを書き直しているためだ。今度、弦四重奏曲の幾つかを君が僕から受け取ったら、僕がこの方面で進歩したことが君に判ってもらえるつもりだ。――今日はこれでさようなら、親しい友よ! 君にとって愉快なことで何か君のために僕にもできるようなことがあったら、君はもちろんそれを君の忠実な、君を心から愛している
L・v・ベートーヴェン
にいってよこさなければならないよ。
医師ドクトルフランツ・ゲルハルト・ヴェーゲラー宛
一八〇一年六月二十九日、ヴィーン
善い親しい僕のヴェーゲラー、君の友誼の証しにどれほど感謝しているか知れない! 僕はほとんどそれに価しなかった。それに価しようとする努力をもほんとうに怠っていた。それだのに君はこんなに親切だ。君は少しも悪くとらない――許され難い僕の御無沙汰をさえも。君はいつもかわらぬ忠実な善良な公明正大な友であってくれる。――君を、君たちを、僕のためにどんなに大切な貴いものであるか知れない君たちみんなを、僕が忘れてしまうことがあり得るなどとは、断じて信じないでくれたまえ! 君たちを慕い、君たちの傍で少しの期間でも一緒に暮らしたいと考える瞬間が僕にはたびたびある。――僕の故郷、僕がこの世の光をそこで始めて見たあの美しい土地は、君たちと別れて来たあの時の姿のままにいつも明らかに生き生きと僕のこころに生きている。再び君たちに逢い、そして父なるライン河に挨拶することのできる日は、僕の生涯中の最も幸福な瞬間の一つとなるだろう。いつその瞬間が来るか、まだ明確にそれを告げることができない。――少なくとも君たちにいいたいことは、そのとき僕がずっと成長したことを君たちは感じるに相違ないということだ。芸術家としてのことではなく、人間としてのことを僕はいっているのだ。君たちに、いっそう善くなり完成したと感じられるだろう人間としてのことを。そして僕らの故郷の人々の状態は前よりは幾らかよくなっているとしても、僕の芸術は貧しい人々の運命を改善するために捧げられねばならない……
僕の近頃の様子を幾らか知りたいと君はいってくれたね。そう悪くもないよ。一年以来リヒノフスキーは(そう君にいっても君には信じ難く思われるかも知れないが)いつでも僕の熱心な味方であってくれたし今もそうなのだが(確かにちょっとしたいざこざは二人の間にありはしたけれども、かえってそのことが僕と彼との友情を固くした)――あのリヒノフスキーが僕に六百フローリンの年金を投げ出してくれた。僕は自分に適わしい地位を見つけるまでは、その年金額の中から引き出せるはずになっている。作曲の収入も多い。引き受け切れないほど注文はあるのだ。一つの作に六つか七つの出版所はあるし、僕の方でその気になって骨を折れば、それ以上もあるだろう。今では僕に対してあれこれ談判は持ちかけない。僕が値を極めると、僕はいいなりに支払いをもらえる。すてきだと思わないかい? たとえば一人の友が窮している様を僕が見るとするね。そのとき僕の財布は彼を救ってやることができないとするね。僕は机に向かって仕事をしさえすればいいのだ。またたく間に彼は救われるのだ――僕はまた、以前よりは倹約家になった……
不幸なことに不健康という嫉妬ぶかい悪魔が僕の行く手を妨げに来た。三年以来僕の聴覚は次第に弱くなった。原因は、以前に僕が悩まされていた、あの君も知っている腹の病気にあるに違いないが、この腹の病気がまたしても昂じている。そのため絶えず下痢に苦しめられて極度に体が弱る。フランクは彼の強壮剤で僕を力づけようとして僕の耳疾には扁桃油を用いてみた。しかし、オメデトウプロージット! 何の効き目もなかった。耳はだんだん悪くなるし、腹は状態依然なのだ。こんな状態が前の秋までずっと引き続いて、僕はときどき希望を見失った。或るへっぽこ医者は冷水浴療法を僕にすすめたし、やや気の利いた他の医者はドーナウの例の温湯浴をすすめた。こいつはききめがあって腹の方はずっと良好だが耳はやはりよくない、むしろ悪くなっている。この冬の僕の状態はまったく情ないものだった。ひどい疝痛に幾度も悩まされてそのためまた元へ完全に逆戻りをした。