目 次
Chapitre VII Cosette côte à côte dans l'ombre avec l'inconnu
Cosette, nous l'avons dit, n'avait pas eu peur.
L'homme lui adressa la parole. Il parlait d'une voix grave et presque basse.
—Mon enfant, c'est bien lourd pour vous ce que vous portez là.
Cosette leva la tête et répondit:
—Oui, monsieur.
—Donnez, reprit l'homme. Je vais vous le porter.
Cosette lâcha le seau. L'homme se mit à cheminer près d'elle.
—C'est très lourd en effet, dit-il entre ses dents.
Puis il ajouta:
—Petite, quel âge as-tu?
—Huit ans, monsieur.
—Et viens-tu de loin comme cela?
—De la source qui est dans le bois.
—Et est-ce loin où tu vas?—À un bon quart d'heure d'ici.
L'homme resta un moment sans parler, puis il dit brusquement:
—Tu n'as donc pas de mère?
—Je ne sais pas, répondit l'enfant.
Avant que l'homme eût eu le temps de reprendre la parole, elle ajouta:
—Je ne crois pas. Les autres en ont. Moi, je n'en ai pas.
Et après un silence, elle reprit:
—Je crois que je n'en ai jamais eu.
L'homme s'arrêta, il posa le seau à terre, se pencha et mit ses deux mains sur les deux épaules de l'enfant, faisant effort pour la regarder et voir son visage dans l'obscurité.
La figure maigre et chétive de Cosette se dessinait vaguement à la lueur livide du ciel.
—Comment t'appelles-tu? dit l'homme.
—Cosette.
L'homme eut comme une secousse électrique. Il la regarda encore, puis il ôta ses mains de dessus les épaules de Cosette, saisit le seau, et se remit à marcher.
Au bout d'un instant il demanda:
—Petite, où demeures-tu?
—À Montfermeil, si vous connaissez.
—C'est là que nous allons?
—Oui, monsieur.
Il fit encore une pause, puis recommença:
—Qui est-ce donc qui t'a envoyée à cette heure chercher de l'eau dans le bois?
—C'est madame Thénardier.
L'homme repartit d'un son de voix qu'il voulait s'efforcer de rendre indifférent, mais où il y avait pourtant un tremblement singulier:
—Qu'est-ce qu'elle fait, ta madame Thénardier?
—C'est ma bourgeoise, dit l'enfant. Elle tient l'auberge.
—L'auberge? dit l'homme. Eh bien, je vais aller y loger cette nuit. Conduis-moi.
—Nous y allons, dit l'enfant.
L'homme marchait assez vite. Cosette le suivait sans peine. Elle ne sentait plus la fatigue. De temps en temps, elle levait les yeux vers cet homme avec une sorte de tranquillité et d'abandon inexprimables. Jamais on ne lui avait appris à se tourner vers la providence et à prier. Cependant elle sentait en elle quelque chose qui ressemblait à de l'espérance et à de la joie et qui s'en allait vers le ciel.
Quelques minutes s'écoulèrent. L'homme reprit:
—Est-ce qu'il n'y a pas de servante chez madame Thénardier?
—Non, monsieur.
—Est-ce que tu es seule?
—Oui, monsieur.
Il y eut encore une interruption. Cosette éleva la voix:
—C'est-à-dire il y a deux petites filles.
—Quelles petites filles?
—Ponine et Zelma.
L'enfant simplifiait de la sorte les noms romanesques chers à la Thénardier.
—Qu'est-ce que c'est que Ponine et Zelma?
—Ce sont les demoiselles de madame Thénardier. Comme qui dirait ses filles.
—Et que font-elles, celles-là?—Oh! dit l'enfant, elles ont de belles poupées, des choses où il y a de l'or, tout plein d'affaires. Elles jouent, elles s'amusent.
—Toute la journée?
—Oui, monsieur.
—Et toi?
—Moi, je travaille.
—Toute la journée?
L'enfant leva ses grands yeux où il y avait une larme qu'on ne voyait pas à cause de la nuit, et répondit doucement:
—Oui, monsieur.
Elle poursuivit après un intervalle de silence:
—Des fois, quand j'ai fini l'ouvrage et qu'on veut bien, je m'amuse aussi.
—Comment t'amuses-tu?
—Comme je peux. On me laisse. Mais je n'ai pas beaucoup de joujoux. Ponine et Zelma ne veulent pas que je joue avec leurs poupées. Je n'ai qu'un petit sabre en plomb, pas plus long que ça.
L'enfant montrait son petit doigt.
—Et qui ne coupe pas?—Si, monsieur, dit l'enfant, ça coupe la salade et les têtes de mouches.
Ils atteignirent le village; Cosette guida l'étranger dans les rues. Ils passèrent devant la boulangerie; mais Cosette ne songea pas au pain qu'elle devait rapporter. L'homme avait cessé de lui faire des questions et gardait maintenant un silence morne. Quand ils eurent laissé l'église derrière eux, l'homme, voyant toutes ces boutiques en plein vent, demanda à Cosette:
—C'est donc la foire ici?
—Non, monsieur, c'est Noël.
Comme ils approchaient de l'auberge, Cosette lui toucha le bras timidement.
—Monsieur?
—Quoi, mon enfant?
—Nous voilà tout près de la maison.
—Eh bien?
—Voulez-vous me laisser reprendre le seau à présent?
—Pourquoi?
—C'est que, si madame voit qu'on me l'a porté, elle me battra.
L'homme lui remit le seau. Un instant après, ils étaient à la porte de la gargote.
前に言ったとおり、コゼットはこわがらなかった。
男は彼女に言葉をかけた。重々しい低音であった。
「これはお前さんにはあまり重すぎるようだね。」
コゼットは頭をあげて、そして答えた。
「ええ。」
「貸してごらんな。」と男は言った。「私が持っていってあげよう。」
コゼットは桶を離した。男は彼女と並んで歩き出した。
「なるほどずいぶん重い。」と彼は口の中で言った。それからつけ加えた。
「お前さんはいくつになる?」
「八つ。」
「そしてこんなものを持って遠くからきたのかね。」
「森の中の泉から。」
「そしてこれから行く所は遠いのかね。」
「ここから十五分ばかり。」
男はちょっと口をつぐんだが、やがてふいに言った。
「でお母さんがいないんだね。」
「知りません。」と子供は答えた。
男が何か言おうとする間もなく彼女はつけ加えた。
「いないんでしょう。ほかの人はみなお母さんを持ってるけれど、私は持っていないの。」
そしてちょっと黙ったあとで、彼女はまた言った。
「私には一度もお母さんはなかったようなの。」
男は立ち止まって、桶を地面におろし、身をかがめて、子供の両肩に手を置き、暗やみの中にその姿をながめその顔を見ようとした。
コゼットのやせた弱々しい顔が、空の薄ら明りの中にぼんやり浮き出して見えた。
「お前さんは何という名前だい。」と男は言った。
「コゼット。」
男はあたかも電気に打たれたようであった。彼はなお彼女をよく見、それから両手をその肩からはずし、桶を取り、そして歩き出した。
間もなく彼は尋ねた。
「お前さんはどこに住んでるんだい。」
「モンフェルメイュよ、おじさんは知ってるかどうか……」
「これからそこへ行くんだね。」
「ええ。」
彼はなおちょっと言葉を切ったが、また言い出した。
「いったいだれが今時分森の中まで水をくみにやらしたんだい。」
「テナルディエのお上さんなの。」
男はまた尋ねた。できるだけ平気な声を装おうとしてるらしかったが、それでも不思議な震えがその中にこもっていた。
「テナルディエのお上さんというのは何をしてるんだい。」
「うちのお上さんよ。」と子供は言った。「宿屋をやってるの。」
「宿屋?」と男は言った。「では私は今晩そこへ行って泊まろう。案内しておくれ。」
「そこへ行ってるのよ。」と子供は言った。
男はかなり早く歩いた。がコゼットはたやすくついて行った。もう疲れも感じなかった。時々彼女は目をあげて、言い難い一種の安心と信頼とで彼を見上げた。かつて彼女は神というものに心を向けることも祈りをすることも教わっていなかった。けれども今、希望と喜悦とに似た何かを心のうちに感じ、天の方へさし上ってゆく何かを心のうちに感じた。
数分過ぎ去った。男は言った。
「テナルディエの上さんのうちには女中はいないのかね。」
「いません。」
「お前さん一人なのか。」
「ええ。」
それからまた言葉が途切れた。コゼットは口を開いた。
「でも娘は二人あります。」
「何という娘だい。」
「ポニーヌとゼルマっていうの。」
テナルディエの上さんが好きな小説的な二人の名前を、彼女はそんなふうにつづめて呼んでいたのである。
「ポニーヌとゼルマというのは、どういう人たちだい。」
「テナルディエのお上さんのお嬢さんなの。まあその娘よ。」
「そして何をしてる、その人たちは。」
「そりゃあいろいろなものを持ってるの、」と子供は言った、「美しい人形やら、金のついたものやら、いろいろなものがあるの。遊んでおもしろがってるの。」
「一日中?」
「ええ」
「そしてお前さんは?」
「私は、働いてるの。」
「一日中?」
子供は大きな目をあげた。夜で見えはしなかったが、それには涙が宿っていた。子供は静かに答えた。
「そうよ。」
ちょっと黙った後に彼女は言い続けた。
「時々は、用がすんでから、いいって言われる時には、私も遊ぶことがあるの。」
「どうして遊ぶ?」
「勝手なことをして。何でもさしてくれます。けれど私は玩具をあまり持っていないの。ポニーヌとゼルマは私に人形を貸してくれません。私はただ鉛の小さな剣を一つ持ってるきりなの、これくらいの長さの。」
子供は自分の小指を出して見せた。
「切れないんだろう。」
「切れるわ、」と子供は言った、「菜っ葉だの蠅の頭なんか切れるわ。」
二人は村に達した。コゼットは見知らぬ男を案内して通りを歩いていった。彼らはパン屋の前を通った。けれどもコゼットは買ってゆくべきパンのことを忘れていた。男はもういろいろなことを尋ねるのをやめて、陰鬱に黙り込んでいた。それでも教会堂の所を通りすぎて、露天の店が並んでるのを見ると、コゼットに尋ねた。
「おや、市場だね。」
「いいえ、クリスマスよ。」
彼らが宿屋に近づいた時、コゼットはおずおずと男の腕につかまった。
「小父さん。」
「なんだい?」
「家の近くにきました。」
「それで?」
「これから私に桶を持たして下さいな。」
「なぜ?」
「ほかの人に桶を持ってもらってるのが見つかると、お上さんに打たれるから。」
男は彼女に桶を渡した。それからすぐに二人は、宿屋の戸口の所にきた。
Chapitre VIII Désagrément de recevoir chez soi un pauvre qui est peut-être un riche
Cosette ne put s'empêcher de jeter un regard de côté à la grande poupée toujours étalée chez le bimbelotier, puis elle frappa. La porte s'ouvrit. La Thénardier parut une chandelle à la main.
—Ah! c'est toi, petite gueuse! Dieu merci, tu y as mis le temps! elle se sera amusée, la drôlesse!
—Madame, dit Cosette toute tremblante, voilà un monsieur qui vient loger.
La Thénardier remplaça bien vite sa mine bourrue par sa grimace aimable, changement à vue propre aux aubergistes, et chercha avidement des yeux le nouveau venu.
—C'est monsieur? dit-elle.
—Oui, madame, répondit l'homme en portant la main à son chapeau.
Les voyageurs riches ne sont pas si polis. Ce geste et l'inspection du costume et du bagage de l'étranger que la Thénardier passa en revue d'un coup d'œil firent évanouir la grimace aimable et reparaître la mine bourrue. Elle reprit sèchement:
—Entrez, bonhomme.
Le «bonhomme» entra. La Thénardier lui jeta un second coup d'œil, examina particulièrement sa redingote qui était absolument râpée et son chapeau qui était un peu défoncé, et consulta d'un hochement de tête, d'un froncement de nez et d'un clignement d'yeux, son mari, lequel buvait toujours avec les rouliers. Le mari répondit par cette imperceptible agitation de l'index qui, appuyée du gonflement des lèvres, signifie en pareil cas: débine complète. Sur ce, la Thénardier s'écria:
—Ah! çà, brave homme, je suis bien fâchée, mais c'est que je n'ai plus de place.
—Mettez-moi où vous voudrez, dit l'homme, au grenier, à l'écurie. Je payerai comme si j'avais une chambre.
—Quarante sous.
—Quarante sous. Soit.
—À la bonne heure.
—Quarante sous! dit un routier bas à la Thénardier, mais ce n'est que vingt sous.
—C'est quarante sous pour lui, répliqua la Thénardier du même ton. Je ne loge pas des pauvres à moins.
—C'est vrai, ajouta le mari avec douceur, ça gâte une maison d'y avoir de ce monde-là.
Cependant l'homme, après avoir laissé sur un banc son paquet et son bâton, s'était assis à une table où Cosette s'était empressée de poser une bouteille de vin et un verre. Le marchand qui avait demandé le seau d'eau était allé lui-même le porter à son cheval. Cosette avait repris sa place sous la table de cuisine et son tricot. L'homme, qui avait à peine trempé ses lèvres dans le verre de vin qu'il s'était versé, considérait l'enfant avec une attention étrange.
Cosette était laide. Heureuse, elle eût peut-être été jolie. Nous avons déjà esquissé cette petite figure sombre. Cosette était maigre et blême. Elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peine six. Ses grands yeux enfoncés dans une sorte d'ombre profonde étaient presque éteints à force d'avoir pleuré. Les coins de sa bouche avaient cette courbe de l'angoisse habituelle, qu'on observe chez les condamnés et chez les malades désespérés. Ses mains étaient, comme sa mère l'avait deviné, «perdues d'engelures.» Le feu qui l'éclairait en ce moment faisait saillir les angles de ses os et rendait sa maigreur affreusement visible. Comme elle grelottait toujours, elle avait pris l'habitude de serrer ses deux genoux l'un contre l'autre. Tout son vêtement n'était qu'un haillon qui eût fait pitié l'été et qui faisait horreur l'hiver. Elle n'avait sur elle que de la toile trouée; pas un chiffon de laine. On voyait sa peau çà et là, et l'on y distinguait partout des taches bleues ou noires qui indiquaient les endroits où la Thénardier l'avait touchée. Ses jambes nues étaient rouges et grêles. Le creux de ses clavicules était à faire pleurer. Toute la personne de cette enfant, son allure, son attitude, le son de sa voix, ses intervalles entre un mot et l'autre, son regard, son silence, son moindre geste, exprimaient et traduisaient une seule idée: la crainte.
La crainte était répandue sur elle; elle en était pour ainsi dire couverte; la crainte ramenait ses coudes contre ses hanches, retirait ses talons sous ses jupes, lui faisait tenir le moins de place possible, ne lui laissait de souffle que le nécessaire, et était devenue ce qu'on pourrait appeler son habitude de corps, sans variation possible que d'augmenter. Il y avait au fond de sa prunelle un coin étonné où était la terreur.
Cette crainte était telle qu'en arrivant, toute mouillée comme elle était, Cosette n'avait pas osé s'aller sécher au feu et s'était remise silencieusement à son travail. L'expression du regard de cette enfant de huit ans était habituellement si morne et parfois si tragique qu'il semblait, à de certains moments, qu'elle fût en train de devenir une idiote ou un démon.
Jamais, nous l'avons dit, elle n'avait su ce que c'est que prier, jamais elle n'avait mis le pied dans une église.
«Est-ce que j'ai le temps?» disait la Thénardier.
L'homme à la redingote jaune ne quittait pas Cosette des yeux.
Tout à coup la Thénardier s'écria:
—À propos! et ce pain?
Cosette, selon sa coutume toutes les fois que la Thénardier élevait la voix, sortit bien vite de dessous la table.
Elle avait complètement oublié ce pain. Elle eut recours à l'expédient des enfants toujours effrayés. Elle mentit.
—Madame, le boulanger était fermé.
—Il fallait cogner.
—J'ai cogné, madame.
—Eh bien?
—Il n'a pas ouvert.
—Je saurai demain si c'est vrai, dit la Thénardier, et si tu mens, tu auras une fière danse. En attendant, rends-moi la pièce-quinze-sous.
Cosette plongea sa main dans la poche de son tablier, et devint verte. La pièce de quinze sous n'y était plus.
—Ah çà! dit la Thénardier, m'as-tu entendue?
Cosette retourna la poche, il n'y avait rien. Qu'est-ce que cet argent pouvait être devenu? La malheureuse petite ne trouva pas une parole. Elle était pétrifiée.
—Est-ce que tu l'as perdue, la pièce-quinze-sous? râla la Thénardier, ou bien est-ce que tu veux me la voler?
En même temps elle allongea le bras vers le martinet suspendu à la cheminée.
Ce geste redoutable rendit à Cosette la force de crier:
—Grâce! madame! madame! je ne le ferai plus.
La Thénardier détacha le martinet.
Cependant l'homme à la redingote jaune avait fouillé dans le gousset de son gilet, sans qu'on eût remarqué ce mouvement. D'ailleurs les autres voyageurs buvaient ou jouaient aux cartes et ne faisaient attention à rien.
Cosette se pelotonnait avec angoisse dans l'angle de la cheminée, tâchant de ramasser et de dérober ses pauvres membres demi-nus. La Thénardier leva le bras.
—Pardon, madame, dit l'homme, mais tout à l'heure j'ai vu quelque chose qui est tombé de la poche du tablier de cette petite et qui a roulé. C'est peut-être cela.
En même temps il se baissa et parut chercher à terre un instant.
—Justement. Voici, reprit-il en se relevant.
Et il tendit une pièce d'argent à la Thénardier.
—Oui, c'est cela, dit-elle.
Ce n'était pas cela, car c'était une pièce de vingt sous, mais la Thénardier y trouvait du bénéfice. Elle mit la pièce dans sa poche, et se borna à jeter un regard farouche à l'enfant en disant:
—Que cela ne t'arrive plus, toujours!
Cosette rentra dans ce que la Thénardier appelait «sa niche», et son grand œil, fixé sur le voyageur inconnu, commença à prendre une expression qu'il n'avait jamais eue. Ce n'était encore qu'un naïf étonnement, mais une sorte de confiance stupéfaite s'y mêlait.
