目 次
- Chapitre I Marius, cherchant une fille en chapeau, rencontre un homme en casquette
- Chapitre II Trouvaille
- Chapitre III Quadrifrons
- Chapitre IV Une rose dans la misère
- Chapitre V Le judas de la providence
- Chapitre VI L'homme fauve au gîte
- Chapitre VII Stratégie et tactique
- Chapitre VIII Le rayon dans le bouge
- Chapitre IX Jondrette pleure presque
- Chapitre X Tarif des cabriolets de régie: deux francs l'heure
Chapitre I Marius, cherchant une fille en chapeau, rencontre un homme en casquette
L'été passa, puis l'automne; l'hiver vint. Ni M. Leblanc ni la jeune fille n'avaient remis les pieds au Luxembourg. Marius n'avait plus qu'une pensée, revoir ce doux et adorable visage. Il cherchait toujours, il cherchait partout; il ne trouvait rien. Ce n'était plus Marius le rêveur enthousiaste, l'homme résolu, ardent et ferme, le hardi provocateur de la destinée, le cerveau qui échafaudait avenir sur avenir, le jeune esprit encombré de plans, de projets, de fiertés, d'idées et de volontés; c'était un chien perdu. Il tomba dans une tristesse noire. C'était fini. Le travail le rebutait, la promenade le fatiguait, la solitude l'ennuyait; la vaste nature, si remplie autrefois de formes, de clartés, de voix, de conseils, de perspectives, d'horizons, d'enseignements, était maintenant vide devant lui. Il lui semblait que tout avait disparu.
Il pensait toujours, car il ne pouvait faire autrement; mais il ne se plaisait plus dans ses pensées. À tout ce qu'elles lui proposaient tout bas sans cesse, il répondait dans l'ombre: À quoi bon?
Il se faisait cent reproches. Pourquoi l'ai-je suivie? J'étais si heureux rien que de la voir! Elle me regardait, est-ce que ce n'était pas immense? Elle avait l'air de m'aimer. Est-ce que ce n'était pas tout? J'ai voulu avoir quoi? Il n'y a rien après cela. J'ai été absurde. C'est ma faute, etc., etc. Courfeyrac, auquel il ne confiait rien, c'était sa nature, mais qui devinait un peu tout, c'était sa nature aussi, avait commencé par le féliciter d'être amoureux, en s'en ébahissant d'ailleurs; puis, voyant Marius tombé dans cette mélancolie, il avait fini par lui dire:—Je vois que tu as été simplement un animal. Tiens, viens à la Chaumière!
Une fois, ayant confiance dans un beau soleil de septembre, Marius s'était laissé mener au bal de Sceaux par Courfeyrac, Bossuet et Grantaire, espérant, quel rêve! qu'il la retrouverait peut-être là. Bien entendu, il n'y vit pas celle qu'il cherchait.—C'est pourtant ici qu'on retrouve toutes les femmes perdues, grommelait Grantaire en aparté. Marius laissa ses amis au bal, et s'en retourna à pied, seul, las, fiévreux, les yeux troubles et tristes dans la nuit, ahuri de bruit et de poussière par les joyeux coucous pleins d'êtres chantants qui revenaient de la fête et passaient à côté de lui, découragé, aspirant pour se rafraîchir la tête l'âcre senteur des noyers de la route.
Il se remit à vivre de plus en plus seul, égaré, accablé, tout à son angoisse intérieure, allant et venant dans sa douleur comme le loup dans le piège, quêtant partout l'absente, abruti d'amour.
Une autre fois, il avait fait une rencontre qui lui avait produit un effet singulier. Il avait croisé dans les petites rues qui avoisinent le boulevard des Invalides un homme vêtu comme un ouvrier et coiffé d'une casquette à longue visière qui laissait passer des mèches de cheveux très blancs. Marius fut frappé de la beauté de ces cheveux blancs et considéra cet homme qui marchait à pas lents et comme absorbé dans une méditation douloureuse. Chose étrange, il lui parut reconnaître M. Leblanc. C'étaient les mêmes cheveux, le même profil, autant que la casquette le laissait voir, la même allure, seulement plus triste. Mais pourquoi ces habits d'ouvrier? qu'est-ce que cela voulait dire? que signifiait ce déguisement? Marius fut très étonné. Quand il revint à lui, son premier mouvement fut de se mettre à suivre cet homme; qui sait s'il ne tenait point enfin la trace qu'il cherchait? En tout cas, il fallait revoir l'homme de près et éclaircir l'énigme. Mais il s'avisa de cette idée trop tard, l'homme n'était déjà plus là. Il avait pris quelque petite rue latérale, et Marius ne put le retrouver. Cette rencontre le préoccupa quelques jours, puis s'effaça.—Après tout, se dit-il, ce n'est probablement qu'une ressemblance.
夏は過ぎ、秋も過ぎて、冬となった。ルブラン氏も若い娘もリュクサンブールの園に姿を見せなかった。マリユスはただ、あのやさしい美しい顔をも一度見たいとのみ念じていた。彼は絶えずさがしていた。至る所をさがし回った。しかしその影をも見い出すことはできなかった。マリユスはもはや心酔せる夢想家でもなく、決然たる熱烈な確乎たる男でもなく、大胆に運命を切り開かんとする者でもなく、未来の上に未来をつみ重ねて夢みる頭脳でもなく、方案や計画や矜持や思想や意志に満てる若き精神でもなかった。彼は実に迷える犬であった。彼は暗い悲しみに陥った。もはや万事終わったのである。仕事もいやになり、散歩にも疲れ、孤独にもあきはてた。広漠たる自然も昔は、種々の姿や光や声や忠言や遠景や地平や教訓に満ち満ちていたが、今はもう彼の前にむなしく横たわってるのみだった。すべてが消えうせたように彼には思えた。
彼は常に思索を事としていた。なぜなら他に仕方もなかったからである。しかし彼はもはや自分の思想にも心楽しまなかった。思想が絶えず声低く提議してくることに対してひそかにこう答えた、「それが何の役に立つか。」
彼は幾度となくおのれを責めた。なぜ自分は彼女の跡をつけたか。彼女を見るだけで既に幸福ではなかったか。彼女も自分の方を見ていた。それだけでも既に至上のことではなかったか。彼女も自分を愛しているらしかった。それでもう十分ではなかったか。自分はいったい何を得ようと欲したのか。それだけでたくさんではなかったか。自分は道にはずれていた。自分は誤っていた……。その他いろいろ自ら責めた。マリユスの性質としてそれらのことは少しもうち明けなかったが、クールフェーラックはやはりその性質上すべてをだいたいさとった。そして初めは、マリユスが恋に陥ったのを意外に感じながらも、それを祝していた。それからマリユスが憂鬱に沈み込んだのを見て、ついにこう彼に言った。「君はまったくまずかったんだ。まあちとショーミエールにでも遊びにこいよ。」
一度、九月の晴れた日にそそのかされて、マリユスはクールフェーラックとボシュエとグランテールとが誘うままに、ソーの舞踏を見に行った。まことに夢のような話ではあるが、そこであるいは彼女に会うかも知れないと思ったのである。がもとよりさがしてる女は見当たらなかった。「だがいったい、見失った女は大概ここで見つかるものだがな、」とグランテールは横を向いてつぶやいた。マリユスは仲間をそこに残して、ひとりで歩いて帰って行った。彼はすべてが懶く、熱に浮かされ、乱れた悲しい目つきを暗夜のうちに据え、宴楽の帰りのにぎやかな連中を乗せてそばを通りすぎてゆく楽しい馬車の響きとほこりとに脅かされ、意気消沈して、頭をはっきりさせるために途上の胡桃の木立ちのかおりを胸深く吸い込みながら、家に帰っていった。
彼はしだいに深く孤独の生活にはいってゆき、心乱れ気力を失い、内心の苦悶に身を投げ出し、罠にかかった狼のように苦しみの中をもがき回り、姿を消した彼女を至る所にさがし求め、まったく恋のためにぼけてしまった。
一度ある時、妙な人に出会って、彼は不思議な感に打たれた。アンヴァリード大通りのそばの小さな裏通りで、一人の男と行き会ったのである。その男は労働者のような服装をして、長い庇のついた無縁帽をかぶっていたが、その下からまっ白い髪の毛が少し見えていた。マリユスはその白髪の美しさに心ひかれて、その男をじっとながめてみた。男はゆっくり歩いていて、何か苦しい瞑想にふけってるようだった。そして妙なことには、マリユスはまったくルブラン氏を見るような気がした。同じ頭髪、帽子の下から見えてる限りでは同じ横顔、同じ歩きかた、そしてただ少し寂しすぎる点が違ってるだけだった。しかしルブラン氏が、どうして労働者の服をつけてるのだろう、どういう訳だろう、その仮装は何の意味だろう? マリユスは少なからず驚いた。それから彼はようやく我に返って、第一にその男の跡をつけてみようとした。あるいはさがしてる糸口をついに見いだしたのかも知れない。いずれにしても、も一度その男を近くからながめ、謎を解かなければならない。そう彼は考えついたが、もう時がおくれていた。男はもはやそこにいなかった。ある狭い横町に曲がったのであろう。マリユスはもうその姿を見いだすことができなかった。そしてこの遭遇は、数日間彼の頭を占めていたが、そのうちに消えうせてしまった。彼は自ら言った、「結局、他人の空似に過ぎなかったのだろう。」
Chapitre II Trouvaille
Marius n'avait pas cessé d'habiter la masure Gorbeau. Il n'y faisait attention à personne.
À cette époque, à la vérité, il n'y avait plus dans cette masure d'autres habitants que lui et ces Jondrette dont il avait une fois acquitté le loyer, sans avoir du reste jamais parlé ni au père, ni aux filles. Les autres locataires étaient déménagés ou morts, ou avaient été expulsés faute de payement.
Un jour de cet hiver-là, le soleil s'était un peu montré dans l'après-midi, mais c'était le 2 février, cet antique jour de la Chandeleur dont le Soleil traître, précurseur d'un froid de six semaines, a inspiré à Mathieu Laensberg ces deux vers restés justement classiques:
Qu'il luise ou qu'il luiserne,
L'ours rentre en sa caverne.
Marius venait de sortir de la sienne. La nuit tombait. C'était l'heure d'aller dîner; car il avait bien fallu se remettre à dîner, hélas! ô infirmités des passions idéales!
Il venait de franchir le seuil de sa porte que mame Bougon balayait en ce moment-là même tout en prononçant ce mémorable monologue:
—Qu'est-ce qui est bon marché à présent? tout est cher. Il n'y a que la peine du monde qui est bon marché; elle est pour rien, la peine du monde!
Marius montait à pas lents le boulevard vers la barrière afin de gagner la rue Saint-Jacques. Il marchait pensif, la tête baissée.
Tout à coup il se sentit coudoyé dans la brume; il se retourna, et vit deux jeunes filles en haillons, l'une longue et mince, l'autre un peu moins grande, qui passaient rapidement, essoufflées, effarouchées, et comme ayant l'air de s'enfuir; elles venaient à sa rencontre, ne l'avaient pas vu, et l'avaient heurté en passant. Marius distinguait dans le crépuscule leurs figures livides, leurs têtes décoiffées, leurs cheveux épars, leurs affreux bonnets, leurs jupes en guenilles et leurs pieds nus. Tout en courant, elles se parlaient. La plus grande disait d'une voix très basse:
—Les cognes sont venus. Ils ont manqué me pincer au demi-cercle.
L'autre répondait:—Je les ai vus. J'ai cavalé, cavalé, cavalé!
Marius comprit, à travers cet argot sinistre, que les gendarmes ou les sergents de ville avaient failli saisir ces deux enfants, et que ces enfants s'étaient échappées.
Elles s'enfoncèrent sous les arbres du boulevard derrière lui, et y firent pendant quelques instants dans l'obscurité une espèce de blancheur vague qui s'effaça.
Marius s'était arrêté un moment.
Il allait continuer son chemin, lorsqu'il aperçut un petit paquet grisâtre à terre à ses pieds. Il se baissa et le ramassa. C'était une façon d'enveloppe qui paraissait contenir des papiers.
—Bon, dit-il, ces malheureuses auront laissé tomber cela!
Il revint sur ses pas, il appela, il ne les retrouva plus; il pensa qu'elles étaient déjà loin, mit le paquet dans sa poche, et s'en alla dîner.
Chemin faisant, il vit dans une allée de la rue Mouffetard une bière d'enfant couverte d'un drap noir, posée sur trois chaises et éclairée par une chandelle. Les deux filles du crépuscule lui revinrent à l'esprit.
—Pauvres mères! pensa-t-il. Il y a une chose plus triste que de voir ses enfants mourir; c'est de les voir mal vivre.
Puis ces ombres qui variaient sa tristesse lui sortirent de la pensée, et il retomba dans ses préoccupations habituelles. Il se remit à songer à ses six mois d'amour et de bonheur en plein air et en pleine lumière sous les beaux arbres du Luxembourg.
—Comme ma vie est devenue sombre! se disait-il. Les jeunes filles m'apparaissent toujours. Seulement autrefois c'étaient les anges; maintenant ce sont les goules.
)
マリユスはなお続けてゴルボー屋敷に住んでいた。そしてそこのだれにも気をつけていなかった。
実際その頃、ゴルボー屋敷には彼とジョンドレットの一家だけしか住んでいなかった。彼はジョンドレットの負債を一度払ってやったことがあるが、その父にも母にも娘らにもかつて口をきいたことはなかった。他の借家人らは、引っ越したか、死んだか、または金を払わないので追い出されるかしてしまっていた。
その冬のある日、太陽は午後になって少し現われたが、それも二月の二日、すなわち古い聖燭節の日であった。このちょっと姿を現わした太陽は、やがて六週間の大寒を示すものであって、あのマティユー・レンスベルグが次の古典的な二行の句を得たのもそれからである。
さあれ熊は洞穴に帰るなり。
マリユスは外に出かけた。夜のやみが落ちようとしていた。ちょうど夕食の時間だった。いかに美しい愛に心奪われていても、悲しいかな食事はしなければならない。
彼は家の戸口をまたいで外へ出た。ちょうどその時、ブーゴン婆さんは戸口を掃除しながら、次のおもしろい独語をもらしていた。
「この節は安い物と言って何があろう? みんな高い。安い物はただ世間の難渋だけだ。難渋だけは金を出さないでもやって来る。」
マリユスはサン・ジャック街へ行こうと思って、市門の方へ大通りをゆるゆる歩いて行った。頭をたれて物思いに沈みながら歩いていた。
突然彼は、薄暗がりの中にだれかから押しのけられるのを感じた。ふり返ると、ぼろを着たふたりの若い娘だった。ひとりは背が高くてやせており、ひとりはそれより少し背が低かったが、ふたりとも物におびえ息を切らして、逃げるように大急ぎで通っていった。ふたりはマリユスに気づかず、出会頭に彼につき当たったのだった。薄ら明りにすかして見ると、ふたりは色青ざめ、髪をふり乱し、きたない帽子をかぶり、裳は破れ裂け、足には何もはいてなかった。駆けながら互いに口をきいていた。大きい方がごく低い声で言った。
「いぬがきたのよ。もちっとであげられるところだった。」
もひとりのが答えた。「私ははっきり見たわ。でただもう一目散よ。」
マリユスはその変な言葉でおおよそさとった。憲兵か巡査かがそのふたりの娘を捕えそこなったものらしい、そしてふたりはうまく逃げのびてきたものらしい。
ふたりは彼の後ろの並み木の下にはいり込み、暗闇の中にしばらくはほの白く見えていたが、やがて消え失せてしまった。
マリユスはしばらくたたずんでいた。
それから歩みを続けようとすると、自分の足元の地面に鼠色の小さな包みが落ちてるのに気づいた。彼は身をかがめてそれを拾ってみた。封筒らしいもので、中には紙でもはいっていそうだった。
「そうだ、」と彼は言った、「あのあわれな女どもが落としていったんだろう。」
彼は足を返し、声を揚げて呼んでみたが、はやふたりの姿は見えなかった。それでもう遠くへ行ったことと思い、その包みをポケットの中に入れ、そして食事をしに出かけて行った。
途中、ムーフタール街の路地で、彼は子供の柩を見た。黒ラシャでおおわれ、三つの台の上に置かれて、一本の蝋燭の火に照らされていた。暗がりのふたりの娘のことが思い出された。
「あわれな母たち!」と彼は考えた。「自分の子供が死ぬるのを見るよりなおいっそう悲しいことがある。それは自分の子供が悪い生活をしてるのを見ることだ。」
そのうちに、彼の悲しみの色を変えさえしたそれらの影は頭から消え去ってしまって、彼はまたいつもの思いに沈み込んだ。リュクサンブールの美しい木の下で、さわやかな空気と光との中で過ごした、愛と幸福との六カ月間のことをまたしのびはじめた。
「私の生活は何と陰鬱になったことだろう!」と彼は自ら言った。「若い娘らはやはり私の目の前に現われて来る。ただ、昔はそれがみな天使に見えたが、今は食屍鬼のような気がする。」
Chapitre III Quadrifrons
Le soir, comme il se déshabillait pour se coucher, sa main rencontra dans la poche de son habit le paquet qu'il avait ramassé sur le boulevard. Il l'avait oublié. Il songea qu'il serait utile de l'ouvrir, et que ce paquet contenait peut-être l'adresse de ces jeunes filles, si, en réalité, il leur appartenait, et dans tous les cas les renseignements nécessaires pour le restituer à la personne qui l'avait perdu.
Il défit l'enveloppe.
Elle n'était pas cachetée et contenait quatre lettres, non cachetées également.
Les adresses y étaient mises.
Toutes quatre exhalaient une odeur d'affreux tabac.
La première lettre était adressée: à Madame, madame la marquise de Grucheray, place vis-à-vis la chambre des députés, nº...
Marius se dit qu'il trouverait probablement là les indications qu'il cherchait, et que d'ailleurs la lettre n'étant pas fermée, il était vraisemblable qu'elle pouvait être lue sans inconvénient.
