Les Misérables リーディング

Les Misérables Tome I: Livre deuxième—La chute Chapitre II, III

Chapitre II La prudence conseillée à la sagesse

 

Ce soir-là, M. l'évêque de Digne[1], après sa promenade en ville, était resté assez tard enfermé[2]dans sa chambre. Il s'occupait d'un grand travail sur les Devoirs[3], lequel est malheureusement demeuré [4]inachevé. Il dépouillait[5] soigneusement[6]tout ce que les Pères et les Docteurs ont dit sur cette grave matière. Son livre était divisé en deux parties; premièrement les devoirs de tous, deuxièmement les devoirs de chacun, selon la classe à laquelle il appartient. Les devoirs de tous sont les grands devoirs. Il y en a quatre. Saint Matthieu les indique: devoirs envers[7] Dieu (Matth., VI), devoirs envers soi-même (Matth., V, 29, 30), devoirs envers le prochain[8] (Matth., VII, 12), devoirs envers les créatures (Matth., VI, 20, 25). Pour les autres devoirs, l'évêque les avait trouvés indiqués et prescrits ailleurs; aux souverains[9] et aux sujets, dans l'Épître aux Romains; aux magistrats[10], aux épouses, aux mères et aux jeunes hommes, par saint Pierre; aux maris, aux pères, aux enfants et aux serviteurs, dans l'Épître aux Éphésiens; aux fidèles, dans l'Épître aux Hébreux; aux vierges[11], dans l'Épître aux Corinthiens. Il faisait laborieusement [12]de toutes ces prescriptions un ensemble harmonieux qu'il voulait présenter aux âmes.

Il travaillait encore à huit heures, écrivant assez incommodément[13] sur de petits carrés de papier avec un gros livre ouvert sur ses genoux, quand madame Magloire entra, selon son habitude, pour prendre l'argenterie dans le placard[14] près du lit. Un moment après, l'évêque, sentant que le couvert était mis et que sa sœur l'attendait peut-être, ferma son livre, se leva de sa table et entra dans la salle à manger.

La salle à manger était une pièce oblongue [15]à cheminée, avec porte sur la rue (nous l'avons dit), et fenêtre sur le jardin.

Madame Magloire achevait en effet de mettre le couvert.

Tout en vaquant[16] au service, elle causait[17] avec mademoiselle Baptistine.

 

その晩ディーニュの司教は町を散歩した後、かなり遅くまで自分の室にとじこもっていた。彼は義務に関する大著述にとりかかっていた。この著述は不幸にも未完成のままになっている。司教は教父や博士らがその重大な問題について述べた所のものを注意深く詮索せんさくしていた。彼の著述は二部に分かたれていて、第一はすべての人の義務、第二はおのれの属する階級に応じての各人の義務。すべての人の義務は大なる義務であって、それに四種ある。使徒マタイはそれをあげている、神に対する義務(マタイ伝第六章)自己に対する義務(同第五章二十九、三十節)隣人に対する義務(同第七章十二節)万物に対する義務(同第六章二十、二十五節)。他のいろいろな義務については、司教は種々のものに示され述べられてるのを見いだした、君主および臣下の義務はローマ書に、役人や妻や母や年若き者のそれはペテロ書に、夫や父や子供や召し使いのそれはエペソ書に、信者のそれはヘブライ書に、処女のそれはコリント書に。司教はすべてそれらの教えからよく調和したる一の全体を作らんと努力し、そしてそれを人々に示そうと思っていた。
彼は八時になるまでまだ仕事にかかって、膝の上に大きな書物をひろげ、小さな四角の紙片に骨をおって物を書いていた。その時マグロアールはいつもの通り、寝台のそばの戸棚から銀の食器を取りにはいってきた。やがて司教は、食卓がととのい、たぶん妹が自分を待っていると思って、書物を閉じ、机から立ち上がり、食堂にはいってきた。
食堂は暖炉のついてる長方形の室で、戸口は街路に開いており(前に言ったとおり)窓は庭の方に向いていた。
マグロアールは果して食卓を整えてしまっていた。
用をしながら、彼女はバティスティーヌ嬢と話をしていた。

 

 

Une lampe était sur la table; la table était près de la cheminée. Un assez bon feu était allumé.