—À propos, voulez-vous souper? demanda la Thénardier au voyageur.
Il ne répondit pas. Il semblait songer profondément.
—Qu'est-ce que c'est que cet homme-là? dit-elle entre ses dents. C'est quelque affreux pauvre. Cela n'a pas le sou pour souper. Me payera-t-il mon logement seulement? Il est bien heureux tout de même qu'il n'ait pas eu l'idée de voler l'argent qui était à terre.
Cependant une porte s'était ouverte et Éponine et Azelma étaient entrées.
C'étaient vraiment deux jolies petites filles, plutôt bourgeoises que paysannes, très charmantes, l'une avec ses tresses châtaines bien lustrées, l'autre avec ses longues nattes noires tombant derrière le dos, toutes deux vives, propres, grasses, fraîches et saines à réjouir le regard. Elles étaient chaudement vêtues, mais avec un tel art maternel, que l'épaisseur des étoffes n'ôtait rien à la coquetterie de l'ajustement. L'hiver était prévu sans que le printemps fût effacé. Ces deux petites dégageaient de la lumière. En outre, elles étaient régnantes. Dans leur toilette, dans leur gaîté, dans le bruit qu'elles faisaient, il y avait de la souveraineté. Quand elles entrèrent, la Thénardier leur dit d'un ton grondeur, qui était plein d'adoration:
—Ah! vous voilà donc, vous autres!
Puis, les attirant dans ses genoux l'une après l'autre, lissant leurs cheveux, renouant leurs rubans, et les lâchant ensuite avec cette douce façon de secouer qui est propre aux mères, elle s'écria:
—Sont-elles fagotées!
Elles vinrent s'asseoir au coin du feu. Elles avaient une poupée qu'elles tournaient et retournaient sur leurs genoux avec toutes sortes de gazouillements joyeux. De temps en temps, Cosette levait les yeux de son tricot, et les regardait jouer d'un air lugubre.
コゼットはわれ知らず、玩具屋の店に並べてある大きな人形の方をじろりとながめた。それから家の戸をたたいた。戸は開かれて、テナルディエの上さんが手に蝋燭を持って出てきた。
「ああお前か、この乞食娘が! 何だってこんなに長くかかったんだ。どっかで遊んでいたんだろう。」
「お上さん、」とコゼットは身体じゅう震え上がって言った、「あの方が泊めてもらいたいってきています。」
上さんは、宿屋の主人がいつでもするように、邪慳な顔つきをすぐに和らげた。そして新来の客の方をむさぼるようにながめた。
「あなたですか。」と彼女は言った。
「さようです。」と男は答えながら、帽子に手をあてた。
金のある旅客はそんな丁寧なことはしないものである。その身振りをながめ、またその男の服装と荷物とを見て取って、テナルディエの上さんの愛想顔はまた慳貪になった。彼女は冷ややかに言った。
「おはいりなさい、お爺さん。」
「お爺さん」は中にはいった。上さんはまたじろりと彼の姿をながめ、すっかりすり切れたフロックと破れかかった帽子とに特に目をとめ、それから、頭をつんとあげ鼻頭にしわを寄せ、まばたきをして、亭主の意向をさぐった。亭主はやはり馬方らといっしょに飲んでいたが、ちらと人さし指を動かしてそれに答えた。そういう場合、それはふくらした脣とともに、「一文なしだ」という意味であった。それを見て上さんは叫んだ。
「お前さん、大変お気の毒だが、室があいてませんよ。」
「どこでもいいから泊めて下さい、」と男は言った、「物置きでも、廐でもよろしいです。一室分の代は払いますから。」
「四十スーですよ。」
「四十スー。承知しました。」
「そんならよござんす。」
「四十スーだと!」と一人の馬方が上さんに低くささやいた。「普通は二十スーじゃないか。」
「あの男には四十スーだよ。」と上さんは同じく低く答えた。「それより安くちゃ貧乏人は泊められない。」
「そのとおりだ。」と亭主も静かに口を添えた。「あんな男を泊めると沽券を落とすからね。」
その間に男は、腰掛けの上に包みと杖とを置き、一つのテーブルに向かって席についた。コゼットは急いでそこに葡萄酒の瓶と杯とを並べた。水桶を言いつけた商人はそれを自分で馬の所へ持って行った。コゼットはまた料理場のテーブルの下のいつもの場所にもどって、編み物を初めた。
男は杯にぶどう酒を注いで脣を浸したかと思うと、すぐに異様な注意でコゼットをながめだした。
コゼットは醜くかった。しかし、楽しい生活をしていたら恐らくきれいだったかも知れない。その小さな陰鬱な顔つきは既に前に述べておいた。がなお言えば、彼女はやせて青ざめていた。もうすぐ八歳になろうとするのに、ようやく六歳ぐらいにしか見えなかった。くぼんで一種の深い影をたたえている大きな目は、多くの涙を流したためにほとんどその光を失っていた。脣のすみには、囚人や重病人などに見らるるような不断の苦しみからきた曲線ができていた。両手は、母親がかつて推察したとおり「凍傷にくずれて」いた。その時ちょうど彼女を照らしていた火のために、骨立った角々が浮き出して、やせてるのが特に目立っていた。いつも寒さに震えていたので、両膝をきっちり押しつけ合う癖がついていた。着物は破れ裂けて、夏にはかわいそうに思われ、冬には恐ろしく思われた。身につけているのは、穴のあいた麻布ばかりで、一片の毛織りの布もなかった。所々に肌がのぞいていて、そのどこにも青い斑点や黒い斑点が見えていた。それはテナルディエの上さんに打たれた跡であった。露わな両脛は赤くかじかんでほっそりしていた。鎖骨の上が深くくぼんでいるのを見ると、かわいそうで涙がこぼれるほどだった。彼女の全身、その歩き方、その態度、声の調子、一言いっては息を引く様、その目つき、その沈黙、そのちょっとした身振り、それらはただ一つの思いを現わし示していた、すなわち恐怖を。
恐怖の念が彼女の全身に現われていた。いわばそれにおおわれてるがようだった。恐怖のために彼女は、両肱を腰につけ、踵を裾着の下に引っ込ませ、できるだけ小さくちぢこまり、ようやく生きるだけの息をついていた。そしてその恐怖の様子はほとんど彼女の身体の癖となっていて、いつも同じようで、ただその度がしだいに高まってゆくだけであった。その瞳の底には驚いたような影があって、恐怖の念が見えていた。
そういう恐怖の念が強くコゼットを支配していたので、彼女は今帰ってきて、着物がぬれていたにもかかわらず、火の所へ行ってそれをかわかそうともせず、そのまま黙って仕事を初めたのだった。
八歳のその小娘の目つきは、普通はいかにも陰鬱で、時にはいかにも悲壮であって、どうかすると、白痴かあるいは悪魔にでもなるのではないかと思われるほどだった。
前に言ったとおり、彼女はかつて祈祷の何たるやを知らず、またかつて教会堂に足をふみ入れたこともなかった。「どうしてそんな閑があるものか、」とテナルディエの上さんは言っていた。
黄色いフロックの男は、コゼットから目を離さなかった。
突然テナルディエの上さんは叫んだ。
「そうそう、パンは?」
コゼットは、お上さんが高い声を出す時にいつもするように、すぐにテーブルの下から出てきた。
彼女はすっかりパンのことを忘れていた。それで、絶えずおびえてる子供特有の方便を持ち出して、嘘を言った。
「お上さん、パン屋はしまっていましたの。」
「戸をたたけばいいじゃないか。」
「たたきました。」
「そして?」
「だれもあけてくれません。」
「本当か嘘か明日になればわかるさ。」と上さんは言った。
「もし嘘だったらひどい目にあわしてやる。それから十五スーの銀貨をお返し。」
コゼットは胸掛けのポケットに手を差し入れて、まっさおになった。十五スー銀貨はそこにはいっていなかった。
「これ! 私の言うことが聞こえないのか。」と上さんは言った。
コゼットはポケットを裏返した、が何もなかった。あの金はいったいどうなったのであろう? 不幸な娘は口をきくこともできなかった。石のように固くなってしまった。
「お前はあの十五スー銀貨をなくしたのかい。」と上さんは声を荒らげた。「それとも盗むつもりか。」
それとともに彼女は、暖炉の所に下っている鞭の方へ腕を伸ばした。
その恐ろしい身振りを見て、コゼットは初めてようやく叫んだ。
「ごめんなさい、お上さん、お上さん、もうしませんから。」
上さんは鞭を取りおろした。
その間に黄色いフロックの男は、だれも気付かぬうちにチョッキの隠しの中を探った。もとより他の旅客らは、酒を飲んだりカルタをしたりして、ほかのことにはいっさい注意を向けていなかったのである。
コゼットはもだえて暖炉のすみに縮こまり、半ば露わな小さな手足を引っ込めて隠そうとした。上さんは鞭の手を上げた。
「ちょっと、お上さん。」と男は言った。「先ほどその娘さんの胸掛けのポケットから何か落ちてころがってきましたよ。たぶんそれじゃありませんか。」
と同時に彼は身をかがめて、床の上をさがすようなふうをした。
「それ、ここにありました。」と彼は身を起こしながら言った。
そして彼は一片の銀貨を上さんに差し出した。
「そう、これです。」と彼女は言った。
実はそれではなかったのである。それは二十スー銀貨だった。けれども上さんはそれで得をすると思った。彼女は銀貨をポケットに入れて、ただ恐ろしい目つきを娘の上に投げて言った。「またこんなことをすると承知しないよ。」
コゼットは、上さんのいわゆる「彼女の巣」の中に戻った。そして見知らないその旅客をじっと見つめた彼女の大きい目には、これまでかつてなかったような表情が浮かんできた。それはまだ無邪気な驚きの情にすぎなかったが、あっけにとられた一種の信頼の情が交じっていた。
「ところで、夕御飯はどうします。」と上さんは旅客に尋ねた。
彼は答えなかった。深く何かに思いふけってるようだった。
「いったい何という男だろう。」と上さんは口の中でつぶやいた。「ひどい貧乏人と見える。夕食の代も持っていない。宿銭だけでも払えるかしら。でもまあよく床に落ちてた金を盗もうとしなかったものだ。」
そのうちに一つの扉があいて、エポニーヌとアゼルマとがはいってきた。
二人とも全くきれいな小娘であった。田舎娘というよりもむしろ町娘と言いたいくらいで、かわいらしかった。一人は艶々と栗色の髪を束ね、一人は長く編んだ髪を背中に下げて、二人とも活発で、身ぎれいで、肥って、生々として、丈夫そうで、見る目も心地よいほどだった。暖かそうに着込んでいたが、そのたくさん重ねた着物も、母親の手ぎわで着付けの美をそこなわないようにされていた。冬の装いも春のすがすがしさを消さないようにつくろってあった。二人は光り輝いていた。その上二人は自由気ままだった。その服装や、快活さや、騒ぎ回ってる様子のうちには、皆から大事に奉られてる様が現われていた。二人がはいってきた時テナルディエの上さんは、鍾愛の情に満ちたわざと小言を言うような調子で言った、「ああお前たちもここに来たのかえ!」
それから一人ずつ膝に引き寄せて、髪の毛をなでつけてやり、リボンを結び直してやり、そして母親特有の優しい仕方で手を離して言った。「ほんとにふしだらな人たちだね。」
二人は暖炉のすみに行ってすわった。人形を一つ持っていて、それを膝の上にひねくり回しながら、うれしそうにささやき合っていた。時々コゼットは編み物から目を上げて、二人が遊んでるのを悲しそうな様子でながめた。
Éponine et Azelma ne regardaient pas Cosette. C'était pour elles comme le chien. Ces trois petites filles n'avaient pas vingt-quatre ans à elles trois, et elles représentaient déjà toute la société des hommes; d'un côté l'envie, de l'autre le dédain.
La poupée des sœurs Thénardier était très fanée et très vieille et toute cassée, mais elle n'en paraissait pas moins admirable à Cosette, qui de sa vie n'avait eu une poupée, une vraie poupée, pour nous servir d'une expression que tous les enfants comprendront.
Tout à coup la Thénardier, qui continuait d'aller et de venir dans la salle, s'aperçut que Cosette avait des distractions et qu'au lieu de travailler elle s'occupait des petites qui jouaient.
—Ah! je t'y prends! cria-t-elle. C'est comme cela que tu travailles! Je vais te faire travailler à coups de martinet, moi.
L'étranger, sans quitter sa chaise, se tourna vers la Thénardier.
—Madame, dit-il en souriant d'un air presque craintif, bah! laissez-la jouer!
De la part de tout voyageur qui eût mangé une tranche de gigot et bu deux bouteilles de vin à son souper et qui n'eût pas eu l'air d'un affreux pauvre, un pareil souhait eût été un ordre. Mais qu'un homme qui avait ce chapeau se permît d'avoir un désir et qu'un homme qui avait cette redingote se permît d'avoir une volonté, c'est ce que la Thénardier ne crut pas devoir tolérer. Elle repartit aigrement:
—Il faut qu'elle travaille, puisqu'elle mange. Je ne la nourris pas à rien faire.
—Qu'est-ce qu'elle fait donc? reprit l'étranger de cette voix douce qui contrastait si étrangement avec ses habits de mendiant et ses épaules de portefaix.
La Thénardier daigna répondre:
—Des bas, s'il vous plaît. Des bas pour mes petites filles qui n'en ont pas, autant dire, et qui vont tout à l'heure pieds nus.
L'homme regarda les pauvres pieds rouges de Cosette, et continua:
—Quand aura-t-elle fini cette paire de bas?
—Elle en a encore au moins pour trois ou quatre grands jours, la paresseuse.
—Et combien peut valoir cette paire de bas, quand elle sera faite?
La Thénardier lui jeta un coup d'œil méprisant.
—Au moins trente sous.
—La donneriez-vous pour cinq francs? reprit l'homme.
—Pardieu! s'écria avec un gros rire un routier qui écoutait, cinq francs? je crois fichtre bien! cinq balles!
Le Thénardier crut devoir prendre la parole.
—Oui, monsieur, si c'est votre fantaisie, on vous donnera cette paire de bas pour cinq francs. Nous ne savons rien refuser aux voyageurs.
—Il faudrait payer tout de suite, dit la Thénardier avec sa façon brève et péremptoire.
—J'achète cette paire de bas, répondit l'homme, et, ajouta-t-il en tirant de sa poche une pièce de cinq francs qu'il posa sur la table,—je la paye.
Puis il se tourna vers Cosette.
—Maintenant ton travail est à moi. Joue, mon enfant.
Le routier fut si ému de la pièce de cinq francs, qu'il laissa là son verre et accourut.
—C'est pourtant vrai! cria-t-il en l'examinant. Une vraie roue de derrière! et pas fausse!
Le Thénardier approcha et mit silencieusement la pièce dans son gousset.
La Thénardier n'avait rien à répliquer. Elle se mordit les lèvres, et son visage prit une expression de haine.
Cependant Cosette tremblait. Elle se risqua à demander:
—Madame, est-ce que c'est vrai? est-ce que je peux jouer?
—Joue! dit la Thénardier d'une voix terrible.
—Merci, madame, dit Cosette.
Et pendant que sa bouche remerciait la Thénardier, toute sa petite âme remerciait le voyageur.
Le Thénardier s'était remis à boire. Sa femme lui dit à l'oreille:
—Qu'est-ce que ça peut être que cet homme jaune?
—J'ai vu, répondit souverainement Thénardier, des millionnaires qui avaient des redingotes comme cela.
Cosette avait laissé là son tricot, mais elle n'était pas sortie de sa place. Cosette bougeait toujours le moins possible. Elle avait pris dans une boîte derrière elle quelques vieux chiffons et son petit sabre de plomb.
Éponine et Azelma ne faisaient aucune attention à ce qui se passait. Elles venaient d'exécuter une opération fort importante; elles s'étaient emparées du chat. Elles avaient jeté la poupée à terre, et Éponine, qui était l'aînée, emmaillotait le petit chat, malgré ses miaulements et ses contorsions, avec une foule de nippes et de guenilles rouges et bleues. Tout en faisant ce grave et difficile travail, elle disait à sa sœur dans ce doux et adorable langage des enfants dont la grâce, pareille à la splendeur de l'aile des papillons, s'en va quand on veut la fixer:
—Vois-tu, ma sœur, cette poupée-là est plus amusante que l'autre. Elle remue, elle crie, elle est chaude. Vois-tu, ma sœur, jouons avec. Ce serait ma petite fille. Je serais une dame. Je viendrais te voir et tu la regarderais. Peu à peu tu verrais ses moustaches, et cela t'étonnerait. Et puis tu verrais ses oreilles, et puis tu verrais sa queue, et cela t'étonnerait. Et tu me dirais: Ah! mon Dieu! et je te dirais: Oui, madame, c'est une petite fille que j'ai comme ça. Les petites filles sont comme ça à présent.
Azelma écoutait Éponine avec admiration.
Cependant, les buveurs s'étaient mis à chanter une chanson obscène dont ils riaient à faire trembler le plafond. Le Thénardier les encourageait et les accompagnait.
Comme les oiseaux font un nid avec tout, les enfants font une poupée avec n'importe quoi. Pendant qu'Éponine et Azelma emmaillotaient le chat, Cosette de son côté avait emmailloté le sabre. Cela fait, elle l'avait couché sur ses bras, et elle chantait doucement pour l'endormir.
La poupée est un des plus impérieux besoins et en même temps un des plus charmants instincts de l'enfance féminine. Soigner, vêtir, parer, habiller, déshabiller, rhabiller, enseigner, un peu gronder, bercer, dorloter, endormir, se figurer que quelque chose est quelqu'un, tout l'avenir de la femme est là. Tout en rêvant et tout en jasant, tout en faisant de petits trousseaux et de petites layettes, tout en cousant de petites robes, de petits corsages et de petites brassières, l'enfant devient jeune fille, la jeune fille devient grande fille, la grande fille devient femme. Le premier enfant continue la dernière poupée.
Une petite fille sans poupée est à peu près aussi malheureuse et tout à fait aussi impossible qu'une femme sans enfant.
Cosette s'était donc fait une poupée avec le sabre.
La Thénardier, elle, s'était rapprochée de l' homme jaune.