Elle était ainsi conçue:
«Madame la marquise,
«La vertu de la clémence et pitié est celle qui unit plus étroitement la société. Promenez votre sentiment chrétien, et faites un regard de compassion sur cette infortuné español victime de la loyauté et d'attachement à la cause sacrée de la légitimé, qu'il a payé de son sang, consacrée sa fortune, toute, pour défendre cette cause, et aujourd'hui se trouve dans la plus grande misère. Il ne doute point que votre honorable personne l'accordera un secours pour conserver une existence extrêmement pénible pour un militaire d'éducation et d'honneur plein de blessures. Compte d'avance sur l'humanité qui vous animé et sur l'intérêt que Madame la marquise porte à une nation aussi malheureuse. Leur prière ne sera pas en vaine, et leur reconnaissance conservera sont charmant souvenir.
«De mes sentiments respectueux avec lesquelles j'ai l'honneur d'être,
«Madame,
«Don Alvarez, capitaine español de caballerie, royaliste refugié en France que se trouve en voyagé pour sa patrie et le manquent les réssources pour continuer son voyagé.»
Aucune adresse n'était jointe à la signature. Marius espéra trouver l'adresse dans la deuxième lettre dont la suscription portait: à Madame, madame la contesse de Montvernet, rue Cassette, nº 9.
Voici ce que Marius y lut:
«Madame la comtesse,
«C'est une malheureuse meré de famille de six enfants dont le dernier n'a que huit mois. Moi malade depuis ma dernière couche, abandonnée de mon mari depuis cinq mois n'aiyant aucune réssource au monde dans la plus affreuse indigance.
«Dans l'espoir de Madame la contesse, elle a l'honneur d'être, madame, avec un profond respect,
«Femme Balizard.»
Marius passa à la troisième lettre, qui était comme les précédentes une supplique; on y lisait:
«Monsieur Pabourgeot, électeur, négociant-bonnetier en gros, rue Saint-Denis au coin de la rue aux Fers.
«Je me permets de vous adresser cette lettre pour vous prier de m'accorder la faveur prétieuse de vos simpaties et de vous intéresser à un homme de lettres qui vient d'envoyer un drame au théâtre-français. Le sujet en est historique, et l'action se passe en Auvergne du temps de l'empire. Le style, je crois, en est naturel, laconique, et peut avoir quelque mérite. Il y a des couplets a chanter a quatre endroits. Le comique, le sérieux, l'imprévu, s'y mêlent à la variété des caractères et a une teinte de romantisme répandue légèrement dans toute l'intrigue qui marche mistérieusement, et va, par des péripessies frappantes, se denouer au milieu de plusieurs coups de scènes éclatants.
«Mon but principal est de satisfère le desir qui anime progresivement l'homme de notre siècle, c'est à dire, la mode, cette caprisieuse et bizarre girouette qui change presque à chaque nouveau vent.
«Malgré ces qualités j'ai lieu de craindre que la jalousie, l'égoïsme des auteurs privilégiés, obtienne mon exclusion du théâtre, car je n'ignore pas les déboires dont on abreuve les nouveaux venus.
«Monsieur Pabourgeot, votre juste réputation de protecteur éclairé des gants de lettres m'enhardit à vous envoyer ma fille qui vous exposera notre situation indigante, manquant de pain et de feu dans cette saison d'hyver. Vous dire que je vous prie d'agreer l'hommage que je désire vous faire de mon drame et de tous ceux que je ferai, c'est vous prouver combien j'ambicionne l'honneur de m'abriter sous votre égide, et de parer mes écrits de votre nom. Si vous daignez m'honorer de la plus modeste offrande, je m'occuperai aussitôt à faire une pièsse de vers pour vous payer mon tribu de reconnaissance. Cette pièsse, que je tacherai de rendre aussi parfaite que possible, vous sera envoyée avant d'être insérée au commencement du drame et débitée sur la scène.
«À Monsieur,
«Et Madame Pabourgeot,
«Mes hommages les plus respectueux.
«Genflot, homme de lettres.
«P. S. Ne serait-ce que quarante sous.
«Excusez-moi d'envoyer ma fille et de ne pas me présenter moi-même, mais de tristes motifs de toilette ne me permettent pas, hélas! de sortir...»
Marius ouvrit enfin la quatrième lettre. Il y avait sur l'adresse: Au monsieur bienfaisant de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Elle contenait ces quelques lignes:
«Homme bienfaisant,
«Si vous daignez accompagner ma fille, vous verrez une calamité missérable, et je vous montrerai mes certificats.
«À l'aspect de ces écrits votre âme généreuse sera mue d'un sentiment de sensible bienveillance, car les vrais philosophes éprouvent toujours de vives émotions.
«Convenez, homme compatissant, qu'il faut éprouver le plus cruel besoin, et qu'il est bien douloureux, pour obtenir quelque soulagement, de le faire attester par l'autorité comme si l'on n'était pas libre de souffrir et de mourir d'inanition en attendant que l'on soulage notre misère. Les destins sont bien fatals pour d'aucuns et trop prodigue ou trop protecteur pour d'autres.
«J'attends votre présence ou votre offrande, si vous daignez la faire, et je vous prie de vouloir bien agréer les sentiments respectueux avec lesquels je m'honore d'être,
«homme vraiment magnanime,
«votre très humble
«et très obéissant serviteur,
«P. Fabantou, artiste dramatique.»
Après avoir lu ces quatre lettres, Marius ne se trouva pas beaucoup plus avancé qu'auparavant.
D'abord aucun des signataires ne donnait son adresse.
Ensuite elles semblaient venir de quatre individus différents, don Alvarès, la femme Balizard, le poète Genflot et l'artiste dramatique Fabantou, mais ces lettres offraient ceci d'étrange qu'elles étaient écrites toutes quatre de la même écriture.
Que conclure de là, sinon qu'elles venaient de la même personne?
En outre, et cela rendait la conjecture plus vraisemblable, le papier, grossier et jauni, était le même pour les quatre, l'odeur de tabac était la même, et, quoiqu'on eût évidemment cherché à varier le style, les mêmes fautes d'orthographe s'y reproduisaient avec une tranquillité profonde, et l'homme de lettres Genflot n'en était pas plus exempt que le capitaine español.
S'évertuer à deviner ce petit mystère était peine inutile. Si ce n'eût pas été une trouvaille, cela eût eu l'air d'une mystification. Marius était trop triste pour bien prendre même une plaisanterie du hasard et pour se prêter au jeu que paraissait vouloir jouer avec lui le pavé de la rue. Il lui semblait qu'il était à colin-maillard entre ces quatre lettres qui se moquaient de lui.
Rien n'indiquait d'ailleurs que ces lettres appartinssent aux jeunes filles que Marius avait rencontrées sur le boulevard. Après tout, c'étaient des paperasses évidemment sans aucune valeur.
Marius les remit dans l'enveloppe, jeta le tout dans un coin, et se coucha.
Vers sept heures du matin, il venait de se lever et de déjeuner, et il essayait de se mettre au travail lorsqu'on frappa doucement à sa porte.
Comme il ne possédait rien, il n'ôtait jamais sa clef, si ce n'est quelquefois, fort rarement, lorsqu'il travaillait à quelque travail pressé. Du reste, même absent, il laissait sa clef à sa serrure.—On vous volera, disait mame Bougon.—Quoi? disait Marius.—Le fait est pourtant qu'un jour on lui avait volé une vieille paire de bottes, au grand triomphe de mame Bougon.
On frappa un second coup, très doux comme le premier.
—Entrez, dit Marius.
La porte s'ouvrit.
—Qu'est-ce que vous voulez, mame Bougon? reprit Marius sans quitter des yeux les livres et les manuscrits qu'il avait sur sa table.
Une voix, qui n'était pas celle de mame Bougon, répondit:
—Pardon, monsieur....
C'était une voix sourde, cassée, étranglée, éraillée, une voix de vieux homme enroué d'eau-de-vie et de rogome.
Marius se tourna vivement, et vit une jeune fille.
その晩、マリユスは床につこうとして着物をぬいでいた時、上衣のポケットの中に、夕方大通りで拾った包みに手を触れた。彼はそれを忘れていたのである。そこで彼は考えた、包みを開いてみたらどうにかなるだろう、もし実際彼女らのものだったら、中にはたぶんその住所があるだろう、そしてとにかく、落とし主へ返せるような手掛かりがあるかも知れない。
彼は包み紙を開いた。
包み紙には封がしてなかった。そして中には、同じく封がしてない四つの手紙がはいっていた。
それぞれあて名がついていた。
四つともひどい煙草のにおいがしていた。
第一の手紙のあて名はこうだった。「下院前の広場……番地、グリュシュレー侯爵夫人閣下。」
中にはおそらく何か所要の手掛かりがあるかも知れない、その上手紙は開いているので読んでも一向さしつかえないだろう、とマリユスは考えた。
手紙の文句は次のとおりだった。
ここにつつしんで敬意を表し候。
署名には何らの住所もついていなかった。マリユスは第二の手紙にその住所がありはすまいかと思った。そのあて名はこうだった。「カセット街九番地、モンヴェルネー伯爵夫人閣下。」
マリユスはその中に次の文句を読んだ。
伯爵夫人閣下の御慈悲を望んで、深き敬意を表し申候。
マリユスは第三の手紙を開いたが、それもやはり哀願のもので、次のように書かれていた。
主として小生の目ざせる点は、現代人の刻々に要求する所を満足させんことに候。換言すれば、ほとんどあらゆる新奇なるふうにその方向を変ずる、かの定見なき笑うべき風見とも言うべき流行を満足させんことに候。
かかる特長あるにもかかわらず、座付きの作者らの嫉妬と利己心とは、小生を排斥せんとするやも知れずと懸念いたし候。新参の者が常に受くる冷遇を、小生とてもよく存じおり候えば。
貴下には常に文人を保護したまわる由を承り候まま、あえて娘をつかわして、この冬季にあっても食も火もなき困窮の状を具申いたさせ候。何とぞ今度の戯曲並びに今後の作を貴下にささげんとの微意を御受け下されたく候。かくて小生は、貴下の保護を受くるの光栄に浴し、貴下の名をもって小生の著述を飾るの光栄に浴せんことを、いかほど希望いたしおるやを申し上げたくと存候。もし貴下にしていくらかなりと御補助を賜わらば、小生は直ちに一篇の詩を作りて、感謝の意を表すべく候。小生は力の及ぶ限りその詩を完全なるものたらしめ、なおまた、戯曲の初めに
入して舞台に上する前、あらかじめ貴下のもとへ御送り申すべく候。パブールジォー殿並びに夫人へ、小生の深き敬意を表し候。
マリユスはついに四番目の手紙を開いた。あて名はこうだった。「サン・ジャック・デュ・オー・パ会堂の慈悲深き紳士殿。」中には次の文句がしたためてあった。
かかる手記を御覧候わば、恵み深き貴下は必ずや惻隠の情を起こし下さるべしと存候。真の哲学者は常に強き情緒を感ずるものに候えば。
同情の念深き紳士殿、最も残酷なる窮乏に一家の者苦しみおり候。しかして何かの救助を得んために政府よりその証明を得るなどとは、いかに悲痛なることに候ぞや。他人より救助せらるるを待ちながら、しかも飢餓に苦しみ飢餓に死するの自由さえもなきもののごとくに候。運命はある者にはあまりに冷酷に、またある人にはあまりに寛大にあまりに親切にこれ有り候。貴下の御来臨を待ち申し候。あるいはおぼし召しあらば御施与を待申候。しかして拙者の敬意を御受け下されたく願上げ候。
それら四通の手紙を読み終わったが、マリユスは前と同じく何らの手掛かりも得なかった。第一に、どの手紙にも住所がついていなかった。
次に手紙は、ドン・アルヴァレスとバリザールの家内と詩人ジャンフローと俳優ファバントゥーと、四人の違った人からのものらしかったが、不思議にも四つとも同じ筆蹟だった。
四つとも同一人からのものでないとするならば、それをいかに解釈したらいいか?
その上、ことにそう考えさせることには、四通とも同じ粗末な黄色い紙であり、同じ煙草のにおいがしていた。そして明らかに文体を変えてはあるが、同じような文字使いが絶えず平気に現われてきて、文士ジャンフローもスペインの大尉も何ら異なるところがなかった。
この小秘密を解かんとつとめることは、まったくむだな骨折りだった。もしそれが拾い物でなかったら、単に人をからかうものとしか思われなかったろう。その上マリユスは悲しみのうちに沈んでいたので、偶然の悪戯を取り上げるだけの余裕もなく、街路の舗石が彼に試みたようなその遊びに心を向けるだけの余裕もなかった。あたかも四通の手紙の間の目隠し鬼になってからかわれてるような気がした。
またその手紙はマリユスが大通りで出会った二人の娘のものだということを示すものも、何もなかった。要するに何らの価値もない反故にすぎないことは明らかだった。
マリユスは四つの手紙をまた包み紙に入れて、室の片すみになげすて、そして床についた。
翌朝七時ごろ、彼は起き上がって朝食をし、それから仕事にかかろうとした。その時静かに扉をたたく者があった。
いったい彼は所持品と言っては何もなかったので、かつて、扉に錠をおろさなかった。ただ時として急ぎの仕事をしてる時は錠をおろすこともあったが、それもごくまれにしかなかった。また外出する時でさえ、鍵を錠前に差し込んだままにしておいた。「泥坊がはいりますよ、」とブーゴン婆さんはよく言った。「盗まれるものは何もありません、」とマリユスは答えていた。けれども実際、ある日古靴を一足盗まれたことがあって、ブーゴン婆さんの言ったとおりになった。
扉は再び初めのようにごく軽くたたかれた。
「おはいりなさい。」とマリユスは言った。
扉は開いた。
「何か用ですか、ブーゴン婆さん。」とマリユスはテーブルの上の書物と書き物とから目を離さないで言った。
するとブーゴン婆さんのでない別の声が答えた。
「ごめんなさい。あの……。」
その声は鈍く乱れしわがれ濁っていて、火酒や焼酎で喉をつぶした老人のような声だった。
マリユスは急にふり返った。そこにはひとりの若い娘がいた。
Chapitre IV Une rose dans la misère

Une toute jeune fille était debout dans la porte entrebâillée. La lucarne du galetas où le jour paraissait était précisément en face de la porte et éclairait cette figure d'une lumière blafarde. C'était une créature hâve, chétive, décharnée; rien qu'une chemise et une jupe sur une nudité frissonnante et glacée. Pour ceinture une ficelle, pour coiffure une ficelle, des épaules pointues sortant de la chemise, une pâleur blonde et lymphatique, des clavicules terreuses, des mains rouges, la bouche entr'ouverte et dégradée, des dents de moins, l'œil terne, hardi et bas, les formes d'une jeune fille avortée et le regard d'une vieille femme corrompue; cinquante ans mêlés à quinze ans; un de ces êtres qui sont tout ensemble faibles et horribles et qui font frémir ceux qu'ils ne font pas pleurer.
Marius s'était levé et considérait avec une sorte de stupeur cet être presque pareil aux formes de l'ombre qui traversent les rêves.
Ce qui était poignant surtout, c'est que cette fille n'était pas venue au monde pour être laide. Dans sa première enfance, elle avait dû même être jolie. La grâce de l'âge luttait encore contre la hideuse vieillesse anticipée de la débauche et de la pauvreté. Un reste de beauté se mourait sur ce visage de seize ans, comme ce pâle soleil qui s'éteint sous d'affreuses nuées à l'aube d'une journée d'hiver.
Ce visage n'était pas absolument inconnu à Marius. Il croyait se rappeler l'avoir vu quelque part.
—Que voulez-vous, mademoiselle? demanda-t-il.
La jeune fille répondit avec sa voix de galérien ivre:
—C'est une lettre pour vous, monsieur Marius.
Elle appelait Marius par son nom; il ne pouvait douter que ce ne fût à lui qu'elle eût affaire; mais qu'était-ce que cette fille? comment savait-elle son nom?
Sans attendre qu'il lui dît d'avancer, elle entra. Elle entra résolûment, regardant avec une sorte d'assurance qui serrait le cœur toute la chambre et le lit défait. Elle avait les pieds nus. De larges trous à son jupon laissaient voir ses longues jambes et ses genoux maigres. Elle grelottait.
Elle tenait en effet une lettre à la main qu'elle présenta à Marius.
Marius en ouvrant cette lettre remarqua que le pain à cacheter large et énorme était encore mouillé. Le message ne pouvait venir de bien loin. Il lut:
«Mon aimable voisin, jeune homme!
«J'ai apris vos bontés pour moi, que vous avez payé mon terme il y a six mois. Je vous bénis, jeune homme. Ma fille aînée vous dira que nous sommes sans un morceau de pain depuis deux jours, quatre personnes, et mon épouse malade. Si je ne suis point dessu dans ma pensée, je crois devoir espérer que votre cœur généreux s'humanisera à cet exposé et vous subjuguera le désir de m'être propice en daignant me prodiguer un léger bienfait.
«Je suis avec la considération distinguée qu'on doit aux bienfaiteurs de l'humanité,
«Jondrette.
«P. S.—Ma fille attendra vos ordres, cher monsieur Marius.»
Cette lettre, au milieu de l'aventure obscure qui occupait Marius depuis la veille au soir, c'était une chandelle dans une cave. Tout fut brusquement éclairé.
Cette lettre venait d'où venaient les quatre autres. C'était la même écriture, le même style, la même orthographe, le même papier, la même odeur de tabac.
Il y avait cinq missives, cinq histoires, cinq noms, cinq signatures, et un seul signataire. Le capitaine español don Alvarès, la malheureuse mère Balizard, le poëte dramatique Genflot, le vieux comédien Fabantou se nommaient tous les quatre Jondrette, si toutefois Jondrette lui-même s'appelait Jondrette.
Depuis assez longtemps déjà que Marius habitait la masure, il n'avait eu, nous l'avons dit, que de bien rares occasions de voir, d'entrevoir même son très infime voisinage. Il avait l'esprit ailleurs, et où est l'esprit est le regard. Il avait dû plus d'une fois croiser les Jondrette dans le corridor ou dans l'escalier; mais ce n'était pour lui que des silhouettes; il y avait pris si peu garde que la veille au soir il avait heurté sur le boulevard sans les reconnaître les filles Jondrette, car c'était évidemment elles, et que c'était à grand'peine que celle-ci, qui venait d'entrer dans sa chambre, avait éveillé en lui, à travers le dégoût et la pitié, un vague souvenir de l'avoir rencontrée ailleurs.