On peut se figurer [18]facilement ces deux femmes qui avaient toutes deux passé soixante ans: madame Magloire petite, grasse[19], vive; mademoiselle Baptistine, douce, mince, frêle[20], un peu plus grande que son frère, vêtue [21]d'une robe de soie puce[22], couleur à la mode en 1806, qu'elle avait achetée alors à Paris et qui lui durait encore. Pour emprunter[23] des locutions[24] vulgaires[25] qui ont le mérite de dire avec un seul mot une idée qu'une page suffirait[26] à peine[27] à exprimer, madame Magloire avait l'air d'une paysanne[28] et mademoiselle Baptistine d'une dame. Madame Magloire avait un bonnet blanc à tuyaux[29], au cou une jeannette [30]d'or, le seul bijou[31] de femme qu'il y eût dans la maison, un fichu [32]très blanc sortant de la robe de bure[33] noire à manches [34]larges et courtes, un tablier[35] de toile de coton à carreaux[36] rouges et verts, noué[37] à la ceinture[38] d'un ruban [39]vert, avec pièce d'estomac pareille[40] rattachée[41] par deux épingles[42] aux deux coins d'en haut, aux pieds de gros souliers et des bas jaunes comme les femmes de Marseille. La robe de mademoiselle Baptistine était coupée sur les patrons de 1806, taille courte, fourreau[43] étroit, manches[44] à épaulettes[45], avec pattes et boutons. Elle cachait ses cheveux gris sous une perruque [46]frisée [47]dite à l'enfant. Madame Magloire avait l'air intelligent, vif[48] et bon; les deux angles de sa bouche inégalement relevés et la lèvre supérieure plus grosse que la lèvre inférieure lui donnaient quelque chose de bourru[49] et d'impérieux[50]. Tant que monseigneur se taisait, elle lui parlait résolument[51] avec un mélange de respect et de liberté; mais dès que monseigneur parlait, on a vu cela, elle obéissait passivement comme mademoiselle. Mademoiselle Baptistine ne parlait même pas. Elle se bornait [52]à obéir et à complaire[53]. Même quand elle était jeune, elle n'était pas jolie, elle avait de gros yeux bleus à fleur de tête et le nez long et busqué[54]; mais tout son visage, toute sa personne, nous l'avons dit en commençant, respiraient une ineffable [55]bonté. Elle avait toujours été prédestinée[56] à la mansuétude[57]; mais la foi, la charité[58], l'espérance, ces trois vertus qui chauffent doucement l'âme, avaient élevé peu à peu cette mansuétude jusqu'à la sainteté[59]. La nature n'en avait fait qu'une brebis[60], la religion en avait fait un ange. Pauvre sainte fille! doux souvenir disparu! Mademoiselle Baptistine a depuis raconté tant de fois ce qui s'était passé à l'évêché cette soirée-là, que plusieurs personnes qui vivent encore s'en rappellent les moindres détails.

Au moment où M. l'évêque entra, madame Magloire parlait avec quelque vivacité[61]. Elle entretenait mademoiselle d'un sujet qui lui était familier et auquel l'évêque était accoutumé[62]. Il s'agissait du loquet [63]de la porte d'entrée.

Il paraît que, tout en allant faire quelques provisions[64] pour le souper, madame Magloire avait entendu dire des choses en divers lieux. On parlait d'un rôdeur[65] de mauvaise mine; qu'un vagabond[66] suspect serait arrivé, qu'il devait être quelque part dans la ville, et qu'il se pourrait qu'il y eût de méchantes rencontres pour ceux qui s'aviseraient de rentrer tard chez eux cette nuit-là. Que la police était bien mal faite du reste, attendu que M. le préfet et M. le maire ne s'aimaient pas, et cherchaient à se nuire en faisant arriver des événements. Que c'était donc aux gens sages à faire la police eux-mêmes et à se bien garder, et qu'il faudrait avoir soin de dûment clore, verrouiller [67]et barricader sa maison, et de bien fermer ses portes.

Madame Magloire appuya sur ce dernier mot; mais l'évêque venait de sa chambre où il avait eu assez froid, il s'était assis devant la cheminée et se chauffait, et puis il pensait à autre chose. Il ne releva pas le mot à effet que madame Magloire venait de laisser tomber. Elle le répéta. Alors, mademoiselle Baptistine, voulant satisfaire madame Magloire sans déplaire [68]à son frère, se hasarda à dire timidement:

ランプが一つテーブルの上に置かれていた。テーブルは暖炉の近くにあった。暖炉にはかなり勢いよく火が燃えていた。

この六十歳を越した二人の女はたやすく描き出すことができる。マグロアールは背の低い肥った活発な女である。バティスティーヌ嬢は穏和なやせた細長い女で、兄よりも少し背が高く、茶褐色ちゃかっしょくの絹の長衣を着ている。それは一八〇六年にはやった色で、その頃パリーで買ってから後ずっと着続けたものである。一ページを費やしても言いきれぬほどのことを一語で言うことのできる卑俗な言い方をかりて言えば、マグロアールは田舎女の風をそなえており、バティスティーヌ嬢は貴婦人の風をそなえていた。マグロアールは筒襞つつひだのある白い帽子をかぶり、頭には家の中でただ一つの女持ちの飾りである金の十字架をつけ、大きい短かい袖のついた黒い毛織りの長衣からまっ白な襟巻えりまきをのぞかせ、赤と緑の格子縞こうしじまの木綿の前掛けを青いひもで帯の所にゆわえ、同じ布の胸当てを上の両端で二本の留め針でとめ、足にはマルセイユの女のように大きな靴と黄いろい靴下をはいていた。バティスティーヌ嬢の長衣は一八〇六年式の型で、胴が短く、裾すそが狭く、肩襞かたひだのある袖で、ひもとボタンとがついていた。灰色の頭髪は小児の鬘といわれる縮れた鬘かずらに隠されていた。マグロアールは怜悧れいり活発で善良な風をしていた。不ぞろいにもち上がった口の両端と下脣くちびるより大きい上脣とは、いくらか気むずかしい勝気な風を示していた。閣下が黙っている間は、彼女は尊敬と気ままとの交じったきっぱりした調子で話しかけるが、閣下が一度口を開くと、前に言った通り、彼女はバティスティーヌ嬢と同様に穏かにその言に服するのであった。バティスティーヌ嬢の方は自分から口をきくことさえもなかった。彼女はただ彼の言うことを聞き、彼の気分をそこなうまいとするのみだった。若い時でさえ彼女はきれいではなかった。ばかに目につく大きな青い目ときわ立った長い鼻とを持っていた。しかしその全体の顔つきと全体の人柄とは、初めに言った通り、言うに言われぬ温良さを示していた。彼女はいつも温厚なるべく定められていた。

しかし信仰と慈悲と希望との三つの徳は、静かに人の魂を暖めるものであって、彼女においてもまた次第にその温良さを神聖の域にまで高めたのであった。自然は彼女を単に一個の牝羊めひつじに造ったが、宗教は彼女を天使たらしめた。あわれなる聖きよき女よ! 消え失せし楽しき思い出よ!