—Mon mari a raison, pensait-elle, c'est peut-être monsieur Laffitte. Il y a des riches si farces! Elle vint s'accouder à sa table.
—Monsieur... dit-elle.
À ce mot monsieur, l'homme se retourna. La Thénardier ne l'avait encore appelé que brave homme ou bonhomme.
—Voyez-vous, monsieur, poursuivit-elle en prenant son air douceâtre qui était encore plus fâcheux à voir que son air féroce, je veux bien que l'enfant joue, je ne m'y oppose pas, mais c'est bon pour une fois, parce que vous êtes généreux. Voyez-vous, cela n'a rien. Il faut que cela travaille.
—Elle n'est donc pas à vous, cette enfant? demanda l'homme.
—Oh mon Dieu non, monsieur! c'est une petite pauvre que nous avons recueillie comme cela, par charité. Une espèce d'enfant imbécile. Elle doit avoir de l'eau dans la tête. Elle a la tête grosse, comme vous voyez. Nous faisons pour elle ce que nous pouvons, car nous ne sommes pas riches. Nous avons beau écrire à son pays, voilà six mois qu'on ne nous répond plus. Il faut croire que sa mère est morte.
—Ah! dit l'homme, et il retomba dans sa rêverie.
—C'était une pas grand'chose que cette mère, ajouta la Thénardier. Elle abandonnait son enfant.
Pendant toute cette conversation, Cosette, comme si un instinct l'eût avertie qu'on parlait d'elle, n'avait pas quitté des yeux la Thénardier. Elle écoutait vaguement. Elle entendait çà et là quelques mots.
Cependant les buveurs, tous ivres aux trois quarts, répétaient leur refrain immonde avec un redoublement de gaîté. C'était une gaillardise de haut goût où étaient mêlés la Vierge et l'enfant Jésus. La Thénardier était allée prendre sa part des éclats de rire. Cosette, sous la table, regardait le feu qui se réverbérait dans son œil fixe; elle s'était remise à bercer l'espèce de maillot qu'elle avait fait, et, tout en le berçant, elle chantait à voix basse: «Ma mère est morte! ma mère est morte! ma mère est morte!»
エポニーヌとアゼルマとはコゼットの方へは目もくれなかった。コゼットは二人にとっては犬も同様だった。それから三人の小娘は、皆の年齢を合わしても二十四にしかならなかったが、既に大人の社会のありさまをすべて現わしていた。一方に羨望と、他方に軽蔑と。
テナルディエの娘の人形は、もうよほど色あせ古ぼけて方々こわれてはいたが、それでもなおコゼットにはりっぱなもののように思われた。彼女は人形というものを、すべての子供によくわかる言い方をすれば本当の人形というものを、生まれてまだ一度も持ったことがなかったのである。
室の中を行ったり来たりしていたテナルディエの上さんは、コゼットがぼんやりして仕事もしないで、二人の娘の遊ぶのを見入っているのを、ふと見て取った。
「ああこれ!」と彼女は叫んだ。「それで仕事をしてるのか。覚えておいで、鞭で打ってでも働かしてやるから。」
見なれぬ旅客は、椅子にすわったまま上さんの方へふり向いた。
「お上さん、」と彼はおずおずしたようなふうで、ほほえみながら言った、「まあ遊ばしておやりなさい。」
もしそういうことが、夕食の時に一片の焼き肉を食い二本のぶどう酒を傾け、ひどい貧乏人の様子をしていない旅客から言われたのであったら、一つの命令と同様な力になったかも知れない。けれども、そんな帽子をかぶった男が希望を申し出たり、そんなフロックを着た男が意志を表白したりすることは、テナルディエの上さんには許すべからざることのように思えたのだった。彼女は慳貪に言葉を返した。
「仕事をさせないわけにはいきません。物を食べますからね。何もさせないで食わしておくことはできませんよ。」
「いったい何をこしらえさしてるのですか。」と男はやさしい声で言った。その調子は、彼の乞食のような服装と人夫のような肩幅とに妙な対照をなしていた。
上さんは答えてやった。
「靴下ですよ。私の娘どもの靴下です。もうたいてい無くなってしまって、間もなく跣足にならなくてはならないところですからね。」
男はコゼットのまっかになってるかわいそうな足をながめた、そして言った。
「どれくらいかかったらあの娘はその靴下を仕上げますか。」
「まだ三四日はたっぷりかかるでしょうよ、なまけものだから。」
「そしてその一足の靴下ができ上がったらいくらくらいになるんです。」
上さんは軽蔑の目でじろりと男を見た。
「安くみても三十スーくらいですね。」
「ではそれを五フランで売ってくれませんか。」と男は言った。
「なんだ!」とそれをきいていた一人の馬方が太い笑いを立てながら叫んだ、「五フランだと。べらぼうな、鉄砲玉五つだと!」
亭主のテナルディエももう口を出すべき時だと思った。
「よろしゅうござんす。そういうことがしてみたいんなら、その靴下一足を、五フランで差し上げましょう。お客のおっしゃることはことわるわけにいきませんからな。」
「すぐに金を払って頂きましょう。」と上さんはいつもの簡単確実なやり方で言った。
「ではその靴下を買いますよ。」と男は答えた。そしてポケットから五フランの貨幣を取り出してテーブルの上に置きながら、つけ加えて言った。「代を払いますよ。」
それから彼はコゼットの方へ向いた。
「もうお前さんの仕事は私のものだ。勝手にお遊びよ。」
馬方は五フランの貨幣に驚いて、杯をすててやって行った。
「いやほんとだ!」と彼はその貨幣をしらべながら叫んだ。「本物の大きいやつだ、贋造じゃないや。」
テナルディエはそこに近づいていって、黙ってその金をポケットに納めた。
上さんは一言もなかった。彼女は脣をかんで、顔には憎悪の表情を浮べた。
でもコゼットは震えていた。そして思いきって尋ねてみた。
「お上さん、本当ですか。遊んでもいいんですか。」
「お遊び!」と上さんは恐ろしい声で言った。
「ありがとうございます、お上さん。」とコゼットは言った。
そして口ではテナルディエの上さんに礼を言いながら、彼女の小さな心は旅客に礼を言っていた。
テナルディエはまた酒をのみ初めた。女房は彼の耳にささやいた。
「あの黄色い着物の男はいったい何者でしょう。」
「わしは大金持ちがあんなフロックを着てるのを見たことがある。」とテナルディエはおごそかに答えた。
コゼットは編み物をそこにほうり出した。けれどもその場所からは出てこなかった。コゼットはいつもできるだけ身を動かさないようにしていた。彼女は自分の後ろの箱から、古いぼろと小さな鉛の剣とを取り出した。
エポニーヌとアゼルマとは、あたりに起こったことに少しの注意も払っていなかった。二人はちょうどきわめて大事なことを初めたところだった。猫をとらえたのである。人形は下にほうり出してしまっていた。そして年上の方のエポニーヌは、猫が泣きもがくのもかまわずに、赤や青の布やぼろでそれに着物をきせようとしていた。その大変なむずかしい仕事をやりながら、妹に子供特有のやさしいみごとな言葉で話しかけていた。そういう言葉の優しさは胡蝶の真の輝きにも似たもので、つかもうとすれば遠くに逃げ去るものである。
「ねえ、この人形の方があれよりよっぽどおもしろいわよ。動いたり、泣いたりして、あたたかいのよ。ねえ、これで遊びましょう。これは私の小さな娘よ。私は奥様よ。私があなたの所へ行くと、あなたがこの娘を見るの。そのうちあなたは髯を見つけてびっくりするのよ。それからあなたは、耳を見つけ出し、こんどはまた尾を見つけ出して、びっくりするのよ。そしてあなたは私に言うの、あらまあ! って。すると私が言うの、ええ奥さん、これが私の小さな娘ですよ、今時の小さな娘はみんなこうですよ。」
アゼルマは感心してエポニーヌの言葉を聞いていた。
一方では酒を飲んでいた連中が、卑猥な歌を歌い出して、家が揺れるほど笑い興じていた。テナルディエは彼らをおだて、彼らに調子を合わしていた。
小鳥が何ででも巣をこしらえてしまうように、子供はどんなものをも人形にしてしまうものである。エポニーヌとアゼルマとが猫に着物をきせてる間に、コゼットの方では剣に着物を着せていた。それをしてしまうと彼女はそれを腕に抱えて、寝つかせるために静かに歌を歌った。
人形は女の児が一番欲しがるものの一つで、また同時にその最もかわいい本能を示すものの一つである。世話をやき、下衣を着せ、飾り立て、着物を着せ、また着物をぬがしたり着せたりし、言いきかせたり、少しは小言を言ったり、揺り、かわいがり、寝せつけ、そしてそれを生きてるもののように考える、それらのことのうちに女の未来が含まれている。夢想したりしゃべったりしながら、小さな衣装や産着を作りながら、小さな長衣や胴着や下着をこしらえながら、子供は若い娘になり、若い娘は大きな娘となり、大きな娘は人妻となるのである。そして最初に産む子供は、最後の人形となるのである。
人形を持たない小娘は、子供のない婦人と同じく不幸で、また同じく不自然なものである。
だから、コゼットは剣を人形となしていた。
テナルディエの上さんは、黄色い着物の男に近寄ってみた。「家の人の言うとおりだ、」と彼女は考えた、「これはラフィットさんかも知れない。金持ちのうちにはおかしい人もあるものだから。」
彼女はその男のテーブルの所へ行って肱をかけた。
「旦那……」と彼女は言った。
その旦那という言葉に、男はふり向いた。上さんはそれまで彼を、お前さんとかお爺さんとか呼んでいたのだった。
「あの、旦那、」と彼女はやさしそうな様子をして言った。その様子は彼女の邪慳な様子よりもなおいっそう嫌味なものであった。「私はあの児を遊ばしてやりたいのですよ。決してそれを不承知ではありません。一度くらいはよろしいんですとも、旦那が御親切に言って下さいますから。でもあの児は何にも持たないのです。仕事をさせないわけには参りませんのです。」
「それではあなたの児ではないのですか、あの娘は。」と男は尋ねた。
「いいえどうしまして旦那。あのようにして慈善のために引き取ってやってる貧乏な児です。ばかな児なんですよ。頭の中には水でもはいっているんでしょう。御覧のとおり大きな頭をしています。私どももできるだけのことはしてやってるのですが、何分にも私どもは貧乏ですからね。いくら国もとの方へ手紙を出しましても、もう六月というもの返事もありません。きっと母親も死んだに違いありません。」
「ああ!」と男は言って、何か考えに沈み込んでしまった。
「その母親というのも大した者ではありません。」と上さんはつけ加えた。「子供を捨てていったくらいなんですから。」
そういう会話の間、コゼットは自分のことを話されてるのだとある本能から感じたらしく、テナルディエの上さんから目を離さなかった。彼女はぼんやりきいていた、そして時々二、三言聞き取っていた。
そのうちに酒を飲んでいた連中はたいてい酔っ払って、以前にも増した陽気さで下等な歌をくり返し歌っていた。聖母や小児イエスなどが出て来る道化た卑猥な歌だった。テナルディエの上さんまでが、その仲間に加わって笑い騒いだ。コゼットは例のテーブルの下で火を見つめていた。その目には火が赤くうつっていた。彼女はそれから自分がこしらえた赤ん坊をまた揺り初めた。そうしながら低い声で歌っていた。「お母さん死んだ、お母さん死んだ、お母さん死んだ!」

Sur de nouvelles insistances de l'hôtesse, l'homme jaune, «le millionnaire», consentit enfin à souper.
—Que veut monsieur?
—Du pain et du fromage, dit l'homme.
—Décidément c'est un gueux, pensa la Thénardier.
Les ivrognes chantaient toujours leur chanson, et l'enfant, sous la table, chantait aussi la sienne.
黄色い着物の「大金持ち」は、上さんがまたうるさく勧めるので、ついに食事を取ることにした。
「何を差し上げましょう。」
「パンとチーズ。」と男は言った。
「なんだ、これはてっきり乞食に違いない。」と上さんはまた考えた。
酔っ払いの連中はなお歌を続けており、テーブルの下の娘もまた自分の歌を歌っていた。
Tout à coup Cosette s'interrompit. Elle venait de se retourner et d'apercevoir la poupée des petites Thénardier qu'elles avaient quittée pour le chat et laissée à terre à quelques pas de la table de cuisine.
Alors elle laissa tomber le sabre emmailloté qui ne lui suffisait qu'à demi, puis elle promena lentement ses yeux autour de la salle. La Thénardier parlait bas à son mari, et comptait de la monnaie, Ponine et Zelma jouaient avec le chat, les voyageurs mangeaient, ou buvaient, ou chantaient, aucun regard n'était fixé sur elle. Elle n'avait pas un moment à perdre. Elle sortit de dessous la table en rampant sur ses genoux et sur ses mains, s'assura encore une fois qu'on ne la guettait pas, puis se glissa vivement jusqu'à la poupée, et la saisit. Un instant après elle était à sa place, assise, immobile, tournée seulement de manière à faire de l'ombre sur la poupée qu'elle tenait dans ses bras. Ce bonheur de jouer avec une poupée était tellement rare pour elle qu'il avait toute la violence d'une volupté.
Personne ne l'avait vue, excepté le voyageur, qui mangeait lentement son maigre souper.
Cette joie dura près d'un quart d'heure.
Mais, quelque précaution que prit Cosette, elle ne s'apercevait pas qu'un des pieds de la poupée—passait,—et que le feu de la cheminée l'éclairait très vivement. Ce pied rose et lumineux qui sortait de l'ombre frappa subitement le regard d'Azelma qui dit à Éponine:—Tiens! ma sœur!
Les deux petites filles s'arrêtèrent, stupéfaites. Cosette avait osé prendre la poupée!
Éponine se leva, et, sans lâcher le chat, alla vers sa mère et se mit à la tirer par sa jupe.
—Mais laisse-moi donc! dit la mère. Qu'est-ce que tu me veux?
—Mère, dit l'enfant, regarde donc!
Et elle désignait du doigt Cosette.
Cosette, elle, tout entière aux extases de la possession, ne voyait et n'entendait plus rien.
Le visage de la Thénardier prit cette expression particulière qui se compose du terrible mêlé aux riens de la vie et qui a fait nommer ces sortes de femmes: mégères.
Cette fois, l'orgueil blessé exaspérait encore sa colère. Cosette avait franchi tous les intervalles, Cosette avait attenté à la poupée de «ces demoiselles».
Une czarine qui verrait un moujik essayer le grand cordon bleu de son impérial fils n'aurait pas une autre figure.
Elle cria d'une voix que l'indignation enrouait.
—Cosette!
Cosette tressaillit comme si la terre eût tremblé sous elle. Elle se retourna.
—Cosette, répéta la Thénardier.
Cosette prit la poupée et la posa doucement à terre avec une sorte de vénération mêlée de désespoir. Alors, sans la quitter des yeux, elle joignit les mains, et, ce qui est effrayant à dire dans un enfant de cet âge, elle se les tordit; puis, ce que n'avait pu lui arracher aucune des émotions de la journée, ni la course dans le bois, ni la pesanteur du seau d'eau, ni la perte de l'argent, ni la vue du martinet, ni même la sombre parole qu'elle avait entendu dire à la Thénardier,—elle pleura. Elle éclata en sanglots.
Cependant le voyageur s'était levé.
—Qu'est-ce donc? dit-il à la Thénardier.
—Vous ne voyez pas? dit la Thénardier en montrant du doigt le corps du délit qui gisait aux pieds de Cosette.
—Hé bien, quoi? reprit l'homme.
—Cette gueuse, répondit la Thénardier, s'est permis de toucher à la poupée des enfants!
—Tout ce bruit pour cela! dit l'homme. Eh bien, quand elle jouerait avec cette poupée?
—Elle y a touché avec ses mains sales! poursuivit la Thénardier, avec ses affreuses mains!
Ici Cosette redoubla ses sanglots.
—Te tairas-tu? cria la Thénardier.
L'homme alla droit à la porte de la rue, l'ouvrit et sortit.
Dès qu'il fut sorti, la Thénardier profita de son absence pour allonger sous la table à Cosette un grand coup de pied qui fit jeter à l'enfant les hauts cris.
La porte se rouvrit, l'homme reparut, il portait dans ses deux mains la poupée fabuleuse dont nous avons parlé, et que tous les marmots du village contemplaient depuis le matin, et il la posa debout devant Cosette en disant:
—Tiens, c'est pour toi.
Il faut croire que, depuis plus d'une heure qu'il était là, au milieu de sa rêverie, il avait confusément remarqué cette boutique de bimbeloterie éclairée de lampions et de chandelles si splendidement qu'on l'apercevait à travers la vitre du cabaret comme une illumination.
Cosette leva les yeux, elle avait vu venir l'homme à elle avec cette poupée comme elle eût vu venir le soleil, elle entendit ces paroles inouïes: c'est pour toi, elle le regarda, elle regarda la poupée, puis elle recula lentement, et s'alla cacher tout au fond sous la table dans le coin du mur.
Elle ne pleurait plus, elle ne criait plus, elle avait l'air de ne plus oser respirer.
La Thénardier, Éponine, Azelma étaient autant de statues. Les buveurs eux-mêmes s'étaient arrêtés. Il s'était fait un silence solennel dans tout le cabaret.
La Thénardier, pétrifiée et muette, recommençait ses conjectures: —Qu'est-ce que c'est que ce vieux? est-ce un pauvre? est-ce un millionnaire? C'est peut-être les deux, c'est-à-dire un voleur.
La face du mari Thénardier offrit cette ride expressive qui accentue la figure humaine chaque fois que l'instinct dominant y apparent avec toute sa puissance bestiale. Le gargotier considérait tour à tour la poupée et le voyageur; il semblait flairer cet homme comme il eût flairé un sac d'argent. Cela ne dura que le temps d'un éclair. Il s'approcha de sa femme et lui dit bas:
—Cette machine coûte au moins trente francs. Pas de bêtises. À plat ventre devant l'homme.
Les natures grossières ont cela de commun avec les natures naïves qu'elles n'ont pas de transitions.—Eh bien, Cosette, dit la Thénardier d'une voix qui voulait être douce et qui était toute composée de ce miel aigre des méchantes femmes, est-ce que tu ne prends pas ta poupée?