先月までそんな状態だったが、先月僕はフェーリングに診みてもらった。僕の病気は外科医に診察してもらう必要があると思われたし、また僕はいつでも彼に信頼を持っていたためだ。彼のお陰でひどい下痢は完全にやんだ。彼はドーナウの温湯浴をやれといった――入浴ごとに湯の中に強壮薬を一壜すっかり注つぎ込んで。他にはどんな薬もくれなかったが、しかし四日ほど前から胃のための丸薬と耳のための煎じぐすりだけをくれている。そのため僕はずっとよくなり力づいて来た。ただ耳だけはやはり、昼も夜もブンブン鳴りどおしだ(sausen und brausen)。僕が惨めな生活をしているといっても誇張ではない。二年ほど前から僕は社交の場所をすっかり避けている。――「僕はつんぼです」と人々にいえないためだ。僕の専門が別の仕事なら、それもいえるのかも知れないが、しかし僕の仕事の場合、これは恐ろしい立場だ。僕の敵たちはこれについて何というだろう! しかも彼らの数は少なくはない。
この奇妙な聾の状態について君に判らせるための一つの例をいってみるなら、劇場で演技者たちの言葉を聴き取ることができるためには僕はオーケストラの座席のすぐ脇にいなければならない。少しでも遠ざかると、楽器の高い調子の音も肉声も聴き取れない。会話のとき、まだこれを感づいた人々の無いのが不思議なくらいだ。僕がもともとよく放心状態に陥るくせがあるものだから、人々はやはりそれだと思い込むのだろう。人が低声こごえで話しているとほとんど聴こえない。響きのほうは聴こえるが言葉が聴こえないのだ。しかも誰かが叫び声を立てると、それが僕には耐え難い。この先どういうことになって行くか、てんで判らぬ。フェーリングは、全快とまでは行かないにしろ、次第によい方へ赴くだろうというのだが。――実際たびたび僕は自分の存在と造物主とを呪った(原注――ノールは彼の編纂した『ベートーヴェン書簡集』の中で「……造物主とを」〔und den Schopfer の語を省いている)〕。プルタークの本が僕を諦念へ導いてくれた。できることなら僕は運命を対手に戦い勝ちたい。しかし、僕の生活の中へは、自身を神の造った者の中の最も惨めな者と感じる瞬間がたびたび来る。――僕の病状については誰にも秘密にしておいてくれるように頼む。――ロールヒェン〔(原注――エレオノーレのこと)〕にさえも。ただ君にだけうち明けるのだ。僕の病気について君が手紙でフェーリングと相談してくれるとありがたい。この状態が永びくようなら、次の春には君のところへ行こう。そうしたらどこか景色のよいところに百姓家を一軒借りてくれないか。六カ月ほど百姓の生活がしてみたい。おそらくそれが僕にはよい利き目があるだろう。諦念! 何たる悲しい隠かくれ家がだ! しかも、それのみが今の僕に残されている唯一の隠れ家だとは!――君の夥おびただしい気苦労のただ中へ、友情に甘えてさらにこんな配慮の種を持ち込むのを赦してくれたまえ。
シュテファン・ブロイニングが今ここに来ている。ほとんど毎日のように僕らは逢っている。そのため僕は過ぎ去った日の感情を想い出さされることが多い。彼はほんとうに善い立派な若者になった。彼には何ものかが在る。そしてこの若者の心情は(僕らの仲間はとにかく皆だれでもそうであるように)正しい位置から離れない……
善良なロールヒェンにも僕は手紙を書きたい。君たちの誰一人をも決して忘れたことはない、善い親友らよ、たとえ御無沙汰をしているときでも。僕の筆不精は君も知っている。文章を書くのは僕にはいつも苦にが手だ。僕の一番善い友人たちが何年間も、僕からの手紙を一本も受け取らないでいる始末だ。僕は楽譜ばかり書いて暮らしている。一つ仕事が済むが早いか、もう次のに取りかかる。今僕がやっているやり方だと、いちどきに三つか四つの作曲をやれることも珍しくない。――たびたび消息をくれたまえ。君に返事を書く時間をできるだけ作るようにするつもりだ。みんなによろしく……
さようなら、善い、かわらぬ友ヴェーゲラー! 君のベートーヴェンの愛と友情とを堅く信じていてくれたまえ。