バティスティーヌ嬢はその晩司教の家に起こったことを爾来じらいしばしば繰り返し話したので、その詳細を思い出し得る人は今もなおたくさんある。

さて司教が食堂にはいってきた時、マグロアールは元気に話をしていた。いつも老嬢によく話すことで司教にもなじみの事がらだった。すなわち入り口の戸の締まりに関してであった。

夕食のために何か買い物に行った時、マグロアールは、方々で話されていることを聞いてきたらしい。悪い顔つきの風来漢の噂が種々なされていた。怪しい浮浪人がやってきた。町のどこかにいるに違いない。今晩遅く家に帰ろうとでもする人があれば、その男に出会って悪いことが起こるかも知れない。その上、県知事と市長とが反目して何か事件を起こしては互いにおとしいれようとしている際なので、警察の働きもすこぶるまずい。それで賢い者はみずから警察の働きをなし、みずから警戒すべきである。そして、堅く締まりをし閂かんぬきをさし横木を入れておかなければならない、よく戸を閉ざしておかなければならない。

マグロアールはその終わりの文句に力を入れた。しかし司教は、かなり寒さを感じていた自分の室からやってき、暖炉の前にすわって暖まり、それから何か他のことを考えていて、マグロアールが口にした言葉を別に心にかけなかった。マグロアールはそれを再び繰り返した。その時バティスティーヌ嬢は、兄の気にさわらないでしかもマグロアールを満足させようと思って、おずおずと言ってみた。

 

 

—Mon frère, entendez-vous ce que dit madame Magloire?

—J'en ai entendu vaguement[69] quelque chose, répondit l'évêque.

Puis tournant à demi sa chaise, mettant ses deux mains sur ses genoux, et levant vers la vieille servante son visage cordial[70] et facilement joyeux, que le feu éclairait d'en bas:

—Voyons. Qu'y a-t-il? qu'y a-t-il? Nous sommes donc dans quelque gros danger?

Alors madame Magloire recommença toute l'histoire, en l'exagérant[71] quelque peu, sans s'en douter[72]. Il paraîtrait qu'un bohémien, un va-nu-pieds, une espèce de mendiant[73] dangereux serait en ce moment dans la ville. Il s'était présenté pour loger chez Jacquin Labarre qui n'avait pas voulu le recevoir. On l'avait vu arriver par le boulevard Gassendi et rôder [74]dans les rues à la brume[75]. Un homme de sac et de corde [76]avec une figure terrible.

—Vraiment? dit l'évêque.

Ce consentement[77] à l'interroger encouragea madame Magloire; cela lui semblait indiquer que l'évêque n'était pas loin de s'alarmer; elle poursuivit[78] triomphante:

—Oui, monseigneur. C'est comme cela. Il y aura quelque malheur cette nuit dans la ville. Tout le monde le dit. Avec cela que la police est si mal faite (répétition inutile). Vivre dans un pays de montagnes, et n'avoir pas même de lanternes la nuit dans les rues! On sort. Des fours, quoi! Et je dis, monseigneur, et mademoiselle que voilà dit comme moi....

—Moi, interrompit la sœur, je ne dis rien. Ce que mon frère fait est bien fait.

Madame Magloire continua comme s'il n'y avait pas eu de protestation:

—Nous disons que cette maison-ci n'est pas sûre du tout; que, si monseigneur le permet, je vais aller dire à Paulin Musebois, le serrurier[79], qu'il vienne remettre les anciens verrous[80] de la porte; on les a là, c'est une minute; et je dis qu'il faut des verrous, monseigneur, ne serait-ce que pour cette nuit; car je dis qu'une porte qui s'ouvre du dehors avec un loquet, par le premier passant venu, rien n'est plus terrible; avec cela que monseigneur a l'habitude de toujours dire d'entrer, et que d'ailleurs, même au milieu de la nuit, ô mon Dieu! on n'a pas besoin d'en demander la permission....

En ce moment, on frappa à la porte un coup assez violent.

—Entrez, dit l'évêque.