Cosette se hasarda à sortir de son trou.
—Ma petite Cosette, reprit la Thénardier d'un air caressant, monsieur te donne une poupée. Prends-la. Elle est à toi.
Cosette considérait la poupée merveilleuse avec une sorte de terreur. Son visage était encore inondé de larmes, mais ses yeux commençaient à s'emplir, comme le ciel au crépuscule du matin, des rayonnements étranges de la joie. Ce qu'elle éprouvait en ce moment-là était un peu pareil à ce qu'elle eût ressenti si on lui eût dit brusquement: Petite, vous êtes la reine de France.
とにわかにコゼットは歌をやめた。テナルディエの娘たちの人形が、猫のためにほうり出されて、料理場のテーブルから数歩の所にころがってるのを、彼女はふり返って認めたのだった。
すると彼女は、自分の心を十分満たさなかったその着物をきせた剣をすてて、静かに室の中を見回した。テナルディエの上さんは亭主に何か小声で話しながら金を数えていた。エポニーヌとアゼルマとは猫を玩具にしていた。旅客らは食ったり飲んだり歌ったりしていた。だれもこちらを見てる者はなかった。彼女はその機をのがさなかった。膝と手とでテーブルの下からはい出して、だれも見ていないことをも一度確かめて、それから急に人形の所まではっていってそれをつかんだ。そしてすぐに自分の場所に戻り、そこにすわって身動きもしないで、ただ腕に抱いた人形を自分の影に隠そうとするように身をかがめた。本当の人形を持って遊ぶという幸福はめったに知らないことだったので、彼女は今快楽ともいえるほど非常な喜びを感じたのだった。
だれも彼女を見てる者はなかった、ただ粗末な食物をゆるゆると食べてるあの旅客のほかは。
コゼットの喜びはおよそ十五分間ばかり続いた。
けれども、非常に注意はしていたものの、コゼットは人形の片足が出ていることに気づかなかった、そして暖炉の火がその足をはっきり照らし出してることに。影の所から出てるその薔薇色の輝いた足が、突然アゼルマの目についた。彼女はエポニーヌに言った。「あら! 姉さん!」
二人の娘は遊びをやめて呆然とした。コゼットが大胆にも人形を取っている!
エポニーヌは立ち上がって、猫を持ったまま母親の所へ行って、その裾を引っ張った。
「うるさいね!」と母親は言った。「どうしようというんだよ。」
「お母さん、まあごらんよ!」と子供は言った。
そして彼女はコゼットをさし示した。
コゼットの方は人形を持ってることに有頂天になって、もう何にも見も聞きもしなかった。
テナルディエの上さんの顔には特殊な表情が浮かんだ。それはこの世の恐ろしさと下らなさとがいっしょになった表情で、いわゆる毒婦と称する型の表情だった。
こんどは、自尊心が傷けられたので彼女の憤怒はいっそう激しくなった。コゼットはあらゆる制限を越えていたのである。「お嬢さんたち」の人形に手をつけていたのである。
一人の百姓が皇子の大青綬章に手をつけた所を見るロシア女帝の顔も、おそらくそれと等しいありさまを呈するかも知れなかった。
彼女は憤怒にかれた声をしぼって叫んだ。
「コゼット!」
コゼットは大地が足の下で震動したかのように震え上がった。そしてふり返った。
「コゼット!」と上さんはくり返した。
コゼットは人形を取り、恭敬と絶望との様子でそれを静かに下に置いた。それからなお人形から目を離さないで、両手を組み合わした。そしてそれくらいの年頃の子供には言うも恐ろしいことではあるが、その両手をねじり合わした。それから、その日の種々な恐ろしいこと、森の中に行ったことや、水の一杯な桶の重かったことや、金をなくしたことや、鞭をつきつけられたことや、テナルディエの上さんの口から聞いた恐ろしい言葉など、そんなことに会ってもまだ出てこなかったものが今彼女から出てきた、すなわち涙が。彼女はすすり泣きを初めた。
その間にあの旅客は立ち上がっていた。
「どうしたのです。」と彼は上さんに言った。
「わかりませんか。」と上さんは言って、コゼットの足下に横たわってる罪証物件を指で差し示した。
「で、あれがどうしたのです。」と男は言った。
「あの乞食娘が、家の子供の人形に手をつけたんです。」と上さんは答えた。
「それでこんな騒ぎですか!」と男は言った。「あの児が人形で遊んだのがどうしたというんです。」
「あのきたない手で触ったんです、」と上さんは言い続けた、「あの身震いが出るほどきたない手で。」
するとコゼットは更に激しくすすり泣いた。
「静かにしないか!」と上さんは叫んだ。
男はまっすぐに表の戸口の方へゆき、それを開いて出て行った。
彼が出て行くと、上さんはその間に乗じて、テーブルの下のコゼットをひどくけりつけた。そのため娘は大声を上げた。
戸はまた開かれた。素敵な人形を両手にかかえて男はそこに現われた。その人形のことは前に言っておいたとおりで、村の子供たちが朝からながめ入っていたものである。男は人形をコゼットの前にすえて言った。
「さあ、これがお前さんのだ。」
彼はここにきて一時間以上にもなるが、その間何やら考えこみながらも、あの玩具屋の店がランプや蝋燭の光でまぶしいほどに照らされて、その宿屋のガラス戸越しにイリュミネーションのように見えているのを、ぼんやり見て取っていたものと思われる。
コゼットは目を上げた。男が人形を持って自分の方へやって来るのを、太陽が近づいて来るのを見るようにしてながめた。これがお前さんのだという異常な言葉を彼女は聞いた。彼女はその男をながめ、人形をながめ、それからそろそろと後退りをして、テーブルの下の壁のすみに深く隠れてしまった。
彼女はもう泣きもしなければ、声も立てなかった。じっと息までもつめてるような様子だった。
テナルディエの上さんと、エポニーヌとアゼルマとは、みなそこに立ちすくんでしまった。酒を飲んでた連中までもその手を休めた。室の中は厳粛な沈黙に満たされた。
上さんは石のようになって黙ったまま、また推測をはじめた。「この爺さんはいったい何者だろう。貧乏人かしら、大金持ちかしら。きっとその両方かも知れない、と言えばまあ泥坊だが。」
亭主のテナルディエの顔には、意味ありげなしわが寄った。強い本能がその全獣力をもって現われる時に人間の顔の上に寄ってくるしわである。亭主は人形と旅客とをかわるがわる見比べた。彼はあたかも金袋でもかぎ出したかのようにその男をかぎ分けてるようだった。もっともそれはほんの一瞬の間であった。彼は女房の方へ近づいて、低くささやいた。
「あの品は少なくとも三十フランはする。ばかなまねをしちゃいけねえ。あの男の前に膝を下げろよ。」
下等な性質と無邪気な性質とはただ一つの共通点を持っている。すなわち、直ちに掌を返すがごとき点を。
「さあコゼットや。」とテナルディエの上さんはやさしくしたつもりの声で言った。けれどもそれは意地悪女の酸っぱい蜜から成ってる声だった。「人形をいただかないのかい。」
コゼットは思いきって穴から出てきた。
「コゼット、」とテナルディエも甘やかすような声で言った、「旦那が人形を下さるんだ。いただけよ。その人形はお前んだ。」
コゼットは一種の驚駭の情をもって、そのみごとな人形をながめた。その顔はなお涙にまみれていたが、その目は曙の空のように、喜悦の言い難い輝きに満ちてきた。その時彼女は、「娘よお前はフランスの皇后さまだ、」と突然言われでもしたような感情を覚えていた。
Il lui semblait que si elle touchait à cette poupée, le tonnerre en sortirait.
Ce qui était vrai jusqu'à un certain point, car elle se disait que la Thénardier gronderait, et la battrait.
Pourtant l'attraction l'emporta. Elle finit par s'approcher, et murmura timidement en se tournant vers la Thénardier:
—Est-ce que je peux, madame?
Aucune expression ne saurait rendre cet air à la fois désespéré, épouvanté et ravi.
—Pardi! fit la Thénardier, c'est à toi. Puisque monsieur te la donne.
—Vrai, monsieur? reprit Cosette, est-ce que c'est vrai? c'est à moi, la dame?
L'étranger paraissait avoir les yeux pleins de larmes. Il semblait être à ce point d'émotion où l'on ne parle pas pour ne pas pleurer. Il fit un signe de tête à Cosette, et mit la main de «la dame» dans sa petite main.
Cosette retira vivement sa main, comme si celle de la dame la brûlait, et se mit à regarder le pavé. Nous sommes forcé d'ajouter qu'en cet instant-là elle tirait la langue d'une façon démesurée. Tout à coup elle se retourna et saisit la poupée avec emportement.
—Je l'appellerai Catherine, dit-elle.
Ce fut un moment bizarre que celui où les haillons de Cosette rencontrèrent et étreignirent les rubans et les fraîches mousselines roses de la poupée.
—Madame, reprit-elle, est-ce que je peux la mettre sur une chaise?
—Oui, mon enfant, répondit la Thénardier.
Maintenant c'étaient Éponine et Azelma qui regardaient Cosette avec envie.
Cosette posa Catherine sur une chaise, puis s'assit à terre devant elle, et demeura immobile, sans dire un mot dans l'attitude de la contemplation.
—Joue donc, Cosette, dit l'étranger.
—Oh! je joue, répondit l'enfant. Cet étranger, cet inconnu qui avait l'air d'une visite que la providence faisait à Cosette, était en ce moment-là ce que la Thénardier haïssait le plus au monde. Pourtant il fallait se contraindre. C'était plus d'émotions qu'elle n'en pouvait supporter, si habituée qu'elle fût à la dissimulation par la copie qu'elle tâchait de faire de son mari dans toutes ses actions. Elle se hâta d'envoyer ses filles coucher, puis elle demanda à l'homme jaune la permission d'y envoyer aussi Cosette, qui a bien fatigué aujourd'hui, ajouta-t-elle d'un air maternel. Cosette s'alla coucher emportant Catherine entre ses bras.
La Thénardier allait de temps en temps à l'autre bout de la salle où était son homme, pour se soulager l'âme, disait-elle. Elle échangeait avec son mari quelques paroles d'autant plus furieuses qu'elle n'osait les dire haut:
—Vieille bête! qu'est-ce qu'il a donc dans le ventre? Venir nous déranger ici! vouloir que ce petit monstre joue! lui donner des poupées! donner des poupées de quarante francs à une chienne que je donnerais moi pour quarante sous! Encore un peu il lui dirait votre majesté comme à la duchesse de Berry! Y a-t-il du bon sens? il est donc enragé, ce vieux mystérieux-là?
—Pourquoi? C'est tout simple, répliquait le Thénardier. Si ça l'amuse! Toi, ça t'amuse que la petite travaille, lui, ça l'amuse qu'elle joue. Il est dans son droit. Un voyageur, ça fait ce que ça veut quand ça paye. Si ce vieux est un philanthrope, qu'est-ce que ça te fait? Si c'est un imbécile, ça ne te regarde pas. De quoi te mêles-tu, puisqu'il a de l'argent?
Langage de maître et raisonnement d'aubergiste qui n'admettaient ni l'un ni l'autre la réplique.
L'homme s'était accoudé sur la table et avait repris son attitude de rêverie. Tous les autres voyageurs, marchands et rouliers, s'étaient un peu éloignés et ne chantaient plus. Ils le considéraient à distance avec une sorte de crainte respectueuse. Ce particulier si pauvrement vêtu, qui tirait de sa poche les roues de derrière avec tant d'aisance et qui prodiguait des poupées gigantesques à de petites souillons en sabots, était certainement un bonhomme magnifique et redoutable.
Plusieurs heures s'écoulèrent. La messe de minuit était dite, le réveillon était fini, les buveurs s'en étaient allés, le cabaret était fermé, la salle basse était déserte, le feu s'était éteint, l'étranger était toujours à la même place et dans la même posture. De temps en temps il changeait le coude sur lequel il s'appuyait. Voilà tout. Mais il n'avait pas dit un mot depuis que Cosette n'était plus là.
Les Thénardier seuls, par convenance et par curiosité, étaient restés dans la salle.—Est-ce qu'il va passer la nuit comme ça? grommelait la Thénardier. Comme deux heures du matin sonnaient, elle se déclara vaincue et dit à son mari:—Je vais me coucher. Fais-en ce que tu voudras.—Le mari s'assit à une table dans un coin, alluma une chandelle et se mit à lire le Courrier français.
Une bonne heure se passa ainsi. Le digne aubergiste avait lu au moins trois fois le Courrier français, depuis la date du numéro jusqu'au nom de l'imprimeur. L'étranger ne bougeait pas.
Le Thénardier remua, toussa, cracha, se moucha, fit craquer sa chaise. Aucun mouvement de l'homme.—Est-ce qu'il dort? pensa Thénardier.—L'homme ne dormait pas, mais rien ne pouvait l'éveiller.
Enfin Thénardier ôta son bonnet, s'approcha doucement, et s'aventura à dire:
—Est-ce que monsieur ne va pas reposer?
Ne va pas se coucher lui eût semblé excessif et familier. Reposer sentait le luxe et était du respect. Ces mots-là ont la propriété mystérieuse et admirable de gonfler le lendemain matin le chiffre de la carte à payer. Une chambre où l'on couche coûte vingt sous; une chambre où l'on repose coûte vingt francs.
—Tiens! dit l'étranger, vous avez raison. Où est votre écurie?
—Monsieur, fit le Thénardier avec un sourire, je vais conduire monsieur.
Il prit la chandelle, l'homme prit son paquet et son bâton, et Thénardier le mena dans une chambre au premier qui était d'une rare splendeur, toute meublée en acajou avec un lit-bateau et des rideaux de calicot rouge.
—Qu'est-ce que c'est que cela? dit le voyageur.
—C'est notre propre chambre de noce, dit l'aubergiste. Nous en habitons une autre, mon épouse et moi. On n'entre ici que trois ou quatre fois dans l'année.
—J'aurais autant aimé l'écurie, dit l'homme brusquement.
Le Thénardier n'eut pas l'air d'entendre cette réflexion peu obligeante.
Il alluma deux bougies de cire toutes neuves qui figuraient sur la cheminée. Un assez bon feu flambait dans l'âtre.
Il y avait sur cette cheminée, sous un bocal, une coiffure de femme en fils d'argent et en fleurs d'oranger.
—Et ceci, qu'est-ce que c'est? reprit l'étranger.—Monsieur, dit le Thénardier, c'est le chapeau de mariée de ma femme.
Le voyageur regarda l'objet d'un regard qui semblait dire: il y a donc eu un moment où ce monstre a été une vierge!
Du reste le Thénardier mentait. Quand il avait pris à bail cette bicoque pour en faire une gargote, il avait trouvé cette chambre ainsi garnie, et avait acheté ces meubles et brocanté ces fleurs d'oranger, jugeant que cela ferait une ombre gracieuse sur «son épouse», et qu'il en résulterait pour sa maison ce que les Anglais appellent de la respectabilité.
Quand le voyageur se retourna, l'hôte avait disparu. Le Thénardier s'était éclipsé discrètement, sans oser dire bonsoir, ne voulant pas traiter avec une cordialité irrespectueuse un homme qu'il se proposait d'écorcher royalement le lendemain matin.
L'aubergiste se retira dans sa chambre. Sa femme était couchée, mais elle ne dormait pas. Quand elle entendit le pas de son mari, elle se tourna et lui dit:
—Tu sais que je flanque demain Cosette à la porte.
Le Thénardier répondit froidement:
—Comme tu y vas!
Ils n'échangèrent pas d'autres paroles, et quelques minutes après leur chandelle était éteinte.
De son côté le voyageur avait déposé dans un coin son bâton et son paquet. L'hôte parti, il s'assit sur un fauteuil et resta quelque temps pensif. Puis il ôta ses souliers, prit une des deux bougies, souffla l'autre, poussa la porte et sortit de la chambre, regardant autour de lui comme quelqu'un qui cherche. Il traversa un corridor et parvint à l'escalier. Là il entendit un petit bruit très doux qui ressemblait à une respiration d'enfant. Il se laissa conduire par ce bruit et arriva à une espèce d'enfoncement triangulaire pratiqué sous l'escalier ou pour mieux dire formé par l'escalier même. Cet enfoncement n'était autre chose que le dessous des marches. Là, parmi toutes sortes de vieux paniers et de vieux tessons, dans la poussière et dans les toiles d'araignées, il y avait un lit; si l'on peut appeler lit une paillasse trouée jusqu'à montrer la paille et une couverture trouée jusqu'à laisser voir la paillasse. Point de draps. Cela était posé à terre sur le carreau. Dans ce lit Cosette dormait.
L'homme s'approcha, et la considéra.
Cosette dormait profondément. Elle était toute habillée. L'hiver elle ne se déshabillait pas pour avoir moins froid.
Elle tenait serrée contre elle la poupée dont les grands yeux ouverts brillaient dans l'obscurité. De temps en temps elle poussait un grand soupir comme si elle allait se réveiller, et elle étreignait la poupée dans ses bras presque convulsivement. Il n'y avait à côté de son lit qu'un de ses sabots.
Une porte ouverte près du galetas de Cosette laissait voir une assez grande chambre sombre. L'étranger y pénétra. Au fond, à travers une porte vitrée, on apercevait deux petits lits jumeaux très blancs. C'étaient ceux d'Azelma et d'Éponine. Derrière ces lits disparaissait à demi un berceau d'osier sans rideaux où dormait le petit garçon qui avait crié toute la soirée.
L'étranger conjectura que cette chambre communiquait avec celle des époux Thénardier. Il allait se retirer quand son regard rencontra la cheminée; une de ces vastes cheminées d'auberge où il y a toujours un si petit feu, quand il y a du feu, et qui sont si froides à voir. Dans celle-là il n'y avait pas de feu, il n'y avait pas même de cendre; ce qui y était attira pourtant l'attention du voyageur. C'étaient deux petits souliers d'enfant de forme coquette et de grandeur inégale; le voyageur se rappela la gracieuse et immémoriale coutume des enfants qui déposent leur chaussure dans la cheminée le jour de Noël pour y attendre dans les ténèbres quelque étincelant cadeau de leur bonne fée. Éponine et Azelma n'avaient eu garde d'y manquer, et elles avaient mis chacune un de leurs souliers dans la cheminée.