ヴェーゲラー宛
一八〇一年十一月十六日、ヴィーン
善き友ヴェーゲラー! 僕が受ける資格が無いほどな親切な心尽しを、またしても君から受けたことにお礼をいう。僕の近況と、また僕にとって必要なものとについて君は知りたいといってくれる。それを述べることは僕にはどうも愉快ではないが、しかし君とならば最も悦んで話せる。
フェーリングは数カ月前から僕の両腕に発泡膏ヴェジカトリエンを貼っている。……この療法は僕には実に不愉快だ。痛いことは問題にしないとしても、そのたびごとに一、二日位ずつは腕が使えないのだ。耳鳴りは前より幾分減ったことは確かだ、ことに左の耳、つまり僕のつんぼが始まり出した方の耳がそうだ。しかし今までのところ聴力は少しも治っていない。いっそう悪くならなかったともいい切れないのだ。――腹の方はずっと良好だ。ことに、微温浴を二、三日つづけた後は一週間か十日ほどかなりよい。胃が強くなる薬をたまに摂っている。また君のすすめに従って腹部に薬草を貼ることも始めた。――灌水浴のことはフェーリングは耳を傾けようとしない。だいたい彼に対して僕は大いに不満だ。こんなふうな病気に対しては心遣いや親切な辛抱強さが足りな過ぎる。もし僕の方から診察を受けに出かけないとすれば――出かけるのもひと苦労だが――二度と彼には会わないことになるだろう。――君はシュミットについてはどう思う? 僕は別に医者を変える気もないが、しかしフェーリングはあまりに実地家過ぎるので、書物を読んで大いに説を新しくしてゆくという所がない。――シュミットはその点まったく違うように僕には思われる。それに多分(フェーリングみたいに)あんなにぞんざいでは無さそうだ。電気療法ガルヴァニスムはすばらしく効くそうだが、君はどう思う?――ある医者が僕に話したところによると、聾唖の子供が聴こえ出したり、七歳のときから聾だった人もやはり治ったりした実例を、その医者は知っているそうだ。――ちょうどシュミットがその電気療法ガルヴァニスムの実験をやっている由だ。近来いくらか愉快な生活を僕は取り返している。前よりも人ひとなかへ出ることも多くなっている。二年前から僕がどれほど孤独な悲しい生活をして来たかは、君には信じられないくらいだ。僕の病気は僕の行く先々にまるで幽霊みたいに立ちふさがって、僕は人間を逃げていた。僕は厭人家と見なされるようにするより他に仕様がなかった――実は少しも人間嫌いでは無い僕が!――その後僕が変化したのは、一人の親愛な、可愛らしい少女のした仕事なのだ。その人は僕を愛しているし、僕もその人を愛している。二年ぶりで再び幸福の幾瞬時を僕は持っている。結婚が幸福をもたらすかも知れないということを今度始めて僕は感じている。残念なことにその人は僕とは身分が違う。――それに今のところ――僕は結婚はできまい――僕はまだうんと働かなければならない。耳さえこんなでなかったら地球の半分をとっくの昔歩き尽していたろうに。これはどうしても僕が実現しなければならないことだ。自分の音楽を仕上げて世に示すこと以上の大きい楽しみは僕にはない。――たとえ君たちの所へ行って一緒に暮らしても僕は幸福ではあるまい。さらに大きい幸福を何が僕に与えてくれるものか? 君たちの心尽しさえ僕には重荷になるだろう。絶えず君たちの顔いろに僕は同悲のこころを見て採り、そしていっそう自身を惨めに感じることだろう。僕の祖国の美しい景色へ僕を引き寄せるものは何か? いっそうよい地位に対する僕の希望以外の何物でもないのだ。僕はそれをすでに手に入れていたはずなのに――この病気さえ無かったら。おお、この病気から解放されて僕は全世界を抱き緊めたい! そうだ、僕の若さは今ようやく始まりかけたことを僕は感じている。今までは絶え間なく病気に苦しめられていたのだ。少し前から、身体のちからは今までになく増進している。――それに伴って精神力も。はっきり定義できないなりにしかし予感している目標へ、僕は日ごとに近寄っている。君のベートーヴェンはただこのことの中にのみ生き得るのだ。僕には休息ということはまったくない。僕の休息とは夜の眠りだけだ。そして睡眠に以前よりも多くの時間を与えねばならないことだけでも僕には十分に悲しい。今の病苦から半分だけでも解放されたら、そうしたら――いっそう成熟しいっそうでき上がった人間として僕は君たちに逢いに行き、かわらぬ友情をさらに堅くしよう。