Maintenant il voyait clairement tout. Il comprenait que son voisin Jondrette avait pour industrie dans sa détresse d'exploiter la charité des personnes bienfaisantes, qu'il se procurait des adresses, et qu'il écrivait sous des noms supposés à des gens qu'il jugeait riches et pitoyables des lettres que ses filles portaient, à leurs risques et périls, car ce père en était là qu'il risquait ses filles; il jouait une partie avec la destinée et il les mettait au jeu. Marius comprenait que probablement, à en juger par leur fuite de la veille, par leur essoufflement, par leur terreur, et par ces mots d'argot qu'il avait entendus, ces infortunées faisaient encore on ne sait quels métiers sombres, et que de tout cela, il était résulté, au milieu de la société humaine telle qu'elle est faite, deux misérables êtres qui n'étaient ni des enfants, ni des filles, ni des femmes, espèces de monstres impurs et innocents produits par la misère.
Tristes créatures sans nom, sans âge, sans sexe, auxquelles ni le bien, ni le mal ne sont plus possibles, et qui, en sortant de l'enfance, n'ont déjà plus rien dans ce monde, ni la liberté, ni la vertu, ni la responsabilité. Âmes écloses hier, fanées aujourd'hui, pareilles à ces fleurs tombées dans la rue que toutes les boues flétrissent en attendant qu'une roue les écrase.
Cependant, tandis que Marius attachait sur elle un regard étonné et douloureux, la jeune fille allait et venait dans la mansarde avec une audace de spectre. Elle se démenait sans se préoccuper de sa nudité. Par instants, sa chemise défaite et déchirée lui tombait presque à la ceinture. Elle remuait les chaises, elle dérangeait les objets de toilette posés sur la commode, elle touchait aux vêtements de Marius, elle furetait ce qu'il y avait dans les coins.
—Tiens, dit-elle, vous avez un miroir!
Et elle fredonnait, comme si elle eût été seule, des bribes de vaudeville, des refrains folâtres que sa voix gutturale et rauque faisait lugubres. Sous cette hardiesse perçait je ne sais quoi de contraint, d'inquiet et d'humilié. L'effronterie est une honte.
Rien n'était plus morne que de la voir s'ébattre et pour ainsi dire voleter dans la chambre avec des mouvements d'oiseau que le jour effare, ou qui a l'aile cassée. On sentait qu'avec d'autres conditions d'éducation et de destinée, l'allure gaie et libre de cette jeune fille eût pu être quelque chose de doux et de charmant. Jamais parmi les animaux la créature née pour être une colombe ne se change en une orfraie. Cela ne se voit que parmi les hommes.
Marius songeait, et la laissait faire.
Elle s'approcha de la table.
—Ah! dit-elle, des livres!
Une lueur traversa son œil vitreux. Elle reprit, et son accent exprimait ce bonheur de se vanter de quelque chose, auquel nulle créature humaine n'est insensible:
—Je sais lire, moi.
Elle saisit vivement le livre ouvert sur la table, et lut assez couramment:
«...Le général Bauduin reçut l'ordre d'enlever avec les cinq bataillons de sa brigade le château de Hougomont qui est au milieu de la plaine de Waterloo...»
Elle s'interrompit:
—Ah! Waterloo! Je connais ça. C'est une bataille dans les temps. Mon père y était. Mon père a servi dans les armées. Nous sommes joliment bonapartistes chez nous, allez! C'est contre les Anglais Waterloo.
まだうら若い娘がひとり、半ば開いた扉の所に立っていた。光のさしこむ屋根裏の軒窓がちょうど扉と向き合ったところにあって、彼女の顔を青白い光で照らしていた。色の悪いやせ衰えた骨立った女で、冷え震えている裸体の上には、ただシャツと裳衣とをつけてるだけだった。帯の代わりに麻糸をしめ、頭のリボンの代わりに麻糸を結わえ、とがった両肩はシャツから現われ、褐色の憂鬱な顔には血の気がなく、鎖骨のあたりは土色をし、赤い手、半ば開いてる色あせた口、抜け落ちた歯、ほの暗い大胆な賤しい目、未熟な娘のかっこうで腐敗した老婆の目つきだった。五十歳と十五歳とがいっしょになった形だった。全体が弱々しくまた同時に恐ろしい生物で、人をして震え上がらしむるかまたは泣かしむる生物だった。
マリユスは立ち上がって、夢の中に現われて来る影のようなその女を、惘然として見守った。
ことに痛ましいのは、彼女は生まれつき醜いものでなかったことである。ごく小さい時には美しかったに違いない。年頃の容色はなお、汚行と貧困とから来る恐ろしい早老のさまと戦っていた。一抹の美しさがその十六歳の顔の上に漂っていて、冬の日の明け方恐ろしい雲の下に消えてゆく青白い太陽のように見えていた。
その顔にマリユスは全然見覚えがないでもなかった。どこかでかつて見たことがあるような気がした。
「何か御用ですか。」と彼は尋ねた。
若い娘は酒に酔った囚徒のような声で答えた。
「マリユスさん、手紙を持ってきたのよ。」
彼女はマリユスと名を呼んだ。彼女がやはり彼に用があってきたことは疑いなかった。しかし彼女はいったい何者なのか、どうしてマリユスという名を知ったのか?
彼がこちらへと言うのも待たないで、娘ははいってきた。彼女はつかつかとはいってきて、驚くばかりの平気さで、室の方々を見回し、取り乱した寝床をながめた。足には何もはいていなかった。裳衣の大きな裂け目からは、長い脛とやせた膝とが見えていた。彼女は震えていた。
彼女は実際手に一通の手紙を持っていて、それをマリユスに渡した。
マリユスは手紙を開きながら、その大きな封糊がまだ湿っているのに気づいた。使いの者は遠くからきたのではないに違いなかった。彼は手紙を読み下した。
人類の恩恵者に対して負うべき至大の敬意を表し候。
その手紙は、前日の晩からマリユスの頭を占めていた不思議な事件のさなかにきたので、あたかも窖の中に蝋燭をともしたようなものだった。すべてが突然明らかになった。
その手紙は他の四通の手紙と同じ所からきたものだった。同じ筆蹟、同じ文体、同じ文字使い、同じ紙、同じ煙草のにおい。
五つの手紙、五つの話、五つの名前、五つの署名、そしてただ一人の筆者。スペインの大尉ドン・アルヴァレス、不幸なる女バリザール、劇詩人ジャンフロー、老俳優ファバントゥー、それらは四人のジョンドレットにすぎなかった。ただしそれもジョンドレット自身が果たしてジョンドレットという名前であるとすればである。
マリユスはもうかなり長くその屋敷に住んでいたが、前に言ったとおり、その賤しい隣人については、会う機会はめったになく、一瞥を与えることさえもまれであった。彼は他に心を向けていた。心の向かうところに目も向くものである。実は廊下や階段でジョンドレット一家の者に行き会うことは、一度ならずあったはずであるが、彼にとって彼らは皆単に影絵にすぎなかった。彼は少しも注意を払っていなかった。それで前日の晩、大通りでジョンドレットの娘らにつき当たりながらも――それは明らかに彼女らに相違なかった――だれであるか一向わからなかったほどで、自分の室にはいってきた娘に対しても、嫌悪と憐愍との感を通して、どこかほかで会ったことがあるというぼんやりした覚えがあるに過ぎなかった。
しかるに今やすべてが明らかにわかってきた。彼は事情を了解した。隣にいるジョンドレットは、困窮の揚げ句、慈善家の慈悲をこうのを仕事としていること。種々の人の住所を調べていること。金持ちで慈悲深そうな人々へ仮りの名前で手紙を書き、娘なんかどうなろうとかまわないほどのひどい状態にあるので、娘らに危険を冒して手紙を持って行かしてること。運命と賭事をし、娘らをその賭物としてること。また前日娘らが逃げ出しながら息を切らしおびえていた所を見、耳にしたあの変な言葉から察すると、おそらくふたりは何かよからぬことをしていたに違いないこと。そしてそれらのことから結論すると、この人間社会のまんなかにおいて、子供とも娘とも婦人ともつかないふたりの悲惨な者が、不潔なしかも罪のない怪物の一種が、困窮のために作り出されたこと。それをマリユスは了解した。
悲しむべき者ら、彼らには名前もなく、年齢もなく、雌雄の性もなく、彼らにとってはもはや善も悪も空名であって、幼年時代を過ぎるや既に世に一物をも所有せず、自由をも徳義をも責任をも有しない。昨日開いて今日ははや色あせたその魂は、往来に投げ捨てられ泥にしぼんでただ車輪にひかれるのを待つばかりの花のようなものである。
さはあれ、驚いた痛ましい目でマリユスが見守っているうちにも、若い娘は幽霊のように臆面もなく室の中を歩き回っていた。自分の肉体が露わであることなどは少しも気にしないで、室の中を騒ぎ回った。時とすると、破れ裂け取り乱したシャツはほとんど腰の所までたれ下がった。それでも彼女は、椅子を動かしたり、戸棚の上にある化粧道具をかき回したり、マリユスの服にさわってみたりして、すみずみまで漁り初めた。
「あら、」と彼女は言った、「鏡があるのね。」
そしてあたかも自分ひとりであるかのように、切れぎれの流行歌やばかな反唱句などを口ずさんだが、しわがれた喉音のためにそれも悲しげに響いた。しかしそういう厚顔の下にも、言い知れぬ気兼ねと不安と卑下とが見えていた。不作法は一つの恥である。
そういうふうに彼女が室の中を飛び回り、言わば日の光に驚きあるいは翼を折った小鳥のように飛んでるのを見るくらい、およそ世に痛ましいものはなかった。異なった教育と運命との下にあったならば、その若い娘の快活で自由な態度にも、おそらくある優しみと魅力とがあったであろう。動物のうちにあっては、鳩に生まれたものが鶚と変わることは決してない。そういう変化はただ人間のうちにのみ見られる。
マリユスは思いに沈んで、彼女を勝手にさしておいた。
彼女はテーブルに近づいた。
「ああ、本が!」と彼女は言った。
彼女の曇った目はある光に輝いた。そしていかなる人の感情のうちにもある喜ばしい自慢の念をこめた調子で、彼女は言った。
「あたし読むことができるのよ。」
彼女はテーブルの上に開いてあった一冊の書物を元気よく取り上げて、かなりすらすらと読み下した。
彼女は読むのを止めた。
「ああ、ワーテルロー、あたしそれを知ってるわ。昔の戦争ね。うちのお父さんも行ったのよ。お父さんは軍人だったのよ。うちの者はみなりっぱなボナパルト党だわ。ワーテルローって、イギリスと戦した所ね。」
Elle posa le livre, prit une plume, et s'écria:
—Et je sais écrire aussi!
Elle trempa la plume dans l'encre, et se tournant vers Marius:
—Voulez-vous voir? Tenez, je vais écrire un mot pour voir.
Et avant qu'il eût eu le temps de répondre, elle écrivit sur une feuille de papier blanc qui était au milieu de la table: Les cognes sont là.
Puis, jetant la plume:
—Il n'y a pas de fautes d'orthographe. Vous pouvez regarder. Nous avons reçu de l'éducation, ma sœur et moi. Nous n'avons pas toujours été comme nous sommes. Nous n'étions pas faites....
Ici elle s'arrêta, fixa sa prunelle éteinte sur Marius, et éclata de rire en disant avec une intonation qui contenait toutes les angoisses étouffées par tous les cynismes:
—Bah!
Et elle se mit à fredonner ces paroles sur un air gai:
J'ai faim, mon père.
Pas de fricot.
J'ai froid, ma mère.
Pas de tricot.
Grelotte,
Lolotte!
Sanglote,
Jacquot!
À peine eut-elle achevé ce couplet qu'elle s'écria:
—Allez-vous quelquefois au spectacle, monsieur Marius? Moi, j'y vais. J'ai un petit frère qui est ami avec des artistes et qui me donne des fois des billets. Par exemple, je n'aime pas les banquettes de galeries. On y est gêné, on y est mal. Il y a quelquefois du gros monde; il y a aussi du monde qui sent mauvais.
Puis elle considéra Marius, prit un air étrange, et lui dit:
—Savez-vous, monsieur Marius, que vous êtes très joli garçon?
Et en même temps il leur vint à tous les deux la même pensée, qui la fit sourire et qui le fit rougir.
Elle s'approcha de lui, et lui posa une main sur l'épaule.
—Vous ne faites pas attention à moi, mais je vous connais, monsieur Marius. Je vous rencontre ici dans l'escalier, et puis je vous vois entrer chez un appelé le père Mabeuf qui demeure du côté d'Austerlitz, des fois, quand je me promène par là. Cela vous va très bien, vos cheveux ébouriffés.
Sa voix cherchait à être très douce et ne parvenait qu'à être basse. Une partie des mots se perdait dans le trajet du larynx aux lèvres comme sur un clavier où il manque des notes.
Marius s'était reculé doucement.
—Mademoiselle, dit-il avec sa gravité froide, j'ai là un paquet qui est, je crois, à vous. Permettez-moi de vous le remettre.
Et il lui tendit l'enveloppe qui renfermait les quatre lettres.
Elle frappa dans ses deux mains, et s'écria:
—Nous avons cherché partout!
Puis elle saisit vivement le paquet, et défit l'enveloppe, tout en disant:
—Dieu de Dieu! avons-nous cherché, ma sœur et moi! Et c'est vous qui l'aviez trouvé! Sur le boulevard, n'est-ce pas? ce doit être sur le boulevard? Voyez-vous, ça a tombé quand nous avons couru. C'est ma mioche de sœur qui a fait la bêtise. En rentrant nous ne l'avons plus trouvé. Comme nous ne voulions pas être battues, que cela est inutile, que cela est entièrement inutile, que cela est absolument inutile, nous avons dit chez nous que nous avions porté les lettres chez les personnes et qu'on nous avait dit nix! Les voilà, ces pauvres lettres! Et à quoi avez-vous vu qu'elles étaient à moi? Ah! oui, à l'écriture! C'est donc vous que nous avons cogné en passant hier au soir. On n'y voyait pas, quoi! J'ai dit à ma sœur: Est-ce que c'est un monsieur? Ma sœur m'a dit: Je crois que c'est un monsieur!
Cependant, elle avait déplié la supplique adressée «au monsieur bienfaisant de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas».
—Tiens! dit-elle, c'est celle pour ce vieux qui va à la messe. Au fait, c'est l'heure. Je vas lui porter. Il nous donnera peut-être de quoi déjeuner.
Puis elle se remit à rire, et ajouta:
—Savez-vous ce que cela fera si nous déjeunons aujourd'hui? Cela fera que nous aurons eu notre déjeuner d'avant-hier, notre dîner d'avant-hier, notre déjeuner d'hier, notre dîner d'hier, tout ça en une fois, ce matin. Tiens! parbleu! si vous n'êtes pas contents, crevez, chiens!
Ceci fit souvenir Marius de ce que la malheureuse venait chercher chez lui.
Il fouilla dans son gilet, il n'y trouva rien.
La jeune fille continuait, et semblait parler comme si elle n'avait plus conscience que Marius fût là.
—Des fois je m'en vais le soir. Des fois je ne rentre pas. Avant d'être ici, l'autre hiver nous demeurions sous les arches des ponts. On se serrait pour ne pas geler. Ma petite sœur pleurait. L'eau, comme c'est triste! Quand je pensais à me noyer, je disais: Non, c'est trop froid. Je vais toute seule quand je veux, je dors des fois dans les fossés. Savez-vous, la nuit, quand je marche sur le boulevard, je vois les arbres comme des fourches, je vois des maisons toutes noires grosses comme les tours de Notre-Dame, je me figure que les murs blancs sont la rivière, je me dis: Tiens, il y a de l'eau là! Les étoiles sont comme des lampions d'illuminations, on dirait qu'elles fument et que le vent les éteint, je suis ahurie, comme si j'avais des chevaux qui me soufflent dans l'oreille; quoique ce soit la nuit, j'entends des orgues de Barbarie et les mécaniques des filatures, est-ce que je sais, moi? Je crois qu'on me jette des pierres, je me sauve sans savoir, tout tourne, tout tourne. Quand on n'a pas mangé, c'est très drôle.
Et elle le regarda d'un air égaré.
À force de creuser et d'approfondir ses poches, Marius avait fini par réunir cinq francs seize sous. C'était en ce moment tout ce qu'il possédait au monde.—Voilà toujours mon dîner d'aujourd'hui, pensa-t-il, demain nous verrons.—Il prit les seize sous et donna les cinq francs à la fille.
Elle saisit la pièce.
—Bon, dit-elle, il y a du soleil!
Et comme si ce soleil eût eu la propriété de faire fondre dans son cerveau des avalanches d'argot, elle poursuivit:
—Cinque francs! du luisant! un monarque! dans cette piolle! c'est chenâtre! Vous êtes un bon mion. Je vous fonce mon palpitant. Bravo les fanandels! deux jours de pivois! et de la viandemuche! et du fricotmar! on pitancera chenument! et de la bonne mouise!
Elle ramena sa chemise sur ses épaules, fit un profond salut à Marius, puis un signe familier de la main, et se dirigea vers la porte en disant:
—Bonjour, monsieur. C'est égal. Je vas trouver mon vieux.
En passant, elle aperçut sur la commode une croûte de pain desséchée qui y moisissait dans la poussière; elle se jeta dessus et y mordit en grommelant:
—C'est bon! c'est dur! ça me casse les dents!
Puis elle sortit.
彼女は書物を置いて、ペンを取り、そして叫んだ。
「それからまたあたし、書くこともできてよ。」
彼女はペンをインキの中に浸して、マリユスの方へ向いた。
「見たいの? ほら今字を書いて見せるわ。」
そしてマリユスが何か答える間もなく、彼女はテーブルのまん中にあった一枚の白紙へ書いた。
「いぬがいる。」
それからペンを捨てた。
「字は違ってないでしょう。見て下さいよ。あたしたちは学問をしたのよ、妹もあたしも。前からこんなじゃなかったのよ。あたしたちだって……。」
そこで彼女は急に口をつぐんで、どんよりした瞳をじっとマリユスの上に据え、そして笑い出しながら、あらゆる苦しみをあらゆる皮肉で押さえつけたような調子で言った。
「ふーん!」
そして快活な調子で次の文句を小声で歌い出した。
食う物がないよ。
身体が寒いわ、お母さん。
着る物がないよ。
ロロット!