Le voyageur se pencha.
La fée, c'est-à-dire la mère, avait déjà fait sa visite, et l'on voyait reluire dans chaque soulier une belle pièce de dix sous toute neuve.
L'homme se relevait et allait s'en aller lorsqu'il aperçut au fond, à l'écart, dans le coin le plus obscur de l'âtre, un autre objet. Il regarda, et reconnut un sabot, un affreux sabot du bois le plus grossier, à demi brisé, et tout couvert de cendre et de boue desséchée. C'était le sabot de Cosette. Cosette, avec cette touchante confiance des enfants qui peut être trompée toujours sans se décourager jamais, avait mis, elle aussi, son sabot dans la cheminée.
C'est une chose sublime et douce que l'espérance dans un enfant qui n'a jamais connu que le désespoir.
Il n'y avait rien dans ce sabot.
L'étranger fouilla dans son gilet, se courba, et mit dans le sabot de Cosette un louis d'or.
Puis il regagna sa chambre à pas de loup.
もしその人形にさわりでもしたら、そこから雷でも飛び出しはすまいか、というような気持が彼女はした。
それはある点まで実際のことだった。なぜなら、もしそうしたらテナルディエの上さんが自分をしかりつけはすまいか、また自分を打ちはすまいか、と彼女は考えたのである。
けれども人形に引きつけられる力の方が強かった。彼女はついにその方へ寄って行った。そして上さんの方へふり向いて、こわごわつぶやいた。
「よろしいんでしょうか、お上さん。」
その時の彼女の同時に絶望と恐怖と歓喜とのこもった様子は、いかなる文字をもってしても書き現わすことはできないものだった。
「いいとも!」と上さんは言った。「お前んだよ。旦那がお前に下さるんだから。」
「本当なの、小父さん。」とコゼットは言った。「本当なの、私んですか、この奥様は。」
男の目には涙があふれてるらしかった。彼は感情の高潮に達していて、涙を流さないために口もきけないような状態にあるかと思われた。彼はただコゼットにうなずいてみせて、その「奥様」の手をコゼットの小さな手に握らしてやった。
コゼットは急に手を引っ込めた、あたかも奥様の手が彼女の手を焼いたかのように。そして床の上を見つめた。なおその時彼女がひどく舌をつき出したことをも、われわれはつけ加えざるを得ない。それから彼女は突然向き直って、ひしと人形をつかんだ。
「私はこれにカトリーヌという名をつけよう。」と彼女は言った。
コゼットのぼろの着物が、人形のリボンと薔薇色のぱっとしたモスリンとに並んで押しつけられてるのはすこぶる異様な様であった。
「お上さん、」と彼女はまた言った、「これを椅子の上に置いてもようございますか。」
「ああいいよ。」と上さんは答えた。
こんどはエポニーヌとアゼルマとがコゼットをうらやましそうに見ていた。
コゼットはカトリーヌを椅子の上に置いた。それから自分はその前の地面にすわって、じっと見入っている様子で黙ったまま身動きもしなかった。
「さあお遊び、コゼット。」と男は言った。
「ええ遊んでるのよ。」と娘は答えた。
天からコゼットの所へつかわされた者のような、その見ず知らずの不思議な男を、テナルディエの上さんはそのとき世に最も憎むべき者のように思った。けれども自分をおさえなければならなかった。彼女は何事にも夫をまねようとしていたので、仮面をかぶることにはよくなれていたが、それでもその時の感情にはほとんどたえ難いものがあった。彼女は急いで自分の娘たちを寝床に追いやった。それからコゼットをも寝かそうとその黄色い着物の男に許可を願った。今日は大変疲れていますからなどと母親らしい様子でつけ加えた。でコゼットは、両腕にカトリーヌを抱いて寝に行った。
上さんは時々、室の向こうの端の亭主の所へ行った。心を安めるためにと自ら言っていた。彼女は亭主とちょっと言葉をかわした。それは大声に言えないだけいっそういら立ったものだった。
「あの糞爺め! どういう腹なんだろう。ここにやってきて私どもの邪魔をするなんて! あの小さな餓鬼を遊ばしたがったり、人形をやったり、それも、四十スーの値打ちもない犬女郎に四十フランもする人形をやったりしてさ! も少ししたら、ベリーの御妃にでも言うように、陛下なんて言い出すかも知れない。正気の沙汰か、気が狂ったのか、あの変な老耄めが。」
「なぜかって、わかってるじゃないか。」とテナルディエは答え返した。「なあに、それが奴にはおもしろいんだ! お前にはあの児が働くのがおもしろいように、奴にはあの児が遊ぶのがおもしろいのさ。それはあの男の権利だ。客となりゃあ、金さえ出せば何でも勝手にできるんだからな。あの爺さんが慈善家だったとしても、それがお前にどうしたというわけはないじゃねえか。もしばか者だったとしたところで、お前に関係したことじゃねえ。何もお前が口を出すことはねえや。向こうには金があるんだからな。」
亭主としての言葉、宿屋の主人としての理論、それはいずれも抗弁を許さないところのものであった。
男はテーブルの上に肱をついて、また何か考え込んだような様子をしていた。商人や馬方などすべての他の旅客らは、少し遠くに身をさけて、もう歌も歌わなかった。彼らは一種の畏敬の念をもって男を遠くからながめていた。あんな見すぼらしい着物をつけながら、平気で大きい貨幣をポケットから引き出し、木靴をはいた小婢に大きな人形を奢ってやるその男は、確かに素敵なまた恐ろしい爺さんに違いなかった。
かくて数時間すぎ去った。夜半の弥撒もとなえられ、夜食も終わり、酒飲みの連中も立ち去ってしまい、酒場の戸も閉ざされ、その天井の低い広間にも人がいなくなり、火も消えてしまったが、不思議な男はなお同じ席に同じ姿勢でじっとしていた。時々彼は身をもたしてる肱を右左と変えていた。ただそれだけであった。コゼットが去ってからはもう一言も口をきかなかった。
テナルディエ夫婦だけが、作法と好奇心とからその広間に残っていた。「夜通しあんなふうにしているつもりかしら、」と女房はつぶやいた。午前の二時が鳴った時、彼女はついに閉口して亭主に言った。「私はもう寝ますよ。好きなようになさるがいいわ。」亭主は片すみのテーブルにすわって、蝋燭をつけ、クーリエ・フランセー紙を読み初めた。
そういうふうにして一時間余りたった。あっぱれな亭主は少なくとも三度くらいはくり返してクーリエ・フランセー紙をその日付けから印刷者の名前まで読み返したが、男は身を動かそうともしなかった。
テナルディエは身体を動かし、咳をし、唾を吐き、鼻をかみ、椅子をがたがたいわしたが、それでも男は身動きもしなかった。「眠ってるのかしら、」とテナルディエは考えた。が男は眠ってるのではなかった。しかし何物も彼の心を呼びさますことはできなかった。
ついにテナルディエは帽子をぬぎ、静かに近寄ってゆき、思い切って彼に言ってみた。
「旦那、お休みになりませんか。」
寝ませんかという言葉でも彼にはじゅうぶんな親しいものに思われたかも知れなかった。休むという言葉にはぜいたくの気味があって、敬意が含まれてるのだった。それらの言葉は翌朝の勘定書の数字を大きくする不思議な驚くべき性質を持っているのである。寝る室が二十スーなら、休む室は二十フランするのである。
「やあ、なるほど。」と男は言った。「廐はどこにありますか。」
「旦那、」とテナルディエは微笑を浮かべて言った、「御案内いたしましょう。」
亭主は蝋燭をとり、男は包みと杖とを取った。そして亭主は彼を二階の室に導いた。特別にりっぱな室で、マホガニー製の家具が備えてあり、船型寝台と赤いキャラコの帷とがついていた。
「これはいったい何ですか。」と旅客は言った。
「私どもの結婚の時の室でございます。」と主人は言った。「今では私ども二人は他の室に寝るようにしています。一年に三四度しかだれもはいらないのです。」
「私には廐でも同じだったのに。」と男は無造作に言った。
テナルディエはそのあまり愛想のない言葉を耳にしなかったようなふうをした。
彼は暖炉の上に出てる新しい二本の蝋燭に火をともした。炉の中にはかなりよく火が燃えていた。
暖炉棚の上にはガラス器の中に、銀糸とオレンジの花とのついた女の帽子が一つあった。
「そしてこれは、何ですか。」と男は言った。
「旦那、それは家内が結婚の時の帽子でございます。」とテナルディエは答えた。
旅客はそれをながめたが、「ではあの怪物にも処女の時代があったのかな、」とでもいうような目つきだった。
だがテナルディエは嘘を言ったのである。その家を借りて飲食店にしようとした時から、室は今のとおりであった。彼はそれらの家具やオレンジの花の中古の帽子などを買い取った。それによって「自分の配偶者」には優雅な光がそうことになり、そうしておけばこの家もイギリス人のいわゆるりっぱな体面をそなえることになると、彼は考えたのであった。
旅客がふり返った時には、亭主はもうそこにいなかった。テナルディエは翌朝うまく金をしぼり取ってやるつもりのその男には不遠慮な親しい待遇をしないがいいと思って、あいさつもせずにひそかに逃げ出してしまったのである。
亭主は自分の室に退いた。女房は床についていたが、眠ってはいなかった。亭主の足音が聞こえた時彼女はふり向いて言った。
「私明日になったらコゼットをたたき出してしまいますよ。」
テナルディエは冷ややかに答えた。
「そうか。」
彼らはその他の言葉をかわさなかった。やがて蝋燭は消された。
旅客の方では、室の片すみに杖と包みとを置いた。亭主が出て行くと、肱掛椅子にすわってしばらく考え込んだ。それから靴をぬぎ、蝋燭の一本を手に取り一本を吹き消し、扉を押し開き、何かをさがすようなふうであたりに目を配りながら室を出て行った。廊下を通って階段の所へ達した。そこで、子供の息のようなきわめて静かな小さな音を耳にした。その音に引かれて彼は、階段の下に作られてる――というよりもむしろ階段でできてる一種の三角形の押し入れみたいな所へやってきた。それは階段の下のすき間にすぎなかった。そこに、古かごや古びんなどの間に、ほこりや蜘蛛の巣などの中に、一つの寝床があった。もっとも寝床と言っても、穴があいて中の藁が見えている蒲団と、下まで見通せるほど穴だらけの掛け物とにすぎなかった。敷き布もなかった。そして、それだけのものが床石の上にじかに置かれていた。その寝床の中に、コゼットが眠っていた。
男はそこに近づいて、彼女をながめた。
コゼットは深く眠っていた。着物もきたままだった。冬には、なるべく寒くないように着物もぬがないで眠るのであった。
彼女はしっかと人形を抱きしめていた。人形の大きく開かれた目はやみの中に光っていた。時々彼女は目をさましかかってるように大きなため息をもらしては、ほとんど痙攣的に人形を腕に抱きしめた。寝床のそばにはただ片方の木靴があった。
コゼットの寝てる物置きのそばに一つの扉が開いたままになっていて、そこからかなり広い薄暗い室が見えていた。男はそこにはいって行った。奥の方に、一つのガラス戸を通して、一対の小さなまっ白な寝床が見えていた。アゼルマとエポニーヌとの寝床であった。その向こうに柳の枝でできた帷なしの揺籃が半ば見えていた。中には、その晩、始終泣き通しにしていた小さい男の児が眠っていた。
男はその室がテナルディエ夫婦の寝てる室に続いていることを察した。そして引き返そうとした時、彼の目はそこの暖炉の上に落ちた。それはよく宿屋に見受けられる大きなやつで、火がある時でもきまってごくわずかであって、見ても寒そうに思われるものだった。今その暖炉には、火もなければ灰さえもなかった。けれども男の注意を引くものがそこにあった。それはかわいらしいかっこうの大小二つの子供靴だった。クリスマスの晩暖炉の中に履物を置いておいて、親切なお爺さんがりっぱな贈物を持ってきてくれるのを暗やみのうちに待つという、あのおもしろい古くからの子供の習慣を、彼はその時思い出した。エポニーヌとアゼルマとはそのことを忘れないで、めいめい自分の靴を片方ずつ暖炉の中に置いていたのである。
男は身をかがめてのぞいてみた。
親切なお爺さんは、すなわち母親は、既にやってきたと見えて、両方の靴の中にはそれぞれ、新しいりっぱな十スー銀貨が光っていた。
男は立ち上がって去ろうとした。その時彼は、炉の奥の方の暗いすみっこの影に、も一つ何かがあるのを認めた。よく見るとそれは木靴だった。ぶかっこうな醜い木靴で、半ばこわれかかっていて、かわいた泥と灰とにまみれていた。コゼットの木靴だった。コゼットはいくらだまされても決して気を落とさない子供心のいじらしい信頼で、暖炉の中に自分も木靴を置いたのであった。
絶望のほかは何事も知らなかった子供のうちにもなお残っているその希望こそ、崇高なまた優しいものではないか。
その木靴の中には何にもはいっていなかった。
男は胴着の中をさぐり、身をかがめ、コゼットの木靴の中にルイ金貨を一つ入れた。
それから彼は抜き足して自分の室へ戻った。
Chapitre IX Thénardier à la manœuvre
lendemain matin, deux heures au moins avant le jour, le mari Thénardier, attablé près d'une chandelle dans la salle basse du cabaret, une plume à la main, composait la carte du voyageur à la redingote jaune.
La femme debout, à demi courbée sur lui, le suivait des yeux. Ils n'échangeaient pas une parole. C'était, d'un côté, une méditation profonde, de l'autre, cette admiration religieuse avec laquelle on regarde naître et s'épanouir une merveille de l'esprit humain. On entendait un bruit dans la maison; c'était l'Alouette qui balayait l'escalier.
Après un bon quart d'heure et quelques ratures, le Thénardier produisit ce chef-d'œuvre.
Note du Monsieur du No 1.
Souper Fr. 3
Chambre Fr. 10
Bougie Fr. 5
Feu Fr. 4
Service Fr. 1
----------------
Total Fr. 23
Service était écrit servisse.
—Vingt-trois francs! s'écria la femme avec un enthousiasme mêlé de quelque hésitation.
Comme tous les grands artistes, le Thénardier n'était pas content. —Peuh! fit-il.
C'était l'accent de Castlereagh rédigeant au congrès de Vienne la carte à payer de la France.
—Monsieur Thénardier, tu as raison, il doit bien cela, murmura la femme qui songeait à la poupée donnée à Cosette en présence de ses filles, c'est juste, mais c'est trop. Il ne voudra pas payer.
翌朝少なくとも夜明けより二時間ぐらい前に、テナルディエは酒場の天井の低い広間で蝋燭の傍にすわって、手にペンを執り、黄色いフロックの旅客への請求書をしたためていた。
女房はそばに立ちながら半ば彼の上に身をかがめて、ペンの跡をたどっていた。彼らは一言も言葉をかわさなかった。一方は、深く考え込んでおり、一方は、人の頭から驚くべきものが出現してくるのを見るおりのあの敬虔な嘆賞の念に満たされていた。家の中にはただ一つの物音がしていた。それは雲雀娘が階段を掃除する音だった。
およそ十五分もたってから、いくらかの添削をした後、テナルディエは次の傑作をこしらえ上げた。
一、夕食 三フラン
一、室代 十フラン
一、蝋燭代 五フラン
一、炭代 四フラン
一、雑用 一フラン
合計 二十三フラン
右の書き付けのうち雑用というのはまちがって難用と書いてあった。
「二十三フラン!」と女房は多少躊躇の色を浮かべながら感心して叫んだ。
あらゆる大芸術家のように、テナルディエはそれでもなお満足してはいなかった。
「なあに!」と彼は言った。
それはあたかも、ウイン会議においてフランスの賠償金額を定めてるカスルリーグのような調子だった。
「なるほどそうね。それぐらいは相当さ。」と女房は自分の娘たちの面前で男がコゼットに人形を与えたことを考えながらつぶやいた。「それで当たりまえよ。けれどあまり多すぎるようね。払うまいとしやしないかしら。」

Le Thénardier fit son rire froid, et dit:
—Il payera.
Ce rire était la signification suprême de la certitude et de l'autorité. Ce qui était dit ainsi devait être. La femme n'insista point. Elle se mit à ranger les tables; le mari marchait de long en large dans la salle. Un moment après il ajouta:
—Je dois bien quinze cents francs, moi!
Il alla s'asseoir au coin de la cheminée, méditant, les pieds sur les cendres chaudes.
—Ah çà! reprit la femme, tu n'oublies pas que je flanque Cosette à la porte aujourd'hui? Ce monstre! elle me mange le cœur avec sa poupée! J'aimerais mieux épouser Louis XVIII que de la garder un jour de plus à la maison.
Le Thénardier alluma sa pipe et répondit entre deux bouffées.
—Tu remettras la carte à l'homme.
Puis il sortit.
Il était à peine hors de la salle que le voyageur y entra.
Le Thénardier reparut sur-le-champ derrière lui et demeura immobile dans la porte entre-bâillée, visible seulement pour sa femme.
L'homme jaune portait à la main son bâton et son paquet.
—Levé si tôt! dit la Thénardier, est-ce que monsieur nous quitte déjà?
Tout en parlant ainsi, elle tournait d'un air embarrassé la carte dans ses mains et y faisait des plis avec ses ongles. Son visage dur offrait une nuance qui ne lui était pas habituelle, la timidité et le scrupule.
Présenter une pareille note à un homme qui avait si parfaitement l'air d'«un pauvre», cela lui paraissait malaisé.
Le voyageur semblait préoccupé et distrait. Il répondit:
—Oui, madame. Je m'en vais.
—Monsieur, reprit-elle, n'avait donc pas d'affaires à Montfermeil?
—Non. Je passe par ici. Voilà tout. Madame, ajouta-t-il, qu'est-ce que je dois?
La Thénardier, sans répondre, lui tendit la carte pliée.
L'homme déplia le papier, le regarda, mais son attention était visiblement ailleurs.
—Madame, reprit-il, faites-vous de bonnes affaires dans ce Montfermeil?
—Comme cela, monsieur, répondit la Thénardier stupéfaite de ne point voir d'autre explosion.