僕は、この世の生活から獲得した幸福を携えて君たちと再会したいのだ――不幸をではなく。――否、それは、(不幸を携えて君たちに再会するということは)僕には耐えがたい。――僕は運命の喉元を締めつけてやりたい。どんなことがあっても運命に打ち負かされきりになってはやらない。――おお、生命を千倍生きることはまったくすばらしい! ――寂しい生活、――否、確かに僕は寂しく生きる性分ではない。ロールヒェンにくれぐれもよろしく……君は僕を幾らかは愛していてくれるだろうね。僕の愛と友情とを信じていてくれたまえ。
君のベートーヴェン
ヴェーゲラーとその妻エレオノーレ・フォン・
ブロイニングからベートーヴェンへの手紙*
*原注――ベートーヴェンの最もかわらぬ親友であったこの立派な人物たちの人柄を知らせるため、この二通の手紙をここに掲げることは興味無きことではあるまいと私には思われる。この人にしてこの友あり、である。
一八二五年十二月二十八日、コブレンツ
親友ルートヴィッヒ
リースの家の十人の息子の一人がヴィーンへ行くことになったが、僕から君への「よろしく」を伝言せずに彼を出発させるわけにはゆかない。僕がヴィーンを離れてからの二十八年間、君が僕から二た月ごとに一通の長い消息を受け取らなかったとしたら、それは僕が君に宛てて書いた始めの間の数通に対して君の方が返事を書かなかったことに原因があるのだぜ。君が黙っているのはよくないよ。今ではことによくないよ。なぜかというに、ここにいる僕たちはしだいに年を老とり、過去の思い出に生きることが好きになっているのだから。何よりも、幼い頃の追憶のさまざまの姿に、一等の楽しみを見いだすのだから。少なくともこの僕にとっては、君の善いお母さんが祝福して下さった子供時代からの僕たち二人の付き合いと親密な友情とは生涯の非常に明るい一点であって、僕は満足の想いをもってその一点を振り返るのだ……僕は君を仰ぐ、一人の英雄を仰ぐように。そしてこういえることを誇りに思う――「彼がああなったにつけてはこの俺からの感化がないとはいえんのだ。彼は心の望みや空想を俺にうち明けて話したものだ。その後彼がたびたび誤解せられたときだってこの俺には、彼の望んでいるものがちゃんと判っていた。」僕が自分の妻と、そしてまた今では自分の子供たちとも、君のことを話し合えるのは実にうれしい! (そのことに神の祝福あれ!)僕の義理の母の家は君にはほんとうの自家うち以上の自家うちだった、ことに君の立派なお母さんが亡くなられて後は。もう一度ぜひ僕らに告げてくれたまえ――「そうだ、僕は君たちのことを考える、悦びにつけ悲しみにつけて」と。人間は、たとえ君みたいに偉くなったにしても、全生涯の最大幸福は一度しかありはしない。それは人間が子供だった頃さ。ボンの家々の石やクロイツベルクやゴーデスベルクや養樹園バウムシュールやは君のためにはたくさんの鉤かぎを持っている――悦んで君が君の思いをそこへ引っ掛けることのできる鉤を。
さて今度は自分のことを、僕たち自身のことを君に報しらせたい。それは、君もまたそういうやり方で僕に返事をくれなければならない手本を一つ君に上げるためさ。
一七九六年にヴィーンから帰って以来は、どうも僕にはものごとが好都合にはこばなかった。数年間開業医としての診療だけで稼がなければならなかった。そしてひどく貧乏なこの地方でどうにか食って行けるだけの収入を得るようになるまでには数年間かかった。その後有給教授の職を獲て、一八〇二年に結婚した。その翌年娘が生まれたが、これは丈夫に育って今ではすっかり成人した。娘はしっかりした正しい判断力とともにまたその父親の朗らかな性質を承うけている。娘はベートーヴェン作の奏鳴曲ソナータを弾くことを何より好んでいる。これは確かに習い覚えたというよりも生まれ付きのことだ。一八〇七年に男の子が生まれたが今ではベルリンへ行って医学の勉強をしている。四年後にはヴィーンへ遣るつもりだが、君は面倒をみてやってくれるかね?……この八月に僕は六十歳の誕生日を祝ったが六十人ほどの友人知人が集まってくれた。町の第一流の人々もその中にいた。一八〇七年から今の所に住んでいる。今では僕はよい家を一軒とよい地位とを持っている。上役の人々も僕に満足しているし、王様から勲位と徽章とを賜わった。ローレ〔(エレオノーレ)〕も僕もかなり丈夫である。