泣けよ。
ジャッコー!
そういう俗歌を歌い終わるが早いか彼女は叫んだ。
「マリユスさん、あなた時々芝居へ行って? あたし行くのよ。あたしには小さい弟があって、役者たちと友だちなので、時々切符をくれるの。でも向こう桟敷はきらいよ。窮屈できたなくて、どうかすると乱暴な人や臭い人がいっぱいいるんだもの。」
それから彼女はつくづくとマリユスをながめ、妙な様子をして言った。
「マリユスさん、あなたは自分が大変いい男なのを知ってるの?」
そして同時に同じ考えがふたりに起こった。それで娘は微笑したが、マリユスは顔を赤くした。
彼女は彼に近寄って、片手をその肩の上に置いた。
「あなたはあたしを気にも留めてないが、あたしはマリユスさん、あなたを知っててよ。ここでもよく階段の所で会ったわ。それから、オーステルリッツ橋の近くに住んでるマブーフという爺さんの家へあなたが行くのを、何度も見たわ、あの近所を歩いてる時に。あなた、そう髪の毛を散らしてる所がよく似合ってよ。」
彼女はやさしい声をしようとしていたが、そのためにただ声が低くなるばかりだった。あたかも鍵のなくなってる鍵盤の上では音が出ないように、彼女の言葉の一部は喉頭から脣へ来る途中で消えてしまった。
マリユスは静かに身を引いていた。
「お嬢さん、」と彼は冷ややかな厳格さで言った、「たぶんあなたのらしい包みがそこにあります。あなたにお返ししましょう。」
そして彼は四つの手紙がはいってる包みを取って彼女に差し出した。
彼女は手を打って叫んだ。
「まあ方々さがしたのよ。」
それから急に包みを引ったくって、その包み紙を開きながら言った。
「ほんとに妹とふたりでどのくらいさがしたか知れやしない! あなたが拾ってくれたのね。大通りででしょう。大通りに違いないわ。駆けた時に落としたのよ。そんなばかなことをしたのは妹なのよ。家へ帰ってみるとないんだもの。打たれたくないもんだから、打たれたって何の役にもたたないから、ほんとに何の役にもたたないから、全くよ、だからわたしたちはこう言ったの、手紙はちゃんと持って行ったがどこでも断わられてしまったって。それが手紙はみんなここにあったのね。どうしてあなたそれがあたしのだとわかって? ああそう、筆蹟でね。では昨晩あたしたちが道でつき当たったのは、あなただったのね。ちっとも見えなかったんだもの。あたしは妹に言ったの、男だろうかって。すると妹は、そうらしいと言ったわ。」
そう言ってるうちに彼女は、「サン・ジャック・デュ・オー・パ会堂の慈悲深き紳士殿」というあて名の手紙を開いてしまった。
「そう、」と彼女は言った、「これは弥撒へゆくお爺さんへやる手紙よ。ちょうど時間だわ。あたし持ってってこよう。朝御飯が食べられるだけのものをもらえるかも知れない。」
それから彼女は笑い出してつけ加えた。
「今日の朝御飯はあたしたちにとっては何だかあなたにわかって? 一昨日の朝御飯と、一昨日の晩御飯と、昨日の朝御飯と昨日の晩御飯と、それだけをみんないっしょに今朝食べることになるのよ。かまやしない、お腹がはち切れるほど食べてやるわ。」
それでマリユスは、その不幸な娘が自分の所へ求めにきたものが何であったかを思い出した。
彼はチョッキの中を探ったが、何もなかった。
娘はしゃべり続けた。あたかもマリユスがそこにいるのも忘れてしまったがようだった。
「あたしはよく晩に出かけていくの。何度も帰ってこないこともあるわ。ここに来る前、去年の冬は、橋の下に住んでたのよ。冷え切ってしまわないように皆重なり合ってたわ。妹なんか泣いててよ。水ってほんとに悲しいものね。身を投げようかと思ったが、でもあまり寒そうだからといつも思い返したの。出かけたい時はすぐにひとりで出かけてよ。溝の中に寝ることもよくあるわ。夜中に街路を歩いてると、木が首切り台のように見えたり、大きい黒い家がノートル・ダームの塔のように見えたり、また白い壁が川のように見えるので、おや向こうに水があるって思うこともあるのよ。星がイリュミネーションの燈のように見えて、ちょうど煙が出たり、風に吹き消されたりしてるようで、また耳の中に馬が息を吹き込んでるような気がしてびっくりするのよ。夜中なのに、バルバリーのオルガンの音だの、製糸工場の機械の音だの、何だかわからない種々なものが聞こえてよ。だれかが石をぶっつけるようなの、夢中に逃げ出すの、あたりがぐるぐる回り出すの、何もかも回り出すのよ。何にも食べないでいると、ほんとに変なものよ。」
そして彼女は我を忘れたようにマリユスをながめた。
マリユスは方々のポケットを探り回したあげく、ついに五フランと十六スーを集め得た。それが現在彼の持ってる全部だった。「まあこれで今日の夕食は食えるし、明日のことはどうにかなるだろう、」と彼は考えた。そして十六スーを取って置き、五フランを娘に与えた。
娘はその貨幣をつかんだ。
「まあ有り難い、」と彼女は言った、「太陽が照ってる!」
そしてあたかもその太陽が、彼女の頭の中の怪しい言葉の雪崩を解かす力でも持ってたかのように、彼女は言い続けた。
「五フラン! 光ってるわ、王様だわ、このでこの中にね。しめだわ。あなたは親切なねんこだわ。あたしあなたにぞっこんでよ。いいこと、どんたくだわ。二日の間は、灘と肉とシチュー、たっぷりやって、それに気楽なごろだわ。」
そんな訳のわからぬことを言って、シャツを肩に引き上げ、マリユスにていねいにおじぎをし、それから手で親しげな合い図をし、そして扉の方へ行きながら言った。
「さようなら。でもとにかく、あのお爺さんをさがしに行ってみよう。」
出がけに彼女は、ひからびたパンの外皮が戸棚の上の塵の中にかびかかっているのを見つけて、それに飛びかかり、すぐにかじりつきながらつぶやいた。
「うまい、堅い、歯が欠けそうだ。」
それから彼女は出て行った。
Chapitre V Le judas de la providence
Marius depuis cinq ans avait vécu dans la pauvreté, dans le dénûment, dans la détresse même, mais il s'aperçut qu'il n'avait point connu la vraie misère. La vraie misère, il venait de la voir. C'était cette larve qui venait de passer sous ses yeux. C'est qu'en effet qui n'a vu que la misère de l'homme n'a rien vu, il faut voir la misère de la femme; qui n'a vu que la misère de la femme n'a rien vu, il faut voir la misère de l'enfant.
Quand l'homme est arrivé aux dernières extrémités, il arrive en même temps aux dernières ressources. Malheur aux êtres sans défense qui l'entourent! Le travail, le salaire, le pain, le feu, le courage, la bonne volonté, tout lui manque à la fois. La clarté du jour semble s'éteindre au dehors, la lumière morale s'éteint au dedans; dans ces ombres, l'homme rencontre la faiblesse de la femme et de l'enfant, et les ploie violemment aux ignominies.
Alors toutes les horreurs sont possibles. Le désespoir est entouré de cloisons fragiles qui donnent toutes sur le vice ou sur le crime.
La santé, la jeunesse, l'honneur, les saintes et farouches délicatesses de la chair encore neuve, le cœur, la virginité, la pudeur, cet épiderme de l'âme, sont sinistrement maniés par ce tâtonnement qui cherche des ressources, qui rencontre l'opprobre, et qui s'en accommode. Pères, mères, enfants, frères, sœurs, hommes, femmes, filles, adhèrent, et s'agrègent presque comme une formation minérale, dans cette brumeuse promiscuité de sexes, de parentés, d'âges, d'infamies, d'innocences. Ils s'accroupissent, adossés les uns aux autres, dans une espèce de destin taudis. Ils s'entreregardent lamentablement. Ô les infortunés! comme ils sont pâles! comme ils ont froid! Il semble qu'ils soient dans une planète bien plus loin du soleil que nous.
Cette jeune fille fut pour Marius une sorte d'envoyée des ténèbres.
Elle lui révéla tout un côté hideux de la nuit.
Marius se reprocha presque les préoccupations de rêverie et de passion qui l'avaient empêché jusqu'à ce jour de jeter un coup d'œil sur ses voisins. Avoir payé leur loyer, c'était un mouvement machinal, tout le monde eût eu ce mouvement; mais lui Marius eût dû faire mieux. Quoi! un mur seulement le séparait de ces êtres abandonnés, qui vivaient à tâtons dans la nuit, en dehors du reste des vivants, il les coudoyait, il était en quelque sorte, lui, le dernier chaînon du genre humain qu'ils touchassent, il les entendait vivre ou plutôt râler à côté de lui, et il n'y prenait point garde! tous les jours à chaque instant, à travers la muraille, il les entendait marcher, aller, venir, parler, et il ne prêtait pas l'oreille! et dans ces paroles il y avait des gémissements, et il ne les écoutait même pas! sa pensée était ailleurs, à des songes, à des rayonnements impossibles, à des amours en l'air, à des folies; et cependant des créatures humaines, ses frères en Jésus-Christ, ses frères dans le peuple, agonisaient à côté de lui! agonisaient inutilement! Il faisait même partie de leur malheur, et il l'aggravait. Car s'ils avaient eu un autre voisin, un voisin moins chimérique et plus attentif, un homme ordinaire et charitable, évidemment leur indigence eût été remarquée, leurs signaux de détresse eussent été aperçus, et depuis longtemps déjà peut-être ils eussent été recueillis et sauvés! Sans doute ils paraissaient bien dépravés, bien corrompus, bien avilis, bien odieux même, mais ils sont rares, ceux qui sont tombés sans être dégradés; d'ailleurs il y a un point où les infortunés et les infâmes se mêlent et se confondent dans un seul mot, mot fatal, les misérables; de qui est-ce la faute? Et puis, est-ce que ce n'est pas quand la chute est plus profonde que la charité doit être plus grande?
Tout en se faisant cette morale, car il y avait des occasions où Marius, comme tous les cœurs vraiment honnêtes, était à lui-même son propre pédagogue, et se grondait plus qu'il ne le méritait, il considérait le mur qui le séparait des Jondrette, comme s'il eût pu faire passer à travers cette cloison son regard plein de pitié et en aller réchauffer ces malheureux. Le mur était une mince lame de plâtre soutenue par des lattes et des solives, et qui, comme on vient de le lire, laissait parfaitement distinguer le bruit des paroles et des voix. Il fallait être le songeur Marius pour ne pas s'en être encore aperçu. Aucun papier n'était collé sur ce mur ni du côté des Jondrette, ni du côté de Marius; on en voyait à nu la grossière construction. Sans presque en avoir conscience, Marius examinait cette cloison; quelquefois la rêverie examine, observe et scrute comme ferait la pensée. Tout à coup il se leva, il venait de remarquer vers le haut, près du plafond, un trou triangulaire résultant de trois lattes qui laissaient un vide entre elles. Le plâtras qui avait dû boucher ce vide était absent, et en montant sur la commode on pouvait voir par cette ouverture dans le galetas des Jondrette. La commisération a et doit avoir sa curiosité. Ce trou faisait une espèce de judas. Il est permis de regarder l'infortune en traître pour la secourir.—Voyons un peu ce que c'est que ces gens-là, pensa Marius, et où ils en sont.
Il escalada la commode, approcha sa prunelle de la crevasse et regarda.
マリユスはもう五年の間、貧困、欠乏、窮迫のうちに生きていた。しかし彼はまだ本当の悲惨を知らなかったことに気づいた。彼は本当の悲惨を今しがた見たのであった。彼の目の前を通って行ったあの悪鬼こそそれだったのだ。実際、男の悲惨のみを見たとて、まだ本当のものを見たとは言えない、女の悲惨を見なければいけない。女の悲惨のみを見たとてまだ本当のものを見たとは言えない、子供のそれを見なければいけない。
最後の困窮に達する時、男はまた同時に最後の手段に到着する。ただ彼の周囲の弱き者こそ災いである! 仕事、賃金、パン、火気、勇気、好意、すべてを男は同時に失う。外部に日の光が消えたようになる時、内部には精神の光が消える。その暗黒のうちにおいて彼は、弱い女や子供と顔を合わせる。そして彼らをしいて汚辱のうちにはいらせる。
その時こそ戦慄すべきあらゆることが可能になる。絶望をかこむ囲壁はもろく、どこからでも直ちに悪徳や罪悪に通い得る。
健康、青春、名誉、うら若き肉身の初心なる聖き羞恥、情操、処女性、貞節など、すべて魂の表皮は、手段を講ずる模索によって、汚賤に出会いそれになれゆく模索によって、悲惨なる加工を受くる。父、母、子供、兄弟、姉妹、男、女、娘、すべての者は、性と血縁と年齢と醜悪と潔白との差別なく暗澹たる混乱のうちにからみ合い、あたかも鉱石が作らるるように一つに凝結する。互いに寄り合って運命の破屋の中にうずくまる。互いに悲しげに見合わせる。おお不運なる者らよ! いかに青ざめてることか。いかに冷えきってることか。われわれよりもはるかに太陽から遠い星の中にいるかのようである。
あの若い娘はマリユスにとって、暗黒の世界からつかわされたもののようであった。
彼女はマリユスに、暗夜の恐ろしい一面を開いて見せた。
マリユスは、今まで空想と情熱とに心奪われて、隣の者らには一瞥をも与えなかったことを、自ら難じた。彼らの家賃を払ってやったことは、ただ機械的の行為で、人の皆なすところであろう。しかし彼マリユスは、なおよりよきことをなすべきではなかったろうか。人の住む境域を越えた暗夜のうちに手探りで生きてるそれらの捨てられたる人々は、ただ一重の壁でへだたっていたのみではなかったか。彼は彼らと肱をすれ合わしていた。彼こそはある意味において、彼らが触れ得る人類の最後の鎖の環であった。自分のそばに彼らが生きてる物音が、否むしろ瀕死のあえぎをしてるのが、聞こえていたのである。しかも彼はそれに少しも注意をしなかった。日々に、刻々に、壁を通して、彼らが歩き行き来たり語るのが聞こえていた。しかも彼は耳を貸そうともしなかった。そして彼らの言葉のうちにはうめきの声が交じっていたが、彼はそれに耳を傾けようともしなかった。彼の頭は他にあって、夢想に、不可能の光輝に、空漠たる愛に、熱狂に向いていた。しかるに一方では、同じ人間が、イエス・キリストを通じての同胞が、民衆としての同胞が、彼のそばに苦しんでいた。甲斐なき苦しみをしていた。その上彼は、彼らの不幸の一部を助成し、彼らの不幸をいっそう重くしていた。なぜなれば、彼らがもし他の隣人を持っていたならば、彼よりもいっそう非空想的で注意深い隣人を持っていたならば、普通の恵み深い人を持っていたならば、必ずや彼らの困窮はその人の認むるところとなり、彼らの窮迫のありさまはその人の気づくところとなって、既に久しい前から彼らは収容せられ救われていたかも知れない。もとより彼らの様子は、きわめて退廃し、腐敗し、汚れ、嫌悪すべきものとはなっていたけれど、しかし零落したる者は多く堕落するが常である。その上、不運なる者と汚れたる者という二つが混合し融合して、一つの宿命的な言葉、惨めなる者という一語を成すがような一点が、世にはある。そしてそれもだれの誤ちであるか? そしてまた、その堕落が底深ければ深いほどいっそう大なる慈悲を与うべきではないか。
そうマリユスは自ら訓戒した。時として彼は、真に正直な人に見らるるように、自ら自分の教訓師となり、過度に自分を叱責することがあった。で今やそうしながら、ジョンドレットの一家をへだてる壁をじっと見守った。あたかも彼は、憐愍の情に満ちてる目でその壁を貫き、その不幸な人々をあたためんとしてるかのようだった。壁は割り板と角材とでささえた薄い漆喰で、前に言ったとおり、言葉と声音とをはっきり通さしていた。今までそれに気づかなかったとは、マリユスもよほどの夢想家だったに違いない。ジョンドレットの方にもまたマリユスの方にも、何らの壁紙もはってなかった。粗末な構造が露わに見えていた。マリユスはほとんど自ら知らないで、その壁を調べてみた。時としては夢想も思想がなすように物を調べ観察し精査する。マリユスは突然飛び上がった。高く天井に近い所に、三枚の割り板がよく合わないでできてる三角形の穴が一つあるのを、気づいたのである。そのすき間をふさいでいたはずの漆喰はなくなっていた。戸棚の上に上れば、そこからジョンドレットのきたない室の中は見られる。哀憐の情にも、好奇心があり、またあるべきはずである。そのすき間は一種ののぞき穴になっていた。不運を救わんがためには、それをひそかにながめることも許される。「彼らはどういう者であるか、またどんな状態でいるか、少し見てやろう、」とマリユスは考えた。
彼は戸棚の上にはい上がり、瞳を穴にあてがい、そしてながめた。
Chapitre VI L'homme fauve au gîte
Les villes, comme les forêts, ont leurs antres où se cachent tout ce qu'elles ont de plus méchant et de plus redoutable. Seulement, dans les villes, ce qui se cache ainsi est féroce, immonde et petit, c'est-à-dire laid; dans les forêts, ce qui se cache est féroce, sauvage et grand, c'est-à-dire beau. Repaires pour repaires, ceux des bêtes sont préférables à ceux des hommes. Les cavernes valent mieux que les bouges.
Ce que Marius voyait était un bouge.
Marius était pauvre et sa chambre était indigente; mais, de même que sa pauvreté était noble, son grenier était propre. Le taudis où son regard plongeait en ce moment était abject, sale, fétide, infect, ténébreux, sordide. Pour tous meubles, une chaise de paille, une table infirme, quelques vieux tessons, et dans deux coins deux grabats indescriptibles; pour toute clarté, une fenêtre-mansarde à quatre carreaux, drapée de toiles d'araignée. Il venait par cette lucarne juste assez de jour pour qu'une face d'homme parût une face de fantôme. Les murs avaient un aspect lépreux, et étaient couverts de coutures et de cicatrices comme un visage défiguré par quelque horrible maladie. Une humidité chassieuse y suintait. On y distinguait des dessins obscènes grossièrement charbonnés.