Elle poursuivit d'un accent élégiaque et lamentable:
—Oh! monsieur, les temps sont bien durs! et puis nous avons si peu de bourgeois dans nos endroits! C'est tout petit monde, voyez-vous. Si nous n'avions pas par-ci par-là des voyageurs généreux et riches comme monsieur! Nous avons tant de charges. Tenez, cette petite nous coûte les yeux de la tête.
—Quelle petite?
—Eh bien, la petite, vous savez! Cosette! l'Alouette, comme on dit dans le pays!
—Ah! dit l'homme.
Elle continua:
—Sont-ils bêtes, ces paysans, avec leurs sobriquets! elle a plutôt l'air d'une chauve-souris que d'une alouette. Voyez-vous, monsieur, nous ne demandons pas la charité, mais nous ne pouvons pas la faire. Nous ne gagnons rien, et nous avons gros à payer. La patente, les impositions, les portes et fenêtres, les centimes! Monsieur sait que le gouvernement demande un argent terrible! Et puis j'ai mes filles, moi. Je n'ai pas besoin de nourrir l'enfant des autres. L'homme reprit, de cette voix qu'il s'efforçait de rendre indifférente et dans laquelle il y avait un tremblement:
—Et si l'on vous en débarrassait?
—De qui? de la Cosette?
—Oui.
La face rouge et violente de la gargotière s'illumina d'un épanouissement hideux.
—Ah, monsieur! mon bon monsieur! prenez-la, gardez-la, emmenez-la, emportez-la, sucrez-la, truffez-la, buvez-la, mangez-la, et soyez béni de la bonne sainte Vierge et de tous les saints du paradis!
—C'est dit.
—Vrai? vous l'emmenez?
—Je l'emmène.
—Tout de suite?
—Tout de suite. Appelez l'enfant.
—Cosette! cria la Thénardier.
—En attendant, poursuivit l'homme, je vais toujours vous payer ma dépense. Combien est-ce?
Il jeta un coup d'œil sur la carte et ne put réprimer un mouvement de surprise:
—Vingt-trois francs!
Il regarda la gargotière et répéta:
—Vingt-trois francs?
Il y avait dans la prononciation de ces deux mots ainsi répétés l'accent qui sépare le point d'exclamation du point d'interrogation.
La Thénardier avait eu le temps de se préparer au choc. Elle répondit avec assurance:
—Dame oui, monsieur! c'est vingt-trois francs.
L'étranger posa cinq pièces de cinq francs sur la table.
—Allez chercher la petite, dit-il.
En ce moment, le Thénardier s'avança au milieu de la salle et dit:
—Monsieur doit vingt-six sous.
—Vingt-six sous! s'écria la femme.
—Vingt sous pour la chambre, reprit le Thénardier froidement, et six sous pour le souper. Quant à la petite, j'ai besoin d'en causer un peu avec monsieur. Laisse-nous, ma femme. La Thénardier eut un de ces éblouissements que donnent les éclairs imprévus du talent. Elle sentit que le grand acteur entrait en scène, ne répliqua pas un mot, et sortit.
Dès qu'ils furent seuls, le Thénardier offrit une chaise au voyageur. Le voyageur s'assit; le Thénardier resta debout, et son visage prit une singulière expression de bonhomie et de simplicité.
—Monsieur, dit-il, tenez, je vais vous dire. C'est que je l'adore, moi, cette enfant.
L'étranger le regarda fixement.
—Quelle enfant?
Thénardier continua:
—Comme c'est drôle! on s'attache. Qu'est-ce que c'est que tout cet argent-là? reprenez donc vos pièces de cent sous. C'est une enfant que j'adore.
—Qui ça? demanda l'étranger.
—Hé, notre petite Cosette! ne voulez-vous pas nous l'emmener? Eh bien, je parle franchement, vrai comme vous êtes un honnête homme, je ne peux pas y consentir. Elle me ferait faute, cette enfant. J'ai vu ça tout petit. C'est vrai qu'elle nous coûte de l'argent, c'est vrai qu'elle a des défauts, c'est vrai que nous ne sommes pas riches, c'est vrai que j'ai payé plus de quatre cents francs en drogues rien que pour une de ses maladies! Mais il faut bien faire quelque chose pour le bon Dieu. Ça n'a ni père ni mère, je l'ai élevée. J'ai du pain pour elle et pour moi. Au fait j'y tiens, à cette enfant. Vous comprenez, on se prend d'affection; je suis une bonne bête, moi; je ne raisonne pas; je l'aime, cette petite; ma femme est vive, mais elle l'aime aussi. Voyez-vous, c'est comme notre enfant. J'ai besoin que ça babille dans la maison.
L'étranger le regardait toujours fixement. Il continua:
—Pardon, excuse, monsieur, mais on ne donne point son enfant comme ça à un passant. Pas vrai que j'ai raison? Après cela, je ne dis pas, vous êtes riche, vous avez l'air d'un bien brave homme, si c'était pour son bonheur? Mais il faudrait savoir. Vous comprenez? Une supposition que je la laisserais aller et que je me sacrifierais, je voudrais savoir où elle va, je ne voudrais pas la perdre de vue, je voudrais savoir chez qui elle est, pour l'aller voir de temps en temps, qu'elle sache que son bon père nourricier est là, qu'il veille sur elle. Enfin il y a des choses qui ne sont pas possibles. Je ne sais seulement pas votre nom? Vous l'emmèneriez, je dirais: eh bien, l'Alouette? Où donc a-t-elle passé? Il faudrait au moins voir quelque méchant chiffon de papier, un petit bout de passeport, quoi!
テナルディエは冷ややかに笑った。そして言った。
「いや払うよ。」
その笑いは、信頼と権威とを明示するものだった。そんなふうにして言われることはきっとそのとおりになるに違いなかった。で女房も言い張らなかった。彼女はテーブルを並べはじめ、亭主は室の中をあちこち歩き回った。ややあって彼はまたつけ加えて言った。
「こっちは千五百フランの借りがあるんだからな。」
彼は暖炉のすみに行って腰をかけ、両足をあたたかい灰の上に差し出して考え込んだ。
「ねえ、」と女房は言った、「今日はどうあってもコゼットをたたき出しますよ、よござんすか。あの畜生め! 人形を持ってる所を見ると、私はむかむかしてくる。彼奴をこれから一日でも家に置いとくくらいなら、ルイ十八世のお妃にでもなった方がまだましだ。」
テナルディエはパイプに火をつけ、煙を吹きながらそれに答えた。
「お前から勘定書をあの男に渡してくれ。」
そして彼は室から出て行った。
彼が出てゆくや否や、旅客がはいってきた。
テナルディエはすぐに客の後ろにまた現われて、女房にだけ見えるようにして半分開いた扉の所にじっと立ち止まった。
黄色い着物の旅客は、杖と包みとを手に持っていた。
「まあこんなにお早く!」と上さんは言った。「もうお発ちですか。」
そう言いながら彼女は、具合悪そうに勘定書を両手のうちにひねくって、爪で折り目をつけていた。その冷酷な顔には、珍しく卑怯と懸念との影が見えていた。
どう見ても「貧乏人」としか思われない男にそんな書き付けを出すことが、彼女には何だか不安に思われたのである。
旅客は何かに心を奪われてぼんやりしてるようだった。彼は答えた。
「ええ、もう発ちます。」
「旦那は、」と上さんは言った、「モンフェルメイュに用がおありではないんですか?」
「いや、ただ通りかかったのです。それだけです。……そして、」と彼はつけ加えた、「勘定は?」
上さんは何とも答えないで、折り畳んだ書き付けを彼に差し出した。
男はそれをひろげてながめた。しかし明らかに彼の注意は他の方へ向いてるらしかった。
「お上さん、」と彼は言った、「この土地では繁昌しますかね。」
「どうにか旦那。」と上さんは答えながら、男が別に何とも言わないのでぼんやりしてしまった。
彼女は悲しそうな嘆くような調子で続けて言った。
「どうも、不景気でございますよ。それにこの辺にはお金持ちがあまりありませんのです。田舎なもんですからねえ。時々は旦那のような金のある慈悲深い方がおいで下さいませんではね。入費も多うございますし、まああの小娘を食わしておくのだってたいていではございません。」
「どの娘ですか。」
「あの、御存じの小娘でございますよ、コゼットという。この辺では皆さんにアルーエット(訳者注 ひばり娘の意)と言われていますが。」
「ああなるほど。」と男は言った。
上さんは続けた。
「百姓ってなんてばかなんでございましょう、そんな綽名なんかをつけて。あの児は雲雀というよりか蝙蝠によけい似ていますのに。ねえ旦那、私どもは人様に慈善をお願いすることなんかいたしませんが、自分で慈善をするだけの力はございません。一向もうけはありませんのに、出すことばかり多いんで。営業税、消費税、戸の税、窓の税、付加税なんて! 政府から大変な金を取られますからねえ。それに私には自分の娘どもがいるんですから、他人の子供を育てなければならないというわけもありませんのです。」
男はつとめて平気を装って口を開いたが、その声はなお震えを帯びていた。
「ではその厄介者を連れていってあげましょうか。」
「だれを、コゼットでございますか。」
「そうです。」
上さんの赤い激しい顔は醜い喜びの表情に輝いた。
「まあ旦那、御親切な旦那! あれを引き受けて、引き取って、連れてって、持ってって下さいまし、砂糖づけにして、松露煮にして、飲むなり食うなりして下さいまし。まあ恵みぶかい聖母様、天の神様、何てありがたいことでございましょう。」
「ではそうしましょう。」
「本当ですか、連れてって下さいますか。」
「連れてゆきます。」
「あのすぐに?」
「すぐにです。呼んで下さい。」
「コゼット!」と上さんは叫んだ。
「ですが、」と男は言った、「勘定は払わなければなりません。いくらですか。」
彼は勘定書を一目見たが、驚きの様子をおさえることはできなかった。
「二十三フラン!」
彼は上さんをながめて、また繰り返した。
「二十三フラン!」
そう繰り返した言葉の調子のうちには、一方に驚きと他方には疑惑がこもっていた。
ちょっと間があったので上さんはその打撃に応ずることができた。彼女はしかと答えた。
「さようでございます。二十三フランです。」
男はテーブルの上に五フランの貨幣を五つ置いた。
「娘をつれておいでなさい。」と彼は言った。
その時テナルディエは室のまんなかに出てきて、そして言った。
「旦那の勘定は二十六スーでいい。」
「二十六スー!」と女房は叫んだ。
「室代が二十スー、」とテナルディエは冷ややかに言った、「そして夕食が六スー。娘のことについては少し旦那に話がある。席をはずしてくれ。」
女房はその意外な知恵のひらめきを見てすっかり参ってしまった。千両役者が舞台に現われたような気がした。そして一言も返さないで、室から出て行った。
二人だけになると、テナルディエは客に椅子をすすめた。客は腰をおろした。テナルディエは立っていた。そして彼の顔は、人の好さそうな質朴らしい特殊な表情を浮かべた。
「旦那、」と彼は言った、「まあお聞き下さい。私はまったくあの児がかわいいんです。」
男は彼をじっと見つめた。
「どの児です?」
テナルディエは続けて言った。
「妙なもんですよ、心をひかれるなんて。おや、この金はどうしました。まあこれはお納め下さい。で私はその娘がかわいいんでしてね。」
「いったいだれのことです。」と男は尋ねた。
「なに、うちのコゼットですよ。旦那はあれを連れてってやろうとおっしゃるんでしょう。そこで、正直なところを申し上げると、まあ旦那がりっぱな方だというのと同じくらい本当のことを申せばですな、実は私はそれに不同意なんです。あの児がいないと物足りませんでね。ごく小さい時分から育てましたんでね。それは金もかかりますし、よくないところもありますし、私どもに金はありませんし、実際のところ、あれの病気にはただ一度で四百フラン余りの薬代も払ったことがありますが、神様のためと思えば少しぐらいはしてやらなければなりません。父親も母親もありませんので、私が手一つで育て上げました。私とてあの児に食わせ、また自分で食うだけのパンは持っております。実際私はあの児を大事にしています。まあ人情が出てきたんですな。私はばか者で、一向理屈はわかりません。がただかわいいんです。家内は活発な方ですが、やはりかわいがっています。ごらんのとおり、自分たちの児のようにしています。あれが家の中でしゃべくってるのが楽しみでして。」
男はなお彼をじっとながめていた。彼は続けた。
「失礼ではございますが旦那、通りがかりの人に自分の児をこうして渡してしまう者もありますまい。私の申すところも、もっともでございましょう。そこで、旦那はお金持ちで、お見受けしたところごくりっぱな方で、それがあの児のためになるかどうかなどと申すのではありませんが、それでもよく事情はわかっていませんではね。おわかりでもありましょうが、まああれをやるとしまして、かりに私情を犠牲にしますとしてもですな、あれがどこへ行くかぐらいは知りたいではありませんか。見失いたかあありませんよ。どこにいるかぐらいは知っていて、時々は会いにも行きましょうし、またあの児も、育て親があって自分を見ていてくれてるということを知るというわけです。世間にはずいぶん思いがけないことも起こりますからね。私は旦那の名前さえ存じませんし、あれを連れてゆかれますとしたら、あああのアルーエットはいったいどこへ行ったんだろうと、私はただ嘆息するほかはありませんからね。何かちょっとした書き物でも、まあいわば通行券なりと、それを拝見して置きたいと思いますが。」
L'étranger, sans cesser de le regarder de ce regard qui va, pour ainsi dire, jusqu'au fond de la conscience, lui répondit d'un accent grave et ferme:
—Monsieur Thénardier, on n'a pas de passeport pour venir à cinq lieues de Paris. Si j'emmène Cosette, je l'emmènerai, voilà tout. Vous ne saurez pas mon nom, vous ne saurez pas ma demeure, vous ne saurez pas où elle sera, et mon intention est qu'elle ne vous revoie de sa vie. Je casse le fil qu'elle a au pied, et elle s'en va. Cela vous convient-il? Oui ou non.
De même que les démons et les génies reconnaissaient à de certains signes la présence d'un dieu supérieur, le Thénardier comprit qu'il avait affaire à quelqu'un de très fort. Ce fut comme une intuition; il comprit cela avec sa promptitude nette et sagace. La veille, tout en buvant avec les rouliers, tout en fumant, tout en chantant des gaudrioles, il avait passé la soirée à observer l'étranger, le guettant comme un chat et l'étudiant comme un mathématicien. Il l'avait à la fois épié pour son propre compte, pour le plaisir et par instinct, et espionné comme s'il eût été payé pour cela. Pas un geste, pas un mouvement de l'homme à la capote jaune ne lui était échappé. Avant même que l'inconnu manifestât si clairement son intérêt pour Cosette, le Thénardier l'avait deviné. Il avait surpris les regards profonds de ce vieux qui revenaient toujours à l'enfant. Pourquoi cet intérêt? Qu'était-ce que cet homme? Pourquoi, avec tant d'argent dans sa bourse, ce costume si misérable? Questions qu'il se posait sans pouvoir les résoudre et qui l'irritaient. Il y avait songé toute la nuit. Ce ne pouvait être le père de Cosette. Était-ce quelque grand-père? Alors pourquoi ne pas se faire connaître tout de suite? Quand on a un droit, on le montre. Cet homme évidemment n'avait pas de droit sur Cosette. Alors qu'était-ce? Le Thénardier se perdait en suppositions. Il entrevoyait tout, et ne voyait rien. Quoi qu'il en fût, en entamant la conversation avec l'homme, sûr qu'il y avait un secret dans tout cela, sûr que l'homme était intéressé à rester dans l'ombre, il se sentait fort; à la réponse nette et ferme de l'étranger, quand il vit que ce personnage mystérieux était mystérieux si simplement, il se sentit faible. Il ne s'attendait à rien de pareil. Ce fut la déroute de ses conjectures. Il rallia ses idées. Il pesa tout cela en une seconde. Le Thénardier était un de ces hommes qui jugent d'un coup d'œil une situation. Il estima que c'était le moment de marcher droit et vite. Il fit comme les grands capitaines à cet instant décisif qu'ils savent seuls reconnaître, il démasqua brusquement sa batterie.
—Monsieur, dit-il, il me faut quinze cents francs.
L'étranger prit dans sa poche de côté un vieux portefeuille en cuir noir, l'ouvrit et en tira trois billets de banque qu'il posa sur la table. Puis il appuya son large pouce sur ces billets, et dit au gargotier:
—Faites venir Cosette. Pendant que ceci se passait, que faisait Cosette?
Cosette, en s'éveillant, avait couru à son sabot. Elle y avait trouvé la pièce d'or. Ce n'était pas un napoléon, c'était une de ces pièces de vingt francs toutes neuves de la restauration sur l'effigie desquelles la petite queue prussienne avait remplacé la couronne de laurier. Cosette fut éblouie. Sa destinée commençait à l'enivrer. Elle ne savait pas ce que c'était qu'une pièce d'or, elle n'en avait jamais vu, elle la cacha bien vite dans sa poche comme si elle l'avait volée. Cependant elle sentait que cela était bien à elle, elle devinait d'où ce don lui venait, mais elle éprouvait une sorte de joie pleine de peur. Elle était contente; elle était surtout stupéfaite. Ces choses si magnifiques et si jolies ne lui paraissaient pas réelles. La poupée lui faisait peur, la pièce d'or lui faisait peur. Elle tremblait vaguement devant ces magnificences. L'étranger seul ne lui faisait pas peur. Au contraire, il la rassurait. Depuis la veille, à travers ses étonnements, à travers son sommeil, elle songeait dans son petit esprit d'enfant à cet homme qui avait l'air vieux et pauvre et si triste, et qui était si riche et si bon. Depuis qu'elle avait rencontré ce bonhomme dans le bois, tout était comme changé pour elle. Cosette, moins heureuse que la moindre hirondelle du ciel, n'avait jamais su ce que c'est que de se réfugier à l'ombre de sa mère et sous une aile. Depuis cinq ans, c'est-à-dire aussi loin que pouvaient remonter ses souvenirs, la pauvre enfant frissonnait et grelottait. Elle avait toujours été toute nue sous la bise aigre du malheur, maintenant il lui semblait qu'elle était vêtue. Autrefois son âme avait froid, maintenant elle avait chaud. Elle n'avait plus autant de crainte de la Thénardier. Elle n'était plus seule; il y avait quelqu'un là.