さて僕は君に自分の様子をごたごたと報せてしまった。さあ今度は君の方の様子を知らせてくれたまえ。
君はそこのシュテファン寺の塔から断じて眼を離さぬというのかね? 旅は君に魅力を持っていないかね? ライン河はもう二度と見まいという気かね?――ローレから君にくれぐれもよろしく――僕からと同様に。
君の旧き、実に旧き(uralter)友
ヴェーゲラー
*
エレオノーレ夫人の添書
親愛なベートーヴェン! ヴェーゲラーから貴方へおたよりを差し上げるようにということは、随分久しい間の私の願いでございました。――今この願いが果たされますので、私もひと言こと書き添えずにはいられないのでございます。――それはあなたの御記憶の中へ私自身を幾らか近寄せようとするためばかりではなく、またそれは大切なことがらを繰り返してお尋ね致すためなのでございます。貴方がもう一度ライン河と故郷の土地とを見にいらっしゃるおつもりはないかということをお尋ね致したいのです。――私たちはどんな場合でもどんな時間でも心から悦んでお迎えするでしょう。――それはヴェーゲラーと私とにとって何よりも大きな悦びなのです。私たちの娘レーンヒェンは、あなたのお陰でたくさんの楽しい時間を持つことをあなたにお礼申しています。――貴方についてのお話を聴くのを大へん好んでいます。――また、ボンでの私たちの楽しい子供時代の出来事を――喧嘩のことも仲直りのことも――小さなことまですっかり聴いて知っております。――あなたにお目にかかれたらあの娘こはどんなにか喜ぶことでしょう。――残念なことに音楽の天分はございませんが、それでも一生懸命の勉強と辛抱とで、どうやら貴方のお作りになった奏鳴曲ソナータや変奏曲ヴァリアチオンやを弾けるところまでは漕ぎつけました。ヴェーゲラーにとっては音楽が何よりの楽しみなものですから、音楽によってたくさんの喜ばしい時間を過ごしております。ユーリウスは音楽の天分を持っております。――やっと半年ほど前からヴァイオリンセロを熱心な興味をもって習っておりますが、今ベルリンでよい先生についておりますので、きっと幾分は上達するだろうと存じます。子供たちは二人とも父親に似ております。快活な気質もまたよく似ておりますが、お陰さまでヴェーゲラー自身も快活さをまだ失くしてしまってはおりません。あなたの変奏曲ヴァリアチオンの主題テーマをひくことがヴェーゲラーの大きな楽しみです。以前の方を好んでひいておりますが、しかし新しい方の中の一曲もたいへんな根気でひいております。――お作『いけにえの歌』Opferlied が何にもまして歓ばれておりまして、ヴェーゲラーは自分の部屋へはいるたびごとに必ずピアノでそれをひきます。――親愛なベートーヴェン、私たちがあなたのことを絶えず生き生きと思い出していることがこれでお判りになりましょう。――これがあなたにとって幾らかは大切なことであり、あなたが私どものことをまったくお忘れになってはいないということをどうかお報せ下さいませ。――私どもの一番の望みを実現することがもっと容易たやすいことでしたら私どもはもうとっくの以前にヴィーンにいる私の兄弟を訪ねて、その節あなたにお目にかかれる喜びを持っているはずですのに。――しかしそういう旅行もさしあたり考えることができません、男の子が今ベルリンにおりますため。――ヴェーゲラーからあなたへ私どもの様子をお報せしたはずですが、私どもは愚痴をこぼしてはなりますまい。――一番苦しい時期でも、他の多くの人々に比べたら幸福に過ごしたと申さなければなりますまい。一番の幸福は、私どもが皆健康に暮らしていること、また、子供たちが皆善良なことでございます。――子供たちは今までに一度も両親に悲しみを与えたことがありませず、快活な可愛い性質を持っております。――レーンヒェンは一度だけ大きい悲しみを味わいました。――可哀そうな、幼いルシャイトが亡くなりましたときに。――これは皆がいつまでも忘れることのできない喪失でございます。これで擱筆致します、親愛なベートーヴェン、私どものことをお忘れ下さいませぬよう。