La chambre que Marius occupait avait un pavage de briques délabré; celle-ci n'était ni carrelée, ni planchéiée; on y marchait à cru sur l'antique plâtre de la masure devenu noir sous les pieds. Sur ce sol inégal, où la poussière était comme incrustée, et qui n'avait qu'une virginité, celle du balai, se groupaient capricieusement des constellations de vieux chaussons, de savates et de chiffons affreux; du reste cette chambre avait une cheminée; aussi la louait-on quarante francs par an. Il y avait de tout dans cette cheminée, un réchaud, une marmite, des planches cassées, des loques pendues à des clous, une cage d'oiseau, de la cendre, et même un peu de feu. Deux tisons y fumaient tristement.
Une chose qui ajoutait encore à l'horreur de ce galetas, c'est que c'était grand. Cela avait des saillies, des angles, des trous noirs, des dessous de toits, des baies et des promontoires. De là d'affreux coins insondables où il semblait que devaient se blottir des araignées grosses comme le poing, des cloportes larges comme le pied, et peut-être même on ne sait quels êtres humains monstrueux.
L'un des grabats était près de la porte, l'autre près de la fenêtre. Tous deux touchaient par une extrémité à la cheminée et faisaient face à Marius.
Dans un angle voisin de l'ouverture par où Marius regardait, était accrochée au mur dans un cadre de bois noir une gravure coloriée au bas de laquelle était écrit en grosses lettres: LE SONGE. Cela représentait une femme endormie et un enfant endormi, l'enfant sur les genoux de la femme, un aigle dans un nuage avec une couronne dans le bas, et la femme écartant la couronne de la tête de l'enfant, sans se réveiller d'ailleurs; au fond Napoléon dans une gloire s'appuyait sur une colonne gros bleu à chapiteau jaune ornée de cette inscription:
MARINGO. AUSTERLITS. IÉNA. WAGRAMME. ELOT.
Au-dessus de ce cadre, une espèce de panneau de bois plus long que large était posé à terre et appuyé en plan incliné contre le mur. Cela avait l'air d'un tableau retourné, d'un châssis probablement barbouillé de l'autre côté, de quelque trumeau détaché d'une muraille et oublié là en attendant qu'on le raccroche.
Près de la table, sur laquelle Marius apercevait une plume, de l'encre et du papier, était assis un homme d'environ soixante ans, petit, maigre, livide, hagard, l'air fin, cruel et inquiet; un gredin hideux.
Lavater, s'il eût considéré ce visage, y eût trouvé le vautour mêlé au procureur; l'oiseau de proie et l'homme de chicane s'enlaidissant et se complétant l'un par l'autre, l'homme de chicane faisant l'oiseau de proie ignoble, l'oiseau de proie faisant l'homme de chicane horrible.
Cet homme avait une longue barbe grise. Il était vêtu d'une chemise de femme qui laissait voir sa poitrine velue et ses bras nus hérissés de poils gris. Sous cette chemise, on voyait passer un pantalon boueux et des bottes dont sortaient les doigts de ses pieds.
Il avait une pipe à la bouche et il fumait. Il n'y avait plus de pain dans le taudis, mais il y avait encore du tabac.
Il écrivait, probablement quelque lettre comme celles que Marius avait lues.
Sur le coin de la table on apercevait un vieux volume rougeâtre dépareillé, et le format, qui était l'ancien in-12 des cabinets de lecture, révélait un roman. Sur la couverture, s'étalait ce titre imprimé en grosses majuscules: DIEU, LE ROI, L'HONNEUR ET LES DAMES, PAR DUCRAY-DUMINIL. 1814.
Tout en écrivant, l'homme parlait haut, et Marius entendait ses paroles:
—Dire qu'il n'y a pas d'égalité, même quand on est mort! Voyez un peu le Père-Lachaise! Les grands, ceux qui sont riches, sont en haut, dans l'allée des acacias, qui est pavée. Ils peuvent y arriver en voiture. Les petits, les pauvres gens, les malheureux, quoi! on les met dans le bas, où il y a de la boue jusqu'aux genoux, dans les trous, dans l'humidité. On les met là pour qu'ils soient plus vite gâtés! On ne peut pas aller les voir sans enfoncer dans la terre.
Ici il s'arrêta, frappa du poing sur la table, et ajouta en grinçant des dents:
—Oh! je mangerais le monde!
Une grosse femme qui pouvait avoir quarante ans ou cent ans était accroupie près de la cheminée sur ses talons nus.
Elle n'était vêtue, elle aussi, que d'une chemise et d'un jupon de tricot rapiécé avec des morceaux de vieux drap. Un tablier de grosse toile cachait la moitié du jupon. Quoique cette femme fût pliée et ramassée sur elle-même, on voyait qu'elle était de très haute taille. C'était une espèce de géante à côté de son mari. Elle avait d'affreux cheveux d'un blond roux grisonnants qu'elle remuait de temps en temps avec ses énormes mains luisantes à ongles plats.
À côté d'elle était posé à terre, tout grand ouvert, un volume du même format que l'autre, et probablement du même roman.
Sur un des grabats, Marius entrevoyait une espèce de longue petite fille blême assise, presque nue et les pieds pendants, n'ayant l'air ni d'écouter, ni de voir, ni de vivre.
La sœur cadette sans doute de celle qui était venue chez lui.
Elle paraissait onze ou douze ans. En l'examinant avec attention, on reconnaissait qu'elle en avait bien quatorze. C'était l'enfant qui disait la veille au soir sur le boulevard: J'ai cavalé! cavalé! cavalé!
Elle était de cette espèce malingre qui reste longtemps en retard, puis pousse vite et tout à coup. C'est l'indigence qui fait ces tristes plantes humaines. Ces créatures n'ont ni enfance ni adolescence. À quinze ans, elles en paraissent douze, à seize ans, elles en paraissent vingt. Aujourd'hui petites filles, demain femmes. On dirait qu'elles enjambent la vie, pour avoir fini plus vite.
En ce moment, cet être avait l'air d'un enfant.
Du reste, il ne se révélait dans ce logis la présence d'aucun travail; pas un métier, pas un rouet, pas un outil. Dans un coin quelques ferrailles d'un aspect douteux. C'était cette morne paresse qui suit le désespoir et qui précède l'agonie.
Marius considéra quelque temps cet intérieur funèbre plus effrayant que l'intérieur d'une tombe, car on y sentait remuer l'âme humaine et palpiter la vie.
Le galetas, la cave, la basse-fosse où de certains indigents rampent au plus bas de l'édifice social, n'est pas tout à fait le sépulcre, c'en est l'antichambre; mais, comme ces riches qui étalent leurs plus grandes magnificences à l'entrée de leur palais, il semble que la mort, qui est tout à côté, mette ses plus grandes misères dans ce vestibule.
L'homme s'était tu, la femme ne parlait pas, la jeune fille ne semblait pas respirer. On entendait crier la plume sur le papier.
L'homme grommela, sans cesser d'écrire:
—Canaille! canaille! tout est canaille!
Cette variante à l'épiphonème de Salomon arracha un soupir à la femme.
)都市にも森林と同じく、その最も猛悪なる者が身を隠してる洞窟がある。ただ都市にあっては、かく身を隠す者は、獰猛で不潔で卑小で、一言にして言えば醜い。森林にあっては、身を隠す者は、獰猛で粗野で偉大で、一言にして言えば美しい。両者の巣窟を比ぶれば、野獣の方が人間よりもまさっている。洞窟は陋屋よりも上である。
マリユスが見たところのものは一つの陋屋であった。
マリユスは貧乏でその室はみすぼらしかった。それでも彼の貧乏は気高く、彼の室は清潔だった。ところが彼が今のぞき込んだ部屋は、賤しく、きたなく、臭く、不健康で、薄暗く、嫌悪すべきものだった。家具としてはただ、一脚の藁椅子、こわれかかった一個のテーブル、数個の欠けた古壜、それから両すみにある名状すべからざる二つの寝床。明りとしてはただ、蜘蛛の巣の張りつめた四枚ガラスの屋根裏の窓。その軒窓からは、人の顔を幽霊の顔くらいに見せるわずかな光が差し込んでいた。壁は癩病やみのようなありさまを呈し、種々の傷跡がいっぱいあって、あたかも恐ろしい病のために相好をくずされたかのようだった。じめじめした気がそこからにじみ出していた。木炭で書きなぐった卑猥な絵が見えていた。
マリユスが借りてる室には、とにかくどうにか煉瓦が敷いてあった。ところがその室には、石も敷いてなければ板も張ってなかった。人々は黒く踏みよごされた古い漆喰の上をじかに歩いていた。そのでこぼこの床の上には、ほこりがこびりついて、かつて箒をあてられたこともなく、古い上靴や靴やきたないぼろなどがあちこちに取り散らされていた。でも室には暖炉が一つあって、そのために借料が年に四十フランだったのである。暖炉の中には種々なものがはいっていた、火鉢、鍋、こわれた板、釘にかかってるぼろ、鳥籠、灰、それから少しの火まで。二本の燃えさしの薪が、寂しげにくすぶっていた。
室の惨状を一段と加えるものは、それが広いことだった。つき出た所や、角になってる所や、暗い穴になってる所があり、高低の屋根裏や湾や岬があった。そのために底の知れぬ恐ろしいすみずみができて、拳のように大きな蜘蛛や、足のような大きな草鞋虫や、あるいはまた何か怪物のような人間までが、そこにうずくまっていそうだった。
寝床の一つは扉の近くにあり、一つは窓の近くにあった。二つともその片端は暖炉に接していて、マリユスの正面になっていた。
マリユスがのぞいてる穴の隣のすみには、黒い木の枠にはいった色刷りの版画が壁にかかっていた。その下の端には「夢」と大字で書かれていた。それは眠ってる女と子供とを描いたもので、子供は女の膝の上に眠っていて、一羽の鷲が嘴に王冠をくわえて雲の中を舞っており、女はなお眠ったまま子供の頭にその王冠のかぶさらないようにと払いのけていた。遠景には、栄光に包まれたナポレオンが、黄色い柱頭のついてる青い大きな円柱によりかかっていたが、その円柱には次の文字が刻まれていた、「マレンゴー、アウステルリッツ、イエナ、ワグラム、エロット。」
その額縁の下の方には、長めの一種の鏡板が下に置かれて、斜めに壁に立てかけてあった。裏返された画面、おそらく向こう側に書きなぐってある額面か、あるいは壁から取りはずされてそのままはめ込むのが忘られた姿鏡のようでもあった。
テーブルの上にはマリユスはペンとインキと紙とを認めたが、その前には、六十歳ばかりの男がすわっていた。男は背が低く、やせて、色を失い、荒々しく、狡猾で残忍で落ち着かない様子であって、一言にして言えば嫌悪すべき賤奴だった。
もしラヴァーテル(訳者注 人相学の開祖)がその面相を見たならば、禿鷹と代言人との混同した相をそこに見いだしたであろう。肉食の鳥と訴訟の男とは、互いに醜くし合い互いに補い合って、訴訟の男は肉食の鳥を野卑にし、肉食の鳥は訴訟の男を恐ろしくなしていた。
その男は長い半白の髯をはやしていた。女のシャツを着ていたが、そのために毛むくじゃらの胸と灰色の毛が逆立ってる裸の腕とが見えていた。そのシャツの下には、泥まみれのズボンが見え、また足指のはみ出た長靴も見えていた。
彼は口にパイプをくわえ、それをくゆらしていた。部屋の中にはもう一片のパンもなかったが、それでも煙草だけはあった。
彼は何か書いていたが、おそらくマリユスが先刻読んだような手紙であろう。
テーブルの片端には、赤っぽい古い端本が一冊見えていた。書籍縦覧所の古い十二折型の体裁から見ると、それは小説の本らしかった。表紙には太い大文字で次の書名が刷ってあった。「神、王、名誉、および婦人。デュクレー・デュミニル著。一八一四年。」
物を書きながら男は大声に口をきいていた。マリユスはその言葉を聞き取った。
「死んだからって平等ということはねえんだ! ペール・ラシェーズの墓地を見てみろ。身分のある奴らのは、金のある奴らのは、上手の石の舗いてあるアカシヤの並み木道にある。そこまで馬車で行けるんだ。身分の低い者、貧乏な者、不幸な者、なんかのはどうだ。みな下手にある。泥が膝までこようって所だ、穴の中だ、じめじめしてる所だ。早く腐るようにそんな所へ入れられるんだ。墓まいりをするったって、地の中へめいり込むようにしなけりゃ行かれやしねえ。」
そこで彼はちょっと言葉を切って、拳でテーブルの上をたたき、歯ぎしりしながら付け加えた。
「ええ、世界中を食ってもやりてえ!」
四十歳くらいともまた百歳くらいとも見える太い女が、跣足で暖炉のほとりにかがんでいた。
女もただ、シャツ一枚と、古ラシャのつぎのあたったメリヤスの裳衣一枚をつけてるだけだった。粗布の前掛けが裳衣の半ばを隠していた。彼女は腰を折ってかがんではいたが、背はごく高そうに見えた。亭主と比ぶれば大女だった。白髪交じりの赤茶けたきたない金髪を持っていたが、爪の平たい艶のある大きな手でそれを時々かき上げていた。
女のそばには、一冊の書物が開いたまま下に置いてあった。テーブルの上のと同じ体裁で、おそらく同じ小説の続きででもあろう。
一方の寝床の上には、身体の細長い色の青い小娘が腰掛けてるのが見えていた。半裸体のままで、足をぶら下げ、何も聞きも見もせずまた生きてもいないような様子だった。
確かに、マリユスの所へやってきた娘の妹に違いない。
年齢は十一か十二くらいに見えた。しかしよく注意して見ると、十五歳にはなってるらしかった。前後大通りで「ただもう一目散よ」と言ったのは、その娘だった。
彼女は長く小さいままでいてそれから急ににわかに伸びてゆく虚弱なたちの子供だった。赤貧がそういう哀れな人間を作り出すのである。彼らには幼年時代も少女時代もない。十五歳でまだ十二歳くらいに見え、十六歳では既に二十歳くらいにも見える。今日は小娘で、明日ははや一人前の女である。あたかも一生を早く終えんがために年をまたぐかのようである。
今のところまだその娘は、子供の様子をしていた。
それからまた、その住居のうちには何ら仕事をしてるさまも見えなかった。何かの機械もなく、糸取り車もなく、何らの道具もなかった。ただ片すみに、怪しい鉄片が少しばかりあった。そういう陰鬱な怠慢こそ、絶望の後にきたり、死の苦しみの前に来るものである。
マリユスはしばしその惨憺たる室の内部をながめていた。それは墓の内部よりもいっそう恐ろしいものだった。そこでは、人の魂がうごめき人の生命があえいでるのが感じられるのだった。
屋根裏の部屋、窖、社会の最下層をはいまわるある貧人らがいる賤しい溝、それはまったくの墓場ではなく、むしろ墓場の控え室である。しかしながら、富者らがその邸宅の入り口に最も華美をつくすがように、貧者らのすぐそばにある死も、その玄関に最大の悲惨をこらすがように思われる。
男は黙ってしまい、女は口もきかず、若い娘は息さえもしていないようだった。ただ紙の上をきしるペンの音ばかりが聞こえていた。
やがて男は書く手を休めずつぶやいた。
「愚だ、愚だ、すべて愚だ!」
ソロモンの警語(訳者注 空なるかな空なるかなすべて空なり!)をそのまま言いかえたその言葉に、女はため息をもらした。

—Petit ami, calme-toi, dit-elle. Ne te fais pas de mal, chéri. Tu es trop bon d'écrire à tous ces gens-là, mon homme.
Dans la misère, les corps se serrent les uns contre les autres, comme dans le froid, mais les cœurs s'éloignent. Cette femme, selon toute apparence, avait dû aimer cet homme de la quantité d'amour qui était en elle; mais probablement, dans les reproches quotidiens et réciproques d'une affreuse détresse pesant sur tout le groupe, cela s'était éteint. Il n'y avait plus en elle pour son mari que de la cendre d'affection. Pourtant les appellations caressantes, comme cela arrive souvent, avaient survécu. Elle lui disait: Chéri, petit ami, mon homme, etc., de bouche, le cœur se taisant.
L'homme s'était remis à écrire.
「お前さん、いらいらしなさんなよ。」と彼女は言った。「身体でも悪くしちゃつまらないよ、あんた。あんな人たちにだれかまわず手紙を書くなんて、うちの人もあまり気がよすぎるというものよ。」
悲惨のうちにあると、寒気のうちにいるように、人は互いに身体を近寄らせるが、心は互いに遠ざかるものである。この女はうち見たところ、心のうちにある愛情の限りをつくして亭主を愛していたらしいが、一家の上に押っかぶさった恐ろしい赤貧から来る互いの日々の口論のうちに、その愛も消えうせてしまったのであろう。亭主に対してはもはや愛情の灰のみしか、彼女のうちには残っていなかった。けれども、よく世にあるとおり、やさしい呼び方だけは消えずに残っていた。彼女はいつも亭主に言った。あんた、お前さん、うちの人、などと。それも心は黙っているのにただ口の先だけで。
男はまた書き初めていた。
Chapitre VII Stratégie et tactique
Marius, la poitrine oppressée, allait redescendre de l'espèce d'observatoire qu'il s'était improvisé, quand un bruit attira son attention et le fit rester à sa place.
La porte du galetas venait de s'ouvrir brusquement.
La fille aînée parut sur le seuil.
Elle avait aux pieds de gros souliers d'homme tachés de boue qui avait jailli jusque sur ses chevilles rouges, et elle était couverte d'une vieille mante en lambeaux que Marius ne lui avait pas vue une heure auparavant, mais qu'elle avait probablement déposée à sa porte afin d'inspirer plus de pitié, et qu'elle avait dû reprendre en sortant. Elle entra, repoussa la porte derrière elle, s'arrêta pour reprendre haleine, car elle était tout essoufflée, puis cria avec une expression de triomphe et de joie:
—Il vient!
Le père tourna les yeux, la femme tourna la tête, la petite sœur ne bougea pas.
—Qui? demanda le père.
—Le monsieur!
—Le philanthrope?
—Oui.