男はいわば相手の本心の底までも貫くような目つきでじっと彼をながめながら、おごそかな確乎たる調子で答えた。
「テナルディエ君、パリーから五里くらい離れるのに通行券を持ってくる者はいません。コゼットを連れて行くと言ったら連れてゆくだけのことです、それだけです。私の名前も、私の住所も、またコゼットがどこへ行くかも、君に知らせる必要はありません。私はあの児を生涯再び君に会わせまいというつもりです。私はあの児の繩を解いてやって、逃がそうというのです。それでどうですか。承知ですかそれとも不承知ですか。」
悪魔や妖鬼などが何かのしるしで自分よりまさった神のいることを知るように、テナルディエは相手がなかなか手ごわいことをさとった。それはほとんど直覚だった。彼はそれを明確怜悧な機敏さでさとった。前夜、馬方らと酒をのみながら、煙草をふかしながら、卑猥な歌を歌いながら、彼は猫のように覘い数学家のように研究して、始終その見なれぬ男を観察していたのである。彼は同時に自分のためと楽しみと本能とから男を窺い、あたかも金で頼まれたかのように偵察していたのである。そしてその黄色い上衣の男の一挙手一投足はことごとく彼の目をのがれなかった。男がコゼットに対する興味を明らかに示さない前から、テナルディエは既にそのことを見破っていた。その老人の奥深い目つきが絶えずコゼットの方へ向けらるるのを見て取っていた。何ゆえにそう興味を持つのだろう? いったい何者だろう? 金入れにはいっぱい金を持ちながら、何ゆえにああ見すぼらしい服装をしているのだろう? そういう問題を彼は自ら提出しながら、解決ができず、いら立っていた。彼はそのことを夜通し考えた。あの男はコゼットの父親であるわけはない。では祖父ででもあろうか? それならばなぜすぐに名乗らないのであろうか? 権利がある者は、すぐにそれを示すはずである。あの男は明らかにコゼットに対しては何らの権利も持っていないに違いない。するといったい何者だろう? テナルディエはどう推測していいかわからなくなってしまった。彼はすべてを垣間見たが、ついに何物もはっきり見付け得なかった。とはいうものの、その男にあれこれとしゃべり立てながら、これには何か秘密があるし、男は身分を隠したがっているのだなと思って、彼は自分の強味を感じた。ところが男の明晰確乎たる返答に出会って、その不思議な男はただ不思議なばかりで何らとらうべきところがないのを見た時、彼は自分の弱味を感じた。彼は少しもそういうことを予期していなかった。彼の推測はことごとく破れてしまった。彼はあらゆる考えを集中してみた。そして一瞬間、考慮をめぐらした。彼は一見して前後の事情を判断し得るような人物であった。で今や単刀直入に事を運ぶべき場合であると考えた。他人の目にはわからなくともそれと察し得らるる危急な場合に大将軍らが決行することを、彼はついに断行した。彼は砲門を隠した幕をにわかに引き払った。
「旦那、」と彼は言った、「私は千五百フランいただきたいんです。」
男は脇のポケットから黒皮の古い紙入れを出し、それを開き、紙幣を三枚引き出して、テーブルの上に置いた。それから、その紙幣の上を大きな親指で押さえて、亭主に言った。
「コゼットをお呼びなさい。」
さてそういうことが行なわれてる間に、コゼットは何をしていたか?
その朝コゼットは目をさますと、木靴の所へ走って行った。彼女はそこに金貨を見いだした。それはナポレオン金貨ではなく、王政復古のごく新しい二十フラン金貨であって、表には月桂冠の代わりに、プロシア式の小さな辮髪が刻んであった。コゼットは目がくらむような気がした。彼女の運命は彼女を眩惑し初めた。彼女は金貨がどういうものであるか知らなかった。まだ一度も金貨を見たことがなかった。彼女はそれを盗みでもしたように急いでポケットの中に隠した。けれどもまさしく自分のものであることを感じていた。だれがそれを自分にくれたかをも察していた。一種の恐ろしさに満ちた喜びを感じていた。彼女は満足であった。がことに惘然としていた。かくもりっぱな美しい品々は、現実のものとは思えなかった。人形は彼女をこわがらせ、金貨は彼女をこわがらした。彼女はそれらの驚くべきものの前に何となく身を震わした。ただあの見知らぬ男だけが彼女をこわがらせなかった。いな、かえって彼女の心を落ち着けさした。既に前夜から、驚きのうちにまた眠りのうちに、彼女はその小さな子供心にも、年取った貧乏な悲しげな様子をしながら金持ちで慈悲深いその男のことを、考えまわしていた。その老人に森の中で出会ってから、すべてが一変したように彼女には思われた。空飛ぶ一羽の小さな燕よりもなお不仕合わせなコゼットは、母の影に翼の下に身を隠すということがどんなものであるか、かつて知らなかった。五年この方、すなわち彼女の記憶にある限りにおいて、あわれな小娘の彼女はたえず震えおののいていた。いつも不幸の鋭い寒風の下に裸でさらされていた。ところが今、彼女は身に着物をまとったような心地がした。以前は彼女の心は凍えていたが、今は暖くなっていた。彼女はもうテナルディエの上さんをそう恐れはしなかった。もうただ一人ではなかった。だれかがそこにいてくれた。

Elle s'était mise bien vite à sa besogne de tous les matins. Ce louis, qu'elle avait sur elle, dans ce même gousset de son tablier d'où la pièce de quinze sous était tombée la veille, lui donnait des distractions. Elle n'osait pas y toucher, mais elle passait des cinq minutes à le contempler, il faut le dire, en tirant la langue. Tout en balayant l'escalier, elle s'arrêtait, et restait là, immobile, oubliant le balai et l'univers entier, occupée à regarder cette étoile briller au fond de sa poche.
Ce fut dans une de ces contemplations que la Thénardier la rejoignit.
Sur l'ordre de son mari, elle l'était allée chercher. Chose inouïe, elle ne lui donna pas une tape et ne lui dit pas une injure.
—Cosette, dit-elle presque doucement, viens tout de suite.
Un instant après, Cosette entrait dans la salle basse.
L'étranger prit le paquet qu'il avait apporté et le dénoua. Ce paquet contenait une petite robe de laine, un tablier, une brassière de futaine, un jupon, un fichu, des bas de laine, des souliers, un vêtement complet pour une fille de huit ans. Tout cela était noir.
—Mon enfant, dit l'homme, prends ceci et va t'habiller bien vite.
Le jour paraissait lorsque ceux des habitants de Montfermeil qui commençaient à ouvrir leurs portes virent passer dans la rue de Paris un bonhomme pauvrement vêtu donnant la main à une petite fille tout en deuil qui portait une grande poupée rose dans ses bras. Ils se dirigeaient du côté de Livry.
C'étaient notre homme et Cosette.
Personne ne connaissait l'homme; comme Cosette n'était plus en guenilles, beaucoup ne la reconnurent pas.
Cosette s'en allait. Avec qui? elle l'ignorait. Où? elle ne savait. Tout ce qu'elle comprenait, c'est qu'elle laissait derrière elle la gargote Thénardier. Personne n'avait songé à lui dire adieu, ni elle à dire adieu à personne. Elle sortait de cette maison haïe et haïssant.
Pauvre doux être dont le cœur n'avait jusqu'à cette heure été que comprimé!
Cosette marchait gravement, ouvrant ses grands yeux et considérant le ciel. Elle avait mis son louis dans la poche de son tablier neuf. De temps en temps elle se penchait et lui jetait un coup d'œil, puis elle regardait le bonhomme. Elle sentait quelque chose comme si elle était près du bon Dieu.
彼女はきまった朝の仕事に急いで取りかかった。自分の身につけてるルイ金貨の方へ、前夜十五スー銀貨を落とした同じ胸掛けのポケットにはいってるルイ金貨の方へ、しきりに気を取られた。彼女はあえてそれに手は触れなかった。けれども、五分間もじっとそれのことを考えてることがあった、あえて言わなければならないが、舌をだらりと出したまま。階段を掃除しながらも、手を休めてそこにじっとたたずみ、箒のこともまた何もかも世の中のことを忘れてしまって、自分のポケットの底に輝いてるその星を心で見つめた。
そういうふうにして考え込んでる時だった。テナルディエの上さんが彼女の所へやってきた。
亭主の言いつけで彼女はコゼットをさがしにきたのであった。不思議にも彼女は打ちもしなければどなりつけもしなかった。
「コゼット、」と彼女はほとんどやさしく言った、「すぐにおいで。」
間もなくコゼットは天井の低い広間にはいってきた。
見知らぬ男は、携えていた包みを取り上げて、それを解いた。中には、小さな毛織りの長衣、胸掛け、綿麻の下着、裾着、肩掛け、毛糸の靴下、靴、すべて八歳の小娘に要するいっさいの衣装がはいっていた。みな色は黒であった。
「さあお前、」と男は言った、「これを持って行ってすぐに着ておいでなさい。」
日が出ようとする頃、戸をあけ初めたモンフェルメイュの人々は、見すぼらしい服装をした老人が、腕に薔薇色の大きな人形を抱えた喪服の小娘の手を引いて、パリー通りを歩いてゆくのを見た。彼らはリヴリーの方へ進んで行った。
それはあの旅客とコゼットであった。
だれもその男を知ってる者はなかった。またコゼットも今はぼろを着ていなかったので、多くの者はそれと気づかなかった。
コゼットはそこを立ち去りつつあった。だれとともに? 自分でもそれを知らなかった。どこへ向かって? 自分でもそれを知らなかった。ただ彼女の知っていたことは、今や自分はテナルディエの飲食店をあとにしているということのみだった。だれも彼女に別れを告げようとするものもいなかった。また彼女もだれに別れを告げようとも思わなかった。憎み憎まれたその家から彼女は出て行った。
あわれなやさしき娘よ、その心はこれまでただ圧迫をのみ受けていたのである!
コゼットは大きな目を開いて、大空をうちながめながらしっかりした足取りで歩いていた。彼女は新しい胸掛けのポケットにルイ金貨を入れていた。時々身をかがめてはちらとそれをのぞき込み、それから老人を見上げた。彼女はあたかも神様の近くにでもいるような心地がした。
Chapitre X Qui cherche le mieux peut trouver le pire
La Thénardier, selon son habitude, avait laissé faire son mari. Elle s'attendait à de grands événements. Quand l'homme et Cosette furent partis, le Thénardier laissa s'écouler un grand quart d'heure, puis il la prit à part et lui montra les quinze cents francs.
—Que ça! dit-elle.
C'était la première fois, depuis le commencement de leur ménage, qu'elle osait critiquer un acte du maître.
Le coup porta.
—Au fait, tu as raison, dit-il, je suis un imbécile. Donne-moi mon chapeau.
Il plia les trois billets de banque, les enfonça dans sa poche et sortit en toute hâte, mais il se trompa et prit d'abord à droite. Quelques voisines auxquelles il s'informa le remirent sur la trace, l'Alouette et l'homme avaient été vus allant dans la direction de Livry. Il suivit cette indication, marchant à grands pas et monologuant.
—Cet homme est évidemment un million habillé en jaune, et moi je suis un animal. Il a d'abord donné vingt sous, puis cinq francs, puis cinquante francs, puis quinze cents francs, toujours aussi facilement. Il aurait donné quinze mille francs. Mais je vais le rattraper.
Et puis ce paquet d'habits préparés d'avance pour la petite, tout cela était singulier; il y avait bien des mystères là-dessous. On ne lâche pas des mystères quand on les tient. Les secrets des riches sont des éponges pleines d'or; il faut savoir les presser. Toutes ces pensées lui tourbillonnaient dans le cerveau.
—Je suis un animal, disait-il.
Quand on est sorti de Montfermeil et qu'on a atteint le coude que fait la route qui va à Livry, on la voit se développer devant soi très loin sur le plateau. Parvenu là, il calcula qu'il devait apercevoir l'homme et la petite. Il regarda aussi loin que sa vue put s'étendre, et ne vit rien. Il s'informa encore. Cependant il perdait du temps. Des passants lui dirent que l'homme et l'enfant qu'il cherchait s'étaient acheminés vers les bois du côté de Gagny. Il se hâta dans cette direction.
Ils avaient de l'avance sur lui, mais un enfant marche lentement, et lui il allait vite. Et puis le pays lui était bien connu.
Tout à coup il s'arrêta et se frappa le front comme un homme qui a oublié l'essentiel, et qui est prêt à revenir sur ses pas.
—J'aurais dû prendre mon fusil! se dit-il.
Thénardier était une de ces natures doubles qui passent quelquefois au milieu de nous à notre insu et qui disparaissent sans qu'on les ait connues parce que la destinée n'en a montré qu'un côté. Le sort de beaucoup d'hommes est de vivre ainsi à demi submergés. Dans une situation calme et plate, Thénardier avait tout ce qu'il fallait pour faire—nous ne disons pas pour être—ce qu'on est convenu d'appeler un honnête commerçant, un bon bourgeois. En même temps, certaines circonstances étant données, certaines secousses venant à soulever sa nature de dessous, il avait tout ce qu'il fallait pour être un scélérat. C'était un boutiquier dans lequel il y avait du monstre. Satan devait par moments s'accroupir dans quelque coin du bouge où vivait Thénardier et rêver devant ce chef-d'œuvre hideux. Après une hésitation d'un instant:
—Bah! pensa-t-il, ils auraient le temps d'échapper!
Et il continua son chemin, allant devant lui rapidement, et presque d'un air de certitude, avec la sagacité du renard flairant une compagnie de perdrix.
En effet, quand il eut dépassé les étangs et traversé obliquement la grande clairière qui est à droite de l'avenue de Bellevue, comme il arrivait à cette allée de gazon qui fait presque le tour de la colline et qui recouvre la voûte de l'ancien canal des eaux de l'abbaye de Chelles, il aperçut au-dessus d'une broussaille un chapeau sur lequel il avait déjà échafaudé bien des conjectures. C'était le chapeau de l'homme. La broussaille était basse. Le Thénardier reconnut que l'homme et Cosette étaient assis là. On ne voyait pas l'enfant à cause de sa petitesse, mais on apercevait la tête de la poupée.
Le Thénardier ne se trompait pas. L'homme s'était assis là pour laisser un peu reposer Cosette. Le gargotier tourna la broussaille et apparut brusquement aux regards de ceux qu'il cherchait.
—Pardon excuse, monsieur, dit-il tout essoufflé, mais voici vos quinze cents francs.
En parlant ainsi, il tendait à l'étranger les trois billets de banque.
L'homme leva les yeux.
—Qu'est-ce que cela signifie?
Le Thénardier répondit respectueusement:
—Monsieur, cela signifie que je reprends Cosette.
Cosette frissonna et se serra contre le bonhomme.
Lui, il répondit en regardant le Thénardier dans le fond des yeux et en espaçant toutes les syllabes.
—Vous re-pre-nez Cosette?
—Oui, monsieur, je la reprends. Je vais vous dire. J'ai réfléchi. Au fait, je n'ai pas le droit de vous la donner. Je suis un honnête homme, voyez-vous. Cette petite n'est pas à moi, elle est à sa mère. C'est sa mère qui me l'a confiée, je ne puis la remettre qu'à sa mère. Vous me direz: Mais la mère est morte. Bon. En ce cas je ne puis rendre l'enfant qu'à une personne qui m'apporterait un écrit signé de la mère comme quoi je dois remettre l'enfant à cette personne-là. Cela est clair.
L'homme, sans répondre, fouilla dans sa poche et le Thénardier vit reparaître le portefeuille aux billets de banque.
Le gargotier eut un frémissement de joie.
—Bon! pensa-t-il, tenons-nous. Il va me corrompre!
Avant d'ouvrir le portefeuille, le voyageur jeta un coup d'œil autour de lui. Le lieu était absolument désert. Il n'y avait pas une âme dans le bois ni dans la vallée. L'homme ouvrit le portefeuille et en tira, non la poignée de billets de banque qu'attendait Thénardier, mais un simple petit papier qu'il développa et présenta tout ouvert à l'aubergiste en disant:
—Vous avez raison. Lisez.
Le Thénardier prit le papier, et lut:
«Montreuil-sur-Mer, le 25 mars 1823
«Monsieur Thénardier,
Vous remettrez Cosette à la personne.
On vous payera toutes les petites choses.
J'ai l'honneur de vous saluer avec considération.
«Fantine.»
—Vous connaissez cette signature? reprit l'homme.
C'était bien la signature de Fantine. Le Thénardier la reconnut.
Il n'y avait rien à répliquer. Il sentit deux violents dépits, le dépit de renoncer à la corruption qu'il espérait, et le dépit d'être battu. L'homme ajouta:
—Vous pouvez garder ce papier pour votre décharge.
Le Thénardier se replia en bon ordre.
—Cette signature est assez bien imitée, grommela-t-il entre ses dents. Enfin, soit!
Puis il essaya un effort désespéré.
—Monsieur, dit-il, c'est bon. Puisque vous êtes la personne. Mais il faut me payer «toutes les petites choses». On me doit gros. L'homme se dressa debout, et dit en époussetant avec des chiquenaudes sa manche râpée où il y avait de la poussière.
—Monsieur Thénardier, en janvier la mère comptait qu'elle vous devait cent vingt francs; vous lui avez envoyé en février un mémoire de cinq cents francs; vous avez reçu trois cents francs fin février et trois cents francs au commencement de mars. Il s'est écoulé depuis lors neuf mois à quinze francs, prix convenu, cela fait cent trente-cinq francs. Vous aviez reçu cent francs de trop. Reste trente-cinq francs qu'on vous doit. Je viens de vous donner quinze cents francs.
Le Thénardier éprouva ce qu'éprouve le loup au moment où il se sent mordu et saisi par la mâchoire d'acier du piège.
—Quel est ce diable d'homme? pensa-t-il.
Il fit ce que fait le loup. Il donna une secousse. L'audace lui avait déjà réussi une fois.
—Monsieur-dont-je-ne-sais-pas-le-nom, dit-il résolument et mettant cette fois les façons respectueuses de côté, je reprendrai Cosette ou vous me donnerez mille écus.