エレオノーレ・ヴェーゲラー
ベートーヴェンからヴェーゲラー宛
一八二六年十月七日*、ヴィーン
*原注――当時の友人間においては最も愛し合っている間柄であってさえもわれわれの場合ほど、その愛情が性急ではなかったことが判る。ベートーヴェンはヴェーゲラーに十カ月目に返事を書いているのである。
懐しい旧友よ!
君とそして君のロールヒェンとの手紙がどれほど僕を喜ばしてくれたかはとうていいい現わせない。君にすぐ返事を書くはずだったが、僕は少し不精ぶしょうだ、ことに文章を書くことに。それというのも、最も善い友人らは書かなくても僕を知ってくれていると考えるためなのだが。僕は頭の中でたびたび返事を書いているのにいざ書く段になるとペンを抛り出してしまう。感じている通りに書きあらわせないためだ。君がいつでも示してくれた友情については僕はすっかり憶えている、――たとえば、僕の室を白く新しく塗り変えて僕を驚喜させたことなども。ブロイニング家のことも忘れない。皆が別れ別れになったのは、それが事柄の自然ななり行きであったためで、つまり、各人がそれぞれの天職の目標を追い求め、それに達しようと努めなければならなかった。ただし、永久に揺るがぬ確固たる善の原理が、依然として僕たちを結び合わせてきた。――今日きょう、書きたいだけ多くを君に書けないのが残念だ。僕は床とこについているのだ。
君のロールヒェンの影絵シルエットをいつでも僕は持っている。それを君にいうのは、僕は若い頃、僕にとって貴く親しいものだったものは残らず今もやはり僕には大切だということを君に判らせたいためなのだ。
……「たとえ一行なりといえども書かずして暮るる日は一日も無し」Nulla dies sine linea というのは僕にあてはまる金言だそうだが、僕はこの頃、芸術の女神ムーゼを眠らせている。ただしこれは彼女が、それだけいっそうつよく眼をさますためだ。さらに二、三の大きい作品を世に送り出して、その後で一人の老いた子供のように、どこかの善良な人々の許もとへ行って、僕は自分の生涯の幕を閉じたいと心に期している*。
*原注――その時ベートーヴェンは生涯の最後の作品(弦四重奏曲クワルテット、作品第百三十番の第二の終曲フィナーレ)を書いているのだとは自ら知らなかった。当時彼はドーナウ河畔クレムスの近くにある弟の家に逗留していた。
……僕が受けた名誉章のうち君にもきっと悦んでもらえると思うものを報せるとすると、フランスの先王から Donnee par le Roi a monsieur Beethoven「王よりベートーヴェン氏に賜う」という銘の付いた牌メダイユをたまわっている。それには、le premier gentilhomme du Roi「王室の首席貴族」ド・ラ・シャートル(アシャー)公の非常に懇篤な書きものが添うていた。
最もしたしい友よ、今日はこれだけで我慢してくれたまえ。過去の追憶が今日きょう僕の胸を緊めつける。多くの涙無しには僕はこの手紙を送れない。これは僕の便りの始まりに過ぎない。じきにまた君は次の手紙を僕から受け取るだろう。そして君が僕にたくさん手紙を書いてくれれば、僕の悦びはそれだけ大きい。しかし、これは僕たちのような親しい友だちの間では、互いに要求し合う必要も無いことだ。ではさようなら。どうか君のロールヒェンと君の子供たちとを、僕の名において愛情をもって接吻してくれたまえ。そして僕のことを思い出してくれたまえ。神が君たち一同と共にあらんことを!