お兄さん、マグロアールの言ってることを聞かれましたか。」
「何かぼんやり聞いたようだが。」と司教は答えた。それから半ば椅子を回して、両手を膝の上に置き、わけなく楽しげな親しい顔を老婢ろうひの方へあげた。火が下からその顔を照らしていた。「ええ、何だい? 何かあるのかね? 何か恐ろしい危険でもあるというのかね。」
するとマグロアールは、またその話をすっかりやり直して、自分で気もつかなかったがいくらか誇張して話した。一人の放浪者が、一人の非人が、ある危険な乞食こじきが、今ちょうど町にきているらしい。その男はジャカン・ラバールの家に行って泊めてもらおうとしたが、宿屋では受け付けなかった。その男がガッサンディの大通りから町にはいってきて、薄暗がりの通りをうろついている所を、見かけた人がある。背嚢はいのうと繩なわとを持ってる恐ろしい顔つきの男である。
「本当かね。」と司教は言った。
司教がそのように問いかけたことにマグロアールは力を得た。彼女には司教がいくらか心配しているのだと思えた。彼女は勝誇ったように言い進んだ。
「本当ですとも。そのとおりでございますよ。今晩、町に何か不幸なことが起こります。皆そう申しております。その上に警察がいかにも手ぬかりなのです(彼女はうまくそのことをくり返したのである)。山国なのに、町には晩に燈火あかりもないのですから! 出かけるとします。暗やみばかりです。それで私は申すのです、そしてまた、お老嬢じょうさままで私のように申されて……。」
「私?」と妹はそれをさえぎった。「私は何も言いはしないよ。お兄様のなされることは皆いいのだからね。」
マグロアールはその異議も聞かないがように言葉を続けた。
「私どもはこの家がごく無用心だと申すのです。もしお許しになりますならば、錠前屋のポーラン・ミューズボアの所へ行って、前についていた閂かんぬきをまた戸につけに来るように申しましょう。閂はあの家にありますので、すぐにできます。せめて今晩だけでも閂をつけなければいけませんですよ。だれでも通りがかりの人が把手とってで外からあけることのできるような戸は、何より一番恐ろしいものではございませんか。それに旦那だんな様はいつでもおはいりなさいと言われます、その上夜中にでも、おはいりという許しがなくてもはいれるのですもの……。」
その時、だれかがかなり強く戸をたたいた。
「おはいりなさい。」と司教は言った。

 

 

Chapitre III Héroïsme de l'obéissance passive

La porte s'ouvrit.

Elle s'ouvrit vivement, toute grande, comme si quelqu'un la poussait avec énergie et résolution.

Un homme entra.

Cet homme, nous le connaissons déjà. C'est le voyageur que nous avons vu tout à l'heure errer [81]cherchant un gîte[82].

Il entra, fit un pas, et s'arrêta, laissant la porte ouverte derrière lui. Il avait son sac sur l'épaule, son bâton à la main, une expression rude, hardie[83], fatiguée et violente dans les yeux. Le feu de la cheminée l'éclairait. Il était hideux[84]. C'était une sinistre apparition.

Madame Magloire n'eut pas même la force de jeter un cri. Elle tressaillit, et resta béante[85].

Mademoiselle Baptistine se retourna, aperçut l'homme qui entrait et se dressa à demi d'effarement[86], puis, ramenant peu à peu sa tête vers la cheminée, elle se mit à regarder son frère et son visage redevint profondément calme et serein[87].

L'évêque fixait sur l'homme un œil tranquille.

Comme il ouvrait la bouche, sans doute pour demander au nouveau venu ce qu'il désirait, l'homme appuya[88] ses deux mains à la fois sur son bâton, promena ses yeux tour à tour sur le vieillard et les femmes, et, sans attendre que l'évêque parlât, dit d'une voix haute:

—Voici. Je m'appelle Jean Valjean. Je suis un galérien[89]. J'ai passé dix-neuf ans au bagne[90]. Je suis libéré depuis quatre jours et en route pour Pontarlier qui est ma destination. Quatre jours et que je marche depuis Toulon. Aujourd'hui, j'ai fait douze lieues à pied. Ce soir, en arrivant dans ce pays, j'ai été dans une auberge, on m'a renvoyé à cause de mon passeport jaune que j'avais montré à la mairie. Il avait fallu. J'ai été à une autre auberge. On m'a dit: Va-t-en! Chez l'un, chez l'autre. Personne n'a voulu de moi. J'ai été à la prison, le guichetier n'a pas ouvert. J'ai été dans la niche d'un chien. Ce chien m'a mordu et m'a chassé, comme s'il avait été un homme. On aurait dit qu'il savait qui j'étais. Je m'en suis allé dans les champs pour coucher à la belle étoile. Il n'y avait pas d'étoile. J'ai pensé qu'il pleuvrait, et qu'il n'y avait pas de bon Dieu pour empêcher de pleuvoir, et je suis rentré dans la ville pour y trouver le renfoncement [91]d'une porte. Là, dans la place, j'allais me coucher sur une pierre. Une bonne femme m'a montré votre maison et m'a dit: «Frappe là». J'ai frappé. Qu'est-ce que c'est ici? Êtes-vous une auberge? J'ai de l'argent. Ma masse. Cent neuf francs quinze sous que j'ai gagnés au bagne par mon travail en dix-neuf ans. Je payerai. Qu'est-ce que cela me fait? J'ai de l'argent. Je suis très fatigué, douze lieues à pied, j'ai bien faim. Voulez-vous que je reste?

戸は開いた。

それは急に大きく開いて、あたかもだれかが力を入れて決然と押し開いたようだった。

一人の男がはいってきた。

この男をわれわれは既に知っている。泊まり場所をさがしながら先刻うろついていた旅人である。

彼ははいってきて一歩進み、そしてうしろに戸を開いたまま立ち止まった。肩に背嚢はいのうを負い、手に杖を持ち、目には荒々しい大胆な疲れたそして激した色があった。暖炉の火が彼を照らしていた。嫌悪けんおの感を起こせるような姿で、まるできみ悪い化け物のようだった。

マグロアールは声を立てる力さえもなかった。彼女は身震いをして茫然ぼうぜんと立ちつくした。

バティスティーヌ嬢はふり向いてはいってきた男を見た。そして驚いて半ば身を起こしたが、それから静かに暖炉の方へ頭をめぐらして、兄をながめた。そして彼女の顔は深い静けさと朗らかさとに帰った。