—De l'église Saint-Jacques?
—Oui.
—Ce vieux?
—Oui.
—Et il va venir?
—Il me suit.
—Tu es sûre?
—Je suis sûre.
—Là, vrai, il vient?
—Il vient en fiacre.
—En fiacre. C'est Rothschild!
Le père se leva.
—Comment es-tu sûre? s'il vient en fiacre, comment se fait-il que tu arrives avant lui? Lui as-tu bien donné l'adresse au moins? lui as-tu bien dit la dernière porte au fond du corridor à droite? Pourvu qu'il ne se trompe pas! Tu l'as donc trouvé à l'église? a-t-il lu ma lettre? qu'est-ce qu'il t'a dit?
—Ta, ta, ta! dit la fille, comme tu galopes, bonhomme! Voici: je suis entrée dans l'église, il était à sa place d'habitude, je lui ai fait la révérence, et je lui ai remis la lettre, il a lu, et il m'a dit: Où demeurez-vous, mon enfant? J'ai dit: Monsieur, je vas vous mener. Il m'a dit: Non, donnez-moi votre adresse, ma fille a des emplettes à faire, je vais prendre une voiture, et j'arriverai chez vous en même temps que vous. Je lui ai donné l'adresse. Quand je lui ait dit la maison, il a paru surpris et qu'il hésitait un instant, puis il a dit: C'est égal, j'irai. La messe finie, je l'ai vu sortir de l'église avec sa fille, je les ai vus monter en fiacre. Et je lui ai bien dit la dernière porte au fond du corridor à droite.
—Et qu'est-ce qui te dit qu'il viendra?
—Je viens de voir le fiacre qui arrivait rue du Petit-Banquier. C'est ce qui fait que j'ai couru.
—Comment sais-tu que c'est le même fiacre?
—Parce que j'en avais remarqué le numéro donc!
—Quel est ce numéro?
—440.
—Bien, tu es une fille d'esprit.
La fille regarda hardiment son père, et, montrant les chaussures qu'elle avait aux pieds:—Une fille d'esprit, c'est possible. Mais je dis que je ne mettrai plus ces souliers-là, et que je n'en veux plus, pour la santé d'abord, et pour la propreté ensuite. Je ne connais rien de plus agaçant que des semelles qui jutent et qui font ghi, ghi, ghi, tout le long du chemin. J'aime mieux aller nu-pieds.
—Tu as raison, répondit le père d'un ton de douceur qui contrastait avec la rudesse de la jeune fille, mais c'est qu'on ne te laisserait pas entrer dans les églises. Il faut que les pauvres aient des souliers. On ne va pas pieds nus chez le bon Dieu, ajouta-t-il amèrement. Puis revenant à l'objet qui le préoccupait:—Et tu es sûre, là, sûre, qu'il vient?
—Il est derrière mes talons, dit-elle.
L'homme se dressa. Il y avait une sorte d'illumination sur son visage.
—Ma femme! cria-t-il, tu entends. Voilà le philanthrope. Éteins le feu.
La mère stupéfaite ne bougea pas.
Le père, avec l'agilité d'un saltimbanque, saisit un pot égueulé qui était sur la cheminée et jeta de l'eau sur les tisons.
Puis s'adressant à sa fille aînée:
—Toi! dépaille la chaise!
Sa fille ne comprenait point.
Il empoigna la chaise et d'un coup de talon il en fit une chaise dépaillée. Sa jambe passa au travers.
Tout en retirant sa jambe, il demanda à sa fille:
—Fait-il froid?
—Très froid. Il neige.
Le père se tourna vers la cadette qui était sur le grabat près de la fenêtre et lui cria d'une voix tonnante:
—Vite! à bas du lit, fainéante! tu ne feras donc jamais rien! Casse un carreau!
La petite se jeta à bas du lit en frissonnant.
—Casse un carreau! reprit-il.
L'enfant demeura interdite.
—M'entends-tu? répéta le père, je te dis de casser un carreau!
L'enfant, avec une sorte d'obéissance terrifiée, se dressa sur la pointe du pied, et donna un coup de poing dans un carreau. La vitre se brisa et tomba à grand bruit.
—Bien, dit le père.
Il était grave et brusque. Son regard parcourait rapidement tous les recoins du galetas.
On eût dit un général qui fait les derniers préparatifs au moment où la bataille va commencer.
La mère, qui n'avait pas encore dit un mot, se souleva et demanda d'une voix lente et sourde et dont les paroles semblaient sortir comme figées:
—Chéri, qu'est-ce que tu veux faire?
—Mets-toi au lit répondit l'homme.
L'intonation n'admettait pas de délibération. La mère obéit et se jeta lourdement sur un des grabats.
Cependant on entendait un sanglot dans un coin.
—Qu'est-ce que c'est? cria le père.
La fille cadette, sans sortir de l'ombre où elle s'était blottie, montra son poing ensanglanté. En brisant la vitre elle s'était blessée; elle s'en était allée près du grabat de sa mère, et elle pleurait silencieusement.
Ce fut le tour de la mère de se redresser et de crier:
—Tu vois bien! les bêtises que tu fais! en cassant ton carreau, elle s'est coupée!
—Tant mieux! dit l'homme, c'était prévu.
—Comment? tant mieux? reprit la femme.
—Paix! répliqua le père, je supprime la liberté de la presse.
Puis, déchirant la chemise de femme qu'il avait sur le corps, il fit un lambeau de toile dont il enveloppa vivement le poignet sanglant de la petite.
Cela fait, son œil s'abaissa sur la chemise déchirée avec satisfaction.
—Et la chemise aussi, dit-il. Tout cela a bon air.
Une bise glacée sifflait à la vitre et entrait dans la chambre. La brume du dehors y pénétrait et s'y dilatait comme une ouate blanchâtre vaguement démêlée par des doigts invisibles. À travers le carreau cassé, on voyait tomber la neige. Le froid promis la veille par le soleil de la Chandeleur était en effet venu.
Le père promena un coup d'œil autour de lui comme pour s'assurer qu'il n'avait rien oublié. Il prit une vieille pelle et répandit de la cendre sur les tisons mouillés de façon à les cacher complètement.
Puis se relevant et s'adossant à la cheminée:
—Maintenant, dit-il, nous pouvons recevoir le philanthrope.
マリユスは胸をしめつけられるような思いがして、間に合わせのその一種の観測台からおりようとした。その時ある物音が聞こえたので、彼は気をひかれてそこに止まっていた。
部屋の扉が突然開かれたのだった。
姉娘が閾の所に現われた。
足には太い男の靴をはき、靴から赤い踝の所まで泥をはね上げ、身にはぼろぼろの古いマントを着ていた。一時間前マリユスが見た時はそのマントを着ていなかったが、それはおそらく彼の同情をひかんがために扉の所に置いてきて、出しなにまた着て行ったものであろう。彼女ははいってき、後ろに扉を押し閉ざし、息を切らしてるのでちょっと立ち止まって休み、それから勝ちほこった喜悦の表情をして叫んだ。
「来るよ!」
父は目をその方に向け、女房は顔をその方に向けたが、妹は身動きもしなかった。
「だれが?」と父は尋ねた。
「旦那がよ。」
「あの慈善家か。」
「そうよ。」
「サン・ジャック会堂の?」
「そうよ。」
「あの爺さんか?」
「そうよ。」
「それが来るのか。」
「今あたしのあとから来るのよ。」
「確か。」
「確かよ。」
「では本当にあれが来るのか。」
「辻馬車で来るわ。」
「辻馬車で。ロスチャイルドみたいだな。」
父は立ち上がった。
「どうして確かだってことがわかるんだ。辻馬車で来るんなら、どうしてお前の方が先にこられたんだ。少なくもうちの所だけは言っておいたろうね。廊下の一番奥の右手の戸だとよく言ったのか。まちがわなけりゃいいがな。でお前は教会堂で会ったんだね。手紙は読んでくれたのか。お前に何と言った。」
「まあまあお父さん!」と娘は言った。「何でそうせき立てるのよ。こうなんだよ。あたしが教会堂にはいると、向こうはいつもの所にいた。あたしはおじぎをしてね、手紙を渡してやったのさ。向こうはそれを読んでくれてね、私にきくのよ、『お前さんはどこに住んでいますか、』って。『旦那様、私が御案内しましょう、』と答えると、こういったのよ。『いや所を知らしておくれ。娘が買い物をしなければならないから、私はあとから馬車に乗って、お前さんと同じくらいに着くようにする。』それであたしは所を知らしてやったわ。家を知らせると、向こうはびっくりして、ちょっともじもじしてるようだったが、それからこう言ったの。『とにかく、私が行くから。』弥撒がすんでからあたしは、あの人が娘といっしょに教会堂から出るのを見たわ、それから辻馬車に乗る所も。あたしちゃんと、廊下の一番奥の右手の戸だって言っておいたよ。」
「それでもどうしてきっと来ることがわかるんだ。」
「馬車がプティー・バンキエ街へ来るのを見たのよ。だから駆けてきたんだわ。」
「どうしてその馬車だってことがわかる?」
「ちゃんと馬車の番号を見といたんだよ。」
「何番だ。」
「四百四十番よ。」
「よしお前は悧巧な娘だ。」
娘はまじまじと父を見つめ、そして足にはいてる靴を見せながら言った。
「悧巧な娘かも知れないわ。だがあたしはもうこんな靴はごめんよ、もうどうしたっていやよ。第一身体に悪いし、その上みっともないわ。底がじめじめして、しょっちゅうぎいぎい言うのくらい、いやなものったらありはしない。跣足の方がよっぽどましだわ。」
「もっともだ。」と父は答えた。そのやさしい調子は娘の荒々しい言い方と妙な対照をなしていた。「だが教会堂へは靴をはかなくちゃはいれねえからな。貧乏な者だって靴をはかなきゃならねえ。神様の家へは跣足では行かれねえよ。」と彼は苦々しくつけ加えた。それからまた頭を占めてる問題に返って言った。「ではきっと来るんだな?」
「すぐあたしのあとにやって来るよ。」と娘は言った。
男は身を起こした。顔には一種の輝きがあった。
「おいお前、」と彼は叫んだ、「聞いたか。今慈善家が来るんだ。火を消しておけよ。」
女房はあきれ返って身動きもしなかった。
父親は軽業師のようにすばやく、暖炉の上にあった口の欠けた壺を取り、燃えさしの薪の上に水をぶちまけた。
それから姉娘の方へ向いて言った。
「お前は椅子の藁を抜くんだ。」
娘はそれが何のことだかわからなかった。
父は椅子をつかみ、踵で一蹴りして、腰掛け台の藁を抜いてしまった。彼の足はそこをつきぬけた。足を引きぬきながら、彼は娘に尋ねた。
「今日は寒いか。」
「大変寒いわ。雪が降ってるよ。」
父は窓の近くの寝床にすわってた妹娘の方を向いて、雷のような声で怒鳴った。
「おい、寝床からおりろ、なまけ者が。いつもつくねんとしてばかりいやがる。窓ガラスでもこわせ。」
娘は震えながら寝床から飛びおりた。
「窓ガラスをこわせったら!」と父はまた言った。
娘は呆気に取られて立っていた。
「わからねえのか。」と父はくり返した。「窓ガラスを一枚こわせと言うんだ。」
娘はただ恐ろしさのあまり父の言葉に従って、爪先で背伸びをし、拳をかためて窓ガラスを打った。ガラスはこわれて、大きな音をして下に落ちた。
「よし。」と父は言った。
彼は着実でまた性急だった。部屋のすみずみまで急いで見回した。
彼の様子はちょうど、戦争が初まろうとする時に当たって、早くも最後の準備をする将軍のようだった。
それまで一言も口をきかなかった母親は、ようやく立ち上がって、ゆっくりした重々しい声で尋ねた。その言葉は凍って出て来るかのようだった。
「あんた、何をするつもりだね?」
「お前は寝床に寝ていろ。」と男は答えた。
その調子は考慮の余地を人に与えなかった。女房はそれに従って、寝床の上に重々しく身を横たえた。
そのうちに、片すみですすり泣く声がした。
「何だ?」と父親は叫んだ。
妹娘はなおすみっこにうずくまったまま、血にまみれた拳を出して見せた。窓ガラスをこわす時けがしたのである。彼女は母親の寝床のそばに行って、黙って泣いている。
こんどは母親が身を起こして叫んだ。
「まあごらんよ。何てばかなことをさせたもんだね。ガラスなんかこわさしたから手を切ったんじゃないか。」
「その方がいい。」と男は言った。「初めからそのつもりだ。」
「なんだって、その方がいいって?」と女は言った。
「静かにしろ!」と男は答え返した。「俺は言論の自由を禁ずるんだ。」
それから彼は自分が着ていた女のシャツを引き裂いて、細い布片をこしらえ、それで娘の血にまみれた拳を急いで結わえた。
それがすむと、彼は満足げな目つきで自分の裂けたシャツを見おろした。
「おまけにシャツもだ。」と彼は言った。「なかなかいい具合に見える。」
凍るような風が窓ガラスに音を立てて、室の中に吹き込んできた。外の靄も室にはいってきて、目に見えない指でぼーっとほごされるほの白い綿のようにひろがっていった。ガラスのこわれた窓からは、雪の降るのが見られた。前日聖燭節の太陽で察せられた寒気が、果たしてやってきたのである。
父親はぐるりとあたりを見回して、何か忘れたものはないかと調べてるようだった。それから、古い十能を取上げて湿った薪の上に灰をかぶせ、すっかりそれを埋めてしまった。
それから立ち上がって、暖炉に寄りかかって言った。
「さあこれで慈善家を迎えることができる。」
Chapitre VIII Le rayon dans le bouge
La grande fille s'approcha et posa sa main sur celle de son père.
—Tâte comme j'ai froid, dit-elle.
—Bah! répondit le père, j'ai bien plus froid que cela.
La mère cria impétueusement:
—Tu as toujours tout mieux que les autres, toi! même le mal.
—À bas! dit l'homme.
La mère, regardée d'une certaine façon, se tut.
Il y eut dans le bouge un moment de silence. La fille aînée décrottait d'un air insouciant le bas de sa mante, la jeune sœur continuait de sangloter; la mère lui avait pris la tête dans ses deux mains et la couvrait de baisers en lui disant tout bas:
—Mon trésor, je t'en prie, ce ne sera rien, ne pleure pas, tu vas fâcher ton père.
—Non! cria le père, au contraire! sanglote! sanglote! cela fait bien.
Puis, revenant à l'aînée:
—Ah çà, mais! il n'arrive pas! S'il allait ne pas venir! j'aurais éteint mon feu, défoncé ma chaise, déchiré ma chemise et cassé mon carreau pour rien!
—Et blessé la petite! murmura la mère.
—Savez-vous, reprit le père, qu'il fait un froid de chien dans ce galetas du diable? Si cet homme ne venait pas! Oh! voilà! il se fait attendre! il se dit: Eh bien! ils m'attendront! ils sont là pour cela!—Oh! je les hais, et comme je les étranglerais avec jubilation, joie, enthousiasme et satisfaction, ces riches! tous ces riches! ces prétendus hommes charitables, qui font les conflits, qui vont à la messe, qui donnent dans la prêtraille, prêchi, prêcha, dans les calottes, et qui se croient au-dessus de nous, et qui viennent nous humilier, et nous apporter des vêtements! comme ils disent! des nippes qui ne valent pas quatre sous, et du pain! Ce n'est pas cela que je veux, tas de canailles! c'est de l'argent! Ah! de l'argent! jamais! parce qu'ils disent que nous l'irions boire, et que nous sommes des ivrognes et des fainéants! et eux! qu'est-ce qu'ils sont donc, et qu'est-ce qu'ils ont été dans leur temps? des voleurs! ils ne se seraient pas enrichis sans cela! Oh! l'on devrait prendre la société par les quatre coins de la nappe et tout jeter en l'air! tout se casserait, c'est possible, mais au moins personne n'aurait rien, ce serait cela de gagné!—Mais qu'est-ce qu'il fait donc, ton mufle de monsieur bienfaisant? viendra-t-il! L'animal a peut-être oublié l'adresse! Gageons que cette vieille bête....
姉娘は父親の所へ寄ってきて、彼の手の上に自分の手を置いた。
「触ってごらん、こんなに冷いわ。」と彼女は言った。
「なあんだ、」と父は答えた、「俺の方がもっと冷い。」
母親は性急に叫んだ。
「お前さんはいつでもだれよりも上だよ、苦しいことでもね。」
「黙ってろ。」と男は言った。女は一種のにらみ方をされて黙ってしまった。
陋屋の中は一時静まり返った。姉娘は平気な顔をしてマントの裾の泥を落としていた。妹の方はなお泣き続けていた。母親は両手に娘の頭を抱えてやたらに脣をつけながら、低くささやいていた。
「いい児だからね、泣くんじゃないよ、何でもないからね。泣くとまたお父さんに怒られるよ。」
「いやそうじゃねえ。」と父は叫んだ。「泣け、泣け。泣く方がいいんだ。」
それから彼は姉娘の方へ向いて言った。
「どうしたんだ、こないじゃねえか。こなかったらどうする。火は消す、椅子はこわす、シャツは裂く、窓ガラスはこわす、そして一文にもならねえんだ。」
「おまけに娘にはけがをさしてさ!」と母親はつぶやいた。
「おい、」と父親は言った、「この屋根はべらぼうに寒いじゃねえか。もしこなかったらどうするんだ。これはまた何て待たせやがるんだ。こうも思ってるんだろう、『なあに待たしておけ、それがあたりまえだ!』本当にいまいましい奴らだ。締め殺してでもやったら、どんなにいい気持ちでおもしろくて溜飲が下がるかわからねえ。あの金持ちの奴らをよ、みんな残らずさ。どいつもこいつも慈悲深そうな顔をしやがって、体裁ばかりつくりやがって、弥撒には行くし、坊主には物を送ったり阿諛を使ったりしやがる。そのくせ俺たちより上の者だと思い込んで、恥をかかせにやってきやがる。着物を施すなんて言いながら、四スーも出せばつりがこようっていうぼろを持ってくるし、それにまたパンとくるんだ。そんなもの俺は欲しくもねえ。皆わからずやばかりだ。俺が欲しいなあ金だ。ところが金ときては一文も出しやがらねえ。金をくれても飲んでしまうと言ってやがる。俺たちは酒飲みでなまけ者だと言ってやがる。そして御当人は! 奴らはいったい何だい。若え時には何をしてきたんだい。泥坊じゃねえか。そうででもなけりゃあ金持ちになれるわけはねえ。ええ、世間は四すみから持ち上げて、すぽっと投げ出しちまうがいい。みんなつぶれっちまうかも知れねえ。つぶれなくっても、皆無一文になるわけだ。それだけ儲けものだ。――だがあの慈善家のばか野郎、いったい何をしてるんだ。本当に来るのか。ことによると番地を忘れたかな。あの爺の畜生め……。」

En ce moment on frappa un léger coup à la porte; l'homme s'y précipita et l'ouvrit en s'écriant avec des salutations profondes et des sourires d'adoration:
—Entrez, monsieur! daignez entrer, mon respectable bienfaiteur, ainsi que votre charmante demoiselle.