いつものように君のかわらぬ真の友、そして君を尊敬している
ベートーヴェン
ヴェーゲラー宛
一八二七年二月十七日、ヴィーン
旧くかつ貴い友よ!
ブロイニングから君の第二の手紙を受け取って悦んだ。それに返事を書くにしては僕はまだ衰弱しすぎている。しかし信じてくれたまえ、君が語ってくれたことは皆僕には悦ばしく望ましいことばかりだったことを。僕の病気の恢復は――これを恢復と呼んでよければだが――非常にのろい。四度目の手術を受けたのだがそれについて医者たちは何にもいわない。僕は我慢して考えている――あらゆる禍はしかし何かしらいい結果を持ってくるものだと。
今日きょうもっといろいろなことを君に書きたいと僕はどんなに思うか知れないのだが、しかし弱り過ぎている。僕はもう、君を――君と君のロールヒェンとを、心の中で抱擁することしかできない。君と君の家の一同へ真の友情と愛情とをもって。
君の旧きかわらぬ友
ベートーヴェン
モーシェレス宛
一八二七年三月十四日、ヴィーン
親愛なモーシェレス!
……二月二十七日に私は四度目の手術を受けた。そして五度目のを受けなければなるまいという確かな兆候が幾つも新しく現われている。こんな状態がまだいくらか永びくとしたらいったいどんな結果になりいったい私はどうなることだろう?――実際私の運は峻しいことになってきた。しかし私は運命の意志に服している。そして、私が生きながら死んでいなければならぬあいだ、神がその聖旨によって私を窮乏*から護って下さるようにということだけを祈っている。私の運がどんなに苦しく恐ろしいものであっても、至高の神の聖旨に服すことによって、自分の運を耐え抜く力が与えられることであろう……
君の友
L・v・ベートーヴェン
*原注――必須の金にほとんど窮したベートーヴェンはロンドンのフィルハーモニック・ソサイエティーおよび当時英国にいたモーシェレスに宛てて、彼のために音楽会を開くようにしてくれと頼んだ。ソサイエティーは折り返して百ポンドの金を即座に彼に送ったほどの雅量を示した。ベートーヴェンはそのことを心の底まで感銘した。一人の友人のいうところによれば――「その手紙を受け取って両手を合わせ、喜びと感謝のあまりむせび泣くベートーヴェンの姿には、見るものの心を引き裂くような痛切なものがあった。」感激の昂奮のため彼の創痕がまたしても口を開いた。しかもなお彼は「彼の悲しい運命に同情の手を与えたけだかい心の英国人たち」に宛てて感謝の念を口授して手紙を出すことを望んだ。彼はその人々に第十交響曲と一つの序曲を、それとも彼らの望みのどんな作品をでも贈ろうと約束した。「今度こそ今までに無かったほどの愛情の心を傾け尽して私は一つの作品を作るのだ」と彼は三月十八日の手紙に書いた。そしてその月の二十六日にベートーヴェンは死んだのである。
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