司教は穏かな目付きでその男を見つめていた。

彼がその新来の男にたぶん何しにきたかを尋ねるために口を開いた時、男は一度に両手を杖の上に置いて、老人と二人の婦人とをかわるがわる見回して、そして司教が口をきくのを待たないで高い声で言った。

「お聞き下さい。私はジャン・ヴァルジャンという者です。私は懲役人です。私は徒刑場で十九年間過ごしました。私は四日前に放免されて、ポンタルリエへ行くため旅に上ったのです。ツーロンから四日間歩いたのです。今日は十二里歩きました。夕方この地について宿屋に行ったのですが、追い出されました。市役所に黄いろい通行券を見せたためです。見せなければならなかったのです。も一軒の宿屋にも行ってみましたが、出て行けと言うんです。どちらでもそうです。だれも私を入れてくれません。監獄に行けば、門番が開いてくれません。犬小屋にもはいりました。が犬も人間のように、私に噛かみついて追い出してしまったのです。私がどういう者であるか犬も知っていたのでしょう。私は野原に出て行って、星の下に野宿のじゅくをしようと思いました。ところが星も出ていません。雨が降りそうでした。雨の降るのを止めてくれる神様もないのかと私は思いました。そして私は、戸の陰でも見つけようと思ってまた町にはいってきました。そして向こうの広場の所で石の上に寝ようとしていました。するとある親切なお上かみさんがあなたの家うちを指さして、あそこを尋ねてごらんなさいと言ってくれました。それで尋ねてきたのです。ここはいったい何という所ですか。あなたは宿屋さんですか。私は金は持っています。自分の積立金です。徒刑場で十九年間働いて得た百九フラン十五スーです。金はきっと払います。それが何でしょう。金は持っているんですから。私はたいへん疲れています、十二里歩いたのです、たいへん腹がへっています。泊めていただけましょうか。」

 

 

 

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—Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez un couvert[92] de plus.

L'homme fit trois pas et s'approcha de la lampe qui était sur la table.

—Tenez, reprit-il, comme s'il n'avait pas bien compris, ce n'est pas ça. Avez-vous entendu? Je suis un galérien. Un forçat[93]. Je viens des galères.

Il tira de sa poche une grande feuille de papier jaune qu'il déplia[94].

—Voilà mon passeport. Jaune, comme vous voyez. Cela sert à me faire chasser de partout où je suis. Voulez-vous lire? Je sais lire, moi. J'ai appris au bagne. Il y a une école pour ceux qui veulent. Tenez, voilà ce qu'on a mis sur le passeport: «Jean Valjean, forçat libéré, natif de...—cela vous est égal...—Est resté dix-neuf ans au bagne. Cinq ans pour vol avec effraction[95]. Quatorze ans pour avoir tenté de s'évader[96] quatre fois. Cet homme est très dangereux.»—Voilà! Tout le monde m'a jeté dehors. Voulez-vous me recevoir, vous? Est-ce une auberge? Voulez-vous me donner à manger et à coucher? Avez-vous une écurie[97]?

—Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez des draps blancs au lit de l'alcôve[98].

Nous avons déjà expliqué de quelle nature était l'obéissance des deux femmes.

Madame Magloire sortit pour exécuter ces ordres. L'évêque se tourna vers l'homme.

—Monsieur, asseyez-vous et chauffez-vous. Nous allons souper dans un instant, et l'on fera votre lit pendant que vous souperez.

Ici l'homme comprit tout à fait. L'expression de son visage, jusqu'alors sombre et dure, s'empreignit de stupéfaction, de doute, de joie, et devint extraordinaire. Il se mit à balbutier[99] comme un homme fou:

—Vrai? quoi? vous me gardez? vous ne me chassez pas! un forçat! Vous m'appelez monsieur! vous ne me tutoyez pas! Va-t-en, chien! qu'on me dit toujours. Je croyais bien que vous me chasseriez. Aussi j'avais dit tout de suite qui je suis. Oh! la brave femme qui m'a enseigné[100] ici! Je vais souper! un lit! Un lit avec des matelas et des draps! comme tout le monde! il y a dix-neuf ans que je n'ai couché dans un lit! Vous voulez bien que je ne m'en aille pas! Vous êtes de dignes gens! D'ailleurs j'ai de l'argent. Je payerai bien. Pardon, monsieur l'aubergiste, comment vous appelez-vous? Je payerai tout ce qu'on voudra. Vous êtes un brave homme. Vous êtes aubergiste, n'est-ce pas?

—Je suis, dit l'évêque, un prêtre [101]qui demeure ici.

—Un prêtre! reprit l'homme. Oh! un brave homme de prêtre! Alors vous ne me demandez pas d'argent? Le curé, n'est-ce pas? le curé de cette grande église? Tiens! c'est vrai, que je suis bête! je n'avais pas vu votre calotte[102]!