Un homme d'un âge mûr et une jeune fille parurent sur le seuil du galetas.
Marius n'avait pas quitté sa place. Ce qu'il éprouva en ce moment échappe à la langue humaine.
C'était Elle.
Quiconque a aimé sait tous les sens rayonnants que contiennent les quatre lettres de ce mot: Elle.
C'était bien elle. C'est à peine si Marius la distinguait à travers la vapeur lumineuse qui s'était subitement répandue sur ses yeux. C'était ce doux être absent, cet astre qui lui avait lui pendant six mois, c'était cette prunelle, ce front, cette bouche, ce beau visage évanoui qui avait fait la nuit en s'en allant. La vision s'était éclipsée, elle reparaissait!
Elle reparaissait dans cette ombre, dans ce galetas, dans ce bouge difforme, dans cette horreur!
Marius frémissait éperdument. Quoi! c'était elle! les palpitations de son cœur lui troublaient la vue. Il se sentait prêt à fondre en larmes. Quoi! il la revoyait enfin après l'avoir cherchée si longtemps! il lui semblait qu'il avait perdu son âme et qu'il venait de la retrouver.
Elle était toujours la même, un peu pâle seulement; sa délicate figure s'encadrait dans un chapeau de velours violet, sa taille se dérobait sous une pelisse de satin noir. On entrevoyait sous sa longue robe son petit pied serré dans un brodequin de soie.
Elle était toujours accompagnée de M. Leblanc.
Elle avait fait quelques pas dans la chambre et avait déposé un assez gros paquet sur la table.
La Jondrette aînée s'était retirée derrière la porte et regardait d'un œil sombre ce chapeau de velours, cette mante de soie, et ce charmant visage heureux.
その時軽く扉をたたく音がした。男は飛んでいって扉を開き、うやうやしくおじぎをし、景慕のほほえみを浮かべて、叫んだ。
「おはいり下さい。御親切な旦那、また美しいお嬢様も、どうかおはいり下さい。」
年取ったひとりの男と若いひとりの娘とが、その屋根部屋の入り口に現われた。
マリユスはまだのぞき穴の所を去っていなかった。そして今彼が受けた感じは、とうてい人間の言葉をもっては現わせない。
現われたのは実に彼女だった。
およそ恋をしたことのある者は「彼女」という語の二字のうちに含まれる光り輝く意味を知っているであろう。
まさしく彼女であった。マリユスは突然眼前にひろがった光耀たる霧を通して、ほとんど彼女の姿を見分けることができないくらいだった。がそれはまさしく、姿を隠したあのやさしい娘だった、六カ月の間彼に輝いていたあの星だった、あの瞳、あの額、あの口、消え去りながら彼を暗夜のうちに残したあの美しい顔だった。その面影は一度見えなくなったが、今また現われたのである。
その面影は再び、この影の中に、この屋根部屋の中に、この醜い陋屋の中に、この恐ろしい醜悪の中に、現われきたったのである。
マリユスは我を忘れておののいた。ああまさしく彼女である! 彼は胸の動悸のために目もくらむほどだった。まさに涙を流さんばかりになった。ああ、あれほど長くさがしあぐんだ後ついにめぐり会おうとは! 彼はあたかも、自分の魂を失っていたのをまた再び見いだしたような気がした。
彼女はやはり以前のとおりで、ただ少し色が青くなってるだけだった。その妙なる顔は紫ビロードの帽子に縁取られ、その身体は黒繻子の外套の下に隠されていた。長い上衣の下からは絹の半靴にしめられた小さな足が少し見えていた。
彼女はやはりルブラン氏といっしょだった。
彼女は室の中に数歩進んで、テーブルの上にかなり大きな包みを置いた。
ジョンドレットの姉娘は、扉の後ろに退いて、そのビロードの帽子、その絹の外套、またその愛くるしい幸福な顔を、陰気な目つきでながめていた。
Chapitre IX Jondrette pleure presque
Le taudis était tellement obscur que les gens qui venaient du dehors éprouvaient en y pénétrant un effet d'entrée de cave. Les deux nouveaux venus avancèrent donc avec une certaine hésitation, distinguant à peine des formes vagues autour d'eux, tandis qu'ils étaient parfaitement vus et examinés par les yeux des habitants du galetas, accoutumés à ce crépuscule.
M. Leblanc s'approcha avec son regard bon et triste, et dit au père Jondrette:
—Monsieur, vous trouverez dans ce paquet des hardes neuves, des bas et des couvertures de laine.
—Notre angélique bienfaiteur nous comble, dit Jondrette en s'inclinant jusqu'à terre.—Puis, se penchant à l'oreille de sa fille aînée, pendant que les deux visiteurs examinaient cet intérieur lamentable, il ajouta bas et rapidement:
—Hein? qu'est-ce que je disais? des nippes! pas d'argent. Ils sont tous les mêmes! À propos, comment la lettre à cette vieille ganache était-elle signée?
—Fabantou, répondit la fille.
—L'artiste dramatique, bon!
Bien en prit à Jondrette, car en ce moment-là même M. Leblanc se retournait vers lui, et lui disait de cet air de quelqu'un qui cherche le nom:
—Je vois que vous êtes bien à plaindre, monsieur....
—Fabantou, répondit vivement Jondrette.
—Monsieur Fabantou, oui, c'est cela, je me rappelle.
—Artiste dramatique, monsieur, et qui a eu des succès.
Ici Jondrette crut évidemment le moment venu de s'emparer du «philanthrope». Il s'écria avec un son de voix qui tenait tout à la fois de la gloriole du bateleur dans les foires et de l'humilité du mendiant sur les grandes routes:
—Élève de Talma, monsieur! je suis élève de Talma! La fortune m'a souri jadis. Hélas! maintenant c'est le tour du malheur. Voyez, mon bienfaiteur, pas de pain, pas de feu. Mes pauvres mômes n'ont pas de feu! Mon unique chaise dépaillée! Un carreau cassé! par le temps qu'il fait! Mon épouse au lit! malade!
—Pauvre femme! dit M. Leblanc.
—Mon enfant blessée! ajouta Jondrette.
L'enfant, distraite par l'arrivée des étrangers, s'était mise à contempler «la demoiselle», et avait cessé de sangloter.
—Pleure donc! braille donc! lui dit Jondrette bas.
En même temps il lui pinça sa main malade. Tout cela avec un talent d'escamoteur.
La petite jeta les hauts cris.
L'adorable jeune fille que Marius nommait dans son cœur «son Ursule» s'approcha vivement:
—Pauvre chère enfant! dit-elle.
—Voyez, ma belle demoiselle, poursuivit Jondrette, son poignet ensanglanté! C'est un accident qui est arrivé en travaillant sous une mécanique pour gagner six sous par jour. On sera peut-être obligé de lui couper le bras!
—Vraiment? dit le vieux monsieur alarmé.
La petite fille, prenant cette parole au sérieux, se remit à sangloter de plus belle.
—Hélas, oui, mon bienfaiteur! répondit le père.
Depuis quelques instants, Jondrette considérait, «le philanthrope» d'une manière bizarre. Tout en parlant, il semblait le scruter avec attention comme s'il cherchait à recueillir des souvenirs. Tout à coup, profitant d'un moment où les nouveaux venus questionnaient avec intérêt la petite sur sa main blessée, il passa près de sa femme qui était dans son lit avec un air accablé et stupide, et lui dit vivement et très bas:
—Regarde donc cet homme-là!
Puis se retournant vers M. Leblanc, et continuant sa lamentation:
—Voyez, monsieur! je n'ai, moi, pour tout vêtement qu'une chemise de ma femme! et toute déchirée! au cœur de l'hiver. Je ne puis sortir faute d'un habit. Si j'avais le moindre habit, j'irais voir mademoiselle Mars qui me connaît et qui m'aime beaucoup. Ne demeure-t-elle pas toujours rue de la Tour-des-Dames? Savez-vous, monsieur? nous avons joué ensemble en province. J'ai partagé ses lauriers. Célimène viendrait à mon secours, monsieur! Elmire ferait l'aumône à Bélisaire! Mais non, rien! Et pas un sou dans la maison! Ma femme malade, pas un sou! Ma fille dangereusement blessée, pas un sou! Mon épouse a des étouffements. C'est son âge, et puis le système nerveux s'en est mêlé. Il lui faudrait des secours, et à ma fille aussi! Mais le médecin! mais le pharmacien! comment payer? pas un liard! Je m'agenouillerais devant un décime, monsieur! Voilà où les arts en sont réduits! Et savez-vous, ma charmante demoiselle, et vous, mon généreux protecteur, savez-vous, vous qui respirez la vertu et la bonté, et qui parfumez cette église où ma pauvre fille en venant faire sa prière vous aperçoit tous les jours?... Car j'élève mes filles dans la religion, monsieur. Je n'ai pas voulu qu'elles prissent le théâtre. Ah! les drôlesses; que je les voie broncher! Je ne badine pas, moi! Je leur flanque des bouzins sur l'honneur, sur la morale, sur la vertu! Demandez-leur. Il faut que ça marche droit. Elles ont un père. Ce ne sont pas de ces malheureuses qui commencent par n'avoir pas de famille et qui finissent par épouser le public. On est mamselle Personne, on devient madame Tout-le-Monde. Crebleur! pas de ça dans la famille Fabantou! J'entends les éduquer vertueusement, et que ça soit honnête, et que ça soit gentil, et que ça croie en Dieu! sacré nom!—Eh bien, monsieur, mon digne monsieur, savez-vous ce qui va se passer demain? Demain, c'est le 4 février, le jour fatal, le dernier délai que m'a donné mon propriétaire; si ce soir je ne l'ai pas payé, demain ma fille aînée, moi, mon épouse avec sa fièvre, mon enfant avec sa blessure, nous serons tous quatre chassés d'ici, et jetés dehors, dans la rue, sur le boulevard, sans abri, sous la pluie, sur la neige. Voilà, monsieur. Je dois quatre termes, une année! c'est-à-dire une soixantaine de francs.
Jondrette mentait. Quatre termes n'eussent fait que quarante francs, et il n'en pouvait devoir quatre, puisqu'il n'y avait pas six mois que Marius en avait payé deux.
M. Leblanc tira cinq francs de sa poche et les posa sur la table.
Jondrette eut le temps de grommeler à l'oreille de sa grande fille:
—Gredin! que veut-il que je fasse avec ses cinq francs? Cela ne me paye pas ma chaise et mon carreau! Faites donc des frais!
Cependant, M. Leblanc avait quitté une grande redingote brune qu'il portait par-dessus sa redingote bleue et l'avait jetée sur le dos de la chaise.
—Monsieur Fabantou, dit-il, je n'ai plus que ces cinq francs sur moi, mais je vais reconduire ma fille à la maison et je reviendrai ce soir; n'est-ce pas ce soir que vous devez payer?...
Le visage de Jondrette s'éclaira d'une expression étrange.
Il répondit vivement:
—Oui, mon respectable monsieur. À huit heures je dois être chez mon propriétaire.
—Je serai ici à six heures, et je vous apporterai les soixante francs.
—Mon bienfaiteur! cria Jondrette éperdu.
Et il ajouta tout bas:
—Regarde-le bien, ma femme!
M. Leblanc avait repris le bras de la belle jeune fille et se tournait vers la porte:
—À ce soir, mes amis, dit-il.
—Six heures? fit Jondrette.
—Six heures précises.
En ce moment le par-dessus resté sur la chaise frappa les yeux de la Jondrette aînée.
—Monsieur, dit-elle, vous oubliez votre redingote.
Jondrette dirigea vers sa fille un regard foudroyant accompagné d'un haussement d'épaules formidable.
M. Leblanc se retourna et répondit avec un sourire:
—Je ne l'oublie pas, je la laisse.
—Ô mon protecteur, dit Jondrette, mon auguste bienfaiteur, je fonds en larmes! Souffrez que je vous reconduise jusqu'à votre fiacre.
—Si vous sortez, repartit M. Leblanc, mettez ce par-dessus. Il fait vraiment très froid.
Jondrette ne se le fit pas dire deux fois. Il endossa vivement la redingote brune.
Et ils sortirent tous les trois, Jondrette précédant les deux étrangers.
部屋はきわめて薄暗かったので、外からはいってくるとちょうど窖へでもはいったような感じがする。それで新来のふたりは、あたりのぼんやりした物の形を見分けかねて、少しく躊躇しながら進んできた。しかるに家の者らは、屋根裏に住む者の常として薄暗がりになれた目で、彼らの姿をすっかり見て取ることができて、じろじろうちながめていた。
ルブラン氏は親切そうなまた悲しげな目つきで近づいてきて、ジョンドレットに言った。
「さあこの包みの中に、新しい着物と靴足袋と毛布とがはいっています。」
「神様のような慈悲深いお方、いろいろありがとう存じます。」とジョンドレットは頭を床にすりつけんばかりにして言った。――それから、ふたりの客があわれな部屋の内部を見回してる間に、彼は姉娘の耳元に身をかがめて、低く口早に言った。
「へん、俺が言ったとおりじゃねえか。ぼろだけで、金は一文もくれねえ。奴らはみんなそうだ。ところでこの老耄にやった手紙には、こちらの名前は何として置いたっけな。」
「ファバントゥーよ。」と娘は答えた。
「うむ俳優だったな、よし。」
それを思い出したのはジョンドレットに仕合わせだった。ちょうどその時ルブラン氏は、彼の方へ向いて、名前を思い出そうとしてるような様子で彼に言った。
「なるほどお気の毒です、ええと……。」
「ファバントゥーと申します。」ジョンドレットは急いで答えた。
「ファバントゥー君と、なるほどそうでしたな、ええ覚えています。」
「俳優をしていまして、元はよく当てたこともございますので。」
そこでジョンドレットは、この慈善家を捕うべき時がきたと思い込んだ。で彼は、市場香具師のような大げさな調子と大道乞食のような哀れな調子とをないまぜた声で叫んだ。「タルマの弟子でございます、旦那、私はタルマの弟子でございます。昔は万事都合がよろしゅうございましたが、只今では誠に不運な身の上になりました。旦那ごらん下さいまし、パンもなければ火もございません。ただ一つの椅子は藁がぬけ落ちています。こんな天気に窓ガラスはこわれています。それに家内まで寝ついていまして、病気なのでございます。」
「御気の毒に。」とルブラン氏は言った。
「子供までけがをしています。」とジョンドレットは言い添えた。
小娘は知らない人がきたのに紛らされて、「お嬢様」をながめながら泣きやんでいた。
「泣けったら、大声に泣けよ。」とジョンドレットは彼女に低くささやいた。
と同時に彼はそのけがした手をつねった。彼はそれらのことを手品師のような早業でやってのけた。
娘は大声を立てた。
マリユスが心のうちで「わがユルスュール」と呼んでいた美しい若い娘は、すぐにその方へやっていった。
「まあかわいそうなお子さん!」と彼女は言った。
「お嬢様、」とジョンドレットは言い進んだ、「この血の出ている手首をごらん下さいまし。日に六スーずつもらって機械で仕事をしていますうちに、こんなことになりました。あるいは腕を切り落とさなければならないかも知れませんのです。」
「そうですか。」と老人は驚いて言った。
小さな娘はその言葉を本気に取って、いかにもうまく泣き出した。
「全くのことでございまして、実にどうも!」と父親は答えた。
しばらく前からジョンドレットは、その慈善家を変な様子でじろじろながめていた。口をききながらも、何か記憶を呼び起こそうとでもするように、注意して彼の様子を探ってるらしかった。そして新来のふたりが小娘にその負傷した手のことを同情して尋ねてる間に乗じて、彼は突然、ぼんやりした元気のない様子で寝床に横たわってる女房のそばへ行き、低い声で言った。
「あの男をよく見ておけ!」
それからルブラン氏の方を向き、哀れな状態を口説き続けた。
「旦那、ごらんのとおり私は、着る物とては家内のシャツ一枚きりでございまして、それもこの冬の最中にすっかり破れ裂けています。着物がないので外に出られないような始末でございます。着物一枚でもありましたら、私はマルス嬢(訳者注 当時名高い女優)の所へでも行くのでございますが。嬢は私を知っていましてごく贔屓にしてくれます。まだトゥール・デ・ダーム街に住んでるのでございましょうか。旦那も御存じですかどうか、私は嬢といっしょに田舎で芝居を打ったことがあります。私もいっしょに大成功でございました。で只今でもセリメーヌ(訳者注 モリエールの喜劇中の人物で機才ある美人――マルス嬢をさす)は、きっと私を救ってくれますでしょう。エルミールはベリゼールに物を恵んでくれますでしょう(訳者注 前者はモリエールの喜劇中の人物で正直なる婦人、後者は伝説中の人物で零落せる将軍。――マルス嬢とジョンドレット自身とを指す)。ですがこの姿ではどうにもできません。その上一文の持ち合わせもありません。まったく家内が病気なのに無一文なのでございます。娘がひどいけがをしているのに無一文なのでございます。家内は時々息がつまります。年齢のせいでもございましょうが、また神経も手伝っています。どうにかいたさなくてはなりません。また娘の方も同様で。と申して、医者も薬も、どうして払いましょう、一文もありません。ですからまあわずかなお金でも跪いて押しいただくような始末でございます。芸術なんていうものもこうなってはみじめなものでございます。美しいお嬢様、それから御親切な旦那様、さようではございませんか。あなた方は徳と親切とを旨とされて、いつも教会堂へおいででございますが、私のかわいそうな娘もまた教会堂へお祈りに参っていますので、毎日お姿をお見かけいたしております。私は娘どもを宗教のうちに育てたいのでございます。芝居へなんぞはやりたくないと思いましたので。賤しい者の娘はえてつまずきやすいものでございます。私はつまらないことは決して聞かせません。いつも名誉だの道徳だの徳操だのを説いてきかせています。娘どもに尋ねてもみて下さいませ。まっすぐの道を歩かなければなりません。娘どもは父として私をいただいています。ちゃんとした家庭を持たぬのがはじまりで、しまいには賤しい稼ぎに身を落とすような不幸な者どもではございません。家なしの娘からだれかまわずの夫人となるのが常であります。ですが、ファバントゥーの一家にはそんな者はひとりもありません。私は娘どもをりっぱに教育したいのでありまして、ただ正直になるように、温順になるように、尊い神様を信ずるようにと願っております。――それから旦那、りっぱな旦那様、私どもが明日どんなことになるかは御承知でもございますまい。明日は二月四日で、いよいよの日でございます。家主に待ってもらった最後の日でございます。もし今晩払いをしませんと、明日は、姉娘と、私と、熱のある家内と、けがをしている子供と、私ども四人はここから外に、往来に、追い出されてしまいまして、宿もなく、雨の中を、雪の中を、路頭に迷わなければなりません。かようなわけでございます、旦那様。四期分の、一年分の、借りがあるのでございまして、六十フランになっております。」
ジョンドレットは嘘を言った。家賃は四期で四十フランにしかならないはずであるし、またマリユスが二期分を払ってやってから六カ月しかたっていないので、四期分の借りができてるわけもなかった。
ルブラン氏はポケットから五フランを取り出して、それをテーブルの上に置いた。
ジョンドレットはそのわずかな暇に姉娘の耳にささやいた。
「ばかにしてる、五フランばかりでどうしろっていうのか。椅子とガラスの代にもならねえ。せめて入費ぐらいは置いてくがあたりまえだ。」
その間にルブラン氏は、青いフロックの上に着ていた大きな褐色の外套をぬいで、それを椅子の背に投げかけた。
「ファバントゥー君、」と彼は言った、「私は今五フランきり持ち合わせがないが、一応娘を連れて家に帰り、今晩またやってきましょう。払わなければならないというのは今晩のことですね……。」
ジョンドレットの顔は不思議な色に輝いた。彼は元気よく答えた。
「さようでございます、尊い旦那様。八時には家主の所へ持って参らなければなりません。」
「では六時にやってきます、そして六十フラン持ってきましょう。」
「ほんとに御親切な旦那様!」とジョンドレットは夢中になって叫んだ。
そしてすぐに彼は低く女房にささやいた。
「おい、あいつをよく見ておけよ。」
ルブラン氏は若い美しい娘の腕を取って、扉の方へ向いた。
「では今晩また、皆さん。」と彼はいった。
「六時でございますか。」とジョンドレットはきいた。
「正六時に。」
その時、椅子の上にあった外套がジョンドレットの姉娘の目に止まった。
「旦那、」と彼女は言った、「外套をお忘れになっています。」
ジョンドレットは恐ろしく肩をそばだて、燃えるような目つきで娘をじろりとにらめた。
ルブラン氏はふり返って、ほほえみながら答えた。
「忘れたのではありません。それは置いてゆくのです。」
「おお私の恩人様、」とジョンドレットは言った、「実に情け深い旦那様、私は涙がこぼれます。せめて馬車までお供さして下さいませ。」
「外に出るなら、」とルブラン氏は言った、「その外套をお着なさい。ひどく寒いですよ。」
ジョンドレットは二言と待たなかった。彼はすぐにその褐色の外套を引っかけた。
そしてジョンドレットが先に立って、三人は室を出て行った。
Chapitre X Tarif des cabriolets de régie: deux francs l'heure
Marius n'avait rien perdu de toute cette scène, et pourtant en réalité il n'en avait rien vu. Ses yeux étaient restés fixés sur la jeune fille, son cœur l'avait pour ainsi dire saisie et enveloppée tout entière dès son premier pas dans le galetas. Pendant tout le temps qu'elle avait été là, il avait vécu de cette vie de l'extase qui suspend les perceptions matérielles et précipite toute l'âme sur un seul point. Il contemplait, non pas cette fille, mais cette lumière qui avait une pelisse de satin et un chapeau de velours. L'étoile Sirius fût entrée dans la chambre qu'il n'eût pas été plus ébloui.