テナルディエの女房はいつものとおり亭主のなすままに任しておいた。彼女は何か大事を予期していた。男とコゼットとが立ち去った時、テナルディエは十五分余りもじっとしていたが、やがて女房をわきに呼んで、千五百フランを見せた。
「それだけですか!」と彼女は言った。
二人が家を持っていらい、彼女が亭主の仕事に批評がましい口を出したのは、それが初めてだった。
それはみごとに的に当たった。
「なるほど、お前の言うとおりだ。」と亭主は言った。「ばかをやった。帽子を取ってくれ。」
彼は三枚の紙幣を折ってポケットにつっ込み、大急ぎで出て行った。しかし彼は方向をまちがえて、初め右の方へ行った。それから近所の者に尋ねて本当の方向を知った。アルーエットと男とはリヴリーの方へ行くのが見られたそうである。彼はその言葉に従い、独語しながら大またに進んで行った。
「あの男は黄色い着物を着てるがまさしく大金持ちだ。俺はばかだった。初めに二十スー出し、それから五フラン、それから五十フラン、それから千五百フラン、それも無造作に出してしまった。一万五千フランでも出したかも知れない。だが追っつけるだろう。」
それからまた、子供のために前から用意してきた着物の包み、それが不思議だった。それには何か秘密があるに相違なかった。秘密をつかんでおいて手放すということがあるものではない。金持ちの秘密は金を含んだ海綿と同じだ[#「同じだ」は底本では「同じた」]。それをしぼってやらなければいけない。そういう考えが彼の脳裏に渦巻いた。「俺はばかだった、」と彼は独語した。
モンフェルメイュを出て、リヴリーへ行く道が曲がってる所まで行くと、その先は高原の上に続いているのが遠くまで見渡される。で彼はそこまで行ったら、男と娘との姿が見えるものと考えた。それで目の届く限り見渡してみたが、何にも見えなかった。彼はまた人に尋ねてみた。そうこうするうちに時間を失っていた。通りがかりの人々の言葉では、彼がさがしてる男と子供とはガンニーに面した森の方へ行ったということだった。彼はその方向へ急いだ。
二人は彼より先に出かけていた。しかし子供の足は遅い。そして彼は早く歩いていた。その上その辺の地理に彼は詳しかった。
突然彼は立ち止まって、額をたたいた。あたかも大事なことを忘れていて引き返そうとしてる者のようだった。
「銃を持って来るんだった!」と彼は思った。
テナルディエは二重の性格を持ってる男だった。そういう男はしばしば、だれも気づかぬうちに人々の間を通りぬけ、まただれにも認められずに姿を隠してしまうものである。なぜなら、そのただ一方面だけをしか見せないようにできているから。多くの者は、そういうふうにして半ば影に潜んで生活するようになっている。平和な普通の場合にはテナルディエは、正直な商人、善良な市民――である、とは言えないが――となるに足るだけのものを持っていた。と同時にまたある場合になると、底の性質をもたげさせるようなある事件が起こると、悪党たるに足るだけのものを持っていた。彼は底に怪物を蔵した商人であった。彼が生活してる家の片すみには、悪魔が時々うずくまって、自分が作ったその醜い傑作の前に思いにふけったに違いない。
ちょっと躊躇した後、彼は考えた。
「ええ、ぐずぐずしてるうちには逃げてしまう!」
そして彼はまっすぐに大急ぎで進んでいった。あたかも鷓鴣の群れをかぎつけた狐のように敏捷に、ほとんど確信があるような様子で。
果して、池の所を通りすぎ、ベルヴュー並み木道の右手にある広い粗林を斜めに横ぎって、シェル修道院の昔の水道の覆いとなってほとんど丘を取り巻いてる芝生の小道まで達した時、彼は一つの帽子が藪の上から見えてるのを認めた。彼がいろんな憶測をなげかけた帽子で、あの男の帽子だった。藪は低かった。テナルディエは男とコゼットがそこにすわってるのを見て取った。コゼットの方は小さいので見えなかったが、人形の頭が見えていた。
テナルディエの見当はまちがわなかった。男は実際そこにすわってコゼットを少し休ましていたのである。テナルディエは藪をまわって、追いかけてきたその二人の目の前に突然現われた。
「ごめん下さい。」と彼は息を切らしながら言った。
「ここに旦那の千五百フランを持って参りました。」
そう言いながら彼は、三枚の紙幣を男の前に差し出した。
男は目をあげた。
「それはいったいどういうわけですか。」
テナルディエは丁寧に返事をした。
「旦那、コゼットを返していただきたいと申すのです。」
コゼットは身を震わして、男にひしと寄りすがった。
男はテナルディエの目の中をのぞき込みながら、一語一語ゆっくりと答えた。
「君がコゼットを、返してもらいたいのですと?」
「はい旦那、返していただきましょう。こういうわけなんです。私はよく考えてみました。実際私は旦那に娘をお渡しする権利はありませんのです。私は正直な人間ですからな。この娘は私のものではなく、その母親のものです。私にこの娘を預けたのは母親ですから、母親にだけしか渡すことはできません。母親は死んでるではないかと旦那はおっしゃるでしょう。ごもっともです。で私はこの場合、この人に子供を渡してくれといったような、何か母親の署名した書き付けを持って参った人にしか、子供を渡すことはできませんのです。明瞭なことなんです。」
男は何とも答えないでポケットの中を探った。テナルディエは紙幣のはいってる紙入れがまた出てくるのを見た。
テナルディエはうれしさにぞっとした。
「うまいぞ!」と彼は考えた、「一つ談判をしてやろう。俺を買収するつもりだな。」
紙入れを開く前に、旅客はあたりを見まわした。まったく寂寞たる場所だった。森の中にも谷合いにも一つの人影も見えなかった。男は紙入れを開いた。そして中から、テナルディエが待っていた一つかみの紙幣ではなく、一枚の小さな紙片を取り出した。男はそれを開いて、テナルディエの前につきつけて言った。
「道理です。これを読んでもらいましょう。」
テナルディエは紙片を取り上げて読んだ。
テナルディエ殿
この人へコゼットを御渡し下されたく候
種々の入費は皆支払うべく候
謹みてご挨拶申し上げ候
ファンティーヌ
「君はこの署名を覚えていましょうね。」と男は言った。
それはいかにもファンティーヌの署名だった。テナルディエはそれを認めた。
もう何ら抗弁の余地はなかった。彼は二重の激しい憤懣の情を感じた、望んでいた買収をあきらめなければならない憤懣と、取りひしがれた憤懣と。男は続けて言った。
「その書き付けは娘を渡したしるしとして納めておいてかまいません。」
テナルディエは整然と引きさがった。
「この署名は巧みに似せてある。」と彼は口の中でつぶやいた。「まあ仕方がない。」
それから彼は絶望的な努力を試みた。
「旦那、」と彼は言った、「よろしゅうござんす。あなたがその人ですから。しかし『種々の入費』を払っていただかなければなりません。だいぶの金額になります。」
男はすっくと立ち上がった。そしてすり切れた袖についてる塵を指先で払いながら言った。
「テナルディエ君、この正月に母親は百二十フラン君に借りがあると言ってました。ところが君は二月に五百フランの覚え書きを送ってきて、二月の末に三百フランと三月の初めに三百フラン受け取っている。その時から九カ月たっているので、約束どおり月に十五フランとして百三十五フランになるわけです。ところが君は前に百フランよけいに受け取っているから、残りの金は三十五フランになるわけです。それに対して先刻私は千五百フラン払ってあげた。」
テナルディエの気持ちは、ちょうど狼が係蹄にかかってその鉄の歯で押さえつけられた時のようなものだった。
「この畜生、何者だろう?」と彼は考えた。
その時彼は狼と同様のことをした。彼は飛び上がった。大胆な態度は前に一度成功したのだった。
「名前もわからない旦那、」とこんどは丁寧なやり方をすてて決然と彼は言った、「私はコゼットを連れて帰るまでです。さもなければ三千フランいただきましょう。」
L'étranger dit tranquillement.
—Viens, Cosette.
Il prit Cosette de la main gauche, et de la droite il ramassa son bâton qui était à terre.
Le Thénardier remarqua l'énormité de la trique et la solitude du lieu.
L'homme s'enfonça dans le bois avec l'enfant, laissant le gargotier immobile et interdit.
Pendant qu'ils s'éloignaient, le Thénardier considérait ses larges épaules un peu voûtées et ses gros poings.
Puis ses yeux, revenant à lui-même, retombaient sur ses bras chétifs et sur ses mains maigres.
—Il faut que je sois vraiment bien bête, pensait-il, de n'avoir pas pris mon fusil, puisque j'allais à la chasse!
Cependant l'aubergiste ne lâcha pas prise.
—Je veux savoir où il ira, dit-il.
Et il se mit à les suivre à distance. Il lui restait deux choses dans les mains, une ironie, le chiffon de papier signé Fantine, et une consolation, les quinze cents francs.
L'homme emmenait Cosette dans la direction de Livry et de Bondy. Il marchait lentement, la tête baissée, dans une attitude de réflexion et de tristesse. L'hiver avait fait le bois à claire-voie, si bien que le Thénardier ne les perdait pas de vue, tout en restant assez loin. De temps en temps l'homme se retournait et regardait si on ne le suivait pas. Tout à coup il aperçut Thénardier. Il entra brusquement avec Cosette dans un taillis où ils pouvaient tous deux disparaître.
—Diantre! dit le Thénardier.
Et il doubla le pas.
L'épaisseur du fourré l'avait forcé de se rapprocher d'eux. Quand l'homme fut au plus épais, il se retourna. Thénardier eut beau se cacher dans les branches; il ne put faire que l'homme ne le vît pas. L'homme lui jeta un coup d'œil inquiet, puis hocha la tête et reprit sa route. L'aubergiste se remit à le suivre. Ils firent ainsi deux ou trois cents pas. Tout à coup l'homme se retourna encore. Il aperçut l'aubergiste. Cette fois il le regarda d'un air si sombre que le Thénardier jugea «inutile» d'aller plus loin. Thénardier rebroussa chemin.
男は静かに言った。
「さあおいで、コゼット。」
彼は左手にコゼットの手を取り、右手で地に置いていた杖を拾い上げた。
テナルディエはその杖がいかにも大きいことと、あたりが寂寞としてることを認めた。
二人が立ち去ってゆく時、男の前かがみがちな広い肩とその大きな拳とを、テナルディエはながめた。
それから彼の目は、自分自身を顧みて、自分の細い腕とやせた手との上に落ちた。「俺は実際ばかだった、」と彼は考えた、「銃も持たずにさ。猟にきたわけなのに!」
それでも彼はなお獲物を逃がそうとしなかった。
「どこへ行くか見届けてやれ。」と彼は言った。そして遠くから二人の跡をつけ初めた。彼の手には二つのものが残っていた、ファンティーヌの署名した紙片のにがにがしさと、千五百フランの多少の慰謝と。
男はコゼットを連れて、リヴリーとボンディーの方へ行った。頭をたれゆるやかに足を運んで、何か考え続けてるような、また悲しげな様子だった。冬のために森は透かし見らるるようになっていたので、テナルディエはかなり後ろの方に遠くにいたがなお二人の姿を見失わなかった。時々男はふり返って、跡をつけられてはしないかをながめた。突然彼はテナルディエを見つけた。彼はにわかにコゼットとともに深い木立ちの中にはいった。そして二人の姿は見えなくなってしまった。「悪魔め!」とテナルディエは言った。そして足を早めた。
木立ちが込んでいたので、彼は二人に近寄らなければならなかった。男は最も茂みの深い所に達した時、ふり返ってみた。テナルディエは木の枝の間に姿を隠そうとしたがだめだった。男の目につかざるを得なかった。男は不安な一瞥を彼に与え、それから頭を振って、また歩き出した。テナルディエはまたその跡をつけた。そして彼らは二、三百歩ばかり進んだ。と突然、男はまたふり向いた。彼はテナルディエを認めた。そしてこんどはきわめてすごい顔をしてじっとにらめた。でテナルディエも、それ以上行ったとて「無益」であると考えた。彼はあとへ引き返した。
Chapitre XI Le numéro 9430 reparaît et Cosette le gagne à la loterie
Jean Valjean n'était pas mort.
En tombant à la mer, ou plutôt en s'y jetant, il était, comme on l'a vu, sans fers. Il nagea entre deux eaux jusque sous un navire au mouillage, auquel était amarrée une embarcation. Il trouva moyen de se cacher dans cette embarcation jusqu'au soir. À la nuit, il se jeta de nouveau à la nage, et atteignit la côte à peu de distance du cap Brun. Là, comme ce n'était pas l'argent qui lui manquait, il put se procurer des vêtements. Une guinguette aux environs de Balaguier était alors le vestiaire des forçats évadés, spécialité lucrative. Puis, Jean Valjean, comme tous ces tristes fugitifs qui tâchent de dépister le guet de la loi et la fatalité sociale, suivit un itinéraire obscur et ondulant. Il trouva un premier asile aux Pradeaux, près Beausset. Ensuite il se dirigea vers le Grand-Villard, près Briançon, dans les Hautes-Alpes. Fuite tâtonnante et inquiète, chemin de taupe dont les embranchements sont inconnus. On a pu, plus tard, retrouver quelque trace de son passage dans l'Ain sur le territoire de Civrieux, dans les Pyrénées, à Accons au lieu dit la Grange-de-Doumecq, près du hameau de Chavailles, et dans les environs de Périgueux, à Brunies, canton de la Chapelle-Gonaguet. Il gagna Paris. On vient de le voir à Montfermeil.
Son premier soin, en arrivant à Paris, avait été d'acheter des habits de deuil pour une petite fille de sept à huit ans, puis de se procurer un logement. Cela fait, il s'était rendu à Montfermeil.
On se souvient que déjà, lors de sa précédente évasion, il y avait fait, ou dans les environs, un voyage mystérieux dont la justice avait eu quelque lueur.
Du reste on le croyait mort, et cela épaississait l'obscurité qui s'était faite sur lui. À Paris, il lui tomba sous la main un des journaux qui enregistraient le fait. Il se sentit rassuré et presque en paix comme s'il était réellement mort.
Le soir même du jour où Jean Valjean avait tiré Cosette des griffes des Thénardier, il rentrait dans Paris. Il y rentrait à la nuit tombante, avec l'enfant, par la barrière de Monceaux. Là il monta dans un cabriolet qui le conduisit à l'esplanade de l'Observatoire. Il y descendit, paya le cocher, prit Cosette par la main, et tous deux, dans la nuit noire, par les rues désertes qui avoisinent l'Ourcine et la Glacière, se dirigèrent vers le boulevard de l'Hôpital.
La journée avait été étrange et remplie d'émotions pour Cosette; on avait mangé derrière des haies du pain et du fromage achetés dans des gargotes isolées, on avait souvent changé de voiture, on avait fait des bouts de chemin à pied, elle ne se plaignait pas, mais elle était fatiguée, et Jean Valjean s'en aperçut à sa main qu'elle tirait davantage en marchant. Il la prit sur son dos; Cosette, sans lâcher Catherine, posa sa tête sur l'épaule de Jean Valjean, et s'y endormit.
ジャン・ヴァルジャンは死んだのではなかった。
海へ落ちた時、いな、むしろ自ら海に身を投じた時、彼は前に述べたとおり鎖から解かれていた。彼は水中をくぐって停泊中のある船の下まで泳ぎついた。一艘の小舟がその船につないであった。彼は晩まで小舟の中に隠れていることができた。夜になって再び泳ぎ出し、ブロン岬から程遠からぬ海岸に達した。金は持っていたので、着物を手に入れることができた。バラギエの付近に一軒の居酒屋があって、その当時脱獄囚のために着物を売っていた。非常に儲かる商売だそうである。それからジャン・ヴァルジャンは、法律の目と社会の掟とをのがれんとするすべての悲しい脱走人らがなすとおり、人知れぬ曲がりくねった道程を取った。ボーセの近くのプラドーに最初の隠れ場所を見い出した。それから上アルプ県にはいって、ブリアンソンの近くのグラン・ヴィヤールの方面へ進んだ。探り探りの不安な逃走で、分かれ道などは全く不明な土竜の穴のような道程だった。後になって彼の逃走の跡は多少見い出された、すなわち、エーン県ではシヴリユーの土地、両ピレネー県ではシャヴァイユ村の近くのグランジュ・ド・ドーメクと言われているアコンの片すみ、それからペリグーの付近ではシャペル・ゴナゲー区のブリュニー。そして最後にパリーにはいった。それから彼がモンフェルメイュへきたのは読者の既に見たところである。
パリーへきてからの第一の仕事は、七、八歳の小娘のために喪服を購うことであり、次に住居を求めることであった。それが済んで、彼はモンフェルメイュへ赴いた。
読者の知るとおり、彼はこの前の逃走の時すでに、モンフェルメイュかまたはその付近にひそかな旅をしたのだった。官憲もそのことはうすうす知っていた。
けれども今や彼は死んだと思われていた。そのために彼をおおい隠してるやみはいっそう深くなっていた。パリーで彼は、自分のことを掲載してる新聞を一つ手に入れた。彼はそれで安心を覚え、あたかも実際に死んだような平和を覚えた。
テナルディエ夫婦の爪牙からコゼットを救い出した日の夕方、ジャン・ヴァルジャンは再びパリーにはいった。夕暮れの頃コゼットとともにモンソーの市門からはいった。その市門の所で幌馬車に乗り、天文台の前の広場まで行った。そこで馬車をおりて、御者に金を払い、コゼットの手を引いて、二人で暗夜の中をウールシーヌとグラシエールの両郭に隣している人気のない街路を通って、オピタル大通りの方へ進んで行った。
コゼットにとっては、その日は感動の多い異様な一日であった。寂しい飲食店で買ったパンとチーズとを籬の影で食べたこともあった。たびたび馬車を代えたり、しばらくは徒歩で行ったりした。彼女は少しも不平をこぼさなかった。けれどもだいぶ疲れていた。歩きながらしだいに彼女が手を引っぱるようになるので、ジャン・ヴァルジャンもそれに気がついた。彼はコゼットを背中におぶった。コゼットは人形のカトリーヌを手に持ったまま、頭をジャン・ヴァルジャンの肩につけて、そのまま眠ってしまった。
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