このテキストは最後に消して下さい(50%)「マグロアールや、」と司教は言った、「も一人分だけ食器の用意をなさい。」
男は三歩進んで、食卓の上にあったランプに近寄った。そしてよく腑ふに落ちないようなふうで言った。「いや、そんなことではないんです。わかったのですか。私は懲役人ですよ。囚人ですよ。監獄から出てきた者ですよ。」彼はポケットから大きな黄いろい紙片をとり出してひろげた。「これが私の通行券です。御覧のとおり黄色です。このために私はどこへ行っても追い出されるんです。読みませんか。私も読むことはできる。徒刑場で習ったのです。志望者のために学校ができてるんです。いいですか、通行券にこう書いてあります。『ジャン・ヴァルジャン、放免囚徒、生地……――これはどうでもいいことだ、――徒刑場に十九カ年間いたる者なり。家宅破壊窃盗のため五カ年。四回脱獄を企てたるため十四カ年。至って危険なる人物なり。』このとおりです! だれでも私を追っ払うんです。それをあなたは泊めようというんですか。ここは宿屋ですか。食物と寝所とを私にくれると言うのですか。あなたの所に廐うまやでもあるのですか。」
「マグロアールや、」と司教は言った、「寝所の寝台に白い敷布をしきなさい。」
二人の婦人がいかなるふうに司教に服従しているかは、前に説明したところである。
マグロアールはその命令を行なうために室を出て行った。
司教は男の方へ向いた。
「さああなた、おすわりなさい、そして火に当たりなさい。すぐに食事にします。そして食事をしている間に寝床の用意もできるでしょう。」
そこで男はたちまちはっきり了解したのである。その時まで沈うつで堅苦しかったその顔の表情には、疑惑と喜びと茫然ぼうぜん自失した様とが浮かんで、異様な趣になった。
彼は何か気違いのようにつぶやきはじめた。
「本当ですか。なに、私を泊めて下さる? 私を追い出さない! 囚人を! 私のことをあなたとお呼びなさる。お前とおっしゃらない! 畜生行っちまえといつも私は言われた。あなたも私を追い出されることと思っていました。それで私はすぐに素性すじょうを言ったのです。おお、ここを私に教えてくれたあのお上さんは何といい人だろう! 食事をする! 寝床! ふとんと敷き布とのある寝床! 世間の人と同じように! もう十九年の間私は寝床に寝たことがないんだ! あなたは本当に私を追い出さないんですね! あなたはりっぱな方だ! もとより私は金は持っている。お払いします。ごめん下さい、御主人、お名前は何とおっしゃるのですか。お望みだけ金は払います。あなたはいいお方だ。あなたは宿屋の御主人でしょう、そうではないんですか。」
「私は、」と司教は言った、「ここに住んでいる一人の牧師です。」
「牧師!」と男は言った。「おおりっぱな牧師さん! ではあなたは私に金を求められないのですね。司祭、そうではないんですか、あの大きな会堂の司祭では? おや、そうだ、私はばかだった! 私はあなたの丸い帽子に気がつかなかったのです!」

 

 

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Tout en parlant, il avait déposé son sac et son bâton dans un coin, puis remis son passeport dans sa poche, et il s'était assis. Mademoiselle Baptistine le considérait avec douceur. Il continua:

—Vous êtes humain, monsieur le curé[103]. Vous n'avez pas de mépris[104]. C'est bien bon un bon prêtre. Alors vous n'avez pas besoin que je paye?

—Non, dit l'évêque, gardez votre argent. Combien avez-vous? ne m'avez-vous pas dit cent neuf francs?

—Quinze sous, ajouta l'homme.

—Cent neuf francs quinze sous. Et combien de temps avez-vous mis à gagner cela?

—Dix-neuf ans.

—Dix-neuf ans!

L'évêque soupira profondément.

L'homme poursuivit:

—J'ai encore tout mon argent. Depuis quatre jours je n'ai dépensé que vingt-cinq sous que j'ai gagnés en aidant à décharger des voitures à Grasse. Puisque vous êtes abbé[105], je vais vous dire, nous avions un aumônier [106]au bagne. Et puis un jour j'ai vu un évêque. Monseigneur, qu'on appelle. C'était l'évêque de la Majore, à Marseille. C'est le curé qui est sur les curés. Vous savez, pardon, je dis mal cela, mais pour moi, c'est si loin!—Vous comprenez, nous autres! Il a dit la messe au milieu du bagne, sur un autel[107], il avait une chose pointue[108], en or, sur la tête. Au grand jour de midi, cela brillait. Nous étions en rang[109]. Des trois côtés. Avec les canons[110], mèche allumée, en face de nous. Nous ne voyions pas bien. Il a parlé, mais il était trop au fond, nous n'entendions pas. Voilà ce que c'est qu'un évêque.

Pendant qu'il parlait, l'évêque était allé pousser la porte qui était restée toute grande ouverte.

Madame Magloire rentra. Elle apportait un couvert qu'elle mit sur la table.

—Madame Magloire, dit l'évêque, mettez ce couvert le plus près possible du feu.

Et se tournant vers son hôte:

—Le vent de nuit est dur dans les Alpes. Vous devez avoir froid, monsieur?