Tandis que la jeune fille ouvrait le paquet, dépliait les hardes et les couvertures, questionnait la mère malade avec bonté et la petite blessée avec attendrissement, il épiait tous ses mouvements, il tâchait d'écouter ses paroles. Il connaissait ses yeux, son front, sa beauté, sa taille, sa démarche, il ne connaissait pas le son de sa voix. Il avait cru en saisir quelques mots une fois au Luxembourg, mais il n'en était pas absolument sûr. Il eût donné dix ans de sa vie pour l'entendre, pour pouvoir emporter dans son âme un peu de cette musique. Mais tout se perdait dans les étalages lamentables et les éclats de trompette de Jondrette. Cela mêlait une vraie colère au ravissement de Marius. Il la couvait des yeux. Il ne pouvait s'imaginer que ce fût vraiment cette créature divine qu'il apercevait au milieu de ces êtres immondes dans ce taudis monstrueux. Il lui semblait voir un colibri parmi des crapauds.
Quand elle sortit, il n'eut qu'une pensée, la suivre, s'attacher à sa trace, ne la quitter que sachant où elle demeurait, ne pas la reperdre au moins après l'avoir si miraculeusement retrouvée! Il sauta à bas de la commode et prit son chapeau. Comme il mettait la main au pêne de la serrure et allait sortir, une réflexion l'arrêta. Le corridor était long, l'escalier roide, le Jondrette bavard, M. Leblanc n'était sans doute pas encore remonté en voiture; si, en se retournant dans le corridor, ou dans l'escalier, ou sur le seuil, il l'apercevait lui, Marius, dans cette maison, évidemment il s'alarmerait et trouverait moyen de lui échapper de nouveau, et ce serait encore une fois fini. Que faire? Attendre un peu? mais pendant cette attente, la voiture pouvait partir. Marius était perplexe. Enfin il se risqua, et sortit de sa chambre.
Il n'y avait plus personne dans le corridor. Il courut à l'escalier. Il n'y avait personne dans l'escalier. Il descendit en hâte, et il arriva sur le boulevard à temps pour voir un fiacre tourner le coin de la rue du Petit-Banquier et rentrer dans Paris.
Marius se précipita dans cette direction. Parvenu à l'angle du boulevard, il revit le fiacre qui descendait rapidement la rue Mouffetard; le fiacre était déjà très loin, aucun moyen de le rejoindre; quoi? courir après? impossible; et d'ailleurs de la voiture on remarquerait certainement un individu courant à toutes jambes à la poursuite du fiacre, et le père le reconnaîtrait. En ce moment, hasard inouï et merveilleux, Marius aperçut un cabriolet de régie qui passait à vide sur le boulevard. Il n'y avait qu'un parti à prendre, monter dans ce cabriolet, et suivre le fiacre. Cela était sûr, efficace et sans danger.
Marius fit signe au cocher d'arrêter, et lui cria:
—À l'heure!
Marius était sans cravate, il avait son vieil habit de travail auquel des boutons manquaient, sa chemise était déchirée à l'un des plis de la poitrine.
Le cocher s'arrêta, cligna de l'œil et étendit vers Marius sa main gauche en frottant doucement son index avec son pouce.
—Quoi? dit Marius.
—Payez d'avance, dit le cocher.
Marius se souvint qu'il n'avait sur lui que seize sous.
—Combien? demanda-t-il.
—Quarante sous.
—Je payerai en revenant.
Le cocher, pour toute réponse, siffla l'air de La Palisse et fouetta son cheval.
Marius regarda le cabriolet s'éloigner d'un air égaré. Pour vingt-quatre sous qui lui manquaient, il perdait sa joie, son bonheur, son amour! il retombait dans la nuit! il avait vu et il redevenait aveugle! il songea amèrement et, il faut bien le dire, avec un regret profond, aux cinq francs qu'il avait donnés le matin même à cette misérable fille. S'il avait eu ces cinq francs, il était sauvé, il renaissait, il sortait des limbes et des ténèbres, il sortait de l'isolement, du spleen, du veuvage; il renouait le fil noir de sa destinée à ce beau fil d'or qui venait de flotter devant ses yeux et de se casser encore une fois. Il rentra dans la masure désespéré.
Il aurait pu se dire que M. Leblanc avait promis de revenir le soir, et qu'il n'y aurait qu'à s'y mieux prendre cette fois pour le suivre; mais dans sa contemplation, c'est à peine s'il avait entendu.
Au moment de monter l'escalier, il aperçut de l'autre côté du boulevard, le long du mur désert de la rue de la Barrière des Gobelins, Jondrette enveloppé du par-dessus du «philanthrope», qui parlait à un de ces hommes de mine inquiétante qu'on est convenu d'appeler rôdeurs de barrières; gens à figures équivoques, à monologues suspects, qui ont un air de mauvaise pensée, et qui dorment assez habituellement de jour, ce qui fait supposer qu'ils travaillent la nuit.
Ces deux hommes, causant immobiles sous la neige qui tombait par tourbillons, faisaient un groupe qu'un sergent de ville eût à coup sûr observé, mais que Marius remarqua à peine.
Cependant, quelle que fût sa préoccupation douloureuse, il ne put s'empêcher de se dire que ce rôdeur de barrières à qui Jondrette parlait ressemblait à un certain Panchaud, dit Printanier, dit Bigrenaille, que Courfeyrac lui avait montré une fois et qui passait dans le quartier pour un promeneur nocturne assez dangereux. On a vu, dans le livre précédent, le nom de cet homme. Ce Panchaud, dit Printanier, dit Bigrenaille, a figuré plus tard dans plusieurs procès criminels et est devenu depuis un coquin célèbre. Il n'était encore alors qu'un fameux coquin. Aujourd'hui il est à l'état de tradition parmi les bandits et les escarpes. Il faisait école vers la fin du dernier règne. Et le soir, à la nuit tombante, à l'heure où les groupes se forment et se parlent bas, on en causait à la Force dans la fosse-aux-lions. On pouvait même, dans cette prison, précisément à l'endroit où passait sous le chemin de ronde ce canal des latrines qui servit à la fuite inouïe en plein jour de trente détenus en 1843, on pouvait, au-dessus de la date de ces latrines, lire son nom, PANCHAUD, audacieusement gravé par lui sur le mur de ronde dans une de ses tentatives d'évasion. En 1832, la police le surveillait déjà, mais il n'avait pas encore sérieusement débuté.
マリユスはその光景をすっかりながめた。しかし実際は何もはっきり見て取ることはできなかった。彼の目は若い娘の上に据えられており、彼の心は、彼女がその室に一歩ふみ込むや否や、言わば彼女をつかみ取り彼女をすっかり包み込んでしまっていた。彼女がそこにいる間、彼はまったく恍惚たる状態にあって、あらゆる物質的の知覚を失い、全心をただ一点に集注していた。彼がながめていたものはその娘ではなくて、繻子の外套とビロードの帽子とをつけた光明そのものだった。シリウス星が室の中にはいってきたとしても、彼はそれほど眩惑されはしなかったであろう。
若い娘が包みを開き、着物と毛布とをそこにひろげ、病気の母親に親切な言葉をかけ、けがした娘にあわれみの言葉をかけてる間、彼はその一挙一動を見守り、その言葉を聞き取ろうとした。その目、その額、その美貌、その姿、その歩き方を彼は皆知っていたが、その声の音色はまだ知らなかった。かつてリュクサンブールの園でその数語を耳にしたように思ったこともあったが、それも確かにそうだとはわからなかった。そしてもし彼女の声をきくならば、その音楽の響きを少しでも自分の心のうちにしまい込むことができるならば、十年ほど自分の生命を縮めても惜しくないとまで思った。けれどもジョンドレットの哀願の声やラッパのような嘆声に、彼女の声はすっかり消されてしまった。マリユスは狂喜とともに憤怒の情をさえ覚えた。彼は目の中に彼女の姿を包み込んでいた。その恐ろしい陋屋のうちの怪物どもの間に、神聖なる彼女を見いだそうとは、夢にも思いがけないことだった。彼は蟇の間に蜂雀を見るような気がした。
彼女が出て行った時、彼はただ一つのこときり考えなかった、すなわち、そのあとに従い、その跡をつけ、住所を知るまでは決して離れず、少なくともかく不思議にもめぐり会った以上はもはや決して見失うまいということ。で彼は戸棚から飛びおり、帽子を取った。そして扉のとっ手に手をかけまさに外に出ようとした時、ふと足を止めて考えた。廊下は長く、階段は急であり、その上ジョンドレットは饒舌だから、ルブラン氏はまだおそらく馬車に乗ってはいないだろう。もしルブラン氏が、廊下でか階段でかまたは門口の所でふり返って、この家の中に自分がいることに気づきでもしようものなら、きっと警戒して再び自分からのがれようとするだろう。そしてそれでまた万事おしまいである。何としたらいいものか。少し待つとしようか。しかし待ってる間に、馬車は走り去ってしまうかも知れない。マリユスはまったく困惑した。がついに彼は危険をおかして室を出た。
もう廊下にはだれもいなかった。彼は階段の所へ走っていった。階段にもだれもいなかった。大急ぎで階段をおり、大通りに出ると、ちょうど馬車がプティー・バンキエ街の角を曲がって市中へ帰ってゆくのが見えた。
マリユスはその方へ駆けていった。大通りの角までゆくと、ムーフタール街を走り去る馬車がまた見えた。しかしもうよほど遠くなので、とうてい追っつけそうもなかった。後を追って駆け出す、そんなこともできない。その上、足にまかして追っかける者があれば馬車の中からよく見えるので、老人はすぐに自分だということに気づくに違いない。しかしちょうどその時、思いがけなくもふとマリユスは、官営馬車が空のままで大通りを過ぎるのを認めた。今はもう、その馬車に乗って先の馬車の跡をつけるよりほかに方法はなかった。そうすれば安心で確実でまた危険の恐れもない。
マリユスは手を挙げて御者を呼びとめ、そして叫んだ。「時間ぎめで!」
マリユスはえり飾りもつけていず、ボタンの取れた古い仕事服を着、シャツは胸の所の一つの襞が裂けていた。
御者は馬を止め、目をまばたき、マリユスの方へ左の手を差し出しながら、人差し指と親指との先を静かにこすってみせた。
「何だ?」とマリユスは言った。
「先にお金をどうか。」と御者は言った。
マリユスは十六スーきり持ち合わせがないことを思い出した。
「いくらだ?」と彼は尋ねた。
「四十スー。」(訳者注 四十スーは二フランに当たる)
「帰ってきてから払おう。」
御者は何の答えもせず、ただラ・パリス(訳者注 素朴な小唄)の節を口笛で吹いて、馬に鞭を当てて行ってしまった。
マリユスは茫然として馬車が行ってしまうのをながめた。持ち合わせが二十四スー足りなかったために、喜悦と幸福と愛とを失ってしまい、再び暗夜のうちに陥ってしまった。せっかく目が見えてきたのにまた見えなくなってしまった。彼は苦々しく、そして実際深い遺憾の念をもって、その朝あのみじめな娘に与えた五フランのことを思った。その五フランさえ持っていたら、救われ、よみがえり、地獄と暗黒とから脱し、孤独や憂愁やひとり身から脱していたであろう。自分の運命の黒い糸をあの黄金色の美しい糸に結び合わせることができたであろう。しかるにその美しい糸口は、彼の目の前にちょっと浮かび出たばかりで、また再び断ち切れてしまったのである。彼は絶望して家に帰った。
ルブラン氏は晩に再びやって来ると約束した、そしてその時こそはうまく跡をつけてやろう、そう彼は考え得たはずである。しかし先刻夢中になってのぞいている時、彼はその約束の言葉をもほとんど聞き取り得なかったのである。
家の階段を上ってゆこうとした時彼は、大通りの向こう側、バリエール・デ・ゴブラン街の寂しい壁の所に、「慈善家」の外套にくるまったジョンドレットの姿を認めた。ジョンドレットは他のひとりの男に口をきいていた。その男は場末の浮浪人とも言い得るような人相の悪い奴らのひとりだった。そういう奴らは、曖昧な顔つきをし、怪しい独語を発し、悪いことをたくらんでいそうな風付きであって、普通は昼間眠っているもので、それから推すと夜分に仕事をしてるものらしい。
ふたりは立ちながら身動きもしないで、渦巻き降る雪の中で話をしていた。その互いに身を寄せ合ってるさまは、確かに警官の目をひくべきものだったが、マリユスはあまり注意を払わなかった。
けれども、彼はいかに心が悲しみに満たされていたとは言え、ジョンドレットが話しかけてるその場末の浮浪人にどこか見覚えがあるような気がしてならなかった。何だかパンショーという男に似てるようだった。パンショーと言えば、クールフェーラックがかつて教えてくれた男で、またその付近ではかなり危険な夜盗だとして知られてる男で、別名をプランタニエもしくはビグルナイユと言っていた。その名前は前編で読者の既に見たところである。このパンショー一名プランタニエ一名ビグルナイユは、後に多くの刑事裁判のうちに現われてきて、ついに有名な悪党となった者であるが、当時はただ名が通ってるというだけの悪者にすぎなかった。そして今日では既に、盗賊強盗らの間にひとりの伝説的人物となっている。彼は王政の終わり頃にはもう一方の首領となっていた。夕方、まさに夜にならんとする頃、囚人らが集まって低くささやき合う時には、彼はフォルス監獄の獅子の窖(訳者注 ある中庭)での噂の種となった。その監獄に行くと、一八四三年に三十人の囚徒が白昼未曾有の脱獄をはかった時に使った排尿道が路地の下を通ってる所、ちょうど便所の舗石の上の方の囲壁の上に、パンショーという彼の名前を読むことができた。それは彼が脱獄を企てたある時に、自ら大胆にもそこに彫りつけたものである。一八三二年にも、警察は既に彼に目をつけていたが、その頃彼はまだ本当に舞台に立ってはいなかったのである。
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