このテキストは最後に消して下さい(50%)しゃべりながら彼は片すみに背嚢はいのうと杖とを置いて、それから通行券をポケットにしまい、そして腰をおろした。バティスティーヌ嬢は穏かな目つきで彼をながめていた。彼は続けて言った。
「司祭さん、あなたはほんとに情け深い。あなたは軽蔑ということをなさらない。いい牧師さんというものは実にありがたいものだ。ではあなたは私に金を払わせはしませんね。」
「いいです。」と司教は言った。「金はとっておきなさい。いくら持っています。百九フランとか言いましたね。」
「それと十五スー。」と男はつけ加えた。
「百九フラン十五スー。そしてそれを得るのにどれだけかかりました!」
「十九年。」
「十九年!」
司教は深くため息をもらした。
男は言い進んだ。「私はまだその金をすっかり持っています。四日の間に私は、グラスで車の荷おろしの手伝いをしてもらった二十五スーきり使わなかったのです。あなたが牧師さんだから言いますが、徒刑場にも一人の教誨師きょうかいしがいました。それからまたある日、私は司教を見ました。皆が閣下と言っていました。マルセイユのマジョールの司教でした。多くの司祭の上に立つ司祭なんです。どうも私にはうまく言えません。その方面のことはまるで縁が遠いんです。――あなた方にはわかりきったことでしょうが。――その司教が徒刑場のまん中で祭壇の上で弥撒ミサを唱えられました。頭の上に金でできた先のとがったものをかぶっていられました。真昼間の光にそれが光っていました。私どもは並んでいました、三方に。私どもの前には、大砲と火のついた火繩とが置かれていました。よく見えませんでした。何か話をされましたが、あまり向こうの方だったので私どもの所までは聞こえませんでした。司教というものはそうしたものです。」
彼が話している間に、司教は立っていってあけ放しになってる戸をしめた。
マグロアールは戻ってきた。彼女は一人分の食器を持ってきてそれを食卓の上に置いた。
「マグロアールや、」と司教は言った、「その食器をできるだけ暖炉の近くに置きなさい。」そして彼は客人の方へふり向いた。「アルプスの夜風は大変きびしいです。あなたはきっとお寒いでしょう。」

 

 

Chaque fois qu'il disait ce mot monsieur, avec sa voix doucement grave et de si bonne compagnie, le visage de l'homme s'illuminait. Monsieur à un forçat, c'est un verre d'eau à un naufragé [111]de la Méduse[112]. L'ignominie[113] a soif de considération.

 

司教がそのあなたという言葉を、優しい重みのある、いかにも上品な声で言うたびごとに、男の顔は輝いた。囚人に対して言わるるあなたという言葉は、メデューズ号の難破者(訳者注 一八一六年に起こった最も悲惨な難破船)に対する一ぱいの水のごときものである。はずかしめらるる者は他人の尊敬に飢えている。

 

—Voici, reprit l'évêque, une lampe qui éclaire bien mal.

Madame Magloire comprit, et elle alla chercher sur la cheminée de la chambre à coucher de monseigneur les deux chandeliers d'argent qu'elle posa sur la table tout allumés.

—Monsieur le curé, dit l'homme, vous êtes bon. Vous ne me méprisez pas. Vous me recevez chez vous. Vous allumez vos cierges pour moi. Je ne vous ai pourtant pas caché d'où je viens et que je suis un homme malheureux.

L'évêque, assis près de lui, lui toucha doucement la main.

—Vous pouviez ne pas me dire qui vous étiez.

Ce n'est pas ici ma maison, c'est la maison de Jésus-Christ. Cette porte ne demande pas à celui qui entre s'il a un nom, mais s'il a une douleur. Vous souffrez; vous avez faim et soif; soyez le bienvenu. Et ne me remerciez pas, ne me dites pas que je vous reçois chez moi. Personne n'est ici chez soi, excepté celui qui a besoin d'un asile. Je vous le dis à vous qui passez, vous êtes ici chez vous plus que moi-même. Tout ce qui est ici est à vous. Qu'ai-je besoin de savoir votre nom? D'ailleurs, avant que vous me le disiez, vous en avez un que je savais.

L'homme ouvrit des yeux étonnés.

—Vrai? vous saviez comment je m'appelle?

—Oui, répondit l'évêque, vous vous appelez mon frère.

「このランプは、」と司教は言った、「あまり明るくないな。」
マグロアールはその意味を了解した。そして閣下の寝間の暖炉の上から二つの銀の燭台しょくだいを取ってきて、それにすっかり火をともして食卓の上に置いた。
「司祭さん、」と男は言った、「あなたは善よい方だ。あなたは私を軽蔑なさらない。私を家に入れて下さる。私のために蝋燭ろうそくをともして下さる。私がどこからきたかを隠さず、私が惨みじめな者であることを隠さなかったのに。」
司教は彼のそばに腰を掛けて、静かに彼の手に触さわった。「あなたはあなたがだれであるかを私に言わなくてもよかったのです。ここは私の家ではなくて、イエス・キリストのお家です。この家の戸ははいって来る人に向かって、その名前を尋ねはしません、ただ心に悲しみの有る無しを尋ねます。あなたが苦しんでいられ、飢えと渇かわきとを感じていられるならば、あなたは歓待せられます。そして私に礼を言ってはいけません、私があなたを自分の家に迎え入れたのだと言ってはいけません。だれも、安息所を求める人を除いてはだれも、ここは自分の家ではありません。私は通りすがりのあなたに向かってもそれを言います。ここは私の家というよりもむしろあなたの家です。すべてここに在あるものはあなたのものです。何で私があなたの名前を知る必要がありましょう。それにまた、あなたが言われない前から私はあなたの一つの名前を知っています。」
男は驚いた目を見開いた。
「本当ですか。あなたは私が何という名前か知っていられたのですか。」
「そうです。」と司教は答えた。「あなたの名前は私の兄弟というのです。」

 

—Tenez, monsieur le curé! s'écria l'homme, j'avais bien faim en entrant ici; mais vous êtes si bon qu'à présent je ne sais plus ce que j'ai; cela m'a passé.

L'évêque le regarda et lui dit:

—Vous avez bien souffert[114]?

—Oh! la casaque [115]rouge, le boulet[116] au pied, une planche[117] pour dormir, le chaud, le froid, le travail, la chiourme[118], les coups de bâton! La double chaîne pour rien. Le cachot pour un mot. Même malade au lit, la chaîne. Les chiens, les chiens sont plus heureux! Dix-neuf ans! J'en ai quarante-six. À présent, le passeport jaune! Voilà.

—Oui, reprit l'évêque, vous sortez d'un lieu de tristesse. Écoutez. Il y aura plus de joie au ciel pour le visage en larmes d'un pécheur[119] repentant que pour la robe blanche de cent justes. Si vous sortez de ce lieu douloureux avec des pensées de haine et de colère[120] contre les hommes, vous êtes digne [121]de pitié; si vous en sortez avec des pensées de bienveillance[122], de douceur et de paix, vous valez mieux qu'aucun de nous.

Cependant madame Magloire avait servi le souper. Une soupe faite avec de l'eau, de l'huile, du pain et du sel, un peu de lard, un morceau de viande de mouton, des figues, un fromage frais, et un gros pain de seigle[123]. Elle avait d'elle-même ajouté à l'ordinaire de M. l'évêque une bouteille de vieux vin de Mauves.

Le visage de l'évêque prit tout à coup cette expression de gaîté propre aux natures hospitalières:

—À table! dit-il vivement.

Comme il en avait coutume [124]lorsque quelque étranger soupait avec lui, il fit asseoir l'homme à sa droite. Mademoiselle Baptistine, parfaitement paisible[125] et naturelle, prit place à sa gauche.

L'évêque dit le bénédicité[126], puis servit lui-même la soupe, selon son habitude. L'homme se mit à manger avidement[n貪欲に][/n].

Tout à coup l'évêque dit:

—Mais il me semble qu'il manque quelque chose sur cette table.

Madame Magloire en effet n'avait mis que les trois couverts absolument nécessaires. Or c'était l'usage de la maison, quand l'évêque avait quelqu'un à souper, de disposer sur la nappe les six couverts d'argent, étalage[127] innocent. Ce gracieux semblant de luxe était une sorte d'enfantillage [128]plein de charme dans cette maison douce et sévère qui élevait la pauvreté jusqu'à la dignité.

Madame Magloire comprit l'observation, sortit sans dire un mot, et un moment après les trois couverts réclamés[129] par l'évêque brillaient sur la nappe, symétriquement arrangés devant chacun des trois convives.

「司祭さん、」と男は叫んだ、「ここにはいって来る時、私はたいへん腹がすいていた。けれどあなたがあまり親切なので、今ではもうどうなのかわからなくなりました。そんなことは通りすぎてしまったんです。」
司教は彼を見まもった、そして言った。
「あなたは大変苦しんだのですね。」
「おお、赤い着物や、足の鉄丸や、板の寝床や、暑さ、寒さ、労働、囚人の群れ、打擲ちょうちゃく! 何でもないことに二重の鎖で縛られるのです。ちょっと一言ひとこと間違えばすぐに監禁です。寝ついてる病人にまで鎖がつけられてるんです。犬、そう、犬の方がまだしあわせです! それが十九年間! 私は今四十六歳です。そしてこんどは黄いろい通行券! そういうわけです。」
「なるほど、」と司教は言った、「あなたは悲しみの場所から出てこられた。がお聞きなさい。百人の正しい人々の白衣に対してよりも、悔い改めた一人の罪人つみびとの涙にぬれた顔に対して、天にはより多くの喜びがあるでしょう。もしあなたがその痛ましい場所から、人間に対する憎悪と憤怒との思想を持って出てこられるならば、あなたはあわれむべき人で、もしそこから好意と穏和と平和との思想を持って出てこられるならば、あなたはわれわれのだれよりもまさった人です。」
その間にマグロアールは夕食を整えた。水と油とパンと塩とでできたスープ、少しの豚の脂肉あぶらにく、一片の羊肉、無花果いちじく、新しいチーズ、それに裸麦の大きなパン。彼女はまた自分で、司教の普通の食物にそえてモーヴの古いぶどう酒の一びんを出した。
司教の顔には急に、人を歓待する性質の人に特有な快活な表情が浮かんだ。「どうか食卓に!」と彼は元気よく言った。いつも他人と食事を共にする時のとおりに、彼は男を自分の右にすわらせた。バティスティーヌ嬢はまったく穏かにそして自然に、彼の左の席についた。
司教はいつものとおりに、祝祷しゅくとうをささげてからみずからスープをついだ。男はむさぼるように食い初めた。
突然司教は言った。「何か食卓に足りないようだね。」
マグロアールは実際そこに必要だった三人分の食器をそろえたのみだった。しかるに、司教がだれかと食事を共にする場合には、無邪気な見栄みえではあるが、卓布の上に六組の銀の食器をすっかり置いておくのが家の習慣となっていた。その優しい贅沢ぜいたくの見栄は、貧しさをも一つの品位たらしめているこの穏和な厳格の家の中にあって、一種の子供らしい愛嬌であった。
マグロアールは司教の注意の意味を了解して、何とも言わずに室を出ていった。そして間もなく、司教の言った余分の三組みの食器は、食卓の三人のおのおのの前にきちんと並べられて、卓布の上に輝いた。

 

Chapitre IV(第4章)に続く

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-Les Misérables, リーディング